• « Barça walla barsakh » : deux morts dans une traversée avortée entre Dionewar et la Mauritanie
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    « Barça walla barsakh » : deux morts dans une traversée avortée entre Dionewar et la Mauritanie
    Le rêve d’exil s’est une nouvelle fois fracassé contre la dure réalité de l’Atlantique. Une pirogue partie de Dionewar, dans la région de Fatick, avec à son bord des dizaines de candidats à l’émigration irrégulière, a été interceptée en Mauritanie après plusieurs jours d’errance en mer. Selon les révélations de Libération, ce voyage clandestin, motivé par le tristement célèbre slogan « Barça walla barsakh » (Barcelone ou la mort), a coûté la vie à deux migrants, dont l’identité reste à ce stade inconnue.
    D’après Libération, le commissaire spécial de Rosso a mis à la disposition du chef de l’antenne régionale de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) de Rosso un total de 70 migrants, tous de nationalité sénégalaise, parmi lesquels cinq femmes. Ces derniers ont été interceptés par une patrouille de la Marine nationale mauritanienne, puis conduits à Nouadhibou pour les besoins de l’enquête.
    Auditionnés sommairement, les migrants ont tous livré la même version des faits. Ils affirment avoir quitté Dionewar dans la nuit du 21 décembre 2025, à bord d’une pirogue de fortune, avec pour destination finale l’archipel des îles Canaries. Mais après quatre jours passés en haute mer, confrontés à un froid glacial et à des conditions de navigation extrêmement difficiles, l’embarcation a été contrainte de rebrousser chemin. C’est au cours de ce retour forcé que la pirogue a été repérée puis interceptée par la marine mauritanienne dans les eaux relevant de sa juridiction. Selon Libération, les témoignages concordants des migrants font état de deux décès survenus durant la traversée, sans que l’on puisse pour l’instant établir l’identité des victimes ni les circonstances exactes de leur mort. Un drame de plus sur la route migratoire, souvent jalonnée de silences et de corps anonymes. Les survivants ont également révélé les dessous financiers de cette tentative d’émigration irrégulière. Chacun aurait versé au capitaine de la pirogue et à son complice des sommes comprises entre 400 000 et 600 000 francs CFA pour espérer atteindre l’Europe. Un investissement lourd, souvent financé par des familles entières, désormais endeuillées ou plongées dans l’angoisse.Plus grave encore, les migrants ont désigné un ambulancier en service dans le district sanitaire de Différ comme étant l’initiateur de ce projet de voyage clandestin avorté, rapporte Libération. Une révélation troublante qui ouvre la voie à de nouvelles investigations, notamment sur l’implication présumée de personnes censées incarner l’aide et la protection des populations.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#mauritanie#fatick#rosso#differ#routemigratoire#migrationirreuguliere#sante#mortalite

  • Avec plus de 7 000 arrivées de migrants en six mois, l’île de Gavdos se dit face à un « fardeau » - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/65359/avec-plus-de-7-000-arrivees-de-migrants-en-six-mois-lile-de-gavdos-se-

    Avec plus de 7 000 arrivées de migrants en six mois, l’île de Gavdos se dit face à un « fardeau »
    Par La rédaction Publié le : 25/06/2025
    Selon la police grecque, 7 300 migrants sont arrivés sur la minuscule île de Gavdos - et sur les côtes de Crète - depuis le début de l’année. Mais les deux îles ne disposent pas d’infrastructures suffisantes pour accueillir cette population vulnérable, partie de Tobrouk, à l’est de la Libye. Nouvelle alerte de la maire de Gavdos, dans le sud de la Crète. Lilian Stefanakis s’inquiète des arrivées de plus en plus fréquentes de migrants sur ses côtes alors que la petite île ne dispose pas d’infrastructures suffisantes pour les accueillir. « C’est un important fardeau », a-t-elle assuré dans une interview à la radio publique grecque Ert. « Nous n’avons pas la compétence pour gérer ces flux [...] Des solutions institutionnelles doivent être trouvées », a insisté l’édile.
    Voisine de la Crète, Gavdos est une île de seulement 30 km2 et qui ne compte que 70 habitants hors saison, et quelques magasins. Elle est située à environ 300 km de la ville libyenne de Tobrouk, dans l’est du pays. Depuis 2023, Gavdos est une porte d’entrée européenne sur une route migratoire moins surveillée que celle à l’ouest de la Libye. Selon la police portuaire, 7 300 migrants sont arrivés en Crète et à Gavdos depuis le début de l’année, contre 4 935 sur toute l’année 2024. Depuis le début du mois de juin, 2 550 arrivées ont été enregistrées.
    La semaine dernière, 731 personnes ont atteint les deux îles en moins de 24 heures. La plupart originaires d’Erythrée, d’Egypte, du Soudan et du Pakistan, et tous étaient partis de Libye. Bien que plus grande que Gavdos, la Crète ne dispose pas non plus de camps pour enregistrer les demandeurs d’asile, et ne propose que des hébergements d’urgence aux exilés avant qu’ils ne soient transférés sur le continent grec. Généralement, les migrants sont logés dans le parc d’exposition d’Agia, à la Canée, avant leur transfert sur le continent. Mais les conditions de vie y sont critiquées.
    En avril 2025, l’association du Centre social de la Canée avait pu entrer dans les locaux et dénoncé « un espace immense, dépourvu des infrastructures nécessaires », avait confié Christina Giannari, militante au sein de l’association et contactée par InfoMigrants. « Il n’y a pas de toilettes, un petit robinet et aucun endroit pour se doucher. Il y a des toilettes chimiques qui, m’ont-ils dit, les dégoûtaient tant elles étaient sales. Il n’y a pas de savon. Ils dorment à même le sol, sur des tapis sales, recouverts de vieilles couvertures fines et sales, trouées. La situation y est misérable ».
    L’établissement accueillait le jour de la visite de l’association une centaine de personnes, dont deux femmes et dix mineurs non accompagnés, originaires principalement d’Égypte, du Bangladesh, du Pakistan et du Soudan. Contacté par InfoMigrants, les autorités grecques avaient affirmé qu’il « n’existe aucun centre d’hébergement affilié au ministère des Migrations et de l’Asile en Crète [...] Le ministère n’a rien à voir avec les conditions de vie des migrants à Agia, La Canée ».Coté politique, Athènes a décidé de serrer la vis pour enrayer les arrivées illégales depuis Tobrouk. « Les passeurs ne feront pas la loi », a averti lundi 23 juin le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, qui a promis d’aborder la question de cette augmentation des flux migratoires venant de Libye lors du prochain sommet européen.
    « Des navires de la marine seront envoyés en dehors des eaux territoriales de la Libye afin de contrôler les flux de migrants illégaux », a-t-il aussi annoncé. Le porte-parole du gouvernement, Pavlos Marinakis, a ensuite précisé qu’il s’agirait de deux frégates militaires."La semaine dernière, en renfort des gardes-côtes, un navire de Frontex [l’agence européenne de surveillance des frontières, ndlr] a été déployé (...) Certaines étapes sont mises en place mais en raison de sa position géopolitique, l’île a besoin encore de renforts supplémentaires", a lancé Lilian Stefanakis.
    Début juin, le gouvernement grec avait déclaré qu’il souhaitait négocier un accord avec Tripoli pour limiter l’augmentation des départs. Un accord bilatéral sur le même modèle que celui entre l’Italie et la Libye signé en 2017. Depuis février 2017 et la signature d’un accord controversé avec l’Italie, les gardes-côtes libyens sont chargés de stopper les embarcations de migrants en Méditerranée, en échange d’une aide financière italienne. Ces interceptions ont été maintes fois dénoncées par les ONG, rapportant des faits de violences sur les exilés, et des intimidations envers les humanitaires opérant des sauvetages en mer.

    #Covid-19#migrant#migration#grece#gadvos#libye#routemigratoire#migrationirreuguliere#sante

  • Une centaine de migrants tentant d’atteindre le Royaume-Uni secourus dans la Manche en vingt-quatre heures
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/06/14/une-centaine-de-migrants-secourus-dans-la-manche-en-vingt-quatre-heures_6613

    Une centaine de migrants tentant d’atteindre le Royaume-Uni secourus dans la Manche en vingt-quatre heures
    Le Monde avec AFP
    Une centaine de migrants tentant de gagner le Royaume-Uni à bord d’embarcations clandestines ont été secourus dans la Manche en vingt-quatre heures, ont annoncé samedi 14 juin les autorités françaises. En tout, 99 candidats à l’exil ont été secourus dans plusieurs opérations distinctes entre jeudi soir et vendredi soir, explique la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Premar), dans un communiqué. La nuit de jeudi à vendredi a été marquée par de nombreux départs d’embarcations de migrants, souligne la Premar. Selon le décompte des autorités britanniques, 919 migrants ont traversé la Manche vendredi, sur quatorze embarcations.
    L’une des opérations de sauvetage menées vendredi portait sur une embarcation qui prenait l’eau au large de Dunkerque, détaille la Premar. Un patrouilleur de service public a récupéré à son bord 63 personnes. Les seize autres occupants du canot ont refusé dans un premier temps d’être secourus alors que l’embarcation continuait de se dégonfler. Ils ont finalement été récupérés par deux autres navires et ramenés sur les côtes françaises.
    En début de soirée vendredi, alors que le département du Pas-de-Calais était classé en vigilance orange aux orages et que les conditions météorologiques se sont dégradées, neuf occupants d’une embarcation ont été secourus. Dans la soirée de jeudi, « une embarcation flottante mais sans moteur » avait aussi été repérée à la dérive et les trois personnes qui se trouvaient à bord récupérées.
    Depuis le début de l’année, au moins quinze personnes sont mortes dans la Manche, selon un décompte de l’Agence France-Presse (AFP) à partir de chiffres officiels. En 2024 elles étaient 78, un record depuis l’apparition en 2018 des traversées de la Manche en « small boats », ces embarcations clandestines précaires souvent surchargées.

    #Covid-19#migrant#migration#france#royaumeuni#manche#routemigratoire#migrationirreuguliere#sante

  • Coopération militaire : Le patrouilleur espagnol « Relámpago » en escale à Dakar pour renforcer la sécurité maritime
    https://www.dakaractu.com/Cooperation-militaire-Le-patrouilleur-espagnol-Relampago-en-escale-a-Daka

    Coopération militaire : Le patrouilleur espagnol "Relámpago" en escale à Dakar pour renforcer la sécurité maritime
    Le navire "RELÁMPAGO" de la marine espagnole est accosté au port de Dakar depuis le 29 mai 2025 et y restera jusqu’au 5 juin. Cette escale s’inscrit dans le cadre de l’initiative de présence maritime coordonnée de l’Union européenne, visant à renforcer la sécurité le long des côtes ouest-africaines, notamment dans le golfe de Guinée, une zone stratégique.
    Commandé par le capitaine de corvette Víctor Mejueiro Morado, le "RELÁMPAGO" est en déploiement depuis le 3 février 2025, avec huit escales prévues. « Le golfe de Guinée est une zone stratégique pour l’Espagne, où nous avons de nombreux intérêts. Le Sénégal, avec lequel nous partageons des liens étroits, est un partenaire essentiel », a souligné le commandant.
    En plus des opérations de surveillance maritime, le navire mène des activités de formation conjointes avec la marine nationale sénégalaise. Selon le commandant Mejueiro, « la sécurité maritime passe par la lutte contre la piraterie, la pêche illégale, la pollution et l’immigration clandestine », des objectifs partagés avec les autorités sénégalaises.
    Présent lors de cette escale, le colonel Fernando Lechuga, conseiller de défense à l’ambassade d’Espagne, a rappelé l’importance stratégique du Sénégal pour la coopération bilatérale. « Nous menons de nombreuses activités bilatérales dans le domaine de la défense, en impliquant la marine, l’armée de l’air et l’armée de terre », a-t-il précisé. Esther Martín, première conseillère à l’ambassade, a quant à elle salué les efforts des autorités sénégalaises dans la lutte contre l’immigration irrégulière. « Nous remercions sincèrement les autorités pour leur engagement, car ce drame humain doit être combattu ensemble », a-t-elle affirmé. Alain Bonang

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  • 29 pirogues débarquent aux Canaries en 3 jours : Une des embarcations avec 57 femmes et 14 mineurs vient de Djiffer (Sénégal)
    https://www.seneweb.com/news/International/29-pirogues-debarquent-aux-canaries-en-3_n_459434.html

    29 pirogues débarquent aux Canaries en 3 jours : Une des embarcations avec 57 femmes et 14 mineurs vient de Djiffer (Sénégal)
    Depuis la fête de Noël, l’arrivée de pirogues dans les îles Canaries s’est intensifiée. 29 embarcations de 1621 migrants sont arrivées sur place. Parmi elles, une de 224 migrants en provenance de Djiffer, Sénégal. 660 personnes, dont au moins 68 femmes et 16 mineurs, ont atteint la côte canarienne ce samedi à bord de neuf embarcations précaires, au cours d’une journée de sauvetages et d’interventions qui a été une fois de plus frénétique. Selon, l’agence gouvernementale qui cite des sources des équipes d’urgence et de sauvetage, le dernier canot secouru n’avait à son bord que sept hommes d’origine subsaharienne, qui ont été secourues à quelques milles de Puerto Naos.
    Auparavant, un autre canot pneumatique avait échoué par ses propres moyens au large de Haría, à Lanzarote, près des Jameos del Agua, où les services d’urgence ont pris en charge 34 personnes, dont cinq femmes et un bébé. 5 pirogues en provenance de Tantan, Maroc
    C’est à Lanzarote que se concentre le plus grand nombre d’arrivées de la journée, puisque depuis les premières heures du matin et tout au long de la journée, en plus de ce dernier, cinq autres bateaux pneumatiques sont arrivés avec un total de 253 personnes à bord. Tous seraient partis de Tan-Tan, au Maroc, et auraient navigué pendant deux jours. Peu avant, vers trois heures de l’après-midi, un cayuco est arrivé par ses propres moyens dans la zone de Los Abrigos, à Tenerife, avec 73 migrants qui ont été pris en charge par une équipe de la Croix-Rouge, sans qu’aucun d’entre eux n’ait besoin d’être transporté à l’hôpital. Et vers midi, le Salvamento a reçu une alerte à El Hierro de la part de la Guardia Civil, dont le radar a détecté l’écho de deux navires en position près du port de Las Restinga. Il a donc mobilisé le salvamar Adhara et le salvamar Acrux et les a escortés jusqu’au quai.
    Lors de cette intervention, 69 personnes ont été recensées dans le premier cayuco, dont une femme et un mineur, tous en bonne santé apparente. A leur arrivée, ce groupe a déclaré avoir effectué une traversée de trois jours depuis Nouadhibou, en Mauritanie, et a indiqué que leurs pays d’origine étaient le Mali et la Guinée-Bissau. Dans le second cayuco, 224 personnes voyageaient, dont 57 femmes et 14 mineurs, qui seraient partis de Djiffer, au Sénégal, pour une traversée de huit jours. À bord, les migrants se disaient originaires du Sénégal, de Gambie, de Guinée-Bissau, de la Guinée, du Ghana et du Nigeria.Les chiffres de ce samedi, la pirogue de Tenerife n’ayant pas encore été comptabilisée, portent le nombre d’arrivées depuis la veille de Noël à 1 621 personnes à bord de 29 embarcations, dans une année qui a une fois de plus été une année record avec l’arrivée de quelque 46 000 personnes.
    L’ONG Caminando Fronteras, qui suit chaque année dans un rapport les décès survenus sur les différentes routes migratoires vers l’Espagne, a chiffré cette semaine à 9 757 le nombre de personnes décédées en 2024 sur la route de l’Atlantique en essayant d’atteindre les îles Canaries à bord de petites embarcations ou de canots pneumatiques.

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  • Manche : un migrant meurt noyé, trois jours après le décès d’un Indien dans les mêmes circonstances - InfoMigrants
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    Manche : un migrant meurt noyé, trois jours après le décès d’un Indien dans les mêmes circonstances
    Par La rédaction Publié le : 30/10/2024
    Un homme est mort mercredi matin dans la Manche alors qu’il tentait de rejoindre le Royaume-Uni sur une embarcation de fortune. Trois jours plus tôt, un Indien d’une quarantaine d’années avait déjà péri dans ces mêmes eaux. Au total depuis janvier, 57 migrants sont décédés dans la Manche, un record. Ce mercredi 30 octobre, un important dispositif de secours a été déployé dans la matinée sur la plage de Neufchâtel-Hardelot, dans le Pas-de-Calais : des sapeurs-pompiers, le Smur (Structures mobiles d’urgence et de réanimation) et les gendarmes ont été mobilisés, ainsi que deux hélicoptères pour survoler la Manche, indique La Voix du Nord.
    « Un homme adulte » a été retrouvé en arrêt cardio-respiratoire dans l’eau au large d’Hardelot, précise la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Premar). Il a été déclaré décédé à terre, après avoir été hélitreuillé. Lorsque les secours sont arrivés sur les lieux de l’accident, « une quinzaine de personnes » se trouvaient « en difficulté dans l’eau proche de la plage », ajoute la Premar, évoquant de nombreuses tentatives de traversée cette nuit en raison de conditions météorologiques favorables. Une membre de l’association Utopia 56 a fait état à l’AFP d’un « départ très compliqué », où « tout le monde s’est retrouvé à l’eau ».
    Au moins 70 migrants, originaires de Turquie, d’Iran et d’Irak, ont pu être secourus par les autorités, selon La Voix du Nord. Parmi eux, cinq personnes seraient en état d’hypothermie sévère. Une vingtaine de naufragés ont été conduits dans des halls d’immeubles pour se réchauffer, ont constaté des journalistes de l’AFP. Un canot crevé, noir et bleu, gisait sur la plage, ont-ils également vu. Un groupe de six migrants trempés, certains enveloppés dans des couvertures de survie, se trouvait également sur un banc à trois kilomètres de la côte.
    Ce nouveau drame intervient trois jours après la mort d’un autre migrant dans des circonstances similaires. Dimanche 27 octobre, un homme d’une quarantaine d’années, originaire d’Inde, est décédé au large de Calais en tentant de traverser la Manche. « L’embarcation [dans laquelle il se trouvait] qui s’avérait être en très mauvais état s’est dégonflée immédiatement après son départ » et « les migrants à son bord se sont retrouvés dans l’eau et ont regagné la plage en nageant », a expliqué la préfecture du Pas-de-Calais, soulignant que « tous n’étaient pas équipés de gilet de sauvetage ».
    Noyades et bousculades mortelles, sur des canots surchargés, ont déjà fait de 2024 l’année la plus meurtrière depuis le début en 2018 du phénomène des traversées de la Manche sur de frêles embarcations. Pour le seul mois d’octobre, neuf exilés sont morts dans la Manche. Et au total depuis janvier, 57 personnes ont péri dans ces eaux dans l’espoir d’atteindre les côtes britanniques. Un record. « Le chiffre qui nous saute aux yeux depuis quelques mois, c’est une personne qui décède tous les cinq jours » dans ces tentatives de traversée depuis le début de l’année, a réagi auprès de l’AFP un coordinateur d’Utopia 56. « La situation est plus que dramatique. Les secours en mer et sur terre sont dépassés par les événements ».

    #Covid-19#migrant#migration#france#royaumeuni#mortalite#routemigratoire#migrationirreuguliere#sante

  • Les traversées de la Manche de plus en plus mortelles pour les migrants, qui périssent noyés ou asphyxiés dans des canots surchargés
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/08/19/les-traversees-de-la-manche-de-plus-en-plus-mortelles-pour-les-migrants_6286

    Les traversées de la Manche de plus en plus mortelles pour les migrants, qui périssent noyés ou asphyxiés dans des canots surchargés
    Par Julia Pascual
    A Calais, ceux qui viennent en aide aux migrants disent souvent que la frontière franco-britannique tue. On pourrait préciser que, à mesure que les années passent, elle ne s’y emploie pas de la même manière. Longtemps, les migrants mouraient percutés par des voitures sur la voie rapide qui mène au port des ferrys ou en chutant des semi-remorques dans lesquels ils essayaient de se dissimuler. Depuis 2018, ils meurent de plus en plus souvent noyés dans le détroit du Pas-de-Calais. Et désormais, avant même d’atteindre le large, ils meurent piétinés par leurs compagnons d’infortune dans les embarcations pneumatiques surchargées à bord desquelles ils entreprennent la périlleuse traversée maritime.
    Sara Alhashimi avait 7 ans ; Dina Al Shamari en avait 21. La première a été étouffée le 23 avril à quelques mètres de la plage de Wimereux (Pas-de-Calais). Dans des images filmées la nuit du drame par la chaîne anglaise BBC, on voit un groupe d’une centaine de personnes embarquer précipitamment dans un canot tandis que les forces de l’ordre essayent de les en empêcher à grand renfort de gaz lacrymogènes. On distingue la petite fille sur les épaules de son père parvenir à rejoindre l’embarcation et l’instant d’après disparaître pour ne jamais être revue vivante. C’était la quatrième fois que sa famille tentait la traversée. Quatre autres personnes sont mortes asphyxiées ce jour-là.
    Dina, elle, est morte, sur un bateau dans la nuit du 27 au 28 juillet, aux côtés de ses deux sœurs cadettes, Nour et Fatima, de son petit frère, Abdallah, et de ses parents. C’était la cinquième tentative de traversée pour la famille. La mère, que Le Monde a rencontrée, se souvient que Dina est montée la première à bord du canot pneumatique, « contente », pressée de toucher au but. Un groupe d’hommes a suivi. « Les passeurs nous avaient dit qu’on serait soixante mais on était beaucoup plus », rapporte Amira Al Shamari.
    La masse des corps entassés a tué sa fille aînée en quelques instants furtifs. « Sa sœur Nour criait “Ma sœur va mourir, sauvez-là ! Elle va s’étouffer ! Appelez les secours !” Certains disaient de ne rien faire, qu’on arriverait bientôt. Ils ont menacé de la jeter à l’eau. Les gens se sont battus à bord. Ça a duré une heure jusqu’à ce que les secours arrivent. » Des migrants ont refusé les secours et continué leur route vers l’Angleterre, d’autres ont été débarqués à Wimereux, avec le corps inanimé de la jeune « bidoun », une minorité arabe sans papiers et apatride au Koweït.
    Plus de 18 500 personnes ont déjà réussi à rejoindre le Royaume-Uni depuis le début de l’année, soit un rythme qui avoisine celui, inégalé, de 2022 (année au terme de laquelle près de 46 000 personnes ont gagné le Royaume-Uni). Dans le même temps, vingt-cinq personnes sont mortes en mer, davantage qu’en 2022 et 2023, années au cours desquelles, respectivement, cinq et douze personnes ont perdu la vie, selon la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord.
    « Depuis un an et notamment à la suite du renforcement des moyens policiers, nous assistons à une augmentation considérable des incidents mortels, souligne Nikolaï Posner, de l’association d’aide aux migrants Utopia 56. Alors que les autorités mènent une campagne de communication intitulée “#sauver des vies”, leur action à la frontière génère l’exact opposé. » « C’est trop pour que ça soit considéré comme des accidents », jugent à leur tour Alexia Douane et Louise Borel, de l’association Refugee Women’s Centre.
    Le bilan humain s’alourdit aussi de décès intervenus en dehors des tentatives de traversées, comme celui d’un demandeur d’asile soudanais connu sous le nom de Nasreddine, en errance depuis plusieurs années sur le littoral, tombé dans un canal de Calais, le 2 août, dans des circonstances non éclaircies. Ou celui de Mohammed, un bébé de 11 mois atteint d’une grave maladie génétique, mort fin juillet dans le train qui le ramenait à Calais, sa famille voulant retenter la traversée. Ne sachant que faire, sa mère s’est rendue à l’accueil de jour du Secours catholique avec son enfant inanimé dans la poussette.
    « C’est difficile de trouver des mots nouveaux pour décrire une situation qui se répète sans créer de sursaut dans l’opinion publique », confie Juliette Delaplace, chargée de mission personnes exilées sur le littoral pour le Secours catholique. Sur les campements, certains ne semblent pas mesurer les risques encourus, à l’image de ces cinq jeunes Libyens croisés lors d’une distribution alimentaire, dont l’un, Abdelsalam (il n’a pas souhaité donner son nom, comme les personnes citées par leur prénom), 25 ans, assure que la traversée peut se faire en une ou deux heures, quand il faut en réalité cinq heures à un small boat – une embarcation de fortune –, en général doté d’un moteur de trente à quarante chevaux, pour atteindre la ligne de démarcation avec les eaux anglaises par temps calme.
    Interrogées sur l’augmentation des traversées mortifères, ni la préfecture du Nord ni celle du Pas-de-Calais n’ont souhaité répondre au Monde, tandis que la préfecture maritime renvoie vers ses communiqués de presse. Les raisons de cette létalité croissante semblent être multiples et partiellement intriquées. Les personnes sont de plus en plus nombreuses à bord des small boats. Au mois de juillet, les autorités ont décompté une moyenne d’environ soixante passagers par bateau – des canots de qualité médiocre mesurant en général huit mètres de long et moins de deux mètres de large – contre une quarantaine de personnes en 2023 et une trentaine en 2022, ce qui augmente les risques de naufrages ou d’asphyxie. Un phénomène que les autorités attribuent à la prise de risque croissante des passeurs. « De façon récente, on voit aussi des groupes d’Ethiopiens ou de Soudanais essayer de monter dans les bateaux au dernier moment car ils n’ont pas les moyens de payer la traversée, et cela crée des tensions », ajoute un policier sous le couvert de l’anonymat. « Il y a aussi beaucoup de panique due à la présence accrue de la police sur les plages qui crève les bateaux et gaze les gens », soulignent Alexia Douane et Louise Borel.
    Adel est un Yéménite de 27 ans. Depuis le début du mois d’août, il dort dans un campement isolé dans un petit bois proche des plages de Wimereux. Dans la nuit du 13 au 14 août, il se trouvait avec un groupe de près de soixante personnes et transportait un bateau sur la plage lorsque la police est intervenue. « Ils ont essayé de crever le bateau, ils ont jeté des grenades lacrymogènes. Leur voiture a percuté le bateau. Ils ont même pointé le laser de leur arme sur nous, rapporte-t-il. C’était terrifiant. »
    Malgré cette expérience, Adel retentera sa chance. Alors qu’un avion de Frontex, l’agence européenne de gardes-frontières et de garde-côtes, sillonne le ciel à la recherche de groupes en partance, il raconte qu’il est né à Birmingham (Royaume-Uni) et a quitté le pays à l’âge de 4 mois. Sa sœur y vit toujours. Lui rêve de la rejoindre. Il a étudié dans ce but l’anglais des affaires, une langue qu’il parle à la perfection. Il a déjà traversé la mer Egée en canot, été refoulé une première fois par des garde-côtes grecs vers la Turquie, avant de parvenir à gagner l’espace Schengen où il se sent désormais « coincé ». Pour réunir les plus de 1 000 euros que coûte la traversée de la Manche, il a travaillé au noir plusieurs mois dans une cuisine à Athènes.
    Quelle que soit la montée en puissance des moyens humains et techniques pour empêcher les départs, à grand renfort de financements britanniques, la détermination des migrants ne fléchit pas. Ahmed pleure devant la gare de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). Cet Egyptien de 50 ans a passé la nuit dans les dunes à attendre un hypothétique passage. Il s’est fait dérober les 350 euros qu’il avait sur lui pendant le court moment de sommeil auquel il a cédé. Au Caire, après vingt-cinq ans à enseigner l’arabe, Ahmed gagnait 120 euros par mois, pas de quoi faire vivre sa femme et ses quatre enfants.
    Pour de nombreux migrants, le Royaume-Uni est la destination de la dernière chance. C’est le cas de la famille de Dina, qui a passé quatre ans dans la région de Munich (Bavière) sans obtenir l’asile. « Nous n’avons pas d’autre solution que d’aller en Grande-Bretagne », dit aujourd’hui encore sa mère, Amira Alshemmery, tandis que le corps de Dina est toujours à l’institut médico-légal de Lille dans l’attente de fonds pour son rapatriement au Moyen-Orient.
    « Si la France nous accepte, nous resterons », souffle Fatima Norooziyan. Assise sur un lit d’hôpital de Boulogne-sur-Mer, cette Iranienne de 28 ans a elle aussi échoué à obtenir l’asile en Allemagne. Menacée d’expulsion vers l’Iran, elle a gagné la France où, du fait du règlement de Dublin, elle ne peut pas déposer une nouvelle demande. C’est pourquoi elle et son mari, Hamid Hajizadeh, voulaient se rendre au Royaume-Uni avec leur fille,
    Ils viennent néanmoins de vivre une expérience traumatisante.La nuit du 11 août, alors qu’elle attendait cachée dans un bosquet de pouvoir tenter un passage, Fatima, enceinte, a été prise de fortes contractions. Le groupe avec lequel elle se trouvait a déguerpi pour ne pas être repéré par la police tandis que, en l’espace d’une heure, avec la seule aide de son mari, et devant sa fille, Fatima a accouché à même le sol d’un petit garçon. « On a eu très peur et notre fille aussi, qui a vu beaucoup de sang », dit Hamid Hajizadeh, 38 ans, marqué par la fatigue.
    Là où l’accouchement a eu lieu ne restent que des traces d’attente. Des emballages alimentaires, un ticket de Western Union, une notice de gilet de sauvetage et des papiers déchirés qui racontent des parcours tortueux à travers l’Europe. « Sur les plages, c’est très dur. Ça devient “Le Radeau de la Méduse”, déplore Claire Millot de l’association Salam, qui distribue des repas aux migrants. Si on ne veut pas qu’ils partent en canot, qu’on les accueille ou qu’on leur donne des vrais bateaux. Si on ne les faisait pas vivre comme des bêtes, ils ne péteraient pas un câble. » Plusieurs associations de terrain notent un regain de tension sur le littoral, tandis que des règlements de compte violents laissent deviner la main de groupes criminels soucieux de préserver leur business.
    Le temps s’est gâté sur la côte. Comme chaque année, le 15 août, une procession était organisée dans les rues de Dunkerque. Une tradition pour rendre hommage aux marins disparus en mer. « Tous ces migrants qui tentent de traverser la Manche sur des bateaux de fortune, nous ne pouvons pas ne pas y être sensibles », a déclaré à l’occasion le vicaire épiscopal Romuald Carton, avant d’embarquer sur un bateau de la Société nationale de sauvetage en mer et d’aller bénir les eaux à la sortie du port. Alors que le vent se levait, des fleurs ont été jetées, vite englouties par les vagues qui se formaient.

    #Covid-19#migration#migrant#france#royaumeuni#routemigratoire#traversee#mortalite#sante#migrationirreuguliere#pasdecalais#humanitaire#mineur

  • Trente-huit corps de migrants retrouvés ces derniers jours dans le désert algérien - InfoMigrants
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    Trente-huit corps de migrants retrouvés ces derniers jours dans le désert algérien
    Par La rédaction Publié le : 09/07/2024
    Trente-huit corps, dont ceux de 12 Syriens et de 21 Africains ont été découverts ces derniers jours dans le désert algérien, en plein Sahara. Les victimes syriennes ont été retrouvées dans un véhicule non loin de la frontière libyenne, tandis que les victimes africaines se trouvaient dans le centre du pays et non loin de la frontière malienne. Cinq corps d’Algériens ont également été recensés.
    Douze migrants syriens et deux algériens ont été retrouvés morts en plein désert près de la frontière avec la Libye, a indiqué lundi 8 juillet un ressortissant syrien, Bassem Farroukh, qui a été chargé par son ambassade de suivre le dossier sur place.
    « Les victimes étaient parties mardi (dernier) de Libye à bord d’un véhicule en direction de l’Algérie (...) Elles ont été retrouvées samedi (6 juillet) après s’être égarées dans le désert », a-t-il précisé. Les corps sont actuellement à l’hôpital Bordj Omar Idriss (1 300 km au sud-est d’Alger), selon Bassem Faroukh.
    Sur le compte Facebook de l’Association algérienne de recherche et sauvetage, une ONG spécialisée dans le sauvetage des personnes perdues dans le désert algérien, les identités des victimes ont été publiées. L’une d’elles, Mohamed Munzer, avait 10 ans. Un autre garçon, Asaf Faras, avait 16 ans. Les corps ont été retrouvés à environ 70 km de la commune de Bordj Omar Driss, dans la province méridionale d’Illizi, par l’Association algérienne de recherche et sauvetage. Cinq autres personnes sont portées disparues, a ajouté Bassem Farroukh qui a accusé les autorités libyennes d’avoir « expulsé tous les migrants irréguliers, y compris les Syriens ». « D’autres Syriens vont être expulsés de Libye de la même manière vers l’Algérie et je crains que nous devions nous préparer à d’autres tragédies », a-t-il mis en garde.
    Sur Facebook, la même association algérienne a publié des communiqués sur deux autres drames similaires : mardi 9 juillet, une publication fait état de la mort de 16 personnes découvertes dans une voiture, en plein désert algérien toujours, mais de l’autre côté du pays. Cette fois-ci, le véhicule a été retrouvé dans la région de Tanzrouft, à la frontière malienne. À l’intérieur, les membres de l’association ont retrouvé trois Algériens et 13 Africains.
    Les corps ont été emmenés dans la ville de Tamanrasset, dans le sud de l’Algérie. Les corps de huit personnes (ici placés dans des sacs mortuaires blancs) ont été retrouvés par une association algérienne vers Aïn Salah, dans le centre de l’Algérie, en plein désert.
    Dans un deuxième post, l’association algérienne a communiqué autour de la mort de huit autres migrants, de nationalité africaine, découverts vers Aïn Salah, en plein centre du pays. Parmi les victimes se trouvait une femme. Difficile de savoir pour l’heure les causes de la mort de ces dernières personnes. Venaient-elles du Mali, du Niger ? Se sont-elles elles aussi perdues dans l’immensité du Sahara ? Ont-elles été expulsées ? Beaucoup de questions sans réponses. En ce qui concerne les 12 victimes syriennes, Bassem Farroukh accuse donc la Libye d’être responsables de leur mort. Ce n’est pas la première fois que le pays est pointé du doigt pour ses renvois forcés.Les autorités avaient déjà expulsé en décembre 2023 près de 1 000 migrants égyptiens et nigérians qui séjournaient illégalement dans le pays, avaient indiqué à l’époque des journalistes de l’AFP. En juin de la même année, des médias libyens avaient diffusé des vidéos, non authentifiées, montrant des centaines d’Égyptiens expulsés par les autorités de l’Est et contraints de rejoindre la frontière égyptienne à pied, sous la garde de militaires.
    En 2021, des migrants soudanais avaient aussi été expulsés de Libye, dans le désert du Sahara, le long de la frontière avec le Soudan « sans aucun respect des procédures légales », s’était alors alarmée l’ONU.La Tunisie aussi expulse les exilés hors de ses frontières. Les migrants qui y vivent, dans leur immense majorité, ne souhaitent pas y rester. Ils patientent le temps de réunir l’argent pour traverser la Méditerranée et tenter de rejoindre l’Europe.
    Exaspéré par leur simple présence, Tunis les déporte depuis plusieurs mois vers les pays voisins, dont la Libye et l’Algérie. L’été dernier, notamment, a été marqué par le refoulement de milliers de migrants vers des zones désertiques.
    Emmenés de force par la garde nationale tunisienne dans le désert, croulant sous la chaleur, en manque d’eau ou de nourriture, plus d’une centaine d’entre eux sont morts de faim et de soif.
    Et à l’instar de la Tunisie et de la Libye, l’Algérie est aussi sous le feu des critiques. En 2023, plus de 22 250 migrants noirs ont été expulsés à Assamaka, au Niger, par les autorités algériennes, selon l’ONG Médecins sans frontières. Et depuis le début de l’année 2024, plus de 10 000 autres ont déjà été abandonnés à Point Zéro, à la frontière algérois-nigérienne. Depuis des années, les associations d’aide aux étrangers dénoncent les rafles par les autorités algériennes dans les villes du pays. Aujourd’hui, la situation empire, « on arrête les Noirs dans leur appartement, dans la rue, sur leur lieu de travail, sur les terrains de sport et puis on les envoie vers Point zéro », explique notamment l’organisation Alarme Phone Sahara, qui vient en aide aux étrangers expulsés au Niger.
    Il existe aussi des renvois « dominos ». La Tunisie par exemple, expulse vers l’Algérie et « quand les autorités algériennes constatent que des Noirs ont traversé la frontière, ils les arrêtent ». Puis ces migrants « sont expulsés à leur tour » vers le Niger, expliquait en détail Azizou Chehou, l’un des membres d’Alarme Phone Sahara.

    #Covid-19#migrant#migration#algerie#niger#libye#mali#desert#mortalite#toutemigratoire#sante#expulsion#migrationirreuguliere

  • Manche : 113 migrants secourus dans le détroit du Pas-de-Calais en une nuit - InfoMigrants
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    Manche : 113 migrants secourus dans le détroit du Pas-de-Calais en une nuit
    Par La rédaction Publié le : 21/03/2024
    Mercredi 20 mars, le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) Gris-Nez est intervenu auprès de plusieurs embarcations d’exilés en difficulté dans la Manche, et a secouru 113 personnes au large des côtes du nord-ouest de la France. Dans la même journée, 450 migrants ont atteint le Royaume-Uni, un nouveau record.
    Nouvelles opérations de sauvetage dans la Manche. Dans la nuit de mardi 19 à mercredi 20 mars, le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) Gris-Nez reçoit des alertes l’informant que plusieurs canots d’exilés, qui tentaient la traversée de la Manche, se trouvent en difficulté dans le détroit du Pas-de-Calais, dans le nord de la France. La préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Premar) résume les faits dans un communiqué. D’abord, le CROSS Gris-Nez mobilise le Ridens, un navire de sauvetage affrété par l’État, pour venir en aide à une embarcation dont le moteur est endommagé au large de Gravelines, entre Calais et Dunkerque.
    Dans un premier temps, la Premar indique que « les naufragés refusent d’être secourus », avant que 23 personnes demandent finalement assistance et que le Ridens les prennent à bord. Ces 23 migrants sont ensuite déposés au port de Dunkerque en milieu de journée, mercredi. Les autres exilés qui « refusent l’assistance proposée par les moyens français » finissent par réussir à remettre le moteur en route et reprennent leur traversée. « Le choix est fait de les laisser poursuivre leur route », mais le CROSS Gris-Nez assure « maintenir une surveillance sur l’embarcation », au vu des risques encourus et de l’état du bateau de fortune.
    Dans un second temps, plus tard dans la nuit, le CROSS Gris-Nez engage cette fois-ci un remorqueur d’intervention, d’assistance et de sauvetage (RIAS), nommé Abeille Normandie, pour venir au secours de 64 exilés sur une autre embarcation, cette fois au large de Sangatte. L’Abeille Normandie détecte ensuite un autre canot en difficulté dans la même zone, et porte assistance à 25 personnes, en majorité des femmes et des enfants en bas âge, rapporte la Premar.
    Quelques heures plus tard, l’Abeille Normandie accoste au port de Boulogne-sur-Mer et débarque les 89 migrants secourus. Ces derniers sont ensuite « pris en charge par les services de secours terrestres et la police aux frontières », écrit la préfecture. En parallèle, un autre patrouilleur, le Jeanne Barret, vient à la rescousse d’une personne malade à bord d’un canot de fortune, avant de la déposer au port de Calais. « Son état de santé reste stable », affirme la préfecture. De l’autre côté de la Manche, huit embarcations de migrants ont atteint les côtes britanniques mercredi, transportant au total 450 exilés. Un nouveau record d’arrivées en une seule journée, soulignent les médias britanniques. Parmi ces 450 arrivées, un exilé blessé par arme blanche a été secouru puis transféré à un hôpital après avoir débarqué au port de Douvres.

    #Covid-19#migrant#migration#royaumeuni#france#manche#traversee#calais#boulognesurmer#premar#sante#migrationirreuguliere#routemigratoire

  • A Mayotte, un camp de migrants africains cristallise toutes les colères de l’île
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2024/01/23/a-mayotte-un-camp-de-migrants-africains-cristallise-toutes-les-coleres-de-l-

    A Mayotte, un camp de migrants africains cristallise toutes les colères de l’île
    A Mamoudzou, des collectifs d’habitants demandent le démantèlement d’un camp informel d’environ 500 personnes originaires de la région des Grands Lacs et de Somalie.
    Par Jérôme Talpin (Saint-Denis, La Réunion, correspondant régional)
    A l’appel de plusieurs collectifs, près de 400 personnes ont manifesté sous la pluie, dimanche 21 janvier, dans le stade de Cavani, à Mayotte, pour exiger le démantèlement d’un camp d’environ 500 migrants. Séparés des protestataires par le grillage de l’enceinte sportive, les migrants originaires de la région des Grands Lacs et de Somalie, dont la moitié sont bénéficiaires de la protection internationale ou demandeurs d’asile, ont répondu en brandissant des drapeaux français et des morceaux de tissu blanc avec pour message : « Nous disons non à la xénophobie à Mayotte » ou encore « Halte au harcèlement des Africains réfugiés à Mayotte ».
    Depuis fin décembre et le rejet par le tribunal administratif d’une demande d’expulsion en urgence, la tension est vive dans ce quartier du sud de Mamoudzou. Soutenus par plusieurs collectifs de citoyens mahorais, les riverains protestent contre l’impossibilité d’utiliser les infrastructures sportives et désignent les étrangers comme les responsables de vols, d’agressions et de trafic de drogue.
    « Il existe ici une très forte stigmatisation contre eux et des violences quasi quotidiennes », observe Charline Ferrand-Pinet, directrice de Solidarité Mayotte, une association d’aide aux demandeurs d’asile dans ce département français. Des heurts ont éclaté, des véhicules ont été incendiés, des violences ont été commises contre les forces de l’ordre de la part de bandes de délinquants qui cherchent à en découdre avec les migrants.
    « Il y a la question de l’insécurité, mais ce camp pose de graves problèmes d’hygiène publique, dénonce Safina Soula, à la tête du Collectif des citoyens de Mayotte 2018. Les gens du quartier n’en peuvent plus. Mayotte est une petite île, on ne peut pas accueillir la misère de l’océan Indien [principalement des Comores et de Madagascar] et maintenant celle de l’Afrique continentale. »
    Faute de places dans les hébergements d’urgence de l’île, les migrants ont commencé, mi-mai 2023, à s’installer sur un terrain en pente surplombant la piste d’athlétisme du stade. Le nombre d’abris de fortune faits de bois, de bambous recouverts de bâches bleues, de nattes et de pagnes retenus par des cordes n’a jamais cessé de grandir. Venus de République démocratique du Congo (RDC), du Burundi, du Rwanda et de plus en plus fréquemment de Somalie, des hommes seuls ou des familles se lavent dans une canalisation à ciel ouvert qui traverse le terrain et puisent de l’eau dans une source voisine.
    Tous ont rejoint Mayotte par kwassa-kwassa, ces barques à fond plat, en partant des côtes tanzaniennes et en passant par les Comores. Un périlleux voyage que des réseaux de passeurs monnayent plusieurs centaines d’euros. Des migrants somaliens ont également fait état d’une traversée directe en bateau depuis leur pays, avant un transbordement au large des Comores.
    Dimanche 14 janvier, des habitantes du quartier ont tenté d’empêcher un groupe d’une soixantaine de Somaliens, qui venaient d’arriver, d’entrer dans le stade. « La population est très remontée et la situation est quasi insurrectionnelle, alerte la députée Estelle Youssouffa (groupe Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires). Après celle venue des Comores, une nouvelle route migratoire s’est mise en place. Ce n’est pas possible. »
    Dans ce département le plus pauvre de France (77 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté) et épuisé par la crise de l’eau et l’insécurité, la population (310 000 personnes, dont la moitié ont moins de 18 ans) croît de 3,8 %, avec sept naissances sur dix de mère comorienne. En avril, les autorités françaises ont lancé l’opération « Wuambushu » contre l’habitat illégal insalubre, l’insécurité et l’immigration clandestine, lors de laquelle des centaines de Comoriens ont été renvoyés de force sur leur archipel.
    « Mayotte ne sera pas le Lampedusa de l’océan Indien, ni la place Stalingrad de Paris ! », a écrit le 16 janvier le député Mansour Kamardine (Les Républicains) à Gérald Darmanin, le ministre de l’intérieur et des outre-mer : « Je demande le déguerpissement sans délai des squatteurs, l’expulsion immédiate dans leur pays d’origine ou les pays de transit des déboutés du droit d’asile. »
    En déplacement à La Réunion pour constater les dégâts du cyclone Belal, M. Darmanin a indiqué, le lendemain, avoir « donné instruction au préfet [de Mayotte] de démanteler ce camp ». « Il n’y a pas de faillite de l’Etat », a-t-il assuré. Le numéro 3 du gouvernement de Gabriel Attal a également annoncé que « 40 personnes ayant obtenu le droit d’asile seront rapatriées dans l’Hexagone ».« Il est temps que le gouvernement agisse », tonne la députée Estelle Youssouffa, rappelant que l’ancien ministre délégué chargé des outre-mer, Philippe Vigier, a visité le camp le 2 novembre lors de son dernier déplacement à Mayotte. « On se moque de nous, s’exaspère Mansour Kamardine. Je ne peux pas imaginer que la France n’ait pas les moyens de lutter contre ces réseaux de trafiquants. Les Mahorais ont l’impression d’être dépossédés de la terre de leurs ancêtres. »
    Pour « faire réagir les élus locaux », plusieurs collectifs de citoyens ont cadenassé les services de quasiment toutes les mairies de l’île, du Conseil départemental de Mayotte, propriétaire du stade, et de plusieurs services de la préfecture.« Il faut pourtant qu’on travaille », réagit le maire de Mamoudzou, Ambdilwahedou Soumaïla. Avec ses agents communaux, il a lui-même commencé un sit-in quotidien, le 6 décembre, face au stade pour s’opposer à ce camp et à d’éventuelles autres installations. « Cette situation n’est pas acceptable, observe l’élu. L’Etat doit assumer. Il n’est pas possible d’accorder une protection à ces personnes et de les laisser dans cette situation d’insalubrité, sous le soleil ou sous la pluie. »Joint par téléphone, Amani (son prénom a été changé), un demandeur d’asile congolais de 29 ans, considère que « [s]a vie est en danger à Mayotte ». « Il y a des attaques tous les soirs contre les réfugiés, témoigne le jeune homme, qui a fui la guerre dans son pays. Il y a beaucoup de racisme ici. Les Mahorais ne veulent pas des Africains. Quand je monte dans un taxi collectif, on me dit : descend. »
    Comme tous les demandeurs d’asile, Amani a droit à une aide en bons alimentaires de 30 euros par mois. La plupart des réfugiés peinent à trouver un emploi, même non déclaré. Certains ressortissants somaliens songent à rentrer dans leur pays. « J’ai reçu un coup de fil d’un jeune me demandant comment joindre l’ambassade de son pays à Paris », témoigne Kitsuné, une dessinatrice réunionnaise qui s’est rendue dans le camp en août 2023.
    « Tout se passe comme si ces migrants fournissaient une explication à tous les maux de l’île », estime Charline Ferrand-Pinet. L’annonce du démantèlement du camp pose la question du relogement des migrants. « Les plus vulnérables devront être accueillis dans des hébergements d’urgence, qui sont limités dans l’île, souligne la directrice de Solidarité Mayotte. Les candidats au retour dans leur pays ne seront sans doute pas les plus nombreux. Il y a toutes les chances que ces migrants aillent s’installer ailleurs. »

    #Covid-19#migrant#migration#france#mayotte#hebergement#camp#migrationirreuguliere#afrique#somalie#violence#xenophobie#violence

  • Le Royaume-Uni signe un nouveau traité avec le Rwanda pour durcir sa politique migratoire
    https://www.lemonde.fr/international/article/2023/12/05/le-royaume-uni-signe-un-nouveau-traite-avec-le-rwanda-pour-durcir-sa-politiq

    Le Royaume-Uni signe un nouveau traité avec le Rwanda pour durcir sa politique migratoire
    Le Monde avec AFP
    Trois semaines après le rejet par la Cour suprême britannique d’un premier accord, Londres et Kigali ont signé un nouveau traité, mardi 5 décembre, visant à expulser vers le Rwanda les migrants arrivés illégalement au Royaume-Uni. Ce nouvel accord a été signé à Kigali par le ministre de l’intérieur britannique, James Cleverly, et le ministre des affaires étrangères rwandais, Vincent Biruta. Ce traité « répondra aux préoccupations de la Cour suprême en garantissant entre autres que le Rwanda n’expulsera pas vers un autre pays les personnes transférées dans le cadre du partenariat », a assuré mardi le ministère de l’intérieur britannique dans un communiqué.Signé en avril 2022 entre le gouvernement de Boris Johnson et celui de Paul Kagame, ce partenariat Rwanda constituait la mesure phare de la politique migratoire britannique. Cet accord prévoyait que les demandeurs d’asile arrivés au Royaume-Uni en small boats (bateaux pneumatiques) soient transférés au Rwanda, où leurs demandes d’asiles étaient ensuite évaluées. Le premier ministre, Rishi Sunak, qui avait repris le projet de M. Johnson, souhaitait ainsi dissuader les migrants de traverser la Manche sur ces embarcations de fortune – 46 000 personnes sont arrivées par ce moyen sur les côtes britanniques en 2022.
    Cette mesure n’a toutefois jamais pu être mise en œuvre, ayant été jugé illégale par la cour d’appel en juin, puis par la Cour suprême britannique le 15 novembre. Pour les cinq juges de la plus haute instance juridique britannique qui se sont penchés sur l’affaire, le risque était « réel » pour ces personnes d’être renvoyées vers leur pays d’origine par les autorités rwandaises, alors que leur demande aurait eu de bonnes chances d’être acceptée si elle était traitée au Royaume-Uni. Pour la cour d’appel, comme pour la Cour suprême, le Rwanda ne pouvait être considéré comme un pays tiers sûr pour les migrants.
    « Nous avons poursuivi ce partenariat avec le Royaume-Uni parce que nous pensons que nous avons un rôle à jouer dans cette crise de l’immigration clandestine », a défendu mardi, depuis Kigali, Vincent Biruta lors d’une conférence de presse. A ses côtés, le ministre de l’intérieur britannique, James Cleverly, a déclaré avoir « une immense admiration pour le gouvernement rwandais, qui a reçu de nombreuses critiques ». Ce nouvel accord comprend la création « d’un tribunal conjoint avec des juges rwandais et britanniques à Kigali pour garantir que la sécurité des migrants est assurée et qu’aucun des migrants envoyés au Rwanda ne soit expulsé vers son pays », a affirmé lors de la conférence de presse le porte-parole adjoint du gouvernement rwandais, Alain Mukuralinda. « Et il veillera également à écouter toutes les plaintes des migrants », a-t-il poursuivi. Une fois signé, ce texte devra être ratifié par les Parlements britannique et rwandais.
    Pour éviter un nouveau camouflet juridique, le gouvernement britannique compte aussi programmer au Parlement l’examen d’une « législation d’urgence » pour désigner le Rwanda comme un pays sûr et ainsi « mettre fin à ce manège », a annoncé lundi soir M. Sunak, dans une interview au Sun. Au-delà de ce partenariat avec le Rwanda, le gouvernement britannique a dévoilé lundi de nouvelles mesures pour diminuer l’immigration légale dans le pays.
    Le ministre de l’intérieur a par exemple annoncé un relèvement du plancher de ressources annuelles nécessaires pour venir s’établir au Royaume-Uni, le passant de 26 200 livres sterling (environ 30 500 euros) à plus de 38 700 livres (environ 45 100 euros). Les non-Britanniques travaillant dans le secteur de l’aide sociale ne pourront plus faire venir leur famille et la possibilité pour les employeurs de recruter des étrangers à des salaires 20 % inférieurs aux salaires minimaux dans les secteurs sous tension (construction, éducation, etc.) sera supprimée. Le Monde avec AFP

    #Covid-19#migrant#migration#grandebretagne#rwanda#immigration#migrationirreuguliere#politiquemigratoire

  • Le Niger défie l’Europe sur la question migratoire
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/11/28/le-niger-defie-l-europe-sur-la-question-migratoire_6202814_3212.html

    Le Niger défie l’Europe sur la question migratoire
    En abrogeant une loi de 2015 réprimant le trafic illicite de migrants, la junte au pouvoir à Niamey met un terme à la coopération avec l’Union européenne en matière de contrôles aux frontières.
    Par Frédéric Bobin et Morgane Le Cam
    L’épreuve de force est engagée entre le Niger et l’Union européenne (UE) sur la question migratoire. La junte issue du coup d’Etat de juillet à Niamey a fait monter les enchères, lundi 27 novembre, en abrogeant une loi datant de 2015, pénalisant le trafic illicite de migrants.Ce dispositif répressif, un des grands acquis de la coopération de Bruxelles avec des Etats africains, visant à endiguer les flux migratoires vers la Méditerannée, est aujourd’hui dénoncé par le pouvoir nigérien comme ayant été adopté « sous l’influence de certaines puissances étrangères » et au détriment des « intérêts du Niger et de ses citoyens ».
    L’annonce promet d’avoir d’autant plus d’écho à Bruxelles que le pays sahélien occupe une place stratégique sur les routes migratoires du continent africain en sa qualité de couloir de transit privilégié vers la Libye, plate-forme de projection – avec la Tunisie – vers l’Italie. Elle intervient au plus mauvais moment pour les Européens, alors qu’ils peinent à unifier leurs positions face à la nouvelle vague d’arrivées qui touche l’Italie. Du 1er janvier au 26 novembre, le nombre de migrants et réfugiés ayant débarqué sur le littoral de la Péninsule s’est élevé à 151 312, soit une augmentation de 61 % par rapport à la même période en 2022. La poussée est sans précédent depuis la crise migratoire de 2015-2016.
    La commissaire européenne aux affaires intérieures, la Suédoise Ylva Johansson, s’est dite mardi « très préoccupée » par la volte-face nigérienne. La décision semble répondre au récent durcissement de l’UE à l’égard des putschistes. Le 23 novembre, le Parlement de Strasbourg avait « fermement condamné » le coup d’Etat à Niamey, un mois après l’adoption par le Conseil européen d’un « cadre de mesures restrictives », ouvrant la voie à de futures sanctions.
    « Les dirigeants à Niamey sont dans une grande opération de chantage envers l’UE, commente un diplomate occidental familier du Niger. Ils savent que le sujet migratoire est source de crispation au sein de l’UE et veulent ouvrir une brèche dans la position européenne, alors qu’ils sont asphyxiés par les sanctions économiques décidées par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest [Cedeao]. Il ne leur a pas échappé que l’Italie est encline à plus de souplesse à leur égard, précisément à cause de cette question migratoire. »
    Mais le défi lancé par la junte aux pays européens pourrait être plus radical encore, jusqu’à s’approcher du point de rupture. « La décision des dirigeants de Niamey montre qu’ils ont tout simplement abandonné toute idée de négocier avec l’UE à l’avenir, souligne une autre source diplomatique occidentale. Car un retour en arrière serait extrêmement difficile après l’abrogation de la loi. Ils montrent qu’ils ont choisi leur camp. Ils vont désormais nous tourner le dos, comme l’ont fait les Maliens. Ils ont abandonné leur principal point de pression avec l’UE. »
    Si l’inquiétude monte à Bruxelles face à un verrou migratoire en train de sauter, c’est le soulagement qui prévaut au Niger, où les rigueurs de la loi de 2015 avaient été mal vécues. Des réactions de satisfaction ont été enregistrées à Agadez, la grande ville du nord et « capitale » touareg, carrefour historique des migrants se préparant à la traversée du Sahara. « Les gens affichent leur joie, rapporte Ahmadou Atafa, rédacteur au journal en ligne Aïr Info, installé à Agadez. Ils pensent qu’ils vont pouvoir redémarrer leurs activités liées à la migration. » Les autorités locales, elles aussi, se réjouissent de cette perspective. « Nous ne pouvons que saluer cette abrogation, se félicite Mohamed Anako, le président du conseil régional d’Agadez. Depuis l’adoption de la loi, l’économie régionale s’était fortement dégradée. »
    Il aura donc fallu huit ans pour que le paradigme des relations entre l’UE et le Niger change du tout au tout. Le sommet de La Valette, capitale de Malte, en novembre 2015, dominé par la crise migratoire à laquelle le Vieux Continent faisait alors face dans des proportions inédites, avait accéléré la politique d’externalisation des contrôles aux frontières de l’Europe. Les Etats méditerranéens et sahéliens étaient plus que jamais pressés de s’y associer. Le Niger s’était alors illustré comme un « bon élève » de l’Europe en mettant en œuvre toute une série de mesures visant à freiner l’accès à sa frontière septentrionale avec la Libye.
    A cette fin, le grand architecte de ce plan d’endiguement, le ministre de l’intérieur de l’époque – Mohamed Bazoum, devenu chef d’Etat en 2021 avant d’être renversé le 26 juillet – avait décidé de mettre en œuvre, avec la plus grande sévérité, une loi de mai 2015 réprimant le trafic illicite de migrants. Du jour au lendemain, les ressortissants du Sénégal, de Côte d’Ivoire, du Mali ou du Nigeria ont fait l’objet d’entraves administratives – le plus souvent en contradiction avec les règles de libre circulation prévues au sein de la Cedeao – dans leurs tentatives de rallier Agadez par bus en provenance de Niamey.
    Dans la grande ville du Nord nigérien, le gouvernement s’était attaqué aux réseaux de passeurs, au risque de fragiliser les équilibres socio-économiques. L’oasis d’Agadez, par où avaient transité en 2016 près de 333 000 migrants vers l’Algérie et la Libye, a longtemps profité de ces passages. Ultime porte d’accès au désert, la ville fourmillait de prestataires de « services migratoires » – criminalisés du jour au lendemain –, guidant, logeant, nourrissant, équipant et transportant les migrants.Avec la loi de 2015, « l’ensemble de la chaîne de ces services à la migration s’est écroulé », se souvient M. Anako. Le coup a été d’autant plus dur pour les populations locales que, dans les années 2010, la floraison de ces activités était venue opportunément compenser l’effondrement du tourisme, victime des rébellions touareg (1990-1997 et 2007-2009), puis du djihadisme. A partir de 2017, Agadez n’était plus que l’ombre d’elle-même. Certains notables locaux se plaignaient ouvertement que l’Europe avait réussi à « imposer sa frontière méridionale à Agadez ». Aussi, l’abrogation de la loi de 2015 permet à la junte de Niamey de faire d’une pierre deux coups. Outre la riposte à l’Europe, elle rouvre des perspectives économiques dans une région où les partisans du président déchu, M. Bazoum, espéraient recruter des soutiens. « Il y a à l’évidence un “deal” pour que les Touareg d’Agadez prêtent allégeance à la junte », relève le diplomate occidental.

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