• En Espagne, le manque de médecins complique la lutte contre le Covid-19
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/09/28/en-espagne-le-manque-de-medecins-complique-la-lutte-contre-le-covid-19_60539

    Alors que Madrid est redevenu l’épicentre de la pandémie de Covid-19 en Europe − avec 25 % des capacités hospitalières de la capitale occupées par des malades et 40 % des soins intensifs de la région −, les soignants font tragiquement défaut en Espagne. Partout devant les portes des centres de santé, là où les médecins de famille et infirmiers reçoivent leurs patients, de longues files d’attente débordent sur les trottoirs. A l’intérieur, où, pour respecter le protocole, l’accès aux salles d’attente est limité à deux ou trois patients à la fois, le téléphone ne cesse de sonner. Pour obtenir un rendez-vous, il faut parfois insister pendant trois jours. Les malades non atteints par le Covid-19, dont le cas n’est pas considéré comme urgent, sont priés d’attendre des jours voire des semaines avant d’être pris en charge. Ils le sont la plupart du temps par téléphone, tout comme les patients atteints par le Covid-19, qui sont testés ici et suivis ensuite à distance. Epuisés et démoralisés, en sous-effectif et en colère, les médecins de famille de la région de Madrid ont finalement obtenu, dimanche 27 septembre, d’être déchargés des « activités non cliniques en lien avec le Covid-19 », telles que la communication des résultats des tests et le traçage des malades et de leur famille. Ils avaient menacé d’entamer une grève indéfinie lundi… En revanche, ils réclament toujours 750 nouveaux médecins de famille et 250 pédiatres de manière urgente dans la capitale, de façon à renforcer les effectifs, minés par des années de coupes budgétaires durant la dernière crise, et à remplacer tous ceux qui se trouvent en arrêt maladie de longue durée. Ils sont environ 350, selon les syndicats, les uns convalescents du Covid-19 − qui a frappé plus de 20 % de la profession −, les autres effondrés psychologiquement. Depuis des jours, cependant, la réponse de la présidente de la région, Isabel Diaz Ayuso (Parti populaire, droite), sonne comme un aveu d’impuissance : « L’Espagne manque de médecins et d’infirmiers, nous ne pouvons pas le nier », a-t-elle encore déclaré lundi 21 septembre. Pour faire face à cette pénurie, la région a demandé au ministère de la santé, jeudi 24 septembre, l’autorisation d’embaucher exceptionnellement trois cents médecins non européens bien que leur diplôme n’ait pas encore été homologué. L’Andalousie a fait de même le lendemain.
    Mais, pour les professionnels, une telle réponse ne fait qu’entériner un système défaillant qui écarte tous les ans des milliers de professionnels précarisés vers le chômage, vers d’autres régions d’Espagne ou d’autres pays d’Europe, qui offrent de meilleures conditions de travail et souvent des salaires plus élevés. Sur Twitter, les témoignages de soignants se sont multipliés sous le hashtag #porquénohaysanitarios (« pourquoi il n’y a pas de soignants ») : les contrats de vingt-quatre heures enchaînés pendant trois ans, les internes payés 700 euros par mois, les intérims qui durent quinze ans, avec licenciement avant chaque période de vacances…

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  • L’enseignement supérieur bascule dans le monde post-Covid
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2020/08/14/l-enseignement-superieur-bascule-dans-le-monde-post-covid_6048926_4401467.ht

    e Covid-19 a ébranlé les modèles de financement du secteur. A l’étranger, les universités anglo-saxonnes, très dépendantes des frais de scolarité payés par les étudiants, enregistrent des chutes d’inscriptions d’étudiants étrangers, mettant en péril leur viabilité économique. Aux Etats-Unis, avec l’annonce du basculement des cours en ligne pour l’année à venir, de plus en plus d’étudiants décident de reporter leurs études, refusant de payer des frais de scolarité astronomiques pour une expérience « dégradée ».
    Les universités françaises, financées essentiellement par l’argent public, semblent en partie préservées, même si la baisse du nombre d’étudiants étrangers, qui constituent jusqu’à la moitié des inscrits en master ou en doctorat, pourrait déstabiliser certains établissements. Dans l’Hexagone, c’est surtout l’enseignement supérieur privé, qui fonctionne essentiellement grâce aux frais de scolarité, qui est percuté de plein fouet. « Ces écoles sont en état d’alerte maximale », confirme Anne-Lucie Wack, présidente de la Conférence des grandes écoles. Dès la rentrée, et à moyen terme, les écoles privées anticipent une baisse du nombre d’étudiants étrangers, retenus par les fermetures de frontières ou par une frilosité générale à l’égard des déplacements. Elles craignent aussi une baisse du nombre d’étudiants tout court – des jeunes qui, en ces temps de crise économique, pourraient privilégier des études moins onéreuses à l’université, ou qui seraient réticents à l’idée de souscrire des prêts bancaires. Ces établissements redoutent notamment une diminution de leur nombre d’élèves en alternance (18 % des diplômés des grandes écoles), un système pourvoyeur de revenus pour de nombreuses écoles privées.

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