• Frontex Twitter Account Assessment Paper :

    Un document qui date de très probablement de 2015, moment dans lequel Frontex réfléchit les avantages et inconvénients d’avoir un compte twitter.

    * Preliminary note *

    It is clear that a significant part of discussions about Frontex does not take place in mainstream media. There is a large quantity of Tweets, blogs, online fora and discussions dedicated either directly to Frontex or to the wider topic of migration. Politicians and activists communicate regularly about Frontex without us being aware of it or being able to influence it. For a signific ant share of young people information gained online is the only source of information. According to Shaefer (2014) over 90% of US and some 75% of European journalists use social media as the primary source of information for breaking stories. As many corporate crises have proved in the past 3 years, Twitter is increasingly proving to be an invaluable tool for PR crisis management as it allows putting our side of the story not only in real time, but also directly to the concerned target audiences. By ignoring social media we will not make it go away. There is little doubt we should have a better picture of what is said ‘out there’ about Frontex and that we should start reaching out to those audiences we have virtually no contact with.

    Dans cet assessment, il y a une section dédiée aux #target_groups (p.4) :

    où figurent dans les "Frontex critics" : #Frontexit, #Migreurop, les #Verts, #Die_Linke, #No_Borders, #Panopticon et des non-spécifiées "migrants associations"

    Parmi les menaces que Frontex voit dans cette stratégie liée aux réseaux sociaux :

    “Insufficient and irregular engagement due to lack of dedicated staff to manage response to criticism could damage Frontex reputation”

    https://fragdenstaat.de/en/documents/9317-microsoft-word-twitter-strategy

    –-> document qui fait partie de la requête du 20.12.2020 ”Frontex Social Media Guidelines” :
    https://fragdenstaat.de/en/request/frontex-social-media-guidelines

    #réseaux_sociaux #surveillance #twitter #Frontex #migrations #big_brother #image #réputation

    ping @etraces

  • #Frontex, 15 ans d’#impunité : l’agence #hors-la-loi doit disparaître !

    L’agence de garde-côtes et de garde-frontières européens Frontex est accusée par divers médias [1] d’avoir eu connaissance ou de s’être rendue complice du refoulement d’au moins six bateaux d’exilé·e·s en mer Egée, entre mars et septembre 2020 dans le cadre de l’opération Poséidon. Pour la première fois, l’agence a été sommée de s’expliquer auprès de la Commission et du Parlement européens. Il était temps !

    Accusations nombreuses et récurrentes
    De multiples acteurs documentent depuis dix ans déjà l’incompatibilité du mandat et des activités de Frontex [2] avec le respect des droits fondamentaux, et l’impunité structurelle dont elle jouit.
    Depuis 2011, Migreurop dénonce les violations des droits dont Frontex se rend coupable : non-respect du droit d’asile, entraves au droit de quitter tout pays, mauvais traitements et actes de violence, discriminations, manque de transparence en matière de protection des données personnelles [3]. A partir de 2013, la campagne inter-associative Frontexit a montré comment la montée en puissance de Frontex (budget et autonomie) accroissait sa dangerosité. En 2019, l’enquête d’un collectif de médias révélait déjà de nombreux cas de violences lors d’opérations coordonnées par Frontex [4]. L’agence y est également accusée d’avoir classé sans suite des cas de mauvais traitements envers des exilé·e·s en Bulgarie, en Hongrie et en Grèce, s’en rendant ainsi complice [5].
    Accusations mensongères ? C’est sans compter les nombreux « rapports d’incidents » effectués par l’agence elle-même. Depuis 2012, l’Office de protection des droits fondamentaux de Frontex répertorie les plaintes qu’elle reçoit, sans qu’il y soit donné suite.

    Déni de responsabilité de Frontex
    Car ces accusations sont systématiquement balayées d’un revers de communication par Frontex dont l’attitude n’a jamais varié : se retranchant derrière les États hôtes de ses opérations sur qui elle rejette la responsabilité de leur déroulement, elle se contente d’affirmer, à grand renforts de codes de conduites non contraignants et de formations de ses agents sur les « bonnes pratiques », qu’elle respecte scrupuleusement les droits fondamentaux des personnes exilées.
    A ce déni de responsabilité systé(mat)ique s’ajoute une « Stratégie de respect des droits fondamentaux », brandie comme un étendard par l’agence depuis 2011. Pourtant, les instruments de contrôle qu’elle prévoit sont bien faibles y compris durant les expulsions [6], et le mécanisme de plainte mis en place pour dénoncer les violations des droits commises par Frontex elle-même dans les pays où elle opère n’est pas effectif car il ne peut aboutir qu’à d’éventuelles sanctions disciplinaires individuelles, donc internes, et non à la mise en responsabilité de l’agence. Pire, Frontex décourage toute velléité de porter ces griefs devant la justice [7].
    A ce jour, ni l’agence ni aucun de ses agents n’ont jamais été mis en cause, et, depuis des années, les témoignages accablants qui s’accumulent ne semblent pas remettre en question l’augmentation constante de ses moyens, de ses effectifs et de son pouvoir de décision [8].

    Les éléments de langage de Frontex ne suffisent plus
    Ces nouvelles accusations de complicité dans des cas de refoulement en mer Egée s’ajoutent aux préoccupations émises au fil des ans par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, l’Agence des droits fondamentaux de l’UE, le Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, la Commission LIBE du Parlement européen, le Médiateur de l’UE.
    Le 10 novembre 2020, à la demande de la Commission européenne, une enquête interne a été ouverte au sein de Frontex. Lors d’une réunion ad hoc, le directeur exécutif de l’agence s’est contenté de proposer un renforcement de l’équipe en charge des droits fondamentaux et d’accroître la « sensibilisation des agents opérationnels aux exigences juridiques qu’ils doivent appliquer au quotidien sur le terrain » [9]. Le contraste est criant entre ces garde-fous de façade et la gravité des accusations à son encontre.
    Le 1er décembre 2020, lors de son audition devant la Commission LIBE, le directeur a présenté Frontex comme une sentinelle des droits fondamentaux [10], tout en assimilant des cas de refoulement à des opérations de « prévention au départ », lesquelles constituent bien évidemment une entrave au droit de quitter tout pays y compris le sien, en violation des normes internationales et européennes auxquels l’agence est encore soumise. A la suite de cette audition, certain·e·s parlementaires ont sollicité une commission d’enquête parlementaire et d’autres la démission du directeur de Frontex [11].

    L’impunité de l’agence doit cesser et il doit être mis fin à son mandat
    Depuis des années [12], les refoulements violents – voire mortels [13] – d’exilé·e·s à la frontière gréco-turque, sont notoires et documentés, y compris par Frontex. L’incompatibilité de ses activités avec le respect des droits fondamentaux n’est plus à démontrer. Cependant son impunité reste totale : l’UE et ses États-membres ont progressivement mis en œuvre une stratégie « d’irresponsabilité organisée » en matière de politique migratoire [14], dont Frontex est l’une des composantes sécuritaires essentielles. Le contrôle des frontières n’est pas et ne sera jamais une variante de la mobilité. Il est urgent que cesse la stratégie mortifère aux frontières de l’UE, que les pratiques illégales de Frontex soient enfin sanctionnées et qu’un terme soit définitivement mis au mandat de cette agence européenne dont l’impunité n’a que trop duré.

    –-

    [1] “Frontex at Fault : European Border Force Complicit in ‘Illegal’ Pushbacks”, Bellingcat, Der Spiegel, 23 octobre 2020

    [2] Appel pour l’annulation du Règlement Frontex, campagne Frontexit, 2013

    [3] « Frontex : quelles garanties pour les droits de l’homme », Migreurop, Groupe Verts/ALE Parlement européen, 24 mai 2011 ; Migreurop/Statewatch, Réponse à l’appel à contribution du Médiateur – La stratégie des droits fondamentaux de Frontex, 27 septembre 2012

    [4] « Frontex accusée de tolérer des maltraitances sur des migrants », Le Point, 5 août 2019

    [5] « Frontex accusée de tolérer des maltraitances sur des migrants », Euronews, 5 août 2019

    [6] Comité de prévention de la torture du Conseil de l’Europe, visite Allemagne 2018, rapport observation vol retour Afghanistan 18 août 2018 ; “Deportation Union : Rights, accountability and the EU’s push to increase forced removals”, Statewatch, août 2020

    [7] “Frontex is taking us to court”, Luisa Izuzquiza, Arne Semsrott, 2 décembre 2020

    [8] Révisions de son mandat en 2011, 2016, 2019

    [9] “Frontex calls for committee to consider questions related to sea surveillance”, Frontex, 10 novembre 2020

    [10] Refoulement de migrants en mer Egée : le directeur de Frontex se défend devant le Parlement européen RTBF, 1er décembre 2020.

    [11] “Lawmakers bash EU border agency over alleged migrant pushbacks”, Euractiv, 2 décembre 2020

    [12] « Frontex : entre Grèce et Turquie, la frontière du déni », Frontexit, 5 mai 2014

    [13] “Shoot First - Coast Guard Fired at Migrant Boats, European Border Agency Documents Show”, The intercept, 22 août 2016

    [14] « La sous-traitance de la politique migratoire européenne est-elle justiciable ? », Migreurop, juin 2019

    http://www.migreurop.org/article3012.html?lang=fr

    #frontières #asile #migrations #réfugiés #migreurop #communiqué

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  • LOCKED UP AND EXCLUDED. Informal and illegal detention in Spain, Greece, Italy and Germany

    The report of Migreurop “Locked up and excluded" : Informal and illegal detention in Spain, Greece, Italy and Germany” looks back at how four EU member states practiced the administrative detention of non- nationals in 2019. The report shows how, in both first arrival countries such as Italy, Greece and Spain and in a presumed destination country, Germany, the detention of non-nationals is evolving, taking new forms and based on new grounds. In particular, this report argues that, in 2019, administrative detention was increasingly happening outside or at the margins of existing legal frameworks. We consider that locking migrants up without respecting or by bending existing legislations amounted to a generalization of ad hoc and informal detention and that it led to the further precarisation and deterioration of detention conditions.

    The recent release of the New Pact on Migration and Asylum has triggered debates about whether this proposal by the European Commission will improve the situation of migrants and asylum seekers and the way migration is governed in the EU. This report shows that many of the practices proposed in the Pact are in fact already been taking place in member states and that they are harmful for migrants and asylum seekers.

    The way detention is evolving in different member states is not homogenous across EU territory. The form, modalities and grounds taken by administrative detention depend on national contexts and on the geographic position of each member state in the EU border regime. The Migreurop network has long argued that the EU has developed a regime of migration and border governance that is premised on an unequal sharing of control duties within and outside the EU territory, with peripheral member states tasked to filter unwanted mobilities on behalf of their northern and western counterparts. Within this system, the twin practices of detention and deportation have been playing a key role.


    http://www.migreurop.org/article3010.html

    Pour télécharger le rapport :
    http://www.migreurop.org/IMG/pdf/gue_migreurop.pdf

    #rapport #Migreurop #enfermement #détention #rétention #détention_administrative #Espagne #Italie #Grèce #Allemagne #cartographie #visualisation #détention_illégale #enfermement #asile #migrations #réfugiés #rapport #hotspots #hotspot

    ping @_kg_ @karine4

    • EXILÉ·E·S ENFERMÉ·E·S ET EXCLU·E·S. #Détention_informelle et illégale en #Espagne, en #Grèce, en #Italie et en #Allemagne

      Le rapport de #Migreurop « Exilé·e·s enfermé·e·s et exclu·e·s - Détention informelle et illégale en Espagne, en Grèce, en Italie et en Allemagne » examine, dans quatre États membres de l’Union européenne (UE) en 2019, le recours à la #détention_administrative des étranger·e·s. Il démontre comment, tant dans les pays de première arrivée comme l’Italie, la Grèce et l’Espagne que dans un pays de destination présumé comme l’Allemagne, la détention des étranger·e·s évolue, en prenant de nouvelles formes et sur la base de nouveaux motifs. En particulier, ce rapport dénonce qu’en 2019 les autorités eurent davantage recours à la détention administrative en dehors ou en marge des cadres juridiques existants. Le réseau Migreurop considère que le fait d’enfermer les exilé·e·s sans respecter ou en détournant les législations afférentes équivaut à une généralisation de la détention ad hoc et informelle, et qu’elle conduit à une précarisation et une détérioration supplémentaires des #conditions_de_détention.

      La récente présentation du nouveau #Pacte_européen_sur_la_migration_et_l’asile a suscité des débats quant à savoir si cette proposition de la Commission européenne améliorerait la situation des exilé·e·s et la manière dont les migrations sont régies au sein de l’UE. Ce rapport montre que nombre des mesures proposées dans le #Pacte sont en réalité des pratiques déjà mises en oeuvre par les États membres et qu’elles sont préjudiciables aux exilé·e·s.

      L’évolution de la détention dans les différents États membres n’est pas homogène sur le territoire de l’UE. La forme, les modalités et les motifs de la détention administrative dépendent des contextes nationaux et de la position géographique de chaque État membre dans le régime frontalier de l’UE. Migreurop soutient depuis longtemps que l’UE a développé un régime de migration et de gouvernance des frontières qui repose sur un partage inégal des tâches de contrôle à l’intérieur et à l’extérieur du territoire de l’UE, les États membres en périphérie étant chargés de filtrer les mobilités jugées « indésirables » pour le compte de leurs homologues du Nord et de l’Ouest. Dans ce système, la double pratique de la détention et de l’#expulsion joue un rôle clé.

      http://www.migreurop.org/article3020.html

    • Migration : des Etats européens recourent de plus en plus à des détentions illégales

      Conduite par Migreurop, un réseau d’associations et de chercheurs, une étude examine comment quatre Etats – Espagne, Grèce, Italie et aussi Allemagne – recourent à une politique de détention arbitraire des étrangers.

      Accaparée par la pandémie, les questions budgétaires ou l’accord sur les investissements avec la Chine, la présidence allemande de l’Union ne l’aura pas fait progresser lors du second semestre 2020. Le débat sur un éventuel « pacte européen sur la migration » est, en tout cas, loin d’être achevé, avec des divergences persistantes entre les Etats membres et une discussion qui s’annonce tendue au Parlement. La Commission garde toutefois l’espoir de forger un consensus autour du texte qu’elle a déposé en septembre et qui vise à mieux gérer les frontières extérieures, à instaurer une solidarité obligée entre les pays et, aussi, à accélérer les contrôles à l’entrée dans l’Union, ainsi que les retours des personnes. Pour prévenir les refoulements abusifs, un mécanisme de contrôle serait confié à l’Agence européenne des droits fondamentaux, une institution basée à Vienne.

      Depuis, les révélations sur les renvois illégaux de migrants et les questions sur le rôle de l’agence Frontex – censée participer plus activement à la gestion des retours – se sont multipliées. De quoi susciter de nouvelles inquiétudes au Parlement, où de nombreux eurodéputés ne croient guère en la promesse d’un texte censé mêler harmonieusement les notions de solidarité, de respect de droits humains et de contrôles renforcés. Selon plusieurs groupes politiques, les Etats tenteront, au contraire, de renforcer l’aspect sécuritaire du « pacte ».

      Une nouvelle étude va renforcer la conviction de ces parlementaires. Conduite par Migreurop, un réseau d’associations et de chercheurs issus d’une vingtaine de pays, et intitulée Exilé-e-s, enfermé-e-s et exclu-e-s, elle examine en détail comment quatre Etats confrontés à la pression migratoire ont eu de plus en plus fréquemment recours, en 2019 et par la suite, à une politique de détention arbitraire des étrangers. L’enquête évoque la situation dans trois pays de première arrivée (Espagne, Grèce et Italie) mais aussi en Allemagne. Un autre volet, concernant notamment les Balkans, sera publié en 2021.
      « Hot spots » saturés

      On savait qu’un peu partout, les refus d’admission et les expulsions d’étrangers étaient plus nombreux, conformément à la volonté générale d’une politique plus ferme. On savait moins qu’elle s’accompagnait d’un recours fréquent à la détention, avec des pratiques qui se situent en marge, ou en dehors des lois. Le tout dans un contexte où les tâches restent très inégalement réparties entre les Vingt-Sept.

      Les pays de première arrivée sont contraints de filtrer et de trier les demandeurs et, également, de refouler massivement (493 000 personnes en Espagne, par exemple, pour la seule année 2019). Ils doivent aussi prévoir des procédures de rétention aux frontières, le temps de l’examen des dossiers. C’est dans ce but que les bases juridiques ont été « adaptées » et que des migrants sont désormais enfermés dans des lieux informels, des zones frontalières, des postes de police ou de douane, où leurs droits à l’information ou à l’assistance d’un avocat sont inexistants. Des centres prévus, en principe, pour l’accueil ou une rétention temporaire sont également devenus des sortes de prison.

      Quant aux « hot spots », créés à l’origine pour une identification rapide des exilés, ils ont, eux aussi, été saturés : celui de Lampedusa, en Italie, était prévu pour 96 personnes et en a abrité 300 ; ceux établis en Grèce ont eu jusqu’à 38 000 occupants, pour 6 000 places prévues.
      Tâches déléguées au secteur privé

      Les migrants et demandeurs d’asile qui parviennent à se frayer un chemin vers d’autres pays, de l’ouest ou de nord, seront eux aussi confrontés à des mécanismes de détention. Soit, parce qu’en vertu du règlement de Dublin – toujours en vigueur –, ils doivent être renvoyés vers le pays européen de première arrivée, soit parce que des accords de réadmission conclus avec la Turquie, l’Afghanistan ou des pays africains prévoient leur expulsion. L’Allemagne, par exemple, qui a refusé d’admettre 6 730 personnes en 2019 et en a expulsé 22 000, a adapté sa législation afin de permettre le placement de déboutés en prison, en contravention avec la loi européenne.

      La Grèce a, quant à elle, placé 195 mineurs en détention, tandis qu’en Espagne, les CATEs, centres d’assistance temporaire, ont été créés en dehors du cadre légal et sont en fait des institutions fermées soumises au contrôle direct de la police.

      Migreurop s’inquiète désormais que le « Pacte » élaboré par la Commission généralise les pratiques de détention illégale, avec son système de contrôle préalable à l’entrée sur le territoire. Le secteur privé, en revanche, pourrait se frotter les mains : débordés, des Etats confient à de grandes sociétés des tâches administratives et de surveillance. En Allemagne, rappelle l’ONG, une société de conseil a décroché un contrat de 29 millions d’euros pour aider l’office de la migration à examiner les demandes d’asile – ce qui a entraîné une forte hausse des expulsions et des détentions.

      https://www.lemonde.fr/international/article/2021/01/04/migration-des-etats-europeens-recourent-de-plus-en-plus-a-des-detentions-ill

  • Protéger et contrôler : les deux visages du #HCR

    Pour qui s’intéresse aux questions migratoires au travers des reportages des médias non spécialisés, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (#HCR) apparaît comme une ONG, alors qu’il s’agit d’une agence onusienne et que plus de 85% de son #budget provient de contributions étatiques. Son point de vue est ainsi régulièrement convoqué pour contrebalancer les discours hostiles aux réfugié·e·s. Pour le HCR, qui fait appel à la générosité du public, la #communication est d’ailleurs centrale.

    Les déclarations du HCR, destinées à être reprises par la presse, sont conçues pour ne pas heurter ses principaux donateurs. Ce sont donc ses #non-dits qui doivent être décryptés. Ainsi, en février 2020, en réaction à la situation dramatique des réfugié·e·s maintenu·e·s dans les #hotspots grecs, le HCR demandait une « action décisive pour mettre fin aux conditions alarmantes dans les îles de la mer Égée ». Mais le terme de hotspot ne figure pas dans le communiqué, le HCR lui préférant l’euphémisme « centre de réception » ; et, s’il en appelle aux responsabilités du gouvernement grec, il passe sous silence celles de l’Union européenne (UE), qui a inventé la « #solution_hotspot » en 2015, dont le HCR est lui-même partie prenante depuis l’origine. De même, pour expliquer, au début de l’année 2020, que « la #Libye n’est pas un pays sûr, ni une terre d’asile », la porte-parole du HCR évoque le contexte politique chaotique dans le pays.

    Mais elle ne fait aucune allusion aux efforts menés depuis des années par les pays européens pour empêcher les exilé·e·s de prendre la mer, les condamnant à être les otages des milices.

    Partagé entre sa mission et les injonctions de ses #bailleurs, le HCR ne peut être considéré comme un lanceur d’alerte, ni même un acteur humanitaire : sa présence dans les îles grecques comme en Libye tient à ce qu’il a été acteur du processus de #mise_à_distance et de #tri des exilé·e·s prôné par l’UE. Dès lors, ses cris d’alarmes, aussi sporadiques qu’inconséquents, n’offrent pas de secours véritable aux femmes et aux hommes que la #convention_de_Genève ne protège plus.

    http://www.migreurop.org/article2991

    #protection #réfugiés #asile #migrations #ONU #contrôle #externalisation #mots #vocabulaire #terminologie

    Pour télécharger la note de #Migreurop en pdf :
    http://www.migreurop.org/IMG/pdf/note_11_fr.pdf

    ping @rhoumour @karine4 @_kg_

  • Politiques du non-accueil en #Tunisie : des acteurs humanitaires au service des politiques sécuritaires européennes

    « La réponse est claire : c’est non […] Nous n’avons ni les capacités ni les moyens d’organiser [des] centres de rétention » [1]. C’est par ces mots qu’en juin 2018, Tahar Chérif, ambassadeur tunisien auprès de l’Union européenne, réitérait le refus de la Tunisie d’accueillir sur son sol des camps où seraient « stocké·e·s » les migrant·e·s dont l’Union européenne ne veut pas. Ce refus faisait suite à la proposition de la Commission européenne d’installer en Afrique du Nord des « plateformes de débarquement » pour les migrant·e·s secouru·e·s dans les eaux internationales, faute d’accord entre les États européens pour se répartir la charge de leur accueil, alors que l’Italie annonçait la fermeture de ses ports. Mais si la Tunisie, aux côtés des autres pays africains, rejetait haut et fort le plan de la Commission et continuait à soutenir que jamais elle ne consentirait à devenir le garde-frontières de l’Union européenne, cela fait en réalité longtemps qu’elle accepte divers outils destinés au contrôle des migrant·e·s d’Afrique subsaharienne [2] sur son territoire. Après l’échec de l’approche régionale des plateformes de débarquement, l’Union européenne semble avoir pris le parti de mettre en place des #arrangements de #contrôle_migratoire fragmentés et progressifs, dont la Tunisie est le candidat privilégié. À mesure que la situation sécuritaire en Libye se dégrade [3], elle semble en effet devenir la nouvelle cible de la stratégie européenne d’#externalisation_des_frontières, et accumule progressivement les ingrédients qui tendent à la transformer en #zone_de_contrôle_migratoire.

    Mais si la Tunisie offre une meilleure image en termes d’accueil pour ces populations migrantes que la Libye, l’expérience vécue par les migrant·es semble tout autre. « Vivre en Tunisie, ce n’est plus possible. Je dois repartir en Libye ». En ce début d’année 2020, cette phrase est dans la bouche de plus en plus de personnes migrantes, pourtant venues trouver refuge en Tunisie après leur expérience libyenne. Alors qu’en Libye les affrontements reprennent de plus belle, comment peut-on donc expliquer que des dizaines, voire des centaines de personnes quittent un pays en paix et ayant la réputation d’être plus ou moins hospitalier [4], pour un pays en plein chaos et extrêmement dangereux pour elles ? C’est de cette question et du constat répété du « #non-accueil » des personnes migrantes sur le sol tunisien qu’est partie cette recherche de trois mois sur les politiques de gestions des migrations en Tunisie.

    Le présent rapport tente de documenter ces politiques de « non-accueil », tout en les inscrivant dans le contexte plus large des politiques d’externalisation des frontières de l’Union européenne et en accordant une attention particulière à la manière dont ces politiques, dans le contexte tunisien, mêlent étroitement registres #humanitaire et #sécuritaire.

    Ce rapport a été réalisé entre octobre et décembre 2019 en partenariat entre le Forum Tunisien des Droits Économiques et Sociaux et le réseau euro-africain Migreurop. Il s’appuie sur plus de 90 entretiens avec des personnes migrantes (35 entretiens avec des exilé·e·s basé·e·s en Tunisie représentant 16 nationalités différentes), et des représentant·e·s d’organisations et d’organismes locaux et internationaux, ainsi qu’avec des chercheurs et chercheuses, et des journalistes.

    http://www.migreurop.org/article2992.html

    Pour télécharger le rapport :
    http://www.migreurop.org/IMG/pdf/politiques_du_non-accueil_en_tunisie_f.pdf

    #rapport #asile #migrations #réfugiés #Migreurop #externalisation #centres_de_rétention #rétention #camps #détention_administrative

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    Sur les #plateformes_de_désembarquement :
    https://seenthis.net/messages/703288

    #disembarkation_paltforms #plateformes_de_débarquement

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    Ajouté à la métaliste sur l’externalisation :
    https://seenthis.net/messages/733358#message768701

    ping @_kg_ @isskein

  • #Hotspot de #Samos : l’enfer à la frontière gréco-turque. Rapport de missions Gisti - Migreurop 2019

    Le vendredi 28 février 2020, le président turc Recep Tayyip Erdogan décidait unilatéralement de suspendre l’accord UE-Turquie de 2016, qui, en quatre ans, a transformé cinq îles grecques de la mer Égée en prisons à ciel ouvert pour les exilé·es, les fameux « hotspots ». A de nombreuses reprises déjà, la Turquie s’était servie de cet accord comme instrument de chantage auprès de l’Union européenne, en menaçant de rouvrir ses frontières. Les critiques des gouvernants européens face à l’offensive turque en Syrie et la perte d’une trentaine de soldats turcs dans un bombardement russe ont été le prétexte pour mettre à exécution cette menace. Dans la foulée, des milliers d’exilé·es, la plupart se déplaçant dans des bus affrétés par les autorités turques, se sont précipité·es aux frontières terrestres et maritimes, se heurtant à la violence de la police et de l’armée grecque aussitôt déployées pour leur en interdire le franchissement.

    Au nom de la « protection des frontières de l’Europe » [1], la frontière gréco-turque est le théâtre de nombreuses violations flagrantes des droits humains : atteinte à la dignité des personnes, atteinte à leur intégrité physique, atteinte à leur vie. La violence aux frontières terrestres et maritimes est à son paroxysme [2]. En refusant l’entrée des exilé·es sur le territoire européen, en suspendant l’enregistrement des demandes d’asile, la Grèce, avec le soutien de l’UE qui a envoyé l’agence européenne Frontex en renfort, piétine le principe de non-refoulement, pierre angulaire de la convention de Genève. Comme le relève la Rapporteure spéciale des Nations unies sur les exécutions extra judiciaires, qui dénonce « une situation de non-droit absolu », « la Grèce joue un rôle tout aussi cruel que celui joué par la Turquie ou le reste des États européens, car la crise est (…) ancrée dans le manque de vision et de courage des dirigeants européens » [3].

    Depuis le mois de mars 2020, une nouvelle catastrophe plane sur les hotspots grecs. A l’intolérable surpopulation, au manque d’infrastructures sanitaires (eau potable, douches, toilettes) et de nourriture, à l’hébergement sous tentes qui se solde chaque année par des morts par hypothermie, aux incendies à répétition, s’ajoute aujourd’hui le Covid-19. Le 22 mars 2020, les autorités grecques ont annoncé le confinement forcé des exilé·es dans les camps grecs, y compris les hotspots. La surpopulation rendant la prévention de la propagation du virus pratiquement impossible, ces mesures exposent délibérément ces personnes à un risque grave et imminent de contamination [4].

    Ce rapport décrit la catastrophe humanitaire et la situation de non-droit qui caractérisaient déjà la condition des exilé·es à la fin de l’année 2019 sur l’île de Samos, l’un des cinq hotspots grecs, avant l’enterrement de l’accord UE-Turquie et l’irruption de la pandémie du COVID 19. Au moment de sa publication, l’actualité confirme que « l’approche hotspots », vantée par la Commission européenne comme une solution pour mettre fin à la « crise migratoire », a bien « engendré un monstre » [5].

    A l’heure où nous diffusons ce rapport, nous apprenons qu’une série d’incendies s’est déclenchée au camp de #Vathy, dans le hotspot de l’île de Samos, créant de vives tensions entre les réfugié·es qui tentaient de fuir les flammes et les forces de police, qui prétendaient les en empêcher au nom des mesures restrictives en vigueur dans les hotspots grecs du fait de la pandémie du COVID 19. Le 26 avril au soir, une évacuation du camp a finalement été organisée. Mais les réfugié·es, dont certain·es sont blessé·es à la suite des affrontements avec la police, sont désormais sans abri, et les associations se sont vu interdire de les héberger en raison du COVID 19.

    https://www.gisti.org/spip.php?article6378
    #Mer_Egée #Grèce #île #asile #migrations #réfugiés #frontières #hotspots #Turquie #rapport #Migreurop #Gisti

    Pour télécharger le rapport :
    https://www.gisti.org/IMG/pdf/rapport_samos_2020.pdf

    Sur les incendies à Samos, voir :
    https://seenthis.net/messages/848111

  • Vidéo hotspots

    #Migreurop lance aujourd’hui une vidéo pour dénoncer les politiques migratoires européennes mortifères, et en particulier les #hotspots en Grèce et en Italie. Au vu de la situation sanitaire actuelle, cette vidéo est accompagnée d’un communiqué (FR/EN/ES), auquel les membres du réseau ont eu l’occasion de contribuer, pour exiger que tous les camps d’étranger.e.s soient vidés et que ces dernier.e.s aient également le droit d’être protégé.e.s.

    La vidéo :
    https://vimeo.com/402154419


    (elle existe en français, anglais et espagnol)

    #vidéo #migrations #réfugiés #asile #hotspot #Grèce #Italie #militarisation_des_frontières #fermeture_des_frontières #Règlement_Dublin #Dublin #approche_hotspot #tri #catégorisation #migrants_économiques #relocalisation #ressources_pédagogiques #renvois #expulsions #renvois_forcés #décès #morts #indifférence #politiques_migratoires

    Le communiqué :
    https://seenthis.net/messages/838573

    ping @karine4 @_kg_

  • Une coalition contre les violences aux frontières - MIGREUROP
    http://www.migreurop.org/article2960.html

    Nous déposerons plainte contre la Grèce et l’UE pour les violations des droits des personnes migrantes et réfugiées fuyant la Turquie

    Ces derniers jours, les violations des droits des migrant·e·s et réfugié·e·s qui cherchent à accéder au territoire européen via la Grèce ont pris une tournure dramatique. Si les violences contre les exilé·e·s atteignent aujourd’hui un niveau inouï, les conditions de cette escalade ont été posées par les dirigeants européens depuis plusieurs années. En 2015, l’Union européenne (UE) a introduit son « approche hotspot », obligeant l’Italie et la Grèce à trier les migrant·e·s et réfugié·e·s arrivant sur leurs côtes. En mars 2016, l’UE a signé un arrangement avec la Turquie qui, pour un temps, a permis de contenir de nouvelles arrivées. Sans surprise, ces dispositifs ont transformé les îles grecques en prisons à ciel ouvert et exacerbé la catastrophe humanitaire aux frontières grecques. La coopération avec la Turquie – largement dénoncée par la société civile –, s’effondre aujourd’hui, alors que les autorités turques, cherchant à faire pression sur l’UE, poussent les personnes migrantes et réfugiées en sa direction.

  • Un « Atlas » pour dénoncer les effets des politiques migratoires

    Petite #recension de ma part de l’#atlas de #Migreurop

    Toute carte est le fruit d’une intention. Par le choix des formes (points, lignes, surfaces), par l’épaisseur des traits, par le choix des couleurs, le cartographe commente et analyse le phénomène qu’il veut mettre en exergue. Les cartes peuvent ainsi servir le pouvoir (sans cartes, sans cartographes, sans géographes, le projet colonial n’aurait simplement pas pu exister) ou, au contraire, faire entendre la voix des sans-voix, montrer le point de vue des dominés, des victimes d’injustices sociales et spatiales. C’est le projet des contre-cartographies, de la géographie « critique ».

    L’Atlas des migrants en Europe, à sa troisième édition, est emblématique de cette démarche. Le sous-titre le dévoile : « Approches critiques des politiques migratoires. » En 175 pages, réunissant une petite centaine de cartes et illustrations, il donne à voir ce que les politiques cachent ou détournent.

    Ces cartes dénoncent les politiques migratoires en montrant leurs effets pervers et mortifères. Elles disent une autre vérité, elles portent la parole de ces corps qui, en traversant les frontières, parfois les murs, et en défiant les politiques en place, peuvent véritablement témoigner de la brutalité du régime migratoire européen. Les corps de personnes en exil sont marqués par les politiques migratoires : quand on les oblige à détourner les systèmes de surveillance, à défier la mort dans les déserts, les mers et les montagnes, quand on les place en « rétention », quand on les expulse par la force, quand on les jette à la rue et on les force à la « migrerrance », à l’errance post-migratoire.

    Ces trajectoires sont inscrites dans l’Atlas, à travers des cartes — critiques, sensibles, radicales — et des récits. Des trajectoires individuelles, comme celle de Ahmed qui, « sans travail et sans papiers », traverse le désert et les Balkans pour arriver en Angleterre deux ans après. Des trajectoires individuelles qui, toutes, s’inscrivent dans une destinée collective. Car les cartes ne suivent pas, par une ligne, les parcours singuliers, mais montrent des tendances.

    Cette collection donne à voir des phénomènes invisibles, et c’est là, justement, leur prérogative et leur pouvoir. Elles montrent les flux monétaires qu’engendrent les politiques migratoires : le coût des expulsions (11,3 milliards d’euros, hors dispositifs Dublin), le coût de l’enfermement de personnes en situation irrégulière (780 millions de livres au Royaume-Uni). Elles chiffrent les morts en Méditerranée, auxquels on peut rendre hommage grâce à une poignée d’associations qui, depuis les années 1990, dépouillent les dépêches et les nouvelles dans les journaux locaux afin d’établir des « listes des disparus en mer ». Elles illustrent aussi les politiques d’externalisation, qui, parce qu’elles se déploient géographiquement loin de nos regards, au Soudan ou au Niger, elles servent justement de cache-yeux.

    Ainsi, cet atlas critique démasque le système, en démêle les enjeux et déconstruit des politiques migratoires créatrices d’injustices afin de donner les instruments, à celles et ceux qui y résistent, d’œuvrer au rétablissement d’une justice migratoire. Pour que « les cartes de demain donnent à voir des frontières ouvertes et des droits humains respectés ».

    https://www.lacite.info/livresidees/atlas-politiques-migratoires
    #cartographie #livre #migrations #frontières #asile #externalisation #camps #campement #ressources_pédagogiques #géographie_des_migrations

    • Atlas des migrants en Europe. Approches critiques des politiques migratoires

      Les candidats à l’exil, fuyant les guerres, la pauvreté et les crises politiques, voyagent souvent au péril de leur vie. Depuis 25 ans, près de 40 000 migrants sont morts ou ont disparu, par noyade ou épuisement, aux frontières européennes, dont plus de 6 000 pour la seule année 2016, la plus meurtrière jamais enregistrée.
      L’augmentation des arrivées observée depuis 2015 a fait souffler un vent de panique au sein des États de l’Union européenne qui se sont ressaisis en durcissant la seule politique qui vaille à leurs yeux, le renforcement des frontières extérieures : multiplication des murs et barrières pour « réguler les flux », ouverture de nouveaux camps, externalisation de l’accueil, militarisation accrue de la surveillance et de la répression… la « crise des migrants » a été suscitée autant que subie, et vient interroger tout le système européen des frontières, des politiques d’accueil et d’immigration.
      Déconstruire les a priori, changer les regards, interroger les frontières, cartographier le contrôle sécuritaire et l’enfermement, enfin, et surtout, donner la parole aux migrants : tels sont les objectifs des textes, cartes, photographies et illustrations réunis dans cet atlas critique des politiques migratoires européennes.

      http://www.armand-colin.com/atlas-des-migrants-en-europe-3e-ed-approches-critiques-des-politiques-

      Quelques cartes sont disponibles en libre accès sur le site de Migreurop :
      http://www.migreurop.org/rubrique417.html

    • Migranti raccontati dalle mappe di Migreurop. L’intervista a Filippo Furri tra i curatori dell’Atlante

      L’uscita della terza edizione dell’Atlas des migrants è particolarmente significativa per dare una giusta interpretazione dei fenomeni migratori e delle loro reali ricadute; per far conoscere l’Atlante al pubblico italiano, e in attesa della sua traduzione, abbiamo deciso di intervistare Filippo Furri, membro di Migreurop e della coalizione Boats4people.

      http://www.meltingpot.org/Migranti-raccontati-dalle-mappe-di-Migreurop

  • L’Atlas des migrants en Europe : le livre de référence d’un réseau engagé - Europe - RFI

    http://www.rfi.fr/europe/20171207-atlas-migrants-europe-livre-reference-reseau-engage

    La troisième édition de L’Atlas des migrants en Europe est sortie fin novembre en librairie. Comme les précédentes versions (datées de 2009 et de 2012), elle a été réalisée par Migreurop, un réseau international de chercheurs et de militants actif depuis 2002. Loin de s’en tenir à un simple état des lieux, cet ouvrage propose des « approches critiques des politiques migratoires ». Il est dirigé par le géographe Olivier Clochard.

    Le cœur du livre étudie les aspects du non-accueil des migrants en Europe. Le confinement par exemple peut consister à maintenir les nouveaux venus sur l’île de Chios, en Grèce. Mais il peut s’agir aussi de les rassembler dans le bidonville de Calais qui en 2016 avait dépassé les dix mille habitants, ou encore de placer, comme en Europe du Nord, des centres d’accueil loin des villes et des réseaux de transports en commun. Cela peut amener enfin à élever murs et grillages comme à Ceuta et Melilla, enclaves espagnoles sur le continent africain.

    #migrations #asile #europe #migreurop

  • La détention des #migrants, un business en pleine expansion
    http://multinationales.org/La-detention-des-migrants-un-business-en-pleine-expansion

    Les centres de détention administrative de migrants sont de plus en plus nombreux en Europe et à ses frontières. Ils sont aussi de plus en plus privatisés, avec des conséquences négatives sur les conditions d’hébergement et les conditions de travail des employés, et plus largement sur le respect des droits et de la dignité humaine. En témoigne la récente révolte de migrants dans le centre de Cona, en #Italie. De l’autre côté, des entreprises privées nationales ou multinationales profitent d’un marché (...)

    Actualités

    / Italie, #France, #Royaume-Uni, #G4S, Engie (ex GDF Suez), #Bouygues, #Privatisations, #privatisation, migrants, #droits_humains, (...)

    #Engie_ex_GDF_Suez_ #Migreurop
    « http://www.migreurop.org/article2761.html »
    « http://ilmanifesto.info/ecofficina-lanima-nera-del-modello-veneto-fra-capannoni-dismessi-e-sim »
    « http://www.ilfattoquotidiano.it/2017/01/03/venezia-tutte-le-ombre-su-chi-gestisce-il-centro-di-cona-indagini-per-truffa-parentopoli-e-la-cacciatada-confcooperative/3293882 »

  • Penser les migrations pour repenser la société - Colloque des 30 ans de Migrinter - Sciencesconf.org

    http://migrinter30ans.sciencesconf.org

    21-24 Juin 2016, Université de Poitiers, Migrinter

    La production relative aux migrations, encore marginale dans les années 1980, est aujourd’hui foisonnante. L’étude des phénomènes migratoires est devenue un domaine de recherche à part entière avec ses colloques, ses laboratoires de recherche, ses programmes scientifiques et ses revues. Le laboratoire MIGRINTER, dont le champ de recherche couvre des domaines aussi divers que les circulations, les diasporas, ou les mobilités urbaines a, au cours des trois décennies passées, a marqué de son empreinte l’approche francophone des migrations internationales.

    Tout en se structurant en champ autonome, les études migratoires irriguent et renouvellent les questionnements scientifiques plus généraux des sciences sociales. Toutes les disciplines sont à présent concernées : la géographie, l’histoire, la démographie, la sociologie, l’anthropologie, l’économie, mais aussi la philosophie, la linguistique, la psychologie, la littérature… Une partie importante des avancées théoriques et épistémologiques sont aujourd’hui redevables de l’analyse des phénomènes migratoires. L’anthropologie postcoloniale, les approches multi-situées, le transnationalisme, les nouvelles approches de l’identité, l’histoire globale, sont autant de nouveaux champs scientifiques dont la fondation repose sur la critique d’une vision sédentaire des sociétés et des cultures. L’étude des migrations internationales offre une alternative au nationalisme méthodologique qui a longtemps structuré les sciences sociales. Ce champ constitue un prisme à partir duquel sont reconsidérés les États, la société, les identités individuelles ou collectives, les pratiques artistiques, mais aussi notre rapport à l’espace et au temps, au point que l’on évoque aujourd’hui un « paradigme migratoire ».

    #migrations #migrinter #migreurop

  • Close the camps – Cartes

    http://closethecamps.org/category/cartes

    Superbe initiative collective, participative et progressive, sur le monde migrant et la manière dont l’Europe cherche systématiquement à les « enfermer » ici ou là.

    Cartographie des camps d’étrangers

    Une cartographie dynamique et participative de l’enfermement des étrangers en Europe et au delà pour :
    • Documenter les lieux, formes et conditions de l’enfermement des étrangers et leurs conséquences humaines dramatiques
    • Faciliter l’accès aux informations concernant les lieux de détention d’étrangers et le contact avec les personnes détenues
    • Mobiliser toutes celles et ceux qui s’opposent aux mécanismes d’enfermement et d’éloignement des migrants pour défendre leurs droits fondamentaux.

    #migrations #camps #enfermement #prisons #asile #exil #réfugiés #migreurop

  • "L’afflux massif de migrants en Europe est à relativiser" : entretien avec le géographe Olivier Clochard
    http://www.alterechos.be/fil-infos/lafflux-massif-de-migrants-en-europe-est-a-relativiser

    Dès ce 13 juin, le Centre Culturel Jacques Franck accueille l’exposition Moving Beyond Borders. Elle s’intéresse au parcours des migrants et pointe les dispositifs responsables de leurs périlleuses traversées dans le Sahara, en Méditerranée ou aux frontières orientales de l’Union européenne. Moving Beyond Borders se veut aussi un outil de sensibilisation à la question des migrations auprès du grand public. Une nécessité à l’heure où des milliers de personnes, victimes d’une politique sécuritaire non respectueuse des droits de l’homme, perdent la vie sur la route de l’exil. Rencontre avec Olivier Clochard, géographe, membre du réseau Migreurop(1),à l’initiative de cette exposition.

    #Géographie #Migrations #Olivier_Clochard #Géographie_des_Migrations #Migrants #Immigration #Asile #Droit_d_Asile #Cartographie #Cartographie_des_Migrations #Forteresse_Europe #Géographie_de_l_Europe #Géographie_Critique #Cartographie_Radicale #Politiques_Migratoires #Politiques_Migratoires_européennes #Union_EUropéenne #Migreurop #Exil #Exposition #Frontex #Frontières #Géographie_des_Frontières #Contrôle_des_Frontières

  • Des ronds dans l’O éditions | La BD Centre de #Rétention Administrative

    En 2012, à #Toulouse-Cornebarrieu, Meybeck participe à la campagne « Ouvrez les portes » organisée par #Migreurop et #Alternative_Européenne, campagne visant à obtenir l’accès des journalistes et de la société civile aux centres de rétention pour lesquels nous n’avons pratiquement aucune information, ni sur ce qui s’y passe, ni comment sont traités les migrants, ni sur le respect de leurs droits. Magnifique documentaire avec les #témoignages de migrants et d’associations intervenantes.


    http://asile.ch/2015/02/10/des-ronds-dans-lo-editionsla-bd-centre-de-retention-administrative

    #BD #détention_administrative #bande_dessinée #livre

  • Carte du mois (janvier 2014)

    Voici une carte réalisée à partir de la base de donnée collaborative élaborée par le réseau #Migreurop. En plus de la #localisation des camps sur la carte (points noirs), ceux-ci sont reliés par un trait blanc si deux camps sont éloignés de moins de 200 km l’un de l’autre. Ce #réseau complexe de traits et de points vient ainsi symboliser un dispositif devenu central pour l’Union européenne dans la lutte contre l’immigration, l’enfermement. Avec ce #dispositif, la frontière de l’Union européenne n’est donc plus linéaire comme elle est classiquement représentée avec les limites de l’espace Schenghen, mais réticulaire. On voit d’ailleurs assez clairement sur cette représentation que la #frontière ainsi symbolisée déborde très largement sur les pays voisins qui, le rapport de force avec l’UE étant dissymétrique, n’ont d’autres choix que de jouer ce rôle de #garde-frontière. Une #zone_tampon vient compléter la mise en page, il délimite les zones à moins de 100km d’un camps. Retrouvez plus de cartes sur closethecamps.org

    http://neocarto.hypotheses.org/416

    #camps #détention #visualisation #carte #migration #rétention #enfermement #frontière_réticulaire

  • #Carte : close the camps !

    Une cartographie dynamique et participative de l’enfermement des étrangers en Europe et au delà pour :
    • Documenter les lieux, formes et conditions de l’enfermement des étrangers et leurs conséquences humaines dramatiques
    • Faciliter l’accès aux informations concernant les lieux de détention d’étrangers et le contact avec les personnes détenues
    • Mobiliser toutes celles et ceux qui s’opposent aux mécanismes d’enfermement et d’éloignement des migrants pour défendre leurs droits fondamentaux.

    http://closethecamps.org

    #Migreurop #camps #détention_administrative #étrangers #cartographie_participative #enfermement #déboutés #asile #réfugiés #rétention

  • La dernière note de Migreurop concernant l’enfermement des sans-papiers. A lire sur le site : http://www.migreurop.org/article2258.html

    http://www.migreurop.org/IMG/pdf/Note_de_MIGREUROP_enfermement_FR_web.pdf

    Depuis les années 1990, l’enfermement est devenu un instrument privilégié de gestion des populations migrantes en Europe et au-delà. Cette privation de liberté, qui s’opère au seul
    motif que des personnes n’ont pas respecté les règles relatives
    au franchissement des frontières et/ou au séjour, est une source
    permanente de violations desdroits des migrant-e-s (durées
    de détention de plus en plus longues, conditions matérielles
    et juridiques inacceptables). Derrière l’objectif officiel de rationalisation de la gestion migratoire, l’institutionnalisation de la
    détention des étranger-e-s vient en réalité criminaliser celles et
    ceux qu’on désigne comme indésirables, en alimentant la
    xénophobie. Cette politique a un coût humain et financier énorme pour nos sociétés. Depuis 2002, Migreurop documente et dénonce les effets de ces politiques migratoires de
    l’Union européenne. Le réseau demande aux gouvernements
    de cesser d’utiliser la détention à des fins de contrôle migratoire, et appelle les opinionspubliques à refuser toutes les
    logiques d’enfermement des étrangers.

    #migreurop #enfermement #sans_papiers.

  • Vol Bamako- Bruxelles avec Securicom(me) un cauchemar !

    Le 20 mars 2013, dans le cadre du lancement à Bruxelles de la campagne Frontexit, initiée par les membres du réseau Migreurop et ses partenaires, deux représentants d’associations maliennes ont à nouveau fait les frais du contrôle délocalisé des frontières européennes et de l’arbitraire d’entreprises privées promues garde-frontières. Securicom est l’une des nombreuses agences de sécurité auxquelles les compagnies aériennes sous traitent les contrôles documentaires avant l’enregistrement et l’embarquement des passagers à destination des pays européens. Le but étant d’échapper aux amendes infligées par les Etats aux transporteurs en cas de refus d’admission d’un passager sur leur territoire.

    Cette privatisation du contrôle migratoire – normalement dévolu aux polices des frontières – confie aux entreprises de sécurité un pouvoir de décision très étendu et peu encadré, engendrant tout à la fois profits, violations des droits et situations absurdes.

    Ainsi, malgré des documents parfaitement en règle, Securicom à Bamako décrète le 19 mars que les visas apposés sur les passeports de nos collègues maliens sont falsifiés pour leur refuser l’accès au vol Bamako/Bruxelles via Lisbonne. Dès le lendemain, après avoir dû racheter un billet d’avion, et munis d’un certificat d’authenticité du visa délivré par les autorités néerlandaises [1], ils embarquent enfin sur le vol Bamako/Bruxelles via Abidjan. Mais lors de l’escale en Côte d’Ivoire, là encore, Securicom veille. Et décrète- en dépit du bon sens et de l’arithmétique - que la date de leurs vols retours (les 4 et 6 avril 2013) dépasse la durée de validité du visa (14 avril 2013) et qu’il leur faut donc réserver un nouveau billet retour pour être en règle et entrer sur le territoire belge. Securicom à Abidjan leur réserve alors d’office deux nouveaux billets retours pour le 30 mars de Bruxelles à Abidjan. Quid de leur retour sur Bamako ? Le zèle outrancier de Securicom aura ainsi permis à nos collègues d’arriver à destination au terme de 31h de voyage et après l’achat de deux billets aller retour par personne.

    Les membres du réseau Migreurop sont, une fois de plus, scandalisés par ces pratiques arbitraires de suspicion à l’égard des citoyens des pays du Sud. Nous nous indignons des conséquences des politiques européennes qui entravent la liberté d’aller et venir. Nous dénonçons l’externalisation des contrôles des frontières hors de l’Union européenne et leur privatisation qui font obstacle aux rencontres entre citoyens du Nord et du Sud de la Méditerranée.

    http://www.migreurop.org/article2239.html

    #migration #frontière #contrôles_frontaliers #migreurop #Securicom

  • Ce message est arrivé sur la liste « Migreurop » via Eva Ottavy

    Vidéos réalisées avec l’aide de Simon Higelin (artiste-graphiste) et le travail de plusieurs volontaires européens.

    http://ep.reseau-ipam.org/mosaique/index.html

    Ce rendu part d’une mosaïque. Chaque objet représente une mission réalisée par un.e volontaire de Migreurop mais pas seulement. Il y a aussi la Confédération paysanne, l’AITEC avec Echanges et Partenariats, l’agence Média Palestine, le collectif Haïti de France et l’AEC.

    Concernant plus particulièrement Migreurop, les pays concernés sont la Serbie, la Géorgie, l’Egypte et l’Italie (2 vidéos)

    Les vidéos sont principalement en français. Bientôt des sous titrages en anglais et en mandarin seront disponible.

    Par exemple

    http://ep.reseau-ipam.org/mosaique/index.html

    #migrations #réfugiés #asile #vidéos #documentaires #migreurop

  • Country migration profile by Migreurop : Serbia

    Since the 1960s, Serbia has been primarily the country of emigration : like hundreds of thousands citizens of ex-Yugoslavia, Serbians migrated to the countries of Western Europe, as temporary or “guest” workers (gastarbeiter). During the conflicts following the break-down of Yugoslavia, there were both many people who sought safety in Serbia and many Serbians who left to go to the countries of Western Europe. The term “refugee” (izbeglica) is now used to refer to people, most often of Serbian ethnicity, who fled Bosnia and Croatia and sought refuge in Serbia. It is estimated that there are around 86 000 Bosnian and Croatian refugees, as well as 206 000 internally-displaced persons who fled the armed conflicts in Kosovo, living in Serbia, many of whom still live in so called collective centres they were accommodated in when they first arrived, and face obstacles in their integration with the rest of the society. They remain most the visible and represented group of “migrants” in Serbia.

    Serbia is a good example of a country, which has been turned into a “buffer” zone of the Fortress Europe, through the externalisation of the EU migration policy onto Serbia. While Serbia has been a country of transit for migrants from Asia and Africa, the number of non-ex-Yugoslav migrants stuck in Serbia has been increasing in the recent years, due to the increasing pressures from the European Union (EU) for Serbia to harmonise its policies with the EU migration policies. Since the 1st of March 2012, Serbia is officially a candidate to join the EU [1].

    http://www.migreurop.org/article2226.html

    #migration #migreurop #Serbia #country_profile
    @reka

  • 5ème carte des camps publiée par Migreurop :

    A partir des années 1990, tous les États membres de l’Union européenne (UE) ont développé des dispositifs législatifs, administratifs et politiques qui se matérialisent par l’installation de camps destinés à accueillir, trier, contrôler et renvoyer les étranger.e.s. Depuis 2002, le réseau Migreurop tente de recenser ces lieux d’enfermement afin de faire connaître leur existence à la société civile. La « Carte des Camps », dont la première édition remonte à 2003 [1], est la pierre angulaire du travail de sensibilisation mené par le réseau.

    Des données alarmantes. Depuis, la généralisation de l’enfermement se renforce et le nombre de lieux de regroupement d’étranger.e.s ne cesse d’augmenter : en 2012, près de 420 lieux d’enfermement ont été recensés pour une capacité totale connue de 37 000 places. En 2009, 600 000 personnes « sans-papiers » ont été enfermé.e.s au sein de l’UE pour être expulsé.e.s et 500 000 ont été détenu.e.s à leur arrivée sur le territoire d’un Etat européen dans l’attente d’être refoulé.e.s. Depuis la dernière édition de la carte, en 2009, la durée maximale de la détention a augmenté bien au-delà du temps nécessaire à la mise en œuvre des expulsions : de 32 à 45 jours en France, de 40 à 60 jours en Espagne, de 2 à 18 mois en Italie, de 3 à 18 mois en Grèce.

    Des données lacunaires. Pour certains pays (Allemagne, Autriche, Tunisie, etc.), aucune information précise relative à l’ensemble ou à plusieurs lieux de détention d’étranger.e.s n’est disponible ; même dans les cas où ces lieux sont identifiés, le nombre de personnes effectivement enfermées reste méconnu : car il est souvent supérieur à la capacité « officielle » des centres ; en outre, les autorités ont recours à une multitude de lieux [2] qui ne figurent pas dans les listes officielles (locaux (aéro)portuaires, prisons de droit commun, bateaux de la marine marchande, etc.) et un nombre imprécis de migrant.e.s sont mis.e.s à l’écart dans des campements informels (jungles de la région de la région de Calais, tranquilos de la région d’Oujda au Maroc).

    Des chiffres qui ne rendent pas compte de la réalité de l’enfermement au quotidien. L’opacité des procédures, le manque d’information des détenu.e.s sur leurs droits, les difficultés ou le défaut d’accès à une aide juridique et à une assistance médicale, les traitements inhumains et dégradants, les conditions matérielles de détention souvent difficiles voire indignes, les violences exercées par les personnes détenues contre elles-mêmes et les entraves à l’accès de la société civile à l’intérieur des centres [3] forment le quotidien des camps d’étrangers du XXIème siècle.

    Le réseau Migreurop, qui milite pour la fermeture des camps d’étranger-e-s, demande aux gouvernements des États membres de l’UE et des pays situés à ses frontières de ne plus utiliser la détention à des fins de contrôle migratoire [4] .

    La disponibilité, l’accessibilité et la diffusion d’informations sur la réalité de l’enfermement demeurent indispensables pour lutter contre ces politiques européennes. Pour cela ce vendredi, 30 novembre, le réseau présentera la cinquième édition de la « Carte des Camps ». La conférence de presse de présentation se tiendra de 10 à 11h au CICP (21ter rue Voltaire – 75011 Paris).

    http://www.migreurop.org/article2215.html

    #camps #réfugiés #Migreurop #internement #Europe #migration #asile
    @reka