• Réfugiés : #violences et #chaos dans le nord-ouest de la Bosnie-Herzégovine
    Traduit et adapté par Manon Rumiz (Article original : https://www.balcanicaucaso.org/aree/Bosnia-Erzegovina/Migranti-caos-Bosnia-204594)

    Squats démantelés, familles déportées et laissées sans aide au bord de la route, violentes manifestations anti-migrants.... Dans le canton d’Una-Sana (nord-ouest de la Bosnie-Herzégovine), la situation des réfugiés devient toujours plus dramatique.

    « C’est le chaos. » Voilà comment Silvia Maraone, qui coordonne les activités de l’ONG italienne Ipsia (https://www.facebook.com/IPSIA.BIH) à #Bihać, résume la situation actuelle dans le canton d’#Una_Sana, explosive depuis le milieu de l’été. « Les conditions imposées par le gouvernement local n’offrent plus de répit à personne. Même les familles, les femmes et les enfants n’ont plus accès aux #camps officiels. Quant aux transports en commun, ils sont désormais interdits aux réfugiés, ce qui permet aux trafiquants de faire des affaires encore plus lucratives. »

    Dans le même temps, la police expulse les #squats et tous les #camps_informels, renvoyant les réfugiés hors des frontières du canton. La population locale, de son côté, manifeste ouvertement son hostilité face à la présence massive de candidats à l’exil. Les agressions verbales et physiques se multiplient, ainsi que les attaques contre les volontaires.

    “Le canton d’Una Sana est plus que jamais le #cul-de-sac de la route des Balkans.”

    Du fait de la #pandémie et de la proclamation de l’#état_d’urgence, la situation s’est encore détériorée depuis le printemps. Les camps officiels, déjà pleins, n’accueillent plus de nouveaux entrants alors mêmes que les arrivées ont repris depuis la réouverture des frontières au mois de juin. Le canton d’Una Sana est plus que jamais le cul-de-sac de la route des Balkans, d’autant qu’à l’ouest, le jeu de domino entre les polices italienne, slovène et croate se poursuit, aboutissant au #refoulement des migrants interceptés dans cette zone frontalière de l’Union européenne.

    La seule réponse apportée par les autorités locales a été l’ouverture, en avril, d’un « #camp_d’urgence » à Lipa, entre Bihać et #Bosanski_Petrovac, dont le millier places a vite été rempli. Les squats se sont donc multipliés dans les #friches_industrielles et dans les bois. De toute façon, les migrants ne souhaitent pas rester ici et le « #game » continue : chaque jour, ils sont des centaines à tenter de déjouer la surveillance de la frontière croate avec l’espoir de ne pas être arrêté avant d’avoir atteint l’Italie.

    Le début du « chaos » qu’évoque Silvia Maraone remonte à la mi-juillet, avec l’expulsion du camp de fortune qui s’était créé à l’entrée de #Velika_Kladuša, près du camp officiel de #Miral, le long de la rivière #Kladušnica. Officiellement, l’opération a été déclenchée à cause des plaintes répétées des riverains. Début août, la police est revenue pour chasser les migrants qui avaient reconstitué un nouveau camp.

    « #Milices_citoyennes »

    Quelques jours plus tard, le maire de Bihać, #Šuhret_Fazlić, déclarait que la situation était aussi devenue insoutenable dans sa commune. « Cela n’a jamais été pire qu’aujourd’hui. Chaque jour, nous assistons à l’arrivée d’un flux incontrôlé de migrants. Il y en a déjà des milliers qui campent un peu partout. Une fois de plus, on nous laisse seuls », avant de conclure, menaçant : « Nous sommes prêts à prendre des mesures radicales ». Ce n’est pas la première fois que le maire de Bihać tire la sonnette d’alarme. Début 2018, au tout début de la crise, l’édile déplorait déjà le manque de soutien des autorités de la Fédération, l’entité croato-bosniaque dont dépend le canton, et nationales. À l’automne 2019, Silvia Maraone s’inquiétait aussi : « La situation ne fera qu’empirer dans les mois qui viennent si de nouveaux camps officiels ne sont pas ouverts d’urgence ».

    Selon les chiffres officiels, plus de 80% des réfugiés présents sur le sol bosnien se concentreraient dans le seul canton d’Una Sana. « Il sont plus de 5000, dont à peine la moitié hébergés dans des centres d’accueil officiels. Les autres dorment dans des bâtiments détruits ou dans les bois en attendant de tenter le game », poursuit Silvia Maraone. Ces dernières semaines, la population de Velika Kladuša a organisé des manifestations hebdomadaires contre la présence de migrants. Organisées sur les réseaux sociaux, ces rassemblements réunissent des habitants venus de tout le canton.

    Pire, des #milices citoyennes ont commencé à se mettre en place pour refouler les migrants. « Dans certains groupes Facebook, des membres signalent les plaques des véhicules qui transportent des migrants », observe Silvia Maraone. « Des routes ont même été bloquées, des pierres et des bâtons jetés sur les véhicules. » Ce n’est pas tout. « Des citoyens ont attaqué des migrants en pleine rue, tandis que les volontaires leur venant en aide se sont faits dénoncer à la police. » Le 17 août, les forces de l’ordre ont dû intervenir à Velika Kladuša où des dizaines de riverains s’étaient massés et avaient attaqué un bus où se trouvaient des migrants.

    Pour justifier de telles actions coup de poing, on trouve la rhétorique habituelle de l’extrême-droite complotiste : la prétendue violence de ces migrants et la menace qu’ils feraient peser pour la sécurité de la population locale. Des arguments balayés par les statistiques officielles, mais qui font mouche auprès de Bosniens fatigués par des décennies de divisions, de corruption et de misère.

    Deux jours après la violente manifestation du 17 août à Velika Kladuša, la cellule de crise du canton d’Una-Sana a décrété des mesures très dures : l’évacuation de tous les migrants vivant hors des structures d’accueil officielles, perquisition dans tous les lieux privés offrants des services aux migrants, interdiction de quitter les camps officiels, d’utiliser les transports en commun et d’entrer dans le canton pour tous les migrants. Des postes de contrôle ont aussi été mis en place sur les routes d’accès au canton.

    “Ils ont tout brûlé, vêtements, téléphones portables, sacs à dos. Ils nous ont frappés avec des matraques.”

    « Les personnes expulsées des squats n’ont pas toutes pu être accueillies au camp de #Lipa et ont été refoulées en #Republika_Srpska (l’autre entité de Bosnie-Herzégovine) », dénonce Silvia Maraone. « Même les familles avec enfants sont abandonnées sans aucune aide. » Ces restrictions à la #liberté_de_mouvement violent les #droits_humains fondamentaux, comme l’a dénoncé Amnesty International dans un communiqué, le 25 août. Le réseau Transbalkanska Solidarnost (https://transbalkanskasolidarnost.home.blog) demande aux autorités locales et aux organisations internationales de « mettre fin à la politique du silence », de condamner publiquement ces pratiques illégales, de poursuivre les responsables et d’assurer un accueil digne et sûr aux migrants.

    Transbalkanska Solidarnost a recueilli plusieurs #témoignages sur ces expulsions, dont celles de l’ONG No Name Kitchen à Bosanska Otoka. « Nous dormions dans une ancienne usine abandonnée près de Bihać quand la police est arrivée. Il devait y avoir 20 ou 25 policiers. Ils ont tout brûlé, vêtements, téléphones portables, sacs à dos. Ils nous ont frappés avec des matraques, puis nous ont expulsés ici où nous sommes sans nourriture, sans rien. Je me suis échappé d’Afghanistan pour me sauver et là je retrouve cette violence... Pourquoi ?! », se désole A., 16 ans. Selon les chiffres des associations, plus de 500 réfugiés se sont retrouvés bloqués sur la ligne de démarcation entre les deux entités bosniennes, personne ne voulant les prendre en charge.

    Malgré les menaces qui se font toujours plus fortes, les réseaux de #volontaires continuent de venir en aide aux migrants : distribution de produits de première nécessité, de vêtements et signalement des violences et des violations des droits. « Ce n’est pas facile », reconnaît Silvia Maraone. « Tout le monde vous regarde mal et ceux que vous aidez sont détestés… Nous restons prudents. » Son ONG, Ipsia ; intervient toujours dans le camp de Bira, géré par l’#Organisation_internationale_pour_les_migrations (#OIM) où elle gère le Café social et prépare un projet plus vaste, soutenu par des fonds européens, pour développer des activités, hors des camps, visant à améliorer les relations entre migrants et population locale. Il y a urgence. « Jamais le bras-de-fer avec le reste de la Bosnie n’a été aussi tendu. »

    https://www.courrierdesbalkans.fr/refugies-chaos-dans-le-nord-ouest-de-la-bosnie-herzegovine

    #asile #migrations #réfugiés #Bosnie #Bosnie-Herzégovine #Balkans #route_des_Balkans #camps_de_réfugiés #campements #IOM #extrême_droite #solidarité

    –-> « Quant aux transports en commun, ils sont désormais interdits aux réfugiés, ce qui permet aux trafiquants de faire des affaires encore plus lucratives »
    #ségrégation #transports_publics #transports_en_commun #apartheid

    –-> « l’#Organisation_internationale_pour_les_migrations (#OIM) gère le Café social et prépare un projet plus vaste, soutenu par des fonds européens, pour développer des activités, hors des camps, visant à améliorer les relations entre migrants et population locale. Il y a urgence. »
    En fait, ce qu’il faudrait faire c’est ouvrir les frontières et laisser ces personnes bloquées en Bosnie, où elles n’ont aucune intention de rester, de partir...

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  • I costi nascosti delle nuove “guerre remote” di Stati Uniti ed Europa

    Le forze occidentali sperimentano in Somalia e in Sahel un tipo di conflitto che non prevede l’invio di nutriti contingenti armati e utilizza al suo posto nuclei speciali, droni, contractors. Tra le controindicazioni un aumento delle vittime civili.

    Nel settembre 2019 membri di al-Shabaab, un gruppo terrorista con base in Somalia, hanno attaccato un convoglio italiano nella capitale Mogadiscio e la base militare statunitense di Baledogle. Due attacchi tanto imprevisti quanto sottovalutati. La ragione di questa analisi insufficiente dipende in gran parte dalla natura delle recenti azioni in teatri di guerra stranieri: Paesi come Stati Uniti e Italia dispiegano un numero limitato di forze per affrontare gruppi ribelli o terroristi, con l’obiettivo di contenere i costi per le proprie truppe. Gli attacchi, tuttavia, non andrebbero letti come un incidente isolato ma come sintomo di un problema più ampio. E dovrebbero spingere il governo statunitense e i vari governi europei coinvolti in conflitti esteri a rivalutare la presunta assenza di rischio, non solo per le proprie truppe ma anche per la stabilità dei Paesi oggetto di intervento a distanza.

    I due attacchi sono una perfetta illustrazione dei pericoli legati alla “guerra remota”, quella che si combatte quando l’intervento non avviene attraverso l’invio di grandi contingenti armati. La definizione è dell’Oxford Research Group (ORG), un istituto di ricerca con sede a Londra: secondo i ricercatori di ORG, guerra remota è “lo sforzo da parte di attori esterni di evitare il modello di contro-insorgenza (COIN) associato all’intervento statunitense in Afghanistan e Iraq e di focalizzarsi invece su altri modelli, quali l’invio di forze speciali, l’utilizzo di droni armati -l’arma simbolo di questo approccio-, il dispiegamento di contractors privati, l’assistenza attraverso il servizio di intelligence, l’invio di attrezzature e il training a milizie locali”.

    Paesi come Stati Uniti e Italia dispiegano un numero limitato di forze per affrontare gruppi ribelli o terroristi, con l’obiettivo di limitare i costi per le proprie truppe

    L’utilizzo di droni in particolare è legato all’interpretazione legale di “guerra globale al terrore”, applicata dagli Stati Uniti per giustificare uccisioni mirate in Pakistan, Siria, Yemen e Somalia. Non solo Usa, però: anche Israele, Turchia, Cina, Nigeria, Regno Unito, Francia e ora anche l’Italia fanno un uso globale di droni armati. Dan Gettinger del Center for the Study of the Drone a Washington riporta che la spesa per droni statunitense è salita del 21% nel 2018 rispetto al 2017. Phil Finnegan di Teal Group afferma che “la produzione globale di droni dovrebbe più che raddoppiare in un decennio, da 4,9 miliardi di dollari nel 2018 a 10,7 miliardi nel 2027, con un tasso di crescita annuo del nove per cento”. L’Unione europea intanto sta per lanciare il suo primo Fondo per la Difesa: se approvato dal Parlamento europeo, dovrebbe ammontare a circa 13 miliardi di euro in sette anni.

    Ma nessuna guerra può essere chirurgica, priva di costi ed efficace allo stesso tempo: portare avanti guerre remote può essere percepito come vantaggioso, ma ha delle ricadute che aggravano il bilancio dell’intervento. Sia in Sahel sia in Somalia, dove è in corso un peggioramento della situazione di sicurezza, esacerbato da altre dinamiche interne, è vitale per gli attori esterni che hanno scelto di intervenire farlo con una strategia coerente e che tenga conto soprattutto di quelli che sono i bisogni della popolazione locale.

    10,7 miliardi di dollari: il valore stimato del mercato dei droni nel 2027. Nel 2018 si è fermato a 4,9 miliardi

    Le forze italiane attaccate a fine settembre del 2019 facevano parte di EUTM Somalia, una “missione militare dell’Unione europea che ha il compito di contribuire all’addestramento delle forze armate nazionali somale (Somali National Armed Forces, o SNA)”. La Somalia è una delle aree d’intervento delle politiche di sicurezza e difesa (CSDP) dell’Unione Europea. Paul Williams del Wilson Center osserva che “per oltre un decennio, una dozzina di Stati e organizzazioni multilaterali hanno investito tempo, sforzi, attrezzature e centinaia di milioni di dollari per costruire un’efficace esercito nazionale somalo. Finora hanno fallito”. Lo SNA conta “circa 29mila unità sul suo libro paga” ma molti sono soldati fantasma e quando le forze della missione dell’Unione africana in Somalia (AMISOM) si ritirano dai territori “la sicurezza tende a deteriorarsi in modo significativo ed è al-Shabaab a colmare il vuoto”. Gravi problemi affliggono anche l’impegno del comando africano degli Stati Uniti (AFRICOM) nel Paese. Ella Knight di Amnesty International ha documentato almeno sei casi in cui si ritiene che gli attacchi aerei statunitensi in Somalia abbiano provocato vittime civili e tutto questo in un’area geografica limitata.

    Nessuna guerra può essere chirurgica, priva di costi ed efficace allo stesso tempo: portare avanti guerre remote ha ricadute che aggravano il bilancio delle operazioni

    Nel caso dell’intervento europeo e americano in Somalia le questioni aperte sono due: prima di tutto il training delle milizie governative locali ha portato a soprusi verso la popolazione, accrescendo paradossalmente la reputazione di al-Shabaab. Inoltre, la guerra remota attraverso droni ha fatto un numero ancora imprecisato di vittime civili, non riconosciute dagli Stati Uniti, contribuendo alla percezione negativa che la popolazione civile ha di questi interventi armati. In ultima istanza, anche le truppe (in questo caso italiane e statunitensi) sul territorio sono vittima di rappresaglie da parte di gruppi armati.

    Anche il Sahel è un teatro di conflitti, dove sempre più Paesi, non solo occidentali, stanno intervenendo con le tattiche della guerra remota. Ma anche qui il costo dell’intervento non è da sottovalutare. Il 25 novembre scorso in Mali due elicotteri delle forze armate francesi si sono scontrati, uccidendo tredici soldati. La presenza delle truppe francesi rimanda a quanto accaduto nel dicembre 2013: allora, truppe francesi sotto l’egida dell’Operazione Serval erano intervenute in Mali per fermare l’avanzata di milizie armate verso la capitale Bamako; l’operazione, conclusa con successo, aveva dato il via a un altro intervento francese nella regione. A partire dal 2014 l’Operazione Barkhane intende fornire supporto nel lungo termine all’intera regione.

    L’impegno internazionale sembra spesso esacerbare l’instabilità. L’abuso di Stato reale o percepito è un fattore alla base della decisione di unirsi a gruppi estremisti violenti

    La missione di stabilizzazione integrata multidimensionale delle Nazioni Unite in Mali (MINUSMA) è stata istituita nel 2013 anche al fine di addestrare le forze regionali della Joint Force G5 Sahel. L’Unione europea ha istituto tre missioni di sicurezza e difesa in Mali e Niger, e sta procedendo a una maggiore regionalizzazione della propria presenza attraverso le Cellule Regionali di Consiglio e Coordinazione (RACC).
    L’European Union Training Mission in Mali, in particolare, rientra nella definizione di assistenza a forze di sicurezza, in quanto fornisce addestramento militare a forze armate maliane. Tale contributo fa parte di uno sforzo più ampio per condurre operazioni a distanza nella regione: anche gli Stati Uniti hanno da poco costruito la base aerea 201 ad Agadez, un futuro hub per droni armati e altri velivoli. La presenza degli Stati Uniti nel Sahel è notevolmente aumentata negli ultimi anni, così come quella tedesca, britannica e italiana.

    In Niger la presenza militare straniera ha avuto impatti negativi sulla libertà di parola e molti leader dell’opposizione hanno lamentato la mancanza di controllo parlamentare

    L’impegno internazionale però sembra spesso esacerbare l’instabilità, come hanno affermato alcuni gruppi della società civile. International Alert riporta che tra giovani Fulani nelle regioni di Mopti (Mali), Sahel (Burkina Faso) e Tillabéri (Niger) “l’abuso di stato reale o percepito è il fattore numero uno alla base della decisione di unirsi a gruppi estremisti violenti. L’Unione europea sta attualmente addestrando truppe locali senza (però) esercitare pressioni sul governo di Bamako per introdurre riforme strutturali”. Proprio in Mali la questione è particolarmente problematica: secondo Abigail Watson dell’Oxford Research Group “forze armate e governo maliani sono accusati di favorire un gruppo etnico rispetto ad un altro”. Favorire un particolare gruppo all’interno di conflitti tra diverse etnie si è dimostrato essere estremamente dannoso per la sicurezza a lungo termine. Il governo nigerino ha accolto con favore la presenza di truppe statunitensi, purché contribuiscano allo sradicamento dell’attività terroristica nel Paese. La società civile in Niger però sembra diffidare di tale presenza. Un’inchiesta del Guardian nel 2018 segnalava che la presenza militare straniera ha avuto impatti negativi sulla libertà di parola e molti leader dell’opposizione hanno lamentato la mancanza di controllo parlamentare ogni volta che la presenza straniera è autorizzata. Gli Stati Uniti non hanno chiarito le loro intenzioni strategiche a lungo termine, mentre sia la Francia sia l’Ue lo hanno fatto: l’intenzione è quella di sostituire all’operazione Barkhane e alle missioni europee la G5 Sahel Joint Force. Non sembra tuttavia esserci un progetto strategico chiaro per il raggiungimento di tale obiettivo, il che porta inevitabilmente ad aspre critiche. Infine, come mostrano recenti ricerche, la “guerra dall’impronta leggera” ha comportato una serie di sfide che si riflettono su trasparenza e responsabilità pubblica. Come sottolineano Goldsmith e Waxman nel loro articolo “The Legal Legacy of Light- Footprint Warfare”, pubblicato da The Washington Quarterly nel 2016, “la guerra di impronta leggera non attira lo stesso livello di scrutinio congressuale e soprattutto pubblico rispetto a guerre più convenzionali”.

    Tra le considerazioni che i Paesi europei e l’Unione stessa dovrebbero fare è necessario inserire un dialogo costante con la società civile del Paese in cui si sta intervenendo, ma soprattutto una chiara definizione della strategia e un’analisi del tipo di guerra che si vuole condurre, tenendo conto dei rischi che questo comporta.

    https://altreconomia.it/guerra-remota
    #guerre #drones #Somalie #Sahel #expérimentation #drones #contractors #complexe_militaro-industriel #armes #guerre_à_distance #drones_armés #contractors #intelligence #milices

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  • What happens to migrants forcibly returned to Libya?

    ‘These are people going missing by the hundreds.’

    The killing last week of three young men after they were intercepted at sea by the EU-funded Libyan Coast Guard has thrown the spotlight on the fate of tens of thousands of migrants and asylum seekers returned to Libya to face detention, abuse and torture by traffickers, or worse.

    The three Sudanese nationals aged between 15 and 18 were shot dead on 28 July, reportedly by members of a militia linked to the Coast Guard as they tried to avoid being detained. They are among more than 6,200 men, women, and children intercepted on the central Mediterranean and returned to Libya this year. Since 2017, that figure is around 40,000.

    Over the last three months, The New Humanitarian has spoken to migrants and Libyan officials, as well as to UN agencies and other aid groups and actors involved, to piece together what is happening to the returnees after they are brought back to shore.

    It has long been difficult to track the whereabouts of migrants and asylum seekers after they are returned to Libya, and for years there have been reports of people going missing or disappearing into unofficial detention centres after disembarking.

    But the UN’s migration agency, IOM, told TNH there has been an uptick in people vanishing off its radar since around December, and it suspects that at least some returnees are being taken to so-called “data-collection and investigation facilities” under the direct control of the Ministry of Interior for the Government of National Accord.

    The GNA, the internationally recognised authority in Libya, is based in the capital, Tripoli, and has been fighting eastern forces commanded by general Khalifa Haftar for 16 months in a series of battles that has developed into a regional proxy war.

    Unlike official detention centres run by the GNA’s Directorate for Combating Illegal Migration (DCIM) – also under the Ministry of the Interior – and its affiliated militias, neither IOM nor the UN’s refugee agency, UNHCR, has access to these data-collection facilities, which are intended for the investigation of smugglers and not for detaining migrants.

    “We have been told that migrants are no longer in these [data-collection] facilities and we wonder if they have been transferred,” Safa Msehli, spokesperson for IOM in Libya, told TNH.

    “These are people going missing by the hundreds. We have also been told – and are hearing reports from community leaders – that people are going missing,” she said. “We feel the worst has happened, and that these locations [data-collection facilities] are being used to smuggle or traffic people.”

    According to IOM, more than half of the over 6,200 people returned to Libya this year – which includes at least 264 women and 202 children – remain unaccounted for after being loaded onto buses and driven away from the disembarkation points on the coast.

    Msehli said some people had been released after they are returned, but that their number was “200 maximum”, and that if others had simply escaped she would have expected them to show up at community centres run by IOM and its local partners – which most haven’t.

    Masoud Abdal Samad, a commander in the Libyan Coast Guard, denied all accusations of trafficking to TNH, even though the UN has sanctioned individuals in the Coast Guard for their involvement in people smuggling and trafficking. He also said he didn’t know where asylum seekers and migrants end up after they are returned to shore. “It’s not my responsibility. It’s DCIM that determines where the migrants go,” he said.

    Neither the head of the DCIM, Al Mabrouk Abdel-Hafez, nor the media officer for the interior ministry, Mohammad Abu Abdallah, responded to requests for comment from TNH. But the Libyan government recently told the Wall Street Journal that all asylum seekers and migrants returned by the Coast Guard are taken to official detention centres.
    ‘I can’t tell you where we take them’

    TNH spoke to four migrants – three of whom were returned by the Libyan Coast Guard and placed in detention, one of them twice. All described a system whereby returned migrants and asylum seekers are being routinely extorted and passed between different militias.

    Contacted via WhatsApp, Yasser, who only gave his first name for fear of retribution for exposing the abuse he suffered, recounted his ordeal in a series of conversations between May and June.

    The final stage of his journey to start a new life in Europe began on a warm September morning in 2019 when he squeezed onto a rubber dinghy along with 120 other people in al-Garabulli, a coastal town near Tripoli. The year before, the 33-year-old Sudanese asylum seeker had escaped from conflict in his village in the Nuba Mountains to search for safety and opportunity.

    By nightfall, those on board the small boat spotted a reconnaissance aircraft, likely dispatched as part of an EU or Italian aerial surveillance mission. It appears the aircraft alerted the Libyan Coast Guard, which soon arrived to drag them onto their boat and back to war-torn Libya.

    Later that day, as the boat approached the port, Yasser overheard a uniformed member of the Coast Guard speaking on the phone. The man said he had around 100 migrants and was willing to sell each one for 500 Libyan dinars ($83).

    “Militias buy and sell us to make a profit in this country,” Yasser told TNH months later, after he escaped. “In their eyes, refugees are just an investment.”

    When Yasser stepped off the Coast Guard boat in Tripoli’s port, he saw dozens of people he presumed were aid workers tending to the injured. He tried to tell them that he and the others were going to be sold to a militia, but the scene was frantic and he said they didn’t listen.

    “Militias buy and sell us to make a profit in this country. In their eyes, refugees are just an investment.”

    Yasser couldn’t recall which organisation the aid workers were from. Whoever was there, they watched Libyan authorities herd Yasser and the other migrants onto a handful of buses and drive them away.

    IOM, or UNHCR, or one of their local partners are usually present at disembarkation points when migrants are returned to shore. The two UN agencies, which receive significant EU funding for their operations in Libya and have been criticised for participating in the system of interception and detention, say they tend to the injured and register asylum seekers. They also said they count the number of people returned from sea and jot down their nationalities and gender.

    But both agencies told TNH they are unable to track where people go next because Libyan authorities do not keep an official database of asylum seekers and migrants intercepted at sea or held in detention centres.

    News footage – and testimonies from migrants and aid workers – shows white buses with DCIM logos frequently pick up those disembarking. TNH also identified a private bus company that DCIM contracts for transportation. The company, called Essahim, imported 130 vehicles from China before beginning operations in September 2019.

    On its Facebook page, Essahim only advertises its shuttle bus services to Misrata airport, in northwest Libya. But a high-level employee, who asked TNH not to disclose his name for fear of reprisal from Libyan authorities, confirmed that the company picks up asylum seekers and migrants from disembarkation points on the shore.

    He said all of Essahim’s buses are equipped with a GPS tracking system to ensure drivers don’t deviate from their route. He also emphasised that the company takes people to “legitimate centres”, but he refused to disclose the locations.

    “You have to ask the government,” he told TNH. “I can’t tell you where we take them. It’s one of the conditions in the contract.”

    Off the radar

    Since Libya’s 2011 revolution, state security forces – such as the Coast Guard and interior ministry units – have mostly consisted of a collection of militias vying for legitimacy and access to sources of revenue.

    Migrant detention centres have been particularly lucrative to control, and even the official ones can be run by whichever local militia or armed group holds sway at a particular time. Those detained are not granted rights or legal processes, and there have been numerous reports of horrific abuse, and deaths from treatable diseases like tuberculosis.

    Facts regarding the number of different detention centres and who controls them are sketchy, especially as they often close and re-open or come under new management, and as territory can change hands between the GNA and forces aligned with Haftar. Both sides have a variety of militias fighting alongside them, and there are splits within the alliances.

    But IOM’s Msehli told TNH that as of 1 August that there are 11 official detention centres run by DCIM, and that she was aware of returned migrants also being taken to what she believes are four different data-collection and investigation facilities – three in Tripoli and one in Zuwara, a coastal city about 100 kilometres west of the capital. The government has not disclosed how many data-collection centres there are or where they are located.

    Beyond the official facilities, there are also numerous makeshift compounds used by smugglers and militias – especially in the south and in the former Muammar Gaddafi stronghold of Bani Walid – for which there is no data, according to a report by the Global Initiative Against Transnational Organised Crime (GI).

    Yasser told TNH he had no idea if he was in an official DCIM-run detention centre or an unofficial site after he was pulled off the bus that took him to a makeshift prison from the port of Tripoli. Unless UN agencies show up, it is hard for detainees to tell the difference. Conditions are dismal and abuses occur in both locations: In unofficial facilities the extortion of detainees is systematic, while in official centres it tends to be carried out by individual staff members, according to the GI report.

    Between Yasser’s description and information from an aid group that gained access to the facility – but declined to be identified for fear of jeopardising its work – TNH believes Yasser was taken to an informal centre in Tripoli called Shaaria Zawiya, outside the reach of UN agencies. Msehli said IOM believes it is a data-collection and investigation facility.

    During the time Yasser was there, the facility was under the control of a militia commander with a brutal reputation, according to a high-level source from the aid group. The commander was eventually replaced in late 2019, but not before trying to extort hundreds of people, including Yasser.

    Several nights after he arrived at the centre, everyone being held there was ordered to pay a 3,000 Libyan dinar ransom – about $500 on the Libyan black market. The militia separated detainees by nationality and tossed each group a cell phone. They gave one to the Eritreans, one to the Somalis, and one to the Sudanese. The detainees were told to call their families and beg, Yasser recalled.

    Those who couldn’t pay languished in the centre until they were sold for a lower sum to another militia, which would try to extort them for a smaller ransom to earn a profit. This is a widely reported trend all across Libya: Militias sell migrants they can’t extort to make space for new hostages.

    Yasser’s friends and family were too poor to pay for his release, yet he clung to hope that he would somehow escape. He watched as the militia commander beat and intimidated other asylum seekers and migrants in the centre, but he was too scared to intervene. As the weeks passed, he started to believe nobody would find him.

    Then, one day, he saw a couple of aid workers. They came to document the situation and treat the wounded. “The migrants who spoke English whispered for help, but [the aid workers] just kept silent and nodded,” Yasser said.

    The aid workers were from the same NGO that identified the data-collection facility to TNH. The aid group said it suspects that Libyan authorities are taking migrants to two other locations in Tripoli after disembarkation: a data-collection and investigation facility in a neighbourhood called Hay al-Andulus, and an abandoned tobacco factory in another Tripoli suburb. “I know the factory exists, but I have no idea how many people are inside,” the source said, adding that the aid group had been unable to negotiate access to either location.

    “We were treated like animals.”

    Msehli confirmed that IOM believes migrants have been taken to both compounds, neither of which are under DCIM control. She added that more migrants are ending up in another unofficial location in Tripoli.

    After languishing for two months, until November, in Shaaria Zawiya, Yasser said he was sold to a militia manning what he thinks was an official detention centre. He assumed the location was official because uniformed UNHCR employees frequently showed up with aid. When UNHCR wasn’t there, the militia still demanded ransoms from the people inside.

    “We were treated like animals,” Yasser said. “But at least when UNHCR visited, the militia fed us more food than usual.”

    Tariq Argaz, the spokesperson for UNHCR in Libya, defended the agency’s aid provision to official facilities like this one, saying: “We are against the detention of refugees, but we have a humanitarian imperative to assist refugees wherever they are, even if it is a detention centre.”

    Growing pressure on EU to change tack

    The surge in disappearances raises further concerns about criminality and human rights abuses occurring within a system of interception and detention by Libyan authorities that the EU and EU member states have funded and supported since 2017.

    The aim of the support is to crack down on smuggling networks, reduce the number of asylum seekers and migrants arriving in Europe, and improve detention conditions in Libya, but critics say it has resulted in tens of thousands of people being returned to indefinite detention and abuse in Libya. There is even less oversight now that asylum seekers and migrants are ending up in data-collection and investigation facilities, beyond the reach of UN agencies.

    The escalating conflict in Libya and the coronavirus crisis have made the humanitarian situation for asylum seekers and migrants in the country “worse than ever”, according to IOM. At the same time, Italy and Malta have further turned their backs on rescuing people at sea. Italy has impounded NGO search and rescue ships, while both countries have repeatedly failed to respond, or responded slowly, to distress calls, and Malta even hired a private fishing vessel to return people rescued at sea to Libya.

    “We believe that people shouldn’t be returned to Libya,” Msehli told TNH. “This is due to the lack of any protection mechanism that the Libyan state takes or is able to take.”

    There are currently estimated to be at least 625,000 migrants in Libya and 47,859 registered asylum seekers and refugees. Of this number, around 1,760 migrants – including 760 registered asylum seekers and refugees – are in the DCIM-run detention centres, according to data from IOM and UNHCR, although IOM’s data only covers eight out of the 11 DCIM facilities.

    The number of detainees in unofficial centres and makeshift compounds is unknown but, based on those unaccounted for and the reported experiences of migrants, could be many times higher. A recent estimate from Liam Kelly, director of the Danish Refugee Council in Libya, suggests as many as 80,000 people have been in them at some point in recent years.

    There remains no clear explanation why some people intercepted attempting the sea journey appear to be being taken to data-collection and investigation facilities, while others end up in official centres. But researchers believe migrants are typically taken to facilities that have space to house new detainees, or other militias may strike a deal to purchase a new group to extort them.

    In a leaked report from last year, the EU acknowledged that the GNA “has not taken steps to improve the situation in the centres”, and that “the government’s reluctance to address the problems raises questions of its own involvement”.

    The UN, human rights groups, researchers, journalists and TNH have noted that there is little distinction between criminal groups, militias, and other entities involved in EU-supported migration control activities under the GNA.

    A report released last week by UNHCR and the Mixed Migration Centre (MMC) at the Danish Refugee Council said that migrants being smuggled and trafficked to the Mediterranean coast had identified the primary perpetrators of abuses as state officials and law enforcement.

    Pressure on the EU over its proximity to abuses resulting from the interception and detention of asylum seekers and migrants in Libya is mounting. International human rights lawyers have filed lawsuits to the International Criminal Court (ICC), the UN human rights committee, and the European Court of Human Rights to attempt to hold the EU accountable.

    Peter Stano, the EU Commission’s official spokesperson for External Affairs, told TNH that the EU doesn’t consider Libya a safe country, but that its priority has always been to stop irregular migration to keep migrants from risking their lives, while protecting the most vulnerable.

    “We have repeated again and again, together with our international partners in the UN and African Union, that arbitrary detention of migrants and refugees in Libya must end, including to Libyan authorities,” he said. “The situation in these centres is unacceptable, and arbitrary detention of migrants and refugees upon disembarkation must stop.”

    For Yasser, it took a war for him to have the opportunity to escape from detention. In January this year, the facility he was in came under heavy fire during a battle in the war for Tripoli. Dozens of migrants, including Yasser, made a run for it.

    He is now living in a crowded house with other Sudanese asylum seekers in the coastal town of Zawiya, and says that returning to the poverty and instability in Sudan is out of the question. With his sights set on Europe, he still intends to cross the Mediterranean, but he’s afraid of being intercepted by the Libyan Coast Guard, trafficked, and extorted all over again.

    “It’s a business,” said Yasser. “Militias pay for your head and then they force you to pay for your freedom.”

    https://www.thenewhumanitarian.org/news-feature/2020/08/05/missing-migrants-Libya-forced-returns-Mediterranean

    #chronologie #timeline #time-line #migrations #asile #réfugiés #chiffres #statistiques #pull-back #pull-backs #push-backs #refoulements #disparitions #torture #décès #morts #gardes-côtes_libyens #détention #centres_de_détention #milices

    ping @isskein

    • The legal battle to hold the EU to account for Libya migrant abuses

      ‘It’s a well known fact that we’re all struggling here, as human rights practitioners.’

      More than 6,500 asylum seekers and migrants have been intercepted at sea and returned to Libya by the Libyan Coast Guard so far this year. Since the EU and Italy began training, funding, equipping, and providing operational assistance to the Libyan Coast Guard in 2017, that number stands at around 40,000 people.

      Critics say European support for these interceptions and returns is one of the most glaring examples of the trade-off being made between upholding human rights – a fundamental EU value – and the EU’s determination to reduce migration to the continent.

      Those intercepted at sea and returned to Libya by the Libyan Coast Guard – predominantly asylum seekers and migrants from East and West Africa – face indefinite detention, extortion, torture, sexual exploitation, and forced labour.

      This year alone, thousands have disappeared beyond the reach of UN agencies after being disembarked. Migration detention in Libya functions as a business that generates revenue for armed groups, some of whom have also pressed asylum seekers and migrants into military activities – a practice that is likely a war crime, according to Human Rights Watch.

      All of this has been well documented and widely known for years, even as the EU and Italy have stepped up their support for the Libyan Coast Guard. Yet despite their key role in empowering the Coast Guard to return people to Libya, international human rights lawyers have struggled to hold the EU and Italy to account. Boxed in by the limitations of international law, lawyers have had to find increasingly innovative legal strategies to try to establish European complicity in the abuses taking place.

      As the EU looks to expand its cooperation with third countries, the outcome of these legal efforts could have broader implications on whether the EU and its member states can be held accountable for the human rights impacts of their external migration policies.

      “Under international law there are rules… prohibiting states to assist other states in the commission of human rights violations,” Matteo de Bellis, Amnesty International’s migration researcher, told The New Humanitarian. “However, those international rules do not have a specific court where you can litigate them, where individuals can have access to remedy.”

      In fact, human rights advocates and lawyers argue that EU and Italian support for the Libyan Coast Guard is designed specifically to avoid legal responsibility.

      “For a European court to have jurisdiction over a particular policy, a European actor must be in control... of a person directly,” said Itamar Mann, an international human rights lawyer. “When a non-European agent takes that control, it’s far from clear that [a] European court has jurisdiction. So there is a kind of accountability gap under international human rights law.”
      ‘The EU is not blameless’

      When Italy signed a Memorandum of Understanding in February 2017 with Libya’s internationally recognised Government of National Accord (GNA) “to ensure the reduction of illegal migratory flows”, the agreement carried echoes of an earlier era.

      In 2008, former Italian prime minister Silvio Berlusconi signed a friendship treaty with Libyan dictator Muammar Gaddafi that, among other things, committed the two countries to working together to curb irregular migration.

      The following year, Italian patrol boats began intercepting asylum seekers and migrants at sea and returning them to Libya. In 2012, the European Court of Human Rights, an international court based in Strasbourg, France – which all EU member states are party to – ruled that the practice violated multiple articles of the European Convention on Human Rights.

      The decision, in what is known as the Hirsi case, was based on the idea that Italy had established “extraterritorial jurisdiction” over asylum seekers and migrants when it took them under their control at sea and had violated the principle of non-refoulement – a core element of international refugee law – by forcing them back to a country where they faced human rights abuses.

      Many states that have signed the 1951 refugee convention have integrated the principle of non-refoulement into their domestic law, binding them to protect asylum seekers once they enter a nation’s territory. But there are divergent interpretations of how it applies to state actors in international waters.

      By the time of the Hirsi decision, the practice had already ended and Gaddafi had been toppled from power. The chaos that followed the Libyan uprising in 2011 paved the way for a new era of irregular migration. The number of people crossing the central Meditteranean jumped from an average of tens of thousands per year throughout the late 1990s and 2000s to more than 150,000 per year in 2014, 2015, and 2016.

      Reducing these numbers became a main priority for Italy and the EU, and they kept the lessons of the Hirsi case in mind as they set about designing their policies, according to de Bellis.

      Instead of using European vessels, the EU and Italy focused on “enabling the Libyan authorities to do the dirty job of intercepting people at sea and returning them to Libya”, he said. “By doing so, they would argue that they have not breached international European law because they have never assumed control, and therefore exercised jurisdiction, over the people who have then been subjected to human rights violations [in Libya].”

      The number of people crossing the central Mediterranean has dropped precipitously in recent years as EU policies have hardened, and tens of thousands of people – including those returned by the Coast Guard – are estimated to have passed through formal and informal migration detention centres in Libya, some of them getting stuck for years and many falling victim to extortion and abuse.

      “There is always going to be a debate about, is the EU responsible… [because] it’s really Libya who has done the abuses,” said Carla Ferstman, a human rights law professor at the University of Essex in England. “[But] the EU is not blameless because it can’t pretend that it didn’t know the consequences of what it was going to do.”

      The challenge for human rights lawyers is how to legally establish that blame.
      The accountability gap

      Since 2017, the EU has given more than 91 million euros (about $107 million) to support border management projects in Libya. Much of that money has gone to Italy, which implements the projects and has provided its own funding and at least six patrol boats to the Libyan Coast Guard.

      One objective of the EU’s funding is to improve the human rights and humanitarian situation in official detention centres. But according to a leaked EU document from 2019, this is something the Libyan government had not been taking steps to do, “raising the question of its own involvement”, according to the document.

      The main goal of the funding is to strengthen the capacity of Libyan authorities to control the country’s borders and intercept asylum seekers and migrants at sea. This aspect of the policy has been effective, according to a September 2019 report by the UN secretary-general.

      “All our action is based on international and European law,” an EU spokesperson told the Guardian newspaper in June. “The European Union dialogue with Libyan authorities focuses on the respect for human rights of migrants and refugees.”

      The EU has legal obligations to ensure that its actions do not violate human rights in both its internal and external policy, according to Ferstman. But when it comes to actions taken outside of Europe, “routes for those affected to complain when their rights are being violated are very, very weak,” she said.

      The EU and its member states are also increasingly relying on informal agreements, such as the Memorandum of Understanding with Libya, in their external migration cooperation.

      “Once the EU makes formal agreements with third states… [it] is more tightly bound to a lot of human rights and refugee commitments,” Raphael Bossong, a researcher at the German Institute for International and Security Affairs (SWP) in Berlin, told TNH. “Hence, we see a shift toward less binding or purely informal arrangements.”

      Lawyers and researchers told TNH that the absence of formal agreements, and the combination of EU funding and member state implementation, undermines the standing of the EU Parliament and the Court of Justice, the bloc’s supreme court, to act as watchdogs.

      Efforts to challenge Italy’s role in cooperating with Libya in Italian courts have also so far been unsuccessful.

      “It’s a well known fact that we’re all struggling here, as human rights practitioners… to grapple with the very limited, minimalistic tools we have to address the problem at hand,” said Valentina Azarova, a lawyer and researcher affiliated with the Global Legal Action Network (GLAN), a nonprofit organisation that pursues international human rights litigation.

      Uncharted territory

      With no clear path forward, human rights lawyers have ventured into uncharted territory to try to subject EU and Italian cooperation with Libya to legal scrutiny.

      Lawyers called last year for the International Criminal Court to investigate the EU for its alleged complicity in thousands of deaths in the Mediterranean, and legal organisations have filed two separate complaints with the UN Human Rights Committee, which has a quasi-judicial function.

      In November last year, GLAN also submitted a case, called S.S. and others v. Italy, to the European Court of Human Rights that aims to build on the Hirsi decision. The case argues that – through its financial, material, and operational support – Italy assumes “contactless control” over people intercepted by Libyan Coast Guard and therefore establishes jurisdiction over them.

      “Jurisdiction is not only a matter of direct, effective control over bodies,” Mann, who is part of GLAN, said of the case’s argument. “It’s also a matter of substantive control that can be wielded in many different ways.”

      GLAN, along with two Italian legal organisations, also filed a complaint in April to the European Court of Auditors, which is tasked with checking to see if the EU’s budget is implemented correctly and that funds are spent legally.

      The GLAN complaint alleges that funding border management activities in Libya makes the EU and its member states complicit in the human rights abuses taking place there, and is also a misuse of money intended for development purposes – both of which fall afoul of EU budgetary guidelines.

      The complaint asks for the EU funding to be made conditional on the improvement of the situation for asylum seekers and migrants in the country, and for it to be suspended until certain criteria are met, including the release of all refugees and migrants from arbitrary detention, the creation of an asylum system that complies with international standards, and the establishment of an independent, transparent mechanism to monitor and hold state and non-state actors accountable for human rights violations against refugees and migrants.

      The Court of Auditors is not an actual courtroom or a traditional venue for addressing human rights abuses. It is composed of financial experts who conduct an annual audit of the EU budget. The complaint is meant to encourage them to take a specific look at EU funding to Libya, but they aren’t obligated to do so.

      “To use the EU Court of Auditors to get some kind of human rights accountability is an odd thing to do,” said Ferstman, who is not involved in the complaint. “It speaks to the [accountability] gap and the absence of clear approaches.”

      “[Still], it is the institution where this matter needs to be adjudicated, so to speak,” Azarova, who came up with the strategy, added. “They are the experts on questions of EU budget law.”

      Closing the gap?

      If successful, the Court of Auditors complaint could change how EU funding for Libya operates and set a precedent requiring a substantive accounting of how money is being spent and whether it ends up contributing to human rights violations in other EU third-country arrangements, according to Mann. “It will be a blow to the general externalisation pattern,” he said.

      Ferstman cautioned, however, that its impact – at least legally – might not be so concrete. “[The Court of Auditors] can recommend everything that GLAN has put forward, but it will be a recommendation,” she said. “It will not be an order.”

      Instead, the complaint’s more significant impact might be political. “It could put a lot of important arsenal in the hands of the MEPs [Members of the European Parliament] who want to push forward changes,” Ferstman said.

      A European Court of Human Rights decision in favour of the plaintiffs in S.S. and others v Italy could be more decisive. “It would go a long way towards addressing that [accountability] gap, because individuals will be able to challenge European states that encourage and assist other countries to commit human rights violations,” de Bellis said.

      If any or all of the various legal challenges that are currently underway are successful, Bossong, from SWP, doesn’t expect them to put an end to external migration cooperation entirely. “Many [external] cooperations would continue,” he said. “[But] policy-makers and administrators would have to think harder: Where is the line? Where do we cross the line?”

      The Court of Auditors will likely decide whether to review EU funding for border management activities in Libya next year, but the European Court of Human Rights moves slowly, with proceedings generally taking around five years, according to Mann.

      Human rights advocates and lawyers worry that by the time the current legal challenges are concluded, the situation in the Mediterranean will again have evolved. Already, since the beginning of the coronavirus pandemic, states such as Malta and Greece have shifted from empowering third countries to intercept people at sea to carrying out pushbacks directly.

      “What is happening now, particularly in the Aegean, is much more alarming than the facts that generated the Hirsi case in terms of the violence of the actual pushbacks,” Mann said.

      Human rights lawyers are already planning to begin issuing challenges to the new practices. As they do, they are acutely aware of the limitations of the tools available to them. Or, as Azarova put it: “We’re dealing with symptoms. We’re not addressing the pathology.”

      https://www.thenewhumanitarian.org/analysis/2020/08/10/Libya-migrant-abuses-EU-legal-battle

      #justice

  • Accélérationnisme, ACAB et suprémacisme blanc : un regard sur Boogaloo - Lignes de crêtes
    https://www.lignes-de-cretes.org/accelerationnisme-acab-et-supremacisme-blanc-un-regard-sur-boogalo

    Il s’agit d’abord d’un mouvement “anti-système”, c’est à dire regroupant des forces diverses ayant en commun un refus absolu des divisions politiques droite/gauche, une croyance dans tel ou tel “complot”, et dans la démocratie représentative comme émanation de ce complot.

    Il s’agit aussi d’un mouvement apocalyptique, prédisant l’effondrement de la civilisation occidentale à très brève échéance , et l’impossibilité absolue d’y apporter une réponse politique autre que le conflit armé.

    Evidemment, les suprémacistes blancs originels y sont les bienvenus et y sont majoritaires, parce qu’ils sont les plus organisés politiquement, et parce qu’en partie, ce mouvement reprend leurs thèses et leurs sous-cultures. Cependant, beaucoup des gens qui adhèrent à ce mouvement ne se vivent pas comme suprémacistes et une partie d’entre eux défend l’alliance entre tous les américains victimes de la répression étatique contre les polices locales et fédérales, pour le droit de porter des armes et pour la guerre civile. Certains participent donc au soulèvement en cours.

    Anecdotique ? Pas forcément. D’abord parce que les mouvements contre le “lock down ” lié au coronavirus ont permis à ce mouvement de se développer numériquement et d’acquérir une visibilité importante. D’autre part, parce qu’il est un excellent exemple de confusionnisme insurrectionnel au service du fascisme, ce qu’ont été également à leur manière les manifestations anti-confinement en Allemagne, et en France, le discours de déni sur le Covid 19, accompagné d’une hostilité extrêmement forte à toutes les mesures sanitaires. Et d’un discours apocalyptique et anti-démocratique qui n’a d’anticapitaliste que le vernis, de plus en plus mince.

    Enfin, le mouvement Boogaloo est une des composantes du mouvement accélérationniste qui est actuellement l’une des stratégies principales des suprémacistes blancs et des néo nazis : précipiter l’effondrement au besoin en participant à n’importe quel soulèvement social , écologiste, voire antiraciste, pour le pousser vers l’affrontement total et générer un chaos propice à la prise du pouvoir.

    Il est nécessaire de s’informer et de réfléchir sur ces phénomènes, si l’on est engagé dans les mobilisations actuelles, quelles qu’elles soient. Parce que les suprémacistes ont beau être une communauté très minoritaire, certaines thématiques leur permettent d’agir efficacement dans la rue, d’y propager leurs thèses, de recruter en cohabitant avec les forces progressistes dans le désordre et la confusion.

  • Corona Chroniques, #Jour53 - davduf.net
    http://www.davduf.net/corona-chroniques-jour53

    Branle-bas de combat au gouvernement, mais en tenue camouflage. Matignon dépose en catimini un amendement pour démolir un autre amendement, pourtant proposé et voté hier par son propre camp. Le péché originel, venu d’un député #LREM, ancien patron du #RAID : autoriser les « gardes particuliers » à pouvoir contrôler et verbaliser les promeneurs mal attestés. La logique à l’œuvre porte un nom, fumeux et malfamant : « le continuum de sécurité, enjeu du futur, entre sécurité publique et sécurité privée », dit un préposé à l’argumentaire. En clair : les députés en marche veulent déborder leurs chefs et donner pouvoir de police aux vigiles, en plus des nouveaux venus auxquels Castaner aimerait confier ces nouvelles missions (apprentis-policiers, retraités gendarmes, et robo(pastoutàfait)cops du métro, cf. Corona Chroniques, jour 48). Dit plus clairement encore : légaliser les #milices (euphémisées en commission des lois par « gardes assermentés de propriété de grande superficie »). D’où le gouvernement qui toussote, qui trouve que ça fait un peu beaucoup, ce débordement sur l’extrême droite, que ça risque de se voir un tantinet trop, cette tentation d’un sécuritaire total — et qui dépose son amendement (Saint Muddy Waters, héros du peuple et du Chicago Blues, que ces choses sont délicatement dites : « L’octroi d’un tel pouvoir de police judiciaire aux gardes particuliers pour participer à l’accomplissement d’une mission de police sanitaire n’est pas envisageable en opportunité et par ailleurs présente des fragilités constitutionnelles »). Au passage, avec le #Confinement, jamais vu une telle remontée de vidéos terrifiantes de policiers municipaux en roue libre. Après se teste Pendant.

    (Penser à écrire aux députés pour leur rappeler qu’en matière de continuum de sécurité, les reportages de M6 n’y pourront rien : ceci est achevé depuis des décennies, jamais la société n’a été aussi « sûre » et contrôlée qu’aujourd’hui ; 2020 n’est rien comparé à 1920, ni même à 1970. Leur demander également si, des fois, l’insécurité véritable ne règnerait pas ailleurs, quelque part du côté de la #sûreté_sanitaire, à défaut de #sécurité_sociale, régulièrement défoncée ?).

  • Rohingya, la mécanique du crime

    Des centaines de villages brûlés, des viols, des massacres et 700 000 Rohingyas qui quittent la Birmanie pour prendre le chemin de l’exil. Rapidement, l’ONU alerte la communauté internationale et dénonce un « nettoyage ethnique ». Ces événements tragiques vécus par les Rohingyas ne sont que l’achèvement d’une politique de discrimination déjà ancienne. Ce nettoyage ethnique a été prémédité et préparé il y a des années par les militaires birmans. Ce film raconte cette mécanique infernale.

    http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/57765_1
    https://www.youtube.com/watch?v=g2OjbDcBfPk


    #film #documentaire #film_documentaire #opération_nettoyage #armée_birmane #feu #incendie #réfugiés #2017 #Bangladesh #répression #Arakan #nettoyage_ethnique #génocide #préméditation #planification #moines #islamophobie #xénophobie #racisme #crime_contre_l'humanité #camp_de_réfugiés #camps_de_réfugiés #violence #crime #viol #Tula_Toli #massacre #Maungdaw #milices #crimes_de_guerre #colonisation #Ashin_Wirathu #immigrants_illégaux #2012 #camps_de_concentration #Koe_Tan_Kauk #ARSA (#armée_du_salut_des_Rohingya) #métèques #déni #Inn_Dinn #roman_national #haine #terres #justice #Aung_San_Suu_Kyi #retour_au_pays #encampement
    #terminologie #mots #stigmatisation
    –-> « La #haine passe du #discours aux actes »

    #ressources_naturelles #uranium #extractivisme #nickel —> « Pour exploiter ces ressources, vous ne pouvez pas avoir des gens qui vivent là »
    (#géographie_du_vide)

    #Carte_de_vérification_nationale —> donnée à ceux qui acceptent de retourner en #Birmanie. En recevant cette carte, ils renient leur #nationalité birmane.

    #NaTaLa —> nom utilisé par les #musulmans pour distinguer les #bouddhistes qui ont été #déplacés du reste de la Birmanie vers la région de l’Arkana. C’est les musulmans qui ont été obligés de construire, avec leur main-d’oeuvre et leur argent, les maisons pour les colons bouddhistes : « Ils nous ont enlevé le pain de la bouche et au final ils nous ont tués ». Ces colons ont participé au #massacre du village de Inn Dinn.

    A partir de la minute 36’00 —> #effacement des #traces dans le #paysage, maisons rohingya détruites et remplacées par un camp militaire —> photos satellites pour le prouver

    A partir de la minute 45’35 : la colonisation sur les #terres arrachées aux Rohingya (le gouvernement subventionne la construction de nouveaux villages par des nouveaux colons)

    ping @karine4 @reka

  • La #Slovénie érige de nouvelles barrières à sa frontière avec la #Croatie


    https://www.infomigrants.net/fr/post/24082/la-slovenie-erige-de-nouvelles-barrieres-a-sa-frontiere-avec-la-croati

    La Slovénie a décidé de renforcer sa frontière avec la Croatie afin d’éviter des franchissements illégaux par des migrants, a annoncé mardi le ministère de l’Intérieur. En cinq ans, près de 200 kilomètres de clôtures ont déjà été construits dans cette zone.

    La Slovénie a déclaré, mardi 14 avril, qu’elle allait ajouter 40 kilomètres de nouvelles barrières à sa frontière avec la Croatie afin d’empêcher des migrants de la franchir clandestinement, rapporte l’agence de presse Reuters. Depuis 2015, le pays a fait construire progressivement quelque 196 kilomètres de clôtures sur les 670 kilomètres de frontière commune entre la Slovénie et la Croatie.

    Le ministère n’a pas précisé où les nouvelles barrières seront installées, mais a indiqué que leur construction serait effective dans le courant de l’année. Une annonce similaire portant également sur 40 kilomètres de nouvelles barrières avait été faite en juillet dernier pour l’année 2019.

    Bien que la Croatie et la Slovénie soient membres de l’Union européenne, la première n’appartient pas à l’espace Schengen de libre circulation. Les autorités slovènes ont donc expliqué l’an dernier qu’elles comptaient installer de nouvelles clôtures « dans les zones où il est urgent d’empêcher le franchissement illégal des frontières et de protéger les citoyens et leurs biens ».

    Explosion du nombre de tentatives de franchissement de la frontière

    Sur les deux premiers mois de l’année 2020, la police slovène a dénombré 1 165 tentatives de passage clandestin, soit près de 80% de plus qu’à la même période l’an dernier. Elle avait notamment annoncé, le mois dernier, avoir découvert une trentaine de migrants cachés dans un train de marchandises (https://www.infomigrants.net/fr/post/23225/slovenie-la-police-decouvre-trente-migrants-caches-sous-de-l-argile-da).

    Revenu fin février dans le fauteuil de Premier ministre, Janez Jansa avait promis lors de sa campagne de durcir sa politique en matière d’asile, d’ajouter de nouvelles barrières frontalières et de renforcer les contrôles aux frontières de ce petit pays de deux millions d’habitants situé sur le route migratoire des Balkans (https://www.infomigrants.net/fr/post/23045/slovenie-le-conservateur-janez-jansa-revient-au-pouvoir-en-durcissant-).

    Durant le pic de la crise migratoire en 2015 et 2016, un demi million de migrants clandestins avait traversé la Slovénie en six mois afin d’atteindre les pays d’Europe occidentale plus riches, comme la France, l’Allemagne ou le Royaume-Uni.

    #barrières_frontalières #asile #migrations #réfugiés #murs #route_des_balkans #frontière_sud-alpine #frontières #clôture

    • C’était 2019...
      En Slovénie, une clôture « de la honte » à la frontière croate (1/3)

      Depuis 2015, le gouvernement slovène érige le long de sa frontière sud une clôture de #barbelés pour tenter d’endiguer le flux de migrants en provenance de la Croatie voisine. Les villages slovènes traversés par les fils barbelés supportent mal l’installation de ce grillage qui, selon eux, abîme le #paysage et n’empêche pas la traversée des migrants.

      « Qui aime se réveiller le matin avec des #fils_barbelés devant sa fenêtre ? » Rudy ne décolère pas. Cet habitant de #Slavski_Laz, un village perdu dans les #montagnes slovènes, frontalier avec la Croatie, ne s’explique toujours pas pourquoi le gouvernement a construit, ici, au bord de la #rivière_Kolpa, une clôture de barbelés.

      « Ils disent que ce grillage est fait pour nous protéger… Mais nous protéger de quoi ? Je n’ai #peur de rien… », continue ce retraité qui vit depuis des années dans la région encore largement sauvage. L’argument de « l’#invasion_migratoire » brandi par le gouvernement pour justifier la construction de ce mur de métal ne le convainc pas.

      « Les migrants ici, ils passent, c’est tout », explique-t-il. « Ils transitent par la Slovénie et puis s’en vont vers d’autres pays, vers le nord de l’Europe généralement ».

      Les amis de Rudy acquiescent, tous attablés dans le seul café encore ouvert à 19h de #Kostel, un village de moins de 650 habitants non loin d’une des rares routes menant à la Croatie. Selon eux, la clôture est inutile, elle abîme le paysage, et son rôle de #dissuasion est largement surestimé. « Ils disent que les barbelés vont empêcher le passage de migrants… Mais tout le monde passe quand même ! », sourit Marco, un ami de Rudy, habitant dans le village voisin de Fara, en déclenchant l’hilarité de l’assemblée.

      « Par exemple, en ce moment, avec l’hiver et les forts courants, les rivages sont boueux, poreux, alors, les terrains bougent, la clôture s’effondre. Les migrants qui veulent passer n’ont même pas besoin de se fatiguer, ils ont juste à l’#enjamber », continue Marco en riant. « Il y a des endroits où des sillons se sont creusés. Ils peuvent aussi passer sous la barrière ! »

      116 km de #grillages

      Près de 14 000 migrants ont traversé la frontière depuis le début de l’année, « soit 70% de plus que l’année dernière », à la même période, affirment les autorités slovènes à InfoMigrants.

      Cet été, 40 km supplémentaires de grillages ont donc été construits à la frontière sud, le long de la rivière Kolpa. « Il faut empêcher le franchissement illégal des frontières », a indiqué le ministère de l’Intérieur dans un communiqué. En tout, depuis 2015, Ljulbjana a déjà érigé 116 km de grillages le long de la Kolpa qui parcourt les 670 km de frontière avec la Croatie.

      « Ces clôtures ne sont pas une baguette magique mais elles nous aident », ajoute, de son côté, un commandant de police slovène.

      Khaled, un demandeur d’asile érythréen, aujourd’hui à Ljubljana, a tenté trois fois le passage de la frontière slovène avant de réussir à entrer dans le pays. La clôture, il s’en souvient très bien. « J’ai traversé la frontière au mois de mai, quelque part vers #Ribnica. Je me souviens qu’une fois la rivière franchie, il a fallu passer ces barbelés. Alors j’ai grimpé, je me suis déchiré les mains, elles étaient pleines de sang, mais je suis passé ».

      Montagnes dangereuses, présence d’#ours, eau glaciale

      Au delà de sa dangerosité, Rudy, le villageois, voit dans cet alignement de barbelés, une « #clôture_de_la_honte » qui, selon lui, stigmatise les migrants. « On voit arriver des familles, parfois des enfants. Je ne vois pas bien en quoi, ce sont des ennemis », continue le retraité.

      « Cette barrière, c’est le début de l’enfer », explique à son tour une jeune fille qui énumère les dangers qui attendent les migrants juste après son franchissement : la montagne « très dangereuse quand on s’y perd », les températures « glaciales » et les ours, nombreux dans le pays. « Parfois, on entend des cris là-haut. Ce sont des migrants qui hurlent pour effrayer les animaux ».

      Ces dernières semaines, deux migrants sont décédés par #noyade dans la Kolpa et un autre a été retrouvé mort de froid et d’#épuisement dans la #forêt.

      Surtout, les migrants doivent éviter les patrouilles de #police. « La nuit, quand nous tentons la traversée, nous voyons les lumières des lampes torche, derrière la clôture. Les #policiers sont partout. C’est ça qui nous effraie le plus », se souvient Khaled. « On fait tout pour les éviter. Quand la police vous attrape, elle vous renvoie en Croatie. Elle vous emmène rarement jusqu’à la capitale pour demander l’asile ».

      Depuis le début de l’année, sur les 14 000 entrées illégales, plus de 8 000 renvois – aussi appelés « pushbacks » - ont été effectués depuis les frontières slovènes, affirment les autorités.

      Patrouille de miliciens d’extrême-droite

      « C’est une #honte, il y a la police, l’armée, maintenant cette clôture et il y a même une milice ! », fulmine à son tour Katarina Bernad Sterva, directrice de l’association slovène d’aide aux réfugiés, qui se désespère de la situation à la frontière.

      Depuis quelques jours en effet, des miliciens en treillis militaires, visages cachés derrière des cagoules noires, patrouillent aussi le long de la rivière Kolpa. Dirigée par le leader d’extrême-droite, Andrej Sisko,cette milice se veut un « renfort » à l’armée régulière pour « défendre la frontière » et intercepter les migrants. « Nous sommes le point d’entrée de l’espace Schengen », se justifie Andrej Sisko. « Nous voulons faire passer un message. Nous voulons dire aux étrangers de rester chez eux. La clôture est fragile, elle ne permet pas de stopper les migrants alors nous venons contrôler les abords de la rivière nous-mêmes ».

      La milice d’#Andrej_Sisko n’a aucun mandat légal. Et visiblement, les villageois s’expliquent mal leur présence.

      Si certains rient à leur passage - « C’est le carnaval quand ils sont là », entend-t-on ici et là dans les villages frontaliers – d’autres comme Katarina Bernad Sterva regarde cette armée parallèle avec une inquiétude grandissante. « Ce qui m’effraie, c’est qu’ils existent. Publiquement, le gouvernement a condamné leurs actions, mais, dans les faits, les autorités ne font rien. Ces hommes sont fous, nous nous attendions à une réaction forte du gouvernement, comme par exemple l’annonce de la dissolution de ces patrouilles ».
      https://twitter.com/sarecmarjan/status/1036914541693755400?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E10

      Interrogée par InfoMigrants, la police reste muette sur le sujet. « Je n’ai rien à dire sur ces hommes. Ils n’ont pas le soutien de la police », déclare simplement Vicjem Toskan, l’un des commandants en chef de la police de Koper, à l’ouest du pays.

      Ce soir-là, à Kostel, les amis du café s’interrogent surtout sur le sort réservé aux migrants interceptés par cette milice d’extrême-droite. « On a déjà la police et l’armée pour intercepter les migrants. On a une clôture pour les empêcher de continuer leur route. Eux, qu’est-ce qui vont leur faire, la nuit, dans la montagne ? », s’inquiète Rudy. « Ils portent des masques, ils marchent dans la forêt. J’ai plus peur d’eux que des immigrés qui traversent la rivière », chuchote à son tour, une jeune fille en bout de table. « Si j’étais migrante, je n’aimerais vraiment pas tomber sur eux ».

      https://www.infomigrants.net/fr/post/20807/en-slovenie-une-cloture-de-la-honte-a-la-frontiere-croate-1-3

      #milices #patrouilles #extrême_droite #Kolpa #efficacité #montagne #Alpes #décès #morts #mourir_aux_frontières #danger #dangers #push-back #refoulement #refoulements #militarisation_des_frontières #push-backs

      –---

      #Walls_don't_work :

      « Par exemple, en ce moment, avec l’hiver et les forts courants, les rivages sont boueux, poreux, alors, les terrains bougent, la clôture s’effondre. Les migrants qui veulent passer n’ont même pas besoin de se fatiguer, ils ont juste à l’#enjamber », continue Marco en riant. « Il y a des endroits où des sillons se sont creusés. Ils peuvent aussi passer sous la barrière ! »

      –-> voir la métaliste

    • Despite all the existing reports about the Croatian police violence and brutality, Slovenia continues to pushback migrants to Croatia. This was recently even recognized by the Italian court: an Italian court stopped deportation to Slovenia on the grounds that there is a risk for an asylum seeker to be subjected to inhumane and degrading treatment due to the high possibility of him (or her) being further expelled to Croatia and then to Bosnia or Serbia.
      More on that in AYS article from beginning of June:
      AYS Special: Italian Court StopsDeportation to Slovenia, Meanwhile Pushbacks Continue
      https://medium.com/are-you-syrious/ays-special-italian-court-stops-deportation-to-slovenia-meanwhile-pushbacks-

      Last week, the new Slovenian Minister of Interior Affair (of the new right wing government) frankly admitted in an interview that Slovenian police is sending migrants back to Croatia and consequently into the refugees centres in Bosnia and Serbia:
      Notranji minister Aleš Hojs razkril migracijsko »skrivnost«
      https://www.dnevnik.si/1042931634 (only in Slovenian)

      Currently, the government is also preparing a new Aliens Act where they plan to severely restrict access to asylum (among many other things): this means that during what they call complex migration emergencies, proclaimed by the government, access to asylum can be completely limited.

      Message reçu via la mailing-list Migreurop, le 15.06.2020

    • Slovénie : une vingtaine de migrants « proches de la suffocation » découverts dans des camions

      La police slovène a annoncé avoir découvert 22 migrants cachés dans des camion-citernes, samedi, à la frontière croate. Les contrôles ont été fortement renforcés dans cette région avec notamment l’envoi de 1 000 nouveaux policiers début juin.

      « Ils étaient proches de la suffocation. » Vingt-deux migrants cachés dans deux camion-citernes alimentaires ont été découverts par la police slovène, samedi 20 juin, à la frontière avec la Croatie, rapporte l’agence de presse AP. Les deux poids-lourds avaient des plaques d’immatriculation provenant de Serbie.

      Un premier groupe de 13 migrants a été découvert lors d’un contrôle de police à la frontière. Le second groupe, composé de 9 personnes, a été trouvé peu après dans un autre camion appartenant à la même compagnie.

      Les migrants sont originaires du Bangladesh, d’Inde, de Turquie et de Syrie, indique la police.

      Des milliers de migrants empruntent chaque année la route dite « des Balkans » malgré sa dangerosité. Un grand nombre d’entre eux font appel à des passeurs afin de traverser les frontières vers l’Europe occidentale dans des camions, plutôt que de tenter leur chance à pied à travers les forêts et les montagnes de la région.

      Craignant une recrudescence des passages clandestins à la suite du déconfinement décrété dans différents pays européens, la Slovénie a annoncé, début juin, qu’elle envoyait 1000 officiers de police en renfort à sa frontière avec la Croatie. Ces effectifs sont équipés de #drones, de #caméras_thermiques et de #détecteurs_de_mouvements.


      https://www.infomigrants.net/fr/post/25519/slovenie-une-vingtaine-de-migrants-proches-de-la-suffocation-decouvert

  • Migration.Europe : aux frontières, des violences dans le silence

    https://www.lecourrierdelatlas.com/migration-europe-aux-frontieres-des-violences-dans-le-silence-23

    Depuis fin février, la Grèce ferme les frontières européennes de manière violente, et ce, sans condamnation de l’Union Européenne.

    Violences aux frontières

    « En mer, les garde-côtes [grecs, ndlr] coupent la route aux bateaux des migrants et réfugiés, tirant en l’air et blessant certains passagers » rapporte Migreurop.

    C’est une situation explosive qui est en place en Grèce aux portes de l’Europe. Une partie de la population, ainsi que des milices fascistes, prêtent main forte à la police et à l’armée grecque pour refouler les personnes exilées, souvent en mettant délibérément la vie de ses dernières en danger, parfois en causant des morts.

    C’est ce que rapportent de nombreuses organisations, françaises (Utopia 56), européennes (Statewatch (Royaume-Uni), Federación SOS Racismo (Espagne)) et au-delà (Migreurop (réseau euro-africain), AMDH Maroc (Association marocaine des droits de l’homme)).

    Illégalité ?

    Selon le droit international et européen, le refoulement à la frontière, d’une personne en demande de protection internationale sans avoir examiné sa situation, est interdit.

    Pourtant, selon Migreurop, l’UE tarde à rappeler ce point de droit aux autorités grecques. L’organisation de soutien aux personnes migrantes s’alarme même de certains propos de dirigeants européens : « Charles Michel, président du Conseil européen, a ainsi encensé les efforts des Grecs pour « protéger les frontières de l’Europe » (...) Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a qualifié la Grèce de « bouclier européen » ».

    Situation délicate

    Pour rappel, cet afflux soudain de migrants à la frontière gréco-turque est le résultat direct d’une décision de la Turquie.

    Suite à une attaque syrienne à Idlib ayant fait plus de 30 morts dans l’armée turque, les autorités ont décidé de laisser passer les migrants syriens, pour forcer l’UE à la soutenir dans ses opérations militaires en Syrie.

    A Paris, diverses organisations avaient appelé à se rassembler mercredi (18 mars), Place de la République, pour dénoncer ces violences aux frontières de l’Europe contre des personnes exilées.

    Un rassemblement très incertain, dû à la situation dictée par les précautions à prendre pour endiguer le Covid-19.

    #Covid-19 #Migration #Migrant #Balkans #Grèce #Turquie #Frontière #Refoulement #Police #Armée #Milicesfascistes

  • Turkey to open #Idlib border and allow Syrian refugees free passage to Europe

    Route out of northwestern Syria to be opened for 72 hours, officials tell MEE, after 33 Turkish troops killed in attack by pro-Assad forces.

    Turkey will open its southwestern border with Syria for 72 hours to allow Syrians fleeing the pro-government forces’ assault free passage to Europe, Turkish official sources have told Middle East Eye.

    The decision came after a security meeting chaired by Turkish President Recep Tayyip Erdogan in Ankara late on Thursday after 33 Turkish soldiers were killed in Syria’s Idlib province.

    A senior Turkish official said on Thursday that Syrian refugees headed towards Europe would not be stopped either on land or by sea.

    The official said that Ankara would order police and border and sea patrols to stand down if they detected any Syrian refugees trying to cross into Europe.

    Groups of Syrian refugees and migrants from other countries began heading to Turkey’s borders with Greece and Bulgaria after the announcement was made.

    Various Turkish refugee groups have also organised buses for Syrian refugees intending to head to Turkey’s border with Europe.

    The governor of Hatay province said that Turkish soldiers were killed in a Syrian government attack in Idlib, a province where forces loyal to President Bashar al-Assad have been staging an offensive against rebels since December.

    Since then, about a million civilians have been displaced towards the Turkish border - more than half of them children - and hundreds have been killed in the onslaught.
    Nato meeting

    Turkey blamed Thursday’s air strike on Syrian government forces, who are backed by Russia.

    However, Russia’s defence ministry was cited by the RIA news agency on Friday as saying that the Turkish troops had been hit by artillery fire from Syrian government forces who were trying to repel an offensive by Turkish-backed rebel forces.

    Russia is sending two warships equipped with cruise missiles to the Mediterranean Sea towards the Syrian coast, the Interfax news agency cited Russia’s Black Sea fleet as saying on Friday.

    North Atlantic Treaty Organisation (NATO) ambassadors were meeting in Brussels on Friday at Turkey’s request to hold consultations about developments in Syria, the alliance said.

    Under article four of Nato’s founding Washington Treaty, any ally can request consultations whenever, in their opinion, their territorial integrity, political independence or security are threatened.
    Migrants not allowed through

    Turkey’s Demiroren news agency said around 300 migrants, including women and children, had begun heading towards the borders between European Union countries Greece and Bulgaria and Turkey’s Edirne province at around midnight on Thursday.

    Syrians, Iranians, Iraqis, Pakistanis and Moroccans were among those in the group, it said.

    It said migrants had also gathered in the western Turkish coastal district of Ayvacik in Canakkale province with the aim of travelling by boat to the Greek island of Lesbos.

    Video footage of the migrants broadcast by pro-government Turkish television channels could also not immediately be verified.

    Turkish broadcaster NTV showed scores of people walking through fields wearing backpacks and said the refugees had tried to cross the Kapikule border into Bulgaria, but were not allowed through.

    It said the same group of migrants had then walked through fields to reach the Pazarkule border crossing into Greece, but it was unclear what happened to them thereafter.

    Greece has tightened sea and land borders with Turkey after the overnight developments in Idlib, government sources told Reuters on Friday.

    The sources, who declined to be identified, said Athens was also in contact with the European Union and Nato on the matter.
    ’Turkey is currently hitting all known regime targets’

    The Turkish soldiers’ deaths are the biggest number of fatalities suffered by Ankara’s forces in a single day since it began deploying thousands of troops into Idlib in recent weeks in a bid to halt the military push by Assad’s forces and their allies.

    The latest incident means a total of 46 Turkish security personnel have been killed this month in Idlib.

    Fahrettin Altun, Erdogan’s communications director, said in a written statement that the Turkish government had decided in the meeting to retaliate against Assad’s forces by land and by air.

    “Turkey is currently hitting all known regime targets. What happened in Rwanda and Bosnia cannot be allowed to be repeated in Idlib,” he said.

    Attacks on Turkish forces have caused severe tensions between the Syrian government’s key ally, Russia, and Turkey, which backs certain opposition groups in Idlib.

    Erdogan had vowed to launch a military operation to push back Syrian government forces if they did not retreat from a line of Turkish observations posts by the end of February.

    The nine-year war in Syria has devastated much of the country. An estimated half a million people have been killed and millions have been forced to live as refugees.

    Turkey hosts the largest number of refugees in the world, having taken in some 3.7 million Syrians.

    Erdogan has repeatedly threatened to open the gates for migrants to travel to Europe.

    If it did so, it would reverse a pledge Turkey made to the EU in 2016 and could draw western powers into the standoff over Idlib.

    https://www.middleeasteye.net/news/turkey-syrian-refugees-free-passage-europe-soldiers-killed-Idlib

    #turquie #frontières #ouverture_des_frontières #asile #migrations #réfugiés #Erdogan #bras_de_fer #Europe

    • La #Grèce bloque des centaines de migrants à sa frontière avec la Turquie

      A la suite de la montée des tensions en Syrie, Ankara avait plus tôt affirmé que le pays « ne retiendrait pas » les migrants qui cherchent à rejoindre l’Europe. La Grèce a annoncé avoir renforcé ses patrouilles à la frontière.


      https://www.lemonde.fr/international/article/2020/02/28/la-turquie-menace-d-ouvrir-la-porte-de-l-europe-aux-migrants_6031137_3210.ht

    • Greek police fire teargas on migrants at border with Turkey

      Greek police fired teargas toward migrants who were gathered on its border with Turkey and demanding entry on Saturday, as a crisis over Syria abruptly moved onto the European Union’s doorstep.

      The Greek government reiterated its promise to keep migrants out.

      “The government will do whatever it takes to protect its borders,” government spokesman Stelios Petsas told reporters, adding that in the past 24 hours Greek authorities had averted attempts by 4,000 people to cross.

      Live images from Greece’s Skai TV on the Turkish side of the northern land border at Kastanies showed Greek riot police firing teargas rounds at groups of migrants who were hurling stones and shouting obscenities.

      Media were not permitted to approach the Greek side of the border in the early morning, but the area smelled heavily of teargas, a Reuters witness said.

      A Turkish government official said late Thursday that Turkey will no longer contain the hundreds of thousands of asylum seekers after an air strike on war-ravaged Idlib in Syria killed 33 Turkish soldiers earlier that day.

      Almost immediately, convoys of people appeared heading to the Greek land and sea borders on Friday.

      An estimated 3,000 people had gathered on the Turkish side of the border at Kastanies, according to a Greek government official. Kastanies lies just over 900 km (550 miles)north-east of Athens.

      Greece, which was a primary gateway for hundreds of thousands of asylum seekers in 2015 and 2016, has promised it will keep the migrants out.

      However, Turkish President Tayyip Erdogan said on Saturday that some 18,000 migrants had crossed borders from Turkey into Europe. Speaking in Istanbul, he did not immediately provide evidence for the number, but said it would rise.

      Greek police were keeping media about a kilometre away from the Kastanies border crossing, but the broader area, where the two countries are divided by a river, was more permeable.

      A group of Afghans with young children waded across fast-moving waters of the Evros river and took refuge in a small chapel. They crossed into Greece on Friday morning.

      “Today is good” said Shir Agha, 30 in broken English. “Before, Erdogan people, police problem,” he said. Their shoes were caked in mud. It had rained heavily the night before, and by early morning, temperatures were close to freezing.

      Greece had already said on Thursday it would tighten border controls to prevent coronavirus reaching its Aegean islands, where thousands of migrants are living in poor conditions.

      Nearly a million refugees and migrants crossed from Turkey to Greece’s islands in 2015, setting off a crisis over immigration in Europe, but that route all but closed after the European Union and Ankara agreed to stop the flow in March 2016.

      https://af.reuters.com/article/worldNews/idAFKBN20N0F6
      #Evros #région_de_l'Evros

    • ’Following last night’s announcement of Turkish plans to open the borders with Greece for 72 hours, a large number of people attempted to cross the Evros/Meriç border near the 11km-long fence in Kastanies.
      They were stopped and are now trapped in the buffer zone between the two countries, surrounded by Greek and Turkish armed forces. Tear gas and stun grenade were reportedly used to dispersed the crowds.
      Human Rights 360 and @ForensicArchi have obtained material from the ground, including proof of people being pushed back across the border from Greece to Turkey and are monitoring the situation.
      As night has fallen, these people fear their human rights will be violated further. We urge the European, Greek, and Turkish authorities to safeguard their rights and safety.


      https://twitter.com/rights360/status/1233468982788841479

    • ’Number of migrants leaving Turkey reaches 36,776’

      Migrants departing from Turkey via northwestern border province of #Edirne, says country’s interior minister.

      The number of migrants leaving Turkey via its northwestern border province of Edirne reached 36,776, the country’s interior minister said on Saturday.

      In a statement on Twitter, Suleyman Soylu said that the number was registered as of 9.02 p.m. local time (1802 GMT).

      Turkish officials announced Friday that they would no longer try to stop irregular migrants from reaching Europe.

      The decision was made as 34 Turkish soldiers were martyred at the hands of regime forces in Idlib, Syria. The Turkish soldiers are working to protect local civilians under a 2018 deal with Russia under which acts of aggression are prohibited in the region.

      Since then, thousands of irregular migrants have flocked to Edirne to make their way into Europe.

      Turkey already hosts some 3.7 million migrants from Syria alone, more than any other country in the world.

      It has repeatedly complained that Europe has failed to keep its promises to help migrants and stem further migrant waves.

      https://www.aa.com.tr/en/turkey/number-of-migrants-leaving-turkey-reaches-36-776/1750216

    • Erdoğan says border will stay open as Greece tries to repel influx

      Turkish leader claims 18,000 people have crossed into EU but some are met with teargas.

      Thousands of migrants may be in no man’s land between Turkey and Greece after Ankara opened its western borders, sparking chaotic scenes as Greek troops attempted to prevent refugees from entering Europe en masse.

      Turkey’s president, Recep Tayyip Erdoğan, claimed 18,000 migrants had crossed the border, without immediately providing supporting evidence, but many appear to have been repelled by Greek border patrols firing teargas and stun grenades.

      Erdoğan has long threatened to allow refugees and migrants transit into the EU, with which Turkey signed an accord in 2016 to stem westward migration in return for financial aid.

      He stressed the frontier would remain open. “We will not close these doors in the coming period and this will continue,” he said in Istanbul on Saturday. “Why? The European Union needs to keep its promises. We are not obliged to look after and feed so many refugees. If you’re honest, if you’re sincere, then you need to share.”

      Erdoğan complained that funds transferred to Turkey from the EU to support refugees were arriving too slowly, saying he had asked Angela Merkel, the German chancellor, to send them directly to his government.

      But the policy shift appears to be intended to force the EU and Nato to support Ankara’s new military campaign in the north-western province of Idlib, Syria’s last rebel stronghold, where thousands of Turkish soldiers are supporting opposition forces facing an onslaught from regime forces backed by Russian air power.

      Erdoğan said Turkey could not handle a new wave of migration, in an apparent reference to the growing humanitarian crisis in Idlib.

      The Idlib offensive has pushed almost a million displaced civilians toward the Syrian-Turkish border, and hundreds of thousands of Syrian civilians remain between advancing Syrian government forces backed by Russia and rebel fighters supported by Turkey.

      In the largest single loss of life to Turkish forces since their country became involved in the Syria conflict, at least 33 Turkish soldiers were killed in an airstrike on Thursday night.

      After officials briefed on Friday that police, coastguard and border guards had been ordered to stand down, meaning passage to Europe would be no longer prevented, thousands of refugees and migrants made haste to Turkey’s borders with Greece and Bulgaria. Many travelled on buses provided by the Turkish state.

      They were met by Greek border patrols reportedly firing teargas and stun grenades. Some young migrants and refugees appeared to hurl rocks at the guards.

      “A titanic battle [is being waged] to keep our frontiers closed,” said Panayiotis Harelas, who heads the federation of border guards during an impromptu press conference at the scene.

      A 17-year-old Iranian who had made it into Greece overnight along with a group of friends told the Associated Press he had spent two months in Turkey and could not sustain himself there. “We learned the border was open and we headed there,” he said. “But we saw it was closed and we found a hole in the fence and went through it.”

      Greek authorities said 52 ships were patrolling the seas around Lesbos, along with other Aegean isles, in an apparent show of force to deter clandestine voyages. Greece has also bolstered its eastern land border, while Bulgaria has sent an extra 1,000 troops to its border with Turkey.

      A Greek government spokesperson, Stelios Petsas, said after an emergency meeting of ministers that security forces had repelled “more than 4,000 illegal entries”. Sixty-six people had been arrested after making their way through forest land into the country, none of whom were believed to hail from Idlib, according to Petsas.

      On Saturday morning high winds on Lesbos were mostly preventing arrivals there, with just one boat containing 27 people from various African countries reported to have reached the island. Another 180 reached other Greek islands from Turkey between Friday morning and Saturday morning, according to the coastguard.

      There are more than 3.5 million Syrian refugees in Turkey, along with many others fleeing war and poverty in Asia, Africa and the Middle East. Turkey’s borders to Europe were closed to migrants following a £5.2bn deal with the EU in 2016 after more than a million people crossed into Europe by foot.

      As that policy was effectively reversed, Erdoğan claimed that the number of people entering Europe from Turkey could rise to up to 30,000 on Saturday.

      He also said he had told Vladimir Putin, the Russian president, to end his support for Bashar al-Assad’s regime in Syria so that Turkey could more easily battle Assad’s forces.

      “We did not go [to Syria] because we were invited by [Assad],” he said. “We went there because we were invited by the people of Syria. We don’t intend to leave before the people of Syria [say] OK, this is done.”

      Syrian and Russian warplanes kept up airstrikes on the strategically important Idlib city of Saraqib on Saturday, according to the Syrian Observatory for Human Rights. There were reports that nine Assad-supporting Hezbollah forces were killed by Turkish smart missiles and drones.

      Russia’s foreign ministry said on Saturday that the two sides had agreed this week to reduce tensions on the ground in Idlib, though military action will continue, after Nato envoys held emergency talks at the request of Turkey, a member of the alliance.

      While urging de-escalation in Idlib, Nato offered no immediate assistance but said it would consider strengthening Ankara’s air defences.

      The UN secretary general, António Guterres, called for an immediate ceasefire and said the risk of ever greater escalation was growing by the hour, with civilians paying the gravest price.

      https://seenthis.net/messages/828209

    • Austria says it will stop any migrants trying to rush its border

      Austria will stop any migrants attempting to rush its border if measures to halt them in Greece and through the Balkans fail, conservative Interior Minister Karl Nehammer said on Sunday.

      Greek police fired tear gas to repel hundreds of stone-throwing migrants who tried to force their way across the border from Turkey on Sunday, with thousands more behind them after Ankara relaxed curbs on their movement. It was the second straight day of clashes.

      The rush echoes Europe’s migration crisis in 2015-2016, when Austria served as a corridor into Germany for hundreds of thousands of migrants who traveled through Greece and the Balkans. Austria also took in more than 1% of its population in asylum seekers in the process.

      “Hungary has assured us that it will protect its borders as best it can, like Croatia’s,” Nehammer told broadcaster ORF, referring to two of Austria’s neighbors. Migrants coming up through the Balkans would almost certainly have to pass through either of those countries before reaching Austria.

      “Should, despite that, people reach us then they must be stopped,” he said when asked what Austria would do.

      Nehammer’s boss, Chancellor Sebastian Kurz, built his career on a hard line on immigration, pledging to prevent a repeat of 2015’s influx. He governed in coalition with the far right from 2017 until last year, and is back in power with the Greens as a junior partner.

      When Kurz was foreign minister in 2016, Austria coordinated border restrictions in neighboring Balkan countries to stop migrants reaching it from Greece.

      Austria is prepared to do the same again if necessary, Kurz and Nehammer have indicated. Kurz is an outspoken critic of Turkish President Tayyip Erdogan’s government, a popular stance in his conservative Alpine country.

      Turkey said on Thursday it would let migrants cross its borders into Europe, despite a commitment to hold them in its territory under a 2016 deal with the European Union.

      Turkey’s turnabout came after an air strike killed 33 Turkish soldiers in Syria, and appeared to be an effort to press for more EU aid in tackling the refugee crisis from Syria’s civil war.

      “The second safety net, and here the Austrian security services have a lot of previous experience, is close cooperation and also support, whether that be financial, material or in terms of personnel, with countries along the (migrants’) escape route,” Nehammer said, referring to Balkan countries.

      https://www.reuters.com/article/us-syria-security-austria-idUSKBN20O2CS
      #route_des_Balkans #Autriche

    • Evros: Greek Army announces exercise with live ammunition on March 2

      Real ammunition will be used on Monday, March 2, 2020, across the Evros river, an announcement by the Greek Army said late on Sunday.

      The 4th Army Corps has announced military exercises with live ammunition at all border outposts at Kipoi and Kastanies where thousands of migrants and refugees have amassed. The broader area of the 24-hour exercise is where also all migrants crossings are in general.

      According to the announcement, guns, machine guns, rifles and pistols will be used during the military exercise with live ammunition.

      Listing the specific areas where the exercise will take place, the Army warns that “movement or stay of persons, trucks and animals during shooting hours is prohibited to avoid accidents.”

      “Non-exploded bullets that may be found, shod not me removed,” and the nearest police authorities should be immediately notified.”

      The timing of the military exercise and thus on a Greek holiday – Clean Monday – is peculiar, but it may serve rather the “internal consumption” and to scare off the migrants, comments news website tvxs.gr

      On Sunday, Greek special police forces and army fired warning shots during patrol in the Evros area in order to deter migrants trying to cross into the country.

      https://www.keeptalkinggreece.com/2020/03/02/greece-army-exercise-live-ammunition-mar2

      #armée #militarisation_des_frontières #armes #armes_à_feu

    • Greece Suspends Asylum as Turkey Opens Gates for Migrants

      Greece took a raft of tough measures Sunday as it tried to repel thousands of migrants amassed at its border with Turkey.

      It deployed major military forces to the border, seeking to fortify the area after Turkey allowed migrants to pass through to the European Union over the weekend. The Greek government also said it would suspend asylum applications for a month and summarily deport migrants entering illegally.

      The developments were increasing tensions between the two countries, leaving thousands of people exposed to winter weather and caught in an increasingly volatile situation.

      Neither move announced by Greece is permitted by European Union law, but the Greek government said it would request special dispensation from the bloc. International protocols on the protection of refugees, of which Greece is a signatory, also prohibit such policies.

      “Turkey, instead of curbing migrant and refugee smuggling networks, has become a smuggler itself,” the Greek government said in a statement.

      Military officials would not say how many additional troops were being deployed, but they confirmed that they were stepping up joint military and police operations along the border. Dozens of military vehicles were seen moving toward various outposts along Greece’s 120-mile boundary with Turkey.

      The fortification of the area came after President Recep Tayyip Erdogan of Turkey confirmed on Saturday that he was opening Turkey’s border for migrants to enter Europe, saying that his country could no longer handle the huge numbers of people fleeing the war in Syria.

      Mr. Erdogan accused European leaders of failing to keep their promise to help Turkey bear the load of hosting 3.6 million Syrian refugees. And he demanded European support for his military operation against a Russian and Syrian offensive in northern Syria that has displaced at least a million Syrians, many of whom are now heading toward the Turkish border. The Turkish Army also suffered significant casualties last week in an airstrike in northwest Syria.

      The president of the European Council said he would visit the Greek-Turkish line on Tuesday with the Greek prime minister, and the European Union announced an urgent foreign ministers’ meeting sometime this week to deliberate on the crisis.

      Thousands of migrants languishing in Turkey were on the move this weekend after Mr. Erdogan said he would not stand in their way. Many dropped everything the moment they heard the border was opening and rushed by bus or taxi, fearing they might miss the chance to get across.

      The Greek government, alarmed at the unfolding migrant wave, said it had sent a warning through mass text messages to all international phone numbers in the area. “From the Hellenic Republic: Greece is increasing border security to level maximum,” the message said in English. “Do not attempt illegally to cross the border.”

      Many migrants went ahead anyway, and some succeeded. Many ended up clashing with the authorities in Greece as riot police officers with batons, shields and masks tried to block their path, sometimes firing tear gas.

      Turkey’s interior minister, Suleyman Soylu, wrote Sunday on Twitter that more than 76,000 people had left Turkey for Greece — a drastically inflated number, according to ground reports from both sides of the border.

      The United Nations estimated that about 15,000 people from several countries, including families with children, were on their way in Turkey to the northern land border with Greece.

      Hundreds of people crossed the Turkish border, either over farmland or the Evros River. Nearly 500 others arrived by boat on the islands near Turkey in the northeastern Aegean, creating small-scale scenes reminiscent of the 2015 crisis that paralyzed parts of Europe.

      The Greek government said it had thwarted nearly 10,000 crossing attempts in 24 hours and arrested 150 people over the weekend.

      But dozens of migrants in small groups could be seen scattered in the region’s villages. The Greek government claimed that those attempting to cross into Greece were all single men and that none were Syrians, but families and Syrians did manage to reach Greece.
      Image

      One man with his wife and small children took shelter in a church, trying to warm up and regroup after the arduous crossing.

      Another migrant, Kaniwar Ibrahim, a 26-year-old tailor from Kobane, Syria, said he had heard from friends that Mr. Erdogan was opening the borders to Europe, so he rushed north.

      Mr. Ibrahim, his face ashen and his lips blue from the cold, was planning his next move at the train station in Orestiada with three West Africans and a few Palestinian migrants who had crossed the border with him overnight.

      He had spent two terrible years in Turkey, he said, so he grabbed the chance to join relatives legally settled in Germany.

      On the Turkish side, where thousands were gathering and smugglers were flocking to offer rides, boats and other services, others were less fortunate, and the hazards of attempting the crossing were becoming clear.

      One migrant died from the cold overnight, according to other migrants, and others said they were badly beaten by Greek border guards or vigilantes — an assertion that the Greek government denied.

      Abdul Kareem al Mir, 23, from the city of Al Salamiyah in central Syria, reached Edirne, Turkey, near Greece, but he was already having second thoughts.

      “I’ve been stuck here for three days in the rain and cold,” he said in a series of messages. “I guess the promises and statements were just a lie.”

      https://www.nytimes.com/2020/03/01/world/europe/greece-migrants-border-turkey.html?smtyp=cur&smid=tw-nytimesworld

    • Greece freezes asylum applications from illegally entering migrants

      Greece will not accept for a month, beginning Sunday, any asylum applications from migrants entering the country illegally and, where possible, will immediately return them to the country they entered from, Greece’s government spokesman Stelios Petsas announced Sunday.

      The announcement was made at the conclusion of a cabinet meeting on national security.

      Greece will also ask the European Border and Coast Guard Agency, also known as Frontex, to engage in a rapid border intervention to protect Greece’s borders, which are also EU’s borders, Petsas said.

      The above decisions will be communicated to the EU’s Foreign Affairs Council so that Greece can benefit from temporary measures to face an emergency.

      Petsas said Turkey is violating its commitments from the 2016 EU-Turkey agreement and of becoming itself a trafficker instead of cracking down on them. He called the migrant movement “a sudden, massive, organized and coordinated pressure from population movements in its eastern, land and sea, borders.”

      Charles Michel, President of the European Council, tweeted a few minutes ago:

      “Support for Greek efforts to protect the European borders. Closely monitoring the situation on the ground. I will be visiting the Greek-Turkish border on Tuesday with @PrimeministerGR Mitsotakis.”


      http://www.ekathimerini.com/250097/article/ekathimerini/news/greece-freezes-asylum-applications-from-illegally-entering-migrants

      #procédure_d'asile

    • Griechenland setzt Asylrecht für einen Monat aus

      Der Lage an der griechisch-türkischen Grenze spitzt sich weiter zu: Nun kündigte der griechische Ministerpräsident an, dass sein Land für einen Monat keine neuen Anträge auf Asyl annehmen werde.

      https://www.spiegel.de/politik/ausland/fluechtlinge-griechenland-setzt-asylrecht-fuer-einen-monat-aus-a-14421c7e-80

    • Clashes as thousands gather at Turkish border to enter Greece

      EU border agency Frontex on high alert as Turkish president keeps crossings open.

      Migrants trying to reach Europe have clashed violently with Greek riot police as Turkey claimed more than 76,000 people were now heading for the EU as a result of President Recep Tayyip Erdoğan’s decision to open the Turkish side of the border.

      Officers fired teargas at the migrants, some of whom threw stones and wielded metal bars as they sought to force their way into Greece at the normally quiet crossing in the north-eastern town of Kastanies.

      As the situation escalated, Turkey’s interior minister, Süleyman Soylu, fuelled the anxiety in Greece and Bulgaria, which also shares a border with Turkey, by tweeting on Sunday morning that 76,385 refugees had left his country through Edirne, a province bordering the two EU member states. He provided no evidence pto support the claim.

      The UN’s International Organization for Migration had said earlier in the day that at least 13,000 people had gathered by Saturday evening at the formal border crossing points at Pazarkule and İpsala, among others, in groups of between several dozen and more than 3,000. The majority were said to have been from Afghanistan.

      Greek police confirmed that at least 500 people had arrived by sea on the islands of Lesbos, Chios and Samos near the Turkish coast within a few hours.

      The Greek government said on Sunday evening that it would suspend EU asylum law to implement summary deportations over the next month, a fix allowed within the treaties.

      Earlier in the day the government in Athens had sent a mass text message to all international numbers in the border region appealing for people to stay away. “From the Hellenic Republic: Greece is increasing border security to level maximum,” read the message in English. “Do not attempt illegally to cross the border.”

      The EU’s border protection agency, Frontex, said it was on high alert and had deployed extra support to Greece, as the country’s prime minister, Kyriakos Mitsotakis, held a meeting of his national security council.

      “We … have raised the alert level for all borders with Turkey to high,” a Frontex spokeswoman said. “We have received a request from Greece for additional support. We have already taken steps to redeploy to Greece technical equipment and additional officers.”

      The Greek government accused Turkey of orchestrating a “coordinated and mass” attempt to breach the country’s borders by encouraging thousands of asylum seekers to illegally cross them.

      Mitsotakis said he would visit the land border Greece shares with Turkey along the Evros river alongside Charles Michel, the European Council president, on Tuesday. “Once more, do not attempt to enter Greece illegally – you will be turned back,” Mitsotakis said after the national security council meeting.

      Along the north-eastern mainland border, some people waded across a shallow section of the Evros river to the Greek side. Witnesses said there were groups of up to 30, including an Afghan woman with a five-day-old infant.

      Erdoğan opened his western border after an airstrike on Thursday night in Syria’s Idlib province killed at least 33 Turkish soldiers recently deployed to support the Syrian opposition.

      The deaths came as fighting in north-west Syria between Turkish-backed rebels and Russian-backed Syrian government forces escalated, raising the risk of the two regional powers being brought into direct confrontation.

      The Turkish president had repeatedly said he would break his country’s deal with Brussels to prevent migrants entering the EU unless he received greater support from the 27 member states for his intervention in Syria.

      Erdoğan said in a speech on Saturday that he had no intention of rethinking his decision. “What did we say? If this continues, we will be forced to open the doors,” he told a meeting of the ruling Justice and Development party.

      “They did not believe what we said. What did we do yesterday? We opened our border. The number of people crossing the doors to Europe reached around 18,000 by Saturday morning, but today the number could reach 25 or even 30,000, and we will not close the passages during the period to come.”

      The EU has insisted it expects Ankara to abide by a €6bn (£5.2bn) deal signed in 2016, under which Turkey agreed to halt the flow of people to the EU in return for funds. Turkey hosts about 3.6 million refugees from Syria.

      The European council president, Charles Michel, spoke to Erdoğan on Saturday. “The EU is actively engaged to uphold the EU-Turkey statement and to support Greece and Bulgaria to protect the EU’s external borders,” he said in a statement.

      The Kremlin said on Sunday that it hoped Vladimir Putin and Erdoğan would hold talks in Moscow on Thursday or Friday. Istanbul police released Mahir Boztepe, the editor-in-chief of the Turkish edition of Sputnik, the Russian news website, on Sunday.

      Boztepe had been held for two hours as part of what the Ankara public prosecutor’s office said was an investigation into whether Sputnik had been involved in “degrading the Turkish people, the Turkish state, state institutions” and “disrupting the unity and territorial integrity of the state”.

      https://www.theguardian.com/world/2020/mar/01/thousands-gather-at-turkish-border-to-cross-into-greece#maincontent

    • Migrants : Erdogan ouvre sa frontière, la Grèce la ferme

      Mécontent du manque de soutien de l’UE, le président turc a mis à exécution vendredi sa menace de laisser passer des réfugiés.

      « Yunanistan ! » C’est avec ce cri de ralliement, qui désigne la Grèce en turc, que plusieurs centaines de réfugiés se sont amassés dès vendredi matin le long du fleuve Evros qui marque la frontière terrestre entre la Grèce et la Turquie. Très vite, les autorités grecques ont fermé le principal point de passage situé à Kastanies, alors que le chef d’état-major des armées se précipitait sur place pour annoncer l’arrivée d’hélicoptères et de renforts militaires pour empêcher toute incursion massive. Les menaces d’Erdogan d’ouvrir les vannes des flux migratoires, qui lui permettent depuis cinq ans de souffler le chaud et le froid vis-à-vis de l’Europe, ont donc été mises à exécution. Furieux du peu de soutien de l’Occident après la perte de 33 soldats jeudi en Syrie, Erdogan a joué la pression sur le point faible de l’UE. Et un simple effet d’annonce a suffi pour ressusciter le spectre d’un remake de 2015, lorsque la Grèce, et l’Europe, avaient dû faire face à un afflux massif de réfugiés, considéré comme le plus important mouvement de population depuis 1945.
      Promesse

      Et pour Athènes, cette menace réactualisée ne pouvait tomber à un plus mauvais moment. Alors que la surpopulation des camps de réfugiés sur les îles grecques faisant face à la Turquie a déjà conduit à une situation explosive, cette semaine des affrontements d’une violence inédite ont eu lieu sur les îles de Lesbos et Chios. De véritables batailles rangées entre les forces de l’ordre et les populations locales, qui refusent la construction de nouveaux centres. Longtemps les habitants avaient pourtant fait preuve d’une générosité et d’une patience à toute épreuve. Mais l’inaction des autorités, qui ont laissé les camps se dégrader jusqu’à l’intolérable, et l’indifférence de l’Europe, qui a renié sa promesse de partager le fardeau migratoire, ont fini par provoquer la colère populaire sur les îles. Et c’est dans ce climat toxique que la Turquie fait soudain basculer le fragile dispositif censé contenir les réfugiés aux portes de l’Europe.

      En réalité, le deal conclu en 2016 entre Ankara et l’Union européenne avait dès le départ tout d’un marché de dupes, sacrifiant de facto la Grèce, chargée de jouer les zones tampons en confinant les nouveaux arrivants sur les îles. Or les flux n’ont jamais totalement cessé. Ils sont même repartis à la hausse en 2019, avec plus de 70 000 arrivées depuis les côtes turques, faisant à nouveau de la Grèce la principale porte d’entrée en Europe.

      En comparaison, les mouvements observés dans la journée de vendredi n’avaient rien d’impressionnant dans l’immédiat : quelques centaines de réfugiés regroupés le long de l’Evros, certes, mais seulement deux canots pneumatiques ont accosté dans la journée de vendredi dans le petit port de Skala Sikaminia, dans le nord de Lesbos. Le premier transportait une quinzaine de personnes, le second une cinquantaine. Alors que pour le seul mois de janvier, 3 136 réfugiés avaient débarqué à Lesbos.

      Mais le vrai sujet d’inquiétude est ailleurs. « Le problème, ce n’est pas seulement que la Turquie annonce qu’elle ne surveille plus ses frontières. Ce qui est plus grave, et totalement nouveau, c’est que les autorités turques semblent organiser et encadrer ces départs vers la Grèce », souligne un humanitaire joint à Athènes. Toute la journée de vendredi, les médias turcs ont ainsi relayé les images de réfugiés invités à monter dans des bus, mis spécialement à disposition pour eux, et qui les ont conduits de la périphérie d’Istanbul jusqu’à la frontière grecque. Au même moment, plusieurs chaînes de télévision, dont la version turque de CNN, filmaient d’autres réfugiés se rassemblant sur des plages pour grimper tranquillement dans un canot pneumatique en partance vers la Grèce, comme pour une banale balade en mer. « Du jamais-vu. En 2015, au moins, la Turquie prétendait ne pas voir et ne pas pouvoir contenir les flux en partance vers la Grèce », soulignait vendredi un internaute grec.
      Horizon

      Par ailleurs, la crise syrienne, qui sert de prétexte à la Turquie pour rompre le statu quo migratoire, a pour l’instant motivé non pas les innombrables réfugiés du pays qu’elle accueille à quitter son sol, mais en priorité des Afghans, à l’image de ceux arrivés en canots vendredi à Lesbos. Sur cette île, où se trouvent près de 20 000 réfugiés, nombreux sont ceux qui dans les prochains jours guetteront l’horizon avec inquiétude. Et d’ores et déjà, les habitants ont noté un fait révélateur : vendredi, Athènes comme Bruxelles sont restés très discrets. Comme si les deux principaux interlocuteurs d’Ankara étaient totalement tétanisés. Sans aucune stratégie face à un voisin pourtant notoirement imprévisible.

      https://www.liberation.fr/planete/2020/02/28/migrants-erdogan-ouvre-sa-frontiere-la-grece-la-ferme_1780087

    • Schreie der Verzweiflung am Grenzzaun

      Rund 15.000 Migranten stehen am türkisch-griechischen Grenzübergang inzwischen den Polizisten gegenüber. Die griechischen Beamten treiben die Geflüchteten mit Tränengas zurück. Premier Mitsotakis bittet um Hilfe von Frontex.

      Die Migranten, die am Samstag durch die Straßen auf der griechischen Seite der Grenze zur Türkei laufen, haben es eilig. „Wir wollen nach Deutschland“, sagt eine Frau aus Algerien. Sie ist mit drei Männern unterwegs, in der Nacht haben sie den Evros überquert, der Fluss markiert die Grenze zwischen Türkei und EU. Ihre Kleidung ist noch nass. Jetzt haben sie Angst, von der griechischen Polizei oder dem Militär festgenommen zu werden. So wie 66 andere Geflüchtete, die es auf griechischen Boden geschafft hatten.

      Der Grenzposten Kastanies ist zum Mittelpunkt eines Kräfteringens zwischen Türkei und Griechenland geworden. Nach SPIEGEL-Informationen schätzen Behörden, dass inzwischen 15.000 Migranten in der Nähe ausharren. Am Samstag versuchten immer wieder Gruppen von Migranten den Grenzzaun zu überwinden, auf Videos sind ihre Schreie der Verzweiflung zu hören. Die griechische Polizei setzte Tränengas ein, um sie daran zu hindern. 4000 Grenzübertritte verhinderte sie nach eigenen Angaben.

      Einige Hundert Migranten wateten durch den Evros, um die griechische Seite zu erreichen. Andere waren in der Pufferzone zwischen dem türkischen und dem griechischen Grenzposten gefangen. Vor ihnen: Stacheldraht und griechische Grenzschützer.

      Der türkische Präsident Recep Tayyip Erdogan bekräftigte am Samstag in Istanbul noch einmal, was schon am Freitag offensichtlich war: „Wir haben die Tore geöffnet“, sagte er. Es ist das faktische Ende des Flüchtlingsdeals zwischen der Europäischen Union und der Türkei.

      Sein Land könne so viele Flüchtlinge nicht versorgen, sagte Erdogan. Außerdem habe Europa seine Versprechen gebrochen. Die Türkei spricht von 35.000 Migranten, die es bereits nach Europa geschafft hätten. Das ist wohl übertrieben, wahrscheinlich waren es bisher nur ein paar Hundert.

      Erdogan hatte die Anweisung am Donnerstagabend erteilt, nachdem bei Kämpfen in Idlib mindestens 36 türkische Soldaten gestorben waren. Im Syrienkrieg hat er sich in eine Sackgasse manövriert. Wenn er noch eine Chance haben will, die türkische Einflusszone im Norden Syriens zu sichern, braucht er nun amerikanische oder europäische Unterstützung.

      Dass die Europäer sich noch in den schon neun Jahre andauernden Bürgerkrieg einmischen wollen, ist unwahrscheinlich. Mit der Grenzöffnung versucht Erdogan nun, die EU zu Konzessionen zu zwingen.

      https://www.spiegel.de/politik/ausland/tuerkei-schickt-fluechtlinge-nach-europa-schreie-der-verzweiflung-am-grenzza

    • Réfugiés : « La Turquie se sert des Syriens pour faire pression sur l’UE »

      La Turquie a annoncé vendredi qu’elle n’assurait plus le contrôle de ses frontières européennes, ajoutant qu’elle ne souhaitait pas accueillir davantage de réfugiés sur son territoire. Les télévisions turques ont filmé desmilliers de Syriens se mettant en route vers la Grèce. Face au chantage d’Ankara, l’UE craint une nouvelle crise migratoire, comme avant 2016.

      « La Turquie n’est plus en mesure de retenir les réfugiés souhaitant se rendre en Europe », a affirmé vendredi 28 février le porte-parole du Parti de la Justice et du Développement (AKP). Cette déclaration intervient dans un contexte particulier : la nuit précédente, 33 soldats turcs ont été tué dans le bombardement d’un bâtiment dans la région d’Idlib.

      Militairement présente dans cette région, la Turquie soutient les rebelles syriens, alors que Bachar Al-Assad tente de récupérer cet ultime bastion rebelle avec l’aide de la Russie. Ces dernières semaines, il a ainsi reconquis près de la moitié de la province, entraînant des mouvements de population qui tentaient de fuir les bombardements. Au total, depuis décembre 2019, l’offensive du régime de Damas a engendré le déplacement de plus de 900 000 Syriens.

      De son côté, la Turquie, qui accueille sur son territoire 3,6 millions de réfugiés syriens, maintient fermée sa frontière avec la Syrie. Ses frontières européennes, en revanche, ne sont désormais plus contrôlées. « Le pays ne souhaite pas accueillir davantage de réfugiés sur son territoire et, aucune sortie de conflit n’étant en vue à Idlib, elle ouvre ses frontières aux réfugiés et facilite leur passage vers l’UE, ce qui s’appelle du chantage », estime une chercheuse indépendante basée en Turquie, sous couvert d’anonymat.

      « La Turquie se sert de nouveau des Syriens pour faire pression sur l’UE », poursuit-elle. « Certains Syriens sont choqués d’être ainsi utilisés et disent qu’ils ne vont pas être manipulés par les Turcs, alors que d’autres saisissent cette opportunité pour fuir la Turquie où les conditions de vie sont de plus en plus précaires. » Depuis l’annonce d’Ankara, des centaines de réfugiés ont pris la direction de la Bulgarie et de la Grèce. « Beaucoup sont sur le départ, tout le monde veut tenter sa chance. Les gens se rendent à Edirne et dans les ports maritimes. Des bus gratuits sont mis à leur disposition et de plus en plus de bateaux partent. »

      “Ce ne sont pas tant les intérêts des réfugiés qui sont au cœur de la question, mais ceux de la Turquie, ou plutôt ceux de sa classe dirigeante.”

      Cette instrumentalisation de la question migratoire de la part de l’AKP n’est pas nouvelle. « Ce ne sont pas tant les intérêts des réfugiés qui sont au cœur de la question, mais ceux de la Turquie, ou plutôt ceux de sa classe dirigeante », explique Juliette Tolay, professeure de Sciences politiques à l’Université de Penn State Harrisburg. Elle ajoute que le Président turc Recep Tayyip Erdoğan menace régulièrement de rouvrir la frontières turque à des fins diverses : accélérer la libéralisation des visas pour les citoyens turcs, éviter toute critique sur le référendum constitutionnel de 2017 ou obtenir un soutien pour la création d’une zone de sécurité en Syrie.

      Dans un article du New York Times, Matina Stevis-Gridneff et Patrick Kingsley observent que les autorités locales ont acheté plusieurs milliers de billets, qu’elles ont aidé les réfugiés syriens à monter dans des autocars Mercedes et les ont conduits à la frontière. 

Tout cela a été filmé par les médias pro-gouvernement, précisent-ils, tandis que les chaînes de télévision ont retransmis en direct des scènes où l’on voit de familles se dirigeant vers les îles grecques, rappelant la crise de 2015.

      La situation évoque désormais celle précédant l’accord de 2016 entre l’UE et la Turquie, venant ainsi mettre unilatéralement fin à ce traité devenu moribond. Signé avec les 28 États membres de l’UE de l’époque, l’objectif de cet accord était de faire cesser l’arrivée quotidienne des migrants sur les îles grecques. Il prévoyait également, en échange d’un considérable soutien financier, le renvoi systématique de tous les migrants vers la Turquie. 

Le traité n’a pourtant pas empêché l’arrivée de migrants sur les îles de la mer Égée et, depuis cet été, le nombre de réfugiés est en hausse. Alors que les patrouilles turques étaient toujours présentes, certains chercheurs affirmaient que la Turquie laissait délibérément passer les réfugiés.

      Quelques heures après l’annonce de l’AKP, ce vendredi, des réfugiés tentant de se rendre en Grèce par voie terrestre se sont retrouvés coincés dans le no man’s land séparant les deux pays. Renforçant sa sécurité à la frontière de Kastanies, la police grecque a réprimé à coups de gaz lacrymogènes toute tentative de traversée. Le porte-parole du gouvernement Stelios Petsas a indiqué que la Grèce avait empêché 4000 migrants venant de Turquie d’entrer « illégalement » sur le territoire.

      Selon Recep Tayyip Erdoğan, depuis vendredi, 18 000 migrants auraient franchi les frontières de la Turquie pour se rendre en Europe.

      https://www.courrierdesbalkans.fr/Turquie-syriens-pression-UE

    • Réfugiés : catastrophe humanitaire en vue sur les frontières de la Grèce

      Depuis vendredi, des milliers de réfugiés tentent de passer la frontière terrestre entre la Turquie et la Grèce, avec le soutien d’Ankara qui joue cette carte pour faire pression sur l’Union européenne. Des réfugiés débarquent aussi sur les îles de la mer Égée, où la tension ne cesse de monter avec la population locale.

      Depuis que la Turquie a annoncé qu’elle n’était « plus en mesure de retenir les réfugiés souhaitant se rendre en Europe », vendredi 28 février, la Grèce est débordée à ses frontières. Au poste de Kastanies, dans la région de l’Evros (nord-est de la Grèce, sur la route d’Edirne), plus de 13 000 migrants sont arrivés durant le week-end depuis Istanbul pour tenter de passer. Un chiffre toutefois « gonflé » par la Turquie, qui utilise les réfugiés pour faire pression sur l’Union européenne. Des chaînes de télévision turques ont même diffusé des cartes du chemin à suivre pour se rendre en Europe...

      Vendredi, la Grèce a doublé ses patrouilles à la frontière terrestre et sur les îles de la mer Egée, face à la Turquie. Des drones ont été déployés à la frontière terrestre pour localiser les réfugiés et les avertir par haut-parleur que la frontière était fermée. Des SMS en anglais ont été envoyés sur tous les téléphones portables étrangers à la frontière : « Personne ne peut traverser les frontières grecques. Tous ceux qui tentent d’entrer illégalement sont dans les faits empêchés d’entrer ». L’agence européenne de contrôle des frontières Frontex a également annoncé avoir « redéployé de l’équipement technique et des agents supplémentaires en Grèce ».

      Les autorités grecques ont déclaré le lendemain avoir empêché « 9972 entrées illégales » dans la région de l’Evros, le long des 212 km de frontière terrestre avec la Turquie. « Personne ne venait d’Idlib, mais la plupart venaient d’Afghanistan, du Pakistan et de Somalie », ont précisé les autorités grecques, dénonçant le « chantage d’Ankara ».

      Dimanche, les autorités grecques ont annoncé avoir arrêté, dans la journée, 5500 migrants tentant de traverser illégalement la frontière. Depuis vendredi, des échauffourées ont lieu entre les forces de l’ordre et les migrants au poste-frontière de Kastanies, où des gaz lacrymogènes ont été tirés. Selon une source gouvernementale grecque, des gaz lacrymogènes auraient aussi été distribués par les autorités turques aux migrants pour les utiliser contre la police grecque. Le Haut-Commissariat aux Réfugiés de l’Onu (HCR) a appelé « au calme et au relâchement des tensions à la frontière ». Mais dimanche, la situation restait tendue : un policier grec a été blessé et transporté à l’hôpital.

      Sur les îles, la tension monte

      Sur les îles grecques, alors que la situation semblait calme vendredi et samedi, au moins 500 migrants ont débarqué dimanche, en raison d’une météo favorable, sur l’île de Lesbos et près de 200 à Chios et Samos, selon l’Agence de presse grecque ANA. Dimanche, les gardes-côtes turcs ne répondaient plus à l’appel de leurs homologues grecs et laissaient passer les embarcations. Alors que le camp de Moria accueille déjà 19 000 personnes dans des conditions sordides et que les habitants de Lesbos s’opposent à la construction de nouveaux camps fermés, la tension a augmenté. Un groupe de personnes a notamment empêché un canot chargé d’environ 50 migrants de descendre à terre en leur criant de rentrer chez eux. Certains insulaires en colère s’en sont également pris aux journalistes, à un représentant du HCR et à des membres d’ONG. D’autres habitants ont bloqué l’accès d’autocars transportant des demandeurs d’asile vers le camp de Moria.

      En rompant de facto l’accord signé avec l’UE en mars 2016 pour lequel elle a perçu six milliards d’euros, et en laissant passer les réfugiés en Europe, la Turquie cherche à obtenir de l’UE et des membres de l’Otan leur soutien dans ses opérations militaires en Syrie. Dimanche, Joseph Borrell, haut-représentant pour les Affaires étrangères européennes, a annoncé la tenue extraordinaire d’un conseil des ministres des Affaires étrangères pour répondre à l’urgence de la situation et soutenir la Grèce et la Bulgarie. Selon son communiqué, « l’accord UE-Turquie doit être maintenu ».

      La procédure d’asile provisoirement suspendue

      En attendant, le Conseil grec de sécurité nationale, convoqué dimanche soir par le Premier ministre, a décidé le renforcement maximal de la garde des frontières orientales, tant terrestres que maritimes. Les forces de l’ordre et l’armée se chargent de refouler les migrants « illégaux » qui essaient d’entrer sur le territoire.

      La procédure d’asile a par ailleurs été suspendue pour une durée d’un mois. Ce qui signifie que ceux qui entrent « illégalement » en Grèce ne pourront pas y déposer une demande d’asile. Ils seront immédiatement expulsés, si possible dans leur pays d’origine, sans procédure préalable d’identification.

      Athènes a également demandé à Frontex de déployer ses unités RABIT pour protéger les frontières du pays, qui sont aussi de frontières de l’UE. Cette décision sera communiqué au Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UE, où la Grèce demandera la mise en application de l’article 78 paragraphe 3 de la Convention européenne, afin que, dans le cadre de la solidarité entre les États membres, des mesures provisoires de protection du territoire soient prises pour faire face à l’urgence.

      https://www.courrierdesbalkans.fr/La-Grece-debordee-par-l-arrivee-de-milliers-de-migrants

    • Réfugiés : la #Bulgarie envoie la gendarmerie à la frontière turque

      La Bulgarie a dépêché vendredi la gendarmerie à sa frontière terrestre et maritime avec la Turquie, le Premier ministre Boïko Borissov évoquant le « danger réel » d’une pression migratoire, suite à la menace d’Ankara de ne plus retenir les candidats au départ.

      La Bulgarie a dépêché vendredi la gendarmerie à sa frontière terrestre et maritime avec la Turquie, le Premier ministre Boïko Borissov évoquant le « danger réel » d’une pression migratoire, suite à la menace d’Ankara de ne plus retenir les candidats au départ.

      M. Borissov s’est notamment inquiété devant des journalistes « du retrait des garde-frontières turcs » et dit attendre un entretien téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan. « Avec ce qui se passe, le danger est réel en ce moment : les gens fuient face aux missiles », a-t-il déclaré à Sofia, annonçant avoir déployé « tôt ce matin » des renforts.

      La Turquie accueille sur son territoire quelque 3,6 millions de Syriens ayant fui la guerre et craint l’arrivée de nouveaux réfugiés. Un haut responsable turc a assuré vendredi à l’AFP qu’Ankara n’empêchera plus ceux qui essaient de se rendre en Europe de franchir sa frontière, après la mort d’au moins 33 militaires turcs dans la région d’Idleb (nord-ouest de la Syrie) dans des frappes aériennes attribuées par Ankara au régime syrien.

      La Bulgarie partage 259 km de frontière terrestre clôturée avec la Turquie. Elle est membre de l’Union européenne (UE), mais pas de l’espace de libre circulation Schengen.

      En mars 2016, la Turquie et l’UE ont conclu un pacte migratoire qui a fait chuter drastiquement le nombre de passages vers l’Europe. Dans le passé, la Turquie a plusieurs fois menacé d’« ouvrir les portes » de l’Europe aux candidats à l’asile, les observateurs y voyant une manière de faire pression sur Bruxelles.

      https://www.mediapart.fr/journal/fil-dactualites/280220/refugies-la-bulgarie-envoie-la-gendarmerie-la-frontiere-turque

    • Violations des droits humains à la frontière gréco-turque : l’Union européenne complice !

      Les expulsions d’exilé·e·s décidées par la Grèce, qui annonce vouloir les renvoyer non seulement vers la Turquie d’Erdogan mais même dans leur pays d’origine, sans aucun examen de leur situation et de leur besoin de protection, sont insupportables.

      La situation à la frontière gréco-turque est la conséquence de la politique de l’Union européenne fondée sur la fermeture des frontières, l’externalisation de l’asile et le marchandage avec des États sans scrupules.

      La xénophobie, le racisme et leur normalisation doivent être combattus partout où ils apparaissent, que ce soit en Turquie, en Grèce ou ailleurs. L’instrumentalisation de la vie des migrants, des demandeurs d’asile et des réfugiés réduite à une menace et à une monnaie d’échange doit cesser, tant dans les campagnes électorales nationales que dans les relations entre le gouvernement turc et l’UE.

      Les politiques de rejet qui poussent des milliers de personnes déjà déplacées dans les limbes et les régimes frontaliers qui provoquent le cycle sans fin de la violence à leur encontre doivent être abandonnées.

      Dans l’immédiat, les États membres doivent assurer la libre entrée des exilé·e·s nassé·e·s à la frontière grecque en attente de protection et de soins et l’UE doit cesser de mobiliser Frontex pour les refouler.

      Ce que nous exigeons, c’est la paix, les droits et libertés fondamentaux de chaque personne en déplacement.

      Les frontières tuent, ouvrez les frontières !
      Arrêtez la guerre contre les réfugié·e·s et les migrant·e·s !
      La solidarité transnationale contre le racisme et la guerre !
      Liberté de circulation et d’installation pour tou·te·s !

      Nous appelons à des rassemblements de protestation partout où ce sera possible, et à Paris ce lundi 2 mars à 18 heures devant la représentation de la Commission européenne, 288, boulevard Saint-Germain, métro Assemblée nationale.

      http://www.migreurop.org/article2957

    • Entre crispation et la solidarité, l’UE en ordre dispersé sur la situation des migrants à la frontière greco-turque

      Tandis que certains pays européens prennent leurs dispositions à la perspective d’un nouvel afflux de migrants, d’autres appellent à la solidarité européenne. L’agence européenne de garde-frontières, Frontex, a déployé des dizaines d’agents en Grèce et réfléchit à muscler davantage ses opérations, à la demande d’Athènes.

      « Après que nous avons ouvert les portes, les coups de téléphone se sont multipliés, ils nous disent ’fermez les portes’. Je leur ai dit : ’C’est fait, c’est fini. Les portes sont désormais ouvertes. Maintenant, vous allez prendre votre part du fardeau’. » Dans un discours prononcé lundi 2 mars à Ankara, le président turc Recep Tayyip Erdogan a sommé l’Europe de prendre ses responsabilités quant aux milliers de migrants massés à la frontière greco-turque depuis vendredi.

      En face, les réactions sont nombreuses, à commencer par la Grèce, première concernée, qui a envoyé l’armée à la frontière et a annoncé la suspension de toute demande d’asile, en vertu de l’article 78.3 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. En invoquant ce texte, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis veut s’assurer d’avoir « le soutien total » des Vingt-sept.

      Celui-ci n’a pas tardé. Dès samedi, la commissaire européenne Ursula von der Leyen avait indiqué que l’Union européenne (UE) observait avec « préoccupation » l’afflux de migrants depuis la Turquie vers ses frontières orientales, en Grèce et en Bulgarie. « Notre première priorité à ce stade est de veiller à ce que la Grèce et la Bulgarie reçoivent notre plein soutien. Nous sommes prêts à fournir un appui supplémentaire, notamment par l’intermédiaire de Frontex (l’agence européenne de garde-frontières) aux frontières terrestres », avait-elle affirmé dans un tweet.

      https://twitter.com/vonderleyen/status/1233828575029186567?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E12

      Dimanche, Frontex a répondu présent en déployant des renforts. « Nous (...) avons remonté le niveau d’alerte pour toutes les frontières avec la Turquie à ’élevé’ », a déclaré une porte-parole de l’agence européenne dans un communiqué. « Nous examinons d’autres moyens de soutenir les pays de l’UE frontaliers avec la Turquie », ajoute la porte-parole qui précise que l’agence suivait également de très près la situation à Chypre, un membre de l’UE dont la partie nord est contrôlée par la Turquie mais qui n’est pas reconnue par quiconque sauf Ankara.

      https://twitter.com/Frontex/status/1234075394619400193?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E12

      Actuellement, la plus grosse opération de Frontex se trouve dans les îles grecques avec 400 personnes sur le terrain, tandis qu’un petit groupe d’agents se trouve dans la région grecque d’Evros, à la frontière turque. Soixante agents sont également déployés en Bulgarie, selon Frontex.

      « Une menace à la stabilité de la région », selon la Bulgarie

      Bien que la frontière bulgare n’a connu aucun mouvement comparable à ceux en cours en Grèce, Sofia a pris les devant. Ainsi, le Premier ministre bulgare Boïko Borissov, dont le pays est voisin de la Turquie, doit rencontrer lundi à Ankara le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter de l’aggravation de la situation à Idleb et de l’afflux de migrants aux portes de l’UE.

      Boïko Borissov a déjà prévenu qu’un nouvel afflux de migrants clandestin constituait, selon lui « une menace à la stabilité de la région » alors même que l’Europe « peine à gérer l’épidémie de coronavirus ». La Bulgarie entretient des relations diplomatiques et économiques privilégiées avec son voisin turc. Les deux pays partagent plus de 250 kilomètres de frontière le long de laquelle Sofia a fait installer depuis 2016 une clôture pour bloquer les migrants.

      https://twitter.com/BoykoBorissov/status/1232666456283844608?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E12

      La Bulgarie n’est pas la seule à avoir a fait un pas vers Ankara. Recep Tayyip Erdogan a indiqué, lundi, que des responsables européens - sans préciser lesquels - lui avaient proposé de se réunir avec lui pour un sommet « à quatre ou cinq » pays. Il a aussi déclaré avoir eu un entretien téléphonique avec la chancelière allemande Angela Merkel. L’Allemagne, de son côté, affirme que sa chancelière s’est entretenue avec son homologue bulgare et qu’ils ont convenu ensemble qu’il était nécessaire d’ouvrir le dialogue avec Ankara.

      Fidèle à ses positions conservatrices, l’Autriche a prévenu dès dimanche, par la voix de son ministre de l’Intérieur Karl Nehammer, qu’elle empêcherait tous les migrants clandestins d’entrer sur son territoire. Des déclarations qui font écho à celles prononcées en 2015 et 2016 au pic de la crise migratoire, lorsque l’Autriche servait principalement de pays de transit pour des milliers de migrants en provenance des Balkans qui souhaitaient atteindre l’Allemagne. « La Hongrie nous a assuré qu’elle ferait tout pour protéger ses frontières, tout comme la Croatie. Mais si des migrants arrivent quand même à passer, nous les stopperons », a expliqué Karl Nehammer qui se dit prêt à réinstaurer d’importants contrôles aux frontières comme ce fut le cas en 2015-2016.

      « La Hongrie n’ouvrira ou ne laissera passer personne », a déclaré pour sa part Gyorgy Bakondi, conseiller du Premier ministre nationaliste Viktor Orban. Des renforts policiers et militaires ont été envoyés aux frontières du pays qui avait vu, lui aussi, transiter des dizaines de milliers d’exilés en 2015-2016.

      Autre pays de transit, la Macédoine du nord qui voit le nombre de migrants à sa frontière en augmentation ces derniers mois, se dit prête à faire face à un nouvel afflux. Sa position est de demeurer « un pays de transit » en n’autorisant les migrants à rester sur le sol macédonien que 72 heures, a rappelé lundi le Premier ministre Oliver Spasovski. Se voulant rassurant, celui-ci affirme que la situation est sous contrôle et que la communication avec la Grèce à cet égard était fluide.

      https://denesen.mk/spasovski-nema-da-ima-nov-migrantski-bran-kje-prodolzi-dogovorot-pomegju-eu-

      « Nous devons agir ensemble pour éviter une crise humanitaire et migratoire », dit Paris

      Le président français Emmanuel Macron assure, de son côté, que « la France est prête à contribuer aux efforts européens pour prêter [à la Grèce et à la Bulgarie] une assistance rapide et protéger les frontières. » Et le dirigeant français d’appeler à la solidarité de tous : « Nous devons agir ensemble pour éviter une crise humanitaire et migratoire », a-t-il lancé dans un tweet.

      https://twitter.com/EmmanuelMacron/status/1234233225700048900?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E12

      Même discours d’appel à la solidarité pour la Croatie, située sur la route migratoire des Balkans et qui a récemment pris pour six mois la présidence tournante de l’UE : « La Croatie se tient aux côtés de la Grèce et la Bulgarie pour protéger les frontières de l’Europe. Nous exprimons notre pleine solidarité et nous tenons prêts à intervenir si besoin », a déclaré le gouvernement croate sur Twitter.

      https://twitter.com/MVEP_hr/status/1234134767328747529?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E12

      Reste que l’UE n’a jamais réussi à parler d’une seule voix depuis le début de la crise migratoire en 2015. Bruxelles appelle à une réunion d’urgence des ministres européens des Affaires étrangères afin de décider des prochaines étapes dans cette affaire. Le président du Conseil européen Charles Michel se rendra dans la région d’Evros à la frontière turque mardi aux côtés du Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis.

      https://twitter.com/eucopresident/status/1234188948735430656?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E12
      Les Nations unies ont appelé dimanche au calme et à la retenue : « Les États ont certes le droit légitime de contrôler leurs frontières et de gérer les mouvements irréguliers, mais ils devraient se retenir d’user d’une force excessive et disproportionnée et mettre en place un système permettant de faire une demande d’asile de manière ordonnée », a écrit un porte-parole du Haut commissariat aux réfugiés (HCR), Babar Baloch, dans un email à l’AFP. Le HCR appelle également les demandeurs d’asile à « respecter la loi et se retenir de créer des situations perturbant l’ordre public et la sécurité aux frontières et ailleurs ».

      La Turquie accueille sur son sol plus de quatre millions de réfugiés et migrants, en majorité des Syriens, et affirme qu’elle ne pourra pas faire face seule à un nouvel afflux, alors que près d’un million de personnes fuyant les violences à Idleb sont massées à sa frontière. L’Organisation internationale des migrations (OIM) a annoncé samedi soir que quelque 13 000 migrants s’étaient amassés à la frontière gréco-turque, dont des familles avec de jeunes enfants qui ont passé la nuit dans le froid. Environ 2 000 personnes supplémentaires sont arrivées au poste-frontière de Pazarkule (Turquie) dimanche, dont des Afghans, des Syriens et des Irakiens, a constaté un journaliste de l’AFP.

      https://www.infomigrants.net/fr/post/23128/entre-crispation-et-la-solidarite-l-ue-en-ordre-disperse-sur-la-situat

    • Le quotidien grec Efimerida tôn Syntaktôn a publié le communiqué de l’armée qui dit en somme que le 4ième corps de l’Armée fera un exercice avec des tirs à balles réelles à diverses région frontalières dont la forêt de Kastanies et l’endroit dit Gefyra Koipôn (Pont des Jardins) :
      Βολές με πραγματικά πυρά στον Έβρο την Καθαρά Δευτέρα

      Ξεκάθαρο μήνυμα με συγκεκριμένους αποδέκτες έστειλαν οι ελληνικές ένοπλες δυνάμεις, το βράδυ της Κυριακής, ανακοινώνοντας πως το Δ’ Σώμα Στρατού θα προχωρήσει σε βολές με πραγματικά πυρά, την Καθαρά Δευτέρα, 2 Μαρτίου καθ΄ όλη τη διάρκεια του 24ώρου στην περιοχή του Έβρου.

      Η ανακοίνωση γίνεται τη στιγμή που χιλιάδες πρόσφυγες και μετανάστες βρίσκονται στα ελληνοτουρκικά σύνορα και επιδιώκουν να εισέλθουν σε ελληνικό έδαφος, και ενώ το ΚΥΣΕΑ αποφάσισε (μεταξύ άλλων) την « αναβάθμιση σε μέγιστο επίπεδο των μέτρων φύλαξης των ανατολικών, χερσαίων και θαλάσσιων, συνόρων της χώρας από τα σώματα ασφαλείας και τις ένοπλες δυνάμεις για την αποτροπή παράνομων εισόδων στη χώρα ».

      Επίσης, στην ανακοίνωση γίνεται σαφής αναφορά για βολές « ευθυτενούς τροχιάς με πολυβόλα, τυφέκια και πιστόλια με πραγματικά πυρά », ενώ υπάρχει ξεκάθαρη προειδοποίηση πως « απαγορεύεται κάθε κίνηση ή παραμονή ατόμων... για αποφυγή ατυχημάτων ».

      Η ανακοίνωση

      Το Δ΄ ΣΩΜΑ ΣΤΡΑΤΟΥ ανακοινώνει ότι, από την 02 Μαρτίου 2020 και καθόλη τη διάρκεια του 24ώρου, θα εκτελούνται βολές ευθυτενούς τροχιάς με πολυβόλα, τυφέκια και πιστόλια με πραγματικά πυρά, σε όλη την παρέβρια περιοχή όπως παρακάτω :

      Επικίνδυνες περιοχές είναι αυτές , που περικλείονται από τα σημεία : α. ΕΦ Διλόφου – Λυκόνησος – Μουσμουλιές – ΕΦ Μαρασίων .β. ΕΦ Μαρασίων -Δάσος Καστανιών – ΕΦ 1- Περιοχή αποτρεπτικού εμποδίου- ΕΦ 5 – Πράσινη Πόρτα.γ. Πράσινη Πόρτα- ΕΦ 10- ΕΦ Γέφυρας Πυθίου.δ. ΕΦ Γέφυρας Πυθίου -ΕΦ Μαύρου Όγκου- ΕΦ 126- ΕΦ Σουφλίου-ΕΦΜανίτσας.ε. ΕΦ Μανίτσας -ΕΦ. Πλαγιές- Περιοχή Τυχερού- ΕΦ Γεμιστής- ΕΦ ΓέφυραΚήπων- ΕΦ Πετάλου- Αινήσιο Δέλτα.

      Στις παραπάνω περιοχές απαγορεύεται κάθε κίνηση ή παραμονή ατόμων, τροχοφόρων και ζώων κατά τις ώρες των βολών, για αποφυγή ατυχημάτων.

      Βλήματα μη εκραγέντα, που τυχόν θα βρεθούν, να μη μετακινηθούν και να ειδοποιείται άμεσα η πλησιέστερη Αστυνομική Αρχή.

      https://www.efsyn.gr/node/233421

    • Βολές με πραγματικά πυρά σε Έβρο και νησιά

      Βολές με πραγματικά πυρά, την Καθαρά Δευτέρα, καθ΄ όλη τη διάρκεια του 24ώρου στην περιοχή του Έβρου και σε περιοχές των νησιών του ανατολικού Αιγαίου ανακοίνωσε το Δ’ Σώμα Στρατού και η Ανώτατη Στρατιωτική Διοίκηση Εσωτερικού και Νήσων (ΑΣΔΕΝ).

      Οι ανακοινώσεις γίνονται τη στιγμή που πρόσφυγες και μετανάστες βρίσκονται στα ελληνοτουρκικά σύνορα (χερσαία και θαλάσσια) και επιδιώκουν να εισέλθουν σε ελληνικό έδαφος.

      Σύμφωνα με πηγές του στρατού, καθ’ όλη τη διάρκεια του 24ώρου, θα εκτελούνται βολές (Έβρος) « ευθυτενούς τροχιάς με πολυβόλα, τυφέκια και πιστόλια με πραγματικά πυρά », ενώ υπάρχει ξεκάθαρη προειδοποίηση πως « απαγορεύεται κάθε κίνηση ή παραμονή ατόμων... για αποφυγή ατυχημάτων ».

      Στα νησιά, η ΑΣΔΕΝ ανακοίνωσε βολές « ευθυτενούς τροχιάς » στις θαλάσσιες περιοχές ανατολικά των νησιών του ανατολικού Αιγαίου από τη νήσο Σαμοθράκη μέχρι Μεγίστη.

      Στο μεταξύ, στη Λέσβο βρίσκεται εκτάκτως ο υφυπουργός Εθνικής Άμυνας, Αλκιβιάδης Στεφανής, προκειμένου να δει από κοντά την κατάσταση που έχει δημιουργηθεί.


      https://www.efsyn.gr/node/233432

    • Πρωτοφανής ποινικοποίηση της αίτησης ασύλου

      Σε ευθεία και κατάφωρη παραβίαση των διεθνών και ελληνικών νόμων περί ασύλου έχει προβεί η κυβέρνηση της Νέας Δημοκρατίας, με αφορμή τα γεγονότα που εξελίσσονται τις τελευταίες ημέρες στα ελληνοτουρκικά σύνορα.

      Εκτός, λοιπόν, από την αναστολή που αποφάσισε χθες (Κυριακή) το ΚΥΣΕΑ για την υποβολή των αιτήσεων ασύλου —ενέργεια για την οποία ήδη έχει εκφράσει την αντίθεσή της η Ύπατη Αρμοστεία του ΟΗΕ— η κυβέρνηση προχώρησε σε δίκη και καταδίκη των ανθρώπων που εισέρχονται παράνομα σε ελληνικό έδαφος.

      Όπως ανακοινώθηκε από την κυβέρνηση, σήμερα (Καθαρά Δευτέρα) πρόσφυγες και μετανάστες δικάστηκαν και καταδικάστηκαν σε τέσσερα έτη φυλάκισης, χωρίς αναστολή και 10.000 ευρώ χρηματική ποινή έκαστος. Μάλιστα, οι καταδικασθέντες μεταφέρθηκαν σε καταστήματα κράτησης.

      Μέχρι στιγμής δεν έχει γίνει γνωστός ο αριθμός των ανθρώπων που έχουν οδηγηθεί στις φυλακές. Πάντως, από τις 6 το πρωί του Σαββάτου ως τις 6 το απόγευμα της Καθαράς Δευτέρας, έχουν συλληφθεί 183 άτομα.

      Σημειώνεται πως ο ελληνικός νόμος 4636/2019 για τη διεθνή προστασία (άρθρο 46) που εφαρμόζει τις ευρωπαϊκές οδηγίες (άρθρα 8 και 9 Οδηγίας 2013/33/ΕΕ) είναι σαφής, όπως καταγράφεται παρακάτω :

      Σε κάθε περίπτωση, οι δίκες και οι καταδίκες προσφύγων και μεταναστών διαφοροποιούν εντελώς τη μέχρι στιγμής πολιτική των ελληνικών κυβερνήσεων, που ήταν να μην προχωρούν σε διώξεις ανθρώπων που θεωρείται ότι ανήκουν σε ευάλωτες ομάδες. Υπενθυμίζεται πως μέχρι σήμερα, οι διώξεις αφορούσαν μόνο τους διακινητές προσφύγων και μεταναστών.

      Σημειώνεται ότι σύμφωνα με πληροφορίες από τα νησιά, ο υπουργός Μετανάστευσης και Ασύλου ενημέρωσε σήμερα τη δημοτική αρχή Χίου ότι έχουν παραχωρηθεί δημοτικό κτήριο στην οδό Λάδης και χώρος στα Καρδάμυλα, όπου θα κρατούνται οι νεοεισερχόμενοι και θα μεταφέρονται μέσα σε τρεις μέρες σε κλειστές δομές της ενδοχώρας.

      https://www.efsyn.gr/ellada/dikaiomata/233470_protofanis-poinikopoiisi-tis-aitisis-asyloy

      –-> Commentaire de Vicky Skoumbi :

      Criminalisation sans précédent de la demande d’asile

      D’après le quotidien grec Efimerida tôn Syntatktôn, le gouvernement grec ne s’est pas contenté de suspendre la procédure d’asile pour les nouveaux arrivants- suspension contre laquelle l’HCR a exprimé son opposition- mais il franchit un nouveau seuil dans la repression en procédant à des jugements et des condamnations de ceux qui entrent ‘illégalement’ dans le territoire grec. Le gouvernement a annoncé qu’aujourd’hui des réfugiés et des migrants ont été jugés dans un procès sans doute plus qu’expéditif, et condamnés à quatre ans de détention sans sursis et à 10.000 euros d’amende chacun. Les personnes ayant écopés ces peines ahurissantes ont été déjà transférées à des prisons. Pour l’instant on ignore combien furent condamnés. Toutefois on sait du samedi matin jusqu’à cet après-midi, 183 personnes ont été arrêtées à la frontière.

      Ces faits et gestes constituent une flagrante violation de la législation grecque, car selon la loi grecque 4636/2019 / article 46, pour la protection international, et conformément aux directives européennes (articles 8 et 9 de la directive 2013/33/UE, un ressortissant d’un pays tiers, demandeur d’asile, ne peut pas être détenu du fait qu’il est entré d’une façon irrégulière au pays, ou bien du fait qu’il y séjourne sans autorisation des autorités.

      Le Ministre de l’Immigration et de l’asile, aurait informé les autorités municipales de Chios qu’un immeuble municipal sera transformé en lieu de détention et les arrivants y seront détenus pour trois jours après lesquels ils seront transférés à des centres fermés de la Grèce continentale.

    • Commission pledges border guards, aid to Greece to tackle migrant surge

      The European Commission presented on Wednesday a six-point action plan to support Greece for border policing, that includes financial aid and beefing up #Frontex patrols in the Aegean and Evros, the northeastern border with Turkey.

      More than 10,000 migrants have been trying to breach the Greek border with Turkey after Ankara said last Thursday it would no longer try to halt illegal migration flows to Europe.

      “Greece faces an incredibly challenging situation, one that is completely unprecedented and this difficult task cannot fall on Greece alone. It is the responsibility of the whole of Europe,” Commission Vice-President Margaritis Schinas said in a joint press conference with EU Home Affairs Commissioner Ylva Johansson in Brussels.

      Presenting the plan, Schinas said Frontex would launch two rapid border operations both on the land and sea border, that will include an additional 100 border guards and equipment.

      Frontex, the EU’s border control agency, is also preparing the deployment of one offshore patrol vessel, six coastal patrol vessels, two helicopters, one aircraft and three thermo-vision vehicles.

      Schinas said the Commission has also asked Frontex to coordinate a new return program for the quick return of “persons without the right to stay” to their countries of origin from Greece, making use of Frontex’s new mandate on returns.

      The EU will provide immediate financial assistance of 350 million euros to support increased reception capacity on the five Greek islands receiving the bulk of migrants, voluntary returns of migrants, and all the infrastructure needed to carry out screening procedures for health and security on the islands.

      The Commission will in addition propose an amended budget to make available a further 350 million euros, if needed.

      On Greece’s request the Commission also launched the civil protection mechanism through which Greece can receive additional medical staff and equipment, blankets and tents, Schinas added.

      At the same time, the EU agency for refugees, the European Asylum Support Office (EASO), will accelerate the deployment of an additional number of around 160 case workers in Greece to support the process of asylum applications.

      The Commissioner also said the EU aims to strengthen regional cooperation by developing a coordinating mechanism with countries in the Western Balkan countries on migration.

      The plan will be introduced before the extraordinary meeting of the Justice and Home Office Ministers who will meet later on Wednesday.

      http://www.ekathimerini.com/250222/article/ekathimerini/news/commission-pledges-border-guards-aid-to-greece-to-tackle-migrant-surge

    • Ankara déploie un millier de policiers à la frontière avec la Grèce

      La Turquie a annoncé jeudi que 1 000 policiers « pleinement équipés » allaient être déployés à la frontière avec la Grèce. Ankara espère ainsi « empêcher » Athènes de « repousser » les migrants qui tentent d’entrer sur son territoire depuis près d’une semaine.

      Le bras de fer entre la Grèce et la Turquie continue à la frontière entre ces deux pays. Ankara a annoncé, jeudi 5 mars, le déploiement d’un millier de policiers, « pleinement équipés », le long du fleuve frontalier Evros (Meriç en turc) afin « d’empêcher » Athènes de « repousser » les migrants qui essayent de pénétrer sur son sol.

      La semaine dernière, la Turquie a ouvert ses frontières avec la Grèce pour laisser passer les migrants déjà présents sur son territoire. Depuis cette annonce, des dizaines de milliers de personnes se sont massées le long de la frontière terrestre entre la Turquie et la Grèce, essayant de passer par des postes frontaliers ou en traversant le fleuve. Certains ont fini par renoncer, comme l’a confié à InfoMigrants Khaled, un Palestinien reparti à Istanbul après avoir tenté en vain de rentrer sur le territoire grec.
      35 000 migrants empêchés d’entrer en Grèce

      Une guerre de communication fait rage entre les deux pays voisins. Athènes a annoncé avoir empêché ces derniers jours près de 35 000 migrants d’entrer « illégalement » sur son territoire. La Turquie accuse de son côté la Grèce d’avoir tué plusieurs migrants, ce qu’Athènes a démenti, rejetant des « fausses informations ». De plus, selon le ministre turc de l’Intérieur, Süleyman Soylu, les forces de sécurité grecques ont « blessé 164 personnes et tenté d’en repousser 4 900 sur le territoire turc ».

      Des migrants présents à la frontière et rencontrés par une équipe d’InfoMigrants sur place ont en effet expliqué avoir été repoussés par les Grecs « violemment ». Ils « utilisent du gaz lacrymogène et des grenades assourdissantes. L’un de mes camarades a même dû aller se faire soigner à l’hôpital pour une blessure reçue au bras », a déclaré Mounir, un migrant marocain.

      L’Union européenne a qualifié de « chantage » la décision prise par Ankara d’ouvrir ses frontières, au moment où la Turquie est en quête d’un appui occidental en Syrie.

      L’afflux de migrants vers la Grèce a réveillé en Europe la crainte d’une nouvelle crise migratoire semblable à celle qui a secoué le continent en 2015.

      https://www.infomigrants.net/fr/post/23219/ankara-deploie-un-millier-de-policiers-a-la-frontiere-avec-la-grece
      #militarisation_des_frontières #police

      Localisation de #Pazarkule :


      –-> ce #poste-frontière se trouve dans le #triangle_de_Karaagac, un territoire attribué à la Grèce en 1923 par le traité de Lausanne et permettant au fleuve Evros de faire une incursion dans le territoire turc (https://visionscarto.net/evros-mur-inutile), soit là où la Grèce a construit un #mur en 2012...

    • La Grèce veut « renvoyer dans leurs pays » les migrants arrivés après le 1er mars

      Le ministre grec chargé des migrations a annoncé mercredi que les migrants arrivés sur les îles grecques depuis le 1er mars seraient transférés vers la ville de Serres, dans le nord du pays, au cours des prochains jours. « Notre objectif est de les ramener dans leurs pays », a-t-il affirmé.

      Les migrants qui sont arrivés illégalement en Grèce après le 1er mars 2020 seront transférés vers la ville de Serres, située dans le nord du pays, a annoncé le ministre chargé des migrations, Notis Mitarachi dans la soirée du 4 mars. Les autorités grecques prévoient, dans un second temps, de renvoyer ces nouveaux arrivants vers leurs différents pays d’origine.

      « Notre objectif est de les ramener dans leurs pays », a affirmé Notis Mitarachi à l’agence de presse Athens News. Il a par ailleurs ajouté que les personnes entrées dans le pays avant le 1er janvier 2019 et vivant sur les îles grecques seraient transférées sur le continent dans les prochains jours.

      Le 1er mars, la Grèce avait déjà annoncé qu’elle n’accepterait plus de nouvelles demandes d’asile pendant un mois.

      Suite à l’ouverture des frontières turques la semaine dernière, plusieurs centaines de migrants ont réussi à entrer illégalement en Grèce, la plupart en rejoignant les îles via la mer. Selon le gouvernement grec, près de 7 000 tentatives d’entrées illégales ont été empêchées en 24 heures dans la région et une vingtaine de migrants y ont été arrêtés, surtout originaires d’Afghanistan et du Pakistan, entre mercredi matin et jeudi matin.

      La Turquie, qui accueille déjà 3,7 millions de réfugiés syriens, a annoncé le 28 février qu’elle se désengageait d’un accord conclu en 2016 avec l’Union européenne et qu’elle n’empêcherait plus les migrants de quitter son territoire. Une manière de faire pression sur Bruxelles et d’obtenir soit davantage de moyens financiers pour prendre en charge les migrants, soit un soutien diplomatique à ses visées géopolitiques dans le conflit syrien, accusent la Grèce et l’Union européenne.

      https://www.infomigrants.net/fr/post/23230/la-grece-veut-renvoyer-dans-leurs-pays-les-migrants-arrives-apres-le-1
      #01_mars_2020

    • Migrants : la Grèce accusée de recourir à la manière forte

      Refoulement en Turquie, utilisation de gaz lacrymogènes, confiscation de biens : la Grèce est accusée de recourir à la manière forte avec les migrants qui tentent d’entrer en Europe, et Ankara lui attribue même la mort de trois personnes.

      « Des soldats grecs (...) nous ont pris notre argent, nos téléphones. Il est arrivé la même chose à nos amis », raconte Resul,un jeune Afghan, rencontré par l’AFP le long de la longue frontière terrestre qui sépare la Turquie et la Grèce sur plus de 200 km.

      D’autres candidats malheureux à l’exil rencontrés sur les routes affirment qu’ils ont été rossés par les forces de l’ordre grecques, déjà montrées du doigt pour avoir utilisé des gaz lacrymogènes aux ogives potentiellement mortelles en cas de tir tendu sur une personne.

      Depuis que le président turc Recep Tayyip Erdogan a ordonné l’ouverture des frontières pour laisser passer les migrants désireux de se rendre dans l’Union européenne, Athènes a complètement fermé sa frontière terrestre tout en déployant des forces le long du fleuve Evros.

      Les pratiques présumées de « push-back », qui consistent à repousser les personnes qui voudraient entrer sur un territoire sont dénoncées par plusieurs organisations internationales et des ONG, qui reprochent également au gouvernement grec de contrevenir au droit international et européen en décidant de suspendre les demandes d’asile pendant un mois.
      Etat de siège

      De source gouvernementale grecque, on assure qu’"il n’y a pas de refoulements". Le gouvernement « empêche l’entrée (sur son territoire ndlr), c’est tout à fait différent », a déclaré cette source à l’AFP.

      Parmi les mesures décidées par le conseil gouvernemental de sécurité nationale détaillées dans un acte législatif, figurent « l’arrestation, le transfert dans des centres de détention et le retour immédiat, si c’est possible dans leur pays d’origine, de tous ceux qui entrent illégalement dans le territoire grec ».

      « Le principe fondamental de non-refoulement » stipule que « personne ne peut être renvoyé dans un pays où sa vie ou sa liberté seraient en péril », a souligné mardi Stella Nanou, la responsable de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en Grèce, lors d’une visite au poste-frontière de Kastanies (Pazarkule côté turc).

      L’ONG allemande de défense des droits des réfugiés Pro Asyl a elle aussi tancé les autorités grecques, jugeant « illégaux » les renvois vers la Turquie « sans que les procédures d’asile n’aient été enclenchées ».

      A la frontière, la région reculée de terres agricoles et de villages assoupis offre le spectacle d’une zone en état de siège : camions militaires et véhicules de police quadrillent la zone du nord au sud et d’est en ouest.

      La Turquie accuse aussi les gardes-frontières grecs d’avoir tué trois migrants lors de heurts à la frontière, ce qu’Athènes a fermement démenti, rejetant des « fausses informations ».
      Chaussures et téléphones portables

      Des journalistes de l’AFP ont vu le long de la frontière des soldats grecs cagoulés embarquant des migrants dans des véhicules militaires. Certains réfugiés se trouvaient aussi à bord de fourgonnettes sans plaques d’immatriculation.

      Les policiers et les militaires ont systématiquement refusé d’indiquer la destination de ces personnes interpellées.

      « On les livre à la justice pour entrée illégale sur le territoire », se contente d’indiquer à l’AFP un policier qui refuse de décliner son identité, à Tychero, un bourg collé à la frontière.

      Des forces de l’ordre grecques sont également soupçonnées d’avoir dépouillé des réfugiés de leurs effets personnels.

      A Tychero, des paires de chaussures souillées de boue sont entassées à côté de l’entrée du poste de police, ainsi que des téléphones portables. De l’autre côté de la frontière, des migrants marchent pieds nus et affirment que les policiers grecs leur ont pris leurs chaussures.

      Quand ils parviennent à entrer en Grèce, les migrants sont livrés à eux-mêmes. A la différence des îles de la mer Egée, aucune organisation humanitaire n’est déployée dans cette vaste région.

      https://www.lepoint.fr/monde/migrants-la-grece-accusee-de-recourir-a-la-maniere-forte-05-03-2020-2365952_

    • La Grèce veut dissuader les exilés de franchir ses frontières

      Depuis l’annonce d’Ankara concernant l’ouverture de la frontière, la Grèce et la Turquie mènent une véritable bataille de la communication : bataille de chiffres, accusations d’exactions, dénonciations de propagande. Côté grec, le ton redouble de fermeté.

      Lesbos (Grèce), de notre envoyée spéciale.– Les rafales de vent fouettent les visages sur le port bétonné de Mytilène, à Lesbos. Les côtes turques, à une dizaine de kilomètres, sont noyées dans la brume ce mercredi.

      Derrière des barrières gardées par des policiers, ils sont près de 560 migrants, majoritairement venus d’Afghanistan et de pays d’Afrique. Depuis des heures, ils guettent l’arrivée d’un bateau qui viendrait les extirper de l’île grecque.

      Peu d’informations circulent sur ces passagers, ce matin-là. Les quelques journalistes autorisés à observer cette scène sous haute surveillance n’ont pas le droit de leur parler. « Pour éviter tout mouvement de foule », explique d’un ton ferme un policier.

      On sait seulement que ces migrants en quête d’Europe sont les derniers à avoir accosté à Lesbos. Ils ont pris la mer à bord d’une dizaine de bateaux pneumatiques depuis la Turquie les 1er, 2 et 3 mars, encouragés par l’annonce de l’ouverture de la frontière par Ankara.

      Isolés dès leur arrivée, les réfugiés n’ont pas fait escale dans le camp surchargé de l’île, Moria, où s’entassent déjà 20 000 migrants dans l’attente de leur traitement d’asile.

      L’imposante frégate militaire s’approche du port en fin de matinée. Elle amarre. Elle devrait embarquer les réfugiés puis prendre le chemin de Serres dans le nord de la Grèce. Mais là-bas, la colère des habitants gronde déjà contre leur venue. Les réfugiés ne le savent pas encore, mais Serres ne sera peut-être qu’une escale.

      « Notre but est de les renvoyer dans leur pays », a révélé le ministre de l’immigration, Notis Mitarachi à l’agence Reuters mercredi, en évoquant l’ensemble des quelque 1 500 exilés arrivés sur les îles depuis le 1er mars.

      Le sort de ces passagers illustre la politique de dissuasion voulue par la Grèce, qui qualifie d’« invasion » et de « menace asymétrique » le déplacement de migrants à ses portes depuis l’annonce par Ankara de l’ouverture de cette frontière, jeudi 27 février. Le message se veut clair. Il n’y aura pas d’accueil pour les nouveaux exilés dans ce pays redevenu en 2019 la première porte d’entrée de l’Europe pour les demandeurs d’asile, qui peine à traiter les quelque 60 000 requêtes déjà en cours.

      La campagne de communication du gouvernement grec a commencé dès vendredi par l’envoi de renforts de police et de l’armée à sa frontière terrestre, dans le nord-est, dans le nome de l’Évros. Il faut dissuader les 12 000 migrants massés du côté turc de la frontière.

      Les images de l’afflux de soldats, puis du chef d’état-major grec et du ministre de la protection du citoyen, Michalis Chryssochoidis, en visite ce jour-là dans la ville-frontière de Kastanies, ont fait le tour des télévisions grecques. La tournée de ces hauts responsables a pour objectif d’envoyer un message fort. « La Grèce est un pays sûr. La Grèce protège les frontières », martèle le ministre.

      La frontière grecque est bien fermée : ce refrain est aussi repris par le premier ministre conservateur Kyriakos Mitsotákis. Le 1er mars, il annonçait également la suspension, à compter de cette date, du dépôt des demandes d’asile pour toutes les personnes arrivées illégalement en Grèce. Une décision illégale, dénoncent de nombreuses ONG, et contraire au droit international selon le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR).

      Les autorités grecques, qui dénoncent un « chantage » d’Ankara, ont également annoncé le renvoi systématique des migrants vers leurs pays, la demande de déploiement de la force de réaction rapide (Rabit) de la force européenne Frontex à sa frontière puis le soutien de l’UE « par tous les moyens possibles ».

      Kostas Moutzouris, gouverneur local des îles du nord de l’Égée, assume ce qu’il qualifie de politique de « dissuasion » du gouvernement grec. Droit dans son bureau qui surplombe le port de Mytilène, l’homme populaire à Lesbos précise lui aussi « qu’il faut décourager ces gens de venir ».

      « Les habitants ici étaient solidaires, mais ils n’en peuvent plus, il y a trop de monde », insiste le politicien de droite. « [Le président turc] Erdogan fait de la propagande de l’autre côté, il incite les migrants à venir jusqu’aux frontières depuis Constantinople [Istanbul – ndlr] et d’autres villes du pays. Ils sont pour l’instant dans le nord de la Grèce, à l’Évros, mais comme ils ne peuvent pas passer, ils commenceront à descendre vers la frontière maritime face aux îles », croit-il.

      Les deux pays se livrent une guerre de communication. Les autorités grecques accusent Ankara d’inciter les migrants à venir et de les escorter jusqu’aux eaux grecques. « Le transport [de migrants] est organisé gratuitement jusqu’à la frontière, accompagnés par l’armée turque », a expliqué mercredi 4 mars le porte-parole du gouvernement grec, Stelios Petsas, au cours d’un point presse.

      Il affirme que « des SMS [sont] reçus par les migrants sur leurs téléphones portables au sujet des frontières prétendument ouvertes… [que] la télévision d’État turque […] a diffusé une carte avec des itinéraires vers la région d’Évros et la côte ». De son côté, Ankara nie et affirme qu’Athènes tire à balles réelles sur les réfugiés aux frontières terrestre et maritime. La Grèce dément.

      Une vidéo datant de début mars a fait le tour des réseaux sociaux, relayée par les autorités turques. On y voit un bateau pneumatique de migrants en mer Égée, et une vedette qui fonce à toute vitesse faisant tanguer le zodiac. On y entend les cris des passagers apeurés, puis des tirs de sommation, visant à repousser l’embarcation, au large de Lesbos, d’après Ankara.

      « J’ignore si ce contenu est authentique, avoue Kostas Moutzouris. Mais si c’est avéré, cela ne me paraît pas étrange : il faut dissuader les gens de venir, ces hommes [garde-côtes – ndlr] ne tirent pas sur les réfugiés, mais en l’air pour les dissuader. Les migrants ne doivent pas passer et les militaires grecs feront tout pour qu’ils ne viennent pas. »

      Mercredi 4 mars, des heurts entre migrants et forces de l’ordre grecques à la frontière terrestre ont aussi fait six blessés en raison de « tirs à balles réelles », affirme le gouvernement local turc, qui précisait qu’un migrant était mort de ses blessures.

      Mohamed Al Arab avait 22 ans et était originaire d’Alep, rapporte Le Parisien. Le gouvernement grec, lui, « dément catégoriquement » ces tirs. « La police grecque n’a pas tiré, maintient M. Moutzouris, mais malheureusement cela ne serait pas surprenant que la situation dérape. »

      Une enquête vidéo (visible ci-dessous en anglais) de Forensic Architecture – laboratoire d’investigation pluridisciplinaire avec qui Mediapart a déjà travaillé – sur le meurtre de #Mohamed_Al_Arab contredit la version des autorités grecques.

      https://www.mediapart.fr/journal/international/050320/la-grece-veut-dissuader-les-exiles-de-franchir-ses-frontieres

    • #Forensic_Architecture releases video confirming murder of Syrian refugee on Greek border

      London-based research group Forensic Architecture has released an investigative video yesterday debunking Greek government’s claims of fake news over the killing of Syrian refugee #Muhammad_al-Arab by Greek fire on the country’s land border with Turkey.

      Twenty-two-year-old al-Arab’s murder was first reported by journalist Jenan Moussa on 02 March on Twitter. Moussa shared videos of the incident and managed to track down al-Arab’s family in Istanbul, who confirmed his death. Greek government spokesperson Stelios Petsas immediately tweeted that the reports were fake news and “Turkish propaganda”, to which Moussa responded with a photo of al-Arab’s coffin.

      Reuters and other international media picked up the story of al-Arab’s death by Greek fire on the border, but local media’s silence on the issue has been deafening. For two days it was unclear whether a killing had actually taken place, with the government repeatedly denouncing reports as inaccurate.

      Last night, Forensic Architecture released a video of their research on al-Arab’s killing. The video confirms the time, date and location of videos shot by witnesses during the incident, using video metadata and comparing video footage with satellite images of the area. The video therefore proves that al-Arab was indeed killed by live ammunition on the Greek-Turkish border as he was trying to cross into Greece. You can watch the Forensic Architecture video here (warning: graphic content).

      This is not the first case Forensic Architecture investigates in Greece. The Turner-nominated group conducted research on the murder of Pavlos Fyssas, the lynching of Zak Kostopoulos, a shipwreck off the coast of Lesvos that resulted in the death of at least 43 people, and the extradiction of Turkish political asylum seekers by Greece. In September 2019, Forensic Architecture had its first solo exhibition in Greece at State of Concept in Athens.

      The killing of al-Arab is the result of escalating violence on the Greek side of the border and rampant racism among Greek citizens, fuelled by politicians and the media. On 02 March, the Greek armed forces announced that they would be using live ammunition on the land border with Turkey and the coast of Lesvos. Meanwhile, armed vigilante groups have emerged patrolling the border, in order to deter refugees from crossing. According to Die Linke and Twitter reports, these groups are joined by neonazi groups from Germany and Austria.

      Amnesty International has released a statement calling out Greece for betraying its human rights responsibilities and for putting people’s lives at risk, stating that Greece should do whatever possible to protect the arrival of asylum seekers to the country. The Greek section of Amnesty International has released a separate report, pointing out that the situation along the Greek-Turkish border is “a humanitarian crisis caused by Europe”, and that Greece should protect the right to asylum with support from the EU.

      Demonstrations in solidarity with refugees and against state violence and racism have been announced for today, Thursday 05 March, in various cities in Greece.

      http://und-athens.com/journal/fa-alarab-killing
      #assassinat #meurtre #preuves

    • Pourquoi les migrants bloqués à la frontière grecque évitent-ils la #Bulgarie ?

      Réputé pour faire la vie dure aux réfugiés, le pays est aussi protégé par les bonnes relations que son Premier ministre entretient avec le président turc, Recep Tayyip Erdogan.

      Dans le bras de fer migratoire qui oppose la Turquie à l’Union européenne (UE), un pays pourtant géographiquement en première ligne est resté jusqu’ici bien discret. Alors qu’environ 35 000 migrants ont tenté d’entrer en Grèce depuis la fin février d’après les autorités nationales, la situation à la frontière bulgare reste calme.

      Le 28 février, au lendemain de la décision du président turc Recep Tayyip Erdogan de laisser passer les réfugiés cherchant à rejoindre l’Union européenne, le ministre bulgare de l’Intérieur, Mladen Marinov, s’est rendu au poste frontière de Kapitan Andreevo, situé à une vingtaine de kilomètres seulement du village grec de Kastaniès, pour constater « qu’aucune tentative de franchir la frontière [n’avait] été relevée, à l’exception de quelques cas isolés ». Depuis, la situation n’a pas évolué alors que migrants et réfugiés continuent à affluer à la frontière grecque.

      Ce contraste peut en partie s’expliquer par une réticence des réfugiés eux-mêmes à se rendre en Bulgarie, selon Miladina Monova, anthropologue à l’Académie des sciences bulgares et engagée dans l’aide aux migrants. « La situation est particulièrement difficile pour les migrants en Bulgarie, explique-t-elle. Depuis 2015, le message circule dans le milieu des réfugiés qu’il vaut mieux éviter de passer par ce pays car les risques d’être tabassé et dépouillé à la frontière sont particulièrement élevés. »

      Depuis 2016, Sofia a fait installer une clôture métallique équipée de détecteurs de mouvements le long des 250 kilomètres de frontière avec la Turquie. Le gouvernement défend une politique « zéro migration ». Ce mardi, le ministre bulgare de la Défense s’est même opposé à l’installation d’un camp de réfugiés provisoire dans le nord de la Grèce, à 45 km de la Bulgarie, estimant que « l’installation de migrants clandestins du côté grec, près de notre frontière, [créerait] les conditions d’une aggravation de la tension ».
      Violence aux frontières

      Les gardes-frontières bulgares sont effectivement réputés pour leurs pratiques violentes, consistant à repousser physiquement les migrants en dehors du territoire national. « L’usage excessif de la force et les vols par la police des frontières est toujours d’actualité. L’entrée irrégulière sur le territoire reste criminalisée, avec pour conséquence une détention administrative des migrants et réfugiés, y compris des enfants non-accompagnés », rappelle Amnesty international dans son dernier rapport sur la question, publié en 2018. En 2015, un migrant afghan est mort, tué par un coup de feu tiré par un garde-frontière, dans des circonstances qui n’ont toujours pas été éclaircies.

      Malgré sa situation géographique qui en fait une porte de l’UE, la Bulgarie n’a jamais constitué une grosse route migratoire. Ainsi en 2016, seuls 17 187 migrants sont entrés en Bulgarie, dix fois moins qu’en Grèce (176 906). Cette année, entre le premier janvier et la fin du mois de février, ils n’ont été que 141 à passer en Bulgarie, contre 5 854 en Grèce, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

      Pour comprendre l’absence actuelle de tension migratoire à frontière turco-bulgare, il faut aussi regarder du côté des relations diplomatiques entre Sofia et Ankara. Le 2 mars, alors que les tensions entre la Turquie et la Grèce étaient à leur comble, le Premier ministre bulgare, Boïko Borissov, a affiché sur les réseaux sociaux sa poignée de main avec Recep Tayyip Erdogan. Et précisé devant les micros : « Nous sommes tombés d’accord pour continuer à entretenir nos relations de bon voisinage, la compréhension réciproque et la paix. » Une relation de bon voisinage qui a probablement évité à la Bulgarie le sort de la Grèce, qui a vu arriver à sa porte des migrants convoyés gratuitement par bus depuis le reste de la Turquie.

      Expulsion des gülenistes

      Au pouvoir depuis 2009, Boïko Borissov entretient depuis longtemps de bonnes relations avec Erdogan. Il a notamment gagné sa confiance en renvoyant vers la Turquie les gülenistes, ces membres d’une confrérie musulmane accusés par le président turc d’avoir organisé la tentative de coup d’Etat de juillet 2016. « On sait dans le milieu des défenseurs des droits de l’homme que le renvoi des gülénistes et des Kurdes est systématique. Mais leur nombre exact est difficile à établir, car il s’agit de renvois immédiats, avant même que ces personnes ne déposent une demande d’asile, note Miladina Monova. La Bulgarie est le seul pays des Balkans à le faire systématiquement, alors même qu’elle est membre de l’UE. » En retour, la Turquie reprend systématiquement les migrants qui tentent de passer en Bulgarie.

      Cette relation entre Borissov et Erdogan a ainsi conduit le Premier ministre conservateur bulgare à servir à plusieurs reprises de médiateur entre l’homme fort d’Ankara et les autres chefs d’Etat européens. En 2018, c’était déjà à son initiative qu’un sommet réunissant dirigeants turcs et européens avait été organisé à Varna, sur la côte bulgare, pour sauver une première fois l’accord migratoire.

      https://www.liberation.fr/planete/2020/03/10/pourquoi-les-migrants-bloques-a-la-frontiere-grecque-evitent-la-bulgarie_

    • Notes From #Pazarkule/ #Evros, Ninth Day

      Pazarkule. Turkey. March 8, 2020. Today we learned that it had become even harder for the refugees to leave the designated area to come to Karaağaç. They are now only allowed to use the main checkpoint. They are also required to give fingerprints and accept bodily checks. The soldiers also take pictures of their eyes. As our friend told us, exists started at 10 o’clock in the morning and went on during the day despite the long queues. Our friends waited two hours in the queue and only after that, they reached to Karaağaç. They were still in a positive mood when we met them there.

      One of our migrant friends told that while they were waiting in the queue a gendarmerie yelled at him saying ‘why are you laughing?’ He answered ‘I am not laughing at anything but why are you yelling?’ Then a higher officer took him to a corner and beat him. In an earlier conversation, this very same friend told us that the soldiers were helping them to cross to Greece. They even gave them hooks and ropes to take down the last remaining fence in front of the border gate. Our friends often tell us about incidents of ill-treatment by the same soldiers who ‘help’ them to cross to the Greek side.

      We also learned that although independent aid organizations were not allowed in the fenced-off area, Yavuz Selim Association was given permission to enter and distribute aid. Our friends from the inside also told us that the Beşir Association had been present on the ground since the first day and they distributed blue clothing items today.

      Our friends went back around 23.00 and reported that their fingerprints were not taken went they re-entered.

      Today we came across a Women’s Day demo in downtown Edirne. Migrants, borders or the war were mentioned neither in the press release nor on the banners and posters; despite the existence of such a large group of migrant women just by the city.

      Today we also had a chance to chat with refugee women. Our female friends who came from the zone told us about their experiences, stories and how they live through this as women. While we were filming, one of the women told us that she studied cinema for one year in Iran and offered to use the camera and make the shooting. We gave her the camera. Thanks to this, the women we were chatting got to know each other and they were relieved because they spoke the same language.

      They told us that in Turkey migrant women were ill approached particularly by men. Their common experience involved being sexually harassed by their bosses. They also mentioned that they had to work for very low wages, could not even get their salaries paid and did not have any access to mechanisms that would guarantee their rights. They also did not have much solidarity from Turkish women. This lack of contact made them feel isolated. Two of these friends told us that although they had Masters degrees and appropriate expertise, they could only find unskilled work. A younger friend said that she wanted to continue with her education and it was not possible in Turkey. They also told us that their future seemed full of uncertainties but they still held the hope that they would be able to cross the border and realize their dreams. Despite all the hardships they had to endure, their only wish is to have an ordinary, quiet and safe life.

      They told us that the conditions in Pazarkule are particularly harsh for women and children; that the sanitary and accommodation conditions were very bad. Women in the area (including themselves) would not go out of their tents often, because they were not feeling safe. There have been incidents of sexual harassment and one woman managed to run away from those who tried to rape her.

      On top of all these problems, the aggression from the Greek side is very tough. Our friends told us with much regret that last night (March 7) the intensity of teargas was really bad, and women with babies lacked protection. Another friend told us that, the same night a mother with a baby in her arms took refuge in our friend’s make-shift nylon tent. The baby had difficulty breathing and the mother was waving a t-shift to air the tent. The baby was now fine, though.

      When we asked about how the women in the area were interacting, they told us that a group of women visited tents to discuss acting in unison. However there was not consensus because everybody had different motivations. Our friends said that they understood these women too because they all were in a struggle for themselves and their children and they would do anything to win this struggle.

      When we chatted about the Women’s Day, they emphasized that their expectation from all women was that women would not discriminate against them. They also expect solidarity between women without any reservations on the basis of language, religion, and nationality. Their wish for all women in the world is to live in equality and freedom. We also learned that some women organized a Women’s day demo in the area. There is a need for more activity directed towards women and other vulnerable groups in the area.

      We also think that sharing our experience in coordination would be useful for new initiatives:

      –Our chat with female migrant friends today reminded us of the importance of maintaining gender equality in our work.

      – All newcomers need orientation about what has been going on here and the material conditions. Short visits only allow getting used to the field, but longer stays are emotionally and physically very tiring.

      –Therefore, we prioritize groups that can stay between 2-5 days. We can manage our activities in groups of 2-5 people. More people are not necessary and larger groups increase the risk of facing interference from officials. If people want to be in the field and commit time and labour, there are plenty of political and practical arenas to contribute. We have at the moment a pool of volunteers that would be enough to do rotations in the coming weeks. If we need further volunteers, we will issue a call again.

      No border pazarkule/edirne, March 8, 2020.

      https://enoughisenough14.org/2020/03/11/notes-from-pazarkule-evros-ninth-day

    • Turkey Steps Back From Confrontation at Greek Border

      The country is winding down an aggressive two-week operation to move tens of thousands of migrants to its frontiers. But relations with Greece and Europe have suffered.

      Turkey has signaled that it is winding down its two-week operation to aid the movement of tens of thousands of people toward Europe, following a tough on-the-ground response from Greek border guards and a tepid diplomatic reaction from European politicians.

      Migrants at the Greek-Turkish land border began to be transported back to Istanbul by bus this week, witnesses at the border said, de-escalating a standoff that initially set off fears of another European migration crisis. Greek officials said the number of attempted border crossings had dwindled from thousands a day to a few hundred, and none were successful on Friday, even as sporadic exchanges of tear-gas with Turkish security forces continued.

      Also Friday, Turkish officials announced that three human smugglers had each been sentenced to 125 years in prison for their roles in the death of a Syrian toddler, Alan Kurdi, whose drowning came to epitomize an earlier migration crisis, in 2015.

      That announcement and the week’s other developments were interpreted by experts and European politicians as signals to Europe that the Turkish authorities were once again willing to police their borders and quell a second wave of migration.

      It follows a tense period in which President Recep Tayyip Erdogan of Turkey attempted to engineer the reverse: a new migration crisis on Europe’s borders.

      On Feb. 28, the Turkish government announced it would no longer stop migrants trying to reach Europe, and it then drove hundreds to the threshold of Greece, live-streaming the process to encourage more to follow.

      The move was perceived as an attempt to rally European support for Turkey’s military campaign in northern Syria, and more European aid for the four million refugees inside Turkey.

      On at least one occasion, Turkish officials even forced migrants to leave. In a video clip filmed onboard a bus ferrying people to the border, reluctant migrants were shown being forced off the vehicle at gunpoint by officers in plain clothes, and beaten when they resisted.

      https://twitter.com/daphnetoli/status/1236263937706004481?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E12

      Marc Pierini, a former European Union envoy to Turkey, called it “the first-ever refugee exodus, albeit a limited one, fully organized by one government against another.”

      The border clash not only stirred fears of a new migration crisis, but it also saw both countries react with anger and tough tactics. The Greeks have been condemned for suspending asylum applications and detaining and returning some migrants to Turkey.

      To foment a sense of crisis, Turkish security forces fired tear gas over the border at their Greek counterparts and provided journalists with footage of aggressive Greek responses to migrants. Mr. Erdogan accused Greek officials of behaving like officials in Nazi Germany.

      But the Turks used aggressive tactics of their own.

      Footage captured by The New York Times showed Turkish security forces standing aside to allow migrants to tear down part of a fence dividing Turkey and Greece. And other footage emerged of a Turkish vessel pursuing a Greek coast guard vessel in the Aegean, and of a Turkish armored vehicle ramming a border fence between the two countries.

      The Turkish Interior Ministry then sent more guards to the border — not to prevent people from leaving without documents, but to stop Greece from returning them by force, according to the Turkish interior minister, Suleyman Soylu.

      The confrontation marked a low point in relations between two neighbors who have long had a fragile coexistence within NATO, and it threatened to upend a fine balance in the strategically important, energy-rich southeastern Mediterranean.

      It also brought front and center the European Union’s dependence on Turkey to limit the movement of migrants toward its territory, as well as Mr. Erdogan’s willingness to weaponize migrants for his own purposes.

      But experts said Mr. Erdogan’s mobilization of migrants and security forces at the borders with Europe could have backfired, being so provocative that it may have made European politicians less willing to make concessions.

      “The problem is that because of the blackmail used by Turkey, getting an agreement from the European Council is going to be more difficult,” said Mr. Pierini, who is now an analyst for Carnegie Europe, a research organization.

      The European Union in 2016 agreed to funnel 6 billion euros to organizations helping the nearly four million Syrian refugees in Turkey, in exchange for Turkey’s help in securing its borders with Greece.

      That deal came after nearly one million refugees left Turkey for Greece, allowing them to reach the Continent’s prosperous north relatively easily.

      But Turkey has complained that European funding has been slow in coming, and has been paid to aid groups as well as into its own government coffers, making it less efficient. At a meeting in Brussels this week, European Union leaders discussed with Mr. Erdogan whether the agreement would be extended and how to restore it.

      Ursula von der Leyen, the president of the European Commission, said the meeting with Mr. Erdogan on Monday had been a “good start” in restoring normalcy at the Greek-Turkish borders.

      “Migrants need support, Greece needs support but also Turkey needs support, and this involves finding a path forward with Turkey,” she said. “Clearly we have our disagreements but we have spoken plainly and we have spoken openly to each other about these.”

      https://twitter.com/vonderleyen/status/1237119313447923712?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E12

      The European Union is likely to eventually agree to send more money to Turkey to help with challenges posed by the refugee influx, Mr. Pierini said.

      But European leaders have taken a dim view of Mr. Erdogan’s latest showmanship, and may have become even more reluctant to accede to other Turkish diplomatic priorities, Mr. Pierini added. Those include an expansion of the Turkey’s joint customs union with Europe, and further visa reforms for Turkish nationals.

      The awkward coexistence between Greece and Turkey since the mid-1990s, when the two countries came close to war, could be at even greater risk of lasting damage.

      “Greek-Turkish détente has been one of the cornerstones of geostrategic relations in the southeastern Mediterranean — and the potential of this collapsing is alarming to the region and Western allies,” said Ian Lesser, the vice president of the German Marshall Fund.

      He said that the escalation had unleashed forces that may not be easy to manage.

      “Once someone opens up Pandora’s box, in an environment when you have proxy groups, coast guards, criminal traffickers, many actors who may not be fully under the control of governments, there is always the potential to go wrong,” Mr. Lesser said.

      “That’s true in Syria but it’s also true on the Greek-Turkish border,” he added.

      https://www.nytimes.com/2020/03/13/world/europe/turkey-greece-border-migrants.html

    • Que sait-on de ces photos montrant des migrants quasi nus à la frontière gréco-turque ?

      Des images publiées par la chaîne turque TRT accusent la police grecque de frapper et de dépouiller des migrants. Propagande, répond Athènes. Les témoignages accablant les policiers grecs sont pourtant nombreux.

      CheckNews a retrouvé l’auteur de ces images : il s’agit du photographe Belal Khaled, qui travaille pour la chaîne turque TRT World. Joint par CheckNews, il a accepté de nous transmettre les originaux de plusieurs photos et vidéos, dont nous avons pu extraire les métadonnées. Elles montrent que ces photographies ont été prises le 5 mars 2020, entre 18 h 30 et 20 h, à quelques mètres de la frontière greco-turque, près de la ville d’Uzunköprü, dans la province d’Edirne.

      Belal Khaled raconte y avoir croisé plusieurs groupes de migrants originaires de divers pays (Afghanistan, Pakistan, Syrie, Irak, Maroc…) : « Ils revenaient de Grèce vers la Turquie. Cette zone est actuellement sèche, donc les migrants peuvent passer en marchant. Ils ont été arrêtés en Grèce, parfois à la proximité de la frontière, d’autres dans des villages ou même à 100 kilomètres dans le pays, puis ont été ramenés par les policiers grecs à la frontière. » Des vues satellites consultées à l’aide du logiciel Google Earth Pro permettent de se rendre compte que le fleuve Evros (en turc Meriç) peut atteindre un faible niveau à certaines périodes de l’année.

      Le photographe a également filmé des images pour la chaîne de télévision turque TRT, dans laquelle des migrants accusent des soldats grecs de les avoir battus et dépouillés de leur argent, de leurs téléphones et de leurs vêtements.

      Des anti-migrants dénoncent une mise en scène, sans preuve

      Suite à la diffusion de ces images, des internautes hostiles à l’arrivée de nouveaux migrants en Europe ont dénoncé des mises en scène de la part de la chaîne de télévision turque. Selon eux, les hommes se seraient dévêtus peu avant d’être photographiés.

      Ils soulignent également que sur cette photo, un homme torse nu sourit. Une preuve, selon eux, qu’il ne s’agit pas de « vrais migrants », mais de propagandistes voulant nuire à l’image de la Grèce.

      CheckNews a observé de près les photos et vidéos de Belal Khaled. En comparant les visages des hommes présents sur la série prise par Belal Khaled, il apparaît que l’homme au t-shirt blanc n’est pas la même personne que l’homme entouré sur une autre photo. Les métadonnées des photos indiquent que la première image (avec l’homme en tee-shirt) a été prise à 18 h 24, tandis que celle montrant le groupe d’hommes autour du feu a été faite à 19 h 31.

      Nous avons également remarqué que le groupe présent sur les photos avec l’homme en tee-shirt blanc n’est pas le même que celui en sous-vêtements. Belal Khaled explique : « Il y avait deux groupes. Si vous observez la lumière dans la vidéo, elle est plus sombre quand il y a le groupe venu par la rivière, car il est arrivé plus tard, mais les monteurs l’ont mis au début de la vidéo [du reportage de TRT] pour commencer l’histoire. L’autre groupe [avec l’homme en tee-shirt blanc, ndlr] est celui que nous avons vu en arrivant. Nous les avons trouvés assis dans l’herbe, certains d’entre eux étaient quasiment nus, d’autres portaient des vêtements. »

      Quant aux accusations de mise en scène, prouvées selon les internautes anti-migrants par les rires des hommes près de la rivière, le photographe répond : « Si nous avions voulu falsifier nos images, nous n’aurions pas diffusé celles avec des gens qui sourient. C’est pour cela qu’on peut dire que ce sont des vraies photos. C’est normal qu’ils sourient. Je ne sais pas pourquoi ils rient ou de quoi ils parlaient, mais ils peuvent se dire : "Regarde, il prend une photo de toi !" et ça les fait sourire. »

      Contacté par CheckNews, un représentant du gouvernement grec estime que « les documents de propagande turcs ont été réfutés à plusieurs reprises par le porte-parole du gouvernement, Stelios Petsas. Quant à la vidéo présentée par la chaîne d’Etat turque, il suffit de la regarder pour pouvoir la juger. »
      Des témoignages récoltés par des ONG et le New York Times accablent les policiers grecs

      Si le gouvernement grec refuse d’accorder de la valeur aux images capturées par la chaîne turque TRT, les témoignages rapportant des abus des forces grecques à l’égard des migrants sont cependant nombreux.

      CheckNews a ainsi pu retrouver sur Twitter plusieurs photos et vidéos de migrants torse nu et affichant des traces de coups sur leurs dos. Et qui accusent les forces de sécurité grecques de les avoir battus.

      L’auteur de ces tweets est Mohammed Yaşar, un Turc qui travaille pour le groupe de solidarité Tarlabasi, une ONG basée à Uzunköprü qui vient en aide aux migrants en leur fournissant des couvertures et vêtements. Il dit avoir observé le retour de personnes sans vêtements depuis le 3 mars, et publie depuis des vidéos qu’il a lui-même réalisées au contact des migrants maltraités, pour « montrer à tous les peuples du monde comment la Grèce agit et pour que ça cesse ». Il a accepté de nous fournir les fichiers originaux, dont les métadonnées confirment que les images ont bien été prises entre le 4 et le 8 mars 2020, le long de la frontière turque.

      Dans une enquête parue le 10 mars, le New York Times révèle l’existence d’un site secret en Grèce, où les migrants sont « détenus en secret et sans accès à un recours juridique ». Le journal américain note aussi, photo à l’appui, que « plusieurs migrants ont déclaré dans des interviews qu’ils avaient été capturés, dépouillés de leurs biens, battus et expulsés de Grèce sans avoir eu la possibilité de demander l’asile ou de parler à un avocat, dans le cadre d’une procédure illégale connue sous le nom de refoulement ». Le porte-parole du gouvernement, Stelios Petsas, a réagi à l’enquête en réfutant : « Il n’y a pas de centre de détention secret en Grèce. » Avant d’ajouter que si un journal international connaît le site, c’est qu’il n’est pas secret.

      Interrogé sur de tels faits de maltraitance, le directeur adjoint de la division Crises et conflits à Human Rights Watch, Gerry Simpson, déclare à CheckNews, après deux jours d’observation près de la frontière greco-turque : « Nous disposons de preuves importantes provenant de réfugiés et de Turcs vivant dans les villages frontaliers, qui s’occupent des personnes expulsées de Grèce. Ils racontent que depuis la fin du mois de février, du côté grec, des personnes habillées en uniforme et en tenue civile ont battu et volé des réfugiés. » Dans un tweet publié le 8 mars, Gerry Simpson ajoute que « les forces grecques de sécurité aux frontières ont déshabillé et battu des réfugiés avant de les expulser presque nus avec ce genre de blessures », en postant une des photos de Belal Khaled. Dans un rapport publié en juillet 2018, l’ONG de défense des droits humains avait déjà dénoncé les « conditions inhumaines » auxquelles étaient exposés les migrants dans les centres d’accueil et de détention grecs, ainsi que les « abus et mauvais traitements » causés par la police.

      https://www.liberation.fr/checknews/2020/03/13/que-sait-on-de-ces-photos-montrant-des-migrants-quasi-nus-a-la-frontiere-

    • Turkey to Close Land Borders With Greece, Bulgaria Due to #Coronavirus

      Turkey’s state broadcaster TRT Haber said on Wednesday afternoon that the country’s land borders with Greece and Bulgaria will be closed due to the coronavirus pandemic.

      Thus Turkey’s borders with the European Union will remain closed to the entry and exit of people; however the usual trade which goes on between these countries is not expected to be interrupted.

      It is still unknown for how long the borders will remain closed.

      Later on Wednesday, the Interior Ministry of the country issued a statement, confirming the border closure.

      It remains to be seen if this will affect the border tensions in Evros due to the massed thousands of migrants which have been trying to enter Greece since late February.

      https://greece.greekreporter.com/2020/03/18/turkey-to-close-land-borders-with-greece-bulgaria-due-to-coron
      #fermeture_des_frontières

    • Locals on tractors assist Greek Army and Police along the Evros (video)

      With their farming tractors and headlights on, local residents moved to help the Greek army and police along the Evros river, the natural border to Turkey, to prevent illegal crossing from the Turkish border into Greece.
      Others have gathered to the South Evros with their vehicles and see themselves also as assistants to the Greek Army.

      According to a report by ccn-greece, almost the majority of the locals are on the point on Tuesday night, March 3.
      https://www.youtube.com/watch?v=sSOsSJ182Tk&feature=emb_logo


      Some of the citizens who patrol in area “have a rifle,” and abuse migrants when they find them, cnn-greece reported the other day.

      Tuesday was a rather quite day at the Greek-Turkish border, although still q,500 people attempted to enter into Greece and 32 from Afghanistan and Pakistan managed it. They were arrested on the spot.

      After it became clear that the border crossing in Kastanies in the north of Evros s will not open, apparently Turkish authorities changes their plans and decided to move migrants to the south at Evros Delta. Buses were made available on Tuesday for this purpose.

      Several migrants told Greek media reports currently on the Turkish side, that they would try to cross the Evros river by boat.

      One migrant told Star TV that they will get the boats by the Turkish forces in the area. “Children and women will go back to Istanbul,” he said. “Mass crossing of the river will take place happen within or in a week,” he added.

      “It is our duty to support the authorities’ efforts, so that it is clear to everybody and especially Turkey, that Greece is a place where everyone comes in. This should have been done from the first moment, when the problem arose in 2015,” a farmer who joined the patrols with his tractor told protothema. “We are farmers, but we also live at the borders region,” the farmer added.

      In facts, the whole Farmers Association has decided to assist the army and police wherever possible.

      A total of 26,000 people were prevented from entering Greek territory via the Evros from Saturday morning to Tuesday afternoon. More than 218 people have been arrested since Saturday. They were immediately arrested, taken to court and sentence in the average to three to four y

      ears, some with an additional fine of 10,000 euros.

      https://www.keeptalkinggreece.com/2020/03/04/evros-citizens-tractors-patrols-greece-turkey-migration
      #milices #milices_privées

    • Les migrants évacués de la frontière gréco-turque et placés en #quarantaine

      Le Premier ministre grec a indiqué vendredi que les migrants massés depuis début mars à la frontière terrestre entre la Grèce et la Turquie avaient quitté les lieux, à leur demande et pour se protéger, selon l’agence turque DHA, de la pandémie de coronavirus.

      « Il semble que le campement installé (depuis le 1er mars) a été démantelé et ceux qui étaient (dans la région frontalière du fleuve) Evros sont partis », a indiqué Kyriakos Mitsotakis lors d’une vidéoconférence du conseil des ministres.

      Le ministre turc de l’Intérieur Suleyman Soylu avait indiqué jeudi que 4600 migrants continuaient de camper près du poste frontalier grec de Kastanies, du côté turc.

      Mais jeudi soir, les demandeurs d’asile ont été transférés à bord d’autocars vers des installations adéquates en Turquie pour qu’ils restent en quarantaine pendant deux semaines afin de garantir qu’ils ne soient pas contaminés par le virus Covid-19, a rapporté l’agence turque DHA. Cette évacuation a eu lieu « à la demande des migrants », selon DHA.
      Le campement brûlé

      De son côté, la télévision publique grecque ERT a indiqué que la police turque avait mis le feu dans la nuit de jeudi à vendredi au campement désert après l’évacuation des demandeurs d’asile. Une vidéo diffusée vendredi par le gouvernement grec montre de hautes flammes le long des barrières qui marquent la frontière.

      Le Premier ministre grec a souligné que les militaires et les policiers grecs resteraient sur place et que la clôture le long de la frontière serait « renforcée ». « Un chapitre est peut-être clos mais la bataille continue », a encore déclaré Kyriakos Mitsotakis.
      Certains sont détenus en Grèce

      En quête de soutien en Syrie, la Turquie avait annoncé le 29 février qu’elle n’empêcherait plus les migrants de passer en Europe et des milliers de demandeurs d’asile s’étaient aussitôt massés à Pazrakule, du côté turc de la frontière.

      La Grèce avait alors demandé et obtenu l’aide de l’Union européenne pour empêcher les demandeurs d’asile de traverser la frontière.

      Les forces antiémeutes grecques dépêchées à Kastanies avaient fait usage de gaz lacrymogènes pour repousser les migrants. Mais certains qui avaient réussi à passer sur le sol grec sont depuis détenus dans des camps fermés en Grèce ou ont été refoulés en Turquie, selon des ONG, qui ont dénoncé des « pratiques illégales » d’Athènes.

      https://www.rts.ch/info/monde/11201770-les-migrants-evacues-de-la-frontiere-grecoturque-et-places-en-quarantai
      #évacuation

      ping @thomas_lacroix

    • Turkey moves migrants from Greek border amid virus pandemic

      Turkish authorities on Friday evacuated hundreds of migrants who had been waiting at the border with Greece hoping to make their way into Europe, amid the coronavirus pandemic, Turkey’s state-run news agency reported.

      Thousands of migrants had massed at a border crossing with European Union-member Greece after Turkish President Recep Tayyip Erdogan announced last month that his country would no longer prevent refugees and other migrants wanting to travel to EU countries.

      Violent clashes erupted between the migrants and Greek border authorities trying to push them back.

      Anadolu Agency reported Friday that migrants waiting at the border crossing in Edirne province were transported in buses to state guest houses where they would be quarantined. They would be moved to other regions in Turkey at the end of the quarantine, the agency reported.

      Anadolu did not say how many people were transported away from the border area but an estimated 2,000 had been staying in a makeshift camp near the border gate.

      Turkey has so far reported 75 deaths related to the new coronavirus and 3,629 infections. It was not clear if any of the migrants at the border had contracted the virus.

      The Edirne governor’s office did not return calls.

      Greece hailed the development as an “important thing for our country and for Europe,” praising Greek authorities’ ability to guard its land and sea borders.

      Prime Minister Kyriakos Mitsotakis, speaking during a teleconference with ministers on the situation at the border, said Greek authorities had “ascertained that the makeshift camp which had been created ... appears to have been dismantled and those who were on the Evros border have been moved away.”

      Greek authorities also shared a night-time video of a fire in a wooded area, which they said was Turkish authorities burning the tents left behind by the departing migrants.

      “A chapter might potentially be closing, but this battle, have no doubt, continues,” Mitsotakis told the ministers, according to a statement released by his office. “We managed to secure a very important thing for our country and for Europe. The ability and efficiency of guarding our land and sea borders.”

      A Turkish journalist based in Edirne said several buses were seen leaving the border area and that authorities later disinfected an area where the migrants had been camping.

      Anadolu said some of the migrants asked to be moved, while others had to be convinced.

      Turkey declared its borders open for migrants to cross into Europe following months of threats by Erdogan that he would allow millions of refugees into Europe unless the EU provided more support for the more than 3.5 million Syrian refugees in Turkey.

      http://www.ekathimerini.com/251075/article/ekathimerini/news/turkey-moves-migrants-from-greek-border-amid-virus-pandemic

    • Crisis not averted: security policies cannot solve a humanitarian problem, now or in the long-term

      At the end of February, the Turkish government announced it would allow refugees to travel onwards to Greece and Bulgaria, in the hope of extracting from the EU further financial support as well as backing for its military operations in Syria. It has now taken up its role as Europe’s border guard again, but the manufactured crisis induced by the Turkish decision and the EU response highlight the long-term failings of the EU’s asylum and migration model.

      http://www.statewatch.org/analyses/no-359-crisis-not-averted.pdf

    • Tra Turchia e Grecia. Cani, doppiette, trattori e neonazi: la caccia ai profughi

      L’indicibile saldatura è avvenuta sul terreno. “Nacht und nebel”, proprio come nel vecchio slogan nazista, “di notte e nella nebbia” un primo gruppo di estremisti tedeschi ha cominciato a percorrere i campi dove si da la caccia ai migranti. Un richiamo per gli altri che da Austria, Italia, Ungheria si sono messi in macchina per “soccorrere - scrivono nelle loro chat - il popolo greco”. Tra loro Marin Sellner, beneficiario di 1.500 euro donati al suo movimento dallo stragista di Christchurch, in Nuova Zelanda (50 morti a giugno 2019).

      Anche nelle ultime ventiquattr’ore non sono mancati gli scontri lungo la barriera metallica che si è rivelata un muro invalicabile. Dal confine turco, però, i profughi che da giorni danno l’assalto alla frontiera stanno cambiando strategia. Gli attacchi avvengono specialmente di notte, con il fuoco di copertura (fumogeni, lacrimogeni e bombe stordenti) lanciati dalle forze speciali di Ankara. L’opposta propaganda si rinfaccia una serie di colpi, questa volta di piombo vero, esplosi contro un blindato greco. Attacco a sua volta lamentato anche dall’esercito di Ankara.

      Non si sa dove può portare una crisi nella quale due alleati della Nato, per di più confinanti, si sparano addosso. Di certo Erdogan non ha permesso ai profughi di abbandonare la presa, aspettando probabilmente un nuovo incontro con Angela Merkel.

      La contabilità della guerriglia di confine non tiene conto dei feriti. Solo degli arrestati e dei respinti prima che riuscissero a mettere piede su una zolla di Ue. Oggi 3 arresti (2 togolesi e un pachistano) e 741 tentativi d’ingresso bloccati.

      I pochi profughi che riescono a guadagnare un varco devono vedersela con un’armata brancaleone male equipaggiata ma molto determinata. C’è il vecchio Theodoros che non ha avuto il tempo neanche di staccare l’aratro dal trattore con cui si inoltra nella boscaglia. Mentre avanza fa tanto di quel chiasso da mettere in guardia chiunque stia nel raggio di mezzo chilometro. Nei villaggi vicini hanno perfino organizzato una sfilata notturna con le macchine agricole attrezzate con potenti fari alla ricerca dei disgraziati. A sud di Kastanies, dove il fiume già presagisce l’accesso al mare, i paramilitari tollerati da Atene hanno catturato nei giorni scorsi una trentina di profughi, tra cui donne e bambini. Nelle foto che i “cacciatori” si passano di telefono in telefono, si vedono i “prigionieri” a cui sono state tolte le scarpe, ammassate ad alcuni metri da loro, seduti in terra e guardati a vista da uomini armati in attesa che arrivi la polizia. Le donne e i bambini indossano in maggioranza un cappellino rosso. Un accorgimento per renderli ben visibili casomai la corrente dell’Evros li avesse trascinati.

      Dinos Theoharidis, il “colonnello” di Alba Dorata, esprime il suo disappunto con i giornalisti italiani che hanno scoperto e raccontato il suo ruolo da ex membro dei corpi speciali. Adesso fa da ufficiale di collegamento tra i civili in armi e gli ufficiali dell’esercito, mentre le forze armate continuano a riversare uomini sul confine per dare il cambio ai militari che devono vedersela con il gas urticante lanciato dalle forze speciali di Ankara. “A causa vostra ora tutti sanno quello che faccio qui - ci rimprovera Dinos - che bisogna c’era di scriverlo? Non siete dei patrioti come noi?”.

      A dargli manforte sono piombati i tedeschi del Movimento identitario. A Berlino nei mesi scorsi l’Ufficio federale per la Protezione della Costituzione, ha dichiarato che il gruppo è passato da “sospettato di estremismo” a “movimento estremista di destra”. Parte integrante del movimento nazionalista paneruopeo. Una decina di giovani sono arrivati attraverso la frontiera bulgara. Da subito si sono messi a disposizione delle ronde.

      L’internazionale xenofoba è stata accolta con l’applauso di alcuni militari. Soldati che non hanno impedito agli estremisti berlinesi di srotolare uno striscione proprio contro la frontiera turca: “No way”, non si passa. Il governo di Atene sta valutando la loro espulsione. Chiunque voglia perlustrare il confine e dare la caccia ai migranti, qui è il benvenuto. Meglio se con un fucile da caccia in spalla, ma senza farne una bandiera per ottenere visibilità politica a danno di una Grecia Che negli ultimi giorni ha perso molte simpatie.

      Accade in piena Unione Europea. C’è chi mette a disposizione i trattori per superare i muri di fango intorno agli argini. Chi guida mute di cani e, con la doppietta già caricata a pallettoni, batte zolla a zolla i campi di cotone e irrompe nei casali abbandonati. Ogni volta che incrociano un’edicola votiva, si fermano per un triplice segno di croce. Poi procedono lasciandosi strattonare dai segugi, affondando gli scarponi nella direzione decisa dai cani.Sono attesi gruppi neonazisti da ogni dove. Troppo anche per il governo di Atene. “Trovateli a mandateli via”, l’ordine giunto ai commissariati. Alcuni sono però rimasti in zona. Basta che diano una mano ad Alba Dorata e non facciano troppo baccano sui social network.

      https://www.avvenire.it/attualita/pagine/cani-doppiette-trattori-e-neonazi-per-dare-la-caccia-ai-migranti-nuovi-scon
      #no_way

  • Arié Alimi : « Il ne reste plus à ce pouvoir que la violence »
    https://www.revue-ballast.fr/arie-alimi-il-ne-reste-plus-a-ce-pouvoir-que-la-violence

    Aux oppo­sants à ses contre-réformes libé­rales, Emmanuel Macron rétorque qu’ils n’ont qu’à « essayer la dic­ta­ture ». De l’Élysée à la place Beauvau, on exalte l’usage « légi­time » de la vio­lence contre les mani­fes­tants et l’on nie vigou­reu­se­ment le carac­tère sys­té­mique des vio­lences poli­cières. Pendant ce temps, les avo­cats jettent leurs robes dans les tri­bu­naux, aux pieds de la garde des Sceaux. Arié Alimi n’a pas choi­si le droit par voca­tion : cet avo­cat de 42 ans s’est pour­tant impo­sé comme une figure de la défense des liber­tés publiques et du com­bat contre l’impunité des auteurs de vio­lences poli­cières. C’est ain­si qu’il a défen­du la famille de l’é­tu­diant éco­lo­giste Rémi Fraisse — tué en 2014 par un tir de gre­nade —, les lycéens moles­tés durant la loi Travail, une ving­taine de gilets (...)

    • « Nous sommes au-delà de la coercition »
      http://acontretemps.org/spip.php?article755

      ■ Posté sur Ballast, cet entretien avec l’avocat #Arié_Halimi, datant de début février, a retenu notre attention. D’abord, parce qu’il est éclairant et argumenté sur la #dérive_ultralibérale_autoritaire d’un pouvoir qui, faisant de la #police son dernier rempart face à la détestation générale qu’il inspire, s’est totalement soumis à elle. Ensuite, parce qu’il permet de remonter le temps de l’abjection policière et de se rendre compte que rien de ce qui apparaît comme nouveau ne l’est jamais tout à fait.– À contretemps.

      Dans les circonstances actuelles, la population, dites-vous, est fondée à se défendre contre les violences policières. Dans un tweet qui a suscité la polémique, vous affirmiez même récemment : « Le moment où user de la légitime défense contre des milices est peut être venu. » Qu’entendiez-vous par là ?

      Peut-être ce tweet était-il trop précoce. En parlant de « milice », je ne désignais pas le corps policier en général. Historiquement, les #milices désignent un phénomène précis : il s’agit de groupes exerçant hors du cadre légal une violence dirigée contre des communautés politiques, contre des manifestants, contre des personnes à raison de leur origine, de leur religion. Ce phénomène, hélas, existe. Lorsqu’un diplomate s’associe à des fonctionnaires de police en retraite et à d’anciens militaires pour fomenter des actes terroristes [4], comment nommer cela ? On pense au SAC, à la Cagoule… Quand vous voyez des individus en groupe, cagoulés, munis de matraques, sans RIO donc sans identification possible, qui frappent des manifestants, comment les qualifier ? C’est une question que je me pose, si ces personnes ne donnent pas à voir qu’elles appartiennent à un service public, à la police… Ces phénomènes ne sont pas sans lien avec l’idéologie fascisante qui gagne du terrain au sein de la police, ils doivent être dénoncés. On peut renvoyer ces affaires à la justice, se dire qu’il n’appartient pas aux citoyens, aux manifestants de résister à ces violences. Oui. Mais lorsque vous êtes en situation de légitime défense, avec un péril imminent, avec, face à vous, la violence illégitime d’un individu sans identifiant qui vient vous frapper avec une matraque, vous avez le droit de vous défendre… Dans ce cadre précis. Je ne parle pas de légitime défense telle que la conçoivent certains groupes politiques, avec la possibilité d’aller frapper, de lancer des pavés : pas du tout. Je parle d’un cadre légal. Quand des personnes non identifiées vous frappent, vous violentent alors qu’elles n’ont pas le droit de le faire, oui, vous avez le droit de vous défendre.

      #État_policier

  • Migrants en Libye, les oubliés de l’exil

    Venus le plus souvent d’Érythrée, les migrants sont détenus dans des conditions lamentables, et souvent les victimes de milices qui les torturent et les rançonnent. Les Nations unies et l’Union européenne préfèrent détourner le regard. Témoignages.

    L’odeur d’excréments s’accentue à mesure que nous approchons de l’entrepôt qui constitue le bâtiment principal du centre de détention de #Dhar-El-Djebel, dans les montagnes du #djebel_Nefoussa. Un problème de plomberie, précise le directeur, confus.

    Il ouvre le portail métallique du hangar en béton, qui abrite environ 500 détenus, presque tous érythréens. Les demandeurs d’asile reposent sur des matelas gris à même le sol. Au bout d’une allée ouverte entre les matelas, des hommes font la queue pour uriner dans l’un des onze seaux prévus à cet effet.

    Personne dans cette pièce, m’avait expliqué un détenu lors de ma première visite en mai 2019, n’a vu la lumière du jour depuis septembre 2018, quand un millier de migrants détenus à Tripoli ont été évacués ici. #Zintan, la ville la plus proche, est éloignée des combats de la capitale libyenne, mais aussi des yeux des agences internationales. Les migrants disent avoir été oubliés.

    En Libye, quelque 5 000 migrants sont toujours détenus pour une durée indéterminée dans une dizaine de #centres_de_détention principaux, officiellement gérés par la #Direction_pour_combattre_la_migration_illégale (#Directorate_for_Combatting_Illegal_Migration, #DCIM) du gouvernement d’entente nationale (#GEN) reconnu internationalement. En réalité, depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye ne dispose pas d’un gouvernement stable, et ces centres sont souvent contrôlés par des #milices. En l’absence d’un gouvernement fonctionnel, les migrants en Libye sont régulièrement kidnappés, réduits en esclavage et torturés contre rançon.

    L’Europe finance les garde-côtes

    Depuis 2017, l’Union européenne (UE) finance les #garde-côtes_libyens pour empêcher les migrants d’atteindre les côtes européennes. Des forces libyennes, certaines équipées et entraînées par l’UE, capturent et enferment ainsi des migrants dans des centres de détention, dont certains se trouvent dans des zones de guerre, ou sont gardés par des milices connues pour vendre les migrants à des trafiquants.

    Contrairement à d’autres centres de détention que j’ai visités en Libye, celui de Dhar-El-Djebel ne ressemble pas à une prison. Avant 2011, cet ensemble de bâtiments en pleine campagne était, selon les termes officiels, un centre d’entraînement pour « les bourgeons, les lionceaux et les avant-bras du Grand Libérateur » — les enfants à qui l’on enseignait le Livre vert de Kadhafi. Quand le GEN, basé à Tripoli, a été formé en 2016, le centre a été placé sous l’autorité du DCIM.

    En avril, Médecins sans frontières (MSF) pour lequel je travaillais a commencé à faire des consultations à Dhar-El-Djebel. Le centre retenait alors 700 migrants. La plupart étaient enregistrés comme demandeurs d’asile par l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), mais selon la loi libyenne, ce sont des migrants « illégaux » et ils peuvent être détenus pour une durée indéterminée.

    N’ayant que peu d’espoir de sortir, plusieurs ont tenté de se suicider au contact de fils électriques. D’autres avaient placé leur foi en Dieu, mais aussi dans les réseaux sociaux et leurs talents de bricoleurs. La plupart des détenus érythréens sont chrétiens : sur le mur face à la porte, ils ont construit une église orthodoxe abyssine au moyen de cartons colorés de nourriture et de matelas verts du HCR, avec des croix en cire de bougie. Sur d’autres matelas, ils ont écrit, avec du concentré de tomates et du piment rouge, des slogans tels que « Nous sommes victimes du HCR en Libye ». Avec leurs smartphones, ils ont posté des photos sur les réseaux sociaux, posant avec les bras croisés pour montrer qu’ils étaient prisonniers.

    Leurs efforts avaient attiré l’attention. Le 3 juin, le HCR évacuait 96 demandeurs d’asile à Tripoli. Une semaine plus tard, l’entrepôt bondé dans lequel j’avais d’abord rencontré les migrants était enfin vidé. Mais 450 Érythréens restaient enfermés dans le centre, entassés dans d’autres bâtiments, à plus de vingt dans une vingtaine de cellules, bien que de nombreux détenus préfèrent dormir dans les cours, sous des tentes de fortune faites de couvertures.

    « Ils nous appellent Dollars et Euros »

    La plupart des Érythréens de Dhar-El-Djebel racontent une histoire proche : avant d’être piégés dans le système de détention libyen, ils ont fui la dictature érythréenne, où le service militaire est obligatoire et tout aussi arbitraire. En 2017, Gebray, âgé d’un peu plus de 30 ans, a laissé sa femme et son fils dans un camp de réfugiés en Éthiopie et payé des passeurs 1 600 dollars (1 443 euros) pour traverser le désert soudanais vers la Libye avec des dizaines d’autres migrants. Mais les passeurs les ont vendus à des trafiquants libyens qui les ont détenus et torturés à l’électricité jusqu’à ce qu’ils téléphonent à leurs proches pour leur demander une #rançon. Après 10 mois en prison, la famille de Gebray avait envoyé près de 10 000 dollars (9 000 euros) pour sa libération : « Ma mère et mes sœurs ont dû vendre leurs bijoux. Je dois maintenant les rembourser. C’est très dur de parler de ça ».

    Les migrants érythréens sont particulièrement ciblés, car beaucoup de trafiquants libyens croient qu’ils peuvent compter sur l’aide d’une riche diaspora en Europe et en Amérique du Nord. « Nous sommes les plus pauvres, mais les Libyens pensent que nous sommes riches. Ils nous appellent Dollars et Euros », me raconte un autre migrant.

    Après avoir survécu à la #torture, beaucoup comme Gebray ont de nouveau payé pour traverser la mer, mais ont été interceptés par les garde-côtes libyens et enfermés en centre de détention. Certains compagnons de cellule de Gebray ont été détenus depuis plus de deux ans dans cinq centres successifs. Alors que la traversée de la Méditerranée devenait plus risquée, certains se sont rendus d’eux-mêmes dans des centres de détention dans l’espoir d’y être enregistrés par le HCR.

    Les ravages de la tuberculose

    Dans l’entrepôt de Dhar-El-Djebel, Gebray a retrouvé un ancien camarade d’école, Habtom, qui est devenu dentiste. Grâce à ses connaissances médicales, Habtom s’est rendu compte qu’il avait la tuberculose. Après quatre mois à tousser, il a été transféré de l’entrepôt dans un plus petit bâtiment pour les Érythréens les plus malades. Gebray, qui explique qu’à ce moment-là, il ne pouvait « plus marcher, même pour aller aux toilettes », l’y a rapidement suivi. Quand j’ai visité la « maison des malades », quelque 90 Érythréens, la plupart suspectés d’avoir la tuberculose, y étaient confinés et ne recevaient aucun traitement adapté.

    Autrefois peu répandue en Libye, la tuberculose s’est rapidement propagée parmi les migrants dans les prisons bondées. Tandis que je parlais à Gebray, il m’a conseillé de mettre un masque : « J’ai dormi et mangé avec des tuberculeux, y compris Habtom ».

    Habtom est mort en décembre 2018. « Si j’ai la chance d’arriver en Europe, j’aiderai sa famille, c’est mon devoir », promet Gebray. De septembre 2018 à mai 2019, au moins 22 détenus de Dhar-El-Djebel sont morts, principalement de la tuberculose. Des médecins étaient pourtant présents dans le centre de détention, certains de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), et d’autres d’#International_Medical_Corps (#IMC), une ONG américaine financée par le HCR et l’UE. Selon un responsable libyen, « nous les avons suppliés d’envoyer des détenus à l’hôpital, mais ils ont dit qu’ils n’avaient pas de budget pour ça ». Les transferts à l’hôpital ont été rares. En revanche, une quarantaine des détenus les plus malades, la plupart chrétiens, ont été transférés dans un autre centre de détention à Gharyan, plus proche d’un cimetière chrétien. « Ils ont été envoyés à Gharyan pour mourir », explique Gebray. Huit d’entre eux sont morts entre janvier et mai.

    Contrairement à Dhar-El-Djebel, #Gharyan ressemble à un centre de détention : une série de containers entourés de hauts grillages métalliques. Yemane a été transféré ici en janvier : « Le directeur de Dhar-El-Djebel et le personnel d’IMC nous ont dit qu’ils allaient nous conduire à l’hôpital à Tripoli. Ils n’ont pas parlé de Gharyan... Quand on est arrivés, on a été immédiatement enfermés dans un container ».
    Des migrants vendus et torturés

    Selon Yemane, une femme a tenté de se pendre quand elle a compris qu’elle était à Gharyan, et non dans un hôpital, comme le leur avaient promis les médecins d’IMC. Beaucoup gardaient de mauvais souvenirs de Gharyan : en 2018, des hommes armés masqués y ont kidnappé quelque 150 migrants détenus dans le centre et les ont vendus à des centres de torture. Le centre a alors brièvement fermé, puis rouvert, avec à sa tête un nouveau directeur, qui m’a expliqué que des trafiquants l’appelaient régulièrement pour tenter de lui acheter des migrants détenus.

    En avril 2019, des forces de Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est de la Libye, ont lancé une offensive contre les forces pro-GEN à Tripoli et se sont emparées de Gharyan. Les troupes d’Haftar se sont installées à proximité du centre de détention et les avions du GEN ont régulièrement bombardé la zone. Effrayés par les frappes aériennes autant que par les migrants tuberculeux, les gardes ont déserté. Chaque fois que je me suis rendu sur place, nous sommes allés chercher le directeur dans sa maison en ville, puis l’avons conduit jusqu’au portail du centre, où il appelait un migrant pour qu’il lui ouvre. Les détenus lui avaient demandé un cadenas pour pouvoir s’enfermer et se protéger des incursions. De fait, des forces pro-Haftar venaient demander aux migrants de travailler pour eux. Yemane indique qu’un jour, ils ont enlevé quinze hommes, dont on est sans nouvelles.

    MSF a demandé au HCR d’évacuer les détenus de Gharyan. L’agence de l’ONU a d’abord nié que Gharyan était en zone de guerre, avant de l’admettre et de suggérer le transfert des détenus au centre de détention #Al-Nasr, à #Zawiya, à l’ouest de Tripoli. Pourtant, le Conseil de sécurité de l’ONU a accusé les forces qui contrôlent ce centre de trafic de migrants, et placé deux de leurs dirigeants sous sanctions.

    « Si vous êtes malades, vous devez mourir ! »

    Les détenus étaient toujours à Gharyan quand, le 26 juin, les forces du GEN ont repris la zone. Le jour suivant, ils ont forcé le portail du centre de détention avec une voiture et demandé aux migrants de se battre à leurs côtés. Les détenus effrayés ont montré leurs médicaments contre la tuberculose en répétant des mots d’arabe que des employés du HCR leur avaient appris − kaha (#toux) et darn (#tuberculose). Les miliciens sont repartis, l’un d’eux lançant aux migrants : « Si vous êtes malades, on reviendra vous tuer. Vous devez mourir ! ».

    Le 4 juillet, le HCR a enfin évacué les détenus restants vers Tripoli. L’agence a donné à chacun d’eux 450 dinars (100 euros) pour qu’ils subvenir à leurs besoins dans une ville qu’ils ne connaissaient pas. L’abri où ils étaient censés loger s’avérant trop coûteux, ils ont déménagé vers un endroit moins cher, jadis une bergerie. « Le HCR dit qu’on sera en sécurité dans cette ville, mais pour nous, la Libye n’offre ni liberté ni sécurité », explique Yemane.

    La plupart des 29 migrants évacués de Gharyan sont maintenant bloqués, et en danger, dans les rues de Tripoli, mais espèrent toujours obtenir l’asile en dehors de Libye. Les combats se poursuivant à Tripoli, des miliciens ont proposé à Yemane de s’enrôler pour 1 000 dollars (901 euros) par mois. « J’ai vu beaucoup de migrants qui ont été recrutés ainsi, puis blessés », m’a-t-il raconté récemment sur WhatsApp. Deux de ses colocataires ont été à nouveau emprisonnés par des milices, qui leur ont demandé 200 dollars (180 euros) chacun.

    Les migrants de Gharyan ont si peur dans les rues de Tripoli qu’ils ont demandé à retourner en détention ; l’un d’entre eux est même parvenu à entrer dans le centre de détention d’Abou Salim. Nombre d’entre eux ont la tuberculose. Fin octobre, Yemane lui-même a découvert qu’il en était porteur, mais n’a pas encore de traitement.
    « Ils nous ont donné de faux espoirs »

    Contrairement à Gharyan, Dhar-El-Djebel est loin des combats. Mais depuis avril, des migrants détenus à Tripoli refusent d’y être transférés car ils craignent d’être oubliés dans le djebel Nefoussa. Selon un responsable de la zone, « notre seul problème ici, c’est que le HCR ne fait pas son travail. Cela fait deux ans qu’ils font de fausses promesses à ces gens ». La plupart des détenus de Dhar-El-Djebel ont été enregistrés comme demandeurs d’asile par le HCR, et espèrent donc être relocalisés dans des pays d’accueil sûr. Gebray a été enregistré en octobre 2018 à Dhar-El-Djebel : « Depuis, je n’ai pas vu le HCR. Ils nous ont donné de faux espoirs en nous disant qu’ils allaient revenir bientôt pour nous interviewer et nous évacuer de Libye ».

    Les 96 Érythréens et Somaliens transférés en juin de Dhar-El-Djebel au « centre de rassemblement et de départ » du HCR à Tripoli étaient convaincus qu’ils feraient partie des chanceux prioritaires pour une évacuation vers l’Europe ou l’Amérique du Nord. Mais en octobre, le HCR aurait rejeté une soixantaine d’entre eux, dont 23 femmes et 6 enfants. Ils n’ont plus d’autre choix que de tenter de survivre dans les rues de Tripoli ou d’accepter un « retour volontaire » vers les pays dont ils ont fui la violence.

    Le rapport de la visite de l’ONU à Dhar-El-Djebel en juin, durant ce même transfert, avait prévenu que « le nombre de personnes que le HCR sera en mesure d’évacuer sera très faible par rapport à la population restante [à Dhar-El-Djebel] en raison du nombre de places limité offert la communauté internationale ».

    De fait, le HCR a enregistré près de 60 000 demandeurs d’asile en Libye, mais n’a pu en évacuer qu’environ 2 000 par an. La capacité de l’agence à évacuer des demandeurs d’asile de Libye dépend des offres des pays d’accueil, principalement européens. Les plus ouverts n’accueillent chaque année que quelques centaines des réfugiés bloqués en Libye. Les détenus de Dhar-El-Djebel le savent. Lors d’une de leurs manifestations, leurs slogans écrits à la sauce tomate visaient directement l’Europe : « Nous condamnons la politique de l’UE envers les réfugiés innocents détenus en Libye ».

    « L’Europe dit qu’elle nous renvoie en Libye pour notre propre sécurité, explique Gebray. Pourquoi ne nous laissent-ils pas mourir en mer, sans souffrance ? Cela vaut mieux que de nous laisser dépérir ici ».

    https://orientxxi.info/magazine/migrants-en-libye-les-oublies-de-l-exil,3460
    #Libye #asile #migrations #réfugiés #réfugiés_érythréens #santé #maladie #externalisation

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    Et pour la liste de @sinehebdo, deux nouveaux #mots : #Dollars et #Euros

    Les migrants érythréens sont particulièrement ciblés, car beaucoup de trafiquants libyens croient qu’ils peuvent compter sur l’aide d’une riche diaspora en Europe et en Amérique du Nord. « Nous sommes les plus pauvres, mais les Libyens pensent que nous sommes riches. Ils nous appellent Dollars et Euros », me raconte un autre migrant.

    #terminologie #vocabulaire

    • Libye : que se passe-t-il dans le « #centre_d’investigations » de #Tripoli ?

      La semaine dernière, environ 300 migrants interceptés en mer par les garde-côtes libyens ont été transférés dans le centre de #Sharah_Zawiya, au sud de la capitale libyenne. Ouvert depuis au moins un an – avec une fermeture de quelques mois fin 2019 – le lieu est depuis peu contrôlé par le #DCIM et accessible à l’Organisation internationale des migrations (#OIM).

      #Centre_de_détention « caché », #centre_de_transit ou centre « d’investigations » ? Le centre de Sharah Zawiya, dans le sud de Tripoli, est l’objet d’interrogations pour nombre d’observateurs des questions migratoires en Libye.

      Selon l’Organisation internationale des migrations (OIM), contactée par InfoMigrants, le lieu est supposé être un centre de transit : les migrants interceptés en mer sont envoyés dans cette structure afin d’y subir un interrogatoire avant leur transfert vers un centre de détention officiel.

      « Théoriquement, ils [les migrants] ne restent pas plus de 48 heures à Sharah Zawiya », précise l’OIM.

      « Je suis resté au moins trois mois dans ce centre »

      Or plusieurs migrants, avec qui InfoMigrants est en contact et qui sont passés par ce centre, affirment avoir été enfermés plus que deux jours et disent n’avoir jamais été interrogés. « Je suis resté au moins trois mois là-bas l’été dernier, avant de réussir à m’en échapper », indique Ali, un Guinéen de 18 ans qui vit toujours en Libye. « Durant toute cette période, on ne m’a posé aucune question ».

      Ce dernier explique qu’à leur arrivée, les gardiens dépouillent les migrants. « Ils prennent tout ce qu’on a, le plus souvent nos téléphones et de l’argent ». Ibrahim, un Guinéen de 17 ans qui a – lui aussi - réussi à s’échapper du centre ce week-end après avoir été intercepté en mer, raconte la même histoire. « Ils m’ont forcé à leur donner mon téléphone et les 100 euros que j’avais sur moi », soupire-t-il.

      Ali assure également que les Libyens demandent une #rançon pour sortir du centre, avoisinant les 3 000 dinars libyens (environ 1 950 euros). « Un monsieur, un Africain, nous amenait des téléphones pour qu’on contacte nos familles et qu’on leur demande de l’argent. Un autre, un Arabe, récupérait la somme due ». Il détaille également les #coups portés sur les migrants « sans aucune raison » et le #rationnement_de_la_nourriture – « un morceau de pain pour trois personnes le matin, et un plat de pâtes pour six le soir ».

      D’après des informations recueillies et vérifiées par InfoMigrants, le centre est ouvert depuis au moins un an et a fermé quelques mois fin 2019 avant de rouvrir la semaine dernière avec l’arrivée d’environ 300 migrants. Un changement de chefferie à la tête du centre serait à l’origine de cette fermeture temporaire.

      Changement d’organisation ?

      Ce changement de responsable a-t-il été accompagné d’un changement de fonctionnement ? Ali explique qu’il s’est enfui vers le mois d’octobre, après trois mois de détention, avec l’aide de l’ancienne équipe. « Les Libyens qui contrôlaient le centre nous ont dit de partir car un nouveau chef devait arriver. L’ancien et le nouveau responsable n’étaient d’ailleurs pas d’accord entre eux, à tel point que leurs équipes ont tirés les uns sur les autres pendant que nous prenions la fuite ».
      L’OIM signale de son côté n’avoir reçu l’autorisation d’entrer dans le centre que depuis la semaine dernière. « Avant, le lieu était géré par le ministère de l’Intérieur, mais depuis quelques jours c’est le DCIM [le département de lutte contre la migration illégale, NDLR] qui a repris le contrôle », explique l’agence onusienne à InfoMigrants.

      Ibrahim assure, lui, qu’aucune somme d’argent n’a été demandée par les gardiens pour quitter le centre. Les personnes interceptées en mer, mardi 18 février, ont en revanche été transférées samedi vers le centre de détention de #Zaouia, où une rançon de 2 000 dinars (environ 1 300 euros) leur a été réclamée pour pouvoir en sortir.
      Ce genre de centre n’est pas une exception en Libye, prévient une source qui souhaite garder l’anonymat. « Il existe d’autres centres de ce type en Libye où on ne sait pas vraiment ce qu’il s’y passe. Et de toute façon, #centre_d’investigation, de transit ou de détention c’est pareil. Les migrants y sont toujours détenus de manière arbitraire pour une période indéfinie ».

      https://www.infomigrants.net/fr/post/22991/libye-que-se-passe-t-il-dans-le-centre-d-investigations-de-tripoli
      #Zawiya #IOM #détention

    • Making misery pay : Libya militias take EU funds for migrants

      When the European Union started funneling millions of euros into Libya to slow the tide of migrants crossing the Mediterranean, the money came with EU promises to improve detention centers notorious for abuse and fight human trafficking.

      That hasn’t happened. Instead, the misery of migrants in Libya has spawned a thriving and highly lucrative web of businesses funded in part by the EU and enabled by the United Nations, an Associated Press investigation has found.

      The EU has sent more than 327.9 million euros to Libya (https://ec.europa.eu/trustfundforafrica/region/north-africa/libya), with an additional 41 million approved in early December (https://ec.europa.eu/trustfundforafrica/all-news-and-stories/new-actions-almost-eu150-million-tackle-human-smuggling-protect-vulnerable), largely channeled through U.N. agencies. The AP found that in a country without a functioning government, huge sums of European money have been diverted to intertwined networks of militiamen, traffickers and coast guard members who exploit migrants. In some cases, U.N. officials knew militia networks were getting the money, according to internal emails.

      The militias torture, extort and otherwise abuse migrants for ransoms in detention centers under the nose of the U.N., often in compounds that receive millions in European money, the AP investigation showed. Many migrants also simply disappear from detention centers, sold to traffickers or to other centers.

      The same militias conspire with some members of Libyan coast guard units. The coast guard gets training and equipment from Europe to keep migrants away from its shores. But coast guard members return some migrants to the detention centers under deals with militias, the AP found, and receive bribes to let others pass en route to Europe.

      The militias involved in abuse and trafficking also skim off European funds given through the U.N. to feed and otherwise help migrants, who go hungry. For example, millions of euros in U.N. food contracts were under negotiation with a company controlled by a militia leader, even as other U.N. teams raised alarms about starvation in his detention center, according to emails obtained by the AP and interviews with at least a half-dozen Libyan officials.

      In many cases, the money goes to neighboring Tunisia to be laundered, and then flows back to the militias in Libya.

      The story of Prudence Aimée and her family shows how migrants are exploited at every stage of their journey through Libya.

      Aimée left Cameroon in 2015, and when her family heard nothing from her for a year, they thought she was dead. But she was in detention and incommunicado. In nine months at the Abu Salim detention center, she told the AP, she saw “European Union milk” and diapers delivered by U.N.staff pilfered before they could reach migrant children, including her toddler son. Aimée herself would spend two days at a time without food or drink, she said.

      In 2017, an Arab man came looking for her with a photo of her on his phone.

      “They called my family and told them they had found me,” she said. “That’s when my family sent money.” Weeping, Aimée said her family paid a ransom equivalent of $670 to get her out of the center. She could not say who got the money.

      She was moved to an informal warehouse and eventually sold to yet another detention center, where yet another ransom — $750 this time — had to be raised from her family. Her captors finally released the young mother, who got on a boat that made it past the coast guard patrol, after her husband paid $850 for the passage. A European humanitarian ship rescued Aimée, but her husband remains in Libya.

      Aimée was one of more than 50 migrants interviewed by the AP at sea, in Europe, Tunisia and Rwanda, and in furtive messages from inside detention centers in Libya. Journalists also spoke with Libyan government officials, aid workers and businessmen in Tripoli, obtained internal U.N. emails and analyzed budget documents and contracts.

      The issue of migration has convulsed Europe since the influx of more than a million people in 2015 and 2016, fleeing violence and poverty in the Mideast, Afghanistan and Africa. In 2015, the European Union set up a fund intended to curb migration from Africa, from which money is sent to Libya. The EU gives the money mainly through the U.N.’s International Organization for Migration (IOM) and the High Commissioner for Refugees. (UNHCR).

      But Libya is plagued by corruption and caught in a civil war. The west, including the capital Tripoli, is ruled by a U.N.-brokered government, while the east is ruled by another government supported by army commander Khalifa Hifter. The chaos is ideal for profiteers making money off migrants.

      The EU’s own documents show it was aware of the dangers of effectively outsourcing its migration crisis to Libya. Budget documents from as early as 2017 for a 90 million euro (https://ec.europa.eu/trustfundforafrica/sites/euetfa/files/t05-eutf-noa-ly-03.pdf) outlay warned of a medium-to-high risk that Europe’s support would lead to more human rights violations against migrants, and that the Libyan government would deny access to detention centers. A recent EU assessment (https://ec.europa.eu/trustfundforafrica/sites/euetfa/files/risk_register_eutf_0.pdf) found the world was likely to get the “wrong perception” that European money could be seen as supporting abuse.

      Despite the roles they play in the detention system in Libya, both the EU and the U.N. say they want the centers closed. In a statement to the AP, the EU said that under international law, it is not responsible for what goes on inside the centers.

      “Libyan authorities have to provide the detained refugees and migrants with adequate and quality food while ensuring that conditions in detention centers uphold international agreed standards,” the statement said.

      The EU also says more than half of the money in its fund for Africa is used to help and protect migrants, and that it relies on the U.N. to spend the money wisely.

      The U.N. said the situation in Libya is highly complex, and it has to work with whoever runs the detention centers to preserve access to vulnerable migrants.

      “UNHCR does not choose its counterparts,” said Charlie Yaxley, a spokesman for the U.N. refugee agency. “Some presumably also have allegiances with local militias.”

      After two weeks of being questioned by the AP, UNHCR said it would change its policy on awarding of food and aid contracts for migrants through intermediaries.

      “Due in part to the escalating conflict in Tripoli and the possible risk to the integrity of UNHCR’s programme, UNHCR decided to contract directly for these services from 1 January 2020,” Yaxley said.

      Julien Raickman, who until recently was the Libya mission chief for the aid group Médecins Sans Frontières, also known as Doctors Without Borders, believes the problem starts with Europe’s unwillingness to deal with the politics of migration.

      “If you were to treat dogs in Europe the way these people are treated, it would be considered a societal problem,” he said.

      EXTORTION INSIDE THE DETENTION CENTERS

      About 5,000 migrants in Libya are crowded into between 16 and 23 detention centers at any given time, depending on who is counting and when. Most are concentrated in the west, where the militias are more powerful than the weak U.N.-backed government.

      Aid intended for migrants helps support the al-Nasr Martyrs detention center, named for the militia that controls it, in the western coastal town of Zawiya. The U.N. migration agency, the IOM, keeps a temporary office there for medical checks of migrants, and its staff and that of the UNHCR visit the compound regularly.

      Yet migrants at the center are tortured for ransoms to be freed and trafficked for more money, only to be intercepted at sea by the coast guard and brought back to the center, according to more than a dozen migrants, Libyan aid workers, Libyan officials and European human rights groups. A UNHCR report in late 2018 noted the allegations as well, and the head of the militia, Mohammed Kachlaf, is under U.N. sanctions (https://www.un.org/securitycouncil/sanctions/1970/materials/summaries/individual/mohammed-kachlaf) for human trafficking. Kachlaf, other militia leaders named by the AP and the Libyan coast guard all did not respond to requests for comment.

      Many migrants recalled being cut, shot and whipped with electrified hoses and wooden boards. They also heard the screams of others emerging from the cell blocks off-limits to U.N. aid workers.

      Families back home are made to listen during the torture to get them to pay, or are sent videos afterward.

      Eric Boakye, a Ghanaian, was locked in the al-Nasr Martyrs center twice, both times after he was intercepted at sea, most recently around three years ago. The first time, his jailers simply took the money on him and set him free. He tried again to cross and was again picked up by the coast guard and returned to his jailers.

      “They cut me with a knife on my back and beat me with sticks,” he said, lifting his shirt to show the scars lining his back. “Each and every day they beat us to call our family and send money.” The new price for freedom: Around $2,000.

      That was more than his family could scrape together. Boakye finally managed to escape. He worked small jobs for some time to save money, then tried to cross again. On his fourth try, he was picked up by the Ocean Viking humanitarian ship to be taken to Italy. In all, Boakye had paid $4,300 to get out of Libya.

      Fathi al-Far, the head of the al-Nasr International Relief and Development agency, which operates at the center and has ties to the militia, denied that migrants are mistreated. He blamed “misinformation” on migrants who blew things out of proportion in an attempt to get asylum.

      “I am not saying it’s paradise — we have people who have never worked before with the migrants, they are not trained,” he said. But he called the al-Nasr Martyrs detention center “the most beautiful in the country.”

      At least five former detainees showed an AP journalist scars from their injuries at the center, which they said were inflicted by guards or ransom seekers making demands to their families. One man had bullet wounds to both feet, and another had cuts on his back from a sharp blade. All said they had to pay to get out.

      Five to seven people are freed every day after they pay anywhere from $1,800 to $8,500 each, the former migrants said. At al-Nasr, they said, the militia gets around $14,000 every day from ransoms; at Tarik al-Sikka, a detention center in Tripoli, it was closer to $17,000 a day, they said. They based their estimates on what they and others detained with them had paid, by scraping together money from family and friends.

      The militias also make money from selling groups of migrants, who then often simply disappear from a center. An analysis commissioned by the EU and released earlier this month by the Global Initiative Against Transnational Organized Crime (https://globalinitiative.net/migrant-detention-libya) noted that the detention centers profit by selling migrants among themselves and to traffickers, as well as into prostitution and forced labor.

      Hundreds of migrants this year who were intercepted at sea and taken to detention centers had vanished by the time international aid groups visited, according to Médecins Sans Frontières. There’s no way to tell where they went, but MSF suspects they were sold to another detention center or to traffickers.

      A former guard at the Khoms center acknowledged to the AP that migrants often were seized in large numbers by men armed with anti-aircraft guns and RPGs. He said he couldn’t keep his colleagues from abusing the migrants or traffickers from taking them out of the center.

      “I don’t want to remember what happened,” he said. The IOM was present at Khoms, he noted, but the center closed last year.

      A man who remains detained at the al-Nasr Martyrs center said Libyans frequently arrive in the middle of the night to take people. Twice this fall, he said, they tried to load a group of mostly women into a small convoy of vehicles but failed because the center’s detainees revolted.

      Fighting engulfed Zawiya last week, but migrants remained locked inside the al-Nasr Martyrs center, which is also being used for weapons storage.

      TRAFFICKING AND INTERCEPTION AT SEA

      Even when migrants pay to be released from the detention centers, they are rarely free. Instead, the militias sell them to traffickers, who promise to take them across the Mediterranean to Europe for a further fee. These traffickers work hand in hand with some coast guard members, the AP found.

      The Libyan coast guard is supported by both the U.N. and the EU. The IOM highlights (https://libya.iom.int/rescue-sea-support) its cooperation with the coast guard on its Libya home page. Europe has spent more than 90 million euros since 2017 for training and faster boats for the Libyan coast guard to stop migrants from ending up in Europe.

      This fall, Italy renewed a memorandum of understanding with Libya to support the coast guard with training and vessels, and it delivered 10 new speedboats to Libya in November.

      In internal documents obtained in September by the European watchdog group Statewatch, the European Council described the coast guard as “operating effectively, thus confirming the process achieved over the past three years” (http://www.statewatch.org/news/2019/sep/eu-council-libya-11538-19.pdf). The Libyan coast guard says it intercepted nearly 9,000 people in 2019 en route to Europe and returned them to Libya this year, after quietly extending its coastal rescue zone 100 miles offshore with European encouragement.

      What’s unclear is how often militias paid the coast guard to intercept these people and bring them back to the detention centers — the business more than a dozen migrants described at the al-Nasr Martyrs facility in Zawiya.

      The coast guard unit at Zawiya is commanded by Abdel-Rahman Milad, who has sanctions against him for human trafficking by the U.N.’s Security Council. Yet when his men intercept boats carrying migrants, they contact U.N. staff at disembarkation points for cursory medical checks.

      Despite the sanctions and an arrest warrant against him, Milad remains free because he has the support of the al-Nasr militia. In 2017, before the sanctions, Milad was even flown to Rome, along with a militia leader, Mohammed al-Khoja, as part of a Libyan delegation for a U.N.-sponsored migration meeting. In response to the sanctions, Milad denied any links to human smuggling and said traffickers wear uniforms similar to those of his men.

      Migrants named at least two other operations along the coast, at Zuwara and Tripoli, that they said operated along the same lines as Milad’s. Neither center responded to requests for comment.

      The U.N.’s International Organization for Migration acknowledged to the AP that it has to work with partners who might have contacts with local militias.

      “Without those contacts it would be impossible to operate in those areas and for IOM to provide support services to migrants and the local population,” said IOM spokeswoman Safa Msehli. “Failure to provide that support would have compounded the misery of hundreds of men, women and children.”

      The story of Abdullah, a Sudanese man who made two attempts to flee Libya, shows just how lucrative the cycle of trafficking and interception really is.

      All told, the group of 47 in his first crossing from Tripoli over a year ago had paid a uniformed Libyan and his cronies $127,000 in a mix of dollars, euros and Libyan dinars for the chance to leave their detention center and cross in two boats. They were intercepted in a coast guard boat by the same uniformed Libyan, shaken down for their cell phones and more money, and tossed back into detention.

      “We talked to him and asked him, why did you let us out and then arrest us?” said Abdullah, who asked that only his first name be used because he was afraid of retaliation. “He beat two of us who brought it up.”

      Abdullah later ended up in the al-Nasr Martyrs detention center, where he learned the new price list for release and an attempted crossing based on nationality: Ethiopians, $5,000; Somalis $6,800; Moroccans and Egyptians, $8,100; and finally Bangladeshis, a minimum $18,500. Across the board, women pay more.

      Abdullah scraped together another ransom payment and another crossing fee. Last July, he and 18 others paid $48,000 in total for a boat with a malfunctioning engine that sputtered to a stop within hours.

      After a few days stuck at sea off the Libyan coast under a sweltering sun, they threw a dead man overboard and waited for their own lives to end. Instead, they were rescued on their ninth day at sea by Tunisian fishermen, who took them back to Tunisia.

      “There are only three ways out of the prison: You escape, you pay ransom, or you die,” Abdullah said, referring to the detention center.

      In all, Abdullah spent a total of $3,300 to leave Libya’s detention centers and take to the sea. He ended up barely 100 miles away.

      Sometimes members of the coast guard make money by doing exactly what the EU wants them to prevent: Letting migrants cross, according to Tarik Lamloum, the head of the Libyan human rights organization Beladi. Traffickers pay the coast guard a bribe of around $10,000 per boat that is allowed to pass, with around five to six boats launching at a time when conditions are favorable, he said.

      The head of Libya’s Department for Combating Irregular Migration or DCIM, the agency responsible for the detention centers under the Ministry of Interior, acknowledged corruption and collusion among the militias and the coast guard and traffickers, and even within the government itself.

      “They are in bed with them, as well as people from my own agency,” said Al Mabrouk Abdel-Hafez.

      SKIMMING PROFITS

      Beyond the direct abuse of migrants, the militia network also profits by siphoning off money from EU funds sent for their food and security — even those earmarked for a U.N.-run migrant center, according to more than a dozen officials and aid workers in Libya and Tunisia, as well as internal U.N. emails and meeting minutes seen by The Associated Press.

      An audit in May of the UNHCR (https://oios.un.org/audit-reports, the U.N. refugee agency responsible for the center, found a lack of oversight and accountability at nearly all levels of spending in the Libya mission. The audit identified inexplicable payments in American dollars to Libyan firms and deliveries of goods that were never verified.

      In December 2018, during the period reviewed in the audit, the U.N. launched its migrant center in Tripoli (https://www.unhcr.org/news/press/2018/12/5c09033a4/first-group-refugees-evacuated-new-departure-facility-libya.html), known as the #Gathering_and_Departure_Facility or #GDF, as an “ alternative to detention” (https://apnews.com/7e72689f44e45dd17aa0a3ee53ed3c03). For the recipients of the services contracts, sent through the Libyan government agency LibAid, it was a windfall.

      Millions of euros in contracts for food (https://apnews.com/e4c68dae65a84c519253f69c817a58ec) and migrant aid went to at least one company linked to al-Khoja, the militia leader flown to Rome for the U.N. migration meeting, according to internal U.N. emails seen by the AP, two senior Libyan officials and an international aid worker. Al-Khoja is also the deputy head of the DCIM, the government agency responsible for the detention centers.

      One of the Libyan officials saw the multimillion-euro catering contract with a company named Ard al-Watan, or The Land of the Nation, which al-Khoja controls.

      “We feel like this is al-Khoja’s fiefdom. He controls everything. He shuts the doors and he opens the doors,” said the official, a former employee at the U.N. center who like other Libyan officials spoke anonymously out of fear for his safety. He said al-Khoja used sections of the U.N. center to train his militia fighters and built a luxury apartment inside.

      Even as the contracts for the U.N. center were negotiated, Libyan officials said, three Libyan government agencies were investigating al-Khoja in connection with the disappearance of $570 million from government spending allocated to feed migrants in detention centers in the west.

      At the time, al-Khoja already ran another center for migrants, Tarik al-Sikka, notorious for abuses including beating, hard labor and a massive ransom scheme. Tekila, an Eritrean refugee, said that for two years at Tarik al-Sikka, he and other migrants lived on macaroni, even after he was among 25 people who came down with tuberculosis, a disease exacerbated by malnutrition. Tekila asked that only his first name be used for his safety.

      “When there is little food, there is no choice but to go to sleep,” he said.

      Despite internal U.N. emails warning of severe malnutrition inside Tarik al-Sikka, U.N. officials in February and March 2018 repeatedly visited the detention center to negotiate the future opening of the GDF. AP saw emails confirming that by July 2018, the UNHCR’s chief of mission was notified that companies controlled by al-Khoja’s militia would receive subcontracts for services.

      Yaxley, the spokesman for UNHCR, emphasized that the officials the agency works with are “all under the authority of the Ministry of Interior.” He said UNHCR monitors expenses to make sure its standard rules are followed, and may withhold payments otherwise.

      A senior official at LibAid, the Libyan government agency that managed the center with the U.N., said the contracts are worth at least $7 million for catering, cleaning and security, and 30 out of the 65 LibAid staff were essentially ghost employees who showed up on the payroll, sight unseen.

      The U.N. center was “a treasure trove,” the senior Libaid official lamented. “There was no way you could operate while being surrounded by Tripoli militias. It was a big gamble.”

      An internal U.N. communication from early 2019 shows it was aware of the problem. The note found a high risk that food for the U.N. center was being diverted to militias, given the amount budgeted compared to the amount migrants were eating.

      In general, around 50 dinars a day, or $35, is budgeted per detainee for food and other essentials for all centers, according to two Libyan officials, two owners of food catering companies and an international aid worker. Of that, only around 2 dinars is actually spent on meals, according to their rough calculations and migrants’ descriptions.

      Despite the investigations into al-Khoja, Tarik al-Sikka and another detention center shared a 996,000-euro grant from the EU and Italy in February.

      At the Zawiya center, emergency goods delivered by U.N. agencies ended up redistributed “half for the prisoners, half for the workers,” said Orobosa Bright, a Nigerian who endured three stints there for a total of 11 months. Many of the goods end up on Libya’s black market as well, Libyan officials and international aid workers say.

      IOM’s spokeswoman said “aid diversion is a reality” in Libya and beyond, and that the agency does its best. Msehli said if it happens regularly, IOM will be forced to re-evaluate its supports to detention centers “despite our awareness that any reduction in this lifesaving assistance will add to the misery of migrants.”

      Despite the corruption, the detention system in Libya is still expanding in places, with money from Europe. At a detention center in Sabaa where migrants are already going hungry, they were forced to build yet another wing funded by the Italian government, said Lamloum, the Libyan aid worker. The Italian government did not respond to a request for comment.

      Lamloum sent a photo of the new prison. It has no windows.

      TUNISIA LAUNDERING

      The money earned off the suffering of migrants is whitewashed in money laundering operations in Tunisia, Libya’s neighbor.

      In the town of Ben Gardane, dozens of money-changing stalls transform Libyan dinars, dollars and euros into Tunisian currency before the money continues on its way to the capital, Tunis. Even Libyans without residency can open a bank account.

      Tunisia also offers another opportunity for militia networks to make money off European funds earmarked for migrants. Because of Libya’s dysfunctional banking system, where cash is scarce and militias control accounts, international organizations give contracts, usually in dollars, to Libyan organizations with bank accounts in Tunisia. The vendors compound the money on Libya’s black-market exchange, which ranges between 4 and 9 times greater than the official rate.

      Libya’s government handed over more than 100 files to Tunisia earlier this year listing companies under investigation for fraud and money laundering.

      The companies largely involve militia warlords and politicians, according to Nadia Saadi, a manager at the Tunisian anti-corruption authority. The laundering involves cash payments for real estate, falsified customs documents and faked bills for fictitious companies.

      “All in all, Libya is run by militias,” said a senior Libyan judicial official, who spoke on condition of anonymity for fear of risking his life. “Whatever governments say, and whatever uniform they wear, or stickers they put....this is the bottom line.”

      Husni Bey, a prominent businessman in Libya, said the idea of Europe sending aid money to Libya, a once-wealthy country suffering from corruption, was ill-conceived from the beginning.

      “Europe wants to buy those who can stop smuggling with all of these programs,” Bey said. “They would be much better off blacklisting the names of those involved in human trafficking, fuel and drug smuggling and charging them with crimes, instead of giving them money.”

      https://apnews.com/9d9e8d668ae4b73a336a636a86bdf27f

  • A propos des tremblements déters en Amérindies du Sud, au travers des traductions de textes & prises de paroles de féministes indigènes :

    Les veines ouvertes de l’Amérique du SUD
    https://nantes.indymedia.org/articles/47363

    Nous, Femmes autochtones du monde, nous devons nous unir et nous battre avec spiritualité et sagesse, car c’est seulement ainsi que nous gagnerons.
    /.../
    La #plurinationalité des territoires n’a pas besoin d’autorisation pour exister. Abattons les #frontières, la solidarité va s’étendre sans barrières. Ni le pouvoir des Églises ni celui des militaires n’arrêteront la lutte pour une vie juste, digne et diverse dans chaque territoire.

    +

    À propos des évènements en cours en #Bolivie / Cette conjoncture nous offre une grande leçon contre le triomphalisme. Participation de Silvia Rivera Cusicanqui au Parlement des femmes de La Paz, à La Paz, en Bolivie, le 12 novembre 2019
    https://portapluma.blogspot.com/2019/11/a-propos-des-evenements-en-cours-en.html

    Je ne crois en aucune des deux hypothèses qui ont été présentées. Le triomphalisme qui dit qu’avec la chute de Evo nous avons retrouvé la démocratie me paraît excessif, une analyse qui vise à côté.
    /.../
    La seconde fausse hypothèse, qui me semble à moi hautement dangereuse, c’est celle du #coup_d’État, qui ne cherche qu’à légitimer, tout entier, avec le paquet et tout, enveloppé de cellophane, tout le gouvernement de #Evo_Morales dans ses moments d’abâtardissement les plus forts.

    Et ce passage ô combien important pour la compréhension :

    Il a fait croire que nous étions face à un gouvernement révolutionnaire dans le style cubain, mais nous engueulait pour les nostalgies gauchistes d’un groupe de machos qui ne sont pas seulement les #machos de Camacho, mais aussi les machos gauchistes, misogynes, qui nous traitent comme chair à canon et comme chair à hameçon afin de créer leurs réseaux de perversion des secteurs populaires.

    + lire aussi

    "Le coup d’État en Bolivie est raciste, patriarcal, ecclésiastique et économique" / “El golpe de Estado en Bolivia es racista, patriarcal, eclesiástico y empresarial”
    source : https://www.pagina12.com.ar/230580-el-golpe-de-estado-en-bolivia-es-racista-patriarcal-eclesias

    traduction de l’intro :

    #Adriana_Guzmán représente le #féminisme #communautaire antipatriarcal de Bolivie et les féministes d’Abya Yala. Elle s’est reconnue dans cette lutte avec d’autres compagnes de la guerre du gaz en 2003, raison pour laquelle elle dit souvent qu’elle a appris dans la rue ce qu’était le #patriarcat et pourquoi le #féminisme était un outil fondamental pour la création d’autres modes de vie. À l’heure actuelle, elle résiste aux progrès des #milices qui ont célébré, sur la place publique l’incinération du #Whipala, le drapeau des peuples #indigènes, geste de violence symbolique tel qu’il est difficile de le nommer sans se déchirer le cœur. Dans ce dialogue, elle définit le coup d’État, appelle à y faire face et à soutenir les actions de la Résistance.

  • Dalla Libia «libero» contrabbando di petrolio delle milizie verso l’Ue

    Prima puntata sulle esportazioni illegali di petrolio dalla Libia: giro di affari di 750 milioni. Tripoli ridimensiona il peso delle «intese segrete» con Malta sui respingimenti dei migranti.

    Un patto segreto tra Malta e Libia grazie al quale le forze armate maltesi si coordinerebbero con la guardia costiera libica per intercettare i migranti e respingerli in Libia. Paese che «sulla base delle attuali condizioni non può essere considerato un porto sicuro», ha ribadito la portavoce della Commissione europea, Mina Andreeva.

    La Valletta non smentisce il negoziato. Tripoli prova a ridimensionare, parlando semmai di «cooperazione trasparente» e tirando in ballo anche «Italia e gli altri Paesi Ue».

    Un nuovo caso, mentre vanno emergendo altre indicibili intese: esseri umani da tenere in catene, in cambio della libera circolazione del petrolio di contrabbando. Il giornale Times of Malta ha pubblicato alcune foto che mostrerebbero alcuni incontri riservati in vista di un accordo di «mutua cooperazione» siglato tra l’esercito de LaValletta e la cosiddetta Guardia costiera libica, con il funzionario governativo Neville Gafà, accusato in precedenza di comportamenti illeciti e controversi, tra cui, ricorda il giornale maltese, legami con un leader delle milizie libiche che gestisce estorsioni e centri di detenzione non ufficiali.

    «Abbiamo raggiunto – ha detto al quotidiano una fonte maltese – quello che potreste chiamare un’intesa con i libici: quando c’è una nave diretta verso le nostre acque, le forze armate maltesi si coordinano con i libici che la prendono e la riportano in Libia prima che entri nelle nostre acque e diventi nostra responsabilità», ha dichiarato una fonte a Times of Malta.

    Ma i misteri libici non si fermano al traffico di persone. Il capo della #Noc, la compagnia nazionale petrolifera di Tripoli, continua a denunciare il furto di idrocarburi. Mustafa Sanalla, ha ripetutamente stimato in almeno 750 milioni di euro annuali il valore dei prodotti petroliferi trafugati ed esportati illegalmente all’estero. Furti che avvengono alla luce del sole. Solo nei dodici mesi tra giugno 2015 e 2016 sarebbero arrivati in Italia e poi immessi in Paesi come la Spagna oltre 82 milioni di chili di gasolio di contrabbando, per un valore d’acquisto pari a circa 27 milioni di euro, a fronte di un valore industriale di mercato pari a oltre 50 milioni. Solo la punta dell’iceberg, grazie al gioco delle tre scimmiette praticato dai governi Ue che hanno abbandonato il mare lasciando campo libero ai trafficanti di esseri umani che hanno allargato il giro d’affari trasformandosi anche nella principale multinazionale del contrabbando.

    Il principale centro di approvigionamento è la ’#Azzawiya_Oil_Refinery_Company', la più grande raffineria statale controllata dalla Noc. A impedire i furti di petrolio dovrebbe pensarci la divisione di Zawyah della #Petroleum_facility_guard (#Pfg). Ma l’esercito privato incaricato di vigilare risponde agli ordini del clan guidato dai fratelli #Koshlaf, i veri datori di lavoro di #Abdurhaman_al-Milad, quel #Bija che nel maggio del 2017 era in Italia durante quella che egli stesso ha definito «lunga trattativa» e che nonostante i provvedimenti Onu, con le accuse di essere uno dei boss del traffico di esseri umani, è stato riconfermato alla guida dei guardacoste di Zawyah.

    Nei giorni scorsi Euronews ha pubblicato, senza riceverne alcuna smentita, la notizia secondo cui sarebbero 236 i vascelli cisterna a disposizione dei ladri di gasolio. Un vero intrigo internazionale: a settembre il governo maltese ha chiesto a Mosca di non porre il veto alla richiesta di sanzioni proposte dal Consiglio di sicurezza Onu per bloccare ovunque nel mondo i beni dei membri dell’organizzazione di maltesi, libici e italiani indagati nel 2017 nell’operazione “#Dirty_Oil” della procura di Catania. Tra questi alcuni mediatori considerati vicini al più potente clan mafioso della Sicilia orientale: la famiglia #Santapaola-Ercolano.

    https://www.avvenire.it/attualita/pagine/affari-accordi-e-migranti-ma-la-libia-non-sicura
    #Libye #exportation #pétrole #milices #UE #EU #contrebande #raffinerie #mafia

    ping @albertocampiphoto

  • Un partisan de #Joumblatt participant aux manifestations anti gouvernementales (gouvernement dont fait partie Joumblatt), a été tué à Khaldé à la sortie de Beyrouth vers le Sud-Liban

    L’homme blessé à Khaldé est décédé
    https://libnanews.com/lhomme-blesse-a-khalde-est-decede

    Abou Fakher qui se trouvait avec sa femme et son fils au niveau de la route bloquée à Khaldé, a vu une voiture aux vitres fumées tentant de passer au niveau de la route bloquée. Il a tenté d’arrêter la voiture en hurlant, un homme en tenue militaire est descendu de la voiture, a tiré deux balles, dont une aurait touché Abou Fakher au niveau du crâne.

  • #Afghanistan : CIA-Backed Forces Commit Atrocities | Human Rights Watch
    https://www.hrw.org/news/2019/10/31/afghanistan-cia-backed-forces-commit-atrocities
    https://www.hrw.org/sites/default/files/styles/open_graph/public/multimedia_images_2019/201910asia_afghanistan_main.jpg?itok=gOMF4dVc

    Ces #milices ne sont pas simplement « appuyées » par les #états-unis, ces derniers participent à leurs #atrocités.

    “[...] the CIA has enabled abusive Afghan forces to commit atrocities including extrajudicial executions and disappearances,” said Patricia Gossman, associate Asia director and author of the report. “In case after case, these forces have simply shot people in their custody and consigned entire communities to the terror of abusive night raids and indiscriminate airstrikes.”

    [...]

    Night raids have often been accompanied by airstrikes that have indiscriminately or disproportionately killed Afghan civilians. The dramatic increase in civilian casualties from US air operations over the past year may reflect changes to tactical directives eliminating measures that had formerly reduced civilian harm, including limitations on striking residential buildings. The US and Afghan governments have not adequately investigated alleged unlawful airstrikes in Afghanistan. In one case Human Rights Watch investigated, an airstrike called in by strike forces in Nangarhar killed at least 13 civilian members of two families, including several children.

    Afghanistan : HRW dénonce des #crimes paramilitaires soutenus par la CIA - Asie-Pacifique - RFI
    http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20191031-afghanistan-hrw-crimes-paramilitaires-cia

    L’ONG HRW précise que les forces paramilitaires afghanes ont été recrutées, entraînées et équipées par la CIA. Leurs liens étroits dateraient des années 1980, lorsque la CIA équipait les rebelles afghans et les moudjahidines contre les troupes soviétiques.

    #combattants_de_la_liberté #propagande

  • Après les #milices qui surveillent les #frontières en #Hongrie, #Bulgarie, #République_Tchèque :
    https://seenthis.net/messages/719995

    ... voici le même type de groupes en #Slovénie...
    Vigilantes in Slovenia patrol borders to keep out migrants

    Blaz Zidar has a mission: patrol along a razor-wire fence on Slovenia’s border with Croatia, catch migrants trying to climb over, hand them to police and make sure they are swiftly sent out of the country.

    The 47-year-old former Slovenian army soldier, dressed in camouflage trousers with a long knife hanging from his belt, is one of the vigilantes who call themselves “home guards” — a mushrooming anti-migrant movement that was until recently unthinkable in the traditionally liberal Alpine state. The name of the self-styled group evokes memories of the militia that sided with fascists during World War II.

    “I would prefer to enjoy my retirement peacefully, but security reasons are preventing this,” Zidar said as he embarked on yet another of his daily foot patrols together with his wife near their home village of Radovica nestled idyllically among vineyards and lush green forested hills.

    Zidar complained that he had to act because Slovenian police aren’t doing their job of guarding the borders from the migrant flow which peaked in 2015 when hundreds of thousands of refugees from the Middle East, Africa and Asia, fleeing wars and poverty, crossed from Greece, Bulgaria, Serbia and Macedonia via Hungary or Croatia and Slovenia toward more prosperous Western European states.

    Zidar said that his six children often join them in the border monitoring mission “because they have to learn how to protect their nation from intruders.”

    Slovenia’s volunteer guards illustrate strong anti-migrant sentiments not only in the small European Union nation of 2 million people, but also across central and eastern Europe which is a doorway into Western Europe for migrants and where countries such as Hungary have faced criticism for open anti-migrant policies. Similar right-wing guards that frequently attacked migrants crossing the borders previously openly operated in Hungary and Bulgaria.

    Police in Croatia — an EU member state that is still not part of the borderless EU travel zone — routinely face accusations of pushbacks and violence against migrants trying to come in from Bosnia. In Slovenia, the authorities are putting up additional fences on the border with Croatia after Italy’s former hard-line interior minister, Matteo Salvini, threatened “physical barriers” would be built between Slovenia and Italy if the migrant flow wasn’t completely stopped.

    The fiery anti-migrant rhetoric by Salvini and Hungarian President Victor Orban, who was the first to order fences on Hungary’s border with Serbia at the start of the migrant crisis, have resonated among some in Slovenia, an exceptionally calm, nature-loving country.

    Miha Kovac, a Slovenian political analyst who is a professor at the University of Ljubljana, described the anti-migrant guards as “guys with big beer bellies who don’t have much of an education, who didn’t have much of a career, who don’t know what to do with themselves in the contemporary world.

    “They find their meaning in this kind of movement and this kind of hatred toward migrants.”

    Kovac said that in the short run, the right-wing groups represent no real danger to the tiny EU nation. But if the European migrant crisis continues “this kind of movement might become more aggressive.”

    https://www.youtube.com/watch?v=zte9nDFcACY

    “Slovenia is a country of 2 million and if you would become a kind of immigrant pocket with the population of ... 20, 30, 40, 50,000 immigrants, this could cause quite significant problems,” Kovac said.

    Slovenian authorities don’t seem to mind the self-styled guards patrolling the country’s borders, as long as they don’t do anything against the law.

    “The self-organization of individuals does not in any way imply mistrust of police work,” said France Bozicnik, the head of criminal police at a police station near the border. “It’s just the opposite.”

    “People call us on the phone every day and give us information about suspicious vehicles and suspicious persons, and we sincerely thank them for this information,” he said. “They are welcome to continue with this reporting.”

    Nevertheless, the images of masked men in military uniforms that appeared about a year ago have shocked many in Slovenia, the birthplace of U.S. first lady Melania Trump. The largest volunteer group called the Stajerska Garda was filmed taking an oath to secure public order in the country.

    The group commander, Andrej Sisko, said his goal is “to train people to defend their country and help the military and police at a time of massive migrations from the African and Asian states, mostly Muslims.”


    Sisko, who spent six months in prison for his paramilitary activities, insisted that his guards don’t carry real weapons or do anything illegal.

    “People are mostly supporting us, they are stopping and congratulating us on the streets,” Sisko said in an interview with The Associated Press as four of his men in camouflage uniforms, wearing genuine-looking mock guns, stood watch at his house in the suburb of the northern Slovenian town of #Maribor.

    With the continuing migrant flow in the region, human rights groups have accused authorities in Slovenia, Serbia, Greece, Hungary and particularly Croatia of illegal and forced pushbacks from their borders.

    Witnesses cited by the Border Violence Monitoring Network described Croatian police officers at the border with Bosnia burning clothes, sleeping bags, backpacks and tents in addition to targeting other possessions such as cellphones, cash and personal documents. Croatian officials have repeatedly denied the claims.

    “The police first attacked by shooting up in the air, and then they ordered us to lay down,” said Shabbir Ahmed Mian from Pakistan, adding that after police body searches they “pushed” the group of 15 that included women, children and the elderly into a small van that dumped them back to Bosnia.

    “We couldn’t breathe, there was no oxygen,” he said.

    https://www.apnews.com/57424e6bf60046e594b4c052bac86b6c

    #Stajerska_Garda #Andrey_Sisko
    #asile #migrations #réfugiés #xénophobie #racisme #patrouilles #chasse_aux_migrants #anti-réfugiés #milices #milices_privées #extrême_droite #néo-nazis

    ping @reka @isskein @marty

    • Nouvelle reçu via le rapport « Border violence monitoring network - Balkan Region » de septembre 2019 (p. 13 et segg.) :
      https://www.borderviolence.eu/balkan-region-report-september-2019

      Extrait :

      SloveniaVigilante groups patrol the Slovenian border with CroatiaOn September 17th the Associated Press reported (https://www.apnews.com/57424e6bf60046e594b4c052bac86b6c) on the alarming activities of a Slovenian para-military group called “#Stajerska_Varda”, operating along the border with Croatia. Members of the group are reportedly taking part in vigilante activities, apprehending people-in-transit who try to cross the border, and calling the police to push them back. Until now the groups’ members have not been observed carrying out any violent actions, but their rise in numbers and presence on the border is deeply concerning. A video (https://www.youtube.com/watch?v=m2KOSTXp4fA

      ) from October 2018 shows a large number of armed people taking an oath nearMaribor, stating their intent to take border security into their own hands.

      Andrey Sisko, the leader of the far-right group, confirmed that at that time the militia had existed for longer than a year. Sisko himself was arrested and detained (https://www.total-slovenia-news.com/politics/3328-militia-leader-jailed-for-trying-to-subvert-the-constituti) for six months with the charge of “trying to subvert the constitutional order”. He was released in March. The open activities of far-right groups at the border are a telling development, not only for pressure on transit conditions, but also the growth in nationalist logic pervading Slovenia today. Stajerska Varda have stepped into the political void opened up by centre and right-wing politicians who have stoked domestic opinion against people-in-transit. While extreme right activists frame their role as a necessary defense, their actual ideology is explicitly aggressive. As shown in a report (https://eeradicalization.com/the-militarization-of-slovenian-far-right-extremism) by European Eye on radicalization, Stajerska Varda has the nationalist ideas of “Greater Slovenjia” (https://eeradicalization.com/the-militarization-of-slovenian-far-right-extremism) as a reference point, and has inserted itself in a context of growing militarization as part of Slovenia’s right.

      Yet media response to this rise in armed groups presented some worrying attitudes towards the issue. Namely the views of Miha Kovac, a political analyst interviewed by AP for their report, is dangerous in two senses. Kovac dismisses radical groups as “guys with big beer bellies [...] who don’t know what to do with themselves”, and even goes on to allege that the root cause of facism is the presence of migrants in Slovenia. Marking out people-in-transit as instigators falls into a traditional cycle of victim blaming, a route which absolves the role of fear mongering party politics in abetting radicalization.
      As shown by right wing leaders around Europe, such as Matteo Salvini and Victor Orban, open praise for and facilitation of radical groups is an explicit tactic used to build a right wing consensus on the ground. The example of vigilantes operating in Hungaryas early as 2015, suggests that the development of state borders and growth of the extra-parliamentary right go hand in hand. These two strands are evidently complicit in Slovenia, seen especially in the silence at the party and state levels in regards to a self publicized military juntaoperating on state soil. September’s revelations again highlight the liminal space between conservative migration politics and paramilitary fascism. The existence of these activities call into direct question the responsibilities of the Slovenian state, and are a concerning augmentation of the current institutional pushback framework.

      https://www.borderviolence.eu/wp-content/uploads/September-2019-Report-1.pdf

    • Patriot games: Slovenian paramilitaries face down migrant ’threat’ on border

      Dressed in camouflage and armed with air rifles, Slovenian paramilitaries moves in formation through woods a stone’s throw from Croatia, patrolling a border zone where the group’s leader says illegal migration is rife.

      The more than 50-strong group, some of whom mask their faces with balaclavas and which includes a handful of women, is led by Andrej Sisko, who also heads Gibanje Zedinjena Slovenija, a fringe nationalist party that has so far failed to win seats in parliament.

      He believes authorities are failing in their duty to protect Slovenia against what he views as the migrant threat, and founded Stajerska and Krajnska Varda (Stajerska and Krajnska Guard) to fill that gap.

      Members of both organistions were participating in the patrol when Reuters TV met them.

      “It is a duty of all of us to ensure security in our own country,” he said. “If state bodies who are paid for that cannot or do not want to ensure security we can help ensure it, that is what we do.”

      Anti-migrant sentiment in Slovenia and other ex-Communist states has risen sharply since 2015, when eastern Europe bore the initial brunt of a refugee crisis.

      Much of the region has since then resisted attempts by EU authorities in Brussels to enforce a continent-wide quota system for new arrivals, which Slovenia has however signed up for.

      According to Slovenian police, numbers of migrants crossing illegally from Croatia to Slovenia - where a razor-wire fence has been erected along stretches of the border since 2015 - rose to 11,786 in the first nine months of this year from 6,911 a year earlier.

      Sisko this year served time in jail for forming Stajerska Varda and urging the overthrow of state institutions.

      He says the group, which generally meets in the border zone at weekends, does not intercept migrants - which he emphasises would be against the law - but advertises their presence to security forces.

      Police told Reuters they were monitoring the group’s behaviour and had not detected any recent illegal activities.

      https://www.reuters.com/article/us-slovenia-paramilitary/patriot-games-slovenian-paramilitaries-face-down-migrant-threat-on-border-i

    • On en parle ici aussi :
      Patrouille de miliciens d’extrême-droite

      « C’est une honte, il y a la police, l’armée, maintenant cette clôture et il y a même une milice ! », fulmine à son tour Katarina Bernad Sterva, directrice de l’association slovène d’aide aux réfugiés, qui se désespère de la situation à la frontière.

      Depuis quelques jours en effet, des #milices en treillis militaires, visages cachés derrière des cagoules noires, patrouillent aussi le long de la rivière #Kolpa. Dirigée par le leader d’extrême-droite, #Andrej_Sisko,cette #milice se veut un « renfort » à l’armée régulière pour « défendre la frontière » et intercepter les migrants. « Nous sommes le point d’entrée de l’espace Schengen », se justifie Andrej Sisko. « Nous voulons faire passer un message. Nous voulons dire aux étrangers de rester chez eux. La clôture est fragile, elle ne permet pas de stopper les migrants alors nous venons contrôler les abords de la rivière nous-mêmes ».

      La milice d’Andrej Sisko n’a aucun mandat légal. Et visiblement, les villageois s’expliquent mal leur présence.

      Si certains rient à leur passage - « C’est le carnaval quand ils sont là », entend-t-on ici et là dans les villages frontaliers – d’autres comme Katarina Bernad Sterva regarde cette armée parallèle avec une inquiétude grandissante. « Ce qui m’effraie, c’est qu’ils existent. Publiquement, le gouvernement a condamné leurs actions, mais, dans les faits, les autorités ne font rien. Ces hommes sont fous, nous nous attendions à une réaction forte du gouvernement, comme par exemple l’annonce de la dissolution de ces patrouilles ».

      Interrogée par InfoMigrants, la police reste muette sur le sujet. « Je n’ai rien à dire sur ces hommes. Ils n’ont pas le soutien de la police », déclare simplement Vicjem Toskan, l’un des commandants en chef de la police de Koper, à l’ouest du pays.

      Ce soir-là, à Kostel, les amis du café s’interrogent surtout sur le sort réservé aux migrants interceptés par cette milice d’extrême-droite. « On a déjà la police et l’armée pour intercepter les migrants. On a une clôture pour les empêcher de continuer leur route. Eux, qu’est-ce qui vont leur faire, la nuit, dans la montagne ? », s’inquiète Rudy. « Ils portent des masques, ils marchent dans la forêt. J’ai plus peur d’eux que des immigrés qui traversent la rivière », chuchote à son tour, une jeune fille en bout de table. « Si j’étais migrante, je n’aimerais vraiment pas tomber sur eux ».

      https://seenthis.net/messages/791703#message811227

  • Using Fear of the “Other,” Orbán Reshapes Migration Policy in a Hungary Built on Cultural Diversity

    In summer 2015, more than 390,000 asylum seekers, mostly Muslim, crossed the Serbian-Hungarian border and descended on the Keleti railway station in Budapest. For Hungarian Prime Minister Viktor Orbán and his Fidesz party, the arrival of these asylum seekers was not a humanitarian issue but a Muslim invasion threatening the national security, social cohesion, and Christian identity of the Hungarian nation. In the four years since this episode, the fear of the “other” has resulted in a string of anti-immigrant actions and policies.

    For example, barbed wire fences were constructed to deter asylum seekers from entering Hungarian territory. Transit zones on the same Serbian-Hungarian border followed, and since the end of March 2017, anyone applying for asylum in Hungary can only do so from a transit zone and is detained there for the duration of the asylum procedure. Conditions there have been grim. The Hungarian Helsinki Committee (HHC) contends rejected asylum seekers inside the transit zones are denied food, to the point of starvation.

    Furthermore, the Orbán government is fighting anti-immigrant battles not just at the border, but also in Brussels. Under the EU burden-sharing scheme, Hungary was supposed to accept 1,294 refugees. However, the prime minister said that while Hungarians have “no problems” with the local Muslim community, any EU plan to relocate asylum seekers, including many Muslims, would destroy Hungary’s Christian identity and culture. In his attempt to quash admissions, Orbán signaled that his party may split with Europe’s main conservative group and join an anti-immigrant, nationalist bloc in the EU Parliament led by Italy’s Matteo Salvini. Finally, Hungary’s latest anti-immigrant law criminalizes assistance to unauthorized migrants by civil-society organizations and good Samaritans.

    These anti-immigrant sentiments are relatively new. Given Hungary’s geopolitical location, immigration and emigration have been a reality since the birth of the country. At times, Hungary has been quite a multicultural society: for example, during the Habsburg Empire, Hungarians coexisted with Germans, Slavs, Italians, Romanians, and Jews originating in Germany, Poland, and Russia. Later, in the aftermath of World War II, significant population movements greatly modified the ethnic map of Eastern and Central Europe, and many ethnic Hungarians ended up in neighboring countries, some of whom would return later.

    Yet, it is strange to write about multicultural Hungary in 2019. Despite population movements in the postwar and communist eras and significant refugee arrivals during the Yugoslav wars in the late 1980s and throughout the 1990s, the country has only recently been grappling with the arrival of migrants and asylum seekers from beyond Europe. Now several years out from the 2015-16 European migrant and refugee crisis, the Orbán administration continues to pursue policies to limit humanitarian and other arrivals from beyond Europe, while welcoming those of Hungarian ancestry. Hungarian civil society has attempted to provide reception services for newcomers, even as the number of asylum seekers and refugees has dwindled: just 671 asylum seekers and 68 refugees were present in Hungary in 2018, down from 177,135 and 146, respectively, in 2015.

    This article examines historical and contemporary migration in Hungary, from its multicultural past to recent attempts to criminalize migration and activities of those who aim to help migrants and asylum seekers.

    Immigrants and Their Reception in Historic Hungary

    In the 11th century, the Carpathian Basin saw both organized settlement of certain peoples and a roaming population, which was in reaction to certain institutional changes in the medieval Hungarian kingdom. Historians note that newcomers came to historic Hungary searching for a better life: first across the entire Carpathian Basin and later in the Danube Valley. In the 12th century, Hungarian King Géza II invited Saxons to settle in Transylvania and later, when the Teutonic Knights were expelled from Burzenland (in modern-day Romania), they were welcomed in Brasov. The aftermath of the Tartar invasion in 1241 was followed by settlement of immigrants from Slovakia, Poland, and Russia. Ethnic minority groups fleeing Bulgaria settled between the Duna and Tisza rivers, while Romanians found new homes in Transylvania. King Bela IV erected new cities populated predominantly by German, Italian, and Jewish immigrants hailing from Central Europe and Germany.

    The 15th century saw a large settlement of Southern Slavs. The desertification of Transdanubia (the part of Hungary west of the Danube River) was remedied with a settlement of Croats and large groups of Serbians. When the medieval Kingdom of Hungary fell to the Ottoman Empire in 1526, some of the Southern Slavs moved to the parts under the Ottoman occupation voluntarily, while those who participated in the conquest were dispatched by the Ottoman rulers. At the same time, large number of ethnic Hungarians fled north and settled in the area of contemporary Slovakia.

    The next large group, of Germans, arrived in the 18th century during the Habsburg dynasty. The German settlement was part of the Habsburg population policy aimed at filling the void left by the Hungarians who perished during Ottoman rule, especially in the southern territories, around Baranya County and the Banat region. Germans also settled in Pest, Vecees, Buda, Esztergom, and the Pilis Mountains. By 1790, an estimated 70,000 ethnic Germans lived in Southern Hungary.

    While German immigrants were largely welcomed in 18th century Hungary, the same cannot be said about Romanians. During the reign of Empress Maria Theresa, Hungarian nobility voiced serious concerns about the rapid increase of the Romanian population. The nobles thought Romanians would ruin Transylvania.

    The Habsburg administration did not want to repeat the mistakes of the Ottomans and decided to control population movement along the Serbian border. A census conducted in the 13 villages of the Tisza region and 24 villages along the Maros river identified 8,000 border guards on duty. Despite these precautions, large-scale emigration from Serbia continued during the Habsburg era, with approximately 4,000 people crossing over to Hungary.

    Jews were the largest immigrant group in Hungary in the 19th century. Some came from the western territories of the Habsburg Empire—Germany, Bohemia, and Moravia—while others fled persecution in Russia. The arrival of Jews to the Hungarian territory was viewed favorably by Emperor Franz Josef I and Hungarian liberal politicians. Well-heeled Jewish families acquired noble status and rose in the aristocratic ranks, and many became patrons of the arts. At the beginning of World War I, an estimated 1 million Jews lived within the boundaries of what is present-day Hungary. However, the early appreciation of the contributions of the Jewish people did not last. Anti-Semitic sentiments flared up, culminating in the notorious Tiszaeszlár affair, in which Jews were accused of kidnapping and murdering Christian children in order to use their blood as part of religious rituals. Later, the violent repression known as the White Terror (1919-21) victimized many Jews, who were blamed by the right-wing camp for the severe sanctions placed on Hungary under the Treaty of Trianon in the aftermath of World War I.

    Refugees During and After World War II

    During World War II, Hungary was well disposed towards refugees, especially from Poland. Prime Minister Pál Teleki gave refugee status to some 70,000 Polish soldiers and nearly 40,000 civilians when Hitler invaded Poland. Ninety-one refugee camps for military personnel and 88 camps for civilians were established. A joint effort by Hungarian and international aid organizations and the Red Cross resulted in the establishment of the Committee for Hungarian-Polish Refugee Affairs. As the war escalated, most Polish officers and soldiers departed Hungary to join the Polish Home Army fighting Germany alongside Britain and France. In late 1940, a group of French refugees arrived in Hungary. By 1942, there were 600 French refugees in the country.

    The immediate post-WWII period—with its ensuing peace treaties, evictions, and forced settlements—resulted in considerable population movements, significantly modifying the ethnic map in Eastern and Central Europe. Some 200,000 ethnic Germans were evicted from Hungary, and 73,000 Slovaks left as part of what was described as a “population exchange.” Judit Juhász estimated that in the three years following the end of the war more than 100,000 people left Hungary. At the same time, 113,000 ethnic Hungarians were resettled in Hungary from Czechoslovakia, 125,000 from Transylvania, 45,500 from Yugoslavia, and 25,000 from the Soviet Union. Technically, ethnic Hungarians coming to Hungary were not considered migrants, but rather returning citizens.

    When the communist regime took over in 1947, the borders were closed and the government prohibited migration. Illegal departure from the country and failure to return from abroad became a crime. The borders opened briefly in 1956 when nearly 200,000 people fled Hungary during the uprising against the communist government. Most went to nearby Austria, but 38,000—mainly students and scientists—were airlifted to the United States, in a mobilization sponsored by the U.S. government and National Academy of Sciences. Their integration into American society was relatively easy due to their young age and high educational attainment. The Hungarian government tried to encourage the refugees to return by offering them amnesty, but only about 147 decided to return to Hungary from the United States.

    Migration in the Post-Socialist Period

    Although Hungary allowed some refugees to settle in its territory—Greeks after World War II, Chileans after the fall of the Allende government, and Kurds during the Iran-Iraq war—the country did not witness a large number of asylum seekers until the late 1980s, just months before the fall of communism in Hungary in 1989. Starting in mid-1987, ethnic Hungarians, discriminated by the Ceausescu regime, fled Romania to seek refuge in Hungary. By the beginning of 1988, some 40,000 Romanian citizens, primarily of Hungarian ancestry, arrived. By the fall of the same year, the number doubled, an exodus the author witnessed firsthand.

    For the most part, the central government left the responsibility for assisting refugees to private and municipal authorities. The Hungarian Red Cross opened a special information bureau in Budapest and mounted a national relief appeal called Help to Help. Twelve million forints (the equivalent of approximately US $250,000 at the time) were raised, including 1 million from foreign donations. Assistance programs were established in Budapest and in Debrecen, a town on the border with Romania, where most of the refugees came first. Local Red Cross chapters, municipal and county agencies, and local churches—especially the Hungarian Reformed Church—were also involved in the relief program. The assistance included cash grants, job placements, and Hungarian language training for ethnic Romanians. Clothing, blankets, dishes, and utensils were also provided. When the author visited Debrecen in 1988, most refugees were kept in school dormitories as housing in socialist Hungary was scarce.

    At the time, there was no formal procedure to separate refugees from other migrants. Many of the service providers interviewed by the author indicated that ethnic Hungarians and Baptist Romanians were persecuted and therefore were bona fide refugees, while all others were fleeing because of deteriorating economic conditions. The majority fleeing Romania were skilled workers and professionals. Very few ethnic Hungarian peasants from Transylvania migrated to Hungary, and neither did the cultural leaders of the Hungarian community in Romania. Additionally, the sudden arrival of asylum seekers and migrants from Romania was followed by a considerable return of ethnic Hungarians and ethnic Romanians to Romania.

    Refugees from the Yugoslav Wars

    In the summer of 1991, war broke out on Hungary’s southern border between Croatia and Serbia. Hungarian border guards faced large groups of civilians fleeing the fighting. Most were from the Baranyi triangle, an area of Croatia near Vukovar. More than 400,000 refugees fled to countries outside the former Yugoslavia’s borders. Germany admitted the largest number, 200,000, followed by Hungary, with 60,000. However, by late 1994 the refugee population registered in Hungary had dwindled to fewer than 8,000 people. The situation changed in 1995. New ethnic cleansing and renewed combat in Bosnia sent more refugees to Hungary in the spring and summer of 1995, and the Hungarian government reopened a refugee camp that had been long closed.

    The total number of refugees registered in Hungary between 1988 and 1995 reached more than 130,000 people and transformed the country from a refugee-producing country to a refugee-receiving country. However, up until the 2015-16 European refugee and migrant crisis, 75 percent of immigrants and refugees who entered the country post-1988 were ethnic Hungarians. This phenomenon has significantly influenced the development of Hungarian refugee law and policy.

    Refugee and Asylum Law since 1989

    The 1951 Geneva Convention Relating to the Status of Refugees constitutes the foundation of Hungarian refugee law. Hungary became a party to the Refugee Convention in early 1989—the first East bloc country to do so—and it also ratified the 1967 Protocol. Although its accession to the Refugee Convention signaled that Hungary was willing to accept the international definition of refugee, Hungary conditioned its ratification on a narrow definition of those who qualify as refugees, recognizing only those who fear persecution in Europe. According to Maryellen Fullerton, “known as the geographic reservation, this provision allows Hungary to limit its obligations under the Convention to a small (and totally European) subset of all the refugees in the world.”

    Refugees who came to Hungary in the late 1980s and in the 1990s entered a country “with an undeveloped refugee policy and a patchwork of legislation and government decrees concerning refugees and migrants,” according to Fullerton. Legal scholars indicate that the government’s attempt to establish a modern refugee system was affected by a powerful preference for protecting refugees of Hungarian ancestry. This preference has permeated both existing law and the administration of the refugee system, resulting in a de facto law of return. While there is nothing intrinsically wrong with wanting to protect fellow co-ethnics—many countries, including Israel, Germany, France, and Poland, among others, have similar laws—what seems objectionable is the desire to accomplish this goal by misusing the refugee process. Ethnic Hungarians who entered Hungary seeking refuge were not only channeled into the refugee system but were also eligible for Hungarian citizenship within one year, and all the rights that citizenship accords, while others who needed refuge were mainly provided temporary protection status. They received food, shelter, and other necessities, although in recent years these too are becoming scarce, but they lacked any substantial legal protection.

    Since joining the European Union in 2004, Hungary has broadly transposed the relevant EU asylum-related directives into national legislation. In June 2007, the Law on Asylum was adopted and the Office of Immigration and Nationality became responsible for asylum and statelessness determination procedures, the provision of reception services, and (very) limited integration services to asylum seekers and refugees, respectively. Three years later, in December 2010, amendments to the legislation relevant to asylum seekers and refugees were enacted. The maximum length of administrative detention from six to 12 months and the detention of up to 30 days of families with children were introduced. While the minimum standards of refugee protection were implemented—at least on paper in the early 2000s—xenophobic attitudes towards refugees, especially Muslims, are on the rise and the protection for asylum seekers and refugees is virtually nonexistent. At the same time, support for ethnic Hungarian refugees such as those from Venezuela, is flourishing.

    Weaponizing Xenophobia: No to Muslim Refugees

    During the 2015-16 European migrant and refugee crisis, the European Union asked Hungary to find homes for 1,294 refugees. Rather than accepting the EU decision, the Hungarian government spent approximately 28 million euros on a xenophobic anti-immigrant campaign. The government called on voters to defend Christian values and Hungarian national identity in order to stop Hungary from becoming a breeding ground for terrorism. The fear that Muslim women will bear many children and the local population will be outnumbered, somehow diluted or “discolored” by Muslims and multiculturalism was palpable in pro-government media. By the end of 2015, a total of 391,384 refugees and asylum seekers entered Hungary through its southern border, most intent on transiting the country to get elsewhere in Europe. This means that the government spent around 70 euros per refugee on a campaign of intolerance, in a country where the monthly welfare check is around the same amount. Undoubtedly this amount could have been used more effectively either to provide transitional assistance to refugees or to facilitate integration of asylum seekers who wanted to settle in Hungary. Attracting migrants to stay would been in line with Fidesz’s strategic goal to stop the long-declining Hungarian birth rate and the aging of the Hungarian society.

    Instead, Hungary decided to go a step further and in September 2015 amended its Criminal Code to make unauthorized crossing of the border closure (fence), damaging the border closure, and obstruction of the construction works related to the border closure punishable by three to ten years imprisonment. The Act on Criminal Proceedings was also amended with a new fast-track provision to bring the defendant to trial within 15 days after interrogation, or within eight days if caught in flagrante. With these new provisions, the Hungarian government declared a “state of crisis due to mass migration,” during which these criminal proceedings are conducted prior to all other cases. Between September 2015 and March 2016, 2,353 people were convicted of unauthorized border crossing. These people generally remained in immigration detention pending removal to Serbia, which Hungary deemed a safe country to which asylum seekers could return. HHC argued that Serbia could not be regarded as safe third country as it recognized virtually no asylum seekers. Applications for a stay of proceedings referring to the nonpenalization principle of the 1951 Convention were systematically dismissed on the grounds that “eligibility for international protection was not a relevant issue to criminal liability.” In order to gain the public’s support for criminalizing migration and rejecting the European Union’s request to admit a few hundred refugees, the Hungarian government organized a national referendum.

    The Referendum

    On October 2, 2016, the citizens of Hungary were asked a simple question: “Do you want the European Union to prescribe the mandatory settlement of non-Hungarian citizens in Hungary without the consent of the National Assembly?”

    Voter turnout was only 39 percent, far short of the 50 percent participation required to make the referendum valid under Hungarian law. Never one to let facts get in the way of politics, Orbán, whose eurosceptic Fidesz party has more support than all opposition parties combined, said in a televised speech:

    “The European Union’s proposal is to let the migrants in and distribute them in mandatory fashion among the Member States and for Brussels to decide about this distribution. Hungarians today considered this proposal and they rejected it. Hungarians decided that only we Hungarians can decide with whom we want to live. The question was ‘Brussels or Budapest’ and we decided this issue is exclusively the competence of Budapest.”

    Orbán decided that the 3.3 million Hungarians who voted “no” in the referendum spoke for all 10 million Hungarians. After his speech, there were fireworks over the Danube river in the colors of the Hungarian flag.

    In order to prevent the European Union from sending refugees to Hungary, Orbán proposed a constitutional amendment to reflect “the will of the people.” It was presented to the Parliament on October 10, 2016, but the bill was rejected by a narrow margin. The far-right Jobbik party, which contends that some of the new arrivals pose a national security threat, sealed the bill’s rejection by boycotting the vote. However, it held out a lifeline to Orbán by indicating that it would support the ban if Orbán scrapped a separate investor visa scheme under which foreigners could effectively buy the right to live in Hungary (and move freely within the Schengen area) in exchange for buying at least 300,000 euros in government bonds with a five-year maturity. Some 10,000 Chinese utilized this scheme, at this writing, to move to Hungary, as did smaller numbers of affluent investors from Russia and the Middle East.

    The Orbán government feared that the referendum alone would not deter potential asylum seekers from trying to enter Hungary. In order to ensure that the situation from the summer of 2015 would not be repeated, the government begun to further strengthen the borders and to close existing refugee camps.

    Border Hunters

    In 2016, the Hungarian police started recruiting 3,000 “border hunters” to join some 10,000 police and soldiers patrolling a 100-mile-long, four-meter-high, razor-wire-topped fence erected on Hungary’s southern borders with Serbia and Croatia to keep refugees out. The recruitment posts were scattered all over Budapest, including the Keleti railway station that became a de facto refugee camp for tens of thousands of people fleeing violence in the Middle East in 2015. Today, the thousands of police and border hunters deal with fewer than 200 refugees who reach Hungary’s southern border with Serbia every day.

    The border hunters must have a high school diploma and receive six months of training. They earn approximately HUF 200,000 (US $709) a month, and receive other perks: housing and clothing allowances, and discount on travel and cell phones. During a recruiting fair in early October 2016, a pack of teenagers ogled a display of machine guns, batons, and riot gear. A glossy flier included a picture of patrols in 4x4s, advanced equipment to detect body heat, night-vision goggles, and migrant-sniffing dogs.

    At a swearing-in ceremony in Budapest for border hunters in spring 2017, Orbán said Hungary had to act to defend itself. The storm has not died, it has only subsided temporarily, he said. There are still millions waiting to set out on their journey in the hope of a better life (in Europe).

    Refugee Camp Closures

    Erecting fences and recruiting border hunters to keep refugees out is one strategy; closing existing refugee camps is another. Beginning in December 2016, Orbán moved to close most refugee camps. The camp in Bicske operated as a refugee facility for more than two decades. In the little museum established by refugees on the premises of the reception center one could see artifacts, coins, and paintings from many parts of the world: several countries in Africa, the Middle East, Bosnia, Kosovo, and Afghanistan, to name a few. However, in December 2016, the camp was shut down as part of the wave of closures. When the author visited the camp a few days before it closed, 75 individuals, hailing from Cuba, Nigeria, Cameroon, Iraq, Pakistan, and Afghanistan, lived there.

    At the time of the author’s visit, Bicske, which can house as many as 460 refugees, was operating well below capacity. The number of asylum applicants also decreased dramatically. According to HHC data, in October 2016, 1,198 refugees registered for asylum in Hungary compared with 5,812 in April 2016. As of October 2016, there were 529 asylum seekers staying in Hungarian refugee reception facilities: 318 at open reception centers such as Bicske and 211 in detention centers.

    The refugees who the author spoke with, including a couple from Nigeria and a young family from Cuba among others, were no terrorists. Jose and his family fled persecution in Cuba in hopes of reuniting with his elderly mother, who had received permission to stay in Budapest a couple of years earlier. Jose is a computer programmer and said he was confident that he would have no problem finding a job. In addition to his native Spanish, he speaks English, and was also learning Hungarian. The Nigerian couple fled northern Nigeria when Boko Haram killed several members of their family. They told the author mean no harm to anybody; all they want is to live in peace.

    When the camp in Bicske closed, the refugees were relocated to Kiskunhalas, a remote camp in southern Hungary, some 2 ½ hours by train from Budapest. The Bicske camp’s location offered its residents opportunities to access a variety of educational and recreational activities that helped them adjust to life in Hungary. Some refugees commuted to Budapest to attend classes at the Central European University (CEU) as well as language courses provided by nongovernmental organizations (NGOs). Bicske residents often attended events and met with Hungarian mentors from groups such as Artemisszió, a multicultural foundation, and MigSzol, a migrant advocacy group. Christian refugees were bused to an American church each Sunday morning. Moving the residents to Kiskunhalas has deprived them of these opportunities. The Hungarian government offers very few resources to refugees, both to those in reception facilities awaiting decisions on their cases and those who have received asylum, so it is clear that access to the civil-society organizations helping refugees prepare for their new lives is important.

    Magyar abszurd: Assistance to Venezuelan Refugees of Hungarian Ancestry

    While third-country nationals—asylum seekers or labor migrants—receive virtually no assistance from the government, ethnic Hungarians from faraway places such as Venezuela continue to enjoy a warm welcome as well as financial assistance and access to programs aimed at integrating them speedily.

    Recently, Hungary accepted 300 refugees from Venezuela. The Hungarian Charity Service of the Order of Malta led the resettlement effort. The refugees must prove some level of Hungarian ancestry in order to qualify for the resettlement scheme. About 5,000 Hungarians emigrated to Venezuela in the 20th century, mostly after World War II and in 1956.

    By Hungarian law, everyone who can prove Hungarian ancestry is entitled to citizenship. As Edit Frenyó, a Hungarian legal scholar, said, “Of course process is key, meaning political and administrative will are needed for successful naturalization.” According to media reports, the Venezuelan refugees are receiving free airfare, residency and work permits, temporary housing, job placement, and English and Hungarian language courses.

    Apparently, the refugees have been directed not to talk about their reception, perhaps in an effort to bolster the official narrative: an ethnonational story of homecoming, in which they are presented as Hungarians, not refugees or migrants. As Gergely Gulyás, Chancellor of the Republic of Hungary, declared, “We are talking about Hungarians; Hungarians are not considered migrants.” Frenyó posits that the Hungarian government must present the refugees as Hungarians seeking to come home to avert political backlash and to make sure the controversial immigration tax law is not levied on the Malta Order.

    Anti-Refugee Policy and the Role of Civil Society: Views on the Ground

    In contradiction to the government’s anti-refugee policies of recent years, civil-society organizations and civilians offered assistance to refugees who descended on the Keleti railway station in summer 2015. As Migration Aid volunteers recount, volunteers brought toys and sweets for the refugee children and turned the station into a playground during the afternoons. However, when Migration Aid volunteers started to use chalk to draw colorful pictures on the asphalt as a creative means to help children deal with their trauma, the Hungarian police reminded the volunteers that the children could be made liable for the “violation of public order.”

    In contrast to civil society’s engagement with children, the Hungarian government tried to undermine and limit public sympathy towards refugees. Hungarian state television employees were told not to broadcast images of refugee children. Ultimately, the task of visually capturing the everyday life of refugee families and their children, as the only means to bridge the distance between the refugees and the receiving societies, was left to volunteers and Facebook activists, such as the photo blog Budapest Seen. Budapest Seen captured activities at the train station, at the Slovenian and Serbian border, and elsewhere in the country, where both NGO workers and regular citizens were providing much needed water, food, sanitary napkins for women, diapers for babies, and medical assistance.

    Volunteers came in droves also in Debrecen, among them Aida el-Seaghi, half Yemeni and half Hungarian medical doctor, and Christina, a trained psychotherapist, and several dozen others who communicated and organized assistance to needy refugees through a private Facebook page, MigAid 2015.

    There were many other volunteer and civil-society groups, both in Budapest and Debrecen, who came to aid refugees in 2015. Among them, MigSzol, a group of students at the Central European University (CEU), Menedék (Hungarian Association for Migrants), established in January 1995 at the height of the Balkan wars, HHC, Adventist Development and Relief Agency, and several others.

    At the time of writing, many of these organizations are no longer operational as a result of the “Stop Soros” bill, passed in June 2018, which criminalizes assistance to irregular migrants, among other things. However, organizations such as the HHC continue to provide legal aid to migrants and refugees. Many volunteers who worked with refugees in 2015 continue their volunteer activities, but in the absence of refugees in Hungary focused their efforts on the Roma or the homeless. In interviews the author conducted in spring 2019, they expressed that they stand ready should another group of asylum seekers arrive in Hungary.

    Acknowledgments

    This article was prepared using funding from the European Union’s Horizon 2020 Research and Innovation Program under grant agreement No. 770330.

    Sources

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    Bimbi, Robert. 2011. Magyar Heat Pumping Magyar Blood: The Dynamics of Immigrant Reception in Post-Socialist Hungary. Doctoral Dissertation. Dallas, Texas: Southern Methodist University.

    Bursten, Martin A. 1958. Escape from Fear. Syracuse, New York: Syracuse University Press.

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    Goździak, Elżbieta M. and Péter Márton. 2018. Where the Wild Things Are: Fear of Islam and the Anti-Refugee Rhetoric in Hungary and in Poland. Central and Eastern European Migration Review, 7 (2): 125-51. Available online.

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    Hungarian Central Statistical Office. 2019. Asylum Seekers in Hungary and Persons Granted International Protection Status (2000-18). Updated March 8, 2019. Available online.

    Juhász, Judit. 2003. Hungary: Transit Country Between East and West. Migration Information Source, November 1, 2003. Available online.

    Kamm, Henry. 1992. Yugoslav Refugee Crisis Europe’s Worst Since 40s. The New York Times, July 24, 1992. Available online.

    Komócsin, Sándor. 2019. Magyar abszurd: menekülteket segít a kormány, de titkolja (Hungarian Absurd: The Government is Helping Refugees, but They Are Hiding). Napi.hu February 21, 2019. Available online.

    Ministry of Human Resources and Department of Aid and Assistance. 2015. Tájékoztató a Pénzbeli és Természetbeni Szociális Ellátásokat Érintő, 2015. Március 1-Jétől Hatályos Változásokról (Information on Changes in Cash and In-kind Social Benefits, Effective March 1, 2015). Official notice, Ministry of Human Resources and Department of Aid and Assistance. Available online.

    Pastor, Peter. 2016. The American Reception and Settlement of Hungarian Refugees in 1956-57. Hungarian Cultural Studies 9: 196-205.

    Patai, Raphael. 1996. The Jews of Hungary: History, Culture, Psychology. Detroit, Michigan: Wayne State University Press.

    Puskás, Julianna. 2000. Ties That Bind, Ties That Divide: 100 Years of Hungarian Experience in the United States. New York: Holmes and Meier.

    Simon, Zoltan. 2018. Hungary Should Repeal Immigration Tax, Rights Organizations Say. Bloomberg, December 14, 2018. Available online.

    Szakacs, Gergely. 2019. Hungary Accepts Hundreds of Refugees from Venezuela: Report. U.S. News & World Report. February 21, 2019. Available online.

    Than, Krisztina. 2018. Hungary Could Pass “Stop Soros” Law Within a Month After Re-Electing Viktor Orban’s Anti-Immigrant Government. The Independent, April 9, 2018. Available online.

    UN High Commissioner for Refugees (UNHCR). 2016. Hungary as a Country of Asylum. Observations on Restrictive Legal Measures and Subsequent Practice Implemented between July 2015 and March 2016. UNHCR, Geneva, May 2016. Available online.

    Wallis, Emma. 2019. Starving in Hungary’s Transit Zones. InfoMigrants, April 23, 2019. Available online.

    Wikimedia Commons. 2009. Kingdom of Hungary, 1370-87. Accessed October 8, 2019. Available online.

    Zsoldos, Attila. 2015. Kóborlás az Árpád-kori Magyarországon (Roaming in Hungary in the Age of Árpád). In … in nostra lingua Hringe nominant. Tanulmányok Szentpéteri József 60. születésnapja tiszteletére, eds. Csilla Balogh, et al. Budapest: Kecskeméti Katona József Múzeum.

    https://www.migrationpolicy.org/article/orban-reshapes-migration-policy-hungary

    #réfugiés #asile #migrations #Hongrie #xénophobie #anti-réfugiés #islamophobie #société_civile #solidarité #zones_de_transit #nourriture #camps_de_réfugiés #peur #histoire #milices #frontières #fermeture_des_frontières

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  • #Soudan : les #milices #Janjawid garde-frontières ou #passeurs ?

    Dans un communiqué, les #Forces_de_soutien_rapide (#RSF), groupe paramilitaire servant de “garde-frontières” au Soudan, ont annoncé avoir arrêté 138 migrants africains, jeudi 19 septembre. Pour le spécialiste Jérôme Tubiana, cette annonce fait partie d’une stratégie : le Soudan cherche à attirer l’attention de l’Union européenne qui a arrêté de lui verser des fonds.

    Les Forces de soutien rapide (RSF), une organisation paramilitaire soudanaise, ont annoncé avoir arrêté, jeudi 19 septembre, 138 Africains qui souhaitaient pénétrer “illégalement” en Libye. Parmi eux, se trouvaient des dizaines de Soudanais mais aussi des Tchadiens et des Éthiopiens.

    "Le 19 septembre, une patrouille des RSF a arrêté 138 personnes de différentes nationalités qui essayaient de traverser illégalement la frontière avec la Libye", précise le communiqué.

    Une partie de ces migrants ont été incarcérés dans la zone désertique de #Gouz_Abudloaa, situé environ à 100 km au nord de Khartoum, comme ont pu le constater des journalistes escortés sur place par des RSF, mercredi 25 septembre. Dans le communiqué, les RSF assurent également avoir saisi six véhicules appartenant à des passeurs libyens chargés du transit des migrants.

    Le même jour, le Soudan a décidé de fermer ses #frontières avec la Libye et la Centrafrique pour des raisons de sécurité. Dans les faits, le pays souhaite mettre fin aux départs de rebelles soudanais vers la Libye, qui sont parfois rejoints par des migrants.

    Créées en 2013 par l’ex-président soudanais, Omar el-Béchir, les RSF assurent le maintien de l’ordre dans le pays. Trois ans après leur création, elles ont été dotées d’une mission supplémentaire : empêcher les migrants et les rebelles de franchir les frontières nationales. C’est ce que montrent notamment des chercheurs dans un rapport publié par un think tank néerlandais, Clingendael, publié en septembre 2018.

    Les Forces de soutien rapide, véritables gardes-frontières du Soudan

    Si le document pointe une politique soudanaise de surveillance des frontières "en grande partie assignée aux ‘forces de soutien rapide’ (RSF)", derrière cette appellation officielle, se cache une réalité plus sombre. Connue localement sous le nom de Janjawid, cette milice fait notamment l’objet d’une enquête du Conseil militaire de transition, qui dirige le Soudan depuis la destitution, le 11 avril, du président Omar el-Béchir.

    D’après les conclusions de l’enquête, rendues publiques samedi 27 juillet, les RSF auraient frappé et tiré sur des manifestants lors d’un sit-in, le 3 juin, à Khartoum, alors qu’ils étaient venus protester contre la politique d’Omar el-Béchir. Si d’après un groupe de médecins, 127 manifestants ont été tués, le commission d’enquête compte, de son côté, 87 morts. Cette répression violente avait provoqué, dans la foulée, un levé de boucliers à l’échelle internationale.

    Un groupe armé qui a bénéficié de fonds européens

    Certains RSF sont aussi accusés d’avoir commis des exactions dans la région du Darfour, à l’ouest du Soudan. Le rapport précise pourtant que, grâce aux fonds versés par l’Union européenne, ils “sont mieux équipés, mieux financés et déployés non seulement au Darfour, mais partout au Soudan". D’après ce document, "160 millions d’euros ont été alloués au Soudan" entre 2016 et 2017. Et, une partie de cet argent a été versé par Khartoum aux RSF. Leur chef, Hemeti, est d’ailleurs officiellement le numéro 2 du Conseil militaire de transition.

    Fin juillet, l’Union européenne a toutefois annoncé le gel de ses financements au Soudan. "L’Union européenne a pris peur. Elle a considéré que cette coopération avec le Soudan était mauvaise pour son image car, depuis plusieurs années, elle finançait un régime très violent envers les migrants et les civils", explique Jérôme Tubiana, chercheur spécialiste du Soudan et co-auteur du rapport néerlandais.

    Non seulement les passeurs demandent de l’argent aux migrants mais ce ne sont pas les seuls à leur en réclamer. "La milice Janjawid taxe les migrants, elle joue à un double-jeu", dénonce sur RFI, Clotilde Warin, journaliste chercheuse et co-auteure du rapport. "Les miliciens […] qui connaissent très bien la zone frontalière entre le Soudan, le Tchad et le Niger […] deviennent eux-mêmes des passeurs, ils utilisent les voitures de l’armée soudanaise, le fuel de l’armée soudanaise. C’est un trafic très organisé."

    "Les RSF profitent de leur contrôle de la route migratoire pour vendre les migrants à des trafiquants libyens", ajoute, de son côté, Jérôme Tubiana, qui estime que ces miliciens s’enrichissent plus sur le dos des migrants qu’ils ne les arrêtent.

    Annoncer l’arrestation d’un convoi est donc un moyen, pour les RSF, de faire du chantage à l’Europe. "Ils essayent de lui dire que si elle veut moins de migrants sur son territoire, elle doit apporter son soutien aux RSF car, ils sont les seuls à connaître cette région dangereuse", précise Jérôme Tubiana, ajoutant qu’Hemeti, fragilisé, est en recherche de soutiens politiques.

    Un membre des RSF, interrogé dans le cadre de l’enquête néerlandaise, reconnaît lui-même le rôle actif de la milice dans le trafic des migrants. "De temps en temps, nous interceptons des migrants et nous les transférons à Khartoum, afin de montrer aux autorités que nous faisons le travail. Nous ne sommes pas censés prendre l’argent des migrants, [nous ne sommes pas censés] les laisser s’échapper ou les emmener en Libye… Mais la réalité est assez différente…", lit-on dans le rapport.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/19795/soudan-les-milices-janjawid-garde-frontieres-ou-passeurs?ref=tw_i
    #gardes-frontière #para-militaires #paramilitaires #fermeture_des_frontières #maintien_de_l'ordre #contrôles_frontaliers #surveillance_des_frontières #fonds_européen #Hemeti #armée #trafic_d'êtres_humains #armée_soudanaise #externalisation #externalisation_des_frontières

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    https://seenthis.net/messages/731749#message804171

    • Une nouvelle de juillet 2019...

      EU suspends migration control projects in Sudan amid repression fears

      The EU has suspended projects targeting illegal migration in Sudan. The move comes amid fears they might have aided security forces responsible for violently repressing peaceful protests in the country, DW has learned.

      An EU spokesperson has confirmed to DW that a German-led project that organizes the provision of training and equipment to Sudanese border guards and police was “halted” in mid-March, while an EU-funded intelligence center in the capital, Khartoum, has been “on hold” since June. The EU made no public announcements at the time.

      The initiatives were paid for from a €4.5 billion ($5 billion) EU fund for measures in Africa to control migration and address its root causes, to which Germany has contributed over €160 million. Sudan is commonly part of migration routes for people aiming to reach Europe from across Africa.

      Critics had raised concerns that working with the Sudanese government on border management could embolden repressive state forces, not least the notorious Rapid Support Forces (RSF) militia, which is accused by Amnesty International of war crimes in Sudan’s Darfur region. An EU summary of the project noted that there was a risk that resources could be “diverted for repressive aims.”

      Support for police

      A wave of protest swept the country in December, with demonstrators calling for the ouster of autocratic President Omar al-Bashir. Once Bashir was deposed in April, a transitional military council, which includes the commander of the RSF as deputy leader, sought to restore order. Among various incidents of repression, the militia was blamed for a massacre on June 3 in which 128 protesters were reportedly killed.

      While the EU maintains it has provided neither funding nor equipment to the RSF, there is no dispute that Sudanese police, who also stand accused of brutally repressing the protests, received training under the programs.

      Dr. Lutz Oette, a human rights expert at the School of Oriental and African Studies (SOAS), told DW: “The suspension is the logical outcome of the change in circumstances but it exposes the flawed assumptions of the process as far as working with Sudan is concerned.”

      Oette said continuing to work with the Sudanese government would have been incompatible with the European Union’s positions on human rights, and counterproductive to the goal of tackling the root causes of migration.

      Coordination center

      The intelligence center, known as the Regional Operational Center in Khartoum (ROCK), was to allow the security forces of nine countries in the Horn of Africa to share intelligence about human trafficking and people smuggling networks.

      A spokesperson for the European Commission told DW the coordination center had been suspended since June “until the political/security situation is cleared,” with some of its staff temporarily relocated to Nairobi, Kenya. Training and some other activities under the Better Migration Management (BMM) program were suspended in mid-March “because they require the involvement of government counterparts to be carried out.” The EU declined to say whether the risk of support being provided to repressive forces had contributed to the decision.

      The spokesperson said other EU activities that provide help to vulnerable people in the country were continuing.

      An official EU document dated December 2015 noted the risk that the provision of equipment and training to security services and border guards could be “diverted for repressive aims” or subject to “criticism by NGOs and civil society for engaging with repressive governments on migration (particularly in Eritrea and Sudan).”

      ’Regular monitoring’

      The BMM program is being carried out by a coalition of EU states — France, Germany, Italy, the Netherlands, the United Kingdom — and aid agencies led by the German development agency GIZ. It includes projects in 11 African countries under the auspices of the “Khartoum process,” an international cooperation initiative targeting illegal migration.

      The ROCK intelligence center, which an EU document shows was planned to be situated within a Sudanese police training facility, was being run by the French state-owned security company Civipol.

      The EU spokesperson said, “Sudan does not benefit from any direct EU financial support. No EU funding is decentralized or channeled through the Sudanese government.”

      “All EU-funded activities in Sudan are implemented by EU member states development agencies, the UN, international organizations and NGOs, who are closely scrutinized through strict and regular monitoring during projects’ implementation,” the spokesperson added.

      A spokesperson for GIZ said: “The participant lists of BMM’s training courses are closely coordinated with the [Sudanese government] National Committee for Combating Human Trafficking (NCCHT) to prevent RSF militiamen taking part in training activities.”

      The GIZ spokesperson gave a different explanation for the suspension to that of the EU, saying the program had been stopped “in order not to jeopardize the safety of [GIZ] employees in the country.” The spokesperson added: “Activities in the field of policy harmonization and capacity building have slowly restarted.”

      https://www.dw.com/en/eu-suspends-migration-control-projects-in-sudan-amid-repression-fears/a-49701408

      #police #Regional_Operational_Center_in_Khartoum (#ROCK) #Better_Migration_Management (#BMM) #processus_de_Khartoum

      Et ce subtil lien entre migrations et #développement :

      Sudan does not benefit from any direct EU financial support. No EU funding is decentralized or channeled through the Sudanese government.

      “All EU-funded activities in Sudan are implemented by EU member states development agencies, the UN, international organizations and NGOs, who are closely scrutinized through strict and regular monitoring during projects’ implementation,” the spokesperson added.

      #GIZ

      Ajouté à la métaliste #migrations et développement :
      https://seenthis.net/messages/733358

  • Taliban Peace Talks Must Not Ignore CIA-Funded Militias
    https://theintercept.com/2019/08/21/taliban-peace-talks-afghanistan-militias

    ... a new report from the Costs of War Project at Brown University’s Watson Institute argues that the agreement won’t lead to real peace unless it addresses the elephant in the room: the fate of regional Afghan militias paid and directed by the #CIA.

    “Militias that operate outside the control of the central state and the chain of command of its armed forces will undermine the process of state formation and the prospects for a sustainable peace,” the report reads.

    #milices #états-unis #afghanistan

  • Peeling back the layers on the role of private security companies in Africa

    Private military and security companies have been regular fixtures in conflicts across the globe. For Africa, these corporations became increasingly visible with their role in civil wars in Angola and Sierra Leone.

    More recently, reports in 2015 indicated the Nigerian government contracted a number of companies to aid in counterinsurgency efforts targeting #Boko_Haram.

    And a Russian contractor, the #Wagner_Group, has been actively involved in Sudan and the Central African Republic. Its involvement has included signing contracts that grant it access to potential diamond and gold deposits. Such agreements have been typical of private military and security companies, particularly in Africa. This was the case with Executive Outcomes’ deal with Sierra Leone’s government in the early 1990s.

    But understanding when and why these corporations are able to deliver effective services to clients has remained an elusive task.
    What are they?

    Private military and security companies are defined as legal entities that provide clients with a wide array of military and security services. This includes combat-oriented tasks, military or security training, logistical support and armed security and guarding. It can also include weapons procurement and installation.

    As a multibillion dollar industry, the list of companies is continually growing, as is demand for their services. In late 2018, the US Department of Defense reported nearly 50,000 contractors working under the auspices of such companies. Over 28,000 were in Iraq, Afghanistan, and Syria.

    Beyond the obvious role of combat support, these companies have also been increasingly used in services as diverse as anti-poaching efforts and combating maritime piracy.

    Civil war role

    For many governments, private military and security companies can become an attractive resource. This is particularly true in cases where the capacity of national armed forces is low and the government faces strong threats.

    But, how well do they perform?

    One recent investigation argued that contracting private military and security companies during wartime can actually increase military effectiveness – and with it, the intensity of conflict. Other scholars have explored their impact on the duration of conflicts. This research has suggested that conflicts in which higher numbers of these companies are contracted by a government are likely to be shorter than those with few or none.

    The rationale here is that a more competitive market incentivises the companies to perform better so they can win more contracts.

    Our recent assessment of private military activity, along with work from academics Deborah Avant and Kara Kingma Neu, questions this logic.

    We set out to try and understand how these companies interact. We also wanted to know the effect of these interactions.

    Competition or complementary?

    Private military and security companies frequently do compete over contracts. But we also found that once they were contracted they often collaborated. This was especially likely when a task was very big or when specialised services were needed.

    Observing and evaluating the delivery of specific services is difficult. Some research has compounded this difficulty by assessing effectiveness with generic measures such as conflict duration rather than whether the terms of the contract were met.

    It’s difficult accessing the terms of specific contracts because all the entities involved are private companies. This means that identifying how well they’re meeting the requirements of a specified contract is often unknown. This is a huge challenge for researchers who rely primarily on quantitative assessments to explore these dynamics.

    We also drew attention to how quantitative analyses, in the absence of in-depth investigation, could lead scholars to miss important dynamics in how these companies influence conflicts.

    Exploring the evidence

    We looked at Sierra Leone’s civil war, which began in 1991 when the Revolutionary United Front invaded the country from neighbouring #Liberia.

    Our analysis shows that at no time during the conflict were rival private military and security companies operating simultaneously in the country. For example, the #Gurkha_Security_Guards was contracted in early 1994. But it quickly exited when rebels ambushed and killed their leader. After the company had left, Executive Outcomes was contracted to thwart the #Revolutionary_United_Front threat. In the data, presence in the same year is inaccurately treated as competition.

    We also found that when multiple groups were contracted simultaneously, their repertoire of services didn’t overlap. In other words, they weren’t competing with one another because their services were complementary. From our perspective this increased their ability to execute their mission effectively.

    For instance, #Executive_Outcomes owned and operated a number of subsidiaries, including groups like #LifeGuard_Management and #Ibis_Air. It used these groups to carry out specialised services such as mine security and air transport. These were pivotal in providing Executive Outcomes the best opportunity to regain territory from the Revolutionary United Front while training the Sierra Leone military.

    But the simultaneous presence of each of the companies is not indicative of competition.

    We also found that although hiring the companies shifted the balance of power in the government’s favour by 1996, the conflict wouldn’t end completely until 2002.

    Our qualitative assessment highlighted that, instead of the companies helping to bring the conflict to an end, the same data could actually indicate that they simply managed its intensity.

    This analysis underscores the need to really come to grips with the concept of effectiveness of private military and security companies. It also suggests that more work needs to be done on uncovering insights on contract terms and conditions, however aspirational a task.
    Conclusions

    We are not suggesting that private military and security companies should be avoided. They have proven to be useful alternatives for organisations such as the #UN and the #World_Food_Programme. Rather, our analysis points to the need to fully understand the intricacies of their interactions – not only with the entities that contract them, but with one another.

    This is particularly important in Africa. Foreign investment by both Russia and China is likely to see an increase in private military and security companies hired to protect their investments.

    This might increase security in the region. But depending on the terms of the contracts and the clients these organisations are accountable to, it may not be in the best interests of the states where they operate.

    In addition, a more complete understanding of the roles undertaken by private military and security companies during conflict is necessary to fully understand their effects on conflict dynamics, including duration.

    Recent work has moved in this direction with event datasets like the Private Security Event Database. This provides information on where these companies operate, their clients and the services they provide. Though real time information on contracts and events is likely to prove difficult to get, using historical datasets like this can increase our understanding of their influence.

    For governments, the expanding list of services in an increasingly globalised market allows for greater opportunity to fill real or perceived gaps in security. In certain cases, private military and security companies may be used to insulate a regime from collapse.

    Regardless of the reasons, the interactions between the companies and the influence they have on conflict and stability will continue to be important.

    https://theconversation.com/peeling-back-the-layers-on-the-role-of-private-security-companies-i
    #privatisation #armées #milices #guerres #guerres_civiles #Angola #Sierra_Léone #contractors #Afrique #Russie #FAO #Chine

    ping @albertocampiphoto

  • Enemies of the State? How governments and businesses silence land and environmental defenders
    More than three people were murdered each week in 2018, with countless more criminalised, for defending their land and our environment.


    Voir le rapport complet :
    https://www.globalwitness.org/en/campaigns/environmental-activists/enemies-state
    #environnement #activistes