• Le nombre d’assassinats de militants pour la défense de la terre et de l’environnement en une année a été plus élevé que jamais, s’alarme Global Witness | Global Witness
    https://www.globalwitness.org/fr/global-witness-records-the-highest-number-of-land-and-environmental-a

    Mercredi 29 juillet 2020 – Global Witness dévoile aujourd’hui un sombre record de défenseurs des droits à la terre et de l’environnement assassinés en une seule année : 212 personnes ont été tuées en 2019 pour avoir défendu pacifiquement leurs maisons et s’être opposées à la destruction de la nature.

    Le rapport annuel de l’ONG a également mis en lumière le rôle critique que jouent les défenseurs des droits à la terre et de l’#environnement dans la lutte urgente contre la dégradation du #climat. Ils s’opposent directement aux industries non durables qui émettent le plus de carbone et accélèrent le réchauffement climatique et les dégâts environnementaux. Le rapport montre comment, dans un contexte de répression et de surveillance accrues pendant le confinement de la COVID-19, la protection de ces militants est devenue indispensable pour reconstruire une planète plus sûre et plus verte.

    En moyenne, quatre défenseurs ont été tués chaque semaine depuis la création de l’accord de Paris sur le climat en décembre 2015. Sans compter les nombreux défenseurs réduits au silence par des attaques violentes, des arrestations, des menaces de mort ou des poursuites judiciaires.

    Mais ce qui est particulièrement frappant et consternant c’est que plus de la moitié des meurtres signalés l’année dernière se sont produits dans deux pays seulement : la Colombie (qui détient la palme avec un triste record de 64 assassinats) et les Philippines (un nombre en hausse, passant de 30 assassinant en 2018 à 43 en 2019). À l’échelle mondiale, le nombre réel d’assassinats est sans doute plus élevé que celui qui est connu, car trop souvent les cas ne sont pas enregistrés.

    #assassinat #intimidation #militantisme

  • Témoins au féminin
    https://laviedesidees.fr/Giovanna-Parmigiani-Feminism-Violence-Representation-Modern-Italy.html

    À propos de : Giovanna Parmigiani, Feminism, #violence and Representation in Modern Italy. « We are Witnesses, Not Victims », Bloomington, Indiana University Press. Une enquête sur les violences faites aux femmes en #Italie et sur l’engagement des militantes montre comment la lutte porte aussi sur les représentations culturelles, politiques, esthétiques et éthiques.

    #Société #féminisme #militantisme
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20200717_parmigiani.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20200717_parmigiani.docx

    • En Italie, entre 2012 et 2017, une femme est tuée presque tous les deux jours par son compagnon (p. 1, note 1). Pour désigner ce phénomène, on peut employer le terme de « #féminicide », qui renvoie au meurtre d’une femme en raison de sa condition de femme. Ce terme permet de produire une analyse structurelle et politique des #meurtres : en français, par exemple, il est de plus en plus mobilisé pour remplacer le terme de « crime passionnel », qui romantise la #violence et met l’accent sur des facteurs individuels et psychologiques plutôt que sur des facteurs sociaux, comme les rapports de #genre, l’éducation des hommes cisgenres à la violence, la #structuration du couple hétérosexuel et de la #famille, etc. En Italie, si le terme « féminicide » suscite de nombreuses résistances antiféministes (liées au refus d’avoir une analyse critique et structurelle des violences faites aux #femmes), il s’impose néanmoins dans le débat public au cours des années 2010, et la conscience de l’ampleur des violences faites aux femmes se généralise. De nombreuses initiatives, associations, collectifs et campagnes féministes naissent pendant cette période.

  • Communiqué d’ACTA – ACTA [un communiqué.... sans titre, à propos d’une agression sexuelle finalement suivie d’exclusion.]
    https://acta.zone/communique-dacta

    Au mois d’avril, nous avons été alerté.e.s d’une agression sexuelle commise par l’un de nos membres il y a plusieurs années. Il nous était demandé de procéder à son exclusion. Cette personne a donc été exclue de nos rangs, et ne participe plus à aucun de nos espaces d’organisation, réels ou virtuels.

    Bien que les faits aient eu lieu avant la création de notre collectif, certains membres avaient eu vent de rumeurs les concernant. Nous aurions dû, a minima, contacter la victime et ne pas s’en tenir, pour ceux qui en avaient écho, aux informations contradictoires ou à la disqualification des faits qui circulaient alors. Nous lui présentons donc nos excuses pour l’avoir contrainte à prendre l’initiative de la démarche.

    Un travail de fond sur les dynamiques sexistes et patriarcales qui créent les conditions de ces agressions et du silence qui les entourent est également en cours au sein de notre collectif, et nous espérons pouvoir collectivement avancer vers la construction d’espaces où ces agressions ne sont pas seulement dénoncées mais rendues impossibles. 

    Nous affirmons notre solidarité avec toutes les victimes d’agressions sexuelles, et remercions la victime pour la démarche qu’elle a entreprise, qui nous a rappelé combien il nous reste à faire et à apprendre pour que cessent ce type d’agressions dans nos milieux.

    "remercions la victime". Une formulation dénuée de tout scrupule qui renvoie à la position de « victime » une camarade qui a fait ce qu’il fallait pour s’y soustraire. Une formulation... agressive.

    Ce qui n’est pas dit c’est que cette décision d’Acta est le fruit d’un rapport de force exercé sur ce groupe. Il aura fallu plus de deux mois de pression de divers collectifs, groupes militants et lieux collectifs pour que Acta finisse par faire ce qui était exigé par la personne agressée et les groupes qui se sont solidarisé avec elle : nommer les faits sans circonvolutions (agression sexuelle) et exclusion publique.
    Une exception à la règle puisque comme l’on sait de tels actes restent bien souvent sans conséquences (dénégations, usage d’une « présomption d’innocence » étendue à loisir, injonction à utiliser une procédure pénale dont on connaît le peu d’efficacité en la matière).

    #femmes #agression_sexuelle #militantisme #machisme #exclusion

  • L’anti-esclavagisme au temps des Lumières
    https://laviedesidees.fr/L-anti-esclavagisme-au-temps-des-Lumieres.html

    À propos de : Marcus Rediker, Un activiste des #Lumières. Le destin singulier de Benjamin Lay, Le seuil. Le quaker américain Benjamin Lay fut un des premiers militants de l’anti-esclavagisme. En retraçant son parcours, l’historien de l’esclavage M. Rediker montre ses liens avec la pensée radical de la Révolution anglaise du XVIIe siècle.

    #Histoire #religion #esclavage #militantisme
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20200611_rediker_rossignol.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20200611_rediker_rossignol.docx

  • Questionnaire : es-tu un manarchist ? - IAATA
    https://iaata.info/Questionnaire-es-tu-un-manarchist-4292.html

    Ce questionnaire a été publié en 2001 sur un forum anarchiste états-unien [1] . Le présent article en est une traduction, certaines fois adaptée au contexte français. L’enjeu principal de ce quizz est de questionner les rapports hommes-femmes sous des aspects très pragmatiques et de mettre en avant des éléments concrets de réflexion et d’action.

    Ce texte s’adresse avant tout aux hommes cis, c’est-à-dire aux hommes qui ont été assignés au genre homme à la naissance, qui se sentent hommes dans leur vie, mais surtout qui sont vus et reconnus comme hommes par la société (et celles et ceux qui la composent) et qui disposent ainsi des privilèges propres à ce genre [2].

    Cette brochure cible en particulier les hommes cis qui évoluent dans des espaces militants anticapitalistes, syndicaux, anarchistes, antiautoritaires ou encore anarcho-punks, et qui semblent avoir oublié que la lutte contre le #patriarcat fait partie de la lutte anarchiste contre toutes les formes de domination (hé oui, y a pas que le capitalisme comme système d’oppression dans la vie). Le texte s’adresse aussi aux mecs de ces mêmes espaces, antisexistes ou (pro)féministes, qui parlent trop souvent à la place des femmes.

    Parfois, en tant qu’homme, on va se reconnaître dans les questions, se vexer et penser : « C’est n’imp’ ce texte », « Oui, je fais ça des fois, mais bon... je suis pas le pire, et je connais des femmes qui font aussi ce genre de trucs. » C’est sûr que quelques questions ne suffiront jamais à saisir la complexité des individu·es.

    Et si, pour une fois, il s’agissait juste de lire, de se questionner, de partager ces questionnements avec ses camarades, et d’essayer de comprendre ce qui se joue ? Peut-être qu’on trouvera alors enfin la réponse à cette question : « Mais pourquoi y a-t-il si peu de femmes qui s’investissent à long terme dans les milieux militants anticapitalistes, écolos, antinucléaires ou anarchistes ? » Parce que, franchement, des mouvements politiques révolutionnaires qui construisent le monde d’après entre hommes, en oubliant 50 % de l’humanité [3] ... ça ne fait vraiment pas sérieux !

    L’équipe de traduction

    @antonin1 @touti et les autres.

  • La zone du cador. Révolution viriliste chez un « héros » de la gauche critique, Alain Damasio | Leïla Bergougnoux, Nina Faure et Yéléna Perret
    https://lmsi.net/La-zone-du-cador

    Alain Damasio est partout. Il est un invité régulier sur les ondes de France Culture [1] et dans les colonnes des Inrockuptibles [2], tandis que les journaux et revues de la gauche critique lui dressent des éloges panégyriques, de Reporterre à Ballast ou Lundi Matin, dont il est contributeur, en passant par le regretté Article XI. Quiconque s’intéresse aux idées libertaires, aux luttes anticapitalistes, aux ZAD et aux recherches d’alternatives croisera tôt ou tard sa prose enflammée et ses tirades tonitruantes, au détour d’un article ou d’un remix électro. Source : Les mots sont importants

  • Facs et Labos en Lutte : une mobilisation féministe ? Retour d’expérience par celles qui l’ont vécue

    Depuis le début du confinement, le comité de mobilisation national des Facs et Labos en Lutte a opté pour une publication quotidienne, Confinée libérée. Une des premières contributions de ce nouveau « journal » en ligne, dont le nom a été volontairement féminisé, revient sur l’aggravation des inégalités de genre durant le confinement pour les étudiant·es et travailleur·ses de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (ESR).

    Si ces questions ont pu être soulevées et relayées si rapidement, c’est qu’elles font écho aux analyses et aux revendications féministes qui ont été centrales durant les mois de lutte qui ont précédé la décision du confinement. Depuis décembre dernier, les étudiant·es et travailleur·ses de l’ESR sont en effet engagé·es dans un mouvement d’une ampleur inédite depuis une dizaine d’années. À la lutte commune avec les salarié·es des autres secteurs contre la réforme des retraites, s’ajoute pour les universités et les laboratoires de recherche un combat plus spécifique, contre le projet de Loi de Programmation pluriannuelle de la Recherche (LPPR) qui accentuera encore la précarité des statuts et orchestrera une compétition délétère entre les établissements publics. Or, et c’est un trait marquant de ce mouvement, les revendications féministes ont été à la pointe de ces luttes, les femmes dénonçant combien ces contre-réformes allaient encore aggraver les inégalités de genre sur leurs lieux d’étude ou de travail.

    De fait, durant cette mobilisation, dans les facs et dans les labos comme ailleurs, les femmes ont été particulièrement actives, et ce dans des rôles pas toujours conformes aux stéréotypes de genre : dans les assemblées générales et les coordinations nationales, elles intervenaient voire introduisaient les discussions, elles n’hésitaient pas à apparaître dans les médias, occupaient l’espace de la parole en réunion, etc. Les premières initiatives pour l’emploi scientifique et contre la LPPR ont d’ailleurs été portées avant tout par des femmes, qui ont assumé un rôle d’organisatrices syndicales et politiques.

    Cette contribution collective propose donc un retour sur cette lutte, en analysant nos pratiques afin de saisir comment cette dynamique féministe a pu émerger et être perpétuée au sein du mouvement. L’enjeu est moins de livrer une analyse réflexive approfondie de cette séquence militante – qui se poursuit toujours, bien que sous d’autres formes, du fait du confinement – ce qui nécessiterait une plus grande prise de recul, que de consigner nos expériences d’organisation et de mobilisation, afin d’en laisser une trace qui pourrait être utile aux luttes à venir.

    Rédigé par des militantes féministes du comob (comité de mobilisation) national réélu et élargi à chaque AG de coordination puis au cours de deux coordinations nationales des facs et des labos en lutte depuis décembre 2019, ce texte est situé et ne prétend pas rendre compte de la manière dont la mobilisation a été vécue par toutes. Par exemple, au sein de cette structure militante qui a évolué tout au long des mois de mobilisation, nous avons rarement eu l’impression que les hommes prenaient trop de place ou se montraient hostiles aux prises de parole féminines, alors que ce problème s’est posé ailleurs, notamment dans les AG locales. Toutefois, dans le comob comme ailleurs dans l’ESR, les inégalités de statut – étudiant·es ; précaires ; enseignant·es chercheur·ses ; chercheur·ses ; BIATSS ; etc. – pèsent sur la mobilisation et recoupent parfois les inégalités de genre.
    Présence et visibilité des femmes dans la mobilisation : quelques hypothèses explicatives

    L’implication marquée des femmes dans la mobilisation est tout d’abord à mettre en relation avec les inégalités en termes de carrières entre les femmes et les hommes au sein de l’ESR. Bien que notre profession ait connu une féminisation très nette ces dernières décennies, toutes les formes de précarité pèsent davantage sur les femmes, alors que la majorité des positions de pouvoir reste largement occupée par des hommes, dissymétrie dénoncée par exemple dans la tribune signée par 440 collègues historiennes ou celle rédigée par les philosophEs en 2018. Plus généralement et au-delà des femmes, les rapports de domination sont particulièrement prégnants au sein de l’ESR, comme le montrait un numéro de Genre, Sexualité & Société, publié au tout début du mouvement social. Au « sommet » de la hiérarchie universitaire, il y a majoritairement des hommes cis blancs, alors qu’une femme ou une personne trans* a moins de chances d’avoir un poste pérenne, et a fortiori un poste de pouvoir. Les hommes sont plus attentifs à leur avancement que les femmes : ils passent davantage leur HDR, sont bien plus promus directeurs de recherche ou professeurs, etc. Ainsi, dans un contexte où les femmes ont moins de perspectives comme horizon, elles acceptent davantage de se « mettre en danger » en occupant une place visible de « contestataire » risquant de mettre à mal leurs relations de travail avec leurs supérieurs ou de futurs membres de conseils scientifiques.

    De plus, les fonctions occupées par les femmes dans l’ESR sont les plus attaquées par les transformations néo-libérales des services publics et rendues difficiles par les manques de financement. Nous sommes souvent assignées aux « petites » tâches administratives (gestion des licences, des étudiant·es, des stages, etc.), et non pas aux tâches valorisées de direction (d’UFR, d’université, de laboratoires, etc.). La socialisation féminine nous a appris à nous soucier des autres et du collectif avant nous-mêmes – un aspect important du travail du « care« . Pour toutes ces raisons, le manque de recrutement pèse sur nos épaules. Nous nous retrouvons seules à gérer des tâches qui réclameraient deux ou trois collègues, ce qui nous place régulièrement dans des situations d’épuisement professionnel et met nos recherches entre parenthèses pendant de longues années. Ainsi, le projet de LPPR qui annonce encore moins de recrutements pour venir nous soulager lorsque nous sommes titulaires, ou nous titulariser lorsque nous sommes précaires, et moins de financements pour nos recherches si nous ne sommes pas « compétitif·ves » touche plus directement les femmes de l’ESR. Nous ressentons davantage l’impossibilité de tirer notre épingle individualiste du jeu de cette grande guerre du tou·tes contre tou·tes que nous impose le ministère. Notre secteur rejoint en cela la plupart des secteurs mobilisés contre la réforme des retraites ou l’an passé, le mouvement des Gilets jaunes : la précarité est partout largement féminisée, ce qui éclaire l’implication massive des femmes dans ces luttes. Toutefois, cette explication, qui établit un lien mécanique entre premières concernées et premières mobilisées, n’est pas suffisante.

    Ce qui caractérise le mouvement des Facs et des Labos en Lutte, c’est une surreprésentation des militantes de moins de 45 ans, formées pour un certain nombre d’entre elles dans les mouvements sociaux des années 2000. Au sein de ces derniers, les questions liées au genre, aux violences sexistes et sexuelles, à la co-construction des formes de dominations, à l’intersectionnalité occupent une place importante et ont engagé la construction d’une conscience collective visant à instaurer une attention continue et constante afin d’empêcher les hommes de prendre trop de place et de nous reléguer dans des rôles militants subalternes. Par exemple, les collectifs de précaires sont très féminisés un peu partout – en Île-de-France, à Marseille, à Nantes, etc. – et dans ces cadres, beaucoup de militantes se sont formées au sein de mouvements féministes tels que CLASCHES. D’autres militantes appartiennent à cette nouvelle génération de chercheuses sur le genre qui continue de croître depuis une dizaine d’années. À plus court terme, il faut peut-être aussi prendre en compte la plus grande visibilité des discriminations et des violences infligées aux femmes avec l’émergence de mouvements comme celui de la grève féministe du 8 mars ou encore de #MeToo. Enfin, l’institutionnalisation des politiques d’égalité peut aussi aider à comprendre le caractère féminisé et féministe de notre lutte. Même si ces politiques relèvent souvent d’un effet d’affichage, les hommes peuvent moins se permettre de s’opposer à un certain nombre de pratiques institutionnalisées, et ce d’autant moins après le phénomène #MeToo : certaines choses deviennent indicibles ou moins facilement dicibles, nous y reviendrons.

    En dépit toutefois de cette féminisation à tous les niveaux, le partage des tâches militantes continue à être genré. Une grande part du travail d’organisation collective, coûteuse en énergie, sans apporter beaucoup de reconnaissance militante, que l’on peut qualifier de « travail de fourmi », est assumée par des femmes et il est nécessaire de mettre sur pied de façon volontariste des pratiques pour entraver la reproduction de ces inégalités.
    Corriger les inégalités dans la mobilisation

    La première coordination nationale des Facs et Labos en Lutte, organisée les 1er et 2 février 2020, a été l’occasion d’une prise de conscience : il nous fallait veiller à ne pas reproduire au sein de nos luttes les dominations préexistantes et par conséquent à les rendre plus inclusives. Nous y avons tenu un atelier portant sur la reproduction des dominations sexistes, racistes, validistes et classistes au sein de nos combats. Cet atelier a permis d’entendre de nombreux témoignages de perpétuation de situations d’oppression au sein des différents cadres militants, mais aussi de formuler des propositions concrètes pour enrayer les oppressions. En conséquence, nous avons décidé de mettre en place des règles plus systématiques pour la deuxième coordination nationale qui s’est tenue les 6 et 7 mars 2020.

    Tout d’abord, une première AG en mixité choisie regroupant une soixantaine de militant·es a été organisée le 7 mars. Réunissant des étudiantes, des précaires et des titulaires – en minorité -, elle a été l’occasion de discuter des questions de harcèlement et d’agressions sexistes et sexuels ainsi que de partager des expériences diverses sur nos modes de mobilisation pour les éradiquer. Nous étions censées faire un retour sur les bonnes pratiques, ce que la suite des évènements – le confinement et la fermeture des facs décidés moins d’une semaine plus tard – a interrompu brutalement. Au sein de cette AG, nous avons observé un effet générationnel intéressant : la très grande majorité des participantes avait moins de 30 ans, alors que seules deux femmes avaient plus de 40 ans. L’une d’entre elles a d’ailleurs été agréablement surprise de l’initiative, nous confiant que durant sa vie professionnelle elle ne s’était jamais sentie légitime à initier une démarche en mixité choisie.

    Ensuite, nous avions « noté des inégalités dans la prise de parole, que ce soit entre hommes et femmes, titulaires et non-titulaires, membres d’établissements franciliens et membres d’établissements non franciliens, et d’une façon plus générale, la reproduction de formes de domination et de discrimination (hétérosexisme, racisme, classisme, validisme) qui contraignent la prise de parole de certain·es ». Des règles de prise de parole visant à éviter l’hégémonie des hommes, des titulaires, des personnes blanches, etc. avaient été mises en place dans les assemblées de précaires, sans qu’elles ne suscitent de débat. Au sein de la coordination nationale, nous avons donc veillé à ce que la parole alterne entre les hommes et les femmes et donné la priorité aux interventions de précaires et d’étudiantes. Cela a été rendu possible par une double liste d’inscrit·es pour les discussions : l’une concernait les hommes cis titulaires et l’autre les femmes, les précaires et les étudiant·es et il s’agissait de veiller autant que possible, à l’alternance. Le principe a été expliqué en plénière à plusieurs reprises à l’aide d’un texte humoristique qui soulignait que les dominants pouvaient survivre au fait de ne pas prendre la parole en AG.

    De façon plus générale, ce mouvement a permis de discuter de problématiques largement ignorées dans l’ESR, qu’il s’agisse du handicap ou de la maladie, quelquefois en relation avec des enjeux de genre. Au sein d’un atelier, des camarades ont ainsi évoqué leurs difficultés à gérer leur endométriose, et à quel point cela pouvait freiner leur carrière et leur capacité à s’engager politiquement. En revanche, si on saisit bien les dynamiques d’exclusion et de marginalisation tant des personnes non-blanches que des problématiques liées au racisme, nous n’avons pas encore réussi à nous emparer collectivement du problème de façon satisfaisante, et ce, bien que deux groupes de travail très efficaces et engagés se soient chargés d’envisager la division internationale du travail universitaire et la place des étudiant·es étrangers d’un côté, et les discriminations de genre, de race et de classe de l’autre.
    Contre les violences sexistes et sexuelles

    Il nous a également semblé essentiel d’intégrer à cette lutte un combat que nous menons à l’université comme ailleurs avec l’appui d’associations telles que CLASCHES, à savoir le combat contre les violences sexistes et sexuelles. Les dispositifs institutionnels de signalement, d’accompagnement et de jugement de telles violences sont récents au sein de l’ESR et dans bien des cas déficients, puisque dépourvus de moyens et de personnels formé·es. Des affaires récentes, relayées par des enquêtes de presse, ont révélé de graves dysfonctionnements. Pour ces raisons, la coordination nationale des Facs et Labos en Lutte des 6 et 7 mars avait acté une journée nationale de mobilisation contre les violences sexuelles et sexistes dans l’ESR le 19 mars, date à laquelle le CNESER (Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche) devait de nouveau statuer sur l’appel d’un enseignant suspendu de ses fonctions pour un an avec privation totale de traitement par son université pour des faits de harcèlement sexuel. Cette journée de mobilisation n’a malheureusement pas pu avoir lieu en raison du confinement et du report de l’audience.

    Nous avons aussi cherché à lutter contre ces violences au sein même de nos cadres militants. Lors de la seconde coordination nationale de mars 2020, nous avons mis sur pied une cellule anti-harcèlement et un numéro de téléphone dédié, ainsi que des règles, présentées ci-dessous, afin que les comportements oppressifs qui s’y dérouleraient puissent nous être signalés. Ce sont en fait essentiellement des comportements qui s’étaient produit antérieurement dans des cadres militants autres que la coordination qui nous ont été rapportés et auxquels nous avons apporté une attention particulière afin que l’espace de la coordination puisse rester un espace sûr pour tou·tes. Le moment festif, organisé le soir du premier jour, pouvait laisser craindre une multiplication des comportements oppressifs. Nous avons donc édicté des règles, dont le respect était assuré par une « vigie féministe » présente tout au long de la soirée. Deux personnes – à l’exclusion d’hommes cis – étaient attentives à ce qui se passait, s’assurant que personne n’était victime de harcèlement, d’agression ou de comportement oppressif. Il ne s’agissait bien sûr pas d’assumer un rôle de chaperonne, mais de refuser qu’au nom de la « fête », certaines personnes soient agressées d’une façon ou d’une autre.

    Règles pour une soirée festive et militante sans comportement oppressif

    1. Ce temps festif est un espace « safe » : veille à inclure avec bienveillance des personnes que tu connais peu ou pas dans les conversations ; sache que toutes insultes ou agressions à caractère sexistes, racistes, classistes, lesbophobes, homophobes, transphobes, validistes seront sanctionnées.

    2. Si une personne refuse le verre que tu lui offres, n’insiste pas, iel n’en veut pas. Saouler une personne n’est pas une technique de drague, c’est une technique de viol.

    3. Si une personne te signifie qu’iel ne veut pas danser avec toi, n’insiste pas et prend tes distances, iel ne veut pas.

    4. Si tu as envie d’embrasser/d’avoir une relation sexuelle avec une personne, pose la question. Si iel ne veut pas, n’insiste pas et prends tes distances, iel ne veut pas.

    5. Si une personne est très alcoolisée, demande-lui s’iel se sent bien et s’iel a besoin d’aide. Ne profite pas de la situation pour passer outre son consentement.

    6. Si une personne est inconsciente ou endormie, iel ne désire pas être embrassé.e ou avoir une relation sexuelle. Par contre, assure-toi qu’iel est en sécurité.

    Des résistances marginales

    La mise en place de ces règles et des espaces en non-mixité choisie participe de la construction d’un rapport de force, que nous jugeons nécessaire à la prise de conscience des modes de domination, en vue leur éradication. Elle a donc pu susciter des réactions négatives, bien que marginales. Quelques hommes ont ainsi quitté la coordination après que les règles concernant la prise de parole aient été présentées à la tribune (la version sexiste du « on se lève et on se casse »). Au sein des ateliers cela a pu se traduire par des demandes répétées auprès des camarades chargé·es de la liste des inscrit·es : (homme) « Tu ne m’as pas oublié, hein ? J’ai demandé la parole il y a un moment ». Certains militants ont reproché au comob des Facs et des Labos en Lutte de monter les participant·es les un·es contre les autres. À la fin de la coordination, alors que les camarades de la tribune tentaient de tenir l’ordre du jour pour que nous puissions rejoindre à temps la marche féministe de nuit du 7 mars et qu’une camarade demandait aux femmes l’autorisation de dépasser d’un quart d’heure afin de finir les débats, un homme s’est levé et a imposé sa parole en disant « qu’il parlait sans genre (sic) et qu’une coordination d’ampleur nationale était plus importante qu’une marche féministe », prenant ainsi la liberté de hiérarchiser à notre place nos luttes.

    Ces propos tendent toutefois à devenir indicibles dans le contexte actuel : la grande majorité des participant·es aux différentes coordinations a une conscience réelle des dominations et de la manière dont elles se répercutent dans nos luttes, considérant qu’il ne s’agit pas de problèmes « accessoires » apolitiques, comme cela pouvait être pensé et dit il y a encore quelques années. Ainsi, certains comités de mobilisation locaux ont dû faire face à des affaires de viols. Lorsque les collectifs militants ont été mis au courant, les femmes très investies au sein de ceux-ci ont immédiatement demandé l’exclusion des hommes accusés. La position centrale de ces femmes dans la mobilisation combinée à la dénonciation publique de la culture du viol dans les milieux de gauche depuis une dizaine d’années a permis que ces décisions soient adoptées sans que personne ne les contredise.

    Sororité et manifestations féministes

    Assez rapidement dans la mobilisation et à différents niveaux, des groupes informels de femmes se sont organisés et ont joué un rôle important dans la place que nous avons prise collectivement et dans les propositions concrètes qui ont émergé. Ces groupes ont également été des soupapes, des ressources, pour se donner confiance et construire le rapport de force au sein de nos cadres militants. Pour celles qui ont déjà vécu des mouvements sociaux importants tels que ceux de 2003 ou encore contre le Contrat Premier Embauche (CPE) en 2006, il nous a semblé que, de façon plus générale, les relations entre femmes ont changé. Il y a une vigilance et une attention permanente des unes aux autres, alors même que nous ne nous connaissions pas ou peu, pour la plupart d’entre nous. En janvier, nous sommes d’ailleurs plusieures à avoir reçu et renvoyé ce message révélateur de ces nouvelles solidarités que nous forgeons :

    Chères amies,

    Cette semaine a été riche, nous avons incroyablement avancé en quelques jours, et la semaine qui arrive sera sans doute intense. J’espère que vous avez pu prendre le repos indispensable à notre lutte.

    Une fois n’est pas coutume, la mobilisation ici s’appuie largement sur des femmes, que ce soit dans la logistique (comme d’habitude) mais aussi dans les prises de paroles, les dynamiques, et cela donne un ton général qui est à saluer. Moins de temps perdu pour les egos, moins d’agressivité dans les débats, plus d’attention aux uns et aux autres.

    Notre implication a un coût. Nous commençons à recevoir beaucoup de mails, beaucoup d’information à traiter et transmettre, beaucoup d’actions à mener. Pour beaucoup d’entre nous, nous avons des charges de famille, des jeunes ou futurs enfants, et janvier étant ce qu’il est, nous ne sommes pas à l’abri des coups de froid, des rhumes, etc.

    Or, il nous faudra tenir dans la durée, y compris après le mouvement. Rappelons-nous que nous ne sommes pas indispensables à tout moment et comptons les unes sur les autres pour nous remplacer, pour assurer une réunion, un mail etc. Permettons-nous les unes aux autres de se mettre en retrait quelque temps. Surtout, veillons les unes sur les autres. Restons attentives aux signes de fatigue, de surcharge, et faisons corps.

    Transférons chacune ce mail à deux autres sur qui nous pouvons compter. Tenons-bon, faisons lien, faisons société… jusqu’à la victoire !

    Par ailleurs, les femmes de la coordination nationale des Facs et Labos en Lutte ont été nombreuses à participer à la marche féministe du 7 mars à la fois extrêmement enthousiasmante et violente, du fait de la répression par les forces de l’ordre sur la place de la République à la fin de la manifestation. Nous nous sommes organisées rapidement, notamment face à la répression policière : notre capacité à nous mouvoir et à nous écouter paraissait spontanée. Toute camarade qui se faisait frapper recevait du soutien et de l’attention. Ce fut la mise en pratique d’une réactivité et d’une organisation qui ne nécessite pas d’être verbalisée, grâce à notre socialisation au care qui augmente notre puissance d’agir. Nous l’avions également observé, le 28 février, lors du rassemblement contre les violences sexistes et sexuelles devant la Salle Pleyel, à l’occasion de la cérémonie des Césars : le caractère offensif de ces mobilisations est frappant. Il y a un saut dans la prise de conscience du rôle joué par la police – particulièrement sexiste à ces occasions – et la justice dans l’oppression systémique que nous subissions. Des femmes très différentes n’ont plus peur d’aller au contact avec les forces de l’ordre. Une énergie et une colère très forte se dégageaient lors de ces manifestations.
    Conclusion : le confinement ou l’accentuation de la division sexuée du travail militant ?

    Le confinement a créé un nouveau contexte, dans lequel les femmes se sont retrouvées en première ligne. La division sexuée du travail militant tend désormais à se réinstaller, voire à se renforcer. Il a déjà été montré que, durant le confinement, les chercheuses, souvent occupées par ailleurs au travail de care familial, déposent nettement moins d’articles que les chercheurs qui ont amélioré leur productivité : Cette logique se retrouve dans la mobilisation.

    La situation est complexe : alors que quelques jours avant l’annonce de la fermeture des facs nous étions plus de 500 délégué·es en coordination nationale, nous nous sommes retrouvé·es à devoir chercher un moyen de faire exister notre lutte sans pouvoir nous réunir et mobiliser sur nos universités et nos laboratoires. Pour beaucoup, la crise sanitaire a été source de sidération et de paralysie, pour d’autres, elle a fait émerger d’autres urgences politiques comme la solidarité envers les plus précaires dans nos quartiers et dans les lieux d’enfermement. Certain.es ont pu aussi juger que, du fait de l’arrêt brutal et imposé de la mobilisation, il était devenu difficile de trouver un sens à leur implication au sein de comités qui émanaient de la lutte en cours. Il ne s’agit pas de juger les départs, mais seulement ici de les constater.

    Or, force est de constater que dans ce contexte difficile pour tou·tes, les comités de mobilisation qui continuent de fonctionner semblent l’être sous l’impulsion de femmes et le comité de mobilisation national, qui réunit 70 personnes élues, a largement diminué, voyant disparaître une grande partie des hommes impliqués précédemment.

    Nombreux sont les hommes qui écrivent des textes et des tribunes, tandis que les femmes continuent à prendre en charge l’organisation du travail collectif, tâche qui devient plus lourde du fait de la mise en retrait de nombreux·ses militants, l’absence de réunions physiques, les rythmes décalés des un.es et des autres… D’ailleurs, la campagne à laquelle nous avons participé au début de la période de confinement pour le report des délais de candidatures aux postes de Maîtres·ses de conférences a principalement été portée par des femmes, car certaines d’entre elles, avec enfants, expliquaient qu’elles ne pourraient pas y arriver tandis que certains hommes nous ont expliqué que, confiné·es, nous n’avions rien d’autre à faire que de constituer nos dossiers.

    Les femmes sont également plus nombreuses à assurer le travail de care, dans l’environnement familial et au travail, mais aussi dans les collectifs militants et solidaires, de l’ESR et d’ailleurs. Elles sont davantage investies, notamment, dans les nombreuses initiatives de solidarité qui ont vu le jour pour apporter un soutien psychologique, logistique, financier, alimentaire ou sanitaire aux personnes les plus en difficulté suite à la crise sanitaire et au confinement. Concernant les initiatives propres à l’ESR, par exemple, l’équipe s’occupant de la caisse de solidarité des Facs et Labos en Lutte, lancée conjointement par le comité de mobilisation des facs et labos et des collectifs de précaires et d’étudiant·es réunis en assemblée générale le 27 mars, est composée de six personnes dont cinq femmes (et cinq précaires, par ailleurs). Cela semble également être le cas dans les initiatives hors ESR qui se sont créées pour organiser la solidarité sur une base territoriale (ville, quartier ou arrondissement), telles que les Brigades de Solidarité populaire ou le réseau #COVID-ENTRAIDE FRANCE.

    D’autre part, bien que des réunions aient continué à se tenir à distance, ce type de rencontres a souffert de la situation confinement. En conséquence, beaucoup de décisions cruciales, concernant par exemple la continuité pédagogique ou les validations, ont eu pour principal cadre de discussion des instances routinières de prise de décision, telles que les conseils d’université, de laboratoire ou de départements, au sein desquelles les femmes restent mal représentées et dans lesquelles les règles que nous avons instaurées pour lutter contre les dominations de genre ne sont pas rigueur.

    Pour conclure, si les formes d’organisation collective qui ont été mises en place durant cette mobilisation ont permis aux femmes de prendre leur place dans la prise de parole et dans la prise de décision, il faut donc veiller à maintenir cet acquis dans le contexte particulier que nous vivons, mais aussi, à long terme, dans le fonctionnement « normal » de l’université et de la recherche.

    L’ambition de ce texte était de conserver des traces et rendre visible un aspect de la mobilisation pas toujours évoqué. Il participe à un contexte plus large, cette lame de fond féministe que nous connaissons actuellement et qui ne saurait s’arrêter.

    Cet article a été rédigé par six militantes du Comité de mobilisation national des Facs et Labos en Lutte, il est également publié par la revue Contretemps.

    https://universiteouverte.org/2020/05/21/facs-et-labos-en-lutte-une-mobilisation-feministe-retour-dexperie
    #université #ESR #facs #France #résistance #femmes #féminisme #inégalités #réforme #inégalités_de_genre #LPPR #résistance #visibilité #carrière_universitaire #care #socialisation #compétition #précarisation #titularisation #précarité #conscience_collective #tâches_militantes #résistance #militantisme #dominations #sexisme #patriarcat #mixité_choisie #prise_de_parole #AG #assemblées_générales #violences_sexistes #violences_sexuelles #sororité #confinement

  • [L’actualité en 3D] L’Affaire #Climat : saisir la #Justice pour lutter contre le réchauffement climatique ?
    http://www.radiopanik.org/emissions/lactualite-en-3d/laffaire-climat-saisir-la-justice-pour-lutter-contre-le-rechauffement-cl

    Pour ce nouvel épisode de l’Actualité en 3D, nous aurons le plaisir de recevoir Vincent Lefebve, philosophe et juriste chargé de recherche au CRISP, le Centre de recherche et d’information socio-politiques, pour lequel il suit le déroulement de l’Affaire Climat actuellement en cours devant les tribunaux belges. L’Affaire climat est une action en justice inédite qui vise à forcer les autorités publiques à lutter plus efficacement contre le réchauffement climatique. Quelles sont les personnes qui ont introduit une telle action ? Quelles autorités vise-t-elle et devant quel juge se déroule-t-elle ? Quels sont les arguments juridiques développés à l’appui de cette action et les résultats espérés par les personnes qui en sont à l’origine ? Une telle action en justice est-elle inédite dans le paysage militant (...)

    #Ecologie #Militantisme #Tribunal #Environnement #Justice,Ecologie,Militantisme,Climat,Tribunal,Environnement
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/lactualite-en-3d/laffaire-climat-saisir-la-justice-pour-lutter-contre-le-rechauffement-cl

  • Le mal que nous nous faisons (première partie) - Mon blog sur l’écologie politique
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Le-mal-que-nous-nous-faisons-1

    Il me semble que ces logiques sociales de distinction militante et de formation de tendances qui intègrent ou excluent prennent une dimension particulière quand il est question de féminisme. Aucun autre mouvement n’est structuré en « vagues », la dernière chassant la précédente et la renvoyant à la péremption. Étrangement, c’est ce qui se pratique aussi pour les femmes, qui ont une durée de consommation optimale plus faible que les hommes (une femme serait à son meilleur à 25 ans, un homme à 50). Alors que les penseurs de l’anarchisme, de l’écologie ou du marxisme ne sont pas d’emblée dévalués pour leur ancienneté, les féministes le sont, au prétexte que les générations précédentes seraient moins éclairées que les suivantes.

    le féminisme comme intrinsèquement progressiste ?

    #féminisme #Histoire #distinction #sororité #militantisme #progressisme

  • L’#université_de_Paris prévoit-elle des mesures « liberticides » contre le #droit_de_réunion des #étudiants ?

    Des articles présentés comme les extraits du potentiel nouveau #règlement de l’université de Paris inquiètent des étudiants et des professeurs.

    La liberté de réunion des étudiants et des personnels de l’université de Paris va-t-elle bientôt être remise en cause par son nouveau règlement intérieur ?
    C’est ce qu’affirme le site militant « Révolution permanente » en diffusant certains articles, particulièrement restrictifs, censés émaner de ce projet de nouveau règlement.
    La direction de l’Université confirme à « 20 Minutes » l’authenticité de ce « document de travail », dont la version finale doit encore être votée.

    « Un projet liberticide », « une atteinte sans précédent à la liberté de se réunir à la fac »… Le site militant « Révolution permanente » ne mâche pas ses mots pour dénoncer les changements qui attendraient les étudiants et le personnel de l’Université de Paris, l’entité qui regroupe, depuis le 1er janvier 2020, les universités Paris Diderot (Paris 7) et Paris Descartes.

    Dans un article intitulé « L’Université de Paris veut faire contrôler les réunions étudiantes par la préfecture », la plateforme du « courant communiste révolutionnaire du [Nouveau parti anticapitaliste] » dénonce ainsi certaines dispositions du projet de nouveau règlement intérieur, extraits du document en question – marqués de la mention « confidentiel » – à l’appui.

    L’article 2 de ce projet de règlement intérieur daté du 4 février 2020 oblige par exemple les « organisateurs d’une réunion publique au sein de l’université » à « présenter, deux mois à l’avance, une demande d’affectation d’un local, auprès du président de l’université ». Celle-ci doit en outre être « déposée sous forme d’un dossier "manifestation" » devant « obligatoirement contenir la déclaration préalable faite en préfecture et le récépissé remis aux déclarants. »

    https://twitter.com/UnivOuverte/status/1230060835877347329?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E12

    FAKE OFF

    Contactée par 20 Minutes, Philomène, l’autrice de l’article – et étudiante à l’université Paris Diderot, où ont lieu de nombreuses assemblées générales (AG) et autres mobilisations depuis décembre 2019 –, nous explique comment elle a mis la main sur ce document : « On l’a découvert jeudi [13 février] grâce à des professeurs mobilisés [contre la réforme de l’enseignement supérieur et la réforme des retraites], qui nous ont expliqué que le projet de nouveau règlement intérieur avait fuité. Je n’ai pas eu accès au document intégral mais des extraits ont été partagés, et c’est comme ça que nous avons pu les diffuser sur "Révolution permanente" ».

    L’université de Paris nous confirme pour sa part l’authenticité de ces articles, tout en précisant qu’il s’agit d’un « document de travail », d’un « texte non abouti, qui s’appuie essentiellement sur des textes réglementaires en vigueur » dont la « version finale sera soumise au vote des instances de l’université ».

    Certains éléments prévus dans ce projet – que 20 Minutes a pu consulter en intégralité – existent en effet déjà dans les règlements de l’université Paris Diderot, comme le reconnaît lui-même un collectif de personnels et d’étudiants mobilisés de Paris 7 : « L’accès extrêmement réglementé aux espaces universitaires, qui est réservé aux "usagers" officiels de l’établissement et oblige donc à présenter sa carte d’identité lors du contrôle sous peine d’être exclu, ou expose à des procédures disciplinaires si on refuse de présenter sa carte ou si on la prête à autrui, n’est pas nouveau, mais il est contraire à l’idée qu’on se fait d’une université libre. »

    L’article 24-2 du règlement de l’établissement dispose par exemple que cette carte « doit être présentée aux autorités universitaires ou aux agents désignés par elles chaque fois que ceux-ci le demandent » et que « tout refus de présentation expose l’étudiant à une procédure disciplinaire ».
    « Toute réunion serait soumise aux mêmes règles que l’organisation d’une manifestation »

    En revanche, les strictes conditions d’organisation d’une réunion au sein des locaux envisagées par le nouveau projet de règlement intérieur sont, elles, bien nouvelles. « Non seulement il faudrait faire une déclaration préalable de réunion en préfecture et demander un local à la direction de l’université deux mois avant – alors que ce type d’assemblée générale s’organise généralement quelques jours avant –, mais cette demande doit être signée par au moins une personne résidant dans la commune du lieu de la réunion, alors que de nombreux professeurs et étudiants n’habitent pas à Paris », poursuit le collectif.

    Il dénonce aussi le « flou » entourant les notions de « réunion » des « agents et usagers » – possible à condition d’en demander l’accord huit jours avant au président de l’établissement – et de « réunion publique », ouverte à tous, y compris aux personnes extérieures à l’université, soumise aux critères restrictifs évoqués plus haut : « En pratique, toute réunion serait en réalité publique et donc soumise aux mêmes règles que l’organisation d’une manifestation. Ces points de règlement ne seront évidemment pas appliqués à chaque fois, mais ce qui est créé ici, ce sont les outils répressifs nécessaires pour faire annuler ces réunions ou poursuivre leurs organisateurs. »

    Enfin, les étudiants et personnels mobilisés s’inquiètent de potentielles restrictions en matière de liberté d’expression, un article de ce projet prévoyant certaines limites à son « exercice », qui ne doit par exemple pas « porter atteinte au respect des personnes et à l’image de l’université » : « C’est un élément extrêmement subjectif, et il y a un vrai danger pour la liberté d’expression si on ne peut plus exprimer de critiques vis-à-vis de l’université. »

    Selon nos informations, le vote de ce projet de nouveau règlement intérieur est prévu le 13 mars, lors d’un conseil d’administration de l’université de Paris.

    https://www.20minutes.fr/societe/2723171-20200220-universite-paris-prevoit-mesures-liberticides-contre-droi

    • « Liberté de réunion ». Une COMUE attaque les #libertés_universitaires

      À l’occasion de la fusion des facs de Paris 5 et Paris 7 la présidence de la fac a rédigé un projet de nouveau #règlement_intérieur classé confidentiel. Les documents ont fuité révélant un projet liberticide, une atteinte sans précédent à la liberté de se réunir à la fac alors même que les personnels et étudiants se mobilisent actuellement contre les réformes de l’enseignement supérieur. La moindre #réunion serait désormais soumise à une déclaration préalable en préfecture et à une validation par la présidence.

      Depuis le début du mois de décembre le mouvement contre la réforme des retraites s’est lancé sur l’université de Paris Diderot -Paris 7- et les assemblées générales -AG- se sont multipliées, rassemblant plusieurs centaines de personnes. À la rentrée les profs sont rentrés dans le mouvement, marquant leur refus de voir passer une nouvelle attaque contre l’université, la LPPR — Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche. C’est dans ce contexte électrique sur la fac que les vigiles ont commencé à fermer les grilles et contrôler les cartes à l’entrée, une heure avant chaque assemblée générale, avant de se décider finalement à filtrer toutes les entrées 24h/24, 7j/7. « Puis récemment ils ont essayé de faire annuler des AG, en niant des réservations d’amphi à Descartes par exemple, ou en interdisant l’accès au matériel sonore ! », nous relate une professeure en sociologie sur Diderot.

      C’est au milieu de cette effervescence que le 1er janvier est arrivé, et avec lui la mise en place effective de la fusion décidée en 2017. Elle devait initialement regrouper Paris 3, 5 et 7, mais la mobilisation à l’époque dans les trois facs et celle particulièrement importante sur Paris 3 a permis à l’université cette dernière de sortir du projet. C’est donc un processus de fusion entre Paris 7 et Paris 5 qui a abouti il y a un peu plus d’un mois. La #fusion des universités permet d’en faire des pôles compétitifs intégrés au marché économique, en poursuivant la dualisation des cycles (licence / master-doctorat), en faisant des premières années d’études supérieures une simple extension des études secondaires, reportant le travail de recherche au moment du master. Dans le même temps, avec l’intégration toujours plus massive de représentants du #patronat dans les #conseils_centraux, la #recherche est peu à peu orientée en fonction des besoins des grandes entreprises. Ce sont ces mêmes cadres anti-démocratiques qui sont entrain de décider du règlement intérieur pour la nouvelle Université de Paris.

      Les documents ont fuité jeudi dernier : la présidence espère faire voter la semaine prochaine l’application d’un tout nouveau règlement intérieur, grâce auxquelles toutes tentatives de se réunir au sein de l’établissement seront rendues impossibles.

      Il est indiqué que toutes les réunions publiques devront désormais être déclarées en #préfecture, en échange d’un récépissé. Les organisateurs de cette réunion devront également constituer un dossier pour émettre une demande de réservation à la présidence de l’université au moins deux mois à l’avance, après présentation du récépissé de la préfecture. Cette demande ne sera acceptée que si : l’objet et la nature de la réunion sont validés par la présidence, et si les organisateurs prévoient « d’assurer le #bon_ordre » de cette réunion, nécessitant la mise en place peut être d’une #sécurité ?
      Finalement, pour organiser une quelconque assemblée générale ou autre réunion de tout type, entre la demande en préfecture et celle à la présidence, il faudra s’y prendre au moins 10 semaines à l’avance. Pour donner un exemple avec ces nouvelles conditions, si l’on voulait réserver un amphi cette semaine pour discuter et décider de l’organisation de la journée du 5 mars dans l’enseignement supérieur, il aurait fallut s’y prendre aux alentours du 5 décembre… avant même le début de la grève. On comprend bien que ces nouvelles mesures, en apparence purement administratives, rendent impossible toutes perspectives de mobilisation solide et réactive au sein de ces deux #facs. Une attaque très forte contre le droit de réunion, qui s’inscrit dans une démarche de #criminalisation du #militantisme à la fac, qui vise à empêcher l’émergence de mouvements, ou de la moindre réunion contestataire au sein de l’université .

      Et la présidence est bien consciente du caractère extrêmement liberticide de ces mesures. C’est pour cette raison qu’elle essaye à tout prix de dissimuler l’affaire, en faisant d’abord pression sur tous ceux à qui elle a fourni ces documents, notamment avec « PROJET CONFIDENTIEL » imprimé en filigrane. Puis en omettant purement et simplement d’informer de l’existence même de ce projet de règlement intérieur les instances censées étudier de tels projets comme le sénat académique de l’université de Paris qui se réunit pourtant chaque mois. Si bien que la première fois que des informations sont sorties du cercle très restreint des personnes informées du projet, ce n’est qu’une dizaine de jours avant le 24 février, la date de sa mise au vote. La présidence avait clairement l’intention que le moins de monde possible ne découvre ce qui se manigance pour empêcher un scandale avant le vote . La présidence s’est aussi donnée le droit, nouveau, de déclarer un état d’urgence universitaire, en cas de « circonstances exceptionnelles », lui permettant de s’auto-octroyer les pleins pouvoirs au sein des facs fusionnées.

      Face à ces attaques liberticides et à cette tentative de criminaliser les étudiants et professeurs qui souhaiteront se réunir, se rencontrer ou se mobiliser à l’avenir, il est nécessaire de s’organiser, et d’empêcher que ce nouveau règlement intérieur ne passe. La solidarité des autres facs mobilisées en ce moment contre la réforme des retraites ou la LPPR, va être également nécessaire pour que cette décision ne fasse pas jurisprudence et ne serve à réprimer dans les autres universités.

      https://academia.hypotheses.org/15905

      #université #fac

  • Revealed: anti-terror center helped police track environmental activists | US news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/us-news/2019/oct/02/oregon-pipelines-protests-monitoring-police-anti-terror-unit
    https://i.guim.co.uk/img/media/b33071b6b3853ab29db2fbad119f14bb7a1de8bc/0_36_3579_2148/master/3579.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    A federally sponsored anti-terrorism fusion center in Oregon assisted a taskforce monitoring protest groups organizing against a fossil fuel infrastructure project in the state, according to documents obtained by the Guardian.

    #militantisme #terrorisme #etats-unis

  • Une écologiste assassinée au Guatemala
    Diana Isabel Hernández Juárez – HRD Memorial
    https://hrdmemorial.org/hrdrecord/diana-isabel-hernandez-juarez

    At 05.20pm on the evening of Saturday 7 September 2019, she was attacked and shot dead by unknown gunmen as she was taking part in a procession in her community of Monte Gloria in Santo Domingo, Suchitepéquez.

    The Professor was a community activist devoted to the protection of the environment and its natural resources. She devoted a large part of her life to creating environmental awareness and recovering rare native species as part of a reforestation programme. She worked particularly closely with communities in her parish to help them address environmental issues.

    #assassinat #Guatemala #activisme #militantisme #environnement #écologie via reporterre

  • Sad Radicals - Quillette
    https://quillette.com/2018/12/11/sad-radicals

    “Unfortunately, toxicity in radical communities is not a bug. It is a feature. The ideology and norms of radicalism have evolved to produce toxic, paranoid, depressed subjects.”

    Young adults often become radicals after they realize the immensity of the cruelty and malevolence in the world. They reject a society that tolerates such suffering. They sanctify justice as their telos. But without truth to orient justice, seekers of justice will crash and crash again into reality, and will craft increasingly nightmarish and paranoid ideological analyses, burning out activists, destroying lives through jail or abuse, and leaving the world an uglier, more painful place. To paraphrase Alice Dreger, there is no justice without wisdom, and no wisdom without surrender to uncertainty in the pursuit of truth.

  • Faire de l’enquête militante aujourd’hui
    Publié le 16 avril 2019 | @paris
    https://paris-luttes.info/faire-de-l-enquete-militante-11967

    #ACTA, média autonome et partisan, a réalisé cet entretien avec deux camarades de la Plateforme d’Enquêtes Militantes afin d’approfondir ensemble les enjeux d’une conception de l’enquête comme style et méthode d’organisation, leur permettre de formuler un premier bilan d’expérience, tout en évoquant les possibilités politiques nouvelles ouvertes par la situation en cours.

    Pour résumer, l’enquête militante vise à la consolidation réciproque entre théorie et pratique, entre production de connaissance et production de conflit. Par conséquent, quand elle est menée à bien, l’enquête militante doit déboucher avant tout sur un renforcement de la praxis.

    Quant à la posture propre à l’enquête militante, elle implique :

    1. De prêter une attention particulière aux comportements subjectifs de résistance et d’insubordination, de coopération et d’entraide – qu’ils soient ouverts ou latents – tout en saisissant le cadre objectif à l’intérieur duquel ils se déploient.

    2. De toujours chercher à construire de l’internalité aux luttes, c’est-à-dire à s’ancrer dans les espaces (lieux de travail, quartiers, universités, assemblées populaires, etc.) et à y garantir une présence militante dans une temporalité de moyenne-longue durée, en établissant ainsi un rapport de confiance et d’interconnaissance solide avec les sujets qui se battent pour transformer leur cadre de vie.

    3. De viser à saisir des tendances – à la fois dans les transformations objectives de la société et dans les comportements subjectifs de la classe – afin d’anticiper les terrains sur lesquels il est possible de faire travailler politiquement les contradictions à l’oeuvre.

    On peut donc parler – à propos de l’enquête militante – de style, pour rendre compte de l’attitude constitutive de la praxis qui l’imprègne d’un bout à l’autre. Mais aussi de méthode, quand à travers l’enquête on poursuit de façon explicite et systématique un objectif politique déterminé collectivement, dans une dynamique de dépassement tendanciel de la frontière entre « enquêteur·euse·s » et « enquêté·e·s ».

    #enquete #militantisme #medias_libres #en_quete_plutôt_qu'en_marche !

  • La fabrique des #corps
    https://www.franceculture.fr/emissions/series/la-fabrique-des-corps

    –-------------
    Le corps au cœur du Deuxième Sexe

    Nous fêtons cette année le 70ème anniversaire de la publication du #Deuxième_Sexe par #Simone_de_Beauvoir, un ouvrage sociologique et philosophique fondateur, notamment par la place qu’il accorde à l’analyse du façonnement du corps féminin.

    https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire/la-fabrique-des-corps-14-le-corps-au-coeur-du-deuxieme-sexe
    #femmes #corps_féminin #livre

    "Le roi est nu !"

    Comment la #monarchie a-t-elle joué avec l’ambiguïté de son incarnation dans un corps fait de chair et d’os, un corps à la fois banal et extraordinaire ? L’autorité perdure-t-elle quand le roi vieillit, quand il est malade ? Et qu’en est-il des corps « nobles » qui l’entourent et lui font face ?

    https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire/la-fabrique-des-corps-24-le-roi-est-nu

    L’#Antiquité, de chair, de marbre et de chants

    Longtemps grande absente des études historiques sur le corps, l’Antiquité revient aujourd’hui sur le devant de la scène : par le biais de la #virilité, du #genre, ou de la #médecine les historien-ne-s se sont penchés sur les #sens, l’#environnement_sensoriel, la #sensibilité des civilisations antiques.

    https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire/la-fabrique-des-corps-34-lantiquite-de-chair-de-marbre-et-de-chants

    Militer, avorter, légaliser (1972-1975)

    L’histoire de l’avortement n’est pas qu’une histoire du droit ; c’est aussi une histoire des corps et des techniques. Naviguant entre la #clandestinité et l’#illégalité, les pratiques ont rapidement et profondément évolué au cours des années 1970, en même temps que les militantismes...

    https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire/la-fabrique-des-corps-44-militer-avorter-legaliser-1972-1975
    #résistance #avortement #droits_des_femmes #légalisation #AVG #militantisme

  • Internet, cette révolution qui n’en était pas une : les désillusions de l’activisme numérique
    http://www.internetactu.net/2019/05/07/internet-cette-revolution-qui-nen-etait-pas-une-les-desillusions-de-la

    Le livre de la sociologue Jen Schradie (@schradie), The revolution that wasn’t : How digital activism favors conservatives (La révolution qui n’était pas : ou comment l’activisme numérique favorise les réactionnaires, Harvard University Press, 2019, non traduit) sonne comme un nouveau revers pour tout ceux qui pensaient que le numérique allait changer (...)

    #Articles #Recherches #économie_de_l'attention #eDémocratie #Participation #politique #réseaux_sociaux

    • [...] dans les groupes des classes moyennes et supérieures, les outils sont plus accessibles, tout comme les compétences, les ressources et la confiance en soi. Les individus qui composent ces mouvements sont plus éduqués, ont un peu plus de compétences et de moyens, et donc accèdent plus facilement aux outils numériques… mais surtout, ils n’ont pas connu la peur de la répression.

      Voilà le résultat le plus important du travail de Jen Schradie : les « activistes » les plus susceptibles de subir la répression ont tendance à limiter leur « surface d’exposition ». Ce phénomène n’a pas grand chose à voir avec les conseils prodigués dans les brochures militantes pour assurer un certain niveau de confidentialité de ses échanges numériques. Il s’agit de la méfiance spontanée de celles et ceux qui savent plus ou moins consciemment que lorsqu’on est du mauvais coté du manche, aucun moyen technique ne permet de rétablir l’équilibre. Le seul levier qui ne risque pas de vous revenir dans la gueule, c’est celui des rapports humains différents de ceux que les dominants ont tendance à penser comme universels.

    • Pour Jen Schradie, les coûts de la mobilisation n’ont pas baissé avec internet, comme on le lit souvent. En ligne, les mises à jour de sites et les mises à jour sur les réseaux sociaux sont bien plus fréquentes selon le niveau social des acteurs, mais également selon la structuration même des collectifs auxquels ils appartiennent. En étudiant les sites web et les réseaux sociaux, Schradie calcule la participation en ligne sous la forme d’un score d’activisme numérique, qui se révèle bien différent selon qu’on se situe à gauche ou à droite du jeu politique. Elle souligne que les groupes les plus actifs en ligne sont aussi les plus structurés et les plus hiérarchiques.

      Un constat bien loin des promesses d’horizontalité et de décentralisation pionnières du numérique.

      […]

      Il questionne les outils que nous utilisons… et montrent que leurs biais ne reposent peut-être pas seulement sur le miroir qu’ils nous tendent, mais peut-être plus profondément sur la structure même qu’ils organisent. À la lire, on pourrait se demander, assez légitimement, si le fait que les conservateurs réussissent mieux à utiliser ces outils n’est pas aussi lié à l’idéologie qui façonne ces outils. Le fait qu’ils favorisent la propagation de messages simples, leurs logiques agrégatives plutôt que disséminatrices, interrogent fondamentalement les biais cachés dans les fonctionnalités mêmes de nos outils.

      #internet #activisme #militantisme #politique #technologie #critique_techno

  • « Comme un bruit qui court » devrait disparaître de l’antenne de France Inter

    Les mutins de la Pangée réagissent :

    https://www.facebook.com/LesMutinsDePangee

    Les anciens de Là-bas si j’y suis qui faisaient Comme un bruit qui court, la dernière émission de reportage digne de ce nom sur France Inter, sont éliminés de l’antenne 5 ans après Daniel Mermet et cela malgré une audience exceptionnelle à cette tranche horaire (la plus difficile de la semaine, c’est bien connu). La direction d’Inter, qui n’a jamais trouvé « trop militant » les animateurs du 7/9 pas plus que Bernard Guetta, désormais candidat aux Européennes sur la liste LREM, doit sans doute avoir une bonne raison à évoquer pour supprimer cette émission.

    Nous avons écrit à laurence.bloch@radiofrance.com pour avoir plus d’explications. Vous pouvez en faire de même.

  • Semaine internationale de la rébellion
    Face au militantisme, “nous sommes revenus à un système de répression des années 1960 et 1970”

    Lycéens fichés S, écolos entendus par la police, Gilets jaunes renvoyés en correctionnelle : Vanessa Codaccioni explique comment l’#antiterrorisme a contaminé l’appareil répressif. Et comment la France a fait un bond de 40 ans en arrière.

    La chercheuse en sciences politiques Vanessa Codaccioni s’inquiète de la #criminalisation croissante du #militantisme. En refusant la #politisation des mouvements de #contestation, le pouvoir va jusqu’à les assimiler à du #terrorisme. Suite et fin de notre série d’articles consacrée à la Semaine internationale de la rébellion qui se déroule du 12 au 19 avril.

    https://www.telerama.fr/idees/face-au-militantisme,-nous-sommes-revenus-a-un-systeme-de-repression-des-an


    illustration photo : Abdulmonam Eassa/AFP : Manifestation des Gilets jaunes, à Paris, le 1er décembre 2018.

    En quatre mois de mobilisation des Gilets jaunes, 8 645 personnes ont été placées en garde à vue, 2 000 ont été condamnées, et 1 800 sont en attente de jugement. A titre de comparaison, environ 11 000 individus avaient été arrêtés pendant les grèves de mineurs sous Thatcher entre 1984 et 1985. Ce qui est inédit, c’est ce niveau de contestation politique, ou la vigueur de la punition ?

    /.../

    ++ SEMAINE DE LA REBELLION, MODE D’EMPLOI
    C’est quoi : la Semaine internationale de la rébellion a été lancée par Extinction Rebellion, https://extinctionrebellion.fr, un mouvement né en Angleterre en octobre 2018 et qui depuis essaime dans de nombreux pays – parmi lesquels la France, l’Italie, l’Allemagne et les Etats-Unis. L’idée : mener des actions de #désobéissance civile non-violente afin d’intensifier la protestation contre l’inaction politique en matière de lutte contre le changement climatique et la disparition des espèces. D’autres organisations environnementales ont annoncé qu’elles participeraient à cette semaine internationale de la rébellion.
    C’est quand : la semaine internationale de la rébellion se déroule du 12 au 19 avril.
    Quelles actions : Impossible de tenir un agenda précis. Car si certains collectifs communiquent depuis plusieurs semaines sur leurs prochaines actions pour s’assurer une médiatisation maximale, d’autres cultivent au contraire le secret, afin d’amplifier l’effet de surprise.
    En France, citons une « action contre l’industrie du textile et la fast fashion » menée par #Extinction #Rebellion, qui s’est déroulée le vendredi 12 avril. Et « bloquons la République des pollueurs », une action en Ile-de-France organisée par les Amis de la Terre, ANV-COP21 et Greenpeace. Des actions de « swarming » (blocages éphémères de la circulation) sont annoncées à travers le monde…
    Marc Belpois

    #répression

  • Post mai 68

    Que sont devenues dans les années 70 et après la pensée, les idées nées avec mai 68 : toute la semaine, la Fabrique interroge ces évolutions, et questionne la vision parfois trop idéaliste du mouvement actuellement célébré. Car des germes de dureté ont poussé aussi avec mai 68, une certaine radicalité a pu émerger et engendrer avec elle de nouveaux clivages, et certaines déceptions... Première étape ce matin avec notre grand témoin #Isabelle_Saint-Saëns qui fut membre du mouvement du #22_mars_1968 à #Nanterre. Elle nous raconte ici l’après de ces #espoirs ou de ces #utopies_anarchistes : comment certains se sont perdus, comment d’autres ont au contraire durci leur posture. Elle nous raconte aussi le lendemain des mythologies ouvriéristes et l’évolution de son propre #militantisme : comment elle s’est finalement investi dans de nouvelles formes d’action à partir des années 1980, via #Act_Up, le #Gisti, ou la revue #Vacarme .

    https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire/post-mai-68-14
    #mai_68 #histoire

    –-> une interview qui date de 2008!

    Avec... @isskein en grand témoin!

  • En #Tchétchénie, le responsable de l’#ONG_Mémorial condamné à quatre ans de colonie
    https://www.lemonde.fr/international/article/2019/03/18/en-tchetchenie-le-responsable-de-l-ong-memorial-condamne-a-quatre-ans-de-col

    Agrippé aux barreaux de son box d’accusé, Oïoub Titiev, 61 ans, a enduré, debout, pendant près de dix heures, la lecture complète et éprouvante du verdict. Après huit mois de procès, le responsable de l’ONG #Mémorial a été condamné, lundi 18 mars, à quatre ans de colonie pénitentiaire et 100 000 roubles d’amende (1 350 euros) pour « acquisition, détention, et stockage de stupéfiants » – 200 grammes de marijuana trouvés dans sa voiture. Une affaire fabriquée de toutes pièces, selon ses nombreux soutiens russes et internationaux. En octobre 2018, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe lui avait décerné le prix Vaclav Havel des droits de l’homme pour son « courageux combat ».

    #russie #militantisme #droits_de_l'homme

  • Le Monde : la fracture éditoriale
    Comment le journalisme militant met en péril le contrat de confiance avec les lecteurs

    https://www.france-medias.fr/images/pdf/LeMonde-LaFactureEditoriale.pdf

    Une (violente) attaque de la dérive «  radicale  » du Monde sur une ligne éditoriale anti-macroniste. Étude menée par France-Médias, https://www.france-medias.fr/informations site publié par La station Web https://www.societe.com/societe/la-station-web-454011107.html

    Le travail d’investigation mené pour cette étude a duré environ 10 semaines et cible les périodes du 1er juillet 2018 au 20 février 2019, a consisté à étudier près de 190 Unes du site lemonde.fr, notamment via le site waybackmachine.org, à observer les choix éditoriaux et rédactionnels mis en oeuvre, à (re)lire 220 articles par le moteur de recherche multimédia du site lemonde.fr, à analyser près de 400 photos, à identifier les outils et moyens de communication utilisés pour diffuser l’information, à répertorier et analyser 3.500 commentaires d’abonné(e)s et de lecteurs du Monde.

    Organisée en 6 parties, l’étude consacre les 3 premières à des événements marquants de l’actualité puis les 3 suivantes à une réflexion plus large sur la ligne éditoriale du Monde, aux malaises observés dans le lectorat puis, finalement, aux solutions envisageables pour restaurer une confiance durable. Notons que les pistes de réflexion et solutions proposées, même si elles se destinent au Monde en premier lieu, peuvent être éventuellement valables auprès d’autres médias de presse écrite.

    En outre, nous mentionnerons que malgré nos demandes, ni le directeur du Monde (Monsieur Fenoglio) ni le directeur de la publication (Mr Bronner) n’ont souhaité répondre aux questions, interrogations et constats soulevés par cette étude.

    Notons enfin que celle-ci a été réalisée de manière entièrement bénévole, sans subvention ni publicité et n’est liée à aucune institution, entreprise, parti politique ou groupe de pression. Elle se veut citoyenne dans son orientation et dans ses finalité(s).

    le sommaire

    I. L’affaire Benalla
    II. La crise des gilets jaunes
    III. La Une du magazine « M »
    IV. La ligne éditoriale en question(s) V. Un lectorat déboussolé
    VI. Les solutions envisageables

    • Le traitement [de l’affaire Benalla] du monde.fr en chiffres
      L’analyse des Unes et des surfaces de visibilité (au dessus de la ligne de regard dite « ligne de flottaison »), du site lemonde.fr, a de quoi impressionner. Du 18 juillet 2018 au 30 août 2018, l’affaire occupe 85% des Unes et 88% de l’espace majeur de visibilité.

      A titre de comparaison, cela représente environ 2,5 fois la couverture dédiée aux attentats terroristes de Paris en novembre 2015 (perpétrées notamment au Bataclan) ou encore 2 fois plus que l’affaire DSK, à périmètres équivalents (durée du traitement et intensité de la visibilité). Cette intensité médiatique est également supérieure au total de tous les candidats à la présidentielle de 2017 réunis, sur une période comparable (de 6 semaines).

      Jamais aucun événement géopolitique, politique ou économique n’aura disposé d’une telle surface de visibilité médiatique depuis le lancement du site lemonde.fr en 1996.
      « L’affaire Bennalla a disposé de 2,5 fois plus de visibilité que la couverture dédiée aux attentats de Paris en novembre 2015 »

      Sur les éléments à notre disposition, on peut également affirmer qu’aucun des grands sites d’information en ligne européen (El Pais en Espagne, le Frankfurter allgemeine en Allemagne ou Le Times en Angleterre) n’a jamais consacré une place aussi importante au traitement d’une seule information au cours des 10 dernières années.

      La couverture du Brexit, à titre d’exemple, par le site Internet du Times (thetimes.co.uk), a représenté une visibilité inférieure de 40% à celle de l’affaire Benalla par lemonde.fr (à temps et périmètre équivalents).

    • à propos du traitement des GJ

      Le poids des photos : mouvement d’ampleur et violences policières
      Les photos mises en ligne sur lemonde.fr relèvent bien évidemment de la ligne éditoriale et traduisent, le plus souvent, la volonté du journaliste et ou de la rédaction de mettre l’accent sur un phénomène.

      Sur environ 400 photos étudiées (photos principales d’article et photos insérées à l’intérieur des contenus), 2 orientations dominent : l’impression d’un mouvement d’ampleur d’une part et des violences policières omniprésentes d’autre part.
      […]
      La police (beaucoup) plus blâmée que les manifestants violents
      D’une façon générale, les articles du monde.fr ont relaté à la fois les violences des manifestants mais aussi celles de certains policiers. A plusieurs reprises néanmoins, le choix de la rédaction du Monde a été de plutôt de mettre en avant les dérapages policiers et plus rarement les violences des manifestants.

    • 2 histoires, 2 identités et un mélange explosif
      Pour de nombreux lecteurs, l’objectif d’une partie des articles du Monde n’est pas de les informer de façon neutre et objective mais plutôt de leur présenter une vision orientée et idéologique ; une finalité spécieuse éloignée des règles déontologiques dont se prévaut la direction du journal.

      On doit déjà se rappeler que l’identité des 2 éditions du Monde est fondamentalement différente. Pendant plus de 10 ans, les 2 rédactions (« papier » et numérique) ont cohabité sans se côtoyer, chacune à un étage différent, avec des organisations très différentes.

      La première était constituée des journalistes les plus aguerris, des « signatures » du Monde et des moyens les plus importants (correspondants dans le monde entier, relecteurs...). Elle véhiculait une approche rigoureuse et factuelle de l’information, une vision d’un journalisme ambitieux et fiable.

      La seconde rédaction (numérique) s’est formée à la fin des années 90, presque en opposition avec sa grande sœur. Essentiellement constituée de jeunes journalistes et disposant de moyens limités, il lui fallait exister et se singulariser en explorant des voies qui n’étaient pas celles du journal papier « traditionnel ».
      […]
      Sur les articles étudiés issus de publications sur lemonde.fr, on peut considérer que moins de la moitié des contenus est suffisamment « équilibrée » et neutre. Cela signifie qu’une légère majorité des publications du Monde peut être considérée comme partisane, parti-pris ou orientée sur le plan idéologique.

      Cette réalité pourrait être acceptable dans un journal d’opinion tel que Le Figaro ou Libération mais semble choquante pour un média qui se veut une « référence » en matière de qualité et de neutralité de l’information.

      Le tournant de l’été 2018
      En 2003, dans le livre « La face cachée du Monde : du contre-pouvoir aux abus de pouvoir », la radicalité voire l’autoritarisme d’Edwy Plenel, alors directeur de la rédaction, est décrite et dénoncée par les 2 auteurs, Pierre Péan et Philippe Cohen.

      On retrouve curieusement, ces derniers mois, dans les colonnes du Monde, quelque chose de cette radicalité et des attaques implacables contre les gouvernants dont l’actuel directeur de Médiapart s’est fait l’expert incontesté. Une sorte de fièvre parait s’être emparée d’une partie de la rédaction qui, visiblement dépassée (ou aveuglée) par les enjeux, en a oublié ses règles éthiques et déontologiques les plus rudimentaires.
      […]
      Il semblerait néanmoins qu’elle se heurte à une réalité journalistique nettement moins nuancée. Sur 60 articles publiés dans le Monde qui illustrent des opinions (tribunes, interviews, points de vus...) entre le 15 juillet 2018 et le 16 janvier 2019, 48 peuvent être considérées comme des critiques négatives des actions de l’Etat et ou du gouvernement.

      Cela signifie que 80% des articles d’opinions, publiés par Le Monde sur cette période, renvoient une image négative voire très négative des actions de l’Etat. On peut qualifier les 20% restant de « plutôt neutres » ou « équilibrés ».
      […]
      Rapprochement idéologique avec Mediapart ?
      « L’affaire Benalla » semble avoir révélé, au fil des investigations des 2 médias, une forme nouvelle de rapprochement autour de valeurs communes.

      Il n’est probablement pas anodin que, lors de plusieurs épisodes de l‘affaire, notamment après le licenciement d’Alexandre Benalla par l’Elysée, différentes questions ou polémiques (passeports et déplacements en Afrique, contrat avec un oligarque russe, seconde audition auprès de la commission du Sénat, perquisition refusée au siège de Mediapart), les 2 éditions en ligne (mediapart.fr et lemonde.fr) ont semblé e*n parfaite synchronisation* pour relayer les découvertes de l’un tandis que l’autre valorisait les révélations de l’autre.

      En outre, on retrouve, dans l’orientation et l’écriture journalistique des 2 journaux en ligne, un certain nombre de traits communs : un même goût pour les révélations tonitruantes qui touchent l’Etat et la présidence, un sens certain de la mise en scène de l’information pour mieux en accentuer la portée (titres et photos en très grands formats, alertes en gras et rouges sur les fils d’information..), l’utilisation d’effets de dramatisation (dans le choix des titres en particulier et dans la mise en page) ainsi qu’une propension aux révélations « feuilletonnées » dans le but de tenir le lecteur en haleine...

    • J’ai pensé à toi @reka :)
      Et à y réfléchir, aucune étude ne pourra absoudre par le chiffre une ligne éditoriale qui est le plus souvent dans le déni et la censure. Certes cette étude donne la preuve d’un dysfonctionnement, le titre de sa présentation fait peur, vraiment, accuser le journalisme militant infiltré au monde de mettre en péril la crédibilité de la presse écrite est assez osé.
      Pour appuyer ma réflexion, une étude pourrait aussi accuser le logiciel libre de mettre en péril Apple ou Microsoft parce qu’ils intègrent l’un et l’autre du code libre.

    • Je ne connais pas le parcours politique et les motivations de Denis Morineau* qui signe cet article, non plus que la ligne de france-medias.
      Mais quand je lis les solutions proposées, comité d’éthique et de surveillance de la presse écrite, intervention du ministère de la culture, proposition de contribution de psychanalystes ou le simple fait d’évoquer la sauvegarde de l’identité et l’âme d’un journal (c’est quoi ?), cela m’inquiète pour la #liberté_de_la_presse, pas vous ?

      Il en va de la restauration d’un climat de confiance entre la rédaction et les lecteurs, largement mis à mal depuis une année. Il en va également de la nécessité pour Le Monde de continuer à être considéré, en France comme à l’étranger, comme un média suffisamment indépendant et qualitatif pour témoigner des mouvements de la société sans y perdre son identité et son âme. Nous avons compilé les principales mesures, dont certaines sont dores et déjà à l’étude au Ministère de la Culture, qui peuvent contribuer à cette évolution positive...

      Il convient, pour contribuer à rétablir cette confiance perdue, de mettre en place un comité d’éthique et de surveillance de la presse écrite. Cette instance doit pouvoir regrouper les directeurs de journaux, des directeurs de rédaction mais également des journalistes et bien évidemment, et en nombre significatif, des lecteurs et lectrices. En outre, des intellectuels, des sociologues, des sémiologiques voire des psychanalystes doivent également pouvoir apporter leurs contributions et leurs regards croisés et complémentaires (au delà des convictions politiques et ou idéologiques).

      * https://www.france-medias.fr/informations/#tab-1
      Dans la présentation de l’équipe (un seul et ex journaliste qui vient de la presse régionale groupe « Le Messager ») on trouve Denis Morineau

      Denis Morineau | Directeur de la publication et auteur
      Parcours & profil

      Diplômé de Neoma Business school de Rouen et d’HEC Montréal, Denis travaille très tôt dans l’univers du web (dès 1999) autour de projets européens basés à Paris. Il se lance ensuite dans l’édition web en créant des projets et concepts numériques. A l’origine de « Sortir en ville » (réseau social de sorties) ou encore de « Psychologie.fr ». Il déploie aussi son expression créative dans l’univers de l’architecture et du design en réalisant des espaces contemporains.
      Ses univers de prédilection

      Société et politique, géo-politique, médias, Histoire, sciences humaines (sociologie et psychanalyse), économie et Culture (théâtre et cinéma en particulier).
      Pourquoi France médias ?

      "Je souhaite que France médias permette au plus grand nombre de mieux comprendre et utiliser les médias. J’aimerais également que le site devienne une référence qualitative en termes de critique, d’évaluation et de décodage des médias."