• À Ceuta, les mineurs marocains refusent le retour réclamé par Rabat - InfoMigrants
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    À Ceuta, les mineurs marocains refusent le retour réclamé par Rabat
    Par RFI Publié le : 17/08/2026
    Depuis la crise de Ceuta, Rabat réclame le retour de l’ensemble des mineurs marocains non accompagnés présents en Espagne. Ils sont nombreux à se trouver actuellement dans l’enclave espagnole depuis la dernière crise migratoire.
    Ils se baladent en petits groupes le long de la côte et font passer les journées entre baignades et repos à l’ombre des arbres. Les mineurs marocains arrivés à Ceuta espèrent encore rejoindre l’Europe et ne souhaitent pas revenir au Maroc. C’est le cas de Bilal, 17 ans : « Je veux rester ici, à Ceuta, ou en Europe. Il n’y a rien au Maroc, je n’ai pas d’avenir là-bas ». Certains ont trouvé une place en centre d’hébergement, d’autres dorment dans la rue, peut-être un millier.
    Tous les soirs, ils se retrouvent sur la playa del Trampolín, avec les autres exilés venus de toute l’Afrique et du Moyen-Orient. Ici, les grandes ONG distribuent des sandwichs et pourvoient des soins de base, mais les besoins sont énormes.
    « Nous pensons qu’il reste, à Ceuta, plus de 7 000, 8 000, 10 000 personnes. Nous ne pouvons pas le savoir parce qu’ils ne sont pas enregistrés », indique Julian Rodriguez, médecin bénévole. Des cabanes de fortune ont été construites avec des cartons et des morceaux de bois sur la plage. De longues queues se forment devant les équipes médicales. Elles traitent des blessures, des maladies de peau, des problèmes respiratoires. « La santé publique, ici, n’existe pas. Une plage, des besoins personnels… Non, c’est impossible », ajoute le médecin. Dans ce qui ressemble de plus en plus à un bras de fer diplomatique, Rabat tient justement les autorités espagnoles pour responsables des conditions de vie des mineurs isolés. Mais la loi espagnole interdit tout retour collectif des mineurs isolés. Chaque enfant doit faire l’objet d’un examen individuel.

    #Covid-19#migration#migrant#espagne#maroc#ceuta#mineur#sante#MNA#crisemigratoire

  • Royaume-Uni : près de 100 mineurs détenus à tort dans le cadre de l’accord franco-britannique « one in, one out » - InfoMigrants
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    Royaume-Uni : près de 100 mineurs détenus à tort dans le cadre de l’accord franco-britannique « one in, one out »
    Par La rédaction Publié le : 14/08/2026 Dernière modification : 16/08/2026
    Selon un organisme chargé de surveiller les prisons et les centres de rétention, en l’espace de neuf mois, 94 migrants mineurs ont été détenus au Royaume-Uni dans le cadre de l’accord franco-britannique « one in one out ». Il s’agissait de personnes impliquées dans des procédures de reconnaissance de minorité, qui se sont finalement avérées être des mineurs. Les enfants sont normalement exclus de ce dispositif de renvoi d’exilés vers la France. Près d’une centaine d’enfants exilés détenus au Royaume-Uni. Du 15 août 2025 au 1er mai 2026, 94 migrants ont été identifiés à tort comme étant des adultes et placés en détention dans le cadre de l’accord franco-britannique « one in one out » ["un pour un"], alors qu’ils étaient en réalité mineurs. C’est ce que révèle une lettre adressée le 13 août à Anna Turley, la ministre d’État à la Sécurité des frontières et à l’Asile, par Jane Leech, présidente par intérim des comités de surveillance indépendants (IMB), chargés de contrôler les prisons et les centres de rétention.
    D’après ce document et les données fournies par le Home Office à l’IMB, sur 304 cas de litiges concernant l’âge des migrants détenus au cours de ces neuf mois, 94 (soit 31%) ont finalement été reconnus comme étant mineurs. L’accord « one in, one out » "place en détention des personnes très vulnérables et nouvellement arrivées, notamment des enfants et des victimes d’abus", a ainsi signalé Jane Leech.
    Les mineurs sont en effet censés être exclus de ce dispositif, qui prévoit depuis août 2025 le renvoi en France de migrants arrivés à bord de « small-boats » au Royaume-Uni, en échange de l’accueil par ce pays d’exilés se trouvant sur le sol français. Comme le rappelle le journal britannique The Guardian, le gouvernement britannique limite en outre la détention des mineurs non accompagnés à 24 heures. « L’IMB s’inquiète donc de l’inefficacité des mécanismes de protection des enfants et estime qu’il faudrait prendre davantage de mesures pour garantir que les personnes dont l’âge fait l’objet d’un litige ne soient pas placées en détention dès le départ », considère la présidente de l’organisation. Toutefois, dans sa lettre, l’IMB remarque « qu’une fois qu’un litige relatif à l’âge est engagé, les personnes concernées se voient rapidement attribuer un hébergement individuel, à l’écart de la population carcérale générale, et qu’une fois reconnues comme mineures, elles sont remises à la charge des services sociaux. » En réaction, un porte-parole du Home Office a assuré au Guardian que « des évaluations rigoureuses de l’âge sont essentielles pour préserver l’intégrité de nos frontières, garantir que les migrants bénéficient d’une protection adéquate et aient accès aux services. » Avant d’ajouter : « Nous continuerons à renforcer et à moderniser ce processus, notamment grâce au déploiement, dès l’année prochaine, d’une technologie d’intelligence artificielle de pointe pour faciliter l’évaluation de l’âge ».
    Dans son courrier, l’IMB dénonce également la longueur des délais pris par les autorités pour mener les évaluations de minorité des étrangers détenus en vue de leur renvoi en France. « Dans deux cas examinés par le Conseil de Heathrow, il a fallu 40 jours, voire plus, entre l’arrivée au centre de rétention pour immigrants (IRC) et l’évaluation de l’âge », souligne Jane Leech. « Trop souvent, les enfants réfugiés sont traités comme des adultes et placés dans des situations dangereuses, exposés à des risques d’abus et de négligence, et confrontés à des risques importants en matière de protection », a de son côté réagi Imran Hussain, directeur exécutif des affaires extérieures au Refugee Council, cité par The Guardian.
    Face à ces chiffres, le Refugee Council appelle en outre « le gouvernement britannique à donner la priorité aux évaluations professionnelles menées par des travailleurs sociaux qualifiés, ce qui s’est avéré être le moyen le plus précis de déterminer l’âge et, par conséquent, d’éviter ces risques. » Les observations de l’IMB ne s’arrêtent pas à l’âge des migrants détenus. D’après l’organisation et la lettre de Jane Leech, certains exilés placés en détention dans le cadre de l’accord attendent leur expulsion vers la France depuis plus de six mois, alors qu’ils n’étaient censés être détenus que pendant 28 jours au maximum, et ce « dans des cas exceptionnels » uniquement. Elles notent également le cas de migrants sur le point d’être renvoyés en France alors qu’ils souffrent de tuberculose ou nécessitent un traitement hospitalier. L’IMB cite aussi certains étrangers qui risquent d’être expulsés après avoir été séparés de leur famille, avec laquelle ils étaient arrivés, ce qui a un « impact particulièrement néfaste » pour les exilés concernés, déplore Jane Leech.
    Ce n’est pas la première fois qu’un organisme pointe du doigt les conditions de détention et les abus subis par des exilés détenus dans le cadre de l’accord franco-britannique. Depuis sa signature, le traité est notamment contesté par de nombreuses associations, qui dénoncent « un marchandage cynique de vies humaines ». En février, l’ONU a elle-même appelé les deux pays à mettre fin à l’accord, avertissant qu’il pourrait y avoir de « graves violations du droit international des droits de l’Homme ». L’organisation avait mentionné le cas d’un Érythréen, « contraint de rester pieds nus lors de son arrestation, la tête recouverte d’une cagoule et plaqué au sol, les bottes des gardes appuyées sur sa nuque ». Interrogé, le Home Office s’était défendu de toute dérive.
    Autre exemple : début janvier, The Guardian avait de son côté déjà révélé que 85 migrants placés en centre de rétention au Royaume-Uni en vue de leur renvoi en France affirmaient avoir subi des traitements dégradants de la part des autorités britanniques. Les exilés, originaires du Soudan, d’Afghanistan et d’Iran notamment, dénonçaient un accès limité à des soins médicaux, le refus d’accès à un avocat et des préjudices psychologiques, notamment dans le centre d’Harmondsworth, en périphérie de Londres. Selon les dernières données officielles, entre le 4 août 2025 et le 30 juin 2026, 1 087 personnes ont été renvoyées en France dans le cadre de l’accord franco-britannique. Dans l’autre sens, ce sont 1 117 personnes qui ont été transférées de la France vers le Royaume-Uni. Un chiffre qui représente seulement 4% des arrivées de migrants en small boat. Depuis le début de l’année, environ 15 500 personnes ont rejoint clandestinement la Grande-Bretagne par la Manche, selon les chiffres officiels des autorités britanniques. Un nombre en baisse de plus de 40% par rapport à la même période en 2025.

    #Covid-19#migrant#migration#royaumeuni#france#politiquemigratoire#accordmigratoire#mineur#sante#santementale

  • Après de nouveaux rejets acides dans un #ruisseau cet été, des voix réclament la suspension des activités minières d’Imerys à #Glomel
    https://splann.org/imerys-glomel-rejets-acides-juillet-2026

    La publication d’un arrêté préfectoral le 5 août a révélé qu’une pollution émanant de la #mine de Glomel (22) avait été constatée début juillet. La capacité de la multinationale à maîtriser sa production d’andalousite est plus que jamais questionnée. Certains opposants réclament la suspension de ses activités. L’article Après de nouveaux rejets acides dans un ruisseau cet été, des voix réclament la suspension des activités minières d’Imerys à Glomel est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Pollutions #Andalousite #biodiversité #blavet #carrière #centre-bretagne #Côtes_d'Armor #Douar_Bev #eau_et_rivières #écologie #effluents_acides #ellé #environnement #extraction #extractivisme #fer #Imerys #industrie #industrie_minière #jean-yves_jégo #kreiz_breizh #langonnet #le_faouët #plouray #préfecture #Refracterre #rivière #sabès #udb #union_démocratique_bretonne

  • Les ravages de nos engrais
    https://www.off-investigation.fr/les-ravages-de-nos-engrais

    Les ravages de nos engrais | photographie d’illustration, crédits : pixel1 via Pixabay Des mines aux champs, de la Tunisie à la Bretagne, la chercheuse et journaliste Arianna Poletti #A enquêté sur les multiples conséquences environnementales, économiques et sociales de l’industrie des engrais. Interview. Arianna Poletti est une exception en son genre : mi-journaliste, mi-chercheuse et entièrement trilingue. Dans son ouvrage, Les Ravages des engrais (Payot, 2026) elle propose un voyage le long de la chaîne de production des engrais phosphatés, à l’intersection entre un reportage journalistique et un travail académique ultra-documenté. Off Investigation : Comment est venue l’idée d’enquêter sur les engrais […]Lire la suite : Les ravages de nos engrais

    #Économie #Environnement

  • [Info « Splann ! »] #Pollutions d’Imerys #Glomel : la #préfecture oblige l’industriel à revoir sa gestion des eaux minières
    https://splann.org/imerys-glomel-prefecture-gestion-eaux

    Après plusieurs déversements d’eaux contaminées hors de la #mine d’andalousite de Glomel (22), l’État somme #Imerys de revoir son système de gestion des eaux. Les associations jugent la décision insuffisante. L’article [Info « Splann ! »] Pollutions d’Imerys Glomel : la préfecture oblige l’industriel à revoir sa gestion des eaux minières est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Artificialisation_des_terres #acide_sulfurique #Andalousite #centre-bretagne #Côtes_d'Armor #crazius #Douar_Bev #dreal #eau #eau_et_rivières_de_bretagne #écologie #effluents_acides #ellé #environnement #hydrologie #icpe #industrie #jean-yves_jégo #minerais #mines #multinationale #Nicolas_Forray #parquet_de_saint-brieuc #pollution #risques_industriels #rivière

  • Approvata la legge «Liberi di scegliere» per donne e minori in fuga dalle famiglie mafiose. Luigi Ciotti: «Enorme gioia, ora strumenti concreti»
    https://lavialibera.it/it-schede-2753-approvata_legge_liberi_di_scegliere_donne_minori_in_fuga_

    Liberi di scegliere è legge. All’unanimità, il Senato ha dato il via libera definitivo alla proposta per tutelare donne e minori che decidono di allontanarsi da contesti mafiosi. "La legge approvata oggi è motivo di enorme gioia, per chi come noi da anni sperimenta i problemi di donne, bambini e ragazzi che cercano la propria libertà e dignità lontano dai contesti mafiosi di origine, a costo di affrontare minacce e rischi concreti – ha commentato Luigi Ciotti, fondatore di Libera e Gruppo Abele –. Oggi si apre una fase nuova, in cui siamo tutti chiamati a tradurre le parole della legge in strumenti concreti". Con Liberi di scegliere, un’altra via è possibile Liberi di scegliere, dal protocollo alla proposta di legge La legge istituzionalizza ed estende a tutto il (…)

    #MAFIE_●_RESISTENZE

  • « On sait comment ça se passe, elle pourrait se retrouver dans un hôtel ! » : dans la zone d’attente de l’aéroport de Roissy, des mineurs étrangers face à la justice - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72181/on-sait-comment-ca-se-passe-elle-pourrait-se-retrouver-dans-un-hotel--

    « On sait comment ça se passe, elle pourrait se retrouver dans un hôtel ! » : dans la zone d’attente de l’aéroport de Roissy, des mineurs étrangers face à la justice
    Par Julia Dumont Publié le : 02/07/2026
    À deux pas des pistes de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, les étrangers enfermés dans la zone d’attente sont entendus par la justice dans une annexe du tribunal de grande instance de Bobigny. Parmi eux, des mineurs arrivés seuls en France et pleins d’incertitude sur leur sort. Ce mercredi 1er juillet, ils étaient trois à comparaître devant la juge des libertés et de la détention. Ici, la justice est rendue à l’ombre de la tour de contrôle aérien et au son des avions qui décollent. C’est une annexe du tribunal de grande instance de Bobigny (Seine-Saint-Denis) accolée à la zone d’attente pour personnes en instance (Zapi) de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Le bâtiment se fond parmi la dizaine d’entrepôts disséminés dans le dédale de routes de l’aéroport. Dans une petite salle d’audience aux murs recouverts de bois couleur acajou, 12 dossiers doivent être présentés à la juge des libertés et de la détention (JLD) ce mercredi 1er juillet. Parmi eux, trois mineurs arrivés seuls en France et, depuis, maintenus en zone d’attente.
    Le premier à se présenter devant la juge - qui a renoncé à porter sa robe en raison de sa chaleur - est un Marocain de 16 ans à l’allure frêle des garçons qui ont grandi d’un coup. Épaisse chevelure brune et bouclée, lunettes et uniforme adolescent jean/t-shirt, Nabil (les prénoms de tous les mineurs ont été modifiés) est accompagné d’un traducteur en langue arabe et de son administrateur ad hoc chargé de le représenter. C’est la deuxième fois que Nabil voit la JLD. L’adolescent est arrivé le 19 juin à Paris sans document de voyage, ni document d’identité. Il a été immédiatement placé en zone d’attente. Le 23 juin, son maintien en Zapi a été prolongé une première fois pour huit jours. Voilà donc déjà 13 jours qu’il vit dans l’espace de la zone d’attente réservé aux mineurs et géré par la Croix-Rouge. À son air inquiet, on se doute que l’adolescent n’avait pas imaginé que son arrivée en France se passerait de cette manière.
    En vertu du Pacte européen asile et migration entré en vigueur le 12 juin, Nabil a été soumis à la procédure de filtrage et a exprimé son souhait de demander l’asile dès son arrivée en France. Mais les choses traînent et le jeune en fait les frais. La question du jour n’est pas de savoir pourquoi Nabil veut demander l’asile mais quand il pourra le faire car la durée maximale de sept jours de maintien d’un mineur en zone d’attente pour la procédure de filtrage a déjà été largement dépassée. L’adolescent « semble se trouver entre deux procédures : le filtrage et l’asile – tout en étant privé de liberté », a dénoncé l’Anafé (Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers), dans un communiqué publié le 30 juin.
    « Quand vous avez décidé de venir en Europe, c’était quoi votre destination ? », demande la JLD à Nabil. Intimidé, le jeune homme explique avoir un oncle en Italie qu’il assure avoir prévenu de son arrivée en France. « Il m’a dit que je pouvais venir le rejoindre », traduit son interprète. « Vous êtes mineur, seul, en zone d’attente, sans papiers. Le rôle de la France maintenant, c’est de vous protéger », souligne la juge avant de demander aux différentes parties leurs recommandations. « Et vous, que voulez-vous jeune homme ? Moi, je veux demander l’asile et aller rejoindre mon oncle en Italie », répond Nabil.
    Le deuxième dossier examiné ce mercredi saisit la salle d’audience de sidération. C’est une petite fille, les cheveux tressés avec des perles de couleurs, qui s’installe sur la chaise en face de la juge. Assia a 9 ans, une veste en jean et un petit sac à dos bleu et rose qu’elle tient serré contre elle. Le 28 juin, la fillette est arrivée seule de Doha, au Qatar. Sa mère l’avait fait monter dans un avion au départ de Mayotte avec de faux papiers. « Vous êtes toute jeune. Est-ce que vous êtes d’accord qu’on se tutoie toutes les deux ? », lui demande la juge, visiblement émue par ce dossier hors norme.
    De sa voix d’enfant, Assia raconte en français qu’une tante était censée la récupérer à l’aéroport. La tante en question, en robe et voile vert kaki, est présente dans la salle d’audience mais, après vérifications de l’administrateur ad hoc, elle n’a en fait aucun lien de parenté avec la fillette, qui dit d’ailleurs ne pas la connaître.
    Appelée à témoigner, la femme décrit avec assurance l’accord conclu avec la mère d’Assia. À ses termes qui évoquent plus un échange de marchandises qu’une garde d’enfant, la juge s’emporte : « Je suis choquée ! Vous parlez d’elle comme si c’était un paquet de linge. Vous réalisez que c’est un être vivant ? » "Que faire d’Assia ?", semble se demander la juge. Son avocate et son administrateur ad hoc demandent un renvoi au parquet en vue d’une ordonnance de placement provisoire, dans l’attente que les parents d’Assia acceptent de la reprendre. Mais la juge estime que leur demande n’est pas sérieuse. Autour de la fillette, l’atmosphère se tend. « On est en Seine-Saint-Denis, on sait comment ça se passe ! Elle se retrouvera dans un hôtel ce soir alors qu’elle est extrêmement vulnérable », s’indigne la magistrate.
    Il n’y pas de bonne solution pour la petite Assia. Son avocate plaide l’intérêt supérieur de l’enfant pour la faire sortir de la zone d’attente. La représentante de l’administration demande, elle, son maintien en zone d’attente, au motif que la petite fille y serait plus en sécurité que dans un hôtel. Une solution décriée par l’Anafé. « L’enfermement n’est jamais dans l’intérêt supérieur de l’enfant. On voit chez le mineurs que l’on accompagne que cela a des conséquences sur leur santé physique et psychologique. Cela nuit au bon développement de l’enfant », dénonce Laure Palun, directrice de l’association.
    Ousmane est le dernier mineur de la journée à se présenter devant la juge des libertés et de la détention. Avant lui, quatre hommes pakistanais arrivés de Johannesburg ont tenté d’expliquer les mauvais traitements subis en Afrique du sud et leur souhait de déposer une demande d’asile. En moins de dix minutes, leurs quatre dossiers ont été traités et envoyés en délibéré. Ousmane est accompagné de son avocat commis d’office et d’un interprète en langue peul. L’adolescent de 16 ans a conservé quelques traits de l’enfance sur le visage. Habillé d’un jogging rayé bleu marine et blanc et très impressionné par la situation, il se tient vouté, tête baissé sur sa chaise. Ousmane est arrivé à Paris le 27 juin avec de faux papiers. C’est sa mère qui a voulu qu’il quitte le Sénégal pour venir vivre avec son père en France, explique-t-il d’une voix si basse que même son interprète assis à côté de lui a du mal à l’entendre.
    Son père est présent dans la salle d’audience mais la juge n’est pas convaincue du lien de parenté entre lui et l’adolescent. « Avez-vous déjà vu votre père ? Pourquoi ce changement de vie a-t-il été décidé pour vous ? », interroge-t-elle. Le père plaide sa bonne foi mais cumule les difficultés. Il parle très mal le français, vit dans un foyer de travailleurs où il ne peut pas accueillir son fils et ne semble pas conscient des démarches à effectuer pour l’inscrire à l’école.
    « Votre fils devra avoir un toit sûr et stable et vous n’êtes pas en mesure de lui donner ça », met en garde la juge. L’avocat et l’administrateur ad hoc d’Ousmane réclament qu’il soit remis à son père. « Si ce jeune semble apeuré, c’est que c’est la toute première fois qu’il vient en Europe », avance encore son conseil. Les délibérés tombent en fin de journée. Nabil doit être pris en charge dans le cadre d’une ordonnance de placement provisoire (OPP) et sous la responsabilité de l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Le maintien en zone d’attente d’Assia est prolongé de huit jours. Ousmane aussi va rester au moins huit jours de plus dans la zone d’attente de l’aéroport, le temps que son père change de logement et l’inscrive à l’école. Huit jours de plus à l’ombre de la tour de contrôle aérien et dans le raffut des avions qui décollent.

    #Covid-19#migration#migrant#france#mineur#droit#sante#politiquemigratoire#ASE#ANAFE#protection

  • Syrie : après la guerre, le fléau invisible des mines et des engins explosifs

    Plus d’un an après la fin du conflit en Syrie, les mines et les engins explosifs utilisés pendant la guerre continuent de faire des victimes civiles, en particulier dans la région de Deir ez-Zor. Dans un nouveau rapport, Médecins Sans Frontières (MSF) met en lumière l’impact dévastateur de ces armes sur une population déjà touchée par la crise économique et privée d’un accès suffisant aux soins de santé.

    Deir ez-Zor : le lourd bilan humain d’une région fortement contaminée

    La région de Deir ez-Zor demeure l’une des zones les plus polluées par les restes d’explosifs en Syrie. Les conséquences pour la population civile sont dramatiques.

    Entre avril 2025 et avril 2026, les équipes de MSF et de la Direction de la Santé syrienne travaillant aux urgences de l’Hôpital national de Deir ez-Zor ont pris en charge plus de 215 personnes blessées par des mines terrestres, des munitions non explosées ou des engins abandonnés. Au cours de cette seule année, 24 personnes ont succombé à leurs blessures et 58 patients ont dû subir une amputation traumatique.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/12/10/mines-antipersonnel-deux-textes/#comment-74973

    #mine #syrie

  • 1700 rivières sous pression : la carte inédite de la pollution chimique des cours d’eau en France

    Alors que la France va à nouveau rater en 2027 l’objectif européen de bon état de ses cours d’eau, une enquête de Mediacités et Reporterre permet de visualiser pour la première fois l’ampleur de la pression exercée par les #micropolluants sur le territoire.

    Elles courent tantôt à travers champs, tantôt à travers bois. Sur 16 kilomètres, les eaux tranquilles de la Launette longent un château du XVIIIe siècle, une abbaye royale et même le tombeau de Jean‐Jacques Rousseau. Mais la carte postale ne montre pas tout. Elle masque les nombreuses substances invisibles que charrie la petite rivière de l’Oise. #PFOS, #diflufénicanil et autres #pesticides, et même un médicament : entre 2022 et 2024, la station de surveillance installée sur ce cours d’eau a relevé 16 molécules au‐dessus des seuils de risque européens et français en vigueur. La Launette est un cas d’école, elle arrive en tête de notre classement des rivières subissant la plus forte pression des micropolluants.

    Ce triste palmarès est le fruit de plusieurs mois d’enquête et d’une plongée dans les millions de données des agences de l’eau. Mediacités et le média de l’écologie Reporterre se sont associés aux collectifs We Report et Mémoire Vive pour produire une carte inédite de la pollution chimique des cours d’eau en France. Établie à partir des données publiques des stations de surveillance [consulter notre méthodologie], notre carte montre les dépassements annuels des seuils de risque par famille de substance et par micropolluant entre 2022 et 2024.

    Le constat est inquiétant. Pesticides, métaux et autres #produits_chimiques toxiques voyagent allègrement dans nos rivières : 1 691 cours d’eau en France ont enregistré au moins un dépassement pour un polluant sur la période étudiée. Soit les trois quarts des rivières pour lesquelles une mesure est disponible.

    Cette pollution est nationale : près de huit stations sur dix mesurant ces substances sur les cours d’eau en France présentent au moins un dépassement. Elle est aussi multiple : sur les 189 substances retenues dans notre enquête, 79 dépassent la valeur seuil au moins une fois. Notre analyse, qui porte sur les moyennes annuelles, permet de mettre en évidences les pollutions chroniques et le cumul des pressions toxiques exercés sur les cours d’eau. Avec le risque d’un« effet cocktail  » [lire plus bas], qui pèse de plus en plus sur l’avenir de nos rivières.

    Rendez‐vous manqué

    Un bilan «  très mauvais  », lâche la députée écologiste Julie Ozenne, co‐rapporteure d’une mission d’information de l’Assemblée nationale sur l’état des cours d’eau en France. «  On n’atteindra jamais les objectifs qu’on s’était fixés avec l’Europe  », constate‐t‐elle. Depuis la mise en place de la #directive_cadre_sur_l’eau (#DCE) en 2000, le cadre de référence pour tous les pays de l’Union européenne, Bruxelles a fixé un calendrier à ses États membres pour restaurer le «  bon état  » de leurs cours d’eau. L’objectif, ambitieux, était initialement fixé pour 2015 avant d’être maintes fois repoussé. En 2027, date de la prochaine échéance, le rendez‐vous sera encore raté pour la plupart des pays européens. Contacté, le ministère de la Transition écologique n’a pas répondu à nos questions.

    En France, l’état des cours d’eau a même régressé dans plusieurs bassins depuis 2019. Pour le seul bassin Loire‐Bretagne, 21 % des cours d’eau présentent un bon état écologique, trois fois moins que l’objectif initialement fixé pour 2027. Un tiers de ses rivières ne sont pas en bon état chimique. Certes, l’urbanisation, qui altère fortement la morphologie des cours d’eau, est l’une des principales causes du mauvais état écologique des cours d’eau. Les nitrates, issus principalement des engrais agricoles, contribuent aussi fortement à cette dégradation.

    Mais l’impact de la #pollution_chimique reste très important sur l’état de nos rivières. Surtout pour les petits cours d’eau, dont le faible débit ne permet pas de diluer les polluants. À l’image de la Launette. «  Le problème, c’est que dès sa source, là où ce n’est encore qu’un tout petit petit cours d’eau, il y a déjà le gros de la pollution qui arrive  », explique Clara Morvan, directrice technique du syndicat de rivières local. «  Tout le pluvial va dans la rivière  », et avec ce ruissellement, «  beaucoup de choses arrivent, comme les #hydrocarbures_aromatiques_polycycliques (#HAP) ou les pesticides  ».

    HAP, métaux, #métalloïdes et #minéraux, pesticides, substances industrielles et #médicaments : notre carte de France offre un aperçu des molécules dépassant le plus souvent les seuils applicables, que nous avons classées par grandes familles.

    #Métaux_lourds : des #mines aux #engrais

    #Arsenic, #cuivre, #zinc… Les métaux et métalloïdes arrivent largement en tête de notre classement par substance. Tout sauf une surprise : en 2021, une vaste étude menée par Santé publique France montrait que la quasi‐totalité de la population française est exposée à ces métaux, essentiellement via l’#alimentation. Naturellement présentes dans la nature – on parle alors de fond géochimique – ces substances proviennent aussi largement des activités humaines : activité minière [lire par ailleurs notre enquête sur le retour des mines de cuivre dans le Beaujolais] ou encore utilisation agricole. Elles peuvent avoir des effets néfastes sur la #santé, notamment sur les reins, les os, le système cardiovasculaire ou favoriser certains types de cancer. A l’image de l’arsenic, de loin celle qui affiche le plus de dépassements dans notre jeu de données (3082 dépassements, plus de 60 % des mesures pour ce polluant).

    Très médiatisé ces derniers mois, après la parution en mars 2026 d’une étude de l’Anses mettant en évidence une «  imprégnation forte et croissante  » de la population française, le #cadmium apparaît également dans nos données, avec un taux de dépassement proche de 1 %. Ce métal lourd est cancérogène et augmente les risques d’#ostéoporose. Il est notamment présent dans les #engrais_phosphatés utilisés par les agriculteurs. Début juin, l’Assemblée nationale a voté une proposition de loi abaissant les teneurs en cadmium dans ces engrais.

    #Hydrocarbures : des cheminées aux rivières

    Notre carte met aussi en évidence l’omniprésence des substances de la famille des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Ces composés organiques sont des polluants persistants, toxiques pour les humains et s’accumulant dans les tissus vivants. Ils sont issus principalement des opérations de combustion, d’usines ou de particuliers, comme le chauffage au bois.

    Selon Marina Coquery, directrice de recherche en chimie environnementale à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), les HAP ont comme particularité d’être émis parfois à une grande distance des cours d’eau. «  Ce sont des apports atmosphériques diffus, souvent urbains, qui vont être redéposés par temps de pluie sur des surfaces imperméabilisées et ruisseler jusqu’aux cours d’eau  », explique la scientifique.

    Parmi la centaine de molécules de cette famille, le benzo(a)pyrène apparaît le plus fréquemment sur notre carte, avec 1181 dépassements (30 % des mesures pour ce polluant). Le #benzo(a)pyrène a été classé comme cancérogène certain pour l’homme par le Centre international de recherche sur le #cancer.

    Pesticides : champ libre pour le #diflufénicanil

    Avec son «  sentier ludique  » parcourant la forêt dans le site naturel sensible des Deux Vallons, à quelques kilomètres au nord de Lyon, le ruisseau des Échets a de quoi séduire les familles en quête de fraîcheur. Ce petit cours d’eau, qui se jette dans la Saône, est pourtant l’un des plus pollués de la région. Métazachlore, nicosulfuron, cyprodinil… Son contenu offre un petit catalogue des #fongicides et #herbicides utilisés par les agriculteurs locaux. Au total, neuf substances ont dépassé les seuils sur au moins une année dans la station de Fleurieu‐sur‐Saône.

    Ces dépassements ne sont que la face visible d’une pollution plus large : entre 2022 et 2024, l’agence de l’eau Rhône Méditerranée a identifié plus d’une centaine de pesticides dans le ruisseau. «  C’est un petit cours d’eau situé dans une zone agricole où les cultures dominantes sont les céréales et le maraîchage. Pour le #maraîchage en particulier, de nombreux traitements phytosanitaires sont appliqués  », explique Cécile Dubois‐Coli, cheffe du service données techniques de l’agence. Sollicitée, la métropole de Lyon précise que ce ruisseau peut être asséché les deux tiers du temps certaines années, entraînant une faible dilution et une concentration des polluants.

    Sur les dix molécules les plus souvent au‐dessus des seuils sur notre carte, 4 sont des pesticides. Parmi les produits phytosanitaires à surnager, le #diflufénicanil, aussi connu sous le nom de #Diflufenican, se démarque avec plus de 765 dépassements, soit 16 % des mesures au‐dessus des seuils. Cet herbicide, considéré comme «  très toxique pour les organismes aquatiques  », est utilisé pour le désherbage dans les grandes cultures céréalières, notamment de #colza.

    Le diflufénicanil a la particularité de faire partie également de la famille des #PFAS [lire plus bas], comme une trentaine d’autres produits autorisés en France. Déjà interdit depuis 2018 en République tchèque, le diflufénicanil a été intégré à une liste de substances actives présentes dans 23 pesticides interdits en juillet 2025 par l’Agence de protection de l’environnement du Danemark. La même année, lors de l’examen de la loi Duplomb, des députés écologistes avaient défendu un amendement pour interdire le diflufénicanil à la vente. Sans succès.

    «  Dans notre bassin, le diflufénicanil est la principale cause de déclassement de masses d’eau par des pesticides  », indique Luc Pereira‐Ramos, à l’agence de l’eau Seine‐Normandie. «  On observe une hausse des ventes de diflufénicanil à partir de 2022. Au fur et à mesure des interdictions ou limitations de certains pesticides, les agriculteurs se reportent sur des molécules encore autorisées  », analyse‐t‐il.

    Même en cas de durcissement de la réglementation, l’herbicide se maintiendrait dans les cours d’eau pendant de nombreuses années, rappelle le scientifique. «  Ce n’est pas parce qu’on interdit une molécule qu’elle disparaît rapidement des milieux. L’#atrazine est interdit depuis près de vingt‐cinq ans et on commence seulement à observer une décrue  », souligne‐t‐il.

    Et d’autres molécules prennent la place des anciennes. Après l’interdiction de l’atrazine, les agriculteurs se sont notamment tournés vers le #S‑Métolachlore. Utilisé pour le #désherbage du #maïs, il est devenu en quinze ans l’un des plus prisés en France. Cette substance figure également en bonne place dans notre classement, avec 115 dépassements des seuils (6 % des mesures). Cet herbicide est interdit à la vente depuis 2023, mais son utilisation a été autorisée jusqu’en 2024, le temps d’écouler les stocks.

    Un autre pesticide tient une place importante dans nos données : le #chlordécone. Nous comptons 36 dépassements de cet #insecticide particulièrement utilisé dans les bananeraies jusqu’au début des années 1990, tous situés dans le département de La Martinique. Face à une absence de mesures exploitables, nous n’avons pas pu visualiser les données de la Guadeloupe, de la Guyane et de Mayotte.

    Substances chimiques industrielles : l’invasion du #PFOS

    C’est tout le paradoxe des PFAS : alors que cette famille de milliers de polluants dits «  éternels  » est devenue l’un des sujets d’inquiétude majeur de ces dernières années, seulement 6 de ces composés font l’objet d’une surveillance dans les eaux de surfaces. Un chiffre qui passera à 25 à partir de fin 2027, en application de la révision de la directive cadre sur l’eau décidée par l’Union européenne.

    Parmi les substances chimiques industrielles suivies sur le terrain, le PFOS arrive largement en tête. Dans notre base de données, il dépasse le plafond retenu presque une fois toutes les trois mesures (1 128 dépassements de seuil sur 3 580 mesures, soit 31,5 %). Pour le seul bassin Rhône‐Méditerranée‐Corse, le PFOS est responsable du déclassement de 143 stations, soit 62 % des stations en mauvais état chimique.

    «  Cela ne m’étonne vraiment pas. Le PFOS est un composé emblématique de la famille des PFAS, parce qu’il a été très largement utilisé, plus que d’autres et pendant longtemps. C’est aussi le produit de transformation de plein d’autres PFAS  », détaille Pierre Labadie, chercheur en chimie de l’environnement au CNRS.

    Selon le spécialiste, la présence de cette molécule, «  l’un des PFAS avec le potentiel de bioaccumulation le plus élevé  », est plus marqué à proximité de sources de pollutions industrielles, mais aussi domestiques, par exemple des stations d’assainissement. «  Cela veut dire que dans les produits du quotidien qu’on a utilisés pendant des décennies, il y avait du PFOS  », explique‐t‐il. Depuis 2023, le PFOS est classé comme cancérogène probable pour l’humain.

    Médicaments : une épidémie encore mal mesurée

    Dernière famille de polluants recensée sur notre carte, les résidus de médicaments proviennent très majoritairement des rejets des stations de traitement des eaux usées urbaines qui ne sont pas conçues pour les traiter. Antidiabétiques, anti‐inflammatoires, analgésiques, anxiolytiques… les médicaments consommés par les Français font partie des substances «  d’intérêt émergent  » mesurés depuis quelques années seulement par les organismes de surveillance.

    Mais bon nombre de ces molécules ne disposent pas de seuil de quantification exploitables. Parmi celles qui en possède un, le Diclofénac, un anti‐inflammatoire, affiche un taux de dépassement de 2,7 % sur notre carte. La toxicité du Diclofénac a été démontrée, notamment sur les reins des truites, mais les effets des résidus médicamenteux sur l’environnement restent mal mesurés.

    «  Les médicaments, on arrive tout doucement dessus, explique Luc Pereira‐Ramos, pour l’agence Seine‐Normandie. On en cherche depuis une dizaine d’années seulement. Il est clair que nous allons augmenter le nombre de substances recherchées au fur et à mesure.  »
    Effet cocktail

    D’autant que les seuils de risque ne concernent aujourd’hui que quelques centaines de molécules, alors que plus de 110 000 substances sont enregistrées au titre de la réglementation chimique européenne. «  C’est la face immergée de l’iceberg  », explique Pierre‐François Staub, chargé de mission Pollution des écosystèmes et métrologie à l’Office français de la biodiversité (OFB).

    L’autre écueil du cadre de surveillance actuel, c’est de ne pas considérer l’impact toxique du cumul de molécules. «  On minimise l’évaluation du risque à travers l’approche substance par substance  », précise Pierre‐François Staub. On parle d’effet de mélange lorsque l’effet de deux molécules s’additionne, et «  d’#effet_cocktail  » lorsqu’elles interagissent entre elles et que leur #toxicité est amplifiée. «  Il y a de gros débats actuellement pour faire entrer cette notion dans la définition des #seuils, explique Arnaud Chaumot, directeur de recherche au laboratoire d’écotoxicologie de l’Inrae. Mais c’est très difficile à modéliser. On a parfois des mélanges très diversifiés et on ne peut pas regarder toutes les interactions entre toutes les molécules, la possibilité de combinaison est folle.  »

    Cette pression toxique cumulée pèse sur tous les écosystèmes, mais aussi sur l’#eau_potable. En France, environ un tiers des volumes d’eau prélevée pour la potabilisation vient des eaux de surface. Et même lorsque le captage se trouve en nappe souterraine, la qualité de l’eau peut être impactée par la pollution des rivières. «  Cela implique des traitements de plus en plus coûteux pour l’eau potable, pointe Marina Coquery. Et cela crée des inégalités, car les grandes villes ont la chance de pouvoir se les payer, mais pour les petites agglomérations, c’est plus difficile.  » En France, des captages d’eau potable ferment chaque année à cause d’une pollution diffuse. «  L’#eau est un bien commun, il faut la gérer comme tel  », estime la chercheuse.

    Sur la Launette, c’est bien la philosophie qui motive tous les travaux lancés par le syndicat mixte qui gère la rivière. «  Il y a encore une trentaine d’années, elle était dans un état encore pire qu’aujourd’hui parce que toutes les stations d’épuration des eaux usées n’étaient pas aux normes et rejetaient directement dans la rivière, mais de gros efforts ont été faits  », positive Clara Morvan.

    Pourtant, une autre épée de Damoclès menace tous les efforts pour la protection des rivières : le réchauffement climatique. La succession des années sèches affaiblit les débits des cours d’eau, et donc leur capacité de dilution, comme l’explique Marina Coquery. «  A l’autre extrême, on va avoir des crues beaucoup plus intenses, irrégulières et fréquentes  » et donc une hausse des polluants amenés par la pluie.

    «  Chaque progrès obtenu sert d’abord à compenser les effets climatiques, démographiques et économiques à l’œuvre  », analyse Cécile Dubois‐Coli, cheffe du service des données techniques pour l’agence de l’eau Rhône‐Méditerranée‐Corse : «  Nous avançons sur un tapis roulant qui recule  ».

    https://www.mediacites.fr/enquete/national/2026/06/29/1700-rivieres-sous-pression-la-carte-inedite-de-la-pollution-chimique-des
    #rivières #France #pollution #pollution_chimique #cours_d'eau #visualisation #cartographie #changement_climatique

  • [Info « Splann ! »] Nouvelle #pollution de la mine #Imerys à #Glomel : 15 millions de litres d’effluents acides dans le ruisseau
    https://splann.org/pollution-imerys-glomel-acides-ruisseau

    Un nouvel incident environnemental fragilise un peu plus Imerys auprès des élus du centre Bretagne. Déjà alertés par nos révélations sur un déversements de 3.000 litres de #Produits_chimiques, ils ont appris, le 23 juin, que 15 millions de litres d’effluents acides pollués par des métaux lourds avaient été déversés en amont de la #réserve_naturelle de Glomel. L’article [Info « Splann ! »] Nouvelle pollution de la mine Imerys à Glomel : 15 millions de litres d’effluents acides dans le ruisseau est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Pollutions #acide_sulfurique #allier #Andalousite #arsenic #Association_de_mise_en_valeur #cadmium #centre-bretagne #Côtes_d'Armor #Douar_Bev #dreal #eau_et_rivières_de_bretagne #emmanuel_macron #Gilles_Benveniste #le_faouët #lithium #loïg_chesnais-girard #magoar_penvern #mellionnec #mines #murielle_lepvraud #Refracterre #Sandra_Le_Nouvel #toxicité

  • #Colonialité toxique : dans les paysages radioactifs du #Sahara

    De 1960 à 1966, avant et après l’indépendance de l’#Algérie, l’État français a expérimenté au Sahara dit algérien dix-sept bombes atomiques et autres essais chimiques. Ce sujet a longtemps été #tabou en France, dans la presse, dans les discours politiques aussi bien que dans le cadre académique où enquêtes, témoignages, littérature et recherches sur ce thème ont été invisibilisés. Seul le réseau associatif et militant a soutenu les travaux abordant ce domaine – comme par exemple le livre de Raphaël Granvaud, Areva en Afrique, Une face cachée du nucléaire français3. Brisant frontalement la confidentialité de ces faits – presque trois décennies après l’ouvrage de Gabriele Hecht sur l’histoire nucléaire de la France, Le rayonnement de la France4, plusieurs publications récentes issues du monde anglo-saxon abordent la violence coloniale française illustrée dans ses modalités extrêmes par les expérimentations atomiques.

    C’est le cas du nouveau livre de Samia Henni, Toxicité coloniale. Documenter le paysage radioactif dans le Sahara. Paru d’abord en anglais5, il est associé à une exposition6 qui réverbère d’une autre manière les éléments de preuve de l’usage violent d’un territoire colonisé. L’autrice, architecte, historienne et théoricienne de l’architecture, enseigne actuellement à l’Université McGill de Montréal. Elle donne à penser la colonisation et ses effets dévastateurs sur le très long terme. Son point de départ est l’espace et sa gestion en période de guerre, sa réorganisation ou ce que le langage colonial a souvent appelé sa « mise en valeur ». Sensible aux narrations « cosmétiques » qui masquent les réalités de la domination coloniale, Samia Henni évoque en ce sens les euphémismes utilisés pour dire les faits qui ne sont pas seulement des « essais » nucléaires ou de la « radioactivité », mais bien des bombes atomiques à part entière et une toxicité sans limite produite par la colonisation.

    « Saharanisme »

    Faisant écho à cette question, Brahim El Guabli, professeur de pensée et littérature comparées à l’Université Johns Hopkins (USA), explore dans son dernier ouvrage, Desert Imaginations, la représentation des « déserts » à travers une variété de sources littéraires et historiques plurilingues (amazigh, arabe, français, anglais)7. Il montre que dans les productions culturelles majoritaires, les déserts apparaissent comme terra nullius, inhabitée, improductive, inutile et menaçante. La fiction mondialisée d’un désert vide et sans vie a permis de légitimer des projets d’exploitation brutaux et destructifs8. Brahim El Guabli propose d’appeler « saharanisme » ou encore « désertisme » cet imaginaire dominant dont il retrace les origines lointaines et la construction, en particulier dans les écrits politiques et littéraires français du XIXe siècle à aujourd’hui. Il fait de ces notions un outil conceptuel permettant d’approcher à plusieurs niveaux les usages et mésusages du désert, quelles que soient les parties du monde concernées. L’auteur distingue divers secteurs – spirituel, extractif, instrumental, sexuel – où s’exerce le saharanisme. En contrepoint de cette idéologie inhérente aux intérêts coloniaux, Brahim El Guabli montre le rapport intime que des écrivains et artistes autochtones manifestent dans leurs œuvres envers leur environnement, tangible et intangible, humain et non humain, une posture écologique sensible qu’il appelle ecocare ou encore éthique autochtone de la conscience environnementale. Cette attitude m’évoque une maxime touarègue Amaḍal amadal, « la terre est ce qui protège », mise en relation au Sahara avec la nécessité d’être nomade pour ne pas « peser sur le dos de la terre ». Comment une terre confisquée pour être mutilée, blessée, amputée, pourrait-elle continuer à protéger ses enfants ? Telle est la question que se posaient les Touaregs après les interventions violentes menées sur leur sol telles que les explosions atomiques, le creusement des puits de pétrole et des mines d’uranium, ou le réaménagement étrange de l’Afrique saharo-sahélienne en petits territoires enclos sur eux-mêmes, bardés de fils de fer barbelés9.
    La notion de saharanisme parait très utile pour approcher au présent divers types de faits, des plus anodins aux plus dommageables, tous fondés sur une hiérarchisation implicite des savoirs. Par exemple, l’obsession – a priori bienveillante – des organismes de développement ou d’aide qui interviennent en pays nomade pour creuser des puits, comme si le problème en zone aride était l’eau et non la gestion de l’eau. Pourtant, le piétinement animal intense autour des points d’eau, comme le disent bien les intéressés, détruit tous les pâturages alentour. Avec la multiplication des puits, aucune des stratégies nomades pour régénérer la flore ou conserver les plantes fourragères résistant au vent et permettant d’étager la consommation des pâturages ne peut plus s’exercer. Mais rien n’arrête ces politiques sédentaires du territoire couplées à la restriction de la mobilité qui ont finalement conduit à l’incapacité croissante de faire face aux sécheresses – pire, elles les ont aggravées.

    Au sujet des essais nucléaires français au Sahara, les approches des deux ouvrages cités se croisent et se complètent. Comment sortir du secret ? Comment rendre compte de la nuisance impalpable et occultée de ces explosions ? Comment documenter ce programme secret et ses lourdes conséquences, alors que la majorité des archives les concernant sont jusqu’à présent classées « secret-défense » ? Comment rendre audibles les voix des habitants sur la violence mortifère infligée à leurs vies et à leur terre par les gouvernements français et algérien qui ne les ont ni consultés ni avertis ?

    Trouver des voies et des voix pour répondre à ces interrogations fait partie des objectifs clairement énoncés par Samia Henni. Contestant « l’obsession coloniale et néolibérale de la “nouveauté”, la volonté d’être “le premier” à dire ou faire quelque-chose » (p. 37), l’autrice met à la disposition de ses lecteurs et lectrices les informations et les sources dont elle dispose, c’est-à-dire une centaine de documents d’archives (photos, textes) et la reproduction des témoignages de victimes (travailleurs et population d’Algérie, vétérans français) pour servir de socle à de futures recherches.

    Ce livre généreux et militant est fondé sur le partage des documents assemblés en étroite collaboration avec l’Observatoire des armements à Lyon. Il est destiné à « donner corps au silence des archives institutionnelles » et appelle à continuer le travail de mémoire et d’investigation permettant une autre narration des faits et un examen des responsabilités pour, à terme, exiger la décontamination des sites, l’ouverture totale des archives et la perspective de réparations.

    Car ces déflagrations nucléaires, décidées depuis Paris et prolongées en 1962 par les Accords d’Evian avec le gouvernement provisoire d’Algérie, ont eu de multiples répercussions sur les corps, sur l’environnement, sur le bâti, sur les paysages, sur les sols. Le matériel contaminé a été enseveli dans l’urgence au départ du personnel français en 1967, puis déterré par les puissants vents sahariens.

    Temps et espace du désastre atomique

    À partir de documents visuels et d’archives arrachées au secret, Samia Henni retrace les caractéristiques techniques et humaines des deux sites où les explosions ont été menées : d’un côté, Reggane, où furent lancées quatre bombes atmosphériques et de l’autre, In Ekker, émetteur de treize bombes souterraines, certaines échappant au confinement, et cinq expériences supplémentaires de dispersion atmosphérique de plutonium. Elle propose ensuite un corpus visuel composé d’extraits de documentaires et de reportages télévisés, et la reproduction de témoignages des victimes françaises.

    Dans le procédé éditorial choisi, les images impactent efficacement le regard en anticipant le texte. Ainsi, au début de l’introduction, onze photos aux tons jaune-sépia nous plongent dans la matérialité du secret, avec en première page un panneau d’interdiction de prise de vue et de menaces de sanctions contre tout contrevenant, planté sur l’un des sites d’expérimentation. Les images suivantes élargissent la focale, de la localisation des sites à l’emplacement des zones de tirs, du croquis topographique des infrastructures à une manifestation à Accra au Ghana contre ces expériences. Jusqu’à la photo de la « gerboisite », un terme qui conceptualise la matière radioactive anthropogénique produite par les explosions atmosphériques baptisées Gerboises par le pouvoir colonial. Enfin, une image satellite captant les mouvements intercontinentaux de la poussière radioactive du Sahara met immédiatement en évidence la nécessité d’un changement d’échelle pour l’analyse de ces faits.

    L’ouvrage restitue la situation géographique précise des deux sites d’expérimentation : Reggane dans la plaine de la Tanezrouft et In Ekker sur le mont Taourirt tan Afalla (littéralement en langue locale « Colline du haut » ou du « nord ») et aussi Taourirt tan Ataram (« Colline de l’ouest ») dans le massif de l’Ahaggar (nom utilisé dans l’ouvrage sous sa forme arabisée, Hoggar). Remarquons que les toponymes mentionnés sont tous amazighs. Ce qui donne une résonance particulière au choix de ces lieux situés à plus de 1000 km d’Alger et révèle une autre invisibilité qui n’est pas manifeste dans l’ouvrage, celle des habitants ancestraux de ces terres, les Imuhagh10, appelés « Touaregs » par les étrangers. L’invention de l’Algérie comme État colonial puis postcolonial les fera dénommer ensuite « Algériens » (comme dans la légende du 3e cahier photo où ils sont appelés « habitants algériens ») ou encore, selon les recensements sur leurs terres d’ancrage à la saison sèche, les assignera à d’autres identités nationales et territoriales : « Libyens », « Maliens », « Nigériens », « Burkinabè ». Les pouvoirs coloniaux ont en effet redessiné la carte de l’Afrique selon leurs intérêts, divisant le pays touareg par cinq frontières et transformant en peuple sans terre les nomades dont les parcours réguliers ont rendu le désert nourricier en préservant ses ressources végétales et hydriques.

    Samia Henni situe son propos dans le cadre national de l’Algérie. Elle montre cependant que le temps et l’espace de la toxicité nucléaire ne sont pas à l’échelle de la géopolitique humaine. Des témoins évoquent la violence monstrueuse des explosions ressentie non seulement à proximité, à Tamanrasset, mais aussi à 600 km à l’est à Djanet et à plus de 1 000 kilomètres au sud-ouest à Gao (p. 42), ou encore au sud-est dans l’Aïr11, englobant l’espace de référence de la mobilité nomade des Touaregs. Et bien au-delà encore.

    La toxicité invisible, impérissable, inquantifiable, irréversible, circule et s’infiltre partout où la diffusent les vents du globe. Elle contamine non seulement les lieux décrétés vides et sans importance par les autorités coloniales puis postcoloniales – notamment les territoires nomades –, mais également les pays et les continents des décideurs de la mise à feu des bombes atomiques. Elle s’étend à la terre entière et restitue, au-delà de l’approche spatialement fragmentée des événements, la perception géographique nomade qui au Sahara relie directement l’Ahaggar (actuelle Algérie), l’Ajjer (entre l’Algérie et la Libye), l’Aïr (actuel Niger), la Tademekkat (entre le Mali et le Burkina Faso) et la Tagaraygarayt (actuel Niger).

    Je rajouterai une information donnée par les Touaregs qui circulent entre l’Ahaggar et l’Aïr. Selon eux, l’abandon en 1967 des sites nucléaires français du côté algérien aurait été suivi par le transfert entre l’Ahaggar et l’Aïr d’une partie des anciens engins de chantier ainsi que du personnel pour mener des opérations de prospection à Madawela dans la vallée de Tin Marsoy. Cette partie du territoire touareg se trouvait rattachée depuis 1960 à l’État du Niger. Les nomades se souviennent des déplacements incessants et extrêmement dérangeants de camions énormes équipés de sondes qui sillonnaient les terres pastorales et creusaient le sol, faisant parfois jaillir de l’eau sans reboucher leurs forages en quittant les lieux.

    Ces travaux de prospection terrestres mais aussi aériens ont abouti à la mise en œuvre de l’exploitation d’un immense gisement d’uranium à Arlit, à environ 15 kilomètres de Madawela, ce dernier site étant laissé inactif, mais gardé par l’armée nigérienne. Comme ce fut le cas du côté algérien dans les années 1950 en pleine période coloniale, deux décennies plus tard, dans un État indépendant, les autorités françaises s’accaparèrent brutalement des terres touarègues de l’Aïr pour créer les infrastructures géantes d’une première mine à ciel ouvert (Arlit), puis d’une mine souterraine (Akokan), et d’une ville qui compte à présent plus de 100 000 habitants, détruisant toutes les ressources pastorales locales et interdisant aux nomades de poursuivre leur vie sur leurs propres terres. C’est à cette période que les contrôles et les détentions arbitraires de civils touaregs s’intensifièrent au nord du Niger, au point de transformer le seul fait d’être enturbanné en délit menant automatiquement à l’arrestation et à la confiscation des marchandises pour les caravaniers.

    Des vies qui ne comptent pas ?

    Comme l’écrit Samia Henni, après les explosions nucléaires des années 1960, les nomades, les oasiens et les citadins de la région de Reggane et de la vallée du Touat ont été directement affectés. Entre 1960 et 2008, la démographie chuta de moitié, passant de 40 000 à quelque 20 000 habitants (p. 93). La description détaillée des chantiers menés pour les opérations nucléaires et l’accueil du personnel à Reggane, Hamoudia et au point zéro des expérimentations – 82 000 m2 de bâtiments, 7000 m2 d’ouvrages souterrains, 100 km de routes, 3 centrales électriques, etc. (p. 96) – donne une idée du gigantisme de ces infrastructures (laboratoires, appareils de mesures, base avancée, ville nouvelle), au prix d’un labeur humain démesuré, diurne autant que nocturne. La recension des constructions techniques du second site dégage la même impression de démesure et de captation sans merci des terres (170 570 hectares) et des ressources locales. Non seulement l’eau et l’air de l’oued Amguel, mais la main d’œuvre autochtone, à laquelle s’ajoutaient sur le site la main d’œuvre importée d’autres régions de l’Ouest africain, ainsi que les militaires, appelés, techniciens et ingénieurs français, soit environ 9000 personnes sur le site au moment des explosions.

    Dans les années 1960, les procédés de décontamination des corps humains et des engins au jet d’eau (p. 114) paraissent dérisoires, irresponsables et même cyniques dans la mesure où l’eau n’a vraisemblablement pas échappé à la pollution. Pas plus les multiples échecs du confinement des bombes dans les galeries souterraines que l’indépendance de l’Algérie en 1962 n’ont empêché la continuation des essais par la France qui a également poursuivi de 1964 à 1966 ses expériences de dispersion du plutonium (nom de code Pollen) en bafouant le Traité d’interdiction des essais nucléaires atmosphériques signé en 1963. Pire, les expériences biologiques conduites lors de la bombe Gerboise blanche auraient concerné non seulement des animaux (dont des cages et cadavres ont été retrouvés abandonnés sur le site), mais aussi des corps humains, morts ou vivants, ou des « cobayes humains » comme le formule Bruno Barillot dans son ouvrage, Essais nucléaires français : l’héritage empoisonné12, cité par Samia Henni (pp. 107-108).

    Un travailleur local, interrogé trois décennies plus tard, rapporte qu’après les déflagrations, « la plupart des gens qui sont tombés malades sont ceux des campements qui habitent la montagne » (p. 156), autrement dit les habitants invisibilisés d’un désert décrété « vide » par les autorités françaises et algériennes. Le photographe et sociologue Bruno Hadjih a documenté le ravage sanitaire et létal (17 décès survenus immédiatement) des habitants du village de Mertoutek et la destruction durable de leur environnement après la bombe non maîtrisée de Béryl en 1962.

    Le gouvernement français est resté inactif sans mener d’étude de suivi après l’explosion, pas plus qu’il n’a proposé de réparation. Par ailleurs, il n’a fourni aucun descriptif technique des décharges toxiques qu’il a laissées au Sahara et qui continuent d’affecter la santé des êtres vivants. Comme si finalement, tout cela n’avait jamais existé et n’avait eu aucune conséquence pour personne. Jusqu’à quand ?

    ’avance à travers les entrailles de la fournaise
    Je les entends
    sécheresse de leur cœur
    Et ils me roulent dans le nuage
    champignon nuée
    brouhaha atomique
    Et ils aboient
    Toi, tu n’existes pas,
    tu n’as jamais existé

    Hawad, Irradiés13

    L’investigation sans fin

    Au final, on comprend à quel point le projet nécessaire de « documenter le paysage radioactif dans le Sahara » comme le propose Samia Henni est un programme collaboratif à long terme. La constitution de « contre-archives » dans ce domaine est une tâche ardue et ouverte qui appelle à d’autres enquêtes pour sortir le désert de l’oubli. Par exemple, comment faire résonner la mémoire et le présent de ceux qui sont effacés de la carte ? Quelles constellations d’expériences et de géographies peuvent être retracées en dehors des cadres restrictifs de la cartographie coloniale ? Comment mettre en dialogue les expériences vécues par les habitants des différents territoires sacrifiés lors des mises à feu nucléaires réalisées par la France, mais aussi par les États-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne et la Chine entre 1945 et 1980 ? Quels sont les formes de survie et de résistance qui ont émergé face à la catastrophe ? Comment faire entendre la voix des écrivains et des artistes qui mobilisent un imaginaire créatif capable de submerger le saharanisme, alors même qu’eux et leurs peuples subissent jusqu’à aujourd’hui la confiscation, la dévastation et la pollution nucléaire ou minière de leurs terres ? Le « Saharanisme expérimental » va en effet de pair avec le « Saharanisme extractif » pour reprendre les concepts de Brahim El Guabli. Quelles relations établir entre d’un côté la manne minérale concentrée au Sahara central sur les territoires nomades (pétrole et gaz en Algérie et Libye, uranium, charbon, or au Niger, or au Mali) et, de l’autre côté, la répression brutale qui touche leurs habitants, privés de leurs droits fonciers, jusqu’à nier et éradiquer leur nom, leur langue, leur mode de vie, leur société et leur histoire ? Le travail d’investigation à venir est immense, il réservera probablement des surprises, autant que l’étude des conséquences, impensées et impensables, de la radioactivité.

    https://www.terrestres.org/2026/06/08/colonialite-toxique-dans-les-paysages-radioactifs-du-sahara
    #radioactivité #colonialisme #pollution #violence_coloniale #territoire_colonialisé #colonisation #euphémismes #radioactivité #vocabulaire #mots #bombes_atomiques #désert #géographie_du_vide #vide #terra_nullius #saharanisme #désertisme #imaginaire #ecocare #conscience_environnementale #Touaregs #nomadisme #aide_au_développement #puits #développement #secret-défense #Accords_d’Evian #paysage #environnement #Reggane #In_Ekker #plutonium #images #secret #gerboisite #Gerboises #France_coloniale #mont_Taourirt_tan_Afalla #Taourirt_tan_Ataram #toponymie #invisibilisation #Imuhagh #violence #Tamanrasset #Ahaggar #Aïr #Madawela #Niger #vallée_de_Tin_Marsoy #Arlit #uranium #mines #Akokan #Arlit #pâturages #vallée_du_Touat #eau #sols #air #décontamination #montagne #destruction #Mertoutek #Béryl #réparation #santé #paysage_radioactif #mémoire #contre-archive #contre-récit #expérience_vécue #territoires_sacrifiés #Saharanisme_expérimental #Saharanisme_extractif #extractivisme

    ping @reka

    –—

    A mettre en lien avec le #film_documentaire #At(h)ome (#athome) :
    https://seenthis.net/messages/819398

    • #Areva en Afrique. Une face cachée du nucléaire français

      L’indépendance énergétique de la France grâce au nucléaire est un mythe : l’uranium qui alimente le nucléaire civil et militaire provient pour une large part du sous-sol africain. Raphaël Granvaud détaille les conditions dans lesquelles la France et Areva se le procurent au meilleur coût, au prix d’ingérences politiques et de conséquences environnementales, sanitaires et sociales catastrophiques pour les populations locales.
      Comme au Niger, fournisseur historique, pourtant en dernière position du classement des pays selon leur indice de développement humain. Dans un contexte international d’intensification de la concurrence sur le continent africain, mondialisation capitaliste oblige, Areva a toujours pu compter sur l’aide active des représentants officiels de l’État français et des réseaux les moins ragoûtants de la Françafrique pour sauvegarder son droit de pillage. L’auteur dévoile enfin les efforts considérables d’Areva pour que les différents éléments de cette réalité et de sa stratégie de dissémination nucléaire ne ternissent pas une image de marque qu’elle voudrait immaculée.

      https://agone.org/livre/arevaenafrique
      #livre

    • TOXICITÉ COLONIALE. DOCUMENTER LE PAYSAGE RADIOACTIF DANS LE SAHARA

      Toxicité coloniale revient sur les programmes nucléaires français menés entre 1960 et 1966 dans le Sahara algérien. Ce programme secret, qui s’est déroulé pendant et après la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962), a permis au régime colonial français de mettre à feu quatre bombes atomiques atmosphériques, treize souterraines et de mener d’autres expériences nucléaires dans le désert. Alors que la grande majorité des documents d’archives sont toujours classés secret aujourd’hui, Toxicité coloniale rassemble une variété de sources permettant de documenter l’histoire violente des activités de la France en Algérie. Le livre constitue un corpus de choix à l’intersection de la justice spatiale, sociale et environnementale pour ceux et celles qui s’intéressent à l’architecture, au paysage et aux pratiques d’archivage dans une démarche décoloniale.
      Alors que ces bombes ont eu des conséquences durables pour les populations et les environnements locaux ainsi que pour les vétérans français, le manque de contrôle des explosions, les lacunes de sécurité et l’utilisation des Algériens comme main- d’œuvre sur des chantiers particulièrement dangereux apparaissent comme des faits coloniaux d’une importance majeure.

      https://editions-b42.com/produit/toxicite-coloniale

    • Deserts Are Not Empty

      Colonial and imperial powers have often portrayed arid lands as “empty” spaces ready to be occupied, exploited, extracted, and polluted. Despite the undeniable presence of human and nonhuman lives and forces in desert territories, the “regime of emptiness” has thus inhabited, and is still inhabiting, many imaginaries. Deserts Are Not Empty challenges this colonial tendency, questions its roots and ramifications, and remaps the representations, theories, histories, and stories of arid lands—which comprise approximately one-third of the Earth’s land surface. The volume brings together poems in original languages, conversations with collectives, and essays by scholars and professionals from the fields of architecture, architectural history and theory, curatorial studies, comparative literature, film studies, landscape architecture, and photography. These different approaches and diverse voices draw on a framework of decoloniality to unsettle and unlearn the desert, opening up possibilities to see, think, imagine it otherwise.

      https://www.arch.columbia.edu/books/catalog/998-deserts-are-not-empty

  • La France doit faire plus pour protéger les enfants et les jeunes de la traite d’êtres humains, selon le Conseil de l’Europe - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72080/la-france-doit-faire-plus-pour-proteger-les-enfants-et-les-jeunes-de-l

    La France doit faire plus pour protéger les enfants et les jeunes de la traite d’êtres humains, selon le Conseil de l’Europe
    Par La rédaction Publié le : 25/06/2026
    Le Conseil de l’Europe a appelé jeudi la France à mieux prévenir la traite des êtres humains et améliorer l’aide aux victimes, en particulier les enfants et les jeunes.Dans un rapport d’évaluation, publié jeudi 25 juin et consacré à la France - le quatrième après ceux de 2013, 2017 et 2022 -, le Groupe d’experts du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains (Greta) étrille la France.Si l’institution, basée à Strasbourg, salue plusieurs mesures positives prises par les autorités depuis quatre ans, elle constate néanmoins que « la vulnérabilité des enfants à la traite persiste en raison de la profonde crise [du] système de protection de l’enfance ».
    Le Greta demande en conséquence d’"intensifier" les efforts d’identification des enfants victimes et de « leur fournir une assistance adéquate », notamment un hébergement sécurisé et un programme de réinsertion.Face à l’utilisation croissante d’internet par les trafiquants, le Greta recommande par ailleurs davantage d’investissements « dans le renforcement des outils numériques nécessaires à des enquêtes proactives ».
    Globalement, les auteurs du rapport soulignent les progrès réalisés en France, notamment via son troisième plan national (2024-2027) de lutte contre ce fléau - lequel identifie clairement les enfants, les migrants ou personnes précaires comme les groupes les plus vulnérables aux risques d’exploitation.Mais ils pointent également des lacunes, citant le cas des demandeurs d’asile dont il faut « améliorer l’intégration sociale et économique », notamment en termes d’accès au marché du travail et aux services de santé.
    Le rapport regrette aussi que les personnes concernées obtiennent « rarement réparation auprès des auteurs et doivent souvent engager des procédures civiles longues et complexes pour faire exécuter les décisions pénales ».Et ce en dépit de deux évolutions positives, à savoir la suppression de la condition de séjour régulier pour obtenir l’aide juridictionnelle, ou encore l’allègement de la charge de la preuve exigée des victimes de traite pour accéder à l’indemnisation.
    Le Greta déplore enfin que la France, qui reste avant tout un pays de destination de ces victimes, « ne dispose toujours pas de mécanisme national » pour leur identification. D’après les données disponibles, le nombre des victimes de la traite et d’autres infractions liées (proxénétisme, exploitation de la mendicité, travail forcé) a augmenté de 1 811 en 2021 à 2 127 en 2024. Créé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le Conseil de l’Europe, qui réunit 46 États, est considéré comme la vigie des droits humains sur le continent.

    #Covid-19#migration#migrant#france#traite#mineur#droit#sante

  • [Vidéo] Le #gouvernement interpellé sur le déversement de produits chimiques chez #Imerys #Glomel : « Entre l’andalousite et l’eau, que choisit-on ? »
    https://splann.org/pollution-imerys-glomel-gouvernement

    La députée LFI-NFP de Guingamp a interrogé le gouvernement au sujet du contrôle des installations minières, le 16 juin 2026, à l’Assemblée nationale. #murielle_lepvraud rebondissait sur nos révélations concernant un déversement de produits chimiques au sein du site Imerys de Glomel, dans le sud des Côtes-d’Armor. L’article [Vidéo] Le gouvernement interpellé sur le déversement de produits chimiques chez Imerys Glomel : « Entre l’andalousite et l’eau, que choisit-on ? » est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Pollutions #allier #Andalousite #anne_le_hénanff #assemblée_nationale #biodiversité #Côtes_d'Armor #eau #échassières #écosystème #emmanuel_macron #environnement #icpe #industrie_minière #inspection #installations_classées #lithium #mine #mines #pollution #relance_minière #sébastien_lecornu

  • Il nuovo Patto su migrazione e asilo ci costerà due miliardi in cinque anni

    Dal piano presentato dal governo per implementare la nuova legislazione europea in vigore dal 12 giugno emergono esborsi enormi. Altreconomia l’ha consultato in esclusiva. Dai nuovi Cpr alle “zone di frontiera”, ecco le novità

    Implementare le misure previste dal Patto sulla migrazione e l’asilo costerà all’Italia più di due miliardi di euro nei prossimi cinque anni. Tra le spese più alte figurano quelle per il gratuito patrocinio (507 milioni), l’assunzione di 1.403 tra magistrati e funzionari per esaminare i ricorsi (327 milioni) e la costruzione di cinque nuovi Centri di permanenza per il rimpatrio (210 milioni). È la stima realizzata da Altreconomia, che ha potuto consultare in esclusiva il Piano di attuazione presentato dal Governo Meloni alla Commissione europea nel dicembre 2024 e mai reso pubblico.

    Una mancanza di trasparenza rispetto a cui non è bastata la sentenza del Tribunale amministrativo regionale del Lazio che ha riconosciuto il nostro diritto a visionarlo: quando la rivista va in stampa (il 20 maggio), oltre 70 giorni dopo il termine per l’invio, la copia del Piano aggiornato non è ancora stata inviata. Eppure l’interesse pubblico, come emerge dal documento che siamo comunque riusciti a visionare, non riguarda solo i costi.

    La nuova legislazione europea, in vigore dal 12 giugno, stravolgerà infatti tantissimi aspetti della normativa sull’immigrazione. Quelli più rilevanti riguardano l’accoglienza e la procedura di richiesta d’asilo. Chi arriva irregolarmente sul territorio italiano -e già questa è una forzatura- verrà sottoposto alla cosiddetta procedura di screening, che riguarda un primo controllo sulla salute, l’individuazione di eventuali vulnerabilità e la registrazione nelle banche dati. Tutto dovrebbe avvenire entro sette giorni (tre se la persona viene rintracciata sul territorio). Una volta terminato lo screening, entro cinque giorni la persona dovrà presentare richiesta di protezione internazionale.

    La maggior parte di queste domande verrà sottoposta alla “procedura accelerata alla frontiera”. “Sono più di dieci le ipotesi che permettono allo Stato di applicarla -spiega l’avvocata Eleonora Celoria, socia dell’Associazione per gli studi giuridici sull’immigrazione (Asgi)-. In tre casi la procedura alla frontiera diventa obbligatoria”. Quali? Se una persona è considerata un pericolo per la sicurezza nazionale, se ha consegnato documenti falsi o se appartiene a una nazionalità che ha un tasso di riconoscimento della protezione internazionale nei Paesi Ue inferiore al 20%.

    L’aspetto critico è che chi rientra in questa procedura, secondo la nuova normativa, deve rimanere nella “disponibilità” delle autorità per i tre mesi necessari all’esame della domanda. Periodo in cui, tra l’altro, non potrà lavorare. “Per giustificare il fatto che la persona non può muoversi liberamente, senza applicare le misure stringenti sulla limitazione della libertà personale, si introduce il concetto di ‘finzione di non ingresso’ -riprende Celoria-. Si fa finta che la persona non sia mai entrata sul territorio italiano anche se magari si trova già in una città del Nord Italia”.

    “Per giustificare il fatto che la persona non può muoversi liberamente, si introduce il concetto di ‘finzione di non ingresso’”-Eleonora Celoria

    Per quanto riguarda il come questo avverrà, con molta probabilità -saranno i decreti a specificare le modalità nel dettaglio- ci sarà un obbligo di dimora nel centro in cui le persone sono accolte o l’impossibilità di superare i confini di una certa area geografica. “Il diritto d’asilo diventa strettamente connesso alla libertà di movimento: evitando una detenzione vera e propria, che ci sarà solo in alcuni casi, si elimina l’intervento giurisdizionale e si lascia ampia discrezionalità alla polizia che potrà decidere i vari gradi di limitazione della libertà”.

    In questo quadro nel Piano di attuazione l’Italia specifica che individuerà 17 zone di frontiera oltre alle 12 già esistenti e sparse in tutto il Paese, da Agrigento a Matera fino a Gorizia. Per ogni sito si stima un costo pari a 17 milioni di euro nel quinquennio, a cui vanno aggiunte le spese per i 12 hotspot già presenti (19 milioni di euro) e quelli che potrebbero essere costruiti (il governo nel Piano usa il condizionale). Non solo. Viene preventivata una spesa di 1,2 milioni di euro all’anno per le postazioni dell’Ufficio di sanità marittima, aerea e di frontiera (Usmaf) competente per la sanità transfrontaliera e 500mila euro per le attività delle Aziende sanitarie, necessarie per “identificare patologie e vulnerabilità meritevoli di essere approfondite ai fini dell’indirizzamento alla procedura e al percorso di accoglienza più adeguati”. I posti nelle strutture in cui svolgere le procedure sono un elemento chiave: il Patto prevede una disponibilità crescente che dipende dagli sbarchi. Per l’Italia -quando il documento è stato presentato nel dicembre 2024- era di 8.016 tra giugno 2025 e giugno 2026, il doppio (16.032) l’anno dopo e il triplo entro il 14 ottobre 2027 (24.048 posti).

    Il governo scrive che per raggiungere la capacità minima di 8.016 posti ne sono necessari duemila nei Centri di prima accoglienza (Cpa), che si aggiungono ai 3.540 già esistenti, e 270 in più nei centri di trattenimento di frontiera (che si aggiungono ai 50 presenti a Porto Empedocle, in provincia di Agrigento, e agli 83 di Modica-Pozzallo, in quella di Ragusa). Il costo per la realizzazione dei Cpa è di 50 milioni di euro in due anni, quello dei centri di trattenimento 8,1 milioni. A questo si aggiunge la realizzazione, stando al Piano, di cinque nuovi Centri di permanenza per il rimpatrio da 120 posti con una stima solo per le risorse umane e materiali di 7,6 milioni di euro, esclusa la gestione della struttura. Inoltre non viene indicato il costo di costruzione complessivo: quello nuovo di Castel Volturno (CE), ad esempio, costerà da solo 41,2 milioni di euro. Moltiplicato per cinque fa 210 milioni di euro.

    Ai costi vivi di gestione e costruzione delle strutture si aggiungono quelli per l’attivazione di 24 nuove sezioni della Commissione territoriale (Ct) centrpoichè il tempo massimo per decidere sulle procedure accelerate di frontiera è di tre mesi. È così prevista per ogni Ct l’assunzione di un presidente, dieci funzionari e tre-quattro unità di supporto. Totale: circa 26,7 milioni di euro all’anno che comprendono i servizi di mediazione (si calcolano appena due ore di audizione per 16.032 persone il primo anno e 24.048 dal secondo).

    Le due voci che hanno maggior impatto sono, come detto, quelle relative alla magistratura e al gratuito patrocinio. Per gestire il contenzioso -nel Piano si legge che tra il 30 giugno 2023 e il 30 giugno 2024 è aumentato del 46%- verranno assunte in totale 1.403 nuove unità, di cui 135 magistrati ordinari. Il costo stimato in dieci anni è di 584 milioni di euro. Anche in questo caso si aggiunge la mediazione, calcolata su quattro ore di media a persona per un totale, sempre nel decennio, di 30,6 milioni. Il totale per il gratuito patrocinio è invece pari a 71,9 milioni di euro per il primo anno e 107,7 dal secondo in poi.

    “Questo sistema crea enormi sacche di irregolarità”, conclude Celoria. Il richiedente asilo sottoposto a una procedura accelerata di frontiera che abbandonerà il centro o non rispetterà la limitazione geografica imposta, se fermato sul territorio, vedrà la sua richiesta automaticamente annullata e potrà essere portato in un Cpr in attesa di essere rimpatriato. Anche con le cinque nuove strutture i posti saranno circa 2.200. Per tutti gli altri ci sarà l’irregolarità e l’invisibilità.

    Un’altra preoccupante novità contenuta nel Patto riguarda i minori. L’età di chi è obbligato a lasciare le impronte e sottoporsi al fotosegnalamento precipita da 14 a sei anni ed è possibile utilizzare metodi “coercitivi” per costringere i minori a farlo. Ma soprattutto si apre alla possibilità di detenzione anche per gli under 18: nel Patto, infatti, non c’è nessun divieto e le procedure di screening sono uguali per tutti a prescindere dall’età.

    L’età di chi è obbligato a lasciare le impronte e sottoporsi al fotosegnalamento precipita da 14 a sei anni ed è possibile utilizzare metodi “coercitivi”

    “Questo creerà una condizione di promiscuità tra minori e adulti nelle strutture di accoglienza”, osserva Celoria. E non è da escludere la detenzione vera e propria. Nel disegno di legge di attuazione delle norme del Patto presentato dal governo il 20 aprile 2026 si specifica che la competenza della convalida di un eventuale trattenimento spetta al Tribunale per i minorenni. “Magari non succederà -conclude l’avvocata- ma non averlo escluso a priori è un segnale preoccupante”.

    https://altreconomia.it/il-nuovo-patto-su-migrazione-e-asilo-ci-costera-due-miliardi-in-cinque-
    #pacte #pacte_migrations_et_asile #migrations #réfugiés #UE #union_européenne #coût #coûts #rétention #détention_administrative #Italie #screening #procédure_accélérée_à_la_frontière #fiction_de_non-entrée #liberté_de_circulation #liberté_de_mouvement #zones-frontière #hotspots #centri_di_prima_accoglienza (#cpa) #Porto_Empedocle #Modica-Pozzallo #Castel_Volturno #mineurs

  • Comment la raréfaction des terres menace la matrilinéarité dans le #Meghalaya (Inde)
    https://lvsl.fr/comment-la-rarefaction-des-terres-menace-la-matrilinearite-dans-le-meghalaya-in

    C’est un fait bien documenté : la colonisation européenne a modifié en profondeur les structures économiques et la répartition des ressources des pays colonisés. L’expansion de l’économie de marché qui s’en est suivie n’a fait qu’accroître les inégalités et accélérer la destruction des ressources naturelles. Les conséquences de l’épuisement des matières premières sur les traditions locales sont en revanche moins connues. Dans le Nord-Est de l’Inde, où l’organisation sociale est intimement liée aux ressources, la raréfaction de celles-ci instaure un climat de méfiance vis-à-vis des femmes - principales détentrices des biens économiques – et des étrangers, soupçonnés de déposséder les locaux de leurs terres. La matrilinéarité, structure familiale favorable aux femmes, s’en trouve (…)

    #Société #Féminisme_et_lutte_des_classes #Enclosures #Inde #matrilinéarité

  • Faites la grève, pas la guerre - À propos de : Ariane Mak, En guerre et en grève. Enquêtes dans les cités minières britanniques (1939-1945)
    https://www.en-attendant-nadeau.fr/2025/12/12/fais-la-greve-pas-la-guerre

    Contrairement à l’image solidement ancrée de la suspension des conflits au nom de l’unité nationale, dans une nation tout entière unie dans la people’s war, le Royaume-Uni en guerre connait plus de 7 000 #grèves entre 1939 et 1945. Près de la moitié concernent l’industrie #charbonnière, stratégique s’il en est pour l’#économie_de_guerre avec, en mai-juin 1942 et mai-juin 1944, deux vagues de grèves, de plus vaste ampleur qu’en 1926 s’agissant de la seconde.

    [...]

    Après l’invasion de l’URSS, la presse et les leaders communistes du syndicalisme charbonnier brandissent fréquemment à leur encontre l’exemple soviétique et l’image héroïque de Stakhanov, déplorant que les mineurs grévistes donnent une bien « piètre image de notre effort de guerre » à une délégation soviétique invitée à réaliser un tour des mines et des entreprises britanniques de décembre 1941 à février 1942. Et, en 1944, Ernest Bevin compare leurs grèves aux frappes nazies à l’heure où le gouvernement et les syndicats déploient une intense propagande pour se lancer dans la bataille du charbon.

    L’importance stratégique du charbon vaut à ces grèves de se solder par des victoires cruciales, dont, en 1942, l’établissement du salaire national puis le greene award qui « n’est rien d’autre que le prix que le gouvernement est prêt à payer dans des circonstances anormales pour achever le retour au calme, désamorcer le mécontentement dans les bassins charbonniers et s’assurer le charbon nécessaire à l’effort de guerre ». Au sortir de la guerre, la position relative des #mineurs par rapport aux autres travailleurs s’en trouve nettement améliorée.

  • Centre de rétention en France : des étrangers enfermés plus longtemps mais moins expulsés - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71441/centre-de-retention-en-france--des-etrangers-enfermes-plus-longtemps-m

    Centre de rétention en France : des étrangers enfermés plus longtemps mais moins expulsés
    Par La rédaction Publié le : 19/05/2026
    Près de 16 500 étrangers ont été enfermés dans des centres de rétention administrative (CRA) en France métropolitaine en 2025 mais plus de 60 % ont été libérés « principalement suite à des décisions judiciaires », révèle un rapport de plusieurs associations publié mardi.
    Le temps passé en centre de rétention administrative (CRA) s’allonge mais les expulsions n’augmentent pas pour autant, souligne, mardi 19 mai, un rapport de La Cimade et quatre autres associations. Un constat dénoncé par les militants de défense de droit des étrangers à la veille d’un texte - déjà validé par l’assemblée nationale - examiné au Sénat le 20 mai pour rallonger la durée maximale de rétention à 7 mois."Plus de quarante ans après l’ouverture des premiers centres de rétention administrative (1984), l’année 2025 s’inscrit comme l’une des plus préoccupantes pour les droits des personnes étrangères privées de liberté", estiment les associations. En cause : l’allongement de la durée moyenne d’enfermement. Un peu plus de 33 jours en 2025, contre près de 17 jours en 2020."Dans certains centres, [la durée d’enfermement] dépasse largement les 45 à 50 jours, avec des taux d’éloignement très faibles comparés aux années précédentes", peut-on lire dans le rapport. Un peu plus de 2 500 étrangers ont atteint la durée maximale d’enfermement à 90 jours.
    Mais les expulsions, en effet, ne suivent pas toujours. En 2025, 36 % des personnes enfermées en CRA ont été éloignées vers leur pays d’origine, contre 39 % en 2024. A contrario, « plus de 60 % ont été libérés, principalement suite à des décisions judiciaires, en raison d’irrégularités de procédure et dans certains cas, de défauts de perspective d’éloignement », explique le rapport.
    Et les associations d’en tirer des conclusions. « Les CRA servent à enfermer et sont détournés de leur finalité première, à savoir l’expulsion des personnes à bref délai, démontrant l’échec de la logique ’enfermer plus pour éloigner plus’ », estiment les associations. « Plus la rétention s’allonge, moins elle permet d’éloigner ».La Roumanie est le premier pays de renvoi avec 687 expulsions, suivie de la Tunisie (552) et du Maroc (538).
    Aujourd’hui, « plus de la moitié des expulsions interviennent dans les20 premiers jours et 85 % dans les 45 premiers jours, tandis que moins de 10 % ont lieu au-delà de soixante jours », écrivent les rapporteurs.Pourtant, la durée maximale d’enfermement, limitée à trois mois, pourrait s’allonger à 210 jours (soit 7 mois) avec la proposition de loi du député Charles Rodwell (Renaissance), examinée mercredi 20 mai au Sénat.D’autre part, le nombre de personnes enfermées dans les 22 CRA de France hexagonale est peu ou prou le même que l’année passée : 16 467 en 2025, contre 16 228 en 2024. Une hausse « légère de 1,5 % par rapport à l’année précédente, davantage liée à une augmentation des places disponibles qu’à l’efficacité du dispositif », expliquent les associations.
    Comme l’année passée aussi, les ressortissants de trois pays du Maghreb ont été majoritaires dans les CRA : Algériens (30 %), Tunisiens (11 %) et Marocains (10 %), confirmant, selon les associations, « le ciblage prioritaire de certaines nationalités ». « Les éloignements vers l’Algérie [ont chuté] fortement [en 2025] pour atteindre seulement 263 renvois, alors qu’ils dépassaient encore les 1 100 l’année précédente ».Depuis sa visite en Algérie à la mi-février 2026, le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a amorcé une reprise du dialogue avec Alger. Depuis le début de l’année, 140 reconduites d’Algériens ont été réalisées.Majoritairement, les personnes placées en CRA l’ont été à la suite de contrôles de police (46,3 %), tandis que 29 % l’ont été à la sortie de prison.
    En Outre-mer, 27 568 personnes ont été enfermées, le seul CRA de Mayotte concentrant 96 % de ces placements (21 600) parmi lesquels 3 074 enfants. « Cette situation intervient malgré les condamnations répétées de la France par la Cour européenne des droits de l’homme, qui a déjà sanctionné à onze reprises l’enfermement de mineurs en contexte migratoire », peut-on lire dans le rapport.
    En 2025, plus de 20 000 expulsions ont été réalisées, confirme la préfecture de Mayotte, c’est plus que tous les départements de France réunis. Et elles sont rapides. « Quand on arrive dans ce CRA, il y a de grandes chances d’être expulsé la journée suivante (...) », confirme une source policière mahoraise rencontrée à Pamandzi où se trouve le CRA. « Le turnover est très important, il y a des départs tous les jours vers les Comores ».
    Depuis la nouvelle loi « programmation pour la refondation de Mayotte » adoptée en 2025, les mesures en matière de droit des étrangers se sont durcies. La loi impose notamment l’obligation d’un visa de long séjour pour obtenir une première carte de séjour pour motifs familiaux, « condition qui risque de rendre quasiment impossible l’accès à ce droit pour de nombreuses personnes », lit-on dans le rapport.Mayotte demeure un territoire d’exception. Cette nouvelle loi a également réintroduit la possibilité d’enfermer des mineurs en rétention dans des « unités familiales » spécifiques, alors même que l’interdiction d’enfermement des enfants a été acté par la loi de janvier 2024 et devait entrer en vigueur en janvier 2027

    #Covid-19#migration#migrant#france#CRA#politiquemigratoire#retention#sante#droit#mineur

  • "ON EST EN TRAIN D‘ENFOUIR LA CRISE CLIMATIQUE ET ÉCOLOGIQUE AU FOND DES MINES"

    https://www.youtube.com/watch?v=PrjdUNS-p4s

    C’est l’un des plus grands #paradoxes de notre époque, pour limiter le réchauffement climatique et décarboner nos économies, une nouvelle #ruée_minière d’une ampleur inédite a commencé. Pourtant l’#industrie_minière est l’une des industries les plus toxiques et les plus énergivores que l’on connaisse. Et son activité explose pour fournir entre autres les matières premières des technologies bas carbone : les #batteries des voitures électriques, les #métaux pour les #smartphones, les #ordinateurs
    En seulement 20 ans, les volumes de #métaux extraits dans le monde ont doublé et dans les 20 années à venir, les entreprises minières veulent produire autant de métaux qu’on en a extraits au cours de toute l’histoire de l’humanité. Pour la journaliste Celia Izoard, “Continuer à faire croire, qu’il est possible de supprimer les émissions carbones en électrifiant le système énergétique mondial est un mensonge criminel”. Un mensonge criminel car extraire de la matière produit beaucoup plus de déchets que de ressources, des déchets qui forment des collines ou des vallées de matières toxiques et dangereuses qu’il faudra gérer pendant des siècles. Les mines demandent aussi des quantités colossales d’eau et d’énergie. Sans compter leurs impacts sur les écosystèmes et les #droits_humains. En bref, les mines détruisent bien plus de #ressources qu’elles en produisent.
    Dans son livre, La ruée minière au XXIème siècle, #Celia_Izoard enquête sur les réalités qui se cachent derrière le discours des communicants et des entreprises qui prône la « mine durable, verte et sociale » comme un outil de la transition vers les #énergies_décarbonées. L’essayiste montre à quel point, en tant que population, nous sommes embarqués dans un projet de #transition qui repose entièrement sur l’extractivisme et nous mène dans le mur. Comment sortir de cette #impasse ? Pour Celia Izoard, la seule solution viable aujourd’hui est de revoir nos modes de vie et de réduire nos besoins en énergie. “On ne peut miser sur les #énergies_renouvelables qu’en réduisant drastiquement la production et la consommation. Et cela nécessite des bouleversements majeurs que les élites du capitalisme mondialisé refusent de faire”. Que signifie extraire des métaux au XXIème siècle ? En quoi la mine verte et responsable est un mirage ? Et quels bouleversements majeurs faudrait-il opérer aujourd’hui pour sortir de l’extractivisme ? Réponses dans cet entretien de Paloma Moritz avec Celia Izoard.

    #mines #extractivisme #transition_écologique #green-washing #énergie

  • #celia_izoard participera à la soirée sur l’extractivisme organisée jeudi 21 mai à #saint-rivoal
    https://splann.org/celia-izoard-saint-rivoal

    La Baraque recevra Celia Izoard, ce jeudi, à Saint-Rivoal, dans les #monts_d'arrée. Lors de cette soirée consacrée à l’extractivisme, l’autrice de « La Ruée minière au XXIe siècle » (Seuil, 2024) reviendra sur l’enquête qu’elle signe pour « Splann ! » au sujet d’Imerys à #Glomel. L’article Celia Izoard participera à la soirée sur l’extractivisme organisée jeudi 21 mai à Saint-Rivoal est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #La_vie_de_« Splann !_ » #Pollutions #Andalousite #capitalisme #eau_et_rivières_de_bretagne #écologie #exploitation #extraction #Imerys #métaux #mine #mines #multinationales #néo-libéralisme #pollution #ressources_naturelles #technologies #transition

  • Glané pour vous en avril 2026 : enquête judiciaire ouverte après nos révélations sur #Imerys #Glomel
    https://splann.org/enquete-judiciaire-imerys-glomel

    L’affaire de #pollution impliquant la #mine Imerys de Glomel prend une tournure politique et judiciaire. Après nos révélations sur un important déversement de produits chimiques, plusieurs responsables publics, associations environnementales et organisations syndicales réclament davantage de transparence, un renforcement des contrôles et des comptes à rendre de la part de l’industriel comme de l’État. L’article Glané pour vous en avril 2026 : enquête judiciaire ouverte après nos révélations sur Imerys Glomel est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #afis #Agnès_Buzyn #air_breizh #ArcelorMittal #assemblée_nationale #centre-bretagne #chrome_vi #Côtes_d'Armor #extraction #François_de_Rugy #Géraldine_Woessner #Indre #industrie #insecticide #journalisme_scientifique #justice #lindane #loi_d'urgence_agricole #loïg_chesnais-girard #Loire-Atlantique #mines #muriel_lepvraud #nantes #nickel #parquet #pesticide #phytatmo_dataviz #quotaclimat #Rennes #zones_humides

  • Retrouvez #inès_léraud et #Morgan_Large à la #fête du jardinage d’Eau et rivières à #belle-isle-en-terre le 17 mai
    https://splann.org/fete-jardinage-2026

    Nos cofondatrices Inès Léraud et Morgan Large participeront à la 22ᵉ #fête_du_jardinage et de l’agriculture d’Eau et rivières de Bretagne, ce dimanche 17 mai, à Belle-Isle-en-Terre (22). Elles y présenteront le résultat de leurs enquêtes sur l’extraction minière et sur le #Remembrement. L’article Retrouvez Inès Léraud et Morgan Large à la Fête du jardinage d’Eau et rivières à Belle-Isle-en-Terre le 17 mai est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #La_vie_de_« Splann !_ » #Côtes_d'Armor #eau_et_rivières_de_bretagne #mines

  • En Tunisie, les bébés de la migration pris au piège, sans accès à la santé ou à l’éducation
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/05/14/en-tunisie-les-bebes-de-la-migration-pris-au-piege-sans-acces-a-la-sante-ou-

    En Tunisie, les bébés de la migration pris au piège, sans accès à la santé ou à l’éducation
    Par Driss Rejichi (El Amra [Tunisie], envoyé spécial)
    dans le camp du « kilomètre 31 », au nord de Sfax, les ruines des cabanes détruites par la police sont encore fumantes. L’opération de démantèlement a été menée aux aurores, le 7 mai. Une telle scène est devenue banale dans la région d’El-Amra, dont les oliveraies abritent depuis 2023 des dizaines de camps d’exilés subsahariens.Au milieu des abris détruits et des matelas brûlés, seule une cabane en bois et en sacs plastiques tient encore debout. « On a supplié en disant qu’il y avait des bébés à l’intérieur et, finalement, ils n’ont rien touché », explique Christian Mani, père camerounais de jumelles, Emmanuella et Israela, assoupies sur un matelas.Les bébés sont nés une semaine plus tôt, en pleine nuit, à l’intérieur de la tente. « L’Organisation internationale pour les migrations nous a dit que les ambulances ne pouvaient pas entrer dans le camp », explique M. Mani. Comme ses filles, des dizaines d’enfants seraient nés sans assistance au « kilomètre 31 ».
    Dans les camps d’El-Amra, de nombreuses mères se déplacent désormais avec leurs nourrissons sur le dos. « Je pense qu’au moins 80 % des filles dans les oliveraies sont déjà tombées enceintes, si ce n’est 100 % », assure de son côté Naomie, une autre Camerounaise établie au « kilomètre 19 », qui a donné naissance à une fille en février.
    « On a déjà du mal à avoir des médicaments, alors imaginez pour la contraception », soupire Naomie, qui préfère ne pas donner son identité. D’après la jeune mère, au « kilomètre 19 », le nombre de bébés et d’enfants en bas âge se rapproche « probablement de la centaine ».
    En Tunisie, le sujet des naissances de bébés subsahariens alimente le fantasme d’un « changement de composition démographique », expression employée par le président Kaïs Saïed en février 2023. En avril 2025, le député Tarak Mahdi assurait, quant à lui, qu’au moins 6 000 naissances de migrants irréguliers avaient été enregistrées.
    « Concernant ces chiffres, je crois qu’il y a beaucoup de manipulations pour prouver le récit officiel sur les dangers démographiques », tempère Romdhane Ben Amor, porte-parole du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux.Même s’ils bénéficient, selon la loi, des mêmes droits fondamentaux à l’éducation ou à la santé, dans les faits, « ces enfants migrants en sont privés », déplore aussi Romdhane Ben Amor, même s’agissant des familles installées dans les grandes villes. Que ce soit pour une inscription à l’école ou un suivi médical, « les parents évitent d’aller vers les autorités, pour ne pas aggraver le risque d’être arrêtés ou expulsés », explique M. Ben Amor.
    Dans les oliveraies d’El-Amra, les droits fondamentaux des enfants ne sont pas plus protégés. « On avait construit une cabane école il y a plusieurs mois, avec pour projet de leur apprendre au moins l’alphabet, mais elle a rapidement été détruite », déplore Christian Mani.Dans le camp du « kilomètre 31 », Yakou, 8 mois, joue sur le sable avec son ami Mohamed, un an et demi. « On a peur d’aller à la clinique en ville, donc mon fils n’a pas de suivi médical », explique Fatime Koné, la mère de Yakou. Cette Malienne redoute les arrestations en dehors des camps, qui ciblent même les enfants et leurs parents.
    Fatime reconnaît avoir eu « la chance » d’accoucher à l’hôpital de Jebeniana, à quelques kilomètres du camp. « Les médecins m’avaient donné des médicaments et un carnet de suivi médical, mais tout a été brûlé par la police », déplore la jeune mère. Plusieurs autres parents confirment que les affaires des bébés et des enfants sont rarement épargnées lors des démantèlements.
    Les parents ont aussi rarement les moyens de déclarer la naissance de leurs enfants, même lorsque celle-ci a lieu à l’hôpital. Après avoir accouché à la clinique de Sfax, Naomie explique avoir réclamé un certificat médical de naissance « pendant plusieurs jours d’affilée », avant de rentrer au « kilomètre 19 » sans que le document lui soit délivré. « En Tunisie, avec des enfants, tu t’en remets seulement à Dieu », dit-elle.La jeune Camerounaise dénonce également un manque de considération des soignants. « J’ai accouché seule et dans la douleur », se remémore Naomie, qui affirme avoir été laissée sans surveillance dans son lit pendant plusieurs heures. Des allégations corroborées par Fatime Koné, qui aurait patienté dix heures seule dans une chambre avant d’être prise en charge à Jebeniana. Contactés, le ministère de la santé et les hôpitaux de Sfax et de Jebeniana n’ont pas répondu.
    De nombreux migrants se tournent vers le programme de rapatriement mis en place par les autorités tunisiennes. Mais pour Fatime Koné, originaire de Bamako, où la situation sécuritaire est très dégradée, « la seule option restante, c’est la mer », soit le voyage vers l’Europe. Pourtant, même si l’arrivée du printemps lance la saison des départs, les parents et leurs enfants restent des passagers non prioritaires, les « coxeurs » (passeurs) ne faisant pas payer leurs places aux nouveau-nés. « Il est rare qu’ils acceptent d’en emmener plus de cinq sur un bateau », explique Fatime Koné. Les barques métalliques sont aussi souvent surchargées, provoquant des naufrages meurtriers pour les enfants, qui sont rarement équipés de bouées de sauvetage adaptées. Quant aux bateaux secourus ou interceptés par les garde-côtes, leurs occupants continuent d’être expulsés vers les Etats d’Afrique du Nord, même accompagnés d’enfants

    #Covid-19#migration#migrant#tunisie#sante#mineur#camp#rapatriement#droit#subsaharien

  • [Podcast] À #Glomel, #jean-yves_jégo mène bataille contre l’extension de la mine d’andalousite d’Imerys
    https://splann.org/podcast-imerys-glomel-jean-yves-jego

    Jean-Yves Jégo est une figure de l’opposition à l’extraction d’andalousite par #Imerys à Glomel (22). En mars 2026, c’est lui qui a signalé au procureur de Saint-Brieuc le déversement de produits chimiques commis au sein de la mine cinq ans plus tôt. #antoine_chao et #william_petit l’ont rencontré. #reportage. L’article [Podcast] À Glomel, Jean-Yves Jégo mène bataille contre l’extension de la mine d’andalousite d’Imerys est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Démocratie_locale #Pollutions #aménagement_du_territoire #Andalousite #capitalisme #carrière #centre-bretagne #Côtes_d'Armor #déchets #Douar_Bev #écologie #environnement #extraction #industrie #Jean-Daniel_Bourdonnay #Mines_de_Rien #multinationale #podcast #pollution #port_du_légué #poussières #zone_humide

  • Le quattro volte

    Dans un vieux village de montagne en Calabre, un berger vit ses ultimes instants de vie. Il meurt entouré par ses chèvres. Au sein du troupeau, naît un chevreau. Mais, un jour celui-ci s’égare, se retrouve seul et grelottant de froid au pied d’un majestueux sapin. C’est cet arbre que choisissent les villageois pour célébrer la fête de la « #Pita » : il est scié puis remis aux #charbonniers pour monter le cœur de la meule. Il se mêlera au charbon de bois pour chauffer les foyers des villageois. À travers quatre récits enchâssés, le film se veut une ode à la vie et ses quatre règnes : ceux de l’#humain, de l’#animal, du #végétal et du #minéral aux correspondances mutuelles intimes et secrètes... Une vision poétique mais très lucide du #cosmos à l’échelle de l’homme[1].

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_quattro_volte

    Pour voir le film :
    https://www.youtube.com/watch?v=C-lScWsWtOQ


    https://www.youtube.com/watch?v=uyeZPFbYshw

    #film #documentaire #film_documentaire #Calabre #nature #montagne #Michelangelo_Frammartino