• Mineurs isolés étrangers : la France à nouveau épinglée par le Comité onusien des droits de l’enfant - InfoMigrants
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    Mineurs isolés étrangers : la France à nouveau épinglée par le Comité onusien des droits de l’enfant
    Par La rédaction Publié le : 04/02/2026
    Le 19 janvier 2026, le Comité des droits de l’enfant des Nations unies (CRC) a, une nouvelle fois, épinglé la France pour sa prise en charge des mineurs non accompagnés étrangers. Le CRC avait été saisi par cinq jeunes migrants dont la minorité avait été contestée dans trois départements : Haute-Garonne, Loire-Atlantique, Maine-et-Loire.
    Le 19 janvier 2026, le Comité des droits de l’enfant des Nations unies (CRC) a, une nouvelle fois, condamné la France pour sa prise en charge des mineurs non accompagnés étrangers (MNA) et sa manière de mener les évaluations de leur âge.
    Le CRC, dont les décisions ne sont pas contraignantes, avait été saisi par cinq jeunes exilés dont la minorité avait été contestée dans trois départements français (Haute-Garonne, Loire-Atlantique, Maine-et-Loire). L’un d’eux avait notamment présenté un passeport biométrique obtenu auprès de son consulat pour prouver sa bonne foi, mais le document avait été écarté par la justice dans un premier temps conduisant le jeune homme à la rue, avant que sa minorité ne soit finalement reconnue.Les évaluateurs avaient aussi considéré les apparences physiques des jeunes incompatibles avec l’âge allégué et relevé des incohérences. L’AFP a pu consulter la décision du CRC qui insiste sur la protection des jeunes MNA : « Tant que la procédure de détermination de l’âge est en cours, l’intéressé doit avoir le bénéfice du doute et être traité comme un enfant », y est-il écrit.
    De leur côté, de nombreuses associations ont réagi en insistant sur le « caractère non conforme » des procédures de reconnaissance de minorité en France. « Des pratiques administratives et judiciaires défaillantes : évaluations sommaires basées sur l’apparence physique, rejet de documents d’état civil pourtant authentiques, et recours systématique à des tests osseux pourtant unanimement critiqués », écrivent à ce sujet plusieurs associations, dont l’Unicef, dans un communiqué de presse conjoint.
    Pourtant, « les documents d’identité disponibles devraient être considérés comme authentiques, sauf preuve du contraire », estime le CRC. Et d’ajouter : « La détermination de l’âge ne devrait pas se fonder uniquement sur l’apparence physique » mais aussi sur « son degré de maturité psychologique ». Pour le Comité onusien, les évaluations de l’âge de ces cinq jeunes ont été effectuées « sans tenir compte de leur documentation et des difficultés de leurs parcours migratoires, ainsi que d’autres facteurs » pouvant expliquer des incohérences et « sans présence d’un représentant légal ».
    Ce n’est pas la première fois que la France est pointée du doigt. En janvier 2025, La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) avait condamné l’Hexagone pour « absence de protection » d’un mineur guinéen. Sa minorité avait été rejetée une première fois par les autorités françaises, pour finalement être reconnue un an plus tard. Durant ce laps de temps, le jeune migrant a été livré à lui-même, à la rue.
    En France, quand un jeune se voit contester sa minorité, il est automatiquement considéré comme majeur et remis à la rue. Pendant toute la procédure de recours devant un juge pour enfant - qui peut prendre plus d’un an -, il n’a pas le droit à un hébergement. Les choses pourraient changer : un texte, adopté par l’Assemblée nationale en France, le 11 décembre 2025, prévoit de mettre à l’abri les mineurs isolés étrangers (MNA) pendant toute la durée de leur procédure de reconnaissance de minorité. « Cette nouvelle condamnation [de la France] doit agir comme un signal d’alerte clair. Il appartient désormais au législateur de prendre ses responsabilités et d’engager une réforme ambitieuse et conforme au droit international », a encore réagi l’Unicef.
    Dans un rapport publié en octobre 2025, le CRC épinglait déjà la France pour ses « défaillances » dans la prise en charge des mineurs isolés étrangers. La France est responsable de violations « graves et systématiques » des droits des mineurs étrangers non accompagnés (MNA) sur son territoire, pouvait-on lire dans le document. Le comité appelait déjà au respect de la « présomption de minorité » en vigueur en France. L’enfant devrait être protégé « jusqu’à preuve du contraire » et tout au long de la procédure de recours qui peut durer plusieurs mois.
    Selon le rapport du Comité des droits de l’enfant des Nations unies, ces mineurs isolés sont trop souvent laissés à l’abandon faute de pouvoir prouver leur âge. Ils se retrouvent alors sans abri, privés de soins de base et vivant dans des conditions « dégradantes ». Si la France ne dispose pas de chiffres, la Coordination nationale jeunes exilés en danger (CNJED), rassemblant une centaine d’associations, estime, elle, qu’il existe plus de 3 200 jeunes étrangers en recours en France

    #Covid-19#migrant#migration#france#MNA#mineur#politiquemigratoire#sante#minorite#droit

  • On n’a pas attendu Trump, ICE ou Le Pen pour maltraiter les pas-de-chez-nous (épisode quarante-douze). - Le 19 janvier 2026, le Comité des droits de l’enfant des Nations unies a, une nouvelle fois, condamné la France pour ses pratiques en matière de prise en charge et de détermination de l’âge des mineurs non accompagnés.
    https://www.lacimade.org/presse/mineurs-non-accompagnes-3e-condamnation-de-la-france-par-le-comite-des-dro

    Il s’agit de la troisième condamnation de la France, après celles de janvier 2024 et mai 2025, visant les mêmes défaillances structurelles. La répétition de ces constats souligne le caractère persistant et systémique des violations, malgré les alertes réitérées des associations intervenant auprès des mineurs isolés.

    Dans cette décision, le Comité relève à nouveau que les procédures françaises de détermination de l’âge ne respectent pas les garanties procédurales prévues par la Convention internationale des droits de l’enfant. Il constate notamment :
    – une remise en cause injustifiée de documents d’état civil sans vérification auprès des autorités compétentes ;
    – la persistance de l’usage des examens médicaux d’âge osseux pourtant dénoncés de longue date ;
    – des évaluations de minorité non conformes à l’intérêt supérieur de l’enfant ;
    – une absence de représentation légale dès l’ouverture de la procédure ;
    – le caractère non suspensif des recours conduisant de nombreux mineurs à vivre plusieurs mois à la rue.

  • Manger la Hess, une poétique culinaire
    https://lundi.am/Manger-la-Hess-une-poetique-culinaire

    Comment manger en temps de crise, pour presque rien voire rien du tout ? Le poète Yoann Thommerel mène l’enquête auprès des fauché.es de Seine-Saint-Denis. Au gré des rencontres fortuites et des invitations, cela donne Manger low cost (éditions Nous) à la fois livre de recettes, manuel de survie et livre de poésie sur la Hess. « La Hess ? C’est quand chez toi y a tellement rien dans le frigo que même les prisonniers mangent mieux. Ou si tu préfères, des fois c’est tellement la Hess que t’as même pas de frigo. » On apprendra entres autres comment préparer une pizza en prison, comment cuisiner les fanes, comment rôtir un niglo (hérisson), l’art de se gaver à l’œil dans les vernissages, ou les règles d’or pour voler sans stress au Monoprix.

    La France qui a faim - Le don à l’épreuve des violences alimentaires, Bénédicte Bonzi
    https://lafrancequiafaim.fr
    https://seenthis.net/messages/1037652

    100 recettes nouvelles à base de miettes de pain, 1943

    #low_cost #livre #texte_choral #hess_5_étoiles #alimentation #argent #précarité #cuisine #manger #parler #accueil #commensalité #langage #mineurs_isolés #hospitalité_à_la_française #exil #clafoutis_aux_orties #pâtes_à_la_mie_de_pain #mollica #cueillette #vol #vol_alimentaire #freegan #ville #prison #recettes #canon_francais vs #communisme_déjà_là #aide_alimentaire #tri #restos_du_coeur #étudiants #domination #peur_de_manquer #organisation_de_la_rareté #sécurité_sociale_alimentaire

    • Mange ta peine - Recettes du prisonnier à l’isolement, MOBEN & Gaëlle HOARAU, Collection Cahiers, Postface de Jacky Durand
      https://leseditionsduboutdelaville.com/?page_id=1691

      « En prison, manger équilibré st essentiel à la santé mais surtout au moral. Ces recettes sont gourmandes et faciles à réaliser, même avec des moyens limités. Elles
      sont la poésie de mon quotidien que je veux avant tout partager avec les personnes qui vivent seules, à l’écart. J’aimerais que ce livre contribue à briser les idées reçues sur la prison et les personnes qui s’y trouvent. » Moben

      Les 77 recettes réunies dans ce livre ont été imaginées en prison, dans son coeur profond : une cellule d’isolement. Au même titre que la pratique physique du yoga ou l’entretien quotidien de ses facultés mentales, l’art de cuisiner est devenu pour Moben un moyen de survie.
      Dans ce livre, il partage trucs et astuces pour cuisiner dans des conditions extrêmes, dedans comme dehors. Ses recettes sont l’occasion d’évoquer anecdotes et analyses documentant la prison et les solidarités qui s’y nouent autour de la nourriture. Un livre de cuisine qui s’attache autant à remplir les ventres qu’à nourrir la riche pensée critique qui s’élabore derrière les murs.
      Moben a passé onze années en régime d’isolement pour tentative d’évasion. Mange ta peine est son premier livre. Il en a réalisé les illustrations.

      « Sa force, son talent, son inventivité : faire bon avec peu, faire mijoter un peu de soi parmi une communauté de destins carcéraux. » Jacky Durand, chroniqueur culinaire, reporter tout terrain et romancier.

      Moben, transféré dans un quartier de haute sécurité pour avoir écrit un livre de recettes en prison
      https://www.streetpress.com/sujet/1766057561-moben-transfere-quartier-haute-securite-ecrit-livre-cuisine-

      Ce matin d’octobre, Moben, détenu de longue peine au centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure (03), voit débarquer une équipe de surveillants dans sa cellule. Ils fouillent. Ils ne cherchent ni téléphone ni drogue. Rien à voir avec les opérations lancées par le ministre de la Justice Gérald Darmanin quelques semaines plus tôt. Les équipes locales de sécurité pénitentiaire cherchent un livre.

      [...]

      Par mail, la direction interrégionale justifie la saisie du livre dans la cellule de Moben à son éditeur en listant plusieurs articles du code pénitentiaire, et conclut : « Ainsi, lorsqu’une personne détenue souhaite qu’un de ses écrits soit publié par une maison d’édition, il convient au préalable qu’elle obtienne l’accord du directeur interrégional territorialement compétent. » Selon un agent pénitentiaire de Moulins-Yzeure, il n’est pourtant pas rare de voir des personnes détenues écrire des livres en détention et de les voir publiés alors qu’ils sont encore incarcérés.

      Elle lui reproche également « [sa] volonté et [sa] capacité à communiquer, pendant plusieurs semaines, avec des personnes à l’extérieur en contournant les règles de contrôle de l’administration pénitentiaire »

      #DPS #balluchonnage #Condé-sur-Sarthe #QLCO #quartier_de_lutte_contre_la_criminalité_organisée

  • Eric Zemmour définitivement condamné pour complicité de provocation à la haine pour ses propos sur les mineurs isolés
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/12/02/eric-zemmour-definitivement-condamne-pour-complicite-de-provocation-a-la-hai

    Eric Zemmour définitivement condamné pour complicité de provocation à la haine pour ses propos sur les mineurs isolés
    Le Monde avec AFP
    La Cour de cassation a rejeté, mardi 2 décembre, le pourvoi d’Eric Zemmour contre sa condamnation pour complicité d’injure publique et provocation à la haine pour ses propos sur les mineurs isolés tenus en 2020 sur la chaîne de télévision CNews, la rendant définitive. Les hauts magistrats ont rejeté un autre recours du président de Reconquête !, contre une condamnation pour diffamation envers l’avocat Patrick Klugman, qu’il avait accusé de vouloir « absolument étouffer l’affaire » Jeremie Cohen, du nom d’un jeune homme juif percuté mortellement par un tramway en février 2022 après avoir été frappé.
    A propos des mineurs isolés, Eric Zemmour avait soutenu en septembre 2020 : « Ils n’ont rien à faire ici, ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs, c’est tout ce qu’ils sont, il faut les renvoyer et il ne faut même pas qu’ils viennent. » « C’est une invasion permanente », « c’est un problème de politique d’immigration », avait-il ajouté. C’est « à juste titre » que la cour d’appel de Paris l’a condamné, en septembre 2024, après avoir retenu « que les propos poursuivis excèdent les limites admissibles à la liberté d’expression en raison de leur violence et de leur généralité », a estimé la Cour de cassation, contestant toute « légitimité, serait-ce même au regard des débats actuels sur la politique migratoire de la France ».
    Eric Zemmour avait été condamné pour complicité à cent jours-amende de 100 euros, soit 10 000 euros, alors que, conformément au droit de la presse, c’est le directeur de la publication de CNews, Jean-Christophe Thiery de Bercegol du Moulin, qui avait été condamné aux infractions principales. Ce dernier avait reçu une amende de 3 000 euros. La chaîne CNews avait, de son côté, été condamnée à une amende de 200 000 euros par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA, devenu Arcom), une sanction confirmée par le Conseil d’Etat en 2022 et dont la contestation devant la Cour européenne des droits de l’homme avait été rejetée en janvier.
    Dans la seconde affaire, Eric Zemmour avait été condamné en première instance comme en appel à 1 000 euros d’amende pour diffamation. Le 5 avril 2022, cinq jours avant le premier tour de la présidentielle à laquelle il concourait, il avait affirmé sur France 2 que le père de Jeremie Cohen l’avait contacté et lui avait confié « que son avocat Klugman voulait absolument étouffer l’affaire » concernant la mort de son fils.
    Deux mois plus tôt, cet homme de 31 ans porteur d’un handicap léger avait été percuté par un tramway à Bobigny en traversant les voies ferrées, juste après avoir été frappé par des jeunes. Eric Zemmour s’était alors publiquement demandé s’il était « mort parce que juif ». Au terme de son enquête, le parquet avait pourtant assuré qu’aucun élément n’était venu accréditer le « motif religieux ».

    #Covid-19#migrant#migration#france#racisme#mineur#immigration#discrimination#droit#sante#extremedroite

  • Espagne : le gouvernement accélère la prise en charge des mineurs isolés arrivés aux Canaries - InfoMigrants
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    Espagne : le gouvernement accélère la prise en charge des mineurs isolés arrivés aux Canaries
    Par Leslie Carretero Publié le : 24/11/2025
    Le gouvernement de Madrid a pris en charge 679 mineurs isolés arrivés aux Canaries, conformément à des ordonnances de la Cour suprême obligeant depuis le mois d’avril les autorités à accueillir ces jeunes dans le réseau national d’accueil. Les transferts se sont accélérés ces dernières semaines, alors que le gouvernement des Canaries ne cessait de déplorer la lenteur de ces opérations.
    Après des mois de transferts au compte-goutte, le gouvernement espagnol a accéléré ces dernières semaines sa prise en charge des mineurs isolés arrivant aux Canaries. Au total, 679 jeunes ont été intégrés au réseau national d’accueil, a indiqué la ministre de la Protection sociale du gouvernement des Canaries, Candelaria Delgado. La majorité sont des migrants originaires du Mali.
    Parmi eux, 336 ont été transférés dans des centres pour mineurs de la péninsule et 343 dans des structures gérées par Madrid dans l’archipel espagnol. Le chiffre initial concernait 919 jeunes, mais 240 ont atteint l’âge de la majorité durant le processus. Ils ont été pris en charge dans des établissement pour adultes.
    Le secrétaire d’État aux Migrations a par ailleurs précisé que 817 places ont été mises à disposition des mineurs isolés, une centaine restant donc à pourvoir. En accentuant les transferts de ce type, Madrid répond à une nouvelle ordonnance de la Cour suprême qui avait donné jusqu’à vendredi 21 novembre aux autorités espagnoles pour accueillir ces jeunes ayant demandé l’asile aux Canaries.
    Fin septembre, le président des Canaries avait envoyé une lettre à la Cour suprême pour se plaindre de la lenteur des transferts de mineurs isolés – seuls 127 migrants avaient à l’époque été intégrés au réseau national d’accueil malgré la décision de justice. Le responsable canarien estimait que Madrid commettait un « outrage » et une « désobéissance manifeste » sur le sujet.C’est la troisième fois que la haute juridiction exhorte le gouvernement à prendre des mesures urgentes pour permettre d’enregistrer les demandes d’asile des quelque 5 500 mineurs entassés dans les centres d’hébergement de l’archipel des Canaries. La première ordonnance avait été émise en avril. Après sept mois de mise en garde, la Cour suprême a estimé en octobre que « le rythme d’exécution de ce mandat est manifestement irrecevable » et a donné un nouvel ultimatum aux autorités, le menaçant une nouvelle fois de sanctions.
    Le ministère des Migrations a quant à lui souligné « les difficultés et la complexité » de cette ordonnance puisqu’il s’agit « d’enfants particulièrement vulnérables ». Pour respecter cette décision judiciaire et intégrer à son réseau les mineurs isolés des Canaries, le gouvernement a dû modifier « complètement » son système en créant de nouvelles structures. Jusque-là, Madrid gérait uniquement les adultes et les enfants en famille, la prise en charge des mineurs non accompagnés relevant des régions. Le gouvernement a notamment ouvert un centre d’évaluation à Grande Canarie, qui fonctionne comme un lieu de transit en attendant de déterminer si les jeunes ont des attaches dans l’archipel. L’État dispose aussi de deux centres dans l’archipel et a créé plusieurs structures d’accueil dans diverses localités de la péninsule. Le ministère de l’Inclusion affirme également que d’autres sites sont recherchés pour augmenter les capacités d’accueil gérés par Madrid dans ces îles.
    Malgré cela, la ministre de la Protection sociale du gouvernement des Canaries continue de tirer la sonnette d’alarme. Elle a averti vendredi 21 novembre que le système de protection de l’archipel « reste très tendu » car les services éducatifs, sanitaires et sociales délivrés aux mineurs restent à la charge des îles.
    Les Canaries, perdues dans l’océan Atlantique, sont une des principales portes d’entrée des migrants en Europe. Ce bout de terre, situé à l’ouest des côtes africaines, voit régulièrement débarquer des canots surchargés de migrants. Dimanche, 260 personnes à bord de deux embarcations, aussi appelées « cayucos », ont été secourues au large de la petite île d’El Hierro par les services espagnols. Parmi eux, on compte 92 mineurs.
    Cependant, le nombre d’arrivées tend à diminuer ces derniers mois. Entre le 1er janvier et le 15 novembre, 14 690 exilés ont débarqué aux Canaries, contre 39 713 à la même période de l’an dernier, d’après les chiffres du ministère espagnol de l’Intérieur. Soit une baisse de 63%. En 2024, les Canaries ont connu des records d’arrivées : près de 47 000 personnes sont parvenues à rejoindre les îles. Du jamais vu pour l’archipel espagnol, même au plus fort de la « crise des cayucos » en 2006. Dans le même temps, le nombre de morts dans l’Atlantique a explosé : selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras, 10 457 migrants sont décédés ou portés disparus sur les routes migratoires menant vers l’Espagne en 2024. Soit une moyenne de 30 morts ou disparus par jour.

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#routemigratoire#canaries#mineur#sante#politiquemigratoire#migrationirreguliere

  • Devoirs sur le trottoir, crainte de « croiser les amis du collège »… A Bordeaux, la solidarité s’organise autour des élèves sans-abri
    https://www.liberation.fr/societe/logement/devoirs-sur-le-trottoir-crainte-de-croiser-les-amis-du-college-a-bordeaux

    Depuis un an, un collectif se mobilise dans la métropole girondine pour aider les familles dont des enfants scolarisés n’ont pas de logement. Reportage avec l’une d’elles, entre le monde de l’école et celui de la rue.

    Face au grand portail en fer d’une école maternelle dans le centre-ville de Bordeaux, une marée de parents déborde sur le trottoir, les sacs de goûter parfois suspendus aux poignets. Il est 16 h 30, c’est la sortie des classes. Arben (1) s’engouffre dans le bâtiment à la recherche d’Elena, 4 ans. Sa cadette a perdu son blouson rose. Ils mettront de longues minutes à le retrouver, suspendu dans un couloir. La scène est d’une banalité désarmante. Le petit manteau compte pourtant plus que tout : la nuit s’annonce froide et ils n’ont nulle part où rentrer.

    Devant l’établissement, Arben est rejoint par sa femme, Alma, et leur aîné, Artur, 11 ans. Les traits sont tirés. Originaire d’un pays de l’est de l’Europe, la famille a trouvé refuge en France fin 2024, fuyant des discriminations violentes et l’incapacité de trouver du travail en raison du handicap des parents – sur lequel elle ne souhaite pas s’étendre. Ils ont déposé une demande d’asile, début d’un ballottage de plusieurs mois entre l’hébergement d’urgence, l’hôpital et le Samu social. Fin juillet, sans nouvelle solution de repli, le 115 étant saturé, ils se sont retrouvés à la rue, le temps que leur situation soit réexaminée. Depuis, chaque jour semble s’étirer un peu plus.

    Une fille de 4 ans avec son père, le 3 novembre à Bordeaux. (Astrid Lagougine/Hans Lucas pour Libération)
    Appuyée contre les arceaux à vélo, Alma secoue la tête. Aujourd’hui elle a tendu la main pendant des heures pour 14 euros. Bien loin du prix d’une nuit d’hôtel. A côté d’elle, le visage d’Artur se ferme. Il va retrouver le froid, les nuits hachées, le dos douloureux au réveil. Les devoirs faits à la hâte sur le sol. Les rats qui grignotent la tente, l’eau qui s’infiltre les jours de pluie. Les douches publiques une fois par semaine. Le pain et les tomates en guise de repas du soir. Et sa sœur Elena qui prie chaque jour pour « avoir une petite maison ». Elle rit à côté, insouciante, encore incapable de comprendre ce que les grands redoutent déjà.

    « Les profs sont souvent le point d’entrée »

    La nuit est tombée quand la famille installe sa petite tente au pied de la cathédrale Saint-André, place Pey-Berland, à quelques pas de la mairie. Artur supplie pour rester à l’abri des regards. Il craint « de croiser ses amis du collège ». Le couple est sur ses gardes : la semaine précédente, dans le même quartier, on leur a volé des affaires et essayé de brûler leur tente dans la nuit avec une bouteille remplie d’essence. Les enfants étaient à l’intérieur, terrifiés. Une plainte a été déposée.

    Des récits comme celui-là, les membres du collectif bordelais de soutien aux enfants mal logés sont épuisés de les entendre. Parents d’élèves, professeurs, directeurs d’école – 70 volontaires au total – sont rassemblés par la même révolte devant ces tout-petits qui dorment dehors, dans des squats, des voitures, ou de canapé en canapé. Difficile de grandir droit quand la vie avance en pointillé, martèle le groupe qui s’est constitué l’an dernier. Depuis, le collectif de citoyens, qui se revendique apartisan, a accompagné près de 60 familles, dont 23 mères isolées. Leur mobilisation a jeté une lumière crue sur le sans-abrisme des enfants scolarisés.

    Le réseau s’étend aujourd’hui à 33 établissements de la métropole bordelaise. « C’est touchant de se dire qu’on n’est pas seuls », sourit Laure, parent d’élève investie depuis le début. Son électrochoc : un copain de ses enfants sur le point de dormir dehors, deux jours avant Noël. « Les profs sont souvent le point d’entrée, raconte Gaëlle, une autre parent d’élève. Ils repèrent un enfant qui s’endort en classe ou des parents qui finissent par parler. » Elle se souvient d’une fillette épuisée : « Elle n’arrivait pas à dormir dans son squat, des souris lui grimpaient dessus la nuit. »

    « Elena sourit beaucoup, mais elle aussi en a marre de ne pas avoir de lit »

    Ces derniers mois, le groupe a appris à s’organiser, à mutualiser les compétences. La mère dégourdie en graphisme, le père qui maîtrise les formulaires, le prof qui connaît les rouages administratifs. Ensemble, ils ont créé une sorte de contre-pouvoir qui se matérialise par des cagnottes pour payer des nuits d’hôtel, une présence lors de rendez-vous cruciaux avec l’administration. En dernier recours, quelques membres du groupe ouvrent leurs portes pour offrir un toit à leurs protégés. « De l’humanité instinctive », soupire Laure. Faute de mobiliser suffisamment de bénévoles dans les écoles concernées, certains enfants tardent à être accompagnés. C’est le cas d’Artur et Elena.

    Passé 20 heures, les premiers signes de fatigue se font ressentir. Les enfants tournent en rond sur la place à la recherche de la moindre distraction. « Je ne joue pas souvent », raconte Artur. L’ennui a fini par lui donner de « mauvaises pensées ». Depuis qu’ils vivent dehors, ses parents le sentent « beaucoup plus renfermé ». « Elena sourit beaucoup, mais elle aussi en a marre de ne pas avoir de lit », livre sa mère. Sa poupée offerte par des bénévoles des maraudes est une maigre consolation.

    Il est 22 heures. Artur s’est endormi sur un muret en pierre. Son père le transporte aux côtés de sa sœur. La pompe du matelas est cassée. Ce soir, ils dormiront sur des couvertures posées à même le sol. Le thermomètre affiche 10 degrés.

    Alors que le ballet des #expulsions a repris avant la trêve hivernale, le collectif dit avoir atteint « un point de rupture ». Comme tant d’autres acteurs du social, ils s’épuisent à colmater les brèches d’un système qui manque de moyens. « Contribuer à pallier les carences de l’Etat dans un contexte de crise du #logement, avec une politique d’immigration de plus en plus répressive, demande un investissement colossal », souffle Laure. Fin août, un baromètre publié par l’Unicef et la Fédération des acteurs de la solidarité alertait : le nombre de #mineurs_sans-abri a bondi de 30 % par rapport à 2022. Plus de 2 000 enfants ont passé la nuit à la rue avant la rentrée.

    « On est débordés »

    Contactée, la préfecture de la Gironde met en avant les « 41 millions d’euros consacrés à l’hébergement en 2025, contre 28,5 millions d’euros en 2020 ». Elle rappelle la possibilité, pour le 115, de « mobiliser rapidement des places à l’hôtel quand tout est complet, en cas de vulnérabilité avérée ». Mais assure que, « lors de la dernière nuit de la solidarité [au cours de laquelle un comptage est effectué par des bénévoles aux côtés d’agents publics, ndlr], en janvier, aucune famille avec enfants à la rue n’a été observée ». L’argument fait bondir les bénévoles, qui soutiennent que sans le maillage associatif et citoyen, de nombreux enfants passeraient l’hiver dehors.

    « On est débordés par le besoin qui n’est pas couvert par l’Etat. Nos 200 places sont toutes occupées, dont près de la moitié par des familles avec enfants », déplore Harmonie Lecerf Meunier, adjointe au maire de Bordeaux chargée des solidarités. Petite victoire tout de même, le CCAS (centre communal d’action sociale) de Bordeaux a obtenu la semaine dernière, comme Grenoble au printemps, la condamnation de l’Etat pour carence fautive en matière d’hébergement d’urgence en 2020 et 2023. De son côté, la sénatrice écologiste Monique de Marco propose de faire de la Gironde un territoire « zéro enfants à la rue », sur le modèle du dispositif « zéro chômeur ». « La priorité doit être l’hébergement des enfants, quelle que soit la situation des parents, appuie Romain Dostes, conseiller départemental (membre de la majorité écologiste) sur le canton de Bordeaux-1. Ils restent des enfants. »

    Des mots qui prennent tout leur sens, au matin, sur le parvis de l’école maternelle. Dans la foule, Alma accompagne Elena. Mère et fille passent inaperçues. Une famille comme les autres, qu’on croise sans voir. Sans savoir. Alertée par l’attaque de la tente, la mairie leur a finalement trouvé un toit temporaire pour les prochains jours. Une parenthèse de répit. En attendant la décision de l’Etat sur le réexamen de leur demande de droit d’asile, la fratrie est suspendue entre deux mondes. Celui de l’école et celui de la rue.

  • La #Grèce procède aux premiers #tests_osseux sur les jeunes migrants affirmant être #mineurs

    Annoncés au mois d’août 2025, les tests osseux ont commencé en Grèce pour déterminer l’âge des migrants se déclarant mineurs. Selon le ministre grec des Migrations, Thanos Plevris, sur 104 examens réalisés, 57 % ont révélé que les migrants étaient adultes.

    Le ministre grec des Migrations, Thanos Plevris, a déclaré dans un message publié sur les réseaux sociaux, mercredi 11 novembre, que les premiers tests d’âge - des tests osseux - avaient été effectués sur des migrants se déclarant mineurs.

    « Sur les 104 premiers cas suspects examinés, 59 étaient des adultes. Les conséquences pour ceux qui ont fait de fausses déclarations sont évidentes », a précisé le ministre sur X. Dix ont été déclarés mineurs et 35 sont toujours en cours d’examen.

    Selon Thanos Plevris, qui a fait de l’immigration illégale sa priorité, ces tests ont été réalisés à la suite d’une décision ministérielle conjointe prise en août, qui introduit des examens médicaux supplémentaires pour vérifier l’âge.

    Dans une déclaration conjointe, les ministères des Migrations et de l’Éducation indiquent que la détermination de l’âge est effectuée à l’aide d’une combinaison de méthodes : un examen médical, une évaluation psychosociale et radiographie du poignet/de la main gauche pour déterminer l’âge osseux.

    En cas de résultats divergents, l’évaluation radiographique prévaut. Les migrants qui refusent de se soumettre aux évaluations sont automatiquement déclarés majeurs.

    Ce nouveau protocole, signé le 22 août par le ministre des Migrations, la vice-ministre Sevi Voloudaki et le ministre de la Santé Adonis Georgiadis, prévoit une procédure médicale spécifique dans les cas où les services compétents émettent des doutes quant à l’âge du demandeur d’asile.

    Cette pratique du test osseux est très controversée. Lors de la validation de ce système par le Conseil constitutionnel en 2019 en France, les associations avaient partagé leur déception. Pour elles, ces tests sont « aussi fiables qu’une boule de cristal », la marge d’erreur étant estimée entre dix-huit mois et trois ans. Ainsi, « un adolescent de 14 ans peut présenter la maturation osseuse d’un adulte », avait plaidé une avocate.

    Le statut de mineur confère un statut juridique particulier en Grèce et partout dans l’Union européenne (UE), notamment en matière de logement, de liberté de circulation et d’accès aux services. Les mineurs sont aussi non-expulsables.
    « Expulser tous les autres »

    Ces derniers mois, la politique migratoire grecque s’est considérablement durcie. En septembre 2025, le gouvernement a voté une loi criminalisant les migrants. Le séjour irrégulier n’est plus une irrégularité administrative mais… un délit pénal. Les étrangers restés sur le territoire grec après le rejet de leur demande d’asile risquent une peine de deux à cinq ans, et une amende de 10 000 euros.

    « L’idée avec cette loi, c’est un durcissement pour augmenter les retours forcés des déboutés [du droit d’asile] », avait précisé une source de l’Organisation internationale des migrations (OIM). « Le ministre a un objectif clair : intégrer les personnes qui peuvent l’être le plus rapidement possible [...] pour qu’ils puissent devenir une main-d’œuvre disponible le plus rapidement possible. Et expulser tous les autres ».

    La loi supprime également la possibilité d’obtenir un titre de séjour après sept ans de présence sur le territoire grec et porte la durée maximale de rétention de 18 à 24 mois.

    Le gouvernement s’intéresse aussi de plus près aux réfugiés statutaires. Selon une nouvelle circulaire grecque, les autorités pourront engager une procédure visant à suspendre ou à révoquer ce statut de réfugié à toute personne qui voyage dans son pays d’origine.

    Depuis le début de l’année, plus de 40 000 migrants sont arrivés illégalement en Grèce - dont 35 000 par voie maritime, selon les chiffres de l’ONU. Il était 54 000 sur l’ensemble de l’année 2024. Le record a été établi en 2015 avec 850 000 arrivées.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/68087/la-grece-procede-aux-premiers-tests-osseux-sur-les-jeunes-migrants-aff
    #âge #migrations #asile #réfugiés

  • La Grèce procède aux premiers tests osseux sur les jeunes migrants affirmant être mineurs - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/68087/la-grece-procede-aux-premiers-tests-osseux-sur-les-jeunes-migrants-aff

    La Grèce procède aux premiers tests osseux sur les jeunes migrants affirmant être mineurs
    Par Charlotte Boitiaux Publié le : 12/11/2025
    Annoncés au mois d’août 2025, les tests osseux ont commencé en Grèce pour déterminer l’âge des migrants se déclarant mineurs. Selon le ministre grec des Migrations, Thanos Plevris, sur 104 examens réalisés, 57 % ont révélé que les migrants étaient adultes.
    « Sur les 104 premiers cas suspects examinés, 59 étaient des adultes. Les conséquences pour ceux qui ont fait de fausses déclarations sont évidentes », a précisé le ministre sur X. Dix ont été déclarés mineurs et 35 sont toujours en cours d’examen. Selon Thanos Plevris, qui a fait de l’immigration illégale sa priorité, ces tests ont été réalisés à la suite d’une décision ministérielle conjointe prise en août, qui introduit des examens médicaux supplémentaires pour vérifier l’âge.
    Dans une déclaration conjointe, les ministères des Migrations et de l’Éducation indiquent que la détermination de l’âge est effectuée à l’aide d’une combinaison de méthodes : un examen médical, une évaluation psychosociale et radiographie du poignet/de la main gauche pour déterminer l’âge osseux. En cas de résultats divergents, l’évaluation radiographique prévaut. Les migrants qui refusent de se soumettre aux évaluations sont automatiquement déclarés majeurs.
    Ce nouveau protocole, signé le 22 août par le ministre des Migrations, la vice-ministre Sevi Voloudaki et le ministre de la Santé Adonis Georgiadis, prévoit une procédure médicale spécifique dans les cas où les services compétents émettent des doutes quant à l’âge du demandeur d’asile.
    Cette pratique du test osseux est très controversée. Lors de la validation de ce système par le Conseil constitutionnel en 2019 en France, les associations avaient partagé leur déception. Pour elles, ces tests sont « aussi fiables qu’une boule de cristal », la marge d’erreur étant estimée entre dix-huit mois et trois ans. Ainsi, « un adolescent de 14 ans peut présenter la maturation osseuse d’un adulte », avait plaidé une avocate. Le statut de mineur confère un statut juridique particulier en Grèce et partout dans l’Union européenne (UE), notamment en matière de logement, de liberté de circulation et d’accès aux services. Les mineurs sont aussi non-expulsables.
    Ces derniers mois, la politique migratoire grecque s’est considérablement durcie. En septembre 2025, le gouvernement a voté une loi criminalisant les migrants. Le séjour irrégulier n’est plus une irrégularité administrative mais… un délit pénal. Les étrangers restés sur le territoire grec après le rejet de leur demande d’asile risquent une peine de deux à cinq ans, et une amende de 10 000 euros. « L’idée avec cette loi, c’est un durcissement pour augmenter les retours forcés des déboutés [du droit d’asile] », avait précisé une source de l’Organisation internationale des migrations (OIM). « Le ministre a un objectif clair : intégrer les personnes qui peuvent l’être le plus rapidement possible [...] pour qu’ils puissent devenir une main-d’œuvre disponible le plus rapidement possible. Et expulser tous les autres ».La loi supprime également la possibilité d’obtenir un titre de séjour après sept ans de présence sur le territoire grec et porte la durée maximale de rétention de 18 à 24 mois.
    Le gouvernement s’intéresse aussi de plus près aux réfugiés statutaires. Selon une nouvelle circulaire grecque, les autorités pourront engager une procédure visant à suspendre ou à révoquer ce statut de réfugié à toute personne qui voyage dans son pays d’origine. Depuis le début de l’année, plus de 40 000 migrants sont arrivés illégalement en Grèce - dont 35 000 par voie maritime, selon les chiffres de l’ONU. Il était 54 000 sur l’ensemble de l’année 2024. Le record a été établi en 2015 avec 850 000 arrivées.

    #Covid-19#migrant#migration#grece#politiquemigratoire#sante#mineur#retourforce#expulsion#migrationirreguliere

  • L’hébergement des demandeurs d’asile au Royaume-Uni, un système « inefficace, chaotique et coûteux », dénonce un rapport - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/67781/lhebergement-des-demandeurs-dasile-au-royaumeuni-un-systeme-inefficace

    L’hébergement des demandeurs d’asile au Royaume-Uni, un système « inefficace, chaotique et coûteux », dénonce un rapport
    Par La rédaction Publié le : 28/10/2025
    Dans un rapport britannique publié lundi, la Commission des affaires intérieures étrille la politique d’accueil des demandeurs d’asile dans des hôtels au Royaume-Uni. Elle dénonce notamment le gaspillage de milliards de livres sterling et un ministère de l’Intérieur « incapable de gérer la situation ».
    Un système « inefficace, chaotique et coûteux », c’est avec ces termes que la Commission des affaires intérieures de la Chambre des communes a qualifié la politique d’hébergement des demandeurs d’asile dans des hôtels au Royaume-Uni. Dans un rapport publié ce lundi 27 octobre, elle évoque pêle-mêle des « décisions politiques risquées et mal planifiées », « des défaillances de leadership à haut niveau » et un ministère de l’Intérieur « incapable de gérer la situation ».
    Le rapport, élaboré par des membres de divers partis, pointe les décisions politiques de l’accueil des demandeurs d’asile dans les hôtels qui « ont entraîné une explosion des coûts ». La mauvaise gestion financière des contrats avec les fournisseurs privés, qui ont débuté en 2019, a provoqué un triplement de la valeur du contrat, passant de 4,5 milliards de livres sterling à 15,3 milliards de livres sterling en 2029. Le document évoque également plusieurs opérations financières onéreuses pour peu de résultats. Les auteurs notent l’achat du domaine de Northeye à Bexhill, dans l’East Sussex, en septembre 2023 pour 15,4 millions de livres sterling, un prix presque doublé par rapport à sa valeur d’achat l’année passée. Finalement, ce site, contaminé à l’amiante, n’a jamais accueilli de demandeurs d’asile.
    Le Home Office a aussi dépensé 48,5 millions de livres sterling pour la base aérienne de la Royal Air Force (RAF) de Scampton, dans le Lincolnshire, mais a annulé ce projet en raison de la flambée des coûts avant même l’arrivée des exilés. Dans un autre cas, un groupe de travail du ministère de l’Intérieur a aussi constaté que 244 lits avaient été facturés alors qu’ils n’existaient pas.
    Dans le cadre du plan Rwanda, - un projet aujourd’hui abandonné qui visait à expulser vers ce pays d’Afrique de l’Est les migrants arrivés illégalement au Royaume-Uni -, 290 millions de livres sterling ont été versés directement au gouvernement rwandais, alors que seuls quatre demandeurs d’asile volontaires s’y sont rendus.
    Citant toutes ces défaillances, le rapport estime que « le ministère de l’Intérieur a géré un système d’hébergement des demandeurs d’asile défaillant qui a coûté des milliards de livres aux contribuables » et qu’il doit « reprendre le contrôle du système d’hébergement des demandeurs d’asile afin de réduire les coûts et de demander des comptes aux prestataires en cas de mauvaise performance ».
    En plus d’avoir un cout exorbitant, - 144,89 livres sterling pour une nuit d’hôtel contre 23,25 livres sterling pour une nuitée en hébergement partagé -, l’accueil dans les hôtels est parfois inadapté. Par exemple, « la Croix-Rouge britannique a décrit des femmes enceintes et des jeunes mères ainsi que leurs bébés placés dans des logements inadéquats, notamment infestés de cafards ou présentant de graves problèmes d’humidité et de moisissures ». « Il est inacceptable que des sommes importantes de l’argent public soient utilisées pour loger des personnes souvent vulnérables dans des logements insalubres », ajoute le document.
    Concernant les mineurs non accompagnés, le rapport dénonce les processus actuels qui, selon les auteurs, « présentent des lacunes importantes » et des « décisions peu fiables ». « Il en résulte un risque que des enfants soient mal logés dans le système d’asile pour adultes, souvent dans une chambre partagée. Il s’agit d’un grave problème de protection », commente le document. De manière générale, « nous sommes profondément préoccupés par le volume de preuves indiquant des manquements importants en matière de protection dans l’hébergement des demandeurs d’asile », tancent les auteurs.
    Le gouvernement actuel a promis de mettre fin à l’hébergement des demandeurs d’asile dans des hôtels d’ici 2029, date de fin de législature et de fin des contrats. Pour autant, il reste encore très élevé. En juin 2025, le ministère de l’Intérieur était responsable de l’hébergement d’environ 103 000 personnes. Et parmi eux, 32 059 étaient en hôtels contre 56 042 en septembre 2023. Un chiffre en baisse mais qui est de nouveau en hausse ces derniers mois. Il a augmenté de 8% en juin 2025 par rapport à juin 2024.
    Pour atteindre ses objectifs, les autorités envisagent notamment de placer les demandeurs d’asile dans des centres militaires. Le ministère de l’Intérieur a confirmé ce mardi que deux casernes seraient utilisées pour héberger temporairement environ 900 hommes. Et il s’efforce d’identifier d’autres sites. Dans le même temps, le gouvernement est intimé de réagir vite car les arrivées de migrants via « small boats » continuent. Et ce malgré les nombreuses mesures et accords mis en place ces derniers mois. La semaine dernière, le nombre de personnes arrivées depuis le début de l’année a dépassé le nombre total d’arrivées en 2024. Près de 37 000 personnes ont débarqué sur les côtes anglaises, contre 36 816 migrants sur l’ensemble de l’année 2024.

    #Covid-19#migrant#migration#royaumeuni#asile#hebergement#sante#migrationirreguliere#mineur#protection#rwanda#droit

  • Mineurs étrangers non accompagnés : l’ONU dénonce des violations « graves et systématiques » des droits des enfants par la France
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/10/16/mineurs-etrangers-non-accompagnes-l-onu-denonce-des-violations-graves-et-sys


    Un camp de mineurs non accompagné dont les tentes ont été fournies par l’association Utopia 56, à Paris, le 2 décembre 2022. JULIE SEBADELHA / AFP

    Dans l’attente de la reconnaissance de leur minorité, ces jeunes vivent le plus souvent à la rue, dans des conditions « dégradantes », en violation des traités internationaux de protection des mineurs, dénonce le Comité des droits de l’enfant des Nations unies.

    #migrants #mineurs_non_accompagnés

  • Dix ans après leur arrivée en Suède, le parcours chaotique des mineurs isolés
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/09/30/dix-ans-apres-leur-arrivee-en-suede-le-parcours-chaotique-des-mineurs-isoles

    Dix ans après leur arrivée en Suède, le parcours chaotique des mineurs isolés
    Propos recueillis par Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède)
    En 2015, le royaume scandinave accueillait 163 000 demandeurs d’asile, dont 35 000 mineurs isolés, la plupart originaires d’Afghanistan. Aujourd’hui encore, beaucoup craignent d’être expulsés.Le contraste est saisissant. Lunettes à monture transparente, cheveux gominés, Omid Hazimi, 25 ans, resplendit de joie. Après avoir décroché un diplôme d’ingénieur informatique en juin, à l’université de Linköping, en Suède, il vient d’être embauché comme stagiaire au siège de la grande banque Handelsbanken, à Stockholm. « Il y avait 700 candidats et je fais partie des dix qui ont été sélectionnés », annonce-t-il fièrement.
    A 300 kilomètres de là, dans un appartement de Smedjebacken, commune de 10 800 habitants, Samim Sultani, le même âge, se cache, terrorisé. Depuis le 5 septembre, il est en situation irrégulière. Alors qu’il avait un emploi fixe, comme soudeur, à l’usine Hitachi de Ludvika, son permis de séjour n’a pas été renouvelé. « Je viens de gaspiller dix ans de ma vie », dit-il, s’interrompant pour pleurer.
    Les deux jeunes Afghans sont arrivés en Suède en 2015, « en plein milieu de la vague », précise Omid Hazimi. Cette année-là, 163 000 demandeurs d’asile – dont 60 000 ont été naturalisés depuis et 40 000 sont repartis – ont trouvé refuge dans le royaume scandinave. Un record pour la Suède, ainsi qu’en Europe, où aucun autre pays, mis à part l’Allemagne, n’a accueilli autant de réfugiés en proportion de sa population. Parmi eux, 35 000 mineurs isolés, dont 66 % originaires d’Afghanistan. Ces jeunes, qui vivaient souvent en exil en Iran avant de traverser l’Europe, sont très vite devenus un symbole. Ils sont soupçonnés par une partie de l’opinion publique et des responsables politiques de mentir sur leur âge et de profiter des conditions d’accueil généreuses de la Suède, dans un pays où le rejet de l’immigration et l’extrême droite ont rapidement progressé après 2015 ; ils incarnent, au contraire, les dérives d’une politique migratoire de plus en plus restrictive, pour les bénévoles et les ONG qui les ont défendus pendant dix ans.
    Sur le papier, leur parcours a tout d’une success story. Selon une étude de Statistiska centralbyran, le bureau central de la statistique suédois, publiée fin 2023, 67 % des jeunes femmes et 82 % des garçons arrivés en 2015 – sur les 20 000 encore dans le pays –, âgés alors de 23 ans en moyenne, avaient un emploi sept ans plus tard. Leur salaire était aussi plus élevé que ceux des Suédois de leur âge. Mais leur chemin a été semé d’embûches et, encore aujourd’hui, leur avenir reste incertain, alors que le gouvernement libéral conservateur et son allié d’extrême droite envisagent de suspendre les titres de séjour permanents, que certains avaient enfin obtenu, et veulent limiter l’accès à la nationalité suédoise.
    Agé de 15 ans, Omid Hazimi est arrivé en avril 2015. Sept mois plus tard, le 24 novembre 2015, le gouvernement, composé alors des Sociaux-démocrates et des Verts, décidait de limiter drastiquement le droit d’asile, après l’enregistrement de 40 000 demandes d’asile au mois d’octobre 2015. Celle d’Omid Hazimi a été rejetée le 26 mai 2016. « Les services de l’immigration n’ont pas cru à mon récit, sans doute parce que je n’ai pas tout dit. Je venais de passer un an sur la route. J’étais traumatisé et j’avais peur », explique-t-il. Et puis, ajoute-t-il, « quand vous êtes aussi nombreux à arriver en même temps, c’est un peu la loterie : votre sort dépend de l’agent de l’immigration sur lequel vous tombez, de son humeur du jour, et de l’interprète ».
    Prié de quitter le territoire, il hésite : à l’époque, certains de ses amis, dans la même situation, mettent le cap sur Paris et y obtiennent l’asile. Hébergé par une famille suédoise à Mora, dans le centre du pays, Omid Hazimi vient de commencer le lycée : « J’avais toujours rêvé d’aller dans une école ordinaire. C’était la chance de ma vie. » Il décide de rester. Au bout de quatre ans, la loi – qui a été supprimée depuis – l’autorise à faire de nouveau une demande d’asile. Cette fois, il obtient gain de cause, « sans doute parce que je m’exprimais couramment en suédois ». Omid Hazimi peut alors entrer à l’université. Mais il ne cache pas son amertume : « Si au lieu de mettre des obstacles sur ma route, on m’avait donné une chance, j’aurais terminé la fac et je travaillerais depuis deux ans. »
    A Smedjebacken, Samim Sultani voit, lui aussi, sa demande d’asile rejetée. Il affirme être né en 2000, mais n’a aucun document pour le prouver. En Suède, le débat public s’est durci. Fin 2016, le gouvernement a décidé d’imposer des tests osseux aux jeunes migrants pour déterminer leur âge, malgré les critiques unanimes des professionnels de santé, qui dénoncent leur inefficacité. Samim Sultani est vieilli d’un an. Peu importe qu’il appartienne à la minorité hazara, persécutée par les talibans : désormais majeur, il est débouté, comme des milliers d’autres jeunes Afghans.
    Mais soutenus par de nombreuses ONG, l’Eglise et des bénévoles qui les hébergent, ces mineurs isolés ne se laissent pas faire. Durant l’été 2017, ils organisent un sit-in devant le Parlement à Stockholm. Ils y resteront des semaines, jusqu’à ce que les députés adoptent une loi d’amnistie leur donnant droit à un titre de séjour temporaire, à condition d’étudier et de trouver un emploi dans les six mois. Sept mille d’entre eux vont en bénéficier. Samim Sultani entreprend une formation de menuisier et se fait embaucher comme contractuel, dans une entreprise près de chez lui, dans le comté de Dalécarlie.
    Pour beaucoup, l’entrée sur le marché du travail coïncide avec la pandémie de Covid-19. « C’était déjà compliqué d’obtenir un CDI en six mois, sans expérience, mais là c’est devenu impossible », explique Ameneh Eskandri. Arrivée à 17 ans en Suède, la jeune femme vient alors de terminer une formation dans l’hôtellerie et la restauration. Grâce au réseau de bénévoles, qui mobilise des entreprises partout dans le pays et réussit à faire embaucher plusieurs milliers de jeunes, elle finit par trouver un emploi dans une maison de retraite, avant de revenir à la restauration.
    Hadi Husseini, lui, rêvait d’aller à l’université. Il se rabat sur une formation d’aide-soignant : « Le permis de séjour n’était que pour trois ans et il fallait que je trouve vite un travail. » Il ne baisse pas les bras. Employé dans une maison de retraite, il prend des cours du soir et finit par obtenir un titre de séjour permanent en 2022. Il s’inscrit alors à l’Institut royal de technologie de Stockholm, où il est en train de terminer une licence en électrotechnique, tout en travaillant comme aide à domicile. Lui aussi est amer, car sa demande de naturalisation a été rejetée. « La Suède ne reconnaît pas nos documents d’identité, mais ce n’est pas ma faute si je viens d’Afghanistan », souligne-t-il.
    A Härnösand, commune de 24 500 habitants, à 450 kilomètres au nord de Stockholm, Benjamin Mahmoudi pourrait enfin respirer. Le jeune homme, qui a perdu ses parents et sa sœur pendant la traversée de la Méditerranée, a un emploi dans une station-service. Il a passé le permis de conduire, acheté sa voiture et son appartement. Le week-end, il arbitre des matchs de football. Mais il angoisse car, en mars, il a fait une demande de renouvellement de son titre de séjour, restée sans réponse. « C’est de la torture, dit-il. Je ne sais pas qui je suis. J’ai grandi en Iran, je ne parle pas ma langue maternelle. Je pense comme un Suédois. Mais c’est comme si, ici, on ne voulait pas de moi. »
    Avocate spécialisée dans le droit des étrangers, Malin Dahl, basée à Malmö, est en contact avec plusieurs centaines de jeunes sous le coup d’une obligation de quitter le territoire. Depuis le 1er avril, avoir un emploi ne suffit plus pour obtenir un titre du séjour. « Ils vont très mal et ont perdu toute confiance dans les services de l’immigration », constate l’avocate, qui critique des décisions souvent « aléatoires » et « inexpliquées » : « Ce n’est pas seulement la loi qui s’est durcie, mais les juges aussi, qui mettent systématiquement en doute la parole des demandeurs. » Si la Suède n’expulse pas les Afghans, « elle les harcèle jusqu’à ce qu’ils quittent le pays », affirme Malin Dahl. A Smedjebacken, Samim Sultani est toujours là : « Si j’avais su, je serais parti ailleurs en Europe depuis longtemps. » Pour lui, pas question de rentrer en Afghanistan, où il n’a plus personne : « Je ne connais rien à l’islam. Ça fait dix ans que je suis en Suède. Je ne saurais pas vivre au milieu des talibans. »

    #Covid-19#migrant#migration#suede#mineur#asile#droit#sante#politiquemigratoire

  • Espagne : le gouvernement des Canaries dénonce la lenteur des transferts de mineurs isolés vers la péninsule - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/67134/espagne--le-gouvernement-des-canaries-denonce-la-lenteur-des-transfert

    Espagne : le gouvernement des Canaries dénonce la lenteur des transferts de mineurs isolés vers la péninsule
    Par La rédaction Publié le : 24/09/2025
    En trois mois, seulement 127 mineurs isolés ont été transférés des Canaries vers la péninsule espagnole, dans le cadre d’un accord sur la répartition des jeunes non accompagnés signé en mars. Le président de l’archipel, Fernando Clavijo, accuse l’État de « désobéissance manifeste » dans l’application de la loi.
    Le président des îles Canaries, Fernando Clavijo, perd patience. Six mois après la signature d’un accord sur la répartition des mineurs isolés arrivés dans l’archipel vers la péninsule espagnole, les transferts se font au compte-goutte. Au total, seuls 127 jeunes ont été envoyés dans d’autres régions d’Espagne, soit « 1,5 par jour », regrette Fernando Clavijo. Plus de 5 500 mineurs non accompagnés sont accueillis dans les centres d’hébergement surpeuplés des Canaries pour une capacité de 900 places. Dans ce contexte, le président des Canaries a envoyé une lettre à la Cour suprême mardi 23 septembre pour se plaindre de la lenteur des transferts de mineurs isolés. Il estime que Madrid commet un « outrage » et une « désobéissance manifeste » sur le sujet.
    Début juin, deux mois après un premier avertissement, la Cour suprême avait adressé un ultimatum à l’État sur les délais de prise en charge des demandes d’asiles des 5 500 mineurs présents dans l’archipel. La haute juridiction avait imposé à l’État plusieurs consignes, comme celle de doter les bureaux des ressources nécessaires pour traiter les demandes d’asile dans un délai raisonnable. En cas de non-respect des consignes dans un délai de 15 jours, la Cour suprême avait menacé d’imposer des « mesures coercitives » comme des amendes ou des poursuites pénales contre les agents de l’État.
    Lors d’une session parlementaire régionale mardi, Fernando Clavijo a averti que le rythme « insuffisant » des transferts de mineurs maintient les Canaries au bord de l’effondrement, alors que les arrivées de migrants continuent dans l’archipel. Du côté du gouvernement central, on estime que l’État respecte les mesures de précaution de la Cour suprême et son engagement à répondre à la « surpopulation dans les centres d’accueils des îles Canaries ». Selon un rapport du secrétaire d’État aux Migrations, 315 mineurs ont été retirés du dispositif d’hébergement de l’archipel pour les orienter vers des structures publiques. Mais l’ensemble d’entre eux n’a pas encore été transféré vers la péninsule - ce qui explique l’écart avec les chiffres des autorités canariennes.
    Le secrétaire d’État aux Migrations a par ailleurs annoncé qu’en octobre, Madrid prévoit d’envoyer 120 mineurs isolés vers le continent, portant à 500 le nombre total de jeunes transférés depuis le début des opérations. Le premier transfert de mineurs a été opéré début août : il concernait neuf mineurs maliens et un sénégalais. À l’époque déjà, les autorités des Canaries s’inquiétaient de la « lenteur des démarches ». « Un peu plus de 1 000 mineurs bénéficient d’une protection internationale aux Canaries ; à ce rythme, cela prendrait plusieurs mois, et la pression et la surpopulation dans les centres pour mineurs migrants restent les mêmes », avait déclaré Francis Candil, vice-ministre de la Protection sociale et de l’Immigration du gouvernement des Canaries, auprès du média La Vanguardia.
    Les Canaries, situées dans l’océan Atlantique au large des côtes ouest-africaines, sont redevenues ces dernières années une des principales portes d’entrée des migrants dans l’Union européenne (UE). Depuis le début de l’année, près de 12 500 exilés ont atteint l’archipel espagnol, contre plus de 26 000 l’an dernier à la même époque, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. Soit une baisse de 53,3%.
    En 2024, les Canaries ont connu des records d’arrivées : près de 47 000 personnes sont parvenues à rejoindre les îles. Du jamais vu pour l’archipel espagnol, qui fait face depuis à une saturation de plus en plus importante de son système d’accueil, notamment celui réservé aux mineurs.
    Cette saturation entraîne une détérioration des soins de santé, indispensables aux jeunes après des jours passés dans l’océan Atlantique, sans eau ni nourriture en quantité suffisante. Les services de santé se disait d’ailleurs « complètement dépassés », confiait le pédiatre Abián Montesdeoca au média Cadena Ser en octobre. « Il est triste de voir qu’un pays avec un niveau de développement comme le nôtre n’est pas capable de soigner […] ces mineurs ».

    #Covid-19#migrant#migration#canaries#espagne#sante#mineur#accueil#protection

  • Plus de 3 200 jeunes étrangers en recours dont près d’un millier à la rue, selon des associations
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/09/25/plus-de-3-200-jeunes-etrangers-en-recours-dont-pres-d-un-millier-a-la-rue-se

    Plus de 3 200 jeunes étrangers en recours dont près d’un millier à la rue, selon des associations
    Le Monde avec AFP
    Plus de 3 200 jeunes étrangers en recours pour faire reconnaître leur minorité ont été recensés en France en juin 2025 et près d’un millier d’entre eux vivent à la rue, selon une évaluation menée par des associations auprès des départements, publiée jeudi 25 septembre.
    Au moins 3 273 mineurs isolés étrangers, engagés dans une procédure pour faire reconnaître leur minorité auprès de la justice, ont été recensés. On compte parmi eux 2 918 garçons (89,15 %) et 355 filles (10,85 %), annonce la Coordination nationale jeunes exilés en danger (CNJED), rassemblant une centaine d’associations. Les départements ont l’obligation de mettre à l’abri les mineurs étrangers non accompagnés, mais ils en dénoncent régulièrement le coût.L’enquête menée en juin auprès de 79 départements est le résultat des données collectées par questionnaires et entretiens téléphoniques, précise la CNJED qui déplore l’absence de données gouvernementales.
    Pour le collectif, « les conditions de vie de ces mineurs qui attendent de voir un juge des enfants ou une cour d’appel » demeurent « alarmantes ». Selon lui, « 1 087 vivent à la rue, 939 sont hébergés temporairement par la société civile, 170 sont dans des dispositifs d’urgence pour adultes fournis après appel au 115 et 989 dans des dispositifs d’urgence dédiés aux mineurs non accompagnés (MNA) ».
    « Pour la plupart des jeunes, le passage à la rue, parfois durant plusieurs mois, demeure la norme avant d’accéder à une protection, même temporaire », alors qu’une « majorité est finalement reconnue par la justice comme des enfants », dénoncent les associations.
    « En moyenne », le taux de reconnaissance de leur minorité, après recours, « s’élève à 60 %, avec de fortes disparités suivant les départements de 3 % à 100 % », selon l’enquête. « Ces jeunes devraient se voir accorder la présomption de minorité et continuer à bénéficier des services de protection le temps que leur recours soit examiné », a insisté Angelo Fiore, un responsable du CNJED. Plusieurs instances comme le Comité des droits de l’enfant de l’ONU ou encore le Défenseur des droits ont rendu des avis dans ce sens.

    #Covid-19#migrant#migration#france#MNA#droit#sante#protection

  • D’Alger à Ibiza, l’odyssée maritime de sept adolescents ravive le débat sur la migration en Algérie
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/09/09/d-alger-a-ibiza-l-odyssee-maritime-de-sept-adolescents-ravive-le-debat-sur-l

    D’Alger à Ibiza, l’odyssée maritime de sept adolescents ravive le débat sur la migration en Algérie
    Partis sur une embarcation de plaisance volée, sept garçons ont réussi à atteindre une plage des Baléares, tout en diffusant en direct leur périple sur TikTok.
    Par Mustapha Kessous
    Des rires insouciants, la musique à fond. Mercredi 3 septembre, sept adolescents partis des environs d’Alger sur un bateau volé ont réussi à rallier Ibiza. « Une histoire sans précédent dans les annales de la migration maritime irrégulière », selon le journal espagnol El Confidencial. Depuis plusieurs jours, l’odyssée de ces jeunes Algériens suscite un profond émoi dans leur pays d’origine. Pourquoi ces garçons sont-ils partis ? Cherchaient-ils à fuir à un pays asphyxiant et sans avenir pour eux ? Ou n’était-ce qu’une virée entre copains, histoire de s’amuser comme jamais sur une île réputée pour ses fêtes et inonder les réseaux sociaux de « stories » ?
    Leur petit bateau de plaisance à pont ouvert a accosté vers 18 h 30 sur la plage d’en Bossa aux Baléares. A son bord, sept garçons, âgés, selon la presse algérienne, de 14 à 17 ans, revêtus de simples shorts, t-shirts et claquettes. Ils avaient quitté neuf heures plus tôt la cité de Tamentfoust, à l’extrême est de la baie d’Alger, après avoir dérobé une embarcation, un Geisa Naval Open 550. Cette aventure, les sept adolescents l’ont diffusée en direct sur TikTok et Instagram, racontant leur périple comme une sortie en mer un jour d’été.
    Ils disent avoir soigneusement préparé leur traversée pendant une année, amassant, litre après litre, l’essence nécessaire pour parcourir les 300 km qui séparent les deux rives. Aucun adulte avec eux. Pas de GPS de navigation non plus. Ils ont trouvé « mieux », raconte l’un d’eux : ils ont téléchargé sur un téléphone l’application de pêche ou de navigation à voile Navionics qui indique « combien tu as parcouru, combien il te reste jusqu’à l’Espagne ». Aucun accroc majeur pendant le voyage, si ce n’est un moteur parfois capricieux qu’ils ont su réparer, on ne sait comment, à chaque panne.
    Sur le pont, on les voit reprendre en chœur des chansons qui parlent des « harraga », ces « brûleurs » de frontières qui quittent leur pays par la mer, sans passeport ni visa. « Nous, on est des hommes, mes frères », lance l’un d’eux dans un « live ». Une fois arrivés à Ibiza, les adolescents, fiers de leur coup, se sont filmés, grands sourires, une nouvelle fois pour immortaliser leur moment. Ils ont été depuis pris en charge par les autorités espagnoles et placé dans un centre pour mineurs. « Avoir 15 ans et de la fuite dans les idées », a titré avec humour le journal algérien en ligne Twala. Plus crispé, El Khabar, proche du pouvoir, a dénoncé un incident instrumentalisé par des médias, notamment marocains, pour nuire à l’image de l’Algérie. Mais dans un pays où la moitié de la population – 46 millions d’habitants – a moins de 30 ans, et où le taux de chômage des jeunes (16-24 ans) frôle les 30 %, la virée des adolescents a surtout ravivé le débat sur les raisons de l’exode des Algériens vers l’Europe.
    « Derrière chaque embarcation, qu’elle arrive à destination ou sombre dans l’oubli et le silence des profondeurs de la Méditerranée, se joue le récit d’un double échec : celui d’une jeunesse contrainte à l’exil, et celui d’un pouvoir qui peine à créer les conditions nécessaires pour la retenir », a ainsi pointé Le Matin d’Algérie.
    Mais la séquence des jeunes en route vers Ibiza, parce qu’elle a été filmée et diffusée en direct, se nourrit aussi des codes de l’influence en ligne. « Ces adolescents ne sont pas seulement les produits d’un système défaillant. Ils sont aussi les enfants de Netflix, de TikTok, d’Instagram », souligne l’universitaire Zoubida Berrahou.
    « Leur imaginaire n’est plus forgé par les récits nationaux mais par des fictions globales où l’ado devient héros de sa propre épopée. Ceux qui persistent à lire chaque geste de la jeunesse en termes de “faillite du pays” manquent la mutation en cours : l’entrée dans une ère de codes planétaires, où un gamin de Bab-El-Oued partage parfois plus de références avec un ado californien qu’avec son propre oncle », décrypte l’économiste devenue romancière sur sa page Facebook.
    Entre le 1er janvier et le 31 juillet, 4 320 Algériens ont gagné le sud de l’Espagne ou ses îles, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), principalement par les Baléares (+ 77 % par rapport à 2024 sur la même période). Ils constituent ainsi la deuxième nationalité la plus représentée, derrière les Maliens (5 551). Une tendance qui place 2025 sur le même rythme que 2024. L’an dernier, l’Agence espagnole de sécurité nationale avait comptabilisé 9 552 Algériens arrivés sur leur territoire, soit 36 % de plus qu’en 2023.
    Pour l’heure, les autorités algériennes n’ont pas commenté l’histoire des sept adolescents qui pourraient mal se terminer. « Ce qu’ils ignorent totalement, c’est que les deux jeunes qui apparaissent dans les vidéos aux commandes du bateau risquent fortement la prison dès qu’ils atteindront la majorité, a écrit le journal espagnol Diario de Ibiza. Pour l’instant, l’illusion de l’aventure ne s’est pas encore dissipée. » Le 3 septembre, avant l’arrivée des sept adolescents à Ibiza, les corps sans vie de sept migrants rejetés par la mer ont été retrouvés sur deux plages andalouses, au sud de l’Espagne, après le naufrage de leurs embarcations parties, elles aussi, d’Algérie.

    #Covid-19#migrant#migration#algerie#canaries#routemigratoire#migrationirreguliere#mineur#sante

  • Trois migrants sont morts lors d’une tentative de traversée de la Manche, et trois personnes sont portées disparues après un autre accident maritime
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/09/10/trois-migrants-morts-et-trois-disparus-dans-deux-accidents-distincts-dans-la

    Trois migrants sont morts lors d’une tentative de traversée de la Manche, et trois personnes sont portées disparues après un autre accident maritime
    Le Monde avec AFP
    Trois migrants sont morts dans la nuit de mardi à mercredi lors d’une tentative de traversée clandestine de la Manche, et trois personnes sont portées disparues à la suite d’un autre accident maritime, a déclaré, mercredi 10 septembre, le préfet du Pas-de-Calais.
    Parmi les trois morts figurent deux mineurs, a précisé le préfet, Laurent Touvet, lors d’un point presse au port de Boulogne-sur-Mer. Ce drame s’est produit au large de Sangatte, près de Calais, a-t-il ajouté. Trois autres migrants ont disparu en mer lors d’une autre tentative de traversée près de Neufchâtel-Hardelot, plus au sud. « Une personne a pu être réanimée par les gendarmes alors qu’elle était en train de se noyer », a expliqué le préfet.
    Cela porte à au moins 23 le nombre de décès survenus lors de telles tentatives depuis le début de l’année, selon un comptage de l’Agence France-Presse (AFP) à partir de données officielles. Mardi, une femme migrante a été déclarée décédée sur le rivage britannique à l’issue d’une tentative de traversée, selon la police du Kent (sud-est de l’Angleterre).
    Ces traversées très périlleuses se font sur des embarcations de fortune de quelques mètres de long, surnommées small boats, souvent surchargées et à bord desquelles beaucoup de passagers n’ont pas de gilets de sauvetage. Plus de 30 000 personnes sont arrivées sur les côtes anglaises depuis le début de janvier, selon le ministère de l’intérieur britannique, un chiffre record à ce stade de l’année. La seule journée de samedi a vu 17 embarcations et plus de 1 000 migrants réussir la traversée, toujours selon les autorités britanniques.
    Depuis son arrivée au pouvoir, en juillet 2024, le gouvernement du travailliste Keir Starmer a multiplié les initiatives pour tenter de limiter les arrivées au Royaume-Uni, mais il peine à endiguer le phénomène. Sa nouvelle ministre de l’intérieur, Shabana Mahmood, nommée vendredi, a promis que les expulsions de migrants vers la France, prévues dans le cadre d’un accord bilatéral entré en vigueur en août et censé avoir un effet dissuasif sur les traversées clandestines, débuteraient « de manière imminente ».

    #Covid-19#migrant#migration#france#royaumeuni#mortalite#sante#manche#routemigratoire#mineur#migrationirreguliere

  • AI Companies’ Race for Engagement Has a Growing Body Count
    https://preview.mailerlite.com/e8j0g1m9v2/2823433588651857439/p6h7

    AI impostors implicated in murder, suicide, identity theft

    I found myself thinking about that line this week when considering a series of news headlines that shed light on just what future the AI industry is delivering.

    The most read piece on Tech Policy Press this week (https://www.techpolicy.press/breaking-down-the-lawsuit-against-openai-over-teens-suicide) is a breakdown of a lawsuit brought by the parents of a California teen named Adam Raine who sought advice from OpenAI’s GPT-4o on how to end his life. The chatbot gave him explicit instructions and encouragement. The record in the case, based on thousands of pages of chat logs, is incredibly disturbing. His parents are suing the company and its CEO, Sam Altman, alleging “it was the predictable result of deliberate design choices."

    News reports of deaths related to AI chatbots should be setting off alarm bells for all of us, writes Common Sense Media founder and CEO Jim Steyer. But the use of AI, including general purpose chatbots like ChatGPT, for companionship is unacceptably risky for teens (https://www.techpolicy.press/ai-companies-race-for-engagement-has-a-body-count), he says.

    Indeed, AI chatbots have been observed repeatedly sending sexually explicit content to underage users (https://www.techpolicy.press/ai-is-sexually-harassing-our-kids-heres-how-legislators-can-stop-it), yet there are seemingly no effective safeguards to prevent these bots from continuing inappropriate interactions once a user identifies as a child, Omny Miranda Martone, CEO of the Sexual Violence Prevention Association, writes. “We need laws that explicitly prohibit the creation, distribution, and marketing of AI companions designed to impersonate minors, especially for sexual or suggestive uses,” writes Martone.

    This perspective is particularly compelling following Reuters reporting on Meta’s chatbot policies (https://www.reuters.com/investigates/special-report/meta-ai-chatbot-guidelines), which permitted “sensual” conversations with minors, and the latest (https://www.reuters.com/business/meta-created-flirty-chatbots-taylor-swift-other-celebrities-without-permiss) from tech reporter Jeff Horwitz, who found that “Meta has appropriated the names and likenesses of celebrities – including Taylor Swift, Scarlett Johansson, Anne Hathaway and Selena Gomez – to create dozens of flirty social-media chatbots without their permission,” and that across weeks of testing “the avatars often insisted they were the real actors and artists. The bots routinely made sexual advances, often inviting a test user for meet-ups.”

    Of course, it’s not only teens that are impacted by the deplorable product decisions being made by some of the biggest companies on Earth. This week, the Wall Street Journal reported on the first known murder-suicide (https://www.wsj.com/tech/ai/chatgpt-ai-stein-erik-soelberg-murder-suicide-6b67dbfb?gaa_at=eafs&gaa_n=ASWzDA ) in which extended interaction with a chatbot was a factor. In the wake of numerous such reports of interactions with AI chatbots that resulted in dangerous or deadly consequences, the Center for Democracy & Technology’s Dr. Michal Luria says AI firms should stop designing products that pretend to be human (https://www.techpolicy.press/ai-chatbots-are-emotionally-deceptive-by-design). “Finding alternative ways of designing chatbots will not be an easy design pursuit, but it’s a necessary one — non-humanlike design could ease many concerns people rightfully have with AI chatbots,” writes Luria.

    #Intelligence_artificielle #IA #Suicide #Mineurs #Exemples

  • « Je voudrais un toit pour mon fils » : le nombre d’enfants à la rue avant la rentrée atteint un nouveau record
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/08/28/je-voudrais-un-toit-pour-mon-fils-le-nombre-d-enfants-a-la-rue-avant-la-rent

    Le 7ᵉ baromètre « #enfants à la rue », publié jeudi 28 août par l’Unicef France et par la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), révèle que 2 159 mineurs ont été laissés sans solution d’#hébergement au soir du 18 août, après que leur famille a réussi à joindre le #115. Leur nombre a progressé de 6 % en un an, de 30 % depuis 2022 – quand le ministre du #logement de l’époque avait promis qu’il n’y aurait plus d’enfant à la rue – et de 133 % depuis 2020.

    Parmi les mineurs décomptés, 503 ont moins de 3 ans – 38 % de plus qu’en 2022. Et ces données n’incluent pas les familles qui n’arrivent pas à joindre le 115 – le numéro est sans cesse saturé – ni celles qui n’essaient pas ou plus, faute de chance d’être hébergées. Les #mineurs_non_accompagnés ne sont pas non plus pris en compte. En mars 2024, la coordination nationale jeunes exilé.es en danger en a recensé 1 067, refusés ou en recours de minorité, contraints de vivre dans la rue.

    « Ces chiffres sont accablants. Le grand public n’imagine pas que dans un pays riche tel que le nôtre, il puisse y avoir des enfants à la rue. Mais, malgré nos alertes répétées, ils sont de plus en plus nombreux et des enfants en meurent – au moins 31 en 2024, selon le recensement effectué par le Collectif des morts de la rue », s’indigne la présidente de l’Unicef France, Adeline Hazan, qui exhorte à un « sursaut politique ».

    La progression du nombre d’enfants à la rue s’explique par une accumulation de facteurs : la crise du logement s’est intensifiée, avec notamment une baisse des créations et des attributions de logements sociaux. La forte inflation a contribué à l’augmentation de la #pauvreté. Les #expulsions locatives, facilitées par la loi Kasbarian-Bergé de 2023, ont flambé. Les obtentions et renouvellements de titres de séjour ont, quant à eux, diminué. Tout cela a créé du sans-abrisme, d’une part, et empêché des personnes de quitter l’hébergement d’urgence, d’autre part. Or celui-ci est resté stable, avec 203 000 places, un niveau record atteint durant la crise sanitaire liée au Covid-19.

    Le dispositif sature et l’Etat respecte de moins en moins le code de l’action sociale et des familles, qui lui enjoint d’héberger de façon inconditionnelle et continue les personnes sans abri en situation de détresse. Il a fixé aux associations qui gèrent le 115 des critères de priorisation, souvent assortis de durées de prise en charge.

    [...]

    L’Ile-de-France concentre le plus grand nombre d’enfants laissés sans hébergement après appel au 115. Mais cet indicateur ne permet pas de rendre compte de la situation très dégradée dans les territoires ultramarins, particulièrement à La Réunion et à Mayotte, victime du cyclone Chido fin 2024, où une récente loi autorise l’Etat à déroger à l’obligation d’héberger les personnes dont il détruit l’habitat précaire.

  • Immigration clandestine : Un convoi de 248 migrants, parti du Sénégal, atteint les Îles Canaries
    https://www.dakaractu.com/Immigration-clandestine-Un-convoi-de-248-migrants-parti-du-Senegal-attein

    Immigration clandestine : Un convoi de 248 migrants, parti du Sénégal, atteint les Îles Canaries
    Un convoi de 248 migrants subsahariens, dont 17 femmes, 10 mineurs et 2 bébés, est arrivé ce week-end sur les côtes de la Grande Canarie (Espagne). Le groupe de migrants est parti du Sénégal pour rejoindre l’archipel espagnol. Selon une source locale, tous les passagers ont été pris en charge par les services de secours espagnols dès leur arrivée.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#canaries#migrationirreguliere#routemigratoire#atlantique#sante#mineur#femme

  • États-Unis : polémique après la libération d’un responsable israélien arrêté dans une affaire de prostitution de mineure Par Le Figaro avec AFP

    Les autorités américaines ont nié mardi 19 août tout traitement de faveur envers un haut fonctionnaire israélien qui a été autorisé à quitter les États-Unis après avoir été arrêté dans une affaire de prostitution de mineure. Le cas de Tom Artiom Alexandrovich commence à faire polémique sur les réseaux sociaux.

    Ce haut fonctionnaire qui dirige l’Israel National Cyber Directorate, une agence gouvernementale directement rattachée au premier ministre Benyamin Netanyahou, a été arrêté la semaine dernière près de Las Vegas, alors qu’il pensait se rendre à un rendez-vous sexuel avec une jeune fille de 15 ans, en marge d’une conférence de cybersécurité à laquelle il assistait.

    « Ferions-nous la même chose avec un prédateur sexuel mexicain ? »


    L’Israélien de 38 ans a en fait été piégé par un agent sous couverture, selon le média local 8NewsNow, citant un rapport de police. D’après ce document, il avait apporté un préservatif et croyait devoir assister à un spectacle du Cirque du Soleil avec l’adolescente. Poursuivi pour sollicitation de mineure, il a été libéré après avoir versé une caution de 10.000 dollars, avec une comparution devant un tribunal américain fixée au 27 août. Il est retourné en Israël peu après.

    L’autorisation pour ce suspect de quitter le pays, alors qu’il encourt jusqu’à 10 ans de prison, suscite désormais une vague de critiques en ligne, menée par la parlementaire républicaine Marjorie Taylor Greene. « Serait-il antisémite de ramener le directeur exécutif de la cybersécurité de Netanyahou et de le poursuivre avec toute la rigueur de la loi ? » , a-t-elle écrit mardi sur X.

    « Comment l’Amérique est-elle devenue si soumise à Israël que nous libérons immédiatement un PRÉDATEUR SEXUEL D’ENFANTS après son arrestation, dans une affaire à 100% jouée d’avance avec des preuves irréfutables, et que nous le laissons rentrer chez lui en Israël ? », a ajouté l’élue. « Ferions-nous la même chose avec un prédateur sexuel mexicain ? »

    « Il n’a pas invoqué l’immunité diplomatique »
    Face à la polémique, le département d’État a dit avoir connaissance de l’affaire et a nié tout traitement de faveur. « Il n’a pas invoqué l’immunité diplomatique et a été libéré par un juge d’État en attendant la date de l’audience. Toute affirmation selon laquelle le gouvernement américain serait intervenu est fausse », a expliqué l’équivalent du ministère américain des Affaires étrangères.
    . . . . .
    #enfants #prédateurs #israel #prostitution de #mineure #prédation #culture_du_viol #violence #sexe
    Source : https://www.lefigaro.fr/international/etats-unis-polemique-apres-la-liberation-d-un-responsable-israelien-arrete-

  • [Des nouvelles de l’occupation du parvis de l’Hôtel de ville de Paris]
    @Utopia_56
    https://x.com/Utopia_56/status/1954610740616188332

    Cette nuit, vers une heure du matin, deux hommes d’une vingtaine d’années ont uriné sur une femme #sans_abri et ses enfants, endormis à même le sol, place de l’Hôtel de Ville à #Paris.

    Les faits sont d’une extrême gravité.

    Lorsque l’un des bénévoles présents sur place s’est aperçu de la situation, les deux hommes ont pris la fuite. Deux policiers à proximité sont parvenus à interpeller l’un des agresseurs.

    L’agression semblait préméditée et les agresseurs en possession de toutes leurs capacités.

    L’enfant de six ans a reçu des gouttes d’urine sur le visage, et les couvertures de toute la famille étaient imbibées. La plus petite a 14 mois et leur mère est enceinte.

    Cette agression d’une violence inouïe s’est produite alors qu’environ 300 personnes sans abri, dont une dizaine de filles mineures isolées ainsi qu’une centaine d’enfants en bas âge, viennent de passer cinq jours et cinq nuits sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris.

    Elles demandent simplement à faire respecter la loi, sortir de l’extrême précarité et à accéder à un #hébergement_d’urgence.

    Sur place, la situation humanitaire se dégrade de jour en jour.

    Sur les réseaux sociaux, des milliers de messages de haine à caractère raciste, émanant de sphères d’extrême droite, visent directement les personnes présentes sur place.

    Au vu des témoignages et de la tension ressentie sur le terrain, il apparaît évident qu’il existe un lien entre ce climat et les faits survenus cette nuit.

    Une main courante a été déposée et un signalement au procureur va être envoyé.

    Le policier en charge de la déposition n’a toutefois retrouvé aucun compte rendu de cette agression, ni trace de la personne interpellée.

    Alors que de nombreuses caméras couvrent les lieux, tous les éléments devraient être en possession des autorités pour identifier et poursuivre en justice les deux agresseurs.

    Face à l’urgence, l’État doit immédiatement assumer ses responsabilités et proposer une solution digne, cohérente et bienveillante à toutes ces personnes. Il en va de leur sécurité et de l’équilibre de notre société.

    Enfin, si l’État refuse d’agir, la Mairie de Paris a le devoir moral et humain d’apporter une réponse à cette situation.

    Ce soir sera la sixième nuit.

    #campement #police #extrême_droite #mineurs_isolés #enfants #étrangers #exilé.es

    • Au pied de la mairie de Paris, un campement éphémère cible de nombreuses attaques racistes
      https://www.mediapart.fr/journal/france/120825/au-pied-de-la-mairie-de-paris-un-campement-ephemere-cible-de-nombreuses-at

      La mise à l’abri de ces familles [sic] fait suite à six jours d’occupation du parvis, au cours desquels les familles ont été la cible de violences. Dans l’arrêté annonçant l’expulsion du camp, le préfet de police de Paris fait état de « violences volontaires [...] à l’encontre des habitants du campement », arguant que l’occupation « génère des risques sanitaires et sécuritaires importants ».

      En cause, l’agression d’une famille dans la nuit du samedi 9 au dimanche 10 août. Aux alentours d’une heure du matin, deux hommes d’une vingtaine d’années se seraient rendus près des bâches sous lesquelles les familles sont installées, et auraient uriné sur une femme enceinte et ses deux enfants qui dormaient.

      Les yeux plissés par le soleil cognant et le visage fatigué, Mariam, la mère, revit la scène en boucle. Elle est réveillée par sa voisine, qui l’alerte. Les deux hommes ont uriné sur sa plus petite fille, âgée de quatorze mois, sur les vêtements de sa deuxième fille de 6 ans, et sur les couvertures, avant de s’enfuir en courant.

      Pendant leur course, les deux suspects se séparent. L’un d’entre eux est poursuivi par un bénévole, Nikolaï Posner, puis par un policier de l’équipe de surveillance. Ce dernier finit par rattraper le jeune homme quelques centaines de mètres plus loin, aux alentours de Notre-Dame de Paris. À son retour, le policier remet le suspect à ses collègues qui le transféreront dans une voiture de police ensuite. Mais selon le témoignage de Nikolaï, le policier estime tout de même qu’il sera difficile de dégager un motif pour l’inculper.

      Une enquête finalement ouverte par le parquet
      Le bénévole affirme avoir fait une déposition auprès d’une policière de l’équipe sur place, qui aurait enregistré son témoignage et son identité sur son logiciel afin de « faciliter » les suites de l’affaire. Pourtant, au lendemain de l’évènement, lorsque Nikolaï souhaite déposer une main courante auprès du commissariat, aucune trace. L’officier qui réceptionne son témoignage ne trouve aucun signe ni d’une interpellation, ni d’un contrôle d’identité, ni d’une arrestation dans le système.

      Interrogée, la préfecture de police affirme ne pas avoir d’éléments sur le déroulement des faits à communiquer, et renvoie vers le parquet. Ce dernier, après avoir pris connaissance des faits, a décidé d’ouvrir une enquête le lundi 11 août pour des faits de violences en réunion.

      Depuis les faits, Mariam ne dort plus. « Je surveille mes enfants, j’ai peur que des personnes reviennent », avoue-t-elle. La nuit suivant l’agression, « elle a marché pendant des heures », se souvient Nikolaï Posner. Sa fille ne dort plus à ses côtés, par peur que la situation se reproduise.

      Aucun policier n’est venu recueillir la déposition de Mariam avant l’expulsion. Si les bénévoles tentent de la convaincre de l’intérêt de porter plainte contre le jeune homme, elle s’y refuse, estimant que « ça ne va aboutir à rien, parce que c’est un Français ».

      Un lieu plus exposé
      Pour la plupart des bénévoles et salarié·es d’Utopia 56, cette situation s’inscrit dans un contexte d’agressions verbales et physiques à caractère raciste. Le jour suivant, un homme a proféré des injures racistes aux familles sur place, les exhortant de « retourner en Afrique ». Le passant a été repoussé par les forces de l’ordre, mais pas pour autant interpellé.

      Lors de notre passage sur place la veille de l’expulsion, les remarques racistes de la part de passants sont très régulières. « Je n’ai pas tous mes vaccins », lâche ainsi un jeune homme. Quelques minutes plus tard, un homme s’approche pour désigner le campement du doigt et lance : « Moi, je vous vire tout ça à coups de matraque, et c’est réglé. »

      Des propos choquants et loin d’être isolés, selon les membres de l’association Utopia 56. Tous témoignent d’un climat plus hostile que sur d’autres occupations qu’ils ont déjà accompagnées. « En dix ans, c’est la première fois qu’on entend autant de propos racistes et de menaces », affirme Nikolaï Posner. Cette semaine, « un homme m’a même menacé physiquement », raconte Nathan Lequeux, salarié chez Utopia 56.

      Les équipes font le lien avec la localisation de l’occupation, un lieu passant et prisé par les touristes. Les trois dernières occupations situées devant les mairies des XIe, XIXe et XVIIIe arrondissements se sont passées sans accrocs. « Dans les autres mairies, on avait du soutien des habitants des quartiers et beaucoup de dons », se souvient Nathan Lequeux.

      sur l’évacuation policière que l’on nous présente comme destinée à les protéger des fafs
      https://seenthis.net/messages/1129889

      #Paris

  • Droit d’asile

    Jeune dessinateur de BD, Étienne rencontre des demandeurs d’asile et des jeunes en difficulté au Foyer du jeune homme de Strasbourg géré par l’Armée du Salut et financé par la Région Alsace. Portraits émouvants de jeunes ayant fui leur pays en guerre pour certains, remplis d’espoir malgré tout. Mise en abîme d’un auteur de BD se servant de son expérience personnelle pour donner la parole à de jeunes garçons dont chaque histoire est bouleversante.

    http://www.desrondsdanslo.com/Droit-d-Asile.html

    #livre #BD #bande-dessinée
    #asile #migrations #droit_d'asile #MNA #mineurs_non_accompagnés #Cambinda (#Angola) #Sri_Lanka #réfugiés_tamoul #audition #récit #tests_osseux #âge

  • L’enfance brisée d’un « #enfant_soldat » de la ’Ndrangheta

    #Luigi_Bonaventura a eu deux vies : celle d’un puissant chef de clan de la ’Ndrangheta, la mafia calabraise, puis à partir de 2007, celle d’un collaborateur de justice qui lutte contre le crime organisé. Il dénonce haut et fort l’#endoctrinement des #enfants au sein des #familles_mafieuses.

    « Ça ne te dérange pas si je m’assois ici ? Je préfère être dos au mur et avoir une vue sur ce qui se passe autour. » Les pieds d’une vieille chaise en bois raclent le sol de la terrasse, Luigi Bonaventura s’installe. Dix-huit ans après être sorti des rangs de la ’Ndrangheta, la mafia calabraise, l’ancien chef de clan, aujourd’hui repenti, reste toujours sur ses gardes.

    La rencontre a lieu dans une localité dont le nom est tu par mesure de sécurité. En cette fin de printemps, l’air est encore frais dans cette commune du nord de l’Italie qui ressemble à tant d’autres : des maisons proprettes flanquées de chaque côté d’une petite nationale, les cloches d’une église à midi, un bar un peu vieillot où aller prendre le café.

    Dans les bureaux des magistrats, devant les micros et les caméras de la presse, sur ses propres réseaux sociaux, Luigi Bonaventura a témoigné, inlassablement, contre celle qui est considérée comme la plus puissante organisation criminelle italienne. Ses déclarations ont permis des coups de filet spectaculaires et des centaines d’arrestations. Mais son principal combat aujourd’hui n’est pas tant de faire arrêter les pères que de sauver les fils destinés à reprendre le flambeau familial.

    « La ’Ndrangheta, tu en hérites, explique le repenti. La vraie force des mafias, c’est cette continuité d’une génération à l’autre. Il ne faut pas se limiter aux arrestations ou à la confiscation des biens, il faut, sans violence, soustraire des hommes aux mafias. »

    Luigi Bonaventura se définit avant tout comme un « ancien enfant soldat ». « Naître dans une famille ’ndranghetiste, c’est être allaité de sang et de ’Ndrangheta, c’est une #promesse, celle d’être un jeune d’#honneur pour les garçons et une sœur d’#omerta pour les filles », raconte-t-il. La Calabre qui le voit naître en 1971 est une terre de misère. L’Italie mène une guerre silencieuse, celle des années de plomb, au cours desquelles se multiplient assassinats, attentats, enlèvements et demandes de rançon.

    Luigi Bonaventura hérite, lui, d’une #guerre_familiale, une #faida, qui oppose sa famille à un autre clan de #Crotone, sa ville d’origine, et ne prend fin qu’à la mort du dernier fils de la famille adverse. « J’ai reçu une #éducation et un #entraînement pour être prêt à tuer et pouvoir clore cette faida au moment le plus opportun », retrace celui qui n’avait même pas encore fêté son deuxième anniversaire lorsque son oncle a été assassiné, au début de cette guerre de clans.

    Des #armes_à_feu en guise de #jouets

    Il grandit avec son fantôme, dont le nom se mêle sans cesse aux récits de l’organisation criminelle qu’on lui narre comme d’autres chanteraient des berceuses. Rapidement, ses mains d’enfant montent et démontent des #armes, alignent les munitions de 7,75 millimètres dans le chargeur, dont le métal, lourd et dur, brûle parfois sa peau encore fine et délicate. Dans des étables sommairement aménagées, il s’entraîne à tirer sur des objets.

    Un jour, son père rapporte à la maison sa nouvelle arme, une carabine avec un viseur de précision. Le petit Luigi essaie de la tenir entre ses mains, flanche un instant sous son poids et colle son œil au viseur. « Tout à coup, le monde se rapprochait de moi, se souvient-il. C’était fascinant car à l’époque, il n’y avait pas de technologies ou de zoom quand on faisait des photos. »

    « C’était un #jeu, tout se faisait avec le sourire, poursuit Luigi Bonaventura après avoir pris une gorgée d’eau et interrompu son récit quelques secondes. Mais il y a un #chantage_moral, tu vis dans l’ombre de ceux qui ont été là avant toi et de ton #nom_de_famille, et si tu ne fais pas mieux qu’eux, tu dois au moins en faire autant pour ne pas les décevoir. »

    Un souvenir marque son enfance de manière indélébile. Une arme à la main, il tire un coup, en l’air. Ce n’est pas la première fois mais ce jour-là, en rechargeant le pistolet, il laisse son pouce sur la culasse. Après la détonation, elle revient en arrière et lui blesse le doigt. Cette scène s’est rejouée mille fois dans sa tête : « C’était une erreur impardonnable pour moi. Ce qui me faisait le plus mal, ce n’était pas la douleur au pouce mais l’humiliation de ne pas être à la hauteur, de déshonorer la famille, et ce sentiment, ça devient ta prison. » Il avait tout juste 10 ans.

    Ce que Luigi Bonaventura appelle son « #entraînement » au crime passe aussi par une exposition, très jeune, à la #violence, au #sang, à la #mort. Les #chiens de la famille doivent monter la garde et inspirer la #terreur. Certains sont dressés à reconnaître l’odeur de la poudre pour détecter ceux qui viennent armés aux réunions organisées par le clan. Pour les rendre aussi féroces que possible, les animaux sont enfermés dans des boxes, la tête emprisonnée dans des sacs, battus à coups de bâton avant de recevoir une ration de viande crue. Celui qui n’a alors qu’une dizaine d’années assiste au spectacle, impuissant : « J’ai eu l’impression, comme enfant, de grandir au milieu des loups. »

    À la maison, son père élève des lapins et des poules. Avec lesquels le petit garçon apprivoise la mort et le sang. Pour qu’il soit à l’aise, son père lui a aménagé un établi d’apprenti boucher, à sa hauteur d’enfant. « Il faut leur donner un grand coup sur l’arrière de la tête pour les étourdir », lui explique-t-il. Mais ses mains, une fois encore, n’ont pas la force suffisante. Alors, avec un bâton, il frappe de toutes ses forces jusqu’à ce que l’animal ne bouge plus.

    À mesure qu’il raconte comment écorcher puis dépecer les bêtes, ses mains se lèvent au-dessus de la vieille nappe fleurie en plastique qui recouvre la table et miment ces gestes appris par cœur. « Il me montrait comment utiliser le couteau, comment le tourner dans la plaie pour l’élargir et accélérer le saignement », retrace l’adulte d’une voix désabusée. Vers 11, 12 ans, il était capable de préparer dix lapins en une heure et demie.

    À cette époque, il entend sa mère et sa grand-mère dire de lui qu’il a « les yeux de la tristesse ». « J’étais un enfant très particulier, apeuré, déboussolé, confesse-t-il. À l’époque, je me cachais sous mon lit, je vivais dans la terreur et j’aurais aimé qu’un adulte me prenne par la main et m’emmène loin. » Personne n’est venu, alors, vers 11 ans, l’enfant a fini par surmonter sa peur : « Je suis devenu très violent, soit je me forgeais une #carapace, soit je devenais fou. »

    « De la mafia sans le savoir »

    Les jeux avec les gamins du quartier se transforment, littéralement, en champ de bataille. Il remplace les boulettes de ses sarbacanes par des aiguilles et les cailloux de ses frondes par des boulons de 13 millimètres qu’il a volés dans l’atelier de mécanique de son oncle. Un enfant perd son œil. « Ça m’a brisé le cœur, se remémore Luigi Bonaventura. J’étais comme un militaire, on m’avait préparé à la guerre. Donc ce jour-là, on avait organisé une embuscade avec un autre groupe d’#enfants, mais on était moins nombreux, il fallait être stratège. On les a provoqués, puis on s’est retirés et là on les a attaqués avec les frondes et les boulons. »

    Il n’y a plus de peur, plus de terreur, l’enfant est lui-même devenu un loup.

    À l’école, aucun professeur ne s’oppose à lui quand il terrorise ses camarades ou qu’il entre dans des colères noires. Son nom de famille est un bouclier, il est #intouchable. Les mois passent, le chef de bande devient un chef tout court. Il a 13 ans, environ, lorsqu’il « fait de la mafia sans le savoir ». Le jeune ado débarque dans des quartiers de Crotone où il ne connaît personne et balance : « Qui commande ici ? »

    Des ados, à peine plus grands que lui, font mine d’être les patrons dans un élan de candeur qui leur vaut d’être tabassés puis laissés par terre, en sang. Luigi l’adolescent pose le pied sur l’épaule de celui qu’il vient de rouer de coups et toise le reste de la bande : « À partir d’aujourd’hui, c’est moi qui commande. »

    Près de quarante ans après cette scène, Luigi Bonaventura y voit les prémices de son destin criminel : « Je frappais comme quelqu’un d’entraîné à le faire, je savais où mettre mes poings, mes pieds, un couteau, je pensais être casse-couilles, mais j’accaparais des territoires parce que c’est ce qu’on m’avait appris. »

    S’il n’avait pas collaboré avec la justice, Luigi Bonaventura serait probablement aujourd’hui l’un des noms les plus puissants de la ’Ndrangheta. Mais depuis 2007, il a choisi de devenir cet adulte dont il a tant rêvé, terré sous son petit lit. D’abord pour ses propres enfants, encore très jeunes lorsque sa famille a intégré le programme de protection des collaborateurs de justice. Puis, à partir de 2012 et de ses premières prises de parole publique, pour ceux qui « subissent encore un #endoctrinement dans leur famille ».

    Depuis le mois de janvier, il est un des témoins phares d’un programme de #sensibilisation au phénomène mafieux dans les écoles italiennes. Il est aussi devenu l’un des plus fervents soutiens du protocole « #Libre_de_choisir », qui permet aux #jeunes issus des familles mafieuses d’expérimenter une vie #alternative, loin de chez eux : « Pour ma mère, pour mes frères et sœurs et pour moi, ça aurait été de l’or. »

    https://www.mediapart.fr/journal/international/290725/l-enfance-brisee-d-un-enfant-soldat-de-la-ndrangheta
    #ndrangheta #mafia #collaborateur_de_justice #criminalité_organisée #Italie #famille #Calabre #mineurs #enfance

    • #Liberi_di_scegliere

      Un progetto, una rete di supporto alle donne e ai minori che si allontanano dai contesti mafiosi.

      “Assicurare una concreta alternativa di vita ai soggetti minorenni provenienti da famiglie inserite in contesti di criminalità organizzata o che siano vittime della violenza mafiosa e ai familiari che si dissociano dalle logiche criminali.”

      Da qualche anno, su impulso del Tribunale per i Minorenni di Reggio Calabria, ha preso avvio un’azione di raccordo delle componenti istituzionali e sociali che si occupano a vario titolo della tutela dei minori attraverso “Liberi di scegliere”. Il progetto nasce con l’obiettivo di aiutare i giovani che vivono in contesti di criminalità organizzata di stampo mafioso ad affrancarsi da tali logiche che vincolano i membri più piccoli di famiglie mafiose ad un progetto di vita di tipo criminale. Ma al contempo si è rivelato una grande opportunità anche per quegli adulti, in particolare donne e madri, che si ritrovano in una situazione familiare e relazionale mafiosa contro la loro volontà o, dopo aver pagato il loro debito con la società, ritengono che quello mafioso non può più essere il contesto dove continuare a vivere e far crescere i propri figli.

      Nel concreto si prende in considerazione la possibilità dell’allontanamento dei minori dalle rispettive famiglie ed eventualmente la fattibilità di assicurare una reale alternativa ai familiari che si dissociano dalle logiche criminali, prevedendo lo spostamento temporaneo in altre regioni d’Italia. In questi anni abbiamo seguito 49 situazioni – persone singole e nuclei familiari - più di 120 persone. Attualmente sono 24 le situazioni che, in modi diversificati, accompagniamo: una cinquantina di persone, delle quali una decina i nuclei familiari e alcune coppie di fratelli.

      Nasce come protocollo interministeriale e vede l’attiva partecipazione della società civile. Nell’ultima versione del 31 luglio 2020 a sottoscriverlo sono: Ministero della giustizia, Ministero dell’interno, Ministero dell’istruzione, Ministero dell’università e della ricerca, Presidenza del Consiglio dei Ministri – Ministro per le pari opportunità e la famiglia, Direzione Nazionale Antimafia e Antiterrorismo, Conferenza Episcopale Italiana, Tribunale per i Minorenni di Reggio Calabria, Procura della Repubblica presso il Tribunale per i Minorenni di Reggio Calabria, Procura della Repubblica presso il Tribunale di Reggio Calabria, Libera. Associazioni, Nomi e Numeri contro le Mafie . Il Protocollo è stato, oltre che un gran lavoro, anche la formale legittimazione ad una azione di grande responsabilità civile che già da tempo veniva portando avanti. Da anni le stesse persone che integrano realtà istituzionali chiedono una mano alla nostra Associazione, per alcune delicate situazioni di sicurezza personale, che riguardano minori o adulti. Spesso ci si è trovati, e ci si trova, nell’urgenza di aiutare una persona o un nucleo familiare, a cambiare ambiente perché la loro casa, la loro città non sono più luoghi sicuri. Importante è tenere in considerazione che attualmente le persone, minorenni o adulti pur volendosi dissociare allontanandosi dall’ambiente criminale di origine, non possono essere tutelate in modo congruo dallo Stato in quanto non appartengono alla figura giuridica, attualmente prevista, del “collaboratore di giustizia” o del “testimone di giustizia”.

      Allontanati contemporaneamente dal loro territorio e dai rispettivi contesti familiari,questi ragazzi hanno la possibilità di sperimentare orizzonti culturali, sociali, affettivi, psicologici diversi arricchendo la propria vita di esperienze caratterizzate da sana e grande vitalità. Allo stesso tempo tale progettualità permette agli operatori della giustizia minorile, assistenti sociali, psicologi, famiglie affidatarie e comunità, di lavorare liberi dalle pressioni ambientali del contesto di origine. L’obiettivo del progetto non è indottrinare, ma semplicemente dimostrare a questi ragazzi, per un periodo di tempo, che fuori dagli spazi chiusi delle proprie case esiste un altro mondo, un’alternativa allo stile di vita che hanno conosciuto sino a quel momento... Non si chiede loro di rinnegare i padri e le madri, ma di offrire la possibilità a sé stessi di porsi la domanda: “davvero io voglio il futuro - questo futuro criminale - che la mia famiglia ha già scelto per me?”. La tesi da cui partiamo infatti è che tra questi soggetti criminali, siamo certi, moltissimi, avessero sperimentato contesti differenti avrebbero esercitato con maggior decisione la loro libertà di scegliere: scegliendo azioni alternative a quelle criminali. Non è un percorso senza difficoltà, tuttavia, la cura dedicata a ogni singolo percorso, l’assenza di automatismi e di freddezze burocratiche, resi possibili in molte occasioni da una buona collaborazione tra istituzioni e società civile, porta anche a risultati inaspettati.

      Contrasto efficace alla cultura mafiosa. Liberi di Scegliere si è rivelato da subito uno strumento potente di contrasto alla cultura mafiosa: fin dai primi momenti sono state le madri dei ragazzi, mogli dei boss mafiosi, a comprendere che ciò che offriva il Progetto era una reale possibilità sia per i loro figli come pure per loro stesse. Nasce così un capitolo inaspettato e ricco di conseguenze, dove si intuisce che l’adesione delle donne di mafia a questo Progetto, oltre che a portarle a scrivere pagine di vita nuova nelle loro storie personali, porta ad incrinare quella monolitica realtà familiare che costituisce uno dei punti di forza della cultura mafiosa.

      Ruolo della Società Civile. Le Istituzioni pubbliche anche quelle giudiziarie, pur con tanti limiti dovuti a prassi difficili da scalfire, sono sollecitate a mettere in gioco, in questo progetto, necessarie e indispensabili condizioni affinché un ragazzo possa sperimentare una possibilità differente di guardare e di ripensare la propria vita. Ma abbiamo constatato che la differenza, per un esito positivo, viene fatta dal coinvolgimento della società civile, “persone comuni” che nella quotidianità fanno percepire che è possibile ricominciare, che condividono i tanti timori e le gioie dei piccoli passi verso una maggior autonomia di pensiero e di scelte. Presenze amicali che condividono la fatica della scuola o del primo inserimento lavorativo, presenza di associazioni o gruppi di persone disposti ad accompagnare con empatia ed umanità questi percorsi di nuovo inizio, presenze amicali che sono determinanti affinché i ragazzi e gli adulti, coinvolti nel Progetto, possano attingere a quelle risorse di umanità e di libertà a lungo nascoste dentro di se.

      Nuove prospettive. Offrire la possibilità, a persone che sono condizionate dalla cultura criminale mafiosa, di scegliere se cambiare vita: è questo un progetto che per noi ha un sogno implicito, quello che Istituzioni, Società Civile, e le nostre stesse comunità, si chiedano la concreta disponibilità di favorire il futuro di un nuovo paese. Costruire insieme un paese dove le Istituzioni e la Società Civile, ciascuno secondo le proprie responsabilità, offrono una alternativa concreta ed efficace perché dei ragazzi e delle ragazze possano scegliere, lontano da condizionamenti criminali, guardando con speranza al futuro della loro vita. Tutto ciò significa togliere la motivazione che spesso porta molti giovani a delinquere, perché non sono state presentate a loro delle alternative concrete.

      https://www.libera.it/it-schede-1070-liberi_di_scegliere
      #femmes

  • Deux tiers des personnes victimes de traite d’êtres humains en France sont des mineurs - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/66104/deux-tiers-des-personnes-victimes-de-traite-detres-humains-en-france-s

    Deux tiers des personnes victimes de traite d’êtres humains en France sont des mineurs
    Par Clémence Cluzel Publié le : 31/07/2025
    Dans un rapport publié mercredi, l’UNICEF, soutenu par un collectif de 28 associations, alerte sur la situation en France des mineurs isolés, majoritairement étrangers, exploités par des gangs afin de commettre des délits. L’organisme des Nations-Unies exhorte l’Etat à protéger ces mineurs vulnérables plutôt que de les poursuivre en justice et formule une série de pistes urgentes à adopter contre ce phénomène mal identifié.
    Dans son rapport "Victimes avant tout - Protéger les enfants contre l’exploitation criminelle" publié mercredi 30 juillet à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la traite des êtres humains, l’UNICEF pointe les défaillances de la France dans la protection de mineurs isolés exploités à des fins d’activités criminelles et délictuelles.
    Ce rapport révèle l’ampleur du phénomène largement méconnu qu’est l’exploitation des mineurs pour commettre des délits en France. "Derrière certains comportements délinquants se cachent une exploitation invisible, des enfants sous emprise et des exploiteurs qui agissent en toute impunité" indique le document.
    L’organisme onusien lance un appel urgent pour que ces mineurs soient considérés et pris en charge comme victimes plutôt que poursuivis et sanctionnés pénalement. "En France, les enfants victimes d’exploitation criminelle sont trop souvent poursuivis et punis pour des infractions commises en raison de leur exploitation", a déclaré l’UNICEF dans un communiqué. Cela alors même que "le droit international et européen exige qu’ils soient reconnus et protégés en tant que victimes de la traite des êtres humains" souligne-t-il.
    En France, deux tiers des personnes exploitées pour commettre des délits (comme le trafic de drogue, le vol, le cambriolage, le proxénétisme et la fraude) ont moins de 18 ans, selon les données de la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (MIPROF) pour 2022.La grande majorité des enfants exploités concerne des mineurs non-accompagnés (MNA) -un enfant étranger présent sur le territoire français sans être accompagné de ses tuteurs - soit 92% des enfants victimes d’exploitation d’après les ONG. Ces MNA sont originaires à 81% d’Afrique du Nord (Algérie et Maroc), mais également d’autres régions d’Afrique ainsi qu’à 19% d’Europe de l’Est (Roumanie et Bosnie-Herzégovine). Il s’agit pour l’essentiel d’individus masculins (89%). Les association rapportent l’exemple de jeunes migrants dans le Nord manipulés pour commettre des délits afin de payer leur passage clandestin vers l’Angleterre, ou encore celui de jeunes filles Bosniaques envoyées dans les transports publics pour voler à la tire sous la menace de violences.
    Ces données prennent cependant en compte que les profils repérés et accompagnés par les associations, ce qui exclut un grand nombre d’autres cas, notamment ceux qui disparaissent des radars. Les disparitions de MNA sont en augmentation depuis plusieurs années dans toute l’Europe. Selon le projet d’enquête Lost in Europe, 18 000 cas ont été recensés entre 2018 et 2021, et plus de 51 000 entre 2021 et 2023.
    Un collectif de 28 organisations non gouvernementales appelé "Ensemble contre la traite des êtres humains" a soutenu l’appel de l’UNICEF pour une "refonte complète du traitement réservé par la France aux mineurs exploités pour commettre des infractions". L’organisme a proposé 75 recommandations à destination des pouvoirs publics parmi lesquelles l’adoption d’une stratégie nationale de lutte contre l’exploitation à des fins d’activités criminelles et délictuelles.
    "Les mineurs isolés potentiellement victimes de traite ou victimes de traite sont généralement livrés à eux-mêmes, en situation de rue et majoritairement déscolarisés. Ils dorment dans des campements ou des squats sans aucun représentant légal. Ils ont pour la plupart entre 14 et 17 ans" renseigne le rapport. Geneviève Colas, coordonnatrice du collectif constate cependant que désormais "nous avons des enfants âgés de 8 à 10 ans victimes de la traite".
    Leur jeune âge, leur fragilité et leur absence de perspectives en font des cibles privilégiées sur "les réseaux sociaux, dans la rue, dans leur propre famille ou aux frontières" pointe l’UNICEF. Ils font face à de nombreuses vulnérabilités - traumatismes, isolement, grande précarité, parfois addiction- qui les mettent à la merci de réseaux de traite d’êtres humains. Cela d’autant plus qu’ils ignorent bien souvent leurs droits. "Ceux qui les exploitent utilisent différentes stratégies : addiction, chantage, menaces, pression psychologique, violence", a déclaré Corentin Bailleul, responsable du pôle plaidoyer et programmes d’UNICEF France. "Les jeunes exploités sont souvent recrutés sous de fausses promesses (d’un abri ou d’argent, NDLR), ou contraints d’agir pour survivre ou rembourser une dette" ajoute-t-il. Le piège se referme ensuite sur eux : ils se retrouvent sous emprise et dans un "cercle vicieux de dépendances", contraints de commettre des délits (vols, stupéfiants, violences, aide au passage irrégulier des frontières), à se prostituer ou à mendier.
    Le phénomène reste cependant sous-estimé à cause de dysfonctionnements dans le repérage et l’orientation des victimes. Cette invisibilisation empêche la mise en place d’une réponse adaptée et minimise l’ampleur de la problématique. En 2022, seules 352 victimes – adultes et enfants confondus – ont été repérées par les associations. Ce chiffre est tombé à 236 en 2023 selon la MIPROF. L’UNICEF fait valoir qu’en comparaison, au Royaume-Uni, grâce à un mécanisme de repérage, l’exploitation criminelle est aujourd’hui la forme d’exploitation des mineurs la plus fréquemment signalée : en 2024, 2891 enfants ont été identifiés comme victimes.
    Au-delà de ne pas être repérés, ces mineurs sont en plus sanctionnés injustement quand ils sont interpellés. “Les enfants sont le plus souvent considérés comme auteurs d’infractions plutôt que comme victimes. Ils font l’objet de gardes à vue, de poursuites judiciaires, voire d’incarcérations sans qu’aucune solution durable ne leur soit proposée à leur sortie” note l’UNICEF. Sans document d’état civil reconnaissant leur minorité, ils sont aussi considérés comme des adultes et parfois placés en centre de rétention pour être expulsés. Les autorités ne reconnaissent donc pas leur exploitation.
    Pourtant, la France a ratifié plusieurs traités internationaux de lutte contre la criminalité ainsi que la traite des êtres humains. Elle a l’obligation de prévenir la traite, de protéger les victimes, dont les enfants, et de poursuivre les véritables auteurs. "Le droit international et européen exige qu’ils (les mineurs) soient reconnus et protégés en tant que victimes de la traite des êtres humains" insiste l’UNICEF.
    L’organisme a appelé à ce que le droit pénal français "stipule explicitement qu’une personne victime d’exploitation ne peut être tenue pénalement responsable lorsque l’infraction commise est une conséquence de la traite". Une refonte complète du traitement réservé aux mineurs exploités à des fins de commission d’infractions est urgemment réclamée. "A travers ce rapport, nous appelons les autorités à agir sans délai, en élaborant une stratégie nationale de lutte contre l’exploitation criminelle des mineurs en cohérence avec les politiques de protection de l’enfance et les plans existants de lutte contre la traite. Cette stratégie doit s’articuler autour de trois piliers fondamentaux : la prévention, l’identification et la protection des victimes" , a déclaré Adeline Hazan, présidente de l’UNICEF France. Parmi les mesures réclamées auprès des pouvoirs publics : la formation de professionnels pour détecter ces situations d’exploitation, l’orientation et la sensibilisation des MNA ainsi qu’une meilleure protection notamment. L’UNICEF et le collectif d’ONG exhortent également à ce que les exploiteurs soient jugés pour traite d’êtres humains et pour les infractions commises mais aussi que les victimes puissent être indemnisées.

    #Covid-19#migrant#migration#france#MNA#mineur#traite#sante

  • France : un rapport d’associations dénonce d’importantes disparités territoriales dans la prise en charge des mineurs isolés étrangers - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/65573/france--un-rapport-dassociations-denonce-dimportantes-disparites-terri

    France : un rapport d’associations dénonce d’importantes disparités territoriales dans la prise en charge des mineurs isolés étrangers
    Par Clémence Cluzel Publié le : 11/07/2025
    Publié jeudi 3 juillet, le rapport de deux associations de défense des droits des migrants alerte sur les nombreuses défaillances et disparités d’un département à un autre dans la prise en charge des mineurs non accompagnés étrangers en France. Ces inégalités dans l’accès au droit affectent aussi la reconnaissance de leur statut de mineur et contraignent des centaines de jeunes à survivre sans protection, dans la rue.
    "Critères subjectifs" pour déterminer l’âge, mineurs laissés à la rue, traumatismes ignorés, évaluation sommaire des documents d’identité, manque de structures adaptées... sont autant de défaillances dans la prise en charge des mineurs non accompagnés (MNA) en France dénoncées dans le rapport "Des droits au hasard du département d’arrivée ?” des associations Utopia 56 et l’Association d’Accès aux Droits des Jeunes et d’Accompagnement vers la Majorité (AADJAM), publié ce 3 juillet. L’enquête, menée entre fin 2024 et début 2025, dans 53 structures réparties dans 38 départements, dresse un constat accablant. Des "défaillances systémiques", des "dysfonctionnements administratifs" et des "disparités majeures" ont été relevés dans les départements de l’Hexagone concernant l’accueil et la prise en charge provisoire d’urgence des mineurs isolés étrangers. L’évaluation de la minorité ainsi que la mise à l’abri relèvent de la responsabilité des départements - et non de l’État - au regard de leurs compétences en matière de protection de l’enfance.
    Ainsi, "iI y a des différences de traitement importantes selon l’endroit du territoire où les jeunes arrivent", rapporte à l’AFP Angelo Fiore, membre d’Utopia 56, et corédacteur du rapport. "Cela a de lourdes conséquences dans la construction de leur avenir".
    Cet accès au droit, qui se fait “au hasard des départements d’arrivées des MNA”, entrave aussi la reconnaissance de leur minorité et accentue leur vulnérabilité. Chaque mois, de nombreuses personnes se déclarant mineures se retrouvent sans protection à la rue après avoir été décrétées majeures par les départements. Or, après dépôt d’un recours, un mineur sur deux est finalement reconnu comme tel par un juge des enfants. Durant le traitement de ce recours, qui peut durer un an et demi, les jeunes ne sont pas pris en charge par les autorités et sont ainsi livrés à eux-mêmes.
    Ces dernières années, la mission de la protection de l’enfance assurée par l’Aide sociale à l’enfance (ASE) se retrouve confrontée à la politique migratoire toujours plus répressives des autorités françaises. Celle-ci s’illustre notamment par des expulsions brutales des lieux occupés par les personnes se déclarant mineures. Selon le collectif Le Revers de la Médaille entre février et mai 2024, 828 jeunes ont été expulsés de leurs lieux de vie à Paris.
    Ces MNA sont principalement originaires de Guinée, Côte d’Ivoire, Tunisie, Bangladesh mais aussi de Gambie et du Cameroun. Majoritairement masculins, ces jeunes ont fui des conflits, des situations de violences, la pauvreté ou sont en rupture familiale. En 2024, l’ASE protégeait officiellement 13 554 MNA en France.
    Si dès son arrivée en France un mineur isolé exilé peut demander une protection dans son département d’arrivée, son premier défi est de "comprendre où et comment accéder à celle-ci", note le rapport, avec de plus grandes difficultés pour identifier un interlocuteur la nuit et les weekends. Déjà confrontés à un long parcours d’exil souvent émaillé de violences, des jeunes ont rapporté avoir été confrontés à un refus de prise en charge dans certains départements.Pourtant, la loi leur impose d’assurer un accueil provisoire d’urgence auprès des MNA pour une durée maximum de cinq jours, renouvelable par deux fois. Depuis 2013, les frais de prise en charge reviennent aux départements qui peuvent être remboursés par l’État, suivant conditions. Le montant s’élève à 90 euros journaliers durant 14 jours.
    Dans la capitale, c’est l’association France Terre d’asile qui gère l’évaluation et la mise à l’abri de ces jeunes, au sein de l’Accueil des mineurs non accompagnés (AMNA). "En moyenne, nous avons 130 jeunes qui arrivent par semaine" rapportait en avril dernier Béatrix Allan, directrice du service d’évaluation au sein de l’AMNA.“Depuis 2015, nous faisons le constat d’une augmentation croissante du nombre de jeunes se déclarant mineurs non accompagnés venus de différents pays. Alors que 1 500 jeunes se présentaient pour une évaluation en 2015, ils étaient 10 500 en 2023, avec un nombre de présentations totalement inédit. En 2024, nous estimons le nombre à 8 500” indique la Ville de Paris. Les MNA représentent aujourd’hui 30% des enfants pris en charge par cette mairie qui, de par ses compétences départementales en matière de protection de l’enfance, leur consacre un budget global de 80 millions d’euros.
    “L’année 2023 a été marquée par une forte augmentation du nombre de mineurs non accompagnés pris en charge ainsi que de personnes se présentant comme MNA entraînant une saturation des dispositifs d’accueil”, appuie la Direction générale de la Cohésion Sociale (DGCS). En juin dernier, la commission d’enquête parlementaire définissait la protection sociale de l’enfance comme un “système qui craque de toutes parts” et dans lequel les MNA sont les “oubliés des oubliés”.La Direction indique que "les services de l’État sont attentifs aux situations et aux difficultés rencontrées par les départements” et “sont pleinement mobilisés pour les soutenir". En 2024, la création d’une “instance de dialogue renforcée avec les départements” et le gouvernement a permis de dégager "sept chantiers prioritaires” dont l’un portait sur la prise en charge des mineurs non accompagnés.
    Mais si la DGCS juge qu’il y a une "bonne appropriation par les départements" du guide de bonnes pratiques édité en 2019 par le ministère en charge des Solidarités afin d’harmoniser le traitement des mises à l’abri et évaluation de minorités, les conclusions du récent rapport dressent un autre constat.
    L’accueil est loin d’être uniforme sur le territoire, certains départements mènent en effet une fronde contre ce dispositif d’accueil et prise en charge qui est coordonné par la direction de la protection judiciaire de la jeunesse (DPJJ). La Seine Saint-Denis a suspendu temporairement l’accueil de nouveaux MNA en 2011 tout comme la Mayenne et l’Alsace en 2013. Aujourd’hui encore, plusieurs départements sont peu enclins à s’acquitter de ce devoir. Sollicité par la rédaction, le département des Alpes-Maritimes, qui connait un fort afflux de migrants, dont de MNA, depuis l’Italie depuis ces dix dernières années n’a pas répondu à nos questions.
    Manque de structures adaptées, placement dans des hôtels en violation de la loi Taquet, encadrement aléatoire faute de personnel, non-respect du temps de répit avant l’évaluation, absence de bilan de santé pourtant obligatoire… Les défaillances dans la prise en charge sont nombreuses et discriminantes par rapports aux traitements appliqués aux autres enfants en France.
    “Les pratiques observées varient d’un territoire à un autre, ce qui questionne doublement sur le traitement accordé à ces enfants migrants en France” souligne le rapport. Preuve d’un manque d’harmonisation des pratiques, un jeune reconnu non mineur dans un département peut l’être dans un autre après un nouveau dépôt.
    Le déroulement des enquêtes sociales destinées à évaluer la minorité de la personne a aussi déjà été plusieurs fois épinglé, notamment en 2018 dans un rapport de l’ONG Human Rights Watch (HRW). Les entretiens express, parfois sans interprète, ainsi que la mise en doute quasi systématique de l’authenticité des documents d’identité transmis sont décriés par les associations. L’évaluation de l’âge se base également sur des critères "très subjectifs", pointe Angelo Fiore. Des "délits au facies" selon les associations qui ne prennent pas toujours en compte les traumatismes vécus et les stigmates qui peuvent affecter l’apparence physique de la personne.
    “Les consignes données aux évaluateurs sont claires : tout doute sur la minorité doit profiter au jeune”, se défend la ville de Paris qui indique avoir créé une plateforme pour renforcer les compétences des travailleurs sociaux à travers une permanence juridique et des formations pour permettre un meilleur accompagnement des MNA dans leur parcours. C’est en grande partie sur cette évaluation sociale que se base ensuite le président du conseil départemental pour statuer sur la minorité et l’isolement d’un jeune étranger isolé.
    Alors que la loi stipule effectivement qu’en cas de suspicion, le doute doit bénéficier à l’individu, la réalité est autre. Au niveau national, le taux de reconnaissance de la minorité est en baisse constante ces dernières années : d’environ 52% en 2016, il est descendu à 19% en 2021 pour légèrement remonter à 23% en 2023.
    L’accès à l’information et à la justice restent aussi difficile d’accès pour des mineurs isolés, ne parlant pas toujours la langue et ne maitrisant pas les rouages administratifs. Le recours gracieux devant un juge des enfants, seul habilité à reconnaitre la minorité, pour contester une non-reconnaissance de minorité est souvent ignoré de ces jeunes. Les délais d’attente de la procédure sont également assez longs et éprouvants.
    Jusqu’à la décision de la justice, "la présomption de minorité" doit être garantie rappelle la commission d’enquête parlementaire et permettre au présumé mineur de continuer à bénéficier de l’accueil provisoire et d’un accompagnement. Le juge des enfants a en effet la possibilité de prononcer un placement provisoire pendant le temps de l’instruction. Or selon le recensement de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) de mars 2024, un mineur en recours sur trois vivait à la rue au niveau national. Une proportion probablement sous-estimée. En situation d’extrême vulnérabilité, nombre de MNA se retrouvent à survivre dans la rue, sans aucun soutien. “Chaque jour, dix jeunes sont mis à la rue et se retrouvent sans protection”, y compris lorsqu’ils présentent des graves problèmes de santé ou qu’il s’agit de jeunes filles enceintes.
    Pourtant “dans un cas sur deux, ils sont reconnus comme mineurs après leur recours auprès d’un juge pour enfants, parfois après avoir passé plus de 18 mois à survivre à la rue”, assure le rapport. Sur 2 550 jeunes ayant saisi un juge des enfants en 2023 suite à un refus par le département, 1 550 ont été reconnus mineurs, soit 61% des cas. Cependant, beaucoup restent exclus du dispositif et sortent des radars de la protection de l’enfance. D’autres sont devenus majeurs entre temps.Les associations, à qui les départements peuvent également déléguer la prise en charge des MNA, jouent alors un rôle crucial pour pallier les carences institutionnelles dans l’hébergement, l’accompagnement ainsi que l’aide à la scolarisation des MNA. En l’absence de protection, ils sont privés d’accès à l’éducation, d’un logement ainsi que d’un suivi social, médical et psychologique. Déjà très vulnérables, ils subissent durement cette exclusion qui aggrave leur santé mentale et peut accentuer leurs traumatismes. L’insécurité et leur situation irrégulière les rendent aussi plus susceptibles d’être victimes d’exploitation par des réseaux criminels et soumis aux violences.

    #Covid-19#migrant#migration#france#MNA#politiquemigratoire#ASE#politiquemigratoire#sante#santementale#droit#minorite

  • « C’est socialement ubuesque » : la préfecture fait évacuer le squat Al-Zol à Pantin, la mairie vent debout
    https://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/cest-socialement-ubuesque-la-prefecture-fait-evacuer-le-squat-al-zol-a-pa

    Après l’expulsion ce mardi matin d’une quarantaine de personnes qui occupaient deux bâtiments de la rue Candale, la municipalité dénonce une décision « ubuesque socialement et économiquement ». Elle a ouvert un gymnase en urgence pour accueillir pour quelques jours les exilés délogés.


    Pantin (Seine-Saint-Denis), ce mardi 8 juillet. Deux squats, aux numéros 10 et 12 de la rue Candale, dont celui baptisé Al-Zol qui accueillait des exilés, ont été évacués par les forces de l’ordre. DR

    Ils ont dû faire leurs valises dans la précipitation. Ce mardi 8 juillet, les forces de l’ordre ont mené une opération d’#expulsion de deux #squats situés rue Candale à Pantin « en application de décisions de #justice purgées de tout recours », indique la #préfecture de Seine-Saint-Denis dans un communiqué.

    Les numéros 10 et 12 étaient occupés depuis trois ans maintenant par une soixantaine d’#exilés, principalement des jeunes hommes. Baptisé Al-Zol, le squat était installé dans des bâtiments appartenant à l’Établissement public foncier d’Île-de-France (Epfif), vides depuis une dizaine d’années.

    (...) Le maire a reçu un SMS du préfet alors que l’évacuation avait commencé depuis plus d’une heure. Il y avait délibérément la volonté de ne pas nous prévenir. »

    (...) quid du projet de construction de logements évoqué par la préfecture dans son communiqué ? « Il est caduc depuis deux ans », fustige Louise, riveraine et membre du comité. Tout comme le projet initial d’école hôtelière. Une nouvelle audience était prévue au tribunal le 2 octobre pour obtenir un délai supplémentaire avant l’évacuation.

    https://archive.ph/Uojeg

    #sans_papiers #mineurs_non_accompagnés