• Voyages vers l’Europe

    Les premiers mineurs non accompagnés arrivent en France au début des années 1990. Ce qui devait être un épiphénomène dans le paysage de la protection de l’enfance et des migrations internationales s’est maintenu et confirmé comme une réalité durable. Les deux cartes présentées ici montrent la pluralité des routes et des expériences vécues par ces jeunes.

    Les premiers sont arrivés des pays de l’est de l’Europe, mais au fil des années le visage de la migration juvénile vers la France a évolué. Aujourd’hui la Guinée, le Mali et la Côte d’Ivoire, en Afrique de l’Ouest, sont les trois premiers pays d’où arrivent les mineurs non accompagnés pris en charge par les autorités françaises. Elles ont l’obligation de leur porter assistance en raison de leur isolement (article 375 du code civil), mais peinent à proposer une réponse satisfaisante.

    Qui sont ces mineurs et d’où viennent-ils ? La recherche permet aujourd’hui de mieux cerner le profil de ces jeunes, mais leurs trajectoires migratoires restent à préciser. Les routes maritimes et terrestres sont davantage médiatisées (sans qu’on connaisse la proportion exacte de mineurs qui les empruntent), c’est pourquoi je propose de mettre en lumière la situation des mineurs qui utilisent la voie des airs et de souligner la pluralité des routes et expériences vécues par ces jeunes avant leur arrivée en France.

    La voie des airs, une migration peu connue

    Si la migration des mineurs est souvent évoquée par le prisme de parcours particulièrement difficiles, tous les voyages n’impliquent pas que les jeunes bravent l’impossible pour rejoindre l’Europe. La majorité des mineurs que nous avons interrogés expliquent avoir réalisé la plus grande partie de leur parcours migratoire en avion, notamment pour les destinations les plus éloignées de l’Europe, du Pakistan à l’Italie, par exemple, ou du Congo en France.

    L’arrivée dans un pays européen ne marque pas toujours la fin de la migration. Pour certains, le trajet par avion est une première étape, celle qui représente la part la plus importante du voyage jusqu’en Europe. Une fois arrivés, ils continuent leur voyage en bus, en train ou en voiture pour rejoindre la destination visée.

    Ils appartiennent à des familles assez aisées pour payer le billet, mais aussi à des milieux plus modestes, dans lesquels familles et jeunes ont économisé sur le long terme. L’avion protège les mineurs les plus fragiles (filles ou enfants en bas âge) en leur permettant de quitter légalement et sans dangers le pays d’origine. Un mineur peut être inscrit sur le passeport d’un adulte désigné tuteur par ses représentants légaux. Certains disent ainsi avoir voyagé aux côtés d’un « oncle » ou d’une « tante », ou encore de passeurs chargés de faire le voyage avec eux. Ces adultes les abandonnent souvent, une fois le voyage réalisé, les laissant livrés à eux-mêmes dans les aéroports, leurs papiers d’identité détruits.

    Lorsque nous les interrogeons, ils ont peu de souvenirs de ce voyage. En une nuit, voire en quelques heures, ils sont passés d’un continent à un autre sans réaliser l’importance des distances parcourues. Ils ont aussi du mal à parler des lieux de leur migration et à situer les étapes de leur voyage vers l’Europe. C’est une perte des repères de plus pour des jeunes qui ont besoin, comme les autres, de construire leur identité grâce à une certaine permanence des environnements qui les entourent.

    L’acquisition d’un « #savoir-migrer »

    Lorsque ces mineurs arrivent en France, où ils seront pris en charge, ce n’est pas toujours la première fois qu’ils migrent. Seuls ou accompagnés de leurs proches, pour un voyage scolaire, des vacances en famille ou un premier exil, ces expériences ont permis l’acquisition d’un « savoir-migrer ». La migration internationale fait déjà partie intégrante de leur vie.

    Ibrahim*, dont le voyage est représenté sur la deuxième carte, n’a que onze ans quand il émigre d’Algérie pour la Turquie, avec le projet de rejoindre la Grèce. Ce voyage, effectué avec des voisins de son quartier, est le premier d’une longue série. Malgré la durée de son séjour en Grèce, Ibrahim dit n’avoir jamais bénéficié d’une protection institutionnelle à Athènes et avoir vécu pendant près de quatre ans dans la clandestinité. Inscrit dans des réseaux de revente de drogue, il s’établit dans une vie d’errance qui semble l’avoir profondément marqué.

    Quelques mois après son retour en Algérie, Ibrahim repart pour l’Europe et se dirige cette fois-ci vers l’Espagne. Il organise seul cette seconde migration, comme tous ses déplacements. Le fait que son pays soit proche de sa destination joue un rôle important dans sa migration. J’ai pu constater, au cours de ma recherche doctorale, que tous ceux qui avaient déjà migré en Europe étaient originaires du Maghreb. D’autres, en provenance d’Afrique de l’Ouest ou d’Asie, témoignent aussi d’expériences antérieures, mais hors d’Europe.

    Certains racontent avoir vécu entre plusieurs pays proches du leur pour suivre l’activité de leurs parents ou contribuer à l’économie de la famille. Djibril a accompagné son oncle dans la vente de bétails entre le Mali et la Mauritanie ; Ousmane a parfois été lui-même responsable d’échanges marchands régionaux.

    Le cas de ces mineurs invite à dépasser la vision de jeunes sans expériences migratoires ni « savoirs-migrer ». Rarement envisagés au regard de leur âge, ces voyages antérieurs éclairent ce qu’ils nous disent et donnent à comprendre la trajectoire heurtée et complexe de ces mineurs engagés sur les routes de la migration, parfois depuis plusieurs années.

    http://icmigrations.fr/2020/03/25/defacto-017-04
    #cartographie #parcours_migratoires #itinéraires_migratoires #asile #migrations #réfugiés #voyage #MNA #mineurs_non_accompagnés #France

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  • I asked young Eritreans why they risk migration. This is what they told me

    Isaias was 16 when he escaped from Sa’wa, the military training camp for final-year high school students in Eritrea. His parents came to know of his whereabouts only a few weeks after. From Sudan he tried to cross the Sinai to reach Israel. But he was kidnapped by bandits. His family paid a high ransom to save him.

    Isaias returned to Addis Ababa, the capital of neighbouring Ethiopia, where I met him when he was 17. His family was supporting him financially and wanted him to remain there. But Isaias had different plans. A few months later he disappeared. As I was later to learn, he had successfully crossed from Libya into Europe.

    This young man is part of a worrying statistic. Since around 2010, the flow of unaccompanied minors from Eritrea has significantly increased and has become the subject of international concern. In 2015, over 5000 unaccompanied minors from Eritrea sought asylum in Europe according to the Mixed Migration Centre. In 2018, the number was 3500.

    Minors are only part of a wider exodus that involves mostly Eritreans in their twenties and thirties. The UN refugee agency calculates that at the end of 2018 there were over 500 000 Eritrean refugees worldwide – a high number for a country of around 5 million people.

    Initially driven by a simmering border conflict with Ethiopia, this mass migration continues to be fuelled by a lack of political, religious and social freedom. In addition, there are little economic prospects in the country.

    And generations of young people have been trapped in a indefinite mandatory national service. They serve in the army or in schools, hospitals and public offices, irrespective of their aspirations, with little remuneration. Even though Ethiopia and Eritrea have struck a deal to end their border conflict, there is no debate over the indefinite nature of the national service.

    Brought up in a context where migration represents the main route out of generational and socio-economic immobility, most young Eritreans I met decided to leave. While unaccompanied minors are usually depicted as passively accepting their families’ decisions, my research illustrates their active role in choosing whether and when to migrate.

    I explored the negotiations that take place between young migrants and their families as they consider departing and undertaking arduous journeys. But the crucial role of agency shouldn’t be equated to a lack of vulnerability. Vulnerability, in fact, defines their condition as young people in Eritrea and is likely to grow due to the hardships of the journey.
    Context of protracted crisis

    Young Eritreans often migrate without their family’s approval.

    Families are aware that the country can’t offer their children a future. Nevertheless, parents are reticent about encouraging their children to take a risky path, a decision that can lead to death at sea or at the hand of bandits.

    Young Eritreans keep their plans secret due to respect, or emotional care, towards their families. One 23-year-old woman who had crossed to Ethiopia a year before told me:

    It is better not to make them worry for nothing: if you make it, then they can be happy for you; if you don’t make it, they will have time to be sad afterwards.

    Adonay, another 26-year-old man, said:

    If you tell them they might tell you not to do it, and then it would be harder to disobey. If they endorse your decision then they might feel responsible if something bad happens to you. It should be only your choice.

    But that is not all. As a young woman told me,

    The less they know the better it is in case the police come to the house asking questions about the flight.

    Migration from Eritrea is mostly illegal and tightly controlled by the government, any connivance could be punished with fees or incarceration.
    The journey

    Eritrean border crossings are based on complicated power dynamics involving smugglers, smuggled refugees and their paying relatives, generally residing in Europe, US or the Middle East.

    In this mix, smuggled refugees are far from being choice-less or the weak party.

    Relatives are often scared of the dangers of border crossing through Libya to Europe. Moreover, some may not be able to mobilise the necessary funds. But young refugees have their ways to persuade them.

    As payment to smugglers is typically made at the end in Libya and then after migrants have reached Italy, refugees embark on these journeys without telling their potential financial supporters in the diaspora. Once in Libya, they provide the smugglers with the telephone number of those who are expected to pay. This is an extremely risky gamble as migrants are betting on their relatives’ resources and willingness to help them.

    Those who do not have close enough relatives abroad cannot gamble at all. Sometimes relatives struggle to raise the necessary amount and have to collect money from friends and larger community networks. Migrants then have to spend more time – and at times experience more violence and deprivation – in the warehouses where smugglers keep them in Libya. Migrants are held to hide them from authorities and ensure their fees are paid.

    Even in these conditions, migrants don’t necessarily give up their agency. It has been argued that they,

    temporarily surrender control at points during the journey, accepting momentary disempowerment to achieve larger strategic goals.

    Moving beyond the common framing

    Analysing the interactions between Eritrean families and their migrant children at different stages of their journeys can contribute to moving beyond the common framing of the “unaccompanied minor” characterised by an ambivalent depiction as either the victim or the bogus migrant.

    These opposing and binary views of unaccompanied minors implicitly link deserving protection with ultimate victimhood devoid of choice. Instead, the stories of Eritreans show that vulnerability, at the outset and during the journey, does not exclude agency.

    https://theconversation.com/i-asked-young-eritreans-why-they-risk-migration-this-is-what-they-t
    #réfugiés_érythréens #migrations #asile #réfugiés #Erythrée #raisons #facteurs_push #push-factors #liberté #motivations #service_national #armée #service_militaire #MNA #mineurs_non_accompagnés #jeunesse #jeunes

  • Des avocats genevois dénoncent l’absence de prise en charge des requérants mineurs

    Un collectif d’avocats interpellent l’Exécutif cantonal. Ils s’insurgent d’un manque d’assistance des services de l’État.

    La #détresse de requérants d’asile mineurs non accompagnés interpelle un collectif d’avocats. Une vingtaine d’entre eux a lancé un #appel au Conseil d’État de Genève afin qu’il réagisse d’urgence à l’absence de #prise_en_charge de ces #enfants par les services de l’État.

    « Depuis la création de notre permanence, nous accueillons chaque semaine quantité de jeunes auxquels le #Service_de_protection_des_mineurs a refusé son assistance. Celui-ci les renvoie ainsi dans la rue sous prétexte que les ressources manquent ou que les requérants ne sont pas en mesure de prouver leur #minorité », écrivent les avocats mardi dans une lettre ouverte au gouvernement genevois.

    Accompagnés de juristes et d’étudiants en droit de l’Université de Genève, ces avocats inscrits au barreau ont mis en place bénévolement une permanence au début du mois de novembre, avec l’aide du Collectif lutte des mineurs non accompagnés. Ils viennent en aide à des jeunes d’origines diverses vivant seuls dans les rues de Genève.

    Ces jeunes souffrent du froid et de la faim ; certains sont malades, font les poubelles pour essayer de survivre ou subissent des agressions faute d’avoir un lieu protégé pour passer la nuit, ajoutent ces avocats et juristes de la permanence juridique pour les mineurs non accompagnés. A la veille de Noël plus particulièrement, ils se réfèrent à la Constitution fédérale.

    Présomption de minorité

    La charte fondamentale prévoit notamment que quiconque se trouve dans une situation de détresse a le droit de recevoir les moyens indispensables pour mener une existence conforme à la dignité humaine. Ces obligations sont d’autant plus vraies pour les mineurs, également protégés par la Convention internationale des droits de l’enfant qu’a signée la Suisse.

    Les avocats appellent en particulier l’État à présumer de la minorité des jeunes qui ne disposent pas de papiers. Il ne s’agit là que de suivre la jurisprudence du Comité des droits de l’enfant, notent les juristes genevois.

    https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/Des-avocats-genevois-denoncent-l-absence-de-prise-en-charge-des-requerants-mineurs/story/10635216
    #justice #Genève #MNA #mineurs_non_accompagnés #asile #migrations #réfugiés #Suisse #âge #SPMI #Collectif_lutte_des_mineurs_non_accompagnés #SDF #sans-abrisme #sans-abris

  • Qui veut encore protéger les mineurs non accompagnés en France ?

    Arrivés dans le courant des années 1990, les mineurs non accompagnés sont des individus de moins de 18 ans qui, après un parcours migratoire, se trouvent sur le territoire français sans leur représentant légal. Enfants en danger devant être pris en charge inconditionnellement par les services départementaux compétents, pourquoi ces mineurs sont-ils devenus les objets d’une politique du tri et du contrôle ? Comment ces considérations ont-elles pu s’inviter dans le champ de la #protection_de_l’enfance ? Qui sont les acteurs impliqués dans ce basculement du parcours dédié aux mineurs non accompagnés ? Mineurs à protéger d’un côté et étrangers à contrôler de l’autre, cette population est perçue à travers des représentations bipolaires qui ont conduit à l’édification de #frontières_administratives, institutionnelles et symboliques jalonnant aujourd’hui le parcours de l’#accueil de ces jeunes. Alors que leur #minorité et leur #isolement devraient suffire à justifier une #prise_en_charge, le #soupçon qui plane sur ces jeunes a fait de ces deux critères des données scrupuleusement vérifiées par les autorités. La contribution revient sur la logique de #sous-traitance de la mission d’#évaluation et de #mise_à_l’abri ayant permis d’exclure ces mineurs du circuit traditionnel de la protection de l’enfance. Associations, organisations humanitaires, société civile, ministère de la Justice incarnent les nouveaux protagonistes d’un paysage de l’accueil, où les idéaux et les engagements en matière de défense du #droit_des_enfants ont été relégués au second plan.

    https://www.erudit.org/fr/revues/lsp/2019-n83-lsp04994/1066084ar
    #enfants #enfance #mineurs #asile #migrations #réfugiés #France #protection #contrôle #droits_des_enfants #MNA #mineurs_non_accompagnés

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  • Council of Ministers amendments on the green line code in violation of the EC Regulation

    On 27.11.2019, the Council of Ministers decided, without any consultation with either the stakeholders concerned in Cyprus or with the European Union/ Commission, to proceed to the amendment of the Code for the implementation of the Regulation of the European Council (866/2004/ΕC) on the Green Line. According to this decision:

    All people passing through the line (including Cypriot citizens, hitherto not checked) will be checked.
    Unaccompanied minors not escorted by parents will not be allowed to cross unless they have written authorisation by their parents.
    No third-country nationals (TCN) with temporary residence permit, except family members of Cypriot or other European citizens, and with long-term residence permit, will be allowed to pass through the line.
    The passage of people will be permitted for humanitarian grounds, medical reasons, etc
    In addition, the Council of Ministers has decided to submit bills to the House of Representatives for imposing administrative fines (in monetary terms) to people using ports and airports in the areas not under the control of the government, without clarifying as to whether these fines will be imposed on everyone or only on TCN.

    KISA is of the opinion that the government should have informed both Cypriot society as well as the EC for the proposed amendments to the Code for the implementation of the green line Regulation. It is not coincidental that the EC has already expressed the need for its approval of any amendments.

    KISA believes that the decision to restrict and/or prohibit the crossing of legally residing migrants through the green line constitutes prohibited discrimination and is not permitted by the Council Regulation, which renders it a direct violation of the Regulation itself.

    From a legal point of view, the government does have the right to impose universal checks of identity verification of persons passing through the line. However, as it has decided to apply the Regulation strictly 15 years later, it should do so after the setting up of the necessary infrastructe and required staff increases at the checkpoints so as to ensure people’s smooth movement. The immediate implementation of the above checks, without all the above, constitutes disproportionate restrictions and obstacles to the free movement of people through the line.

    KISA also condemns the government’s attempt to connect, by using misleading and populist rhetoric, the amendments with the management of the rising number of asylum applications, irregular migration and security for domestic audience and impressing the public as, according to point 2 (d) of the decision, «third-country nationals … are not permitted to pass through the line … unless they apply for asylum». The proposed measures that the government has connected with the increasing refugee flows to Cyprus, due to the continuing wars in the area, cannot objectively speaking bring about the objectives pursued by the government (reduction of the refugee flows), as no one can restrict the right to asylum, which is a fundamental right according to the EU Charter of Fundamental Rights.

    Instead of the government asking for EU’s assistance and support to enable it to meet the severe pressures on the asylum system and the reception of asylum seekers in Cyprus, it will waste European and national resources on the green line checks and undue hassle of legally residing migrants as well as Cypriots at the checkpoints.

    KISA is of the opinion that the new policy entails serious risks to the Cyprus question as, on the one hand, it hinders communication and contact between the areas controlled and not under the control of the government and, on the other, it turns the green line into a hard border, which leads to deepening the division of our country, when the objective of the Regulation is to facilitate free movement of people and cooperation between the two communities.

    Finally, KISA points out that the inclusion of the Ministry of Defence in the Ministerial Committee for migration and asylum formalises the securitisation policy on migration and asylum, a policy that has contributed substantially to harbouring racism and the rise of extreme right and neo-nazi organisations in Europe.

    KISA in cooperation with other civil society organisations intends to do all it can, including through reports/complaints to European and international organisations and agencies, against these new measures.

    https://kisa.org.cy/ministerial-amendments-on-the-green-line-code-in-violation-of-the-ec-regula
    #Chypre #green_line #fermeture_des_frontières #frontières #contrôles_systématiques #libre_circulation #Chypre_du_Nord

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    Traduction en français:

    Une décision du conseil des ministres de la République prise de manière unilatérale sans consulter les institutions européennes visant à amender la manière dont les contrôles sont exercées aux points de passage officiels de la Ligne Verte entre la République de Chypre et la république auto-proclamée turque de Chypre Nord selon un règlement européen adopté en 2004 au moment de l’entrée du pays dans l’Union européenne.

    Jusqu’à présent les citoyen.nes européen.nes et les Chypriotes pouvaient franchir la #ligne_verte et exercer leur droit à la libre circulation, ainsi que les ressortissant.es de pays non-membres de l’UE disposant d’un droit au séjour y compris touristes en court séjour) délivré par la République de Chypre.

    Désormais toutes les personnes passant par la ligne (y compris les citoyens chypriotes, jusqu’à présent non contrôlés) seront contrôlées. Le passage de personnes sera autorisé pour des raisons humanitaires, médicales, etc.

    De plus,

    Les #mineurs_non_accompagnés qui ne sont pas escortés par leurs parents ne seront pas autorisés à traverser sans l’autorisation écrite de leurs parents
    Aucun ressortissant de pays tiers (RTC) titulaire d’un permis de séjour temporaire, à l’exception des membres de la famille de Chypriotes ou d’autres citoyens européens, et titulaire d’un permis de séjour de longue durée, ne sera autorisé à franchir cette ligne.

    « En outre, le Conseil des ministres a décidé de soumettre à la Chambre des représentants des projets de loi visant à imposer des amendes administratives (en termes monétaires) aux usagers des ports et aéroports dans les zones non contrôlées par le gouvernement, sans préciser si ces amendes seront imposées à tous ou seulement aux resortissant.es d’Etats non-membres de l’UE ».

    Selon le gouvernement, ces interdictions de passage par la ligne verte n’affecteront pas les demandeurs d’asile ainsi que le rapporte cet article du Cyprus Mail. Le parti communiste AKEL a dénoncé la mise en place d’une frontière dure (hard border).

    KISA souligne que, juridiquement, de tels contrôles systématiques et sans discrimination aucune sont légaux. L’ONG poursuit en critiquant l’absence d’infrastructure et de personnel pour ce faire, alors que le règlement autorise de tels contrôles depuis son édiction, il y a 15 ans de cela, et interprète ceci comme une décision qui restreint la mobilité de manière disproportionnée qui met en danger la liberté de circulation. KISA condamne le lien fait explicitement par le gouvernement entre l’augmentation du nombre de demandeurs d’asile, de personnes migrantes en situation irrégulière, de préoccupations sécuritaires à Chypre et la nécessité de cette décision. L’association constate que demander du soutien à l’UE pour mieux accueillir ces personnes auraient été plus judicieux que de renforcer des contrôles sur la ligne verte, une démarche coûteuse, populiste et qui met à mal les efforts de coopération entre les deux communautés de chaque côté de la ligne entamés ces dernières années.

    Pour rappel, les points de passage de la ligne verte ont été ouverts en 2004 au moment de l’entrée de l’île dans l’UE. La République de Chypre n’exerce sa souveraineté que sur une partie de l’île, mais tou.tes les Chypriotes, qu’ils/elles soient Chypriotes turcs ou grecs, sont des citoyen.nes européen.nes.
    Cette décision unilatérale donne un signal peut prometteur aux (énièmes) négociations de paix en vue d’une solution engagées sous l’égide de l’ONU et relancées à Berlin le mois dernier.

    ping @reka

  • Asile, #relocalisation et #retour des migrants : il est temps de renforcer la lutte contre les disparités entre les objectifs et les résultats

    Dans le cadre de l’audit objet du présent rapport, nous avons cherché à déterminer si le soutien en faveur de la Grèce et de l’Italie financé par l’UE a permis à cette dernière d’atteindre ses objectifs et si les procédures d’asile et de retour étaient efficaces et rapides. Nous avons également vérifié si les valeurs cibles et les objectifs des programmes temporaires de #relocalisation d’urgence avaient été atteints. Nous concluons qu’il existe des disparités entre les objectifs du soutien de l’UE et les résultats obtenus. Les valeurs cibles des programmes de #relocalisation_d'urgence n’ont pas été atteintes. Bien que les capacités des autorités grecques et italiennes aient augmenté, la mise en oeuvre des procédures d’asile continue à pâtir de longs délais de traitement et à présenter des goulets d’étranglement. Comme pour le reste de l’UE, les retours de migrants effectués depuis la Grèce et l’Italie sont peu nombreux pour les raisons que nous exposons dans le présent rapport.

    https://www.eca.europa.eu/fr/Pages/DocItem.aspx?did=51988
    #audit #cour_des_comptes #asile #migrations #réfugiés #EU #UE #Grèce #Italie #aide_financière #procédure_d'asile #expulsions #renvois ##cour_des_comptes_européenne #argent #budget

    Dans le rapport il y a plein de graphiques intéressants...

    Grèce :

    Italie :

    ping @isskein

    • La Cour des comptes de l’UE critique les disparités en matière de gestion des migrations en Grèce et en Italie

      Le 13 novembre 2019, la Cour des comptes de l’Union européenne (UE) publiait son rapport d’audit « Asile, relocalisation et retour des migrants : il est temps de renforcer la lutte contre les disparités entre les objectifs et les résultats ». Ce #rapport examine le soutien financier et opérationnel de l’UE en faveur de la Grèce et de l’Italie. Il évalue dans quelles mesures les objectifs ont été atteints et si les procédures d’asile et de retour étaient efficaces et rapides. Le rapport couvre la période 2015-2018. La Cour des comptes s’est intéressée à l’#accueil des requérants d’asile, à la procédure d’asile, au système #EURODAC et au fonctionnement du système #Dublin, aux #relocalisations des requérants d’asile vers d’autres pays de l’UE et enfin à l’efficacité des renvois vers les pays d’origine. Le rapport est truffé de recommandations qui vont inévitablement influencer les décisions des autorités suisses.

      Diminuer la pression sur la Grèce et l’Italie

      Selon les auditeurs, les mesures de l’UE visant à diminuer la pression migratoire sur la Grèce et l’Italie doivent être améliorées et intensifiées. Ils déplorent la lenteur excessive des procédures d’asile. En Italie, les demandes d’asile déposées en 2015 ont pris en moyenne quatre ans pour parvenir au stade du recours final, tandis que les demandeurs d’asile arrivant sur les îles grecques fin 2018 se voyaient attribuer une date limite pour les entretiens jusqu’en 2023.

      Parallèlement à l’accélération des procédures d’asile, les auditeurs recommandent d’améliorer les logements sur les #îles grecques, en particulier pour les nombreux requérants mineurs non accompagnés qui logent dans des conditions abominables. A ce sujet la Cour des comptes précisent ce qui suit :

      “À #Samos, nous avons visité la section du centre (#hotspot) réservée aux mineurs, qui consiste en sept conteneurs, abritant chacun une salle de bain et deux salles de séjour. Certains conteneurs n’avaient ni portes, ni fenêtres et n’étaient équipés ni de lits ni d’appareils de conditionnement de l’air. Chaque conteneur pouvait officiellement accueillir huit à dix mineurs, mais en hébergeait environ 16 non accompagnés, dont certains étaient même obligés de dormir par terre. Seuls des garçons séjournaient dans la section pour mineurs. Soixante-dix-huit mineurs non accompagnés étaient hébergés sous tente ou dans des maisons abandonnées situées à l’extérieur du point d’accès et devenues des annexes officieuses de celui-ci. Neuf filles non accompagnées dormaient au sol dans un conteneur de 10 m2 situé à côté du bureau de police, sans toilette ni douche.“

      Au moment de la publication du rapport, le maire de l’île de Samos Georgios Stantzos mentionnait l’audit et mettait en garde les autorités grecques contre les conséquences des conditions de vie « primitives » imposées aux réfugiés sur l’île.

      Trop de mouvements secondaires dans l’UE

      Concernant l’enregistrement des empreintes digitales dans le système EURODAC, la situation s’est beaucoup améliorée dans les centres hotspots en Italie et en Grèce. Cependant, entre 2015 et 2018, la Cour a remarqué un volume élevé de mouvements secondaires dans l’UE ce qui a rendu l’application du mécanisme de Dublin difficile. Les données EUROSTAT traduisent aussi de faibles taux de transferts Dublin qui s’expliquent selon les auditeurs, par la fuite ou la disparition des personnes concernées, des raisons humanitaires, des décisions de justice en suspens et des cas de regroupement familial (1).
      Les réinstallations très insatisfaisantes

      Les États membres de l’UE se sont juridiquement engagés à réinstaller 98 256 migrants, sur un objectif initial fixé à 160 000. Or seuls 34 705 ont été effectivement réinstallés (21 999 depuis la Grèce et 12 706 depuis l’Italie). Selon les auditeurs, la performance insuffisante de ces programmes s’explique surtout par le faible nombre de requérants potentiellement éligibles enregistrés en vue d’une relocalisation, surtout parce que les autorités grecques et italiennes ont eu de la peine à ‘identifier les candidats. Une fois les migrants enregistrés en vue d’une relocalisation, la solidarité à leur égard a mieux fonctionné. Les auditeurs ont cependant relevé un certain nombre de faiblesses opérationnelles dans le processus de relocalisation (2).

      Augmentation des renvois vers les pays d’origines

      Pour la Cour des comptes, le fossé entre le nombre de décisions négatives et le nombre de renvois exécutés depuis la Grèce, l’Italie ou le reste de l’UE, est trop important. Le taux de renvois des ressortissants de pays tiers ayant reçu l’ordre de quitter l’UE était d’environ 40 % en 2018 et de 20 % en Grèce et en Italie. En s’inspirant de certains centres de renvois destinés aux personnes qui acceptent volontairement de rentrer vers leurs pays d’origine, la Cour des comptes recommande différentes mesures qui permettront de faciliter les renvois dont l’ouverture de nouveaux centres de détention et l’offre plus systématique de programmes de réintégration dans les pays d’origine.

      Conclusion

      Le rapport de la Cour des comptes de l’UE est une mine d’information pour comprendre le fonctionnement des centres hotspots en Grèce et en Italie. Globalement, sa lecture donne le sentiment que l’UE se dirige à grands pas vers une prolifération de centre hotspots, un raccourcissement des procédures d’asile et une armada de mesures facilitant l’exécution des renvois vers les pays d’origine.

      https://blogs.letemps.ch/jasmine-caye/2019/11/19/la-cour-des-comptes-de-lue-critique-les-disparites-en-matiere-de-gesti
      #mineurs_non_accompagnés #MNA #hotspots #empreintes_digitales #mouvements_secondaires

    • Migrants relocation: EU states fail on sharing refugees

      A mandatory 2015 scheme to dispatch people seeking international protection from Greece and Italy across the European Union did not deliver promised results, say EU auditors.

      Although member states took in some 35,000 people from both countries, the EU auditors say at least 445,000 Eritreans, Iraqis and Syrians may have been potentially eligible in Greece alone.

      The lead author of the report, Leo Brincat, told reporters in Brussels on Wednesday (13 November) that another 36,000 could have also been possibly relocated from Italy.

      “But when it boils down to the total migrants relocated, you will find 21,999 in the case of Greece and 12,706 in the case of Italy,” he said.

      The EU auditors say the migrants relocated at the time represented only around four percent of all the asylum seekers in Italy and around 22 percent in Greece.

      Despite being repeatedly billed as a success by the European Commission, the two-year scheme had also caused massive rifts with some member states – leading to EU court battles in Luxembourg.

      When it was first launched among interior ministers in late 2015, the mandatory nature of the proposal was forced through by a vote, overturning objections from the Czech Republic, Hungary, Romania and Slovakia.

      Only last month, the advocate-general at the EU court in Luxembourg had declared the Czech Republic, Hungary and Poland likely broke EU law for refusing to take in refugees from the 2015 scheme. While the Czech Republic took 12 people, both Hungary and Poland refused to host anyone at all.

      Similar battles have for years played out behind closed doors as legislators grapple with deadlocked internal EU asylum reforms.

      The concepts of sharing out asylum seekers, also known as relocation, are at the core of that deadlock.

      Politics aside, Brincat’s report honed in on the so-called “temporary emergency relocation scheme” whereby EU states had agreed to take in some 160,000 people from Greece and Italy over a period spanning from September 2015 to September 2017.

      Large numbers of people at the time were coming up through the Western Balkans into Hungary and onto Germany, while others were crossing from Turkey onto the Greek islands.

      After the EU cut a deal with Turkey early 2016, the set legal target of 160,000 had been reduced to just over 98,000.

      When the scheme finally ended in September 2017, only around 35,000 people had been relocated to member states along with Liechtenstein, Norway and Switzerland.

      “In our view, relocation was really a demonstration of European solidarity and with almost a 100 percent of eligible candidates in Greece and in Italy having been successfully relocated,” a European Commission spokeswoman said on Wednesday.
      Bottlenecks and other problems

      The EU auditors present a different view. They point out Greek and Italian authorities lacked the staff to properly identify people who could have been relocated, resulting in low registrations.

      They also say EU states only took in people from Greece who arrived before the deal was cut with Turkey in March 2016.

      Another issue was member states had vastly different asylum-recognition rates. For instance, asylum-recognition rates for Afghanis varied from six percent to 98 percent, depending on the member state. Iraqis had similarly variable rates.

      Some migrants also simply didn’t trust relocation concept. Others likely baulked at the idea being sent to a country where they had no cultural, language or family ties.

      Almost all of the 332 people sent to Lithuania, for example, packed up and left.

      EU Commission president Jean-Claude Juncker had even poked fun of it in late 2016. He had said asylum seekers from Greece and Italy were hard pressed to relocate to his home country of Luxembourg.

      “We found 53 after explaining to them that it was close to Germany. They are no longer there [Luxembourg],” he said.

      https://voxeurop.eu/en/2019/migration-5124053

  • Des enfants migrants non accompagnés injustement poursuivis en France

    Faute d’accès à un hébergement, les enfants ont trouvé refuge dans un #squat.


    À Marseille, des enfants migrants non accompagnés auxquels l’#Aide_sociale_à_l’enfance (#ASE) n’a pas fourni d’hébergement squattent dans un bâtiment inoccupé du diocèse. Les enfants sont maintenant poursuivis en justice pour #occupation_illégale de ce bâtiment, alors même que c’est le département des #Bouches-du-Rhône qui a failli à son obligation de les protéger.

    Cette situation perverse illustre les #défaillances des autorités françaises dans la protection de ces enfants. Environ 170 enfants non-accompagnés vivent dans le bâtiment, selon le Collectif 59 Saint-Just et le Réseau éducation sans frontières travaillant auprès de ces jeunes.

    Le squat est surpeuplé et infesté de punaises, et n’est en rien un hébergement approprié pour des enfants. Mais parce que l’ASE ne les a pas pris en charge comme elle aurait dû le faire, ce squat était la seule solution à leurs yeux.

    Certains des enfants convoqués devant le tribunal ont été reconnus mineurs par un juge et devraient en conséquence être pris en charge par les services de protection de l’enfance. D’autres sont en attente d’une évaluation de leur âge, parfois depuis des semaines, et devraient bénéficier d’une mise à l’abri. Selon les associations locales, 36 enfants vivant encore dans le squat à la date d’hier ont reçu une ordonnance de placement par un juge des enfants et auraient dû être pris en charge, comme le prévoit la loi.

    Les procédures d’évaluation de l’âge en France sont souvent injustes, et Human Rights Watch a documenté des procédures défectueuses d’évaluation de l’âge à Paris et dans les Hautes-Alpes. Mais à Marseille, même des enfants reconnus mineurs après ces procédures se retrouvent à la rue.

    Le 11 octobre, le tribunal administratif de Marseille a reconnu que les conditions de vie dans le squat ne sont pas acceptables pour des enfants non accompagnés et a enjoint le département des Bouches-du-Rhône d’assurer l’hébergement et la prise en charge de l’enfant requérant.

    Bien que forcés de vivre dans des conditions précaires du fait des défaillances des autorités, ce sont les enfants qui ont dû se présenter devant un tribunal à cause de la procédure d’expulsion les visant. C’est inacceptable. Il est grand temps que les autorités assument leurs responsabilités envers ces enfants, y compris ceux en attente d’une évaluation de leur âge, et leur garantissent la prise en charge et la mise à l’abri auxquelles ils ont droit.

    https://www.hrw.org/fr/news/2019/10/18/des-enfants-migrants-non-accompagnes-injustement-poursuivis-en-france
    #MNA #Marseille #France #hébergement #logement #justice #mineurs_non_accompagnés #asile #migrations #réfugiés #SDF

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  • COMMENT L’ÉTAT JETTE LES MINEURS ÉTRANGERS À LA RUE

    Enquête sur le #Demie, ce dispositif de la mairie de #Paris, géré par la #Croix-Rouge, dont le but est d’évaluer la #minorité des jeunes étrangers. Nous avons exposé comment fonctionne l’#évaluation, en y infiltrant un journaliste, et essayé de comprendre pourquoi autant de mineurs se retrouvent à la rue dans la capitale.

    https://www.youtube.com/watch?v=49Rn8s3YXk0&feature=youtu.be


    #âge #asile #migrations #réfugiés #France #SDF #sans-abris #MNA #mineurs_non_accompagnés #vidéo

    ping @isskein

  • La rentrée scolaire des oubliés dans le #camion-école de l’#Aset_93

    Si la majorité des enfants ont pu faire leur rentrée scolaire le 2 septembre dernier, tous n’ont pas eu cette chance. En effet, aujourd’hui en France, on estime que près de 100 000 enfants sont encore privés de ce droit à l’éducation. Enfants des bidonvilles, de squats ou des hôtels sociaux, mineurs isolés étrangers ou enfants « du voyage ». Ce sont les oubliés de la rentrée scolaire. Pour lutter contre cette inégalité, des associations tentent de les remettre sur le chemin de l’école. Aset 93 est l’une d’entre elles. Grâce à son camion-école, qui sillonne le département de #Seine-Saint-Denis, elle propose aux enfants déscolarisés une mission temporaire d’enseignement. Lucie Bouteloup a pu assister à leur rentrée. C’était mardi dernier aux portes de Paris.


    https://www.infomigrants.net/fr/post/19769/la-rentree-scolaire-des-oublies-dans-le-camion-ecole-de-l-aset-93

    #déscolarisation #asile #migrations #réfugiés #MNA #mineurs_non_accompagnés #France #école #droit_à_l'école

  • Majeur ou mineur ? D’un département à l’autre, la #roulette_russe pour les jeunes migrants

    Ils étaient pris en charge par l’aide sociale à l’enfance, hébergés et en voie d’intégration. Mais en changeant de département, une formalité en théorie, un nombre croissant de mineurs isolés étrangers ont été réexaminés et déclarés majeurs. Le début d’une fulgurante descente aux enfers.

    Casquette verte, visage juvénile, Lassana* a le regard qui se perd en repensant à la convocation du département des Yvelines, il y a quelques mois : « On m’a dit de venir avec mes bagages, j’ai compris tout de suite que c’était fini. »

    Le Malien, arrivé quelques semaines plus tôt à Paris, y avait été déterminé mineur. Il a ensuite, comme cela arrive pour des milliers de mineurs non accompagnés (MNA), été confié à un autre département pour être pris en charge.

    Une fois dans les Yvelines, Lassana est convoqué à la préfecture pour une réévaluation. Lui jure avoir 16 ans, être passé par l’Espagne. Mais ses empreintes l’identifient comme un majeur contrôlé en Italie.

    Le couperet tombe aussitôt : sa prise en charge s’achève. Il se retrouve à la rue où il dort désormais sous une tente, près des campements de migrants du nord-est parisien.

    Ces réexamens, rarissimes il y a quelques mois encore, explosent ces dernières semaines, concomitamment à l’application progressive depuis fin janvier du décret ouvrant l’utilisation du fichier biométrique. Ce dernier permet, par exemple, aux préfectures de comparer les empreintes avec celles du fichier Visabio des visas et des ressortissants étrangers.

    Si les réévaluations sont légales, elles doivent rester exceptionnelles et se limiter aux cas où « la première évaluation est manifestement insuffisante », rappelle le ministère de la Justice.

    Or, dénoncent associations et défenseurs des droits fondamentaux, nombre de départements exploitent à l’excès cette zone grise pour évincer des MNA d’une prise en charge évaluée à 2 milliards d’euros par an.
    « Complètement fou »

    « Certains départements réexaminent systématiquement, ce qui n’est pas normal », peste Corinne Torre, responsable France chez Médecins sans frontières, qui a ouvert un centre dédié aux MNA en Seine-Saint-Denis.

    Pour elle, ces jeunes se retrouvent dans des « situations kafkaïennes » après des évaluations lors desquelles « on fait tout pour prouver leur majorité ». C’est pourquoi l’ONG propose une assistance juridique qui a permis à 55 % des MNA suivis de retrouver leur minorité après recours devant le juge des enfants. Plusieurs centaines de saisines sont en cours, précise Corinne Torre.

    Le recours au fichier biométrique pose par ailleurs un problème fondamental : « Visabio peut contenir des jeunes vraiment mineurs mais qui se sont déclarés majeurs pour obtenir leur visa » dans le pays d’origine, soupire Dominique Versini, adjointe à la maire de Paris en charge des questions migratoires.

    Paris, comme plusieurs autres départements, a décidé de ne pas appliquer ce décret pour des questions morales, souligne-t-elle. « Certains départements vont contester l’évaluation qui a pourtant été validée par le parquet de Paris. C’est complètement fou. »

    Une situation tellement « ubuesque » que Perrine Goulet, rapporteuse d’une mission d’information sur l’aide sociale à l’enfance, a demandé une nouvelle mission. « Le problème », fulmine la députée LREM de la Nièvre, « c’est qu’on a une évaluation complètement différente d’un département à l’autre. Certains départements ont même mis en place des cellules qui ne s’occupent que des réexamens des MNA ».

    La conséquence, rapporte-t-elle, « c’est une chute des déclarations de minorité ».

    S’il n’existe aucune statistique publique sur les réexamens chez les 41.000 MNA, leur changement de département, lui, dépend d’une « clé de répartition » établie par le ministère de la Justice et fondée principalement sur des critères démographiques. Ainsi, pour l’année 2019, la Creuse doit en accueillir 0,14 %, les Yvelines 2,63 %.
    « Guide de bonnes pratiques »

    C’est justement vers Versailles que Djibril* a été renvoyé le 10 janvier après avoir été reconnu mineur fin 2018 à Tours. Deux semaines après son arrivée dans les Yvelines, le jeune Guinéen se soumet à un test osseux, procédé controversé auquel certains juges ont toujours recours.

    Le verdict tombe le 18 février, alors qu’il regagnait sa chambre : « Le gérant de l’hôtel m’a dit : +Désolé, ta prise en charge est terminée+ », se souvient le Guinéen, qui affirme avoir 16 ans.

    Recueilli par le Secours Catholique, Djibril a saisi le juge et n’a pas connu la rue, mais en a perdu le sommeil : « Ce jour-là j’ai pleuré toute la nuit. Je ne peux pas l’accepter, ça fait partie de mon identité ! ».

    La Direction de la protection judiciaire de la jeunesse reconnaît avoir connaissance des difficultés et affirme que, d’ici la fin de l’année, « un guide de bonnes pratiques » sera publié afin de « réduire les contestations d’évaluations ».

    Pas du goût de l’Assemblée des départements (ADF), qui estime que la gestion des jeunes étrangers « est une mission régalienne » et qu’il revient à l’Etat d’en assumer la charge. « Ce n’est pas le métier des départements de contrôler les papiers » ni d’évaluer la minorité, y affirme-t-on.

    De retour d’une distribution alimentaire, Lassana, dont la mésaventure s’est ébruitée jusqu’au Mali, a reçu un message de sa mère, avant de s’engouffrer dans sa tente : « Reste en France. Ce qu’il y a ici est pire que la galère que tu vis là-bas ».
    *Le prénom a été changé

    https://www.lepoint.fr/societe/majeur-ou-mineur-d-un-departement-a-l-autre-la-roulette-russe-pour-les-jeune
    #âge #arbitraire #enfants #enfance #mineurs #majeurs #inégalités #France #MNA #mineurs_non_accompagnés
    ping @karine4

  • Unaccompanied minors, symbols of a policy of mistreatment

    Young foreign nationals continue to arrive unaccompanied in France and for some, recognition of their minority status can be an arduous process. Médecins Sans Frontières has released a report, Unaccompanied minors: symbols of a policy of mistreatment, based on our experience with vulnerable adolescents at our day centre in Paris. While the full report is available for download in French, the executive summary has been translated into English and is available below.
    Executive summary

    More and more young foreign nationals continue to arrive unaccompanied in France. The majority are from Mali, Guinea, Côte d’Ivoire or Afghanistan. In 2017, the Ministry of Justice’s Unaccompanied Minors Department put their number at 14,908, up from 8,054 the previous year.

    For some adolescents, obtaining recognition of their minority status can be a long and gruelling process. As minors with no family in France, they have to turn to France’s départements to be placed in the care of Child Protection services.

    Increasingly often, Départements refuse to take responsibility for these young people whose minority they dispute, forcing them to sleep rough with access to neither child nor adult reception centres. “Neither nors”, i.e. neither minors nor adults, has become a fitting label for these youngsters.

    Young people can initiate court proceedings to obtain recognition as minors and the protection this status affords them, but the process is lengthy and complex. For the thousands of adolescents finding themselves in this situation, the legal process for securing access to accommodation and health care is a veritable obstacle course.

    In the name of the principle of the best interests of the child, the law requires France to protect such young people and provide them accommodation, health care and education until such time as the process is concluded. However, this is far from the case.

    In December 2017, prompted by the distress and vulnerability of these young people, Médecins Sans Frontières (MSF) opened a programme in north Paris suburb Pantin to offer them a comprehensive range of support services ─ nursing care, mental health support and social and legal assistance. The figures presented in our report are derived from the assistance provided to 787 minors from when the programme first opened on 5 December 2017 to 31 December 2018.

    Unaccompanied and extremely vulnerable minors

    They may have encountered violence in their countries of origin (war, armed conflict, domestic violence), during their journeys (kidnapping, arbitrary detention, torture, traumatising sea crossings, death of a friend or relative), or in the environment young people in distress face when they get to France (forced to sleep rough in inhumane and degrading conditions, psychological trauma caused by the unremitting scepticism they are subjected to when recounting their journeys, to name but a few).

    Eighty-seven per cent of the young people interviewed by the MSF nursing team said they had experienced violence, torture or abuse during their journeys.

    Young people attending minority assessments in France are given no access to medical check-ups, vaccinations or screening services.

    Only those recognised as minors after assessments and placed in the care of Child Protection Services are given access to medical care provided by universal health protection. Young unaccompanied foreign nationals not recognised as minors can only claim State Medical Assistance, which is reserved solely for undocumented adults. Obtaining entitlement of their rights is an uphill struggle for young people who often sleep rough and therefore cannot produce proof of a fixed address.

    Thirty-four per cent of the patients who attended MSF’s mental health unit were suffering from psychotraumatic stress disorders requiring immediate treatment.

    The medical care available to young unaccompanied foreigners is arbitrary and varies from one health facility to the next ─ sometimes they’re treated as minors, and others as adults.

    Fifty-one per cent of the adolescents assisted by MSF were sleeping rough at the time of their first visit to the centre.

    For the most part, legally-recognised organisations, such as socio-medical centres, health centres for people in difficulty and entities that provide addresses, are unable to cope with demand, and their staff do not have the necessary training to be able to assist such a specific, and particularly vulnerable, population. And, when serious illness is diagnosed, obtaining a referral to specialist services can be problematic. The lack of effective coordination of the care pathway can result in a denial of care.
    An inadequate system for protecting unaccompanied minors

    Minority assessments conducted by départements are not standardised at national level and numbers vary substantially from one to another. The requirement to provide unconditional, immediate temporary accommodation for a minimum of five days during the assessment process is often unmet, which condemns vulnerable young people to sleeping on the streets.

    Interviews are often conducted hastily (in the case of 40 per cent of the young people, they lasted less than 30 minutes) and sometimes without the presence of an interpreter. Assessments can be rejected on the grounds that a young person “clearly looks like an adult” (10 per cent of the young people).

    Any at-risk minor can go to court to obtain protection, and in the case of unaccompanied minors, this protection means being placed in the care of Child Protection Services. But for unaccompanied youngsters who understand neither the French language nor the intricacies of the legal system, going to court is a complex process necessitating the assistance of an association.

    It can take a long time, and some young people, who in the interim have neither accommodation nor protection, give up along the way. Additionally, a lack of identity documents can be a barrier to the legal process, with some judges ruling they have no jurisdiction to hear the cases of minors not in the possession of identity documents (11 per cent of rulings).

    Nevertheless, recourse to the courts is essential to protect young people départements refuse ─ wrongly ─ to place in the care of Child Protection Services. In a clear illustration of the shortcomings of the assessment process, 55 per cent of the young people MSF assisted were placed in the care of Child Protection Services, and half of those who applied to the courts benefited from a temporary placement order that enabled them to be provided accommodation while awaiting the court’s decision.

    Identity documents are essential to corroborating the age of unaccompanied minors. However, judges and officers conducting assessments often cast doubt on their authenticity and call on the national fraud agency to analyse them. Its conclusions are not always reliable because of insufficient knowledge of the laws and practices of the countries that issued them.

    https://www.msf.org/unaccompanied-minors-symbols-policy-mistreatment-france-migration
    #rapport #MNA #mineurs_non_accompagnés #Paris #France
    ping @karine4 @isskein

  • France : Des enfants migrants privés de protection
    Human Rights Watch

    Le rapport de 80 pages, intitulé « ‘Ça dépend de leur humeur’ : Traitement des enfants migrants non accompagnés dans les Hautes-#Alpes », montre que les évaluateurs, dont le travail consiste à certifier la minorité d’un enfant, c’est-à-dire qu’il a moins de 18 ans, ne se conforment pas aux normes internationales. Human Rights Watch a constaté que les évaluateurs utilisent diverses justifications pour refuser d’octroyer une protection aux enfants, telles que des erreurs minimes de dates, une réticence à aborder dans le détail des expériences particulièrement traumatisantes, des objectifs de vie jugées irréalistes, ou encore le fait d’avoir travaillé dans le pays d’origine ou au cours du parcours migratoire.



    Vidéo https://www.hrw.org/fr/news/2019/09/05/france-des-enfants-migrants-prives-de-protection
    et rapport https://www.hrw.org/fr/report/2019/09/05/ca-depend-de-leur-humeur/traitement-des-enfants-migrants-non-accompagnes-dans-les
    #mineurs #MNA #frontière #refoulement #France #Italie #âge #réfugiés #asile #migrations #frontière_sud-alpine

    ping @cdb_77 @cede @isskein

    • Hautes-Alpes : HRW pointe des violations des droits des enfants migrants

      L’ONG Human Rights Watch publie ce jeudi 5 septembre un rapport sur la situation des mineurs migrants non accompagnés dans le département des #Hautes-Alpes, à la frontière franco-italienne. Basé sur une enquête auprès d’une soixantaine d’enfants et adolescents, essentiellement originaires de l’Afrique de l’Ouest, ce rapport dénonce de multiples violations aussi bien du droit français que des normes internationales de protection des #droits_des_enfants.

      Ils ont entre 15 et 18 ans. Victimes d’abus dans leurs pays d’origine, ils ont traversé la Méditerranée pour chercher refuge en Europe. Mal accueillis en Italie, ils tentent de passer en France, au risque d’être refoulés par la police aux frontières.

      « D’après ce que les enfants que nous avons interviewé nous ont raconté, quand il y a des renvois, ils sont souvent arbitraires et reposent souvent sur le bon vouloir d’un ou des agents. La conséquence, c’est que de nombreux enfants -pour éviter une interpellation- passent la frontière à travers la montagne dans des conditions extrêmement difficiles », explique Bénédicte Jeannerod de Human Rights Watch (HRW).

      Et quand ils arrivent à passer en France, ils ne sont pas au bout de leurs obstacles. La reconnaissance de la #minorité leur est souvent refusée. « Les procédures, telles qu’elles sont mises en oeuvre dans le département des Hautes-Alpes, sont extrêmement défectueuses, souligne encore Bénédicte Jeannerod. Par exemple, dans son entretien d’évaluation, l’enfant va être accusé de mentir ; ou alors il va donner beaucoup de détails sur son parcours et on va lui dire que c’est un signe de (sa) majorité... Tous les éléments donnés par l’enfant sont retournés contre lui et aboutissent à des rejets de minorité #arbitraire. »

      Human Rights Watch rappelle que la France a l’obligation de protéger tout migrant mineur et de lui assurer l’accès à l’hébergement, à l’éducation et à la santé.

      Les personnes aidant les migrants également ciblées

      HRW dénonce aussi le harcèlement policier à l’encontre des bénévoles humanitaires qui participent aux opérations de recherches et de sauvetages des migrants en montagne. « Ce ne sont pas des associations en particulier, ce sont vraiment les personnes qui mènent ce travail d’assistance et de secours en montagne et qui subissent des contrôles d’identité injustifiés, qui sont poursuivies par la justice ou alors qui vont voir leur véhicule fouillé de manière abusive », poursuit Bénédicte Jeannerod.

      Ce sont des #pratiques_policières qui dissuadent ces opérations qui peuvent être des opérations vitales et qui s’opposent à la dernière décision du Conseil constitutionnel qui considère « qu’une aide apportée à des migrants, même en situation irrégulière, ne peut pas être criminalisée ou sanctionnée tant que cette aide s’effectue dans un objectif humanitaire et qu’elle ne bénéficie pas de contrepartie. »

      Le Conseil constitutionnel a consacré l’an passé la valeur constitutionnelle du « principe de fraternité » en réponse précisément à une requête de plusieurs associations et particuliers dont Cédric Herrou, un agriculteur devenu le symbole de la défense des migrants de la vallée de la Roya (Alpes Maritimes), l’un des principaux points de passage des migrants arrivés en Europe par l’Italie.

      https://www.infomigrants.net/fr/post/19312/hautes-alpes-hrw-pointe-des-violations-des-droits-des-enfants-migrants

      https://www.youtube.com/watch?v=lVQjCoUTzPs


      #frontières #enfants #enfance #PAF #solidarité #délit_de_solidarité #maraudes_solidaires

      Le rapport en pdf:
      https://www.hrw.org/sites/default/files/report_pdf/france0919fr_web.pdf

    • Les militants promigrants dans les Hautes-Alpes harcelés par la police, selon HRW

      Contrôles d’identité, contraventions pour un prétexte fallacieux… Human Rights Watch déplore, dans un rapport, les manœuvres des forces de l’ordre pour « entraver les activités humanitaires ».

      « #Harcèlement » et « #intimidation », tels sont les outils de la police française pour « entraver les activités humanitaires » des militants venant en aide aux migrants à la frontière franco-italienne, affirme, dans un rapport publié jeudi 5 septembre, l’organisation non gouvernementale (ONG) Human Rights Watch (HRW).

      La publication, qui intervient une semaine après la condamnation de trois dirigeants de l’organisation d’extrême droite Génération identitaire pour une opération menée dans cette même région en 2018, documente également les refoulements de « mineurs non accompagnés » vers l’Italie.

      Lors de leurs maraudes, les bénévoles et militants associatifs sont régulièrement ciblés par des contrôles d’identité « abusifs », souligne le rapport, qui se focalise sur la situation dans les Hautes-Alpes.

      « Dans de nombreux cas, la police semble recourir à ces procédures de façon sélective, à des fins d’intimidation et de harcèlement ou pour entraver les activités humanitaires », poursuit l’ONG de défense des droits humains qui réclame une enquête sur ces pratiques. L’objectif, « c’est de leur mettre des bâtons dans les roues » et de « gêner leurs actions », résume pour l’Agence France-Presse (AFP) Bénédicte Jeannerod, directrice France chez HRW.
      « Le délit de solidarité continue d’être utilisé »

      « Systématiquement, lorsqu’on part en maraude à Montgenèvre [commune limitrophe de l’Italie], il y a des contrôles (…), souvent plusieurs fois dans la soirée », raconte un bénévole cité dans le rapport, qui porte sur une enquête menée entre janvier et juillet 2019.

      Contraventions pour un balai d’essuie-glace défectueux, une absence d’autocollant signalant des pneus cloutés… « Le délit de solidarité continue d’être utilisé », déplore Mme Jeannerod.

      Même si le pic de la crise migratoire est passé, en matière de flux, « la pression sur les militants continue de s’accentuer », confirme Laure Palun, codirectrice de l’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé), qui a publié en début d’année un rapport sur la situation à la frontière franco-italienne.

      Légalement, l’aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irréguliers en France est passible d’une peine maximale de cinq ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. En juillet 2018, le Conseil constitutionnel a jugé qu’un acte « humanitaire » ne pouvait pas faire l’objet de sanctions, sauf s’il est effectué dans le cadre d’une aide à l’entrée sur le territoire.

      Malgré cette décision, des poursuites continuent d’être engagées contre des personnes soutenant des migrants, déplore encore Human Rights Watch.

      https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/09/05/les-militants-pro-migrants-dans-les-hautes-alpes-harceles-par-la-police-selo
      #mineurs_non_accompagnés

  • Opinion | Fermer l’Etoile ? Pour le remplacer par quoi ?
    https://asile.ch/2019/09/03/opinion-fermer-letoile-pour-le-remplacer-par-quoi

    « L’idéal consisterait à éviter une trop grande concentration de jeunes dans un même lieu et de privilégier des plus petits foyers pouvant accueillir au maximum 40-50 jeunes », expliquait en mars 2017 déjà le Conseil d’État genevois dans le cadre du 3e rapport d’une « Task force » interdépartementale sur l’accueil des RMNA à Genève. Très critique sur […]

  • À #Grenoble, le quotidien de Moussa, mineur non accompagné

    Ils s’appellent Aliou, Mohammed, Moussa, Ahmed, Fodé… À Grenoble, ils sont plus de 2 000 jeunes, d’origine africaine, à se déclarer mineurs et isolés, mais tous ne sont pas reconnus comme tels par le Département.

    Ces “MNA” (“mineurs non accompagnés”) affrontent le #quotidien sans promesse d’avenir, accompagnés par le tissu associatif grenoblois.

    Sans celui-ci, ils seraient encore plus nombreux à la rue, privés de soins et de nourriture. Nous avons suivi le quotidien d’un de ces jeunes, désemparé par tant de difficultés, mais guidé par son désir d’être scolarisé.

    15 février 2019 - La rencontre

    14h10 : Moussa est assis, les bras enlacés, la tête reposant contre le mur. Emmitouflé dans son anorak rouge des jours de pluie, le jeune homme a le regard perdu. Parfois il s’échappe complètement. Mais il répond, avec un grand sourire, à tous les “bonjour” lancés par les bénévoles, au premier étage des locaux du Secours Catholique à Grenoble.

    Son regard croise le mien – assise sur la table d’en face –, sans sourire. Repart et puis revient. Un sourire. J’engage le dialogue : « Ça va, aujourd’hui ? – Ça va. Mais j’ai la migraine. » Moussa semble connaître tout le monde. Il serre des mains, échange des salutations dans une autre langue avec de jeunes hommes originaires d’Afrique. Il reste assis pendant que d’autres s’agitent, se servent du thé et du café ; c’est le rituel de la permanence de l’association le vendredi après-midi.

    « Tu viens souvent ici ? – Depuis environ deux mois. » Depuis le 26 décembre 2018, très exactement. J’apprends qu’il est guinéen. Contrairement à beaucoup d’autres jeunes venus chercher un logement pour le soir même avec l’aide des bénévoles, Moussa aspire surtout à prendre un moment de calme, dans ce lieu où il a des repères.

    Il fait partie des “chanceux” à disposer d’un point de chute pour plusieurs semaines : un gymnase a été ouvert pour la trêve hivernale quelques jours plus tôt, à Échirolles, grande agglomération de la banlieue grenobloise. La rencontre est brève, Moussa n’est décidément pas bien aujourd’hui. Je souhaite le revoir. « On s’appelle, je te donne mon numéro », conclut-il, mettant fin à la conversation.

    Quelques jours plus tard, nous nous retrouvons dans la rue Sergent-Bobillot, où est situé le Secours Catholique. Je rencontre Moussa tel que je le verrai souvent par la suite : souriant, l’air malicieux, les mains dans les poches, l’allure vigoureuse du haut de son 1m90.

    Il explique qu’il marche beaucoup dans la ville. « Je suis même allé là, tu vois ? » Le bras tendu, il désigne la Bastille, lieu touristique par excellence de la capitale des Alpes, qui domine la ville. « J’y suis allé à pied, pas dans les bulles, ça fait trop peur !

    À Grenoble, ils sont nombreux, comme lui, à tuer le temps. L’expression "MNA", mineur non accompagné, a remplacé en mars 2016 celle de “mineur isolé étranger”, sous l’impulsion du garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas, afin d’être en adéquation avec la directive européenne qui met l’accent sur la protection de l’enfance plutôt que sur le pays d’origine. En effet, les mineurs étrangers ne sont pas soumis aux règles de séjour des étrangers mais relèvent de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), qui est une compétence départementale. Dans l’Isère, le nombre de jeunes se déclarant mineurs et isolés s’élèverait à 2 200 fin 2018, un chiffre multiplié par dix en trois ans. « L’Isère est un département très, très impacté. C’est le plus touché de la région Auvergne-Rhône-Alpes avec la métropole de Lyon. Il se situe juste après le Grand Paris », précise Sandrine Martin-Grand, vice-présidente du conseil départemental en charge des affaires familiales et de la protection de l’enfance. Les raisons en sont difficiles à cerner : elles sont géographiques, liées à des réseaux de passeurs ou aux différentes communautés qui s’y rejoignent… 93 % des MNA arrivant à Grenoble sont originaires d’Afrique, dont 82 % de Guinée, du Mali et de Côte d’Ivoire (la moyenne nationale étant établie à 71 % de MNA originaires d’Afrique).

    18 février 2019 – Raconter son parcours

    Un écouteur dans l’oreille, Moussa est en grande discussion. Nous nous sommes donné rendez-vous à la gare de Grenoble. Dans le hall, il a trouvé du wifi pour appeler son cousin, à New York. Ce dernier a également quitté la Guinée, il y a quelques années. À la gare, les voyageurs peuvent croiser des jeunes en petits groupes.

    Plus pour longtemps. « Hier, la police nous a demandé de sortir du hall, on n’a plus le droit de rester si on n’a pas de ticket de transport », annonce Moussa. Dans le hall, une inscription fraîche sur le sol interdit en effet désormais de s’asseoir sur les sièges “sans titre de transport”.

    Le regard du jeune homme se perd à nouveau, son visage si souriant d’ordinaire s’assombrit : « J’ai dormi deux nuits ici à mon arrivée à Grenoble », confie-t-il. Puis sans prévenir, à l’entrée de la gare, au milieu de la foule, Moussa se livre : « Je ne regrette pas d’être venu, mais c’est trop de soucis. Chaque jour, tu t’inquiètes d’où tu vas dormir, tu cherches de quoi manger. C’est ça, la France ? Je suis venu ici en pensant que je pourrais aller à l’école. »

    Chaque jour, tu t’inquiètes d’où tu vas dormir, tu cherches de quoi manger. C’est ça, la France ?

    Lorsque nous nous retrouvons, nous marchons. Et Moussa me raconte des bribes de sa vie. Il a quitté la Guinée début 2018 ; il dit avoir 16 ans et 10 mois. Son périple l’a conduit au Maroc où il a vécu « plusieurs mois d’enfer » dont il ne veut jamais parler.

    Il y reste jusqu’au jour où un passeur l’avertit qu’il partira pour l’Espagne dans la nuit : « On est monté sur un Zodiac à 1 heure du matin. On était tellement nombreux. À 7 heures, on a eu des difficultés, le moteur était gâté. J’ai cru qu’on allait mourir, j’ai toujours eu très peur de la mer. Je ne l’avais jamais touchée pour de vrai et là, on était coincé en plein milieu de la mer Méditerranée. »

    Les mots s’entrechoquent avec le son de la vidéo qu’il a enregistrée avec son téléphone à l’arrivée des secours espagnols : « Ça me fait pleurer de revoir ça. Quand je pense à la souffrance que j’ai vécue pour me retrouver aujourd’hui comme ça, forcément ça me fait pleurer. »

    “Comme ça”, c’est-à-dire sans visibilité d’avenir, errant. Après l’Espagne en novembre 2018, puis Bayonne, Bordeaux, il arrive à Grenoble le 26 décembre. « Au hasard, j’ai pris le premier train qui partait à la gare de Bordeaux. » Le jeune homme donne ces détails sans hésiter ; cette histoire, il l’a déjà racontée à beaucoup d’inconnus, évaluateurs, bénévoles…

    Il passe ses deux premières nuits à la gare et le 28 décembre, un homme s’arrête devant lui pour l’emmener à la Cité administrative, où se trouve la Direction départementale de la cohésion sociale de l’Isère, de l’autre côté de la ville : « C’était un bénévole d’une association, il m’a dit que j’allais être évalué, et je ne savais pas ce que ça voulait dire. »

    Pile ou face : l’évaluation de la #minorité

    L’évaluation de la minorité est un passage obligé pour les mineurs non accompagnés. Depuis le 15 octobre 2018, à Grenoble, cette tâche revient à six évaluateurs embauchés par le Département. Ils doivent déterminer six points majeurs : l’état civil du jeune, ses conditions de vie dans le pays d’origine, la composition de sa famille, les motifs de son départ, son parcours migratoire, ses conditions de vie en France et enfin, ses projets sur le territoire.

    Si la minorité est confirmée, le jeune est placé en foyer ou en famille d’accueil et orienté vers un parcours scolaire jusqu’à sa majorité. Ceux qui ne sont pas “confirmés mineurs” peuvent engager un recours devant le juge des enfants et ne font l’objet d’aucune prise en charge de la part du Département .

    30 % des jeunes évalués sont reconnus mineurs par le Département, et les autres, les 70 % restants, sont remis à la rue le soir même.

    C’est le cas de Moussa. Le 28 décembre 2018, il était reçu à la Cité administrative pour être évalué : « J’étais épuisé par le voyage et les nuits dehors, se souvient-il. Une femme m’a posé plein de questions, sans que je comprenne pourquoi ! C’était comme un interrogatoire de police. » Le jour même, dans l’après-midi, il se voit remettre un papier qui stipule qu’il n’est pas confirmé mineur. Le jeune homme certifie pourtant être né le 30 avril 2002. « On m’a dit : tu n’as pas l’âge que tu prétends. Je n’ai rien compris. »

    Si un arrêté du 17 novembre 2016 fixe une “trame” à suivre pour les évaluateurs afin de mener l’entretien, la procédure est critiquée par les associations grenobloises (il en est de même au niveau national). « Le constat est que 30 % des jeunes [évalués] sont reconnus mineurs par le Département, et les autres, les 70 % restants, sont remis à la rue le soir même », témoigne Stéphane Dezalay, coresponsable du groupe local de la Cimade. Malgré la “trame” officielle, les procédures d’évaluation varient selon le département ; le taux de reconnaissance oscille ainsi entre 9 % et 100 %. « Ces chiffres sont la preuve que chaque pratique d’évaluation diffère d’un département à un autre ; certains utilisent des critères très stricts et vont refuser plus de jeunes, de manière arbitraire », constate Angélique Giannini, coordinatrice de l’association Médecins du monde qui reçoit beaucoup de jeunes.

    « Quand je suis sorti de mon entretien, des bénévoles m’ont emmené directement au Secours Catholique. Depuis, je suis entre ses mains pour survivre, tous les jours… », murmure Moussa avec reconnaissance, un jour où nous prenons une pause sur un banc public.

    À Grenoble, plusieurs associations assurent donc le quotidien de plusieurs centaines de jeunes sur le territoire : la Cimade, le Secours Catholique, Médecins du monde et des associations locales comme Migrants en Isère, l’Amicale du Nid (pour la prévention de la prostitution), 3Amies (pour la scolarisation), l’Arepi (pour le logement)...

    Marie-Noël est depuis plus de vingt ans travailleuse sociale et animatrice au Secours Catholique. C’est elle notamment qui, tous les vendredis après-midi, aide les jeunes à trouver un logement pour la nuit : « Le vendredi soir, c’est la galère car certains foyers ferment le week-end. On doit donc leur trouver une solution pour trois nuits, alors on appelle le 115. Sinon, on fait jouer notre réseau de familles d’accueil aux alentours de Grenoble. »

    UN DÉNI DE PROTECTION
    Depuis 2016, des enjeux politiques et un climat de suspicion croissant se font jour envers les mineurs étrangers sollicitant une protection, ce qui aboutit à une dégradation de la prise en charge de ces jeunes.
    Ces dernières années, les équipes locales du Secours Catholique constatent une défaillance croissante des départements, responsables de l’Aide sociale à l’enfance, qui montrent des réticences à remplir leur mission de protection et d’accompagnement des mineurs non accompagnés (MNA). Dans un contexte de bras de fer entre le gouvernement et les conseils départementaux sur les questions budgétaires, les jeunes étrangers sont un moyen de pression politique, déplore Franck Ozouf, en charge du sujet au Secours Catholique. « Pour ne pas assumer pleinement leur prise en charge, les départements affirment que ce sont des migrants avant d’être des enfants, et que ce n’est donc pas du ressort de la politique de l’enfance mais de la politique migratoire gérée, elle, par l’État. »
    L’obligation d’accueil provisoire d’urgence, impliquant une prise en charge matérielle, éducative et sanitaire du jeune le temps que sa situation (minorité, dangerosité de son environnement) soit évaluée, est de moins en moins respectée. Dans certains départements, comme l’Isère, cette mise à l’abri provisoire n’existe plus ; dans d’autres, elle est réduite au strict minimum sous la forme d’un hébergement précaire.
    Lorsque le jeune est reconnu mineur, il arrive que des conseils départementaux, à l’instar de celui des Bouches-du-Rhône, refusent d’exécuter la prise en charge demandée par le juge des enfants. Enfin, de plus en plus de départements créent des dispositifs dérogatoires pour les MNA, sortant ces derniers du droit commun de la protection de l’enfance au profit d’une prise en charge au rabais. Pour le Secours Catholique, il faut cesser de considérer ces jeunes comme des “migrants à contrôler”, mais réaffirmer leur nécessaire protection au titre des droits de l’enfant afin d’assurer un accueil et une prise en charge adaptés à leur situation de vulnérabilité.

    25 février 2019 : Enfin l’école !

    Moussa est en retard. Il arrive en trombe sur un vélo, son grand sourire aux lèvres. « Bonjour Moussa et bienvenue ! » Régine ne lui tient pas rigueur de son retard et fait avec lui le tour du propriétaire : un étage d’immeuble aménagé en salles de classe dans le quartier Saint-Bruno, quartier populaire de Grenoble.

    Elle est la directrice de l’association 3Amies, créée il y a presque deux ans pour offrir un accompagnement scolaire aux mineurs non accompagnés ayant introduit un recours. Moussa et Régine s’installent dans le bureau de celle-ci.

    Le jeune Guinéen lui raconte son périple. Régine apprend qu’il a quitté l’école il y a plusieurs années, mais estime que son niveau de français est très bon. « Tu as un niveau de sixième par rapport au programme français, mais peut-être as-tu beaucoup plus de connaissances, tu as appris plein d’autres choses ailleurs ! » déclare-t-elle.

    La directrice lui explique le projet de 3Amies : “Accueil, aide et accompagnement”. Moussa ne semble pas tout comprendre mais il est de bonne volonté. Après une heure d’entretien, le jeune homme repart avec un rendez-vous pour le lundi suivant, afin de passer une petite évaluation de niveau, à l’issue de laquelle il sera intégré à un groupe pour aller en cours tous les jours.

    Il remonte sur son vélo, comme grandi : « Je suis trop content. M’éduquer, c’est mon seul objectif, pour parler et écrire très bien. J’ai encore du chemin à faire. » Il pourra rester dans le dispositif jusqu’à la décision de justice.

    « Courage, mon frère. » Moussa pose la main sur l’épaule de Fodé. Derrière lui, l’hôtel de police où son ami guinéen a rendez-vous à 14 heures. Passage obligé où la Police de l’air et des frontières (PAF) vérifie les papiers d’identité de chaque MNA, ce service est le seul habilité à authentifier l’extrait de naissance lorsqu’il y en a un, une pièce utile ensuite pour le juge des enfants. Les jeunes sont normalement convoqués une fois, la PAF devant contrôler les papiers qu’ils possèdent et faire une prise d’empreintes. « Vas-y et je t’attends là », dit Moussa à Fodé.

    Depuis quelques semaines, tous deux sont inséparables. Ils s’épaulent au quotidien. « Fodé m’a accompagné dans mes démarches, à mon arrivée au Secours Catholique. Tous les jeunes ne font pas ça, il y a beaucoup de méfiance. Alors, après, on ne s’est plus quittés, relate Moussa. Dans la vie, il faut marcher avec quelqu’un avec qui vous vous comprenez. » Peut-être parce qu’ils viennent tous deux de Guinée forestière, qu’ils ont connu le Maroc, le Zodiac, l’arrivée difficile en France.

    J’ai laissé ma vie à Dieu, en fait, depuis que je suis ici. Que faire d’autre ?

    Moussa s’assoit sur un banc. Le chant des oiseaux et la chaleur du printemps naissant n’apportent pas de répit au jeune homme. Il souffle, fort, et s’assombrit en regardant des photos sur son smartphone, qu’il sort rarement. Sur le fond d’écran : « Ma maman, que j’ai perdue », soupire-t-il. Au bout de quelques secondes, il lâche : « Voilà, ça fait un an que je n’ai pas vu ma famille, je ne donne pas de nouvelles. Je n’y pense pas, quand tu as faim tu ne penses à rien d’autre. » Moussa invoque Dieu. « J’ai laissé ma vie à Dieu, en fait, depuis que je suis ici. Que faire d’autre ? »

    eux semaines plus tard, Fodé sera fixé sur son sort, convoqué devant le juge pour enfant. « Depuis mon arrivée, le 13 octobre (2018), j’attends ce moment », dit-il. Moussa observe que lui va devoir encore attendre longtemps, car il est arrivé deux mois après Fodé.

    Ce dernier ne se réjouit pas pour autant : « Je ne comprends même plus ce que je fais ici. Je n’ose pas appeler ma maman pour lui raconter ce que je vis ici. » À demi-mot, on comprend que sa présence ici est un choix familial qu’il ne peut pas décevoir…
    « invisibles »

    En marchant, les deux jeunes hommes devisent. Moussa fait référence à la difficulté d’être Africain en France. Il tente de comprendre ce qu’est le racisme et rit d’anecdotes sur ces Français qui se retournent sur leur passage dans les rues. « Même si les gens nous remarquent, on reste invisibles pour eux ».

    Fodé propose d’aller à la bibliothèque, pour se changer les idées. Ils repartiront avec le “Discours sur le colonialisme” d’Aimé Césaire, “De la traite et de l’esclavage des Noirs” d’Abbé Henri Grégoire, et “La fin des colonies françaises » de Bernard Droz...

    1er avril 2019 : Retour à la case départ ?

    Lundi, 7 heures du matin. La fin de la trêve hivernale sonne. Les résidents du gymnase Pablo-Picasso, dont Moussa, sont priés de quitter les lieux immédiatement par des vigiles et policiers municipaux de la ville d’Échirolles.

    Le gymnase est fermé à clef rapidement, malgré la promesse de l’élue à l’action sociale que le lieu serait ouvert durant une semaine supplémentaire. Des militants du droit au logement sont présents, outrés par l’action plutôt brutale. « On m’avait prévenu que ça risquait de se passer comme ça », observe Moussa. « Je suis parti vite, avec mes affaires. »

    Sur les 40 personnes, 15 se retrouveront à la rue dans les jours qui suivront. De retour à Grenoble, Moussa est redirigé le jour même vers un foyer situé à 10 km du centre-ville de Grenoble, épaulé par le Secours Catholique. Cinq jours de répit mais beaucoup de transports : « Je dois prendre deux bus et beaucoup marcher, c’est dans la montagne ! » Sur les flancs du massif de la Chartreuse, exactement.

    Tandis que le périple continue pour Moussa, Fodé reçoit une bonne nouvelle. Trois jours plus tôt, il a été confirmé mineur par le juge des enfants. Il sera bientôt scolarisé dans un lycée professionnel grenoblois. Beaucoup de changements, mais toujours cette amitié : « Malgré les choses qui changent, Moussa et moi on se voit tous les jours », dit-il. Et cela va de soi. Ils font route ensemble, maintenant.

    https://www.secours-catholique.org/actualites/a-grenoble-le-quotidien-de-moussa-mineur-non-accompagne
    #MNA #mineurs_non_accompagnés #asile #migrations #réfugiés #âge #école #scolarisation #France #témoignage

  • Témoignage | “Depuis que nous ne sommes plus à l’Étoile, ça va mieux psychologiquement”
    https://asile.ch/2019/08/12/temoignage-depuis-que-nous-ne-sommes-plus-a-letoile-ca-va-mieux-psychologiquem

    Le 29 mars 2019, un jeune homme de 18 ans, Ali Reza, originaire d’Afghanistan, se suicidait au foyer de l’Étoile, à Genève. Une mort qui a suscité une grande vague d’émotion, tant au sein de la communauté afghane qu’auprès de toutes celles et tous ceux qui accompagnent les requérants mineurs non accompagnés (RMNA) et jeunes […]

  • EASO | La situation de l’asile dans l’UE en 2018
    https://asile.ch/2019/06/25/easo-la-situation-de-lasile-dans-lue-en-2018

    Le rapport annuel de l’EASO sur la situation en matière d’asile dans l’Union européenne en 2018 offre une vue d’ensemble complète des évolutions dans le domaine de la protection internationale à l’échelle européenne et au niveau des régimes d’asile nationaux. À partir d’un large éventail de sources, le rapport examine les principales tendances statistiques et […]

  • European Court Condemns Greece’s Migrant Kid Lockups

    Fresh Ruling Calls for End to Harmful Detention of Lone Migrant Children.
    This week, the European Court of Human Rights ruled for the second time in four months against Greece’s abusive practice of locking up unaccompanied migrant and asylum-seeking children in police cells under the so-called “protective custody” regime.

    The problem seems to be getting worse. As of May 31, 123 unaccompanied children were still detained in police station cells or immigrant detention centers across the country. That’s 43 more kids than were being detained at the end of March, just as the court first ruled against the practice.

    Human Rights Watch has found that detained children are forced to live in unsanitary conditions, often alongside adults they do not know, and can be abused and ill-treated by police. Detention can also have serious long-term impacts, including anxiety, depression, post-traumatic stress disorder, memory loss, and harm to children’s development.

    To make things worse, because they are in detention, these kids – who may have suffered horrific experiences while escaping from war zones – are often unable to receive medical treatment, psychological counselling, or legal aid. Few even know why they’re detained or how long they will be behind bars.

    The latest ruling concerns five unaccompanied children from Afghanistan, aged between 14 and 17, who first applied to the European Court in 2016. The court ruled that the detention in police stations of three of the children violated their right to liberty, and that conditions there exposed them to degrading treatment. The court also held that the authorities had not done all that could reasonably be expected of them to provide for and protect four of the children, who had lived for a month in the makeshift Idomeni refugee camp in an environment unsuitable for adolescents.

    The Greek government should respond to the ruling by immediately transferring all kids now in police custody to open and safe accommodation. Greece should also work to increase its shelter capacity, find alternatives to detention, and implement a comprehensive foster family system introduced in 2018, which would also benefit Greek children.

    Unaccompanied kids in Greece should not have to spend another day locked up in filthy police cells.


    https://www.hrw.org/news/2019/06/15/european-court-condemns-greeces-migrant-kid-lockups

    #CEDH #condamnation #Grèce #enfants #enfance #réfugiés #migrations #asile #rétention #détention_administrative #MNA #mineurs_non_accompagnés

  • Attention, erreur : 1600 et non 16’000 (v. plus bas !)

    16,000 children missing from Dutch asylum shelters : report

    Over 16 thousand children disappeared from asylum centers in the Netherlands over the past 4.5 years, NRC reports based on figures from the central agency for the reception of asylum seekers #COA and #Nidos, the organization that has custody of all unaccompanied foreign minors in the Netherlands. These kids left the asylum centers and their current whereabouts are unknown, the newspaper writes.

    According to the two organizations, some of the missing children left to join family or friends in Germany, Belgium or France. But there are also signals that missing child asylum seekers end up in situations where they are exploited. Nidos and the COA told NRC that it is “always worrying” when a child disappears from a shelter. “Every child is one too many”, Nidos director Tim Verstegen said to the newspaper.

    The largest group of missing child asylum seekers come from Morocco, 325, followed by 190 children from Algeria, 167 from Afghanistan, and 114 each from Syria and Eritrea. The first three countries are considered “safe”, which means that asylum seekers from there stand little chance of getting refugee status in the Netherlands. But asylum seekers from Syria and Eritrea are almost always given a residency permit.

    The group of children who disappear from the asylum process is likely even larger, according to NRC. The foreigners police in Rotterdam regularly find foreign minors, who are put on a taxi and sent to the reception center in Ter Apel to start their asylum procedure. But not all children actually report to the reception center, a police officer said to the newspaper. They are dropped off at the center’s door, but don’t go inside or leave again a few hours later, before being assigned a guardian.

    Earlier this year the National Rapporteur on Human Trafficking Herman Bolhaar called on the government to do more to find and protect children who disappear from asylum centers: https://nltimes.nl/2019/04/01/dutch-govt-must-protect-disappearing-child-asylum-seekers-national-rapporteu.


    https://nltimes.nl/2019/06/03/16000-children-missing-dutch-asylum-shelters-report
    #disparitions #mineurs #MNA #asile #migrations #réfugiés #mineurs_non_accompagnés #Pays-Bas #statistiques #chiffres #mineurs #enfants #enfance

    • 1.600 asielkinderen verdwenen uit de opvang

      Cijfers van COA en voogdij-organisatie Onduidelijk is waar de weggelopen asielkinderen zijn. Vooral Marokkaanse en Eritrese kinderen blijken kwetsbaar.

      Er zijn de afgelopen 4,5 jaar ruim 1.600 asielkinderen weggelopen uit opvanglocaties. De kinderen zijn „met onbekende bestemming” vertrokken en het is niet duidelijk waar ze nu verblijven. Dit blijkt uit cijfers die NRC opvroeg bij Centraal Orgaan opvang Asielzoekers (COA) en Nidos, die de voogdij heeft over alle alleenstaande minderjarige vreemdelingen in Nederland. De aantallen zijn hoger dan tot nu toe bekend, doordat de cijfers van Nidos eerder niet zijn meegerekend.

      NRC is onderdeel van het internationale journalistencollectief ‘Lost in Europe’ dat onderzoek doet naar weggelopen asielkinderen.
      Lees ook: Zorgen om verdwijnen van minderjarige asielzoekers

      Minderjarige asielzoekers die zonder ouders of volwassene naar Nederland komen krijgen een voogd toegewezen. Afhankelijk van de kans op een verblijfsvergunning worden ze ondergebracht bij COA (weinig uitzicht op een asielvergunning) en Nidos (kinderen die hier mogen blijven of in kleinschaligere woonvormen terechtkomen). Een fractie van de jonge asielzoekers komt in de beschermde opvang terecht, een plek voor (mogelijke) slachtoffers van uitbuiting, waar de kinderen extra intensieve begeleiding krijgen. Een deel van de kinderen vertrekt, volgens de organisaties, naar familie en vrienden in Duitsland, België of Frankrijk. Maar er zijn ook signalen dat ze in een uitbuitingssituatie belanden.

      Een substantieel deel van de weggelopen kinderen komt uit Marokko (325), Algerije (190), Afghanistan (167), Syrië (114) en Eritrea (114). Kinderen uit de eerste drie landen maken amper kans op een verblijfsvergunning, Eritrese en Syrische jongeren juist wel. Volgens Nidos en COA is het „altijd zorgelijk” als minderjarige kinderen uit de opvang weglopen. Tin Verstegen, directeur Nidos: „Ieder kind is er één te veel”.

      De groep kinderen die verdwijnt is vermoedelijk nog groter. De vreemdelingenpolitie Rotterdam treft regelmatig minderjarige vreemdelingen aan. De kinderen worden op de taxi naar het opvangcentrum in Ter Apel gezet, waar ze de asielprocedure starten. Maar niet alle kinderen melden zich bij de opvanglocatie in het noorden. Ze worden netjes afgeleverd voor de poort, zegt een agent, maar gaan niet naar binnen of verdwijnen na een half nachtje in de opvang, voor er contact is geweest met de voogd.
      Hoppen van opvang naar opvang

      In 2013 wezen politie, Immigratie en Naturalisatie Dienst, Nidos en COA al op problemen met Marokkaanse kinderen die van opvang naar opvang hoppen kriskras door Europa, zo blijkt uit interne mailwisselingen ingezien door NRC.
      Ook Vietnamese kinderen zijn kwetsbaar en verdwijnen uit de beschermde opvang

      In de opvang zijn ze moeilijk te handhaven en brutaal, maar soms ook verslaafd aan kalmeringsmiddel Clonazepam.

      Volgens hulpverleners van Nidos worden sommige Marokkaanse jongeren door criminelen opgehaald uit het asielzoekerscentrum om te stelen in opdracht. Zo zijn bij verschillende jongeren boodschappenlijstjes aangetroffen met daarop kleding en parfum die ze moesten stelen.

      Bij Nidos loopt momenteel een pilot dat moet voorkomen dat de Marokkaanse kinderen weglopen door te werken aan toekomstperspectief.

      61 minderjarige Eritreeërs zijn tussen 2013 en 2017 slachtoffer geworden van mensenhandel, blijkt uit de Slachtoffermonitor van eind 2018. En onderzoek van Conny Rijken , hoogleraar mensenhandel en globalisering aan de universiteit van Tilburg, wees uit dat hulpverleners schaars geklede meisjes het azc zien verlaten en moe en teruggetrokken terugkomen. De meiden bleken bovendien ineens in het bezit van een nieuwe Iphone, die ze van hun toelage niet konden betalen, en wilden altijd bereikbaar zijn. Het vermoeden: gedwongen seks.

      Hester van Bruggen, namens het Openbaar Ministerie gestationeerd in Rome om beter zicht te krijgen op internationale mensenhandel en -smokkel, zei begin mei over de Eritrese slachtoffertjes: „We missen hier echt iets verschrikkelijks.”

      https://www.nrc.nl/nieuws/2019/06/02/1600-asielkinderen-verdwenen-uit-de-opvang-a3962369

    • NRC : 1600 asielkinderen verdwenen uit opvang

      Uit opvanglocaties zijn de afgelopen 4,5 jaar ruim 1600 asielkinderen weggelopen. Van die kinderen is niet duidelijk waar ze nu verblijven. Dat blijkt uit cijfers die NRC heeft opgevraagd bij het Centraal Orgaan opvang Asielzoekers (COA) en Nidos, de organisatie die de voogdij heeft over alle alleenstaande minderjarige vreemdelingen in Nederland.

      Een deel van de kinderen vertrekt, volgens de organisaties, naar familie en vrienden in Duitsland, België of Frankrijk. Maar er zijn ook signalen dat ze in een uitbuitingssituatie belanden. Veel van de weggelopen kinderen komen uit Marokko, Algerije en Afghanistan.
      Aantallen hoger

      Kinderen uit die landen maken weinig kans op een verblijfsvergunning. Maar er verdwijnen ook veel Syrische en Eritrese kinderen die juist wel kans op een vergunning maken. Nidos-directeur Verstegen noemt in NRC ieder weggelopen kind er één te veel.

      Volgens de krant zijn de aantallen hoger dan tot nu toe bekend was, doordat de cijfers van Nidos eerder niet zijn meegerekend. Alleenstaande minderjarige asielzoekers die weinig kans hebben om hier te blijven, gaan meestal naar een asielzoekerscentrum van het COA. Kinderen die hier mogen blijven worden via Nidos geplaatst bij kleinschalige woonvormen.
      Geen idee waar ze terechtkomen

      Het is niet altijd duidelijk waarom kinderen weglopen. Jongeren van 18 lopen het risico dat ze worden vastgezet om te worden uitgezet naar hun land van herkomst, zegt jurist Martine Goeman van Defence for Children in het NOS Radio 1 Journaal. „We hebben geen idee waar ze dan terechtkomen.” Het gaat ook om landen als Afghanistan waar oorlog is.

      Tot ze 18 worden hebben jongeren recht op opvang, ongeacht de uitkomst van hun asielprocedure. Daarna geldt voor hen dezelfde procedure als voor volwassen asielzoekers.

      „Dat ze ’wel bij familie zullen zijn’ wordt ook al jaren tegen Unicef en Defence for Children gezegd, maar dat weten we gewoonweg niet. Helaas horen we vaak, bijvoorbeeld via de media, dat het niet goed gaat met deze kinderen en dat ze in uitbuitingssituaties terechtkomen.” Ook deze kinderen hebben volgens Goeman het recht om beschermd te worden.
      Europees probleem

      „Ons huidige systeem is daar ook debet aan, omdat we hen niet in goede opvang plaatsen, vaak liefdeloze opvang waar deze kinderen verblijven tot hun achttiende en dan verdwijnen ze uit angst of omdat ze geen toekomstperspectief zien in Nederland.”

      Het is niet alleen een Nederlands probleem. Europol schatte eerder al dat het om zo’n 10.000 kinderen gaat in Europa. Veel kinderen zijn niet geregistreerd. „In sommige landen, zoals Griekenland, krijgen de kinderen helemaal geen opvang. We moeten echt over de grenzen gaan kijken en niet denken dat ze wel in Zweden of Duitsland zullen zitten en dat het dan ons probleem niet meer is. We moeten hen niet alleen proberen te vinden, maar ook de opvang en bescherming geven die ze verdienen. Anders lopen ze weer weg, omdat ze geen andere mogelijkheid zien,” waarschuwt Goeman.

      https://nos.nl/artikel/2287380-nrc-1600-asielkinderen-verdwenen-uit-opvang.html

  • A Tanger, avec ces mineurs qui risquent leur peau pour l’Europe
    https://www.mediapart.fr/journal/international/130519/tanger-avec-ces-mineurs-qui-risquent-leur-peau-pour-l-europe

    Tous les jours, dans les ports de Tanger, de jeunes Marocains essayent de grimper dans les camions qui embarquent vers l’Europe. Des tentatives qui se répètent pendant des semaines, souvent des mois. Au prix de graves souffrances physiques et morales.

    #Reportage #mineurs_non_accompagnés,_MNA,_Maroc,_Tanger,_A_la_Une

  • #CAMIGRI

    CAMIGRI est un programme de recherche financé par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) et la Région Nouvelle-Aquitaine. Il entend revisiter l’étude des #campagnes françaises au prisme des migrations internationales et de la diversification croissante des formes de mobilité. Le projet a démarré le 01/10/2016.

    Ce carnet de recherche a vocation d’interface entre les mondes scientifique, associatif et professionnel intéressés par les questions de développement rural et de migrations internationales dans les espaces ruraux. Il permet de :

    – faire connaître les travaux de l’équipe et de suivre l’actualité du programme (comptes rendus de terrain, de séminaires, de présentations),

    – faciliter les liens et les échanges entre les différents acteurs intéressés par ces questions (construction d’un répertoire-réseau en ligne),

    – publier des supports produits par les chercheurs sur les terrains d’enquête (monographies de lieux, photographies commentées, portraits et entretiens d’acteurs socio-économiques).

    https://camigri.hypotheses.org/a-propos
    #accueil #asile #migrations #réfugiés #espace_rural #espaces_ruraux #campagne #France #Loire_Anjou_Tourraine #Périgord_Limousin #Pyrénées_Ariégeoise

    • Lettre d’information n°1

      Camigri édite sa première lettre d’information trimestrielle. Elle s’adresse à tout public soucieux de poser un nou-veau regard sur les « mondes ruraux ». Confrontées à la diversification croissante de mobilités internationales plus ou moins visibles et reconnues, les campagnes françaises connaissent en effet des changements socio-économiques et territoriaux parfois inaperçus, silencieux, sous-étudiés. L’équipe entend ici partager ses travaux à travers certaines activités menées dans le cadre de son programme de recherche financé par l’Agence Nationale pour la Recherche (ANR) et la Région Nouvelle-Aquitaine. Il est ainsi question de livrer, de manière élargie, le fruit de nos réflexions engagées dans plusieurs localités rurales de la France de l’ouest et qui trouveront certainement un écho plus lointain, au sein d’autres territoires. Actuellement lancée dans des opérations d’enquête et d’observations sur plusieurs terrains (Ariège, Dordogne, Vienne, Maine-et-Loire), l’équipe souhaite transmettre quelques principes fondateurs de son approche : proximité mesurée avec les territoires étudiés et ses habitants, production et commu-nication dans des réseaux scientifiques, usage réflexif de l’image comme outil de travail, de communication et de réflexion.

      https://f-origin.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/3777/files/2018/09/Web_Sept2018_Journal_CAMIGRI-compressed.pdf
      #agriculture #fraises #Pays_Vernois #mineurs #MNA #mineurs_non_accompagnés #Ariège #marginalité #millieu_rural

    • Lettre d’information n°2

      L’installation des populations migrantes dans les campagnes de l’Ouest français peut prendre des formes très différentes, s’inscrire dans une tradition d’accueil ancienne parfois réactivée par des initiatives indivi-duelles plus récentes. Comment les populations installées ou celles qui se sont succédé ont-elles pu contribuer à l’évolution démographique des territoires ruraux étudiés ? L’équipe CAMIGRI vous propose, dans la deuxième édition de sa newsletter, quelques exemples illustrés à partir de ses travaux de recherche en cours

      https://sharedocs.huma-num.fr/wl/?id=DD6uCq2mdZue9rVdu5tG6Z24ZbspMlj7
      #campagnes_hospitalières #Carla-Bayle #CADA #innovation_sociale #Saint-Just-Le-Martel #agriculture #maraîchage #développement_local

  • Absurde précarisation. Conditions d’asile durcies pour les Érythréen-ne-s
    https://asile.ch/2019/04/08/absurde-precarisation-conditions-dasile-durcies-pour-les-erythreen-ne-s

    Dans son rapport publié en novembre 2018, l’Observatoire romand du droit d’asile et des étrangers (ODAE romand) pointe les durcissements du droit d’asile qui visent actuellement les Érythréen-ne-s, le groupe le plus représenté dans le domaine de l’asile en Suisse et de ce fait, en proie à des attaques politiques depuis plusieurs années. Un nombre […]

    • #Erythrée #asile #migrations #réfugiés #réfugiés_érythréens #Suisse

      La Suisse est ainsi devenue le seul État européen à rendre de telles décisions à l’égard des ressortissant-e-s de ce pays de la Corne de l’Afrique.

      En juillet 2018, le #TAF a jugé que les #renvois étaient en principe « licites » et « exigibles » y compris pour les personnes risquant d’être enrôlées dans le #service_national à leur retour (arrêt #E-5022/2017).

      Malgré l’absence d’#accord_de_réadmission et, partant, l’impossibilité d’effectuer des #renvois_forcés, les décisions de renvoi continuent de tomber.

      Hayat*, arrivée en Suisse comme #MNA il y a trente ans et active dans l’accompagnement psychosocial des jeunes réfugié-e·s témoigne : « Avec la menace d’un départ à une échéance inconnue, ces jeunes sont mis de côté et leur parcours s’interrompt pour une année, deux ou trois, peut-être même plus. Pourtant durant cette période d’attente ils auraient pu suivre une formation. Au lieu de cela, ils se retrouvent à l’aide d’urgence à ne rien pouvoir faire, c’est du #gâchis ! ».

      #justice #armée #mineurs #enfants #mineurs_non_accompagnés #précarisation

      v. aussi le #rapport de l’#ODAE_romand :
      "Durcissement à l’encontre des érythréen·ne·s : une communauté sous pression"
      https://odae-romand.ch/wp/wp-content/uploads/2018/11/RT_erythree_web.pdf

    • v. aussi :
      L’ONU condamne la Suisse pour l’examen lacunaire de la demande d’asile d’un ressortissant érythréen

      Le 7 décembre 2018, le Comité contre la torture (CAT) a déclaré que la décision de renvoi prise par la Suisse envers un requérant érythréen violait la Convention de l’ONU contre la torture (M.G. c. Suisse, Communication n° 811/2017). Dans sa plainte au CAT, le requérant invoque le risque de subir des mauvais traitements (violation des art. 3 et 16 de la Convention) en cas de renvoi en Érythrée. Il affirme qu’il serait incorporé au service national, vu son âge et le fait qu’il a quitté le pays sans autorisation. Le Comité de l’#ONU exige que la Suisse procède à une nouvelle instruction du dossier en tenant compte des risques auxquels il ferait face en cas de renvoi. Une instruction que ni le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) ni le Tribunal administratif fédéral (TAF) n’ont faite de façon correcte et équitable, estime le #CAT.

      https://asile.ch/2019/04/09/lonu-condamne-la-suisse-pour-lexamen-lacunaire-de-la-demande-dasile-dun-ressor

  • Le suicide d’un jeune réfugié à Genève attriste et interpelle
    https://asile.ch/2019/04/08/le-suicide-dun-jeune-refugie-a-geneve-attriste-et-interpelle

    Mercredi 27 mars 2019, un jeune homme originaire d’Afghanistan qui était venu chercher protection en Suisse a voulu mettre fin à sa vie. Il est décédé deux jours plus tard à l’hôpital malgré les soins intensifs qui lui ont été prodigués. Ce suicide, au sein d’une structure qui accueille des personnes mineures et devenues majeures, […]

    • Mineurs non accompagnés : « Personne ne nous écoute ! »

      Les amis du jeune requérant décédé au foyer de l’Etoile font part de leur #désespoir et dénoncent leurs conditions d’accueil.

      Le suicide d’un jeune Afghan, Ali, fin mars au foyer de l’Etoile, a une nouvelle fois mis en lumière le désarroi des requérants d’asile arrivés en Suisse mineurs et sans parents (RMNA). Depuis plusieurs années, des manquements dans l’encadrement et l’accompagnement de cette population doublement vulnérable est pointé du doigt. Sept amis de Ali ont convoqué des médias ce week-end, par l’intermédiaire de l’association Solidarité Tattes, pour faire entendre leur voix.

      « On est perdus. On est seuls. On ne peut pas parler de nos problèmes. On ne sait pas à qui. Aujourd’hui nous avons perdu Ali. Ce sera qui demain ? », lance d’emblée Anthony*, ami du jeune Afghan. « On ne veut pas d’autres Ali. C’est pour ça que nous sommes là. Nous voulons parler avec des journalistes, parce que personne ne nous écoute. Rien ne change au foyer de l’Etoile. »

      Le désespoir de ces jeunes est palpable. Leur douleur aussi. « Ali était notre ami, notre famille. Il était venu en Suisse pour construire une nouvelle vie, avoir un avenir », raconte Arash*. « Mais au foyer de l’Etoile, ce n’était pas possible de penser y arriver. La situation le tirait vers le bas. Il allait beaucoup mieux quand il était à l’hôpital, ou à Malatavie1. Dès qu’il rentrait au foyer, il replongeait. »

      #Agents_de_sécurité violents

      « Il y a beaucoup de #violence à l’Etoile », insistent-ils. « Les agents de sécurité devraient nous protéger, mais au contraire ils nous frappent », affirme Matin*. Les jeunes parlent de #brutalité récurrente, mais insistent sur un événement en particulier, qui a eu lieu en 2016, et qui a été filmé. « Cinq #Protectas ont frappé Ali, après avoir déjà mis K.O. un autre mineur. Tout ça, parce qu’ils ne voulaient pas qu’ils se coupent les cheveux dans le salon. »

      Les images sont fortes. On voit en effet un jeune étendu au sol, immobile. Puis des actes de violence, partiellement hors cadre. Si ce document ne donne pas d’indication sur l’origine du conflit, on voit bien des agents de sécurité donner des coups violents à destination d’un jeune que ses amis identifient comme Ali. « Celui qu’on voit au sol inconscient sur la vidéo n’a plus pu dormir au foyer pendant des mois. Il n’y arrivait plus. Il passait ses nuits au bord du lac », raconte Anthony.

      Plus globalement, les #conditions_de_vie au foyer de l’Etoile sont dénoncées par les jeunes. « Il y a toujours du bruit. L’hiver il fait hyper froid, l’été super chaud, explique Matin. On doit se faire à manger nous-même. Moi ça va, j’aime bien ça. Mais d’autres ne savent pas cuisiner. Les agents entrent sans demander dans nos chambres… Dans les autres foyers, plus petits, mieux encadrés, on peut bien vivre. Mais pas à l’Etoile. »

      « Quant on dit que ça ne va pas, on nous répond que ce sont les politiques qui doivent faire changer les choses. Mais nous, comment on parle aux politiques ? », interroge Anthony. Et Matin de suggérer : « Il faudrait que les responsables envoient un de leur proche qui a notre âge passer une semaine à l’Etoile, pour qu’ils se rendent compte des conditions. Parce que nous, on ne nous voit pas comme des êtres humains. »
      Plainte déposée

      Ariane Daniel Merkelbach, directrice de l’aide aux migrants à l’Hospice général, confirme l’existence d’un « incident grave » survenu en 2016 avec des agents de sécurité. « Quoi qu’il se soit passé avant, il est inacceptable qu’un agent frappe un jeune. Le Service de la protection des mineurs a d’ailleurs porté plainte contre l’agent, qui a lui aussi déposé une plainte. Il a reçu une petite sanction de la justice et son entreprise l’a retiré du site de l’Etoile. »

      La responsable de l’Hospice affirme cependant qu’il s’agit d’un acte isolé. « Nous avons alors engagé huit intervenants de nuit, pour faire les rondes du soir avec une attitude de médiation, portée sur l’éducatif. Ils sont là en complément de la vingtaine d’éducateurs présents de 6h à 22h. Nous avons aussi organisé des cours de gestion des conflits pour les agents de sécurité. Depuis, ça se passe beaucoup mieux. Il peut bien sûr y avoir des frictions entre les jeunes et les agents, notamment à l’entrée. Mais si c’est le cas, les éducateurs interviennent. »

      Ariane Daniel Merkelbach explique également qu’il y a tout un appareil d’écoute pour les jeunes. Que les interlocuteurs existent, et qu’ils sont entendus. « Mais c’est dur pour eux. Ils ne reçoivent pas forcément les réponses qu’ils attendent. Ils sont dans une situation très difficile. Ils font face à une montagne d’écueils, leurs rêves s’effondrent. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons demandé une concertation entre tous les acteurs de l’accueil. Pour clarifier les rôles, mieux les accompagner après leur majorité, pour réellement intégrer ces jeunes. »

      *Prénoms d’emprunt

      https://lecourrier.ch/2019/04/14/mineurs-non-accompagnes-personne-ne-nous-ecoute

    • Des éducateurs du #Foyer_de_l'Étoile alertent les autorités

      Des collaborateurs dénoncent l’échec de la prise en charge des jeunes migrants dans une lettre aux députés.

      Cinq mois après le suicide du jeune Ali, 18 ans, les éducateurs du Foyer de l’Étoile sortent du bois. Dans une lettre de quatre pages adressée à la fin du mois d’août à Jocelyne Haller, la présidente de la Commission des affaires sociales du Grand Conseil, 21 collaborateurs – sur 36 – de ce centre d’hébergement destiné aux requérants d’asile mineurs non accompagnés (RMNA) alertent les autorités sur une série de dysfonctionnements. Ils dénoncent l’échec de la prise en charge de ces jeunes migrants et le silence de l’Hospice général malgré leurs nombreuses mises en garde.

      « Le suicide d’un jeune est l’événement redouté, mais pas incompréhensible, qui suit quatre années d’épuisement et d’instabilité », notent les éducateurs dans leur courrier. La liste des griefs à l’égard de leur hiérarchie est longue. De manière générale, les collaborateurs du foyer lui reprochent de sous-estimer « gravement » l’accompagnement socio-éducatif des RMNA, des adolescents aux parcours chaotiques et traumatismes importants. Le manque de moyens alloués au centre génère selon eux une souffrance au travail, un épuisement et une démotivation au sein de l’équipe.

      Les éducateurs dénoncent en outre la « taille inhumaine du foyer », un mandat peu clair de l’Hospice général ainsi qu’une « vision institutionnelle inadéquate » et « éloignée des principes censés inspirer notre institution ». Ils regrettent que l’empathie et le lien soient souvent considérés comme un obstacle à l’autonomie des jeunes, que le parcours personnel des RMNA ne soit pas pris en compte et qu’une « logique d’uniformisation de l’intervention » leur soit imposée.

      « Nous avons pris acte »

      Que répondent l’Hospice général et le Canton à ces critiques ? « Nous avons pris acte de la prise de position d’une partie des collaborateurs de l’Étoile », déclare Bernard Manguin, au nom de l’institution. Le porte-parole relève cependant qu’un certain nombre de mesures ont déjà été mises en place. Il cite la création d’un comité de gestion regroupant les différents métiers relatifs à la prise en charge des RMNA et ex-RMNA à la fin d’avril ainsi qu’un projet de collaboration avec des professionnels de la Fondation officielle de la jeunesse (FOJ) et la Fondation genevoise pour l’animation socioculturelle.

      De son côté, Thierry Apothéloz, magistrat de tutelle de l’Hospice général, rappelle que le centre de l’Étoile n’a pas été construit à l’origine pour accueillir des mineurs et constituait donc une mesure d’urgence. « Le Conseil d’État est conscient de certaines améliorations possibles dans la prise en charge des RMNA et a, à ce titre, accepté les recommandations du rapport de la Cour des comptes », assure-t-il.

      Trois motions en cours

      Trois motions ont été déposées ce printemps au Grand Conseil concernant l’encadrement des jeunes migrants. Les textes demandent un accompagnement socio-éducatif des ex-RMNA jusqu’à 25 ans, une prise en charge de ces jeunes par la FOJ et une autorisation exceptionnelle octroyée aux personnes déboutées de l’asile dont le renvoi n’est pas réalisable de pouvoir terminer leur formation. Acceptées par une large majorité des membres de la Commission des affaires sociales, les motions doivent être débattues en plénière lors de la prochaine session du Grand Conseil.

      Hasard du calendrier, cette même commission est actuellement en train d’étudier le rapport de gestion de l’Hospice général. À la suite à la lettre reçue des collaborateurs du Foyer de l’Étoile, elle pourrait formuler certaines remarques à l’égard du Grand Conseil. La Haute École de travail social a d’autre part rédigé un rapport sur les besoins des RMNA et ex-RMNA. Attendues cet été, ses conclusions devraient être communiquées dans les semaines à venir, annonce le Département de l’instruction publique.

      https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/Des-educateurs-du-Foyer-de-l-Etoile-alertent-les-autorites/story/28325473

  • Driven to suicide in Tunisia’s UNHCR refugee shelter

    Lack of adequate care and #frustration over absence of resettlement plans prompt attempted suicides, refugees say.

    Last Monday night, 16-year-old Nato* slit his wrists and was rushed to the local hospital in Medenine.

    He had decided to end his life in a refugee facility run by the UN’s refugee agency, the UNHCR, in Medenine. After running for two years, escaping Eritrea and near-certain conscription into the country’s army, making it through Sudan, Egypt and Libya, he had reached Tunisia and despair.

    A few days later, Nato was transferred to a psychiatric hospital in #Sfax, 210km north of Medenine, where he was kept on lockdown and was frustrated that he was not able to communicate with anyone in the facility.

    Nato’s isn’t the only story of despair among refugees in Tunisia. A female refugee was taken to hospital after drinking bleach, while a 16-year-old unaccompanied young girl tried to escape over the borders to Libya, but was stopped at Ben Gardane.

    “I’m not surprised by what has happened to Nato,” a 16-year-old at the UNHCR facility told Al Jazeera on the condition of anonymity.

    “They just keep us here without providing any support and after we ... witnessed killings of our friends. We feel completely abandoned. We don’t feel secure and protected,” he said.

    The 30 to 35 unaccompanied minors living in UNHCR’s reception facility in Medenine share a room, spending their days remembering past images of violence and abuse.

    “I cannot get out of my mind the picture of my friend dying after they pointed a gun at his temple. He was sitting next to me. Sometimes at night, I cannot sleep,” the 16-year-old said.
    ’They’re trying to hide us here’

    The UNHCR facility in Medenine struggles to offer essential services to a growing number of arrivals.

    According to the information given to Al Jazeera, the asylum seekers and refugees have not received medical screenings or access to psychosocial support, nor were they informed clearly of their rights in Tunisia.

    “We feel they are trying to hide us here,” said Amin*. “How can we say we are safe if UNHCR is not protecting our basic rights? If we are here left without options, we will try to cross the sea.”

    Amin, 19, has no vision of what his life will be. He would like to continue his education or learn a new language but, since his arrival, he has only promises and hopes, no plans.

    The young people here find themselves having to take care of themselves and navigate the questions of what their future will be like, at times without even being able to reach out to their families back home for comfort.

    “My parents are in Eritrea and since more than a year, I was able to speak with them only for three minutes,” said Senait*, a 15-year-old boy from Eritrea.

    Aaron*, a 16-year-old boy who has been on the road for three years and three months, has not been able to call his relatives at all since his arrival in Tunisia.

    “Last time I have contacted them was in 2016 while I was in Sudan. I miss them so much,” he said.

    Last week, many of them participated in a peaceful demonstration, demanding medical care, support from the UNHCR and resettlement to third countries.

    Refugee lives in suspension

    Nato, as well as a number of refugee minors Al Jazeera spoke to, arrived in Tunisia over the Libyan border with the help of smugglers. The same is true for hundreds of refugees escaping Libya.

    Tunisia registered more than 1,000 refugees and 350 asylum seekers, mainly from Syria, Eritrea, Sudan and Somalia.

    But the country has neither the capacity nor the means to host refugees, and because it doesn’t have a coherent asylum system, the refugees find themselves living a largely suspended life.

    Officially, refugees are not allowed to work and, therefore, there is no formal system of protection for those that do work.

    Awate*, a 24-year-old man from Eritrea, had been working for nine days in a hotel in the seaside city of Zarzis when he was arrested and brought to a police station where he was interrogated for 30 minutes.

    “They told me ’why are you going to work without passport?’,” he said, adding that he has not worked since.

    The UNHCR in Tunisia is pushing alternatives, which include enhancing refugees’ self-reliance and livelihood opportunities.

    A month ago, a group of 32 people moved out of the reception centre with an offer of a monthly payment of 350 Tunisian dinars ($116) and help to find private accommodation. Among them, nine decided to go to the capital, Tunis. The plan is confirmed for three months, with no clarity on what happens next.

    Aklilu*, a 36-year-old former child soldier from Eritrea who took up the offer, is now renting a small apartment on the main road to Djerba for 250 Tunisian dinars ($83).

    “Why should I be forced to settle in a country that’s not ready to host refugees?” he said. “They are thinking of Tunisia as the final destination but there are no conditions for it. The UNHCR is not making any effort to integrate us. We don’t get any language courses or technical training.”


    https://www.aljazeera.com/indepth/features/driven-suicide-tunisia-unhcr-refugee-shelter-190319052430125.html
    #Tunisie #HCR #UNHCR #camps_de_réfugiés #suicide #réinstallation #limbe #attente #transit #trauma #traumatisme #santé_mentale #MNA #mineurs_non_accompagnés #migrations #asile #réfugiés
    ping @_kg_

  • Education : needs, rights and access in displacement

    Education is one of the most important aspects of our lives – vital to our development, our understanding and our personal and professional fulfilment throughout life. In times of crisis, however, millions of displaced young people miss out on months or years of education, and this is damaging to them and their families, as well as to their societies, both in the short and long term. This issue of FMR includes 29 articles on Education, and two ‘general’ articles.


    https://www.fmreview.org/education-displacement/contents
    #éducation #asile #migrations #réfugiés #droit_à_l'éducation #accès_à_l'éducation #scolarisation #déscolarisation #Syrie #conflit #guerre #genre #abus_sexuels #viols #Jordanie #Dadaab #Kenya #Grèce #écoles_de_rue #France #bus_école #Ouganda #Ethiopie #Palestine #réfugiés_palestiniens #Rwanda #UK #Angleterre #réfugiés_syriens #Turquie #MNA #mineurs_non_accompagnés #USA #Etats-Unis #travail_forcé #enfants #enfance #Iran #réfugiés_afghans #université #Myanmar #Birmanie #réfugiés_rohingya #Rohingya