#minimisation

  • « Il a tracé seul son chemin » : les #abandons en montagne, une forme de #violence_conjugale

    En #randonnée, #alpinisme ou #trail, des femmes se mettent à raconter comment leur ancien compagnon les a laissées seules en pleine montagne. Loin d’être anodins, ces abandons relèvent de mécanismes de domination.

    « Je l’ai vu partir de plus en plus loin, s’enfoncer dans la nuit jusqu’à disparaître complètement. » Presque dix ans après, Tina n’a rien oublié de cet ultra-trail de plusieurs jours dans les Pyrénées avec son ex-compagnon. Lors de la deuxième nuit, elle est épuisée tandis que lui accélère, sans se retourner. « Je me suis sentie trahie, je pleurais de rage, je n’ai pas compris comment il a pu faire passer son désir de compétiteur avant le reste. Ce n’était pas de la peur — la montagne je connais. Mais on était partis à deux, on était censé compter l’un sur l’autre », dit-elle.

    Tina poursuit sa course seule et retrouve plusieurs heures plus tard son ex-compagnon sur une base de vie « comme si de rien n’était ». Profondément marquée par cet abandon, cet épisode a pesé dans sa décision de le quitter quelques mois plus tard. « Je me suis rendu compte que ce n’était pas quelqu’un sur qui je pouvais compter, même dans la vie de tous les jours. En montagne, les personnalités se révèlent plus vite, on ne peut plus se cacher derrière des apparences. »

    Comme Tina, une quinzaine de femmes ont répondu à l’appel à témoignages lancé par Reporterre pour raconter des expériences similaires d’abandon en randonnée, en trail ou en alpinisme. Presque toutes expliquent qu’elles étaient à l’époque dans une relation toxique avec leur ex-partenaire et la quasi-totalité d’entre elles estiment que ces abandons s’inscrivent dans un #continuum_de_violences.

    En février, après la condamnation d’un alpiniste autrichien pour avoir laissé sa compagne près du plus haut sommet du pays, où elle est morte de froid quelques heures plus tard, les témoignages de femmes laissées en montagne se sont multipliés sur les réseaux sociaux sous l’expression « #Divorce_alpin » [1]. En les voyant, Mathilde s’est rendu compte qu’elle n’était pas un cas isolé. « Je me suis sentie reconnue, j’ai compris que ce n’était pas moi le problème, que c’était une #violence_systémique », explique la jeune femme.

    Son ex-compagnon l’a laissée à quelques centaines de mètres du sommet du Mont-Blanc alors qu’ils grimpaient ensemble. « J’étais épuisée, transie de froid et il s’est désencordé pour battre un record sur [l’application] Strava en gardant l’eau et la nourriture avec lui », raconte-t-elle. Mathilde est finalement redescendue avec un groupe d’alpinistes qu’elle ne connaissait pas, croisé à ce moment-là. « Cet épisode a été comme un électrochoc d’une relation que je ne voulais pas voir dysfonctionnelle, je l’ai quitté du jour au lendemain. »

    Ce n’était pas une première : « Il nous mettait souvent en #danger parce que seule la #performance comptait. Moi aussi j’aime les sensations fortes, mais je le suivais naïvement car il avait plus d’expérience et dès que je tentais de freiner, je passais pour la relou trop prudente. »

    Les deux avaient déjà été secourus par le peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) lors d’une sortie et Mathilde ne compte plus les fois où elle se mettait à pleurer tant l’engagement dépassait ses limites. « Je ne sais toujours pas pourquoi je continuais à le suivre. Sans doute l’espoir que, cette fois, ce serait différent, qu’il me prendrait en compte. »

    « J’ai fini par appeler les secours »

    Pour Sophie [2], l’évènement remonte à plus de dix ans, dans les Pyrénées. Son conjoint l’a laissée seule avec leur fils de 9 ans en pleine montagne sans eau, ni carte, en pleine montée. « Le matin, il m’avait annoncé une randonnée de quatre ou cinq heures, mais à midi, il m’a dit qu’il fallait encore marcher quatre ou cinq heures. Comme ce n’était pas ce que nous avions convenu, une dispute a éclaté et il est parti », raconte Sophie, qui n’est pas une grande sportive et n’a pas une grande connaissance de la montagne, contrairement à son mari.

    « J’ai eu très #peur, j’ai fini par appeler les secours pour me géolocaliser. Ils ne pouvaient pas nous orienter et ont proposé de venir nous chercher, mais j’ai refusé, nous n’étions pas blessés mais en détresse émotionnelle. » Avec son fils, elle finit par retrouver son chemin et les deux arrivent exténués après dix heures de marche. « Mon conjoint était là, à nous attendre sans voir où était le problème. » Après ça, Sophie a mis un moment à retourner en montagne avec lui. Depuis qu’elle a recommencé, elle prend bien soin de vérifier l’itinéraire, et d’utiliser une application de randonnée indiquant la difficulté du parcours.

    Laurine, elle, n’a pas ressenti de peur immédiate lorsque son ex-compagnon l’a laissée seule en randonnée dans la montagne en Italie il y a trois ans. « Sur le chemin du retour alors que nous étions encore en haut et sans réseau, il a décidé de tracer seul son chemin à travers le flanc de montagne. Je ne pouvais pas le suivre, c’était ma première activité physique depuis mon entorse à la cheville », se souvient-elle. Sportive, malgré sa blessure, elle réussit à rentrer sans encombre. Mais la nuit qui a suivi, elle a été victime d’un viol conjugal.

    « Cet épisode me fait réaliser aujourd’hui à quel point j’étais dans une relation toxique. Avec le recul et en voyant tous les témoignages de femmes laissées en montagne, j’ai réalisé que cet abandon préparait le terrain pour le viol qui suivrait. Cela fait partie d’un système de violences. »

    Un constat partagé par des associations spécialisées. L’Union nationale des familles de féminicides estime aussi que cette pratique est bien une violence conjugale. « Abandonner sa compagne dans un endroit isolé ne relève pas d’un désaccord sur le rythme, d’une blague. C’est une #mise_en_danger pour punir, humilier ou affirmer sa domination. Ce n’est pas de l’amour. C’est une violence. »

    Une analyse que rejoint la sociologue Johanna Dagorn, chercheuse à l’université de Bordeaux. L’expression « Divorce alpin », largement reprise sur les réseaux sociaux, lui paraît d’ailleurs problématique : « Cela sonne presque exotique, alors qu’il s’agit de quelque chose de dramatique. »

    Mettre en #insécurité pour humilier

    Dans ses recherches, elle identifie des mécanismes similaires au-delà de la montagne : « abandonner sa compagne dans un milieu isolé, que ce soit en montagne ou sur le bord d’une route, c’est la mettre en insécurité pour l’humilier et affirmer une forme de domination, explique-t-elle. Ces comportements s’inscrivent dans une logique de contrôle coercitif, visant à montrer à l’autre qu’elle peut être laissée seule, vulnérable. » Et en montagne, cette violence prend une dimension particulière : « C’est un milieu où l’on est peu de choses, où la solidarité est essentielle. »

    Elle décrit un mécanisme en plusieurs temps : d’abord une mise sous tension — accélérer, distancer — puis l’abandon, avant une phase de #minimisation ou de #déni : « Ne pas donner d’explication, c’est banaliser ce qu’il s’est passé et nier la peur de l’autre. »

    Pour Johanna Dagorn, l’argument de la #performance_sportive ne tient pas : « Si l’objectif est uniquement la performance, on part avec des personnes du même niveau. Ici, il y a une intention de rabaisser, de montrer à l’autre qu’elle n’est pas à la hauteur. » Ces actes s’inscrivent ainsi dans un continuum de violences : « Dans la quasi-totalité des cas d’abandons sur l’autoroute que j’ai étudiés, il existait déjà d’autres formes de violences. »

    L’éternelle seconde de cordée

    Cette lecture en termes de violences conjugales peut aussi être éclairée par une analyse des rapports de pouvoir à l’œuvre dans ces situations. Ainsi, pour la sociologue Rozenn Martinoia, « celui qui décide d’abandonner exerce un pouvoir sur l’autre ». Ce #pouvoir repose autant sur des ressources que sur des perceptions. « Les femmes ont souvent été moins formées et surtout plus amenées à douter d’elles-mêmes », souligne-t-elle.

    Dans ce contexte, l’abandon vient renforcer une #asymétrie déjà installée : « On minore les compétences des femmes et elles finissent par intérioriser une forme d’infériorité. » Et en montagne, cet effet est accentué par l’#isolement, le danger et l’engagement physique, car « c’est un milieu où les personnalités se révèlent vite, parfois sans témoin ».

    Face à ces inégalités, les groupes de femmes en #non-mixité se développent de plus en plus. Lead The Climb, Premières de cordée, Girls in Bleau, Copines de rando, Pyr’elles, Womens mountain club… « Ces espaces permettent de renforcer leur confiance et leur compétence et d’expérimenter le rôle de leader. » Ce qui montre encore une fois que ce sont aux femmes de s’adapter.

    https://reporterre.net/Il-a-trace-seul-son-chemin-les-abandons-en-montagne-une-forme-de-violenc
    #montagne #domination #sexisme #genre #femmes #abandon #humiliation

  • Ouvrir le code des #algorithmes ? — Oui, mais… (1/2)
    https://framablog.org/2023/05/15/ouvrir-le-code-des-algorithmes-oui-mais-1-2

    Voici le premier des deux articles qu’Hubert #Guillaud nous fait le plaisir de partager. Sans s’arrêter à la surface de l’actualité, il aborde la #transparence du code des algorithmes, qui entraîne un grand nombre de questions épineuses sur lesquelles il … Lire la suite­­

    #Enjeux_du_numérique #amplification #Documentation #données #interdiction #Kayser-Bril #minimisation #Narayan #Nicholas #recherche #Twitter

  • Pour Robert Reich il ne se pose aucun problème pour convaincre ses lecteurs, que le comportement du POTUS en vue des événements du 11 et 12 Août à Charlottesville n’est pas à considérer comme un jugement malheureux, mais est évidemment à voir dans une ligne avec des affirmations, lesquelles il a déjà épanchées pendant sa campagne présidentielle.
    D’un autre côté Reich - comme membre de la Partie Démocratique - ne se montre pas capable de se détacher de cette idée fixe d’une Russie méchante, qui aurait eu la finesse de manipulé cette campagne.

    –----------------------------------

    Trump’s unwillingness to denounce hateful violence has been part of his political strategy from the start.

    Robert Reich : Making America Hate Again | 2017-08-14
    http://robertreich.org/post/164181239710

    [...]

    Weeks after he began his campaign by alleging that Mexican immigrants were criminals and rapists, two brothers in Boston beat up and urinated on a 58-year-old homeless Mexican national, subsequently telling police “Donald Trump was right, all these illegals need to be deported.”
    Instead of condemning the brutality, Trump excused it by saying “people who are following me are very passionate. They love this country and they want this country to be great again.”
    During campaign rallies Trump repeatedly excused brutality toward protesters. “You know what they used to do to guys like that when they were in a place like this? They’d be carried out on a stretcher, folks.”
    After white supporters punched and attempted to choke a Black Lives Matter protester, Trump said “maybe he should have been roughed up.”
    Trump was even reluctant to distance himself from David Duke and the Ku Klux Klan. 
    Since becoming president, Trump’s instigations have continued. As Representative Mark Sanford, a Republican from South Carolina, told the Washington Post, “the president has unearthed some demons.”
    In May, Trump congratulated body-slamming businessman Greg Gianforte on his special election win in Montana, making no mention of the victor’s attack on a reporter the night before.
    Weeks ago Trump even tweeted a video clip of himself in a WWE professional wrestling match slamming a CNN avatar to the ground and pounding him with punches and elbows to the head.
    Hateful violence is hardly new to America. But never before has a president licensed it as a political strategy or considered haters part of his political base.
    In his second week as president, Trump called Wayne LaPierre, CEO of the National Rifle Association to the White House.
    Soon thereafter, LaPierre told gun owners they should fear “leftists” and the “national media machine” that were “an enemy utterly dedicated to destroy not just our country, but also Western civilization.”
    Since then the NRA has run ads with the same theme, concluding “the only way we stop this, the only way we save our country and our freedom, is to fight this violence of lies with a clenched fist of truth.”
    It’s almost as if someone had declared a new civil war. But who? And for what purpose?
    One clue came earlier last week in a memo from Rich Higgins, who had been director for strategic planning in Trump’s National Security Council.
    Entitled “POTUS & Political Warfare,” Higgins wrote the seven-page document in May, which was recently leaked to Foreign Policy Magazine.
    In it Higgins charges that a cabal of leftist “deep state” government workers, “globalists,” bankers, adherents to Islamic fundamentalism and establishment Republicans want to impose cultural Marxism in the United States. “Recognizing in candidate Trump an existential threat to cultural Marxist memes that dominate the prevailing cultural narrative, those that benefit recognize the threat he poses and seek his destruction.”
    There you have it. Trump’s goal has never been to promote guns or white supremacy or to fuel attacks on the press and the left. These may be means, but the goal has been to build and fortify his power. And keep him in power even if it’s found that he colluded with Russia to get power.
    Trump and his consigliere Steve Bannon have been quietly encouraging a civil war between Trump’s base of support – mostly white and worried – and everyone who’s not.
    It’s built on economic stresses and racial resentments. It’s fueled by paranoia. And it’s conveyed by Trump’s winks and nods haters, and his deafening silence in the face of their violence.
    A smaller version of the civil war extends even into the White House, where Bannon and his protégés are doing battle with leveler heads.

    [...]

    trouvé ici : https://diasp.eu/posts/5915491

    #vocabulaire #minimisation #rhétorique #Trump #KKK #Ku_Klux_Klan
    #violence #néonazisme #Charlottesville #fundamentalisme #Islam
    #migrations #Mexique
    #Russie

  • Hier (samedi 12 Août 2017) a Charlottesville aux E.U, les néo-nazies faisaient une manifestation.

    Des personnes ont organisés aussi une contre manifestation.

    Les néo-nazi en accord avec leurs valeurs on frappés des enfants racisés avec des bâtons.
    https://twitter.com/FranceNews24/status/896626306187526145

    Un terroriste néo-nazi a foncé en voiture sur la foule, faisant entre autre victime une syndicaliste de l’IWW (International Worker of the World, mouvement anarcho-syndicaliste) tuée sur le coup (comme le rapporte Solidaritat Obrera https://twitter.com/soliobreracnt/status/896620357624496129)


    https://twitter.com/Conflicts/status/896455756072931328

  • Etats-Unis : l’état d’urgence est décrété à #Charlottesville, où se rassemblent des militants d’extrême droite

    Le gouverneur démocrate de la Virginie, Terry McAuliffe, a déclaré un état d’urgence à Charlottesville, où de nombreux militants d’extrême droite veulent dénoncer le retrait d’une statue du général sudiste Lee. Un véhicule a foncé dans un groupe de contre-manifestants, tuant au moins une personne.
    [edit vu ailleurs : TROIS morts et 19 blessé-e-s]

    http://www.francetvinfo.fr/monde/usa/etats-unis-l-etat-d-urgence-est-decrete-a-charlottesville-ou-se-rassemb

    http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/08/12/aux-etats-unis-un-rassemblement-d-extreme-droite-interdit-a-charlottesville_

    La #fachosphere de twitter, très active comme à son habitude, a très vite lancé la rumeur que le conducteur serait un « jeune déséquilibré » antifa et anti #Trump, qui se serait « trompé » de manif... Le jeune en question, Joel Vangheluwe, a très vite démenti mais la rumeur était déjà partie et infectait jusqu’aux mainstream français pendant un temps...
    https://www.facebook.com/joel.notavailable

    Pour le contexte, je ne sais pas trop ce que vaut ce site mais il recense pas mal de sources d’automedias sur twitter sur le déroulé de la manif interdite, les affrontement entre suprémacistes blancs et antifas, mais aussi les milices et les flics...
    http://theantimedia.org/charlottesville-state-of-emergency

  • TW TW TW violences sur enfants, #maltraitance

    « Ce n’est pas si grave après tout »
    « Il y a pire ailleurs »
    « D’autres souffrent plus que moi »
    Voilà le genre de phrases que j’aurais pu dire, il y a encore quelques temps et il m’arrive encore de le penser aux moments down de ma dépression.

    Je me taisais et souffrais en silence.
    N’étant même pas sûr-e de ma légitimité à me plaindre, comment est-ce que j’aurais pu le faire comprendre à d’autres ?
    Surtout que ce qui n’aidait pas c’est que ce n’était pas visible et quand je commençais à me plaindre , on me rappelait sans cesse qu’il y avait pire.
    Mais maintenant, j’ai choisi de parler et je ne compte plus m’arrêter
    Je ne compte plus me taire ni me laisser intimider (plus facile à dire qu’à faire).
    http://viedelamia.canalblog.com/archives/2015/12/18/33084204.html
    #stopVEO #dyspraxie #hiérarchisation #minimisation #psychophobie #souffrance #violences #fessée #violences_psychologiques #chatiments_corporels

  • Je développe un SaaS qui a intérêt à passer pour l’essentiel côté client, donc écrit essentiellement en JavaScript. Du coup, je suis confronté à la fuite de mes secrets de fabrication (ou plutôt de la propriété intellectuelle). Heureusement, il s’avère que YUI Compressor comporte par défaut une option d’obfuscation du code :

    YUI Compressor
    http://developer.yahoo.com/yui/compressor

    Le but de cet outil n’est pas, cependant, d’obfusquer le code. En fait, il l’obfusque par intérêt de réduire la taille, puisque la réduction de la taille du code est la raison d’être de l’application. Ainsi, une classe, un objet, une fonction au nom long et explicite, facilitant le développement, est réduit à un seul caractère, rendant le code difficile à suivre pour un être humain qui souhaite l’analyser, malgré l’utilisation d’outils de « décompilation ».

    Des tests rapides peuvent être réalisés ici :

    Online YUI Compressor
    http://www.refresh-sf.com/yui

    Il faudra ensuite que je regarde comment l’intégrer à la chaîne de production, pour passer de l’étape du code en développement à celui du code en production. Mais ceci est une autre histoire, déjà.

    #saas #propriété_intellectuelle #développement #programmation #js #javascript #protection #secret_de_fabrication #obfuscation #yui_compressor #minimisation #compression