• La fragmentation du #Genre dans l’Irak post-invasion
    https://www.cetri.be/La-fragmentation-du-genre-dans-l

    Recension de Didier Epsztajn à propos de l’article de Zahra Ali consacré à la « fragmentation du genre dans l’Irak post-invasion », dans la revue Nouvelles questions féministes, consacrée aux Solidarités familiales ?. Loin du campisme (l’ennemi de mon ennemi serait mon ami) ou de l’anti-impérialisme de pacotille (Saddam Hussein ou Bachar el Assad comme figures de l’anti-impérialisme), refusant l’essentialisation des phénomènes religieux ou la culturalisation des pratiques sociales, Zahra Ali prend en (...)

    #Le_Sud_en_mouvement

    / #Le_Sud_en_mouvement, #Irak, Genre, #Minorités_ethniques, #Religion, #Répression, #Terrorisme, #Autoritarisme, #Impérialisme, Entre les lignes entre les (...)

    #Entre_les_lignes_entre_les_mots


  • Réflexions sur « la gauche identitaire » (Gérard Noiriel, Blog Le populaire dans tous ses états)
    https://noiriel.wordpress.com/2018/10/29/reflexions-sur-la-gauche-identitaire

    D’un point de vue scientifique, la question principale n’est pas de savoir comment s’y prendre pour favoriser les alliances entre « classes » et « #minorités », mais de montrer comment se combinent les différents facteurs qui façonnent l’#identité des personnes et les liens qu’elles tissent entre elles. On ne peut comprendre ces #processus_sociaux qu’en réalisant de longues recherches empiriques : enquêtes de terrain, travail d’archives, etc. Le concept d’ « #intersectionnalité » qui permet selon Eric Fassin de « penser l’articulation du #sexe, de la #race et de la #classe » est à mes yeux une régression par rapport aux principes fondateurs de la #sociologie. Il ne suffit pas de combiner, en effet, trois #entités réifiées pour rendre compte de la #complexité des réalités sociales.
    […]
    Une analyse qui n’aimerait pas croire qu’il faut choisir entre les #ouvriers et les minorités devrait partir du constat que les #discriminations sont une expérience vécue affectant à la fois les #classes_populaires les plus démunies et les minorités. Mais lorsqu’on s’intéresse aux #individus et non aux entités réifiées, on voit tout de suite que les classes et les minorités ne forment pas des blocs séparés car la majorité des personnes qui font partie des minorités appartiennent aussi aux classes populaires. La conclusion que l’on peut tirer de ces constats c’est que les individus des milieux populaires qui sont issus des minorités subissent les discriminations les plus fortes car ils cumulent les formes de rejet liés à leur classe et à leur origine.


  • #Données_fantômes : ce qui n’est pas compté et qui compte

    La #discrimination par la collecte de données et la #catégorisation_informatique.

    Certaines données sont collectées, d’autres sont manquantes. Qu’est-ce qui préside à ce choix ? L’artiste et chercheuse nigérienne-américaine #Mimi_Onuoha interroge les façons dont les individus sont catégorisés. Elle s’attache à mettre en évidence que la #collecte, l’#enregistrement et l’#archivage des données sont liés aux questions de #contrôle et de #pouvoir.

    Le travail de Mimi Onuoha autour des « #banques_de_données_manquantes » éclaire la discrimination et la #violence algorithmique qui est infligée aux #queers, aux #migrants et aux #minorités, souvent exclus et mal représentés par les systèmes de #décision_automatique. Alors que les algorithmes sont de plus en plus utilisés dans l’élaboration des politiques civiques, sociales et culturelles, il devient crucial de réfléchir de manière critique aux politiques qui façonnent nos infrastructures numériques.

    https://gaite-lyrique.net/article/donnees-fantomes-ce-qui-nest-pas-compte-et-qui-compte
    #données #bases_de_données #invisibilité #catégorisation #inclus #exclus #exclusion #algorithmes
    signalé par @fil

    • –-> même si il ne s’agit pas de systèmes de décisions automatiques, cela me fait penser la différence de traitement des #corps des personnes en exil quand ces corps sont en vie ou quand ils ne le sont plus.
      Alors qu’on compte, surveille, contrôle les corps en vie, personne ne se préoccupe de faire de même avec les #morts.

      Là-dessus, un numéro de Plein Droit :
      Homicides aux #frontières

      Depuis des dizaines d’années, des migrant·e·s meurent aux frontières de l’Europe. On peut s’étonner de la différence de traitement réservé aux vivants et aux morts. Pour les premiers, les technologies les plus avancées pour identifier et garantir la traçabilité des nouveaux arrivants.
      Pour les seconds, le silence et l’anonymat. Objet anthropologique par excellence pour appréhender une société donnée, la mort pose d’autres questions dès lors qu’elle touche des personnes qui n’en sont pas membres.


      https://www.cairn.info/revue-plein-droit-2016-2-p-6.htm


  • Asiatiques, minorité modèle | Kiffe ta race
    https://www.binge.audio/asiatiques-minorite-modele

    Discrets, travailleurs, les français originaires d’Asie cocheraient toutes les cases de l’intégration et superformeraient dans tous les domaines : revenu, éducation, emploi. D’où vient ce mythe de la minorité modèle ? Les « bons immigrés » de la France Républicaine sont-ils ceux qui ne font pas de vagues ? Qu’est ce que le « plafond de bambou » ? Grace Ly et Rokhaya Diallo reçoivent l’autrice Mai Lam Nguyen-Cona, spécialiste des questions interculturelles, pour parler de la société et des communautés elles-mêmes qui produisent et perpétuent cette représentation d’une minorité modèle. Durée : 39 min. Source : Binge (...)

    https://dts.podtrac.com/redirect.mp3/feed.pippa.io/public/streams/5b8ea1614b6033401bd43d87/episodes/5bceea37cee02fdd521289a8.mp3


  • Gidra vit encore | jef klak
    http://jefklak.org/gidra-vit-encore

    Aux États-Unis comme en France, la minorité asiatique est souvent décrite comme un véritable modèle d’intégration, fondée sur le travail et la discrétion. Cette représentation, si généreuse qu’elle se croit, occulte les discriminations dont cette minorité est l’objet, et exige qu’elle reste à sa place dans une hiérarchie raciale. Or, de nombreuses voix ont remis en cause de l’intérieur et montré le coût du mythe de la minorité modèle. Retour sur l’histoire de la revue Gidra qui, de 1969 à 1974, a servi de matrice à un activisme souvent méconnu, même chez les Asiatiques-Américain⋅es…

    #mouvement #mémoire #Etats-unis #minorités


  • Comme une prière : à la mémoire de Zak Kostopoulos par Dimitris Alexakis

    Le vendredi 21 septembre 2018, Zak Kostopoulos, activiste #LGBTQI+, séropositif et drag queen (Zackie Oh), a été assassiné dans des circonstances atroces et à la vue de tous dans le centre d’#Athènes. Ce lynchage est le fait de « bons citoyens » qui ont agi sous la protection et avec le concours de la #police grecque. Ces faits ont été suivis d’une entreprise sans précédent de désinformation de l’opinion publique et de culpabilisation de la victime, notamment accusée par les assassins puis une grande partie de la presse d’avoir essayé de commettre un cambriolage, avant que cette version ne s’effondre à l’épreuve des témoignages et des vidéos recueillis depuis lors.

    « Je suis terrifiée par le fascisme qui monte, écrit C., sa vitesse. » « Je suis terrifiée par la pensée que nous ne saurons peut-être jamais ce qui t’est arrivé. » « Je suis terrifiée à la pensée que nous nous étions promis de nous retrouver bientôt pour que tu me maquilles et que nous avons fini par nous retrouver à tes obsèques. » « Je suis terrifiée à l’idée que tu t’es retrouvé seul, entièrement seul face au démon que tu redoutais tant, la haine. » « Je suis terrifiée quand je pense, je n’arrête pas d’y penser, que tu as laissé échapper ton dernier souffle entouré d’assassins qui voyaient en toi quelqu’un de dangereux ; dangereux, toi !? » « Je suis terrifiée par leur haine mais me souviens que tu arrivais à convertir tout ce qui te terrorisait en motif d’action. Et je te promets que tes assassins seront condamnés. Je t’en donne ma parole, notre parole à tou.te.s. La société que tu voulais, c’est nous qui allons la construire, même si c’est la dernière des choses que nous ferons jamais. »

    https://vacarme.org/article3181.html

    #Grèce #fascisme #paraétatique #citoyens #minorités #LGBT #gay #trans #lesbiennes #queer #assassinat #violence #désinformation #résilience #résistances #mouvement


  • Pourquoi le mot race est-il tabou ? | Kiffe ta race
    https://www.binge.audio/pourquoi-le-mot-race-est-il-tabou

    Qu’est ce que la race ? Pourquoi ce mot est-il proscrit en France ? Quel est le rôle de l’histoire coloniale dans le rejet du terme dans la langue française ? L’absence du mot empêche-t-elle l’utilisation d’outils de discrimination positive comme les « affirmative action » américaines ? Pour analyser cette fabrication des identités en groupes raciaux, Grace Ly et Rokhaya Diallo reçoivent la professeure Maboula Soumahoro, maitresse de conférence à l’Université François Rabelais de Tours, spécialiste des diasporas africaines et initiatrice du Black History Month. Durée : 37 min. Source : Binge Audio

    https://dts.podtrac.com/redirect.mp3/feed.pippa.io/public/streams/5b8ea1614b6033401bd43d87/episodes/5ba9fc26a6c8e0915d40a665.mp3


  • Le projet de passeport autrichien pour ses germanophones fâche l’Italie Belga - 7 Septembre 2018 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/monde/detail_le-projet-de-passeport-autrichien-pour-ses-germanophones-fache-l-italie?

    Le ministère italien des Affaires étrangères a dénoncé vendredi soir la poursuite du projet de Vienne d’offrir un passeport autrichien aux habitants germanophones de la province de Bolzano, dans le nord-est de la péninsule.

    Le ministère a annoncé avoir appris l’existence à Vienne d’une commission gouvernementale chargée de préparer un projet de loi pour sur l’instauration de cette double nationalité.

    « Cette initiative est inopportune en raison de sa portée potentiellement perturbatrice », a insisté le ministère.



    « Il est surtout singulier que le gouvernement assurant la présidence tournante de l’Union européenne, plutôt que de se concentrer sur des actions qui unissent et favorisent la concorde réciproque entre les pays, cultive des projets de loi susceptibles de fomenter la discorde », a-t-il ajouté.

    « Une telle initiative est de plus vraiment curieuse si l’on considère que pour unir les citoyens des différents pays membres de l’UE, il existe déjà la citoyenneté européenne, comme le stipulent les passeports délivrés par chaque Etat » membre, a poursuivi le ministère.

    Province autonome
    La province de #Bolzano, une région montagneuse appelée Alto Adige (Haut-Adige) en italien et Südtirol en allemand, a été principalement autrichienne pendant des siècles, avant d’être intégrée après la Première guerre mondiale à l’Italie, où elle bénéficie d’un régime d’autonomie particulier.

    Au dernier recensement en 2011, 70% de ses habitants s’y sont déclarés germanophones, 26% italophones et 4% ladinophones, une langue rare locale d’origine romane. Le programme du gouvernement autrichien prévoit de proposer un passeport aux germanophones et aux ladinophones.

    Lors de l’annonce du projet fin 2017, les responsables de la province autonome de Bolzano s’étaient réjouis de cette opportunité tout en réaffirmant leur ancrage européen, tandis que leurs voisins également germanophones du Trentin avaient regretté de ne pas figurer dans les plans de Vienne.

    #nationalité #citoyenneté #identité #Sudètes #germanophones #frontières #minorités #nationalisme #UE #union_européenne #Autriche #Italie #passeport #patrie


  • #Birmanie. Les #Rohingyas sont victimes d’un génocide selon l’ONU

    Un rapport des Nations unies accuse les généraux birmans de commettre un génocide contre la minorité musulmane du pays. 700 000 Rohingyas ont fui vers le Bangladesh depuis l’an dernier.

    https://www.courrierinternational.com/article/birmanie-les-rohingyas-sont-victimes-dun-genocide-selon-lonu
    #Rohingya #génocide #mots #terminologie #ONU #Myanmar #minorités

    v. le #rapport :

    Report of the Independent International Fact - Finding Mission on Myanmar

    The Mission concluded, given these considerations on the inference of genocidal intent, that there is sufficient information to warrant the investigation and prosecution of s enior officials in the Tatmadaw chain of command, so that a competent court can determine their liability for genocide in relation to the situation in Rakhine State.

    https://www.ohchr.org/Documents/HRBodies/HRCouncil/FFM-Myanmar/A_HRC_39_64.pdf?smid=nytcore-ios-share

    cc @reka


  • L’absurdité des tests de QI, en 7 arguments Emmanuel Wathelet - Le blog du radis
    https://leblogduradis.com/2018/08/21/labsurdite-des-tests-de-qi-en-7-arguments

    Á une époque où on ne peut ouvrir Youtube sans entendre parler de « douance », de « zèbres », de « gifted », de « surdouance », de « HP » (pas les imprimantes) et autres mots barbares, je m’essaie à ce rapide soliloque pour en finir, une fois pour toutes – en ce qui me concerne – avec cette imposture que sont les tests de QI.
    Le Graal pour les thuriféraires de cette imbécillité ? 130 ! Le fameux palier à partir duquel vous ferez partie des « hors normes ». Perso, mon Graal, c’est 42. Mais pour d’autres raisons…

    1. Les Lapons sont sous-doués
    Il y a cette anecdote en anthropologie qui raconte qu’un explorateur canadien observait des ours polaires en Laponie[1]. Les Lapons lui demandèrent alors quelle était la couleur du pelage des ours présents dans son pays. Il leur dit : « À votre avis ? Ce sont des ours polaires ! » Les Lapons expliquèrent alors que sans les avoir vus, ils ne pouvaient répondre.

    Est-ce à dire que les Lapons ne sont pas intelligents ? Non. Simplement, la forme syllogistique leur était étrangère : Tous les ours polaires sont blancs / Or, les ours de l’explorateur sont des ours polaires / Donc, les ours de l’explorateur sont blancs. À vrai dire, les Lapons font même plutôt preuve de sagesse : à moins d’avoir vu l’intégralité des ours polaires, il est impossible d’affirmer qu’ils sont tous blancs… On ne peut en effet, en science, affirmer qu’une théorie est vraie. On ne peut que démontrer qu’elle est fausse, comme l’exposait bien Karl Popper avec le principe de falsifiabilité.

    Il en va de même pour les tests de QI : la maîtrise du langage, des axiomes, des tenus pour acquis de la culture du test est une condition sine qua non à sa réussite. L’universalité de ces tests est complètement remise en question, ce qui diminue d’autant leur intérêt supposé. Une fois qu’on a dit ça, on se confronte en effet à un autre énorme problème. Où commence et où s’arrête cette culture ? Ne peut-on considérer que ceux qui réussissent le mieux ces tests ne sont pas forcément très intelligents mais correspondent juste parfaitement aux attendus culturels que ces tests sous-tendent ?

    2. C’est une instrumentalisation politique !
    Le titre est évidemment un peu provoc’ mais il renvoie à une vérité historique méconnue. Profitant de ce que ces tests sont culturellement marqués alors qu’on les considérait comme universels, ils ont été très pratiques pour « classer » les immigrants d’Europe de l’Est sur le continent de l’oncle Sam, https://www.youtube.com/watch?v=uLnpQXOghtM

    puis pour justifier les coupes dans les dépenses sociales, défavorisant de facto la population noire. Ils servaient ainsi le dessein suprématiste d’une « race blanche » et les délires eugénistes au détriment de tous ceux qui ne partageaient pas la même culture, la même langue et/ou les conditions socio-économiques. Les tests de QI ont donc servi des projets politiques évidents et il n’est pas interdit de penser que, sous des formes peut-être moins explicites, ils continuent de le faire aujourd’hui.

    D’une certaine façon, les tests de QI sont, comme le décrivait Althusser pour l’Église et le système scolaire, un « appareil idéologique d’État », c’est-à-dire une institution qui inculque « des façons de voir » et s’assure de la reproduction des classes sociales dans les justes proportions (c’est-à-dire dans les proportions qui maintiennent tel quel le système). Ainsi, les riches occupent leur place de privilégiés non par effraction, mais de façon tout à fait légitime : elle leur est due par leur intelligence. C’est notamment ce qu’a pu révéler l’affaire du psychologue Birt en Grande-Bretagne. https://en.wikipedia.org/wiki/Cyril_Burt

    Comme me le partageait un copain, directeur d’une salle de sport à Molenbeek : « Dans le Brabant Wallon, dès qu’un enfant bouge un peu, il est HP ! Chez nous à Molenbeek, c’est un hyperactif. Et on le drogue à la rilatine… » Le test de QI sert alors de caution scientifique, venant appuyer par les chiffres non pas une réalité objective, mais une projection bien utile au maintien d’un système de domination.

    3. Parfaitement solubles dans le capitalisme
    En se focalisant sur certaines compétences logiques ou matricielles, sous le couperet d’un chronomètre, ils mettent en évidence des valeurs relatives à la performance, à l’optimisation du temps et de ses propres ressources, à l’efficacité, à la mise en concurrence par les chiffres, et à la réflexion intensive dans le strict périmètre de la norme attendue. De ce point de vue, les tests de QI servent parfaitement le capitalisme qui n’invite pas à penser hors de lui-même. Ils poussent à considérer l’Homme comme un être « rationnel », un homo economicus que pourtant la moindre décision émotionnelle suffit à contredire !

    Les tests de QI renvoient au mythe de la quantification que l’on observe partout. Qu’importe si l’on fait dire ce qu’on veut aux chiffres, aux data, pourvu qu’on puisse réaliser de jolis graphiques que personne (ou presque) n’interrogera. Si les mots ont un poids et que les photos créent le choc, les chiffres, eux, cumulent ces deux pouvoirs – non contents d’être des symboles, ils deviennent des icônes. Ce qui passe à la trappe, ce faisant, c’est l’inventivité, la pensée hors des cadres, la créativité…

    Le test de QI attend littéralement un certain type de réponse. Ce qu’il mesure n’est donc pas une réponse vraie à une question absolue, mais la réponse adéquate par rapport à ce que les autres répondent normalement. En réalité, ils sont tellement déconnectés du monde réel et de ses problèmes que ce que mesure vraiment ces tests de QI…c’est la capacité de quelqu’un à répondre à un test de QI ! Tautologie très éclairante.

    4. L’intelligence ? De la logique seulement.
    Peu importe que la pensée humaine soit entièrement organisée autour des métaphores, qu’il soit impossible de réfléchir sans analogies, même au cœur de la physique fondamentale… Théorie des cordes ? Quelles cordes ? Qu’importe tout ça. Pour le test de QI, l’intelligence n’est pas analogique, elle est logique. Tout court. Et si votre logique n’est pas celle attendue par les suites de symboles à compléter, vous n’aurez pas l’occasion de vous exprimer à ce sujet. Autrement dit, les personnes qui initialement conçoivent le test de QI imposent leur logique au test et la prennent pour étalon.

    On serait alors tenté d’intégrer d’autres compétences à ces fameux tests, histoire qu’ils ne soient pas le seul reflet de la focale mise sur la logique. Sauf que, ce faisant, on renforce d’autant le gap entre les différentes origines socio-économiques. Ajoutez, par exemple, des questions de vocabulaire et le gamin de Molenbeek qui ne parle même pas français à la maison s’en sortira particulièrement mal. Qu’importe d’ailleurs si lui est déjà bilingue à huit ans…contrairement à son homologue des banlieues bourgeoises.

    5. Suffit de s’entraîner !
    Un des axiomes de Mensa, une organisation américaine dont les tentacules s’étendent jusqu’en Europe et qui organisent des petites sauteries au sein de la communauté des QI supérieurs, considère que le QI est quelque chose d’inné. Pourquoi ? Parce que, comme précisé plus haut, il ne faudrait pas mélanger les torchons et les serviettes.

    Or, on considère aujourd’hui en psychologie que le QI n’est que le « diagnostic passager de certaines fonctions cérébrales ». Si ce n’est qu’un diagnostic passager, on suppose aisément qu’il peut changer avec le temps. Selon que le cerveau est peu, moyennement ou beaucoup sollicité. Je repense à ces vidéos touchantes où Jacques Duez, prof de morale, interviewait ses élèves de primaire sur des questions philosophiques. Les retrouvant des années plus tard, on mesure combien avec le temps et l’usage, le cerveau pouvait s’être émancipé ou…rabougri.

    D’ailleurs, on peut même s’améliorer ! S’entraîner ! Un ami me partageait récemment avoir été stressé à cause de ces fameux tests de matrices dans une procédure de recrutement. Il s’est donc préparé avec l’un de ces livres…qui lui a été tellement utile qu’il a, le jour J, eut le temps de vérifier toutes ses réponses. Deux fois. Jamais une caractéristique innée n’aura été si bien supportée par de l’acquis ! Et ce n’est pas tout : les résultats sont influencés par une série de facteurs externes, qui n’ont aucun rapport avec l’intelligence, comme le stress face aux examens, la fatigue, la capacité de concentration, la confiance en soi et l’estime de soi, etc.

    6. Oui, mais ça en aide certains…
    Tout d’abord, on a parfaitement le droit de se sentir aidé par des choses irrationnelles. Je n’ai absolument rien contre les religions, l’astrologie, l’ésotérisme et que sais-je encore. Mais il ne faut pas non plus confondre la foi et la connaissance. Et on ne perd rien à « croire » en connaissance de cause !

    Du reste, le test de QI peut très bien (enfin, très bien, toute proportion gardée et compte tenu des réserves formulées dans cet article) continuer à être un des outils utiles à des diagnostics, par exemple concernant les déficiences mentales. Ce qui était, d’ailleurs, son but lorsqu’Alfred Binet l’a conçu. Mais nous serons d’accord sur le fait qu’il y a une marge entre considérer le test de QI comme un des outils utiles au psychologue et le considérer comme l’étalon universel et incontesté de classement de l’intelligence au regard d’une population entière.

    Enfin, si ça en aide certains, ça en détruit d’autres… Qui ne sera que « hyperactif » aux yeux de ses parents – sans la caution de la « surdouance », qui ne pourra « légitimer » son hypersensibilité, hyperactivité, hyper-ajoutez-n’importe-quoi-derrière avec une intelligence hors norme…

    7. Quelle définition de l’intelligence ?
    En réalité, on est bien en peine de définir l’intelligence. Est-ce de la logique ? De la mémoire ? De l’adaptation ? Du raisonnement ? De la connaissance ? La capacité à articuler ces compétences entre elles ? Demandez-vous alors où réside la pertinence dans le fait de mesurer quelque chose qu’on ne connaît pas !

    J’irai même plus loin : les tests dits « qualitatifs » sont tout aussi absurdes. Outre l’indigence de certaines de ces rencontres[2] – indigence laborieusement cachée derrière du vocabulaire aussi pompeux que celui de cet article -, ils cachent souvent un bon petit business des familles. Certes, là encore, la liste des critères qui feront de vous un bon HP en puissance n’est pas inutile – il se pourrait même que vous vous y retrouviez ici où là, mais ce genre de liste est, à l’instar de n’importe quel horoscope, bien trop soumis à l’effet barnum pour qu’on puisse y donner du crédit. Est HP, finalement, celui qui se reconnaît HP. Tautologie encore.

    Mais du coup, refuser les catégories, n’est-ce pas se voiler la face ? N’est-ce pas nier qu’il existe des gens différents, éventuellement en souffrance ? Soyons clairs : reconnaître la réalité du racisme et la souffrance des minorités subissant les discriminations n’implique pas de reconnaître la légitimité du concept de race !

    Il en va de même pour le QI. S’il est évident qu’il existe des intelligences multiples et complexes, des gens naturellement (très) curieux ou qui développent leur curiosité avec l’âge, des gens qui comprennent plus vite, qui retiennent mieux ou qui apportent des solutions innovantes à des problèmes anciens ; s’il est vrai que certains cumulent des caractéristiques comme celles-là, la réification de ces qualités par un test très contestable en une catégorie chiffrée supposant a priori ses propres frontières pose plus de problèmes qu’elle n’en résout.

    On peut refuser cette facilité, le pouvoir trompeusement magique du « mot diagnostic » qui suffirait à tout expliquer ! On peut simplement rendre hommage à la complexité de l’humain et à la singularité des individus. Et si certains, se reconnaissant des caractéristiques communes, ont de quoi partager ensemble, c’est parfait. Mais cela ne devrait pas impliquer des classements qui font advenir le réel plus qu’ils n’en seraient la représentation.

    [1] Bon, je ne suis plus du tout certain de cette anecdote. Prenons-là comme une allégorie et n’en parlons plus !
    [2] Pas d’autre choix ici que de me croire sur parole.
    #QI #Laponie #test #language #axiome #mensa #culture #politique #minorités #discrimination #intelligence #différence #classement


  • Eric Fassin : « L’#appropriation_culturelle, c’est lorsqu’un emprunt entre les cultures s’inscrit dans un contexte de #domination »

    Dans un entretien au « Monde », le sociologue Eric Fassin revient sur ce concept né dans les années 1990, au cœur de nombre de polémiques récentes.

    Des internautes se sont empoignés sur ces deux mots tout l’été : « appropriation culturelle ». Le concept, né bien avant Twitter, connaît un regain de popularité. Dernièrement, il a été utilisé pour décrire aussi bien le look berbère de Madonna lors des MTV Video Music Awards, la dernière recette de riz jamaïcain du très médiatique chef anglais #Jamie_Oliver, ou l’absence de comédien autochtone dans la dernière pièce du dramaturge québécois #Robert_Lepage, #Kanata, portant justement sur « l’histoire du Canada à travers le prisme des rapports entre Blancs et Autochtones ».

    Qu’ont en commun ces trois exemples ? Retour sur la définition et sur l’histoire de l’« appropriation culturelle » avec Eric Fassin, sociologue au laboratoire d’études de genre et de sexualité de l’université Paris-VIII et coauteur de l’ouvrage De la question sociale à la question raciale ? (La Découverte).
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    D’où vient le concept d’« appropriation culturelle » ?

    Eric Fassin : L’expression apparaît d’abord en anglais, à la fin du XXe siècle, dans le domaine artistique, pour parler de « #colonialisme_culturel ». Au début des années 1990, la critique #bell_hooks, figure importante du #Black_feminism, développe par exemple ce concept, qu’elle résume d’une métaphore : « manger l’Autre. » C’est une approche intersectionnelle, qui articule les dimensions raciale et sexuelle interprétées dans le cadre d’une exploitation capitaliste.

    Un regard « exotisant »

    Cette notion est aussi au cœur de la controverse autour de #Paris_Is_Burning, un film #documentaire de 1990 sur la culture des bals travestis à New York. Une autre critique noire, Coco Fusco, reprochait à la réalisatrice #Jennie_Livingston, une lesbienne blanche, son regard « exotisant » sur ces minorités sexuelles et raciales. Pour elle, il s’agissait d’une forme d’#appropriation_symbolique mais aussi matérielle, puisque les sujets du film se sont sentis floués, dépossédés de leur image.

    Comment définir ce concept ?

    E. F. : Ce qui définit l’appropriation culturelle, comme le montre cet exemple, ce n’est pas seulement la circulation. Après tout, l’emprunt est la règle de l’art, qui ne connaît pas de frontières. Il s’agit de #récupération quand la #circulation s’inscrit dans un contexte de #domination auquel on s’aveugle. L’enjeu n’est certes pas nouveau : l’appropriation culturelle, au sens le plus littéral, remplit nos #musées occidentaux d’objets « empruntés », et souvent pillés, en Grèce, en Afrique et ailleurs. La dimension symbolique est aujourd’hui très importante : on relit le #primitivisme_artistique d’un Picasso à la lumière de ce concept.

    Ce concept a-t-il été intégré dans le corpus intellectuel de certaines sphères militantes ?

    E. F. : Ces références théoriques ne doivent pas le faire oublier : si l’appropriation culturelle est souvent au cœur de polémiques, c’est que l’outil conceptuel est inséparablement une arme militante. Ces batailles peuvent donc se livrer sur les réseaux sociaux : l’enjeu a beau être symbolique, il n’est pas réservé aux figures intellectuelles. Beaucoup se transforment en critiques culturels en reprenant à leur compte l’expression « appropriation culturelle ».

    En quoi les polémiques nées ces derniers jours relèvent-elles de l’appropriation culturelle ?

    E. F. : Ce n’est pas la première fois que Madonna est au cœur d’une telle polémique. En 1990, avec sa chanson Vogue, elle était déjà taxée de récupération : le #voguing, musique et danse, participe en effet d’une subculture noire et hispanique de femmes trans et de gays. Non seulement l’artiste en retirait les bénéfices, mais les paroles prétendaient s’abstraire de tout contexte (« peu importe que tu sois blanc ou noir, fille ou garçon »). Aujourd’hui, son look de « #reine_berbère » est d’autant plus mal passé qu’elle est accusée d’avoir « récupéré » l’hommage à la « reine » noire Aretha Franklin pour parler… de Madonna : il s’agit bien d’appropriation.

    La controverse autour de la pièce Kanata, de Robert Lepage, n’est pas la première non plus — et ces répétitions éclairent l’intensité des réactions : son spectacle sur les chants d’esclaves avait également été accusé d’appropriation culturelle, car il faisait la part belle aux interprètes blancs. Aujourd’hui, c’est le même enjeu : alors qu’il propose une « relecture de l’histoire du Canada à travers le prisme des rapports entre Blancs et Autochtones », la distribution oublie les « autochtones » — même quand ils se rappellent au bon souvenir du metteur en scène. C’est encore un choix revendiqué : la culture artistique transcenderait les cultures « ethniques ».

    Par comparaison, l’affaire du « #riz_jamaïcain » commercialisé par Jamie Oliver, chef britannique médiatique, peut paraître mineure ; elle rappelle toutefois comment l’ethnicité peut être utilisée pour « épicer » la consommation. Bien sûr, la #nourriture aussi voyage. Reste qu’aujourd’hui cette #mondialisation marchande du symbolique devient un enjeu.

    Pourquoi ce concept fait-il autant polémique ?

    E. F. : En France, on dénonce volontiers le #communautarisme… des « autres » : le terme est curieusement réservé aux minorités, comme si le repli sur soi ne pouvait pas concerner la majorité ! C’est nier l’importance des rapports de domination qui sont à l’origine de ce clivage : on parle de culture, en oubliant qu’il s’agit aussi de pouvoir. Et c’est particulièrement vrai, justement, dans le domaine culturel.

    Songeons aux polémiques sur l’incarnation des minorités au théâtre : faut-il être arabe ou noir pour jouer les Noirs et les Arabes, comme l’exigeait déjà #Bernard-Marie_Koltès, en opposition à #Patrice_Chéreau ? Un artiste blanc peut-il donner en spectacle les corps noirs victimes de racisme, comme dans l’affaire « #Exhibit_B » ? La réponse même est un enjeu de pouvoir.

    En tout cas, l’#esthétique n’est pas extérieure à la #politique. La création artistique doit revendiquer sa liberté ; mais elle ne saurait s’autoriser d’une exception culturelle transcendant les #rapports_de_pouvoir pour s’aveugler à la sous-représentation des #femmes et des #minorités raciales. L’illusion redouble quand l’artiste, fort de ses bonnes intentions, veut parler pour (en faveur de) au risque de parler pour (à la place de).

    Le monde universitaire n’est pas épargné par ces dilemmes : comment parler des questions minoritaires, quand on occupe (comme moi) une position « majoritaire », sans parler à la place des minorités ? Avec Marta Segarra, nous avons essayé d’y faire face dans un numéro de la revue Sociétés & Représentations sur la (non-)représentation des Roms : comment ne pas redoubler l’exclusion qu’on dénonce ? Dans notre dossier, la juriste rom Anina Ciuciu l’affirme avec force : être parlé, représenté par d’autres ne suffit pas ; il est temps, proclame cette militante, de « nous représenter ». Ce n’est d’ailleurs pas si difficile à comprendre : que dirait-on si les seules représentations de la société française nous venaient d’Hollywood ?


    https://mobile.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2018/08/24/eric-fassin-l-appropriation-culturelle-c-est-lorsqu-un-emprunt-entre-
    #géographie_culturelle #pouvoir #culture #Madonna #exotisme #peuples_autochtones #film #musique #cuisine #intersectionnalité #Eric_Fassin

    • Cité dans l’article, ce numéro spécial d’une #revue :
      #Représentation et #non-représentation des #Roms en #Espagne et en #France

      Les populations roms ou gitanes, en France comme en Espagne, sont l’objet à la fois d’un excès et d’un défaut de représentation. D’une part, elles sont surreprésentées : si la vision romantique des Bohémiens semble passée de mode, les clichés les plus éculés de l’antitsiganisme sont abondamment recyclés par le racisme contemporain. D’autre part, les Roms sont sous-représentés en un double sens. Le sort qui leur est réservé est invisibilisé et leur parole est inaudible : ils sont parlés plus qu’ils ne parlent.

      Ce dossier porte sur la (non-) représentation, autant politique qu’artistique et médiatique, des Roms en France et en Espagne des Gitanxs (ou Gitan·e·s) ; et cela non seulement dans le contenu des articles, mais aussi dans la forme de leur écriture, souvent à la première personne, qu’il s’agisse de sociologie, d’anthropologie ou d’études littéraires, de photographie ou de littérature, ou de discours militants. Ce dossier veut donner à voir ce qui est exhibé ou masqué, affiché ou effacé, et surtout contribuer à faire entendre la voix de celles et ceux dont on parle. L’enjeu, c’est de parler de, pour et parfois avec les Gitan·e·s et les Roms, mais aussi de leur laisser la parole.

      https://www.cairn.info/revue-societes-et-representations-2018-1.htm

    • Au #Canada, la notion d’« appropriation culturelle » déchire le monde littéraire

      Tout est parti d’un éditorial dans Write, revue trimestrielle de la Writers’ Union of Canada (l’association nationale des écrivains professionnels) consacrée pour l’occasion aux auteurs autochtones du Canada, sous-représentés dans le panthéon littéraire national. Parmi les textes, l’éditorial d’un rédacteur en chef de la revue, Hal Niedzviecki, qui disait ne pas croire au concept d’« appropriation culturelle » dans les textes littéraires. Cette affirmation a suscité une polémique et une vague de fureur en ligne.

      On parle d’appropriation culturelle lorsqu’un membre d’une communauté « dominante » utilise un élément d’une culture « dominée » pour en tirer un profit, artistique ou commercial. C’est ici le cas pour les autochtones du Canada, appellation sous laquelle on regroupe les Premières Nations, les Inuits et les Métis, peuples ayant subi une conquête coloniale.
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      Des polémiques, plus ou moins importantes, liées à l’appropriation culturelle ont eu lieu ces derniers mois de manière récurrente, par exemple sur l’usage par la marque Urban Outfitters de savoir-faire traditionnels des Indiens Navajos ou la commercialisation par Chanel d’un boomerang de luxe, considéré comme une insulte par certains aborigènes d’Australie.
      Le « prix de l’appropriation »

      La notion est moins usitée pour la création littéraire, où l’on parle plus volontiers « d’orientalisme » pour l’appropriation par un auteur occidental de motifs issus d’une autre culture. Mais c’est bien cette expression qu’a choisie Hal Niedzviecki dans son plaidoyer intitulé « Gagner le prix de l’appropriation ». L’éditorial n’est pas disponible en ligne mais des photos de la page imprimée circulent :

      « A mon avis, n’importe qui, n’importe où, devrait être encouragé à imaginer d’autres peuples, d’autres cultures, d’autres identités. J’irais même jusqu’à dire qu’il devrait y avoir un prix pour récompenser cela – le prix de l’appropriation, pour le meilleur livre d’un auteur qui écrit au sujet de gens qui n’ont aucun point commun, même lointain, avec lui ».

      Il y voit surtout une chance pour débarrasser la littérature canadienne de sa dominante « blanche et classes moyennes », dénonçant la crainte de « l’appropriation culturelle » comme un frein qui « décourage les écrivains de relever ce défi ».

      Le fait que cette prise de position ait été publiée dans un numéro précisément consacré aux auteurs autochtones a été perçu comme un manque de respect pour les participants. L’un des membres du comité éditorial, Nikki Reimer, s’en est pris sur son blog à un article « au mieux, irréfléchi et idiot, au pire (…) insultant pour tous les auteurs qui ont signé dans les pages de la revue ».

      « Il détruit toutes les tentatives pour donner un espace et célébrer les auteurs présents, et montre que la revue “Write” n’est pas un endroit où l’on doit se sentir accueilli en tant qu’auteur indigène ou racisé. »

      La Writers’ Union a rapidement présenté des excuses dans un communiqué. Hal Niedzviecki a lui aussi fini par s’excuser et a démissionné de son poste, qu’il occupait depuis cinq ans.
      Un débat sur la diversité dans les médias

      Son argumentaire a cependant dépassé les colonnes du magazine lorsque plusieurs journalistes ont offert de l’argent pour doter le fameux « prix ». Ken Whyte, ancien rédacteur en chef de plusieurs publications nationales, a lancé sur Twitter :

      « Je donnerai 500 dollars pour doter le prix de l’appropriation, si quelqu’un veut l’organiser. »

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      D’autres figures de la presse canadienne, comme Anne Marie Owens (rédactrice en chef du National Post), Alison Uncles (rédactrice en chef de Maclean’s Magazine), deux éditorialistes du Maclean’s et du National Post, entre autres, se sont dits prêts à faire de même. Quelques heures plus tard, une poignée d’entre eux se sont excusés, dont Anne-Marie Owens, qui a déclaré qu’elle voulait simplement défendre « la liberté d’expression ».

      Comme le débat a débordé sur les réseaux sociaux, des lecteurs anonymes s’y sont invités pour dénoncer l’attitude de ces pontes du journalisme. « Imaginez, vous êtes une personne de couleur qui étudie le journalisme, et vous voyez les trois quarts de vos potentiels futurs chefs tweeter au sujet d’un prix de l’appropriation culturelle », grince une internaute.

      Pour les journalistes issus des minorités, l’affaire a également rappelé à quel point les médias manquent de diversité. Sur Buzzfeed, Scaachi Koul écrit : « Je n’en reviens pas d’avoir à dire ça, mais personne, dans l’histoire de l’écriture littéraire, n’a jamais laissé entendre que les Blancs n’avaient pas le droit de faire le portrait d’autochtones ou de gens de couleurs, en particulier dans la fiction. Franchement, on l’encourage plutôt. » Elle poursuit :

      « S’abstenir de pratiquer l’appropriation culturelle ne vous empêche pas d’écrire de manière réfléchie sur les non blancs. Mais cela vous empêche, en revanche, de déposséder les gens de couleur, ou de prétendre que vous connaissez leurs histoires intimement. Cela vous empêche de prendre une culture qui n’a jamais été à vous – une culture qui rend la vie plus difficile pour ceux qui sont nés avec dans le Canada d’aujourd’hui à majorité blanche – et d’en tirer profit. »

      sur le même sujet Les coiffes amérindiennes dans les défilés font-elles du tort à une culture menacée ?
      « Faire son numéro »

      Helen Knott, l’une des auteurs d’origine indigène dont le travail était publié dans la revue Write a raconté sur Facebook, quelques jours après, une étrange histoire. Contactée par la radio CBC pour une interview à ce sujet, elle est transférée vers quelqu’un qui doit lui poser quelques questions avant l’antenne. Elle entend alors les journalistes se passer le téléphone en disant, selon elle :

      « Helen Knott, c’est l’une de ceux qui sont super énervés par cette histoire. »

      « Précisément, la veille, dans une autre interview, raconte Helen Knott, j’ai rigolé avec le journaliste en lui disant que, contrairement à une idée largement répandue, les autochtones ne sont pas “super énervés” en permanence. »

      Au cours de cette pré-interview, elle dit avoir eu a le sentiment grandissant qu’on lui demandait de « faire son numéro » pour alimenter un « débat-divertissement-scandale ». « Je suis quelqu’un d’heureux et mon droit à être en colère quand la situation mérite de l’être ne me définit pas en tant qu’individu », explique-t-elle.

      « C’est tout le problème de l’appropriation culturelle. Les gens utilisent notre culture pour leur propre profit mais peuvent se désintéresser ensuite de nos difficultés à faire partie de la communauté autochtone, de la politisation continuelle de nos vies, des événements et des institutions qui viennent tirer sur la corde de notre intégrité et de notre sens moral, et qui exigent que nous répondions. Aujourd’hui, j’ai refusé de faire mon numéro. »

      En 2011, les autochtones du Canada représentaient 4,3 % de la population. Ils concentrent le taux de pauvreté le plus élevé du Canada et sont les premières victimes des violences, addictions et incarcérations. En 2016, une série de suicides dans des communautés autochtones de l’Ontario et du Manitoba avaient forcé le premier ministre, Justin Trudeau, à réagir. Sa volonté affichée d’instaurer une « nouvelle relation » avec la population autochtone est critiquée par certains comme n’ayant pas été suivie d’effet.

      https://mobile.lemonde.fr/big-browser/article/2017/05/16/au-canada-la-notion-d-appropriation-culturelle-suscite-la-polemique-d


  • La France et l’Angleterre au bord de la crise de nerfs (1) : Guide de la France pour un musulman bien modéré | La série documentaire
    https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/la-france-et-langleterre-au-bord-de-la-crise-de-nerfs-1-guide-de-la-fr

    Une série documentaire d’Ilana Navaro, en collaboration avec Samuel Everett, anthropologue au Woolf Institute/University of Cambridge. En forme de lettres écrites à Usbek, le personnage des « Lettres Persanes » de Montesquieu, cette série de quatre heures propose un voyage à travers la France et l’Angleterre, comparant les deux pays dans leur rapport au multiculturalisme. Sur un ton ironique, Usbek est invité, trois siècles plus tard, à découvrir l’assimilationnisme à la française et le pluralisme à l’anglaise. Durée : 55 min. Source : France Culture

    http://rf.proxycast.org/1468141277492027392/10177-13.08.2018-ITEMA_21769746-0.mp3


  • China Holds Uighurs in Secret Camps: Daily Brief

    The regime in China is responsible for a long list of awful abuses against minorities in the country, according to a new United Nations human rights report. More than one million Uighurs are estimated to be detained in camps. On Monday, China responded with denials and lies during a meeting of the UN Committee on Racial Discrimination in Geneva.

    https://www.hrw.org/the-day-in-human-rights/2018/08/13
    #camps #répression #Ouïghour #Chine #détention #minorités

    v. aussi:
    https://twitter.com/StephNebehay/status/1028641284234379270


  • How a victorious Bashar al-Assad is changing Syria

    Sunnis have been pushed out by the war. The new Syria is smaller, in ruins and more sectarian.

    A NEW Syria is emerging from the rubble of war. In Homs, which Syrians once dubbed the “capital of the revolution” against President Bashar al-Assad, the Muslim quarter and commercial district still lie in ruins, but the Christian quarter is reviving. Churches have been lavishly restored; a large crucifix hangs over the main street. “Groom of Heaven”, proclaims a billboard featuring a photo of a Christian soldier killed in the seven-year conflict. In their sermons, Orthodox patriarchs praise Mr Assad for saving one of the world’s oldest Christian communities.

    Homs, like all of the cities recaptured by the government, now belongs mostly to Syria’s victorious minorities: Christians, Shias and Alawites (an esoteric offshoot of Shia Islam from which Mr Assad hails). These groups banded together against the rebels, who are nearly all Sunni, and chased them out of the cities. Sunni civilians, once a large majority, followed. More than half of the country’s population of 22m has been displaced—6.5m inside Syria and over 6m abroad. Most are Sunnis.

    The authorities seem intent on maintaining the new demography. Four years after the government regained Homs, residents still need a security clearance to return and rebuild their homes. Few Sunnis get one. Those that do have little money to restart their lives. Some attend Christian mass, hoping for charity or a visa to the West from bishops with foreign connections. Even these Sunnis fall under suspicion. “We lived so well before,” says a Christian teacher in Homs. “But how can you live with a neighbour who overnight called you a kafir (infidel)?”

    Even in areas less touched by the war, Syria is changing. The old city of Damascus, Syria’s capital, is an architectural testament to Sunni Islam. But the Iranian-backed Shia militias that fight for Mr Assad have expanded the city’s Shia quarter into Sunni and Jewish areas. Portraits of Hassan Nasrallah, the leader of Hizbullah, a Lebanese Shia militia, hang from Sunni mosques. Advertisements for Shia pilgrimages line the walls. In the capital’s new cafés revellers barely notice the jets overhead, bombing rebel-held suburbs. “I love those sounds,” says a Christian woman who works for the UN. Like other regime loyalists, she wants to see the “terrorists” punished.

    Mr Assad’s men captured the last rebel strongholds around Damascus in May. He now controls Syria’s spine, from Aleppo in the north to Damascus in the south—what French colonisers once called la Syrie utile (useful Syria). The rebels are confined to pockets along the southern and northern borders (see map). Lately the government has attacked them in the south-western province of Deraa.

    A prize of ruins

    The regime is in a celebratory mood. Though thinly spread, it has survived the war largely intact. Government departments are functioning. In areas that remained under Mr Assad’s control, electricity and water supplies are more reliable than in much of the Middle East. Officials predict that next year’s natural-gas production will surpass pre-war levels. The National Museum in Damascus, which locked up its prized antiquities for protection, is preparing to reopen to the public. The railway from Damascus to Aleppo might resume operations this summer.

    To mark national day on April 17th, the ancient citadel of Aleppo hosted a festival for the first time since the war began. Martial bands, dancing girls, children’s choirs and a Swiss opera singer (of Syrian origin) crowded onto the stage. “God, Syria and Bashar alone,” roared the flag-waving crowd, as video screens showed the battle to retake the city. Below the citadel, the ruins stretch to the horizon.

    Mr Assad (pictured) has been winning the war by garrisoning city centres, then shooting outward into rebel-held suburbs. On the highway from Damascus to Aleppo, towns and villages lie desolate. A new stratum of dead cities has joined the ones from Roman times. The regime has neither the money nor the manpower to rebuild. Before the war Syria’s economic growth approached double digits and annual GDP was $60bn. Now the economy is shrinking; GDP was $12bn last year. Estimates of the cost of reconstruction run to $250bn.

    Syrians are experienced construction workers. When Lebanon’s civil war ended in 1990, they helped rebuild Beirut. But no such workforce is available today. In Damascus University’s civil-engineering department, two-thirds of the lecturers have fled. “The best were first to go,” says one who stayed behind. Students followed them. Those that remain have taken to speaking Araglish, a hotch-potch of Arabic and English, as many plan futures abroad.

    Traffic flows lightly along once-jammed roads in Aleppo, despite the checkpoints. Its pre-war population of 3.2m has shrunk to under 2m. Other cities have also emptied out. Men left first, many fleeing the draft and their likely dispatch to the front. As in Europe after the first world war, Syria’s workforce is now dominated by women. They account for over three-quarters of the staff in the religious-affairs ministry, a hitherto male preserve, says the minister. There are female plumbers, taxi-drivers and bartenders.

    Millions of Syrians who stayed behind have been maimed or traumatised. Almost everyone your correspondent spoke to had buried a close relative. Psychologists warn of societal breakdown. As the war separates families, divorce rates soar. More children are begging in the streets. When the jihadists retreat, liquor stores are the first to reopen.

    Mr Assad, though, seems focused less on recovery than rewarding loyalists with property left behind by Sunnis. He has distributed thousands of empty homes to Shia militiamen. “Terrorists should forfeit their assets,” says a Christian businesswoman, who was given a plush café that belonged to the family of a Sunni defector. A new decree, called Law 10, legitimises the government’s seizure of such assets. Title-holders will forfeit their property if they fail to re-register it, a tough task for the millions who have fled the country.

    A Palestinian-like problem

    The measure has yet to be implemented, but refugees compare it to Israel’s absentees’ property laws, which allow the government to take the property of Palestinian refugees. Syrian officials, of course, bridle at such comparisons. The ruling Baath party claims to represent all of Syria’s religions and sects. The country has been led by Alawites since 1966, but Sunnis held senior positions in government, the armed forces and business. Even today many Sunnis prefer Mr Assad’s secular rule to that of Islamist rebels.

    But since pro-democracy protests erupted in March 2011, Syrians detect a more sectarian approach to policymaking. The first demonstrations attracted hundreds of thousands of people of different faiths. So the regime stoked sectarian tensions to divide the opposition. Sunnis, it warned, really wanted winner-take-all majoritarianism. Jihadists were released from prison in order to taint the uprising. As the government turned violent, so did the protesters. Sunni states, such as Turkey, Saudi Arabia and Qatar, provided them with arms, cash and preachers. Hardliners pushed aside moderates. By the end of 2011, the protests had degenerated into a sectarian civil war.

    Early on, minorities lowered their profile to avoid being targeted. Women donned headscarves. Non-Muslim businessmen bowed to demands from Sunni employees for prayer rooms. But as the war swung their way, minorities regained their confidence. Alawite soldiers now flex arms tattooed with Imam Ali, whom they consider the first imam after the Prophet Muhammad (Sunnis see things differently). Christian women in Aleppo show their cleavage. “We would never ask about someone’s religion,” says an official in Damascus. “Sorry to say, we now do.”

    The country’s chief mufti is a Sunni, but there are fewer Sunnis serving in top posts since the revolution. Last summer Mr Assad replaced the Sunni speaker of parliament with a Christian. In January he broke with tradition by appointing an Alawite, instead of a Sunni, as defence minister.

    Officially the government welcomes the return of displaced Syrians, regardless of their religion or sect. “Those whose hands are not stained with blood will be forgiven,” says a Sunni minister. Around 21,000 families have returned to Homs in the last two years, according to its governor, Talal al-Barazi. But across the country, the number of displaced Syrians is rising. Already this year 920,000 people have left their homes, says the UN. Another 45,000 have fled the recent fighting in Deraa. Millions more may follow if the regime tries to retake other rebel enclaves.

    When the regime took Ghouta, in eastern Damascus, earlier this year its 400,000 residents were given a choice between leaving for rebel-held areas in the north or accepting a government offer of shelter. The latter was a euphemism for internment. Tens of thousands remain “captured” in camps, says the UN. “We swapped a large prison for a smaller one,” says Hamdan, who lives with his family in a camp in Adra, on the edge of Ghouta. They sleep under a tarpaulin in a schoolyard with two other families. Armed guards stand at the gates, penning more than 5,000 people inside.

    The head of the camp, a Christian officer, says inmates can leave once their security clearance is processed, but he does not know how long that will take. Returning home requires a second vetting. Trapped and powerless, Hamdan worries that the regime or its supporters will steal his harvest—and then his land. Refugees fear that they will be locked out of their homeland altogether. “We’re the new Palestinians,” says Taher Qabar, one of 350,000 Syrians camped in Lebanon’s Bekaa Valley.

    Some argue that Mr Assad, with fewer Sunnis to fear, may relax his repressive rule. Ministers in Damascus insist that change is inevitable. They point to a change in the constitution made in 2012 that nominally allows for multiparty politics. There are a few hopeful signs. Local associations, once banned, offer vocational training to the displaced. State media remain Orwellian, but the internet is unrestricted and social-media apps allow for unfettered communication. Students in cafés openly criticise the regime. Why doesn’t Mr Assad send his son, Hafez, to the front, sneers a student who has failed his university exams to prolong his studies and avoid conscription.

    A decade ago Mr Assad toyed with infitah (liberalisation), only for Sunni extremists to build huge mosques from which to spout their hate-speech, say his advisers. He is loth to repeat the mistake. Portraits of the president, appearing to listen keenly with a slightly oversized ear, now line Syria’s roads and hang in most offices and shops. Checkpoints, introduced as a counter-insurgency measure, control movement as never before. Men under the age of 42 are told to hand over cash or be sent to the front. So rife are the levies that diplomats speak of a “checkpoint economy”.

    Having resisted pressure to compromise when he was losing, Mr Assad sees no reason to make concessions now. He has torpedoed proposals for a political process, promoted by UN mediators and his Russian allies, that would include the Sunni opposition. At talks in Sochi in January he diluted plans for a constitutional committee, insisting that it be only consultative and based in Damascus. His advisers use the buzzwords of “reconciliation” and “amnesty” as euphemisms for surrender and security checks. He has yet to outline a plan for reconstruction.

    War, who is it good for?

    Mr Assad appears to be growing tired of his allies. Iran has resisted Russia’s call for foreign forces to leave Syria. It refuses to relinquish command of 80,000 foreign Shia militiamen. Skirmishes between the militias and Syrian troops have resulted in scores of deaths, according to researchers at King’s College in London. Having defeated Sunni Islamists, army officers say they have no wish to succumb to Shia ones. Alawites, in particular, flinch at Shia evangelising. “We don’t pray, don’t fast [during Ramadan] and drink alcohol,” says one.

    But Mr Assad still needs his backers. Though he rules most of the population, about 40% of Syria’s territory lies beyond his control. Foreign powers dominate the border areas, blocking trade corridors and the regime’s access to oilfields. In the north-west, Turkish forces provide some protection for Hayat Tahrir al-Sham, a group linked to al-Qaeda, and other Sunni rebels. American and French officers oversee a Kurdish-led force east of the Euphrates river. Sunni rebels abutting the Golan Heights offer Israel and Jordan a buffer. In theory the territory is classified as a “de-escalation zone”. But violence in the zone is escalating again.

    New offensives by the regime risk pulling foreign powers deeper into the conflict. Turkey, Israel and America have drawn red lines around the rebels under their protection. Continuing Iranian operations in Syria “would be the end of [Mr Assad], his regime”, said Yuval Steinitz, a minister in Israel, which has bombed Iranian bases in the country. Israel may be giving the regime a green light in Deraa, in order to keep the Iranians out of the area.

    There could be worse options than war for Mr Assad. More fighting would create fresh opportunities to reward loyalists and tilt Syria’s demography to his liking. Neighbours, such as Jordan and Lebanon, and European countries might indulge the dictator rather than face a fresh wave of refugees. Above all, war delays the day Mr Assad has to face the question of how he plans to rebuild the country that he has so wantonly destroyed.


    https://www.economist.com/middle-east-and-africa/2018/06/30/how-a-victorious-bashar-al-assad-is-changing-syria?frsc=dg%7Ce
    #Syrie #démographie #sunnites #sciites #chrétiens #religion #minorités

    • Onze ans plus tard, on continue à tenter de donner un peu de crédibilité à la fable d’une guerre entre « sunnites » et « minoritaires » quand la moindre connaissance directe de ce pays montre qu’une grande partie des « sunnites » continue, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, mais ce sont les leurs, à soutenir leur président. Par ailleurs, tout le monde est prié désormais par les syriologues de ne se déterminer que par rapport à son origine sectaire (au contraire de ce qu’on nous affirmait du reste au début de la « révolution »)...



  • Là où se mêlent les eaux. Des Balkans au Caucase, dans l’Europe des #confins

    Une ville sans cimetière, une langue comprenant quatre-vingt-trois
    consonnes, une marina qui n’existe pas sur les cartes, d’anciens sous-marins soviétiques à vendre, des frontières que seul un aveugle peut traverser, des vallées perdues et des fronts de mer reconquis, des jeunes radicalisés et des vieux-croyants…
    Sur les marches de l’Europe, des Balkans au Caucase, s’étendent des espaces incertains, broyés dans les rouages d’une interminable « transition », mais propices à des rencontres improbables. Comprendre où va aujourd’hui l’Europe demande d’embarquer à bord d’une histoire des confins : à la fois récit de voyage et reportage d’après guerres, où l’on croise aussi bien les spectres de Tito et d’Enver Hodja que les figures réelles de révolutionnaires non repentis ou de mafieux imaginatifs.
    Dans ce texte où l’ambition littéraire se conjugue à un savoir panoramique, afin de remonter le fil des mémoires du continent, Jean-Arnault Dérens et Laurent Geslin ont caboté sur les rives de l’#Adriatique, de la #mer_égée et de la #mer_Noire. Ce trajet est celui des #minorités oubliées, des pays qui n’existent plus ou pas encore, des #migrations sans cesse recommencées et des rendez-vous toujours ratés.
    Le rythme de la voile raconte ce cheminement de la côte Adriatique aux rivages caucasiens d’#Adjarie et d’#Abkhazie, de la #Crimée à la #Transnistrie. Jusqu’au delta du #Danube, là où le fleuve et toutes les poussières de l’Europe viennent se mêler aux eaux de la #mer.


    http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-L___o___se_m__lent_les_eaux-9782348036057.html
    #livre #frontières #migrations


  • The ’white minority’ illusion
    http://theweek.com/articles/772590/white-minority-illusion

    Such people convince themselves of its reality by making a habit of talking about how “people of color” are uniformly oppressed by hegemonic “whiteness” in the United States. But the truth is that people of Hispanic, African, West Indian, East Asian, South Asian, and Arab descent don’t perceive themselves as (or vote as if they are) members of a unified bloc. They are discrete groups. Most of them do lean Democratic, but not uniformly, and they do so for disparate reasons rooted in the cultures they brought with them to this country and in their distinct histories since arriving. (That’s true of white voters, too, of course.)

    Now, as critics have pointed out, it’s most likely misleading even to suggest that these ethnic categories will remain stable over the coming decades, given rising rates of intermarriage among the members of each group. But even if we assume for the sake of analysis that the categories remain intact, it’s important to recognize that “white” is going to remain the plurality group for a very long time to come. In 2045, when the shift to “minority white” country is supposed to happen, whites will be 49.8 percent of the population, with Hispanics, at 24.6 percent, the next largest group at roughly half the size.

    #minorités #minoritaire #Etats-Unis


  • Revendiquer son #racisme : les limites de la méthode #Steve_Bannon en #France
    https://www.mediapart.fr/journal/france/170318/revendiquer-son-racisme-les-limites-de-la-methode-steve-bannon-en-france

    Marine Le Pen et l’ancien conseiller stratégique du président des États-Unis, Steve Bannon, le 10 mars © Reuters En exhortant les militants du #Front_national à porter « comme une marque de fierté » leur racisme, l’ancien conseiller de Trump se réapproprie les codes d’une contre-culture forgée par des groupes minoritaires. Retour sur un rapt.

    #Homophobie #Minorités


  • « Surveiller et jouir. Anthropologie politique du sexe » de Gayle Rubin : Gayle Rubin et le sexe radical (recension par Éric Fassin, Le Monde)
    http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/01/13/surveiller-et-jouir-anthropologie-politique-du-sexe-de-gayle-rubin_1465008_3

    Cependant, une #radicalité nouvelle gagnait du terrain au sein du #féminisme, constituant la #pornographie et la #prostitution en emblèmes de la #domination_masculine. C’est en 1982, à Barnard College (New York), qu’éclatent au grand jour les #sex_wars. Non pas la « guerre des sexes » que le conservatisme français imputera dix ans plus tard à l’Amérique du « #politiquement_correct », mais les « #guerres_du_sexe » qui déchirent alors le féminisme entre deux logiques radicales inconciliables. Si le #sexe est politique dans les deux cas, pour le féminisme de la #domination, l’#oppression passe par la #sexualité, tandis que pour le féminisme du #désir, c’est la #libération qui passe par la sexualité.

    Certes, le colloque de Barnard vise à penser ensemble « le plaisir et le danger », soit la tension entre #jouissance et #violence. Toutefois, en butte aux attaques virulentes de leurs adversaires, qui voient en elles des collaboratrices de la domination, les participantes traitent surtout de libération. Les unes n’hésitent pas à faire alliance […] avec les conservateurs de la #Majorité_morale et la répression « #antisexe ». Les autres finissent par se dire « #pro-sexe », dans un front commun des #minorités_sexuelles où le #féminisme_radical céderait la place à un libéralisme respectueux de la #diversité des pratiques et des orientations. C’est dans ce contexte que Rubin théorise la distinction entre #genre et sexualité. Mais, faute de les articuler ensuite, n’est-ce pas s’exposer à entériner un Yalta du féminisme : à l’#hétérosexualité la domination de genre, à l’#homosexualité la libération sexuelle ?


  • Comment améliorer les relations entre police et citoyens ?
    https://lejournal.cnrs.fr/articles/comment-ameliorer-les-relations-entre-police-et-citoyens

    Une vaste étude comparative sur les relations entre police et population à travers le monde a été publiée récemment. Si les situations sont inégales selon les pays et les régimes, la France fait figure de mauvaise élève au sein de l’Union européenne. Comment restaurer la confiance entre policiers et citoyens ? Éléments de réponse avec le politologue Sebastian Roché, codirecteur de l’étude.

    • Comment décririez-vous la situation française, par exemple ?
      S. R. : Elle est assez mal placée en Europe. Lorsque l’on compare le degré de #confiance accordé à la police, nous sommes dans le tiers inférieur de l’Union européenne à 27, plus proches de la Grèce et de la Bulgarie que de l’Allemagne ou du Danemark.

      On retrouve chez nous sans surprise les deux faiblesses que j’évoquais : un #ciblage excessif des #minorités, ethniques notamment, dont il est en outre plus difficile de débattre qu’en Grande-Bretagne ou aux États-Unis, par exemple ; et, d’autre part, des modalités d’intervention plus autoritaires. La comparaison entre la France et l’Allemagne est éclairante à cet égard. Nos agents baignent dans une culture fondée sur le principe « force doit rester à la loi », tandis que les Allemands communiquent davantage lors de leurs interventions.

      #police #Eurojustis #égalité #discriminations #biais_inconscients #religiosité #Fergusson #intégration #corruption


  • Zones politiques du cinéma contemporain. Séminaire itinérant.

    J’ai eu le plaisir de rencontrer et d’écouter récemment Robert Bonamy à l’occasion d’une projection du film de Pierre Creton Va, toto ! . Nulle doute que ce séminaire va être génial. Avec une projection du film le Gai savoir 1,2,3 de Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval.


    https://vimeo.com/163372994

    #grenoble #cinéma #calais #parias #minorités #refugiés #migrations


  • Couverture médiatique de la « crise des réfugiés » : perspective européenne (2017)

    Les médias ont joué un rôle important dans la formation du débat public sur la « crise des réfugiés » qui a culminé à l’automne 2015. Ce rapport examine les récits développés par les médias dans huit pays européens et comment ils ont contribué à la perception que le public a de la « crise », passant d’une tolérance prudente durant l’été à une effusion de solidarité et d’humanitarisme en septembre 2015 et enfin à une orientation sécuritaire du débat et un discours de peur en novembre 2015.

    Dans l’ensemble, les réfugiés et les migrants ont eu peu d’occasions d’exprimer leur point de vue sur les événements et les médias ont accordé une attention limitée à la souffrance des individus ou au contexte mondial et historique de leur déplacement. Les réfugiés et les migrants sont souvent présentés comme un groupe indiscernable d’étrangers anonymes et non qualifiés qui sont tour à tour vulnérables ou dangereux.

    La diffusion d’informations biaisées ou infondées contribue à perpétuer les stéréotypes et à créer un environnement défavorable non seulement à leur accueil, mais aussi aux perspectives à plus long terme d’intégration dans la société.


    https://edoc.coe.int/fr/rfugis/7366-couverture-mediatique-de-la-crise-des-refugies-perspective-europeenne

    #médias #journalisme #presse #réfugié #rapport #asile #migrations #Europe #crise_Des_réfugiés #crise_migratoire #couverture_médiatique


  • “THIS IS OUR HOME”. STATELESS MINORITIES AND THEIR SEARCH FOR CITIZENSHIP

    Discrimination, exclusion and persecution most commonly describe the existence of stateless minorities.
    More than 75% of the world’s known stateless populations belong to minority groups.

    http://www.unhcr.org/ibelong/stateless-minorities
    #apatridie #rapport #exclusion #discriminations #persécution #Makonde #Kenya #Pemba #minorités #Macédoine #Roms #Karana #Madagascar #pauvreté #peur


  • Le terrorisme de la vache
    http://www.laviedesidees.fr/Le-terrorisme-de-la-vache.html

    La sacralité de la vache et l’interdiction religieuse de la consommation de bœuf ont toujours constitué, depuis leur invention tardive à l’époque médiévale, de puissants moteurs de fédération de la communauté hindoue. Elles continuent aujourd’hui à être instrumentalisées par l’extrême-droite nationaliste, comme en témoigne la vague de lynchages qui frappe le pays.

    Essais & débats

    / #nationalisme, #minorités, sacré, #hindouisme

    #Essais_&_débats #sacré


  • Protesters are being labeled as domestic terrorist threats, experts worry | McClatchy Washington Bureau
    http://www.mcclatchydc.com/news/nation-world/national/article181358311.html

    But many national security experts say the designation doesn’t describe a movement at all – let alone a terrorism threat; rather, it’s simply a label that allows the #FBI to conduct additional #surveillance on “basically anyone who’s black and politically active,” according to Michael German, who left the FBI in 2004 and did undercover domestic terrorism work.

    Critics are concerned that increasingly, it appears to be minorities and environmental protesters who are being targeted.

    #terrorisme #minorités #dissidents