• The ’white minority’ illusion
    http://theweek.com/articles/772590/white-minority-illusion

    Such people convince themselves of its reality by making a habit of talking about how “people of color” are uniformly oppressed by hegemonic “whiteness” in the United States. But the truth is that people of Hispanic, African, West Indian, East Asian, South Asian, and Arab descent don’t perceive themselves as (or vote as if they are) members of a unified bloc. They are discrete groups. Most of them do lean Democratic, but not uniformly, and they do so for disparate reasons rooted in the cultures they brought with them to this country and in their distinct histories since arriving. (That’s true of white voters, too, of course.)

    Now, as critics have pointed out, it’s most likely misleading even to suggest that these ethnic categories will remain stable over the coming decades, given rising rates of intermarriage among the members of each group. But even if we assume for the sake of analysis that the categories remain intact, it’s important to recognize that “white” is going to remain the plurality group for a very long time to come. In 2045, when the shift to “minority white” country is supposed to happen, whites will be 49.8 percent of the population, with Hispanics, at 24.6 percent, the next largest group at roughly half the size.

    #minorités #minoritaire #Etats-Unis

  • Verbiage sacerdotal [RIP Colette Guillaumin !]

    "Est-ce que la théorie est une place forte ? Ou est-ce qu’elle est une chasse gardée ? Ou bien plutôt qu’est-ce que la théorie ? Les minoritaires - et on entendra ici par minoritaires non ceux qui seraient forcement en nombre moindre mais bien ceux qui dans une société sont en état de moindre pouvoir, que ce pouvoir soit économique, juridique, politique ... les minoritaires donc, dans quelque société que ce soit, sont dans une position singulière en ce qui concerne les productions intellectuelles : le plus souvent ils haïssent la théorie, la connaissant pour ce qu’elle est, le verbiage sacerdotal de ceux qui qui les dominent, ce qui sort de la tête et de la bouche de ceux qui disposent de la force (outils, armes concrètes, police, armée) et de la nourriture (salaires, terres, biens ...). Dans la relation majoritaire/minoritaire la force, les biens et la liberté individuelle qui en découlent étant des caractéristiques du dominant, l’expression institutionnalisée de sa conscience et de sa vue de la situation est la seule a être publiée, diffusée, et glosée. Cela alors se nomme « théorie ». De plein droit. Qu’ils aient nom Malthus ou Hegel, Comte ou Gobineau, ou qu’ils aient été, bien avant eux, les théologiens, ils produisent ce qui pour les minoritaires est un cauchemar, eux qui ne savent d’ailleurs même pas le plus souvent les détails académiques de l’affaire, se contentant de connaître, en pratique et quotidiennement, par la contrainte, par le mépris subi, par la faim, que le place ils n’en ont que soumise toujours, mortelle parfois. Place du silence, de l’infériorité, de la menace diffuse. Menace à certains moments effroyablement précise, dans le coups, le meurtre. Et toujours à chaque instant le travail à fournir, la présence à ne pas faillir, l’attention à ne pas relâcher. Alors ne peuvent parler que l’amertume et la fureur ; la pensée qui s’élabore, la, jamais n’est appelée théorie. Langage d’invective, de sarcasme, de passion refrénée. D’ironie et de noir blasphème, ou bien de désespoir blessé." [Colette #Guillaumin, « Femmes et théories de la société : remarques sur les effets théoriques de la colère des opprimées » (1981), in Sexe, Race et Pratique du pouvoir]

    #théorie
    #dominés
    #minoritaires