• Laure Murat : « La “cancel culture”, c’est d’abord un immense ras-le-bol d’une justice à deux vitesses »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/08/01/la-cancel-culture-c-est-d-abord-un-immense-ras-le-bol-d-une-justice-a-deux-v

    Tribune. C’est une guerre culturelle. Elle est à la fois plus ancienne qu’on le croit et plus inédite qu’on le pense. Dans la cacophonie des passions et des controverses qu’elle suscite et dont la presse se fait désormais quotidiennement l’écho, elle vaut surtout pour les questions qu’elle pose. De quoi s’agit-il ? De la « cancel culture », soit littéralement la culture de l’annulation, qui consiste à pointer du doigt une personnalité ou une entreprise dont un propos, ou une action, a été considéré comme répréhensible ou « offensant » et à lui retirer son soutien via les réseaux sociaux.
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    Cette définition, assez large pour faire consensus, désigne avant tout un mode d’expression composé de discours – de la critique à l’insulte – et d’actions – du sit-in au déboulonnage de statues. Elle recouvre une multitude de pratiques, du boycott – droit politique – au cyberharcèlement – délit moderne.
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    Autant dire d’emblée que la « cancel culture », dont le terme remonterait à 2015, fait du neuf avec du vieux. Elle est l’outil le plus récent d’une contestation politique de plus en plus intense, issue des minorités et de la gauche radicale américaine, s’inscrivant dans le combat des droits civiques et du féminisme, excédées par l’impunité du pouvoir et la passivité des institutions face au racisme, à l’injustice sociale, au sexisme, à l’homophobie, à la transphobie, entre autres.

    Black Lives Matter et #metoo sont parmi les mouvements qui empruntent à la « cancel culture » pour dénoncer des situations iniques, exiger des institutions qu’elles prennent leurs responsabilités en cessant d’honorer des personnalités accusées d’agressions sexuelles ou d’œuvres racistes.
    « Tyrannie des minorités »

    C’est ainsi qu’on a vu nombre de journalistes harceleurs quitter leur poste, ou le Parlement américain accepter, sous la pression, de retirer du Capitole les statues des confédérés. La mort de George Floyd a imprimé une impulsion nouvelle à cette vague qui gagne l’Europe, où l’on a vu à Bristol [Royaume-Uni] la statue d’un marchand d’esclaves être jetée à l’eau par la foule, ou [l’ancien roi des Belges] Léopold II être emporté par une grue à Anvers. L’activité sur Twitter a explosé, les exigences se sont démultipliées. La machine s’emballe.
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    Dernier recours d’une population exaspérée, marginalisée et sans autre voix ni pouvoir que l’Internet, la « cancel culture » est devenue l’arme à double tranchant de « clicktivistes » sans frein qui, à force d’oukases et de menaces tous azimuts, s’attirent aujourd’hui de plus en plus de critiques. « Tyrannie des minorités », « appel à la censure », « intolérance et ostracisme », la « cancel culture » annoncerait la fin de la liberté d’expression, selon une tribune publiée dans Harper’s Magazine et dans Le Monde, et signée par 150 personnalités, plutôt classées à gauche.

    Ce délire de pureté, de transparence et d’une cohérence forcenée fait craindre,
    en France, et au prix d’un anachronisme classique, l’avènement d’une nouvelle Terreur

    Un récent sondage (Politico, 17-19 juillet) montre que 44 % de l’électorat américain désapprouvent ces pratiques, 32 % y sont favorables et 24 % se déclarent sans opinion, cependant que 55 % des 18-34 ans reconnaissent y avoir déjà pris part. Plus important, une majorité des sondés (53 %) estiment que ceux qui tiennent des propos offensants en public doivent s’attendre à des conséquences sociales. Si bien que l’on parle plus volontiers aujourd’hui d’« accountability culture » ou culture de la responsabilité. En clair : assumez vos actes et vos propos.
    Dérives inquiétantes

    Ce principe qui n’a rien d’exorbitant s’accompagne néanmoins de dérives inquiétantes et d’amalgames qui laissent perplexes. Le patron d’une chaîne alimentaire dans le Minnesota a manqué de fermer son entreprise à cause d’un tweet raciste de son adolescente de fille, qui a déchaîné une campagne sans précédent sur les réseaux sociaux.

    Sur Twitter, l’effet de concaténation des offenses confine au vertige. Si j’« annule » X et que Y le soutient, Y sera « annulé » à son tour, et s’il s’enferre, tous ses « followers » avec lui. Certains se voient reprocher des propos tenus il y a vingt ans ou des amitiés anciennes avec untel qui aurait fait une blague sexiste. Des vies sont détruites, au terme de campagnes d’exclusion dignes des plus cruels bizutages.

    Ni prescription ni seconde chance ne sont au programme dans ces mises au pilori et ces excommunications. Les êtres seraient des blocs, sommés de justifier tout acte et toute parole. Ce délire de pureté, de transparence et d’une cohérence forcenée fait craindre, en France, et au prix d’un anachronisme classique, l’avènement d’une nouvelle Terreur et d’un conformisme moral proprement frénétique.
    Nouvelle dictature de l’opinion ?

    La « cancel culture », nouvelle dictature de l’opinion ? Ce raccourci, Donald Trump, son ennemi juré, est le premier à le faire. Le 3 juillet, n’accusait-il pas ce « fascisme d’extrême gauche » d’être la « définition même du totalitarisme » ? Etrange saillie venant d’un homme qui passe son temps à humilier publiquement jusqu’à ses plus proches collaborateurs, ne supporte aucune contradiction, appelle au renvoi de certaines personnalités (notamment des journalistes) et a gagné en célébrité par une émission de télé-réalité, The Apprentice, consistant à éliminer (à « annuler » ?) les candidats à coups de : « You are fired ! » (« Vous êtes viré ! »). Etrange image en miroir aussi que ce face-à-face entre une foule en colère et un président écumant toujours de rage, dans un monde de plus en plus polarisé, clivé, qui a perdu le sens du dialogue – sans même parler de celui de la dialectique.
    La querelle de la « cancel culture » oppose de nombreux intellectuels aux Etats-Unis

    Aux Etats-Unis, la nouvelle gauche, née des mouvements #metoo et Black Lives Matter, serait à l’origine d’un phénomène qui inquiète de nombreux intellectuels américains, la « cancel culture », autrement dit une tendance à vouloir faire taire des voix jugées dissonantes, dangereuses ou haineuses. Né sur les réseaux sociaux, ce phénomène se traduit par des mobilisations qui ont fini par provoquer des démissions, renvois, annulations de conférence, etc. Cinq des auteurs de la tribune que nous publions (Mark Lilla, Thomas Chatterton Williams, George Packer, David Greenberg et Robert Worth) sont des intellectuels engagés dans la défense de la liberté d’expression. Avec les 150 personnalités qui se sont jointes à leur appel, ils estiment qu’une frange de la gauche radicale américaine pratiquerait ainsi une forme de censure. Publié sur le site du mensuel américain Harper’s, ce texte devrait l’être également en Allemagne, en Espagne et au Japon.

    Plusieurs événements récents témoignent de ces nouvelles tensions. Début juin, le directeur des pages « Opinion » du New York Times, James Bennet, a été licencié après la parution d’une tribune signée par un sénateur républicain appelant à l’envoi de l’armée contre les manifestations violentes. Tant au sein de la rédaction du quotidien new-yorkais que sur les réseaux sociaux, ce texte a suscité une vive émotion, certains estimant qu’il pouvait porter atteinte à la sécurité des personnes noires. Sans soutenir le contenu de cet article, d’autres personnalités ont estimé que James Bennet avait été limogé avec un empressement douteux, comme s’il fallait au plus vite donner satisfaction aux internautes en colère. Parmi les signataires de la présente tribune se trouvent d’ailleurs plusieurs grandes signatures du New York Times.

    Autre renvoi ayant suscité l’indignation, celui de David Shor, un analyste de données qui a été licencié début juin par son employeur, Civis Analytics, une société de conseil politique proche des démocrates. Il était reproché à M. Shor d’avoir retweeté l’étude d’un chercheur, de l’université de Princeton (New Jersey), qui tendait à démontrer que les manifestations violentes, comme il a pu y en avoir récemment aux Etats-Unis pour dénoncer les violences policières, ont un impact positif sur le vote républicain. Cette attention portée aux conséquences néfastes des manifestations violentes avait été considérée, par certains militants, comme une manière de faire taire la colère des populations noires aux Etats-Unis.

    D’autres intellectuels ne partagent pas cette vision du débat sur la « cancel culture ». Ils estiment au contraire qu’il va permettre de donner davantage la parole aux minorités généralement moins ou peu entendues. D’autres encore jugent que les dénonciateurs de la « cancel culture » font fausse route : selon eux, les menaces sur la liberté d’expression viendraient bien davantage de l’extrême droite que de la gauche radicale. Ils ajoutent que le recours à l’intimidation et à la violence pour faire taire ses opposants serait d’abord et avant tout, aux Etats-Unis, le fait des suprémacistes blancs. Ils rappellent également que Donald Trump a, lui aussi, durement attaqué la « cancel culture » le 4 juillet.

    Posons cette hypothèse. Et si la « cancel culture » n’était que l’avatar logique, inévitable, d’une démocratie à bout de souffle, dite désormais « illibérale », et de l’ère de la post-vérité ? L’enfant illégitime de la pensée occidentale et du capitalisme débridé, dans une société supposément universaliste, aveugle à ses impensés et incapable de reconnaître les crimes et les conséquences sans nombre de l’esclavage et de la colonisation ?

    Enfant illégitime, c’est-à-dire hors institution, qu’une de ces drôleries pas si paradoxales de la langue française appelle aussi : enfant naturel. N’allez pas chercher la violence de la « cancel culture » ailleurs que dans la brutalité du pouvoir. Là se loge le danger, et là l’impasse. Car, comme le rappelle la poétesse Audre Lorde, « The master’s tools will never dismantle the master’s house » (« Les outils du maître ne démantèleront jamais la maison du maître »).
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    Le problème de la « cancel culture » est celui de la riposte, d’une réponse politique adéquate à l’impunité. Car qui annule qui ? Du jour où le footballeur Colin Kaepernick s’est agenouillé en 2016 pendant l’hymne américain pour protester contre les violences policières envers les minorités, il n’a plus été admis à jouer dans aucune équipe de la NFL (National Football League). Et que dire de ces femmes innombrables, violées, harcelées ou qui ont été renvoyées pour avoir refusé une faveur sexuelle à leur employeur ? Annulées, elles aussi, en silence, sans autre pouvoir que de dire, un jour, sur les réseaux sociaux : Moi aussi… Celles qui sont mortes sous les coups de leur compagnon n’auront pas eu cette opportunité.
    Le racisme et le sexisme honorés

    Pendant ce temps-là, alors qu’on reproche aux féministes leur « maccarthysme », Roman Polanski est honoré par toute une profession qui se pique de distinguer l’homme de l’artiste et Gérald Darmanin, sous le coup d’une accusation de viol, décroche le portefeuille de l’intérieur dans un gouvernement qui a juré de faire de l’égalité homme-femme une priorité. Cet exquis sens de la nuance et du paradoxe qui caractérise le patriarcat finit par lasser.

    Car la « cancel culture », c’est aussi et peut-être d’abord cela : un immense ras-le-bol d’une justice à deux vitesses, une immense fatigue de voir le racisme et le sexisme honorés quand les Noirs se font tuer par la police et les statistiques de viols et de féminicides ne cessent d’augmenter. Le lien établi entre l’actualité et l’histoire, les drames du quotidien et les grands récits officiels a souvent fait polémique.

    « On ne réécrit pas l’Histoire », dit-on. Or rien n’est plus faux : on passe son temps à réviser nos jugements, à découvrir de nouveaux éléments, à fournir des interprétations inédites. La « cancel culture », à qui il est reproché de sortir les choses de leur contexte et d’imposer un regard manichéen sur le passé, braque le projecteur sur des aspects le plus souvent liés à l’histoire coloniale, dans le but de rééquilibrer un récit jugé mythique, partial, incomplet, pour mieux s’en émanciper.

    Churchill a régulièrement fait des déclarations sur l’inégalité des races, Victor Schœlcher n’a, certes, pas été le seul à abolir l’esclavage. Fallait-il pour autant tagger d’un « racist » la statue du premier à Londres et renverser celle du second en Martinique, au motif qu’il faudrait honorer en lieu et place l’esclave Romain, dont l’arrestation en 1848 pour avoir joué du tambour avait déclenché le soulèvement libérateur ? Non.

    Il est urgent en revanche d’entendre un cri d’alarme qui partout se répand et d’en comprendre les vrais enjeux, afin que la catharsis, la punition et les exactions en tout genre ne deviennent le seul mode de (non) communication entre le pouvoir et le peuple, dans un monde verrouillé par une spéculaire et mortifère logique de flics.

    Laure Murat est historienne et essayiste, professeure de littérature à l’Université de Californie, à Los Angeles.

    #Cancel_culture #Minorités #Liberté_expression #Histoire

  • Global report: China records most daily cases since March; poverty fears in south-east Asia | World news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/world/2020/jul/31/global-report-china-records-most-daily-cases-since-march-poverty-fears-
    https://i.guim.co.uk/img/media/ae0e5627fe2dfa84132ca1531351d326ba06cd13/0_275_8256_4954/master/8256.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    In Xinjiang, strict anti-virus measures have been in place in the capital Urumqi for over a week, including the suspension of most public transport and flights, and controls on the entry and exit of people at housing compounds in some districts. However, experts have sounded the alarm over the risk to people detained in China’s secretive internment camps. Clusters of infections have been recorded in Urumqi, and the city of Kashgar about 300km away, suggesting infections could be widespread in between. There are fears the virus could be brought into the camps by employees, or brought into the homes of Uighur and other Turkic minority families by Han Chinese who move into their house under a compulsory homestay program.

    #Covid-19#migrant#migration#chine#internement#deplacemetforce#campinternement#cluster#minorite

  • Palestinien fais-toi naturaliser ouïghour !
    https://www.legrandsoir.info/palestinien-fais-toi-naturaliser-ouighour.html

    La campagne actuellement conduite par les Etats-Unis, et ses idiots utiles, pour nous inquiéter sur le sort des Ouïghours est détestable car elle nous oblige à rejoindre le coin, celui des méchants. Ne pas accepter sans preuves les propos tenus par les chargés de propagande de Trump devient une complicité de crime. Pourtant, pour avoir été le témoin de tant de faux drames, inventés pour le seul maintien du monopole colonialiste étasunien sur le monde, que je me sens obligé de faire part de mon expérience du mensonge.

    Surprenante cette campagne « en soutien au peuple Ouïghour » le jour où, avec l’approbation de Falstaff-Dupond, l’aigle qui couve le nid de la Justice depuis la colonne Vendôme, l’Assemblée vient de voter une sorte d’annulation à vie des droits de tout condamné pour terrorisme. Libéré, peine purgée, l’abruti de vingt ans qui a cru libérer la Syrie en rejoignant Daech, restera à jamais un homme sans liberté. Mais remarquons que les députés qui viennent de voter ce texte, réhabilitant la « relègue » et la double peine, sont par ailleurs des amis de la liberté. Liberté pour la minorité ouïghoure essentiellement de culture musulmane chinoise, mais pas de liberté possible en France pour celui que la justice qualifie de « terroriste ». Si Pékin a la fasciste audace de demander des comptes aux très nombreux Ouïghours qui ont rejoint, eux aussi, Daech et al Nosra en Syrie, puis sont rentrés à la maison : c’est un crime contre l’humanité. En revanche, quand Dupond-Moretti et ses amis sécuritaires applaudissent à leur loi toute neuve et honteuse, c’est l’expression « d’une avancée du droit ». Bon : le Chinois est jaune et très méchant, le Français est blanc et très gentil. D’ailleurs ce n’est pas lui qui crèverait des yeux à coup de LBD.


    Longtemps la désignation officielle, par les EU ou l’OTAN, d’une minorité opprimée m’a bien énervé. J’étais surpris que des citoyens généreux et intelligents, ne soient pas étonnés que des humanistes du calibre de Nixon, Reagan, les deux Bush, puis Trump et Netanyahou leur désignent un ennemi à combattre, un oppresseur de minorités. Dans ma vie prolongée, il m’est assez facile, pour l’avoir constaté, de compter ce genre d’utilisation de la misère et de l’oppression comme un outil de guerre de l’impérialisme.

    La dernière mouture remonte à la supercherie des « Printemps Arabes ». C’est dans un entretien avec le New York Times , qu’un haut diplomate EU en a livré le secret : « Plutôt que de dépenser des milliards en cadeaux et en armement, il suffit d’investir 500 millions auprès d’internautes d’un pays dont on veut changer le régime pour que monte en force une révolte, souvent légitime. C’est une grosse économie en dollars et en sang versé. » La recette ? Former des jeunes (arabes par exemple), ou des « ONG », à toutes les subtilités de l’Internet et à celles aussi des réseaux sociaux. Actuellement la pendule étasunienne est donc calée à l’heure de Pékin. Très bien. Mais retrouvons la mémoire pour nous rappeler que l’opposant maximo à la Chine, avant les JO de 2008, n’était autre que Robert Ménard et sa déshonorante association Reporters Sans Frontières. Une engeance recevant des fonds de la NED, instrument de propagande de Washington.

    Repartons plus loin dans le temps. Qui se souvient des petits Biafrais atrocement maigres, montrés (déjà) aux journaux par Kouchner qui, aidé d’intellectuels espions du SDECE, mettait au point une idéologie qui allait conduire à la fin des guerres de libérations, non oblitérées par l’Occident : « Le droit d’Ingérence ». Ah les Biafrais ! Cette ethnie englobée dans l’odieux Nigéria ! S’ériger en république autonome était tout à fait légitime. Pourtant le nerf de la révolte n’était pas la liberté mais le pétrole, le sous-sol biafrais est d’un noir d’huile. Faute de derricks à Colombey, De Gaulle ne s’est pas honoré en activant là-bas une sécession conduite par des généraux corrompus. Et nous avons pleuré ces enfants mourant pour « la liberté de leur peuple ». Alors qu’on les faisait crever pour obtenir de terribles photos qui, au bout de l’horreur entraîneraient la baisse du prix du litre de « super ». De 1962 à 1975, Johnson et Nixon ont soutenu la liberté des Méos et de leurs combattants, armés (par eux). Coincés entre Chine, Vietnam et Laos, ces royalistes étaient très utiles pour lutter contre le communisme. Le Vietnam tombé, cette cause naguère essentielle, celle des Méos a disparu des programmes. En Afghanistan viendra, plus tard, la déification de l’islamiste puis le soutien apporté à un incontestable combattant de la démocratie : Ben Laden.

    La recette reste bonne, activer une ethnie comme on met une bûche au feu. Cette pratique marche d’autant mieux qu’entre-temps le droit-de-l’hommisme, concept néo-libéral, a été forgé sous le marteau de Kouchner. Avec une telle arme le scrupule de détruire un État disparaît. Au nom du droit, le leur, les démolisseurs peuvent bombarder sans mauvaise conscience, comme ils le firent en Serbie. L’épisode historique des valeureux « rebelles tchétchènes », dont on nous a longuement loué mérites et qualités dans les journaux, au tournant de 1990, a finalement érigé la charia en 1999. Ce qui indique un amour sans murailles pour la démocratie et la liberté. Des journalistes ont alors crapahuté dans les montagnes, de concert avec ces fous de Dieu, mais en oubliant de prévenir les lecteurs de leur véritable but : le califat. Nous avons donc pleuré là aussi. Constater la nature mortifère de ces rebelles justifie-t-il les crimes de guerre commis contre eux ou contre la population ? Atrocités commises par des Russes ou par le dictateur Bassaïev ? Non. Mais que l’on vienne alors nous expliquer pourquoi la France est en guerre pour préserver l’Afrique de l’ouest des mains de Daech... Alors que Poutine, lui, était prié de faire bon ménage avec la charia, dans un état de la Fédération de Russie ?

    Mon métier a voulu que, pour un temps plus ou moins long, mais toujours « sur le terrain », j’ai vu l’Occident dénoncer les crimes des autres sans jamais regarder les siens. Deux exemples de massacres, utilisés comme arme de propagande, ont été pour moi l’objet de reportages éclairants sur la puissance du mensonge. Le premier se déroule en février 1991 dans le Kurdistan irakien. Sous l’effroyable feu de « la coalition internationale », Saddam Hussein se retire du Koweït. Dans le nord de l’Irak les peshmergas, combattants kurdes, prennent en main la population et parviennent aisément à convaincre les familles que l’heure du crime est de retour : Saddam va se venger sur leur peuple. En liaison avec Washington, avec James Baker, mais aussi l’immanquable Kouchner et la naïve Danielle Mitterrand, les peshmergas poussent la population vers les montagnes. Puis la confinent là-haut dans des conditions de survie difficiles. Ainsi créé, l’abcès de fixation qui est un « drame humanitaire » justifie une zone d’interdiction de vol pour les avions du raïs et un opprobre international. Heureusement « le génocide » annoncé n’a jamais eu lieu et, selon de dignes témoins, jamais envisagé par Saddam. Les Kurdes, une fois de plus dans leur interminable errance, ont été utilisés comme un argument cynique de géopolitique. Le fond n’étant pas de leur donner un meilleur avenir. C’est depuis Bagdad, Erbil, Kirkouk, Souleymanieh que j’ai vécu, les yeux ouverts, ce moment où l’on faisande l’histoire.

    Un ultime exemple avec l’escroquerie médatico-politique, celle du Kosovo. En 1999, le « monde libre » nous annonce que le Kosovo, province serbe majoritairement peuplée d’Albanais, est un lieu de martyre. Avec tueries de masse, camps de concentration et toutes horreurs de la barbarie. Edwy Plenel, alors directeur du quotidien Le Monde , nous annonce « 700 000 fantômes » au Kosovo. Pour parler sans métaphore, 700 000 morts. Selon le porte-parole de l’Otan le stade de Pristina, la capitale de la province, a été transformé en camp comme Santiago sous Pinochet. La propagande se nourrit de clichés.

    Arrivant par miracle jusqu’à ce Stadium, j’ai la surprise de le voir éclairé par des phares de voitures, avec des joueurs de foot à l’entrainement. Pendant des jours, du matin au soir, j’ai cherché les 700 000 morts de Plenel. Pas de trace. L’essentiel des victimes étaient mortes sous les bombes et missiles de l’Otan, tirés par des avions de chasse confondant des files de tracteurs avec des colonnes de chars serbes. Qui n’existaient d’ailleurs pas.

    En dehors de leur mortelle incursion au sein de Daech en Syrie, je ne connais rien des Ouïghours, je n’en dirai donc rien. Au contraire de ceux qui parlent mais ne savent rien. Je rappelle seulement la litanie de quelques mensonges, forgés à Washington au nom de l’America First. Un maître du monde soucieux de ne rien perdre de sa force coloniale bétonnée par le mensonge démocratique. Pour conclure, comment peut-on croire en une rumeur mondialisée, celle des Ouïghours martyrisés alors que les Palestiniens, niés, volés, bafoués, emprisonnés, torturés, continuent de l’être dans l’indifférence de ceux qui attaquent aujourd’hui Pékin. Nous laissant croire que démocratie et liberté ne sont pas leur objectif premier. Souvenez-vous enfin d’une autre offensive, avec BHL, Clooney et toute la troupe d’Hollywood sur le « drame du Darfour », l’objectif étant de détourner la douleur de l’opinion de la Palestine vers un morceau du Soudan. Que les amis droit-de-l’hommistes se souviennent, s’ils sont en panne de noble cause : en 1982 l’ONU a déclaré que le massacre de Sabra et Chatila était un "acte de génocide"... et rien n’est c’est passé après ce crime imprescriptible. Si j’étais un citoyen de Gaza je demanderais ma naturalisation ouïghoure, et mon sort intéresserait enfin le monde. Celui qui compte.

    
Tant qu’elle reste sélective l’indignation n’est rien.

    Jacques-Marie BOURGET

    #minorité #minorité_opprimée #oppression #ouïghours #ouïghour #minorités #Palestine #Palestiniens #Gaza #Daech e#al_nosra #Printemps_Arabes #internautes #ong #robert ménard #RSF #NED #Biafra #bernard_kouchner #Vietnam #Afghanistan #ben_laden #droit-de-l’hommisme #Serbie #daech #Irak #danielle_mitterrand #Kosovo #edwy_plenel #bhl #Darfour #propagande #enfumage #manipulation #histoire #médias

  • Pacific Islanders in US hospitalised with Covid-19 at up to 10 times the rate of other groups | World news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/world/2020/jul/27/system-is-so-broken-covid-19-devastates-pacific-islander-communities-in
    https://i.guim.co.uk/img/media/125164888c486de65c17643ba967ea56d38237f9/0_128_4142_2487/master/4142.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    Health authorities argue that there are a number of factors driving up Pacific islander infection and hospitalisation rates. These factors include that islanders tend to live in large family groups and close-knit communities and have higher rates of chronic diseases, such as diabetes, which can complicate Covid-19. Experts say islanders are also more likely than others to be un- or under-insured, or excluded from Medicaid because of their immigration status, and are more likely to perform frontline essential work, such as serving in the military or working in the security and service industries, which increases their risk of exposure to Covid-19.
    Dr Nia Aitaoto, from the Pacific Islands Center of Primary Care Excellence, said cultural practices also contributed.“We live in large families, if one family gets infected they can pass to another. And we celebrate and gather, that’s just our nature and that does not help,” Aitaoto, a member of the center’s Pacific islander Covid-19 response team, said.

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#ilepacifique#sante#minorité#inégalité#travailleurmigrant#accessante

  • « On m’a accusé d’avoir apporté la pandémie au Sénégal, une punition de Dieu pour mon homosexualité »
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/07/24/on-m-a-accuse-d-avoir-apporte-la-pandemie-au-senegal-une-punition-de-dieu-po

    Moustapha* raconte son histoire, un léger sourire aux lèvres. Une histoire qui lui a pourtant valu l’exclusion de sa famille, dès le début de la crise du coronavirus. « Mon grand frère et ma grande sœur m’ont accusé d’avoir apporté la pandémie au Sénégal, une punition de Dieu pour mon homosexualité », raconte le jeune Dakarois de 25 ans.Au Sénégal, un pays pourtant cité en exemple d’Etat de droit en Afrique, l’article 139 du Code pénal prévoit de un à cinq ans de prison pour des actes qualifiés de « contre nature ». L’homosexualité reste taboue dans cette société majoritairement musulmane, qui exclue les personnes de la communauté Lesbiens, gays, bisexuels et transsexuels (LGBT). Longtemps, Moustapha a vécu son orientation sexuelle en cachette de sa famille, jusqu’à cette « journée horrible » qui a changé sa vie il y a quatre ans. « Nous fêtions l’anniversaire d’un ami. Mais un voisin a averti le quartier qu’un mariage homosexuel était célébré. Ils sont venus avec des couteaux, des bâtons, ils ont forcé la porte et saccagé l’appartement. J’ai été frappé violemment et blessé à l’arme blanche », se souvient le jeune homme, qui en porte encore les cicatrices sur le flanc droit et sur le crâne. « A partir de là, toute ma famille était au courant. A la maison, plus personne ne me parlait », se souvient-il douloureusement. Des années durant, sa situation est précaire. Seule sa mère l’accepte tel qu’il est. Mais l’arrivée du nouveau coronavirus début mars, au Sénégal, a anéanti le fragile équilibre trouvé à la maison. « Un marabout a mis publiquement la faute de la pandémie sur le dos des homosexuels, ma famille avait peur d’attraper la maladie. On m’a alors imposé de quitter la maison, mon frère a même menacé de me tuer », se rappelle Moustapha. Le garçon a fui, une petite valise à la main. Il a passé trois nuits sur la plage, où il raconte avoir été victime « d’une agression et d’un viol par trois hommes ». Des crimes qu’il n’a pas dénoncés à la police, par peur de la police de son quartier.

    #Covid-19#migrant#migration#homosexualité#LGBT#minorite#etranger#stigmatisation#sante#violence#droit

  • Comment les microagressions instillent en #France un #racisme #inconscient, mais ravageur
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/07/20/comment-les-micro-agressions-instillent-en-france-un-racisme-inconscient-mai

    Relancé dans le sillage de la mort de George Floyd, aux Etats-Unis, et de l’affaire Adama Traoré, le débat français sur le racisme met en lumière la diversité des registres dans lesquels se manifestent les préjugés. A côté d’un noyau dur (violence, injure, incitation à la haine), réprimé par la loi, existe toute une gamme d’expressions plus diffuses, moins explicites et donc plus difficiles à cerner et à combattre, mais largement plus courantes. Les microagressions en question sont une manifestation de ce racisme implicite, voilé, souvent inconscient mais ravageur.

    Cette réalité n’est pas neuve. Décrite dès la fin des années 1960 aux Etats-Unis, elle a ensuite été largement documentée et analysée. Dénommée « racisme #systémique, #structurel ou #institutionnel, [elle] repose sur des modalités de discrimination qui n’ont pas besoin d’être portées par des individus explicitement racistes », rappelle le sociologue Michel Wieviorka, spécialiste du racisme et directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, dans Pour une démocratie de combat.

    • « Vous venez de quel pays ? » « Tu dois aimer quand il fait chaud ! », « Comme vous parlez bien français ! » Ces petites #remarques_anodines se veulent souvent bienveillantes. En réalité, elles pétrifient les français d’origine africaine. Signe d’#ethnocentrisme_blanc, ignorance ou #racisme_euphémisé, ces expressions assénées « sans penser à mal » mais ressenties douloureusement sont partie intégrante d’une #expérience_de_vie que seules connaissent les personnes appartenant aux #minorités_visibles, mais qu’il n’est pas interdit aux autres de chercher à comprendre, voire à combattre.
      « Ce sont des microagressions, si petites que les auteurs ne les perçoivent jamais, mais qui blessent »
      « C’est comme le supplice de la goutte d’eau. Une fois, cela n’a rien de grave, mais un million de fois, c’est insupportable »
      #Paternalisme, #héritage_colonial, #assignation_à_identité… Les explications possibles dépassent le cadre d’un attrait pour la différence ou du simple quiproquo : elles relèvent d’une #essentialisation de la couleur de la peau, du soupçon d’#extranéité. « Etre français, c’est encore être blanc ; être non-blanc, c’est être d’ailleurs », analyse Pap Ndiaye. Ainsi, les microagressions révéleraient notre difficulté à « penser le fait d’être français indépendamment de la #couleur_de_la_peau ».
      Le débat français sur le racisme met en lumière la diversité des registres dans lesquels se manifestent les #préjugés. A côté d’un noyau dur (violence, injure, incitation à la haine), réprimé par la loi, existe toute une gamme d’expressions plus diffuses, moins explicites et donc plus difficiles à cerner et à combattre, mais largement plus courantes. Les microagressions en question sont une manifestation de ce #racisme_implicite, voilé, souvent inconscient mais ravageur.
      (...)
      Les critiques de cette prolifération de microagressions « à l’américaine » pointent non seulement l’aseptisation des rapports sociaux mais aussi la tendance à figer les individus dans des #identités, sans considération pour les multiples strates des personnalités. Est aussi mis en lumière l’imposition d’un schéma opposant des dominants involontaires à d’éternelles victimes. (...)
      La norme sociale rejette le racisme, constate Pap Ndiaye, en référence au sondage annuel de la Commission nationale consultative des droits de l’homme qui reflète un rejet massif des Français à l’égard des manifestations explicites d’hostilité ou de haine raciale. Il reste à sensibiliser l’opinion à l’imperceptible, au latéral, et aussi à l’éduquer : on ne demande pas d’emblée aux gens de quel pays ils viennent. » Mais ce travail de #sensibilisation a un préalable : reconnaître la réalité de #blessures_invisibles."

      #microagressions #racisme_ordinaire #racisme_inconscient

      #racisme_systémique #racisme_structurel #racisme_institutionnel #bienveillance

      ping @isskein @karine4

    • Et le résultat : #minority_fatigue.

      Le coût mental du racisme – Binge Audio
      https://www.binge.audio/le-cout-mental-du-racisme

      Stress, anxiété, dépression… Les propos et actes racistes éprouvés au quotidien ont des conséquences sur la qualité de vie et la santé mentale. En quoi le racisme peut-il être un facteur aggravant des problèmes psychologiques ? Quelles sont les barrières culturelles et de classe qui limitent l’accès aux divans pour les personnes racisé·e·s ? En quoi un stéréotype, même s’il est positif, est toujours violent ?

      Grace Ly et Rokhaya Diallo reçoivent Racky Ka, psychologue et docteure en psychologie sociale, qui a pour patientèle des femmes noires entre 20 et 50 ans, majoritairement en situation de burn-out lié à du racisme sur leur lieu de travail.

  • COVID-19: exposing and amplifying inequalities | Journal of Epidemiology & Community Health
    https://jech.bmj.com/content/early/2020/07/15/jech-2020-214720

    The inequalities that the pandemic exposed had been building in the UK for at least a decade. Health Equity in England: The Marmot Review 10 Years On documented three worrying trends, since 2010: a slowdown in increase in life expectancy, a continuing increase in inequalities in life expectancy between more and less deprived areas and increased regional differences, and a decline in life expectancy in women in the most deprived areas outside London.5 The recent report examined five of the six domains that had formed the basis of the 2010 Marmot Review6: early child development, education, employment and working conditions, having at least the minimum income necessary for a healthy life, and healthy and sustainable places to live and work.Our conclusion was that it was highly likely that policies of austerity had contributed to the grim and unequal health picture. To take just one example, highly relevant to what is happening during the COVID-19 pandemic, the crisis of adult social care. Spending on adult social care was reduced by about 7% from 2010, but in a highly regressive way. In the least deprived 20% of local authorities, the spending reduction was 3%; in the most deprived it was 16%. The UK came into the pandemic with weakened social and health services. We drew attention to ethnic inequalities in health, but lamented that data were insufficient to give the kind of comprehensive attention we had given to socioeconomic inequalities.5 In the pandemic, the high mortality of some ethnic groups is of particular concern. There is no need, as some commentators are likely to do, to invoke genetic or cultural explanations. ONS analyses suggest that about half of the excess—in people of African, Pakistani and Bangladeshi background—can be attributed to the index of multiple deprivation.7 It may well be that this index does not capture differences in crowding that come with multigenerational households or occupational exposures.

    #Covid-19#migrant#migration#grandebretagne#inegalite#sante#minorite

  • Texas border county had ’model’ Covid-19 response – then the governor stepped in | US news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/us-news/2020/jul/10/texas-starr-county-covid-19-model-greg-abbott
    https://i.guim.co.uk/img/media/2a71d61f03cb17b43b16f6b3fcb3d162ed2f3295/0_166_3000_1800/master/3000.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    Five residents from Starr county on Texas’s southern border died on a single day last week after contracting Covid-19. New infections in the rural border community of around 65,000 people have soared in recent weeks, and two intubated patients had to be airlifted to Dallas and San Antonio when overwhelmed local hospitals couldn’t care for them.Texas has become one of the US’s new coronavirus hotspots, with new confirmed cases surging to around 14% of the country’s total, when measured by a seven-day average. Elective surgeries were paused this week as the state tries to free up hospital beds for increasing numbers of Covid-19 patients.
    But Starr county’s public officials knew months ago that is was especially vulnerable to the coronavirus pandemic: roughly one in three residents lives in poverty, a sizable slice of the population doesn’t have health insurance, and risk factors such as diabetes and obesity prevail. To protect their constituents, who are more than 99% Latino, they acted fast to curtail the contagion.

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#texas#mexique#latino#sante#minorite#comorbidite#mesuresanitaire#frontiere

  • Coronavirus : l’insouciance d’une partie des Etats-Unis en pleine épidémie
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/07/09/aux-etats-unis-le-nombre-de-cas-de-covid-19-explose_6045665_3210.html

    La relative indifférence – ou insouciance – d’une partie de la population est peut-être aussi à mettre en relation avec le fait que la maladie frappe de manière très inégalitaire. En portant plainte, en vertu de la loi sur la liberté de l’information (FOIA), le New York Times a réussi à se procurer un état des lieux. Ce qui n’a pas été sans peine : les comtés n’ont pas les mêmes critères de comptabilité des cas, et l’obligation de les signaler au niveau fédéral ne date que de quelques semaines. Les chiffres, qui ne prennent pas en compte le summer surge (la recrudescence estivale actuelle), montrent que les Noirs et les Latinos ont trois fois plus de probabilités de contracter le virus que les Blancs, et deux fois plus d’en mourir. Jusqu’ici, les disparités dans la maladie étaient attribuées aux comorbidités plus fréquentes parmi ces populations. A la lumière de cette enquête, les experts pensent qu’elles sont surtout le reflet du danger auquel sont exposées, de manière disproportionnée, les minorités, du fait de leur statut économique. Noirs, Latinos et autres « personnes de couleur », selon la nomenclature américaine, forment la majeure partie des travailleurs « essentiels », que ce soit dans les services de nettoyage, de transports ou d’alimentation. Des catégories qui ne prennent pas le risque de s’exposer au virus au nom de la liberté individuelle mais par nécessité.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#inegalite#sante#minorite#travailleuressentiel#risque

  • L’État décide de frapper au porte-monnaie les départements qui résistent au fichage des #enfants

    Tout juste sorti de cette période de confinement, et alors que la crise sanitaire a fortement impacté la situation des mineur⋅es isolé⋅es, le gouvernement reprend l’offensive réglementaire à l’encontre de leurs droits.

    Un #décret daté du 23 juin 2020 vient d’autoriser l’État à réduire sa #contribution_financière aux #départements qui refusent de faire intervenir les #préfectures dans le processus d’évaluation et d’#identification de ces enfants.

    Pour mémoire, ce sont la #loi_Collomb de septembre 2018 et son décret d’application du 30 janvier 2019 qui ont institué un #fichier des mineur⋅es isolé⋅es permettant aux départements d’associer les préfectures à la détermination de leur #minorité, et de faciliter l’éloignement de celles et ceux qui auront fait l’objet d’une décision provisoire de non-admission à l’#aide_sociale_à_l’enfance.

    L’ensemble du secteur de la #protection_de_l’enfance – et en particulier le #Conseil_national_de_la_protection_de_l’enfance –, ainsi que la totalité des organisations qui se sont exprimées sur le sujet, ont dénoncé la confusion entre protection de l’enfance et lutte contre l’immigration irrégulière organisée par ce dispositif. Malgré quelques réserves, le Conseil constitutionnel et le Conseil d’État l’ont malheureusement validé.

    Un an après son entrée en vigueur, environ un tiers des départements, pour des motifs divers et variés, continue à refuser d’appliquer ce dispositif.

    Aussi, à défaut de pouvoir contraindre l’ensemble des départements à conclure avec les préfectures une convention permettant de vérifier si ces enfants figurent déjà dans deux #fichiers destinés au contrôle migratoire (#Visabio et #AGDREF) et de les inscrire dans un troisième, dénommé « #appui_à_l’évaluation_de_la_minorité » (#AEM), le gouvernement a décidé de les frapper au porte-monnaie.

    Ainsi, il recourt à présent au #chantage_financier pour contraindre les derniers départements réfractaires à ce mélange des genres. Ce faisant, il fait montre de son acharnement pour imposer sa logique du #soupçon et du #contrôle à la question de l’#accueil et de la protection des mineur⋅es isolé⋅es.

    Nos organisations demandent l’abrogation de ce décret, la mise en œuvre du premier accueil, l’accompagnement socio-éducatif des jeunes isolé⋅es, sans discrimination et dans le strict cadre de la protection de l’enfance.

    https://www.gisti.org/spip.php?article6438

    #France #fichage #migrations #asile #réfugiés #MNA #mineurs_non_accompagnés #enfance #renvois #expulsions #dissuasion #âge #catégorisation #tri #résistance

    ping @karine4 @isskein @etraces

  • Coronavirus : les immigrés deux fois plus atteints que les personnes nées en France
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/07/07/coronavirus-les-immigres-deux-fois-plus-atteints-que-les-personnes-nees-en-f

    C’est la première fois que cette inégalité face au virus est mise en lumière en France alors que plusieurs pays ont révélé des situations similaires. Ainsi, en Suède, dès le mois d’avril, l’agence de santé publique du pays avait révélé que les résidents suédois nés en Somalie étaient surreprésentés parmi les personnes nécessitant des soins face au Covid-19 – suivis par ceux nés en Irak, en Syrie, en Finlande ou encore en Turquie.
    Des études similaires ont été publiées au Canada par la ville de Toronto, indiquant que les nouveaux immigrants étaient plus susceptibles d’être atteints par le virus et hospitalisés. De même, il est apparu qu’aux Etats-Unis, selon les données de plusieurs Etats, les Noirs sont trois à quatre fois plus touchés par le virus, et au Royaume-Uni, selon l’Institute of fiscal studies, le nombre de décès dans la population noire et issue de minorités est bien plus élevé que parmi les Blancs.
    En France, l’Insee révèle que « la hausse [de la mortalité] a été plus forte pour les personnes nées en Afrique ou en Asie » : elle a atteint 54 % pour les personnes nées au Maghreb, 91 % pour les personnes originaires d’Asie et 114 % pour les personnes nées en Afrique (hors Maghreb). A l’inverse, la hausse des décès des personnes nées en Europe a été « proche de celle observée pour les personnes nées en France », évoque l’Insee.

    #covid-19#migrant#migration#sante#surmortalite#minorite#diaspora#immigration

    • Une hausse des décès deux fois plus forte pour les personnes nées à l’étranger que pour celles nées en France en mars-avril 2020 - Insee Focus - 198
      https://www.insee.fr/fr/statistiques/4627049

      Pendant la crise sanitaire liée à la Covid-19, le nombre de décès a fortement augmenté en France, avec des différences marquées selon le pays de naissance des personnes décédées. Toutes causes confondues, les décès en mars et avril 2020 de personnes nées à l’étranger ont augmenté de 48 % par rapport à la même période en 2019, contre + 22 % pour les décès de personnes nées en France. La hausse a été la plus forte pour les personnes nées en Afrique (+ 54 % pour les décès de personnes nées au Maghreb, + 114 % pour celles nées dans un autre pays d’Afrique) ou en Asie (+ 91 %).

      Le pic des décès a été atteint fin mars-début avril, au même moment quel que soit le pays d’origine des personnes décédées.

      Pour toutes les origines, la hausse des décès a été plus forte pour les personnes âgées. Mais les décès ont aussi nettement augmenté avant 65 ans pour les personnes nées à l’étranger. En Île-de-France et dans le Grand Est, régions particulièrement touchées, la hausse des décès a été très marquée, aussi bien pour les personnes nées en France que pour celles nées à l’étranger.

  • How one neighbourhood in London lost 36 residents to Covid-19 – podcast | World news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/world/audio/2020/jul/03/how-one-neighbourhood-brent-london-lost-36-residents-to-covid-19
    https://i.guim.co.uk/img/media/baf788d31c3b6cd5f258193203f47586ae7d3a12/0_275_5976_3587/master/5976.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    How one small London neighbourhood lost 36 residents to Covid-19
    Guardian reporter Aamna Modhin meets residents from Church End, a small, deprived neighbourhood in Brent, north London. She examines how housing pressures, in-work poverty and racial inequalities contributed to the deaths of 36 residents from Covid-19

    #covid-19#migrant#migration#minorite#grandebretagne#diaspora#inegalite#sante

  • Pour un « plan de soutien massif » aux quartiers prioritaires
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/07/02/pour-un-plan-de-soutien-massif-aux-quartiers-prioritaires_6044930_823448.htm

    « Cette situation a mis en exergue les inégalités par rapport au droit commun, poursuit Mme Keller. Les difficultés d’accès aux soins dans des quartiers qui, de longue date, sont des zones d’ombre des réseaux de soins, les fractures numériques rendant impraticable la scolarisation à distance. L’éloignement des établissements scolaires a été encore plus marqué dans les quartiers fragiles. » De même que, dans ces quartiers où se concentrent les précarités, beaucoup se sont trouvés brutalement sans ressources, même si, rappelle-t-elle, « beaucoup de personnes qui ont été en première ligne pendant la crise, personnels soignants, caissières, livreurs, habitent dans ces quartiers ». Pour autant, la députée européenne tient aussi à saluer la « formidable mobilisation », venue des quartiers eux-mêmes mais aussi des bénévoles, des associations, des mairies pour tenter d’atténuer les difficultés pendant cette période. « Ces quartiers ont fait la démonstration qu’ils n’étaient pas seulement utiles et nécessaires mais qu’ils avaient aussi des ressources, des énergies propres, qui leur ont permis de survivre, appuie Patrick Braouezec, l’autre vice-président du CNV. C’est dans ces quartiers qu’il y a les plus fortes solidarités. »

    #Covid-19#migration#migrant#france#quartierdefavorise#sante#inegalite#minorité#crisesanitaire#postcovid

  • Pendant le coronavirus, les conducteurs de bus londoniens ont travaillé la peur au ventre
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2020/06/26/pendant-le-coronavirus-les-conducteurs-bus-londoniens-ont-travaille-la-peur-

    Obligés d’aller travailler quand une large majorité des Britanniques restaient en confinement (à partir du 23 mars), les chauffeurs ont pris leur bus la trouille au ventre. « J’avais peur, j’ai condamné moi-même ma porte de devant, sans attendre », témoigne Theresa Emerson, représentante du syndicat RMT Union. Une conductrice, Lorraine, a fini par enregistrer une courte vidéo, le 12 avril, devenue virale. « Je fais cette vidéo pour mon fils, ma fille, mes trois petits-enfants, mon père et ma mère à la Jamaïque. Si je suis malade et plongée dans le coma, je ne pourrai pas leur dire au revoir. Je suis fière de mon travail, mais j’ai peur de mourir, parce que TfL et le gouvernement ne nous protègent pas assez. »

    #Covid-19#migrant#migration#BAME#grandebretagne#minorité#diaspora#sante#jamaique

  • ’People were abandoned’: injustices of pandemic laid bare in Brent | UK news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/uk-news/2020/jun/27/people-were-abandoned-injustices-of-pandemic-laid-bare-in-brent
    https://i.guim.co.uk/img/media/8fee5a5189317c3a8c42482558c41ee5fef7bf6d/0_384_5760_3456/master/5760.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    At least 36 residents have died in Church End, a small, deprived estate in north Brent with a large British-Somali population. Locals believe the cluster, which is the second worst in England and Wales, according to the latest data from the Office for National Statistics, does not account for the true scale of the devastation, as it does not factor in people who work in Church End but live nearby. Overall, Brent has the highest age-standardised coronavirus death rate in England and Wales. Excess deaths in the borough are three times the national average. Ibrahim has not had time to process, let alone grieve, the coronavirus deaths in Church End. They include people such as Abdiqaadir Mohamed Farah, who ran a business in Hammersmith and helped get young people into sports. He died on 24 March. Aweys Ahmed Imaan, known locally as Sheikh Aweys, was said to sell the best halwa, a popular Somali sweet, in his shop on Church Road, where there are a string of Somali cafes and stores. He died on 29 March. Musami Mursal Abdi, a tailor who migrated to the UK in the 90s and was a pioneering figure in the community, also died. Many of those who died were men aged in their late 4os to early 60s.

    #Covid-19#migration#migrant#minorite#BAME#grandebretagne#sante#surmortalite#somali#vulnerabilite

  • Policing of European Covid-19 lockdowns shows racial bias – report | World news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/world/2020/jun/24/policing-of-european-covid-19-lockdowns-shows-racial-bias-report
    https://i.guim.co.uk/img/media/13ba9cf347221b758d1ad32558f6eb72b4000c57/908_526_4564_2738/master/4564.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    The report by Amnesty International, examining the enforcement of physical distancing measures in 12 European countries, concludes that the pandemic has led to greater “marginalisation, stigmatisation and violence”, echoing the long-standing concerns aired by the Black Lives Matter movement. An increase in the stopping and searching of black people in London – from 7.2 out of 1,000 in March to 9.3 out of 1,000 in April – is referenced in the report, along with the lengthy curfews imposed specifically in areas in France where black, Asian and minority ethnic communities live. In the département of Seine-Saint-Denis in Paris, home to a high proportion of black residents, the number of police checks was more than double the national average. The number of fines issued was also three times higher than in the rest of the country, despite respect of lockdown measures being comparable with other regions in France.

    #covid-19#migrant#migration#france#grandebretagne#europe#minorite#sante#marginalisation#stigmatisation#violence#communaute

  • Navajo Nation reinstates lockdown as Covid-19 cases surge near reservation | US news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/us-news/2020/jun/18/navajo-nation-coronavirus-lockdown-arizona
    https://i.guim.co.uk/img/media/004b0ae485ad3fcb184ac010410370c3b125aa77/0_0_5166_3102/master/5166.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    The Navajo, the second largest Native American tribe, has been severely affected by the pandemic with 322 confirmed deaths as of Wednesday – more than 16 states including Kansas, Nebraska and South Dakota. The death toll equates to a death rate of 177 per 100,000, higher than any single US state. New cases and deaths have been declining over the past couple of weeks, thanks to public health measures such as widespread testing, which led to travel restrictions including a weekend curfew being lifted at the start of June. However, tribal leaders fear the rapid rise in cases in neighboring states, especially Arizona but also Utah, threatens to undo their hard-won progress in containing the spread. Navajo nation president Jonathan Nez said at a virtual town hall earlier this week: “Arizona relaxed its preventive measures, and the number of cases and hospitalizations continue to drastically increase. We cannot put our nation in the same situation. A 57-hour lockdown has been ordered for the next two weekends, with only essential travel permitted. The state began easing restrictions on businesses in early May and lifted its statewide lockdown order on 15 May, even though there was no consistent downward trend and rapid testing is not widely available. About 25% of the population on the reservation have been tested, one of the highest rates anywhere. In comparison, Arizona has tested 5% of its population, and nationwide the figure stands at 8%, according to the Covid ” Coronavirus cases are increasing in 20 states including California, Florida, Alaska and Idaho. In response, tribal leaders across the US continue to enforce strict lockdown measures even as governors ease public health controls in favor of reopening for business. In Montana, which reopened to tourists on 1 June, the impact of coronavirus remains relatively low, with 630 confirmed cases including 20 deaths, but numbers are on the rise. The state’s eight tribes, including the Crow and Blackfeet nations, have not relaxed shutdowns or stay-at-home orders, partly in order to protect their vulnerable elders, who are revered as guardians of Native culture and heritage.

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#sante#minorite#frontiere#circulation#restrictionsanitaire#test#reserve

  • Jacques Hardy : « La priorité, aussi aveuglante qu’intimidante, est de réduire les inégalités de santé, sociales et territoriales »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/06/17/jacques-hardy-la-priorite-aussi-aveuglante-qu-intimidante-est-de-reduire-les

    Car, en même temps que la capacité de nos soignants à se dépasser, cette pandémie a démontré empiriquement la corrélation forte entre les conditions de vie de chacun et l’intensité du risque d’être exposé ou non, contaminé ou non, soigné ou pas. En effet, les « déterminants de santé » ne gisent pas seulement dans nos prédispositions génétiques, notre hygiène de vie ou la disponibilité et la qualité de l’offre de soins. Ils sont tout ce qui nous construit socialement et économiquement : niveau de revenus, éducation, habitat, accès aux ressources essentielles (eau potable, air non vicié, alimentation saine, logement salubre, etc.). Ce n’est donc pas un hasard si la Seine-Saint-Denis est le département le plus touché par l’épidémie en région parisienne, si les minorités ethniques payent un lourd tribut en Grande-Bretagne et si les Etats-Unis cumulent le plus grand nombre de décès au monde. Circulation du virus et pauvreté se maximisent ensemble, le risque d’être malade est peu ou mal pris en charge.

    #Covid-19#migrant#migration#minorité#inegalite#santé#france#etatsunis#grandebretagne

  • « La réaction biologique au Covid-19 n’est pas une question d’appartenance raciale »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/06/11/la-reaction-biologique-au-covid-19-n-est-pas-une-question-d-appartenance-rac

    Au Royaume-Uni comme aux Etats-Unis, les médias et les revues médicales se font largement l’écho du nombre disproportionné de victimes du SARS-CoV-2 parmi les minorités ethniques et les migrants. Bien entendu, cette disproportion s’explique en grande partie par les différences socio-économiques et les inégalités professionnelles. Car ce sont ces segments de la population qui conduisent les bus, qui font le ménage dans les hôpitaux, qui livrent les courses et qui s’occupent des personnes âgées dans les maisons de retraite. En règle générale, ce sont eux qui occupent un travail qui ne leur permettent pas d’échapper au virus, et des logements où s’isoler des autres est plus difficile. (...)Au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, ces injustices sont connues car des données ont été collectées et analysées.
    Alors que chaque pays a son approche pour définir les catégories démographiques comme l’« appartenance ethnique » et la « race », la France s’oppose fermement à l’utilisation de ce genre d’étiquettes pour catégoriser officiellement les individus. L’absence de classification raciale permet d’éviter une interprétation fallacieuse, courante au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, selon laquelle certaines inégalités que l’on observe indiqueraient l’existence de prédispositions génétiques (...). La pression monte sur les pays européens autres que le Royaume-Uni : certains souhaitent que ces Etats récoltent des données sur les inégalités ethnoraciales face au Covid-19. Ce serait en effet un bon moyen de comprendre la tragédie sociale liée au virus, même s’il faut se garder de croire que ces catégories ont quelque chose de biologique. Nos connaissances actuelles sur la pandémie reposent sur des données collectées auprès de cas testés positifs. Or, le fait de tester ou non une personne dépend principalement de la présence ou non de symptômes, mais aussi d’innombrables barrières, linguistiques et géographiques, toutes étroitement liées à des facteurs socio-économiques et démographiques. Ainsi, lorsqu’on mène des études sur les malades du Covid-19 pour observer leurs caractéristiques, on prend en considération, non pas tous les malades, mais seulement la partie émergée de l’iceberg – une partie fortement déformée par les déterminants sociaux des tests.(...) Connaître l’origine ethnique des malades n’améliorera pas notre compréhension de l’étiologie et de la génétique de ce syndrome en particulier, ni du Covid-19 en général. Ces chercheurs motivent leur intérêt pour la question en invoquant le nombre disproportionné d’enfants issus de minorités qui ont été hospitalisés au Royaume-Uni avec ce syndrome. Or l’exposition au virus et les tests dépendent fortement des hiérarchies raciales dans la société, et ces inégalités en disent plus sur nous que sur le virus.

    #Covid-19#migrant#migration#sante#minorité#diaspora#france#royaumeuni#etatsunis#inegalite#genetique#race#ethnicite

  • British Study Examines Possible Link Between Genes and Coronavirus | Best Countries | US News
    https://www.usnews.com/news/best-countries/articles/2020-06-10/british-study-examines-possible-link-between-genes-and-coronavirus
    https://www.usnews.com/dims4/USNEWS/c5c0e35/2147483647/resize/1200x%3E/quality/85/?url=http%3A%2F

    A study now underway at Nottingham University Hospitals involving blood samples taken from 628 of its frontline health care workers is examining whether there is evidence that genes are involved. It’s also investigating if lower levels of vitamin D among people of color may also contribute to a susceptibility to contracting the novel coronavirus (called SARS-Cov-2 by scientists). In the United Kingdom, around a third of patients admitted into critical-care units are blacks, Asians and minority ethnic people (referred to as BAME populations in Britain), even though they make up just 13% of the total population. Another study found that between early February and the end of April, the COVID-19 death rate for blacks in England was 71% higher than for whites, and 62% higher for Asians

    #Covid-19#migrant#migration#Royaumeuni#sante#minorite#genetique#BAME#diaspora#personnelsoignant

  • Aux Etats-Unis, l’émergence d’une revendication « blouses blanches pour vies noires »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/06/11/aux-etats-unis-l-emergence-d-une-revendication-blouses-blanches-pour-vies-no

    L’association de médecins afro-américains National Medical Association a demandé aux agences fédérales d’étudier le rôle que le facteur racial a pu jouer dans les disparités observées dans les taux de mortalité. A Memphis, dans le Tennessee, les trois sites de tests ouverts dans les quartiers à population majoritairement noire étaient sous-équipés, tandis qu’il n’y avait aucune pénurie ailleurs, a rapporté la radio NPR. Selon un sondage Axios-Ipsos réalisé fin mai, 70 % des Afro-Américains craignaient que la réponse à la crise sanitaire ne soit « biaisée en faveur d’un groupe racial ». Seuls un tiers des Blancs et 50 % des Hispaniques exprimaient le même sentiment.

    #Covid-19#migrant#migration#diaspora#minorité#discrimination#inegalite#santé#crisesanitaire#race

  • Solène Brun : « Les immigrés et leurs descendants sont en moins bonne position pour affronter le Covid-19 »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/06/09/solene-brun-les-immigres-et-leurs-descendants-sont-en-moins-bonne-position-p

    la Seine-Saint-Denis n’est pas seulement le département le plus pauvre de France métropolitaine, c’est aussi celui qui compte aussi la plus grande proportion d’immigrés et de descendants d’immigrés. Les immigrés forment 30 % des résidents du « 93 », contre 9 % ailleurs en France. De plus, 50 % des moins de 18 ans de Seine-Saint-Denis sont des descendants d’immigrés, d’après l’Institut Paris Région. La surmortalité dans un département où se concentrent les minorités laisse donc à penser que les immigrés et leurs descendants sont particulièrement exposés à la pandémie. (...). Aux Etats-Unis, par exemple, une étude a démontré que les patients noirs qui se présentent à l’hôpital avec des symptômes du Covid-19 ont moins de chances que les patients blancs à symptômes équivalents d’être testés et d’être pris en charge.

    #Covid-19#migrant#migration#france#minorité#santé#inégalité#surmortalité