• STRATEGIES PATRIARCALES: PICASSO OU COMMENT SABOTER UNE FEMME | Irrédentiste !
    https://sporenda.wordpress.com/2021/04/19/strtegies-patriarcales-picasso-ou-comment-saboter-une-femme

    Car c’est ça que recherchait Picasso dans ses liaisons : prendre une femme belle, jeune, apparemment forte, souvent artiste, fière, indépendante, débordante de vie et de créativité, et se nourrir de sa vitalité, de sa jeunesse et de ses idées. Et une fois qu’il l’avait cannibalisée, pressée comme un citron, transformée en loque humaine à force de maltraitances, la quitter (sans cesser de la tourmenter) et passer à une autre pour recommencer le cycle : de muse à proie consommée et sadisée, pour finir en kleenex usagé. « Il y a deux sortes de femmes–disait-il–les déesses et les tapis-brosse ». Et ce dont ce magicien noir dérivait une jouissance perverse, c’était de transformer une déesse en tapis-brosse. Et après de la mépriser pour s’être laissé faire.

  • La femme-objet ne fait pas vendre, elle rend malheureuse
    http://www.slate.fr/story/207608/publicite-vuitton-lea-seydoux-femme-objet-sac-nudite-vendre-nicolas-ghesquiere

    En mettant le corps parfait de #Léa_Seydoux dans une position lascive entre des draps pour vendre un sac, #Nicolas_Ghesquière fait comme s’il n’avait jamais entendu parler de « male gaze ».

    Avril 2021. On sait qu’on est encore loin de l’égalité mais on avance. Les femmes affirment leur parole, leur présence, leurs modes d’existence divers, leurs désirs de se représenter différemment.

    Et puis, un jour d’avril 2021, c’est l’accident. La sortie de route. Le déraillement complet. Brusquement, sur internet, on voit apparaître une nouvelle campagne de pub...

    « J’avoue que j’ai été un peu agacée par la pub avec Léa Seydoux qui se roule nue à côté d’un sac à main »
    Titiou Lecoq
    #regard_masculin

  • Confiance dans la justice : non le #viol n’est pas un crime moins grave que les autres ! - Actu-Juridique
    https://www.actu-juridique.fr/droit-penal/confiance-dans-la-justice-non-le-viol-nest-pas-un-crime-moins-grave-q

    Pour redonner confiance en cette justice tant décriée par l’opinion publique, il a décidé (entre autres mesures) de créer une nouvelle juridiction : la cour criminelle. Une sorte de salade mixte de tribunal correctionnel (qui juge les délits) et de cour d’assises (qui juge les crimes). Cette cour sera composée de cinq magistrats. Et uniquement de cinq magistrats. Adieu jury populaire, tirage au sort, boules en bois et récusation de jurés, si chers à la France depuis la Révolution Française.

    Cette cour criminelle jugera les crimes punis de 15 à 20 ans de prison comme le viol, si le projet de loi présenté mercredi dernier est adopté par les parlementaires.

    Entendons-nous bien : en France, les infractions les plus graves, celles que l’on appelle « crimes », sont jugées par une juridiction un peu particulière, la cour d’assises, qui est composée de trois magistrats, mais aussi et surtout de français comme vous et moi, tirés au sort pour juger ce que l’humanité tient pour le plus grand mal : les violeurs, les assassins, les terroristes, notamment. On estime que chaque année, 40.000 français rendent cette justice aux côtés des magistrats, en condamnant des accusés aux plus lourdes peines de prison prévues par le code pénal : 15 ans, 20 ans, 30 ans voire la perpétuité. Cette justice-là est ainsi non pas rendue « au nom du peuple français », mais par le peuple français lui-même à qui l’on confie l’immense pouvoir de condamner ou d’acquitter.

    Le code pénal ne fait pas de différence entre les crimes, si ce n’est au stade de l’importance de la peine de prison encourue. Tous les crimes sont graves : ce sont les actes les plus terribles qu’un homme puisse commettre. Ces actes méritent donc une justice d’exception. Une justice hors du commun rendue par les français.
    Le viol, cette mort intérieure

    Mais ça, c’était avant que le Garde des Sceaux vienne préciser que sa réforme était justifiée parce qu’il existe des « crimes plus graves », ceux punis par plus de 20 ans de prison.

    Dont le viol ne fait pas partie.

    Le viol serait donc « moins grave » que les autres crimes. L’acte de pénétration, par violence, contrainte, menace ou surprise, prévu par l’article 222-23 du code pénal, serait « moins grave » que le trafic de stupéfiants en bande organisée, ou l’empoisonnement, ou la séquestration d’un mineur de 15 ans. Et ne devrait donc plus être jugé par les français eux-mêmes.

    L’histoire de la criminalisation du viol ne remonte pas au Moyen âge. Elle est si récente, que nombre d’entre nous en ont été les témoins. Celle qui l’incarna, Gisèle Halimi, immense avocate, ne nous a quittés que l’année dernière, après avoir lutté durant toute sa vie pour que les viols, dont les victimes sont majoritairement des femmes, soient considérés comme ce qu’ils sont : une mort intérieure. Une ignominie intime. Un saccage de vie. La victoire fut remportée en 1975, au procès d’Aix en Provence. C’est là que Maître Gisèle Halimi s’est battue et a obtenu que cet acte de pénétration forcée soit traité de la même façon qu’un meurtre et soit jugé par une cour d’assises, composée de français tirés au sort. Cette affaire judiciaire retentissante a donné naissance à la loi du 23 décembre 1980 qui a modifié la définition du viol.

    Serions-nous alors en train de faire un bond en arrière de 40 ans ?

  • Existe-t-il un rire à la française ? - Ép. 1/4 - Histoire du rire
    https://www.franceculture.fr/emissions/le-cours-de-lhistoire/histoire-du-rire-14-existe-t-il-un-rire-a-la-francaise

    Existe-t-il un rire à la française ? Le 10 novembre 1894 paraît le premier numéro de l’hebdomadaire « Le Rire » : quel titre ! Le journal justifie son choix : "Le Rire a pensé que son titre était le meilleur des programmes et il remplacera les promesses habituelles – qu’il tiendra sans avoir besoin de les faire – par une proposition de nature à plaire à ses lecteurs". Le journal lance un appel à contributions avec les deux thèmes favoris des humoristes : « L’AD-MI-NI-TRA-TION : cette inépuisable source de gaîté et notre belle-mère à tous ». Administration et belle-mère seraient-elles les deux mamelles d’un rire à la française ? (Xavier Mauduit)

    https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2021/03/df80e040-ca4f-4ee6-b988-8412b4b62449/838_cdh_2903.webp

    #radio #audio #podcast #rire #humour

  • Déni de réalité et misogynie au cube.
    Je tombe sur cette vidéo titré "Caroline Mecary : « Dans l’opposition à la PMA pour toutes, il y a un fond homophobe inconscient »"
    https://www.youtube.com/watch?v=SDm-9F7PtGc


    Alors que

    Le Sénat a voté mardi un amendement au projet de loi bioéthique excluant les femmes célibataires de l’extension de la PMA, mais pas les couples de femmes . Il s’agit de l’une des mesures phare du texte du projet de loi bioéthique, actuellement en deuxième lecture au Sénat.

    https://www.lepoint.fr/societe/pma-pour-toutes-les-femmes-celibataires-exclues-du-projet-de-loi-par-le-sena

    Du coup je titrerait plutot "« Dans l’opposition à la PMA pour toutes, il y a une grosse couche de misogynie parfaitement assumée de tous les cotés" » car il faudra m’expliqué en quoi l’autorisation de la PMA est homophobe alors que ce sont les femmes célibataires uniquement qui en sont exclues.
    C’est une double invisibilisation des femmes - d’abord prétendre que les lesbiennes sont discriminées alors qu’elles ne le sont pas - et ensuite appelé les lesbiennes des homos alors que les gays ne sont absolument pas concernés et que les lesbiennes sont invisibilisées.

    • Les couples de femmes mariées n’ont pas droit à la PMA (corrige moi si je me trompe mais j’en suis quasi certain). Donc toutes les femmes qui ne sont pas en couple avec des hommes sont discriminées. Donc c’est lesbophobe. Ensuite les lois françaises parlent d’homophobie pour regrouper les discriminations faites aux homosexuel·les (cf https://www.senat.fr/lc/lc129/lc129_mono.html). Donc c’est ce mot qu’une avocate doit employer pour dénoncer une loi française.

    • Il semble que tu ai raison @fsoulabaille , ca dépend des dates, le 2 et 3 février seuls les femmes célibataires étaient exclues et le 4 avec le critère médical les couples lesbiens sont exclus aussi avec les femmes célibataires. La loi discrimine donc bien les femmes seuls et les lesbiennes. OK pour la ref au nom de la loi, c’est logique qu’une juriste utilise les terminologie législatives. Je comprend mieux maintenant.
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      le 2 février

      « La chambre haute a d’abord rejeté par 122 voix pour et 174 voix contre (33 abstentions) les amendements (LR et centristes) visant à supprimer l’article 1er ouvrant la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules. Mais le Sénat a ensuite adopté à main levée un amendement du sénateur LR Dominique de Legge prévoyant de limiter l’ouverture de la PMA aux couples de femmes. »

      https://www.ouest-france.fr/societe/famille/pma/debats-nourris-au-senat-autour-de-l-extension-de-la-pma-7140730
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      le 3 février

      Ce mardi, le Sénat a voté mardi un amendement au projet de loi bioéthique excluant les femmes célibataires de l’extension de la procréation médicalement assistée ( PMA), écornant la mesure phare du texte qui pourra toutefois être rétablie par les députés. Résultat, l’article 1er du projet de loi visant à ouvrir l’accès à la PMA à toutes les femmes a fait le plein d’abstentions chez ses partisans, qui l’ont jugé « dénaturé » par les modifications apportées. L’article a été rejeté par 48 voix pour, 132 contre et 152 abstentions. Dans les faits, le Sénat a donc vidé de sa substance le projet de loi, examiné bioéthique en deuxième lecture.

      https://www.20minutes.fr/societe/2967947-20210202-pma-toutes-senat-exclut-femmes-celibataires

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      le 4 février

      "Ils ont introduit dans le texte un « critère d’infertilité médicalement diagnostiqué ou la non transmission d’une maladie d’une particulière gravité ». Les couples hétérosexuels seront contraints de prouver ce critère médical. Ce qui exclut de fait les femmes seules et les couples de femmes, qui, elles, ne pourront pas être systématiquement remboursées."

      https://information.tv5monde.com/terriennes/pma-pour-toutes-la-france-dit-oui-ou-presque-320566
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      le 4 février

      « les associations LGBT et celles représentant les mères célibataires étaient furieuses, jeudi 4 février, après le rejet par le Sénat de l’extension de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux célibataires.

      Le Sénat, à majorité de droite, a adopté dans la nuit de mercredi à jeudi le projet de loi de bioéthique, amputé de sa mesure phare : l’ouverture de la PMA à toutes les femmes. Cette disposition pourra, toutefois, être rétablie par les députés. »

      ...

      non seulement l’avancée fondamentale que représente la PMA pour de nombreuses femmes a été supprimée, mais les sénateurs avaient préalablement honteusement écarté les femmes seules », a rappelé, pour sa part, Bénédicte Blanchet, de l’association Mam’ensolo.

      https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/02/04/les-associations-furieuses-du-rejet-de-l-extension-de-la-pma-a-toutes-les-fe
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      #lesbophobie #misogynie #sexisme #PMA #discrimination

    • Ici le rapport de la commission sur la PMA de sept 2019 ou des lacano-freudien·nes sont auditionné·es https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/comptes-rendus/csbioeth/l15csbioeth1819032_compte-rendu#

      En tant que tel, même dans l’adoption, le fait même d’être femme seule est un facteur de risque.

      L’effacement symbolique du père est un vrai problème – pour moi, c’est l’un des problèmes essentiels. On efface à la fois son rôle symbolique et réel. Il ne faut pas oublier l’effet d’un père réel sur son enfant, c’est-à-dire l’existence d’interactions qui lui sont propres et que l’enfant n’aura pas ailleurs – ce ne seront pas les mêmes interactions avec l’oncle, le grand-père ou l’ami. L’impact de l’effacement ne se fait pas sentir seulement dans la réalité, mais aussi de façon symbolique, parce que la société va dire qu’elle n’a pas besoin d’un père pour un enfant – pour travailler depuis 20 ans dans le monde de la protection de l’enfance, je sais que cela posera un vrai problème. Cette inutilité, cet effacement du père du fait de la logique poursuivie par l’État aura des conséquences sur le plan de la protection de l’enfance et par rapport au champ de la prévention.

      #patriarcat #lacan

  • Truismes à Sciences Porcs
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=1463

    Les « réseaux sociaux » et les médias les plus huppés (Le Monde, Radio France, etc.) retentissent des glapissements de la jeunesse dorée à propos des turpitudes d’un de ses maîtres, et du sexisme en vigueur à l’école du pouvoir : #Sciences Porcs. Une ancienne élève nous écrit pour rappeler l’obscénité dont il n’est jamais question : la violence de classe qui y règne, notamment à Sciences Po Paris, tous sexes confondus. * Je n’avais pas prévu d’écrire sur Sciences Po. Depuis mon diplôme, au début des années 1990, j’ai préféré passer sur mon séjour rue Saint-Guillaume. Mais les mots-clés de l’actualité font remonter la bile. #Sciences Porcs, en effet. Ces jeunes gens outragés me rappellent la violence prise en pleine face à peine arrivée à Paris, tout juste bachelière et fort naïve. Ça commence le premier jour, (...)

    #Faits_divers

    • La personne qui écrit ce texte se plein qu’on dénonce les violences sexuelles qu’elle dit n’avoir jamais subit, mais rapporte avoir subit des moqueries sur son accent et n’étais pas invité à toutes les soirées. C’est effectivement problématique et elle a du souffrir. Mais cette dévalorisation des victimes de violences sexuelles qui arrivent enfin à se faire un peu entendre (glapissement de la jeunesse dorée + la ccl du texte que j’ai collé plus bas) la décrédibilise et rend son message inaudible. Lorsqu’elle dit que deux autres étudiantes des classes moyennes ne sont pas venus, qu’est-ce qui lui fait dire que c’est pas à cause de violences sexuelles subit justement ? Et qu’est ce qui fait dire à cette méritante étudiante des classes moyennes que ces violences sexuelles ne touche que les élèves des classes supérieurs et jamais celles des classes moyennes ? C’est malheureux pour cette femme qui a tant mérité par son travail d’être première ministre et ne m’as pas été.

      La ccl du texte est monstrueuse de culpabilisation des victimes :

      La morale de cette histoire,
      C’est que les hommes sont des cochons.
      La morale de la morale,
      C’est que les truies aiment les cochons.

      PMO = Porcs & main d’œuvre.
      #misogynie #mérite #victime_blaming

  • « Il y a une telle impunité que les artistes se croient au-dessus de tout, comme s’ils faisaient partie d’une société à part : le monde de l’art »

    https://www.streetpress.com/sujet/1612782917-metoo-harcelement-sexuel-beaux-arts-etudiantes-professeur-ag

    Le monde de l’art... Je me grille définitivement tout de suite ou j’essaie de m’y faire une place ? Je ne plaisante pas, c’est une question permanente dans mon esprit.

    Il y a quelques années maintenant chez un ami avocat, j’ai croisé un peintre catégorie « art contemporain ». Quand je lui ai demandé de quel catégorie d’art contemporain il se réclamait, il m’a répondu « de celle qui se vend. »

    Il y un truc que les gens comprennent mal de moi, c’est que je suis une personne qui essaie à chaque instant de ne pas sortir d’une ligne de conduite. J’ai des croyances, des certitudes, sur ce que la société doit être pour qu’on y soit bien. Féminisme, écologie par exemple. Mais pas seulement. J’ai un rapport à l’argent très compliqué. C’est simple, on se déteste lui et moi. Et moi plus que lui je pense car à chaque fois que je m’en éloigne, il revient à la charge. Bref...

    Donc un « artiste » s’était présenté à moi comme le font les représentants de commerce. T’imagines si je n’en avais jamais rencontré d’autres avant lui ? Déjà que d’être un working class hero c’est pas facile, alors si en plus il faut devenir un enfoiré pour en sortir, ça désabuse vite fait.

    Bon, lui c’est pas le pire. Lui il m’a seulement parlé de pognon. Un cran au-dessus il y en a une ribambelle d’autres qui t’expliquent leur technique en long, en large et en travers. C’est une façon comme une autre de combler le vide de leur message. Je les apprécie à leur juste valeur, du peintre sur parquet vernis jusqu’au sculpteur sur chewing-gum mastiqué. Mais bon, déjà ceux-ci ne parlent plus d’argent, c’est appréciable.

    Il y a l’immense marécage de ceux qui peignent des culs, des teuchs et des teubs. « C’est ce qui ce vend le mieux. » m’a dit un jour l’un de ceux qui les exposent. Je comprend bien. Ça vous explique pourquoi on voit des culs partout : c’est vendeur.

    Je vais pas être courtois ; ça participe à l’abrutissement des masses. J’ai mis des siècles à le comprendre mais yo la tengo maintenant. Si t’es seulement cap’ de peindre des culs, ton travail ne m’éduque pas à penser à autre chose qu’à mon propre cul. Et à être malheureux plus tard quand je serai trop frippé.

    Et puis voilà, on a fait presque tout le tour, il reste les autres. Les autres qui sont un peu tout ça mais beaucoup autre chose. Et là, tu peux tranquillement écrire au féminin. Et comme je suis feignant et que j’ai pas envie de donner de leçons essaie de comprendre tout seul le lien entre mon verbiage et la citation du départ

    François Isabel, artiste.

    PS : En France, une étudiante sur 10 est victime d’agression sexuelle

    • Le monde de l’art... Je me grille définitivement tout de suite ou j’essaie de m’y faire une place ? Je ne plaisante pas, c’est une question permanente dans mon esprit.

      Ne t’en fait pas ce n’est pas en critiquant le coté mercantil de l’art que tu va te grillé dans l’art, à mon avis c’est un lieu commun de la profession pour exhibé sa pureté sacrée (l’art est à la croisée du religieux et du mércantilisme) mais en fait l’art dans un monde capitaliste est de l’art capitaliste et c’est pas une activité détachée du matérialisme, c’est une activité qui fait semblant d’en être détaché. Il y a beaucoup de mondes de l’art, ou de milieux artistiques et ils ne sont pas tous aussi spéculatifs les uns que les autres, même si il s’agit tout de même d’un milieu marchand. Il y a une idéalisation de l’art et de la culture comme si c’etait une activité noble et qui élevait l’esprit, mais il ne s’agit peut être au fond que de signes appartenance de classe (art spéculatif, art institutionnel, art brut, art naïf, art et de propagande capitaliste. Dans un monde patriarcale, l’art dominant sera de la propagande patriarcale, d’ou ton impression que le cul fait vendre, mais c’est pas vraiment le cul qui fait vendre, c’est l’humiliation sexuelle des groupes dominés qui l’est. Je te recommande cet entertiens de G. de Lagagnerie que j’ai mis plusieurs fois sur seenthis mais qui m’a beaucoup apporté en prescision sur ces questions
      https://www.youtube.com/watch?v=FH5liBXAMIY

    • Pour le coté faussement détaché de l’argent de l’art, je suis toujours épatée par la question que les gens me posent systématiquement lorsque je dit que je suis artiste.
      Immanquablement on me demande si j’en vie, et là selon les réponses
      A- Oui, on me questionne sur ce que c’est comme art et on poursuit sur le sujet avec intérêt.
      B-Non, la personne n’en a plus rien à fiche et change de sujet, car si tu fait pas d’argent avec ton art alors il n’a aucune valeur et plus la peine de perdre du temps à en discuté.
      Et c’est pas le milieu qui réagit ainsi, c’est la grande majorité de la population. En somme c’est que la grande majorité ne s’interesse qu’à la création artistique « de celle qui se vend. » mais ils te le dirons de manière plus détourné que ton exemple.

    • Merci @mad_meg :)

      C’est vrai que j’ai commencé par l’aspect capitaliste du « monde de l’art » et que je n’ai abordé que le coté mercantile de ceux qui peignent des zizis et des zezettes. Mais j’aurais peut-être du insister sur les peintres en zizis. C’est surtout ceux-là qui m’agacent. Je me retiens d’écrire des noms, ça ne serait pas correct, il ont le droit de manger après tout.
      J’imagine que la vocation leur est venue tôt, sur les bancs de l’école en dessinant des bites à la point du compas sur leur table. Ils ont transformé ce loisir en activité lucrative. Moi, pauvre naze, j’envoyais des poèmes à une fille de ma classe, ça n’a jamais rapporté un centime la poésie.
      Souvent ce sont les mêmes qui te disent qu’ils n’aimaient pas l’école. En fait ils devraient plutôt dire qu’ils n’avaient pas le temps de l’aimer, leur bite les occupait beaucoup trop.
      Ce sont les mêmes que tu retrouves dans tous les milieux/mouvements politico-culturels, les mêmes qui se disent « hors systèmes » ou « esprits libres ». Tu parles... Ce sont juste des obsédés derrière un masque d’artiste militant. Je les déteste vicéralement parce qu’ils prennent la place d’autres bien moins tarés.

      ça fait 4 ans que je fréquente un peu certains auxquels je pense. Je commence à les voir s’empoisonner d’avoir trop mangé le foie de leurs amis. C’est bien. Karma !

    • les dessinateurs de kiki vendent bien ; mais à qui ?

      ça serait intéressant de savoir qui c’est qui aime tant les images de kiki qu’ils/elles les affichent qui dans leur salons et qui dans leur bureaux.

      et encore plus hilarant de savoir ce que ça dit d’eux

    • Ca a l’air interessant @val_k
      je colle ici le texte pour archivage

      Laurent Cauwet
      La domestication
      de l’art
      Politique et mécénat

      Les poètes et les artistes sont comme tout le monde, ils doivent se nourrir et se loger, ils ont besoin d’argent. Mais la marchandisation générale a bouleversé la relation qu’ils avaient nouée avec le pouvoir politique et les mécènes depuis le temps des Médicis. La culture – le ministère de la Culture, mais pas seulement – est devenue une entreprise, explique Laurent Cauwet. Les poètes et les artistes sont ses employés, qui ont des comptes à rendre à leur employeur. « La prolétarisation des savoir-faire de l’art et de la pensée oblige à pratiquer avec plus ou moins de subtilité l’autocensure et le formatage des œuvres commandées. » L’entreprise culture, qui prône un humanisme universel, va exporter le bon art et la bonne parole dans les quartiers populaires pour éduquer la plèbe – dès lors, on peut se demander « quelle peut être la place d’un artiste ou d’un poète, rémunéré par ce même État qui rémunère les policiers qui insultent, frappent, emprisonnent et tuent ? »

      Le mécénat privé est l’autre face de l’entreprise culture : Vuitton (LVMH, Bernard Arnault) et son « grand oiseau blanc » au bois de Boulogne, « cadeau aux Parisiens » ; Benetton et son projet Imago Mundi, collection de petites œuvres commandées à des artistes du monde entier, mais pas aux ouvrières d’Asie, d’Afrique et d’Europe de l’Est qu’il exploite, ni aux indiens Mapuches de Patagonie qu’il chasse de leurs terres ; la fondation Cartier s’opposant à ce que Frank Smith lise un texte où il est question de Gaza (« On ne peut pas aborder un tel sujet à la fondation »), etc.

      La culture, qu’elle soit une commande publique ou un investissement privé, est devenue une « entreprise » de pacification tout à fait profitable.

      « L’art reste avant tout une industrie qui participe à la pacification sociale. » Zones Subversives, janvier 2018

      « L’écoute du monde par l’art est devenu un bruit où résonnent les discours de politiques économiques et culturelles qui aliènent l’art et perdent le monde. » Diacritik, septembre 2017
      Laurent Cauwet

      Laurent Cauwet est responsable de la cellule éditoriale Al Dante (publication de livres, journaux d’interventions poétiques et/ou politiques, organisations de rencontres, festivals et autres manifestations, ouverture de l’espace culturel autonome Manifesten/ Marseille...) depuis 1994.

    • Je repasse par ici et ton dernier message me pose pas mal de question @fsoulabaille
      Je croi pas qu’il y a eu une époque dans laquelle les artistes étaient des femmes, et je parle de croyances car ca me semble pas possible d’avoir de certitude sur ce point. Je ne croie pas à un matriarcat originel. Je me demande si cette image, fort belle, est vraiment comparable à ce qu’on appelle de l’art en occident dans la période moderne. Définir ce qu’est l’art est en soi une question insoluble. Admettons que ca soit des silhouettes de mains de femmes. Dans ce cas ca pourrait très bien etre les traces faites par des femmes juste après qu’on les aient excisées et j’y verrai pas l’expression d’une age ou les femmes étaient artistes même si les traces de leur souffrances sont très décorative, mystérieuses et émouvantes pour nous aujourd’hui.

    • @mad_meg Sincèrement, j’admire ton pessimisme. J’ai beau me forcer je n’y arrive pas :) J’ai toujours envie de croire à d’autres sociétés moins horribles.
      Sinon, je pense aussi qu’à aucune période les artistes étaient uniquement des femmes. Ces mains par exemple sont un mélange de maines de femmes et d’hommes (à priori car on n’en a aucune certitude). Je pensais faire un peu d’humour sur les artistes non domestiquéEs, c’est tout.

  • « Tout le monde savait » : Claude Lévêque, une omerta au nom de l’art
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/01/15/tout-le-monde-savait-claude-leveque-une-omerta-au-nom-de-l-art_6066318_3246.

    Qui n’a jamais aperçu l’artiste entouré d’adolescents plus ou moins jeunes, à un vernissage, un dîner de galerie ? Qui n’a jamais entendu de rumeurs ? « C’était comme un nuage flottant autour de lui, reconnaît une conseillère de collectionneurs qui le connaît, et s’en méfie, depuis trente ans. Tout le monde savait qu’il aimait s’entourer de jeunes éphèbes, et un bon nombre craignait le pire. Mais comment agir contre un homme qui a une telle aura, quand on n’a que des rumeurs, et qu’on n’est pas témoin de ses manœuvres ? Contre un artiste qui exerce une telle fascination, car il a produit une œuvre incroyable ? »

    • Claude Lévêque, une omerta au nom de l’#art

      Alors qu’une partie du milieu est sidérée d’apprendre que le plasticien fait l’objet, depuis 2019, d’une enquête préliminaire pour « #viols et #agressions_sexuelles sur mineurs », d’autres semblent moins surpris.

      Alors qu’une partie du milieu est sidérée d’apprendre que le plasticien fait l’objet, depuis 2019, d’une enquête préliminaire pour « viols et agressions sexuelles sur mineurs », d’autres semblent moins surpris.

      Au milieu des années 1980, une artiste qui préfère rester anonyme s’était aventurée à demander à un galeriste parisien qui exposait Claude Lévêque pourquoi il ne représentait aucune femme artiste : « Je n’ai peut-être pas d’artiste femme, mais j’ai un pédophile », s’était-elle entendu rétorquer. Plaisanterie tordue, aveu, provocation ? « En tout cas, ça résume bien le contexte, raconte-t-elle aujourd’hui. Je m’étais tue, mais, quand je visitais les expositions, je vous assure que je ne lâchais pas mon petit garçon de l’oeil. »

      « Comment une telle carrière est-elle possible, alors que depuis des années "ÇA SE SAVAIT ?" », interroge la critique d’art Marie Chênel dans un Tweet très relayé. Il résume la sidération du milieu de l’art depuis les révélations du Monde, le 10 janvier, concernant la plainte du plasticien Laurent Faulon contre l’artiste Claude Lévêque et l’enquête ouverte par le parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis), en mai 2019, pour « viols et agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans . M. Faulon, un sculpteur de 51 ans, dénonce des « abus sexuels » subis entre ses 10 et 17 ans de la part de M. Lévêque, assurant qu’il était, comme sa famille, sous son « emprise . Le journal en ligne Mediapart a lui aussi publié une longue enquête, le 13 janvier, qui accable l’artiste.

      L’enquête judiciaire est en cours, et la présomption d’innocence prévaut. Mais dans le milieu de l’art, où Claude Lévêque était si connu, chacun s’interroge. Qui n’a jamais aperçu l’artiste entouré d’adolescents plus ou moins jeunes, à un vernissage, un dîner de galerie ? Qui n’a jamais entendu de rumeurs ? « C’était comme un nuage flottant autour de lui, reconnaît une conseillère de collectionneurs qui le connaît, et s’en méfie, depuis trente ans. Tout le monde savait qu’il aimait s’entourer de jeunes éphèbes, et un bon nombre craignait le pire. Mais comment agir contre un homme qui a une telle aura, quand on n’a que des rumeurs, et qu’on n’est pas témoin de ses manoeuvres ? Contre un artiste qui exerce une telle fascination, car il a produit une oeuvre incroyable ? »

      Filleuls, neveux, assistants...

      Ces adolescents qui l’entourent, Claude Lévêque les présente comme ses filleuls, ses neveux, ses assistants, voir comme ses « fils . Ces doudous et nounours qu’il trimballe autour du monde, qu’il sort en plein repas, qu’il déploie dans chaque recoin de ses deux maisons, ont été, selon l’artiste, dans ses interviews, « donnés par des amis, souvenirs trop intimes pour en parler . Son obsession pour le monde de l’enfance est considérée comme une « sublimation artistique », la part de fantasme d’un adulte qui est bien plus à l’aise avec les enfants qu’avec le monde des grands.

      Et puis, comment condamner sur la base de « racontars » ? « On lui aurait donné le bon Dieu sans confession », admet l’artiste Jonathan Loppin, dont la compagne, Julie Faitot, a envoyé un signalement à la justice concernant Claude Lévêque en février 2019. Pendant les quinze ans que dura leur amitié, il avoue avoir été subjugué par cette star prête à défendre corps et âme le moindre squat, toujours disposée à prendre fait et cause pour la veuve et l’orphelin : « Claude apparaît comme un nounours au charisme fort, et un vrai aimant à enfants. En fait, il sait les ferrer. Quand j’ai compris que ces doudous étaient sans doute ceux de ses victimes, des trophées, j’ai pris une énorme claque. »

      « Je l’ai toujours vu bouleversé par la beauté des jeunes garçons, elle le secouait, et il l’assumait, ses premières oeuvres en témoignent », souligne un habitant de Nevers (Nièvre), proche des Faulon. Enfant, il a connu Lévêque comme moniteur de centre aéré dans les années 1970, sans jamais entendre de rumeurs pouvant l’incriminer. Depuis quelques jours, il fouille dans sa mémoire. « J’essaie d’analyser le phénomène d’emprise, détaille-t-il. En abordant l’environnement de cet adulte entouré de jeunes hommes, on avait d’abord un sentiment de malaise, mais la situation était ensuite validée par les proches ; familles, amis, tous semblaient acter ce qui se passait. Le trouble ressenti était alors étouffé par cette validation collective. En outre, j’en ai été témoin à deux reprises, Claude entretient aussi une relation très forte avec les mères des enfants, dont je ne sais comment elle s’articule, une relation presque amoureuse. Mécanique qu’il semble, hélas, avoir affinée avec le temps. »

      Collectionneurs, experts, galeristes, conservateurs, critiques, artistes : cette validation a été tout aussi collective dans le milieu de l’art, même si certains tenaient scrupuleusement leurs distances. « Les institutions lui ont fait confiance, à cause de la fascination qu’exerce son oeuvre, mais aussi de son engagement pour les causes sociales, politiques, analyse une directrice de musée. Tout cela était-il un écran de fumée ? Tout comme ces références à l’enfance, sans cesse convoquée, sacralisée, sanctuarisée : elles faisaient la beauté et la pureté de son travail ; désormais, elles peuvent ressembler à un sacrifice. »

      « Si c’est vrai, c’est un séisme, auquel je peine à me résoudre, glisse un autre conservateur. Ses oeuvres des années 2000, pleines d’un danger punk qui fascine, ont été un choc esthétique pour toute une génération. Nous nous sommes construits en partie avec elles. » Un artiste éperdu d’admiration pour Claude Lévêque, « bouleversé par le témoignage de Laurent Faulon », s’avoue tout autant « blessé, et en colère » : « J’ai la sensation d’avoir été manipulé, comme tout le monde de l’art l’a été. J’ai aujourd’hui l’impression que, avec toutes ces oeuvres mettant en scène l’enfance, il nous disait : "Regardez, je vous mets ça sous le nez, et vous ne voyez rien !" »

      Qu’il mette la même énergie à préparer la Biennale de Venise (2009) qu’à exposer à l’école élémentaire Pierre-Budin, à la Goutte d’Or (Paris 18e), lors d’une résidence artistique en 2012 ? Cela relevait de son engagement social. Qu’il peigne de noir les fenêtres de l’appartement mis à disposition par l’école, juste au-dessus des salles de classe ? On y voyait sa marque punk. Qu’il se déclare, un an après, toujours ami avec l’un des bambins de 8 ou 9 ans qui collabora au projet, le plus curieux, le plus créatif ? On l’admirait alors pour n’avoir pas pris la grosse tête. Tout cela peut aujourd’hui faire frémir.

      Dans les archives du Quotidien de l’art, nous avons retrouvé les paroles de l’enfant que nous avions rencontré au sein de l’école pendant la préparation de leur exposition « Seasons in the Abyss . Il interpellait ainsi l’artiste : « Je t’ai amené mon nounours, parce que je lui ai percé le cerveau. Avant, il bougeait dans son Jacuzzi, il faisait très chaud, c’était le feu, et je lui ai percé la tête ... « Le trou dans la tête », c’est aussi une phrase gravée par Lévêque sur un lit tout rouillé d’enfant, dans une oeuvre de 1986.

      #Aveuglement_collectif

      Pour comprendre aujourd’hui ce qui a pu relever d’un aveuglement collectif, les témoignages affluent, chacun s’employant à replacer une pièce dans un puzzle qui, trop longtemps, n’a pas fait sens. L’un se rappelle cette chambre d’enfant, dans la maison de Montreuil (Seine-Saint-Denis) de #Lévêque, « avec ses petites bagnoles sur les étagères », qu’il disait destinée « aux amis qui venaient avec leurs petits . L’autre, ces manèges abandonnés dans sa maison de campagne. Une troisième, l’aveu de cette mère « manifestement perdue, dans un monde parallèle, qui me racontait que Claude Lévêque dormait dans la chambre de son fils de 15 ans, et qui semblait comme flattée qu’il ait été "choisi". J’ai pris mes distances, désespérée qu’il soit impossible de lui faire comprendre que son môme était en danger .

      Galeriste et commissaire d’exposition, Stéphane Corréard dénonce aujourd’hui ce qu’il considère comme une omerta. « Beaucoup savaient, tout le monde pouvait se douter, personne n’est surpris, résume-t-il. Alors pourquoi avons-nous toléré, abrité, protégé, pendant des décennies, un supposé prédateur sexuel, un pédocriminel récidiviste ? Parce que, dans notre milieu, personne ne dit rien, jamais. La parole est cadenassée, le fonctionnement clanique. »

      Comment l’expliquer ? « La tolérance de notre milieu pour la transgression, y compris sexuelle, y est pour beaucoup », suggère-t-il. Un artiste pourrait donc franchir toutes les lignes rouges ? Laurent Faulon se souvient en tout cas très bien « des commissaires et artistes qui venaient dîner à la maison : avec Lévêque, on était comme un couple recevant des invités. Sauf que j’avais 15-16 ans. Tous découvraient les bricolages que j’avais faits dans l’atelier, et me disaient : "Tu as une oeuvre incroyable, ne t’embête pas à faire les Beaux-Arts, tu sais déjà tout !" . C’est ainsi que Laurent Faulon s’est retrouvé exposé à la Fondation Cartier de Jouy-en-Josas (Yvelines) ou au Magasin de Grenoble, à pas même 18 ans. Sans plus de questions, juste pour la reconnaissance de son talent naissant.

      Poursuivant son analyse, Stéphane Corréard évoque aussi le « souvenir de l’époque glorieuse où l’avant-garde était menacée de toute part, notamment par les réactionnaires et l’extrême droite. Nous avons alors pris le pli d’une opposition facile entre "pro" et "anti" art contemporain qui est devenue factice, mais qui continue de structurer largement le fonctionnement de notre monde de l’art . Impossible de dénoncer sur la foi de racontars, certes. « Mais ces directeurs de musée, qui racontent de façon anonyme avoir refusé que Lévêque partage une chambre d’hôtel avec un ado, n’avaient-ils pas obligation, en tant que fonctionnaires, de dénoncer des crimes dont ils avaient eu connaissance dans le cadre de leurs fonctions ? »

      Comme tous, il en est cependant conscient : la mécanique à l’oeuvre est complexe à déconstruire. Qu’un artiste puissant s’écroule, et tout un système s’effondre : ceux qui le collectionnent, le louent, l’honorent, le capitalisent. « Les relations entre les acteurs organisent la valeur de l’oeuvre en mettant l’artiste sur un piédestal, dans une relation romantique à l’art, explique ainsi un directeur d’institution. Les jeux de pouvoir sont réels, et pas seulement financiers, à tous les maillons de la chaîne, on ne peut se permettre que l’image de l’auteur soit entachée. Les liens d’interdépendance et les rapports de domination organisent le silence, à quoi s’ajoute la peur d’être blacklisté du milieu. Ils neutralisent toute possibilité de prise de parole. L’autocensure est forte, jusqu’à se frapper soi-même de cécité. La structure protège son capital. »

      Averti de la plainte de Laurent Faulon peu après son dépôt, le Mamco de Genève a pris position dès 2020, en faisant disparaître de son site toute mention de Claude Lévêque, qui y a exposé en 2003. Il est, pour l’instant, le seul. « Avec l’équipe de conservation, nous avons décidé un moratoire immédiat sur la présence de ses oeuvres en nos murs, explicite Lionel Bovier, son actuel directeur. Je n’ai jamais travaillé avec cet artiste, ni avec ses oeuvres d’ailleurs. Mais, de mon point de vue, le discrédit qui est aujourd’hui jeté sur son travail sera absolument irrémédiable si les accusations se révèlent fondées. Il ne m’appartient pas de me prononcer sur les conséquences légales des actes qui sont relatés, mais je peux témoigner de cela : je ne pourrai plus jamais regarder ce travail sans y trouver des indices des crimes qui lui sont reprochés. Par conséquent, le musée que je dirige ne montrera ni ne diffusera son travail dans le futur. »

      #pédophilie #pédocriminalité #Laurent_Faulon #abus_sexuels #emprise #rumeurs #fantasme #validation_collective #enfance #omerta #silence #impunité #transgression #domination #pouvoir #autocensure #cécité

    • Affaire Claude Lévêque : collectionneurs et musées s’accrochent aux œuvres devenues embarrassantes

      https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/01/15/affaire-claude-leveque-collectionneurs-et-musees-s-accrochent-aux-uvres-deve

      https://www.lalsace.fr/culture-loisirs/2021/01/16/l-embarrassant-claude-leveque

      #censure #appel_à_la_censure

      Je tiens à rappeler que Springora n’ a jamais exigé la disparition des livres de Matzneff, c’est Gallimard qui s’achète une conscience en le faisant.

      Par ailleurs, le type doit répondre des ses actes, et il mériterait surtout des soins et une gigantesque psychothérapie (plutôt que la taule et la censure), mais il me semble au contraire très important de pouvoir continuer à voir ses oeuvres, même et surtout les pires, en sachant ce que l’on savait déjà, certes plus ou moins, mais en sachant au moins que le type n’était pas là pour rigoler et qu’il nous parlait bien de choses sombres et dégueulasses.

    • Dager je déteste et je comprend pas pk on le voie dans toutes les expos d’art brut. Sinon par rapport à la censure de Matzneff et Leveque le plus ahurissant c’est qu’on accusera les victimes d’etre #cancel_culture alors que ce sont les liberaux qui en sont les instigateurs dans un geste revisionniste.

    • L’ancien commissaire à la carrière exemplaire, médaillé d’honneur de la police nationale, n’avait sans doute jamais imaginé se retrouver là, derrière la barre de la 28e chambre du tribunal correctionnel de Paris, quelques mois à peine après avoir quitté l’institution policière et mis un terme à près de quarante ans d’un investissement sans faille. En longue veste de cuir et costard-cravate sombre, les mains jointes et le teint blafard, il fait face à 61 ans à la présidente du tribunal qui le juge, ce mardi, pour voyeurisme. Tout juste retraité, il a été surpris cet été dans les allées du grand magasin parisien BHV en train de filmer sous les jupes de clientes à l’aide d’une microcaméra fixée sur une de ses chaussures. On n’en saura guère plus sur le dispositif technique employé, mais on sait que ce prévenu féru d’informatique dirigea, dans les années 1990, le novateur service d’enquête sur les fraudes aux technologies de l’information (Sefti) avant de devenir, vingt ans plus tard, numéro deux de la police du Val-de-Marne.

      Quand les vigiles du BHV le repèrent, il « passe son pied » doté d’une caméra micro SD sous les jupes de clientes en vue de tourner des vidéos de quelques minutes. Ce qu’il avait déjà fait, quelques semaines plus tôt, dans une autre grande surface, afin d’apercevoir, selon la présidente, « les parties intimes cachées sous les habits ». « Comment expliquer ce passage à l’acte chez une personne au parcours tout à fait exemplaire ? », lance la procureure qui ne cache pas son incompréhension face à des faits « regrettables » qui auraient pu, « si les victimes en avaient été informées, être vécues comme une atteinte sérieuse à leur personnalité et leur intimité ». D’une voix à peine audible malgré l’exiguïté de la salle, le prévenu, dos voûté, répète ce qu’il a dit, déjà, quand il a été entendu dans la foulée et a reconnu immédiatement les faits.
      « Electrochoc »

      Son masque de protection ne facilitant pas son élocution, l’ancien policier répète le « mal-être » qui l’a envahi quand, à peine retraité en juin dernier, il a quitté la police pour de bon. A cela s’est ajouté un départ de la capitale qui semble l’avoir déstabilisé. Et le passage à l’acte ? « Je ne sais pas comment l’expliquer », dit-il en se courbant un peu plus. « Quand j’ai été interpellé, lors des faits, ça m’a fait comme un électrochoc ». Il cherche ses mots :"« Je n’ai pas compris, je savais parfaitement que des vigiles se trouvaient dans ce magasin, j’étais complètement à côté de la réalité des choses »."

      L’expertise psychiatrique à laquelle il a été soumis n’a révélé ni anomalie mentale ni état dangereux. L’ancien commissaire n’a pas tardé, toutefois, à débuter une thérapie dont il dit avoir « vraiment besoin ». Il fait état d’un épisode dépressif passé lié à des problèmes de santé et une succession de décès de proches, d’une « envie d’en finir » déjà ressentie. « J’ai voulu tenir, ne pas montrer une image de faiblesse », souffle-t-il. Son départ en retraite a réactivé chez lui, avance-t-il, « ce sentiment d’une fin de vie. »

      « Quel lien faites-vous entre cet épisode dépressif et ces faits qui sont presque de nature sexuelle ? », le coupe alors la présidente. « Je ne suis pas psychiatre », répond le prévenu en évoquant pêle-mêle « une pulsion de vie, d’existence, un besoin de trouver quelque chose. » Il ajoute, hésitant : « Je ne sais pas, j’en parle beaucoup avec ma psychothérapeute ».

      La présidente : « Vous êtes-vous mis à la place de ces femmes ? »

      Le prévenu : « C’est inadmissible. »

      La présidente : « Avez-vous pensé à ce qu’elles peuvent ressentir ? »

      Le prévenu : « Je ne sais pas comment le qualifier. Du dégoût ».

      Sa femme, épousée il y a quarante ans, ne le lâche pas des yeux. « Elle m’a beaucoup soutenu, nous en avons beaucoup parlé », dit celui qui dit s’être engagé bénévolement, depuis, auprès d’une association caritative, ce qui l’aide à structurer sa nouvelle vie.
      « Mini-pétage de plombs »

      La procureure rappelle l’existence du délit de voyeurisme, punissable d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende. Puis revient sur le « mal-être profond » du prévenu et ce départ à la retraite qui a pu « créer une sorte d’effondrement, le sentiment d’être inutile ». Tout en maintenant son interrogation sur la relation entre cet état et le délit, elle souligne « une prise en compte des faits et une reconnaissance » et insiste sur l’importance du suivi thérapeutique. Avant de requérir la culpabilité du prévenu et l’ajournement du prononcé de la peine - soit le fait de se prononcer sur la peine dans plusieurs mois - avec mise à l’épreuve ainsi que la garantie de la poursuite des soins. « Il a vécu la fin de sa carrière dans laquelle il s’est extrêmement investi comme une petite mort », a ensuite déclaré l’avocat du prévenu, Thibault de Montbrial. « C’était quasiment voué à l’échec », poursuit celui qui qualifie les faits de « mini pétage de plombs ». Le tribunal déclare finalement son client coupable tout en le dispensant de peine au vu des « mesures » qu’il a lui-même mis en place « susceptibles de permettre qu’il n’y ait pas réitération », ainsi que de sa « situation familiale et professionnelle ». Du bout des lèvres, l’ancien commissaire remercie le tribunal puis quitte la salle à pas feutrés.

      #agression_sexuelle #police #justice #sexisme_d’état #violophilie #misogynie #culture_du_viol

    • Les femmes devraient cesser de payer leurs impôts vu qu’elles ne bénéficient pas de la protection de l’état contrairement aux hommes. Il est évident que les femmes sont de simples défouloir mis à disposition des hommes, blancs, et flics manifestement. Agresser des femmes est un divertissement pour retraités de la police, du bétail pour reprendre gout à la vie quant on peut plus tabasser des prostituées en GAV. Alors pourquoi financé cet etat misogyne qui subventionne les violences sexuelles et leur impunité ?

  • #MeToo : dans la gastronomie, l’espoir d’un changement
    https://www.mediapart.fr/journal/france/261220/metoo-dans-la-gastronomie-l-espoir-dun-changement?onglet=full

    Mediapart a recueilli pendant plusieurs mois des dizaines de témoignages de salarié·e·s de la restauration. Violences physiques, psychologiques, sexuelles, propos racistes et homophobes, conditions de travail éprouvantes : le tableau est atterrant. De plus en plus de voix s’élèvent pour que ça change.

    e me suis demandé si j’allais m’embarquer dans cette affaire. Je sais qu’il a une puissance financière et médiatique que je n’ai pas, mais j’ai réfléchi. J’ai peur, mais j’ai encore plus peur d’avoir des regrets. » Florence Chatelet, 41 ans, est la patronne de By DEHESA, qui fournit depuis 2011 des produits artisanaux d’exception à de nombreux chefs étoilés, au Canada, en Europe et en Asie.

    Le 27 novembre, comme Libération l’a révélé, elle a déposé plainte à Paris contre le chef Guy Martin, pour viol et agression sexuelle. Une enquête préliminaire a été ouverte le 2 décembre par le parquet de Paris.

    Entre 2014 et 2015, Florence Chatelet vend ses produits à deux restaurants dont la carte est supervisée par Guy Martin, également chef et propriétaire du très chic Grand Véfour, deux étoiles Michelin depuis 2008.

    En 2015, au terme d’un rendez-vous professionnel en face-à-face, Florence Chatelet raconte qu’il l’aurait « plaquée contre la porte ». « Il commence à m’embrasser dans le cou, sur la bouche, il touche mon corps, je sens sa main sur mes fesses et sur mon sexe. Je lui ai mis un coup de genou dans les couilles et je me suis barrée », affirme-t-elle. Depuis ce jour, dit-elle, « ma relation commerciale avec le groupe Guy Martin a cessé ».

    Florence Chatelet prétend n’avoir parlé à personne de ce qui s’est passé ce jour-là jusqu’en 2017 : « J’ai réalisé que j’ai été traversée d’abord par un sentiment de honte, puis une certaine forme de dissociation entre mon esprit et mon corps. Je ne pouvais pas l’accepter. »

    De son côté, Guy Martin, via son service presse, indique qu’il « n’a aucune information sur le dépôt d’une plainte et n’a pas de commentaire à faire. Il conteste formellement les accusations portées contre lui, comme il l’a déjà fait lorsqu’elles ont été avancées pour la première fois ». Il est présumé innocent.

    Un secteur en ébullition

    Depuis le printemps, le milieu de la restauration, durement éprouvé par le Covid-19, est en ébullition. Fin mars, un questionnaire est lancé sur les violences en cuisine, entre autres par Camille Aumont-Carnel, créatrice du compte Instagram « Je dis non chef ! », qui publie depuis 2019 les récits de victimes ou témoins de ces violences (voir notre Boîte noire).

    • Il y a un passage sur le Drouant, resto dans lequel se passe les prix Goncourt et Renaudot. Grandes cérémonies de l’invisibilisation des femmes. Renaudot qui a primé #matzneff en 2014

      Aujourd’hui, Stéphanie ne regrette pas sa démarche. « Mais c’est dur de trouver du taf avec un prud’hommes sur le dos, car les gens considèrent que tu es procédurier. »

      C’est le risque que prend Thomas*. À 28 ans, l’ancien sous-chef a saisi en juin dernier les prud’hommes de Paris pour travail dissimulé, rappels de salaire, non-respect des temps de repos, manquement de l’employeur à son obligation de sécurité, harcèlement moral, contre son dernier employeur, la société Drouant.

      De mi-mai 2018 à décembre 2019, il a travaillé au sein du prestigieux restaurant parisien, le Drouant, à deux pas de l’opéra Garnier, et célèbre pour accueillir chaque année les jurys de deux prix littéraires, le Goncourt et le Renaudot. En cuisine, c’est le chef Émile Cotte qui règne depuis 2018.

      Dans sa saisine du conseil des prud’hommes, Thomas, que Mediapart a rencontré, décrit un rythme de travail dantesque, allant jusqu’à provoquer un « malaise dans la rue » et « une fracture de fatigue ». Selon le cuisinier, il était fréquent qu’il effectue des journées de 9 heures à 20 heures, voire minuit, « sans pause le midi pour déj et le soir pour dîner », et « pas de pause l’après-midi, à peine le temps pour aller aux toilettes ». Il accuse aussi le chef d’avoir tenu devant lui des propos « humiliants, vexatoires, à caractère homophobe ».

      Thomas, qui est homosexuel, n’en était pas à ses débuts quand il arrive chez Drouant. Il avait déjà travaillé pour Cotte, et cela faisait plusieurs années qu’il travaillait dans la restauration. C’est après la réouverture du restaurant, un temps fermé pour travaux, à l’automne 2019 que Thomas n’a plus supporté. Il évoque des violences physiques – des « pincements aux bras, aux pectoraux », confirmés par plusieurs témoins –, des cris, des insultes.

      « Des gens ont peur, moi je ne veux plus, dit Thomas. Cotte est un très bon cuisinier, mais en terme de management, c’est “marche ou crève” ».

      Pour corroborer son récit, Thomas produit plusieurs messages envoyés par Émile Cotte et consultés par Mediapart : ce dernier parle de lui à plusieurs reprises comme du « PD ». Dans un message, il dit : « PD et negros inclus. L’ensemble du personnel. » Un jour de février 2019, Thomas est malade, son chef lui écrit sur Messenger : « Ça va mieux aujourd’hui ? / Tu as du sucer une queue pas propre, gros dégueulasse. » Le 7 décembre 2019, Thomas est en arrêt : « Comment ça va le PD / Pas mort. » Le 9 janvier 2020 : « Alors alors pas mort encore / toujours des morilles sur le bout du gland. »

      « Le plus souvent, pour être tranquille, je laissais passer, explique Thomas. C’est un engrenage, surtout avec cette hiérarchie qu’on connaît en cuisine. » En défense, Drouant produit d’ailleurs plusieurs échanges entre Thomas et le chef, laissant apparaître une forme de camaraderie.

      Dans un autre message, le chef parle de « puputtes ». Un mot qu’une autre ancienne de chez Drouant, interrogée par Mediapart, se rappelle avoir entendu. Plusieurs ex-collègues de Thomas ont d’ailleurs accepté de témoigner dans le cadre de sa procédure.

      « Les femmes subissaient aussi des blagues grivoises », raconte Thomas. Deux ex-salariées du restaurant nous l’ont également raconté. Interrogé par Mediapart, Émile Cotte se défend de « toute accusation de violence ou de discrimination ». Il évoque une « amitié de sept ans » avec Thomas, qui s’est brutalement terminée l’hiver dernier ; il parle de lui comme d’un « très bon pro » et qu’il était, avec lui, « dans l’état d’esprit d’un grand frère ».

      Et quand on l’interroge sur les reproches faits par Thomas, et par certains de ses collègues, Émile Cotte indique qu’il est « conscient d’être parfois dur et exigeant », et que les horaires de travail ont pu être « importants ». « C’est un métier parfois difficile et stressant. Mais c’était ma troisième ouverture pour le groupe et jamais je n’ai reçu la moindre plainte », explique-t-il.

      Quant aux messages produits par Thomas, il s’agit, d’après lui, « d’échanges privés, grivois, de franche rigolade ». Il envisage simplement avoir pu « peut-être être maladroit ». « Je peux passer pour le rugbyman bourru, je ne sais pas… Mais je n’ai jamais eu de volonté de nuire à quiconque », affirme encore Émile Cotte.

      La société Drouant, elle, rapporte que Thomas n’a jamais remonté la moindre alerte avant le premier courrier envoyé par son avocate, et qu’« alors que Émile Cotte a travaillé dans plusieurs de nos établissements, personne n’a jamais rapporté de violences en cuisine ». Quant aux messages figurant au dossier, ils relèvent, selon Drouant, d’une relation d’ordre privé : « Nous, employeurs, ne pouvons nous ingérer dans une relation personnelle », explique la DRH Nathalie Lemoine.

      L’audience aux prud’hommes pour Thomas est prévue le 19 janvier prochain.

  • Médias
    « Des propos sexistes toutes les 11 minutes » à l’émission phare de RTL
    https://www.bastamag.net/Emission-Les-grosses-tetes-sur-RTL-Des-propos-sexistes-toutes-les-11-minut

    Sexisme, transphobie, racisme, âgisme, classisme, validisme, grossophobie… L’émission Les Grosses têtes sur RTL collectionne les propos discriminatoires selon une étude de l’Association des journalistes lesbiennes, gays, bi·e·s, trans et intersexes.

    36 heures d’écoutes et 24 émissions : pendant cinq semaines une vingtaine de membres de l’Association des journalistes lesbiennes, gays, bi·e·s, trans et intersexes (AJL) ont écouté Les Grosses têtes sur RTL, animée par Laurent Ruquier. Le bilan est un amas de déclarations sexistes, homophobes ou racistes. Les femmes y sont régulièrement dévalorisées ou sexualisées, et on ne s’y gêne pas pour les réduire à leur condition de « mère », de « ménagère » ou à déballer leur vie privée et sentimentale. « Des remarques qu’il faut qualifier de systémiques, tellement elles sont récurrentes et appuyées, détaille l’AJL. Des propos sexistes toutes les 11 minutes et jusqu’à 16 dans la même émission. Ça fait beaucoup en une heure et demie. » La sexualité des chroniqueuses est également évoquée allègrement : 19 fois sur les 24 émissions. Par exemple, le 15 octobre, Laurent Baffie présume que Christine Ockrent « doit se taper tellement de mecs ». Cinq jours plus tard, on demande à Arielle Dombasle et Isabelle Mergault si elles aiment simuler.

    L’AJL comptabilise au total « 159 déclarations sexistes, 66 déclarations homophobes et transphobes, 51 déclarations racistes, 29 déclarations grossophobes, 25 déclarations âgistes, 17 déclarations banalisant des crimes sexuels et des violences », ainsi que des propos « classistes » (teintés de mépris social) ou validistes (discriminatoires envers un handicap). Concernant les déclarations racistes par exemple, elles sont présentes dans 80 % des émissions écoutées. Les noms sont tournés en dérision, les accents imités, la communauté asiatique y est fétichisée, les roms et roumains stigmatisés, avec des sorties telles que « Arrête de faire la manche, on dirait une Roumaine ! ». L’association a particulièrement été surprise du caractère répétitif des propos et de l’acharnement.
    « Elle gueule comme une goudou, comme un routier ! »

    Les minorités semblent presque être le fond de commerce du programme. L’AJL explique que « sur les 24 émissions que nous avons écoutées, 83 % comprennent des propos LGBTIphobes ». Le 21 septembre dernier, Christine Bravo déclare au micro ne pas aimer François Hollande : « Il n’en faut pas moins à Jeanfi Janssens [un humoriste, ndlr] pour lui lancer : “Lesbienne !” Et lorsque Laurent Ruquier lui demande de répéter, celui-ci confirme : “Lesbienne !” Puis ajoute : “Je savais que tu allais virer goudou ! Elle gueule comme une goudou, comme un routier !” ».

    Dès qu’elle sont évoquées, les orientations de genre ou orientations sexuelles deviennent des insultes, sans oublier les stéréotypes qui vont avec. D’autres fois, les chroniqueurs refusent de reconnaître que les femmes trans sont des femmes ou les réduisent à leur apparence physique. « La lesbophobie et la transphobie sont, certes, minoritaires parmi les propos problématiques relevés, ajoute l’AJL. Mais, lorsque les identités lesbiennes et trans sont évoquées, c’est systématiquement de manière dégradante. »

    #sexisme #misogynie #homophobie #lesbophobie #violophilie #transphobie

  • Projet d’une loi portant défense d’apprendre à lire aux femmes ([Reprod.]) / par S -M * Maréchal, Sylvain (1750-1803). Auteur du texte
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k42699t/f4.item
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k42699t/f4.highres

    Encore peu soucieux des droits des femmes, comme la majorité des hommes révolutionnaires, il rédige en 1801 un texte, très controversé, sur un Projet de loi portant défense d’apprendre à lire aux femmes.

    #misogynie #historicisation #anarchisme #manarchiste #anarcouille #masculinisme

    • PROJET

      DÉFENSE
      D’APPRENDRE A LIRE AUX FEMMES ;
      Par S*M*

      AUX CHEFS DE MAISON,

      AUX PERES DE FAMILLE,
      ET AUX MARIS.

      Qui plus que vous doit sentir
      la nécessité et l’urgence de la Loi
      dont le Projet vous est adrcssé
      et soumis à votre prudence ? Les
      bons ménages deviennent rares ;
      et c’est vous, les premiers, qui
      porte/ la peine des préjugés et
      des abus qui ont envahi l’édu-
      cation des femmes.

      Vous tiendrez donc la main
      à ce Règlement ; il vous intéresse
      plus peut-être encore que les
      femmes qui en sont l’objet prin-
      cipal.

      Les puissances mâles et fc-
      melles du Bas -Empire de la
      Littérature vont s’agiter à la
      promulgation de la présente Loi.
      On prononcera malédiction sur
      le Législateur indiscret et témé-
      raire. Déjà en butte aux prêtres,
      comment n’a-t-il pas craint de
      leur donner les femmes de let-
      tres pour auxiliaires ? La coali-
      tion des femmes dé lettres et-des
      prêtres est une rude chose
      mais que pourra-tdîe si les bons
      esprits, si les tètes saines oppo-
      sent leur égide, et placent cette
      Loi sous lebouclier de la raison ?
      Les bonnes mères de famille,
      les excellentes femmes de mé-
      nage, les épouses sensibles, les
      jeunes filles naïves et toutes
      naturelles, vengées enfin du,
      méprisant abandon où on les
      reléguait sauront peut être
      quelque gré au Rédacteur de
      cette Loi, et rendront justice à
      la pureté de ses intentions.

      iv

      Nous ne sommes point dupes
      (s’écrieront quelques flatteurs
      des femmes) Vies ménagement
      qu’on prend ici pour faire en-
      tendre que les deux sexes ne
      doivent pas être rangés précisé-
      ment sur la même ligne dans
      la grande échelle des êtres et
      qu’il faut placer un sexe au-des-
      sous de l’autre.

      Il faut répondre:ce n’est point
      là du tout la pensée du Légis-
      lateur des femmes.JDans le plan
      qu’il s’est tracé de la nature, il
      n’y a pas un. seul être inférieur
      v

      à un autre. Toutes les produc-
      tions sorties de ses mains sont
      autant de chef,-d’oeuvres ; et par-
      mi une infinité de chef-d’oeuvres,
      il seroit absurde d’établir ou de
      supposer des préférences.

      Les deux sexes sont parfaité-
      nfen égaux ; c’est-à-dirc, aussi
      parfaits l’un que l’autre, dans ce
      qui les constitue. Rien dans la
      nature n’est comparable à un
      bel homme, qu’une belle femme.
      Ajoutons pour finir il n’y a
      rien de plus lâid au monde qu’un
      homme singeant la femme si
      ce n’cst une femme singeant
      l’homme.

      Ce Projet de Loi ne pouvait
      paraître plus à propos qu’au
      moment où l’on s’occupe de l’or-
      ganisa tion définitive des études.-
      Vous remarquerez que dans
      son rapport, si estimable, sur
      l’Instruction publique Chaptal
      garde le pl.us profond silence tou-
      chant lcs femmes ; il ne leur sup-
      pose aucunement la nécessité
      d’apprendre à lire, à écrire, etc.
      Par logerait-il l’opinion que lèur

      *lj

      esprit naturel n’a pas besoin
      de culture ?

      Nota. Celles d’entre les femmes qui
      prendront a, coeur ce projet de Lôi,
      pourrons se permettre les réclama’
      tions et sont invitées à les adresser
      au Rédacteur : il s’empressera d’y faire
      droit, autant que possible.

      Mais il prévient qu’il ne répondra
      aux injures que par son silence ac-
      coutumé des injures ne sont point
      des raisons.
      AUX FEMMES.

      Si l’on vous interdit l’arbre delà science,
      Conservez sans regret totre douce ignorance,
      Gardienne des vertus, et ihèred£« plaisirs ;

      PROJET

      LOI,

      lire
      aux Femmes.

      MOTIFS DE LA LOI.
      Ço n sidérant ;

      i°i \£vt l’amour honnête le chaste hymen
      la tendresse maternelle la piété filiale la
      reconnaissance des bienfaits etc., sont
      antérieurs à l’invention de l’alphabet et de
      l’écriture, et à l’étude des langues ; ont sub-
      sistc, et peuvent encore subsister sans eUes.

      Considérant :

      2°. Les incoûvcnicns graves qui résultent
      pour les deux sexes, de ce que les femmes
      tachent lire.

      Considérant

      5°. Qu’apprendre à lire aux femmes est
      un hors-d’oeuvre nuisible à leur éducation
      naturelle c’est un Itixc dont l’effet fut
      presque toujours l’altération et la ruine des
      moeurs.

      Considérant :

      Que cette fleur d’innocence qui ca-
      ractérise une vierge, commence à perdre
      de son velouté, de sa fraîcheur du moment
      que l’art et la science y touchent du mo-
      ment qu’un maître en approche. La pre-
      mière leçon que reçoit une jeune fille est

      (3)

      le premier pas qu’on l’oblige à faire pour
      s’éloigner de la nature.

      Considérant :

      5°. Que l’intention de la bonne et sage
      nature a été que les femmes exclusivement
      occupées des soins domestiques, s’honore-
      raient de tenir dans leurs mains non pas
      un livre ou une plume, mais bien une
      quenouille ou uu fuseau.

      Consi dérant :

      Combien une femme qui lie sait pas
      lire est réservée dans ses propos, pudibonde
      dans ses manières parcimonieuse en pa-
      roles, timide et modeste hors de chez elle,
      égale et indulgente. Combien au coti-
      traire, celle clui sait lire et écrire a de
      penchant a la médisance à l’amour propre,
      au dédain de tous ceux et de toutes celles
      qui en saveut un peu moins.

      Considérant :

      Combien il est dangereux de cultiver
      l’esprit des femmes, d’après la Réflexion
      morale de la Rochefoucaull qui les con-
      ttaissait si bicn « L’esprit de la plupart
      des femmes sert plus à fortifier leur folie
      U que leur raison. »

      Considérant :

      Que la nature elle-même, en pour-
      voyant les femmes d’une prodigieuse apti-
      tude harler semble avoir voulu leur
      épargner le soin d’apprendre à lire il
      écrire.

      CONSIDÉRANT :

      9°. Que le joli habil des femmes dédom-
      magera avec usure de l’absence de leur style.
      Considérant :

      io°. « Que chaque sexe a son rôle. Celui
      (5)

      de l’homme étant d’instruire etde protéger,
      suppose une organisation forte dans toutes
      ses parties. Le rôle de la femme doit être
      bien moins prononcé. Douceur et sensibi-
       » lité en sont les deux principaux caractères.
      Tous ses droits, tous ses devoirs tous ses
       » talens se bornent là et ce lot vaut peut-
       » être bien l’autre. »

      (Galerie des Femmes célèbres, in-f.)
      Considéra ni :

      ii°. « Que la société civile, dans la distri-
       » bution de ses rôles, n’en a donné qu’un
       » passif aux femmes. Leur empire a pour
       » limites le seuil de la maison paternelle ou
      maritale. C’est là qu’elles rôgnenl véritable-
      ment. C’est là que par leurs soins journa-
       » liers elles dédommagent les hommes des
      travaux et des peines qu’ils endurent hors
       » de leurs foyers. Compagnes tendres et son-
      )1 ’mises, les femmes ne doivent prendre

      ....

    • Ca m’étonnerai pas que le mec soit homophobe mais dans ton exemple je voie plutot du spécisme que de l’homophobie car on peu très bien imiter l’autre sexe sans être homo ni trans. Mais c’est fort possible que dans la tête de ce type, le fait de permettre aux femmes de lire les conduira à l’homosexualité.

  • Propos du pape sur les femmes en 2020
    https://www.nouvelobs.com/idees/20201202.OBS36880/livre-du-pape-francois-la-colere-de-la-theologienne-anne-soupa.html

    Lorsqu’il doit parler des femmes, le pape François revêt sa tenue de camouflage. Serré dans son treillis, casque encouronné de fougères, il avance dans la jungle d’une Eglise catholique divisée qui, en chacun de ses camps, fait de la question des femmes le marqueur de ses revendications. D’un côté un clan conservateur arc-bouté sur le maintien d’un pouvoir clérical et masculin, de l’autre des femmes qui demandent à être reconnues et que les opinions publiques relaient et soutiennent. D’un côté la tradition, de l’autre les droits humains.
    « Cher pape François… », par la rabbin Delphine Horvilleur

    En stratège, le pape commence par se chercher des alliées. Femmes, je vous aime… Les femmes sont fortes, dit-il, elles ont « le souci de la Création et des pauvres ». Sa méthode pour les promouvoir ? L’infusion. Afin de « changer la culture institutionnelle ». Mais que pourra faire une poignée de femmes consultantes contre les crocodiles de la curie ? Elles seront avalées toutes crues ! Derrière le miel des mots, je ressens la brutalité de cette énième assignation faite aux femmes, réduites à un sachet de thé dans une tasse. Mais le plus dur est à venir. A la dernière phrase, le pape assène : les femmes qui demandent la prêtrise, non seulement se trompent, mais alimentent le cléricalisme, et de façon « irrespectueuse ».
    Anne Soupa : « Le successeur de Barbarin à Lyon, c’est la mainmise des ultras »

    J’incline à penser que le couperet cinglant de cette chute est la réponse – qui n’est jamais venue – à ma candidature de mai dernier à la charge d’archevêque de Lyon. Pourtant, je postulais à être un évêque selon la tradition des origines de l’Eglise, donc laïc, donc non clérical. Réponse inquiétante de rigidité, révélatrice d’un cruel manque d’empathie… Le pape aurait-il senti passer les balles et voulu couper court à toute velléité de changement ? En tout cas, il peut maintenant mettre son treillis à la poubelle et reboutonner sa soutane blanche. Les conservateurs ne le croqueront pas encore cette fois-là.

    #misogynie #catholicisme

  • Eglise : mais où sont les filles chez les enfants de chœur ?
    https://www.leparisien.fr/societe/eglise-mais-ou-sont-les-filles-chez-les-enfants-de-choeur-06-12-2020-8412

    Un siège sur trois, une rangée sur deux. En ce dimanche de messe dans les églises hexagonales, les curés vont expérimenter avec leurs fidèles le nouveau protocole sanitaire défini cette semaine par le gouvernement. A leurs côtés, pour les assister directement, notamment au moment de la consécration, des enfants de chœur masqués respectant les gestes barrière, une croix ou un cierge entre les mains. Parmi eux, une très grande majorité de garçons. Car dans beaucoup de paroisses encore, les filles n’approchent pas l’autel, chasse gardée masculine. La mixité, pourtant autorisée depuis un demi-siècle, peine à conquérir certaines nefs.

    Alors à l’heure où « l’invisibilité » des femmes dans l’Eglise est dénoncée par certaines voix catholiques, la faible proportion de servantes d’autel est montrée du doigt par les féministes ayant la foi. C’est le cas de la bibliste Anne Soupa qui a fait grand bruit au printemps dernier en candidatant au poste d’archevêque de Lyon. « Il y a eu un recul sur cette question. C’est l’exaltation du sexe masculin, le triomphe de la quéquette ! C’est plus que conservateur, c’est réactionnaire. Le problème est français. A Rome, par exemple, il y a des petites filles servantes », souligne la présidente du Comité de la jupe qui promeut « l’égalité des femmes et des hommes au sein de l’Eglise ».
    « La mixité n’est pas à mettre dans tous les lieux d’éducation »

    Mais pourquoi les demoiselles ne revêtent-elles pas l’aube, chaque dimanche, dans de nombreuses paroisses ? Selon certains clercs, être servant d’autel peut donner envie de devenir prêtre. « Traditionnellement, on estime que c’est une école de vocations sacerdotales », avance un ecclésiastique du nord-ouest de la capitale.

    Pour Bruno Lefevre Pontalis, aux commandes de la paroisse Saint François-Xavier située dans les beaux quartiers de Paris et qui n’accueille que des servants, la raison est « plutôt pastorale ». « Je me suis aperçu que lorsqu’il y a des enfants de chœur filles, les garçons s’en vont vers 14 ans. A cet âge-là, ils fonctionnent bien dans la non-mixité », observe ce curé, estimant que « la mixité n’est pas à mettre dans tous les lieux d’éducation ».

    A ses yeux, cette exclusivité masculine dans son église n’a « jamais » donné lieu à des remarques directes de la part de ses fidèles. « Quand ça marche bien, on hésite à changer les choses », confie-t-il. Sur le parvis du lieu de culte lors de la sortie d’une messe avant le reconfinement, les avis sont pourtant partagés. « Il n’y a pas de prêtres filles, donc pas d’enfants de chœur filles », argumente un préado. « C’est le rite, c’est normal », pense sa maman.

    Pour une autre fidèle, en revanche, « ça devrait changer ». « Les femmes dans l’église sont cantonnées à certaines tâches. Un jour, dans une autre paroisse, j’ai vu des servantes d’autel et j’étais très contente », s’enthousiasme-t-elle. Elle est convaincue que « si les prêtres décidaient de mélanger garçons et filles, ça passerait ici ». « C’est comme avec la communion. Les femmes la distribuent aujourd’hui mais il y a 15 ans, ça aurait choqué », poursuit son voisin.
    « Les femmes sont impures, elles ne touchent pas au sacré, voilà des conceptions tout sauf chrétiennes ! »

    Le père Bruno Lefevre Pontalis, qui s’appuie sur un vivier de 40 enfants de chœur garçons, ne projette pas dans l’immédiat d’expérimenter la mixité mais « réfléchit » à intégrer dans les offices des servantes d’assemblée. Une fonction réservée aux filles, différente de celle de servant d’autel, qui est apparue dans de nombreuses paroisses. Les servantes d’assemblée, qui portent une cape, accueillent à l’entrée les paroissiens, distribuent les feuilles de cantiques, procèdent à la quête, portent les offrandes jusqu’au pied de l’autel…
    En France, les petites filles ont plutôt des fonctions de servantes d’assemblée, portant cape et restant loin du chœur pendant la messe./Ciric/Corinne Simon
    En France, les petites filles ont plutôt des fonctions de servantes d’assemblée, portant cape et restant loin du chœur pendant la messe./Ciric/Corinne Simon

    Mais contrairement à leurs camarades masculins, elles ne sont guère ou pas du tout présentes dans le chœur et restent éloignées des prêtres au cours de la messe. Ce qui fait bondir la théologienne Anne Soupa. « C’est une différenciation des tâches extrêmement inégalitaire. La sacralité autour de l’Eucharistie demeure une affaire masculine. Les femmes, elles, sont impures, elles ne touchent pas au sacré, voilà des conceptions tout sauf chrétiennes ! » s’indigne-t-elle. Aux membres du clergé qui refusent d’entendre parler de servantes d’autel et redoutent la mixité, elle suggère une solution : « Une messe, les filles montent à l’autel et la suivante, c’est au tour des garçons… »
    « Un sujet que nous devons travailler »

    Responsable du département des servants d’autel à la Conférence des évêques de France (CEF), le père Laurent Jullien de Pommerol ne veut prendre parti ni pour la mixité des enfants de chœur, ni pour la non-mixité, ni pour la différenciation des fonctions, même si cette dernière a, depuis quelques années, « amené une certaine paix ». « La question, c’est : Qu’est-ce qu’on peut proposer aux filles pour qu’elles ne soient pas exclues ? On est encore au milieu du gué. Il y a une vraie éducation humaine et spirituelle à faire pour que chacun ait sa juste place », martèle-t-il. « C’est un sujet que nous devons travailler. Je ne sais pas pourquoi il est aussi crispé en France. C’est une question fortement débattue, qui n’est pas paisible. En Allemagne par exemple où il y a une mixité totale, ce n’est pas un débat », observe celui qui est aussi curé de la Croix-Rousse à Lyon (Rhône).

    S’il existe « une grande disparité » des situations dans notre pays, c’est, en partie, parce que la hiérarchie de l’Eglise de France ne s’est pas clairement positionnée sur ce thème très sensible. « Il n’y a pas de documentation, pas d’orientations publiées par les évêques », souligne-t-il. Il reconnaît que « théologiquement et d’un point de vue scripturaire (NDLR : d’après les Ecritures), il est difficile de justifier l’absence des filles en tant que servante ». Pour autant, l’avenir ne semble pas s’orienter vers un partage égal des tâches, lui qui a constaté ces derniers temps dans des paroisses confiées à des « jeunes prêtres » peu de groupes d’enfants de chœur « complètement mixtes ».
    Autorisées à servir la messe depuis un demi-siècle

    Il a fallu attendre la fin des années 1960, dans la foulée du concile Vatican II ayant ouvert l’Eglise au « monde moderne » pour que les filles soient autorisées enfiler l’aube d’enfant de chœur, à l’autel, aux côtés des prêtres. Cela s’inscrivait dans un mouvement plus large d’accès à la liturgie des laïcs, au titre, notamment, de leur baptême. L’instruction romaine Redemptionis sacramentum de 2004, sous l’autorité du pape Jean-Paul II, a rappelé que « les filles ou les femmes peuvent être admises à ce service de l’autel, au jugement de l’évêque diocésain. »En pratique, le choix se fait en fonction des habitudes et de la mentalité de la paroisse, conformément aux vœux de son curé. En 2011, le Vatican avait donné l’exemple en matière de mixité en permettant à des filles de servir une messe présidée par le pape Benoît XVI en voyage en Allemagne.

    #catholicisme #discrimination #sexisme #ségrégation #misogynie #mixité

  • En prison, des avocates victimes de discriminations sexistes
    https://www.mediapart.fr/journal/france/141120/en-prison-des-avocates-victimes-de-discriminations-sexistes

    Août 2020. Sur le parking de la maison d’arrêt de Seysses, en Haute-Garonne, non loin des murs blanc cassé et orange de l’entrée, dans sa voiture, Stella Bisseuil se contorsionne pour retirer son soutien-gorge. L’avocate est venue voir un client. Mais les agents pénitentiaires viennent de refuser de la laisser entrer, le portique sonnant à son passage, même pieds nus et délestée de ses bijoux. « Cela ne pouvait plus être que mon soutien-gorge et ils n’avaient aucun matériel approprié du type détecteur manuel », retrace Me Bisseuil, depuis son cabinet toulousain.

    Ce jour-là, quand elle voit arriver la directrice adjointe, elle pense qu’elle va l’aider. « Mais elle m’a confirmé que, tant que le portique sonnait, je ne pourrais pas entrer et que la seule solution consistait à retirer mon soutien-gorge ! J’ai protesté en disant que je n’allais pas retourner à mon véhicule pour l’utiliser comme vestiaire, mais elle m’a rétorqué qu’il n’y avait rien d’autre à faire et que, sinon, je devais repartir », précise Me Bisseuil dans sa saisine du contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) du 19 août.

    L’avocate reste incrédule aujourd’hui : « La maison d’arrêt comme moi sommes garantes des droits des détenus : nous aurions donc dû trouver une solution ensemble. Cet épisode est révélateur du mépris pour celles et ceux qui viennent de l’extérieur. »

    Stella Bisseuil a déposé, le 25 octobre, un recours devant le tribunal administratif pour « excès de pouvoir » contre la maison d’arrêt de Seysses, auquel Mediapart a eu accès. Elle signale que sa réaction n’est « pas conforme aux principes de dignité des personnes et de non-discrimination des femmes ». Selon elle, l’administration a tout faux : « La direction s’est justifiée en disant que, d’habitude, ils proposent les toilettes pour se déshabiller. Mais aucun texte ne préconise de se déshabiller. Il y a uniquement une circulaire (du 20 février 2012) selon laquelle on passe un détecteur manuel de métaux. » Sollicitée, la direction n’a pas répondu.

    Dominique Simonnot, récemment nommée contrôleuse des lieux de privation de liberté, déplore la situation : « Qu’on ose faire déshabiller une avocate sur un parking, c’est dément. »

    Le cas de Me Bisseuil est loin d’être isolé. L’Association des avocats pour la défense des droits des détenus (A3D) avait déjà saisi, en décembre 2019, le CGLPL, relatant huit problèmes de retrait de soutien-gorge.

    Manifestation des avocat·e·s contre la réforme des retraites, en janvier 2020. © Nicolas Guyonnet / Hans Lucas via AFP Manifestation des avocat·e·s contre la réforme des retraites, en janvier 2020. © Nicolas Guyonnet / Hans Lucas via AFP

    Ainsi, à Grasse, en février 2018, l’A3D racontait qu’une avocate convoquée pour une commission de discipline s’était vu interdire l’accès à la maison d’arrêt : « L’agent refusait [de lui passer le détecteur manuel dit “poêle”] et l’invitait à retirer son soutien-gorge, lui suggérant de sortir pour se dévêtir », alors qu’il neigeait. Elle avait pu se rhabiller dans une salle d’attente dont elle apprendrait qu’elle était sous vidéosurveillance.

    À Fleury-Mérogis, en 2017, un surveillant avait invité une avocate à enlever son soutien-gorge dans sa voiture, comme cela « se faisait toujours ». Venue par les transports en commun, elle n’avait pu s’exécuter et on lui avait interdit d’entrer.

    Idem en 2015 à Villefranche-sur-Saône, où la cheffe de détention avait signalé à une avocate que « la prochaine fois [elle] mettrait une brassière ». À Caen, en 2017, des agents auraient exigé d’une avocate portant un corset pour raisons médicales qu’elle le retire dans une salle de fouille présentée comme « salle de repos ».

    L’avocate Adélaïde Jacquin évoque, pour Mediapart, un moment « humiliant ». À la maison d’arrêt d’Orléans, en novembre 2019, à la sonnerie du portique, les surveillants lui suggèrent d’aller dans son véhicule retirer son soutien-gorge, mais elle est venue en train. « Toutes les familles de détenus passaient, je me suis recroquevillée au-dessus de mon sac, pour que l’on me voie moins que debout. J’étais agenouillée face au casier en train de faire glisser mon soutien-gorge dans ma manche. »

    Sans espace pour remettre son sous-vêtement, elle est restée ainsi. « J’étais choquée. Après, il a fallu ne rien laisser transparaître avec mon client, car il est hors de question qu’un problème personnel vienne affecter sa défense. »

    Désormais, Me Jacquin part « du principe que ça va prendre plus de temps pour [elle] que pour un homme d’entrer en détention. C’est inadmissible qu’il y ait encore des résidus de disparités machistes dans la façon dont on traite les avocates aujourd’hui ».

    Me Élise Arfi a subi un traitement similaire en juin 2017, à Fresnes. Après un tweet, un syndicat pénitentiaire avait déposé plainte contre elle pour injures – plainte classée sans suite. « J’avais dit que le problème, ce n’était pas le portique, mais le gros porc qui m’avait demandé d’enlever mon soutien-gorge. » Selon elle, le surveillant lui avait affirmé que, si elle se déshabillait dans le sas, il « porterait plainte pour exhibition sexuelle ».

    « J’ai dû l’enlever dans une contre-allée. J’étais en débardeur, c’était l’été. J’ai quand même une grosse poitrine, raconte Me Arfi. Je l’ai remis dans les toilettes, c’était humiliant, de l’intimidation. Le directeur s’est excusé. Mais le stress que cela provoque n’est pas acceptable. »

    « Cette question ne doit plus relever arbitrairement de l’administration pénitentiaire locale : il faut obtenir une réponse nationale », indique Me Amélie Morineau d’A3D. La CGLPL a déjà saisi « en janvier et en septembre » 2020 la direction de l’administration pénitentiaire. « La réponse fut qu’il était interdit, sous peine de recadrage par le chef de détention ou de blâme, d’obliger une avocate à se déshabiller. On voudrait au moins que cela soit respecté », explique l’ancienne journaliste.

    La CGLPL précise qu’elle va relancer l’administration et assure « réfléchir à intégrer » ce sujet dans son axe de réflexion sur l’exercice des droits de défense.

    Mais ces problèmes récurrents ne concernent pas que des avocates. Pour Flore Dionisio, secrétaire nationale de la CGT Insertion-probation, conseillère pénitentiaire d’insertion et de probation (CPIP) depuis vingt ans, les réflexions sexistes font partie des murs de la prison : « Le soutif qui sonne, ça arrive souvent, mais nos collègues banalisent pour pouvoir travailler. Même s’il y a parfois des remarques déplacées, de l’humour à la con, on prend sur nous, parce qu’on a besoin de voir les détenus, que le temps est précieux. »

    La CPIP note qu’il arrive qu’il y ait des « remarques sur le physique, sur l’habillement, de la part des surveillants, et que, par conséquent, des collègues ont tendance à gommer la manière de s’habiller, à éviter les décolletés ».

    Elle se félicite tout de même des progrès : « On parle plus de sexisme désormais et la présence des professionnelles femmes se banalise. » En revanche, elle s’interroge sur la formation à l’École nationale d’administration pénitentiaire (Enap) : « Est-ce qu’il n’y aurait pas des actes sexistes dès l’école qui seraient repris ensuite ? Il faudrait rappeler en formation ce qu’est le sexisme. »

    Sollicitées par Mediapart, l’Enap ne nous a répondu. L’administration pénitentiaire, quant à elle, n’a pas souhaité commenter, « un recours étant en cours ».

    Hélène D., psychologue en maison d’arrêt depuis 2007, relativise : « C’est dix fois pire dans le milieu médical. » Elle se remémore tout de même des événements récents. Une fois, dit-elle, avec une autre psychologue à l’entrée, un surveillant lui a demandé : « Et moi, qui s’occupe de moi ? » Elle se souvient aussi d’un surveillant qui lui avait dit lors d’une sonnerie au portique : « Vous n’avez pas un piercing au téton ? » « Ce sont des glissements, une attitude plus que limite », pointe Hélène D.

    Louisa*, trentenaire et infirmière dans une unité de soins en milieu pénitentiaire depuis un an, relate plusieurs incidents « déplacés » : « Le jour où je suis arrivée, le surveillant médical m’a raconté qu’un surveillant de l’entrée l’avait appelé pour lui dire : “Attention, y a un avion de chasse qui arrive.” C’est déplacé, vulgaire, mais est-ce que c’est sexiste ? J’ai aussi eu une altercation avec un surveillant qui avait dit à une surveillante : “Essaye de m’arranger un coup avec cette infirmière, la Rebeu avec un gros cul.” Et comme je n’ai pas voulu, il m’a mal parlé pendant une distribution de médicaments. » Dans la foulée, Louisa avertit un cadre de la prison.

    Elle évoque également de « la drague à deux balles » quand, alors qu’elle est seule le week-end, nombre de surveillants lui demandent du Doliprane. Elle assure avoir été obligée de les recadrer en leur précisant qu’elle était infirmière pour les détenus. Elle décrit aussi « une dinguerie d’un surveillant » en octobre 2020, un dimanche, alors qu’ils n’étaient que tous les deux dans l’unité. Il lui demande si elle peut regarder un problème de peau au mollet. Elle accepte, lui dit d’aller dans le box et de remonter son pantalon. Quand elle arrive, il n’a plus de pantalon.

    « J’étais tellement gênée, je lui ai lancé : “C’est rien, prends une crème.” Il m’a dit qu’il voulait me montrer autre chose sur ses cuisses, j’ai répondu sèchement : “Tu te rhabilles, t’iras voir un dermato.” Et je suis partie vite. » Elle en parle à une collègue le soir même, qui lui conseille d’appeler la gradée. Elle n’a pas osé le faire par manque de temps, d’envie et par crainte que cela ne lui « attire des ennuis ».

    #discrimination #femmes #justice #prison #sexisme #misogynie

  • Les dérives du management de McDonald’s en France : sexisme, harcèlement, agressions sexuelles
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/10/13/sexisme-harcelement-agressions-sexuelles-des-salaries-denoncent-le-managemen

    « Mediapart » et « Streetpress » ont recueilli 78 témoignages de salariés qui décrivent un environnement où la violence professionnelle est systémique. Une plainte avait déjà été déposée par une coalition internationale de syndicats devant l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) le 18 mai. Les enquêtes de Mediapart et Streetpress viennent confirmer des situations de sexisme, d’agressions sexuelles et de harcèlement moral et sexuel chez McDonald’s. Durant deux mois d’enquête, les (...)

    #McDonald's #beauté #discrimination #GigEconomy #harcèlement #travail

    ##beauté

    • Telle mère, telle fille !
      https://www.acrimed.org/Tiphaine-Auziere-editorialiste-la-nouvelle-farce

      Europe 1 n’arrête pas le progrès : après le recrutement de Louis de Raguenel (Valeurs actuelles) à la direction (adjointe) du service politique, voici que Tiphaine Auzière se voit accorder plusieurs « cartes blanches » sur la radio Lagardère. « L’effrontée » qui faisait la Une de Paris Match le 7 octobre en compagnie de sa mère, Brigitte Macron, commentait le 15 octobre sur Europe 1, en toute indépendance, les annonces d’Emmanuel Macron.

      Le lycée Autrement, un établissement d’excellence pour tous, va ouvrir à Paris. leparisien.fr

      Tiphaine Auzière, 36 ans, fille de #Brigitte_Macron, ouvrira un établissement à Paris à la rentrée. Elle entend donner à tous les élèves une chance de suivre un enseignement de qualité.

      Précisions de Laurence De Cock : ce lycée est fait pour « lutter contre les inégalités scolaires et la fracture territoriale » (je cite).
      Il est situé dans le 16ème arr (Paris)
      9500 euros l’année
      Fin de la blague

      https://twitter.com/laur_dc1/status/1277241531255136260

      Conclusion de Pauline Perrenot pour son article du 16/10/2020 pour #acrimed :

      Quoique sans lien apparent avec le journalisme, Tiphaine Auzière n’a sans doute pas « moins » de légitimité à intégrer la médiocre communauté des éditorialistes et commentateurs modernes – majoritairement issus des catégories sociales élevées et parfois eux aussi « fils de ». Mais la tromperie reste tout de même de taille. Et demeure l’absurdité première : quel sommet de vacuité a atteint l’antenne d’Europe 1, et quel degré de déconnexion a atteint sa direction pour revendiquer de telles pratiques, en affirmant « donner un espace d’expression et de liberté à des personnalités issues de la société civile » ?

      #la_fille_de_sa_mère

    • Un pédophile au secrétariat du lycée
      https://nantes-revoltee.com/la-fille-de-brigitte-macron-cree-une-ecole-privee-a-9500e-lannee-av

      « Tiphaine Auzière suit les traces de sa mère, Brigitte Macron » écrit avec gourmandise Le Figaro. La belle-fille du président, qui passe de plus en plus régulièrement dans les médias pour donner son avis sur l’actualité, est présidente d’un établissement privé hors contrat dans le XVIe arrondissement de Paris. Rien d’étonnant : elle fait partie de cette grande bourgeoisie séparatiste qui dynamite l’école publique pour créer, à côté, des établissements haut de gamme réservés aux plus riches. Prix de l’année ? 9 500€. Vers un modèle à l’américaine, avec des établissements publics à l’abandon, et des collèges et lycées privés pour les familles qui ont les moyens.

      Plus troublant, le secrétaire général de ce lycée privé est Christophe Cadet, un individu qui était à la tête d’un autre établissement, l’Institution catholique Saint-Jean de Douai, impliquée dans plusieurs affaires de pédophilie. Cet homme a été licencié de l’établissement en 2011 pour une « gestion financière hasardeuse ».

      Enfin, la belle fille d’Emmanuel Macron recrute Pascal Gauchon pour « donner des cours de géopolitique ». Pascal Gauchon est une figure célèbre du néo-nazisme français. Il fait partie des fondateurs du Parti des forces nouvelles, un groupuscule néofasciste situé à droite du Front National. Il a également milité au sein de l’extrême droite violente au GUD, et a collaboré avec les néo-fascistes italiens. Il a aussi écrit dans la « revue d’histoire du fascisme », une revue néo-nazie des années 1970. Enfin, Gauchon travaille aujourd’hui pour une autre école privée : « l’ISSEP », l’école d’extrême droite fondée par Marion Maréchal Le Pen.

      Après les allusions répétées au Pétainisme du président, les mesures autoritaires et racistes du gouvernement, le cercle familial de Macron proche d’un néo-nazi. Le Macro-lepénisme s’installe. Le marigot du pouvoir politique et médiatique est colonisé par l’extrême droite.

      le trombinoscope de cette bande de branque :
      https://www.le-lycee-autrement.com/association

      https://seenthis.net/messages/853082#message853086
      https://etudiant.lefigaro.fr/article/au-lycee-prive-cree-par-la-fille-de-brigitte-macron-les-cours-ont-

  • Rassurer sur l’IVG, c’est important - Le Moment Meurice
    https://www.youtube.com/watch?v=GOo6QTcqqRM


    #misogynie #grossesse_forcée #ivg #fake_news
    #catholicisme #impunité
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    IVG : l’Académie de médecine opposée à l’allongement du délai de 12 à 14 semaines
    https://www.francetvinfo.fr/societe/ivg/ivg-l-academie-de-medecine-opposee-a-l-allongement-du-delai-de-12-a-14-

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    L’allongement du délai légal pour une IVG voté, en première lecture, à l’Assemblée
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/10/08/l-assemblee-nationale-adopte-en-premiere-lecture-l-allongement-du-delai-lega

    Les députés ont voté, jeudi 8 octobre en première lecture, en faveur de l’allongement de 12 à 14 semaines du délai légal permettant aux femmes d’avoir recours à une intervention volontaire de grossesse (IVG), avec 86 voix pour et 59 voix contre. Cette demande, émanant d’associations et débattue jeudi 7 octobre à l’Assemblée nationale, divise les praticiens. Politiquement, la proposition de loi est soutenue par de nombreux élus de la majorité, même si Matignon est plus circonspect.

    L’allongement de deux semaines supplémentaires du délai légal est issu d’une proposition de loi du groupe Ecologie Démocratie Solidarité (EDS) et a été étudié dans le cadre de la « niche » parlementaire (une journée réservée à l’examen de textes défendus par un groupe d’opposition) de ce groupe d’anciens « marcheurs ». Du fait d’un manque de praticiens et de la fermeture progressive de centres IVG, il s’écoule souvent plusieurs semaines entre le premier rendez-vous et l’intervention. Chaque année, entre 3 000 et 4 000 femmes « hors délai » partiraient avorter à l’étranger, selon un rapport parlementaire publié en 2000.

    Porté par la députée Albane Gaillot (ex-LRM, Val-de-Marne), le texte propose également de permettre aux sages-femmes de réaliser des IVG chirurgicales jusqu’à la 10e semaine de grossesse et de supprimer la clause de conscience spécifique à l’IVG pour les médecins, des demandes récurrentes d’associations féministes pour garantir « un égal accès à l’IVG » sur tout le territoire. « Ce n’est pas le texte d’un parti mais pour les droits des femmes », qui fait « consensus », a plaidé Mme Gaillot.

    Huées et applaudissements

    L’ambiance était électrique au Palais Bourbon jeudi. Huées, bronca ou à l’inverse salves d’applaudissements : les débats entre les partisans du texte et ses opposants, de la droite et d’ex-« marcheurs » comme Joachim Son-Forget et Agnès Thill, ont fait resurgir les fantômes des discussions sur la loi Veil, adoptée il y a quarante-cinq ans.

    De la gauche à la droite, tous les députés ou presque ont invoqué les mânes de Simone Veil, décédée en 2017, qui a fait adopter la loi dépénalisant le recours à l’interruption volontaire de grossesse, pour défendre leurs positions. Le ministre de la santé, Olivier Véran, avait d’emblée qualifié le thème de « sensible ».

    Avant de laisser la place à sa collègue Brigitte Bourguignon, le ministre avait choisi d’avancer avec prudence sur un terrain qu’il juge trop miné pour être débattu lors d’une « niche » parlementaire. Un avis largement partagé à droite.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Les députés examinent l’allongement du délai pour avorter

    L’ensemble de la gauche est en soutien de la proposition de loi. C’est d’ailleurs du groupe La France insoumise (LFI) que les plaidoyers en faveur du texte furent portés avec le plus d’élan, à l’instar de Jean-Luc Mélenchon ou de Clémentine Autain qui a raconté avoir elle-même avorté mais en se heurtant à une question de « délai ».

    A droite, les opposants ont ferraillé à chaque article, et critiqué des dispositions qu’ils jugent venir « déséquilibrer » la loi Veil, comme l’a souligné Jean-Christophe Lagarde (UDI). Dans leur ligne de mire : la suppression du délai de réflexion de deux jours pour confirmer une IVG après un entretien psychosocial, et surtout la suppression de la clause de conscience spécifique pour les médecins et sages-femmes qui maintient l’IVG « dans un statut à part » alors que « c’est un acte de santé comme un autre », a avancé Mme Gaillot.

    Pour le gouvernement, la partition est délicate. Olivier Véran a rappelé qu’il était essentiel d’attendre l’avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), que le gouvernement a saisi mardi, « pour faire un travail complet abouti » et éclairer les débats.

    Celui-ci doit rendre son avis courant novembre, probablement avant le passage de la proposition de loi au Sénat.

    https://www.youtube.com/watch?v=RVvcXZoTrHk

  • Ils s’embrassent devant la Manif pour Tous, la police les exfiltre violemment pour “trouble à l’ordre public”
    https://www.revolutionpermanente.fr/Ils-s-embrassent-devant-la-Manif-pour-Tous-la-police-les-exfilt

    Ce samedi 10 octobre, des manifestations étaient organisées dans toute la France par La Manif Pour Tous (LMPT), organisation ultra-réactionnaire qui, après avoir tenté de faire pression contre l’ouverture du mariage aux couples homosexuels, a décidé de faire de l’opposition à l’ouverture de la PMA aux couples lesbiens et aux femmes célibataires son nouveau cheval de bataille. Revendiquant « Pas de PMA sans père » et « Liberté, Egalité, Paternité », les manifestants de LMPT réaffirment leur discours homophobe et transphobe, qui oppose un prétendu bien-être des enfants aux droits des couples homosexuels et revendique la préservation de l’institution patriarcale de la famille.

    Des contres-manifestations ont été appelées nationalement pour contrer cette offensive des secteurs les plus conservateurs de la droite et de l’extrême-droite, mais également pour revendiquer les droits des personnes LBGTQI+ à exister et à vivre dans cette société, en insistant sur le caractère transphobe de cette loi puisque les hommes trans sont exclus du droit à la PMA.

    À Paris, comme dans le reste du pays, ces rassemblements et manifestations ont été accueillis par des contre-manifestants défendant les droits des personnes LGBT. Devant le ministère de la Justice, où quelques centaines de réactionnaires étaient réunis, des couples de même sexe participant à la contre-manifestation se sont embrassés en signe de protestation, ici capturés par Olivier Corsan, photo-journaliste au Parisien.

    Les couples sont pris à parti par les manifestants, comme il l’explique à Têtu : « Environ une heure après le début de la manifestation, j’ai pu voir un mouvement de mêlée, la foule s’en prenait violemment à deux hommes qui s’embrassaient ».

    La police est alors intervenue, non pas pour mettre un terme aux insultes, mais pour « exfiltrer » les deux couples ; comprenez, intervenir violemment pour les empêcher de s’embrasser et les sortir du rassemblement.

    Pire, jointe par le journal Têtu, la préfecture de police explique que « L’intervention des forces de l’ordre a eu lieu quand des troubles à l’ordre public ont été constatés du fait de la présence de contre-manifestants n’ayant pas déclaré leur manifestation ». « S’embrasser dans la rue, est-ce illégal ? L’espace public appartient-il à la Manif pour tous ? Pour la préfecture en tout cas, le baiser de deux personnes de même sexe est un "trouble à l’ordre public". Un baiser d’autant plus insupportable que les amoureux sont au milieu d’une manifestation contre les droits des personnes LGBT+ ? » s’insurge le journal. De son côté, la préfecture dément :

    Pourtant, la réponse de la préfecture était limpide : « des troubles à l’ordre public ont été constatés du fait de la présence de contre-manifestants n’ayant pas déclaré leur manifestation » Les couples seraient donc fautifs, selon la préfecture. Pourquoi ? Un baiser entre deux hommes ou deux femmes est-il une provocation en soi ? La Manif pour Tous et ses partisans ont-ils le droit d’insulter et de prendre à parti des couples de même sexe, avec l’appui de la police, sous prétexte que leurs baisers constitueraient une manifestation non-déclarée ?

    #homophobie #lesbophobie #misogynie #manif_pour_tous #acab #policepartoutjusticenullepart #inversion_patriarcale #extreme_droite #catholicisme #invisibilisation #femmes #PMA

  • La « misandrie » : une hostilité édentée
    http://www.regards.fr/idees-culture/article/la-misandrie-une-hostilite-edentee

    La frénésie qui entoure la publication des livres d’Alice Coffin et de Pauline Harmange, accusées de nourrir une condamnable « misandrie », témoigne d’une grande fébrilité quant à l’énonciation des luttes antisexistes dans le champ médiatique. Une panique massive dont la disproportion interroge.

    Qu’une femme puisse publiquement envisager une vie où elle choisit de réduire les influences masculines, qu’elle refuse de conditionner la formulation de son engagement au confort des hommes, est vécu comme une inacceptable menace à leur position hégémonique. En réalité, cette panique semée par un discours féministe renouvelé n’est que la traduction de la crainte de perdre une position centrale trop peu questionnée.

    Étiqueter ce discours du label de la « misandrie » comme s’il était possible de dresser un parallèle avec les forces misogynes est intellectuellement inepte. La misogynie est le fruit d’un système structuré contre les femmes, et ses mots font écho à des violences aussi concrètes que documentées. Par conséquent, les discours sexistes s’inscrivent dans un continuum dont l’aboutissement est le féminicide.

    De tous temps, les revendications féministes ont scandalisé la société majoritaire avant de finalement revêtir une apparence acceptable. Dès lors que l’on conteste l’ordre établi, il est impossible de créer le consensus.

    Or, il n’y a pas d’oppression sans pouvoir. Les hommes ne sont pas opprimés du fait de leur genre. La condition masculine n’a jamais été un désavantage qui puisse conduire à un traitement structurellement défavorable. Ni Alice Coffin, ni Pauline Harmange, ni aucune femme ne disposent du pouvoir de produire un rapport de force menaçant au point d’infléchir un système millénaire.

    Albert Memmi parlait de « racisme édenté » pour désigner la possible hostilité que pourraient éprouver des minorités contre des membres du groupe dominant. C’est une haine dépourvue de toute force, car elle est portée par des personnes qui n’ont pas le pouvoir social d’administrer un traitement discriminatoire aux personnes qu’elle vise. Du fait de dynamiques similaires, la prétendue misandrie des féministes n’est en rien comparable au patriarcat qui conditionne l’intégralité des relations sociales actuelles et qui s’insinue dans tous les rapports humains, à tous les niveaux de la société.

    Dans un tel contexte, on ne peut que comprendre que des femmes décident de préserver leurs espaces personnels et mentaux des discours et actes qui sont la caisse de résonnance de la condition subalterne qu’elles dénoncent.

    #misandrie #misogynie #domination_masculine #masculinisme #féminisme #backlash

  • « Relic », le film d’horreur qui bouleverse le cliché de la vieille femme monstrueuse
    http://www.slate.fr/story/195827/relic-film-horreur-cliche-vieille-femme-monstrueuse-cinema

    Le personnage de la vielle femme qui perd la tête est un tel cliché dans les films d’horreur qu’il a droit à son propre sous-genre : la hagsploitation (en anglais, hag signifie littéralement vieille peau ou vieille sorcière). Cette niche a souvent pour protagonistes des anciennes reines de beauté ou stars de cinéma déchues, rongées par le temps et la rancœur. Elles rejoignent souvent l’archétype de la psycho-biddy, ou la vieille bique psychopathe, dont l’exemple précurseur reste sans doute le personnage de Norma Desmond dans Boulevard du crépuscule (1950) : une ancienne star du muet qui vit désormais recluse, et se révèle de plus en plus dérangée.

    Mais la hagsploitation démarre véritablement une décennie plus tard, avec Qu’est-il arrivé à Baby Jane ?. Sorti en 1962, ce film culte met en scène Joan Crawford et Bette Davis en sœurs vieillissantes qui se détestent. Baby Jane (Bette Davis) est une ancienne enfant-star, qui a ensuite été surpassée par la popularité de sa sœur Blanche (Joan Crawford), également actrice. Lorsque Blanche perd l’usage de ses jambes, Jane la séquestre et se met à la maltraiter. Le film est célèbre pour avoir exacerbé la rivalité légendaire entre les deux actrices (relatée dans la minisérie Feud de Ryan Murphy), mais a aussi relancé la carrière sur le déclin de Davis et Crawford, qui avaient 54 et 56 ans au moment du tournage, ce qui à l’époque était considéré comme âgé à Hollywood.

    #femmes #misogynie #male-gaze #domination #stéréotype #haine #recluses #mégères #sorcière #pouvoir

  • #MEGHAN_MURPHY : Si nous ne pouvons pas toutes nous entendre, débarrassons-nous au moins du vitriol en ligne.
    https://tradfem.wordpress.com/2020/10/07/si-nous-ne-pouvons-pas-toutes-nous-entendre-debarrassons-nous-au-

    Je suis d’accord. Et ce n’est pas seulement sur internet. Les luttes intestines et les divisions ne sont pas nouvelles pour le féminisme, pas plus que les problèmes de contrôle, les différences politiques, les commérages et la jalousie. Mais les comportements qui accablent les mouvements politiques et les êtres humains ont été amplifiés et rendus plus toxiques par les médias sociaux. Il est très facile de tweeter quelque chose sous le coup de la colère ou par désir de se stimuler l’ego ou de s’envoyer une injection de dopamine, facile de s’amuser en ligne comme on ne le ferait jamais dans la vie à propos de comportements et d’activités des autres qui ne sont pas d’ancrage dans la réalité. Les médias sociaux engendrent la division, le drame, la polarisation et l’hyperbole. Comme si nous avions besoin de plus d’aide pour y arriver.

    Nous sommes tous et toutes victimes de cette dérive – c’est pratiquement inévitable. Une chose que nous a apprise le film The Social Dilemma, c’est que les médias sociaux sont conçus à cette fin : ces entreprises et ces applications visent à nous attirer et nous retenir sur Twitter, Instagram, Facebook, Tinder… (Choisissez votre poison.) Ils veulent que nous revenions sans cesse, en quête d’engagement et de validation. Il n’est pas surprenant qu’aujourd’hui, beaucoup d’entre nous choisissent ce qu’ils veulent écrire en ligne non pas en fonction de l’intérêt, de la productivité, de la nécessité ou même de la véracité de leurs propos, mais en fonction de l’intérêt qu’ont les gens à accumuler des « likes », des abonnés et des retweets. Nous sommes accros, et l’attrait de la forme particulière de validation que nous trouvons en ligne semble trop grand pour être ignoré au profit de la classe, du tact, de la stratégie ou de l’éthique. Nous en sommes venus à rechercher par-dessus tout ces poussées temporaires d’attention, de flatterie ou de brassage de merde, et il est clair que cela fait un gâchis au sein du féminisme.

    Les médias sociaux engendrent la division, le drame, la polarisation et l’hyperbole. Comme si nous avions besoin de plus d’aide pour y arriver.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.feministcurrent.com/2020/10/05/if-we-cant-all-get-along-lets-at-least-cut-the-online-vitriol
    #médias_sociaux #division_féministe #féminisme_radical #misogynie #pollution_des_médias #alliance_féministe

  • #Camilla_Nelson : Regarde ce que tu m’as poussé à faire : pourquoi il est temps que la lutte contre la violence familiale focalise sur l’agresseur.
    https://tradfem.wordpress.com/2020/09/23/camilla-nelson-regarde-ce-que-tu-mas-pousse-a-faire-pourquoi-il-e

    Vous ne trouverez pas le sommeil si vous lisez le nouveau livre de Jess Hill. Personne ne devrait pouvoir le trouver.

    Les personnes familières avec le journalisme d’enquête de Jess Hill auront eu vent des documentaires sur la violence familiale et conjugale qui lui ont valu le Walkley Award (ndt : le Pulitzer australien). On y trouve des interviews sidérantes avec des femmes et des enfants ayant survécu à cette violence.

    Regarde Ce Que Tu M’as Poussé à Faire est le fruit de quatre années d’un travail d’enquête intensif ; c’est un livre qui évoque dramatiquement l’énormité du problème de façon terrifiante. On y trouve le récit de violences et de survie au sein de toutes les couches de la société – des arrondissements huppés du Bible Belt de Sydney où ‘les rues sont immaculées et les maisons énormes’, jusqu’aux régions isolées des communautés régionales.

    Hill examine minutieusement les causes sociales et psychologiques de la violence familiale, ses conséquences terrifiantes, et – c’est le pire – l’incapacité des institutions sociales et juridiques à réagir au problème de façon appropriée.

    Une idée lumineuse de clarté est au centre de son récit. Au lieu de demander « Pourquoi n’est-elle pas partie ? » – ou de se lancer dans une énième campagne de sensibilisation pour changer les attitudes sexistes, qui n’aura sans doute d’effets que dans vingt ans – nous devons investir dans des programmes d’intervention judiciaire qui ciblent carrément les agresseurs, et leur fait rendre des comptes.

    Traduction : Tradfem
    Version originale : https://theconversation.com/see-what-you-made-me-do-why-its-time-to-focus-on-the-perpetrator-wh
    #violences_masculines #misogynie #australie #justice_patriarcale