• #Sit-in, #cocktail_Molotov, #intrusions... La fronde anti-IA en pleine expansion

    Des #blocages pacifiques aux #menaces_physiques, le rejet des algorithmes s’intensifie aux Etats-Unis et ailleurs. Face à la #colère, les géants de la Silicon Valley revoient leur copie en matière de sécurité.

    C’est un logo, simple, que l’on croise de plus en plus souvent. Deux lettres à l’intérieur d’un cercle barré : « IA ». En Australie, des milliers d’employés de l’université de Sydney se sont mis en #grève fin août pour exiger une protection de leur emploi face à cette technologie. En Angleterre, des centaines de manifestants ont défilé à Londres en mars en demandant à être « débranchés ». En France, un piquet d’activistes a même brandi cet été slogans et pancartes au pied de la société parisienne #Mistral. Contre les algorithmes, la #fronde s’intensifie. Mais nulle part elle ne culmine autant qu’aux Etats-Unis.

    Inquiétudes pour l’emploi, bafouement des droits d’auteur, crainte d’une « perte de contrôle »… 52 % des Américains se disent plus inquiets qu’enthousiastes face à la place croissante de l’IA dans leur vie, estime une étude du Pew Research Center. De fait, les actions se diversifient outre-Atlantique, entre résistances écologiques aux #centres_de_données, campagnes de neutralisation des caméras algorithmiques et grèves syndicales historiques de secteurs bouleversés, à l’image de Hollywood. Mais ces derniers mois, ce sont les bureaux des géants de la Silicon Valley qui sont régulièrement ciblés.

    Habillés en agents IA « hors de contrôle », des militants ont semé en août une joyeuse zizanie dans des locaux d’OpenAI près de Seattle. Une opération symbolique, à base de ballons gonflables, de danse du robot et de saute-mouton dans l’entrée. Au siège de San Francisco, un petit groupe d’#activistes équipé de chaises de camping occupe depuis un mois le trottoir devant le bâtiment. Symbole de son ampleur, la #contestation connaît aussi ses premières fois. Cet été, #Wynd_Kaufmyn, une enseignante de Berkeley âgée de 69 ans, est devenue la première militante anti-IA à être condamnée à une peine de prison (14 jours). Elle avait, l’année précédente, enchaîné les portes de la maison-mère de ChatGPT.

    Fascination

    A l’origine de la plupart de ces actions, deux groupes : #Pause_AI et #Stop_AI. Apparus respectivement aux Pays-Bas en 2023 et en Californie en 2024, tous deux réclament une pause dans le développement des modèles les plus puissants. Au cœur de leurs inquiétudes ? Les « risques existentiels », l’idée que l’IA pourrait amener une catastrophe mondiale voire l’extinction de l’humanité en favorisant l’apparition d’armes autonomes ou d’attaques informatiques surpuissantes. Une théorie controversée au sein de la communauté scientifique. Et, ironiquement, un discours alarmiste que les grands patrons de l’IA cultivent également, avec un objectif marketing en tête : entretenir la fascination autour de leurs produits.

    Outre les actions pacifiques, ce climat anxiogène enregistre déjà quelques dérives. Au printemps, un vingtenaire, persuadé de l’imminence d’une techno-apocalypse, a été arrêté après avoir lancé un cocktail Molotov sur la maison du créateur de ChatGPT, Sam Altman. Dans ses affaires, un manifeste prônant la mort des grands patrons de l’IA avait été retrouvé. Inculpé pour tentative de meurtre, le Texan a plaidé non coupable, affirmant souffrir d’une psychose aiguë au moment des faits.

    « Menace terroriste »

    Concurrent direct d’OpenAI, Anthropic aussi a été pris pour cible. Un homme, qui avait postulé sous un faux nom à un emploi au sein de la société de Claude, menaçait en ligne d’écorcher vifs les enfants de ses employés. Une « punition » pour avoir volé son travail, rapportait en juillet le Wall Street Journal. L’incident, qualifié de « menace terroriste » par les autorités, n’a donné suite à aucune arrestation.

    Pour calmer le jeu, certains dirigeants de l’IA chercheraient donc à tempérer leurs discours, affirme le quotidien économique. D’autres auraient opté pour une garde renforcée et armée. En outre, le budget sécurité des grandes boîtes tech se serait envolé. En 2025, Palantir Technologies a déboursé 3 millions de dollars (+ 150 % en un an) pour assurer la protection de ses dirigeants, Salesforce 4 millions (un million de plus qu’en 2024) et Oracle près de 6 millions (+ 85,5 %).

    Quant aux employés ? A la fin de la journée, OpenAI leur conseille désormais de retirer leur badge et tout vêtement à l’effigie de la boîte, rapporte Wired. Une bascule historique pour la Silicon Valley, qui laissait jusqu’ici ses milliardaires circuler sans escorte et ses ingénieurs arborer leurs logos comme des médailles.

    https://www.liberation.fr/economie/economie-numerique/sit-in-cocktail-molotov-intrusions-la-fronde-anti-ia-en-pleine-expansion-
    #AI #IA #intelligence_artificielle #action_directe #résistance #anti-IA

    • #Pause_IA

      Pour garder l’IA sous contrôle,
      agissons maintenant

      Chaque mois, de nouveaux systèmes franchissent des seuils que l’on pensait lointains. Les experts alertent : sans garde-fous, cette course fait peser un risque catastrophique à court terme.

      La fenêtre se referme, agissons maintenant.

      https://pauseia.fr/fr

    • Young adults in the U.S. are increasingly wary of AI, concerned it will take jobs

      Americans have become increasingly worried about artificial intelligence over the years, and young adults’ concern has continued to climb. Worry over job loss, too, is on the rise.

      Today, 52% of Americans say they are more concerned than excited about the increased use of AI in daily life – up from 37% in 2021. Another 9% are more excited than concerned and 37% say they’re equally excited and concerned, according to a Pew Research Center survey conducted June 22-28, 2026.

      Concern about AI is up among younger and older Americans alike since we first asked this question in 2021. But while the rise was mainly in the first two years for Americans ages 30 and older, concern continues to climb for adults under 30 – whose skepticism of AI has made headlines in recent months.
      For the first time, a majority of adults under 30 (55%) now say they’re more concerned than excited about AI. About one-in-ten say they’re more excited than concerned, and roughly a third feel both equally. Their concern is now on par with those in their 30s and 40s, and those 65 and up.

      Across age groups, about half or more say they’re more concerned than excited about AI. Excitement, in turn, has dropped off since 2021 among all age groups.

      AI and jobs

      Even in 2021, job loss was one of the top reasons behind Americans’ concern about AI. Today, Americans largely – and increasingly – think AI-related job loss is on the horizon.

      In our new survey, 71% of adults think AI will lead to fewer jobs in the United States over the next two decades, up from 64% in 2024. Few (5%) say AI will lead to more jobs. One-in-ten say it won’t make much difference, and a slightly larger share are unsure.

      Across most age groups, it’s become more common for Americans to foresee job loss from AI. For example, 73% of adults under 30 now say AI will lead to fewer jobs, up from 61% two years ago.

      The youngest adults are now just as likely as those ages 30 to 64 to hold this view. Americans 65 and older are a bit less likely to think AI will lead to fewer jobs, though this is still the majority view among this age group.

      Worry over job loss has shown up throughout our research about AI, including among workers and even teenagers. And there’s no shortage of expert debate – many warn AI is a threat to jobs, while others have argued it creates them.

      Young adults aren’t the only ones concerned about AI’s increasing use in daily life, or about job loss. Still, our past work shows they stand out in other ways.

      Adults under 30 are most likely to think AI will be bad for society – and for them. They largely think it will make connection and creativity harder to come by. And though most say they use chatbots, they’re just as likely to say these tools hurt their own creativity as help it.

      https://www.pewresearch.org/short-reads/2026/08/18/young-adults-in-the-us-are-increasingly-wary-of-ai-concerned-it-will-ta
      #travail #sondage

  • SINCRONIE REPRESSIVE – O.S.A.RE : SALUTE E #carcere – GRU LETALI SU #Gaza#niantic E #vantor – AI : POTERI NUOVI E OBSOLESCENTI@0
    https://radioblackout.org/podcast/sincronie-repressive-o-s-a-re-salute-e-carcere-gru-letali-su-gaza-nia

    Estratti dalla puntata del 22 giugno 2026 di #bello_come_una_prigione_che_brucia SINCRONIE REPRESSIVE All’alba del 16 giugno 2026, la Digos ha eseguito diverse misure cautelari e perquisizioni in giro per l’Italia, nonché lo sgombero dello spazio occupato Bencivenga a Roma: un’operazione repressiva coltivata da tempo e fatta scattare in concomitanza con il […]

    #41_bis #alfredo_cospito #anarchici #anthropic #intelligenza_artificiale #Israele #killer_robots #mistral #Palantir #repressione #salute_in_carcere
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/06/BCUPCB_operazione-roma-flavio-laura.mp3

  • #jason_la_mecca live@RBO
    https://radioblackout.org/podcast/jason-la-mecca-liverbo

    Nella profondità della notte domenicale, è apparso come in un sogno… Nelle ore dormienti che uniscono con un filo rosso QUEL CHE RESTA DELLA NOTTE a MATINEE XXL, ci coglie una folgorante sorpresa… Approda a Radio Blackout direttamente da Roma est, JASON LA MECCA a presentarci un meraviglioso live radiofonico per presentare l’uscita del suo […]

    #live_music #MatinéeXXL #misto_mame
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/06/JasonLaMecca_live@RBO_31_05_2026.mp3

  • Le cauchemar de #Lessig. If « Code Is Law », what da fuck is « #Vibe_Coding » ? – affordance.info
    https://affordance.framasoft.org/2026/05/le-cauchemar-de-lessig-if-code-is-law-what-da-fuck-is-vibe-cod

    #Arthur_Mensch est Le PDG de #Mistral_AI, entreprise spécialisée dans l’#IA et « licorne » française. Il vient d’être auditionné par l’assemblée nationale. Si vous vous intéressez au sujet, l’entretien est assez intéressant même s’il faut très souvent faire la part de ce qui relève de la réalité de cette firme (et qui peut être étendu à d’autres semblables) et la dimension très prégnante de l’opportunité de #lobbying qui lui est ainsi offerte (mais c’est le jeu, il fait son taff, et il le fait plutôt très bien).

    #AI

  • #Mister_obvious

    Une femme de 30 ans décède après s’être immolée par le feu en plein centre de Thionville - ICI
    https://www.francebleu.fr/grand-est/moselle-57/thionville/une-femme-de-30-ans-decede-apres-s-etre-immolee-en-plein-centre-de-thionv

    (...) Elle a garé sa voiture rue de la Paix, et est ensuite sortie dans la rue. Elle s’est alors aspergée d’essence avant de se mettre le feu.(...) Selon les premiers éléments de l’enquête, la piste privilégiée est celle du suicide.

  • La #France a reçu le plus d’IDE pour des #datacenters en 2025
    https://legrandcontinent.eu/fr/2026/01/24/la-france-est-le-pays-qui-a-recu-le-plus-dinvestissements-etrangers

    (...)

    Les chiffres de l’#UNCTAD soulignent néanmoins l’#attractivité de la France auprès des #investisseurs #étrangers.

    – Ceux-ci sont notamment intéressés par ses 20 #connexions par #câbles #sous-marins, qui transportent l’information en #Europe et vers le reste du #monde, ainsi que par ses capacités de #production et de #distribution d’#électricité — propre, notamment grâce au #nucléaire.
    #Paris propose également un accompagnement #institutionnel aux investisseurs étrangers qui voient aussi la France comme un point d’entrée vers le #marché #européen.

    (...)

    Une part importante de ces 69 #milliards de #dollars d’investissements (58,5 milliards d’euros) réalisés en France est dédiée à deux projets : un méga #campus d’IA en #Île-de-France, fruit d’un accord entre #MGX, l’entreprise française #Mistral_AI, #NVIDIA et #Bpifrance, et jusqu’à 20 milliards d’euros d’investissements dans des #centres_de_données et des #infrastructures de l’IA financés par le #canadien #Brookfield Asset Management.

    (...)

  • L’#IA générative a le potentiel de détruire la planète (mais pas comme vous le pensez)

    Le risque premier avec l’#intelligence_artificielle n’est pas qu’elle s’attaque aux humains comme dans un scénario de science-fiction. Mais plutôt qu’elle participe à détruire notre #environnement en contribuant au #réchauffement_climatique.

    La course à l’intelligence artificielle (IA) s’intensifie. Le 9 février, veille du sommet de l’IA à Paris, Emmanuel Macron promettait 109 milliards d’euros d’investissements publics et privés dans cette technologie pour les années à venir. Il entend concurrencer les États-Unis sur ce terrain, en faisant référence au programme « #Stargate » promis par Donald Trump, qui prévoit des dépenses de 500 milliards de dollars (484 milliards d’euros) dans l’IA aux États-Unis.

    Des deux côtés de l’Atlantique, ces centaines de milliards seront principalement investis dans la construction de nouveaux #centres_de_données pour entraîner puis faire fonctionner les outils d’intelligence artificielle. Pourtant, les #impacts_environnementaux de ces « #data_centers », mis de côté dans ce sprint à l’IA, présentent un danger réel pour notre planète.

    « Plus grand est le modèle, mieux c’est »

    L’ouverture au public de l’agent conversationnel d’#OpenAI, #ChatGPT, en novembre 2022 a marqué un tournant dans les usages de l’intelligence artificielle. Depuis, des dizaines d’#IA_génératives sont accessibles avec la capacité de résoudre des problèmes variés, allant de la rédaction d’un email professionnel à des suggestions de recette de tartes, en passant par des lignes de code informatique.

    Ces #grands_modèles_de_langage (en anglais, « #Large_language_models », ou #LLM), avec un grand nombre de paramètres, se sont développés ces dernières années, comme #Gemini de #Google, #Le_Chat de l’entreprise française #MistralAI ou #Grok de X. D’autres modèles permettent de créer de toutes pièces des images – on pense à #Dall-E ou #Midjourney –, des vidéos ou des chansons.

    Si leur utilisation est gratuite (bien que des versions payantes existent), le prix est payé non seulement par les utilisateurs dont les #données_personnelles sont captées, mais aussi par les populations les plus vulnérables au changement climatique. Avec leurs dizaines voire centaines de milliards de paramètres et des terabytes de #données pour les alimenter, faire tourner les systèmes d’IA générative demande beaucoup de #puissance_de_calcul de #serveurs, situés dans des centres de données. Donc beaucoup d’#électricité.

    Ces chiffres ne font qu’augmenter à mesure que les modèles se perfectionnent. « Aujourd’hui, l’idée dominante dans l’industrie des modèles génératifs est : "Plus grand est le modèle, mieux c’est" », résument les chercheurs Paul Caillon et Alexandre Allauzen dans The Conversation. Malgré un manque de transparence des entreprises, la consommation d’électricité de leurs modèles et leur impact climatique ont fait l’objet d’estimations par nombre de chercheurs et institutions.
    Combien consomme une requête ChatGPT ?

    On sait déjà que la version de ChatGPT sortie en mars 2023, #GPT-4, a demandé plus de puissance de calcul que la précédente. Le Conseil économique et social (Cese), dans un avis de septembre 2024, cite OpenAI et explique : entraîner la troisième version de son modèle de langage a demandé l’équivalent de l’énergie consommée par 120 foyers américains. La version suivante a multiplié par 40 cette consommation, avoisinant la consommation de 5000 foyers.

    Selon une étude, début 2023, une requête ChatGPT consommait environ 2,9 Wh d’électricité, soit presque dix fois plus qu’une simple recherche Google (0,3 Wh). D’autres études estiment l’#impact_carbone d’une requête à ChatGPT autour de 4 à 5 grammes d’équivalent CO2.

    Produire une #image, c’est pire. La startup #HuggingFace, à l’origine de l’#IA_Bloom, a été l’une des premières à estimer les #émissions_de_gaz_à_effet_de_serre de ces modèles. Dans une étude co-écrite avec l’Université états-unienne de Carnegie-Mellon, elle montre que la génération d’image est de loin la plus polluante des requêtes formulées à une IA générative (l’étude ne prend pas en compte les vidéos).

    Pour donner un ordre d’idée, générer 1000 images correspondrait à conduire environ 7 kilomètres avec une voiture essence. En comparaison, 1000 textes générés équivalent à moins d’un 1 mètre parcouru avec un même véhicule. Mais leur utilisation massive rend cet impact non négligeable. Selon le PDG d’OpenAI Sam Altman,, à la fin de l’année 2024, plus d’un milliard de requêtes étaient envoyées à ChatGPT par jour.

    En janvier 2023, soit quelques mois après qu’elle a été rendue accessible au public, ChatGPT avait accumulé 100 millions d’utilisateurs. Selon une estimation de Data for Good, rien que ce mois-là, l’utilisation de ChatGPT aurait pollué à hauteur de 10 113 tonnes équivalent CO2 – soit environ 5700 allers-retours en avion entre Paris et New York.

    En décembre 2024, selon son PDG, le service avait atteint les 300 millions d’utilisateurs… par semaine. Et ce, avec une version bien plus performante – donc bien plus polluante – que la précédente.

    De plus en plus de personnes utilisent l’IA au quotidien, et pour de plus en plus de tâches. Installés dans nos smartphones, accessibles en ligne ou même intégrés dans les frigos haut de gamme, les outils d’intelligence artificielle sont presque partout.

    Une explosion de la consommation d’électricité

    Selon l’Agence internationale de l’énergie, les centres de données représenteraient aujourd’hui environ 1 % de la consommation d’électricité mondiale. Mais cette consommation risque d’augmenter avec les usages croissants et le développement de nouveaux modèles d’IA. Selon l’agence, la consommation des centres de données pour l’IA et les #cryptomonnaies a dépassé 460 TWh en 2022. C’est autant que la consommation de la France. D’ici l’année prochaine, selon les scénarios, cette demande en électricité pourrait augmenter de 35 % (160 TWh en plus) à 130 % (590 TWh) ! « Soit l’équivalent d’au moins une Suède et au maximum une Allemagne » de plus dans le monde en quelques années.

    Une autre étude de l’ONG Beyond Fossils Fuels est encore plus alarmiste : « Au cours des six prochaines années, l’explosion de la demande en énergie des centres de données dans l’UE [Union européenne] pourrait entraîner une hausse de 121 millions de tonnes des émissions de CO2, soit presque l’équivalent des émissions totales de toutes les centrales électriques au gaz d’Italie, d’Allemagne et du Royaume-Uni en 2024 combinées » écrit l’ONG en février 2025.

    Les grandes entreprises de la tech cherchent à faire oublier leurs promesses écologiques. Selon le Financial Times, dans un article d’août 2024, les Gafam tentent de remettre en cause les règles de « zéro carbone net » qui leur permettent de compenser leurs émissions de CO2 par le financement d’énergies renouvelables (des règles déjà critiquées pour leur mode de calcul qui dissimule une grande partie de l’impact carbone réel de leurs consommation d’électricité).

    « Ces géants de la technologie sont sur le point de devenir les plus gros consommateurs d’énergie de demain, dans leur course au développement d’une intelligence artificielle énergivore », écrit le média britannique. Les émissions de gaz à effet de serre de Google augmentent par exemple de 13% par an (selon des chiffres de 2023). Une hausse notamment portée par l’augmentation de la consommation d’énergie de ses centres de données. Les émissions de Microsoft ont bondi de 29 % entre 2020 et 2023.

    Des investissements massifs aux dépens des populations

    Les chefs d’État des États-Unis comme de la France ont pourtant annoncé des investissements massifs dans l’IA pour les années à venir. L’Union européenne, par la voix d’Ursula von der Leyen, a également annoncé un investissement de 200 milliards en partenariat avec de grands groupes.

    Dans les trois cas, ces centaines de milliards d’euros sur la table serviront majoritairement à construire des centres de données pour permettre l’entraînement puis l’utilisation de ces technologies. En France, en amont du sommet de l’IA, le fonds canadien Brookfield a annoncé investir 15 milliards d’euros dans la construction de centres de données, tandis que les Émirats arabes unis ont mis entre 30 et 50 milliards sur la table pour la construction d’un centre de données géant.

    Il est peu probable que cette consommation d’électricité massive ne se fasse pas au détriment des populations. En Irlande, les centres de données monopolisent une part grandissante de l’électricité du pays, ils représentent aujourd’hui plus de 20 % de sa consommation. Cette situation crée des tensions avec les habitants, qui voient leurs factures augmenter alors que la consommation des ménages n’augmente pas.
    Des engagements « durables » non contraignants

    Aux États-Unis, raconte un article de Vert, Microsoft va rouvrir le premier réacteur de la centrale nucléaire de Three Mile Island, site d’un accident en 1979 qui avait irradié toute cette partie de la Pennsylvanie et traumatisé les habitants. Les géants de la Tech – Google, Amazon et Microsoft en tête – cherchent également à investir dans les « petits réacteurs modulaires » nucléaires, en cours de développement, pour alimenter leurs centres de données, ce qui pose la question de la sûreté d’une multitude de petites installations nucléaires face au risque d’accidents. Autre conséquence : le retour en grâce du charbon, fortement émetteur en gaz à effet de serre. Dans l’État de Géorgie, la promesse faite il y a trois ans de fermer toutes ses centrales à charbon a été abandonnée pour répondre au pic de demande d’électricité créé par les centres de données.

    Face à ces risques pour les populations locales comme pour celles les plus vulnérables au changement climatique dans le monde entier, les actions semblent faibles. Une déclaration d’intention a été signée à l’issue du sommet de l’IA, notamment avec l’Inde et la Chine. Il prévoit entre autres la création d’un observatoire de l’impact énergétique de l’IA, sous la responsabilité de l’Agence internationale de l’énergie. Il planifie également la création d’une « coalition pour l’IA durable » avec de grandes entreprises du secteur.

    Ces engagements en matière d’intelligence artificielle signés par les États et les entreprises présentes ne sont pas contraignants, et ne sont pas tournés vers l’action immédiate. De plus, ni le Royaume-Uni ni les États-Unis, qui concentre un tiers des centres de données du monde, n’ont signé ce texte.

    https://basta.media/l-ia-generative-a-le-potentiel-de-detruire-la-planete-mais-pas-comme-vous-l

    #environnement #climat #changement_climatique #pollution #visualisation #infographie

    • Se contenter de « calculer » la consommation énergétique directe de l’IA, c’est omettre de « calculer » ses effets induits, ses conséquences systémiques, puisque « grâce » à l’IA, on peut faire plus de croissance générale. Sans même parler des effets rebonds tous azimuts... Par exemple, on peut utiliser l’IA pour produire un article de blog. Cette utilisation d’IA consomme une unité d’énergie mais elle a aussi permis d’augmenter le volume de contenu qui lui même consomme de l’énergie sur les serveurs.

  • MatchFT, ChatFT... Ces outils dopés à l’IA que France Travail expérimente pour mieux accompagner les chômeurs
    https://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/matchft-chatft-ces-outils-dopes-a-l-ia-que-france-travail-experimente-pour-

    Ces différents outils, qui sont pour l’instant testés dans une partie seulement des agences #France_Travail, sont développés en partenariat avec #Mistral_AI, la plus grosse start-up française du secteur. L’ancien Pôle Emploi a ainsi révélé MatchFT, un outil destiné à faire le rapprochement entre des employeurs et des #candidats potentiels. Le conseiller France Travail rentre sur cette plateforme un certain nombre de critères recherchés pour le poste - mobilité, disponibilité, horaires, salaires, expérience, diplôme - et l’IA lui suggère des profils correspondants. Elle se charge ensuite de contacter par message les candidats pour leur proposer le poste. Si le demandeur d’emploi répond positivement, l’#IA lui pose une liste de questions précises pour s’assurer qu’il répond à des critères prédéterminés. C’est ensuite le conseiller France Travail qui récupère ces informations et propose la candidature à l’employeur.

    Autre innovation : ChatFT, un chatbot mis à disposition du personnel de France Travail. Sur le modèle de ChatGPT ou de DeepSeek, cet outil permet aux agents de rédiger plus rapidement des mails et des offres d’emploi, qu’ils peuvent également fusionner ou comparer grâce à l’outil ChatDoc. « L’objectif est de permettre aux conseillers de retrouver le sens initial de leur métier, en ayant plus de temps pour se concentrer sur le contact humain plutôt que de passer leur temps au téléphone ou à envoyer des mails », explique Thibault Guilluy, directeur général de France Travail.

    De leur côté, les demandeurs d’emploi ont désormais accès sur le site de France Travail au « Calendrier de l’IA », un module gratuit de formation en ligne. En une série de 31 leçons de 5 à 30 minutes chacune, le programme permet de se former à l’utilisation de l’IA, à la protection de ses données personnelles ou encore aux risques liés aux « fake news ».

    Ces différents outils remplissent une double mission : améliorer l’appariement entre les offres d’emploi et les candidats, et délester les conseillers d’une partie de leur paperasse. Alors que le nombre de demandeurs d’emploi est reparti à la hausse, ces derniers mois, le recours à l’intelligence artificielle doit aider l’opérateur à faire face à une charge de travail accrue. « L’IA n’est pas seulement un outil de geeks ou de startupers, mais elle a vocation à assister concrètement les gens dans leur vie quotidienne, et notamment les demandeurs d’emploi », soutenait ce mardi Astrid Panosyan-Bouvet, la ministre déléguée au #Travail et à l’Emploi.

    #chômeurs

  • L’accélération de l’#IA pose déjà des questions de #pénuries d’#eau et d’#énergie

    Le Royaume-Uni comme les États-Unis viennent de présenter de nouveaux plans pour soutenir la mise en place d’#infrastructures pour l’IA dans leurs territoires. Mais actuellement, aux États-Unis, de nouvelles #centrales au gaz sont ouvertes pour répondre aux demandes d’énergie de l’IA. Au Royaume-Uni, l’implantation par le gouvernement de sa « première zone de croissance de l’IA » près d’un nouveau réservoir pose la question des priorités d’#accès_à_l'eau.

    Ce mardi 14 janvier et six jours avant la passation de pouvoir à Donal Trump, Joe Biden a publié un décret pour l’investissement des États-Unis dans des infrastructures. « Je signe aujourd’hui un décret historique visant à accélérer la vitesse à laquelle nous construisons la prochaine génération d’infrastructures d’IA ici aux États-Unis, de manière à renforcer la compétitivité économique, la sécurité nationale, la sécurité de l’IA et l’énergie propre », affirme-t-il.

    Selon certaines estimations, la consommation énergétique de l’IA devrait être multipliée par 4 à 9 d’ici 2050 et la consommation d’énergie des #data_centers aux États-Unis est déjà très carbonée.

    Le #gaz comme source d’énergie future aux États-Unis

    Mais, malgré les différentes annonces d’investissements dans le nucléaire par les géants du numérique, les États-Unis seraient plutôt à l’aube d’un boom de la construction de #centrales_électriques au gaz naturel, selon le Financial Times. Le journal économique américain explique que « les grandes entreprises technologiques se tournent vers les #combustibles_fossiles pour répondre aux énormes besoins en #électricité de la révolution de l’intelligence artificielle, ce qui met en péril les objectifs en matière de climat ».

    Le journal cite le cabinet de conseil en énergie #Enverus qui prévoit qu’au moins 80 centrales électriques au gaz seront construites aux États-Unis d’ici à 2030. Le Financial Times estime la capacité supplémentaire de ces centrales à 46 gigawatts, « soit la taille du réseau électrique norvégien et près de 20 % de plus que ce qui a été ajouté au cours des cinq dernières années ». Et selon Corianna Mah, analyste pour Enverus interrogée par le journal, « le gaz croît en fait plus rapidement aujourd’hui, et à moyen terme, que jamais auparavant ». Aucun des projets qu’Enverus a listés ne prévoit d’être équipé d’un système de capture de dioxyde de carbone.

    Approvisionnement de l’eau dans un lac de barrage prévu pour la population britannique

    De son côté, le gouvernement du Royaume-Uni vient d’annoncer une stratégie nationale pour faire de son pays un leader en matière d’intelligence artificielle. Dedans, il prévoit entre autres des « Zones de croissance de l’IA » (#IA_growth_zones), « des zones bénéficiant d’un meilleur accès à l’électricité et d’un soutien pour les autorisations de planification, afin d’accélérer la mise en place d’une infrastructure d’IA sur le sol britannique », comme l’explique le communiqué du Secrétariat d’État à la science, à l’innovation et à la technologie.

    Mais des questions se posent sur l’emplacement prévu de la première « #zone_de_croissance ». Situé à Culham, au siège de l’Autorité britannique de l’énergie atomique (UKAEA), cet endroit est aussi celui du premier nouveau lac de barrage construit depuis 30 ans aux Royaume-Uni, « qui était censé fournir de l’eau aux habitants du sud-est de l’Angleterre, qui souffre d’un grave problème d’approvisionnement en eau », explique le Guardian.

    Le journal britannique souligne que cette région est celle qui, selon l’agence environnementale nationale, est la plus sensible du pays aux manques d’eau. Entre les réserves d’eau disponibles et la demande attendue sans compter les data centers, le sud-est du pays sera confronté à un déficit potentiel de plus de 2,5 milliards de litres par jour d’ici 2050.

    Du côté énergétique, le gouvernement britannique a mis en place un Conseil de l’énergie de l’IA qui doit travailler avec les entreprises du secteur pour « pour comprendre les demandes et les défis énergétiques » liés à l’intelligence artificielle. Il parie encore sur la possibilité de mettre en place des #SMR (#réacteurs_nucléaires_modulaires).

    « L’expansion de l’IA a été un sujet de préoccupation pour #National_Grid [entreprise de distribution de l’électricité et du gaz notamment au Royaume-Uni], mais la vitesse à laquelle la demande de calcul de l’IA augmente a pris tout le monde par surprise et, à moins que nous n’équilibrions correctement les compromis ci-dessus, avec des politiques appropriées, toute l’énergie verte et bon marché dont nous disposons sera utilisée par les grandes entreprises technologiques, ce qui privera les familles qui souffrent déjà de la pauvreté énergétique », explique Gopal Ramchurn, chercheur de l’université de Southampton, interrogé par le Guardian.

    La #France s’appuie sur son #nucléaire, mais des tensions sont présentes

    Quant à la France, l’instabilité politique ne permet pas d’y voir très clair dans la politique du pays concernant l’IA. Lors de son discours de politique générale, le premier Ministre François Bayrou a évoqué l’IA lorsqu’il a annoncé la création d’un fonds spécial « entièrement [consacré] à la réforme de l’État ». Ce fonds sera financé par des actifs « en particulier immobiliers, qui appartiennent à la puissance publique, de façon à pouvoir investir, par exemple, dans le déploiement de l’intelligence artificielle dans nos services publics ».

    Lors de ses vœux, le Président de la Région Normandie Hervé Morin a évoqué la volonté de sa région d’être référente en matière d’intelligence artificielle et d’accueillir des data centers sur trois ou quatre points du territoire. Il a mis en avant « son potentiel énergétique décarboné », faisant référence aux centrales nucléaires de Flamanville, Paluel et Penly et à l’EPR situé lui aussi à Flamanville.

    Mais RTE tirait récemment un signal d’alarme sur le foisonnement de projets de data centers prévus pour l’IA. Si l’entreprise affirmait en novembre à l’Usine Nouvelle avoir « assez d’électricité pour répondre à la croissance des besoins », elle pointait aussi du doigt une « course à la capacité » et un manque de planification :« plusieurs projets ont été abandonnés en raison de tensions sur la distribution de l’énergie », ajoutait-il.

    https://next.ink/165467/lacceleration-de-lia-pose-deja-des-questions-de-penuries-deau-et-denergie

    #intelligence_artificielle #AI #énergie_nucléaire

    • Pourquoi l’IA générative consomme-t-elle tant d’énergie ?

      #DeepSeek défraye la chronique en proposant un modèle dont les #performances seraient comparables à celles des modèles préexistants, pour un coût très réduit en termes de puissance de calcul et de données, et donc une #consommation_énergétique moindre. Quand on sait que Microsoft a indiqué une hausse de 29,1 % d’émission de carbone sur l’année 2023 et que différentes grandes entreprises du numérique investissent dans des capacités de production d’électricité, le tout en lien avec l’essor de l’#IA_générative, l’enjeu est de taille. Pourquoi l’IA générative consomme-t-elle tant ? Décryptage.

      Les grands modèles de langage (Large Language Models ou LLM), comme ChatGPT (OpenAI), Gemini (Google/DeepMind) ou encore les modèles génératifs d’images comme #Midjourney, sont devenus en très peu de temps des outils incontournables avec des usages qui ne cessent de s’amplifier et de se diversifier. Il est vrai que la fluidité des échanges avec ChatGPT impressionne, et que les promesses de développement sont enthousiasmantes.

      Néanmoins, ces promesses cachent des coûts de calcul, et donc énergétiques, considérables. Or, aujourd’hui l’idée dominante dans l’industrie des modèles génératifs est : « Plus grand est le modèle, mieux c’est. » Cette compétition s’accompagne d’une croissance de la consommation énergétique et, donc, de l’empreinte écologique qui ne peut plus être ignorée et qui questionne quant à sa pérennité et sa viabilité pour la société.
      Pourquoi un tel coût ?

      Un modèle génératif de texte comme un chatbot est un ensemble de paramètres numériques ajustés à partir de données pour accomplir une tâche spécifique. L’architecture dominante s’appuie sur les « transformers ».

      Les #transformers prennent une séquence en entrée, par exemple un prompt (soit votre question), pour la transformer numériquement. En empilant les couches de transformers, le modèle multiplie ces transformations afin de construire la réponse en prolongeant son entrée. Cet empilement de couches confère au modèle son efficacité et fait croître le nombre de paramètres. C’est pourquoi un modèle tel que GPT-4 contient au moins 1 tera (1 000 milliards) de paramètres et nécessite donc au moins 2 tera octets (To) de mémoire vive pour être utilisable.

      Que ce soit pour l’entraînement, pour le stockage des données et des paramètres, ou pour le calcul d’une réponse, des infrastructures de calcul de plus en plus puissantes sont donc indispensables. En d’autres termes, contrairement à ce que l’on croit souvent, ce n’est pas juste pour entraîner le modèle que ces techniques sont très coûteuses.

      Des données émerge la « connaissance »

      Avant tout, un modèle génératif doit être « appris ». Pour cela des données (textes, images, sons, etc.) lui sont présentées à maintes reprises afin d’ajuster ses paramètres. Plus il y a de paramètres, plus la phase d’apprentissage est coûteuse en données, mais aussi en temps et en énergie.

      Ainsi, pour un LLM (grand modèle de langage), on parle par exemple de l’ordre de la dizaine de trillions de données (environ 10 trillions pour GPT-4 et 16 trillions pour Gemini) et aux alentours de trois mois de préapprentissage sur environ 20 000 puces A100 de NVIDIA pour le dernier-né d’OpenAI. Ces modèles les plus performants sont en fait une combinaison de plusieurs énormes modèles (les « Mixture of Experts »), GPT-4 étant ainsi le résultat de 16 experts de 110 milliards de paramètres, selon les rares informations disponibles.

      Après cette phase d’apprentissage, le modèle est déployé afin de répondre aux utilisateurs dans une phase dite d’« inférence ». Pour faire face à la demande (ces systèmes construits pour répondre à plusieurs personnes en même temps) avec un temps de réponse satisfaisant, le modèle est alors dupliqué sur différents clusters de calcul. Un article de recherche constate également que les architectures génératives polyvalentes consomment significativement plus d’énergie à l’inférence que les systèmes spécifiques à une tâche, même à taille de modèle équivalente.

      Ce survol des besoins en termes de calcul donne une idée des ordres de grandeur qui se cachent derrière nos interactions — qui semblent si rapides et efficaces — avec ces énormes modèles. Il permet surtout de poser différemment la question de l’évaluation de ces modèles, en y incluant la question de la soutenabilité en termes énergétiques et écologiques. Des travaux récents proposent ainsi un modèle pour évaluer les impacts environnementaux de la fabrication des cartes graphiques et une analyse multicritère des phases d’entraînement et d’inférence des modèles d’apprentissage automatique.
      Obsolescence et frugalité

      Ainsi les grands modèles génératifs nécessitent des infrastructures matérielles colossales.

      Au-delà de considérations économiques, il a été montré que passé un certain point, les gains de performances ne justifient pas une telle explosion du nombre de paramètres. Toutes les applications ne nécessitent pas d’énormes modèles et des approches plus modestes peuvent être aussi performantes, plus rapides et moins coûteuses.

      Sur le plan environnemental, l’apprentissage et l’inférence de modèles massifs ont un coût énergétique qui nécessitent réflexion. Les travaux de certains auteurs soulignent la complexité de mesurer avec précision l’empreinte carbone de ces grands modèles, tout en montrant leur impact considérable : 50,5 tonnes équivalent CO2 (CO2 eq) pour un modèle de 176 milliards de paramètres, appris en 2023… et pratiquement considéré comme obsolète aujourd’hui. Pour rappel, si un Français moyen rejette actuellement environ 10 tonnes CO2 eq par an, l’objectif à l’horizon 2050 pour respecter l’engagement des accords de Paris est d’environ 2 tonnes CO₂ eq par Français et par an.

      Quant à la phase d’inférence (ou d’utilisation, quand on pose une question à GPT), lorsqu’elle est réalisée des millions de fois par jour, comme c’est le cas pour un assistant conversationnel, elle peut engendrer un coût énergétique considérable, parfois bien supérieur à celui de l’entraînement.

      Ainsi, un outil développé en 2019 a permis d’estimer qu’une inférence de ChatGPT 3.5 produisait environ 4,32 grammes de CO2.

      À l’heure où les assistants conversationnels sont peut-être en passe de remplacer les moteurs de recherche standards (Google, Bing, Qwant), la question de son utilisation se pose, car ces derniers ont un coût 10 à 20 fois moindre (0,2 gramme de CO2 la recherche, d’après Google).

      Enfin, la concentration de pouvoir entre quelques acteurs disposant des ressources nécessaires pour développer ces modèles — data centers, données, compétences — pose des problèmes scientifiques en limitant la diversité des recherches, mais aussi stratégiques et politiques.
      Les recherches en IA frugale

      La frugalité consiste à se fixer dès le départ une enveloppe de ressources (calcul, mémoire, données, énergie) et à concevoir des modèles capables de s’y adapter. L’idée n’est pas de sacrifier les performances, mais de privilégier la sobriété : optimiser chaque étape, du choix de l’architecture à la collecte des données, en passant par des méthodes d’apprentissage plus légères, afin de réduire l’empreinte environnementale, d’élargir l’accès à l’IA et de favoriser des applications réellement utiles.

      La recrudescence de travaux de recherche sur ce thème illustre la volonté de penser l’IA sous l’angle de la sobriété. Il s’agit ainsi de replacer la pertinence, l’impact sociétal et la soutenabilité au cœur de la recherche.

      Concrètement, de nombreuses pistes émergent. Sur le plan de l’apprentissage, il s’agit d’explorer des alternatives algorithmiques au paradigme actuel, hérité du milieu des années 1980 et qui n’a jamais été remis en question alors même que les quantités de données et la puissance de calcul n’ont plus rien à voir avec celles qui prévalaient aux débuts de ces modèles.

      Ainsi, au-delà des optimisations techniques, une réflexion méthodologique de fond s’impose, tant le contexte scientifique a évolué depuis les années 1980. Cette réflexion est au cœur, par exemple, du projet Sharp, financé par le programme France 2030. L’étude d’architectures plus compactes et spécialisées est également abordée avec le projet Adapting du même programme.

      Les mathématiques appliquées peuvent jouer un rôle clé en proposant des « représentations parcimonieuses », des méthodes de factorisation, ou en optimisant l’usage de données faiblement annotées.

      Ainsi, en travaillant avec des contraintes de ressources, ces recherches visent un développement en IA plus frugal et donc durable, ainsi que plus accessible, et indépendant de l’hyperconcentration du marché. Elles limitent les externalités négatives — environnementales, éthiques, économiques — liées à la course effrénée vers le gigantisme.

      Mais pour atteindre ces objectifs, il est aussi important d’avancer sur les critères et les méthodes d’évaluations en IA : avec le paradigme dominant actuel, la dimension de frugalité peine encore à s’imposer, que ce soit du côté de la recherche ou industriel. Il ne faut d’ailleurs pas confondre la récente explosion des outils de DeepSeek avec de la frugalité, les coûts en calcul et en données étant eux aussi extrêmement élevés, avec des méthodes probablement éthiquement répréhensibles.

      Ainsi, le monde académique doit mieux intégrer cette dimension afin d’améliorer la visibilité et la valorisation des travaux qui visent la frugalité.
      L’IA que nous développons est-elle vraiment utile ?

      La frugalité en IA n’est pas un simple concept, mais une nécessité face aux enjeux actuels. Les travaux récents sur son empreinte carbone illustrent l’urgence de repenser nos méthodes. Avant même d’envisager les manières de rendre l’IA plus sobre, il est légitime de se demander si l’IA que nous développons est vraiment utile.

      Une approche plus frugale, mieux pensée et mieux orientée, permettra de construire une IA tournée vers le bien commun, s’appuyant sur des ressources maîtrisées, plutôt que sur la surenchère permanente en taille et en puissance de calcul.

      Cet article a été écrit dans le cadre de la troisième édition des Dauphine Digital Days qui a eu lieu à l’Université Paris Dauphine — PSL, du 18 au 20 novembre 2024.

      https://theconversation.com/pourquoi-lia-generative-consomme-t-elle-tant-denergie-247406

    • IA : un puits sans fond de dépenses en énergie, en #eau et en #CO2

      Emmanuel Macron veut croire que la France a « des #data_centers_propres ». Mais les dégâts environnementaux des industries numériques sont déjà tangibles (consommation d’#électricité, émissions de CO2, besoins en eau et en #minerais, conflits d’usage sur le #foncier) alors que l’idée d’une #IA_verte n’est encore qu’une promesse.

      Si le climat était une intelligence artificielle (IA), le monde serait en train de le sauver. Face au tsunami d’investissements publics et privés programmés pour ses infrastructures, il est tentant de détourner le fameux slogan : « Si le climat était une banque, ils l’auraient déjà sauvé. » Car si ces annonces financières brillent de l’or des profits à venir, elles éclipsent un problème tout aussi exponentiel : les impacts environnementaux désastreux de l’IA.

      109 milliards d’euros en France dans les prochaines années annoncés par Emmanuel Macron, ainsi qu’un projet de méga data center cofinancé par les #Emirats_arabes_unis ; 500 milliards de dollars débloqués pour #Stargate (« la porte des étoiles ») et ses futurs data centers aux États-Unis par #OpenAI et #SoftBank ; 65 milliards de dollars par #Meta, la maison-mère de #Facebook, qui a par ailleurs démoli un centre de données en cours de construction pour le remplacer par un autre adapté aux besoins de l’IA. #Microsoft veut débourser 80 milliards de dollars en divers équipements techniques dans le même objectif.

      Secteur industriel en plein boom ou au bord d’une bulle financière, l’avenir le dira. Mais l’#empreinte_carbone et matérielle de la ruée mondiale vers les #données_numériques est, elle, déjà palpable. Une requête via #ChatGPT consomme dix fois plus d’électricité qu’une recherche Google, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Ses expert·es anticipent une explosion de la demande énergétique, équivalente à la consommation actuelle d’un pays comme la Suède ou même l’Allemagne – selon la place du curseur sur la fourchette d’estimation.

      Requêtes énergivores

      Pourquoi ? Deux explications principales semblent faire consensus parmi les spécialistes. D’abord, des raisons strictement matérielles : les #serveurs configurés pour l’#IA_générative utilisent beaucoup plus de courant électrique que leurs prédécesseurs. Notamment parce qu’ils utilisent des puces spécifiques, les #GPU (« # graphics_processing_unit », des #processeurs_graphiques), « qui ont des capacités de #calcul nécessaires à la #technologie d’apprentissage qui permet aux modèles d’IA d’améliorer leur performance, explique Loup Cellard, chercheur associé au médialab de Sciences Po. Une requête sur ChatGPT demande plus de mémoire vive et plus de capacité de #stockage qu’une simple recherche sur un moteur internet ».

      Or, chacun de ces services correspond à des besoins matériels supplémentaires. « Faire une requête ChatGPT pour demander un truc que pourrait donner Google, c’est comme couper votre baguette de pain avec une scie électrique : ça marche mais ça n’est pas la meilleure utilisation que vous pouvez faire des ressources », résume Sylvain Waserman, président de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), selon qui « il serait absurde de s’opposer à l’IA et il est irresponsable de ne pas s’intéresser à ses impacts ».

      La phase d’entraînement des machines est plus intense en énergie à l’unité, car elles doivent être beaucoup stimulées pour ramasser et distribuer les données. Mais c’est bien sûr celle des usages qui finalement est la plus énergivore, car le nombre des utilisateurs de la technologie dépasse de loin celui des ingénieur·es qui la développent.

      Ainsi « la migration vers le cloud, l’essor de l’IA générative et les #cryptomonnaies sont les trois principaux vecteurs de la reconfiguration en cours des impacts des centres informatiques » selon l’association GreenIT, dont les rapports font référence. Les data centers, les cryptomonnaies et l’intelligence artificielle ont consommé près de 2 % de l’électricité mondiale en 2022, selon l’AIE. Cela peut sembler dérisoire. Mais la quantité d’électricité qu’ils consomment pourrait doubler en 2026 (par rapport à 2022). Il existe aujourd’hui plus de 8 000 centres de données dans le monde, principalement situés aux États-Unis.

      Les data centers adaptés aux besoins de l’intelligence artificielle consomment 18 % de l’électricité des centres informatiques, alors qu’ils n’en représentent que 2 % de la quantité dans le monde, selon les dernières estimations de GreenIT. Ils émettent près de 4 % de tout le CO2 de la filière numérique, soit déjà plus que l’ensemble des ordinateurs portables en circulation. Selon #France_Datacenter, le lobby du secteur, la demande supplémentaire liée à l’IA générative en France d’ici à dix ans sera de 1 gigawatt, l’équivalent d’un petit réacteur nucléaire.

      Mais les opérateurs de data centers n’aiment pas trop aborder le sujet de leurs impacts environnementaux. Interrogé par Mediapart sur ses besoins en électricité pour soutenir le développement de son activité, #Amazon_Web_Service (#AWS), la branche data center du Gafam, répond par la liste très détaillée de ses investissements et créations d’emplois à venir, sans un mot sur ses besoins énergétiques.

      « Avec l’IA, on pourrait changer d’échelle d’ici à 2030 en termes d’impact environnemental car ses serveurs ne représentent que 2 % des équipements et la demande est très importante pour les années à venir, constate Cécile Diguet, spécialiste des infrastructures numériques. Aujourd’hui, le numérique est un des secteurs qui nous mettent dans le rouge quant au respect des limites planétaires : consommation d’énergie, de ressources en minerais et terres rares, en eau. Les technologies et le numérique prétendent régler des problèmes qu’ils aggravent. Grâce à une IA, on pourra peut-être traiter une base de données plus vite ou mieux gérer la complexité de réseaux d’électricité. Mais en définitive, l’accumulation perpétuelle de matériels et de data centers fait que tous les gains en énergie sont consommés derrière. Le numérique n’est pas source de sobriété. »

      C’est particulièrement vrai concernant les quantités de minerais utilisés pour fabriquer les équipements (centres de données mais aussi puces et autres composants) nécessaires à l’IA – et les déchets en résultant. Ils sont la « colonne vertébrale » de l’intelligence artificielle, selon la chercheuse états-unienne Kate Crawford, qui appelle à créer un nouvel atlas du monde pour visualiser les besoins matériels, financiers et politiques de l’IA, qu’elle décrit comme un système « extractiviste » (Contre-Atlas de l’intelligence artificielle, Zulma, 2024).

      En Chine, l’institut de recherche sur le réseau électrique s’attend à ce que la demande en électricité des centres de données double d’ici à 2030 (par rapport à 2020). Cette consommation est dopée par l’expansion rapide de la 5G et de l’Internet des objets. Le concurrent chinois de ChatGPT, #DeepSeek, a été développé à moindre coût économique et avec moins de consommation énergétique, promettent ses fabricants. Mais personne n’est aujourd’hui en mesure de le vérifier.

      En Europe, le cas de l’#Irlande est spectaculaire : les data centers y représentent 17 % de toute la demande en électricité du pays. C’est autant que toute la consommation du résidentiel en ville. Si tous les projets de centres de données qui ont été approuvés sont menés à terme dans les prochaines années, ils utiliseraient 32 % de tout le courant électrique. Au #Danemark, qui mise aussi sur l’économie des data centers tout en soutenant une initiative européenne de réduction du CO2 du numérique, les centres de données pourraient avaler 20 % de l’électricité en 2026. Est-ce soutenable, alors que le Pacte vert européen fixe aux États l’objectif de réduire d’au moins 38 % leur consommation d’énergie finale d’ici à 2050 ? Pour la Commission européenne, la demande en électricité des data centers pourrait augmenter de 30 % dans l’Union entre 2018 et 2030.

      #Bilan_carbone désastreux

      Surtout que, malgré l’essor des énergies dites renouvelables dans le monde, les sources d’électricité du numérique restent globalement très émettrices en carbone. Apple et Google prétendent être neutres en impact climatique, mais c’est parce qu’ils achètent des crédits de compensation carbone, rappelle la chercheuse Kate Crawford. Elle cite l’exemple de la Chine, où l’industrie des centres de données tire à 73 % son électricité du charbon. En France, l’Ademe a dû revoir à la hausse l’empreinte carbone des data centers à 42 % du secteur du numérique, en intégrant les centres de données à l’étranger que font tourner les utilisateurs nationaux.

      En 2022, l’ensemble du secteur numérique a émis autant de CO2 que le secteur des poids lourds (un peu plus de 4 % de tous les rejets de carbone) dans l’Hexagone. Mais grâce à son électricité décarbonée, la France cherche à se positionner sur le marché des usines à données : « Les data centers en France, ce n’est pas comme aux États-Unis où on utilise du pétrole et du gaz. Ce sont des data centers propres », a prétendu Emmanuel Macron dimanche 9 février.

      Ainsi, entraîner le modèle #GPT3 de la firme OpenAI équivaudrait à conduire 112 voitures à essence pendant un an, selon des scientifiques cités dans AOC par les chercheurs Loup Cellard et Christine Parker. Ils y critiquent pourtant les méthodes d’évaluation des impacts de l’intelligence artificielle. Selon eux, les gains écologiques que permettrait « l’IA verte » sont surestimés et potentiels, alors que les impacts sont immédiats et réels. Les projets de récupération de chaleur pour chauffer une piscine, une résidence, une usine, un hôpital sont multiples et s’affrontent à des obstacles : niveau de température de sortie pas toujours assez haut, risque d’intermittence, etc. – voir aussi le rapport de l’ONG Beyond Fossil Fuels sur le sujet.

      « L’IA n’est pas une activité différente des autres, ajoute Loup Cellard. C’est une industrie capitaliste comme une autre, à laquelle se posent les mêmes questions de responsabilité environnementale, de calcul et de mise en visibilité de ses impacts. »

      À titre d’exemple, de nombreux opérateurs de data centers sont des #fonds_d’investissement_immobiliers (#Real_Estate_Investment_Trust, #Digital_Realty, #Equinix), comme le remarque l’Ademe. La multiplication de leurs constructions ainsi que l’augmentation de leur taille posent des problèmes d’#artificialisation et d’#urbanisme : quelle forme de villes annonce la multiplication des centres de données ? Qui a envie de vivre à côté d’un immeuble de serveurs et de ses stocks de fioul inflammable ? En France, un véritable cluster s’est développé à l’ouest de la #Seine-Saint-Denis (La Courneuve, Saint-Denis, Le Bourget, Dugny) et au nord de #Marseille.
      Parmi les effets déjà tangibles aujourd’hui : la consommation en #eau. Car les data centers doivent être refroidis. Plus ils grossissent et produisent de la chaleur, plus la quantité d’eau nécessaire à baisser leur température est importante. Cette question peut s’avérer critique en période de canicule, signale l’Ademe dans un avis de novembre dernier – en France, ses expert·es estiment qu’en fonction de leur système, ils peuvent consommer 2 litres d’eau par kilowattheure. Au prochain épisode de sécheresse, combien de personnes accepteront que leur data center continue d’être alimenté alors que leur eau potable est coupée ? Et qui décidera ?

      Ainsi #Thames_Water, principale compagnie britannique de distribution d’eau, a demandé aux opérateurs de data centers, notamment à #Google_Cloud et #Oracle, un plan de réduction de leur consommation, jugée excessive à l’été 2022 pendant un pic de chaleur. À Amsterdam, Microsoft a dû présenter un plan drastique de réduction de ses besoins en eau. Aux États-Unis, un des plus gros data centers en fonctionnement est celui de l’agence de renseignement NSA, qui s’étend sur plus de 100 000 mètres carrés dans l’Utah, une terre particulièrement exposée à la sécheresse. Il avale à lui tout seul plus de la moitié de la consommation de l’eau de l’État, autour de 60 %, selon une étude.

      Ouvrir le capot des IA ?

      Après avoir longtemps refusé de révéler la quantité de liquide absorbée par son data center, la NSA a finalement fait savoir en 2022 qu’il avait besoin de près de 90 millions de litres d’eau – soit 35 fois la piscine olympique de Paris 2024 – chaque mois. L’Utah mise sur l’industrie des centres de données et leur vend son eau à des prix battant toute concurrence. Les méga hangars à serveurs s’y multiplient – il y en a deux douzaines aujourd’hui. Mais le Grand Lac salé s’en ressent, selon les défenseurs de l’environnement qui s’inquiètent de le voir s’assécher. En novembre 2022, il a atteint son étiage le plus bas, au point de mettre en danger son écosystème, et notamment ses populations de crustacés, dont se nourrissent des millions d’oiseaux migrateurs.

      En France, l’Ademe estime que les data centers pourraient utiliser 6 % de l’électricité en 2050 – aujourd’hui, le numérique en dépense 11 %. Selon RTE, le gestionnaire des réseaux, les data centers en France pourraient tripler leur consommation d’électricité d’ici à 2035, passant d’environ 10 térawattheures aujourd’hui à 28, selon leur plus haute projection. Les demandes de raccordement de nouveaux centres de grande taille sont en très forte hausse depuis quatre à cinq ans, note l’Ademe, et dépassent de 8 gigawatts – soit plus de quatre réacteurs EPR.

      Son président, Sylvain Waserman, veut défendre la thèse « d’une IA française et européenne qui pourrait trouver un avantage concurrentiel en étant plus respectueuse des ressources ». Il estime que ce peut être une piste de différenciation face à des Gafam « qui jamais n’accepteront qu’on ouvre le capot pour étudier leur impact ».

      En attendant, le gouvernement vient de désigner 35 sites privilégiés pour y construire de nouveaux data centers : simplification des procédures administratives, possible dérogation aux obligations de débat public, réduction des délais de recours juridiques… Sans savoir si les industriels accepteront de communiquer sur leur empreinte énergétique, ils bénéficient d’ores et déjà d’une belle offre de dérégulation.

      https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/100225/ia-un-puits-sans-fond-de-depenses-en-energie-en-eau-et-en-co2

    • #Antonio_Casilli : « L’intelligence artificielle est l’une des industries extractives de notre époque »

      Professeur de sociologie à Télécom Paris, à l’Institut Polytechnique de Paris, il est l’auteur d’En attendant les robots, enquête sur le travail du clic (Seuil, 2019), dont une version augmentée vient de paraître en anglais aux éditions University of Chicago Press. Antonio Casilli est aussi co-auteur du documentaire Les Sacrifiés de l’IA, qui se penche sur les conditions de production des technologies d’IA utilisées en Occident, et sera diffusé sur France 2 le 11 février.

      À cette occasion, et en parallèle du sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle, Next l’a rencontré.

      (#paywall)

      https://next.ink/169487/antonio-casilli-lintelligence-artificielle-est-lune-des-industries-extractives

    • L’IA générative a le potentiel de détruire la planète (mais pas comme vous le pensez)

      Le risque premier avec l’intelligence artificielle n’est pas qu’elle s’attaque aux humains comme dans un scénario de science-fiction. Mais plutôt qu’elle participe à détruire notre #environnement en contribuant au #réchauffement_climatique.

      La course à l’intelligence artificielle (IA) s’intensifie. Le 9 février, veille du sommet de l’IA à Paris, Emmanuel Macron promettait 109 milliards d’euros d’investissements publics et privés dans cette technologie pour les années à venir. Il entend concurrencer les États-Unis sur ce terrain, en faisant référence au programme « #Stargate » promis par Donald Trump, qui prévoit des dépenses de 500 milliards de dollars (484 milliards d’euros) dans l’IA aux États-Unis.

      Des deux côtés de l’Atlantique, ces centaines de milliards seront principalement investis dans la construction de nouveaux centres de données pour entraîner puis faire fonctionner les outils d’intelligence artificielle. Pourtant, les impacts environnementaux de ces « data centers », mis de côté dans ce sprint à l’IA, présentent un danger réel pour notre planète.

      « Plus grand est le modèle, mieux c’est »

      L’ouverture au public de l’agent conversationnel d’OpenAI, ChatGPT, en novembre 2022 a marqué un tournant dans les usages de l’intelligence artificielle. Depuis, des dizaines d’IA génératives sont accessibles avec la capacité de résoudre des problèmes variés, allant de la rédaction d’un email professionnel à des suggestions de recette de tartes, en passant par des lignes de code informatique.

      Ces grands #modèles_de_langage (en anglais, « #Large_language_models », ou #LLM), avec un grand nombre de paramètres, se sont développés ces dernières années, comme #Gemini de #Google, #Le_Chat de l’entreprise française #MistralAI ou #Grok de #X. D’autres modèles permettent de créer de toutes pièces des images – on pense à #Dall-E ou #Midjourney –, des vidéos ou des chansons.

      Si leur utilisation est gratuite (bien que des versions payantes existent), le prix est payé non seulement par les utilisateurs dont les données personnelles sont captées, mais aussi par les populations les plus vulnérables au changement climatique. Avec leurs dizaines voire centaines de milliards de paramètres et des terabytes de données pour les alimenter, faire tourner les systèmes d’IA générative demande beaucoup de #puissance_de_calcul de #serveurs, situés dans des centres de données. Donc beaucoup d’#électricité.

      Ces chiffres ne font qu’augmenter à mesure que les modèles se perfectionnent. « Aujourd’hui, l’idée dominante dans l’industrie des modèles génératifs est : "Plus grand est le modèle, mieux c’est" », résument les chercheurs Paul Caillon et Alexandre Allauzen dans The Conversation. Malgré un manque de transparence des entreprises, la consommation d’électricité de leurs modèles et leur #impact_climatique ont fait l’objet d’estimations par nombre de chercheurs et institutions.

      Combien consomme une requête ChatGPT ?

      On sait déjà que la version de ChatGPT sortie en mars 2023, #GPT-4, a demandé plus de puissance de calcul que la précédente. Le Conseil économique et social (Cese), dans un avis de septembre 2024, cite OpenAI et explique : entraîner la troisième version de son modèle de langage a demandé l’équivalent de l’énergie consommée par 120 foyers américains. La version suivante a multiplié par 40 cette consommation, avoisinant la consommation de 5000 foyers.

      Selon une étude, début 2023, une requête ChatGPT consommait environ 2,9 Wh d’électricité, soit presque dix fois plus qu’une simple recherche Google (0,3 Wh). D’autres études estiment l’impact carbone d’une requête à ChatGPT autour de 4 à 5 grammes d’équivalent CO2.

      Produire une image, c’est pire. La startup #HuggingFace, à l’origine de l’IA #Bloom, a été l’une des premières à estimer les émissions de gaz à effet de serre de ces modèles. Dans une étude co-écrite avec l’Université états-unienne de Carnegie-Mellon, elle montre que la génération d’image est de loin la plus polluante des requêtes formulées à une IA générative (l’étude ne prend pas en compte les vidéos).

      Pour donner un ordre d’idée, générer 1000 images correspondrait à conduire environ 7 kilomètres avec une voiture essence. En comparaison, 1000 textes générés équivalent à moins d’un 1 mètre parcouru avec un même véhicule. Mais leur utilisation massive rend cet impact non négligeable. Selon le PDG d’OpenAI Sam Altman, à la fin de l’année 2024, plus d’un milliard de requêtes étaient envoyées à ChatGPT par jour.

      En janvier 2023, soit quelques mois après qu’elle a été rendue accessible au public, ChatGPT avait accumulé 100 millions d’utilisateurs. Selon une estimation de Data for Good, rien que ce mois-là, l’utilisation de ChatGPT aurait pollué à hauteur de 10 113 tonnes équivalent CO2 – soit environ 5700 allers-retours en avion entre Paris et New York.

      En décembre 2024, selon son PDG, le service avait atteint les 300 millions d’utilisateurs… par semaine. Et ce, avec une version bien plus performante – donc bien plus polluante – que la précédente.

      De plus en plus de personnes utilisent l’IA au quotidien, et pour de plus en plus de tâches. Installés dans nos smartphones, accessibles en ligne ou même intégrés dans les frigos haut de gamme, les outils d’intelligence artificielle sont presque partout.

      Une explosion de la consommation d’électricité

      Selon l’Agence internationale de l’énergie, les centres de données représenteraient aujourd’hui environ 1 % de la consommation d’électricité mondiale. Mais cette consommation risque d’augmenter avec les usages croissants et le développement de nouveaux modèles d’IA. Selon l’agence, la consommation des centres de données pour l’IA et les cryptomonnaies a dépassé 460 TWh en 2022. C’est autant que la consommation de la France. D’ici l’année prochaine, selon les scénarios, cette demande en électricité pourrait augmenter de 35 % (160 TWh en plus) à 130 % (590 TWh) ! « Soit l’équivalent d’au moins une Suède et au maximum une Allemagne » de plus dans le monde en quelques années.

      Une autre étude de l’ONG Beyond Fossils Fuels est encore plus alarmiste : « Au cours des six prochaines années, l’explosion de la demande en énergie des centres de données dans l’UE [Union européenne] pourrait entraîner une hausse de 121 millions de tonnes des émissions de CO2, soit presque l’équivalent des émissions totales de toutes les centrales électriques au gaz d’Italie, d’Allemagne et du Royaume-Uni en 2024 combinées » écrit l’ONG en février 2025.

      Les grandes entreprises de la tech cherchent à faire oublier leurs promesses écologiques. Selon le Financial Times, dans un article d’août 2024, les Gafam tentent de remettre en cause les règles de « zéro carbone net » qui leur permettent de compenser leurs émissions de CO2 par le financement d’énergies renouvelables (des règles déjà critiquées pour leur mode de calcul qui dissimule une grande partie de l’impact carbone réel de leurs consommation d’électricité).

      « Ces géants de la technologie sont sur le point de devenir les plus gros consommateurs d’énergie de demain, dans leur course au développement d’une intelligence artificielle énergivore », écrit le média britannique. Les émissions de gaz à effet de serre de Google augmentent par exemple de 13% par an (selon des chiffres de 2023). Une hausse notamment portée par l’augmentation de la consommation d’énergie de ses centres de données. Les émissions de #Microsoft ont bondi de 29 % entre 2020 et 2023.

      Des investissements massifs aux dépens des populations

      Les chefs d’État des États-Unis comme de la France ont pourtant annoncé des investissements massifs dans l’IA pour les années à venir. L’Union européenne, par la voix d’Ursula von der Leyen, a également annoncé un investissement de 200 milliards en partenariat avec de grands groupes.

      Dans les trois cas, ces centaines de milliards d’euros sur la table serviront majoritairement à construire des centres de données pour permettre l’entraînement puis l’utilisation de ces technologies. En France, en amont du sommet de l’IA, le fonds canadien Brookfield a annoncé investir 15 milliards d’euros dans la construction de centres de données, tandis que les Émirats arabes unis ont mis entre 30 et 50 milliards sur la table pour la construction d’un centre de données géant.

      Il est peu probable que cette consommation d’électricité massive ne se fasse pas au détriment des populations. En Irlande, les centres de données monopolisent une part grandissante de l’électricité du pays, ils représentent aujourd’hui plus de 20 % de sa consommation. Cette situation crée des tensions avec les habitants, qui voient leurs factures augmenter alors que la consommation des ménages n’augmente pas.
      Des engagements « durables » non contraignants

      Aux États-Unis, raconte un article de Vert, Microsoft va rouvrir le premier réacteur de la centrale nucléaire de Three Mile Island, site d’un accident en 1979 qui avait irradié toute cette partie de la Pennsylvanie et traumatisé les habitants. Les géants de la Tech – Google, Amazon et Microsoft en tête – cherchent également à investir dans les « petits réacteurs modulaires » nucléaires, en cours de développement, pour alimenter leurs centres de données, ce qui pose la question de la sûreté d’une multitude de petites installations nucléaires face au risque d’accidents. Autre conséquence : le retour en grâce du charbon, fortement émetteur en gaz à effet de serre. Dans l’État de Géorgie, la promesse faite il y a trois ans de fermer toutes ses centrales à charbon a été abandonnée pour répondre au pic de demande d’électricité créé par les centres de données.

      Face à ces risques pour les populations locales comme pour celles les plus vulnérables au changement climatique dans le monde entier, les actions semblent faibles. Une déclaration d’intention a été signée à l’issue du sommet de l’IA, notamment avec l’Inde et la Chine. Il prévoit entre autres la création d’un observatoire de l’impact énergétique de l’IA, sous la responsabilité de l’Agence internationale de l’énergie. Il planifie également la création d’une « coalition pour l’IA durable » avec de grandes entreprises du secteur.

      Ces engagements en matière d’intelligence artificielle signés par les États et les entreprises présentes ne sont pas contraignants, et ne sont pas tournés vers l’action immédiate. De plus, ni le Royaume-Uni ni les États-Unis, qui concentre un tiers des centres de données du monde, n’ont signé ce texte.

      https://basta.media/l-ia-generative-a-le-potentiel-de-detruire-la-planete-mais-pas-comme-vous-l

      #schéma #visualisation #comparaison

    • Comment l’intelligence artificielle et ses data centers s’accaparent l’eau

      La consommation d’eau de l’intelligence artificielle est souvent oubliée des discussions sur l’impact de cette technologie. Pourtant, les centres de données consomment chaque année des milliards de mètres cubes d’eau – et cela risque d’empirer.

      Google a soif. En 2023, les centres de données et les bureaux de la multinationale du numérique ont à eux seuls englouti 24 milliards de litres d’eau – dont la grande majorité utilisée par les data centers. C’est l’équivalent de la consommation d’eau annuelle d’environ 453 000 Français. La question des besoins en eau est l’un des grands enjeux environnementaux du numérique. Il est amplifié par le développement rapide et incontrôlé de l’intelligence artificielle (IA).

      Chaque année, les grandes entreprises de la tech augmentent de dizaines de pourcents leur consommation d’eau. Entre 2021 et 2022, Microsoft a accru de 34 % la quantité d’eau utilisée pour ses activités, et Google de 20 %. Cela représente des milliards de litres d’eau, en grande partie potable, prélevés en plus chaque année. La course au développement d’intelligences artificielles toujours plus performantes – et donc toujours plus polluantes – participe à cette augmentation. Rien que l’entraînement de GPT-3 (la version en usage jusqu’à mars 2023 du robot conversationnel d’OpenAI) aurait consommé 700 000 litres d’eau dans les centres de données de Microsoft basés aux États-Unis.
      Des centres de données géants dans des régions en proie à la sécheresse

      Les ressources en eau globales sont déjà mises en danger par le réchauffement climatique. De nombreuses régions du monde sont en stress hydrique : l’accès à l’eau y est limité, si ce n’est difficile. Selon des estimations de chercheurs, partagées par The Washington Post, un grand centre de données – comme ceux des Gafam – peut consommer entre 3,8 et 19 millions de litres d’eau par jour.

      Ces millions de litres sont utilisés pour produire l’électricité qui les alimente, mais aussi, pour environ un quart, directement pour le refroidissement des serveurs de ces centres de données. Si cela représente encore une faible partie de la consommation d’eau à l’échelle mondiale, les conséquences locales se font souvent déjà sentir. Le journal américain cite l’exemple de la commune de The Dalles, dans l’Oregon, où Google s’accapare plus d’un quart de l’eau de la petite ville.

      Le refroidissement par l’eau est brandi comme argument écologique par les grandes entreprises. Google, par exemple, s’est vanté d’avoir réduit son empreinte carbone de 300 000 tonnes de CO2 en 2021 grâce à des centres de données refroidis par de l’eau plutôt qu’avec de l’air conditionné. Malgré ses promesses de plus grande responsabilité écologique, deux ans plus tard encore, plus de 30 % de l’eau utilisée venait de zones où les risques de pénurie d’eau sont considérés comme moyens ou élevés.

      En Espagne, à une centaine de kilomètres de Madrid, la ville de Talavera de la Reina s’apprête à accueillir un centre de données de 191 hectares, propriété de Meta (la maison-mère de Facebook et Instagram). Depuis 2022, une trentaine de projets similaires ont été lancés dans le pays, rapporte le média indépendant espagnol elDiario.es. Dans la région de l’Aragón, « la situation est grave : 146 000 hectares ne peuvent être cultivés et 175 000 autres sont gravement endommagés par le manque d’eau ». C’est pourtant là qu’Amazon a décidé d’investir 15,7 milliards d’euros pour installer ses centres de données « hyperscale », autrement dit de très grande taille.
      « 4,2 à 6,6 milliards de mètres cubes d’eau en 2027 »

      Amazon tente de montrer patte blanche, promettant un approvisionnement électrique provenant à 100 % d’énergies renouvelables, mais des mouvements écologistes s’opposent vivement à ce projet. « Nous refusons le discours selon lequel cette méga-infrastructure serait bénigne pour les territoires, bien au contraire. Les dégâts écologiques et sociaux causés par le déploiement massif de centres de données peuvent déjà être observés dans d’autres territoires tels que la Virginie (États-Unis), le Mexique, l’Irlande et les Pays-Bas », écrit Tu Nube Seca Mi Río (« Ton nuage assèche ma rivière »).

      « La consommation directe d’eau pour le refroidissement représentera la moitié de la consommation totale d’eau de la ville de Saragosse (plus de 300 000 personnes et ses commerces et entreprises) et aurait permis d’irriguer 170 hectares de terres, [et ce,] si les chiffres avancés par projet sont respectés, ce qui semble fort peu probable. » Le collectif, qui agrège plusieurs associations écologistes espagnoles, dénonce les conséquences multiples qu’auront ces data centers pour l’accès à l’eau dans la région, tant pour l’agriculture, pour les populations que dans la lutte contre les incendies, de plus en plus fréquents. Tu Nube Seca Mi Río alerte aussi sur le danger pour la faune locale.

      Ce risque n’est pas présent qu’à l’étranger. En France, à Marseille, le collectif Le nuage était sous nos pieds – composé notamment de la Quadrature du Net – dénonce « la quasi-absence des enjeux environnementaux et territoriaux des infrastructures du numérique dans le débat public », entre autres quand il est question de la construction de nouveaux data centers. « Le méga-ordinateur surchauffe, renvoie l’air ou l’eau chaude dans une ville déjà trop souvent sujette à la canicule, pompe des quantités astronomiques d’eau et d’électricité sur le réseau public, et ne génère pratiquement aucun emploi direct », résument-ils, face à un nouveau projet de l’entreprise Digital Realty dans la ville.

      Le développement et la massification de l’utilisation de l’intelligence artificielle entraînent les entreprises dans une course effrénée à la construction de centres de données, sans considérer les conséquences écologiques et sociales. Selon une étude menée par des chercheurs et chercheuses de l’Université de Cornell, aux États-Unis, en 2023, « la demande mondiale en IA devrait représenter 4,2 à 6,6 milliards de mètres cubes d’eau en 2027, soit plus que le prélèvement annuel total d’eau de quatre à six Danemark ou de la moitié du Royaume-Uni ».

      https://basta.media/comment-intelligence-artificielle-IA-data-centers-gafam-s-accaparent-eau

    • Big tech’s water-guzzling data centers are draining some of the world’s driest regions

      #Amazon, #Google, and #Microsoft are expanding data centers in areas already struggling with drought, raising concerns about their use of local water supplies for cooling massive server farms.

      In short:

      - The three largest cloud companies are building or operating 62 data centers in regions facing water scarcity, including in Spain, #Arizona, and other drought-prone areas across five continents.
      - Amazon’s new centers in Spain’s #Aragon region are licensed to use enough water to irrigate hundreds of acres of farmland annually, and the company has requested a 48% increase in water for its existing sites.
      – Tech firms promise to become “water positive” by 2030, but experts and even internal critics say offsetting water use elsewhere doesn’t solve shortages in the communities where centers operate.

      Key quote:

      “Neither people nor data can live without water. But human life is essential and data isn’t.”

      — Aurora Gómez, Tu Nube Seca Mi Río

      Why this matters:

      Data centers are the invisible engines of the internet — processing everything from emails to AI, video calls to cloud storage — but they come with a physical footprint. That footprint includes massive energy use and a surprising dependence on fresh water to keep machines cool. In places where droughts are worsening with climate change, the demands of these centers are clashing with local needs for drinking water and agriculture. Some of these regions are already edging toward desertification, and water-intensive industries like tech may tip them further. Critics worry that promises of sustainability are greenwashing efforts that mask the environmental costs of maintaining digital infrastructure.

      https://www.dailyclimate.org/big-techs-water-guzzling-data-centers-are-draining-some-of-the-worlds-
      #Espagne

    • Big tech’s new datacentres will take water from the world’s driest areas

      Amazon, Google and Microsoft are building datacentres in water-scarce parts of five continents
      Luke Barratt, Costanza Gambarini and data graphics by Andrew Witherspoon and Aliya Uteuova
      Wed 9 Apr 2025 13.30 CEST
      Last modified on Wed 9 Apr 2025 17.40 CEST

      Amazon, Microsoft and Google are operating datacentres that use vast amounts of water in some of the world’s driest areas and are building many more, the non-profit investigatory organisation SourceMaterial and the Guardian have found.

      With Donald Trump pledging to support them, the three technology giants are planning hundreds of datacentres in the US and across the globe, with a potentially huge impact on populations already living with water scarcity.

      “The question of water is going to become crucial,” said Lorena Jaume-Palasí, founder of the Ethical Tech Society. “Resilience from a resource perspective is going to be very difficult for those communities.”

      Efforts by Amazon, the world’s largest online retailer, to mitigate its water use have sparked opposition from inside the company, SourceMaterial’s investigation found, with one of its own sustainability experts warning that its plans are “not ethical”.

      In response to questions from SourceMaterial and the Guardian, spokespeople for Amazon and Google defended their developments, saying they always take water scarcity into account. Microsoft declined to provide a comment.

      Datacentres, vast warehouses containing networked servers used for the remote storage and processing of data, as well as by information technology companies to train AI models such as ChatGPT, use water for cooling. SourceMaterial’s analysis identified 38 active datacentres owned by the big three tech firms in parts of the world already facing water scarcity, as well as 24 more under development.

      https://www.theguardian.com/environment/2025/apr/09/big-tech-datacentres-water

      Datacentres’ locations are often industry secrets. But by using local news reports and industry sources Baxtel and Data Center Map, SourceMaterial compiled a map of 632 datacentres – either active or under development – owned by Amazon, Microsoft and Google.

      It shows that those companies’ plans involve a 78% increase in the number of datacentres they own worldwide as cloud computing and AI cause a surge in the world’s demand for storage, with construction planned in North America, South America, Europe, Asia, Africa and Australia.

      In parts of the world where water is plentiful, datacentres’ high water usage is less problematic, but in 2023 Microsoft said that 42% of its water came from “areas with water stress”, while Google said 15% of its water consumption was in areas with “high water scarcity”. Amazon did not report a figure.

      Now these companies plan to expand their activities in some of the world’s most arid regions, SourceMaterial and the Guardian’s analysis found.

      “It’s no coincidence they are building in dry areas,” as datacentres have to be built inland, where low humidity reduces the risk of metal corrosion, while seawater also causes corrosion if used for cooling, Jaume-Palasí said.
      ‘Your cloud is drying my river’

      Amazon’s three proposed new datacentres in the Aragon region of northern Spain – each next to an existing Amazon datacentre – are licensed to use an estimated 755,720 cubic metres of water a year, roughly enough to irrigate 233 hectares (576 acres) of corn, one of the region’s main crops.

      In practice, the water usage will be even higher as that figure doesn’t take into account water used to generate the electricity that will power the new installations, said Aaron Wemhoff, an energy efficiency specialist at Villanova University in Pennsylvania.

      Between them, Amazon’s new datacentres in the Aragon region are predicted to use more electricity than the entire region currently consumes. Meanwhile, Amazon in December asked the regional government for permission to increase water consumption at its three existing datacentres by 48%.

      Opponents have accused the company of being undemocratic by trying to rush through its application over the Christmas period. More water is needed because “climate change will lead to an increase in global temperatures and the frequency of extreme weather events, including heat waves”, Amazon wrote in its application.

      “They’re using too much water. They’re using too much energy,” said Aurora Gómez of the campaign group Tu Nube Seca Mi Río – Spanish for “Your cloud is drying my river” – which has called for a moratorium on new datacentres in Spain due to water scarcity.

      Spain has seen rising numbers of heat-related deaths in extreme weather events linked by scientists to the climate crisis. Last month, Aragon’s government asked for EU aid to tackle its drought.

      Farmer Chechu Sánchez said he’s worried the datacentres will use up water he needs for his crops.

      “These datacentres use water that comes from northern Aragon, where I am,” he said. “They consume water – where do they take it from? They take it from you, of course.”

      With 75% of the country already at risk of desertification, the combination of the climate crisis and datacentre expansion is “bringing Spain to the verge of ecological collapse”, Jaume-Palasí said.

      Asked about the decision to approve more datacentres, a spokesperson for the Aragonese government said they would not compromise the region’s water resources because their impact is “imperceptible”.
      Water offsetting

      Amazon does not provide overall figures for the water its datacentres use worldwide. But it does claim that it will be “water positive” by 2030, offsetting its consumption by providing water to communities and ecosystems in areas of scarcity elsewhere.

      Amazon says it is currently offsetting 41% of its water usage in areas it deems unsustainable. But it’s an approach that has already caused controversy inside the company.

      “I raised the issue in all the right places that this is not ethical,” said Nathan Wangusi, a former water sustainability manager at Amazon. “I disagreed quite a lot with that principle coming from a pure sustainability background.”

      Microsoft and Google have also pledged to become “water positive” by 2030 through water offsetting, as well as finding ways to use water more efficiently.

      Water offsetting ca not work in the same way as carbon offsetting, where a tonne of pollutants removed from the atmosphere can cancel out a tonne emitted elsewhere, said Wemhoff, the Villanova University specialist. Improving access to water in one area does nothing to help the community that has lost access to it far away.

      “Carbon is a global problem – water is more localised,” he said.

      Amazon should pursue water accessibility projects “because it’s the right thing to do”, not to offset the company’s usage and make claims about being “water positive”, Wangusi said.

      In March, Amazon announced that it would use AI to help farmers in Aragon use water more efficiently.

      But that is “a deliberate strategy of obfuscation” that distracts from the company’s request to raise water consumption, said Gómez, the campaigner.

      Amazon said its approach shouldn’t be described as offsetting because the projects are in communities where the company operates.

      “We know that water is a precious resource, and we’re committed to doing our part to help solve this challenge,” said Harry Staight, an Amazon spokesperson. “It’s important to remember many of our facilities do not require the ongoing use of water to cool operations.”
      ‘Extreme drought’

      Amazon is by far the biggest owner of datacentres in the world by dint of its Amazon Web Services cloud division, but Google and Microsoft are catching up.

      In the US, which boasts the largest number of datacentres in the world, Google is the most likely to build in dry areas, SourceMaterial’s data shows. It has seven active datacentres in parts of the US facing water scarcity and is building six more.

      “We have to be very, very protective around the growth of large water users,” said Jenn Duff, a council member in Mesa, Arizona, a fast-growing datacentre hub. In January, Meta, the owner of Facebook, WhatsApp and Instagram, opened a $1bn datacentre in the city, and Google is developing two more.

      The surrounding Maricopa county, where Microsoft also has two active datacentres, is facing “extreme drought”, according to the National Oceanic and Atmospheric Administration. In June 2023, Arizona state officials revoked construction permits for some new homes there due to a lack of groundwater.

      Drought has not halted Google’s plans for a second Mesa datacentre, while its first centre has a permit to use 5.5m cubic metres of water a year – about the same quantity used by 23,000 ordinary Arizonans.

      “Is the increase in tax revenue and the relatively paltry number of jobs worth the water?” said Kathryn Sorensen, an Arizona State University professor and a former director of Mesa’s water department. “It is incumbent on city councils to think very carefully and examine the trade-offs.”

      Google said it won’t use the full amount of water in its Mesa permit as it plans to use an air cooling system.

      “Cooling systems are a hyperlocal decision – informed by our data-driven strategy called ‘climate-conscious cooling’ that balances the availability of carbon-free energy and responsibly sourced water to minimise climate impact both today and in the future,” said Google spokesperson Chris Mussett.
      Stargate

      In January at the White House, Trump announced “Project Stargate”, which he called “the largest AI infrastructure project in history”.

      Starting in Texas, the $500bn joint venture between OpenAI, the American software company Oracle, Japan-based SoftBank and Emirati investment firm MGX will finance datacentres across the US.

      The day before the Stargate announcement, Trump’s inauguration date, the Chinese company DeepSeek launched its own AI model, claiming it had used far less computing power – and therefore less water – than its western rivals.

      More recently, Bloomberg has reported that Microsoft is pulling back on some of its plans for new datacentres around the world. Microsoft has also published plans for a “zero water” datacentre, and Google has said it will incorporate air cooling to reduce water use – though it isn’t yet clear how its systems will work.

      “I’ll believe it when I see it,” said Jaume-Palasí. “Most datacentres right now are going from air cooling to water cooling because liquid is more efficient when you try to cool down high-density racks, which are the ones that are mostly being used for AI.”

      And while the Trump administration has pledged to fast-track new energy projects to power these new datacentres, it has so far said nothing about the water they could use up.

      “Neither people nor data can live without water,” said Gómez. “But human life is essential and data isn’t.”

  • Si tu t’imagines #Grenoble

    L’énergie renouvelable la plus formidable du monde est ici à Grenoble. Elle est celle des plus démunis. Elle est l’#intelligence_populaire, ouvrière, l’appétit de vie des gens de #Saint_Bruno, #Villeneuve, #Mistral et des autres #quartiers de la ville. Elle est celle des #alternatifs, ceux qui pensent qu’égalité, solidarité, joie de vivre, imagination sont les moteurs les plus puissants de la vie.

    1/ PREMIERES APPROCHES DE LA VILLE

    … Une ville plutôt debout que couchée !

    On pourrait dire que cette ville située au fond d’une cuvette, cernée par les montagnes et la pollution n’est pour le moins pas très chanceuse…

    … qu’ici les dynasties bourgeoises ont disparu corps et biens…qu’une ville qui abrite autant d’étrangers a forcément une morale douteuse. N’oublions pas qu’à Grenoble la mafia a droit de cité. On pourrait dire beaucoup de bêtises, de contre-vérités et passer à côté d’une ville qui a un coeur aussi énorme que la tête. Une cité où le conflit est considéré comme un moteur, la volonté comme le plus puissant des acteurs. Une ville qui a l’audace d’expérimenter, donc de se tromper pour mieux rebondir. On pourrait aussi dire comme le géographe Raoul Blanchard (1) que si Grenoble aujourd’hui existe très fort, c’est parce qu’au départ son seul atout était la prise de conscience de ce dénuement et surtout la volonté farouche d’y faire face. Ainsi, au- delà d’une pseudo fatalité, l ‘histoire humaine pourrait bien être faite par des femmes et des hommes dégagés de toute fatalité.

    Plutôt ensemble que chacun dans son coin

    Une commémoration du 11 novembre héroïque

    Entre le 8 et le 9 Septembre 1943 les troupes allemandes se substituent aux militaires Italiens. L’occupation et la répression deviennent beaucoup plus violentes. Le 11 novembre malgré les interdictions du gouvernement de Vichy près de 2000 personnes se rassemblent pour commémorer l’armistice de 1918. 600 seront arrêtées, 369 envoyées en camp de concentration.

    (source Musée de la Résistance)

    Neyrpic : Qui ne soutient pas la classe ouvrière à Grenoble ?

    Au début du xx siècle deux entreprises émergent du tissu industriel grenoblois : Merlin-Gérin, spécialiste de la distribution électrique et Neyrpic qui deviendra un leader des grands équipements hydrauliques. L’entreprise est dirigée depuis plus de 40 ans par deux catholiques fervents qui entendent mettre en accord leurs actes avec leurs convictions. Ils sont fermes, mais à l’écoute, respectueux des options syndicales de leurs ouvriers et vont même jusqu’à engager des agitateurs, refoulés partout ailleurs. Sur cette lancée ils acceptent la mise en place fin 1962 de la section syndicale d’entreprise, qui ne deviendra légale sur tout le territoire qu’en 1968. Scandale. Le ministre des finances de l’époque Willy Baumgartner convoque le patron du CNPF. Il lui demande de faire entendre raison à ce patron non conforme. L’entreprise est absorbée par le groupe Alsthom, Georges Glazer son PDG devint le N°1 de Neyrpic. Il revient sur les avantages acquis, procède à de nombreux licenciements et… déclenche une grève historique de 9 mois. Geo Boulloud (1) militant CGT, issu de la Joc qui devint en 1965 la cheville ouvrière de l’équipe Dubedout(2) était chargé des relations extérieures au sein de l’intersyndicale. Ses liens avec les professeurs chrétiens progressistes et leur soutien au prêtre sanctionné par sa hiérarchie pour son engagement auprès des ouvriers furent décisifs face à un milieu universitaire qui s’était mobilisé contre la guerre d’Algérie et les conditions de travail précaires des nouveaux assistants.

    Le 29 Mars 1963 les grenoblois étaient invités à un meeting de soutien aux travailleurs de Neyrpic présidé par le doyen Goré de la faculté de droit.

    « Toute la population est conviée à venir s’informer et prouver par sa présence sa solidarité avec les travailleurs de la grande firme grenobloise »

    En 1968 Les ouvriers représentaient 36,2% de la population de la ville et 43,1% de l’agglomération.

    Il est à noter qu’ici la porosité entre le milieu industriel, l’université et les chercheurs s’affiche clairement en faveur des classes populaires.

    Rénovation des quartiers ne veut pas forcément dire exclusion.

    Partout en France ont lieu des opérations de rénovation des quartiers connaissant un habitat dégradé, voire insalubre. Ces opérations voient les populations d’origine modeste ou en difficulté, rejetées à la périphérie de la ville, dans des banlieues ou dans des zones dites péri-urbaines. Ainsi on peut sans exagérer dire que rénovation est devenue synonyme d’exclusion. La politique de l’équipe Dubedout a été en sens inverse. Saint Laurent, Brocherie- Chenoise, Très -Cloître ont été des quartiers d’accueil voire de transit pour les populations issues de l’immigration italienne. La mairie a recruté tous les experts nécessaires lui permettant d’atteindre la maitrise complète des différentes opérations.

    Quand une municipalité offre 3 heures de musique par semaine aux enfants du quartier Mistral.

    En 1977 René Rizzardo(3) adjoint à la culture d’Hubert Dubedout propose de mettre en place dans le quartier Mistral une expérimentation portant d’une à trois heures par semaine l’initiation à la pratique musicale. Les enfants pouvaient sans contrainte choisir la musique qu’ils voulaient écouter, comme l’instrument de leur choix. L’expérience s’arrête en 1983 avec l’arrivée d’Alain Carignon à la mairie. Ceux qui ont eu le bonheur de participer à cette initiation l’ont vécue comme une possibilité de devenir des acteurs culturels à part entière, sans forcément disposer d’un savoir académique.

    Grace à l’action déterminée du Prunier Sauvage (4), centre culturel du quartier Mistral. Cette pratique a pu revoir le jour en 2017.

    Plutôt devant que derrière…

    La journée des tuiles, première journée de la révolution française

    « Le 7 juin 1788, le lieutenant général de la province confie à des patrouilles de soldats des lettres de cachet à remettre aux parlementaires pour leur signifier un exil sur leurs terres. Mais le tocsin sonne. La population est rameutée par les auxiliaires de justice, particulièrement fâchés de perdre le Parlement, qui est leur gagne-pain. Des Grenoblois s’emparent des portes de la ville. D’autres, montés sur les toits, jettent des tuiles et divers objets sur les soldats. Vers la fin de l’après-midi, les émeutiers, maîtres de la ville, réinstallent les parlementaires dans le palais de justice. Les représentants du Dauphiné, au nombre d’environ 540, se réunissent finalement le 21 juillet au château de Vizille. Ils appellent à refuser le paiement de l’impôt et demandent aux autres assemblées provinciales d’en faire autant. C’est la première manifestation de révolte contre l’autorité royale. Louis XVI se résout donc le 8 août 1788 à convoquer les Etats Généraux. Leur ouverture est fixée au 5 mai 1789. Depuis 2015, La mairie de Grenoble célèbre l’évènement en organisant la fête de Tuiles.

    Le 1er Planning Familial

    le 10 juin 1961, le premier centre de planning familial ouvre ses portes à Grenoble. « Dans cet établissement et dans ceux qui s’ouvrent les années suivantes, on aide les femmes à contrôler les naissances et éviter un avortement clandestin dangereux » En 1967 la loi Neuwirth autorisera la contraception et la loi Weil dépénalisera l’avortement en France .

    Le 1er Observatoire des Politiques Culturelles (5)

    René Rizzardo(3), ancien adjoint à la culture d’Hubert Dubedout n’a cessé de mener une réflexion approfondie sur la culture outil d’émancipation sociale. Au ministère de la culture les préoccupations d’Augustin Girard chef du département études et prospective vont dans le même sens. Comment s’articule la création artistique et culturelle avec les évolutions de société. Comment les politiques publiques s’inscrivent sur le territoire à l’heure de la décentralisation et également du constat des fortes disparités inter-territoriales. C’est en réponse à ces questions qu’est créé à Grenoble en 1989 l’Observatoire National des Politiques Culturelles (5), aujourd’hui dirigé par Jean Pierre Saez. Cet outil n’existe qu’en France. Aussi l’observatoire mène-t-il également des missions à l’étranger.

    La première mutuelle

    La Mutuelle d’Entraide et d’Assistance aux ouvriers gantiers, ou société de secours mutuel, créée en 1803 à Grenoble par André Chevallier, est la première mutuelle de France.

    Les premières allocations familiales

     En 1916 Emile Romanet, ingénieur, décide d’accorder au personnel de l’usine JOYA de Grenoble) les premières allocations familiales.

    ….

    Comment expliquer cette position de premier plan de la cité dans le domaine sociétal et culturel ?

    A travers l’immigration massive et la nécessité où se trouvent les différentes populations, la ville est obligée de s’inventer, de faire face à tous les problèmes. Le défi est d’autant plus stimulant qu’il n’existe pas dans les années 50 de bourgeoise locale luttant pour préserver ses acquis.

    2/ LES PLUS BEAUX PAYSAGES SONT LES ETRES HUMAINS

    Transportons-nous

    Les uns disent que Grenoble est une petite ville, d’autres une ville de moyenne importance 160. 000 habitants et 450 000 pour la métropole regroupant 49 communes Personne ne dit que Grenoble est une grande ville… Pourtant il y a quelque chose qui interroge le fraichement débarqué que je suis. Cette ville est magique parce qu’à géométrie variable, petite quant au territoire, soit 18, 3 km2… mais grande ou plutôt très en pointe dans les domaines essentiels de la politique, de la culture, de la science et par voie de conséquence dans des activités pionnières d’industrie et de service. Elle est la 5ème ville la plus innovante du monde, avec 25000 chercheurs et 65000 étudiants. Le premier éco-quartier » Bonne » existe depuis 2010. Voilà une cité leader dans bien des domaines qui concentre dans un territoire restreint un nombre de talents, d’innovateurs, ahurissant. Dans une petite ville quoi de plus banal de tomber sur X, Y ou Z. On taille une bavette, on voit un verre, on déjeune, on prend rendez-vous et… on élabore ensemble. D’accord pas d’accord peu importe, on a échangé. » Rien n’était loin tout était possible… » dit Pascale Henry, dramaturge. Les idées comme les gens se rencontrent, font du ping-pong, évoluent. La fréquence des rencontres fait que l’on peut prendre le risque d’aller plus loin … Les trams quadrillent la ville, le schéma permettant d’aller d’une ligne à l’autre est clair. Les horaires prévus sont respectés. Ici on peut bouger, avancer, se croiser et plus si affinité.

    En passant par Saint Bruno

    19 Novembre 13h, J’arrive de Paris en train et J’ai rendez -vous à la gare avec Claire lapin des anges, Clarinha Coehlo en langue portugaise. Signe de reconnaissance un bonnet (pas un gilet) jaune. Claire habite un studio sur la place Saint Bruno. Elle a accepté de m’héberger pour une nuit. A l’intérieur cette jeune femme est immense, en parfaite symbiose avec un quartier qui est encore fier d’avoir hébergé les ouvriers de cette ville et les usines où ils travaillaient. Avant même de poser mes affaires je fais connaissance avec plusieurs cafés de la place. Le quartier qui a longtemps été séparé du centre- ville par une barrière, ô combien symbolique, n’a pas vraiment bonne réputation. Hier comme aujourd’hui les gens respectables du centre -ville ne souhaitent pas se mêler à la populace, d’autant que dans certains cafés, la clientèle masculine est exclusivement arabe. Dans le premier bistrot où m’emmène Claire, une chose me frappe d’emblée. Les gens qui sont là, artistes, artisans, chômeurs, travailleurs divers ne ressemblent pas à ceux que je vois à Paris. Ce n’est pas leur physique qui est différent, c’est leur façon d’occuper l’espace… Ils ne posent pas. Zut alors, il a fallu que je vienne à Grenoble pour comprendre que les parisiens, tête de chien, pouvaient être des poseurs. Claire me présente à toutes ses connaissances et amis. En chemin, nous faisons une pause au café le Saint- Bruno. C’est un peu le QG des alternatifs du quartier. Beaucoup ont quitté leur pays pour tenter de vivre décemment. Ici, moins on a d’argent plus on partage. Pas seulement les biens matériels, mais aussi les soucis, les drames, les joies, les plaisirs. On accueille tous ceux qui arrivent, on essaie d’adoucir ce qui peut l’être. Trouver un petit travail à une vieille dame sans le sou, se préoccuper de la santé de quelqu’un que l’on n’a pas vu depuis deux jours. On fait attention aux gens. Dans ce quartier, on vit avec eux. A écouter Claire, je comprends que cette conscience aiguë de la dignité de chacun n’a rien de surfait, bien au contraire cette solidarité des pauvres est une intelligence de la vie. Dans ce quartier les prêtres n’ont pas hésité à se battre pour plus de justice aux côtés de la population. Ici, les filles et les fils de pauvres n’ont pas oublié que leurs parents étaient fiers d’appartenir à la classe ouvrière. Pour gagner sa vie Clarinha est modèle vivant dans des académies. Elle est très demandée. Elle s’arrange pour gagner le strict nécessaire et consacrer le reste de son temps à la troupe des Barbarins Fourchus (6), des rockers, punk dont la priorité artistique est de donner du bonheur à tous ceux qui se donnent le mal de les visiter.J’irais donc passer une soirée avec les Barbarins Fourchus. Ma nouvelle amie ne pratique pas le « Piolle bashing » ou art de dauber sur le maire. Il est clair dit-elle qu’ils ont fait des bêtises » Mais moi je vois ces quartiers s’embellir, des endroits qui n’ont pas été pris en compte pendant des années et des années. Piolle est le seul maire qui ait pris le problème de l’écologie à bras le corps. Il fait ce qu’il pense qui doit être fait, même si son éventuelle réélection doit en souffrir. Grenoble est une cuvette polluée, il refait tous les quartiers, pas que le centre-ville et il replante des arbres. Sur la place Saint Bruno qui souffrait de la mauvaise réputation du quartier, il a fait construire une immense dragonne en bois. Dès l’inauguration les enfants se sont précipité, pour chevaucher l’animal. Le pari était gagné »

    De la place Saint -Bruno, j’emprunte à pied le cours Berriat pour me rendre rue Revol où habite Gisèle Bastrenta qui a accepté de m’héberger pour deux semaines.

    – Tu ne sais pas où dormir ? Je vais voir autour de moi s’il y a une opportunité…

    – Écoutes, j’ai une amie argentine qui occupe le 2ème étage de ma maison et qui retourne dans son pays pour deux semaines, elle est d’accord pour te prêter son lit. Je ne connaissais pas Gisèle, elle est l’amie d’une amie. J’ai les clefs de sa maison, son frigidaire m’est ouvert, comme sa machine à café. Gisèle est psy clinicienne. Elle a longtemps travaillé sur la toxicomanie des adolescents. La gestion économiciste de la santé la révolte, face au désarroi d’une jeunesse condamnée à la relégation, si ce n’est pire. Gisèle vient d’une famille italienne de 7 enfants. Son père est originaire de la vallée d’Aoste, sa mère savoyarde. Dans la montagne l’agriculture ne pouvait être que morcelée. La pauvreté était extrême. Son père voulait venir en France d’abord par amour de ce pays et aussi pour vivre mieux. Il a été salarié d’une entreprise de travaux publics. Les enfants ont été scolarisés à l’école privée. Le père de Gisèle s’est montré très exigeant avec eux, il fallait que l’ascenseur social fonctionne, que les enfants aient accès à une classe supérieure. Ils sont aujourd’hui technicien, éducateur, médecin, psychanalyste, infirmier. Nathalie la plus jeune née en 1968 est cuisinière, elle a épousé Riad Kassa d’origine algérienne. Ensemble ils ont monté un restaurant délicieux au centre-ville. Riad dit » Grenoble est une ville de révoltés, pas de défaitistes. Ici on a accueilli l’énergie plutôt que l’origine » Tous ont bien été accueillis à Grenoble, ils savent ce qu’ils doivent à la ville et à l’école.

    Combien de fois me suis-je rendu Place Saint- Bruno ? Chaque fois que je pouvais y fixer un rendez-vous. Combien de fois ai-je emprunté le cours Berriat et les rues adjacentes…Je ne sais pas. Un jour j’ai levé le nez, je croisais la rue du commandant Debelle(7). Sur la plaque émaillée, un coup de craie l’avait transformée en rue du commandant Rebelle. Le quartier regorge de lieux, alternatifs, squats, maison d’accueil, centres sociaux, associations, sièges de mouvements libertaires. La rue d’Alembert en contient déjà deux dont la réputation n’est plus à faire le 102 et le 38. L’union de quartier Berriat, Saint-Bruno et Europole dispose d’un journal mensuel, animé par Bruno de Lescure. Il suit de très près les dossiers municipaux et se montre très virulent à l’égard de l’équipe en place. Elle n’aurait pas tenu une des plus importantes promesses de campagne à savoir consulter les habitants sur les projets les plus importants de la mandature. Par ailleurs elle aurait en matière d’urbanisme reconduit deux projets majeurs de l’équipe précédente qui devaient être remis en cause. Ainsi le quartier Flaubert et la presqu’île. Le tracé de l’autoroute à vélo qui passe par le centre -ville n’a pas non plus fait l’objet d’une concertation. Les transports en commun qui devaient être gratuits… ne le sont pas.

    L’utopie Villeneuve

    Le quartier de Villeneuve, pour des raisons contradictoires, fera parler de lui dans tout l’hexagone est bien au-delà. En 1960 Grenoble a posé sa candidature aux Jeux Olympiques de 1968. Elle est acceptée en 1963. En 1964 à la veille des élections municipales de 1965 rien n’a bougé, aucun des travaux nécessaires n’a été entrepris, Hubert Dudebout (2), ingénieur, responsable des relations extérieures au CEA, n’est pas une personnalité connue. Il le deviendra en résolvant un problème essentiel pour de nombreux habitants. Par manque de pression, l’eau arrive dans leurs appartements de façon plus qu’aléatoire. Hubert Dubedout crée un syndicat des usagers de l’eau. Par ailleurs, il constate le peu d’écoute qu’ont les partis politiques en place des besoins et problèmes des habitants. Il crée alors les Gam, groupes d’action municipaux, dont la raison d’être sera d’apporter des réponses concrètes aux besoins exprimés. En 1965 L’alliance inédite des Gam, du PSU, parti de la deuxième gauche et du PS social- démocrate, gagne les élections haut la main. A tous les niveaux il est impératif de transformer la ville. La municipalité prend la mesure du défi. Elle va respecter les engagements pris et surtout profiter des JO pour donner à la cité les équipements qui lui manquent. Avec les services de l’état, elle fournit un travail acharné. Le résultat est spectaculaire. Grenoble manque également de logement. L’équipe en place ne veut pas seulement faire face mais aussi innover. Les objectifs de Villeneuve quartier, expérimental sont les suivants :

    –Lutter contre la ségrégation sociale

    –Favoriser un autre mode de vie urbain en offrant le maximum de liens sociaux

    –Inciter les habitants à être des « acteurs de la vie » du nouveau quartier

    Le quartier de la Villeneuve, à cheval sur Grenoble et Echirolles, qui sortira de terre pour partie en 1972, après des études et réflexions poussées, sera avant-gardiste dans beaucoup de domaines, ainsi la mixité sociale, l’éducation, l’architecture et l’innovation technique. Intellectuels, artistes, enseignants, ouvriers, militants divers, immigrés partagent un lieu abordable financièrement et ouvert sur le monde.

    Les écoles publiques qui jalonnent les trois sous -quartiers sont à la pointe des pédagogies alternatives. Désormais l’école sera un lieu intégré croisant plusieurs vocations …bibliothèques, salles de conférences, lieux de réunion, de loisir, cantines adultes, etc Les militants du dehors sont également les bienvenus. Les immeubles avec coursive intérieure facilitant la circulation d’un appartement à l’autre, sont plantés dans un parc immense, agrémenté d’un lac. Face à tout projet novateur, il est coutume de dire que tout commencement est forcément idyllique et qu’ensuite, la vraie vie reprend ses droits. De fait, les problèmes vont s’accumuler : drogue, délinquance, règlements de compte, etc

    Le 15 Juillet 2010 Karim après avoir braqué le casino d’Uriage est froidement abattu d’une balle dans la tête par la police sous les yeux de sa mère. Les jeunes réagissent, brûlent des voitures. Alors que la police de proximité avait disparu du quartier depuis 10 ans, le voilà mis en état de siège, Raid, GIGN, hélicoptères, barrages. C’est la guerre, relayée comme il se doit par les médias. Jo Briant( 8) témoigne « … tous sont comme submergés par un sentiment d’écrasement, d’impuissance et de désespoir face à ces évènements qui vont encore d’avantage enfoncer les habitants dans la stigmatisation et la souffrance sociale » Nicolas Sarkozy est venu à Grenoble et il a fait un discours(9) que la famille Le Pen ne renierait pas. Si certains des habitants quittent le navire, d’autres ne renoncent pas, un collectif d’habitants se forme. Il deviendra « Villeneuve debout »(10) sous l’impulsion d’Alain Manac’h, militant exemplaire formé à l’éducation populaire par « Culture et liberté ». Les habitants prennent en main les problèmes, une pièce sur la délinquance est jouée, des colloques organisés, ainsi qu’une université populaire. En 2012 deux éducateurs sont assassinés par une bande de voyous. Le verdict de la justice scandalise les avocats. Celui qui a donné des coups de couteaux et « balancé » tous ses camarades présente bien. Il écopera de 8 ans de prison. Les autres qui n’ont pas fière allure et parlent mal, prendront entre 12 et 15 ans pour avoir participé à la bagarre.

    En 2013, après 3 mois d’incubation (ce qui inspirait respect et confiance) une journaliste « d’Envoyé spécial » produit une émission « Villeneuve le rêve brisé » qui révolte tous les habitants du quartier, comme tous ceux qui ne craignent pas de dénoncer le mensonge médiatique (11). Villeneuve est un enfer, délits, meurtres et drogue ne cessent de rendre la vie impossible aux braves gens, s’il en restait. Les habitants indignés, c’est une première, sont allés en justice. Ils ont été déboutés, mais l’occasion les a mobilisés. Quoiqu’on en dise, tous les primo habitants n’ont pas quitté le navire. Mais le plus important est ailleurs : L’utopie Villeneuve a été délibérément sabotée. En 1983 Alain Carignon candidat du RPR bat Dubedout. Faisant fi des listes d’attente il exige que des logements en nombre soient attribués à des familles en situation difficile, principalement des émigrés. Ainsi Villeneuve a connu tous les problèmes des cités de banlieue. Non seulement les médias ont été dans le sens du vent, mais ils en ont énormément rajouté. J’ai eu le bonheur de rencontrer plusieurs habitants de ce quartier.

    Témoignage de Jo Briant repris dans son livre » ABéCéDaire pour le temps présent »(12)

    « Nous avons été aussitôt enthousiastes, car ce projet urbain répondait tout à fait à notre rêve d’un quartier sans ségrégation, pluriculturel, facilitant rencontres et échanges entre les habitants… Nous étions encore bercés par l’utopie de Mai 68, par l’espérance d’un autre mode de vie sociale… Nous voulions vraiment vivre à la Villeneuve….A l’image de l’ensemble du quartier notre montée et notre coursive étaient cosmopolites, des immigrés de toutes origines, surtout maghrébins, des chiliens à partir de 1974, après le coup d’état du 11 Septembre 1973. Dans les locaux sociaux qui n’étaient pas encore vandalisés ou squattés, il n’était pas rare que nous organisions des rencontres à caractère festif, voire des apéros ou des repas collectifs »

    Jouda Bardi

    travaille à la Régie de Quartier de Villeneuve, elle est militante de l’association « Pas sans nous » Elle est également l’un des moteurs de l’université populaire(13) et membre du collectif « Nous citoyennes » insurgé contre les projets de loi islamophobes.

     » On agit dans les quartiers, pas seulement pour la communauté musulmane, mais pour tous. On veut faire grandir nos enfants dans un quartier populaire dans des conditions décentes. On a beaucoup travaillé, sans moyens mais en toute indépendance. Pour avoir une salle de réunion consacrée à la culture, sur les discriminations, les préjugés, la place des femmes dans la société, comprendre pourquoi il y a un mur entre les gens. Aujourd’hui on n’a pas d’espace pour discuter. On prend plaisir à en créer. On fait connaissance, on n’est pas d’accord, ce n’est pas grave. Les politiques créent des espaces de non discussion. Je m’élève contre la ségrégation, l’assignation systématique, les étiquettes, les raisons que l’on a de nous mettre de côté. Je mets en place des jeux qui ouvrent les portes, permettent de s’impliquer et favorisent le débat. On peut tout se dire en respectant les règles de la communication non violente. On essaie de faire une bibliothèque humaine. Les jeux sont de super outils à la disposition de gens qui ont envie de créer des ponts. On est là pour colmater les brèches que certains politiques creusent, ça devient de plus en plus difficile. La société est atteinte. Ils ont beaucoup joué sur le clivage entre les uns et les autres. C’est un jeu dangereux à visée électoraliste. La société en paye le prix fort. L’université populaire est un lieu où l’on peut parler de tout cela, chacun peut s’exprimer, s’occuper de la fête du quartier. On travaille sur le vieillissement, le féminisme. C’est le regard des autres qui nous discrimine, ça pourrait être utile d’aller travailler là où ces représentations se construisent, car ce qui est au départ leur problème, finit par devenir le nôtre. Nos enfants, on ne veut pas qu’ils réfléchissent. Si on n’est pas derrière eux, ils n’apprendront rien à l’école.

    Les journalistes qui viennent ici sortent nos propos de leur contexte, pour nous faire dire autre chose que ce que l’on a dit »

    David Bodinier urbaniste, militant associatif

    Dans les maquis de la résistance, ce sont nouées de vraies relations, dont il reste quelque chose à Saint -Bruno et à Villeneuve. Sinon dans la ville, les différents publics et les classes sociales sont séparées. Villeneuve est un collectif ouvert qui veut éviter cette ségrégation. C’est à Villeneuve qu’a été créée la première télévision de quartier, une centrale d’aspiration des déchets tout à fait innovante. L’eau du lac est issue de la nappe phréatique. Il y a ici une volonté de transformer les rapports sociaux, ce que ne permettent pas les révolutions par le haut. Prendre le pouvoir ne suffit pas. Modestement, il s’agira d’évaluer, réévaluer ce qui est transformé en le confrontant au vécu des gens. On n’a, ici à Grenoble, pas pris conscience, assez tôt qu’il fallait panser les plaies de la désindustrialisation, Grenoble, avec sa classe ouvrière était une ville d’industrie. La nouvelle gauche se tourne vers l’avenir, en faisant l’impasse sur la période précédente et la lutte des classes. Les problèmes actuels de violence et de drogue en sont la conséquence directe. Comment la nouvelle équipe municipale fera-t-elle face à cette histoire ? Ce n’est pas évident.

    Willy Lavastre et la Batukavi (14)

    « Il y a eu une première période de 72 à la fin des années 80, où des expérimentations pédagogiques alternatives, comme celles de Steiner, Montessori ont été injectées ici dans l’école publique financées par l’état. On peut faire l’hypothèse que le renouvellement des populations a empêché une domination appuyée de la classe dominante, il n’y a pas eu de sédimentation idéologique dissimulant les finalités réelles. Alain Carignon (RPR) comme Michel Destot le maire (PS) qui lui a succédé ont utilisé Villeneuve pour y placer des populations en difficulté. Ensuite, on a beau jeu de constater qu’il y a repli communautaire. Les moyens alloués aux quartiers diminuent et le clientélisme lui se porte de mieux en mieux. Les écoles alternatives, non sécurisées, n’étaient pas faites pour accueillir des gosses venant de pays en crise. Les premiers publics qui ont choisi de venir habiter ici étaient issus des classes moyennes et populaires, mais pas les plus démunis.

    En 2010 Karim a été tué à bout portant par la police. Le corps abattu est resté exposé pendant presque deux heures. Pendant un mois et demi, ça été l’enfer. Un jeune, mis en avant dans le reportage de 2013 d’Envoyé spécial, a avoué avoir reçu 250€ pour pointer un flingue. Les jeunes n’ont pas leur place dans notre quartier. En créant l’association Afric-impact on a monté en 1989, le premier programme d’éducation à la citoyenneté locale et internationale, pour lutter contre les représentations discriminantes touchant le continent africain et la diaspora. On a créé plus de 50 clubs avec des animateurs reliés à des écoles dans plusieurs villes, et organisé des rencontres interculturelles en imaginant des jeux, mettant en avant 8 personnages illustrant toute la gamme des relations Noir/blanc. Maintenant ces outils existent et sont librement partagés. On a aussi créé des jeux sur les sans- papiers. On voulait faire prendre conscience aux jeunes que les africains n’avaient ni besoin d’eux, ni de transfert de compétence. Ils ont besoin de notre argent. Le clivage n’est pas blanc/noir mais riche/ pauvre.

    On leur a dit, mais vous les africains vous êtes souriants. Ils répondaient, il ne manquerait plus que cela que l’on fasse la gueule avec la galère que l’on a !

    On leur a répondu, mais vous vous vous occupez de vos vieux !

    – bien obligés, on n’a pas de sécurité sociale. Pour la remplacer … on fait beaucoup d’enfants !

    Accueillons ceux qui peuvent venir ici.

    J’avais un père qui a monté des festivals de Jazz, j’ai fait des percussions et le conservatoire.

    On a créé des groupes de Batucada, comme on conçoit un outil intégrant musique, danse, marionnettes géantes. On y a réfléchi pendant l’année 2009. En faisant l’hypothèse que le Brésil pouvait obtenir la coupe du monde de 2014 comme les JO.et que l’on serait capable d’accompagner des projets internationaux. Fixer 2014 comme objectif était motivant pour les enfants. Un rêve possible à accomplir, après des tournées au festival d’Aurillac et au Maroc. On se moquait de nous quand on évoquait l’idée d’aller au Brésil. Aujourd’hui on est en capacité de faire 1200 prestations et les médias parlent de nous. On est partenaires des JO de Tokio 2024. Nos moyens, on les obtient par du financement participatif, des prestations payantes, des subventions publiques, des participations privées. On a rencontré les palestiniens dans leur camp au Liban, et visité de nombreux pays d’Europe, on a été au Maroc et là on revient de New-york. Point Important le conseil d’administration de notre association est en majorité composé de mineurs. Nous sommes dirigés par des enfants. S’ils peuvent rêver, être fiers d’eux même et reconnus bien au- delà du quartier, c’est aussi qu’ils ont travaillé en fonction d’un objectif à remplir » Il y a quelque chose qui me frappe dans la démarche de Willy. Ici en France, il y a des gens qui agissent dans le secteur culturel, d’autres dans le socio -culturel, d’autres dans l’économique…comme si ces domaines étaient séparés par des cloisons étanches. La Batukavi elle, décloisonne …Willy me regarde, il est visiblement ému : « écoutes c’est extraordinaire c’est la première fois que je prends conscience de cela. En France on est sans cesse confrontés au cloisonnement. Comment est-ce possible que nos jeux super-performants, éducatifs n’arrivent pas à pénétrer l’éducation nationale ? On n’a pas le droit de parler de psychologie, ce n’est pas notre domaine. Les entreprises ne peuvent pas entrer dans le domaine de l’éducation nationale. Au rectorat on nous a dit : « l’éducation nationale c’est nous. Vous ne pouvez être dans le secteur de l’éducation populaire qui a une histoire très lourde (ou connotée politiquement) Vous êtes dans l’animation populaire ! » La Batucavi est un bel ambassadeur de la Villeneuve et des quartiers, sans compter que cette démarche, aussi joyeuse que compétente, est à même d’inspirer d’autres explorateurs.

    En 2012, face aux projets de démolition avancés par l’ANRU, les habitants se mobilisent au sein d’ateliers populaires d’urbanisme pour inventer un nouveau Villeneuve, trop conscients que » Ce qui se fait sans les habitants, pour les habitants, se fait le plus souvent contre les habitants » Ce projet urbain s’inscrit dans une approche globale de l’urbanisme, qui ne dissocie pas les questions sociales, professionnelles, politiques, culturelles, économiques, éducative. Dans les années 75/ 78 François Gillet, proche des Gam d’Hubert Dudebout est maire de Meylan, une commune de l’agglomération grenobloise qui manque singulièrement de logements. Non seulement Meylan veut apporter sa contribution, mais également innover. Le quartier des Béalières sera un des premiers éco-quartiers de la région, une cité jardin aux immeubles entièrement ouverts.Une concertation très poussée implique autant les habitants que les professionnels. L’atelier public d’urbanisme dont Robert Chartier est un pivot, impulse, organise, mais la décision revient aux politiques. Priorité est donnée aux piétons, les enfants peuvent jouer tranquillement sur la voie publique. Les architectes qui ont également travaillé sur Villeneuve font tout pour faciliter les relations de voisinage, ils multiplient les espaces de rencontre. L’union de quartier associe les habitants au devenir de leur quartier, elle développe partage, solidarité et relation avec de nouveaux habitants résidant dans des immeubles plus traditionnels, c’est à dire fermés.

    Dans le quartier Mistral

    Selon Hassen Bouzeghoub directeur du Centre d’Education Populaire, Le Plateau(15) »Mistral est une enclave urbaine à l’ouest de la ville, ici on est au bout de quelque chose. Il n’y a pas moins de 35 communautés dans ce lieu. Derrière il y a un mur et ensuite la Drac ». Mistral fait partie des quartiers dits difficiles de Grenoble. Il fut d’abord un quartier ouvrier. La population en a été trop souvent stigmatisée. Aujourd’hui les barres d’immeubles ont été détruites, le quartier est en pleine rénovation. Pour ceux qui l’ont connu dans les années 60/70, la nostalgie est grande, au-delà de ceux qui ont eu la chance d’habiter la cité jardin, aujourd’hui détruite. Ces années – là ont vu arriver les rapatriés d’Algérie, de nombreux espagnols, relativement peu de maghrébins. Les italiens, eux, étaient là depuis longtemps. Tout le monde se connaissait, on se parlait, on se rendait service. Ces années là- étaient celles de l’ouverture, on était persuadé que le monde pouvait changer et que chacun pouvait y contribuer. Brahim Rajab a fait en 2005 un film (4) sur l’histoire récente du quartier- Mistral « Décibel années » Dans ces années- là, l’équipe municipale portait une vraie attention aux populations des quartiers. Pour eux, la culture n’était pas seulement un moyen de donner du sens ou d’élever le débat, mais aussi un moyen puissant pour désenclaver le quartier, travailler à sa reconnaissance et ainsi changer son image. Point majeur, il ne s’agissait pas de faire le bien des gens mais plutôt de donner les moyens à tous de se saisir des outils proposés.

    René Rizzardo(3) : « Mistral a été pour nous comme pour beaucoup d’élus et pour Hubert Dubedout, un terreau d’expériences de ce que l’on pouvait changer au niveau d’une mairie » La musique a été le vecteur principal choisi pour se donner du mouvement. A trois niveaux différents.

    – D’abord en organisant des grands concerts rock/ pop/ punk /musiques du monde à l’occasion de la fête du quartier, ce qui n’empêchait pas l’organisation de petits bals populaires et autres animations. Bernard Lavilliers, encore peu connu a été un des premiers à venir à Mistral avec son percussionniste Mino Celenu, à l’époque pas plus connu que lui. Quelques années plus tard Lavilliers est revenu jouer gratuitement à Mistral « Si vous dites aux gens que vous les aimez et que vous ne revenez jamais, cela ne veut rien dire »

    –Forts de premiers succès prometteurs, responsables techniques, jeunes, artistes se sont réunis pour mettre sur pied une fréquence de programmation soutenue. Les jeunes du quartier n’avaient pas les moyens d’aller à des concerts au centre- ville et un des objectifs était également de faire venir régulièrement à Mistral un public extérieur. Téléphone, Starshooter, Dire Straits, Bob Marley et bien d’autres sont venus et ont remporté un énorme succès. Avec l’avènement du Hip Hop la danse a été mise à l’honneur.

    – Conscients de la difficulté d’accès au conservatoire de musique, les élus ont mis sur pied une nouvelle expérimentation dans les quartiers, celle d’écoles de musique. Mistral sera un des premiers choisis. Trois heures, au lieu d’une, seront consacrées à la musique. Le travail se fera autour de l’éveil et des techniques de base. Des musiciens présenteront aux élèves leurs différents instruments. Un an après, chaque élève pourra choisir sur une liste l’instrument qu’il souhaite pratiquer. Chaque élève aura droit à des cours particuliers, lui permettant de progresser rapidement. Les élèves étaient trop motivés pour rater un seul cours. En 1983, Hubert Dubedout(2) est battu. Ni les expérimentations, ni la culture, n’ont désormais droit de cité dans les quartiers. Le traitement social et la politique des grands frères (16) suffiront pour acheter la paix sociale. Accusé d’escroquerie et de corruption passive, le maire Alain Carignon sera condamné à cinq ans de prison (21). Michel Destot (PS) lui succédera pour trois mandats. Parmi nos interlocuteurs, certains pensent qu’il aura été un maire clientéliste. Sa politique culturelle ne sera pas radicalement différente du maire précédent. D’autres comme Marie Laure Mas ont un avis beaucoup plus nuancé » Destot n’encourageait pas la politique des grands frères (16). Il faisait avec. Le drame de ce quartier c’est que tout le monde fait avec. Pourquoi ? parce que les mecs qui tiennent le quartier sont superpuissants. C’est pour moi une zone en dehors de la démocratie. Ce ne sont pas les lois de la république qui s’y appliquent, mais la loi de ceux qui tiennent le quartier à travers le trafic de stupéfiants »

    Le Prunier Sauvage, lieu de vie artistique (4)

    Son directeur, Brahim Rajab à l’orée de 2019, le définit ainsi : » Un lieu de vie culturel et artistique tel le Prunier Sauvage est un lieu foisonnant, où des artistes professionnels croisent des amateurs. Un endroit où l’on rencontre des enfants qui, un instrument sous le bras, viennent apprendre et grandir en musique. Les habitants d’ici refont le monde avec les habitants de là-bas, où chaque pas nous mène vers l’autre et élargit notre horizon. Un espace où l’imaginaire est roi, où l’on vibre, partage, et crée ensemble. En 2019, avec la programmation concoctée par l’équipe du Prunier Sauvage et ses complices, nous aurons une irrésistible envie de courir, les enfants danseront à l’école, Ulysse s’échouera au pied des HLM. Nous voyagerons à travers le son, des Balkans à la Colombie, en passant par l’Afrique et l’Orient. Nous suivrons une petite fille afghane, frêle papillon dans les griffes de la bête. Et tous ensemble, nous chercherons l’hospitalité à l’heure où les portes se font lourdes »

    Rencontre avec Brahim Rajab

    « Depuis 1983, La culture et la république ont déserté le quartier. La pratique de la politique des grands frères( 17))très efficace à court terme pour acheter la paix sociale, se révèle à terme une catastrophe. L’emprise de la religion est de plus en plus forte ainsi que le trafic de drogue. Mais grâce au travail des associations, et à la Maison des habitants, Mistral ne connait pas un chaos total. Depuis que la nouvelle équipe municipale est en charge, on voit des techniciens de la mairie qui s’implantent dans le quartier, la république revient. La nouvelle municipalité qui ne connaissait pas ce type de territoire a su écouter, elle essaie des choses pour être plus présente. La première adjointe du maire, Elisa Martin(17) a pris en charge cette mission. A l’origine du Prunier Sauvage se trouve une association dont certains membres avaient connu et très fortement apprécié l’expérimentation des 3 heures de musique par semaine initiée par René Rizzardo( 3), dans un contexte de forte mixité sociale »

    Brahim Rajab est arrivé du Maroc en 1978. A Fontaine, petite ville de l’agglomération grenobloise, on ne se préoccupait des origines de personne. A Partir de 1983 Alain Carignon comme le maire socialiste Michel Destot, ont procédé à un regroupement ethnique des population, ce qui a fortement contribué au repli sur lui -même du quartier. « L’ UE, via un programme de développement de territoire qui n’a à priori rien à voir avec la culture, nous a permis de mettre en place le festival Mistral, Courant d’ Airs en 2002. Cela a forcé les institutions locales à accorder un peu d’attention à nos propos. Nous subissons un trafic de plus en plus structuré, la mafia, l’emprise religieuse. Nous voulons que les gamins qui grandissent ici aient accès à d’autres références. Nous voulons élargir leur capital culturel en liaison avec leur environnement de proximité. On ne doit pas laisser toute la place à ce qui les enferme. Au départ c’était très difficile, avec un petit budget et beaucoup de gens contre nous, dont les techniciens du milieu culturel qui ne voulaient pas que l’on aille sur leur terrain. Le Prunier Sauvage, c’est un peu une herbe folle qui résiste malgré tout, une petite équipe de trois personnes. Et la population qui nous soutient. Grâce au rétablissement des 3 heures de musique par semaine, on a pu monter un petit orchestre d’enfants. Il faut prendre en compte les droits culturels. Les citoyens ne sont pas seulement un public à qui l’on vend. L’important est d’avoir un impact politique dans la vie de la cité. Avec les partenaires du Prunier, on va pouvoir en quelques années changer le quartier, modifier la trajectoire de certains jeunes, en tous cas leur donner toutes leurs chances. La culture n’est pas un gadget » mais un levier. Nous voulons prendre en considération les citoyens avec leur richesse culturelle pour aller vers le partage, vers une culture commune. L’orchestre choisit les morceaux qu’il veut jouer. Nous organisons des repas partagés artistes/ habitants, pour que ces derniers s’approprient le lieu, de même pour les personnes âgées du foyer. nous accueillons aussi des conférences gesticulées et développons un projet autour des arts de la rue. La culture est une arme essentielle pour lutter contre l’assignation culturelle et sociale. Quand on se sent considéré, écouté, que l’on a accès à des espaces d’expression, on est mis en valeur, encouragé, on fait partie du jeu, on n’est pas hors- jeu. Au -delà de son quartier, on appartient alors à une communauté plus globale. On a construit un char » Machine à rêver » Son équipage part à la recherche de l’homo Oeniricus qui a perdu sa capacité à rêver. Il s’agit de l’aider à retrouver ses rêves. A chaque halte, jusqu’au centre- ville, interviennent un groupe de citoyens et d’artistes amateurs et de gamins en chant ,en musique, en poésie. Avec le Parc des Arts on est en train de monter un gros projet qui participe des arts de la rue, du cirque et autres improvisations. Il est impératif de tout faire pour que les habitants de nos quartiers, les enfants en particulier, retrouvent la confiance en eux ». Brahim en sait quelque chose lui qui a grandi ici et été exposé au mépris. Ainsi monsieur x, qui dit devant lui » Moi je vais à la montagne, parce que l’été, il y a trop d’arabes sur la plage. L’ancrage territorial est très important, Le Prunier Sauvage travaille avec beaucoup d’autres structures, « les arts du récit », Mixart le plus gros festival des arts de la rue et surtout avec les écoles du quartier, la maison des habitants, la maison de l’enfance, qui mettent sur pied des résidences. Travailler à une double échelle, ici et ailleurs est très important. Un jour lors d’un repas partagé ,on demande à nos hôtes où ils aimeraient aller. L’un répond : j’aimerais aller à l’opéra… Moi aussi… moi aussi. On a pris contact avec l’opéra de Lyon qui s’est montré enthousiaste. un groupe de 21 habitants du quartier a été reçu. Ils ont visité l’opéra, assisté à un spectacle. Très bien mais cela ne nous suffisait pas. On a demandé que des membres de l’orchestre de l’opéra viennent nous visiter. Ils ont accepté et sont venus animer un atelier de chant lyrique. la rencontre avec l’orchestre des enfants du quartier a été magique. C’est comme cela que l’on essaie de réinventer les choses. Notre lieu ne respecte pas les clivages castrateurs. Ce qui a été néfaste, c’est la création d’un Ministère de la Culture. Éducation populaire /jeunesse et culture ont été séparés. Selon le voeu de Malraux on impose une vision de la culture qui donne la primauté à l’esthétique et aux oeuvres d’en haut. Ce parti-pris nie toute forme de diversité et fait de nous des consommateurs de culture, pas des acteurs. » La Bobine (18) « se bat sur le même terrain que le Prunier. Ils prennent de vrais risques avec une programmation aussi variée que possible pour un jeune public, sans flatter l’intellect de personne.

    Nouvelles Résistances –

    Dans cette ville l’esprit d’insoumission ,la revendication égalitaire s’inscrivent dans des lieux : centres sociaux sauvages, squats, centres culturels, maisons des habitants, bibliothèques(19). Il faut également prendre en compte qu’à Grenoble, sont arrivées des populations de plusieurs continents fuyant la misère locale. La pauvreté d’ici, malgré des conditions de logement souvent indignes, a constitué un pas en avant, il semble bien qu’elle ait forgé un éventail de valeurs humaines où le partage, l’entre-aide, la primauté du lien humain, seront constitutifs d’une culture populaire digne, joyeuse, porteuse de progrès et d’exigence, une culture des laborieux, sans cesse confrontée aux contraintes du terrain et donc susceptible de développer une intelligence collective sans tabous. On a trop souvent tendance à oublier qu’avant l’atomisation des tâches un ouvrier pouvait être fier d’ouvrer…d’oeuvrer. Une ville comme Grenoble nous rappelle qu’il existait, qu’il existe encore et pourrait exister une authentique culture populaire de fierté, de luttes, de partage et d’imagination. Si on remonte un peu plus loin dans le temps on s’aperçoit qu’ici sont également nées les premières sociétés mutualistes. La première société de secours mutuels de France fut créée le 1er mai 1803 par les ouvriers gantiers grenoblois. Suivirent celle des cordonniers , des peigneurs de chanvre, des mégissiers, chamoisiers, tanneurs et corroyeurs, des tisserands, drapiers et tapissiers en juillet 1808. Un siècle plus tard se crée celle des maçons, tailleurs de pierre et charpentiers. C’est également à Grenoble que virent le jour les trois premières sociétés mutualistes féminines en 1822. Toutes ces associations mutualistes se regroupent dans une maison de la mutualité. Elles visent à protéger l’ouvrier et sa famille, en cas de maladie, par le versement d’une allocation. Certaines versent également des indemnités de chômage, voire des pensions aux vieillards. Sur un axe plus politique on ne peut passer sous silence la trajectoire de Joseph Bernard, ouvrier serrurier, militant anarchiste, puis socialiste révolutionnaire. Il est l’un des fondateurs du mouvement libertaire et du syndicalisme dans l’Isère et dans le Rhône. En 1879 il participe au congrès national ouvrier de Marseille, vote la motion féministe et à son retour organise une chambre fédérale ouvrière qui est, à Grenoble, le premier groupement professionnel et politique de la classe ouvrière. On notera que la plupart des ouvrages consacrés à la ville ont une singulière tendance à passer sous silence l’histoire du mouvement ouvrier des années 50/ 60, alors que la population ouvrière pouvait représenter jusqu’à 40% de la population active. Silence relatif également sur les prêtres militants, condamnés par leur hiérarchie. Dans ce schéma, coincé entre la répression de l’état bourgeois assimilant l’ensemble du mouvement au terrorisme d’une minorité et le communisme stalinien éliminant et disqualifiant tout mouvement révolutionnaire pouvant lui faire de l’ombre, la mouvance anarcho-libertaire travaillant à la construction d’une société égalitaire s’auto-administrant ne pouvait qu’être boycottée, maltraitée ,voire éliminée. On ne peut donc que constater un énorme déphasage entre le bouillonnement politique, culturel , scientifique et l’une de ses sources d’inspiration. Ce déphasage explique sans doute la tendance au repli sur soi d’initiatives généreuses et altruistes, voire une certaine mélancolie. Ceux que l’histoire a blessés, peuvent être en permanence en proie au doute, voire à une remise en question. Aujourd’hui leur modestie comme leurs convictions égalitaires sonnent étrangement juste à nos oreilles qui savent qu’aucune révolution, aucun encerclement ne peuvent justifier la descente aux enfers du goulag et autres camps de la mort.

    Le 38 rue d’Alembert – Centre social Tchoukar (19)

     » Nous partons d’un constat simple : la ville a besoin d’espaces où peuvent s’inventer et se réinventer nos vies, indépendamment des pouvoirs publics. Des lieux d’entraides, de débrouille, où se tissent des liens et des solidarités dans la rencontre plutôt que derrière un guichet. Où il est possible de résister, partager nos joies et nos combats ; développer des initiatives so-ciales et culturelles pour toutes les personnes qui ne se reconnaissent pas dans les cadres habituels ou qui en sont simplement exclues. De lieux où les activités sont gratuites, où l’on peut partager des moments, des savoirs et des pratiques librement : prendre des cours de français ou de soutien scolaire, réparer un jean ou un vélo, voir une pièce de théâtre dans un lieu improbable, y entrer en curieuse et en sortir le ventre plein, l’esprit léger et le cœur réchauffé. Ces espaces existent à Grenoble et ils sont précieux. Ces six derniers mois, la politique d’austérité de la Ville a mis directement en péril des espaces communs dont nous avons pourtant cruel-lement besoin….Dans ce contexte, nous avons urgemment besoin de maintenir et densifier les liens entre les habitants et les habitantes, afin qu’ils puissent continuer à subvenir à leurs besoins, et sur-tout à s’auto-organiser. Le quartier nous appartient, nous le défendons collectivement.

     » C’est dans cette optique que le Lieu Com-mun, centre social Tchoukar du 38 rue d’Alembert, s’est installé à Saint-Bruno il y a deux ans. Il est au-jourd’hui menacé par les pouvoirs publics, proprié-taires des lieux, qui souhaitent le raser pour construire à la place des logements sociaux. ….Nous désirons poursuivre l’aventure du 38 afin que perdure ce que nous y avons déjà mis en place : un magasin gratuit, une laverie, une cantine sur la place, une salle de répét, un atelier de réparation de vélos, un atelier couture, un cinéma de quartier, une salle de sport, un lieu d’activités qui rayonne au -delà du quartier St-Bruno. Ici et maintenant, nous construisons petit à petit un quartier populaire tel que nous l’imaginons. Ne laissons pas la mairie tailler nos rêves en pièce ! »

    extraits de la lettre ouverte produite par le 38 face aux menaces d’expulsion

    Rencontre avec Alan et Clément … à moins que ce soit avec Paul et Léon !!!

    Le 38, centre social autogéré existant depuis 4 ans se situe dans la proximité idéologique des centres sociaux autonomes italiens. Dans les années 70 Le mouvement autonome, alors partisan de l’action directe, rejette l’affiliation à toute structure pyramidale et anti égalitaire de type syndical ou partisan. » On essaie de transformer le monde de l’endroit où on habite, à partir de gestes quotidiens. Dans l’atelier vélo, gratuit, on ne répare pas à la place des gens, on leur apprend à réparer( on ne fait pas pour les gens, mais avec eux) On pratique la solidarité dans un monde qui a choisi l’individualisme. Ce que l’on a évidemment en commun c’est l’endroit où l’on habite. On croise pas mal de monde, ici au café le Saint Bruno, à Cap Berriat(20), dans le quartier, des syndicats comme Solidaires, Sud, la CNT, Ici-Grenoble pour s’informer autrement sur Grenoble et ses environs(30)

    Avec nous, la mairie pratique la brosse à reluire par devant et la répression par derrière. C’est une gauche radicale qui ne supporte pas sa propre dissidence. Ainsi des conseillers municipaux ont été exclus de la majorité, parce qu’ils ont refusé de voter un budget d’austérité, « imposé » par les dettes toxiques contractées sous les mandats précédents. Ils dealent avec leurs propres contradictions …comme nous on deale avec les nôtres. La préfecture a fermé l’Engrenage, ainsi que d’autres cafés alternatifs pour de soi-disant raisons d’insécurité. On présume que ce nettoyage prélude au retour d’Alain Carignon(21) condamné à 5 ans pour corruption et qui ferait naturellement campagne sur l’insécurité » Grenoble le Chicago français » Il dispose d’une équipe experte en calomnies et en « fake news » Comme Ségolène en 2007 , l’équipe municipale réagit en lançant sa propre campagne sur la sécurité, plutôt que d’annoncer des mesures de gauche.

    Nous ne manquons pas de nous poser des questions, la dispersion n’est pas toujours un handicap, elle peut être féconde à certains moments. Nos amis ont les mêmes interrogations sur les possibilités de convergence, peut-il y avoir d’autres zads, quels enseignements peut -on tirer de l’expérience zapatiste. quel rôle peut jouer l’esthétique dans la construction d’un lieu, dans son appropriation ? »

    La bibliothèque Antigone (22)

    est une médiathèque, une librairie pour enfants autant que pour adultes , mais aussi un lieu d’événements publics, conférences, réflexions, débats, confrontations, radicalité, c’est à dire un lieu habité tant par une proximité affective que par les d’idées. Ici, comme au 38, la volonté de changer le monde n’oublie jamais que les êtres humains , adversaires ou amis, sont fragiles, ambivalents, contradictoires. Ainsi cette volonté de transformation n’a de sens que si elle refuse d’être en surplomb, elle ne peut avoir des chances d’aboutir que dans la réciprocité. Chaque être humain est à priori un expert de sa vie qui a besoin d’être nourri par l’expérience des autres, par un capital de réflexions et savoirs lui permettant de s’exprimer, se remettre en cause, construire avec les autres. Antigone existe depuis 2002, deux femmes Christel et Aurélie en sont les cofondatrices. « Pour des raisons humaines, sociales et politiques c’est essentiel qu’ Antigone ait été fondée par des filles »En Mars 2011, la Traverse, revue des Renseignements généreux, site d’auto-défense intellectuelle, leur donnait la parole.

    extraits

     » Le plus important pour qu’une opposition puisse se construire, c’est de donner aux gens des outils de réflexion….Cet esprit de résistance, je le dois en grande partie à mon père, militant socialiste proche des idées de Jaurès. Je l’ai toujours vu manifester et protester. Il m’a élevée avec un sentiment de révolte, l’idée que les classes populaires n’auront que ce qu’elles auront réussi à défendre et à conquérir, que la vie est faite de rapports de force entre dominants et dominés, entre pauvres et riches…

    ….Antigone parce que le projet est parti, à l’origine, de deux filles qui voulaient se battre, résister et opposer la raison du coeur à la raison d’Etat. On veut montrer que les petits individus peuvent être aussi forts que les institutions. Pour nous, la symbolique de cette bataille, perdue au sens strict, cette guerre entre le pot de fer et le pot de terre, le personnage d’Antigone le symbolise complètement…. C’est un personnage féminin, et nous trouvons qu’il manque cruellement de représentation féminine dans la lutte, dans le militantisme. Souvent, les présidents d’associations, ceux qui parlent, ceux qui mettent officiellement leur nom pour appeler à manifester, ce sont des hommes, ce qui nous gêne beaucoup. Nous voulons que la dimension féminine pose la base d’Antigone, tout en remettant en question le concept de genre. Nous sommes parties du postulat que nous vivons dans un monde avec une certaine construction du genre et des personnalités, et dans ce cadre, les femmes ne proposent pas le même genre d’inventions, de résistances et d’oppositions que les hommes, et il est important qu’Antigone soit pensée et mise en place par des femmes. … On n’a jamais voulu être dans l’imaginaire ou l’esthétisme »crapouillou », on veut que ce soit un lieu chaleureux, joli, coquet. On veut que, lorsque tu rentres dans Antigone, tu ressentes quelque chose de l’ordre du ventre de la Baleine dans Pinocchio, ou la caverne d’Ali Baba. Extérieurement Antigone est moche, ne ressemble à rien, et puis tu pousses la porte et paf, il y a des petits coussins, des petites loupiotes, plein de couleurs. On a envie que les gens se sentent bien à Antigone, comme chez eux, comme chez leur grand-mère. »

    Si Antigone est profondément en affinité avec l’esprit libertaire, elle n’est pas pour autant une vitrine du mouvement anarchiste. Son postulat anti- autoritaire ne peut qu’être en cohérence avec une ouverture éloignée de tout dogmatisme. Antigone est également proche du Local autogéré, de la BAF qui refuse également le sexisme d’un langage masculin dominant, de Cortecs « Collectif de recherche transdisciplinaire esprit critique & sciences) qui a pour objectif central la transmission des divers aspects de l’esprit critique, la pensée critique ou sceptique (critical or skeptical thinking chez les anglophones) »

    La Bobine (18)

    La Bobine est un espace de rencontre entre artistes,un lieu culturel participatif dont le fonctionnement est assuré par plus de 140 bénévoles et de 20 salarié.e.s. La Bobine est auto- financée à 95% .Avec ses 5 studios dont 4 de répétition et un d’enregistrement, sa salle de spectacle de 300 places, son bar avec une scène et un restaurant ouvert sur le parc Mistral, elle est un lieu de vie où chacun a le loisir de venir soit pour manger, boire un verre, écouter un concert , créer sa propre musique ou spectacle et découvrir des possibilités d’activités qu’il ne soupçonnait pas à priori. Le lieu fait se rencontrer amateurs et professionnels, associations et grand public. Cette ouverture sur le quartier, les autres associations, les écoles sont vécues comme d’autant plus nécessaires que la Bobine n’est que récemment implantée dans le quartier Mistral. La programmation du lieu est le fruit de décisions collectives prises après débat. La motivation , l’implication sont requises et non la spécialisation, chacun étant acteur avec un savoir qu’il faut prendre en compte. L’entrée aux concerts, spectacles est à prix libre. L’objectif est que tout le monde puisse s’approprier le lieu. Mélanie qui codirige la Bobine est attentive à nouer des partenariats sur le territoire avec d’autres associations qui cassent également les codes comme le Magasin, les chorégraphes locaux du Pacifique, Le Prunier Sauvage et son projet de Parc Artistique ouvert à tous.

    Les Barbarins Fourchus (6)

    Y-a-t-il un endroit au monde où Marcel Azzola et Alice, la petite fée au pays des merveilles auraient pu avoir plaisir à se retrouver ? Réponse problématique ? Pas le moins du monde. Dans ce même lieu, on aurait pu retrouver Boris Vian, Les Clash, Raymond Queneau, Capitain Beefheart, Edith Piaf, Arthur Cravan, Franck Zappa, Alphonse Allais, les frères Trois Gros, Brigitte Fontaine, Jacques Higelin, Noureev, L’art ensemble, Oncle Paul et ses belles histoires. La compagnie des Barbarins Fourchus, « reconnue de futilité public » a l’extrême élégance de casser les codes sans le dire , de préférer l’aventure vivante à toutes les classifications mortifères. La vie étant trop sérieuse pour que l’on puisse se prendre au sérieux, les Barbarins l’aiment partout où elle circule, autant dans la rue, les bistrots que dans les théâtres où les bals de quartier. Ils sont trop goûteux des belles et bonnes choses pour proscrire à priori toute forme dite de mauvais goût. Les Barbarins ont de l’appétit, des expériences musicales, théâtrales, artistiques sans tic, des savoirs à la pelle et une exigence éthique que leur pudeur pourrait bien camoufler sous la grosse rigolade. Ce qui se voit, se boit, se mange, s’écoute, se touche est aussi ce qui se partage. Partager c’est avoir le goût des autres , c’est ouvrir grande sa porte, sans que personne puisse penser, « on fait partie de l’élite ,alors qu’il est doux de rester entre nous » Les Barbarins travaillent dans la proximité des gens, ils aiment les gens il savent les accueillir, spectateurs ou compagnies amies. Ils pratiquent le prix libre dans leurs salles du quartier Saint Bruno/ Bériat. L’humour est leur seconde nature, histoire de ne jamais dire c’est parce que l’on vous a écouté et compris que l’on fait des concerts bâtards qui deviendront « concerts pastard », et que le dimanche matin la musique classique est accueillie dans « les concerts en robe de chambre ». Bien sûr leur punkitude, leur révolte est en affinité avec les anarchistes. Comme beaucoup de ces militants de l’égalité, dans un monde profondément inégal , ils peuvent se laisser aller parfois à quelque mélancolie, mais la tendresse est toujours là , bordel, comme l’appétit qui porte en toute lucidité vers de nouvelles aventures aussi. Claire des anges qui m’a hébergé place Saint Bruno leur consacre tout son temps libre. François Laroche de Féline qui m’a accueilli dit » Delfino » est compositeur, chanteur, instrumentiste, illustrateur et co-fondateur des Barbarins forcément fourchus puisqu’ils ont plusieurs cordes à leur arc. Il vient de sortir son premier disque en solo » High down Kisses »(23) … est-ce que tu peux entendre ce que je pense, ce que je ressens » A écouter avec grand bonheur.

    Le Magasin des Horizons (24) centre national d’art et de cultures

    Vous vous posez des questions sur l’authenticité de l’art contemporain… une affaire de snobs croisant des affairistes préférant investir dans l’art contemporain plutôt que dans le Cac 40 ? Vous avez suffisamment mauvais esprit pour penser que cette avant-garde auto -proclamée à la pointe du nihilisme désenchanté n’est ni plus ni moins que réactionnaire, c’est à dire farouchement opposée à toute mise en question de ses privilèges, à tout questionnement respectueux de l’intelligence populaire et de ses imaginaires… Alors donnez- vous la peine d’entrer au Magasin des Horizons. Sous l’impulsion de Béatrice Josse, féministe déterminée et de son équipe, on y est prêt à bousculer tous les conformismes, toutes les certitudes

     » Il est temps de rallumer les étoiles »

     » Loin de l’isolement des arts trop disciplinés et catégorisés, le Magasin des Horizons entend bousculer ce qui nous restait de certitudes. Essaimer et s’ouvrir aux questions d’écologie, de féminismes, de genres et post-colonialismes…. rien de rationnel, beaucoup de magie et de spiritualité, un brin de fantaisie sont les ingrédients de cette incantation à ré-enchanter le monde. « l’art contemporain dit Béatrice Josse, c’est autre chose que des expositions, ce que l’on a démontré pendant toute la saison dernière avec des projets mêlant des artistes, des activistes, des gens du secteur social… Tout ça, c’est aussi de l’art contemporain. Il est vrai également que l’état dégradé du lieu permettait difficilement d’y tenir des expositions et qu’en attente des financements indispensables, il semblait plus gratifiant de transformer la contrainte en opportunité d’exploration trans-artistique. Elle a ainsi privilégié l’achat d’oeuvres immatérielles conçues par des femmes en lien avec la performance et le spectacle vivant » Ce n’est pas uniquement avec les yeux que l’on voit les choses » L’art visible ou invisible est protéiforme , partout où l’on veut bien se donner la peine de l’inventer, parmi d’autres utilités possibles, il est capable de relier plutôt que de s’ingénier à séparer. Ici tout désirant, toute désirante sont les bienvenus. Des artistes associés comme l’écrivaine Chloé Delaume, des chorégraphes, danseurs comme Yoann Bourgeois, Rachid Ouramdane, Marie Roche qui dirige le centre national chorégraphique » le Pacifique » des chercheurs, politologues, des formateurs animent un lieu tourné vers la multiplication, des rencontres. Ainsi des ateliers au croisement de pratiques corporelles et recherches transversales questionnant les modes de transmission de savoirs, des expérimentations ouvertes à toute personne désireuse de mener une réflexion vivante et autonome et d’améliorer par le collectif ses recherches personnelles ; des formations en atelier, en sorties ou à distance pour les autodidactes comme pour ceux qui souhaitent partager leurs recherches et leurs expériences.
    Ainsi des bivouacs de débats à thème sont créés, une Académie de la marche pour marcher, explorer, se mobiliser , débattre en mouvement, comme des manifestants revendiquant tout simplement d’inventer ensemble un art de s’interroger proche de celui de respirer, s’indigner, avancer et si possible hors de tout sexisme ! L’espoir, au bout du chemin, est de créer des passerelles susceptibles de mener à un monde commun, un monde où l’on puisse s’émerveiller, rêver ensemble, créer des aventures artistiques au coeur d’une cité où l’art sous toutes ses formes aura contribué à l’édification d’acteurs humains reliés.

    En Mars Le magasin propose une nouvelle exposition » Entropie j’écris ton nom » Les vidéos et installations présentées ne sont pas sans rapport avec la réhabilitation du lieu confiée à des artistes. » Comment avoir un langage commun, faire alliance, faire du collectif. L’art est un moyen de discuter, de raconter des histoires, dit Béatrice Josse.

    Christiane Guichard La Dame de la Casamaures (25)

    Est-il possible d’imaginer un palais oriental, ses jardins rappelant l’Alhambra de Grenade, à Saint Martin le Vinoux, juste à la sortie de Grenoble au pied de la montagne ? Est-il possible d’imaginer qu’un homme, Joseph, Jullien dit Chocard âgé de 52 ans, aussi simple qu’ouvert à toutes les chimères, ait rêvé assez fort pour réinventer les Mille et une nuits, anticiper de quelques décennies sur la création du bleu Majorelle ? Innovation stupéfiante bénéficiant de l’invention du béton par Louis Vicat en 1817. Seul un homme aussi naïf que le facteur Cheval, aussi ouvert à l’architecture rêvée d’un autre continent, a pu concevoir un tel projet. Dans les années 60, le lieu est abandonné, il est squatté par des clochards. La Casamaures est vendue.Le propriétaire compte faire une belle opération immobilière en rasant l’immeuble et en créant une zone artisanale pour des touristes. Aucun obstacle majeur ne devrait se dresser face à ce projet. D’autant que les habitants des villages situés dans l’environnement proche de l’édifice considèrent celui -ci comme une sorte de verrue, d’un goût d’autant plus douteux, que leur vision de l’arabe n’ a rien de culturel. Alors le sort en est jeté ! Et bien non, une frêle jeune femme de 29 ans à peine sortie des beaux -arts dispose, elle, de toutes les connaissances nécessaires pour apprécier le palais à sa juste valeur . Combien de fois l’a- t-elle croisé sur sa route depuis son enfance, elle, dans les bras de sa mère assise dans le bus les yeux fixés sur cette folie architecturale sise …rue de la Résistance ? Elle a zéro franc dans les poches, mais elle dit non. Elle alerte ses amis, emprunte aux uns, aux autres et forcément au banques. Elle gagne… la première manche. L’édifice est en mauvais état les peintures, les fresques, calligraphies ont énormément souffert. Avec autant d’élégance que de détermination et non sans humour, Christiane ne renoncera jamais , malgré les effondrements successifs. Elle fondera une association , organisera des expositions, colloques, se mettra financièrement la corde au cou, soutenue dans les premières années par le poète Colas Bailleul. Elle restaure le lieu. Le responsable aux travaux de la mairie lui intime l’ordre de le faire dans la palette des couleurs référencées. Elle proteste, écrit à la préfecture. Sa lettre doit être tellement extraordinaire, qu’un bon génie la transmet au ministère de la culture. Les services de Jack Lang bondissent sur cette pépite. La Casamaures sera classée monument historique. Plus récemment un projet de rocade est à l’étude. La montagne sera transpercée et la Casamaures tenant à peine debout aura toute chance de s’effondrer. Encore une fois, Christiane va se battre. Une commission d’experts est mise sur pied, elle jugera que l’utilité publique du projet n’est pas prouvée. Depuis que la dame de la Casamaures a investi le lieu des centaines , peut être des milliers de visiteurs ont franchi la porte du palais. Ils ont pu goûter la beauté du lieu, comprendre qu’à moins d’être fortement handicapé rien, ne justifie qu’un humain renonce à son idéal et à sa volonté de le partager.

    PMO – Pièces et main-d’oeuvre (26)

    L’ennemi surpuissant est le capitalisme technologique. Pour le contrer, organiser la résistance pendant qu’il est peut -être encore temps. » Pièces et Main d’Oeuvre », atelier de bricolage pour la construction d’un esprit critique à Grenoble, agit depuis l’automne 2000 : enquêtes, manifestations, réunions, livres, tracts, affiches, brochures, interventions médiatiques , etc.
    Des individus politiques animent PMO, pas un collectif. … « Nous considérons que la technologie – non pas ses « dérives »- est le fait majeur du capitalisme contemporain, de l’économie planétaire unifiée. Elle est la continuation de la guerre, c’est-à-dire de la politique, par d’autres moyens….. La technologie, c’est le front principal de la guerre entre le pouvoir et les sans-pouvoir, celui qui commande les autres fronts. Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas d’autres fronts, mais que chaque innovation sur le front de la technologie entraîne en cascade une dégradation du rapport de forces entre le pouvoir et les sans-pouvoir… Nous soutenons que les idées sont décisives. Les idées ont des ailes et des conséquences. Une idée qui vole de cervelle en cervelle devient une force d’action irrésistible et transforme le rapport des forces. C’est d’abord une bataille d’idées que nous, sans-pouvoir, livrons au pouvoir, aussi devons-nous être d’abord des producteurs d’idées. …..
    Si nous avons semé quelques doutes, par exemple sur les nanotechnologies et les technologies convergentes, sur la biométrie, les RFID et les neuro-technologies, sur le téléphone portable et nombre de sujets connexes, sur la destruction du territoire, la cannibalisation de « l’écosystème » par le système technicien, c’est à force d’enquêtes, de harcèlement textuel, d’interventions lors d’occasions officielles……
    Ne jamais dénoncer les malfaisances sans dénoncer les malfaiteurs. Ne jamais répondre à leurs manœuvres de diversion et de récupération. Ne jamais lâcher le front des nécro-technologies.
    ….. Il faut vivre contre son temps »

    –Fait sans doute significatif. Parmi les responsables politiques de la mairie, qui sont l’une des cibles de PMO personne ne se hasarde à aborder de front les critiques de PMO.

    « Ils exagèrent sans doute beaucoup mais en même temps, leurs interrogations ne manquent pas de pertinence ». PMO refuse toute technologie substituant la machine à l’humain et ne pouvant qu’aboutir à une société totalitaire où le contrôle de toute action serait systématique. Historiquement PMO s’inscrit dans la lignée du mouvement luditte du XIX siècle, incitant les ouvriers à détruire les machines. Les critiques portent sur des investissements importants consacrés entre autres à : Minatec. En 2000. Le feu vert est donné au CEA, allié à l’état et aux industries de pointe pour créer un pôle de recherche et d’applications consacrées aux micro et nano- technologies. 2016 Le polygone scientifique de Grenoble s’enrichit d’une nouvelle entité Giant, créant une sorte de MIT à la Française. Sous couvert d’applications civiles seraient développées des outils destinés à créer des armes de destruction de pointe. Par ailleurs ces recherches croisent de très près le Trans humanisme. Il s’agirait de créer une humanité « augmentée » c’est à dire intégrant les technologies de pointe à l’intérieur du corps humain. Résultats attendus une envolée des performances humaines, contrôlées à chaque instant par un cerveau central. Sans oublier l’espoir ahurissant d’ allonger la vie humaine jusqu’à supprimer la mort.

    « Il y aura des gens implantés, hybridés, et ceux-ci domineront le monde. Les autres qui ne le seront pas, ne seront pas plus utiles que nos vaches actuelles gardées au pré…..

    Ceux qui décideront de rester humains et refuseront de s’améliorer auront un sérieux handicap. Ils constitueront une sous-espèce et formeront les chimpanzés du futur. »

    Kevin Warwick

    Clinatec serait une « clinique expérimentale » où l’on teste des dispositifs électroniques implantés dans le cerveau. Pilotée par le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) de Grenoble, elle travaille sur les applications des nanotechnologies dans le champ des neurosciences, en particulier sur les maladies neurodégénératives, comme Parkinson…… Cas unique en France, l’établissement est situé en dehors du milieu hospitalier, sur un terrain du CEA dont certains bâtiments sont soumis au secret défense. …. Cette alliance entre l’industrie nucléaire, celle des nanotechnologies et des chercheurs en neurosciences augure mal du nécessaire contrôle démocratique qui devrait encadrer le périlleux usage de ces sciences pour le moins futuristes. Applications possibles : des implants cérébraux contre la dépression ou l’obésité ,des possibilités d’atténuer les effets de la maladie de Parkinson, des neuro prothèses pour les tétraplégiques. Clinatec est le résultat d’un partenariat entre le CEA, le CHU de Grenoble et l’Inserm.

    Y-a-t-il opposition radicale entre un projet démocratique tendant à réinvestir les citoyens de leur pouvoirs et une démarche scientifico-technocratique voulant peut être assurer le bien-être de chacun mais dépossédant le peuple de toute velléité d’action autonome ? Il semble bien que oui. Comment la ville peut-elle vouloir la démocratie participative et investir dans une démarche dépossédant la collectivité de son pouvoir de décision ? Mystère.

    Le laboratoire du Pacte, passeur en terre iséroise (27)

    Le Pacte unité de recherche mixte créé par le CNRS, l’université et Sciences po Grenoble est un important laboratoire de sciences sociales. 120 chercheurs, 170 doctorants y exercent des travaux dans 4 grands domaines : Environnement, Justice sociale, Gouvernance/régulations, villes et territoires. Anne Laure Amilhat-Szary qui le dirige impulse une transversalité des connaissances qui la fait participer aux aventures initiées par le Magasin ( CNAC) et par d’autres artistes, notamment chorégraphes .Avec la brochure du Pacte mettant en avant les travaux des chercheurs dans les quatre axes déterminés, il est possible d’entrer en relation et d’échanger avec chacun. Cette ouverture fait que dans une ville souvent qualifiée de laboratoire, le laboratoire des sciences sociales est à la fois en amont à la pointe des recherches actuelles et également pleinement présent sur la place publique, donc vraiment au service des citoyens.

    https://blogs.mediapart.fr/francois-bernheim/blog/300419/si-tu-timagines-grenoble-12
    #géographie_urbaine #image #imaginaire #représentation #urban_matter #utopie
    ping @albertocampiphoto @karine4 @marty

    • F.BERNHEIM : E.PIOLLE OU L’ÉLOGE de la PAUVRETÉ des AUTRES

      “Une ville qui a refusé de se soumettre à l’occupant, qui a su s’ouvrir à tous les peuples du monde, peut-elle résister aujourd’hui à la modernité néo-libérale” ? questionne François Bernheim dans le second “article” de son blog sur Grenoble.

      Etonnez-vous. Il répond “oui” : “Grenoble pourrait bien relever le défi. Est-ce insensé de penser que l’intelligence collective, en prenant le risque de l’expérimentation, est capable de renouveler la démocratie ?” .

      E.PIOLLE RÉSISTE AU NÉO-LIBÉRAL COMME AU NAZISME…

      Mais qui est donc l’héritier de cette double résistance -qui place sur le même pieds la résistance au nazisme et à la modernité néo-libérale- qui est donc cette “intelligence collective” qui “prend le risque de l’expérimentation” et ne fait rien de moins que “renouveler la démocratie” (!).

      POUR LE BONHEUR D’APRÉS-DEMAIN

      Son Nom n’est même pas prononcé. Mais juste l’énoncé de la boursouflure nous Le fait reconnaitre. Cet amalgame entre l’héroïsme des résistants et les jeux de bac à sable d’aujourd’hui, cette politique imposée pour le bonheur d’après demain qualifiée “d’expérimentation” et ce “renouvellement de la démocratie” alors qu’elle n’a jamais été plus fermée, mentie, trichée, que sous le mandat Piolle, nous sommes bien en territoire connu. Le “journaliste” sans lecteur ni journal, François Bernheim, a poursuivi ses pérégrinations grenobloises. Il n’a trouvé que ce qu’il avait déjà dans sa tête avant de venir.

      LES JEUX OLYMPIQUES de 68 : UNE AFFAIRE d’ÉTAT

      Ainsi il n’a pas vécu les Jeux Olympiques ni n’a rencontré d’acteurs de la période qui se font rares. Il n’a pas lu les rapports gouvernementaux de l’époque sur les investissements colossaux de l’Etat car le Général de Gaulle faisait des JO une affaire de fierté Nationale. Il répète donc le mantra d’un Dubedout qui prend en mains des dossiers “pas prêts” : “Rien ou presque n’a été fait pour assumer ce défi. Élu en 1965, Dubedout transformera ce handicap en opportunité.”

      EN 2009 LA GAUCHE EST BATTUE PAR ANNECY….

      Rappelons que les JO de Grenoble ont été obtenus en 1964 par un Maire gaulliste de droite Albert Michallon, authentique résistant sur la base d’un dossier que l’Etat avait constitué.

      En 2009 une municipalité de coalition PS/Verts-Ades/ -les seconds actuellement au pouvoir- a lamentablement échoué à porter une nouvelle candidature de Grenoble aux Jeux Olympiques : battus pas Annecy. Ils sont donc très bien placés pour donner des leçons de “défis” à relever.

      LA SEULE INITIATIVE de DUBEDOUT : VILLENEUVE

      Elu en 1965, un an après la désignation de Grenoble pour organiser les JO, Hubert Dubedout a contribué à leur réussite comme Maire aux côtés … d’Albert Michallon Président du Comité d’Organisation. Mais surtout c’est le gouvernement de l’époque qui a mis Grenoble à niveau : Maison de la culture, nouvel hôtel de ville, nouvelle gare, nouvelle poste, Village Olympique, centre de presse Malherbe… La seule initiative réellement de Dubedout qui suivit fut Villeneuve.

      L’URBANISME de “DROITE” : UNE VRAIE RÉUSSITE

      Si on observe aujourd’hui l’urbanisme “de droite” qu’ont été le Village Olympique et Malherbe, celui-ci souffre la comparaison. Il ne s’agissait pas de créer un homme nouveau mais les conditions pour vivre mieux. Moins lyrique, moins menteur, plus modeste, mais plus vrai. Depuis, seules les attributions de logements irresponsables ont rendu ces ensembles difficiles à vivre. Dans les années 80 la seule caserne libérée qui a bénéficié d’un projet de droite (municipalité Carignon) est Reyniès- Bayard. A comparer avec la densité de De Bonne….A Villeneuve le concept même rend l’échec inéluctable et il faut en démolir une partie.

      LES CHANTRES de la MIXITÉ N’ONT JAMAIS VOULU LA VIVRE

      Pierre Gascon, résistant, récemment décédé était le plus jeune conseiller municipal de la municipalité Michallon qui obtint les JO. Il était le Premier Adjoint d’Alain Carignon pendant ses deux mandats. Il nous a souvent raconté cette épopée ce qui nous permet de rafraîchir les mémoires à l’aune des réalités.

      François Bernheim cite avec une ferveur quasi religieuse Hubert Dubedout ou Jean Verlhac son adjoint à l’urbanisme de l’époque. Tous les élus de cette période rappellent que les chantres de Villeneuve et de la mixité n’ont jamais voulu les connaitre.

      Madame DUBEDOUT FAISAIT SES COURSES AVEC le CHAUFFEUR du MAIRE

      Hubert Dubedout vivait place Paul Mistral, vouvoyait sa femme, laquelle allait faire ses courses depuis la place Paul Mistral jusqu’au marché Sainte Claire avec la voiture du Maire et le chauffeur lui ouvrait la porte. Jean Verlhac habitait Meylan et n’était que directeur en titre de l’institut d’urbanisme comme il était de coutume à l’époque de laisser les élus accomplir leur mandat au double frais du contribuable.

      JUGER HIER à l’AUNE des VALEURS D’AUJOURD’HUI, UNE ESCROQUERIE

      On aimerait lire François Benheim relatant la même histoire avec des élus de droite ! Car la technique classique d’écraser les époques sur une même photographie est un vilain procédé pour tordre la réalité. Juger hier à l’aune des valeurs et des connaissances d’aujourd’hui est une escroquerie intellectuelle. C’est d’une prétention insoutenable.

      LA QUESTION MORALE NE SE POSE PAS

      Mais c’est ce que François Bernheim applique sans vergogne à Alain Carignon et les financements politiques de l’époque. Les campagnes de Dubedout, de Mendès-France étaient toutes autant financées par les entreprises. La question morale ne se pose donc pas. Et au plan judiciaire Alain Carignon est réhabilité. La bonne foi -s’il y en avait une- consisterait à reconnaître qu’il est un citoyen comme les autres et que ses adversaires ne peuvent combattre que ses positions.

      PAS BESOIN DE VIVRE LA MIXITÉ SOCIALE POUR LA VOULOIR

      Par ailleurs, peu nous importe à nous, le mode de vie privé des hommes publics. Comme pour les deux corps du Roi, Dubedout et Verlhac pouvaient penser que ce qui était bon pour le peuple, pour la collectivité dans son ensemble ne s’appliquait pas à eux. Ils n’avaient pas besoin de vivre dans la mixité sociale pour en être les porte paroles. N’évoquons pas la “populace” chère à François Bernheim.

      A.CARIGNON A RESPECTÉ LA DICHOTOMIE DE SES ADVERSAIRES

      Alain Carignon nous rappelle que dans toutes les controverses et batailles électorales il a respecté cette dichotomie entre la vie privée et vie publique et jamais il n’a mis en cause ses adversaires sur ce versant.

      BEAUCOUP DE GRANDS NOMS de la RÉSISTANCE à DROITE

      Mais la captation de l’esprit de la résistance au service d’intérêt électoraux à laquelle se livre François Bernheim relève, elle aussi, de l’escroquerie morale. Les grands noms de la résistance -la vraie- sont beaucoup à droite. Parmi eux le Dr Albert Michallon, Pierre Gascon, Daniel Huillier actuel Président de Résistance Unie… Eugène Chavant avait rompu avec le socialisme.

      H.DUBEDOUT NE S’EST JAMAIS ENGAGÉ DANS LA RÉSISTANCE

      Hubert Dubedout avait 18 ans en 40 et ne s’est pas engagé dans la résistance. « Résister comme l’écrit Jo Briant, c’est d’abord dépasser la tristesse et la résignation, c’est ensuite créer » écrit François Bernheim. Les convictions de Jo Briant sont certainement respectables et peuvent être combattues, mais il n’a pas été non plus -à notre connaissance- un résistant de la guerre 39/45. Il n’est donc pas le mieux placé pour symboliser l’esprit de résistance.

      L’IMMIGRATION INCONTRÔLÉE : LA MORT de NOTRE MODÈLE SOCIAL

      Car plaider comme il le fait pour que la France accueille toute la misère du monde est tout sauf courageux, iconoclaste et ne vous place pas au banc de la société ! Et ne fait bien entendu courir aucun risque pour sa vie. La pression à la baisse exercée sur les salaires par les immigrés n’est pas socialement un facteur de progrès. Mais surtout ouvrir les vannes de l’immigration sans limite c’est aussi assurément tuer à terme le modèle social Français. Il ne pourra jamais supporter une partie des 2, 5 Milliards d’Africains de 2050 qui voudraient s’installer chez nous en bénéficiant de nos prestations d’éducation et de santé, sans même évoquer un hypothétique “droit au logement”. C’est vouloir à coup sur son explosion.

      UNE POLITIQUE JUSTIFIÉE PAR UNE MORALE

      Mais de glissement sémantique en approximations synthétiques une fausse histoire se crée par amalgame. il s’agit de tout confondre afin qu’une politique soit justifiée par une morale qui ne lui appartient aucunement. Et dont aucun des membres qui la porte n’a qualité pour s’en prévaloir. Car les hommes sont les hommes. Heureusement.

      PAS UN MOT SUR L’ATTAQUE CONTRE LES BIBLIOTHÈQUES

      Ainsi François Bernheim contourne le dogmatisme culturel de la municipalité Piolle. Il parvient à expliquer longuement le développement de la lecture sous la municipalité Dubedout, s’y attarde avec lyrisme sans dire un mot de l’attaque sans précédent contre les bibliothèques menée sous un angle bêtement comptable -néo -libéral ?- par la municipalité Piolle. Alors qu’elle s’était solennellement engagée en se faisant élire de les “maintenir et de les développer”. (engagement N°110)

      MANDATS CARIGNON : LE MAIRE N’Y EST POUR RIEN

      Par contre les efforts poursuivis par la municipalité Carignon qui ouvrira bibliothèque (Alliance) Médiathéque (St Bruno) sont présentés ainsi : “Catherine Pouillet a mené la même politique, (que Dubedout NDLR) malgré l’élection d’Alain Carignon. Elle a développé la vie littéraire, créé le Printemps du livre, une grande manifestation populaire autour du livre et de la lecture. Le secteur des livres pour enfants a été fortement mis en valeur et les différentes bibliothèques ont créé des relations très étroites avec les écoles”. L’équipe municipale Carignon n’y est pour rien…

      LECTURE PUBLIQUE : AVEC PIOLLE, GRENOBLE LA DERNIÈRE

      A ce point on est confondu. Un endroit du cerveau d’Eric Piolle pense t il que les grenoblois vont sauter son épisode sur la lecture publique qui fait de Grenoble la dernière ville de sa catégorie pour la pratique de la lecture ? C’est ce à quoi a conduit sa gestion. On comprend que François Bernheim réécrive tout à sa main. Trop loin de la vérité pour être honnête.

      LA BIENNALE : UNE OPÉRATION de COM’

      Mais il n’a pas peur non plus de se faire agent de pub à répéter les éléments de langage du service de com’ : “la ville se veut en pointe dans la mise en place de la transition écologique, elle organise la Biennale des villes en transition, postule à être la capitale verte de l’Europe en 2022.”

      Un média indépendant , le site d’info Place Gre’Net a dit ce qu’il en était de la réalité de la Biennale des villes en Transition.

      DERNIÈRE VILLE AUSSI POUR LES ESPACES VERTS

      Piolle ayant fait de Grenoble par la poursuite de la bétonisation la lanterne rouge des espaces verts par habitant ( moins de 12 M2) , François Bernheim devrait s’interroger de savoir ce que les grenoblois pensent de la recherche du label de “ville verte” ?

      “ELLE POURRAIT OUBLIER QUE LE PEUPLE EXISTE…”

      Mais il est tout à son encensement “Cette gauche est sociétale plus que politicienne. L’évolution des moeurs l’intéresse plus que les jeux d’appareil. Cette gauche est en phase avec la montée en puissance de la classe moyenne. “Il remarque aussi un caillou dans la chaussure : “Elle est tellement tournée vers l’avenir, qu’elle pourrait bien oublier que la classe ouvrière comme le peuple existent encore.”

      SOUFFRIR MAINTENANT POUR UN BONHEUR FUTUR

      Bien entendu elle n’oublie pas le peuple par mépris. Ni à cause d’un nombrilisme immature et exacerbé qui fait de la sexualité une priorité relevant de l’urgence absolue. Mais parce qu’elle est “tellement tournée vers l’avenir”. L’antienne de toutes les cultures totalitaires impose de souffrir maintenant pour le bonheur futur. Elle est la bonne conscience de toute cette avant garde éclairée que nous avons la chance de posséder à la mairie de Grenoble.

      “MOINS ON POSSÈDE PLUS ON PARTAGE”

      D’ailleurs François Bernheim récidive : “Ici moins on possède plus on partage, il faut bien faire face.” Aimez cette richesse de la pauvreté semblent dire nos élus bien installés dans la mondialisation (cf Singapour). C’est une chance. Tout cela “témoigne à l’évidence d’un ancrage à gauche”.

      “DESTOT A ACHETÉ LA PAIX SOCIALE”

      S’agissant de Destot, François Bernheim lâche que “ses adversaires le disent clientéliste, achetant la paix sociale grâce à la politique des grands frères”. Qui sont ses “adversaires” ? Les élus actuels qui ont participé à 2 exécutifs de Destot sur 3. Ils n’avaient pas vu le clientélisme à ses côtés ?

      IL NE TROUVE PAS UN ANGLE POSITIF POUR CITER C.BERNARD

      Comme pour les bibliothèques que François Bernheim passe en pertes et profits -on rêverait de le lire si une municipalité de droite avait fermé des bibliothèques pour faire des économies de bouts de chandelles- la culture l’embarrasse aussi. La brillante Adjointe Corinne Bernard (Verts/Ades) n’est tout de même pas citée sous sa plume. Il était, avec elle, vraiment difficile de trouver un angle positif.

      PIOLLE “S’EST MIS A DOS la CLASSE MOYENNE CULTURELLE”

      Pour lui ” cette équipe, qui n’avait aucune expérience politique, a commis des erreurs et semble s’être mis à dos une partie de la classe moyenne culturelle.” (!)

      Ah cette “classe moyenne culturelle” qui surgit ainsi, comme on aimerait la connaitre. Tous ces acteurs de la vie culturelle grenobloise, ces collectifs, qui ont défendu la liberté théâtrale, la musique classique, la salle de musique actuelle le Ciel (réalisation Carignon…), St Marie d’En Bas, MC2 qui a vu ses crédits baisser pour la première fois de son histoire les voilà devenus “la classe moyenne culturelle” sous Piolle.

      UNE CLASSE CULTURELLE UN PEU BENÊT

      Ne sont ils pas un peu benêts les membres de cette “classe moyenne culturelle” de n’avoir pas compris que toutes ces mesures coercitives, prises contre eux, résultait d’une absence “d’expérience politique” ?

      METTRE LE SECTEUR CULTUREL AU PAS

      François Bernheim prend les grenoblois pour une résurgence du crétin des Alpes, qui ne sauraient pas voir que ces décisions, prises en toute opacité et dans l’absolue solitude du pouvoir avaient toutes le même objet : mettre le secteur culturel au pas, au service d’une idéologie.

      PIOLLE “A VOULU BOUSCULER UNE GAUCHE CULTURELLE NANTIE…”

      Non il n’y a pas “un phénomène de lutte des classes imaginaire” comme il le cite. “La nouvelle équipe a voulu bousculer une gauche culturelle nantie, (!) privilégier le lien social, le désenclavement à l’esthétique.” De qui se moque t il ?

      On s’étonne d’ailleurs que cette municipalité qu’il décrit par ailleurs comme si “en phase avec la montée de la classe moyenne” ne soit pas en phase d’abord avec cette “classe moyenne culturelle” ?

      MAIS PIOLLE A SOUTENU LA MONNAIE LOCALE

      A l’actif de la municipalité au plan culturel François Bernheim cite “la création d’une monnaie locale prometteuse le CAIRN”. C’est dire le niveau. Voilà que les mangeurs de quinoa sont la nouvelle élite culturelle de la ville. Rendez-nous Lavaudant.

      L’ENTERREMENT de la DÉMOCRATIE LOCALE

      Bien entendu il entérine la totalité des boniments sur la participation citoyenne qui aura été l’autre nom de l’enterrement de toute démocratie locale.

      L’unanimité est établie sur ce point depuis les deux membres qui ont quitté la majorité, Guy Tuscher et Bernadette Richard-Finot, lesquels ont très bien décrit de l’intérieur les tricheries de Piolle, jusqu’à “Vivre à Grenoble” dont les responsables ont été très proches de la municipalité . Mais aussi les Unions de Quartiers, le collectif “Grenoble à Coeur” et tant et tant d’associations qui ont témoigné.

      PIOLLE A DU “RABATTRE DE SES AMBITIONS”

      François Bernheim cite la litanie des budgets participatifs ou la “votation citoyenne” des leurres inefficaces et abandonnés par les Grenoblois.

      Mais s’il y a des ratés (!) “ll ne faut pas oublier que devant l’ampleur de la dette accumulée sous les mandats précédents, l’équipe qui a pris le pouvoir en 2014, a dû sérieusement rabattre sur ses ambitions, Grenoble risquant d’être mise sous tutelle étatique.”

      E.PIOLLE N’Y EST POUR RIEN

      Les malheureux n’y sont pour rien. Peu importe qu’Eric Piolle n’ait jamais dit lui-même qu’il allait en rabattre de ses ambitions. Au contraire, il a toujours dit que grâce à Lui , Grenoble entrait dans le XXI éme siécle.(!).

      Peu importe que la Chambre Régionale des Comptes ait jugé qu’il était aussi responsable que son prédécesseur. Que la gabegie a continué : des entourloupettes pour reporter des annuités d’emprunts après les élections. La ville a recruté aussi 13 00 salariés entre 2011 et 2016, elle en compte plus maintenant après les transferts à la Métro avec des services de plus en plus réduits. Surtout des recrutements de cadres A, au sommet de l’échelle, souvent illégalement aussi pour des directeurs de com, des conjoints d’Adjoints au Maire.

      F.BERNHEIM N’A PAS EMPRUNTE UN TROTTOIR de GRENOBLE

      Mais François Bernheim trouve des “habitants ” (mais ceux “qui défendent la politique de l’équipe en place” reconnait-il) qui “sont sensibles à son écoute, à la modestie de certaines mesures qui prouvent une attention au quotidien des habitants.”

      En citant les “idées sur les jardins, bouts de trottoir délaissés” François Bernheim démontre qu’il se fout des grenoblois. Il n’a pas emprunté un trottoir de la ville…

      https://grenoble-le-changement.fr/2019/05/12/f-bernheim-e-piolle-ou-leloge-de-la-pauvrete-des-autres

  • Fantasy maps by #Misty_Beee

    I’m Beee and I’m a fantasy map maker from France. My biggest pleasure is to bring reality to worlds that only exists in the imagination of their authors : I love to work in collaboration with them to create the map they dream of.

    I mostly work with fantasy authors or roleplayers, but I’m open to any occasion to discover new universes, so don’t hesitate to contact me to talk about your project : I’m always ok to chat and always happy to help !


    http://mistybeee.com
    #cartographie #visualisation #imagination #mondes_imaginaires #monde_imaginaire #littérature #imaginaire
    signalé par @isskein sur twitter
    ping @reka @odilon

  • Escapade dans le quartier #Mistral à #Grenoble avec @isskein... quelques jours après le #décès de #Adam et #Fatih (https://seenthis.net/messages/764718).
    Photos prises le 12 mars 2019

    Je ne sais pas qui sont les auteur·es de ces graffitis, mais je me pose des questions sur les fautes d’orthographe, qui semblent quand même un peu trop nombreuses et presque exagérées...

    Graffitis en la mémoire de Fatih et Adam, mais qui n’ont pas été photographiés dans le quartier Mistral, mais ailleurs dans la ville de Grenoble :


    #BST


    #Adil_Rahmi
    –-> s’agit-il de Adil Rami le footballeur ?


    #police


    #guerre


    #justice #BAC #jeunesse


    #haine


    #corruption


    #vengeance


    #uniforme

    –----------------
    Et des graffitis qui ont été photographiés à Mistral, mais qui n’évoquent pas la mort de Adam et Fatih :

    #violences_policières #graffitis #graffiti #art_de_rue #street-art

  • Colère à #Grenoble après le mort d’#Adam et #Fatih, 17 et 19 ans, dans une #course-poursuite avec la #BAC

    Un drame qui évoque ce slogan, tragique, faisant référence à la #mort de Zyed et Bouna en 2005, eux aussi dans une course-poursuite avec la BAC : « Quand on voit Théo et Adama, on sait pourquoi Zyed et Bouna courraient. »


    https://www.revolutionpermanente.fr/Colere-a-Grenoble-apres-le-mort-d-Adam-et-Fatih-17-et-19-ans-da
    #banlieue #Mistral #violence #violences_policières #révolte

    • Communiqué de presse du préfet de l’Isère du 11 mars 2019.

      Le communiqué mentionne la « #reconquête_républicaine » (les #quartiers_de_reconquête_républicaine (#QRR) dans le cadre de la #police_de_sécurité_du_quotidien (#PSQ), mais qui se termine par :

      « Enfin, le préfet de l’Isère souligne que, sur le long terme, la clef de l’#apaisement de ces #quartiers_sensibles réside dans le #désenclavement_social que permettent la #formation_professionnelle continue et l’#apprentissage, ainsi que l’#insertion_professionnelle des #jeunes en difficulté qui relèvent directement de la compétence du #Conseil_Régional. »

      http://www.isere.gouv.fr/content/download/40994/290964/file/CP%20-%20D%C3%A9clarations%20du%20pr%C3%A9sident%20de%20la%20r%C3%A9gion%
      #préfecture #Wauquiez #Laurent_Wauquiez

    • La Villeneuve placée en « quartier de reconquête républicaine »

      Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, a annoncé vendredi 8 février 2019 les nouveaux « quartiers de reconquête républicaine » (#QRR), dont la Villeneuve. Créées en février 2018, ces zones disposent d’effectifs de policiers supplémentaires, dans le cadre de la police de sécurité du quotidien, une résurgence de la police de proximité. Dans l’agglo, les QRR concernent, outre la Villeneuve de Grenoble, celle d’Échirolles et le quartier Renaudie-Champberton, à Saint-Martin-d’Hères.

      Ces quartiers n’avaient pas été sélectionnés dans la première liste, en septembre 2018, de cet énième dispositif policier. Les « quartiers de reconquête républicaine accélèrent le combat contre les trafics, la lutte contre toutes les formes de délinquance et permettent de renouer le lien avec les populations. » précise la préfecture de l’Isère dans un communiqué.

      Gérard Collomb, à l’époque ministre de l’Intérieur, avait annoncé le 28 septembre 2018, lors d’une visite hautement médiatique à Grenoble et à Échirolles, que « Grenoble figurera parmi les 30 prochains quartiers de reconquête républicaine ». Sa visite s’inscrivait dans un contexte de mise au pilori de la ville — surnommée par un syndicat de police « Le Chicago français », appellation reprise dans les médias après une première vague en 2007 puis en 2010 —, d’appels du pied des maires de Grenoble et d’Échirolles pour bénéficier de moyens de police supplémentaires et de grogne des policiers grenoblois. Éric Piolle, maire de Grenoble, salue dans un communiqué le placement de la Villeneuve en QRR : « une bonne nouvelle pour ce quartier et pour le quotidien des grenoblois-e-s ».

      Reste que le dispositif est bien mal nommé. Le terme de reconquête n’est pas sans rappeler la Reconquista, la reconquête de la péninsule ibérique musulmane par les royaumes chrétiens, au Moyen-Âge, ou, plus récemment, la « reconquête des zones de non-droit » par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, en 2004. Le terme contribue ainsi à la stigmatisation des quartiers populaires, comme si ces quartiers et leurs habitants se situaient en dehors de la République et du pays.

      https://www.lecrieur.net/la-villeneuve-placee-en-quartier-de-reconquete-republicaine

  • L’axe du mâle, mon dernier dessin est sur l’armée, le nucléaire et le fascistes phallique.


    Il est fait pour etre imprimé en poster pliable en 8 parties. Quant il est replié d’une certaine manière voila ce que ca devrais donné.

    Les photos sont moches désolé, c’est pas mon fort mais la webapp de @fil viendra bientot avec une qualité optimum.
    #mad_meg

  • Schlosspark-Herten 2017-08-22 Die Mistkäfer sind tag- und nachtakti...
    https://diasp.eu/p/5942853

    Schlosspark-Herten 2017-08-22

    Die Mistkäfer sind tag- und nachtaktiv und im Flug schwerfällig. Bei ihnen kann man Brutfürsorge beobachten: Männchen und Weibchen graben unterirdische Gänge bzw. eine Brutkammer und legen dort Nahrungsvorräte für ihre Larven an. (Wikipedia)

    Wäre klüger wenn sie nur noch Nachtausflüge machen würden, denn die meisten von ihnen waren zertreten.

    #CC-BY-NC-SA #Foto #photo #Fotografie #Insekt #Käfer #Mistkäfer #Tier #Natur #mywork #Juli2017

  • Tha Verdict
    http://www.swampdiggers.com/Mista-Cain-Tha-Verdict

    Originaire de Baton Rouge, le jeune louisianais a sorti mi-mars l’album « Tha verdict », un projet axé notamment sur sa rédemption, après 3 ans passés en prison. En 2012, Samuel Nicholas est en effet condamné pour homicide volontaire sans préméditation dans une sombre histoire d’assassinat, avant de se retrouver au final acquitté 3 ans plus tard. Déjà repéré pour des apparitions sur des projets de Kevin Gates ou de Boosie Badazz, celui-ci est désormais décidé à se focaliser sur sa musique comme en (...)

    #Brèves

    / #Sortie, #Louisiane, #trap, #Brèves, #Mista_Cain

    « https://www.youtube.com/watch?v=chUmypzRv2A

     »
    « https://www.youtube.com/watch?v=PYjXHRlcP6w
     »
    « https://www.youtube.com/watch?v=GdDby2ODaIc
     »

  • Une information qui prouve bien que les Arabes qui n’aiment pas les État-Unis sont bel et bien une brochette de complotistes : Senate report on CIA torture is one step closer to disappearing (#mistakenly)
    https://www.yahoo.com/news/senate-report-on-cia-torture-1429636113023030.html?soc_src=social-sh&soc_trk=

    The CIA inspector general’s office — the spy agency’s internal watchdog — has acknowledged it “mistakenly” destroyed its only copy of a mammoth Senate torture report at the same time lawyers for the Justice Department were assuring a federal judge that copies of the document were being preserved, Yahoo News has learned.

    Although other copies of the report exist, the erasure of the controversial document by the CIA office charged with policing agency conduct has alarmed the U.S. senator who oversaw the torture investigation and reignited a behind-the-scenes battle over whether the full unabridged report should ever be released, according to multiple intelligence community sources familiar with the incident.

    The deletion of the document has been portrayed by agency officials to Senate investigators as an “inadvertent” foul-up by the inspector general. In what one intelligence community source described as a series of errors straight “out of the Keystone Cops,” CIA inspector general officials deleted an uploaded computer file with the report and then accidentally destroyed a disk that also contained the document, filled with thousands of secret files about the CIA’s use of “enhanced” interrogation methods.

    Pour rappel, la semaine dernière, on nous expliquait très bien que croire en Irak à une « American malice rather than incompetence » relevait de la théorie du complot.
    http://seenthis.net/messages/487387

  • François Hollande critiqué par Vaira Vike-Freiberga pour son laxisme envers la Russie

    "S’il est vrai que le Président français François Hollande a dit qu’il aimerait voir abolies les sanctions ciblées contre la Russie, personnellement, j’en suis très déçue. J’aurais attendu mieux de la part du Président de la République !" a dit Vaira Vike-Freiberga, ex-Présidente de la Lettonie dans un interview lors du Forum #YESUkraine2015 (Yalta European Strategy).

    Madame Vaira Vike-Freiberga, ex-Présidente de la Lettonie, a vivement critiqué la récente déclaration du président français François Hollande qui veut lever les sanctions envers la Russie, malgré l’invasion de l’Ukraine.

    Ce 7 septembre, à l’Élysée, à l’occasion de sa 6e Conférence de presse semestrielle, François Hollande a proposé une réunion sur la situation en Ukraine avec les dirigeants russe, allemand et ukrainien, avant l’Assemblée générale des Nations unies. François Hollande a dit qu’il « plaidera pour la levée des sanctions » visant Moscou si il y a des progrès dans les pourparlers de paix. Le Kremlin a annoncé un sommet Poutine-Hollande-Merkel-Porochenko à Paris le 2 octobre.

    "Lever les sanctions ... est une erreur !"

    "Franchement, je suis choquée" a-t-elle dit dans un entretien au KyivPost ce 10 septembre lors du forum Yalta European Strategy à Kiev. "Je pense que c’est inapproprié. S’il pense lever les sanctions dans la situation actuelle, je pense que c’est une erreur !"

    Madame Vaira Vike-Freiberga, première femme Présidente de la Lettonie entre 1999 et 2007, et Présidente actuelle du Club de Madrid, est personnellement en désaccord avec la position laxiste de Monsieur François Hollande.

    "La Russie devrait permettre aux observateurs internationaux de surveiller toute la frontière russo-ukrainienne"

    "La Russie n’a pas encore montré assez de bonne volonté pour respecter les accords de Minsk. Par exemple, elle devrait permettre aux observateurs internationaux de surveiller toute la frontière russo-ukrainienne et non seulement deux postes frontière particuliers" a-t-elle dit.

    Elle a également rappelé les délais irréalistes des accords de Minsk pour les amendements constitutionnels ukrainiens sur l’autonomie du Donbass. Les modifications devraient être adoptées à la fin de cette année, selon l’accord, ce qui laisse vraiment très peu de temps pour les débats dans le parlement sur des questions qui engagent tout l’avenir du pays.

    "Si la Russie observe (l’accord de Minsk) à la lettre, ce sera certainement un grand pas en avant," dit-elle. "Il reste à voir si la Russie est prête à le faire réellement."

    " En premier lieu, la vente des Mistral a démontré un manque de solidarité navrant avec les pays de l’Union européenne riverains de la mer Baltique" , a déclaré Vaira Vike-Freiberga.

    "L’annulation de cette vente par le Président Hollande a été saluée comme un grand geste de solidarité européenne"

    "Accepter de vendre des équipements de cette ampleur pour qu’ils soient déployés dans la mer Baltique, cela n’avait ni rime, ni raison, à moins d’envisager l’usage de chaque porte-avions pour une invasion (russe) éventuelle de chacun des trois Pays Baltes. Par contre, l’annulation de cette vente par le Président Hollande a été saluée comme un grand geste de solidarité européenne."

    "L’Ukraine est un pays européen qui n’est pas plus loin de nous que la Syrie, la Lybie ou d’autres ..."

    Lire la suite de l’interview : http://bit.ly/1L71dym
    Mis à jour le 13/09/2015
    ..... / ....

    #Lettonie #Ukraine #France #Russie #François_Hollande #Vaira_Vike-Freiberga
    #mistral

  • #Mistral : Paris aurait proposé à Moscou de rompre leur contrat
    http://www.lemonde.fr/international/article/2015/05/15/paris-et-moscou-en-negociations-pour-regler-le-contentieux-autour-des-navire

    La France aurait proposé à la Russie de résilier officiellement le contrat portant sur la livraison des Mistral en remboursant les sommes déjà versées, à condition de pouvoir réexporter les navires de guerre, écrit le journal russe Kommersant, vendredi 15 mai.

    Ce beau contrat pour les chantiers de St-Nazaire signé sous la présidence de Nicolas Sarkozy est devenu un horrible casse-tête diplomatique au déclenchement de la crise en Ukraine.
    […]
    Selon le quotidien économique russe, qui cite des sources au sein de l’industrie militaire russe, Paris serait ainsi prêt à rembourser à Moscou près de 785 millions d’euros, à la condition que les autorités russes acceptent par écrit que les deux Mistral dont la livraison est suspendue puissent être revendus par la France à une tierce partie.
    Le Kremlin estime toutefois le préjudice subi par la Russie à près de 1,163 milliard d’euros, et refuse tout accord pour une réexportation des navires avant que l’argent ne soit rendu, selon la même source. « La proposition de remboursement formulée par la France ne nous convient catégoriquement pas, ce dont le vice-premier ministre Dmitri Rogozine a informé [la partie française] », a informé une autre source.

    Selon un vice-directeur du service russe de coopération militaire et technique, les deux pays mènent actuellement des consultations et s’attendent à aboutir à un accord avant la fin mai.