• [unseen] Un an dans un établissement pénitentiaire pour mineurs raconté en images : « Au mitard, tu es là, tu restes là. Faut juste parler au mur, il n’y a que ça à faire »
    ▻https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/02/22/en-images-un-an-dans-le-huis-clos-d-un-etablissement-penitentiaire-pour-mine

    REPORTAGE PHOTO Le photographe Alexandre Bagdassarian a réalisé un travail journalistique rare dans l’un des six centres de détention pour mineurs en France.
    Ouverts entre 2006 et 2008, les établissements pénitentiaires pour mineurs accueillent des jeunes âgés de 13 à 18 ans. Leur création avait été justifiée à l’époque par la volonté d’investir davantage dans l’éducation et la réinsertion : budget considérable, bâtiments modernes, salles de classe, activités en tous genres. Presque vingt ans plus tard, j’ai voulu comprendre ce que ça signifie d’être un jeune confronté à la prison. Non pas depuis la perspective des textes de loi ou des discours institutionnels, mais en observant les trajectoires, les voix, les corps de celles et ceux qui vivent cette réalité.

    A raison de deux jours par semaine, fixés par la protection judiciaire de la jeunesse et l’administration pénitentiaire, j’ai tenté de créer un espace de co-création avec les jeunes qui habitent ces lieux. Nous évoluons dans la #prison, sur les murs des graffitis réalisés lors d’ateliers, quelques citations d’auteurs et d’autrices bombées au pochoir, des cartes du monde épinglées ici et là. Dans les cellules, la relation et l’atmosphère peuvent changer du tout au tout. Certains écrivent, d’autres dessinent, certains parlent, d’autres sont mutiques. Sur les murs sont écrites leurs histoires, plus ou moins mythifiées, et parfois des phrases simples, qui semblent résumer des années de galère : « A 22 heures, j’ai rendez-vous avec la mort. »

    Titre précédent :
    En images, un an dans le huis clos d’un établissement pénitentiaire pour mineurs : « Je sens que ça me rend bête d’être ici »
    ▻https://archive.ph/YGkgy

    #unseen #photo #jeunes_détenus #détenus #mineurs #justice #archipel_carcéral #EPM #mitard #suicide

  • Le mitard : « Un dispositif aussi inhumain que contre-productif » | Ambre Couvin
    ▻https://www.bondyblog.fr/societe/le-mitard-un-dispositif-aussi-inhumain-que-contre-productif

    Dans un récent rapport, l’Observatoire International des Prisons (OIP) préconise la suppression des cellules disciplinaires, plus connues sous le nom de mitard. Cette revendication est ancienne, mais peine à être entendue tant elle est au centre du système répressif des prisons. Source : Bondy Blog

  • « Vous ferez votre punition ici, dans l’atelier. Je ne peux pas mettre une femme au cachot par un froid pareil, ça me fait mal au cœur, moi, que voulez-vous. »
    Dégueule, on verra ce que c’est.
    Une fleur de maton ? Une fleur sans poison ? Je n’y crois pas. »

    la cavale chapitre 4 partie II : la missive que Anick avait confiée à sa co-détenue Jane a été trouvée, la matonne la dispense de "cachot"

    #punition #matonne #mitard #cachot

  • @l_envolee
    ▻https://twitter.com/l_envolee/status/1747549304418353528

    ♨️Le prisonnier mort à #Seysses dimanche s’appelait Rachid. Il avait 19 ans. Selon plusieurs prisonniers il venait d’obtenir 1 remise en liberté avec bracelet éléctronique d’ici qq jours. Un autre prisonnier évoque des hématomes à la sortie du #mitard et met en cause la version👇

    Du « suicide par pendaison » servie par l’AP. Une grosse partie des prisonniers ont crié « matons assassins » avant de refuser de remonter en cellule pdt 2 heures lundi aprés-midi. Des #prisonniers évoquent l’équipe de #matons du #QD de sinistre réputation restée en fonction depuis 👇

    Les morts de Jules et Jawad.
    Loin d’évoquer ces éléments, la scandaleuse @ladepechedumidi ose « Impossible pour l’heure d’affirmer que ce mouvement de contestation serait la réponse à la mort de ce jeune homme » et en profite pour donner une fois de plus la parole 👇

    À un #MatonQuiPleurt du syndicat d’extrême droite SPS qui évoque 10 suicides par an à peu prés (sic) et regrette de ne pas être assez formé à ce type de situation. Le contre feu est habituel, grossier, violent mais vain : nous continuerons à dénoncer la violence structurelle 👇

    De la #prison, du QD, de l’AP et celle, vengeresse, de surveillants en particulier. Nous donnerons des infos supp dés que possible.
    #FermetureDesMitards
    #SolidariteAvecLesPrisonniers
    #LaPrisonTue

  • Mitard, l’angle mort - Regarder le documentaire complet | ARTE
    ▻https://www.arte.tv/fr/videos/109744-000-A/mitard-l-angle-mort

    Suicides de détenus, réels ou suspects… Le #mitard, le quartier disciplinaire, constitue l’angle mort des #prisons_françaises. Au travers de saisissants témoignages, ce documentaire alerte sur l’inhumanité de cet outil de répression.

  • Douce France : Le nombre de détenus atteint un niveau historique en France
    ▻https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/10/31/le-nombre-de-detenus-atteint-un-niveau-historique-en-france_6147984_3224.htm


    Des détenus dans leur cellule à la prison de Gradignan (Gironde), le 3 octobre 2022. THIBAUD MORITZ / AFP

    Au 1er octobre, les prisons françaises comptaient 72 350 détenus. Un niveau jamais atteint. Plus préoccupant est le rythme auquel la population carcérale progresse. Le solde des entrées et sorties au cours du mois de septembre a été positif de 681. Selon nos informations, cela s’est encore accéléré en octobre, approchant les 200 détenus supplémentaires chaque semaine . Un emballement inquiétant. Contrairement à ses voisins, la France continue d’incarcérer toujours plus et pour des peines de plus en plus longues.

    Depuis le point bas atteint le 1er juin 2020, avec 58 109 personnes détenues au sortir du premier confinement, le nombre de personnes placées en détention par les juges a ainsi bondi de 24,5 %. Une croissance que rien ne permet de corréler avec une évolution démographique ni avec les statistiques du ministère de l’intérieur sur les chiffres de la délinquance ou de la criminalité. La justice est de plus en plus sévère et le développement des peines alternatives à la prison n’y change rien. Comme si les magistrats tentaient, lancés dans cette spirale, de tordre le cou aux clichés évoquant une justice laxiste.

    Le résultat de cette inflation est sans surprise. Le nombre de détenus contraints de dormir sur un matelas au sol, relevé la journée afin de permettre aux autres détenus de descendre des lits superposés, atteint 2 053. C’est 39 % de plus en un an. Des conditions d’entassement dans les cellules sources de tensions entre détenus et avec les surveillants. Car le personnel pénitentiaire ne progresse pas au même rythme, les activités scolaires, culturelles ou sportives non plus.

    #prison #justice

  • Mobilisation nationale contre les violences pénitentiaires : 29 mai 2022 ! – L’envolée
    ▻https://lenvolee.net/mobilisation-nationale-contre-les-violences-penitentiaires-2022

    « L’association Idir, Espoir et Solidarité a été créée suite au décès de Idir au mitard (#quartier_disciplinaire) de la prison de Lyon Corbas en septembre 2020.
    Pour la seconde année, nous appelons à organiser le dernier dimanche du mois de mai (dimanche 29 mai 2022), une grande mobilisation à l’échelle nationale, contre les #violences_pénitentiaires et les morts en #prison, et pour la fermeture des #mitards et des quartiers d’isolement.

    ▻https://fermerlesmitards.over-blog.com
    ▻https://rebellyon.info/Mobilisation-nationale-contre-les-23946
    ▻https://expansive.info/29-Mai-Journee-Nationale-Contre-les-Violences-Penitentiaires-3293

  • Sacha, tué par le mitard à Saint-Brieuc - expansive.info
    ▻https://expansive.info/Sacha-tue-par-le-mitard-a-Saint-Brieuc-3266

    Le #mitard, couloir de la mort ou « quartier disciplinaire » en novlangue, est le lieu le plus violent du système carcéral. On y retrouve les pires barbaries : passages à tabac, meurtres maquillés en suicide, humiliations (souvent sexuelles), insalubrité, etc. C’est un lieu de torture institutionnalisée. Le Réseau Entraide Vérité et Justice, ainsi que l’association Idir, Espoir et Solidarité demandent son abolition imédiate (voir brochure à la fin de l’article).

    #prison

    • Suicide de Sacha à la prison de St-Brieuc : un an après, toujours autant de questions
      ▻https://oip.org/analyse/suicide-de-sacha-a-la-prison-de-st-brieuc-un-an-apres-toujours-autant-de-questi

      Le 27 avril 2021, Sacha est retrouvé pendu au sein du quartier disciplinaire de la maison d’arrêt de Saint-Brieuc. Il avait dix-huit ans.

      Souffrant d’addictions depuis son entrée au lycée, Sacha passe une partie de son adolescence en foyer d’accueil, et a eu plusieurs fois affaire à la justice pour des faits de petite délinquance. Incarcéré une première fois à l’établissement pénitentiaire pour mineurs d’Orvault en avril 2020, il retourne ensuite vivre chez ses parents. Le 26 décembre 2020, il vole deux des caisses du supermarché dans lequel il est employé et prend la fuite. Pendant un mois, il n’enverra que quelques messages à ses parents, qui ne savent pas où il se trouve. Sa cavale se termine le 22 janvier 2021, lorsqu’il prend le train sans titre de transport. Interpellé par les gendarmes de Saint-Brieuc, il est jugé en #comparution_immédiate et écroué le jour-même.

      Les parents de Sacha, qui étaient jusque-là sans nouvelles de leur fils, reçoivent alors un appel les informant qu’il est incarcéré pour une durée de six mois à la maison d’arrêt de Saint-Brieuc. « À ce moment-là, moi, je souffle… se rappelle la mère de Sacha. Je pense : “Je peux dormir tranquille, désormais il est en sécurité. On ne risque plus de m’appeler demain pour me dire qu’il est mort.” »

      Sacha reprend contact avec ses parents un mois plus tard. Lors de leurs échanges quotidiens, le jeune homme relate sa détention, au cours de laquelle il rencontre de nombreuses difficultés. Le 25 février, Sacha passe en commission disciplinaire à la suite d’une altercation avec un détenu, pour laquelle il est sanctionné de dix jours de placement au #quartier_disciplinaire (QD) avec sursis. Le 18 mars, en manque de tabac, il s’en prend à un autre détenu en cours de promenade. Le 25 mars, la commission de discipline révoque son sursis ; il écope de seize jours de cellule disciplinaire. Le 7 avril, une nouvelle bagarre avec son codétenu entraîne une nouvelle peine de quatre jours. Sacha est donc sanctionné de vingt jours de mitard au total, qui doivent être exécutés du 23 avril jusqu’au 11 mai.

      Deux jours avant son placement au QD, le jeune homme est hospitalisé après avoir ingurgité une importante quantité de médicaments. Il réintègre la prison le jour-même et demande à voir un psychiatre, mais n’obtient un rendez-vous que plusieurs jours plus tard. Ce qui n’empêchera pas son placement au quartier disciplinaire.

      Selon les procès-verbaux cités dans la plainte déposée par les parents, le dimanche 25 avril, et alors qu’il est placé à l’isolement depuis deux jours, Sacha sonne pour signaler qu’il s’apprête à faire “une bêtise”. Un major vient alors échanger avec lui et retire un lacet accroché à la grille de sa cellule et un “yoyo”, une corde confectionnée avec des draps permettant aux détenus de faire des échanges entre cellules. En sortant, l’agent alerte la direction et demande une surveillance renforcée, affirme-t-il aux enquêteurs.

      De leur côté, les parents de Sacha, qui n’ont plus eu de nouvelles de lui depuis trois semaines, s’inquiètent. Le lundi 26 avril, ils contactent la maison d’arrêt qui les renvoie vers le service pénitentiaire d’insertion et de probation (Spip). Mais personne n’est en mesure de leur dire si Sacha est actuellement, ou non, au quartier disciplinaire. Lorsque sa mère précise depuis quand elle n’a plus eu de contact avec son fils, on lui répond que cela correspond à la date à laquelle Sacha n’a plus eu d’argent pour téléphoner. Sa mère lui en verse alors immédiatement afin qu’il puisse les appeler. Mais – qu’il n’ait pas su cet argent disponible ou qu’il n’ait pas téléphoné – les parents de Sacha n’entendront plus la voix de leur fils.

      Le mardi 27 au matin, d’après les PV d’audition cités dans la plainte de la famille, deux majors sont alertés de la situation d’extrême mal-être dans laquelle se trouve Sacha. Ils le sortent de sa cellule et l’emmènent dans leur bureau pour discuter. Ils remarquent alors des traces rouges au niveau du cou de Sacha, qui laissent supposer une tentative de #suicide. Ils conseillent au jeune homme d’écrire à la direction, afin de solliciter un fractionnement de sa sanction de mitard. Ce que Sacha fera. « Je suis au bord du gouffre, écrit-il. Je suis prêt à en finir avec la vie, mais d’un autre côté je sais que ce n’est pas la bonne solution. » Il dit avoir réfléchi à ses actes et les « regretter amèrement ». Il supplie de fractionner sa peine de mitard et précise qu’il ne pourra pas tenir un jour de plus. « J’en appelle à votre humanité et à votre empathie. »

      Après une promenade d’une heure, Sacha est remis en cellule et l’unité sanitaire est alertée. En début d’après-midi, sa mère reçoit un appel du directeur de la maison d’arrêt. « J’ai une bien triste nouvelle à vous apprendre. Votre fils s’est donné la mort ce midi », lui annonce-t-il. Le corps de Sacha a été retrouvé sans vie dans sa cellule du quartier disciplinaire. Selon l’enquête qui suivra, Sacha a déchiré le liseré de sa couverture et l’a accroché à la grille de sa cellule avec un lacet.

      Les parents de Sacha ne seront reçus par l’établissement pénitentiaire que le 18 mai 2021, soit trois semaines après le décès de leur fils. Durant cet entretien, le directeur aurait affirmé que la lettre de Sacha avait bien été lue et que sa demande avait été acceptée, précisant toutefois que la direction attendait la visite d’un médecin pour acter la décision. Mais cette dernière n’aura pas lieu à temps.

      « Pourquoi, alors qu’il criait son mal-être et avait déjà fait deux tentatives de suicide, notre fils a-t-il été maintenu au quartier disciplinaire ? Pourquoi n’a-t-il pas immédiatement été vu par un médecin ? A-t-on vraiment dit à Sacha que sa demande était accordée, qu’il allait être sorti du QD ? Comment a-t-il pu se retrouver en possession d’un lacet ? N’aurait-il pas dû être particulièrement surveillé ? » Aujourd’hui, les parents de Sacha attendent des réponses. Après une première plainte classée sans suite, ils ont décidé, assistés de Me Etienne Noël, de déposer une plainte avec constitution de partie civile pour mise en danger d’autrui d’une part, et d’engager un recours devant le tribunal administratif pour faire reconnaître la responsabilité de l’État d’autre part.

      par Pauline Gurset

  • Encore un « suicide » au mitard de Seysses : « trop de frangins sont morts » - IAATA
    ▻https://iaata.info/Encore-un-suicide-au-mitard-de-Seysses-trop-de-frangins-sont-morts-4562.html

    En effet, tous les prisonniers qui décident de témoigner parlent invariablement de la même équipe, celle du mitard ou quartier disciplinaire – ce lieu clos, à l’abri de tous les regards, où règne la peur. Ils décrivent souvent les mêmes faits : amenés au quartier disciplinaire, ils y ont subi une prise qui leur a fait perdre connaissance – sans doute une des techniques de pliage mortelles enseignées à l’école de police… et aussi aux surveillants. Certains racontent qu’ils se sont ensuite réveillés nus, couverts de sang et d’hématomes, et qu’il ne leur a pas été permis de voir un médecin malgré leurs nombreuses demandes. Certains sont terrorisés au point de dire qu’ils ont « une chance sur deux » de sortir vivants du mitard ; c’est dur à entendre… et encore plus dur à vivre.

    #mitard #violences #impunité #état_français #Seysses

  • Encore un « suicide » au mitard de Seysses : « trop de frangins sont morts » – L’envolée
    ▻https://lenvolee.net/encore-un-suicide-au-mitard-de-seysses


    ▻https://seenthis.net/messages/694166

    Jules est mort au #mitard de la maison d’arrêt de #Seysses dans la nuit du 5 au 6 décembre. Il avait 20 ans. L’administration pénitentiaire prétend qu’il s’est pendu, mais les prisonniers sont formels : Jules ne s’est pas suicidé.
    Ils sont très nombreux à témoigner, et c’est toujours la même équipe qui est mise en cause ; ce sont toujours les prénoms des mêmes surveillants qui ressortent. Le pire, c’est que ça fait des années que ça dure.

    #lenvolée #prison #matons_assassins

    • Taoufik mort à Perpignan, Jules mort à Seysses … Trop de « morts suspectes » en prison
      ▻https://lenvolee.net/taoufik-mort-a-perpignan-jules-mort-a-seysses-trop-de-morts-suspectes-en-p
      L’Envolée, l’émission pour en finir avec toutes les prisons, donne la parole aux prisonniers, prisonnières et à leurs proches. Émission de #radio chaque vendredi de 19 à 20h30 sur FPP 106.3 en région parisienne et MNE 107.5 à Mulhouse, sur RKB 106.5 en centre Bretagne les lundis à 22h, et sur les webradios Pikez (dimanche à 11h) et Station Station (lundi à 13h). Podcasts disponibles sur toutes les plateformes de podcast.
      ▻https://lenvolee.net/wp-content/uploads/2020/12/lenvolee-20-12-11.mp3

    • Témoignage et lettre de prisonniers en Italie qui reviennent sur la révolte à la prison de Modène le 8 mars 2020 et qui rappellent les 12 personnes tuées ce jour là et que l’administration essaie de faire oublier.

      Je suis allé en prison parce que la police est venue contrôler et m’a trouvé sans papiers, ils m’ont envoyé en prison. Depuis que j’étais en prison, les problèmes ont commencé, une fois il y a eu une bagarre, je n’avais rien à voir avec ça. Ensuite, la police est arrivée et ils sont entrés et nous ont battus et nous ont cassé les os, puis ils nous ont mis en cellule d’isolement pendant 3 jours sans nous emmener à l’hôpital. Finalement, un garçon a été emmené à l’hôpital et s’est évanoui à cause des douleurs. Quand il l’a vu, le médecin l’a laissé entrer de toute urgence. Le médecin a dit à la police qu’il devait rester à l’hôpital au moins 3-4 jours, mais la police ne voulait pas. Le médecin avait demandé qu’il y avait quelqu’un à l’intérieur de la prison pour l’aider à bouger pendant un mois, mais la police n’a rien fait de tout ce que le médecin avait demandé et lui a donné un certificat. Il a fait un rapport à la police à l’hôpital et a pris le dossier avec lui, à la fin ce soir-là, ils l’ont pris et l’ont immédiatement emmené à la prison de Modène où j’avais également été transféré, dans une cellule où se trouvaient également mes amis de ma ville, j’y suis resté jusqu’à ce que le coronavirus arrive et lorsque le corona est arrivé il y avait un homme malade du virus et ils ne voulaient pas le laisser sortir et ils nous ont interdit de voir les membres de nos familles. Après cela, une révolution s’est produite et ils ont incendié la prison et les forces spéciales sont entrées et ont commencé à tirer, 12 personnes sont mortes dont 2 de mes amis, ils sont morts sous mes yeux, je suis toujours sous le choc. Je m’étais échappé sur le toit de la prison pour qu’ils ne me tirent pas dessus après ils nous ont tous pris et emmenés et mis dans une pièce, ils nous ont enlevé tous nos vêtements et ils ont commencé à nous battre, nous gifler et nous donner des coups de pied. Ensuite, ils nous ont rendu nos vêtements et ils nous ont mis en ligne et ils nous ont encore battus avec la matraque, à ce moment-là, j’ai réalisé qu’ils allaient nous emmener dans une autre prison. Tels étaient les coups que nous avons reçus qu’ils m’ont envoyé dans une autre prison sans chaussures. Puis, quand nous sommes arrivés à la prison, ils nous ont battus à nouveau. Au final j’ai purgé ma peine je suis très choqué pour mes amis je n’ai pas pu porter plainte contre les carabiniers parce qu’ils sont trop forts. Et je n’ai ni argent ni documents. Je suis toujours très choqué je n’arrive plus à dormir ni à bien manger. Après tout, je me sens encore très mal, mais malgré tout j’aime l’Italie, grâce à vous qui m’avez fait parler.

      ▻https://seenthis.net/messages/829634

  • Interview de la mère d’Idir, mort au mitard | La petite cuillère
    ▻https://blogs.radiocanut.org/petitecuillere/2020/11/05/la-petite-cuillere-emission-du-5-novembre-2020

    On vous a causé de × Idir, un prisonnier mort à Corbas en septembre 2020, c’est sa mère qui nous parle de l’affaire. × le covid en prison × le système carcéral aux états unis Durée : 59 min. Source : Radio Canut

    ▻https://blogs.radiocanut.org/petitecuillere/podpress_trac/web/983/0/petitecuillere2020-11-05.mp3

  • « il m’a donné un coup de poing, ils m’ont mis les mains derrière, ils m’ont dit mets-toi à terre, ça se fait ? Est-ce qu’on est des chiens ? ». Témoignage de H. du CRA de Lyon – // Crame ton CRA //
    ▻https://crametoncralyon.noblogs.org/il-ma-donne-un-coup-de-poing-ils-mont-mis-les-mains-derrier

    Nous on est ici comme des chiens. Est-ce que tu comprends ce que ça veut dire, comme des chiens ? La vie des chiens elle est plus belle que notre vie. Pourquoi y a tant de gens racistes en France ? C’est la première fois que j’ai vu des gens racistes comme eux, je te jure, oui en France, ça ne se fait pas de faire ça

    ▻https://lenvolee.net/emission-du-9-octobre-2020-idir-tue-a-corbas-violences-policieres-au-cra-p
    ▻https://lenvolee.net/wp-content/uploads/2020/10/lenvolee-20-10-09.mp3

    #lenvolée #prison #cra #racisme

  • Hommage à Georges Courtois : Extrait d’interviews avec Jeff Klak @jef_klak dans l’emission du 22 mars de #lenvolée

    ▻http://www.lenvolee.net/wp-content/uploads/2019/03/lenvolee-19-03-22.mp3
    ▻http://lenvolee.net/emission-du-22-mars-2019

    Quelques liens & articles au sujet de quoi sa cause dans le poste :
    ▻https://www.prison-insider.com/news/france-une-prison-dans-la-prison-pour-les-detenus-radicalises-recrut

    La création des QPR a été décidée dans le cadre d’un plan de lutte contre la radicalisation, lancé par le gouvernement. Les QPR sont destinés à accueillir des détenus radicalisés dont le comportement prosélytes a été décelé pendant la période d’évaluation. « Il faut séparer les recruteurs des personnes influençables violentes et ce n’est pas parce qu’ils ne sont pas passés à l’acte qu’ils ne sont pas dangereux, au contraire » précise l’administration pénitentiaire.

    Je souligne ceci en gras parce qu’il me semble que ce jugement n’est pas propre à l’administration pénitentiaire, en ces temps de gilets jaunes et de macronie débridée.
    ▻https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/bouches-du-rhone/aix-en-provence/luynes-bientot-prison-prison-detenus-radicalises-recrut

    Sur le blocage des matons à Condé-sur-Sarthe

    ▻https://www.prison-insider.com/news/france-l-administration-penitentiaire-a-la-prison-de-conde-pour-sort
    ▻https://www.prison-insider.com/news/france-la-greve-dure-les-detenus-endurent
    #ERIS #prison #Georges_Courtois #CRA

    • En plein mouvement de surveillants qui réclament une revalorisation de leur statut, le gouvernement vient d’adopter un décret durcissant le régime disciplinaire des personnes détenues.
      ▻https://paris-luttes.info/le-durcissement-du-mitard-11826

      Tous les détenus, prévenus ou condamnés, y compris ceux placés en semi-liberté, en placement à l’extérieur ou sous surveillance électronique, sont soumis au régime disciplinaire de l’établissement dans lequel ils se trouvent incarcérés. Ce régime est déterminé par le Code de procédure pénale qui définit les fautes, les sanctions et la procédure disciplinaires. Aux sanctions disciplinaires – dont la plus dure reste le placement en #cellule_disciplinaire (mitard) – peuvent s’ajouter éventuellement les « sanctions » du juge de l’application des peines, par exemple le retrait de crédits de réduction de peine, ou le retrait de la mesure d’aménagement de peine (semi-liberté, placement à l’extérieur ou sous surveillance électronique). Certaines fautes disciplinaires constituent en outre des infractions pénales, faisant encourir une nouvelle condamnation qui peut venir s’ajouter à la sanction disciplinaire.

      ▻https://oip.org/fiche-droits/la-discipline
      #quartier_disciplinaire #mitard

  • Maison d’Arrêt de Seysses, le 19 avril 2018.

    J. avait 26 ans. Samedi dernier, il était au #mitard, dans une »cellule disciplinaire » de la #prison de Seysses. Il y est mort. Les médias relaient une version des faits, une seule : celle des #matons, les »surveillants ». Mais nous, on y vit, dans cette prison. Et on n’est ni sourds, ni aveugles. On sait que sa mort a été provoquée par la violence des matons affectés au mitard. Non, J. ne s’est pas suicidé.

    Si plus d’une centaine de prisonniers ont refusé de remonter en cellule plusieurs jours de suite cette semaine, c’est parce que c’est tout ce qu’on peut faire pour protester, ici. J. est mort au mitard, et l’autopsie aurait conclu à un suicide. Mais on sait que ce n’est pas le cas, car il y a des témoins qui étaient présents dans les cellules environnantes lors de son passage à tabac, qui ont tout entendu, qui ont assisté à tout ça. C’est suite à un déferlement de coups que J. est mort samedi. Pensez-vous que nous serions 200 prisonniers à refuser de remonter en cellule et à déployer une banderole dans la cour de promenade si nous n’étions pas convaincus de leurs mensonges ?

    Tous ceux qui sont passés par le #quartier_disciplinaire pourront témoigner des humiliations qu’ils y ont subi, des insultes racistes, des crachats à la figure, des ordres donnés comme si on était moins que des chiens… Là-bas, celui qui a le malheur de « la ramener » peut finir comme J. : pendu. Aucun droit n’est respecté dans ce mitard. Les promenades ont lieu au bon vouloir des surveillants, et en général il n’y en a pas. L’accès au douches nous y est refusé, et il peut se passer quinze jours sans qu’on puisse y aller. Pareil pour l’accès au feu, pour allumer une cigarette : c’est maximum trois fois par jour et ils usent de beaucoup de zèle, il faut presque les supplier. La peur y règne, et y aller est pour chacun d’entre nous, prisonniers, une vraie descente aux enfers.

    Cet hiver, plusieurs prisonniers se sont retrouvés dans ce mitard sans matelas, sans couverture et sans vêtements, alors qu’il faisait moins cinq degrés. Juste parce qu’ils avaient tapé sur la grille de leur cellule pour réclamer à manger ou avoir du feu. Ils ont dû dormir par terre, nus, sur un coussin, et manger « la gamelle » dans des barquettes qui arrivaient ouvertes, apparemment déjà utilisées.

    J. a été battu par cinq ou six surveillants, pendant plus d’une demi-heure. Puis il y a eu un grand silence, et les surveillants se sont mis à discuter entre eux, à estimer son poids et sa taille pour s’accorder sur une version des faits. Puis ça a été l’heure de la gamelle et, quand sa cellule a été rouverte, ils ont fait mine de le découvrir pendu. Alors le Samu est intervenu et a tenté de le réanimer, en vain. Le lendemain, ils ont libéré tout le monde du mitard et personne n’a été entendu, même pas le chef ni les gendarmes. Ça montre bien qu’ils ont des choses à cacher, qu’on ne vienne pas nous dire le contraire.

    Certains d’entre nous (sur)vivent dans cette prison de Seysses depuis plusieurs années, ou y font beaucoup d’allers-retours. Cette situation n’est pas nouvelle, et d’autres « morts suspectes » ont eu lieu ici ces dernières années. Nous avons vite compris que notre parole ne valait rien face à la leur, mais nous savons aussi que beaucoup dehors s’interrogent ou ont déjà compris leur petite mascarade. Qui tue.

    ▻http://lenvolee.net/encore-un-mort-au-mitard-communique-de-prisonniers-de-seysses
    #lenvolée

  • Il est une idée communément répandue que la déportation n’existe plus en droit français ; que la déportation aurait été définitivement abolie par une ordonnance du 4 juin 1960 du général de Gaulle.

    Pour autant, si l’action de déporter est d’obliger quelqu’un à quitter son territoire, soit pour l’obliger à s’installer ailleurs, soit pour le détenir hors de son territoire, elle existe toujours en droit Français.

    C’est ce que subit Fabrice, français originaire de Guadeloupe, condamné en Guadeloupe mais qui a été envoyé en métropole pour exécuter sa peine initiale, peine qui ne cesse de s’allonger et de se durcir toujours un peu plus (menottes systématiques, réveils nocturnes, suppression de l’accès aux douches, etc.)

    #ERIS #répression #mitard #isolement #prison
    ▻http://prison.eu.org/spip.php?article15857#outil_sommaire_2
    ▻http://lenvolee.net/de-plus-en-plus-cauchemardesque-pour-fabrice-boromee-en-guise-de-reponse-a
    Ils sont entrain de tuer Fabrice Boromée / conférence de presse jeudi 6 juillet 2017 Paris 12 ème.
    ▻http://lenvolee.net/ils-sont-en-train-de-tuer-fabrice-boromee-conference-de-presse-jeudi-6-jui

  • Prisons surpeuplées : France 2 préconise des constructions et un meilleur rangement | Samuel Gontier
    ▻http://television.telerama.fr/television/prisons-surpeuplees-france-2-preconise-des-constructions-et-un-m

    « Dix mille à seize mille places de prison en plus pour limiter la surpopulation, c’est le plan annoncé par le garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas, claironne David Pujadas mercredi soir. Faut-il y croire ? » J’aimerais tant. « On démêlera le vrai du faux. » Merci. Le reportage qui suit accompagne Jean-Jacques Urvoas dans sa visite de la prison de Fresnes et détaille son plan dont le coût s’établit « entre un milliard et deux milliards et demi d’euros ». Source : Ma vie au poste

    • Surpopulation en #maisons_d’arrêt, #suicides_de_détenus, témoignages sur les dysfonctionnements de l’institution pénitentiaire, échec de la #prévention de la #récidive : la prison est un sujet récurrent dans les #médias.
      En 2009, une #loi_pénitentiaire a été votée, sous l’égide de deux ministres de la justice successifs. Si les sujets carcéraux sont aujourd’hui pleinement intégrés dans les préoccupations #politiques et journalistiques, ils sont longtemps restés confinés dans des espaces de traitement discrets, régulés par l’#administration_pénitentiaire
      Avec un focus particulier sur le rôle du Parlement français, l’objectif de cet ouvrage est de retracer les processus qui ont contribué à faire de la #prison un sujet politico-médiatique et des droits des personnes détenues un objet de loi.
      Quelles sont les conditions de constitution d’une situation donnée en problème public et politique ? Quelles peuvent être les contributions du Parlement à l’action publique, au-delà de la seule activité législative ?
      À partir de l’analyse du cas de la politique pénitentiaire depuis 1945, il s’agit de mettre au jour le rôle du Parlement dans la réforme d’un secteur d’action publique relativement fermé et de montrer comment la mobilisation de députés et sénateurs peut contribuer à en redéfinir les problématisations, à redessiner les contours de son réseau d’intervenants et à susciter des changements dans son traitement.

      Changer la prison
      Jeanne Chabbal, 2016
      #Presses_universitaires_de_Rennes
      ▻http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=4133

    • Entre l’univers psychiatrique ou la prison j’aurais du mal à choisir. Et je croi pas que la prise en charge psychiatrique coûte moins cher que la prison et que les personnes y soient moins mal traitées. Vu la logique comptable qui régit tout actuellement à mon avis c’est pas par hasard qu’il y a tant de prisonniers qui devraient recevoir des soins psychiatriques. Le monde psychiatrique est un domaine abandonné des pouvoirs publiques et les maltraitances y sont généralisées dans la plus complète indifference et opacité.

    • De ce que j’ai lu dans la press les soins psychiatriques ou toute forme de soins en milieu carcéral sont insuffisants et défectueux. vu la surcharge de travail qui pèse sur le personnel du milieu médical et encor plus psychiatrique et encor plus en milieu carceral tu fait bien de mettre des " a bénéfices ...

    • Paru dans l’Envolée numéro 26 – Octobre 2009 –

      L’infâme bouillie médico-pénitentiaire, suicides et médicalisation.
      C’est probablement en référence à l’efficacité des soins procurés et à la qualité de la prévention pratiquée que Florence Aubenas, nouvelle présidente de l’Observatoire international des prisons (OIP), s’est exclamée : « On est là face à un problème de santé publique, je crois qu’il faut se décider à faire rentrer les médecins dans les prisons ! », la journaliste lui répondant fort justement : « Mais il y a déjà des médecins dans les prisons aujourd’hui ! ». Plus précisément, voilà ce que pense l’OIP (1) : « L’attitude de l’administration pénitentiaire, qui empêche toute analyse documentée et rationnelle du phénomène du suicide en prison, pour se prémunir d’une remise en cause de ses modalités d’action, témoigne de la nécessité de confier au ministère de la Santé la responsabilité de la définition et de la mise en œuvre de la politique de prévention. »

      C’est d’une certaine façon une tentative de faire jouer le pouvoir médical soignant contre le #pouvoir_carcéral. En d’autres termes de faire jouer le biopouvoir contre le pouvoir disciplinaire et les survivances du #pouvoir_souverain, de plaider en quelque sorte pour le droit à la vie des personnes incarcérées. Ce faisant, c’est oublier que le pouvoir médical, sous sa forme psychiatrique, a depuis longtemps, hors du champ initial de son savoir, envahi le #système_pénal, notamment par le biais des expertises. C’est oublier que ce même pouvoir gère l’enfermement psychiatrique et qu’avec la mise en place des #UHSA (Unités d’hospitalisation spécialement aménagées), il devient un acteur à part entière du système pénitentiaire… C’est oublier qu’avec la création des centres de rétention de sûreté, il joue sur tous les tableaux, apportant à la fois la caution de l’expertise et l’alibi du soin (2). C’est oublier enfin que le #pouvoir_médical est capable, sur injonction de la Chancellerie, de lourdement participer à la production de rapports – tel celui de la commission Albrand – où impératifs pénitentiaires (3) et thérapeutiques sont mêlés dans une #infâme_bouillie et où l’amalgame entre délinquance et pathologie est repris de plus belle (4). Mais comme en 2003 avec la mission de réflexion sur les suicides confiée au psychiatre J-L Terra, les choses sont faussées dès le départ car la mission-commission, dirigée par un psychiatre, va d’emblée considérer la question sous l’angle de la maladie mentale. Et l’accroissement, ces dernières années, du nombre de prisonniers souffrant de #troubles_psychiques ne peut que renforcer la tentative d’en faire une affaire médicale. Mais le problème n’est pas fondamentalement psychiatrique, comme tentent de nous le faire croire certaines déclarations médico-pénitentiaires. Il est provoqué par des traitements durs, méritant pleinement le nom de #torture : choc de l’incarcération, longues peines, transferts incessants, placements en quartier d’isolement, mises au #mitard, refus de parloir, rejet de libération conditionnelle, etc. Il est provoqué par la prison même. Première embrouille donc : oser qualifier de psychopathologie la souffrance et les comportements qu’elle induit. Et seconde embrouille : faire porter tout le poids de cette souffrance à l’individu en niant la responsabilité de l’administration pénitentiaire, du #système_répressif dans son ensemble et de la société.

      Quant au soin qui semblerait, en l’occurrence, intéresser la pénitentiaire, il pourrait s’appeler techniques de « préservation de l’intégrité physique à tout prix ».
      Il n’y a pas que les « suicides »…
      On l’a déjà dit, mais on le répète : le bruit qui a été produit sur les suicides en prison (discours officiels et amplification médiatique) a été accompagné d’un silence assourdissant sur les « #morts_suspectes » dans les mêmes endroits. À de rares exceptions près, les medias sont restés prisonniers du sujet défini selon les normes au pouvoir, où pour un peu l’AP apparaîtrait comme une officine de santé publique aux prises avec un problème complexe dont est responsable une sous-catégorie– difficilement repérable – à l’intérieur d’une population spécifique, celle des détenus.

      Mais il n’y a pas que des « suicides » ou des morts mal expliquées parmi les décès qui mettent en cause la prison, et ils ne se produisent pas qu’à l’intérieur (5). Peu de personnes en sont conscientes, mais le nombre de personnes mortes de la prison est bien plus élevé que le chiffre officiel des « suicides » en prison…

      NOTES :

      1. Cf. « Prévention du suicide en prison : en finir avec une politique absurde et mensongère ».

      2. Comment en effet prétendre encore soigner dans un lieu où le moindre propos d’un prisonnier pourrait être retenu contre lui ? À moins de ne plus concevoir le traitement que sous la forme épurée : « Gobe tes médocs et ferme ta gueule ! »

      3. « En charge de la garde de cette personne, l’administration se doit alors de préserver son intégrité physique à tout prix, y compris contre elle-même. » La prévention du suicide en milieu carcéral, rapport de la commission Albrand, p.15.

      4. « Par ailleurs, la délinquance est devenue plus violente et plus improvisée. Les personnes incarcérées sont ainsi souvent adeptes de « conduites à risques », atteintes de troubles de la personnalité, voire de troubles psychiatriques. » Ibid., p.13.

      5. Cf. « Prison : danger de mort » , L’Envolée N°25.

      ▻http://lenvolee.net/tag/medical/page/2
      ▻http://dai.ly/xqba55
      #Laurent_Jacqua
      ▻http://laurent-jacqua.blogs.nouvelobs.com/archive/2012/12/04/proces-de-philippe-lalouel-episode-3.html#c807290

    • Politiques et pratiques de la #psychiatrie_en_prison 1945-1986

      Des annexes psychiatriques aux services médico-psychologiques régionaux (SMPR)
      Depuis le code pénal de 1810 (article 64) et la loi sur les aliénés du 30 juin 1838, psychiatrie et prison avaient suivi deux mouvements historiques parallèles ; le psychiatre, expert, ne venait en prison que pour repérer le fou et pour l’en extraire. Les non-aliénés, les demi-fous, les anormaux mentaux, mais aussi tous ceux qui perturbaient l’ordre carcéral étaient pris en charge par la seule discipline pénitentiaire. Après la rupture de la Seconde Guerre mondiale, un processus de réformes en spirale scella progressivement la convergence historique de la prison et de l’asile et lança la création de structures de prise en charge psychiatrique des détenus (annexes psychiatriques de la réforme Amor puis CMPR et SMPR)… Cette institutionnalisation de l’intervention psychiatrique en prison se déploya sur plus de quarante ans. Dans un contexte de pénuries, à partir d’échecs et d’expérimentations, avec des modèles différents, plusieurs générations de praticiens, de magistrats et de pénitentiaires ont élaboré dans l’action un nouveau cadre d’intervention sanitaire en prison devenue lieu de soin.

      Hélène Bellanger, « Politiques et pratiques de la psychiatrie en prison 1945-1986 », Criminocorpus [En ligne], Savoirs, politiques et pratiques de l’exécution des peines en France au XXe siècle, Communications, mis en ligne le 01 décembre 2014 ▻http://criminocorpus.revues.org/2730

  • Entretien avec #Youv. La Vie de #voyou | VICE | France,
    ▻http://www.vice.com/fr/read/la-vie-de-voyou-933

    - J’ai cru comprendre qu’à l’avenir, tu voulais te consacrer à l’#écriture ?

    Oui, parce que j’ai grandi dans la violence, et cette violence m’a amené à faire vingt piges de placard. J’ai compris qu’en écrivant, je pouvais avoir cette même #violence, sauf que là, on m’écoute – et on m’applaudit. Mais je t’ai dit la même chose, hier ! J’ai insulté ta mère, et tu m’as mis au #mitard. Là, je le refais, mais avec des virgules et un point à la fin, et tu m’applaudis ? Alors je vais arrêter de faire le fou et de braquer... Et ils vont aller l’acheter ! Ceux qui me détestent, ils vont me donner de l’#oseille. C’est simple ! (...)

    Et je suis un miraculé. Malgré mes vingt ans de ballon j’ai encore toute ma tête. Mais sur mon affaire, on était six, et les cinq autres sont en #psychiatrie. (...)

    – J’ai l’impression qu’à l’époque de tes braquages, ta motivation première n’était pas l’appât du gain, mais plutôt une volonté de défier l’État et l’autorité.

    C’est tout à fait ça. Un procureur me l’a dit : « vous n’avez pas besoin d’argent, vous prenez 100 000 euros tous les mercredis ! » Et il avait raison, c’était pas une question d’oseille. Je suis d’une génération qui a vu la #hagra qu’ils ont faite à nos parents. Mes parents ne savaient pas lire, et c’est moi qui les accompagnais à la #CAF ou dans les administrations. Je faisais le traducteur, j’étais un peu le tampon entre eux et la société. J’entendais des trucs, style : « ces Noirs, ils sont venus pour les #allocs. » J’avais pas encore l’âge de répondre, mais je comprenais tout. Alors quand j’ai eu l’âge de tout niquer – ça a été avec grand plaisir.

    Quand je montais sur un #braquage, c’était toujours avec des mecs qui étaient là pour l’oseille. Moi, c’était par conviction. C’était une manière de défier la société. C’est pourquoi je m’attendais à une grosse peine. Quand t’es en #guerre_contre_la_société, elle est sans pitié avec toi. J’ai anticipé mes années de placard, voilà pourquoi j’ai tenu le coup. Alors que quand tu fais ça pour t’acheter un Porsche et frimer avec les meufs, tu peux pas tenir onze ans enfermé. T’as pas la mentalité pour !

    D’où vient cette mythologie du braquage, selon toi ?

    Quand tu braques des banques, tu prends l’#État à la gorge. Donc le jour où ils vont te péter, ils vont pas rigoler avec toi. Ils préfèrent que tu violes, que tu tues. Personne ne prend plus de dix ans pour un viol ! En prison, j’ai vu des violeurs de petites filles qui étaient là pour deux fois moins de temps que moi ! Ce système marche sur la tête. À la barre, je risquais 30 ans. J’ai braqué, d’accord, mais je n’ai jamais tué personne ! Braquer, c’est le summum, et moi j’y allais avec cette conscience. Même si ça avait été pour 1 000 euros, j’aurais continué à braquer. Je voulais juste monter au front et les tacler là où ça leur fait le plus mal : au porte-monnaie.