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    Victime de « traumas liés à son exil », un migrant guinéen de 14 ans retrouvé pendu dans son foyer
    Par La rédaction Publié le : 02/10/2026
    Un mineur non accompagné d’origine guinéenne a été retrouvé pendu dans son foyer le 18 septembre. Une enquête a été ouverte.
    Abdouramane, un Guinéen de 14 ans, a été retrouvé pendu le 18 septembre, selon le parquet de Clermont-Ferrand. Le mineur non accompagné s’est suicidé dans une chambre du Ddaeomi (dispositif départemental d’accueil, d’évaluation et d’orientation des mineurs non accompagnés) où sont mis à l’abri et pris en charge les jeunes reconnus mineurs.Selon le récit de proches recueilli par l’AFP, ce garçon arrivé dans le Puy-de-Dôme depuis la Guinée-Conakry il y a plusieurs mois était en souffrance psychique. Son profil était « compliqué, avec des troubles et un trauma liés à son exil et aux conditions de son passage en France », a déclaré Thierry Tailhandier, l’un des responsables de la CGT Santé et Action sociale du Puy-de-Dôme."C’était un garçon triste, souvent seul, un peu torturé. Il traînait avec nous, on passait du temps ensemble, mais il était perdu, il ne comprenait rien à son affaire", a raconté au journal La Montagne un adolescent pris en charge par la même structure. « Il voulait être scolarisé et vivait très mal de ne pas l’être, ça le travaillait énormément, il en parlait souvent avec tristesse », a aussi confié son entourage.
    Le quotidien ajoute aussi qu’Abdouramane, le jour de sa mort, « s’est entretenu avec sa famille restée en Guinée Conakry ». « Au téléphone, ses proches évoquent un appel étrange lors duquel il a suggéré l’idée d’un retour dans son pays de naissance. Ils ont tenté de l’en dissuader », raconte le journal.
    Cette mort pose la question de la prise en charge des mineurs non accompagnés dans ce département car Abdouramane, isolé, se plaignait de ne pas être assez accompagné. Depuis 2019, le conseil départemental en charge de la protection de l’enfance dans le Puy-de-Dôme confie, par une convention à une association toulousaine l’Anras, l’accueil, l’évaluation et l’hébergement des mineurs étrangers. « Ce n’est pas un accident » et « malgré tout le dévouement des salariés de l’ASE, nous manquons de moyens pour accompagner ces enfants du bout du monde », a ajouté le syndicaliste.En 2024, 306 mineurs non accompagnés étaient pris en charge par le département. Cette année-là, le nombre d’enfants placés avait doublé en cinq ans dans le Puy-de-Dôme.
    Le décès du jeune homme a aussi suscité de nombreuses réactions d’élus du département. La députée LFI du Puy-de-Dôme, Marianne Maximi, a estimé pour sa part qu’"Abdouramane avait besoin d’aide, et c’est la force publique qui a manqué à sa mission, c’est à elle d’en tirer toutes les conséquences". Pour la sénatrice PS Marion Canalès, "les prochains débats au Sénat sur le texte relatif à la protection de l’enfance seront l’occasion de rappeler notre devoir moral d’agir pour tous les enfants de France."Coupes budgétaires, grève du Samu social, perturbation du 115 : « On dénonce la politique de l’État et les nombreux retours à la rue », s’indigne Utopia 56. « Comment mieux protéger les enfants et les adolescents qui nous sont confiés ? Abdouramane avait 14 ans. Il ne doit pas être réduit à un dossier ou à un chiffre », a réagi sur Facebook le groupe d’opposition au Département, La Gauche Sociale et Écologiste - Solidaires par nature.
    Interrogés par l’AFP, ni la direction du Ddaeomi, ni le conseil départemental n’ont souhaité faire de commentaires. Une enquête et des analyses sont « en cours », a précisé le procureur de la République Eric Serfass à l’AFP, confirmant une information du quotidien La Montagne.

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  • En Espagne, deux mois après l’arrivée massive de migrants à Ceuta, la crise continue de déstabiliser le premier ministre Pedro Sanchez
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    En Espagne, deux mois après l’arrivée massive de migrants à Ceuta, la crise continue de déstabiliser le premier ministre Pedro Sanchez
    La répartition des mineurs non accompagnés dans les régions est devenue le nouveau terrain d’affrontement entre le gouvernement et la droite, qui réclame le retour de ces migrants isolés au Maroc.
    Par Isabelle Piquer (Madrid, correspondante)
    près de deux mois après l’arrivée massive de migrants dans l’enclave espagnole de Ceuta, les 30 et 31 juillet, la crise continue de peser sur la rentrée politique espagnole et de crisper les relations entre le gouvernement du premier ministre Pedro Sanchez et l’opposition de droite. Aux difficultés humanitaires et à la question toujours sensible des relations avec le Maroc s’est ajouté un nouveau sujet de confrontation : le sort des milliers de mineurs non accompagnés arrivés dans la ville et leur éventuel transfert vers d’autres régions espagnoles.
    Ceuta est devenue un point de ralliement pour la droite et l’extrême droite, qui ont fait de la défense de « l’intégrité territoriale » et de la politique migratoire un angle d’attaque contre le gouvernement socialiste. Samedi 26 septembre, quelque 20 000 personnes, selon le gouvernement, ont défilé dans le centre de la capitale à l’appel de la plateforme ultraconservatrice Société civile espagnole, avec le soutien du Parti populaire (PP, droite) et de Vox (extrême droite). « Non à l’invasion de Ceuta et Melilla » ou encore « En défense de l’Espagne » proclamaient les affiches de la manifestation. Les organisateurs réclamaient également la convocation d’élections législatives avant le 15 novembre.La crise a poursuivi Pedro Sanchez jusqu’à New York. Devant l’Assemblée générale des Nations unies, mercredi 23 septembre, le chef du gouvernement a estimé que « les inégalités, le désespoir et la désinformation [avaient alimenté à Ceuta] l’une des plus grandes crises de migration irrégulière de ces dernières années ». « Dans des moments comme celui-ci, la tentation est de choisir le raccourci, de céder à la peur, de faire du migrant un ennemi et de violer la légalité. Mais l’Espagne ne le fera pas », a-t-il déclaré.
    Sur le terrain, la situation est loin d’être réglée. Le ministre de l’intérieur, Fernando Grande-Marlaska, estimait, le 21 septembre, qu’entre 3 000 et 3 500 migrants se trouvaient encore dans les rues de Ceuta, en dehors des structures d’accueil. Le gouvernement veut accélérer leur identification et le traitement des demandes d’asile. D’après la presse espagnole, l’exécutif prépare un décret-loi, destiné à raccourcir les procédures administratives et judiciaires afin de faciliter le retour au Maroc de ceux qui ne peuvent prétendre à une protection internationale.
    Mais c’est surtout le sort des mineurs non accompagnés qui alimente le contentieux entre le gouvernement et le PP. Ceuta en compterait actuellement environ 2 200 placés sous tutelle, tandis que 500 à 700 autres seraient toujours dans la rue. « Je pense que la majorité veut rester en Espagne et qu’elle va rester », a affirmé le 21 septembre la ministre de la jeunesse et de l’enfance, Sira Rego. « Il existe une loi qui les protège. Dans notre pays, la nationalité et l’origine d’un enfant n’ont pas d’importance : tous bénéficient d’une protection universelle », a-t-elle ajouté.
    Le président de Ceuta, Juan Jesus Vivas, membre du PP, et le chef du parti conservateur, Alberto Nuñez Feijoo, défendent au contraire le retour des mineurs au Maroc. Tous deux ont demandé au gouvernement d’« activer les mécanismes nécessaires » pour permettre leur regroupement avec leur famille. Le PP redoute qu’un transfert massif vers la péninsule ne crée un « appel d’air » et favorise de nouvelles arrivées.La controverse réactive un conflit qui avait déjà opposé le gouvernement central aux régions dirigées par la droite lors de la crise migratoire aux Canaries, quand plus de 45 000 migrants étaient arrivés sur les côtes de l’archipel. En mars 2025, le gouvernement avait modifié la loi sur les étrangers afin de permettre, en cas de « contingence migratoire extraordinaire », que les 17 régions espagnoles se répartissent les mineurs, selon des quotas tenant notamment compte de la population, du revenu par habitant, du chômage et des capacités d’accueil de chaque territoire.
    Cette redistribution est aujourd’hui au cœur du bras de fer avec les onze régions aux mains du PP, dont sept où le parti s’appuie sur Vox pour gouverner. Ainsi, en Andalousie, l’accord de coalition, conclu en juillet, prévoit que le gouvernement régional s’opposera « par tous les moyens légaux, juridiques et politiques » à tout mécanisme de répartition des migrants en situation irrégulière, « majeurs comme mineurs », et qu’il ne participera pas aux accords destinés à financer ou faciliter leur accueil.
    Dans les faits, toutefois, certaines de ces régions conservatrices ont déjà commencé à accueillir des mineurs. Depuis le début du mois d’août, près d’une centaine d’entre eux ont été transférés de Ceuta vers la péninsule, au compte-gouttes et dans la plus grande discrétion, par des exécutifs régionaux qui ne veulent pas être accusés de ne pas être cohérents avec leur discours politique.Pour les organisations de défense de l’enfance, cette bataille politique retarde surtout la recherche de solutions individuelles. Save the Children participe aux évaluations destinées à déterminer la situation familiale des mineurs, leurs éventuelles vulnérabilités et les mesures de protection les plus adaptées.« La loi de 2025 a permis de donner une sécurité juridique à ces situations face au manque de solidarité entre les régions », explique Catalina Perazzo, directrice du développement territorial à Save the Children. Mais près de deux mois après les arrivées massives de juillet, « le gros des entretiens n’a pas encore commencé », souligne-t-elle. L’expérience de la précédente crise de Ceuta incite à la prudence : après l’arrivée de plusieurs centaines de mineurs en 2021, les procédures avaient pris plus de six mois.L’ONG s’inquiète également du vocabulaire utilisé dans les accords PP-Vox. « Le langage de ces accords est très dur et stigmatise tout un groupe, estime Mme Perazzo. Il alimente un discours de haine qui porte préjudice aux enfants, mais aussi à la société. »

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  • Espagne : le gouvernement réquisitionne le port de Ceuta pour y installer un centre d’hébergement d’urgence - InfoMigrants
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    Espagne : le gouvernement réquisitionne le port de Ceuta pour y installer un centre d’hébergement d’urgence
    Par Leslie Carretero Publié le : 07/09/2026
    Le gouvernement a décidé samedi de prendre le contrôle du port de Ceuta afin d’y installer un centre d’hébergement d’urgence pour 700 migrants. Depuis l’afflux migratoire fin juillet, 3 500 places ont été créées et les autorités espèrent porter à 6 000 le total du nombre de lits disponibles dans les prochaines semaines.
    Les travaux ont débuté au port de Ceuta. Des ouvriers s’affairent pour ériger, en quelques heures, un centre d’hébergement temporaire.Samedi 5 septembre, le ministre espagnol des Transports et de la Mobilité durable, Óscar Puente, a signé un arrêté autorisant l’occupation d’une partie du port de Ceuta - quai du Poniente - afin d’héberger environ 700 migrants arrivés lors de l’afflux fin juillet dans l’enclave espagnole.Le texte prévoit l’installation de tentes : des dortoirs de 14 à 16 places, des sanitaires et des douches mais aussi des espaces dédiés aux repos, aux soins médicaux ou encore à l’accompagnement social. Lundi, 50 tentes avaient déjà été montées, d’après le média RTVE."Ce sont des abris qui vont être démontés, et qui ne sont donc pas destinés à ce que [les migrants] restent à Ceuta", a expliqué dimanche le ministre de la Politique territoriale, Ángel Víctor Torres, à la télévision publique. « Plus tôt nous les identifierons, plus tôt ils pourront être renvoyés », a-t-il ajouté, cherchant à apaiser les habitants et les autorités de la ville autonome.
    Le gouvernement a décidé de prendre le contrôle du port de Ceuta, après que les autorités locales - dirigées par le Parti populaire, dans l’opposition -, ont refusé l’installation de structures d’hébergement temporaire pour les migrants, y compris au port. Madrid juge « essentiel » la création de ces centres pour identifier les migrants et organiser les retours.En un peu plus d’un mois, 3 500 places ont été créées pour héberger les exilés restés à Ceuta, selon les chiffres du ministre de la Politique territoriale. Des structures d’urgence ont été ouvertes à Loma Colmenar, sur les terrains de La Hípica et dans la zone industrielle du Tarajal. Un autre site devrait bientôt voir le jour dans le quartier de Los Rosales. Au total, les autorités espèrent porter le nombre de lits disponibles à 6 000.
    Depuis l’afflux des 30 et 31 juillet, où des dizaines de milliers de migrants sont arrivés dans l’enclave espagnole, le gouvernement de Pedro Sánchez est sous pression des autorités locales de Ceuta et d’une partie de la population qui dénoncent la lenteur du processus d’expulsion.Quelques heures après les fortes arrivées fin juillet, environ 70 000 personnes ont été renvoyées au Maroc. Entre le 10 et le 31 août, 3 519 migrants sont « retournés volontairement » au Maroc et 214 ont été expulsés, selon le ministre de la Politique territoriale.
    Mais des milliers d’autres sont toujours présents dans l’enclave espagnole, et vivent dans les rues ou dans l’immense camp de fortune érigé sur la plage du Trampolin. « Impossible », affirme Ángel Víctor Torres de connaître leur nombre exact. Le gouvernement estime qu’ils sont environ 4 000, tandis que les autorités locales évaluent leur nombre à 10 000 personnes.
    Face aux critiques, le gouvernement de Pedro Sánchez a pris ces derniers jours des mesures afin d’accélérer le renvoi des migrants encore présents vers le Maroc, « dans le respect de l’ordre juridique et des droits humains ». Un « commandement unique » pour Ceuta, confié au ministre de la Politique territoriale, a été instauré. Et les autorités ont sollicité le soutien de l’agence européenne de surveillance des frontières, Frontex, de l’agence des polices, Europol, et de l’agence de l’Union européenne pour l’asile (EUAA).
    Le but est que ces agents viennent « renforcer le dispositif mis en place pour gérer le tri et le traitement ultérieur des dossiers individuels des immigrés qui se trouvent toujours à Ceuta en situation irrégulière ». L’EUAA pourra notamment fournir des interprètes et mener des entretiens, en complément des fonctionnaires espagnols. Les milliers de mineurs non accompagnés présents dans la ville doivent quant à eux bénéficier d’une protection particulière et le gouvernement a approuvé fin août le transfert de 25 millions d’euros supplémentaires pour les accueillir. « Les renvois de garçons et de filles (...) doivent se faire dans le respect de la garantie des droits humains (...) et conformément à une procédure juridique très exigeante », a rappelé la ministre de la Jeunesse et de l’Enfance, Sira Rego.

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  • Manifestations, affrontements, caillassage : à Ceuta, la pression ne retombe pas, un mois après l’afflux migratoire - InfoMigrants
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    Manifestations, affrontements, caillassage : à Ceuta, la pression ne retombe pas, un mois après l’afflux migratoire
    Par La rédaction Publié le : 27/08/2026
    Douze Marocains ont été arrêtés jeudi à Ceuta après avoir caillassé le véhicule de quatre militaires espagnols, dont un a été légèrement blessé. La veille, une manifestation rassemblant des milliers de Ceutiens s’est achevée par des troubles lorsque la police a lancé des gaz lacrymogènes pour empêcher qu’ils ne s’en prennent aux migrants campant sur une plage, selon la presse espagnole. Les autorités, elles, appellent au calme.
    La nuit de mercredi à jeudi 27 août a été marquée par des troubles dans la petite enclave espagnole de Ceuta. Un mois après un afflux massif de migrants dans la ville autonome depuis le Maroc voisin, un groupe d’au moins « 50 à 70 » exilés a lancé des pierres et d’autres objets contre un véhicule militaire qui patrouillait, selon des informations obtenues par l’AFP auprès d’un porte-parole de la police à Ceuta. « Vers 06h/6h30, un véhicule militaire » avec quatre soldats à bord « a été pris dans une embuscade », lorsque « des deux côtés de la route des gens se sont mis à lui jeter des pierres et différents objets », a précisé ce porte-parole.
    Encerclés, les militaires ont pris la fuite à pied, poursuivis « par un grand groupe de personnes », et ont demandé le soutien de la police, arrivée sur les lieux dans plusieurs véhicules, ce qui a provoqué la dispersion des migrants, selon la même source. Douze ont pu être arrêtés, tous Marocains, a indiqué le porte-parole, qui a déclaré ignorer « le but » qu’ils recherchaient. L’un des militaires a été légèrement blessé par un jet de pierre dans le dos.
    Ces incidents interviennent dans un contexte de fortes tensions dans le territoire espagnol, qui compte 80 000 habitants, où demeurent plusieurs milliers de migrants arrivés les 30 et 31 juillet. Ils sont entre 3 500 et 7 000 selon le gouvernement de gauche espagnol, et au moins 10 000 selon les autorités de droite de Ceuta. Plus de 70 000 personnes étaient arrivées à la nage ou à pied depuis le Maroc, fin juillet. La grande majorité ont été renvoyés au Maroc dans la foulée.
    En réaction au fait que des milliers de migrants dormaient dehors dans des abris de fortune sur les plages de Ceuta, l’Espagne a ouvert des centres d’accueil dans l’enclave pour certaines de ces personnes. Les autorités ont également organisé le transfert de 500 mineurs vers le continent. Mais des milliers de migrants restent à la rue, peinant à accéder à de la nourriture, de l’eau, un abri ou des installations sanitaires, dormant dans des refuges improvisés, sur les plages et errant dans la ville. Et leur présence créé des tensions dans l’enclave. Mercredi soir, une manifestation a rassemblé des milliers de Ceutiens venus dénoncer des problèmes de sécurité et d’hygiène. Elle s’est terminée par des incidents lorsque la police a tiré des gaz lacrymogènes pour empêcher des affrontements avec des migrants campant sur une plage, selon la presse espagnole. D’après le journal espagnol El Pais, la police a empêché plusieurs tentatives de lynchage de la part d’habitants envers les migrants.
    « Ils ont pris le contrôle des plages, ruiné les commerces et semé la terreur dans les quartiers. Maintenant, ils disent qu’on ne pourra plus faire de sport, et on ne sait même pas si l’année scolaire commencera. Ce n’est pas normal qu’ils s’emparent d’une ville comme ça », a déclaré Jaime Barrios, fonctionnaire en poste à Ceuta, cité par El Pais. Ce dernier fait référence à la décision du ministre Ángel Víctor Torres de réquisitionner les complexes sportifs de Ceuta pour accueillir les migrants à la rue, décision sur laquelle le responsable politique est revenue après un rejet frontal du gouvernement de Ceuta. La veille de la manifestation, mardi, de premiers débordements avaient déjà eu lieu. Des affrontements ont éclaté entre migrants et forces de l’ordre sur la plage d’El Trampolín, où des migrants s’étaient rassemblés de manière désordonnée pour une distribution de nourriture, rapporte le média La Sexta.
    Toujours selon cette source, le même jour, une manifestation d’habitants a elle aussi dégénéré lorsque des participants ont tenté d’entrer dans l’hôtel où séjourne le ministre de la Politique territoriale Ángel Víctor Torres, cible des manifestants. « La tension dans la ville de Ceuta est très élevée » parce qu’il « n’y a pas de réponse » de la part du gouvernement et que « nous nous sentons abandonnés », a déclaré jeudi à la radio Cadena Ser Kissy Chandiramani, conseillère aux Finances de la ville autonome, citée par l’AFP.
    Kissy Chandiramani a lancé un appel « à la non-violence », rappelant qu’on pouvait « descendre dans la rue » pour manifester, mais « toujours dans un climat de sérénité, car cette forte crispation ne nous mène nulle part ». Face aux critiques, le gouvernement de Pedro Sánchez a pris ces derniers jours des mesures afin d’accélérer le renvoi des migrants encore présents vers le Maroc, « dans le respect de l’ordre juridique et des droits humains ». Pour accélérer la procédure, il a instauré un « commandement unique » pour Ceuta, confié au ministre de la Politique territoriale, Ángel Víctor Torres, qui a appelé les habitants de Ceuta à « la compréhension », en leur rappelant que les autorités devaient identifier chaque migrant pour déterminer s’il a droit à l’asile ou s’il peut être renvoyé.
    Le ministère de l’Intérieur a quant à lui annoncé ce jeudi l’envoi de personnel supplémentaire pour identifier les migrants. Les milliers de mineurs non accompagnés présents dans la ville doivent quant à eux bénéficier d’une protection particulière et le gouvernement a approuvé ce jeudi le transfert de 25 millions d’euros supplémentaires pour les accueillir. « Les renvois de garçons et de filles (...) doivent se faire dans le respect de la garantie des droits humains (...) et conformément à une procédure juridique très exigeante », a rappelé la ministre de la Jeunesse et de l’Enfance, Sira Rego. S’exprimant au Congrès à Madrid, le ministre de la Justice Félix Bolaños a pour sa part adressé un « message de calme, de confiance dans l’Etat (...) aux citoyens de Ceuta ». « Nous travaillons sans relâche afin de rétablir la normalité dans la ville autonome », a-t-il déclaré

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  • « Nous n’avons aucune envie de rentrer » : à Ceuta, l’avenir en suspens des mineurs marocains - InfoMigrants
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    « Nous n’avons aucune envie de rentrer » : à Ceuta, l’avenir en suspens des mineurs marocains
    Par France24 Publié le : 19/08/2026
    France 24 a suivi pendant une nuit des migrants mineurs encore présents à Ceuta. Entre la peur, le froid et l’attente, de jeunes Marocains en quête d’une vie meilleure ont confié les détails poignants d’une histoire qui les a amenés à s’échouer dans l’enclave espagnole. Il est deux heures du matin. Un silence de plomb règne dans la zone industrielle de Tarajal, située à Ceuta. L’obscurité n’est percée que par les gyrophares des voitures de police postées à proximité, tandis que les vagues se brisent sur le rivage, comme un écho à la mémoire de ceux qui ont tenté la traversée sans y parvenir. Non loin de là, des mineurs marocains dorment en attendant un nouveau jour, sans savoir ce qu’il leur réserve.
    Au-delà d’une porte métallique ouverte se profile un lieu qui, vu de l’extérieur, ressemble à un garage automobile. À l’intérieur, des récits, des tragédies et des souffrances emportés de l’autre côté de la frontière par ces adolescents dont les rêves semblent plus grands que leur âge. Ici se rassemblent des centaines de migrants, dont de nombreux mineurs livrés à eux-mêmes. Certains dorment sur des matelas, d’autres s’allongent à même le sol, et seules quelques couvertures qu’ils se partagent à tour de rôle les protègent du froid de la nuit ou de la chaleur du jour.
    Les chiffres révèlent l’ampleur de la crise. Alors que le gouvernement espagnol fait état d’environ 2 500 mineurs toujours dans les rues de Ceuta après la vague d’arrivées massives des 30 et 31 juillet, les associations locales estiment à près de 4 000 le nombre de mineurs dans l’enclave. Quant à l’organisation « Save the Children », elle estime que seuls environ 1 500 d’entre eux se trouvent actuellement pris en charge par le système de protection.Reda, 17 ans, dit être venu à Ceuta en quête d’un avenir plus florissant. L’adolescent aurait dû passer son baccalauréat cette année et venait d’obtenir un diplôme de français. Il devait également passer des sélections de football.
    Il explique que la précarité dans laquelle il vivait l’a poussé à partir : « Nous sommes ici à la recherche d’un avenir meilleur ». Des mots que Reda prononce d’un ton empreint de tristesse. Selon lui, un retour au Maroc n’est pas une option."Nous ne reviendrons pas, nous n’avons aucune envie de revenir", dit-il, malgré les conditions de vie difficiles qu’ils endurent. Il ajoute qu’ils gardent un grand espoir que l’Europe ne les abandonne pas.
    Après une traversée en mer périlleuse, l’arrivée sur la terre ferme n’a pas pour autant été synonyme de sécurité pour ces jeunes migrants. Khaled raconte comment lui et ses amis ont été violemment agressés par un groupe de jeunes d’El Príncipe, un quartier populaire situé dans la partie sud de l’enclave. Après avoir subi une tentative de vol, il assure que leurs assaillants ont braqué des armes sur eux et que plusieurs de ses compagnons ont été blessés, certains ayant dû être transportés à l’hôpital.Reda, lui, se remémore une situation encore plus dramatique qui s’est produite dans le même quartier. Victime d’une agression, il a tenté de fuir avec l’ami qui l’accompagnait. Mais ce dernier, blessé aux jambes, n’a pas été assez rapide pour échapper à ses bourreaux et a reçu un coup mortel porté au cou.
    « Mon ami a été tué sous mes yeux, je n’oublierai jamais cette scène de toute ma vie. Son rêve s’est envolé en un instant. Au lieu de commencer une nouvelle vie, il a quitté ce monde ». Reda marque une pause avant d’ajouter :"Quant à moi…", puis il se tait à nouveau. Une phrase en suspens, à l’image de l’avenir de tous ces mineurs bloqués aux portes de l’Europe. Alors que l’aiguille de l’horloge approche quatre heures du matin, plusieurs migrants mineurs accablés par la fatigue et par la faim commencent à regagner leurs tentes dans l’espoir de trouver un peu de repos.
    À quelques pas de Reda et Khaled, Manal, une Marocaine de 16 ans, raconte une autre histoire tissée de perte et de peur. Elle confie avoir quitté Tanger pour Tétouan à pied, en compagnie d’un groupe de migrants d’Afrique subsaharienne, avant d’entrer à Ceuta lors de la dernière vague de traversées.Là-bas, selon son récit, elle et d’autres se sont heurtés à un groupe de jeunes armés : « Nous nous sommes cachés dans les égouts, et ils nous ont tiré dessus. Si je ne m’étais pas cachée, je serais morte à l’heure qu’il est ». Un « cauchemar » qui ne la quitte plus, affirme l’adolescente. Mais derrière ce traumatisme récent se cache aussi un parcours de vie cruel. Manal ne vit pas avec ses parents. Elle assure que son père ne l’a pas reconnue et qu’elle a vécu avec sa grand-mère : « J’ai l’impression que la vie m’a fermé ses portes, je n’ai plus ni ambition ni avenir ».
    Manal affirme que les conditions de vie à Ceuta sont difficiles. Après son arrivée, la police l’a transférée dans un centre réservé aux mineurs migrants. Mais elle explique que la violence au sein du centre l’a poussée à partir, préférant désormais passer la nuit à la belle étoile.Au cours de notre entretien avec Manal, un jeune homme émerge d’une tente en roseaux installée à proximité. Il est évident que notre conversation a réveillé Mohammed, âgé lui aussi de 16 ans. Il pousse un soupir et résume une autre facette de leurs souffrances dans les entrepôts de Tarajal . « Nous n’avons pas de toilettes », explique ce jeune originaire d’El Araich. Nous sommes donc obligés de faire nos besoins près de la mer. Et même pour nous laver, nous sommes contraints de nous laver à l’eau de mer".
    Quant à la nourriture, fournie par l’organisation « Luna Blanca », elle n’est distribuée qu’une fois par jour. De nombreux enfants portent encore sur leur corps les traces des blessures subies lors de leur traversée vers Ceuta il y a environ deux semaines. Le manque d’hygiène et la difficulté à se procurer des médicaments ont provoqué l’infection de certaines blessures. Des migrants souffrent aussi de la gale et réclament un traitement pour soulager les démangeaisons et la douleur.Mercredi 12 août, deux mineurs se sont effondrés dans la zone industrielle en milieu d’après-midi. L’un d’eux, affaibli par le manque de nourriture et d’eau, n’a pas supporté la chaleur intense du mois d’août. Quant au second, il souffrait d’une amygdalite qui s’était aggravée faute de traitement, au point qu’il était incapable d’avaler. Les deux garçons sont restés allongés sur le sol, tandis que d’autres migrants criaient à l’aide et réclamaient l’arrivée d’une ambulance qui tardait à venir.
    Raúl Arnaiz, directeur des programmes de l’organisation « Save the Children » en Espagne, décrit la situation dans les entrepôts de Tarajal comme « une tragédie de la misère extrême ». Il met en garde contre la vulnérabilité de ces mineurs isolés face aux risques d’agression et d’exploitation sexuelles, en l’absence de surveillance nocturne au sein d’une zone industrielle quasi déserte.
    Dès les premières heures de l’aube, un nouveau périple commence. À cinq heures du matin, des centaines de mineurs se rassemblent devant le commissariat de Ceuta, dans l’espoir de s’enregistrer et d’intégrer le système de protection. De longues files d’attente qui témoignent de la difficulté des autorités espagnoles à faire face à l’ampleur des demandes. Le ministre espagnol de la Politique régionale, Ángel Víctor Torres, a estimé à environ 1 400 le nombre de mineurs déjà enregistrés. Face à cette crise, les gouvernements marocain et espagnol souhaitent privilégier le regroupement familial pour rapatrier les mineurs au Maroc. Mais la question n’est pas aussi simple. En Espagne, la loi interdit tout retour collectif des mineurs isolés et chaque cas doit être évalué individuellement.
    Sur le plan juridique, le sort des mineurs reste incertain, rappelle Basem Salem, avocat spécialisé dans les questions d’immigration et d’asile. Il explique que les mineurs ne sont pas soumis aux mêmes procédures que les adultes et que leur renvoi ne peut se faire de manière automatique. Il faut d’abord établir leur identité, examiner leur situation et vérifier leur situation familiale, tout en respectant les garanties juridiques et l’intérêt supérieur du mineur. Les autorités espagnoles affirment que le rapatriement des mineurs marocains vers le royaume chérifien reste d’actualité, notamment dans le cadre de leur regroupement familial, mais seulement après avoir mené les procédures juridiques et l’examen de chaque cas individuellement. Quant au ministre marocain de la Justice, Abdellatif Wahbi, il assure que la priorité pour Rabat est d’aider ces enfants et de protéger leurs intérêts, soulignant que le Maroc a contribué, par l’intermédiaire de ses consulats, à faciliter les démarches administratives et la délivrance des documents. De son côté, le ministère espagnol de la Jeunesse et de l’Enfance prévoit d’organiser une conférence fin août pour examiner la répartition des responsabilités et des ressources entre l’État et les collectivités locales. Le gouvernement central a déjà alloué 25 millions d’euros pour aider l’enclave de Ceuta à faire face à la crise. Partagés entre l’espoir d’être transférés vers des centres d’accueil en Espagne et la crainte d’un retour au Maroc, ces jeunes migrants restent dans l’attente de connaître leur sort. La crise humanitaire, elle, continue.
    À la nuit tombée, lorsque l’agitation retombe, ces mineurs regagnent les entrepôts, les rues, les montagnes ou la plage pour tenter de trouver le sommeil. Ils pensaient qu’arriver à Ceuta leur permettrait de toucher du bout des doigts leur rêve européen. Mais ils ont découvert que la traversée de la mer n’était que le début d’un autre voyage, plus long et plus dur encore.

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  • À Ceuta, les mineurs marocains refusent le retour réclamé par Rabat - InfoMigrants
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    À Ceuta, les mineurs marocains refusent le retour réclamé par Rabat
    Par RFI Publié le : 17/08/2026
    Depuis la crise de Ceuta, Rabat réclame le retour de l’ensemble des mineurs marocains non accompagnés présents en Espagne. Ils sont nombreux à se trouver actuellement dans l’enclave espagnole depuis la dernière crise migratoire.
    Ils se baladent en petits groupes le long de la côte et font passer les journées entre baignades et repos à l’ombre des arbres. Les mineurs marocains arrivés à Ceuta espèrent encore rejoindre l’Europe et ne souhaitent pas revenir au Maroc. C’est le cas de Bilal, 17 ans : « Je veux rester ici, à Ceuta, ou en Europe. Il n’y a rien au Maroc, je n’ai pas d’avenir là-bas ». Certains ont trouvé une place en centre d’hébergement, d’autres dorment dans la rue, peut-être un millier.
    Tous les soirs, ils se retrouvent sur la playa del Trampolín, avec les autres exilés venus de toute l’Afrique et du Moyen-Orient. Ici, les grandes ONG distribuent des sandwichs et pourvoient des soins de base, mais les besoins sont énormes.
    « Nous pensons qu’il reste, à Ceuta, plus de 7 000, 8 000, 10 000 personnes. Nous ne pouvons pas le savoir parce qu’ils ne sont pas enregistrés », indique Julian Rodriguez, médecin bénévole. Des cabanes de fortune ont été construites avec des cartons et des morceaux de bois sur la plage. De longues queues se forment devant les équipes médicales. Elles traitent des blessures, des maladies de peau, des problèmes respiratoires. « La santé publique, ici, n’existe pas. Une plage, des besoins personnels… Non, c’est impossible », ajoute le médecin. Dans ce qui ressemble de plus en plus à un bras de fer diplomatique, Rabat tient justement les autorités espagnoles pour responsables des conditions de vie des mineurs isolés. Mais la loi espagnole interdit tout retour collectif des mineurs isolés. Chaque enfant doit faire l’objet d’un examen individuel.

    #Covid-19#migration#migrant#espagne#maroc#ceuta#mineur#sante#MNA#crisemigratoire

  • Espagne : un réseau d’exploitation sexuelle de mineures non accompagnées subsahariennes démantelé - InfoMigrants
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    Espagne : un réseau d’exploitation sexuelle de mineures non accompagnées subsahariennes démantelé
    Par La rédaction Publié le : 12/08/2026
    La police espagnole a annoncé mardi 11 août avoir démantelé un réseau de traite de jeunes migrantes subsahariennes à des fins d’exploitation sexuelle. Cinq membres du réseau, qui opéraient depuis les îles Canaries, ont été arrêtés. La Guardia Civil a annoncé mardi 11 août le démantèlement d’une organisation criminelle implantée à Gran Canaria, dans les îles Canaries. Elle est accusée d’avoir recruté des mineures non accompagnées hébergées dans des centres d’accueil afin de les transférer vers l’Espagne continentale et la France où elles ont été exploitées sexuellement.
    L’opération baptisée Jabany a conduit à l’arrestation de cinq personnes, dont un mineur. Grâce au déroulement de cette opération, la Guardia civil a aussi pu libérer deux victimes et empêcher la fuite de quatre autres mineures, « les empêchant de quitter les îles selon la même procédure que dans les cas précédents ».
    L’enquête a débuté après le retour en Espagne d’une jeune migrante qui avait quitté un centre de protection de Gran Canaria et avait été transférée en France. Selon son témoignage, elle avait été attirée par la promesse d’un emploi avant de finalement réussir à revenir en Espagne. Elle a alors raconté sa situation aux autorités. C’est à la suite de ce témoignage que les enquêteurs se sont intéressés à d’autres cas de disparitions de mineures hébergées dans des centres de protection de l’île. Après plusieurs mois d’enquête, ils ont alors constaté un schéma similaire dans plusieurs cas : des mineures quittaient leur centre d’accueil sans leurs documents personnels et apparaissaient quelques heures plus tard sur des vols à destination de différentes villes de la péninsule espagnole.Selon les enquêteurs, le réseau profitait de la vulnérabilité particulière des jeunes filles, souvent sans liens familiaux en Espagne, désireuses de trouver du travail et confrontées à la barrière de la langue.
    Pour la Guardia Civil, la répétition de ces départs et la présence de documents d’identité utilisés pour les voyages ont permis d’établir qu’il ne s’agissait pas de fugues isolées, mais d’une « organisation structurée ». Chaque membre avait des rôles bien définis : « certains membres étaient chargés de contacter les mineurs ou de faciliter les contacts depuis les centres ; d’autres géraient les formalités administratives, la distribution des effets personnels ou l’achat des billets », expliquent les autorités. Dans certains cas, les suspects accompagnaient même les victimes à l’aéroport pour s’assurer qu’elles puissent accéder à la zone d’embarquement et être ensuite transférées vers leur destination finale. Des investigations supplémentaires sont toujours en cours afin de déterminer si d’autres jeunes filles ayant quitté des centres de protection de Gran Canaria au cours des dernières années ont pu être victimes du même réseau. Et si oui, de retrouver leurs traces.Cette annonce intervient alors que la problématique de la prise en charge des mineurs non accompagnés (MNA) en Espagne fait couler beaucoup d’encre. À la suite de l’afflux de plus de 80 000 migrants dans l’enclave de Ceuta fin juillet, il reste des milliers de MNA dans le petit territoire espagnol en terre marocaine et les autorités sont confrontées à leur délicate prise en charge. Parmi eux se trouvent de nombreuses jeunes filles, particulièrement vulnérables aux risques de violences sexuelles et d’exploitation. Quelques adolescents ont trouvé un hébergement provisoire chez des habitants mais de très nombreux jeunes sont toujours contraints de dormir à la rue. Cette situation les expose à de graves risques d’exploitation et de traite d’êtres humains, met en garde l’Unicef. « Certains d’entre eux sont très jeunes, il y a aussi des filles, et c’est un véritable traumatisme de se retrouver seuls, sans projet migratoire », a souligné le directeur général de l’Unicef Espagne, José María Vera, interrogé par le média Cadena Ser.

    #Covid-19#migration#migrant#espagne#MNA#subsaharien#sante#droit#trafic#canaries#prostitution

  • À Ceuta, plus d’une semaine après l’afflux de 70 000 personnes, une crise humanitaire menace l’enclave - InfoMigrants
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    À Ceuta, plus d’une semaine après l’afflux de 70 000 personnes, une crise humanitaire menace l’enclave
    Par Julia Dumont Publié le : 11/08/2026
    Fin juillet, environ 70 000 personnes – principalement marocaines – sont entrées dans l’enclave espagnole de Ceuta depuis le Maroc. Plus d’une semaine après, la majorité a été expulsée mais environ 10 000 exilés, dont de nombreux mineurs, demeurent toujours à Ceuta et vivent dans le plus grand dénuement. Les habitants et les autorités locales alertent sur la menace d’une crise humanitaire dans l’enclave.
    Ce sont des abris misérables, faits de minces branches et de quelques morceaux de cartons. Sur la plage de Trampolin, à Ceuta, plusieurs centaines d’exilés luttent pour leur survie depuis maintenant plus d’une semaine. Pour s’abriter, ils ont commencé à construire de petites cabanes avec les objets trouvés sur place, parfois avec des pans de tissus. Sur des morceaux de bois, des vêtements ont été suspendus. C’est vers cette plage, située à deux pas du CETI, l’unique centre d’hébergement de l’enclave, que sont dirigés les exilés par la police et les commerçants.
    Selon le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas , entre 8 000 et 11 000 migrants sans papiers se trouveraient encore dans la ville autonome. Originaires d’Afrique subsaharienne pour la plupart, ces jeunes hommes déclarent avoir quitté leur pays pour leur sécurité et vouloir rester en Europe."Si on avait la possibilité de rester chez nous, pourquoi prendre la mer pour aller chez les autres ? On n’est pas en Espagne pour déranger. On n’est pas des voleurs, on n’est pas des bandits. On est venus pour contribuer à l’économie espagnole […], aider l’Espagne et nous aider aussi. Parce que dans nos pays on a fait des études mais on ne peut pas travailler", a confié Djibril au média La Ser.
    Mais en attendant qu’une décision soit prise sur leur sort, les exilés patientent sur le sable. Le CETI est saturé et ne peut pas accueillir les nouveaux arrivants. Le délégué du gouvernement à Ceuta, Miguel Ángel Pérez Triano, a annoncé que le gouvernement central prévoyait de mettre en place dans un délai approximatif d’"un mois" un centre d’accueil temporaire des étrangers (CATE) afin de traiter plus rapidement les situations administratives et accélérer les transferts vers la péninsule des demandeurs d’asile qui peuvent y prétendre.
    Selon les estimations du gouvernement espagnol, environ 2 000 personnes se trouveraient sur la plage de Trampolin et aux alentours du CETI. Mais ce nombre ne correspond pas à la quantité – bien plus élevée - de repas distribués chaque jour par la Croix rouge, souligne El Pais."Ça y est, il n’en reste plus. Encore une fois", déplore auprès du quotidien espagnol une membre de la Croix-Rouge en distribuant le dernier repas de son stock, alors que de nombreuses personnes attendent encore d’avoir à manger. Depuis l’afflux d’exilés à Ceuta, de nombreuses personnes ont affirmé souffrir de la faim. Plusieurs d’entre eux ont indiqué à des journalistes que des supermarchés ne les avaient pas laissé entrer pour acheter de la nourriture. Seules quelques organisations prennent en charge aujourd’hui les distributions de nourriture.
    Pour assurer un minimum d’hygiène aux exilés vivant sur la plage, une dizaine de toilettes ont été installés sur une esplanade, ainsi qu’une trentaine de douches, un hangar et des points d’eau. Mais la situation est malgré tout critique car l’état de santé de certains exilés est préoccupant après une traversée éprouvante et plusieurs jours sans soin."Il y a des diarrhées et vomissements… Certains ont de la fièvre, c’est préoccupant. Cela aura des répercussions sur la santé publique si cette situation perdure", met en garde Julian Dominguez, chef du service de médecine préventive de l’hôpital de Ceuta interrogé par la chaîne RTVE.
    Parmi les exilés arrivés fin juillet, les mineurs non accompagnés restent les plus vulnérables. Depuis l’afflux du 30 juillet, « le taux d’occupation des centres d’accueil pour mineurs de Ceuta est de 2 600% au-dessus de sa capacité critique », a déclaré Juan Jesús Vivas lors d’une interview à la télévision publique espagnole.Selon Sira Rego, la ministre espagnole de la jeunesse et de l’enfance, plus de 1 300 mineurs se trouvent toujours dans la ville autonome. Jour après jour, les autorités s’efforcent d’identifier et de prendre en charge tous ces mineurs, a constaté sur place un journaliste de l’AFP, mais les moyens manquent. Ceuta « ne dispose d’aucun espace supplémentaire » pour prendre en charge ces jeunes, « une priorité », a averti de son côté le préfet de la ville, Miguel Ángel Pérez Triano.
    Face à la crise, la municipalité s’organise comme elle peut. Deux écoles ont été transformées en centres d’accueil. « Le premier centre est déjà opérationnel et accueille environ 110 filles et adolescentes. Cette mesure nous permettra d’offrir une solution temporaire en attendant l’achèvement des nouvelles installations prévues à Loma Margarita et dans la zone portuaire, qui pourront accueillir entre 400 et 500 mineures dès la semaine prochaine », avait déclaré la municipalité le 6 août. Afin de prendre en charge ces jeunes, la ministre de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, Elma Saiza, annoncé mardi 4 août une aide de 25 millions d’euros pour l’enclave.
    Une mise à l’abri indispensable et urgente car plusieurs cas d’agressions sexuelles et de viols sur des jeunes filles et des femmes ont déjà été recensés par les autorités espagnoles. « À la suite de l’afflux massif de milliers de personnes fin juillet, un tribunal de Ceuta enquête sur six cas d’agressions sexuelles présumées qui se seraient produites dans ce contexte », indique El faro de Ceuta, précisant que les enquêtes étaient toujours en cours.Dans le quartier de Príncipe Alfonso, des habitants se sont mobilisés pour mettre en place un hébergement réservé aux femmes et aux jeunes filles seules, rapporte encore le média local. Selon Fatiha Abdelah, secrétaire de l’association de quartier Prince Alfonso, au moins 180 femmes et jeunes filles avaient été recensées dans ce camp le dimanche 9 août.
    La loi espagnole prévoit un dispositif de répartition des mineurs non accompagnés pour soulager les points d’entrée dans le pays comme Ceuta, les Baléares ou les îles Canaries. Mais il est vivement contesté depuis ses débuts et n’a jamais été vraiment effectif. Dans le cas de Ceuta, même si le gouvernement local a lancé un « appel à l’aide » aux autres régions, les quatre gouvernements de coalition régionaux ont indiqué qu’ils contesteraient toutes décisions de transferts de mineurs depuis Ceuta vers d’autres régions espagnoles. Le dirigeant de Vox, parti d’extrême droite, a déclaré que « pas un seul euro » d’argent espagnol ne devrait être versé aux mineurs migrants.
    Selon l’association marocaine des droits humains à InfoMigrants, de nombreux mineurs figuraient aussi parmi les personnes expulsées de l’enclave. Une pratique normalement illégale. « Nous avons vu des militaires raccompagner des mineurs jusqu’à la frontière », a témoigné Jamila el-Abboudi, de l’AMDH, à InfoMigrants

    #Covid-19#migrant#migration#ceuta#espagne#crisemigratoire#humanitaire#sante#MNA

  • Mineurs non pris en charge, Subsahariens dans l’impasse... Une semaine après l’afflux de migrants, Ceuta confrontée à de nombreux défis - InfoMigrants
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    Mineurs non pris en charge, Subsahariens dans l’impasse... Une semaine après l’afflux de migrants, Ceuta confrontée à de nombreux défis
    Par La rédaction Publié le : 06/08/2026
    Une semaine après l’afflux de plus de 70 000 migrants à Ceuta, la situation reste délicate dans l’enclave. Le bilan final des morts peine à être déterminé. Si la quasi-totalité des exilés ont été renvoyés vers le Maroc, il reste des milliers de migrants - dont des mineurs non accompagnés et des subsahariens qui souhaitent demander l’asile – dans l’enclave. Mais les structures de prises en charge sont saturées.
    Combien de personnes sont décédées lorsque près de 70 000 migrants ont traversé en même temps la frontière entre l’enclave espagnole de Ceuta et le Maroc ? Les chiffres divergent. Selon le dernier bilan de la préfecture de Ceuta, au moins 78 personnes sont mortes côté espagnol, principalement par noyade. Le ministère marocain de l’Intérieur a indiqué dimanche que 11 personnes ont perdu la vie de son côté de la frontière. Un chiffre extrêmement bas contesté par plusieurs associations. Selon l’AMDH, le bilan atteint « près de 130 victimes ». L’organisation avance ce chiffre en se basant sur des remontées d’informations espagnoles et marocaines. « Nous sommes présents sur le terrain et en contact avec la morgue de Tétouan pour la partie marocaine. Nous échangeons également avec des associations, des journalistes et d’autres acteurs présents à l’intérieur de Ceuta. En compilant les données obtenues côté Ceuta et côté Maroc, nous arrivons à 130 décès », a expliqué mercredi 5 août Jamila el-Abboudi, membre de l’AMDH Tétouan, à InfoMigrants.
    Le même constat a été établi par l’ONG espagnole Caminando Fronteras. Elle avance un chiffre de 141 décès. Parmi eux, elle cite les 78 morts officiellement reconnus par le gouvernement espagnol. Mais côté marocain, elle avance un chiffre bien supérieur à celui des autorités. Selon l’ONG, 63 corps ont été repêchés dans les eaux marocaines. Un chiffre établi grâce à une enquête menée dans les morgues des hôpitaux du pays, précise l’ONG.
    Depuis le 30 juillet et l’entrée massive de migrants à Ceuta provoquée par une rumeur née de la déformation d’une décision de justice espagnole amplifiée par les réseaux sociaux, la quasi-totalité des migrants marocains ont été renvoyés de l’autre côté de la frontière. Mais il reste encore quelques milliers de migrants sur le petit territoire espagnol qui représente aujourd’hui la seule frontière terrestre entre l’Union européenne et l’Afrique. Et dans les rues de Ceuta, une semaine après la crise, la situation des mineurs inquiète particulièrement. Elle est même devenue « intenable », selon le dirigeant de l’enclave espagnole située sur la côte nord-africaine, Juan Jesús Vivas. Depuis l’afflux des 29 et 30 juillet, « le taux d’occupation des centres d’accueil pour mineurs de Ceuta est de 2 600 % au-dessus de sa capacité critique », a-t-il déclaré lors d’une interview à la télévision publique espagnole.
    Selon lui, il y a environ 1 100 mineurs présents dans la ville autonome. Et ce chiffre n’inclut pas les groupes de jeunes qui continuent d’errer dans les rues de l’enclave et qui vivent dans les parcs et sur les plages dans des conditions très précaires. Jour après jour, les autorités s’efforcent d’identifier et de prendre en charge tous ces mineurs, a constaté sur place un journaliste de l’AFP, mais les moyens manquent. Ceuta « ne dispose d’aucun espace supplémentaire » pour prendre en charge ces jeunes, « une priorité », a averti de son côté le préfet de la ville, Miguel Ángel Pérez Triano.
    Dans un communiqué de presse, la municipalité de Ceuta indique que « l’évolution enregistrée ces dernières semaines souligne l’ampleur de cette situation ». Le 15 juillet, la ville prenait en charge 213 mineurs, un chiffre qui est passé 1 017 mineurs aujourd’hui.
    Face à la crise, la municipalité s’organise comme elle peut. Deux écoles ont été transformées en centres d’accueil. « Le premier centre est déjà opérationnel et accueille environ 110 filles et adolescentes. Cette mesure nous permettra d’offrir une solution temporaire en attendant l’achèvement des nouvelles installations prévues à Loma Margarita et dans la zone portuaire, qui pourront accueillir entre 400 et 500 mineures dès la semaine prochaine », a déclaré la municipalité. Afin de prendre en charge ces jeunes, la ministre de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, Elma Saiza, annoncé mardi 4 août une aide de 25 millions d’euros pour l’enclave.
    La loi espagnole prévoit un dispositif de répartition des mineurs non accompagnés pour soulager les points d’entrée dans le pays comme Ceuta, les Baléares ou les îles Canaries. Mais il est vivement contesté depuis ses débuts et n’a jamais été vraiment effectif. Dans le cas de Ceuta, même si le gouvernement local a lancé un « appel à l’aide » aux autres régions, les quatre gouvernements de coalition régionaux ont indiqué qu’ils contesteraient toutes décisions de transferts de mineurs depuis Ceuta vers d’autres régions espagnoles. Le dirigeant de Vox, parti d’extrême droite, a déclaré que « pas un seul euro » d’argent espagnol ne devrait être versé aux mineurs migrants.
    Selon l’association marocaine des droits humains à InfoMigrants, de nombreux mineurs figuraient aussi parmi les personnes expulsées de l’enclave. Une pratique normalement illégale. « Nous avons vu des militaires raccompagner des mineurs jusqu’à la frontière », a témoigné Jamila el-Abboudi, de l’AMDH, à InfoMigrants.
    Quel sort pour les demandeurs d’asile africains subsahariens ?
    Et si la majorité des exilés ayant pénétré dans l’enclave étaient marocains, de nombreux migrants originaires d’autres pays d’Afrique subsaharienne et de la Corne du continent traversent régulièrement cette frontière.Plusieurs centaines, venus du Soudan, du Mali, du Sénégal, de Somalie ou encore de Côte d’Ivoire, ont profité de l’afflux massif de migrants vers Ceuta pour entrer eux aussi dans l’enclave espagnole. Et ils sont, eux, non expulsables. Du moins dans l’immédiat. Habituellement, ils sont accueillis au centre d’hébergement pour migrants de l’enclave (CETI), mais celui-ci est lui aussi complètement saturé. Plus de 1 000 personnes sont accueillis actuellement dans ce centre de 500 places qui a fermé ses portes face à la crise. Faute de places, ils sont actuellement des centaines à vivre à même le sol au bord des routes entourant le CETI où sur la plage à proximité.
    Le délégué du Gouvernement à Ceuta, Miguel Ángel Pérez Triano, a annoncé que le gouvernement central prévoit de mettre en place dans un délai approximatif de « un mois » un centre d’accueil temporaire des étrangers (CATE) afin de traiter plus rapidement les situations administratives et accélérer les transferts vers la péninsule des demandeurs d’asile qui peuvent y prétendre.Selon plusieurs sources, il reste également quelques milliers de migrants marocains qui vivent cachés dans les collines et les forêts. Selon Reuters, certains ont trouvé refuge dans un cimetière de l’enclave. L’association marocaine des droits humains estime à « environ 3 000 », le nombre de personnes encore à Ceuta. Selon le représentant du gouvernement, ils seraient plutôt « environ 2 500 »

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  • Espagne : le gouvernement d’Aragon supprime l’aide aux financières aux mineurs isolés, Madrid dépose plainte - InfoMigrants
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    Espagne : le gouvernement d’Aragon supprime l’aide aux financières aux mineurs isolés, Madrid dépose plainte
    Par La rédaction Publié le : 28/07/2026
    Le gouvernement de la communauté d’Aragon, dans le nord-est de l’Espagne, allié à l’extrême droite, a décidé de retirer l’allocation destinée aux mineurs isolés étrangers, tout en maintenant cette aide pour ceux de nationalité espagnole. Le gouvernement central de Madrid s’insurge et dépose plainte, dénonçant une mesure discriminatoire et raciste.Bras de fer entre le gouvernement central basé à Madrid et celui de la communauté autonome d’Aragon, province du nord-est de l’Espagne. Les autorités de la région ont décidé, lundi 27 juillet, de retirer l’allocation destinée aux mineurs isolés étrangers, tout en la maintenant pour ceux de nationalité espagnole.
    Cette mesure a été portée par le vice-président et ministre des Affaires sociales et de la Famille auprès du gouvernement d’Aragon, Alejandro Nolasco, membre du parti d’extrême droite espagnol Vox. Selon lui, elle répond notamment à l’engagement contenu dans le pacte gouvernemental entre PP (droite) et Vox de ne pas allouer de ressources publiques à l’immigration irrégulière.Cette allocation, d’un montant de 17 euros par semaine et par mineur, représente une dépense annuelle pour le gouvernement régional de 180 000 euros, estiment les autorités locales. « Ces 180 000 euros de dépenses annuelles correspondent au coût d’un maximum de sept nouvelles places pour les personnes âgées dans les résidences », a déclaré Alejandro Nolasco en annonçant la mesure.
    Cette décision controversée ne fait pas l’unanimité. La ministre de la Jeunesse et de l’Enfance du gouvernement général à Madrid, Sira Rego, a déposé plainte auprès du parquet afin qu’il prenne les mesures nécessaires pour protéger les mineurs isolés ciblés par le retrait des allocations. « Retirer une rémunération hebdomadaire aux garçons et aux filles qui sont seuls dans notre pays est l’une des choses les plus dégoûtantes que nous ayons vues ces dernières années », a dénoncé la responsable politique dans un communiqué publié lundi. Le ministère estime que cette mesure instaure un traitement inégal entre les mineurs en fonction de leur origine, alors qu’ils sont tous sous la tutelle d’une même administration publique. Selon Madrid, cette disposition pourrait violer les droits fondamentaux des enfants et constituer une discrimination fondée sur la naissance, la race et la situation personnelle, et peut donner lieu, le cas échéant, à un éventuel crime de haine.
    Dans une lettre adressée au ministère public, le gouvernement fait aussi valoir que le retrait de l’allocation pour les mineurs étrangers isolés contrevient aux principes de la Constitution espagnole.
    « L’alliance PP-Vox commence à déployer sa ‘priorité raciste’ là où elle gouverne. Parce que la discrimination à l’égard des enfants protégés, basée sur leur origine, n’a pas d’autre nom. C’est une attaque contre notre Constitution et contre les droits de l’Homme », a déclaré Sira Rego sur les réseaux sociaux."C’est une mesure raciste, misérable, qui criminalise les mineurs pour ne pas être nés ici et qui cherche à établir des citoyennetés de première et de deuxième classe, comme le font les régimes les plus pervers", a-t-elle ajouté.
    La question de la prise en charge des mineurs isolés est un sujet sensible en Espagne. En août 2025, les autorités de Madrid ont modifié la loi sur les étrangers afin d’introduire un mécanisme de solidarité entre les différentes régions, afin de désengorger les points d’arrivées des migrants (comme les Canaries, ou Ceuta par exemple).Le sujet a opposé pendant des mois le gouvernement socialiste de Pedro Sánchez et l’opposition de droite, qui dirige bon nombre de régions.
    Six communautés autonomes dirigées par le Parti populaire (PP) – Madrid, les îles Baléares, l’Aragon, l’Andalousie, la Communauté valencienne et la Castilla y León, et une gérée par un socialiste, la Castille-La Manche – ont par ailleurs contesté cet accord devant les tribunaux. Mais tous les recours ont été déboutés par la justice.
    Dans ce contexte, la communauté d’Aragon a durci ces derniers mois sa politique envers les jeunes non accompagnés. Les autorités locales ont notamment annoncé la mise en place de tests médico-légaux pour déterminer l’âge des migrants se déclarant mineurs. Selon la presse espagnole, une enfant a subi un examen médical alors qu’elle n’avait que neuf ans.Fin juin, des éducateurs sociaux avaient critiqué le vice-président du gouvernement d’Aragon pour avoir associé les mineurs isolés à la criminalité. Les professionnels du secteur avaient dénoncé « un discours » qui alimente « la stigmatisation ou la discrimination ». D’après les données du gouvernement central, la région d’Aragon accueille 238 mineurs étrangers isolés, soit la moitié de la capacité structurelle allouée par Madrid à la communauté. Un chiffre marginal alors que l’Espagne prend en charge environ 20 000 jeunes non accompagnés sur l’ensemble de son territoire

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#politiquemigratoire#asile#MNA#sante#aragon

  • Italie : plus de 800 mineurs non accompagnés ont été placés en centres pour adultes depuis fin 2023 - InfoMigrants
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    Italie : plus de 800 mineurs non accompagnés ont été placés en centres pour adultes depuis fin 2023
    Par Romain Philips Publié le : 01/05/2026
    Selon un rapport publié par l’ONG ActionAid, au moins 823 mineurs non accompagnés (MNA) ont été placés dans des centres pour adultes ces dernières années en Italie. Depuis 2023, un décret-loi autorise ces placements comme solutions provisoires et temporaires. Mais selon le rapport, dans certains centres pour adultes, la présence de MNA est structurelle. Dans son rapport publié mardi 28 avril, l’ONG ActionAid est formelle : en Italie, « le placement de mineurs non accompagnés (MNA) dans des centres pour adultes n’est pas exceptionnel ». Réagissant aux déclarations du ministère de l’Intérieur évoquant les « présences exceptionnelles de mineurs dans les centres pour adultes », les auteurs du rapport ont contacté les 29 préfectures d’Italie dans le cadre d’une mission d’information.
    Ainsi, pour la première fois depuis l’adoption du « décret Cutro » en septembre 2023 - qui introduit la possibilité de placer temporairement les mineurs de plus de 16 ans dans des centres pour adultes -, ActionAid a pu recenser le phénomène. Selon l’ONG, 823 mineurs non accompagnés ont transité dans un centre pour adultes entre la promulgation du décret et novembre 2025.
    Une politique « qui compromet l’intérêt supérieur de l’enfant »
    L’organisation dénonce une politique « qui compromet l’intérêt supérieur de l’enfant » mais qui « contredit également la loi ». Selon le décret de 2023, le placement d’un MNA en centre pour adultes ne peut dépasser une durée maximale de trois mois, prorogeable de 60 jours supplémentaires. Or, selon le rapport, au moins seize préfectures enregistrent des séjours de plus de trois mois, et treize d’entre elles, des séjours de plus de cinq mois. Les cas les plus critiques concernent Turin, Cuneo, Imperia, Sondrio, Lecco, Mantoue, Biella, Brescia, Côme et Forlì-Cesena. Dans certaines villes, les durées maximales observées atteignent 1 413 jours à Turin, 927 à Brescia, 883 à Imperia, 866 à Cuneo, 773 à Lecco et 739 à Mantoue.
    D’autre part, la loi indique que les mineurs peuvent être placés en centre pour adultes uniquement en cas « d’indisponibilité temporaire des structures d’hébergement ». Là encore, les auteurs dénoncent des procédures en dehors des règles et dénoncent « des placements qui se poursuivent même lorsqu’il reste des places disponibles dans les circuits dédiés ». Selon les données recueillies auprès des préfectures, dans la grande majorité des régions, des mineurs ont été placés en centres pour adultes alors que des places étaient disponibles au niveau communal, provincial ou régional. À Turin, Cuneo, Imperia et Novara, des mineurs non accompagnés ont même été placés en centre pour adultes avant même l’adoption du décret légalisant cette procédure. C’est le cas de 138 enfants, selon l’ONG. « Le décret n’a pas ’créé’ le phénomène qu’il prétend encadrer ; il a simplement fourni un cadre juridique à une pratique illégitime, exceptionnelle mais bien ancrée, afin de garantir que les préfectures agissent dans le respect de la loi », tancent les auteurs du rapport.
    Début avril, l’Italie a d’ailleurs été condamnée à verser 10 000 euros à un exilé par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) dans une telle affaire. En juin 2023, soit plusieurs mois avant l’adoption de la loi, un jeune burkinabé a été placé dans un centre pour adultes de Crotone. Il y est resté cinq mois, jusqu’à ce que la CEDH ordonne au gouvernement italien de le transférer dans un établissement adapté aux MNA. Selon le jeune homme qui a été entendu devant la Cour, au moment de son séjour au centre Sant’Anna, dont la capacité est de 641 personnes, environ 830 migrants – dont 200 mineurs – étaient accueillis. « Le requérant a fait valoir que le centre Sant’Anna était à la fois un centre d’accueil et un centre pour demandeurs d’asile, destiné à accueillir uniquement des adultes. Or, des mineurs non accompagnés y étaient détenus dans des conditions de surpopulation, d’absence de séparation d’avec les adultes et de contact avec eux, d’insuffisance d’installations adéquates et de conditions matérielles et d’hygiène déplorables », a ajouté la CEDH. De plus, aucun service ou équipement spécifique adapté aux besoins des mineurs non accompagnés n’était proposé au sein du centre. « Le Garant national des droits des personnes privées de liberté personnelle a en effet constaté l’absence de services d’accompagnement éducatif, récréatif ou psychosocial dédiés aux mineurs », note la Cour qui conclut que le jeune burkinabé « a été soumis à un traitement inhumain et dégradant pendant son séjour au centre Sant’Anna, en violation de l’article 3 de la Convention (européenne des droits de l’Homme) ». Selon le gouvernement italien, fin 2024, 18 625 MNA étaient présents en Italie. Un chiffre descendu à 17 011 fin 2025. Et parmi eux, les plus de 16 ans représentent plus des trois quarts des mineurs en Italie. « La tranche d’âge potentiellement concernée par le décret-loi constitue donc la composante numériquement dominante du système », s’inquiète ActionAid. Interrogé, le gouvernement italien n’avait pas répondu à nos questions au moment de la publication de cet article.

    #Covid-19#migrant#migration#italie#CEDH#mineur#droit#sante#protection#MNA

  • Enfants en exil : près d’un demandeur d’asile sur quatre en Europe est mineur - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/71181/enfants-en-exil--pres-dun-demandeur-dasile-sur-quatre-en-europe-est-mi

    Enfants en exil : près d’un demandeur d’asile sur quatre en Europe est mineur
    Par Maïa Courtois Publié le : 01/05/2026
    Plus de 150 000 premières demandes d’asile enregistrées dans des pays de l’UE concernaient des mineurs, soit près de 24% du total des dossiers. En Autriche, les moins de 18 ans représentent même plus d’un primo-demandeur sur deux. En 2025, 158 400 primo-demandeurs d’asile enregistrés dans les pays de l’UE étaient mineurs (personnes de moins de 18 ans). Cela représente 23,7% du nombre total de premières demandes d’asile, soit près d’un demandeur d’asile sur quatre, d’après les données publiées par Eurostat le 29 avril. Leur nombre est en baisse depuis trois ans. Après 254 000 demandes en 2023 - ce qui constituait alors un record depuis le pic d’arrivées 2015-2016 -, les demandes ont diminué à 224 000 en 2024, puis ont donc baissé encore plus fortement l’an dernier.
    Les filles représentent 45% de ces enfants, une proportion non négligeable qui reste à peu près stable depuis plusieurs années : entre 2015 et 2025, la moyenne est en effet de 42%. L’Autriche arrive en tête des destinations clés pour ces mineurs. La part des moins de 18 ans dans les premières demandes d’asile atteint, dans ce pays, plus d’un dossier sur deux : 57,3%. Ils représentent ensuite près de 45% des dossiers en Allemagne et 30% en Finlande. Les dossiers examinés en 2025 de mineurs arrivés au courant de l’année ou dans les années précédentes ont abouti à près de 113 000 protections en première instance, contre 20 000 rejets. Un peu plus de 6 000 enfants ont obtenu protection après un recours. In fine, « le pourcentage de décisions positives a été plus élevé pour les mineurs que pour les adultes sur la période 2014-2025 », souligne Eurostat.
    En 2025, Eurostat comptabilise près de 21 000 demandes d’asile déposées par des mineurs non accompagnés (MNA). La tendance est, là aussi, à la baisse : en 2022, Eurostat enregistrait près de 40 000 mineurs non accompagnés ayant déposé une demande de protection internationale dans les différents États membres de l’Union européenne (UE). La proportion de MNA parmi les moins de 18 ans déposant une première demande d’asile atteint 13,3%, détaille Eurostat. Cette population particulièrement vulnérable, car isolée, correspond à près de 4% du nombre total de primo-demandeurs d’asile. La part de ces mineurs non accompagnés dans le nombre total de dossiers déposés pour la première fois par des jeunes âgés de moins de 18 ans est la plus élevée en Slovénie, à hauteur de 78%, puis en Lettonie (73%). Ils représentent ensuite près d’un mineur demandeur d’asile sur deux en Bulgarie, aux Pays-Bas et en Lituanie.
    Les trois nationalités les plus représentées parmi les mineurs demandeurs d’asile sont les Afghans (16,9%), les Syriens (13%) et les Vénézueliens (10,7%). De la même façon, les Afghans sont la nationalité la plus représentée parmi les mineurs non accompagnés. Ils représentent 12% de ceux qui déposent une demande d’asile, suivis de près par les MNA érythréens et syriens.

    #Covid-19#migration#migrant#UE#autriche#allemagne#finlande#MNA#mineur#droit#sante#UE#protection

  • La Frontiera, ovunque. Centri d’Italia 2026

    823 minori soli nei Centri per adulti dal 2023 al 2025, mentre in accoglienza dedicata c’è posto
    Nessuna invasione, ma il Governo Meloni “programma” l’emergenza del sistema

    Assegnati porti lontani per gli sbarchi delle Ong senza che i centri al Sud siano sovraffollati

    Il sistema di accoglienza italiano riproduce ogni anno un’emergenza interna, voluta dalle scelte pubbliche, in assenza di arrivi da “invasione”. Gli accolti a fine 2024, 134.549 persone, sono lo 0,23% della popolazione residente. Grandi centri e sovraffollamento, crescita dei gestori profit, servizi per l’integrazione ridotti, aumento elevato della prima accoglienza, diminuzione dei controlli delle prefetture e mancata protezione del minore. Queste le conseguenze di uno stato “eccezionale” trasformato a regola, che penalizza i più vulnerabili, prima di tutto i minori stranieri non accompagnati. ActionAid, in collaborazione con Openpolis, ricostruisce quanto accade nei CAS-centri di accoglienza straordinaria, centri governativi di prima accoglienza e SAI-centri degli enti locali con il report “La Frontiera, ovunque. Centri d’Italia 2026”. Dati inediti ottenuti con oltre 70 procedure di richiesta a Ministeri e Prefetture*.

    “La quantità di Decreti e norme introdotte dal Governo Meloni in quattro anni ha trasformato l’accoglienza da tutela delle persone straniere in un mero dispositivo di filtro e contenimento. Il futuro è già qui: l’applicazione del Patto europeo su Asilo e migrazione, infatti, è già iniziata, e i dati lo mostrano inequivocabilmente. Tra il 2021 e il 2024 la capienza della prima accoglienza sale da 3.460 a 6.357 posti (+83,7%), e gli hotspot passano da 611 a 3.054 posti e da 3 a 11 strutture.
    Cresce il segmento che concentra identificazione, screening e smistamento. La frontiera si sposta dentro i confini nazionali dove le procedure su ammissibilità, priorità e trasferimenti si fanno più rapide, rendendo più instabile il passaggio da prima assistenza ad accoglienza effettiva. L’opacità è parte dell’approccio del governo, che rende meno visibili le conseguenze delle scelte amministrative sulla vita delle persone, e sottrae queste scelte al controllo parlamentare e della società civile” – dichiara Fabrizio Coresi, esperto Migrazioni ActionAid.

    L’emergenza programmata: sovraffollamento, aumento del for profit, centri e gestori sempre più grandi.Nel 2024 i CAS ospitano 96.738 persone, 71,9% del totale. Il SAI si ferma al 24,7% e la prima accoglienza al 3,4%. Non programmare equivale a predisporre le basi di un’emergenza costante in un sistema, privo di un assetto stabile, trasparente e controllabile. Il sovraffollamento, per esempio, impatta quasi esclusivamente sui CAS adulti. Su 6.024 strutture prefettizie attive nel 2024, 973 risultano oltre la capienza stabilita, 520 sono oltre il 120% e 13 hanno presenze pari al doppio della capienza. Parallelamente crescono i gestori for profit: il numero dei posti passa da 7.089 a 14.813 tra 2022 e 2024 (+109%). Insieme all’assenza di competenze e alla penetrazione nel mercato di soggetti con scopo di lucro, il rafforzamento dei centri medi e grandi (il 36,0% della capacità di accoglienza è concentrata in centri sopra i 50 posti) e il maggior peso dei grandi gestori (i primi dieci controllano il 19,1% dei posti totali), mostrano che si tende a premiare la riduzione di costi dovuta a grandi volumi e scarsi servizi. La Croce Rossa Italiana, con le sue articolazioni territoriali, gestisce 5.743 posti e Medihospes 5.233. Quest’ultimo soggetto cresce del 40,1% tra 2022 e 2024 e gestisce il 44,45% dell’accoglienza nella città metropolitana di Roma (il 54,61% per il solo Comune).

    I minori stranieri soli nei CAS adulti, simbolo di un fallimento. ActionAid ha per la prima volta monitorato gli effetti del Decreto-legge 133/2023 che introduce la possibilità eccezionale – in casi di comprovata emergenza – di introdurre minori sopra i 16 anni temporaneamente nei Centri per adulti. Su un campione di 29 prefetture (la totalità di quelle che ospitano Msna in Cas adulti a fine 2024), a fine novembre 2025 sono almeno 823 i ragazzi registrati dal 2023 in queste strutture, ma 138 di questi erano già in centri per adulti prima del varo della norma. La legge istituzionalizza così una prassi fino ad allora illegittima. Almeno 16 prefetture registrano permanenze oltre 90 giorni (tempo ordinario consentito dalla nuova norma), ma sono almeno 13 quelle che vanno oltre i 150 giorni, con picchi fino a 1.413 giorni. Una forma stabile di accoglienza impropria, priva di servizi educativi e abitativi adatti alla minore età. Ma tutto questo avviene in violazione della stessa norma: mentre si mandano i minori nei Cas per adulti, ci sono posti liberi nei circuiti loro dedicati nello stesso comune, provincia o regione. In 9 prefetture esistono infatti posti liberi nel comune, in 21 prefetture ve ne sono liberi almeno in provincia e in tutte le 29 esaminate esistono disponibilità in regione. Ad allarmare ancora di più è l’uscita dal sistema dell’accoglienza dei minori: abbandoni, allontanamenti e revoche (almeno 407) sono il segno più tangibile del fallimento della tutela dei più fragili. Altri indicatori del fallimento riguardano il sistema Sai. Nel segmento dedicato ai Msna, a fine novembre 2025, vi erano solo 43 posti liberi su 6.563 e, nello stesso momento (dal gennaio 2023), le richieste pendenti di inserimento arrivavano a 4.725. Nessun collegamento efficace tra sistemi, nessuna tutela effettiva.

    Le mancate ispezioni dei Centri. La debolezza dei controlli è evidente e preoccupante: secondo i dati ottenuti da ActionAid dal Ministero dell’Interno, nel 2024 si sono svolti 1.564 controlli (con sanzioni per i gestori pari a circa 677mila euro). Ci sono poli iper-monitorati come Napoli (100% delle strutture), Potenza 93,2%) e Caserta (il 95,6%) e grandi zone cieche come le Prefetture di Roma, Frosinone e Ravenna. Queste ultime sono le prime tre prefetture italiane per posti gestiti sulle 33 totali, dove non si registrano controlli nel 2024 (nel 2019 erano 13). Le ispezioni inoltre diminuiscono rispetto al passato: se nel 2019 era stato raggiunto il 40,5 per cento, nel 2024 le ispezioni riguardano solo il 19,1% delle strutture. In pratica, quattro centri su cinque non vengono controllati.

    Dal mare all’accoglienza. Il report dimostra anche come l’assegnazione di porti lontani voluta con il Decreto Piantedosi di inizio 2023 usi pretestuosamente il soccorso in mare come leva per la distribuzione territoriale e prolunghi il dispositivo della frontiera anche dentro il sistema ordinario d’accoglienza. Una scelta non giustificata da reali esigenze di sovraffollamento dei Centri al Sud. Emblematico il caso del 31 dicembre 2023, quando ad una Ong è stato assegnato un porto nel Lazio. Lo sbarco ha coinvolto 55 persone, tra cui 15 minori e 13 MSNA. Nello stesso giorno, lungo il corridoio Sud-Tirreno formato da Sicilia, Calabria, Campania e Lazio, risultavano 6.370 posti inutilizzati, pari a quasi 116 volte le persone sbarcate. Aumentano dunque gli sbarchi nei porti lontani (oltre un terzo delle persone soccorse da navi Ong vengono sbarcate al centro-nord) e il peso dei salvataggi delle Ong (oltre il 16% del totale), che, con la giustificazione inconsistente della distribuzione del carico dell’accoglienza, vengono allontanate dall’area SAR del Mediterraneo. Aumentano anche i minori soli: quando una quota elevata di persone minorenni viene fatta permanere più a lungo in mare e poi redistribuita verso territori lontani, cresce il rischio di collocamenti impropri, di rallentamento della tutela e di ulteriore frattura tra luogo del salvataggio, screening iniziale e presa in carico successiva.

    * In dettaglio: 40 istanze di accesso civico generalizzato ad altrettante Prefetture e oltre 20 tra istanze di riesame e richieste informali di chiarimento; 12 istanze di accesso civico e altrettante richieste di riesame al Ministero dell’Interno con il coinvolgimento del Dipartimento Libertà Civili e Immigrazione e del Dipartimento di Pubblica Sicurezza – Polizia delle Frontiere, e del Servizio Centrale; un’istanza e relativo riesame rispettivamente al Ministero della Giustizia e alla Commissione Nazionale per l’Asilo.

    ▻https://www.actionaid.it/press-area/frontiera-ovunque-centri-italia-2026
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  • Mineurs isolés étrangers : la France à nouveau épinglée par le Comité onusien des droits de l’enfant - InfoMigrants
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    Mineurs isolés étrangers : la France à nouveau épinglée par le Comité onusien des droits de l’enfant
    Par La rédaction Publié le : 04/02/2026
    Le 19 janvier 2026, le Comité des droits de l’enfant des Nations unies (CRC) a, une nouvelle fois, épinglé la France pour sa prise en charge des mineurs non accompagnés étrangers. Le CRC avait été saisi par cinq jeunes migrants dont la minorité avait été contestée dans trois départements : Haute-Garonne, Loire-Atlantique, Maine-et-Loire.
    Le 19 janvier 2026, le Comité des droits de l’enfant des Nations unies (CRC) a, une nouvelle fois, condamné la France pour sa prise en charge des mineurs non accompagnés étrangers (MNA) et sa manière de mener les évaluations de leur âge.
    Le CRC, dont les décisions ne sont pas contraignantes, avait été saisi par cinq jeunes exilés dont la minorité avait été contestée dans trois départements français (Haute-Garonne, Loire-Atlantique, Maine-et-Loire). L’un d’eux avait notamment présenté un passeport biométrique obtenu auprès de son consulat pour prouver sa bonne foi, mais le document avait été écarté par la justice dans un premier temps conduisant le jeune homme à la rue, avant que sa minorité ne soit finalement reconnue.Les évaluateurs avaient aussi considéré les apparences physiques des jeunes incompatibles avec l’âge allégué et relevé des incohérences. L’AFP a pu consulter la décision du CRC qui insiste sur la protection des jeunes MNA : « Tant que la procédure de détermination de l’âge est en cours, l’intéressé doit avoir le bénéfice du doute et être traité comme un enfant », y est-il écrit.
    De leur côté, de nombreuses associations ont réagi en insistant sur le « caractère non conforme » des procédures de reconnaissance de minorité en France. « Des pratiques administratives et judiciaires défaillantes : évaluations sommaires basées sur l’apparence physique, rejet de documents d’état civil pourtant authentiques, et recours systématique à des tests osseux pourtant unanimement critiqués », écrivent à ce sujet plusieurs associations, dont l’Unicef, dans un communiqué de presse conjoint.
    Pourtant, « les documents d’identité disponibles devraient être considérés comme authentiques, sauf preuve du contraire », estime le CRC. Et d’ajouter : « La détermination de l’âge ne devrait pas se fonder uniquement sur l’apparence physique » mais aussi sur « son degré de maturité psychologique ». Pour le Comité onusien, les évaluations de l’âge de ces cinq jeunes ont été effectuées « sans tenir compte de leur documentation et des difficultés de leurs parcours migratoires, ainsi que d’autres facteurs » pouvant expliquer des incohérences et « sans présence d’un représentant légal ».
    Ce n’est pas la première fois que la France est pointée du doigt. En janvier 2025, La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) avait condamné l’Hexagone pour « absence de protection » d’un mineur guinéen. Sa minorité avait été rejetée une première fois par les autorités françaises, pour finalement être reconnue un an plus tard. Durant ce laps de temps, le jeune migrant a été livré à lui-même, à la rue.
    En France, quand un jeune se voit contester sa minorité, il est automatiquement considéré comme majeur et remis à la rue. Pendant toute la procédure de recours devant un juge pour enfant - qui peut prendre plus d’un an -, il n’a pas le droit à un hébergement. Les choses pourraient changer : un texte, adopté par l’Assemblée nationale en France, le 11 décembre 2025, prévoit de mettre à l’abri les mineurs isolés étrangers (MNA) pendant toute la durée de leur procédure de reconnaissance de minorité. « Cette nouvelle condamnation [de la France] doit agir comme un signal d’alerte clair. Il appartient désormais au législateur de prendre ses responsabilités et d’engager une réforme ambitieuse et conforme au droit international », a encore réagi l’Unicef.
    Dans un rapport publié en octobre 2025, le CRC épinglait déjà la France pour ses « défaillances » dans la prise en charge des mineurs isolés étrangers. La France est responsable de violations « graves et systématiques » des droits des mineurs étrangers non accompagnés (MNA) sur son territoire, pouvait-on lire dans le document. Le comité appelait déjà au respect de la « présomption de minorité » en vigueur en France. L’enfant devrait être protégé « jusqu’à preuve du contraire » et tout au long de la procédure de recours qui peut durer plusieurs mois.
    Selon le rapport du Comité des droits de l’enfant des Nations unies, ces mineurs isolés sont trop souvent laissés à l’abandon faute de pouvoir prouver leur âge. Ils se retrouvent alors sans abri, privés de soins de base et vivant dans des conditions « dégradantes ». Si la France ne dispose pas de chiffres, la Coordination nationale jeunes exilés en danger (CNJED), rassemblant une centaine d’associations, estime, elle, qu’il existe plus de 3 200 jeunes étrangers en recours en France

    #Covid-19#migrant#migration#france#MNA#mineur#politiquemigratoire#sante#minorite#droit

  • Immigration : un an après la circulaire Retailleau, les régularisations en chute libre
    ▻https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/12/22/immigration-un-an-apres-la-circulaire-retailleau-les-regularisations-en-chut

    Immigration : un an après la circulaire Retailleau, les régularisations en chute libre
    Par Julia Pascual
    Sékou (toutes les personnes citées par un prénom ont requis l’anonymat) pensait cocher toutes les cases. Cela fait sept ans que cet Ivoirien de 43 ans est en France, en CDI à temps plein dans le nettoyage, présente une bonne maîtrise du français et a un patron décidé à le soutenir dans ses démarches administratives. Quand il a déposé sa demande de régularisation à la Préfecture de police de Paris, il avait bon espoir d’obtenir un titre de séjour. Las, en août, il a reçu une obligation de quitter le territoire français (OQTF).
    Un an s’est écoulé depuis que Bruno Retailleau, ministre de l’intérieur entre septembre 2024 et octobre 2025, a impulsé un durcissement de la politique de régularisation, notamment à travers une circulaire de janvier. Ce texte, sorte de vade-mecum à l’attention des préfets, conditionne l’admission exceptionnelle au séjour à sept ans de présence sur le territoire, la certification d’une maîtrise du français, l’absence de tout élément tendant à constituer une menace à l’ordre public, ou encore l’absence d’une OQTF préalable. Il abroge la circulaire de 2012, dite Valls, et les critères de régularisation, plus ouverts et précis, qui prévalaient jusque-là. La régularisation « doit demeurer une voie exceptionnelle », rappelait le patron du parti Les Républicains dans sa circulaire. Le message a été parfaitement reçu par le corps préfectoral.
    D’après des éléments communiqués au Monde par le ministère de l’intérieur, le volume des régularisations est en chute de 42 % sur les neuf premiers mois de l’année, avec 11 012 titres délivrés contre 19 001 sur la même période de 2024. Cette baisse concerne presque toutes les catégories : les régularisations au titre du travail qui, avec 2 653 délivrances, baissent de 54 %, tout comme les régularisations en raison de la vie privée et familiale, qui chutent de 58 %, à moins de 4 000. « Seule la régularisation des anciens mineurs non accompagnés [devenus majeurs et en formation professionnalisante] connaît une tendance haussière (+ 12 %) passant de 3 081 à 3 454 titres délivrés », précise le ministère de l’intérieur.
    Quant à la voie spécifique de la régularisation dans certains « métiers en tension », ouverte par la loi « immigration » de 2024, celle-ci est embryonnaire. Poussé par Gérald Darmanin, lorsqu’il était Place Beauvau, ce titre de séjour à destination des travailleurs sans papiers dans des secteurs spécifiques n’avait pas été officiellement désavoué par son successeur. Bruno Retailleau avait néanmoins pesé de tout son poids pour limiter l’ampleur de la révision de la liste desdits métiers en tension.
    Finalement publiée par arrêté en mai, déclinée par régions, elle est jugée peu en phase avec la réalité de l’économie. A titre d’exemple, le secteur du nettoyage, notoirement connu pour recourir à une main-d’œuvre irrégulière, ne figure pas dans la liste pour l’Ile-de-France. Résultat : à peine 702 titres de séjour « métiers en tension » ont été octroyés sur les dix premiers mois de l’année (sachant que le dispositif doit s’éteindre au 31 décembre 2026).
    Même quand les étrangers semblent correspondre aux critères en vigueur, comme Sékou, ils s’exposent à un refus, la régularisation demeurant un pouvoir discrétionnaire à la main des préfets. « La circulaire Retailleau a eu peu d’effets en droit mais elle a eu un effet d’ambiance en envoyant un signal de fermeture très clair aux préfets comme aux demandeurs qui ont été dissuadés de déposer une demande », résume un préfet sous le couvert de l’anonymat. « C’est la roulette russe », dénonce Catherine Alif, du collectif nettoyage de la CGT parisienne, qui a accompagné l’Ivoirien dans ses démarches.
    Dans le département des Hauts-de-Seine, l’actuel préfet et ancien directeur de cabinet de Gérald Darmanin, Alexandre Brugère, s’est, par exemple, enorgueilli d’une baisse de 62 % des régularisations, passées de 395 en 2024 à 149 au 1er novembre. Le haut fonctionnaire a expliqué aux élus du département qu’outre la mise en œuvre de la circulaire Retailleau, il assumait une analyse la plus stricte possible des dossiers par ses services. Il n’est pas le seul.
    « Il y a un pourrissement de la situation des travailleurs étrangers, appuie Cécile Boulai, membre du collectif migrants de la CGT de Paris. Les critères de la circulaire Retailleau sont trop flous, on ne peut même pas conseiller aux gens de déposer une demande de titre de séjour, ils prennent trop de risque. » « Il vaut mieux rester dans la clandestinité que prendre une OQTF, corrobore l’avocate en droit des étrangers Elsa Ghanassia, à Grenoble. Je ne fais même pas venir les gens à mon cabinet. » Selon la circulaire Retailleau, tout refus de titre de séjour doit automatiquement être assorti d’une OQTF. Et, depuis la loi « immigration » de 2024, une OQTF a désormais une durée de validité de trois ans, contre un an auparavant.
    Diadie n’a pas reçu d’OQTF. Mais sa demande de régularisation a été rejetée en octobre et la Préfecture de police de Paris a signalé son cas comme relevant d’une « fraude » auprès de la justice. Ce Mauritanien de 37 ans, arrivé en France en 2017, se voit reprocher d’avoir fourni à l’appui de sa demande une promesse d’embauche d’une entreprise « connue pour la fourniture de documents de complaisance visant à régulariser ». « Je ne comprends pas, réagit cet homme dont la femme et les trois fils sont restés au pays. Je n’ai jamais volé. Je ne fais que travailler et après je rentre chez moi. En plus, j’ai changé d’employeur. Depuis juillet 2024, je suis en CDI dans une société de nettoyage de bureaux. Mon patron n’arrête pas de me demander mon récépissé. Si je lui dis que ma demande a été rejetée, il va me licencier. » Dans l’Essonne, Bertrand, originaire du Congo-Brazaville a, lui, vu sa demande, déposée en mars 2022, tout simplement clôturée du jour au lendemain, début 2025. En l’instruisant, la préfecture lui a demandé d’actualiser son attestation d’hébergement. Mais le mail était tombé dans ses spams. Bertrand ne l’a pas vu à temps. Sa demande a donc été rejetée. En France depuis dix ans, il vit avec sa femme, détentrice d’une carte de résident et infirmière à l’hôpital, dans un deux-pièces avec trois enfants. « Je suis bloqué, soupire-t-il. Je ne peux pas être déclaré, travailler normalement, passer mon permis, déménager. »
    Le durcissement à l’œuvre s’ajoute à une situation déjà ancienne dans laquelle les services des étrangers des préfectures sont sous-dotés, les prises de rendez-vous compliquées voire impossibles, les délais d’instruction longs parfois de plusieurs années. En Seine-Saint-Denis, département où le taux de population étrangère est le plus élevé, près de 20 000 demandes de premiers titres de séjour sont en attente d’examen. « La préfecture pense terminer cette année le traitement des dossiers déposés en 2022 », souligne Jean-Albert Guidou, de la CGT.
    Au-delà de la régularisation, c’est pour l’ensemble des étrangers que la situation demeure précaire. Dans un département comme les Hauts-de-Seine, ce sont ainsi environ 30 000 demandes de titres, toutes catégories confondues, qui sont en attente d’instruction. « Il y a des gens qui n’arrivent pas à renouveler leur titre de séjour de dix ans, rappelle Koundenecoun Diallo, de la Coordination 75 des sans-papiers. Les patrons ne les font plus travailler et ils deviennent sans papiers. »

    #Covid-19migrant#migration#france#regularisation#politiquemigratoire#sante#economie#droit#titredesejour

  • Devoirs sur le trottoir, crainte de « croiser les amis du collège »… A Bordeaux, la solidarité s’organise autour des élèves sans-abri
    ▻https://www.liberation.fr/societe/logement/devoirs-sur-le-trottoir-crainte-de-croiser-les-amis-du-college-a-bordeaux

    Depuis un an, un collectif se mobilise dans la métropole girondine pour aider les familles dont des enfants scolarisés n’ont pas de logement. Reportage avec l’une d’elles, entre le monde de l’école et celui de la rue.

    Face au grand portail en fer d’une école maternelle dans le centre-ville de Bordeaux, une marée de parents déborde sur le trottoir, les sacs de goûter parfois suspendus aux poignets. Il est 16 h 30, c’est la sortie des classes. Arben (1) s’engouffre dans le bâtiment à la recherche d’Elena, 4 ans. Sa cadette a perdu son blouson rose. Ils mettront de longues minutes à le retrouver, suspendu dans un couloir. La scène est d’une banalité désarmante. Le petit manteau compte pourtant plus que tout : la nuit s’annonce froide et ils n’ont nulle part où rentrer.

    Devant l’établissement, Arben est rejoint par sa femme, Alma, et leur aîné, Artur, 11 ans. Les traits sont tirés. Originaire d’un pays de l’est de l’Europe, la famille a trouvé refuge en France fin 2024, fuyant des discriminations violentes et l’incapacité de trouver du travail en raison du handicap des parents – sur lequel elle ne souhaite pas s’étendre. Ils ont déposé une demande d’asile, début d’un ballottage de plusieurs mois entre l’hébergement d’urgence, l’hôpital et le Samu social. Fin juillet, sans nouvelle solution de repli, le 115 étant saturé, ils se sont retrouvés à la rue, le temps que leur situation soit réexaminée. Depuis, chaque jour semble s’étirer un peu plus.

    Une fille de 4 ans avec son père, le 3 novembre à Bordeaux. (Astrid Lagougine/Hans Lucas pour Libération)
    Appuyée contre les arceaux à vélo, Alma secoue la tête. Aujourd’hui elle a tendu la main pendant des heures pour 14 euros. Bien loin du prix d’une nuit d’hôtel. A côté d’elle, le visage d’Artur se ferme. Il va retrouver le froid, les nuits hachées, le dos douloureux au réveil. Les devoirs faits à la hâte sur le sol. Les rats qui grignotent la tente, l’eau qui s’infiltre les jours de pluie. Les douches publiques une fois par semaine. Le pain et les tomates en guise de repas du soir. Et sa sœur Elena qui prie chaque jour pour « avoir une petite maison ». Elle rit à côté, insouciante, encore incapable de comprendre ce que les grands redoutent déjà.

    « Les profs sont souvent le point d’entrée »

    La nuit est tombée quand la famille installe sa petite tente au pied de la cathédrale Saint-André, place Pey-Berland, à quelques pas de la mairie. Artur supplie pour rester à l’abri des regards. Il craint « de croiser ses amis du collège ». Le couple est sur ses gardes : la semaine précédente, dans le même quartier, on leur a volé des affaires et essayé de brûler leur tente dans la nuit avec une bouteille remplie d’essence. Les enfants étaient à l’intérieur, terrifiés. Une plainte a été déposée.

    Des récits comme celui-là, les membres du collectif bordelais de soutien aux enfants mal logés sont épuisés de les entendre. Parents d’élèves, professeurs, directeurs d’école – 70 volontaires au total – sont rassemblés par la même révolte devant ces tout-petits qui dorment dehors, dans des squats, des voitures, ou de canapé en canapé. Difficile de grandir droit quand la vie avance en pointillé, martèle le groupe qui s’est constitué l’an dernier. Depuis, le collectif de citoyens, qui se revendique apartisan, a accompagné près de 60 familles, dont 23 mères isolées. Leur mobilisation a jeté une lumière crue sur le sans-abrisme des enfants scolarisés.

    Le réseau s’étend aujourd’hui à 33 établissements de la métropole bordelaise. « C’est touchant de se dire qu’on n’est pas seuls », sourit Laure, parent d’élève investie depuis le début. Son électrochoc : un copain de ses enfants sur le point de dormir dehors, deux jours avant Noël. « Les profs sont souvent le point d’entrée, raconte Gaëlle, une autre parent d’élève. Ils repèrent un enfant qui s’endort en classe ou des parents qui finissent par parler. » Elle se souvient d’une fillette épuisée : « Elle n’arrivait pas à dormir dans son squat, des souris lui grimpaient dessus la nuit. »

    « Elena sourit beaucoup, mais elle aussi en a marre de ne pas avoir de lit »

    Ces derniers mois, le groupe a appris à s’organiser, à mutualiser les compétences. La mère dégourdie en graphisme, le père qui maîtrise les formulaires, le prof qui connaît les rouages administratifs. Ensemble, ils ont créé une sorte de contre-pouvoir qui se matérialise par des cagnottes pour payer des nuits d’hôtel, une présence lors de rendez-vous cruciaux avec l’administration. En dernier recours, quelques membres du groupe ouvrent leurs portes pour offrir un toit à leurs protégés. « De l’humanité instinctive », soupire Laure. Faute de mobiliser suffisamment de bénévoles dans les écoles concernées, certains enfants tardent à être accompagnés. C’est le cas d’Artur et Elena.

    Passé 20 heures, les premiers signes de fatigue se font ressentir. Les enfants tournent en rond sur la place à la recherche de la moindre distraction. « Je ne joue pas souvent », raconte Artur. L’ennui a fini par lui donner de « mauvaises pensées ». Depuis qu’ils vivent dehors, ses parents le sentent « beaucoup plus renfermé ». « Elena sourit beaucoup, mais elle aussi en a marre de ne pas avoir de lit », livre sa mère. Sa poupée offerte par des bénévoles des maraudes est une maigre consolation.

    Il est 22 heures. Artur s’est endormi sur un muret en pierre. Son père le transporte aux côtés de sa sœur. La pompe du matelas est cassée. Ce soir, ils dormiront sur des couvertures posées à même le sol. Le thermomètre affiche 10 degrés.

    Alors que le ballet des #expulsions a repris avant la trêve hivernale, le collectif dit avoir atteint « un point de rupture ». Comme tant d’autres acteurs du social, ils s’épuisent à colmater les brèches d’un système qui manque de moyens. « Contribuer à pallier les carences de l’Etat dans un contexte de crise du #logement, avec une politique d’immigration de plus en plus répressive, demande un investissement colossal », souffle Laure. Fin août, un baromètre publié par l’Unicef et la Fédération des acteurs de la solidarité alertait : le nombre de #mineurs_sans-abri a bondi de 30 % par rapport à 2022. Plus de 2 000 enfants ont passé la nuit à la rue avant la rentrée.

    « On est débordés »

    Contactée, la préfecture de la Gironde met en avant les « 41 millions d’euros consacrés à l’hébergement en 2025, contre 28,5 millions d’euros en 2020 ». Elle rappelle la possibilité, pour le 115, de « mobiliser rapidement des places à l’hôtel quand tout est complet, en cas de vulnérabilité avérée ». Mais assure que, « lors de la dernière nuit de la solidarité [au cours de laquelle un comptage est effectué par des bénévoles aux côtés d’agents publics, ndlr], en janvier, aucune famille avec enfants à la rue n’a été observée ». L’argument fait bondir les bénévoles, qui soutiennent que sans le maillage associatif et citoyen, de nombreux enfants passeraient l’hiver dehors.

    « On est débordés par le besoin qui n’est pas couvert par l’Etat. Nos 200 places sont toutes occupées, dont près de la moitié par des familles avec enfants », déplore Harmonie Lecerf Meunier, adjointe au maire de Bordeaux chargée des solidarités. Petite victoire tout de même, le CCAS (centre communal d’action sociale) de Bordeaux a obtenu la semaine dernière, comme Grenoble au printemps, la condamnation de l’Etat pour carence fautive en matière d’hébergement d’urgence en 2020 et 2023. De son côté, la sénatrice écologiste Monique de Marco propose de faire de la Gironde un territoire « zéro enfants à la rue », sur le modèle du dispositif « zéro chômeur ». « La priorité doit être l’hébergement des enfants, quelle que soit la situation des parents, appuie Romain Dostes, conseiller départemental (membre de la majorité écologiste) sur le canton de Bordeaux-1. Ils restent des enfants. »

    Des mots qui prennent tout leur sens, au matin, sur le parvis de l’école maternelle. Dans la foule, Alma accompagne Elena. Mère et fille passent inaperçues. Une famille comme les autres, qu’on croise sans voir. Sans savoir. Alertée par l’attaque de la tente, la mairie leur a finalement trouvé un toit temporaire pour les prochains jours. Une parenthèse de répit. En attendant la décision de l’Etat sur le réexamen de leur demande de droit d’asile, la fratrie est suspendue entre deux mondes. Celui de l’école et celui de la rue.

  • Plus de 3 200 jeunes étrangers en recours dont près d’un millier à la rue, selon des associations
    ▻https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/09/25/plus-de-3-200-jeunes-etrangers-en-recours-dont-pres-d-un-millier-a-la-rue-se

    Plus de 3 200 jeunes étrangers en recours dont près d’un millier à la rue, selon des associations
    Le Monde avec AFP
    Plus de 3 200 jeunes étrangers en recours pour faire reconnaître leur minorité ont été recensés en France en juin 2025 et près d’un millier d’entre eux vivent à la rue, selon une évaluation menée par des associations auprès des départements, publiée jeudi 25 septembre.
    Au moins 3 273 mineurs isolés étrangers, engagés dans une procédure pour faire reconnaître leur minorité auprès de la justice, ont été recensés. On compte parmi eux 2 918 garçons (89,15 %) et 355 filles (10,85 %), annonce la Coordination nationale jeunes exilés en danger (CNJED), rassemblant une centaine d’associations. Les départements ont l’obligation de mettre à l’abri les mineurs étrangers non accompagnés, mais ils en dénoncent régulièrement le coût.L’enquête menée en juin auprès de 79 départements est le résultat des données collectées par questionnaires et entretiens téléphoniques, précise la CNJED qui déplore l’absence de données gouvernementales.
    Pour le collectif, « les conditions de vie de ces mineurs qui attendent de voir un juge des enfants ou une cour d’appel » demeurent « alarmantes ». Selon lui, « 1 087 vivent à la rue, 939 sont hébergés temporairement par la société civile, 170 sont dans des dispositifs d’urgence pour adultes fournis après appel au 115 et 989 dans des dispositifs d’urgence dédiés aux mineurs non accompagnés (MNA) ».
    « Pour la plupart des jeunes, le passage à la rue, parfois durant plusieurs mois, demeure la norme avant d’accéder à une protection, même temporaire », alors qu’une « majorité est finalement reconnue par la justice comme des enfants », dénoncent les associations.
    « En moyenne », le taux de reconnaissance de leur minorité, après recours, « s’élève à 60 %, avec de fortes disparités suivant les départements de 3 % à 100 % », selon l’enquête. « Ces jeunes devraient se voir accorder la présomption de minorité et continuer à bénéficier des services de protection le temps que leur recours soit examiné », a insisté Angelo Fiore, un responsable du CNJED. Plusieurs instances comme le Comité des droits de l’enfant de l’ONU ou encore le Défenseur des droits ont rendu des avis dans ce sens.

    #Covid-19#migrant#migration#france#MNA#droit#sante#protection

  • Droit d’asile

    Jeune dessinateur de BD, Étienne rencontre des demandeurs d’asile et des jeunes en difficulté au Foyer du jeune homme de Strasbourg géré par l’Armée du Salut et financé par la Région Alsace. Portraits émouvants de jeunes ayant fui leur pays en guerre pour certains, remplis d’espoir malgré tout. Mise en abîme d’un auteur de BD se servant de son expérience personnelle pour donner la parole à de jeunes garçons dont chaque histoire est bouleversante.

    ▻http://www.desrondsdanslo.com/Droit-d-Asile.html

    #livre #BD #bande-dessinée
    #asile #migrations #droit_d'asile #MNA #mineurs_non_accompagnés #Cambinda (#Angola) #Sri_Lanka #réfugiés_tamoul #audition #récit #tests_osseux #âge

  • Deux tiers des personnes victimes de traite d’êtres humains en France sont des mineurs - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/66104/deux-tiers-des-personnes-victimes-de-traite-detres-humains-en-france-s

    Deux tiers des personnes victimes de traite d’êtres humains en France sont des mineurs
    Par Clémence Cluzel Publié le : 31/07/2025
    Dans un rapport publié mercredi, l’UNICEF, soutenu par un collectif de 28 associations, alerte sur la situation en France des mineurs isolés, majoritairement étrangers, exploités par des gangs afin de commettre des délits. L’organisme des Nations-Unies exhorte l’Etat à protéger ces mineurs vulnérables plutôt que de les poursuivre en justice et formule une série de pistes urgentes à adopter contre ce phénomène mal identifié.
    Dans son rapport "Victimes avant tout - Protéger les enfants contre l’exploitation criminelle" publié mercredi 30 juillet à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la traite des êtres humains, l’UNICEF pointe les défaillances de la France dans la protection de mineurs isolés exploités à des fins d’activités criminelles et délictuelles.
    Ce rapport révèle l’ampleur du phénomène largement méconnu qu’est l’exploitation des mineurs pour commettre des délits en France. "Derrière certains comportements délinquants se cachent une exploitation invisible, des enfants sous emprise et des exploiteurs qui agissent en toute impunité" indique le document.
    L’organisme onusien lance un appel urgent pour que ces mineurs soient considérés et pris en charge comme victimes plutôt que poursuivis et sanctionnés pénalement. "En France, les enfants victimes d’exploitation criminelle sont trop souvent poursuivis et punis pour des infractions commises en raison de leur exploitation", a déclaré l’UNICEF dans un communiqué. Cela alors même que "le droit international et européen exige qu’ils soient reconnus et protégés en tant que victimes de la traite des êtres humains" souligne-t-il.
    En France, deux tiers des personnes exploitées pour commettre des délits (comme le trafic de drogue, le vol, le cambriolage, le proxénétisme et la fraude) ont moins de 18 ans, selon les données de la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (MIPROF) pour 2022.La grande majorité des enfants exploités concerne des mineurs non-accompagnés (MNA) -un enfant étranger présent sur le territoire français sans être accompagné de ses tuteurs - soit 92% des enfants victimes d’exploitation d’après les ONG. Ces MNA sont originaires à 81% d’Afrique du Nord (Algérie et Maroc), mais également d’autres régions d’Afrique ainsi qu’à 19% d’Europe de l’Est (Roumanie et Bosnie-Herzégovine). Il s’agit pour l’essentiel d’individus masculins (89%). Les association rapportent l’exemple de jeunes migrants dans le Nord manipulés pour commettre des délits afin de payer leur passage clandestin vers l’Angleterre, ou encore celui de jeunes filles Bosniaques envoyées dans les transports publics pour voler à la tire sous la menace de violences.
    Ces données prennent cependant en compte que les profils repérés et accompagnés par les associations, ce qui exclut un grand nombre d’autres cas, notamment ceux qui disparaissent des radars. Les disparitions de MNA sont en augmentation depuis plusieurs années dans toute l’Europe. Selon le projet d’enquête Lost in Europe, 18 000 cas ont été recensés entre 2018 et 2021, et plus de 51 000 entre 2021 et 2023.
    Un collectif de 28 organisations non gouvernementales appelé "Ensemble contre la traite des êtres humains" a soutenu l’appel de l’UNICEF pour une "refonte complète du traitement réservé par la France aux mineurs exploités pour commettre des infractions". L’organisme a proposé 75 recommandations à destination des pouvoirs publics parmi lesquelles l’adoption d’une stratégie nationale de lutte contre l’exploitation à des fins d’activités criminelles et délictuelles.
    "Les mineurs isolés potentiellement victimes de traite ou victimes de traite sont généralement livrés à eux-mêmes, en situation de rue et majoritairement déscolarisés. Ils dorment dans des campements ou des squats sans aucun représentant légal. Ils ont pour la plupart entre 14 et 17 ans" renseigne le rapport. Geneviève Colas, coordonnatrice du collectif constate cependant que désormais "nous avons des enfants âgés de 8 à 10 ans victimes de la traite".
    Leur jeune âge, leur fragilité et leur absence de perspectives en font des cibles privilégiées sur "les réseaux sociaux, dans la rue, dans leur propre famille ou aux frontières" pointe l’UNICEF. Ils font face à de nombreuses vulnérabilités - traumatismes, isolement, grande précarité, parfois addiction- qui les mettent à la merci de réseaux de traite d’êtres humains. Cela d’autant plus qu’ils ignorent bien souvent leurs droits. "Ceux qui les exploitent utilisent différentes stratégies : addiction, chantage, menaces, pression psychologique, violence", a déclaré Corentin Bailleul, responsable du pôle plaidoyer et programmes d’UNICEF France. "Les jeunes exploités sont souvent recrutés sous de fausses promesses (d’un abri ou d’argent, NDLR), ou contraints d’agir pour survivre ou rembourser une dette" ajoute-t-il. Le piège se referme ensuite sur eux : ils se retrouvent sous emprise et dans un "cercle vicieux de dépendances", contraints de commettre des délits (vols, stupéfiants, violences, aide au passage irrégulier des frontières), à se prostituer ou à mendier.
    Le phénomène reste cependant sous-estimé à cause de dysfonctionnements dans le repérage et l’orientation des victimes. Cette invisibilisation empêche la mise en place d’une réponse adaptée et minimise l’ampleur de la problématique. En 2022, seules 352 victimes – adultes et enfants confondus – ont été repérées par les associations. Ce chiffre est tombé à 236 en 2023 selon la MIPROF. L’UNICEF fait valoir qu’en comparaison, au Royaume-Uni, grâce à un mécanisme de repérage, l’exploitation criminelle est aujourd’hui la forme d’exploitation des mineurs la plus fréquemment signalée : en 2024, 2891 enfants ont été identifiés comme victimes.
    Au-delà de ne pas être repérés, ces mineurs sont en plus sanctionnés injustement quand ils sont interpellés. “Les enfants sont le plus souvent considérés comme auteurs d’infractions plutôt que comme victimes. Ils font l’objet de gardes à vue, de poursuites judiciaires, voire d’incarcérations sans qu’aucune solution durable ne leur soit proposée à leur sortie” note l’UNICEF. Sans document d’état civil reconnaissant leur minorité, ils sont aussi considérés comme des adultes et parfois placés en centre de rétention pour être expulsés. Les autorités ne reconnaissent donc pas leur exploitation.
    Pourtant, la France a ratifié plusieurs traités internationaux de lutte contre la criminalité ainsi que la traite des êtres humains. Elle a l’obligation de prévenir la traite, de protéger les victimes, dont les enfants, et de poursuivre les véritables auteurs. "Le droit international et européen exige qu’ils (les mineurs) soient reconnus et protégés en tant que victimes de la traite des êtres humains" insiste l’UNICEF.
    L’organisme a appelé à ce que le droit pénal français "stipule explicitement qu’une personne victime d’exploitation ne peut être tenue pénalement responsable lorsque l’infraction commise est une conséquence de la traite". Une refonte complète du traitement réservé aux mineurs exploités à des fins de commission d’infractions est urgemment réclamée. "A travers ce rapport, nous appelons les autorités à agir sans délai, en élaborant une stratégie nationale de lutte contre l’exploitation criminelle des mineurs en cohérence avec les politiques de protection de l’enfance et les plans existants de lutte contre la traite. Cette stratégie doit s’articuler autour de trois piliers fondamentaux : la prévention, l’identification et la protection des victimes" , a déclaré Adeline Hazan, présidente de l’UNICEF France. Parmi les mesures réclamées auprès des pouvoirs publics : la formation de professionnels pour détecter ces situations d’exploitation, l’orientation et la sensibilisation des MNA ainsi qu’une meilleure protection notamment. L’UNICEF et le collectif d’ONG exhortent également à ce que les exploiteurs soient jugés pour traite d’êtres humains et pour les infractions commises mais aussi que les victimes puissent être indemnisées.

    #Covid-19#migrant#migration#france#MNA#mineur#traite#sante

  • France : un rapport d’associations dénonce d’importantes disparités territoriales dans la prise en charge des mineurs isolés étrangers - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/65573/france--un-rapport-dassociations-denonce-dimportantes-disparites-terri

    France : un rapport d’associations dénonce d’importantes disparités territoriales dans la prise en charge des mineurs isolés étrangers
    Par Clémence Cluzel Publié le : 11/07/2025
    Publié jeudi 3 juillet, le rapport de deux associations de défense des droits des migrants alerte sur les nombreuses défaillances et disparités d’un département à un autre dans la prise en charge des mineurs non accompagnés étrangers en France. Ces inégalités dans l’accès au droit affectent aussi la reconnaissance de leur statut de mineur et contraignent des centaines de jeunes à survivre sans protection, dans la rue.
    "Critères subjectifs" pour déterminer l’âge, mineurs laissés à la rue, traumatismes ignorés, évaluation sommaire des documents d’identité, manque de structures adaptées... sont autant de défaillances dans la prise en charge des mineurs non accompagnés (MNA) en France dénoncées dans le rapport "Des droits au hasard du département d’arrivée ?” des associations Utopia 56 et l’Association d’Accès aux Droits des Jeunes et d’Accompagnement vers la Majorité (AADJAM), publié ce 3 juillet. L’enquête, menée entre fin 2024 et début 2025, dans 53 structures réparties dans 38 départements, dresse un constat accablant. Des "défaillances systémiques", des "dysfonctionnements administratifs" et des "disparités majeures" ont été relevés dans les départements de l’Hexagone concernant l’accueil et la prise en charge provisoire d’urgence des mineurs isolés étrangers. L’évaluation de la minorité ainsi que la mise à l’abri relèvent de la responsabilité des départements - et non de l’État - au regard de leurs compétences en matière de protection de l’enfance.
    Ainsi, "iI y a des différences de traitement importantes selon l’endroit du territoire où les jeunes arrivent", rapporte à l’AFP Angelo Fiore, membre d’Utopia 56, et corédacteur du rapport. "Cela a de lourdes conséquences dans la construction de leur avenir".
    Cet accès au droit, qui se fait “au hasard des départements d’arrivées des MNA”, entrave aussi la reconnaissance de leur minorité et accentue leur vulnérabilité. Chaque mois, de nombreuses personnes se déclarant mineures se retrouvent sans protection à la rue après avoir été décrétées majeures par les départements. Or, après dépôt d’un recours, un mineur sur deux est finalement reconnu comme tel par un juge des enfants. Durant le traitement de ce recours, qui peut durer un an et demi, les jeunes ne sont pas pris en charge par les autorités et sont ainsi livrés à eux-mêmes.
    Ces dernières années, la mission de la protection de l’enfance assurée par l’Aide sociale à l’enfance (ASE) se retrouve confrontée à la politique migratoire toujours plus répressives des autorités françaises. Celle-ci s’illustre notamment par des expulsions brutales des lieux occupés par les personnes se déclarant mineures. Selon le collectif Le Revers de la Médaille entre février et mai 2024, 828 jeunes ont été expulsés de leurs lieux de vie à Paris.
    Ces MNA sont principalement originaires de Guinée, Côte d’Ivoire, Tunisie, Bangladesh mais aussi de Gambie et du Cameroun. Majoritairement masculins, ces jeunes ont fui des conflits, des situations de violences, la pauvreté ou sont en rupture familiale. En 2024, l’ASE protégeait officiellement 13 554 MNA en France.
    Si dès son arrivée en France un mineur isolé exilé peut demander une protection dans son département d’arrivée, son premier défi est de "comprendre où et comment accéder à celle-ci", note le rapport, avec de plus grandes difficultés pour identifier un interlocuteur la nuit et les weekends. Déjà confrontés à un long parcours d’exil souvent émaillé de violences, des jeunes ont rapporté avoir été confrontés à un refus de prise en charge dans certains départements.Pourtant, la loi leur impose d’assurer un accueil provisoire d’urgence auprès des MNA pour une durée maximum de cinq jours, renouvelable par deux fois. Depuis 2013, les frais de prise en charge reviennent aux départements qui peuvent être remboursés par l’État, suivant conditions. Le montant s’élève à 90 euros journaliers durant 14 jours.
    Dans la capitale, c’est l’association France Terre d’asile qui gère l’évaluation et la mise à l’abri de ces jeunes, au sein de l’Accueil des mineurs non accompagnés (AMNA). "En moyenne, nous avons 130 jeunes qui arrivent par semaine" rapportait en avril dernier Béatrix Allan, directrice du service d’évaluation au sein de l’AMNA.“Depuis 2015, nous faisons le constat d’une augmentation croissante du nombre de jeunes se déclarant mineurs non accompagnés venus de différents pays. Alors que 1 500 jeunes se présentaient pour une évaluation en 2015, ils étaient 10 500 en 2023, avec un nombre de présentations totalement inédit. En 2024, nous estimons le nombre à 8 500” indique la Ville de Paris. Les MNA représentent aujourd’hui 30% des enfants pris en charge par cette mairie qui, de par ses compétences départementales en matière de protection de l’enfance, leur consacre un budget global de 80 millions d’euros.
    “L’année 2023 a été marquée par une forte augmentation du nombre de mineurs non accompagnés pris en charge ainsi que de personnes se présentant comme MNA entraînant une saturation des dispositifs d’accueil”, appuie la Direction générale de la Cohésion Sociale (DGCS). En juin dernier, la commission d’enquête parlementaire définissait la protection sociale de l’enfance comme un “système qui craque de toutes parts” et dans lequel les MNA sont les “oubliés des oubliés”.La Direction indique que "les services de l’État sont attentifs aux situations et aux difficultés rencontrées par les départements” et “sont pleinement mobilisés pour les soutenir". En 2024, la création d’une “instance de dialogue renforcée avec les départements” et le gouvernement a permis de dégager "sept chantiers prioritaires” dont l’un portait sur la prise en charge des mineurs non accompagnés.
    Mais si la DGCS juge qu’il y a une "bonne appropriation par les départements" du guide de bonnes pratiques édité en 2019 par le ministère en charge des Solidarités afin d’harmoniser le traitement des mises à l’abri et évaluation de minorités, les conclusions du récent rapport dressent un autre constat.
    L’accueil est loin d’être uniforme sur le territoire, certains départements mènent en effet une fronde contre ce dispositif d’accueil et prise en charge qui est coordonné par la direction de la protection judiciaire de la jeunesse (DPJJ). La Seine Saint-Denis a suspendu temporairement l’accueil de nouveaux MNA en 2011 tout comme la Mayenne et l’Alsace en 2013. Aujourd’hui encore, plusieurs départements sont peu enclins à s’acquitter de ce devoir. Sollicité par la rédaction, le département des Alpes-Maritimes, qui connait un fort afflux de migrants, dont de MNA, depuis l’Italie depuis ces dix dernières années n’a pas répondu à nos questions.
    Manque de structures adaptées, placement dans des hôtels en violation de la loi Taquet, encadrement aléatoire faute de personnel, non-respect du temps de répit avant l’évaluation, absence de bilan de santé pourtant obligatoire… Les défaillances dans la prise en charge sont nombreuses et discriminantes par rapports aux traitements appliqués aux autres enfants en France.
    “Les pratiques observées varient d’un territoire à un autre, ce qui questionne doublement sur le traitement accordé à ces enfants migrants en France” souligne le rapport. Preuve d’un manque d’harmonisation des pratiques, un jeune reconnu non mineur dans un département peut l’être dans un autre après un nouveau dépôt.
    Le déroulement des enquêtes sociales destinées à évaluer la minorité de la personne a aussi déjà été plusieurs fois épinglé, notamment en 2018 dans un rapport de l’ONG Human Rights Watch (HRW). Les entretiens express, parfois sans interprète, ainsi que la mise en doute quasi systématique de l’authenticité des documents d’identité transmis sont décriés par les associations. L’évaluation de l’âge se base également sur des critères "très subjectifs", pointe Angelo Fiore. Des "délits au facies" selon les associations qui ne prennent pas toujours en compte les traumatismes vécus et les stigmates qui peuvent affecter l’apparence physique de la personne.
    “Les consignes données aux évaluateurs sont claires : tout doute sur la minorité doit profiter au jeune”, se défend la ville de Paris qui indique avoir créé une plateforme pour renforcer les compétences des travailleurs sociaux à travers une permanence juridique et des formations pour permettre un meilleur accompagnement des MNA dans leur parcours. C’est en grande partie sur cette évaluation sociale que se base ensuite le président du conseil départemental pour statuer sur la minorité et l’isolement d’un jeune étranger isolé.
    Alors que la loi stipule effectivement qu’en cas de suspicion, le doute doit bénéficier à l’individu, la réalité est autre. Au niveau national, le taux de reconnaissance de la minorité est en baisse constante ces dernières années : d’environ 52% en 2016, il est descendu à 19% en 2021 pour légèrement remonter à 23% en 2023.
    L’accès à l’information et à la justice restent aussi difficile d’accès pour des mineurs isolés, ne parlant pas toujours la langue et ne maitrisant pas les rouages administratifs. Le recours gracieux devant un juge des enfants, seul habilité à reconnaitre la minorité, pour contester une non-reconnaissance de minorité est souvent ignoré de ces jeunes. Les délais d’attente de la procédure sont également assez longs et éprouvants.
    Jusqu’à la décision de la justice, "la présomption de minorité" doit être garantie rappelle la commission d’enquête parlementaire et permettre au présumé mineur de continuer à bénéficier de l’accueil provisoire et d’un accompagnement. Le juge des enfants a en effet la possibilité de prononcer un placement provisoire pendant le temps de l’instruction. Or selon le recensement de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) de mars 2024, un mineur en recours sur trois vivait à la rue au niveau national. Une proportion probablement sous-estimée. En situation d’extrême vulnérabilité, nombre de MNA se retrouvent à survivre dans la rue, sans aucun soutien. “Chaque jour, dix jeunes sont mis à la rue et se retrouvent sans protection”, y compris lorsqu’ils présentent des graves problèmes de santé ou qu’il s’agit de jeunes filles enceintes.
    Pourtant “dans un cas sur deux, ils sont reconnus comme mineurs après leur recours auprès d’un juge pour enfants, parfois après avoir passé plus de 18 mois à survivre à la rue”, assure le rapport. Sur 2 550 jeunes ayant saisi un juge des enfants en 2023 suite à un refus par le département, 1 550 ont été reconnus mineurs, soit 61% des cas. Cependant, beaucoup restent exclus du dispositif et sortent des radars de la protection de l’enfance. D’autres sont devenus majeurs entre temps.Les associations, à qui les départements peuvent également déléguer la prise en charge des MNA, jouent alors un rôle crucial pour pallier les carences institutionnelles dans l’hébergement, l’accompagnement ainsi que l’aide à la scolarisation des MNA. En l’absence de protection, ils sont privés d’accès à l’éducation, d’un logement ainsi que d’un suivi social, médical et psychologique. Déjà très vulnérables, ils subissent durement cette exclusion qui aggrave leur santé mentale et peut accentuer leurs traumatismes. L’insécurité et leur situation irrégulière les rendent aussi plus susceptibles d’être victimes d’exploitation par des réseaux criminels et soumis aux violences.

    #Covid-19#migrant#migration#france#MNA#politiquemigratoire#ASE#politiquemigratoire#sante#santementale#droit#minorite

  • Une quinzaine de migrants mineurs « habitent » le kiosque à musique des Réformés, les associations se mobilisent
    ▻https://www.laprovence.com/article/region/4473538384865914/marseille-une-quinzaine-de-migrants-mineurs-habitent-le-kiosque-des-refo


    Devant le cinéma l’Artplexe, sur la Canebière (1er), les mineurs non accompagnés ont installé des tentes en guide de campement de fortune.
    / Photo Théo Bessard

    Ces mineurs non accompagnés veulent le droit « d’aller à l’école » ou encore « de se soigner ». L’Addap 13, qui évalue leur situation, a refusé de les prendre en charge, les considérant majeurs. Le Secours catholique et Médecins sans frontières tirent la sonnette d’alarme.

    "Nous sommes des gamins comme les autres", "Si vous nous laissez dans la rue, c’est elle qui va nous prendre", ou encore "Je pensais la route plus dure que l’arrivée". Autour du kiosque à musique des Réformés, à #Marseille (1er), des pancartes attirent l’œil mais détournent aussi le regard.

    Derrière, on peut voir des silhouettes frêles et courbées dans des tentes de fortune : ce sont une quinzaine de migrants qui se présentent tous comme « mineurs non accompagnés » (#MNA), certains ayant quitté leur pays d’origine, comme la Guinée ou le Cameroun, pour [merci CMA CGM] trouver de quoi se soigner et avoir accès à l’éducation gratuite.

  • Soutien à Utopia 56 - l’Offensive !
    ▻https://blogs.mediapart.fr/loffensive/blog/060725/soutien-utopia-56

    À Lille, Utopia 56 se concentre sur l’accompagnement et l’hébergement des mineur·es non accompagné·es. Lors du dernier conseil municipal, le PS s’est lâchement attaqué à l’association.

    Les mineurs en recours qui survivaient dans un square à Faches-Thumesnil, ont été mis à l’abri dans un bâtiment réquisitionné par la mairie de Faches, en lien avec la Préfecture, suite à une action de visibilisation des jeunes et de leurs soutiens. Comme à chaque fois, cette mise à l’abri concernait un certain nombre de jeunes à un instant T, mais chaque semaine de nouveaux jeunes se font remettre à la rue par le Département suite à la remise en cause de leur minorité.

    Depuis mai 2025, un nouveau camp de Mineurs Non Accompagnés (#MNA) en recours s’est donc inévitablement formé, avec de nouveaux jeunes, au parc Barbusse au Faubourg de Béthune. Coincé•es dans des démarches administratives interminables, laché•es par toutes les instances qui se renvoient la responsabilité de leur prise en charge dans l’illégalité la plus totale, ces jeunes sont encore une fois laissé•es sans aide institutionnelle et la responsabilité de solidarité portée par les associations et collectifs qui les suivent.

    Interpellée en conseil municipal le 20 juin à ce sujet par la conseillère verte Mélissa Camara, l’équipe municipale s’est couverte de honte.

    C’est Marie-Christine Staniec-Wavrant qui prend la première réponse. L’adjointe entre autres aux “Lutte contre les exclusions, Initiatives solidaires et hébergement d’urgence[...]” a dégainé une série d’accusations et déclarations mensongères. Sans que l’association ne soit mentionnée dans la question initiale, elle s’est lancée dans une diatribe contre Utopia 56.

    Elle accuse l’association d’instrumentaliser les jeunes, les ayant “ramené•es sur Lille parce qu’il ne se passe rien à Fâches”. Déjà, les jeunes concerné•es par le parc Barbusse ne sont pas les mêmes qu’à Fâches, dont le maire a été au bout de ce qu’il pouvait avec les moyens limités à sa disposition et qui continue à se battre pour trouver une solution au niveau de la MEL. Il reste que l’accusation n’est qu’un tissu de mensonges.

    (...) Mme Staniec-Wavrant a un plan : un fascicule qui liste les structures ouvertes… pour
    les majeurs ! Face à une urgence sanitaire aiguë, à la mairie, on gouverne avec des Powerpoint faux
    et inutiles aux concerné•es.

    #campements #PS