• La #RTS, #Darius_Rochebin et la loi du silence

    Gestes déplacés, propos salaces, utilisation de fausses identités sur les réseaux sociaux : de nombreux témoignages font état de dysfonctionnements au sein de la RTS. Parmi les figures épinglées, l’ancien présentateur phare Darius Rochebin

    Genève, décembre 2017. A l’intérieur de la tour de verre qui abrite la RTS, il est environ 20h. Dans un enregistrement transmis au Temps, deux journalistes discutent hors antenne de la bombe médiatique du moment : l’affaire Yannick Buttet (PDC/VS). En pleine vague #MeToo, le politicien valaisan quitte le parlement à la suite de l’ouverture d’une procédure pénale à son encontre après le dépôt d’une plainte pour harcèlement sexuel. La polémique est nationale.

    « Je trouve que c’est l’arbre qui cache la forêt, dit une première voix, celle d’une présentatrice du service public. En tant que nana… on est là, on s’étonne. Tu te dis, excusez-moi, mais ici, c’est quand qu’on la fait, l’enquête ? » Son collègue rebondit : « C’est un autre débat, ça. Qui c’est qui plaque contre les murs ici ? » Elle rétorque : « Darius, il fait ça. »

    En une phrase, le mythe vacille. Darius Rochebin aurait-il outrepassé ses droits ? La suite de l’enregistrement laisse par ailleurs entendre qu’il n’est pas le seul. Le Temps a mené l’enquête. Fruits de plusieurs mois de travail, nos recherches ont permis de lever le voile sur des comportements pour le moins problématiques de la part de plusieurs collaborateurs du service public. Survenus à partir du début des années 2000, certains de ces faits étaient connus à l’interne mais n’ont jamais été révélés publiquement.

    Connivence entre cadres, personnalités influentes, taille de l’entreprise publique permettant à certains départements de déplacer les personnes mises en cause plutôt que de les sanctionner, crainte d’un dégât d’image dans le cadre de la votation « No Billag », peur de représailles professionnelles : les raisons du silence sont nombreuses.

    Pourquoi le briser maintenant ? A la faveur d’une libération historique de la parole ces dernières années et à la suite du départ en France de Darius Rochebin, une chape de plomb semble progressivement se lever à la RTS. A une exception près, les personnes qui apparaissent dans l’article ont toutefois souhaité que leur nom soit modifié. Certaines d’entre elles sont en effet encore en poste, tout comme celles qu’elles désignent.

    Lire aussi : Harcèlement sexuel au travail : de quoi parle-t-on ?
    1. Des dysfonctionnements depuis le début des années 2000

    Trois cas emblématiques témoignent de l’inaction aujourd’hui dénoncée. Le premier concerne un cadre toujours en poste – appelons-le Robert*. « Cette affaire représente environ dix ans de dysfonctionnement de la part d’un manager envers ses subordonnés en position de faiblesse et autant d’alertes ignorées par la direction », témoigne Pierre*, un collaborateur de la RTS.

    Entre 2005 et 2015, une quinzaine d’employés du service public se plaignent tour à tour de ce dernier : mobbing, harcèlement sexuel, envoi intempestif de lettres « vicieuses », SMS suggestifs pendant et en dehors des heures de bureau. Des subalternes affirment sortir « abîmés » de séances d’évaluation en sa compagnie. Le climat de travail est si mauvais qu’un collaborateur en vient presque aux mains avec lui au bureau. L’idée d’une plainte collective auprès de la police est même évoquée, avant que le front commun ne se délite. Pierre l’affirme : Robert est à l’origine de plusieurs burn-out et d’au moins deux démissions. « Il sait se rendre aimable avec ses égaux et ses supérieurs, dit-il. Mais une fois dans son pré carré, il réduit les gens en bouillie. »
    « Dans un placard doré »

    Pendant plusieurs années, la gravité de la situation est régulièrement signalée à la direction, sans effet. Au milieu des années 2010, un mail explosif parvient aux ressources humaines : une employée a récolté toutes les preuves (lettres, SMS) du harcèlement sur plus d’un an de la part de Robert à son encontre et demande des actes. La RTS tente de la raisonner et propose une médiation aux deux collaborateurs. Elle refuse. A sa demande, elle sera finalement mutée dans une autre ville. Selon une source proche du dossier, la RTS lui signifie en outre de « respecter la confidentialité la plus stricte » sur la situation. Robert aurait quant à lui reçu un simple avertissement.

    Quatre mois plus tard, il refait parler de lui : une autre de ses subalternes est mise en arrêt maladie à la suite de ce qu’elle estime être du mobbing. La direction est de nouveau interpellée et traite le problème à sa façon : en 2015, Robert est promu. « Placé dans un placard doré. » L’expression revient chez la demi-douzaine de personnes qui ont témoigné à son sujet. « Il n’a plus le droit d’avoir de subordonnés directs, mais jouit d’un statut confortable au sein de la hiérarchie, souligne Pierre. C’est malheureusement trop souvent ainsi que fonctionne la gestion des ressources humaines à la RTS. Tant qu’il n’y a pas de scandale public, les problèmes sont étouffés. »

    « De manière générale, il n’y a pas de prévention du harcèlement à la RTS, corrobore une autre de ses anciennes subalternes, qui a, depuis, changé d’employeur. J’ai essayé d’alerter mes supérieurs, mais personne n’a voulu m’écouter. Robert a été couvert et défendu par la hiérarchie. J’ai eu l’impression que le même profil du mâle alpha quinquagénaire se retrouvait à tous les échelons de la direction. La politique de management est rétrograde et ce type de comportement est protégé. »
    « La main baladeuse »

    L’enregistrement évoquant Darius Rochebin en début d’article mentionne un deuxième cas problématique : celui de Georges*, employé de longue date à la télévision romande, connu à l’interne pour avoir « la main baladeuse ». Son comportement est cependant allé plus loin. Selon nos informations, il a embrassé plusieurs fois l’une de ses anciennes subalternes sans son accord, avant d’insister par SMS à de nombreuses reprises. Cette dernière a confié son histoire au Temps, tout en souhaitant limiter l’exposé des détails afin de se préserver autant que possible.

    « J’aurais dû lui foutre une claque plus tôt, dit-elle. Mais il y avait une relation de pouvoir et j’avais honte. » Elle n’osera pas en informer ses supérieurs. Ceux-ci étaient-ils au courant ? Sans pouvoir le confirmer, cette ancienne employée de la RTS répond qu’après avoir raconté ce qu’il lui était arrivé à ses collègues, on l’avait avisée qu’il « avait déjà fait ce genre de choses auparavant ». Si ce n’est de la direction, l’affaire était connue d’un bon nombre d’employés. « La RTS est une maison où les collaborateurs se cramponnent à leur siège, juge cette ancienne collaboratrice. Certains sont là depuis trois décennies et se soutiennent les uns les autres. » Comme Robert, Georges est toujours en poste.

    Contactée par Le Temps, au sujet de ces deux collaborateurs, la direction de la RTS a fourni la réponse suivante : « Nous ne pouvons pas commenter les cas particuliers en raison de la protection de la personnalité. Lorsqu’un cas survient, nous le traitons toujours avec diligence et fermeté. »

    Les personnes qui se confient aujourd’hui sont nombreuses à évoquer la honte et la crainte que leur vécu ne soit ramené à une simple affaire de « drague lourde ». Pourtant, la loi est claire, comme le rappelle Sylvie Durrer, la directrice du Bureau fédéral de l’égalité : « Tout comportement importun de caractère sexuel ou tout autre comportement fondé sur l’appartenance sexuelle, qui porte atteinte à la dignité de la personne sur son lieu de travail, relève du harcèlement sexuel, selon l’article 4 de la loi fédérale sur l’égalité entre femmes et hommes. » Il n’existe pas de définition exhaustive dudit harcèlement, qui peut se manifester sous diverses formes : « contacts physiques, attouchements non souhaités, avances ou encore pressions ». « Les comportements qui contribuent à créer un climat de travail hostile, par exemple des plaisanteries déplacées, peuvent aussi représenter du harcèlement sexuel », précise la directrice.

    Les responsabilités de l’employeur sont également encadrées par la loi, souligne-t-elle : « En plus de son obligation d’instaurer des mesures de prévention contre le harcèlement sexuel, l’entreprise est tenue de prendre au sérieux les signalements de tels harcèlements et doit établir les faits. Les rumeurs et allusions doivent aussi donner lieu à une enquête. »

    Autour de Darius Rochebin, un silence assourdissant

    Des bruits de comportements déplacés, il en existe depuis des années au sujet d’un autre employé du service public : Darius Rochebin, présentateur phare de la RTS jusqu’à l’été 2020. Au-delà de ses compétences professionnelles incontestables, sa réputation, à l’interne, le précède : mains glissées sous les chemises de collègues masculins, allusions salaces récurrentes ou encore proximité avec de jeunes hommes sont régulièrement évoquées. Au sein de la chaîne publique, on raille volontiers sa conduite, sans toujours en mesurer les conséquences.

    Depuis que le présentateur a quitté la chaîne nationale pour LCI, plusieurs témoins commencent à évoquer ce qu’ils ont vécu, même si des craintes demeurent. Comme deux faces d’une même médaille, Darius Rochebin renvoie une image assurée à l’écran mais peut se comporter de manière inadéquate une fois les caméras éteintes. D’anciens ou d’actuels collaborateurs de la RTS rapportent ainsi le malaise, la sidération même, ressentis lors de conversations banales qui dérapent subitement sur le terrain sexuel ou intime. La parole a même fait place aux actes, comme en témoignent Aurore* et Clémence*.

    Un comportement « ahurissant et totalement déplacé »

    Avant l’incident, Aurore, employée de la RTS depuis une dizaine d’années, n’avait eu que des contacts épisodiques et toujours strictement professionnels, avec Darius Rochebin. « On se croisait dans les couloirs, parfois dans des séances, on s’échangeait un ou deux e-mails par année », précise la quinquagénaire. Un soir de 2014, elle quitte son bureau pour se rendre à une réunion. « J’ai croisé Darius Rochebin qui sortait de l’ascenseur, raconte-t-elle. On a fait quelques pas ensemble dans un couloir vide en discutant du boulot. Subitement, il a pris mon visage dans ses mains et a essayé de m’embrasser. Je l’ai immédiatement repoussé. Il est parti de manière furtive, sans me regarder ni présenter d’excuses. » Sous le choc, Aurore arrive « décalquée » à sa séance. « J’étais interloquée par son comportement que je jugeais ahurissant et totalement déplacé. J’ai pris ça pour un coup de folie. » Par la suite, leurs rares échanges professionnels se sont déroulés comme si de rien n’était. « J’ai voulu oublier cet épisode, confie Aurore, qui n’a jamais averti sa hiérarchie. Si ça s’était répété, j’aurais sans doute réagi différemment. »

    Collaboratrice de la RTS, Clémence relate des faits analogues. Au cours de sa carrière, cette mère de famille côtoie régulièrement Darius Rochebin. Peu après le Nouvel An 2006, à quelques heures du journal télévisé, c’est l’effervescence en salle de maquillage. « Tout le monde s’embrassait et s’échangeait des vœux pour la nouvelle année », se souvient Clémence. Darius Rochebin est là, aux côtés d’autres collègues. « Il s’est approché de moi, je l’ai pris par l’épaule pour lui faire la bise, il a saisi ma main libre et l’a fermement posée sur ses parties génitales », raconte Clémence. Les autres personnes présentes dans la salle ne réagissent pas. « Je ne sais pas si elles ont vu la scène », souligne la journaliste, qui relate l’incident à des collègues proches et à son mari, mais pas à sa hiérarchie de l’époque. C’est seulement à l’automne 2017, en pleine vague #MeToo, qu’elle en informe son supérieur. « Il est tombé des nues et a dit qu’il allait lui parler. Je ne sais pas ce qui s’est passé ensuite, je n’ai plus jamais eu de nouvelles. Je crois que c’est allé plus haut, mais je n’ai pas eu d’écho direct, je n’ai plus voulu me mêler de cette histoire.
    Un « malaise » apparaît

    Un autre témoignage illustre la marge de manœuvre dont bénéficiait Darius Rochebin au sein de la RTS : celui d’Antoine*, 22 ans au moment des faits. En mai 2012, Darius Rochebin entame une conversation privée avec le jeune homme sur le réseau social Twitter. A l’époque, le Genevois est un étudiant en lettres qui tente de percer dans le journalisme et voit en Darius Rochebin « un mentor inespéré » dans un milieu très compétitif. « Les conversations ont commencé de manière anodine, raconte Antoine. J’étais flatté qu’une telle star s’adresse à moi. Le ton était ambigu et est rapidement devenu aguicheur. J’étais surpris, mais intrigué. »

    Quelques jours plus tard, Darius Rochebin propose à Antoine un café, puis un dîner. « Il me disait qu’il devait tester de grands restaurants pour des articles et payait à chaque fois pour nous deux, précise l’étudiant. J’étais impressionné par ce faste, et évidemment par son statut. Lors de notre troisième rencontre, quelques semaines après notre première conversation, nous sommes allés en voiture dans la campagne genevoise. Au restaurant, il m’a présenté comme un jeune journaliste prometteur. »

    C’est sur le trajet du retour qu’Antoine raconte avoir eu « de premières appréhensions », termes qu’il utilise pour retranscrire son malaise dans un journal intime. « Il s’est arrêté au bord de la route. Il a initié un rapport sexuel, je ne l’ai pas repoussé. Je n’avais pas envie d’aller plus loin, mais j’avais l’impression de ne plus pouvoir revenir en arrière. En partant, il a dit qu’il m’enverrait le contact d’un rédacteur en chef qui pourrait m’offrir un stage. Son mentorat prenait implicitement une dimension transactionnelle, et je m’y suis plié. » Peu après, le présentateur met comme promis l’étudiant en relation avec un éminent producteur de la RTS et lui propose une visite des locaux de la télévision publique.
    « Une mission sur mesure »

    Quelques mois après leur premier échange sur Twitter, Darius Rochebin intervient directement auprès de la direction de la RTS pour mettre en place une collaboration avec Antoine : « Il m’a créé une mission sur mesure en tant que photographe. Il m’emmenait partout, du Festival de Cannes aux conférences du dalaï-lama », se souvient l’étudiant.

    Interrogée au sujet de cette mission, la direction de la RTS répond qu’en 2012, « Darius Rochebin a collaboré avec un photographe free-lance. Cette collaboration ponctuelle n’était pas effectuée dans le cadre du mandat de production de l’émission Pardonnez-moi, mais a eu lieu à l’occasion d’un événement pour le 10e anniversaire de l’émission. Pour cette exposition uniquement, la RTS a rémunéré le photographe sur la base des tarifs de droits d’auteur. »

    Des documents en notre possession laissent pourtant supposer qu’Antoine n’a pas été rémunéré uniquement sur la base des droits d’auteur. Selon la facture adressée par le jeune homme à la direction de la RTS, la rémunération est par ailleurs arrêtée à 800 francs, avec mention « forfait indiqué par M. Darius Rochebin ».

    Au fil des mois, la relation entre la star et l’étudiant se tend. « Plus j’étais distant, plus il devenait jaloux, inquisiteur, raconte ce dernier. Je redoutais les conséquences de mes refus sur ma situation professionnelle. Je ne savais plus comment mettre fin à cette relation. C’était une lutte continuelle. J’ai pris peur. » Antoine finit par couper les ponts et ignorer les relances du présentateur, avec qui il n’a aujourd’hui plus aucun lien.

    Des aspirants journalistes fascinés

    Alexandre* et Hugo*, deux jeunes hommes qui ont travaillé directement avec le présentateur, racontent eux aussi ses multiples tentatives d’immixtion dans leur vie privée : allusions déplacées, questions lubriques pendant et en dehors des heures de bureau, rapports de pouvoir ambigus. Fascinés, les jeunes journalistes peinent à réagir.

    Le premier, Alexandre, 24 ans au moment des faits, a travaillé à la RTS lorsqu’il était étudiant. En 2014, Darius Rochebin lui propose un soir d’aller manger. « Au restaurant, on discutait de choses et d’autres, et puis, soudain, il m’a demandé : « Mais toi Alexandre, tu te branles souvent ? » Choqué, le jeune étudiant élude. « Sur le moment, j’ai paniqué, j’ai fait une petite crise d’angoisse », raconte-t-il. Par la suite, Alexandre reçoit régulièrement des messages de Darius Rochebin sur Facebook : « ah, mais tu es tellement beau », « tu m’avais manqué », « ta bizarrerie brillante est trop attachante », « on se refait un dîner ? » Des sollicitations auxquelles le jeune homme répond peu, tentant de contenir les rapports au niveau strictement professionnel.

    Le deuxième, Hugo, a également travaillé à la RTS durant ses études entre 2011 et 2015. Dès leur premier contact, Darius Rochebin l’ajoute sur Facebook. « Lorsque l’on est stagiaire et qu’il s’agit de la star de la rédaction, c’est flatteur », souligne Hugo, 22 ans à l’époque. Darius Rochebin lui envoie ensuite des messages privés ambigus puis à caractère sexuel sur les réseaux sociaux. Le jeune étudiant décrit un malaise : « C’est comme s’il avait une double personnalité : l’une brillante, l’autre pas assumée, perverse. Plusieurs autres journalistes m’ont parlé de leur gêne lorsqu’ils étaient seuls avec lui en plateau et qu’ils ne pouvaient plus vraiment le côtoyer sans y penser. J’ai été surpris de voir à quel point cette facette du présentateur était connue dans son environnement professionnel, mais pas hors de la RTS. Une omerta à la mesure de l’épaisseur du personnage. »
    2. De fausses identités sur les réseaux sociaux

    Des alertes, la direction de la RTS en a pourtant reçu. « Tout le monde sait, mais personne ne fait rien » : c’est l’intuition qui anime Thomas Wiesel en 2017 lorsque le mouvement #MeToo libère la parole des victimes d’abus. Le jeune humoriste a rencontré Darius Rochebin en 2015 alors qu’il débutait dans le métier. « Quand il m’a contacté professionnellement, il faisait des remarques sur mon physique, me proposait de se voir pour une émission ou un verre, voulait mon numéro de téléphone plutôt que mon e-mail. Plusieurs personnes m’avaient mis en garde. J’ai immédiatement mis des barrières et il n’a pas insisté. »

    S’il ne s’est pas senti lui-même en danger, Thomas Wiesel craint que d’autres personnes ne restent silencieuses par peur des conséquences ou par honte de s’être laissé amadouer. D’autant que le Vaudois s’interroge depuis longtemps sur l’utilisation des réseaux sociaux par Darius Rochebin : alerté par plusieurs personnes, il soupçonne le présentateur d’avoir créé de faux comptes de femmes sur Facebook pour entrer en contact avec de jeunes hommes, dont certains de ses amis. Pour en avoir le cœur net, l’humoriste commence à enquêter.
    Une campagne « No Billag » très sensible

    A l’automne 2017, peu avant la votation sur l’initiative « No Billag » qui visait à supprimer la redevance radio-TV, Thomas Wiesel contacte le nouveau directeur de la RTS, Pascal Crittin, en poste depuis quelques mois seulement, afin de l’interpeller sur le sujet. Que savait la direction de la réputation de Darius Rochebin et de l’alerte formelle lancée par Clémence ? « Affirmant n’être au courant de rien, Pascal Crittin a fait part de son étonnement, raconte l’humoriste. Il m’a toutefois assuré qu’il ferait toute la lumière sur l’affaire et que Darius Rochebin serait suspendu si une plainte contre lui était déposée. »

    La direction de la RTS confirme aujourd’hui ces échanges. « Nous avons pris très au sérieux les propos de Thomas Wiesel et l’avons invité à nous fournir des éléments concrets, ainsi qu’à inciter les personnes concernées à prendre contact avec la justice, souligne Pascal Crittin. Toutefois et à ce jour, nous n’avons reçu aucune preuve, aucun document, ni aucun témoignage direct. » Pour Thomas Wiesel, il est « surprenant que l’entreprise n’ait jamais cherché à enquêter elle-même en profondeur, suite aux rumeurs qui circulaient depuis des années et encore plus suite à ce signalement ».

    Après l’intervention de l’humoriste, le nouveau directeur convoque néanmoins Darius Rochebin, une information confirmée par la direction de la RTS : « Nous lui avons fermement et formellement rappelé nos règles professionnelles concernant la présence sur les réseaux sociaux. » Selon nos informations, l’intéressé aurait reconnu, lors de l’entretien, l’existence de ces comptes Facebook mais affirmé qu’ils étaient gérés par des amis. Aujourd’hui, ces comptes Facebook ont été nettoyés.

    Si l’éventualité que les faux comptes mentionnés par Thomas Wiesel aient été gérés par des personnes voulant nuire à la réputation de Darius Rochebin a longtemps été évoquée, Le Temps a aujourd’hui la preuve qu’il n’en est rien. C’est bien l’ancien présentateur de la RTS qui a usé de fausses identités créées de toutes pièces pour entrer en contact tant avec des collègues qu’avec des inconnus. Il s’en est notamment servi pour obtenir des informations sur leur vie privée et orchestrer des rendez-vous. Une dizaine d’entre eux, contactés par Darius Rochebin entre 2009 et 2017, nous ont livré leur récit. L’un était mineur au moment des faits. Par souci de concision, tous ces témoignages n’ont pas été reproduits ici.
    Les mystérieuses Laetitia Krauer et Lea Magnin

    Sur Facebook, le présentateur a créé au moins deux fausses identités formellement identifiées : Laetitia Krauer et Lea Magnin. La première ayant de loin été la plus active. Toutes deux sont supposées être étudiantes à l’Université de Genève. Sur leur photo de profil, dont on ignore la provenance, elles semblent très jeunes.

    Dans plusieurs conversations en ligne datant de 2012 que Le Temps a pu obtenir, Darius Rochebin évoque ouvertement son stratagème. « Tu veux voir l’un de mes avatars ? » questionne le présentateur, avant d’ajouter : « Regarde Laetitia Krauer, elle t’a envoyé un message », le tout accompagné d’une capture d’écran. « Sur Facebook, si Lea Magnin poste ça va ? Ou tu la trouves faux profil ? » poursuit Darius Rochebin dans une autre conversation. « J’ai aussi le code de mon ex mais je l’utilise pas trop, écrit-il encore. Les plus malins voient qu’il n’y a pas de vraie activité normale, mais si une fois tu veux sonder des gens (...) c’est génial comme les gens se livrent... » Le compte à travers lequel il s’exprime a été créé à partir de son ancienne adresse mail professionnelle de la RTS.

    Juriste en droit des technologies, Mikhaël Salamin précise que « l’utilisation d’une photo de profil – une donnée personnelle – pourrait être considérée comme une usurpation d’identité » puisque celle-ci est définie comme « l’usage abusif de données personnelles d’une tierce personne permettant son identification ». « L’usurpation d’identité en tant que telle ne figure pour l’instant pas dans le Code pénal suisse et ne peut donc être réprimée que si elle est liée à d’autres méfaits, comme l’atteinte à l’honneur, la violation de la personnalité, voire le harcèlement, détaille le juriste. Elle devrait néanmoins être introduite d’ici deux ans à la faveur d’une révision complète de la loi sur la protection des données, en l’absence d’un référendum populaire. »

    Une systématique précise

    Le procédé mis en place par Darius Rochebin obéit à une systématique précise, tant sur l’approche que sur les personnes ciblées. Ce sont, pour la plupart, de jeunes étudiants, stagiaires journalistes ou engagés en politique. Des individus qui, un jour ou l’autre, pourraient avoir besoin des médias et qui, de prime abord, ont toutes les raisons d’être flattés que Darius Rochebin s’intéresse à eux. Les conversations avec l’animateur débouchent d’ailleurs régulièrement sur des invitations à venir visiter les locaux de la RTS, voire à intervenir sur le plateau du téléjournal.

    Le premier contact intervient souvent après une première et modeste apparition à l’antenne, un événement ou encore un débat estudiantin auquel Darius Rochebin participe en tant qu’invité de marque. La plupart du temps, les internautes contactés croient parler à deux personnes distinctes : Darius Rochebin et une jeune étudiante – soit Laetitia Krauer, soit Lea Magnin. Ils ignorent que le présentateur mène en réalité ces deux discussions en même temps. Systématiquement, le présentateur star, dissimulé sous les traits de ces jeunes femmes, invite son interlocuteur à répandre des rumeurs à son propre sujet : « tu sais que Darius a une mini-bite ? », « son mini-kiki ne dépasse pas la taille de sa main en pleine action », « un dé à coudre » – et insiste sur la nécessité d’en parler.

    Une fois le domaine de la sexualité mis en avant, les questions de Laetitia Krauer ou de Lea Magnin au sujet de l’anatomie de leurs interlocuteurs s’enchaînent. Elles sondent les pratiques et les préférences sexuelles de ces derniers, demandent leur avis au sujet de Darius Rochebin. Sous les traits de Laetitia Krauer et de Lea Magnin, le présentateur cherche même à entraîner ses interlocuteurs sur le terrain de la critique insultante envers lui-même. Dans quel dessein tente-t-il de susciter de telles accusations ? Que fait-il des informations ainsi récoltées ? Ces questions restent ouvertes.

    Au fil des années, le procédé commence à éveiller des soupçons. Certaines cibles, alertées par d’autres, font rapidement le rapprochement entre Lea Magnin, Laetitia Krauer et Darius Rochebin et mettent un terme à la discussion. Pensant parler à une vraie femme, d’autres poursuivent en revanche l’échange et « se livrent ».

    A noter qu’une certaine Laetitia Krauer intervient également dans les médias pour saluer les performances de Darius Rochebin. Dans Télétop Matin en 2007 : « Merci à Darius Rochebin pour le merveilleux moment de « Pardonnez-moi » avec Mimie Mathy. A la fois drôle, piquant, émouvant à certains moments. » Idem en 2013, dans le guide TV et cinéma encarté dans La Liberté : « Sympa, l’initiative. J’adore Darius Rochebin qui est classe avec une pointe d’humour. »
    Un mineur trompé par un faux profil

    Plusieurs jeunes hommes révèlent avoir été visés par ces doubles approches en ligne. Samuel* a 16 ans lorsqu’il rencontre pour la première fois Darius Rochebin. Le collégien genevois s’intéresse à la politique, aux médias, et milite dans la section jeune d’un parti. A ses yeux, l’animateur est un modèle de réussite, une icône. En avril 2012, il est contacté sur Facebook par une certaine Laetitia Krauer qui lui parle immédiatement du petit pénis de Darius Rochebin, cherche à savoir ce qu’il pense de lui et lui demande son âge. Samuel répond qu’il a 17 ans – arrondissant son âge à la hausse, à quelques mois de son anniversaire. Le lendemain, l’adolescent reçoit une invitation Facebook de Darius Rochebin lui-même. Troublé par cette coïncidence, il en fait état au présentateur. Ce dernier lui répond que Laetitia Krauer est une « copine de son ex », « chaude comme la braise » et l’incite à tenter sa chance.

    Par la suite – la conversation durera plus d’un an – Darius Rochebin s’intéresse à la vie de Samuel, lui propose de visiter les coulisses de la RTS avec des camarades, promet de lui donner des conseils professionnels. « Il a instauré une forme de camaraderie entre nous, il adoptait le langage d’un pote, me donnait des conseils de drague », souligne Samuel, alors mis en confiance. En parallèle, Laetitia Krauer lui suggère de répandre les rumeurs précitées quant à l’anatomie de Darius Rochebin et s’évertue par tous les moyens à connaître la taille du sexe de Samuel, ce qu’elle n’obtiendra pas. Au fil du temps, Samuel commence à douter de l’identité de Laetitia Krauer qui l’inonde de messages, et s’en ouvre à Darius Rochebin. Le présentateur rassure immédiatement le collégien, tout en se distanciant de Laetitia Krauer : « Je pense qu’elle existe, mais elle est instrumentalisée par mon ex », dit-il.

    Samuel ne répondra plus aux sollicitations de Laetitia Krauer, mais acceptera trois rendez-vous avec Darius Rochebin. A deux reprises, le présentateur le convie au pied de la tour RTS. Le jour du premier rendez-vous, l’adolescent est impatient de partager un moment privilégié avec une star de l’audiovisuel. S’attendant à retrouver le présentateur pour un café à la RTS, il est étonné d’être invité à monter dans sa voiture garée dans un parking souterrain, après avoir marché quelques minutes dans la rue. « Je l’ai suivi mécaniquement sans poser de questions, raconte Samuel. J’étais intimidé, mais exalté. Avec le recul, je me dis que des alertes auraient dû sonner. » Ils roulent pendant quinze minutes avant que Darius Rochebin ne le dépose devant un hôtel proche de la gare. En rentrant chez lui, Samuel, « interloqué et un peu honteux », esquive les questions de ses parents, curieux de savoir comment s’est déroulée la rencontre avec celui qu’ils voient comme un modèle pour leur jeune fils.

    Le lendemain, Darius Rochebin s’excuse pour la brièveté du rendez-vous et lui propose un café. Lors de cette rencontre et de la suivante, le présentateur tient des propos salaces au jeune homme toujours mineur : « C’est vrai que les collégiennes sucent de bon cœur ? » « Tu baises qui en ce moment ? » Des questions qui achèvent de dérouter Samuel, au stade de ses premières expériences sexuelles. Avec le recul, il peine encore à mettre des mots sur ce qu’il a ressenti : un mélange de dégoût, de gêne, mais surtout le sentiment d’avoir été piégé.
    « J’ai l’impression d’avoir été manipulé »

    Dylan* et Sébastien* ont eux aussi été contactés par Darius Rochebin et son avatar Laetitia Krauer, respectivement en 2009 et 2011. Pour Dylan, 18 ans à l’époque, qui rêve de devenir journaliste, Darius Rochebin est un « modèle de réussite ». Lorsque le présentateur entame la discussion, l’adolescent déchante : « J’ai immédiatement senti une ambiguïté dans sa manière de me parler, il n’avait pas l’air détaché, mais au contraire très intéressé. » Très vite, Darius Rochebin lui propose un rendez-vous, que Dylan annule au dernier moment, prétextant une grippe. « Une star de son envergure qui invite un jeune étudiant à boire un verre, je ne le sentais pas, j’avais peur. J’en avais parlé à mes parents qui avaient aussi été intrigués par l’invitation et m’avaient conseillé de décliner. » A l’époque, un autre indice avait aussi alerté Dylan : les étranges conversations avec Laetitia Krauer qui ne cesse d’évoquer l’anatomie de Darius Rochebin. « J’ai discuté avec elle durant des mois, sans jamais la voir. Lorsque je proposais un rendez-vous, elle esquivait toujours, elle jouait à un jeu malsain. J’ai vraiment l’impression d’avoir été manipulé. »

    Avec Sébastien, Darius Rochebin évoque d’emblée Laetitia Krauer, « amie commune » sur Facebook, dont il se sert pour justifier un premier échange. « Il m’a dit qu’il avait appris que cette fille me parlait et qu’il ne fallait pas que je rentre dans son jeu. J’ai trouvé cette approche très bizarre. J’étais agacé par ces histoires qui ne me regardaient pas. » Alors qu’ils se connaissent à peine, Darius Rochebin lui propose d’intervenir dans le cadre d’un débat à la RTS. « Ça m’a semblé étrange comme proposition, se souvient Sébastien. Comme s’il mélangeait les casquettes privée et professionnelle. Par la suite, il m’écrivait souvent pour me proposer de boire des cafés. Il m’a recontacté quand j’ai commencé dans le métier, pour me reparler de Laetitia Krauer, parfois jusqu’à 3h ou 4h du matin. Au point que ma copine de l’époque l’a remarqué. J’ai fini par couper les ponts. En en parlant autour de moi, j’ai réalisé que d’autres jeunes étaient concernés, à Genève et au-delà. »
    Les médias, un monde comme les autres

    Entre les personnes contactées, le mot circule en effet largement. A tel point qu’à l’aube de la votation sur l’initiative « No Billag », en 2018, plusieurs médias romands s’intéressent de près aux mystérieux avatars de Darius Rochebin. Selon plusieurs sources concordantes, la direction va alors jusqu’à mettre en place une stratégie de communication de crise pour parer à l’éventualité d’un scandale. Sans que celle-ci doive, pour finir, être actionnée.

    Contacté, Darius Rochebin a répondu par l’intermédiaire de son avocat. Il « conteste fermement s’être livré à des actes pénalement répréhensibles » et précise n’avoir « jamais fait l’objet d’une plainte pénale, ni a fortiori d’une quelconque condamnation pénale ».

    Baiser de force, main placée sur les parties génitales, propos déplacés, allusions sexuelles : la direction de la RTS était-elle au courant de tels comportements ? « Tout comportement déplacé et blessant dans le cadre professionnel, de quelque nature que ce soit, est incompatible avec les valeurs de notre entreprise et la RTS les condamne avec force, précise Pascal Crittin. Lorsque des cas sont portés à notre connaissance, ils sont immédiatement traités, le cas échéant avec une enquête externe indépendante. Selon les conclusions de l’enquête, des sanctions sont prises allant jusqu’au licenciement immédiat. »

    En novembre 2017, Darius Rochebin saluait lui-même la « libération de la parole » liée au mouvement #MeToo. Née dans le monde du cinéma, la vague de dénonciations s’est étendue à tous les secteurs. Dans l’univers médiatique toutefois, certains tabous continuent de persister, mais comme partout ailleurs, des voix commencent à s’élever.

    https://www.letemps.ch/suisse/rts-darius-rochebin-loi-silence
    #Suisse #sexisme #me_too #harcèlement_sexuel #MeToo #silence #omerta #dysfonctionnement #mobbing #plainte_collective #harcèlement #confidentialité #main_baladeuse #Laetitia_Krauer #fausse_identité #Lea_Magnin #avatars

    • #MeToo : mis en cause dans une enquête, Darius Rochebin se met en retrait de #LCI « quelques jours »

      L’ex-présentateur phare du journal télévisé suisse est accusé de comportements déplacés par une enquête du Temps.

      Trois ans après l’affaire #MeToo, une enquête du média suisse Le Temps vient ébranler une nouvelle icône médiatique. Ce samedi 31 octobre, un article du quotidien a mis en lumière des comportements sexistes et troublants au sein de RTS, la Radio télévision suisse. Après plusieurs mois de recherches, les trois auteurs de l’enquête dénoncent « des comportements pour le moins problématiques de la part de plusieurs collaborateurs du service public ». Ces actions sont survenues « à partir du début des années 2000 » et certaines étaient connues par les équipes de RTS, ajoutent les journalistes.

      Le cas le plus frappant concerne une « star » du petit écran helvétique, Darius Rochebin. Le journaliste, ancien présentateur du journal télévisé de RTS et désormais sur LCI est soupçonné de comportements « inadéquats », dont des « mains glissées sous les chemises de collègues masculins, allusions salaces récurrentes ou encore proximité avec de jeunes hommes ».

      Une collaboratrice l’ayant croisé dans un couloir raconte : « subitement, il a pris mon visage dans ses mains et a essayé de m’embrasser. Je l’ai immédiatement repoussé. Il est parti de manière furtive, sans me regarder ni présenter d’excuses ». Une autre se souvient d’un moment survenu peu après le Nouvel an 2006 : « Il s’est approché de moi, je l’ai pris par l’épaule pour lui faire la bise, il a saisi ma main libre et l’a fermement posée sur ses parties génitales ».

      Le présentateur est aussi accusé d’utiliser son influence pour rencontrer des étudiants d’une vingtaine d’années, avec lesquels il a des relations ambiguës. Il aurait également créé de faux profils de jeunes femmes sur Facebook pour « entrer en contact avec de jeunes hommes ». Il se serait servi de ces profils pour « obtenir des informations sur leur vie privée et orchestrer des rendez-vous », révèle Le Temps. Les conversations pouvaient aussi prendre une autre tournure : « Sous les traits de [ces faux comptes], le présentateur cherche même à entraîner ses interlocuteurs sur le terrain de la critique insultante envers lui-même », ajoute l’enquête.
      Darius Rochebin se met à l’écart « quelques jours » de LCI

      Visé par ces accusations, Darius Rochebin a répondu aux journalistes par l’intermédiaire de son avocat, contestant « fermement s’être livré à des actes pénalement répréhensibles ». « Jamais je n’ai fait l’objet d’une plainte. Jamais je n’ai eu de relation non consentie ou illicite. Je me battrai donc contre les amalgames, les ragots ou les insinuations dont je suis victime et j’examine avec mon avocat la suite judiciaire que je donnerai », a-t-il réagi, se disant « choqué par le récit malveillant » du Temps, qu’il juge « émaillé de propos anonymes ». « Jamais je n’en ai fait une position de pouvoir. Je n’ai d’ailleurs jamais exercé d’autorité hiérarchique. C’est dire combien il est faux que j’ai pu obtenir des échanges de faveurs et imposer une loi du silence pour couvrir des comportements illicites, s’ils avaient existé », conteste-t-il.

      Actuellement présentateur d’une émission sur LCI, Le 20h de Darius Rochebin, diffusée du lundi au jeudi entre 20h et 21h15, le journaliste ajoute avoir « demandé à LCI de [le] libérer quelques jours pour être auprès de [sa] famille ». « L’expérience de l’actualité m’a appris que tout pathos est inutile mais je tiens à dire combien je suis blessé par des attaques injustes. J’en suis d’autant plus déterminé », conclut-il.

      De son côté, le groupe TF1 a expliqué au Figaro n’avoir eu connaissance d’« aucun incident de cette nature » signalé au sein de la rédaction de LCI à l’encontre du journaliste. Le média « rappelle être très attaché à la présomption d’innocence, suit très attentivement cette affaire et prendra les mesures qui s’imposent selon son évolution. L’entreprise, qui sensibilise régulièrement ses collaborateurs, rappelle mener une politique active contre toute forme de harcèlement ».
      La direction de RTS se dit « consternée par la gravité et l’ampleur des faits reprochés »

      Parmi les exemples repérés par les auteurs figure également « Robert », un cadre toujours en poste et accusé, entre 2005 et 2015, de nombreux actes répréhensibles par « une quinzaine d’employés du service public ». Harcèlement sexuel, SMS suggestifs, envoi de lettres « vicieuses »... Les actions de ce cadre entraînent une dégradation du cadre de travail, provoquent des burn-out d’employés et il finit par être écarté par sa direction dans un « placard doré », après qu’une employée assure avoir « récolté toutes les preuves (lettres, SMS) du harcèlement sur plus d’un an de la part de Robert à son encontre et demande des actes ».

      La direction de RTS, quant à elle, nous assure être « consternée par la gravité et l’ampleur des faits reprochés. Si ces faits sont avérés, la RTS les condamne avec la plus grande fermeté. » Elle ajoute : « La RTS rejette fermement toute accusation de laxisme dans la gestion des cas de harcèlement ou de protection de ses collaborateurs. Les cas portés à la connaissance de la direction sont toujours traités avec diligence et de manière professionnelle, y compris avec le recours à des enquêtes externes. »

      Concernant Darius Rochebin, la direction indique avoir été uniquement informée « des faux profils ». « Nous allons vérifier toutes les informations figurant dans cet article, réexaminer ses processus internes et prendre toutes les mesures nécessaires pour les améliorer le cas échéant », ajoute notre source, défendant les outils mis en place au sein de l’entreprise pour « libérer la parole (...) et signaler tous cas problématiques ».

      « Plusieurs rédactions ont travaillé ces dernières années sur les manquements de l’institution RTS au sujet d’affaires similaires, sans jamais toutefois aboutir. Si nous y parvenons aujourd’hui, c’est au prix d’un travail acharné et d’une minutieuse collecte de faits », explique Le Temps dans un édito cinglant. Le quotidien, qui défend ses « trois courageux journalistes », juge que leur enquête a un « intérêt public » : « tout a été fait pour mettre sous cloche des comportements inacceptables » au sein de RTS, et le journaliste Darius Rochebin, l’une des anciennes figures de proue du groupe, n’a « pas été à la hauteur » de sa réputation de « modèle pour la profession et le grand public ».

      https://www.lefigaro.fr/medias/plusieurs-figures-du-media-suisse-rts-accusees-de-comportements-deplaces-20

    • Entre Darius Rochebin et la France, la désillusion

      La presse française relaie avec stupéfaction l’enquête du « Temps » sur les agissements du présentateur vedette, aujourd’hui en poste à LCI. Il annonce se mettre en retrait « quelques jours »

      Après le concert de louanges, la stupéfaction. Samedi, la presse française a découvert avec effarement les révélations du Temps sur le présentateur vedette Darius Rochebin, accusé d’avoir eu des comportements déplacés pendant sa carrière à la RTS. « Il était la curiosité de la rentrée médiatique française », rappelle le quotidien Libération dans un article relatant les faits. De son côté, Le Parisien juge que cette enquête « va faire de gros remous à LCI », en référence à la chaîne française qui a réalisé le transfert surprise de l’intervieweur suisse.

      Prévue à 14 heures ce samedi, son émission de « grands entretiens » a été remplacée par une discussion entre David Pujadas et le professeur controversé Didier Raoult. LCI s’apprête-t-elle à tirer la prise ? Contacté par Le Figaro, le groupe TF1, propriétaire de la chaîne, assure n’avoir eu connaissance d’« aucun incident de cette nature » au sein de la rédaction de LCI.
      « Des attaques injustes »

      Le média français « rappelle être très attaché à la présomption d’innocence, suit très attentivement cette affaire et prendra les mesures qui s’imposent selon son évolution. L’entreprise, qui sensibilise régulièrement ses collaborateurs, rappelle mener une politique active contre toute forme de harcèlement ». Egalement sollicité par Le Figaro, Darius Rochebin indique se mettre en retrait « quelques jours ». « L’expérience de l’actualité m’a appris que tout pathos est inutile mais je tiens à dire combien je suis blessé par des attaques injustes. J’en suis d’autant plus déterminé », indique-t-il, examinant avec son avocat « la suite judiciaire » à donner.

      En septembre, son arrivée a au départ intrigué le landerneau médiatique parisien, peu habitué à intégrer de nouvelles recrues en provenance de l’étranger. L’animateur occupe la tranche du soir sur LCI. Son nom figure en majesté dans le titre de l’émission : Le 20H de Darius Rochebin. A une heure hautement concurrentielle, le journaliste reçoit des personnalités de premier plan pour commenter l’actualité. Dernier en date : l’ancien président socialiste François Hollande.
      Des compétences professionnelles reconnues

      Cette confiance, il la doit au patron de la chaîne d’information en continu, Thierry Thuillier, séduit par son intervention virale dans une émission de David Pujadas en novembre 2019. « Darius possède à la fois une immense culture politique et historique de notre pays et, en tant qu’étranger, il nous regarde avec beaucoup de décalage. On avait besoin de cette distance amusée qu’il nourrit sur nos querelles, nos passions », expliquait-il à Libération dans un portrait consacré au présentateur.

      Dans ce texte, le quotidien saluait son ton modéré, qui tranche avec le traditionnel désordre des plateaux de télévision français. Ce talent devait l’amener à suivre de près l’élection présidentielle de 2022. Libération l’imaginait alors en modérateur du débat de l’entre-deux-tours, moment décisif dans la vie démocratique du pays. L’enquête du Temps pourrait-elle mettre un coup d’arrêt à sa récente et fulgurante carrière française ?

      https://www.letemps.ch/monde/entre-darius-rochebin-france-desillusion

    • Suite aux révélations du Temps, la RTS « réfute toute accusation de laxisme »

      La direction de la chaîne publique a réagi samedi au contenu de l’enquête du jour faisant état de plusieurs comportements problématiques visant notamment l’ancien présentateur phare Darius Rochebin. Les collaborateurs ont par ailleurs été informés par un message interne

      « La RTS rejette fermement toute accusation de laxisme dans la gestion des cas de harcèlement ou de protection de ses collaborateurs. » Samedi matin, la direction du service public a réagi, par voie de communiqué, à l’enquête du Temps faisant état de comportements problématiques de la part de plusieurs collaborateurs dont l’ancien présentateur phare Darius Rochebin. Elle réfute fermement avoir eu connaissance des faits évoqués.

      Comportements déplacés, allusions salaces, utilisation de fausses identités sur les réseaux sociaux : notre article rapporte plusieurs dysfonctionnements de la part du journaliste qui travaille aujourd’hui pour la chaîne française LCI. A son propos, la direction de la RTS poursuit : « Si les témoignages concernant les comportements de Darius Rochebin sont confirmés, la RTS fait part de sa consternation et condamne avec force tout manquement ou écart de conduite. »

      Trois outils pour « libérer la parole »

      La chaîne publique insiste par ailleurs sur sa politique en matière de gestion des cas de harcèlement : « Les cas portés à la connaissance de la direction sont toujours traités avec diligence et de manière professionnelle, y compris avec le recours à des enquêtes externes. » Par quels moyens un collaborateur peut-il effectuer une dénonciation ? « Outre la communication auprès de la hiérarchie directe, la RTS dispose de trois outils efficaces propices à libérer la parole, en vigueur depuis plusieurs années. » Le communiqué de presse mentionne d’une part une « plateforme de whistleblowing », d’autre part un « groupe de médiation interne » et, enfin, une « directive précise » qui concerne tout type de harcèlement.

      Un dispositif certifié

      Enfin, la direction de la RTS rappelle que cet arsenal fait l’objet de la certification Edge (certification de standard international Edge sur les entreprises favorisant l’égalité des genres). « La RTS invite toute personne concernée à utiliser ces différents moyens, en tout temps, afin qu’elle puisse agir rapidement et fermement, dans le respect de la protection de la personnalité et améliorer encore la gestion de tels cas. »

      Un message interne

      Les collaborateurs de la chaîne publique ont par ailleurs reçu ce matin un message à propos de ces révélations, dont la teneur est proche du communiqué de presse. Pascal Crittin, directeur de la RTS, sera présent à l’émission Forum de RTS La Première (18h-19h) et au 19h30, très probablement pour revenir sur l’affaire.

      https://www.letemps.ch/suisse/suite-aux-revelations-temps-rts-refute-toute-accusation-laxisme

    • La RTS réagit après l’annonce de cas de harcèlement dans ses murs

      Le quotidien Le Temps publie samedi une enquête sur de supposés cas de harcèlement au sein de la RTS. Les faits relatés concerneraient plusieurs collaborateurs, dont l’ancien présentateur du 19h30 Darius Rochebin. La RTS a réagi en prenant acte de l’enquête et en condamnant fermement les agissements décrits s’ils sont vérifiés.

      Selon les témoignages recueillis par le quotidien, l’ex-présentateur du 19h30 aurait eu des gestes déplacés envers des collègues hommes et femmes. Des cas de harcèlement impliquant d’autres collaborateurs de la RTS sont également mentionnés dans l’article du Temps.

      La RTS a réagi samedi en rejetant fermement toute accusation de laxisme dans la gestion des cas de harcèlement ou de protection de ses collaborateurs et collaboratrices. Les cas portés à la connaissance de la direction sont toujours traités « avec diligence et de manière professionnelle, y compris avec le recours à des enquêtes externes », explique-t-elle dans un communiqué.

      Interrogé dans l’émission Forum, le directeur de la RTS, Pascal Crittin, s’est dit « consterné » par ces révélations. « Si ces faits sont avérés, ils sont graves. Ces agissements sont totalement inacceptables et contraires aux valeurs et aux pratiques de la RTS », a-t-il expliqué.

      Concernant le cas de l’ancien présentateur du 19h30, « il y a eu beaucoup de rumeurs », concède Pascal Crittin. « Le problème pour nous, c’est de pouvoir agir sur des témoignages, et pas des rumeurs. Si nous avions eu un seul des témoignages parus dans Le Temps, nous aurions pu agir avec une enquête externe », développe le directeur de la RTS.
      Améliorer les outils

      La RTS précise qu’elle va vérifier toutes les informations figurant dans l’article du Temps, réexaminer ses processus internes et prendre toutes les mesures nécessaires pour les améliorer le cas échéant.

      Outre la communication auprès de la hiérarchie directe, la RTS rappelle qu’elle dispose d’outils « propices à libérer la parole ». Ainsi, la SSR a mis en place une plateforme anonyme d’annonce de cas. En outre, la RTS dispose depuis 1998 d’un groupe de médiation paritaire à l’interne et d’une directement certifiée concernant le harcèlement.

      Mais au regard des révélations du Temps, « on voit que tout le dispositif qui est en place ne fonctionne pas encore suffisamment bien », admet Pascal Crittin dans Forum.

      Le directeur de la RTS indique que ces procédures seront réexaminées et des mesures seront prises pour les améliorer.

      https://www.rts.ch/info/suisse/11717841-la-rts-reagit-apres-lannonce-de-cas-de-harcelement-dans-ses-murs.html
      #abus_de_pouvoir

  • Neue Vorwürfe von #Mobbing und Willkür in der #Max-Planck-Gesellschaft

    An einem Luxemburger Institut soll sich eine Direktorin missbräuchlich verhalten. Als ein Mitarbeiter das bei einer Ombudsfrau meldet, wird dessen Identität an die Chefin verraten.

    Das Max-Planck-Institut für Prozessrecht in Luxemburg gehört zu den renommiertesten Forschungsinstitutionen in seinem Bereich. Doch nach Recherchen von Buzzfeed News Deutschland herrscht dort eine schwer belastende Arbeitsatmosphäre einschließlich Vorwürfen von Mobbing und Willkür. Das zeigen eine interne Umfrage am Institut und Gespräche mit ehemaligen und aktuellen Mitarbeiter*innen.

    Die Recherche zeigt zudem, dass die Max-Planck-Gesellschaft es offenbar nicht schafft, Beschwerdeträger*innen ausreichend zu schützen und ihre Anonymität sicherzustellen. Und das, obwohl die Max-Planck-Gesellschaft – nach mehreren Recherchen zu Mobbing in seinen Instituten – im vergangenen Jahr versprach, eine „Null-Toleranz-Politik in Bezug auf Mobbing“ zu haben.

    Den deutlichsten Hinweis für systemische Probleme am Institut liefert eine interne Erhebung (hier im Original). Aufgrund von sich häufenden Beschwerden befragte die Personalvertretung im Mai und Juni 2019 Mitarbeiter*innen nach den Arbeitsbedingungen. Gut zwei Drittel der knapp 90 angeschriebenen Mitarbeiter*innen antworteten. 23 Prozent gaben an, psychologische Belästigung oder Mobbing erfahren zu haben, deutlich mehr als der Durchschnitt unter Luxemburger Arbeitgebern und auch unter allen Instituten der Max-Planck-Gesellschaft.

    37 Prozent der Befragten gaben an, Zeug*in solcher Vorfälle gewesen zu sein. 38 Prozent sagten, dass Mobbing und Belästigung sich negativ auf ihre Arbeitsumgebung auswirken. Die Mehrheit der Beschwerden ist auf Verhalten von Vorgesetzten zurückzuführen. „Die Mitarbeiter haben auch das Gefühl, dass es an geeigneten Verfahren und Mechanismen mangelt, um das Personal vor Mobbing oder Belästigung zu schützen“, schrieben die Autor*innen der Umfrage.
    Zeugen von Mobbing und Belästigung

    „Mitarbeiter berichten“, hieß es weiter, „dass die interne Kommunikation, insbesondere zwischen Management und Mitarbeitern, im Allgemeinen sehr unbefriedigend ist.“ Die Mitarbeiter*innen seien, so die Umfrage, sehr unzufrieden mit dem Management. „Entscheidungsprozesse und Verantwortungsbereiche werden als unklar wahrgenommen und unterliegen willkürlichen Veränderungen.“

    Die Direktoren des Instituts schreiben auf Anfrage, sie seien von der Mitarbeiterumfrage zutiefst beunruhigt. Sie hätten die Geschäftsführung der MPG und die Personalvertretung umgehend informiert und eine Reihe von Maßnahmen eingeleitet, so hätten sie etwa im September vergangenen Jahres die Anti-Mobbing Regeln der MPG übernommen. Seitdem seien keine neuen Beschwerden gemeldet worden. Zudem hätten alle Mitarbeiter ein Seminar zu Belästigung, Diskriminierung und Mobbing besucht.

    Eine Sprecherin der Max-Planck-Gesellschaft schreibt auf Anfrage, dass ihr die Ergebnisse der Mitarbeiterbefragung bekannt seien. Im Juli vergangenen Jahres habe man daher um eine Stellungnahme der Luxemburger Direktoren gebeten und diese im September erhalten. Über die neuen Maßnahmen sei die MPG informiert. „Die Direktoren und der Verwaltungsrat sind sich jedoch einig, dass es weiterer Maßnahmen bedarf, um die Situation am MPI für alle Mitarbeiterinnen und Mitarbeiter dauerhaft zu verbessern“, schreibt die Sprecherin. Die MPG sagt, sie suche aktuell nach einer neuen Verwaltungsleitung.

    BuzzFeed News hat mit aktuellen und ehemaligen Mitarbeiter*innen gesprochen, um ein genaueres Bild von den Vorwürfen zu zeichen. Die Befragten werfen insbesondere einer Direktorin des Instituts Mobbing und Willkür vor.

    Da die Gesprächspartner*innen Repressalien von der Institutsleitung befürchten, hat BuzzFeed News ihnen Anonymität zugesichert und ihre Namen im Text abgeändert. An dem Institut sind Arbeitsverträge mit einer sehr harschen Verschwiegenheitsklausel gängig, die es auch ehemaligen Mitarbeiter*innen untersagt, mit Außenstehenden über die Arbeitsverhältnisse zu sprechen. „Der Mitarbeiter verpflichtet sich, nicht autorisierten Personen gegenüber keine Informationen über die Aktivitäten oder Arbeitsweisen des Arbeitgebers offenzulegen“, heißt es in den Verträgen. Der Arbeitnehmer verpflichtet sich zudem selbst nach Vertragsende zu „strenger Geheimhaltung“ gegenüber „allen Angelegenheiten“ in Verbindung mit dem Arbeitgeber.
    Die Verschwiegenheitsklausel der MPI-Verträge

    Nach luxemburgischem Recht sei eine Verschwiegenheitsklausel nur dann gültig, wenn sie präzise und spezifisch sei, schreiben die luxemburgischen Behörden. Eine Klausel, die allgemein jegliche Indiskretion verbiete, sei dagegen nicht gültig. Ein einschlägiges Gerichtsurteil bestätigt diese Auslegung.

    Solche Vertraulichkeitsklauseln seien in Arbeitsverträgen verschiedenster Unternehmen üblich, schreibt dagegen das MPI auf Anfrage. Die Max-Planck-Gesellschaft schreibt, derartige Klauseln seien auch in Anstellungsverträgen der MPG zu finden. Wie das MPI halte man sie für keinen Eingriff in die Wissenschaftsfreiheit.
    Zur Vertragsauflösung gedrängt

    Trotz der Schweigeklausel berichten uns aktuelle und ehemalige Mitarbeiter*innen von ihren Erfahrungen. So sei eine ehemalige Mitarbeiterin von der Direktorin ohne Vorwarnung und nachvollziehbaren Grund zu einer Vertragsauflösung gedrängt worden. Die Begründung sei unter anderem gewesen, dass die Mitarbeiterin angeblich nicht zu ausreichend vielen Meetings gegangen sei. Kolleg*innen zeigten sich gegenüber Buzzfeed News über den Abgang der Wissenschaftlerin bestürzt. Sie habe als fachlich hervorragende und kritische Mitarbeiterin gegolten.

    In einem Mitarbeitergespräch mit einem anderen Mitarbeiter habe die Direktorin die Fassung verloren und „verdammte Scheiße“ gesagt. Auch hier sei der Grund gewesen, dass der Mitarbeiter nicht zu genug Institutsseminaren gegangen sei, weil er die Zeit für seine Forschung gebraucht habe. Die Direktorin habe den Mitarbeiter gefragt, ob er sich wie ein Beamter fühle, der nur zur Arbeit erscheine, um sein Geld abzuholen. Vorher habe der Mitarbeiter kein Signal für Unzufriedenheit bekommen. Er sei von dem Gespräch traumatisiert gewesen und habe das Institut daraufhin verlassen.

    Zu allen persönlichen Vorfällen will sich das MPI mit Verweis auf die Privatsphäre der Beteiligten nicht äußern.

    Es ist schwer, anhand solcher Einzelfälle zwischen einem schwierigen Vorgesetzten und systematisch grenzüberschreitendem Verhalten zu unterscheiden. Doch die Fälle stehen beispielhaft für die der internen Umfrage zufolge offenbar grundsätzlichen Probleme am MPI.
    Vorwürfe schon im vergangenen Jahr

    Bereits im vergangenen Jahr hatten BuzzFeed News, das Wissenschaftsmagazin Science und der Spiegel Vorwürfe von Mobbing und Machtmissbrauch durch Direktor*innen verschiedener Institute der Max-Planck-Gesellschaft öffentlich gemacht. Dabei ging es vor allem um die Machtfülle der rund 300 Direktor*innen – und darum, dass diese zu einfach zu Willkür und Machtmissbrauch führen können. „Unberührbar“ und „gott-gleich“ seien die Direktoren, sagten Mitarbeiter*innen während unserer Recherchen.

    Die Max-Planck-Gesellschaft gab damals in einer öffentlichen Stellungnahme bekannt, dass jede Form von Mobbing oder sexueller Belästigung den Grundsätzen der Max-Planck-Gesellschaft widerspreche und man die Vorwürfe sehr ernst nehme. Außerdem beauftragte sie eine externe Anwaltskanzlei mit der Aufarbeitung. „Wir haben eine Null-Toleranz-Politik in Bezug auf Mobbing und sexuelle Belästigung“, sagte MPG-Präsident Martin Stratmann im Juni 2019. Eine der damals beschuldigten Direktorinnen ist zurückgetreten und leitet nun eine Arbeitsgruppe an einem anderen Institut. Eine Untersuchungskommission hatte bei ihr „erhebliches Führungsfehlverhalten“ festgestellt. Anlass, sich zu reformieren, gab es nach den Mobbing-Skandalen genug.

    Doch die neuen Recherchen von BuzzFed News zeigen: Die Max-Planck-Gesellschaft schafft es anscheinend noch immer nicht, auf Mobbingvorwürfe in ihren Instituten zeitnah und konsequent zu reagieren – und offenbar auch nicht, Beschwerdeträger*innen ausreichend zu schützen.

    Mindestens ein ehemaliger Mitarbeiter des Instituts für Prozessrecht in Luxemburg hat die MPG wegen der anhaltenden Probleme kontaktiert. Edgar Wolden, dessen Namen wir zu seinem Schutz geändert haben, schreibt bereits im Sommer 2018 eine E-Mail an Elisabeth Kieven, ehemalige Direktorin am Max-Planck-Institut für Kunstgeschichte in Rom und Ombudsfrau der geisteswissenschaftlichen Sektion der MPG. Darin ist von „Schikane, Belästigung, Mobbing“, von Vorwürfen wissenschaftlichen Fehlverhaltens und einem „Klima des Terrors“ die Rede.
    Ein Mitarbeiter spricht von „Klima des Terrors“

    Wolden muss sich an die externe Ombudsfrau Elisabeth Kieven wenden, weil es am Luxemburger Institut zu der Zeit keine eigene Ombudsperson gibt. Auch auf die von der Max-Planck-Gesellschaft nach den Mobbing-Skandalen eingerichtete, externe Rechtsberatung können Mitarbeiter*innen ausländischer Institute nicht ohne weiteres zugreifen. Auf Anfrage sagt die MPG, im Oktober 2019 vergangenen Jahres sei auf Bitten der Leitung des MPI das Mandat der Anwaltskanzlei ausgeweitet, so dass auch die Mitarbeiter des Luxemburger Instituts von den Beratungsmöglichkeiten Gebrauch machen können.

    In seinem Schreiben an Kieven beschreibt Wolden Vorwürfe, die uns auch andere Mitarbeiter*innen bestätigen. Es geht unter anderem um den Mitarbeiter Stephan Meier, dessen Namen wir zu seinem Schutz ebenfalls geändert haben. Und um die Frage, wer die Hauptarbeit bei einem großen Projekt gemacht hat – und ob das nach außen hin korrekt dargestellt wird.

    Nach übereinstimmender Erzählung ist Meier am Anfang einer der Lieblinge der Direktorin. Doch irgendwann kommt es zum Bruch – Meier hat offenbar das Gefühl, dass seine Arbeit nicht genug Wertschätzung erfährt. Seitdem Meier seine Chefin konfrontiert, fühlt er sich anscheinend unter Druck gesetzt und ungerecht behandelt.

    Die Dinge, um die es im Max-Planck-Institut unter anderem geht, wirken von außen betrachtet klein, sind in der Wissenschaft aber von großer Bedeutung. Es geht etwa um Dienstfahrten: Wolden und Meier beantragen eine Dienstreise, um ein gemeinsames Projekt vorzustellen, doch nur Woldens Antrag wird bewilligt. Und es geht um Titel: In einer Rundmail beklagt Meier, die Direktorin habe ihn anfangs mit „Professor“ angesprochen, dann aber nur mit „Doktor“ oder gar „Herr“. „Ich mache mir nichts aus Titeln“, schreibt Meier. „Ich habe jedoch Einwände, wenn sie genutzt werden, um andere zu erniedrigen.“
    „Ihre Anonymität ist absolut sicher“

    In seinem Schreiben vom August 2018 an die MPG spricht Wolden einige der Vorwürfe an und macht deutlich, dass er seine Angaben unter Whistleblower-Schutz macht. Er bezieht sich auf die „Regeln zur Sicherung guter wissenschaftlicher Praxis“ der MPG, in denen es heißt: „Wissenschaftler scheuen sich oft aus Angst vor Repressalien, Mobbing oder Ausschluss und Isolierung, ihren Verdacht über wissenschaftliches Fehlverhalten kundzutun.“ Dem versuche die MPG mit diesem Regelwerk entgegenzuwirken. „Im Rahmen der von der Ombudsperson durchgeführten Voruntersuchung soll der Name des Whistleblowers nicht offen gelegt werden.“ Die Identität des Whistleblowers könne in einem späteren Schritt nur dann aufgedeckt werden, wenn sich der Beschuldigte ansonsten nicht verteidigen könne oder die Glaubwürdigkeit des Whistleblowers zu prüfen sei.

    Es gebe keine Chance, dass er identifiziert werden könne, antwortet Ombudsfrau Kieven in einer E-Mail an Wolden. „Machen Sie sich bitte keine Sorgen, Ihre Anonymität ist absolut sicher.“

    Doch es zeigt sich, dass Wolden allen Grund hat, sich Sorgen zu machen.

    Am 28. Februar 2019 geht bei der Personalvertretung eine interne E-Mail ein. Es geht um Woldens Schreiben an die MPG und um die Luxemburger Direktorin: Die MPG habe der Direktorin mitgeteilt, dass sich ein „Mr. M.“ über verschiedene Dinge beschwert und ein „Mr. W.“ diese Behauptungen bestätigt habe. Die echten Initialen der Beschwerdeträger seien also übermittelt worden. „Wie kann jemand bei Verstand solche Details offenlegen?“, steht in der E-Mail. „Sie dachten wahrscheinlich, sie wären anonym, aber es dauerte kaum eine Sekunde, um herauszufinden, wer der einzige Mr. W. (...) ist!“

    Der Inhalt der E-Mail spricht sich rum. Auch Wolden hört davon, dass die Vertraulichkeit seiner Beschwerde möglicherweise gebrochen wurde. Am 5. März 2019 schreibt er an Ombudsfrau Kieven und will wissen, ob seine Identität tatsächlich offengelegt wurde. „Ich bin sehr besorgt“, schreibt er. Am nächsten Tag antwortet Kieven. Sie hat den Sachverhalt mittlerweile an Angela Friederici übertragen, Direktorin am Max-Planck-Institut für Kognitions- und Neurowissenschaften und Vize-Präsidentin der MPG. Kieven zitiert aus einer E-Mail von Friederici an die Luxemburg-Direktorin. Tatsächlich tauchen hier die Initialen Mr. W und Mr. M auf. „Das hätte nicht passieren dürfen“, schreibt Kieven. „Die MPG ist fassungslos.“
    Furcht vor der Rache der Direktorin

    Die Nachricht schockiert Wolden, der jetzt die Rache der Direktorin fürchtet. Er schreibt am 11. März zurück an Kieven, dass er kaum schlafen und essen könne und Angstzustände habe. Er bangt um seine Zukunft am Institut. „Ich habe große Angst“, schreibt Wolden. „Es tut mir sehr leid“, schreibt Kieven am gleichen Tag zurück.

    Am 15. März bittet Wolden die Ombudsfrau Kieven, sicherzustellen, dass jemand anders als die Direktorin über die Verlängerung seines Vertrags entscheidet. Seine Befristung läuft bis Ende Juni 2019. „Die MPG muss mich retten.“

    Am 20. März schreibt Wolden, dass sich sein gesundheitlicher Zustand deutlich verschlechtert habe. „Heute wurde ich endlich von einem Psychiater besucht, der bei mir eine starke Angststörung wegen der Situation auf Arbeit diagnostiziert hat.“ Der Arzt hat ihm Antidepressiva verschrieben. Die Rezepte fügt Wolden seiner E-Mail bei.

    Nach weiterem E-Mail-Verkehr antwortet MPG-Vizedirektorin Angela Friederici am 27 März: Sie habe lange mit der Luxemburger Direktorin gesprochen. Es gebe keine Anzeichen dafür, dass sie sich an Wolden rächen wolle. „Es ist bedauerlich, dass Sie das subjektiv fürchten.“

    Beschwerdeträger Wolden ist die Auseinandersetzung mit der MPG müde. Sein Vertrag läuft im Sommer 2019 aus und er verlässt das Institut. Eine Entschädigung bekommt er nicht.

    Der betroffene Forscher Stephan Meier dagegen bleibt am Institut. Wer im Streit zwischen der Direktorin und ihm Recht hat und worum es im Detail geht, lässt sich von außen kaum nachvollziehen. Gegenüber Buzzfeed News will sich Meier aufgrund einer Schweigeklausel in seinem Arbeitsvertrag nicht äußern. Fest steht, dass sich Meiers Situation immer weiter verschlechtert. Zwischen Oktober 2018 und März 2019 ist Meier offenbar wegen der psychischen Belastungen krankgeschrieben. Als er zurückkommt, wird er in eine andere Abteilung verlegt. Er will zunächst die angeblich versprochenen Wohn- und Reisekosten einklagen, die ihm nach dem Konflikt mit der Direktorin verwehrt worden seien werden. Im Januar 2020 erklärt sich das Arbeitsgericht in Luxemburg jedoch für nicht zuständig.

    Eine Luxemburger Vereinigung zur Bekämpfung von Mobbing am Arbeitsplatz, wertet die Vorwürfe Meier betreffend als psychologische Belästigung, die seine Gesundheit und Würde bedroht. Sie schreibt im November 2018 an den Präsidenten der MPG, Martin Stratmann, und fordert ihn auf, Meier zu schützen.

    Die Institutsleitung selbst leitet nach der Umfrage der Personalvertretung eine Untersuchung mit einer externen Anwaltskanzlei ein. In einer E-Mail vom Oktober 2019 bittet sie die Mitarbeiter*innen, sich zu beteiligen, um der Leitung „ein besseres Verständnis von der Lage in den verschiedenen Einheiten des Instituts“ zu ermöglichen. Doch wie sollen die Mitarbeiter*innen Vertrauen haben, dass ihre Angaben anonym bleiben, wenn sich viele der Beschwerden gegen die Leitung selbst richten? Unterzeichnet hat die E-Mail neben den zwei Direktoren die neue Verwaltungschefin. Sie ist erst seit dem August 2019 am Institut, einige Mitarbeiter*innen haben Hoffnung, dass sich mit ihr die Lage bessern wird. Doch bereits im Dezember verlässt sie das MPI wieder.
    „Reine und ausschließliche Angstkultur“

    Eine andere Person, die mehrere Jahre lang eine verantwortungsvolle Funktion in der Verwaltung des MPI innehatte, hat aus Frust an der Arbeitskultur gekündigt. Die Willkür habe es ihr unmöglich gemacht, gute Arbeit zu machen. „Entweder man ist der Liebling und dann läuft es oder man ist nicht der Liebling ist und dann kann man gucken, dass man an Land gewinnt“, sagt die Person im Gespräch mit BuzzFeed News. Am Institut herrsche eine „reine und ausschließliche Angstkultur“.

    Das MPI könne sich nur durch einen Austausch der Leitung neu aufstellen, sagt die Verwaltungskraft. Grundsätzlich müsste auch in der Max-Planck-Gesellschaft die Rolle der Direktor*innen neu definiert werden. „Sie haben im Grunde genommen keine Vorgesetzten, aber auch keine Ausbildung, wie man mit Menschen umgeht“, sagt die Person. Gleichzeitig könnten die Direktor*innen aber wie „menschliche Terminatoren“ über die Karriere junger Wissenschaftler*innen bestimmen.

    Im Sommer 2019 tritt Edgar Wolden eine neue Stelle an. Erst jetzt untersucht die MPG, warum er das MPI verlassen hat. „Sie stellen mir immer wieder Fragen, als ob sie nicht wüssten, was sie getan und schriftlich zugegeben haben“, sagt Wolden. „Es ist verrückt: Sie haben den Leak verursacht, sie haben es zugegeben, aber sie lassen sich Zeit und übernehmen keine Verantwortung.“ Er fühlt er sich von der MPG hintergangen: Erst ihr Versagen, ihn als Whistleblower zu schützen, habe seine Lage am Institut unerträglich gemacht. Dafür habe sich die MPG nicht einmal offiziell entschuldigt.

    Gleichzeitig ist Wolden erleichtert. „Am MPI habe ich mich nicht gut genug gefühlt“, sagt er. „Nachdem ich es verlassen habe, haben sich meine Energie und mein Selbstvertrauen vervielfacht.“ Er sei produktiver geworden, fühle sich frei. Die Angstzustände seien verschwunden. Nur dieses Gefühl von Unrecht, das sei immer noch da.

    Zu den Vorfällen um Wolden und Meier will sich die MPG mit Verweis auf die Privatsphäre der Beteiligten und eine andauernde formale Untersuchung nicht äußern. Lediglich dass Wolden das Institut im Sommer verlassen habe, könne man bestätigen. Sein Vertrag sei regulär geendet. Die Frage nach einer Entschädigung habe sich somit nicht gestellt.

    https://www.buzzfeed.com/de/hristioboytchev/mobbing-willkuer-max-planck-gesellschaft
    #Allemagne #université #harcèlement #arbitraire #conditions_de_travail #ESR

    #Luxembourg

  • Krankenkassen: Psychische Erkrankungen sorgen für mehr Krankheitsta...
    http://02mydafsoup-01.soup.io/post/632493002/Krankenkassen-Psychische-Erkrankungen-sorgen-f-r-mehr

    Krankenkassen: Psychische Erkrankungen sorgen für mehr Krankheitstage

    Tod, Trennung, Mobbing: Die Gründe für Lebenskrisen sind vielfältig und sie beeinträchtigen immer häufiger die Arbeitswelt. Das geht aus dem AOK-Fehlzeitenreport hervor.

    #gesundheit #psychisch #krankenkassen #krankheitstage #erkrankungen #tod #trennung #mobbing #lebenskrisen #arbeitswelt #aok-fehlzeitenreport #aok #fehlzeitenreport #news #bot #rss[Reposted from 02mysoup-aa]

    #regular #snth01

  • Drei Autorinnen in Marokko: „Jetzt haben wir ein Pferd und Haschisch“ - Literatur - derStandard.at › Kultur
    http://text.derstandard.at/2000053157304/Drei-Autorinnen-in-Marokko-Jetzt-haben-wir-ein-Pferd-und

    Haider, Maria Hofer und Stefanie Sargnagel fahren gemeinsam mit weiteren Kreativen nach Essaouira, Marokko, und mieten sich ein Haus zum Schreiben, Nachdenken – und was auch immer. Jeden Tag wird ein Statement verfasst, um die Zeit auf Papier festzuhalten. Ein GemeinschaftstagebuchStefanie Sargnagel: Immer wieder mieten wir uns prollige Quads und zischen eingraucht mit lauten Motorengeräuschen zu sechst über den idyllischen Strand. Das ist Freiheit. Das Bmukk hat mir dafür einen Reisekostenzuschuss gewährt. (Für die Literatur.) Wenn das die FPÖ wüsste.

    Wirbel um Marokko-Reisebericht von Sargnagel, Haider und Hofer: Der Einfachheit erlegen - Literatur - derStandard.at › Kultur
    http://text.derstandard.at/2000053969916/Wirbel-um-Marokko-Reisebericht-von-Sargnagel-Haider-und-Hofer-Der

    „Es bricht über einen herein“, reagiert Hofer im Gespräch mit dem STANDARD. Haider führt aus: Der Bericht, der seit dem Krone-Artikel in den sozialen Netzwerken eine Flut von deftigen, mitunter hetzerischen Kommentaren generiert, sei während der Reise nebenbei entstanden. Die Idee dazu habe man erst vor Ort gehabt. Und er wurde, betont sie, nicht zusätzlich gefördert.

    Zu etwaigen juristischen Schritten gegen Postings wie „Warum werden solche volksverräter nicht an die wand gestellt?“ konnte Haider noch nichts Konkretes sagen. Auf der Facebook-Seite Sargnagels sind sie zum Teil dokumentiert. Dort kommentiert sie das Geschehen auch.

    Facebook sperrt Stefanie Sargnagel während Hasskampagne - Debatten im Netz - derStandard.at › Web
    http://text.derstandard.at/2000054019059/Facebook-sperrt-Stefanie-Sargnagel-nach-Attacken-von-Rechtsaussen

    Nach einem „Krone.at“-Bericht gegen die Künstlerin kam es zu einer Welle an Hasspostings, Facebook sperrte deren Opfer - 1 Foto

    Facebook hat die österreichische Autorin und Bachmann-Publikumspreisträgerin Stefanie Sargnagel gesperrt. Sie darf die nächsten 30 Tage nichts mehr auf der Plattform veröffentlichen. Verantwortlich dafür ist offenbar eine Masse an Meldungen, die gegen Sargnagel eingereicht wurden. Tatsächliche Verstöße der Künstlerin gegen die Richtlinien der Plattform sind derzeit nicht bekannt. Facebook hat auf eine kurzfristige Anfrage noch nicht reagiert.
    Kampagne der „Krone“

    Gegen Sargnagel läuft seit einigen Tagen eine Kampagne, die durch einen Artikel auf „krone.at“ ausgelöst wurde. Dort schrieb Onlinechefredakteur Richard Schmitt über „Saufen und kiffen auf Kosten der Steuerzahler“. Er bezog sich auf einen satirischen Text von Sargnagel, Maria Hofer und Lydia Haider, der im STANDARD-Album erschienen war. Schmitt nahm den teilweise fiktiven und überzeichneten Text offenbar für bare Münze und stieß sich etwa daran, dass eine der Autorinnen eine Babykatze getreten haben soll.

    Österreichische Schriftstellerin Sargnagel: Gegenwehr gegen Shitstorm endet mit Facebook-Sperre - Kultur - Tagesspiegel
    http://www.tagesspiegel.de/kultur/oesterreichische-schriftstellerin-sargnagel-gegenwehr-gegen-shitstorm-endet-mit-facebook-sperre/19516356.html

    Sargnagel kündigte an, dass sie alle Autoren von Hass-Postings anzeigen werde. Die 30-jährige Schriftstellerin benutzt immer wieder zugespitzte Wirklichkeitspartikel. Für ihr Buch „Fitness“, das 2015 herauskam, stellte sie Facebook-Beiträge zusammen. Mit ihrer Mischung aus Satire und Recherche provoziert sie FPÖ-Anhänger und andere rechte Kommentatoren. Im letzten Jahr gewann Sargnagel den Publikumspreis beim Ingeborg-Bachmann-Wettbewerb. Sie ist Klagenfurter Stadtschreiberin.

    #facebook #mobbing

  • Stage d’orchestre pour les enfants ce week-end à l’école de Lyngdal dans le sud de la Norvège. L’occasion de découvrir une petite école de province plutôt bien conçue, et qui informe ses élèves. Au centre de l’école, un espace spectacle-théâtre-conférence qui fait aussi office d’escalier pour aller dans les salles de classe, au premier étage, dans les couloirs de nombreuses tables et chaises confortables des sofas, des poufs...

    Et ces grandes affiches qui accueillent les élèves à l’entrée

    Image 1 : « Non (ou stop) au harcèlement ! »

    Image 2 : Santé mentale

    1. Ne porte pas tout·e seul·e tes problèmes (littéralement "tes pensées lourdes")

    2. N’hésite pas à te faire aider, en temps, il n’y a aucune honte à demander de l’aide

    3. Essaye de garder en toi tes belles expériences, c’est toujours bon de les avoir en réserve (littéralement "dans ton sac à dos")

    4. Tu peux prévenir ces périodes difficiles (littéralement "lourdes"), et parles en avant que cela ne deviennent trop difficile

    5. Penses à "tout ce que tu as fait" plutôt qu’à "tout ce que tu n’as pas fait"

    6. Sois actif·ve, des activités physiques régulières, c’est bon pour la santé mentale

    7. Essayes de faire au moins un truc sympa tous les jours, au moins pour toi, sinon aussi pour les autres

    #école #éducation #enseignement

  • Comment se défendre contre les agressions par le patrons et supérieurs hierarchiques

    Erfolgreich gegen Bossing und gegen Union-Busting | work watch
    http://www.work-watch.de/erfolgreich-gegen-bossing

    Bos­sing ist mehr als Mobbing

    Mob­bing — das ist nach land­läu­fi­ger Ansicht dann der Fall, wenn sich meh­rere Men­schen gegen einen ein­zi­gen ver­schwö­ren, um ihn fer­tig zu machen. Wenn sich also sozu­sa­gen die Meute auf ihr Opfer stürzt und es mit allen Mit­teln der Aus­gren­zung psy­chisch zur Stre­cke brin­gen will. Sol­che Demü­ti­gun­gen und Bedro­hun­gen fin­den übli­cher­weise über einen län­ge­ren Zeit­raum statt. Sonst ist es nur ein böser Streit, der vor­über geht.

    Das bedeu­tet: in einem Unter­neh­men sind fast immer auch Vor­ge­setzte in Mob­bing­ak­ti­vi­tä­ten invol­viert. Denn ohne ihr Wis­sen, ihre Dul­dung oder sogar ihr Zutun ist Mob­bing im Betrieb kaum mög­lich.

    Das bestä­tigt auch eine Unter­su­chung über 10 Jahre prak­ti­sche Erfah­run­gen der Mob­bing­Line NRW. Danach sind in 80 Pro­zent der Mob­bing­ak­ti­vi­tä­ten am Arbeits­platz Vor­ge­setzte invol­viert („Werk­buch Mob­bing“, S. 33).

    Beim Bos­sing geht es aller­dings um mehr. Es ist nicht nur das Mob­bing im Kol­le­gen­kreis mit Bil­li­gung (oder Dul­dung) der Vor­ge­setz­ten gemeint.

    Bos­sing ist das ziel­be­wusste Ein­set­zen von Mob­bing­me­tho­den durch die Per­so­nal­lei­tung.

    Das Ziel ist defi­niert und wird stra­te­gisch ver­folgt: die soziale Iso­lie­rung, die psy­chi­sche Erschöp­fung und Erschüt­te­rung und schließ­lich die Ent­fer­nung des unlieb­sa­men Mit­ar­bei­ters oder der Mit­ar­bei­te­rin, häu­fig auch des akti­ven Gewerk­schafts– oder Betriebs­rats­mit­glieds aus dem Unter­neh­men, den man durch eine schlichte Kün­di­gung nicht los wird.

    #travail #syndicalisme #mobbing #bossing #union-busting #auf_deutsch

  • Enfants maltraités : les médecins trop peu investis
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/11/17/enfants-maltraites-les-medecins-trop-peu-investis_4524576_3224.html

    Un épisode de la vie de la petite Marina, morte en 2009 à l’âge de 8 ans des suites des tortures infligées par ses parents, permet de comprendre pourquoi la Haute Autorité de santé (HAS), dont la mission est de promouvoir la qualité et la sécurité des soins, lance lundi 17 novembre une initiative pour que les médecins s’investissent davantage dans la lutte contre la maltraitance des enfants.

    Quand la petite fille est hospitalisée d’urgence au Mans, en avril 2009, à l’instigation du directeur de son école, l’équipe médicale pense à tout, sauf à de la maltraitance. Marina est pourtant très marquée physiquement : son visage est déformé, elle a des douleurs lancinantes, le ventre gonflé… Le réflexe des médecins est de multiplier les examens et avis afin de mettre en évidence « une maladie génétique, métabolique, endocrinienne et nutritionnelle », selon un rapport consacré à l’affaire.

    La suite c’est #paywall alors on ne sait pas.
    A mon avis nombre d’enseignants et de directeurs d’école aussi devraient être plus lucides vis-à-vis de la #maltraitance. Un ami instituteur me racontait, entre autre, qu’à la lecture des dessins d’une de ses élèves, il avait décelé que la gamine subissait des violences incestueuses de la part d’un de ses oncles. Alertant sa direction, il a été prié de la fermer. C’est le genre d’instit qui je crois aurait pu échanger avec @heautontimoroumenos plein d’idées pédagogiques intéressantes, sur le développement personnel et artistique des enfants. Par exemple, il emmenait sa classe voir des expos, au théâtre ou voir des spectacles de danse contemporaine et animait ensuite des ateliers avec eux. Des ateliers de danses pour des garçons ! Ses méthodes pédagogiques ne sont pas passé du tout du tout du tout. Il a été harcelé par les parents alors que sa classe obtenait les meilleurs résultats de l’école. Il a pété les plombs et décidé par la suite de ne faire que des remplacement. Quel gâchis.

    • Après, j’ai aussi des potes qui ont été déchus de leurs droit parentaux et montrés du doigt par tout le monde avant que l’on se rende compte que le gosse avait une maladie génétique de merde qui lui filait des bleus partout.
      Même une fois ce fait clairement établi et vérifié, il parait que le regard, la réputation, ça reste. Sans compter les séquelles de la séparation, de la mise en institution, etc.
      Après, vaut peut-être mieux des faux positifs que de vrais maltraités pas aidés... je ne sais pas.

    • @monolecte

      déchus de leurs droit parentaux

       ? Le terme n’est il pas un poil exagéré ? en France pour être déchu de ses droits parentaux, il faut que la maltraitance soit extrêmement grave et avérée par jugement (torture par exemple).
      Des enfants peuvent être retiré à la garde de leurs parents sans que ceux ci ne perdent leur autorité parentale, ce qui implique entre autre le droit aux parents de faire appel des décisions judiciaires.

      Après pour en revenir à l’exemple d’ @odilon, il n’est en aucun cas nécessaire d’attendre l’aval d’une quelconque hiérarchie lorsque l’on a des soupçons importants et fondés de maltraitance. Le 119 est là pour ça...
      Hélas peu de profs, instit, médecins ou toutes personnes en contact avec des enfants sont informés des possibilités d’alertes.

  • Mobbing en Norvège - Un émouvant reportage de la NRK sur une victime de mobbing.

    « J’étais la victime parfaite ! Certains sont venus, ds années après, pour s’excuser. Mais je ne suis pas fâchés contre eux, je ne leur en veux pas, j’ai compris ce qu’il s’était passé. L’important était seulement de sortir de ma culpabilité »

    Le mobbing à l’école, un problème pris très au sérieux en Norvège y compris au jardin d’enfant, les discussions, les réunions, les débats entre parents et enseignats (et enfants) sont très récurents)

    Jeg var det perfekte mobbeofferet - Fordypning

    http://www.nrk.no/fordypning/_--jeg-var-det-perfekte-mobbeofferet-1.12042215

    Én gang fikk Oscar Aaslund Hovin en beklagelse fra en av de som mobbet ham :

    – Hun fortalte at det å mobbe meg hadde blitt en slags motesak, sier han.

    Oscar var gutten som ikke ble bedt i bursdager. Som ble ledd av hvis han prøvde å si noe. Han var gutten som ikke lærte hvordan man har venner.

    #norvège #mobbing