• Covid-19 : l’amère expérience du Thanksgiving canadien
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/11/26/covid-19-l-amere-experience-du-thanksgiving-canadien_6061247_3210.html

    « Cette hausse subite est multifactorielle, explique Santiago Perez, infectiologue à l’hôpital général de Kingston (Ontario), mais l’incidence des rassemblements familiaux le jour de l’Action de grâce est une réalité : de ce jour, nous avons perdu le contrôle de l’expansion de la pandémie ». Le 27 octobre, l’adjoint à la Santé publique du Canada, Howard Njoo, en convient, « dans certaines régions, nous apprenons que les rassemblements pendant le week-end du Thanskgiving ont contribué à l’augmentation du nombre de cas que nous constatons aujourd’hui ». Le jour même, l’Ontario, la Colombie-britannique et l’Alberta battaient leurs records de cas quotidiens de contamination, et le Canada franchissait la barre des 10 000 décès survenus depuis le début de la pandémie. Des étudiants, de retour pour la première fois depuis la rentrée chez leurs parents, passant parfois d’une province à l’autre, des grands-parents goûtant au plaisir de recevoir de nouveau leurs enfants, ont bravé et rendu inefficaces les nouvelles mesures de restrictions imposées par plusieurs provinces en tout début d’automne, comme l’interdiction de voir des proches ou la fermeture des bars et des restaurants.Les autorités politiques et sanitaires avaient pourtant multiplié les mises en garde à l’approche du jour fatidique : François Legault, le premier ministre du Québec, appelait ses concitoyens à « résister à la tentation » de voir du monde, son homologue de l’Ontario, Doug Ford, après s’être réjoui de prévoir un « dîner familial avec dix personnes », avait dû publiquement se raviser pour se conformer aux recommandations de son propre gouvernement et s’en tenir à fêter Thanksgiving avec les seuls membres de sa famille vivant sous son toit. Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, avait suggéré à tous d’annuler tout rassemblement, « afin de se laisser une chance pour Noël ». L’approche des fêtes de fin d’année fait craindre au Canada une répétition de l’amère expérience du dernier Thanksgiving. Avec un nombre total de 347 466 cas recensés mercredi 25 novembre, et un accroissement de quelque 5 193 contaminations quotidiennes sur la dernière semaine, avec des pics inquiétants dans certaines provinces comme l’Ontario ou l’Alberta, les pouvoirs publics tentent de faire passer le message qu’il ne saurait être question de célébrer un « Noël normal ».

    #Covid-19#migrant#migration#canada#sante#mobilite#epidemie#restrictionsanitaire#famille#fete#religion

  • #Police attitude, 60 ans de #maintien_de_l'ordre - Documentaire

    Ce film part d´un moment historique : en 2018-2019, après des affrontements violents entre forces de l´ordre et manifestants, pour la première fois la conception du maintien de l´ordre a fait l´objet de très fortes critiques et d´interrogations insistantes : quelle conception du maintien de l´ordre entraîne des blessures aussi mutilante ? N´y a t-il pas d´autres manières de faire ? Est-ce digne d´un État démocratique ? Et comment font les autres ? Pour répondre à ces questions, nous sommes revenus en arrière, traversant la question du maintien de l´ordre en contexte de manifestation depuis les années 60. Pas seulement en France, mais aussi chez nos voisins allemands et britanniques, qui depuis les années 2000 ont sérieusement repensé leur doctrine du maintien de l´ordre. Pendant ce temps, dans notre pays les autorités politiques et les forces de l´ordre, partageant la même confiance dans l´excellence d´un maintien de l´ordre « à la française » et dans le bien-fondé de l´armement qui lui est lié, ne jugeaient pas nécessaire de repenser la doctrine. Pire, ce faisant c´est la prétendue « doctrine » elle-même qui se voyait de plus en plus contredite par la réalité d´un maintien de l´ordre musclé qui devenait la seule réponse française aux nouveaux contestataires - lesquels certes ne rechignent pas devant la violence, et c´est le défi nouveau qui se pose au maintien de l´ordre. Que nous apprend in fine cette traversée de l´Histoire ? Les approches alternatives du maintien de l´ordre préférées chez nos voisins anglo-saxons ne sont sans doute pas infaillibles, mais elles ont le mérite de dessiner un horizon du maintien de l´ordre centré sur un rapport pacifié aux citoyens quand nous continuons, nous, à privilégier l´ordre et la Loi, quitte à admettre une quantité non négligeable de #violence.

    https://www.dailymotion.com/video/x7xhmcw


    #France #violences_policières
    #film #film_documentaire #Stéphane_Roché #histoire #morts_de_Charonne #Charonne #répression #mai_68 #matraque #contact #blessures #fractures #armes #CRS #haie_d'honneur #sang #fonction_républicaine #Maurice_Grimaud #déontologie #équilibre #fermeté #affrontements #surenchère #désescalade_de_la_violence #retenue #force #ajustement_de_la_force #guerilla_urbaine #CNEFG #Saint-Astier #professionnalisation #contact_direct #doctrine #maintien_de_l'ordre_à_la_française #unités_spécialisées #gendarmes_mobiles #proportionnalité #maintien_à_distance #distance #Allemagne #Royaume-Uni #policing_by_consent #UK #Angleterre #Allemagne #police_militarisée #Irlande_du_Nord #Baton_rounds #armes #armes_à_feu #brigades_anti-émeutes #morts #décès #manifestations #contestation #voltigeurs_motoportés #rapidité #23_mars_1979 #escalade #usage_proportionné_de_la_force #Brokdorf #liberté_de_manifester #innovations_techniques #voltigeurs #soulèvement_de_la_jeunesse #Malik_Oussekine #acharnement #communication #premier_mai_révolutionnaire #Berlin #1er_mai_révolutionnaire #confrontation_violente #doctrine_de_la_désescalade #émeutes #G8 #Gênes #Good_practice_for_dialogue_and_communication (#godiac) #projet_Godiac #renseignement #état_d'urgence #BAC #brigades_anti-criminalité #2005 #émeutes_urbaines #régime_de_l'émeute #banlieue #LBD #flashball #lanceur_de_balles_à_distance #LBD_40 #neutralisation #mutilations #grenades #grenade_offensive #barrage_de_Sivens #Sivens #Rémi_Fraisse #grenade_lacrymogène_instantanée #cortège_de_tête #black_bloc #black_blocs #gilets_jaunes #insurrection #détachement_d'action_rapide (#DAR) #réactivité #mobilité #gestion_de_foule #glissement #Brigades_de_répression_des_actions_violentes_motorisées (#BRAV-M) #foule #contrôle_de_la_foule #respect_de_la_loi #hantise_de_l'insurrection #adaptation #doctrine #guerre_civile #défiance #démocratie #forces_de_l'ordre #crise_politique

  • Karine Lacombe, infectiologue : « Mon métier me porte, me nourrit, m’enthousiasme, m’envahit »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/11/22/karine-lacombe-la-vie-c-est-la-fight_6060682_3224.html

    La crise sanitaire provoquée par la pandémie de Covid-19 a bouleversé le quotidien de Karine Lacombe, infectiologue et chef de service à l’hôpital Saint-Antoine, à Paris. Elle le raconte dans une BD autobiographique, La Médecin (dont on trouvera la critique ici), qui nous entraîne dans les coulisses d’un hôpital pris dans une incroyable tempête.
    … si je n’étais pas issue d’une famille très modeste marquée par la migration : le voyage, le mouvement, la volonté d’aller de l’avant, de ne pas s’arrêter, d’avancer coûte que coûte. Côté maternel, c’est la figure de mon grand-père qui a été prégnante : républicain espagnol, il s’est battu pendant la guerre civile, puis a traversé à pied toute l’Espagne pour fuir le franquisme et gagner la France, a été interné de longs mois dans le camp d’Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales) avant de remonter, toujours à pied, vers la Normandie et d’y trouver du travail, en 1940, comme commis agricole puisque les hommes français étaient partis à la guerre. Il n’a jamais revu ses parents vivants et n’était que douleur. Je le revois au bout de la table, baragouinant le français et s’emportant parce que personne ne le comprenait. Ni ma grand-mère, ancienne bonne à tout faire, placée à 14 ans ; ni ses six enfants à qui il avait interdit d’apprendre l’espagnol. En aucune façon ils ne devaient avoir des réflexes d’immigrés dans leur pays de naissance, même si on les qualifiait d’« espingouins » à l’école.

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#personnelsoignant#mobilitesociale#medecin

  • Vaccin anti-Covid : la « success story » du couple fondateur du laboratoire allemand BioNTech
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/11/15/vaccin-anti-covid-la-success-story-du-couple-fondateur-du-laboratoire-allema

    « De fils de travailleurs étrangers à sauveurs du monde », a titré le Rheinische Post. « Des enfants d’immigrés devenus multimilliardaires », a écrit de son côté le Tagesspiegel. Depuis le début de la semaine, tous les journaux allemands racontent la même success story. Lui, d’abord, né en 1965 à Iskenderun, sur la côte méditerranéenne de la Turquie, arrivé en Allemagne à l’âge de 4 ans avec son père, ouvrier chez Ford à Cologne. Elle, ensuite, de deux ans sa cadette, fille d’un chirurgien né à Istanbul et ayant immigré lui aussi en Allemagne, dans la petite ville de Lastrup, en Basse-Saxe.
    Mariés depuis 2002, parents d’une fille née quatre ans plus tard, les deux jeunes médecins, passionnés d’immunothérapie, ont fondé une première entreprise de biotechnologie en 2001, baptisée Ganymed, qu’ils revendront en 2016. Entre-temps, leur seconde société, BioNTech, verra le jour en 2008. Elle compte aujourd’hui 1 500 salariés. Leurs patrons sont aujourd’hui classés parmi les 100 personnes les plus riches d’Allemagne.
    Après vingt années à travailler sur le cancer, Ugur Sahin, Ozlem Türeci et leurs équipes n’imaginaient évidemment pas que leur nouveau projet de recherche, lancé en janvier en vue de développer un vaccin contre le nouveau coronavirus et baptisé du nom de code « Vitesse de la lumière », porterait aussi bien son nom, au vu des résultats extrêmement prometteurs annoncés, lundi, au cours de la troisième phase d’essai clinique de ce vaccin basé sur la technologie nouvelle de l’ARN messager.
    Salués, d’un côté, comme des « immigrés modèles », visages d’une intégration exemplaire, Ugur Sahin et Ozlem Türeci font également l’objet, depuis le début de la semaine, de vives attaques de certains réseaux d’extrême droite, qui trouvent en eux des cibles idéales leur permettant de lier discours xénophobes et critique radicale des laboratoires pharmaceutiques dans une rhétorique qui flirte volontiers avec le complotisme. A l’instar d’Attila Hildmann, militant végan devenu l’un des leaders du mouvement antimasque en Allemagne, qui a accusé les deux fondateurs de BioNTech d’être à la manœuvre pour « mettre à bas toute la civilisation »…Confiant dans l’efficacité de son vaccin, convaincu qu’il pourra « terrasser le virus » et contribuer à mettre fin à l’épidémie de Covid-19, Ugur Sahin ne semble pas prêt, en tout cas, à jouer les porte-parole de qui que ce soit ni à se laisser enfermer dans un rôle que d’autres voudraient lui assigner, ainsi qu’il s’en est confié au Guardian, jeudi 12 novembre : « Je ne suis pas sûr d’avoir envie de cela. Je pense que nous avons besoin avant tout d’une vision globale qui donne à chacun sa chance. L’intelligence est partagée à égalité entre tous les groupes ethniques, c’est ce que montrent toutes les études. Le hasard a fait que j’ai des origines étrangères. Mais je pourrais tout autant être allemand qu’espagnol. »

    #Covid-19#migrant#migration#allemagne#turquie#sante#immigration#recherche#economie#mobilitesociale

  • Numéro spécial de la #revue Society and Space autour des #hotspots
    "Governing Hotspots"

    Articles in this issue:

    Governing mobility in times of crisis: Practicing the border and embodying resistance in and beyond the hotspot infrastructure

    Five years into its implementation, those arriving and caught up in the hotspot system are still being warehoused where they are not wanted, pushed back to where they came from and constantly moved around at will. With the introduction of fast track asylum procedures and geographical movement restrictions on the islands, hotspots have become spaces where exceptional rules apply and where mobility is explicitly targeted.

    By Antonis Vradis, Evie Papada, Anna Papoutsi, Joe Painter

    #mobilité #frontière #résistance #îles

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    Hotspots and the geographies of humanitarianism

    This article focuses on the humanitarian geographies of the hotspots. It argues that hotspots are humanitarian in both idea and practice by raising two fundamental questions that form the basis for the article: what is humanitarianism, and who is it for?

    By Polly Pallister-Wilkins

    #humanitarisme

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    Containment beyond detention: The hotspot system and disrupted migration movements across Europe

    This article deals with the ways in which migrants are controlled, contained and selected after landing in Italy and in Greece, drawing attention to strategies of containment aimed at disciplining mobility and showing how they are not narrowed to detention infrastructures.

    By Martina Tazzioli, Glenda Garelli

    #Italie #containment #détention

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    Pop-up governance: Transforming the management of migrant populations through humanitarian and security practices in #Lesbos, Greece, 2015–2017

    This paper intervenes in recent debates on humanitarianism and security in migration by introducing the notion of ‘pop-up governance’. It reflects on our two year-long fieldwork on Lesbos, Greece at the peak of Europe’s migrant reception crisis (2015–2017).

    By Evie Papada, Anna Papoutsi, Joe Painter, Antonis Vradis

    #sécurité

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    Hotspot geopolitics versus geosocial solidarity: Contending constructions of safe space for migrants in Europe

    This article examines how contending constructions of safe space for migrants reflect the geopoliticization of humanitarianism and its geosocial discontents. It documents the ways in which Hotspots have made migrants unsafe, even as they have been simultaneously justified in humanitarian terms as making both Europe and refugees safer.

    By Katharyne Mitchell, Matthew Sparke

    #solidarité #safe_space

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    Hotspots of resistance in a bordered reality

    Drawing on ethnographic research and discourse analysis, conducted in Lesvos, Samos, and Athens (from March to September 2016), we examine how resistance to a bordered reality took place, as islands in the north Aegean, as well as Greek and European territories, were being remapped according to the logic of the hotspot.

    By Aila Spathopoulou, Anna Carastathis

    #Samos #Athènes

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    To oblivion and beyond: Imagining infrastructure after collapse

    Following Lauren Berlant and Dominic Boyer, we take the current moment as an opportunity to reconsider infrastructure and to work toward a perspective that would see it as a resource from which to construct more creative and equitable futures.

    By Daniel Carter, Amelia Acker

    https://www.societyandspace.org/journal-issues/volume-38-issue-6

  • L’#Afrique est devenue le #dépotoir des véhicules dont l’Europe et le Japon ne veulent plus
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/10/26/l-afrique-est-devenue-le-depotoir-des-vehicules-dont-l-europe-et-le-japon-ne

    Quel passager d’un taxi de Dakar ou de Cotonou n’a pas suffoqué dans une Mercedes ou une Peugeot sans âge ? Les #voitures d’occasion que l’#Europe ou le #Japon déversent dans les pays africains sont à l’origine d’une #pollution massive dans les villes du continent.

    Périmés au regard des standards environnementaux ou de sécurité en vigueur dans les pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique), ces véhicules trouvent un dernier débouché dans les pays les plus pauvres, où seule une minorité de privilégiés peut accéder à la voiture neuve et où la réglementation des importations est peu exigeante sinon inexistante.

    • Autos für die Ewigkeit - Mercedes-Veteranen auf den Straßen der Welt
      https://www.youtube.com/watch?v=cONs04L5Yp4

      En Allemagen les Mercedss modèle /8 qui ont 40 ans ou plus sur le dos sont plus chères que bien des voitures neuves. En plus il est vrai que ces modèles se conduisent plus aisément que les voitures récentes qu’on doit équiper de caméras afin de permettre aux chauffeurs de voir ce qui se passe à l’arrière.

      Espérons que l’Afrique entrera plus facilement dans l’ère post-automobile que l’Europe. Malheureusement ce n’est une affaire gagnée tant que le mode de vie européen et étatsunien constituera une partie essentielle de l’utopie africaine.

      Ce film dont on soupconne les origines dans le département de marketing de l’entreprise de Stuttgart décrit la fascination et l’utilité pratique qui marquent l’image des Mercedes en Afrique - ce sont des voitures construites pour durer éternellement.

      #colonialisme

    • À l’inverse, ces modèles présentent un immense avantage. Jusqu’à ce qu’entre 1995 et 2001 la généralisation de l’électronique embarquée complique l’utilisation, jusqu’à ces voitures qui ne peuvent démarrer si tel ou tel point cloche (remorquage), et les réparation (faut du capital fixe : des boitiers de diagnostic à plusieurs dizaines de milliers d’euros) Ils préservaient une capacité d’action sur le véhicule qui ne se bornait pas à la conduite : réparer, quitte à forger des pièces. C’est bien plus économique. Y compris sur et à destination du marché européen, des véhicules de plus de 20 ans sont surcotés pour cette raison (ici beaucoup, de d’achats de caisses en Allemagne dont les contrôles techniques et le taux de renouvellement sont mahousses).
      D’autant que certaines des Mercedes en question faisaient fi de l’obsolescence programmée (600 000 bornes), comme des 4L Renault dans une une moindre mesure (moteur essence). Aujourd’hui pour trouver une telle durabilité, on peut cavaler, même avec des des dizaines de milliers d’euros.
      L’article semble typique de Le Monde : pourquoi ils achètent pas des hybrides ces pauvres ? On leur vendrait des centrales nucléaires ou des champs d’éoliennes ? Et la pollution induite par ce type de véhicule sera évoquée ... plus tard.

  • Covid lockdowns are cost of self-isolation failures, says WHO expert | World news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/world/2020/nov/02/covid-lockdowns-are-cost-of-self-isolation-failures-says-who-expert
    https://i.guim.co.uk/img/media/3dd871d125165d8dde428a96b15cfa9550c4c8fd/388_207_2178_1307/master/2178.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    Lockdowns affecting entire populations is a price countries pay for failing to ensure people with coronavirus and their contacts self-isolate, according to an expert from the World Health Organization. The WHO does not recommend that countries enter lockdowns. It has consistently said that the key to controlling epidemics, whether Covid-19, Sars or flu, is to test people, trace their contacts and ensure all those who are positive or who have been close to those infected are quarantined.While countries like the UK have been massively increasing the numbers of tests carried out, contact tracing has fallen short, and studies have shown that as few as 20% of people in England fully comply with self-isolation. For me, the big missing link in what’s going on in many European countries is management of isolation,” said Dr Margaret Harris of the WHO. “That’s not just isolation of people who are sick – it’s isolation of people who have contacts and are first-degree contacts.
    “They don’t think they have Covid, because they feel fine, and even if they are told they should stay home, they don’t feel a strong social obligation or they do not necessarily have that reinforced as happens in some countries.
    “So for instance, in a place like Hong Kong, you would be called every day, or the police come to your house,” she said. Across Asia, there is a mixture of economies that have managed the virus well – not just those that may be non-liberal, non-democratic command economies, she added. “Taiwan, for instance, probably has the best management. They are definitely a highly liberal society.”
    A lockdown which effectively isolates everyone does work, Harris said, “but it also causes massive dislocation, massive disruption. And unless you’ve worked out how you can possibly put that pause button on and maintain your economic and social lives, the price you pay is very, very high.” The WHO doesn’t say don’t do it, she said. “We just say, if you’re doing it, you’re paying a very high price, so therefore get some return for what you pay.”
    That means getting test and trace to work efficiently “and you could think very hard about how to make self-isolation doable” she said.“You’ve got to do it at grassroots level, because it’s very different, say, in London from somewhere rural, it’s different in housing estates, you may have people living on the streets, you may have people living in institutions. So, you have to really know your society, and know how you’re going to make it possible for them to self-isolate

    #Covid-19#migrant#migration#sante#confinement#immobilite#mobilite#oms

  • Les migrants sont des acteurs essentiels de la reprise du développement mondial post COVID-19 | PNUD
    https://www.undp.org/content/undp/fr/home/news-centre/news/2020/Migrants_essential_to_recovery_of_global_development_post_COVID19.html

    La mobilité humaine mondiale s’est interrompue avec l’impact global de la COVID-19, affectant gravement les personnes en déplacement. Alors que les frontières rouvrent tout doucement, un nouveau rapport du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) illustre comment les gouvernements pourraient façonner la migration pour bénéficier au développement et booster le relèvement.
    Le rapport, Mobilité humaine, des opportunités mutuelles : Revue du rapport de 2009 sur le développement humain et feuille de route, examine de façon rétrospective les dix dernières années et évalue la manière dont les futures réponses politiques peuvent faciliter une migration sure, ordonnée et régulière.
    Le rapport recommande d’élargir les voies légales, de réduire les coûts de transaction sur les envois de fonds, de garantir les droits des migrants, en particulier des femmes, de favoriser l’intégration et la cohésion sociale et de mobiliser les diasporas. Considérant que la migration forcée a doublé au cours des dix dernières années, pour atteindre 79 millions de personnes, il sera essentiel pour le développement de s’attaquer aux causes de ce phénomène.
    « La pandémie et l’interruption des déplacements sont une occasion de refaçonner la mobilité humaine et de mieux appréhender l’avenir. Promouvoir les avantages, réduire les coûts et faire de la migration un choix nous préparera aujourd’hui à affronter les autres défis de demain, tels que le changement climatique, l’accroissement des inégalités et la transformation numérique du travail », a déclaré Achim Steiner, Administrateur du PNUD.
    Les personnes en situation de déplacement sont extrêmement vulnérables aux impacts sanitaires, économiques et sociaux du Coronavirus. Avec leurs importantes contributions à l’économie et au travail, les migrants sont aussi essentiels au relèvement. « Personne n’est en sécurité si tout le monde n’est pas en sécurité » implique une réponse inclusive, comprenant les migrants.
    « La crise écnomique mondiale de 2008 fut suivie de dix ans de débats très politisés, de certains progrès et de nombreuses occasions manquées pour la mobilité humaine. Nous devons maintenant redoubler d’efforts et nous centrer sur les progrès des dix prochaines années si nous voulons atteindre les Objectifs de développement durable », a conclu Achim Steiner.

    #Covid-19#migrant#migration#sante#economie#pandemie#postcovid19#mobilite#monde#odd

  • Rapid Covid-19 test on trial at Hong Kong airport may miss some infections, University of Oxford professor admits | South China Morning Post
    https://www.scmp.com/news/hong-kong/health-environment/article/3107873/rapid-covid-19-test-trial-hong-kong-airport-may

    A rapid Covid-19 test returning results within 30 minutes and currently on trial at Hong Kong International Airport could miss some infections with very low viral levels, one of its developers has admitted.The University of Oxford designers of the test say it can correctly identify more than 90 per cent of positive cases, but medical experts warn more trial data is needed to determine its sensitivity rate.Called the Oxsed RaViD Direct, the screening method draws on established analysis technology called RT-LAMP and is developed by the British university’s spin-off company Oxsed, which Hong Kong start-up Prenetics has acquired.

    #Covid-19#migrant#migration#hongkong#test#aeroport#sante#mobilite

  • La pandémie de Covid-19 accélère la mondialisation des services
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/10/26/la-pandemie-de-covid-19-accelere-la-mondialisation-des-services_6057341_3234

    « Un boom des délocalisations pourrait bien advenir dans les activités de service, affirme El Mouhoub Mouhoud, professeur d’économie à l’université Paris-Dauphine, y compris pour des tâches élaborées. » Les confinements liés à la pandémie de Covid-19 ont accéléré l’adoption et l’usage des technologies numériques dans de nombreux secteurs d’activité. En France, le nombre de téléconsultations de médecine a été multiplié par plus de 100 entre février et avril 2020. A l’université, les étudiants suivent désormais les cours depuis l’étranger, en visioconférence. « La distance n’est plus un obstacle à la fourniture d’un service », observe M. Mouhoud. A cela s’ajoute un mouvement de sous-traitance commencé il y a plusieurs décennies. « Les services comme la comptabilité, le marketing ont été progressivement externalisés, notamment par les entreprises manufacturières, explique Isabelle Méjean, professeur à l’Ecole polytechnique. Or les services externalisés peuvent être plus facilement délocalisés. »Le numérique est aux services ce que le container fut au transport de marchandises : il décuple le volume des échanges. Dans une étude publiée fin septembre, Western Union prévoit que la valeur du commerce international des services augmentera d’environ un tiers d’ici à 2025. Les plus fortes hausses seront enregistrées dans les secteurs des services aux entreprises (+ 37 %), des technologies de l’information (+ 35 %) et de la finance (+ 32 %). En décembre 2019, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) voyait déjà dans les services le « nouveau moteur de la mondialisation ». La valeur des échanges dans ce secteur a augmenté plus rapidement que celle des biens, à un rythme annuel de 5,4 % entre 2005 et 2017. Les services, qui ne pesaient que 9 % du commerce mondial en 1970, représentent désormais 20 %. Contrairement aux marchandises, les services échappent aux droits de douane et aux coûts de transport dans un monde où les tensions protectionnistes sont réapparues.Externalisés et numérisés, les services sont plus facilement échangeables, donc délocalisables. La généralisation du télétravail pendant le confinement pourrait accélérer ce mouvement de délocalisation. Une tâche qui s’effectue à distance peut avoir lieu n’importe où : chez soi comme à l’étranger. Dans son livre intitulé The Globotics Upheaval : Globalization, Robotics and the Future of Work, publié en 2019 (Oxford University Press, non traduit), l’économiste Richard Baldwin prédit même l’émergence d’une nouvelle forme de mondialisation, où des télé-migrants à bas coût remplaceraient les cols blancs qualifiés des pays riches. M. Mouhoud préfère, lui, parler de tâches plutôt que d’emplois : « Les tâches d’exécution, de routine, sont à moins forte valeur ajoutée, et donc plus facilement sous-traitées ailleurs, contrairement aux tâches qui nécessitent de l’interaction. »Selon l’OCDE, 40 % des emplois dans l’industrie sont des emplois de service. Entre 2000 et 2015, la part de ces emplois susceptibles d’être délocalisés est passée de 8 % à 18 %. Si cette mondialisation accentue le risque de suppressions d’emplois, elle élargit aussi les débouchés des pays développés. D’après l’étude de Western Union, la hausse du commerce des services devrait, en effet, bénéficier principalement aux pays développés, parmi lesquels les Etats-Unis, la France, Singapour, l’Allemagne ou encore l’Australie. Dans l’Hexagone, les services en entreprise représentent désormais 20 % de la valeur ajoutée du pays, contre seulement 5 % en 1995. Pour les pays en développement qui n’ont pas bénéficié, comme l’Afrique, des précédentes vagues de mondialisation, le commerce de services représente une chance d’intégration aux chaînes de valeur mondiales. Les entreprises de service offrent plusieurs avantages par rapport aux industries manufacturières : elles réclament généralement moins d’investissements, font travailler davantage de femmes et sont opérationnelles plus rapidement. Encore faut-il que ces pays possèdent une main-d’œuvre qualifiée et une infrastructure numérique. Or la moitié de la population mondiale n’a pas accès à Internet, et seul un habitant sur cinq y a accès dans les pays à bas revenu.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Délocalisations : des centaines d’emplois menacés partout en France
    Selon les chiffres de l’OMC, la part des pays en développement dans les exportations mondiales de services est passée de 25 % en 2005 à 34,4 % en 2017. Mais cette progression masque une grande hétérogénéité. Les pays à bas revenu ne totalisent que 0,3 % des exportations, alors que cinq pays émergents, tous situés en Asie, en concentrent la moitié. Les services qu’ils exportent, à faible valeur ajoutée, sont les plus susceptibles d’être remplacés par des machines. L’entreprise [24]7.ai, spécialisée dans la gestion de centres d’appels, avec plusieurs milliers d’employés travaillant pour la plupart en Inde et aux Philippines, a désormais recours à l’intelligence artificielle pour les remplacer. « La prochaine frontière de la mondialisation se trouve dans les services, estime Mme Méjean. C’est le secteur le plus protégé, avec de nombreuses barrières non tarifaires, les marges de progression sont donc les plus importantes.

    #Covid-19#migrant#migration#mondialisation#sante#economie#delocalisation#mobilite#immobilite

  • Ce que nous dit la COVID-19 des injustices spatiales en Inde

    L’épidémie de COVID-19 en Inde a des effets paradoxaux. En termes épidémiologiques, ils sont limités, du moins à l’heure où est écrit cet article : officiellement 21 129 morts au 9 juillet 2020, pour une population approchant 1,4 milliard d’habitants. Même si le chiffre sous-estime sans nul doute la réalité, il reste que l’épidémie a un faible taux de mortalité directe. En revanche, les effets socio-économiques de la COVID-19 sont dramatiques : catastrophe économique pour des populations pauvres sans sécurité sociale ni d’aides de l’État dignes de ce nom, migrants tentant désespérément de revenir chez eux en s’embarquant pour un exode à pied de parfois plusieurs centaines de kilomètres, qui rappelle aux Indiens les images en noir et blanc des sanglantes migrations dues à la Partition de 1947 lors de la création du pays… La COVID-19, ou plus exactement le confinement, met en lumière les #inégalités_sociales et spatiales de l’Inde – des #inégalités qu’on peut souvent, nous le verrons, qualifier d’#injustices. La maladie a brutalement rendu visibles ces « invisibles », en révélant l’importance de ces #migrations_circulatoires (Breman, 1985) qui sont à la base de « l’émergence » de l’Inde (Landy, Varrel, 2015). Ce que nous dit la COVID-19, ce sont les vies de tous ces #travailleurs de l’ombre qui soudain sont apparus en pleine lumière, soit comme des victimes dont la fragilité économique était soudain découverte ou confirmée, soit comme une menace – puisqu’à cheminer le long des routes sans respecter la « distanciation sociale » ils risquaient de diffuser le virus. A priori, l’injustice à leur égard apparaît donc double : ils sont particulièrement victimes du confinement ; mais avant même la crise, leur #invisibilité empêchait une vraie reconnaissance de leurs droits.


    http://www.jssj.org/article/ce-que-nous-dit-la-covid-19-des-injustices-spatiales-en-inde

    #Inde #confinement #covid-19 #coronavirus #migrations_internes #mobilité

    ping @reka

  • Restrictions de voyage en Europe à cause du Covid-19 : 16 pays de l’UE, dont la France, en zone rouge
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/10/15/covid-19-londres-interdit-les-reunions-privees-le-parlement-europeen-annule-

    Plus de la moitié des pays de l’UE, ainsi que le Royaume-Uni, sont classés en rouge dans une nouvelle carte européenne sur les restrictions de voyage publiée jeudi par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). Seuls trois pays de l’UE ou de l’Espace économique européen (Norvège, Finlande et Grèce) y sont majoritairement en vert, tandis que cinq pays (Italie, Chypre, Estonie, Lituanie et Lettonie) sont principalement en orange.Cinq pays (Allemagne, Autriche, Suède, Danemark et Islande) ne font toutefois pas l’objet de code couleur du fait d’un « manque de données sur les tests », pour une raison non précisée. L’ECDC n’a pas fait de commentaire dans l’immédiat sur cette absence.
    Selon la recommandation de l’ECDC, contrairement à ceux qui viennent d’une zone verte, les voyageurs en provenance d’une zone orange et rouge (ou grise) peuvent se voir imposer à l’arrivée des mesures restrictives. Au total, 16 pays de l’UE, dont la France, l’Espagne, ou la Pologne, ainsi que le Royaume-Uni apparaissent en rouge.

    #Covid-19#migrant#migration#sante#unioneuropeenne#grandebretagne#circulation#mesurerestrictve#mobilite#ECDC

  • #Athènes : un regard critique sur les #trottinettes_électriques

    Les trottinettes électriques ont fait récemment leur apparition à Athènes, accompagnées comme dans d’autres villes grecques d’un discours approbateur de la part des journalistes et des collectivités locales (Αθηναϊκό-Μακεδονικό Πρακτορείο Ειδήσεων/ Agence Nouvelles d’ Athènes-macédonienne , 2019 / Journal Η Εφημερίδα των Συντακτών, 2019 / TyposThes, 2019) sur l’intégration dans le cadre urbain de cette nouvelle offre de mobilité verte et alternative [1]. Les informations qui traitent ce sujet ne permettent pas de structurer un discours public sur la ville, mais aboutissent à une réception acritique du modernisme occidental couplée à une indifférence envers l’organisation de l’espace public en ville. Ceci est le résultat d’une aphonie publique toute particulière concernant l’urbanisme, à laquelle contribuent depuis des décennies les autorités comme les athéniens, qui ont trouvé refuge dans les avantages que les uns comme les autres tirent de l’appropriation à petite ou grande échelle de l’espace public. A travers ce texte, nous tentons d’exercer une critique envers ce nouveau moyen de transport, avec la défense de l’espace public et de son usage collectif comme visée ultime.

    https://www.athenssocialatlas.gr/fr/article/athenes-un-regard-critique-sur-les-trottinettes-electriques
    #mobilité #urbanisme #Hive #géographie_urbaine #urban_matter #Grèce

  • « Je devais partir à Singapour, et à la place, je suis des cours en ligne chez mes parents » : pour les étudiants, l’année noire des départs à l’étranger
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2020/10/12/je-devais-partir-a-singapour-et-a-la-place-je-suis-des-cours-en-ligne-chez-m

    Ils rêvaient de connaître les résidences universitaires des campus américains ou australiens, de résister à un hiver montréalais ou de vivre comme un étudiant japonais. Ils voulaient voyager, rencontrer des jeunes venus des quatre coins du monde ou apprendre une autre langue. A la place, ils prennent des cours en ligne depuis chez eux, parfois de retour chez leurs parents. Pour l’auberge espagnole, suivez le lien. En raison de la crise liée au Covid-19, de nombreux étudiants qui devaient partir en septembre à l’étranger ont dû renoncer à leur projet, en particulier ceux qui devaient se rendre dans un pays extraeuropéen. « Il y a trois raisons principales : les mesures restrictives associées à la crise sanitaire, l’absence de vols, et les décisions de certaines universités de ne plus recevoir d’étudiants en échange, notamment aux Etats-Unis, en Australie ou au Canada », observe Marc Desmet, vice-président de l’université de Tours, coordonnateur du réseau des vice-présidents, chargé des relations internationales. Il estime que, globalement, « la moitié » des départs d’étudiants français ont été annulés cette rentrée. Ceux qui ont tout de même fait leurs valises sont partis avant tout en Europe.
    Les étudiants étrangers sont également moins nombreux dans l’Hexagone. Selon les chiffres du ministère des affaires étrangères, au 7 octobre, le nombre de visas accordés pour des études en France (61 000) a chuté de 30 % par rapport à l’année dernière à la même période, avec des différences très importantes selon les pays : − 62 % pour la zone Amérique, − 50 % pour la Chine, − 64 % pour l’Inde, mais + 2 % pour les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Quant aux Européens, qui n’ont pas besoin de visa, ils sont également moins nombreux.

    #Covid-19#migrant#migration#france#ue#sante#education#mobilite#etudiant#frontiere#visa#retsrictionsanitaire#famille

  • #télétravail : le gouvernement, le patronat et les syndicats à la ramasse
    http://carfree.fr/index.php/2020/10/09/teletravail-le-gouvernement-le-patronat-et-les-syndicats-a-la-ramasse

    La crise sanitaire historique que l’on traverse depuis plusieurs mois a mis en évidence un fait nouveau en matière d’organisation du #travail, à savoir l’intérêt de nombreux salariés pour le Lire la suite...

    #Argumentaires #Fin_de_l'automobile #Ressources #Transports_publics #cogestion #covid-19 #économie #mobilité #politique #santé #société #transports_en_commun

  • A l’horizon des migrations

    Bienvenue dans cette nouvelle édition de "Nos géographies". Dès demain, vendredi 2 octobre, et jusqu’à dimanche, la géographie tient son Festival international à Saint-Dié-des-Vosges. France Culture en parle avec nos deux invités, #François_Gemenne et #Lucie_Bacon, qui discuteront migrations.

    Une édition certes un peu différente des précédentes éditions, sans doute dans sa forme, mais tout aussi riche et variée autour d’un thème fort, les climats. Nous vous avons proposé la semaine dernière, les regards croisés de géographes sur l’épidémie de Covid-19, tels qu’ils ont été rassemblés et seront présentés dans ces journées. Ce soir, nous partons à l’horizon des migrations. Nos deux invités, François Gemenne et Lucie Bacon, par des voies différentes et à bonne distance des discours politiques si souvent réducteurs, explorent la diversité des parcours de migrants en prêtant attention à leur complexité. Pour l’un, à la transformation des frontières sous l’effet de la mondialisation et du changement climatique, pour l’autre, aux stratégies mises en place par les femmes et les hommes engagés sur une route semée d’obstacles, en rappelant aussi des vérités parfaitement vérifiables et pourtant obstinément inaudibles.

    Lucie Bacon, doctorante en géographie Laboratoire Migrinter (CNRS), Poitiers et Laboratoire Telemme, université Aix-Marseille. Elle achève une thèse : « La fabrique du parcours migratoire : la « route des Balkans » au prisme de la parole des migrants », un travail de terrain au plus près des intéressés.

    François Gemenne, spécialiste des questions de géopolitique de l’environnement, invité à Saint-Dié pour présenter son dernier livre au titre explicite : On a tous un ami noir. Pour en finir avec les polémiques stériles sur les migrations, (Fayard, 2020). Il a été directeur exécutif du programme de recherche interdisciplinaire « Politiques de la Terre » à Sciences Po (Médialab), et est par ailleurs chercheur qualifié du FNRS à l’Université de Liège (CEDEM).

    https://www.franceculture.fr/emissions/nos-geographies/a-lhorizon-des-migrations

    A partir de la minute 44’24 François Gemenne parle de #réfugiés_climatiques / #réfugiés_environnementaux

    #paradigme_de_l'immobilité #asile #migrations #réfugiés #frontières #im/mobilité #mobilité #idées_reçues #préjugés #frontières_ouvertes #fermeture_des_frontières #ouverture_des_frontières

    • On a tous un ami noir ; pour en finir avec les polémiques stériles sur les migrations

      Sans angélisme ni dogmatisme, ce livre apaisera le débat public sur le sujet de l’immigration, en l’éclairant de réflexions inédites : celles issues d’expériences étrangères, celles produites par la recherche et celles de l’auteur enfin, spécialiste de ces questions et lui-même étranger vivant en France depuis plus de douze ans. Pas une semaine ne s’écoule sans qu’éclate une nouvelle polémique sur les migrations : violences policières, voile dans l’espace public, discriminations, quotas, frontières... Les débats sur ces sujets sont devenus tendus, polarisés et passionnels, tandis que la parole raciste s’est libérée, relayée avec force par des activistes identitaires. Collectivement, on a accepté de penser les migrations à partir des questions posées par l’extrême-droite, en utilisant même son vocabulaire. Quant à nous, chercheurs, nous nous sommes souvent retrouvés réduits à devoir débusquer rumeurs et mensonges, qu’il s’agisse de dénoncer le mythe de l’appel d’air ou du grand remplacement. Nos sociétés resteront malades de ces questions tant qu’elles continueront à les envisager sous l’unique prisme des idéologies. C’est toute l’ambition de ce livre : montrer qu’il est possible de penser ces sujets de manière rationnelle et apaisée, en les éclairant de réflexions et de faits qui sont bien trop souvent absents des débats. En montrant, par exemple, que les passeurs sont les premiers bénéficiaires de la fermeture des frontières. Ou que la migration représente un investissement considérable pour ceux qui partent, alors qu’ils se retrouvent souvent décrits comme la « misère du monde ». Les questions d’identité collective doivent être des enjeux qui nous rassemblent, plutôt que des clivages qui nous opposent. À condition de reconnaître et d’affronter les problèmes structurels de racisme dans nos sociétés. Après tout, on a tous un ami noir.

      https://www.librairie-sciencespo.fr/livre/9782213712772-on-a-tous-un-ami-noir-pour-en-finir-avec-les-pole

      #livre #On_a_tous_un_ami_noir

    • Migrants : ouvrir les frontières, quelle idée ! Et pourtant...

      François Gemenne, enseignant et chercheur sur les politiques du climat et des migrations, vient de publier « On a tous un ami noir », chez Fayard. Un ouvrage en forme d’outil pour répondre aux idées trop vite convenues, dans le débat sur les migrations. Une manière depuis longtemps oubliée de penser cette épineuse question de société.

      https://www.lavoixdunord.fr/891788/article/2020-11-11/migrations-ouvrir-les-frontieres-quelle-idee

  • Doctors accused of terrorism flee Turkey by hundreds | Ahval

    Turkey has seen a total of 7,929 deaths due to COVID-19 since the coronavirus pandemic was first seen in the country in mid-March, while 702 doctors have petitioned certificates of good standing to be able to work abroad in 2020, Turkish Medical Association (TTB) Secretary General Bülent Nazım Yılmaz said in the top medical body’s annual congress on Saturday.

    #Covid-19#Turquie#Seconde_vague#Pandémie#Santé#medecins#mobilité#Exil_politique#migration

    https://ahval.me/turkey-coronavirus/doctors-accused-terrorism-flee-turkey-hundreds

  • The Frontier Within: The European Border Regime in the Balkans

    In the summer of 2015, the migratory route across the Balkans »entered into the European spotlight, and indeed onto the screen of the global public« (Kasparek 2016: 2), triggering different interpretations and responses. Contrary to the widespread framing of the mass movement of people seeking refuge in Europe as ›crisis‹ and ›emergency‹ of unseen proportions, we opt for the perspective of »the long Summer of Migration« (Kasparek/Speer 2015) and an interpretation that regards it as »a historic and monumental year of migration for Europe precisely because disobedient mass mobilities have disrupted the European regime of border control« (Stierl/Heller/de Genova 2016: 23). In reaction to the disobedient mass mobilities of people, a state-tolerated and even state-organized transit of people, a »formalized corridor« (Beznec/Speer/Stojić Mitrović 2016), was gradually established. To avoid the concentration of unwanted migrants on their territory, countries along the route—sometimes in consultation with their neighboring countries and EU member states, sometimes simply by creating facts—strived to regain control over the movements by channeling and isolating them by means of the corridor (see e.g. Hameršak/Pleše 2018; Speer 2017; Tošić 2017). »Migrants didn’t travel the route any more: they were hurriedly channeled along, no longer having the power to either determine their own movement or their own speed« (Kasparek 2016). The corridor, at the same time, facilitated and tamed the movement of people. In comparison to the situation in Serbia, where migrants were loosely directed to follow the path of the corridor (see e.g. Beznec/Speer/Stojić Mitrović 2016; Greenberg/Spasić 2017; Kasparek 2016: 6), migrants in other states like North Macedonia, Croatia, and Slovenia were literally in the corridor’s power, i.e. forced to follow the corridor (see Hameršak/Pleše 2018; Beznec/Speer/Stojić Mitrović 2016; Chudoska Blazhevska/Flores Juberías 2016: 231–232; Kogovšek Šalamon 2016: 44–47; Petrović 2018). The corridor was operative in different and constantly changing modalities until March 2016. Since then, migration through the Balkan region still takes place, with migrants struggling on a daily basis with the diverse means of tightened border controls that all states along the Balkan route have been practicing since.

    This movements issue wants to look back on these events in an attempt to analytically make sense of them and to reflect on the historical rupture of the months of 2015 and 2016. At the same time, it tries to analyze the ongoing developments of bordering policies and the struggles of migration. It assembles a broad range of articles reaching from analytical or research based papers shedding light on various regional settings and topics, such as the massive involvement of humanitarian actors or the role of camp infrastructures, to more activist-led articles reflecting on the different phases and settings of pro-migrant struggles and transnational solidarity practices. In an attempt to better understand the post-2015 border regime, the issue furthermore presents analyses of varying political technologies of bordering that evolved along the route in response to the mass mobilities of 2015/2016. It especially focuses on the excessive use of different dimensions of violence that seem to characterize the new modalities of the border regime, such as the omnipresent practice of push-backs. Moreover, the articles shed light on the ongoing struggles of transit mobility and (transnational) solidarity that are specifically shaped by the more than eventful history of the region molded both by centuries of violent interventions and a history of connectivity.

    Our transnational editorial group came together in the course of a summer school on the border regime in the Balkans held in Belgrade, Serbia, in 2018. It was organized by the Network for Critical Migration and Border Regime Studies (kritnet), University of Göttingen, Department of Cultural Anthropology/European Ethnology (Germany), the Research Centre of the Academy of Sciences and Arts (Slovenia), the Institute of Ethnology and Folklore Research (Croatia), and the Institute of Ethnography SASA (Serbia). The summer school assembled engaged academics from all over the region that were involved, in one form or another, in migration struggles along the route in recent years.1 The few days of exchange proved to be an exciting and fruitful gathering of critical migration and border regime scholars and activists from different regional and disciplinary backgrounds of the wider Balkans. Therefore, we decided to produce this movements issue by inviting scholars and activists from the region or with a deep knowledge on, and experience with, regional histories and politics in order to share their analyses of the Balkan route, the formalized corridor, and the developments thereafter. These developments have left a deep imprint on the societies and regional politics of migration, but they are very rarely taken into consideration and studied in the West as the centuries long entanglements that connect the Balkan with the rest of Europe.

    In this editorial, we will outline the transnational mobility practices in the Balkans in a historical perspective that includes the framework of EU-Balkan relations. With this exercise we try to historize the events of 2015 which are portrayed in many academic as well as public accounts as ›unexpected‹ and ›new‹. We also intend to write against the emergency and escalation narrative underlying most public discourses on the Balkans and migration routes today, which is often embedded in old cultural stereotypes about the region. We, furthermore, write against the emergency narrative because it erodes the agency of migration that has not only connected the region with the rest of the globe but is also constantly reinventing new paths for reaching better lives. Not only the history of mobilities, migrations, and flight connecting the region with the rest of Europe and the Middle East can be traced back into the past, but also the history of political interventions and attempts to control these migrations and mobilities by western European states. Especially the EU accession processes produce contexts that made it possible to gradually integrate the (Western) Balkan states into the rationale of EU migration management, thus, setting the ground for today’s border and migration regime. However, as we will show in the following sections, we also argue against simplified understandings of the EU border regime that regard its externalization policy as an imperial top-down act. Rather, with a postcolonial perspective that calls for decentering western knowledge, we will also shed light on the agency of the national governments of the region and their own national(ist) agendas.
    The Formalized Corridor

    As outlined above, the formalized corridor of 2015 reached from Greece to Northern and Central Europe, leading across the states established in the 1990s during the violent breakdown of the Socialist Federal Republic of Yugoslavia and, today, are additionally stratified vis-à-vis the EU. Slovenia and Croatia are EU member states, while the others are still in the accession process. The candidate states Serbia, North Macedonia and Montenegro have opened the negotiation process. Bosnia and Herzegovina and Kosovo—still not recognized as a sovereign state by Serbia and some EU member states—have the status of potential candidates. However, in 2015 and 2016, the states along the corridor efficiently collaborated for months on a daily basis, while, at the same time, fostering separate, sometimes conflicting, migration politics. Slovenia, for example, raised a razor-wire fence along the border to Croatia, while Croatia externalized its border to Serbia with a bilateral agreement (Protokol) in 2015 which stated that the »Croatian Party« may send a »train composition with its crew to the railway station in Šid [in Serbia], with a sufficient number of police officers of the Republic of Croatia as escort« (Article 3 Paragraph 2).

    Despite ruptures and disputes, states nevertheless organized transit in the form of corridor consisting of trains, buses, and masses of walking people that were guarded and directed by the police who forced people on the move to follow the corridor’s direction and speed. The way the movements were speedily channeled in some countries came at the cost of depriving people of their liberty and freedom of movement, which calls for an understanding of the corridor as a specific form of detention: a mobile detention, ineligible to national or EU legislation (see Hameršak/Pleše 2018; Kogovšek Šalamon 2016: 44–47). In the context of the corridor, camps became convergence points for the heterogeneous pathways of movements. Nevertheless, having in mind both the proclaimed humanitarian purpose of the corridor, and the monumental numbers of people to whom the corridor enabled and facilitated movement, the corridor can be designated as an unprecedented formation in recent EU history. In other words: »The corridor – with all its restrictions – remains a historical event initiated by the movement of people, which enabled thousands to reach central Europe in a relatively quick and safe manner. […] But at the same time it remained inscribed within a violent migration management system« (Santer/Wriedt 2017: 148).

    For some time, a broad consensus can be observed within migration and border studies and among policy makers that understands migration control as much more than simply protecting a concrete borderline. Instead, concepts such as migration management (Oelgemoller 2017; Geiger/Pécoud 2010) and border externalization (as specifically spelled out in the EU document Global Approach to Migration of 2005) have become increasingly important. In a spatial sense, what many of them have in common is, first, that they assume an involvement of neighboring states to govern migration in line with EU migration policies. Second, it is often stated that this leads to the creation of different zones encircling the European Union (Andreas/Snyder 2000). Maribel Casas-Cortes and Sebastian Cobarrubias, for instance, speak of four such zones: the first zone is »formed by EU member states, capable of fulfilling Schengen standards«, the second zone »consists of transit countries« (Casas-Cortes/Cobarrubias 2019), the third zone is characterized by countries such as Turkey, which are depicted by emigration as well as transit, and the fourth zone are countries of origin. While Casas-Cortes and Cobarrubias rightly criticize the static and eurocentric perspective of such conceptualizations, they nevertheless point to the unique nature of the formalized corridor because it crisscrossed the above mentioned zones of mobility control in an unprecedented way.

    Furthermore, the corridor through the Balkans can be conceived as a special type of transnational, internalized border. The internalized European borders manifest themselves to a great extent in a punctiform (see Rahola 2011: 96–97). They are not only activated in formal settings of border-crossings, police stations, or detention centers both at state borders and deep within state territories, but also in informal settings of hospitals, hostels, in the streets, or when someone’s legal status is taken as a basis for denying access to rights and services (i.e. to obtain medical aid, accommodation, ride) (Guild 2001; Stojić Mitrović/Meh 2015). With the Balkan corridor, this punctiform of movement control was, for a short period, fused into a linear one (Hameršak/Pleše 2018).

    The rules of the corridor and its pathways were established by formal and informal agreements between the police and other state authorities, and the corridor itself was facilitated by governmental, humanitarian, and other institutions and agencies. Cooperation between the countries along the route was fostered by representatives of EU institutions and EU member states. It would be too simple, though, to describe their involvement of the countries along the route as merely reactive, as an almost mechanical response to EU and broader global policies. Some countries, in particular Serbia, regarded the increasing numbers of migrants entering their territory during the year 2015 as a window of opportunity for showing their ›good face‹ to the European Union by adopting ›European values‹ and, by doing so, for enhancing their accession process to the European Union (Beznec/Speer/Stojić Mitrović 2016; Greenberg/Spasić 2017). As Tošić points out, »this image was very convenient for Serbian politicians in framing their country as ›truly European‹, since it was keeping its borders open unlike some EU states (such as Hungary)« (2017: 160). Other states along the corridor also played by their own rules from time to time: Croatia, for example, contrary to the Eurodac Regulation (Regulation EU No 603/2013), avoided sharing registration data on people in transit and, thus, hampered the Dublin system that is dependent on Eurodac registration. Irregular bureaucracies and nonrecording, as Katerina Rozakou (2017) calls such practices in her analysis of bordering practices in the Greek context, became a place of dispute, negotiations, and frustrations, but also a clear sign of the complex relationships and different responses to migration within the European Union migration management politics itself.

    Within EU-member states, however, the longer the corridor lasted, and the more people passed through it, the stronger the ›Hungarian position‹ became. Finally, Austria became the driving force behind a process of gradually closing the corridor, which began in November 2015 and was fully implemented in March 2016. In parallel, Angela Merkel and the European Commission preferred another strategy that cut access to the formalized corridor and that was achieved by adopting a treaty with Turkey known as the »EU-Turkey deal« signed on 18 March 2016 (see Speer 2017: 49–68; Weber 2017: 30–40).

    The humanitarian aspect for the people on the move who were supposed to reach a safe place through the corridor was the guiding principle of public discourses in most of the countries along the corridor. In Serbia, »Prime Minister Aleksandar Vučić officially welcomed refugees, spoke of tolerance, and compared the experience of refugees fleeing war-torn countries to those of refugees during the wars of Yugoslav Succession« (Greenberg/Spasić 2017: 315). Similar narratives could also be observed in other countries along the corridor, at least for some period of time (see, for Slovenia, Sardelić 2017: 11; for Croatia, Jakešević 2017: 184; Bužinkić 2018: 153–154). Of course, critical readings could easily detect the discriminatory, dehumanizing, securitarizing, and criminalizing acts, practices, tropes, and aspects in many of these superficially caring narratives. The profiling or selection of people, ad hoc detentions, and militarization—which were integral parts of the corridor—were, at the time, only denounced by a few NGOs and independent activists. They were mostly ignored, or only temporarily acknowledged, by the media and, consequently, by the general public.

    Before May 2015, ›irregular‹ migration was not framed by a discourse of ›crisis‹ in the countries along the route, rather, the discourse was led by a focus on ›separate incidents‹ or ›situations‹. The discursive framing of ›crisis‹ and ›emergency‹, accompanied by reports of UN agencies about ›unprecedented refugee flows in history‹, has been globally adopted both by policy makers and the wider public. »In the wake of the Summer of Migration, all involved states along the Balkan route were quick to stage the events as an ›emergency‹ (Calhoun 2004) and, in best humanitarian fashion, as a major humanitarian ›crisis‹, thus legitimizing a ›politics of exception‹« (Hess/Kasparek 2017: 66). Following the logic that extraordinary situations call for, and justify, the use of extraordinary measures, the emergency framework, through the construction of existential threats, resulted, on the one hand, in a loosely controlled allocation of resources, and, on the other hand, in silencing many critical interpretations, thus allowing various ›risk management activities‹ to happen on the edge of the law (Campesi 2014). For the states along the route, the crisis label especially meant a rapid infusion of money and other resources for establishing infrastructures for the urgent reception of people on the move, mainly deriving from EU funds. Politically and practically, these humanitarian-control activities also fastened the operational inclusion of non-EU countries into the European border regime.

    As Sabine Hess and Bernd Kasparek have pointed out, the politics of proclaiming a ›crisis‹ is at the heart of re-stabilizing the European border regime, »making it possible to systematically undermine and lever the standards of international and European law without serious challenges to date« (Hess/Kasparek 2017: 66). The authors:

    »have observed carefully designed policy elements, which can be labelled as anti-litigation devices. The design of the Hungarian transit zones is a striking case in point. They are an elementary part of the border fence towards Serbia and allow for the fiction that the border has not been closed for those seeking international protection, but rather that their admission numbers are merely limited due to administrative reasons: each of the two transit zones allows for 14 asylum seekers to enter Hungary every day« (Hess/Kasparek 2017: 66; on the administrative rationale in Slovenia see e.g. Gombač 2016: 79–81).

    The establishment of transit zones was accompanied by a series of legislative tightenings, passed under a proclaimed ›crisis situation caused by mass immigration‹, which, from a legal point of view, lasts until today. Two aspects are worth mentioning in particular: First, the mandatory deportation of all unwanted migrants that were detected on Hungarian territory to the other side of the fence, without any possibility to claim for asylum or even to lodge any appeal against the return. Second, the automatic rejection of all asylum applications as inadmissible, even of those who managed to enter the transit zones, because Serbia had been declared a safe third country (Nagy/Pál 2018). This led to a completely securitized border regime in Hungary, which might become a ›role model‹, not only for the countries in the region but also for the European border regime as a whole (ECtHR – Ilias and Ahmed v. Hungary Application No. 47287/15).
    The Long Genealogy of the Balkan Route and its Governance

    The history of the Balkan region is a multiply layered history of transborder mobilities, migration, and flight reaching back as far as the times of the Habsburg and Ottoman empires connecting the region with the East and Western Europe in many ways. Central transportation and communication infrastructures partially also used by today’s migratory projects had already been established at the heydays of Western imperialism, as the Orient Express, the luxury train service connecting Paris with Istanbul (1883), or the Berlin-Baghdad railway (built between 1903 and 1940) indicate. During World War II, a different and reversed refugee route existed, which brought European refugees not just to Turkey but even further to refugee camps in Syria, Egypt, and Palestine and was operated by the Middle East Relief and Refugee Administration (MERRA).

    The Yugoslav highway, the Highway of Brotherhood and Unity (Autoput bratstva i jedinstva) often simply referred to as the ›autoput‹ and built in phases after the 1950s, came to stretch over more than 1,000 km from the Austrian to the Greek borders and was one of the central infrastructures enabling transnational mobilities, life projects, and exile. In the 1960s, direct trains departing from Istanbul and Athens carried thousands of prospective labor migrants to foreign places in Germany and Austria in the context of the fordist labor migration regime of the two countries. At the end of that decade, Germany signed a labor recruitment agreement with Yugoslavia, fostering and formalizing decades long labor migrations from Croatia, Serbia, and other countries to Germany (Gatrell 2019, see e.g. Lukić Krstanović 2019: 54–55).

    The wars in the 1990s that accompanied the dissolution of the Socialist Federal Republic of Yugoslavia, and the consequent establishment of several new nation states, created the first large refugee movement after the Second World War within Europe and was followed by increasing numbers of people fleeing Albania after the fall of its self-isolationist regime and the (civil) wars in the Middle East, Iraq, Turkey, Iran, and Afghanistan since the mid-1990s. As the migratory route did not go north through the Balkan Peninsula, but mainly proceeded to Italy at the time, the label Balkan route was mostly used as a name for a drugs and arms smuggling route well known in the West. Although there was migration within and to Europe, the Balkan migratory route, with the exception of refugee movements from ex-Yugoslavia, was yet predominantly invisible to the broader European public.

    Sparse ethnographic insights from the beginning of the 2000s point this out. Academic papers on migrant crossings from Turkey to the island of Lesbos mention as follows: »When the transport service began in the late 1980s it was very small and personal; then, in the middle of the 1990s, the Kurds began to show up – and now people arrive from just about everywhere« (Tsianos/Hess/Karakayali 2009: 3; see Tsianos/Karakayali 2010: 379). A document of the Council of the European Union from 1997 formulates this as following:

    »This migration appears to be routed essentially either through Turkey, and hence through Greece and Italy, or via the ›Balkans route‹, with the final countries of destination being in particular Germany, the Netherlands and Sweden. Several suggestions were put forward for dealing with this worrying problem, including the strengthening of checks at external borders, the stepping up of the campaign against illegal immigration networks, and pre-frontier assistance and training assignments in airports and ports in certain transit third countries, in full cooperation with the authorities in those countries« (ibid. quoted in Hess/Kasparek 2020).

    During this time, the EU migration management policies defined two main objectives: to prevent similar arrivals in the future, and to initiate a system of control over migration movements toward the EU that would be established outside the territories of the EU member states. This would later be formalized, first in the 2002 EU Action Plan on Illegal Immigration (see Hayes/Vermeulen 2012: 13–14) and later re-confirmed in the Global Approach to Migration (2005) framework concerning the cooperation of the EU with third states (Hess/Kasparek 2020). In this process, the so-called migratory routes-approach and accompanying strategies of controlling, containing, and taming the movement »through epistemology of the route« (Hess/Kasparek 2020) became a main rationale of the European border control regime. Thus, one can resume that the route was not only produced by movements of people but also by the logic, legislation, investment etc. of EU migration governance. Consequently, the clandestine pathways across the Balkans to Central and Western Europe were frequently addressed by security bodies and services of the EU (see e.g. Frontex 2011; Frontex 2014), resulting in the conceptual and practical production of the Balkan as an external border zone of the EU.

    Parallel to the creation of ›Schengenland‹, the birth of the ›Area of Freedom, Security and Justice‹ inter alia as an inner-EU-free-mobility-zone and EU-based European border and migration regime in the late 1990s, the EU created the Western Balkans as an imaginary political entity, an object of its neighborhood and enlargement policy, which lies just outside the EU with a potential ›European future‹. For the purpose of the Stabilization and Association Process (SAP) initiated in 1999, the term Western Balkan was launched in the EU political context in order to include, at that moment, ›ex-Yugoslav states minus Slovenia plus Albania‹ and to presumably avoid potential politically sensitive notions. The Western Balkans as a concept represents a combination of a political compromise and colonial imagery (see Petrović 2012: 21–36). Its aim was to stabilize the region through a radical redefinition that would restrain from ethno-national toponyms and to establish a free-trade area and growing partnership with the EU. The SAP set out common political and economic goals for the Western Balkan as a region and conducted political and economic progress evaluations ›on a countries’ own merits‹. The Thessaloniki Summit in 2003 strengthened the main objectives of the SAP and formally took over elements of the accession process—institutional domains and regulations that were to be harmonized with those existing in the EU. Harmonization is a wide concept, and it basically means adopting institutional measures following specific demands of the EU. It is a highly hierarchized process in which states asked to ›harmonize‹ do not have a say in things but have to conform to the measures set forth by the EU. As such, the adoption of the EU migration and border regime became a central part of the ongoing EU-accession process that emerged as the main platform and governmental technology of the early externalization and integration of transit and source countries into the EU border regime. This was the context of early bilateral and multilateral cooperation on this topic (concerning involved states, see Lipovec Čebron 2003; Stojić Mitrović 2014; Župarić-Iljić 2013; Bojadžijev 2007).

    The decisive inclusion of the Western Balkan states in the EU design of border control happened at the Thessaloniki European Summit in 2003, where concrete provisions concerning border management, security, and combating illegal migration were set according to European standards. These provisions have not been directly displayed, but were concealed as part of the package of institutional transformations that respective states had to conduct. The states were promised to become members of the EU if the conditions were met. In order to fulfill this goal, prospective EU member states had to maintain good mutual relations, build statehoods based on ›the rule of law‹, and, after a positive evaluation by the EU, begin with the implementation of concrete legislative and institutional changes on their territories (Stojić Mitrović/Vilenica 2019). The control of unwanted movements toward the EU was a priority of the EU accession process of the Western Balkan states from the very beginning (Kacarska 2012). It started with controlling the movement of their own nationals (to allow the states to be removed from the so-called Black Schengen list) during the visa facilitation process. If they managed to control the movement of their own nationals, especially those who applied for asylum in the EU via biometric passports and readmission obligations (asylum seekers from these states comprise a large portion of asylum seekers in the EU even today), they were promised easier access to the EU as an economic area. Gradually, the focus of movement control shifted to third-country nationals. In effect, the Western Balkan states introduced migration-related legislative and institutional transformations corresponding to the ones already existing in the EU, yet persistent ›non-doing‹ (especially regarding enabling access to rights and services for migrants) remained a main practice of deterrence (Valenta/Zuparic-Iljic/Vidovic 2015; Stojić Mitrović 2019).

    From the very beginning, becoming an active part of the European border regime and implementing EU-centric migration policies, or, to put it simply, conducting control policies over the movements of people, has not been the goal of the states along the Balkan route per se but a means to obtain political and economic benefits from the EU. They are included into the EU border regime as operational partners without formal power to influence migration policies. These states do have a voice, though, not only by creating the image of being able to manage the ›European problem‹, and accordingly receive further access to EU funds, but also by influencing EU migration policy through disobedience and actively avoiding conformity to ›prescribed‹ measures. A striking example of creative state disobedience are the so-called 72-hour-papers, which are legal provisions set by the Serbian 2007 Law on Asylum, later also introduced as law in North Macedonia in June 2015: Their initial function was to give asylum seekers who declared their ›intention to seek asylum‹ to the police the possibility to legally proceed to one of the asylum reception centers located within Serbia, where, in a second step, their asylum requests were to be examined in line with the idea of implementing a functioning asylum system according to EU standards. However, in practice, these papers were used as short-term visas for transiting through North Macedonia and Serbia that were handed out to hundreds of thousands of migrants (Beznec/Speer/Stojić Mitrović 2016: 17–19, 36).

    Furthermore, the introduction of migration control practices is often a means for achieving other political and economic goals. In the accessing states, migration management is seen as services they provide for the EU. In addition, demands created by migration management goals open new possibilities for employment, which are essential to societies with high unemployment rates.

    Besides direct economic benefits, migration has been confirmed to be a politically potent instrument. States and their institutions were more firmly integrated into existing EU structures, especially those related to the prevention of unwanted migration, such as increased police cooperation and Frontex agreements. On a local level, political leaders have increasingly been using migration-related narratives in everyday political life in order to confront the state or other political competitors, often through the use of Ethno-nationalist and related discourses. In recent times, as citizens of the states along the Balkan route themselves migrate in search for jobs and less precarious lives, migration from third states has been discursively linked to the fear of foreigners permanently settling in places at the expense of natives.
    Contemporary Context

    According to a growing body of literature (e.g. Hess/Kasparek 2020; Lunaček Brumen/Meh 2016; Speer 2017), the Balkan route of the year 2015 and the first months of 2016 can be conceptualized in phases, beginning with a clandestine phase, evolving to an open route and formalized corridor and back to an invisible route again. It is necessary to point to the fact that these different phases were not merely the result of state or EU-led top-down approaches, but the consequence of a »dynamic process which resulted from the interplay of state practices, practices of mobility, activities of activists, volunteers, and NGOs, media coverage, etc. The same applies for its closure« (Beznec/Speer/Stojić Mitrović 2016: 6).

    The closure of the corridor and stricter border controls resulted in a large transformation of the Balkan route and mobility practices in the recent years, when push-backs from deep within the EU-territory to neighboring non-EU states, erratic movements across borders and territories of the (Western) Balkan states, or desperate journeys back to Greece and then back to the north became everyday realities. In the same period, the route proliferated into more branches, especially a new one via Bosnia and Herzegovina. This proliferation lead to a heightened circulation of practices, people, and knowledge along these paths: a mushrooming of so-called ›jungle camps‹ in Bosnia and Herzegovina, an escalation of border violence in Croatia, chain push-backs from Slovenia, significant EU financial investments into border control in Croatia and camp infrastructures in neighboring countries, the deployment of Frontex in Albania, etc. As the actual itineraries of people on the move multiplied, people started to reach previously indiscernible spots, resulting in blurring of the differences between entering and exiting borders. Circular transit with many loops, involving moving forward and backwards, became the dominant form of migration movements in the region. It transformed the Balkan route into a »Balkan Circuit« (Stojić Mitrović/Vilenica 2019: 540; see also Stojić Mitrović/Ahmetašević/Beznec/Kurnik 2020). The topography changed from a unidirectional line to a network of hubs, accommodation, and socializing spots. In this landscape, some movements still remain invisible—undetected by actors aiming to support, contain, and even prevent migration. »We have no information about persons who have money to pay for the whole package, transfer, accommodation, food, medical assistance when needed, we have no idea how many of them just went further«, a former MSF employee stressed, »we only see those who reach for aid, who are poor or injured and therefore cannot immediately continue their journey.« Some movements are intentionally invisibilized by support groups in order to avoid unwanted attention, and, consequently, repressive measures have also become a common development in border areas where people on the move are waiting for their chance to cross. However, it seems that circular transnational migration of human beings, resulting directly from the securitarian practices of the European border regime, have also become a usual form of mobility in the region.

    The Balkan route as a whole has been increasingly made invisible to spectators from the EU in the last years. There were no mass media coverage, except for reports on deplorable conditions in certain hubs, such as Belgrade barracks (Serbia), Vučjak camp (Bosnia and Herzegovina), or violent push-backs from Croatia that received global and EU-wide attention. However, this spectacularization was rarely directly attributed to the externalization of border control but rather more readily linked to an presumed inability of the Balkan states to manage migration, or to manage it without the blatant use of violence.

    As Marta Stojić Mitrović and Ana Vilenica (2019) point out, practices, discourses, knowledge, concepts, technologies, even particular narratives, organizations, and individual professionals are following the changed topography. This is evident both in the securitarian and in the humanitarian sector: Frontex is signing or initiating cooperation agreements with non-EU member Balkan states, border guards learn from each other how to prevent movements or how to use new equipment, obscure Orbanist legislative changes and institutionalized practices are becoming mainstream, regional coordinators of humanitarian organizations transplant the same ›best practices‹ how to work with migrants, how to organize their accommodation, what aid to bring and when, and how to ›deal‹ with the local communities in different nation-states, while the emergency framework travels from one space to another. Solidarity groups are networking, exchanging knowledge and practices but simultaneously face an increased criminalization of their activities. The public opinion in different nation states is shaped by the same dominant discourses on migration, far-right groups are building international cooperations and exploit the same narratives that frame migrants and migration as dangerous.
    About the Issue

    This issue of movements highlights the current situation of migration struggles along this fragmented, circular, and precarious route and examines the diverse attempts by the EU, transnational institutions, countries in the region, local and interregional structures, and multiple humanitarian actors to regain control over the movements of migration after the official closure of the humanitarian-securitarian corridor in 2016. It reflects on the highly dynamic and conflicting developments since 2015 and their historical entanglements, the ambiguities of humanitarian interventions and strategies of containment, migratory tactics of survival, local struggles, artistic interventions, regional and transnational activism, and recent initiatives to curb the extensive practices of border violence and push-backs. In doing so, the issue brings back the region on the European agenda and sheds light on the multiple historical disruptions, bordering practices, and connectivities that have been forming its presence.

    EU migration policy is reaffirming old and producing new material borders: from border fences to document checks—conducted both by state authorities and increasingly the general population, like taxi drivers or hostel owners—free movement is put in question for all, and unwanted movements of migrants are openly violently prevented. Violence and repression toward migrants are not only normalized but also further legalized through transformations of national legislation, while migrant solidarity initiatives and even unintentional facilitations of movement or stay (performed by carriers, accommodation providers, and ordinary citizens) are increasingly at risk of being criminalized.

    In line with this present state, only briefly tackled here, a number of contributions gathered in this issue challenge normative perceptions of the restrictive European border regime and engage in the critical analysis of its key mechanisms, symbolic pillars, and infrastructures by framing them as complex and depending on context. Furthermore, some of them strive to find creative ways to circumvent the dominance of linear or even verbal explication and indulge in narrative fragments, interviews, maps, and graphs. All contributions are focused and space- or even person-specific. They are based on extensive research, activist, volunteer or other involvement, and they are reflexive and critical towards predominant perspectives and views.

    Artist and activist Selma Banich, in her contribution entitled »Shining«, named after one of her artistic intervention performed in a Zagreb neighborhood, assembles notes and reflections on her ongoing series of site-specific interventions in Zagreb made of heat sheet (hallmarks of migrants’ rescue boats and the shores of Europe) and her personal notes in which she engages with her encounters with three persons on the move or, rather, on the run from the European border control regime. Her contribution, formulated as a series of fragments of two parallel lines, which on the surface seem loosely, but in fact deeply, connected, speaks of the power of ambivalence and of the complexities of struggles that take place everyday on the fringes of the EU. Andrea Contenta visualizes and analyzes camps that have been mushrooming in Serbia in the recent years with a series of maps and graphs. The author’s detailed analysis—based on a critical use of available, often conflicting, data—shows how Serbia has kept thousands of people outside of the western EU territory following a European strategy of containment. Contenta concludes his contribution with a clear call, stating: »It is not only a theoretical issue anymore; containment camps are all around us, and we cannot just continue to write about it.« Serbia, and Belgrade in particular, is of central importance for transmigration through the Balkans. On a micro-level, the maps of Paul Knopf, Miriam Neßler and Cosima Zita Seichter visualize the so-called Refugee District in Belgrade and shed light on the transformation of urban space by transit migration. On a macro-level, their contribution illustrates the importance of Serbia as a central hub for migrant mobility in the Balkans as well as for the externalization of the European border regime in the region. The collective efforts to support the struggle of the people on the move—by witnessing, documenting, and denouncing push-backs—are presented by the Push-Back Map Collective’s self-reflection. In their contribution to this issue, the Push-Back Map Collective ask themselves questions or start a dialogue among themselves in order to reflect and evaluate the Push-Back map (www.pushbackmap.org) they launched and maintain. They also investigate the potentials of political organizing that is based on making an invisible structure visible. The activist collective Info Kolpa from Ljubljana gives an account of push-backs conducted by the Slovenian police and describes initiatives to oppose what they deem as systemic violence of police against people on the move and violent attempts to close the borders. The text contributes to understanding the role of extralegal police practices in restoring the European border regime and highlights the ingenuity of collectives that oppose it. Patricia Artimova’s contribution entitled »A Volunteer’s Diary« could be described as a collage of diverse personal notes of the author and others in order to present the complexity of the Serbian and Bosnian context. The genre of diary notes allows the author to demonstrate the diachronic line presented in the volunteers’ personal engagements and in the gradual developments occurring in different sites and states along the route within a four-year period. She also traces the effects of her support for people on the move on her social relations at home. Emina Bužinkić focuses on the arrest, detention, and deportation of a non-EU national done by Croatia to show the implications of current securitization practices on the everyday lives and life projects of migrants and refugees. Based on different sources (oral histories, official documentation, personal history, etc.), her intervention calls for direct political action and affirms a new genre one could provisionally call ›a biography of a deportation‹. In her »Notes from the Field« Azra Hromadžić focuses on multiple encounters between the locals of Bihać, a city located in the northwestern corner of Bosnia and Herzegovina, and people on the move who stop there while trying to cross into Croatia and the EU. Some of the sections and vignettes of her field notes are written as entries describing a particular day, while others are more anthropological and analytical reflections. Her focus lies on the local people’s perspectives, the dynamics of their daily encounters with migrants and alleged contradictions, philigram distinctions, as well as experiences of refugeeness that create unique relationships between people and histories in Bihać. Karolína Augustová and Jack Sapoch, activists of the grassroots organization No Name Kitchen and members of the Border Violence Monitoring Network, offer a systematized account of violence towards people on the move with their research report. The condensed analysis of violent practices, places, victims, and perpetrators of the increasingly securitized EU border apparatus is based on interviews conducted with people on the move in border areas with Croatia, Šid (Serbia) and Velika Kladuša (BiH). They identify a whole range of violence that people on the move are facing, which often remains ignored or underestimated, and thus condoned, in local national settings as well as on the EU and global level. They conclude that border violence against people on the move cannot be interpreted as mere aggression emanating from individuals or groups of the police but is embedded in the states’ structures.

    We also gathered scientific papers discussing and analyzing different aspects of the corridor and the years thereafter. In their article, Andrej Kurnik and Barbara Beznec focus on assemblages of mobility, which are composed of practices of migrants and local agencies that strive to escape what the authors call ›the sovereign imperative‹. In their analysis of different events and practices since 2015, they demonstrate how migratory movements reveal the hidden subalternized local forms of escape and invigorate the dormant critique of coloniality in the geopolitical locations along the Balkan route. In their concluding remarks, the authors ask to confront the decades-long investments into repressive and exclusionary EU migration policies and point to the political potential of migration as an agent of decolonization. The authors stress that post-Yugoslav European borderland that has been a laboratory of Europeanization for the last thirty years, a site of a ›civilizing‹ mission that systematically diminishes forms of being in common based on diversity and alterity is placed under scrutiny again. Romana Pozniak explores the ethnography of aid work, giving special attention to dynamics between emotional and rational dimensions. Based primarily on interviews conducted with humanitarians employed during the mass refugee transit through the Balkan corridor, she analyzes, historizes, and contextualizes their experiences in terms of affective labor. The author defines affective labor as efforts invested in reflecting on morally, emotionally, and mentally unsettling affects. She deals with local employment measures and how they had an impact on employed workers. Pozniak discusses the figure of the compassionate aid professional by it in a specific historical context of the Balkan corridor and by including personal narrations about it. The article of Robert Rydzewski focuses on the situation in Serbia after the final closure of the formalized corridor in March 2016. Rydzewski argues that extensive and multidirectional migrant movements on the doorstep of the EU are an expression of hope to bring a ›stuckedness‹ to an end. In his analysis, he juxtaposes the representations of migrant movements as linear with migrant narratives and their persistent unilinear movement despite militarized external European Union borders, push-backs, and violence of border guards. Rydzewsky approaches the structural and institutional imposition of waiting with the following questions: What does interstate movement mean for migrants? Why do migrants reject state protection offered by government facilities in favor of traveling around the country? In her article, Céline Cantat focuses on the Serbian capital Belgrade and how ›solidarities in transit‹ or the heterogeneous community of actors supporting people on the move emerged and dissolved in the country in 2015/2016. She analyzes the gradual marginalization of migrant presence and migration solidarity in Belgrade as an outcome of imposing of an institutionalized, official, camp-based, and heavily regulated refugee aid field. This field regulates the access not only to camps per se, but also to fundings for activities by independent groups or civil sector organizations. Teodora Jovanović, by using something she calls ›autoethnography of participation‹, offers a meticulous case study of Miksalište, a distribution hub in Belgrade established in 2015, which she joined as a volunteer in 2016. The transformation of this single institution is examined by elaborating on the transformation within the political and social contexts in Serbia and its capital, Belgrade, regarding migration policies and humanitarian assistance. She identifies three, at times intertwined, modes of response to migration that have shaped the development of the Miksalište center in corresponding stages: voluntarism, professionalization, and re-statization. She connects the beginning and end of each stage of organizing work in Miksalište by investigating the actors, roles, activities, and manners in which these activities are conducted in relation to broader changes within migration management and funding.

    Finishing this editorial in the aftermath of brutal clashes at the borders of Turkey and Greece and in the wake of the global pandemic of COVID-19—isolated in our homes, some of us even under curfew—we experience an escalation and normalization of restrictions, not only of movement but also of almost every aspect of social and political life. We perceive a militarization, which pervades public spaces and discourses, the introduction of new and the reinforcement of old borders, in particular along the line of EU external borders, a heightened immobilization of people on the move, their intentional neglect in squats and ›jungles‹ or their forceful encampment in deplorable, often unsanitary, conditions, where they are faced with food reductions, violence of every kind, and harrowing isolation. At the same time, we witness an increase of anti-migrant narratives not only spreading across obscure social networks but also among high ranked officials. Nonetheless, we get glimpses of resistance and struggles happening every day inside and outside the camps. Videos of protests and photos of violence that manage to reach us from the strictly closed camps, together with testimonies and outcries, are fragments of migrant agency that exist despite overwhelming repression.

    https://movements-journal.org/issues/08.balkanroute
    #Balkans #route_des_Balkans #asile #migrations #réfugiés #revue #humanitarisme #espoir #attente #mobilité #Belgrade #Serbie #solidarité #Miksaliste #Bihac #Bosnie #Bosnie-Herzégovine #encampement #corridor #cartographie #visualisation

  • Les jeunes femmes sont les premières concernées par le retrait de l’État en milieu rural

    Les soudaines phases d’intérêt politique pour les jeunes ruraux aboutissent habituellement sur des mesures « volontaristes » qui prennent le cadre urbain comme référence et supposent de se projeter vers la ville pour vivre sa jeunesse et se réaliser.

    Ces injonctions unilatérales à la « mobilité » ou à « l’ouverture » pâtissent du manque de connaissances sur des groupes juvéniles que l’on a longtemps uniformisés sous l’image d’une société paysanne immuable.

    Les jeunesses urbaines, plus visibles, font alors office de point de comparaison avec les jeunesses rurales, selon un principe de définition par le manque. Par ce prisme, on tend à méconnaître les conditions d’existences et les visions du monde des jeunes ruraux, mais surtout on gomme les fractures qui existent au sein même de ce large groupe.
    La crainte de la « sale réputation »

    En son sein, on pourrait par exemple évoquer la double relégation, matérielle et symbolique, que subissent les jeunes chômeurs dans des milieux ruraux de forte interconnaissance où la « sale réputation » colle à la peau et au patronyme.

    Ici, nous allons nous évoquer les cas de jeunes femmes des classes populaires rurales, donc issues de familles ouvrières ou employées principalement (les classes populaires étant surreprésentées en milieu rural).

    Peu diplômées et peu dotées en capital économique, elles ont tendance à évoluer dans des sociabilités où ce sont avant tout les jeunes hommes qui peuvent occuper le devant de la scène et profiter des ressources liées à l’autochtonie.

    Dans nos enquêtes de terrain respectives, Les filles du coin et Ceux qui restent (2019) c’est notamment à travers les âges d’entrée sur les marchés professionnels et conjugaux que nous avons pu saisir ces rapports de genre.

    Dans leurs trajectoires individuelles, ou encore le fonctionnement des couples et des groupes d’amis, nous retrouvons les conséquences des inégalités à grande échelle entre femmes et hommes, en premier lieu celles qui structurent le marché de l’emploi rural dans les régions anciennement industrielles où l’on rencontre les jeunes les plus exposés à la précarité.
    Des offres d’emplois dans des secteurs dominés par les hommes

    À rebours de la tendance nationale, ces zones rurales qui ont tendance à se dépeupler concentrent les offres d’emploi dans des secteurs professionnels considérés comme masculins.

    Sur certains territoires, le chômage des jeunes femmes de moins de trente ans s’avère plus élevé que celui des jeunes hommes, et plus largement en milieu rural elles trouvent moins souvent un emploi à l’issue de leurs études que les jeunes hommes (59 % vs 54 %).

    Ce que l’on observe à l’échelle nationale en termes d’inégalités liées au genre sur le marché du travail se trouve dès lors exacerbé par ces effets de lieu.

    Tandis que les jeunes femmes rurales issues de milieux plus aisés partent massivement pour les études supérieures et s’installent en ville, celles qui restent, lorsqu’elles parviennent à avoir un travail proche de chez elles, sont souvent en contrat précaire, à temps partiel, avec des horaires fractionnés dans les secteurs de l’aide à la personne, les ménages, la petite enfance ou les postes d’ouvrières à l’usine, ou encore caissières dans le supermarché du coin.

    Entre autres choses, ces conditions d’emploi les exposent davantage aux contraintes de la route et des différents coûts liés aux déplacements (financiers, organisationnels…).

    De manière plus informelle, les jeunes femmes sont surtout assignées à des tâches moins ou non rémunérées, telles que l’aide et le soin aux personnes fragiles, le travail domestique (notamment les ménages) ou encore la garde des enfants.
    Des formes d’entraides féminines cruciales

    Cette répartition genrée du travail d’aide va de pair avec des formes d’entraides féminines importantes, mais elle participe aussi à distinguer les jeunes femmes entre elles : l’exclusion par la non-sollicitation des unes permettant aux autres d’espérer une place plus centrale dans les réseaux locaux de sociabilité et d’atteindre une relative stabilité économique. Comme le résument deux jeunes femmes :

    « Quand on pense jamais à toi quand y’a un poste quelque part, t’as compris que t’étais pas du bon côté »

    « Quand t’as pas de réseau, c’est pas possible »

    Aussi dans un contexte de rareté de l’emploi, trouver un travail par réseau d’interconnaissance peut aboutir sur des situations de domination inextricable.

    Quand « tout se sait » là où « tout le monde se connaît », « ne pas chercher les problèmes » et « ne pas causer de problèmes » à sa famille ou aux amis qui ont aidés sont les deux principes qui participent à l’indicibilité des violences qui, y compris en milieu professionnel, sont subies par les jeunes femmes.

    Par allers-retours, ces situations précaires des femmes sur le marché du travail déterminent (et sont déterminées par) leur place dans toutes les sphères de vie sociale, en particulier les sociabilités amicales qui sont primordiales en milieu rural, et bien sûr dans les relations amoureuses, conjugales.
    « Couper les ponts » et ne plus « faire n’importe quoi »

    Lors de la mise en couple et la (re)formation des groupes d’amis, les jeunes femmes tendent plus souvent à rejoindre leur conjoint dans un réseau qui était le sien depuis longtemps, généralement depuis l’enfance.

    Elles ont alors, disent-elles, dû « couper les ponts » avec leur « vie d’avant », alors que les jeunes hommes peuvent faire partie des mêmes clubs de loisirs et cercles amicaux, y compris après l’arrivée des enfants.

    Certaines justifient ce « choix de vie » par l’injonction à « se poser », ne plus « faire n’imp(orte quoi) » au moment de l’entrée dans l’âge adulte, afin de se consacrer plutôt à leur rôle conjugal et/ou maternel.

    Généralement plus doté en capital économique, car plus âgé, entré plus tôt en emploi et héritant plus souvent de biens familiaux, le conjoint aura eu aussi davantage de facilités à devenir propriétaire avant la mise en couple, avec l’aide notamment de ses amis pour l’aider à « retaper » une maison à moindre coût.

    Il pourra dans ce cas justifier aisément que sa compagne s’installe « chez lui ». Enfin, il aura toutes les chances d’appartenir à des groupes de loisirs liés à des activités masculines pérennes et valorisées, comme le football, la chasse, le motocross par exemples, qui viendront justifier, avec la proximité de la famille, d’installer le couple là où lui peut bénéficier de capital d’autochtonie, ici lié à son inscription dans les « bandes de potes » et dans la sociabilité professionnelle.

    Dans cette configuration conjugale inégalitaire, majoritairement rencontrée dans nos enquêtes, les sociabilités des couples « tournent autour » des hommes et de leur réseau, tandis que les jeunes femmes sont placées dans des rôles plus ou moins ingrats et isolés dont elles s’accommodent, ou non.

    Bien sûr, des solidarités et amitiés féminines peuvent se recomposer au fil du temps. Néanmoins, elles s’inscrivent rarement (cela varie là aussi selon que l’on se trouve ou non dans une zone rurale en déclin) au sein de collectifs encadrés par des institutions pérennes (de travail, de loisir). On comprend que les jeunes femmes soient attachées au fait de garder leur « meilleure amie » de longue date, alors que les jeunes hommes envisagent davantage la solidarité à l’échelle de toute leur « bande ».
    Mobilité et rapports de pouvoir

    Nos enquêtes ont forcément rencontré l’enjeu de la mobilité, puisque dès l’adolescence, dans des zones rurales appauvries où le maillage des transports en commun (cars, bus, trains régionaux) est faible, voire inexistant, les inégalités face aux possibilités de se déplacer sont grandes entre les jeunes : plus rares sont les jeunes femmes à avoir un deux-roues, d’abord parce que la route leur serait plus risquée (les jeunes hommes sont plus souvent socialisés à la conduite et à la mécanique, y compris des engins agricoles, mais aussi de la voiture familiale par leur père), ensuite en raison de leur milieu social, compte tenu des coûts afférents.

    Le pendant de cet investissement masculin dans les transports résulte dans les risques pris par les jeunes hommes. Cela constitue l’un des coûts d’adaptation à la masculinité conforme à ce milieu social, les jeunes hommes sont davantage exposés aux accidents de la route dont on sait qu’ils touchent tout particulièrement les jeunes de classes populaires rurales.

    Ensuite, il y a toutes les inégalités en matière de déplacements entre jeunes femmes elles-mêmes. D’un côté, celles qui partent vivre en ville pour leurs études vont être amenées à parcourir de grandes distances, à s’autonomiser par la voiture ou simplement rompre avec les sociabilités rurales et acquérir davantage de capital social, d’autant plus qu’elles proviennent des milieux plus dotés en capital économique et culturel. Quant à celles qui restent et qui n’ont pas le permis ou de voiture, elles tendent à dépendre de leur conjoint ou d’un proche pour se déplacer, d’autant plus si elles sont sans travail et plus jeunes que lui, dans un village ou bourg qu’elles n’habitent que depuis la mise en couple.

    La moindre intégration et l’assignation aux rôles genrés dans des collectifs familiaux et amicaux fait écho aux inégalités sur le marché du travail.

    Premières victimes du retrait de l’État, et tout particulièrement depuis le démantèlement engagé des services publics ruraux dans le secteur de la santé ou de l’éducation, les jeunes femmes ont tendance à occuper des emplois plus solitaires et précaires.

    https://theconversation.com/les-jeunes-femmes-sont-les-premieres-concernees-par-le-retrait-de-l

    #femmes #genre #retrait_de_l'Etat #campagne #rural #mobilité #rapports_de_pouvoir #réputation #sale_réputation #emploi #travail #entraide #entraide_féminine #mobilité #rapports_de_pouvoir

  • Sonia Lavadinho : « Pour que le vélo soit une pratique démocratique, il faut développer une autre philosophie du partage de l’espace »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/09/09/sonia-lavadinho-pour-que-le-velo-soit-une-pratique-democratique-il-faut-deve

    Anthropologue et géographe suisse, Sonia Lavadinho travaille depuis quinze ans sur les enjeux de mobilité durable, et notamment sur la façon dont l’aménagement des villes peut renforcer la place du corps en mouvement, favorisant ainsi une plus grande cohésion sociale et intergénérationnelle.
    Avec la crise due au Covid, on a vu augmenter la pratique du vélo et se multiplier les pistes cyclables. Comment analysez-vous cette évolution ?

    En période de crise sanitaire, le vélo ouvre des marges de manœuvre et de liberté à un moment où des limites s’imposent. C’est un mode « porte-à-porte » qui permet de maîtriser sa vitesse et son amplitude horaire, ce qui n’est pas le cas des modes collectifs, ni même de la voiture, régulée par des contraintes extérieures. On peut décider de partir quand on veut pour éviter la cohue, et de choisir sa route pour privilégier les trajets calmes. L’absence d’habitacle facilite les interactions et, dans le même temps, le fait d’être perché sur une selle, à l’air libre, met à bonne distance des autres de façon naturelle.

    Pour toutes ces raisons, le vélo est un formidable outil exploratoire de la ville par temps de Covid, à condition de ne pas le réserver à une catégorie de citoyens mais d’en faire un levier d’accès à la ville pour tous. Or ouvrir des pistes, lorsqu’elles sont étroites, encourage les 5 % de cyclistes hyperrapides – ceux qui font les trajets domicile-travail et les livraisons –, des publics en général assez lestes, plutôt jeunes, seuls et masculins. C’est mieux que rien mais cela ne suffit pas. Car la vitesse peut décourager les autres, cyclistes occasionnels, familles ou seniors, ou bien le différentiel de vitesses est susceptible de générer des conflits. On l’a vu lors de la grève à Paris, ou à certains moments de la crise sanitaire, lorsque les flux ont triplé tout à coup.

    #Vélo #Anthropologie

  • Guérir les coupures urbaines pour prendre soin des piétons
    https://www.enlargeyourparis.fr/societe/guerir-les-coupures-urbaines-pour-prendre-soin-des-pietons

    J’ai ensuite obtenu plusieurs contrats de recherche pour me pencher sur ce sujet. Dans mes travaux, je n’aborde pas la question de la marche et du vélo dans la ville par l’environnement sensible dans lequel piétons et cyclistes sont immergés, car cet aspect est déjà bien étudié par divers auteurs. Je recense plus prosaïquement les obstacles auxquels ils sont confrontés : les délais, détours et dénivelés (ce que j’appelle les 3 D). Concrètement, tous ces obstacles enferment le piéton dans son quartier, dans une « ville archipel ». En donnant la priorité à l’automobile, les aménageurs ont négligé le piéton, estimant qu’il n’a pas vraiment besoin de sortir de son quartier, ou alors en empruntant les transports en commun ou la voiture. Quant au cycliste, rester enfermé dans le quartier n’a aucun sens, car il est capable de franchir des distances bien plus grandes. Et je découvre ainsi la raison majeure du peu de pratique du vélo en banlieue : l’abondance des coupures urbaines.

    #territoire #mobilité