• Abolire il turismo, per vivere meglio
    https://lavialibera.it/it-schede-2798-assalto_citta_turismo_di_massa

    Siamo in pieno periodo di ferie, e chi ancora non ha deciso come impiegare il tempo libero dal lavoro (se un lavoro abbastanza remunerato ce l’ha) si affanna per pianificare all’insegna di relax e divertimento la manciata di giorni che gli è concessa, con l’intenzione di evadere dall’asfissiante routine di tutti i giorni. E se c’è chi torna nel solito villaggio con piscina e baby club, chi si riversa con voli low cost nelle grandi capitali e chi preferisce immergersi nella wilderness delle mete esotiche, altri, sempre più numerosi, spinti da quella che sembra una nuova sensibilità ecologica provano a fuggire dalla quotidianità in maniera sostenibile, sfruttando vecchi e nuovi cammini o le sempre più estese ciclabili che si ramificano in montagna e lungo le coste. foto_sx Ma (…)

    #CULTURAMA

  • Andy Burnham says Labour ‘didn’t get it right’ as he apologises for its stance on Gaza | Foreign policy
    Pippa Crerar Political editor | Thu 9 Jul 2026 17.10 BST | The Guardian
    https://www.theguardian.com/politics/2026/jul/09/andy-burnham-labour-didnt-get-it-right-stance-gaza-war

    Andy Burnham has apologised for Labour’s initial response to Israel’s military action in Gaza, saying the party “didn’t get it right” and needs to “do better” under his leadership, as he signalled a significant shift in the UK’s approach to the Middle East.
    The prime minister-in-waiting told the Guardian he would put more pressure on the Israeli government, including through further sanctions on individuals and entities, but also potentially by banning trade in goods with illegal settlements.
    As well as pushing for substantive change on the ground, Burnham’s intervention starts to address concerns among voters on Labour’s progressive flank, many of whom have abandoned the party over its position on Israel and Palestine.
    “I know many people feel that at the start of Israel’s military action in Gaza my party didn’t get it right and I am sorry about that. The response has too often not been good enough. We need to do better,” he said.
    “We’ve got to do more to put pressure on the Israeli government … Yes, we have taken some important steps … But let’s be honest, the UK was too slow to call for a ceasefire. And we must now do more to strengthen our approach.”
    However, he stopped short of describing what was happening on the ground in Gaza as a genocide – a key demand of some on the left – saying that while there was “increasing evidence” of war crimes, it was for the international courts to make that ruling.
    “I have been absolutely appalled by what I’ve seen and read about the destruction of Gaza. There’s increasing evidence that war crimes appear to have been committed,” he said. “There must be accountability for the depth of the suffering the people of Gaza have experienced. Ultimately, however, it must be for the international courts to determine, rather than politicians.” (...)

    • S’excuser ne suffit pas. Andy Burnham doit mettre fin à la complicité de la Grande-Bretagne dans le génocide
      Bien que le nouveau Premier ministre ait reconnu les échecs de Keir Starmer pendant le génocide de Gaza, il n’a pas encore démontré qu’il demanderait des comptes à Israël, écrit Dan Iley-Williamson.
      ​ 21 juillet 2026 Dan Iley-Williamson (responsable politique au sein de la Palestine Solidarity Campaign.)
      https://www.newarab.com/opinion/andy-burnham-admits-labour-failed-palestine-its-not-enough

      « Le Parti travailliste s’est trompé. » C’est ce qu’affirme le nouveau Premier ministre, Andy Burnham, à propos de la complicité de son parti dans le génocide perpétré par Israël à Gaza. Ses excuses et son engagement à « faire mieux » visent à marquer un nouveau départ, le début d’un nouveau chapitre, en prenant ses distances par rapport à l’héritage discrédité de Keir Starmer.
      Le corollaire de l’aveu de Burnham – à savoir que d’autres ont vu juste – n’est pas exprimé, mais n’en est pas moins vrai. Malgré la diabolisation et les calomnies, le mouvement de soutien à la Palestine est resté inébranlable dans son engagement en faveur de la libération du peuple palestinien, dénonçant la complicité du gouvernement britannique dans les atrocités commises par Israël.
      Dans les rues, sur les lieux de travail et les campus universitaires, dans les mairies et au Parlement, les militants pour la Palestine se sont organisés, ont sensibilisé l’opinion et se sont mobilisés contre les horreurs dont ils ont été témoins. La force de ce mouvement transparaît dans le fait que Burnham a ressenti le besoin de tirer un trait sur le mandat de Starmer. En réalité, Burnham pourrait même reconnaître que le départ de Starmer de Downing Street est en grande partie dû à la question palestinienne.
      Le mandat de Starmer a pris fin sous l’impulsion des députés travaillistes, ébranlés par les résultats catastrophiques des élections de mai et inquiets de la chute vertigineuse du parti dans les sondages. La question palestinienne a joué un rôle majeur dans ces deux événements. (...)

  • Tecnologie della #sorveglianza: dall’applicazione del nuovo Patto Europeo su Migrazione e Asilo ai guadagni israeliani
    https://radioblackout.org/podcast/tecnologie-della-sorveglianza-dallapplicazione-del-nuovo-patto-europe

    Sul Patto Europeo su Migrazione e Asilo si è già ampiamente discusso – segnaliamo tra gli altri la puntata “Sul patto migrazione e asilo 2026” – e approfondito le varie modifiche normative che impatteranno gravemente sulla vita delle persone, sprovviste di documenti europei o permessi di soggiorno, in viaggio. Ma tra le righe di questi accordi […]

    #Colonia #frontiere #Harraga #modello_israele #war_on_migrants
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/07/harraga19.06ULTIMO-3.mp3

  • Human Emacs
    https://human-emacs.org

    (...)

    Not Under Discussion

    We are not here to discuss whether #LLMs are effective at what they are claimed to be able to do; their effectiveness is not at all relevant to the question of whether their use can be part of a principled software movement dedicated to user #empowerment.

    We are not here to discuss “open weight” #models; these are still built on a foundation of companies destructively mining the web from #data_centers that wreck communities. Such models cannot exist without exploitation. When a model can be fully trained by end users using data that was collected with consent, then we can talk about that, but right now that is nothing but science fiction and speculation.

    We are not here to discuss how bad-faith contributors can lie about the provenance of their patches. This risk is not new; bad-faith contributors have always been able to lie about the licensing and copyright implications of a patch. It is enough to treat #LLM-generated patches the same as other forms of #plagiarism.

    (...)

    #AI #IA #Emacs

  • « Par peur d’être taxé d’exagération, le GIEC a sous-estimé la brutalité de nos étés »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/07/08/par-peur-d-etre-taxe-d-exageration-le-giec-a-sous-estime-la-brutalite-de-nos

    Longtemps accusé de catastrophisme par l’extrême droite, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a en réalité été trop prudent, sous-estimant l’accélération du changement et ses conséquences, relève l’historien Jean-Baptiste Fressoz dans sa chronique au « Monde ».

    Je dis +1 :-)

    • Je te rassure, dans cinq ans on aura un article expliquant que l’historien Fressoz, dans sa chronique de 2026, a sous-estimé à quel point le GIEC avait sous-estimé les effets du réchauffement climatique.

    • Rendons d’abord justice aux modèles climatiques. A l’échelle globale, ils se sont révélés remarquablement exacts : depuis les années 1990, la courbe des températures planétaires suit de près la trajectoire projetée par les premiers rapports. Sur ce terrain, l’accusation d’alarmisme ne tient pas : le réchauffement est bien arrivé comme annoncé.

      Mais la moyenne globale masque des extrêmes régionaux, et c’est là que le GIEC a plutôt péché par timidité. Cela fait quelque temps déjà que certains climatologues expliquent que les modèles captent mal la mécanique du #jet-stream : quand ce grand courant d’altitude ralentit, les #dômes_de_chaleur s’installent durablement ; nous venons d’en faire l’expérience. Ce phénomène répond au doux nom d’« amplification quasi résonante ».

      Les modèles pourraient donc sous-estimer les chaleurs extrêmes à venir. Un article de 2023 signé par Robert Vautard – coprésident du groupe 1 du GIEC – et ses collègues confirme ce diagnostic. Les extrêmes de chaleur en #Europe_de_l’Ouest augmentent bien plus vite que ne le prévoyaient les modèles. Plus inquiétant encore : aucun n’arrive à simuler l’intensité de ces canicules.

      https://justpaste.it/ex8kr

      #climat #réchauffement_climatique #modélisation

  • Les canicules plus précoces et plus intenses poussent à intensifier la baignade dans le #Grand_Paris

    Dès samedi 4 juillet et jusqu’à la rentrée, il sera possible de se baigner dans le bassin de #la_Villette, à Bercy au niveau du bras Marie, et à quelques centaines de mètres de la tour Eiffel, a annoncé la Mairie de Paris.

    Que les personnes en quête de #fraîcheur mais reparties bredouilles en s’approchant des pontons installés à Paris, ces derniers jours, se rassurent : il sera de nouveau possible de plonger dans la #Seine à partir du samedi 4 juillet, et pendant a minima deux mois. La saison officielle de baignade dans la capitale est lancée. Pendant près de dix ans, celle-ci était cantonnée au #bassin_de_la_Villette, dans le nord de la ville.
    Désormais, et pour la deuxième année, il est aussi possible de plonger dans le fleuve à Bercy, au niveau du #bras_Marie, et à quelques centaines de mètres de la Tour Eiffel. La possibilité de nager dans le #canal_Saint-Martin, sur une zone de 100 mètres, avait été exceptionnellement autorisée, les après-midi et en soirée, depuis le 16 juin, en raison des chaleurs étouffantes qui ont frappé la France et l’Europe. Les autres sites ouvrants, celui-ci doit, dès ce week-end, retrouver son rythme dominical d’avant canicule.
    Il y avait un certain satisfecit sur le visage des trois adjoints au maire (PS) de Paris venus détailler ces modalités à la presse, lundi 29 juin, sur les planches du ponton de Grenelle. Que n’ont-ils pas entendu, ces dernières années, au sujet du projet de rendre à nouveau la Seine baignable un peu plus d’un siècle après son interdiction.

    L’équivalent de dix piscines

    « Les dernières semaines ont prouvé que l’#accès_à_l’eau, et la baignade surtout, y compris en ville, sont nécessaires. Il répond à un #besoin_fondamental de se rafraîchir », a insisté Antoine Guillou, l’adjoint chargé notamment de l’axe Seine et des canaux sous cette nouvelle mandature, après avoir suivi l’#assainissement et la #propreté sous la précédente. « Plus personne ne remet le sujet en question », assure-t-il. « L’ouverture de ces sites extérieurs équivaut à la construction de dix piscines en dur », complète Maxime Sauvage, l’adjoint chargé du sport. Au vu des foules qui ont convergé vers les berges du canal Saint-Martin au plus fort de la vague de #chaleur, des réflexions émergent sur la possibilité d’aller plus loin. Pendant la campagne, Emmanuel Grégoire, désormais maire, a déjà promis d’ouvrir, d’ici à quelques années, une quatrième plage, à #Bastille, dans le #bassin_de_l’Arsenal, ont-ils rappelé.

    Quelques ajustements ont eu lieu par rapport à la première saison, dont la Ville assure qu’elle a attiré près de 100 000 personnes. Le site du bras Marie, aménagé initialement au pied de l’Ile-Saint-Louis, a été déplacé près du pont Louis-Philippe. La localisation d’origine crispait un certain nombre d’usagers économiques du fleuve, notamment les bateaux de promenade. Cent cinquante nageurs en simultané peuvent désormais être accueillis, chaque jour, de 8 heures à 18 heures. Plus à l’ouest, dans le bras Grenelle, la pataugeoire a disparu – trop sujette à la présence de bactéries –, mais la jauge grimpe à 200 personnes (dont 150 nageurs). Le site de Bercy, avec ses deux bassins, reste le plus important : 600 personnes, dont 300 à l’eau. Les plus jeunes sont accueillis partout, à condition qu’ils mesurent plus d’1,20 mètre. Les tout-petits ont leur espace à la Villette.

    Ces trois sites de baignade, comme ceux ouverts dans la #Marne, en amont, et les autres à l’étude ou en chantier sur les deux principaux cours d’eau franciliens, sont un héritage direct des Jeux de Paris 2024. L’ultimatum posé par la tenue d’épreuves dans la Seine a servi de puissant accélérateur à la réalisation de travaux d’#assainissement exigés depuis fort longtemps par la législation européenne, mais maintes fois reportés. Deux #stations_d’épuration ont été modernisées. Des ouvrages pharaoniques ont été réalisés en amont pour stocker les eaux de pluie. La chasse aux mauvais branchements des particuliers - dont les #eaux_usées sont rejetées dans les cours d’eau - se poursuit. Sur les 23 000 identifiés, il en reste près de 11 000 à traiter. En attendant, les campagnes de mesures de la #qualité ont repris. En juin, sur la vingtaine de journées étudiées, seules deux étaient impropres à la baignade.

    « Une année de transition »

    Les vagues de chaleur étant amenées à être plus précoces et à s’étirer dans la saison, en raison du réchauffement climatique lié à l’activité humaine, la question se pose de multiplier les sites de baignade en ville, de pouvoir les activer plus facilement, mais aussi d’imaginer d’autres cadres. Cette réflexion fait écho à ce qui se pratique par exemple en Suisse ou encore au Danemark. « L’année 2026 sera une année de transition pour aller vers un #modèle d’accès à l’eau plus libre », veut croire Clément Brun, docteur en urbanisme et aménagement et auteur d’une thèse sur la baignade à Copenhague. « En réponse à l’explosion de la fréquentation dans le port, une marge de tolérance est laissée à la population dans les endroits considérés comme non dangereux. Les contrôles de police ont lieu dans les endroits critiques. »

    En France, le sujet est notamment juridique, en plus de celui de devoir concilier différents usages (économiques, loisirs). Quand en Suisse, les baigneurs nagent dans le courant à leurs risques et péril, ici, le régime reste celui de l’#autorisation_avec_surveillance, ou de l’#interdiction. « La troisième voie, celle du “risques et périls”, existe mais elle peut malgré tout se retourner contre la collectivité », explique Antoine Guillou. Peut-on imaginer un nouveau #régime national où la baignade serait, à certains endroits, sécurisée mais non surveillée ? « En pleine canicule, ne pas pouvoir se baigner est un #risque. Ouvrir un site sécurisé non surveillé en est un autre. Cela mérite débat. » En attendant, l’ouverture d’autres sites est à l’étude, notamment au nord de la capitale, en Seine-Saint-Denis, sur le canal Saint-Denis et le canal de l’Ourcq.

    https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/06/30/les-canicules-plus-precoces-et-plus-intenses-poussent-a-intensifier-la-baign
    #canicule #baignade #Paris #France #rivière

  • Vivre au bord du Fleuve

    C’est la #Seine qui a fait naître #Paris au creux de son méandre, une ville comme une île, enserrée par deux bras, au carrefour d’un réseau hydrographique stratégique.

    Un lien très fort s’est noué entre la Seine et les parisiens au fil des siècles. Mais par la force et les idées modernes, les habitants en ont été définitivement détournés.

    L’identité de Paris s’est forgée au fil des siècles au creux du lit de la Seine, avec pour nombril l’île de la Cité. Un fleuve qui dessine la ville et décide de son destin. Un fleuve nourricier, une aorte vitale qui amène à la capitale toutes les denrées, le bois de chauffage, les matériaux de construction, les travailleurs, les ouvriers, les commerçants, les voyageurs, les nouvelles idées. Un fleuve qui permet à la ville de se transformer. Le XVIIIe est le grand moment de la Seine à Paris : toute la vie de la ville part de là. Ça grouille, la foule y est dense au cul des bateaux de marchandises.

    Pourtant déjà les décideurs regardent ces espaces avec suspicion et dégoût, le linge qui sèche sur le toit des bateaux lavoirs doit être effacé de l’image d’un Paris que l’on veut monumentaliser. On veut en extirper le peuple. Et cela sera fait. Coupant définitivement le lien des parisiens à leur fleuve.

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/lsd-la-serie-documentaire/vivre-au-bord-du-fleuve-4188776
    #histoire #rivière #modernité
    #podcast #audio

  • #Errances_paramédicales. Une perspective féministe sur la #naturopathie

    Une copine consulte une naturopathe pour sa fibromyalgie, une collègue accompagne son père malade d’un cancer avec une plante recommandée par un praticien, une autre s’est formée dans une école quelque temps par curiosité, une quatrième essaie d’en vivre.

    Doctrine historiquement réactionnaire et mystique, la naturopathie s’épanouit aujourd’hui dans le marché du #bien-être et attire particulièrement les #femmes et #minorités_de_genre. Tentative pour injecter quelques enjeux du féminisme dans l’analyse de cette thérapeutique.

    Ce texte est issu du dernier numéro de la revue papier Jef Klak, intitulé « Lait de vache », qui s’intéresse au fait d’ingérer et de digérer.

    Médecines douces, naturelles, non conventionnelles, complémentaires, alternatives, bordent le système de santé publique. Femmes et minorités de genre sont particulièrement nombreuses à butiner un peu ou beaucoup parmi ces propositions thérapeutiques à portée de main, avec la conscience de chercher quelque chose dans le dos du corps médical.

    Cette #quête s’opère souvent dis­crètement. Les débriefs de couloir et d’arrière-cuisine sont des espaces de confiance féminine où ces questionnements et expériences se partagent, mais les discussions autour des #souffrances de #santé ne se jouent pas sur la place publique. Ce #silence est entretenu par le fait que les #pratiques_thérapeutiques dites naturelles se sont développées loin de la #recherche_scientifique sur la santé et font l’objet de critiques acides de la part du corps médical, qui les qualifient de charlataneries, de #fake_meds, de pratiques sectaires. Alors comment penser le recours important des femmes et des minorités de genre à ces thérapeutiques au statut incertain ?

    Revenir sur l’histoire occidentale de la naturopathie depuis une perspective féministe pourrait nous aider à mettre au jour les enjeux politiques autour de la santé des femmes et des #promesses que certaines médecines naturelles nourrissent à cet endroit.

    #Jésus-Christ et #Bouddha naturopathes

    L’histoire de la naturopathie 1 commence à la fin du XIXe siècle, alors que la #médecine_microbiologique de Pasteur, la compréhension du germe et la généralisation du principe de la #vaccination contribuent à résorber de nombreuses maladies. La prophylaxie mise en place par les États conduit à l’amélioration de l’état de santé général. Parmi les courants hygiénistes qui se développent2, certains portent une vision plus mystique. En Allemagne et en Suisse, un mouvement appelé le #Lebensreform rassemble penseurs, artistes et poètes3 autour d’un projet vitaliste de défense d’un mode de vie proche de la nature, jugé plus sain que celui de la société industrielle, et qui passe par des régimes alimentaires végétariens ou des pratiques du corps comme le #yoga. Le néologisme hellénisant naturopathie apparaît aux États-Unis dans les années 1900. Il désigne « les maux par la nature » tout en jouant avec une image : nature’s path, « le chemin de la nature ». #Benedict_Lust, chiropracteur allemand émigré aux États-Unis, le reprend pour nommer l’école qu’il fonde en 1902 à New York : l’#American_School_of_Naturopathy.

    La doctrine naturopathique essaime en Europe. Autour de praticiens réputés charismatiques, les récits de #guérisons_miraculeuses s’accumulent. En Allemagne, cette doctrine est adoptée par les instituts de #médecine_naturelle qui ouvrent depuis la fin du XIXe siècle (l’Université libre des médecines naturelles de Berlin est fondée en 1892). #Pierre-Valentin_Marchesseau l’adapte pour la France à partir des années 1940. Le « père fondateur » français affirme que « la naturopathie est l’art et la science de préserver, optimiser ou recouvrer sa santé par des moyens naturels. » Auteur prolifique (La Santé sans médicament par la naturopathie, Qu’est-ce que la naturopathie ?, Ni médecin, ni guérisseur, le naturopathe est avant tout un hygiéniste, Jésus-Christ naturopathe), il enseigne à partir des années 1960 et jusqu’aux années 1980 une discipline hygiéniste fondée sur une #mystique_du_corps, tout en commercialisant une gamme d’#aliments_biologiques avec la société #Vitagerminels.

    Dans sa thèse, la sociologue Anahita Grisoni relate qu’au cours du XXe siècle, la naturopathie se développe en plusieurs courants. Plus institutionnalisée en Allemagne, elle se maintient en France comme une pratique marginale surtout présente dans les milieux ruraux. Acclimatée à la pensée New Age4 qui se développe, ses repères idéologiques et ses postures thérapeutiques montrent un goût pour l’orientalisme. Les acteur·ices de ces courants invitent un renouvellement du rapport au corps et à la santé. Récemment, iels se sont structuré·es autour d’écoles agréées, d’associations et de syndicats, et la décrivent désormais comme une médecine manuelle et prescriptive, qui fait la synthèse entre les méthodes naturelles de santé. Au sein du réseau de la naturopathie, certain·es défendent son caractère alternatif et contre-culturel, d’autres l’envi­sagent comme étant complémentaire à la médecine publique et ont obtenu qu’elle soit reconnue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une « médecine non conventionnelle », aux côtés des médecines chinoise et ayurvédique.

    L’expression fait côtoyer toutes sortes de médecines, populaires, savantes ou autochtones, mais la naturopathie a une histoire propre, bien distincte de celle des savoirs empiriques et situés des pharmacopées traditionnelles.

    Un socle idéologique persistant

    Nombre de praticien·nes ne se réfèrent pas aux préceptes posés par les fondateurs. Iels bricolent entre plusieurs manières d’envisager le corps et la santé et entre des pratiques hétérogènes : phytothérapie 5, prescriptions alimentaires, massages, réflexologie, iridologie6.

    Que dire alors d’une thérapeutique aussi plastique dont les pratiques comprennent des références scientifiques à l’anatomie et à la nutrition, mais aussi des notions ésotériques ?

    La thérapeutique est pourtant difficile à saisir sans la situer dans l’histoire doctrinaire qui la balise et lui donne sens. Les programmes des écoles de naturopathie, labellisées par la Féna (Fédération des écoles de naturopathie), comme les présentations des praticien·nes, mentionnent systématiquement un socle idéologique : causalisme, vitalisme, humorisme, hygiénisme, holisme7. Derrière ces mots obscurs et pour certains surannés se dresse une conception du corps héritée des hygiénismes du XIXe siècle. Le corps est mu par une force vitale, principe spirituel et métabolique, qui se réalise dans un équilibre sans cesse menacé par la surcharge et l’accumulation de toxines.

    Les courants hygiénistes vitalistes du XIXe siècle sont animés par un dégoût esthétique des grandes villes, dans lesquelles arrive une population rurale appelée à travailler dans les industries périurbaines. Ces travailleur·ses mal logé·es, paupérisé·es, vulnérables aux épidémies et aux maladies professionnelles, inspirent chez les tenant·es de l’hygiénisme un sentiment de dégénérescence liée à l’urbanité. Iels en conçoivent une vision inquiète du corps, souillé au niveau intestinal comme moral par un environnement et une alimentation produites par la modernité industrielle. Il faut chercher à éviter les poisons, sinon les expurger. La Nature y est une idée forte : elle devient une source de valeurs qui stimule et oriente des programmes thérapeutiques. Maintenir son corps sain, c’est le discipliner par des moyens naturels, comme l’héliothérapie ou l’hydrothérapie8.

    Les courants hygiénistes, creusets des médecines dites naturelles, établissent un lien entre le corps et l’état de l’environnement. La façon dont ils problématisent la santé pose les bases d’une écologie corporelle qui résonne avec les menaces écologiques contemporaines de pollutions du sol et de l’air. Ces médecines s’insèrent aisément dans le très contemporain thème du retour à la terre9.

    Une capture des vulnérabilités

    L’autorité que cette doctrine donne historiquement à la nature devrait activer une alarme féministe. Selon la sociologue Colette Guillaumin, la référence à cette « grande organisatrice et régulatrice des rapports humains10 » est un vieux levier réactionnaire pour légitimer l’ordre social et sexuel. Et à raison : plusieurs des représentant·es les plus visibles et médiatisé·es de la naturopathie associent leur discipline de santé par les moyens « naturels » à un discours nettement traditionaliste, insistant sur la différence sexuelle, assignant les personnes qui y ont recours à leur rôle de genre, diffusant plus ou moins explicitement un rejet de l’homosexualité11. Relire l’émergence de cette thérapeutique à partir de ses principes mystiques et conservateurs donne des sueurs froides.

    Le recours banalisé à la nature ne vaut pas pour autant adhésion à l’idéologie réactionnaire ; il est souvent sélectif et critique. Mais un autre malaise fait son chemin. Dans le monde de la naturopathie, des parcours de reconversion et de formation jusqu’aux usager·es, les femmes sont surreprésentées. Endométriose, fibromyalgie, Covid long, dépression : les souffrances corporelles et psychiques que proposent d’adresser celleux qui exercent ont en commun de faire l’objet d’une mauvaise prise en charge médicale. Les maladies chroniques ou les problèmes gynécologiques, ces souffrances marquées des femmes et minorités de genre, sont mal diagnostiquées et soignées. Ces dysfonctionnements ne révèlent pas une négligence marginale, mais un sexisme structurel qui agit depuis les angles morts de la recherche scientifique jusqu’à la position autoritaire et infantilisante des médecins « sachants », en passant par l’organisation gestionnaire du système médical public.

    Les brochures des naturopathes et praticien·nes des médecines non conventionnelles racontent en creux la solitude, les symptômes mal identifiés ou psychologisés, l’errance médicale. Elles racontent les stress particuliers qui touchent au médicament : les trai­tements aux résultats décevants, la crainte des effets secondaires, le manque de transparence, d’information, de reconnaissance des affects et des compétences des personnes soignées. La confiance a aussi été entamée par les scandales sanitaires comme celui du Médiator12, l’escroquerie du Spasfon13, où les industries pharmaceutiques et les pouvoirs publics ont sciemment mis en danger des gens pour engranger des bénéfices à court terme. Ces brochures disent enfin les vulnérabilités historiquement produites par le milieu médical, autant de « zones d’expérience dévastées », pour reprendre l’expression utilisée par Isabelle Stengers dans son Sorcellerie capitaliste14.

    Au regard du coût des formations (12 995 euros pour la formation de quinze mois à l’Institut supérieur de naturopathie), des consultations (entre 60 et 110 euros), des probiotiques et des compléments alimentaires, de l’acquisition ou de la location de machines (osmoseur, physioscan), la surreprésentation des femmes et minorités de genre parmi les usager·es de ces médecines se traduit par une saisie directe de leurs ressources. L’enjeu est économique, mais aussi clinique. Selon la morale vitaliste dix-neuviémiste que diffusent les médecines naturelles, il ne s’agit pas exactement de prévenir ou de guérir la maladie mais de produire plus de vie. Le programme thérapeutique associé à cette idée est assez opaque : évacuer des toxines (mais que sont-elles exactement ?), dynamiser l’organisme, régénérer les cellules (qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?). Dans ce rapport métaphorisé au corps, la matérialité des maladies s’estompe15. Connaître précisément leur fonctionnement biologique perd de l’intérêt ; la guérissabilité n’est pas nécessairement à l’agenda. Femmes et minorités de genre font ainsi l’expérience d’une autre errance médicale, tout aussi fragilisante, prenant les chemins de traverse enherbés des médecines douces et naturelles, ce qui retarde souvent leur prise en charge médicale.

    L’enjeu de genre autour de l’alimentation est par ailleurs exacerbé. Les médecines naturelles diffusent implicitement ou explicitement une critique de la modernité alimentaire, et avec elle, l’idée selon laquelle on s’intoxiquerait en mangeant mal, que des aliments comme le sucre seraient « meurtriers » quand d’autres prolongeraient la vie16. Le rapport à soi encouragé par ce programme thérapeutique pousse à une amélioration constante de son alimentation et de son hygiène, gage d’une aptitude à la santé et à la vitalité. Chez une population féminine historiquement sujette aux privations et à un contrôle social permanent exercé sur ce qu’elle mange, la discipline de la bonne alimentation est un pipeline menant droit à des conduites à risque, comme l’orthorexie17. C’est également majoritairement aux femmes qu’incombe la responsabilité de l’alimentation des enfants, et pour elles les injonctions sophistiquées à parfaire son alimentation peuvent déboucher sur des préoccupations sans fin. L’essor de thérapeutiques onéreuses et incertaines dans leurs effets cliniques capture ainsi les multiples vulnérabilités féminines.

    Réappropriations féministes de la santé

    Le sexisme structurel du milieu médical a fait ­l’objet d’une longue et intense lutte féministe. Celle-ci a montré comment la professionnalisation et la masculinisation de la médecine en Europe avait dépossédé les femmes de leurs savoirs et du contrôle de leur corps18.].

    Elle a pris pour objet le rapport de pouvoir, paroxystique à ­l’endroit de la gynécologie, haut lieu des violences sexistes et sexuelles et du bafouement du consentement. Pour échapper à la soumission à l’autorité du médecin sachant, des groupes sont nés aux États-Unis et en France dans les années 1970 et ont expérimenté l’autogynécologie19. L’incroyable Our Bodies, Ourselves est publié en anglais en 1971, puis traduit et adapté en France sous le titre Notre corps, nous-mêmes en 197720. Ce manuel a aidé à poser les bases d’une réappropriation féministe des questions de santé, aussi appelée self-help : connaître son corps, s’auto-examiner, se débarrasser de la honte, faire circuler la parole, comprendre et pouvoir reproduire un acte médical, avoir son mot à dire sur les procédures, etc. Des groupes locaux du Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC) au Planning familial, ces expérimentations nées dans les années 1970 ont propulsé un grand mouvement féministe d’éducation populaire en matière de santé sexuelle et de sexualité, dont les actions récentes contre les violences gynécologiques et obstétricales renouvellent la nécessité21.

    Les luttes écoféministes, en prenant pour thème l’alimentation, la santé, l’environnement ou l’industrie nucléaire, ont aussi largement mis en cause l’association néfaste entre les femmes et la nature. Elles ont retourné cette dévalorisation conjointe pour en faire un élément critique de compréhension de nos expériences individuelles et collectives. Pour les militant·es écoféministes, le fait de « se réapproprier ce qui a été distribué du côté de la féminité22 » relève d’un essentialisme stratégique. Aucune vision idéalisée et harmonieuse des femmes dans la nature ici : les pratiques, les luttes et les écrits écoféministes montrent une mobilisation conflictuelle, instable et renégociable, critique sur les ambiguïtés qu’elle peut recouvrir.

    S’adressant à un ensemble de problématiques de santé des femmes, les médecines naturelles convoquent elles aussi l’association entre femme et nature, mais elles la font basculer sur un versant essentialiste, et non critique. Très empreintes d’une pensée de la différence sexuelle, mettant l’utérus au centre de la vie psychique et subjective des femmes, elles ravivent l’idée tenace que les femmes sont plus « naturelles » que les hommes, qu’elles sont « naturellement spécifiques » pour le dire avec les mots de la sociologue Colette Guillaumin23.
    Sorcières naturopathes et autonomie féministe

    L’antagonisme est fort entre l’histoire des luttes féministes autour de la santé et le développement historique des médecines naturelles. Pourtant en Allemagne, des femmes ont créé un regroupement de naturopathes féministes, le réseau des Frauenweise, les « femmes sages24 ». En Suisse, le Dispensaire des femmes, un centre de santé autogestionnaire autour de la santé sexuelle et reproductive ouvert entre 1978 et 1987, a très tôt mis la naturopathie en pratique. Rina Nissim, membre du Dispensaire et militante du Mouvement de libération des femmes genevois, publie en 1994 Le Manuel de gynécologie naturopathique à l’usage des femmes chez la maison d’édition féministe Mamamélis. Ce manuel est une référence dans les groupes Santé-femmes25 et au-delà. Comment la naturopathie, doctrine et mystique de santé historiquement réactionnaire, aujourd’hui bien plus intégrée au marché du bien-être qu’au militantisme de la santé, a-t-elle pu croiser l’histoire du féminisme ?

    Figure centrale de cette jonction, Rina Nissim raconte cette réappropriation féministe de la naturopathie comme une façon hétérodoxe de pratiquer la doctrine sans hériter de ses aspects réactionnaires. Elle propose de redéfinir la santé des femmes en valorisant leur autonomie ; la promesse est séduisante.

    « Pour moi, ce qui est central c’est qu’on se réapproprie sa santé, qu’on ait envie de reprendre un petit peu les choses en main. Or, je prétends que la médecine par les plantes, la phytothérapie, c’est une chose que chacune peut se réapproprier, c’est du niveau de la cuisine. Si une femme ose mettre du romarin sur son plat pour le rendre plus digeste, si elle prend du bicarbonate de soude qu’elle met dans la fondue pour diminuer l’acidité de ce plat, je prétends qu’elle est à deux doigts de faire une recette populaire pour la toux de son fils et qu’il suffit de peu pour qu’elle fasse aussi une petite préparation pour elle-même. Alors, si on peut lui rendre accessible cette possibilité et en même temps l’aider à se rendre compte qu’un certain nombre de ses maladies sont liées à sa position sociale, à savoir à son oppression en tant que femme, si on arrive à lui faire prendre conscience de cela et qu’à la fois on lui donne un ou deux outils simples et efficaces, il peut se passer quelque chose de sensationnel. Et cela, c’est féministe. C’est le but de mon travail26. »

    Les luttes féministes sur la santé fabriquent des dispositions collectives : être indocile par rapport au contrôle autoritaire exercé par l’institution médicale, sentir le besoin de se réapproprier son corps, savoir qu’une connaissance empirique de soi est possible et peut aiguiller les choix de santé, avoir du goût pour l’expérimentation à plusieurs.

    La naturopathie réinventée de cette façon depuis le féminisme voudrait la placer comme un cadre qui favorise ces dispositions. Elle se définit comme une pratique empirique de soi : observer ce que ça fait de manger ceci, d’arrêter de manger cela, ce qui marche par rapport à un état, une souffrance physique ou psychique. La façon dont cette naturopathie féministe cherche à hacker sa propre doctrine réactionnaire peut être un malentendu fécond, une façon de la voler à sa propre histoire. Mais il faut mesurer le risque pris, et s’interroger honnêtement sur les bénéfices de cette confusion.

    Les positions de Rina Nissim résonnent avec ce qu’Ivan Illich appelle l’autonomie-santé, qui renvoie au fait de trouver les conditions d’une indépendance vis-à-vis du système médical et pharmaceutique industriel. Elle défend le projet d’une médecine populaire qui s’appuie sur les savoirs locaux et les relais féminins de transmission, pour bâtir une alternative à une médecine patriarcale. Savoirs et pratiques locales sont valorisées comme des viviers de pratiques alternatives supposées échapper « aux impasses et nuisances perçues dans la médecine officielle27 ».

    Ce féminisme de la santé met fondamentalement au centre la posture de santé et la responsabilité de l’usager·e. Et dans l’idée attrayante d’une santé qui passe par des comestibles et des gestes accessibles et quotidiens, la valeur que prend la nature tient à une promesse de simplicité. Or les pratiques thérapeutiques liées aux plantes et à l’alimentation sont extrêmement complexes à mettre en œuvre et à maîtriser. Plus critiquement encore, la plupart des gros enjeux de santé qui touchent les femmes et les minorités de genre, handicapées, malades chroniques, etc., ne peuvent pas être résolus par des moyens à portée de main. Tandis que la pandémie de Covid-19 a vu les femmes surexposées au risque de Covid long, les représentant·es des médecines naturelles valorisaient des solutions qui masquaient les enjeux vitaux et diffusaient des conceptions validistes et individualistes de la santé. L’éloge de l’autonomie par l’alternative peut s’articuler insidieusement à la destruction néolibérale du système de santé publique et au définancement d’associations de santé comme le Planning familial. Il fonctionne à merveille avec le marché du bien-être et la capture mercantile des vulnérabilités28.

    Une question forte demeure : quelle autonomie voulons-nous porter ? La valorisation du self-help, liant autonomie et pouvoir autour de sa propre santé, prend un sens particulier au sein des groupes Santé-femmes, qui portent une pratique féministe communautaire pensant ensemble santé individuelle et environnement sociopolitique. Le self-help réduit l’impuissance que charrient les problèmes de santé. Pour autant, il ne peut pas défaire seul l’association entre savoir et pouvoir que le corps médical monopolise et qui cimente son fonctionnement sexiste et patriarcal.

    Si les compositions politiques expérimentées dans l’autogynécologie et les groupes Santé-femmes sont un modèle d’autonomie, d’autres interprétations féministes et d’autres compositions politiques sont possibles et semblent même nécessaires. L’anthropologue mexicaine Denisse Guerrero Márquez, activiste au sein du collectif Nuestra Salud Feminista, propose de bâtir une épidémiologie féministe29 qui nous permettrait de penser les processus santé-maladie30 dans un cadre stratégique qui ne soit pas celui de l’alternative, mais celui d’une réappropriation féministe d’une science médicale pluralisée et conflictualisée. Un tel projet mettrait au centre d’autres questions : comment accéder à la littérature médicale et aux données scientifiques, nous former tout en travaillant à les mettre en perspective collectivement31 ?

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    Quelques ressources :

    « Ne plus subir le médical. Discussion avec des membres d’un groupe “Santé-femmes”, propos recueillis par Naïké Desquesnes, Z : Revue itinérante d’enquête et de critique sociale 2016 (n° 10), Éditions de la dernière lettre, p. 180-185 ; le documentaire Regarde, elle a les yeux grand ouverts de Yann Le Masson (1980). L’Auto-examen, un geste de santé, édité par le Centre de santé des femmes de Montréal (Éditions du remue-ménage),
    la brochure S’armer jusqu’aux lèvres à lire ici, et enfin l’ouvrage de Lucile Queré, Un corps à nous. Luttes féministes pour la réappropriation du corps, Presses de Sciences Po, 2023.

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    Notes :
    Cette histoire s’appuie sur la thèse de sociologie rédigée par Anahita Grisoni, « Sous les pavés, la terre : culte du bien-être et nouveaux métiers. La naturopathie en transformation à la conquête du marché », éditions EHESS, 2011. ↩
    Voir dans ce numéro l’entretien avec Hourya Bentouhami, « La nation est obsédée par la manière dont les gens mangent », p. 26, ainsi que Ni Dieu ni maître, ni viande ni alcool, p. 52. ↩
    Parmi eux, on peut citer Adolf Just, Louis Kuhne, Karl Wilhelm Diefenbach, Hugo Höppener ou encore Gustav Gräser, mais aussi Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie. ↩
    Courant spirituel occidental apparu dans les années 1960, le New Age est un syncrétisme entre les spiritualités et médecines orientales, intégrant des éléments du bouddhisme et des médecines savantes, essentiellement chinoises et ayurvédiques reprenant les notions de réincarnation, de karma, de chakras et d’énergie. La médecine ayurvédique, originaire d’Inde, est fondée sur la théorie selon laquelle les maladies résultent d’un déséquilibre des forces vitales (prana), et vise à rétablir l’équilibre de l’organisme. ↩
    Nom donné aux diverses pratiques de santé qui impliquent l’usage de plantes. ↩
    La réflexologie est une pratique de santé utilisant le massage de zones censées correspondre à des organes ou fonctions physiologiques. L’iridologie est le nom d’une pratique fondée sur l’observation de l’iris. ↩
    Le causalisme suppose que nos symptômes résultent d’une cause qu’il faut considérer en priorité. Le vitalisme envisage la vie comme de la matière animée d’une force vitale. L’humorisme vient de la médecine d’Hippocrate qui envisage la santé comme variant selon l’équilibre des humeurs (le sang, la bile, l’atrabile, la lymphe). Les thérapies holistiques prétendent soigner en tenant compte de la « globalité de l’être humain ». ↩
    L’hydrothérapie désigne un ensemble de pratiques qui mobilisent l’eau, le bain dérivatif ou le bain de siège. L’héliothérapie prône l’exposition corporelle totale à la lumière du soleil pour guérir les maladies. ↩
    « Naturopathie et écofascisme. Quand l’extrême-droite se mêle de santé et d’environnement », Ruptures, printemps 2007. ↩
    Colette Guillaumin, Sexe, race et pratique du pouvoir. L’idée de nature, côté-femmes éditions, 1992, p.61. ↩
    On peut citer plusieurs de ces figures charismatiques à la tête de modèles économiques juteux. Irène Grosjean prône le bain de siège, l’alimentation crue, les purges, le jeûne en même temps que les thérapies de conversion, et responsabilise les femmes des violences sexistes et sexuelles qu’elles subissent. Thierry Casasnovas tient des positions masculinistes hostiles aux droits reproductifs, et désinforme au sujet de la contraception et de l’avortement. Le collectif l’Extracteur mène une veille sur ces réseaux traditionalistes, voir le site du collectif . ↩
    Voir la BD Mediator – Un crime chimiquement pur d’Irène Frachon, Éric Giacometti et François Duprat. Delcourt, 2023. ↩
    Voir le livre Pilules roses de Juliette Ferry-Danini sur le Spasfon, majoritairement prescrit aux femmes sans qu’aucun résultat clinique n’ait été prouvé. ↩
    Isabelle Stengers et Philippe Pignard, La Sorcellerie capitaliste. Pratiques de désenvoûtement, La Découverte, 2005. ↩
    Susan Sontag, La Maladie comme métaphore, Christian Bourgois, 2009. ↩
    Le sociologue Gilles Tétart décrit la valeur de certains aliments, comme le miel ou la gelée royale, perçus comme pouvant rendre le corps plus vivant. Voir « Consommer la nature et parfaire son corps. Les produits apicoles », Études rurales, 165-166, 2003, p. 9-31. ↩
    Trouble alimentaire caractérisé par une volonté obsessionnelle d’ingérer une nourriture saine et le rejet systématique des aliments perçus comme malsains. ↩
    Silvia Federici, Caliban et la sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive, Entremonde, 2014 ; Barbara Ehrenreich et Deirdre English, Sorcières, sages-femmes et infirmières. Une histoire des femmes et de la médecine, éd. Cambourakis, 2015 [1976 ↩
    L’autogynécologie recouvre un spectre de pratiques qui va de la gynécologie médicale – contraception, traitement de pathologies gynécologiques, dépistage du cancer du sein par l’autopalpation, avortement, traitement de la ménopause, sexualité – à la réappropriation du corps et des représentations qui y sont liées. ↩
    Un groupe féministe l’a tout récemment repris et réécrit. Notre corps, nous-mêmes, Hors d’atteinte, 2020. ↩
    Le collectif Stop-VOG anime aujourd’hui cette lutte en levant le silence autour des violences commises par le médecin Émile Daraï, officiant à l’hôpital Tenon. Leur site. ↩
    Expression utilisée par Émilie Hache, dans Reclaim, Anthologie de textes écoféministes, Cambourakis, 2016, p. 25. ↩
    « Du fait que les femmes sont une propriété matérielle concrète, se développe sur elles (et contre elles) un discours de la Nature. On les crédite (comme le croient certaines optimistes), on les accuse (en fait) d’être des êtres naturels, immergés dans la Nature et d’être mues par elle. Des choses vivantes, en quelque sorte. », ibid., p. 80. ↩
    À retrouver ici. ↩
    Groupe de femmes se réunissant afin de mieux connaître leur corps, prendre soin de leur santé et trouver plus d’autonomie, fabriquant ce faisant une auto-expertise collective. ↩
    Catherine Fussinger, Séverine Rey et Marilène Vuille, « S’approprier son corps et sa santé. Entretien avec Rina Nissim », Nouvelles Questions féministes, no 25, Éditions Antipodes, 2006, p. 98-116. ↩
    C’est une expression du collectif Cabrioles. Voir « L’autodéfense sanitaire. Entretien avec le collectif Cabrioles », propos recueillis par Aliènor Bertrand, Patrick Giraudoux et Arnaud Macé dans Les Temps des pandémies, Belin, 2023. ↩
    Nicolas Marquis, Du bien-être au marché du malaise, Presses universitaires de France, 2014, et Katie Thornton, « L’industrie des médecines alternatives voit dans le Covid long une opportunité commerciale », disponible ici. ↩
    Denisse Guerrero Márquez, « Approches théoriques et conceptuelles pour une épidémiologie féministe », traduction effectuée par le collectif Cabrioles, à lire ici ↩
    Expression utilisée par Denisse Guerrero Márquez. ↩
    Un grand merci au collectif Cabrioles dont je reprends ici les pistes et questions posées.

    https://www.jefklak.org/errances-paramedicales

    #santé #féminisme #médecine_non_conventionnelle #phytothérapie#massages #réflexologie #iridologie #nutrition #ésotérisme #anatomie #Fédération_des_écoles_de_naturopathie (#Féna) #causalisme #vitalisme #humorisme #hygiénisme #holisme #corps #toxines #dégénérescence #villes #urbanité #modernité #industrialisation #corps #héliothérapie #hydrothérapie #écologie_corporelle #retour_à_la_terre #vulnérabilités #nature #homophobie #sexisme #solitude #Médiator #Spasfon #industrie_pharmaceutique #probiotiques #compléments_alimentaires #sucre #hygiène #orthorexie #gynécologie #autogynécologie #self-help #Mouvement_pour_la_liberté_de_l’avortement_et_de_la_contraception (#MLAC) #planning_familial #éducation_populaire #santé_sexuelle #écoféminisme #essentialisme #Frauenweise #Dispensaire_des_femmes #Rina_Nissim #luttes_féministes #naturopathie_féministe #autonomie-santé #médecine_populaire #alternative #médecine_patriarcale #patriarcat #validisme #individualisme #autonomie #santé_publique #Denisse_Guerrero_Márquez #Nuestra_Salud_Feminista #épidémiologie_féministe

    déjà signalé ici par @lyco :
    https://seenthis.net/messages/1103951

    • #Anthroposophie et #écofascisme, par #Peter_Staudenmaier

      L’anthroposophie est la religion ésotérique fondée par #Rudolph_Steiner dont les avatars tentaculaires et pseudo-scientifiques infiltrent aussi bien le tissu institutionnel et politique de l’écologie que les milieux de l’agriculture, éducation et médecine alternatives. Son histoire est indissociable du #totalitarisme_raciste.

      Historien et écologiste social, engagé dans le mouvement anarchiste, le mouvement vert, et le mouvement coopératif aux États-Unis et en Allemagne, Peter Staudenmaier est professeur à l’université de Marquette (Wisconsin).

       » En juin 1910, Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie, commença une tournée d’exposés en Norvège par une conférence devant un public nombreux et attentif. Le cycle de conférences était intitulé « La mission des âmes nationales en relation à la mythologie germano-nordique ». Dans les conférences d’Oslo, il présenta sa théorie des « âmes de peuple » ou « nationales » (#Volksseelen en allemand, la langue natale de Steiner) et accorda une attention particulière aux questions mystérieuses de « l’#esprit_nordique ». Les « #âmes_nationales » de l’Europe du Nord et Centrale appartiennent, expliqua Steiner, aux peuples « germano-nordiques », le groupe ethnique le plus spirituellement avancé du monde, qui avait été à l’avant-garde de la plus élevée des cinq « races- racines » historiques. Cette cinquième race-racine supérieure, raconta Steiner à ses auditeurs d’Oslo, était bien sûr la race « #race_aryenne ».

      Si cette cosmologie particulière semble étrangement similaire aux mythes teutons de Himmler et Hitler, la ressemblance n’est pas fortuite. L’anthroposophie et le national socialisme ont tous deux des racines profondes dans la confluence des nationalismes, populismes de droite, romantismes proto-environnementalistes, et #spiritualismes_ésotériques qui caractérisaient une grande partie de la culture allemande et autrichienne à la fin du dix-neuvième siècle. Mais le lien entre la pseudo-religion stratifiée racialement et la montée des nazis va bien au-delà de simples parallèles philosophiques. L’anthroposophie a eu une influence concrète sur l’« aile verte » du #fascisme allemand. En outre, la politique réelle de Steiner et de ses disciples a toujours montré une ligne profondément réactionnaire.

      Pourquoi l’anthroposophie, en dépit de ses éléments racistes évidents et son passé de compromission, continue-t-elle à jouir d’une réputation progressiste, tolérante, éclairée et écologique ? Les détails des enseignements de Steiner ne sont pas bien connus en dehors du mouvement anthroposophique, et dans ce mouvement la longue histoire de l’implication idéologique dans le fascisme est en général refoulée ou carrément niée. De plus, de nombreux anthroposophes ont individuellement gagné du respect pour leur travail dans l’éducation alternative, dans l’agriculture biologique, et dans le mouvement écologiste. Néanmoins, il est regrettable que la collaboration anthroposophique avec une racine spécifiquement “écologiste” du fascisme persiste au XXIe siècle.

      Les groupes anthroposophiques organisés sont souvent mieux connus à travers leur vaste réseau d’institutions publiques. Les plus populaires d’entre elles sont probablement le mouvement des #écoles_Waldorf, avec des centaines d’écoles dans le monde, suivi par le mouvement d’#agriculture_biodynamique, qui est particulièrement actif en Allemagne et aux États-Unis. D’autres entreprises anthroposophiques bien connues comprennent les produits cosmétiques et pharmaceutiques #Weleda et le label #Demeter pour les produits alimentaires sains. La communauté nouvel-âge de #Findhorn en Écosse possède aussi une forte composante anthroposophique. Les anthroposophes ont joué un rôle important dans le développement des #Verts allemands et l’ancien ministre de l’intérieur allemand, #Otto_Schilly, un des plus importants fondateurs des Verts, est un anthroposophe.

      Compte tenu de cette vaste visibilité publique, il est peut-être surprenant que les fondements idéologiques de l’anthroposophie ne soient pas mieux connus. Les anthroposophes eux-mêmes, cependant, considèrent leur doctrine hautement ésotérique comme une « #science_occulte » propre à une élite éclairée spirituellement. Le nom même d’anthroposophie suggère à beaucoup d’étrangers une orientation humaniste. Mais l’anthroposophie est à bien des égards une vision du monde anti-humaniste, et des humanistes comme Theodor Adorno et Ernst Bloch s’y sont opposés dès le début. Son rejet de la raison au profit de l’expérience mystique, sa subordination des actions humaines à des forces surnaturelles, et son modèle complètement hiérarchisé du développement spirituel, tout cela montre que l’anthroposophie est contraire aux valeurs humanistes. »

      https://www.ccmm.asso.fr/anthroposophie-et-ecofascisme-par-peter-staudenmaier
      #ésotérisme #racisme #humanisme

      Le texte téléchargeable en pdf :
      https://jf.bizzart.biz/ArticlesPDF/PS_EcofascismeV2.pdf

  • La vita degradante nel Cpr in Albania che il governo voleva nascondere

    Proteste, autolesionismo e tentativi di suicidio: il “registro degli eventi critici” ottenuto da Altreconomia mostra che cosa succede nel centro di #Gjadër. Il modello da replicare per Roma e Bruxelles è un buco nero di sofferenza

    C’è un documento che il Governo Meloni ha in mano da oltre un anno ma ha tentato in tutti i modi di tenere nascosto all’opinione pubblica. È il racconto della sofferenza quotidiana vissuta dalle oltre 500 persone trasferite all’interno del Centro di permanenza per il rimpatrio (Cpr) di Gjadër in Albania a partire dall’11 aprile 2025.

    Proteste, atti di autolesionismo, tentativi di impiccagione e risse: ben 54 “eventi critici” nei primi 48 giorni di funzionamento che mostrano che cos’è davvero quel “modello albanese” oggi elevato a esempio da replicare.

    Altreconomia ha ottenuto il “registro degli eventi critici”, il documento in cui gli operatori dell’ente gestore Medihospes, la cooperativa che ha vinto l’appalto da oltre 133 milioni di euro, annotano tutto ciò che succede nel Cpr. Leggerlo è come analizzare la “scatola nera” della detenzione amministrativa, quella che rende possibile togliere la libertà per 18 mesi alle persone senza documenti.

    Domenica 13 aprile 2025, due giorni dopo il primo trasferimento di 40 cittadini stranieri nel Cpr albanese, alle 11.30 un ospite compie atti di autolesionismo perché vuole un “dosaggio superiore della terapia in atto”. Passano poche ore e alle 15.30 un altro, per lo stesso motivo, si ferisce. Sono le 16 quando due ospiti arrivano “a una colluttazione fisica”. Un’ora dopo gli operatori annotano un “atto vandalico” contro gli infissi dell’unità abitativa sempre per avere più medicine. Ed è il motivo che spinge un altro ospite -sono le 19- a tagliarsi. Alle 22.35 un trattenuto minaccia di “recidersi la carotide con pezzo di vetro, residuo degli atti di vandalismo contro gli infissi”. Motivo? Avere più psicofarmaci. Passa un’ora e scoppia una protesta in cui “vengono divelte le grate della recinzione perimetrale”. A mezzanotte e mezza torna la calma ma dura solo trenta minuti. All’una un ospite “compie nuovamente atti di autolesionismo”. Otto annotazioni in 24 ore.

    Il 17 aprile uno dei reclusi “simula tentativo di strangolamento con il lenzuolo in uso stretto al collo” e il mediatore “lo convince a desistere”. Alle 16 un altro “con un residuo di filo tenta di cucirsi le labbra, perforandosi quello superiore e quello inferiore con un filo elettrico”. Poco dopo l’uomo arriva “a una violentissima colluttazione” con un secondo ospite. Rifiuta le medicazioni del personale e accusa il compagno di volerlo uccidere. Alle 21.20 uno dei trattenuti dà fuoco ai vestiti “provocando l’accensione dell’allarme antincendio” e meno di trenta minuti dopo un altro “crea con i lenzuoli monouso una corda simulando uno strangolamento”.

    La struttura allora è aperta da sette giorni e il totale degli eventi critici è già a quota 25. Poi il ritmo cala ma l’intensità e la gravità no. Il 23 aprile alle 13 un ospite “con uno straccio procuratosi da residui di vestiario cerca di suicidarsi”, mezz’ora dopo un altro “tenta di strangolarsi con materiale improvvisato”. Alle 17.30 alcuni ospiti “vengono sorpresi all’interno della loro cella mentre preparano una corda”. Trenta minuti dopo un altro tenta di impiccarsi. Un mese dopo la “scena” è la stessa. È il 26 maggio quando un ospite per protesta “crea una corda con materiale improvvisato minacciando di impiccarsi”, mentre un altro, verso le 21.40, ingoia due pile. “Atto dimostrativo per protestare contro la lunga permanenza nei Cpr (da nove mesi circa)”, annota l’ente gestore. Viene trasferito in ospedale dove vengono rimosse le batterie. Dall’11 aprile al 28 maggio 2025 il bilancio, come detto, è di 54 annotazioni in 48 giorni, la maggior parte per autolesionismo (22), tentativi di suicidio (12) e proteste dei reclusi (11).

    Dati e informazioni che il governo non voleva a tutti i costi far conoscere. Tanto da impugnare la sentenza del Tar del Lazio che il 13 novembre 2025 aveva riconosciuto in poche righe il diritto di Altreconomia -assistita in giudizio dagli avvocati dell’Associazione per gli studi giuridici per l’immigrazione (Asgi) Salvatore Fachile, Federica Remiddi e Anna Pellegrino- di poterli visionare. Il 23 marzo 2026 il Consiglio di Stato ha chiuso la partita, confermando la sentenza di primo grado e smontando la linea del Viminale che contestava la violazione della privacy dei reclusi.

    Nel 2025 il 25% di chi è transitato in un Cpr è stato rimpatriato. Nonostante questo il totale delle persone deportate lo scorso anno è cresciuto rispetto al 2024

    Dopo il verdetto abbiamo chiesto il registro degli eventi critici di tutti gli undici Cpr attivi: siamo in attesa di una risposta su quelli più recenti di Gjadër che ci mancavano, mentre su quelli in Italia l’esito è stato incredibilmente negativo. Alla privacy si è aggiunta la scusa dell’ordine pubblico: far conoscere ciò che succede oltre quelle mura alimenterebbe le proteste all’esterno e all’interno. E così sono stati inviati solo i dati consolidati senza la descrizione degli eventi. Anche se depotenziati dalla mancanza della descrizione, bastano comunque per capire che il centro albanese non è un’eccezione.

    Al Cpr di Palazzo San Gervasio (PZ) Officine sociali ha annotato 79 eventi critici in 87 giorni, da gennaio a marzo 2026. Sempre la cooperativa siciliana nel Cpr di Macomer, in provincia di Nuoro, tra il 20 gennaio 2025 e il 23 marzo 2026 ne registra 159 di cui 79 gesti anticonservativi e 21 scioperi della fame. Tra gennaio 2024 e aprile 2026 a Bari sono stati 521 mentre a Brindisi (48 posti) 59 gli atti di autolesionismo, 29 le risse e 17 gli ingerimenti di corpi estranei.

    Ai dati sulla sofferenza quotidiana si aggiungono poi quelli paradossali sul numero di persone che vengono effettivamente rimpatriate dopo il periodo di detenzione: nel 2025 sono state meno del 25% ed è la percentuale più bassa da quando nel 2014 la Ong ActionAid ha iniziato a elaborare i dati. Nonostante questo il governo è riuscito ad aumentare leggermente i dati sui rimpatri che tra il 2024 e il 2025 sono passatida 5.414 a 6.097. La necessità del Cpr è pura propaganda.

    Sono trascorsi due anni da quando la Cooperativa sociale Medihospes si è aggiudicata il bando per gestire i centri in Albania da oltre 133 milioni di euro senza aver ancora firmato il contratto che solitamente si finalizza entro 60 giorni

    La stessa che ha costretto a un viaggio inutile le 536 persone che sono state trasferite nella struttura albanese dall’11 aprile 2025 al 20 aprile 2026 solo per dimostrare all’opinione pubblica che quei centri erano attivi. Tranne cinque persone egiziane rimpatriate direttamente da Tirana a Il Cairo il 9 maggio 2025, come ricostruito da Altreconomia, tutte le altre sono tornate in Italia per poi essere liberate o rimpatriate a costi spropositati e in una zona grigia del diritto sotto tanti profili. In primis quello dell’appalto affidato a Medihospes: a due anni dall’aggiudicazione del bando, la Cooperativa non ha infatti ancora firmato il contratto che solitamente si finalizza entro 60 giorni. Non solo. Secondo quanto comunicato dalla prefettura di Roma a marzo 2026, trascorso un anno di operatività delle strutture, è stata fatta una sola visita ispettiva il 10 maggio 2025.

    Ma la zona grigia è soprattutto la base giuridica su cui per oltre un anno il governo ha continuato a portare persone a Gjadër nonostante fosse pendente un ricorso davanti alla Corte di giustizia dell’Unione europea proprio sulla legittimità del funzionamento di un Cpr posto fisicamente al di fuori del territorio nazionale e più in generale sulla validità del protocollo siglato tra Italia e Albania il 6 novembre 2023.

    La Corte si pronuncerà entro l’estate e stabilirà se è possibile considerare, secondo il diritto dell’Ue, i territori albanesi una “zona di frontiera” tanto quanto lo è, ad esempio, Lampedusa: se i giudici decideranno di sì, il “modello Albania” potrebbe allora funzionare come previsto fin dall’inizio con i trasferimenti delle persone dalle acque internazionali al territorio albanese sotto giurisdizione italiana. Il tutto è rinforzato dalle nuove norme del Patto sulla migrazione e l’asilo, in vigore dal 12 giugno, che eleva la detenzione amministrativa a strumento principe di “gestione” del fenomeno migratorio. Oltre al nuovo pacchetto di regole già approvate è in corso il trilogo tra Consiglio, Parlamento e Commissione sul nuovo Regolamento sui rimpatri.

    “Il Regolamento sui rimpatri apre la strada alla detenzione di massa, alla separazione delle famiglie e normalizza gli abusi che abbiamo visto con l’Ice” – Silvia Carta

    Un testo che secondo Silvia Carta, responsabile delle attività di advocacy della Piattaforma per la cooperazione internazionale sui migranti senza documenti (Picum) con sede a Bruxelles, “apre la strada alla detenzione di massa, alla separazione delle famiglie e normalizza gli abusi che abbiamo visto con la famigerata Ice (Immigration and customs enforcement, ndr) negli Stati Uniti, mettendo a rischio innumerevoli vite”. La bozza di partenza approvata a fine marzo 2026 dal Parlamento europeo è problematica sia nel “metodo” con cui è stata varata sia nel merito. Il progetto legislativo sui rimpatri, infatti, era rimasto bloccato per mesi con il Partito popolare europeo (Ppe), i socialisti (S&D) e i liberali di Renew Europe che non riuscivano a raggiungere un accordo sul testo. A inizio marzo qualcosa è cambiato.

    Sono 1.643 le persone rimpatriate dopo essere state rinchiuse in un Cpr nel 2025. Il dato è in netto calo rispetto alle 3.134 del 2023 e 2.526 del 2024

    “Le forze di centrodestra hanno rotto il cosiddetto ‘cordone sanitario’ che fino a quel momento, nel secondo mandato da commissaria di Ursula von der Leyen, aveva scongiurato l’alleanza del Ppe con l’estrema destra”, spiega Carta. I rimpatri sono diventati terreno d’incontro dal Rassemblement national di Marine Le Pen al gruppo Europa delle nazioni sovrane (Esn) -quello dell’ex generale Roberto Vannacci- a cui appartengono anche gli eurodeputati dell’AfD.

    Il nuovo pacchetto di regole trasforma il “Paese d’origine” di una persona in tanti diversi Paesi possibili. “Il menù da cui si può scegliere la destinazione finale della persona tragicamente si amplia”, dice Carta. La persona “irregolare” può essere spostata come una pedina verso uno Stato in cui non ha mai vissuto o da cui non è mai transitata. Può restare su quel territorio, con cui non ha nessun legame, rinchiusa dentro strutture di detenzione -i cosiddetti “return hub”- per mesi fino a che, eventualmente, verrà rimpatriata. “L’aggravante è che a livello giuridico potenzialmente la persona ‘passa’ nelle mani di un altro Stato anche dal punto di vista giurisdizionale”, osserva Carta. È quello che Gianfranco Schiavone, presidente del Consorzio italiano di solidarietà-Ufficio rifugiati di Trieste, descrive come “vendere a Paesi ‘terzi’ i migranti che non vogliamo”.

    Nel testo non mancano i riferimenti alle misure necessarie per individuare le persone “irregolari” da rinchiudere nei centri di detenzione con controlli a tappeto sul territorio. Si prevede la possibilità della confisca dei beni personali e delle perquisizioni nelle “relevant premises”: una definizione molto ampia che potrebbe includere anche le abitazioni privati e le strutture di accoglienza gestite da organizzazioni non profit. “In Europa si è formato un nuovo consenso”, ha dichiarato dopo la votazione di fine marzo Charlie Weimers, il negoziatore svedese del gruppo di destra dei Conservatori e riformisti Europei, aggiungendo che “l’era delle deportazioni è iniziata”. Adesso sappiamo come è andata in Albania.

    https://altreconomia.it/la-vita-degradante-nel-cpr-in-albania-che-il-governo-voleva-nascondere
    #Albanie #Italie #externalisation #migrations #réfugiés #asile #souffrance #eventi_critici #événements_critiques #modèle_albanais #Medihospes #privatisation #rétention #détention_administrative #cpr #suicides #automutilations #violence #efficacité #inefficacité #return_hubs #relevant_premises #renvois #expulsions #déportations

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    ajouté à la métaliste sur l’accord Italie-Albanie:
    https://seenthis.net/messages/1043873

  • Frontiera Albania. Come la deportazione si è fatta «modello». E chi ci guadagna

    Nei centri per migranti in Albania si consuma un esperimento brutale.

    Con questa inchiesta Luca Rondi sbugiarda la propaganda sull’accordo tra Roma e Tirana, svelando la cruda verità sulle strutture costate milioni di euro.

    Una detenzione offshore ispirata al modello australiano (e a tanti altri del passato), dove il diritto d’asilo e la dignità delle persone vengono sistematicamente calpestati.

    Lo raccontano il registro degli eventi critici -la scatola nera del Cpr di Gjadër-, la storia straziante di Hamid e di tante altre persone ridotte cinicamente a pedine elettorali.

    Il libro denuncia le conseguenze di uno spreco immane di denaro pubblico e una catastrofe umanitaria silenziosa.

    Il “modello Albania” diventa così lo specchio di un’Europa che celebra l’inizio dell’era delle deportazioni e rinnega se stessa.

    https://altreconomia.it/prodotto/frontiera-albania
    #livre #Albanie #modèle_albanie #return_hubs #Italie #externalisation #migrations #réfugiés #renvois #expulsions #déportation #business #coût #Gjadër #détention_administrative #rétention

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    ajouté à la métaliste sur l’accord Italie-Albanie:
    https://seenthis.net/messages/1043873

  • Bruno Latour ensorcelé
    https://laviedesidees.fr/Bruno-Latour-ensorcele

    Faut-il étudier les cultures sans jamais juger de leur valeur ? Oui, disait Bruno Latour, car nous n’avons aucun droit à trier entre bonnes et mauvaises pratiques. Mais ce refus de l’évaluation est contestable.

    #Philosophie #modernité #anthropologie

  • Letture dal libro Next stop #modena 2020 di Claudio Cipriani@0
    https://radioblackout.org/podcast/letture-dal-libro-next-stop-modena-2020-di-claudio-cipriani

    Durante le puntate di Aria abbiamo letto alcune parti del libro di Claudio Cipriani “Next stop Modena 2020-Viaggio tra le carceri”. Si tratta di una testimonianza della #rivolta scoppiata nel #carcere di Modena l’8 marzo 2020, a cui, come in altre carceri italiane, lo stato rispose con una strage in cui morirono quattordici persone detenute. […]

    #repressione
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/06/Next-stop-modena-2020-prefazione-2.mp3

  • Die fünf angesagtesten Secondhand-Shops in Berlin: Hier finden Modefans echte Schätze
    https://www.berliner-zeitung.de/article/beste-secondhand-shops-berlin-10061047

    Nett wsrs noch in 2020 : HAHAYOUREUGLY Secondhand & Vintage Warschauer Strasse 76, Friedrichshain, Mon-Sat 1pm-8pm, Tel: 01512 637 88 97, www.hahayoureugly.de

    Ergänzung zu Oxfam und Humana ?

    2020 berichtete der Tip
    https://www.tip-berlin.de/english/12-of-the-best-vintage-shops-in-berlin

    4.6.2026 von Isabell Gielisch - Von hippen Neuzugängen bis zu echten Institutionen: Wir verraten, wo Berlins modische Avantgarde abseits des Massenkonsums die besten Vintage-Schätze findet.

    Berlin gilt weltweit als Hotspot für hochwertige Secondhand- und Vintage-Mode. Die deutsche Hauptstadt zieht seit jeher Kreative und Stilbewusste an, die abseits des Massenkonsums nach Individualität und Charakter suchen. Doch angesichts der enormen Dichte an Läden zwischen Kreuzberg, Prenzlauer Berg und Neukölln kann es schwerfallen, den Überblick zu behalten.

    Wo finden Modebegeisterte die besten Preise, wo die exklusivsten Designer-Raritäten und wo die geschmackvoll kuratiertesten Teile? Eine Entdeckungstour durch die Berliner Vintage-Szene zeigt, in welchen Geschäften die Modewelt der Hauptstadt tatsächlich einkauft. Dies sind fünf der angesagtesten Secondhand-Shops in Berlin, die mit echten modischen Schätzen überzeugen.

    Der Neuling: Find Yours

    Der neueste Zugang der Berliner Vintage-Szene bereichert seit dem 11. April die Berliner Secondhand-Szene. Find Yours setzt auf ein sorgfältig kuratiertes Konzept und überzeugt mit einer präzisen Auswahl an einzigartigen Fundstücken. Stilistisch bewegt sich das Sortiment hauptsächlich in den Modewelten der 2000er- und 2010er-Jahre.

    Ein Fest für die Augen ist die farbliche Sortierung: Während das für Berlin typische Schwarz eine zentrale Rolle einnimmt, bietet der Store ebenso eine ansprechende Auswahl an farbenfrohen Akzenten. Der Fokus liegt hier absichtlich nicht auf teuren Designermarken, sondern auf bezahlbarer Individualität – die Preise sind durchweg fair kalkuliert, was den Laden zu einem echten Geheimtipp für Modebegeisterte macht.

    Find Yours. Pannierstraße 28, 12047 Berlin-Neukölln . Öffnungszeiten: Mo geschlossen, Di–Fr 13–19 Uhr, Sa 12–19 Uhr.

    Die It-Girl-Adresse: Archangels

    Archangels in Prenzlauer Berg, eröffnet im Juni 2024, konzentriert sich farblich hauptsächlich auf die Nichtfarben Schwarz und Weiß. Diese minimalistische Palette tut der Vielseitigkeit des Sortiments jedoch keinen Abbruch. Angeboten wird ein anspruchsvoller Mix aus High-Fashion-Designern wie Prada, Miu Miu oder Gucci und Vintage-Teilen, dessen Bandbreite vom minimalistischen Chic der 1990er-Jahre bis hin zu expressiveren Stücken aus den 2000ern reicht.

    Das stilistische Gespür des Ladens hat sich längst über die Grenzen Berlins hinaus herumgesprochen: Model (und Stilvorbild der Gen Z) Gabbriette wurde hier schon öfter beim Einkaufen gesichtet. Ein besonderes Highlight für Schnäppchenjäger ist der begehrte Sale, der rund zweimal im Jahr stattfindet und zuverlässig für eine Schlange sorgt. Ein absoluter Anlaufpunkt für modebegeisterte Kenner, die eine monochrome, aber dennoch ausdrucksstarke Garderobe schätzen.

    Archangels Berlin. Schliemannstraße 3, 10437 Berlin-Prenzlauer Berg . Öffnungszeiten: Mo–Mi Geschlossen, Do–Fr 14–19 Uhr, Sa 12–19 Uhr.

    Paris Hilton würde Everything Garms empfehlen

    Umso farbenfroher geht es bei Everything Garms in Kreuzberg zu. Mit einem ausgesprochen bunten und vergleichsweise preisgünstigen Segment jenseits von großen Designernamen richtet sich das Geschäft gezielt an eine jüngere, trendaffine Zielgruppe. Spezialisiert auf Camisole-Tops und Flared Jeans liegt der Fokus hier klar auf den Modetrends der 2000er-Jahre.

    Der Nullerjahre-Look spiegelt sich auch im Interieur wider, das mit alten Designer-Werbeanzeigen und Magazinen aus dieser Ära dekoriert ist. Wer den unbeschwerten Popkultur-Look der Jahrtausendwende à la Paris Hilton sucht, wird in diesem Store definitiv fündig. Ein weiteres Plus für das Einkaufserlebnis: Nach getaner Shoppingarbeit lässt sich an der Kasse ein preiswerter Eiskaffee erwerben, der den Besuch entspannt abrundet.

    Everythinggarms Vintage. Dieffenbachstraße 15, 10967 Berlin-Kreuzberg . Öffnungszeiten: Mo–Sa 12–18 Uhr.

    Der Pionier: Sing Blackbird

    Als eine Art Blaupause für die moderne Berliner Vintage-Szene gilt der fein kuratierte Store Sing Blackbird. Bereits seit 2010 in der Neuköllner Sanderstraße ansässig, gehört das Geschäft zu den Pionieren seiner Art in der Hauptstadt. Drei großzügige Räume sind hier dicht bestückt mit einer anspruchsvollen Auswahl an Damenmode, sortiert nach Kleidungsart und Farben.

    Stilistisch liegt der Fokus auch hier auf den 2000er-Jahren, ergänzt durch ausgewählte Designerstücke und eine deutliche Vorliebe für die Farbe Schwarz. Ein kleinerer, separater Raum bietet zudem ein exklusives Sortiment für Herren. Die Preise bewegen sich im gehobenen Segment, was der hohen Qualität der Stücke entspricht. Wer gut erhaltene Kleidung besitzt, die zur Ästhetik des Ladens passt, kann diese vor Ort abgeben und erhält im Gegenzug einen Warengutschein für das Sortiment.

    Sing Blackbird. Sanderstraße 11, 12047 Berlin-Neukölln . Öffnungszeiten: Mo–Fr 13–19 Uhr, Sa 13–19.30 Uhr, So geschlossen.

    Laufsteg-Lieblinge: Amiata Archive

    In puncto rarer Laufsteg- und Designerstücke nimmt Amiata Archive in Kreuzberg eine absolute Spitzenposition ein. Das Konzept des Stores zeichnet sich durch eine außergewöhnliche Liebe zum Detail aus: Jedes der handverlesenen Kleidungsstücke ist mit einem laminierten Foto des ursprünglichen Laufsteg-Auftritts versehen, was die modische Historie der Raritäten direkt erlebbar macht.

    Der Fokus liegt hierbei ganz klar auf italienischen Designern: MiuMiu, Prada, Dolce & Gabbana, Gucci. Passend dazu leitet sich der Name vom Monte Amiata ab, einem erloschenen Vulkan im Süden der Toskana. Ein Besuch im Store gleicht somit einer explosiven Entdeckungsreise durch die italienische High-Fashion-Geschichte, die in Berlin ihresgleichen sucht.

    Amiata Archive. Böckhstraße 13, 10967 Berlin-Kreuzberg . Öffnungszeiten: Mo–Mi geschlossen, Do–Fr 14–19 Uhr, Sa 12–19 Uhr.

    #Berlin #Neukölln #Prenzlauer_Berg #Kreuzberg
    #Mode #Handel #gebraucht

  • „Wir waren die Undermodels“ : Von stetem Hunger, Knebelverträgen und mächtigen Männern
    https://www.berliner-zeitung.de/article/ich-fuehlte-mich-diesen-geschichten-ueber-epstein-erschreckend-nah-

    Le prolétsriat des mannequins a toujours été exposé aux dangers que représentent les riches et leurs associés. L’univers de la mode sous le capitalisme structure les relations sociales et de ppuvoir. Un témoignage.

    2.6.2026 von Anaís Furtado - Eine Doku über Jeffrey Epstein bringt unsere Autorin dazu, ihre Erinnerungen an ihr Leben als Model in Worte zu fassen.

    Dies ist ein Open-Source-Beitrag. Die Berliner Zeitung und die Ostdeutsche Allgemeine geben allen Interessierten die Möglichkeit, Texte mit inhaltlicher Relevanz und professionellen Qualitätsstandards anzubieten.

    Der Moment, in dem ich beschloss, mit dieser Geschichte anzufangen, kam beim Schauen einer Dokumentation über Jeffrey Epstein auf Netflix – dreißig Jahre nach meinem Debüt als Model. Ich fühlte mich diesen Geschichten erschreckend nah. Den Partys voller mächtiger Männer. Der Atmosphäre aus Reichtum und Verfügbarkeit. Und ich erinnerte mich daran, wie sehr mich all das damals bereits gelangweilt hatte.

    Dann erschien plötzlich das Gesicht einer Frau auf dem Bildschirm. Ich kannte sie. War sie nicht ein Model aus meiner Zeit in Japan gewesen? Ich begann, in meinen Erinnerungen zu suchen. Ich habe ein fotografisches Gedächtnis für Gesichter. Ein Bild nach dem anderen tauchte auf, bis ich schließlich bei einer ganz bestimmten Erinnerung ankam: ein Foto aus dem Jahr 2000. Fünf Mädchen in einem Van in Tokio auf dem Weg zu Castings. Alle jung. Das ganze Leben vor uns. Zwei Jahre später arbeitete eines dieser Mädchen für Jeffrey Epstein.

    Sie war jünger als ich und kam aus Polen. Ihren Namen kenne ich heute aus den Medien. Damals war sie nicht meine Freundin, nur eine Kollegin. Meine engste Freundin in dieser Saison war meine russische Roommate Olga.

    Wir Mädchen von Zucca verbrachten ganze Tage zusammen in Vans, unterwegs zu Castings quer durch Tokio – sofern wir nicht gerade arbeiteten. Ich war die neunzehnjährige „Erfahrene“ bei der Agentur Zucca – eines der brasilianischen Mädchen, älter als die anderen. Kurz davor, einen der begehrtesten Jobs in Japan zu bekommen: die Chanel-Tour. Der Job, der mir den Umzug nach Deutschland ermöglichen würde.

    Schön und dünn wie Kate Moss

    All diese Mädchen gingen später ihren eigenen Weg. Manche verschwanden einfach. Was hatte mich davor bewahrt, ihren Weg zu gehen? Vielleicht trennten uns nur wenige Jahre. Vielleicht eine andere Art von Hunger.

    Zwischen 1996 und 2002 reiste ich als Model um die Welt. Ich war gerade fünfzehn geworden, als ich zum ersten Mal nach Japan flog – mit meiner Mutter und einem Vertrag bei Elite Japan in Tokio. Danach wollte ich nur noch alleine reisen. Frei sein. Meine eigenen Entscheidungen treffen. Ich wollte berühmt werden wie Gisele Bündchen, schön und dünn sein wie Kate Moss. Die Modewelt öffnete ihre Arme – und ich sprang hinein.

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    Ausschnitt aus einem Modelvertrag, Tokio 2000 © Anais Ferreira Furtado

    Insgesamt arbeitete ich vierzehn Saisons in Japan – zwischen den Neunziger- und Nullerjahren. Fast drei Jahre meiner Teenagerzeit verbrachte ich dort: in fragmentierten Monaten zwischen Vans, Model-Apartments, Hotels und Partys. Wir waren keine Topmodels. Wir waren die unsichtbaren Models. Die Undermodels. Schönheitsarbeiterinnen einer globalen Industrie im letzten Glanz des japanischen Wirtschaftsbooms.

    Um das Jahr 2001, kurz nach dieser Tokio-Reise, wollte ich mit dem Modeln aufhören. Ich hatte elektronische Musik und Raves entdeckt – eine andere Welt, die mich faszinierte und zugleich betäubte. Also stürzte ich mich in eine andere Form von Oberflächlichkeit und glaubte, dort würde alles anders funktionieren. Tat es nicht.

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    Maßband aus einem 100-Yen-Shop in Japan. Bis heute in der Schublade unserer Autorin. © Anais Ferreira Furtado
    Die ewige Suche nach Bestätigung

    Trotz meiner wachsenden Abneigung gegen die Fashion-Szene flog ich weiter nach Japan. Bis ich mit zweiundzwanzig bei einem Casting in Tokio als „zu alt“ bezeichnet wurde. „Are you tired?“ „No“, sagte ich. „This is my face.“

    In diesem Moment begriff ich, dass ich zu alt geworden war, um all das noch lächelnd auszuhalten. Dreißig Jahre nach meinem Einstieg beim „Elite Model Look“ in Brasilien beginnt für mich die Aufarbeitung dieser Zeit: Schuldgefühle beim Essen. Der permanente Vergleich mit anderen. Die ewige Suche nach Bestätigung. Ich machte mir damals pausenlos Gedanken darüber, wie ich aussah. Bauch immer eingezogen. Entspannen konnte ich mich nie.

    Jahrelang halfen Zigaretten, Alkohol und Partys dabei, meinen Körper irgendwie am Funktionieren zu halten. „Rauchen macht dünner“, sagten wir und logen uns gegenseitig an. Wie hätte ich meinen Körper genießen können bei der ständigen Sorge, ob ich dünn genug aussah?

    Wir waren austauschbar. Zwei Zentimeter mehr – und der Vertrag wäre gecancelt worden. Also weiter hungern. Das Maßband aus dem 100-Yen-Shop liegt noch heute in meiner Schublade.
    Eine kleine Kollektion schöner Model-Freunde

    Was mich damals vielleicht davor bewahrte, zum Schönheitsobjekt eines mächtigen Mannes zu werden, war meine Gleichgültigkeit gegenüber Reichtum. Ich wollte nicht reich geheiratet werden. Ich wollte begehrt werden. Ich wollte reisen. Abenteuer erleben. Berühmt werden. Und vor allem wollte ich einen schönen Model-Freund haben. Genau das war als Teenager mein Ziel, genährt von all den Zeitschriften, die ich verschlang.

    Ich hatte eine kleine Kollektion schöner Model-Freunde. „VIP, VIP, eh eh, VIP – hoy tengo uno, mañana otro.“ Irgendwann verstand ich: Schönheit allein macht mich nicht glücklich.

    Vielleicht war es genau diese Naivität, diese Fixierung auf Schönheit selbst, die mich vor den mächtigen Männern bewahrte, die ständig um uns herumkreisten. Ich wurde unzählige Male eingeladen. Ich hätte auf all diesen Partys sein können – auf der Suche nach einer reichen Beute und gleichzeitig selbst zur Beute geworden. Aber ich wollte nicht.

    Anaís Furtado kam im Jahr 2000 aus Brasilien nach Deutschland. Nach vielen Jahren in der internationalen Modebranche studierte sie Kulturwissenschaften und Interdisziplinäre Lateinamerikastudien. Heute arbeitet sie als freischaffende Künstlerin und Projektkoordinatorin in der Stadtteilarbeit in Berlin. In ihrer Arbeit verbindet sie persönliche Erfahrungen mit Fragen von Migration, Macht und Zugehörigkeit und beschäftigt sich mit den Spannungen zwischen individuellem Erleben und gesellschaftlichen Narrativen.

    #exploitation #femmes #mode #abus_sexiel #mode

  • L’#université à l’épreuve des machines

    Les #IA génératives n’ouvrent pas seulement un nouveau chapitre de la #fraude_académique. Elles déstabilisent plus profondément le #régime_de_preuve sur lequel l’université s’est longtemps reposée : nous avons pris des textes finis pour des signes d’#apprentissage. Lorsque des réponses plausibles deviennent triviales à produire, l’enjeu n’est plus de protéger des devoirs, mais de former et d’éprouver le #jugement.

    À l’été 1956, à Dartmouth, un petit groupe de chercheurs se réunit autour d’une hypothèse que beaucoup tenaient pour de la science-fiction : tout aspect de l’apprentissage pourrait, en principe, être décrit avec une précision suffisante pour être simulé par une machine. C’est là que fut forgée l’expression « #intelligence_artificielle ». Près de soixante-dix ans plus tard, les descendants de ce pari composent des textes, du code et des argumentaires avec une aisance qui peut passer, au premier regard, pour celle d’un esprit cultivé. La question qu’ils posent à l’université n’est pas seulement technique. Elle est institutionnelle : que certifions-nous au juste lorsque nous disons qu’un étudiant a appris ?

    On affirme volontiers que l’intelligence artificielle a créé une crise de l’#éducation. C’est inexact. Elle a surtout rendu impossible à dissimuler une confusion beaucoup plus ancienne. Pendant des années, les universités ont récompensé la #fluidité plus que la #compréhension, le poli plus que la profondeur, la #performance plus que le #jugement. Tant que produire un texte cohérent demandait du #temps, de l’#effort et une #compétence relativement rare, l’illusion tenait. Elle ne tient plus. Lorsqu’un étudiant peut obtenir en quelques minutes une #dissertation propre, structurée et plausible en donnant quelques consignes à un #modèle_de_langage, la vraie question n’est plus seulement celle de la #fraude. Elle est de savoir ce que nos exercices mesuraient réellement.

    J’en ai eu récemment une illustration simple. Un étudiant me présente un brouillon impeccable : phrases nettes, transitions soignées, argumentation apparemment maîtrisée. Je lui demande pourquoi une proposition découle de la précédente. Il hésite, puis se met à décrire le texte comme on décrirait un objet : ce qu’il contient, l’effet qu’il produit, l’usage qu’on peut en faire. Le #texte avait été généré avec l’aide d’un modèle, puis retouché. Il était correct. Il n’était pas habité. Ce qui frappait n’était pas l’usage de l’outil, mais la dissociation entre l’#aisance_verbale et le #travail_de_la_pensée. Le problème n’était pas seulement l’#auctorialité du texte ; c’était l’effondrement du lien entre la #production_d’un_écrit et la #preuve_d’un_apprentissage.

    Produire un résultat, former un jugement

    C’est ce lien que l’IA fragilise. L’université moderne a longtemps traité la #production_finie comme l’indice suffisant d’un travail intérieur : un devoir rendu, un commentaire composé, une note de synthèse, un mémoire. Or produire un résultat n’est pas former un jugement. Certaines opérations peuvent être déléguées parce qu’elles visent un objet extérieur : mettre en forme, résumer, reformuler, ordonner des matériaux. D’autres changent de nature dès qu’on prétend les déléguer : remarquer ce qui résiste, identifier une faille, peser une objection, décider qu’une conclusion ne suit pas, répondre de ce que l’on avance. Ces actes n’ont d’effet que si une personne les accomplit. Leur fin n’est pas seulement de produire un énoncé ; elle est de former celui qui l’énonce.

    Formulé autrement, le problème n’est pas d’abord qu’un texte généré puisse ressembler à un texte d’étudiant. Il est que l’institution ait peu à peu cessé de distinguer entre un artefact verbal convaincant et une pensée véritablement éprouvée. Ce que l’IA met en crise, ce n’est donc pas seulement l’#authenticité des copies ; c’est le type d’épreuve à partir duquel l’université prétend reconnaître une formation.

    Le cas français est ici instructif à condition de ne pas le mythifier. Certaines de ses formes les plus exigeantes – dissertation, khôlle, soutenance, oral de concours – ont longtemps reposé sur une intuition simple : un texte ne suffit pas, encore faut-il qu’un sujet en réponde. Mais la #massification_universitaire, la #bureaucratisation de l’#évaluation et la multiplication des #livrables ont, là aussi, restauré le règne du produit fini. L’intérêt de ces traditions n’est donc pas de fournir un refuge nostalgique. Il est de rappeler qu’une #épreuve_intellectuelle est d’abord un dispositif de mise en #responsabilité.

    On aurait tort d’y voir le privilège de quelques filières d’élite. La logique qui importe n’est pas sociale ; elle est épistémique : rendre visible, dans un échange, ce qu’aucun livrable ne montre à lui seul.

    L’ignorance de qualité

    Ce point vaut aussi pour la recherche. Le scientifique ne travaille pas seulement avec du #savoir_établi ; il travaille avec des #problèmes. Ou, selon la formule du biologiste Stuart Firestein, avec de « l’#ignorance_de_qualité » : une conscience disciplinée de ce qui #manque, de ce qui ne tient pas encore, de la question qui n’a pas trouvé sa forme définitive. L’image est celle d’un cercle qui s’élargit : plus le savoir croît, plus sa circonférence – c’est-à-dire la frontière avec ce que nous ne comprenons pas encore – s’étend. La #découverte ne vit pas au centre du cercle, dans l’archive stabilisée de ce qui a été établi. Elle vit à la périphérie, là où les #certitudes se dissolvent et où les #questions n’ont pas encore reçu de réponse.

    Je le vois au quotidien dans ma propre discipline, la biologie mathématique. Formuler une hypothèse féconde n’est pas un exercice de combinatoire sur ce qui est déjà publié. C’est un acte qui commence par une perception : quelque chose ne colle pas dans les données, un résultat établi n’est pas aussi robuste qu’on le croit, une question importante se dissimule derrière des formulations convenues. Cet acte de perception précède la méthode. Il suppose qu’un esprit ait séjourné assez longtemps dans l’#incertitude pour sentir, presque physiquement, où se trouve le problème digne d’être posé. C’est un travail de longue haleine, qui ne se transmet pas par simple énonciation.

    Les grands modèles de langage opèrent avec une virtuosité remarquable dans le domaine du déjà-dit. Ils synthétisent, recombinent, prolongent l’archive. Lorsqu’ils paraissent proposer une hypothèse nouvelle, ils remontent en réalité une hypothèse connue ou oubliée depuis l’intérieur de leurs données d’entraînement. Ils ne séjournent pas dans l’incertitude comme le fait un esprit engagé dans une #enquête. Ils ne sentent pas, de l’intérieur, qu’un raisonnement est creux malgré sa correction apparente. Ils peuvent étendre le discours ; ils ne peuvent pas assumer la responsabilité de la #vérité. Former des chercheurs, c’est former des esprits capables de se tenir à la circonférence du cercle. Ce n’est pas seulement leur transmettre ce qui est su ; c’est leur apprendre à habiter ce qui ne l’est pas.

    C’est pourquoi la #recherche n’est pas un supplément prestigieux à la mission pédagogique de l’université. Un enseignant qui travaille lui-même à la frontière du connu n’apporte pas seulement un stock de contenus : il introduit les étudiants à une certaine manière d’habiter l’incertitude, de formuler une objection, d’accepter qu’une bonne question vaille davantage qu’une réponse prématurée. L’université commence à perdre sa raison d’être lorsqu’elle sépare trop nettement #transmission, recherche et #jugement. Cette proximité avec la recherche n’est pas un luxe réservé à quelques-uns ; elle est la condition d’une université qui ne se contente pas d’administrer des connaissances.

    Les deux fausses sorties

    D’où l’insuffisance des deux réponses les plus répandues. La première est l’#interdiction : détecteurs, surveillance, inflation réglementaire. Elle est vouée à l’épuisement. Ces outils sont déjà trop présents pour être tenus durablement hors des salles de cours, et il serait absurde de former des diplômés condamnés à ignorer la technologie la plus structurante de leur époque. La seconde est la #capitulation_managériale : réduire l’université à une école d’adaptation où l’on apprend surtout à rédiger de bonnes consignes et à exploiter plus vite les outils. L’étudiant devient alors un opérateur. Dans les deux cas, on présuppose que la mission de l’université consiste avant tout à produire des réponses. C’est précisément ce que l’IA nous oblige à réexaminer.

    La bonne réponse est plus exigeante. Elle consiste moins à inventer une mission nouvelle qu’à rendre à l’université sa tâche propre : former le jugement en mettant les esprits à l’épreuve. Cela suppose davantage d’écriture en présence, davantage de défense orale des arguments, davantage de séminaires organisés autour de questions réelles plutôt que de réponses attendues. Une conversation de dix minutes suffit souvent à distinguer une idée comprise d’une idée seulement produite. Si l’étudiant utilise l’IA, qu’il le dise, qu’il en montre les traces, qu’il explique ce qu’il a gardé, écarté, reformulé, et pourquoi. L’enjeu n’est pas la police des usages ; c’est la responsabilité de l’énonciation.

    À Dartmouth, là même où l’expression « intelligence artificielle » fut inventée, nous commençons à intégrer ces outils non comme des raccourcis, mais comme des occasions de #rigueur. Dans certains séminaires d’écriture de première année, les étudiants peuvent demander à un modèle de proposer des contre-arguments ou des interprétations alternatives. Puis le vrai travail commence : annoter ce que l’outil a produit, repérer ce qui est inexact ou inventé, défendre à voix haute les choix retenus et ceux qui ont été écartés. Un étudiant est ainsi arrivé avec un paragraphe élégamment rédigé et une citation assurée. Lorsqu’on lui a demandé d’où venait la source, le silence s’est installé. Il a fallu remonter pas à pas le fil du texte généré, reconnaître que la référence n’existait pas, puis reprendre l’argument en nommant cette fois l’incertitude plutôt qu’en la recouvrant. L’outil avait accéléré la rédaction ; le séminaire a exigé le jugement.

    Le principe du #tutorat

    Paradoxalement, la solution la plus moderne est peut-être l’une des plus anciennes : le principe du tutorat. Il ne s’agit pas d’un artifice institutionnel hérité d’Oxford ou de Cambridge, mais d’une forme pédagogique dont la logique philosophique est beaucoup plus ancienne. La #disputatio médiévale, l’#entretien_socratique, la soutenance de thèse – toutes ces pratiques partent d’une même intuition : la pensée véritable se manifeste et se vérifie dans le #dialogue, lorsqu’un esprit doit répondre à la question qu’un autre esprit lui pose.

    Ce que le tutorat met à l’épreuve n’est pas la mémoire, ni même la qualité du texte préalablement rédigé. C’est la capacité de l’étudiant à habiter son propre #argument : à en suivre les implications lorsqu’elles sont contestées, à reconnaître les points où il avait escamoté la difficulté, à reformuler en temps réel lorsqu’une objection oblige à préciser. Cette épreuve ne peut être simulée. Non parce que la machine manquerait d’intelligence, mais parce que l’acte dont il s’agit est, par sa nature même, celui d’une personne qui répond de ce qu’elle a dit.

    Un étudiant écrit, puis s’assoit face à un enseignant ou à un chercheur et soutient son #argumentation dans une #conversation. Il devient alors difficile de se cacher derrière l’élégance de surface. Une machine peut fournir un texte ; elle ne peut ni répondre de ce qu’elle affirme, ni porter la responsabilité d’une idée. Ce n’est pas un archaïsme pédagogique. C’est peut-être, dans l’âge des machines à réponses, la forme la plus contemporaine de l’exigence universitaire.

    Généraliser ce principe ne suppose pas de copier la forme sociale du tutorat anglais. Il s’agit d’en adopter la logique : des séminaires qui culminent dans une #défense_orale ; des laboratoires où l’étudiant doit expliquer ce qu’un résultat dit et ce qu’il ne dit pas ; une pédagogie de l’écriture qui rend visible le travail de #révision et exige que l’étudiant assume ses #choix. Dans le monde français, les traditions de la dissertation orale, de la khôlle et de la soutenance fournissent des points d’ancrage précieux. Elles ne sont pas à ranger au musée. Elles sont à réactiver.

    L’université et le jugement démocratique

    Les enjeux de cette redéfinition dépassent de beaucoup les murs de l’université. L’IA amplifiera tout à la fois le savoir et le bruit, la productivité et la manipulation, la connaissance et la #désinformation. Dans un tel environnement, la compétence la plus précieuse n’est pas celle de produire rapidement des énoncés vraisemblables – les machines le feront toujours mieux que nous. C’est celle d’évaluer ce que l’on reçoit, de distinguer un argument d’une #rhétorique, de reconnaître les signes d’une fabrication, et de changer d’avis sans humiliation lorsque les preuves l’exigent.

    Aucune #démocratie ne survit à long terme si ses citoyens confondent la fluidité d’un énoncé avec sa vérité. Or la fluidité, désormais, est gratuite. Dans les mois qui viennent, elle sera mise au service aussi bien du commerce que de la propagande, de la science que du charlatanisme, de la délibération publique que de l’influence algorithmique. Les institutions qui forment des esprits capables de résister à cette saturation – qui apprennent à peser, à #douter, à #réviser – jouent donc un rôle civique que l’on ne peut pas sous-traiter. L’université est la première de ces institutions, non par privilège, mais par fonction.

    Cette fonction n’est pas nouvelle. Elle est consubstantielle à l’idée d’#enseignement_supérieur telle qu’elle s’est formée dans la tradition européenne : former des personnes capables de peser des #preuves, d’articuler une #conviction, et d’en porter la #responsabilité_publique. Ce que l’IA met en demeure, ce n’est pas cette tradition ; c’est la dérive qui a, dans trop d’institutions, substitué à la formation du jugement la certification de productions.

    Ce qui se déplace

    L’université n’aura pas à rivaliser avec les machines sur le terrain des réponses. Elle perdrait d’avance, et ce serait une erreur de terrain. Son avenir dépend d’autre chose : sa capacité à redevenir le lieu où l’on apprend non seulement à produire des énoncés plausibles, mais à en répondre. À mesure que les réponses deviennent abondantes, la rareté se déplace. Elle ne réside plus dans l’#information, mais dans la formation d’un esprit capable d’assumer un jugement, de l’exposer à la #contradiction, de le réviser et d’en porter la responsabilité.

    C’est dans ce déplacement que se joue l’avenir de l’institution. Les universités qui persisteront à produire des diplômes au sens administratif – des certificats adossés à des livrables acceptables – trouveront dans l’IA un concurrent imbattable et un révélateur. Celles qui redécouvriront leur tâche propre – former des esprits capables de juger – découvriront que la technologie qui semblait les menacer avait en réalité clarifié leur mission. L’âge de la machine à réponses est peut-être, paradoxalement, celui où l’université retrouve ce pour quoi elle a été faite.

    https://aoc.media/analyse/2026/05/12/luniversite-a-lepreuve-des-machines
    #AI #intelligence_artificielle #à_lire

    –—

    Je retiens notamment :

    D’où l’insuffisance des deux réponses les plus répandues. La première est l’interdiction : détecteurs, surveillance, inflation réglementaire. Elle est vouée à l’épuisement. Ces outils sont déjà trop présents pour être tenus durablement hors des salles de cours, et il serait absurde de former des diplômés condamnés à ignorer la technologie la plus structurante de leur époque. La seconde est la capitulation managériale : réduire l’université à une école d’adaptation où l’on apprend surtout à rédiger de bonnes consignes et à exploiter plus vite les outils. L’étudiant devient alors un opérateur. Dans les deux cas, on présuppose que la mission de l’université consiste avant tout à produire des réponses. C’est précisément ce que l’IA nous oblige à réexaminer.

    La bonne réponse est plus exigeante. Elle consiste moins à inventer une mission nouvelle qu’à rendre à l’université sa tâche propre : former le jugement en mettant les esprits à l’épreuve. Cela suppose davantage d’écriture en présence, davantage de défense orale des arguments, davantage de séminaires organisés autour de questions réelles plutôt que de réponses attendues. Une conversation de dix minutes suffit souvent à distinguer une idée comprise d’une idée seulement produite. Si l’étudiant utilise l’IA, qu’il le dise, qu’il en montre les traces, qu’il explique ce qu’il a gardé, écarté, reformulé, et pourquoi. L’enjeu n’est pas la police des usages ; c’est la responsabilité de l’énonciation.

  • L’incertaine #viabilité_économique de l’#IA générative

    Alors que les #investissements gigantesques dans le secteur se poursuivent, les conditions de la #rentabilité deviennent de plus en plus difficiles. Le #modèle_économique du secteur change, sans s’assurer une porte de sortie satisfaisante.

    L’économieL’économie de l’intelligence artificielle (IA) générative entre dans le dur. Ces dernières semaines, plusieurs informations sont venues confirmer que la question des modèles économiques liés à cette technologie se posait avec une acuité particulière. Le 24 mars, #OpenAI, l’inventeur de #ChatGPT et une des locomotives de l’IA, annonçait l’abandon de deux projets annoncés précédemment avec tambours et trompettes.

    Non seulement son idée de #chatbot (#robot_conversationnel) érotique a été « mis[e] en pause indéfiniment », mais, bien plus important, la plateforme de création de vidéos #Sora a également été fermée deux mois après son lancement en grande pompe.

    Pourtant, lors de son lancement en décembre 2025, Sora était présentée comme le produit phare d’OpenAI. Son argument marketing principal était qu’il bénéficiait du catalogue de personnages de Disney. La firme de divertissement avait, en outre, annoncé vouloir investir 1 milliard de dollars dans ChatGPT. Sora, alors, était vue comme une sorte de seconde ChatGPT, renforçant l’usage quotidien de l’IA et sa diffusion dans l’industrie culturelle.

    Seulement, l’affaire avait vite tourné au vinaigre pour #OpenAI. La création de #vidéos par IA est en effet extrêmement coûteuse, mais elle n’a quasiment rien rapporté à l’entreprise. Et le problème, c’est que plus les utilisateurs sont nombreux, plus le coût augmente. Sans relever les recettes en parallèle. Selon le Wall Street Journal, Sora coûtait en moyenne 1 million de dollars par jour et n’a rapporté, depuis son lancement, qu’un peu plus de 2 millions de dollars.

    Un #tonneau_des_Danaïdes qui pourrait, en soi, ne pas poser de problème. C’est en effet la stratégie classique des start-up technologiques : elles imposent un usage par la #quasi-gratuité, enregistrent alors de fortes #pertes, puis une fois cet usage devenu un besoin incontournable, elles ont capté leur clientèle, fixent leurs prix et réalisent des profits records. Un exemple récent de ce système a été celui de la plateforme musicale #Spotify.

    Le modèle économique de l’IA : plus les chemins de fer qu’Internet

    Mais, cette fois, OpenAI n’a pas voulu, dans le cas de Sora, développer cette stratégie. Au contraire, la start-up a proclamé qu’elle allait utiliser les fonds économisés par la fermeture de Sora sur des produits « agentiques », ces applications d’intelligence artificielle capables d’agir de façon autonome pour exécuter des tâches à la place des humains. Des applications visant une clientèle d’entreprises désireuses d’améliorer leur productivité. Autrement dit, des produits potentiellement rentables pour OpenAI, qui pourra récupérer une partie de ces gains de productivité supplémentaires réalisés.

    La décision d’OpenAI traduit un tournant pour l’ensemble de l’industrie naissante de l’IA. Le modèle « Internet » de start-up qui a prévalu jusqu’ici avec ChatGPT a déjà atteint ses limites. Pour une raison simple : l’IA s’appuie bien davantage sur des #infrastructures_physiques dont le coût est élevé. Dès lors, cette technologie est continuellement confrontée à une contradiction entre ce que Karl Marx appelle le « processus de production » et le « processus de valorisation ».

    Sur le papier, l’IA générative peut faire bien des choses, notamment produire à l’infini des vidéos plutôt tartes avec des personnages de Disney pour le plus grand enthousiasme des yeux contemporains. Son processus de production semble sans limites. Mais les conditions de cette production sont très coûteuses. L’IA mobilisée par OpenAI repose sur un grand modèle de langage (large language model, LLM), qui s’appuie sur des puissances de calculs de puces dernière génération extrêmement élevées mises en réseau dans de gigantesques #centres_de_données (#data_centers).

    Tout est cher dans ce schéma : les #puces, la construction des centres de données, leur maintenance dans des conditions optimales, le traitement des données… L’absence théorique de limites de l’IA vient se fracasser sur sa capacité à être rentable. Et la décision d’OpenAI concernant Sora nous dit que certaines applications ne peuvent pas être rentables, même à long terme.

    Le pari à la Spotify ne peut pas fonctionner ici : il nécessiterait la mobilisation beaucoup trop élevée de #moyens_financiers avec des perspectives de #retour_sur_investissement beaucoup trop faibles. Une étude de la banque HSBC indiquait, avant le lancement de Sora fin décembre, que si OpenAI réalisait en 2030 200 milliards de dollars de chiffre d’affaires (il en a réalisé 13,1 milliards en 2025), il lui faudrait lever, en parallèle, 207 milliards de dollars pour rester financièrement viable. C’est plus que le PIB actuel du Maroc prévu par le Fonds monétaire international (FMI) pour 2026.

    Voilà la clé pour comprendre l’économie de l’IA : le #changement_d’échelle (#scaling) de la production d’IA sur lequel elle repose s’accompagne d’un changement d’échelle de ses coûts. Et la difficulté est, dès lors, non pas seulement le financement de l’amorçage et du décollage de la technologie, mais celui de son fonctionnement quotidien. C’est cela que nous dit l’affaire Sora : on ne peut pas espérer « sauter par-dessus » l’enfance de l’industrie pour se retrouver dans le monde enchanté d’une activité rentable. L’IA n’est ni le smartphone ni Internet.

    Ce nouveau secteur ressemblerait plutôt davantage au chemin de fer : une technologie fortement capitalistique aux #coûts_fixes si importants que sa rentabilité a toujours été problématique et que l’État a presque toujours dû être mobilisé pour assurer son existence.

    Au reste, le montant des investissements consentis pour le développement des infrastructures de l’IA, principalement les centres de données remplis de puces en réseau, sont si vertigineux qu’ils égalent sans doute ce qui avait été la fièvre de la construction des chemins de fer en Europe occidentale et en Amérique du Nord, dans les années 1840 et 1860.

    Car, alors qu’OpenAI stoppait Sora en catastrophe, les milliards de dollars continuaient à irriguer le secteur. L’entreprise de Sam Altman a levé le 31 mars 122 milliards de dollars, un record historique pour une levée de fonds privée. Et début février, les quatre géants de la technologie (#Amazon, #Meta, #Alphabet et #Microsoft) prévoyaient ensemble de dépenser 650 milliards de dollars dans l’IA en 2026, soit 60 % de plus qu’en 2025.

    Les chiffres sont vertigineux. Selon le Financial Times, l’ensemble de la valeur des installations liées à l’IA en 2030 pourrait atteindre le chiffre astronomique de 9 000 milliards de dollars. Et une puissance cumulée pour les centres de données de 125 gigawatts, soit plus de trois fois l’usage de l’#électricité d’un pays comme le Royaume-Uni aux heures de pointe.

    Fuite en avant

    Ces investissements massifs ne sont pas le fruit du hasard. L’enjeu pour les acteurs du système est d’atteindre le plus rapidement la taille critique pour imposer leurs produits sur le marché, mettre en place un système oligopolistique ou monopolistique et, finalement, pouvoir imposer ses prix et espérer un retour sur leurs investissements.

    Dans ce jeu de vitesse, les acteurs ne sont cependant pas tous égaux. OpenAI est en bout de chaîne. Il développe les produits d’IA, mais ne contrôle pas les centres de données. Sa position est, par ailleurs, plus soumise à la concurrence dans la mesure où les LLM sont moins coûteux à développer que la construction de centres de données. ChatGPT est donc soumis à une dangereuse concurrence, notamment celle de #Claude, le modèle de l’entreprise Anthropic.

    Comme souvent, les « opérateurs » de la technologie sont plus fragiles que les fournisseurs d’infrastructure, parce qu’ils accumulent les coûts en fin de chaîne mais qu’ils sont aussi soumis aux effets de revenus des consommateurs finaux. Les compagnies ferroviaires souffrent davantage que les fournisseurs d’acier prospèrent.

    Mais la particularité de l’IA complique l’équation. À l’importance des coûts s’ajoute la question très sensible de la #durée_de_vie des centres de données et des puces qui les peuplent. On ignore beaucoup de choses sur ce point. L’industrie fonde ses calculs sur une durée de vie de six ans. Microsoft évoque un temps compris entre deux et six ans.

    Certaines sources évoquent la possibilité que les puces soient entièrement épuisées au bout de trois ans. Et Bloomberg estime que les centres de données, des bâtiments très fragiles et sensibles, pourraient devenir obsolètes au bout de cinq ans.

    En estimant que les 9 000 milliards de dollars soient suffisants pour les besoins de l’IA d’ici à 2030, il faudrait donc renouveler cet investissement colossal au moins tous les cinq ans.

    La réponse des Big Tech est alors celle de la #fuite_en_avant. Il faut construire beaucoup et vite pour pouvoir atteindre une taille critique, devenir incontournable pour le marché et imposer une logique oligopolistique capable d’imposer des prix suffisants pour absorber de tels coûts gigantesques. De Spotify, le modèle devient Andrew Carnegie, bâtisseur d’un véritable monopole de l’acier aux États-Unis à la fin du XIXe siècle.

    Une course de vitesse qui a donné aux grands acteurs de l’IA leur nouveau nom : les #hyperscalers, autrement dit ceux qui sont capables de démultiplier l’échelle de l’IA. Car l’#échelle devient un élément central pour la rentabilité.

    Ces acteurs défendent des stratégies proches, mais qui, néanmoins, se distinguent. Meta tente de développer un modèle « interne » concentrant ses investissements sur son propre usage ; Amazon se concentre sur les infrastructures d’amont qu’ils louent à d’autres ; Google et Microsoft rajoutent à cette dernière activité le développement de produits finaux en vue de contrôler tout l’écosystème.

    Circularité de la #dette

    Dans cette course, les Big Tech dispose d’un atout de poids : une trésorerie abondante reposant, dans l’#économie_numérique actuelle, sur des quasi-rentes. On pourrait, d’ailleurs, résumer leurs stratégies par le maintien de cette rente. Mais ces liquidités qui, voici encore quelques années, semblaient gigantesques, ne suffisent plus. L’impensable se produit : les #Big_Tech doivent désormais avoir recours à la dette.

    La banque états-unienne Morgan Stanley estime que les hyperscalers vont emprunter 400 milliards de dollars cette année, après 165 milliards en 2025. En tout, les besoins de financement externe sont estimés à 1 500 milliards de dollars. C’est un changement majeur de modèle économique pour ces entreprises. Et pour préserver leur capacité d’endettement, elles sont même obligées de contourner les obstacles et de prendre de nouveaux risques.

    D’abord, elles mettent en place une « économie circulaire » de la dette. Les acteurs de l’IA ayant tous un intérêt commun, celui d’imposer l’usage de cette technologie au point de la rendre rentable, ils coordonnent leurs efforts par des accords parfois étonnants où ils se prêtent des fonds ou se garantissent des prêts. Désormais, le monde de l’IA est devenu une gigantesque toile d’araignée d’engagements mutuels où chacun dépend financièrement des autres.

    #Risques_financiers

    Une autre façon d’assurer ces moyens, c’est de recourir à des sociétés ad hoc (#special_purpose_vehicle, ou #SPV) pour financer la construction des centres de données ou l’acquisition de puces. Ces entités, souvent montées avec le financement d’investisseurs externes ou de banques, deviennent propriétaires des actifs en question et peuvent émettre des obligations en s’appuyant sur la note de la Big Tech qui pilote l’opération.

    En retour, la Big Tech paie un loyer pour avoir le droit d’utiliser ces actifs. Sa situation financière est laissée intacte par l’opération et les centres de données ou les puces sont mis à sa disposition. Mais, évidemment, la construction n’est pas sans risques. Si le centre de données ou les puces deviennent obsolètes plus rapidement que prévu, il n’est pas dit que le remboursement de la dette soit possible.

    En octobre, la banque centrale britannique s’est inquiétée de l’ampleur de la dette mobilisée pour financer les centres de données. « Si le montant de la dette liée à l’IA et aux infrastructures énergétiques associées se matérialise, les risques sur la stabilité financière pourraient augmenter », souligne l’institution. Car, de plus en plus, les banques et les sociétés de finance privée ont une exposition massive à ce secteur.

    Résumons : la future rentabilité des activités liées à l’IA devra assurer le financement des coûts de fonctionnement gigantesques de cette technologie, mais aussi l’#obsolescence rapide de ces infrastructures et les coûts financiers liés à la dette contractée pour le déploiement de l’IA. Le tout en assurant un rendement « net » permettant la rentabilité des opérations en cours. En bref : le coût du capital de l’IA est astronomique.

    Comment cette technologie pourra-t-elle dégager de telles marges ? La réponse des Big Tech et d’OpenAI, c’est que les utilisateurs finaux paieront. Un pari risqué, que Mediapart explore dans le second volet de cette série.

    https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/040426/l-incertaine-viabilite-economique-de-l-ia-generative
    #économie #perte #gain #coût #profits #profit #AI #IA #intelligence_artificielle

    • Pluralistic: The AI bubble isn’t like the internet #bubble (26 May 2026)

      One of the surprise breakout software products of the early web was Lotus Notes, a kind of primitive precursor to all-in-one office productivity suites like GDocs, Office365, etc. It was so important that its creator, Ray Ozzie, was promoted to Microsoft’s Chief Software Architect, succeeding Bill Gates himself:

      https://knowledge.wharton.upenn.edu/podcast/knowledge-at-wharton-podcast/the-man-who-would-change-microsoft-ray-ozzies-vision-for-co

      People who remember Notes tend to deride it for its clunky user interface and demi-functional administrative tools. But what made Notes so central to Microsoft wasn’t its polish – it was the fact that Notes represented a brokered peace between IT managers, who wanted mainframe-like control over everything their users could do with business equipment, and the users themselves – workers who kept smuggling internet-based tools into the enterprise network on the very sensible grounds that they had a job to do, and these were the best tools to do it.

      The arrival of internet-based tools – especially ones that ran in browsers – represented a major challenge to IT departments, who had been long accustomed to dictating terms to their users. If the IT manager and the compliance department decided that the best way to manage disclosure and leak risks was to block all email attachments for outside users, then that was that: no one could send those attachments.

      But after the internet arrived on the corporate desktop, employees who needed to get documents to supply chain partners and customers could treat these IT policies as damage and route around them. Just fire up your Hotmail or Yahoo mail window, or hop on MSN Messenger or ICQ or AIM, or drop the file on an anonymous FTP server and send the link to your counterparty. Job done!

      IT managers hated this, and to be fair to them, they weren’t (always) wrong. These outside tools came from a variety of untrustworthy sources, including malicious sites that pushed virus-infected versions to their users. Also, by evading firewall rules with these tools, users made it impossible to achieve the compliance goals that IT had been charged with enforcing, and it was IT’s asses on the line if the company got in trouble as a result.

      Foundationally, IT was being asked to do two irreconcilable things: they were supposed to be enabling workers to get their jobs done, and they were supposed to be stopping those workers from doing things that could harm the business. This can’t be done, because the only way to eliminate the possibility that a worker will take an action that harms the business is to gag that worker and lock them in a dungeon. Workers need flexibility and freedom to achieve business goals, and that flexibility and freedom means that those workers might (deliberately or accidentally) thwart the business’s goals.

      What’s more, workers will always run into situations that were not anticipated by policy, and if they are denied any agency or initiative, they will fail to get their jobs done. In work, the exception is the rule, hence the importance of “process knowledge” (all the implicit knowledge shared among workers across the firm and its suppliers and customers, which cannot be captured or recorded):

      https://pluralistic.net/2025/09/08/process-knowledge/#dance-monkey-dance

      Indeed, there’s a form of labor action called a “work to rule,” in which workers only do the things dictated by their rulebooks, without taking any of the routine additional measures dictated by process knowledge. Merely by following every rule to the letter, workers can grind a shop to a halt:

      https://en.wikipedia.org/wiki/Work-to-rule

      Since the dawn of personal computers, workers and IT departments have come into conflict, as workers literally smuggled technology into the business that could do things the IT department had (often arbitrarily and capriciously) prohibited. When Visicalc emerged as the killer app for the Apple ][+, workers snuck these computers into work and used them to sort spreadsheets in ways that IT had declined to permit. They didn’t do this to cheat or steal from the company – the whole point was to do a better job.

      So it was with the early web: workers discovered a myriad of new capabilities in the free-to-use world of web-based tools and realized how these tools would make them much more effective at their jobs. The fact that IT wouldn’t let them do these things was just more evidence that IT – and the managers who set IT’s agenda – didn’t understand the business as well as workers.

      It didn’t help that IT managers’ first line of defense was the high-tech version of abstinence-only education: “You only think you need your work computers to do this, but really, you don’t, so stop trying”:

      https://www.theguardian.com/technology/2009/jun/16/computer-security-abstinence

      Abstinence-only education never works, but where “you only think you need this” failed, Lotus Notes succeeded. Lotus Notes provided a whole suite of tools that largely (if imperfectly) replaced the universe of free tools that workers were using to evade their IT departments’ edicts, so they could get their jobs done. At the same time, Lotus Notes provided a set of management tools that let IT fine-tune how these tools worked, giving them (some) of the controls they needed to achieve their compliance goals.

      Like all brokered peace settlements, Lotus Notes left both sides feeling like they’d made a compromise they could live with, giving up some of their goals, but keeping the things that really mattered to them.

      It’s impossible to overstate how important Lotus Notes and similar products were, because workers demanded the right to use the web on their work computers, and they made those demands so forcefully that managers had to completely re-do their IT policies, lest those workers treat them as damage and route around them. Back then, the tech press was full of stories about these conflicts, as workers insisted that the new technology that was sweeping the nation was so foundational and transformative that they had to be allowed to use it.

      What we never saw back then were stories about how managers had to monitor workers to ensure that they were using the web as much as possible. No one had to force workers to find ways to integrate the web into their workflows.

      In other words, the story of the web at work was the opposite of the story of AI at work. Today, you can’t turn around without reading a story about bosses who are threatening to fire workers if they don’t increase their AI usage:

      https://www.businessinsider.com/boss-track-ai-use-career-2025-8

      Virtually every major company now has a program to force workers into using AI:

      https://www.cnbc.com/2026/05/05/ai-use-work-employee-monitoring-tech-surveillance.html

      It’s conceivable that over the past quarter-century, bosses have become technophiles while workers have fallen prey to superstitious technophobia, but it hardly seems likely. Historically, workers have always been enthusiastic about tools that let them do a better job – indeed, it’s a truism that labor-led automation produces improvements in quality, while capital-driven automation increases throughput (often at the expense of quality).

      Workers aren’t the only typical early adopters who find AI lacking. As a group, teenagers and young adults hate AI:

      https://www.nytimes.com/2026/04/09/style/gen-z-ai-gallup-study.html

      That’s not what it was like during the early web days. Back then, young people entering the workforce were passionate devotees of the web, to the point where the business press routinely ran articles asking how today’s workplaces were going to adapt to the demands of these webbed-up workers.

      https://www.nber.org/digest/apr03/internet-changes-labor-market

      AI boosters insist that the deficits we see in AI – its lack of profitability, its primitive and error-riddled outputs – are no different from the shakedown problems of the early web (and we know how the web turned out!). But this is a profoundly flawed comparison: the early web and AI are very different from one another.

      For one thing, the early web may have lost money, but it had great unit economics. Every new web user brought the web closer to profitability, as did every new use of the web, and every new generation of web technology. By contrast, AI has – in the memorable phrasing of Ed Zitron – “dogshit unit economics.” Every new AI user makes AI less profitable, as does every new use for AI, and each generation of AI loses more money than the last. AI is the money-losingest endeavor in human history:

      https://pluralistic.net/2025/09/27/econopocalypse/#subprime-intelligence

      In other words, the early web was a technology that grew more profitable every day, which workers and young people had to force on their bosses – and AI is a technology that grows less profitable every day, and bosses have to force it on workers and young people.

      Now, it’s true that some workers don’t have to be forced to use AI. Workers who enjoy a high degree of autonomy (that is to say, workers who are positioned to ignore workplace coercion) can adopt AI in ways that they feel suited to, just as those early web users and Visicalc smugglers did. They can fulfill the maxim that labor-driven automation improves quality, while resisting capital’s insistence that automation be used to increase throughput at quality’s expense.

      They can act as centaurs (workers assisted by technology), not as reverse-centaurs (workers who are recruited to serve as peripherals for machines). As with all technology questions, what the technology does is nowhere near as important as who the tech does it for and who the tech does it to:

      https://pluralistic.net/2025/09/11/vulgar-thatcherism/#there-is-an-alternative

      And there’s another group of workers who adopt AI voluntarily: workers who see that AI can do a lot of work that they view as dull and unimportant for them. These workers might be right – there are plenty of bullshit jobs out there:

      https://memex.craphound.com/2018/06/20/david-graebers-bullshit-jobs-why-does-the-economy-sustain-jobs-that

      But it’s also possible that they’re wrong, and they’re substituting AI for something that really should be done by a person.

      But on the plus side, at least no one has to force them to adopt AI.

      https://pluralistic.net/2026/05/26/the-ai-will-continue
      #bulle
      via @freakonometrics et ici aussi:
      https://seenthis.net/messages/1174219

  • Musique compressée : ce danger invisible pour nos oreilles | RTS - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=RXvo0wBeWlQ

    Sons compressés : pourquoi la musique fatigue nos oreilles | RTS

    Une musique qui nous casse littéralement les oreilles, c’est ce qui arrive quand on écoute trop souvent des sons fortement compressés. On ne s’en rend pas forcément compte, mais afin de doper l’impact de la musique, de la pub, ou des séries, les professionnels recourent à la compression dynamique de manière quasi systématique, et cela n’est pas anodin pour notre cerveau.
    Musique, vidéos, réseaux sociaux, visio-conférence ou téléphone, les sons compressés sont quasi permanents dans notre quotidien. A long terme, cela peut engendrer une fatigue auditive, pouvant entraîner des lésions.

    Comment sortir de cette spirale de la compression sans renoncer au son et à la musique ? Ecouter des vinyles est-ce préférable pour nos oreilles ? Et que valent les nouveaux abonnements ‘lossless’ proposés par les plateformes d’écoute ? Décryptage.

    00:00 Intro
    00:12 Thomas Dutronc et la compression du son
    01:22 Comprendre la compression audio
    03:35 La guerre du volume dans la musique
    04:56 Comment la compression change notre écoute
    07:44 Les risques pour notre cerveau auditif
    10:11 Le retour du son analogique et du vinyle
    16:49 Streaming HD et qualité audio
    18:06 Casques audio et réduction de bruit

    • #hyperacousie #bruit #moderne
      Mon quartier de toulouse anciennement quartier des ouvrières de la manufacture des tabacs en proie à une gentrification délirante ... depuis un mois ne cesse le bruit des 3 maisons en destruction intérieure totale sous le joug des marteaux piqueurs. Espoir la nuit de la hulotte qui revient soigner mes oreilles meurtries, paix à son âme d’oiseau.
      Ils refusent de reconnaitre leur inhumanité, se glorifient d’aimer les relations humaines, tu es exclu de ce privilège bien sûr.
      Les riches ont besoin d’investir dans leur prison (et n’en ont rien à foutre des oreilles des voisine+es).

    • Je vois dans les commentaires YT plusieurs points soulevés qui sont intéressants :
      – il y a confusion dans le reportage entre compression du son et compression des fichiers* et c’est dommage car ça n’a rien à voir
      – le numérique est de qualité supérieure à l’analogique (plages dynamiques supérieures), ce qui compte c’est le mixage/enregistrement, donc le côté pro-vinyle du reportage à la fin est un peu hors sujet (et un peu élitiste). Un des intervenants explique que l’analogique peut faire bien plus de choses que « des 0 et des 1 », bon c’est bien gentil mais c’est pas très pro...

      * d’ailleurs sur la qualité du FLAC (vs mp3 ou autre format compressé) et le bluetooth, très franchement à moins d’avoir l’oreille absolu et un matériel d’écoute très haut de gamme, ça peut être compliqué de voir des différences, à partir du moment où la compression est bien faite (c’est à dire pas avec un mp3 128kbps mais au moins du 320). Les tests en aveugle là dessus concluent souvent à l’impossibilité de différencier les formats. Il faut dire que l’oreille humaine a ses limites, donc les oscillogrammes qu’on voit peuvent montrer des différences mais on ne les entendra jamais.

    • pfff ! pas facile de trouver la référence à l’étude du Pr Paul Avan du CeRIAH / Institut Pasteur !
      daté de novembre 2024, Les Échos dans la presse grand public ont lieu en fin mai 2025

      (pour le fun : le deuxième auteur est un Bordiga, pas Amadeo, mais Pierrick – ça ne nous rajeunit pas…)

      Auditory changes in awake guinea pigs exposed to overcompressed music - ScienceDirect
      https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0378595524001734


      aucun graphique dans la partie accessibles…

      Highlights
      • Compressed music breaks the equal energy rule by inducing protracted auditory effects.
      • The disorder involves decreased strength of the middle-ear muscle reflex.
      • Though technically ’hidden’, the disorder seemingly differs from a synaptopathy.

      Abstract
      Exposure to loud sound during leisure time is identified as a significant risk factor for hearing by health authorities worldwide. The current standard that defines unsafe exposure rests on the equal-energy hypothesis, according to which the maximum recommended exposure is a tradeoff between level and daily exposure duration, a satisfactory recipe except for strongly non-Gaussian intense sounds such as gunshots. Nowadays, sound broadcast by music and videoconference streaming services makes extensive use of numerical dynamic range compression. By filling in millisecond-long valleys in the signal to prevent competing noise from masking, it pulls sound-level statistics away from a Gaussian distribution, the framework where the equal-energy hypothesis emerged.

      Auditory effects of a single 4 hour exposure to the same music were compared in two samples of guinea pigs exposed either to its original or overcompressed version played at the same average level of 102 dBA allowed by French regulations. Apart from a temporary shift of otoacoustic emissions at the lowest two frequencies 2 and 3 kHz, music exposure had no detectable cochlear effect, as monitored at 1, 2 and 7 days post-exposure. Conversely, middle-ear muscle strength behaved differentially as the group exposed to original music had fully recovered one day after exposure whereas the group exposed to overcompressed music remained stuck to about 50% of baseline even after 7 days. Subsamples were then re-exposed to the same music as the first time and sacrificed for density measurements of inner-hair-cell synapses. No difference in synaptic density was found compared to unexposed controls with either type of music.

      The present results show that the same music piece, harmless when played in its original version, induces a protracted deficit of one auditory neural pathway when overcompressed at the same level. The induced disorder does not seem to involve inner-hair cell synapses.
      […]
      Discussion
      The main outcome of this work is the finding that the original and compressed versions of a music piece, despite being adjusted to deliver identical acoustic energies, had different protracted auditory effects in awake guinea pigs. On the one hand, the exposure affected outer-hair-cell function, one privileged target of NIHL, only briefly at low frequencies with a mild (< 20 dB) increase of the DPOAE detection threshold. This change attributable to a transient decrease in cochlear amplification

      Conclusion
      Aggressive dynamic range compression is increasingly used not only for amplified music but also in videoconference platforms, with exposure levels around 80 dBA. While the present results show that the same music piece, harmless in its original version, induces one protracted auditory deficit when overcompressed at the same energy, it remains to be established below which level and which degree of compression compressed sound becomes innocuous. The induced disorder is neural but does not seem […]

    • note : il y a 4 mois, le labo recrutait toujours des volontaires humains pour la suite de l’étude

      AIIC - Association Internationale des Interprètes de Conférences | LinkedIn
      https://www.linkedin.com/posts/thatswhyaiic-interpreting-share-7419303546858168321-00Wi

      2025 was a pivotal year for the COMPRESSED study. COMPRESSED stands for “Utilisateurs de COnférences à distance et coMPRESSion de Dynamique sonore : Effets auditifs.”
       
      Interpreters in Paris and Brussels have been volunteering in the study conducted by the Center for research and innovation in human audiology, CeRIAH, part of the famous Institut Pasteur.
       
      The purpose of the study? To better understand the impact of compressed sound on the hearing of a specific population, namely interpreters. Our occupational exposure may reveal potential long-term impacts for other professions working online, making us the proverbial canary in the mineshaft.

      The research team is still looking for volunteers. If you’re interested in participating in this groundbreaking study, visit this page:
      https://aiic.org/company/roster/companyRosterDetails.html?language=fr_FR&companyId=13997&companyRosterId=113

      relayé par l’AIIC, Association internationale des interprètes de conférence, visiblement très motivée sur le sujet qui met en ligne un court texte de Paul Avan présentant ses recherches (pas uniquement sur la compression du son)
      Santé auditive, sa surveillance et la prévention des risques, données et problématiques nouvelles
      https://members.aiic.org/document/13452/santé-auditive-Avan-rev.pdf

      dans lequel la distinction est – pourtant, @alexcorp – très clairement explicitée :

      La compression de dynamique d’intensité (rien à voir avec la compression mp3 qui est une compression de fichier numérique visant à diminuer la quantité d’information en éliminant la contribution aux données de certains canaux de fréquence lorsque ceux-ci sont inoccupés) nous intéresse particulièrement parce qu’elle est de plus en plus répandue, de manière délibérée ou involontaire.

  • Penser le vivant ou critiquer le #Capitalisme ? Une lecture de Baptiste Morizot
    https://www.terrestres.org/2026/05/11/penser-le-vivant-ou-critiquer-le-capitalisme

    L’opposition entre les pensées du vivant et les critiques du capitalisme a beaucoup agité le champ de l’écologie politique francophone. N’est-il pas temps d’acter l’entrelacement des problèmes sociaux et des problèmes écologiques ? La pensée de Baptiste Morizot, a priori éloignée des critiques du capitalisme, propose de nombreux points de jonction. L’article Penser le vivant ou critiquer le capitalisme ? Une lecture de Baptiste Morizot est apparu en premier sur Terrestres.

    #Animaux #Modernité #Nature #Philosophie #Vivants

  • Comprendre comment fonctionne le monde, nouvel objectif des IA | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/090526/comprendre-comment-fonctionne-le-monde-nouvel-objectif-des-ia

    Après les modèles qui maîtrisent le langage, place à ceux qui interagissent de manière plus logique avec leur environnement. Mais développer de tels systèmes est une tâche bien plus délicate.

    Charlotte Mauger

    ExisteraExistera-t-il un jour des modèles d’intelligence artificielle (IA) capables de comprendre le monde ? Le comprendre au sens logique et physique : par exemple, anticiper la trajectoire d’une balle et la rattraper aussi naturellement qu’un être humain. C’est l’objectif des « modèles de monde » (« world models »), qui suscitent un engouement impressionnant. Non pas pour créer des robots capables de jouer au handball, mais pour concevoir des IA qui comblent les lacunes des systèmes génératifs actuels.

    Preuve de la ferveur ambiante, le chercheur français Yann Le Cun, souvent décrit comme l’un des pères de l’apprentissage profond, a réalisé une levée de fonds de 900 millions d’euros en mars pour sa start-up AMI Labs dédiée à ce nouveau paradigme.

    Cet emballement prend naissance dans un paradoxe : aujourd’hui, les systèmes d’IA sont meilleurs dans les tâches qui nous semblent complexes. Certains gagnent aux échecs ou peuvent écrire une dissertation. En revanche, il n’existe pas de robots capables de manipuler n’importe quel objet ou de rattraper par réflexe un verre qui glisse d’une table.

    #Intelligence_artificielle #Modèles #Micromondes

  • Donner à manger. Politique d’un geste ordinaire

    « Donner à manger » : ce geste omniprésent et simple en apparence engage notre responsabilité la plus fondamentale, celle de maintenir l’autre en vie et de lui permettre de mener cette vie dignement. Simone Weil parlait d’une « obligation éternelle » ; avant la justice ou le respect, il y a le pain de l’autre. Pourtant, l’humanité est malade de son alimentation. #Famine, #malnutrition, #obésité, #nourriture_dégradée : des millions de personnes meurent chaque année de ce qu’ils ne mangent pas, ou de ce qu’ils mangent trop.
    Dans cet essai qui conjugue philosophie et enquête sur nos #modes_de_vie, #Joëlle_Zask observe l’environnement moral et matériel de situations concrètes, du biberon à la #distribution_alimentaire en passant par les #cantines_scolaires et les lieux de soin pour personnes dépendantes, mais aussi les modes de #production_agricole. Elle se demande comment nourrir sans empoisonner, aider sans asservir, concilier nécessité et liberté. Car trouver la bonne manière de nourrir autrui, avance-t-elle, c’est s’orienter vers une société à la fois plus juste et plus démocratique.

    https://www.premierparallele.fr/livre/donner-a-manger
    #alimentation #livre #agriculture

  • Sul patto UE Migrazione e Asilo 2026@0
    https://radioblackout.org/podcast/sul-patto-migrazione-e-asilo-2026

    Nel giugno 2026 entrerà in vigore il nuovo Patto Migrazione e Asilo vincolante per tutti i 27 Stati membri dell’UE. Cercando di osservare la realtà prodotta da questa serie di regolamenti, andando oltre il piano meramente narrativo e propagandistico promosso dalle destre a reti unificate, possiamo scorgere come la recente standardizzazione europea di politiche migratorie […]

    #albania #Colonia #cpr #deportazioni #frontex #frontiera #modello_israele #tunisia #war_on_migrants
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/04/pattoeu.mp3