• Romain Dureau : « La crise du #coronavirus est le grain de sable qui bloque l’#agriculture mondialisée »
    https://www.marianne.net/economie/romain-dureau-la-crise-du-coronavirus-est-le-grain-de-sable-qui-bloque-l-a

    Entre la fermeture des #frontières, l’appel aux citoyens à aller « aux champs » et la fermeture des #marchés, l’épidémie de coronavirus a bouleversé notre #modèle agricole dans ses certitudes. Afin d’éclaircir l’impact du #Covid-19 et dresser des perspectives pour le futur, Marianne a interrogé Romain Dureau, agroéconomiste et cofondateur du laboratoire d’idées Urgence transformation agricole et alimentaire (UTAA), qui prône l’instauration d’un nouveau système de production appuyé sur la relocalisation, l’agriculture paysanne et le #protectionnisme.

  • Édifiant : on en a pour 6 mois #modélisation #Covid_19 « Pour limiter les risques de résurgence du virus, il va falloir changer durablement nos habitudes » « il ne faut pas espérer un retour à la normale dans les prochains mois »
    https://www.heidi.news/articles/covid-19-a-quoi-ressemblera-le-monde-dans-les-prochains-mois

    Changer nos habitudes culturelles . En attendant un vaccin à même d’immuniser les populations, le monde semble réduit à changer certaines de ses habitudes, pour longtemps.

    La distanciation, impliquant de limiter les rassemblements, d’éviter de se saluer par une bise ou une poignée de main, pourrait devenir une nouvelle norme sociale. La façon dont l’on consomme la culture, au cinéma ou au musée, risque aussi d’être durablement affectée. Enfin, l’exemple chinois siffle, au moins pour quelques mois, la fin de l’insouciance et des sauts en avion d’un week-end à l’autre bout de l’Europe.

    L’impact politico-économique . La pandémie a aussi provoqué un krach boursier, séisme dont les répliques n’ont pas fini de se faire sentir. Sur le plan politique, l’exemple de la Chine, avec un régime autoritaire ayant réussi à contenir l’épidémie grâce à des moyens technologiques confinant à la surveillance de masse, pourrait inspirer d’autres pays pour le contrôle des malades. Au risque que ces outils, une fois en place, soient utilisés à d’autres fins ?

    L’impact environnemental . Dans l’immédiat, l’arrêt brutal d’une bonne part des activités économiques non essentielles se manifeste par des effets inédits sur les niveaux de pollution atmosphérique. Mais la question de l’effet à plus long terme de la pandémie sur le climat est délicate – et encore ouverte.

    D’un côté, la chute historique du prix du baril de pétrole pourrait aussi achever de convaincre les investisseurs de décarboner leurs actifs. De l’autre, l’incertitude des marchés pourrait inciter acheteurs et investisseurs à privilégier le court terme, c’est-à-dire les énergies fossiles, dès la reprise. Ou encore détourner les pays des efforts à réaliser sur le climat. Alors ce ciel radieux, enfin gommé de particules fines et de dioxyde d’azote, risque de se recharger dès la reprise…

  • Ne suivons pas le modèle allemand !

    – Allemagne 159 morts pour 3299 rescapés soit 5% de mortalité.
    – France 1109 morts pour 3288 rescapés soit 25 % de mortalité.

    mortalité = morts / (morts + rescapés)

    Oui, je vous vois venir, ma formule est naïve. ( @cdb_77 ) Car il est facile de faire changer ces chiffres pas seulement en ayant un meilleur système de soin, mais aussi en faisant plus de dépistage. (la démo en commentaire si besoin)

    Là où je veux en arriver, c’est que les journalistes et nous, risquons de ne pas voir plus loin que le bout de notre nez. Mais les politiques, eux, auront une longueur d’avance. Il ne vont prendre que ce qui leur plait dans le modèle allemand, sans véritable analyse des bonnes pratiques :
    – le temps partiel
    – les licenciement simplifiés
    – la Kölsch

    Alors que c’est un financement de long terme dans la recherche et les hôpitaux qui en est la cause.

  • Misguided ‘solution’ to terrorist content will have bad consequences for our rights – EURACTIV.com
    https://www.euractiv.com/section/digital/opinion/misguided-solution-to-terrorist-content-will-have-bad-consequences-for-our

    One year ago, on 15 March 2019, a terrorist entered a Christchurch mosque, murdering more than fifty people. Beyond the atrocity of such a hate crime, it hit the whole world for two reasons. First, it happened in New Zealand, which had been considered a peaceful corner of the world. Second, the massacre was broadcast by the terrorist through Facebook live. Eliška Pírková is a Europe policy analyst at Access Now. Eva Simon is an advocacy officer for the Civil Liberties Union for Europe (...)

    #Microsoft #Amazon #DropBox #Facebook #LinkedIn #Twitter #WhatsApp #YouTube #algorithme #anti-terrorisme #modération #censure #SocialNetwork #surveillance (...)

    ##Liberties

  • Resources For Novel Coronavirus COVID-19

    This post is intended to be the hub for Wolfram resources related to novel coronavirus disease COVID-19 that originated in Wuhan, China. The larger aim is to provide a forum for disseminating ways in which Wolfram technologies and coding can be utilized to shed light on the virus and pandemic. Possibilities include using the Wolfram Language for data-mining, modeling, analysis, visualizations, and so forth. Among other things, we encourage comments and feedback on these resources. Please note that this is intended for technical analysis and discussion supported by computation. Aspects outside this scope and better suited for different forums should be avoided. Thank you for your contribution!


    https://community.wolfram.com/groups/-/m/t/1872608
    #conavid-19 #coronavirus #modélisation #données #visualisations
    ping @fil @simplicissimus

  • YouTube prévient que des vidéos seront retirées par erreur à cause du confinement des modérateurs - Tech - Numerama
    https://www.numerama.com/tech/612244-youtube-previent-que-des-videos-seront-retirees-par-erreur-a-cause-

    Google a prévenu en début de semaine que les mesures de confinement font limiter sa capacité à modérer manuellement les vidéos sur YouTube. L’entreprise va miser davantage sur ses outils, même si des excès risquent de survenir. Les vidéastes de YouTube doivent se préparer à voir davantage de leurs contenus être signalés ou retirés par erreur dans les jours et les semaines à venir. Voilà, en substance, le message qu’a fait passer Google en début de semaine, alors que l’entreprise américaine a décidé de (...)

    #Google #YouTube #algorithme #modération #santé #travail #bug

    ##santé
    //c2.lestechnophiles.com/www.numerama.com/content/uploads/2020/03/bureaux-youtube.jpg

  • TikTok ’tried to filter out videos from ugly, poor or disabled users’ | Technology | The Guardian
    https://www.theguardian.com/technology/2020/mar/17/tiktok-tried-to-filter-out-videos-from-ugly-poor-or-disabled-users

    Documents from the Incercept show social media app put pressure on moderators TikTok moderators were told to suppress videos from users who appeared too ugly, poor or disabled, as part of the company’s efforts to curate an aspirational air in the videos it promotes, according to new documents published by the Intercept. The documents detail how moderators for the social video app were instructed to select content for the influential “For You” feed, an algorithmic timeline that is most users’ (...)

    #TikTok #manipulation #censure #modération #pauvreté

    ##pauvreté
    https://i.guim.co.uk/img/media/1dd5373c41a279109ca994c174bde6c03256b5aa/0_32_1500_900/master/1500.jpg

  • Forum ouvert par le Network for Computational Modeling in Social and Ecological Sciences (#CoMSES) pour que la communauté ABM puisse échanger sur le sujet :

    https://forum.comses.net/c/covid-19/24

    –-> Vous pourrez notamment y trouver une revue/veille des démarches de modélisation de l’épidémie.

    #modélisation #covid-19 #coronavirus #épidémie

    –—

    PS. Je mets ci-dessous dans ce fil de discussion des liens vers des sites qui proposent des modélisations que je reçois notamment via la mailing-list geotamtam... mais... je n’y connais rien... donc aucune idée de ce que partage (ceci dit, ça vient d’un réseau de chercheurs...), je me dis que ça peut peut-être servir à quelques seenthisien·nes...

  • CORONAVIRUS : UN SCIENTIFIQUE FUSTIGE LE GOUVERNEMENT

    Le coronavirus fait désormais partie de notre quotidien. Il bouleverse nos existences, menace des milliers de vies, contribue à nous entraîner dans une crise financière inédite. Mais qui est donc ce coronavirus ? Pourquoi s’est-il montré bien plus nocif qu’une grippe exceptionnelle ? Pourquoi s’est-il généralisé plus vite qu’Ebola ? Pourquoi les autorités sanitaires françaises semblent l’avoir à ce point sous-estimé ? Quelle est la meilleure méthode pour le combattre ? Qu’est-ce qu’il dit de notre pays, dans son rapport avec la santé publique et la recherche fondamentale ?

    Pour en parler, nous nous sommes mis en contact avec #Samuel_Alizon. Samuel Alizon est biologiste, directeur de recherche au CNRS, spécialiste en #modélisation des maladies infectieuses. Il a beaucoup travaillé sur la reproduction du coronavirus. C’est aussi un chercheur engagé, qui a des idées assez claires sur la recherche fondamentale en France. Une recherche maltraitée depuis trop longtemps par les pouvoirs politiques successifs.

    https://www.youtube.com/watch?v=QwFKTE7XfEw

    #coronavirus #science #recherche #covid-19 #conseil_scientifique #maladie_émergente #immunité_de_groupe #immunité #temporalité #pic_épidémique #vague_épidémique #économie #recherche_publique #fermeture_des_frontières #dépistage #pandémie #élevage_intensif #industrie_agro-alimentaire

    –------

    –-> avec une explication intéressante sur la question de l’ immunité de groupe

    –-> vers la minute 14’50, Samuel Alizon parle des #prix_des_médicaments et les #brevets (ping @fil)

    –-> à partir de la minute 16’10 une réponse autour du (sous-)financement de la recherche publique —> lien avec la lettre ouverte de #Bruno_Canard : https://seenthis.net/messages/829489

    –-> problèmes liés au non-dépistage systématique (à partir de la minute 22’50) : estimation de la #prévalence, problème du calcul du #taux_de_létalité

    –-> 24’15 : maintien des #élections_municipales

    • Sur le maintien des élections il n’a aucun doute (24’36")

      Je comprends qu’il ne puisse pas annoncer du jour au lendemain la fermeture des écoles, mais du coup maintenir les élections juste avant, la veille, c’est déjà problématique… Annoncer la fermeture totale des lieux publics la veille des élections, là ça ne faisait plus de sens. Je ne comprends pas la logique qui a pu conduire à cela. Ca a forcément favorisé la propagation du virus, ne serait-ce que d’aller voter vous augmentez le nombre de personnes avec qui vous avez des contacts, même si c’est des contacts assez distants.

      #in_retrospect

      En conclusion : difficile d’être alarmiste (NDLR : !!!), mais il y a des facteurs anthropiques moteurs dans l’émergence des nouvelles épidémies : urbanisation, marchandisation de la santé, industrialisation de l’agriculture.

  • TikTok Told Moderators : Suppress Posts by the “Ugly” and Poor
    https://theintercept.com/2020/03/16/tiktok-app-moderators-users-discrimination

    TikTok Told Moderators to Suppress Posts by “Ugly” People and the Poor to Attract New Users The makers of TikTok, the Chinese video-sharing app with hundreds of millions of users around the world, instructed moderators to suppress posts created by users deemed too ugly, poor, or disabled for the platform, according to internal documents obtained by The Intercept. These same documents show moderators were also told to censor political speech in TikTok livestreams, punishing those who harmed (...)

    #TikTok #censure #modération #discrimination #pauvreté

    ##pauvreté

  • Tout le monde peut se payer les outils de la censure chinoise | korii.
    https://korii.slate.fr/tech/chine-censure-internet-outils-moderation-filtrage-politique-algorithmes-

    Tencent ou Alibaba excellent dans les systèmes de modération et de filtrage politique vendus à bas prix. Créer un système de modération et de filtrage automatisé et sur-mesure coûte cher, prend du temps, mobilise des ressources. Twitter, Facebook ou Instagram, pour ne citer qu’eux, disposent de leurs propres algorithmes, capables notamment de traquer la nudité ou la violence extrême. De plus petites plateformes et entreprises ont parfois des besoins spécifiques nécessitant des solutions (...)

    #Alibaba #Tencent #Jibbigo #WeChat #algorithme #censure #modération #surveillance #YY

  • Why outbreaks like coronavirus spread exponentially, and how to “flatten the curve” - Washington Post
    https://www.washingtonpost.com/graphics/2020/world/corona-simulator

    This so-called exponential curveexponential curve has experts worried. If the has experts worried. If thenumber of cases were to continue to double every three days, therenumber of cases were to continue to double every three days, therewould be about a hundred million cases in the United States bywould be about a hundred million cases in the United States byMay.May.That is math, not prophecy. The spread can be slowed, publicThat is math, not prophecy. The spread can be slowed, publichealth professionals say, if people practice “health professionals say, if people practice “social distancingsocial distancing” by” byavoiding public spaces and generally limiting their movement.avoiding public spaces and generally limiting their movement.Still, without any measures to slow it down, covid-19 will continueStill, without any measures to slow it down, covid-19 will continueto spread exponentially for months. To understand why, it isto spread exponentially for months. To understand why, it isinstructive to simulate the spread of a fake disease through ainstructive to simulate the spread of a fake disease through apopulation.population.We will call our fake disease simulitis. It spreads even more easilyWe will call our fake disease simulitis. It spreads even more easilythan covid-19: whenever a than covid-19: whenever a healthy personhealthy person comes into contact comes into contactwith a with a sick personsick person, the healthy person becomes sick, too., the healthy person becomes sick, too.

  • Vidéos complotistes : « YouTube a la capacité de modérer son contenu lorsqu’il en a la volonté politique »
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/03/06/videos-complotistes-youtube-a-la-capacite-de-moderer-son-contenu-lorsqu-il-e

    Des chercheurs ont déterminé que l’un des algorithmes suggérait deux fois moins de vidéos complotistes qu’auparavant. Mais ces efforts sont partiels. YouTube lutte-t-il de manière efficace contre les vidéos promouvant des théories du complot ? Pour la plate-forme de vidéo en ligne, propriété de Google, la question est brûlante et la pression politique, insistante. L’état-major du site a annoncé à plusieurs reprises des mesures pour diminuer la portée et la popularité de ces contenus, notamment en modifiant (...)

    #YouTube #algorithme #modération #reconnaissance #haine #WatchNext

  • « Hiding from Whom ? Threat-models and in-the-making encryption technologies »

    https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02320706

    Un tour d’horizon très complet de l’utilisation des outils de communication et de leur protection par le #chiffrement, sous l’angle du #modèle_de_menace. On veut se protéger contre qui ? Ce n’est pas la même chose d’être un employé qui ne veut pas être surveillé par son patron, et d’être un agent secret infiltré dans un pays ennemi disposant de puissants moyens de surveillance. Cet article de Ksenia Ermoshina et Francesca Musiani détaille les risques, et les limites des outils. Car ce n’est pas du tout d’utiliser le meilleur outil. Le but du réseau, c’est de communiquer et être l’heureux utilisateur du logiciel le plus sécurisé du monde avec le chiffrement le plus perfectionné ne vous servira pas tellement si tous vos correspondants se servent de WhatsApp.

    Et les outils ne suffisent pas, encore faut-il s’en servir, et correctement. Bien des gens se sont fait avoir car ils avaient une confiance magique dans l’outil, oubliant que les humains font des erreurs, et que celles-ci cassent parfois la sécurité théorique.

    Les auteures ont travaillé avec beaucoup de dissidents, lanceurs d’alerte et défenseurs des droits humains un peu partout dans le monde, pour analyser les usages et leurs conséquences. Et revenir sans cesse au modèle de menace. L’ennemi n’est pas toujours là où on croit. Par exemple, pour une femme, l’ennemi le plus dangereux est parfois dans sa propre maison. Les interviews par les auteures de femmes au Moyen-Orient montrent une claire prise de conscience de ce risque (qui n’est évidemment pas limité au monde musulman.)

  • Algorithmic content moderation : Technical and political challenges in the automation of platform governance - Robert Gorwa, Reuben Binns, Christian Katzenbach, 2020
    https://journals.sagepub.com/doi/full/10.1177/2053951719897945

    As government pressure on major technology companies builds, both firms and legislators are searching for technical solutions to difficult platform governance puzzles such as hate speech and misinformation. Automated hash-matching and predictive machine learning tools – what we define here as algorithmic moderation systems – are increasingly being deployed to conduct content moderation at scale by major platforms for user-generated content such as Facebook, YouTube and Twitter. This article (...)

    #Twitter #Facebook #haine #prédiction #anti-terrorisme #surveillance #algorithme #copyright #profiling #YouTube #cryptage #modération #Microsoft (...)

    ##Google
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  • Le consentement n’est pas un logo
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-theorie/la-theorie-du-vendredi-28-fevrier-2020

    Le #féminisme peut-il continuer à servir d’#argument_de_vente à l’#industrie_de_la_mode sans enjamber une série de contradictions intenables ?

    A combien seront vendus les T-shirts « #Consentement » de #Dior après le défilé automne-hiver présenté pendant la semaine de la mode à Paris ? Telle est la question. Pas de savoir si le pied de poule fait son retour ou à quelle hauteur se porte la jupe.

    La #mode et le féminisme forme un vieux couple #marketing, et quand on y pense les #femmes ont toujours servi à vendre des choses notamment au prétexte de les libérer. Le slogan « Moulinex libère la #femme » fait figure de pionnier. Avec cette nuance : il s’agissait de libérer les femmes en les enfermant dans la cuisine. Là le féminisme sert à les libérer de quelques centaines d’euros.

  • « La #passion peut devenir le levier de nouvelles formes d’#exploitation »

    L’anthropologue et ethnologue #Giulia_Mensitieri a obtenu le Grand Prix du livre de mode 2019 pour son enquête sur la précarité systémique au sein de l’industrie de la mode. Elle y expose comment ce milieu a réussi ce que bien des industries créatives et culturelles tentent de faire : rendre normal de proposer des dimensions symboliques comme le prestige ou l’espoir en guise de rémunération. Son essai, Le plus beau métier du monde (La Découverte), paraît en format poche au mois de mars. Entretien.

    Pourquoi avez-vous choisi de travailler sur le milieu de la mode ?

    Giulia Mensitieri : J’avais envie d’enquêter sur les transformations du travail, de sa valeur et de sa nature dans le #capitalisme contemporain. Lorsque j’étais en doctorat à l’EHESS, j’ai pu constater que les jeunes chercheurs dont je faisais partie, tout comme les travailleurs des industries culturelles et créatives, bénéficiaient d’un statut social valorisé et valorisant, tout en étant dans une forte précarité financière. Il y avait une sorte de scission entre le statut social et le statut économique.

    En tant qu’anthropologue, je procède par enquêtes ethnographiques, en immersion. Il me fallait trouver un terrain – un milieu, une communauté – dans lequel je pourrais m’introduire et explorer les questions qui m’intéressaient. C’est à ce moment-là que j’ai rencontré Mia, styliste photo, et découvert les inégalités qui régissent le monde de la mode, l’une des industries les plus puissantes du capitalisme contemporain.

    Votre livre restitue le quotidien de travailleurs de la mode, qu’ils travaillent dans des maisons de couture, en boutique ou dans l’atelier d’une figure montante. Vous faites preuve de beaucoup d’empathie pour leurs choix et leurs situations et cela peut se lire dans l’enquête. Pourquoi était-ce important pour vous ?

    C’est une posture déontologique propre à l’anthropologie. Il faut essayer de comprendre les situations de l’intérieur et les choix des individus sans juger. J’ai pris très au sérieux les motivations, les désirs, les choix et les arguments des personnes qui m’entouraient. De surcroît, lorsque l’on est en immersion, que l’on côtoie les gens et que l’on tisse des liens avec eux, il est très difficile de se mettre à distance et d’objectiver, bien que ce soit également le travail du chercheur.

    Dans le cas particulier de ma recherche, j’ai donné une place importante aux émotions, y compris celles dont j’ai moi-même fait l’expérience, car je les considère comme des données de l’enquête. Le milieu de la mode fonctionne sur les affects et les relations interpersonnelles de manière très particulière, qui en font des leviers de l’exploitation. Je m’explique : il y a une tendance à penser les rapports inégalitaires dans le monde du travail de manière subjective, interpersonnelle, anecdotique – « Mon chef est désagréable », « j’ai de la chance » ou « je n’ai pas de chance » –, quand ces rapports sont en réalité structurels et systémiques. Dans une industrie régie par des passions, des élans de désirs, il s’agit en fait d’une autre échelle de la violence. Ces nouvelles formes d’exploitation basées sur les #affects font partie de ce que l’on appelle le #capitalisme_émotionnel.

    Les travailleurs de la #mode choisissent ce métier car ils aiment la haute couture, la beauté, vous dites qu’ils sont « saisis » par le rêve… Au point qu’une fois l’envers du rêve révélé, peu des personnes interrogées dans votre enquête, même quand elles sont déçues, décident de partir. Comment l’expliquer ?

    C’est un peu plus complexe que cela. En effet, l’amour pour la beauté, la création, l’art, les vêtements et la transformation que la mode vend est sans doute l’une des raisons les plus courantes de l’entrée dans ce monde. Le statut social importe également. La mode vend un rêve de luxe, de prestige et d’exception qui meut également les travailleurs et les aspirants travailleurs de cette industrie, bien que cela soit très lointain de la réalité professionnelle.

    Alors pourquoi restent-ils ? Pour plusieurs raisons. Souvent, très concrètement, les personnes exploitées n’ont pas de temps pour chercher un autre emploi. Elles sont tenues sous l’eau, comme dans bien de milieux professionnels. Mais au-delà de ça, la mode offre, en échange de la précarité et des inégalités, un statut social privilégié. Dire « je travaille dans la mode » place directement les individus dans une sorte d’élite symbolique. Il y a vraiment un effet magique. Pour les travailleurs, il est difficile de renoncer à ce statut, de ne plus bénéficier de ce regard-là et de quitter ce que j’appelle cette « élite du désir » pour se projeter dans d’autres milieux professionnels qui ne bénéficient pas de cette aura.

    En réalité, ils sont pourtant nombreux à partir parce qu’ils ne peuvent plus tenir. La durée de carrière dans cette industrie est très courte, à moins d’avoir la possibilité de travailler gratuitement à long terme, ce qui pose un enjeu de classe très important, relatif à de nombreuses industries culturelles et créatives. Qui peut se permettre de travailler gratuitement pour construire son CV ? D’investir dans cette économie de la promesse et de l’espoir ? Ceux qui sortent de ce monde sont ceux qui n’ont pas cette possibilité-là, économique, voire psychique.

    Au lieu de partir, pourquoi n’essaient-ils pas de changer les choses ?

    L’une des règles qui structurent de façon implicite le monde de la mode est que l’on accepte d’emblée les inégalités. Dans le livre, je cite cette phrase de Lagerfeld : « La mode c’est l’injustice totale, c’est comme ça, c’est tout ». Cela fait partie des dimensions qui rendent en apparence ce monde exceptionnel, comme s’il était régi par d’autres règles que celles qui structurent le monde du travail en général. Je dis bien « en apparence exceptionnel » parce que je ne pense pas que l’on puisse considérer la deuxième industrie la plus puissante en France du point de vue économique, une industrie qui représente 6 % de la consommation mondiale et qui mobilise plusieurs milliards de travailleurs, comme une exception dans le capitalisme. Elle en est davantage un emblème.

    Pour préserver sa carrière dans la haute couture, la styliste photo que vous suivez, Mia, doit cacher ses missions rémunératrices pour des catalogues grand public et mettre en avant des prestations gratuites ou payées en bons d’achats par des marques de luxe. Quelle est la logique derrière cela ?

    C’est ce que j’appelle dans le livre « la règle du jeu » : plus une prestation professionnelle est valorisante pour le CV et la carrière, moins elle sera payée en argent. La mode a réussi – et encore une fois je vous invite à faire le lien avec de nombreuses autres industries – ce que le sociologue Pierre Bourdieu appelait la « démonétisation du travail ». C’est-à-dire que le travail n’est plus payé en argent mais dans des dimensions symboliques et immatérielles. Des prestations professionnelles vont être payées en prestige, en visibilité, ou en espoir… C’est également une manière d’affirmer des hiérarchies. Quand une marque de luxe ou une marque qui se porte très bien financièrement peut se permettre de ne pas payer les gens qui travaillent pour elle, elle établit un lien hiérarchique très fort. Le propos est essentiellement : « Tu as la chance de travailler pour moi, je n’ai pas besoin de te payer, je te rends un service en te permettant de travailler pour moi et c’est toi qui devrais être reconnaissant. »

    Certaines marques vont payer leurs travailleurs avec des biens de luxes, des sacs à main, des vêtements ou autres… Elles sont alors gagnantes sur tous les plans. Non seulement elles n’ont pas besoin de payer leurs travailleurs, mais ces derniers vont en outre mettre en scène les objets que l’industrie produit dans l’espace public, sur Instagram, et devenir ce que les marques appellent des « ambassadeurs ». Cet aspect-là pose d’ailleurs la question de la frontière extrêmement floue entre consommateur et travailleur. Dans la mode, la désirabilité que les travailleurs créatifs produisent – et qui sert d’incitation auprès des consommateurs – est un désir qui les anime aussi. Ils ont eux-mêmes cette forme de désir pour les produits de l’industrie, dont ils sont, selon les échelons, des « consommateurs manqués » ou des consommateurs accédant à ces objets grâce à leur travail. Mia par exemple, alors complètement précaire et sans salaire, a reçu un bon de 5000 € d’une marque de luxe et a pu s’acheter un sac à main à 3000 €. Elle n’aurait jamais pu se le permettre autrement.

    Si le travail assumé n’est pas ce qui permet de gagner sa vie, il semble qu’il y ait une confusion entre le travail et la passion…

    Je vous retourne la question : n’est-ce pas également le cas des journalistes, des chercheurs dont je fais partie et de nombreux autres métiers dans lesquels les conditions financières sont très instables ? La passion fait partie de ces affects qui peuvent devenir les leviers de nouvelles formes d’exploitation. Si l’on remonte aux critiques relatives à l’aliénation durant Mai 68, le travailleur y est considéré comme une machine, aliéné de ses affects et de ses sentiments, répétant continuellement les mêmes tâches. Aujourd’hui, nous sommes quelque part dans une situation complétement inverse. Les exploitations découlent du manque total de frontières entre le sujet hors travail, hors production, et le sujet au travail. Je ne sais pas s’il y a une confusion mais il y a un manque de barrières.

    Les métiers des industries culturelles et créatives sont de surcroît des métiers où il est très difficile de comptabiliser le temps de travail. Est-ce que si l’on est au bar en train de faire du réseau à l’heure de l’apéro, on travaille ? Quand on fait des posts sur Instagram, quand on est dans son lit en train de penser à sa collection ou à son article, est-ce qu’on travaille ? Ce sont des questions que ce type de métiers pose. En tant qu’industrie extrêmement lucrative se permettant néanmoins de ne pas payer tous ses travailleurs en vertu d’un statut social, de désirs et de passions, la mode les pose de manière très particulière, mais ces dynamiques régissent également d’autres mondes professionnels.

    https://www.nouveau-magazine-litteraire.com/entretien/la-passion-peut-devenir-le-levier-de-nouvelles-formes-d
    #émotions

  • Australia’s Offshore Detention Regime in Breach of International Law

    In a letter (https://uploads.guim.co.uk/2020/02/14/200213-Andrew-Wilkie-Response-from-International-Criminal-Court-Aust, the International Criminal Court (ICC) communicated that Australia’s #offshore_detention_regime amounts to “cruel, inhuman, or degrading treatment” and is thus unlawful under international law, but will not prosecute the Australian government.

    The prosecutor’s office of the ICC found that some of the conditions of detention and treatment of refugees and asylum-seekers in the processing centres on Nauru and on Manus Island constitute “the underlying act of imprisonment or other severe deprivations of physical liberty under Article 7(1)(e)” of the Rome Statue that defines crimes against humanity. But the case falls outside the ICC’s jurisdiction and does not demonstrate the “contextual elements” to warrant further investigation, the office states

    Australian independent MP, Andrew Wilkie, first contacted the ICC in 2014, claiming that then prime minister Tony Abbott was breaching international law by engaging in imprisonment, deportation and forcible transfer of a population. Since then, Wilkie provided the ICC with evidence of deaths in detention through murder and neglect, indefinite detention of children, forced family separation and rape, sexual abuse, self-harm and child abuse. He states that despite no further investigation of the ICC “recent developments in the government’s asylum seeker policies have opened up new avenues for further investigation and I am currently seeking legal advice as to the next step forward.”

    The Australian government runs offshore detention centres on the Pacific Islands #Nauru and Manus Island to process asylum applications. Some asylum-seekers have been there for 5 years, with minimal information on their cases and how long they will remain detained. Today, there are still 230 refugees and asylum-seekers on Nauru, and about 180 on #Manus_Island, some of them undergoing the process for resettlement in America.

    https://www.ecre.org/australias-offshore-detention-regime-in-breach-of-international-law
    #justice #droit #modèle_australien #externalisation #asile #migrations #réfugiés #Australie #pacific_solution #droit_international

  • Qui devrait décider des contenus que l’on peut voir en ligne ? : : Civil Liberties Union for Europe
    https://www.liberties.eu/fr/news/automation-and-illegal-content-article-2/18775

    Les plateformes en ligne hiérarchisent et modèrent les contenus que nous partageons, et sans nous informer des raisons pour lesquelles elles font ni de la manière dont elles le font. Il est grand temps que ces entreprises fassent preuve de transparence. Nos vies son intimement liées aux technologies. La façon dont nous naviguons, lisons et communiquons en ligne, en est un très bon exemple. Dans cet article, nous discutons de deux méthodes que les entreprises utilisent pour vous offrir des (...)

    #algorithme #modération #censure #haine #SocialNetwork #bot

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  • L’#identité_hongkongaise d’aujourd’hui est née dans les années 1960

    Il est intéressant, pour les nouveaux venus à Hong Kong, de rappeler quelques faits historiques qui permettent de comprendre la société d’aujourd’hui et les sources de cette identité hongkongaise qui s’est créée dans les 1960, période pendant laquelle ont été posés les fondements de la société moderne hongkongaise.

    Une #rébellion contre le gouvernement colonial

    C’est durant le mois de mai 1967 que Hong Kong vit sa période la plus troublée. Une dispute éclate dans une usine de fleurs artificielles, des piquets de grève se forment, la police intervient, la dispute devient violente. L’émeute s’étend à la ville de Kowloon et dure trois jours. Le gouvernement colonial réagit en instaurant le couvre-feu : 800 personnes sont arrêtées. Un mouvement au départ peu politique : les émeutes étaient le résultat accumulé de nombreuses années d’injustice sociale, d’arrogance coloniale, de conditions de travail précaires, de pauvreté et d’un sentiment général de frustration.
    Une époque profondément marquée par la Révolution culturelle qui tenta de s’imposer à Hong Kong : la banque de Chine hérissée de haut-parleurs hurlant des slogans maoïstes

    Mais c’est aussi, aux portes de Hong Kong, la Révolution culturelle en Chine, et très vite l’extrême gauche s’empare du mouvement. La banque de Chine est hérissée de haut-parleurs qui hurlent dans la rue des slogans maoïstes, les gardes rouges se rassemblent devant le palais du gouverneur britannique, brandissant le Petit Livre rouge. Commence alors une série d’attentats à la bombe, qui explosent dans la rue et dans les cinémas, semant la terreur dans la population. Un commentateur radio antigauchiste est brûlé vif dans sa voiture. Un bilan assez lourd, encore contesté, fait état de 51 morts, 100 blessés et 5 000 arrestations…

    La Révolution culturelle, toutefois, n’enthousiasme pas la population, en partie terrorisée, qui verra aussi l’année suivante, en juin 1968, une série de cadavres venus de la Chine dériver au gré des marées et des courants. Des hommes et des femmes de 18 à 35 ans, mais aussi une fillette de 13 ans, les corps ligotés au moyen d’une corde, enserrant les pieds, les poings et le cou, indiquant qu’il s’agissait de suppliciés, victimes d’une même exécution massive.

    Hong Kong rentre alors dans le calme mais sa population chinoise commence à prendre conscience de sa particularité et vit une cassure avec son passé, à la fois britannique et chinois. C’est l’émergence du “Hongkongais”, une population autrefois sans visage qui se dessine soudainement, un style de vie qui s’affirme, différent de celui de la Chine continentale ou de celui de Taïwan.
    Apparition d’un nouvel homme et d’une nouvelle femme hongkongais

    On commence à parler de communauté hongkongaise et de citoyenneté, même si l’idée est instillée par la propagande gouvernementale, qui vise à se prémunir de l’influence du communisme. Hong Kong devient fière d’elle-même. La ville apparaît comme un exportateur majeur, les industries de l’horlogerie et du textile fleurissent. La mode s’occidentalise, le consumérisme s’empare de la population, les valeurs traditionnelles et modernes s’opposent. C’est la rencontre de l’Orient et de l’Occident, qui constituera une culture hybride, contradictoire mais dynamique, même si elle reste floue et désarticulée.

    Les années 1960 sont une période fabuleuse en ce qui concerne le design et la mode hongkongais, avec l’apparition de tout un environnement quotidien redessiné, d’un nouvel homme et d’une nouvelle femme hongkongais, du moins dans la jeunesse aisée, qui se libère, un peu provocatrice, portant minijupe et dansant en discothèque. Une musique se crée, les studios de cinéma se développent, une quantité de nouvelles revues de mode mais aussi de poésie, de cinéma, de bandes dessinées apparaissent. C’est un peu plus tard l’époque où la nouvelle vague française, avec Jean-Luc Godard et François Truffaut, créent un impact sur les intellectuels. C’est à cette époque qu’apparaît l’embryon des mouvements étudiants qui suivront et réclameront le chinois comme deuxième langue officielle.

    C’est là que naît le débat sur l’identité hongkongaise, qui sera exacerbé lors du retour à la Chine en 1997. Une époque encore très méconnue à l’extérieur de Hong Kong. Nombre d’intellectuels hongkongais sont amers lorsqu’ils évoquent ce passé car cette histoire – leur histoire –, personne ne l’a racontée en dehors du territoire, malgré l’hypermédiatisation lors de la rétrocession. La plupart des médias occidentaux ont véhiculé les mêmes clichés éculés sur la “perle de l’Orient”, le “désert culturel”, le “miracle économique”, “Suzie Wong” et les bars à filles de Wanchai, repos du guerrier américain lors de la guerre du Vietnam. Les livres d’histoire ne content qu’une histoire officielle entre Chine et Grande-Bretagne, entre colonialisme et communisme, laissant de côté les luttes, les espoirs, les rêves d’une société de 6 millions de personnes que l’Occident et la Chine continentale ont ignorée. L’espoir n’est cependant pas perdu, car depuis la rétrocession les nouvelles générations d’intellectuels ont entrepris de nombreuses recherches sur l’histoire politique, sociale, éducationnelle et culturelle de leur cité, recherches qui ont déjà donné de nombreux fruits et qui leur permet d’affirmer leur différence face à la Chine.

    Des recherches qui ont également nourri les jeunes générations de Hongkongais qui s’affirment aujourd’hui et qui se sont déjà par deux fois rebellées, cette fois contre leur propre gouvernement et celui de la Chine, pour les plus jeunes c’était en 2014 avec le mouvement des parapluies. Mais la plus grande révolte fut le 1er juillet 2003 jour anniversaire de la Rétrocession, des centaines de milliers de personnes – plus d’un demi-million, selon les organisateurs –, étaient descendus dans la rue, pour protester contre une loi antitrahison, subversion, sécession, contre le gouvernement central de Pékin.

    Les Hongkongais, après un siècle et demi de domination britannique, avaient enfin leur propre gouvernement, leur propre assemblée législative. Seulement, ils avaient aussi un chef de l’exécutif qu’ils n’avaient pas choisi, élu par un collège électoral restreint de notables choisis par la Chine et une assemblée législative dont une minorité seulement est élue au suffrage universel. Mais ils avaient cependant cru que le gouvernement travaillerait pour eux. Et c’était la grande désillusion. La mariée ruait dans les brancards.

    Hong Kong n’avait pas connu de telles manifestations depuis le 4 juin 1989, date de la manifestation de protestation contre le massacre de Tiananmen.

    Cette loi dénommée – article 23 – menaçait la liberté d’expression des Hongkongais. Tout groupe politique ou religieux banni en Chine pourrait l’être également sur le territoire hongkongais.

    Si les Hongkongais montraient leur colère, c’est que leur gouvernement avait décidé de faire voter la loi le 1er juillet, après une consultation express du public, consultation dont il n’a pas tenu compte. Car si la miniconstitution prévoyait cette loi, elle prévoit aussi la possibilité d’un Parlement et d’un chef de l’exécutif élu au suffrage universel, et sur ce point le gouvernement n’était point si pressé d’agir, il avait même politiquement jeté cette provision aux oubliettes.

    Depuis des mois, il se moquait des souhaits profonds des Hongkongais qui désiraient une société sûre, où la liberté d’expression demeure, allant jusqu’à prétendre que ces aspirations et ce mécontentement n’étaient le fait que d’une petite minorité.

    Le gouvernement reçut ce jour-là une véritable gifle, car ce n’étaient pas seulement les partis démocrates, les associations de journalistes, de juristes ou de défense des droits de l’homme qui étaient descendus dans la rue. C »étaient les gens modestes, les familles avec leurs enfants, les vieillards et les jeunes, dans une ambiance chaleureuse de solidarité et d’entraide. C’étaient aussi les protestants, les catholiques, les bouddhistes, toutes les églises qui savent que la liberté d’expression religieuse n’existe toujours pas en Chine, et qui ne tiennent pas à ce que la loi chinoise s’applique à Hong Kong.

    Une leçon que ni le gouvernement de Carrie Lam ni la Chine ne semblent pas avoir entendue. On comprend donc la colère qui habite les Hongkongais.

    https://blog.courrierinternational.com/entre-montagnes-et-mers/2019/11/21/lidentite-hongkongaise-daujourdhui-est-nee-dans-les-anne
    #identité #Hong-Kong #histoire #colonialisme #résistance #colonisation #révolution_culturelle #Chine #maoïsme #citoyenneté #fierté #consumérisme #occidentalisation #culture_hybride #hybridation #mode #design

    #géographie_culturelle

  • Malgré les lois, l’Etat a abandonné aux réseaux sociaux l’arbitrage de la liberté d’expression
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/02/19/malgre-les-lois-l-etat-a-abandonne-aux-reseaux-sociaux-l-arbitrage-de-la-lib

    Le travail judiciaire complexe consistant à juger de la légalité d’un contenu est aujourd’hui délégué à des entreprises du numérique, qui l’automatisent largement avec des logiciels imparfaits. A chaque journée son scandale, plus ou moins grave, touchant la modération sur les réseaux sociaux. Ce week-end, la diffusion de liens vers le site « Porno politique », qui hébergeait les vidéos intimes de Benjamin Griveaux, sur Facebook et Twitter, a provoqué une volée de critiques. Ce lundi, c’est, à l’inverse, la (...)

    #Facebook #Twitter #algorithme #bot #modération #harcèlement #SocialNetwork #législation

  • Lawrence Tesler, inventeur de la célèbre commande informatique « copier-coller », est mort
    https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2020/02/20/lawrence-tesler-inventeur-de-la-celebre-commande-informatique-copier-coller-

    « Votre journée de travail est plus facile grâce à ses idées révolutionnaires. Larry s’est éteint lundi, veuillez vous joindre à nous pour honorer sa mémoire ». C’est par cette annonce postée sur son compte Twitter mercredi 19 février que Xerox a fait part de la disparition, lundi, de Lawrence « Larry » Tesler. Né à New York en 1945, il avait fait une partie de sa carrière chez le fabricant d’imprimantes américain. « L’ancien chercheur de Xerox avait inventé le “couper/copier” et “coller” , le “trouver et remplacer” et bien d’autres commandes », a précisé Xerox.

    C’est Xerox et pas Apple qui annonce le décès…

    • Blague à part, il serait réducteur de résumer son travail à cette fonctionalité.
      Bret Victor en parle ici (en 2012) :

      ...Larry made the elimination of modes his personal mission. That’s actually his words, and if you think he’s exaggerating, here’s Larry’s license plate for the last 30 years. (image of NOMODES license plate) Nowadays of course Larry has a website, at nomodes.com and he’s on twitter: @nomodes. And so like I said, Larry has done a lot of amazing work in his career but his self identity is clearly associated with this cause.

      And so I’d like to ask: What exactly did Larry do? Like how could we best describe what Larry did? A typical biography might say Larry Tesler invented Cut, Copy, Paste. Which is true, but I think that’s really misleading, because this invention was very different than say, Thomas Edison inventing the phonograph. Edison basically just stumbled over the technology for audio recording and he built it out as a novelty. And he came up with this list of possible applications for his technology but he didn’t have any cultural intent. Whereas what Larry did was entirely a reaction to a particular cultural context.

      So another thing that you might hear is that Larry Tesler solved the problem of modeless text manipulation. Solved the problem. And obviously that’s true, he worked on this problem for a long time, eventually solved it. But I think that’s really misleading too, because this problem that he solved only existed in his own head. Nobody else saw this as a problem. For everybody else modes were just how computers worked. There wasn’t anything wrong with them any more than we think there’s something wrong with having two arms. It just kind of was a fact of life.

      So the first thing that Larry did was that he recognized a wrong that had been unacknowledged in the culture. And the thing is, that’s how many great social changes began as well.

      via https://www.metafilter.com/185701/RIP-Larry-Tesler-inventor-of-copy-and-paste#7881220

      (si vous ne connaissez pas Bret Victor, je vous conseille cette présentation ; c’est une bonne introduction de son travail.)

    • #modeless_dialog

      Je me souviens distinctement du développement quasi philosophique sur dialogue modal ou non modal dans le tout premier Inside Macintosh, broché, c’était du Larry Tesler.

      Ça participait de la véritable révolution du Mac, avec l’interface (cf. Jean-Marie Hullot https://seenthis.net/messages/788390 ) et la boucle de gestion d’événements, modèle de programmation longuement détaillé car à l’époque parfaitement inconnu…

  • N’oubliez pas que derrière nos écrans se cache un nouveau prolétariat | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/187506/proletariat-clic-livreurs-deliveroo-chauffeurs-uber-plateformes-numeriques-mic

    Dans certains cas, la révolution numérique du travail ne consiste pas à automatiser, mais à faire travailler des gens dans des conditions pourries à l’autre bout du monde –ou en France. Pour la Saint-Valentin, les livreurs et livreuses de Deliveroo appellent au boycott de l’entreprise sur une initiative du collectif des livreurs autonomes parisiens (CLAP). Cela fait longtemps que les livreurs et chauffeurs sont engagés dans des bras de fer avec ces grandes entreprises qui les rémunèrent à la tâche (...)

    #Deliveroo #algorithme #modération #conditions #nourriture #travail #FoodTech #CLAP

  • #TRISHA_BAPTIE et #CHERRY_SMILEY : Le meurtre commis à Québec souligne la nécessité d’abolir la prostitution
    https://tradfem.wordpress.com/2020/02/13/le-meurtre-commis-a-quebec-souligne-la-necessite-dabolir-la-prost

    Les partisans de la dépénalisation intégrale affirment souvent que la dépénalisation rendrait la prostitution plus « sûre » en donnant aux femmes plus de temps pour « filtrer » leurs « clients ». L’idée que les femmes sont capables de dire quel homme sera violent et à quel moment est un mythe qui ne sert qu’à blâmer les victimes. Lorsque nous acceptons le mensonge selon lequel une femme peut dire quel homme lui fera du mal, il lui incombe de s’en protéger. Si elle est attaquée, c’est de sa faute car elle a opéré un mauvais « filtrage ». Mais la réalité est qu’aucune femme n’est capable de déterminer à l’avance si elle sera agressée par un homme, aucune femme n’est jamais responsable des violences commises à son égard, et même les membres de la commission des libérations conditionnelles qui ont eu tout le temps de « filtrer » Gallese n’ont pas su déterminer qu’il agresserait une autre femme.

    En 2014, le Canada a adopté une version partielle du modèle de loi sur la prostitution pour l’égalité des femmes (ou modèle nordique). Ce modèle a d’abord été mis en œuvre en Suède et est également utilisé dans d’autres pays. Il comporte trois composantes principales : 1) La criminalisation du proxénétisme et de l’achat de sexe, et la décriminalisation de la vente de sexe. 2) Il fournit de robustes services sociaux préventifs qui aident également les femmes à quitter la prostitution. 3) Il sensibilise le public à la prostitution en tant que forme de violence masculine à l’égard des femmes qui affecte le statut des femmes.

    Le Canada a échoué à adopter l’ensemble du modèle nordique et à appliquer de manière cohérente la loi telle qu’elle existze actuellement. Oui, le Canada a reconnu que la prostitution est un système intrinsèquement exploiteur – l’achat de sexe a été criminalisé, et la vente de sexe décriminalisée. Mais le pays n’a pas encore adopté ou mis en place de solides services sociaux et d’éducation publique, les autres composantes du modèle d’égalité des femmes.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://policyoptions.irpp.org/magazines/february-2020/quebec-city-murder-underscores-need-to-abolish-prostitution
    #féminicides #violences_masculines #système_prostitutionnel #modèle_nordique #Eustachio_Gallese #Marylène_Lévesque #Chantal_Deschênes #proxénétisme #Canada #exploitation_sexuelle

  • Invisibles saison 1 - épisode 3 en streaming sur France tv slash
    https://www.france.tv/slash/invisibles/saison-1/1274811-traumas-sans-moderation.html

    Déchaînement de haine et de violence, actes terroristes, décapitations, harcèlements et agressions sexuelles en tout genre...Une infime partie des contenus chargés par les réseaux sociaux nous font voir le pire.Heureusement, des filtres automatiques et autres systèmes de modération ont été mis en place pour préserver nos yeux de ces quelques esprits malades. Automatiques, vrai-ment (...)

    #algorithme #modération #censure #haine #SocialNetwork