• Edito : la #France, pays de tous les décalages…
    https://reflets.info/edito-la-france-pays-de-tous-les-decalages

    A quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, les espoirs, malaises, inquiétudes, interrogations, emballements, énervements sont des sentiments visiblement partagés par une majorité de futurs électeurs. Cette campagne électorale, partie à l’origine pour être […]

    #Politique #Tribunes #Banques #décalage_économique #modernité #monde_moderne #personnel_politique #politique_française #présidentielle_2017


  • Idiots utiles à Paris Le Devoir - 27 février 2017 - Jean-Benoît Nadeau
    http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/492699/idiots-utiles-a-paris

    Ainsi, Made for Sharing sera le slogan officiel de la Ville de Paris pour sa candidature aux « Olympic Games » de « Twenty Twenty-Four ». On ne sait trop s’il faut rire ou pleurer. Made for joking or made for crying ?
     
    Lorsque j’ai appris la chose, j’ai tout de suite pensé à Aplusbégalix, ce personnage de chef gallo-romain assimilé, dans l’album Le combat des chefs, sans doute le meilleur de la série Astérix et certainement celui qui a le mieux vieilli.
     
    Goscinny et Uderzo ont brillamment utilisé les Romains pour incarner à la fois l’histoire récente (20 ans après la fin de l’Occupation allemande), mais aussi l’actualité du temps. L’album est paru l’année même (1964) où René Étiemble publiait l’essai Parlez-vous franglais ?.
     
    Le plus comique du slogan Made for Sharing est la réaction goguenarde de la presse anglo-américaine, dans le registre « On n’en demandait pas tant ». A-t-on vu un seul anglophone remercier Paris de se faire comprendre ? La Ville a produit un slogan qui ne lui donne rien, sauf le fait de se ridiculiser.
     
    On est frappé de l’indigence de l’argument du comité parisien : on ne peut vendre Paris au CIO qu’en anglais, alors que 16 des 95 membres votant viennent de pays francophones et que plus de la moitié ont certainement des notions de français. Après tout, la langue française est la plus enseignée au monde, après l’anglais. Et puis, le français est l’autre langue officielle du CIO.
     
    Au fond, les Parisiens jouent ici le rôle d’idiots utiles. S’il y a bien un moment dans l’histoire où l’anglais incarne le repli, c’est maintenant. En effet, la Ville de Paris fait la propagande de l’universalisme de l’anglais alors même que les Britanniques et les Américains, à travers le Brexit et l’élection de Trump, rejettent leur rôle de pays phares de l’internationalisme.
     
    Ce n’est pas la première fois que les Parisiens tiennent ce rôle. Dans les années 1950, les communistes français adoptaient des idéaux staliniens qu’ils savaient faux. Et si la France a renoncé à ses arpents de neige au Canada au XVIIIe siècle, c’est d’abord parce qu’une série de penseurs imbus d’idées anglaises défendaient une philosophie économique à laquelle les Anglais eux-mêmes n’adhéraient plus.
     
    Et, de Paris, nous assistons impuissants au lâchage du français alors même que cette langue commence à s’incarner dans un ensemble mondialisé francophone aux antipodes du repli identitaire.
     
    Le culte du cargo  
    Ce désamour a plusieurs causes, que j’ai déjà expliquées dans d’autres chroniques et que je ne répéterai pas. Mais à la réflexion, j’y vois aussi une fascination morbide évocatrice du « culte du cargo ».
     
    Le culte du cargo est une espèce de religion qui s’est développée dans les îles du Pacifique Sud sous l’effet de la colonisation européenne, et qui a connu son apogée pendant la Seconde Guerre mondiale. Pour les insulaires frappés par la richesse et la puissance des Occidentaux et des Japonais, seule une faveur divine peut expliquer l’abondance et le perfectionnement des biens débarqués du bateau ou de l’avion. Une fois les conquérants repartis, les insulaires appelaient le cargo en construisant des avions en bois, des radios en noix de coco, des antennes en bambou.
     
    Il y a de ça dans la fascination des Français pour l’anglais : la tentation de singer la modernité incarnée par le monde « anglo-saxon » dans l’espoir d’en récolter les fruits. D’où les modes anglophiles souvent ridicules et l’abus d’anglicismes, comme un appel désespéré pour des bienfaits que l’on espère sans en comprendre l’essentiel.
     
    L’autre facteur, qui influence les Français à droite comme à gauche, c’est ce que j’appellerais le « réflexe universaliste », qui leur fait voir de l’universel jusque dans leur soupe. Ayant imaginé pendant quelques générations que le français était universel (ce qu’il n’a jamais été), ils attachent désormais cette propriété à l’anglais (qui ne l’est pas plus). Ce réflexe universaliste fait que les Parisiens, qui ont beaucoup de mal à s’enseigner les langues étrangères, imaginent que le monde est aussi peu doué qu’eux.
     
    Mais ce qui nuit le plus à la perception de la langue française parmi les élites parisiennes, c’est que celle-ci soit si mal défendue par de mauvais avocats, engoncés dans de vieux discours sur le génie de la langue ou dans un méchant purisme qui sert de prétexte pour exprimer les idées les plus rétrogrades et, trop souvent, le rejet de l’autre. Armés de leurs mauvais arguments, ils agissent comme repoussoir.
     
    Défendre le français ne consiste pas à rejeter l’anglais : après tout, les langues ont le propre de s’additionner. Mais défendre sa propre langue, c’est d’abord user du privilège de se dire dans celle-ci. French is made for saying.
    #PS #Paris #jeux_olympiques #olympic_games #ridicule #idiots_utiles #Français #Anglais #Francophonie #Cargo_culte #modernité #élites_parisiennes
    https://www.youtube.com/watch?v=v8myiPb233E


  • Zygmunt Bauman, théoricien de la « société liquide » mais pas que | Par Robert Maggiori, 10/01/2017
    http://next.liberation.fr/livres/2017/01/10/mort-de-zygmunt-bauman-theoricien-de-la-societe-liquide_1540311

    Ses premiers travaux, sur le socialisme britannique, la stratification sociale ou les mouvements des travailleurs, ont un succès relatif, comme ceux qu’il consacre à la Shoah, au rapport entre modernité et totalitarisme, à la mondialisation. Ce n’est qu’au moment où il fait paraître ses études sur la disparition des « structures stables » et parvient, après avoir « dialogué » avec Marx, Gramsci, Simmel, puis Manuel Castells, Anthony Giddens, Robert Castel ou Pierre Bourdieu, à forger le concept de liquidité, qu’il devient un penseur de renommée internationale.

    La notion de « société liquide » est aujourd’hui tombée dans le langage courant, en tout cas le langage médiatique, sans doute parce qu’elle est vraiment pertinente et permet d’indiquer en un seul mot les caractéristiques des sociétés contemporaines. Zygmunt Bauman l’emploie dans un sens précis. Une société est dite moderne-liquide si les situations dans lesquelles les hommes se trouvent et agissent se modifient avant même que leurs façons d’agir ne réussissent à se consolider en procédures et habitudes. Elle est apparue lorsque, à l’ère solide des producteurs, s’est substituée l’ère liquide des consommateurs, qui a fluidifié la #vie elle-même, une vie frénétique, incertaine, précaire, rendant l’individu incapable de tirer un enseignement durable de ses propres expériences parce que le cadre et les conditions dans lesquelles elles se sont déroulées changent sans cesse.

    Nos sociétés sont comme les nids de guêpes du Panama : non plus des « sociétés noix de coco », entourées de coque épaisse, qui correspondaient à la phase solide de la modernité, à la construction de la nation, à « l’enracinement et à la fortification du principe de #souveraineté, exclusive et indivisible », à l’imperméabilité des frontières, mais des « sociétés avocat », prune ou kaki, à extériorité molle, qui correspondent à la #modernité liquide, « changeante et kaléidoscopique », au multiculturalisme et au brassage des populations, à la « dévaluation irrépressible » des distances spatiales, aux interpénétrations et interconnexions en réseau, constantes mais modifiables sans cesse.

    (…) Il est impossible de citer tous les sujets sur lesquels Bauman a appliqué ses grilles d’analyse, des leçons à tirer du génocide nazi quant à l’interprétation de la modernité, jusqu’à la situation actuelle de l’Europe, du rôle des intellectuels à l’art, de la « vie pressée » à l’#identité. Cette dernière, du fait justement de la fluidité de la vie, de l’incessant changement de rôles, fonctions, statuts et objectifs, ne peut jamais être « finale » et est renégociée au coup par coup, dit-il. D’autant plus qu’elle ne peut se raccrocher à aucune structure stable, pas même les groupes d’appartenance, que le sociologue anglo-polonais dit avoir été remplacés par des #essaims, des ensembles « d’unités autopropulsées reliées entre elles par la seule solidarité mécanique », n’assurant que la sécurité du nombre (de la même manière qu’un social network remplace l’amitié authentique par le « nombre d’amis ») et jamais le partage de valeurs ni la coopération sociale ou politique.


  • Le marxisme face à la postmodernité : entretien avec Fredric Jameson
    http://revueperiode.net/le-marxisme-face-a-la-postmodernite-entretien-avec-fredric-jameson

    Aujourd’hui, au sein de la gauche radicale, il est impossible d’échapper aux complaintes mélancoliques sur le « postmodernisme » et ses prétendus effets néfastes sur la pensée émancipatrice. Fredric Jameson a été l’un des marxistes les plus disposés à refuser cette attitude de rejet. Ni rire ni pleurer : comprendre. Le postmodernisme n’est pas une élucubration d’intellectuels sans attache, mais l’environnement idéologique incontournable du capitalisme tardif. Dans cet entretien réalisé en 1993, Stathis Kouvélakis et Michel Vakaloulis interrogent Jameson sur les liens qui unissent son travail sur l’idéologie et l’utopie d’un côté, et sa tentative de périodiser le capitalisme postmoderne de l’autre. On y lit la tentative singulière de Jameson, au croisement de Sartre et Althusser, pour penser une nouvelle (...)

    #Uncategorized #modernité #postmodernité


  • Figurations du politique
    http://www.laviedesidees.fr/Figurations-du-politique.html

    On pointe souvent le défaut de représentativité de nos démocraties électorales. Encore faut-il s’entendre sur ce qu’on nomme « représentation ». M. Revaut d’Allonnes, en soulignant la polysémie du terme, engage une réflexion indispensable pour la refondation de notre système politique.

    Livres & études

    / #démocratie, #représentation_politique, souveraineté, modernité

    #Livres_&_études #souveraineté #modernité


  • La #religion de l’ère moderne
    http://revueperiode.net/la-religion-de-lere-moderne

    Une approche marxiste du phénomène religieux implique un bilan critique du sécularisme libéral. Contre les prétentions de ce dernier, il s’agit d’abord d’envisager le moment théocratique de la religion comme une incapacité de la politique à d’autonomiser. Dans ce texte, Bolivar Echeverria constate que la religion du monde moderne (le fétichisme marchand), bien que sécularisée, reproduit des aspects notables de la religiosité archaïque : elle consacre une impuissance collective, elle empêche la prise en charge commune des affaires publiques. À l’inverse, l’auteur montre en quoi certaines formes de religiosité encouragent l’autonomie politique, citant le jésuitisme catholique et sa tentative de produire une modernité alternative. "Il est indispensable, malgré l’impasse dans laquelle nous a conduit la (...)

    #Uncategorized #modernité


  • Contrôle du corps des femmes ou biopolitique | Contretemps
    http://www.contretemps.eu/lectures/contr%C3%B4le-corps-femmes-biopolitique

    http://www.contretemps.eu/sites/default/files/le-controle-du-corps-des-femmes-dans-les-empires-coloniaux-empires-genre-et-biopolitiques.jpg

    Il est à noter que le #livre, ainsi que l’intéressante conférence qui fut à son origine, passent en revue les #empires_coloniaux, c’est-à-dire des histoires en relation avec la #modernité occidentale, rapports qui, aux yeux de ce type de travail, concernent au premier lieu l’#esclavage moderne et le #genre. C’est bien sûr justement dans les #colonies ainsi qu’à propos des #femmes que la #biopolitique a été inventée, s’appliquant aux #corps « dociles » ou supposés sans défense, en tout cas aux corps contrôlés : contrôlés au moyen d’une nouvelle technologie du pouvoir – la biopolitique. La modernité y est introduite par les méthodes les plus brutales et fait elle-même partie de la #colonisation.


  • christian-jacquiau.fr » Les coulisses de la GD Publications » Supermercats no gracies… en français
    http://www.christian-jacquiau.fr/supermercats-no-gracies-11522

    six vidéos pour comprendre les enjeux de la grande distribution…

    https://www.youtube.com/watch?v=f6LnjSZU78I

    https://www.youtube.com/watch?v=t_KIeC_wEE0


    6 centrales d’achat seulement pour toute la France : situation de quasi monopole #mondialisation, pression sociale.

    https://www.youtube.com/watch?v=sOY8a2Pf8XU


    L’impératif de libéralisation : pression en Europe et au niveau de l’OMC pour supprimer les règles qui pourraient protéger les producteurs contre les grands distributeurs. Les distributeurs pratiquent le chantage à l’emploi pour faire pression sur les politiques : créent en fait 1 sous-emploi mal-payé contre 5 #emplois réels disparus. Et même cet emploi est en voie de disparition.
    #commerce_inéquitable : supprimer l’humain ! Aujourd’hui les distributeurs ont même externalisé auprès des fournisseurs les mises en place dans les magasins.

    https://www.youtube.com/watch?v=Q7inhdhKWEo


    On ne peut pas vouloir lutter contre la #précarité, la misère, la pollution, l’exploitation et pousser son caddie le samedi ! Derrière chaque produit, il se cache quelque chose : faire ses courses, c’est comme un bulletin de vote ! Consommateur vs citoyen.
    La France a une forte conscience politique, mais s’attaque toujours aux effets et jamais aux causes. On veut préserver le modèle social mais on ne lutte pas contre les grandes surfaces qui détruisent le monde agricole, l’artisanat, la proximité, le commerce, etc.
    La grande distribution est un modèle de société sur lequel la France est très en avance sur le reste du monde : #appauvrissement général et diffusion de cet appauvrissement via la globalisation.

    https://www.youtube.com/watch?v=Ekl2m4gFRwk


    L’impact de ce #modèle sur les pays du sud où il n’y a pas de #protection sociale préalable. Cela dit, ce modèle enterre aussi la protection sociale dans les pays du nord. Le #bio n’est pas forcément #équitable et l’équitable n’est pas forcément bio.
    La grande distribution s’approprie aussi le bio et l’équitable pour créer des marchés de niche et assécher les leviers de transformation de la société. Logique de #récupération.

    https://www.youtube.com/watch?v=N17UlIFW_ys


    Penser au modèle de société en amont du caddie et explorer les #alternatives. #circuits_court. Demander des comptes quand on achète un produit.
    La grande distribution a des conséquences sur l’ensemble de la population. C’est la fin d’un système, d’une #modernité des années 60 : #relocalisation. Prise de conscience du pouvoir du consommateur.

    Huit ans plus tard, on tempère son optimisme… (le changement, ce n’est pas encore pour maintenant).


  • Enraciner la modernité
    http://www.laviedesidees.fr/Enraciner-la-modernite.html

    Comment mettre les sciences sociales en exposition ? En organisant la rencontre des analyses et des ambitions politiques de Bruno Latour et de certaines œuvres contemporaines, « Reset Modernity ! » fait le pari que les musées peuvent être des espaces de dialogue, et d’un travail collectif sur les enjeux écologiques actuels.

    Essais & débats

    / modernité, #musée, #écologie, #art_contemporain

    #Essais_&_débats #modernité


  • Qu’est-ce que le contemporain ?
    http://www.laviedesidees.fr/Qu-est-ce-que-le-contemporain.html

    Comment rendre compte de notre expérience du contemporain ? À travers une analyse transhistorique d’une catégorie encore largement mésestimée dans l’histoire des arts et les études littéraires, L. Ruffel décrit l’utopie d’un XXIe siècle multiple, pluriel et complètement démocratique.

    Livres & études

    / #littérature, #art_contemporain, modernité

    #Livres_&_études #modernité


  • Le système des avant-gardes
    http://www.laviedesidees.fr/Le-systeme-des-avant-gardes.html

    Avec la volonté d’écrire une histoire totale, B. Joyeux-Prunel propose une approche socioculturelle et transnationale inédite des avant-gardes artistiques. Au delà d’une simple histoire des styles, les avant-gardes apparaissent alors comme de véritables événements politiques et sociaux, pris dans de complexes réseaux d’influence.

    Livres & études

    / #avant-garde, modernité, #histoire_de_l'art, #histoire_globale

    #Livres_&_études #modernité


  • La Cité des larmes
    http://www.laviedesidees.fr/La-Cite-des-larmes.html

    La philosophie des anciens consolait de la perte, de la séparation, de la #mort. Celle des modernes ne le fait plus, considérant désormais que son rôle est de rechercher la vérité. Ce renoncement, selon M. Fœssel, est lourd de conséquences pour notre politique désormais sans horizon.

    Livres & études

    / modernité, mort, #éthique, #mémoire, #politique_de_mémoire

    #Livres_&_études #modernité


  • Les modes d’existence expliqués aux modernes, ou le monde pluriel selon Bruno Latour, par Jean-Pierre Delchambre et Nicolas Marquis

    http://sociologies.revues.org/4478

    Résumé :

    La parution du dernier ouvrage de Bruno Latour intitulé Enquête sur les modes d’existence marque un tournant important dans le parcours intellectuel de son auteur, qui s’y érige comme un métaphysicien assumé. Cette posture, si elle peut fasciner, n’en pose pas moins d’importantes questions tant méthodologiques qu’épistémologiques. Cet article étudie les implications de ce tournant métaphysique sur la définition et la pratique de la sociologie à trois niveaux. D’abord, à partir de la difficulté à discuter la posture de Bruno Latour ; ensuite, à propos de la difficulté à articuler un « pluralisme ontologique » avec un « empirisme radical » en faisant l’économie d’une théorie du langage ; enfin, concernant les effets de ce dispositif dans le champ contemporain des sciences sociales.

    #Latour #Epistemologie #modernité #tournant_linguistique #tournant_métaphysique #pluralisme_ontologique #institution #société


  • A propos de Bonod et le Web

    Reçu un message via Clioweb que je vous doinne ici pour info :

    l’un de vous a utilisé Bonod pour egratigner Michel Serres.

    Bonod, c’est un prof de Chaptal lancé dans une croisade
    anti-internet et anti-modernité.

    C’est lui « le pourrisseur du web » qui s’était vanté d’avoir piégé
    ses lycéens en semant des erreurs sur un auteur mineur du XVIIe,
    dans les sites (payants) de soutien scolaire.
    La plupart des journalistes avaient cité cet exemple
    en résumant par un « Wikipedia trompe les lycéens »

    sur son blog la vie moderne, il passe son temps à quereller
    le reste du monde. Et comme il habite à Paris,
    il est un invité favori des médias qui ont besoin
    d’un anti-internet pour contrebalancer la promotion
    faite par le ministère et par les éditeurs.

    #internat #web #modernité


  • Lire Edwad Said actuellement est un exercice sain.
    In these times, reading Edward Said is healthy.
    http://analysedz.blogspot.com/2011/11/impossible-histories-why-many-islams.html

    (...) When Bernard Lewis’s book was reviewed in the New York Times by no less an intellectual luminary than Yale’s Paul Kennedy, there was only uncritical praise, as if to suggest that the canons of historical evidence should be suspended where “Islam” is the subject. Kennedy was particularly impressed with Lewis’s assertion, in an almost totally irrelevant chapter on “Aspects of Cultural Change,” that alone of all the cultures of the world Islam has taken no interest in Western music. Quite without any justification at all, Kennedy then lurched on to lament the fact that Middle Easterners had deprived themselves even of Mozart! For that indeed is what Lewis suggests (though he doesn’t mention Mozart). Except for Turkey and Israel, “Western art music,” he categorically states, “falls on deaf ears” in the Islamic world."
    "Now, as it happens, this is something I know quite a bit about, but it would take some direct experience or a moment or two of actual life in the Muslim world to realize that what Lewis says is a total falsehood, betraying the fact that he hasn’t set foot in or spent any significant time in Arab countries. Several major Arab capitals have very good conservatories of Western music: Cairo, Beirut, Damascus, Tunis, Rabat, Amman—even Ramallah on the West Bank. These have produced literally thousands of excellent Western-style musicians who have staffed the numerous symphony orchestras and opera companies that play to sold-out auditoriums all over the Arab world. There are numerous festivals of Western music there, too, and in the case of Cairo (where I spent a great deal of my early life more than fifty years ago) they are excellent places to learn about, listen to, and see Western instrumental and vocal music performed at quite high levels of skill. The Cairo Opera House has pioneered the performance of opera in Arabic, and in fact I own a commercial CD of Mozart’s Marriage of Figaro sung most competently in Arabic. I am a decent pianist and have played, studied, written about, and practiced that wonderful instrument all of my life; the significant part of my musical education was received in Cairo from Arab teachers, who first inspired a love and knowledge of Western music (and, yes, of Mozart) that has never left me. In addition, I should also mention that for the past three years I have been associated with Daniel Barenboim in sponsoring a group of young Arab and Israeli musicians to come together for three weeks in the summer to perform orchestral and chamber music under Barenboim (and in 1999 with Yo-Yo Ma) at an elevated, international level. All of the young Arabs received their training in Arab conservatories. How could Barenboim and I have staffed the West-Ostlicher Diwan workshop, as it is called, if Western music had fallen on such deaf Muslim ears? Besides, why should Lewis and Kennedy use the supposed absence of Western music as a club to beat “Islam” with anyway? Isn’t there an enormously rich panoply of Islamic musics to take account of instead of indulging in this ludicrous browbeating?

    #Islam #Islamisme #Modernité


  • Interview #Ramón_Grosfoguel

    https://bruxelles-panthere.thefreecat.org/?p=2689

    En lien avec

    http://seenthis.net/messages/472809

    avec, par exemple

    http://seenthis.net/messages/443971

    et avec
    #privilège_blanc
    #soliloque_blanc
    #lunettes_blanches
    #décolonisation
    #indigènes_de_la_république
    #émancipation

    Toutes ces structures, qui ont leur origine dans une histoire coloniale, ne disparaissent pas avec celle-ci. Elles constituent ce que l’on s’accorde à nommer l’#Occident, et grâce à toutes ces hiérarchies, esthétiques, linguistiques, raciales, etc, les critères de l’Occident l’emporteront sur tous les autres. Ces hiérarchies ont été intériorisées, au niveau des individus, de la subjectivité, mais elles existent aussi au niveau des collectifs, des régions, des pays, elles sont intégrées à notre façon de penser la politique, à notre rapport à la nature, aux relations humaines. C’est pourquoi elles font partie de l’imaginaire du monde moderne.

    Remarquons d’ailleurs que les intellectuels critiques du Sud, qu’il s’agisse des intellectuel(le)s indigènes ou des penseur(se)s noir(e)s, des critiques islamistes ou des penseurs boudhistes, sont tous d’accord sur un point : ce système global est une civilisation, et certains la nomment la #civilisation_occidentale. Cela nous renvoie au fait que le système global n’est pas seulement un système économique mais quelque chose de beaucoup plus ample. C’est une civilisation qui a produit un système économique, pas un système économique qui a produit une civilisation. Une civilisation qui a détruit toutes les autres, et qui, dès la fin du XIXe siècle, a existé à l’échelle planétaire. Pour quelques rares populations du monde occidentalisé, elle produit la vie et donne accès à des privilèges. Pour toutes les autres, elle produit la mort et la violence .

    la perspective postcoloniale reproduit le privilège de l’homme occidental. Je veux parler de ce privilège épistémique de l’homme occidental, au monopole de la connaissance dont jouissent les hommes de cinq pays, qui sont les seuls à faire autorité, les seuls à être légitimes. Ces hommes sont français, allemands, britanniques, nord-américains (et il y a aussi, mais au second plan, des Italiens). Tout bien considéré, toutes les disciplines des sciences sociales, et même les paradigmes disciplinaires de l’université occidentalisée et de la gauche occidentalisée sont fondés sur les analyses d’hommes qui appartiennent à l’un de ces cinq pays. C’est sur cette base que s’établissent les règles de la pensée critique ou scientifique dans le domaine social, historique, philosophique.
    Peut-on, dans ces conditions, parler de diversité épistémique ? N’est-elle pas plutôt étouffée, et finalement détruite ? Nous, les penseurs décoloniaux, nous prenons au sérieux la question de la diversité épistémique. Nous voulons décentrer la pensée de l’homme occidental car elle s’inscrit dans ce que je nommé « une épistemologie raciste-sexiste ».

    Les post-coloniaux voient dans la modernité une solution : il faudrait simplement que les modernités soient diverses, plurielles, etc. Mais nous, les décoloniaux, nous voyons la modernité comme un problème. C’est une civilisation qui a créé la mort, qui élimine des êtres humains et d’autres formes de vie. Une civilisation de la mort, pas un projet d’émancipation, comme le croient les postcoloniaux. Certes, il s’agit d’un projet de civilisation, mais qui est également un projet de domination.

    #bruxelles_panthère
    #modernité


  • L’avenir du Forum social mondial : le travail de traduction
    par #Boaventura_de_Sousa_Santos

    https://www.cairn.info/revue-mouvements-2010-3-page-20.htm

    Ce texte, qui me parle plus que je ne le saurais dire, et me semble éclairant, date un peu, mais pour ma part, je n’y viens qu’aujourd’hui, et son auteur semble jusqu’alors inconnu sur seenthis. Dois-je ajouter que c’est la lecture des écrits du PIR et de ses amitiés #décoloniales revendiquées - en particulier de #Ramon_Grosfoguel - qui m’y ont amené ?

    La théorie politique de la #modernité_occidentale, dans sa version libérale ou marxiste, a construit l’unité de l’action à partir de l’unité de l’agent. Selon cette conception, la cohérence et le sens du changement social ont toujours reposé sur la capacité de l’acteur central du changement, que ce soit la bourgeoisie ou les classes laborieuses, à représenter la totalité dont découlent le sens et la cohérence. De cette capacité de représentation proviennent le besoin d’une #théorie_générale_du_changement_social ainsi que les opérations qui y concourent.

    L’époque dans laquelle nous vivons, dont le passé récent fut dominé par l’idée d’une théorie générale, est peut-être une époque de transition qui devrait être définie de la façon suivante : nous n’avons pas besoin d’une théorie générale, mais nous avons encore besoin d’une théorie générale de l’impossibilité d’une théorie générale . Nous avons besoin, à tout prix, d’un universalisme négatif .

    Quelle est l’alternative à une théorie générale ? Selon moi, cette alternative, c’est le travail de traduction . La traduction est une procédure qui facilite l’intelligibilité mutuelle entre des expériences du monde, les rend valides et possibles, comme le montrent la sociologie des absences et la sociologie des émergences, sans compromettre leur identité et leur autonomie, ou pour le dire autrement, sans les réduire à des entités homogènes.

    Le travail de traduction des savoirs part de l’idée que toutes les cultures sont incomplètes et que par conséquent, elles peuvent être enrichies par le dialogue et la confrontation avec d’autres cultures. Selon moi, le FSM a accordé à cette idée une nouvelle centralité et une plus grande urgence. Reconnaître la relativité des cultures n’entraîne pas l’adoption du relativisme comme position culturelle (l’idée que toutes les cultures sont également valides et qu’aucun jugement ne peut leur être transmis depuis la perspective d’une autre culture). Cela implique par contre de concevoir l’universalisme comme une particularité de l’Occident, dont l’idée de suprématie ne réside pas en son sein, mais repose plutôt sur les intérêts qui le soutiennent. Comme je l’ai précédemment mentionné, la #critique_de_l’universalisme découle de la critique de l’impossibilité d’une théorie générale. Le travail de traduction présuppose plutôt ce que j’appelle l’#universalisme_négatif, l’idée la plus communément partagée de l’impossibilité de la complétude culturelle.

    Le travail de traduction part du principe qu’en raison des spécificités culturelles, sociales et politiques de notre époque, il est possible d’arriver à un large consensus autour de l’idée qu’il n’existe pas de théorie générale et globale sur la transformation sociale. Sans ce consensus – le seul genre d’universalisme (négatif) légitime – la traduction est un travail de type colonial , même lorsqu’elle se revendique postcoloniale.

    Nous pouvons nous demander : si nous ne savons pas si un autre monde est possible, qu’est-ce qui légitime ou motive notre façon d’agir comme nous l’avons fait ? Le travail de traduction est un travail d’imagination épistémologique et démocratique qui vise à bâtir de nouvelles conceptions plurielles de l’émancipation sociale sur les ruines de l’émancipation sociale automatique du projet moderne. Il n’existe aucune garantie qu’un meilleur monde soit possible, ni que tous ceux qui n’ont pas renoncé à se battre pour qu’il le soit l’imaginent de la même façon. L’objectif du travail de traduction est de nourrir au sein des mouvements sociaux et des organisations la volonté de créer ensemble des savoirs et des pratiques suffisamment fortes pour fournir des alternatives crédibles à la globalisation néolibérale, qui ne représente ni plus ni moins qu’un pas de plus du capitalisme mondialisé vers la soumission de l’inépuisable richesse du monde à la logique mercantile.

    Le travail de traduction permet de créer des significations et des directions qui sont précaires mais concrètes, à court terme mais radicales dans leurs objectifs, incertaines mais partagées. Le but de la traduction entre savoirs est de créer une justice cognitive du point de vue de l’imagination épistémologique . Le but de la traduction entre pratiques et acteurs est de créer les conditions d’émergence d’une justice sociale mondiale du point de vue de l’imagination démocratique.
    Le travail de #traduction crée les conditions qui permettent des émancipations sociales concrètes de groupes sociaux concrets dans un présent dont l’injustice est légitimée par le gaspillage massif d’expériences. Le genre de transformation sociale qu’il est possible d’accomplir grâce au travail de traduction nécessite un apprentissage réciproque et que la volonté d’articulation et de coalition soient transformées en pratiques transformatrices.


  • Du daguerréotype au #numérique
    http://www.laviedesidees.fr/Du-daguerreotype-au-numerique.html

    En étudiant les mutations de la #photographie depuis ses origines, on s’aperçoit que, contrairement à ce que l’on croit souvent, elle exalte l’artifice, la fiction et l’imaginaire, forte de son esthétique antinaturaliste. Et si le XIXe siècle était la matrice de notre modernité artistique ?

    Livres & études

    / modernité, #nature, photographie, numérique

    #Livres_&_études #modernité


  • Comprendre le #capitalisme
    http://www.laviedesidees.fr/Comprendre-le-capitalisme.html

    De nos jours, le capitalisme est l’un des concepts les plus utilisés en sciences humaines et sociales, mais également l’un des plus mal compris. Loin des perspectives que biaisent les opinions politiques, Geoffrey M. Hodgson propose d’analyser le capitalisme par le prisme du droit.

    Essais & débats

    / #take-off, capitalisme, modernité

    #Essais_&_débats #modernité

    • http://www.wikiberal.org/wiki/Geoffrey_Hodgson

      Geoffrey M. Hodgson est né le 28 juillet 1946 à Watford en Angleterre. Il est professeur de management à l’Université de Hertfordshire, à Hatfield et rédacteur en chef du Journal of Institutional Economics. Ses domaines d’intérêt portent sur l’analyse économique des institutions, l’évolutionnisme au travers de l’apport du darwinisme, l’histoire de la pensée économique, la nature de la firme et la théorie sociale. Influencé par l’école institutionnaliste américaine (Veblen), il partage toutefois de nombreux points commun avec l’école autrichienne d’économie.

      A la fin de l’année 2010, Geoffrey Hodgson et Thorbjørn Knudsen publient un livre appliquant les principes conceptuels de Charles Darwin à l’évolution sociale et économique. Les auteurs utilisent les apports de base de la théorie darwinienne, à savoir la variation, la sélection et l’héritage (ou réplication). Entre autres applications, ils montrent l’utilité de ce modèle pour expliquer l’évolution de la culture pré-linguistique, le langage humain, les coutumes tribales, l’écriture et les enregistrements écrits, les États et les lois, et l’institutionnalisation de la science et de la technologie.


  • L’ethos baroque
    http://revueperiode.net/lethos-baroque

    Depuis Marx, on pense indissociablement la modernité capitaliste comme une contradiction vivante : un progrès indéniable de la coopération humaine et de la maîtrise de la nature, mais aussi un retournement contre l’humanité de ses propres créations (marché, valeur, capital, impérialisme) qui en font une structure d’oppression. Pour Bolívar Echeverría, cette aliénation se traduit par des ethos, des formations culturelles, des formes de vie, des œuvres d’art, qui donnent sens au désordre du monde. Dans ce texte, il propose de lire l’ethos baroque comme l’un des quatre rapports possibles à la modernité. Echeverría propose de lire ce mouvement culturel de façon résolument anti-eurocentrique : comme le résultat d’une hybridation entre l’utopie des missions jésuites en Amérique latine coloniale et des (...)

    #Uncategorized #modernité


  • Retour à la vie moderne
    http://www.laviedesidees.fr/Retour-a-la-vie-moderne.html

    La 13e Biennale d’art contemporain de Lyon vient de s’achever. Loin d’un rappel nostalgique à un projet moderne historiquement dépassé, cette ambitieuse édition intitulée La Vie moderne signalait la reprise de l’idée de moderne sous une forme amplifiée, post-postmoderne, hypermoderne, altermoderne. Un pari tenu…

    Essais & débats

    / #art_contemporain, modernité

    #Essais_&_débats #modernité


  • Il est pas mal question depuis deux, trois jours, de la recomposition du prix du festival d’Angoulême, après la départ de Sattouf de la liste des nominés. Vous êtes, je suppose, déjà au courant de tout ça.

    Bon. Jusqu’ici je me suis toujours foutu royalement de ces prix à la con, je ne suis pas concerné par leur existence, qu’il s’agisse de BD ou de mérite agricole.
    Mais là, un truc me parait bizarre :
    Bon, comme tout le monde, j’imagine, j’ai du coup jeté un oeil à la liste des grands prix précédents. On ne peut pas dire que les femmes s’y bousculent non plus pendant 40 ans. Et tant que j’y suis, je serai assez curieux de voir les fameuses listes des nominés pendant ces 43 dernières années, pour voir si, par hasard, ce désert ne serait pas, au fond, la coutume.
    Où je veux en venir ? Là : cette année, il appert que ce truc dont tout le monde se fout depuis 43 ans - le sexisme de ce prix, celui du monde éditorial et institutionnel de la bande dessinée - hé bé là tout le monde est drôlement soucieux de son éthique. Partout en ligne, dis-donc. Dingue.

    Le monde entier de la bédée se serait-il enfin mis à lire Butler et Preciado ? Sans déconner ?.. Si ça pouvait être vrai...
    Ma question n’est donc pas « Pourquoi que y’a pas de femmes dans la liste ? », parce que la seule chose vraiment nouvelle sous le soleil, c’est « Pourquoi que d’un coup tout le monde est féministe ? » (alors que toute l’année, j’entends dire exclusivement des saloperies sur les féministes, sur le ton patelin du « Oui oui c’est important, bien sûr, les femmes, tout ça, mais y’a les manières quand même et les féministes, hein, ils les ont pas » et du « Quand même, faut pas pousser, c’est pas l’Iran ici » etc. J’apprends que dalle aux seenthisiens)
    Sattouf est-il le premier à avoir amorcé ce mouvement en se retranchant de la liste ? J’en sais rien et je m’en fous (* les commentaires qui ont suivi cet article me révélèrent une chronologie de la prise de position publique et de son relai médiatique également lourde de sens, en vérité, par des saloperies de journalistes toujours en mal d’incarnation et, au passage, d’incarnation virile ) ; mais y’en a un, donc, qui a dit un truc.
    Hop. C’est public.
    Après, que reste-t-il à faire aux autres, pris dans le cadre de cet énoncé, pour ne pas avoir l’air de petites merdes quand ils sont :

    a) Des auteurs concernés par le prix et mis en lumière comme éventuels complices silencieux

    b) Des femmes auteurs qui s’en branlent toute l’année mais qui d’un coup sont toutes très très Tanxx dans leur tête

    c) Des journalistes de mes deux qui sont juste des journalistes de mes deux ?

    d) Des pangolins

    On peut y ajouter les féministes légitimement agacés d’un coup de voir que leur lutte, dont tout le monde se fout, d’un coup tout le monde s’en fout plus pour au moins, oula !, une bonne quinzaine de jours, hein, avant que ça reparte de plus belle dans le rien.

    Que tous les pignoufs du coin trouvent l’occasion à peu de frais de se donner l’air concerné par des trucs, histoire de gagner des points d’éthique publique, voilà qui ne m’étonne pas. Faux-derches.
    Maintenant que ça c’est posé, c’est pas ça qui va résoudre le problème épineux du choix pour raccommoder le manteau du roi nu... De quel tiroir sortiront les auteures de la liste du futur, vu les endroits glauques où les éditeurs s’obstinent à les ranger depuis toujours ces publications féminines, à savoir le tiroir femme qui cloisonne et recloisonne un ordre du monde masculin et remasculinisé ? (je parle bien du problème auquel nous renvoie ce prix et son cadre particulier, qu’il a consolidé depuis 43 ans).
    Ceci invitera plutôt à un constat général, montrant assez vite que si les femmes qui font des bandes dessinées sont nombreuses, et de plus en plus, elles ont peu de chance de rentrer dans les critères d’eligibilité de ce prix.
    Qui sont-elles, et que sont-elles devant ces critères ?
    Bon, il y a évidemment nos chères vivantes disparues (vous me direz, on a bien élu Watterson, hein) du genre Claveloux (qui ne fait plus que de l’illustration à ma connaissance depuis belle lurette) ou Rita Mercedes, idole de mon adolescence (belle réapparition à l’Asso après tant d’années de disparition de notre champ disciplinaire).
    Je ne suis pas chez moi pour mettre le nez dans ma bibliothèque, mais on peut se rappeler que pas mal de trucs ont été tués dans l’œuf depuis les années 70, rejet, épuisement etc. personnels ou collectifs ( je pense à l’expérience géniale de « Ah ! Nana ! » https://clio.revues.org/4562 ), chemin désertifié duquel ressort invariablement la toute petite famille sans cesse nommée pour masquer le vide angoissant : Cestac, Brétécher, Montellier, Puchol, Goetzinger.

    restent :

    — les saloperies à la pelle dont la merdicité girly est coresponsable de la situation désastreuse dans laquelle se tient la bande dessinée féminine. Je ne veux nommer personne, je refuse toute distinction hiérarchique dans un tel tas de caca, mais quand Bagieu monte au créneau, franchement, je luis suggèrerais plutôt de s’acheter un miroir (à l’époque de "Ah Nana ! , on lui aurait caillassé la gueule, si vous voulez mon avis). Elles sont à la bd faite par des femmes ce qu’un Van Hamme est à celle faite par des hommes, une taule. En lauréer une seule serait une contreperformance désastreuse, un effet rigoureusement opposé à celui désiré, un entérinement dans une partition du monde déjà bien écrasante.

    — la palanquée d’auteures brillantes qui ont contre elles leur trop petite biblio pour un festival qui mesure le talent à la tonne de papier imprimé ( et également un autre petit gros handicap, qu’elles ont de commun avec la liste suivante, vous verrez) : Joanna Hellgren, Aurélie William-Levaux, Debbie Dreschler, Juhyun Choi, Delphine Duprat, Dominique Goblet, Isabelle Pralong, etc. il me faudrait une page entière de ce forum pour les évoquer ; ce sont elles, les femmes qui agrandissent chaque jour la compréhension et les formes de la bande dessinée. Avec ou pas un travail marqué par la féminité comme question, comme objet de leurs récits - aucune raison, sinon sexiste, de l’attendre systématiquement, ce qui pourtant est le cœur battant des critiques de livres féminins - , mais jamais incarnant ces polarités de genres qui nous tuent à petit feu et qu’il va bien falloir liquider un jour ou l’autre (Haraway, viens à notre aide !). Comment un quarteron de vieux schnocks pourrait-il simplement les VOIR ?

    — les auteures historiques géniales, comme Aline Kominsky, Phoebe Gloeckner, Trina Robbins, Julie Doucet etc. : copieuses, pourrait-on dire, hein, mais toujours trop invisibles et pas assez populaires (entendez : aimables et lisibles par des singes) pour un festival aveugle depuis la fin des années 80 à toute modernité (à quelques très rares exceptions près, et à la condition que les auteurs aient arraché péniblement un peu d’intérêt du grand public ou qu’on leur doive également quelques œuvres dites "populaires" : Crumb - en 1999, bon sang ! - Blutch, Spiegelman - en 2011, ah ah ah ah - Willem - et on se souvient du scandale qui en découla chez les vrais-amateurs-de-bédé...).

    Ce qui veut dire que ce pauvre festival, prix au piège de ses propres catégories débiles (grosse biblio, succès populaire) va devoir aller chercher Montellier ou Goetzinger pour donner du sens à cette soudaine, belle, profonde, prise de conscience générale. Ce retour de conscience artificiel des zozos du festival va produire de façon éblouissante, visible comme un furoncle sur un nez de menteur, un agrandissement du problème qu’il prétendra résoudre. Y’a pas de quoi se réjouir.

    Bon, c’est un prix, un foutu prix de mes deux, avec son cadre, ses références, ce n’est pas un indice sociologique d’une activité. En gros : il y a zéro raison pour que ce club soit une référence spéculaire d’un état réel de la création. On lui reproche de ne pas être un juste outil d’optique, alors que ce n’est pas un outil d’optique du tout. Malheur à qui mérite un prix ! Soyez fières, mes soeurs, d’être invisibles à ces vieux connards !

    Évidemment, c’est plus simple pour moi d’affirmer que ce prix est une merde dont je ne voudrais pour rien au monde, parce que mon sexe me range d’emblée du bon côté des nominables. Mais un prix, justement, couronne un certain état du monde établi dans son hégémonie (monde que je réprouve, notamment dans ses catégories de genres et sa normativité sexiste) ; il faut être le dernier des cons pour croire qu’un prix distingue quelque chose. Un prix ne traverse rien, un prix patine en surface. Un prix bégaye une société. Ceux qui en reçoivent feraient bien de garder toujours ça dans un coin de leur petite tête creuse et se demander ce qu’ils ont fait pour mériter ça.

    Pour dire ça plus rapidement : les femmes qui font des bandes dessinées, depuis un bon paquet d’années maintenant, font, au quotidien, sa modernité (raison pour laquelle une célébration de Goetzinger ou de Montellier n’aurait été représentative de RIEN). Ce festival et son prix célèbrent une vision archaïque de la bande dessinée. Il se trouve qu’à archaïsme, archaïsme et demi : la momification phallique fait partie du paquetage. Ce qui nous préoccupe aujourd’hui est pris dans cette équation.

    –--------------

    j’apprends à la dernière minute, le temps de rédiger ce texte, la décision du festival qui a trouvé l’ultime pirouette pour ne rien rendre visible du problème le plus profond, celui qu’il porte en lui par ses propres catégories, en renvoyant à d’autres le choix d’une position à prendre ( http://www.bdangouleme.com/934,la-parole-aux-auteur-e-s ). Sauvés par le joker démocratie !
    Que dire d’autre que « Ah ah ah ah ah » ?

    #féminisme #bande_dessinée #modernité

    • #femmes #BD #histoire et #merci, car voilà qui répond fort bien à cette belle fumisterie sexiste qu’a été le premier communiqué du #FIBD :

      Lorsque l’on remonte dans ce laps de temps pour regarder quelle était la place des hommes et des femmes, dans le champ de la création, en matière de bande dessinée, force est de constater qu’il y très peu d’auteures reconnues.

      Ou la pensée circulaire en action : nous, grande instance de reconnaissance, ne pouvons pas les reconnaître pour la bonne raison qu’elles ne sont pas reconnues.

    • M’est avis que la pitoyable pirouette démocratique vient d’une tardive prise de conscience de l’impasse : allonger la liste avec quelques noms de femmes, ou même refaire une liste paritaire, ne pouvait plus légitimement apparaître aux concernées que comme une insulte.
      D’ailleurs Montellier leur a préventivement renvoyé le prix à la gueule :

      Le festival a-t-il redouté que certaines sélectionnées refusent à leur tour de faire partie de cette liste, comme l’ont fait une dizaine d’auteurs hommes au cours des quarante-huit dernières heures ? C’est fort possible. Contactée alors que son nom commençait à circuler sur Internet, Chantal Montellier nous disait ceci ce matin : « Il n’est pas question que j’accepte ce truc ! Cela ressemble à une aumône. Le festival décide de rajouter six femmes ; pourquoi pas douze tant qu’on y est, comme pour les huîtres ? En plus, il n’y a pas le moindre mot de repentance face à ce qui reste et restera une goujaterie. »

      http://www.lemonde.fr/bande-dessinee/article/2016/01/07/le-festival-de-bande-dessinee-d-angouleme-invite-finalement-les-auteurs-a-vo

    • Dans ma chronologie personnelle, le monsieur qui a déclaré en premier qu’il se retirait n’a fait que réagir à la réaction initiale du collectif d’autrices à ce sujet. Je n’ai pas les liens sous la main, je ne fais qu’ajouter ma petite pierre au sujet. J’ai vu en direct, sur mon fil Facebook, le post de l’auteur apparaître avec le compteur de « J’aime » de quelques dizaines, et augmenter chaque seconde jusqu’à beaucoup, et à ce moment là, j’avais déjà pris connaissance du communiqué du fameux collectif.

    • Sattouf qui a été le premier à se retirer de la liste avait déjà été primé l’an passé et ça m’a bien fait marré ce geste « grand seigneur » de mes deux ovaires. http://seenthis.net/messages/446157
      J’ai regardé tout ça mollement, ce festival n’est qu’une piètre foire commerciale parmi d’autres. J’espère que les femmes « pressenties » renverront à leur juste condition ce ramassis de vieux schnocks décrépis : aux oubliettes. Ils me font penser à ses indécrottables sénateurs qui s’accrochent à leur siège et à leurs privilèges mais que personne ne prend plus au sérieux.

    • Puisque tu parles de la qualité de ce festival, j’ajoute que j’ai toujours été surpris par les choix réalisés années après années... sachant que je ne dois pas posséder plus de 1 ou 2 albums « grand prix »... sur les quelques centaines de BD présentes sur mes étagères... Par exemple, y-a un Zep qu’on m’a offert un jour...

      Je digresse. L’autre jour, je cherchais de la BD érotique... avec dans l’idée de trouver de la BD érotique écrite par une femme... Rien trouvé dans les catalogues en ligne... Que des mecs, vulgaires et craignos...

    • @julien1, @biggrizzly : oui, Riad Sattouf a réagi au communiqué du collectif des Créatrices de bande dessinée, mais très rapidement les grands #médias ont décidé que la parole d’un homme était décidément plus valable. C’était indiqué ici (avant que ça ne passe sous #paywall_à_retardement)
      http://seenthis.net/messages/446897

      Dans le journal Les Echos, Riad Sattouf devient même l’initiateur du mouvement de dénonciation. « C’est Riad Sattouf, nominé pour le tome 2 de son roman graphique "L’Arabe du futur", qui s’en est ému le premier sur Facebook, suscitant aussitôt des commentaires louangeurs sur les réseaux sociaux », écrit le journal. Le Collectif des créatrices, à l’origine de l’indignation se serait positionné « dans le sillage » de Riad Sattouf, demandant, après coup, le boycott des votes. Dérangeante réécriture de l’histoire.

      Et qui font les grands titres ? Les « grands auteurs » (sans -e-) forcément. « Accusé de sexisme, le festival de la BD d’Angoulême est boycotté par de grands auteurs », titre Les Echos. Le Parisien fait de même, évoquant à peine le rôle du collectif, quand le Huffington Post s’attache à Joann Sfar.

    • tout ça s’est finit comme d’hab : culpabilisation de la part de l’éditeur pour mézigue, renvoi aux féministes de la responsabilité de la merde. ce sont les féministes qui font chier à ouvrir leurs gueules quand quelque chose craint, mais l’objet de notre colère n’est jamais plus qu’un « texte philosophique » ou « une simple erreur d’un camarade pas si méchant tu sais bien », et j’en passe. Et aussi ce qui m’a frappée c’est le silence de nos chers camarades par ailleurs : regardons ailleurs. Le désengagement par le silence. La désapprobation de notre parole en nous ignorant tout simplement, même quand on s’adresse à eux directement. On veut bien être proféministes, mais attention, tant qu’on vise ailleurs, pas les potos. Le sens du texte « le prix à payer » sur A contrario ainsi que le mien, c’était ça, aussi. L’ineffable joie de voir des copains (lol) te tourner le dos quand le vent féministe souffle dans le mauvais sens. Le bonheur inégalable d’avoir le choix entre travailler pour des connards ou ne pas avoir de travail, donc pas de sous (tu vois ce que je voulais dire par « erreur de travailler sur la bas des convictions », hin).

      https://soupherbe.wordpress.com/2015/06/02/652

      mais aussi, pour répondre directement à ce fil de discussion : http://tanx.free-h.fr/bloug/archives/8518

      Tu sais LL de Mars, j’ai fait ma tanx aussi avec CQFD pour qui tu travailles. Je me suis barrée parce qu’une personne s’est montré très paternaliste à mon égard sur une question pour le moins dérangeante dans les colonnes de ce journal. J’ai appris après coup que beaucoup dans l’équipe était d’accord avec moi, mais personne ne me l’a fait savoir, et j’ai claqué la porte en me croyant encore seule. Prendre tout le monde de haut quand le féminisme devient un sujet parce que le vent change de sens, mais ne pas voir la misogynie sous son propre nez, ça n’est pas spécialement avant-gardiste non plus. Peut être que tu l’ignorais. Peut être pas. Peut-être que tu n’en avais après tout rien à foutre, vu l’estime que tu sembles me porter.
      Y’a une chose que j’ai apprise avec le féminisme : c’est que les femmes disparaissent dans le silence, et que les hommes font beaucoup de bruit dès qu’ils se pètent un ongle ou qu’il s’agit de montrer à quel point ils brillent sur tous les sujets, même ceux qu’ils ne maitrisent pas.

      Voilà. j’ai encore fait ma tanx.

    • @monolecte Mais où est-il écrit « faire sa tanx » dans ce texte de L.L. de Mars ? La seule occurrence que je trouve c’est : « b) Des femmes auteurs qui s’en branlent toute l’année mais qui d’un coup sont toutes très très Tanxx dans leur tête ». Alors je ne dis pas qu’il n’y a rien à dire, mais entre être "très très Tanxx dans leur tête" et "faire sa tanx", je crois qu’il y a une marge et une interprétation qui s’emballe, ce débat part mal.

    • @odilon @soupherbe
      je ne sais pas si Tanx laissera ce commentaire que je viens de laisser sur son liste, mais je tiens à faire entendre ce que je pense de ces lectures empressées et falsifiantes de mes positions. Il serait bon de lire les textes au lieu de les fantasmer.

      « Mauvaise interprétation, hâtive, aveuglée par des certitudes aprioriques : nulle part je ne parle de "faire sa Tanx", mais bien de l’étrange mouvement public de zozos qui se foutent absolument de tout problème sexiste toute l’année et qui d’un seul coup se sentent "tanxx". Ce qu’ils ne sont pas. Tu lis trop vite, mal, et tu conclues à côté.
      Je n’aime pas ton travail, effectivement, qui est à mille kilomètres de ce que j’attends d’un dessin politique : je le trouve sage, décoratif, collé au pire de la camelote rock avec un zeste d’école américaine. Trop joli pour être honnête, pas assez offensif, désespérément monosémique - donc terriblement condescendant puisque tu prends tes lecteurs pour des cons à qui il faut tout dire d’un coup sans ambiguïté. Je sais pas, peut-être par crainte qu’ils s’imaginent une dissonance politique ? Sinon pourquoi ? Voilà pour ton dessin qui, contrairement à toi, n’a rien à dire.
      C’est dommage parce que je suis quasi systématiquement de ton côté sur tes positions politiques quand je te lis. Nous partageons infiniment plus d’idées que tu ne peux l’imaginer.
      Quand à CQFD, j’ignorais absolument cette histoire, ce n’est pas la peine de fantasmer autre chose. Je vis dans un trou, à 1000 kilomètres de Marseille, je ne connais rien de la cuisine interne du canard. J’ai moi-même cessé de bosser pour le canard pendant trois ans, agacé par les positions antisémites que véhiculait la lecture de Shlomo Sand ou encore certains strips abjects de Berth. Je suis revenu pour des raisons charnelles, car j’aime ces gens même quand ils déconnent, se trompent, me blessent sans l’imaginer.
      Te trompe pas d’ennemi. »

    • @soupherbe N’en étant pas certain, j’ai fait comme ça.

      Mes positions devant ton dessin ne changent rien à ce que je pense de tes textes et des positions, des choix, qu’ils soutiennent. C’est de mon point de vue un problème politique qui nous sépare, sans aucun doute, le rapport au dessin, mais c’est probablement un des seuls.
      Je ne doute pas que nous ayons un jour l’occasion d’en causer, dans un festival ou ailleurs. Il n’y a aucune espèce d’animosité personnelle, de truc affectif à la con dans ce que je te dis (ceci pour ton « Peut-être que tu n’en avais après tout rien à foutre, vu l’estime que tu sembles me porter. » qui est particulièrement mal vu. Et je n’en ai pas rien à foutre, du tout, de la façon dont on traite les femmes dans ce pays, dans mon corps de métier comme dans tous les autres cadres sociaux).

    • [nb : je n’avais pas vu ta dernière réponse avant de publier celle-ci, @l_l_de_mars - ça ne change pas grand chose, mais je préfère préciser pour éviter qu’on lise du sous-texte là où il n’y en a pas]

      merde je ne savais pas pour @cqfd, @soupherbe - déjà qu’il n’y avait pas beaucoup de nanas aux crayons, ça fout les boules d’apprendre cette histoire et ça a dû être un sale truc à traverser...

      une des choses que j’aime dans le canard, par rapport à bien d’autres à l’esthétique plus uniforme, c’est précisément que sur le plan graphique, on pouvait avoir aussi bien Tanxxx que L.L. de Mars, JMB que Caroline Sury, Pirikk que Colloghan - que ces manières très diverses de dessiner s’appuient sur des conceptions diamétralement opposées non seulement du dessin lui-même, mais aussi de l’action, de l’analyse, de l’engagement, on le sent fort bien, mais côté lectrice je dois vous dire que ça faisait sacrément du bien d’avoir de la poésie et du punk, d’immenses fucks et d’immenses rêves, des roses et des pains dans la gueule (je n’écris pas ça pour jouer les médiatrices, hein, vous vous doutez, mais juste pour décoincer cette boule dans la gorge quoi)

      et ta réponse à un autre commentaire sur ton site, @soupherbe

      je suis coincée entre des gens qui aiment mon dessin et détestent ce que je dis et des gens qui détestent ce que je dis et aiment mon dessin.
      j’ai un scoop pour tout le monde : mon dessin et ce que je dis sont indissociables, et j’en ai rien à secouer de vos préférences.

      impeccable

    • @intempestive non, ça n’a rien d’impeccable, c’est de la cécité totale. Son dessin est parfaitement dissociable, hélas, de ce qu’elle dit, et c’est bien là le foutu problème : son dessin est parfait sur un t-shirt de gland ou sur un poster d’ado avec la conscience politique d’un coucou. Il est cool. Sympa. Rock. Propre et lisible tout joli drôlement bien fait. Il n’offense rien, ne fait rien bouger, est invisible dans la galerie des fétiches habituels de la quincaillerie punkouillarde mort-née, en plus élégant toutefois. Il n’en est pas de même pour ses choix politiques, ses positions, la façon de tenir ces positions fermement, de refuser les catégories soigneuses où se disposent discours et corps, qui en irritent plus d’un, prennent la tête de l’ado avec la conscience politique d’un coucou, embarrassent le cool, le sympa, et même le rock (cette vieille merde muséale à la con).
      Je réponds à ça également sur le site de Tanx. Si on part sur cette voie - à savoir la schize entre le dessin politique et ce qu’il veut soutenir - on pourrait causer longtemps. J’ai déjà donné (trop), me suis assez fritté contre ça dans les cadres, précisément, politiques et éditoriaux où je me bats et me débats. Je préfère renvoyer dans ce cas à l’entretien avec le monde libertaire*, qui ne parlait pratiquement que de ça, ou l’article sur la caricature dans CQFD (qui a précisément été bien mal reçu par certains camarades empêtrés dans cette schize)

      *http://www.le-terrier.net/lestextes/lldm/entretienmonde_libertaire.html vers la fin, à partir de la question « — ... Oh et puis si, une question tout de même : ça renvoie à quoi pour toi quand on parle “d’engagement” ? »

    • @biggrizzly si tu cherches des bds érotiques faites par des femmes, ça ne manque ni de monde, ni de qualité. Céline Guichard, Nicole Claveloux, jusqu’à Aude Picaut, pourtant pas du tout ma tasse de thé dans ses autres productions, qui a dû faire le seule album digne d’être lu (j’ai pas encore vu le Anouk Ricard, ceci dit) de la collection plutôt bourrine BDcul des Requins Marteaux. Chez la géniale Alice Lorenzi (trop rare), la dimension érotique des planches est éblouissante, également chez Anke Feuchtenberger ; récemment, j’ai vu passer la dernière publication de Tomoko, un collectif féminin épatant tenu par Eglantine Ruault, et il y a un merveilleux récit érotique de Amandine Meyer ( https://tomokoeditions.wordpress.com).

    • @lxs_amigxs

      Et ce lait-fraise, on se le boit quand, tou-te-s autour d’une table, pour discuter de nos désaccords, s’excuser de nos maladresses par mails interposés, et rigoler un bon coup ? Ce soir, c’est apéro pour la sortie du numéro 139. C’est con, ç’aurait été une belle occasion. Une prochaine ? En attendant, nous, on vous kiffe ! Waouf. Waouf.

    • @l_l_de_mars :

      Oh et puis si, une question tout de même : ça renvoie à quoi pour toi quand on parle “d’engagement” ? »

      Au fait de savoir qu’un dessin est situé socialement et politiquement, et de se servir de ce medium pour transmettre une autre façon d’être et de penser, pour envoyer valser les cadres d’existence et d’expression bien conformes, pour faire de la critique sociale. Et à mes yeux un dessin de Tanxxx le fait aussi bien qu’un dessin de L.L. de Mars, le premier en détournant des codes graphiques connus (ou plutôt en les tournant contre eux-mêmes), le second en allant en terre inconnue.

    • @intempestive

      le premier en détournant des codes graphiques connus

      Là j’ai comme un doute. Tant justement le peu que je connaisse de son univers graphique ressemble au contraire à des choses que je vois ça et là depuis plus de trente ans, même si je ne suis pas un très grand connaisseur en matière de bande dessinée, mais aux Arts Déco dans les années 80 je suis à peu sûr d’avoir vu les mêmes choses en sérigraphie, en graffitti, en illus et en bandes dessinées. Pour moi il n’y a pas détournement, mais adhésion et reconduction au contraire des codes graphiques en question.

      Récemment j’ai vu passer un signalement de @soupherbe dans lequel Tanxxx exprimait ses doutes quant à sa maîtrise technique qui l’avait coupée de ponts anciens, je me demande si je ne suis pas d’accord avec ça. Et du coup, Tanxxx (si j’ai bien compris que tu suivais ce fil), il me semble que tu pourrais être sur la voie d’un vrai renouveau. Moins de technique, plus de laché et cela pourrait faire des vraies étincelles.

      En revanche, je suis d’accord avec @l_l_de_mars sur le fait que le courage intellectuel de Tanxxx est juste extraordinaire, j’ai souvenir de sa joute contre cet abruti de Siné, j’étais admirateur ! Et dune manière plus générale les signalements et les positions de @soupherbe sont très souvent très judicieux. Par exemple ils m’instruisent régulièrement de copies conformes en matière de sexisme entre le milieu de la bande dessinée (que je trouve fort adolescent en plus, comme s’il devait y avoir un postulat de congruence entre le lecteur présumé et l’auteur ) et celui de la photographie (qui là est carrément illéttré).

      Et enfin

      le second en allant en terre inconnue

      . Tu peux même dire d’une façon tellement systématique que c’en est un peu fatigant.

    • En fait pour moi l’opposition telle que posée par L.L. de Mars, c’est comme si on disait : il ne faut plus des Bérus, on ne veut que de la musique expérimentale. Pour tout dire, j’ai tendance à réagir comme cela quand j’écoute quelque chose maintenant : je ne veux plus rien écouter qui me rappelle la pop, le rock, le punk ou toute autre forme que je connais déjà - la musique en tant que telle me semble parfois une forme atrocement prévisible. De la création sonore sinon rien. Mais ça me semble bien trop lié à une histoire d’écoute personnelle, bien trop spécifique, pour le généraliser (c’est-à-dire pour le théoriser). Je me méfie de mes goûts comme de mes dégoûts, même s’ils sont la base inévitable, nécessaire, de mes recherches.

      (Désolée @soupherbe et @l_l_de_mars, je vais parler de vous à la 3e personne ci-dessous, histoire de faire comprendre ce que je saisis de ce conflit - vous me reprendrez si je dis des conneries)

      Tanxxx, telle que je comprends ses dessins jusqu’ici, envoie des tirs de bazooka dans tout ce qu’il y a à détruire (les inégalités de genre, de classe, d’origine supposée ou réelle), empruntant pour cela aux codes des comics , du punk, des fanzines et autres formes d’expression populaire. En cela je trouve que ses textes expriment précisément la même rage et la même critique. Que ce style soit un moment dans son travail, qu’elle dépassera pour aller vers autre chose, c’est possible, mais c’est à elle d’en décider : on ne peut pas dessiner ou écrire contre ses tripes, sinon autant piger pour les dessins de presse du Monde.

      L.L. de Mars, lui, ouvre sans cesse de nouvelles voies, remet tout en question à chaque trait, pose l’exigence politique et philosophique de créer des formes singulières, de ne jamais répéter les autres et de ne jamais se répéter lui-même. Pour donner de l’air, du champ, du possible - pour ne pas accepter l’agenda du vieux monde ou les mécaniques du pouvoir, mais au contraire pour poser ses propres priorités, ses propres cadres (ou non cadres), pour produire une atmosphère respirable.

      Eh bien je crois qu’on a salement besoin des dynamiteuses/eurs, et salement besoin des exploratrices/teurs. Elles et ils ne se situent pas au même endroit dans les luttes ni dans le travail de création.

    • Je mets ici le passage que tu pointes :

      — ... Oh et puis si, une question tout de même : ça renvoie à quoi pour toi quand on parle « d’engagement » ?

      D’une manière générale, une forme appuyée du temps présent ; s’engager dans une voie politique c’est, pour un artiste, rejeter toute forme de cristallisation à la fois constitutionnelle (un rapport de subordination de l’art à des fins supposées plus élevées, à des mots d’ordre, des énoncés), historiques (un rapport de vassalité à des moments d’idéalité, qu’ils soient révolutionnaires, mythiques, édifiants) ou formels (une adéquation aux dernières formes de l’entendement) ;
      c’est s’engager à fuir toute forme de fétichisation des autres formulations artistiques et très notamment les formes instituées comme révolutionnaires ; je ne connais rien de plus désespérant artistiquement et politiquement que de voir fétichisés les affiches de 68, les films de Vertov ou les conventions éteintes du graffiti. Les plus cultivés redégobillent timidement les collages de Heartfield ou les affiches de Malevitch, les plus abrutis se jouent l’improbable second degré d’un réalisme socialiste cool, et évidemment, la plus sinistre plaisanterie — parce que la plus longue et la plus envahissante — est encore le punk qui n’en finit plus de bégayer son folklore sonore et visuel. Qu’y voir sinon désœuvrement et paresse intellectuelle, marchandisation qui s’imagine contre marchandise, sécurité pépère du signe réconfortant et sentiment familial (peut-être le plus répugnant et le plus récurrent des défauts de l’art ostensiblement engagé). Tout ce qui tend vers ça est mort.
      Tout ce qui présente les signes assurés d’une entendement préparé avec le public est mort. Tout ce qui est produit avec la vocation d’être intelligible et clair est insultant. Et c’est dépourvu de toute générosité : je n’offre de la place pour vivre que si j’ouvre moi-même le champ. Qui peut prétendre respirer autre chose que l’odeur de sa propre cuisine quand il reconnaît dans une œuvre tout ce qu’il a déjà connu ailleurs ? L’art militant est une catastrophe rigoureusement contradictoire. Le dessin militant est un dessin sans politique dont seul le texte monosémique flottant autour des personnages désigne la polarité politique. Un dessin militant de gauche est un dessin militant de droite qui s’ignore. L’art militant est bourgeois dans sa citation infinie du passé rétamé. L’art militant est capitaliste de reproduire à l’infini les petits signes déjà éprouvés par l’efficacité militante. L’art militant est conservateur de ne jouer que sur la chaleur réconfortante d’une famille politique dans laquelle on ne veut pas faire de mouvements pour ne pas risquer de chasser l’odeur de la soupe.

      + cet autre, qui n’est pas immédiatement après

      — Okok... bon, j’ai un peu de mal à faire la part des choses sur mon sentiment en ce qui concerne certains aspects du rejet absolu de la facilité qui sous-tend ton discours. Ma première réaction est de me dire qu’il faut une chiée d’humilité pour parvenir à remettre en question, dans son propre travail, tout ce qui serait de l’ordre d’un quelconque cliché de communication, et d’un autre côté, baah... ça peut en même temps passer pour une insupportable prétention que de dédaigner tout ce qui est immédiatement intelligible, et notamment intelligible comme art militant. Par exemple, je comprends ta critique de l’utilisation de ce que j’appellerai les « codes de connivence » (tu cites notamment l’esthétique punk ou le graffiti)... mais tendre résolument vers le refus, non seulement de codes familiers, mais aussi du clair et de l’intelligible, c’est pas aussi se mettre dans la famille de « ceux qui comprennent... » ? ... ’fin bref, tu la mets où la frontière entre la poésie et l’abscons élitiste ?

      — Ce que je refuse est moins important que ce que je ne cherche pas. Ce n’est pas un détail rhétorique ; cette distinction, cette orientation du travail, est primordiale, parce que c’est elle seule qui établit une différence radicale entre position et posture. Ce n’est pas du tout la même chose de refuser l’entendement commun, à supposer qu’il existe, et de ne pas l’avoir pour objet. Je n’ai pas pour but d’être inintelligible, opaque, obscur ; qu’est-ce que ça m’apporterait ? Où ça me conduirait ? Mais je ne cherche rien qui soit gouverné par cette fin là. D’autre part, je n’établis pas de hiérarchie entre ce que seraient des clichés de la communication, et ce qui n’en seraient pas : ce n’est pas un problème de cliché, de distribution honorifique des codes, c’est la communication toute entière qui veut faire l’épargne d’une vraie théorie du langage et c’est elle que je désavoue intégralement. La communication, c’est une affaire de fourmis. Le langage humain, c’est tout-à fait autre chose. Le poème n’en est pas l’accident, il en est la condition.
      Je vois à tes remarques que je me fais mal comprendre : je ne dédaigne pas ce qui est immédiatement intelligible, je pense que rien n’est immédiatement intelligible à moins de s’être trompé de corps. Que l’art militant abandonne le poème qui fait l’inconnu du langage (je dois cette formulation à Meschonnic et Savang), et il abandonne par là-même toute l’ouverture politique, toute la générosité, toute l’invitation à inventer un monde nouveau qu’il prétend pourtant accompagner.
      Enfin, je comprendrai ce que veux dire abscons élitiste quand tu m’auras désigné ta propre conception de l’élite ; c’est elle seule qui me dira ce que signifie vraiment ta question, où elle veut en venir. Où places-tu toi la frontière entre ce que tu admets de la singularité, de l’espace à lui accorder, et ce que tu n’en admets pas ? Et au nom de quelle formulation de la communauté tu le fais ? Dans l’an 01, par exemple, la limite est vite atteinte : l’horizon artistique, ce sont des chapeaux faits main et des chansons entre potes à la guitare sèche autour du feu. C’est pour moi un avant goût de l’enfer. Parmi mes amis autonomes je trouve un seuil très différemment placé, assez loin pour que ce soit un plaisir quotidien d’apprendre ensemble à comprendre ce que nous entendons par singularité, communauté, séparation ou élite. Tu vois que je ne peux pas répondre simplement à ta question...

    • @intempestive

      je suis (honnêtement) désolé, à ceci :
      "Et prendre le dessin pour un medium, c’est précisément ce que je ne fais pas
      — peux-tu développer ? ça m’intéresse"

      de devoir répondre non, ou plus exactement, non, pas ici, pas court, pas dans le cadre d’un forum etc. Pourquoi ? Parce que c’est l’objet principal de mon travail d’écriture depuis plus d’un an - « Qu’est-ce que dessiner ? » , notamment dans ma discipline, la bande dessinée - que je suis encore en plein dedans (aujourd’hui-même, par exemple) que le troisième volet va être publié dans le prochain Pré Carré après les deux premiers (dans les n°5 et 6), que je dois encore bosser un an pour les deux derniers et que je ne veux pas saloper le travail.
      Mais sur cet aspect de la question (le dessin comme médium) je peux te renvoyer vers un texte déjà fait - un peu long, sans doute, mais il parle finalement de plein d’autres problèmes de ce genre, liés à des conceptions instrumentales du dessin et de la bande dessinée - qui a été mis en ligne ici : http://precarre.rezo.net/?attachment_id=1667 (c’est le pdf nommé "mccloud")
      C’est un peu chien comme méthode, mais j’ai déjà tellement de mal à écrire ce gros machin que je ne prends aucun risque de m’en dégoûter pour l’instant par trop de dérives.

      Aussi, ceci : quand tu dis "Tanxxx, telle que je comprends ses dessins jusqu’ici, envoie des tirs de bazooka dans tout ce qu’il y a à détruire (les inégalités de genre, de classe, d’origine supposée ou réelle), empruntant pour cela aux codes des comics , du punk, des fanzines et autres formes d’expression populaire.", je pense c’est une erreur de prendre tout ça pour des formes d’expression populaire ; ce sont les formes muséographiées, desséchées, momifiées, de vieilles expressions populaires, qui sont devenues un académisme, un pompiérisme évitant, justement, d’avoir à se poser toute question sur ce qu’est qu’un dessin politique.

    • Bonjour le mea culpa du directeur du FIBD : "C’était sûrement une erreur symbolique de sa part, et cette dimension symbolique est précisément à l’origine de la vive réaction d’auteur.e.s militant.e.s ou, tout simplement, sensibles à la représentation des femmes dans la création du 9e Art. ". On t’en foutra des symboles dans la tronche. Mais bon, pour voir le bon côté des choses, ça doit sans doute être la première fois de sa vie qu’il a signé un texte dé-masculinisé (#épicène c’est plus joli https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pic%C3%A8ne)

    • @jef_klak

      Cette évolution de démocratie directe semble aujourd’hui satisfaire tout le monde.

      Exercice oulipien : tenter, en modifiant le moins de choses possible dans cette phrase, de rétablir la vérité.

      Je propose par exemple

      Cette parodie de démocratie directe semble aujourd’hui ne tromper personne

      ou

      Cet exercice de communication semble aujourd’hui amuser beaucoup de monde

      ou encore

      Cette évolution de démocratie directe semble aujourd’hui faire rire tout le monde. (plus petite correction)

    • Le lien du meo culpo n’était là qu’à titre informatif ;-)

      Et puis, comme dit l’autre « l’émotion est passée », l’hystérie a pris fin, on peut reparler entre hommes sérieux à présent, et vous verrez bien ah ah ah ah en laissant libres les gens, ils feront le pire et n’éliront que des hommes (sérieux).

    • « Publier des collections « féminines » est misogyne. Cela crée une différenciation et une hiérarchisation avec le reste de la littérature, avec l’universalité des lectures qui s’adresseraient donc – par opposition – au sexe masculin. Pourquoi le féminin devrait-il être hors de l’universel ? »

      voilà ce que je lis, et à quoi je souscris complètement, dans la Charte des créatrices de bande dessinée contre le sexisme , et ce que m’inspire, a priori, la création d’une collection qui s’appelle « Traits féminins ». Je me sens mal d’entendre le créateur d’une telle collection soliloquer sur Femmes et bande dessinée .

    • @l_l_de_mars Oui, il y a cette limite, entre autres, chez Thierry Groensteen. Il y a aussi celle de l’approche académique, historiciste et soit-disant neutre, qu’il choisit d’adopter lors de sa conférence. J’ai néanmoins proposé le lien, dans cette discussion sur seenthis, parce qu’il présente de nombreuses auteures de BD, dont beaucoup sont peu connues. Je me disais que ça pouvait permettre des découvertes.

    • Si, en tant que groupe féministe, nous crions au loup et demandons réparation, nous allons facilement passer pour les emmerdeuses de service qui n’ont rien de mieux à faire, voire qui sont des mal baisées. (J’exagère ? Allez faire un tour sur Twitter ou Facebook.) Si un seul homme s’empare de nos revendications, il est vu comme le chevalier à la rescousse des princesses et déclenche l’admiration (comme cité plus haut).

      Le féminisme a besoin de tout le monde. Je préfère largement voir les copains s’allier à notre cause que de hausser les épaules. Faisons simplement attention au mythe d’avancée sociale naturelle. Le progrès social, c’est un slogan électoral. Ce sont les luttes minoritaires qui font les avancées, ensuite récupérées par la masse et intégrées dans la vie sociale, tout en gardant les groupes minoritaires initiateurs à distance. Le féminisme est un bon exemple de cela. Ce phénomène existe depuis longtemps, il a même un nom : la cryptomnésie sociale.
      http://chiennesdegarde.com/article.php3?id_article=448

      Franck Bondoux a gratifié toutes les femmes auteures de son mépris et de sa condescendance sur le plateau de Canal+ mercredi 6 au soir, « immergé, dit-il, dans ces problèmes féminins », incapable de reconnaître le bien-fondé de l’émoi que l’absence de femmes dans la liste de nominés avait suscité, et ce, alors même qu’une rétrospective de Claire Bretécher déplace les foules à Beaubourg.

      #Julie_Maroh

    • Si besoin était, une autre mise en lumière de la mauvaise foi des divers communiqués du FIBD
      http://hyperbate.fr/dernier/?p=35242

      Les arguments fournis pour justifier cette absence ne sont guère convaincants : 1) Si Posy Simmonds et Marjane Satrapi ont fini par être ôtées de la liste, c’est, a-t-il été dit, parce qu’elles avaient recueilli trop peu de suffrages les années précédentes ; 2) du fait du sexisme dont faisait preuve ce milieu jusque récemment, on ne trouve pas d’auteures qui aient une carrière aussi longue et fournie que les hommes sélectionnés ; 3) inversement, telle auteure eût été éligible, mais a complètement arrêté de produire des bandes dessinées ; et enfin 4), Claire Bretécher ne peut pas être nommée, puisqu’elle a déjà obtenu un prix spécial.

      Chacun de ces arguments est facile à démonter : Claire Bretécher a déjà obtenu un prix spécial, oui, comme Pratt, Morris, Uderzo, Toriyama,… mais aussi comme Joann Sfar (prix du Trentenaire),… Que cela n’empêche pas d’être régulièrement proposé pour le Grand prix3. Quant aux auteures qui ont abandonné la bande dessinée, comme Marjane Satrapi, elles ont des homologues masculins parmi les titulaires du grand prix, comme Bill Watterson (Calvin et Hobbes), mais aussi comme le second auteur primé de l’histoire du festival, Will Eisner, qui avait cessé de produire des récits en images depuis plus de vingt ans lorsqu’il a été sacré — j’ignore si c’est le fait d’avoir reçu ce prix en 1974 qui l’a remis sur les rails, mais Eisner a alors démarré sa seconde et ô combien glorieuse carrière l’année qui a suivi. Après avoir été un des inventeurs du comic-book avant-guerre, il est devenu un des inventeurs du « roman graphique » à près de soixante ans ! Wolinski, disparu il y a exactement un an, a quant à lui obtenu le prix sans se considérer lui-même comme un authentique auteur de bande dessinée. Sans parler d’auteurs qui ont cessé de produire, on suppose souvent que le Grand Prix n’est remis qu’à des auteurs arrivés au terme d’une longue carrière, voire même « au bout du rouleau », mais Tardi, Vuillemin, Zep, Reiser ou Bilal l’ont obtenu avant d’avoir atteint quarante ans. Rappelons-aussi que plusieurs auteurs primés n’étaient pas des champions des grands tirages ni de la grande notoriété, et que cet argument là non plus ne tient pas.

      Article qui pointe vers le débat parodique animé par #Lisa_Mandel lors... du FIBD 2014 (comme quoi, les choses ont vachement avancé depuis) : « Les hommes et la BD »

      https://vimeo.com/145717861

    • C’est indiscutablement clair.
      « NB de dernière minute : non, LL de Mars je ne publierai pas ton énième message, trouve toi quelqu’un d’autre à aller faire chier avec ta prose qui tombe à côté. Tu ne sais pas lire, regarde bien il y a une phrase très importante au tout début de ce texte. Pour te faciliter la tâche je viens de la mettre en gras. EN GRAS. voilà, tu as lu ? bien. Maintenant ouvre ton blog et va y raconter tes salades et épargne moi ta suffisance, ça me fera des vacances. Et aussi : non j’ai pas particulièrement envie d’en discuter à angoulême ou ailleurs. Bon vent. »

      @soupherbe Le « Tu ne sais pas lire, regarde bien il y a une phrase très importante au tout début de ce texte. » est malhonnête, la phrase n’était pas là avant ma réponse, ni en gras, ni en maigre.
      Je n’ai pas de blog, pas de FB, pas de compte Twitter, donc pour la diffusion de salades, hé bien te voilà mieux armée que moi pour la caricature.
      Ok pour le silence, si c’est ce que tu veux. Tant pis.

    • Je ne suis personne et mon avis est insignifiant, mais peut-être fera-t-il plaisir à Tanxx dont j’aime le dessin autant que les idées.

      Les critiques de LL de Mars, outre leur ton extrêmement violent, sont subjectives. Il peut ne pas trouver les dessins de Tanxx à son goût, mais je trouve étrange qu’il affirme qu’il est « évident » (objectivement) que les dessins DOIVENT être offensifs et polysémiques.

      Outre que je trouve que c’est, en partie, le cas de ceux de Tanxx, on peut aussi rebondir sur un autre des commentaires de LL de Mars : selon lui, son dessin est « cool » alors que ses choix politiques sont « offensifs ».

      Peut-être justement que c’est le contraste entre les deux qui en fait la force ou l’une des forces ? Peut-être qu’un dessin offensif défendant une idée offensive devient illisible ou moins lisible ?

      C’est juste une hypothèse de néophyte. Je vous laisse entre spécialistes...

    • Merci @sinehebdo. Je les aime bien, moi,aussi, les dessins de Tanx.

      Pour suivre ce que disais @intempestive, on peut apprécier des boulots différents, les Bérus et Peter Brötzman. Un peu de punk, ça révolutionne peut-être pas la musique (et c’est peut-être aussi encore à voir) mais ça fait plaisir. (et sans convoquer Saint Gattaleuze)

      Si tu prends les premiers The Ex, c’est du Crass, et pourtant, ils ont fait des choses incroyables, avec le temps, avec Tom Cora, avec d’autres, avec des musiciens de partout.

      On peut peut-être lui lâcher la grappe à Tanx avec les exigences de révolution graphique et la laisser bosser. Sur ce, je vais voir comment me procurer des croutes au coin des yeux vol.1. , tiens.
      http://36.media.tumblr.com/tumblr_m5ce0ceaCt1qko7kro1_1280.jpg

    • @bob_ardkor Ok, merci pour le lien. J’ai pas lu le livre de Guillon, en qui sur pas mal de point j’ai une certaine confiance intellectuelle, je me réserve pour l’instant le droit de ne rien trancher à cet égard.
      Pourquoi ? Parce que si les déclarations d’un Matzneff du genre « Les petits garçons de onze ou douze ans que je mets ici dans mon lit sont un piment rare » sont d’une violence assez rare et me font frissonner (la toute-puissance des adultes m’a toujours pétrifié d’angoisse, notamment sur leurs propres enfants), je me rappelle tout de même certains points important :
      – d’une part, je souscris pleinement aux analyses de Serge André en la matière ( http://www.oedipe.org/fr/actualites/pedophilie ), qui sont aussi fines et complexement abordées que le sujet le mérite.
      – Je me souviens aussi qu’à 13 ans, je ne pensais qu’à baiser du matin au soir comme une otarie. J’aurais sauté sur n’importe quel oui. Évidemment, je suis bien conscient qu’on peut désirer un truc inconnu sans comprendre ce qu’implique l’expression et la satisfaction de son désir. Mais il n’existe rien d’universel qui s’appellerait "l’enfant de 13 ans". J’ai l’orgueil de croire en ma singularité à 13 ans comme à 50.
      – Ma première partenaire sexuelle avait plus de 30 ans, j’en avais 15. Légalement, comment l’aurait-on jugée, elle que j’ai outrageusement draguée derrière son comptoir ?
      – Je note également qu’à 18 ans j’ai eu une amante qui en avait 14 (et vu qui je suis, ça aurait tout aussi bien pu être un garçon ; je précise parce que l’article veut en venir - avec raison - à la pratique des corps, aux contraintes physiques que ça implique). Légalement, j’étais un adulte. Nous nous aimions, nous baisons évidemment dès qu’une opportunité se présentait.
      – Et j’ajoute pour finir que quand on généralise à fond les baluches la pédophilie, ça peut devenir également ça :
      http://www.le-terrier.net/polis/aufil/degenere .
      On voit bien tout ce que la question peut instrumentaliser comme désir de société.
      C’est donc une question que je ne peux pas, que je ne sais pas aborder d’une façon générale, mais bien au cas par cas. Je ne sais pas à quel moment j’étais ou je n’étais plus un enfant. Je ne sais pas où est le curseur. Je sais ce qu’est un viol, une violence, une contrainte, un abus, je ne peux pas imaginer, a priori, que le consentement d’une personne de 10 ans à une personne de 10 ans son aînée soit autre chose que de la soumission, mais après cette chaîne de certitudes, où poser le foutu curseur ? Moi, franchement, je ne sais pas. Bon. J’aurai sûrement l’occasion de lire le bouquin, je verrai.

    • @supergeante @intempestive

      Pour suivre ce que disais @intempestive, on peut apprécier des boulots différents, les Bérus et Peter Brötzman. Un peu de punk, ça révolutionne peut-être pas la musique (et c’est peut-être aussi encore à voir) mais ça fait plaisir. (et sans convoquer Saint Gattaleuze)

      Si tu prends les premiers The Ex, c’est du Crass, et pourtant, ils ont fait des choses incroyables, avec le temps, avec Tom Cora, avec d’autres, avec des musiciens de partout.

      Hmm... Comme nous abordons une question complexe, l’air de rien... J’entends ce que tu dis, Supergeante, mais cette façon d’aborder la question laisse imaginer qu’on pourrait la contourner en douceur par une sorte de gradation quantitative, quand j’essaie d’évoquer un écart radical et qualitatif. Bon. C’est sans doute difficile de faire entendre que ce qui est sans grande importance pour certains est crucial pour d’autres (notamment parce que nous n’avons pas tous les mêmes usages , et tout particulièrement de la musique) ; évidemment, nous ne plaçons pas non plus l’urgence au même endroit, ne mobilisons pas toutes nos forces pour les mêmes objectifs. De mon point de vue, cette question de l’invention de formes est inconditionnelle, et ce n’est pas une question d’objet (de finalité ) mais de trajet (de vie ) ; il y va d’ailleurs pour moi de la musique comme du dessin, ça me pose devant le même type de conditions d’apparitions sociales, de sillages, de trajectoires, pour faire court : de devenirs. Rien de ce que je peux faire politiquement - et surtout ce qui n’a aucun rapport immédiat avec l’art, tout ce que je fais en dehors de mon atelier, avec mes camarades - n’aurait plus le moindre sens pour moi désarticulé de ces enjeux-là (et surtout parce que ces questions sont bâclées par mes camarades eux-mêmes, renvoyées à des pratiques instrumentales, militantes, de l’image comme de la musique, ce qui est en parfaite contradiction avec l’urgence affirmée ailleurs d’inventer un monde anti-autoritaire, joyeux, ivre). Comme ce n’est pas vraiment l’endroit pour vous tartiner sur la musique ce que j’ai pu lier plus haut de textes sur le dessin, je vous ai mis en ligne un autre travail, en bandes dessinées, qui évoque ces questions tout en produisant discrètement, loin des énoncés bavards du dialogue affirmés, une forme. Ce livre aurait pu s’intituler « Crâne comme critique de la tête de mort ». C’est là : https://www.academia.edu/20202122/dialogue_de_morts_%C3%A0_propos_de_musique

    • De mon point de vue, cette question de l’invention de formes est inconditionnelle, et ce n’est pas une question d’objet (de finalité ) mais de trajet (de vie )

      Oui, précisément, et cela ouvre bien des questions éthiques et politiques (desquelles il va être difficile de discuter sur le fil d’un forum...), par exemple : en quoi peut-on l’exiger d’autrui ? En quoi l’invention est-elle universalisable ? A quelle aune l’invention se définit-elle ? Une société de philosophes (ou d’artistes, ou d’autrices/teurs) est-elle souhaitable ?

      La spécificité de chaque trajet, nourrie (ou pas) de discussions et de pratiques collectives, est à mes yeux ce qui en fait la qualité : le fameux "Deviens ce que tu es" qui m’a allumé plein de lumières dans la tête quand je l’ai découvert. J’en reviens à ma conviction que nous ne nous situons pas tou·te·s au même endroit (je ne dis pas au même niveau , ce qui impliquerait une hiérarchie, mais au même endroit) des luttes et de la création (ce qui va de paire), et que c’est une bonne chose. Et également qu’il y a de l’invention non seulement dans des formes radicalement inédites (quoique, naturellement, pas sans généalogie), mais aussi dans le mash-up, le cut-up, le détournement.

    • @intempestive

      J’en reviens à ma conviction que nous ne nous situons pas tou·te·s au même endroit (je ne dis pas au même niveau , ce qui impliquerait une hiérarchie, mais au même endroit) des luttes et de la création (ce qui va de paire), et que c’est une bonne chose. Et également qu’il y a de l’invention non seulement dans les nouvelles formes, mais aussi dans le mash-up, le cut-up, le détournement.

      attention, il y a un malentendu, je pense : il ne s’agit pas d’un problème technique (dessiner excède le dessin ), ce qui veut dire que la formule « il y a de l’invention non seulement dans les nouvelles formes, mais aussi (c’est moi qui souligne) dans le mash-up, le cut-up, le détournement. » sous-entend que ces pratiques de montage ne sont pas des pratiques impliquées dans la question de la forme nouvelle, qu’elles en sont exemptées par un mode de composition qui serait plus neutre que, par exemple, ses matériaux ; mais c’est faux. Il y va du montage comme du reste, il y a de l’invention et de l’académie dans le collage, le mash up, etc. (de la même manière que la question de la contemporanéité de la musique n’est pas liée à son instrumentarium, que ce n’est pas un problème de lutherie. Une musique pompière est réalisée chaque jour avec les plus sophistiqués des synthés pour la plupart des films. La musique révolutionnaire de Jean-Luc Guionnet est faite avec un saxophone)

    • Oui, précisément, et cela ouvre bien des questions éthiques et politiques (desquelles il va être difficile de discuter sur le fil d’un forum...), par exemple : en quoi peut-on l’exiger d’autrui ? En quoi l’invention est-elle universalisable ? A quelle aune l’invention se définit-elle ? Une société de philosophes (ou d’artistes, ou d’autrices/teurs) est-elle souhaitable ?

      @intempestive Oui, excuse-moi, je n’ai pas répondu à ça, alors que c’est important. Entends bien que quand je dis « de mon point de vue », il s’agit de réexprimer les enjeux d’un rapport à l’art, à ses différentes manifestations, et que c’est bien dans le cadre du dessin, notamment du dessin politique qui n’a pas plus de raison pour moi de se retrancher derrière les énoncés qu’il est censé soutenir que tout autre dessin (sinon il n’est que l’alibi publicitaire de ces énoncés). Je ne dis rien de général sur un mode social, ce n’est pas une déclaration systémique. C’est sur le terrain de ces enjeux que j’invoque l’inconditionnalité de l’abandon à l’inconnu du dessin . Pour le reste... Non, je ne vois aps en quoi une société de philosophes ou d’artistes est souhaitable, je ne vois pas ce qu’il y aurait de souhaitable à une société « souhaitée » (homogène, congruente, harmonique etc.). Je veux une société ou le paresseux, l’idiot, l’ennemi, ait sa place, circule sans qu’on lui assigne une forme adéquate. Je ne veux pas, par exemple, d’une société où pour tenir debout politiquement, chacun ait le devoir d’être politique (même si je pense que le silence est une composante majeure du discours !). Bon, évidemment, comme tu le dis toi-même, un forum n’est pas l’endroit possible pour être justes, précis, attentifs aux détails etc.
      Restent les cafés !


  • La modernité inachevée
    http://www.laviedesidees.fr/La-modernite-inachevee.html

    Un peu partout dans le monde il est des lieux abandonnés, promesses de modernité que l’histoire, l’économie ou la politique ont brisées. Le collectif Suspended spaces a entrepris de projeter le regard d’artistes contemporains sur ces espaces fantomatiques.

    Essais & débats

    / #art_contemporain, modernité, #architecture, #espace

    #Essais_&_débats #modernité


  • L’Europe de la #culture
    http://www.laviedesidees.fr/L-Europe-de-la-culture.html

    Dans un livre de référence sur l’histoire des cultures en #Europe, Christophe Charle met au jour le déclin, au milieu du XIXe siècle, de l’« ancien régime culturel » marqué par une forte hiérarchisation sociale et le règne de la censure. La grande épopée moderniste, faite d’avant-gardes et de ruptures, peut commencer.

    Livres & études

    / Europe, culture, modernité

    #Livres_&_études #modernité


  • #Modernité vs #tradition : les #images et la #guerre du #Yémen

    Al-Hayat, quotidien panarabe publié à grand renfort de pétrodollars, est bien souvent considéré à l’étranger comme un “journal de référence”, celui que lit l’élite “libérale” de la région. Cette image de qualité, pour autant qu’elle ait jamais été méritée, n’a plus grand chose à voir avec la réalité depuis que l’Arabie saoudite, emportant avec elle tous les pays de la région, est entré dans une folie destructrice. Dans l’édition du 28 juillet, on trouve ainsi à la rubrique “culture et sociétés” (sic !) un article, intitulé “les techniques numériques avancées ont mis la guerre du Yémen dans l’espace électronique”, tellement grotesque qu’il ne risque pas d’être repris en traduction. Au risque (particulièrement en France) d’ajouter une pierre à l’édifice toujours croissant du mépris facile à l’encontre de tout ce qui est arabe et/ou musulman, j’en donne malgré tout une présentation succincte. Dans son insondable bêtise, sa cruauté stupide, son racisme crétin et sa cruauté satisfaite, l’auteur, un certain Ali Salem (dont il est signalé qu’il écrit depuis Sanaa ce que l’on a peine à croire), offre un témoignage pathétique de la propagande meurtrière servie à l’opinion arabe par de pseudo-intellectuels singeant les pires exemples de ce que l’on peut trouver sous nos propres latitudes.

    http://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/14/files/2015/07/enfants-tues-yemen.jpg
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