Lordon et l’Etat
Dans son dernier ouvrage, #Imperium (sorti à la fabrique cette année), Lordon s’en prend aux #anarchistes et aux #libertaires, les jugeant naïfs et adolescents, quoique sympathiques, et ce en vue de les « dégriser », afin de les rendre enfin adultes et réalistes.
Il affirme d’abord que le principe de la verticalité est un principe nécessaire dans toute société organisée. Il se réfère pour « prouver » ce fait d’abord à la sociologie holiste de #Durkheim : selon Durkheim, dans une société organisée, le tout est plus que la somme de ses parties ; le tout excède la somme des parties. Cette excédence du tout sur les parties produirait une forme de transcendance nécessaire, de verticalité nécessaire au sein de la société : les normes morales ou légales, par exemple, diffusées par des instances autoritaires et institutionnelles, découleraient de l’excédence du tout sur ses parties, ces normes seraient donc inévitables et nécessaires, propres à tout groupement humain. Cette analyse est complétée par une référence à #Spinoza : les humains pour se regrouper auraient besoin d’être affectés par un affect commun (la pitié, l’envie, etc.), et cet affect commun définirait un élément de transcendance et de verticalité, cristallisé dans des instances institutionnelles hiérarchiques.
Sur cette base, Lordon propose son axiome : toute société politiquement organisée suppose l’existence d’un Etat, qu’il appelle Etat général. L’Etat républicain moderne en régime capitaliste ne serait qu’une forme particulière de l’Etat général, parmi tant d’autres.