• En #Afrique, le retour des présidents à vie, par Tierno Monénembo (Le Monde diplomatique, décembre 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/12/MONENEMBO/54360

    Le Bénin carbure à la contrebande, par Sabine Cessou (Le Monde diplomatique, janvier 2016)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2016/01/CESSOU/54506
    #Bénin #Togo #Nigéria #Pétrole #Energies
    #Afrique #Relations_Internationales

    Croissance sans réconciliation en Côte d’Ivoire, par Vladimir Cagnolari (Le Monde diplomatique, octobre 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/10/CAGNOLARI/53965

    Le Tchad, puissance de circonstance, par Delphine Lecoutre (Le Monde diplomatique, juin 2016)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2016/06/LECOUTRE/55774

    Au Burundi, les racines de la colère, par Pierre Benetti (Le Monde diplomatique, juin 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/06/BENETTI/53067

    L’Afrique du Sud lassée de ses libérateurs, par Sabine Cessou (Le Monde diplomatique, juin 2017)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2017/06/CESSOU/57568

    Métamorphoses de la dette africaine, par Sanou Mbaye (Le Monde diplomatique, mai 2015)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2015/05/MBAYE/52950
    #Dette #Dette_publique

    L’Afrique francophone piégée par sa monnaie unique, par Sanou Mbaye (Le Monde diplomatique, novembre 2014)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2014/11/MBAYE/50931

    #DataGueule S5E7 - Le Franc CFA : une monnaie de plomb IRL
    http://irl.nouvelles-ecritures.francetv.fr/datagueule-S5E7-1.html

    Une croissance économique inégale en Afrique de l’Ouest, par Cécile Marin (Le Monde diplomatique, novembre 2014)
    http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/afrique-francophone


    #Monnaie

    Choc pétrolier : les finances des producteurs africains dans le rouge. Par Martin Mateso
    http://geopolis.francetvinfo.fr/choc-petrolier-les-finances-des-producteurs-africains-dans-le-

    L’Angola au secours du Portugal, par Augusta Conchiglia (Le Monde diplomatique, mai 2012)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2012/05/CONCHIGLIA/47660
    #Cemac #Tchad #Angola #Portugal

    Cocktail meurtrier en Afrique centrale, par Gérard Prunier (Le Monde diplomatique, février 2016)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2016/02/PRUNIER/54746

    La Corne de l’Afrique dans l’orbite de la guerre au Yémen, par Gérard Prunier (Le Monde diplomatique, septembre 2016)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2016/09/PRUNIER/56229
    http://www.monde-diplomatique.fr/2016/09/PRUNIER/56230

    Transition à haut risque en République démocratique du Congo, par Sabine Cessou (Le Monde diplomatique, décembre 2016)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2016/12/CESSOU/56889

    "pour de nombreux observateurs congolais, la « communauté internationale » pratique une diplomatie à géométrie variable. « Du point de vue de Joseph Kabila, ces pressions relèvent d’une profonde injustice, dans la mesure où la plupart de ses voisins s’éternisent au pouvoir dans une relative impunité », relève une source diplomatique africaine (5).

    Le secrétaire d’État américain John Kerry a maintes fois mis en garde Kinshasa. Pour Washington, il s’agit de préserver des intérêts stratégiques et de ne pas se couper des jeunes Africains, à la fois nombreux (327 millions de 15-24 ans, 32 % de la population totale) et impatients. En août 2014, en marge du premier sommet États-Unis - Afrique à Washington, le chef de la diplomatie américaine a reçu M. Kabila et trois autres présidents en tête-à-tête pour évoquer la nécessité de respecter la limitation du nombre de mandats. Trois mois plus tard, le Burkinabé Blaise Compaoré était chassé du pouvoir par la rue après vingt-sept ans de présidence. En revanche, le Burundais Pierre Nkurunziza s’est fait réélire en juillet 2015 pour un troisième mandat, sans même changer la Constitution, en recourant à une répression massive. De son côté, M. Denis Sassou-Nguesso, au Congo-Brazzaville, a organisé en octobre 2015 un référendum constitutionnel, suivi en mars dernier de sa réélection, avec un score officiel de 60 % des voix. Contesté par l’opposition, le scrutin a été suivi d’une vague de répression."

    Omniprésence des intérêts étrangers en RDC, par Sabine Cessou (Le Monde diplomatique, décembre 2016)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2016/12/CESSOU/56890

    « Depuis 2003, plusieurs rapports du groupe d’experts des Nations unies sur les causes économiques du conflit dans l’est de la RDC (2) ont mis en lumière le lien entre les milices armées et l’exploitation, pour le compte de sociétés étrangères, de minerais stratégiques indispensables à la fabrication de certains appareils électroniques comme les téléphones portables. »

    Trafics d’influence en Afrique, par Anne-Cécile Robert (Le Monde diplomatique, janvier 2017)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2017/01/ROBERT/56968
    #Asie #Golfe #Mondialisation #Organisations_internationales #Multinationales

    "Le changement majeur pour l’Afrique contemporaine réside dans une diversification inédite de ses partenaires"

    "Multinationales et puissances étrangères, traditionnellement attirées par les matières premières, sont désormais séduites par la multiplication d’alléchants programmes d’investissement"

    "Grâce aux cours élevé des minerais et des produits de base au début du millénaire, l’Afrique a en effet bénéficié d’une manne suffisante pour entamer son désendettement et lancer de spectaculaires projets financés sur les marchés mondiaux"

    " les pays arabes souhaitent diversifier leurs économies, trop dépendantes du pétrole et du gaz [...]. Dans les années 2000, les États du Golfe, notamment l’Arabie saoudite, ont pris part au mouvement d’accaparement des terres dans le but d’assurer leur sécurité alimentaire ou de s’inscrire dans la production d’agrocarburants "

    "si cette nouvelle géoéconomie confère des marges de manœuvre aux capitales africaines, leur fournissant des partenaires et des financements, elle demeure le fruit d’une insertion passive dans le concert mondial."

    "Pékin se voit désormais contraint de déroger à sa règle de non-ingérence dans les affaires intérieures des pays hôtes. Cette réserve, qui contrastait avec le paternalisme des anciens colonisateurs, était plutôt bien perçue. Mais, comme toutes les puissances, la Chine doit protéger ses intérêts et ses expatriés."

    "En 2013, l’opération « Serval », au Mali, a conforté Paris dans son rôle de gendarme du continent. L’ancienne puissance coloniale n’oublie pas les intérêts de groupes tels que celui de M. Vincent Bolloré, souvent sollicité pour assurer la logistique de ses opérations."

    "Les organisations régionales [...] créent des zones de libre-échange sur les bons conseils des institutions financières internationales, mais se révèlent incapables de définir des politiques concertées de développement et une vision des intérêts continentaux. "

    "l’acheminement d’un conteneur du Kenya au Burundi coûte toujours plus cher que de la Belgique ou du Royaume-Uni vers Nairobi "

    Le #Maghreb entre autoritarisme et espérance démocratique, par Hicham Alaoui (Le Monde diplomatique, novembre 2016)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2016/11/ALAOUI/56776

    Les entreprises françaises défiées dans leur pré carré, par Olivier Piot (Le Monde diplomatique, avril 2017)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2017/04/PIOT/57344
    #Economie_Statistiques #Statistiques #Traités_commerciaux_APE #Multinationales

    "Dans son dernier livre (13), Alain Deneault dissèque les mécanismes de « perversion du droit » utilisés par un fleuron français. Ses armes, selon ce professeur de sciences politiques à l’université de Montréal ? « La fixation des cours du pétrole et le partage des marchés ; la collaboration avec des régimes politiques officiellement racistes ; la corruption de dictateurs et de représentants politiques ; la conquête de territoires à la faveur d’interventions militaires ; la délocalisation d’actifs dans des paradis fiscaux ; la pollution de vastes territoires au point de menacer la santé publique... »"

  • #mdr Débloquage de 12% du transport maritime mondial

    . . . . . Selon la société néerlandaise Smit Salvage mandatée par l’exploitant du navire Evergreen Marine Corp, basé à Taïwan, pour aider à dégager le navire, l’opération pourrait prendre « des jours voire des semaines ». Evergreen a sollicité Smit Salvage et l’entreprise japonaise Nippon Salvage pour mettre en place « un plan plus efficace » de sauvetage du navire. Les premiers experts devraient arriver jeudi. . . .

    Source : https://www.letemps.ch/monde/canal-suez-pourrait-bloque-jours-voire-semaines

    #capitalisme #suez #transport #container #suez #mondialisation

  • « Si Astérix s’est popularisé hors de nos frontières, de l’Allemagne au Brésil en passant par l’Indonésie, les Etats-Unis résistent encore et toujours à l’envahisseur. Le problème ? Un écart culturel trop grand entre les deux côtés de l’Atlantique. »

    https://www.francetvinfo.fr/culture/bd/goscinny/bd-comment-asterix-a-rate-sa-grande-traversee-vers-les-etats-unis_43271

    #BD #Astérix #mondialisation #humour

  • #Documentaires #Vidéos

    La #dette, une spirale infernale ? | ARTE
    http://www.arte.tv/guide/fr/048762-000/la-dette-une-spirale-infernale

    DEBTOCRACY
    https://www.youtube.com/watch?v=uIYm1xeejvo

     

    La Stratégie du Choc (Naomi Klein)
    http://www.dailymotion.com/video/x36rbsn

    CATASTROIKA
    https://www.youtube.com/watch?v=55_PVPMcknQ

     

    Puissante et incontrôlée - La #Troïka - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=wXurytR1IAk

    2013 - Quand l’Europe sauve ses Banques, qui paye - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=3R646xSnbEE


    #UE #Finance #Espagne #Irlande #Grèce #Ploutocratie #Documentaires

    Voyage au bout de la crise, 1ere partie — смотреть онлайн в хорошем качестве на Rutube.ru
    http://rutube.ru/video/5696dd70668de863d5fd6ae6ca749144

    CADTM - [Documentaire]# Grèce Années Chaos
    http://cadtm.org/Documentaire-Grece-Annees-Chaos

    La dette, chronique d’une gangrène - 1974-1992 - vidéo Dailymotion
    http://www.dailymotion.com/video/x3dbmaq


    La dette, chronique d’une gangrène - 1992-2015 - vidéo Dailymotion
    http://www.dailymotion.com/video/x3dbn2i

    Qu’on leur coupe la dette ! La saignée (1) - FAKIR | Presse alternative | Edition électronique
    http://www.fakirpresse.info/Qu-on-leur-coupe-la-dette-Partie-1.html
    Qu’on leur coupe la dette ! La confiscation (2) - FAKIR | Presse alternative | Edition électronique
    http://www.fakirpresse.info/Qu-on-leur-coupe-la-dette-Partie-2.html
    Qu’on leur coupe la dette 3/3 - le fléchage - vidéo Dailymotion
    http://www.dailymotion.com/video/xq7qji_qu-on-leur-coupe-la-dette-3-3-le-flechage_news



    #Afrique : le salaire de la dette - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=YzkpTJMWIDw

    #Mondialisation : Quand le #FMI Fabrique la Misère - Documentaire - YouTube
    #IFI_FMI_Banque_Mondiale #FMI #Banque_Mondiale
    https://www.youtube.com/watch?v=9S28Wjpd1fg

  • Déclin des #insectes : l’urgence d’agir | CNRS Le journal
    https://lejournal.cnrs.fr/articles/declin-des-insectes-lurgence-dagir

    Dans un avis publié le 26 janvier, l’#Académie_des_sciences sonne l’alarme au sujet du déclin des insectes. Explications avec Philippe Grandcolas, directeur de l’Institut de systématique, évolution, biodiversité et co-auteur du rapport scientifique sur lequel s’appuie cet appel.

    […] Cet #effondrement est un phénomène complexe, quatre facteurs principaux y contribuent : la destruction de #milieux_naturels, la #pollution, les effets de la #crise_climatique et l’introduction des #espèces_exotiques, elle-même facilitée par la #mondialisation des échanges. En ce qui concerne la conversion des milieux terrestres, autrement dit la disparition des #forêts naturelles, des #zones_humides et des #prairies, rappelons que plus de 40 millions d’hectares de forêts ont disparu depuis vingt ans dans le monde, soit plus que la superficie de l’Allemagne ! Et les plantations d’arbres — qui se limitent souvent à une seule espèce voire à un seul clone, avec un sous-bois ou des sols très simplifiés — ne suffisent pas à restaurer toute la richesse des #écosystèmes forestiers qui disparaissent.

    La diversité des #habitats dans un #paysage doit en outre être préservée. Quant à l’usage massif et irraisonné de #pesticides, il est la deuxième cause majeure de l’effondrement des populations d’insectes à proximité des zones agricoles. La dérogation récemment accordée par le gouvernement français aux producteurs de betteraves pour l’usage de néonicotinoïdes est à cet égard fort regrettable.

    Il faut aussi noter que l’intensité de ces facteurs n’est pas la même selon les régions. Par exemple, la déforestation massive touche davantage la forêt amazonienne que les forêts européennes ; tandis que les grands incendies liés à la crise climatique, comme ceux qui ont récemment frappé l’Australie, affectent des zones géographiques bien particulières.

  • Du danger des monopoles
    https://laviedesidees.fr/Du-danger-des-monopoles.html

    À propos de : Thomas Philippon, The Great Reversal. How America gave up on free markets, Harvard University Press. Grâce à une démonstration implacable, Thomas Philippon jette une lumière crue sur l’accroissement du pouvoir des monopoles aux #États-Unis et ses conséquences néfastes sur les prix et l’investissement. L’analyse pourrait être prolongée en recourant à d’autres disciplines que l’économie.

    #Économie #monopole
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20210125_hautcoeur.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20210125_hautcoeur.docx

  • Material World - Harvard Graduate School of Design
    https://www.gsd.harvard.edu/course/material-world-spring-2021

    “Who is it that the Earth belongs to?” Bangstad, Sindre, and Nilsen Torbjørn Tumyr. “Thoughts on the Planetary: An Interview with Achille Mbembe.” New Frame (2019).

    Every decision planners take in the design process of a project has an impact when implemented, not only on the site of construction, but also on the site of extraction and of production. From the window frames of a house to the concrete pillars of a highway bridge, from the wood flooring of a living room to the asphalt of our streets, and from the steel bolts of a door to the tree species of a park, these choices deployed in the materiality of the built environment have a global knock-on effect.

    #environnement #mondialisation #écologie #pollution

  • Covid-19 : le défi des nouveaux variants – Réalités Biomédicales
    https://www.lemonde.fr/blog/realitesbiomedicales/2021/01/18/covid-19-le-defi-des-nouveaux-variants

    Outre le Royaume-Uni (13018 sur 13699 séquences déposées), ces pays qui ont transmis le plus grand nombre de séquences sont, par ordre décroissant, le Danemark, les États-Unis, le Portugal, les Pays-Bas, Israël, l’Irlande, l’Italie, l’Australie, la Norvège, l’Espagne, la Nouvelle-Zélande, la France, la Finlande, Singapour, la Suède, la Slovaquie, l’Allemagne, l’Inde, la Suisse, la Belgique, le Brésil, la Jamaïque, la Grèce, le Luxembourg, Hong Kong, la Corée du Sud, le Pakistan, l’Équateur, le Canada, le Mexique, la Roumanie, le Sri-Lanka, Oman, le Liban. Au Danemark, le variant anglais B.1.1.7 représente actuellement 3,6 % des virus SARS-CoV-2 séquencés.
    Carte des vols internationaux en provenance des principaux aéroports de Londres (Heathrow, Gatwick, Luton, City, Stansted, Southend) au mois d’octobre 2020. L’épaisseur des traits est fonction du nombre des vols en partance depuis Londres. Publiée le 13 janvier sur le site virological.org, une équipe de recherche internationale, dirigée par Áine O’Toole (université d’Edimbourg) et Moritz Kraemer (université d’Oxford) a analysé les liaisons aériennes entre les principaux aéroports londoniens et chaque pays. Il ressort que 16 pays ayant reçu plus de 5 000 voyageurs en provenance de Londres ont rapporté la présence du variant anglais par le séquençage.
    Cartographie mondiale de la transmission du variant anglais VOC 202012/01 (lignage B.1.1.7). Source : OMS

    #Covid-19#migrant#migration#sante#variant#diffusion#volaerien#circulation#mondialisation

  • La Chine bloque l’enquête de l’OMS sur les origines du SARS-CoV-2
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/01/07/la-chine-bloque-l-enquete-de-l-oms-sur-les-origines-du-sars-cov-2_6065473_32

    Les dix experts-enquêteurs internationaux n’ont toujours pas reçu les autorisations pour entrer sur le territoire chinois. La Chine ne semble pas disposée à laisser l’Organisation mondiale de la santé (OMS) enquêter sur l’origine du SARS-CoV-2. Alors qu’une équipe internationale de dix scientifiques était, mardi 5 janvier, en route pour Pékin, certains de ses membres avaient encore des « problèmes de visas ». « Aujourd’hui, nous avons appris que les responsables chinois n’ont pas encore finalisé les autorisations nécessaires à l’arrivée de l’équipe en Chine », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Les silences de la Chine, un virus repéré dès 2013, la fausse piste du pangolin... Enquête sur les origines du SARS-CoV-2 « Je suis très déçu de cette nouvelle, étant donné que deux membres avaient déjà commencé leur voyage et que d’autres n’ont pas pu voyager à la dernière minute », avait ajouté le diplomate, pourtant considéré depuis le début de la crise comme proche de Pékin. Mercredi 6 janvier, Pékin a pourtant confirmé que le problème n’était pas qu’administratif. « La recherche de la source est très compliquée. Pour assurer le bon déroulement des travaux du groupe international d’experts en Chine, les procédures nécessaires doivent être respectées et des arrangements spécifiques pertinents doivent être pris. A l’heure actuelle, les deux parties sont en cours de négociation à ce sujet », a déclaré Hua Chunying, porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois.
    La désignation des dix experts-enquêteurs avait déjà été au centre d’intenses tractations entre Pékin et l’OMS. La Chine avait déjà obtenu de coopter les scientifiques en question et de restreindre leur marge de manœuvre. En particulier, les termes de l’accord conclu entre la Chine et l’organisation onusienne stipulent que leur enquête « s’appuiera (…) sur les informations existantes et viendra compléter, plutôt que dupliquer, les efforts en cours ou existants ». Les enquêteurs de l’OMS devront donc se fonder, au moins en partie, sur des travaux déjà conduits sous l’égide de Pékin, sans être habilités à reproduire eux-mêmes certaines analyses.
    Une grande part de leur travail sera d’identifier le « chaînon manquant » ayant permis le passage du SARS-CoV-2, le virus à l’origine de la pandémie de Covid-19, de son réservoir naturel – une espèce de chauve-souris rhinolophe – à l’homme. Les chercheurs s’interrogent en particulier sur l’espèce animale ayant pu servir de « tremplin biologique » vers les humains. Cependant, des membres de la mission cités dans la presse scientifique ont déclaré que toutes les hypothèses seraient considérées, suggérant à mots couverts qu’une erreur de manipulation intervenue dans l’un des laboratoires de virologie de Wuhan n’était pas exclue.« Les études préliminaires n’ont pas généré de pistes crédibles permettant de restreindre le domaine de recherche, lit-on dans le mémo de cadrage de l’enquête internationale. Les études se concentreront donc sur l’élaboration de plans d’étude complets pour aider à générer des hypothèses sur la façon dont l’épidémie a pu commencer à Wuhan. » Mais plus le temps passe, moins la Chine accepte d’être désignée comme étant le pays à l’origine du virus

    #Covid-19#migrant#migration#chine#wuhan#mondialisation#circulation#virus#santé#pandemie#oms#circulationctherapeutique#expert

  • Les origines néolibérales de l’antiglobalisme

    « Globalistes » contre « Nationalistes », cette nouvelle ligne de fracture politique masque la vérité : les nationalistes populistes cherchent moins à défendre un modèle social qu’à s’affranchir des contraintes internationales imposés par les règles du #libre-échange. Leur but est en réalité d’aller vers plus de #capitalisme, et de contester le droit des nations non-blanches à intégrer équitablement le jeu du libre-échange mondial.

    Depuis que Trump a installé le conflit entre les « nationalistes » et les « globalistes » comme l’antagonisme politique central, il a été repris en chœur par tous les « populistes » sans exception, de Farage à Orban en passant par Salvini et Bolsonaro. Marine Le Pen a ainsi déclaré dans un récent entretien accordé à Breitbart (le média auparavant dirigé par Bannon) : « Le globalisme est un esprit post-national […] Il porte en lui l’idée que les #frontières doivent disparaître, y compris les protections que ces frontières apportent habituellement à une #nation. Elle repose sur l’idée que ce sont les #marchés tout puissants qui décident de tout. Ce concept de globalisme est poussé par des technocrates qui ne sont jamais élus et qui sont les personnes typiques qui dirigent les choses à Bruxelles dans l’Union européenne. Les gens qui croient aux nations – les nationalistes – c’est exactement le contraire. Ils croient que les nations sont le moyen le plus efficace de protéger la #sécurité, la #prospérité et l’#identité nationales pour s’assurer que les gens prospéreront dans ces nations. »

    À l’intérieur de cette opposition, le « nationalisme » est implicitement compris comme la défense des populations attaquées par la #globalisation_économique, le retour de la #souveraineté de l’#Etat-nation et le « #protectionnisme ». Dans un entretien accordé l’an passé au Figaro, #Emmanuel_Todd estimait qu’un renversement était en train de se produire, aux États-Unis avec le protectionnisme de #Trump : « Une génération avait mis à bas, avec le néolibéralisme de Reagan, la société qu’avait instaurée l’#Etat-providence rooseveltien ; une nouvelle génération d’Américains est en train de balayer aujourd’hui le modèle des années 1980 » ; et au #Royaume-Uni, avec le #Brexit où, alors que « Thatcher était une figure du néolibéralisme aussi importante que Reagan, […] notre plus grande surprise a été de voir la #droite conservatrice assumer le Brexit et discuter à présent ses modalités, et même s’engager à tâtons dans un #conservatisme de “gauche” ».

    Mais la rupture produite par les populistes va-t-elle effectivement dans le sens annoncé par Todd, d’une limitation du #libre-échange, d’un recul du néolibéralisme et d’un #conservatisme_social ? Rien n’est moins sûr dès que l’on s’intéresse à la provenance de ce #nationalisme_anti-globaliste.

    De Thatcher au Brexit : nations souveraines et #libre_entreprise

    Avant d’être soutenu par une partie des ouvriers britanniques déclassés, le Brexit trouve ses origines dans l’#euroscepticisme du Parti conservateur britannique dont la figure de proue a été… #Thatcher. C’est son célèbre discours devant le Collège de l’Europe à Bruges en septembre 1988 qui a fait émerger le think-tank du « Groupes de Bruges » réunissant des Tories eurosceptiques dont #Alan_Sked et #Nigel_Farage, et dont bientôt sortirait le #UKIP conduisant le Royaume-Uni au Brexit. Thatcher tançait dans son discours le « super-État européen exerçant une nouvelle domination depuis Bruxelles », elle opposait l’Europe existante de la #communauté_économique_européenne, celle de la #bureaucratie, du #centralisme et du #protectionnisme à l’#Europe de la #libre-entreprise, du #libre-échange et de la #déréglementation qu’elle appelait de ses vœux.

    Il fallait surtout en finir avec le protectionnisme à l’égard du monde extra-européen de façon à réconcilier les nations européennes avec les « marchés réellement globaux ». La critique de l’Europe ne portait cependant pas seulement sur les contraintes pesant sur la #libre_entreprise, la recherche d’une identité européenne transcendante faisait aussi courir le risque d’une disparition des #identités_nationales avec leurs coutumes et leurs traditions. Contre ce « méga-État artificiel », il fallait concevoir l’Europe comme une « famille de nations ».

    Le libre-échange d’une part et le nationalisme d’autre part que Thatcher opposait à la bureaucratie régulatrice de Bruxelles, n’étaient du reste pas séparés, mais bien d’un seul tenant : « Je n’eus d’autre choix, affirme-t-elle dans ses mémoires, que de brandir le drapeau de la #souveraineté_nationale, de la #liberté_du_commerce et de la #liberté_d’entreprise – et de combattre ». On se situe donc à mille lieux d’un nationalisme qui chercherait à s’établir en rempart contre la #mondialisation économique et le libre-échange : c’est au contraire la récupération de la #souveraineté_nationale qui, en s’affranchissant des contraintes supranationales européennes, doit permettre aux peuples de se réconcilier avec le libre-échange mondialisé.

    Or cette position nationale-néolibérale, qui veut faire de la nation britannique l’actrice directe de son inscription dans la #mondialisation_économique, est celle de tous les principaux brexiters, Farage en tête, mais aussi de tous les défenseurs d’un « hard brexit » parmi l’establishment Tory, de #Boris_Johnson à #Jacob_Ress-Mogg en passant par #Steven_Baker et #Dominic_Rabb. Au deuxième semestre 2018, une enquête de Greenpeace a révélé que #David_Davis, l’ancien secrétaire au Brexit de #Theresa_May, #Owen_Paterson, l’ancien secrétaire à l’agriculture et à l’environnement de David Cameron, et #Shanker_Singham, un expert commercial de l’Institute of Economic Affairs, s’étaient rendus en Oklahoma au cours d’un voyage financé par le lobby agro-industriel américain pour préparer avec des membres de l’administration Trump un accord commercial bilatéral post-Brexit, prévoyant notamment l’importation en Angleterre de #poulet lavé au chlore et de #bœuf aux hormones.

    Paterson, en déplorant qu’un tel accord soit impossible dans le cadre actuel des réglementations de l’Union européenne, a tweeté qu’il était essentiel que « le Royaume-Uni ait le contrôle de ses tarifs et de son cadre réglementaire ». C’est peu de dire qu’on est loin du « #conservatisme_de_gauche » … Au contraire, comme l’avait anticipé Thatcher, la récupération de la souveraineté nationale face à l’#Union_européenne est le moyen de plus de #déréglementation et de libre-échange.

    Anti-globalisme et libre-échangisme mondialisé chez #Rothbard

    Qu’en est-il aux États-Unis ? « La génération qui est en train de balayer le modèle des années 1980 » est-elle, à la différence du Royaume-Uni, en rupture avec le néolibéralisme de Reagan ? La droite radicale qui a contesté l’héritage de Reagan pour finalement aboutir à l’élection de Donald Trump s’est construite au tournant des années 1990 dans les marges du Parti républicain. Réunissant des « paléo-libertariens » autour de #Murray_Rothbard et #Lew_Rockwell et des « paléo-conservateurs » autour de Patrick Buchanan, ce mouvement s’appelait « paléo » parce qu’il revendiquait un retour à la #Droite_originaire (#Old_Right) du Parti républicain entre les années 1930 et 1950 qui défendait l’#isolationnisme et les intérêts de la nation américaine (#America_First) contre l’#interventionnisme_militaire, mais aussi la #liberté_individuelle, le gouvernement minimal et la propriété privée contre le #New_Deal et le #Welfare_state. Il s’était formé pour contester la prise du pouvoir sous #Reagan puis l’hégémonie sous Bush des néoconservateurs et leur imposition du #Nouvel_ordre_mondial. Leur critique s’est incarnée dans les campagnes des primaires républicaines de #Buchanan en 1992 et 1996.

    Ce que ciblaient les paléo dans le Nouvel ordre mondial, c’était un super-étatisme internationaliste, un système mondial de Welfare-warfare state, où l’importation de la « démocratie globale » partout dans le monde par l’interventionnisme américain sous l’égide de l’ONU se conjuguait à un gouvernement économique mondial de type keynésien. Les termes de « globalisme » et de globaloney étaient utilisés notamment par Rothbard au début des années 1990 pour décrier ce système et ils étaient empruntés au vocabulaire de la Old Right pour qui ils désignaient déjà ce complexe internationaliste de l’interventionnisme extérieur onusien et de la perspective d’un New Deal global que ses membres critiquaient dans les politiques de Franklin Roosevelt et Harry Truman.

    Rothbard puisait notamment son inspiration chez un historien révisionniste de la Seconde Guerre mondiale dont il avait été proche, Harry Elmer Barnes. De plus, dans les années 1970, alors que la Guerre du Vietnam était encore en cours, des anti-impérialistes avec qui il collaborait avaient déjà remis au goût du jour la critique du globalisme. Lorsque la globalisation économique se concrétisa dans la première moitié des années 1990 avec l’Alena puis la création de l’OMC, ces nouveaux éléments devinrent partie intégrante de sa critique et les nouvelles cibles de l’attaque contre le « globalisme ». Rothbard dénonçait l’Alena comme du « commerce bureaucratique réglementé » conçu par « un sinistre Establishment centriste dont le dévouement à la liberté et au libre-échange s’apparente à celui de Leonid Brejnev ». L’Alena entraînait en particulier une harmonisation des législations vers le haut qui allait contraindre les entreprises américaines à se soumettre aux normes environnementales et au droit du travail contraignants des législations canadiennes et mexicaines contrôlées par des syndicalistes et des socialistes.

    Tout ce « mercantilisme » ne signifiait rien d’autre selon lui que la spoliation que les élites politiques mondiales opéraient sur le libre-échange véritable au détriment de la masse des gens qui ne pouvaient en jouir directement. Il alertait sur la perte de souveraineté que représentait l’Alena qu’il comparait au « super-étatisme de la Communauté européenne » car cet accord imposait la mise sur pied d’« institutions d’un super-gouvernement internationaliste arrachant la prise de décision des mains des Américains ». Face à cette « politique globaliste » (globalist policy), une « nouvelle coalition populiste » et « un nouveau nationalisme américain » devaient être définis : il fallait abroger l’Alena, se retirer de toutes les agences gouvernementales supranationales (ONU, OIT, UNESCO, etc.), stopper l’aide au développement et durcir les conditions d’immigration qui provoquaient l’élargissement de l’État social, au nom d’authentiques marchés libres.

    Comme chez Thatcher, on est à l’opposé d’une critique du libre-échange ; le nationalisme est au contraire là aussi un moyen de sauver le libre-échange mondialisé qui est confisqué par les institutions supranationales bureaucratiques et socialisantes – en un mot « globalistes ».

    Lorsque les populistes s’attaquent au « globalisme », ils emboîtent le pas d’une critique qui ne visait pas à l’origine la mondialisation des échanges de biens et de services, mais au contraire le super-étatisme des élites politiques mondiales qui parasitent le fonctionnement du libre-échange mondialisé. Une distinction conceptuelle s’impose donc entre le « globalisme » et le « mondialisme », puisque dans les cas des héritages de Thatcher ou de Rothbard, l’anti-globalisme va de pair avec un mondialisme libre-échangiste absolument revendiqué.
    Anti-globalisme et hiérarchie des nations de Buchanan à Trump

    Aux États-Unis, après la seconde campagne de Buchanan pour les primaires républicaines de 1996, les premiers doutes des libertariens ont cependant laissé place à la rupture avec les paléo-conservateurs autour de la question du protectionnisme et des barrières tarifaires. La rupture fut définitivement consommée en 1998 avec la publication du livre de Buchanan The Great Betrayal. How American Sovereignty and Social Justice Are Being Sacrified to the Gods of the Global Economy. C’est dans ce livre que Buchanan affirme son attachement au « nationalisme économique » et qu’il fait du « conflit » entre les « nationalistes » et les « globalistes » le « nouveau conflit de l’époque qui succède à la Guerre froide »[1], définissant la ligne que reprendront littéralement Bannon et Trump. Soutenant le protectionnisme industriel, il déplace le contenu de l’anti-globalisme dans le sens de la défense des intérêts économiques nationaux contre la mondialisation du libre-échange.

    Cependant, l’opposition simple entre le nationalisme économique à base de protectionnisme industriel et le libre-échange illimité mérite d’être approfondie. D’abord, Buchanan est toujours resté un adversaire résolu de l’État-providence et The Great Betrayal est surtout une défense de l’économie américaine pré-New Deal où l’existence de barrières tarifaires aux importations a coïncidé avec une période de croissance. Pour autant, cette période a été marquée par de fortes inégalités économiques et sociales.

    Ensuite, dans le cas de Trump, l’usage qu’il fait du protectionnisme est pour le moins pragmatique et ne relève pas d’une position de principe. Lorsqu’il a baissé drastiquement fin 2017 l’impôt sur les sociétés, il a montré que sa défense de l’emploi américain ne convergeait pas nécessairement avec la « justice sociale ». Ciblant certaines industries correspondant à son électorat comme l’automobile, il se sert surtout des barrières tarifaires aux importations comme d’une arme parfois purement psychologique et virtuelle, parfois effective mais temporaire, dans une guerre commerciale qui peut aboutir à davantage de libre-échange.

    Dans l’USMCA (United States-Mexico-Canada Agreement), l’accord de l’Alena renégocié, si 75% des composants d’une automobile devront être fabriqués aux États-Unis pour qu’elle soit exemptée de barrières douanières (contre 62, 5% avec l’Alena), en revanche le marché laitier canadien sera davantage ouvert aux fermiers américains, tandis que Trump a récemment supprimé les barrières aux importations d’acier et d’aluminium venant du Mexique et du Canada, pour inciter ces pays à ratifier l’USMCA. S’il continue de se servir des droits de douane punitifs dans la guerre commerciale avec la Chine, il a recherché davantage de libre-échange avec l’Union européenne.

    Enfin, lorsque des journalistes demandèrent à Buchanan de quel économiste il s’inspirait, il répondit qu’il s’agissait de Wilhelm Röpke[2], l’un des principaux fondateurs de l’ordo-libéralisme, la forme prise par le néolibéralisme en Allemagne qui inspira la politique économique de Ludwig Erhardt sous Adenauer. Or Röpke n’était pas un thuriféraire, mais bien au contraire un opposant farouche au « nationalisme économique » et au « protectionnisme » qui représentait des fléaux pour l’ordre économique international qu’il cherchait à construire[3]. Cependant, il estimait que le libre-échange mondial ne pouvait intégrer les nations postcoloniales, car il n’avait été possible avant la première guerre mondiale que parmi le cercle des nations occidentales partageant un même ordre de valeurs culturelles et religieuses.

    Cette insistance sur des conditions extra-économiques morales et spirituelles au développement économique fait qu’il revendique une « troisième voie » appelée « économie humaine » entre le libre-échange purement fondé sur la concurrence et la social-démocratie. En cohérence avec cette « économie humaine », il s’engagea publiquement en faveur du maintien de l’apartheid en Afrique du Sud parce que les Noirs sud-africains se situaient « à un niveau de développement qui excluaient la véritable intégration spirituelle et politique avec les Blancs hautement civilisés »[4].

    Son nationalisme n’était finalement pas dirigé contre le libre-échange, mais pour un ordre hiérarchique international fondé sur des conditions de développement économiques différenciées, ne laissant pas aux nations non blanches les moyens d’intégrer le libre-échange mondial. Lorsque Buchanan tempête contre l’immigration et la reconquista économique mexicaine menaçant la culture américaine, il se situe effectivement dans le sillage de la position nationale-néolibérale de Röpke. Dans un débat télévisé en vue des élections européennes de 2019, Marine Le Pen promettait elle aussi, du reste, d’opposer au « capitalisme sauvage » une « économie humaine ».

    Lorsque des universitaires ou des commentateurs, y compris à gauche, insistent sur les aspects économiques positifs pour les populations, du nationalisme anti-globaliste, ils se méprennent absolument sur les origines comme sur les politiques menées par les populistes nationalistes. Ceux-ci revendiquent la récupération de la souveraineté nationale et critiquent les règles transnationales de la globalisation économique, non pour protéger leur modèle social et le droit du travail de leur population, mais pour s’affranchir de ce qui resterait en elles de contraintes environnementales ou sociales, et s’en servir comme tremplin vers plus de capitalisme et de libre-échange, ou pour contester le droit des nations non-blanches à intégrer équitablement le jeu du libre-échange mondial. Dans cette bataille, ce sont les national-néolibéraux qui affrontent les globalistes néolibéraux, dans une course qui pousse le monde dans une direction toujours plus mortifère, et ne comporte pas le moindre aspect positif.

    https://aoc.media/analyse/2019/10/28/les-origines-neoliberales-de-lantiglobalisme

    #nationalisme #globalisme #anti-globalisme #néolibéralisme #néo-libéralisme #populisme #discours_de_Bruges #industrie_agro-alimentaire #boeuf

    ping @karine4

  • Une histoire de la guerre économique
    Documentaire ARTE - 2019
    Disponible du 30/11/2020 au 28/02/2021
    Réalisation : Christian Buckard & Daniel Guthmann
    https://www.arte.tv/fr/videos/087959-000-A/une-histoire-de-la-guerre-economique

    Dans notre monde globalisé, les guerres commerciales sont désormais perçues comme une activité concurrentielle normale. Ce documentaire propose un petit précis de la guerre économique à travers l’histoire, entre secrets et mensonges, conquêtes de territoires et techniques ultramodernes.

    En lançant en 1889 sa flotte contre les jonques chinoises, l’Empire britannique déclare une des premières guerres motivées par les seuls intérêts économiques. Déplorant une balance commerciale largement déficitaire avec la Chine, le Royaume-Uni veut lui vendre ses stocks d’opium par la force. Face à la résistance de l’Empire des Qing, les Britanniques passent à l’offensive au nom du libre-échange, dont ils sont convaincus des vertus pacificatrices. Depuis cette histoire exemplaire des relations ambiguës entre États, de la coopération à la compétition féroce, les guerres commerciales se sont répétées, de plus en plus sophistiquées mais pas toujours moins sanglantes. L’avènement de la révolution industrielle, du libéralisme puis de la mondialisation ont multiplié les sources de conflits, entre conquêtes territoriales, espionnage, captation des savoirs par chantage ou encore désinformation...

    Business plans (d’attaque)
    L’Allemagne suspectée de vouloir envahir commercialement la France avant la Première Guerre mondiale, les films américains d’après-guerre, chevaux de Troie et formidables vecteurs d’influence économique et politique, la puissance prédatrice de la Silicon Valley... : ce documentaire, qui recense les batailles passées ou présentes, ouvertes ou secrètes, éclaire les arcanes et les tensions économiques d’un monde globalisé, où les guerres commerciales sont désormais perçues comme une activité concurrentielle normale. Un décryptage passionnant de leurs lois et rouages, nourri d’analyses de politologues, journalistes et économistes ou encore de celle de Christian Harbulot, le directeur de... l’École de guerre économique de Paris.

    #guerre_économique #économie #capitalisme #liberalisme #mondialisation #libre_circulation_des_capitaux et puis #opium & #drogue, aussi, évidemment !

  • #Atlas des mondes urbains

    Aux sources classiques des organisations internationales et des réseaux de villes, les auteurs de cet Atlas des #mondes_urbains ont confronté l’éventail des nouvelles possibilités offertes par le #numérique, multiplié les échelles et se sont affranchis des spatialités territoriales usuelles. Voici une cartographie inédite de la planète des citadins.

    Sept humains sur dix vivent en ville. Des mégapoles se forment sur tous les continents. Partout le bâti s’étale et se standardise, les mondes ruraux disparaissent, les modes de vie s’uniformisent et, dans le même temps, les #inégalités se creusent. La généralisation de l’#urbain réchauffe la planète, détruit la biodiversité et nous rend encore plus vulnérables face au changement climatique. Mais les villes sont aussi notre #bien_commun. Elles sont des lieux de production de richesses, d’innovation, de création culturelle, de solidarité et de résilience. Elles fascinent par leur gigantisme, leurs foules et leurs innombrables activités, laissant dans l’ombre une autre réalité : la myriade de villes petites et intermédiaires qui composent l’essentiel des mondes urbains d’aujourd’hui. Celles des pays dits en développement, en particulier, dont les « basses technologies » sont loin d’affecter autant l’avenir de la planète que les métropoles mondialisées.

    http://www.pressesdesciencespo.fr/fr/book/?gcoi=27246100249530

    #ressources_pédagogiques #villes #urban_matter #cartographie #visualisation #livre #géographie_urbaine

    –—

    déjà signalé par @simplicissimus :
    https://seenthis.net/messages/885759
    et @marclaime :
    https://seenthis.net/messages/885729
    ... je remets ici en y ajoutant des mots-clé...

    • Comment les villes mutent avec le numérique

      Les #études_urbaines se renouvellent. Des #cartes étonnantes évoquent les sujets brûlants du moment sur les inégalités. Un #nouvel_ordre_urbain_local qui prospère face à la #mondialisation_métropolitaine émerge dans un atlas à nul autre pareil.

      Devant la lassitude à parler des villes et leurs inégalités et tous les maux qu’elles portent, Eric Verdeil et son équipe de l’atelier de cartographie de Sciences Po changent de ton : « les villes sont [aussi] notre bien commun ». Ils les étudient en « défrichant de multiples champs hétéroclites » en fouillant ce que le numérique fait aux échelles, comment « il affranchit les villes des spatialités territoriales usuelles ».

      Rien n’est simple, les méthodes de calcul variant d’un pays à l’autre. Représenter les « mondes urbains », c’est constater avec l’ONU que le Japon et la Jordanie sont les deux pays qui comptent plus de 90% de leurs habitants en villes (et le Burundi le moins urbanisé avec 12% de citadins). De là, faut-il parier de l’avènement « d’une ville-monde » dont les mégapoles ne sont plus européennes, les têtes étant en Chine, Corée du Sud, Japon, Indonésie, Thaïlande, Turquie, Afrique du Sud, Nigeria… Et ceci dans des configurations très étalées qui changent la nature de ce qu’on appelait jadis une ville en Europe, à l’inverse des petites villes se maintenant sur notre continent comme en Allemagne, en Italie, en Espagne.

      Julien Gracq aimait la « forme » des villes. Nos géographes tirent de leur formation initiale le goût des trames antiques et leur fascination pour l’étalement vertical ». Ils fouillent les sous-sols comme une « nouvelle frontière ». Ils guettent les signes qui marquent une différentiation dans un océan de standardisation. Ils ne regrettent pas la faible végétalisation des villes car ils calculent aussi la hauteur et le volume de verdure au détriment de la seule surface. Ils prennent en compte aussi les trames vertes, les jardins privés.
      100 villes détiennent la moitié de la richesse mondiale

      Le philosophe de l’urbain Thierry Paquot regrettait la démesure (Désastres urbains, 2015), les géographes déplorent, eux, le faible « ruissellement » de la prospérité économique des métropoles : 100 villes détiennent près de la moitié des richesses mondiales, alors qu’elles ne représentent que le quart de la population du globe. Les pires sont les villes « extraverties, artificielles, fragiles » type Dubai.

      La cartographie des « vies urbaines » est audacieuse : une carte du multilinguisme à Toronto, ville de forte diversité ethnique ; une carte sur l’accroissement des rythmes urbains dans les métropoles, produit « d’un capitalisme ne cessant d’étendre la sphère des besoins » à mettre en lien avec les confinements ; un remarquable document cartographique sur « l’insécurité perçue par les femmes » à Delhi ; sur les gentrifications, l’habitat indigne…

      Le #Policène ?

      La « Grande accélération » qui mène à l’anthropocène (qu’Eric Verdeil verrait mieux désignée par « Policène », l’époque de la ville) est l’occasion de montrer une « géologie de dépotoir », des sols remaniés, des matériaux déplacés, des villes qui « ont faim », polluées par les particules fines, menacées par la hausse du niveau des mers, par les pandémies.

      Y a-t-il des pilotes ? Oui, ce sont des Etats qui y ont prospéré, des oligarchies qui en confisquent les aménités mais aussi des démocraties participatives (d’échelon urbain) comme à Surabaya, en Indonésie, des municipalités qui se préoccupent d’approvisionnement en eau, d’ordre social (milices contre les violences). Les querelles d’échelle sont un sujet hautement inflammable car les juridictions locales peuvent faire échec à des politiques urbaines d’inspiration néolibérale. Quelles solutions ? Les réseaux ? La chasse aux automobiles (impossible aux Etats-Unis), le « verdissement », les « smart cities », le recours aux low tech ? L’informel ? En somme, toute une palette qui transforme constamment la géographie des villes. Sur ces questions ouvertes, l’atlas ne prend pas parti, montrant combien les acteurs peuvent répondre à une demande locale sans intégration aux collectifs déjà en place.

      Incontestablement, l’Atlas des mondes urbains (et non des villes) ouvre un nouveau chapitre des études urbaines. Les géographes gardent une place forte dans le maniement des cartes qui sont l’un des instruments du pouvoir politique sur les villes. Un instrument puissant pour la décision et des gouvernances au plus près du local.

      http://geographiesenmouvement.blogs.liberation.fr/2020/11/09/comment-les-villes-mutent-avec-le-numerique

  • « Peu de malades ont développé des formes graves du Covid-19 en Afrique »
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/11/18/peu-de-malades-ont-developpe-des-formes-graves-du-covid-en-afrique_6060239_3

    L’épidémie a été importée en Afrique par des voyageurs africains ou étrangers qui circulent entre les grandes villes du monde, elle est donc au départ plutôt un mal qui touche les élites dans les pays les plus urbanisés. Mais on constate, notamment en Afrique du Sud ou au Kenya, que l’épidémie s’est propagée dans les zones d’habitat informel densément peuplées.

    #Covid-19#migrant#migration#afrique#sante#mondialisation#elite#circulation#urbanisation

  • Zoom : « un empire invisible »
    https://joellepalmieri.org/2020/11/18/zoom-un-empire-invisible

    Covid-19, meurtre de Samuel Paty, campagnes électorales, complot… les exemples ne manquent pas où les usages internet font recette. Les échanges, les dénonciations, les calomnies, les appels au meurtre, les droits de circulation, les achats, le travail, se passent désormais « en ligne ». Les cours de l’Éducation nationale ou de l’enseignement supérieur, mais aussi les cours … Lire la suite →

    #Idées #Colonialité #Covid-19 #Domination #Economie #Etats-Unis #Mondialisation #Pensée #Société_numérique #Violences


    https://0.gravatar.com/avatar/9756ba41fe8333157071419a20733f4a?s=96&d=https%3A%2F%2F0.gravatar.com%2Fa

  • Covid-19 : l’Afrique guette sa « deuxième vague »
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/11/16/covid-l-afrique-guette-sa-deuxieme-vague_6059898_3212.html

    « Le continent peut être divisé en deux. Dans la moitié des pays, le nombre de contaminations continue de diminuer et dans l’autre, il augmente », résume le docteur Ngoy Nsenga, responsable de la réponse aux crises en Afrique à l’OMS. Certains, comme l’Angola, après avoir imposé un confinement dès le mois de mars à l’apparition des premiers cas, connaissent seulement leur première vague. Un retournement qui, pour le docteur Nsenga, s’explique comme partout par « un relâchement dans le respect des gestes barrières et une fatigue envers toutes les mesures de restriction subies depuis des mois ».La réaction précoce des gouvernements dans la gestion du nouveau coronavirus, la maîtrise des méthodes de dépistage et de traçage dans une région habituée à gérer des contagions récurrentes constituent pour ce responsable de l’OMS « l’élément décisif » pour expliquer l’évolution singulière du continent. Même s’il n’écarte pas les autres hypothèses souvent avancées : forte proportion des jeunes dans la pyramide des âges, faible insertion de l’Afrique dans les grands itinéraires de la mobilité internationale ou encore une meilleure résistance des populations acquise par une exposition régulière aux virus…
    Lire aussi Covid-19 : l’OMS mise sur des tests rapides en Afrique
    « Nous n’avons pas beaucoup avancé pour comprendre pourquoi l’Afrique évolue de manière différente. Au Cameroun, très peu de personnes ont dû être hospitalisées. Peu sont mortes. Le taux d’occupation des lits Covid est de 1 %. Le confinement a été peu respecté et aujourd’hui, tout le monde va à la messe ou participe à des rassemblements sportifs sans porter de masques. Quelque chose a protégé la population. Quoi précisément ? Je ne sais pas. »
    Cette équation aux multiples inconnues ne facilite pas la gestion des mesures sanitaires. D’autant que, comme dans le reste du monde, la crise économique et ses répercussions sociales se font durement sentir. Sans que les Etats aient ici les moyens de financer les puissants amortisseurs déployés par exemple en Europe. Doivent-ils à nouveau fermer les frontières aériennes qui commençaient à peine à s’ouvrir pour nombre d’entre eux ? Reconfiner leur population ? « Nous avons besoin de pouvoir affiner les réponses, de faire du sur-mesure », répond Akhona Tshangela, responsable de l’unité de modélisation d’Africa CDC.
    Un projet a été lancé avec la mutuelle d’assurances panafricaine ARC (African Risk Capacity) qui dispose déjà d’une expérience dans la gestion des fièvres hémorragiques et des méningites. « Au début de la pandémie, nous avons utilisé des modèles américains avec des données chinoises pour essayer d’anticiper ce qui se passerait chez nous et cela a abouti à des estimations totalement surestimées. Avec un recul de neuf mois, nous commençons maintenant à avoir nos propres chiffres et nous devons construire des modèles qui reflètent nos réalités », poursuit-elle

    #Covid-19#migrant#migration#afrique#deuxiemevague#sante#frontiere#fluxmigratoire#mondialisation#mesuresanitaire

  • De l’utilité (ou pas) des frontières contemporaines ?

    Dans « Nos géographies », nous parlons ce soir des frontières que nous chercherons à définir avec #Michel_Foucher et #Anne-Laure_Amilhat-Szary (@mobileborders).

    Bien plus qu’un espace plus ou moins large séparant deux territoires, un objet juridique et politique, très symbolique, l’écho d’un passé lointain ou proche, nous verrons que la notion de frontière intangible, n’a pas toujours existé. Nous constaterons l’importance des progrès de la #géographie et de la #cartographie pour en préciser les contours.

    La #pandémie de la #Covid-19 et la fermeture concomitante d’une grande partie des frontières dans le monde viennent de replacer brutalement celles-ci sous les feux de l’actualité. La crise migratoire, précédant la crise sanitaire avait déjà amorcé ce mouvement de #repli. Certes, les frontières n’avaient pas disparu mais la #mondialisation des économies avec l’accélération des échanges et l’extraordinaire essor des transports, aériens, maritimes et terrestres ces dernières décennies ont largement contribué à les faire oublier, du moins, dans de nombreuses régions. Elles réapparaissent donc. Comment interpréter le phénomène ? Est-il souhaitable, est-il durable ? Que nous dit-il de l’état de nos sociétés ?

    Pour en parler ce soir nous sommes en compagnie de deux spécialistes, Michel Foucher, géographe et ancien diplomate, titulaire de la chaire de géopolitique appliquée au Collège d’études mondiales (FMSH, Paris) et Anne-Laure Amilhat-Szary, spécialiste de géographie politique, professeure de géographie à l’Université Grenoble-Alpes et directrice du laboratoire CNRS Pacte.

    https://www.franceculture.fr/emissions/nos-geographies/les-frontieres

    #frontières #utilité #fermeture_des_frontières #crise_sanitaire

  • Covid-19 : « Dans les mesures sanitaires, il y a des nuances entre pays européens, mais un gouffre entre l’Asie et l’Occident »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/11/04/covid-19-dans-les-mesures-sanitaires-il-y-a-des-nuances-entre-pays-europeens

    Dans la seule journée du vendredi 30 octobre, où le deuxième confinement est entré en vigueur, le coronavirus a fait davantage de victimes sur le territoire français (545) qu’en Corée du Sud depuis le début de l’épidémie dans son ensemble (465 au 30 octobre). Par quelque bout qu’on prenne le problème (fiabilité des données, niveau de richesse, pyramide des âges…), la comparaison n’a rien de déloyal. Le seul reproche qu’on pourrait lui faire est d’enfermer deux pays que rien ne relie dans un tête-à-tête. Rien n’est plus éloigné de ma pensée, puisqu’il s’agit au contraire de mettre en lumière un déséquilibre plus général, écrasant, entre l’Asie et l’Occident. On pourrait sans peine choisir des parallèles plus extrêmes, par exemple entre le Vietnam, qui a eu la sagesse de fermer immédiatement ses frontières [elles n’ont que partiellement rouvert depuis mi-septembre], et le chaos qui se répand dans la première puissance mondiale.

    #Covid-19#migrant#migration#mondialisation#sante#occident#asie#frontière#politiquesante

    • S’il est donc pertinent dans une certaine mesure de s’interroger sur les mesures sanitaires prises ici et là en Europe, il ne faudrait pas que ces nuances deviennent l’arbre qui cache la forêt. Il y a des écarts entre pays voisins, mais un gouffre entre l’Asie et l’Occident. Une question gigantesque s’impose à nous : d’où vient cette panique qui submerge l’Occident ? Que s’y est-il passé pour le rendre si démuni, surtout par rapport à l’Asie ?

      Contraste cruel

      Les échappatoires ne sont pas de mise. Il en est une notamment à laquelle je pense, qui consisterait à porter notre impéritie comme une médaille et à en faire pour ainsi dire la rançon de notre liberté. Ainsi le philosophe André Comte-Sponville déclarait-il, le 23 octobre sur France Culture : « Je préfère attraper la Covid-19 dans une démocratie plutôt que de ne pas l’attraper dans une dictature. » Sans doute. Mais l’on peut se demander si l’alternative se pose vraiment en ces termes. Pour ce qui est de l’Europe tout du moins, les états d’urgence se succèdent pour y replonger quasiment aussitôt. C’est d’un même mouvement que la santé et les libertés publiques se dégradent.

      La perspective change si l’on se tourne vers l’Asie, puisque les jeunes démocraties de Taïwan et de Corée ont su faire face à l’épidémie bien plus efficacement que la dictature chinoise, y compris à en croire les chiffres notoirement sous-estimés de cette dernière. Mieux encore, elles y sont parvenues sans se confiner ni remettre en cause les acquis des dernières décennies. Dans ces deux pays, les partis issus de la dictature ont été défaits dans les grandes largeurs aux dernières élections.

      Car en effet, si leurs gouvernements ont agi avec une transparence sans rapport avec l’Occident dans cette affaire, c’est aussi sous la pression populaire. La Corée du Sud a ainsi emprisonné quatre anciens présidents pour corruption depuis la fin des années 1990, rien de moins. Il existe également un système de pétition populaire, très suivi, sur le site de la Maison Bleue [la résidence et le bureau du président] , grâce auquel les citoyens font entendre leur voix. L’élan des glorieuses manifestations démocratiques de l’hiver 2016-2017 n’est jamais totalement retombé.

      Rappelons enfin que le gouvernement actuel a augmenté en deux ans le salaire minimum de presque un tiers (soit 16,4 % en 2018 et 10,9 % en 2019) malgré les chaebols [empires économiques familiaux] qui freinaient des quatre fers et la lente crue du chômage. Cette fermeté parle d’elle-même et, là encore, le contraste est des plus cruels pour l’Europe.

      La meilleure ou la pire des choses

      Bien sûr, la différence est que l’Asie part de loin, notamment en termes de libertés individuelles. Mais ce qu’il y a de plus remarquable avec Taïwan, la Corée du Sud et aujourd’hui Hongkong (lâchement abandonnée de tous), c’est justement la façon dont cette discipline collective propre aux sociétés confucéennes a trouvé à se renforcer dans l’opposition à des dictatures abominables. Le « nous » n’y a pas faibli dans la lutte, au contraire. C’est si vrai que jusqu’à aujourd’hui, ce pronom est de loin le plus fréquemment employé en coréen pour parler de soi (« je » est plus rare et s’utilise surtout quand on veut marquer la différence avec le groupe).

      La chose est frappante au sujet du masque. L’habitude en Asie consiste d’abord à le porter quand on craint d’être malade, pour protéger les autres ; tandis qu’en Occident, où l’on ne pense le plus souvent qu’à soi, les patients asymptomatiques courent les rues sans se faire dépister et contaminent à tour de bras.

      Ainsi cette exigence asiatique peut-elle en un mot se révéler, comme la langue d’Esope, la meilleure ou la pire des choses. Elle peut unir un peuple dans sa lutte pour sa liberté comme, inversement, cimenter les pires despotismes. Tout l’enjeu est de savoir quelle tendance l’emportera sur l’autre. Mais dans la situation actuelle, la comparaison avec l’Occident se passe de commentaires. Le combat a déjà changé d’arène.

      Haine de soi

      J’irai même plus loin pour conclure : la globalisation est aujourd’hui un bolide sans pilote, lancé à toute allure dans le vide. Les échanges y ont été multipliés sans réflexion, avec pour résultat que les virus, les crises, les rumeurs, les toxiques en tout genre y prolifèrent sans frein. Ce n’est pas le fait de l’épidémie qui est nouveau, par exemple, mais bien sa vitesse, son ampleur qui la rendent hors de contrôle. Chacun sait que les décennies qui viennent mettront notre résistance à tous, en tant que peuple, à plus rude épreuve que jamais.

      C’est dans ce contexte que la France a tant à apprendre de l’Asie. Cela fait si longtemps que notre pays cultive la haine de soi… On y démantèle l’école, les services publics, l’hôpital, l’industrie, la paysannerie, l’artisanat – notre avenir comme notre héritage. On paie aujourd’hui au prix fort toutes ces erreurs. Tournons donc nos regards vers les nations qui ressortent grandies de l’épreuve ; et dans le cas de Hongkong, soutenons leur lutte. Faute de nous ressaisir et de bâtir les nouvelles alliances qui s’imposent, il ne resterait plus qu’à nous résigner aux solutions vraisemblablement fort désagréables que l’impérialisme chinois viendrait tôt ou tard apporter à notre dilettantisme.

      Christophe Gaudin, politiste , maître de conférences à Séoul.

    • Mouais, « la haine de soi » ?!, j’espérais davantage de l’article, du concret, de la doctrine sanitaire, de l’épidémiologie, mais bon, un « politiste » s’embarrasse lui non plus pas de ces choses triviales (et sinon, il aurait fallu un format plus ample que ce qu’autorise pas ce journal, ce qui fait défaut).

  • La pandémie de Covid-19 accélère la mondialisation des services
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/10/26/la-pandemie-de-covid-19-accelere-la-mondialisation-des-services_6057341_3234

    « Un boom des délocalisations pourrait bien advenir dans les activités de service, affirme El Mouhoub Mouhoud, professeur d’économie à l’université Paris-Dauphine, y compris pour des tâches élaborées. » Les confinements liés à la pandémie de Covid-19 ont accéléré l’adoption et l’usage des technologies numériques dans de nombreux secteurs d’activité. En France, le nombre de téléconsultations de médecine a été multiplié par plus de 100 entre février et avril 2020. A l’université, les étudiants suivent désormais les cours depuis l’étranger, en visioconférence. « La distance n’est plus un obstacle à la fourniture d’un service », observe M. Mouhoud. A cela s’ajoute un mouvement de sous-traitance commencé il y a plusieurs décennies. « Les services comme la comptabilité, le marketing ont été progressivement externalisés, notamment par les entreprises manufacturières, explique Isabelle Méjean, professeur à l’Ecole polytechnique. Or les services externalisés peuvent être plus facilement délocalisés. »Le numérique est aux services ce que le container fut au transport de marchandises : il décuple le volume des échanges. Dans une étude publiée fin septembre, Western Union prévoit que la valeur du commerce international des services augmentera d’environ un tiers d’ici à 2025. Les plus fortes hausses seront enregistrées dans les secteurs des services aux entreprises (+ 37 %), des technologies de l’information (+ 35 %) et de la finance (+ 32 %). En décembre 2019, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) voyait déjà dans les services le « nouveau moteur de la mondialisation ». La valeur des échanges dans ce secteur a augmenté plus rapidement que celle des biens, à un rythme annuel de 5,4 % entre 2005 et 2017. Les services, qui ne pesaient que 9 % du commerce mondial en 1970, représentent désormais 20 %. Contrairement aux marchandises, les services échappent aux droits de douane et aux coûts de transport dans un monde où les tensions protectionnistes sont réapparues.Externalisés et numérisés, les services sont plus facilement échangeables, donc délocalisables. La généralisation du télétravail pendant le confinement pourrait accélérer ce mouvement de délocalisation. Une tâche qui s’effectue à distance peut avoir lieu n’importe où : chez soi comme à l’étranger. Dans son livre intitulé The Globotics Upheaval : Globalization, Robotics and the Future of Work, publié en 2019 (Oxford University Press, non traduit), l’économiste Richard Baldwin prédit même l’émergence d’une nouvelle forme de mondialisation, où des télé-migrants à bas coût remplaceraient les cols blancs qualifiés des pays riches. M. Mouhoud préfère, lui, parler de tâches plutôt que d’emplois : « Les tâches d’exécution, de routine, sont à moins forte valeur ajoutée, et donc plus facilement sous-traitées ailleurs, contrairement aux tâches qui nécessitent de l’interaction. »Selon l’OCDE, 40 % des emplois dans l’industrie sont des emplois de service. Entre 2000 et 2015, la part de ces emplois susceptibles d’être délocalisés est passée de 8 % à 18 %. Si cette mondialisation accentue le risque de suppressions d’emplois, elle élargit aussi les débouchés des pays développés. D’après l’étude de Western Union, la hausse du commerce des services devrait, en effet, bénéficier principalement aux pays développés, parmi lesquels les Etats-Unis, la France, Singapour, l’Allemagne ou encore l’Australie. Dans l’Hexagone, les services en entreprise représentent désormais 20 % de la valeur ajoutée du pays, contre seulement 5 % en 1995. Pour les pays en développement qui n’ont pas bénéficié, comme l’Afrique, des précédentes vagues de mondialisation, le commerce de services représente une chance d’intégration aux chaînes de valeur mondiales. Les entreprises de service offrent plusieurs avantages par rapport aux industries manufacturières : elles réclament généralement moins d’investissements, font travailler davantage de femmes et sont opérationnelles plus rapidement. Encore faut-il que ces pays possèdent une main-d’œuvre qualifiée et une infrastructure numérique. Or la moitié de la population mondiale n’a pas accès à Internet, et seul un habitant sur cinq y a accès dans les pays à bas revenu.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Délocalisations : des centaines d’emplois menacés partout en France
    Selon les chiffres de l’OMC, la part des pays en développement dans les exportations mondiales de services est passée de 25 % en 2005 à 34,4 % en 2017. Mais cette progression masque une grande hétérogénéité. Les pays à bas revenu ne totalisent que 0,3 % des exportations, alors que cinq pays émergents, tous situés en Asie, en concentrent la moitié. Les services qu’ils exportent, à faible valeur ajoutée, sont les plus susceptibles d’être remplacés par des machines. L’entreprise [24]7.ai, spécialisée dans la gestion de centres d’appels, avec plusieurs milliers d’employés travaillant pour la plupart en Inde et aux Philippines, a désormais recours à l’intelligence artificielle pour les remplacer. « La prochaine frontière de la mondialisation se trouve dans les services, estime Mme Méjean. C’est le secteur le plus protégé, avec de nombreuses barrières non tarifaires, les marges de progression sont donc les plus importantes.

    #Covid-19#migrant#migration#mondialisation#sante#economie#delocalisation#mobilite#immobilite

  • Covid-19 : « Les habits neufs de la mondialisation »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/10/22/covid-19-les-habits-neufs-de-la-mondialisation_6056951_3232.html

    Un mouvement inverse est en cours : la reconquête de la souveraineté économique dans certains secteurs, quitte à en assumer les surcoûts. Cette évolution ne mettra pas un terme à la mondialisation. Intimement liée à la technologie, l’internationalisation des échanges va se poursuivre. Mais elle sera peut-être plus régionale que globale. Peut-on parler d’une mondialisation de proximité ? Voilà dix ans déjà que Jean-Louis Guigou, le président de l’Ipemed (Institut de prospective économique du monde méditerranéen), parle de trois « zones d’influence privilégiée » appelées à former les grands espaces d’intégration économique de demain : le bloc américain ; les Asies ; enfin, un axe Europe-Afrique.
    Les deux premiers cités, observe Guigou, économiste et ancien haut fonctionnaire, sont dotés des instruments d’une telle évolution : centres de réflexion économiques communs ; banques régionales ad hoc ; organisations politiques multilatérales (qu’il s’agisse de l’Organisation des Etats américains ou de l’Association des nations d’Asie du sud-est).
    La guerre tarifaire que Donald Trump a déclarée à la Chine est un échec. Elle n’a produit aucune relocalisation aux Etats-Unis d’entreprises américaines installées en Chine. Elle n’a en rien amélioré le sort des travailleurs américains. En revanche, la renégociation par Trump du marché commun nord-américain (ex-Aléna, devenu AEUMC) entre le Canada, le Mexique et les Etats-Unis est un bon exemple des évolutions en cours de la mondialisation Elle protège cette zone : les biens y circulent libres de droits dès lors qu’ils sont largement fabriqués dans cet espace. Elle protège les travailleurs : dans l’automobile, un Mexicain ne peut gagner moins de 70 % de ce qu’il gagnerait à Detroit. L’intégration commerciale passe par l’harmonisation progressive des normes – salariales, environnementales et autres.
    Jean-Louis Guigou regarde ses cartes de géographie : « L’Afrique du Nord, ce devrait être le Mexique de l’Union européenne. » Le développement de demain, ce n’est pas l’échange d’hier (matières premières contre biens à forte plus-value), mais la coproduction. La Méditerranée, dit-il encore, « ce nest pas un obstacle, mais un trait d’union entre l’Europe et l’ensemble du continent africain ». Au « manque de vision, d’anticipation, de passion » qui caractériserait le Vieux Continent, Guigou oppose l’ambition d’une « Verticale Afrique-Méditerranée-Europe ».

    #Covid-19#migrant#migration#mondialisation#europe#afrique#mediterranee#sante#crisesanitaire#circulation#echange

  • Le Livre noir de la #Mondialisation – Entretien Les-Crises avec Thomas Guénolé
    https://www.les-crises.fr/le-livre-noir-de-la-mondialisation-entretien-les-crises-avec-thomas-gueno

    L’essayiste et politologue Thomas Guénolé publie Le Livre noir de la mondialisation (Plon), un ouvrage dans lequel il analyse les effets néfastes d’un système économique dont la crise sanitaire a récemment illustré les limites, et qui, du début des années 1990 à aujourd’hui, porte la responsabilité d’un coût humain considérable. Entretien. Que devons-nous entendre par […]

    #Interviews #Morts #Thomas_Guénolé #Interviews,_Mondialisation,_Morts,_Thomas_Guénolé

  • Un globe déréglé
    https://laviedesidees.fr/Tim-Bartley-Rules-without-Rights.html

    À propos de : Tim Bartley, Rules without Rights : Land, Labor, and Private Authority in the Global Economy, Oxford University Press. Les excès de la #mondialisation, telles l’exploitation des travailleurs et la dégradation de l’environnement par les industries internationales, sont souvent attribués à l’absence de règles. Pourtant ces règles existent ; l’échec vient de ce qu’elles négligent les contextes de leur application.

    #International #capitalisme #travail #industrie #régulation #science_politique #exploitation #Books_and_ideas_originals
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20201007_maechlerfr_sm.docx
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20201007_maechlerfr_sm.pdf

  • La déraison de la #croissance (des #transports)
    http://carfree.fr/index.php/2020/09/18/la-deraison-de-la-croissance-des-transports

    Les transports, tout particulièrement internationaux, sont une illustration de l’aberration de notre logique actuelle de fonctionnement. Il s’agit d’une des activités les plus polluantes et les plus consommatrices d’énergie. Et Lire la suite...

    #Destruction_de_la_planète #Fin_de_l'automobile #Fin_des_autoroutes #Fin_du_pétrole #Réchauffement_climatique #camions #décroissance #économie #local #marchandises #mondialisation #société