• Les androids rêvent d’une monnaie électrique | www.nouveau-magazine-litteraire.com
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    Pour un groupe de transhumanistes, accéder à la vie éternelle demandait d’abord la création d’une nouvelle monnaie. Finn Brunton raconte cette histoire digne d’un roman de science-fiction dans Digital Cash, paru en juin chez Princeton University Press.

    Par Sandrine Samii.

    Créer une nouvelle monnaie n’est pas qu’un projet technique ou économique, mais une nouvelle proposition sociale, un pari pour l’avenir. « L’histoire de la monnaie numérique [nous montre] un exemple particulièrement vivide de l’utilisation de l’argent et des nouvelles technologies pour raconter des histoires sur le futur », raconte Finn Brunton, professeur au département Médias, Culture et Communication de l’université de New York. Dans Digital Cash, il explore plusieurs projets de cryptomonnaies, des monnaies entièrement numériques, jusqu’à la concrétisation de l’un d’entre eux : Bitcoin.

    Bitcoin et la blockchain sont le résultat de décennies de recherches sur la cryptographie, les réseaux peer-to-peer, la signature et l’horodatage de fichiers numériques. Au début de cette chaîne, on trouve le mouvement cypherpunk – des informaticiens et des mathématiciens intéressés par le développement de mécanismes informatiques de cryptographie. Ses participants forment un groupe hétérogène, aux objectifs variés : protéger leurs informations personnelles, garantir la confidentialité des échanges, échapper au contrôle que de grandes entreprises ou des États voudraient exercer sur le Web.

    À lire : Digital Cash. The Unknown History of the Anarchists, Utopians, and Technologists Who Created Cryptocurrency, Finn Brunton, Princeton University Press, 272p., 26,95 $

    Et l’interview de Finn Brunton
    https://www.nouveau-magazine-litteraire.com/entretien-nouvelles-technologies/finn-brunton-%C2%AB-le-libra-est-%C3%A0-la-fois-une-bri

    On parle beaucoup de l’impact d’Ayn Rand dans la Silicon Valley, mais dans Digital Cash vous mentionnez un grand nombre d’histoires et d’auteurs de science-fiction. Quelle influence a eu la sci-fi sur les Extropiens ?

    Finn Brunton : La philosophie et le mouvement des Extropiens sont en partie construits sur une sensibilité pour la science-fiction – et spécifiquement la science-fiction américaine optimiste, couvrant toute la galaxie, très individuelle, axée sur la technologie et les gadgets – du cercle d’auteurs de John W. Campbell : pensez Heilein, Asimov et van Gogt, pas Lem, Ballard, Le Guin ou les frères Strugatsky. C’est l’habilité d’une personne rationnelle, forte, le « competent man » avec les bons outils et le bon équipement, à transcender toutes les limitations humaines, de la mortalité, de la société, du temps et de l’espace. À cela, ils ont ajouté un thème cyberpunk sur les technologies numériques et d’identité – notamment avec le classique de Vernor Vinge, True Name (1), qui a aussi beaucoup influencé les activistes de la cryptographie, ou cypherpunks. Entre True Names et son essai sur le concept de la Singularité, l’importance de l’influence de Vinge a vraiment été très sous-estimée.

    Que pensez-vous du projet de Facebook de créer une forme de cryptomonnaie avec Libra ?

    F. B. : C’est à la fois une brillante stratégie de création de revenus pour l’entreprise, et une initiative terrible – l’aveu que l’objectif à long terme est de contrôler les transactions, les frais, les intérêts, les marges, les données en plus des publicités qui entraînent ces transactions. Cela reflète l’urgence qu’il y a de créer de meilleures banques, particulièrement pour ceux qui n’en ont pas actuellement, puisque l’alternative est maintenant la réapparition des monnaies d’entreprises.

    #Finn_Brunton #Monnaie_numérique #Extropiens #Transhumanisme

  • POLITIQUE MONÉTAIRE
    Alerte rouge sur le marché monétaire
    18 SEPTEMBRE 2019 PAR MARTINE ORANGE

    Pour la première fois depuis 2009, la #Réserve_fédérale a dû intervenir en urgence sur le marché monétaire, en y injectant 130 milliards de dollars. Les responsables tentent de rassurer en expliquant qu’il s’agit d’un mauvais concours de circonstances. Les raisons semblent beaucoup plus profondes : le système financier croule sous trop de #dettes à court terme.

    Tous y pensent. Forcément. L’intervention en urgence de la #Réserve fédérale américaine mardi 17 septembre sur le marché monétaire a ravivé de mauvais souvenirs. « Cela ressemble au scénario d’août 2007, quand les #banques n’arrivaient plus à trouver d’argent sur les marchés », relève l’économiste spécialiste du monde financier, Laurence Scialom, professeur à l’université Paris Ouest.

    Spontanément, l’ancien banquier Jean-Michel Naulot fait lui aussi le rapprochement avec août 2007, considéré désormais comme le début de la #crise financière. « Jean-Claude Trichet [alors président de la #BCE – ndlr] s’était félicité par la suite des interventions spectaculaires mises en œuvre pour enrayer la crise de liquidité. Il avait débloqué alors 90 milliards d’euros », se rappelle-t-il.

    La FED a décidé d’agir de façon encore plus spectaculaire mardi. En une seule journée, elle a débloqué 53 milliards de dollars pour assurer les financements sur le marché monétaire. Dans la soirée, elle a annoncé qu’elle allait remettre 75 milliards de dollars mercredi pour stabiliser le marché.

    C’est la première fois depuis l’automne 2009 que la #banque centrale américaine est obligée de s’engager sur le marché monétaire pour ramener les #taux d’intérêts à des niveaux plus supportables sur le marché du « #repo » (repurchase agreement). Ce marché permet aux intervenants financiers (banques, #fonds, #hedge_funds) de trouver l’argent dont ils ont besoin le temps d’une nuit. En échange des fonds prêtés, ils déposent des titres en garantie, le plus souvent des bons du Trésor ou des obligations d’État. Considérés comme très peu risqués car à très court terme et garantis, ces prêts sur le marché du « repo » évoluent à des taux avoisinants ceux de la FED, autour de 2-2,25 %.

    Sauf que mardi, tout s’est déréglé. Dès l’ouverture, les signaux rouges ont commencé à clignoter : les taux étaient à plus de 4 % et ont continué à s’envoler pour aller jusqu’à 10 %. Jusqu’à ce que la Fed annonce en catastrophe qu’elle apportait les liquidités nécessaires pour assurer les opérations de refinancement et prévenir une contagion qui commençait à gagner d’autres marchés, notamment celui des créances commerciales.

    L’effet de son intervention n’a tenu que quelques heures. À la clôture, les taux sur le « repo » étaient à nouveau à plus de 4 %, obligeant la Réserve fédérale à faire une nouvelle annonce d’apport de 75 milliards de dollars de liquidités supplémentaires pour mercredi.

    Une intervention d’une banque centrale sur les marchés, et encore plus quand il s’agit de la FED, est porteuse de doutes et d’inquiétudes. Les premiers messages envoyés se sont donc voulus très rassurants. Ce qui s’était passé mardi n’était lié qu’à une addition de facteurs techniques, un malheureux concours de circonstances, à en croire certains analystes.

    Le 15 septembre, les entreprises américaines devaient payer leurs impôts, ce qui a réduit le volume des financements disponibles sur le marché, expliquent-ils. Dans le même temps, le Trésor américain a lancé de nouvelles émissions correspondant à 78 milliards de dollars, qui devaient être payées en début de semaine, ce qui a participé au siphonnage des liquidités existantes. De plus, le même Trésor américain aurait souhaité augmenter ses réserves, jugées trop basses, auprès de la Fed, ce qui aurait contribué à encore diminuer l’argent. Enfin, les attaques contre les infrastructures saoudiennes auraient provoqué un choc en retour sur les marchés.

    L’ennui de toutes ces explications circonstanciées est qu’elles résistent mal aux faits : les tensions sur le marché monétaire n’ont pas commencé mardi ni même lundi. Depuis août, des observateurs commencent à s’inquiéter des problèmes de liquidités sur les marchés. Dès la semaine dernière – c’est-à-dire avant la date d’échéance des impôts pour les sociétés, les enchères du Trésor américain, ou les attaques contre l’Arabie saoudite –, des alertes clignotaient ici et là, des traders parlaient des difficultés rencontrées pour trouver des refinancements.

    Les responsables politiques et nombre d’observateurs n’ont pas pris conscience de ce qui se joue actuellement. Pour eux, le critère de la bonne santé économique et financière se limite aux marchés actions. Or, ceux-ci volent de record en record, affichant « la plus grande déconnexion avec l’économie réelle depuis 2007 », comme le souligne Saxobank dans son dernier rapport trimestriel. Mais sur les autres marchés – monétaires, obligataires, des changes… – des frictions se nouent, loin du regard du public, et commencent à émerger, se traduisant par des volatilités accrues.

    « Il semble qu’il y a quelque chose de sous-jacent dont on ne sait rien encore », confie Scott Skyrm, trader sur les marchés des « repos » au Wall Street Journal. « Les crises de liquidités, compte tenu de leur effet déflagrateur, se gèrent dans le plus secret. Ce n’est qu’après que l’on apprend ce qui s’est passé. Mais je pense que la Réserve fédérale, qui s’était engagée dans un resserrement monétaire, a eu des signaux de tensions dès décembre. D’où sa volte-face sur sa politique monétaire en janvier », poursuit Jean-Michel Naulot.

    Alors que les banques centrales ont déversé plus de 6 000 milliards de dollars dans le système financier, que les marchés croulent littéralement sous l’argent, comment est-il possible que la liquidité vienne à manquer ? « Le problème, ce n’est pas un manque de liquidités, mais la question de sa circulation, de son affectation. Trop d’argent a été alloué à de mauvais endroits », relève Laurence Scialom.

    Ce sont les raisons profondes des soubresauts actuels : la création monétaire laissée à la disposition du monde financier, totalement en roue libre, a conduit à un système basé sur la dette. Une dette, notamment privée, qui a pris des proportions encore plus astronomiques depuis la crise financière. Dans tous les secteurs, sur tous les marchés, des positions de plus en plus risquées ont été prises, en s’appuyant sur des effets de levier gigantesques. « Et c’est de la dette à très court terme », relève Laurence Scialom. C’est ce que traduisent aussi les difficultés sur le marché du « repo » : il s’agit de positions financières prises à très court terme, pouvant se déboucler très rapidement, et qui sont refinancées au jour le jour sur le marché, pas d’investissements « durs » dans l’économie réelle.
    « L’augmentation des “repos” et des autres taux à court terme est révélatrice de la réduction du montant du bilan que les intermédiaires financiers souhaitent ou sont capables de fournir à ceux qui recherchent un financement à court terme », avertit Tony Crescenzi de la société de gestion Pacific Investment Management. D’autant qu’au même moment, ajoute Jean-Michel Naulot, « l’accroissement du #déficit budgétaire américain, qui risque de dépasser les 1 000 milliards de dollars, crée des besoins de financement extraordinaires ».

    Alors que les incertitudes sur l’économie mondiale grandissent, le choix des intermédiaires financiers qui ont de l’argent à placer est vite fait : ils achètent des bons du trésor et autres titres souverains américains, considérés comme le meilleur placement sans risque dans les temps compliqués. Ce qui participe à raréfier les possibilités de refinancement.

    Ces convulsions sur le marché monétaire tombent au pire moment pour la FED. Mercredi et jeudi, les membres de la Réserve fédérale se réunissent pour définir la politique monétaire dans les mois à venir. Mis sous pression par Donald Trump depuis des mois, le président de la FED, Jerome Powell, avait déjà évoqué la possibilité de renouer avec une politique monétaire plus accommodante, et d’abaisser les taux afin de soutenir l’économie américaine dans ces temps incertains. Mais il va peut-être être condamné à faire plus, beaucoup plus. 

    Car l’intervention de la #FED pour calmer la fièvre sur le #marché monétaire a jeté le doute et le trouble dans les esprits. Inévitablement, la question de la confiance va se poser sur les #marchés. Les #investisseurs risquent de recommencer à traquer les actifs les plus risqués, les acteurs ou les sociétés jugées les faibles, au risque de provoquer une crise qu’ils redoutent.

    Pour rétablir la confiance, la FED va devoir mettre tout son crédit dans la balance. Déjà certains prédisent le retour prochain – avant la fin de l’année, disent-ils – et inévitable du #quantitative_easing (programme de rachats de titres), seul moyen, selon eux, d’assurer la #liquidité nécessaire pour refinancer les risques fous pris depuis des années et de préserver la stabilité du système financier. Mais il n’est pas sûr cette fois que cela suffise.

    https://www.mediapart.fr/journal/economie/180919/alerte-rouge-sur-le-marche-monetaire

    #finance #argent #monnaie #2008

  • La libra, une fausse bonne affaire pour l’usager ? | L’Echo
    https://www.lecho.be/opinions/carte-blanche/la-libra-une-fausse-bonne-affaire-pour-l-usager/10143558.html
    https://images.lecho.be/view?iid=dc:150932911&context=ONLINE&ratio=16/9&width=640&u=1562668534000

    Le citoyen ordinaire, aux anges d’échanger de manière indolore et quasi gratuitement des libras dans la vie quotidienne, sera-t-il alors ravi d’apprendre qu’il subsidie par ses impôts en hausse les plus grosses entreprises du monde, les membres bienveillants de Calibra, gérant une merveilleuse monnaie privée en vue d’assurer à ses investisseurs comme il se doit, le rendement maximal ?

    Par Paul jorion
    Économiste et anthropologue

    Depuis le 17 juin nul n’ignore que Facebook, à la tête de Calibra, un consortium de très grosses entreprises où l’on trouve aussi Visa et Mastercard, s’apprête à battre monnaie. Si la libra voit le jour, il s’agira du premier cas d’une authentique monnaie privée, sans comparaison possible avec les simples « jetons commercialisables » que sont le bitcoin ou l’ether, abusivement qualifiés de crypto-monnaies.

    La libra serait en effet adossée à valeur égale à un panier de monnaies nationales garanties chacune par la richesse économique d’une véritable nation.
    « Un bras de fer serait engagé entre Calibra et l’archipel des banques centrales qui chercheraient certainement à maintenir au nom de la nation leur privilège d’émettrice de monnaie. »

    si Calibra devait adosser en quantité égale toute libra émise à des instruments de dette émis par de grandes nations, ce serait immanquablement elle (pensons aux 2,4 milliards d’usagers de Facebook) qui deviendrait le premier financier, le premier prêteur au monde des États, et ferait la pluie et le beau temps sur le marché obligataire international, déterminant selon son bon vouloir le niveau de coupon que les États consentiraient, autrement dit les taux d’intérêt dont ils devraient s’acquitter. Or qui verse de fait le coupon aux investisseurs sur le marché obligataire, si ce n’est le contribuable des nations emprunteuses ?

    Le citoyen ordinaire, aux anges d’échanger de manière indolore et quasi gratuitement des libras dans la vie quotidienne, sera-t-il alors ravi d’apprendre qu’il subsidie par ses impôts en hausse les plus grosses entreprises du monde, les membres bienveillants de Calibra, gérant une merveilleuse monnaie privée en vue d’assurer à ses investisseurs comme il se doit, le rendement maximal ?

    #Libra #Facebook #Monnaie_numérique

  • Regard éco : De l’effet « libra » - Signatures - tdg.ch
    https://www.tdg.ch/reflexions/effet-libra/story/10964539

    Le projet « libra » – nom de la future unité globale – décoiffe parce qu’il ne cache pas son ambition de braconner dans toutes les chasses gardées du système monétaro-financier global. Même si le document parle de « devise » (monnaie étrangère) et non de monnaie, l’ambition du libra est bien de devenir une unité de paiement concurrentielle aux monnaies nationales sur leurs territoires respectifs. Le monopole de l’émission monétaire de la Banque centrale est donc mis en cause.

    Même s’il n’est pas attaqué frontalement, il est néanmoins menacé dans son fondement, et potentiellement – à terme – renvoyé au magasin des accessoires. Sans utiliser le terme, le libra se présente comme la monnaie supranationale foncièrement anarchique, affranchie de toute emprise d’un ordre monétaire hiérarchique. Pourtant – et ce n’est pas le seul paradoxe du projet – c’est sur les marges de liberté (ou fissures) de cet ordre que le libra prend appui pour le défier.

    Le libra entend également braconner sur les terres des intermédiaires, notamment des transferts internationaux, plus particulièrement des microtransferts des migrants vers les pays d’origine, dont les tarifs usuraires sont dénoncés depuis longtemps par les organisations de développement, et depuis une dizaine d’années aussi par la Banque mondiale. Libra annonce des tarifs insignifiants qui tranchent avec des commissions qui dépassent aujourd’hui souvent les 10%.

    Le Libra se rapproche en fait du paiement entre mobile utilisé en Chine par Tencent et Alipay... la surveillance n’étant plus celle de l’Etat sur les transactions, mais celle de Facebook et ses partenaires. Une question de confiance ?

    Du fait des choix technologiques (blockchain), le libra promet de conjuguer la facilité de paiement d’une carte de crédit, avec les commissions minimales, et l’effacement de l’intermédiaire gestionnaire du compte, puisque le paiement se ferait directement de l’acheteur au vendeur. Finalement, le libra se présente comme une réserve de valeur ou de pouvoir d’achat, dont la valeur serait pleinement couverte par des réserves constituées par un panier des actifs financiers peu risqués diversifiés au niveau global. Ainsi, la valeur de l’unité ne serait que marginalement exposée aux risques de crises monétaires ou financières locales.

    #Libra #Surveillance #Facebook #Monnaie_numérique

  • Libra de Facebook : « Ce projet est très malsain et doit être combattu »
    https://www.marianne.net/economie/libra-de-facebook-ce-projet-est-tres-malsain-et-doit-etre-combattu

    Interview d’André Orléan

    L’ambition du Libra est bien plus vaste puisqu’il s’agit de promouvoir une monnaie véritable, destinée aux échanges de marchandises et de services, pour toute la planète.

    Bien que sans précédent, cet événement n’est en rien une surprise car l’expérience du bitcoin est passée par là. Elle nous a appris qu’il est désormais possible de concevoir une monnaie internationale, indépendante des États. Néanmoins, en raison de son instabilité chronique, le bitcoin a échoué à devenir un intermédiaire des échanges efficace. Il n’a pas réussi à instituer un espace stable et profond de transactions marchandes. De fait aujourd’hui, cette cryptomonnaie est bien plus un actif spéculatif qu’une véritable monnaie. Cependant, on ne pouvait douter que de nouvelles propositions viendraient, tirant les conséquences de l’expérience bitcoin. Parmi elles, l’idée d’une monnaie adossée à un géant de la Toile s’imposait comme la plus sérieuse dans la mesure où elle associe les trois forces qui sont au cœur du capitalisme d’aujourd’hui : outre la puissance du capital, la puissance de la technique et la puissance des réseaux. Telle est la signification du projet Libra : concevoir la nouvelle architecture institutionnelle qu’appellent les modalités présentes de la production capitaliste. Pour mesurer la vigueur du défi qui est ici lancé au vieux monde néolibéral, observons que, dès à présent, Facebook à lui seul compte 2,4 milliards d’utilisateurs mensuels, ce qui représente 30% de la population mondiale, auxquels il convient d’ajouter les utilisateurs des autres sociétés participant au groupement Libra comme Uber, Visa, Booking.com, eBay, Spotify ou Paypal. Malgré cette énorme puissance de feu, n’oublions cependant pas l’ampleur des obstacles qui rendent ce projet des plus incertains.

    C’est cela qui est déterminant : chercher à constituer un écosystème d’activités économiques intégrées par le fait qu’elles partagent une même monnaie. N’est-ce pas précisément ce qui est recherché par Facebook et ses partenaires ? Par exemple, inciter à utiliser un transport Uber pour aller en vacances avec Booking.com et écouter de la musique avec Spotify en faisant valoir que tous ces services sont libellés en libras et disponibles aisément sur son téléphone portable. Plus généralement, faire du libra le moyen de paiement de référence sur un maximum d’applications. On peut même aller plus loin et considérer qu’à terme les sociétés participant au projet Libra encourageront leurs milliers d’employés à voir leur salaire payé en libras. Si cette dynamique est conduite à son terme, on verra alors se constituer une vaste économie déterritorialisée, libellée en Libra, qui viendra de facto défier les espaces Dollar, Euro ou Yen.

    Comme je l’indiquais, les forces qui sont à l’œuvre pour faire advenir le projet Libra ne sauraient être sous-estimées. Elles plongent leurs racines au cœur de notre modernité. Face à elles, quels arguments peuvent faire valoir les monnaies étatiques pour justifier le maintien de leurs prérogatives ? Pour le dire brutalement, deux manières de concevoir la solidarité avec autrui s’affrontent : via les réseaux sociaux et le smartphone versus via la nation.

    #Libra #Monnaie_numérique #Facebook

  • Notes anthropologiques (XXXIX)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XXXIX

    Et si nous parlions encore une fois d’argent ? (III)
    Le grand commerce

    À mon arrivée au Mexique, il y a maintenant deux jours, ce qui m’a frappé d’emblée en discutant avec les gens est bien l’importance que peut prendre l’argent dans leur vie. En Europe aussi l’argent a bouleversé de fond en comble la vie des gens ; au Mexique, il la bouleverse. C’est l’odeur de l’argent semblable à celle du sang qui a engendré dans tout le pays les cartels du capitalisme sauvage et la longue liste des meurtres impunis. C’est lui qui dicte la politique du président de la République mexicaine face aux puissances du Nord. C’est bien enfin cette actualité d’un chambardement qui distingue les pays qui seront toujours « en voie de développement » des pays du premier monde. C’est bien cette nécessité impérieuse de l’argent qui jette les habitants du Salvador, du Guatemala, du Honduras, du Nicaragua, de Colombie et du Venezuela sur les routes de l’exil, c’est elle aussi qui condamne les Mexicains à quitter leur famille, leur village ou leur quartier pour les États-Unis. Il s’agit d’un véritable exode et tous ces êtres humains qui se dirigent désespérément et au péril de leur vie en direction des pays du premier monde sont les victimes de la guerre qui fait rage actuellement. Cette guerre n’est pas à venir, elle est le malheur quotidien des hommes et des femmes. C’est une guerre contre l’humain. Encore faut-il, dans la confusion que cette guerre fait régner dans les esprits, tenter de préciser ce qu’est l’humain et chercher à définir ce qui s’oppose à lui. (...)

    #anthropologie #monnaie #Mexique #Grèce_antique #Nouvelle-Guinée #don #humanité #société #Odyssée #esclave

  • Opinion | Notes on Excessive Wealth Disorder - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/06/22/opinion/notes-on-excessive-wealth-disorder.html?action=click&module=Opinion&pgtype=

    In a couple of days I’m going to be participating in an Economic Policy Institute conference on “excessive wealth disorder” — the problems and dangers created by extreme concentration of income and wealth at the top. I’ve been asked to give a short talk at the beginning of the conference, focusing on the political and policy distortions high inequality creates, and I’ve been trying to put my thoughts in order. So I thought I might as well write up those thoughts for broader dissemination.

    While popular discourse has concentrated on the “1 percent,” what’s really at issue here is the role of the 0.1 percent, or maybe the 0.01 percent — the truly wealthy, not the “$400,000 a year working Wall Street stiff” memorably ridiculed in the movie Wall Street. This is a really tiny group of people, but one that exerts huge influence over policy.

  • Le libra de Facebook, une monnaie au service de groupes privés | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/190619/le-libra-de-facebook-une-monnaie-au-service-de-groupes-prives?onglet=full

    Super article, basé sur des faits (la lecture du livre blanc de lancement du Libra), et qui dégonfle pas mal de baudruches. Peut être un peu trop optimiste, car négligeant les désirs politiques de Zuckerberg...

    Facebook va-t-il créer une monnaie mondiale ? Depuis l’annonce par le géant du numérique du lancement, prévu en 2020, d’une « cryptomonnaie », les fantasmes et les titres ronflants se succèdent. Mais le détail de ce lancement, rendu public le 18 juin sous forme d’un « livre blanc », ramène ce projet dans des limites plus raisonnables. Le « libra », cette nouvelle cryptomonnaie, n’aura guère les moyens de concurrencer le système monétaire international sur lequel, du reste, elle entend se fonder.

    La première est que la blockchain sera fermée. Il faudra disposer d’une permission pour y avoir accès : ce sera donc un protocole privé et non un système ouvert à tous comme l’est le bitcoin. Au lieu d’être fondé sur la collaboration de tous les participants à la blockchain, ce protocole sera centralisé par l’association Libra, qui gérera cette monnaie depuis Genève et sera constituée des partenaires de Facebook (aujourd’hui 28 entreprises dont Iliad, Uber, PayPal, Visa, MasterCard, eBay ou encore Spotify).

    Le « livre blanc » prétend vouloir passer, lorsque la technologie sera au point, à une blockchain ouverte. Le système ouvert est en effet plus lent, il nécessite une validation collective qui prend du temps. Une transaction avec le bitcoin prend environ une dizaine de minutes aujourd’hui (ce temps a déjà été fortement réduit ces dernières années). Or le libra se veut un instrument de paiement avant tout : les transactions doivent donc être instantanées.

    La deuxième différence concerne la valeur. La valeur du bitcoin ne repose sur rien d’autre que sur la confiance dans son algorithme. Celle du libra ne sera pas fixée par un « marché du libra », mais par un panier de devises dont la structure n’est pas précisée, mais qui devrait a minima comporter l’euro, le dollar des États-Unis, la livre sterling, le yen japonais et peut-être le renminbi (ou yuan) chinois. L’association Libra fixera la pondération de chaque monnaie dans ce panier et fixera ainsi la valeur du libra par rapport aux autres devises.

    C’est une méthode utilisée par exemple par le FMI pour établir la valeur de ses droits de tirage spéciaux (DTS), son unité de compte, mais aussi par la Banque centrale chinoise pour fixer le cours du yuan. La valeur du libra ne sera donc pas « fixe », mais elle évoluera en fonction des taux de change des devises du panier. La promesse de l’association est que, en choisissant des devises stables, la valeur du libra ne devrait évoluer qu’à la marge.

    Au-delà de l’aspect technique, le régime monétaire du libra est, donc, in fine, très archaïque. C’est celui de l’étalon monétaire appliqué à un panier de devises, où une banque centrale disposait de réserves exactement équivalentes à ses créances monétaires. Le libra est donc l’équivalent d’une pièce de 20 francs-or de jadis : on savait qu’il y avait dans cette pièce 5,801 grammes d’or fin. Et lorsque l’on disposait d’un billet de cent francs, on pouvait aller l’échanger aux guichets de la Banque de France contre 5 pièces de 20 francs disposant de ce poids d’or.

    Ici, l’association libra promet qu’un libra aura une valeur donnée en dollars ou en euros et qu’à tout moment, on pourra l’échanger contre sa contre-valeur parce qu’elle dispose dans ses réserves du montant exact de ses créances en libras.

    À quoi servira le libra ?

    C’est un système extrêmement sûr, mais bien peu utile dans un régime économique où l’on doit investir dans l’avenir, prendre des risques et faire face à des besoins qui croissent plus vite que l’activité économique. C’est le revers de l’absence de spéculation : il n’y a pas non plus de vraie capacité d’investissement. La lecture du livre blanc montre que l’association cherche surtout à faire du libra une réserve de valeur, ce qui en réalité traduit un biais commercial.

    En faisant du libra un instrument de portage d’actifs liquide et relativement stable, l’association veut favoriser certains usages qui correspondent à l’intérêt des membres les plus puissants de l’association : le transfert de fonds à bon marché, le portefeuille électronique et, in fine, la consommation de biens et services proposés par les partenaires du système. On comprend pourquoi Facebook a attiré des entreprises commerciales dont beaucoup sont spécialisées dans les systèmes de paiement (Visa, MasterCard, Stripe, PayPal ou Lyft).

    Des promesses qui n’engagent que ceux qui y croient

    Facebook, non, a répondu Mark Zuckerberg dans un message publié ce mardi : « Chaque information partagée avec Calibra [la filiale dédiée au libra – ndlr] sera conservée séparément des informations que vous partagez sur Facebook. »

    Ou encore : « À l’exception de cas limités, Calibra ne partagera pas les informations de compte ou les données financières avec Facebook ou toute autre tierce partie sans votre consentement », affirme un communiqué. « Les infos [recueillies par Calibra – ndlr] ne seront pas utilisées pour le ciblage publicitaire sur Facebook », réaffirme à Mediapart un responsable de la communication de la compagnie pour l’Europe.

    Pour David Marcus, ancien dirigeant de PayPal qui supervise le projet pour Facebook et s’est s’exprimé sur Twitter, « une des raisons de créer Calibra est d’avoir une entité dédiée et régulée, qui s’engagera fermement à protéger la vie privée de ses clients, car nous avons entendu haut et fort que vous ne vouliez pas que les données sociales et financières soient mélangées ».

    Cette collecte et sa monétisation sont au cœur du savoir-faire de Facebook, WhatsApp, Instagram… On imagine mal que sa nouvelle filiale soit durablement privée de ces talents. Olena Havrylchyk, professeure d’économie à l’université Paris I-Panthéon Sorbonne, s’interroge : « L’histoire a montré que le modèle économique de Facebook avait déjà changé dans le passé, passant de la protection de la vie privée (lorsque Facebook n’avait pas de parts de marché) à la surveillance (après, devenu un monopole). Peut-on s’attendre à une évolution similaire dans le modèle de Libra ? »

    Facebook ayant préempté toute la communication sur le projet, sans compter son architecture technique, on ignore quel usage les autres membres de l’association feront des données récoltées. Uber pourra-t-il adresser des publicités spécifiques à ses clients utilisateurs de libra ? À leurs amis ? Des ristournes ? Visa et MasterCard pourront-ils collecter des données que jusque-là ils ne possèdent pas, comme les relations des détenteurs de cartes de crédit ?

    Que pourront faire exactement les utilisateurs ? Plafond de dépenses, de rechargement en libras, d’envoi d’argent : on n’en sait rien à ce stade. Quiconque a utilisé PayPal ou d’autres moyens de transfert d’argent sait qu’il ne suffit pas d’avoir un compte créditeur pour que ça passe.

    Le problème du libra n’est pas réellement le fait qu’une entreprise privée crée une monnaie, puisqu’il n’y aura pratiquement aucune autonomie de création monétaire. Il est d’ailleurs piquant, de ce point de vue, de voir beaucoup d’observateurs prétendre que Facebook, avec sa monnaie privée, viendrait sur le terrain d’une prérogative des États. C’est doublement faux.

    D’abord parce que Facebook ne va pas vraiment « battre monnaie », puisque chaque libra sera couvert par le montant équivalent en devises émises par les banques centrales.

    Ensuite parce que le système actuel est déjà un système de création monétaire privée. Ce sont les banques commerciales qui aujourd’hui, dans les contraintes fixées par la Banque centrale tant sur le plan monétaire (le niveau des taux) que sur celui de la régulation (les ratios de solvabilité et le montant des réserves obligatoires), émettent l’essentiel de la monnaie en circulation par la distribution de crédits. Lorsqu’une banque émet un crédit, elle n’a pas cet argent dans un coffre, comme le libra devra l’avoir : elle crée la monnaie ex nihilo.

    #Facebook #Libra #Monnaie_numérique #Cryptomonnaie #Economie_monétaire

  • Quand Facebook devient un État | L’Echo
    https://www.lecho.be/entreprises/technologie/quand-facebook-devient-un-etat/10139091.html
    https://images.lecho.be/view?iid=dc:150957912&context=ONLINE&ratio=16/9&width=640&u=1561153098000

    Un bon papier qui soulève des questions... et interroge des gens connus de nos services : Ah ces prophètes, toujours les mêmes qui seront démentis dans quelques années, comme d’habitude :

    Certains n’ont pas hésité à parler de révolution, comme l’économiste Bruno Colmant, qui a réagi sur Twitter : « La création du libra, la monnaie de Facebook, est l’événement monétaire d’un demi-siècle après la fin de l’étalon-or décidé par les USA. C’est même la plus grande révolution depuis l’invention de la monnaie papier : une monnaie universelle, privée et digitale ! Facebook devient un État. Le libra est une véritable révolution monétaire et socio-politique. »

    « L’arrivée de nouvelles monnaies met à jour l’archaïsme des banques, nous dit pour sa part Laurent Alexandre, spécialiste des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle. Les banques se sont endormies. Il faut penser le rôle de la banque de demain. Et la question majeure est celle de la cybersécurité. Il faudra sortir des dizaines de milliards : on voit mal BNP ou ING le faire. Or, les Gafa sont capables de faire de la cybersécurité. »

    Le libertarisme (voir l’encadré) hante en effet les Gafa. Pour le comprendre, il faut se replacer dans le contexte des années 60. Dans son ouvrage, « Aux sources de l’utopie numérique. De la contre-culture à la cyberculture », Fred Turner a remarquablement montré comment les communautés hippies de l’époque, faute de pouvoir réaliser leurs utopies, vont progressivement, dans les années qui suivent, se réincarner à travers la constitution de communautés alternatives par le biais de la cybernétique. Une rencontre étonnante a ainsi eu lieu entre illuminés notoires, artistes, hackers, scientifiques et activistes de gauche. Cette collusion a forgé le système de pensée dans lequel évoluent aujourd’hui les représentants de la Silicon Valley. Un personnage clé comme Stewart Brand a formulé la perspective générale du mouvement : libérer l’individu en créant des réseaux qui permettent d’améliorer la vie de ceux qui y participent, sur la base d’un système autorégulé, sans l’aide de l’État. Mais cette idéologie libertaire, plutôt de gauche à la base, va entrer progressivement en lien avec un libertarisme de droite, c’est-à-dire un hyperlibéralisme : « Le libertarisme vise à tout transformer en marchandise, en objet échangeable sur un marché, précise Guillaume Vuillemey. Dès qu’un nouveau marché planétaire se crée, c’est un succès du libertarisme. » En mettant à mal nos libertés, Facebook semble néanmoins s’éloigner de toutes les formes de libertarisme : « Facebook n’est pas un rêve libertaire, estime Louis Larue, chercheur à la chaire Hoover de l’UCL. Le libertaire veut la libre concurrence, alors que Facebook fonctionne comme un monopole. C’est l’enfer des libertaires. Tout est centralisé. À mon sens, c’est une entreprise capitaliste classique qui a simplement plusieurs domaines d’activité. »

    #Facebook #Libra #Monnaie_numérique #Cryptomonnaie

  • Opinion | Launching a Global Currency Is a Bold, Bad Move for #Facebook - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/06/19/opinion/facebook-currency-libra.html

    Years ago, Mark Zuckerberg made it clear that he doesn’t think Facebook is a business. “In a lot of ways, Facebook is more like a government than a traditional company,” said Mr. Zuckerberg. “We’re really setting policies.” He has acted consistently as a would-be sovereign power. For example, he is attempting to set up a Supreme Court-style independent tribunal to handle content moderation. And now he is setting up a global currency.

    The way we structure money and payments is a question for democratic institutions. Any company big enough to start its own currency is just too big.

    #monnaie

  • Notes anthropologiques (XXXVIII)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XXXVIII

    Et si nous parlions encore une fois d’argent ? (II)
    Brève histoire de la monnaie

    Dans les notes précédentes, « L’argent comme monnaie d’échange », je m’étais interrogé sur cette chose éminemment énigmatique qu’est l’argent, à la fois pensée et matière : l’immatérialité qui devient matière, l’esprit qui se fait apparent ; mais aussi matière qui devient immatérielle, apparence qui se fait pur esprit ou pure idée, apparence qui s’évapore, qui devient invisible. Pourtant cette chose éminemment énigmatique qu’est l’argent nous dit avec une certaine obstination ce qu’est la matière. Il est devenu l’objet obsessionnel de nos pensées et de nos actions et cependant nous l’ignorons, nous ignorons ce qu’est l’argent et les scientifiques se plongent dans l’infiniment petit et dans l’infiniment grand comme des baigneurs dans l’océan pour tenter de savoir ce qu’est la matière, pour tenter de savoir, en fin de compte, ce qu’est l’argent, cette idée qu’ils ont dans la tête et qui s’est magiquement matérialisée dans leur poche. J’en étais arrivé à la conclusion que l’argent est à la fois l’idée devenue apparente qui se trouve à l’origine de l’activité générique, et la pensée pratique, le moyen (la monnaie d’échange) par lequel l’idée se réalise — le moyen par lequel l’idée devenue visible se réalise comme apparence de l’idée. (...)

    #argent #échange #monnaie #don #contre-don #Mauss #société #éthique #individu #Maurice_Godelier #guerre

  • Facebook’s Libra: Three things we don’t know about the digital currency - MIT Technology Review
    https://www.technologyreview.com/s/613801/facebooks-libra-three-things-we-dont-know-about-the-digital-curren

    If it’s not the most high-profile cryptocurrency-related event ever, Facebook’s launch of a test network for its new digital currency, called Libra coin, has been the most hyped. It is also polarizing among cryptocurrency enthusiasts. Some think it’s good for the crypto industry; others dislike the fact that a big tech company appears to be co-opting a technology that was supposed to help people avoid big tech companies. Still others say it’s not even a real cryptocurrency.

    Libra’s network won’t work that way. Instead, running a “validator node” requires permission. To begin with, Facebook has signed up dozens of firms—including Mastercard, Visa, PayPal, Uber, Lyft, Vodafone, Spotify, eBay, and popular Argentine e-commerce company MercadoLibre—to participate in the network that will validate transactions. Each of these “founding members” has invested around $10 million in the project.

    That obviously runs counter to the pro-decentralization ideology popular among cryptocurrency enthusiasts.

    Today’s public blockchains use too much energy and process transactions too slowly to elicit mainstream demand. This is probably the biggest obstacle to adoption of cryptocurrencies. It’s why Facebook chose not to use proof of work, the process that Bitcoin uses to reach agreement among the blockchain network’s nodes, citing its “poor performance and high energy (and environmental) costs.”

    If the high-powered roster of financial firms and technology companies beat Ethereum to the punch on proof of stake, it would be ironic: public blockchains are supposed to disrupt Big Tech, not the other way around.

    On top of all that, how serious is Facebook is about achieving decentralization and becoming a “real” cryptocurrency? Perhaps the fact it has made a big song and dance about being decentralized is simply a way of offsetting the firm’s appalling record on data privacy. But will users demand that the currency be more decentralized—or will many simply not care?

    #Crypto_monnaie #Monnaie_numérique #Libra #Facebook

  • Le libra de Facebook, un instrument au service de groupes privés
    https://www.mediapart.fr/journal/international/190619/le-libra-de-facebook-un-instrument-au-service-de-groupes-prives

    Facebook et 27 autres partenaires lanceront une cryptomonnaie en 2020, le libra, un système qui privilégie la stabilité et l’usage commercial. Si son poids dans l’économie fait l’objet de fantasmes nettement exagérés, l’irruption de Facebook dans le marché des paiements pose la question des données personnelles.

    #INTERNET #monnaie,_Facebook,_cryptomonnaies,_libra

  • « Mon amie la #Finance » : comment le Brexit a jeté la France dans les bras des banques
    https://www.bastamag.net/Brexit-finance-banques-traders-City-Wall-street-ISF-impots

    Pour les dirigeants français, la perspective du Brexit est une aubaine. Abandonnant définitivement toute hypocrisie, ils ont multiplié les courbettes et les cadeaux au secteur financier pour attirer à Paris les traders de la City. Mais les exonérations fiscales, dérégulations et autres avantages offerts aux géants de Wall Street n’ont pas produit les résultats escomptés. Peu de création et de relocalisation d’emplois sont annoncées. De la baisse de l’impôt sur les sociétés à la « flat tax », en passant (...)

    #Décrypter

    / A la une, #Europe, Que faire face à la crise financière ?, #Enquêtes, Finance, #Multinationales

    #Que_faire_face_à_la_crise_financière_ ?

  • Draft bill proposes 10-year prison term for dealing in cryptocurrency - Business News
    https://www.indiatoday.in/business/story/draft-bill-proposes-10-year-prison-term-for-dealing-in-cryptocurrency-154

    HIGHLIGHTS

    A draft bill has proposed 10-year jail term for people dealing in cryptocurrencies in India
    Besides making it completely illegal, the bill makes holding of cryptos a non-bailable offence
    A cryptocurrency is a virtual currency that uses cryptography for security and is generally based on blockchain technology

    Holding, selling or dealing in cryptocurrencies such as Bitcoin could soon land you in jail for 10 years.

    The “Banning of Cryptocurrency and Regulation of Official Digital Currency Bill 2019” draft has proposed 10-year prison sentence for persons who "mine, generate, hold, sell, transfer, dispose, issue or deal in cryptocurrencies.

    Besides making it completely illegal, the bill makes holding of cryptos a non-bailable offence.

    A cryptocurrency is a digital or virtual currency that uses cryptography for security and is generally based on blockchain technology, a distributed ledger enforced by a disparate network of computers. Bitcoin is the most popular cryptocurrency in the world.

    Given the high chances of cryptocurrencies being misused for money laundering, various government bodies such as the Income Tax Department and the Central Board of Indirect Taxes and Customs (CBIC) had endorsed banning of cryptocurrencies.

    The draft bill for banning cryptocurrency has been in the works for some time with Economic Affairs Secretary Subhash Chandra Garg leading the exercise.
    While strict law would soon be in place to deal with people indulging in trade of cryptocurrency, India is likely to have its own digital currency.

    “A decision on the launch of Digital Rupee would be taken after consulting the Reserve Bank of India (RBI),” said an official.

    #Monnaie_numérique #Cryptomonnaie #Bitcoin #Inde

  • Notes anthropologiques (XXXVII)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XXXVII

    Et si nous parlions encore une fois d’argent ?
    L’argent comme monnaie d’échange

    Le sens du mot monnaie est ambigu, il peut désigner tout objet permettant des échanges : des couvertures, des nattes, des fèves de chocolat ou tout autre objet pouvant servir de moyen d’échange. Le mot est pris alors dans le sens général de « monnaie d’échange ». Cette monnaie d’échange, que l’on pourrait qualifier d’« universelle » est reconnue comme telle par les partenaires de l’échange soit qu’elle se trouve utilisée sous cette forme dans une société donnée, et de ce fait reconnue par tous les membres de ladite société, soit qu’elle ait été acceptée provisoirement comme telle après entente préalable entre les partenaires d’un échange. Nous voyons bien que la « monnaie d’échange » n’a rien d’universel et que c’est un abus de langage de parler à son sujet de « marchandise universelle » ou d’« une marchandise qui contiendrait toutes les marchandises », ce serait penser notre société (ou notre civilisation) comme universelle, comme la seule possible, comme unique. La monnaie d’échange est conventionnelle, c’est une convention sociale en relation avec une société bien définie, ou alors une convention établie provisoirement. Prétendre, par exemple, que l’argent est la monnaie universelle c’est se soumettre à l’impérialisme qui est le propre de notre civilisation partie à la conquête de l’univers. (...)

    #anthropologie #histoire #échanges #don #argent #monnaie #marchandise #Maurice_Godelier #Marx #Malinovski #Mauss

  • La thèse de Daniel (1) une préhistoire de la monnaie européenne _ Librairie Tropique - 6 Mai 2019 *
    http://www.librairie-tropiques.fr/2019/05/la-these-de-daniel-1-une-prehistoire-de-la-monnaie-europeenne.ht

    Historique de la budgétaire de la France, de la fin des trentes glorieuses, de la lutte contre l’inflation, de l’inflation des actifs financiers, du logements, de la stagnation et la baisse des salaires, de l’amélioration de la qualification des travailleurs, de leurs productivités et la mise en concurrence artificielle avec les travailleurs d’autres pays.

    https://www.youtube.com/watch?v=Dc4pCPhJrqQ

    Daniel est autiste asperger.
    Il a été diagnostiqué tardivement.
     
    Né de père fils d’immigré polonais et de mère alsacienne, il a grandi dans un environnement social d’ouvriers catholiques provinciaux, de jeunesses ouvrières chrétiennes, de CFTC devenue CFDT.
     
    C’était également un milieu d’élection pour la démocratie chrétienne refoulée qui fut se consola un temps au MRP, celui de Jacques Delors, de certains gaullistes dits « sociaux » puis du socialisme mitterandien en même temps que de pas mal de gauchistes « vieillissants »
    Après une enfance troublée, une adolescence chaotique et une socialisation d’adulte problématique, une fois fixé sur son handicap, Daniel a su s’extraire de cette couche sociale et idéologique. Il a repris à 40 ans passés, à ses frais, des études en cours du soir au CNAM.
     
    Après avoir obtenu un master 2 il a décidé de s’engager dans une thèse de doctoratpour laquelle il a lu et assimilé une masse exceptionnelle de documents, ouvrages,informations et entretiens avec des témoins et personnalités de premier plan.
     
    En attendant la soutenance de cette thèse, nous vous livrons son « making of » sous forme de feuilleton d’éducation populaire... européenne, sociale, économique et politique.

    #jacques_delors, #daniel_machlik, #économie_politique, #histoire, #union_européenne, #franc #euro, #SME #ue #monnaie #François_Bloch_Lainé #Poincarré #Charles_De_Gaulle #Raymond_Poincaré #Banque_de_France #traité_de_rome #Bretton_Woods #Robert_Marjolin #Jean_Monnet #Jacques_Rueff #plein_emploi #croissance #inflation #Jean-Marcel_Jeanneney

  • Sur la vie digitalisée en Chine, la grande muraille numérique, WeChat, la mendicité et la fin de la monnaie fiduciaire :

    Digitalisierung in China. Ein Code für alle Fälle

    Ein Taxi bestellen, den Aufzug rufen, Strafzettel bezahlen: Wer in China lebt, kommt an der App WeChat nicht vorbei. Da wird selbst Facebook neidisch.


    PEKING/BERLIN taz | Die Kassiererin blickt genervt auf. „Kein Portemonnaie dabei?“, fragt sie. Verlegen wühle ich in meiner Jackentasche herum, fummele an meinem Smartphone. Apple-Pay funktioniert bei dieser Edeka-Filiale noch nicht. Das weiß ich. Aber gibt es nicht irgendeine andere App, mit der ich meinen Einkauf bezahlen kann? WhatsApp vielleicht? Die Kassiererin schaut mich verdutzt an.
    Es ist bereits das zweite Mal, dass ich mit vollen Tüten vor einer Kasse in einem deutschen Supermarkt stehe und nicht bezahlen kann, weil ich mein Portemonnaie vergessen habe. Sieben Jahre habe ich in China gelebt. Seit einem Monat bin ich wieder in Berlin. Schwer gefallen ist mir die Rückkehr nicht. Die Luft in Berlin ist sehr viel besser, ich kann wieder unbedenklich das Wasser aus dem Hahn trinken und muss es nicht vorher abkochen und zigfach filtern. Die Straßen in Berlin sind nicht ganz so voll wie in Peking.
    Andererseits vermisse ich die Maultauschen – „Drei Sorten“ mit Krabbe, Schwein und Shiitake-Pilzen – von meinem Lieblingsimbiss um die Ecke. Und auch an etwas anderes muss ich mich wieder gewöhnen: das Portemonnaie einstecken. Denn in China brauchte ich für den Alltag nur mein Smartphone. Und genau genommen auch nur eine App: WeChat.
    Es ist noch nicht lange her, da haben viele auch in China noch über diese App gelästert. Sie sei ja bloß ein Abklatsch von WhatsApp, das in der Volksrepublik nur einen kurzen Auftritt hatte, dann von der Zensurbehörde allerdings blockiert wurde, weil es eben keine chinesische App war.
    Optisch gleichen sich die beiden Apps: Auf beiden Logos sind weiße Sprechblasen zu sehen. Und so wie WhatsApp hatte auch WeChat als Kurznachrichtendienst begonnen. Doch WeChat, das auf Chinesisch Weixin heißt, ist längst mehr. Sehr viel mehr. Eine Art Super-App.
    Mit dem Barcode die Äpfel bezahlen
    Außer Nachrichten und Emojis verschicken, Online-Telefonie mit und ohne Videobild, lassen sich über WeChat auch Tickets im Hochgeschwindigkeitszug buchen, Flüge, Fahrtdienste, Kinokarten.
    Das funktioniert so: Der Nutzer erhält einen eigenen Barcode. Mit der Kamera des Smartphones kann jeder andere WeChat-Nutzer diesen Barcode innerhalb weniger Sekunden lesen. Daraus ergeben sich viele weitere Funktionen: Der Barcode ersetzt die Visitenkarte, findet sich auf jeder Firmenwebseite.
    Vor allem aber lässt sich an jeder Ecke damit bezahlen. Denn die App ist mit dem Bankkonto verbunden. Es genügt, den Barcode des Gegenübers zu scannen und die Summe wird abgebucht.
    n einem Land wie China ist das besonders von Vorteil. Gerade auf dem Land haben die meisten Bauern und Händler keine teuren Kreditkartenlesegeräte für Visa, Mastercard oder Union Pay, dem chinesischen Pendant. Das Bargeld wiederum ist oft sehr dreckig, die Scheine angerissen, weil sie durch so viele Hände gingen.
    Mit WeChat muss selbst die Obsthändlerin an der Ecke bloß ihren Barcode zeigen, und schon hat der Kunde seine Äpfel bezahlt. Ein Smartphone hat in China inzwischen jeder.
    Auch Bettler nutzen die App
    Selbst die Bettlerin. In meiner Nachbarschaft saß immer an der gleichen Stelle eine behinderte Frau mit ihrem ebenfalls behinderten Sohn und bettelte um Geld. Ich hatte es mir zur Angewohnheit gemacht, alles Kleingeld, was sich bei mir ansammelte, in ihren Korb zu werfen. Doch dann wollte sie die vielen Münzen und Scheine nicht mehr. Sie zeigte stattdessen auf einen Zettel vor ihr mit einem Barcode drauf. Sie bat mich, ihr das Geld künftig auf ihr Konto zu überweisen. Natürlich mittels WeChat.
    Andere Netzwerke, die im Rest der Welt verbreitet sind, spielen in China keine Rolle. Facebook? Ist vielen zwar ein Begriff, in China aber gesperrt. Twitter? Ebenso. Und auch YouTube, Snapchat, Instagram sowie die meisten bekannten Google-Dienste sind nur schwer oder gar nicht abrufbar. WhatsApp funktioniert sporadisch – meistens aber nicht. Die übergroße Mehrheit stört das wenig. Schließlich haben sie ihre eigenen Dienste.
    Mehr als eine Milliarde Chinesinnen und Chinesen nutzen WeChat inzwischen. Wegen der vielen Funktionen. Oft sind sie spielerischer, bedienerfreundlicher und meist auch schlicht besser in der Anwendung.
    War China nicht eben noch ein Entwicklungsland? Jetzt ist es an den Europäern vorbei ins digitale Zeitalter gesprungen. Was ist passiert?
    Die Great Firewall
    Rückblick auf das Jahr 2009. Uigurische Aktivisten begehren gegen die Autoritäten auf. Uiguren sind eine muslimische Minderheit im Nordwesten der Volksrepublik. Seit Jahrzehnten fühlen sie sich unterdrückt. Und das werden sie auch. Ihren Protest haben sie über Facebook organisiert. Weil Facebook und Twitter sich zu der Zeit auf mehrfache Aufforderung der chinesischen Behörden weigerten, die Einträge zu löschen, ließ das chinesische Sicherheitsministerium kurzerhand die US-Dienste sperren. Die Great Firewall war geboren – Chinas staatliche Internetzensur.
    Ganz abgeschnitten ist das Land damit aber nicht vom Rest der Netzwelt. Facebook und Co. sind mittels VPN-Tunnel erreichbar, wenn auch umständlich. Offiziell ist das verboten, verfolgt werden Vergehen aber bislang nicht.
    Die kommunistische Führung hatte die Great Firewall in erster Linie aus politischen Gründen errichtet. Daraus ergab sich jedoch ein ökonomischer Nebeneffekt: Die chinesischen Gegenstücke zu den US-Größen – bis dahin auch in China nur von wenigen genutzt – konnten sich im Land rasch ausbreiten. Sie heißen Baidu, Alibaba, Tencent – und sie gehören nach Facebook, Google und Amazon heute zu den mächtigsten IT-Playern der Welt.
    Doch die Zensur ist nicht der alleinige Grund für den Erfolg der chinesischen Pendants zu den international bekannten Diensten. Denn Tencent macht mit WeChat einiges anders als etwas Facebook mit WhatsApp.
    Er ist 50 Jahre alt, trägt gerne Jeans und Kapuzenpullis und ist Erfinder von WeChat. Zhang Xiaolong ist eine Legende: Zhang, der sich im internationalen Kontext mit Vornamen auch Allen nennt, macht sich in der Öffentlichkeit eher rar. Der gelernte Programmierer gilt als schüchtern, introvertiert, und meidet große Veranstaltungen, ähnlich wie sein Boss, Tencent-Chef Pony Ma. Wenn sich Zhang einmal blicken lässt, dann hat er meist Wegweisendes zu verkünden.
    Eine App als eigene Plattform
    […]

    http://www.taz.de/Digitalisierung-in-China/!5591283

    #Chine #WeChat #monnaie_scripturale

    • Dire ainsi, que l’utilisation de l’Eusko permet une diminution de la spéculation n’est qu’hypocrisie. Si certes la monnaie ne permet pas une certaine financiarisation de l’économie locale directement, elle est totalement indexée aux processus d’accélération du poids de la valeur abstraite dans la totalité économique et politique du capital.

      […]

      Beaucoup tentent un « retour » à la valeur d’usage, face au manque de sens d’une économie qui s’émancipe des rapports humains. Seulement, c’est oublier que la valeur d’usage n’existe que parce qu’il y a une valeur d’échange, c’est à dire abstraite et mesurée par le temps de travail nécessaire à la production d’une marchandise. Valeur d’échange et d’usage sont les deux faces d’une même pièce. L’Eusko, en cherchant à revaloriser le local et l’agriculture paysanne, participe en réalité à invisibiliser la valeur abstraite pourtant toujours sous jacente. D’une manière encore plus désespérante, le capitalisme a besoin de ces initiatives, a priori porteuses de sens, pour pouvoir les ravaler dans le système de valorisation.

      #capitalisme #critique_de_la_valeur #wertkritik #Eusko

    • Grâce à elle, devraient pouvoir se réaliser la transition écologique, la sauvegarde de la langue basque, la protection de l’agriculture paysanne, la réduction de la spéculation financière, un soutien de l’économie local, le financement d’associations et enfin la protection du commerce de proximité… Rien que ça !

      Caricaturer l’objet de la critique pour mieux asseoir son propos de critique plus solidement critique que les critiques tronquées pas assez critiques. La flemme.

    • Pourtant il me semble que chacun des points a été utilisé à un moment, par ci, par là, sur tel ou tel support, pour mettre en avant l’eusko (qui sur la com officielle, qui sur Bizi, qui sur telle assoc ou tel groupe qui l’utilise, etc). Ce n’est pas la com officielle qui utilise tout ça d’un coup, mais moi je me rappelle avoir lu peu ou prou chacun de ces points au fil des années.

  • Notes anthropologiques (XXXIV)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XXXIV

    L’Idée comme capital (VI)
    Petit aperçu concernant l’histoire grecque
    Naissance de la cité

    Entre le système palatial mycénien et l’apparition de la cité grecque s’intercalent ce que les historiens appellent les « siècles obscurs » (Dark Ages). Les siècles obscurs couvrent une période d’environ quatre siècles, de 1180 à 750. C’est une période intéressante sinon capitale qui voit s’effondrer la civilisation mycénienne et se développer sur les ruines des palais une société originale dans sa forme, qui finira par donner naissance à la cité. Sous la pression des « envahisseurs » et du double mouvement qu’ils représentent, à la fois invasion et migration, il se produit non seulement une diminution globale de la population, mais aussi des déplacements et des mouvements (en direction de l’Asie Mineure et de Chypre) qui se prolongent pendant longtemps. « La société mycénienne avait été décapitée, et les gens qui restaient étaient en train, avec l’apport nouveau que représentaient les envahisseurs, de construire un nouveau type de société. » Tous les événements qui vont infléchir le cours de l’histoire durant cette période sont mal connus en l’absence d’écriture et de monuments représentatifs d’un pouvoir constitué. On a suggéré alors qu’à un schéma de conflit classique entre des centres de pouvoir pouvait se substituer une sorte de « révolution populaire » (...)

    #Grèce_antique #société #pouvoir #État-cité #polis #oligarchie #monnaie

  • Privatisations : la République en marché - #DATAGUEULE 88
    https://www.youtube.com/watch?v=1hYR2o1--8s

    Tout doit disparaître... surtout les limites ! Depuis 30 ans, les privatisations, à défaut d’inverser la spirale de la dette, déséquilibrent le rapport de force entre Etat et grandes entreprises à la table des négociations. Infrastructures, télécoms, BTP, eau ... les géants des marchés voient leur empire s’élargir dans un nombre croissant de secteurs vitaux. Cédant le pas et ses actifs au nom de la performance ou de l’efficacité, sans autre preuve qu’un dogme bien appris, la collectivité publique voit se dissoudre l’intérêt général dans une somme d’intérêts privés ... dont elle s’oblige à payer les pots cassés par des contrats où elle se prive de ses prérogatives. Mais comment donc les agents de l’Etat ont-ils fini par se convaincre qu’il ne servait à rien ?

  • Troquer des euros contre des gonettes
    http://www.passerelleco.info/article.php?id_article=2245

    La Gonette est une monnaie complémentaire à l’Euro basée sur Lyon. On peut l’utiliser pour acheter des biens et des services auprès des professionnels agréés par l’association. Au local de l’association ou chez les professionnels agréés qui ont accepté d’être comptoir de change, ou sur un stand de la Gonette lors d’un événement, les membres peuvent se procurer des gonettes en échanges d’euros. Que deviennent les euros que j’échange contre des gonettes ? Utilisateur depuis trois ans ou depuis aujourd’hui, (...)

    #Monnaie_locales_et_lien_social

  • http://offensivesonore.blogspot.com/2019/03/et-si-on-creait-une-monnaie-democratique.html

    Et si on créait une monnaie démocratique ?

    Emission du 1 mars 2018, entretien avec Jean-Lucien Mazeau président de « Monnaie Démocratique France ». Difficile de changer de paradigme. Pourtant aujourd’hui seules les banques via leurs prêts sont créateur de la monnaie, un système bien peu démocratique. Et si les citoyens était eux-même créateurs de monnaie ? L’individu, cœur de la monnaie, est-ce vraiment possible ? Plus d’information sur monnaie-democratique.fr

    #audio #radio #offensive_sonore #radio_libertaire #audio #économie #monnaie #argent #démocratie #revenu_universelle #revenu_d_existence #revenu_universelle #utopie #travail #revenu_garanti #revenu_inconditionnel #banques #capitalisme