#monnaie_numérique

  • A-t-on enterré trop vite le cash ? Le Temps du débat par Emmanuel Laurentin - 30 Octobre 2019 - france culture

    "Bitcoin", "Lydia", "Libra" ... La disparition du cash est annoncée depuis plusieurs années, et dans certains pays (Chine, Suède) les espèces deviennent obsolètes. A-t-on encore besoin du cash ? Quels avantages, quels inconvénients ? A qui profite de la disparition des espèces, et qui en pâtit ?

    https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10175-30.10.2019-ITEMA_22189496-0.mp3

    Création récente de la monnaie virtuelle initiée par Facebook, la Libra, lancement possible d’une crypto monnaie en Chine, création d’un service Uber Money : toutes ces nouvelles récentes laissent présager le pire pour la survie des monnaies classiques telles que nous les connaissions sous leur forme papier ou métallique. Et une même petite musique laisse entendre que pour des raisons fiscales et de lutte contre le blanchiment en particulier les gouvernements voudraient se débarrasser du cash. Pourtant il y a dix jours, la Monnaie de Paris rendait un diagnostic exactement inverse, imaginant la survie du paiement en espèces.

    • Entretien avec Manuel Valente, directeur de CoinHouse, pour le Journal du Net, le 05/07/2018
    • Entretien avec Jeanne Lazarus , « Les Français semblent mûrs » , Le Parisien le 23/08/2014
    • Sur la Monnaie de Paris et son PDG, Marc Schwartz : Monnaie de Paris : comment le nouveau patron veut consolider le modèle économique, Les Echos, le 17/05/2019 et La Monnaie de Paris ne croit pas à la disparition du cash, Les Echos, le 21/10/2019

    #argent #cash #banques #finances #blokchain #économie #monnaie #euro #argent #bitcoin #libra #économie #europe #union_européenne #contrôle #confiance #Suède #liberté #blockchain #flicage #crypto-monnaie #monnaie_numérique #confiance

  • China’s Cryptocurrency Plan Has a Powerful Partner: Big Brother - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/10/18/technology/china-cryptocurrency-facebook-libra.html

    BEIJING — When Facebook announced plans this year for a cryptocurrency called Libra, it said its goal was to reinvent money for the internet age. What the company probably didn’t imagine was that its efforts might spur China to get there first.

    China wants to start replacing the cash that people carry with a digital currency soon, a long-discussed project that went into overdrive after Libra was unveiled in June. Facebook has been fighting to defend its initiative against skeptical regulators, and key corporate partners have pulled out of the project. But Beijing’s ambitions appear to be moving ahead at full speed.

    The system emerging in China looks very different from Bitcoin and other cryptocurrencies that enthusiasts have championed as tools of emancipation from big banks and governments.

    A state-issued e-currency would help China’s government know more — much, much more — about how its citizens spend their money, giving it sweeping new powers to fight crime and manage the economy while also raising privacy concerns.
    Interested in All Things Tech?

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    “It’s extraordinary power and visibility into the financial system, more than any central bank has today,” said Martin Chorzempa, a research fellow at the Peterson Institute for International Economics in Washington.

    Not even half a year has passed since Facebook unveiled Libra, but the tech giant’s foray into finance has been met with a steady stream of doubts and questions.

    The Federal Reserve says it has “serious concerns.” European officials have threatened to block the project from moving ahead on the Continent. Mark Zuckerberg, Facebook’s chief executive, is set to appear on Capitol Hill next week to discuss the plans.

    For Beijing, Libra has provided another urgent motive for digitizing the currency. China blocks Facebook’s platforms within its borders, but Chinese leaders see in Libra the potential start of a new world financial system, one that could bulldoze the traditional authority of governments and central banks — China’s included.

    “If Libra is accepted by everyone and becomes a widely used payment tool, then after some time, it is entirely possible that it will develop into a global, super-sovereign currency,” Mu Changchun, a top official at China’s central bank, said in a recent online lecture. “We need to plan ahead to protect our monetary sovereignty.”

    Facebook says Calibra, its digital wallet for holding and spending Libra, will require ID verification, and the company is vowing to use your financial data responsibly. It says it will not, for instance, take note of your pain reliever purchases to push Instagram ads for clinics.

    China has suggested that it, too, will keep spending information away from marketers — but not from the authorities. The banks and electronic payment companies that will distribute the new digital currency already require users to authenticate their names and identities. And officials have made clear that the central bank will be able to view data on transactions.

    Chinese consumers have for years paid for everything with their phones, and the country’s two dominant mobile payment services, Alipay and WeChat Pay, have become pillars of the Chinese economy. Alipay says it has processed as many as 256,000 payments per second. By comparison, Visa says it can handle 65,000. Libra is promising to do 1,000, at least at the start.

    But many transactions on the Chinese platforms move exclusively between digital wallets, never making contact with the state-dominated banking system. That means the Chinese government has to go through the platforms’ privately owned parent companies, Ant Financial and Tencent, if it wants to track and scrutinize those movements.

    Not so with the new e-currency.

    #Monnaie_numérique #Libra #Chine #Surveillance

  • Les androids rêvent d’une monnaie électrique | www.nouveau-magazine-litteraire.com
    https://www.nouveau-magazine-litteraire.com/nouvelles-technologies/les-androids-r%C3%AAvent-dune-monnaie-%C3%A9lectrique

    Pour un groupe de transhumanistes, accéder à la vie éternelle demandait d’abord la création d’une nouvelle monnaie. Finn Brunton raconte cette histoire digne d’un roman de science-fiction dans Digital Cash, paru en juin chez Princeton University Press.

    Par Sandrine Samii.

    Créer une nouvelle monnaie n’est pas qu’un projet technique ou économique, mais une nouvelle proposition sociale, un pari pour l’avenir. « L’histoire de la monnaie numérique [nous montre] un exemple particulièrement vivide de l’utilisation de l’argent et des nouvelles technologies pour raconter des histoires sur le futur », raconte Finn Brunton, professeur au département Médias, Culture et Communication de l’université de New York. Dans Digital Cash, il explore plusieurs projets de cryptomonnaies, des monnaies entièrement numériques, jusqu’à la concrétisation de l’un d’entre eux : Bitcoin.

    Bitcoin et la blockchain sont le résultat de décennies de recherches sur la cryptographie, les réseaux peer-to-peer, la signature et l’horodatage de fichiers numériques. Au début de cette chaîne, on trouve le mouvement cypherpunk – des informaticiens et des mathématiciens intéressés par le développement de mécanismes informatiques de cryptographie. Ses participants forment un groupe hétérogène, aux objectifs variés : protéger leurs informations personnelles, garantir la confidentialité des échanges, échapper au contrôle que de grandes entreprises ou des États voudraient exercer sur le Web.

    À lire : Digital Cash. The Unknown History of the Anarchists, Utopians, and Technologists Who Created Cryptocurrency, Finn Brunton, Princeton University Press, 272p., 26,95 $

    Et l’interview de Finn Brunton
    https://www.nouveau-magazine-litteraire.com/entretien-nouvelles-technologies/finn-brunton-%C2%AB-le-libra-est-%C3%A0-la-fois-une-bri

    On parle beaucoup de l’impact d’Ayn Rand dans la Silicon Valley, mais dans Digital Cash vous mentionnez un grand nombre d’histoires et d’auteurs de science-fiction. Quelle influence a eu la sci-fi sur les Extropiens ?

    Finn Brunton : La philosophie et le mouvement des Extropiens sont en partie construits sur une sensibilité pour la science-fiction – et spécifiquement la science-fiction américaine optimiste, couvrant toute la galaxie, très individuelle, axée sur la technologie et les gadgets – du cercle d’auteurs de John W. Campbell : pensez Heilein, Asimov et van Gogt, pas Lem, Ballard, Le Guin ou les frères Strugatsky. C’est l’habilité d’une personne rationnelle, forte, le « competent man » avec les bons outils et le bon équipement, à transcender toutes les limitations humaines, de la mortalité, de la société, du temps et de l’espace. À cela, ils ont ajouté un thème cyberpunk sur les technologies numériques et d’identité – notamment avec le classique de Vernor Vinge, True Name (1), qui a aussi beaucoup influencé les activistes de la cryptographie, ou cypherpunks. Entre True Names et son essai sur le concept de la Singularité, l’importance de l’influence de Vinge a vraiment été très sous-estimée.

    Que pensez-vous du projet de Facebook de créer une forme de cryptomonnaie avec Libra ?

    F. B. : C’est à la fois une brillante stratégie de création de revenus pour l’entreprise, et une initiative terrible – l’aveu que l’objectif à long terme est de contrôler les transactions, les frais, les intérêts, les marges, les données en plus des publicités qui entraînent ces transactions. Cela reflète l’urgence qu’il y a de créer de meilleures banques, particulièrement pour ceux qui n’en ont pas actuellement, puisque l’alternative est maintenant la réapparition des monnaies d’entreprises.

    #Finn_Brunton #Monnaie_numérique #Extropiens #Transhumanisme

  • La libra, une fausse bonne affaire pour l’usager ? | L’Echo
    https://www.lecho.be/opinions/carte-blanche/la-libra-une-fausse-bonne-affaire-pour-l-usager/10143558.html
    https://images.lecho.be/view?iid=dc:150932911&context=ONLINE&ratio=16/9&width=640&u=1562668534000

    Le citoyen ordinaire, aux anges d’échanger de manière indolore et quasi gratuitement des libras dans la vie quotidienne, sera-t-il alors ravi d’apprendre qu’il subsidie par ses impôts en hausse les plus grosses entreprises du monde, les membres bienveillants de Calibra, gérant une merveilleuse monnaie privée en vue d’assurer à ses investisseurs comme il se doit, le rendement maximal ?

    Par Paul jorion
    Économiste et anthropologue

    Depuis le 17 juin nul n’ignore que Facebook, à la tête de Calibra, un consortium de très grosses entreprises où l’on trouve aussi Visa et Mastercard, s’apprête à battre monnaie. Si la libra voit le jour, il s’agira du premier cas d’une authentique monnaie privée, sans comparaison possible avec les simples « jetons commercialisables » que sont le bitcoin ou l’ether, abusivement qualifiés de crypto-monnaies.

    La libra serait en effet adossée à valeur égale à un panier de monnaies nationales garanties chacune par la richesse économique d’une véritable nation.
    « Un bras de fer serait engagé entre Calibra et l’archipel des banques centrales qui chercheraient certainement à maintenir au nom de la nation leur privilège d’émettrice de monnaie. »

    si Calibra devait adosser en quantité égale toute libra émise à des instruments de dette émis par de grandes nations, ce serait immanquablement elle (pensons aux 2,4 milliards d’usagers de Facebook) qui deviendrait le premier financier, le premier prêteur au monde des États, et ferait la pluie et le beau temps sur le marché obligataire international, déterminant selon son bon vouloir le niveau de coupon que les États consentiraient, autrement dit les taux d’intérêt dont ils devraient s’acquitter. Or qui verse de fait le coupon aux investisseurs sur le marché obligataire, si ce n’est le contribuable des nations emprunteuses ?

    Le citoyen ordinaire, aux anges d’échanger de manière indolore et quasi gratuitement des libras dans la vie quotidienne, sera-t-il alors ravi d’apprendre qu’il subsidie par ses impôts en hausse les plus grosses entreprises du monde, les membres bienveillants de Calibra, gérant une merveilleuse monnaie privée en vue d’assurer à ses investisseurs comme il se doit, le rendement maximal ?

    #Libra #Facebook #Monnaie_numérique

  • Regard éco : De l’effet « libra » - Signatures - tdg.ch
    https://www.tdg.ch/reflexions/effet-libra/story/10964539

    Le projet « libra » – nom de la future unité globale – décoiffe parce qu’il ne cache pas son ambition de braconner dans toutes les chasses gardées du système monétaro-financier global. Même si le document parle de « devise » (monnaie étrangère) et non de monnaie, l’ambition du libra est bien de devenir une unité de paiement concurrentielle aux monnaies nationales sur leurs territoires respectifs. Le monopole de l’émission monétaire de la Banque centrale est donc mis en cause.

    Même s’il n’est pas attaqué frontalement, il est néanmoins menacé dans son fondement, et potentiellement – à terme – renvoyé au magasin des accessoires. Sans utiliser le terme, le libra se présente comme la monnaie supranationale foncièrement anarchique, affranchie de toute emprise d’un ordre monétaire hiérarchique. Pourtant – et ce n’est pas le seul paradoxe du projet – c’est sur les marges de liberté (ou fissures) de cet ordre que le libra prend appui pour le défier.

    Le libra entend également braconner sur les terres des intermédiaires, notamment des transferts internationaux, plus particulièrement des microtransferts des migrants vers les pays d’origine, dont les tarifs usuraires sont dénoncés depuis longtemps par les organisations de développement, et depuis une dizaine d’années aussi par la Banque mondiale. Libra annonce des tarifs insignifiants qui tranchent avec des commissions qui dépassent aujourd’hui souvent les 10%.

    Le Libra se rapproche en fait du paiement entre mobile utilisé en Chine par Tencent et Alipay... la surveillance n’étant plus celle de l’Etat sur les transactions, mais celle de Facebook et ses partenaires. Une question de confiance ?

    Du fait des choix technologiques (blockchain), le libra promet de conjuguer la facilité de paiement d’une carte de crédit, avec les commissions minimales, et l’effacement de l’intermédiaire gestionnaire du compte, puisque le paiement se ferait directement de l’acheteur au vendeur. Finalement, le libra se présente comme une réserve de valeur ou de pouvoir d’achat, dont la valeur serait pleinement couverte par des réserves constituées par un panier des actifs financiers peu risqués diversifiés au niveau global. Ainsi, la valeur de l’unité ne serait que marginalement exposée aux risques de crises monétaires ou financières locales.

    #Libra #Surveillance #Facebook #Monnaie_numérique

  • Libra de Facebook : « Ce projet est très malsain et doit être combattu »
    https://www.marianne.net/economie/libra-de-facebook-ce-projet-est-tres-malsain-et-doit-etre-combattu

    Interview d’André Orléan

    L’ambition du Libra est bien plus vaste puisqu’il s’agit de promouvoir une monnaie véritable, destinée aux échanges de marchandises et de services, pour toute la planète.

    Bien que sans précédent, cet événement n’est en rien une surprise car l’expérience du bitcoin est passée par là. Elle nous a appris qu’il est désormais possible de concevoir une monnaie internationale, indépendante des États. Néanmoins, en raison de son instabilité chronique, le bitcoin a échoué à devenir un intermédiaire des échanges efficace. Il n’a pas réussi à instituer un espace stable et profond de transactions marchandes. De fait aujourd’hui, cette cryptomonnaie est bien plus un actif spéculatif qu’une véritable monnaie. Cependant, on ne pouvait douter que de nouvelles propositions viendraient, tirant les conséquences de l’expérience bitcoin. Parmi elles, l’idée d’une monnaie adossée à un géant de la Toile s’imposait comme la plus sérieuse dans la mesure où elle associe les trois forces qui sont au cœur du capitalisme d’aujourd’hui : outre la puissance du capital, la puissance de la technique et la puissance des réseaux. Telle est la signification du projet Libra : concevoir la nouvelle architecture institutionnelle qu’appellent les modalités présentes de la production capitaliste. Pour mesurer la vigueur du défi qui est ici lancé au vieux monde néolibéral, observons que, dès à présent, Facebook à lui seul compte 2,4 milliards d’utilisateurs mensuels, ce qui représente 30% de la population mondiale, auxquels il convient d’ajouter les utilisateurs des autres sociétés participant au groupement Libra comme Uber, Visa, Booking.com, eBay, Spotify ou Paypal. Malgré cette énorme puissance de feu, n’oublions cependant pas l’ampleur des obstacles qui rendent ce projet des plus incertains.

    C’est cela qui est déterminant : chercher à constituer un écosystème d’activités économiques intégrées par le fait qu’elles partagent une même monnaie. N’est-ce pas précisément ce qui est recherché par Facebook et ses partenaires ? Par exemple, inciter à utiliser un transport Uber pour aller en vacances avec Booking.com et écouter de la musique avec Spotify en faisant valoir que tous ces services sont libellés en libras et disponibles aisément sur son téléphone portable. Plus généralement, faire du libra le moyen de paiement de référence sur un maximum d’applications. On peut même aller plus loin et considérer qu’à terme les sociétés participant au projet Libra encourageront leurs milliers d’employés à voir leur salaire payé en libras. Si cette dynamique est conduite à son terme, on verra alors se constituer une vaste économie déterritorialisée, libellée en Libra, qui viendra de facto défier les espaces Dollar, Euro ou Yen.

    Comme je l’indiquais, les forces qui sont à l’œuvre pour faire advenir le projet Libra ne sauraient être sous-estimées. Elles plongent leurs racines au cœur de notre modernité. Face à elles, quels arguments peuvent faire valoir les monnaies étatiques pour justifier le maintien de leurs prérogatives ? Pour le dire brutalement, deux manières de concevoir la solidarité avec autrui s’affrontent : via les réseaux sociaux et le smartphone versus via la nation.

    #Libra #Monnaie_numérique #Facebook

  • Le libra de Facebook, une monnaie au service de groupes privés | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/190619/le-libra-de-facebook-une-monnaie-au-service-de-groupes-prives?onglet=full

    Super article, basé sur des faits (la lecture du livre blanc de lancement du Libra), et qui dégonfle pas mal de baudruches. Peut être un peu trop optimiste, car négligeant les désirs politiques de Zuckerberg...

    Facebook va-t-il créer une monnaie mondiale ? Depuis l’annonce par le géant du numérique du lancement, prévu en 2020, d’une « cryptomonnaie », les fantasmes et les titres ronflants se succèdent. Mais le détail de ce lancement, rendu public le 18 juin sous forme d’un « livre blanc », ramène ce projet dans des limites plus raisonnables. Le « libra », cette nouvelle cryptomonnaie, n’aura guère les moyens de concurrencer le système monétaire international sur lequel, du reste, elle entend se fonder.

    La première est que la blockchain sera fermée. Il faudra disposer d’une permission pour y avoir accès : ce sera donc un protocole privé et non un système ouvert à tous comme l’est le bitcoin. Au lieu d’être fondé sur la collaboration de tous les participants à la blockchain, ce protocole sera centralisé par l’association Libra, qui gérera cette monnaie depuis Genève et sera constituée des partenaires de Facebook (aujourd’hui 28 entreprises dont Iliad, Uber, PayPal, Visa, MasterCard, eBay ou encore Spotify).

    Le « livre blanc » prétend vouloir passer, lorsque la technologie sera au point, à une blockchain ouverte. Le système ouvert est en effet plus lent, il nécessite une validation collective qui prend du temps. Une transaction avec le bitcoin prend environ une dizaine de minutes aujourd’hui (ce temps a déjà été fortement réduit ces dernières années). Or le libra se veut un instrument de paiement avant tout : les transactions doivent donc être instantanées.

    La deuxième différence concerne la valeur. La valeur du bitcoin ne repose sur rien d’autre que sur la confiance dans son algorithme. Celle du libra ne sera pas fixée par un « marché du libra », mais par un panier de devises dont la structure n’est pas précisée, mais qui devrait a minima comporter l’euro, le dollar des États-Unis, la livre sterling, le yen japonais et peut-être le renminbi (ou yuan) chinois. L’association Libra fixera la pondération de chaque monnaie dans ce panier et fixera ainsi la valeur du libra par rapport aux autres devises.

    C’est une méthode utilisée par exemple par le FMI pour établir la valeur de ses droits de tirage spéciaux (DTS), son unité de compte, mais aussi par la Banque centrale chinoise pour fixer le cours du yuan. La valeur du libra ne sera donc pas « fixe », mais elle évoluera en fonction des taux de change des devises du panier. La promesse de l’association est que, en choisissant des devises stables, la valeur du libra ne devrait évoluer qu’à la marge.

    Au-delà de l’aspect technique, le régime monétaire du libra est, donc, in fine, très archaïque. C’est celui de l’étalon monétaire appliqué à un panier de devises, où une banque centrale disposait de réserves exactement équivalentes à ses créances monétaires. Le libra est donc l’équivalent d’une pièce de 20 francs-or de jadis : on savait qu’il y avait dans cette pièce 5,801 grammes d’or fin. Et lorsque l’on disposait d’un billet de cent francs, on pouvait aller l’échanger aux guichets de la Banque de France contre 5 pièces de 20 francs disposant de ce poids d’or.

    Ici, l’association libra promet qu’un libra aura une valeur donnée en dollars ou en euros et qu’à tout moment, on pourra l’échanger contre sa contre-valeur parce qu’elle dispose dans ses réserves du montant exact de ses créances en libras.

    À quoi servira le libra ?

    C’est un système extrêmement sûr, mais bien peu utile dans un régime économique où l’on doit investir dans l’avenir, prendre des risques et faire face à des besoins qui croissent plus vite que l’activité économique. C’est le revers de l’absence de spéculation : il n’y a pas non plus de vraie capacité d’investissement. La lecture du livre blanc montre que l’association cherche surtout à faire du libra une réserve de valeur, ce qui en réalité traduit un biais commercial.

    En faisant du libra un instrument de portage d’actifs liquide et relativement stable, l’association veut favoriser certains usages qui correspondent à l’intérêt des membres les plus puissants de l’association : le transfert de fonds à bon marché, le portefeuille électronique et, in fine, la consommation de biens et services proposés par les partenaires du système. On comprend pourquoi Facebook a attiré des entreprises commerciales dont beaucoup sont spécialisées dans les systèmes de paiement (Visa, MasterCard, Stripe, PayPal ou Lyft).

    Des promesses qui n’engagent que ceux qui y croient

    Facebook, non, a répondu Mark Zuckerberg dans un message publié ce mardi : « Chaque information partagée avec Calibra [la filiale dédiée au libra – ndlr] sera conservée séparément des informations que vous partagez sur Facebook. »

    Ou encore : « À l’exception de cas limités, Calibra ne partagera pas les informations de compte ou les données financières avec Facebook ou toute autre tierce partie sans votre consentement », affirme un communiqué. « Les infos [recueillies par Calibra – ndlr] ne seront pas utilisées pour le ciblage publicitaire sur Facebook », réaffirme à Mediapart un responsable de la communication de la compagnie pour l’Europe.

    Pour David Marcus, ancien dirigeant de PayPal qui supervise le projet pour Facebook et s’est s’exprimé sur Twitter, « une des raisons de créer Calibra est d’avoir une entité dédiée et régulée, qui s’engagera fermement à protéger la vie privée de ses clients, car nous avons entendu haut et fort que vous ne vouliez pas que les données sociales et financières soient mélangées ».

    Cette collecte et sa monétisation sont au cœur du savoir-faire de Facebook, WhatsApp, Instagram… On imagine mal que sa nouvelle filiale soit durablement privée de ces talents. Olena Havrylchyk, professeure d’économie à l’université Paris I-Panthéon Sorbonne, s’interroge : « L’histoire a montré que le modèle économique de Facebook avait déjà changé dans le passé, passant de la protection de la vie privée (lorsque Facebook n’avait pas de parts de marché) à la surveillance (après, devenu un monopole). Peut-on s’attendre à une évolution similaire dans le modèle de Libra ? »

    Facebook ayant préempté toute la communication sur le projet, sans compter son architecture technique, on ignore quel usage les autres membres de l’association feront des données récoltées. Uber pourra-t-il adresser des publicités spécifiques à ses clients utilisateurs de libra ? À leurs amis ? Des ristournes ? Visa et MasterCard pourront-ils collecter des données que jusque-là ils ne possèdent pas, comme les relations des détenteurs de cartes de crédit ?

    Que pourront faire exactement les utilisateurs ? Plafond de dépenses, de rechargement en libras, d’envoi d’argent : on n’en sait rien à ce stade. Quiconque a utilisé PayPal ou d’autres moyens de transfert d’argent sait qu’il ne suffit pas d’avoir un compte créditeur pour que ça passe.

    Le problème du libra n’est pas réellement le fait qu’une entreprise privée crée une monnaie, puisqu’il n’y aura pratiquement aucune autonomie de création monétaire. Il est d’ailleurs piquant, de ce point de vue, de voir beaucoup d’observateurs prétendre que Facebook, avec sa monnaie privée, viendrait sur le terrain d’une prérogative des États. C’est doublement faux.

    D’abord parce que Facebook ne va pas vraiment « battre monnaie », puisque chaque libra sera couvert par le montant équivalent en devises émises par les banques centrales.

    Ensuite parce que le système actuel est déjà un système de création monétaire privée. Ce sont les banques commerciales qui aujourd’hui, dans les contraintes fixées par la Banque centrale tant sur le plan monétaire (le niveau des taux) que sur celui de la régulation (les ratios de solvabilité et le montant des réserves obligatoires), émettent l’essentiel de la monnaie en circulation par la distribution de crédits. Lorsqu’une banque émet un crédit, elle n’a pas cet argent dans un coffre, comme le libra devra l’avoir : elle crée la monnaie ex nihilo.

    #Facebook #Libra #Monnaie_numérique #Cryptomonnaie #Economie_monétaire

  • Quand Facebook devient un État | L’Echo
    https://www.lecho.be/entreprises/technologie/quand-facebook-devient-un-etat/10139091.html
    https://images.lecho.be/view?iid=dc:150957912&context=ONLINE&ratio=16/9&width=640&u=1561153098000

    Un bon papier qui soulève des questions... et interroge des gens connus de nos services : Ah ces prophètes, toujours les mêmes qui seront démentis dans quelques années, comme d’habitude :

    Certains n’ont pas hésité à parler de révolution, comme l’économiste Bruno Colmant, qui a réagi sur Twitter : « La création du libra, la monnaie de Facebook, est l’événement monétaire d’un demi-siècle après la fin de l’étalon-or décidé par les USA. C’est même la plus grande révolution depuis l’invention de la monnaie papier : une monnaie universelle, privée et digitale ! Facebook devient un État. Le libra est une véritable révolution monétaire et socio-politique. »

    « L’arrivée de nouvelles monnaies met à jour l’archaïsme des banques, nous dit pour sa part Laurent Alexandre, spécialiste des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle. Les banques se sont endormies. Il faut penser le rôle de la banque de demain. Et la question majeure est celle de la cybersécurité. Il faudra sortir des dizaines de milliards : on voit mal BNP ou ING le faire. Or, les Gafa sont capables de faire de la cybersécurité. »

    Le libertarisme (voir l’encadré) hante en effet les Gafa. Pour le comprendre, il faut se replacer dans le contexte des années 60. Dans son ouvrage, « Aux sources de l’utopie numérique. De la contre-culture à la cyberculture », Fred Turner a remarquablement montré comment les communautés hippies de l’époque, faute de pouvoir réaliser leurs utopies, vont progressivement, dans les années qui suivent, se réincarner à travers la constitution de communautés alternatives par le biais de la cybernétique. Une rencontre étonnante a ainsi eu lieu entre illuminés notoires, artistes, hackers, scientifiques et activistes de gauche. Cette collusion a forgé le système de pensée dans lequel évoluent aujourd’hui les représentants de la Silicon Valley. Un personnage clé comme Stewart Brand a formulé la perspective générale du mouvement : libérer l’individu en créant des réseaux qui permettent d’améliorer la vie de ceux qui y participent, sur la base d’un système autorégulé, sans l’aide de l’État. Mais cette idéologie libertaire, plutôt de gauche à la base, va entrer progressivement en lien avec un libertarisme de droite, c’est-à-dire un hyperlibéralisme : « Le libertarisme vise à tout transformer en marchandise, en objet échangeable sur un marché, précise Guillaume Vuillemey. Dès qu’un nouveau marché planétaire se crée, c’est un succès du libertarisme. » En mettant à mal nos libertés, Facebook semble néanmoins s’éloigner de toutes les formes de libertarisme : « Facebook n’est pas un rêve libertaire, estime Louis Larue, chercheur à la chaire Hoover de l’UCL. Le libertaire veut la libre concurrence, alors que Facebook fonctionne comme un monopole. C’est l’enfer des libertaires. Tout est centralisé. À mon sens, c’est une entreprise capitaliste classique qui a simplement plusieurs domaines d’activité. »

    #Facebook #Libra #Monnaie_numérique #Cryptomonnaie

  • Facebook’s Libra: Three things we don’t know about the digital currency - MIT Technology Review
    https://www.technologyreview.com/s/613801/facebooks-libra-three-things-we-dont-know-about-the-digital-curren

    If it’s not the most high-profile cryptocurrency-related event ever, Facebook’s launch of a test network for its new digital currency, called Libra coin, has been the most hyped. It is also polarizing among cryptocurrency enthusiasts. Some think it’s good for the crypto industry; others dislike the fact that a big tech company appears to be co-opting a technology that was supposed to help people avoid big tech companies. Still others say it’s not even a real cryptocurrency.

    Libra’s network won’t work that way. Instead, running a “validator node” requires permission. To begin with, Facebook has signed up dozens of firms—including Mastercard, Visa, PayPal, Uber, Lyft, Vodafone, Spotify, eBay, and popular Argentine e-commerce company MercadoLibre—to participate in the network that will validate transactions. Each of these “founding members” has invested around $10 million in the project.

    That obviously runs counter to the pro-decentralization ideology popular among cryptocurrency enthusiasts.

    Today’s public blockchains use too much energy and process transactions too slowly to elicit mainstream demand. This is probably the biggest obstacle to adoption of cryptocurrencies. It’s why Facebook chose not to use proof of work, the process that Bitcoin uses to reach agreement among the blockchain network’s nodes, citing its “poor performance and high energy (and environmental) costs.”

    If the high-powered roster of financial firms and technology companies beat Ethereum to the punch on proof of stake, it would be ironic: public blockchains are supposed to disrupt Big Tech, not the other way around.

    On top of all that, how serious is Facebook is about achieving decentralization and becoming a “real” cryptocurrency? Perhaps the fact it has made a big song and dance about being decentralized is simply a way of offsetting the firm’s appalling record on data privacy. But will users demand that the currency be more decentralized—or will many simply not care?

    #Crypto_monnaie #Monnaie_numérique #Libra #Facebook

  • Draft bill proposes 10-year prison term for dealing in cryptocurrency - Business News
    https://www.indiatoday.in/business/story/draft-bill-proposes-10-year-prison-term-for-dealing-in-cryptocurrency-154

    HIGHLIGHTS

    A draft bill has proposed 10-year jail term for people dealing in cryptocurrencies in India
    Besides making it completely illegal, the bill makes holding of cryptos a non-bailable offence
    A cryptocurrency is a virtual currency that uses cryptography for security and is generally based on blockchain technology

    Holding, selling or dealing in cryptocurrencies such as Bitcoin could soon land you in jail for 10 years.

    The “Banning of Cryptocurrency and Regulation of Official Digital Currency Bill 2019” draft has proposed 10-year prison sentence for persons who "mine, generate, hold, sell, transfer, dispose, issue or deal in cryptocurrencies.

    Besides making it completely illegal, the bill makes holding of cryptos a non-bailable offence.

    A cryptocurrency is a digital or virtual currency that uses cryptography for security and is generally based on blockchain technology, a distributed ledger enforced by a disparate network of computers. Bitcoin is the most popular cryptocurrency in the world.

    Given the high chances of cryptocurrencies being misused for money laundering, various government bodies such as the Income Tax Department and the Central Board of Indirect Taxes and Customs (CBIC) had endorsed banning of cryptocurrencies.

    The draft bill for banning cryptocurrency has been in the works for some time with Economic Affairs Secretary Subhash Chandra Garg leading the exercise.
    While strict law would soon be in place to deal with people indulging in trade of cryptocurrency, India is likely to have its own digital currency.

    “A decision on the launch of Digital Rupee would be taken after consulting the Reserve Bank of India (RBI),” said an official.

    #Monnaie_numérique #Cryptomonnaie #Bitcoin #Inde

  • Les néobanques tiennent-elles leurs promesses ?
    http://abonnes.lemonde.fr/argent/article/2018/04/06/les-neobanques-tiennent-elles-leurs-promesses_5281380_1657007.html

    Le comparateur Meilleurebanque.com a passé au crible les procédures d’ouverture de comptes dans ces établissements accessibles avec un mobile

    Question : vers quelle bulle de la dette privée nous entraîne cette logique ?

    #Monnaie_numérique #Banque_en_ligne

  • La #Tchétchénie russe fait remodeler son #registre_foncier avec la blockchain - Sputnik France

    https://fr.sputniknews.com/russie/201802061035048241-blockchain-tchetchenie-russie-registre-foncier

    Alors que la #monnaie_numérique bitcoin fait du yoyo, le dirigeant de la République russe de Tchétchénie a fait part d’un projet de transfert du registre foncier local sur la blockchain, une technologie apparue avec le bitcoin.

    À Davos, la #Russie met la #blockchain à l’honneur
    Le département tchétchène du Service russe d’enregistrement d’État, du #cadastre et de la #cartographie (Rosreestr) sera installé sur la blockchain, a annoncé mardi #Ramzan_Kadyrov, dirigeant de la République de Tchétchénie.

    « Nous intégrons la blockchain dans notre registre républicain. Je ne peux pas préciser quand ce sera fait, mais le travail est en cours », a indiqué M.Kadyrov sur sa chaîne sur la messagerie cryptée Telegram.​

    ​Selon M.Kadyrov, l’intégration de la blockchain dans le registre foncier républicain a été confiée au vice-premier ministre tchétchène Iakoub Zakriev.

    « Le gouvernement tchétchène a créé un groupe de travail avec la banque VEB pour l’adoption de la blockchain », a précisé M.Kadyrov.

  • Bitcoin and Ethereum have a hidden power structure, and it’s just been revealed - MIT Technology Review
    https://www.technologyreview.com/s/610018/bitcoin-and-ethereum-have-a-hidden-power-structure-and-its-just-be

    Perhaps the most striking finding is that the process of verifying transactions and securing a blockchain ledger against attack, called mining, is not actually that decentralized in either system. Bitcoin and Ethereum are open blockchain systems, meaning that in principle anyone can be a miner (see “What Bitcoin Is, and Why It Matters”). But organizations have formed to pool mining resources. The researchers found that the top four Bitcoin-mining operations had more than 53 percent of the system’s average mining capacity, measured on a weekly basis. Mining for Ethereum was even more consolidated: three miners accounted for 61 percent of the system’s average weekly capacity.

    They also found that 56 percent of Bitcoin’s “nodes,” the computers around the world running its software (not all of them engage in mining), are located in data centers, versus 28 percent for Ethereum. That might indicate that Bitcoin is more corporatized, Gün Sirer says. Overall, the group concluded that neither network “has strictly better properties than the other.”

    Discussions of decentralization may seem esoteric, but anyone interested in the future of cryptocurrency should try to follow along. Part of the vision sold by the technology’s biggest promoters is that it can help solve problems of financial inequality created in part by traditional, centralized institutions. If digital currency allows wealth and power to pool in the hands of a few, that’s not so revolutionary.

    #Bitcoin #Etherum #Crypto_monnaies #Pouvoir #Monnaie_numérique

  • Does Bitcoin Have a Future? | Alternet
    https://www.alternet.org/local-peace-economy/future-bitcoin

    Well, for one thing, as bitcoin usage has grown, the math problems computers must solve to make more bitcoin (the “mining”) have become more and more difficult—a wrinkle intended to control the currency’s supply. That’s good in the sense that limiting the supply helps to preserve the underlying value of the currency. The bad news is that “mining” for currency is almost as environmentally unfriendly as traditional mining, because of the high amounts of computing power required, which guzzle energy. You wouldn’t believe it, but bitcoin’s fatal flaw is an electricity problem. In fact, there is a “bitcoin energy index” that shows that each bitcoin transaction requires the same amount of energy used to power nine houses. There are many pejoratives one can ascribe to central bankers, but “environmental vandal” is usually not one of them.

    Of course, many of the libertarian champions of bitcoin and its ilk are in the climate change skeptics’ camp, so it’s unclear that this fact would bother them. It’s doubtful they would welcome “green initiatives” if it meant the end to their precious bull market in cryptocurrencies. But the truth is that the aggregate computing power required to sustain Bitcoin makes it, all by itself, unviable in the developing world, where electricity shortages are a fact of life. At the same time, what good is a currency if it creates a resource constraint that hinders global growth and prosperity? The appeal of most monetary instruments is that they avoid the inflexibility associated with the old gold standard or fixed exchange rate systems. This inflexibility prevented governments from introducing policies that generated the best outcomes for their domestic economies.

    some speculative bubbles, such as the railways, or the dotcom boom, do not have as malign an impact. When these kinds of manias exhaust themselves, at least society is left with innovations scattered across the landscape for our use. But bubbles that take root in the very credit system itself (such as the housing mess) leave behind a literal wasteland.

    It’s early days, but so far, bitcoin’s cataclysmic fall does not seem to be triggering any systemic concerns, which would suggest, thankfully, that it has not yet taken root in the credit system. But again, what’s to like? Anything that enables participants to exchange a legal tender dollar or some other real asset for a cryptocurrency, which has no intrinsic value or yield, is environmentally toxic, trades in cyberspace, outside of the regulated world of banks and financial payments is a recipe for fraud. And haven’t we had our fill of that for a while?

    #Bitcoin #Monnaie_numérique

  • In China, a Three-Digit Score Could Dictate Your Place in Society | WIRED
    https://www.wired.com/story/age-of-social-credit

    In 2013, Ant Financial executives retreated to the mountains outside Hangzhou to discuss creating a slew of new products; one of them was Zhima Credit. The executives realized that they could use the data-collecting powers of Alipay to calculate a credit score based on an individual’s activities. “It was a very natural process,” says You Xi, a Chinese business reporter who detailed this pivotal meeting in a recent book, Ant Financial. “If you have payment data, you can assess the credit of a person.” And so the tech company began the process of creating a score that would be “credit for everything in your life,” as You explains it.

    Ant Financial wasn’t the only entity keen on using data to measure people’s worth. Coincidentally or not, in 2014 the Chinese government announced it was developing what it called a system of “social credit.” In 2014, the State Council, China’s governing cabinet, publicly called for the establishment of a nationwide tracking system to rate the reputations of individuals, businesses, and even government officials. The aim is for every Chinese citizen to be trailed by a file compiling data from public and private sources by 2020, and for those files to be searchable by fingerprints and other biometric characteristics. The State Council calls it a “credit system that covers the whole society.”

    For the Chinese Communist Party, social credit is an attempt at a softer, more invisible authoritarianism. The goal is to nudge people toward behaviors ranging from energy conservation to obedience to the Party. Samantha Hoffman, a consultant with the International Institute for Strategic Studies in London who is researching social credit, says that the government wants to preempt instability that might threaten the Party. “That’s why social credit ideally requires both coercive aspects and nicer aspects, like providing social services and solving real problems. It’s all under the same Orwellian umbrella.”

    The State Council has signaled that under the national social credit system people will be penalized for the crime of spreading online rumors, among other offenses, and that those deemed “seriously untrustworthy” can expect to receive substandard services. Ant Financial appears to be aiming for a society divided along moral lines as well. As Lucy Peng, the company’s chief executive, was quoted as saying in Ant Financial, Zhima Credit “will ensure that the bad people in society don’t have a place to go, while good people can move freely and without obstruction.”

    As Liu amassed a favorable transaction and payment history on Alipay, his score naturally improved. But it could go down if he neglected to pay a traffic fine, for example. And the privileges that come with a high score might someday be revoked for behaviors that have nothing to do with consumer etiquette. In June 2015, as 9.4 million Chinese teenagers took the grueling national college entrance examination, Hu Tao, the Zhima Credit general manager, told reporters that Ant Financial hoped to obtain a list of students who cheated, so that the fraud could become a blight on their Zhima Credit records. “There should be consequences for dishonest behavior,” she avowed. The good were moving without obstruction. A threat hung over the rest.

    The algorithm behind my Zhima Credit score is a corporate secret. Ant Financial officially lists five broad categories of information that feed into the score, but the company provides only the barest of details about how these ingredients are cooked together. Like any conventional credit scoring system, Zhima Credit monitors my spending history and whether I have repaid my loans. But elsewhere the algorithm veers into voodoo, or worse. A category called Connections considers the credit of my contacts in Alipay’s social network. Characteristics takes into consideration what kind of car I drive, where I work, and where I went to school. A category called Behavior, meanwhile, scrutinizes the nuances of my consumer life, zeroing in on actions that purportedly correlate with good credit. Shortly after Zhima Credit’s launch, the company’s technology director, Li Yingyun, told the Chinese magazine Caixin that spending behavior like buying diapers, say, could boost one’s score, while playing videogames for hours on end could lower it. Online speculation held that donating to charity, presumably through Alipay’s built-in donation service, was good. But I’m not sure whether the $3 I gave for feeding brown bear cubs qualifies me as a philanthropist or a cheapskate.

    Then, in 2010, Suining became one of the first areas in China to pilot a social credit system. Officials there began assessing residents on a range of criteria, including education level, online behavior, and how well they followed traffic laws. Each of Suining’s 1.1 million citizens older than 14 started out with 1,000 points, and points were added or deducted based on behavior. Taking care of elderly family members earned you 50 points. Helping the poor merited 10 points. Helping the poor in a way that was reported by the media: 15. A drunk driving conviction meant the loss of 50 points, as did bribing an official. After the points were tallied up, citizens were assigned grades of A, B, C, or D. Grade A citizens would be given priority for school admissions and employment, while D citizens would be denied licenses, permits, and access to some social services.

    Although Liu hadn’t signed up for Zhima Credit, the blacklist caught up with him in other ways. He became, effectively, a second-class citizen. He was banned from most forms of travel; he could only book the lowest classes of seat on the slowest trains. He could not buy certain consumer goods or stay at luxury hotels, and he was ineligible for large bank loans. Worse still, the blacklist was public. Liu had already spent a year in jail once before on charges of “fabricating and spreading rumors” after reporting on the shady dealings of a vice-mayor of Chong­qing. The memory of imprisonment left him stoic about this new, more invisible punishment. At least he was still with his wife and daughter.

    Still, Liu took to his blog to stir up sympathy and convince the judge to take him off the list. As of October he was still on it. “There is almost no oversight of the court executors” who maintain the blacklist, he told me. “There are many mistakes in implementation that go uncorrected.” If Liu had a Zhima Credit score, his troubles would have been compounded by other worries. The way Zhima Credit is designed, being blacklisted sends you on a rapid downward spiral. First your score drops. Then your friends hear you are on the blacklist and, fearful that their scores might be affected, quietly drop you as a contact. The algorithm notices, and your score plummets further.

    Now I had two tracking systems scoring me, on opposite sides of the globe. But these were only the scores that I knew about. Most Americans have dozens of scores, many of them drawn from behavioral and demographic metrics similar to those used by Zhima Credit, and most of them held by companies that give us no chance to opt out. Others we enter into voluntarily. The US government can’t legally compel me to participate in some massive data-driven social experiment, but I give up my data to private companies every day. I trust these corporations enough to participate in their vast scoring experiments. I post my thoughts and feelings on Facebook and leave long trails of purchases on Amazon and eBay. I rate others in Airbnb and Uber and care a little too much about how others rate me. There is not yet a great American super app, and the scores compiled by data brokers are mainly used to better target ads, not to exert social control. But through a process called identity resolution, data aggregators can use the clues I leave behind to merge my data from various sources.

    Do you take antidepressants? Frequently return clothes to retailers? Write your name in all caps when filling out online forms? Data brokers collect all of this information and more. As in China, you may even be penalized for who your friends are. In 2012, Facebook patented a method of credit assessment that could consider the credit scores of people in your network. The patent describes a tool that arrives at an average credit score for your friends and rejects a loan application if that average is below a certain minimum. The company has since revised its platform policies to prohibit outside lenders from using Facebook data to determine credit eligibility. The company could still decide to get into the credit business itself, though. (“We often seek patents for technology we never implement, and patents should not be taken as an indication of future plans,” a Facebook spokesperson said in response to questions about the credit patent.) “You could imagine a future where people are watching to see if their friends’ credit is dropping and then dropping their friends if that affects them,” says Frank Pasquale, a big-data expert at University of Maryland Carey School of Law. “That’s terrifying.”

    #Surveillance #Evaluation #Monnaie_numérique #Chine #Social_credits

  • Blockchains Use Massive Amounts of Energy—But There’s a Plan to Fix That - MIT Technology Review
    https://www.technologyreview.com/s/609480/bitcoin-uses-massive-amounts-of-energybut-theres-a-plan-to-fix-it

    Bitcoin guzzles about as much electricity annually as all of Nigeria. Ethereum gulps electrons too, as do most other cryptocurrencies.

    Blockchains get a lot of love, but they are only shared sets of data. What brings cryptocurrencies like Bitcoin and Ethereum to life is the way all the computers in their networks agree, over and over, that what a blockchain says is true. To do this, they use an algorithm called a consensus mechanism. You’ve probably heard it called “mining.” (See: “What Bitcoin Is, and Why It Matters”)

    Cryptocurrency miners do much more than unlock new coins. In the process, they check the blockchain to make sure people aren’t spending coins fraudulently, and they add new lists of transactions—the blocks—to the chain. It’s the second step, meant to secure the blockchain from attacks, that guzzles electricity.

    Ultimately, the miners must transform each list of most recent transactions into a digital signature that can serve as proof that the information is true. All miners can do this, using a cryptographic tool that takes any input and spits out a string of seemingly random characters. But Bitcoin’s creator, Satoshi Nakamoto, made this part particularly difficult.

    This expends an immense amount of energy, signaling to the rest of the network that a miner’s accounting can be trusted.

    But while this particular method of reaching agreement—known as “proof of work”—is the most established, it isn’t the only one. A growing number of technologists are exploring different avenues, and some smaller cryptocurrencies already employ alternative means.

    The one in the best position to supplant proof of work is called “proof of stake.”

    #Monnaie_numérique #Bitcoin #Energie

  • Pirate Bay ’borrows’ visitor CPUs to mine virtual coins
    https://www.engadget.com/2017/09/16/pirate-bay-hijacks-cpus-for-digital-currency-mining

    « Si c’est gratuit, tu es le produit »

    Piracy websites can’t really depend on ads, so how do they make money? By using your PC’s processor cycles, apparently — whether you want to or not. Visitors to The Pirate Bay have discovered JavaScript code in the website that ’borrows’ your processor for the sake of mining Monero digital coins. It doesn’t always happen (it mainly appears in search results and category listings), but you’ll definitely notice the sharp spike in CPU usage when it kicks in.

    The site tells TorrentFreak that it was testing the feature for about 24 hours as a new way of generating revenue, and that it could eventually be enough to replace ads. In short, don’t be surprised if this becomes a mainstay of the site going forward. Users have found that they can block the miner through their browser settings or add-ons like ad blockers, so it’s not inescapable.

    Without warnings, however, many inexperienced visitors won’t even realize what’s happening, let alone figure out how to stop it. And that’s the real concern. While there isn’t much sympathy to be had for pirate site hosts eager for revenue, the unsuspecting visitors are another story — they didn’t ask to bog down their systems.

    #Monnaie_numérique #Pirate_Bay #confiance

  • Bitcoin and digital currency : A guide for your Mom – Hacker Noon
    https://hackernoon.com/bitcoin-and-digital-currency-a-guide-for-your-mom-5b6001662d08

    C’est intéressant de voir combien les technologies ont besoin de la mythification pour exister. Les discours amphigouriques des années 80 (Stewart Brand, Alvin Toffler and C°) ont changé, mais la logique reste la même : rien ne sera plus jamais comme avant, et si vous n’êtes pas dans le bon train, vous finirez sur une voie de garage.

    Dans tous les cas, le moteur libertartien est la fin des intermédiaires... ce qui nous a conduit au monde au delà de la vérité que nous connaissons, et qui transformera l’échange marchand en zone minée. Heureusement, les monnaies locales (qui sont des formes politiques et non économiques) pourront permettre la survie. Et puis les Etats-nations ne sont pas prêts de disparaître, même si leur forme post-westphalienne doit changer, donc les monnaies resteront des outils de politique économique... et de guerre.

    We are witnessing a fundamental shift in the way people buy and own goods, one that is so radical and unexpected that it will change the economics of the world forever. It is not far fetched to say that we are witnessing the rise of the “economic internet”. I don’t mean the spending of money online, we have all been doing that for some time. I mean a shift to where the money is baked right into this new iteration of the internet. This is a subtle but massive difference, one with no middlemen facilitating the banking, the transactions, or dictating the rules. Once it gains traction it will upend everything we know about the current systems.

    I don’t blame you for the skepticism, a little skepticism is good when it comes to something new. My argument is that if you are on the fence then just hop over and get in, this is transformational, and not so new anymore, the early internet was transformation but lots of people were skeptical of it. It’s not like you couldn’t do business in the early days of the internet without using it.

    #Bitcoin #Cryptocurrency #Monnaie_numerique #Discours #Mythification