• Monsanto entre poison, mensonges et impunité Le Devoir -
    Pour Marie-Monique Robin, la magnitude du scandale sanitaire du glyphosate est supérieure à celui de l’amiante. _
    http://www.ledevoir.com/culture/livres/518520/entrevue-monsanto-entre-poison-mensonges-et-impunite

    C’est à n’y rien comprendre. Des centaines de nouvelles études scientifiques ont convaincu le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), lié à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de classer en 2015 le glyphosate, vendu depuis 1975 sous la marque Roundup par le géant des biotechnologies et des pesticides Monsanto, dans la catégorie « cancérigène probable ». Or, comme bien d’autres instances réglementaires à travers le monde, l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada a reconduit malgré tout son approbation pour l’utilisation du glyphosate, sur tout le territoire, et ce, pour une nouvelle période de quinze ans.

     
    « L’histoire se répète et ceux qui sont censés prendre des décisions ne s’en émeuvent pas, commente l’essayiste et documentariste Marie-Monique Robin. Nous avons un vrai problème institutionnel, et des deux côtés de l’Atlantique. »
     
    Dix ans après son explosif Le monde selon Monsanto, enquête à charge contre l’opacité et les manigances de la multinationale américaine, la militante reprend son bâton de pèlerin pour dénoncer les graves manques de transparence et l’aveuglement des autorités en ce qui concerne ce produit toxique. Cette fois, c’est le « scandale sanitaire » du Roundup qu’elle place au coeur d’une démonstration patiente et rigoureuse, qui prend aussi la forme d’un documentaire, pour lequel aucune de date de diffusion n’a encore été fixée au Québec.


    Le Roundup face à ses juges offre une synthèse retentissante de la désinformation massive, de la guerre d’expertises scientifiques où les dés sont pipés par une multinationale qui défend mordicus un « poison ». Ce « poison », le glyphosate, est le principe actif du célèbre herbicide Roundup, dont plus de 1,5 million de kilogrammes ont été épandus au Québec en 2015, autant dans les jardins d’ornement que dans la production agricole de maïs, de soya et de canola génétiquement modifiés, les fameux OGM.
     
    Les manoeuvres de la multinationale y sont comparées à celles de l’industrie du tabac et de l’amiante. La catastrophe est cependant « d’une magnitude sans doute bien supérieure à celle du scandale de l’amiante. Car, à la différence de l’amiante, le glyphosate est partout : dans l’eau, les sols, l’air, la pluie et les aliments », résume l’auteure dès les premières pages.

    Le coeur de son enquête prend comme fil conducteur le vrai faux procès que des représentants de la société civile ont mis en place en octobre 2016 à La Haye, aux Pays-Bas. Bien plus qu’un exercice de thérapie collective ou un événement faisant oeuvre de pédagogie, le Tribunal international Monsanto s’est déroulé devant des juges réels, insiste en entrevue par Skype Mme Robin : « De vrais juges ont émis un avis juridique d’autorité, un avis véritablement fondé en droit très argumenté et qui a donc une valeur juridique. » Rappelons qu’elle est la cofondatrice de ce tribunal, avec l’ancienne ministre française de l’Environnement Corinne Lepage.
     
    En plus d’alerter l’opinion, le but avoué était de faire reconnaître le crime « d’écocide » par le droit international, ou du moins de faire cheminer l’idée que la destruction des écosystèmes pourrait être passible de poursuites criminelles. Monsanto a refusé de comparaître à ce procès simulé. Le géant a renvoyé l’essayiste à une dizaine de liens sur Internet, dont des vidéos promotionnelles, en guise d’entrevue. Or, si l’empoisonneur était absent, des témoins du monde entier, eux, y ont montré leurs visages pour éclairer et humaniser un propos qui reste toujours très spécialisé malgré les efforts de vulgarisation.

    Des campements sanitaires


    En Argentine, des médecins mènent des « campements sanitaires » durant lesquels ils font du porte-à-porte systématique, localité par localité, afin de dresser un profil épidémiologique de territoires avoisinant les zones d’épandage massif du glyphosate. Le constat est sans appel, la « sojaisation » de la campagne — et son corollaire, l’utilisation de Roundup de Monsanto — a fait croître les cas de cancers, d’asthme, de malformations congénitales. Le Sri Lanka a été le premier pays au monde à interdire le glyphosate en 2015. Lors de l’annonce, le nouveau président, Maithripala Sirisena, a justifié sa décision : « L’herbicide était responsable d’un nombre croissant de maladies chroniques rénales [affectant] 15 % de la population en âge de travailler dans les régions du nord et a déjà tué 20 000 personnes », peut-on lire dans Le Roundup…

    En France, aux États-Unis, les liens entre le pesticide et la maladie se révèlent également et se font écho : « Tous ces gens qui ne se connaissaient pas, venus raconter des histoires très similaires, avec les mêmes pressions, la même impossibilité d’obtenir réparation », note Mme Robin.
     
    Il a fallu une poursuite judiciaire en France, qui a duré six ans, pour forcer Monsanto à retirer les expressions mensongères « biodégradables » et « laisse le sol propre » des étiquettes du Roundup. C’était en 2007, nous renseigne Marie-Monique Robin, et les stratégies « d’occultation systémique » étaient déjà bien en place, ajoute-t-elle, tout en indiquant avoir depuis longtemps fait la démonstration des « manipulations dont est capable Monsanto pour maintenir ses produits sur le marché ». Manipulations qui ont été révélées avec force dans les Monsanto Papers, ces milliers de pages de documents déclassifiés dans la foulée d’une action collective intentée en Californie contre Monsanto. La poursuite a été motivée par la décision de l’OMS de placer le glyphosate sur sa liste des cancérogènes probables pour l’humain, aux côtés des créosotes, des moutardes azotées et du chlorure de benzyle.
     
    L’inertie des gouvernements quant à la substance y est en partie expliquée, avec au coeur de cette manipulation le sacro-saint secret commercial, qui, pour protéger le monde des affaires, peut parfois mettre en péril la santé humaine et environnementale. Mme Robin cite l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), qui a reconduit récemment l’homologation du glyphosate pour cinq ans, elle aussi en se basant en partie sur des études issues de l’industrie, dont on ne sait rien : « Les données toxicologiques qui doivent protéger les humains devraient être accessibles à tout le monde, affirme l’essayiste. Or, on ne sait pas qui sont les experts qui ont signé le rapport qui a servi de base à l’EFSA », rendant par le fait même difficile la vérification des potentiels conflits d’intérêts.

    Du côté de l’industrie
    Pourquoi tant de secrets si Monsanto est convaincu que son produit est « plus inoffensif que le sel de table », dixit son propre slogan ? Sans doute parce que l’inertie contamine tout le monde, à commencer par les instances autoritaires, s’insurge Mme Robin.
     
    Et du côté de l’industrie ? C’est business as usual, comme on dit ! Monsanto a été acheté par le géant allemand Bayer pour la pharaonique somme de 81 milliards de dollars canadiens en 2016. Un mariage au prix exorbitant qui donne à ces deux géants devenus un tout les clés pour contrôler la chaîne agroalimentaire entière, des semences à l’assiette. « Avec, en prime, une panoplie de médicaments censés soigner les paysans et consommateurs malades à cause des poisons agricoles qui contaminent l’environnement », écrit l’essayiste.

    Comment agit le glyphosate ? Mis en vente en 1975, il s’agit d’un herbicide qui détruit les mauvaises herbes, ennemies des agriculteurs, mais le spectre de son action ne s’arrête pas là. Il se définit comme une substance totale foliaire systémique, ou non sélective en d’autres mots, qui tue presque toutes les plantes sur son passage, sauf celles modifiées génétiquement (OGM) pour résister. Une combinaison semences transgéniques-Roundup, qui est la pierre angulaire du modèle économique de Monsanto.

    Le Roundup face à ses juges
    Marie-Monique Robin, Éditions Écosociété, Montréal, 2018, 256 pages

    #Livre #Marie-Monique_Robin #glyphosate #Roundup #monsanto #bayer #Canada #Argentine #écocide #multinationale #herbicide #transgénique #justice #tribunal pseudos #experts #soja


  • Olivier De Schutter sur le glyphosate : « La santé des Européens est en danger » Céline Biourge - RTBF - 12 Décembre 2017
    https://www.rtbf.be/info/societe/detail_olivier-de-schutter-sur-le-glyphosate-la-sante-des-europeens-est-en-dang

    Pour l’ancien rapporteur de l’ONU sur le droit à l’alimentation et professeur de droit à l’UCL, invité de Matin Première, « les Etats, mais aussi le #Parlement-européen peuvent attaquer le règlement d’exécution de la Commission européenne » concernant la prolongation du #glyphosate

    « D’abord ce règlement viole le #droit-à-la-santé, le droit à l’environnement, il viole le principe de précaution : en l’absence d’incertitude scientifique quant à l’impact du glyphosate, il faut s’abstenir de le réautoriser c’est aussi simple que çà ! », a déclaré sur nos antennes Olivier De Schutter. 

    « Il y a une mise en danger très clair de la santé des Européens » 
    Pour lui, le caractère #cancérigène du glyphosate a été conclu par un groupe d’experts qui dépend de l’Organisation mondiale de la santé ( #OMS ) et qui travaille sous l’égide du Centre international de recherche contre le #cancer

    « Ce sont des #experts qui travaillent de manière tout à fait indépendante, qui se basent sur les études scientifiques indépendantes, qui ont abouti à cette conclusion que le glyphosate était probablement #cancérigène pour l’Homme », précise-t-il. « Et c’est en dépit de cette conclusion que l’Union européenne avance tête baissée vers le renouvellement des autorisations d’écouler sur les marchés européens le glyphosate et donc je pense qu’il y a une mise en danger très clair, consciente, de la santé des Européens dans ce dossier ».

    L’Union européenne nie le citoyen
    Olivier De Schutter estime qu’il y a aujourd’hui « une véritable mise en cause du principe de démocratie dans l’ #Union-européenne ».
    Le traité de Lisbonne (adopté en 2007, entré en vigueur en 2009) permet les initiatives citoyennes européennes, « si un million au moins de citoyens et Européens sur sept Etats membres au moins, signent une demande que la Commission européenne avance telle ou telle proposition, la #Commission-européenne doit répondre. Et la Commission européenne a reçu cette #initiative-citoyenne européenne ’Stop glyphosate’ qui a recueillie, à ce jour, 1,3 million signatures et la Commission européenne au lieu de répondre sur le fond, va de l’avant avec une proposition qui va à rebourd de ce que cette initiative demande. Donc pour moi, il y a une véritable mise en cause du principe de démocratie dans l’Union européenne ».

    C’est une des raisons pour lesquelles un Etat pourrait contester la prolongation du glyphosate devant la justice européenne. https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_un-etat-pourrait-contester-la-prolongation-du-glyphosate-devant-la-justi

    En tout cas, c’est un des arguments importants que le Parlement européen, les Etats membres qui veulent annuler cette décision, peuvent mettre en avant. Très clairement, le traité sur l’Union européenne donne au citoyen le droit d’introduire une initiative citoyenne européenne. C’est privé ce droit de tout effet utile, de toute effectivité que de prendre une décision sans même répondre sur le fond aux arguments que cette initiative met en avant", explique-t-il. 
    Il rappelle d’ailleurs qu’ « il y a quand même huit Etats, dont la Belgique, qui ont voté contre le renouvellement du glyphosate et j’espère que ceux qui ont déclarer leur opposition vont agir devant la justice européenne. J’espère aussi qu’au Parlement européen, une majorité va se trouver pour attaquer cette décision devant la justice européenne ».

    L’incompréhensible soutien des #agences-européennes
    L’ancien rapporteur de l’ONU sur le droit à l’alimentation affirme que l’OMS se retrouve « un peu isolée » dans ce dossier.

    « Et ce qui est tout à fait choquant, c’est que les agences européennes qui sont censées veiller sur la santé des Européens, l’Autorité européenne de la sécurité des aliments (EFSA), et l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), ont toutes les deux conclu à l’absence de nocivité du glyphosate ». 

    Cela s’explique, selon Olivier De Schutter, par le fait que « ces agences prennent en compte les études faites par Monsanto, par les scientifiques de #Monsanto, sans mettre en doute l’indépendance avec laquelle ces études sont développées ; et en accordant à ces études le même crédit qu’à des études scientifiques indépendantes. Ce que refuse de faire l’OMS. La vraie différence entre ces différentes agences, c’est que l’OMS, elle, ne prend en compte que les études faites par les scientifiques indépendants et refuse de s’en remettre aux documents que lui remet l’industrie ».

    « Il est dans l’intérêt de #Bayer que Monsanto puisse continuer d’écouler ses produits »
    Olivier De Schutter confirme que le vote de l’Allemagne a été déterminant dans cette décision de l’Europe de prolonger le glyphosate.

    Et ceci s’explique par cela : « Monsanto est en train d’être racheté par Bayer pour 66 milliards de dollars, c’est une somme très considérable qui va donner à ce nouveau Bayer-Monsanto une place absolument dominante dans le secteur de l’agrochimie ».

    Pour lui, il n’est donc « pas étonnant » que le ministre #allemand de l’Agriculture, Christian Schmidt (CSU) ait voté en faveur du renouvellement du glyphosate. # « C’est l’intérêt évidemment de Bayer que de ne pas racheter une coquille vide », explique-t-il. « Donc le produit phare de Monsanto qui est le #Roundup est à base de glyphosate et bien entendu, il est dans l’intérêt de Bayer que Monsanto puisse continuer d’écouler ses produits ». 

    « Donc ce vote du ministre allemand de l’Agriculture, contre le vœux de la coalition allemande actuellement au pouvoir, ce qui dans n’importe quelle démocratie fonctionnant normalement aurait dû amener Christian Schmidt à démissionner, aussitôt, ce vote peut s’expliquer sans doute par la défense d’intérêts stratégiques allemands », _ précise-t-il.

    « Cela montre une certaine myopie des gouvernements »
    A la question de savoir comment on en est arrivé là, #Olivier-De-Schutter répond : _ « Le problème, c’est que l’on raisonne toujours dans le court terme comme s’il n’y avait pas d’alternatives à explorer, pour que dans le long terme, on aille vers des systèmes alimentaires plus durables. C’est choquant et cela montre une certaine myopie des gouvernements, comme d’ailleurs des entreprises. On ne peut pas continuer d’investir dans un système #agroalimentaire qui dépend autant des #énergies-fossiles, qui émet autant de #gaz-à-effet-de-serre, et qui, en plus, porte atteinte à la santé des hommes et des femmes ».

    « Les véritables alternatives existent » *
    Pour le professeur de droit à l’UCL, on en est là « parce qu’on n’explore pas les véritables #alternatives qui pourtant existent et qui ont montré leur efficacité ».
    Lui-même travaille au sein d’un groupe d’experts internationaux (iPES FOOD) pour développer ces alternatives et il affirme que l’ « on peut très facilement réduire de manière significative l’usage de pesticides et d’engrais chimiques par des méthodes culturales, des cultures associées, des légumineuses, de l’agroforesterie, des méthodes de contrôle biologique qui permettent d’utiliser moins de #pesticides en s’assurant que les cultures se protègent les unes des autres ». 
    Mais pour cela, « il faut un changement de mentalité chez les agriculteurs », précise-t-il. 
    Il rappelle d’ailleurs que l’alimentation et l’agriculture jouent un rôle vital dans la lutte contre le #réchauffement-climatique : « Les systèmes alimentaires c’est pratiquement un tiers des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. L’agriculture en elle-même, c’est 12-13%. Et les sols aujourd’hui ne fonctionnent plus bien comme puits de carbone. Ils pourraient être utilisés, exploités, de manière beaucoup plus compatible avec les changements climatiques », conclut-il.


  • Military toxins are becoming more harmful to our veterans | TheHill
    http://thehill.com/opinion/healthcare/363903-military-toxins-are-becoming-more-harmful-to-our-veterans

    The environmental exposure Bowman referenced — known as toxic exposures in the military — is of increased interest to lawmakers, advocates, and medical professionals as a result of the frequency with which it is occurring in post-9/11 veterans. However, given the notoriously slow pace of legislative oversight and government-funded medical studies, advocacy groups are now playing an important role in finding answers for military families.

    Although most people are familiar with the term Agent Orange, problems that stem from toxic exposures while serving in the military are nearly as old as civilization itself. Arrows with poisoned tips were used on the battlefield as early as 1500 B.C. And in 1776, a Tory sympathizer tried to add an unknown poison to George Washington’s food at a New York City tavern.

    However, military toxicology, i.e., the study of substances that cause harmful effects in those who serve, became exponentially more harmful during the 20th century. And, unfortunately, we, as a nation, still have not figured out how to take care of those who have come into contact with such toxic exposures during their military service.



  • Prolonger la licence du #glyphosate pour cinq #ans est un véritable scandale !
    http://reformeraujourdhui.blogspot.com/2017/11/prolonger-la-licence-du-glyphosate-pour.html

    La #commission de Bruxelles vient de prolonger l’autorisation de l’utilisation du glyphosate pour cinq ans, soit une prolongation de six ans et six mois au total si l’on considère qu’elle avait déjà au printemps 2016 prolongé temporairement de18 mois la licence qui arrivait à expiration.Une nouvelle fois, les lobbyings intenses des industriels de l’industrie chimique auprès de la commission ont porté leurs fruits… Le glyphosate est couramment utilisé comme désherbant agricole, domestique et urbain. On retrouve ses traces dans les champs, les jardins, les rues, les aires de jeux d’enfants et bien sûr dans la nourriture. Près de 50% des fruits et des légumes produits par l’agriculture intensive contiennent des résidus qui finissent dans nos organismes, apportés par les aliments consommés mais aussi par (...)

    #France #Monsanto #Roundup


  • Le #glyphosate, révélateur d’un gouvernement allemand en roue libre
    https://www.mediapart.fr/journal/international/281117/le-glyphosate-revelateur-d-un-gouvernement-allemand-en-roue-libre

    Le soutien inattendu de Berlin, lundi à Bruxelles, à la ré-autorisation du glyphosate pour cinq ans en Europe, complique un peu plus l’équation politique en #Allemagne, sur fond de désaccord entre la droite de la CDU et les sociaux-démocrates du SPD. L’épisode révèle également le désordre politique qui règne actuellement à Berlin.

    #International #Economie #agriculture #Bayer #Christian_Schmidt #Monsanto #UE


  • Le #glyphosate autorisé pour cinq ans dans l’UE
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/271117/le-glyphosate-autorise-pour-cinq-ans-dans-lue

    La Commission européenne, à travers le vote des États membres, a finalement autorisé le pesticide pour cinq ans, obtenant cette fois-ci le vote de l’Allemagne et d’un nombre d’États suffisant. La France, qui défendait une position intermédiaire (l’autorisation pour trois ans), n’a pas été entendue. Mais Emmanuel Macron maintient son propre objectif.

    #Economie #Monsanto #Roundup


  • Le #glyphosate autorisé pour cinq ans dans l’UE, malgré l’opposition de la France
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/271117/le-glyphosate-autorise-pour-cinq-ans-dans-lue-malgre-lopposition-de-la-fra

    La Commission européenne, à travers le vote des États membres, a finalement autorisé le pesticide pour cinq ans, obtenant cette fois-ci le vote de l’Allemagne et d’un nombre d’États suffisant. La France, qui défendait une position intermédiaire (l’autorisation pour trois ans), n’a pas été entendue. Mais Emmanuel Macron maintient son propre objectif.

    #Economie #Monsanto #Roundup


  • Le #glyphosate autorisé pour cinq ans dans l’Union européenne, malgré l’opposition de la France
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/271117/le-glyphosate-autorise-pour-cinq-ans-dans-lunion-europeenne-malgre-lopposi

    La Commission européenne, à travers le vote des États membres, a finalement autorisé le pesticide pour cinq ans, obtenant cette fois-ci le vote de l’Allemagne et d’un nombre d’États suffisant. La France, qui défendait une position intermédiaire (l’autorisation pour trois ans), n’a pas été entendue. Mais Emmanuel Macron maintient son propre objectif.

    #Economie #Monsanto #Roundup


  • La Commission autorise le #glyphosate pour cinq ans, malgré l’opposition de la France
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/271117/la-commission-autorise-le-glyphosate-pour-cinq-ans-malgre-lopposition-de-l

    La Commission européenne a finalement voté l’autorisation du pesticide pour cinq ans, obtenant cette fois-ci le vote de l’Allemagne et d’un nombre d’États suffisant. La France, qui défendait une position intermédiaire (l’autorisation pour trois ans), n’a pas été entendue.

    #Economie #Monsanto #Roundup



  • Glyphosate : révélations sur les failles de l’expertise européenne
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/11/26/glyphosate-revelations-sur-les-failles-de-l-expertise-europeenne_5220696_324

    En septembre, la défiance a atteint son paroxysme. Une ONG autrichienne, Global 2000, a révélé, documents à l’appui, que de longs passages du rapport d’évaluation officiel sur la toxicité du glyphosate étaient parfaitement identiques au dossier déposé par Monsanto pour solliciter le renouvellement de son produit. Son surlignage coloré met en évidence une centaine de pages copiées-collées par les agences européennes.

    Or ces pages sont précisément celles qui innocentent le produit : ni toxique pour la reproduction, ni cancérogène, ni génotoxique – une capacité à endommager l’ADN qui peut entraîner des cancers. C’est sur la base de cette évaluation que l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) avait acquitté le glyphosate à l’automne 2015. Et l’opinion de cette agence, déterminante, constitue le socle du verdict attendu lundi 27 novembre. A moins qu’il s’agisse, mot pour mot, de l’opinion d’un employé de Monsanto. C’est ce que notre enquête, en remontant la piste de ces copiés-collés, permet de démontrer.

    Devant plus de trois cents personnes, José Tarazona, le chef de l’unité des pesticides de l’agence, prend la parole dans une atmosphère pesante. Les « allégations de copié-collé et de plagiat », plaide celui qui a surpervisé le travail de l’agence sur le glyphosate, sont le fait de « gens qui ne comprennent pas le processus ». A l’assistance médusée, il explique que cette pratique relève de la routine : « Les parties qui devaient être copiées ont été copiées et celles qui devaient être modifiées ont été modifiées. » Toutes les agences, apprend-on ce jour-là, se serviraient du fichier des industriels comme point de départ puis, après vérifications, l’amenderaient. Ou pas.

    Les experts de l’Etat rapporteur doivent ainsi passer au crible les données qu’il contient ; essentiellement deux types de données de nature très différente. D’une part les résultats de tests de toxicité commandités et financés par les firmes. Protégés par le secret commercial, ils ne sont accessibles, sous le sceau de la confidentialité, qu’aux experts des agences. Autrement dit : eux seuls ont à la fois l’autorisation et la responsabilité de les vérifier.

    D’autre part, le règlement européen demande aux firmes de sélectionner les études scientifiques indépendantes les plus pertinentes, publiées dans les revues savantes, et d’en fournir des « résumés critiques ». Le pays rapporteur analyse l’ensemble, rédige un rapport préliminaire, le transmet à l’EFSA. L’agence européenne supervise ensuite la relecture par les experts des Etats membres. Enfin, après corrections et validation, elle endosse et publie le rapport définitif.

    L’article est publié un an plus tard, en 2013. Le texte est identique à celui qui figure dans le dossier fourni par la Glyphosate Task Force aux autorités européennes en 2012. Il correspond à cette fameuse sélection d’études indépendantes restituées sous la forme de « résumés critiques ». Seulement voilà : presque toutes ces études y sont si sévèrement « critiquées » qu’elles ont été jugées « non fiables », et donc écartées.

    « Les trois quarts des soixante études de génotoxicité publiées dans la littérature scientifique ont rapporté que le glyphosate ou des herbicides à base de glyphosate causaient des dégâts sur l’ADN, explique Helmut Burtscher, toxicologue de l’ONG Global 2000, et le premier à avoir relevé les similitudes entre les deux rapports. Mais elles ont été considérées comme “non pertinentes” ou “non fiables”. »

    #Glyphosate #Monsanto #Conflit_intérêt #Régulation #Manipulations_scientifiques


  • 4 questions sur le dicamba, cousin controversé du glyphosate - Sciencesetavenir.fr
    https://www.sciencesetavenir.fr/sante/4-questions-sur-le-dicamba-cousin-controverse-du-glyphosate_118245

    Au moment où la controverse sur le glyphosate bat son plein en Europe, un autre désherbant, le dicamba, est devenu cet été source de polémique et de discorde entre agriculteurs aux Etats-Unis, avec au centre des débats le géant de l’agrochimie Monsanto.

    Il est connu pour sa propension dans certaines conditions, en particulier quand il fait chaud et humide, à se transformer en gaz et à se déplacer au gré du vent. Certes, disent ses détracteurs, les nouvelles versions du dicamba ont diminué la volatilité du produit mais elles ne l’ont pas éliminée. Et puisque l’herbicide est désormais utilisé plus tard pendant la saison, les problèmes sont inévitables.


  • Even Oxford University Is Mixed up With Corrupt Monsanto | Alternet
    https://www.alternet.org/food/university-oxford-has-disturbingly-cozy-connection-monsanto

    Food
    Even Oxford University Is Mixed up With Corrupt Monsanto
    An unscientific report completely discounts Monsanto’s role in climatic and ecological damage.
    By John W. Roulac / AlterNet
    November 4, 2017, 9:30 PM GMT

    A University of Oxford thinktank, the Food Climate Research Network (FCRN), has come out with a report, “Grazed and Confused,” that likens 100-percent grass-fed beef to that produced on a 10,000-cow confined animal feedlot operation (CAFO) like Harris Ranch on Interstate 5 in Central California—calling them basically the same in climate impacts.

    Think, for a moment, how absurd that is. One has to wonder why this Oxford thinktank is being so deferential to Monsanto and the GMO/fertilizer industry, which profits via the planet-killing, health-destroying CAFO model.

    The Monsanto Connection to Oxford University

    It seems that Monsanto has a deep and enduring connection to the University of Oxford (UO). Monsanto has paid out to UO through various business ventures more than $50M pounds ($75M US).

    Also, Oxford University Press has published a flattering book, written by Robert Paarlberg, full of Monsanto puffery: Food Politics: What Everyone Needs to Know.

    In 2006, the Guardian reported that UO professor and Oxford resident Dr. Richard Droll wrote and testified that Monsanto chemicals did not cause cancer, while he “was receiving a consultancy fee of $1,500 a day in the mid-1980s from Monsanto, then a major chemical company and now better known for its GM crops business.”

    Oxford University has advertised a Monsanto Senior Research Fellowship.

    The distinguished and well-respected U.K. Sustainable Food Trust was also critical of the report, stating:

    The report focuses exclusively on greenhouse gas emissions, and while it does accept that grassland can sequester carbon, it fails to understand the vital necessity of returning degraded cropland to rotations that include grass and grazing animals, in order to rebuild carbon and organic matter levels, and the potential of integrating grazing livestock production with crop production in genuine mixed farming systems, to address a wide range of the food system problems currently faced…The only sustainable way to obtain food from grassland is to graze it with ruminants. With the growing global population it would be irresponsible not to do that.

    In one conclusion, the FCRN report states, “Grain-fed intensive livestock systems use less land and so cause less damaging land use change.” Yet the destruction of forest and savannah lands in South America for soybean farms to feed CAFO animals is in the millions of hectares. GMO corn and soy are two of the most damaging systems for land and habitat that the world has ever seen.

    Cows eat grass; therefore they don’t need to consume vast amounts of GMO corn and soybeans. Less GMO corn planted means less cancer-linked, soil-killing RoundUp being sprayed. If consumers can understand that pasture-raised beef is better for them than CAFO meat, they’ll change their buying preferences and sales of beneficial pasture-raised beef will go up, while Monsanto profits from agricultural products with a multitude of negative impacts for animals, humans and the environment will go down.

    Ces rapports payés par les industries sont en fait des supports pour la promotion cachée des médias. Il s’agit de se cacher derrière une « science » qui ne dit pas d’où viennent ses financemets et quelles sont ses allégeances. Et puis les rapports ne passent jamais devant des instances de contrôle...

    After the “Grazed and Confused” report came out, it began spreading virally across the web. One headline in the New York Post read: “Your Grass-Fed Burger Is Making Climate Change Worse.”

    To quote from this article:

    Environmentally conscious meat eaters have touted grass-fed meat as a solution to help negate the impact of cows on the environment. But unfortunately, it’s not that simple. Raising grass-fed cows also leads to deforestation—another big climate change issue—as farmers chop down forests in order to expand their pastures.

    #Monsanto #Université #Conflits_intérêt


  • #pesticides: la carte de la #France toxique
    https://www.mediapart.fr/journal/france/091117/pesticides-la-carte-de-la-france-toxique

    La #Commission_européenne n’a pas obtenu, ce 9 novembre, l’accord des Etats pour renouveler durant cinq ans l’utilisation du #glyphosate. L’usage intensif des pesticides a beau faire l’objet de larges débats, il ne faiblit pas pour autant. Comme le montrent les chiffres révélés par notre partenaire Mediacités, les ventes de produits phytosanitaires ont même augmenté de 2009 à fin 2016. Découvrez la carte des départements où se vend le plus de pesticides.

    #Monsanto


  • Paul François, un céréalier à la vie « empoisonnée » par Monsanto - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2017/11/06/paul-francois-un-cerealier-a-la-vie-empoisonnee-par-monsanto_1608301

    Intoxiqué par un produit de la firme américaine, cet agriculteur vient de publier un livre sur dix ans de bras de fer judiciaire. Malgré les difficultés morales et financières, les doutes et la fatigue, il ne veut rien lâcher.

    « Excusez-moi, je suis fatigué. » Paul François répète souvent cette phrase, ponctuée d’un long soupir. Quand nous le rencontrons dans un café parisien, le 18 octobre, le céréalier charentais s’apprête à courir radios et télés pour parler de son livre, Un paysan contre Monsanto (Fayard). Il y raconte son combat contre la multinationale américaine, qu’il a osé attaquer en justice en 2007, trois ans après avoir été intoxiqué avec son herbicide Lasso, désormais interdit. « Quelqu’un m’a dit qu’on se croirait dans un thriller, mais non, c’est bien la réalité », souffle le quinquagénaire.

    Depuis l’accident (il a inhalé les vapeurs du pesticide en vérifiant une cuve), il vit un calvaire : amnésies, vertiges, bégaiements, crises semblables à de l’épilepsie, irritabilité, comas à répétition… Près d’un an à l’hôpital, ballotté de service en service, jusque dans une unité psychiatrique. Un médecin l’a même soupçonné de se droguer. Un cauchemar, et pourtant une peccadille comparé au « harcèlement judiciaire » dont il se dit victime de la part de Monsanto depuis dix ans. « Je ne sais pas si j’ai été assez clair, dans le livre, sur la violence de cette firme », confie-t-il.

    Le géant des OGM et des pesticides « ne lâche rien, jamais ». En 2012, jugé responsable du préjudice de Paul François et condamné à l’indemniser entièrement, une première mondiale, Monsanto fait appel. Quand le jugement est confirmé en 2015 par la cour d’appel de Lyon, la multinationale se pourvoit en cassation. A chaque fois, aucun de ses dirigeants n’est présent au tribunal. « Il faut batailler face à une entité invisible, anonyme, qui vous détruit, sans que vous puissiez savoir quand les coups vont arriver ». Les avocats de la firme contestent l’accident, les comas, voire même l’utilisation du Lasso par l’agriculteur. « Ils ont aussi été arrogants face aux juges, ils se croient supérieurs aux lois, aux Etats, et leur stratégie, c’est de nier en bloc. Ils martèlent que j’ai tout inventé. Ils ont mis des huissiers dans des conférences pour pouvoir reprendre mes propos en disant : "A telle heure, il a affirmé ça, ça ne correspond pas à ce qu’il a dit dans tel article." »

    Les avocats exigent encore mille expertises médicales facturées des milliers d’euros, à la charge de la victime. « Pendant ces expertises, ils parlent de vous à la troisième personne, vous êtes un objet… Je ne suis pas prêt à revivre ça », soupire Paul François. Car l’affaire est loin d’être terminée. Le 7 juillet, la Cour de cassation a annulé la décision de la cour d’appel. Une erreur de droit : les juges lyonnais ont omis de se demander si le Lasso était défectueux. Paul François doit à nouveau affronter des années de procédure civile.

    « Dénigrement »

    Quand il l’apprend, il est à l’hôpital, au plus mal. Après une opération bénigne, il a enduré cinq septicémies en deux semaines. Son organisme ne sait plus se défendre. Il dit : « J’ai frôlé la mort, contrairement à ce que prétend Monsanto, qui s’est empressé d’affirmer que j’allais bien, puisque j’étais présent dans telle émission de télé, alors que c’était une rediffusion. Le dénigrement est sournois et permanent. » Il lève les yeux au ciel, sa voix se brise. « Cet été, ça m’a rappelé que je ne guérirai jamais, que je ne verrai peut-être pas le bout de ce procès... » Il ne peut plus contenir ses larmes. « On m’a mis sur un piédestal, on me fait passer pour un héros, je ne suis pas ce héros. Si j’en suis un, c’est grâce à ceux qui m’ont aidé, ma famille, mon avocat, Henri Pézerat [chercheur décédé en 2009, figure clé du film « Les sentinelles » réalisé par son fils, ce dernier s’est battu pour les victimes de l’amiante et des pesticides, ndlr]… »

    « Agri-manager » issu d’un milieu de droite, Paul François a cru à l’agriculture intensive et aux pesticides. Son combat lui a permis de découvrir un monde qu’il ne connaissait pas : le voilà ami avec des défenseurs de l’environnement ou des ouvriers cégétistes victimes de l’amiante. « Je n’ai plus la même vision de la société. Je ne savais pas ce qu’était le militantisme ou les scientifiques lanceurs d’alerte... mais… c’est cher payé. Moi, ma vie, ça l’a empoisonnée, ça l’a bousillée. » L’émotion le submerge à nouveau. « Si c’était à refaire, je ne referais pas le procès, c’est trop titanesque. J’ai envie de mettre les autres victimes en garde. Monsanto nie alors que j’ai la preuve irréfutable d’avoir été intoxiqué de façon aiguë par un de ses produits. Mais la plupart des agriculteurs qui ont développé des cancers ou des maladies neuro-dégénératives souffrent d’intoxication chronique, ils ont été multi-exposés à des centaines de molécules. Le lien de cause à effet est encore plus difficile à prouver. »

    « Faillite »

    Cette procédure a « épuisé ma santé et mon moral », dit Paul François, mais aussi ses finances. Il se bat avec les banques pour faire tenir son exploitation debout. La multinationale ne lui a pas versé un centime, alors qu’il a dû avancer plus de 50 000 euros de frais. Et sans l’engagement de son avocat, François Lafforgue, qui ne lui a pour l’instant pas demandé d’honoraires, il aurait déjà dû jeter l’éponge. « Je suis au bord de la faillite. Je n’ai jamais voulu parler d’argent, mais je n’ai plus le choix. Je ne pourrai peut-être pas rembourser ceux qui m’ont aidé... Alors je lance un appel aux dons pour mon procès. Si je ne lève pas de fonds, j’arrête. Stop. »

    Paul François pense que s’il abandonne, Monsanto en fera un exemple dissuasif. A contrario, s’il continue, son avocat lui donne de bonnes chances de gagner et d’ouvrir la voie à d’autres victimes des pesticides. Mais l’agriculteur ne veut plus être seul à faire face au géant. « Si nous ne faisons rien contre les pesticides, en particulier les perturbateurs endocriniens, nos enfants pourront nous accuser. Plus personne ne peut dire qu’il ignore leur dangerosité. On vit à crédit sur les générations futures. Avant même leur naissance, leur espérance de vie est remise en question par ces produits. C’est un scandale sanitaire, il y aurait même matière à attaquer l’Etat en justice. Je suis allé au charbon, j’ai pris mes responsabilités, j’aimerais que les politiques, en premier lieu le Président, assument les leurs. »

    Phyto-Victimes, l’association d’aide aux professionnels victimes des pesticides que Paul François préside, a demandé à être reçue par le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert. « Nous n’avons même pas eu de réponse », déplore le céréalier. Pour lui, les états généraux de l’alimentation organisés par l’exécutif doivent déboucher sur un plan de sortie des pesticides : « Il faut décider que dans trois ans, le glyphosate [molécule utilisée dans des centaines d’herbicides, dont le Roundup de Monsanto, ndlr] sera interdit. Idem pour les néonicotinoïdes « tueurs d’abeilles ». Et ainsi de suite ». Paul François l’affirme haut et fort : « Une agriculture sans pesticides dans quinze à vingt ans, c’est possible. Il faut juste, l’anticiper, l’organiser. Et arrêter d’ouvrir la porte aux lobbyistes, qui répètent que notre agriculture a besoin de ces pesticides, qu’on ne peut pas faire autrement. C’est faux ! Qu’on me montre où sont les emplois en jeu sur la fabrication des pesticides, ce n’est pas en France ! Alors qu’en changeant de modèle, on recrée du lien social et des emplois de proximité, non délocalisables. »

    Le céréalier a converti la moitié de ses 240 hectares en bio. Lui qui avait toujours été accro aux pesticides a longtemps tergiversé avant de se lancer, en 2015. Peur pour ses rendements, peur de ne pas y arriver techniquement. Crainte surtout du regard de son père, militant à la FNSEA, le très productiviste syndicat agricole. « Finalement, le principal frein était psychologique. La conversion doit surtout avoir lieu dans nos têtes, j’avais sous-évalué cela. Aujourd’hui, je sais qu’il vaut mieux travailler avec la nature plutôt que contre elle. J’y arrive, cela se passe très bien. Et passer en bio m’a permis de redevenir indépendant de l’industrie, ça aussi je l’avais sous-estimé. » Paul François esquisse enfin un sourire. « Je suis fier de dire que l’agriculture respectueuse de l’environnement et du social ne doit pas être opposée à une agriculture performante, au contraire, la vraie performance sera de conjuguer les trois. De toute façon, on n’a pas le choix. Si on ne va pas vers un autre modèle, on va continuer à tuer nos terres, qui sont déjà en triste état, et on ne sera même pas capable de répondre à la demande. Depuis 1995, les rendements baissent. »

    Encore faut-il faire face aux résistances. « Le système est verrouillé par les dirigeants de la FNSEA, les chambres d’agriculture et les coopératives, farouchement pro-pesticides, dénonce Paul François. Ils défendent un modèle agricole qui profite avant tout aux multinationales. Jamais on n’a été aussi pauvres, nous les agriculteurs, et jamais les firmes n’ont engrangé tant d’argent : ça veut dire quoi ? » Mais sur le terrain, qu’en pensent ses confrères ? « L’omerta est en train de se briser, ça bouge. Les gars me disent : "T’as raison, les pesticides, c’est un problème qui nous appartient, on en a marre d’être stigmatisés, de voir les collègues tomber malades, il faut qu’on en parle, qu’on nous aide à faire autrement." » Et les consommateurs ? « Ils doivent accompagner la transition, en mangeant bio un maximum, de saison, moins de viande… En consommant différemment, on peut manger bio au même prix. » Les deux filles de l’agriculteur travaillent dans l’environnement, l’une pour Vigilance OGM au Canada, l’autre au WWF France. « Les jeunes en ont marre qu’on leur fasse gober n’importe quoi, au propre et au figuré. Ça va bousculer les habitudes, peut-être enfin faire bouger les politiques. »

    « Coup de fouet »

    Pour Paul François, la sortie des pesticides aura lieu, c’est certain. Mais le sort des victimes le préoccupe. « J’ai bien peur que les criminels qui ont sciemment empoisonné des milliers d’agriculteurs ne seront jamais condamnés. Je parle des firmes en général, il n’y a pas que Monsanto. Comme de ceux qui ont fermé les yeux sur cet empoisonnement. J’ai peur qu’il se passe exactement la même chose que pour l’amiante : on l’a interdit mais les responsables sont impunis et les victimes sont toujours là. » Il se bat pour la création d’un fonds d’indemnisation des agriculteurs victimes des « phyto ». En attendant, il dit n’aspirer qu’à une chose : tourner la page de son procès et s’occuper de sa ferme « à 100 % bio, tranquille, loin des médias ».

    Deux semaines après notre rencontre, le 3 novembre, Paul François nous a rappelé. Sa voix a changé. Il nous a transmis ce message : « Je tenais à vous dire que j’ai changé d’état d’esprit. Le fonds participatif a déjà franchi la barre des 30 000 euros. J’ai reçu des centaines de messages de soutien. Ceux qui ont lu mon livre ou m’ont écouté dans les médias ont été touchés. Cela m’émeut profondément. Cela m’a donné un coup de fouet. Je vais sans doute continuer le combat. »

    Cet article est précis et fourni mais que de souffrances ! Le capitalisme dans tout ce qu’il renferme de violences et de négation de l’humain.
    Le lien vers la collecte d’aide à Paul François et son combat : https://www.okpal.com/fairecondamnermonsanto

    #monsanto #capitalisme #pesticides #agriculture


  • Paul François, un céréalier à la vie « empoisonnée » par Monsanto - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2017/11/06/paul-francois-un-cerealier-a-la-vie-empoisonnee-par-monsanto_1608301

    Paul François pense que s’il abandonne, #Monsanto en fera un exemple dissuasif. A contrario, s’il continue, son avocat lui donne de bonnes chances de gagner et d’ouvrir la voie à d’autres victimes des pesticides. Mais l’agriculteur ne veut plus être seul à faire face au géant. « Si nous ne faisons rien contre les pesticides, en particulier les perturbateurs endocriniens, nos enfants pourront nous accuser. Plus personne ne peut dire qu’il ignore leur dangerosité. On vit à crédit sur les générations futures. Avant même leur naissance, leur espérance de vie est remise en question par ces produits. C’est un scandale sanitaire, il y aurait même matière à attaquer l’Etat en justice. Je suis allé au charbon, j’ai pris mes responsabilités, j’aimerais que les politiques, en premier lieu le Président, assument les leurs. »
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    La conversion doit surtout avoir lieu dans nos têtes, j’avais sous-évalué cela. Aujourd’hui, je sais qu’il vaut mieux travailler avec la nature plutôt que contre elle. J’y arrive, cela se passe très bien. Et passer en bio m’a permis de redevenir indépendant de l’industrie, ça aussi je l’avais sous-estimé.
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    Le système est verrouillé par les dirigeants de la FNSEA, les chambres d’agriculture et les coopératives, farouchement pro-pesticide, dénonce Paul François. Ils défendent un modèle agricole qui profite avant tout aux multinationales. Jamais on n’a été aussi pauvres, nous les agriculteurs, et jamais les firmes n’ont engrangé tant d’argent : ça veut dire quoi ? Mais sur le terrain, qu’en pensent ses confrères ? « L’omerta est en train de se briser, ça bouge. Les gars me disent : "T’as raison, les pesticides, c’est un problème qui nous appartient, on en a marre d’être stigmatisés, de voir les collègues tomber malades, il faut qu’on en parle, qu’on nous aide à faire autrement." »
    #agro-industrie #brown_tech #santé #responsabilité #justice
    Phyto-Victimes, l’association d’aide aux professionnels victimes des pesticides que Paul François préside, a demandé à être reçue par le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert. « Nous n’avons même pas eu de réponse », déplore le céréalier.


  • Aux États-Unis, le #désherbant dicamba suscite la polémique - Magazine GoodPlanet Info
    https://www.goodplanet.info/actualite/2017/11/03/aux-etats-unis-desherbant-suscite-polemique


    Donc, Monsanto crée un OGM pour pouvoir mettre plus d’un vieil herbicide, parce que le glyphosate marche en fait de moins en moins bien…
    Va vraiment falloir arrêter ces tarés

    Le dicamba est un #herbicide commercialisé depuis les années 1960 et était jusqu’à récemment uniquement utilisé par les agriculteurs avant que les plantes ne sortent de terre.

    Mais Monsanto a développé des semences de soja et de coton génétiquement modifiées pour, entres autres, tolérer ce produit. De nouvelles versions du dicamba pouvant être épandues dans les champs plus tard dans la saison ont dans la foulée été autorisées.

    Commercialisées par Monsanto, BASF et DuPont, ces nouvelles versions ont été rapidement prisées par de nombreux producteurs pour leur efficacité à combattre des mauvaises herbes devenues résistantes à d’autres herbicides comme le glyphosate.



  • Pourquoi la FNSEA est-elle accro au glyphosate ? - Basta !
    https://www.bastamag.net/Pourquoi-la-FNSEA-est-elle-accro-au-glyphosate#nb160-7

    Les représentants de la FNSEA n’ont cessé de communiquer ces dernières semaines sur la non-dangerosité du glyphosate, s’appuyant entre autres sur l’avis de l’Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation [7]. Pourtant, le syndicaliste Serge Le Quéau constate que nombre de paysans adhérents de Triskalia « ont parfaitement conscience que c’est une hécatombe ». « J’ai déjà entendu certains d’entre eux dire qu’il ne faut plus participer aux épandages. D’ailleurs ils sous-traitent l’épandage des pesticides à des entreprises spécialisées qui font faire le sale boulot à des intérimaires... » En parallèle, souligne le syndicaliste, « les représentants de la FNSEA font tout pour que la Mutualité sociale agricole ne reconnaisse pas les maladies qu’ont contractés les salariés. Ce serait ouvrir la boite de Pandore », note Serge Le Quéau.

    #glyphosate #round_up #Monsanto #FNSEA



  • En finir avec le glyphosate | L’Humanité
    https://www.humanite.fr/en-finir-avec-le-glyphosate-644159

    Le glyphosate est au coeur du système agricole. « Il a un rôle structurel dans la logique du productivisme en agriculture. En contrôlant les mauvaises herbes sur de très grandes surfaces, il a permis l’agrandissement des fermes et la spécialisation à un rythme rapide », analyse Emmanuel Aze, secrétaire national chargé des pesticides à la Confédération paysanne (CP).
    Dans la campagne bretonne, JeanMarc Thomas, éleveur laitier bio, contemple les terres autour de son exploitation. « Elles sont brûlées par le glyphosate, avant d’être replantées. » C’est en ce moment que les agriculteurs arrosent leurs champs de glyphosate avant les semis d’automne. « Moi aussi je pensais qu’il était impossible de s’en passer. » Pourtant, en 2009, il franchit le pas et se convertit au bio. Sa production a baissé la première année : – 20 %. Mais aujourd’hui, en changeant ses pratiques, il s’en sort plutôt bien. Ce porte-parole de la CP s’est rendu compte que « le glyphosate était le cheval de Troie de tous les autres pesticides et produits chimiques ». Parce que le milieu a été fragilisé, il ouvre la voie « à tout un cortège d’herbicides, fongicides et insecticides et ensuite aux engrais azotés de synthèse pour fertiliser le sol ».
    Marc Dufumier ne dit pas autre chose. « Lutter contre les plantes concurrentes aux cultures avec des produits en “cide” est inefficace sur le long terme. Il y a toujours une herbe résistante qui finit par proliférer. Dans un contexte de crise encore plus grave que ce que l’on dit pour les agriculteurs, on ne fait qu’accroître leurs coûts, par l’achat de toujours plus de produits phytosanitaires. » Pour lui, « on a engagé les filières de production dans des voies sans issue ». Même les grands céréaliers, ceux-là mêmes qui défendent à cor et à cri le glyphosate, commencent à voir leurs rendements et revenus chuter.

    #agriculture_productiviste #écocide (et bien d’autres choses en -cide) #glyphosate #Monsanto


  • Le Roundup face à ses juges | Sciences | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/069081-000-A/le-roundup-face-a-ses-juges

    À la lumière du procès symbolique de #Monsanto tenu en 2016, #Marie-Monique_Robin expose l’ampleur du scandale sanitaire lié au #Roundup, #herbicide le plus vendu au monde. Un réquisitoire accablant, paroles de victimes et d’experts à l’appui.

    • https://www.humanite.fr/marie-monique-robin-le-glyphosate-lun-des-plus-grands-scandales-sanitaires-

      Quelle est la genèse de ce documentaire  ?

      Marie-Monique Robin : En 2014, j’ai été contactée par deux résidents suisses qui voulaient intenter un procès citoyen contre Monsanto. Je me disais que c’était fou, mais ils sont parvenus à me convaincre. Et je suis devenue la marraine de ce tribunal citoyen qui, grâce à une campagne de crowdfunding, a vu le jour en octobre 2016. Mais j’avais posé deux conditions  : qu’il s’agisse d’un vrai tribunal, avec de vrais juges, de vrais experts et de vrais témoins. Et que celui-ci rende des avis qui permettent de faire évoluer la réglementation vers la reconnaissance du crime d’écocide par le droit international. Ce qui permettrait de poursuivre pénalement les dirigeants des firmes responsables.


  • Corruption d’Etat

    La récente nomination par Donald Trump d’Andrew Wheeler, ancien lobbyiste de l’industrie du charbon, comme numéro deux de l’Agence étasunienne de protection de l’environnement est exemplaire. En campagne, le milliardaire avait promis de « drainer le marais » des affairistes qui embourbe Washington. Au pouvoir, il n’a cessé de faire de l’Etat sa chose, et celle de ses proches et alliés.

    Caricatural, Donald Trump n’est pourtant que le symbole le plus visible du désarmement de la puissance publique au profit d’intérêts privés. Le scandale du glyphosate, commercialisé par la multinationale Monsanto sous le nom de #Roundup, illustre ce mal qui ronge les Etats.

    Critiqué depuis une vingtaine d’années, ce pesticide associé aux OGM a été qualifié de « cancérogène probable » en mars 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer de l’OMS (CIRC) sur la base d’un corpus d’études pourtant similaire à celui ayant conduit les autorités européennes à l’adouber. Ce mystère scientifique, la divulgation depuis mars dernier de milliers de documents internes au groupe – les #Monsanto_Papers – a permis de l’éclairer : « portage » de recherche ou « ghostwriting » – un savant « indépendant » prête son nom à une étude réalisée par la firme –, liens d’intérêts occultés, rapports modifiés, campagnes de dénigrement, pressions sur les éditeurs scientifiques, menaces juridiques, chantages aux subventions : gare aux imprudents qui se mettraient sur le chemin du géant des OGM !

    De fil en aiguille, on découvre que les agences publiques – sans réels moyens – sont contraintes de recopier les milliers d’études et de synthèses commanditées par les multinationales. On comprend mieux dès lors pourquoi les autorités sanitaires européennes se montrent discrètes quant aux preuves avancées par leurs experts – anonymes ! – garantissant la non-toxicité du glyphosate.

    De compromissions scientifiques en arrangements politiques, c’est un affligeant panorama de corruption systémique que révèlent les Monsanto Papers. Invités la semaine dernière à l’europarlement, les patrons des agences de l’UE n’ont pu qu’ânonner d’autorité que leur travail avait été bien fait. Monsanto, elle, a décliné l’invitation, écopant en réaction d’une interdiction de lobbying à Bruxelles.

    Certains députés aimeraient aller plus loin et appellent à la constitution d’une commission d’enquête parlementaire. Sain objectif ! Pourtant, quand on observe l’europarlement saper, main dans la main avec les multinationales, la souveraineté populaire à travers des traités de libre-échange tels que le CETA, on se demande si les députés ne devraient pas s’offrir d’abord une petite séance d’introspection.

    https://www.lecourrier.ch/153479/corruption_d_etat
    #Monsanto