#monstruosité

  • L’inceste – série de podcasts à écouter – France Culture
    https://www.franceculture.fr/emissions/serie/l-inceste

    La perception sociale et culturelle de l’inceste a évolué au fil des siècles. « Au Moyen Âge, l’inceste était considéré comme un acte consenti et non comme une violence sexuelle imposée à l’enfant. Dans la société patriarcale du XIXe siècle, on faisait peu de cas des atteintes à l’intégrité morale des enfants violentés. Le déni et la loi du silence dominaient. »

    Mais comment la société n’a-t-elle pas saisi plus tôt l’impact de cette monstruosité ? Comment a-t-elle laissé faire l’inceste ?

    On sait désormais qu’entre 5 et 10% des Français ont été victimes de violences sexuelles dans l’enfance, le plus souvent dans la sphère familiale. Pourtant, le système juridique est gravement défaillant. 70% des affaires d’inceste sont classées sans suite. De nombreuses autres aboutissent à un non-lieu. 1% seulement des auteurs d’inceste sont sanctionnés pénalement. Première cause, la lenteur des enquêtes, mais aussi la non-reconnaissance de la parole des victimes. Pourtant, il s’agit bien d’un crime. La caution du déni, l’aliénation parentale, sont des concepts qui marchent et des mécanismes qui disent aussi quelque chose de la société que l’on fait.

    Aujourd’hui, la reconnaissance de cette violence incestueuse et l’affirmation de l’enfant comme sujet de droits nous feraient-elles espérer la fin de la domination et de la toute-puissance ? Va-t-on enfin être capable d’être dans la culture de la protection, d’anticiper les faits par le repérage systématique et de pouvoir recueillir la parole des victimes ? En immersion à la brigade de la famille, en pleine audition de victimes de la CIIVISE, au CHU de Montpellier, en prison ou autour d’une table familiale, les mots sont dits. Vont-ils enfin être entendus ?

    Une série documentaire de Johanna Bedeau et Marie-Laure Ciboulet.

    photo stupide, pas encore écouté.

    • Outre les nombreux témoignages de victime, d’autre aspects sont abordés comme la prise en charge psychiatrique des agresseurs ou la réponse judiciaire défaillante et le déni sociétal.
      Cette série d’émissions très éclairante révèle qu’il y a encore du chemin à faire, notamment (c’est paradoxal) pour les institutions en charge de la protection de l’enfance.
      cf le dernier épisode où il est rappelé le délire Sarkoziste de la « détection » de la délinquance chez les enfants...de 3 ans ! Les enfants tous coupables plutôt que victimes :-(

      #inceste #pédocriminalité #psychiatrie #justice

    • Merci je viens de commencer. Je ne devrais pas dire « photo stupide », c’est... stupide. Mais il y a un vrai problème avec ce genre de dramatisation, qui ne me semble pas vraiment nécessaire. C’est déjà assez dramatique comme ça, et surtout, ça ne permettra pas, à mon avis, à une jeune victime, en plein dans le merdier, de s’y reconnaître. C’est peut-être aberrant, mais pour moi, et pour donner un exemple de #visualisation, Nabokov a visé très juste en donnant à l’inceste le chatoiement de l’arc en ciel, la polymorphie des contes fées, en un mot, en donnant à l’inceste les couleurs de l’enfance.

      Cette campagne visuelle était excellente, dans le genre :

      Je trouve que ça apporte vraiment quelque chose.

    • Épisode 1 : La loi du silence
      https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/la-loi-du-silence

      La perception sociale et culturelle de l’inceste a évolué au fil des siècles. “ Au Moyen Âge, l’inceste était considéré comme un acte consenti et non comme une violence sexuelle imposée à l’enfant “. “ Dans la société patriarcale du XIXe siècle, on faisait peu de cas des atteintes à l’intégrité morale des enfants violentés. Le déni et la loi du silence dominaient “.

      Mais comment la société n’a-t-elle pas saisi plus tôt l’impact de cette #monstruosité ? Comment a-t-elle laissé faire ? Le philosophe Marc Crépon, explique que “notre imaginaire collectif, toutes nos institutions et depuis très, très longtemps reposent sur la croyance que la famille est un espace de protection“ et poursuit-il “c’est pour ça, que dans le cas de l’inceste, le poids du silence est plus terrible que nulle part ailleurs. Il y a un redoublement du silence parce que le piège est le suivant : non seulement la famille, cet espace-là, nous détruit, mais on se sent pris en otage de cette destruction elle-même en ne voulant pas du même coup détruire la famille“.

      Aujourd’hui la reconnaissance de cette violence incestueuse et l’affirmation de l’enfant comme sujet de droits nous feraient-elles espérer la fin de la domination et de la toute-puissance ? Une toute-puissance dont témoignent les victimes : “ ce qui m’écrabouillait, c’était son pouvoir et son abus de pouvoir sur nous. Ça veut dire que lorsqu’il dépassait les bornes sexuellement, c’était de la même manière qu’il dépassait les bornes dans toutes les situations de la vie, “ et qu’analyse l’anthropologue #Dorothée_Dussy, “ l’inceste sert à inculquer de façon violente, mais massive et radicale les rapports de domination. “

      Une plongée dans l’histoire de ce crime généalogique sous le poids du secret pour interroger la manière dont il prospère dans les silences familiaux, les peurs des enfants et les sentiments destructeurs de culpabilité.

    • Barbara a chanté L’aigle Noir, est-ce cette chanson qui imprègne encore l’imaginaire des iconographes ?
      Le thème « pattern » de la campagne que tu cites est très pertinent mais pour ma part j’ai l’impression que rendre trop « chatoyant » ce problème pourrait être contre-productif.
      Tu dis « c’est déjà assez dramatique comme ça » c’est la preuve d’une prise de conscience qui, selon moi, est loin (très loin) d’être partagée par l’ensemble de la société ... malheureusement.
      Alors oui la dramatisation c’est relou mais sans doute encore nécessaire.

  • Le cinéma comme art de la baffe ? - Ép. 4/4 - Philosophie de la gifle
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/les-chemins-de-la-philosophie-emission-du-jeudi-24-juin-2021

    En l’occurrence, il s’agit de baffes infligées à des actrices

    Le cinéma est le lieu-même où une pensée du corps est mise en scène : que nous dit alors la #gifle au #cinéma ? Ou que dit-elle du cinéma ? De la relation entre #réalisateur et #actrice, acteur ? Celui qui gifle semble vouloir faire taire une #monstruosité, est-elle pourtant plutôt en lui ?

    Hélène Frappat, écrivaine et critique de cinéma

    #misogynie #adolescence #parentalité #pédocriminalité

    • J’ai pris une gifle dans ma vie, c’était ado et c’est mon père qui me l’a collée. J’avais (et j’ai toujours) à peu près le gabarit d’Adjani et mon père celui de Ventura. Moins violente que celle de Ventura, je suis néanmoins passée de station debout à la station assise.
      Je ne sais plus quel était le motif de la discorde, je crois que mon père me demandait de faire un truc que je ne voulais pas faire en lui disant :
      – ça m’emmerde
      – répète
      – ça m’emmerde
      et vlan
      En fait il avait mal compris ce que je disais et entendu « tu m’emmerde ».

      La gifle donnée et moi assise, j’ai lu dans l’expression de mon père un immense désarroi, celui de quelqu’un de désarmé et de blessé.

  • AP Investigation: Deported parents may lose kids to adoption
    https://apnews.com/97b06cede0c149c492bf25a48cb6c26f

    It had been 10 weeks since Ramos had last held her 2-year-old, Alexa. Ten weeks since she was arrested crossing the border into Texas and U.S. immigration authorities seized her daughter and told her she would never see the girl again.

    What followed — one foster family’s initially successful attempt to win full custody of Alexa — reveals what could happen to some of the infants, children and teens taken from their families at the border under a Trump administration policy earlier this year. The “zero-tolerance” crackdown ended in June, but hundreds of children remain in detention, shelters or foster care and U.S. officials say more than 200 are not eligible for reunification or release.

    Federal officials insist they are reuniting families and will continue to do so. But an Associated Press investigation drawing on hundreds of court documents, immigration records and interviews in the U.S. and Central America identified holes in the system that allow state court judges to grant custody of migrant children to American families — without notifying their parents.

    And today, with hundreds of those mothers and fathers deported thousands of miles away, the risk has grown exponentially.