• « Cinq mains coupées », de Sophie Divry : paroles de « gilets jaunes » mutilés, Gladys Marivat(Collaboratrice du « Monde des livres »)
    https://www.lemonde.fr/livres/article/2020/12/26/cinq-mains-coupees-de-sophie-divry-paroles-de-gilets-jaunes-mutiles_6064543_


    Antoine Boudinet, l’une des victimes, lors d’une manifestation à Bordeaux, en mai 2019. GEORGES GOBET/AFP

    Sophie Divry a foi en la fiction. Mais quand l’effroi et la colère devant les violences policières la décident d’écrire, elle ne peut que transcrire simplement les témoignages recueillis.

    « Cinq mains coupées », de Sophie Divry, Seuil, 128 p., 14 €, numérique 10 €.
    Retour sur Terre. Alors qu’elle écrivait un roman situé sur la planète Mars, Cinq mains coupées s’est imposé à Sophie Divry, au printemps 2019, sans dérobade possible. « J’ai interrompu ce projet, de manière assez violente d’ailleurs, parce que je ne pouvais rien faire d’autre », se souvient l’écrivaine, dont le roman martien devrait paraître en mars 2021 chez Notabilia, son éditeur historique. Depuis le début du mouvement des « gilets jaunes » en novembre 2018, celle qui a délaissé le journalisme et le militantisme anticapitaliste et écologiste pour la littérature, avec son premier roman, La Cote 400 (Les Allusifs, 2010), entend leurs revendications. Le samedi, elle participe à quelques « actes » à Lyon. Le bilan des blessés provoque en elle effroi et colère, et la pensée que l’histoire connaît une telle accélération qu’il faudrait « arrêter le temps » sur cette violence-là.

    En l’espace de quatre mois, des grenades lancées par les forces de l’ordre lors d’une manifestation des « gilets jaunes » ont arraché une main à cinq hommes. Comment vont-ils ? Dans quelles circonstances ont-ils été mutilés ? Sophie Divry sent la nécessité d’écrire un livre pour « apporter une pièce au dossier », en commençant par recueillir la parole de ceux qu’elle appelle « les cinq ». Ouvrier, artisan, délégué syndical, apprenti ou étudiant dans la région de Bordeaux, de Tours, au Mans ou en Ile-de-France, ils manifestaient avec des amis, des collègues, ou en famille, certains pour la première fois.

    Elle ne s’exprimera que dans la postface

    Sophie Divry hésite. Intellectuelle, citadine, diplômée en journalisme, quelle est sa légitimité dans ce projet ? Très vite, elle règle le problème. Elle va écouter et se taire. Pas une ligne ne sera d’elle. Le livre sera un montage. Elle ne s’exprimera que dans la postface, qui présente « les cinq » tout en précisant le contexte politique, ainsi que la composition des grenades chargées de TNT classées « armes de guerre » qui ont pulvérisé leurs mains. « Ces entretiens que j’ai réalisés, je les adresse collectivement comme un chœur à la communauté des lecteurs. C’est mon livre le plus politique dans le sens où je veux qu’il soit reçu par le citoyen, et non par le lecteur de littérature. Pour moi, il n’y avait pas la place, ni l’espace, ni le temps de la métaphorisation. » De tels propos peuvent surprendre de la part d’une écrivaine qui a témoigné de sa foi en la fiction dans son essai Rouvrir le roman (Notabilia, 2017), puis dans une tribune collective au Monde : « Pour dire notre époque monstrueuse, il faut des romans monstrueux » (3 novembre 2018). Toutefois, elle insiste : nous n’avions pas assez digéré ce qui s’est produit pour en faire des métaphores.

    Elle contacte Gabriel, Sébastien, Antoine, Frédéric et Ayhan, qui ont entre 22 et 53 ans, puis appréhende leurs réactions. Sa chance est de commencer par Antoine Boudinet, le plus politisé des cinq, qui siège aujourd’hui au conseil municipal de Bordeaux. Il lui répond : « Plus on parle de nous, mieux c’est. » Gabriel, qu’elle rencontre d’abord avec sa mère autour d’un café, se montre plus rétif. La seconde finit par prendre le projet à cœur, et s’implique pour convaincre Ayhan, ex-délégué syndical mutilé à Tours, de s’y joindre. Sophie Divry, ancienne journaliste au mensuel La Décroissance, leur fait valider la dizaine de pages de retranscription d’entretiens, effectués entre septembre 2019 et février 2020. Ils apportent des menues corrections, retranchent une expression ici ou là, par pudeur.

    Ensuite commence le travail de montage. A chaque voix correspond une couleur. L’écrivaine les entremêle selon une progression définie avant les entretiens – « Pourquoi je vais à la manifestation », « ça commence bien, puis ça dérape », « qui je suis » – et insère quelques solos. Les paroles s’équilibrent d’elles-mêmes – l’un parle plus aisément de l’aspect juridique, l’autre de sa souffrance psychologique. Lentement se dessine le « portrait cubiste de ce personnage de “gilet jaune” qui s’est fait arracher une main alors qu’il venait demander une augmentation du smic », dit Sophie Divry. Le texte devient parallèlement un document de base, que les « cinq » font lire à leurs proches ou envoient à leur avocat. « Je leur sers à parler, un peu comme un écrivain public », résume-t-elle.

    Tout ce sang, elle ne supporte pas la violence

    Le livre s’attarde longuement sur ce qu’implique la mutilation : la hantise de ne pouvoir payer sa maison, garder sa compagne, couper sa viande, reprendre le travail. La fluidité du montage achoppe cependant sur le passage consacré à l’accident. Cinq explosions et cinq descriptions de mains coupées rassemblées en une seule scène prototypique. Chaque demi-heure, l’autrice s’arrête pour prendre un café. Tout ce sang, elle ne supporte pas la violence. Il lui arrive de s’évanouir au cinéma.

    Après avoir reçu les livres, les manifestants lui ont envoyé des messages – « Vous ne nous avez pas trahis ! », s’exclame l’un d’eux. Le Seuil indique au « Monde des livres » que Cinq mains coupées a suscité l’intérêt de trois théâtres, en suspens à cause de la pandémie de Covid-19. Sophie Divry, qui, en 2017, confiait au Monde se sentir parfois coupable d’avoir « abandonné le terrain » de la politique, considère que son livre est « de l’ordre du devoir accompli » et restera « une source de grande fierté ». Elle peut retourner à la fiction, à son « ampleur » et à sa « poétisation ». Repartir sur Mars.

    CRITIQUE
    Ecouter l’autre

    Réfléchir à la forme hybride du nouveau livre de Sophie Divry ne revient pas à chercher vainement dans quelle catégorie le ranger. Pièce de théâtre, fiction radiophonique, reportage, chronique ? Peu importe. Seule compte la puissante impression de proximité et de dérèglement que produit ce montage de témoignages bruts.

    Souvent, les propos se contredisent et nous voilà perdus. Mais cela nous renvoie à la désorientation des cinq narrateurs venus manifester dans le cadre du mouvement des « gilets jaunes », et qui vont perdre chacun une main, en même temps qu’à ce sentiment collectif de vivre une période anormale où les droits les plus élémentaires, tel celui de manifester, sont remis en question. « Mais le réel change plus vite que nos conceptions mentales, et cet écart nous fait souffrir », affirme l’écrivaine dans sa postface. Il y avait donc matière à inventer.

    Cinq mains coupées est en ce sens une réussite littéraire doublée d’un acte politique et d’une leçon de journalisme. En nous plongeant une année dans la vie de cinq hommes mutilés, le livre nous oblige à écouter l’autre. Pas celui qui a fait de la parole son métier, non. Celle de l’homme de la rue, qui cherche les mots pour qualifier ce qu’il a vécu. « Je ne sais pas comment classer ça. J’avais jamais connu ça. Je ne sais pas dans quoi mettre ça. On ne donne pas de sens à ça », dit le chœur de Cinq mains coupées . Etrangement, cette phrase composite semble nous parler d’aujourd’hui, et nous hante longtemps.

    EXTRAIT

    « Je me rappelle de tout. Je courais en tenant ma main. C’est un “gilet jaune” qui m’attrape par les épaules et qui me dit : “Assois-toi, t’as la main arrachée, tu vas pas aller loin.” C’est ma mère qui m’a assis contre une vitrine, en plein milieu d’une rue. Tout de suite, un “gilet jaune” me prend et m’allonge sur le trottoir. Deux ou trois personnes se sont groupées autour de moi. Ils m’ont enveloppé le moignon avec le drapeau français que j’avais dans l’autre main. Mon frère m’a maintenu la main et puis on a couru, il m’a dit après qu’il sentait mes doigts qui lui coulaient entre ses doigts, dans le mauvais sens. Cinq ou six personnes m’ont soutenu et m’ont déposé dans une petite rue derrière. J’ai tout vu. Je n’ai pas perdu conscience. Je me suis mis au sol, je suis peut-être tombé. Les gens ont fait comme une carapace contre les lacrymos, une haie pour me protéger. Parce que les gaz ont continué, les grenades, les Flash-Ball, les lacrymogènes, c’était non-stop. »
    Cinq mains coupées, pages 29-30

    #livre #montage #répression #violences_d'État #mutilations #police #manifestation

  • Nathalie Quintane : « Il faut que ça secoue » - CQFD, mensuel de critique et d’expérimentation sociales
    http://cqfd-journal.org/Nathalie-Quintane-Il-faut-que-ca

    « Mais qui a sucé la substance blanche de nos cerveaux à la paille, durant toutes ces années ? »
    (Nathalie Quintane, un Œil en moins )

    Quand le réel nous nasse, il faut le désosser, s’en faire une paire de masses et s’en aller fracasser des portes dérobées. Pour ça, la #poésie peut aider. Pas toujours, mais ça se tente. La preuve avec la poète Nathalie Quintane, fichtrement vivante, et la mémoire de Nanni Balestrini, disparu en 2019.

    Les mots de Nathalie Quintane et Nanni Balestrini portent haut un imaginaire poétique de lutte collective et de révolte politique. Du second, poète italien, militant de l’autonomie ouvrière et cofondateur de l’organisation Potere Operaio [1], les éditions La Tempête viennent de publier Chaosmogonie , un recueil inédit. Nathalie Quintane en a écrit l’introduction. L’occasion d’évoquer en sa compagnie cet agitateur intense de la poésie contemporaine et de parler de son œuvre à elle, féroce et grinçante, ludique et singulière.

    Quelle place tient l’œuvre de Balestrini dans votre vie, de lectrice et d’auteure ?

    « Balestrini c’est d’abord un nom, lointain. Je savais qu’il venait dans les festivals de poésie, à Marseille notamment. Il était en exil, avait quitté l’Italie clandestinement. Son travail je l’ai découvert assez tard, en travaillant sur Chaosmogonie, et j’ai alors lu ce qui avait été publié en France, à commencer par son “roman”, Nous voulons tout [Entremonde, pdf du texte du livre https://entremonde.net/nous-voulons-tout ]. Un #récit basé sur un long entretien avec un ouvrier du Sud de l’Italie, au début des années 1970. Il y raconte en courts paragraphes la trajectoire de cet homme, venu à Milan pour travailler en usine, ainsi que son engagement militant… Aujourd’hui encore, ça reste un #livre incroyable à lire. Puis je me suis plongée dans ses écrits poétiques qui sont des documents essentiels pour comprendre “les années d’or”. Si je préfère cette expression au classique “années de plomb”, c’est parce que Balestrini a participé à La Horde d’or , une somme géniale sur les années de l’autonomie italienne [l’Éclat, pdf en ligne http://ordadoro.info]. C’est un montage de documents, d’extraits de tracts, etc. Personnellement, ces écrits me donnent une putain d’énergie ! On sait qu’ils ont eu des phases de désespoir intense dans ce mouvement, Balestrini n’en a pas fait mystère et c’est ce qui est remarquable chez lui : ses textes retranscrivent ces moments tragiques, la fin brutale, puis il se dit “Oh mais c’est pas grave !”, et il repart. Il y a toujours un moment de reprise chez lui – on n’a jamais le sentiment qu’il tombe dans l’impasse. C’est pour cette raison qu’il a été important pour moi dans ces dernières années, où tout est un peu grave, pour le dire pudiquement… Dans ces moments où il ne faut pas baisser les bras, Balestrini et son travail incarnent une relance, un modèle de vie, pas seulement d’écriture. »

    Balestrini écrit que « la poésie doit être une opposition »...

    « Il pose cette phrase au début de son travail, très jeune, et c’est une ligne directrice qu’il ne lâchera jamais. Cette opposition n’est pas seulement politique, c’est un rejet global du statu quo sous toutes ses formes – dans la société, dans l’art, dans la littérature. La culture, toujours empreinte de morale bourgeoise, pèse dans ce statu quo, si bien que lorsque Balestrini entame son travail, en essayant de bouger les formes, pour lui la poésie doit être une opposition dans le fond et dans la forme. Il faut que ça secoue : ce qui est dit et la manière dont c’est dit. »

    La poésie de Balestrini relève du montage. Comment décrire ce processus ?

    « D’autres écrivains l’ont fait avant lui, William Burroughs par exemple, chez qui la visée politique était très claire. Le montage poétique, dans lequel s’inscrit Balestrini, c’est la retranscription. On emprunte, on recopie, puis on coupe, on associe, on répète. (...)

    #politique #culture #Nathalie_Quintane #Nanni_Balestrini #montage

  • CORONA EXPÉRIENCE - Ciné tract - Cerveaux Non Disponibles
    https://www.youtube.com/watch?v=VcndGgZM9cc

    Ciné tract. « Cette fois, c’est la fin. La pente devient raide et la charge lourde pour une vieille rationalité. C’est bien plus qu’elle ne peut porter. On va quand même l’aider à détoner une dernière fois. »

    Un essai #vidéo insurrectionnaliste plutôt bien foutu (excellent usage de la culture commune avec des bouts de films frankaoui vus et revus à la tévé, entre autre). Pour ce qui est de la comprenette, plus que de la générosité, ça exige de l’indulgence, comme disait la papauté. On y lit un panneau affirmant que la rationalité capitaliste « a contaminé la propriété puis la valeur ». C’est digne du cercle des jeunes dirigeants (Attac oserait pas). Faut lire propriété commune ? collective ? Valeur d’échange contre valeur d’usage ? Valeur d’échange contre toute création de valeurs ? No comprendo . Ça largue de bien haut toute critique de l’économie politique, c’est ballot.

    #lejourdaprès #montage #insurrectionnalisme #catastrophisme #Cerveaux_Non_Disponibles (comme disait le vilain Sigmund, vérité du mot d’esprit)

  • Affaire Benalla : petits #montages et gros #mensonges | Reportages | Là-bas si j’y suis
    https://la-bas.org/la-bas-magazine/reportages/affaire-benalla-petits-montages-et-gros-mensonges

    Là-bas si j’y suis révèle aujourd’hui des vidéos exclusives qui font la lumière sur les étranges méthodes d’Ismaël Emelien, ex-conseiller du Président de la République et chargé de la cellule de riposte de l’Élysée au moment de l’affaire Benalla. Alors que le clan au pouvoir ne cesse d’accuser les « populistes » de toutes les turpitudes, on va voir que ces vaillants procureurs sont largement en tête dans la fabrication des #fake-news...

    Le journal Le Monde publiait vendredi 29 mars 2019 un article intitulé « Comment l’Élysée aurait fait diffuser un montage vidéo trompeur pour tenter d’excuser Alexandre Benalla ».
    #Là-bas si j’y suis qui travaillait sur la question depuis plusieurs semaines, apporte aujourd’hui des documents exclusifs et des éléments supplémentaires.

    Tout le monde a en tête la scène de cet homme déguisé en policier frappant un jeune homme place de la #Contrescarpe à Paris le #1er_mai 2018. C’est cette fameuse séquence filmée à l’époque par notre journaliste #Taha_Bouhafs, qui permet deux mois et demi plus tard au journal Le Monde d’identifier le proche collaborateur d’Emmanuel Macron, Alexandre #Benalla. Nous sommes le 18 juillet 2018 au soir et ce qui deviendra « l’Affaire Benalla » vient d’éclater.

    La cellule riposte de l’Élysée, chapeautée à l’époque par Ismaël Emelien, organise alors la communication de crise du Palais. Dans le cadre de cette opération de déminage, c’est donc Ismaël Emelien, 31 ans, tête « pensante » de la macronie, qui se charge directement d’échafauder « le contre-feu » médiatique. Il fait alors diffuser une vidéo comportant deux séquences par un compte anonyme sur Twitter (@FrenchPolitic) détenu par Pierre LeTexier, responsable de la communication numérique d’En Marche, qui a admis face aux enquêteurs avoir propagé la « riposte » sous anonymat.

    [...]

    La passion du mensonge, des fake news et du montage fallacieux est décidément un art très partagé, mais pas toujours bien maîtrisé en #Macronie. À l’heure de la République « exemplaire » d’Emmanuel Macron où les fake news sont érigées en ennemi de la démocratie, Ismaël Emelien nous rappelle récemment sur France Inter que la manipulation et les mensonges sont l’apanage des « #populistes », que les « #progressistes » ont pour mission de combattre.

    – Les populistes... ils utilisent, et c’est factuel de dire cela, des #fake_news, beaucoup de techniques de manipulation, pour tenter de canaliser les sentiments de leurs électeurs vers des sujets qui n’ont rien à voir avec les vrais sujets qui sont importants pour le destin du pays., Ismaël Emelien sur France Inter le 26 mars 2019.

    Force est de constater qu’#Ismaël_Emelien tombe sous sa propre définition du #populisme.

  • Masculine Decoys by Ryan Arthurs

    My work in progress, Masculine Decoys, consists of portraits of Navy sailors silkscreened with decorative floral patterns. These patterns act as a form of camouflage, concealing the decoys with a lattice of navy blue flowers. The silkscreens also incorporate designs from naval signal flags and pennants, an alphanumeric code that was used to create unique visual communications. Even in the days of radio and satellite communication the U.S., Navy relied on alphanumeric signal flags and pennants for visual signaling; these signal flags allowed vessels to communicate while maintaining radio silence.

    https://www.inthein-between.com/masculine-decoys-ryan-arthurs

    #montage #photographie

  • Media Composer - First: Free and finally shipping after all these years by Scott Simmons - ProVideo Coalition
    https://www.provideocoalition.com/media-composer-first-free-and-finally-shipping-after-all-these-ye

    UPDATE: You CAN do 1080 (it’s always good to RTFM first!)

    Media Composer | First has been talked about for years but at last it has dropped! Avid has finally released their free and feature-limited version of the industry’s flagship NLE: Media Composer | First. While this has been a long time coming (first announced in 2015) it’s important to note that feature-limited doesn’t mean it’s lacking functionality and isn’t capable of doing real work. The heart of Avid Media Composer is here and while there are limitations make no mistake; this is a real version of Media Composer running on your Mac or PC … for free. Get ProTools | First and you’ve got a whole free suite right on your computer.

    For the most part, all the stuff that is in Avid Media Composer comes across with a few less settings here, a few less options there. Avid has a handy comparison chart that will show the differences between First and the full version. It’s worth noting that apparently you cannot have both regular Media Composer and Media Composer | First installed on the same system. That’s probably because Media Composer | First is what appears to be a full install of Media Composer with some stuff just turned off or limited a bit here and there. You also have to register for a free Avid account to download.
    ...
    What is missing?

    Very little. Very very little. If you were expecting a really dumbed-down version of Media Composer you’ll be disappointed as dumbed-down it is not. It seems to limit exporting and output to 720 which I think is a mistake. I mean does Avid really think they’ll sell that many less full Media Composer licenses if they let MC | First export a 1080 H264? I doubt it.

    “most of the god stuff and all of the frustration.” That’s a GREAT way to put it!

    #vidéo #film #montage #production

  • Quelques mots sur Blade II dont j’avais déjà parlé : https://seenthis.net/messages/353330*

    En fait je l’ai revu hier soir. Il est toujours aussi bien. C’est du film haribo, on peut s’en goinfrer toute la journée et plusieurs fois par jour, ça passe. Je vous jure ! Essayez !
    *Sur l’action et particulièrement les films d’actions d’aujourd’hui.

    Le cinéma c’est voir et entendre, entendre et voir @intempestive .
    Dans l’idée d’un film d’action que doit-on percevoir ? Et sentir ? on doit voir et entendre l’action. Et peut-être du coup laisser le cinéma faire son tour de passe-passe projection-identification-répulsion.
    C’est à dire encore à peu près, ne pas essayer de prendre le spectateur, le secouer dans tous les sens devant un écran super géant et sur-découper à mort (et toujours en vain) les scènes d’action en imaginant qu’il va s’agir de faire VIVRE l’action au sens le plus plat du terme. Faire ceci c’est vraiment avoir une piètre idée du cinéma. C’est vraiment faire du visuel au sens le plus vide et communicationnel du terme.
    Et Guillermo ne fait pas ça, c’est ça qui est très bien. C’est sûre pour des amis de mes parents ça semblera sur-découpé mais ils n’ont pas vu les Jason Bourne. Il y a vraiment pire !
    On pourrait dire qu’un combat va vite et, pour bien le filmer, il ne faut pas tenter de faire ressentir cette vitesse, il faut s’attacher à placer méticuleusement la caméra pour saisir l’action des corps. Si un combat va vite et qu’on veut saisir bien chaque geste, évidemment, le montage ira vite.
    Mais ce n’est pas la vitesse du montage qui créera l’action. Et ça, Blade II l’a compris.

    Une réflexion sur le sexisme dans les films
    Je me disais ça à propos de nos derniers échanges.
    Je pense qu’il est risqué de faire un film où quelques personnages mettent en jeu la sexualité. ça doit être extrêmement dur de ne pas se faire, dans ce cas, épingler par quelques-uns et quelques-unes d’entre nous.
    Ce que je veux dire c’est qu’énormément de films hollywoodiens sont étiquetés sous le label ne-parle-pas-de-ça. Blade II par exemple, parle de la filiation, du rapport au père mais c’est un putain de gros film d’action et pareil pour des milliers d’autres films. Pourtant je ne suis pas loin d’affirmer que le simple fait d’être un film de studio américain et de ne traiter aucunement des questions de sexualité, de culture du viol et de féminisme n’empêche pas d’être tout à fait diffuseur de cette culture du viol. « Ca n’empêche pas » et même, est-ce que ça ne cautionnerait pas carrément ?
    #action #montage #découpage #culture_du_viol #sexualité #féminisme @mad_meg @aude_v

  • Mon film préféré


    Le fond de l’air est rouge, Chris Marker, 1977 réédité et remonté en 2003
    J’avais 20 ans quand je l’ai vu, j’étais en fac de mathématiques et militant aux jeunesses communistes révolutionnaires. J’ai aimé regarder dans ce miroir qu’était ce film et je constatais que je ne comprenais par le quart des images qui sont dedans.
    Aujourd’hui j’en comprend un peu plus. Et surtout depuis j’ai un peu étudié le cinéma. Alors j’aime encore me plonger dans cette pensée en images, ce montage qui pense.
    Aujourd’hui j’en comprends un peu plus mais vraiment pas beaucoup. Il fait exprès Chris. Il n’est pas historien ni journaliste, ce n’est pas rotman qui nous fait générations. Non, lui il est d’abord monteur génial. Des images du monde entier s’enchainent sur des temps différents et parfois il constate que ce sont les mêmes.
    Je conseille tout particulièrement les 5 premières minutes de ce film de 3h. C’est vraiment du grand art.
    Et le texte... Et les voix... Non vraiment, je ne sais pas comment en parler alors je ferme ma gueule.
    Ah bah non bah en fait je l’ai trouvé le début du film et pour allociné sa s’appelle bande annonce. Alors voilà : décrivez-moi ce que ça vous fait en regardant celle-ci s’il vous plait.
    http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19538859&cfilm=3620.html
    #le_fond_de_l'air_est_rouge #chris_marker #1977 #2003 #documentaire #cinéma #montage #révolution #années_60 #années_70 #communisme #socialisme #che_guevara #salvador_allende #cuba #chili #paris #mai_68 #prague #critique_a_2_balles #pas_viol

  • [video] (courte) - Je n’invente rien, je redécouvre. https://vimeo.com/166586911


    Montage parallèle d’images d’archives, travail de création et de réflexion à but non-lucratif, l’auteur ne détient pas les droits des images de ce film.

    Réalisation : Damien Gurzynski
    Aide aux recherches : Remy Fay

    Toutes les sources utilisées sont mentionnées ci-après :
    « Le fond de l’air est rouge » - Chris Marker
    boutique.arte.tv/f5756-fond_de_l_air_est_rouge

    « [SHORTCUT] LOI TRAVAIL 31/03/2016 : MANIFESTATION À NANTES » - Taranis News
    youtube.com/watch ?v=JSCFvJhwfMU

    « ÉTAT D’URGENCE QUELLES VIOLENCES POLICIÈRES EN MANIFESTATION » - Taranis News
    youtube.com/watch ?v=bgUePjHDBmE

    « RIOT (MARS/AVRIL 2016) » - Taranis News
    youtube.com/watch ?v=3-aGBmRCdXo

    « RENNES : LA BATAILLE POUR LE CENTRE-VILLE (PART 5 : MANIF 12/5/2016) » - Taranis News
    youtube.com/watch ?v=EpCfuLb6bF8

    "LOI TRAVAIL 28/4/2016 • PARIS : « QUI SÈME LE GAZ RÉCOLTE LE PAVÉ »" - Taranis News
    youtube.com/watch ?v=T8DW-Jo5qUQ

    « [FETE DU TRAVAIL] PARIS : L’ÉMEUTE DU 1ER MAI » - Taranis News
    youtube.com/watch ?v=umUH052Q7J0

    « On ne sait jamais ce qu’on filme, un film de Matthieu Bareyre et Thibaut Dufait » - Matthieu Bareyre
    youtube.com/watch ?v=geKfJw9AaRM

    « Des échauffourés place de République à la veille de l’ouverture officielle de la COP21 » - Euronews
    youtube.com/watch ?v=-UpUMAsYUcw

    « [31/03] Loi travail : Utilisation de canons à eau contre les manifestants » - Nantes : Manifestations
    youtube.com/watch ?v=X2hBp7PM9cM

    « Manifestation offensive contre la Loi Travail - Paris - 28/04/16 » - Street Politics
    youtube.com/watch ?v=dlJ23-5hNkk

    « Manif du 1er Mai 2016 - l’affrontement jusqu’à Nation - Paris » - Street Politics
    youtube.com/watch ?v=2tCUxU7bQsE

    « Répression, barricades et affrontements avec la police ‪#‎LoiTravail‬ Paris - 05/04/16 » - Street Politics
    youtube.com/watch ?v=bNIYGU9Ltrc

    « Nuit debout 5 avril Prise de parole AG » - jolysable
    youtube.com/watch ?v=2sKfEHqW2ek

    « 28/04/16 Situation explosive Paris place de la nation crs / casseurs GAZ au rdv » - sebabass
    youtube.com/watch ?v=U181NZOpmK8

    "Cazeneuve dénonce « l’outrance » de l’opposition au sujet des débordements place de la République" - BFMTV
    youtube.com/watch ?v=8fAxMl56tEA

    « Loi travail : Cazeneuve condamnes les violences » - AFP
    youtube.com/watch ?v=ljXGT76yVno

  • http://s3.amazonaws.com/auteurs_production/post_images/16855/2.jpg?1407224199

    Mais quand finira ce mois de janvier, véritable hiver chaud, et qui emporte tout sur son passage, Jacques Rivette vient grossir les rangs de l’hécatombe.

    « l’homme qui décide à ce moment de faire un travelling-avant pour recadrer le cadavre en contre-plongée, en prenant soin d’inscrire exactement la main levée dans un angle de son cadrage final, cet homme n’a droit qu’au plus profond mépris ».

    Jaques Rivette à propos de Kapo de Gilles Pontecorvo

    http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2016/01/29/le-realisateur-jacques-rivette-est-mort_4856051_3382.html#czDqQkllzsWUq0Rr.9

    J’en viens à me demander, si ce n’est pas, aussi, une manifestation de mon âge avancé, plus je viellis et plus les figures tutélaires de la jeunesse, et de l’âge adulte, sont elles-mêmes proches du terme. Sale temps.

    • Gillo Pontecorvo, l’auteur de la très estimable Bataille d’Alger et dont tu notes ici que Rivette lui avait signifié son profond mépris, est mort en 2006. L’hiver de la mort commence à notre naissance.

    • Personnellement tu auras compris que j’ai du mal avec un auteur qui prend des airs supérieurs et parle de son profond mépris (expression on ne peut plus bateau). Mais ça devait être dans ces années où les mao et les situ faisaient office de modérés dans l’espace intellectuel — c’est pardonnable. N’ayant pas vu Kapo je n’ai pas d’avis sur la cause (et ne cherche pas à en avoir).

    • Mais ça devait être dans ces années où les mao et les situ faisaient office de modérés dans l’espace intellectuel

      L’âge d’or.

      Je ne t’encourage pas à télécharger Kapo , c’est plutôt un très mauvais film et on ne peut que trouver fort juste le commentaire de Rivette sur le sujet et lui être reconnaissant (presque) d’avoir douché prospectivement bien des véléités futures de faire de la fiction cinématographique dans les camps. Cette prophylaxie aura duré assez longtemps finalement, et on voit bien, notamment avec le Fils de Saul , qu’une digue est le point de lâcher.

      Pour le ton que tu dénonces, c’est sans doute ce qui m’a longtemps tenu éloigné des Cahiers du cinéma , cycliquement, j’y retourne, puis je m’en détourne, puis j’y retourne, ça fait plus de trente ans que cela dure je crois.

      Et sinon ce que j’aurais voulu mettre pour ce billet (mais je ne peux pas de cet ordinateur), cela aurait été une scène de la Belle Noiseuse ou de Jeanne la Pucelle ou Secret Défense

    • @unagi Le problème, toujours le même, celui de la fiction en camp de concentration.

      Et dans Kapo , effectivement, comme le notait Rivette avec ette attaque très dure à propos d’un certain travelling (au point que ce soit un des travellings les plus célèbres du cinéma), l’esthétisation. Mais c’est dit très vite de ma part et mon souvenir de Kapo doit bien dater d’une vingtaine d’années et je commence sérieusement à me méfier de mes lectures et autres de cette époque tellement lointaine.

    • Merci ! En cherchant je tombe sur une critique qui au contraire de celle de Rivette ne polémique pas sur le travelling mais enterre le scénario, scénario de l’abomination. Entre autres chose.
      http://www.dvdclassik.com/critique/kapo-pontecorvo
      "Car paradoxalement, et Rivette n’en parle pas (Daney encore moins, qui n’a pas vu le film), le film pêche en fait ailleurs, via des procédés bien moins raisonnables que ce simple travelling, faux procès choisi pour l’exemple...

      Après un pré-générique d’une concision glaçante et qui plonge dans l’horreur des camps en cinq minutes terrifiantes, le scénario (pourtant d’une sobriété notable dans son premier tiers) s’enfonce peu à peu dans le mélo bas de gamme, avec l’arrivée dans le camp de prisonniers russes. Les rouages scénaristiques se grippent, et la romance (pas forcément invraisemblable pour autant) édulcore à ses dépends une œuvre jusqu’alors éprouvante et accomplie. Pontecorvo se brouilla un temps avec son scénariste, Franco Solinas, initiateur de ce virage à l’eau de rose qui plût tant aux producteurs italiens qu’ils l’imposèrent au final. Faute de goût majeure, la bluette entame sérieusement le crédit du film.

      En cause aussi, la psychologie d’Edith/Nicole, pourtant campée par une très convaincante Susan Strasberg - fille du célèbre professeur d’art dramatique Lee Strasberg, remarquée pour sa composition d’Anne Franck sur les planches. Jeune juive qui se fait passer pour une prisonnière de droit commun afin d’échapper à la mort, son accession au rang de Kapo semble par trop mécanique, éludant les implications forcément déstabilisantes de cette « promotion » : jamais Edith ne semble vraiment ébranlée par les conséquences de sa nomination, d’ailleurs habilement dissimulée derrière une ellipse grossière.

      Enfin, acoquinée avec un SS, la jeune femme trouvera une rédemption dans un final trop pompeux pour être honnête : on crie haro sur la mise en scène de Pontecorvo, plutôt retenue, quand c’est le script conformiste et racoleur de Solinas qui gangrène finalement le projet. Mise en scène estimable, scénario regrettable : Kapo est un film bancal, sur un sujet qui ne saurait souffrir aucun égarement
      "
      Pour finir, je suis toujours très mal à l’aise avec Nuit et Brouillard et son absence de représentation des camps, l’absence d’image étant l’absence des juifs au coeur de la solution finale.

    • À vos CB....
      “Out 1”, de Jacques Rivette, en dvd
      http://www.telerama.fr/cinema/out-1-de-jacques-rivette-quand-la-nouvelle-vague-etait-en-roue-libre,134457

      Radical, fou, mais surtout invisible depuis vingt ans, le film-fleuve de Jacques Rivette sort enfin en salles et en coffret DVD-Blu-ray. Avec Michael Lonsdale et Jean-Pierre Léaud exaltés, Bulle Ogier et Bernadette Lafont terrifiées.
      C’est le film monstre de la Nouvelle vague. Par sa durée au-delà de toutes les normes – près de douze heures et quarante minutes, de quoi effrayer le propriétaire de salles le plus téméraire. Et par son principe de réalisation, un recours radical, jusqu’au-boutiste, à l’improvision, qui fait de Out 1 un projet unique, « jamais fait avant, et qui ne sera jamais fait après », selon le chef-opérateur Pierre-William Glenn, l’un des artisans de cette folle aventure. Jamais exploité en salles dans sa version intégrale, projeté à de trop rares occasions dans une poignée de festivals au profit de quelques happy few, invisible depuis vingt-trois ans et sa diffusion en huit parties sur La Sept-Arte, le film le plus secret et le plus légendaire de Jacques Rivette revit aujourd’hui en salles, en VOD et dans un somptueux coffret DVD et Blu-ray grâce à la restauration entreprise par Carlotta Films. Retour sur la genèse d’une œuvre culte, en laquelle Eric Rohmer voyait rien moins qu’« un monument capital de l’histoire du cinéma moderne ».

    • Pornographie du « réalisme », esthétisation sans frein ni scrupule, Rivette disait fort bien les raisons pour lesquelles il n’est même pas souhaitable de voir Kapo.

      « Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est difficile, lorsqu’on entreprend un film sur un tel sujet (les camps de concentration), de ne pas se poser certaines questions préalables ; mais tout se passe comme si, par incohérence, sottises ou lâcheté, Pontecorvo avait résolument négligé de se les poser.

      Par exemple, celle du réalisme : pour de multiples raisons, faciles à comprendre, le réalisme absolu, ou ce qui peut en tenir lieu au cinéma, est ici impossible ; toute tentative dans cette direction est nécessairement inachevée (« donc immorale »), tout essai de reconstitution ou de maquillage dérisoire et grotesque, toute approche traditionnelle du « spectacle » relève du voyeurisme et de la pornographie. Le metteur en scène est tenu d’affadir, pour que ce qu’il ose présenter comme la « réalité » soit physiquement supportable par le spectateur, qui ne peut ensuite que conclure, peut-être inconsciemment, que, bien sûr, c’était pénible, ces Allemands quels sauvages, mais somme toute pas intolérable, et qu’en étant bien sage, avec un peu d’astuce ou de patience, on devait pouvoir s’en tirer. En même temps chacun s’habitue sournoisement à l’horreur, cela rentre peu à peu dans les mœurs, et fera partie bientôt du paysage mental de l’homme moderne ; qui pourra, la prochaine fois, s’étonner ou s’indigner de ce qui aura cessé en effet d’être choquant ?

      C’est ici que l’on comprend que la force de Nuit et Brouillard venait moins des documents que du #montage, de la science avec laquelle les faits bruts, réels, hélas ! étaient offerts au regard, dans un mouvement qui est justement celui de la conscience lucide, et quasi impersonnelle, qui ne peut accepter de comprendre et d’admettre le phénomène. On a pu voir ailleurs des documents plus atroces que ceux retenus par Resnais ; mais à quoi l’homme ne peut-il s’habituer ? Or on ne s’habitue pas à Nuit et Brouillard ; c’est que le cinéaste juge ce qu’il montre, et il est jugé par la façon dont il le montre.

      Autre chose : on a beaucoup cité, à gauche et à droite, et le plus souvent assez sottement, une phrase de Moullet : la morale est affaire de travellings (ou la version de Godard : les travellings sont affaire de morale) ; on a voulu y voir le comble du formalisme, alors qu’on en pourrait plutôt critiquer l’excès « terroriste », pour reprendre la terminologie paulhanienne. Voyez cependant, dans Kapo, le plan où Riva se suicide, en se jetant sur les barbelés électrifiés ; l’homme qui décide, à ce moment, de faire un travelling-avant pour recadrer le cadavre en contre-plongée, en prenant soin d’inscrire exactement la main levée dans un angle de son cadrage final, cet homme n’a droit qu’au plus profond mépris. On nous les casse depuis quelques mois avec les faux problèmes de la forme et du fond, du réalisme et de la féerie, du scénario et de la « misenscène », de l’acteur libre ou dominé et autres balançoires ; disons qu’il se pourrait que tous les sujets naissent libres et égaux en droit ; ce qui compte, c’est le ton, ou l’accent, la nuance, comme on voudra l’appeler – c’est-à-dire le point de vue d’un homme, l’auteur, mal nécessaire, et l’attitude que prend cet homme par rapport à ce qu’il filme, et donc par rapport au monde et à toutes choses : ce qui peut s’exprimer par le choix des situations, la construction de l’intrigue, les dialogues, le jeu des acteurs, ou la pure et simple technique, « indifféremment mais autant ». Il est des choses qui ne doivent être abordées que dans la crainte et le tremblement, la mort en est une, sans doute ; et comment, au moment de filmer une chose aussi mystérieuse ne pas se sentir un imposteur ? Mieux vaudrait en tout cas se poser la question, et inclure cette interrogation, de quelque façon, dans ce que l’on filme ; mais le doute est bien ce dont Pontecorvo et ses pareils sont le plus dépourvus.

      #impersonnel

    • Mon cher @fil Et donc hier soir au ciné-club du Kosmos à Fontenay, j’ai pu voir au cinéma donc la Bataille d’Alger (dont j’avais un souvenir particulièrement flou, le confondant notamment avec d’autres films sur le même sujet). Ben de mon point de vue c’est la même abomination.

      Dramatisation à outrance de certaines scènes avec la musique insupportable d’Enio Moricone, simplifications scénaristiques coupables et le truc assez malhonnête de filmer certaines scènes dans un style documentaire qui plusieurs fois dans le film pourrait laisser à penser (différence de grain, d’éclairage ou encore de développement du film etc...) que des scènes tournées sont des scènes documentaires.

      De mon point de vue, je ne pense pas que la Bataille d’Alger soit si estimable. Ayant revu récemenment Kapo pour me faire une idée plus précise que celle de mon souvenir du fameux travelling , qui n’est, en fait, pas grand chose, mais qui est effectivement abominable, je continue d’être frappé par la vigilance intellectuelle et formelle de Rivette, de son avertissement et finalement, de sa justesse, surtout quand on voit la Bataille d’Alger qui recoure à d’autres procédés mais qui n’en sont pas moins détestables.

      Et une fois de plus se pose la question de la fiction de l’histoire au cinéma. Pour moi il est frappant, par exemple, de constater que Patrick Rotman a réalisé un vrai chef d’oeuvre de documentaire sur le sujet de la guerre d’Algérie, l’Ennnemi intime et qu’il s’est fourvoyé entièrement en écrivant le scénario d’une fiction qui porte le même titre et qui est, elle aussi, une abomination.

  • Je ne mange pas de ce pain-là : Benjamin Péret, poète et (donc) révolutionnaire, un #film de Rémy Ricordeau
    http://lemoinebleu.blogspot.fr/2015/11/peret-par-ricordeau.html

    LE MOINE BLEU : Salut, Rémy. Dis voir, comment en es-tu venu personnellement à croiser le chemin de 
Benjamin Péret : une appétence pour le surréalisme, la poésie, la 
révolution ? Quand et pourquoi son parcours t’a-t-il, à ce 
point, paru digne de s’y intéresser ?

    RÉMY RICORDEAU : Comment, adolescent révolté, aurais-je pu ne pas rencontrer le #surréalisme, la poésie et la #révolution ? C’est par un recueil de textes d’Arthur Cravan, Jacques Vaché et Jacques Rigaut publié dans les années 70 et intitulé Trois suicidés de la société que j’ai d’abord découvert le lien qui existe entre la révolte et la poésie (c’est seulement après que dans le même esprit j’ai découvert Lautréamont, Rimbaud ou les romantiques allemands). De la génération dadaïste à l’origine du surréalisme, Péret m’a toujours semblé avoir été le plus fidèle à la #révolte qui avait fondé dans sa jeunesse ses engagements poétiques autant que politiques. Son parcours m’a intéressé parce qu’en énonçant cette évidence selon laquelle le poète ne pouvait qu’être révolutionnaire tout en refusant toute poésie « politique » de circonstance, il a contribué (avec d’autres, sans doute, mais de manière plus conséquente dans sa vie même) à mettre en avant cette nécessité selon laquelle le révolutionnaire ne pouvait de son côté qu’être poète, c’est à dire qu’il ne pouvait que mettre la poésie, au sens le plus large du terme, au centre de tout projet révolutionnaire de transformation sociale du monde. Cette idée qui rompt avec une conception strictement « économiciste » de l’#émancipation sociale, peut sembler banale aujourd’hui, mais elle est peut-être la plus subversive qui ait émergé au cours du siècle précédent. Et elle a été d’autant plus subversive qu’elle a eu pour conséquence de ne pas remettre « la révolution » à une réalisation ultérieure issue d’un mouvement social messianique, mais à créer une vision du monde incarnée en l’associant #ici_et_maintenant à une appétence poétique pour la vie. Cette conception vitaliste de l’émancipation humaine est toujours à mes yeux d’une extrême pertinence. C’est d’ailleurs le sens que j’ai voulu donner à la conclusion de mon film.


    un bref extrait :

    https://www.youtube.com/watch?v=_ps8UyYQUwE

    Benjamin Péret

    Le déshonneur des poètes, Benjamin Péret, février 1945
    https://www.marxists.org/francais/peret/works/1945/02/poetes.htm

    Les guerres comme celle que nous subissons ne sont possibles qu’à la faveur d’une conjonction de toutes les forces de régression et signifient, entre autre choses, un arrêt de l’essor culturel mis en échec par ces forces de régression que la culture menaçait. Ceci est trop évident pour qu’il soit nécessaire d’insister. De cette défaite momentanée de la culture découle fatalement un triomphe de l’esprit de #réaction, et, d’abord, de l’#obscurantisme_religieux, couronnement nécessaire de toutes les réactions. Il faudrait remonter très loin dans l’histoire pour trouver une époque où Dieu, le Tout-Puissant, la Providence, etc., ont été aussi fréquemment invoqués par les chefs d’Etat ou à leur bénéfice. Churchill ne prononce presque aucun discours sans s’assurer de sa protection, Roosevelt en fait autant, de Gaulle se place sous l’égide de la croix de Lorraine, Hitler invoque chaque jour la Providence et les métropolites de toute espèce remercient, matin et soir, le Seigneur du bienfait stalinien. Loin d’être de leur part une manifestation insolite, leur attitude consacre un mouvement général de régression en même temps qu’elle montre leur panique. Pendant la guerre précédente, les curés de France déclaraient solennellement que Dieu n’était pas allemand, cependant que, de l’autre côté du Rhin, leurs congénères réclamaient pour lui la nationalité germanique et jamais les églises de France, par exemple, n’ont connu autant de fidèles que depuis le début des présentes hostilités.

    D’où vient cette renaissance du fidéisme ? D’abord du désespoir engendré par la guerre et de la misère générale : l’homme ne voit plus aucune issue sur la terre à son horrible situation ou ne la voit pas encore et cherche dans un ciel fabuleux une consolation de ses maux matériels que la guerre a aggravés dans des proportions inouïes. Cependant, à l’époque instable appelée paix, les conditions matérielles de l’humanité, qui avaient suscité la consolante illusion religieuse, subsistaient bien qu’atténuées et réclamaient impérieusement une satisfaction. La société présidait à la lente dissolution du mythe religieux sans rien pouvoir lui substituer hormis des saccharines civiques : patrie ou chef.

    #Benjamin_Péret #montage #écriture_automatique

  • Intérimaires chez PSA
    http://www.lalsace.fr/haut-rhin/2015/11/03/interimaires-chez-psa

    La mise en place d’une nouvelle équipe, le week-end à partir du 5 décembre, a obligé PSA Peugeot-Citroën à recruter 650 #intérimaires depuis la mi-septembre. Après avoir découvert comment les agences d’intérimaires travaillaient (notre édition du 7 octobre), nous suivons aujourd’hui Medhi et Aurélie, intégrés à l’usine de montage.

    Les deux intérimaires que nous rencontrons ont peu ou prou le même profil. 30 ans pour Aurélie Faria d’Altkirch, 28 pour Medhi Merchi, le Mulhousien. Ils font partie des premières vagues de recrutement et sont tous les deux en contrat avec l’agence Manpower, via une Action de formation préalable au recrutement (#AFPR) de #Pôle_emploi.

    Avant d’arriver sur le site de la Hardt début septembre, Aurélie était au #chômage et Medhi travaillait seulement à mi-temps, dans le bâtiment. « Je crois qu’avant de venir ici, j’ai tout fait. J’ai été en caisse, j’ai travaillé dans la vente, en périscolaire, dans la plasturgie… » , précise la jeune mère de famille du Sundgau. Mehdi était dans le bâtiment. « Mais j’avais déjà travaillé pour PSA il y a une dizaine d’années, également au #montage » , souligne-t-il. La première question tombe tout naturellement : quelles sont les différences entre aujourd’hui et il y a dix ans ? « La #cadence, le speed. C’est clairement plus rapide aujourd’hui… » Aurélie confirme : « C’est vrai qu’au niveau cadence, c’est rapide. On n’a pas le temps de faire quoi que ce soit. » Mehdi travaille à installer le levier de vitesse, la climatisation ou la radio, quand Aurélie est spécialisée sur les éléments de planche de bord, de sécurité…, aussi bien pour la Peugeot 2008 que pour la Citroën C4 ou la DS4. « Ça, c’est bien : il n’y a pas une voiture pareille, ça évite la monotonie » , précise Aurélie.

    Les cadences, c’est speed
    Le montage, c’est évidemment le cœur du site industriel, la plus grosse usine, l’endroit qui va absorber la très grande majorité des 650 intérimaires recrutés. C’est aussi là que le #travail des #opérateurs est jugé le plus difficile. Ici, la chaîne avance, il ne faut pas traîner pour des opérations précises et techniques à réaliser. « Moi, c’est simple, j’ai une minute et huit secondes par voiture » , calcule Mehdi. « Moi, je n’ai pas calculé, mais c’est super rapide… » , explique Aurélie.

    Medhi et Aurélie ont donc suivi le même cursus de formation, un #recrutement par #Manpower via un AFPR. Et aujourd’hui, Medhi souhaite revenir sur cette période. « On a eu une mauvaise information volontaire sur l’AFPR. Il fallait faire vite, recruter beaucoup et on ne nous a pas précisé que, durant les trois semaines de formation, sur le site, on allait continuer à percevoir notre indemnité de Pôle emploi. Pour ceux qui touchaient 2000 € par mois, pas de souci. Mais moi, j’avais 400 €. Comment on fait pour venir travailler tous les jours avec 400 € ? J’ai été obligé de demander une avance… » Aujourd’hui, le #salaire net des intérimaires, « c’est 1200 €, alors qu’on nous avait parlé de 1400 par mois… » Mélange entre le net et le brut, avec ou sans les congés payés ? Là encore, il reste une incompréhension entre des agences obligées de recruter rapidement et certains intérimaires déçus par un manque de clarté de leur employeur.

    L’équipe de week-end
    On connaît l’objectif de la création de cette équipe de week-end qui commencera à fonctionner le samedi 5 décembre, composée par les 650 intérimaires, 25 salariés venus d’autres sites du groupe PSA et 50 personnes du site de Mulhouse. Il faut produire plus, la demande commerciale en particulier pour la Peugeot 2008 étant toujours forte, quand les C4 et DS4 devraient bénéficier d’un regain d’intérêt après leur récent restylage. Actuellement, Medhi et Aurélie travaillent une semaine, de 5 h à 13 h, et la semaine suivante, de 13 h à 20 h 30, cinq jours par semaine.

    À partir du 5 décembre, l’organisation de leur vie va profondément changer, puisque la fameuse équipe du week-end prévue jusqu’aux vacances d’été - son avenir à long terme dépendra du marché - tournera le samedi de 13 h à 1 h du matin et du dimanche 17 h jusqu’au lundi 5 h du matin, soit 22 heures de travail en deux fois 11 heures (payées 35). « Pour mes enfants, c’est vraiment bien. Je serai là la semaine » , explique Aurélie, même si elle sait déjà qu’il faudra faire des efforts, y compris physiquement pour pouvoir tenir le choc. « Quand on débute, on souffre vraiment les premiers jours, mais même aujourd’hui, après deux mois, on a toujours des courbatures, des douleurs, en particulier dans les mains et les bras. »

    Mehdi apprécie également de travailler le week-end, d’avoir sa semaine pour faire autre chose. « J’avais vraiment aimé ma première expérience chez PSA. J’aime l’industrie, même si c’est dur. » Les deux n’osent pas trop se projeter dans l’avenir : ce premier contrat d’intérimaire prendra fin pour eux le 3 avril prochain. L’#intérim, c’est ça aussi : un tremplin et une bouffée d’air quand on est sans emploi, mais l’impossibilité de pouvoir se projeter sur le long terme.

  • Le bloc-note du desordre : La copie d’un premier de la classe corrigée avec impartialité
    http://desordre.net/blog/?debut=2015-10-25#3123

    Mais seras-tu capable de le voir et le comprendre : ton #montage est indigent, il coupe et produit une ellipse chaque fois qu’un malaise s’installe. Ainsi le personnage de Fatima croise au supermarché la mère d’Aurélie dans la même classe que Souad et tu nous ressers le coup du malaise de la bonne Française qui coupe court la conversation (c’est bon on avait déjà compris lors de la première scène dite de la propriétaire qui soudaine n’a pas les clefs pour faire visiter l’appartement, en s’apercevant que les jeunes filles de la collocation sont maghrébines et que la mère porte le foulard), et du coup toi au montage tu coupes court aussi au moment même où ton spectateur pourrait lui aussi se sentir mal à l’aise. Exercice de lecture pour correction, Caché et 71 fragments d’une chronologie sociale du hasard de Michael Haneke, où tu prendras une bonne claque de montage, ou comment ne jamais couper au moment où cela libérerait le spectateur d’une tension. Tu peux aussi regarder du côté de La Loi du marché de Stéhane Brizet, tu verras que question malaise social c’est un peu autre chose que ton #téléfilm, ton émission de télévision.

    Parce qu’elle est là la faute de ton #film, la faute épouvantable et impensée de ton film pour lecteurs de Télérama, c’est un film qui est de leur côté, un film qui doit leur épargner tout malaise, un film que les #bourgeois vont voir au cinéma de quartier (riche) le samedi, un film qui ne risque pas de les agresser, ils y sont même représentés avec une certaine complaisance, on peut même penser que le billet de dix euros dans les poches du jean du garçon comme test de probité est en fait une vraie erreur, non, chez les gens qui font ce genre de test, c’est un billet de cinquante, voire plus, que l’on laisse dépasser d’un tiroir, et il n’y a pas d’erreur possible. Et c’est un film avec une morale de bourgeois : si on travaille on s’en sort. Ben non, des fois cela ne suffit pas.

    #critique qui envoie le bois de @philippe_de_jonckheere

  • Simon Bouisson « Avec "Wei or Die", le spectateur produit les images qu’il regarde »
    http://next.liberation.fr/culture-next/2015/10/27/avec-wei-or-die-le-spectateur-produit-les-images-qu-il-regarde_14091
    http://md1.libe.com/photo/821134-weiordie_master.jpg?modified_at=1445953839&width=750

    Wei or Die, une #fiction_interactive qui plonge l’internaute dans un #week-end_d’intégration (Wei) qui tourne mal. A la manière des films Projet X ou Babysitting, et du principe du found footage, le spectateur remonte le fil des images filmées par les protagonistes afin de comprendre ce qui a pu se passer, en l’occurrence pourquoi un étudiant a été retrouvé mort. A la différence près que, cette fois, c’est l’internaute qui décide de ce qu’il regarde : il prend la place du réalisateur, ou du monteur, et choisit les scènes qu’il souhaite visionner, en passant d’un téléphone ou d’une caméra à un(e) autre.

    pas mal foutu je dois dire — la quasi-totalité des séquences étant à gerber, j’ai eu tendance à zapper le plus vite possible

    #film #interactif #montage ; fait pas mal penser à Spring Breakers http://seenthis.net/messages/357963

  • L’effet K, ou « effet Koulechov »
    http://www.franceculture.fr/blog-grand-ecart-2013-11-01-qu-est-ce-que-l%E2%80%99effet-k-ou-%C2%AB-

    L’effet K, ou « effet Koulechov » du nom de son théoricien, ou encore « expérience Mosjoukine », met en lumière la fonction créatrice du #montage au #cinéma et s’interroge sur le travail de l’acteur. En 1921, le réalisateur russe Lev Koulechov fait une expérience fascinante et novatrice : il choisit un plan de l’acteur vedette de l’époque Ivan Mosjoukine, plan sur lequel le visage de l’acteur est neutre et ne laisse paraître aucun sentiment particulier. Ce plan, il le décline à l’identique trois fois. La première fois, il le fait suivre d’une autre image, celle d’une assiette de soupe. La deuxième fois, le plan est suivi de l’image d’un cercueil dans lequel repose un enfant ; enfin, une femme lascive allongée sur un canapé succède au dernier plan neutre d’Ivan Mosjoukine. La faim, l’affliction et le désir : trois émotions suscitées par les plans en contrechamp de celui de l’acteur.

    https://www.youtube.com/watch?v=grCPqoFwp5k

    Si le film est parvenu jusqu’à nous, la mise en pratique de l’expérience manque de clarté. Comment les trois séquences ont-elles été présentées au public, on ne le sait pas précisément ; ce qui est sûr, c’est qu’à chaque fois, les spectateurs ont loué le jeu parfait de la star russe, alors même que cette dernière a participé involontairement à l’expérience. Avec cette petite manipulation inoffensive, Lev Koulechov démontre la force des images et le pouvoir du montage. Il renvoie au spectateur son propre regard, que celui-ci semble également « réimprimer » sur l’acteur, le chargeant de sentiments qui ne sont pas les siens. Test peu flatteur pour l’acteur, l’histoire ne dit pas si celui-ci en a voulu au réalisateur.

    • Dans les commentaires de la vidéo, Kommond détaille le procédé qui, selon lui, consistait à montrer un seul film à un groupe de spectateur, chacun des groupe interrogé ensuite qualifiant le jeu de l’acteur en fonction de l’image associée.

      el experimento de Kuleshov no era ponerle a alguien los tres seguidos y ver si les veía distintas caras. Lo que pasaba es que a un grupo (A) le pasaba una, a un grupo (B) le pasaba otra y a otro grupo (C) le pasaba la restante, por separado a todos. Y al preguntar a cada grupo cada uno decía un emoción relacionada con el contexto, ninguno decía «serio» o «de nada». El efecto desaparece si lo ves tan seguido ;)

      Effectivement si on regarde les trois films à la suite l’effet est anéanti.

    • and thus the holistic power of editing : what we see in each shot is less significant than the meanings and emotions which arise out of the editing together of the shots.

      now, could there be any relevance between kuleshov, and the ways our media landscapes are shaped today ?

      think about it next time you watch some news coverage.