« Les sacs compostables, c’est une fausse bonne idée »
Outils pour encourager la participation citoyenne à la gestion des déchets, les sacs de plastique dits compostables s’avèrent être un fardeau pour les centres de traitement des matières organiques.
Faites-vous partie de ceux qui s’efforcent de bien faire le tri de vos matières organiques ? Si vous utilisez des sacs en plastique dits compostables, sachez qu’ils ne se décomposent pas dans le processus de compostage de la Ville de #Montréal. Une situation qui force les centres de traitement des matières organiques de l’île, de même que plusieurs usines du Grand Montréal, à envoyer les sacs reçus à l’enfouissement.
Dans les centres de traitement, une première machine éventre les sacs, avant que vienne le tamisage. C’est à cette étape qu’on sépare la matière putrescible, qui deviendra du compost, des autres matières. Et les sacs de plastique, compostables ou non, se retrouvent côté déchets. Parfois, avec une partie de leur contenu.
Non seulement l’utilisation de sacs de plastique dits compostables nuit à la qualité du compost, mais le temps que prend cette matière pour se désagréger est tellement long que son caractère “compostable” peut faire sourciller.
La seule manière de s’assurer que les matières organiques se retrouvent à l’endroit désiré est de déposer ses résidus alimentaires directement dans le bac brun, bien que cela demande un nettoyage plus fréquent. Il est aussi possible de faire des papillotes de papier journal ou d’utiliser des sacs de papier.
“L’utilisation [du sac de plastique compostable] n’est d’ailleurs pas encouragée par le ministère de l’Environnement dans les sites de compostage ouverts”, indique le directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED), Karel Ménard.
Mais pourquoi la Ville de Montréal – a contrario de la Ville de Laval – n’interdit-elle pas l’utilisation de sacs de plastique dits compostables s’ils terminent leur vie au dépotoir ? Et pourquoi inclut-elle ces sacs dans la liste des contenants acceptés ?
“Tout simplement parce qu’elle veut favoriser la participation citoyenne”, explique l’expert en gestion des déchets.
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“Les sacs de plastique, compostables ou non, représentent environ 50 % des sacs récoltés lors de la cueillette des matières organiques”, souligne-t-elle.
Dits compostables, sans vraiment l’être
Pour être certifié compostable, un article doit se décomposer en moins de 180 jours dans des conditions d’humidité spécifiques.
Or, les usines de compostage n’ont pas le luxe d’attendre six mois avant que toutes les matières reçues soient décomposées, car le processus de fabrication du compost prend environ neuf semaines.
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“C’est du marketing, du " #greenwashing"”
Une étude britannique sur la “dégradation environnementale” de quatre types de sacs de plastique (compostables, biodégradables, oxodégradables ou recyclables) concluait qu’aucun des sacs ne s’était dégradé complètement en trois ans, que ce soit à l’air libre, sous terre, dans l’eau de mer ou en laboratoire.
De quoi remettre en question le caractère compostable de certains sacs.
“Les sacs compostables, c’est une fausse bonne idée. C’est du marketing, du greenwashing, parce que ces sacs ne font pas du tout le travail qu’ils disent faire. C’est un coup d’épée dans l’eau”, martèle M. Ménard.
Contrairement à la croyance populaire, les matières compostables ne peuvent se transformer en fertilisant une fois envoyées à l’enfouissement, car elles n’ont pas l’oxygène nécessaire. Elles émettent plutôt du méthane, un puissant gaz à effet de serre.
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Source : ▻https://ici.radio-canada.ca/info/long-format/2187815/compost-sacs-compostage-enfouissement-montreal
















