• #Kathy_Mandigo (médecine) : Comment j’ai desservi ma clientèle transgenre (repoduit dans l’anthologie Female Erasure )
    http://tradfem.wordpress.com/2019/06/12/comment-jai-desservi-ma-clientele-trangenre

    En faisant mes cartons pour un déménagement, je suis tombée sur un paquet de documents liés à mon travail. Parmi eux se trouvait une carte que j’avais oubliée. Aussitôt ouverte, je me suis souvenue de quoi il s’agissait et de qui me l’avait expédiée. C’était une carte de remerciements d’une de mes patientes transgenres, une lesbienne qui avait « transitionné » en homme, exprimant sa gratitude pour mon aide dans son cheminement pour devenir l’homme qu’elle* ressentait être.

    (*Avant, j’utilisais les pronoms personnels choisis par mes patients ; désormais j’utilise celui qui convient à leur identité biologique)

    J’ai reçu cette patiente dans une clinique pour jeunes (moins de 26 ans) ; elle venait fréquemment accompagnée de sa compagne. Elle avait été déjà vue, évaluée et avait amorcé son traitement à la « Gender Dysphoria Clinic » (clinique de la dysphorie du genre) qui se tenait à l’époque dans un hôpital local. Je n’étais l’initiatrice d’aucun traitement, mais administrais simplement les injections de testostérone qui lui avaient été prescrites.

    J’ai observé ma patiente changer : elle prenait du poids et des muscles, développait une tonalité de voix plus grave et de la pilosité faciale ; elle décrivait également une augmentation du désir sexuel et de l’agressivité. Je me souviens m’être sentie à l’aise du fait que cette patiente paraissait très stable et confiante ; je ne me sentais pas manipulée dans nos interactions, ce qui me permettait d’effectuer ses injections en tout confort.

    J’ai vu cette patiente vers le milieu ou la fin de l’année 1990, je ne me rappelle plus exactement, et pour autant que je m’en souvienne, c’était la première patiente transgenre que je rencontrais. J’avais alors un peu moins de dix ans de pratique médicale, et on ne m’avait jamais rien appris sur le transgenrisme en école de médecine. J’étais jeune, naïve, et j’avais foi en la science. Or il n’y existait pas de corpus scientifique au sujet des enjeux transgenre, qu’étais-je censée faire ?

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://radfemrepost.wordpress.com/2015/08/11/kathy2
    #transgenrisme #féminisme #misogynie #sexe_biologique

    • Ce projet pilote ne dura pas longtemps, car il y venait peu de patients hormis cette poignée de patients transgenres mécontents. Peut-être était-ce parce que la clinique ouvrait les lundis après-midi ? Les patients plus équilibrés travaillaient probablement et ne pouvaient pas se rendre à la clinique. Ou bien était-ce parce que la majorité des patients queer arrivaient déjà facilement se procurer les soins qu’ils voulaient ? Quoiqu’il en fût, ces questions n’ont jamais été évoquées afin d’établir s’il s’agissait d’un manque d’accessibilité ou de besoin.

      Au cours des années suivantes et jusqu’à récemment, je n’ai pas vu beaucoup de patients transgenres, et la plupart d’entre eux figuraient surtout parmi la population de malades mentaux et de toxicomanes de notre ville.

      Un jour, une patiente se présenta à mon cabinet privé, une lesbienne qui effectuait une transition vers la masculinité, sous l’égide d’un quelconque spécialiste du genre. (La « Gender Dysphoria Clinic » avait fermé, pour des raisons qui me sont restées inconnues. Je crois que c’est arrivé sous le prétexte rhétorique que tous les médecins doivent prodiguer ce type de soins plutôt que de les reléguer à une clinique spécialisée, mais il y avait sans doute d’autres enjeux politiques. Fait perturbant, la clinique de genre qui l’a remplacée a ouvert dans les locaux de l’hôpital provincial pour enfants.)

      Cette personne est donc venue à mon cabinet en me disant avoir appris que j’étais une excellente doctoresse et que j’étais spécialisée dans les questions de transgenrisme.

      J’ai immédiatement senti qu’on me manipulait avec un énorme cirage de pompes : j’ai dit que ce n’était pas le cas, je n’étais ni une excellente doctoresse, ni spécialiste des problèmes transgenres. J’étais sur la défensive. J’avais l’impression que cette patiente me percevait comme une gouine1, bien que je n’aie rien divulgué ; après de nombreuses visites, cette patiente continuait de m’approcher en copine, avec une attitude démesurément amicale de connivence entre gouines, entre camarades butch, comme si elle oubliait qu’elle se voyait au masculin.

      _____________

      1 N.d.t. : Dyke (slang) : lesbienne d’apparence masculine au sens péjoratif.

      Sans être trans, j’aimerais pas allé consulté chez cette Kathy Mandigo. Elle me fait pensé à un·e gyneco anti-IVG, qui donnerait des consultations au planning familiale.

      #violence_médicale #validisme #toxicophobie #moralisme #transphobie

    • J’ai l’impression que c’est un choix d’écriture, pour neutraliser l’effet « médecin bienveillant » qui laisserait planer des préssuposés. Comme ça, on peut se faire une idée plus factuelle. Mais bon, j’ai forcément des apprioris sur les médecins cools envers les parcours trans.

    • J’en doute sévèrement @sandburg , c’est pas comme si la médecine avait de présupposés bienveillants envers les femmes, les lesbiennes et les trans et je ne croie pas que la #malveillance_médicale que pratique cette médecine, puisse avoir des effets positifs dans le parcours de qui que ce soit, trans, cis ou autres. Car elle ne fait pas que « neutraliser l’effet médecin bienveillant » (qui serait plutot un effet « médecin·es complaisant·es » car la bienveillance dans les soins n’a pas besoin d’être neutralisé), elle montre qu’elle est hostile, agressive, tout en allant chercher ses patient·es (puisqu’elle donne ses consultations en centre spécialisé c’est qu’elle cherche patriculièrement une clientèle trans et donc pour les déservir) et elle porte énormément de jugements de valeur sur les patient·es qui viennent la consulté. Elle les traite de déséquilibrés.

      Les patients plus équilibrés travaillaient probablement et ne pouvaient pas se rendre à la clinique.

      Rien dans ce qu’elle rapporte de ses consultations ne montre une volonté de dialogue ou d’ouverture ni le moindre intérêt pour ces gens et ce qu’illes traversent.

      Si j’allais chez le·a médecin·e, et qu’en plus je choisissait un centre spécialisé trans et queer, je ne voudrais pas de médecine sur la défensive et qui me dise qu’elle « n’étais ni une excellente doctoresse, ni spécialiste des problèmes transgenres. » !! ca serait franchement le malaise et je partirais de la consultation avec encore plus de phobie médicale et de défaut de soins qu’avant d’avoir vu cette Kathy Mandigo malfaisante. Quant elle ajoute «  J’étais sur la défensive. J’avais l’impression que cette patiente me percevait comme une gouine », je voie pas ou est le problème à être perçu comme homosexuelle ou à ce qu’un·e patient·e cherche à atténué son malaise par la familiarité et ici, la traduction atténue le mot choisi car elle ne dit pas « gouine » mais « dyke » qui est une injure lesbophobe. Que cette doctoresse soit lesbienne ne rendrait pas cette injure plus appropriée dans ce texte et contexte.

      Ca m’arrive d’être d’accord avec certains textes traduits par tradfem, mais là franchement cette Kathy Mandigo avec sa pratique de la #nuisance_médicale , je trouve qu’elle crains.

  • #Art_roman et rapports à la #nudité
    #Exhibitionnisme au féminin
    http://jalladeauj.fr/obscenite/page5/page7/page7.html

    Le #christianisme introduit une grande nouveauté en Occident : la transformation de la faute originelle en péché sexuel.
    La femme, objet de la concupiscense masculine, devient dans un monde dominé par les hommes, la principale instigatrice du péché de la chair.
    Concupiscence, luxure, fornication sont devenus peu à peu le triple objet de la réprobation sexuelle des autorités ecclésiastiques.

    Ainsi, l’exhibitionnisme féminin est, pour une part, l’expression d’un #moralisme des clercs par le biais de #contre-modèles, mais, d’autre part, c’est aussi la manifestation d’un héritage antique et le fruit d’une culture populaire.
    La nudité féminine peut être rangée sous plusieurs catégories :
    – l’image de la luxure,
    – la figuration de femmes offrant à la vue de tous leur intimité.

    Stigmatisation de la #luxure

    La femme tétée par des #serpents se rencontre fréquemment dans la sculpture romane. Elle est à saisir comme une représentation délibérément moralisatrice qui entend toucher le fidèle par une forte et choquante personnification du péché de la chair. Pour s’élever l’esprit doit s’efforcer de se libérer des passions charnelles. C’est parce que le discours des clercs met constamment en garde contre les plaisirs du corps que luxure, avarice et gourmandise sont des thèmes souvent abordés dans la statuaire romane.

  • Prostitution : « Les clients qui ont trop parlé durant ces deux jours sont les plus suspects » - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2017/11/15/prostitution-les-clients-qui-ont-trop-parle-durant-ces-deux-jours-sont-le

    Depuis l’inscription de la pénalisation des clients dans la loi, en 2016, des départements, telle la Seine-et-Marne, ont mis en place des stages pour les contrevenants. Des cours infantilisants, entre incompréhension et apathie, qui réunissent seulement « les petites gens ».

    « Je vous dis donc adieu. L’objectif est de ne plus jamais se revoir. Jamais. » Il est 9 h 15 dans les locaux miteux de l’Association de contrôle judiciaire socio-éducatif (Acjuse) de Melun. Le procureur Lescaux est tout de sérénité, placide, bras croisés. Face à lui : treize hommes coupables. Des clients de la prostitution, pris en « flagrant délit » quelques mois plus tôt, relâchés dès la contravention payée, réunis désormais en Seine-et-Marne pour un stage obligatoire de sensibilisation à la « lutte contre les achats d’actes sexuels ». Ils sont cuisinier, chauffeur poids lourd, maçon, paysagiste, ouvrier, technicien, commercial, retraité. Agés de 35 à 68 ans. Célibataires ou mariés, pères de famille pour une majorité. Tous ont fréquenté une fois de trop la forêt de Fontainebleau.

    « Messieurs, ne prenez surtout pas cette condamnation comme une mauvaise punition, tente de rassurer Aurore Rizzon, leur encadrante de référence pour ces deux jours de stage. Nous sommes ici pour débattre, non pour vous juger. Alors qui veut bien m’expliquer la raison de sa présence aujourd’hui ? » Réponse collective : le silence. Les treize corps engourdis, rongés par la honte ou figés dans le désintérêt, ont les yeux scotchés sur le carrelage flétri. Une longue minute, puis deux. « On était au mauvais endroit au mauvais moment », ose articuler un homme assis au deuxième rang, veste de motard encore sur le dos, cheveux rasés et visage buriné. « On a fait une connerie pas tip top niveau morale », souffle un autre. « On s’est fait tout bêtement attrapés par les flics », dit un troisième. « Mais pourquoi il n’y a pas de spots de publicité télé pour nous signaler que nous sommes hors-la-loi ? On ne peut pas l’inventer », s’agace son voisin de droite, avachi sur sa chaise. Au fond de la pièce, le commissaire Todesco, cheveux blancs et regard gris, attend patiemment de pouvoir inaugurer le premier module de la journée. L’intitulé : « La prostitution en France et son cadre législatif ».

    « J’ai flippé pour de vrai »

    Depuis le 13 avril 2016 et l’adoption de la loi visant à renforcer la « lutte contre le système prostitutionnel », les rapports sexuels tarifés sont pénalisés via le client (et non plus par le biais du racolage et de la personne prostituée), passibles d’une contravention de 1 500 euros la première fois et de 3 750 euros en cas de récidive. Sur ses terres, le procureur Lescaux a convaincu ses juges d’ajouter systématiquement une « peine complémentaire » (le stage, dont le coût est compris dans l’amende) à la condamnation purement financière, pour, assure-t-il, « une prise de conscience plus efficace ». Soixante-dix clients (sur un total de 800 condamnés en France) sont passés depuis le début de l’été sur les bancs de l’Acjuse de Melun, dont les sessions mensuelles sont complètes jusqu’à mars. « En gros, on paie pour tous ceux qui ne se feront jamais gauler », se désole le plus âgé des condamnés, assis au premier rang avec un carnet de notes - toujours vierge - posé sur les genoux. « C’est donc ça, la justice ? » Pause déjeuner.

    Eric, 40 ans, a accepté de se confier autour d’un buffet chinois à volonté. Attablé devant des nems au porc, il fixe son verre derrière sa paire de lunettes légèrement usée. Il est embarrassé. Le jour où il s’est fait « choper », au mois de mai, il revenait tout juste d’un entretien d’embauche. La patrouille spéciale de Fontainebleau mise en place par le procureur Lescaux, composée de trois policiers, rôdait dans la forêt. « Bingo ! Ils m’ont pris par surprise en plein acte sexuel. Je me suis senti tout con. J’ai remis mon froc comme un con, je me suis excusé comme un con et j’ai payé ma contravention comme un con. » Depuis sa mésaventure, Eric jure qu’il réfléchit à « ses pratiques », devenues « trop symptomatiques » depuis « sa première prostituée », il y a une dizaine d’années. « Pour être honnête, c’est la rencontre avec les flics qui m’a vraiment fait cogiter. J’ai flippé pour de vrai. C’était la première fois que j’avais affaire à eux. OK, je suis timide maladif et vieux garçon célibataire. Mais est-ce une raison suffisante pour finir avec un casier judiciaire ? » Il s’enfile deux cafés. L’après-midi va être long.

    Il est 16 h 30, c’est la troisième pause clope de la journée. Lucien, 38 ans, porte un col roulé noir et un pantalon en tweed. Il fume assis sur le trottoir, épuisé. « Je veux bien être pénalisé, mais elles sont où les prostituées, elles ont été prises en charge ? Parce que moi, on m’a chopé, mais la fille, croyez-moi qu’elle est restée sur le trottoir. » Cela fait deux heures qu’il bataille avec « Monsieur Laurent », un membre de l’Amicale du nid, une association « antiprostitution d’aide aux victimes », venu à l’Acjuse avec cette unique question : « Et si on se mettait à la place des personnes en situation de prostitution, juste pour voir ? » Lucien n’y avait jamais pensé. Il s’en fout royal. « Aller voir une prostituée, c’est un acte d’achat impulsif. Tu veux juste consommer du sexe, tu ne réfléchis pas aux conséquences qu’implique ta partie de jambes en l’air. C’est comme acheter de la beuh, tu ne penses pas au système caché derrière. »

    Le reste de l’auditoire s’est prêté au jeu du représentant de l’association, en multipliant les réponses hypocrites d’élèves disciplinés. Pas Lucien : « Comment peuvent-ils savoir ce qui est le mieux pour elles ? Ils nous jugent et font les bons samaritains, mais où sont-ils quand il faut sortir les femmes de cet enfer ? s’est-il énervé, un peu plus tôt, dans la salle. Moi je veux bien être condamné, mais il faut aller jusqu’au bout de la démarche derrière. Se bouger réellement pour réinsérer les prostituées dans la société. » Monsieur Laurent a répliqué : depuis le 1er novembre, cinq « parcours de sortie » (dispositif prévu par le volet social de la loi 2016) ont été activés par décision préfectorale. Sept autres dossiers sont en attente de validation. « Ces anciens et anciennes prostituées recevront 330 euros d’aide mensuelle et une autorisation provisoire de séjour d’une durée minimale de six mois. Cela leur permettra de trouver un travail », a précisé l’intervenant. Le trentenaire jette sa clope sur le trottoir, réfléchit. « Douze femmes sauvées pour combien d’hommes condamnés ? Vivement la fin de journée. »

    « Pas tous à la même enseigne »

    Le lendemain, les treize hommes se sont installés aux mêmes places, pourtant non assignées, que la veille, les mêmes fringues au corps. Certains ont radoté les mêmes discours, les autres se sont pétrifiés dans la même aphasie. Et les intervenants se sont succédé avec la même tonalité moralisatrice. « Ce stage est une mauvaise idée. Culpabiliser les gens par rapport à leur sexualité, ça ne sert à rien, conteste Thierry Schaffauser, représentant du Syndicat du travail sexuel. Ces gens stigmatisent les travailleurs du sexe et nient leur capacité d’être des adultes consentants. En pénalisant nos clients, on nous fout encore plus dans la merde. On n’a plus un rond, donc on baise sans capote, puis on chope des maladies qu’on ne peut pas soigner. Mais en aucun cas on arrête de faire le tapin. C’est inefficace. »

    Pour Jean, le plus dérangeant dans cette nouvelle loi, c’est « l’inégalité des chances ». Ancien flic de 53 ans, il s’est fait surprendre par ses camarades « la seule et unique fois » où il s’est rendu dans les sous-bois de Fontainebleau. « On ne loge pas tous à la même enseigne. Vous pensez vraiment que la police guette les endroits luxueux fréquentés par des hommes politiques ? Les petites gens sans argent paient l’amende pendant que les plus riches font tranquillement leur affaire. » Jean enfile son blouson en cuir. Il n’a pas beaucoup de temps pour discuter. Il doit retourner à la maison avant que sa femme rentre du travail. « Elle n’est au courant de rien. La justice fait en sorte que la procédure se passe en toute discrétion. Croyez-moi, ils évitent bien des divorces. » Marié, ce père de deux enfants est persuadé qu’il ne refera « plus jamais la même erreur ». Et les autres ? Rires. « Les hommes qui ont trop parlé durant ces deux jours sont les plus suspects, croyez-moi. L’élève modèle est toujours un gros faux-cul. Je parie qu’avant la fin de la semaine, une majorité des hommes ici présents se promèneront à nouveau dans les bois. » Après deux jours de prédications, de méthodes infantilisantes et de dialogues de sourds, comment le contredire ?
    Anaïs Moran

    Quelle loi de merde, rien à dire ! Existe t-il une association plus contre-productive que Le nid ?

    #prostitution #moralisme

  • Pourquoi mon blog ne sera jamais connu

    Réflexion personnelle sur l’existence de mon blog, à qui est-il destiné, par qui est-il lu, et à quel prix. Pourquoi mon blog ne sera jamais connu.

    https://max-koder.fr/2017/08/20/pourquoi-mon-blog-ne-sera-jamais-connu

    #penséesdulibre

    [...]

    À l’ouverture de celui-ci, j’avais l’idée utopique de réussir à vulgariser des notions que je considérais complexes, afin de les rendre accessibles à tout le monde. Suis-je sur la bonne voie ?
    Je pense en toute objectivité que les articles présents sont accessibles, car je prends le temps d’y aller tranquillement. Je relisais cet article de Cascador sur les mots justement, et je pense être à l’opposé du fameux Christophe Gallaire : Ici tout est simple, direct. Je sais que tout n’est pas parfait, qu’il peut arriver que l’on ne me comprenne pas – ça s’est vu dans les commentaires d’ailleurs – mais je fais mon possible, et surtout je ne me la pète pas (enfin pas trop ? ).
    En revanche, il faut bien avouer que le public n’est pas au rendez-vous : Si Firefox représente 14% d’utilisation sur tous les navigateurs confondus sur les 12 derniers mois en France, vous êtes plus de 60% à consulter ce blog avec. Je m’adresse à des personnes averties, qui ont du goût ?

    Vous êtes encore là ? Chapeau, il faut du courage pour lire autant.

    Des articles longs

    Vous l’aviez vu venir la transition ? Quel talent.
    Mes articles sont rares, mais longs. Oui, j’écris peu, mais j’écris beaucoup. Le nombre d’articles est franchement bas par ici, mais chaque billet est le fruit de plusieurs heures, plusieurs jours sur le clavier. Si certains se contentent de poser 5 lignes sur la dernière version de Debian, je passe rarement sous la barre des 2000 mots. Ce n’est pas un signe de qualité bien sûr, mais c’est au moins représentatif du temps que me prend chaque article.

    À cela, ajoutez les heures de recherche. Si je fais le choix d’écrire, c’est bien évidemment pour ne pas dire de conneries. J’en dis sûrement, mais je me soigne : Chaque information technique est vérifiée.
    Malheureusement, il n’est pas rare de trouver des sites qui se contredisent. Alors les recherches s’éternisent, parfois sur un détail merdique.

    [...]

    via https://diasp.eu/posts/5935469

    #blog #réflexion_sur_soi #écrire #moralisme #essai #Montaigne_d'aujourd'hui

    • La situation est la suivante : nous sommes face à deux fondamentalismes – le fondamentalisme économique des gouvernements - de droite, de gauche, d’extrême droite ou d’extrême gauche, il n’y a dans tout le spectre politique que des partisans de l’économie, du calcul, du travail, de la mesure, de la comptabilité et de l’ingénierie sociale – et le fondamentalisme idéologique des tenants du Califat. L’un pas plus que l’autre n’est prêt à discuter le moindre de ses articles de foi, alors même que leurs religions sont également défuntes, ne survivant qu’à force de volontarisme, de massacres absurdes, de crises sans fin, d’acharnement thérapeutique. Il entre un fanatisme évident dans le fait de répondre à la crise du néo-libéralisme par un déchaînement de celui-ci. Si peu sont prêts à mourir pour l’économie, nul, en Occident, n’a jamais eu de scrupule à tuer, ou à laisser mourir, en son nom. Chaque jour de la vie en France en atteste suffisamment. L’effet de sidération qu’ont produit les attaques de vendredi tiennent au reste justement à leur caractère spectaculairement anti-économique : y a-t-il acte plus énigmatique, plus inexplicable pour le calculateur rationnel qui tente de maximiser son utilité et sa satisfaction, que cette bande de gars qui dézinguent à tout va des vies humaines pour finalement se donner la mort – du pur capital humain, culturel, social, accumulé patiemment, par des efforts quotidiens, parvenu à l’âge de sa productivité maximale et sacrifié pour rien, dirait l’économiste, atterré. Qu’ont-ils gagné là ? N’ont-ils pas tout perdu, sans raison valable ? Ceux qui parlent dans ce cas du « mystère du terrorisme » négligent de préciser que ce mystère n’existe en tant que tel que du point de vue de l’économie. Ils ne voient pas que cela est fait exprès : la jouissance du suicidaire qui tire dans la foule est justement de réduire l’arrogante créature économique occidentale au rang de rat, enjambant ses semblables gémissants pour survivre, de faire éclater la supériorité de sa fausse transcendance face à la misérable immanence du struggle for life. S’il y a là une attaque contre un certain bonheur, elle réside autant dans le massacre que dans le réflexe, après le carnage, de défendre ce bonheur – car un bonheur qui doit se défendre ne tarde jamais à devenir un mensonge.

      Puissent les attentats de vendredi, et ceux qui ne manqueront pas de suivre au vu de l’engrenage que les gouvernants ont délibérément choisi d’enclencher, nous rendre plus vrais et moins distraits, plus profonds et moins hypocrites, plus sérieux et plus communistes.

    • À propos du dessin de Johan Sfarr :

      On ne sait trop pourquoi, mais les massacres revendiqués par l’EI semblent avoir la vertu de déclencher, en réponse, des accès de confusion extrêmes, et chez beaucoup de rares crises d’hypocrisie. Comme si le règne effectif de l’hypocrisie en presque tous domaines dans les sociétés occidentales ne pouvait se défendre que par un surcroît de la même drogue - ce qui ne peut mener, à terme, qu’à une fatale overdose. Ainsi, on ne peut attribuer à un défaut d’information le fait qu’un dessinateur à la mode ait réagi aux attentats d’une bulle disant : « Les gens qui sont morts ce soir étaient dehors pour vivre, boire, chanter. Ils ne savaient pas qu’on leur avait déclaré la guerre. » À l’heure des réseaux sociaux, il faut être singulièrement ivre pour prétendre ignorer que les forces armées françaises sont projetés sur une bonne demi-douzaine de théâtres d’opérations extérieures, et que certaines interventions, notamment au Mali, en Syrie, en Irak ou encore en Afghanistan, ont passablement échauffé certains esprits bombardés. Nous ne mentionnons pas ici la militarisation du maintien de l’ordre, les morts de manifestants à coups de grenades offensives et autres éborgnés par des flashballs – que resterait-il du confort du dessinateur s’il s’avisait que tout gouvernement mène fondamentalement une guerre continue pour le contrôle de sa population ? Et que resterait-il de sa désinvolture revendiquée s’il s’avisait que son « champagne », sa « joie » et ses « baisers » sont quelque peu situés sociologiquement, culturellement, éthiquement – en un mot : que sa « liberté » est celle des vainqueurs.

    • À propos de la rengaine « et nous qu’on est libre et que même c’est ça qu’ils veulent attaquer chez nous » :

      Toute cette affaire de « liberté », que l’on trouve moulinée depuis trois jours à longueur de tweets, d’articles et de discours, sonne d’ailleurs bien faux. Cela sonne comme une grossière façon de se jeter des fleurs. D’abord parce que nous ne serons pas les premiers ici à défendre l’antique thèse que la liberté commence par le fait de ne pas redouter la mort, et qu’en la matière il semble que les assaillants de vendredi dernier soient un peu plus affranchis que « nous ». Ensuite, parce que la liberté dont chacun dispose sur le marché sexuel, professionnel, culturel ou simplement social est si strictement encadrée par la féroce concurrence qui y règne que cette liberté mériterait plutôt le nom de « terrible servitude ». Enfin parce que la liberté du « je fais ce que je veux avec mes cheveux/ avec mon cul / avec ma bite / avec ma langue, etc. » a quand même tout, le lendemain matin, une fois dégrisé, d’une parfaite dérision. L’adage bourgeois qui, du Moyen-Âge jusqu’à Michelet, n’a pas cessé de claironner que « l’air de la ville émancipe » (Stadtluft macht frei) est frappé de la même péremption qu’à peu près tout ce que la bourgeoisie a inventé : le travail non plus ne rend plus libre, et depuis bien longtemps. À l’épreuve, l’air de la métropole rend plutôt seul, connecté, déprimé, misérable, narcissique, sociable, compétitif, dur, opportuniste, baiseur, baisé, bref : tout ce que l’on veut, mais pas libre.

    • La petite-bourgeoisie cognitivo-communicationnelle, l’éclate, la drague, le salariat branché, l’hédonisme du trentenaire cool, n’arriveront pas à se faire passer pour « notre mode de vie », « nos valeurs », ni même pour « la culture ». C’est une certaine forme de vie, comme il y en a tant d’autres dans cette époque, dans ce pays, et qui ne suscite pas que de la tendresse. L’instrumentalisation des attentats par certains propagandistes afin d’assurer l’hégémonie morale de cette forme de vie-là ne peut que contribuer à la rendre haïssable.

      Les ascètes de @lundimatin, épris de vérité pratique, ne sont pas des petits bourgeois, ne vendent pas leur temps à un patron ou à un client, ne vont pas au troquet, ne boivent pas, ne vont pas au concert, y compris dans des salles marchandes. mais il savent revenir à leur théorie moralisatrice, celle du bloom par exemple.

    • Confusion (très foucaldienne, en l’occurence) entre « style de vie » et « forme de vie »...

      L’opposition entre « fondamentalisme économique » et « fondamentalisme idéologique » ou le soi-disant « caractère spectaculairement anti-économique » des attaques du 13 novembre tombent notamment dans ce travers.

      Il y a des styles de vie produisant du ressentiment ou du rejet réciproques, mais ils sont distillés à partir d’une forme de vie partagée, en cours de décomposition mais non dépassée, de part et d’autre.

    • je sais pas, le spectacle du refus de l’économie, il est bien là, en grand (quel soit par ailleurs la comptabilité avec la banque, la vente de pétrole, la rétribution des affidés dans les territoires de Daech), logé dans l’absence de critique en acte de l’économie.

      « Style de vie » c’est la saisie par l’esthétique (et le marketing) et il s’agit de les distinguer/différencier, si la forme de vie est partagée, ce ne peut être qu’aux deux sens de ce terme que Rancière s’obstine à mettre en rapport, le partage comme ce qui est commun, et le partage comme division.

      Ce qui est détestable dans ce texte publié par Lundi matin, c’est le #moralisme, l’injonction à un #devoir-être dont s’émancipe par avance l’énonciateur.

      Il en était de même avec la critique du garantisme en matière juridique, qui dû bien être mis en pratique lorsque la DCRI intervint, et du garantisme en matière salariale, dont ricanent à loisir des rentiers et des enfants de rentiers comme le peuvent aussi ceux qui jouissent des miettes (RSA, APL et CMU) concédées par l’État du capital, comportements qui loin de servir de sol à une politisation sont décrits comme de la débrouille, de la ruse. Des qualités personnelles (individuelles) et amicales (communautaire), de l’alternativisme où toute conflictualité est évacuée.

      En l’occurrence, ce discours moral contre les intégrés béats de la conso de loisir (et oui, leurs moeurs peuvent susciter l’hostilité, d’abord, on est plus chez nous à Paris, même par interstices, devenues fort rares, et toujours plus révocables, c’est d’un brutalité inouïe, le fric règne en maître par le bais de comportement massifs , pas seulement du fait d’une élite) n’aurait pas pu être tenu si le projet d’#attentat_massacre au stade n’avait pas échoué.

      Ambiance #mortifère. Tout ferait fasciser... La dictature de l’ordre public ne nous tombe pas seulement dessus d’en haut, elle est aussi désirée (réduire l’incertitude et le danger, déléguer, disposer d’hommes forts qui fassent exception à nos faiblesses). Et d’autre part, la glorification de la mort comme vérité et comme salut. On va voir comment, après les attaques meurtrières, l’assaut donné à Saint Denis va conforter la voie de la sortie de l’impuissance par la surpuissance assassine. On a encore rien vu.

      On peut accuser la gauche, ou la France, il y a matière. Mais dans ces évènements terribles, c’est plus encore qu’hier la faillite de l’émancipation, d’une perspective révolutionnaire qui est démontrée. Qu’avons nous fait de et avec le soulèvement de 2005, par exemple ?

    • Daesh, lundi matin...
      http://lemoinebleu.blogspot.fr/2015/11/daesh-lundi-matin.html

      Tu veux gerber un bon coup ?
      C’est là [url de "la guerre véritable].
      On en parlera pas plus, nous. Autre chose à foutre. Et puis on craindrait d’être grossier, de s’en prendre - de manière extrêmement non-chirurgicale - autant au style littérairement inimitable qu’aux habitudes annexes (habitus) pluri-séculaires de ces gens-là. On risquerait alors par trop de donner dans l’intime et, du coup, dans l’injuste. Un peu à la manière de ces fusilleurs fascistes, au fond, dont ils-et-elles célèbrent, dedans leur texte infâme, la « liberté anti-économique, affranchie de la peur de mourir »...
      Qu’ils crèvent, donc, et jusqu’au dernier : jusqu’à ce dernier des derniers formé par eux collectivement, en tant que très-débile et très-prophétophile organisme.
      Et que crèvent avec eux TOUS LES CURÉS du monde.

      #heideggeriens_de_gauche #philosophes

    • Ajoutons à cette crapulerie générale, la lâcheté spécifique de leurs précautions liminaires (allez-y voir, c’est ailleurs sur le même site) : « Nous aussi, COMME TOUT LE MONDE, vendredi 13 nous avons craint pour des proches, passé des coups de téléphone, etc ». Autrement dit : « nous aussi, étions susceptibles de fréquenter ces décadents méritant de crever pour n’avoir comme seuls horizons existentiels misérables que la bibine en terrasse ou le rock n roll... ». Faudrait savoir, poto ! Bref, comment vouloir gagner sur les deux tableaux. D’ailleurs, craignant sans doute la fureur de quelques individus étranges, suite à la publication de cette très objective saloperie, nos chevaliers du nihil s’équipent fissa d’autres précautions périphériques : « certains de nos amis (les fameux » à nos amis...") s’énerveront peut-être de nos remarques, etc « ... Tu m’étonnes. Nous pensons juste qu’il y a là-dedans la volonté toute pragmatique de jouer, une fois de plus, les Monsieur-Plus de la radicalité. Si l’esstrème-gôche, avec le NPA et toussa, dit que les massacrés de vendredi, eh ben c’est la faute à l’impérialisme, etc, alors et ben eux y diront que les massacrés, et ben, en vrai, y méritaient de l’être à cause de leur médiocrité d’enchaînés salariés soumis au spectacle. Car ça tient à ce genre de détail, la gloire théorique dans ce milieu-là. Ce sont les mêmes qui débarquaient sur les plages aux mois de Juillet-Août, voilà quelque temps, avec des banderoles guillerettes proclamant, à l’adresse du prolo ensablé, sous le soleil exactement : » Vous allez mourir, et toutes vos misérables vacances n’y changeront rien ".

    • "Toute cette affaire de « liberté », que l’on trouve moulinée depuis trois jours à longueur de tweets, d’articles et de discours, sonne d’ailleurs bien faux. Cela sonne comme une grossière façon de se jeter des fleurs."

      C’est vrai pour cette idée de "ils ont voulu s’attaquer à notre mode de vie", mais c’est vrai aussi pour "ce n’est pas ça qui va me faire renoncer à boire des coups". Les gens qui retournent boire des coups ne le font pas par courage, pas plus que les gens qui, au lendemain d’un attentat à Bagdad, retournent faire des courses. On continue de vivre, c’est tout...

    • Le GUÈRE VÉRITABLE ou : la pathétique quête de Monsieur Plus
      http://horslesclous.blogspot.fr/2015/11/le-guere-veritable-ou-la-pathetique.html

      Il y a d’un côté des poseurs de bombes (dont Monsieur Plus n’est pas) et de l’autre côté, des poseurs de l’ultra-gauche que seule, la posture – qui se voudrait l’étalon de la radicalité – intéresse, et là... Monsieur Plus apparaît !
      Entre les deux, tout le monde en prend pour son grade, dans un même vomi au sein duquel chacun est prié de se reconnaître, qu’on soit aux commandes des Rafale au-dessus des zones de guerre, caissière au supermarché, prolo à l’usine, étudiant en psycho, pute au bois de Vincennes, patron du CAC 40, adepte des ballons de rouge au bistrot ou du ballon de foot au stade ; le tout au milieu des morceaux de chair « United Colors of Benetton » des morts de tous genres, tous âges, toutes races et de toutes classes sociales, explosés façon puzzle, par ceux, qui – EUX – à n’en pas douter, ont fait preuve d’un véritable sens de la fête et du discernement...
      Le problème de Monsieur Plus, c’est qu’à force de vouloir – à défaut d’être le dernier des Mohicans – être le dernier néo-situationniste, il en perd l’essentiel, à savoir : la simple intelligence des situations. Il compare l’incomparable, selon la même vieille grille de lecture rouillée depuis 1914, qui ne lui sert plus, aujourd’hui, qu’à le protéger du monde, duquel il se retire volontiers pour distribuer, depuis quelque base de repli (pardon ! quelque haut lieu de la réflexion pré-insurrectionnelle), les bons et les mauvais points. Les mauvais points étant les « accès de confusion extrême » et « chez beaucoup, les rares crises d’hypocrisie » qui ont suivi le massacre du 13 novembre dernier.
      Il convient de relever que ces enfoirés mondains, de putains-d’enculés-de-leur-race-de-mort (qu’ils méritaient donc...) n’étaient pas – un vendredi soir – à la mosquée pour prier, à la maison en train de préparer les makrouds de Shabbat, ou de bouffer le vénéré pouascaille hebdomadaire, mais des salauds qui, au stade (il fut pourtant une époque où Monsieur Plus adorait les hooligans...), au bar (merde ! fait chier, Debord était alcolo ! Mais ça fait rien, les djeuns, ils le savent pas...), ou en train de draguer des salopes – forcément (sauf la mère, la soeur et la femme voilée de ces sympathiques djihadistes)...
      De ce merdier – sans nom (bien que celui de religion vienne spontanément à l’esprit de Lilith, qui doit, sans doute, être en plein délire) – il convient donc de traquer l’hypocrisie.
      Lilith ne s’attardera pas sur le fait que Monsieur Plus estime que cette jeunesse issue de l’immigration, en France ou en Belgique, a de bonnes raison de se sentir (puisqu’elle n’y vit pas) « bombardée » au Mali, en Syrie, en Irak, ou encore, en Afghanistan, et d’en être « passablement échauffée » (mystérieuse puissance de la sensation, légitimée – ici – par les habituels détracteurs – à juste titre – du foutu sentiment d’insécurité), là où elle n’a cure de la guerre sociale menée contre ses parents, prisonniers de guerre économique, contre celles et ceux qui luttent dans leurs usines, leurs quartiers ou dans les ZAD (liste non exhaustive), sur le territoire où elle a eu le grand malheur de voir le jour et de vivre quand – il faut bien le reconnaître – le territoire libéré de l’État Islamique serait de nature à lui assurer un plein épanouissement...
      Non, en revanche, Lilith s’interroge sur le point de savoir s’il n’y aurait pas une certaine hypocrisie à – ici-bas – proscrire l’alcool, la débauche, refuser même de connaître l’amour avant le mariage, et à se faire sauter le caisson – pourquoi ? Pour baiser 70 vierges et se prendre une murge de tous les diables, une fois arrivé au paradis. Monsieur Plus appelle ça : « ne pas redouter la mort » et être « plus affranchis que nous ». Monsieur Plus serait-il devenu boubourse, au point de ne pas voir la différence entre ne pas craindre de risquer sa vie pour une vie meilleure – sur Terre – et signer une pitoyable assurance-Mort avec l’au-delà ?

      Le premier sait qu’il n’a qu’une vie et que ce sera – ici et maintenant – ou jamais. Lui seul fait oeuvre de liberté en ne craignant pas la mort. Le second agit, au contraire, au service du « divin » et vit dans la crainte des représailles de son dieu s’il s’écarte du « droit chemin ». Il n’y a donc aucune liberté à respecter des principes édictés et à faire exactement ce à quoi on est destiné.

      Curieuse sincérité de l’engagement politique (tout de même !) de celui qui exige en retour, non seulement une contrepartie garantie, mais encore, que celle-ci soit l’exacte antinomie – pour l’éternité – des préceptes et des prêches qu’il aura dispensés – durant les quelques années qu’aura duré sa vie. De ce marché « gagnant-gagnant », Monsieur Plus, quant à lui, décèle un « caractère spectaculairement anti-économique », l’enjeu en terme de plus-value lui ayant totalement échappé.
      C’est ainsi que dans son impitoyable guerre véritable à l’hypocrisie ambiante, il valide donc toutes les traîtrises et autres promesses non tenues. Le voilà fin prêt à devenir chef de parti et à mener une brillante carrière politique. Ses disciples sont désormais prévenus : qu’ils ne viennent pas se plaindre – après – d’avoir été trompés sur la qualité d’un ennemi de la marchandise... Car, au terme de ce « second éditorial », Monsieur Plus s’est dit qu’il était temps de se définir ainsi et de glisser le mot de « communiste », avant que certains lecteurs(trices) ne soient tentés de déduire de ce texte, qu’il lui préfèrerait, peut-être, celui de « fasciste ».
      Mais si les religieux nous promettent le paradis, à quoi ressemblerait le « communisme » de Monsieur Plus ? À lire sa prose, il y a peu de chance qu’on y serait « joyeux », « libertin », « décomplexé », « athée », « festif », qu’on boirait du « champagne », qu’on se retrouverait au « bistrot », qu’on aimerait ou pratiquerait des jeux de balles, qu’on irait au « concert », qu’on jouerait ou écouterait « du rock ». Tout ceci n’étant que du « divertissement », auquel Tartuffe/Monsieur Plus ne s’adonne JAMAIS, et que le « communisme » proscrirait, cela va sans dire.
      Alors, c’est pourquoi les cacahouètes que, dans sa grande mansuétude, Monsieur Plus nous jette pour nourrir nos esprits défaillants, Lilith leur trouve un sale goût de rance, quand elles ne lui sont pas carrément restées coincées en travers de la gorge !

      #heideggeriendegauche #mektoub

    • Un post qui fait suite à « Le GUÈRE VÉRITABLE ou : la pathétique quête de Monsieur Plus »

      Ce texte de lundi matin se trompe sur tout. ça pourrait, aux yeux d’une âme charitable, le rendre touchant.
      Sans revenir sur tous les points – trop nombreux et qui forment au final un fatras, soyons honnête, plus qu’indigeste :

      1°. Les attentats seraient d’abord une réaction à la politique étrangère de la France ? C’est ce que sous-entend « À l’heure des réseaux sociaux, il faut être singulièrement ivre pour prétendre ignorer que les forces armées françaises sont projetés sur une bonne demi-douzaine de théâtres d’opérations extérieures, et que certaines interventions, notamment au Mali, en Syrie, en Irak ou encore en Afghanistan, ont passablement échauffé certains esprits bombardés. » Déjà c’est fascinant de tenter d’expliquer (justifier ?) le fondamentalisme religieux islamiste comme une réaction à l’impérialisme occidental. Les auteurs de lundi matin seraient-ils aussi cons que Julien Salingue ? Mais bon, c’est vrai qu’il est plus facile de branler du concept que d’ouvrir des livres d’histoire. Et l’anti-impérialisme primaire n’est pas la chasse gardée des staliniens, ni des trotskystes.

      Je rappellerais juste qu’en 2003, l’Etat français n’a pas participé à l’intervention de la coalition occidentale menée par les États-Unis contre Saddam Hussein. Que malgré les appels de l’ASL et des rebelles syriens, la France n’a rien fait en Syrie (malgré une tentative en 2013 à laquelle se sont opposés les Etats-Unis) dans les premières années du conflit. C’est pas le boucher Assad qui dirait le contraire (250 000 morts en 4 ans). Même au Mali, l’intervention militaire s’est faite sur demande des autorités maliennes, quand le risque était imminent de voir le pays tomber aux mains des tarés de Boko Haram (qui sont, au passage, davantage un produit des années GIA en Algérie, que celui d’un ressentiment à l’égard de "l’impérialisme islamophobe" occidental)). Il ne s’agit pas d’exonérer l’Etat français mais de considérer la complexité d’une situation qui dépasse, de loin, la seule question de l’interventionnisme occidental (antagonismes sociaux, conflits d’intérêts entre Etats de la région, etc. (Et puis que dire, de la guerre dans laquelle sont engagés les Kurdes contre Daesh ? Les Kurdes sont-ils aussi d’ »arrogantes créatures économiques occidentales » ?). Si le merdier qu’a engendré l’intervention américaine en 2003 a favorisé l’émergence de Daesh, il faut aussi rappeler aux philosophes du lundi matin que Daesh est la fusion d’Al Quaida (qui est apparu en Afghanistan avec l’invasion soviétique) et de hauts dignitaires du parti baasiste de Sadam Hussein. Reprendre les arguments des terroristes pour expliquer/justifier leurs actes c’est comme de croire les Nazis quand ils disent que c’est de la faute aux Juifs. Pour finir, il y a, semble-t-il un réflexe ethnocentré à analyser la situation moyen-orientale du point de vue du seul Occident et de sa seule responsabilité. J’invite les communistes du lundi matin à écouter davantage les communistes irakiens, syriens, iraniens. Ça ne peut pas leur faire de mal.

      2°. « il semble que les assaillants de vendredi dernier soient un peu plus affranchis que « nous » ». Persuadés qu’ils sont d’aller au paradis, d’obéir à Dieu et espérer se taper 72 vierges, les bouchers du 13 novembre seraient donc « plus affranchis » ? Les auteurs du lundi matin n’ont peut-être pas tort : c’est mieux que de ne croire en rien.

      3°. « parce que la liberté dont chacun dispose sur le marché sexuel, professionnel, culturel ou simplement social est si strictement encadrée par la féroce concurrence qui y règne que cette liberté mériterait plutôt le nom de « terrible servitude » ». Entre la « terrible servitude » occidentale et la « terrible servitude » d’une république islamique, j’avoue préféré la première, inch’ Allah.

      4°. « Si l’on voulait être plus cruel, et puiser dans un héritage plus indiscutable encore, il faudrait plutôt dire que les attaques de vendredi – contre un stade, des bistrots, une salle de concert – sont une offensive sanglante, et sans charité, contre le divertissement. Là, c’est carrément Pascal que l’on retrouverait dans le camp des « terroristes ». » Je croyais la race du pro-situ éteinte. J’ignorais en fait que le pro-situ était devenu djihadiste, suivant les gerbes de l’illuminé voyériste.

      5°. Enfin, je dirais aux écrivaillons du lundi matin que les formes-de-vie qu’ils proposent sont tout aussi mortifères et artificielles, si ce n’est plus, que celles qu’ils exècrent. Le programme du lundi matin fait autant rêver que la promesse d’un week end en kolkhoze. On trouvera toujours plus de vie dans n’importe quel bistrot embourgeoisé (même tenu par des hipsters !) que dans leur « communisme vécu ». C’est la triste réalité qu’ils se refusent à voir. Comme disait ma grand mère, y a pas plus falso que des gauchistes qui reprochent à tout bout de champs à la réalité d’être falso.

  • Pénalisation des clients... : Péripéties judiciaires
    http://peripetiesjudiciaires.nordblogs.com/archive/2015/06/13/penalisation-des-clients-468194.html

    Vous devinez, chers lecteurs, que, à quelques années de distance, j’ai vu parfois les mêmes experts psychiatres, un peu vieillis mais toujours écoutés poliment par les magistrats et les jurés des assises, tenir des propos parfaitement contradictoires avec ceux qu’ils tenaient dans le passé... Mais toujours de façon aussi péremptoire !

    Inutile de dire qu’à l’époque, il était certes difficile de prévoir qu’un jour les homosexuels pourraient se marier comme les autres couples et, par exemple, adopter un enfant.

    Sur les prostituées, j’ai la même impression aujourd’hui. Les esprits les plus doctes nous expliquent qu’une prostituée (ou un prostitué) ne peut être heureuse, normale, intelligente, indépendante. Forcément, c’est un drame d’être une prostituée et il faut remettre dans le droit chemin la jeune femme qui serait tentée de vivre de ses charmes. Et, surtout, il faut passer sous silence les prostituées qui ne se plaindraient pas de leur situation. On l’a encore vu dans l’affaire dite du Carlton.

    Les quatre prostituées qui racontent leur drame sont seules dignes d’écoutes. On n’évoque pas les autres prostituées qui, dans le dossier dit du Carlton, disent qu’elles ne se plaignent de rien. On ne les interroge pas, on ne les entend pas à l’audience, elles n’existent pas. Et, bien entendu, les magistrats évoquent avec beaucoup de prudence à l’audience le fait que certaines de ces quatre jeunes femmes vivent de la prostitution depuis un certain temps et, le lendemain des rencontres avec DSK et ses amis, se promenaient parfois avec eux dans les musées et les parcs de Washington. On dînait avec eux, on visitait les locaux du FMI et on prenait en photo les petits écureuils familiers des jardins publics. D’ailleurs, les quatre, à la fin de l’audience, on annoncé qu’elles retiraient leur constitution de parties civiles et leurs demandes financières à l’égard de DSK. « Détail » passé presque inaperçu.

    Peut-on prétendre que ces jeunes femmes n’ont pas vécu de drames, de contraintes, de malheurs dans leur vie de prostituées ? Certainement pas. On prétend ici simplement que les choses de la vie sont parfois un peu plus complexes que les simplifications à outrance.

    Les députés s’apprêtent donc à voter la pénalisation des clients et, avec une certaine naïveté, assurent oeuvrer pour l’abolition de la prostitution (on doit dire désormais « système prostitueur » pour faire plus chic et scientifique).

    • Je ne sais pas si au final la pénalisation du client passera en France. J’ai en effet de la difficulté à comprendre comment, juridiquement parlant ou devant une cour européenne, on pourra se justifier et condamner les clients d’une activité par ailleurs légale...

      Toutefois, une chose semble sûre : la condamnation des clients ne protégera pas les prostituées et contribuera à les fragiliser. Mais, que voulez-vous, on aime en France les grandes phrases genre « abolition de la prostitution ». C’est vrai qu’étudier les réponses pragmatiques apportées par exemple par la Belgique ou l’Allemagne, c’est tellement compliqué...

    • Forcément, c’est un drame d’être une prostituée et il faut remettre dans le droit chemin la jeune femme qui serait tentée de vivre de ses charmes.

      #prostitution #patriarcat #moralisme
      Parce que là, le mec dit qu’il y a des putes qu’il faut remettre dans le droit chemin (je déteste cette expression) et les autres... un sacrifice nécessaire ?
      #pov'con
      Bref, vision moraliste et débile : elles sont contentes, les putes, elles allaient au resto et elles photographiaient des écureuils avant d’être violées contre de l’argent !

      Contrepoint : http://seenthis.net/messages/380987

  • Rumeur à l’école maternelle de Joué-lès-Tours : un lynchage orchestré par l’extrême-droite
    http://tours.mediaslibres.org/rumeur-a-l-ecole-maternelle-de.html

    De comptes Facebook en sites internet, de courriels en sms, une rumeur visant une institutrice de Joué-lès-Tours se répand comme une trainée de poudre depuis le vendredi 28 mars, afin d’affoler les parents crédules et les attirer dans les réseaux des « Journées de retrait des écoles » orchestrées par Farida Belghoul.

    En deux jours, la vidéo a été vue plus de 35 000 fois. Publiée sur le site internet de Farida Belghoul, on y voit la responsable jocondienne des « Journées de retrait de l’école », Dalila Hassan, expliquer qu’une institutrice aurait contraint un garçon de 3 ans à baisser son pantalon en même temps qu’une petite fille, afin qu’ils puissent se toucher les parties génitales... Hassan, dont la page Facebook révèle notamment son soutien à Dieudonné, explique ensuite qu’elle a assisté à l’entretien entre la mère du garçon, une femme tchétchène accompagnée d’un interprète, et la directrice de l’école.

    #JRE

  • C. 1863-1868 : « The Five Stages of Inebriation » by Charles Percy Pickering sur #Retronaut : une version mieux photographiée et en somme plus poétique de la campagne « Tu t’es vu quand t’as bu ? », où l’on voit que l’#ivresse et la #déchéance arrivent, comme la marée, à la vitesse d’un cheval au galop
    http://www.retronaut.com/2014/03/the-five-stages-of-inebriation-by-charles-percy-pickering

    Au début on est tout à fait bien mis :

    et puis il suffit d’un petit verre pour que tout parte de guingois :

    et si on ajoute quelques autres verres, on est un déchet que la police ramasse :

    Ce qui est drôle, c’est que l’alcool lui-même est absent de ces images. Seuls ses effets supposés sont visibles.

    #moralisme #alcool #images #histoire #tempérance #photographie #théâtre

  • The Rich and Their Robots Are About to Make Half the World’s Jobs Disappear
    http://motherboard.vice.com/blog/the-rich-and-their-robots-are-about-to-make-half-the-worlds-jobs-d

    Le Monde nous apprenait hier que le nombre de chômeurs ne cessait d’augmenter au niveau mondial, 202 millions aujourd’hui, 218 en 2018.
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/01/20/le-nombre-de-chomeurs-dans-le-monde-continue-d-augmenter_4351299_3234.html
    Mais il semblerait que ce ne soit que le début d’une catastrophe à venir : 47% des emplois pourraient être détruits par la robotisation d’après cet article de Vice.

    Two hugely important statistics concerning the future of employment as we know it made waves recently:

    1. 85 people alone command as much wealth as the poorest half of the world.

    2. 47 percent of the world’s currently existing jobs are likely to be automated over the next two decades.

    Combined, those two stats portend a quickly-exacerbating dystopia. As more and more automated machinery (robots, if you like) are brought in to generate efficiency gains for companies, more and more jobs will be displaced, and more and more income will accumulate higher up the corporate ladder. The inequality gulf will widen as jobs grow permanently scarce—there are only so many service sector jobs to replace manufacturing ones as it is—and the latest wave of automation will hijack not just factory workers but accountants, telemarketers, and real estate agents.

    That’s according to a 2013 Oxford study, which was highlighted in this week’s Economist cover story. That study attempted to tally up the number of jobs that were susceptible to automization, and, surprise, a huge number were. Creative and skilled jobs done by humans were the most secure—think pastors, editors, and dentists—but just about any rote task at all is now up for automation. Machinists, typists, even retail jobs, are predicted to disappear.

    And, as is historically the case, the capitalists eat the benefits.

    Les chiffres sont en fait issus d’un édito de The Economist :
    http://www.economist.com/news/leaders/21594298-effect-todays-technology-tomorrows-jobs-will-be-immenseand-no-co

    Le journal est si peu susceptible d’être critique de la technologie, ils sont si étonnés par leur propre audace, qu’ils prennent des précautions oratoires en début d’article :

    For those, including this newspaper, who believe that technological progress has made the world a better place, such churn is a natural part of rising prosperity. Although innovation kills some jobs, it creates new and better ones, as a more productive society becomes richer and its wealthier inhabitants demand more goods and services. A hundred years ago one in three American workers was employed on a farm. Today less than 2% of them produce far more food. The millions freed from the land were not consigned to joblessness, but found better-paid work as the economy grew more sophisticated. Today the pool of secretaries has shrunk, but there are ever more computer programmers and web designers.

    Pour passer de 33 % à 2% d’employés dans le secteur agroalimentaire, ça aura coûté une catastrophe écologique et humaine, mais passons.

    En fait, The Economist est terrifié par les perspectives sociales d’une telle évolution :

    If this analysis is halfway correct, the social effects will be huge. Many of the jobs most at risk are lower down the ladder (logistics, haulage), whereas the skills that are least vulnerable to automation (creativity, managerial expertise) tend to be higher up, so median wages are likely to remain stagnant for some time and income gaps are likely to widen.

    Anger about rising inequality is bound to grow, but politicians will find it hard to address the problem.

    Et de conclure sur une mise en garde :

    Innovation has brought great benefits to humanity. Nobody in their right mind would want to return to the world of handloom weavers. But the benefits of technological progress are unevenly distributed (…). Today’s governments would do well to start making the changes needed before their people get angry.

    Pas sûr que les changements mis en place par les gouvernants soient alors fondamentalement démocratique étant donnés les moyens de contrôle que permettent aujourd’hui le numérique (cf. http://seenthis.net/messages/219551 )

    • On pourrait peut-être aussi se souvenir que les principes de l’automation ont donné lieu à des procédés qui sont restés à l’état de prototypes (par ex. en matière de construction des bagneules durant les 50’) tant que l’insubordination ouvrière et le refus du travail n’ont pas contraints les capitalistes à les utiliser en série , se souvenir, même si aujourd’hui cela parait contre intuitif, du vieux dicton : "là où il y’a la grève arrive la machine."

      #RTT #emplois_nuisibles #commandement_capitaliste

    • Il y a une donnée de plus que les riches ne perdent certainement jamais de vue : si tout le monde avait leur niveau de vie, il nous faudrait 10 planètes pour satisfaire les besoins. Autrement dit, les riches sont d’autant plus cruellement concernés par le mur écologique qu’ils sont en première ligne.

      Il y a deux façon de régler le problème :
      – répartir les ressources plus équitablement
      – réduire le nombre de convives autour de la table

      Autant la première solution signifierait que ceux qui auraient le plus à perdre seraient forcément les riches, autant la seconde nécessite de quantifier précisément les surnuméraires, c’est à dire la quantité de population humaine dont les riches n’ont absolument pas besoin pour perpétuer le système outrageusement à leur service.

      La robotisation a cela de merveilleux qu’elle permet de continuer à produire les biens et services dont ont besoin les riches tout en diminuant drastiquement le nombre d’humains nécessaires pour continuer à produire ; ce qui augmente d’autant la quantité de ressources disponibles pour les dominants.

      Ensuite, comment régler le problème des #surnuméraires ?
      Rien de plus facile : tu marchandises toutes les ressources vitales, puis tu diminues la quantité de monnaie disponible pour les acquérir. Par contre, tu penses à ne pas négliger la sécurité.

    • @monolecte, je ne sais pas si les "surnuméraires" (notion promue par un Robert Castel devenu irénique, voir son La « guerre à la pauvreté » aux États-Unis : le statut de l’indigence dans une société d’abondance , Robert #Castel, de 1978, avant son recentrage républicain,
      http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=4243 )sont inutiles…

      Ainsi la régression du "pouvoir d’achat" du RSA, par exemple, ne signifie pas seulement que l’on ne compte pas sur ces pauvres pour faire tourner l’économie en consommant, ni même seulement que l’on appauvrit ces pauvres pour leur faire accepter les bads jobs dans le cadre d’un plein emploi précaire. La majorité (relative) des chômeurs indemnisés est désormais constituée de 40% de "chômeurs en activité à temps réduit" ; idem, les "RSAstes" sont fort nombreux à occuper un ou des emplois durant l’année… De plus, on ne peut sérieusement mesurer l’activité ou l’utilité au seul critère de l’emploi (une formalisation du travail qui n’en contient pas toutes les modalités, bien loin de là).
      Cet appauvrissement me semble aussi avoir pour fonction de fabriquer une figure lisible, évidente, incontestable, de cette déchéance sociale dont nous devons tous nous sentir menacés (ni travail, ni famille, ni patrie, cela doit faire peur). On a vu ces dernières années par exemple de nombreux "sondages" destinés à montrer que de larges fractions de la population craignaient d’avoir à survivre à la rue, vivaient avec la peur plus ou moins forte d’être soumis à un devenir SDF. On est là dans un domaine "symbolique", et pas au sens d’un hochet-repoussoir imaginaire et sans portée, mais bien dans l’affirmation d’un ordre symbolique, de la loi de cette "société de travail" (comme disait Jospin contre les mouvements de chômeurs en 1997/98, cf http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5374), c’est-à-dire de cette société gouvernée par l’argent car fondée sur l’exploitation pour le profit.

      Comme dit la chanson, la meilleure des polices ne porte pas d’uniforme… Autant il me parait erroné d’appliquer ad vitam eternam la notion d’"armée industrielle de réserve" à l’analyse du travail et du monde social (…), autant il semblerait judicieux de chercher comment, dans le péplum aux figurants innombrables de la domination capitaliste, des images (de mort sociale) ont a être incarnées afin d’être en mesure de gouverner par la peur, d’affecter de part en part l’intime et par là d’obérer toute possibilité de communauté qui ne soit pas régie par cette peur.

      L’autre point que tu soulèves, je le résumerais en disant qu’il existe une disproportion radicale des "empreintes écologiques" des riches et des pauvres (cette disproportion quantitative dit fort bien que l’inégalité qualifie décisivement ce monde ) a fait sur seenthis l’objet de nombreux échanges ces derniers temps, échanges placés sous le signe du refus du #moralisme_écolo.
      Que des bourges (déclassés, ont précisé certains) coupables d’avoir de générations en générations détruit massivement des ressources (la vie de ceux qui ont produit pour eux, des matières premières, des biens communs) veuillent expier les comportements prédateurs de leurs ancêtres les plus directs et viennent aujourd’hui expliquer aux pauvres qu’il faudrait être raisonnable avec la planète - et pourquoi pas quitter les achèlèmes et les pavs où nombre d’entre eux ont été parqués avec un chauffage électrique destiné à faire marcher et légitimer et la gabegie et le nucléaire (Guattari et Deleuze formulent, dès 1973, la notion d’ antiproduction capitaliste , cessons de trasher toute "boite à outils" !), me parait abject.

      Faire de la #morale, c’est fabriquer du surmoi collectif, et ici c’est celui bien bourgeois de la "responsabilité individuelle". Un sadisme social qui fait l’économie du collectif pour congédier plus encore cette dimension, quitte pour certains à prôner la small collectivité (plutôt que ou en même temps que la "culture de l’entreprise"), celle qui jamais n’aurait à se battre contre l’ordre social, juste à être "supérieure" (plus efficace, plus désirable) à d’autres "formes de vie" ; mais ça marche pas, pas du tout, ainsi qui a cru fuir le monde du capital dans une yourte, ou se mettre à l’abri de la concurrence pour l’emploi et du contrôle avec un pauvre RSA finit par être confronté, après le ressentiment du voisin, aux préfets, aux présidents de conseils généraux, aux agents de contrôle.

      Plutôt que de verser dans la culpabilisation de ces "pauvres aliénés", on peut préférer imaginer encore un mouvement de désaliénation. Qui croit à la vertu d’un conflit qui s’enfermerait pas dans l’intériorisation sait user, cherche à user, de quelques points de repères parmi tous ceux qu’une longue histoire DE LUTTE a fourni. Marcher sur la tête des rois, guerre aux châteaux, paix aux chaumières, a-t-il par exemple été dit. On ne trahira ces restes sublimes que pour essayer de les traduire, d’expérimenter leur actualisation. Sinon, c’est déconner.

  • Homo Numericus
    http://terrainsdeluttes.ouvaton.org/?p=2297

    L’un des thèmes les plus à la mode de la vulgate idéologique actuelle, c’est celui de la mutation psychique que l’irruption massive des techniques informatiques et numériques dans la vie quotidienne aurait d’ores et déjà entraînée sur le plan des structures de l’entendement et de la sensibilité. La « culture de …

    #Blogs #La_chronique_d'Alain_Accardo #internet #numérique #technologie

    • J’avoue ne pas trop voir la raison de traiter tout rétif à Internet du nom de cet infâme personnage qu’est « Finkielkraut », ou de réactionnaire. C’est un nouveau point Godwin ?

      En l’occurrence, la critique d’Accardo (un coup de gueule, effectivement) fait toujours du bien dans le ron-ron que les thuriféraires de la technique se confectionnent sur le net en claironnant que c’est l’espace de discussion le plus ouvert qu’il ait jamais existé.

      Cette question sur le sujet est tout à fait entendable d’un point de vue émancipateur (je suis pas d’accord d’ailleurs), et même centrale pour celles et ceux dont l’horizon révolutionnaire – qui rêvent d’un monde un peu meilleur – ne s’arrête pas à leur(s) écran(s), au dernier gadget numérique ou robotique.

      Pourquoi serais-je un, quand je peux être innombrable, pourquoi resterais-je coincé en un lieu, en une classe, en un camp, en un serment, puisque grâce au virtuel je peux être partout, vivre et penser une chose et puis son contraire, ici et ailleurs, sans me soucier de logique, sans me préoccuper de synthèse, de constance ni de fidélité ?

      Questions qui recoupent par exemple celles publiées, il y a quelques années, dans un excellent journal (papier) autonome lyonnais, reproduites ici :
      http://rebellyon.info/Le-web-2-0-ou-l-ere-du-vide.html

      Une ques­tion plane au dessus de n’importe quel post sur twit­ter : « what are you doing now ? », « mais putain, qu’est ce que je suis en train de faire là ? ». C’est quoi JE, quelle FACE à JE, ça serait quoi MON ESPACE. On sent monter une pointe d’angoisse. Ce que racontent bien les faux débats où on peut à peu près tout raconter, les embrouilles bizar­res sur les forums, les ren­contres ambi­guës depuis Meetic, c’est qu’Internet a pro­duit cette curieuse pos­si­bi­lité d’une com­mu­ni­ca­tion sans la pré­sence. Le web : Utopie démo­cra­ti­que, mais également Utopie du Capital. Comme si cette grosse machine à briser les liens (…) avait finit par secré­ter un monde à son tour, mais un monde vir­tuel : où les liens n’enga­gent pas vrai­ment, où les corps sont absents, où les désirs tour­nent tris­te­ment à vide sur l’écran.

      Peut-il y avoir une critique du net sur le net ? Peut-être que non, de la même manière qu’il n’y a jamais pu y avoir de critique de la télévision à la télévision.

    • @Ari Sur la référence à Finkielkraut. Il y a pourtant bien des points communs. Pas uniquement le fait de critiquer l’Internet. La frime, tout d’abord, avec les citations répétées de vieux mâles blancs européens. Le refus du pluralisme (non, dit l’auteur, il n’y a pas plusieurs points de vue valables, juste le Vrai). La référence au monde occidental comme seul capable de pensée rationnelle. L’absence de perspective, enfin. Il y a des différences avec Finkielkraut ? Oui, la mention du capitalisme comme étant méchant. C’est mince.

      Sur le « Peut-on critiquer l’Internet sur l’Internet ? » Je pense qu’on peut puisque c’est souvent fait. Mais je différencie la critique, qui essaie d’analyser, de comprendre et, éventuellement, de réformer, voire de combattre, de la récrimination qui confond tout (l’Internet avec le Web, le Web avec Facebook, les GAFA avec Wikipédia et SeenThis), et ne se soucie pas d’analyser et encore moins de convaincre, juste d’aligner des grands mots prétentieux. On voit bien ce que l’auteur attaque, pas ce qu’il défend. Comparons avec l’agriculture : il est évidemment souhaitable de critiquer la façon dont elle se fait, productionniste et dangereuse pour la planète. Des tas de gens font ça. Mais ils proposent tous quelque chose (typiquement, une agriculture bio, plus respectueuse de la nature). Si quelqu’un partait des défauts (bien réels) de l’agriculture pour prôner le retour à la chasse et à la cueillette, je crois que cela ne serait pas exagéré de le qualifier de réactionnaire !

    • @bortzmeyer : mince les discussions se croisent. cf. http://seenthis.net/messages/211209 En ce qui concerne les camarades qui critiquent le net comme outil d’émancipation, ils proposent réellement d’autres modes de relation, d’expression et d’organisation. Je ne crois pas qu’on puisse reprocher à ces personnes de faire une critique généralisante, c’est plus à celles et ceux qu’Internet intéresse de produire une pensée plus précise et mesurée qui prenne en compte ces critiques. Merci de l’échange en tout cas.

    • A propos de l’idéologie #anti-tech et de son voisinage avec le #moralisme de Finkelkraut, on pourra lire :
      Les mauvais rêves des antitech. Lecture critique du livre Le Cauchemar de Don Quichotte, sur l’impuissance de la jeunesse d’aujourd’hui de Matthieu #Amiech et Julien Mattern, Editions Climats.
      http://rougemecanique.noblogs.org/post/2013/01/12/les-mauvais-reves-des-antitech

      C’est leur appartenance sociale à la classe des travailleurs pauvres qui leur interdit quelque chose – ou du moins, mais c’est manifestement une litote, elle ne les aide pas  : elle les empêche de sortir d’un rapport de dominés avec leurs professeurs et avec le savoir. Leur apathie s’explique par cette domination. Pourquoi être contraint au travail salarié fait-il de son rapport avec le savoir un «  rapport de dominé à dominant  »  ? Pourquoi être dans un rapport de dominé avec le savoir entraîne-t-il l’apathie  ? Est-ce parce que tout rapport de dominé à dominant entraîne nécessairement l’apathie  ? Amiech et Mattern s’attendent curieusement à ce que nous comprenions sans avoir besoin d’explications supplémentaires, puisqu’ils n’en donnent pas. L’explication s’arrête là. Nous sommes censés admettre comme allant de soi que si nous maîtrisons le savoir universitaire, nous avons de trop bonnes raisons de nous complaire dans l’#apathie pour, sauf héroïsme moral rare, ne pas y céder  ; et que si nous ne le maîtrisons pas, nous sommes ipso facto plongés dans une apathie dont, encore une fois, seule une grâce exceptionnelle pourrait nous faire sortir. Il faut remarquer que les deux branches de la tenaille dans laquelle nous coince ce raisonnement n’exercent pas une contrainte de même nature  : pour s’en dégager, dans le premier cas il suffirait de décider de ne pas céder à des raison s  ; mais dans le second nous n’avons aucune raison d’être apathiques  : nous le sommes au moins autant, mais nous le sommes pour des causes . Bref  : aux bourgeois le libre arbitre, aux prolétaires le déterminisme social. Amiech et Mattern se proclament dans leur avant-propos «  plus ‘‘sociologues’’  » que le «  sociologue [sans guillemets, cette fois] bourdieusien engagé  » Alain Accardo (pp. 9 et 8), mais ils ne nous offrent qu’un superbe exemple de ce que Bourdieu – excusez la référence – appelait une sociologie qui néglige la sociologie de sa sociologie. Ils s’annoncent aussi (dans la même phrase) «  plus ‘‘matérialistes’’  »  ; on aimerait leur demander dans quel passage. Ils affirment que « pour ceux-là [les étudiants travailleurs précaires] – et plus généralement pour la majorité des étudiants, préoccupés avant tout par les échéances scolaires et l’obtention des diplômes –, la focalisation sur les considérations matérielles rejette [NB  : ce ne sont pas les étudiants, c’est la focalisation qui rejette] le plus souvent les questions politiques du côté des préoccupations ‘‘intellectuelles’’ et du ‘‘militantisme’’, qui sont dénigrés  » (p. 78 toujours  : cette phrase suit immédiatement celle sur les étudiants travailleurs dominés par les profs et le savoir). Leur matérialisme consiste-t-il à poser en axiome qu’un sujet qui a de préoccupantes «  considérations matérielles  » va nécessairement «  dénigrer  » tout ce qui est intellectuel  ? Et que s’il dénigre l’intellectuel il est nécessairement soumis  ? Aux bourgeois l’idéalisme tempéré par la carrière, aux prolos le matérialisme vulgaire intempérant  : est-ce là le slogan de leur matérialisme subtil  ? On les asticotait gentiment sur leur mépris d’une classe d’âge, dont nous nous contrefoutons  ; mais sur le mépris de classe social, nous sommes tentés de passer à l’insulte. La suite (p.79) ne pouvant nous apaiser – «  On atteint sans doute le comble de l’absurdité avec ces individus si désireux de paraître ‘‘dans le coup’’ qu’ils en viennent à se restreindre considérablement dans certains domaines vitaux (nourriture, logement, santé) pour pouvoir suivre le rythme insensé de la surenchère consommatrice, et que l’on retrouve régulièrement habillés à la dernière mode, équipés des toutes dernières trouvailles technologiques  » –, donnons la parole à quelqu’un qui sait garder son calme, Jacques Rancière : «  Il n’y a pas à s’étonner que les représentants de la passion consommatrice qui excitent la plus grande fureur de nos #idéologues soient en général ceux dont la capacité de consommer est la plus limitée  » (8) : il n’y a pas à s’en étonner, car les idéologues dont il parle (Finkielkraut et autres) sont des conservateurs de droite. Mais on peut s’étonner que des conservateurs révolutionnaires de gauche ne s’en distinguent pas sur ce point.

    • Huhu @aude_v, je pense que je dois beaucoup à Amiech en références à lire, aussi bien par sa lecture, que par sa rencontre à Bayonne il y a quelques années, invité par #Txetx (ouais, j’ai inauguré ce lien l’autre jour, pour les locaux :D). Il m’avait gentillement envoyé un numéro traduit de Los amigos de Ludd.

      Je pense que j’aurais du mal à le critiquer (enfin en tout cas à le critiquer méchamment, comme le fond les méchants rouge mécanique — qui question jargonneux font largement mieux qu’Accardo !). :)

  • La Russie, la Syrie et l’humiliation française | RussEurope
    http://russeurope.hypotheses.org/1557

    La Russie, la Syrie et l’humiliation française
    19 septembre 2013
    Par Jacques Sapir

    L’une des choses les plus marquantes qui se dégage de la dernière session du Club Valdaï en septembre 2013 est la profonde différence dans la conception de la politique étrangère entre certains pays occidentaux (comme la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis) et la Russie, appuyée par les pays émergents. Il ne faut pas s’y tromper. Si la Russie à pris, sur la question Syrienne , des positions très fortes elle a reçu le soutien de la Chine, de l’Inde, et de nombreux autres pays allant du Brésil à la République Sud Africaine. Présenter ces positions comme la défense d’une dictature (la Syrie) par une autre dictature (la Russie) est une caricature qui déshonore ceux qui la soutiennent. Personne n’oserait pourtant affirmer que le Brésil, l’Inde et la République Sud Africaine sont des dictatures. Et, néanmoins, ces pays soutiennent la position russe. Il convient donc de regarder cette question d’un œil libre de toute propagande.

     

    La question de la prolifération.
    De quoi s’agit-il en fait ? L’intervention de Sergey Lavrov, le ministre russe des affaires étrangères, au Club Valdaï fut à cet égard très instructive. Un problème essentiel est celui de la prolifération des armes de destruction massive. Un régime de non-prolifération, ou du moins de prolifération contrôlée, constitue à l’évidence un « bien public » international. Or, depuis maintenant une vingtaine d’années, les connaissances et les capacités techniques, qu’elles concernent le nucléaire, le chimique ou le domaine des vecteurs balistiques, se sont largement diffusées. Pourtant, le nombre de pays proliférant est resté relativement limité. L’un d’entre eux a même abandonné l’arme nucléaire qu’il avait clandestinement acquise (la République d’Afrique du Sud). Certains sont des proliférateurs assumés (Pakistan et Inde), d’autres des proliférateurs « discrets » ou « honteux » comme Israël mais aussi, à une moindre degré, la Syrie et la Corée du Nord. L’Iran pourrait les rejoindre dans les prochaines années. Il faut alors se poser la question de savoir pourquoi la prolifération des armes de destruction massive a-t-elle été aussi limitée. La raison essentielle tient dans le système de sécurité collective représenté par les Nations Unies et le Conseil de Sécurité. On peut faire de nombreuses critiques aux Nations Unies. Mais, ce qui est proposé à sa place est largement pire.

    Quelles seraient donc les conséquences de politiques menées par certains pays visant à contourner les Nations Unies et le Conseil de Sécurité ? Il faut ici comprendre la logique de l’unilatéralisme, qui fut défendu par les Etats-Unis lors de la crise irakienne en 2002-2003. C’est le contournement du système international par une grande puissance, et non par une puissance mineure. Ce contournement fait peser une menace implicite sur un très grand nombre de pays. Cela constitue, à l’évidence, une incitation forte à se doter d’armes de destruction massive et à monter en gamme dans ces armes. Bien entendu, l’imitation joue aussi un rôle important. Que, dans une région du monde, un pays se dote de ce type d’armes et la pression sera forte pour ses voisins de l’imiter. On a vu la logique de ce processus au Moyen-Orient ou la constitution d’un arsenal nucléaire par Israël a encouragé les autres pays à développer des armes équivalentes (les gaz). Aujourd’hui le principal reproche que l’on peut faire à l’Iran est que le manque de transparence de son programme nucléaire va pousser l’Arabie Saoudite, et peut-être les monarchies du Golfe, à développer des armes de même nature. Ceci ne fait que reposer la problématique que j’avais développée dans mon livre Le Nouveau XXIème Siécle[1] où je défendais l’idée d’un statut international du proliférateur assurant un contrôle collectif sur ce type de pays. Si l’on reprend la question du rôle des Nations Unies dans ce contexte, on ne peut que constater que toutes les tentatives de contournement que l’on a connues depuis une vingtaine d’années on conduit à un renforcement des tendances à la prolifération. De ce point de vue, on peut considérer qu’il y a un paradoxe important. Les Etats-Unis, et leurs alliés, menacent de se passer des Nations Unies pour affronter le problème de la prolifération, mais ce faisant ils encouragent d’autres pays à proliférer. Seule, la constitution d’un système international de règles est capable de gérer ce problème. Et, sa création implique qu’il ne puisse être utilisé par certains contre d’autres, d’où la signification du droit de veto au Conseil de Sécurité. Notons ici qu’il a été massivement utilisé tant par les Etats-Unis que par l’URSS et la Russie depuis la création des Nations Unies.

    #Russie
    #Syrie
    #humiliation française
    #Morale
    #Moralisme.
    Pas d’autres solutions que #diplomatique

  • Comment reconnaitre ce qui est « sublime » ? Rencontre Passionnante avec l’historien de l’art Paul Ardenne spécialiste de l’art contemporain et la galériste Barbara Polla.
    http://www.youtube.com/watch?v=vwnqyygOWJ0

    http://www.artemedia.fr/2012/06/24/le-sublime-par-barbara-polla-et-paul-ardenne

    « Est sublime ce qui, par cela seul qu’on peut le penser, démontre une faculté de l’âme qui dépasse toute mesure des sens » (Kant, Critique de la Faculté de Juger). Le sublime associe la beauté et son ombre. Toujours, il déborde le beau. Il ne se donne pas à voir. On évoque Quasimodo, ou La Jambe noire de l’Ange. Sublime ? Il y a dans ce mot une ambiguïté étymologique riche de doute : s’agit-il de limis, oblique, de travers — ou de limen, la limite, le seuil, celui que l’on ne saurait outrepasser ? La Jambe noire de l’Ange est, quant à elle, de travers.

    Chez Kant, le sublime se légitime par la révélation de l’homme à lui-même en tant qu’être libre. Cette profondeur métaphysique suppose l’absence d’artifice et une sorte de perfection sensible qui conduit au vertige. Chez Kant encore, l’homme est un spectateur prenant conscience, à travers un phénomène lui étant étranger — l’art par exemple —, de lui-même. Avec #Burke, l’homme devient, insidieusement, à la fois producteur (d’une œuvre d’art...) et spectateur. Le sublime glisse hors de l’homme et se manifeste alors dans l’artifice lui-même.

    #Wittgenstein, lui, nous rappelle que « ce dont on ne peut parler, il faut le taire. » Ce sont l’art et la terreur qui nous donnent alors à voir ce dont on ne peut parler. Telle la Guérison du Diacre Justinien, réalisée par Côme et Damien, deux frères jumeaux d’origine arabe, médecins « anargyres » (sans argent) convertis au christianisme. Fra Angelico, en silence, nous donne à voir l’un des miracles posthumes des jumeaux anargyres. Le diacre Justinien avait la jambe en perdition. Saint Côme et Saint Damien lui greffèrent, pendant son sommeil, la jambe d’un éthiopien qui venait d’être enseveli au Cimetière de Saint Pierre. C’est la Jambe noire de l’Ange, scène peinte par Fra Angelico au titre de La Guérison du diacre Justinien (1438-1440 ; Musée San Marco, Florence).

    #Paul_Ardenne #Histoire #Art #Esthétique #peinture #Cinéma #Littérature #Musique #Être #Choses #Philosophie #Métaphysique #Nature #Culture #Moralisme #Hegel #Kant #Nietzsche... #Pasolini #Eisenstein #sublime #Vidéo