#morbide

  • La cléricalisation des pays de l’Est Nina Sankari - 24 Mar 2018 - Investig’Action
    https://www.investigaction.net/fr/la-clericalisation-des-pays-de-lest

    Il y a bientôt 30 ans, en 1989, un grand bouleversement est intervenu en Europe de l’Est. Les régimes dits communistes des pays de l’Europe de l’Est sont tombés comme des dominos et la fameuse transition a commencé. Les peuples de ces pays avaient réclamé la liberté, la démocratie et l’amélioration des conditions de la vie. Ils ont obtenu des élections libres et le pluralisme politique. En promo-bonus, ils ont reçu le capitalisme le plus rapace, qui limite l’accès pratique aux libertés démocratiques. Un autre facteur aggravant la vie des gens de la région, c’est le renversement des relations entre les Églises et l’État.
    Remarques préliminaires
    J’utilise des informations trouvées dans des publications diverses comme : articles, rapports et analyses en provenance aussi bien de centres académiques comme Research Gate ou Academia et de différents sites gouvernementaux ou spécialisés dans ces thématiques que de sites des ONG etc. L’information ne manque pas. Mais si on regarde de plus près, on peut noter certains déficits :
    1. La plupart des informations sont fournies par les institutions et centres religieux représentant un intérêt religieux.
    2. Même les sources qui se disent neutres ou objectives sont souvent financées par des institutions favorisant la religion (ex. PEW Research Centre) et par conséquent l’objectivité de leurs publications est discutable.
    3. Les deux groupes de sources analysent volontiers la religiosité des populations (quelle que soit la fiabilité des statistiques présentées), mais les politiques concrètes des États qui sont à l’origine du processus de cléricalisation sont absentes de l’analyse.
    4. Il est extrêmement difficile de trouver des chiffres sur le financement des Églises par des États.

    Dans cette situation, pour présenter le processus de cléricalisation des pays de l’Est, j’ai choisi des critères d’analyse suivants :
    1. Le passé clérical « pré-communiste » comme facteur facilitant la cléricalisation.
    2. Les relations Église – État actuelles dans les lois : Constitution, Concordat, loi sur l’éducation, sur le financement de l’Église par l’État et loi blasphème.
    3. Les droits reproductifs des femmes.
    En face d’un nombre écrasant de publications représentant la voix religieuse, je salue l’œuvre de l’IRELP qui apparaît comme une rare organisation à mener la recherche dans le camp opposé à la cléricalisation des pays de l’Europe et du monde.

    Les Églises – les vrais vainqueurs de la transition qu’on a appelée « démocratique »
    Il y a bientôt 30 ans, en 1989, un grand bouleversement est intervenu en Europe de l’Est. Les régimes dits communistes des pays de l’Europe de l’Est sont tombés comme des dominos et la fameuse transition a commencé. Les peuples de ces pays avaient réclamé la liberté, la démocratie et l’amélioration des conditions de la vie. Ils ont obtenu des élections libres et le pluralisme politique. En promo-bonus, ils ont reçu le capitalisme le plus rapace, qui limite l’accès pratique aux libertés démocratiques.

    Un autre facteur aggravant la vie des gens de la région, c’est le renversement des relations entre les Églises et l’État. Les pays déclarés athées, avec des institutions religieuses dominées autrefois par l’État, sont entrés sur la voie de la cléricalisation de la vie politique, socio-économique et culturelle. Cette cléricalisation se réalise dans tous ces pays par l’alliance du trône et de l’autel, une alliance entre l’institution religieuse dominante du pays et la droite (aussi bien conservatrice que populiste). Ce n’était pas ce que beaucoup d’habitants de la région avaient espéré. Le rôle accru de l’Église détruisant dès le début les libertés démocratiques (liberté de conscience, de parole, d’expression dans les medias, l’art et la science) et les droits humains, les droits des femmes en première place.

    La reconstruction du modèle clérico-national ou #national-fasciste
    Dans tous les pays de la région, les attaques des institutions religieuses contre le modèle laïque se multiplient, quelle que soit la religion imposée. L’Église catholique, très active dans la de-sécularisation de la région, est le vrai vainqueur de ce changement et on pourrait lui attribuer un rôle dans la modification de la carte de l’#Europe. Il faut noter aussi un effort constant de la part des autorités religieuses de lier la religion au nationalisme (appelé #patriotisme).
    L’Église catholique y excelle particulièrement bien. Un bon Polonais (Slovaque, Croate, Hongrois ou Slovène) c’est un bon catholique. Par contre, un #athée est un traître à la patrie. « Un Polonais c’est un catholique, l’exception, c’est un juif », disait déjà au début des années 90 le #cardinal_Glemp. La deuxième partie de cette constatation semble d’ailleurs ne plus être d’actualité. Ne parlons pas des athées, mais que sont alors les #protestants, les #orthodoxes, les #musulmans (descendants des Tartars vivant en Pologne depuis des siècles) ? En cherchant leur identité dans le passé de « l’indépendance » de l’ère pré-communiste, les pays de la région la trouvent souvent dans le passé fasciste. Par exemple dans la Slovaquie du Père Tiso, en Roumanie sous la Garde de fer, dans la Croatie de Pavelic ou dans la Hongrie d’Horthy.

    Pour illustrer cette thèse, prenons l’exemple de la Slovaquie et de son divorce « de velours » avec la Tchéquie. Pendant sa visite, un an avant l’accession de la Slovaquie à l’Union européenne, le pape Jean-Paul II a dit : « Dans un proche avenir, votre pays deviendra membre à part entière de la Communauté européenne. Chers et bien aimés, apportez à la construction de la nouvelle identité de l’Europe la contribution de votre riche tradition chrétienne ! » Appelant les Slovaques à être les soldats de la « bataille pour l’âme de l’Europe », il les a invités à aider à « ré-évangéliser un continent laïc à partir de l’Est ». Mais pour cela, le Vatican avait besoin de séparer la #Slovaquie de son partenaire moins favorable à la cléricalisation – la #Tchéquie fortement athéisée. Après la « révolution de velours » à la fin de 1989, la Slovaquie était à la recherche de son passé en tant que nation indépendante. Elle l’a trouvé : l’État slovaque fasciste de 1939-1945 du Père Tiso. 

    De même en #Croatie, où la mobilisation nationale-catholique tout au long des années 90 était énorme et continue à l’être aujourd’hui, même si elle se concentre sur d’autres sujets (lutte contre les droits des femmes, droits des personnes #LGBTQ, éducation laïque etc.), cette mobilisation supposait l’écriture d’une nouvelle version de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale (comme d’ailleurs dans d’autres pays de la région), réhabilitant les #oustachis comme des « patriotes » anticommunistes. De nouveau, ce phénomène trouvera l’appui de #Jean-Paul-II dont les voyages apostoliques en Croatie provoqueront une euphorie catholico-patriotique, surtout son voyage de 1988, marqué par la béatification de Mgr Alojzije Stepinac, l’Archevêque de Zagreb durant la Seconde Guerre mondiale. Toutefois, le processus de sa canonisation a été arrêté suite à de nombreuses protestations, dont celle des intellectuels et celle de l’Église orthodoxe serbe qui s’est opposée avec virulence à la canonisation de #Stepinac considéré par les Serbes comme un criminel de guerre impliqué dans le régime fasciste des Oustachis.

    En Pologne, la situation historique est différente, étant donné que les autorités pendant la période de la Sanacja (gouvernement d’« assainissement » national de Pilsudski) ont réussi à délégaliser le Camp national radical fasciste en 1934 et à le détruire avant la Seconde Guerre mondiale. Néanmoins, la Pologne réécrit son histoire aussi, en glorifiant les « soldats maudits » comme des héros nationaux (soldats d’extrême droite qui vont combattre les Allemands et les Soviétiques). À partir de l’année 2011, le 1er mars est devenu une fête nationale en #Pologne, pour célébrer le souvenir des soldats de cette résistance clandestine anticommuniste. Cependant, ce souvenir oublie la brutalité inouïe avec laquelle ils ont tué des milliers d’hommes et de femmes, et des centaines d’enfants. Beaucoup d’entre eux ont eu le seul malheur d’être juifs, biélorussiens, ukrainiens ou slovaques. L’Église polonaise participe aux messes célébrées à leur intention. Et le bras de fer du nationalisme catholique polonais, le Camp national radical, délégalisé en 1934 par Pilsudski, a été à nouveau légalisé au nom de la démocratie en 2002.

    Relations Église – État dans les pays “post-communistes”
    Aujourd’hui, le niveau d’ingérence religieuse dans la sphère publique diffère selon le pays, la Pologne étant le leader indiscutable de la cléricalisation, un pays où l’Eglise catholique domine l’État. Par contre, la République tchèque est un vrai « cancre » car la population y reste majoritairement athée (Tableau 1)
    Tableau 1 : Relations Église – État dans les pays “post-communistes” membres de l’UE


    Slovaquie : Traité sur la clause de conscience rejeté

    Si on regarde la première colonne, tous les pays « ex-communistes » (à l’exception de la Pologne) ont la séparation de(s) Église(s) et de l’État ou la « laïcité » (le sécularisme) ou la neutralité qui sont inscrites dans la Constitution. En ce qui concerne la Pologne, les évêques polonais se sont opposés à ce que le terme “séparation” ou “laïcité” ou “neutralité de l’État” soient inscrits dans la #Constitution de 1997. Il a été remplacé par le terme d’autonomie mutuelle, ce qui ne peut être interprété autrement que la perte par l’État de sa souveraineté, réduite désormais à l’autonomie. Mais il serait faux de penser que dans tous les autres cas, la Constitution garantit le caractère laïque ou neutre de l’État. Par exemple, en Lituanie, la Constitution parle du caractère laïc de l’éducation publique uniquement (ce qui n’empêche pas d’avoir des cours de religion à l’école). La Slovaquie ou la Slovénie ont le sécularisme inscrit dans la Constitution, mais cela ne les empêche pas non plus d’organiser des cours de religion à l’école publique ou de financer les Églises.

    Ce qui compte le plus, c’est la colonne 4 sur le concordat. Parce que si le concordat (ou les concordats ou autres accords avec le Vatican) est signé, le caractère laïque de l’État, même formellement déclaré dans la Constitution, devient une constatation dépourvue de sens. Et parmi tous les États « ex-communistes » membres de l’UE, seule la Tchéquie n’a pas signé un tel accord et n’a toujours pas réglé la question des restitutions de nombreux biens ecclésiastiques confisqués par le régime précédent. En 2002, Prague a signé un tel accord avec le Vatican mais cet accord a été rejeté par le Parlement, la pomme de discorde reste toujours le problème des restitutions des biens de l’Église. L’ex-dissident et président à l’époque, Vaclav Havel, s’en est plaint : quarante ans de communisme et vingt ans de consumérisme ultralibéral ont fait de ce pays “la première société réellement athée sans ancrage moral”.

    Et c’est là en partie que réside le problème de la cléricalisation galopante dans les pays de l’Est. Elle se fait avec le consentement des élites politiques et intellectuelles, le plus souvent de droite mais de gauche aussi. Dans les années 90, on voyait tous les jours le Premier Ministre polonais Oleksy, dirigeant de l’Alliance de la Gauche Démocratique, agenouillé inlassablement à l’église et le Président Aleksander Kwaśniewski légitimait son pouvoir en se promenant avec Jean Paul II dans sa papamobile. L’icône de l’opposition démocratique en Pologne, Adam Michnik, affirmait à plusieurs reprises dans ses longs articles qu’il n’y a pas d’autre morale pour un Polonais que la morale catholique. Une autre icône, le professeur Karol Modzelewski a refusé de signer la liste des athées et #agnostiques en Pologne (montrer le support à un coming out est difficile) par obligation de « défendre la substance de la science en Pologne ». Les intellectuels polonais n’ont pas eu ce réflexe de leurs collègues croates de protester contre la glorification de bourreaux des Soldats Maudits. Ce n’est que maintenant que les élites polonaises se réveillent quand le pouvoir autocratique pour lequel ils ont pavé le chemin menace leur position.

    Les femmes – les grandes perdantes de la transformation
    En général, dans les pays de l’Est au début de la transformation démocratique, les femmes disposaient librement de leur corps. L’IVG, à l’exception de la Roumanie, était légal et gratuit. Due à un niveau technologique bas, la contraception a été succincte mais accessible. Dans certains pays il y avait des cours d’éducation sexuelle à l’école. Sous pression des institutions religieuses, leurs droits se trouvent attaqués ou détruits. Le droit à l’IVG étant un critère symbolique du droit de la femme à l’autodétermination, le tableau 2 montre la situation de l’IVG dans les pays « #ex-communistes ». 

    Si dans la plupart de pays de l’Est membres de l’UE, à l’exception de Pologne, l’IVG reste légale, les tentatives d’y restreindre l’accès se multiplient dans tous les pays. Cela concerne même la Roumanie, le seul pays de ce groupe où les femmes ont gagné les droits reproductifs après la chute du régime de Ceaușescu. Des restrictions se font souvent par la barrière économique (ex. Estonie) ou l’IVG, donc l’avortement à la demande, de la femme est légal mais coûte cher. Dans la plupart des pays il y des restrictions pour les mineures qui doivent se présenter avec leurs parents. Un autre problème concerne l’instauration de consultations médicales obligatoires pour recevoir l’autorisation. Les tentatives les plus graves visant à restreindre ou détruire ce droit viennent de l’Église catholique (Slovaquie, Lituanie, Croatie, Slovénie). La Pologne constitue un exemple #morbide d’un pays où l’Église traite les droits des femmes comme son #butin_de_guerre et où l’IVG est interdit. Mais même dans les cas prévus par la loi (danger pour la vie et la santé de la mère, du #fœtus et en cas d’un rapport sexuel criminel), on refuse dans les faits aux femmes la possibilité de pratiquer l’avortement. Seuls les projets visant à restreindre encore plus ou à interdire complètement l’avortement sont pris en considération par le Parlement actuel. Le leader du parti Droit et Justice est allé jusqu’à exiger qu’une femme porte une grossesse avec l’enfant non-viable juste pour pouvoir le baptiser.

    Table 2. L’avortement dans les pays “post-communistes” membres de l’UE

    Conclusions
    La chute du mur de Berlin a eu de multiples conséquences, entre autre, la disparition du monde bipolaire. Comme le camp « ex-communiste » était, du moins en théorie, basé sur la philosophie matérialiste et formellement dirigé par des athées qui voyaient – à juste titre – les institutions religieuses comme des ennemis du système, celles-là ont pris leur revanche après le changement dit démocratique. Mais les institutions religieuses, par définition antidémocratiques et alliées à la droite conservatrice, n’ont pu que cheminer vers la destruction des libertés civiles, des droits humains et le démontage de la démocratie. L’intelligentsia de la région, désireuse de devenir la classe moyenne, a abandonné les peuples et trahi les femmes, en pavant le chemin aux régimes non démocratiques ou d’une démocratie “illibérale” (terme inventé par Orban). Le processus de la désécularisation et de cléricalisation successive menace non seulement cette région mais en fait l’Europe entière. L’éducation soumise à la pression religieuse vise à produire des citoyens et citoyennes incapables de développer une pensée critique. Une solidarité internationale des libres penseurs s’impose plus que jamais pour pouvoir contrer les politiques liberticides. Nous avons aussi besoin de renforcer notre efficacité concernant l’augmentation de nos capacités à mener des recherches, produire des analyses et les promouvoir.
     
    Conférence de Nina Sankari à l’IRELP (Institut de Recherche La Libre Pensée) http://www.irelp.fr

    #église #Athéïsme #état #liberté #Démocratie #capitalisme #religiosité #statistiques #cléricalisation #pré-communisme #post-communisme #Education #Constitution #Concordat #blasphème
    #femmes #féminisme #sexisme #racisme #culture_du_viol #travail #viol #violence #histoire #droits_des_femmes #avortement #ivg #misogynie #union_européenne #pape #mur_de_berlin

  • Un peu le vertige en écoutant la RTBF à l’instant. Invité Simon Liberati à propos de son livre Eva . Je découvre la sordide histoire d’Eva Ionesco (la femme de Liberati) donc.

    Les articles complaisants et ambigus sur les abus de la mère sur la fille ne manquent pas. Et le mari qui surfe sur les abus - entre fascination et dénonciation, avec une photo d’elle ado sur la couve du bouquin bien sur.

    Irina Ionesco, photographe libre, mère toxique
    http://www.telerama.fr/scenes/irina-ionesco-photographe-libre-mere-perverse,130438.php

    Elle avait fait de sa fille, encore mineure, un modèle érotique. Au cœur du roman « Eva » de Simon Liberati, l’artiste a été déboutée de sa plainte pour « atteinte à la vie privée ». Portrait d’une femme controversée.

    « Eva » : l’amour fou de Simon Libe­rati
    http://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/eva_l_amour_fou_de_simon_liberati_348681

    Avant d’être son épouse et le sujet-objet de ce nouveau roman, Eva fut, pour Simon Libe­rati, une petite fille 13 ans perdue dans les nuits pari­siennes, et l’inspi­ra­tion d’un person­nage de son premier livre, Antho­lo­gie des appa­ri­tions, sous le nom de Marina. Et puis il y eut la troi­sième rencontre. Eva ne se contenta pas d’en­trer dans le “cabi­net de curio­si­tés” de l’écri­vain soli­taire collec­tion­neur de monstres, elle lui redonna carré­ment goût à la vie, au mariage, à l’amour.

    Je ne sais pas comment tagguer ce truc. #fascination #morbide ?
    cf. http://seenthis.net/messages/338747 @tintin @mad_meg

    J’ai préparé une intervention récemment sur les récits de femmes esclaves. Elles ont fait un travail incroyable pour dénoncer et mettre en évidence les aspects spécifiques de leur exploitation et notamment l’exploitation sexuelle et parturientale (si on peut dire ça comme ça).

    Mais voilà, le viol d’esclave est devenu un type de scène ultra présent dans les films d’exploitation, pas tant pour les dénoncer que par une sorte de fascination érotique, que dénoncent des femmes afro-américaines, même dans les oeuvres de femmes non soupçonnées de complaisante fascination morbide comme Kara Walker. Je compare des trucs pas comparables, mais au final, j’éprouve le même malaise. Ou quand la dénonciation d’abus devient une commodité culturelle abreuvant l’imaginaire pornographique ou érotique. Sur ce, je vais gerber je crois.

    • je voie bien ce que tu veux dire @supergeante par rapport à l’érotisme des scenes de viol au cinéma. Pour les violeurs et pour la plus part des hommes, le viol fait parti de la sexualité. Il y a même du monde pour dire que c’est un acte sexuel au lieu d’un acte de torture.
      Et même quant ca cherche à dénoncé. Je pense par exemple à la scène de fin de « the brave one » avec Judy Foster quant on nous montre la scene de viol complète des fois qu’on ai pas compris. Ou par exemple dans le film « baise moi » (j’ai faillit gerber et j’ai pas pu voire plus de 6 minutes du film) alors que Despentes est clairement féministe et cherche à dénoncé. Pourtant j’avais l’impression de voire un porno.

      J’ai une amie qui refuse de voire tout film qui comporte une scène de viol que ca soit pour s’y complaire ou dénoncé elle ne fait pas le tri. Cela lui limite pas mal la filmographie. Et quant je lui conseil un film je lui signale la scène a faire avancé, je me suis mise à le faire aussi car ca n’apporte rien à l’intrigue à part faire bander les misogynes.
      Et pour les femmes racisées, il y a encore plus l’aspect domination et colonialiste et raciste qui s’ajoute. Avec pour les femmes esclave le myth comme quoi elle auraient eu des privilèges en couchant avec les maitres (alors qu’il s’agit de viol bien sur pas de « coucherie »). Les femmes noirs sont en plus très sexualisées et de manière brutale car dans l’imaginaire racistes elles sont proches de l’animal et comparées souvent à des félines qui en tant qu’animal sauvage ( en rapport aussi avec le myth de la black hungy women) vont pas se laisser faire. Il y a l’idée qu’il faille prendre de force ces « panthères » pour les dresser et leur montrer tout ce qui est bon pour elles. C’est comme une aggravation du cliché de la femme qui dit Non mais pense OUI mais en multiplié de manière exponentielle.
      Le sujet de l’esclave violé par le maitre est évoqué dans « 12 years a slave » et on echappe d’ailleurs pas au sexisme dans ce film comme c’est expliqué ici ; http://www.lecinemaestpolitique.fr/12-years-a-slave-2014-lesclavage-a-travers-les-yeux-dun-heros-h

      Par rapport à Irina Ionesco je ne connais pas cette personne mais je vais aller voire mais pas maintenant. Par contre le tag #lolita me semble utilisable ici. ainsi que #cultur_du_viol et #misogynoir (que j’ai découvert il y a peu et qui désigne le sexisme spécifique aux femmes noirs et qui nous viens des féministes US.
      https://en.wikipedia.org/wiki/Misogynoir

      Il y a aussi dans le film sur la vie de Phoolan Devi, des scènes que j’ai trouvé complaisantes car Phoolan Devi a été violé par son époux alors qu’elle avait 11 ans et j’ai trouvé que le film en montrait beaucoup trop. Dans le sens que c’est pas utile de montrer autant de détails, on avait bien compris de quoi il retournais.

  • La peine de prison du futur pourra-t-elle durer mille ans ?

    http://www.slate.fr/life/84647/peines-prison-futur

    Et si une condamnation à perpétuité se mettait à durer bien plus qu’une vie ? La biotechnologie, rapporte le Telegraph, pourrait être utilisée pour piéger les prisonniers et leur faire croire, ressentir, que leur emprisonnement dure 1.000 ans. C’est ce qu’assure un groupe de scientifiques britanniques qui planche sur le sujet.

    La philosophe Rebecca Roache, en charge d’une équipe de chercheurs de l’université d’Oxford travaillant sur la façon dont les futures technologies pourraient transformer les punitions, explique qu’ainsi les condamnations des prisonniers pourraient leur paraître bien plus lourdes sans que l’on ait besoin de recourir à la peine de mort pour autant. Et cela permettrait selon elle de prononcer des peines plus adaptées à certains crimes odieux.

    Dans un article publié en 2013 sur son blog Practical Ethics, elle expliquait avoir beaucoup pensé, en démarrant sa réflexion, au cas de Daniel Pelka :

    « Daniel avait 4 ans quand il est mort en mars [2012]. Dans les derniers mois de sa courte vie, il fut battu, affamé, maintenu sous l’eau jusqu’à perdre conscience juste pour que sa mère puisse avoir un peu de "tranquillité" ; tout traitement médical lui fut refusé, enfermé dans une petite pièce ne contenant qu’un matelas sur lequel il était censé à la fois dormir et déféquer, humilié et privé d’affection, et soumis aux abus les plus absurdement créatifs, comme être forcé à manger du sel quand il demandait un verre d’eau. »

    Les parents purgent aujourd’hui une peine à perpétuité pour ce meurtre, ce qui ne paraît pas suffisant à la philosophe.

    #torture

    • Oh et l’argument humaniste complètement retors en prime (dans l’entretien original)
      http://aeon.co/magazine/living-together/should-biotech-make-life-hellish-for-criminals

      A lot of philosophers who have written about personal identity wonder whether identity can be sustained over an extremely long lifespan. Even if your body makes it to 1,000 years, the thinking goes, that body is actually inhabited by a succession of persons over time rather than a single continuous person. And so, if you put someone in prison for a crime they committed at 40, they might, strictly speaking, be an entirely different person at 940. And that means you are effectively punishing one person for a crime committed by someone else. Most of us would think that unjust.

      Et transhumanisme, effectivement :

      My personal suspicion is that once life extension becomes more or less universal, people will begin to see it as a positive right, like health care in most industrialised nations today.

      Ainsi que torture par #privation_sensorielle :

      Of course, there is a widely held view that any amount of tinkering with a person’s brain is unacceptably invasive. But you might not need to interfere with the brain directly. There is a long history of using the prison environment itself to affect prisoners’ subjective experience. During the Spanish Civil War [in the 1930s] there was actually a prison where modern art was used to make the environment aesthetically unpleasant. Also, prison cells themselves have been designed to make them more claustrophobic, and some prison beds are specifically made to be uncomfortable.

      I haven’t found any specific cases of time dilation being used in prisons, but time distortion is a technique that is sometimes used in interrogation, where people are exposed to constant light, or unusual light fluctuations, so that they can’t tell what time of day it is.

      Et #comportementalisme, ça va de soi :

      We have been thinking a lot about #surveillance and punishment lately. Already, we see governments using ankle bracelets to track people in various ways, and many of them are fairly elaborate. For instance, some of these devices allow you to commute to work, but they also give you a curfew and keep a close eye on your location. You can imagine this being refined further, so that your ankle bracelet bans you from entering establishments that sell alcohol. This could be used to punish people who happen to like going to pubs, or it could be used to reform severe alcoholics. Either way, #technologies of this sort seem to be edging up to a level of behaviour control that makes some people uneasy, due to questions about personal autonomy.

      It’s one thing to lose your personal liberty as a result of being confined in a prison, but you are still allowed to believe whatever you want while you are in there. In the UK, for instance, you cannot withhold religious manuscripts from a prisoner unless you have a very good reason. These concerns about autonomy become particularly potent when you start talking about brain implants that could potentially control behaviour directly. The classic example is Robert G Heath [a psychiatrist at Tulane University in New Orleans], who did this famously creepy experiment [in the 1950s] using electrodes in the brain in an attempt to modify behaviour in people who were prone to violent psychosis. The electrodes were ostensibly being used to treat the patients, but he was also, rather gleefully, trying to move them in a socially approved direction. You can really see that in his infamous [1972] paper on ‘curing’ homosexuals. I think most Western societies would say ‘no thanks’ to that kind of punishment.

      To me, these questions about technology are interesting because they force us to rethink the truisms we currently hold about punishment. When we ask ourselves whether it’s inhumane to inflict a certain technology on someone, we have to make sure it’s not just the unfamiliarity that spooks us. And more importantly, we have to ask ourselves whether punishments like imprisonment are only considered humane because they are familiar, because we’ve all grown up in a world where imprisonment is what happens to people who commit crimes. Is it really OK to lock someone up for the best part of the only life they will ever have, or might it be more humane to tinker with their brains and set them free? When we ask that question, the goal isn’t simply to imagine a bunch of futuristic punishments – the goal is to look at today’s punishments through the lens of the future.

      On revient en fait, de façon non chrurgicale mais tout aussi destructrice, à la pratique des #lobotomies. #Philosophie, dit-elle ? Plutôt #vengeance et passion #morbide.

  • Summum du #kitsch : exposer son #foetus dans son salon grâce à l’#impression_3D
    http://www.fastcodesign.com/3024940/design-crime/it-is-now-possible-to-3-d-print-your-unborn-fetus

    For $600, a company named 3D Babies will turn your ultrasound into a life-sized fetal sculpture, delivered in a satin-lined wood box that would be impolite to call a coffin.

    L’évocation #morbide est bien vue : ça rappelle les expositions de corps plastinés, ou plus anciennement les collections d’#anatomie pathologique des écoles de médecine. Chacun son petit musée Dupuytren chez soi.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Mus%C3%A9e_Dupuytren

    [Ayant un goût limité pour de telles expos, je te laisse chercher les images associées audit musée ou à la #plastination]

    Il y a déjà massivement quelque chose d’approchant : la #photo 3D reconstituée du bébé in utero grâce au doppler, qui est faite automatiquement par la/le médecin lors d’une échographie, sans doute pour faire plaisir aux parents plus que par intérêt médical. Ca donne une sorte de #représentation en pâte à modeler où l’on est invité⋅e à voir l’image fondatrice de l’#enfant. Par exemple (sur le site sports-sante.com) :

    Via Next Nature
    http://www.nextnature.net/2014/01/touching-your-unborn-child

    #voyeurisme #médecine #spectacle