• Réarmement démographique : La ministre de la Santé enterre un rapport sur la #mortalité_infantile | Le Canard enchaîné
    https://www.lecanardenchaine.fr/sante/54583-la-ministre-de-la-sante-enterre-un-rapport-sur-la-mortalite-i

    Stéphanie Rist refuse de publier un rapport qui analyse les causes de la mort de milliers de nourrissons chaque année en France. A raison : ce document pourrait bien plomber l’optimisme du plan de lutte contre l’infertilité lancé par Emmanuel Macron.

    Redresser la courbe de la natalité  : c’était l’une des priorités du second quinquennat d’Emmanuel Macron. En février, un plan de lutte contre l’infertilité a été lancé, assorti de 16 mesures, dont l’une (le nouveau congé de naissance) est applicable depuis le 1er juillet. Encore faudrait-il que les promoteurs de ce «  réarmement démographique  » ne cachent pas les réalités du «  désarmement infantile  »  !

    Car le constat est désolant  : selon les chiffres publiés le 7 juillet par l’Institut national de la statistique, le taux de mortalité infantile a ­grimpé à 4,1 pour 1 000 naissances en 2024. Ainsi, sur un total de 661 822 naissances, 2 709 enfants sont morts avant leur premier anniversaire. Cette dégradation, due principalement à des décès de bébés au cours de leurs 27 premiers jours, fait rétrograder la France à la 23e place des 27 pays de l’Union européenne.

    edit @allanbarte.bsky.social

    • Un rapport interroge les causes de la forte mortalité infantile en France et balaie la problématique des petites maternités
      https://www.liberation.fr/societe/sante/un-rapport-interroge-les-causes-de-la-forte-mortalite-infantile-en-france

      Le document a dormi dans les tiroirs de l’exécutif pendant huit mois, puis a été publié discrètement le 4 août après un article du « Canard Enchaîné » révélant son existence. Il dresse quelques pistes, et ne juge pas pertinent de poursuivre la politique de fermeture des petites structures, suivie depuis plusieurs décennies.

      [...]
      La cause n’est pas unique, rappellent les trois auteurs, parmi lesquels l’ancien conseiller de François Hollande, Aquilino Morelle. Plusieurs facteurs jouent, sans savoir à quel point : l’âge de plus en plus tardif des grossesses, qui augmente le risque de complication, la hausse des grossesses multiples, souvent plus complexes… Et surtout les inégalités sociales et territoriales, dont le rôle est plus ou moins documenté. Le rapport rappelle que les régions d’outre-mer, généralement plus défavorisées, enregistrent les chiffres les plus préoccupants. La situation s’est aussi dégradée en Ile-de-France.

      Qu’en est-il du rôle de la fermeture des petites maternités, trajectoire entamée sujet bien souvent débattu ? Nombre d’élus locaux refusent d’arrêter les accouchements dans celles qui ne prennent en charge que quelques centaines de naissances par an, mesure qu’ils présentent comme cause d’une dégradation des soins. Tandis que les sociétés de médecins estiment que ces établissements, par manque d’activité, ne sont pas suffisamment sécuritaires pour les femmes enceintes et leurs bébés.

      L’#Igas ne suit aucun de ces arguments. La politique, suivie depuis des décennies, consistant à fermer les plus petites structures au profit de plus grands pôles « n’explique pas à elle seule cette dégradation ». Dans le même temps, « il ne semble pas qu’un modèle type d’organisation territoriale optimale des maternités puisse être mis en avant de façon convaincante ». Car des pays observent de meilleures performances tant en ayant, pour certains comme la Suède, concentré les naissances dans des grandes maternités que, pour d’autres comme l’Italie, en conservant de petits établissements. « Dès lors, proposer, en 2026 […] la seule hausse du seuil minimal d’activité des maternités », c’est-à-dire le nombre de naissances au-dessous duquel un établissement doit arrêter les accouchements, « constituerait une réponse mécanique, datée » à ce problème global de santé publique, estiment les auteurs du document.

      « L’essentiel de la réduction des risques de mortalité infantile se joue » d’abord lors de la grossesse, « dans la capacité à prévenir, détecter puis prendre en charge les situations à risque » et après l’accouchement, dans celle « à prendre en charge les jeunes enfants dont l’état le requiert dans les services de néonatalogie ».

      https://justpaste.it/aji6m

      #maternités #fermetures_de_maternités #soins_périnataux #sages-femmes

    • « Personne n’a soutenu que la taille d’une maternité détermine mécaniquement la mortalité infantile »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/07/personne-n-a-soutenu-que-la-taille-d-une-maternite-determine-mecaniquement-l

      Trois gynécologues-obstétriciens dénoncent, dans une tribune au « Monde », la manière dont l’inspection générale des affaires sociales a négligé le rôle de la fermeture des petites maternités dans la hausse de la mortalité infantile en France.

      Un rapport de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) sur la mortalité infantile a été rendu public le 5 août, six mois après sa rédaction. Ce calendrier en dit plus sur sa nature que ses 300 pages. La France compte 4,1 décès pour 1 000 naissances vivantes. Elle est passée du troisième rang européen au vingt-troisième en moins de vingt-cinq ans. Si elle atteignait la moyenne européenne, 529 enfants ne seraient pas morts en 2025 ; 1 057 enfants ne l’auraient pas été non plus si elle avait atteint le niveau de l’Italie ou du Portugal. Ces chiffres figurent dans le rapport de l’IGAS.

      Le rapport de l’Académie nationale de médecine de 2023 [Yves Ville, l’un des signataires de cette tribune, est l’auteur principal du rapport 23-05 sur la planification de la politique de périnatalité en France] proposait deux volets indissociables : regrouper les maternités réalisant moins de 1 000 accouchements par an avec les structures de niveau supérieur, et transformer les sites libérés en centres de prise en charge dirigés par des sages-femmes, équipés de télémédecine, de dossiers partagés et de protocoles d’escalade vers l’obstétricien de référence. L’IGAS réduit cette proposition à une « fermeture sèche » des petites maternités. Elle extrait de notre rapport uniquement la partie sur la concentration, ignorant le réseau de proximité et la complémentarité ville-hôpital. Elle oppose à un prétendu projet de désert sanitaire sa propre proposition de centres périnataux de proximité, sans aucune recommandation opérationnelle.

      L’IGAS affirme que les restructurations de maternités n’ont pas d’effet démontrable sur la mortalité. Elle reconnaît pourtant elle-même que cette démonstration est « méthodologiquement inaccessible ». Elle omet de neutraliser les facteurs de confusion – précarité, âge maternel, obésité –, qu’elle identifie par ailleurs comme déterminants. Elle ignore que les maternités de haut niveau accueillent les grossesses les plus complexes, ce qui gonfle mécaniquement leurs taux bruts et masque leur effet propre.

      #paywall

    • Tiens c’est marrant je me souviens d’Emmanuel Todd qui disait il y a un certain nombre d’années que l’indicateur principal qui lui avait permis de « prédire » la chute de l’URSS était l’augmentation notable de la mortalité infantile.

  • More women die in heatwaves, but biology ’isn’t main cause’
    https://www.dw.com/en/more-women-die-in-heatwaves-but-biology-isnt-main-cause/a-78187451

    Across the board, he says, women spend 30% to 50% more of their working time above heat-stress thresholds than men. In construction, when comparing men and women doing the same job, the figure rises to around 50%.

    The reasons, he says, are structural. Women often wear more clothing for the same job. Men are more confident asking for breaks. And where men’s work is visibly strenuous, it’s recognized as a heat risk and rewarded with rest. But women’s work is steadier, less obviously punishing, and gets no such relief.

    Parsons compares it to the difference between a plane crash and asbestos exposure: One is a sudden, visible catastrophe, the other a slow, constant harm that’s easy to miss. “Male heat stress tends to be this taller risk, where you get relatively visible moments of physical distress that can be managed,” he says. “Female heat stress is constantly there, but much less visible, because it doesn’t have those same obvious peaks in the working day.”

  • Quatre nouveaux décès dans la Manche, dont trois femmes - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72709/quatre-nouveaux-deces-dans-la-manche-dont-trois-femmes

    Quatre nouveaux décès dans la Manche, dont trois femmes
    Par La rédaction Publié le : 30/07/2026
    Entre la nuit de mercredi et la matinée de jeudi, quatre personnes sont décédées suite à des tentatives de traversée de la Manche. Trois femmes ont été trouvées inanimées ce jeudi matin à bord d’une embarcation naviguant du côté de Dunkerque, tandis qu’un homme de 30 à 40 ans a été retrouvé mort la veille au soir suite à un naufrage au large d’Hardelot.
    Quatre personnes sont décédées sur les plages du Pas-de-Calais mercredi 29 juillet et jeudi 30 juillet. Ce jeudi matin, les décès de trois femmes ont été constatés sur la digue de Braek, à Dunkerque, a indiqué la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Premar) à l’agence de presse AFP.Elles étaient à bord d’un « taxi boat » repéré à 6h, au niveau de la digue du Braek, selon le communiqué de la Premar qui vient d’être publié. Le navire de recherche et sauvetage Ridens, affrété par l’Etat, a été engagé à ce moment-là pour surveillance par le CROSS Gris-Nez."Vers 06h30, son embarcation de drome opérationnelle (EDO)détecte 3 personnes inanimées dans l’embarcation", rapporte le communiqué de la Premar.
    Alerté au sujet des trois femmes inanimées, le CROSS engage alors les équipes de sapeurs-pompiers du SDIS 62 (Service départemental d’incendie et de secours) pour que celles-ci, « transbordées à bord du Ridens, soient évacuées par canot de sauvetage léger pour un débarquement au port de Dunkerque et prise en charge à terre. » D’après la radio locale DeltaFM, ce sont des sapeurs-pompiers de Dunkerque, Fort-Mardyck et Gravelines qui ont été déclenchés « pour un arrêt cardio-respiratoire ».
    Une fois au port de Dunkerque, les trois décès ont été constatés par les médecins de la structure mobile d’urgence et de réanimation (SMUR). D’après DeltaFM, les décès ont été constatés vers 8h30 par les secours sur place, tandis que la Premar n’apporte pas de précision horaire.Les trois victimes sont âgées de 20, 30 et 50 ans selon des témoins retrouvés par le Courier Picard.La veille au soir, le corps d’un homme âgé de 30 à 40 ans a été retrouvé suite à un naufrage au large d’Hardelot. « Une embarcation de type ’taxi boat’ a fait naufrage au large d’Hardelot, vers 23h30 » mercredi, entraînant la mort de cet homme, a indiqué cette fois la préfecture du Pas-de-Calais, confirmant une information de La Voix du Nord.
    Selon la préfecture, une centaine de migrants ont tenté de monter à bord de ce « taxi boat », ce soir-là. Six autres personnes, dont un enfant d’un an, ont été prises en charge par les secours suite à ce naufrage, relève l’AFP.
    Les circonstances exactes du naufrage restent à déterminer. Une enquête a été ouverte afin d’établir le déroulement précis des faits, précise l’agence de presse. Depuis le retour de conditions climatiques propices aux départs, de nouvelles vagues d’arrivées ont été enregistrées par les Britanniques : 881 migrants on atteint leurs côtes du 22 au 25 juillet, à bord de 13 embarcations au total, en provenance du Nord de la France. Il y a une semaine, en fin de matinée le 23 juillet, le corps d’un homme a été retrouvé sur la plage de Terminus, à Berck, toujours dans le Pas-de-Calais. Le corps a été découvert quelques heures après le départ d’une embarcation transportant environ 150 personnes migrantes vers le Royaume-Uni, sans qu’un lien ait été fait à cette heure entre cette découverte et l’embarcation partie plus tôt.

    #Covod-19#migration#migrant#france#manche#routemigratoire#moigrationirreguliere#sante#mortalite#pasdecalais

  • Niger : après son expulsion d’Algérie vers Assamaka, un migrant togolais meurt des suites de graves brûlures - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72661/niger--apres-son-expulsion-dalgerie-vers-assamaka-un-migrant-togolais-

    Niger : après son expulsion d’Algérie vers Assamaka, un migrant togolais meurt des suites de graves brûlures
    Par Charlotte Boitiaux Publié le : 28/07/2026
    L’ONG Alarme Phone Sahara au Niger qui vient en aide aux migrants expulsés d’Algérie, a annoncé il y a quelques jours le décès d’un exilé togolais. La victime, expulsée le 12 juillet par les forces algériennes à la frontière nigérienne, présentait des brûlures sur une grande partie de son corps à son arrivée à Assamaka.Un homme est décédé au mois de juillet peu de temps après son arrivée au Niger après son expulsion d’Algérie. Ce Togolais, gravement blessé - mais vivant quand il a été pris en charge par l’ONG Alarme Phone Sahara (APS) - s’appelait Ousmane Mansour. Il est mort quelques jours après avoir été récupéré dans le désert.
    Selon le communiqué publié sur leur site, « Ousmane Mansour avait été expulsé le 12 juillet 2026, avec un total de 656 autres personnes, d’Algérie vers […] Assamaka », première ville après la frontière algérienne, tout au sud du pays.D’après les informations recueillies par l’équipe d’Alarme Phone Sahara à Assamaka, Ousmane Mansour avait été torturé. « [...] Il avait subi de graves brûlures sur tout le corps, causées par des bidons chauffés et des gouttes de liquide brûlant tombées sur lui alors qu’il était détenu par les forces de sécurité algériennes ». Selon APS, l’expulsion vers le Niger - sans soins - a aggravé son état général.
    Les migrants expulsés d’Algérie arrivent généralement au « point zéro », zone désertique délimitant la frontière entre l’Algérie et le Niger. Dans des conditions climatiques extrêmes, ils doivent parcourir à pied 15 km, sans eau ni nourriture, pour atteindre Assamaka."Tout ce que nous avons appris est que Ousmane Mansour a été victime de torture en Algérie avant d’être expulsé sur le territoire nigérien dans un état de santé très détérioré", a détaillé Azizou Chehou, coordinateur d’APS au Niger, contacté par InfoMigrants. Était-il seul ? Avait-il de la famille ou voyageait-il avec des camarades d’infortune ? Azizou Chehou regrette de ne pas avoir eu davantage d’informations « car le malade souffrait et balbutiait [quand il a été récupéré au ’point zéro’] ».
    Selon Azizou Chehou, au vu de la gravité de ses blessures, les équipes médicales d’Assamaka ont décidé de l’envoyer vers un hôpital « mieux équipé », mais la victime est morte pendant son transfert « au niveau de la ville de Tchirozérine (72 km avant Agadez) ». La victime « a succombé à ses brûlures très avancées. [...] Son corps a été transporté jusqu’à Agadez pour une inhumation », a précisé Azizou Chehou.Contactée par InfoMigrants, l’ONG Médecins sans frontières (MSF) présent à Assamaka, n’a pas souhaité répondre à nos questions.
    Les décès sont hélas fréquents dans la zone de « point zéro ». Sept personnes sont mortes l’été dernier. Mais combien meurent sans laisser de traces ? Chaque année, de nombreux exilés disparaissent dans le Sahara. Ils peuvent se perdre, mourir de déshydratation, ou être victimes de groupes mafieux."Ces convois de déportation [par l’Algérie] ont déjà causé la mort de plusieurs personnes ces dernières années. Régulièrement, lors de ces convois, des personnes souffrant de fractures et d’autres blessures graves sont abandonnées dans le désert près de la frontière ; de nombreuses victimes affirment unanimement que ces blessures leur ont été infligées lors de mauvais traitements infligés par les forces de sécurité algériennes", peut-on encore lire dans le communiqué d’APS.
    Selon Alarme Phone Sahara, les autorités algériennes ont expulsé 34 236 migrants vers le désert en 2025. Du jamais vu. En 2024, un record avait déjà été établi avec l’expulsion de 31 404 personnes dans les mêmes conditions.
    Face à ces arrivées massives - qui ont cours depuis des années -, le Niger avait annoncé en mai vouloir appuyer l’Organisation internationale de la migration (OIM) qui organise les rapatriements dans les pays d’origine.Quand ils arrivent à rejoindre Assamaka, où se trouve le centre de transit de l’OIM, les migrants ont en effet la possibilité de demander des « retours volontaires ». Mais ces rapatriements prennent du temps. De manière générale, l’OIM est tributaire des processus imposés par les États d’origine pour délivrer les laissez-passer.Depuis des années, les associations n’ont de cesse de dénoncer ces expulsions, opérées en dehors de tout cadre légal. « Les forces de sécurité algériennes n’épargnent personne. Régulièrement, de nombreuses femmes et enfants, souvent même des bébés, se trouvent parmi les personnes expulsées », signale APS dans un rapport en décembre 2025, ajoutant que « de nombreuses personnes arrivent avec des blessures et des traumatismes infligés par les forces de sécurité ». Depuis 2017, InfoMigrants a recueilli de nombreux témoignages d’exilés qui ont été expulsés d’Algérie après avoir été arrêtés dans leur quotidien ou bien à la suite d’une tentative de traversée de la Méditerranée avortée.
    « Au bout de cinq ou six heures […], on nous a déposés dans le désert, il n’y avait rien autour. La police algérienne nous a crié : ‘Voilà Assamaka !’, en pointant le doigt vers l’horizon. ‘L’OIM, c’est tout droit’. On s’est mis en marche, je ne sais plus pour combien de temps. Tout ce dont je me souviens, c’est que j’étais épuisé, complètement à bout de forces. J’ai quand même réussi à faire la dizaine de kilomètres qui nous séparaient d’Assamaka », avait raconté à InfoMigrants, fin 2024, un Sénégalais de 25 ans.

    #Covid-19#migrant#migration#niger#algerie#routemigratoire#migrationirreguliere#OIM#assamaka#sante#mortalite#expulsion

  • Le Mexique dépose plainte aux Etats-Unis après la mort de migrants aux mains de l’ICE, la police de l’immigration
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/07/22/le-mexique-depose-plainte-aux-etats-unis-apres-la-mort-de-migrants-aux-mains

    Le Mexique dépose plainte aux Etats-Unis après la mort de migrants aux mains de l’ICE, la police de l’immigration
    Dix-sept Mexicains sont morts dans des centres de détention du service de l’immigration et des douanes ou lors de descentes effectuées par ses agents, depuis le retour de Donald Trump à la présidence, en janvier 2025.
    LeMonde avec AFP
    Le Mexique a déposé des plaintes pénales aux Etats-Unis pour la mort de Mexicains placés en détention ou tués lors d’opérations menées par les autorités de ce pays, a annoncé le gouvernement, mercredi 22 juillet. La présidente, Claudia Sheinbaum, avait annoncé ces plaintes le 9 juillet.Dix-sept Mexicains sont morts dans des centres de détention du service de l’immigration et des douanes (ICE) ou lors de descentes effectuées par ses agents, depuis le retour de Donald Trump à la présidence, en janvier 2025. Il avait promis lors de sa campagne d’expulser des millions de ressortissants étrangers en situation irrégulière.
    La diplomatie mexicaine a détaillé dans un communiqué avoir déposé 20 plaintes – huit auprès de procureurs d’Etat et 12 auprès de procureurs de comté – dans les juridictions où les décès sont survenus, dans les Etats de l’Arizona, de la Californie, de la Floride, de la Géorgie, de l’Illinois, de la Louisiane, du Missouri et du Texas.
    L’ambassadeur du Mexique aux Etats-Unis, Roberto Lazzeri, a « demandé que chaque affaire soit élucidée » lors de réunions avec le département de la sécurité intérieure (DHS) et l’ICE, est-il précisé dans le communiqué. Lors de ces rencontres, M. Lazzeri a également « transmis les préoccupations » du Mexique concernant les conditions dans les centres de détention pour migrants, a fait savoir le ministère des affaires étrangères.Le chef de la diplomatie mexicaine, Roberto Velasco, a également demandé au haut-commissaire de l’Organisation des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, de solliciter des informations aux Etats-Unis sur ce sujet et de formuler des « recommandations techniques pour prévenir des faits de cette nature ». Le gouvernement de Claudia Sheinbaum a toutefois écarté l’idée que ces plaintes puissent affecter la relation vitale du Mexique avec les Etats-Unis, au moment où se déroule la négociation pour la révision du traité de libre-échange nord-américain, l’Aceum (USMCA en anglais), qui a remplacé l’Alena en 2020.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#mexique#politiquemigratoire#expulsion#ICE#sante#mortalite#droit#detention

  • Canaries : une femme décédée et 15 migrants hospitalisés après un sauvetage dans l’Atlantique - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72611/canaries--une-femme-decedee-et-15-migrants-hospitalises-apres-un-sauve

    Canaries : une femme décédée et 15 migrants hospitalisés après un sauvetage dans l’Atlantique
    Par La rédaction Publié le : 23/07/2026
    Après le sauvetage mercredi d’une pirogue chargée de plus de 150 migrants au large des Canaries, une femme est décédée et 15 personnes ont été hospitalisées. Parmi elles, un bébé d’environ six mois se trouvait dans un état critique. Un canot avec 165 migrants à bord a été secouru mercredi 22 juillet au large de la petite île d’El Hierro, aux Canaries, a indiqué l’agence de presse EFE. Après cette opération de sauvetage, une femme de 30 ans est décédée et 15 autres personnes ont été transférées à l’hôpital de la ville, dont plusieurs dans un état grave. Parmi elles, se trouvait un bébé d’environ six mois qui a subi un arrêt cardiorespiratoire à son arrivée au port. Après l’avoir stabilisé, le bébé, toujours dans un état critique, a été évacué par hélicoptère vers l’hôpital de Tenerife, une autre île des Canaries. Lorsque les migrants ont débarqué au port de La Restinga en fin d’après-midi mercredi, la situation était si confuse que les autorités ont dans un premier temps annoncé la mort de deux personnes : une femme et un homme. Mais après vérification, ce dernier n’est pas décédé. Il se trouvait dans un état critique et a été hospitalisé. Selon la presse espagnole, l’embarcation avait quitté la Gambie dans la nuit du 12 juillet. Les exilés ont ainsi passé 10 jours en mer avant d’atteindre l’archipel espagnol.
    Mardi, le Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) a annoncé la disparition d’au moins 143 migrants d’un même canot, au large de la Mauritanie. Le bateau, surchargé de près de 200 personnes, avait lui aussi quitté la Gambie, dans l’espoir de rejoindre les Canaries espagnoles. Il a dérivé pendant près de 25 jours dans l’Atlantique. Seuls 38 exilés ont été secourus. « Il s’agit de l’un des débarquements les plus meurtriers auxquels les équipes de Médecins sans frontières (MSF) ont assisté en Mauritanie depuis le début de l’année 2026 », a indiqué mercredi dans un communiqué l’ONG qui est intervenue pour la prise en charge des survivants en Mauritanie.
    Selon MSF, « les personnes qui sont arrivées sur le rivage souffraient des chocs et psychoses post-traumatiques, fractures osseuses, lésions traumatiques et hypothermie ». « Les survivants ont décrit des conditions terrifiantes en mer ainsi que la perte de proches et d’autres passagers pendant la traversée. (...) La gravité des témoignages et l’ampleur des pertes en vie humaine, ont également eu un impact psychologique important sur les équipes impliquées dans la réponse », poursuit le communiqué. « Une des 38 survivantes prises en charge par MSF a déclaré avoir vu sa sœur mourir sous ses yeux. Personne ne devrait avoir à endurer une telle souffrance alors qu’il/elle est en quête de sécurité ou de dignité », raconte Fouzia Bara, responsable du programme migration de l’ONG médicale.
    Les départs de pirogues surchargées de migrants se font de plus en plus au sud. Désormais, les exilés tentent de rejoindre les Canaries espagnoles depuis la Gambie et la Guinée, afin d’éviter le renforcement des contrôles plus au nord (Maroc, Mauritanie, Sénégal). Selon le dernier rapport publié par l’Organisation internationale des migrations (OIM) le 23 juin, près de 1 500 personnes sont parties de Gambie sur les seuls mois de mars et avril 2026, durant lesquels au moins huit départs de bateaux ont été comptés. Mais prendre la mer d’aussi loin - plus de 1600 km séparent la Gambie des Canaries - pour rejoindre l’archipel espagnol implique une très longue traversée de l’Atlantique, et donc un risque accru de dériver ou de faire naufrage. De plus, les vents violents et les forts courants rendent la traversée très dangereuse. De nombreux témoignages rapportent les périls du voyage, soumis aux aléas météorologiques, aux avaries de moteur, à la soif et à la faim.
    Selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras, plus de 600 personnes ont péri dans l’Atlantique sur les cinq premiers mois de 2026. En 2025, l’organisation comptait 1 906 décès ou disparus sur cette route maritime. Un chiffre néanmoins en baisse par rapport à l’année précédente du fait de la diminution des arrivées de migrants aux Canaries.

    #Covid-19#migration#migrant#routemigratoire#migrationirreguliere#sante#mortalite#humanitaire#gambie#senegal#mauritanie

  • Migration clandestine : 143 morts ou disparus dans un naufrage au large de la Mauritanie, la pire tragédie de 2026 | Seneweb
    https://www.seneweb.com/fr/news/Societe/migration-clandestine-143-morts-ou-disparus-dans-un-naufrage-au-large-de-la

    Migration clandestine : 143 morts ou disparus dans un naufrage au large de la Mauritanie, la pire tragédie de 2026
    Auteur : Ousmane Ndiaye (avec OIM, HCR, Garde-côtes mauritaniens et EFE)
    Cent quarante-trois personnes ont perdu la vie ou restent portées disparues après le naufrage d’une pirogue partie de Gambie, survenu au large des côtes mauritaniennes. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) qualifie ce drame d’incident le plus meurtrier enregistré depuis le début de l’année 2026 sur la route migratoires des Canaries. ​L’embarcation avait quitté la localité de Bafuloto, en Gambie, avec environ 180 passagers à bord, selon les données de l’OIM. Après plus de 25 jours d’errance et de dérive totale dans l’océan Atlantique, elle a finalement été localisée le 18 juillet au large de Nouadhibou, dans le nord de la Mauritanie. Seules 38 personnes ont survécu à ce périple tragique.
    ​Selon les garde-côtes mauritaniens, c’est le patrouilleur Yacoub Ould Rajel qui a repéré la pirogue à la dérive dans la nuit de vendredi, au terme de deux journées de recherches intensives. Trente-sept rescapés ont été secourus et un corps sans vie a été repêché lors de cette opération. Les survivants — 22 Sénégalais, sept Gambiens et huit Guinéens — ont expliqué avoir pris la mer depuis la Gambie avec pour objectif de rejoindre l’archipel espagnol des Canaries.
    ​L’un des rescapés a décrit une traversée de l’enfer, dépourvue de nourriture et d’eau potable, marquée par la faim, la soif extrême et de sévères hallucinations chez plusieurs passagers. D’après les autorités maritimes mauritaniennes, le bateau s’est retrouvé totalement immobilisé à la suite d’une avarie de moteur, après l’épuisement complet des réserves de carburant et de vivres.
    ​Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) indique que trois opérations distinctes de sauvetage et de débarquement ont été menées à Nouadhibou entre le 14 et le 18 juillet, permettant de mettre à l’abri 387 migrants originaires de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Lors de l’une de ces interventions, le 14 juillet, plus de 300 personnes avaient été secourues, avec un décès déploré à bord. ​Une seconde embarcation, partie de Jinack, également en Gambie, transportant 179 personnes — dont 168 Sénégalais, quatre Gambiens, cinq Guinéens et deux Maliens — a par ailleurs été interceptée sans perte humaine par les patrouilleurs mauritaniens, au lendemain du naufrage principal.
    Le porte-parole du HCR, Matthew Saltmarsh, a réaffirmé que la route maritime de l’Atlantique reliant l’Afrique de l’Ouest aux îles Canaries figure parmi les plus dangereuses au monde. L’immensité des distances, la violence imprévisible de l’océan et la surcharge de pirogues précaires en font un couloir de la mort. Ce nouveau naufrage porte à 168 le nombre de décès officiellement documentés sur cette voie depuis le début de l’année 2026. ​L’organisation onusienne souligne un autre facteur déterminant : le durcissement des contrôles sécuritaires et des patrouilles au Sénégal et en Mauritanie a déplacé les points de départ vers la Gambie. Ce report géographique rallonge considérablement la durée de la traversée et accentue sa dangerosité. Les décomptes publiés varient légèrement selon les sources : le nombre de passagers initialement montés à bord est estimé entre 160 et 200 personnes selon les médias, l’OIM retenant le chiffre de 180. Le bilan officiel retenu par le HCR le 21 juillet fait état de 143 morts ou disparus. Certaines données évoquent 144 victimes en comptabilisant le décès survenu séparément lors de l’intervention du 14 juillet. Le collectif d’alerte Sur les Traces du Migrant confirme pour sa part le bilan de 143 victimes directement liées au drame du 18 juillet. Depuis 2014, plus de 6 750 personnes ont péri ou sont portées disparues sur ce corridor atlantique, qui s’impose comme l’une des routes migratoires les plus léthales de la planète, aux côtés de la traversée clandestine du désert du Sahara et de la Méditerranée.

    #Covid-19#migration#migrant#routemigratoire#migrationirreguliere#mortalite#sante#senegal#gambie#mauritanie

  • 5 764 décès en excès en France durant la période de canicule du 17 juin au 2 juillet | Santé publique France
    https://www.santepubliquefrance.fr/presse/5-764-deces-en-exces-en-france-durant-la-periode-de-canicule-du-

    Santé publique France publie les données relatives à l’excès de #mortalité toutes causes, observé durant la période de #canicule du 17 juin au 2 juillet 2026 exposant la quasi-totalité de la population à de très fortes chaleurs dans une période encore importante d’activités scolaires et professionnelles. 5 764 décès toutes causes en excès (+ 36 %) ont été estimés pour les périodes et départements concernés par des records de températures historiques. Mercredi 24 et jeudi 25 juin ont été les journées les plus chaudes jamais enregistrées en France, atteignant pour la première fois les 30 °C en moyenne sur 24h selon Météo France. La chaleur a ainsi atteint des niveaux extrêmes avec des valeurs de températures maximales record dans plusieurs régions (42,5 °C à Bordeaux, 40,1 °C à Paris, 42,7 °C à Niort, 43 °C à Brive, 43,8 °C à Saintes …).

    Toutes les classes d’âge à partir de 15 ans sont également concernées. Cet excès de mortalité toutes causes, souligne l’impact sanitaire lié à l’intensité remarquable et la durée de l’exposition à la chaleur de la population sur le territoire hexagonal, sans toutefois atteindre celui de 2003. Ces données constituent une première estimation de l’impact de la canicule sur la mortalité toutes causes, réalisée et publiée 3 semaines après la fin de la vague de chaleur et sont donc non consolidées. Elles devront être confirmées par les analyses plus précises du bilan de fin de période de surveillance estivale, à l’automne.

  • Naufrage au large de la Mauritanie : Près de 150 migrants portés disparus, 22 Sénégalais parmi les survivants | Seneweb
    https://www.seneweb.com/fr/news/Societe/naufrage-au-large-de-la-mauritanie-pres-de-150-migrants-portes-disparus-22-

    Naufrage au large de la Mauritanie : Près de 150 migrants portés disparus, 22 Sénégalais parmi les survivants
    Auteur : Ablaye Gadiaga Sarr
    Une nouvelle tragédie de la migration irrégulière s’est produite au large des côtes mauritaniennes où près de 150 personnes sont portées disparues après le naufrage d’une pirogue partie de Gambie il y a environ 25 jours, selon la marine mauritanienne.Le bilan provisoire fait état de 37 survivants et de la découverte d’un corps sans vie. L’embarcation, un « cayuco », a été localisée le 17 juillet 2026 par le patrouilleur mauritanien « Yacoub Ould Rajel », alors qu’elle dérivait en pleine mer depuis plusieurs semaines.Parmi les survivants figurent 22 Sénégalais, sept Gambiens et huit Guinéens. Les opérations de secours ont également permis de sauver deux enfants âgés de 7 ans et de 3 ans et demi. Selon les premières informations, un couple et leur bébé figurent parmi les personnes portées disparues, illustrant une nouvelle fois le lourd tribut humain payé par les candidats à la migration clandestine sur la route de l’Atlantique. Les recherches et les opérations d’identification se poursuivent afin d’établir un bilan définitif de ce nouveau drame.

    #Covid-19#migration#migrant#mauritanie#senegal#gambie#routemigratoire#migrationirreguliere#mortalite#sante

  • Naufrages au large de la Mauritanie : 144 personnes sont mortes ou portées disparues en mer la semaine dernière
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/07/21/naufrages-au-large-de-la-mauritanie-144-personnes-sont-mortes-ou-portees-dis

    Naufrages au large de la Mauritanie : 144 personnes sont mortes ou portées disparues en mer la semaine dernière
    le Monde avec AFP
    Au total, 144 personnes sont mortes ou portées disparues en mer la semaine dernière au large de la Mauritanie, a rapporté, mardi 21 juillet, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Une embarcation a été secourue le 18 juillet « après avoir dérivé pendant près de vingt-cinq jours sur l’océan Atlantique. Le bateau avait quitté Bufalo, en Gambie, dans l’espoir de rejoindre l’Espagne ».
    Ainsi, 143 passagers de cette embarcation « sont morts ou portés disparus et seulement 38 ont survécu », a rapporté à la presse à Genève le porte-parole du HCR Matthew Saltmarsh, précisant qu’une autre mort « a été signalée parmi les passagers d’une embarcation débarquée le 14 juillet ». « Ces réfugiés et migrants ont disparu ou perdu la vie après avoir tenté la dangereuse traversée de l’Atlantique depuis l’Afrique de l’Ouest vers l’Europe, illustrant une nouvelle fois le coût humain de ces routes migratoires périlleuses », a déploré M. Saltmarsh.
    Au total, trois opérations de sauvetage et de débarquement ont été menées entre le 14 et le 18 juillet à Nouadhibou, en Mauritanie, permettant de ramener 387 personnes saines et sauves à terre, selon le HCR. Pour le HCR, ces drames rappellent que « la route atlantique reliant l’Afrique de l’Ouest aux îles Canaries demeure l’un des corridors migratoires mixtes les plus meurtriers au monde ». « Les longues distances, les conditions océaniques imprévisibles, les embarcations surchargées et peu sûres ainsi que les difficultés d’accès à des secours rapides expliquent cette dangerosité », explique l’organisation onusienne.
    Selon le HCR, les arrivées dans l’archipel espagnol des Canaries ont pourtant chuté de 61 % par rapport à 2025, avec 4 400 arrivées enregistrées au 15 juillet. « Mais ces naufrages montrent que les réfugiés et migrants continuent de prendre des risques extrêmes pour tenter de rejoindre l’Europe, nombre d’entre eux partant à plus de 2 000 kilomètres de leur destination », souligne-t-il. Au total, plus de 40 000 personnes sont arrivées cette année en Europe par les principales routes maritimes, contre 65 407 au cours du premier semestre 2025, explique encore le HCR. Depuis le début de l’année 2026, 17 opérations de débarquement ont été enregistrées à Nouadhibou et Nouakchott, permettant de secourir 2 147 personnes, précise-t-il par ailleurs.

    #Covid-19#migration#migrant#senegal#mauritanie#gambie#routemigratoire#migrationirreguliere#mortalite#sante

  • ICE, la police fédérale américaine de l’immigration, fait une nouvelle victime et provoque la colère dans le Maine
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/07/14/etats-unis-ice-la-police-federale-de-l-immigration-fait-une-nouvelle-victime

    ICE, la police fédérale américaine de l’immigration, fait une nouvelle victime et provoque la colère dans le Maine
    Joan Sebastian Guerrero, un Colombien de 26 ans, a été tué lundi 13 juillet à Biddeford. Il aurait été confondu avec un autre objectif des agents fédéraux, tout comme Lorenzo Salgado Araujo, mort dans des conditions similaires à Houston, le 7 juillet.
    Par Nicolas Chapuis (New York, correspondant)
    Pour la deuxième fois en six jours, l’ICE, la police de l’immigration américaine, a tué un homme au volant de sa voiture, au cours d’une intervention dont il n’était pas la cible initiale. Joan Sebastian Guerrero, un Colombien de 26 ans, a été abattu lundi 13 juillet au matin par des agents fédéraux à Biddeford (Maine), dans le nord-est des Etats-Unis. Sa mort intervient après celle de Lorenzo Salgado Araujo, dans des circonstances similaires, à Houston (Texas), le 7 juillet. Les faits se sont déroulés au petit matin, dans cette ville côtière, non loin de la capitale du Maine, Portland. « L’ICE effectuait une surveillance ciblée à la dernière adresse connue d’un étranger en situation irrégulière visé par une ordonnance définitive d’expulsion. Un étranger en situation irrégulière a quitté la résidence à bord d’un véhicule. Les agents de l’ICE ont tenté de procéder à l’interception du véhicule. Le véhicule a essayé de prendre la fuite et, craignant pour la sécurité publique, un agent a fait usage de son arme à feu », a expliqué le département de la sécurité intérieure (DHS), dans un communiqué de presse publié sur les réseaux, lundi soir, plus de douze heures après les faits.
    La communication autour de cette affaire a été pour le moins erratique. Le sénateur indépendant du Maine, Angus King, a informé les médias que Markwayne Mullin, le secrétaire à la sécurité intérieure, l’avait contacté pour lui annoncer que l’homme abattu faisait l’objet d’un mandat d’arrêt et d’une obligation de quitter le territoire. Avant de le rappeler pour se rétracter : la victime ne faisait l’objet d’aucune poursuite. Il a ensuite été identifié par la presse locale. Selon le Portland Press Herald, qui a interrogé des défenseurs des droits des migrants en contact avec la famille, Joan Sebastian Guerrero, marié et père d’une petite fille, disposait d’un permis de travail et d’un numéro de Sécurité sociale. Aucune vidéo montrant l’intégralité des faits à Biddeford n’a pour l’instant émergé. Sur des extraits récupérés lundi par le Bangor Daily News, un journal local, on peut voir des agents sortir d’un véhicule le corps inerte d’un homme, le plaquer au sol et lui passer les menottes dans le dos. Un témoin cité par Associated Press assure que Joan Sebastian Guerrero, couvert de sang mais encore conscient, aurait dit : « J’ai essayé de m’arrêter. »
    Dans son communiqué, le DHS assure que les secours ont été immédiatement appelés et que l’homme est mort des suites de ses blessures. Aucun des agents ne portait de caméra-piéton, alors que l’administration s’était engagée à généraliser cette pratique. L’enquête a été confiée à l’inspecteur général du DHS, en lien avec le FBI. Le scénario ressemble à celui de Houston, où les autorités poursuivaient d’autres suspects mais ont confondu les véhicules et ont pris en chasse Lorenzo Salgado Araujo. Ils assurent que l’homme, un Mexicain de 52 ans, a pris la fuite puis a tenté de se servir de son van pour les cibler, ce qui a justifié les coups de feu mortels de la part de l’ICE. Des membres de sa famille présents dans la voiture avec lui démentent formellement cette version, mais aucune caméra n’était en service.
    Les déclarations aléatoires de Markwayne Mullin ont provoqué la colère des élus locaux, notamment démocrates, outrés que la victime ait été mise en cause faussement dans un premier temps. « Ce nouveau développement rend cette tragédie encore plus troublante et révoltante, et il met en lumière la manière irresponsable et désordonnée dont sont menées les opérations de contrôle de l’immigration dans le Maine et à travers tout le pays. Cela doit cesser », a publié sur ses réseaux la gouverneure de l’Etat, Janet Mills. Markwayne Mullin a été nommé à la tête du DHS au mois de mai, après l’éviction de Kristi Noem, mise en cause pour sa gestion de la situation dans le Minnesota, où les agents fédéraux ont abattu deux Américains, Renee Good et Alex Pretti, dans le cadre d’une grande opération anti-immigration. Leur mort, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, avait provoqué un mouvement de révolte à Minneapolis-Saint Paul et avait contribué à rendre impopulaire la politique antimigrants de Donald Trump. Le Maine, où réside une grande communauté somalienne, à l’instar du Minnesota, fait partie des zones dans le viseur de Donald Trump, qui voue une détestation à cette diaspora. Des centaines de manifestants ont afflué à Biddeford pour protester, notamment devant les bureaux de Susan Collins, la sénatrice républicaine. Depuis le retour au pouvoir de Donald Trump en janvier 2025, 11 personnes sont tombées sous les balles des agents fédéraux anti-immigration, et 52 sont mortes en détention.

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#ICE#politiquemigratoire#sante#mortalite#droit

  • Sénégal : 61 migrants secourus après avoir été abandonnés sur une pirogue à la dérive - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72285/senegal--61-migrants-secourus-apres-avoir-ete-abandonnes-sur-une-pirog

    Sénégal : 61 migrants secourus après avoir été abandonnés sur une pirogue à la dérive
    Par La rédaction Publié le : 08/07/2026
    Les autorités de Thiaroye ont annoncé avoir secouru 61 personnes dans l’océan Atlantique, au large des côtes sénégalaises, le 6 juillet. La pirogue, partie de Gambie, avait été abandonnée par les passeurs et dérivait en mer.Le 6 juillet, à 10h du matin, la Brigade territoriale de Thiaroye au Sénégal, a intercepté au large des côtes sénégalaises une pirogue à la dérive transportant 61 candidats à l’émigration irrégulière.L’embarcation dérivait en pleine mer après avoir été abandonnée par les passeurs - qui ont emporté tout le matériel de navigation. Les passagers se sont ainsi retrouvés à la dérive avant l’intervention des équipes de secours.
    « L’embarcation qui transportait les migrants irréguliers [avait] quitté les côtes gambiennes dans la nuit du 04 au 05 juillet 2026 vers 04 heures pour gagner l’Europe », précisent les autorités de Thiaroye sur le réseau social X.Parmi les personnes secourues se trouvaient 34 Sénégalais, 22 Gambiens, quatre Maliens et un Guinéen. Les autorités sénégalaises ont également recensé 12 femmes et un enfant de 2 ans.Une enquête a été ouverte afin d’identifier les organisateurs de cette tentative de traversée et de déterminer les circonstances exactes de l’abandon de l’embarcation par l’équipage.
    Ces dernières années, la route migratoire au départ des côtes ouest-africaines pour rejoindre les îles Canaries est devenue l’un des principaux itinéraires empruntés par les migrants pour rejoindre l’Union européenne.Face aux renforcements des contrôles côtiers au Maroc et en Mauritanie et au nord du Sénégal, de nombreux exilés prennent désormais la mer plus au sud, depuis la Gambie notamment, ce qui augmente considérablement les distances à parcourir dans l’Atlantique – un peu plus de 800 kilomètres séparent le pays des Canaries.
    Les risques liés aux trafiquants sont importants aussi. Les passeurs peuvent abandonner les migrants en mer, comme ce fut le cas ce 6 juillet. Sans compter que les vents violents et les forts courants rendent la traversée très dangereuse. De nombreux témoignages rapportent les périls du voyage, soumis aux aléas météorologiques, aux avaries de moteur, à la soif et à la faim.
    Selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras, 1 906 exilés sont morts ou portés disparus en 2025 sur cette route atlantique. Un nombre toutefois en forte baisse par rapport à l’année d’avant. En 2024, Caminando Fronteras décomptait 9 757 décédés ou disparus sur cette route (soit la quasi-totalité des décès en mer vers l’Espagne cette année-là).Ces derniers mois, le Sénégal a multiplié les opérations contre les passeurs. Vendredi 15 mai, un Sénégalais, Y.Cissé, a été interpellé par la police sénégalaise alors qu’il s’apprêtait à fuir vers la Gambie, selon la presse locale. L’homme était recherché depuis décembre dernier.
    Il est soupçonné d’avoir organisé le voyage vers les Canaries de près de 200 personnes, réparties dans deux pirogues, en fin d’année dernière. Les deux groupes avaient vu leur tentative de rejoindre l’archipel espagnol avortée après l’échec de leur traversée

    #covid-19#migration#migrant#senegal#routemigratoire#atlantique#sante#mortalite

  • Canicule et #santé : excès de #mortalité durant l’épisode de #canicule du 24 au 28 mai #2026

    Points clés

    – Le premier épisode de canicule de 2026, défini par le dépassement des seuils d’alerte départementaux de températures consécutivement durant au moins 3 jours, a concerné 6 départements des régions Bretagne et Pays de la Loire du 24 au 28 mai 2026. Au moins 95 #décès en excès toutes causes confondues (+ 10,1 %) ont été estimés pour ces 6 départements durant cet épisode. L’essentiel des impacts de la chaleur a concerné les personnes âgées de 75 ans et plus(80 décès en excès, + 12,0 %).
    – Météo France a placé en vigilance orange canicule, sur la période du 26 au 30 mai 2026,17 départements des régions Bretagne, Île-de-France, Normandie, Nouvelle-Aquitaine, Pays de la Loire. Au moins 300 décès en excès toutes causes confondues (+ 13,9 %) ont été estimés dans ces17 départements, pendant les périodes de vigilances. L’essentiel du bilan concerne les personnes âgées de 75 ans et plus (230 décès en excès, + 15,0 %).
    – Ces premières #estimations établies à 3 semaines de la fin de l’épisode sont issues de données de mortalité toutes causes et non consolidées. (Données arrêtées le 23/06)
    – Cet épisode, caractérisé par sa précocité et son intensité par rapport aux normales de cette période de l’année, a exposé la population peu accoutumée à cette période à de fortes chaleurs et dans une période encore importante d’activités scolaire et professionnelle. L’aggravation des épisodes de fortes chaleurs sous l’effet du changement climatique a des effets mesurables graves sur la #santé de la population.
    – Ces #impacts soulignent l’importance de mettre en place des mesures de gestion et de prévention pour diminuer l’impact de la chaleur sur les populations, sans attendre d’observer des impacts sanitaires.

    https://invs.santepubliquefrance.fr/climat/fortes-chaleurs-canicule/bulletin-national/canicule-et-sante-exces-de-mortalite-durant-lepisode-de-can
    #surmortalité #statistiques #chiffres #chaleur #France
    ping @fil via @freakonometrics

  • Canicule : la France face au risque d’hécatombe
    https://www.off-investigation.fr/canicule-la-france-face-au-risque-hecatombe

    Un soignant pousse un brancard dans un couloir du service des urgences de l’hôpital universitaire Pellegrin, à Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, lors d’un pic de chaleur, le 23 juin 2026. | Photographie PHILIPPE LOPEZ / AFP 23 ans après la canicule de 2003 qui #A tué 15 000 personnes, la France entre dans une crise sanitaire majeure après dix jours de chaleur hors-norme. Urgences saturées, SAMU débordés et établissements funéraires sursollicités, l’onde de choc de la vague de chaleur entamée ce 17 juin fait redouter le pire. OFF fait le point, chiffres à l’appui. « Je suis submergée d’appels […]Lire la suite : Canicule : la France face au risque d’hécatombe

    #Société

  • Ramatoulaye Touré, fondatrice du collectif de familles de disparus en Guinée : « Une disparition, c’est de la douleur, la famille reste dans l’incertitude » - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72104/ramatoulaye-toure-fondatrice-du-collectif-de-familles-de-disparus-en-g

    Ramatoulaye Touré, fondatrice du collectif de familles de disparus en Guinée : "Une disparition, c’est de la douleur, la famille reste dans l’incertitude"
    Par Maïa Courtois Publié le : 26/06/2026
    Ramatoulaye Touré, 34 ans, a perdu la trace de sa nièce, partie secrètement de Guinée vers l’Europe via la "route des Canaries", il y a trois ans. Au cours de ses recherches, cette jeune fondatrice d’une ONG dédiée à la santé des femmes a fait la rencontre il y a six mois d’une autre famille guinéenne touchée par une disparition. Depuis, elle met toute son énergie dans l’animation du premier collectif de familles de disparus en Guinée, pour pousser l’État guinéen à faire de la disparition un sujet prioritaire.
    "Quand ma nièce Kadiatou a disparu, j’ai découvert que beaucoup de familles étaient dans la même situation que nous, mais qu’elles ne se manifestaient pas, ne parlaient pas de la disparition de leurs proches. Ma nièce est sortie il y a trois ans de Guinée. Moi je vis à Dabompa, mais ma grande famille vit à Dixinn, dans la région de Conakry, la capitale de la Guinée. C’est là où vivait ma nièce, avec ma sœur. C’est de là qu’elle est partie, quand ma sœur est décédée.
    Trois semaines après les funérailles de ma sœur, Kadiatou nous a dit qu’elle voulait aller en Côte d’Ivoire. Elle voulait prendre le relais de sa maman, pour s’occuper de ses petits frères et sœurs. Elle avait des amies en Côte d’Ivoire et voulait entreprendre, sur des marchés, avec la vente de mèches et d’accessoires de coiffure. On a essayé de l’en dissuader, de lui dire qu’elle pouvait faire ça en Guinée. Mais elle disait que non, qu’elle voulait aller là-bas plutôt que de faire des va et vient entre les deux pays pour ses achats et reventes. Elle est partie tout de suite après notre conversation. Ça veut dire qu’elle avait déjà son projet de voyage : car on ne peut pas se lever un jour comme ça et partir…
    Au bout de deux mois en Côte d’Ivoire, elle a coupé le contact avec nous, parce qu’on lui répétait de ne pas faire de bêtises. Elle a appelé mon grand frère, qui vit aux Etats-Unis, pour lui emprunter de l’argent. Il lui a envoyé une partie de son épargne, sans savoir qu’elle voulait en fait aller en Europe. Avec cet argent, Kadiatou s’est rendue au Sénégal. Elle a appelé ses amies pour l’aider à renvoyer par colis ses accessoires de coiffure à sa sœur en Guinée, en prétextant que c’était trop serré chez elle. Quand on a vu les colis arriver chez nous, il y avait tout dedans : ses accessoires, ses chaussures… On se doutait que ce n’était pas normal de laisser comme ça. On a donc tout de suite essayé de l’appeler. Moi, elle ne me répondait pas. Elle a fini par répondre à ma cousine, qui lui a demandé : "On a appris que tu étais au Sénégal, ce n’est pas ce que tu nous avais dit… Tu fais quoi au Sénégal ?” Elle a tout de suite coupé le contact avec ma cousine aussi. Après trois semaines environ, une amie de ma nièce a appelé ma cousine. Elle lui a dit : “Kadi est sortie. On ne l’a pas vue depuis quinze jours”. Ma cousine a demandé : “Kadi est sortie pour où ?
    –Kadi a embarqué.
    –Embarqué pour où ?
    –Kadi est sortie en mer.”
    Dans le bateau, il y avait 62 personnes. Toutes sont portées disparues. Kadiatou a embarqué sur une pirogue pour tenter la route des Canaries via l’Atlantique. Un trajet hautement dangereux : plus de 1 000 km séparent le Sénégal de l’archipel espagnol. La traversée peut durer plusieurs jours. Et l’embarcation peut couler ou se perdre et dériver en merKadiatou avait envoyé le numéro du passeur à sa copine. Au début de nos recherches, on a appelé ce passeur. Le monsieur nous a dit : ’J’ai trois frères dans ce bateau, je ne peux pas vous dire s’ils sont décédés. Il se peut qu’on les ait attrapés et qu’ils soient en prison au Maroc’.Nous sommes restées dans cette incertitude. Comme on lui téléphonait souvent, l’homme a fini par nous bloquer.
    Mon grand frère qui vit aux Etats-Unis a essayé de faire jouer ses relations au Maroc pour avoir des informations. On a aussi appelé le père de Kadiatou pour le prévenir que sa fille était introuvable. Il est parti directement pour sillonner toutes les prisons qui sont au bord de la mer au Maroc. Jusqu’en Tunisie. Il n’a pas trouvé sa fille.
    Il a fini par déclarer sa fille décédée. On a fait une cérémonie de funérailles. Mais dans nos têtes, on pense que Kadiatou est quelque part, qu’elle peut revenir un jour, que peut-être, comme le monsieur a dit, elle se trouve en prison… On ne sait toujours pas comment prendre la nouvelle de sa disparition : est-ce qu’elle est décédée ? Est-ce qu’elle vit encore ? Jusqu’à maintenant, il y a ce vide dans la famille. Elle a une petite sœur. Elle laisse aussi derrière elle une fille de deux ans, qui pleure tous les jours de ne pas savoir où est sa maman. Une disparition, c’est de la tristesse, de la douleur. La famille reste dans l’incertitude.
    C’est en continuant les recherches qu’il y a six mois, j’ai fait la rencontre d’une autre famille touchée par une disparition. L’idée m’est venue de monter un collectif. On était très proches de cette famille, qui habitait à Dixinn comme nous, alors je leur ai dit : est-ce qu’on ne se mettrait pas ensemble ? En Guinée, on se connaît tous, à travers les réseaux sociaux aussi. Aujourd’hui, le collectif rassemble dix familles. On se réconforte entre nous. On se dit : tenons-nous la main, peut-être qu’un jour nos disparus vont revenir. On est actuellement dans les démarches pour se constituer en association, avec statut, règlement intérieur, agrément. Cela va changer beaucoup de choses, on pourra plus facilement demander des rendez-vous et des partenariats avec les institutions officielles.
    Chez nous en Guinée, il n’y a pas de processus de suivi pour les disparus. Les autorités ne s’occupent pas de ces procédures. Les journalistes peuvent en parler, les réseaux sociaux aussi : mais il n’y a pas une implication de l’État. L’OIM s’occupe d’accompagner des gens qui sont allés en Tunisie, par exemple, mais pas de disparitions.Depuis quatre ans, le nombre de "retours volontaires" opérés par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) n’a cessé d’augmenter. Interrogé en mars par une députée, le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, a annoncé que plus de 21 000 exilés, dont de nombreux Guinéens, avaient été rapatriés dans leur pays depuis 2022. Bien sûr il y a des mécanismes pour la protection des migrants, des règles écrites… Mais ce n’est pas toujours bien appliqué. À plusieurs, on peut porter nos voix plus fort vers l’Etat, et faire de la disparition une priorité.
    Il y a beaucoup, beaucoup de familles en Guinée qui ont des disparus. Dans le collectif, plusieurs régions sont représentées : par exemple, on a deux familles de Boffa. Les routes prises par leurs proches ne sont pas les mêmes non plus. Il y a une famille dont le garçon a fini ses études, marié, deux enfants, avec une boutique… Un jour, il a tout vidé, il est parti. Depuis le Maroc, il a pris la mer.
    Ce jour-là, il a appelé sa mère. Il ne lui a pas expliqué qu’il était déjà sur un bateau. Peut-être qu’il aurait voulu le faire : mais comment lui dire… Alors il lui a juste dit : "Je ne me sens pas bien”. Cela fait cinq ans maintenant qu’il a disparu.Une fois par mois, on se réunit avec ces dix familles. Ce n’est jamais un lieu fixe : si aujourd’hui on le fait chez moi, demain ce sera dans une autre famille : c’est important que chacune se sente impliquée. Je prends le temps de les appeler régulièrement, de les convaincre de venir aux réunions…
    Certaines hésitent. Elles se disent : la vie associative, ça va me faire perdre mon temps. Mais si elles voient que tu es derrière elles tout le temps, alors elles vont se sentir importantes. Elles vont se dire : finalement, c’est nécessaire de participer. Celles qui viennent à reculons se rendent compte, au fur et à mesure, que c’est bien pour elle. Il faut constamment les relancer, montrer l’utilité de rejoindre le groupe.Cela me prend beaucoup de temps mais j’ai l’habitude : je travaille dans le monde associatif, j’ai une licence en développement communautaire et j’ai étudié la sociologie. J’ai fondé une ONG, “Guinéennes émancipées pour le progrès et la citoyenneté”, dédiée à la santé des femmes. On se consacre à la lutte contre le VIH/sida, le paludisme, la tuberculose, et surtout la formation et l’émancipation des femmes.
    D’ailleurs, je fais le lien entre femmes et disparition. Les femmes sont naturellement exposées à beaucoup de violences. En pensant à une femme qui disparaît, on pense : est-ce qu’elle ne sera pas violée ? Est-ce qu’elle ne sera pas violentée physiquement, sexuellement ? Il y a trop de questions. Aussi, on le voit dans nos réunions : ce sont les femmes des familles de disparus qui sont présentes. Les hommes, ce n’est pas leur affaire… Ce sont les femmes qui sont impliquées : les mamans, les sœurs, les épouses.Il n’y a pas longtemps, c’est mon petit frère de 20 ans qui voulait partir. J’ai vu que ça n’allait pas dans sa tête, il marchait tout le temps. J’ai alerté ma mère, je lui ai dit : ’Appelle ton fils, il faut communiquer avec lui, le comprendre. Pour l’accrocher, le faire revenir à nous’. Il devait sortir de Guinée avec une équipe. Finalement, le groupe l’a devancé, mais lui, il est resté. Tous les gens du groupe sont décédés. Tous sauf mon frère, parce qu’il est resté. C’est Dieu qui nous a aidés.

    #Covid-19#migration#migrant#guinee#maroc#senegal#disparition#mortalite#sante#routemigratoire

  • La longue quête des familles de migrants disparus en mer en tentant de rejoindre l’Europe : « Je veux juste savoir s’il est encore en vie »
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/06/27/je-veux-juste-savoir-s-il-est-encore-en-vie-la-longue-quete-des-familles-de-

    La longue quête des familles de migrants disparus en mer en tentant de rejoindre l’Europe : « Je veux juste savoir s’il est encore en vie »
    Par Mustapha Kessous
    Le 4 août 2025, à 5 h 15, Bélédine Engelbert a reçu l’appel d’un inconnu : « C’est toi la grande sœur de Kankeu ? Je suis un de ses amis. Sois forte, mama », a lancé l’homme au bout fil. La veille, lui a-t-il raconté, il est monté avec d’autres à bord d’une petite embarcation surchargée qui a chaviré non loin des côtes de Sfax, en Tunisie. « Pendant le naufrage, Kankeu a crié “Sauvez-moi”. Il n’est plus là », a dit l’inconnu.
    Depuis ce coup de fil, Kankeu, camerounais de 23 ans, n’a plus donné signe de vie. Son WhatsApp est hors ligne. « J’ai mis du temps à me dire qu’il était mort », confie sa sœur. Pourtant, il y a quatre mois, une rumeur lui est remontée, colportée par un voisin : « Demi Giga », son surnom, aurait survécu au naufrage. Il aurait été, par la suite, « jeté par la police tunisienne » dans le désert algérien ou vendu à des trafiquants libyens.Qui croire ? Bélédine Engelbert a décidé de poster la photo de son petit frère sur un compte Facebook consacré aux questions migratoires, en espérant que quelqu’un l’ait vu ou croisé « en Tunisie, en Algérie, en Libye, en Europe, dans une prison ou ailleurs », énumère-t-elle. « Mais toujours rien », dit-elle en soupirant.
    Comme les Engelbert, d’innombrables familles sont à la recherche de leurs proches disparus lors des traversées de la Méditerranée – et de l’océan Atlantique – pour tenter de rejoindre le Vieux Continent. Leurs histoires se ressemblent souvent. Leur attente et leur désarroi aussi. Pour retrouver la trace d’un fils, d’une mère ou d’un cousin, elles se tournent vers les réseaux sociaux et des organisations engagées auprès des exilés comme Alarm Phone, Caminando Fronteras ou l’Association des mères de migrants disparus.
    « Il y en a tellement »
    Plusieurs pages Facebook telles que « L’actualité » (687 000 abonnés), « Diaspo Média » (356 000) ou encore « Marino Dubois officiels 2 » (178 000) diffusent en permanence des « avis de disparition », à la demande des familles. « On exige un minimum d’information sur le disparu : son nom, son âge, la date de la traversée, sa photo, les personnes qui voyageaient avec lui. Sinon, la demande est mise de côté », explique l’un des responsables du compte « L’actualité », qui souhaite rester anonyme.
    « C’est comme si on avait jeté une bouteille à la mer, explique Alhaji Dumbuya, un Sierra-Léonais sans nouvelles de son petit frère depuis le naufrage de son embarcation au large d’Alger, le 18 mai. Moi, j’espère un signe d’une connaissance ou que mon frère tombe sur notre annonce. Je veux juste savoir s’il est encore en vie. »
    Sur ces comptes Facebook, les portraits de disparus s’empilent. Des mères avec leur enfant, des adolescents, des hommes plus âgés. Certains sont recherchés depuis quelques semaines, d’autres depuis plusieurs années. « Il y en a tellement », souffle Marino Dubois, le pseudonyme d’une retraitée française qui documente avec précision les traversées et les vies qu’elles emportent. « J’ai créé ma page [en 2022] pour sensibiliser aux dangers de la migration, mais cette question des disparus m’a dépassé », poursuit Bourama Yaressi, un Malien installé en Italie depuis 2011, fondateur de « Diaspo Média ».
    Ces derniers mois, les naufrages se sont succédé à une cadence infernale. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), au moins 1 352 personnes sont mortes ou portées disparues en Méditerranée entre le 1er janvier et le 16 juin. Un bilan qu’elle a déjà qualifié de l’un des « pires débuts d’année » et des « plus meurtriers » depuis 2014, date à laquelle l’institution a commencé à comptabiliser ces drames en mer. En un peu plus d’une décennie, 35 002 exilés ont péri, engloutis avec leur embarcation et leurs rêves.
    « Pour chaque personne disparue, il y a au moins cinq, dix ou davantage de proches affectés par cette absence. C’est un autre aspect de la migration, explique un porte-parole d’Alarm Phone, un réseau de bénévoles. On est saisis chaque jour par des familles venues de toute l’Afrique, mais aussi du Canada, d’Europe ou d’Asie. » Bourama Yaressi est débordé. « J’ai plus de 12 000 messages que je n’ai pas encore lus », se désole-t-il.
    « Traquer ces ombres », comme le dit Marino Dubois, est une quête souvent longue, pleine d’impasses et de fausses rumeurs. « Les familles se retrouvent seules et ne savent pas quoi faire. Nous sommes là pour les accompagner », souligne Helena Maleno, fondatrice de l’ONG Caminando Fronteras, qui suit les routes migratoires menant vers l’Espagne. Il faut déjà établir si le naufrage a bien eu lieu, s’il a été recensé par l’OIM ou s’il s’agit d’un « naufrage invisible », une embarcation qui a sombré sans laisser de traces.
    Commence alors un travail minutieux de vérification : joindre les autorités et les gardes-côtes des pays concernés, interroger les ONG de secours en mer, identifier d’éventuels témoins ou survivants. « On lit les commentaires sous les posts Facebook à la recherche du moindre indice », précise le responsable du compte « L’actualité » déjà cité.Marino Dubois va jusqu’à solliciter les « coxeurs » – ces rabatteurs chargés d’organiser les traversées – pour tenter de reconstituer le parcours d’une embarcation. Alarm Phone, quant à elle, s’appuie sur ses relais en Libye, à Malte, en Tunisie ou en Italie pour s’assurer qu’un disparu ne se trouve pas dans un centre de détention. « Nous aidons les familles à exclure des hypothèses », ajoute un porte-parole de l’ONG.
    De son côté, Helena Maleno incite les familles à déposer systématiquement plainte pour disparition dans le pays d’origine, de transit ou en Espagne. « C’est leur droit et c’est aussi la seule manière de faire exister officiellement la personne disparue, explique-t-elle. Nous proposons qu’elles se fassent accompagner par des avocats de l’ONG. » Selon elle, une plainte peut permettre l’ouverture d’une enquête, mais aussi la diffusion d’un signalement par le biais des réseaux policiers internationaux comme Interpol. « En Espagne, la police se saisit encore timidement de ce sujet malgré la pression des familles et des associations », constate Helena Maleno.
    Parfois, une personne signalée disparue réapparaît au bout de quelques semaines ou de quelques mois : elle était soit détenue, hospitalisée, privée de son téléphone ou ne souhaitait plus donner de ses nouvelles. Son avis de recherche, diffusé sur les réseaux sociaux, est alors supprimé. Mais, le plus souvent, les familles restent sans réponse.Depuis qu’elle a créé son collectif en 2016, Latifa Walhazi, présidente de l’Association des mères de migrants disparus, basée en Tunisie, n’a jamais vu revenir une personne recherchée après une traversée en mer. « Nous suivons près de 250 familles, et j’ai encore des mamans qui m’appellent régulièrement pour avoir des nouvelles d’un enfant disparu en 2011, parfois avant », dit-elle. Pour Latifa Walhazi, le plus difficile est d’aider les familles à accepter l’absence d’un proche. Elle résume un sentiment que partagent les autres ONG et militants. « Je ne dis jamais à une mère que son enfant est mort. Les familles me demanderont toujours : où est le corps ? Et sans corps, le deuil est souvent impossible, souligne-t-elle. A chaque fois qu’une dépouille est retrouvée sur une plage, elles espèrent qu’il s’agit de leur fils ou de leur fille. »

    #Covid-19#migration#migrant#mortalite#disparition#sante#santementale#routemigratoire#migrationirreguliere

  • Aux Etats-Unis, la mortalité des personnes détenues par ICE au plus haut, selon deux ONG ; l’administration Trump dément
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/25/aux-etats-unis-la-mortalite-des-personnes-detenues-par-ice-au-plus-haut-selo

    Aux Etats-Unis, la mortalité des personnes détenues par ICE au plus haut, selon deux ONG ; l’administration Trump dément
    Entre janvier 2025 et janvier 2026, le taux de mortalité a augmenté de 140 % par rapport à l’année précédente. Ce chiffre est quasiment quatre fois supérieur à celui enregistré sous le précédent président, Joe Biden, et plus de deux fois plus élevé que durant le premier mandat de Donald Trump.
    Le Monde avec AFP
    Au moins 52 morts ont été comptabilisés dans des centres de détention de la police américaine de l’immigration (ICE) depuis le début du deuxième mandat de Donald Trump, en janvier 2025, marqué par des arrestations massives de migrants clandestins, selon un rapport de Human Rights Watch (HRW) et Physicians for Human Rights, publié jeudi 25 juin.« Au lieu de prendre des mesures pour faire face à cette crise et protéger la vie et la santé des personnes détenues, nous avons vu l’administration (…) soumettre un nombre toujours plus grand de personnes à une détention prolongée », dénonce Reagan Williams, co-autrice du rapport pour HRW, auprès de l’Agence France-Presse (AFP).
    Le taux de mortalité entre janvier 2025 et janvier 2026 a augmenté de 140 % par rapport à l’année précédente – une hausse disproportionnée comparée à l’augmentation du nombre de détenus – selon le texte. Ce chiffre est quasiment quatre fois supérieur à celui enregistré sous le précédent président, Joe Biden, et plus de deux fois plus élevé que durant le premier mandat de M. Trump, de 2017 à 2021.« Il n’y a eu AUCUNE flambée des décès », a répondu un porte-parole du département américain de la sécurité intérieure (DHS), dont dépend ICE, à l’Agence France-Presse (AFP). « Dans la droite ligne des données de la dernière décennie, le taux de mortalité en détention sous l’administration Trump est de 0,009 % de la population détenue. »
    L’étude des ONG relève notamment des défauts d’accès aux soins médicaux, s’expliquant en partie par la surpopulation des centres et l’allongement de la détention. Parmi les cas mis en avant figure celui d’un homme de 44 ans originaire d’Ukraine, victime d’un AVC, qui n’a pas reçu les soins appropriés malgré des mouvements semblables à des convulsions.Un Mexicain de 39 ans est, lui, mort d’un arrêt cardiaque probablement provoqué par un choc septique, alors que ses demandes de soins pour un abcès infecté n’avaient pas été traitées correctement. Le rapport souligne aussi le nombre élevé de morts par suicide (sept entre janvier 2025 et janvier 2026, contre un seul en 2024).« Dans les cas où nous avons accès aux dossiers d’ICE et des hôpitaux extérieurs, nous observons une abdication sidérante de l’obligation de soin », commente dans un communiqué Katherine Peeler, professeure à l’école de médecine de l’université Harvard, conseillère auprès de Physicians for Human Rights et co-autrice du rapport. Le DHS dit, au contraire, « maintenir un niveau de prise en charge supérieur à la plupart des prisons qui accueillent des citoyens américains ». « Pour de nombreux étrangers en situation irrégulière, c’est le meilleur système de santé qu’ils aient eu de toute leur vie », argue l’administration. Critiquée pour ses méthodes, ICE a connu cette année un changement de direction après notamment la mort par balles de deux citoyens américains qui protestaient contre une opération à Minneapolis. HRW a mesuré les taux de mortalité entre octobre 2015 et juin 2026 et les a comparés aux chiffres remontant jusqu’à 2004, l’année suivant la création d’ICE. L’organisation a également interrogé les familles, les avocats et les anciens codétenus de personnes décédées. Physicians for Human Rights a évalué le contexte clinique de 39 morts entre janvier 2025 et janvier 2026, ainsi que l’adéquation des soins.

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#politiquemigratoire#ICE#sante#mortalite#droit#detention

  • Messieurs, si vous voulez l’égalité, levez le pied

    https://www.youtube.com/watch?v=sajYoj_REk0

    En voiture, à moto, à vélo et même à pied, à kilomètres parcourus équivalents, les hommes meurent considérablement plus que les femmes, représentant 77 % des tués. Quant à la responsabilité dans la survenue d’un accident mortel, le ratio est encore plus implacable : 84 % sont des hommes ! 📢

    En ce 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, la #SécuritéRoutière, par la voix d’une femme et avec une ironie mordante, incite les hommes à s’interroger sur leur sur-mortalité sur la route : « Messieurs, si vous voulez l’égalité, levez le pied » et inspirez-vous de la #conduite_féminine.

    Car parmi toutes les #inégalités de genre qui perdurent, il y en a une qui est aux dépens des hommes : celle de la #surreprésentation_masculine dans la #mortalité_routière, avec tous les comportements à risque qui la favorisent 🚘

    #sécurité_routière #genre #femmes #hommes #vitesse #voiture #statistiques #chiffre #campagne #masculinisme #risque #mortalité

  • « Ceux qui restent » : À Mbour, le deuil « en silence » des enfan... | Seneweb -
    https://www.seneweb.com/fr/news/Societe/ceux-qui-restent-a-mbour-le-deuil-en-silence-des-enfants-de-migrants-dispar

    « Ceux qui restent » : À Mbour, le deuil « en silence » des enfants de migrants disparus en mer
    Auteur : AFP
    « Depuis lors, je suis devenu silencieux », murmure Fallou, 12 ans, dans une évocation déchirante de la mort de sa mère sénégalaise après le naufrage de la pirogue qui l’emmenait vers l’Europe. La jeune Sokhna est, elle, tourmentée par des rêves où réapparaît son père migrant disparu en mer, au point qu’elle évite de passer devant l’océan et ses fantômes traumatiques.
    On les appelle « ceux qui restent » : ces orphelins doivent composer face à l’attente insoutenable et le deuil impossible des « absents-présents », leurs parents morts en mer ou dont on n’a plus jamais eu de nouvelles après la disparition de leur embarcation.Le nombre de ces morts et disparus - et de leurs enfants - se chiffre au moins « à des milliers » au Sénégal ces dernières années, indique à l’AFP Saliou Diouf, fondateur de l’association « Boza Fii » qui lutte contre l’oubli des personnes migrantes disparues.
    Dans la ville portuaire de Mbour (ouest), les vies abîmées et la parole sensible de ces enfants s’écoutent derrière les murs des maisons. Le tabou entoure encore le choix de partir de leurs parents. La peur des familles de se confier aussi, dans un contexte où les autorités ont essentiellement une approche répressive pour empêcher les départs de pirogues, arrêter les passeurs, et secourir régulièrement des embarcations à la dérive."J’ai beaucoup pleuré... et puis après je me suis dit que c’est la volonté divine", souffle à l’AFP dans une diction hachée Fallou, silhouette agitée de spasmes, en évoquant la mort de sa mère.A Tefees, quartier de pêcheurs, aux ruelles de sable et maisonnettes précaires, Fallou et son frère de neuf ans sont heureux de se retrouver, appuyés l’un contre l’autre dans la chambre et seule pièce de vie de leur grand-mère, Ndeye Ndiaye.
    Leur vie a basculé quand leur mère, Awa, âgée d’une trentaine d’années, est décédée au Maroc en 2024, après le naufrage d’une pirogue.Depuis ce drame, « je suis devenu silencieux », lâche Fallou. Le garçon « n’en parle pas avec sa grand-mère ni avec ses amis », seulement avec son père lors de ses visites. « Il me raconte que ma mère était une bonne personne... ». Comme souvent dans les familles où la mère migrante a disparu, la famille s’est disloquée : le père est retourné vivre dans sa famille, les enfants sont restés avec leur grand-mère. Mais acculée par le dénuement, elle a dû séparer les frères, confiant le plus jeune à son parrain.Awa n’avait pas informé sa mère de son projet, mais elle déplorait souvent de la voir « se fatiguer » et voulait lui « venir plus en aide »
    "Elle m’a simplement dit qu’elle devait aller à Dakar", la capitale, relate Ndeye. Mais un soir, Awa l’appelle : « Maman, j’ai pris une pirogue pour rejoindre l’Europe et je voudrais que tu pries pour moi ».
    Deux semaines d’angoisse plus tard, un appel leur annonce son décès dans un hôpital au Maroc."On ne m’a pas rapporté son corps et j’en suis toujours là...", murmure Ndeye, qui ne peut retenir ses larmes. « Voir des enfants, des innocents comme eux, devoir vivre sans mère, ça vous affecte au plus profond de vous ».
    En 2024, au moins 10.457 migrants sont morts ou disparus « à la frontière occidentale euro-africaine » en tentant de rejoindre l’Espagne via la périlleuse route Atlantique, selon Caminando Fronteras, le nombre le plus élevé enregistré depuis le début du recensement en 2007 opéré par cette association.Poussés par le désespoir face au manque d’opportunités dans leur pays (chômage, disparition des ressources halieutiques, etc...) et du fait que l’Europe restreint les visas et contrôle drastiquement ses frontières, les candidats à l’exil sont forcés de recourir à des embarcations clandestines, souvent vétustes et surchargées.
    « Souvent les familles n’obtiennent pas assez d’informations pour faire leur deuil », souligne Saliou Diouf. « L’acceptation de la disparition se fait très difficilement ». Les enfants apprennent parfois la nouvelle brutalement dans la rue ou chez des voisins. Certains se débattent entre une attente insupportable, le refus d’accepter le décès, ou la colère. C’est le cas de Sokhna, 11 ans, visage d’ange assombri par un regard douloureux. Sa mère Fatou Ngom, son frère et sa soeur vivotent à Mbour dans une chambre et une cour louée à plusieurs familles. Le père, Assane, est porté disparu depuis que la pirogue qui le transportait a pris feu au large des côtes en 2022. On a simplement rapporté à Fatou qu’il « faisait partie des victimes ».
    Fatou explique que Sokhna a depuis des moments « d’absence », notamment en classe, et du retard dans sa scolarité. « Des fois la nuit, elle fait des rêves, elle crie +papa » plusieurs fois" dans la chambre où toute la famille vit.Même si leur relation semble complice, Sokhna explique sans détour que sa mère, encore accablée par le chagrin et qui a beaucoup de mal à parler de la disparition de son mari, ne la « comprend pas » quand elle veut lui parler de son père."Quand je rêve de lui et que j’ai peur parce que j’ai vraiment l’impression qu’il me parle, le lendemain je vais voir ma grand-mère", confie Sokhna. « Elle me raconte quand mon père courtisait ma mère, et des histoires sur lui... »."Je pense toujours à mon père quand je vois la mer", souffle-t-elle. C’est sa grand-mère, voyant son chagrin, qui a dit à Sokhna d’éviter de circuler par la plage et son alignement de pirogues.
    Contrairement à sa soeur qui garde son chagrin enfoui, Boubacar, 14 ans, a du mal à retenir son émotion en racontant ce jour de 2022 : « ma famille est venue trouver ma mère ; elle préparait du café. Ils ont dit +Assane est mort dans la pirogue+ ; elle était en état de choc, elle s’est mise à pleurer, et nous aussi »."Mon père voulait nous construire une maison. Avant d’y arriver, Dieu a pris son âme...".
    « Je pense souvent à lui, surtout quand ma mère n’a pas l’argent pour la dépense quotidienne parce que c’est lui qui nous aidait à vivre », sanglote-t-il. A 14 ans, l’adolescent travaille déjà régulièrement après l’école dans un atelier de menuiserie métallique pour aider sa mère.Ces orphelins doivent tenter de se reconstruire dans des familles brisées et qui tombent dans une précarité encore plus prégnante (réduction du nombre de repas, déscolarisation des enfants, endettement...). Nombre d’entre eux grandissent trop vite, éprouvés par les responsabilités.
    Près de Boubacar, sa soeur Coumba, cinq ans, pieds nus, vêtements élimés, s’amuse à dessiner sur un tableau accroché au mur de la cour. La fillette a grandi sans presque connaître son père."C’est elle qui me fait pleurer parce qu’elle me demande toujours des nouvelles de son père", confie Fatou. « Je lui réponds qu’il est en voyage »."Elle peut devenir folle si on lui explique maintenant...", renchérit Boubacar.La douce Amy Dramé n’a pas non plus dit la vérité à ses enfants de dix, six et trois ans. Son mari - qui avait vu tous ses collègues pêcheurs acculés par la pauvreté tenter la traversée - l’a appelée depuis un bateau le 10 août 2024."Il m’a demandé des nouvelles des enfants, et de prier pour lui ; c’est la dernière fois que j’ai eu des nouvelles", dit-elle, bouleversée.Un mois après, les autorités les ont informés que la pirogue avait échoué au Cap-Vert, sans survivants.
    Amy continue à dire à ses enfants que leur père est en campagne de pêche. « Ce sont des enfants... », lâche-t-elle. « Ils prennent tout le temps mon téléphone pour regarder des vidéos de leur père ; ils ne vont pas l’oublier... ».Tenter de briser ce silence, c’est l’objectif d’un programme pionnier au Sénégal de prise en charge psycho-sociale de ces enfants, débuté en 2024.Plus d’une cinquantaine d’orphelins sont accompagnés par l’ONG internationale Délégation diocésaine des Migrations du Sénégal (DDM Sénégal) et le Collectif des victimes de l’émigration irrégulière au Sénégal (Coves), qui ont entamé ce travail après avoir constaté la souffrance des femmes de disparus et leurs enfants, particulièrement due au « deuil ambigu » lié à l’incertitude sur le décès."On a constaté que beaucoup de leurs enfants souffraient aussi, d’une manière différente, plus en silence, avec beaucoup de colère", explique Jordi Balsells, directeur de la DDM.L’ONG fait trois tournées par an dans d’autres régions du Sénégal, et mène des accompagnements à domicile.Dans le centre de Mbour, dans un bâtiment baigné de lumière, alors que leurs mères travaillent dans un atelier de couture pour avoir une source de revenus supplémentaire, les enfants - tous orphelins de pères migrants - sont reçus en thérapie.Si en apparence plusieurs chahutent en patientant, cela masque souvent une attitude fragile.
    Babacar Ndiaye, 12 ans, submergé par l’émotion, ne parviendra pas à se confier sur la disparition de son père mareyeur en 2024 dans le chavirement d’une pirogue au large de Mbour."Sache que si tu veux parler, on est là", lui dit doucement Tesa Reimat Corbella, médecin spécialisée dans le deuil, qui s’occupe de l’accompagnement psycho-social.
    A l’inverse, son frère de neuf ans, Pape Balla, dégage une assurance étonnante. Il se confie tout en ne lâchant pas deux figurines de crocodile et de lama."Mon père ne voulait pas partir mais c’est celui qui a organisé le voyage qui l’a forcé !", lance-t-il, manière à lui de faire face à cet abandon qu’il ne comprend pas. « Ca me fait mal qu’il ait disparu ; je voulais qu’il reste avec nous... ».
    « J’ai des amis au quartier qui ont vécu la même chose mais on n’en discute pas », ajoute Pape, qui raconte aussi des souvenirs aux côtés du père. « Il m’achetait souvent des ballons et ça me manque... ».
    A l’instar de Babacar, Bambi Diop, 10 ans, ne pourra d’abord n’articuler que quelques mots : « je veux pas parler de mon père... ».
    Avec sollicitude, la psychothérapeute Katy Faye prend Bambi par les épaules et tente de calmer son accès de larmes."Quand je pars en classe je pense à lui", lâche Bambi finalement, expliquant que c’est souvent son père qui la déposait à l’école.La fillette reste en partie dans le déni, affirmant à l’AFP que son père vit dans une autre ville du Sénégal et qu’il va « bien ». Des mots qui surprendront sa mère, qui assure que sa fille « sait » que son père est décédé dans un naufrage en 2024.Pour Tesa Reimat Corbella, le principal défi, « c’est de casser le silence » entourant la disparition. « Il faut commencer à donner des mots à ce qui s’est passé, pouvoir parler avec les enfants du souvenir de qui était leur père, et travailler avec le parent qui est resté ».
    Elle se réjouit que l’ONG ait réussi à créer « un espace sûr, où ils peuvent partager avec les autres enfants ». « Le fait qu’ils acceptent ce qui est arrivé et qu’ils peuvent en parler sans peur, sans honte, c’est le plus important ».
    Mais il y a « encore beaucoup de travail », reconnaît-elle. « Quand les enfants sortent de cet espace, à l’école ou dans la rue il y a encore de la stigmatisation ».Acteur de la société civile et spécialiste depuis 20 ans des questions migratoires, Mamadou Diop Thioune regrette que le soutien économique et psycho-social à ces familles ne soient « pas pris en compte dans (nos) politiques publiques ».Il pointe le manque d’information des autorités, d’outils et de personnel formé, alors que les « conséquences sociales » pour le Sénégal de ces disparitions d’exilés « sont dramatiques ».Au centre DDM, une lumière douce de fin de journée apaise l’atmosphère. Les enfants alignés sur des matelas au sol sont fascinés par le film d’animation « Kirikou et la Sorcière », sous le regard de Tesa et ses collègues.
    La société sénégalaise doit être davantage « sensibilisée sur la situation des disparus et de leurs familles », martèle Tesa. « C’est important de redonner une dignité aux personnes disparues, des gens qui étaient partis chercher une vie meilleure », plaide-t-elle.
    « Il faut qu’on puisse parler de ce sujet sans cacher ces enfants et ces familles ».

    #Covid-19#migration#migrant#senegal#mortalite#sante#santementale#migrationirreguliere#psychosocial

  • Naufrage dans la Manche en 2021 : procès ordonné pour 14 membres de réseaux de passeurs
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/16/naufrage-dans-la-manche-en-2021-proces-ordonne-pour-14-membres-de-reseaux-de

    Naufrage dans la Manche en 2021 : procès ordonné pour 14 membres de réseaux de passeurs
    Le Monde avec AFP
    Quatorze personnes seront jugées en correctionnelle pour leur implication présumée dans la disparition de 31 migrants dans la nuit du 23 au 24 novembre 2021, naufrage le plus meurtrier à ce jour dans la Manche, a appris mardi 16 juin l’Agence France-Presse (AFP) de source proche du dossier, confirmée par le Parquet national anticriminalité organisé (Pnaco).
    Les 14 mis en cause, liés à des réseaux de passeurs, sont poursuivis notamment pour homicides involontaires, blessures involontaires, aide au séjour irrégulier en bande organisée et participation a une association de malfaiteurs, a précisé le Pnaco.Les protagonistes sont nés pour la plupart en Afghanistan et en Irak. Ils sont suspectés d’avoir « participé, chacun à leur échelle, à des réseaux d’immigration illégale coopérant entre eux afin de tirer toujours plus de profits d’étrangers en situation irrégulière désireux de passer en Angleterre », selon les éléments du dossier.
    Parallèlement, l’information judiciaire se poursuit pour des militaires mis en cause. De nouvelles auditions ont eu lieu ces derniers mois, a appris l’AFP de sources proches du dossier. Ce volet détaché, pour des raisons procédurales, concerne au moins sept militaires français : cinq personnels du centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) Gris-Nez et deux marins du patrouilleur Le Flamant. Ils sont mis en examen pour non-assistance à personne en danger.
    Côté passeurs présumés, deux « filières » ont été mises au jour, correspondant à « deux réseaux communautaires », afghan et irako-kurde. Les rôles attribués par le parquet aux 14 mis en cause sont divers : organisateurs de la traversée, chauffeurs, logeurs, etc. La plupart contestent leur responsabilité, certains, côté irako-kurde, s’étant présentés comme de simples migrants.
    Matthieu Chirez, avocat de 113 parties civiles, s’est félicité auprès de l’AFP du futur procès : « Cette ordonnance est une première étape dans la reconstitution judiciaire de ce naufrage dramatique. » « La première chaîne de responsabilité est identifiée avec les passeurs qui vont devoir répondre de leurs actes », poursuit l’avocat. Le procès sera également « l’occasion, nous y aspirons, pour certaines familles de victimes, de s’exprimer pour la première fois », souligne le conseil.

    #Covid-19#migration#migrant#france#royaumeuni#droit#sante#mortalite#trafic

  • « Les vagues de chaleur ne sont plus des anomalies météorologiques exceptionnelles » : la canicule a tué plus de 200 000 personnes en Europe en quatre ans, selon l’OMS – franceinfo
    https://www.franceinfo.fr/environnement/evenements-meteorologiques-extremes/vagues-de-chaleur-canicules/les-vagues-de-chaleur-ne-sont-plus-des-anomalies-meteorologiques-exceptio

    Le directeur régional de l’OMS pour l’Europe, Hans Henri Kluge, affirme que « la plupart de ces décès étaient entièrement évitables ».

    • Worst-case European heat storylines generated using ensemble boosting
      https://www.nature.com/articles/s43247-026-03699-2

      Extreme heat poses escalating socio-economic and ecological risks, yet the most severe high-impact heat extremes that would be possible today remain poorly understood. Using thousands of ensemble-boosting storylines, all plausible under current-climate conditions at least within the model world, we reveal the risk of far more intense and unprecedented heatwaves, which surpass historical extremes in both intensity and particularly in persistence by large margins, and greatly exceed levels considered extreme in a 3 °C warmer world. The most extreme heatwaves are preceded by severe soil moisture depletion, both locally and upstream of the region of extreme heat, as well as by strong ocean temperature gradients, with extremely warm anomalies in the nearby basins and cold anomalies in the subpolar North Atlantic region. Furthermore, our storyline simulations reveal an additional risk: worst-case heatwaves occur predominantly after another extreme heatwave. This highlights the potential for aggravated impacts due to decreased recovery times and intensified heat stress on humans, ecosystems and infrastructure made more vulnerable by the first event. Given the scale, intensity, and unprecedented successive and compounding nature of these worst-case heat storylines, we underscore the urgent need for well-informed adaptation strategies that sufficiently reflect these risks.

      #climat #Europe #canicule #mortalité #santé

    • Un indicateur climatique peu connu part en vrille, le déséquilibre énergétique de la Terre, ce qui pourrait accélérer le réchauffement climatique bien au-delà des prévisions.
      https://reporterre.net/Acceleration-du-changement-climatique-l-hypothese-qui-inquiete-les-scien

      ... le #déséquilibre_énergétique_de_la_Terre (abrégé EEI, pour Earth’s Energy Imbalance) (...) permet d’appréhender le système climatique dans son ensemble en mesurant la différence entre l’énergie qui entre sur la planète (via le rayonnement solaire) et l’énergie qui en sort (via le réfléchissement des rayons du soleil ou l’émissions de rayonnement infrarouge par la Terre). S’il sort moins d’énergie qu’il en entre, par exemple parce qu’on émet des gaz à effet de serre qui en piègent une partie, l’excédent d’énergie, converti en chaleur, réchauffe le système.

      Problème : cet EEI, estimé par observation satellitaire et mesuré en watts par mètre carré (W/m²) s’accroît plus vite que l’on ne s’y attendait. Il aurait doublé en vingt ans, d’après une étude publiée en 2025, passant d’environ 0,6 W/m² à 1,3 W/m² ces dernières années. « La chaleur s’accumule désormais deux fois plus vite qu’il y a vingt ans », résument les auteurs de l’étude, qui s’inquiètent que ce déséquilibre soit aujourd’hui « beaucoup plus important que ce que les modèles climatiques estimaient ».

      « Aucun modèle actuel ne reproduit ces observations, la théorie ne reproduit pas ce qui se passe », insiste auprès de Reporterre Benoit Meyssignac, chercheur au Laboratoire d’études en géophysique et océanographie spatiales (Legos) de Toulouse et coauteur de l’étude.

      Il fait chaud dans le monde et ça commence à se voir.

  • Au Royaume-Uni, deux hommes condamnés à au moins deux ans de prison pour mise en danger de migrants dans la Manche
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/10/au-royaume-uni-deux-hommes-condamnes-a-au-moins-deux-ans-de-prison-pour-mise

    Au Royaume-Uni, deux hommes condamnés à au moins deux ans de prison pour mise en danger de migrants dans la Manche
    Le Monde avec AFP
    Un tribunal britannique a condamné, mercredi 10 juin, à au moins deux ans de prison deux personnes reconnues coupables d’avoir mis en danger la vie de migrants lors d’une traversée de la Manche. Il s’agit des deux premiers condamnés pour ce crime, une nouvelle loi sur la sécurité et l’immigration étant entrée en vigueur en janvier.
    Un juge de Canterbury a condamné les deux hommes pour avoir fait courir un risque de mort ou de blessures à d’autres personnes lors d’une traversée maritime. Ce crime est passible d’une peine maximale de cinq ans de prison. Les deux hommes pilotaient de petites embarcations surchargées lors de traversées distinctes en janvier et en avril. Ils ont tous deux depuis déposé des demandes d’asile au Royaume-Uni.
    Mohammad Tajik, 32 ans, originaire d’Afghanistan, a été le premier à être reconnu coupable après avoir plaidé la culpabilité en avril. Il a été condamné à deux ans de prison pour la traversée effectuée par temps froid le 17 janvier, avec plus de 70 personnes à bord, dont des enfants. Le procureur Daniel Bunting a déclaré que M. Tajik « n’avait aucune expérience ni connaissance en matière de pilotage de bateau ».
    Alnour Ali, un Soudanais de 27 ans, a plaidé coupable le mois dernier pour une autre traversée maritime dangereuse en avril, également avec plus de 70 personnes à bord et sans équipement de sécurité. Il a été condamné à vingt-sept mois de prison.« Je me réjouis que nous ayons les premières condamnations pour mise en danger depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle loi plus tôt cette année », a déclaré dans un communiqué Sarah Dineley, responsable de la lutte contre la criminalité liée à l’immigration au Crown Prosecution Service (CPS). « Nous avons d’autres affaires en cours devant les tribunaux et je m’attends à ce qu’il y ait davantage de condamnations cette année », a-t-elle ajouté.Le CPS a déclaré avoir poursuivi, à ce jour, 15 migrants au titre de ce nouveau crime de mise en danger de la vie d’autrui

    #Covid-19#migration#migrant#royaumeuni#routemigratoire#migrationirreguliere#droit#mortalite#sante

  • Au Royaume-Uni, deux exilés condamnés pour « mise en danger » de migrants dans la Manche, une première - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71840/au-royaumeuni-deux-exiles-condamnes-pour-mise-en-danger-de-migrants-da

    Au Royaume-Uni, deux exilés condamnés pour « mise en danger » de migrants dans la Manche, une première
    Par La rédaction Publié le : 11/06/2026
    Deux exilés, sans lien avec des réseaux de trafiquants, ont été condamnés mercredi au Royaume-Uni à des peines de prison pour mise en danger de la vie de migrants lors d’une traversée de la Manche. Une première. L’Afghan et le Soudanais, qui vont être incarcérés, ont, tous deux, piloté des embarcations de migrants vers l’Angleterre. Ils ont, depuis, déposé une demande d’asile dans le pays.
    C’est la première fois que deux personnes, sans lien avec des réseaux de passeurs, sont condamnées à des peines de prison au Royaume-Uni pour mise en danger de la vie d’autrui, après avoir piloté des embarcations de migrants sur la Manche.Mercredi 10 juin, un juge de la Crown Court de Canterbury, dans le sud-est de l’Angleterre, a condamné les deux hommes - un Afghan et un Soudanais - pour avoir fait courir un risque de mort ou de blessures à d’autres personnes lors d’une traversée maritime, un crime prévu par une nouvelle loi sur la sécurité et l’immigration entrée en vigueur en janvier.Les condamnés ne sont donc pas des passeurs mais de simples passagers du canot. Ils ne sont donc pas jugés pour « trafic » mais pour « mise en danger de la vie d’autrui ».Ce crime est passible d’une peine maximale de cinq ans de prison. Les deux exilés ont été condamnés à des peines de deux ans de prison, pour l’un, et 27 mois pour l’autre.
    Les deux hommes pilotaient de petites embarcations surchargées lors de traversées distinctes en janvier et en avril 2026. Ils ont tous deux depuis déposé des demandes d’asile au Royaume-Uni.Mohammad Tajik, 32 ans, originaire d’Afghanistan, a été le premier à être reconnu coupable après avoir plaidé la culpabilité en avril. Il a été condamné à deux ans de prison pour la traversée effectuée par temps froid le 17 janvier, avec plus de 70 personnes à bord, dont des enfants.Le procureur Daniel Bunting a déclaré que Tajik « n’avait aucune expérience ni connaissance en matière de pilotage de bateau ».
    Alnour Ali, un Soudanais de 27 ans, a, lui, plaidé coupable le mois dernier pour une autre traversée maritime dangereuse en avril, également avec plus de 70 personnes à bord et sans équipement de sécurité. Quatre personnes avaient trouvé la mort dans la traversée. Il a été condamné à 27 mois de prison."Je me réjouis que nous ayons les premières condamnations pour mise en danger depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle loi plus tôt cette année", a déclaré dans un communiqué Sarah Dineley, responsable de la lutte contre la criminalité liée à l’immigration au Crown Prosecution Service (CPS). « Nous avons d’autres affaires en cours devant les tribunaux et je m’attends à ce qu’il y ait davantage de condamnations cette année », a-t-elle ajouté.Le CPS a indiqué avoir, à ce jour, poursuivi 15 migrants au titre de ce nouveau crime de mise en danger de la vie d’autrui.
    Début janvier 2026, un ressortissant afghan de 16 ans avait été inculpé par un tribunal britannique au titre de la nouvelle législation sur la sécurité des frontières, l’asile et l’immigration. L’homme avait été accusé de mise en danger de la vie d’autrui en pilotant un « small boat » lors d’une traversée de la Manche. Il s’agissait de la première personne à être inculpée pour cette infraction.L’accusé avait plaidé non coupable, affirmant qu’il avait été « forcé » à conduire ce petit bateau, lors d’une audience devant le tribunal de Margate (sud-est de l’Angleterre). Il a, depuis, été placé en détention provisoire en attente de son jugement.
    Cette nouvelle législation vise à s’attaquer aux passeurs qui entassent les exilés dans des embarcations précaires, non adaptées à la traversée de la Manche.Elle a pour but de décourager les candidats à l’exil qui acceptent parfois de prendre les commandes d’un bateau sous la menace des passeurs ou bien en échange d’une réduction du prix de leur passage.
    Depuis le début de l’année, plus de 8 900 personnes ont rejoint les côtes britanniques illégalement, selon les chiffres du Home office. Parmi elles, « plus de 1 800 personnes » étaient parties de Belgique, a indiqué le ministre délégué. « Les passeurs s’adaptent toujours aux dispositifs mis en place. C’est le cas en observant les départs depuis la Belgique vers le Royaume-Uni », a-t-il reconnu.Selon les chiffres officiels des autorités britanniques, l’année dernière, 41 472 migrants ont rejoint clandestinement le Royaume-Uni sur des petites embarcations. Ce chiffre est le deuxième plus élevé depuis le début de ces traversées en 2018.Au moins 29 migrants ont perdu la vie en mer en 2025, selon un décompte de l’AFP à partir de sources officielles françaises et britanniques.

    #Covid-19#migration#migrant#royaumeunii#droit#migrationirreguliere#routemigratoire#trafic#mortalite#sante

  • Le pape Léon XIV appelle devant les élus espagnols à l’action pour faire face au « drame tragique de la migration »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/08/le-pape-leon-xiv-appelle-devant-les-elus-espagnols-a-l-action-pour-faire-fac

    Le pape Léon XIV appelle devant les élus espagnols à l’action pour faire face au « drame tragique de la migration »
    Léon XIV a appelé lundi 8 juin à une réponse « coordonnée, solidaire et efficace » au « drame tragique de la migration » lors d’un discours inédit devant les élus espagnols, durant lequel il a jugé que la paix dans le monde était aujourd’hui une « véritable exigence morale ».
    Le chef spirituel des 1,4 milliard de catholiques dans le monde, en visite d’Etat en Espagne, a également enjoint de protéger la vie « depuis sa conception jusqu’à son déclin naturel », un appel loin d’être anodin en Espagne, où le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez a légalisé l’euthanasie sous conditions en 2021, et a proposé en octobre 2025 d’inclure dans la Constitution, comme en France, le droit à l’avortement.Le pape, fervent défenseur des migrants, attendu jeudi et vendredi dans l’archipel espagnol des Canaries, l’une des principales portes d’entrée de l’immigration en Europe, a demandé « une réponse coordonnée, solidaire et efficace » à la question migratoire : « Aucune nation ne peut relever seule un défi de cette ampleur », a-t-il estimé.
    A la différence de nombre de ses alliés européens, l’Espagne mène une politique migratoire relativement libérale et a récemment lancé un vaste plan de régularisation de sans-papiers, que le Parti populaire (droite conservatrice) et Vox (extrême droite) reprochent vertement au gouvernement de gauche.
    Très critiqué par le président américain, Donald Trump, pour ses positions contre la guerre, Léon XIV, lui-même né aux Etats-Unis, a également appelé devant les députés et les sénateurs espagnols au « dialogue patient », déplorant la tendance actuelle au « réarmement », y compris en Europe. « Les armes peuvent imposer un silence temporaire, mais elles ne pourront jamais construire une paix authentique et durable », a-t-il mis en garde : « Toute guerre constitue, en fin de compte, une douloureuse défaite de la capacité à négocier. »Son discours, le premier d’un souverain pontife au Parlement espagnol, a été salué par de longs applaudissements des élus présents, certains lançant même « Vive le pape ! ».
    (...)
    Au lendemain d’une messe en plein air célébrée dimanche à Madrid devant plus de 1,5 million de personnes, selon les organisateurs, le pape participera au troisième jour de sa visite en Espagne à un autre grand rassemblement au stade Santiago Bernabeu, la mythique enceinte du Real Madrid, dans la soirée de lundi. Il se rendra ensuite, mardi, à Barcelone, où il bénira, mercredi, la nouvelle tour de la basilique de la Sagrada Familia, à présent plus haute église au monde.
    Enfin, son périple le conduira aux îles Canaries jeudi et vendredi, où il retrouvera Pedro Sanchez pour rendre hommage aux milliers de migrants morts en tentant de rejoindre l’Europe par la mer

    #Covid-19#migration#migrant#espagne#eglisecatholique#droit#sante#mortalite#migrationirreguliere#canaries#routemigratoire

  • Depuis le 1er juin, près de 500 migrants ont débarqué sur les îles de Crète et Gavdos - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71729/depuis-le-1er-juin-pres-de-500-migrants-ont-debarque-sur-les-iles-de-c

    Depuis le 1er juin, près de 500 migrants ont débarqué sur les îles de Crète et Gavdos
    Par La rédaction Publié le : 04/06/2026
    Depuis le 1er juin, près de 500 migrants ont atteint les côtes des iles grecques de Crète et Gavdos. Certains ont été interceptés après leur débarquement, d’autres ont été secourus. Tous étaient partis de Libye. Et depuis le début de l’année, au total, presque 6 000 personnes ont débarqué en Crète.Les arrivées se poursuivent sur les îles grecques de Crète et Gavdos. Depuis le 1er juin, 493 exilés ont atteint les côtes grecques, ont indiqué les gardes-côtes dans plusieurs communiqués. Les premières arrivées ont eu lieu durant la nuit du 31 mai au 1er juin.
    Aux premières lueurs du jour, un patrouilleur des gardes-côtes et un cargo battant pavillon des Bahamas ont secouru « 35 passagers étrangers (33 hommes et 2 femmes) ». Selon les personnes secourues, elles sont parties de Tobrouk, en Libye, aux premières heures du 31 mai 2026, après avoir payé chacune entre 1 500 et 3 500 dollars pour la traversée.
    Quelques heures plus tard, les gardes-côtes ont à nouveau été sollicités pour porter assistance à 25 exilés au large de Gavdos.
    Dans le même temps, un cargo battant pavillon bélizien a secouru 44 migrants – 43 hommes et 1 mineur – au large de la Crète. Ces derniers ont ensuite été transférés au port de Kali Limenes, au sud.
    Les opérations se sont poursuivies le soir même. Après le signalement d’une embarcation en difficulté, les gardes-côtes sont intervenus et ont secouru 55 exilés. Tous ont été transportés au port d’Ierapetra (sud-est de la Crète) avant d’être conduits vers un centre d’hébergement temporaire de Kalogeros, au centre de l’île.Le lendemain, le 2 juin, deux opérations ont eu lieu. Durant la première, 33 passagers étrangers ont été pris en charge par un navire de Frontex à 37 milles nautiques au sud de Gavdos. Et à la mi-journée, l’agence européenne est repartie en mer afin de porter assistance à 39 personnes.Enfin, mercredi 3 mai, trois groupes de migrants ont atteint les côtes de l’ile grecque. Tout d’abord, 182 exilés - 170 hommes, 5 femmes et 7 mineurs - ont été découverts « sur une côte rocheuse entre les plages de Katarti et Salamia, dans la commune de Gortys », au sud de l’île, ont indiqué les gardes-côtes grecs dans un communiqué.
    Ils avaient quitté la Libye depuis la ville de Tobrouk le lundi 1er juin, « moyennant des sommes comprises entre 3 000 et 10 000 dollars pour leur transport vers la Grèce », ajoutent les gardes-côtes qui précisent qu’un Egyptien de 36 ans « identifié par les autres passagers du bateau comme étant le passeur » a été arrêté.Ensuite, un navire de Frontex a localisé et secouru une embarcation comptant 38 passagers, dont deux femmes et un mineur.Puis 42 exilés ont été interpellés après leur débarquement à Paleochore. Ils ont été immédiatement conduits au centre d’hébergement temporaire d’Agia, à la Canée.
    Tous ces exilés avaient emprunté la route de Tobrouk, une route migratoire qui s’est considérablement développée l’an dernier. En 2025, près de 20 000 exilés sont arrivés sur l’île et sur sa voisine Gavdos, contre un peu plus de 5 000 en 2024. Soit une hausse de plus de 200 %.Et l’année 2026 semble suivre la même tendance : depuis le 1er janvier, près de 6 000 personnes ont débarqué en Crète - un chiffre stable par rapport à l’an dernier à la même période. Rien que la semaine dernière, en seulement deux jours, plus de 700 migrants sont arrivés en Crète et sur la petite île de Gavdos après avoir été secourus en mer par les gardes-côtes grecs.
    Le 29 mai, le ministre grec des Migrations, Thanos Plevris, connu pour sa ligne dure, a menacé de prendre des mesures « très sévères », sans donner plus de précisions. « Nous prendrons des mesures très strictes, dont nous avons déjà discuté avec le Premier ministre, bien plus sévères que la simple suspension de la procédure d’asile », a-t-il dit.
    Pour rappel, en août 2025, alors que les arrivées par la route de Tobrouk étaient nombreuses, les autorités avaient décidé de suspendre pour trois mois le traitement des demandes d’asile des personnes arrivant en bateaux depuis l’Afrique du Nord.
    La route de Tobrouk reste particulièrement dangereuse. Environ 300 km séparent la ville de l’est libyen à la Crète et aucun navire humanitaire ne sillonne la zone, trop vaste. Fin mars, 22 exilés sont morts durant cette traversée de la Méditerranée après six jours d’errance en mer. Leurs corps « ont été jetés à la mer sur ordre d’un des passeurs », selon les gardes-côtes grecs. Seules 26 personnes du même canot ont pu être secourues

    #Covid-19#migration#migrant#libye#grece#crete#tobrouk#routemigratoire#migrationirreguliere#sante#mortalite