• Increased deaths at the borders just before the decision on Croatia’s accession to Schengen

    Last week was marked by a series of information on dead bodies found at the border between Croatia and Bosnia and Herzegovina.
    People who found themselves in the area around #Cazin (BiH), Crnaj recorded a dead body. It was a case of drowning, according to Bosnian media (https://www.klix.ba/vijesti/crna-hronika/obdukcija-pokazala-migrant-cije-je-tijelo-pronadjeno-kod-cazina-se-utopio/191004072).
    Similarly, a dead body was found in an abandoned house (http://m.pogled.ba/clanak/migrant-pronadjen-mrtav-u-napustenoj-kuci-kod-cazina/178716) /trailer in the #Osmanagici settlement in the Cazin area - the body was sent for an autopsy (https://medium.com/are-you-syrious/ays-daily-digest-9-10-19-violent-refugee-deaths-on-the-rise-in-bosnia-ca47a1) and the exact cause of death is still unknown.
    Another case of death occurred in the town of #Bileća, Todorići village, southern Bosnia and Herzegovina - when a local villager, a shepherd, shot a migrant he had encountered (in a group with other migrants) at a farmhouse not far away from a flock he was guarding. According to media reports (http://novilist.hr/Vijesti/Svijet/UBOJSTVO-KOD-BILECE-Ubio-migranta-pa-se-prijavio-policiji), there was an altercation between the locals and a group of migrants and the rifle fired, which ended up with one person getting shot and dying. The denial of access to the asylum system and closed borders result in all these deaths as a consequence. The fear that comes from these events affects people on the move and local communities in border areas. The restrictive EU policy that the Republic of Croatia obediently implements and follows threatens human security in the Balkans - and spreads fear at the same time.

    Cazin (Bosnie du Nord, proche de la frontière avec la Croatie) :

    #Bileca (Bosnie du Sud, proche de la frontière avec le Monténégro) :

    Reçu via la mailing-list Inicijativa Dobrodosli, le 14.10.2019
    #mourir_aux_frontières #asile #migrations #réfugiés #Bosnie #Bosnie-Herzégovine #route_des_Balkans #frontières #décès #morts ##Bileca

    Ajouté à cette liste :
    https://seenthis.net/messages/758646#message806449

  • How well has China’s ultra low-emissions policy worked ? | Ars Technica
    https://arstechnica.com/science/2019/10/how-well-has-chinas-ultra-low-emissions-policy-worked

    In 2014, China introduced an ambitious policy to rapidly reduce air pollution from coal-fired power stations. How well did that work?

    #Pollution : la #Chine en voie d’atteindre ses cibles pour 2020 - Pieuvre.ca
    http://www.pieuvre.ca/2019/10/07/environnement-chine-pollution-cibles

    L’étude, publiée récemment dans Nature Energy, s’est penchée sur des données allant de 2014, lorsque la Chine a mis en place l’ambitieuse Politique d’#émissions_ultrabasses pour mettre à niveau les centrales au #charbon, histoire de limiter les émissions polluantes, jusqu’à 2017.

    L’équipe de recherche a découvert qu’entre 2014 et 2017, les émissions annuelles chinoises en matière de dioxyde de souffre, d’oxyde d’azote et de #microparticules avaient diminué de 65, 60 et 72%, respectivement, et ce chaque année. Ainsi, les réductions enregistrées par la Chine correspondent aux normes associées à la politique nationale en la matière.

    Cela signifie que la Chine est en voie de réduire davantage ses émissions si toutes ses centrales thermiques respectent les normes en vigueur d’ici 2020. Ces normes en question visent à limiter les émissions de dioxyde de souffre, l’oxyde d’azote et de microparticules à 35, 50 et 10 milligrammes par mètre cube, respectivement.

    Selon le coauteur de l’étude, le Dr Zhifu Mi de l’University College de Londres, « ce sont des nouvelles encourageantes pour la Chine, ainsi que pour les autres pays qui souhaitent réduire leurs émissions liées à la production d’#énergie ».

    « Ces réductions importantes des émissions démontrent la faisabilité technique et économique du contrôle des émissions des centrales énergétiques, histoire d’atteindre des niveaux particulièrement bas, ce qui est une étape importante pour réduire le nombre de #morts attribuables à la pollution atmosphérique. »

    https://www.nature.com/articles/s41560-019-0468-1

  • Les mots et la réalité Féminicide 1

    En France, le mot « féminicide » est récemment devenu d’usage assez courant. Il est intéressant d’essayer de comprendre comment et pourquoi un mot apparait et aussi pourquoi une population se l’approprie. Il s’agit, de fait, de réfléchir à une série de questions : pourquoi avoir créé un mot ? Quelle est sa définition ? En quoi reflète-t-il la réalité ? Peut-il aider à mieux appréhender le monde voire à le changer ? Ce qu’il désigne existait-il avant lui ? etc.

    Dans un premier temps, il faut s’interroger sur le sens du mot. Qu’est-ce donc que le féminicide ? Introduit dans le dictionnaire « Le petit Robert » en 2015, la définition est la suivante : « Meurtre d’une ou plusieurs femmes ou filles en raison de son sexe ». Le terme en lui-même est un « mot-valise » constitué d’une contraction entre les mots « féminin » et la racine « -cide » qui signifie « frapper, tuer ». Il complète une série de mots ayant la même logique de construction : homicide, parricide, infanticide. Ainsi, à l’intérieur de ce champ lexical, il désigne explicitement le meurtre d’une femme ou d’une jeune fille du fait de sa condition de femme.

    Avant que le terme ne soit utilisé en France, il a été légitimé par les instances internationales. Tout au long des années 1990, elles vont progressivement s’en emparer. Du point de vue de celles-ci, le féminicide regroupe quatre grandes catégories de meurtres de femmes ou de jeunes filles. Premièrement le féminicide « intime » est le fait du meurtre d’une femme par son conjoint ou un ex-conjoint. Deuxièmement le féminicide « non intime » est l’agression ou le meurtre de femmes parce qu’elles sont femmes comme la tuerie de l’école polytechnique de Montréal en 1989. Troisièmement les crimes « d’honneur » sont le meurtre d’une femme pour protéger la réputation de sa famille à cause d’une « transgression » morale. Enfin le féminicide lié à la « dot » est le meurtre d’une femme parce qu’elle n’a pas amené une dot suffisamment importante pour son mariage. Avec ces premiers éléments, nous pouvons voir que les régions du monde ne sont pas toutes confrontées aux mêmes types de féminicides. Ainsi en France si la première catégorie est majoritaire et la deuxième est imaginable, les deux autres dimensions sont a priori absentes. Dans tous les cas, aucune région du monde n’est épargnée par les meurtres de femmes ou filles en raison de leur sexe.

    Si le mot apparait dans un dictionnaire en 2015 pour la France et si les instances internationales s’en emparent dans les années 1990, cela ne résout pas la question de son origine. Il faut pour cela remonter un peu plus loin dans le temps. Selon Margot Giacinti, doctorante en science politique, le terme apparait pour la première fois au tribunal international des crimes contre les femmes à Bruxelles en 1976. En parallèle Diana E. H. Russel, une sociologue féministe sud-africaine mène de nombreuses recherches sur les violences dont les femmes sont victimes. Elle utilise rapidement le terme et publie en 1992 avec Jill Radford Femicide : the Politics of Woman Killing. Cet ouvrage va connaître un écho particulier dans les institutions internationales donc mais également dans les milieux et mouvements féministes. Porté et mobilisé par ces deux ensembles, l’usage du terme n’a fait que se multiplier depuis.

    Ainsi, si nous comprenons un peu mieux comment un mot peut apparaitre, se diffuser et finalement être adopté par une partie des sociétés et des populations, reste à comprendre quels sont ses liens avec le réel. Et c’est ce que nous essayerons d’appréhender dans le post de demain en particulier pour le cas français.

    https://geoprag.wordpress.com/2019/10/08/les-mots-et-la-realite-le-debat-feminicide-1

    –------
    Les mots et la réalité Féminicide 2

    Le terme féminicide ne s’est pas imposé facilement et il est encore discuté aujourd’hui. Quels sont les arguments contre son usage ? Tout d’abord, en suivant la définition, si une femme est tuée en raison de son sexe, cela ne concerne donc pas tous les homicides. En effet, une femme qui meurt dans un cambriolage n’entre évidemment pas dans cette catégorie. Mais cela pose une question fondamentale : comment savoir qu’une femme est tuée parce qu’elle est une femme ? Faut-il que le meurtrier l’avoue, qu’il le dise ou l’écrive ? Si pour définir un féminicide il faut attendre un aveu de culpabilité, il n’y en aurait alors probablement pas ou très peu en France. Or, à la date du 8 octobre 2019, il est estimé qu’il y a déjà eu 115 féminicides en France. Ce sont les femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint qui rentrent dans cette statistique. Et c’est en parti cela qui est remis en cause par celles et ceux qui refusent l’usage du terme. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils n’ont pas manifesté ou revendiqué ce meurtre au nom d’un sentiment anti-femmes. Il n’y pas de liens évidents et clairs entre le meurtre des femmes et la notion de féminicide.

    Le deuxième argument contre l’usage du terme féminicide se situe au niveau de ce qu’est un meurtre. En effet, pour les opposant-es, le meurtre d’une personne par un proche est toujours le résultat d’une histoire personnelle particulière. Les raisons concrètes du meurtre (jalousie, colère, tristesse, etc.) permettent d’appréhender cette histoire unique et l’isole en quelques sortes des autres meurtres. Et dans aucun des cas recensés, le meurtre n’a fait l’objet d’une revendication anti-femme. Comment alors passer d’un fait divers individuel à la dénonciation d’un comportement social récurrent contre les femmes ? Le pas à franchir est impossible. Comment appréhender alors l’usage du terme féminicide ? Quel serait l’intérêt de l’employer ? Cela relèverait en fait des mouvements féministes, toujours agressifs, qui visent ainsi à déstabiliser les rapports entre femmes et hommes dans la société. Cela relèverait donc plus de l’idéologie, d’une démarche politique et militante que d’une réalité sociale. Un écran de fumée en quelques sortes ?

    A ces arguments des opposant-es, plusieurs niveaux de réponses peuvent être apportés. Le premier s’appuie sur la réalité statistique et celle-ci est comme souvent têtue. En 2017, 130 femmes sont mortes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint tandis que 19 hommes ont été tués par leur conjointe ou ex-conjointe. Ces femmes représentent donc 87,2% des morts violentes au sein du couple. Parmi les femmes ayant tué leur conjoint ou ex-conjoint, plus de la moitié avait subi des violences antérieurement. Cette différence de situation entre les hommes et les femmes ne peut être le simple fait du hasard ou de la malchance, d’autant plus qu’elle se répète année après année. Elle ne peut donc pas non plus être réduite à une série de cas individuel dont on refuserait systématiquement de faire la somme. En France, les femmes meurent, tuées par des hommes.

    Deuxièmement, ce déséquilibre entre les meurtres d’hommes et de femmes n’était pas visible à l’échelle nationale. Jusque-là ces meurtres relevaient de la rubrique fait divers des quotidiens régionaux et les articles évoquaient plus des « drames » (souvent déclinés : drame passionnel, conjugal, de séparation, etc.) que des meurtres. Ces histoires sont bien présentées de façon unique souvent sans lien les unes avec les autres. Ce sont les militantes féministes et les journalistes qui ont commencé à faire le recensement systématique de ces meurtres. Une des premières à le faire est Titiou Le Coq, journaliste de Libération, à partir de 2015. Pour parler de ces histoires individuelles, il a bien fallu trouver un terme, un mot et c’est celui de féminicide qui fut mis en avant. Comme le dit très bien Margot Giacinti : « À l’inverse, il semble que le terme de féminicide permette de relire un certain nombre de faits que l’on analysait comme de simples homicides, alors qu’il s’agit d’un fait social à part entière. Cette relecture oblige à s’interroger sur les raisons de ces meurtres et à se rendre compte de la permanence de meurtres de femmes dans la société. Un certain nombre de femmes ne sont pas tuées pour les mêmes raisons que les hommes, notamment dans le cadre intime. Lorsqu’on dit qu’une femme « est tuée en tant que femme », c’est pour signifier qu’elle est tuée en raison de la position de vulnérabilité dans laquelle les structures sociales la placent. »

    Enfin, il y a un troisième argument qui permet de mieux comprendre pourquoi le terme de « féminicide » est socialement utile et pourquoi il désigne non pas un fantasme de féministes mais une réalité. Cet argument sera abordé dans le troisième et dernier volet de cette étude.

    https://geoprag.wordpress.com/2019/10/09/les-mots-et-la-realite-feminicide-2

    –--------------

    Les mots et la réalité Féminicide 3

    Pour essayer de mieux comprendre pourquoi la dimension sociale du meurtre d’une femme par son conjoint ou son ex-conjoint semble invisible à certain-es, il faut aborder le troisième et dernier volet, celui de l’histoire, du temps long et de la dimension juridique des rapports entre les femmes et les hommes.

    Nous sommes des sociétés héritières de rapports largement inégalitaires entre les femmes et les hommes. Dans le domaine qui nous intéresse ici, c’est tout particulièrement visible : pendant longtemps les régimes qui se sont succédés en France ont largement assumé et autorisé le meurtre à l’intérieur du couple. Le droit romain, le droit monarchique puis le code pénal de 1810 ont autorisé l’« uxoricide » c’est-à-dire le meurtre par le conjoint de son épouse quand elle est prise en flagrant délit d’adultère.

    « ARTICLE 324. &1 Le meurtre commis par l’époux sur l’épouse, ou par celle-ci sur son époux, n’est pas excusable, si la vie de l’époux ou de l’épouse qui a commis le meurtre n’a pas été mise en péril dans le moment même où le meurtre a eu lieu. &2 Néanmoins, dans le cas d’adultère, prévu par l’article 336, le meurtre commis par l’époux sur son épouse, ainsi que sur le complice, à l’instant où il les surprend en flagrant délit dans la maison conjugale, est excusable. »

    Les hommes ont ainsi eu pendant plusieurs millénaires le droit juridique et l’onction sociale de tuer leur conjointe. Situation aberrante mais d’autant plus inégalitaire que l’inverse n’était pas du tout autorisé. Les femmes ayant tué leur mari ont toujours été très largement condamnées. Pour l’homme le meurtre de sa femme est juridiquement une circonstance atténuante, là où pour la femme tuer son mari est une circonstance aggravante. Ainsi sur le temps long, les sociétés ont considéré comme au mieux naturel au pire normal le meurtre d’une femme par son conjoint. Cette situation a laissé des traces dans nos comportements contemporains.

    Ce droit légal au meurtre est accompagné dans le droit civil et dans le droit pénal de très fortes inégalités entre les hommes et les femmes et vouloir distinguer ici l’intégralité des domaines où elles s’exprimaient prendrait plusieurs articles dans ce blog. Nous pouvons retenir que jusqu’à récemment, les hommes étaient des personnes juridiques à part entière tandis que les femmes étaient des mineures éternelles. Sur elles s’exerçaient un droit de propriété, comme à un objet : elles appartenaient littéralement et juridiquement à leur père d’abord à leur mari ensuite. Cette situation sociale fut largement gravée dans le marbre du code civil et du code pénal de Napoléon. Et même si la situation n’est plus la même aujourd’hui, le poids historique des rapports inégaux a laissé des traces dans les esprits et dans les comportements. D’autant plus que le détricotage de ces rapports inégalitaires entre femmes et hommes ne datent finalement pas de si longtemps que cela.

    Progressivement, l’égalité entre les femmes et les hommes se travaillant et s’améliorant lentement, cette situation est devenue intolérable. Il n’est plus devenu possible de justifier, « d’excuser » le meurtre légal d’une femme par son mari. Il faudra toutefois attendre 1975 pour que le deuxième paragraphe de la loi de 1810 soit effacé et que ce droit disparaisse. Néanmoins ce n’est pas parce que quelque chose n’est plus autorisé qu’il ne se fait plus. Le droit collectif que les hommes se sont donnés, le droit qu’ils se sont attribués de tuer leurs conjointes pendant des millénaires parce qu’elles étaient des femmes a disparu mais les traces de ce droit dans les mentalités, dans le corps social et dans les rapports entre genres est encore vivace. C’est bien ce passé qui explique la situation contemporaine. Des hommes considèrent encore trop souvent leur compagne comme leur propriété et préfère les tuer que de les laisser être libres. Cela est d’autant plus criant dans le cas où ils se suicident après. Ces hommes pensent donc qu’ils doivent emporter dans leur mort ce qui leur appartient et empêchent donc littéralement leur conjointe de leur survivre.

    Féminicide c’est le mot qui permet de dire cela. Féminicide c’est le mot qui affirme qu’une société qui connait ce type de meurtre a un problème. Féminicide c’est le mot qui permet de montrer que derrière les histoires individuelles, il y a un fait social. Féminicide c’est le mot qui permet de rappeler qu’en France des femmes meurent parce qu’elles sont des femmes.

    https://geoprag.wordpress.com/2019/10/10/les-mots-et-la-realite-feminicide-3

    #féminicide #mots #vocabulaire #France #terminologie #femmes #décès #morts

  • Revealed: hundreds of migrant workers dying of heat stress in Qatar each year | Global development | The Guardian
    https://www.theguardian.com/global-development/2019/oct/02/revealed-hundreds-of-migrant-workers-dying-of-heat-stress-in-qatar-each

    Migrant labourers are being worked to death in searing temperatures in Qatar, with hundreds estimated to be dying from heat stress every year, a Guardian investigation can reveal.

    This summer, hundreds of thousands of migrant workers toiled in temperatures of up to 45C for up to 10 hours a day as Qatar’s construction boom hit its peak ahead of the Fifa World Cup 2022.

    #travailleurs_émigrés #exploitation #morts_au_travail #coupe_du_monde #Qatar

  • "#Atlantique" de #Mati_Diop, un film sur « la #jeunesse fantôme, disparue en mer »

    La réalisatrice franco-sénégalaise Mati Diop est la première réalisatrice noire à avoir été sélectionnée puis primée en compétition au Festival de Cannes. « Atlantique », son premier long métrage couronné du Grand Prix du Jury, sort en salles mercredi 2 octobre en France. Un film bouleversant qui montre le drame de l’immigration depuis l’autre côté, depuis la place de celles et ceux qui restent.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/19896/atlantique-de-mati-diop-un-film-sur-la-jeunesse-fantome-disparue-en-me
    #celles_qui_restent #ceux_qui_restent #film #mourir_en_mer #morts #décès #Méditerranée #asile #migrations #réfugiés

    Bande annonce :
    https://www.youtube.com/watch?v=8AMmbssjtQk

  • Migranti, incendio e rivolta nel campo di Lesbo: muoiono una donna e un bambino, 15 feriti

    Scontri con la polizia nel campo dove sono ospitati 13mila migranti a fronte di una capienza di 3mila.

    Tragedia nel campo profughi di Lesbo dove la situazione era già insostenibile da mesi con oltre 13.000 persone in una struttura che ne può ospitare 3500. Una donna e un bambino sono morti nell’incendio (sembra accidentale) di un container dove abitano diverse famiglie ma le vittime potrebbero essere di più. Una quindicina i feriti che sono stati curati nella clinica pediatrica che Medici senza frontiere ha fuori dal campo e che è stata aperta eccezionalmente.

    «Nessuno può dire che questo è un incidente - è la dura accusa di Msf - E’ la diretta conseguenza di intrappolare 13.000 persone in uno spazio che ne può contenere 3.000».

    Dopo l’incendio nel campo è esplosa una vera e propria rivolta con i migranti, costretti a vivere in condizioni disumane, che hanno dato vita a duri scontri con la polizia e hanno appiccato altri incendi all’interno e all’esterno del campo di Moria, chiedendo a gran voce di essere trasferiti sulla terraferma. Ancora confuse le notizie che arrivano dall’isola greca dove negli ultimi mesi gli sbarchi di migranti provenienti dalla Turchia sono aumentati in maniera esponenziale.

    https://www.repubblica.it/cronaca/2019/09/29/news/incendio_e_rivolta_nel_campo_di_moria_a_lesbo_muoiono_una_donna_e_un_bamb
    #Moria #révolte #incendie #feu #Lesbos #Grèce #réfugiés #asile #migrations #camps_de_réfugiés #hotspot #camp_de_réfugiés #îles #décès #morts

    • Μία γυναίκα νεκρή και ένα μωρό από τις αναθυμιάσεις στη Μόρια

      Φωτιά ξέσπασε το απόγευμα σε κοντέινερ στο ΚΥΤ Μόριας, με τις μέχρι τώρα πληροφορίες μια γυναίκα είναι νεκρή και ένα μωρό.

      Μετά τη φωτιά στο κοντέινερ, ξέσπασε εξέγερση. Η πυροσβεστική μπήκε να σβήσει τη φωτιά, ενώ αρχικά εμποδίστηκε από τα επεισόδια η αστυνομία αυτή τη στιγμή προσπαθεί να παρέμβει.

      Νεότερα εντός ολίγου.

      https://www.stonisi.gr/post/4319/mia-gynaika-nekrh-kai-ena-mwro-apo-tis-anathymiaseis-sth-moria-updated

    • Fire, clashes, one dead at crowded Greek migrant camp on Lesbos

      A fire broke out on Sunday at a container inside a crowded refugee camp on the eastern Greek island of Lesbos close to Turkey and one person was killed, emergency services said.

      Refugees clashed with police as thick smoke rose over the Moria camp, which currently houses about 12,000 people in overcrowded conditions and firefighters fought to extinguish the blaze.

      Police said one burned body was taken to hospital in the island’s capital Mytilini for identification by the coroner. Police sent reinforcements to the island along with the chief of police to help restore order.

      Police could not immediately reach an area of containers, where there were unconfirmed reports of another burned body.

      Greece has been dealing with a resurgence in refugee and migrant flows in recent weeks from neighboring Turkey. Nearly a million refugees fleeing war in Syria and migrants crossed from Turkey to Greece’s islands in 2015.

      More than 9,000 people arrived in August, the highest number in the three years since the European Union and Ankara implemented a deal to shut off the Aegean migrant route. More than 8,000 people have arrived so far in September.

      Turks have also attempted to cross to Greece in recent years following a failed coup attempt against Turkish President Tayyip Erdogan in 2016.

      On Friday seven Turkish nationals, two women and five children, drowned when a boat carrying them capsized near Greece’s Chios island.

      https://www.reuters.com/article/us-europe-migrants-greece-lesbos-moria/fire-clashes-at-crowded-migrant-camp-on-greek-island-lesbos-idUSKBN1WE0NJ

    • Incendio nel campo rifugiati di Moria. Amnesty: “Abbietto fallimento delle politiche di protezione del governo greco e dell’Ue”

      Incendio nel campo rifugiati di Moria. Amnesty International denuncia: “Abbietto fallimento delle politiche di protezione del governo greco e dell’Ue”

      “L’incendio di Moria ha evidenziato l’abietto fallimento del governo greco e dell’Unione europea, incapaci di gestire la deplorevole situazione dei rifugiati in Grecia“.

      Così Massimo Moratti, direttore delle ricerche sull’Europa di Amnesty International, ha commentato la notizia dell’incendio di domenica 29 settembre nel campo rifugiati di Moria, sull’isola greca di Lesbo, nel quale è morta una donna.

      “Con 12.503 persone presenti in un campo che potrebbe ospitarne 3000 e dati gli incendi già scoppiati nel campo, le autorità greche non possono sostenere che questa tragedia fosse inevitabile. Solo un mese fa erano morte altre tre persone“, ha aggiunto Moratti.

      “L’accordo tra Unione europea e Turchia ha solo peggiorato le cose, negando dignità a migliaia di persone intrappolate sulle isole dell’Egeo e violando i loro diritti“, ha sottolineato Moratti.

      “Il campo di Moria è sovraffollato e insicuro. Le autorità greche devono immediatamente evacuarlo, assistere, anche fornendo le cure mediche necessarie, le persone che hanno subito le conseguenze dell’incendio e accelerare il trasferimento dei richiedenti asilo e dei rifugiati in strutture adeguate in terraferma. Gli altri stati membri dell’Unione europea devono collaborare accettando urgentemente i programmi di ricollocazione che potrebbero ridurre la pressione sulla Grecia“, ha concluso Moratti.

      Ulteriori informazioni

      Nelle ultime settimane, Amnesty International ha riscontrato un drammatico peggioramento delle condizioni dei rifugiati sulle isole dell’Egeo, nelle quali si trovano ormai oltre 30.000 persone.

      Il sovraffollamento ha raggiunto il livello peggiore dal 2016. Le isole di Lesbo e Samo ospitano un numero di persone superiore rispettivamente di quattro e otto volte i posti a disposizione.

      La situazione dei minori è, a sua volta, drasticamente peggiorata. La morte di un afgano di 15 anni nella cosiddetta “zona sicura” del campo di Moria testimonia la fondamentale mancanza di sicurezza per le migliaia di minori costretti a vivere in quel centro.

      All’inizio di settembre il governo greco ha annunciato l’inizio dei trasferimenti dei richiedenti asilo e dei rifugiati sulla terraferma. Questi trasferimenti, effettuati in cooperazione con l’Organizzazione internazionale delle migrazioni, si sono rivelati finora una serie di iniziative frammentarie.

      All’indomani dell’incendio di Moria le autorità di Atene hanno espresso l’intenzione di arrivare a 3000 trasferimenti entro la fine di ottobre: un numero insufficiente a fare fronte all’aumento degli approdi da luglio, considerando che solo la settimana scorsa sono arrivate altre 3000 persone.

      La politica di trattenimento dei nuovi arrivati sulle isole dell’Egeo resta dunque immutata, poiché le misure adottate sono clamorosamente insufficienti a risolvere i problemi dell’insicurezza e delle condizioni indegne cui i richiedenti asilo e i rifugiati sono stati condannati a convivere a partire dall’attuazione dell’accordo tra Unione europea e Turchia.

      https://www.amnesty.it/incendio-campo-rifugiati-moria-grecia

    • This was not an accident!

      They died because of Europe’s cruel deterrence and detention regime!

      Yesterday, on Sunday 29 September 2019, a fire broke out in the so-called hotspot of Moria on Lesvos Island in Greece. A woman and probably also a child lost their lives in the fire and it remains unclear how many others were injured. Many people lost all their small belongings, including identity documents, in the fire. The people imprisoned on Lesvos have fled wars and conflicts and now experience violence within Europe. Many were re-traumatised by these tragic events and some escaped and spent the night in the forest, scared to death.

      Over the past weeks, we had to witness two more deaths in the hotspot of Moria: In August a 15-year-old Afghan minor was killed during a violent fight among minors inside the so-called “safe space” of the camp. On September 24, a 5-year-old boy lost his life when he was run-over by a truck in front of the gate.

      The fire yesterday was no surprise and no accident. It is not the first, and it will not be the last. The hotspot burned already several times, most tragically in November 2016 when large parts burned down. Europe’s cruel regime of deterrence and detention has now killed again.

      In the meantime, in the media, a story was immediately invented, saying that the refugees themselves set the camp on fire. It was also stated that they blocked the fire brigade from entering. We have spoken to many people who witnessed the events directly. They tell us a very different story: In fact, the fire broke out most probably due to an electricity short circuit. The fire brigade arrived very late, which is no surprise given the overcrowdedness of this monstrous hotspot. Despite its official capacity for 3,000 people, it now detains at least 12,500 people who suffer there in horrible living conditions. On mobile phone videos taken by the prisoners of the camp, one can see how in this chaos, inhabitants and the fire brigade tried their best together to at least prevent an even bigger catastrophe.

      There simply cannot be a functioning emergency plan in a camp that has exceeded its capacity four times. When several containers burned in a huge fire that generated a lot of smoke, the imprisoned who were locked in the closed sector of the camp started in panic to try to break the doors. The only response the authorities had, was to immediately bring police to shoot tear-gas at them, which created an even more toxic smoke.

      Anger and grief about all these senseless deaths and injuries added to the already explosive atmosphere in Moria where thousands have suffered while waiting too long for any change in their lives. Those who criminalise and condemn this outcry in form of a riot of the people of Moria cannot even imagine the sheer inhumanity they experience daily. The real violence is the camp itself, conditions that are the result of the EU border regime’s desire for deterrence.

      We raise our voices in solidarity with the people of Moria and demand once again: The only possibility to end this suffering and dying is to open the islands and to have freedom of movement for everybody. Those who arrive on the islands have to continue their journeys to hopefully find a place of safety and dignity elsewhere. We demand ferries to transfer the exhausted and re-traumatised people immediately to the Greek mainland. We need ferries not Frontex. We need open borders, so that everyone can continue to move on, even beyond Greece. Those who escape the islands should not be imprisoned once more in camps in mainland Greece, with conditions that are the same as the ones here on the islands.

      Close down Moria!

      Open the islands!

      Freedom of Movement for everyone!

      http://lesvos.w2eu.net/2019/09/30/this-was-not-an-accident

    • Grèce : quand s’embrase le plus grand camp de réfugiés d’Europe

      Sur l’île de Lesbos, le camp de Moria accueille 13 000 personnes dans des installations prévues pour 3000. Un incendie y a fait au moins deux morts et a déclenché un début d’"émeutes dimanche. En Autriche, les Verts créent la sensation aux législatives alors que l’extrême-droite perd 10 points.

      https://www.franceculture.fr/emissions/revue-de-presse-internationale/la-revue-de-presse-internationale-emission-du-lundi-30-septembre-2019

    • Riots at Greek refugee camp on Lesbos after fatal fire

      Government says it will step up transfers to the mainland after unrest at overcrowded camp.
      Greek authorities are scrambling to deal with unrest at a heavily overcrowded migrant camp on Lesbos after a fire there left at least one person dead.

      Officials said they had found the charred remains of an Afghan woman after the blaze erupted inside a container used to house refugees at the Moria reception centre on Sunday. The fire was eventually extinguished by plane.

      More than 13,000 people are now crammed into tents and shipping containers with facilities for just 3,000 at Moria, a disused military barracks outside Mytilene, the island’s capital, where tensions are rising.

      “A charred body was found, causing foreign [migrants] to rebel,” said Lefteris Economou, Greece’s deputy minister for citizen protection. “Stones and other objects were hurled, damaging three fire engines and slightly injuring four policemen and a fireman.”

      The health ministry said 19 people including four children were injured, most of them in the clashes. There were separate claims that a child died with the Afghan woman.

      Greece’s centre-right government said it would immediately step up transfers to the mainland. The camp is four times over capacity. “By the end of Monday 250 people will have been moved,” Economou said.

      Like other Aegean isles near the Turkish coast, Lesbos has witnessed a sharp rise in arrivals of asylum seekers desperate to reach Europe in recent months.

      “The situation was totally out of control,” said the local police chief, Vasillis Rodopoulos, describing the melee sparked by the fire. “Their behaviour was very aggressive, they wouldn’t let the fire engines pass to put out the blaze, and for the first time they were shouting: kill police.”

      https://i.guim.co.uk/img/media/ed39991b42492c24aba4f85e701b66e48521375c/0_178_3500_2101/master/3500.jpg?width=620&quality=85&auto=format&fit=max&s=356be51355ebcb04a111f2

      But NGO workers on Lesbos said the chaos reflected growing frustration among the camp’s occupants. There have been several fires at the facility since the EU struck a deal with Turkey in 2016 to stem the flow of migrants. A woman and child died in a similar blaze three years ago.

      “No one can call the fire and these deaths an accident,” said Marco Sandrone, a field officer with Médecins Sans Frontières. “This tragedy is the direct result of a brutal policy that is trapping 13,000 people in a camp made for 3,000.

      “European and Greek authorities who continue to contain these people in these conditions have a responsibility in the repetition of these dramatic episodes. It is high time to stop the EU-Turkey deal and this inhumane policy of containment. People must be urgently evacuated out of the hell that Moria has become.”

      Greece currently hosts around 85,000 refugees, mostly from Syria although recent arrivals have also been from Afghanistan and Africa. Close to 35,000 have arrived this year, outstripping the numbers in Italy and Spain.

      It is a critical issue for the prime minister, Kyriakos Mitsotakis, who won office two months ago promising to crack down on migration.
      Aid workers warn of catastrophe in Greek refugee camps
      Read more

      Mitsotakis raised the matter with Turkey’s president, Recep Tayyip Erdoğan, on the sidelines of the UN general assembly in New York last week, and Greece’s migration minister and the head of the coastguard will fly to Turkey for talks this week.

      Ministers admit the island camps can no longer deal with the rise in numbers.

      Government spokesman Stelios Petsas announced that a cabinet meeting called to debate emergency measures had on Monday decided to radically increase the number of deportations of asylum seekers whose requests are rejected.

      “There will be an increase in returns [to Turkey],” he said. “From 1,806 returned in 4.5 years under the previous Syriza government, 10,000 will be returned by the end of 2020.”

      Closed detention centres would also be established for those who had illegally entered the EU member state and did not qualify for asylum, he added.

      However, Spyros Galinos, until recently the mayor of Lesbos, who held the post when close to a million Syrian refugees landed on the island, told the Guardian: “This is a bomb that will explode. Decongestion efforts aren’t enough. You move more to the mainland and others come. It’s a cycle that will continue repeating itself with devastating effect until the big explosion comes.”

      https://www.theguardian.com/world/2019/sep/30/riots-at-greek-refugee-camp-on-lesbos-after-fatal-fire

    • Grèce : incendie meurtrier à Moria suivi d’émeutes

      Au moins une personne a péri dans un incendie survenu dimanche dans le camp surpeuplé de Moria, sur l’île grecque de Lesbos. Ce drame a été suivi d’émeutes provoquées par la colère des habitants du camp, excédés par leurs conditions de vie indignes.

      Un incendie survenu, dimanche 29 septembre, au sein du camp de Moria sur l’île de Lesbos en Grèce a fait au moins un mort parmi les habitants. "Nous n’avons qu’une personne morte confirmée pour l’instant", a déclaré le ministre adjoint à la protection civile Lefteris Oikonomou, lundi. La veille, plusieurs sources ont indiqué que la victime était décédée avec son enfant portant le nombre de décès à au moins deux.

      Selon les médias grecs, une couverture brûlée retrouvée à côté de la femme morte, contiendrait des résidus de peau qui pourraient appartenir à l’enfant de la défunte, un nouveau-né. Des examens médico-légaux sont en cours.

      Selon l’Agence de presse grecque ANA, citant des sources policières, la femme a été transportée à l’hôpital de Lesbos, tandis que l’enfant a été remis aux autorités par les migrants qui l’avait recouvert d’une couverture. Un correspondant de l’AFP a confirmé avoir vu deux corps, l’un transporté au bureau de l’ONG Médecins sans frontières (MSF), l’autre devant lequel “sanglotaient des proches”.

      Il a fallu, d’après un témoin cité par l’AFP, plus de 30 minutes pour éteindre l’incendie et les pompier ont tardé à arriver. C’est un avion bombardier d’eau qui a permis de stopper le brasier qui aurait démarré dans un petit commerce ambulant avant de s’étendre aux conteneurs d’habitation voisins.

      Dans un communiqué, la police fait état de deux incendies, le premier à l’extérieur du camp, puis un autre à l’intérieur, à 20 minutes d’intervalle. Les émeutes ont débuté juste après que le second feu s’est déclaré.
      "Six ou sept conteneurs [hébergeant des migrants] étaient en flammes. On a appelé les pompiers qui sont arrivés après 20 minutes. On s’est mis en colère", a déclaré Fedouz, 15 ans, interrogé par l’AFP. Le jeune Afghan affirme avoir trouvé deux enfants “complètement carbonisés et une femme morte” en voulant essayer, avec ses proches, d’aider les personnes qui se trouvaient dans les conteneurs.

      Afin de reprendre le contrôle sur la foule en colère à cause de la lenteur des secours, la police a tiré des gaz lacrymogènes. Peu après 23h locales (20h GMT), le camp avait retrouvé son calme, selon des sources policières.

      Plus de 20 blessés dans les émeutes soignés par MSF

      “Nous sommes outrés”, a réagi Marco Sandrone, le coordinateur de Médecins sans frontières (MSF) en Grèce. “L’équipe médicale de notre clinique située juste à l’extérieur du camp a porté secours à au moins 15 personnes blessées à la suite des émeutes entre les migrants et la police, juste après l’incendie.” L’ONG a ensuite revu le nombre de patients à la hausse indiquant que 21 personnes avaient été prises en charge dans leur clinique.

      Pour Marco Sandrone cet incendie et ces émeutes n’ont rien d’un banal incident. “Cette tragédie est le résultat d’une politique brutale qui piègent 13 000 migrants dans un camp qui ne peut en accueillir que 3 000. Les autorités européennes et grecques qui maintiennent ces personnes dans ces conditions de vie ont une part de responsabilité dans ce genre d’épisode”, a-t-il déclaré.

      Moria est le plus grand camp de migrants en Europe. La Grèce compte actuellement 70 000 migrants, principalement des réfugiés syriens, qui ont fui leur pays depuis 2015 et risqué la traversée depuis les côtes turques voisines.

      Le gouvernement grec doit se pencher, à compter de lundi, sur une modernisation de la procédure d’asile afin d’essayer de désengorger ses camps de migrants. En vertu d’un accord conclu au printemps 2016 entre la Turquie et l’Union européenne, la Turquie avait mis un frein aux flux des départs de migrants vers les cinq îles grecques les plus proches de son rivage, en échange d’une aide de six milliards de dollars. Mais le nombre des arrivées en grèce est reparti à la hausse ces derniers mois.

      Quelque 3 000 migrants arrivés dans les îles grecques cette semaine

      Ainsi, en seulement 24 heures, entre samedi matin et dimanche matin, près de 400 migrants au total sont arrivés en Grèce, selon les autorités. En outre, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a déclaré plus tôt cette semaine qu’environ 3 000 personnes étaient arrivées depuis la Turquie ces dernier jours, ce qui ajoute à la pression sur des installations d’accueil déjà surpeuplées.

      Début septembre, le président turc Recep Tayyip Erdogan, dont le pays accueille près de quatre millions de réfugiés, a menacé "d’ouvrir les portes" aux migrants vers l’Union européenne s’il n’obtient pas davantage d’aide internationale.

      “Il est grand temps d’arrêter cet accord entre la Grèce et la Turquie ainsi que cette politique de rétention des migrants dans les camps. Il faut évacuer d’urgence les personnes de cet enfer qu’est devenu Moria”, a commenté Marco Sandrone de MSF.

      Le gouvernement grec, pour sa part, a réitéré la nécessité de continuer à transférer vers le continent les migrants hébergés dans les centres d’enregistrement et d’identification sur les îles du nord de la mer Égée.

      https://www.infomigrants.net/fr/post/19850/grece-incendie-meurtrier-a-moria-suivi-d-emeutes

    • “Il y a au moins 500 manifestants en ce moment dans le camp de Moria, la police anti-émeute est sur place”

      InfoMigrants a recueilli le témoignage d’un habitant du camp de Moria sur l’île de Lesbos en Grèce au lendemain d’un incendie meurtrier et d’émeutes survenus dimanche 30 septembre. Les manifestations ont repris mardi et la situation semble se tendre d’heure en heure.

      Je m’appelle Lionel*, je viens d’Afrique de l’Ouest* et je vis dans le camp de Moria depuis le mois de mai. Depuis un mois, des vagues de nouvelles personnes se succèdent, la situation se dégrade de jour en jour. Ce sont surtout des gens qui arrivent depuis la Turquie. Il paraît que le gouvernement turc laisse de nouveau passer des gens à la frontière malgré l’accord [qui a été signé avec l’Union européenne au printemps 2016].

      Il y a eu un grave incendie suivi d’émeutes dimanche. J’habite juste en face de là où le feu a démarré. Les autorités disent qu’il y a eu un mort mais nous on en a vu plus.

      Hier soir [lundi], des personnes ont organisé une veillée musulmane sur les lieux de l’incendie en hommage aux victimes. Il y avait des bougies, c’était plutôt calme.

      Depuis ce matin, les Afghans, Irakiens et Syriens se sont mis à manifester en face de l’entrée principale du camp. Ils protestent contre les conditions de vie qui sont horribles ici. Ils veulent également transporter, eux-mêmes, le corps d’une autre victime de l’incendie jusqu’à Mytilène pour montrer à la population et aux dirigeants ce qu’il se passe ici.

      Il doit y avoir au moins 500 personnes rassemblées. La police anti-émeute est sur place et empêche les manifestants de sortir du camp pour porter le corps jusqu’à Mytilène. Un autre bus de policiers est arrivé ce matin mais en revanche, personne ne se soucie de comment on va.

      Moi j’ai trop peur que ça dégénère encore plus alors j’ai quitté le camp. Je fais les cent pas à l’écart pour rester en dehors des problèmes et pour me protéger. On ne sait pas ce qui va arriver, j’ai peur et cette situation est très frustrante.

      « Le matin, on part se cacher dans les oliviers pour rester à l’écart de la foule »

      Tous les matins, on doit se lever à 5h pour aller faire la queue et espérer avoir quelque chose à boire ou à manger. Après le petit-déjeuner, on part se cacher et s’abriter dans les oliviers pour rester à l’écart de la foule. Il y a tellement de gens que l’air est devenu irrespirable dans le camp.

      Je retourne dans ma tente en fin d’après-midi et j’essaie de dormir pour pouvoir me lever le plus tôt possible le matin, sinon je n’aurai pas à manger.

      On ne nous dit rien, la situation est désastreuse, je dirais même que je n’ai pas connu pire depuis mon arrivée à Moria il y a près de cinq mois. J’ai fait une demande d’asile mais je me sens totalement piégé ici et je ne vois pas comment je vais m’en sortir à moins d’un miracle.

      Au final, la situation est presque semblable à celle de mon pays d’origine. La seule différence, c’est qu’il n’y a pas les coups de feu. Ils sont remplacés par les tirs de gaz lacrymogènes de la police grecque. Cela me déclenche des flashback, c’est traumatisant.

      * Le prénom et le pays d’origine ont été changés à la demande du témoin, par souci de sécurité.

      https://www.infomigrants.net/fr/post/19879/il-y-a-au-moins-500-manifestants-en-ce-moment-dans-le-camp-de-moria-la

    • Greece must act to end dangerous overcrowding in island reception centres, EU support crucial

      This is a summary of what was said by UNHCR spokesperson Liz Throssell – to whom quoted text may be attributed – at today’s press briefing at the Palais des Nations in Geneva.

      UNHCR, the UN Refugee Agency, is today calling on Greece to urgently move thousands of asylum-seekers out of dangerously overcrowded reception centres on the Greek Aegean islands. Sea arrivals in September, mostly of Afghan and Syrian families, increased to 10,258 - the highest monthly level since 2016 – worsening conditions on the islands which now host 30,000 asylum-seekers.

      The situation on Lesvos, Samos and Kos is critical. The Moria centre on Lesvos is already at five times its capacity with 12,600 people. At a nearby informal settlement, 100 people share a single toilet. Tensions remain high at Moria where a fire on Sunday in a container used to house people killed one woman. An ensuing riot by frustrated asylum-seekers led to clashes with police.

      On Samos, the Vathy reception centre houses 5,500 people – eight times its capacity. Most sleep in tents with little access to latrines, clean water, or medical care. Conditions have also deteriorated sharply on Kos, where 3,000 people are staying in a space for 700.

      Keeping people on the islands in these inadequate and insecure conditions is inhumane and must come to an end.

      The Greek Government has said that alleviating pressure on the islands and protecting unaccompanied children are priorities, which we welcome. We also take note of government measures to speed up and tighten asylum procedures and manage flows to Greece announced at an exceptional cabinet meeting on Monday. We look forward to receiving details in writing to which we can provide comments.

      But urgent steps are needed and we urge the Greek authorities to fast-track plans to transfer over 5,000 asylum-seekers already authorized to continue their asylum procedure on the mainland. In parallel, new accommodation places must be provided to prevent pressure from the islands spilling over into mainland Greece, where most sites are operating at capacity. UNHCR will continue to support transfers to the mainland in October at the request of the government.

      Longer-term solutions are also needed, including supporting refugees to become self-reliant and integrate in Greece.

      The plight of unaccompanied children, who overall number more than 4,400, is particularly worrying, with only one in four in a shelter appropriate for their age.

      Some 500 children are housed with unrelated adults in a large warehouse tent in Moria. On Samos, more than a dozen unaccompanied girls take turns to sleep in a small container, while other children are forced to sleep on container roofs. Given the extremely risky and potentially abusive conditions faced by unaccompanied children, UNHCR appeals to European States to open up places for their relocation as a matter of priority and speed up transfers for children eligible to join family members.

      UNHCR continues to work with the Greek authorities to build the capacity needed to meet the challenges. We manage over 25,000 apartment places for some of the most vulnerable asylum-seekers and refugees, under the EU-funded ESTIA scheme. Some 75,000 people receive monthly cash assistance under the same programme. UNHCR is prepared, with the continuous support of the EU and other donors, to expand its support through a cash for shelter scheme which would allow authorized asylum-seekers to move from the islands and establish themselves on the mainland.

      Greece has received the majority of arrivals across the Mediterranean region this year, some 45,600 of 77,400 – more than Spain, Italy, Malta, and Cyprus combined.

      https://www.unhcr.org/news/briefing/2019/10/5d930c194/greece-must-act-end-dangerous-overcrowding-island-reception-centres-eu.html

    • Migration : Lesbos, un #échec européen

      Plus de 45 000 personnes ont débarqué en Grèce, en 2019. Au centre de la crise migratoire européenne depuis 2015, l’île de Lesbos est au bord de la rupture.
      Le terrain, un ancien centre militaire, est accidenté de toutes parts. Entre ses terrassements qu’ont recouverts des rangées de tentes et de conteneurs, des dénivelés abrupts. Sur les quelques pentes goudronnées, des grappes d’enfants dévalent en glissant sur des bouteilles de plastique aplaties. Leurs visages sont salis par la poussière que soulèvent des bourrasques de vent dans les oliveraies alentours. Ils courent partout, se faufilent à travers des grilles métalliques éventrées ici et là, et disparaissent en un mouvement. On les croirait seuls.

      Vue du camp de Moria sur l’île grecque de Lesbos, le 19 septembre. Samuel Gratacap pour Le Monde
      Ici, l’un s’est accroupi pour uriner, à la vue de tous. Un autre joue à plonger ses mains dans la boue formée au sol par un mélange d’eau sale et de terre. D’autres se jettent des cailloux. Alors que le jour est tombé, une gamine erre au hasard des allées étroites, dessinées par l’implantation anarchique de cabanes de fortune. Les flammes des fours à pain, faits de pierres et de terre séchée, éclairent par endroits la nuit qui a enveloppé Moria, sur l’île grecque de Lesbos.

      Article réservé à nos abonnés Lire aussi
      Migrants : A Bruxelles, un débat miné par l’égoïsme des Etats
      Un moment, à jauger le plus grand camp d’Europe, à détailler ses barbelés, sa crasse et le dénuement de ses 13 000 habitants – dont 40 % d’enfants –, on se croirait projetés quatre-vingts ans en arrière, dans les camps d’internement des réfugiés espagnols lors de la Retirada [l’exode de milliers de républicains espagnols durant la guerre civile, de 1936 à 1939]. Ici, les gens balayent les pierres devant leur tente pour sauvegarder ce qui leur reste d’hygiène, d’intimité. Depuis cet été, ils arrivent par centaines tous les jours, après avoir traversé en rafiot lesquelques kilomètres de mer Egée qui séparent Lesbos de la Turquie. Ce sont des familles afghanes, en majorité, qui demandent l’asile en Europe. Mais viennent aussi des Syriens, des Congolais, des Irakiens, des Palestiniens…

      « Ceci n’est pas une crise »

      Au fur et à mesure que les heures passent, les nouveaux venus apprennent qu’ils devront se contenter d’une toile de tente et d’un sol dur pour abri, qu’il n’y a pas assez de couvertures pour tous, qu’il faut faire la queue deux heures pour obtenir une ration alimentaire et que plusieurs centaines d’entre elles viennent à manquer tous les jours… Très vite, à parler avec les anciens, ils réalisent que beaucoup endurent cette situation depuis plus d’un an, en attendant de voir leur demande d’asile enfin examinée et d’être peut-être autorisés à rejoindre le continent grec.

      Lire aussi
      En Grèce, dans l’enfer du camp de réfugiés de Moria, en BD
      Plus de 45 000 personnes ont afflué en Grèce, en 2019, dont plus de la moitié entre juillet et septembre. « Ceci n’est pas une crise », répète Frontex, l’agence européenne de gardes frontières et de gardes-côtes, présente dans cette porte d’entrée en Europe. Les chiffres ne sont en effet guère comparables avec 2015, quand plus de 860 000 personnes sont arrivées sur les rivages grecs, provoquant une crise majeure dans toute l’Europe.

      C’est fin 2015 que le « hot spot » de Moria, nom donné à ces centres d’accueil contrôlés pour demandeurs d’asile, a été créé. D’autres centres de transit sont apparus sur les îles grecques de Chios, Samos, Leros, Kos ainsi qu’en Italie. Face à la « crise », l’Europe cherchait à s’armer. Dans les « hot spots », les personnes migrantes sont identifiées, enregistrées, et leur situation examinée. Aux réfugiés, l’asile. Aux autres, le retour vers des territoires hors de l’Union européenne (UE).

      L’accord UE-Turquie

      Pour soulager les pays d’entrée, un programme temporaire de relocalisations a été mis en place pour permettre de transférer une partie des réfugiés vers d’autres Etats membres. Une façon de mettre en musique une solidarité européenne de circonstance, sans toucher au sacro-saint règlement de Dublin qui fait de l’Etat d’entrée en Europe le seul responsable de l’examen de la demande d’asile d’un réfugié.

      Dans la foulée, en mars 2016, l’accord UE-Turquie prévoyait qu’Ankara renforce le contrôle de ses frontières et accepte le renvoi rapide de demandeurs d’asile arrivés sur les îles grecques, en contrepartie, notamment, d’un versement de 6 milliards d’euros et d’une relance du processus d’adhésion à l’UE.

      Quatre années se sont écoulées depuis le pic de la crise migratoire et ses cortèges de migrants traversant l’Europe à pied, le long de la route des Balkans, jusqu’à l’eldorado allemand. Si les flux d’arrivées en Europe ont considérablement chuté, Lesbos incarne plus que jamais l’échec du continent face aux phénomènes migratoires.

      Le mécanisme de relocalisation, une lointaine chimère

      Sur les 100 000 relocalisations programmées depuis l’Italie et la Grèce, à peine 34 000 ont eu lieu. « Les Etats n’ont pas joué le jeu », analyse Yves Pascouau, fondateur du site European Migration Law. Plusieurs pays (Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Autriche, Bulgarie) n’ont pas du tout participé à l’effort. Seuls Malte, le Luxembourg et la Finlande ont atteint leur quota. « Il y a aussi eu des difficultés techniques et organisationnelles liées à un processus nouveau », reconnaît M. Pascouau.

      L’ONG Lighthouse Relief accueille un groupe de réfugiés qui vient d’être intercepté en mer par Frontex puis transféré à terre par l’ONG Refugee Rescue, entre Skala Sikamineas et Molivos, sur l’île de Lesbos, le 19 septembre. Samuel Gratacap pour Le Monde

      Le 19 septembre au petit matin, 37 personnes, des familles et des mineurs tous originaires d’Afghanistan viennent de débarquer entre Skala Sikamineas et Molivos, sur l’île de Lesbos. Ils sont pris en charge et dirigés vers le camp de transit Stage 2 géré par l’UNHCR et administré par les autorités grecques. À l’horizon, la côte turque. Samuel Gratacap pour Le Monde
      Le mécanisme de relocalisation n’est plus aujourd’hui qu’une lointaine chimère, comme l’ont été les « hot spots » italiens, Rome choisissant de laisser ses centres ouverts et ses occupants se disperser en Europe. « On a été dans une double impasse côté italien, analyse l’ancien directeur de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), Pascal Brice. Les Italiens se sont satisfaits d’une situation où les migrants ne faisaient que passer, car ils ne voulaient pas s’installer dans le pays. Et les autres Etats, en particulier les Français et les Allemands, se sont accrochés à Dublin. C’est ce qui a provoqué cette dérive italienne jusqu’à Salvini et la fermeture des ports. »

      Le système est à l’agonie, les personnes qui arrivent aujourd’hui se voient donner des rendez-vous pour leur entretien d’asile… en 2021
      Seule la Grèce a continué de jouer le jeu des « hot spots » insulaires. Résultat : plus de 30 000 personnes s’entassent désormais dans des dispositifs prévus pour 5 400 personnes. « Nous n’avons pas vu autant de monde depuis la fermeture de la frontière nord de la Grèce et l’accord UE-Turquie, souligne Philippe Leclerc, représentant du Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations unies (HCR) en Grèce. Plus de 7 500 personnes devraient être transférées des îles vers le continent et ne le sont pas, faute de capacités d’accueil. On arrive à saturation. » Le système est à l’agonie, les personnes qui arrivent aujourd’hui se voient donner des rendez-vous pour leur entretien d’asile… en 2021.

      A Lesbos, 13 000 personnes s’agglutinent à l’intérieur et autour du camp de Moria, pour une capacité d’accueil officielle de 3 100 personnes. Les deux tiers de cette population sont sous tente. Et leur nombre enfle chaque jour. Cette promiscuité est mortifère. Dimanche 29 septembre, un incendie a ravagé plusieurs conteneurs hébergeant des demandeurs d’asile et tué au moins une femme. « Tous les dirigeants européens sont responsables de la situation inhumaine dans les îles grecques et ont la responsabilité d’empêcher toute nouvelle mort et souffrance », a réagi le jour même Médecins sans frontières (MSF). La même semaine, un enfant de 5 ans qui jouait dans un carton sur le bord d’une route a été accidentellement écrasé par un camion. Fin août, déjà, un adolescent afghan de 15 ans avait succombé à un coup de couteau dans une bagarre.

      Un bateau vient de débarquer entre Skala Sikamineas et Molivos, avec à son bord 37 personnes originaires d’Afghanistan. Samuel Gratacap pour Le Monde
      « Personne ne fait rien pour nous », lâche Mahdi Mohammadi, un Afghan de 27 ans arrivé il y a neuf mois. Il doit passer son entretien de demande d’asile en juin 2020. En attendant, il dort dans une étroite cabane, recouverte de bâches blanches estampillées Union européenne, avec trois autres compatriotes. A côté, une femme de plus de 60 ans dort sous une toile de tente avec son fils et sa nièce adolescente.

      « Nous n’avons aucun contrôle sur la situation »

      « Des années ont passé depuis la crise et on est incapables de gérer, se désespère une humanitaire de Lesbos. Les autorités sont dépassées. C’est de plus en plus tendu. » Un fonctionnaire européen est plus alarmiste encore : « Nous n’avons aucun contrôle sur la situation », confie-t-il.

      En Grèce, le sort des mineurs non accompagnés est particulièrement préoccupant. Ils sont 4 400 dans le pays (sur près de 90 000 réfugiés et demandeurs d’asile), dont près d’un millier rien qu’à Lesbos. La moitié dort en présence d’adultes dans une sorte de grand barnum. Sur l’île de Samos, des enfants sont obligés de dormir sur le toit des conteneurs.

      Le 19 septembre, dans la partie extérieure du camp de Moria appelée « Jungle », une famille Syrienne de 7 personnes originaire de la ville de Deir Ez Zor, en Syrie. Ils sont arrivés à Moria il y a deux jours. La jeune femme dans la tente attend un enfant. Samuel Gratacap pour Le Monde

      Dans la clinique pédiatrique de MSF, qui jouxte le camp de Moria, le personnel soignant mesure les effets d’un tel abandon. « Sur les deux derniers mois, un quart de nos patients enfants nous ont été envoyés pour des comportements d’automutilation, déclare Katrin Brubakk, pédopsychologue. Ça va d’adolescents qui se scarifient à des enfants de deux ans qui se tapent la tête contre les murs jusqu’à saigner, qui se mordent ou qui s’arrachent les cheveux. » « A long terme, cela va affecter leur vie sociale, leurs apprentissages et, in fine, leur santé mentale », prévient-elle. Présidente de l’ONG grecque d’aide aux mineursMETAdrasi, Lora Pappa s’emporte : « Ça fait des années qu’on dit que plus d’un tiers des mineurs non accompagnés ont un membre de leur famille en Allemagne ou ailleurs. Mais chaque enfant, c’est trente pages de procédure et, si tout se passe bien, ça prend dix mois pour obtenir une réunification familiale. Le service d’asile grec est saturé, et les Etats membres imposent des conditions de plus en plus insensées. »

      Dans le petit port de plaisance de Panayouda, à quelques kilomètres de Moria, des adolescents jouent à appâter des petits poissons argentés avec des boules de mie de pain. Samir, un Afghan de 21 ans, les regarde en riant. A Moria, il connaît des jeunes qui désespèrent de rejoindre leur famille en Suède. « Leur demande a déjà été rejetée trois fois », assure-t-il. Samir a passé deux ans sur l’île, avant d’être autorisé à gagner le continent. Il est finalement revenu à Lesbos il y a une semaine pour retrouver son frère de 14 ans. « Ça faisait cinq ans qu’on s’était perdus de vue, explique-t-il. Notre famille a été séparée en Turquie et, depuis, je les cherche. Je ne quitterai pas Athènes tant que je n’aurai pas retrouvé mes parents. »

      « Les “hot spots” sont la preuve de l’absurdité et de l’échec de Dublin »

      « Il faudrait repenser à des mécanismes de répartition, affirme Philippe Leclerc, du HCR. C’est l’une des urgences de solidarité, mais il n’y a pas de discussion formelle à ce sujet au niveau de l’UE. » « La relocalisation, ça n’a jamais marché parce que ça repose sur le volontariat des Etats, tranche Claire Rodier, directrice du Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés). Les “hot spots” sont la preuve de l’absurdité et de l’échec de Dublin, qui fait peser tout le poids des arrivées sur les pays des berges de l’Europe. » Yves Pascouau appuie : « Les Etats ont eu le tort de penser qu’on pouvait jouir d’un espace de libre circulation sans avoir une politique d’asile et d’immigration commune. Ce qui se passe à Lesbos doit nous interroger sur toutes les idées qu’on peut avoir de créer des zones de débarquement et de traitement des demandes d’asile. » Marco Sandrone, coordinateur de MSF à Lesbos, va plus loin : « Il est grand temps d’arrêter cet accord UE-Turquie et sa politique inhumaine de confinement et d’évacuer de toute urgence des personnes en dehors de cet enfer qu’est devenu Moria. »

      Des policiers portugais de Frontex, l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes surveillent la mer au large de la côte Nord de l’île, dans la nuit du 18 au 19 septembre. Samuel Gratacap pour Le Monde

      A Skala Sikamineas, les équipes de FRONTEX procèdent à la destruction sommaire d’un bateau clandestin. Samuel Gratacap pour Le Monde
      Dans les faits, l’accord UE-Turquie est soumis à « forte pression », a reconnu récemment le nouveau premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis. Jusqu’ici, en vertu de cet accord, Athènes a renvoyé moins de 2 000 migrants vers la Turquie, en majorité des ressortissants pakistanais (38 %), syriens (18 %), algériens (11 %), afghans (6 %) et d’autres. Mais le nouveau gouvernement conservateur, arrivé au pouvoir en juillet, envisage d’augmenter les renvois. Lundi 30 septembre, il a annoncé un objectif de 10 000 migrants d’ici à la fin 2020, en plus de mesures visant à accélérer la procédure d’asile, à augmenter les transferts vers le continent ou encore à construire des centres fermés pour les migrants ne relevant pas de l’asile.

      Dans le même temps, le président turc Recep Tayyip Erdogan n’a eu de cesse, ces derniers mois, de menacer d’« ouvrir les portes » de son pays aux migrants afin de les laisser rejoindre l’Europe. « Si nous ne recevons pas le soutien nécessaire pour partager le fardeau des réfugiés, avec l’UE et le reste du monde, nous allons ouvrir nos frontières », a-t-il averti.

      « Entre Erdogan qui montre les dents et le nouveau gouvernement grec qui est beaucoup plus dur, ça ne m’étonnerait pas que l’accord se casse la figure », redoute le fonctionnaire européen. Le thème migratoire est devenu tellement brûlant qu’il a servi de prétexte à la première rencontre, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, entre le président turc et le premier ministre grec, le 26 septembre. A l’issue, M. Mitsotakis a dit souhaiter la signature d’« un nouvel accord », assorti d’un soutien financier supplémentaire de l’UE à la Turquie.

      La Turquie héberge officiellement 3,6 millions de réfugiés syriens, soit quatre fois plus que l’ensemble des Etats de l’UE. L’absence de perspectives pour un règlement politique en Syrie, le caractère improbable de la reconstruction, l’hostilité manifestée par Damas envers les éventuels candidats au retour, menacés d’expropriation selon le décret-loi 63 du gouvernement de Bachar Al-Assad, ont réduit à néant l’espoir de voir les réfugiés syriens rentrer chez eux. Le pays ne pourra assumer seul un nouvel afflux de déplacés en provenance d’Idlib, le dernier bastion de la rébellion syrienne actuellement sous le feu d’une offensive militaire menée par le régime et son allié russe.

      Un « ferrailleur de la mer » sur la côte entre Skala Sikamineas et Molivos, le 19 septembre. Après l’évacuation d’une embarcation de 37 réfugiés d’origine Afghane, un homme vient récupérer des morceaux du bateau. A l’horizon la côte turque, toute proche. Samuel Gratacap pour Le Monde
      Le président turc presse les Etats-Unis de lui accorder une « zone de sécurité » au nord-est de la Syrie, où il envisage d’installer jusqu’à 3 millions de Syriens. « Nous voulons créer un corridor de paix pour y loger 2 millions de Syriens. (…) Si nous pouvions étendre cette zone jusqu’à Deir ez-Zor et Raqqa, nous installerions jusqu’à 3 millions d’entre eux, dont certains venus d’Europe », a-t-il déclaré depuis la tribune des Nations unies à New-York.

      Climat de peur

      La population turque s’est jusqu’ici montrée accueillante envers les « invités » syriens, ainsi qu’on désigne les réfugiés en Turquie, dont le statut se limite à une « protection temporaire ». Mais récemment, les réflexes de rejet se sont accrus. Touchée de plein fouet par l’inflation, la perte de leur pouvoir d’achat, la montée du chômage, la population s’est mise à désapprouver la politique d’accueil imposée à partir de 2012 par M. Erdogan. D’après une enquête publiée en juillet par le centre d’étude de l’opinion PIAR, 82,3 % des répondants se disent favorables au renvoi « de tous les réfugiés syriens ».

      A la mi-juillet, la préfecture d’Istanbul a lancé une campagne d’arrestations et d’expulsions à l’encontre de dizaines de milliers de réfugiés, syriens et aussi afghans. Le climat de peur suscité par ces coups de filet n’est peut être pas étranger à l’augmentation des arrivées de réfugiés en Grèce ces derniers mois.

      « La plupart des gens à qui on porte secours ces derniers temps disent qu’ils ont passé un mois seulement en Turquie, alors qu’avant ils avaient pu y vivre un an, observe Roman Kutzowitz, de l’ONG Refugee Rescue, qui dispose de la seule embarcation humanitaire en Méditerranée orientale, à quai dans le petit port de Skala Sikamineas, distant d’une dizaine de kilomètres de la rive turque. Ils savent que le pays n’est plus un lieu d’accueil. »

      La décharge de l’île de Lesbos, située à côté de la ville de Molivos. Ici s’amassent des gilets de sauvetages, des bouées et des restes d’embarcations qui ont servi aux réfugiés pour effectuer la traversée depuis la Turquie. Samuel Gratacap pour "Le Monde"
      Au large de Lesbos, dans le mouchoir de poche qui sépare la Grèce et la Turquie, les gardes-côtes des deux pays et les équipes de Frontex tentent d’intercepter les migrants. Cette nuit-là, un bateau de la police maritime portugaise – mobilisé par Frontex – patrouille le long de la ligne de démarcation des eaux. « Les Turcs sont présents aussi, c’est sûr, mais on ne les voit pas forcément », explique Joao Pacheco Antunes, à la tête de l’équipe portugaise.

      Dix jours « sans nourriture, par terre »

      Sur les hauteurs de l’île, des collègues balayent la mer à l’aide d’une caméra thermique de longue portée, à la recherche d’un point noir suspect qui pourrait indiquer une embarcation. « S’ils voient un bateau dans les eaux turques, le centre maritime de coordination des secours grec est prévenu et appelle Ankara », nous explique Joao Pacheco Antunes. Plusieurs canots seront interceptés avant d’avoir atteint les eaux grecques.

      Sur une plage de galets, à l’aube, un groupe de trente-sept personnes a accosté. Il y a treize enfants parmi eux, qui toussent, grelottent. Un Afghan de 28 ans, originaire de la province de Ghazi, explique avoir passé dix jours « sans nourriture, par terre », caché dans les champs d’oliviers turcs avant de pouvoir traverser. « J’ai perdu dix kilos », nous assure-t-il, en désignant ses jambes et son buste amaigris. Un peu plus tard, une autre embarcation est convoyée jusqu’au port de Skala Sikamineas par des gardes-côtes italiens, en mission pour Frontex. « Il y a trois femmes enceintes parmi nous », prévient un Afghan de 27 ans, qui a fui Daech [acronyme arabe de l’organisation Etat islamique] et les talibans. Arrive presque aussitôt un troisième canot, intercepté par les gardes-côtes portugais de Frontex. Tous iront rejoindre le camp de Moria.

      https://www.lemonde.fr/international/article/2019/10/04/migration-lesbos-un-echec-europeen_6014219_3210.html

    • Grèce : une politique anti-réfugiés « aux relents d’extrême-droite »

      Suite à l’incendie mortel qui s’est déclenché dimanche dans le camp de Moria à Lesbos, le gouvernement grec a convoqué en urgence un conseil des ministres et annoncé des mesures pour faire face à la crise. Parmi elles, distinguer les réfugiés des migrants économiques. Revue de presse.
      Suite à l’incendie qui s’est déclenché dimanche dans le camp

      surpeuplé de Moria, sur l’île de Lesbos, et qui a fait une morte – une

      réfugiée afghane mère d’un nourrisson – le gouvernement s’est réuni en

      urgence lundi et a présenté un plan d’actions. Athènes veut notamment

      renvoyer 10 000 réfugiés et migrants d’ici à 2020 dans leur pays

      d’origine ou en Turquie, renforcer les patrouilles en mer, créer des

      camps fermés pour les immigrés illégaux et continuer à transférer les

      réfugiés des îles vers le continent grec pour désengorger les camps sur

      les îles de la mer Egée. D’après Efimerida Ton Syntakton, le

      Parlement doit voter dans les jours à venir un texte réformant les

      procédures de demande d’asile, en les rendant plus rapides.

      « L’immigration constitue une bombe pour le pays », estime le site

      iefimerida.gr. « Le gouvernement sait que c’est Erdoğan qui détient la

      solution au problème. Si le sultan n’impose pas plus de contrôles et ne

      veut pas diminuer les flux, alors les mesures prises n’auront pas plus

      d’effet qu’une aspirine. » Le quotidien de centre droit Kathimerini

      rappelle que la Grèce est « première en arrivées de migrants » en

      Europe. « La Grèce a accueilli cette année 45 600 migrants sur les

      77 400 arrivés en Méditerranée, devant l’Espagne et l’Italie », tandis

      qu’en septembre 10 258 arrivées ont été enregistrés par le

      Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

      Comme à la loterie

      Dans l’édition du 1er octobre,

      une caricature d’Andreas Petroulakis montre un officiel tenant un

      papier près d’un boulier pour le tirage du loto. « Nous allons enfin

      différencier les réfugiés des immigrés ! Les réfugiés seront ceux qui

      ont les numéro 12, 31, 11... » Le dessin se moque des annonces du

      gouvernement qui a affirmé vouloir accepter les réfugiés en Grèce, mais

      renvoyer chez eux les migrants économiques, et selon qui la Grèce n’est

      plus confrontée à une crise des réfugiés mais des migrants. « De la

      désinformation de la part du gouvernement », estime Efimerida Ton Syntakton,

      car « les statistiques montrent bien que la majorité des personnes

      actuellement sur les îles sont originaires d’Afghanistan, de Syrie,

      d’Irak, du Congo, de pays en guerre ou en situation de guerre civile ».

      « Le nouveau dogme du gouvernement est que les réfugiés et les immigrés sont deux catégories différentes », souligne la chaîne de télévision Star.

      Le gouvernement veut « être plus sévère avec les immigrés, mais

      intégrer les réfugiés », précise le journal télévisé de mardi. Le

      journal de centre-gauche Ta Nea indique que « huit réfugiés sur

      dix seront transférés des îles vers des hôtels ou des appartements », le

      gouvernement souhaitant décongestionner au plus vite les îles de la mer

      Égée comme Lesbos.

      Pour le magazine LIFO, « la grande pression exercée sur le

      gouvernement Mitsotakis concernant l’immigration vient de ses

      électeurs ». « Les annonces selon lesquelles les demandes d’asile seront

      examinées immédiatement, tandis que ceux qui ne remplissent pas les

      critères seront renvoyés dans les trois jours, sont irréalistes car il y

      a des standards européens à respecter. Ces annonces sont faites

      uniquement pour soulager quelques électeurs. » Enfin, pour le site

      News247, « depuis longtemps à Moria un crime se déroule sous nos yeux,

      les responsables sont les décideurs à Bruxelles et les gouvernements en

      Grèce. Des mesures respectant les êtres humains doivent être prises ou

      bien l’avenir risque de nous réserver d’autres tragédies ».

      https://www.courrierdesbalkans.fr/Grece-le-gouvernement-grec-face-a-une-nouvelle-augmentation-des-f

  • #Méditerranée centrale : les #garde-côtes libyens assurent la moitié des sauvetages - B2 Bruxelles2
    http://www.bruxelles2.eu/2019/09/23/le-dernier-bilan-en-mediterranee-de-loperation-sophia

    Selon les dernières données de l’#opération_Sophia, 10.137 personnes ont été secourues au total lors de 153 opérations de #sauvetage menées par différents navires en Méditerranée centrale au large des côtes libyennes, en quasiment un an (entre le 1er septembre 2018 et le 2 août 2019). Un chiffre en baisse drastique par rapport à 2018. Il y avait eu 41.961 personnes récupérées lors de 543 opérations de secours, durant la même période en 2018, soit quatre fois plus.

    […] Les opérations de sauvetage et les interceptions durant ces onze derniers mois ont été en grande partie assurées par la marine et les garde-côtes libyens qui ont assuré presque la moitié des sauvetages : 72 opérations (sur 153).

    […] Les navires italiens (des garde-côtes, de la marine et de la Guardia di Finanza, des Carabinieri) assurant avec les forces armées maltaises (respectivement 21 et 18 opérations) un quart des sauvetages. Tandis que le dernier quart des sauvetages se répartit entre les navires des #ONG (17 opérations), des navires marchands (13 opérations) et des navires de pêche (3 opérations), ainsi que les forces tunisiennes (9 opérations).

    #[…] Au cours du premier semestre 2019, 333 décès sur l’itinéraire central ont été enregistrés pour 2130 arrivées. Soit un taux de mortalité de un sur six, contre un sur 14 personnes en 2018 (1132 décès pour 15.537 arrivées) et un pour 38 en 2017 (2851 décès pour 108.255 arrivées)

    #sauvetage_en_mer #migrants #migrations #morts

  • Border Memorial: Frontera de los Muertos

    #Border_Memorial: Frontera de los Muertos is an augmented reality public art project and memorial, dedicated to the thousands of migrant workers who have died along the U.S./Mexico border in recent years trying to cross the desert southwest in search of work and a better life.


    https://bordermemorial.wordpress.com/border-memorial-frontera-de-los-muertos

    Sorte de #cartographie_macabre...
    https://www.youtube.com/watch?v=pwXQUTxST74

    #mémoire #morts #mourir_aux_frontières #art #art_et_politique #décès #mémoriel #frontières #réalité_augmentée #app #visualisation #squelettes #google_earth

    ping @mobileborders @isskein @reka

  • Mort de Mugabe : à propos du massacre de 2008 au champ de mines de Chiadzwa

    The death of Robert Mugabe (1924-2019) is being celebrated by Zimbabweans around the world. The 2008 massacre at the Chiadzwa minefield deserves to stand as a testament to his rule, writes Leo Zeilig.
    Around the world tens of thousands of Zimbabweans are celebrating the death of Robert Mugabe. The media has resounded to a chorus of clichés – that either condemns him in racist terms as an African ‘monster’, or laud his liberation of Zimbabwe. Neither comes close to the truth about the man. Mugabe neither liberated Zimbabwe, nor was he a ‘monster’.
    [...]
    In 2008 the Chiadzwa mining area in the east of the country, was the scene of a massacre. Following the end of the London based De Beers mining licence in 2006, hundreds of informal workers who had come to the area were murdered by the state. Clearing the way for a ‘looting’ frenzy that took place between government bureaucrats, the Chinese and other foreign companies.

    Zimbabwean activist Raymond Sango, reported:

    unemployed youths descended on Chiadzwa in 2008 to pan for diamonds were brutally massacred by the military and police …approximately four hundred miners were killed in 2008 through indiscriminate volleys of gunshots fired by mounted police accompanied by dogs and helicopters.

    Once the bodies were cleared away seven private entities began operations at the site: all joint ventures between the state and foreign capital.

    Mugabe must be remembered for Chiadzwa – there can be no more devastating testament to what Mugabe’s rule really meant for Zimbabwe’s poor. In the last two decades of his life, thousands died, and millions fled as the country was systematically plundered by the state, mining capital and international business.

    https://www.rs21.org.uk/2019/09/06/mugabe-is-dead-remember-chiadzwa
    http://aidc.org.za/operation-hakudzokwi-happened-chiadzwa
    #Zimbabwe #Robert_Mugabe #massacre #Chiadzwa #diamants

  • Over 7,400 Deaths on Migration Routes Across Africa in Last Five Years, IOM Figures Show

    African migrants are perishing at a rate of about 25 persons per week – or about 1,300 annually – on the African continent, even before embarking on perilous sea journeys to Europe or the Arabian Peninsula. Since 2014 over 7,400 men, women and children have died in transit across Africa, new records published today by IOM’s Missing Migrants Project (MMP) show.

    These recently added records bring the total number of deaths documented on the African continent to 573 in 2019, and 7,401 in the last five years. Moreover, these figures fail to capture the true scale of the tragedy, as they represent only fatalities which have been reported.

    The new records are based on hundreds of eyewitness accounts collected from migrants through surveys by the Mixed Migration Centre’s Monitoring Mechanism Initiative (4Mi: http://www.mixedmigration.org/4mi). The interviews with migrants were conducted by 4Mi between December 2018 and April 2019 in West, North and East Africa and were analysed by the Missing Migrants Project team before being added to its MMP database.

    However, 4Mi interviews covered only a small sample of the total number of migrants on the move in Africa – meaning that hundreds of additional deaths likely remain unreported and, of course, uncounted.

    Nonetheless, due to the absence of other sources of information, surveys such as those conducted by 4Mi reveal important information about migrants’ experiences, including the risks to life that people face during their journeys.

    Records show that thousands of people lose their lives as they journey through North Africa, where 4,400 deaths have been reported since 2014. However, deaths in this region are not well documented, and the true number of lives lost during migration remains unknown.

    Migration routes in Sub-Saharan Africa also are dangerous, as demonstrated by the 1,830 deaths recorded by the project since 2014. Many of these deaths were recorded in West Africa, where 240 people were reported dead in 2019.

    Overland routes in the Horn of Africa and the perilous sea passage across the Gulf of Aden and the Red Sea have claimed the lives of at least 1,171 people since 2014. Migrants reported having witnessed others die from starvation, dehydration, exposure to harsh weather conditions, vehicle accidents and violence at the hands of smugglers.

    Unfortunately, survey data contain no information on the identities of those whom survey participants witnessed die. Beyond initiatives like 4Mi, little efforts have been made to collect more information on people who die on migration journeys in the African continent. Their remains may never be recovered, nor their deaths investigated. Their deaths may also not be known by their families, who are forced to navigate daily life with the pain of not knowing whether their loved one is alive or dead.

    For the latest data on migrant deaths in Africa, visit the Missing Migrants Project website here (https://missingmigrants.iom.int/region/africa). Anonymized Missing Migrants Project data can be downloaded from missingmigrants.iom.int/downloads.

    For more information on the strengths and weaknesses of different data sources on deaths during migration, including survey data, please see Fatal Journeys Volume 3, Part 1: https://publications.iom.int/books/fatal-journeys-volume-3-part-1-improving-data-missing-migrants

    https://reliefweb.int/report/world/over-7400-deaths-migration-routes-across-africa-last-five-years-iom-figur

    #décès #morts #Afrique #désert #Sahara #IOM #OIM #statistiques #chiffres #mourir_dans_le_désert
    ping @reka @karine4

  • Liste des personnes en situation migratoire mortes à la frontière dite « haute » (#Mongenèvre, #Val_Susa, #Col_de_l'Echelle, #Bardonecchia, #Oulx, #Briançon) entre la #France et l’Italie ces dernières années.

    #frontières #mourir_aux_frontières_alpines #morts #décès #migrations #asile #réfugiés #Alpes #montagne #mourir_aux_frontières #violent_borders #frontière_sud-alpine

    Je vais ajouter à cette métaliste sur les morts à la frontière sud-alpine :
    https://seenthis.net/messages/758646

  • Aux Etats-Unis, les « livraisons express » Amazon provoquent des accidents mortels
    https://usbeketrica.com/article/aux-etats-unis-les-livraisons-express-amazon-provoquent-des-accidents-m

    Deux enquêtes publiées par BuzzFeed News et ProPublica montrent que le service américain de livraison « express » d’Amazon, présenté comme pratique et efficace, repose sur un système de sous-traitance extrêmement dangereux pour les livreurs qui y travaillent et les passants qui croisent leurs routes, au point d’avoir déjà provoqué des accidents mortels. Envie de recevoir une télé, un meuble ou un nouveau jean avant ce soir ? Aux Etats-Unis, rien de plus simple avec Amazon : « 1. Recherchez l’article que (...)

    #UPS #Amazon #travail #FedEx

  • Libération de Paris : Qui sont les soldats oubliés de La Nueve, premiers libérateurs de la capitale ?
    https://www.20minutes.fr/paris/2587407-20190824-liberation-paris-soldats-oublies-nueve-premiers-liberateu

    Ils sont les premiers à avoir libéré Paris de l’occupation allemande et pourtant ils sont les grands oubliés de l’Histoire. Le 24 août 1944, la Nueve, compagnie de la 2e division blindée du général Leclerc, est entrée dans Paris, porte d’Italie vers 20h avant d’atteindre l’Hôtel de Ville de Paris à 21h22. La spécificité de cette unité ? Sur les 160 hommes qui la composent, 146 sont des Républicains espagnols. « Des anarchistes en majorité mais aussi des communistes, des socialistes et quelques Républicains de droite, détaille Ramon Pino de l’association 24 août 1944. Ce sont des guerriers aguerris qui sortent de trois ans de Guerre civile en Espagne. » A leur tête le capitaine Raymond Dronne appelé « el capitan » par ses hommes.

    Arrivés en France après la victoire de Franco et parqués dans les camps de réfugiés, le gouvernement de Vichy leur laissa le choix de rejoindre la Légion étrangère ou d’être rapatriés en Espagne. Le choix fut simple et ces Républicains espagnols désertèrent ensuite pour rallier le général Leclerc et l’armée de la France libre. La Nueve combattit d’abord en Afrique du Nord avant de débarquer début août en Normandie. Puis les Alliés arrivent aux abords de Paris, « la question de qui pénètre en premier dans la capitale se pose alors, ce n’est pas neutre. Les Américains se sont effacés face aux exigences de De Gaulle », raconte Serge Ballerini, président général du Souvenir français. L’armée d’une nation qui entre en premier dans une ville, toute la mémoire se construit dessus. »
    « On a volontairement gommé [de l’Histoire] la participation des Espagnols »

    C’est donc l’armée française avec son unité composée quasi exclusivement d’Espagnols qui est entrée en premier dans Paris, le 24 août, alors que la capitale s’est soulevée contre l’occupation allemande le 20. Les hommes de la Nueve défileront sur les Champs-Elysées le 26 dans leurs véhicules portant les noms de batailles de la Guerre civile espagnole. Puis ils participeront à la prise du Nid d’aigle d’Hitler à Berchtsgaden, à la frontière de la Bavière et de l’Autriche, le 5 mai 1945. « Entre les blessés et les morts, seulement 16 Espagnols sont arrivés là-bas, souligne Ramon Pino. La compagnie avait été reconstituée avec des soldats français. »

    Ensuite, la déception a envahi le camp les Républicains espagnols. « Ils espéraient qu’après Mussolini et Hitler, les alliés s’occuperaient de Franco, note le membre de l’association du 24 août 1994. Démobilisés, ils sont restés en France et ont participé à la lutte anti-Franco via la clandestinité. » Surtout, ils sont les oubliés de l’Histoire « On a volontairement gommé la participation des Espagnols, estime Ramon Pino. Pour De Gaulle – qui a pourtant descendu les Champs-Elysées entouré d’half-tracks de la Nueve –, la France a été libérée par les Français, pas par des étrangers hors dans la Résistance, on trouvait aussi des Belges, des Polonais, des Allemands anti-nazis, etc. »

    Pour Serge Ballerini, « on a construit la mémoire sur l’armée française, sur la 2e DB qui est la première à entrer dans Paris. Tout le discours de De Gaulle, le 25 août, a été : “Paris libéré par lui-même”. C’est cette mémoire qui est montrée dans Paris brûle-t-il ?. Aujourd’hui, on individualise la mémoire, elle s’affine sur les événements et le rôle exceptionnelle de la Nueve dans la Libération de Paris, mais aussi des Républicains espagnols dans la Résistance, réapparaît. »

    Une fresque de 17 mètres de haut rend hommage à la Nueve dans le 13e

  • #Espagne : les migrants inconnus des cimetières du détroit de #Gibraltar

    Selon le décompte de plusieurs ONG andalouses, entre 6 700 et 8 000 personnes sont mortes en tentant la traversée de la mer Méditerranée entre le Maroc et l’Espagne, ces trois dernières décennies. Des tombes mais aussi des plaques à la mémoire de ces migrants morts en mer parsèment les cimetières qui bordent le détroit de Gibraltar.

    De Tarifa, on aperçoit facilement les côtes marocaines. En ce mois de juin, le vent souffle avec sa force et sa régularité habituelle. Les voiles aux couleurs vives des kitesurf flottent dans un ciel d’un bleu intense.

    La petite ville située tout au bout de la péninsule ibérique a des allures de station balnéaire. Mais ses habitués savent-ils que le vieux fort à l’entrée du port est un centre de détention pour les migrants entrés de façon irrégulière sur le territoire espagnol ? Qui sait que c’est sur la plage de Los Lances, à la pointe de la péninsule, qu’en novembre 1988 le premier corps d’un migrant marocain a été rejeté par la mer ?

    Une visite au petit cimetière sur les hauteurs de la ville offre un autre regard sur Tarifa. Les sépultures sont simples, blanches, fleuries et se logent dans des niches, comme bien souvent en Andalousie. Un seau d’eau à la main, des habitants viennent enlever le sable et la poussière qui s’accumulent sur les tombes de leurs proches.

    En regardant vers les niches en hauteur, on découvre les tombes d’hommes et de femmes qui ont perdu la vie en traversant le détroit dans la clandestinité. « Immigrant du Maroc, 7 mars 2001 » : quatre plaques funéraires portent cette inscription. Un peu plus loin, deux autres portent la même mention mais sont datées de 2009. Enfin, une simple plaque déposée dans une niche porte une inscription encore plus administrative : « cadavre non identifié. 3ème chambre du tribunal d’Algésiras. Décision provisoire 47/2017 ».

    En 2018, selon l’APDHA, 1064 personnes ont perdu la vie en tentant la courte mais périlleuse traversée vers l’Europe. La plupart de ces victimes sont rapidement identifiées, car, lorsque se produit un naufrage, les survivants connaissent souvent l’identité de ceux qui n’ont pas réussi à gagner le rivage. Mais il y a aussi les anonymes, ceux dont les corps sont alors enterrés sans noms, en Espagne.

    En continuant la visite du cimetière de Tarifa, d’autres stèles attirent l’attention. Celles-ci portent des noms aux consonances peu espagnoles : Esther Adawale, Nigéria, 24 février 2003. Hope Ibrahim, Nigéria, 19 avril 2005. Yacouba Koné, Côte d’Ivoire, 17 avril 2013. Dans ces tombes reposent des migrants qui ont été identifiés par la police judiciaire espagnole mais qui, pour diverses raisons, n’ont pas été rapatriés vers leurs pays d’origine.

    José Maria Perez, un membre actif de la paroisse locale, raconte que ces tombes reçoivent les visites périodiques de « chrétiens et de musulmans » et que « de l’autre côté du détroit, on connaît l’existence de ces sépultures ».

    Miguel Delgado, en charge de l’aide aux migrants à l’archevêché de Cadix (dont dépend la commune de Tarifa), organise, lui, chaque 1er Novembre une cérémonie œcuménique à la mémoire des immigrants morts dans les eaux du détroit.

    Fidèle au message de l’église catholique sur le sujet des migrations, il réclame « un passage sûr pour ceux qui veulent émigrer en Europe et dont l’Europe a besoin ». Pour sensibiliser ses paroissiens et l’opinion publique, chaque deuxième mercredi du mois, dans plusieurs villes de part et d’autres du détroit (Cadix, Barbate, Tarifa, Algésiras, Ceuta, Tanger, Tétouan, Melila etc…) son association organise des « rondes du silence » qui réunissent des personnes de tous horizons derrière un seul mot d’ordre « solidarité avec les immigrants ».

    Chaque année, pour la journée internationale des migrants, il se rend sur la plage de Tarifa pour une prière publique qui réunit militants, habitants et parfois quelques surfeurs.

    A 25 kilomètres de Tarifa, dans le port de Barbate, l’apparition de corps de migrants sans vie sur les rivages n’est pas non plus inédite. Dans le cimetière, les mêmes tombes blanches nichées sur les murs révèlent les histoires des disparus du détroit.

    Là aussi, des emplacements sont marqués par un simple numéro ou une mention « inconnu », ainsi qu’une date. Les plus anciennes de ces tombes de migrants anonymes datent de 2002, les plus récentes de 2019. Là encore, des corps non identifiés. Et une plaque à la mémoire « des victimes du détroit ».

    Mais dans une des allées, une tombe se distingue des autres. Celle de Samuel Kabamba, un enfant originaire de la RD Congo âgé de 5 ans. Son histoire a provoqué une grande émotion dans cette région du sud de l’Espagne et bien au delà.

    Fin janvier 2017, son corps a été retrouvé sans vie sur une plage proche du petit port de pêche andalou. Celui de sa mère, Véronique, est rejeté par la mer 15 jours plus tard sur les côtes algériennes.

    La découverte du corps du petit garçon a provoqué l’indignation des associations de défense des migrants et de Gabriel Delgado qui a organisé une veillée funèbre le 1er février sur la plage où il s’était échoué. Une centaine de personne sont venues prier et lancer des fleurs à la mer. L’affaire s’est médiatisée faisant écho à celle du petit Alan Kurdi, cet enfant syrien retrouvé noyé sur une plage de Turquie en septembre 2015.

    Début mars, les autorités espagnoles ont autorisé le père du petit garçon à se rendre en Espagne. Un test d’ADN a confirmé que le petit Samuel était bien son fils. Le père de famille a organisé l’enterrement de son fils à Barbate, le 10 mars.

    Ce jour-là, l’église était pleine à craquer. Les habitants de Barbate sont venus en nombre, le petit Samuel repose désormais parmi eux. Chaque jour, des femmes fleurissent sa tombe « car ses proches sont loin, il faut bien que quelqu’un s’occupe de lui » confie une vieille dame.


    https://www.infomigrants.net/fr/post/18435/espagne-les-migrants-inconnus-des-cimetieres-du-detroit-de-gibraltar
    #cimetière #morts #décès #migrations #réfugiés #asile #cadavres #identification #mourir_en_mer

  • #Sacrario_militare #Redipuglia
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Cimeti%C3%A8re_militaire_de_Redipuglia

    Quelques photos prises le 08.05.2019:

    Un monument impressionnant, très très imposant:

    Et cette liste infinie de noms... avec cette inscription à gros caractères PRESENTE ("présent"):


    Et une place spéciale pour une infirmière, #Margherita_Kaiser_Parodi

    Ne nous oubliez pas!

    Quelques #chiffres des #pertes de vies humaines


    #morts

    Non curiosità di vedere
    ma proposito di ispirarvi
    vi conduca

    Agli invitti
    che diedero per la Patria
    tutto il sangue
    solo è degno di accostarsi
    chi ha nel cuore la Patria


    #patrie

    Et des #graffitis de #guerre dont on peut voir les photos dans le musée...

    Avec cette introduction:
    Se un giorno gli uomini taceranno.
    Se l’ingratitudine ucciderà ogni ricordo
    grideranno le pietre


    #pierres #mémoire #souvenir

    #mémoriel #musée #WWI #première_guerre_mondiale #monument #Italie #guerre

    ping @reka

  • La Tête haute, au cœur de la vallée de #la_Roya

    C’est l’histoire d’une vallée magnifique, paisible, en bordure de l’Italie. Et puis un jour, surgit l’inattendu. Des dizaines, bientôt des centaines de migrants, font irruption sur la route, sur les chemins. Une fois retombés les feux de l’actualité, que reste-t-il de cette aventure extraordinaire qui voit l’engagement des uns, les doutes des autres, la désobéissance civile des plus motivés, la sourde hostilité des silencieux ? Oui, qu’en reste-t-il ? C’est là que commence ce film.


    http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/55120_1
    #film #documentaire #frontière #Roya #frontière_sud-alpine #asile #migrations #réfugiés #Alpes #don #contre-don #ça_nous_est_tombé_dessus #résistance #solidarité #misère #responsabilité #colonisation #Vintimille #France #Italie #Roya_citoyenne #marche #marche_solidaire #solidarité #Cédric_Herrou #justice #humanitaire #action_politique #incertitude #délit_de_solidarité #montagne

    #mémoriel #plaque_commémorative #morts #mourir_aux_frontières #décès :
    https://seenthis.net/messages/786000)

    • Quelques citations tirées du film...

      Chamberlain, réfugié :

      « Je dis à certaines personnes qui s’intéresse à savoir mon parcours : ’Si tu trouves cela pathétique, moi ça me vexe, parce que c’est ça qui m’a construit, c’est tout ça qui fait de moi ce que je suis’. »

    • René Dahon, habitant de la vallée:

      « Ma famille pendant la guerre a été déportée, parce qu’ici c’était une #ligne_de_front : derrière c’était l’Italie et sur #Sospel c’était la ligne de front français. Entre les deux, en 1943-45, ça a été une espèce de couloir, un no man’s land. #Saorge a été dans ce couloir. Et ma famille a été déportée en Italie. Donc, moi l’idée de la solidarité, je l’ai tout connement connue sur un truc de rien du tout. Ma grand-mère m’a dit ’Quand on a marché de Saorge à Turin à pied, quand on a traversé certains villages du Piémont, il y a des gens qui ont ouvert leurs portes et qui ont donné quelque chose. Et moi j’ai ça d’idée de la solidarité. Moi j’ai l’idée que dans la vallée derrière, c’était des solidaires »

      –----
      Toujours René Dahon:

      « ça fait 40 ans que je suis dans l’associatif. Je me bagarre dans plein de domaines, mais on voulait bien que je sois gauchiste et que je défende le train ou la poste et les écoles, ça pose pas de problèmes, mais défendre du Black, c’est ça le problème. C’est drôle ! Alors qu’ils en ont jamais vu à Tendre. TEndre n’a jamais été envahi par les Noirs »

    • Suzel PRIO :

      "La Roya terre d’accueil, la Roya solidaire c’est vraiment un cliché. Ça plait beaucoup ça, mais c’est beaucoup plus complexe que ça. Il y a aussi tous ces réflexes de #peur, des gens ici qui ne sont pas contents qu’on voit la Roya comme ça, qu’elle soit célèbre avec ces valeurs-là. Au début, il y avait des gens qui étaient vraiment sur l’humanitaire. Donc ce débat entre politique ou humanitaire, on l’a eu à plusieurs reprises. Certaines personnes souhaitant au début qu’on fasse que de l’#humanitaire et petit à petit d’autres personnes qui souhaitaient qu’on fasse que du #politique. Cela voulait dire, je ne sais pas... arrêter d’acheter des couvertures, arrêter de faire à manger et ne faire que des communiqués et des soirées... Au final, notre positionnement a été arrêté sur : ’C’est les deux. C’est simple, il faut les deux !’

  • Enemies of the State? How governments and businesses silence land and environmental defenders
    More than three people were murdered each week in 2018, with countless more criminalised, for defending their land and our environment.


    Voir le rapport complet :
    https://www.globalwitness.org/en/campaigns/environmental-activists/enemies-state
    #environnement #activistes

  • La #Tunisie, nouveau cimetière des migrants morts en mer

    Après le naufrage du 1er juillet au large des côtes libyennes qui a fait au moins 90 morts, les autorités tunisiennes sont de nouveau débordées. Cimetières saturés, centres d’accueil débordés, absence de droit d’asile… Le gouvernement dénonce aussi l’inaction des pays européens.
    #Médenine (Tunisie), envoyée spéciale.– Quatre-vingt-dix corps repêchés. C’est le bilan définitif, fait par le gouvernorat de Médenine au sud de la Tunisie, du naufrage il y a plus de deux semaines d’un bateau transportant des migrants maliens, ivoiriens, ghanéens, égyptiens et gambiens. Parmi eux, des hommes mais aussi des femmes enceintes et des enfants, selon les témoignages des survivants.
    Pour les autorités tunisiennes, le drame n’est ni le premier ni le dernier. Une semaine après ce naufrage, la marine tunisienne est intervenue pour sauver les migrants d’un autre bateau, au large de Sfax. Depuis 2011, plus de 1 000 migrants ont été enterrés à Zarzis, selon le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES).

    Mais ce naufrage est aussi celui de trop, renvoyant à la fois à la responsabilité des pays européens et à la frilosité du gouvernement tunisien. Manque de moyens, débats sur les enterrements des victimes, surcharge des centres d’accueil pour les survivants… La Tunisie a de plus en plus de mal à faire face à l’afflux de réfugiés sur son sol.

    Après une polémique entre les municipalités du sud de la Tunisie – plusieurs villes ont refusé toute prise en charge –, c’est la mairie de Zarzis qui a fini par procéder cette semaine à la mise en terre des cadavres dont personne ne voulait.

    La loi tunisienne prévoit que seule la commune est habilitée à procéder à des enterrements. « Nous avons des cas de migrants morts, ramenés par les eaux à cause des courants marins, depuis les années 1990, explique le maire adjoint de Zarzis, Faouzi Khenissi. Jusque-là, nous les enterrions dans les cimetières tunisiens. Mais le nombre était très inférieur à ce qu’il est aujourd’hui. »

    En 2003, un cimetière dédié aux migrants a finalement été créé. Mais il est aujourd’hui saturé : près de 900 corps y ont été enterrés, dont 18 samedi 13 juillet. « Nous avons enterré 56 autres corps dans le nouveau cimetière donné par le Croissant-Rouge à la commune », poursuit le maire adjoint.

    D’après lui, la situation devient difficile à gérer pour la commune qui n’a pas les moyens. Fatigués et surchargés, les officiels de Zarzis parlent ouvertement du sujet et se préparent déjà à la suite en cas d’un nouveau naufrage.

    « On nous a reproché dans les médias d’utiliser des camions-poubelles pour transporter les corps… Figurez-vous que nous n’avons rien d’autre ! Nous les avons nettoyés. Ce qui nous aiderait, c’est d’avoir plus de matériel, ainsi qu’une unité avec un médecin légiste à Zarzis au lieu de faire 300 kilomètres aller-retour pour transporter les corps depuis Gabès », se défend encore Faouzi Khenissi.

    Quant à l’accueil des trois survivants, il s’est fait dans des centres qui seraient déjà à leur pleine capacité, selon les représentants de l’OIM (Organisation mondiale pour les migrations) et du HCR (Haut-Commissariat pour les réfugiés).

    Le gouverneur de Médenine ainsi que le chef du gouvernement Youssef Chahed avaient déjà tiré la sonnette d’alarme, quelques jours avant le naufrage, sur les difficultés pour le Sud tunisien de gérer des flux en constante augmentation, aussi bien par voie terrestre que par voie maritime.

    « Le nombre d’arrivées de migrants et de demandeurs d’asile a beaucoup augmenté depuis fin 2018, déclare France Lau, représentante du HCR en Tunisie. Même si les autorités tunisiennes sont prévoyantes par rapport à un afflux possible de personnes en provenance de Libye – on nous a demandé à ce titre de mettre en place des mécanismes de réponse d’urgence en cas d’arrivées massives comme en 2011 –, elles sont tout à fait légitimes à alerter des problèmes qu’elles peuvent avoir pour gérer ces nouveaux arrivants. »

    « Les politiques italiennes qui conduisent à fermer les ports aux migrants et l’appui européen aux milices libyennes qui ramènent et enferment les migrants en Libye dans des conditions épouvantables, font que la Tunisie devient de plus en plus la seule échappatoire pour beaucoup d’entre eux, mais pas forcément l’endroit où ils souhaitent rester », déclare Valentina Zagaria, auteure d’une thèse en anthropologie sur les migrations dans le Sud-Est tunisien.

    En dehors du manque de moyens, c’est aussi un choix politique des autorités. Le chef du gouvernement tunisien l’a dit plusieurs fois très clairement : il ne souhaite pas que la Tunisie devienne une « plateforme d’accueil » pour les candidats à l’exil vers l’Europe. Le pays n’a d’ailleurs pas de loi sur l’asile – seul le HCR est habilité à octroyer le statut de réfugié en Tunisie dans le cadre de son mandat.

    Rien que la mise en place de six centres (répartis entre le HCR et l’OIM) a pris beaucoup de temps dans le gouvernorat. À part celui du HCR mis sur pied dès 2013 après le démantèlement du campement de Choucha, dressé en 2011 pour faire face à l’afflux de personnes fuyant la Libye, l’installation des cinq autres centres a fait l’objet de longues négociations avec les populations et les autorités régionales, et de plusieurs relocalisations.

    « C’est difficile au quotidien, car il y a du racisme, des rumeurs propagées sur des maladies apportées par les migrants. Il faut gérer à la fois les préjugés et la protection de ces communautés qui arrivent en Tunisie et qui sont dans des situations vulnérables », déclare Khaled Sadaani, coordinateur sud du Conseil tunisien pour les réfugiés, une ONG créée en 2016 pour répondre à un manque, celui de l’absence d’association arabe pour les réfugiés.

    Dans le centre de Médenine pour réfugiés, supervisé par le HCR, les 170 places disponibles sont occupées. Les nationalités sont multiples, aussi bien d’Afrique de l’Ouest que d’Afrique de l’Est, avec une grande majorité d’Érythréens. Un étage est dédié à la trentaine de mineurs non accompagnés (entre 15 et 18 ans), un autre aux femmes et aux enfants, un autre encore aux hommes.

    Chacun cohabite pacifiquement, mais beaucoup ne voient pas la Tunisie comme une destination finale, alors que les possibilités de réinstallation dans un pays tiers sont extrêmement limitées. « Il n’y a pas de travail ici, on nous propose 20 dinars la journée (6 euros) pour travailler dans les chantiers, je ne vois pas comment subvenir aux besoins de ma famille avec ça », déclare Fayçal, un demandeur d’asile soudanais de 24 ans.

    Les routes migratoires qu’il a prises pour arriver jusqu’en Tunisie sont labyrinthiques. Du Soudan du Sud à l’Égypte, en passant par le désert du Niger et la ville d’Agadez, lieu de passage entre l’Afrique noire et l’Afrique du Nord, et la Libye où il a été plusieurs fois emprisonné.

    « Cela fait deux ans que je bouge sans arrêt pour trouver du travail. Une fois, l’Égypte m’a expulsé vers le Soudan et j’ai dû refaire tout le trajet… À chaque fois un membre de ma famille m’aide, car je suis le seul qui peut nourrir mes frères et ma mère. Ils sont actuellement dans un camp pour les personnes déplacées par la guerre. Je suis fatigué », ajoute-t-il.

    Lui qui avait une échoppe à Djouba, dans le Soudan du Sud, il s’est retrouvé du jour au lendemain à se débrouiller avec des camarades de cellule pour éviter qu’un gardien de prison libyen ne les viole.

    « Quand on s’est de nouveau échappés de prison, le geôlier avait peur que l’on révèle ses préférences sexuelles… Aussi, il nous a aidés en nous donnant 50 dinars libyens (24 euros) et en nous montrant la route vers la frontière tunisienne. Il nous a dit : “Marchez tout droit, vous allez finir par y arriver” », ajoute Fayçal.
    Terre d’accueil et terre de deuil

    Comme beaucoup d’autres migrants, Fayçal est en attente de sa demande d’asile en Tunisie. La moitié des migrants sur place à Zarzis choisissent de demander l’asile, d’autres ne préfèrent pas, de peur de devoir rester dans le pays.

    « Il leur est difficile d’accepter le fait que la réinstallation est une option limitée à un nombre faible de réfugiés au regard des besoins globaux, et qui obéit à des critères bien déterminés », témoigne France Lau.

    Sur place, des associations tunisiennes tentent de lancer des micro-projets, et d’aider à la mise en place de contrats de travail pour ceux qui souhaitent travailler pendant cette période transitoire. « Beaucoup arrivent à trouver des emplois en CDD dans le secteur du tourisme à Djerba, avance Yahia Rebai, administrateur associé sur place pour le HCR. Cela reste provisoire mais il y a depuis des années une forte collaboration avec les associations locales et même les délégués à la protection de l’enfance pour soutenir et protéger les mineurs. »

    Il n’empêche : le foyer du HCR et, plus loin, celui coordonné par l’OIM, sont en bordure de la ville, à l’écart des habitants. Beaucoup de migrants racontent ne pas s’aventurer trop loin si ce n’est pour le travail ou acheter à manger. Seuls quelques-uns commencent à être installés dans des appartements en zone urbaine.

    Pour l’instant, il est bien difficile de parler d’une politique globale d’intégration dans la société tunisienne. Alors qu’à Tunis et Sousse, la centrale syndicale UGTT a mis en place depuis 2018 des espaces pour migrants afin d’informer les travailleurs subsahariens sur leurs droits et de régulariser leur situation, la reconnaissance politique des migrants en Tunisie peine à se faire.

    « Reconnaître les droits des vivants comme des morts qui sont sur le territoire tunisien, c’est envoyer un signal d’acceptation aux autorités européennes. Les Tunisiens veulent éviter cela, ils ne veulent pas être forcés de s’impliquer plus dans la gestion des frontières européennes. Pour le moment donc, ceux qui arrivent à s’échapper de la Libye restent dans une situation de flou », constate la chercheuse Valentina Zagaria.
    Du côté de la délégation de l’Union européenne, présente en Tunisie, les programmes visent plutôt au soutien pour lutter contre l’immigration clandestine et aider au retour volontaire. Et les déclarations sont bien prudentes.

    « Dans un monde interdépendant, les responsabilités sont aussi partagées et interdépendantes. Ce qui se passe au Soudan a une incidence sur la Tunisie et sur l’Europe et vice versa. L’UE suit la situation de près et comprend l’inquiétude des autorités tunisiennes. À la demande de la Tunisie, elle étudiera tout éventuel soutien », répond par mail Sophie Vanhaeverbeke, cheffe de la coopération.

    En attendant, la Tunisie, à la fois terre d’accueil et terre de deuil, regarde avec appréhension le conflit en Libye. Depuis le début de l’année 2019, plus de 1 000 personnes sont arrivées de Libye, mais leur nombre pourrait être de 25 000 si le conflit empire, selon les chiffres de planification du HCR et de l’OIM.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/220719/la-tunisie-nouveau-cimetiere-des-migrants-morts-en-mer?onglet=full
    #asile #migrations #réfugiés #mourir_en_mer #naufrage #Zarzis #cadavres #cimetière #enterrement #morts #décès #corps

    Sur le cimetière de Zarzis, voir :
    https://seenthis.net/tag/zarzis
    ping @_kg_

  • Philippe Ferrières, Patrick Yem, Brahim Moussa, Zineb Redouane, Henri Lenfant, Romain Chenevat, Aboubacar Fofana ... et même si on ne sait toujours pas #OùEstSteve
    En un an, les forces de l’ordre ont tué au moins sept personnes

    Par Timothée de Rauglaudre , Marty

    Depuis son premier bilan publié en mai 2017, StreetPress a continué à surveiller les décès survenus lors d’interventions des forces de l’ordre. Cette année, nous en avons recensé 7. On vous raconte.

    https://www.streetpress.com/sujet/1563182139-forces-de-l-ordre-tue-sept-personnes

    #violences_policieres #maintien_de_l'ordre #morts_de_la_police