• La plus grande victoire de la #mafia est d’avoir cessé de ressembler à la mafia

    Aujourd’hui, la mafia semble plus puissante que jamais – il suffit de regarder les chiffres de la #cocaïne pour s’en rendre compte –, mais aussi plus invisible. Comment en est-on arrivé là ?

    Quand j’ai écrit Extra pure en 2020, la cocaïne était déjà partout ; aujourd’hui, elle est partout et coûte moins cher. La production mondiale a plus que triplé et les saisies atteignent des niveaux records. C’est justement là le problème : saisir des tonnes sans faire grimper le prix revient à vider l’océan à la cuillère.

    La structure a changé : on n’a plus de cartels verticaux, mais un système de courtage, des cellules interchangeables, l’Équateur devenu une plaque tournante, l’Europe du Nord avec Anvers et Rotterdam comme portes d’entrée, la ‘Ndrangheta en tant que banquier du système. Et puis les drogues de synthèse, qui n’ont besoin ni de terre ni d’agriculteurs, mais seulement d’un hangar.

    Mais la véritable nouveauté se trouve là où l’on ne regarde pas.
    Quel est cet angle mort ?

    Oliver Bullough l’a baptisé « Moneyland », un pays sans frontières où l’argent sale circule librement tandis que les lois censées le traquer restent nationales. Le criminologue Michael Levi répète depuis des années que, en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, on mesure l’activité et jamais le résultat : on compte le nombre de signalements envoyés et non la quantité de crimes qui ont été empêchés.

    Il en résulte que l’on récupère 0,05 % des produits du crime et que les coûts de mise en conformité dépassent de cent fois l’argent saisi
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    . C’est le paradoxe du réverbère : nous cherchons les clefs là où il y a de la lumière, dans les formulaires, dans les signalements des banques, dans la bureaucratie de la conformité, alors que les clefs se trouvent dans l’obscurité et que personne ne veut s’y aventurer.
    Quels signaux plus ou moins faibles voyez-vous en France où l’on parle de plus en plus d’une mexicanisation du pays ?

    Chaque fois qu’un jeune meurt à Marseille, la France regarde le cadavre et dit : « Le Mexique ». C’est là que réside l’erreur. Le mort est la seule partie du trafic de drogue qui accepte de se laisser photographier. C’est le résidu, le bilan des erreurs, le coût d’un marché qui n’a pas encore trouvé son équilibre. Un marché qui tue est un marché immature. Quand le système fonctionne vraiment, personne ne meurt : on signe un acte notarié. Le sang n’est pas le signe de la puissance criminelle, c’est le signe de son adolescence.

    Le signal grave, c’est l’autre, et par définition, on ne le voit pas, car sa réussite coïncide exactement avec son invisibilité.

    Commençons par la langue, qui trahit toujours. Les Français parlent de « blanchiment ». En Italie, nous parlons de « recyclage ». Ce sont deux philosophies opposées.
    C’est-à-dire ?

    Le blanchiment promet la purification, la tache qui disparaît, l’argent qui redevient innocent. Le recyclage admet au contraire que la substance reste et ne change que de forme. La France s’est bercée pendant des décennies de l’illusion de pouvoir « laver » ; l’Italie a appris à ses dépens que rien ne se lave, mais se transforme. Ce n’est pas un détail lexical : Tracfin appelle encore aujourd’hui « sociétés lessiveuses » les entités qui blanchissent les fonds du crime organisé. Toute la métaphore de la lessive est présente dans le vocabulaire administratif de l’État.

    Et voici la partie historique que la France refuse de lire. Le trafic qui a inondé l’Amérique d’héroïne pendant trente ans s’appelait la « French Connection ». Le mot « français » figurait dans son nom, les laboratoires se trouvaient à Marseille, et la France a tout de même réussi à considérer cela comme l’affaire des autres : d’abord des Corses, puis des Italiens, ensuite des Maghrébins, aujourd’hui des Slaves et des Albanais.

    Chaque génération a eu son étiquette ethnique, et chaque étiquette a servi à ne pas nommer la structure. Car si les laboratoires étaient marseillais, l’argent ne restait jamais dans le milieu : il passait par des banques, des biens immobiliers sur la Côte d’Azur, des casinos, des chantiers. Le trafic peut être étranger.
    Et le blanchiment ?

    Le blanchiment, non. Le blanchiment est toujours local, par nécessité technique : pour blanchir de l’argent, il faut un notaire, un expert-comptable, un établissement de crédit, un marché public, un cadastre. Il faut donc les institutions de ce pays et les professionnels de ce pays.

    Les chiffres le montrent avec une brutalité que les chroniques n’ont pas. La Cour des comptes européenne a estimé le blanchiment à 1,3 % du PIB de l’Union chaque année, soit environ 38 milliards d’euros pour la seule France. La commission d’enquête du Sénat évalue à 50 milliards le chiffre d’affaires des réseaux spécialisés dans le blanchiment de capitaux d’origine criminelle dans le pays. Le chiffre d’affaires du trafic de drogue français est estimé par les autorités entre trois et six milliards.

    Mettons ces chiffres côte à côte : la drogue n’en représente qu’une fraction. Le Sénat l’écrit sans détours dans son rapport du 18 juin 2025 : le blanchiment d’argent est aujourd’hui le trafic le plus lucratif de France, et il n’existe pas de stratégie cohérente pour le combattre ; le système n’est qu’un assemblage de dispositifs disparates. Le titre du rapport est déjà un verdict : « Ces dizaines de milliards qui gangrènent la société. »
    Qu’en est-il des chiffres sur la supposée origine étrangère du problème ?

    Nous avons un chiffre qui met fin à tout débat sur l’origine étrangère du problème. En 2024, Tracfin a reçu plus de 215 000 déclarations de soupçons, mais le secteur non financier — notaires, greffiers, maisons de jeux — ne représente que 7 % du total. Les avocats n’en ont transmis que quinze. Les agents sportifs, une catégorie à très haut risque, n’en ont jamais transmis une seule.

    Quinze signalements pour toute une profession. Ce n’est pas un problème de frontières : c’est un problème de classe professionnelle. La ligne qui sépare l’argent sale du patrimoine propre passe par les cabinets du centre de Paris, pas par les ports. Le cas le plus révélateur remonte à sept semaines.
    Que s’est-il passé ?

    Le 9 juin 2026, la JIRS de Marseille a démantelé un réseau de blanchiment d’argent en bande organisée : treize interpellations, cinq personnes mises en examen, des sommes réinvesties dans l’immobilier ou transférées à l’étranger. 2,7 millions d’euros, des lingots d’or et quatorze voitures de luxe ont été saisis. Tout avait commencé au printemps 2024 par un simple contrôle fiscal dans la banlieue de Narbonne.

    Les sociétés utilisées comme écrans étaient des entreprises de construction de Perpignan, Narbonne et Béziers, avec une activité économique réelle et un chiffre d’affaires réel. Pas de sociétés fantômes aux Seychelles : des chantiers français qui construisaient réellement. Le président de la fédération du bâtiment des Bouches-du-Rhône admet que ces entreprises remportent les appels d’offres avec des propositions inférieures de 25, 30, voire 40 % au prix du marché, et que le secteur subit des menaces et du racket concernant les embauches sur les chantiers autour de Marseille.

    Autrement dit : l’argent de la drogue remporte des marchés publics français en vendant à perte. Il élimine les entreprises légales pour cette raison même : sa rentabilité, il l’a déjà faite ailleurs. C’est la définition parfaite d’une méthode mafieuse, et personne ne l’a importée de l’extérieur.

    Le nouveau Parquet national anticriminalité organisée a saisi, en cinq mois, près de 990 millions.
    Ce n’est donc pas suffisant…

    C’est un bon début. Mais il faut le mettre en perspective avec les 38 milliards estimés chaque année. Le rapport entre ces deux chiffres résume tout le problème français.

    C’est pourquoi le terme de « mexicanisation » est réconfortant, et doit être rejeté précisément par ceux qui dénoncent ces pratiques. Parler du Mexique revient à dire : « Ils nous importent leur violence. » Cela déplace le centre de gravité vers l’extérieur, vers l’ethnie, vers l’immigration, et transforme un problème de système économique en un problème d’ordre public.

    Les mafias ne se mesurent pas au nombre de morts qu’elles causent : elles se mesurent aux patrimoines qu’elles parviennent à blanchir. Les meurtres, c’est ce que le trafic de drogue perd. Le blanchiment d’argent, c’est ce qu’il gagne. Et aucun État n’a jamais été détruit par ce que les criminels perdent.
    La déstabilisation de certains pays européens pourrait-elle atteindre les niveaux que l’on a connus en Amérique latine ?

    La différence est structurelle, et non de degré. En Amérique latine, le trafic de drogue a érodé le monopole de l’État sur la violence, avec des territoires où l’État ne pénètre pas, des taux d’homicides à deux chiffres pour 100 000 habitants, des forces de police infiltrées jusqu’aux plus hauts échelons, des candidats assassinés en pleine campagne électorale.

    En Europe, ce n’est pas le cas. Ici, les mafias ne défient pas l’État, elles le traversent. Elles achètent des marchés publics, blanchissent des capitaux, s’immiscent dans la logistique portuaire et dans le secteur du bâtiment. Peu de violence, forte pénétration économique. Un modèle opposé, et justement pour cette raison plus difficile à percevoir.
    Quelle devrait être la réponse à adopter ?

    La dérive autoritaire n’est la réponse à aucun de ces deux modèles. Les mafias n’ont jamais eu peur d’un État fort. Elles ont peur de l’État qui contrôle l’argent. Ce qui les touche, ce sont une magistrature indépendante, les enquêtes patrimoniales, les confiscations, la transparence des marchés publics, un journalisme capable d’écrire sans craindre de poursuites abusives. Ce sont les mêmes outils que tout gouvernement autoritaire s’empresse d’affaiblir en premier lieu, car ils peuvent aussi le toucher.

    Deux exemples historiques. Le fascisme s’est vanté d’avoir vaincu la mafia grâce au préfet Mori, mais il n’a frappé que la base et a laissé intacte, voire favorisée, la bourgeoisie mafieuse qui avait rejoint le régime, à tel point qu’en 1943, ce réseau était prêt à se reconstituer. Aujourd’hui, le modèle Bukele, avec ses prisons de masse et son état d’exception permanent, a fait chuter le nombre d’homicides sans toucher au trafic de drogue ni au blanchiment d’argent. On arrête la rue, on laisse le capital intact.

    L’autoritarisme produit une sécurité perçue et une impunité réelle aux échelons supérieurs. Contre les mafias, c’est le contraire qu’il faut. Moins de spectacle, plus de bilans.
    En matière de lutte contre le crime organisé, l’Italie a une certaine expérience (notamment depuis les années 1980). Pensez-vous qu’elle est assez étudiée par les autres pays européens ?

    Absolument pas. L’Europe est à la traîne, le reste du monde l’est encore plus.

    L’Italie possède le meilleur savoir-faire au monde, et c’est un savoir-faire né du sang : l’article 416-bis existe parce que Pio La Torre a été assassiné ; l’article 41-bis et le système des collaborateurs de justice existent parce que Falcone et Borsellino ont été assassinés. Derrière chaque instrument législatif italien se cache un cercueil. C’est une législation écrite dans le deuil, et c’est pour cela qu’elle fonctionne : elle n’est pas née dans un séminaire, mais de l’urgence d’un État qui était en train de perdre pied.

    Presque aucun autre pays européen ne connaît le délit d’association de type mafieux. On juge les délits individuels – le trafic, le meurtre, le blanchiment d’argent –, mais pas l’organisation en tant que telle, ni la méthode, ni la force d’intimidation que représente le lien d’appartenance. Et presque partout, l’attaque contre le patrimoine fait défaut : mesures de prévention, confiscation élargie, administration judiciaire des entreprises. Le reste de l’Europe arrête des personnes ; l’Italie a compris qu’il fallait leur retirer leur argent, car un parrain en prison dont le patrimoine reste intact continue de diriger.

    Y a-t-il à ce niveau un décalage entre l’Europe du Nord et l’Europe du Sud ?

    L’Europe du Nord a longtemps entretenu un malentendu : celui selon lequel la mafia serait un problème folklorique du Sud, fait de casquettes et de fusils. Pendant qu’on pensait cela, la cocaïne est entrée par Rotterdam et Anvers, la ‘ndrangheta a investi dans toute l’Allemagne (Duisbourg 2007 n’a rien enseigné) et à Marseille, la DZ Mafia a mis en place un système de violence que la France peine même à nommer. Ce n’est pas que les mafias soient arrivées en Europe : c’est que l’Europe ne disposait pas des catégories pour les percevoir.

    Car le véritable phénomène est tout autre : ce ne sont pas seulement les mafias qui se sont capitalisées, c’est le capitalisme qui s’est mafiosisé. Les organisations criminelles ne sont plus le corps étranger qui s’attaque à l’économie légale. Elles sont le fournisseur de liquidités le plus fiable du marché : elles ne demandent pas de garanties, paient en espèces, et en cas de crise, elles arrivent avant les banques. Et l’économie légale a cessé de se demander d’où vient cet argent.

    Tant que l’Europe traitera la mafia comme une question d’ordre public et non de marché, de marchés publics, de logistique portuaire, de fonds publics, elle restera structurellement sans défense, et continuera à demander conseil à l’Italie sur les morts sans en copier les lois.
    S’il ne fallait retenir qu’une seule leçon de votre travail et de vos livres, laquelle ce serait ?

    La leçon est simple. On ne peut pas changer ce qu’on ne connaît pas.

    Le capitalisme criminel existe parce qu’il reste indéchiffrable. On ne peut pas le combattre si l’on ne comprend pas son mécanisme, conçu exprès pour passer inaperçu.

    Il est très facile de dire que ce sont les immigrés qui s’en prennent aux villes. La détresse a un corps, un visage, elle est dans la rue, on peut la photographier. L’argent, non. Il passe par des virements, des sociétés écrans, des marchés publics, et ne fait pas la une des journaux télévisés. Ainsi, l’indignation se porte toujours sur le pauvre visible et jamais sur le flux invisible — ce qui est exactement ce que ce flux souhaite.

    Mon travail a consisté à mettre en lumière cette ombre. J’en ai payé le prix. Chaque jour, je me demande si cela en valait la peine.
    Comment comprendre la fascination que suscitent les narcotrafiquants ? Netflix, par exemple, semble en avoir fait son fond de commerce.

    Le trafiquant de drogue ne fascine pas parce qu’il se tient en marge du système. Il fascine parce qu’il incarne le système débarrassé de toute hypocrisie. L’entrepreneur légal doit présenter un récit moral de son enrichissement : le mérite, l’innovation, la valeur apportée au territoire, et aujourd’hui, le bilan de développement durable. Le trafiquant de drogue en est dispensé. Son capital n’a pas besoin de s’excuser. Le spectateur reconnaît une structure qu’il connaît déjà : l’ascension, le risque, le capital réinvesti, l’élimination du concurrent, débarrassée des mots qui la rendent méconnaissable lorsqu’elle revêt une veste. Ce n’est pas le revers de notre monde, c’est notre monde dont on a coupé le son de la justification.

    De là naît un plaisir que j’appellerais gnostique, et c’est le véritable moteur de la série. Celui qui regarde a le sentiment d’avoir été admis au secret, d’avoir enfin vu comment fonctionne vraiment le monde. C’est la face B. Mais c’est un plaisir épistémologique, non moral, et pour cette raison dangereusement compatible avec l’inertie. Comprendre comment fonctionne la machine procure une satisfaction qui ressemble beaucoup à la capitulation.
    Que faudrait-il faire ?

    Il y a une objection à se faire à soi-même, et c’est la partie qui fait tenir tout le reste. Le narcotrafiquant n’est pas du tout dépourvu d’hypocrisie. Il dispose d’un appareil de légitimation extrêmement raffiné : la famille, l’honneur, le terrain de foot construit dans la commune, le pauvre qui se venge de l’oligarchie, la Vierge sur le mur.

    Escobar avait un discours politique, pas seulement une fortune. Il ne dit pas la vérité sur le capital : il raconte un autre mensonge, archaïque plutôt que managérial, et justement pour cela plus séduisant, car il parle le langage du mythe et non celui du communiqué de presse.

    Et là, le piège réside dans le récit lui-même. La véritable face cachée n’est pas spectaculaire. C’est le notaire, la facture gonflée, le transporteur, la société écran à Malte. La série raconte l’exception, le parrain, la fusillade, le charisme, et finit ainsi par protéger la règle, qui est la continuité parfaite entre l’économie criminelle et l’économie légale. Le narcotrafiquant représenté comme un monstre est un alibi. Si le narcotrafiquant était présenté comme un collègue, ce serait alors vraiment insupportable.
    Qu’a pu apporter en plus du livre, selon vous, l’adaptation de Gomorra aux écrans ?

    Je ne pense pas que la série apporte quelque chose : je pense qu’elle enlève. Elle enlève le « je », elle enlève la voix off, elle enlève le témoin. Il ne reste que le monde, sans personne pour le juger à notre place.

    C’est par cette soustraction que Gomorra est devenue une grammaire visuelle mondiale — au point d’universaliser Scampia. PNL tourne le clip Le monde ou rien aux Vele parce que cette banlieue est déjà la leur : Manille, Philadelphie, Paris, Le Caire… toutes les banlieues obéissent à la même logique.
    La légalisation représente-t-elle une solution pour casser les trafics de drogue ?

    Non, la légalisation ne met pas fin au trafic de drogue. Elle en élimine une partie, et il faut préciser laquelle.

    En ce qui concerne les drogues douces, l’expérience a déjà été menée et elle a fonctionné. Après la légalisation au Colorado et dans l’État de Washington, le trafic de cannabis mexicain s’est effondré : les saisies à la frontière ont été réduites à une fraction négligeable. Aucune opération de police n’avait jamais obtenu un résultat similaire. La légalisation a accompli ce que quarante ans de guerre contre la drogue n’avaient pas réussi à faire.

    Le pire modèle est celui qui reste à mi-chemin : une demande tolérée, une offre illégale. Le backdoor problem néerlandais a alimenté pendant quarante ans la filière à partir de laquelle s’est développée la Mocro Maffia. Dépénaliser la consommation sans réglementer la production est le cadeau idéal pour le crime organisé. Les Néerlandais ont reconnu le problème et tentent d’y remédier. Depuis 2023, l’Experiment gesloten coffeeshopketen, la « chaîne fermée », est en cours : dix communes — dont Breda, Tilburg, Arnhem, Groningue, Maastricht et Nimègue — où les coffee shops ne vendent que du cannabis issu d’une production légale, provenant de cultivateurs privés agréés, sous le contrôle de l’Inspection et de l’autorité alimentaire. À partir d’avril 2025, la vente de tout autre produit est interdite. Durée prévue : quatre ans.
    Quel rapport entretenez-vous maintenant avec Naples, vos terres natales mais terres où vous êtes en permanence menacé ? Comment se manifeste chez vous cette ambivalence ?

    Naples m’a chassé. C’est la blessure la plus profonde, car elle ne vient pas de mes ennemis. De la part de mes ennemis, on s’y attend, ça fait partie du jeu. Elle vient de chez moi. D’une partie de ma ville qui a décidé que le problème n’était pas la camorra, mais ceux qui en parlaient.

    Et on m’a chassé sur la base d’une fausse accusation : celle selon laquelle parler du mal détruirait le lieu qui l’abrite. C’est exactement le contraire qui s’est produit. Après ces récits, le tourisme a explosé, les ruelles dont j’avais parlé se sont remplies. Ce n’est pas à moi qu’en revient le mérite. Mais cette théorie, selon laquelle le silence protège et la parole détruit, est le mensonge le plus ancien du pouvoir criminel. Naples en est la réfutation vivante.

    C’est là que réside le paradoxe le plus obscène : ceux qui m’accusent d’avoir diffamé Naples sont très souvent ceux qui ont tiré profit de cette transformation. Ceux qui ont acheté, ceux qui ont vu la valeur d’un bien immobilier tripler dans un quartier que personne ne voulait traverser il y a vingt ans. Ils vivent de ce changement et crachent sur ceux qui l’ont déclenché.
    Si c’était à refaire, écririez-vous et publieriez-vous de nouveau vos livres à cause desquels vous êtes aujourd’hui menacé ?

    Non. Je ne le referais pas. Non pas parce que je renie quoi que ce soit de ce que j’ai écrit, mais parce que je n’ai pas été le seul à en payer le prix. Le livre est vivant et continue son chemin ; moi, je suis resté figé depuis vingt ans et ma famille s’est effondrée.
    Les derniers mots de Gomorra (« Fils de pute, je suis encore vivant ! ») sont-ils devenus, de façon presque performative, les mots qui caractérisent votre vie ?

    Je les ai écrits à 26 ans et ils sont devenus une prophétie sur ma vie.
    Quel est le lieu le plus important pour vous à Naples ? Y avez-vous un beau souvenir ?

    Je répondrais à ces deux dernières questions en citant Dante : « Il n’est pas de plus grande douleur que de se souvenir des temps heureux dans la misère »…

    https://legrandcontinent.eu/fr/2026/08/02/la-plus-grande-victoire-de-la-mafia-est-davoir-cesse-de-ressembler-
    #criminalité_organisée #Roberto_Saviano #in/visibilité #drogue #ndrangheta #Moneyland #blanchiment_d'argent #mort #puissance #invisibilité #lessive #vocabulaire #terminologie #mots #Marseille #France #French_connection #trafic_de_drogue #argent_sale #BTP #bâtiment #appels_d'offre #marchés_publics #mexicanisation #économie #pénétration_économique #autoritarisme #loi #législation #patrimoine #argent #Rotterdam #Anvers #capitalisme #fonds_publics #lutte_contre_la_mafia #logistique #narcotrafique #mythe #légalisation #légalisation_de_la_drogue #coffee_shops #Pays-Bas

  • Aujourd’hui est le jour de la disparition de seenthis.net des indexes des moteurs de recherche, pas vrai ?

    Bing
    https://www.bing.com
    site:seenthis.net -> rien

    Startpage
    https://www.startpage.com/sp/search
    site:seenthis.net -> rien
    seenthis.net -> n’importe quoi sauf du comtenu de seenthis.net

    Ecosia
    https://www.ecosia.org
    host:seenthis.net -> n’importe quoi sauf du comtenu de seenthis.net
    site:seenthis.net -> rien

    Qwant
    https://www.qwant.com
    pareil

    Lilo
    https://www.lilo.org
    Recherche de : seenthis.net -> O.K. pertinent
    Loin d’être complet, je ne sais pas, si Lilo archive les pages seenthis.
    Le recherche pour « seenthis.net #Attualità » de donne aucun résultat et je ne trouve pas de documentation de la syntaxe de Lilo.

    Google
    https://www.google.com/search?q=host%3Aseenthis.net+Taxinotruf
    site:seenthis.net -> rien
    site:seenthis.net Taxinotruf -> pareil sauf que Google me pose des questions sur l’endroit où je me trouve etc. ...

    Duckduckgo
    https://duckduckgo.com
    site:seenthis.net -> rien
    seenthis.net -> n’importe quoi sauf du comtenu de seenthis.net

    Duck.AI
    https://duckduckgo.com/#chat

    Question :

    Est-ce que duckduckgo connaît le site web https://seenthis.net ?

    Réponse GPT 5.4. :

    Oui, DuckDuckGo (et donc l’interface Duck.ai) peut connaître et référencer des pages de seenthis.net via son moteur de recherche, comme pour beaucoup d’autres sites.

    Question :

    Alors montre moi le lien vers un billet seenthis avec l’expression Taxinotruf

    Réponse GPT 5.4 nano :

    Je n’ai pas trouvé de billet seenthis.net qui contienne l’expression “Taxinotruf”. Si tu veux, je peux réessayer avec une variante (maj/min, “Taxino truf”, ou juste une partie du mot).

    Recherche dans seenthis :
    https://seenthis.net/recherche?recherche=Taxinotruf
    Résultats
    https://seenthis.net/messages/1156583 (c’est précis, il y 6 mois))
    https://seenthis.net/messages/799490 (c’est précis. 31/08/2019)

    Je n’ai pas testé davantage et il est possible que cette situation dure déjà depuis un certain temps.

    J’ai testé avec d’autres domains tld et j’obtiens des résultats pertinents. Conclusion : les moteurs n’indexent plus seenthis.net.

    Je crois que depuis l’installation d’Anubis qu’il y a un problème d’archivage de seenthis.net par archive.org ...

    Recherche dans archive.org
    https://web.archive.org
    https://web.archive.org/web/20260000000000*/https://seenthis.net
    Ca y est mais ce n’est pas complet. Il faudrait compléter les archives suivant cette page d’explications :
    https://help.archive.org/help/uploading-a-basic-guide

    Sur la page https://web.archive.org on peut simplement indiquer l’URL à archiver. J’ai l’impression qu’Anubis crée un problème ici car archive.org produit un message avertissant l’utilisateur d’un délai inattendu. En chechant pour la page à archiver on obtient un message qui indique que la page n’a pas été archivée.

    Cette page est assez compréhensible :
    https://help.archive.org/help/using-the-wayback-machine

    L’archive internet étant sous pression cette page ne correspond plus exactement à l’interface il faudrait se référer à ce guide ou creuser davantage :
    https://archive.org/developers/internetarchive

    Conclusion : Le projet de seenthis.net est plus important que jamais car il faut recommencer à construire ses propres archives et indexes après la disparition d’un nombre important de fonctions des moteurs de recherche. Ce processus a commencé avec le « personnalisation » des résultats de Google et prend des formes hallucinantes depuis le rempacement des méthodes de recherche avancée par l’IA industrielle. Cette IA est utile entre autres pour les condensés de pages web, mais les monopoles de l’internet rendent de plus en plus difficile d’identifier des sources précises et de raconter les histoires sur base de résultats des recherches dans l’internet.

    Pour rendre plus utile et efficace #seenthis.net il faudrait revoir qui peut l’indexer et ouvrir un peu les portes pour archive.org et les autres #white_hat de l’internet.

    #seenthis #archives #moteur_de_recherche #IA #Anubis

  • Contre la #présomption de #légitime_défense pour les #forces_de_l'ordre. - Contre la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre. - Plateforme des pétitions de l’Assemblée nationale
    https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-6334

    #gardiens_de_la_paix

    Contre la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre.
    Avatar Isam EL KHALFAOUI
    26/06/2026
    Identifiant : N°6334

    Le 7 juillet 2026, l’Assemblée Nationale est appelée à se prononcer sur la #proposition_de_loi n°691, portée par le député Eric Pauget (#LR), visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions. Un amendement gouvernemental instaurant une présomption de légalité des tirs a déjà été adopté en première lecture le 22 janvier 2026.
    Nous, citoyennes et citoyens signataires de cette #pétition, demandons aux député·es de voter contre la #PPL n°691 lors du scrutin du 7 juillet 2026. Ce texte, examiné en commission des lois en janvier 2026, est désormais inscrit à l’ordre du jour de la session extraordinaire. Son adoption constituerait une atteinte grave à l’État de droit, à nos engagements européens et au principe constitutionnel d’égalité devant la #loi.

    Cette demande repose sur quatre #motifs_graves_et_documentés.

    Premier motif : un bilan humain qui rend ce #texte_inadmissible.
    La loi de 2017 ayant élargi les conditions d’usage des armes à feu par les forces de l’ordre a produit des effets documentés et alarmants. Selon le recensement indépendant du média Basta !, confirmé par les données de l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN), 66 personnes ont été tuées lors d’interventions policières en 2024, dont 27 par arme à feu, record absolu depuis 1967.
    La France a été interpellée à trois reprises par les organes de l’ONU comme le pays de l’Union Européenne comptant le plus grand nombre de personnes tuées ou blessées par des agents de la force publique. Adopter une nouvelle loi présumant la légalité des tirs policiers aggraverait mécaniquement cette tendance.

    Deuxième motif : une violation caractérisée de la jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l’Homme et de l’obligation de l’État de protéger le droit à la vie.
    La jurisprudence constante de la CEDH impose à l’État une présomption de responsabilité lorsqu’une personne décède aux mains de ses agents. Il appartient à l’État de démontrer que le recours à la force létale était absolument nécessaire et proportionné et non aux victimes ou à leurs proches de prouver son illégalité. La Cour a affirmé que cette obligation est un élément intégral du devoir de l’État de protéger la vie, rendre justice aux victimes d’un usage illégal de la force et prévenir la répétition de tels actes.
    Qu’un agent de l’État prenne la vie d’autrui constitue la plus grave ingérence aux droits humains possible. Le cadre déontologique de toute force de l’ordre doit poser un principe clair : en cas de doute, ne tirez pas. Ce principe est incompatible avec une présomption de légalité du tir.

    La PPL n°691 inverse précisément cette logique. En présumant la légalité du tir, elle transfère la charge de la preuve sur les victimes, libère l’État de son obligation de justification, et va à l’encontre du concept même des droits humains. Voter ce texte exposerait la France à des condamnations répétées à Strasbourg.

    Troisième motif : une rupture de l’égalité des citoyens devant la loi, contraire à la redevabilité des forces de l’ordre et susceptible d’être sanctionnée par le Conseil constitutionnel.
    Le principe d’égalité des citoyens devant la loi est consacré par l’article 6 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. Le Conseil constitutionnel en est le garant et sanctionne régulièrement les dispositions qui y portent atteinte sans justification objective et proportionnée.
    En créant une présomption de légalité au bénéfice exclusif des agents armés de l’État, la PPL n°691 établit une différence de traitement radicale entre la puissance publique et le citoyen ordinaire. Aucun autre justiciable ne bénéficie d’une telle présomption lorsqu’il cause la mort d’autrui. Cette inégalité structurelle, qui n’est justifiée par aucune nécessité proportionnée à l’objectif poursuivi, est susceptible d’être censurée par le Conseil constitutionnel.
    Au-delà de la question constitutionnelle, ce texte porte atteinte à un principe fondamental de l’État de droit : la redevabilité des forces de l’ordre. Conférer à des agents de l’État le pouvoir de faire usage de la force létale implique nécessairement un contrôle juridictionnel effectif de cet usage. C’est précisément ce contrôle qui fonde la légitimité de la police dans une démocratie. Une force de l’ordre soustraite à la reddition des comptes ne perd pas seulement sa légitimité juridique, elle perd la confiance de la population qu’elle est censée protéger. Ce texte affaiblit la police autant qu’il affaiblit l’État de droit.
    Nous appelons les parlementaires qui doutent de la constitutionnalité de ce texte à saisir le Conseil constitutionnel avant promulgation, conformément à l’article 61 de la Constitution.

    Quatrième motif : un texte qui paralyse les enquêtes judiciaires et détruit les droits des victimes.
    Si la légalité du tir est présumée dès l’ouverture du feu, l’infraction disparaît au moment même où elle est susceptible d’être commise. Cette logique rend impossible le placement en garde à vue dans les premières heures cruciales qui permettent d’éviter les concertations et de préserver les preuves. Elle vide l’instruction judiciaire de sa substance et prive les familles de victimes de toute voie de recours effective.
    Une telle présomption porte le risque qu’il n’y ait aucune investigation prompte, efficace et impartiale puisque c’est souvent seulement après une investigation approfondie que les éléments permettant de douter de la légitimité de l’action policière ressortent. Le Comité contre la Torture des Nations Unies a déjà recommandé à la France en 2024 de veiller à ce que toutes les allégations d’usage excessif de la force fassent l’objet d’une enquête rapide, approfondie et impartiale par une instance indépendante. Cette loi va dans la direction opposée.
    Ce constat est partagé par des professionnels du droit : le Syndicat de la Magistrature, le Syndicat des Avocats de France, et la CGT-Intérieur s’opposent à ce texte pour des raisons techniques. Ce dernier a relevé que ce texte introduirait “une logique plus proche de l’accusatoire, sans en donner les garanties”.

    NOTRE DEMANDE
    Pour l’ensemble de ces motifs, violation de la jurisprudence de la CEDH, atteinte au principe constitutionnel d’égalité devant la loi pour toutes et tous, impact dévastateur sur le fonctionnement de la justice, aggravation prévisible du nombre de morts, nous demandons aux député·es de l’Assemblée Nationale de voter contre la PPL n°691 lors du scrutin du 7 juillet 2026.
    La France est déjà le pays d’Europe comptant le plus grand nombre de personnes tuées par des agents de la force publique. Ce texte aggravera mécaniquement ce bilan. Les représentant·es du peuple ont le pouvoir et la responsabilité de l’arrêter.
    Nous demandons donc aux députés de :
    – Voter contre la PPL n°691 lors du scrutin du 7 juillet 2026 ;
    – Demander publiquement au gouvernement de soumettre ce texte au Conseil d’État pour avis avant le vote ;
    – Soutenir la demande d’avis public adressée au Défenseur des droits sur la constitutionnalité et l’impact discriminatoire de ce texte.

    Cette pétition ne constitue pas un procès fait aux forces de l’ordre. Elle est un appel à la défense de l’État de droit, adressé aux représentant·es du peuple français, avant qu’une loi aux conséquences humaines et juridiques graves ne soit adoptée sans les vérifications qui s’imposent.

  • #Colonialité toxique : dans les paysages radioactifs du #Sahara

    De 1960 à 1966, avant et après l’indépendance de l’#Algérie, l’État français a expérimenté au Sahara dit algérien dix-sept bombes atomiques et autres essais chimiques. Ce sujet a longtemps été #tabou en France, dans la presse, dans les discours politiques aussi bien que dans le cadre académique où enquêtes, témoignages, littérature et recherches sur ce thème ont été invisibilisés. Seul le réseau associatif et militant a soutenu les travaux abordant ce domaine – comme par exemple le livre de Raphaël Granvaud, Areva en Afrique, Une face cachée du nucléaire français3. Brisant frontalement la confidentialité de ces faits – presque trois décennies après l’ouvrage de Gabriele Hecht sur l’histoire nucléaire de la France, Le rayonnement de la France4, plusieurs publications récentes issues du monde anglo-saxon abordent la violence coloniale française illustrée dans ses modalités extrêmes par les expérimentations atomiques.

    C’est le cas du nouveau livre de Samia Henni, Toxicité coloniale. Documenter le paysage radioactif dans le Sahara. Paru d’abord en anglais5, il est associé à une exposition6 qui réverbère d’une autre manière les éléments de preuve de l’usage violent d’un territoire colonisé. L’autrice, architecte, historienne et théoricienne de l’architecture, enseigne actuellement à l’Université McGill de Montréal. Elle donne à penser la colonisation et ses effets dévastateurs sur le très long terme. Son point de départ est l’espace et sa gestion en période de guerre, sa réorganisation ou ce que le langage colonial a souvent appelé sa « mise en valeur ». Sensible aux narrations « cosmétiques » qui masquent les réalités de la domination coloniale, Samia Henni évoque en ce sens les euphémismes utilisés pour dire les faits qui ne sont pas seulement des « essais » nucléaires ou de la « radioactivité », mais bien des bombes atomiques à part entière et une toxicité sans limite produite par la colonisation.

    « Saharanisme »

    Faisant écho à cette question, Brahim El Guabli, professeur de pensée et littérature comparées à l’Université Johns Hopkins (USA), explore dans son dernier ouvrage, Desert Imaginations, la représentation des « déserts » à travers une variété de sources littéraires et historiques plurilingues (amazigh, arabe, français, anglais)7. Il montre que dans les productions culturelles majoritaires, les déserts apparaissent comme terra nullius, inhabitée, improductive, inutile et menaçante. La fiction mondialisée d’un désert vide et sans vie a permis de légitimer des projets d’exploitation brutaux et destructifs8. Brahim El Guabli propose d’appeler « saharanisme » ou encore « désertisme » cet imaginaire dominant dont il retrace les origines lointaines et la construction, en particulier dans les écrits politiques et littéraires français du XIXe siècle à aujourd’hui. Il fait de ces notions un outil conceptuel permettant d’approcher à plusieurs niveaux les usages et mésusages du désert, quelles que soient les parties du monde concernées. L’auteur distingue divers secteurs – spirituel, extractif, instrumental, sexuel – où s’exerce le saharanisme. En contrepoint de cette idéologie inhérente aux intérêts coloniaux, Brahim El Guabli montre le rapport intime que des écrivains et artistes autochtones manifestent dans leurs œuvres envers leur environnement, tangible et intangible, humain et non humain, une posture écologique sensible qu’il appelle ecocare ou encore éthique autochtone de la conscience environnementale. Cette attitude m’évoque une maxime touarègue Amaḍal amadal, « la terre est ce qui protège », mise en relation au Sahara avec la nécessité d’être nomade pour ne pas « peser sur le dos de la terre ». Comment une terre confisquée pour être mutilée, blessée, amputée, pourrait-elle continuer à protéger ses enfants ? Telle est la question que se posaient les Touaregs après les interventions violentes menées sur leur sol telles que les explosions atomiques, le creusement des puits de pétrole et des mines d’uranium, ou le réaménagement étrange de l’Afrique saharo-sahélienne en petits territoires enclos sur eux-mêmes, bardés de fils de fer barbelés9.
    La notion de saharanisme parait très utile pour approcher au présent divers types de faits, des plus anodins aux plus dommageables, tous fondés sur une hiérarchisation implicite des savoirs. Par exemple, l’obsession – a priori bienveillante – des organismes de développement ou d’aide qui interviennent en pays nomade pour creuser des puits, comme si le problème en zone aride était l’eau et non la gestion de l’eau. Pourtant, le piétinement animal intense autour des points d’eau, comme le disent bien les intéressés, détruit tous les pâturages alentour. Avec la multiplication des puits, aucune des stratégies nomades pour régénérer la flore ou conserver les plantes fourragères résistant au vent et permettant d’étager la consommation des pâturages ne peut plus s’exercer. Mais rien n’arrête ces politiques sédentaires du territoire couplées à la restriction de la mobilité qui ont finalement conduit à l’incapacité croissante de faire face aux sécheresses – pire, elles les ont aggravées.

    Au sujet des essais nucléaires français au Sahara, les approches des deux ouvrages cités se croisent et se complètent. Comment sortir du secret ? Comment rendre compte de la nuisance impalpable et occultée de ces explosions ? Comment documenter ce programme secret et ses lourdes conséquences, alors que la majorité des archives les concernant sont jusqu’à présent classées « secret-défense » ? Comment rendre audibles les voix des habitants sur la violence mortifère infligée à leurs vies et à leur terre par les gouvernements français et algérien qui ne les ont ni consultés ni avertis ?

    Trouver des voies et des voix pour répondre à ces interrogations fait partie des objectifs clairement énoncés par Samia Henni. Contestant « l’obsession coloniale et néolibérale de la “nouveauté”, la volonté d’être “le premier” à dire ou faire quelque-chose » (p. 37), l’autrice met à la disposition de ses lecteurs et lectrices les informations et les sources dont elle dispose, c’est-à-dire une centaine de documents d’archives (photos, textes) et la reproduction des témoignages de victimes (travailleurs et population d’Algérie, vétérans français) pour servir de socle à de futures recherches.

    Ce livre généreux et militant est fondé sur le partage des documents assemblés en étroite collaboration avec l’Observatoire des armements à Lyon. Il est destiné à « donner corps au silence des archives institutionnelles » et appelle à continuer le travail de mémoire et d’investigation permettant une autre narration des faits et un examen des responsabilités pour, à terme, exiger la décontamination des sites, l’ouverture totale des archives et la perspective de réparations.

    Car ces déflagrations nucléaires, décidées depuis Paris et prolongées en 1962 par les Accords d’Evian avec le gouvernement provisoire d’Algérie, ont eu de multiples répercussions sur les corps, sur l’environnement, sur le bâti, sur les paysages, sur les sols. Le matériel contaminé a été enseveli dans l’urgence au départ du personnel français en 1967, puis déterré par les puissants vents sahariens.

    Temps et espace du désastre atomique

    À partir de documents visuels et d’archives arrachées au secret, Samia Henni retrace les caractéristiques techniques et humaines des deux sites où les explosions ont été menées : d’un côté, Reggane, où furent lancées quatre bombes atmosphériques et de l’autre, In Ekker, émetteur de treize bombes souterraines, certaines échappant au confinement, et cinq expériences supplémentaires de dispersion atmosphérique de plutonium. Elle propose ensuite un corpus visuel composé d’extraits de documentaires et de reportages télévisés, et la reproduction de témoignages des victimes françaises.

    Dans le procédé éditorial choisi, les images impactent efficacement le regard en anticipant le texte. Ainsi, au début de l’introduction, onze photos aux tons jaune-sépia nous plongent dans la matérialité du secret, avec en première page un panneau d’interdiction de prise de vue et de menaces de sanctions contre tout contrevenant, planté sur l’un des sites d’expérimentation. Les images suivantes élargissent la focale, de la localisation des sites à l’emplacement des zones de tirs, du croquis topographique des infrastructures à une manifestation à Accra au Ghana contre ces expériences. Jusqu’à la photo de la « gerboisite », un terme qui conceptualise la matière radioactive anthropogénique produite par les explosions atmosphériques baptisées Gerboises par le pouvoir colonial. Enfin, une image satellite captant les mouvements intercontinentaux de la poussière radioactive du Sahara met immédiatement en évidence la nécessité d’un changement d’échelle pour l’analyse de ces faits.

    L’ouvrage restitue la situation géographique précise des deux sites d’expérimentation : Reggane dans la plaine de la Tanezrouft et In Ekker sur le mont Taourirt tan Afalla (littéralement en langue locale « Colline du haut » ou du « nord ») et aussi Taourirt tan Ataram (« Colline de l’ouest ») dans le massif de l’Ahaggar (nom utilisé dans l’ouvrage sous sa forme arabisée, Hoggar). Remarquons que les toponymes mentionnés sont tous amazighs. Ce qui donne une résonance particulière au choix de ces lieux situés à plus de 1000 km d’Alger et révèle une autre invisibilité qui n’est pas manifeste dans l’ouvrage, celle des habitants ancestraux de ces terres, les Imuhagh10, appelés « Touaregs » par les étrangers. L’invention de l’Algérie comme État colonial puis postcolonial les fera dénommer ensuite « Algériens » (comme dans la légende du 3e cahier photo où ils sont appelés « habitants algériens ») ou encore, selon les recensements sur leurs terres d’ancrage à la saison sèche, les assignera à d’autres identités nationales et territoriales : « Libyens », « Maliens », « Nigériens », « Burkinabè ». Les pouvoirs coloniaux ont en effet redessiné la carte de l’Afrique selon leurs intérêts, divisant le pays touareg par cinq frontières et transformant en peuple sans terre les nomades dont les parcours réguliers ont rendu le désert nourricier en préservant ses ressources végétales et hydriques.

    Samia Henni situe son propos dans le cadre national de l’Algérie. Elle montre cependant que le temps et l’espace de la toxicité nucléaire ne sont pas à l’échelle de la géopolitique humaine. Des témoins évoquent la violence monstrueuse des explosions ressentie non seulement à proximité, à Tamanrasset, mais aussi à 600 km à l’est à Djanet et à plus de 1 000 kilomètres au sud-ouest à Gao (p. 42), ou encore au sud-est dans l’Aïr11, englobant l’espace de référence de la mobilité nomade des Touaregs. Et bien au-delà encore.

    La toxicité invisible, impérissable, inquantifiable, irréversible, circule et s’infiltre partout où la diffusent les vents du globe. Elle contamine non seulement les lieux décrétés vides et sans importance par les autorités coloniales puis postcoloniales – notamment les territoires nomades –, mais également les pays et les continents des décideurs de la mise à feu des bombes atomiques. Elle s’étend à la terre entière et restitue, au-delà de l’approche spatialement fragmentée des événements, la perception géographique nomade qui au Sahara relie directement l’Ahaggar (actuelle Algérie), l’Ajjer (entre l’Algérie et la Libye), l’Aïr (actuel Niger), la Tademekkat (entre le Mali et le Burkina Faso) et la Tagaraygarayt (actuel Niger).

    Je rajouterai une information donnée par les Touaregs qui circulent entre l’Ahaggar et l’Aïr. Selon eux, l’abandon en 1967 des sites nucléaires français du côté algérien aurait été suivi par le transfert entre l’Ahaggar et l’Aïr d’une partie des anciens engins de chantier ainsi que du personnel pour mener des opérations de prospection à Madawela dans la vallée de Tin Marsoy. Cette partie du territoire touareg se trouvait rattachée depuis 1960 à l’État du Niger. Les nomades se souviennent des déplacements incessants et extrêmement dérangeants de camions énormes équipés de sondes qui sillonnaient les terres pastorales et creusaient le sol, faisant parfois jaillir de l’eau sans reboucher leurs forages en quittant les lieux.

    Ces travaux de prospection terrestres mais aussi aériens ont abouti à la mise en œuvre de l’exploitation d’un immense gisement d’uranium à Arlit, à environ 15 kilomètres de Madawela, ce dernier site étant laissé inactif, mais gardé par l’armée nigérienne. Comme ce fut le cas du côté algérien dans les années 1950 en pleine période coloniale, deux décennies plus tard, dans un État indépendant, les autorités françaises s’accaparèrent brutalement des terres touarègues de l’Aïr pour créer les infrastructures géantes d’une première mine à ciel ouvert (Arlit), puis d’une mine souterraine (Akokan), et d’une ville qui compte à présent plus de 100 000 habitants, détruisant toutes les ressources pastorales locales et interdisant aux nomades de poursuivre leur vie sur leurs propres terres. C’est à cette période que les contrôles et les détentions arbitraires de civils touaregs s’intensifièrent au nord du Niger, au point de transformer le seul fait d’être enturbanné en délit menant automatiquement à l’arrestation et à la confiscation des marchandises pour les caravaniers.

    Des vies qui ne comptent pas ?

    Comme l’écrit Samia Henni, après les explosions nucléaires des années 1960, les nomades, les oasiens et les citadins de la région de Reggane et de la vallée du Touat ont été directement affectés. Entre 1960 et 2008, la démographie chuta de moitié, passant de 40 000 à quelque 20 000 habitants (p. 93). La description détaillée des chantiers menés pour les opérations nucléaires et l’accueil du personnel à Reggane, Hamoudia et au point zéro des expérimentations – 82 000 m2 de bâtiments, 7000 m2 d’ouvrages souterrains, 100 km de routes, 3 centrales électriques, etc. (p. 96) – donne une idée du gigantisme de ces infrastructures (laboratoires, appareils de mesures, base avancée, ville nouvelle), au prix d’un labeur humain démesuré, diurne autant que nocturne. La recension des constructions techniques du second site dégage la même impression de démesure et de captation sans merci des terres (170 570 hectares) et des ressources locales. Non seulement l’eau et l’air de l’oued Amguel, mais la main d’œuvre autochtone, à laquelle s’ajoutaient sur le site la main d’œuvre importée d’autres régions de l’Ouest africain, ainsi que les militaires, appelés, techniciens et ingénieurs français, soit environ 9000 personnes sur le site au moment des explosions.

    Dans les années 1960, les procédés de décontamination des corps humains et des engins au jet d’eau (p. 114) paraissent dérisoires, irresponsables et même cyniques dans la mesure où l’eau n’a vraisemblablement pas échappé à la pollution. Pas plus les multiples échecs du confinement des bombes dans les galeries souterraines que l’indépendance de l’Algérie en 1962 n’ont empêché la continuation des essais par la France qui a également poursuivi de 1964 à 1966 ses expériences de dispersion du plutonium (nom de code Pollen) en bafouant le Traité d’interdiction des essais nucléaires atmosphériques signé en 1963. Pire, les expériences biologiques conduites lors de la bombe Gerboise blanche auraient concerné non seulement des animaux (dont des cages et cadavres ont été retrouvés abandonnés sur le site), mais aussi des corps humains, morts ou vivants, ou des « cobayes humains » comme le formule Bruno Barillot dans son ouvrage, Essais nucléaires français : l’héritage empoisonné12, cité par Samia Henni (pp. 107-108).

    Un travailleur local, interrogé trois décennies plus tard, rapporte qu’après les déflagrations, « la plupart des gens qui sont tombés malades sont ceux des campements qui habitent la montagne » (p. 156), autrement dit les habitants invisibilisés d’un désert décrété « vide » par les autorités françaises et algériennes. Le photographe et sociologue Bruno Hadjih a documenté le ravage sanitaire et létal (17 décès survenus immédiatement) des habitants du village de Mertoutek et la destruction durable de leur environnement après la bombe non maîtrisée de Béryl en 1962.

    Le gouvernement français est resté inactif sans mener d’étude de suivi après l’explosion, pas plus qu’il n’a proposé de réparation. Par ailleurs, il n’a fourni aucun descriptif technique des décharges toxiques qu’il a laissées au Sahara et qui continuent d’affecter la santé des êtres vivants. Comme si finalement, tout cela n’avait jamais existé et n’avait eu aucune conséquence pour personne. Jusqu’à quand ?

    ’avance à travers les entrailles de la fournaise
    Je les entends
    sécheresse de leur cœur
    Et ils me roulent dans le nuage
    champignon nuée
    brouhaha atomique
    Et ils aboient
    Toi, tu n’existes pas,
    tu n’as jamais existé

    Hawad, Irradiés13

    L’investigation sans fin

    Au final, on comprend à quel point le projet nécessaire de « documenter le paysage radioactif dans le Sahara » comme le propose Samia Henni est un programme collaboratif à long terme. La constitution de « contre-archives » dans ce domaine est une tâche ardue et ouverte qui appelle à d’autres enquêtes pour sortir le désert de l’oubli. Par exemple, comment faire résonner la mémoire et le présent de ceux qui sont effacés de la carte ? Quelles constellations d’expériences et de géographies peuvent être retracées en dehors des cadres restrictifs de la cartographie coloniale ? Comment mettre en dialogue les expériences vécues par les habitants des différents territoires sacrifiés lors des mises à feu nucléaires réalisées par la France, mais aussi par les États-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne et la Chine entre 1945 et 1980 ? Quels sont les formes de survie et de résistance qui ont émergé face à la catastrophe ? Comment faire entendre la voix des écrivains et des artistes qui mobilisent un imaginaire créatif capable de submerger le saharanisme, alors même qu’eux et leurs peuples subissent jusqu’à aujourd’hui la confiscation, la dévastation et la pollution nucléaire ou minière de leurs terres ? Le « Saharanisme expérimental » va en effet de pair avec le « Saharanisme extractif » pour reprendre les concepts de Brahim El Guabli. Quelles relations établir entre d’un côté la manne minérale concentrée au Sahara central sur les territoires nomades (pétrole et gaz en Algérie et Libye, uranium, charbon, or au Niger, or au Mali) et, de l’autre côté, la répression brutale qui touche leurs habitants, privés de leurs droits fonciers, jusqu’à nier et éradiquer leur nom, leur langue, leur mode de vie, leur société et leur histoire ? Le travail d’investigation à venir est immense, il réservera probablement des surprises, autant que l’étude des conséquences, impensées et impensables, de la radioactivité.

    https://www.terrestres.org/2026/06/08/colonialite-toxique-dans-les-paysages-radioactifs-du-sahara
    #radioactivité #colonialisme #pollution #violence_coloniale #territoire_colonialisé #colonisation #euphémismes #radioactivité #vocabulaire #mots #bombes_atomiques #désert #géographie_du_vide #vide #terra_nullius #saharanisme #désertisme #imaginaire #ecocare #conscience_environnementale #Touaregs #nomadisme #aide_au_développement #puits #développement #secret-défense #Accords_d’Evian #paysage #environnement #Reggane #In_Ekker #plutonium #images #secret #gerboisite #Gerboises #France_coloniale #mont_Taourirt_tan_Afalla #Taourirt_tan_Ataram #toponymie #invisibilisation #Imuhagh #violence #Tamanrasset #Ahaggar #Aïr #Madawela #Niger #vallée_de_Tin_Marsoy #Arlit #uranium #mines #Akokan #Arlit #pâturages #vallée_du_Touat #eau #sols #air #décontamination #montagne #destruction #Mertoutek #Béryl #réparation #santé #paysage_radioactif #mémoire #contre-archive #contre-récit #expérience_vécue #territoires_sacrifiés #Saharanisme_expérimental #Saharanisme_extractif #extractivisme

    ping @reka

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    A mettre en lien avec le #film_documentaire #At(h)ome (#athome) :
    https://seenthis.net/messages/819398

    • #Areva en Afrique. Une face cachée du nucléaire français

      L’indépendance énergétique de la France grâce au nucléaire est un mythe : l’uranium qui alimente le nucléaire civil et militaire provient pour une large part du sous-sol africain. Raphaël Granvaud détaille les conditions dans lesquelles la France et Areva se le procurent au meilleur coût, au prix d’ingérences politiques et de conséquences environnementales, sanitaires et sociales catastrophiques pour les populations locales.
      Comme au Niger, fournisseur historique, pourtant en dernière position du classement des pays selon leur indice de développement humain. Dans un contexte international d’intensification de la concurrence sur le continent africain, mondialisation capitaliste oblige, Areva a toujours pu compter sur l’aide active des représentants officiels de l’État français et des réseaux les moins ragoûtants de la Françafrique pour sauvegarder son droit de pillage. L’auteur dévoile enfin les efforts considérables d’Areva pour que les différents éléments de cette réalité et de sa stratégie de dissémination nucléaire ne ternissent pas une image de marque qu’elle voudrait immaculée.

      https://agone.org/livre/arevaenafrique
      #livre

    • TOXICITÉ COLONIALE. DOCUMENTER LE PAYSAGE RADIOACTIF DANS LE SAHARA

      Toxicité coloniale revient sur les programmes nucléaires français menés entre 1960 et 1966 dans le Sahara algérien. Ce programme secret, qui s’est déroulé pendant et après la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962), a permis au régime colonial français de mettre à feu quatre bombes atomiques atmosphériques, treize souterraines et de mener d’autres expériences nucléaires dans le désert. Alors que la grande majorité des documents d’archives sont toujours classés secret aujourd’hui, Toxicité coloniale rassemble une variété de sources permettant de documenter l’histoire violente des activités de la France en Algérie. Le livre constitue un corpus de choix à l’intersection de la justice spatiale, sociale et environnementale pour ceux et celles qui s’intéressent à l’architecture, au paysage et aux pratiques d’archivage dans une démarche décoloniale.
      Alors que ces bombes ont eu des conséquences durables pour les populations et les environnements locaux ainsi que pour les vétérans français, le manque de contrôle des explosions, les lacunes de sécurité et l’utilisation des Algériens comme main- d’œuvre sur des chantiers particulièrement dangereux apparaissent comme des faits coloniaux d’une importance majeure.

      https://editions-b42.com/produit/toxicite-coloniale

    • Deserts Are Not Empty

      Colonial and imperial powers have often portrayed arid lands as “empty” spaces ready to be occupied, exploited, extracted, and polluted. Despite the undeniable presence of human and nonhuman lives and forces in desert territories, the “regime of emptiness” has thus inhabited, and is still inhabiting, many imaginaries. Deserts Are Not Empty challenges this colonial tendency, questions its roots and ramifications, and remaps the representations, theories, histories, and stories of arid lands—which comprise approximately one-third of the Earth’s land surface. The volume brings together poems in original languages, conversations with collectives, and essays by scholars and professionals from the fields of architecture, architectural history and theory, curatorial studies, comparative literature, film studies, landscape architecture, and photography. These different approaches and diverse voices draw on a framework of decoloniality to unsettle and unlearn the desert, opening up possibilities to see, think, imagine it otherwise.

      https://www.arch.columbia.edu/books/catalog/998-deserts-are-not-empty

  • Le principe d’#irresponsabilité des outils d’#IA_générative se fissure : la #justice allemande rend une décision salutaire contre #Google et pour l’#information_fiable

    Le #tribunal régional de Munich a jugé que Google était responsable des propos tenus par son intelligence artificielle (IA) dans les résultats de recherche, après que celle-ci a publié des propos faux au sujet de deux éditeurs munichois. Reporters sans frontières (RSF) salue cette décision inédite au monde, de laquelle Google a fait appel. C’est un signal fort : la cour de justice rappelle à la plateforme sa #responsabilité dans la construction du nouveau monde informationnel.

    Le #principe_d'irresponsabilité des outils d’IA générative commence à se fissurer. Le tribunal de Munich a rendu une décision forte : oui, Google peut être tenu responsable des résumés produits par #AI_Overviews, la fonctionnalité de résumé par IA des résultats de son #moteur_de_recherche. Une première mondiale.

    L’IA de Google avait associé les plaignants, deux éditeurs munichois de livres et de magazines, anonymisés dans la décision finale, à des pratiques commerciales douteuses et à des pratiques commerciales interdites, comme le recours à des #pièges à abonnement, c’est-à-dire l’incitation à recourir à des abonnements payants à l’insu de ses clients. Or, selon la cour, les liens affichés par Google ne permettaient pas d’étayer les propos formulés par l’AI Overview.

    “Ce que dit la cour est limpide : quand un système d’IA présente comme des faits établis des accusations qu’il ne peut pas prouver, ce n’est pas un simple ‘bug’. C’est un contenu produit et diffusé par Google, sous sa responsabilité. C’est exactement le principe que nous défendons depuis plusieurs années à RSF : les concepteurs d’IA doivent être tenus responsables des torts causés par leurs systèmes à l’intégrité de l’information et s’assurer au mieux de leur fiabilité avant de les déployer." (Vincent Berthier, Responsable du bureau technologies et journalisme de RSF)

    La #liberté_d'expression ne protège pas de tout

    Fait notable, le tribunal a pris le temps d’étudier la liberté d’expression dont Google pouvait en principe se prévaloir en pareilles circonstances. Sa conclusion est que la liberté d’expression a un poids limité dans ce dossier : l’énoncé litigieux est principalement le résultat d’un #algorithme et d’une #activité_commerciale, non l’expression d’une conviction humaine. Puisque les propos ont été générés de manière autonome par une IA intégrée au service de Google, ils sont plus qu’une simple recherche de termes affichée sous la forme d’une série de liens. Ils forment une réponse propre.

    Le tribunal a également rejeté l’idée que les internautes seraient en mesure de vérifier eux-mêmes l’exactitude des résumés en consultant les sources citées : ces résumés générés par IA se présentent comme des #affirmations, ce qui rapproche leur statut de celui d’un titre lu par une lecteur pressé, par exemple, dont un média est responsable même si le public ne prend pas la peine de vérifier ces affirmations en cliquant sur un lien.

    Construire le cadre de responsabilité

    Google a annoncé faire appel et la décision pourrait être revue. D’autre part, son champ d’application reste limité au cas particulier qu’elle traite. Elle porte néanmoins en ses germes un besoin pressant : celui d’édicter clairement qui parle quand une IA génère du texte, particulièrement dans un contexte d’information, et donc qui est responsable de ses dysfonctionnements, ainsi que les mesures qu’il convient de prendre pour en atténuer les risques.

    En Europe, si le le règlement sur les services numériques, le DSA, impose aux très grandes plateformes d’évaluer leurs risques systémiques et si le règlement sur l’intelligence artificielle, l’AI Act, prévoit des obligations de transparence pour les contenus générés par IA, ce qui est le cas pour AI Overview, l’état actuel du droit européen est insuffisant. Aucun de ces textes n’établit de cadre de responsabilité adapté au cas spécifique des résumés informationnels produits par les systèmes d’IA générative dans les moteurs de recherche.

    https://rsf.org/fr/le-principe-dirresponsabilit%C3%A9-des-outils-dia-g%C3%A9n%C3%A9rative-se-fissu
    #IA #AI #intelligence_artificielle #Allemagne

  • L’#Allemagne rate son siège au Conseil de sécurité de l’Onu
    https://www.dw.com/fr/lallemagne-%C3%A9choue-%C3%A0-obtenir-un-si%C3%A8ge-non-permanent-au-conseil-de-s%C3%A9curit%C3%A9-de-lonu/a-77410291

    Johannes Varwick, professeur en relations internationales de l’Université de Halle, estime que le choix de l’Allemagne n’était pas garanti : « Pendant des décennies, l’Allemagne a été saluée dans de nombreuses régions du monde comme un moteur des solutions politiques multilatérales. Aujourd’hui, les sujets de discorde sont nombreux », relève-t-il avant de donner la guerre Israël-Hamas, la guerre d’Iran et la guerre Russie-Ukraine en exemples.

    […]

    […] l’insistance de l’Allemagne sur le #droit_international n’est pas sans poser un problème dans le contexte des Nations unies, estime le professeur Johannes Varwick. Certains reprochent à l’Allemagne de faire deux poids deux mesures : « Par exemple, lorsqu’elle se range si clairement du côté d’Israël dans la question de Gaza. Je pense que presque tout le monde aux Nations unies peut comprendre que l’Allemagne entretient d’autres liens historiques avec Israël, cela ne fait aucun doute. » 

    Et là, Johannes Varwick fait référence à l’Holocauste, le génocide qui a tué environ six millions de Juifs pendant la période du nazisme en Allemagne. Il explique toutefois que « le fait de se ranger si clairement du côté de l’agresseur – c’est ainsi que beaucoup le perçoivent – tout en brandissant de manière quasi dogmatique le drapeau du droit international en Ukraine, cela ne colle pas vraiment. »

  • Travail le #1er-Mai : le bloc central, favorable au texte, défend une #motion-de-rejet pour ’éviter des discussions sans fin’ | LCP - #Assemblée-nationale
    https://lcp.fr/actualites/travail-le-1er-mai-le-bloc-central-favorable-au-texte-defend-une-motion-de-rejet

    Les #députés du parti présidentiel ont présenté, ce vendredi 10 avril, une motion de rejet pour contrer « l’obstruction parlementaire » de la gauche sur la #proposition-de-loi « visant à permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler le 1er mai ». Si la motion est adoptée, elle aura pour effet d’accélérer le processus législatif.

    Même procédé que pour la loi #Duplomb. Parce que ce sont #nos_valeurs !!!

  • Le traitement médiatique des collisions tend à invisibiliser les automobilistes et à stigmatiser les cyclistes
    https://www.unil.ch/news/fr/1774286247760

    Lors de #collisions avec des #cyclistes, les #automobilistes sont souvent invisibilisé·es ou relégué·es au second plan dans les comptes-rendus #médiatiques. C’est ce que met en évidence une nouvelle étude de l’#Unil. Elle porte sur la #Suisse #romande, mais confirme une tendance #internationale.

    #selon_une_étude_récente #vélo

  • #Cyberattaque contre #France_Travail : Les dérives d’un #fichage_administratif tentaculaire

    Le #piratage massif des données de 36 millions de personnes interroge la logique de #centralisation et de conservation des #informations_personnelles par l’#administration. Jusqu’où l’État peut-il étendre le fichage administratif sans accroître les #risques pour la #sécurité des citoyens et la #confiance publique ?

    En mars 2024, France Travail est victime d’une cyberattaque d’ampleur exceptionnelle. En usurpant les comptes de conseillers #Cap_Emploi grâce à des techniques d’#ingénierie_sociale, des #hackers parviennent à accéder aux #bases_de_données de l’opérateur public et à exfiltrer les informations personnelles de 36 millions de personnes. Noms, prénoms, dates de naissance, numéros de Sécurité sociale, adresses, coordonnées téléphoniques, statut de demandeur d’emploi : un volume considérable de #données_sensibles se retrouve compromis.

    Saisie du dossier, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) ouvre une #procédure_de_sanction en juillet 2025. Elle reproche à France Travail de ne pas avoir mis en place, au moment des faits, des mesures de sécurité « à la hauteur du risque » pesant sur les données traitées. Résultat : une #amende de cinq millions d’euros et une injonction à renforcer les dispositifs de protection, notamment l’authentification des agents et la surveillance des accès aux fichiers.

    Selon la CNIL, l’attaque n’a pas reposé sur une faille technique complexe, mais sur l’exploitation de la confiance des agents. En se faisant passer pour le support informatique, les pirates ont réussi à réinitialiser des #mots_de_passe et à usurper des comptes professionnels, ouvrant ainsi un accès quasi illimité à des informations hautement sensibles. Un scénario classique, mais redoutablement efficace, qui met en lumière les limites des dispositifs de sécurité lorsque les bases de données sont vastes et largement accessibles.

    France Travail a reconnu sa #responsabilité et annoncé qu’il ne formerait pas de recours contre la décision. L’établissement public affirme avoir depuis renforcé ses procédures : mots de passe robustes, double authentification, restriction de l’accès aux dossiers selon la zone géographique, formations régulières à la #cybersécurité et outils de détection des comportements anormaux.

    Aucun système n’est invulnérable

    Mais cette affaire dépasse le cadre d’un simple manquement technique. Elle illustre une tendance plus large : l’intensification du fichage administratif, au nom de l’#efficacité et du #contrôle. En centralisant et en conservant des quantités toujours plus importantes de données personnelles, l’administration crée des fichiers dont la valeur attire inévitablement des acteurs malveillants. Et contrairement à une idée répandue, ces dispositifs profitent rarement aux citoyens eux-mêmes.

    Car plus les données sont nombreuses, plus les conséquences d’une faille sont lourdes. L’exposition massive d’informations personnelles fragilise la confiance dans les institutions et place des millions de personnes face à des risques d’#usurpation_d’identité ou d’utilisation frauduleuse de leurs données. Elle rappelle surtout une réalité souvent sous-estimée : aucun système n’est invulnérable. En témoigne le piratage des serveurs informatiques du ministère de l’Intérieur, en décembre dernier.

    La #sanction_financière imposée à France travail répond-elle vraiment au problème ? Les cinq millions d’euros versés au titre de l’amende auraient-ils été plus utiles investis autrement ? Moins dans la multiplication des outils de contrôle et de surveillance, et davantage dans la mission première de France Travail : l’accompagnement des demandeurs d’emploi, la formation et l’insertion professionnelle.

    À force de vouloir tout ficher, l’administration accroît les risques qu’elle prétend maîtriser. Réduire la collecte de données au strict nécessaire et recentrer les moyens sur le service rendu aux usagers serait plus avisé, autant pour la sécurité numérique que pour la confiance démocratique.

    https://altermidi.org/2026/01/30/les-derives-dun-fichage-administratif-tentaculaire
    #fichage #France

  • Olimpiadi Milano-Cortina, neve (artificiale) a tutti i costi. Ma c’è il rischio che non sia abbastanza

    Per innevare artificialmente le piste sono state approvate nuove opere sui fiumi, spesso senza valutazioni ambientali e senza pubblicare i piani di risparmio promessi. Alcune però non saranno pronte per l’inizio dei Giochi.

    Tra il dire e il fare c’è di mezzo il mare, si dice. Quella che separa le promesse degli organizzatori delle Olimpiadi di Milano-Cortina e la realtà che si presenta a poco più di un mese dall’inizio dei Giochi, però, è acqua dolce: quella dei fiumi e dei torrenti delle Alpi lombarde, venete e trentine, già sotto stress per effetto del cambiamento climatico, che verrà prelevata al ritmo di centinaia di litri al secondo per innevare artificialmente le piste. Secondo gli organizzatori ne serviranno 836mila metri cubi: rapportato ai 27 giorni di durata dei Giochi olimpici e paralimpici, significa svuotare 12 piscine olimpioniche ogni giorno.

    #Livigno, corsa contro il tempo

    Per soddisfare questo fabbisogno, di molto superiore a quello delle stagioni sciistiche «normali», il dossier di candidatura prevedeva nuove opere di presa e accumulo dell’acqua. A oggi, però, solo due dei quattro bacini previsti sono stati ultimati. Prima di Natale, il presidente della Federazione internazionale di sci Johan Eliasch ha lamentato «ritardi inspiegabili», parlando di una «situazione in cui non avremmo mai dovuto trovarci». Gli occhi sono puntati in particolare su Livigno (Sondrio), comune di meno di 7mila abitanti a un passo dalla Svizzera, che per ospitare le gare di sci acrobatico e snowboard avrà bisogno di circa mezzo milione di metri cubi d’acqua.

    Qui, il dossier di candidatura prevedeva la costruzione di due nuovi bacini di accumulo, uno da 200mila metri cubi nell’area di Mottolino e uno da 120mila in zona Carosello. Il primo, costato quasi 22 milioni di euro, è stato inaugurato solo a inizio dicembre, mentre il secondo sarà pronto per le Olimpiadi, ma quelle giovanili del 2028. Parlando con lavialibera la scorsa estate, il sindaco di Livigno Remo Galli li aveva definiti interventi vantaggiosi, che permetteranno di «gestire le risorse idriche in maniera più attenta all’ambiente» anche dopo le Olimpiadi: «Potremo raccogliere l’acqua nei periodi in cui ce n’è di più, cioè da maggio a luglio, invece che prelevarla in inverno quando ce n’è molta di meno». A causa dei ritardi, però, l’unico bacino realizzato è stato riempito solo nelle scorse settimane.

    L’acqua arriva dal torrente Spöl, conosciuto anche come Aqua Granda, al centro di una controversia decennale: la società A2A, che tra l’altro figura tra i partner dei Giochi, preleva a monte 90 milioni di metri cubi all’anno per produrre energia idroelettrica, acqua che poi viene deviata nell’Adda, tributario del Po. Risultato: «Da vent’anni a questa parte lo Spöl è prosciugato», dice a lavialibera Nicola Faifer, fondatore del comitato L’acqua è tua, che da tempo lotta perché l’azienda rilasci il deflusso ecologico, cioè la quantità d’acqua minima per garantire la salute dell’ecosistema fluviale. «Abbiamo presentato un esposto alla Commissione europea che ci ha dato ragione e presentato una denuncia per disastro ambientale, ma nulla è cambiato». Oltre ai bacini, per i Giochi sono state presentate due domande di attingimento eccezionale da 40 litri al secondo ciascuna, valide per il solo periodo olimpico.

    Anterselva, il nuovo bacino tra ritardi e impatto ambientale

    Gli altri due bacini per l’innevamento artificiale erano previsti a Bormio, in Valtellina, dove si svolgeranno le gare di sci alpino maschile, e ad Anterselva, in Alto Adige, dove gareggeranno gli atleti di biathlon. Il primo, da 88mila metri cubi, è entrato in funzione poco prima di Natale. Per il secondo, invece, dal volume previsto di 31mila metri cubi, il portale della Società infrastrutture Milano-Cortina (Simico) fissa la data di fine lavori al 10 maggio 2026, due mesi dopo la fine dell’evento olimpico. L’iter è stato rallentato dal ricorso di cinque associazioni, respinto dal Tar di Bolzano lo scorso agosto. "Contestiamo i danni all’ambiente e la totale assenza di trasparenza e partecipazione nel processo decisionale», dice a lavialiberaLuigi Casanova, presidente di Mountain Wilderness Italia, tra le realtà dietro l’iniziativa. Il progetto del bacino non è stato sottoposto a una valutazione di impatto ambientale, che è stata ritenuta non necessaria come per il 60 per cento delle opere olimpiche, stando all’ultimo report di Open Olympics. «Riteniamo che l’evento olimpico abbia fallito tanto sul profilo ambientale quanto su quello della trasparenza e della democrazia – continua Casanova –. Tutte le opere sono state imposte, e di tempo per organizzare un confronto con le comunità interessate ce n’è stato».

    A gennaio 2025, su richiesta della Fondazione Milano-Cortina, Simico ha avviato l’iter per la costruzione di un ulteriore invaso, non previsto inizialmente, vicino a quello già esistente in località Po’ Drusciè a Cortina, inserendolo all’interno di un intervento di «aggiornamento degli impianti di alimentazione elettrica e attrezzature». L’opera è stata però bloccata dal parere negativo della Soprintendenza del Veneto, che l’ha giudicata «incompatibile con i valori paesaggistici che qualificano il contesto di riferimento»: si procederà quindi con il «potenziamento dell’approvvigionamento del bacino esistente», aumentando quindi la pressione sulla falda da cui i pozzi attingono per il riempimento.

    Nuovi prelievi in Val di Fiemme

    Servirà acqua, e in abbondanza, anche per innevare artificialmente gli impianti di Tesero e Predazzo, località della Val di Fiemme, in Trentino, che ospiteranno rispettivamente le gare di fondo e salto con gli sci. Qui, il fabbisogno idrico stimato dagli organizzatori è di 72mila metri cubi, più del doppio del consumo medio registrato negli ultimi anni per il mantenimento degli impianti. L’acqua verrà prelevata dal torrente Avisio, come già avviene durante la stagione sciistica, ma in volumi molto maggiori in virtù di una nuova concessione della portata massima di 100 litri al secondo e grazie a un’opera di presa aggiuntiva a Tesero. «Aumentare i prelievi da corsi d’acqua già ampiamente sfruttati significa causare ulteriori squilibri all’ecosistema», dice a lavialibera Tommaso Bonazza, portavoce del comitato Acque trentine, che ha presentato una serie di osservazioni critiche nei confronti del progetto, rimaste inascoltate. Non solo: l’opera ricade parzialmente in un’area protetta dove vige il divieto di costruzione, ma è stata comunque ritenuta «compatibile».

    Nella relazione ambientale della Fondazione Milano Cortina si parla anche dell’utilizzo, per l’innevamento artificiale a Tesero, di «acqua potabile di 54 pozzi». «Non è raro che succeda – prosegue Bonazza –. In passato, alcuni sindaci si sono quasi trovati a scegliere se dare l’acqua ai cittadini o alle piste. Prima che si arrivi allo scontro sociale, che è inevitabile man mano che la coperta si fa più corta, bisognerebbe ripensare questo modello di sfruttamento intensivo dei nostri territori».
    Consumi idrici, trasparenza a secco

    Sulla carta, il tema è al centro dell’attenzione degli organizzatori: già il dossier di candidatura del 2019 prevedeva il calcolo della water footprint (impronta idrica) dei giochi secondo gli standard internazionali, impegno ribadito nel 2024 nel rapporto ambientale insieme alla promessa di sviluppare un «piano di riduzione dei consumi idrici». Di nessuno dei due strumenti, però, si trova traccia. Contattata da lavialibera la scorsa estate, Fondazione Milano Cortina ha assicurato che entrambi «sono oggetto di confronto con il Comitato olimpico internazionale», ma non è detto che vengano resi pubblici perché «sicuramente verrebbero strumentalizzati». Si ipotizza anche che possano essere diffusi dopo la fine dei Giochi in forma consuntiva, il che impedirebbe – come già sta accadendo – qualsiasi forma di collaborazione e monitoraggio da parte delle comunità interessate. «I dati dettagliati su volumi idrici, fonti di approvvigionamento e strategie di gestione non sono stati resi pubblici in modo organico – dice a lavialiberaFabio Tullio, presidente di Legambiente Treviso –. Queste mancanze impediscono una valutazione indipendente e un dibattito pubblico informato sull’effettiva sostenibilità idrica dei Giochi».

    Rischio reflui

    A preoccupare chi abita lungo i torrenti delle valli che ospiteranno i Giochi non è solo quanta acqua ne uscirà, ma anche cosa potrebbe entrare. «C’è un rischio enorme legato alla gestione dei reflui – dice Bonazza –. Già adesso, nelle località maggiormente interessate dal turismo di massa invernale, i depuratori non riescono a far fronte ai picchi di affluenza e spesso permettono alle acque sporche di finire nei fiumi. Immaginiamo cosa potrebbe succedere durante le Olimpiadi». Nella relazione di sintesi di dicembre 2024, gli organizzatori hanno dichiarato che gli scarichi liquidi verranno gestiti attraverso serbatoi, escludendo quindi immissioni nella rete fognaria e nei torrenti, ma «non è ad oggi disponibile il progetto del sistema di gestione (modalità e frequenza di raccolta, siti di destinazione, modalità di smaltimento e di trasporto)». Nello stesso documento, e in apparente contraddizione, si evoca l’eventualità di «scarichi di reflui nei corpi idrici superficiali», che verrà gestita con l’implementazione di un «piano di monitoraggio». Anche di questo, però, non si trova traccia pubblica.

    https://lavialibera.it/it-schede-2353-olimpiadi_milano_cortina_neve_artificiale_impatto_idrico_

    #JO2026 #jeux_olympiques #Alpes #neige #neige_artificielle #eau #Mottolino #Carosello #coût #prix #Spöl #Aqua_Granda #A2A #Anterselva #Bormio #environnement #Po_Drusciè #paysage #Tesero #Predazzo #Val_di_Fiemme #Avisio #eau_potable #water_footprint #Milano-Cortina

  • 2025 : The year AI exhaustion set in - POLITICO
    https://www.politico.com/newsletters/digital-future-daily/2025/12/23/2025-the-year-ai-exhaustion-set-in-00704856

    Excellent. Quand les « mots de l’année » ont un sens politique majeur et réfléchissent une fatigue sociale envers l’IA et le numérique.
    La version en ligne comporte plein de liens externes...

    2025: The year AI exhaustion set in

    By AARON MAK

    12/23/2025 04:00 PM EST
    Pigs eat from a trough at the Las Vegas Livestock pig farm in Las Vegas.

    “Slop,” once primarily a word for food waste fed to animals, became the go-to descriptor for AI content this year. | John Locher/AP Photo

    It’s become a tradition for dictionaries and other publications to each select their “word of the year” between November and January. Like Time’s Person of the Year, Spotify Wrapped or the various assortment of top ten lists, the idea is to show how the fast-moving English language distills what’s happened in the last 12 months.

    Many of this year’s selections curiously coalesced around a similar theme: A wariness of digital content. Maybe even a little tech exhaustion.

    DIGITAL FUTURE DAILY readers: We want to hear from you! What do you like in your afternoon tech newsletter? What do you want more of? Please take a few minutes and fill out this survey.

    “Slop” was word of the year for both Merriam-Webster and The Economist. Australia’s Macquarie Dictionary went with “AI slop” — all referring to low-quality AI content. Oxford chose “rage bait,” typically defined as online content that’s designed to rile people up. Cambridge Dictionary decided on “parasocial,” the almost pitiful one-sided relationships that fans have with influencers.

    The downbeat tenor of these selections is especially striking, given the optimistic spin that tech trends usually get. Time Magazine famously picked the personal computer as its first non-human Machine of the Year in 1983, and then “The Architects of AI” for Person of the Year in 2025. And words of the year don’t always track the same trend across publications, so it’s notable when they do — and when the trend is skeptical.

    “This is maybe the first time where essentially all of the words that were chosen had a connection to either the online world or AI,” said Roger Kreuz, a University of Memphis sociolinguistics professor who has long tracked words of the year. “A lot of people are resonating with the idea of there really being a darker side to being online all the time [...] especially with AI now combined with social media.”

    While it’s obviously worth taking these selections with a grain of salt — some dictionaries rely on usage data, others simply take an online poll, and all of them use it as a form of marketing — they aren’t a bad indicator of popular discourse this year, especially when it comes to the public sphere.

    In political terms, “rage bait” isn’t a fringe online phenomenon — arguably, it’s now the linchpin of the Trump administration’s whole social media strategy. The White House posted a hostile Valentine’s Day card to would-be immigrants in February, as it intensified its campaign to uproot them from their homes in the U.S. Last month, Defense Secretary Pete Hegseth posted a meme of Franklin the Turtle bombing “narco terrorists,” trying to inject some lulz into a rather grave controversy over America’s lethal strikes on boats full of people.

    Kreuz suggests use of the term could be “both a cause and a result of political polarization.”

    “Most obviously, it’s a reflection of what’s going on right now with a polarized electorate, but we can also then see the word as drawing sharper divisions between people than really exist,” he told DFD. “So people see a term like ‘rage bait’ and think it really is the case that the political discourse has become poisoned by these people who are trolling.”

    Indeed, prominent figures have already started throwing the term around to dismiss their political opponents as bad-faith actors. Sen. John Kennedy (R-La.) brushed off much of the rhetoric around Kilmar Abrego Garcia, who was wrongly deported in March, as “just rage bait.” The lo-fi R&B singer SZA used the term to call out the administration’s unauthorized use of pop songs in its social media videos earlier this month: “White House rage baiting artists for free promo is PEAK DARK.”

    Rage bait might be easier to define, but “slop” is way more ubiquitous — in culture and everyday life, and also in politics. Teachers and hiring managers have been wading through a deluge of submissions clumsily written by AI chatbots. With the release of new AI image and video generators like Midjourney’s V7 model in April, OpenAI’s Sora 2 in September and Google’s Nano Banana Pro in November, the term “slop” has become instant shorthand for describing the uncanny content that flooded the internet this year.

    Artificial content now pervades the political landscape. Look no further than the president’s Truth Social feed in 2025. He’s shared AI slop depicting a gold-plated “Trump Gaza,” a Democratic press conference featuring crude Mexican stereotypes, an Apocalypse Now-style National Guard invasion of Chicago and an airborne fecal assault on the No Kings protests. (Arguably, all of this is also — ahem — rage bait.)

    California Gov. Gavin Newsom’s social media team is doing the same, with AI-generated videos of Vice President JD Vance detailing the history of couches, and of Trump officials sobbing in handcuffs. And Russia has actually been trying to mold the slop, spewing a ton of propaganda across the internet in the hopes that it will be included in the training data for AI models. AI’s inputs and outputs have become tools for shaping political discourse.

    Words of the year can be fleeting, especially those emerging from social media — just look at previous selections like w00t or goblin mode. But this is also what makes them interesting.

    Language, not unlike AI, can pivot quickly to digest new developments, and that’s what linguist Ben Zimmer sees in this year’s words.

    The progenitors of “rage bait,” for instance, include “click bait” and “rage quit,” and this new formulation evokes how social media drives engagement by feeding users politically inflammatory content. “We combine these two elements into rage bait, and everybody understands what that means,” said Zimmer, who formerly worked on the “word of the year” for Oxford, and currently chairs the American Dialect Society’s New Words Committee.

    “Everybody can identify with the fact that so much of online content is designed to outrage us, and that unfortunately powers a lot of the political discourse.”

    Kreuz says that “slop” also promises to become a utility player in future portmanteaus, similar to “gate.” “Watergate gave birth to this suffix that essentially can be used for any scandal,” he said — think Deflategate or Bridgegate. “Even just a syllable can become shorthand for describing a whole group of things that people are finding important in the culture.”

    There are early signs that “slop” is taking on this new role, with the term “primaryslop” — the tendency among candidates to shoehorn their messaging into well-worn political narratives and tropes. The term isn’t really about AI — it’s more like a recognition that AI gives us a new way to understand the bland, mindnumbing ethos of modern politics, as another campaign year grinds into gear.

    #Slop #IA #Rage_bait #Politique #Vocabulaire #Mots_de_année

  • La mia #Arca, 300 parole di pace : l’installazione di #Ivan_Tresoldi per Emergency

    Il 14 dicembre l’inaugurazione nella sede della Ong fondata da Gino Strada. Poesia e resti di un barcone naufragato: «Questi legni intrisi delle speranze di chi li ha stretti»

    Trecento parole di resistenza, di futuro, di pace e di cura. Che galleggiano nel mare della speranza — della rabbia — che ci attraversa. La prima a essere tracciata davanti alle telecamere del «Corriere», che ha seguito i lavori in una fredda mattina di dicembre, è «poesia». L’artista e poeta di strada Ivan Tresoldi — in arte ivan — ha dato vita all’opera di poesia e arte pubblica L’Arca , realizzata all’interno del giardino di Casa Emergency, ex scuola che dal 2017 è la sede milanese della Ong, dietro piazza Sant’Eustorgio.

    L’installazione di #street_art, che sarà inaugurata dopodomani, resterà permanente nel giardino aperto ai cittadini. Si tratta di un’opera partecipata, che mette al centro desideri e paure del nostro presente, a partire dalle parole di Gino Strada, fondatore di Emergency scomparso nel 2021, a cui s’ispira: «Non è mai troppo tardi per andare nella direzione giusta». Una spinta a non rimanere spettatori di fronte a una «rotta» che ci è stata imposta dall’alto; a far sentire la propria voce.

    «L’Arca è un’opera che ci contiene tutti — spiega l’artista al “Corriere” —, è una materia d’invisibile, uno spazio e un luogo determinato dalle parole di tutta Emergency, che a volte hanno bisogno di rendersi laicamente sacre. L’idea è quella di creare un’opera di muralismo, o di neomuralismo, e di poesia di strada». L’Arca è un «quadrittico ligneo formato da trecento listelli, come a richiamare un galeone», realizzato anche con il legno che ivan ha recuperato in Calabria: sono i resti del caicco partito dalla Turchia e naufragato a Steccato di Cutro (Crotone) la notte tra 25 e 26 febbraio 2023, nella strage in cui persero la vita 94 persone (si stimano 11 dispersi).

    Un recupero possibile anche grazie all’aiuto di Vincenzo Luciano, fa sapere l’artista, pescatore tra i primi soccorritori del naufragio (che domenica sarà presente all’inaugurazione). «Non si può lavorare sul tema della migrazione e non rendere sacro qualcosa di laico senza la materia di questa sacralità. Per questo abbiamo chiesto a Vincenzo di donarci alcuni pezzi di quel poco che è rimasto di quella mattina di febbraio sulla spiaggia, e li abbiamo introdotti nell’opera. Perché rappresentano l’esperienza di quelle persone che su questi legni hanno stretto le loro mani, le loro speranze, li hanno intrisi di un futuro migliore possibile». E, aggiunge, «noi dimentichiamo quanto le storie delle migrazioni, delle tragedie, siano storie che appartengono profondamente alle nostre radici e ai popoli tutti».

    Giubbotti salvagenti, resti di gommoni, coperte isotermiche (Ai Weiwei), vestiti dismessi (Corrado Levi), gli scafi abbandonati a Lampedusa (Massimo Sansavini), o un vecchio peschereccio affondato nelle coste libiche (Christoph Büchel): sono alcuni dei materiali provenienti dalla rotta migratoria del Mediterraneo che numerosi artisti hanno modellato per dare forma alla disperazione silenziosa di chi muore in mare. Perché quelle voci spezzate potessero arrivare a tutti. «Da qualche tempo stiamo ragionando su fare progetti di arte pubblica — spiega Simonetta Gola, direttrice della comunicazione di Emergency — perché l’arte possa essere anche uno strumento per sensibilizzare ai nostri temi, che crei un dialogo. Nel suo lavoro, ivan unisce la parte figurativa con la parola, per questo gli abbiamo chiesto di lavorare su una frase di Gino Strada. E poi abbiamo chiesto a persone di Emergency di identificare delle parole chiave che rappresentassero quello che vogliamo fare, di cui c’è bisogno».

    Parole che prendono la forma di una preghiera civile, di un poema che rifiuta la guerra: «Ogni listello, tagliato a mano, rappresenta anche la pratica del passarsi e starsi accanto — prosegue ivan — in un lavoro che è un corpo coeso. Ogni parola lavora accanto all’altra perché di base c’è l’idea che l’unione del tutto sia molto più della somma dei suoi elementi. E le parole di Gino Strada saranno accanto a quelle di tutti e di tutte. Non c’è un livello di scrittura predominante: ci confrontiamo sullo stesso livello».

    L’opera rientra nella campagna di Emergency — che oggi si trova in dieci Paesi del mondo con progetti di lungo periodo, e ora è presente in tre luoghi di conflitto: Gaza, Ucraina, Sudan — intitolata R1pud1a. «È dedicata all’Articolo 11 della Costituzione (“L’Italia ripudia la guerra come strumento di offesa alla libertà degli altri popoli e come mezzo di risoluzione delle controversie internazionali”, ndr) — conclude Gola —, che è nato dall’esperienza diretta di chi la guerra l’aveva fatta e che ha trovato una sola parola per descriverne il rifiuto: “ripudia”. In questo momento storico, in cui la guerra torna a essere normalizzata, questa campagna è fondamentale. Con R1pud1a abbiamo coinvolto 700 Comuni, 1.500 scuole e 300 istituzioni culturali perché vogliamo tornare a dire che la guerra è una scelta e non è inevitabile. E L’Arca rientra nella campagna perché qui ci sono persone che si mettono insieme per chiedere un cambiamento».

    «Credo in una poesia e in un’arte che sia espressione, e a servizio, delle moltitudini e dei suoi bisogni — conclude ivan —. E che sia partigiana. Credo sia nata una nuova generazione autoriale che è popolare, che quando parla di pace si occupa di pace, che fa pratica nei luoghi sociali, negli spazi di marginalità, con le reti di ogni partigianeria. Non credo in un’arte privilegiata che si celebra da sé. Oggi, la cosa importante, è farla la pace». E porre fine al naufragio di un’umanità che fugge incessantemente dal dolore.

    L’inaugurazione domenica 14 dicembre

    Domenica 14 inaugura a Casa Emergency a Milano (via Santa Croce 19, ore 15) «L’Arca», l’opera di poesia di strada e arte pubblica di Ivan Tresoldi (Milano, 1981), che leggerà una poesia e presenterà il progetto. Con lui: Rossella Miccio, presidente di Emergency, Vincenzo Luciano, pescatore testimone della strage di Cutro e Alberto Lolli, rettore del Collegio Borromeo di Pavia. L’opera si inserisce nel 2° anno della campagna «R1pud1a» di Emergency. Dalla sua fondazione nel 1994, Emergency è intervenuta in 21 Paesi curando oltre 13 milioni di pazienti. Oggi è presente in 10 Paesi del mondo, tre dei quali con un conflitto in corso: il Sudan, l’Ucraina e la Striscia di Gaza in Palestina.

    https://www.corriere.it/cultura/25_dicembre_12/mia-arca-300-parole-pace-l-installazione-ivan-tresoldi-emergency-ab166a44-d
    #art #frontières #migrations #mémoire #border_art #poésie #résistance #installation #Cutro #naufrage #mourir_en_mer #décès #morts_aux_frontières #mourir_aux_frontières #mots #résistance #rage #l'arca

    • Dalle spiagge di Cutro ai giardini di Milano: la geografia della memoria nell’opera “L’Arca”

      C’è una geografia fisica, fatta di coste, correnti marine e distanze chilometriche, e c’è una geografia umana, fatta di rotte, speranze e confini invisibili. Queste due dimensioni si incontrano nel giardino di Casa Emergency, dove il Mediterraneo è approdato sotto forma di legno, sale e memoria.

      Domenica 14 dicembre 2025 si inaugura l’installazione “L’Arca“, un’opera di street art e poesia pubblica firmata da Ivan Tresoldi (in arte ivan). Non è un monumento statico, ma il punto di arrivo di un viaggio tragico e simbolico: il materiale utilizzato per l’opera proviene infatti dai resti del caicco naufragato a Steccato di Cutro (Calabria) nella notte tra il 25 e il 26 febbraio 2023, una tragedia costata la vita a 94 persone.

      La materia che si fa mappa

      Per chi fa geografia, la materia racconta sempre la storia del luogo da cui proviene. I listelli di legno che compongono “L’Arca” portano incisi i segni del viaggio e del naufragio. Recuperati grazie all’aiuto di Vincenzo Luciano, pescatore testimone della strage, questi frammenti di imbarcazione hanno risalito la penisola, tracciando una linea immaginaria che collega la frontiera sud d’Europa con il cuore pulsante della metropoli lombarda.

      Ivan Tresoldi, artista ma anche ex studente di sociologia e di geografia, ha trasformato questi “legni intrisi delle speranze di chi li ha stretti” in un quadrittico ligneo composto da 300 listelli. Ognuno di essi ospita una parola: termini di resistenza, di futuro, di pace e di cura. È una mappatura emotiva che cerca di dare una direzione, una “rotta” etica, come suggeriva Gino Strada, fondatore di Emergency.

      Ridefinire i luoghi: da relitto a riparo

      L’installazione si inserisce nella campagna R1pud1a, legata all’Articolo 11 della Costituzione italiana (“L’Italia ripudia la guerra”). In un contesto globale segnato da conflitti (Gaza, Ucraina, Sudan), l’opera trasforma il concetto di “relitto”. Se sulle coste calabresi quel legno rappresentava il fallimento dell’accoglienza e la tragedia del confine, a Milano diventa un’arca, un rifugio semantico che accoglie le parole di tutti.

      “L’Arca è un’opera che ci contiene tutti,” spiega l’artista. È una “materia d’invisibile” che diventa spazio pubblico. L’arte qui svolge una funzione prettamente geografica: rende visibile ciò che spesso è relegato ai margini delle carte nautiche e dei telegiornali, portando la frontiera nel centro della città.

      Dove vederla

      L’opera sarà visibile permanentemente nel giardino della sede milanese della Ong, in via Santa Croce 19 (zona Darsena/Sant’Eustorgio). Un luogo che ora, grazie a quei legni venuti dal mare, diventa un nuovo punto cardinale per chi cerca di orientarsi tra le complesse rotte dei diritti umani.

      https://www.ageiweb.it/geografi-e-geografe-nei-media/dalle-spiagge-di-cutro-ai-giardini-di-milano-la-geografia-della-memoria-nell

  • Je verrai toujours vos visages

    https://www.youtube.com/watch?v=YecNA3DW334

    Depuis 2014, en France, la #Justice_Restaurative propose à des personnes #victimes et auteurs d’infraction de dialoguer dans des dispositifs sécurisés, encadrés par des professionnels et des bénévoles comme Judith, Fanny ou Michel.

    Nassim, Issa, et Thomas, condamnés pour vols avec violence, Grégoire, Nawelle et Sabine, victimes de homejacking, de braquages et de vol à l’arraché, mais aussi Chloé, victime de viols incestueux, s’engagent tous dans des mesures de Justice Restaurative.

    Sur leur parcours, il y a de la #colère et de l’#espoir, des #silences et des #mots, des alliances et des déchirements, des prises de conscience et de la #confiance retrouvée… Et au bout du chemin, parfois, la #réparation...

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Je_verrai_toujours_vos_visages
    #dialogue #justice #écoute #écoute_inconditionnelle #jugement #respect #prison #inconditionnalité
    #film

    #film

  • Chi ha paura del lupo bianco? C’era una volta il razzismo inconsapevole

    Questo libro è un invito potente e scomodo a smascherare le forme più sottili e quotidiane di razzismo che attraversano i nostri gesti, le parole, i silenzi. Perché non basta non essere razzisti: serve il coraggio di guardarsi dentro, riconoscere il privilegio bianco e mettersi in discussione.

    https://www.erickson.it/it/chi-ha-paura-del-lupo-bianco
    #racisme_ordinaire #livre #racisme_inconscient #racisme #gestes #mots #silences #privilège_blanc #Marilena_Umuhoza_Delli

  • L’Italia sostiene il piano della #Libia per costruire 70 nuovi centri per i rimpatri volontari
    https://irpimedia.irpi.eu/centri-rimpatri-libia

    È quanto si legge in una mozione della maggioranza approvata il 16 ottobre. Il «coordinatore regionale» del progetto sui rimpatri volontari è un poliziotto italiano, Vincenzo Tagliaferri. La Libia, intanto, ha cominciato anche a fare rimpatri forzati L’articolo L’Italia sostiene il piano della Libia per costruire 70 nuovi centri per i rimpatri volontari proviene da IrpiMedia.

    #Diritti #Migrazioni

    • L’Italia sostiene il piano della Libia per costruire 70 nuovi centri per i rimpatri volontari

      È quanto si legge in una mozione della maggioranza approvata il 16 ottobre. Il «coordinatore regionale» del progetto sui rimpatri volontari è un poliziotto italiano, #Vincenzo_Tagliaferri. La Libia, intanto, ha cominciato anche a fare rimpatri forzati

      Esiste un progetto per la realizzazione in Libia di «70 centri di accoglienza (con la collaborazione e presenza di Oim [Organizzazione mondiale delle migrazioni, ndr] e Unhcr [Alto commissariato Onu per i rifugiati, ndr])». Hanno lo scopo di rinforzare la rete dei rimpatri volontari assistiti dalla Libia ai Paesi d’origine. Ne fanno menzione i deputati della maggioranza in una mozione approvata alla Camera il 15 ottobre sulla quale il governo ha espresso parere positivo.

      In breve

      – Un gruppo di deputati della maggioranza ha citato il piano per realizzare 70 centri per i rimpatri in Libia in una mozione approvata dal parlamento e dal governo. Sarebbe già stato discusso anche con il ministro Piantedosi. Il responsabile per il Viminale del piano per i rimpatri volontari dei migranti dalla Libia sarebbe Vincenzo Tagliaferri, poliziotto che da anni lavora con le guardie di frontiera del Paese
      - Nessuno degli attori internazionali, o istituzionali in Italia, ha risposto alle nostre domande su un progetto che ha delle criticità rispetto ai diritti umani. L’Onu ha sostenuto più volte che esiste il rischio che i rimpatri dalla Libia, finanziati con soldi italiani, non siano “volontari”
      – Il piano dei rimpatri volontari è una priorità per Tripoli. Il ministero dell’Interno libico sostiene che ci siano oltre tre milioni di migranti in Libia. Il progetto ha il pieno appoggio anche della missione Ue in Libia
      – I rimpatri volontari nel 2025 saranno 16mila. Da ottobre, Tripoli ha anche lanciato un programma per i rimpatri forzati. In tre mesi, sono stati rimpatriati in Nigeria, Niger, Egitto e Bangladesh in tutto oltre 2.900 persone
      – Nel 2025 si chiude anche Sibmmil, il programma cominciato nel 2017 che ha potenziato il controllo delle frontiere terrestri e marittime. Nel 2026 verrà lanciata una nuova iniziativa concentrata sui confini di terra

      Il ministro dell’Interno Matteo Piantedosi, secondo quanto ha detto in aula uno dei firmatari, il deputato leghista Igor Iezzi, «ha iniziato a ragionare con le autorità libiche sulla costituzione dei 70 centri di accoglienza dentro i quali ci saranno proprio le organizzazioni internazionali» quando è stato in visita a Tripoli a luglio 2025. In una conferenza stampa tenuta il 2 dicembre dal ministro dell’Interno libico Imad Trabelsi, un delegato delle Nazioni Unite ha parlato di un recente progetto cominciato dalla Libia per realizzare «return centers», cioè «centri per il rimpatrio».

      Chi segue il dossier in Libia per conto del Viminale è il dirigente superiore della polizia Vincenzo Tagliaferri, che sui social media del ministero dell’Interno libico è indicato come «coordinatore regionale per il progetto di rimpatrio volontario assistito». Una carica mai apparsa sui giornali italiani, così come mai prima d’ora si era parlato del progetto per i 70 nuovi centri.

      Tagliaferri è un uomo di comprovata esperienza: nel 2010 la testata Polizia moderna ne parlava come esperto di immigrazione irregolare di stanza a Tripoli. In tempi più recenti, dal 2016 al 2020, Tagliaferri è stato capo di Eubam Libya, la missione europea che aiuta le autorità libiche a sigillare le loro frontiere.

      L’Organizzazione internazionale delle migrazioni (Oim) ha spiegato a IrpiMedia di non conoscere gli sviluppi del progetto di costruzione dei 70 centri. L’Unhcr, invece, non ha risposto alle domande. La prima firmataria della mozione Sara Kelany, responsabile immigrazione di Fratelli d’Italia, non ha risposto alle richieste di intervista inviate via email, per messaggio e per telefono. Nessuna risposta nemmeno dalla delegazione europea in Libia, guidata dall’ambasciatore italiano Nicola Orlando.

      IrpiMedia avrebbe voluto chiedere chiarimenti soprattutto in merito alla gestione di questi centri, che da quello che si deduce sarebbero sotto la responsabilità delle agenzie delle Nazioni Unite. Storicamente, però, l’Onu ha difficoltà ad accedere alle strutture dove si trovano i migranti.

      L’ultimo caso è segnalato nel report 2024 del Gruppo di esperti delle Nazioni Unite sulla Libia: «A luglio 2024 – si legge – gruppi armati gestivano sei centri di detenzione non ufficiali, in cui si stima siano detenute arbitrariamente oltre tremila persone e ai quali le Nazioni Unite non hanno accesso». Secondo l’ong Refugees in Libya, l’Unhcr avrebbe ovunque un accesso limitato o nullo, soprattutto nelle strutture che si trovano nel sud-est del Paese.

      Rimpatri volontari oppure no?

      I rimpatri volontari assistiti sono viaggi operati dall’Oim e promossi dall’Unhcr che permettono a un migrante di rientrare volontariamente nel proprio Paese d’origine. Dal 2015 Oim ha fatto rientrare dalla Libia oltre 100mila persone, anche grazie al contributo del governo italiano. L’ultimo piano è stato siglato nel 2024, quando il ministero degli Affari esteri italiano ha finanziato per la Libia un programma biennale dal valore 7 milioni di euro, di cui 2,4 milioni sono dedicati al reinserimento dei «migranti bloccati e vulnerabili» nelle loro comunità di origine.

      La volontarietà di questi rimpatri è stata però messa in dubbio da diverse ong – la campagna Voluntary Humanitarian Refusal, di cui fa parte Asgi, chiede la sospensione dei finanziamenti – e dai relatori speciali delle Nazioni Unite che hanno firmato insieme al Gruppo di lavoro sulla detenzione arbitraria un richiamo indirizzato all’Italia ad aprile 2025. Lettere simili erano già state inviate al nostro governo nel 2017 e nel 2024.

      Secondo i relatori speciali i dati sui voli di rimpatrio volontario «indicano che donne, bambini, vittime di tratta e persone con vulnerabilità mediche sono stati rimpatriati direttamente dai centri di detenzione libici senza che fossero garantite loro le adeguate e dovute garanzie procedurali», trasformando potenzialmente le operazioni in espulsioni di massa.

      Aggiungono che «il 43% dei “beneficiari” del loro programma nel 2023 era in detenzione al momento della loro identificazione e quasi il 7% era vittima di tratta». In una riunione di uno dei gruppo di lavoro europei sulla gestione delle frontiere avvenuta a febbraio 2024, di cui IrpiMedia ha ottenuto una copia, la stessa Oim parla di 9.370 rimpatri volontari effettuati in Libia, di cui il 63% di migranti che si trovavano in centri di detenzione.

      A luglio 2025 la Farnesina ha risposto al richiamo dei relatori Onu specificando che i voli di rimpatrio volontario dalla Libia rientrano in una procedura umanitaria, definita in inglese Voluntary humanitarian return, Vhr.

      Hanno quindi standard diversi dei voli di rimpatrio assistito, la cui sigla inglese è Avrr. E ha scaricato la responsabilità di come si effettuano i voli finanziati dall’Italia sull’Oim: «L’Oim Libia – si legge nella risposta italiana – è responsabile dell’attuazione del programma Vhr, che offre assistenza rapida, sicura, dignitosa e salvavita per il rimpatrio ai migranti presenti in contesti operativi e di sicurezza particolarmente complessi, dove non risulta possibile implementare il programma standard Avrr». Di conseguenza, secondo l’Italia, non c’è alcun caso di costrizione dei migranti a partire.

      Cosa dice il resto della mozione

      Approvata il 15 ottobre 2025 alla Camera con 153 voti favorevoli, 112 contrari e 9 astenuti, la mozione della maggioranza che cita i «centri d’accoglienza» finalizzati al rimpatrio chiede che il governo prosegua nella «strategia nazionale di contrasto ai trafficanti di immigrati e di prevenzione delle partenze dalla Libia, fondata sul Memorandum del 2017». È all’interno di questo accordo che l’Italia, dal 2017, collabora con la Libia per la gestione delle frontiere e dei flussi migratori.

      Oim e Unhcr sono definiti «cruciali attori» che sono stati «coinvolti nella cosiddetta Cabina di regia quadrilaterale dei ministri dell’interno di Italia, Libia, Tunisia e Algeria lanciata dal Ministro Piantedosi, d’intesa con il ministro Tajani, per favorire lo sviluppo di un programma di rimpatri volontari assistiti». Il primo incontro della Cabina di regia è avvenuto nel 2024, anno in cui, annunciando i numeri sugli sbarchi, Piantedosi dichiarava: «Stiamo coordinando azioni finalizzate a presidiare più efficacemente le frontiere nell’area del Sahel e sviluppare progettualità per aumentare i rimpatri volontari assistiti grazie al lavoro di una cabina di regia e alla collaborazione con l’Oim e l’Unhcr». Una settimana prima dell’ultimo incontro tra i quattro ministri dell’interno, avvenuto ad aprile 2025 a Napoli, Viminale e Farnesina hanno stanziato per i rimpatri da Algeria, Tunisia e Libia 20 milioni di euro divisi in una prima tranche per formare funzionari capaci di gestire le pratiche nei Paesi coinvolti e una seconda per realizzare 3.300 voli.

      Oltre alla Cabina di regia, la mozione cita «un nuovo esercizio di supporto che coinvolge, oltreché le autorità libiche anche quelle di Turchia e Qatar, già riunitesi nell’ambito di uno specifico gruppo tecnico di lavoro». Non è chiaro cosa sia questo «nuovo esercizio di supporto» ma di certo Turchia e Qatar sono impegnate nel sostegno della Libia, anche sul piano dei rimpatri. Soprattutto il Qatar: sui media libici già nel 2019 si scriveva di un fondo da 20 milioni di dollari per il rimpatrio di «migranti illegali» dalla Libia realizzato dal Paese del Golfo su impulso dell’Unione africana. In quel caso non si specificava se il rimpatrio fosse volontario o no.

      Il ministro dell’Interno libico Imad Trabelsi il 2 dicembre 2025 ha convocato una conferenza stampa per illustrare gli ultimi risultati della Libia nel contrasto alla migrazione irregolare. Oltre ai rimpatri volontari – 16mila previsti entro la fine del 2025, 16.207 erano stati anche nel 2024 mentre erano stati 9.369 nel 2023 – la Libia da ottobre ha avviato il Programma nazionale per il rimpatrio forzato dei migranti irregolari. Funziona grazie a una collaborazione bilaterale tra la Libia e quattro Paesi di provenienza dei migranti: Egitto, Niger, Nigeria e Bangladesh. In tutto, riportano i dati del Programma, finora sono stati rimpatriati 2.908 migranti, 131 egiziani, 904 nigeriani, 928 bangladesi e 945 nigerini.

      Cosa sappiamo dei progetti per i rimpatri dalla Libia

      «Ho elogiato le recenti misure adottate dalla Libia per facilitare il rimpatrio volontario dei migranti nei loro paesi di origine, in coordinamento con le rispettive ambasciate, e ho ribadito la disponibilità dell’Unione Europea ad approfondire la cooperazione nella gestione delle frontiere terrestri e nella lotta alle reti di tratta di esseri umani». Parola dell’ambasciatore Nicola Orlando, via X, a seguito dell’incontro del 23 novembre 2025 con il presidente del Consiglio di Tripoli Abdul Hamid Debaiba.

      Cinque giorni dopo, sempre su X, l’ambasciatore Orlando annunciava da Roma «un nuovo programma di punta finanziato dall’Ue, a livello transnazionale, che si basa sul lavoro della Missione Tecnica sulla gestione delle migrazioni e delle frontiere basata sui diritti».

      Intervenuto alla conferenza stampa organizzata dal ministro Trabelsi di inizio dicembre, Orlando ha sottolineato l’apprezzamento per i miglioramenti nella relazione tra Unione europea e Libia, in particolare dal 2024, e ha sottolineato la disponibilità europea ad impegnarsi ancora di più per sostenere i rimpatri volontari assistiti. «Sicuramente – ha aggiunto – non intendiamo stabilire migranti in Libia. Questo va contro la volontà della Libia e dell’Unione europea».

      Il rapporto ha mostrato che circa l’84% dei migranti in Libia sono giovani di età inferiore ai trent’anni e che la maggior parte di loro sono uomini non sposati, mentre la percentuale di donne non supera l’1% e la maggior parte di loro è entrata attraverso il Sudan.

      L’altro aiuto alla Libia: il progetto Sibmmil

      L’ambasciatore Orlando ha poi parlato anche dei risultati del progetto Sibmmil (Support to integrated border management in Libya), il cui scopo è addestrare la guardia costiera libica, fornire nuove imbarcazioni, riparare le esistenti e fornire l’equipaggiamento necessario a migliorare le operazioni Sar nel Mediterraneo, inclusa la realizzazione del Centro di coordinamento marittimo per le operazioni di salvataggio (Mrcc in inglese). I fondi per il programma sono stati elargiti dal Fondo fiduciario europeo per l’Africa (Eutf), per un totale di 59 milioni di euro. Sibmmil, di cui l’Italia è stata capofila, è iniziato nel 2017 e si chiuderà con la fine del 2025. Orlando ha annunciato un nuovo progetto per gennaio 2026, che si focalizzerà sulle frontiere terrestri.

      Le ultime infrastrutture realizzate da Sibmmil sono state due centri per l’addestramento dei guardacoste libici, uno inaugurato il 13 novembre 2025 a Tripoli e un altro nel 2024 a Sabratha. Altri finanziamenti stanziati nel 2025 riguardano corsi di formazione per la polizia libica e l’incontro del comitato di indirizzo di Sibmmil.

      L’ambasciatore Ue Orlando ha ribadito più volte che la guardia costiera libica e la General administration for coastal security (Gacs), le componenti militare e civile preposte al pattugliamento delle frontiere marittime beneficiarie di Sibmmil, «contribuiscono a salvare migranti in mare». Questo punto è però molto controverso. Una delle motovedette classe Corrubia fornite da Sibmmil il 24 agosto e il 26 settembre 2025 ha aperto il fuoco ad altezza uomo contro le imbarcazioni Ocean Vikings e Sea Watch-5, rispettivamente operate dalle ong Sos Méditerranée e Sea Watch, che erano impegnate in attività di salvataggio. Questi due attacchi sono stati particolarmente violenti e rappresentano un nuovo livello di conflittualità della guardia costiera libica nei confronti delle ong internazionali.

      Di certo, con Sibmmil, è aumentato il numero di migranti intercettati in mare dalle forze libiche: oltre 25mila nel 2025 (erano stati 21.700 nel 2024 e 17mila nel 2023). Nel 2024 è morto un migrante ogni 73 tra coloro che hanno cercato di attraversare il Mediterraneo centrale. Negli anni precedenti il dato era migliore: uno ogni 90 nel 2023 e uno ogni 116 nel 2022.

      #IOM #OIM #Libye #migrations #réfugiés #Italie #externalisation #return_hub #Vincenzo_Tagliaferri #renvois #expulsions #retours_volontaires #motion #Nigeria #Niger #Egypte #Bangladesh #Sibmmil #Matteo_Piantedosi #centres_de_retour #Imad_Trabelsi #Eubam_Libya #Voluntary_humanitarian_return (Vhr) #Avrr #Cabina_di_regia #financement #aide_financière

  • #Amazon prévoit de remplacer plus d’un demi-million d’#emplois par des #robots

    Le géant de l’e-commerce s’apprête à supprimer, dès ce mardi 28 octobre, plus de 30 000 postes de « cols blancs », et prépare un avenir où 75 % des opérations seront prises en charge par des #IA et des robots. De quoi raviver la crainte d’une apocalypse sur le marché de l’emploi.

    Ça y est, le « #grand_remplacement » par l’IA a commencé. Selon les informations obtenues par Reuters, Amazon prévoit de licencier jusqu’à 30 000 personnes à travers le monde dès ce mardi 28 octobre, soit près de 10 % de ses quelque 350 000 salariés en « col blanc ». Des ressources humaines au service Cloud en passant par le marketing, ces emplois de bureau sont aujourd’hui en première ligne face à la vague de l’intelligence artificielle.

    « Cette dernière initiative indique qu’Amazon réalise probablement suffisamment de gains de #productivité grâce à l’IA au sein de ses équipes pour justifier une réduction substantielle des #effectifs », a déclaré Sky Canaves, analyste chez eMarketer, auprès de Reuters. Alors même que l’entreprise a engrangé 18 milliards de dollars de profits en 2024, « Amazon a également subi des pressions à court terme pour compenser les investissements à long terme dans le développement de son infrastructure d’IA. »

    « La fin de l’humanité »

    Il n’en fallait pas plus pour raviver la crainte d’une apocalypse sur le #marché_du_travail. « L’IA signe la fin de l’humanité », « Ce n’est que le début », pouvait-on lire sur les réseaux sociaux à la suite de ces annonces. Cette seconde affirmation n’est pas complètement fausse puisque selon un rapport interne d’Amazon consulté par le New York Times le 21 octobre, la multinationale compte également couper dans la main-d’œuvre de ses entrepôts. À terme, 75 % de ses opérations pourraient être automatisées à l’aide d’IA et de robots, sans sacrifier ses objectifs de croissance.

    L’an dernier, rappelle le quotidien new-yorkais, les dirigeants d’Amazon ont déclaré au conseil d’administration qu’ils espéraient que ces technologies leur éviteront d’augmenter les effectifs aux États-Unis au cours des prochaines années… tout en vendant deux fois plus de produits d’ici 2033. Chose qui aurait, sans l’IA, nécessité l’embauche de 600 000 personnes.

    Tri des stocks, automatisation de l’emballage et du déplacement des articles… L’entreprise affirme disposer d’un million de robots à travers le monde, et est convaincue que les humains qui s’en occupent représenteront les emplois de demain. De quoi transformer en profondeur les emplois de la #logistique et du #transport, voués à devenir plus qualifiés et plus rares dans le futur. Même les livreurs du géant de l’e-commerce seront « augmentés » grâce à des lunettes connectées leur affichant les instructions de navigation et de livraison en temps réel.

    Mots tabous

    Une réalité que le deuxième employeur privé aux États-Unis ne semble pas encore prêt à assumer. Dans ce rapport, on apprend qu’Amazon tient à son image de « bonne entreprise citoyenne » et que pour compenser les conséquences de ses choix stratégiques sur le marché de l’emploi américain, celle-ci prévoit de participer davantage à des événements communautaires dans les zones où les pertes d’emplois risquent d’être importantes. L’entreprise envisage aussi d’éviter l’utilisation de termes comme « #automatisation » et « IA », privilégiant des mots comme « technologie avancée » et « #cobot » au lieu de « robot » pour mettre l’accent sur la collaboration des machines avec les êtres humains.

    Dans un communiqué, Amazon a indiqué que les documents consultés par le New York Times étaient « incomplets » et ne « reflétaient pas la stratégie globale de recrutement de l’entreprise », dans la mesure où elle prévoyait d’embaucher 250 000 personnes pour les fêtes de fin d’année – sans préciser combien de ses postes seraient permanents. De son côté, Jeff Bezos a assuré, lors de la Tech Week, le congrès de la technologie de Turin (Italie) début octobre, que la bulle de l’IA allait être « bénéfique, parce que quand la poussière retombe et qu’on compte les gagnants, la société profite de ces inventions. » Pas sûr que les 30 000 personnes licenciées l’entendent de cette oreille…

    https://usbeketrica.com/fr/article/amazon-prevoit-de-remplacer-plus-d-un-demi-million-d-emplois-par-des-ro
    #travail #licenciement #remplacement #AI #intelligence_artificielle #terminologie #mots

    voir aussi :
    Des milliers de licenciements chez Amazon : l’intelligence artificielle va-t-elle finir par prendre nos emplois ? (signalé par @fsoulabaille) :
    https://seenthis.net/messages/1143716

    • Est-ce que les collectivités locales qui ont fait des ponts d’or à Amazon au prétexte de la création d’emploi vont demander le remboursement des subventions ?