• Folgorati dall’Europa. 27-28 février 2026. Cérémonie en souvenir de #Youssouf_Diakite, décédé à la frontière entre l’#Italie et la #France

    Anche quest’anno vogliamo ricordare la morte di Youssouf Diakite, folgorato dalla Fortezza Europa – il 27 febbraio 2017 – sulla rotta migratoria che passa proprio nel nostro territorio. È un momento simbolico a cui annettiamo molta importanza, perché deve servire a non dimenticare le ingiustizie e i crimini che vengono continuamente commessi dalla Fortezza Europa, anche in nostro nome.
    Quest’anno alla memoria di Youssouf Diakite vogliamo associare non solo quella di #Mohammed_Kouji, travolto da un treno sulla stessa linea ferroviaria, ma anche Moustafa Bouchini e Gabriel Izquierdo, due giovani già “ospitati” nei centri per richiedenti asilo in Ticino, tragicamente morti nella primavera 2025, il primo in circostanze non del tutto chiarite, il secondo suicidatosi dopo aver ricevuto diniego alla richiesta di asilo.

    Non si può ignorare che ogni stretta repressiva nelle politiche migratorie, ogni rifiuto di elaborare leggi e regolamenti che garantiscano la possibilità di migrare (sancita dal diritto internazionale), ogni accordo con nazioni dove i diritti sono soppressi, contribuiscono ad aumentare le morti, la povertà e la disperazione.

    Ci ritroviamo venerdì 27 febbraio dalle 18 alle 19 a Como sulla scalinata della Stazione San Giovanni, e sabato 28 febbraio alle 11 presso il cimitero di Balerna. [Como senza frontiere]

    https://ecoinformazioni.com/2026/02/24/27-28-febbraio-memoria-delle-vittime-delle-frontiere
    #frontière_sud-alpine #décès #migrations #réfugiés #mourir_aux_frontières

  • Balkans : les conséquences dramatiques de la fermeture des frontières sur la vie des migrants

    Officiellement, les frontières des Balkans sont fermées et tellement bien gardées que les exilés ne tenteraient presque plus de les franchir. Mais dans les faits, les migrants sont surtout devenus indétectables et entièrement à la merci des passeurs prêts à tout pour maximiser leurs gains. Un reportage à retrouver en entier dans l’émission Accents d’Europe sur RFI.

    Personne ne sait combien d’exilés empruntent actuellement la route des Balkans, notamment parce que la plupart évitent les camps officiels où ils sont identifiés. Shaheer, un jeune Afghan de 21 ans, préfère lui la « jungle » d’Obrenovac, au sud de Belgrade.

    « J’espère qu’on va finir par me laisser entrer en Hongrie. Ce n’est pas une vie ici, c’est dangereux. On doit se cacher de la police, des gens. Aujourd’hui, il y a un type d’ici, un Serbe, qui m’a frappé. Il m’a dit : ’Dégage, tu n’as rien à faire ici’. On doit toujours fuir. Ça me rend fou, littéralement », témoigne le jeune homme qui vit dans la rue depuis un mois et demi, n’ayant plus d’argent pour poursuivre son périple vers l’Union européenne.

    Sur la route des Balkans, les prix flambent depuis l’entrée de la Croatie dans l’espace Schengen et le déploiement des gardes-frontières de l’agence européenne Frontex dans le pays. Les trafiquants font leur pub ouvertement sur TikTok et sont aussi prêts à tout - même aux pires exactions - pour maximiser leurs profits.

    Les #risques pris par les sans-papiers se matérialisent dans les #cimetières

    « Dans les Balkans, les gangs sont surtout tenus par des Afghans, tandis qu’en Libye, ils le sont par des Libyens. Mais le système est le même : ils kidnappent, torturent, violent, brisent les os et envoient des vidéos aux familles pour leur réclamer des rançons de 3 000 ou 4 000 euros. Une fois que les familles ont payé, les personnes sont libérées. Les transferts se font par Western Union ou MoneyGram », détaille Silvia Maraone, une humanitaire italienne basée de longue date en Bosnie-Herzégovine.

    Dans les Balkans, les risques toujours plus grands pris par les sans-papiers se matérialisent concrètement dans les cimetières. Les tombes portant l’inscription « N. N. », pour « Nomen nescio » ("Nom inconnu", en latin), se multiplient dans ceux qui se trouvent près des frontières. Régulièrement sollicitée par des familles de disparus, l’ONG serbe KlikAktiv a lancé l’année dernière un projet pour tenter de les identifier. « Des dizaines de personnes sont mortes noyées dans la rivière Drina, entre la Serbie et la Bosnie-Herzégovine. Malheureusement, personne n’en parle et ces victimes sont mal identifiées », déplore Milica Svabic, membre de l’ONG.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/69006/balkans--les-consequences-dramatiques-de-la-fermeture-des-frontieres-s
    #migrations #réfugiés #Balkans #route_des_Balkans #décès #mourir_aux_frontières #identification #violence
    ping @6donie

  • #Sénégal : les migrants, #fantômes de l’Atlantique

    Vingt ans après la crise migratoire de 2006, la #route_atlantique entre le Sénégal et les #îles_Canaries reste l’une des plus dangereuses pour les migrants. En 2024, plus de 10 000 personnes y sont mortes ou portées disparues. Confrontées à l’#anonymat de ces victimes, familles et associations tentent de leur rendre un nom. Reportage de Sarah Sakho et Simon Martin.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/69571/senegal--les-migrants-fantomes-de-latlantique
    #décès #disparus #migrations #réfugiés #mourir_aux_frontières #mourir_en_mer #identification #Afrique_de_l'Ouest #Canaries #fantôme

    ping @6donie

  • Qui a tué #Blessing_Matthew ? Une contre-enquête citoyenne

    Comment des habitants d’une région frontalière réagissent-ils à la mort d’une jeune migrante dans leur rivière ? Le destin tragique de Blessing Matthew, une jeune Nigériane qui tentait de traverser les Alpes, reste un traumatisme pour certains locaux, qui mènent une contre-enquête depuis sept ans.

    On ne connaît pas grand-chose de l’histoire de Blessing Matthew.

    De toutes celles et ceux que vous allez rencontrer dans ce reportage, personne de l’a connue. Personne n’a entendu le son de sa voix. On ne sait même pas vraiment son âge, peut-être 21 ans.

    Mais on sait que Blessing Matthew est morte, le 7 mai 2018, noyée dans la Durance, alors qu’elle tentait de passer à pied la frontière entre l’Italie et la France.

    On sait aussi, que c’est le Nigéria qu’elle avait fui. Qu’elle a pris un bateau d’abord comme tant d’autres, et risqué sa vie, déjà à ce moment-là. Et puis qu’elle a tenté la route de la montagne.

    Son corps a été retrouvé à un barrage, tout près du village de la Vachette. C’est à 3 km de Briançon, dans les Hautes-Alpes.

    Ce qu’on sait aussi c’est qu’elle courait : elle était prise en chasse par la gendarmerie mobile, et elle est tombée dans la Durance. Que s’est-il vraiment passé ? Est-ce que quelqu’un a essayé de la sauver ? Les circonstances de sa mort interrogent toujours des années après.

    Il y a bien eu une enquête, et après plusieurs recours, la justice a clos le dossier en 2022 : pas de crime, ni d’imprudence caractérisée des gendarmes.

    Mais des citoyens engagés de la région, réunis dans le collectif « Tous Migrants », ne veulent pas se résoudre à cette conclusion. Avec des chercheurs de « Border Forensics », ils persistent dans leur contre-enquête, et ils continuent, sept ans après, de récolter preuves et témoignages.

    Pour eux c’est une manière de rendre son histoire à cette jeune femme, morte dans leurs montagnes. A elle et à tous ceux qui risquent encore leur vie sur les chemins des Alpes.

    Le reportage commence au cimetière de Prelles, à 7 km de Briançon, sur la tombe de Blessing.

    https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/interception/interception-du-dimanche-11-janvier-2026-3709838
    #podcast #audio #mourir_aux_frontières #frontière_sud-alpine #migrations #frontières #Hautes-Alpes #Briançonnais #vérité #contre-enquête #Tous_Migrants #morts_aux_frontières #Durance #Agnès_Antoine #Michel_Rousseau

  • ‘Ndrangheta, mani delle cosche sulla sepoltura dei migranti: “Otto te li fai tu e 8 me li faccio io”. Poi li inumavano senza cassa di legno
    (ça date de 2019)

    Le imprese funerarie controllate dalle ’ndrine facevano cartello per spartirsi le commesse pubbliche. E l’ex consigliere regionale del Pd Giamborino e l’ex candidato dem alle politiche del 2018 Incarnato si muovono per fare affidare le gestione di un centro di accoglienza straordinaria a un imprenditore amico. Emerge anche questo dalle carte dell’inchiesta “Rinascita Scott” della procura di Catanzaro che il 19 dicembre ha portato all’arresto di 330 persone

    Le cosche avevano allungato i tentacoli sulla sepoltura dei migranti morti in mare. Le imprese funerarie controllate facevano cartello per spartirsi le commesse pubbliche e li seppellivano senza cassa per risparmiare sui costi. Emerge anche questo dalle carte dell’inchiesta “Rinascita Scott” della procura di Catanzaro che il 19 dicembre ha portato all’arresto di 330 persone.

    Le ‘ndrine con le mani nel settore delle sepolture avevano “fondato un vero e proprio business sui naufraghi morti“, annotano gli inquirenti. Un business in cui Orazio Lo Bianco la fa da padrone. E’ un pezzo grosso, tanto che quando a inizio 2017 il comune di Vibo Valentia indice una gara per seppellire le salme di 16 migranti, Lo Bianco sfrutta la forza di intimidazione derivante dalla propria appartenenza alla ‘ndrina locale e impedisce a un imprenditore funerario di Pizzo di partecipare alla gara e poi fa cartello, concorda cioè le offerte da presentare, con i colleghi intenzionati a partecipare: “A quello del Pizzo lo scacciato e gli ho detto tu vattene al Pizzo – dice intercettato Lo Bianco – Che qui i morti li facciamo noi! Gli ho detto io a Ceraso tu vuoi entrare? Si! Baldo tu vuoi entrare? Si!”. Il metodo è semplice: “Allora facciamo una cosa facciamo il prezzo uguale per tutti! Andiamo sopra e mettiamo tutti due mila euro!”. E poi partiva la spartizione: “Sedici morti! – spiega – Sedici morti erano! Otto te li fai tu ed otto me li faccio io!“.

    Il sistema è oliato e ne fanno parte elementi di spicco della criminalità locale. Rosario Pugliese, considerato dai pm ‘ndranghetista di alto rango, è suo socio occulto nella sua impresa individuale Le Stelle 1. Che faceva il bello e il cattivo tempo nei camposanti locali al punto da arrivare a seppellire nel cimitero di Bivona i cadaveri di due naufraghi sbarcati a Vibo Marina solo nell’involucro di zinco senza le casse di legno con l’aiuto di tre sodali: gli operai Francesco Paternò e Michele Lo Bianco eseguivano le operazioni di seppellimento e si adoperavano per impedire le operazioni di accertamento del mancato rispetto della commessa; e il custode del cimitero Antonio Fuoco chiudeva tutti e due gli occhi, “omettendo il controllo alle operazioni”. Il che però non impediva al cattivo odore di uscire dai loculi e di allarmare i residenti della zona, dalla cui segnalazione sono partite le indagini. Durante la riesumazione dei corpi era poi venuta fuori un’altra verità inquietante: almeno due cadaveri non erano stati inumati nei loculi assegnati.

    Il business è ampio e Lo Bianco ne gestisce una buona fetta. Titolare di una impresa individuale di edilizia artigiana, con la complicità di uno dei capi dei custodi dei cimiteri di Vibo Valentia “gestiva le cappelle e i loculi, organizzando un vero e proprio ‘mercato’ delle stesse” e tramite la sua ditta permetteva a diversi indagati di “ristrutturare le cappelle e i loculi di defunti di cui non ci sono più familiari superstiti, seppellendo nelle fosse comuni i resti delle ossa e rivendendole al prezzo di 50.000-60.000 euro“.

    I migranti però sono un business anche, e soprattutto, da vivi. E secondo gli inquirenti possono servire anche ad accrescere la credibilità di un politico in ambienti criminali. Pietro Giamborino, ex consigliere regionale del Pd, fiuta la possibilità e prova a sfruttarla. “Si metteva a disposizione con tutti i criminali”, ha raccontato il collaboratore di giustizia Andrea Mantella. Per gli inquirenti è legato al “sodalizio di Piscopio” di Vibo Valentia: “In qualità di partecipe – annota il gip – contribuiva concretamente alla realizzazione degli scopi dell’associazione”. Ma non solo: secondo i pm manteneva i contatti con i vertici “ottenendo a proprio vantaggio il voto elettorale procacciatogli da altri associati”. In cambio offriva o prometteva il “conseguimento di impieghi pubblici e privati”, manteneva i rapporti con le altre cosche e con i “colletti bianchi“, ovvero “professionisti, imprenditori, politici, appartenenti alla massoneria”. Si muoveva, cioè, in quella zona grigia in cui il mondo della politica e quello delle cosche si toccano e si mescolano. Accade quando un imprenditore di Catania si rivolge a lui per vedersi aggiustato un procedimento al Tar, e accade anche quando c’è da oliare un meccanismo utile a lucrare sui richiedenti asilo.

    Siamo agli inizi del 2018. Pino Cuomo, titolare della Gemes Srl e della P&P Group Srl, ha in mente di creare un centro di accoglienza straordinaria per richiedenti asilo nel comune di Paola attraverso un progetto di recupero dell’hotel Alahambra. Così chiede a Giamborino di attivarsi per”influenzare illecitamente” la procedura amministrativa in cambio di “somme di denaro non meglio quantificate”. L’ex consigliere si rivolge a Luigi Incarnato, che in quel periodo è candidato con il Pd alle elezioni politiche del 4 marzo. Incarnato, oggi segretario del Psi calabrese, si mette a disposizione in cambio di voti e il 28 febbraio porta i due dal sindaco della cittadina del cosentino, Roberto Perrotta. La mediazione è riuscita, l’incontro è avvenuto, la richiesta dell’imprenditore viene protocollata, però giorni dopo i soldi non si vedono. Così Giamborino batte cassa: “Mi stai preparando i gelati?”, domanda il politico all’imprenditore il 3 marzo, giorno prima delle elezioni. Una macchinazione che, per i pm, consente all’esponente del Pd di aumentare ” l’autorevolezza ed il prestigio” del sodalizio ‘ndranghetistico di Piscopio “specie nei rapporti con le consorterie rivali, anche per l’aspettativa di favoritismi da parte della pubblica amministrazione”. Il che vale a Giamborino, finito ai domiciliari, la contestazione dell’aggravante mafiosa.

    https://www.ilfattoquotidiano.it/2019/12/21/ndrangheta-mani-delle-cosche-sulla-sepoltura-dei-migranti-otto-te-li-fai-tu-e-8-me-li-faccio-io-poi-li-inumavano-senza-cassa-di-legno/5628898
    #ndrangheta #mafia #sépolture #migrations #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #cimetière #pompes_funèbres #Rinascita_Scott #business #Orazio_Lo_Bianco #Calabre #Vibo_Valentia #inhumation #monopole #prix #Rosario_Pugliese #Le_Stelle_1 #Bivona #Francesco_Paternò #Michele_Lo_Bianco #Antonio_Fuoco #sodalizio_di_Piscopio #Vibo_Valentia #accueil #Gemes #P&P_Group #hotel_Alahambra #Paola #hébergement #logement #Pino_Cuomo #Luigi_Incarnato #Roberto_Perrotta

  • Migration vers l’Europe : en #Guinée, la quête des #familles pour retrouver leurs #disparus

    En #Guinée-Conakry, de nombreux parents n’ont plus de nouvelles de leur enfant, parti tenter la migration vers l’Europe. Abdoul Aziz Baldé et Abdoulaye Diallo font partie de ces #pères de familles sans certitude sur la mort de leurs fils. Ils n’ont plus de nouvelles mais pas de corps non plus. Une ONG locale, l’#OGLMI, s’est donné pour mission d’aider les milliers de familles guinéennes concernées par ces deuils impossibles. Reportage.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/68849/migration-vers-leurope--en-guinee-la-quete-des-familles-pour-retrouver
    #migrations #réfugiés #celleux_qui_restent #décès #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #ambiguous_loss #deuil #deuil_impossible
    ping @6donie

  • Graves

    Illegalized travelers from Asia and Africa, fleeing toward destinations in Europe, hide on train roofs, in theundercarriages of buses and trucks, or inside containers and refrigerated cargo holds in order to avoid bordercontrols, police patrols, fences, and other material or symbolic barriers—as well as the deportation anddetention. They seek passage through karst terrain and minefields, or through weaponized landscapes, forests,mountains, and numerous rivers. Some are lost while they look, wait and hope for their chance to finally crossanother border. Their premature, violent deaths are the result of contemporary bordering, racialized exclusionand persecution.Many of those that die at the borders are never found (disappearaed). If death is reported to authorities or bodies are found,a series of different procedures are carried out, after which the deceased are either repatriated or, asstipulated by law, laid to rest in graves in local cemeteries within the municipalities where they are found.These graves are among the few local material traces of the lives, escapes, and deaths of people who opposedand confronted the borders that were closed for them.

    Graves of those who died along borders and because of borders are, if we speak about Croatia and neighbouring countries, scattered along roads, places of persecution, and those very borders. Often invisible, located at the margins of cemeteries, marked in various ways, with different materials or not at all, solitary or clustered together, often anonymous, these burial sites are markers of lives cut short, violent borders, and posthumous marginalization. Maintained, with permanent tombstones or simply modestly decoratedwith flowers or other tokens of care, these graves can also be places of coming together, thoughtfulness, andmourning.

    Documenting and mapping those graves belong to a broader effort of tracing border deaths, a work done mainly through a transnational network of activists, scholars and others who work with and around those material traces, as a way of defying the persistenterasure of migrants’ lives, and demonstrating the brutalities of the contemporary European border regime.Mapping the graves is not just a documentary method that could eventually help families, community members,local communities, activists, and researchers, while the practice also supports acts of commemoration andpursuits of justice. Spatial representation of death enhances our perception of geographies of violence, death causes, losses,and traces, while the accompanying categorizations, where “unknown” is prevalent or among the most frequentdesignations, point not only to the features of these traces, but also to their opacity.

    https://e-erim.ief.hr/pojam/p-grobovi-p?locale=en

    Map of Grave Locations

    https://e-erim.ief.hr/pojam/p-karta-lokacija-grobova-p?locale=en

    Map of Causes of Death


    https://e-erim.ief.hr/pojam/p-karta-uzoraka-smrti-p?locale=en

    Map of Grave Inscriptions


    https://e-erim.ief.hr/pojam/p-karta-imena-na-grobovima-p?locale=en

    Map of Grave Markers


    https://e-erim.ief.hr/pojam/p-oznake-na-grobovima-p?locale=en

    Map of Grave Markers Materials


    https://e-erim.ief.hr/pojam/p-karta-materijala-nadgrobnih-obiljezja-p?locale=en

    Cartographic Assemblage: The River and Borders


    https://e-erim.ief.hr/pojam/p-kolaz-rijeka-i-granice-p?locale=en

    #tombes #Balkans #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #cartographie #visualisation #cimetières #route_des_balkans

    ping @reka @6donie

  • La mia #Arca, 300 parole di pace : l’installazione di #Ivan_Tresoldi per Emergency

    Il 14 dicembre l’inaugurazione nella sede della Ong fondata da Gino Strada. Poesia e resti di un barcone naufragato: «Questi legni intrisi delle speranze di chi li ha stretti»

    Trecento parole di resistenza, di futuro, di pace e di cura. Che galleggiano nel mare della speranza — della rabbia — che ci attraversa. La prima a essere tracciata davanti alle telecamere del «Corriere», che ha seguito i lavori in una fredda mattina di dicembre, è «poesia». L’artista e poeta di strada Ivan Tresoldi — in arte ivan — ha dato vita all’opera di poesia e arte pubblica L’Arca , realizzata all’interno del giardino di Casa Emergency, ex scuola che dal 2017 è la sede milanese della Ong, dietro piazza Sant’Eustorgio.

    L’installazione di #street_art, che sarà inaugurata dopodomani, resterà permanente nel giardino aperto ai cittadini. Si tratta di un’opera partecipata, che mette al centro desideri e paure del nostro presente, a partire dalle parole di Gino Strada, fondatore di Emergency scomparso nel 2021, a cui s’ispira: «Non è mai troppo tardi per andare nella direzione giusta». Una spinta a non rimanere spettatori di fronte a una «rotta» che ci è stata imposta dall’alto; a far sentire la propria voce.

    «L’Arca è un’opera che ci contiene tutti — spiega l’artista al “Corriere” —, è una materia d’invisibile, uno spazio e un luogo determinato dalle parole di tutta Emergency, che a volte hanno bisogno di rendersi laicamente sacre. L’idea è quella di creare un’opera di muralismo, o di neomuralismo, e di poesia di strada». L’Arca è un «quadrittico ligneo formato da trecento listelli, come a richiamare un galeone», realizzato anche con il legno che ivan ha recuperato in Calabria: sono i resti del caicco partito dalla Turchia e naufragato a Steccato di Cutro (Crotone) la notte tra 25 e 26 febbraio 2023, nella strage in cui persero la vita 94 persone (si stimano 11 dispersi).

    Un recupero possibile anche grazie all’aiuto di Vincenzo Luciano, fa sapere l’artista, pescatore tra i primi soccorritori del naufragio (che domenica sarà presente all’inaugurazione). «Non si può lavorare sul tema della migrazione e non rendere sacro qualcosa di laico senza la materia di questa sacralità. Per questo abbiamo chiesto a Vincenzo di donarci alcuni pezzi di quel poco che è rimasto di quella mattina di febbraio sulla spiaggia, e li abbiamo introdotti nell’opera. Perché rappresentano l’esperienza di quelle persone che su questi legni hanno stretto le loro mani, le loro speranze, li hanno intrisi di un futuro migliore possibile». E, aggiunge, «noi dimentichiamo quanto le storie delle migrazioni, delle tragedie, siano storie che appartengono profondamente alle nostre radici e ai popoli tutti».

    Giubbotti salvagenti, resti di gommoni, coperte isotermiche (Ai Weiwei), vestiti dismessi (Corrado Levi), gli scafi abbandonati a Lampedusa (Massimo Sansavini), o un vecchio peschereccio affondato nelle coste libiche (Christoph Büchel): sono alcuni dei materiali provenienti dalla rotta migratoria del Mediterraneo che numerosi artisti hanno modellato per dare forma alla disperazione silenziosa di chi muore in mare. Perché quelle voci spezzate potessero arrivare a tutti. «Da qualche tempo stiamo ragionando su fare progetti di arte pubblica — spiega Simonetta Gola, direttrice della comunicazione di Emergency — perché l’arte possa essere anche uno strumento per sensibilizzare ai nostri temi, che crei un dialogo. Nel suo lavoro, ivan unisce la parte figurativa con la parola, per questo gli abbiamo chiesto di lavorare su una frase di Gino Strada. E poi abbiamo chiesto a persone di Emergency di identificare delle parole chiave che rappresentassero quello che vogliamo fare, di cui c’è bisogno».

    Parole che prendono la forma di una preghiera civile, di un poema che rifiuta la guerra: «Ogni listello, tagliato a mano, rappresenta anche la pratica del passarsi e starsi accanto — prosegue ivan — in un lavoro che è un corpo coeso. Ogni parola lavora accanto all’altra perché di base c’è l’idea che l’unione del tutto sia molto più della somma dei suoi elementi. E le parole di Gino Strada saranno accanto a quelle di tutti e di tutte. Non c’è un livello di scrittura predominante: ci confrontiamo sullo stesso livello».

    L’opera rientra nella campagna di Emergency — che oggi si trova in dieci Paesi del mondo con progetti di lungo periodo, e ora è presente in tre luoghi di conflitto: Gaza, Ucraina, Sudan — intitolata R1pud1a. «È dedicata all’Articolo 11 della Costituzione (“L’Italia ripudia la guerra come strumento di offesa alla libertà degli altri popoli e come mezzo di risoluzione delle controversie internazionali”, ndr) — conclude Gola —, che è nato dall’esperienza diretta di chi la guerra l’aveva fatta e che ha trovato una sola parola per descriverne il rifiuto: “ripudia”. In questo momento storico, in cui la guerra torna a essere normalizzata, questa campagna è fondamentale. Con R1pud1a abbiamo coinvolto 700 Comuni, 1.500 scuole e 300 istituzioni culturali perché vogliamo tornare a dire che la guerra è una scelta e non è inevitabile. E L’Arca rientra nella campagna perché qui ci sono persone che si mettono insieme per chiedere un cambiamento».

    «Credo in una poesia e in un’arte che sia espressione, e a servizio, delle moltitudini e dei suoi bisogni — conclude ivan —. E che sia partigiana. Credo sia nata una nuova generazione autoriale che è popolare, che quando parla di pace si occupa di pace, che fa pratica nei luoghi sociali, negli spazi di marginalità, con le reti di ogni partigianeria. Non credo in un’arte privilegiata che si celebra da sé. Oggi, la cosa importante, è farla la pace». E porre fine al naufragio di un’umanità che fugge incessantemente dal dolore.

    L’inaugurazione domenica 14 dicembre

    Domenica 14 inaugura a Casa Emergency a Milano (via Santa Croce 19, ore 15) «L’Arca», l’opera di poesia di strada e arte pubblica di Ivan Tresoldi (Milano, 1981), che leggerà una poesia e presenterà il progetto. Con lui: Rossella Miccio, presidente di Emergency, Vincenzo Luciano, pescatore testimone della strage di Cutro e Alberto Lolli, rettore del Collegio Borromeo di Pavia. L’opera si inserisce nel 2° anno della campagna «R1pud1a» di Emergency. Dalla sua fondazione nel 1994, Emergency è intervenuta in 21 Paesi curando oltre 13 milioni di pazienti. Oggi è presente in 10 Paesi del mondo, tre dei quali con un conflitto in corso: il Sudan, l’Ucraina e la Striscia di Gaza in Palestina.

    https://www.corriere.it/cultura/25_dicembre_12/mia-arca-300-parole-pace-l-installazione-ivan-tresoldi-emergency-ab166a44-d
    #art #frontières #migrations #mémoire #border_art #poésie #résistance #installation #Cutro #naufrage #mourir_en_mer #décès #morts_aux_frontières #mourir_aux_frontières #mots #résistance #rage #l'arca

    • Dalle spiagge di Cutro ai giardini di Milano: la geografia della memoria nell’opera “L’Arca”

      C’è una geografia fisica, fatta di coste, correnti marine e distanze chilometriche, e c’è una geografia umana, fatta di rotte, speranze e confini invisibili. Queste due dimensioni si incontrano nel giardino di Casa Emergency, dove il Mediterraneo è approdato sotto forma di legno, sale e memoria.

      Domenica 14 dicembre 2025 si inaugura l’installazione “L’Arca“, un’opera di street art e poesia pubblica firmata da Ivan Tresoldi (in arte ivan). Non è un monumento statico, ma il punto di arrivo di un viaggio tragico e simbolico: il materiale utilizzato per l’opera proviene infatti dai resti del caicco naufragato a Steccato di Cutro (Calabria) nella notte tra il 25 e il 26 febbraio 2023, una tragedia costata la vita a 94 persone.

      La materia che si fa mappa

      Per chi fa geografia, la materia racconta sempre la storia del luogo da cui proviene. I listelli di legno che compongono “L’Arca” portano incisi i segni del viaggio e del naufragio. Recuperati grazie all’aiuto di Vincenzo Luciano, pescatore testimone della strage, questi frammenti di imbarcazione hanno risalito la penisola, tracciando una linea immaginaria che collega la frontiera sud d’Europa con il cuore pulsante della metropoli lombarda.

      Ivan Tresoldi, artista ma anche ex studente di sociologia e di geografia, ha trasformato questi “legni intrisi delle speranze di chi li ha stretti” in un quadrittico ligneo composto da 300 listelli. Ognuno di essi ospita una parola: termini di resistenza, di futuro, di pace e di cura. È una mappatura emotiva che cerca di dare una direzione, una “rotta” etica, come suggeriva Gino Strada, fondatore di Emergency.

      Ridefinire i luoghi: da relitto a riparo

      L’installazione si inserisce nella campagna R1pud1a, legata all’Articolo 11 della Costituzione italiana (“L’Italia ripudia la guerra”). In un contesto globale segnato da conflitti (Gaza, Ucraina, Sudan), l’opera trasforma il concetto di “relitto”. Se sulle coste calabresi quel legno rappresentava il fallimento dell’accoglienza e la tragedia del confine, a Milano diventa un’arca, un rifugio semantico che accoglie le parole di tutti.

      “L’Arca è un’opera che ci contiene tutti,” spiega l’artista. È una “materia d’invisibile” che diventa spazio pubblico. L’arte qui svolge una funzione prettamente geografica: rende visibile ciò che spesso è relegato ai margini delle carte nautiche e dei telegiornali, portando la frontiera nel centro della città.

      Dove vederla

      L’opera sarà visibile permanentemente nel giardino della sede milanese della Ong, in via Santa Croce 19 (zona Darsena/Sant’Eustorgio). Un luogo che ora, grazie a quei legni venuti dal mare, diventa un nuovo punto cardinale per chi cerca di orientarsi tra le complesse rotte dei diritti umani.

      https://www.ageiweb.it/geografi-e-geografe-nei-media/dalle-spiagge-di-cutro-ai-giardini-di-milano-la-geografia-della-memoria-nell

  • The Everywhere Border. Digital Migration Control Infrastructure in the Americas

    The US is building a digital border infrastructure in neighbouring countries that expands and deepens surveillance, while hiding state violence. The implications of this new infrastructure will be long-lasting and need to be integrated into strategies of resistance of migrant justice movements worldwide.

    In 2021, José Eusebio Asegurado, a farmer in El Salvador, was arrested by the Salvadoran National Civil Police for ‘promoting human trafficking’. The basis for the arrest was a WhatsApp group chat (external link)
    that Asegurado and other migrants1 were using to coordinate a caravan, which had been infiltrated by a police agent. According to the screenshots used to incriminate him, Asegurado’s only participation in the chat was responding ‘OK’ to a migrant’s message that he would be at a meeting point at around 5 o’clock. Police arrested Asegurado at the meeting point, telling him he was ‘profiled’ as a caravan organiser.

    The same day, the Salvadoran police also charged Fátima Pérez, a cook, and Juan Rufino Ramírez, a private security guard, with promoting ‘human trafficking’ based on messages on a WhatsApp group they had created to coordinate a caravan. Screenshots in Ramírez’s case show him giving instructions to the 55-member group to meet at the bus station, and the prices of tickets to Guatemala. The police arrested Ramírez and Pérez the morning they were planning to leave.

    These three arrests took place in the span of four hours. The then-US ambassador in El Salvador, Katherine Dueholm, promptly congratulated (external link)
    the General Prosecutor’s office, stating: ‘I applaud the Salvadoran authorities who are taking action against those who want to deceive citizens with caravans and false promises. They promote only #UnViajeEnVano (external link)
    ’ – ’a journey in vain’.

    The arrests and Ambassador Dueholm’s praise reflect the critical role of covert surveillance and data-driven ‘smart’ technologies in US migration-control practices operating deep within countries outside the US. Over the past twenty years, the US (and other wealthy countries) have made strides to externalise border-control regimes well beyond their actual territory. This often involves effectively enrolling agencies in other countries in migrant surveillance, policing, and exclusion.

    The new digital infrastructure that enables border externalisation, however, is little understood. This digital infrastructure relies on both military-grade technology built by major weapons manufacturers and Silicon Valley innovation: inter-operable databases that share fingerprints seamlessly between police agencies across borders; biometric collection devices used by Mexican detention authorities to track migrants for US Customs and Border Protection (CBP); social media apps that serve as critical communications networks for migrants and surveillance tools for police; digital ID systems that enable access to essential services, but double as tracking devices.

    Infrastructure – digital or material – has real sticking power; that’s the point. Once a highway splits a community in half, a new permanence stifles the din of protest, and people move on. We use the term digital infrastructure to describe the establishment of a foundation that will be fundamental to how world powers will practise migration control; and, as it embeds itself, increasingly beyond challenge – a unified strategic intervention by powerful countries, with the US coveting the vanguard. While it may look like technological experimentation (like AI-powered robot dogs on the border) or one-off opportunistic data-grabs (like networks of international data-sharing agreements), the growth of digital border infrastructure is by design. This is enabled through joined-up digital technologies that settle into the kind of rigid, ‘motiveless’ permanence granted to other infrastructures, like submarine communications cables, protocols and servers that run the internet, an electrical grid or a superhighway.2

    The profound implications of new infrastructures persist long after their creation, as is the case for the digital infrastructure deployed to police migrants in the so-called US ‘backyard’. Its impacts are frequently rendered invisible. Governments promote border policing technologies as fundamentally safe, humane and non-violent (external link)
    while migrant advocates struggle to make visible the violence on the other side of this unseen ‘borderland circuitry’.3

    The implications range from digitally triggered violence and killings by local police in Central America to actions by the US, its allies and competitors in geopolitical contests over the control of global security. The US government and private industry have worked themselves into a largely covert entrepreneurial frenzy to own and control the migration policing interface of the future. Monitoring and control capabilities – a longstanding and routine part of US aid packages to fight organised crime – both expand domestic spying by partner governments for their own ends and serve US border externalization interests in controlling the movement of people and diverting them away from the US territorial border.

    This essay will focus primarily on how digital infrastructure serves US interests . What do we know about this strategy and how it is already affecting mobility and human rights in the region? What are its historical foundations? What challenges lie ahead? It is impossible to answer these questions simply by dissecting the cruelty or provenance of any single technology, system or actor. We first need to understand the transnational motivations driving these incremental, more observable, facts on the ground. We need, in other words, to make visible the invisible digital infrastructure.
    Digital infrastructure is key to border externalisation and a rise in unaccountable violence

    Understanding border externalisation through the lens of digital infrastructure captures the true scale of border practices envisaged by the US (and its competitors and allies) as well as their envisaged permanence within the future world order. Digital border infrastructure feeds on histories of domination, control and atrocities in the name of transnational ‘crime-fighting’ projects, setting the stage for tremendous social costs.

    First, as to scale, we are witnessing an escalation of US border imperialism and borderland violence4 – both in terms of geographical reach far into national territories and the further extension of ‘policeability’5 to an increasing number of individuals and groups through this digital infrastructure. This includes anyone an algorithm decides might be ‘dangerous’, those who might migrate, as well as humanitarian actors, migrant advocacy groups, and aid organisations. Scaling and the rapid growth it engenders is a quintessential property of digital technologies, regardless of their origin or application. The shifts to new targets under digital infrastructure are frictionless compared to earlier analogue-based border policing tactics. Asegurado, the farmer assisting migrants in El Salvador, was swept up in the US border externalisation dragnet with a simple ‘OK’ on a WhatsApp chat.

    Second, as to permanence, advocates of digital borders in national capitals, industry and development agencies embrace the term ‘digital public infrastructure’ as a brand, to bestow (unearned) trust, normalisation and the inevitability of contested digital tools such as biometric IDs and payment systems.6 Ceding the privilege of defining ‘digital infrastructure’ to actors with vested interests in current migration-control practices is reckless. Without a counternarrative that articulates their violent disposition, digital border externalisation tools – including widespread biometrics collection, real-time transaction data-collection in payment systems, and the confiscation of smartphones at the border – can easily be normalised as ‘digital public infrastructure’, rather than resisted.

    The scale and enduring impact of the rapidly hardening digital infrastructure that fuels border externalisation calls for urgent transnational organising. As writers and activists, we have come together to resist the use of digital infrastructure in US migration-control policy in Mexico, Central and South America, and the Caribbean. We have only traces and not the whole picture. Building on the work of others, we weave all this together to show how the fusion of state and digital power to construct digital border infrastructure is neither humane nor safe: rather, it is increasing unaccountable forms of violence.

    Convergence: Drugs war, border externalisation, digital infrastructure and the militarisation of US’ neighbouring regions

    Economic and political initiatives since the 1970s have driven relentlessly towards US investments in more militarised, criminalising, and digitised migration-control practices. Since 9/11, the US convergence of ‘national security’ with unauthorised migration has fueled an ever expanding border externalisation regime—currently there are 23 CBP offices and 48 ICE offices worldwide—and consequently has provided an especially lucrative market for digital surveillance corporations.7 Through programmes such as the Mérida Initiative and the Central American Regional Security Initiative, the US has tied aid to countries such as Mexico, El Salvador, Guatemala and Honduras to increased militarisation, policing, incarceration, and migration control.

    Yet migration patterns to the US from Mexico, Central America and the Caribbean cannot be divorced from the practices and policies that the US employed for over a century to dominate countries in these regions. Decades of US practices and policies have fuelled economic, political, and environmental instability – key factors that drive migration to the US. Over the past 20 years the number of people migrating from Central America has more than doubled (external link)
    , the largest increases coming from Guatemala, Honduras and Mexico. The US-backed ‘war on drugs’ in Mexico and Central America has dramatically increased violence and instability.8 In Mexico, the fight against organised crime has resulted in 350,000 deaths and more than 72,000 disappearances (external link)
    between 2006 and 2021. According to the World Bank, 60% of rural Central Americans live in poverty (external link)
    . While the largest contributors to the climate crisis are wealthy countries, these already impoverished populations suffer the most acute impacts of climate change. For decades, prolonged droughts together with natural catastrophic events such as hurricanes (external link)
    and floods (external link)
    have deeply affected Central America. The number of people facing food insecurity tripled between 2019 and 2021, affecting 6.4 million people (external link)
    . Asegurado, Pérez and Ramírez – like many others – are grasping for alternatives to this intolerable situation.

    Rather than acknowledge these underlying causes, the US response has been to extend its border ever further. General John Kelly, former Secretary of the US Department of Homeland Security (DHS), stated (external link)
    , ‘I believe the defense of the Southwest border starts 1,500 miles to the south’. Mexico has long been central to the US border-externalisation regime, and digital infrastructure plays an increasingly critical role. Tony Crowder, former director of CBP’s Air and Marine Operations, shared Kelly’s sentiment ‘We have taught the Mexicans how to fish…[but] even though we have all this surveillance capability, we don’t have enough, we need more’.9

    While part of a continuum of US efforts to enlist Mexico in support of its regional objectives, this ‘security and rule-of-law partnership (external link)
    ’ accelerated following 9/11. In 2007, the US shifted the focus of its drug war (external link)
    from Colombia to Mexico, Central America, and the Caribbean. Under this frame of securitisation, the drug war merged with the migrant-control regime. In 2008, the Mérida Initiative was launched – a bilateral partnership between the US and Mexico in the name of the US war on drugs. It initially provided financing for Mexico to purchase equipment for its military and police forces and for intelligence gathering. In 2013, Mérida was revamped to include four pillars (external link)
    , incorporating the creation of a ‘21st century US-Mexican border, while improving immigrant enforcement in Mexico and security along Mexico’s southern borders’. Effectively an extension of US policy, some $3.5 billion (external link)
    has helped shape Mexico’s migration-control agenda since 2008.

    In 2014, Programa Frontera Sur further securitised Mexico’s southern border by increasing the migration policing and deportation apparatus. Consequently, Mexico now has one of the world’s largest (external link)
    immigration detention systems. Between 2014 and 2017, Mexico deported more Central Americans (external link)
    than the US Border Patrol. Doris Meissner, the former commissioner of the Immigration and Naturalization Service (INS, the predecessor to ICE and CBP), underscored the importance of Mexican migration control, explaining in 2017 the need to look at both US and Mexican data to assess the effectiveness of US border enforcement (external link)
    .10

    Under these agreements, the US Department of Defense has provided training and sold millions in military equipment to Mexico, including an array of ‘smart border’ technologies provided by corporations (external link)
    such as Dev Technology, General Dynamics, Amazon Web Services, and NEC. The CBP and ICE have provided training on intelligence-gathering, info-sharing, and migration policing. A key element of US support to Mexico has been to develop an infrastructure to collect and share data – such as biometric and biographical information, and criminal history – in a manner that interfaces seamlessly with US databases.

    The digital infrastructure that tracks and catalogues migrants is central to US migration policy in Mexico. The US-backed Instituto Nacional de Migración (INM) strategy relies on this infrastructure (external link)
    as the primary means to control migration rather than sealing Mexico’s southern border with Guatemala. Biometric collection is essential to making migrants more legible to the state. In 2011, the US provided four biometric kiosks (external link)
    to Mexico’s southern border, and 117 additional biometric scanners (external link)
    the following year. Between 2018 and the first half of 2022, the Mexican government gathered and shared information on over 360,000 migrants in detention facilities.11 Information from CBP reveals that Mexican authorities shared information from 10,000 humanitarian visa (external link)
    applications with DHS. The release of approximately 1,800 unregistered migrants from a shelter in Piedras Negras was conditional on the registration of their data.12

    An ‘Information Sharing Environment’ that includes inter-operable data-sharing systems (external link)
    is central to achieving the objectives of the homeland security state. ‘Inter-operability’ enables seamless connectivity between police, immigration agencies, foreign governments, and more.13 Key forms of US-initiated digital infrastructure rely on widespread information-gathering and seamless sharing of data for surveillance across borders.

    This vast amount of data-collection and sharing has been fuelled by unleashing the power of the carceral state – including the centrality of the ‘criminal alien’, ‘gang member’ and ‘drug trafficker’ as threats to national security – at all geographic levels of the US migrant-control regime. For example, the Biometric Identification Transnational Migration Alert Program (BITMAP) allows DHS and its partner countries to know where and when an individual arrives in the Western Hemisphere (external link)
    and their travel patterns before they reach the southwest US border. BITMAP is currently deployed to 18 countries (external link)
    , including Mexico. DHS also has a Criminal History Information Sharing (CHIS) programme that allows for the global sharing of biographic, biometric, and descriptive information on individuals deported from the US (e.g. alleged immigration, employment, family, and criminal histories).

    The structural criminalisation of poverty in both countries is amplified with CHIS. According to the National Survey of Imprisoned Population in Mexico, conducted by the National Institute of Geography and Statistics (INEGI) in 2021, nearly 44% of the respondents declared having been imprisoned on the basis of false accusations or incriminations (external link)
    . Forty-two percent claimed they had been forced to plead guilty or to incriminate someone else. Nearly half of those who are jailed have not been convicted (external link)
    , and nearly half of all convictions are for theft of under US$100 (external link)
    . This is the kind of data that feeds CHIS.

    In another example, DHS is developing the Homeland Advanced Recognition Technology System (HART) (external link)
    to replace its current centralised biometric database, IDENT, through a contract with Peraton (external link)
    (a subsidiary of Veritas Capital, a private equity firm). Hosted by Amazon Web Services, HART will enable DHS to aggregate and compare biographical and biometric data on hundreds of millions of people across the globe. This includes so-called encounter data from police stops, facial recognition, DNA, iris scans, and voice prints – usually gathered without the individual’s knowledge or consent. The massive HART database draws from widespread biometrics collection in all realms – for example, the US DOS INL’s development of integrated DNA databases in Mexico and Central America in the name of combating trafficking or the proposed national biometric digital ID in Mexico (external link)
    . In this way, multiple state initiatives merge, and the power of the state to police, track and control migrants and all people under their watch grows exponentially.

    While the Mérida Initiative formally ended in 2019, its approach has been sustained by the Mexican government. In 2021, the Mexican government increased (external link)
    the military by 46% and the National Guard dedicated to stopping migrants by 300%. In July 2022, President López Obrador committed $1.5 billion in smart border infrastructure (external link)
    over the next two years.

    For US partner states, any technological and data-sharing channels that are financed and exported to them become assets – not just for monitoring migrants, but to advance multiple agendas of coercive power-building. This infrastructure can therefore end up fuelling violence and criminalisation, undermining the right to asylum, exacerbating inequality, and expanding the power of paramilitaries and the police (external link)
    , while privileging securitised neoliberal and corporate prerogatives.
    The geopolitical nature of digital infrastructure

    In their research on digital payment systems, Marieke de Goede and Carola Westermeier use the term ‘infrastructural geopolitics’ to stress the growing centrality of infrastructure to geopolitics and the ways in which US economic power is rooted in financial infrastructures (which, like migration control, are rapidly digitising).14

    The global financial messaging network SWIFT is an example of infrastructure that is invisible to most people and yet plays a major role, as the writers describe, in reinforcing power relations of the post-war global order in which it emerged. Seventy years after the Second World War and fifty years since SWIFT’s establishment, bank messaging routes flow through former colonial capitals and map onto a ‘core’ of Western countries, leaving large swaths of Latin America, Africa, and the Middle East in a permanent, but effectively invisible, economic periphery. Similarly, digital IDs, social media monitoring and infiltration, and data-sharing platforms are essentially component parts, nodes, or partially visible layers of deeper, longer-term geo-strategic digital infrastructure projects.

    Extension of borders through digital infrastructure serves US political and economic goals well beyond the policing of human mobility. Geopolitical contests for control over infrastructures play out across several domains. Military establishments covet ‘identity dominance (external link)
    ’, an objective that drove US forces to gather massive stores of biometric data in Afghanistan and Iraq as a weapon of war. US digital services giants like Amazon and Google mastered ‘platformisation’ by building e-commerce (digital advertising, search, social media, etc.) infrastructure to dominate the digital economy. Often, public and private-sector interests converge, including in the form of public–private partnerships (PPPs) to build infrastructure. In each case, the true contest among states and corporate giants centres on control over the interface, or the most essential, invisible, infrastructural methods of digital communication and control. As Michael Kwet explains (external link)
    , ‘Transnational “Big Tech” corporations based in the United States have amassed trillions of dollars and gained excessive powers to control everything, from business and labor to social media and entertainment in the Global South. Digital colonialism is now engulfing the world’. The US quest for domination through externalised migration policing infrastructure goes hand in hand with its geopolitical and corporate designs for economic power.

    These forms of infrastructural digital power pose unique challenges for documentation and ultimately for any form of systemic change. Challenges include blurred lines of responsibility, mission, and function; governments and corporate actors are seen or presented as passive conduits or intermediaries in digital public infrastructure; and infrastructures can easily appear to be ‘ahistorical’ and motiveless. In Mexico and Central America, migration control converges with ongoing US foreign policing operations (such as the war on drugs, and gang wars). We explore the several simultaneous effects of this complex merger: the turn to digital infrastructure; its relationship to violence and human suffering; and its foreclosure of accountability for these harms.
    Digital border infrastructure in your phone: Information and Communications Technology (ICT) policing techniques along migration routes

    Surveillance infrastructure is tangible in physical migration detention centres and in police arrests: mugshots, cheek swabs, confiscation of the detainee’s mobile phone. The deepening integration of daily life, telecommunications and computers open extensive avenues for more covert, opportunistic surveillance of private communications and activity by users who rely on social media, mobile communication and messaging apps. The surveillance of mobile phones and social media ranges from overt disclosure requirements for visa and benefits applications to government listing and tracking of protesters and other ‘undesirable’ actors. Migrant surveillance is immersed in these control schemes where surveillance technology serves as a silent tool for government violence and repression.

    This has had an impact on how migrants travel and keep safe, such as through safety in numbers. Travelling in caravans has therefore become both a survival and a protest strategy: sources of both physical and economic security (external link)
    and opposition (external link)
    to the economic policies that contributed to their displacement. Social media and messaging apps are key tools for the coordination of caravans and for migrants more broadly. Migrants use these tools to identify routes, look for shelter and food, communicate with their support networks, warn each other about risks (external link)
    , and coordinate travel. Governments as well as organised crime understand these dynamics and use these same tools to monitor and extort migrants.

    On 5 June 2019, Irineo Mujica, from Sin Fronteras – a civil society organisation (CSO) dedicated to the protection of human rights of migrants in Mexico and the US, and which has supported multiple migrant caravans – was arrested in Mexico, falsely charged with human trafficking (external link)
    . Mujica appeared in the CBP’s watchlist database published in 2019 (external link)
    that contained photos, names, professions, and other details of journalists, activists, and social media influencers both from Mexico and the US with links to the migrant caravan.

    A DHS Office of Inspector General (OIG) report (external link)
    on the database and other surveillance practices found that CBP established electronic alerts (lookouts) on journalists, attorneys, and advocates who were connected by social media to the migrant caravans. Those tagged by the lookouts were constantly flagged for secondary screening (external link)
    when entering the US, and interrogated about their work, organisation, family, education, and political leanings.

    The weaponisation of such information had grim effects on the Mexican side of the border. According to Sin Fronteras activist Alex Mensing (external link)
    , after the CBP shared information gathered through lookouts with the Mexican government, other members from his organisation who assisted migrant caravans in the same period saw an increase in border scrutiny and death threats (external link)
    . Organising and supporting migrants threatens lucrative operations that depend on the criminalisation of migration across the region. Civil society assistance makes migrants less prone to kidnapping and extortion, which therefore reduces the income for organised crime linked to these activities, and, as a domino effect, bribes to authorities also drop, pitting the collective interests of such groups against activists and those providing humanitarian assistance.

    Surveilling anyone who might pose a threat to the system has long been a generalised and systematic form of government control in Mexico. A leaked document from the NSO Group, the Israeli company that created Pegasus, revealed that 50,000 people were possible surveillance targets (external link)
    in Mexico. The list included opposition politicians, journalists investigating government corruption and extrajudicial killings, activists advocating the taxing of sugary drinks, judges, academics, and international experts who investigated the case of the enforced disappearance and extrajudicial killing of the 43 students, among others.

    In 2022, mobile phones from two journalists and an activist who investigated abuses committed by the Mexican army were found to be infected with the malware Pegasus (external link)
    . In 2020, the Mexican government sought to create a SIM card registry that would link to the card owner’s biometrics and other personal data. This would have intensified government digital surveillance via ICT infrastructure, and was opposed by civil society (external link)
    .

    CBP internal documents show (external link)
    that government agencies across the border continually share information about the location of migrants, their origin, and the number of people in each group, even before they start to migrate. In 2018, US DHS agents infiltrated a WhatsApp group (external link)
    of Honduran migrants travelling in a caravan of about 4,000. These policing practices are also being reproduced by the Mexican government.15

    Impact: Infrastructural violence and accountability deficits in globalised migration policing

    Roberto M., a young man in El Salvador, was shot and taken away by police shortly after being deported from the US. The rural police officers who shot Roberto also threatened an eyewitness at gunpoint, telling him that Roberto was a gang member and if he revealed what he’d seen, the same would happen to him. Police in El Salvador receive data on gang-member affiliation from the US, and share these lists (external link)
    with neighbourhood-level police where deportees plan to live. These databases have been found to be problematic and unreliable (external link)
    . Police departments confirmed (external link)
    that this information is used to target people (external link)
    : ‘We think that if a person wasn’t wanted in the United States, it must be because the deported person is bad’.

    Violence can increasingly be tied to digital border technologies, particularly in combination with one another and with physical and environmental realities that envelop them. Studies show the effects of integrated fixed-tower surveillance on migrant mortality rates in Arizona’s Altar Valley. Here, digital infrastructure merges with the ineffective yet longstanding US deterrence policy that purposefully makes migration routes more dangerous, on the theory that migrants would not risk the journey. The fusion of technology and policies that inflict deliberate harm produces these predictable results of increased migrant deaths (external link)
    .

    The story of Roberto M. and the witness to his post-deportation shooting and disappearance in El Salvador reflects another pattern of violence tied to information-sharing through digital infrastructures. The criminologist Ana Muñiz documents a ‘cycle of violent policing, migration, more violent policing, detention, deportation, violent policing, migration, and so on’, in which the labels themselves (‘criminal alien’ or ‘gang member’) become inescapable vectors of precarity.16 Such labels channel individuals into a ‘sort of statelessness’ as constant, quantifiable scapegoats that provide an easy diversion for state security forces and corporations that produce and perpetuate the ‘structural causes of violence’.17

    Digital infrastructure merges not with a physical terrain, but with pre-existing social and political factors that make violence a foregone conclusion. Today’s multipurpose digital infrastructure also permits the efficient incorporation of new undesirable criminalised categories, including ‘caravan organisers’ or ‘migration promoters’ – as in El Salvador’s attempt (external link)
    to reform its penal code, criminalising the ‘promotion of migration’ on social media.
    Challenges and way forward

    We are interested in developing deeper knowledge about the political origins of these infrastructures to challenge the violence of global migration control systems. This essay only sets out the field of engagement. Far more collective work is required to document and design models of resistance to meet such challenges.

    The diffuse and structural nature of power behind the seemingly ahistorical, and motiveless characteristics of digital infrastructures undermine classic approaches to accountability. Furthermore, the familiar national and international judicial avenues to hold perpetrators of these forms of indirect violence responsible – however imperfect or ineffective they may already be – are exceptionally ill-suited to the conditions at play in the migration policing context specifically, for several reasons.

    First, the technologies in use such as biometric databases, and the means of using civilian technologies like social media and other ICTs, are simply not designed to respect or be held to democratic scrutiny; they are military-grade and converted for use in quasi-militarised spaces, by institutions permeated with military ideology. Nearly a third of CBP personnel previously served in the US military. Biometric surveillance technologies advanced by leaps and bounds within US military operations before being integrated with ‘civilian’ border policing. Private-sector military contractors play an integral role in this transition.

    As journalist Annie Jacobsen documents, as part of the US military biometric data-collection in Afghanistan, Palantir Technologies served as a critical link between US intelligence operations to track and kill military targets and quasi-civilian policing operations like the piloting of rapid DNA samples from migrant families at the US border in 2019.18 Today, the biometric kits used in Afghanistan, some still storing biometric data collected on the battlefield, are for sale on eBay (external link)
    .

    Second, justice and oversight bodies are ill-equipped to serve their intended function in this ecosystem. Within criminal proceedings and investigations, the use of technologies that capture and record evidence of allegedly criminal activity or purport to biometrically match records are extremely difficult to challenge because of their scientific veneer and opaque data-collection and analysis methods, which leaves no practical room (external link)
    to impeach or exclude such evidence. The design of technologies that predetermine risk factors keyed to criminalised behaviour, including migration, contravenes the presumption of innocence. In the civil context, national-level justice mechanisms deny standing to non-nationals located outside the US who are victims of violations linked to digital surveillance.

    Finally, there are huge incentives for both state and corporate power to hide violence. The political positioning of ‘smart borders’ as more ‘humane’ conceals the state’s role in violence and insulates corporations from negative PR or constraints by participating in repugnant markets. Their task is made easy by rendering physical pain abstract rather than affecting real human beings,19 and features of the data economy like the way corporates have helped the movement towards running government functions like private digital platforms.

    Mitigation ‘risk assessment’ tools like data protection or human rights impact assessments provide cover (external link)
    , favouring the continuation of these business practices because firms undertake them voluntarily and face little or no consequences for a poor risk assessment. Unsurprisingly, these industry-led tools often fail to provide (external link)
    a means for real accountability; they reveal scant information that would be actionable if and when products do cause harm; and the burden of proving rights violations and finding an effective remedy (external link)
    after the fact is shouldered entirely by victims. The interests of powerful actors converge around a web of financial stakes in the system, leading to the aggressive harassment and potential silencing of activists as the case of Irineo Mujica and Sin Fronteras illustrates.

    We need tools and methods for transnational cooperation to document, gather and share information safely, and organise. Fusing new understandings about how digital power functions within existing resistance movements transnationally, holds potential for challenges to the digital infrastructure of border externalisation.

    We are in the initial stages of our collective effort to understand and expose this digital infrastructure. Through this analysis, we can begin to identify the interventions to start to tear it apart and break it down. Transnational organising against tech corporations offers opportunities for shared understanding and meaningful solidarity. This year, organisations in France and Kenya, with support from actors in other countries, sued biometrics giant IDEMIA (external link)
    for its failure to meet even minimum human rights standards of due diligence as it reaps billions in secret border security tech sales to low- and middle-income countries. This emerged from collaborative evidence-gathering and organising across borders.

    As the US military establishment recognised decades ago: whoever dominates the field of externalised borders defines ‘friend and foe’ everywhere.20 The faster the US establishes economic and political dominance over digital migration-control infrastructure, the greater its security in maintaining global digital power. Digital infrastructure serves multiple purposes at once, but the ultimate geopolitical function is raw, generalised power over global affairs. The tools examined here will ‘contain’ human life within spaces of catastrophic violence, by design. This specific effect betrays the most fundamental commitments of international human rights and humanitarian law in the face of unprecedented challenges to human survival across most of the world. But this pernicious effect is also ruthlessly beside the point.

    In reality, as facets of infrastructural power, the technologies that fix the ‘calculation of who must live and who must die’22 do not do so as an end in itself, but in the service of power and its reproduction in this digital age.23 In this way the complicity of state and corporate actors in the production of violence is cast in the starkest relief. This geopolitical analysis is our starting point for building resistance towards transformation.

    https://www.tni.org/en/article/the-everywhere-border
    #externalisation #migrations #frontières #réfugiés #USA #Etats-Unis #infrastructure #infrastructure_numérique #violence #violence_d'Etat #surveillance #caravane #whatsapp #criminalisation_de_la_migration #arrestation #technologie #technologie_intelligente #externalisation_des_contrôles_frontaliers #bases_de_données #interopérabilité #empreintes_digitales #coopération_policière #impérialisme #biométrie #Mérida_Initiative #Central_American_Regional_Security_Initiative #war_on_drugs #Amérique_centrale #Mexique #Programa_Frontera_Sur #rétention #détention_administrative #ICE #smart_borders #frontières_intelligentes #Dev_Technology #General_Dynamics #Amazon_Web_Services #complexe_militaro-industriel #NEC #Instituto_Nacional_de_Migración (#INM) #Guatemala #Biometric_Identification_Transnational_Migration_Alert_Program (#BITMAP) #Criminal_History_Information_Sharing (#CHIS) #criminalité #Homeland_Advanced_Recognition_Technology_System (#HART) #IDENT #Peraton #Veritas_Capital #reconnaissance_faciale #ADN #DOS_INL #infrastructural_geopolitics #géopolitique #SWIFT #multinationales #colonialisme_numérique #téléphones_portables #smartphones #criminalisation_de_la_solidarité #NSO_Group #border_deaths #décès #morts_aux_frontières #mourir_aux_frontières

  • MOBILISATION dimanche 26 octobre à 10h30 – Pont Saint-Ludovic

    Les #travaux à Ponte San Ludovico vont commencer bientôt et le #mémorial pour les victimes de la frontière sera donc détruit si nous ne nous l’enlevons pas.

    https://www.roya-citoyenne.fr/2025/10/communique-le-comite-de-ponte-san-ludovico-pour-le-memorial-des-victi

    Pour le moment, bien que le maire de Vintimille nous ait signifié avoir pris acte de la présence et de l’importance du mémorial, nous n’avons aucune garantie officielle qu’il trouvera sa place dans le projet de #requalification de l’#esplanade de la frontière basse. Nous demeurons donc extrêmement vigilant.es

    https://www.roya-citoyenne.fr/2025/10/mobilisation-dimanche-26-octobre-a-10h30-pont-saint-ludovic

    #mémoire #mémoriel #frontière_sud-alpine #migrations #décès #mourir_aux_frontières #mémoire

    • La frontière du bas entre #Menton et #Vintimille va fermer durant quatre mois d’ici quelques jours, voici ce qu’il faut savoir

      Outre dérogations pour les résidents, commerçants et services de secours, la frontière du bas entre Menton et l’Italie sera fermée durant quatre mois, à partir du 3 novembre, pour la réalisation d’importants #travaux côté italien.

      À partir du lundi 3 novembre prochain, pour rejoindre l’Italie depuis Menton, il faudra obligatoirement passer par la frontière du haut, le pont St-Louis, ou emprunter l’autoroute.

      En effet, les travaux d’aménagement de l’#esplanade_De_Gasperi, située juste après la frontière, vont commencer, entraînant la fermeture totale de la route SS1 pour quatre mois, c’est-à-dire depuis la frontière du bas, le #pont_Saint-Ludovic, jusqu’à Latte. Ce qui ne sera pas sans conséquence sur la circulation locale.

      Au cours de la réunion organisée par la Société Nationale Autonome des Routes (ANAS) à la préfecture d’Imperia, il a été confirmé la fermeture de cette frontière sauf pour les résidents et les commerçants qui pourront circuler en toute sécurité. L’ANAS s’est engagée à achever les travaux dans les meilleurs délais avec des chantiers ouverts 24h/24 et 7j/7. Les travaux seront en revanche suspendus pendant les périodes de forte affluence touristique, faisant probablement allusion aux fêtes de fin d’année. L’ANAS a également précisé que pendant toute la période des travaux, la libre circulation des véhicules de police et de secours sera assurée.
      Plusieurs chantiers

      Le projet de réaménagement de l’entrée en Italie comportera plusieurs chantiers qui se succèderont tout au long de la route SS1 dite « des Balzi rossi » : il y aura non seulement le réaménagement, à la frontière, du rond-point actuel réalisé en collaboration avec la mairie de Vintimille et la région Ligurie, mais aussi des travaux de maintenance à l’extérieur et à l’intérieur des tunnels des « Balzi rossi » et de la « Dogana » (il s’agit du premier et second tunnel en direction de Latte) afin d’en améliorer la sécurité.

      Sans oublier la gestion des infiltrations d’eau le long de cette route SS1, l’amélioration du système d’éclairage des tunnels bidirectionnels et enfin la rénovation du rond-point situé sur la route SS1 dite « Aurelia » à l’entrée de Latte afin de rendre le carrefour plus sûr.

      En conclusion à cette réunion, il a été convenu de constituer un groupe de travail chargé d’élaborer une série de mesures capables d’être mises en œuvre en cas d’urgence.

      L’Italie a décidé d’accorder beaucoup de soin à son nouveau look car elle sait que cette frontière est la première porte d’entrée pour les nombreux #touristes qui se rendent notamment à Vintimille et à Sanremo et que la première impression est souvent celle qui reste. Verdict dans quatre mois !

      La mise au point du maire de #Vintimille

      Afin d’éteindre le feu des polémiques et des commentaires qui s’enflamment toujours très rapidement notamment sur les réseaux sociaux, Flavio Di Muro, le maire de Vintimille, a publié un communiqué pour préciser que cette fermeture de quatre mois est nécessaire en raison de l’ouverture non pas d’un, mais de plusieurs chantiers répartis tout au long de la route SS1 : en effet il s’agit non seulement de réaménager l’esplanade De Gasperi située juste après la frontière mais également de sécuriser les tunnels ds Balzi Rossi (le premier des trois tunnels) et de la Dogana (le second tunnel) où sont prévus d’importants travaux de manutention sans oublier la sécurisation du rond-point de Latte.

      Le maire a également demandé à la société d’autoroute de modifier son programme de travaux afin de ne pas réduire le nombre des voies de circulation. Celle-ci a par ailleurs accepté de déplacer ses chantiers la nuit de 21 h à 6 h.

      Flavio Di Muro affirme « comprendre les désagréments que nous devrons affronter pendant ces quatre mois » mais ce mal est nécessaire et incontournable pour transformer les infrastructures et « donner à Vintimille et à son territoire un réseau routier plus sûr, plus moderne et plus fonctionnel ».

      https://www.nicematin.com/info-trafic/attention-la-frontiere-du-bas-entre-menton-et-vintimille-va-fermer-durant

    • APPEL : Célébration au mémorial des victimes de la frontière à Pont Saint-Ludovic 1er/11/25 14h30

      Samedi 1er novembre à 14h30
      Célébration au mémorial des victimes
      de la frontière à Ponte San Ludovico
      Une autre personne migrante a perdu la vie sur notre territoire. Cette fois, non pas en tentant de franchir la frontière, mais parce qu’elle a été disqualifiée par le racisme, par la difficulté à trouver sa place et à réaliser dignement son projet migratoire.
      Tout cela arrive alors que commencent les travaux de « requalification » de Ponte San Ludovico – la frontière basse – voulus par l’Anas, l’administration communale et le ministère des Transports, et en raison desquels nous sommes contraint·es de retirer temporairement le mémorial dédié aux personnes migrantes décédées sur ce territoire.
      C’est pourquoi nous proposons un moment collectif pour honorer la vie de celles et ceux qui ne sont plus là, mais aussi pour partager ensemble la charge émotionnelle et physique (les pierres commémoratives sont en ardoise !) de devoir déplacer, temporairement, le mémorial.
      Ensemble, envoyons un message important : ce mémorial est un espace appartenant à toutes et à tous ; nous le protégerons, nous le renouvellerons, et nous n’oublierons pas ces vies brisées, qui comptent et pèsent comme des rochers le long des trop nombreuses routes de l’injustice, du racisme et de la discrimination.
      Apportez une fleur, une bougie, un hommage pour toutes les victimes du système-frontière.
      À la fin de la cérémonie, nous prendrons soin ensemble de retirer les pierres et de préserver le mémorial.
      Faites circuler l’invitation, s’il vous plaît. Nous vous attendons !
      Comité de Ponte San Ludovico pour le Mémorial des Victimes de la Frontière

      –-

      Sabato 1 novembre ore 14:30
      Celebrazione al memoriale delle vittime della frontiera a Ponte San Ludovico*
      Un’altra persona migrante ha perso la vita nel nostro territorio. Stavolta non per passare il confine, ma perché squalificata dal razzismo, dalla fatica di trovare un proprio posto e realizzare dignitosamente il proprio progetto migratorio.
      Tutto questo succede mentre iniziano i lavori di « riqualificazione » di Ponte San Ludovico – frontiera bassa – voluti da Anas, Amministrazione comunale e Ministero dei trasporti, e a causa dei quali ci vediamo costrette a rimuovere temporaneamente il memoriale dedicato alle persone migranti che sono morte a Ventimiglia.
      Per questo proponiamo un momento collettivo per onorare la vita di chi non c’è più, ma anche per condividere assieme il carico emotivo e fisico (le pietre commemorative sono in ardesia !) di dover spostare, temporaneamente, il memoriale.
      Mandiamo assieme un messaggio importante : questo memoriale è uno spazio di tutte e tutti, lo proteggeremo, lo rinnoveremo e non ci dimenticheremo di queste vite spezzate, che contano e pesano come macigni lungo le troppe strade dell’ingiustizia, del razzismo e della discriminazione.
      Portate un fiore, una candela, un omaggio per tutte le vittime del sistema frontiera.
Al termine della cerimonia avremo cura assieme di rimuovere le pietre e salvare il memoriale.
      Fate girare l’invito per favore. Vi aspettiamo !

      https://www.roya-citoyenne.fr/2025/10/appel-celebration-au-memorial-des-victimes-de-la-frontiere-a-pont-sai

  • Aux frontières de l’Europe, un arsenal technologique contre les migrants

    "L’Union européenne déploie à ses frontières des technologies civiles et militaires pour bloquer les flux migratoires. De la Pologne à la Serbie, enquête sur le complexe techno-industriel qui érige la « forteresse Europe »."

    – Épisode 1/5 : En #Pologne, un mur de 190 kilomètres à travers la #forêt primaire
    – Épisode 2/5 : À Madrid, au Salon mondial de la #sécurité aux frontières, le #showroom des #technologies de #surveillance
    – Épisode 3/5 : Dans les #Balkans, des technologies contre les migrants qui se retournent contre la société civile
    – Épisode 4/5 : En #Italie, une #fouille intégrale des #téléphones
    – Épisode 5/5 : En #Bosnie, rencontre avec un passeur, entre les #drones et les #gangs

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-aux-frontieres-de-l-europe-un-arsenal-technologique-contre-les-mig
    #externalisation #militarisation_des_frontières #technologie #migrations #réfugiés #Europe #Trieste #route_des_Balkans #complexe_militaro-industriel
    #podcast #audio

    ping @reka @isskein @karine4

    • Épisode 1/5 : En Pologne, un mur de 190 kilomètres à travers la forêt primaire

      La forêt de Białowieża est l’une des dernières forêts primaires d’Europe, préservée de l’action humaine depuis près de 12 000 ans. Mais son visage a radicalement changé depuis 2021, lorsque le Bélarus, un pays voisin de la Pologne et allié de la Russie, a créé une crise migratoire.

      Le Bélarus a entrepris de délivrer des visas à des familles venant d’Afrique et du Moyen-Orient, pour les acheminer jusqu’à Minsk, la capitale bélarusse. De là, les autorités bélarusses poussaient les exilés vers la Pologne.

      En réponse, la Pologne a entrepris d’ériger un mur à travers la forêt : une immense barrière de métal, longue de 190 kilomètres, haute de cinq mètres, protégée par trois rangées de barbelés, des caméras, des drones et des hélicoptères.

      “Il y a 5 300 caméras, le mur, des soldats, et un système de détection : si quelqu’un touche le mur, nous sommes avertis immédiatement de ce qu’il se passe”, explique Katarzyna Zdanowicz, la porte-parole des gardes frontières pour la région de Białowieża.

      On a parfois l’impression que la frontière sépare aussi deux manières de comprendre la situation. D’un côté, les activistes, qui parlent de femmes, d’enfants, et de familles qui fuient la guerre. De l’autre, le gouvernement Polonais qui dénonce une “menace” migratoire ; le premier ministre Donald Tusk va jusqu’à parler d’une “guerre hybride” dont les munitions seraient les personnes exilées envoyées sur son territoire. En conséquence, la Pologne a autorisé les gardes frontières à utiliser des armes à feu contre les réfugiés en juillet 2024. En mars 2025, le pays a carrément suspendu le droit des exilés à demander l’asile en arrivant dans le pays. Toute personne interceptée sur le territoire est systématiquement refoulée vers le Bélarus.

      Les militants sur place dénoncent des violations régulières des droits humains à l’encontre des exilés, perpétrés par les gardes frontières bélarusses, mais aussi polonais.

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/en-pologne-un-mur-de-190-kilometres-a-travers-la-foret-primaire-7597265

      #murs #barrières_frontalières #Grupa_Granica #Belarus #caméras #caméras_de_surveillance #détection #Biélorussie #contrôles_frontaliers #militarisation_des_frontières #menaces #menace_migratoire #guerre_hybride #décès #mourir_aux_frontières #gardes-frontières #armes_à_feu #refoulements #push-backs #Krynki #drones

    • Épisode 2/5 : À Madrid, au #Salon_mondial_de_la_sécurité_aux_frontières, le #showroom des technologies de surveillance

      En Pologne, comme dans la plupart des pays que nous avons traversés pour cette enquête, les zones frontalières sont soumises à des régimes d’exception. Cette culture du secret qui entoure les frontières, nous avons pu en faire l’expérience à Madrid, lors du #World_Border_Security_Congress.

      En Pologne, comme dans la plupart des pays que nous avons traversés pour cette enquête, les zones frontalières sont soumises à des régimes d’exception : pas le droit de photographier, pas le droit d’enregistrer avec un micro, et une liberté de circuler très relative. Cette culture du secret qui entoure les frontières, nous avons pu en faire l’expérience dans la capitale espagnole, lors du World Border Security Congress, le salon mondial de la sécurité aux frontières, qui réunit les acteurs majeurs de l’industrie de la surveillance et de la répression de l’immigration. L’événement est tout simplement interdit aux journalistes : il nous faut nous faire accréditer par une ONG pour pouvoir y accéder, et découvrir les dernières innovations technologiques en matière de surveillance des frontières.

      Se pensant loin des micros de la presse, #Hans_Leijten, le directeur exécutif de #Frontex, livre un discours extrêmement dur :

      “Laissez-moi être clair : dans le monde actuel, il ne peut plus y avoir de repas gratuit, expose-t-il. La coopération ne fonctionne pas à sens unique. Si un pays veut bénéficier des fonds européens, alors il doit répondre aux demandes de l’Union européenne. Cela veut dire qu’il doit accepter les protocoles de réadmission, renforcer ses contrôles aux frontières, et combattre les réseaux de passeurs”.

      Ce salon, intitulé ’Patrouiller la périphérie’, incarne aussi le plan européen consistant à “externaliser les frontières”, c’est-à-dire à s’implanter dans les pays voisins de l’Union pour y stopper l’immigration avant qu’elle atteigne son territoire.

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/a-madrid-au-salon-mondial-de-la-securite-aux-frontieres-le-showroom-des-

      #régimes_d'exception #intelligence_artificielle #AI #IA #industrie_de_l'armement #surveillance_mobile #usage_dual #complexe_militaro-industriel #adaptation #façonner_le_monde #business #patrouiller_la_périphérie #gestion_des_frontières

      –-

      –-> citation, voilà ce que dit Hans Leijten dans le salon intitulé « Patrouiller la périphérie », à partir de la min 4,45 :

      « Si nous voulons de la stabilité et du contrôle, alors nous devons construire les mécanismes de sécurité, et pas seulement à nos frontières, mais aussi loin, au-delà. Cette approche a porté ses fruits en Europe, dans les Balkans, où nous avons utilisé une combinaison de gestion des frontières, d’engagement politique et de traités commerciaux qui ont donné de bons résultats »

    • Épisode 3/5 : Dans les Balkans, des technologies contre les migrants qui se retournent contre la société civile

      En s’appuyant sur l’idée “d’externalisation des frontières”, l’Union européenne justifie sa présence dans les pays hors de l’Union européenne, pour y stopper l’immigration avant même que celle-ci n’atteigne son territoire.

      "Tout ce qui concerne la migration en #Bosnie-Herzégovine est payé par l’Union européenne ou les États membres, explique la chercheuse #Nidžara_Ahmetašević, spécialisée dans la migration. Par exemple, la semaine dernière, l’Union européenne a donné des drones pour les gardes frontières. La semaine précédente, elle a donné des voitures."

      Ces #financements proviennent notamment des #Fonds_de_Pré-Accession, des fonds d’aide au développement dont la vocation initiale est d’aider les pays voisins de l’Europe à atteindre un niveau de développement économique suffisant pour devenir des partenaires commerciaux, voire pour intégrer l’Union. En se penchant sur le détail des transactions, on découvre qu’une vaste partie des financements servent en réalité à financer des infrastructures de contrôle de la migration.

      Mais en déployant des technologies de type militaire chez ses voisins aux régimes politiques instables, l’Union européenne risque de créer des situations conflictuelles : ces technologies prévues contre la migration peuvent se retourner contre la société civile.
      Nous nous sommes rendus en Serbie, où les étudiants manifestent depuis plusieurs mois contre le gouvernement d’Aleksandar Vučić. En novembre 2023, le gouvernement de Vučić a déployé une arme nouvelle contre des exilés, dans le nord du pays : un canon à son. En mars 2025, ce même canon à son a, d’après plusieurs témoignages, été utilisé contre les étudiants. “La Serbie est un laboratoire pour tester les technologies aux frontières terrestres, exopse Mila Bajić, de l’association SHARE. Puisque la Serbie ne fait pas partie du territoire européen, il n’y a pas de loi européenne pour encadrer les pratiques, tel que le règlement européen sur l’intelligence artificielle, et les demandes d’accès aux informations publiques ne fonctionnent pas. Le gouvernement peut donc agir sans rien révéler.”

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/dans-les-balkans-des-technologies-contre-les-migrants-qui-se-retournent-

      #externalisation_des_frontières #Balkans #route_des_Balkans #développement #aide_au_développement #intégration_européenne #drones #test #laboratoire #Serbie #frontières_terrestres #canon_à_son #armes_sonores #barrière_acoustique

      –-

      sur les #murs_sonores, voir aussi :
      La Grèce allonge son mur et le fortifie avec un #mur_acoustique...
      https://seenthis.net/messages/920711
      #mur_sonore

      et aussi :
      –> La police serbe a déjà utilisé des #armes_sonores sur des migrants
      https://seenthis.net/messages/1104712

    • Épisode 4/5 : En #Italie, une fouille intégrale des #téléphones

      L’arsenal technologique déployé aux frontières a plusieurs missions, formalisées dans les documents de la Commission européenne : détecter, contrôler, et surveiller. En Italie, dans la ville portuaire de Trieste, ces technologies ont un impact immédiat pour la vie des exilés.

      D’après de nombreux témoignages que nous avons recueillis, les policiers fouillent de manière quasi-systématique les téléphones des exilés lorsque ceux-ci effectuent leur demande d’asile.

      “Ce qu’ils font, c’est qu’ils lisent vos messages sur #WhatsApp, ils regardent vos photos, ils regardent votre historique de recherche, explique Smaïl, qui a fui le Pakistan il y a plusieurs années et vient en aide aux exilés à Trieste après avoir réussi lui-même à régulariser sa situation. S’ils voient que vous avez cherché “Milan”, ils vous disent : “Tu as cherché des informations sur Milan, alors pars à Milan”. Il y a même des gens qui m’ont dit qu’ils avaient effacé toutes les données sur leur téléphone, mais que la police a trouvé les informations quand même. S’ils font ça, c’est parce qu’ils trouvent qu’en tant que cité frontalière, ils en font déjà assez, alors ils cherchent des excuses pour renvoyer ceux qui demandent l’asile.

      Ce que décrit Smaïl ressemble point par point au logiciel #Le_Kiosk, développé par l’entreprise israélienne #Cellebrite, dont nous avons pu avoir une démonstration au cours du Salon Mondial de la Sécurité aux Frontières. En 2019, la France a annoncé équiper pas moins de 500 commissariats avec le #logiciel Le Kiosk. Ces technologies de surveillance rendent le parcours migratoire toujours plus complexe. Pourtant, les chiffres montrent que les entrées dans l’Union ne baissent pas ; en revanche, les routes sont de plus en plus dangereuses. “Vouloir stopper le mouvement des humains, c’est comme se battre contre la nature, contre la mer : les gens circulent, ils doivent trouver des moyens de passer”, regrette Smaïl.

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/en-italie-une-fouille-integrale-des-telephones-3950382
      #smartphones #Trieste #danger #parcours_migratoire

    • Épisode 5/5 : En Bosnie, rencontre avec un passeur, entre les drones et les gangs

      A ce stade de l’enquête, une question continuait de nous tarauder : comment, avec tout cet arsenal pour protéger les frontières, expliquer que les entrées illégales dans l’Union européenne continuent ?

      Un paradoxe nous apparaît à la fin de cette tournée des pays des Balkans : les drones, logiciels de surveillance, caméras thermiques et autres équipements, ne sont peut-être pas essentiels pour comprendre la réalité de la migration. Au bout de trois jours passés à #Bihac, dans le nord de la #Bosnie, on comprend déjà beaucoup de la réalité de ce petit village, dernière étape avant l’entrée dans l’Union européenne : sur la place principale, il y a des exilés qui ont été refoulés la veille, qui se reposent pendant la journée, et dont tout le monde sait qu’ils vont retenter leur chance le soir-même. Et puis, il y a ces visages de gens qui ne partent pas, pendant 6 mois, 1 an : eux, ce sont les passeurs. Ici, tout le monde les connaît, ils se baladent dans la rue principale avec leurs clients, dans l’impunité la plus totale. Petit à petit, ces passeurs se sont structurés en réseau ; ces réseaux sont devenus des gangs.

      Nous nous sommes entretenus avec Ali, un passeur qui vit à la frontière entre la Bosnie et la Croatie depuis bientôt huit ans. La première fois que nous l’avons rencontré, c’était à un arrêt de bus. Il faisait presque 40°, le soleil cognait fort, et Ali venait de récupérer un groupe d’Afghans qu’il s’apprêtait à faire traverser. Il avait un pull noir à manches longues. Il a accepté de relever une de ses manches pour nous montrer son bras - lacéré par des cicatrices, du poignet jusqu’à l’épaule.

      “Ils nous ont torturés, raconte-t-il. Ils ont appelé mes parents, ils leur ont dit : “envoyez de l’argent !”. Ils nous ont tout fait. Mais crois-moi, après ça, les cicatrices font de toi quelqu’un de respecté dans le milieu.”

      Comment les passeurs arrivent-ils à déjouer les caméras thermiques, les drones, les patrouilles ? Ali ne nous donnera pas tous ses secrets, mais il laisse en deviner quelques-uns.

      “Je connais les horaires, l’heure à laquelle les gardes frontières font leur ronde, l’heure à laquelle ils sont dans la ville, détaille Ali. Mais il faut aussi s’en remettre à la chance.Tu crois que les caméras et les senseurs pourront m’arrêter. Laisse-moi te dire quelque chose : tu viens de l’Union européenne. Il y a des caméras de surveillance dans toutes les rues, dans tous les magasins. Est-ce que ça empêche les voleurs ? Non, jamais.”

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/en-bosnie-rencontre-avec-un-passeur-entre-les-drones-et-les-gangs-839123
      #passeurs

  • La ricerca dei dispersi in Bulgaria, un’altra frontiera europea del silenzio

    Con l’ingresso completo del Paese nell’area Schengen a gennaio 2025, sul confine tra Turchia e Bulgaria avanza il processo di militarizzazione. Alcune persone in movimento continuano a morire nel tentativo di attraversare l’immensa foresta di frontiera e vengono seppellite in numerose tombe senza nome. Manca però un sistema unitario ed efficace di identificazione dei corpi e le famiglie rimangono senza risposte per anni

    “Mio fratello ha provato cinque volte”. Roze racconta da Damasco la storia del fratello Rabeh, scappato dalla Siria a ventidue anni, che ha tentato di raggiungere l’Europa attraverso il confine turco-bulgaro. “Una volta il suo gruppo è stato respinto dalle autorità bulgare. Un’altra sono stati picchiati dalla polizia che ha preso i loro documenti e li ha rimandati in Turchia. Al quinto tentativo, dopo aver camminato quattro giorni, ha deciso di consegnarsi alla polizia bulgara. Da quel momento la comunicazione con lui si è interrotta”. È dal 22 novembre 2022 che Roze non ha sue notizie.

    Migliaia di persone hanno cercato di entrare in Unione europea dalla Bulgaria negli ultimi anni, e come Rabeh, molte sono state avvistate per l’ultima volta nella grande foresta di confine, la Strandža. Il Parco naturale della Strandža è la più grande area protetta della Bulgaria, un immenso massiccio montuoso e verde ma anche un luogo di passaggi silenziosi, di orme che spariscono nel fango.

    Questa frontiera lunga circa 160 chilometri è sempre più militarizzata. Attraversando la foresta in macchina si incontrano posti di blocco della polizia bulgara e di Frontex a ogni decina di chilometri. Gli agenti scrutano attentamente ogni veicolo; parecchi vengono fermati, soprattutto quelli stranieri. Nei cimiteri dei paesi ai margini del Parco, tombe senza nome sono nascoste da erba alta e incuria: semplici croci di legno su cui si legge solo “НЕИЗВЕСТЕН”, “sconosciuto”. Tumuli anonimi ma che racchiudono le storie e le vite di chi ha cercato di attraversare questo confine.

    Dal 2023 la militarizzazione della frontiera tra Turchia e Grecia lungo il fiume Evros ha spostato le rotte migratorie verso quella bulgara, più permeabile. A partire dal primo gennaio 2025 la Bulgaria è entrata completamente nell’area Schengen, portando a un ulteriore dispiego di forze dell’ordine con lo scopo di ridurre la pressione migratoria del 70%. Secondo i dati del ministero dell’Interno bulgaro, nel periodo gennaio-luglio 2025, 9.072 persone hanno “tentato di attraversare illegalmente i confini del Paese”. La quasi totalità proveniva dalla Turchia. Questo dato rappresenta un grosso calo rispetto ai 29.314 ingressi del 2024, che erano ulteriormente diminuiti di oltre il 71% rispetto al 2023, quando si erano contate 181.117 persone.

    Il confine turco-bulgaro è diventato uno dei più violenti d’Europa con moltissime segnalazioni di pushback illegali e violenze sui migranti da parte delle autorità. Alcune delle persone in movimento muoiono nel tentativo di attraversare le frontiere e molte delle salme non ricevono identificazione. Non ci sono dati ufficiali sul numero di persone migranti scomparse.

    Dopo la caduta del regime di Assad, nel dicembre 2024, Roze e le altre famiglie siriane delle persone scomparse in Bulgaria hanno incrementato i tentativi di avere notizie dei loro cari, organizzando sit-in di protesta davanti all’ambasciata bulgara a Damasco e presso quella siriana a Sofia. “Ci hanno detto che erano in contatto con le autorità bulgare e che ci avrebbero fatto sapere ma sono passati mesi e non ci hanno ancora dato nessuna notizia -aggiunge Roze-. Dovremmo continuare a fare pressione sull’ambasciata finché non prenderanno la nostra questione più seriamente”. Tuttavia le famiglie che cercano i loro cari sono sparse in Siria, Libano, Turchia o in Europa ed è difficile unirsi. “È come se avessero perso la speranza”.

    Dima Aldera è la fondatrice di Findsuri, un’organizzazione non profit con base in Canada che si occupa di raccogliere denunce di sparizioni e di possibili avvistamenti di cittadini siriani. Nel 2025 ha aperto delle sedi anche in Siria. “Incontriamo i familiari in villaggi remoti, spieghiamo come fare i test del Dna, come segnalare i casi di sparizione. Le famiglie ora si aspettano anche sostegno dalle autorità siriane, che finora non c’è stato, anche se hanno lodato la nostra iniziativa”.

    La storia di Roze, Rabeh e dei tanti siriani scomparsi è comune anche ad altre famiglie. Fatima, donna afghana che oggi abita in Svezia, non ha notizie del fratello dal 25 settembre 2022. Mohammad era un ufficiale dell’esercito afghano e aveva cercato di mettersi in salvo in Europa dopo la caduta del Paese in mano ai Talebani.

    “Mio fratello aveva le gambe gonfie ed è rimasto indietro, nei pressi di Burgas. Aveva detto al resto del gruppo di continuare e che sarebbe arrivato dalla polizia da solo”, racconta Fatima. La famiglia ha subito chiamato i suoi compagni ma quando sono tornati lui non c’era più. Per settimane hanno aspettato notizie dalle autorità ma non sono arrivate.

    “Spesso qualcuno si stanca durante il cammino e può accadere che venga lasciato indietro -aggiunge Dima Aldera-. A volte i trafficanti danno pillole per resistere più a lungo ma possono avere delle controindicazioni, provocare malori”.

    Se la polizia riceve una segnalazione di una persona in difficoltà è tenuta a intervenire prontamente, spiega Dragomir Oshavkov, avvocato della Foundation for access to rights (Far), che fornisce supporto legale per migranti e promuove un accesso più equo alla giustizia da un modesto ufficio di Burgas, la principale città del Sud della Bulgaria affacciata sul Mar Nero. Eppure “molto spesso i soccorsi non rispondono in tempo, soprattutto quando si tratta di migranti. È così che si verificano alcune delle tragedie”, commenta Oshavkov. Inoltre spesso i trafficanti non fanno neanche partire le segnalazioni: “Molti cadaveri vengono trovati nei boschi dopo anni. In questo caso è praticamente impossibile identificare i corpi”.

    Secondo Oshavkov i pushback violenti da parte delle autorità contribuiscono a mettere in grave pericolo i migranti. “La polizia di frontiera li respinge, costringendoli a percorrere a piedi 20-30 chilometri nei boschi in una zona molto impervia, con il rischio che qualcuno possa morire durante il viaggio di ritorno specialmente con condizioni climatiche avverse”. Secondo i dati raccolti dal Bulgarian Helsinki Committee, nel 2024 si sono registrati “3.548 presunti respingimenti che hanno interessato 43.282 persone”, circa il 75% in meno rispetto all’anno precedente .

    Oshavkov ha contribuito a seguire alcuni casi come avvocato, in collaborazione con l’organizzazione che in Bulgaria si è spesa maggiormente per supportare le famiglie dei dispersi: Mission wings, una delle poche Ong locali che offre supporto legale e sociale a migranti e rifugiati. La direttrice Diana Dimova racconta che negli ultimi due anni le richieste di supporto nella ricerca di familiari sono aumentate drasticamente. “In Bulgaria non esiste un sistema per supportare le famiglie delle persone migranti scomparse. A volte i corpi vengono scoperti da cacciatori, da turisti o dalla polizia ma restano senza nome”.

    Nel suo ufficio a Stara Zagora, Dimova mostra faldoni e faldoni di documenti. Per ogni caso Mission wings ha un fascicolo dove si accumulano richiami alla procura, fotografie e testimonianze dei familiari. “Aiutiamo i parenti a fare i test del Dna, li accompagniamo negli uffici o persino negli obitori. Ma non esiste un protocollo unificato: a Burgas i corpi vengono conservati per anni, a Yambol sepolti in pochi giorni. Abbiamo visto casi in cui un procuratore ordina la sepoltura senza avvisare la famiglia. È inaccettabile”.

    C’è anche chi cerca di approfittare economicamente della disperazione delle famiglie dagli obitori alla polizia, riferisce Dimova. Fatima racconta che dopo la scomparsa di Mohammad, “mio marito e mio fratello sono andati subito a Sofia, all’ambasciata afghana”, dove gli hanno dato una lettera ufficiale per recarsi alla polizia di frontiera. Nonostante ciò, racconta, la polizia li ha trattati in maniera molto aggressiva e non ha offerto nessun aiuto.

    Dopo alcuni mesi sono tornati e hanno cercato di accedere alla camera mortuaria di Burgas. “All’inizio non gli permettevano di entrare. Poi mio fratello ha dato dei soldi alla guardiana per ottenere il permesso di entrare e vedere se mio fratello era lì o no -spiega Fatima. Da quasi tre anni la sua famiglia si trova in questa situazione-. Non viviamo, sopravviviamo. Ci chiediamo come sia possibile che una persona arrivata in un Paese europeo per salvarsi la vita oggi risulti scomparsa”.

    Il Collettivo Rotte Balcaniche, che opera sul confine bulgaro in solidarietà ai migranti, cerca di prevenire le sparizioni: “Essere presenti nei boschi, anche accanto a un corpo ormai senza vita, costringe le autorità a procedure di identificazione rapide, senza negligenze -spiega Giuseppe Pederzolli, membro del Collettivo-. Avvisiamo Mission wings che contatta le famiglie lontane e li supportiamo nel rimpatrio del corpo”.

    Pederzolli ricorda il caso di Fadi, diciottenne egiziano il cui corpo è stato rinvenuto nella Strandža il 30 marzo 2025. Il corpo, conservato in condizioni non adeguate in un obitorio bulgaro, è stato seppellito solo a metà luglio in un cimitero locale non potendo la famiglia coprire le spese per il rimpatrio della salma. “È arrivata al cimitero dopo un viaggio in furgone a quaranta gradi ormai in condizioni disastrose. È stato un momento terribile ma anche un tentativo di restituire dignità al ragazzo. Se fosse stato un adolescente bulgaro o italiano, il rispetto delle autorità sarebbe stato diverso”.

    Dal 2023 il Collettivo Rotte Balcaniche ha creato il progetto Border Memory, una piattaforma digitale dove sono raccolte storie e segnalazioni di persone disperse alla frontiera. A una richiesta di accesso agli atti rivolta a più di 250 Comuni, 170 hanno risposto dichiarando 62 tombe senza nome e riferite a persone in movimento (mentre si attendono conferme di altre decine di Comuni). Perlustrando i cimiteri della zona di confine insieme agli attivisti, sono state ritrovate 21 tombe a Burgas, quattro a Sredets, due a Ehlovo e una a Yambol. “Ottenere dalle autorità i dati sulle sepolture delle persone non identificate permette di dare al fenomeno una dimensione concreta, e soprattutto di accertare le responsabilità”, aggiunge Pederzolli.

    Secondo Oshavkov serve “un registro centralizzato per permettere a chi cerca un parente di confrontare il Dna. Ad oggi c’è solo quello del ministero dell’Interno ma contiene solo dati di persone che sono passate per il sistema giudiziario”.

    “Non stiamo parlando di uno o due casi -conclude Dimova-, sono decine, forse centinaia di persone scomparse in Bulgaria. È ora che le istituzioni prendano la questione sul serio. Le famiglie hanno bisogno di sapere che qualcuno ancora si interessa a loro, che qualcuno sta provando a cercare la verità per i loro cari. Ad oggi non è così. E questo mi spezza il cuore”.

    https://altreconomia.it/la-ricerca-dei-dispersi-in-bulgaria-unaltra-frontiera-europea-del-silen
    #frontières #migrations #réfugiés #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #décès #Bulgarie

  • #Sénégal : plus de 1 900 migrants interpellés au 1er trimestre 2025

    Selon le Comité interministériel de lutte contre la migration irrégulière (CILMI), 1 946 migrants ont été interpellés, 74 convoyeurs arrêtés et 32 #pirogues saisies par les forces de sécurités sénégalaises durant le 1er semestre 2025. Des chiffres qui relatent l’ampleur du phénomène migratoire au Sénégal malgré les efforts entrepris pour lutter contre l’immigration clandestine vers l’Europe.

    Au premier trimestre 2025, les forces de défense et de sécurité sénégalaises ont interpellé « 1 946 personnes tentant de prendre la mer, dont une majorité d’étrangers - 1 000 personnes - utilisant le Sénégal comme point de départ » a indiqué mardi 2 septembre le secrétaire permanent du Comité interministériel de lutte contre la migration irrégulière (CILMI), Modou Diagne.

    Le contrôleur général de police a également précisé que 32 pirogues avaient été saisies et 74 suspects, des convoyeurs, arrêtés et déférés devant la justice. Ces chiffres ont été présentés à l’occasion d’un atelier s’inscrivant dans le cadre de la #Stratégie_nationale_de_lutte_contre_la_migration_irrégulière avec la #vision_Sénégal_2050 (#SNLMI).

    « La migration irrégulière est un défi de longue date, qui ne peut être résolu par un coup de baguette magique » a déclaré #Modou_Diagne. « Nous voulons réduire drastiquement ce phénomène à l’horizon 2035 », a-t-il cependant insisté.

    Face à l’ampleur de ces #départs irréguliers vers l’Europe, le Sénégal a accentué ses efforts ces dernières années afin de freiner le flux des migratoires.

    Multiplication des efforts

    Les #opérations_de_contrôle menées par les autorités de Dakar se sont donc multipliées sur le #littoral ces derniers mois. Un renforcement notamment dû au renouvellement d’accords de #coopération entre les #pays_de_transit (dont le Sénégal mais aussi la Mauritanie) et l’#Union_européenne, pour limiter les départs d’embarcations clandestines vers l’Europe. Dakar avait ainsi reçu une aide de 30 millions d’euros en octobre 2024 pour contrer ces départs mais aussi secourir les migrants en mer.

    « La #surveillance renforcée des #côtes commence à porter ses fruits », a souligné le Modou Diagne, saluant notamment les avancées réalisées dans le démantèlement des filières de #passeurs et l’intensification de la #répression à leur encontre.

    La SNLMI, validée en 2023 afin de lutter contre le phénomène d’ampleur de l’immigration clandestine au Sénégal, s’axe sur cinq volets : #prévention et #sensibilisation, répression des #filières_de_passeurs, gestion et #surveillance_des_frontières, #protection, retour et #réintégration des migrants. C’est pour coordonner toute ses actions que la CILMI a été créé en 2024 par le président de la République du Sénégal.

    L’accent est notamment mis sur la prévention pour dissuader les jeunes Sénégalais de partir clandestinement. Plusieurs campagnes de sensibilisation sont menées dans le pays depuis le début de l’année et des comités départementaux et régionaux de #lutte_contre_la_migration_irrégulière ont également été mis sur pied pour « impliquer les communautés dans cette #prévention ».

    https://x.com/Min_Interieur/status/1889799947647959160

    Le secrétaire permanent a insisté sur « la nécessité d’aller au-delà du volet sécuritaire » et d’"offrir aux jeunes et aux femmes des alternatives crédibles pour bâtir un avenir au Sénégal". Des #programmes_économiques générateurs de #revenus sont aussi en cours de déploiement dans le pays pour tenter de dissuader la population de prendre la route de l’exil.

    Une route très empruntée, mais très meurtrière

    Depuis une dizaine d’années, la route migratoire au départ des côtes ouest-africaines pour rejoindre les îles Canaries, en Espagne, est devenue l’un des principaux itinéraires empruntés par les migrants subsahariens. Après un record en 2024, le nombre d’arrivées a fortement chuté cette année. Selon le ministère de l’Intérieur espagnol, 12 126 exilés sont arrivés aux #Canaries depuis janvier par pirogues, contre 25 571 sur la même période l’année dernière. Soit une baisse de 52,6%.

    En 2024, le Sénégal est devenu le second pays de départ vers cette destination selon le rapport de la Sécurité nationale espagnole. Si les départs sont moins nombreux cette année depuis les côtes sénégalaises en raison des mesures répressives et sécuritaires adoptées, cela ne signifie pas pour autant que les pirogues ne partent plus. La route de l’Atlantique s’est simplement déplacée plus au nord faisant désormais de la #Mauritanie, le principal lieu de départ des personnes désireuses de gagner les Canaries. La route au départ de la #Guinée est aussi de plus en plus utilisée par les migrants.

    Dans un pays touché par un #chômage_de_masse et une #crise_économique ainsi que par la raréfaction des #poissons due à la #surpêche, des milliers de jeunes Sénégalais tentent de traverser l’Atlantique pour rejoindre les Canaries, prenant des #risques énormes. Il faut au moins cinq jours de navigation pour parcourir les 1 500 km qui séparent le pays de l’archipel, dans des conditions décrites comme terribles par les survivants, à la merci de la faim et la soif, du soleil, des intempéries et des avaries.

    Cela en fait l’une des routes les plus meurtrières avec de fréquents naufrages recensés. L’un des derniers drames en date remonte au 28 août. Partie de Gambie avec plus 160 personnes à bord, toutes gambiennes et sénégalaises, une pirogue a fait naufrage au large de la Mauritanie. Au moins 69 corps ont été repêchés et seuls 17 migrants ont pu être secourus.

    Plus de 10 400 migrants sont morts ou ont disparu en mer en tentant de rejoindre l’Espagne en 2024, selon l’ONG Caminando Fronteras. Un chiffre sous-estimé car de nombreuses embarcations perdues en mer ne sont jamais retrouvées. Au cours des cinq premiers mois de 2025, un total de 1 482 décès a été comptabilisé par l’ONG sur cette route.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/66735/senegal--plus-de-1-900-migrants-interpelles-au-1er-trimestre-2025
    #statistiques #chiffres #2025 #migrations #réfugiés #route_atlantique #dissuasion #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #frontières #externalisation
    ping @6donie

  • Erased in life and death: intersecting injustices faced by people on the move in Serbia: Report summary 1/7

    A knowledge-mapping report
    Release 1: Summary of findings and death realities
    Introduction

    Our full report ‘Erased in life and death: intersecting injustices faced by people on the move in Serbia’ explores the systemic neglect, institutional silence, and structural violence surrounding the deaths of people on the move in Serbia. It is not a new intervention, nor a pioneering effort. Rather, it builds on the longstanding work of civil society organisations, cemetery workers, communities of faith, journalists, researchers, and families who have long documented, buried, and remembered the dead. Our aim is to contribute capacity, coordination, visibility, and documentation to efforts already underway.

    Below, to coincide with the start of Refugee Week 2025, the first of six sections to be released ahead of publication of the full report in July offers an overview of our initial findings and the realities of death on the move in Serbia.
    Summary of findings

    - #Border_deaths in Serbia are underreported, many people’s deaths have and will go off any official or unofficial record

    - People attempting to seek sanctuary by transiting through or seeking asylum in Serbia have died and continue to die for a range of reasons. All deaths are either directly or indirectly products of a violent border regime

    – Burial sites for people on the move are found across Serbia, with most concentrated near exit points of EU-bound migration routes

    - There is no publicly accessible official/centralised data on burial sites for people on the move in Serbia

    Purpose and scope of report

    This report attempts to map existing knowledge and identify gaps on the topic of border deaths and related procedures in Serbia. It also seeks to shed light upon the roles various stakeholders play in relation to this topic. A key objective is to map and centralise data on the known locations of named and unnamed burial sites.

    Context and urgency

    Despite hosting large public facing projects that engage with dead and missing people on the move, intergovernmental organisations generally do not engage with the topic in a meaningful way in Serbia - in some cases, their limited involvement may perpetuate procedural gaps. In the absence of meaningful engagement from intergovernmental organisations and state authorities, and amid ongoing procedural shortcomings, gaps are often filled by grassroots actors; motivated individuals or activist groups. In other instances,responsibilities may fall to municipal workers in border areas - whose only connection to the border regime is their geographic proximity.
    Gaps in data and procedures

    The Serbian commissariat for refugees and migration is reportedly in possession of centralised data on border deaths in Serbia (inside and outside of camps) although this data is withheld, and their procedures surrounding the handling of deaths are hidden. Ostensibly, official handling procedures from death to burial are identical in Serbia whether the person is documented or undocumented. Yet in reality, for people on the move, procedural steps are often missed or not adhered to. This can be for a multitude of reasons, many of which are systemic, including lack of resources, capacity, or prioritisation. Each known case differs significantly, with little consistency in procedures or outcomes. Outcomes are often shaped by who is involved at the time in each case, which results in myriad procedural challenges. These may be bureaucratic (identification, documentation ), cultural (e.g. religious traditions .)or material ( procuring, headstone maintenance). All of these issues, in various ways, contribute to a reduced sense of dignity for the deceased and their family.

    Death realities

    In practice, the management of death for persons on the move in Serbia diverges significantly from the formal procedures laid out in law:
    Identification challenges

    Most people on the move who die in Serbia lack verifiable identity documents. Individuals often either do not carry identification, carry false identification, or provide incorrect names upon registration at camps (to avoid being deported back to their home countries, for example), complicating post-mortem identification processes. As a result, morgue personnel are frequently left without reliable data to link the deceased to any formal record.Even if an individual is identified, in practice, many embassies - especially of countries experiencing political instability, conflict, or weak institutions - may be difficult to reach or be slow to respond. This may significantly delay the process.
    Storage periods and embassy involvement

    Because morgues are required to keep bodies for no longer than thirty days, the burial may proceed without embassy involvement if no response is received. However, whether morgues actually adhere to the legally mandated thirty-day storage period remains unclear. We are aware of at least one case whereby a person was buried without formal identification having taken place and before the 30-day threshold period was observed. Additionally, anecdotal evidence suggests that, in some cases, families abroad have resorted to paying bribes to morgue officials in order to facilitate the identification of deceased relatives. This raises serious concerns about both transparency and access to due process in death management systems.

    Certification and misidentification

    The issuance of death certificates is handled by the matičar (civil registrar). However, there have been repeated accounts of misidentification, including instances in which the wrong name is entered onto a death certificate. These errors may perhaps arise from inadequate identification mechanisms but are also attributed to negligence and administrative carelessness.
    Burial procedures and religious needs

    In cases where a body remains unidentified and no external individuals - such as family members or international organisations - come forward to fund a burial, the state assumes responsibility. These state-managed burials are typically carried out in the cheapest manner, involving the generic Christian wooden cross to mark the grave, despite most individuals probably having a Muslim origin. The use of the designation ‘N.N.’ (nomen nescio, or “no name”) is standard across all unidentified persons, regardless of origin or cause of death. This means that ‘N.N.’ of migrants are indistinguishable from the ‘N.N.’ graves of unidentified Serbian bodies. Unless there are many graves filling a particular burial plot, the year or date inscribed on the cross may be the only indicator by which to later locate or identify the individual.While the cost of burial is typically handled by local authorities who report a lack of state support, in practice, this responsibility is often distributed across a loose network of actors, including municipal governments, NGOs, religious charities, and at times sympathetic individuals or activists.
    Grave maintenance and access

    Serbian authorities are under no legal obligation to maintain graves unless the deceased is deemed to be of special historical or social significance. This has resulted in instances where ‘N.N.’ graves have deteriorated over time, with identifying information fading or disappearing altogether - adding additional complexity to the issue of unnamed graves. Furthermore, until today there is no publicly-available database which provides the locations of burial sites of migrants who have died within Serbia’s borders. On the other hand, it must be recognised that in most cases, border areas are in rural and isolated locations, not only geographically, but also in terms of socio-economic support from the central government. This results in a lack of adequate resources to actually comply with certain procedures.There is an additional layer of complexity introduced by religious and cultural considerations. Serbia’s ‘PUK’ state utility companies have their own funeral companies that carry out the majority of burials of people on the move, meaning that not only can they gain profit from these burials, but they effectively hold a monopoly on death procedures involving migrants. Serbia’s state funeral companies declined to respond to our request for clarification on these matters. As we understand, state-led burial procedures do not appropriately account for the correct cultural considerations for those who have died of Islamic faith - the majority of people on the move in Serbia. These considerations include burial sites oriented perpendicular to Mecca, the presence of an Imam during the burial, performance of the salat al janazah.

    The Commissariat for Refugees and Migration in Serbia declined to provide information on death and burial procedures.

    Local responses

    In some areas, particularly in southern Serbia, Muslim communities and imams have stepped in to conduct religiously appropriate funerals for people on the move. These grassroots efforts underscore both the inadequacies of the official system and the solidarity shown by the local community in addressing this humanitarian issue.

    The second summary section of this report, which details our efforts to map the deaths of people on the move across Serbia, will be published on Thursday 19 June.

    https://www.collectiveaidngo.org/blog/2025/6/8/erased-in-life-and-death-intersecting-injustices-faced-by-people-o
    #rapport #Serbie #route_des_Balkans #migrations #réfugiés #frontières #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #tombes #cimetières
    ping @6donie

  • #7_jours

    Myriam, activiste et militante pour les droits de l’Homme, est emprisonnée depuis des années en Iran loin de son mari et de ses enfants. Lorsqu’elle obtient enfin une permission pour raisons médicales, elle a 7 jours pour décider de fuir le pays et retrouver sa famille ou de rester en Iran pour continuer sa lutte. Commence alors une véritable course contre la montre.

    https://www.youtube.com/watch?v=KXe9ntxaVF8&t=9s


    #film #cinéma #Iran #Turquie #frontières #montagne #réfugiés #mourir_aux_frontières

    Un des rares films où on voit le terrible passage frontalier par les montagnes entre l’Iran et la Turquie (mais ici apparemment filmé en Géorgie)...

  • Exporting Borders. #Frontex and the Expansion of Fortress Europe in West Africa

    The EU is pushing its migration control far beyond Europe’s borders. This report exposes how Frontex operates in West Africa under the cover of cooperation, entrenching neo-colonial influence, undermining rights, and reshaping the Sahel into a securitised #buffer_zone.

    Summary and Key findings

    The EU and its member states are shifting migration control outside the EU’s borders. This report shows how this externalisation strategy plays out in the Sahel region of West Africa under the guise of partnership and development cooperation. West Africa is the main priority region for EU security-migration-development cooperation. This report critically examines the evolving role of Frontex, the EU Border and Coast Guard Agency, as a central part of the EU’s broader strategy of border externalisation. The study, including extensive fieldwork, traces Frontex’s expanding operations in Mali, Niger, Senegal, and Mauritania, highlighting how these activities predate its formal mandate and have intensified alongside the agency’s growing powers and budget, taking more explicit and direct forms, evolving from behind-the-scenes involvement to increasingly overt and direct forms of intervention. The report situates these developments within the context of a rapidly shifting geopolitical reality in the Sahel, marked by political instability, armed conflict, and a rising resistance to European influence. As West African states express a growing anti-Western sentiment and sever ties with former colonial powers, this historical moment allows us to speak of an emerging fourth wave of decolonisation.

    The report exposes the absence of effective accountability mechanisms, democratic oversight, and enforceable human rights safeguards in Frontex’s external actions. It argues that current practices not only infringe on migrants’ rights but also perpetuate colonial power asymmetries under the guise of cooperation. Far from fostering equitable cooperation, the EU’s approach reinforces a securitised and Eurocentric vision of migration control that undermines human rights and externalises legal responsibility. The cooperation between Frontex and West African states reflects a clear power imbalance, where EU funding and diplomatic pressure are used as leverage to push through migration control policies that primarily serve European interests. This dynamic often sidelines local priorities and reinforces neo-colonial patterns of influence, where African states are treated less as equal partners and more as buffers against mobility. In effect, Frontex is reinforcing a new ‘hard border’ regime across the Sahel, traditionally a free movement zone, one that prioritises containment over protection, and surveillance over accountability. It risks entrenching neo-colonial patterns of control while weakening democratic and other accountability safeguards and the rule of law.

    This report finds that:

    - The EU’s border policies rely on a racialised construction of the African migrant as a security threat, conflating migration with terrorism, crime, and instability. This narrative legitimises exclusionary and repressive practices, with dramatic consequences for human rights.
    - Migrants in West Africa face routine violations including arbitrary arrest, detention, refoulement, and extortion. In Niger, many speak of the Sahara as an “open sky cemetery” due to the deadly risks faced along migration routes.
    – People who are not migrants are also affected, as increased surveillance and border restrictions disrupt trade, livelihoods, and everyday cross-border movement. Local communities face shrinking civil liberties and economic hardship under a system geared toward controlling mobility.
    – Despite talk of equal partnerships, EU actions often reflect coercive dynamics rooted in colonial histories: instrumentalising aid, imposing visa sanctions, and prioritising EU geopolitical interests over local needs and agency.
    – Frontex has been operational in West Africa since before its formal mandate allowed external action. Its involvement has grown significantly in tandem with the EU’s expanding externalisation strategy.
    – Frontex’s growing presence in Mali, Niger, Mauritania, and Senegal, the focus countries of this report, focuses on capacity building, information exchange, and potential direct engagement with border surveillance operations on the ground. The agency’s activities have received little legal, political, or journalistic scrutiny, despite posing serious risks to human rights and local sovereignty.
    – Frontex has built up extensive informal networks through the Africa-Frontex Intelligence Community (AFIC), a platform involving 31 African states. Through AFIC, Frontex coordinates surveillance, risk analysis, and operational planning with national authorities.
    - Risk Analysis Cells (RACs), funded and equipped by Frontex, have been embedded in national border agencies in eight West African countries. These RACs collect, analyse data, which is shared with Frontex, enabling real-time monitoring and analysis of migration routes.
    - In Mali, EU-funded infrastructure and training programmes are often unused. Local authorities are reluctant to fully cooperate on migration enforcement because migration supports livelihoods in border areas.
    – The EU has attempted to negotiate status agreements with Mauritania and Senegal to allow Frontex to operate on their territory with full executive powers. These agreements would permit agents to carry weapons and grant them immunity from prosecution. However, due to among other factors, democratic and civil society pressure in both countries and in the EU, the negotiations are currently frozen.
    – Across the region, Frontex’s presence is often informal and opaque, operating beyond the democratic and judicial radar. Working arrangements and AFIC cooperation are informal in nature, and therefore bypass judicial, democratic, and public scrutiny.
    - EU support has also included funding for biometric ID systems, surveillance drones, wiretapping infrastructure, and phone-tracking technology. These tools have reportedly been used to target journalists, activists, and opposition groups.
    - These developments directly undermine the ECOWAS free movement framework, which was built to support regional integration and economic mobility. The imposition of hard borders risks destabilising local economies and deepening inequality.

    https://www.tni.org/en/publication/exporting-borders-West-Africa
    #tni #rapport #Afrique_de_l'Ouest #migrations #réfugiés #frontières #Afrique_de_l'Ouest #externalisation #contrôles_migratoires #Mali #Niger #Sénégal #Mauritanie #Sahel #décolonisation #droits_humains #coopération #colonialisme #colonialité #néo-colonialisme #eurocentrisme #pouvoir #néo-colonialisme #hard_border #sécurité #terrorisme #open_sky_cemetery #mourir_aux_frontières #border_deaths #morts_aux_frontières #décès #Africa-Frontex_Intelligence_Community (#AFIC) #Risk_Analysis_Cells (#RAC) #livelihoods #biométrie #économie_locale

    ping @reka @6donie @karine4

  • Stragi di migranti, oggi come ieri: quando a Trieste quattro bimbi morirono di freddo
    (pour archivage)

    #Kandeepan_Krishanthini, #Kanagaratman_Yaliny, #Kandepan_Paradeepan e #Mathura_Ahila morirono dopo un lungo ed estenuante viaggio. Quando giunsero in Carso nevicava. Il ricordo di Marina, allora «caposala» della semeiotica chirurgica. «Una di loro aveva gli occhi bianchi e i bulbi oculari congelati. Non avevo mai visto una cosa del genere, fu straziante». La solidarietà di tutto l’ospedale

    “Le ambulanze arrivavano stracolme di gente stremata. Tra le persone c’erano anche quattro bambini, vestiti con i pantaloncini corti e delle canottiere di cotone. Una bimba di quattro anni aveva gli occhi bianchi. I bulbi oculari si erano congelati a causa del freddo, non avevo mai visto una cosa del genere. Con Antonino Gullo, all’epoca primario del reparto di Rianimazione tentammo di salvarla a lungo, ma non ci fu nulla da fare. Morì lì, sul lettino”. Trieste, è il 18 aprile 1991. In Carso nevica. Dopo un viaggio estenuante una quarantina di migranti provenienti dallo Sri Lanka insanguinato dalla guerra tra il governo e le Tigri del Tamil arrivano nel capoluogo giuliano. Le gelide temperature hanno stremato il gruppo. Gli adulti sopravvivono, ma nonostante i soccorsi quattro bambini non ce la fanno. “Krishanthini giunse assiderata e tentammo di rianimarla a lungo” racconta Marina, all’epoca “caposala” della semeiotica chirurgica, oggi in pensione.

    I quattro bimbi sepolti a Trieste

    Oggi Kandeepan Krishanthini è sepolta nel campo 5 del cimitero di Sant’Anna a Trieste. Vicino a lei riposano anche Kanagaratman Yaliny (due anni e undici mesi), Kandepan Paradeepan (due anni e un mese) e Mathura Ahila (nove anni). Sono tutti morti il 18 aprile. Ufficialmente si trovano lungo la fila 8, ma per riconoscerle non serve saper contare. Sono lapidi color grigio tortora, posizionate lungo una leggera salita. Nessun fiore, neanche di quelli di plastica. “Chi zerché?” chiede in dialetto una signora. “Prové là, forsi i xe più indrio”. I quattro bimbi vengono sepolti il 24 aprile dello stesso anno, sei giorni dopo il tragico decesso. “Quella sera in ospedale non c’era tanto personale – continua Marina – e ad un certo punto iniziò a girare questa voce che il pronto soccorso era stracolmo di gente assiderata. Serviva una mano da parte di tutti”.

    La solidarietà dell’ospedale

    Da quel terribile giorno di primavera sono passati oltre trent’anni, ma nella mente di chi c’era il ricordo di quell’inferno è più vivo che mai. “La scena era apocalittica, ma la solidarietà scattò immediatamente. In pronto soccorso vennero portati riscaldatori, lampade, cateteri con l’acqua calda e tutto ciò di cui avevamo bisogno. L’azienda sanitaria si attivò in tempo zero, la tempestività fu eccezionale”. Arrivano gli interpreti, l’esodo dei sanitari dagli altri reparti per dare una mano è massiccio e il tam tam raggiunge anche i vertici. Per una volta le divergenze professionali vengono messe da parte e si bada «solo» a soccorrere chi ha bisogno. “C’era gente dappertutto, seduta a terra, venivano distribuite le metalline (le coperte argentate). Volevamo fare di tutto per salvare questa povera gente. Quella sera nessuno di noi ha mai pensato ad altro”.

    L’attualità delle tragedie

    Nei giorni in cui le attenzioni dell’opinione pubblica italiana (e non solo) vengono rivolte verso le stragi di migranti nel mar Mediterraneo, la storia dei quattro bimbi di origine cingalese deceduti in un giorno di neve a Trieste riaffiora nella mente dei protagonisti. La rotta balcanica era attiva già da diversi anni e le persone puntavano, allora come oggi, ad arrivare sane e salve in Europa. Famiglie intere fuggivano, allora come oggi, dalle guerre e dalla devastazione che le contrapposizioni ideologiche e le incapacità politiche producono. Lo Sri Lanka che Krishanthini, Yaliny, Paradeepan e Ahila si lasciarono alle spalle era insanguinato da una guerra che, dal 1983 fino al 2009, causò quasi 100 mila morti. “Ad un certo punto si rese necessario accompagnare le madri a riconoscere i bambini” conclude Marina. Kandeepan Krishanthini era distesa sul lettino e il suo cuore, ormai, aveva smesso di battere. Trent’anni fa, lungo una delle tante migrazioni contemporanee. Era il 1991, eppure sembra oggi.

    https://www.triesteprima.it/cronaca/18-aprile-1991-strage-di-trieste.html

    #18_avril_1991 #décès #mourir_aux_frontières #migrations #réfugiés #frontière_sud-Alpine #Slovénie #Trieste #Italie #morts_aux_frontières

    –-

    ajouté à la métaliste sur les morts à la frontière #Slovénie-#Italie:
    https://seenthis.net/messages/818454

    • “Alla memoria dei morti preferisco il relax dei turisti”, il sindaco cancella i migranti

      Nel mirino il Memoriale di Ventimiglia. Dal 2015 le vittime sono state 38.

      «Sindaco, verrà mantenuto il Memoriale al confine?» . La risposta è stizzita: «Assolutamente no». E riguardo alla lettera firmata da una quarantina di associazioni e Ong, italiane e francesi, che chiedono di trovare una soluzione alternativa alla demolizione, il primo cittadino di Ventimiglia #Flavio_Di_Muro è indispettito e la replica è netta: «Non ho ancora letto nulla, potevano scrivere prima a me invece di dare subito la lettera ai giornali. È un cattivo gesto, con una volontà politica chiara. Per me comunque è una bocciatura».

      Quelle pietre devono sparire

      Irremovibile il primo cittadino, quasi infastidito dalla richiesta di mantenere un luogo della memoria intatto: «Vogliamo creare un posto dove i turisti si possano rilassare», le spiazzanti parole. E la memoria? E il ricordo dei migranti morti nel tentativo di oltrepassare la frontiera? Per l’esattezza 38 persone dal 2015 ad oggi. La replica – ancora una volta– è fulminea, ma anche evasiva: «Il progetto non verrà assolutamente cambiato, lì vogliamo una piazza ordinata. I massi e le pietre devono sparire».

      Insomma, secondo il sindaco Di Muro, il Memoriale occupa «uno spazio importante» e non favorisce quello che – a suo dire– sono le due priorità per la città: ordine e turismo. Eppure le due cose potrebbero tranquillamente convivere: non esiste solo un turismo epicureo, ma anche (e per fortuna) un turismo interessato alla storia di un luogo, ai suoi monumenti e – perché no– ai memoriali, se ci sono. La storia di un luogo non si cancella con un progetto di riqualificazione, ma soprattutto il Memoriale ha un valore umano, non politico.

      L’ipotesi di spostarlo

      Di Muro è fermo nel suo pensiero: «Lo dirò anche alle associazioni che mi hanno scritto: quelle pietre devono andare via» rimarca con forza il concetto. E con esse, evidentemente, anche le iniziative, le commemorazioni, le manifestazioni e le preghiere che ogni anno, da sei anni, si svolgono in quel fazzoletto di terra. E riguardo all’incontro richiesto dai firmatari della lettere, rimane una flebile apertura: «Sono disposto ad incontrarli, ma la mia posizione è chiara». E trovare un altro luogo che possa ospitare il Memoriale? : «Non lo so – conclude-, ma non lì: magari da un’altra parte e molto più piccolo».

      https://www.lastampa.it/imperia-sanremo/2025/07/31/news/di_muro_cancella_i_migranti_le_pietre_devono_sparire-15252701
      #ordre #tourisme

    • Il sindaco di Ventimiglia eliminerà il memoriale per i migranti morti: “Degrado da riqualificare”

      Il primo cittadino leghista Di Muro toglierà le pietre che simboleggiano i 49 disperati che hanno perso la vita sul confine cercando di entrare in Francia. La protesta delle associazioni

      La parola chiave è “riqualificazione”, l’altra “degrado”. E dunque, in nome della “riqualificazione” e della “lotta al degrado”, il memoriale a ponte San Ludovico dedicato ai migranti morti di frontiera, 49 in dieci anni al confine con la Francia, sarà spazzato via. Non torna indietro, il sindaco leghista di Ventimiglia Flavio Di Muro.

      Nonostante la lettera aperta firmata da oltre quaranta associazioni, da Amnesty International ad Anpi, Caritas Intemelia, Arci, Baobab Experience, Roya Citoyenne, WeWorld Onlus, che hanno chiesto un incontro urgente al Comune e fanno appello di non “infliggere un’ulteriore forma di violenza a queste vite spezzate” e di non eliminare “uno spazio di memoria, umanità e coscienza civica”.

      “Una lettera aperta che non si capisce se sia una richiesta di incontro o già una polemica politica - esordisce Di Muro rispondendo a Repubblica - la lettera è arrivata prima ai giornali che a me. In ogni caso non mi sottraggo all’incontro, ma mi sembra evidente che abbiamo visioni e priorità differenti”.

      La priorità, secondo la visione di Di Muro, avvezzo a questo tipo di polemiche - come quella che seguì alla decisione di piazzare due guardie all’ingresso del cimitero di Ventimiglia per evitare che le persone migranti entrassero per usare le fontanelle, visto che il centro di accoglienza Campo Roja è chiuso da anni - è “trasformare l’area di Ponte San Ludovico in una piazza che sia il biglietto da visita della città”.

      E il biglietto da visita, nei programmi del Comune, non prevede quel memoriale realizzato da attivisti e attiviste vicino al confine che da più di sei anni ricorda, con tre cerchi di pietre e lumini, i nomi e le vite di chi è morto nel tentativo di passare la frontiera.

      “La massa di pietre non è confacente, in mezzo alla piazza è impattante – spiega ancora Di Muro a Repubblica - i massi, poi, sono stati imbrattati dai no No Borders e sono indecorosi. L’area è di proprietà del Comune ma anche di Anas e del Demanio, e a questo progetto di riqualificazione abbiamo lavorato per oltre un anno. D’altronde era il mio programma da sindaco: creare una piazza accogliente e in sicurezza, e lo rispetterò”.

      Le associazioni che hanno firmato l’appello chiedono al sindaco una soluzione condivisa che rispetti il valore simbolico del luogo e la memoria di vittime, perché non siano condannate anche all’invisibilità. Di Muro apre solo sulla possibilità di spostare il memoriale altrove, “in uno spazio più piccolo, non lì. Devo ancora leggere la lettera, risponderò e poi sono disponibile all’incontro”. Ma a Ponte San Ludovico, per il ricordo non ci sarà spazio.

      https://genova.repubblica.it/cronaca/2025/08/01/news/il_sindaco_di_ventimiglia_dimuro_confine_eliminera_il_memoriale_pe

    • Memoriale migranti morti al confine, il sindaco leghista di Ventimiglia vuole demolirlo: “I turisti si devono rilassare”

      Il monumento ricorda i migranti rimasti uccisi nel tentativo di superare il confine tra i due Paesi. Il primo cittadino, intervistato da la Stampa, ha difeso il suo progetto di demolizione.

      Il sindaco leghista di Ventimiglia Flavio Di Muro le chiama “quelle pietre” e dice che “devono andare via”. Intervistato da la Stampa, il primo cittadino se la prende con il Memoriale che ricorda i migranti morti nel tentativo di passare dall’Italia alla Francia, 49 persone in dieci anni, da quando la libera circolazione tra i due Paesi si è interrotta e il confine è divenuto un simbolo delle sorti di chi migra e fugge.

      Il sindaco, sempre parlando con il quotidiano torinese, difende il suo progetto di riqualificazione della zona che “non verrà assolutamente cambiato, lì vogliamo una piazza ordinata. I massi e le pietre devono sparire”. Non parla di rotte o politiche migratorie, Di Muro ha un’idea precisa della città: “Vogliamo creare un posto dove i turisti si possano rilassare“, spiega, trovando la lettera contro la demolizione firmata da circa quaranta associazioni e Ong italiane e francesi e consegnata ai giornali invece che a lui privatamente un “cattivo gesto, con una volontà politica chiara”.

      La richiesta dei firmatari è la ricerca di una soluzione alternativa alla demolizione, a cui però l’amministrazione non sembra interessata. Il Memoriale si trova da oltre sei anni nel piazzale di Ponte San Ludovico, a poche centinai di metri dal confine. Si tratta di uno spiazzo che fa da divisorio tra le due corsie dell’Aurelia, quasi davanti al mare. Lì tre cerchi di pietre ricordano i nomi di chi è arrivato da lontano ed è morto mentre provava a passare da un paese all’altro, il passato alle spalle e il futuro che si interrompe di colpo su un confine straniero. “Sono disposto ad incontrarli,” dice il sindaco parlando di chi ha chiesto il mantenimento del memoriale “ma la mia posizione è chiara“. Un’apertura non apertura che lascia poco spazio anche all’idea di ricostruire il Memoriale da un’altra parte, e in quel caso, Di Muro ci tiene a specificarlo, che sia “molto più piccolo”. Affinché la memoria non disturbi la vista del turismo che si affaccia sul mare a pochi chilometri dalla Costa Azzurra.

      https://www.ilfattoquotidiano.it/2025/07/31/memoriale-migranti-ventimiglia-demolizione-notizie/8080461

  • Des opérations policières « vertigineuses » : la Mauritanie durcit sa politique migratoire sous la pression de l’Europe

    #Nouadhibou, port de pêche situé au nord de la façade maritime du pays, est depuis un quart de siècle l’un des carrefours du départ de migrants et « le ventre mou du dispositif » sécuritaire mauritanien. Mais, poussées par Bruxelles, les autorités tentent de porter un coup d’arrêt aux filières d’émigration irrégulière.

    Le capitaine de vaisseau Mohamed Salem Hamza dirige les garde-côtes mauritaniens et recèle en lui un lot d’images « cauchemardesques ». « Comment oublier ce bébé allaitant sa mère et tous deux retrouvés morts sur une plage ? », lâche l’officier, ébranlé, établi à Nouadhibou depuis un an et demi. Jusqu’à la fin de l’année 2024, « les #cadavres jonchaient la plage et l’odeur était irrespirable jusqu’en ville », se souvient cet homme chargé de la surveillance des côtes et du sauvetage en mer dans cette zone devenue l’une des principales voies d’accès vers l’Europe. « Il fallait que cela cesse », ajoute-t-il.

    Port de pêche industriel, Nouadhibou est depuis un quart de siècle l’un des carrefours du départ de migrants et « le ventre mou du dispositif » sécuritaire mauritanien d’après M. Hamza, dont les « moyens restent insuffisants » avec deux patrouilleurs de haute mer, quatre vedettes et une vingtaine d’autres petites embarcations, pneumatiques compris. Selon le ministère de l’intérieur espagnol, 180 000 personnes ont ainsi rejoint illégalement les côtes des Canaries entre 2020 et 2024. Ces îles sont à trois jours de bateau de Nouadhibou, faisant ainsi de la capitale économique de la Mauritanie une base de projection des candidats à l’exil. Selon les autorités locales, 30 000 ressortissants d’Afrique subsaharienne y seraient désormais installés.
    Baisse drastique des migrations
    Cet afflux, conjugué à l’émoi suscité par les images de naufragés, a poussé la Mauritanie à tenter de porter, entre février et mars, un coup d’arrêt aux filières d’émigration irrégulière. Alors que la route maritime par l’Atlantique avait permis en 2024 à près de 45 000 personnes – un record – de gagner l’archipel espagnol, les arrivées ont depuis baissé drastiquement : plus de 11 300 exilés ont débarqué depuis début 2025 sur les îles contre près de 19 300 sur la même période un an plus tôt, d’après les données du ministère espagnol de l’intérieur.
    Sous la pression de Madrid et de l’Union européenne (UE) et encouragée par une aide de 210 millions d’euros, en partie dédiée à la lutte contre l’émigration irrégulière, Nouakchott a donc opéré un « durcissement sur les questions migratoires », que salue M. Hamza, fier de poser devant les centaines de moteurs de bateaux confisqués qui s’étalent sous les fenêtres de son bureau.

    La réaction est tout d’abord intervenue à Lagouira, zone frontalière avec le Sahara occidental, mais contrôlée de fait par les forces mauritaniennes, dont les plages du Cap-Blanc ont vu partir les cayucos (pirogues) des migrants pour les Canaries. 88 réseaux de passeurs, la plupart à Nouadhibou, ont été démantelés au premier trimestre 2025 et seules deux embarcations ont pu partir de Lagouira, indique une source policière.
    Puis, la répression a débordé sur Nouadhibou. Des rafles, ciblant officiellement les sans-papiers, sont menées sur tout le territoire depuis fin février. Dans la rue, sur les chantiers, dans les salons de coiffure, dans les stations-service, sur les marchés, dans les champs et les mines… Entre janvier et avril, les autorités mauritaniennes assurent avoir expulsé « 30 000 personnes en situation irrégulière ».
    « Aller les chercher dans leur maison ! »
    Un chiffre probablement sous-estimé car, pour la seule communauté malienne, au moins 27 000 de ses ressortissants auraient été renvoyés dans leur pays en guerre, d’après des sources au sein de cette communauté. Issiaka Traoré, à la tête des « Maliens de Mauritanie », l’une des communautés étrangères les plus nombreuses, raconte des opérations policières « vertigineuses ». Le 3 mars reste « [son] pire souvenir », lorsque « 524 Maliens ont été arrêtés en une seule journée et tous expulsés », déplore ce professeur marié à une Mauritanienne.

    « Des enfants de 10 ans ont passé une semaine de détention », relate Abdoulaye Diallo, de l’association d’aide aux migrants Ensemble pour un avenir meilleur (EPAM), basée à Nouakchott. Plusieurs cas de viols ont été recensés par des ONG mauritaniennes et des policiers ont extorqué des détenus, d’après des témoins rencontrés par Le Monde.

    Les opérations policières ont été pratiquées au faciès, ciblant exclusivement les personnes de couleur noire. « Etrangement, parmi les interpellés et les refoulés, il n’y a aucun Marocain ou Pakistanais, s’offusque le député de l’opposition Khally Diallo, alors que les réseaux de traite des migrants établis en Mauritanie attirent depuis des années des candidats à l’exode en Europe venus d’Afrique, mais aussi de Syrie et du sous-continent indien. Pour appuyer son propos, l’élu évoque les cas de « cinq Négro-Mauritaniens arrêtés puis refoulés » avant que l’Etat mauritanien ne s’en rende compte et les rapatrie. Contacté, le ministère de l’intérieur n’a pas souhaité répondre.

    Ces opérations policières ont par ailleurs été appuyées par des discours stigmatisants de personnalités du pouvoir. « Les migrants, on doit même aller les chercher dans leur maison ! », lançait, le 24 mai, Ahmedna Ould Sidibe, le wali (gouverneur) du Trarza (sud) sous les vivats d’une assemblée de Beidanes, la minorité des Maures blancs qui contrôle toujours les leviers du pouvoir en Mauritanie. « Si vous voyez un étranger qui n’est pas en règle, vous le signalez et le dénoncez », appelait-il.
    Cette traque a suscité l’effroi des migrants en situation irrégulière. Même les étrangers qui se pensaient protégés, comme les titulaires d’une carte de réfugié – on en dénombre plus de 176 000 dans le pays d’après le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) – se sont retrouvés dans le viseur. Moussa (un prénom d’emprunt), ancien chauffeur routier qui a fui le Mali il y a dix ans après avoir été menacé à quatre reprises par les djihadistes, se terre aujourd’hui dans un lieu tenu secret.
    « La dimension raciale et raciste est évidente »
    « Après les premières rafles début mars, je n’osais plus sortir de chez moi, explique-t-il. Je n’allais plus au marché travailler, on se sent persécutés. » Pour un impayé d’une « centaine d’euros » sur son loyer, des proches de son propriétaire, installé en Angola, l’ont menacé de mort. Ses deux plaintes déposées à la police sont restées lettres mortes.
    Comme Moussa et sa famille, des centaines de ressortissants d’Afrique subsaharienne, contraints de changer de domicile, sont désignés comme des ennemis de l’intérieur, selon les ONG mauritaniennes. Plus de 4 100 autres souhaitent rentrer dans leur pays d’origine, souligne l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Du jamais vu. « Dans ces opérations policières, la dimension raciale et raciste est évidente, alerte Sonia Haidara, une militante féministe qui, devant l’ampleur de la crise, a transformé son centre d’aide aux femmes victimes de violences sexuelles en hébergement d’accueil d’urgence aux migrants. Face aux abus, le pouvoir a certes affiché son opposition mais, en réalité, il se radicalise. »

    Le raidissement du pouvoir s’est encore accentué lors du procès d’Ablaye Ba, figure de l’Initiative pour la résurgence abolitionniste – mouvement fondé pour l’abolition de l’esclavage, criminalisé depuis 2007, mais dont certaines pratiques demeurent en Mauritanie – et bête noire du régime. Pour avoir critiqué les opérations en cours, le militant a été condamné, le 6 juin, à six mois de prison ferme pour « incitation à la haine raciale ».
    La gestion de la crise migratoire suscite pourtant un mécontentement grandissant. Face à « une crise sans précédent », prévient Khally Diallo, l’élu et d’autres ont aussi dirigé leurs critiques contre l’UE, accusée d’être « complice » du régime. « Par ses dotations financières colossales, l’Europe a versé de l’huile sur le feu. Si l’UE continue de soutenir ce régime qui arrête massivement et expulse abusivement en bafouant les droits les plus élémentaires, on court à notre perte », s’inquiète-t-il. Selon les données européennes, entre 2024 et 2027, l’Europe devrait engager plus de 950 millions d’euros en Mauritanie.
    Le réveil des vieux démons du pays
    Les conséquences de cette politique sont déjà visibles pour l’économie mauritanienne, fortement dépendante de la main-d’œuvre étrangère. Taxis, ménage, pêche et mines d’or artisanales, BTP… Des pans entiers de l’économie manquent de bras. A Nouakchott, le prix d’une brique et le salaire journalier des manœuvres ont presque doublé. Comme une centaine d’autres briqueteries de la capitale, celle de Kalidou Sy est moribonde.
    « Quotidiennement, les agents du ministère de l’emploi viennent inspecter », témoigne l’entrepreneur qui employait cinq Maliens. Plusieurs ont été arrêtés et refoulés. « C’est du harcèlement sous couvert d’une directive pour “mauritaniser” l’emploi », dénonce-t-il. Le lendemain de notre rencontre, sa société a été fermée et M. Sy recherchait dans les commissariats un employé disparu, probablement interpellé par la police.

    Par sa dénonciation de la présence de migrants subsahariens, l’aile dure du régime a réveillé les vieux démons du pays. Les rafles ont ravivé celles d’une tout autre ampleur survenues après 1989, lorsqu’un conflit frontalier précipita la Mauritanie et le Sénégal au bord de la guerre. En Mauritanie, comme le relata en 1994 l’ONG Human Rights Watch dans son rapport « Campagne de terreur », sans le dire, une campagne d’« épuration ethnique mais qui en avait les effets » fut menée.
    Des dizaines de milliers de Négro-Mauritaniens furent expulsés de leurs terres, des centaines de fonctionnaires noirs arrêtés, torturés, et tués. « 1989, c’est encore vivant dans les esprits, rappelle Aminetou Mint El-Moctar, défenseuse des droits humains, sélectionnée pour le prix Nobel de la paix, en 2015. On ne peut pas soigner les événements racistes du passé en commettant de nouveaux crimes racistes. »

    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/07/11/des-operations-policieres-vertigineuses-la-mauritanie-durcit-sa-politique-mi

    #Mauritanie #migrations #réfugiés #décès #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #route_atlantique #aide_financière #externalisation #cayucos #pirogues #Lagouira #répression #opérations_policières #répression #racisme_anti-Noirs #racisme

    ping @6donie

  • Mort par noyade de Jumaa al-Hasan, exilé syrien : la police mise en cause
    https://disclose.ngo/fr/article/mort-par-noyade-de-jumaa-al-hasan-exile-syrien-la-police-mise-en-cause

    Enquête vidéo sur l’implication de la police dans la mort par noyade de Jumaa al-Hasan, un syrien de 27 ans qui tentait de rejoindre l’Angleterre, en mars 2024. Lire l’article

  • #Djazirat_al_Mawt, l’île de la mort

    Depuis l’instauration en 1995 du #visa dit « Balladur », les Comoriens n’ont d’autre possibilité que d’emprunter des barques pêcheurs, les #kwasa_kwasa pour se rendre à Mayotte. Des milliers sinon des dizaines milliers sont morts lors de cette traversée.

    #Jazirat_al_Mawt, l’#île_de_la_mort, c’est ainsi que les navigateurs venus d’Oman ou du Shiraz ont baptisé l’île de #Mayotte parce que ceinte d’une barrière de corail sur laquelle tant et tant de boutres et d’esquifs se sont abîmés.

    Depuis l’instauration en 1995 du visa dit « Balladur », les ressortissants comoriens n’ont d’autre choix que d’emprunter les kwasa kwasa, ces barques de pêcheurs à fond plat, pour rallier Mayotte où le PIB par habitant est dix fois supérieur à celui des Comores. Ils viennent trouver du travail, rejoindre de la famille ou bénéficier de soins.

    Entre 5000 et 10 000 personnes sont mortes dans les traversées de 1995 à 2012 selon la dernière estimation produite. Le décompte a cessé depuis. “C’est une #hécatombe” confie Jean Lhuillier, le directeur des pompes funèbres de Mayotte qui est régulièrement réquisitionné par la police pour récupérer des corps échoués sur les plages ou accrochés aux branches des arbres de la mangrove.

    Pour empêcher ces passages, les gouvernements français successifs ont investi des centaines de millions d’euros sans jamais parvenir à y mettre un terme malgré les drones, les radars, les hélicoptères ainsi que les patrouilles maritime et terrestre de la Police aux frontières aux effectifs toujours plus nombreux.

    “La mission est belle” confie un policier de la PAF aux commandes de son bateau semi-rigide destiné à intercepter les kwasa kwasa au large de Mayotte quand bien même sait-il qu’une fois renvoyées aux Comores, la plupart de ces personnes tenteront à nouveau la traversée.

    “Ça ne me dérange pas d’accueillir dix fois la même personne” abonde une responsable du centre de rétention administrative (CRA) de Mayotte. Lorsqu’ils embarquent sur le ferry qui les ramène vers l’île comorienne d’Anjouan, les personnes expulsées fredonnent une chanson d’amour d’un artiste mahorais : “ne t’en fais pas, je reviendrai”.

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/lsd-la-serie-documentaire/djazirat-al-mawt-l-ile-de-la-mort-1452799
    #mourir_aux_frontières #France #Mayotte #migrations #réfugiés #Comores #visa_Balladur #mourir_en_mer #décès #militarisation_des_frontières
    #podcast #audio

  • Dans la #Manche, des morts sans identité, des familles sans réponses

    Procédures interminables, manque de coordination entre les services de police, absence de partage d’informations avec les proches : l’#identification des corps d’exilés anonymes retrouvés sur les côtes de la Manche reste très laborieuse. Et repose essentiellement sur le travail des associations.

    Le 6 octobre 2023, des restes humains, deux jambes, s’échouent sur une plage de l’île de Texel, au nord des Pays-Bas. Les premières analyses de ces restes de corps, dans un état de décomposition avancée, permettent d’établir l’hypothèse d’un lien avec un naufrage, survenu à 300 kilomètres de là, entre la France et l’Angleterre, deux mois plus tôt.

    Le 12 août 2023, six personnes, toutes d’origine afghane, meurent dans un naufrage dans la Manche. Ils essayaient de rejoindre les côtes anglaises dans un zodiac surchargé dans lequel avaient pris place plus de soixante personnes. Mais le bilan ne s’arrête pas là : Ahmadi Ahmad Jan, 29 ans, et Samiullah Abdulrahimzaï, 22 ans, sont portés disparus depuis.

    Dans les semaines qui suivent le naufrage, les noms des deux disparus sont connus, et leurs familles sont identifiées grâce à un homme, qui n’est ni enquêteur ni gendarme. Mohammad Amin Ahmadzai est le président de l’Association solidarité culture et insertion des Afghans (Ascia), qui vient en aide aux Afghan·es du nord de la France dans leurs démarches administratives ou organise des événements culturels. À partir d’août 2023, le président de l’association change drastiquement ses missions et devient l’intermédiaire privilégié des autorités durant tout le processus d’identification.

    Mohammad Amin Ahmadzai parvient à retrouver les familles des deux disparus en Afghanistan. Il leur explique les démarches à effectuer pour envoyer des échantillons d’#ADN et il fait la liaison entre les policiers néérlandais et ceux de la gendarmerie maritime française, chargée de l’enquête.

    Une brosse à dents et un casse-tête

    C’est dans une simple brosse à dents que la famille de Samiullah Abdulrahimzaï plaçait tous ses espoirs. Début 2024, elle se rend au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) de Kaboul, la capitale du pays, contrôlée depuis août 2021 par les talibans. L’ONG est toutefois dans l’incapacité de réaliser un test ADN, « à cause de la situation du pays et par manque de moyens techniques », soutient Mohammad Amin Ahmadzai, en contact régulier avec les familles. Le président de l’Ascia leur conseille alors d’envoyer, par eux-mêmes, des échantillons d’ADN.

    Plusieurs frères du disparu glissent deux brosses à dents et un peigne dans un petit sac en plastique. Un cousin de Samiullah Abdulrahimzaï, qui vit en France, récupère le colis en Iran, puis le confie, en France, au président de l’ASCIA. À son tour, il le transmet, en septembre 2024, aux enquêteurs français chargés de l’affaire.

    Finalement, fin 2024, le résultat de la comparaison ADN tombe : il est négatif. Mais au sein de la police néerlandaise, une source bien au fait de l’enquête indique ne pas avoir de certitude quant à la qualité de l’échantillon ADN envoyé ni sur sa provenance, rendant ce résultat peu fiable. Contactée en juin 2025, le cousin de Samiullah Abdulrahimzaï, qui vit en France, indique ne pas avoir été prévenu, tout comme sa famille en Afghanistan.

    Un téléphone retrouvé dans la poche du pantalon encore accroché aux jambes a permis à la police française d’établir un lien avec Ahmadi Ahmad Jan, le deuxième disparu. Mais sans une comparaison ADN fiable, indique notre source au sein de la police néerlandaise, son identification ne peut être confirmée avec certitude.

    La famille d’Ahmadi Ahmad Jan n’a pas trouvé de moyen de faire parvenir un test ADN, bien que l’un de ses frères travaille dans un cabinet d’avocats à Kaboul. « Notre famille attend jour et nuit des nouvelles », confiait Muslim Hanafi Ahmadi, un an après le naufrage. Interrogé fin mai 2025, il n’avait toujours aucune information des autorités françaises : « Personne ne nous a contactés », regrette-t-il.

    Car si aux Pays-Bas, où les corps ont été retrouvés, la priorité est donnée à l’identification et à la remise des corps aux familles, en France, l’enjeu est tout autre. Pour faire la lumière sur le naufrage meurtrier du 12 août 2023, c’est la #juridiction_nationale_de_lutte_contre_la_criminalité_organisée (#Junalco) qui tient les rênes de l’enquête.

    Son objectif : remonter la filière de passeurs et faire porter aux organisateurs et aux petites mains la responsabilité des six personnes mortes lors du naufrage et faire peser, sur les organisateurs de la traversée et les petites mains, la responsabilité des six personnes décédées lors du naufrage et du corps nouvellement identifié.

    Selon la police néerlandaise, aucune analyse fiable, au regard des critères scientifiques dont répond la médecine légale, n’a permis d’identifier ces deux morceaux de corps. Pourtant, le tribunal judiciaire de Paris indique, fin mai, qu’un des corps retrouvés est « visé comme victime dans la procédure du 13 août 2023 ».

    L’enquête a été close le 5 mai 2025, et le dossier est désormais entre les mains du parquet de Paris. Parmi les huit personnes mises en examen, deux sont des exilés, présumés pilotes de l’embarcation et considérés comme « passeurs » aux yeux de la justice. Ils risquent dix ans de prison.

    Les associations de terrain, moteur des enquêtes

    Tous les autres dossiers d’identification liés à des naufrages dans la Manche sur lesquels Mediapart a enquêté entre 2020 et 2024, en lien avec des proches en attente, se caractérisent par cette lenteur procédurale, des lacunes dans le partage d’information aux familles et la multiplication des interlocuteurs.

    En théorie, la chaîne de l’identification en #France est claire. Lorsqu’un cadavre est retrouvé sur une plage du littoral, une enquête est ouverte par le procureur du territoire concerné et confiée au service de police ou de gendarmerie du lieu de découverte du corps. La dépouille est transférée dans un institut médico-légal, où l’équipe travaille elle aussi sous le contrôle du parquet.

    Par exemple, dans les semaines qui suivent le naufrage du 23 octobre 2024, dont le bilan officiel fait état de « seulement » trois victimes – Mediapart avait révélé que treize personnes étaient en réalité portées disparues –, la Manche recrache successivement des corps sur les plages du littoral de la côte d’Opale. Le 2 novembre, un cadavre est découvert sur la plage de Sangatte. Le 5 novembre, deux corps sont retrouvés en mer au large de Calais, un autre immergé près de Douvres, dans les eaux territoriales anglaises. Le lendemain, une dépouille est retrouvée sur la plage de Calais, tandis que deux nouvelles victimes sont repêchées en mer au large de la cité portuaire. Au total, entre le 23 octobre et le 21 décembre 2024, la Manche rejette quatorze corps.

    Différents services de police ou de gendarmerie sont alors mobilisés dans le but de collecter des éléments qui permettraient d’identifier les victimes. Dans les faits, les forces de l’ordre, qui ont pour habitude de procéder toutes les quarante-huit heures à des expulsions de campements d’exilé·es, se retrouvent rapidement démunies pour obtenir des informations auprès de compagnons de route ou des proches des personnes exilées mortes.

    Elles se reposent dès lors sur le tissu associatif local, dont les bénévoles sont en contact quasi quotidiennement avec les exilé·es sur le terrain, pour faire remonter des informations. Le service de rétablissement des liens familiaux de la Croix-Rouge joue également le rôle d’interface entre autorités et associations.

    « Les autorités laissent les personnes solidaires essayer d’obtenir des informations comme elles peuvent, déplore Flore Judet, coordinatrice de L’Auberge des migrants. Pourtant le seul moyen que les personnes solidaires ont, c’est de parler avec les exilés, d’essayer de faire du lien, une chose qui malheureusement n’est pas faite aujourd’hui par les autorités. »

    Les parquets, qui instruisent chaque acte de police ou de médecine légale nécessaire à l’identification, reconnaissent sans mal leur dépendance aux informations détenues et diffusées par les bénévoles des associations. « Le “milieu des migrants” a un rapport compliqué avec les services d’enquête, pour différentes raisons. C’est pour ça que j’ai peu de signalements de disparitions qui viennent naturellement », admettait Guirec Le Bras, ex-procureur de Boulogne-sur-Mer, interrogé sur le sujet en février 2024.

    Dans le cadre des procédures d’identification, « il y a des enquêtes qui sont faites dans les associations d’aide aux migrants présentes dans le Dunkerquois et le Calaisis, pour savoir si elles reconnaissent les personnes, exposait pour sa part le procureur de Saint-Omer, Mehdi Benbouzid. D’autres fois, ce sont elles qui viennent vers nous pour nous dire : on était censés avoir un appel d’Angleterre d’Untel, ça peut être lui qui a disparu. Ça va dans les deux sens. »

    Le dialogue n’est cependant pas aussi fluide, à en croire les associations. « Les contacts avec les autorités, c’est compliqué. C’est un peu de la pêche à la ligne, on ne sait pas qui est responsable de quoi », déplore une source souhaitant rester anonyme.

    Une nouvelle cellule à l’efficacité limitée

    Depuis peu, l’État tente d’améliorer son fonctionnement : une cellule de gendarmerie spécialement dédiée à l’identification des corps retrouvés dans la Manche a été créée : la #Nodens. Celle-ci est constituée de cinq enquêteurs, sous l’autorité de la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord, et dont les actes d’enquête sont là aussi réalisés à la demande du procureur.

    Elle est impliquée dans l’identification des corps retrouvés dans les semaines ayant suivi le naufrage d’octobre 2024. Or, sept mois après, sur les quatorze corps retrouvés, dix demeurent non identifiés. Dans les pays d’origine, de nombreuses familles restent sans nouvelles de leurs disparus.

    C’est le cas de celle d’Amanuel, disparu dans le naufrage du 23 octobre 2024. « Je pleure toutes les nuits », confie son père, Terfe Berhe, qui est parti s’installer dès novembre dans la capitale de l’Éthiopie, Addis-Abeba, pour se signaler auprès de la Croix-Rouge éthiopienne, espérant l’envoi rapide d’un kit ADN pour identifier son fils parmi les corps retrouvés. Pendant tous ces mois, les meilleurs amis d’Amanuel, résidant eux-mêmes en Belgique, ont envoyé de l’argent à son père, « pour l’aider à rester à la capitale, où la vie est chère », racontent-ils.

    C’est la nouvelle cellule Nodens qui est chargée de son cas et de l’envoi postal du #kit_ADN. Or, fin février 2025, cinq mois après le naufrage, Terfe Berhe n’avait toujours pas reçu ce précieux colis. Il est donc reparti chez lui : « J’ai attendu tellement longtemps l’envoi de ce kit ADN. » En ce début du mois de juin, la situation n’a toujours pas évolué : le père d’Amanuel n’a toujours rien reçu et il n’a toujours pas d’interlocuteur identifié à qui s’adresser. La Nodens n’a pas donné suite aux sollicitations de Mediapart.

    Les lenteurs procédurales dans le cas d’Amanuel sont dues à plusieurs facteurs : l’absence d’un protocole clair d’envoi postal du kit ADN, la difficulté de coordination entre les différentes #Croix-Rouge éthiopienne et européenne, et surtout l’absence de lien direct entre les acteurs de l’identification et les proches d’Amanuel, pourtant susceptibles de fournir un test ADN. Selon nos informations, s’agissant des complications d’envois postaux, la cellule indique travailler avec La Poste pour faciliter le renvoi des kits ADN sans frais pour les familles.

    Des spécialistes de l’identification qui innovent

    Face à ces dysfonctionnements, de nombreux chercheurs, chercheuses et médecins légistes en Europe plaident pour le recours à de nouveaux moyens d’identification. Depuis Liverpool au Royaume-Uni, #Caroline_Wilkinson, professeure d’identification craniofaciale, dirige l’unité pour l’identification des victimes de catastrophes migratoires (#Migrant_Disaster_Victim_Identification). Cette unité structure un réseau qui identifie les personnes exilées dont les corps sont retrouvés dans certaines zones frontalières européennes.

    « Il s’agit de faciliter l’émergence de nouvelles recherches et innovations sur le plan de l’identification. C’est important pour composer avec les obstacles géopolitiques des pays d’origine et la disparité des réponses politiques données par les pays où les corps sont retrouvés », expose Caroline Wilkinson.

    Le réseau forme les acteurs de l’identification à ces nouvelles techniques. Là où les procédés d’identification aujourd’hui se concentrent sur l’ADN, la #denture et les #empreintes_digitales, de nombreuses autres pistes pourraient en fait être explorées, telles que les images qui circulent sur les réseaux sociaux, l’analyse des courants marins ou encore des caractéristiques visuelles aujourd’hui considérées comme « secondaires » (tatouages, piercings, etc.).

    En Espagne, La Croix-Rouge utilise depuis 2023 un nouvel outil technologique développé par le #CICR et l’Institut national des sciences appliquées de Lyon. Baptisé #Scan (pour Share, Compile and Analyze, « partager, compiler et analyser »), celui-ci repose sur le partage d’informations en temps réel sur les naufrages, la collecte de témoignages des rescapé·es et la mise en relation avec les acteurs de la société civile recevant les alertes des proches. Il permet d’apporter des réponses aux proches sur les circonstances des disparitions et d’aider à l’identification des corps retrouvés.

    Médecins légistes, chercheurs et chercheuses insistent sur la nécessité d’un partage plus approfondi des compétences et sur la mise en place d’une coordination européenne sur ces enjeux. « À un niveau européen, si on avait plus de possibilités d’échanger les données, ce serait plus facile », abonde Tania Delabarde, médecin légiste à l’IML de Paris. Pour les exilé·es qui meurent dans la Manche, « les moyens ne sont pas mis » : « Nous, on voudrait réveiller les consciences : ces gens-là sont morts, et en plus, on leur nie leur identité. »

    https://www.mediapart.fr/journal/france/060625/dans-la-manche-des-morts-sans-identite-des-familles-sans-reponses
    #mourir_en_mer #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #France #Calais #Angleterre #La_Manche #GB #identité

  • #Marie_Cosnay : « Dans l’#imaginaire_collectif pour la migration, la #fosse_commune, c’est la #Méditerranée »

    L’écrivaine et activiste Marie Cosnay a consacré aux routes migratoires une trilologie - Des îles, parue aux éditions de l’Ogre - qui replace l’océan en son centre. Et pourtant, l’Atlantique reste un #impensé dans nos représentations de la mer-cimetière, en dépit des évidences et des chiffres.

    Marie Cosnay, pourquoi dites-vous qu’on résiste à penser l’#océan_Atlantique lorsqu’on parle de la #mer-cimetière, et des routes migratoires maritimes ?

    Quand on parle des morts en mer et des morts de la migration - et on n’en parle pas souvent -, la fosse commune, c’est la Méditerranée. C’est à la Méditerranée qu’on est sans cesse ramené. Or c’est quand même étrange, parce que le plus grand nombre de morts ce sont ceux de l’Atlantique, en tout cas depuis 2018. Or cela invisibilise des choses, des imaginaires, mais aussi du réel. Car la route la plus empruntée, c’est celle des #Canaries. Il y a un mort toutes les demi-heures : en 2024, on compte sur cette route-là, de la façade atlantique depuis le #Sénégal jusqu’au #Sahara_occidental, au #Maroc, vers les Canaries - rien que ça -, un mort toutes les demi-heures l’année dernière. C’est énorme. Alors, invisibiliser l’océan atlantique ça veut dire que ces morts qui sont les plus nombreuses, personne n’en parle jamais. Ce sont les morts de l’#Afrique_de_l'Ouest.

    Comment décririez-vous cette route migratoire atlantique ?

    Depuis le Sénégal, ce sont des bateaux en bois, des #pateras, qui contiennent cinquante, soixante personnes, parfois davantage. Tous les gens qui connaissent cette route-là, jusqu’aux Canaries, c’est-à-dire les militants espagnols, et aussi, évidemment, les gens qui prennent cette route et leurs familles, tout comme la Croix-Rouge, appellent ça des “#convois”. Ces convois sont nommés par le nombre de personnes à l’intérieur. Le nombre de femmes, le nombre d’enfants. C’est pour pouvoir savoir nommer le bateau, par exemple : “Convoi 56, huit femmes, deux bébés, Tan-Tan” ; “Convoi 62, quatre femmes, trois enfants, Dakhla”... C’est comme ça que la Croix-Rouge peut savoir qui est arrivé.

    Dans quelle mesure l’imaginaire de ces convois a-t-il quelque chose à voir spécifiquement avec l’Atlantique ?

    Cette question m’évoque l’exemple d’un dessin d’enfant aux Canaries. Un enfant qui était arrivé par un de ces convois. Les gens qui s’en occupaient, la Croix-Rouge, et d’autres, et qui s’en occupaient plutôt pas mal, lui avaient demandé de dessiner son voyage, son exil, parce qu’il avait été extrêmement chahuté. Durant sa traversée, il y avait eu des morts, et notamment des enfants morts sur ce bateau. Et cet enfant qui avait survécu avait dessiné un bateau incroyablement ressemblant à un bateau négrier. C’est de cette histoire-là, et de cette mémoire-là aussi, qu’on se prive quand on ignore cette route-là, quand on habite à Marseille ou à Paris, et en tout cas en France.

    C’est spécifiquement français ?

    Ce qui est étrange, c’est que les militants en Espagne savent très bien l’importance de la route atlantique, et en Espagne, cette perception n’a rien à voir. On n’est pas du tout déconnecté, comme en France.

    Comment est venue l’écriture sur ces routes migratoires, et notamment de raconter la migration depuis les Canaries ?

    Au départ, je faisais de l’activisme aux frontières, à la frontière basque notamment. Je vivais au Pays basque et les gens passaient par là. J’écrivais des choses qui étaient plutôt de l’ordre de la chronique, du petit texte informatif. Lorsque j’avais une grosse colère ou quelque chose que je n’arrivais pas à démêler, c’était le texte qui m’aidait à démêler. J’appelais ça des chroniques. Par exemple, j’ai beaucoup écrit sur les mineurs isolés, sur le non accueil, et puis des réflexions sur : qu’est ce que l’enfance ? Est-ce que l’âge protège ? Et pourquoi l’âge protégerait-il plus qu’autre chose, en fait ?

    Auparavant, j’avais une autre activité d’écriture qui était beaucoup plus fictionnelle ou documentaire, mais davantage tournée vers le passé. Mais la question migratoire était devenue tellement prégnante, tellement importante dans ma vie, que je ne pouvais plus séparer les deux. Ce sont les morts qui m’ont poussée à écrire sur eux. Car avant d’aller aux Canaries pour rencontrer les gens, je me trouve à l’endroit où ils arrivent en fait, c’est-à-dire exactement à Irun, en Espagne, à côté de Bayonne, à la frontière basque. C’est là que je rencontre des gens pour qui je mets en place qu’il faut mettre en place comme militante. Je ne suis pas encore certaine d’écrire, je me dis même que j’écrivais si ça vient à moi. Et là, je rencontre des gens qui attendent des gens. Et ces gens qu’ils attendent n’arrivent pas. Alors on commence à me demander : “Mais va ! Va sur les îles ! Va chercher ma sœur, va chercher mon frère, va chercher ma fille. Ils sont arrivés tel jour dans le convoi 57, trois enfants, quatre femmes et et trois morts…” Parce qu’on sait un peu. C’est comme ça que les morts arrivent à la porte. Les premiers morts, ceux dont je me rends compte. Et donc j’y vais. Je vais sur les îles Canaries et il y a urgence.

    On est en 2019 et le premier tome de cette série qui s’intitulera “Des îles” (aux éditions de l’Ogre”) démarre…

    J’ai des noms, j’ai des photos, j’ai quelquefois des vidéos. Je ne suis pas toute seule, évidemment : il y a des relais. Et je cherche. J’ai des noms, j’ai des dates de naissance, j’ai des lieux de départ. J’ai des choses comme : “la dernière fois qu’on l’a vu”. Alors je cherche et je me rends compte assez vite que je ne trouverai pas. Car les gens meurent énormément. On sait, mais en fait concrètement, on ne sait pas. Je me rappelle de ce garçon qui s’appelle Amadou, qui m’a le premier demandé d’aller chercher sa sœur sur les îles Canaries. Selon lui, elle était arrivée tel jour, à tel endroit, etc. Cinq ou six ans après, lui dont je racontais l’histoire dans le premier volume de la trilogie Des îles, il la cherche encore. J’ai encore reçu la photo de sa sœur récemment sur Whatsapp. La même photo.

    Vous vous mettez donc à chercher des disparus, avant d’écrire l’histoire de ces gens qui voyagent sans visa…

    J’ai trouvé une petite fille qui avait disparu. Une seule : Fatou. Elle était donnée pour disparue sur un bateau sur lequel on disait qu’il y avait eu beaucoup d’enfants morts sur ce bateau qui avait tourné dans l’océan très longtemps. Et donc on m’avait dit de ne pas donner d’espoir à la maman. Mais la maman m’avait donné sa photo et j’étais sur les îles Canaries pour essayer, pour voir, au cas où… J’ai montré la photo de cette petite fille à un médecin urgentiste qui intervenait à l’arrivée des bateaux, parce que beaucoup de gens sont dans des états incroyables. Ils ont bu de l’eau de mer, ils ont perdu la tête, ils ne savent plus qui ils sont… Je lui ai montré la photo, et ce médecin-là, Alban, a poussé un cri : “Mais elle est arrivée, elle est vivante !” Après, on a mis un an à ce qu’elle puisse se rapprocher de sa maman. C’est très compliqué, mais c’est la seule histoire qui soit heureuse.

    Quelle empreinte l’Atlantique a-t-il laissé sur ces années d’enquête à remonter le fil d’histoires qui passent par l’océan ?

    Certaines images de l’océan m’ont beaucoup hantée. Notamment cet imaginaire, d’être seul sur l’océan en fait. Car même si on peu d’histoires, même si parfois les gens sont morts les uns après les autres, on a quelques images, et même quelques vidéos. Parce que c’est l’Atlantique ! C’est-à-dire que si on rate les Canaries, on arrive aux Etats-Unis ! “#Bosa”, ça veut dire quitter son pays, et rater les Canaries, ça s’appelle “Bosa États-Unis”. Si on rase les Canaries, on fait “#Bosa_Amérique” et en effet, on a retrouvé des bateaux complètement de l’autre côté de l’Atlantique, avec des corps desséchés, avec des squelettes. Mais on a trouvé aussi des bateaux vides ou alors avec un survivant. Vous imaginez ? Un seul survivant, au milieu de l’Atlantique. Comment on survit à ça, quand on est avec sa bouée et que finalement le secours maritime espagnol vient te sauver sur ta bouée ? Tu as vu mourir les uns après les autres tous tes copains.

    On a cherché comme cela un jeune Marocain, à la demande de sa sœur. Nous étions deux ou trois, à le chercher, ensemble, parce qu’on entendait dire qu’il était vivant or il n’apparaissait pas. En général, quand les gens n’apparaissent pas, ils ne vont pas apparaître trois mois après… mais il peut y avoir des exceptions, comme pour Fatou, la petite fille retrouvée aux Canaries. Donc, on cherche.

    Et de ce garçon, on a trouvé une vidéo, parce qu’on avait des photos de lui et on comparait avec les vidéos qu’on trouvait sur les réseaux. Sur cette vidéo, il parle en arabe sur un bateau au milieu de l’Atlantique. Le bateau n’était pas très loin des Canaries, mais perdu. On a fait traduire cette vidéo. C’était très compliqué de comprendre ce qu’il disait avec le bruit de l’océan mais on voyait sur la vidéo qu’il se passait un truc très important, sans savoir dire si c’était intense d’euphorie ou de désespoir. C’était impossible à dire. Et lui est là, il est debout, et il parle, avec intensité. En fait, il disait le nom de toutes les victimes du bateau. Il était en fait l’avant-dernier témoin, puisque le dernier, c’est celui qui va mettre la vidéo sur internet. Ce garçon n’est pas arrivé. Ça veut dire que ce garçon, debout, qui parle, est mort alors même qu’il était en train de nommer, lui, les gens qui venaient de mourir au milieu de l’océan.

    Puis l’écriture s’est poursuivie, et un deuxième volume, puis un troisième, sont venus compléter cette triologie, Des îles… Mais l’écriture s’est un peu déplacée, entre-temps…

    En 2022, la frontière entre la France et l’Espagne se ferme complètement suite à une attaque dans une église, près de Nice, par un jeune homme tunisien qui sortait de Lampedusa et qui a attaqué le curé d’une paroisse. Or ce moment où la frontière avec l’Espagne se ferme a coïncidé exactement avec le moment où les gens quittaient les #île_ Canaries pour remonter vers la France. Pendant un an, elle est restée fermée. Et pendant un an, il y a eu dix morts.

    Alors ce n’était plus des disparus qu’on cherchait, puisque l’on avait des corps. C’était exactement le contraire. On avait des #corps, mais pas de nom, pas d’histoire. Juste des corps ramassés dans la #Bidassoa alors qu’avant, j’avais des histoires mais pas de corps. Si bien qu’il fallait faire le chemin opposé. Malgré tout, il y a toujours quelqu’un qui a vu quelqu’un qui sait que quelqu’un est passé par là ce jour-là. Mais c’est très difficile d’être le témoin de cela et de vouloir bien en témoigner.

    Les gens ne voulaient pas, même les amis les plus proches. Parce que tu ne vas pas commencer à arriver dans un pays que tu essaies de rejoindre depuis trois ans en arrivant avec des problèmes. Des problèmes avec la police, avec la justice… alors que tu as passé ton temps à essayer de te désidentifier, tu ne vas pas t’identifier immédiatement, et surtout pas pour arriver avec un mort. Arriver avec un mort, c’est compliqué. Et donc même les amis qui passaient et qui, eux, avaient survécu, ne parlaient pas. C’était très compliqué de remonter le fil de ces histoires.

    Qu’est-ce qui a changé dans l’écriture de ces histoires, au fil des tomes et des enquêtes ?

    Moi, j’ai changé. C’est surtout moi. La manière de travailler a changé entre le tome un, le deux, et le trois de la trilogie, mais je m’en rends compte après coup. Dans le un, il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup d’histoires. Beaucoup de récits, parce que beaucoup de gens parlent, prennent la parole. C’est beaucoup d’oralité et moi, j’essaye de prendre tout ça et de suivre les fils pour pour accompagner, pour aider, pour suivre et donc faire l’enquête.

    Dans le deuxième tome, Des Iles 2, c’est plutôt une question : comment on rend un corps qui est non-identifié par un juge espagnol, à un papa guinéen ? Et comment on le fait franchir l’Atlantique jusqu’en Guinée, mais en avion, et mort. On a réussi. Le travail change parce qu’il est d’un extrême piétinement. C’est le contraire des histoires qui arrivent. C’est beaucoup plus d’écrit puisque ce doit être conforme, signé à l’ambassade de ceci, de cela en Guinée, en Espagne, etc.

    Et donc c’est forcément une autre façon d’écrire puisqu’elle suit l’archive. L’archives qui est en train de se faire, qui est en train de s’écrire, qui est en train de s’élaborer. Il faut écrire sans céder à la simplification parce que c’est hyper complexe. L’écriture suit le réel, et donc elle panique parfois parce que le réel panique tout le temps. Parce que quand on a tous les papiers pour que le corps reparte en Guinée, et bien il manque le certificat de non-Covid et donc tout va foirer. L’écriture suit ça, et donc elle change de forme parce qu’elle est bousculée tout le temps par le réel. Tout le temps.

    Et puis vient l’écriture du troisième volume de la trilogie. Et là encore, l’écriture change…

    Oui, elle change de forme aussi, un peu volontairement, un peu à dessein, parce que je suis épuisée. Je me dis alors qu’il faut faire un pas de côté. Et ce pas de côté, c’est de dire qu’il y a en effet les bateaux qui arrivent qu’en ce moment depuis l’Algérie. mais aussi ces bateaux qui ont traversé dans l’autre sens. Evidemment, au moment de la chute de Séville, pendant la guerre civile, puisque des bateaux sont partis en Algérie, à Oran, et c’était exactement la même route, les mêmes ports. Mais cette route-là en appelle une autre : celle de l’exil morisque du début du XVIIᵉ siècle.

    En fait, ce pas de côté historique me garantit quelque chose. Ce pas de côté m’intéresse parce qu’il montre aussi que ce n’est pas toujours du Sud vers le Nord que vont les exils et qu’il y a eu d’autres histoires et d’autres bateaux sur ces routes-là. Tout ça m’intéresse politiquement, historiquement, mais aussi me déplace moi dans l’écriture. Cela me calme, c’est-à-dire je suis obligée de suivre un autre rythme qui est le rythme historique. Le rythme du document qui est déjà écrit, de l’archive que je n’ai pas besoin d’écrire moi, et qui n’est pas en train de se créer sous mes yeux, mais qui est déjà là : c’est celle des historiens, c’est celle des récits antérieurs. Et ça, ça me sauve un peu, un peu.

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/comme-personne/marie-cosnay-dans-l-imaginaire-collectif-pour-la-migration-la-fosse-comm
    #migrations #mourir_aux_frontières #route_atlantique #mourir_en_mer #morts_aux_frontières #livre
    #podcast #audio
    ping @6donie
    via @isskein