• OP-ed : La guerre faite aux migrants à la frontière grecque de l’Europe par #Vicky_Skoumbi

    La #honte de l’Europe : les #hotspots aux îles grecques
    Devant les Centres de Réception et d’Identification des îles grecques, devant cette ‘ignominie à ciel ouvert’ que sont les camps de Moria à Lesbos et de Vathy à Samos, nous sommes à court de mots ; en effet il est presque impossible de trouver des mots suffisamment forts pour dire l’horreur de l’enfermement dans les hot-spots d’hommes, femmes et enfants dans des conditions abjectes. Les hot-spots sont les Centres de Réception et d’Identification (CIR en français, RIC en anglais) qui ont été créés en 2015 à la demande de l’UE en Italie et en Grèce et plus particulièrement dans les îles grecques de Lesbos, Samos, Chios, Leros et Kos, afin d’identifier et enregistrer les personnes arrivantes. L’approche ‘hot-spots’ introduite par l’UE en mai 2015 était destinée à ‘faciliter’ l’enregistrement des arrivants en vue d’une relocalisation de ceux-ci vers d’autres pays européens que ceux de première entrée en Europe. Force est de constater que, pendant ces cinq années de fonctionnement, ils n’ont servi que le but contraire de celui initialement affiché, à savoir le confinement de personnes par la restriction géographique voire par la détention sur place.

    Actuellement, dans ces camps, des personnes vulnérables, fuyant la guerre et les persécutions, fragilisées par des voyages longs et éprouvants, parmi lesquels se trouvent des victimes de torture ou de naufrage, sont obligées de vivre dans une promiscuité effroyable et dans des conditions inhumaines. En fait, trois quart jusqu’à quatre cinquième des personnes confinées dans les îles grecques appartiennent à des catégories reconnues comme vulnérables, même aux yeux de critères stricts de vulnérabilité établis par l’UE et la législation grecque[1], tandis qu’un tiers des résidents des camps de Moria et de Vathy sont des enfants, qui n’ont aucun accès à un circuit scolaire. Les habitants de ces zones de non-droit que sont les hot-spots, passent leurs journées à attendre dans des files interminables : attendre pour la distribution d’une nourriture souvent avariée, pour aller aux toilettes, pour se laver, pour voir un médecin. Ils sont pris dans un suspens du temps, sans aucune perspective d’avenir de sorte que plusieurs d’entre eux finissent par perdre leurs repères au détriment de leur équilibre mental et de leur santé.

    Déjà avant l’épidémie de Covid 19, plusieurs organismes internationaux comme le UNHCR[2] avaient dénoncé les conditions indignes dans lesquelles étaient obligées de vivre les demandeurs d’asile dans les hot-spots, tandis que des ONG comme MSF[3] et Amnesty International[4] avaient à plusieurs reprises alerté sur le risque que représentent les conditions sanitaires si dégradées, en y pointant une situation propice au déclenchement des épidémies. De son côté, Jean Ziegler, dans son livre réquisitoire sorti en début 2020, désignait le camp de #Moria, le hot-spot de Lesbos, comme la ‘honte de l’Europe’[5].

    Début mars 2020, 43.000 personnes étaient bloquées dans les îles dont 20.000 à Moria et 7.700 à Samos pour une capacité d’accueil de 2.700 et 650 respectivement[6]. Avec les risques particulièrement accrus de contamination, à cause de l’impossibilité de respecter la distanciation sociale et les mesures d’hygiène, on aurait pu s’attendre à ce que des mesures urgentes de décongestion de ces camps soient prises, avec des transferts massifs vers la Grèce continentale et l’installation dans des logements touristiques vides. A vrai dire c’était l’évacuation complète de camps si insalubres qui s’imposait, mais étant donné la difficulté de trouver dans l’immédiat des alternatives d’hébergement pour 43.000 personnes, le transfert au moins des plus vulnérables à des structures plus petites offrant la possibilité d’isolement- comme les hôtels et autres logements touristiques vides dans le continent- aurait été une mesure minimale de protection. Au lieu de cela, le gouvernement Mitsotakis a décidé d’enfermer les résidents des camps dans les îles dans des conditions inhumaines, sans qu’aucune mesure d’amélioration des conditions sanitaires ne soit prévue[7].

    Car, les mesures prises le 17 mars par le gouvernement pour empêcher la propagation du virus dans les camps, consistaient uniquement en une restriction des déplacements au strict minimum nécessaire et même en deça de celui-ci : une seule personne par famille aura désormais le droit de sortir du camp pour faire des courses entre 7 heures et 19 heures, avec une autorisation fournie par la police, le nombre total de personnes ayant droit de sortir par heure restant limité. Parallèlement l’entrée des visiteurs a été interdite et celle des travailleurs humanitaires strictement limitée à ceux assurant des services vitaux. Une mesure supplémentaire qui a largement contribué à la détérioration de la situation des réfugiés dans les camps, a été la décision du ministère d’arrêter de créditer de fonds leur cartes prépayés (cash cards ) afin d’éviter toute sortie des camps, laissant ainsi les résidents des hot-spots dans l’impossibilité de s’approvisionner avec des produits de première nécessité et notamment de produits d’hygiène. Remarquez que ces mesures sont toujours en vigueur pour les hot-spots et toute autre structure accueillant des réfugiés et des migrants en Grèce, en un moment où toute restriction de mouvement a été déjà levée pour la population grecque. En effet, après une énième prolongation du confinement dans les camps, les mesures de restriction de mouvement ont été reconduites jusqu’au 5 juillet, une mesure d’autant plus discriminatoire que depuis cinq semaines déjà les autres habitants du pays ont retrouvé une entière liberté de mouvement. Etant donné qu’aucune donnée sanitaire ne justifie l’enfermement dans les hot-spots où pas un seul cas n’a été détecté, cette extension de restrictions transforme de facto les Centres de Réception et Identification (RIC) dans les îles en centres fermés ou semi-fermés, anticipant ainsi à la création de nouveaux centres fermés, à la place de hot-spots actuels –voir ici et ici. Il est fort à parier que le gouvernement va étendre de prolongation en prolongation le confinement de RIC pendant au moins toute la période touristique, ce qui risque de faire monter encore plus la tension dans les camps jusqu’à un niveau explosif.

    Ainsi les demandeurs d’asile ont été – et continuent toujours à être – obligés de vivre toute la période de l’épidémie, dans une très grande promiscuité et dans des conditions sanitaires qui suscitaient déjà l’effroi bien avant la menace du Covid-19[8]. Voyons de plus près quelles conditions de vie règnent dans ce drôle de ‘chez soi’, auquel le Ministre grec de la politique migratoire invitait les réfugiés à y passer une période de confinement sans cesse prolongée, en présentant le « Stay in camps » comme le strict équivalent du « Stay home », pour les citoyens grecs. Dans l’extension « hors les murs » du hotspot de Moria, vers l’oliveraie, repartie en Oliveraie I, II et III, il y a des quartiers où il n’existe qu’un seul robinet d’eau pour 1 500 personnes, ce qui rend le respect de règles d’hygiène absolument impossible. Dans le camp de Moria il n’y a qu’une seule toilette pour 167 personnes et une douche pour 242, alors que dans l’Oliveraie, 5 000 personnes n’ont aucun accès à l’électricité, à l’eau et aux toilettes. Selon le directeur des programmes de Médecins sans Frontières, Apostolos Veizis, au hot-spot de Samos à Vathy, il n’y a qu’une seule toilette pour 300 personnes, tandis que l’organisation MSF a installé 80 toilettes et elle fournit 60 000 litres d’eau par jour pour couvrir, ne serait-ce que partiellement- les besoins de résidents à l’extérieur du camp.

    Avec la restriction drastique de mouvement contre le Covid-19, non seulement les sorties du camp, même pour s’approvisionner ou pour aller consulter, étaient faites au compte-goutte, mais aussi les entrées, limitant ainsi dramatiquement les services que les ONG et les collectifs solidaires offraient aux réfugiés. La réduction du nombre des ONG et l’absence de solidaires a créé un manque cruel d’effectifs qui s’est traduit par une désorganisation complète de divers services et notamment de la distribution de la nourriture. Ainsi, dans le camp de Moria en pleine pandémie, ont eu lieu des scènes honteuses de bousculade effroyable où les réfugiés étaient obligés de se battre pour une portion de nourriture- voir la vidéo et l’article de quotidien grec Ephimérida tôn Syntaktôn. Ces scènes indignes ne sauraient que se multiplier dans la mesure où le gouvernement en imposant aux ONG un procédé d’enregistrement très complexe et coûteux a réussi à exclure plus que la moitié de celles qui s’activent dans les camps. Car, par le processus de ‘régulation’ d’un domaine censément opaque, imposé par la récente loi sur l’asile, n’ont réussi à passer que 18 ONG qui elles seules auront désormais droit d’entrée dans les hot-spots[9]. En fait, l’inscription des ONG dans le registre du Ministère s’avère un procédé plein d’embûches bureaucratiques. Qui plus est le Ministre peut décider à son gré de refuser l’inscription des organisations qui remplissent tous les critères requis, ce qui serait une ingérence flagrante du pouvoir dans le domaine humanitaire.

    Car, il faudrait aussi savoir que les réfugiés enfermés dans les camps se trouvent à la limite de la survie, après la décision du Ministère de leur couper, à partir du début mars, les aides –déjà très maigres, 90 euros par mois pour une personne seule- auxquelles ils avaient droit jusqu’à maintenant. En ce qui concerne la couverture sociale de santé, à partir de juillet dernier les demandeurs ne pouvaient plus obtenir un numéro de sécurité sociale et étaient ainsi privés de toute couverture santé. Après des mois de tergiversation et sous la pression des organismes internationaux, le gouvernement grec a enfin décidé de leur accorder un numéro provisoire de sécurité sociale, mais cette mesure reste pour l’instant en attente de sa pleine réalisation. Entretemps, l’exclusion des demandeurs d’asile du système national de santé a fait son effet : non seulement, elle a conduit à une détérioration significative de la santé des requérant, mais elle a également privé des enfants réfugiés de scolarisation, car, faute de carnet de vaccination à jour, ceux-ci ne pouvaient pas s’inscrire à l’école.

    En d’autres termes, au lieu de déployer pendant l’épidémie une politique de décongestion avec transferts massifs à des structures sécurisées, le gouvernement a traité les demandeurs d’asile comme porteurs virtuels du virus, à tenir coûte que coûte à l’écart de la société ; non seulement les réfugiés et les migrants n’ont pas été protégés par un confinement sécurisé, mais ils ont été enfermés dans des conditions sanitaires mettant leur santé et leur vie en danger. La preuve, si besoin est, ce sont les mesures prises par le gouvernement dans des structures d’accueil du continent où des cas de coronavirus ont été détectés ; par ex. la gestion catastrophique de la quarantaine dans une structure d’accueil hôtelière à Kranidi en Péloponnèse où une femme enceinte a été testée positive en avril. Dans cet hôtel géré par l’IOM qui accueille 470 réfugiés de l’Afrique sub-saharienne, après l’indentification de deux cas (une employée et une résidente), un dépistage généralisé a été effectué et le 21 avril 150 cas ont été détectés ; très probablement le virus a été ‘importé’ dans la structure par les contacts des réfugiés et du personnel avec les propriétaires de villas voisines installés dans la région pour la période de confinement et qui les employaient pour divers services. Après une quarantaine de trois semaines, trois nouveaux cas ont été détectés avec comme résultat que toutes les personnes testées négatives ont été placées en quarantaine avec celles testées positives au même endroit[10].

    Exactement la même tactique a été adoptée dans les camps de Ritsona (au nord d’Athènes) et de Malakassa (à l’est d’Attique), où des cas ont été détectés. Au lieu d’isoler les porteurs du virus et d’effectuer un dépistage exhaustif de toute la population du camp, travailleurs compris, ce qui aurait pu permettre d’isoler tout porteur non-symptomatique, les camps avec tous leurs résidents ont été mis en quarantaine. Les autorités « ont imposé ces mesures sans prendre de dispositions nécessaires …pour isoler les personnes atteintes du virus à l’intérieur des camps, ont déclaré deux travailleurs humanitaires et un résident du camp. Dans un troisième cas, les autorités ont fermé le camp sans aucune preuve de la présence du virus à l’intérieur, simplement parce qu’elles soupçonnaient les résidents du camp d’avoir eu des contacts avec une communauté voisine de Roms où des gens avaient été testés positifs [11] » [il s’agit du camp de Koutsohero, près de Larissa, qui accueille 1.500 personnes][12].

    Un travailleur humanitaire a déclaré à Human Rights Watch : « Aussi scandaleux que cela puisse paraître, l’approche des autorités lorsqu’elles soupçonnent qu’il pourrait y avoir un cas de virus dans un camp consiste simplement à enfermer tout le monde dans le camp, potentiellement des milliers de personnes, dont certaines très vulnérables, et à jeter la clé, sans prendre les mesures appropriées pour retracer les contacts de porteurs du virus, ni pour isoler les personnes touchées ».

    Il va de soi qu’une telle tactique ne vise nullement à protéger les résidents de camp, mais à les isoler tous, porteurs et non-porteurs, ensemble, au risque de leur santé et de leur vie. Au fond, la stratégie du gouvernement a été simple : retrancher complètement les réfugiés du reste de la population, tout en les excluant de mesures de protection efficiantes. Bref, les réfugiés ont été abandonnés à leur sort, quitte à se contaminer les uns les autres, pourvu qu’ils ne soient plus en contact avec les habitants de la région.

    La gestion par les autorités de la quarantaine à l’ancien camp de Malakasa est également révélatrice de la volonté des autorités non pas de protéger les résidents des camps mais de les isoler à tout prix de la population locale. Une quarantaine a été imposée le 5 avril suite à la détection d’un cas. A l’expiration du délai réglementaire de deux semaines, la quarantaine n’a été que très partiellement levée. Pendant la durée de la quarantaine l’ancien camp de Malakasa abritant 2.500 personnes a été approvisionné en quantité insuffisante en nourriture de basse valeur nutritionnelle, et pratiquement pas du tout en médicaments et aliments pour bébés. Le 22 avril un nouveau cas a été détecté et la quarantaine a été de nouveau imposée à l’ensemble de 2.500 résidents du camp. Entretemps quelques tests de dépistage ont été faits par-ci et par-là, mais aucune mesure spécifique n’a été prise pour les cas détectés afin de les isoler du reste de la population du camp. Pendant cette nouvelle période de quarantaine, la seule mesure prise par les autorités a été de redoubler les effectifs de police à l’entrée du camp, afin d’empêcher toute sortie, et ceci à un moment critique où des produits de première nécessité manquaient cruellement dans le camp. Ni dépistage généralisé, ni visite d’équipes médicales spécialisées, ni non plus séparation spatiale stricte entre porteurs et non-porteurs du virus n’ont été mises en place. La quarantaine, avec une courte période d’allégement de mesures de restriction, dure déjà depuis deux mois et demi. Car, le 20 juin elle a été prolongée jusqu’au 5 juillet, transformant ainsi de facto les résidents du camp en détenus[13].

    La façon aussi dont ont été traités les nouveaux arrivants dans les îles depuis le début de la période du confinement et jusqu’à maintenant est également révélatrice de la volonté du gouvernement de ne pas faire le nécessaire pour assurer la protection des demandeurs d’asile. Non seulement ceux qui sont arrivés après le début mars n’ont pas été mis à l’abri pour y passer la période de quarantaine de 14 jours dans des conditions sécurisées, mais ils ont été systématiquement ‘confinés en plein air’ à la proximité de l’endroit où ils ont débarqué : les nouveaux arrivants, femmes enceintes et enfants compris, ont été obligés de vivre en plein air, exposés aux intempéries dans une zone circonscrite placée sous la surveillance de la police, pendant deux, trois voire quatre semaines et sans aucun accès à des infrastructures sanitaires. Le cas de 450 personnes arrivées début mars est caractéristique : après avoir été gardées en « quarantaine » dans une zone entourée de barrières au port de Mytilène, elles ont été enfermées pendant 13 jours dans des conditions inimaginables dans un navire militaire grec, où ils ont été obligés de dormir sur le sol en fer du navire, vivant littéralement les uns sur les autres, sans même qu’on ne leur fournisse du savon pour se laver les mains.

    Cet enfermement prolongé dans des conditions abjectes, en contre-pied du confinement sécurisé à la maison, que la plupart d’entre nous, citoyens européens, avons connu, transforme de fait les demandeurs en détenus et crée inévitablement des situations explosives avec une montée des incidents violents, des affrontements entre groupes ethniques, des départs d’incendies à Lesbos, à Chios et à Samos. Ne serait-ce qu’à Moria, et surtout dans l’Oliveraie qui entoure le camp officiel, dès la tombée de la nuit l’insécurité règne : depuis le début de l’année on y dénombre au moins 14 agressions à l’arme blanche qui ont fait quatre morts et 14 blessés[14]. Bref aux conditions de vie indignes et dangereuses pour la santé, il faudrait ajouter l’insécurité croissante, encore plus pesante pour les femmes, les personnes LGBT+ et les mineurs isolés.

    Affronté aux réactions des sociétés locales et à la pression des organismes internationaux, le gouvernement grec a fini par reconnaître la nécessité de la décongestion des îles par le biais du transfert de réfugiés et des demandeurs d’asile vulnérables au continent. Mais il s’en est rendu compte trop tard ; entretemps le discours haineux qui présente les migrants comme une menace pour la sécurité nationale voire pour l’identité de la nation, ce poison qu’elle-même a administré à la population, a fait son effet. Aujourd’hui, le ministre de la politique migratoire a été pris au piège de sa propre rhétorique xénophobe haineuse ; c’est au nom justement de celle-ci que les autorités régionales et locales (et plus particulièrement celles proches à la majorité actuelle), opposent un refus catégorique à la perspective d’accueillir dans leur région des réfugiés venant des hot-spots des îles. Des hôtels où des familles en provenance de Moria auraient dû être logées ont été en partie brûlés, des cars transportant des femmes et des enfants ont été attaqués à coup de pierres, des tenanciers d’établissements qui s’apprêtaient à les accueillir, ont reçu des menaces, la liste des actes honteux ne prend pas fin[15].

    Mais le ministre grec de la politique migratoire n’est jamais en court de moyens : il a un plan pour libérer plus que 10.000 places dans les structures d’accueil et les appartements en Grèce continentale. A partir du 1 juin, les autorités ont commencé à mettre dans la rue 11.237 réfugiés reconnus comme bénéficiaires de protection internationale, un mois après l’obtention de leur carte de réfugiés ! Evincés de leurs logements, ces réfugiés, femmes, enfants et personnes vulnérables compris, se retrouveront dans la rue et sans ressources, car ils n’ont plus le droit de recevoir les aides qui ne leur sont destinées que pendant les 30 jours qui suivent l’obtention de leur carte[16]. Cette décision du ministre Mitarakis a été mise sur le compte d’une politique moins accueillante, car selon lui, les aides, assez maigres, par ailleurs, constituaient un « appel d’air » trop attractif pour les candidats à l’exil ! Le comble de l’affaire est que tant le programme d’hébergement en appartements et hôtels ESTIA que les aides accordées aux réfugiés et demandeurs d’asile sont financées par l’UE et des organismes internationaux, et ne coûtent strictement rien au budget de l’Etat. Le désastre qui se dessine à l’horizon a déjà pointé son nez : une centaine de réfugiés dont une quarantaine d’enfants, transférés de Lesbos à Athènes, ont été abandonnés sans ressources et sans toit en pleine rue. Ils campent actuellement à la place Victoria, à Athènes.

    Le dernier cercle de l’enfer : les PROKEKA

    Au moment où est écrit cet article, les camps dans les îles fonctionnent cinq, six voire dix fois au-dessus de leur capacité d’accueil. 34.000 personnes sont actuellement entassées dans les îles, dont 30.220 confinées dans les conditions abjectes de hot-spots prévus pour accueillir 6 000 personnes au grand maximum ; 750 en détention dans les centres de détention fermés avant renvoi (PROΚEΚA), et le restant dans d’autres structures[17].

    Plusieurs agents du terrain ont qualifié à juste titre les camps de Moria à Lesbos et celui de Vathy à Samos[18] comme l’enfer sur terre. Car, comment désigner autrement un endroit comme Moria où les enfants – un tiers des habitants du camp- jouent parmi les ordures et les déjections et où plusieurs d’entre eux touchent un tel fond de désespoir qu’ils finissent par s’automutiler et/ou par commettre de tentatives de suicide[19], tandis que d’autres tombent dans un état de prostration et de mutisme ? Comment dire autrement l’horreur d’un endroit comme le camp de Vathy où femmes enceintes et enfants de bas âge côtoient des serpents, des rats et autres scorpions ?

    Cependant, il y a pire, en l’occurrence le dernier cercle de l’Enfer, les ‘Centres de Détention fermés avant renvoi’ (Pre-moval Detention Centers, PROKEKA en grec), l’équivalent grec des CRA (Centre de Rétention Administrative) en France[20]. Aux huit centres fermés de détention et aux postes de police disséminés partout en Grèce, plusieurs milliers de demandeurs d’asile et d’étrangers sans-papiers sont actuellement détenus dans des conditions terrifiantes. Privés même des droits les plus élémentaires de prisonniers, les détenus restent presque sans soins médicaux, sans contact régulier avec l’extérieur, sans droit de visite ni accès assuré à une aide judiciaire. Ces détenus qui sont souvent victimes de mauvais traitements de la part de leurs gardiens, n’ont pas de perspective de sortie, dans la mesure où, en vertu de la nouvelle loi sur l’asile, leur détention peut être prolongée jusqu’à 36 mois. Leur maintien en détention est ‘justifié’ en vue d’une déportation devenue plus qu’improbable – qu’il s’agisse d’une expulsion vers le pays d’origine ou d’une réadmission vers un tiers pays « sûr ». Dans ces conditions il n’est pas étonnant qu’en désespoir de cause, des détenus finissent par attenter à leur jours, en commettant des suicides ou des tentatives de suicide.

    Ce qui est encore plus alarmant est qu’à la fin 2018, à peu près 28% des détenus au sein de ces centres fermés étaient des mineurs[21]. Plus récemment et notamment fin avril dernier, Arsis dans un communiqué de presse du 27 avril 2020, a dénoncé la détention en tout point de vue illégale d’une centaine de mineurs dans un seul centre de détention, celui d’Amygdaleza en Attique. D’après les témoignages, c’est avant tout dans les préfectures et les postes de police où sont gardés plus que 28% de détenus que les conditions de détention virent à un cauchemar, qui rivalise avec celui dépeint dans le film Midnight Express. Les cellules des commissariats où s’entassent souvent des dizaines de personnes sont conçus pour une détention provisoire de quelques heures, les infrastructures sanitaires sont défaillantes, et il n’y a pas de cour pour la promenade quotidienne. Quant aux policiers, ils se comportent comme s’ ils étaient au-dessus de la loi face à des détenus livrés à leur merci : ils leur font subir des humiliations systématiques, des mauvais traitements, des violences voire des tortures.

    Plusieurs témoignages concordants dénoncent des conditions horribles dans les préfectures et les commissariats : les détenus peuvent être privés de nourriture et d’eau pendant des journées entières, plusieurs entre eux sont battus et peuvent rester entravés et ligotés pendant des jours, privés de soins médicaux, même pour des cas urgents. En mars 2017, Ariel Rickel (fondatrice d’Advocates Abroad) avait découvert dans le commissariat du hot-spot de Samos, un mineur de 15 ans, ligoté sur une chaise. Le jeune homme qui avait été violement battu par les policiers, avait eu des côtes cassées et une blessure ouverte au ventre ; il était resté dans cet état ligoté trois jours durant, et ce n’est qu’après l’intervention de l’ombudsman, sollicité par l’avocate, qu’il a fini par être libéré.[22] Le cas rapporté par Ariel Rickel à Valeria Hänsel n’est malheureusement pas exceptionnel. Car, ces conditions inhumaines de détention dans les PROKEKA ont été à plusieurs reprises dénoncées comme un traitement inhumain et dégradant par la Cour Européenne de droits de l’homme[23] et par le Comité Européen pour la prévention de la torture du Conseil de l’Europe (CPT).

    Il faudrait aussi noter qu’au sein de hot-spot de Lesbos et de Kos, il y a de tels centres de détention fermés, ‘de prison dans les prisons à ciel ouvert’ que sont ces camps. Un rapport récent de HIAS Greece décrit les conditions inhumaines qui règnent dans le PROKEKA de Moria où sont détenus en toute illégalité des demandeurs d’asile n’ayant commis d’autre délit que le fait d’être originaire d’un pays dont les ressortissants obtiennent en moyenne en UE moins de 25% de réponses positives à leurs demandes d’asile (low profile scheme). Il est évident que la détention d’un demandeur d’asile sur la seule base de son pays d’origine constitue une mesure de ségrégation discriminatoire qui expose les requérants à des mauvais traitements, vu la quasi inexistence de services médicaux et la très grande difficulté voire l’impossibilité d’avoir accès à l’aide juridique gratuite pendant la détention arbitraire. Ainsi, p.ex. des personnes ressortissant de pays comme le Pakistan ou l’Algérie, même si ils/elles sont LGBT+, ce qui les exposent à des dangers graves dans leur pays d’origine, seront automatiquement détenus dans le PROKEKA de Moria, étant ainsi empêchés d’étayer suffisamment leur demande d’asile, en faisant appel à l’aide juridique gratuite et en la documentant. Début avril, dans deux centres de détention fermés, celui au sein du camp de Moria et celui de Paranesti, près de la ville de Drama au nord de la Grèce, les détenus avaient commencés une grève de la faim pour protester contre la promiscuité effroyable et réclamer leur libération ; dans les deux cas les protestations ont été très violemment réprimées par les forces de l’ordre.

    La déclaration commune UE-Turquie

    Cependant il faudrait garder à l’esprit qu’à l’origine de cette situation infernale se trouve la décision de l’UE en 2016 de fermer ses frontières et d’externaliser en Turquie la prise en charge de réfugiés, tout en bloquant ceux qui arrivent à passer en Grèce. C’est bien l’accord UE-Turquie du 18 mars 2016[24] – en fait une Déclaration commune dépourvue d’un statut juridique équivalent à celui d’un accord en bonne et due forme- qui a transformé les îles grecques en prison à ciel ouvert. En fait, cette Déclaration est un troc avec la Turquie où celle-ci s’engageait non seulement à fermer ses frontières en gardant sur son sol des millions de réfugiés mais aussi à accepte les réadmissions de ceux qui ont réussi à atteindre l’Europe ; en échange une aide de 6 milliards lui serait octroyée afin de couvrir une partie de frais générés par le maintien de 3 millions de réfugiés sur son sol, tandis que les ressortissants turcs n’auraient plus besoin de visa pour voyager en Europe. En fait, comme le dit un rapport de GISTI, la nature juridique de la Déclaration du 18 mars a beau être douteuse, elle ne produit pas moins les « effets d’un accord international sans en respecter les règles d’élaboration ». C’est justement le statut douteux de cette déclaration commune, que certains analystes n’hésitent pas de désigner comme un simple ‘communiqué de presse’, qui a fait que la Cour Européenne a refusé de se prononcer sur la légalité, en se déclarant incompétente, face à un accord d’un statut juridique indéterminé.

    Or, dans le cadre de la mise en œuvre de cet accord a été introduite par l’article 60(4) de la loi grecque L 4375/2016, la procédure d’asile dite ‘accélérée’ dans les îles grecques (fast-track border procedure) qui non seulement réduisaient les garanties de la procédure au plus bas possible en UE, mais qui impliquait aussi comme corrélat l’imposition de la restriction géographique de demandeurs d’asile dans les îles de première arrivée. Celle-ci fut officiellement imposée par la décision 10464/31-5-2017 de la Directrice du Service d’Asile, qui instaurait la restriction de circulation des requérant, afin de garantir le renvoi en Turquie de ceux-ci, en cas de rejet de leurs demandes. Rappelons que ces renvois s’appuient sur la reconnaissance -tout à fait infondée-, de la Turquie comme ‘pays tiers sûr’. Même des réfugiés Syriens ont été renvoyés en Turquie dans le cadre de la mise en application de cette déclaration commune.

    La restriction géographique qui contraint les demandeurs d’asile de ne quitter sous aucun prétexte l’île où ils ont déposé leur demande, jusqu’à l’examen complet de celle-ci, conduit inévitablement au point où nous sommes aujourd’hui à savoir à ce surpeuplement inhumain qui non seulement crée une situation invivable pour les demandeurs, mais a aussi un effet toxique sur les sociétés locales. Déjà en mai 2016, François Crépeau, rapporteur spécial de NU aux droits de l’homme de migrants, soulignait que « la fermeture de frontières de pays au nord de la Grèce, ainsi que le nouvel accord UE-Turquie a abouti à une augmentation exponentielle du nombre de migrants irréguliers dans ce pays ». Et il ajoutait que « le grand nombre de migrants irréguliers bloqués en Grèce est principalement le résultat de la politique migratoire de l’UE et des pays membres de l’UE fondée exclusivement sur la sécurisation des frontières ».

    Gisti, dans un rapport sur les hotspots de Chios et de Lesbos notait également depuis 2016 que, étant donné l’accord UE-Turquie, « ce sont les Etats membres de l’UE et l’Union elle-même qui portent l’essentiel de la responsabilité́ des mauvais traitements et des violations de leurs droits subis par les migrants enfermés dans les hotspots grecs.

    La présence des agences européennes à l’intérieur des hotspots ne fait que souligner cette responsabilité ». On le verra, le rôle de l’EASO est crucial dans la décision finale du service d’asile grec. Quant au rôle joué par Frontex, plusieurs témoignages attestent sa pratique quotidienne de non-assistance à personnes en danger en mer voire sa participation à des refoulements illégaux. Remarquons que c’est bien cette déclaration commune UE-Turquie qui stipule que les demandeurs déboutés doivent être renvoyés en Turquie et à cette fin être maintenus en détention, d’où la situation actuelle dans les centres de détention fermés.

    Enfin la situation dans les hot-spots s’est encore plus aggravée, en raison de la décision du gouvernement Mitsotakis de geler pendant plusieurs mois tout transfert vers la péninsule grecque, bloquant ainsi même les plus vulnérables sur place. Sous le gouvernement précédent, ces derniers étaient exceptés de la restriction géographique dans les hot-spots. Mais à partir du juillet 2020 les transferts de catégories vulnérables -femmes enceintes, mineurs isolés, victimes de torture ou de naufrages, personnes handicapées ou souffrant d’une maladie chronique, victimes de ségrégations à cause de leur orientation sexuelle, – avaient cessé et n’avaient repris qu’au compte-goutte début janvier, plusieurs mois après leurs suspension.

    Le dogme de la ‘surveillance agressive’ des frontières

    Les refoulements groupés sont de plus en plus fréquents, tant à la frontière maritime qu’à la frontière terrestre. A Evros cette pratique était assez courante bien avant la crise à la frontière gréco-turque de mars dernier. Elle consistait non seulement à refouler ceux qui essayaient de passer la frontière, mais aussi à renvoyer en toute clandestinité ceux qui étaient déjà entrés dans le territoire grec. Les faits sont attestés par plusieurs témoignages récoltés par Human Rights 360 dans un rapport publié fin 2018 :The new normality : Continuous push-backs of third country nationals on the Evros river. Les « intrus » qui ont réussi à passer la frontière sont arrêtés et dépouillés de leur biens, téléphone portable compris, pour être ensuite déportés vers la Turquie, soit par des forces de l’ordre en tenue, soit par des groupes masqués et cagoulés difficiles à identifier. En effet, il n’est pas exclu que des patrouilles paramilitaires, qui s’activent dans la région en se prenant violemment aux migrants au vu et au su des autorités, soient impliquées à ses opérations. Les réfugiés peuvent être gardés non seulement dans des postes de police et de centres de détention fermés, mais aussi dans des lieux secrets, sans qu’ils n’aient la moindre possibilité de contact avec un avocat, le service d’asile, ou leurs proches. Par la suite ils sont embarqués de force sur des canots pneumatiques en direction de la Turquie.

    Cette situation qui fut dénoncée par les ONG comme instaurant une nouvelle ‘normalité’, tout sauf normale, s’est dramatiquement aggravée avec la crise à la frontière terrestre fin février et début mars dernier[25]. Non seulement la frontière fut hermétiquement fermée et des refoulements groupés effectués par la police anti-émeute et l’armée, mais, dans le cadre de la soi-disant défense de l’intégrité territoriale, il y a eu plusieurs cas où des balles réelles ont été tirées par les forces grecques contre les migrants, faisant quatre morts et plusieurs blessés[26].

    Cependant ces pratiques criminelles ne sont pas le seul fait des autorités grecques. Depuis le 13 mars dernier, des équipes d’Intervention Rapide à la Frontière de Frontex, les Rapid Border Intervention Teams (RABIT) ont été déployées à la frontière gréco-turque d’Evros, afin d’assurer la ‘protection’ de la frontière européenne. Leur intervention qui aurait dû initialement durer deux mois, a été entretemps prolongée. Ces équipes participent elles, et si oui dans quelle mesure, aux opérations de refoulement ? Il faudrait rappeler ici que, d’après plusieurs témoignages récoltés par le Greek Council for Refugees, les équipes qui opéraient les refoulements en 2017 et 2018 illégaux étaient déjà mixtes, composées des agents grecs et des officiers étrangers parlant soit l’allemand soit l’anglais. Il n’y a aucune raison de penser que cette coopération en bonne entente en matière de refoulement, entre forces grecques et celles de Frontex ait cessé depuis, d’autant plus que début mars la Grèce fut désignée par les dirigeants européens pour assurer la protection de l’Europe, censément menacée par les migrants à sa frontière.

    Plusieurs témoignages de réfugiés refoulés à la frontière d’Evros ainsi que des documents vidéo attestent l’existence d’un centre de détention secret destiné aux nouveaux arrivants ; celui-ci n’est répertorié nulle part et son fonctionnement ne respecte aucune procédure légale, concernant l’identification et l’enregistrement des arrivants. Ce centre, fonctionnant au noir, dont l’existence fut révélée par un article du 10 mars 2020 de NYT, se situe à la proximité de la frontière gréco-turque, près du village grec Poros. Les malheureux qui y échouent, restent détenus dans cette zone de non-droit absolu[27], car, non seulement leur existence n’est enregistrée nulle part mais le centre même n’apparaît sur aucun registre de camps et de centres de détention fermés. Au bout de quelques jours de détention dans des conditions inhumaines, les détenus dépouillés de leurs biens sont renvoyés de force vers la Turquie, tandis que plusieurs d’entre eux ont été auparavant battus par la police.

    La situation est aussi alarmante en mer Egée, où les rapports dénonçant des refoulements maritimes violents mettant en danger la vie de réfugiés, ne cessent de se multiplier depuis le début mars. D’après les témoignages il y aurait au moins deux modes opératoires que les garde-côtes grecs ont adoptés : enlever le moteur et le bidon de gasoil d’une embarcation surchargée et fragile, tout en la repoussant vers les eaux territoriaux turques, et/ou créer des vagues, en passant en grande vitesse tout près du bateau, afin d’empêcher l’embarcation de s’approcher à la côte grecque (voir l’incident du 4 juin dernier, dénoncé par Alarm Phone). Cette dernière méthode de dissuasion ne connaît pas de limites ; des vidéos montrent des incidents violents où les garde-côtes n’hésitent pas à tirer des balles réelles dans l’eau à côté des embarcations de réfugiés ou même dans leurs directions ; il y a même des vidéos qui montrent les garde-côtes essayant de percer le canot pneumatique avec des perches.

    Néanmoins, l’arsenal de garde-côtes grecs ne se limite pas à ces méthodes extrêmement dangereuses ; ils recourent à des procédés semblables à ceux employés en 2013 par l’Australie pour renvoyer les migrants arrivés sur son sol : ils obligent des demandeurs d’asile à embarquer sur des life rafts -des canots de survie qui se présentent comme des tentes gonflables flottant sur l’eau-, et ils les repoussent vers la Turquie, en les laissant dériver sans moteur ni gouvernail[28].

    Des incidents de ce type ne cessent de se multiplier depuis le début mars. Victimes de ce type de refoulement qui mettent en danger la vie des passagers, peuvent être même des femmes enceintes, des enfants ou même des bébés –voir la vidéo glaçante tournée sur un tel life raft le 25 mai dernier et les photographies respectives de la garde côtière turque.

    Ce mode opératoire va beaucoup plus loin qu’un refoulement illégal, car il arrive assez souvent que les personnes concernées aient déjà débarqué sur le territoire grec, et dans ce cas ils avaient le droit de déposer une demande d’asile. Cela veut dire que les garde-côtes grecs ne se contentent pas de faire des refoulements maritimes qui violent le droit national et international ainsi que le principe de non-refoulement de la convention de Genève[29]. Ioannis Stevis, responsable du média local Astraparis à Chios, avait déclaré au Guardian « En mer Egée nous pouvions voir se dérouler cette guerre non-déclarée. Nous pouvions apercevoir les embarcations qui ne pouvaient pas atteindre la Grèce, parce qu’elles en étaient empêchées. De push-backs étaient devenus un lot quotidien dans les îles. Ce que nous n’avions pas vu auparavant, c’était de voir les bateaux arriver et les gens disparaître ».

    Cette pratique illégale va beaucoup plus loin, dans la mesure où les garde-côtes s’appliquent à renvoyer en Turquie ceux qui ont réussi à fouler le sol grec, sans qu’aucun protocole ni procédure légale ne soient respectés. Car, ces personnes embarquées sur les life rafts, ne sont pas à strictement parler refoulées – et déjà le refoulement est en soi illégal de tout point de vue-, mais déportées manu militari et en toute illégalité en Turquie, sans enregistrement ni identification préalable. C’est bien cette méthode qui explique comment des réfugiés dont l’arrivée sur les côtes de Samos et de Chios est attestée par des vidéos et des témoignages de riverains, se sont évaporés dans la nature, n’apparaissant sur aucun registre de la police ou des autorités portuaires[30]. Malgré l’existence de documents photos et vidéos attestant l’arrivée des embarcations des jours où aucune arrivée n’a été enregistrée par les autorités, le ministre persiste et signe : pour lui il ne s’agirait que de la propagande turque reproduite par quelques esprits malveillants qui voudraient diffamer la Grèce. Néanmoins les photographies horodatées publiées sur Astraparis, dans un article intitulé « les personnes que nous voyons sur la côte Monolia à Chios seraient-ils des extraterrestres, M. le Ministre ? », constituent un démenti flagrant du discours complotiste du Ministre.

    Question cruciale : quelle est le rôle exact joué par Frontex dans ces refoulements ? Est-ce que les quelques 600 officiers de Frontex qui opèrent en mer Egée dans le cadre de l’opération Poséidon, y participent d’une façon ou d’une autre ? Ce qui est sûr est qu’il est quasi impossible qu’ils n’aient pas été de près ou de loin témoins des opérations de push-back. Le fait est confirmé par un article du Spiegel sur un incident du 13 mai, un push-back de 27 réfugiés effectué par la garde côtière grecque laquelle, après avoir embarqué les réfugiés sur un canot de sauvetage, a remorqué celui-ci en haute mer. Or, l’embarcation de réfugiés a été initialement repéré près de Samos par les hommes du bateau allemand Uckermark faisant partie des forces de Frontex, qui l’ont ensuite signalé aux officiers grecs ; le fait que cette embarcation ait par la suite disparu sans laisser de trace et qu’aucune arrivée de réfugiés n’ait été enregistrée à Samos ce jour-là, n’a pas inquiété outre-mesure les officiers allemands.

    Nous savons par ailleurs, grâce à l’attitude remarquable d’un équipage danois, que les hommes de Frontex reçoivent l’ordre de ne pas porter secours aux réfugiés navigant sur des canots pneumatiques, mais de les repousser ; au cas où les réfugiés ont déjà été secourus et embarqués à bord d’un navire de Frontex, celui-ci reçoit l’ordre de les remettre sur des embarcations peu fiables et à peine navigables. C’est exactement ce qui est arrivé début mars à un patrouilleur danois participant à l’opération Poséidon, « l’équipage a reçu un appel radio du commandement de Poséidon leur ordonnant de remettre les [33 migrants qu’ils avaient secourus] dans leur canot et de les remorquer hors des eaux grecques »[31], ordre, que le commandant du navire danois Jan Niegsch a refusé d’exécuter, estimant “que celui-ci n’était pas justifiable”, la manœuvre demandée mettant en danger la vie des migrants. Or, il n’y aucune raison de penser que l’ordre reçu -et fort heureusement non exécuté grâce au courage du capitaine Niegsch et du chargé de l’unité danoise de Frontex, Jens Moller- soit un ordre exceptionnel que les autres patrouilleurs de Frontex n’ont jamais reçu. Les officiers danois ont d’ailleurs confirmé que les garde-côtes grecs reçoivent des ordres de repousser les bateaux qui arrivent de Turquie, et ils ont été témoins de plusieurs opérations de push-back. Mais si l’ordre de remettre les réfugiés en une embarcation non-navigable émanait du quartier général de l’opération Poséidon, qui l’avait donc donné [32] ? Des officiers grecs coordonnant l’opération, ou bien des officiers de Frontex ?

    Remarquons que les prérogatives de Frontex ne se limitent pas à la surveillance et la ‘protection’ de la frontière européenne : dans une interview que Fabrice Leggeri avait donné en mars dernier à un quotidien grec, il a révélé que Frontex était en train d’envisager avec le gouvernement grec les modalités d’une action communes pour effectuer les retours forcés des migrants dits ‘irréguliers’ à leurs pays d’origine. « Je m’attends à ce que nous ayons bientôt un plan d’action en commun. D’après mes contacts avec les officiers grecs, j’ai compris que la Grèce est sérieusement intéressée à augmenter le nombre de retours », avait-il déclaré.

    Tout démontre qu’actuellement les sauvetages en mer sont devenus l’exception et les refoulements violents et dangereux la règle. « Depuis des années, Alarm Phone a documenté des opérations de renvois menées par des garde-côtes grecs. Mais ces pratiques ont considérablement augmenté ces dernières semaines et deviennent la norme en mer Égée », signale un membre d’Alarm Phone à InfoMigrants. De sorte que nous pouvons affirmer que le dogme du gouvernement Mitsotakis consiste en une inversion complète du principe du non-refoulement : ne laisser passer personne en refoulant coûte que coûte. D’ailleurs, ce nouveau dogme a été revendiqué publiquement par le ministre de Migration et de l’Asile Mitarakis, qui s’est vanté à plusieurs reprises d’avoir réussi à créer une frontière maritime quasi-étanche. Les quatre volets de l’approche gouvernementale ont été résumés ainsi par le ministre : « protection des frontières, retours forcés, centres fermés pour les arrivants, et internationalisation des frontières »[33]. Dans une émission télévisée du 13 avril, le même ministre a déclaré que la frontière était bien gardée, de sorte qu’aujourd’hui, les flux sont quasi nuls, et il a ajouté que “l’armée et des unités spéciaux, la marine nationale et les garde-côtes sont prêts à opérer pour empêcher les migrants en situation irrégulière d’entrer dans notre pays’’. Bref, des forces militaires sont appelées de se déployer sur le front de guerre maritime et terrestre contre les migrants. Voilà comment est appliqué le dogme de zéro flux dont se réclame le Ministre.

    Le Conseil de l’Europe a publié une déclaration très percutante à ce sujet le 19 juin. Sous le titre Il faut mettre fin aux refoulements et à la violence aux frontières contre les réfugiés, la commissaire aux droits de l’homme Dunja Mijatović met tous les états membres du Conseil de l’Europe devant leurs responsabilités, en premier lieu les états qui commettent de telles violations de droits des demandeurs d’asile. Loin de considérer que les refoulements et les violences à la frontière de l’Europe sont le seul fait de quelques états dont la plupart sont situés à la frontière externe de l’UE, la commissaire attire l’attention sur la tolérance tacite de ces pratiques illégales, voire l’assistance à celles-ci de la part de la plupart d’autres états membres. Est responsable non seulement celui qui commet de telles violations des droits mais aussi celui qui les tolère voire les encourage.

    Asile : ‘‘mission impossible’’ pour les nouveaux arrivants ?

    Actuellement en Grèce plusieurs dizaines de milliers de demandes d’asile sont en attente de traitement. Pour donner la pleine mesure de la surcharge d’un service d’asile qui fonctionne actuellement à effectifs réduits, il faudrait savoir qu’il y a des demandeurs qui ont reçu une convocation pour un entretien en…2022 –voir le témoignage d’un requérant actuellement au camp de Vagiohori. En février dernier il y avait 126.000 demandes en attente d’être examinées en première et deuxième instance. Entretemps, par des procédures expéditives, 7.000 demandes ont été traitées en mars et 15 000 en avril, avec en moyenne 24 jours par demande pour leur traitement[34]. Il devient évident qu’il s’agit de procédures expéditives et bâclées. En même temps le pourcentage de réponses négatives en première instance ne cesse d’augmenter ; de 45 à 50% qu’il était jusqu’à juillet dernier, il s’est élevé à 66% en février[35], et il a dû avoir encore augmenté entre temps.

    Ce qui est encore plus inquiétant est l’ambition affichée du Ministre de la Migration de réaliser 11000 déportations d’ici la fin de l’année. A Lesbos, à la réouverture du service d’asile, le 18 mai dernier, 1.789 demandeurs ont reçu une réponse négative, dont au moins 1400 en première instance[36]. Or, ces derniers n’ont eu que cinq jours ouvrables pour déposer un recours et, étant toujours confinés dans l’enceinte de Moria, ils ont été dans l’impossibilité d’avoir accès à une aide judiciaire. Ceux d’entre eux qui ont osé se déplacer à Mytilène, chef-lieu de Lesbos, pour y chercher de l’aide auprès du Legal Center of Lesbos ont écopé des amendes de 150€ pour violation de restrictions de mouvement[37] !

    Jusqu’à la nouvelle loi votée il y a six semaines au Parlement Hellénique, la procédure d’asile était un véritable parcours du combattant pour les requérants : un parcours plein d’embûches et de pièges, entaché par plusieurs clauses qui violent les lois communautaires et nationales ainsi que les conventions internationales. L’ancienne loi, entrée en vigueur seulement en janvier 2020, introduisait des restrictions de droits et un raccourcissement de délais en vue de procédures encore plus expéditives que celles dites ‘fast-track’ appliquées dans les îles (voir ci-dessous). Avant la toute nouvelle loi adoptée le 8 mai dernier, Gisti constatait déjà des atteintes au droit national et communautaire, concernant « en particulier le droit d’asile, les droits spécifiques qui doivent être reconnus aux personnes mineures et aux autres personnes vulnérables, et le droit à une assistance juridique ainsi qu’à une procédure de recours effectif »[38]. Avec la nouvelle mouture de la loi du 8 mai, les restrictions et la réduction de délais est telle que par ex. la procédure de recours devient vraiment une mission impossible pour les demandeurs déboutés, même pour les plus avertis et les mieux renseignés parmi eux. Les délais pour déposer une demande de recours se réduisent en peau de chagrin, alors que l’aide juridique au demandeur, de même que l’interprétariat en une langue que celui-ci maîtrise ne sont plus assurés, laissant ainsi le demandeur seul face à des démarches complexes qui doivent être faites dans une langue autre que la sienne[39]. De même l’entretien personnel du requérant, pierre angulaire de la procédure d’asile, peut être omis, si le service ne trouve pas d’interprète qui parle sa langue et si le demandeur vit loin du siège de la commission de recours, par ex. dans un hot-spot dans les îles ou loin de l’Attique. Le 13 mai, le ministre Mitarakis avait déclaré que 11.000 demandes ont été rejetées pendant les mois de mars et avril, et que ceux demandeurs déboutés « doivent repartir »[40], laissant entendre que des renvois massifs vers la Turquie pourraient avoir lieu, perspective plus qu’improbable, étant donné la détérioration grandissante de rapport entre les deux pays. Ces demandeurs déboutés ont été sommés de déposer un recours dans l’espace de 5 jours ouvrables après notification, sans assistance juridique et sous un régime de restrictions de mouvements très contraignant.

    En vertu de la nouvelle loi, les personnes déboutées peuvent être automatiquement placées en détention, la détention devenant ainsi la règle et non plus l’exception comme le stipule le droit européen. Ceci est encore plus vrai pour les îles. Qui plus est, selon le droit international et communautaire, la mesure de détention ne devrait être appliquée qu’en dernier ressort et seulement s’il y a une perspective dans un laps de temps raisonnable d’effectuer le renvoi forcé de l’intéressé. Or, aujourd’hui et depuis quatre mois, il n’y a aucune perspective de cet ordre. Car les chances d’une réadmission en Turquie ou d’une expulsion vers le pays d’origine sont pratiquement inexistantes, pendant la période actuelle. Si on tient compte que plusieurs dizaines de milliers de demandes restent en attente d’être traitées et que le pourcentage de rejet ne cesse d’augmenter, on voit avec effroi s’esquisser la perspective d’un maintien en détention de dizaines de milliers de personnes pour un laps de temps indéfini. La Grèce compte-t-elle créer de centres de détention pour des dizaines de milliers de personnes, qui s’apparenteraient par plusieurs traits à des véritables camps de concentration ? Le fera-t-elle avec le financement de l’UE ?

    Nous savons que le rôle de EASO, dont la présence en Grèce s’est significativement accrue récemment,[41] est crucial dans ces procédures d’asile : c’est cet organisme européen qui mène le pré-enregistrement de la demande d’asile et qui se prononce sur sa recevabilité ou pas. Jusqu’à maintenant il intervenait uniquement dans les îles dans le cadre de la procédure dite accélérée. Car, depuis la Déclaration de mars 2016, dans les îles est appliquée une procédure d’asile spécifique, dite procédure fast-track à la frontière (fast-track border procedure). Il s’agit d’une procédure « accélérée », qui s’applique dans le cadre de la « restriction géographique » spécifique aux hotspots »,[42] en application de l’accord UE-Turquie de mars 2016. Dans le cadre de cette procédure accélérée, c’est bien l’EASO qui se charge de faire le premier ‘tri’ entre les demandeurs en enregistrant la demande et en effectuant un premier entretien. La procédure ‘fast-track’ aurait dû rester une mesure exceptionnelle de courte durée pour faire face à des arrivées massives. Or, elle est toujours en vigueur quatre ans après son instauration, tandis qu’initialement sa validité n’aurait pas dû dépasser neuf mois – six mois suivis d’une prolongation possible de trois mois. Depuis, de prolongation en prolongation cette mesure d’exception s’est installée dans la permanence.

    La procédure accélérée qui, au détriment du respect des droits des réfugiés, aurait pu aboutir à un raccourcissement significatif de délais d’attente très longs, n’a même pas réussi à obtenir ce résultat : une partie des réfugiés arrivés à Samos en août 2019, avaient reçu une notification de rendez-vous pour l’entretien d’asile (et d’admissibilité) pour 2021 voire 2022[43] ! Mais si les procédures fast-track ne raccourcissent pas les délais d’attente, elles raccourcissent drastiquement et notamment à une seule journée le temps que dispose un requérant pour qu’il se prépare et consulte si besoin un conseiller juridique qui pourrait l’assister durant la procédure[44]. Dans le cas d’un rejet de la demande en première instance, le demandeur débouté ne dispose que de cinq jours après la notification de la décision négative pour déposer un recours en deuxième instance. Bref, le raccourcissement très important de délais introduits par la procédure accélérée n’affectait jusqu’à maintenant que les réfugiés qui sont dans l’impossibilité d’exercer pleinement leurs droits, et non pas le service qui pouvait imposer un temps interminable d’attente entre les différentes étapes de la procédure.

    Cependant l’implication d’EASO dépasse et de loin le pré-enregistrement, car ce sont bien ses fonctionnaires qui, suite à un entretien de l’intéressé, dit « interview d’admission », établissent le dossier qui sera transmis aux autorités grecques pour examen[45]. Or, nous savons par la plainte déposée contre l’EASO par les avocats de l’ONG European Center for Constitutional and Human Rights (ECCHR), en 2017, que les agents d’EASO ne consacrait à l’interrogatoire du requérant que 15 minutes en moyenne,[46] et ceci bien avant que ne monte en flèche la pression exercée par le gouvernement actuel pour accélérer encore plus les procédures. La même plainte dénonçait également le fait que la qualité de l’interprétation n’était point assurée, dans la mesure où, au lieu d’employer des interprètes professionnels, cet organisme européen faisait souvent recours à des réfugiés, pour faire des économies. A vrai dire, l’EASO, après avoir réalisé un entretien, rédige « un avis (« remarques conclusives ») et recommande une décision à destination des services grecs de l’asile, qui vont statuer sur la demande, sans avoir jamais rencontré » les requérants[47]. Mais, même si en théorie la décision revient de plein droit au Service d’Asile grec, en pratique « une large majorité des recommandations transmises par EASO aux services grecs de l’asile est adoptée par ces derniers »[48]. Or, depuis 2018 les compétences d’EASO ont été étendues à tout le territoire grec, ce qui veut dire que les officiers grecs de cet organisme européen ont le droit d’intervenir même dans le cadre de la procédure régulière d’asile et non plus seulement dans celui de la procédure accélérée. Désormais, avec le quadruplication des effectifs en Grèce continentale prévue pour 2020, et le dédoublement de ceux opérant dans les îles, l’avis ‘consultatif’ de l’EASO va peser encore plus sur les décisions finales. De sorte qu’on pourrait dire, que le constat que faisait Gisti, bien avant l’extension du domaine d’intervention d’EASO, est encore plus vrai aujourd’hui : l’UE, à travers ses agences, exerce « une forme de contrôle et d’ingérence dans la politique grecque en matière d’asile ». Si avant 2017, l’entretien et la constitution du dossier sur la base duquel le service grec d’asile se prononce étaient faits de façon si bâclée, que va—t-il se passer maintenant avec l’énorme pression des autorités pour des procédures fast-track encore plus expéditives, qui ne respectent nullement les droits des requérants ? Enfin, une fois la nouvelle loi mise en vigueur, les fonctionnaires européens vont-ils rédiger leurs « remarques conclusives » en fonction de celle-ci ou bien en respectant la législation européenne ? Car la première comporte des clauses qui ne respectent point la deuxième.

    La suspension provisoire de la procédure d’asile et ses effets à long terme

    Début mars, afin de dissuader les migrants qui se rassemblaient à la frontière gréco-turque d’Evros, le gouvernement grec a décidé de suspendre provisoirement la procédure d’asile pendant la durée d’un mois[49]. L’acte législatif respectif stipule qu’à partir du 1 mars et jusqu’au 30 du même mois, ceux qui traversent la frontière n’auront plus le droit de déposer une demande d’asile. Sans procédure d’identification et d’enregistrement préalable ils seront automatiquement maintenus en détention jusqu’à leur expulsion ou leur réadmission en Turquie. Après une cohorte de protestations de la part du Haut-Commissariat, des ONG, et même d’Ylva Johansson, commissaire aux affaires internes de l’UE, la procédure d’asile suspendue a été rétablie début avril et ceux qui sont arrivés pendant la durée de sa suspension ont rétroactivement obtenu le droit de demander la protection internationale. « Le décret a cessé de produire des effets juridiques à la fin du mois de mars 2020. Cependant, il a eu des effets très néfastes sur un nombre important de personnes ayant besoin de protection. Selon les statistiques du HCR, 2 927 personnes sont entrées en Grèce par voie terrestre et maritime au cours du mois de mars[50]. Ces personnes automatiquement placées en détention dans des conditions horribles, continuent à séjourner dans des établissements fermés ou semi-fermés. Bien qu’elles aient finalement été autorisées à exprimer leur intention de déposer une demande d’asile auprès du service d’asile, elles sont de fait privées de toute aide judiciaire effective. La plus grande partie de leurs demandes d’asile n’a cependant pas encore été enregistrée. Le préjudice causé par les conditions de détention inhumaines est aggravé par les risques sanitaires graves, voire mortels, découlant de l’apparition de la pandémie COVID-19, qui n’ont malheureusement pas conduit à un réexamen de la politique de détention en Grèce ».[51]

    En effet, les arrivants du mois de mars ont été jusqu’à il y a peu traités comme des criminels enfreignant la loi et menaçant l’intégrité du territoire grec ; ils ont été dans un premier temps mis en quarantaine dans des conditions inconcevables, gardés par la police en zones circonscrites, sans un abri ni la moindre infrastructure sanitaire. Après une période de quarantaine qui la plupart du temps durait plus longtemps que les deux semaines réglementaires, ceux qui sont arrivés pendant la suspension de la procédure, étaient transférés, en vue d’une réadmission en Turquie, à Malakassa en Attique, où un nouveau camp fermé, dit ‘le camp de tentes’, fut créé à proximité de de l’ancien camp avec les containeurs.

    700 d’entre eux ont été transférés au camp fermé de Klidi, à Serres, au nord de la Grèce, construit sur un terrain inondable au milieu de nulle part. Ces deux camps fermés présentent des affinités troublantes avec des camps de concentration. Les conditions de vie inhumaines au sein de ces camps s’aggravaient encore plus par le risque de contamination accru du fait de la très grande promiscuité et des conditions sanitaires effrayantes (coupures d’eau sporadiques à Malakassa, manque de produits d’hygiène, et approvisionnement en eau courante seulement deux heures par jour à Klidi)[52]. Or, après le rétablissement de la procédure d’asile, les 2.927 personnes arrivées en mars, ont obtenu–au moins en théorie- le droit de déposer une demande, mais n’ont toujours ni l’assistance juridique nécessaire, ni interprètes, ni accès effectif au service d’asile. Celui-ci a rouvert depuis le 18 mars, mais fonctionne toujours à effectif réduit, et est submergé par les demandes de renouvellement des cartes. Actuellement les réfugiés placés en détention sont toujours retenus dans les même camps qui sont devenus des camps semi-fermés sans pour autant que les conditions de vie dégradantes et dangereuses pour la santé des résidents aient vraiment changé. Ceci est d’autant plus vrai que le confinement de réfugiés et de demandeurs d’asile a été prolongé jusqu’au 5 juillet, ce qui ne leur permet de circuler que seulement avec une autorisation de la police, tandis que la population grecque est déjà tout à fait libre de ses mouvements. Dans ces conditions, il est pratiquement impossible d’accomplir des démarches nécessaires pour le dépôt d’une demande bien documentée.

    Refugee Support Aegean a raison de souligner que « les répercussions d’une violation aussi flagrante des principes fondamentaux du droit des réfugiés et des droits de l’homme ne disparaissent pas avec la fin de validité du décret, les demandeurs d’asile concernés restant en détention arbitraire dans des conditions qui ne sont aucunement adaptées pour garantir leur vie et leur dignité. Le décret de suspension crée un précédent dangereux pour la crédibilité du droit international et l’intégrité des procédures d’asile en Grèce et au-delà ».

    Cependant, nous ne pouvons pas savoir jusqu’où pourrait aller cette escalade d’horreurs. Aussi inimaginable que cela puisse paraître , il y a pire, même par rapport au camp fermé de Klidi à Serres, que Maria Malagardis, journaliste à Libération, avait à juste titre désigné comme ‘un camp quasi-militaire’. Car les malheureux arrêtés à Evros fin février et début mars, ont été jugés en procédure de flagrant délit, et condamnés pour l’exemple à des peines de prison de quatre ans ferme et des amendes de 10.000 euros -comme quoi, les autorités grecques peuvent revendiquer le record en matière de peine pour entrée irrégulière, car même la Hongrie de Orban, ne condamne les migrants qui ont osé traverser ses frontières qu’à trois ans de prison. Au moins une cinquantaine de personnes ont été condamnées ainsi pour « entrée irrégulière dans le territoire grec dans le cadre d’une menace asymétrique portant sur l’intégrité du pays », et ont été immédiatement incarcérées. Et il est fort à parier qu’aujourd’hui, ces personnes restent toujours en prison, sans que le rétablissement de la procédure ait changé quoi que ce soit à leur sort.

    Eriger l’exception en règle

    Qui plus est la suspension provisoire de la procédure laisse derrière elle des marques non seulement aux personnes ayant vécu sous la menace de déportation imminente, et qui continuent à vivre dans des conditions indignes, mais opère aussi une brèche dans la validité universelle du droit international et de la Convention de Genève, en créant un précédent dangereux. Or, c’est justement ce précédent que M. Mitarakis veut ériger en règle européenne en proposant l’introduction d’une clause de force majeure dans la législation européenne de l’asile[53] : dans le débat pour la création d’un système européen commun pour l’asile, le Ministre grec de la politique migratoire a plaidé pour l’intégration de la notion de force majeure dans l’acquis européen : celle-ci permettrait de contourner la législation sur l’asile dans des cas où la sécurité territoriale ou sanitaire d’un pays serait menacée, sans que la violation des droits de requérants expose le pays responsable à des poursuites. Pour convaincre ses interlocuteurs, il a justement évoqué le cas de la suspension par le gouvernement de la procédure pendant un mois, qu’il compte ériger en paradigme pour la législation communautaire. Cette demande fut réitérée le 5 juin dernier, par une lettre envoyée par le vice-ministre des Migrations et de l’Asile, Giorgos Koumoutsakos, au vice-président Margaritis Schinas et au commissaire aux affaires intérieures, Ylva Johansson. Il s’agit de la dite « Initiative visant à inclure une clause d’état d’urgence dans le Pacte européen pour les migrations et l’asile », une initiative cosignée par Chypre et la Bulgarie. Par cette lettre, les trois pays demandent l’inclusion au Pacte européen d’une clause qui « devrait prévoir la possibilité d’activer les mécanismes d’exception pour prévenir et répondre à des situations d’urgence, ainsi que des déviations [sous-entendu des dérogations au droit européen] dans les modes d’action si nécessaire ».[54] Nous le voyons, la Grèce souhaite, non seulement poursuivre sa politique de « surveillance agressive » des frontières et de violation des droits de migrants, mais veut aussi ériger ces pratiques de tout point de vue illégales en règle d’action européenne. Il nous faudrait donc prendre la mesure de ce que laisse derrière elle la fracture dans l’universalité de droit d’asile opérée par la suspension provisoire de la procédure. Même si celle-ci a été bon an mal an rétablie, les effets de ce geste inédit restent toujours d’actualité. L’état d’exception est en train de devenir permanent.

    Une rhétorique de la haine

    Le discours officiel a changé de fond en comble depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement Mitsotakis. Des termes, comme « clandestins » ont fait un retour en force, accompagnés d’une véritable stratégie de stigmatisation visant à persuader la population que les arrivants ne sont point des réfugiés mais des immigrés économiques censés profiter du laxisme du gouvernement précédent pour envahir le pays et l’islamiser. Cette rhétorique haineuse qui promeut l’image des hordes d’étrangers envahisseurs menaçant la nation et ses traditions, ne cesse d’enfler malgré le fait qu’elle soit démentie d’une façon flagrante par les faits : les arrivants, dans leur grande majorité, ne veulent pas rester en Grèce mais juste passer par celle-ci pour aller ailleurs en Europe, là où ils ont des attaches familiales, communautaires etc. Ce discours xénophobe aux relents racistes dont le paroxysme a été atteint avec la mise en avant de l’épouvantail du ‘clandestin’ porteur du virus venant contaminer et décimer la nation, a été employé d’une façon délibérée afin de justifier la politique dite de la « surveillance agressive » des frontières grecques. Il sert également à légitimer la transformation programmée des actuels CIR (RIC en anglais) en centres fermés ‘contrôlés’, où les demandeurs n’auront qu’un droit de sortie restreint et contrôlé par la police. Le ministre Mitarakis a déjà annoncé la transformation du nouveau camp de Malakasa, où étaient détenus ceux qui sont arrivés pendant la durée de la suspension d’asile, un camp qui était censé s’ouvrir après la fin de validité du décret, en camp fermé ‘contrôlé’ où toute entrée et sortie seraient gérées par la police[55].

    Révélateur des intentions du gouvernement grec, est le projet du Ministre de la politique migratoire d’étendre les compétences du Service d’Asile bien au-delà de la protection internationale, et notamment aux …expulsions ! D’après le quotidien grec Ephimérida tôn Syntaktôn, le ministre serait en train de prospecter pour la création de trois nouvelles sections au sein du Service d’Asile : Coordination de retours forcés depuis le continent et retours volontaires, Coordination des retours depuis les îles, Appels et exclusions. Bref, le Service d’Asile grec qui a déjà perdu son autonomie, depuis qu’il a été attaché au Secrétariat général de la politique de l’Immigration du Ministère, risque de devenir – et cela serait une première mondiale- un service d’asile et d’expulsions. Voilà comment se met en œuvre la consolidation du rôle de la Grèce en tant que « bouclier de l’Europe », comme l’avait désigné début mars Ursula von der Leyden. Voilà ce qu’est en train d’ériger l’Europe qui soutient et finance la Grèce face à des personnes persécutées fuyant de guerres et de conflits armés : un mur fait de barbelés, de patrouilles armés jusqu’aux dents et d’une flotte de navires militaires. Quant à ceux qui arrivent à passer malgré tout, ils seront condamnés à rester dans les camps de la honte.

    Que faire ?

    Certaines analyses convoquent la position géopolitique de la Grèce et le rapport de forces dans l’UE, afin de présenter cette situation intolérable comme une fatalité dont on ne saurait vraiment échapper. Mais face à l’ignominie, dire qu’il n’y aurait rien ou presque à faire, serait une excuse inacceptable. Car, même dans le cadre actuel, des solutions il y en a et elles sont à portée de main. La déclaration commune UE-Turquie mise en application le 20 mars 2016, n’est plus respectée par les différentes parties. Déjà avant février 2020, l’accord ne fut jamais appliqué à la lettre, autant par les Européens qui n’ont pas fait les relocalisations promises ni respecté leurs engagements concernant la procédure d’intégration de la Turquie en UE, que par la Turquie qui, au lieu d’employer les 6 milliards qu’elle a reçus pour améliorer les conditions de vie des réfugiés sur son sol, s’est servi de cet argent pour construire un mur de 750 km dans sa frontière avec la Syrie, afin d’empêcher les réfugiés de passer. Cependant ce sont les récents développements de mars 2020 et notamment l’afflux organisé par les autorités turques de réfugiés à la frontière d’Evros qui ont sonné le glas de l’accord du 18 mars 2016. Dans la mesure où cet accord est devenu caduc, avec l’ouverture de frontières de la Turquie le 28 février dernier, il n’y plus aucune obligation officielle du gouvernement grec de continuer à imposer le confinement géographique dans les îles des demandeurs d’asile. Leur transfert sécurisé vers la péninsule pourrait s’effectuer à court terme vers des structures hôtelières de taille moyenne dont plusieurs vont rester fermées cet été. L’appel international Évacuez immédiatement les centres d’accueil – louez des logements touristiques vides et des maisons pour les réfugiés et les migrants ! qui a déjà récolté 11.500 signatures, détaille un tel projet. Ajoutons, que sa réalisation pourrait profiter aussi à la société locale, car elle créerait des postes de travail en boostant ainsi l’économie de régions qui souvent ne dépendent que du tourisme pour vivre.

    A court et à moyen terme, il faudrait qu’enfin les pays européens honorent leurs engagements concernant les relocalisations et se mettent à faciliter au lieu d’entraver le regroupement familial. Quelques timides transferts de mineurs ont été déjà faits vers l’Allemagne et le Luxembourg, mais le nombre d’enfants concernés est si petit que nous pouvons nous pouvons nous demander s’il ne s’agirait pas plutôt d’une tentative de se racheter une conscience à peu de frais. Car, sans un plan large et équitable de relocalisations, le transfert massif de requérants en Grèce continentale, risque de déplacer le problème des îles vers la péninsule, sans améliorer significativement les conditions de vie de réfugiés.

    Si les requérants qui ont déjà derrière eux l’expérience traumatisante de Moria et de Vathy, sont transférés à un endroit aussi désolé et isolé de tout que le camp de Nea Kavala (au nord de la Grèce) qui a été décrit comme un Enfer au Nord de la Grèce, nous ne faisons que déplacer géographiquement le problème. Toute la question est de savoir dans quelles conditions les requérants seront invités à vivre et dans quelles conditions les réfugiés seront transférés.

    Les solutions déjà mentionnées sont réalisables dans l’immédiat ; leur réalisation ne se heurte qu’au fait qu’elles impliquent une politique courageuse à contre-pied de la militarisation actuelle des frontières. C’est bien la volonté politique qui manque cruellement dans la mise en œuvre d’un plan d’urgence pour l’évacuation des hot-spots dans les îles. L’Europe-Forteresse ne saurait se montrer accueillante. Tant du côté grec que du côté européen la nécessité de créer des conditions dignes pour l’accueil de réfugiés n’entre nullement en ligne de compte.

    Car, même le financement d’un tel projet est déjà disponible. Début mars l’UE s’est engagé de donner à la Grèce 700 millions pour qu’elle gère la crise de réfugiés, dont 350 millions sont immédiatement disponibles. Or, comme l’a révélé Ylva Johansson pendant son intervention au comité LIBE du 2 avril dernier, les 350 millions déjà libérés doivent principalement servir pour assurer la continuation et l’élargissement du programme d’hébergement dans le continent et le fonctionnement des structures d’accueil continentales, tandis que 35 millions sont destinés à assurer le transfert des plus vulnérables dans des logements provisoires en chambres d’hôtel. Néanmoins la plus grande somme (220 millions) des 350 millions restant est destinée à financer de nouveaux centres de réception et d’identification dans les îles (les dits ‘multi-purpose centers’) qui vont fonctionner comme des centres semi-fermés où toute sortie sera règlementée par la police. Les 130 millions restant seront consacrés à financer le renforcement des contrôles – et des refoulements – à la frontière terrestres et maritime, avec augmentation des effectifs et équipement de la garde côtière, de Frontex, et des forces qui assurent l’étanchéité des frontières terrestres. Il aurait suffi de réorienter la somme destinée à financer la construction des centres semi-fermés dans les îles, et de la consacrer au transfert sécurisé au continent pour que l’installation des requérants et des réfugiés en hôtels et appartements devienne possible.

    Mais que faire pour stopper la multiplication exponentielle des refoulements à la frontière ? Si Frontex, comme Fabrice Leggeri le prétend, n’a aucune implication dans les opérations de refoulement, si ses agents n’y participent pas de près ou de loin, alors ces officiers doivent immédiatement exercer leur droit de retrait chaque fois qu’ils sont témoins d’un tel incident ; ils pouvaient même recevoir la directive de ne refuser d’appliquer tout ordre de refoulement, comme l’avait fait début mars le capitaine danois Jan Niegsch. Dans la mesure où non seulement les témoignages mais aussi des documents vidéo et des audio attestent l’existence de ces pratiques en tous points illégales, les instances européennes doivent mettre une condition sine qua non à la poursuite du financement de la Grèce pour l’accueil de migrants : la cessation immédiate de ces types de pratiques et l’ouverture sans délai d’une enquête indépendante sur les faits dénoncés. Si l’Europe ne le fait pas -il est fort à parier qu’elle n’en fera rien-, elle se rend entièrement responsable de ce qui se passe à nos frontières.

    Car,on le voit, l’UE persiste dans la politique de la restriction géographique qui oblige réfugiés et migrants à rester sur les îles pour y attendre la réponse définitive à leur demande, tandis qu’elle cautionne et finance la pratique illégale des refoulements violents à la frontière. Les intentions d’Ylva Johansson ont beau être sincères : une politique qui érige la Grèce en ‘bouclier de l’Europe’, ne saurait accueillir, mais au contraire repousser les arrivants, même au risque de leur vie.

    Quant au gouvernement grec, force est de constater que sa politique migratoire du va dans le sens opposé d’un large projet d’hébergement dans des structures touristiques hors emploi actuellement. Révélatrice des intentions du gouvernement actuel est la décision du ministre Mitarakis de fermer 55 à 60 structures hôtelières d’accueil parmi les 92 existantes d’ici fin 2020. Il s’agit de structures fonctionnant dans le continent qui offrent un niveau de vie largement supérieur à celui des camps. Or, le ministre invoque un argument économique qui ne tient pas la route un seul instant, pour justifier cette décision : pour lui, les structures hôtelières seraient trop coûteuses. Mais ce type de structure n’est pas financé par l’Etat grec mais par l’IOM, ou par l’UE, ou encore par d’autres organismes internationaux. La fermeture imminente des hôtels comme centres d’accueil a une visée autre qu’économique : il faudrait retrancher complètement les requérants et les réfugiés de la société grecque, en les obligeant à vivre dans des camps semi-fermés où les sorties seront limitées et contrôlées. Cette politique d’enfermement vise à faire sentir tant aux réfugiés qu’à la population locale que ceux-ci sont et doivent rester un corps étranger à la société grecque ; à cette fin il vaut mieux les exclure et les garder hors de vue.

    Qui plus est la fermeture de deux tiers de structures hôtelières actuelles ne pourra qu’aggraver encore plus le manque de places en Grèce continentale, rendant ainsi quasiment impossible la décongestion des îles. Sauf si on raisonne comme le Ministre : le seul moyen pour créer des places est de chasser les uns – en l’occurrence des familles de réfugiés reconnus- pour loger provisoirement les autres. La preuve, les mesures récentes de restrictions drastiques des droits aux allocations et à l’hébergement des réfugiés, reconnus comme tels, par le service de l’asile. Ceux-ci n’ont le droit de séjourner aux appartements loués par l’UNHCR dans le cadre du programme ESTIA, et aux structures d’accueil que pendant un mois (et non pas comme auparavant six) après l’obtention de leur titre, et ils ne recevront plus que pendant cette période très courte les aides alloués aux réfugiés qui leur permettraient de survivre pendant leur période d’adaptation, d’apprentissage de la langue, de formation etc. Depuis la fin du mois de mai, les autorités ont entrepris de mettre dans la rue 11.237 personnes, dont la grande majorité de réfugiés reconnus, afin de libérer des places pour la supposée imminente décongestion des îles. Au moins 10.000 autres connaîtront le même sort en juillet, car en ce moment le délai de grâce d’un mois aura expiré pour eux aussi. Ce qui veut dire que le gouvernement grec non seulement impose des conditions de vie inhumaines et de confinements prolongés aux résidants de hot-spots et aux détenus en PROKEKA (les CRA grecs), mais a entrepris à réduire les familles de réfugiés ayant obtenu la protection internationale en sans-abri, errant sans toit ni ressources dans les villes.

    La dissuasion par l’horreur

    De tout ce qui précède, nous pouvons aisément déduire que la stratégie du gouvernement grec, une stratégie soutenue par les instances européennes et mise en application en partie par des moyens que celles-ci mettent à la disposition de celui-là, consiste à rendre la vie invivable aux réfugiés et aux demandeurs d’asile vivant dans le pays. Qui plus est, dans le cadre de cette politique, la dérogation systématique aux règles du droit et notamment au principe de non-refoulement, instauré par la Convention de Genève est érigée en principe régulateur de la sécurisation des frontières. Le maintien de camps comme Moria à Lesbos et Vathy à Samos témoignent de la volonté de créer des lieux terrifiants d’une telle notoriété sinistre que l’évocation même de leurs noms puisse avoir un effet de dissuasion sur les candidats à l’exil. On ne saurait expliquer autrement la persistance de la restriction géographique de séjour dans les îles de dizaines de milliers de requérants dans des conditions abjectes.

    Nous savons que l’Europe déploie depuis plusieurs années en Méditerranée centrale la politique de dissuasion par la noyade, une stratégie qui a atteint son summum avec la criminalisation des ONG qui essaient de sauver les passagers en péril ; l’autre face de cette stratégie de la terreur se déploie à ma frontière sud-est, où l’Europe met en œuvre une autre forme de dissuasion, celle effectuée par l’horreur des hot-spots. Aux crimes contre l’humanité qui se perpétuent en toute impunité en Méditerranée centrale, entre la Libye et l’Europe, s’ajoutent d’autres crimes commis à la frontière grecque[56]. Car il s’agit bien de crimes : poursuivre des personnes fuyant les guerres et les conflits armés par des opérations de refoulement particulièrement violentes qui mettent en danger leurs vies est un crime. Obliger des personnes dont la plus grande majorité est vulnérable à vivoter dans des conditions si indignes et dégradantes en les privant de leurs droits, est un acte criminel. Ceux qui subissent de tels traitement n’en sortent pas indemnes : leur santé physique et mentale en est marquée. Il est impossible de méconnaître qu’un séjour – et qui plus est un séjour prolongé- dans de telles conditions est une expérience traumatisante en soi, même pour des personnes bien portantes, et à plus forte raison pour celles et ceux qui ont déjà subi des traumatismes divers : violences, persécutions, tortures, viols, naufrages, pour ne pas mentionner les traumas causés par des guerres et de conflits armés.

    Gisti, dans son rapport récent sur le hotspot de Samos, soulignait que loin « d’être des centres d’accueil et de prise en charge des personnes en fonction de leurs besoins, les hotspots grecs, à l’image de celui de Samos, sont en réalité des camps de détention, soustraits au regard de la société civile, qui pourraient n’avoir pour finalité que de dissuader et faire peur ». Dans son rapport de l’année dernière, le Conseil Danois pour les réfugiés (Danish Refugee Council) ne disait pas autre chose : « le système des hot spots est une forme de dissuasion »[57]. Que celle-ci se traduise par des conditions de vie inhumaines où des personnes vulnérables sont réduites à vivre comme des bêtes[58], peu importe, pourvu que cette horreur fonctionne comme un repoussoir. Néanmoins, aussi effrayant que puisse être l’épouvantail des hot-spots, il n’est pas sûr qu’il puisse vraiment remplir sa fonction de stopper les ‘flux’. Car les personnes qui prennent le risque d’une traversée si périlleuse ne le font pas de gaité de cœur, mais parce qu’ils n’ont pas d’autre issue, s’ils veulent préserver leur vie menacée par la guerre, les attentats et la faim tout en construisant un projet d’avenir.

    Quoi qu’il en soit, nous aurions tort de croire que tout cela n’est qu’une affaire grecque qui ne nous atteint pas toutes et tous, en tout cas pas dans l’immédiat. Car, la stratégie de « surveillance agressive » des frontières, de dissuasion par l’imposition de conditions de vie inhumaines et de dérogation au droit d’asile pour des raisons de « force majeure », est non seulement financée par l’UE, mais aussi proposée comme un nouveau modèle de politique migratoire pour le cadre européen commun de l’asile en cours d’élaboration. La preuve, la récente « Initiative visant à inclure une clause d’état d’urgence dans le Pacte européen pour les migrations et l’asile » lancée par la Grèce, la Bulgarie et Chypre.

    Il devient clair, je crois, que la stratégie du gouvernement grec s’inscrit dans le cadre d’une véritable guerre aux migrants que l’UE non seulement cautionne mais soutient activement, en octroyant les moyens financiers et les effectifs nécessaires à sa réalisation. Car, les appels répétés, par ailleurs tout à fait justifiés et nécessaires, de la commissaire Ylva Johansson[59] et de la commissaire au Conseil de l’Europe Dunja Mijatović[60] de respecter les droits des demandeurs d’asile et de migrants, ne servent finalement que comme moyen de se racheter une conscience, devant le fait que cette guerre menée contre les migrants à nos frontières est rendue possible par la présence entre autres des unités RABIT à Evros et des patrouilleurs et des avions de Frontex et de l’OTAN en mer Egée. La question à laquelle tout citoyen européen serait appelé en son âme et conscience à répondre, est la suivante : sommes-nous disposés à tolérer une telle politique qui instaure un état d’exception permanent pour les réfugiés ? Car, comment désigner autrement cette ‘situation de non-droit absolu’[61] dans laquelle la Grèce sous la pression et avec l’aide active de l’Europe maintient les demandeurs d’asile ? Sommes-nous disposés à la financer par nos impôts ?

    Car le choix de traiter une partie de la population comme des miasmes à repousser coûte que coûte ou à exclure et enfermer, « ne saurait laisser intacte notre société tout entière. Ce n’est pas une question d’humanisme, c’est une question qui touche aux fondements de notre vivre-ensemble : dans quel type de société voulons-nous vivre ? Dans une société qui non seulement laisse mourir mais qui fait mourir ceux et celles qui sont les plus vulnérables ? Serions-nous à l’abri dans un monde transformé en une énorme colonie pénitentiaire, même si le rôle qui nous y est réservé serait celui, relativement privilégié, de geôliers ? [62] » La commissaire aux droits de l’homme au Conseil de l’Europe, avait à juste titre souligné que les « refoulements et la violence aux frontières enfreignent les droits des réfugiés et des migrants comme ceux des citoyens des États européens. Lorsque la police ou d’autres forces de l’ordre peuvent agir impunément de façon illégale et violente, leur devoir de rendre des comptes est érodé et la protection des citoyens est compromise. L’impunité d’actes illégaux commis par la police est une négation du principe d’égalité en droit et en dignité de tous les citoyens... »[63]. A n’importe quel moment, nous pourrions nous aussi nous trouver du mauvais côté de la barrière.

    Il serait plus que temps de nous lever pour dire haut et fort :

    Pas en notre nom ! Not in our name !

    https://migration-control.info/?post_type=post&p=63932
    #guerre_aux_migrants #asile #migrations #réfugiés #Grèce #îles #Evros #frontières #hotspot #Lesbos #accord_UE-Turquie #Vathy #Samos #covid-19 #coronavirus #confinement #ESTIA #PROKEKA #rétention #détention_administrative #procédure_accélérée #asile #procédure_d'asile #EASO #Frontex #surveillance_des_frontières #violence #push-backs #refoulement #refoulements #décès #mourir_aux_frontières #morts #life_rafts #canots_de_survie #life-raft #Mer_Egée #Méditerranée #opération_Poséidon #Uckermark #Klidi #Serres

    ping @isskein

  • Migrantes de otro mundo

    La idea de este trabajo colaborativo nació en un taller que dio la directora de CLIP en 2019 con la Fundación Gabo. Allí descubrimos con Alberto Pradilla –hoy en Animal Político y autor de dos reportajes – el primer hilo de esta historia. Semanas después, con el equipo CLIP, pensamos que, por su misma naturaleza andariega, la migración es la historia que sólo se puede contar bien en forma colaborativa, desde las visiones y las sabidurías de múltiples colegas y sus medios. Por eso, nos pusimos a la tarea de crear esta alianza que ha resultado ser más fructífera y potente de lo que imaginamos. Empezamos en una reunión presencial (cuando eso aún se podía) realizada junto con la organización europea Occrp, cuyo editor para América Latina, Nathan Jaccard es también artífice de esta investigación, y desde septiembre nos pusimos manos a la obra. Después de nueve meses, aquí estamos: doce medios americanos, dos europeos; los otros aliados periodísticos, que fuimos buscando a medida que la historia los pedía en Camerún, India, Nepal, y de la mano de un equipo de producción, diseño, desarrollo digital y de audiencias comprometido y excepcional, con esta investigación colaborativa transfronteriza. Nos acompañó en este sueño desde el vamos, la Fundación Avina, y por el camino se sumó la Seattle International Foundation, las dos con gran generosidad. Los mecenas institucionales de CLIP han sido, todo este tiempo, soporte fundamental. Ahora esperamos que, con la ayuda de ustedes los navegantes, esta historia, hasta ahora sumergida en la indolencia y la clandestinidad, salga a la luz y nos inspiren estos valientes migrantes para imaginar un mundo más humano. Aquí verán los créditos de los creadores y mecenas de Migrantes de Otro Mundo.

    https://migrantes-otro-mundo.elclip.org/index.html
    –-> Travail d’investigation de journalistes (18 medias impliqués) sur les routes et les témoignanes des personnes migrantes du continent african et asiatique en Amérique latine.

    #routes_migratoires #parcours_migratoires #Afrique #Amérique_latine #africains #migrations #asile #réfugiés #cartographie #visualisation #webdoc #décès #morts #mourir_aux_frontières #Asie

    –—

    Ajouté à cette métaliste sur les routes migratoires d’Afrique/Asie aux #Amériques :
    https://seenthis.net/messages/857814

    ping @karine4 @isskein @mobileborders @reka

  • Afghanistan investigates reports Iran guards forced migrants into river

    Afghanistan is investigating reports Afghan migrants drowned after being tortured and pushed into a river by Iranian border guards.

    The migrants were caught trying to enter Iran illegally from the western Herat province on Friday, according to local media.

    The migrants were beaten and forced to jump into a river by Iranian border guards, the reports said. Some of them are said to have died.

    Iran has dismissed the allegation.

    A foreign ministry spokesman said the incident took place on Afghan territory, not Iranian, and security guards denied any involvement.

    The number involved in the incident is unconfirmed but officials said dozens of migrants crossed the border, and at least seven people died with more still missing.

    A search party has been sent to retrieve the bodies of migrants from the river.
    The Afghan Human Rights Commission (AHRC) said local officials told it “Iranian security forces arrested a number of Afghan migrants seeking work who wanted to enter Iran”.

    “They were made to cross the Harirud river [at the Afghan-Iranian border], as a result a number of them drowned and some survived,” it added.

    Shir Agha, a migrant who witnessed the incident, told Reuters the Iranian guards “warned us that if we do not throw ourselves into the water, we will be shot”.

    Another Afghan migrant, Shah Wali, alleged that the Iranian guards “beat us, then made us do hard work”.

    “They then took us by minibus near to the river, and when we got there, they threw us into the river,” he added.

    About three million Afghans live in Iran, including refugees and wage labourers. Hundreds of Afghans cross into Iran every day to find work.

    There was a mass exodus of migrants returning to Afghanistan after the coronavirus outbreak in Iran, which has recorded almost 100,000 cases of the disease to date. Many are suspected to have brought coronavirus back across the border with them.

    But as Iran seeks to ease restrictions, Afghan migrants in search of work are crossing the country’s border in greater numbers again.

    Afghan officials have expressed concern over the incident in Herat province, risking a diplomatic row at a time of already strained relations over the coronavirus pandemic.

    In a tweet to Iranian officials, Herat’s governor Sayed Wahid Qatali wrote: “Our people are not just some names you threw into the river. One day we will settle accounts.”

    https://www.bbc.com/news/amp/world-asia-52523048?__twitter_impression=true
    #Iran #frontières #rivière #Herat #Iran #hostile_environment #weaponization #enviornnement_hostile #migrations #asile #réfugiés #décès #morts #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières

    • Afghanistan Probes Reports Iranian Guards Forced Migrants Into River

      Afghan officials were hunting on Sunday for Afghan migrants in a river bordering Iran after reports that Iranian border guards tortured dozens and threw them into the water to keep them out of Iran.

      Authorities in western Herat province said they retrieved 12 bodies from the Harirud river and at least eight other people were missing.

      The incident could trigger a diplomatic crisis between Iran and Afghanistan at a time when the coronavirus pandemic has seen an exodus of Afghan migrants from Iran, with many testing positive. Up to 2,000 Afghans cross the border from Iran, a coronavirus hotspot, into Herat each day.

      Afghanistan’s foreign ministry said on Saturday an inquiry had been launched. A senior official in the presidential palace in Kabul said initial assessments suggested at least 70 Afghans trying to enter Iran from Herat were beaten and pushed into the Harirud river on Saturday.

      Abbas Mousavi, a spokesman for Iran’s foreign ministry, said the “incident” took place on Afghan soil.

      “Border guards of the Islamic Republic of Iran denied the occurrence of any events related to this on the soil of our country,” he said in a statement on Sunday.

      Abdul Ghani Noori, governor of Herat’s Gulran district, said dozens of Afghan migrant workers were thrown into the river by members of the Iranian army.

      “Iranian armymen used shovels and gunshots to injure Afghan workers and threw them in water,” Noori told Reuters, adding that some of the injured workers were being treated in a hospital.

      Doctors at Herat District Hospital said they had received the bodies of Afghan migrants.

      “So far, five bodies have been transferred to the hospital. Of these bodies, it’s clear that four died due to drowning,” said Aref Jalali, head of the hospital. He added that two injured men were brought to the hospital on Sunday evening.

      The Taliban militant group, fighting to oust the Afghan government, said Iran should launch an investigation into the killings and “strictly punish the perpetrators”.

      “We have learnt that 57 Afghans on their way to the Islamic Republic of Iran for work were initially tortured by Iranian border guards and 23 of them later brutally martyred,” the Taliban said in a statement.

      Noor Mohammad said he was one of the Afghans caught by Iranian border guards as they were trying to cross into Iran in search of work.

      “After being tortured, the Iranian soldiers threw all of us in the Harirud river,” Mohammad told Reuters.

      Shir Agha, who said he also survived the violence, said at least 23 people thrown into the river were dead.

      Afghan officials that it was not the first time that Afghans had been killed by Iranian police guarding the 920-km (520-mile) border.

      As of Sunday, at least 541 coronavirus-infected people in Afghanistan were from Herat province, which recorded 13 deaths, with the majority of cases Afghan returnees from Iran, said Rafiq Shirzad, a health ministry spokesman in Herat.

      https://www.nytimes.com/reuters/2020/05/03/world/middleeast/03reuters-afghanistan-iran-migrants.html?searchResultPosition=3
      #noyade #torture #gardes-frontière #Harirud #armée

    • Afghanistan probes report Iran guards forced migrants into river

      Survivors say at least 23 of 57 people thrown by Iranian border guards into Harirud River drowned.

      Afghanistan has begun retrieving bodies of Afghan migrants from a river in a western province after reports that Iranian border guards tortured and threw Afghans into the river to prevent their entry into Iran.

      Afghanistan’s foreign ministry in a statement on Saturday said an inquiry had been launched and a senior official in the presidential palace in Kabul said initial assessments suggested that at least 70 Afghans who were trying to enter Iran from bordering Herat province were beaten and pushed into Harirud River.

      The Harirud River basin is shared by Afghanistan, Iran and Turkmenistan.

      Doctors at Herat District Hospital said they had received the bodies of Afghan migrants, some of whom had drowned.

      “So far, five bodies have been transferred to the hospital, of these bodies, its clear that four died due to drowning,” said Aref Jalali, head of Herat District Hospital.

      The Iranian consulate in Herat denied the allegations of torture and subsequent drowning of dozens of Afghan migrant workers by border police.

      “Iranian border guards have not arrested any Afghan citizens,” the consulate said in a statement on Saturday.

      Noor Mohammad said he was one of 57 Afghan citizens who were caught by Iranian border guards on Saturday as they tried to cross into Iran in search of work from Gulran District of Herat.

      “After being tortured, the Iranian soldiers threw all of us in the Harirud river,” Mohammad told Reuters News Agency.

      Shir Agha, who said he also survived the violence, said at least 23 of the 57 people thrown by Iranian soldiers into the river had died.

      “Iranian soldiers warned us that if we do not throw ourselves into the water, we will be shot,” said Agha.
      ’We will settle accounts’

      Local Afghan officials said it was not the first time Afghans had been tortured and killed by Iranian police guarding the 920km (520 mile) long border.

      Herat Governor Sayed Wahid Qatali in a tweet to Iranian officials said: “Our people are not just some names you threw into the river. One day we will settle accounts.”

      The incident could trigger a diplomatic crisis between Iran and Afghanistan at a time when the coronavirus pandemic has seen a mass exodus of Afghan migrants from Iran with many testing positive for COVID-19.

      Up to 2,000 Afghans daily cross the border from Iran, a global coronavirus hotspot, into Herat.

      As of Sunday, at least 541 infected people are from Herat province, which recorded 13 deaths, with the majority of positive cases found among Afghan returnees from Iran, said Rafiq Shirzad, a health ministry spokesman in Herat.

      https://www.aljazeera.com/news/2020/05/afghanistan-probes-report-iran-guards-forced-migrants-river-2005030926238

  • The other sad news arriving from Serbia concerns the boat which capsized on the Danube, on the Serbian-Romanian border. The boat was carrying 16 migrants from various countries and was piloted by 2 people-smugglers. Two persons drowned after the capsizing, eight were declared missing, and eight were saved.

    Reçu via la mailing-list Inicijativa Dobrodosli, mail du 29.04.2020

    PREVRNUO SE ČAMAC NA DUNAVU Na rumunskoj granici poginuo Srbin, za osmoro se traga

    Jedna osoba je poginula, a osam osoba se vode kao nestale nakon što se na Dunavu, na granici sa Srbijom i Rumunijom prevrnuo čamac.

    Prema izjavi rumunske policije, čamac se prevrnuo u noći između četvrtka i petka, nakon što su migranti napustili Srbiju, i to kada su putnici ustali, jer je voda počela da prodire u plovilo, prenosi “lavanguardia”.

    Šesnaest migranata iz raznih zemalja i dvojica osumnjičena za trafiking, srpske nacionalnosti, bili su na tom čamcu, kako prenose rumunski mediji.

    Spaseni su četvorica Sirijaca, dvojica Iračana, Jermen, Palestinac i Srbin, pre nego što je otkriveno da je jedan od putnika, takođe iz Sriije, mrtav.

    https://www.blic.rs/vesti/hronika/prevrnuo-se-camac-na-dunavu-na-rumunskoj-granici-poginuo-srbin-za-osmoro-se-traga/k5p50m0

    #décès #morts #mourir_aux_frontières #Balkans #asile #migrations #réfugiés #morts_aux_frontières #Danube #Serbie #Roumanie #fleuve #rivière

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    Autres articles de presse sur l’événement:
    https://www.blic.rs/vesti/hronika/sprecena-tragedija-vatrogasci-spasli-pecarose-kod-trstenika-prevrnuo-se-camac/hz555b9
    https://www.blic.rs/vesti/hronika/tragedija-na-dunavu-iz-reke-izvucena-tela-dve-zene-jos-se-traga-za-cetiri-utopljenika/nns59sn
    https://www.blic.rs/vesti/hronika/prevrnuo-se-camac-na-dunavu-utopilo-se-sest-osoba-od-kojih-dvoje-dece/035t7zx

    ping @isskein

    • Un muerto y 8 desaparecidos tras naufragar barca con refugiados en el Danubio

      Una persona ha muerto y otras ocho están desaparecidas tras naufragar una barca con refugiados en el tramo del río Danubio que bordea las fronteras de Rumanía y Serbia.

      Según explicó la Policía de Frontera rumana en un comunicado, la embarcación había salido de Serbia y volcó en la noche del jueves al viernes, al ponerse en pie los pasajeros en el momento en que empezó a entrar agua.

      En la embarcación viajaban 16 migrantes provenientes de diversos países y dos presuntos traficantes de personas de nacionalidad serbia, informó el canal de noticias rumano Realitatea Plus.

      La policía rumana logró rescatar con vida a nueve náufragos (cuatro sirios, dos iraquíes, un yemení, un palestino y un serbio) antes de hallar sin vida el cuerpo del fallecido, un ciudadano sirio.

      Las autoridades rumanas siguen buscando a las otras ocho personas desaparecidas.

      https://www.lavanguardia.com/politica/20200417/48573869745/un-muerto-y-8-desaparecidos-tras-naufragar-barca-con-refugiados-en-el-

  • La #Slovénie érige de nouvelles barrières à sa frontière avec la #Croatie


    https://www.infomigrants.net/fr/post/24082/la-slovenie-erige-de-nouvelles-barrieres-a-sa-frontiere-avec-la-croati

    La Slovénie a décidé de renforcer sa frontière avec la Croatie afin d’éviter des franchissements illégaux par des migrants, a annoncé mardi le ministère de l’Intérieur. En cinq ans, près de 200 kilomètres de clôtures ont déjà été construits dans cette zone.

    La Slovénie a déclaré, mardi 14 avril, qu’elle allait ajouter 40 kilomètres de nouvelles barrières à sa frontière avec la Croatie afin d’empêcher des migrants de la franchir clandestinement, rapporte l’agence de presse Reuters. Depuis 2015, le pays a fait construire progressivement quelque 196 kilomètres de clôtures sur les 670 kilomètres de frontière commune entre la Slovénie et la Croatie.

    Le ministère n’a pas précisé où les nouvelles barrières seront installées, mais a indiqué que leur construction serait effective dans le courant de l’année. Une annonce similaire portant également sur 40 kilomètres de nouvelles barrières avait été faite en juillet dernier pour l’année 2019.

    Bien que la Croatie et la Slovénie soient membres de l’Union européenne, la première n’appartient pas à l’espace Schengen de libre circulation. Les autorités slovènes ont donc expliqué l’an dernier qu’elles comptaient installer de nouvelles clôtures « dans les zones où il est urgent d’empêcher le franchissement illégal des frontières et de protéger les citoyens et leurs biens ».

    Explosion du nombre de tentatives de franchissement de la frontière

    Sur les deux premiers mois de l’année 2020, la police slovène a dénombré 1 165 tentatives de passage clandestin, soit près de 80% de plus qu’à la même période l’an dernier. Elle avait notamment annoncé, le mois dernier, avoir découvert une trentaine de migrants cachés dans un train de marchandises (https://www.infomigrants.net/fr/post/23225/slovenie-la-police-decouvre-trente-migrants-caches-sous-de-l-argile-da).

    Revenu fin février dans le fauteuil de Premier ministre, Janez Jansa avait promis lors de sa campagne de durcir sa politique en matière d’asile, d’ajouter de nouvelles barrières frontalières et de renforcer les contrôles aux frontières de ce petit pays de deux millions d’habitants situé sur le route migratoire des Balkans (https://www.infomigrants.net/fr/post/23045/slovenie-le-conservateur-janez-jansa-revient-au-pouvoir-en-durcissant-).

    Durant le pic de la crise migratoire en 2015 et 2016, un demi million de migrants clandestins avait traversé la Slovénie en six mois afin d’atteindre les pays d’Europe occidentale plus riches, comme la France, l’Allemagne ou le Royaume-Uni.

    #barrières_frontalières #asile #migrations #réfugiés #murs #route_des_balkans #frontière_sud-alpine #frontières #clôture

    • C’était 2019...
      En Slovénie, une clôture « de la honte » à la frontière croate (1/3)

      Depuis 2015, le gouvernement slovène érige le long de sa frontière sud une clôture de #barbelés pour tenter d’endiguer le flux de migrants en provenance de la Croatie voisine. Les villages slovènes traversés par les fils barbelés supportent mal l’installation de ce grillage qui, selon eux, abîme le #paysage et n’empêche pas la traversée des migrants.

      « Qui aime se réveiller le matin avec des #fils_barbelés devant sa fenêtre ? » Rudy ne décolère pas. Cet habitant de #Slavski_Laz, un village perdu dans les #montagnes slovènes, frontalier avec la Croatie, ne s’explique toujours pas pourquoi le gouvernement a construit, ici, au bord de la #rivière_Kolpa, une clôture de barbelés.

      « Ils disent que ce grillage est fait pour nous protéger… Mais nous protéger de quoi ? Je n’ai #peur de rien… », continue ce retraité qui vit depuis des années dans la région encore largement sauvage. L’argument de « l’#invasion_migratoire » brandi par le gouvernement pour justifier la construction de ce mur de métal ne le convainc pas.

      « Les migrants ici, ils passent, c’est tout », explique-t-il. « Ils transitent par la Slovénie et puis s’en vont vers d’autres pays, vers le nord de l’Europe généralement ».

      Les amis de Rudy acquiescent, tous attablés dans le seul café encore ouvert à 19h de #Kostel, un village de moins de 650 habitants non loin d’une des rares routes menant à la Croatie. Selon eux, la clôture est inutile, elle abîme le paysage, et son rôle de #dissuasion est largement surestimé. « Ils disent que les barbelés vont empêcher le passage de migrants… Mais tout le monde passe quand même ! », sourit Marco, un ami de Rudy, habitant dans le village voisin de Fara, en déclenchant l’hilarité de l’assemblée.

      « Par exemple, en ce moment, avec l’hiver et les forts courants, les rivages sont boueux, poreux, alors, les terrains bougent, la clôture s’effondre. Les migrants qui veulent passer n’ont même pas besoin de se fatiguer, ils ont juste à l’#enjamber », continue Marco en riant. « Il y a des endroits où des sillons se sont creusés. Ils peuvent aussi passer sous la barrière ! »

      116 km de #grillages

      Près de 14 000 migrants ont traversé la frontière depuis le début de l’année, « soit 70% de plus que l’année dernière », à la même période, affirment les autorités slovènes à InfoMigrants.

      Cet été, 40 km supplémentaires de grillages ont donc été construits à la frontière sud, le long de la rivière Kolpa. « Il faut empêcher le franchissement illégal des frontières », a indiqué le ministère de l’Intérieur dans un communiqué. En tout, depuis 2015, Ljulbjana a déjà érigé 116 km de grillages le long de la Kolpa qui parcourt les 670 km de frontière avec la Croatie.

      « Ces clôtures ne sont pas une baguette magique mais elles nous aident », ajoute, de son côté, un commandant de police slovène.

      Khaled, un demandeur d’asile érythréen, aujourd’hui à Ljubljana, a tenté trois fois le passage de la frontière slovène avant de réussir à entrer dans le pays. La clôture, il s’en souvient très bien. « J’ai traversé la frontière au mois de mai, quelque part vers #Ribnica. Je me souviens qu’une fois la rivière franchie, il a fallu passer ces barbelés. Alors j’ai grimpé, je me suis déchiré les mains, elles étaient pleines de sang, mais je suis passé ».

      Montagnes dangereuses, présence d’#ours, eau glaciale

      Au delà de sa dangerosité, Rudy, le villageois, voit dans cet alignement de barbelés, une « #clôture_de_la_honte » qui, selon lui, stigmatise les migrants. « On voit arriver des familles, parfois des enfants. Je ne vois pas bien en quoi, ce sont des ennemis », continue le retraité.

      « Cette barrière, c’est le début de l’enfer », explique à son tour une jeune fille qui énumère les dangers qui attendent les migrants juste après son franchissement : la montagne « très dangereuse quand on s’y perd », les températures « glaciales » et les ours, nombreux dans le pays. « Parfois, on entend des cris là-haut. Ce sont des migrants qui hurlent pour effrayer les animaux ».

      Ces dernières semaines, deux migrants sont décédés par #noyade dans la Kolpa et un autre a été retrouvé mort de froid et d’#épuisement dans la #forêt.

      Surtout, les migrants doivent éviter les patrouilles de #police. « La nuit, quand nous tentons la traversée, nous voyons les lumières des lampes torche, derrière la clôture. Les #policiers sont partout. C’est ça qui nous effraie le plus », se souvient Khaled. « On fait tout pour les éviter. Quand la police vous attrape, elle vous renvoie en Croatie. Elle vous emmène rarement jusqu’à la capitale pour demander l’asile ».

      Depuis le début de l’année, sur les 14 000 entrées illégales, plus de 8 000 renvois – aussi appelés « pushbacks » - ont été effectués depuis les frontières slovènes, affirment les autorités.

      Patrouille de miliciens d’extrême-droite

      « C’est une #honte, il y a la police, l’armée, maintenant cette clôture et il y a même une milice ! », fulmine à son tour Katarina Bernad Sterva, directrice de l’association slovène d’aide aux réfugiés, qui se désespère de la situation à la frontière.

      Depuis quelques jours en effet, des miliciens en treillis militaires, visages cachés derrière des cagoules noires, patrouillent aussi le long de la rivière Kolpa. Dirigée par le leader d’extrême-droite, Andrej Sisko,cette milice se veut un « renfort » à l’armée régulière pour « défendre la frontière » et intercepter les migrants. « Nous sommes le point d’entrée de l’espace Schengen », se justifie Andrej Sisko. « Nous voulons faire passer un message. Nous voulons dire aux étrangers de rester chez eux. La clôture est fragile, elle ne permet pas de stopper les migrants alors nous venons contrôler les abords de la rivière nous-mêmes ».

      La milice d’#Andrej_Sisko n’a aucun mandat légal. Et visiblement, les villageois s’expliquent mal leur présence.

      Si certains rient à leur passage - « C’est le carnaval quand ils sont là », entend-t-on ici et là dans les villages frontaliers – d’autres comme Katarina Bernad Sterva regarde cette armée parallèle avec une inquiétude grandissante. « Ce qui m’effraie, c’est qu’ils existent. Publiquement, le gouvernement a condamné leurs actions, mais, dans les faits, les autorités ne font rien. Ces hommes sont fous, nous nous attendions à une réaction forte du gouvernement, comme par exemple l’annonce de la dissolution de ces patrouilles ».
      https://twitter.com/sarecmarjan/status/1036914541693755400?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E10

      Interrogée par InfoMigrants, la police reste muette sur le sujet. « Je n’ai rien à dire sur ces hommes. Ils n’ont pas le soutien de la police », déclare simplement Vicjem Toskan, l’un des commandants en chef de la police de Koper, à l’ouest du pays.

      Ce soir-là, à Kostel, les amis du café s’interrogent surtout sur le sort réservé aux migrants interceptés par cette milice d’extrême-droite. « On a déjà la police et l’armée pour intercepter les migrants. On a une clôture pour les empêcher de continuer leur route. Eux, qu’est-ce qui vont leur faire, la nuit, dans la montagne ? », s’inquiète Rudy. « Ils portent des masques, ils marchent dans la forêt. J’ai plus peur d’eux que des immigrés qui traversent la rivière », chuchote à son tour, une jeune fille en bout de table. « Si j’étais migrante, je n’aimerais vraiment pas tomber sur eux ».

      https://www.infomigrants.net/fr/post/20807/en-slovenie-une-cloture-de-la-honte-a-la-frontiere-croate-1-3

      #milices #patrouilles #extrême_droite #Kolpa #efficacité #montagne #Alpes #décès #morts #mourir_aux_frontières #danger #dangers #push-back #refoulement #refoulements #militarisation_des_frontières #push-backs

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      #Walls_don't_work :

      « Par exemple, en ce moment, avec l’hiver et les forts courants, les rivages sont boueux, poreux, alors, les terrains bougent, la clôture s’effondre. Les migrants qui veulent passer n’ont même pas besoin de se fatiguer, ils ont juste à l’#enjamber », continue Marco en riant. « Il y a des endroits où des sillons se sont creusés. Ils peuvent aussi passer sous la barrière ! »

      –-> voir la métaliste

    • Despite all the existing reports about the Croatian police violence and brutality, Slovenia continues to pushback migrants to Croatia. This was recently even recognized by the Italian court: an Italian court stopped deportation to Slovenia on the grounds that there is a risk for an asylum seeker to be subjected to inhumane and degrading treatment due to the high possibility of him (or her) being further expelled to Croatia and then to Bosnia or Serbia.
      More on that in AYS article from beginning of June:
      AYS Special: Italian Court StopsDeportation to Slovenia, Meanwhile Pushbacks Continue
      https://medium.com/are-you-syrious/ays-special-italian-court-stops-deportation-to-slovenia-meanwhile-pushbacks-

      Last week, the new Slovenian Minister of Interior Affair (of the new right wing government) frankly admitted in an interview that Slovenian police is sending migrants back to Croatia and consequently into the refugees centres in Bosnia and Serbia:
      Notranji minister Aleš Hojs razkril migracijsko »skrivnost«
      https://www.dnevnik.si/1042931634 (only in Slovenian)

      Currently, the government is also preparing a new Aliens Act where they plan to severely restrict access to asylum (among many other things): this means that during what they call complex migration emergencies, proclaimed by the government, access to asylum can be completely limited.

      Message reçu via la mailing-list Migreurop, le 15.06.2020

    • Slovénie : une vingtaine de migrants « proches de la suffocation » découverts dans des camions

      La police slovène a annoncé avoir découvert 22 migrants cachés dans des camion-citernes, samedi, à la frontière croate. Les contrôles ont été fortement renforcés dans cette région avec notamment l’envoi de 1 000 nouveaux policiers début juin.

      « Ils étaient proches de la suffocation. » Vingt-deux migrants cachés dans deux camion-citernes alimentaires ont été découverts par la police slovène, samedi 20 juin, à la frontière avec la Croatie, rapporte l’agence de presse AP. Les deux poids-lourds avaient des plaques d’immatriculation provenant de Serbie.

      Un premier groupe de 13 migrants a été découvert lors d’un contrôle de police à la frontière. Le second groupe, composé de 9 personnes, a été trouvé peu après dans un autre camion appartenant à la même compagnie.

      Les migrants sont originaires du Bangladesh, d’Inde, de Turquie et de Syrie, indique la police.

      Des milliers de migrants empruntent chaque année la route dite « des Balkans » malgré sa dangerosité. Un grand nombre d’entre eux font appel à des passeurs afin de traverser les frontières vers l’Europe occidentale dans des camions, plutôt que de tenter leur chance à pied à travers les forêts et les montagnes de la région.

      Craignant une recrudescence des passages clandestins à la suite du déconfinement décrété dans différents pays européens, la Slovénie a annoncé, début juin, qu’elle envoyait 1000 officiers de police en renfort à sa frontière avec la Croatie. Ces effectifs sont équipés de #drones, de #caméras_thermiques et de #détecteurs_de_mouvements.


      https://www.infomigrants.net/fr/post/25519/slovenie-une-vingtaine-de-migrants-proches-de-la-suffocation-decouvert

    • Un enfant a été repêché mort au large de l’île de Lesbos en Grèce, lundi, après le naufrage de l’embarcation sur laquelle il se trouvait. Sur l’île grecque, où des habitants ont bloqué dimanche l’arrivée de bateaux de migrants venus de Turquie, l’atmosphère anti-migrants est à son comble.

      Selon la police portuaire grecque, un petit garçon a été repêché mort au large de l’île de Lesbos, lundi 2 mars, à la suite du #naufrage d’une embarcation de fortune chargée d’une cinquantaine de migrants.

      Les garde-côtes grecs sont intervenus auprès d’un canot qui s’est renversé vers 08H30 (06H30 GMT) au large de l’île grecque de la mer Égée. « Quarante-six personnes sont saines et sauves » mais un enfant a été repêché « inconscient » et n’a pas pu être ranimé, a indiqué à l’AFP une porte-parole de la police portuaire. Un second enfant a été hospitalisé.

      L’embarcation, en provenance des côtes turques voisines, « a été renversée par les personnes à bord après son entrée dans les eaux grecques, une habitude des passeurs pour déclencher une opération de sauvetage », a indiqué un communiqué des garde-côtes.

      Cette tragédie survient alors que l’atmosphère anti-migrants est à son comble sur cette île située à proximité des côtes turques. La tension s’est accrue ces derniers jours alors que les autorités turques ont annoncé avoir ouvert leur frontière avec la Grèce.

      Selon l’Agence de presse grecque Ana, environ 200 migrants sont arrivés à Lesbos lundi.
      1 300 migrants sont arrivés sur les îles grecques entre dimanche matin et lundi matin

      En 24 heures, « entre dimanche matin et lundi matin environ 1 300 personnes au total » ont débarqué sur les îles de Lesbos, Chios, Leros, Kos et Samos, les cinq îles égéennes où se trouvent les centres d’accueil et d’enregistrement des demandeurs d’asile, a indiqué Manos Logothetis, responsable du service d’asile grec, cité par l’AFP. Suite à cet afflux, plusieurs débordements ont été observés.Lundi, des échauffourées ont éclaté sur l’île de Lesbos entre policiers et demandeurs d’asile, dont plusieurs centaines ont manifesté pour dénoncer leurs terribles conditions de vie dans le camp sordide de Moria, a constaté un photographe de l’AFP.

      Les policiers ont répliqué en tirant des gaz lacrymogènes pour les disperser et les demandeurs d’asile ont lancé des projectiles. Au moins deux migrants ont été interpellés, selon la même source.

      Dimanche soir, quelque 150 habitants de Lesbos ont mis le feu à un centre d’accueil inoccupé de migrants près de la plage de Skala Sykamineas, après en avoir bloqué l’entrée, a constaté un photographe de l’AFP. Ce centre, autrefois géré par le Haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR), avait été fermé fin janvier. Il accueillait auparavant les migrants avant qu’ils soient conduits vers un centre d’hébergement sur l’île.

      Environ 70 demandeurs d’asile se trouvaient toujours sur la plage, sans couvertures, en début de soirée, a encore constaté un photographe de l’AFP.
      « Rentrez en Turquie »

      Plus tôt dans la journée de dimanche, des habitants de l’île ont empêché une cinquantaine de migrants - dont plusieurs enfants - d’accoster avec leur canot après plusieurs heures en mer, aux cris de « rentrez en Turquie ».

      Dans le port de Thermi, certains ont lancé des insultes au représentant local du HCR, d’autres s’en sont pris aux journalistes et photographes, les frappant et jetant des appareils photo à la mer.

      « Nous n’avons rien contre les réfugiés mais (...) ceux qui se préparent à venir ici doivent comprendre que c’est la manière dont nous allons les recevoir désormais. C’est le seul moyen de les empêcher de venir », a expliqué Despoina, une habitante de Thermi.

      Sur la route du camp surpeuplé de Moria, où plus de 19 000 migrants sont déjà hébergés, un autre groupe d’habitants munis de chaînes et de pierres a tenté d’empêcher les bus de la police transportant des demandeurs d’asile arrivés dimanche d’accéder au centre de réception et d’enregistrement, selon l’Agence de presse grecque ANA.

      Des heurts avaient déjà éclaté cette semaine entre la police et des habitants de Lesbos opposés à la création d’un nouveau centre de détention sur l’île.

      La Grèce a été la principale porte d’entrée de centaines de milliers de réfugiés venus d’Asie ou d’Afrique lors de la crise migratoire de 2015-2016. Elle héberge toujours plus de 40 000 migrants sur les îles égéennes, où ils sont entassés dans des conditions précaires dans des camps surchargés.

      #décès #mort #mourir_aux_frontières #mer_Egée

  • #Muhamad_Gulzar (ou #Mohamad_Goulzhar), mort aux portes de l’Europe... dans la région de l’#Evros, à la #frontière_terrestre entre la #Grèce et la #Turquie...

    Κι άλλη σφαίρα στην καρδιά μετανάστη

    Δύο σφαίρες, πραγματικά πυρά, μία στην καρδιά και μία στο δεξί μέρος του σώματος, δέχτηκε ο Μουχάμαντ Γκουλζάρ, ενώ προσπαθούσε να περάσει το συρματόπλεγμα κοντά στις Καστανιές στον Εβρο, το πρωί της Τετάρτης, μεταξύ 10.30 και 11.00, σύμφωνα με το Κέντρο Ανθρωπίνων Δικαιωμάτων του Δικηγορικού Συλλόγου Κωνσταντινούπολης, το οποίο καταγράφει συστηματικά τα τεκταινόμενα στα ελληνοτουρκικά σύνορα.

    Πρόκειται για τον δεύτερο γνωστό νεκρό πρόσφυγα ή μετανάστη στα σύνορα την περασμένη εβδομάδα, που έχει καταγραφεί σε βίντεο διεθνών μέσων ενημέρωσης. Τα βίντεο και οι πληροφορίες που δημοσιεύει σήμερα η « Εφ.Συν. » έρχονται σε πλήρη αντίθεση με τους ισχυρισμούς του κυβερνητικού εκπροσώπου Στέλιου Πέτσα, ο οποίος αποδίδει τις ειδήσεις για ύπαρξη νεκρών στα σύνορα σε προπαγάνδα της τουρκικής κυβέρνησης. Ερευνα για τις καταγγελίες δεν έχει γίνει γνωστή από τις ελληνικές αρχές, ενώ πληθαίνουν οι καταγγελίες και οι μαρτυρίες για τη βίαιη δράση ελληνικών ένοπλων ομάδων, που χτυπούν πρόσφυγες και μετανάστες που καταφέρνουν να διασχίσουν τα σύνορα και για την προκλητική παρουσία εκεί ακροδεξιών από την Ευρώπη (Αυστρία και Γερμανία), ακόμα και του γνωστού επικεφαλής ταγμάτων εφόδου Γιάννη Λαγού. Τη δράση όλων αυτών ο κυβερνητικός εκπρόσωπος Στέλιος Πέτσας αρχικά δεν την έβλεπε, αλλά μετά και το πρωτοσέλιδο της « Εφ.Συν. » το Σάββατο (« Κύριε Μητσοτάκη ιδού οι... εθνοφύλακές σας », 7-8 Μαρτίου 2020), τελικά την είδε, δηλώνοντας (Open) ότι « καταδικάζονται και απομονώνονται ».

    Σύμφωνα με το Κέντρο, στο σημείο εκείνο της γραμμής των συνόρων δεν υπάρχουν ένοπλοι Τούρκοι στρατιωτικοί ή αστυνομικοί. Σύμφωνα με πληροφορίες στην στην « Εφ.Συν. » οι σφαίρες τραυμάτισαν άλλους δύο πρόσφυγες ή μετανάστες που βρίσκονταν μαζί με τον Μουχάμαντ, έναν στο κεφάλι και έναν στο πόδι.

    Συνολικά οι τραυματίες του τραγικού περιστατικού, που νοσηλεύτηκαν, εισήχθησαν στο νοσοκομείο της Αδριανούπολης ήταν πέντε. Πληροφορίες αναφέρουν ότι έχουν εμφανιστεί χιλιάδες τραυματίες από βίαιες επιχειρήσεις επαναπροώθησης στα σύνορα, χτυπημένοι με ρόπαλα ή κλομπ, συχνά χωρίς τα ρούχα τους και χωρίς τα υπάρχοντά τους, ενώ υπάρχουν καταγγελίες για βιασμούς γυναικών και ανδρών.

    Από την ελληνική πλευρά

    Όπως έγραφε η « Εφ.Συν. » (« Ο κ. Πέτσας δεν βλέπει νεκρούς, τραυματίες και τάγματα εφόδου. Βλέπει μόνο προβοκάτσιες », 6 Μαρτίου 2020), την ύπαρξη δεύτερου νεκρού είχε δημοσιοποιήσει ο βρετανικός τηλεοπτικός σταθμός Channel 4, δημοσιοποιώντας συνεντεύξεις με πρόσφυγες και μετανάστες που νοσηλεύονταν στο νοσοκομείο της Αδριανούπολης, τραυματισμένοι στο ίδιο περιστατικό, ενώ δημοσιοποιούσε και βίντεο από τη μεταφορά των τραυματιών.

    Το βράδυ του Σαββάτου, έγινε γνωστό το όνομα του νεκρού από ανάρτηση στο Facebook της πρώην κατάληψης φιλοξενίας προσφύγων City Plaza. Για τους ανθρώπους της κατάληψης, που αναγνώρισαν το όνομα και τη φωτογραφία του νεκρού από το ρεπορτάζ του τηλεοπτικού σταθμού SKY News, ήταν ο Μουχάμαντ από το 611, το νούμερο του δωματίου του κατειλημμένου ξενοδοχείου, στο οποίο έμενε πριν από περίπου τρία χρόνια. « Πυροβολήθηκε, απλά και μόνο επειδή είναι μετανάστης. Ενας αθώος άνθρωπος που πάλευε να ζήσει σαν άνθρωπος και που τον ονόμασαν “εχθρό” και “εισβολέα” της Ευρώπης. Ενας άμαχος πολίτης που του έριξαν σαν να ’ταν ζώο. Η σφαίρα που τον σκότωσε βγήκε απ’ την κάννη στην ελληνική πλευρά. Από ένα όπλο που σημάδευε μια στον ουρανό και μια σ’ αυτούς που περνούσαν τα σύνορα –ήταν συνοροφύλακας ; μια “πολιτοφυλακή εθελοντών” ; κάποιος Ελληνας ή Ευρωπαίος φασίστας ; ’Η ήταν ένας νεαρός φαντάρος που πήρε εντολή χρήσης πραγματικών πυρών ; », σημειώνουν στην ανάρτηση.

    Στο ρεπορτάζ του Sky News απεικονίζεται μια σφαίρα, που μένει να φανεί από τη βαλλιστική εξέταση από τι όπλο προήλθε, όπως και η μεταφορά του χτυπημένου Μουχάμαντ από άλλους πρόσφυγες μέσα σε κουβέρτα –αυτοσχέδιο φορείο, λίγο μετά το τραγικό περιστατικό, και η γυναίκα του Μουχάμαντ, η οποία κλαίει απαρηγόρητη έξω από το νοσοκομείο της Αδριανούπολης. Ήταν μπροστά την ώρα που έπεφτε χτυπημένος ο σύζυγός της από σφαίρες, που τραυμάτισαν άλλους πέντε και που πέρασαν ξυστά και από την ίδια, όπως σημειώνει το Κέντρο. Η γυναίκα του Μουχάμαντ περιμένει τα αποτελέσματα της αυτοψίας και της ιατροδικαστικής εξέτασης.

    Οι πληροφορίες αναφέρουν ότι ο Μουχάμαντ πήγε από την Ελλάδα στο Πακιστάν για να παντρευτεί. Το νιόπαντρο ζεύγος ταξίδεψε στο Ιράν και από κει στην Κωνσταντινούπολη, όπου την περασμένη εβδομάδα άκουσαν ότι έχουν ανοίξει τα ελληνοτουρκικά σύνορα και κατευθύνθηκαν εκεί για να περάσουν.

    https://www.efsyn.gr/ellada/koinonia/234353_ki-alli-sfaira-stin-kardia-metanasti

    –----

    Et un message de l’ancien squat City Plaza, reçu par email le 10.03.2020 :

    Un adieu à notre ami Muhamad Gulzar, tué à la frontière d’Evros

    La rumeur d’un deuxième réfugié tué aux frontières, s’est répandue il y a trois jours. Comment imaginer qu’il puisse s’agir de notre ami ? Comment cela a-t-il pu se produire ? Et hier les premiers messages. Sa femme, apparaissant dans un reportage de Sky News. Une prise lointaine, à l’extérieur de l’hôpital, en pleurs et en deuil. C’est par elle que nous avons appris que Muhamad a franchi une nouvelle fois les frontières, cette fois-ci de la Grèce à la Turquie et de nouveau au Pakistan. Pour l’emmener et être ensemble.

    Mercredi dernier, dans la matinée, notre ami Muhamad, notre Muhamad de la chambre 611, a été abattu simplement parce qu’il était un migrant. Un homme en lutte, un innocent, déclaré « ennemi » et « envahisseur » de l’Europe. Un civil abattu comme un animal sauvage.

    La balle est sortie d’un pistolet du côté grec, ... était-ce la police des frontières, une milice, un volontaire fasciste grec ou étranger ou était-ce un jeune soldat à qui le gouvernement avait ordonné d’utiliser des « balles réelles » ?

    Le gouvernement a dit que c’était des fausses nouvelles et de la propagande turque. La veille, le commissaire européen a déclaré que le gouvernement grec faisait ce qu’il fallait, il agit comme un « bouclier de l’Europe ».

    Nous, amis de #Muhamad_Gulzar, qui l’avons rencontré dans l’hôtel squatté City Plaza à Athènes il y a trois ans, nous disons que notre frère a été assassiné. Nous ne pouvons pas trouver le véritable meurtrier, mais nous savons qui est responsable. Nous ne pouvons pas savoir qui portait l’arme, mais nous savons que Mohammed a été tué par une balle tirée d’un fusil, qui pointait une fois en l’air et une autre fois vers les gens qui couraient, dans une chasse à l’homme honteuse aux frontières de l’Europe en 2020.

    Muhamad, pour toi, pour ta femme et ta famille, pour nous tous et pour les enfants qui vont naître. Pour tous les peuples, quelles que soient leur nationalité, leur couleur de peau et leur religion, nous disons que nous allons lutter davantage et que nous allons nous battre plus durement. Nous vaincrons la barbarie qui se répand si vite dans le monde. Et nous nous souviendrons de vous en train de courir librement au-delà des frontières sanglantes. En Grèce, en Turquie, en Europe et partout dans le monde, partout où les gens luttent pour une vie meilleure, sans guerre et sans racisme, sans oppression et sans humiliation des peuples.

    Vos amis et camarades de l’ancien squat City Plaza, à Athènes !

    #morts #décès #mourir_aux_frontières #asile #migrations #réfugiés

    Ajouté à cette métaliste des morts dans l’Evros :
    https://seenthis.net/messages/830045

    • The Killing of a Migrant at the Greek-Turkish Border

      On March 4, Pakistan national #Muhammad_Gulzar was shot and killed at the Greek-Turkish border. Evidence overwhelmingly suggests that the bullet came from a Greek firearm. An investigation into the tragedy at the edge of Europe.

      The land border between Greece and Turkey is 212 kilometers long, with most of it running along the Maritsa River. There’s just one segment in the north where an 11-kilometer stretch of border fence runs between the two countries near Karaağaç.

      In early March, just before the coronavirus took over the news cycle, this fence was the focus of headlines around the world.

      On that early spring day, thousands of migrants were crowding the Turkish side of the border, while on the Greek side, security forces had taken up their positions. The acrid odor of tear gas filled the air and helicopters circled the area. People were shouting back and forth.

      Muhammad Gulzar, 42, hadn’t slept well the night before, his wife Saba Khan, 38, would later recall, and he woke up hungry on March 4. Khan would have preferred, that morning, to return to Istanbul, from where the couple had started their journey in the hopes of making it to Europe. But Gulzar had talked his wife into making one final attempt to get across the fence. A short time later, Gulzar was dead, struck by a bullet in the chest.

      Muhammad Gulzar and Saba Khan, both from Pakistan, had only recently got married, on Jan. 21. Just a few days after the shooting, Khan was sitting in a restaurant in Istanbul, her face buried in her hands. On her wrist was the watch that her husband had given her. Khan was in a state of deep desperation, wondering if Muhammad might still be alive if she had insisted on turning around and going back.

      The deadly incident that unfolded in the first week of March along the border between Turkey and Greece has long since dropped out of the international headlines. Khan, though, can’t put it behind her - nor can the other families who lost relatives in those chaotic March days. At least two people died trying to cross the border into Greece, and dozens were injured, some seriously. And to this day, it still isn’t entirely clear who bears responsibility.

      A propaganda war over the incident has broken out between Turkey and Greece. Turkish President Recep Tayyip Erdoğan alleges that Greek security forces deliberately fired on the migrants, while the Greek government denies all such claims.

      DER SPIEGEL

      DER SPIEGEL reporters spent weeks reporting on both sides of the border, together with the research teams Forensic Architecture, Lighthouse Reports and Bellingcat. The reporters interviewed two dozen witnesses, including refugees, border guards, politicians and doctors. They also reviewed official documents, including Muhammad Gulzar’s autopsy report, and evaluated more than 100 videos and photos taken by migrants at the border.

      The findings of the reporting contradict the official versions, especially – on decisive points – the Greek account. Muhammad Gulzar’s death may well have been an accident, but it was a predictable accident. A reconstruction of the events surrounding his March 4 death reads as though both sides were eager to escalate the situation.
      BLACKMAIL

      On Feb. 27, Russian fighter jets are believed to have killed at least 33 Turkish soldiers in an attack on military posts in the Syrian province of Idlib. The Turkish authorities blocked both Facebook and Twitter, but they were unable to suppress news about the deaths for long. In response to the incident, Erdoğan convened a crisis meeting, which ended with a surprising decision: Turkey would be opening its border to Europe.

      That border had been closed ever since the EU and Turkey had agreed to a pact years earlier that would sharply reduce the number of refugees making their way north to Europe. And by publicly breaching that deal, Erdoğan was likely seeking to distract from the problems his military was having in Syria, while at the same time blackmailing the Europeans for more money to care for the large numbers of refugees in Turkey. And the gambit seemed to have had the desired effect: Over the course of the next few days, there was little talk about the Turkish losses in Idlib.

      At the height of the refugee crisis in 2015, the bus station in Istanbul’s Aksaray neighborhood served as a hub for migrants making their way to Europe, and now, refugees were once again boarding buses at the site. The news had spread on Facebook and WhatsApp that the gates to Europe had reopened, and more than 10,000 migrants had decided to see for themselves. In some instances, the Turkish authorities even chartered buses to transport migrants to the border.

      Pakistan national Gulzar and his wife were among those who took a bus from Istanbul to the border. It wasn’t the first time that Gulzar had traveled to Europe. In 2007, he had made his way to Greece, where he ended up working for years – most of the time with a "tolerated” status from the immigration authorities. He was initially on his own, but was later joined by his oldest son. His wife at the time and four children remained in Pakistan. Gulzar repaired fireplaces in Greek homes, with his last boss, Nikolaos Tzokanis, describing him as honest and hard-working.

      Things were going well professionally for Gulzar, but privately, something was amiss. He was married, but his true love, Saba Khan, lived in Pakistan, so he decided to separate from his wife and move back to Pakistan to marry Khan. Tzokanis says he asked Gulzar to wait until Khan received an official entry permit before returning to Greece. But that would have taken months and they didn’t want to wait that long. He says Gulzar told him: "I’ve made it to Europe before. I can do it again.”

      Gulzar flew from Greece to Pakistan, where he and Khan married on Jan. 21, and a few days later, the newlyweds traveled to Turkey via Iran. They had big plans for their future in Greece: Khan wanted to work as a hairdresser and maybe even open up her own beauty salon. The only thing standing in their way were the Greek border guards.

      Kyriakos Mitsotakis had only been prime minister of Greece for nine months, but the refugee crisis was already overshadowing his tenure. Migrants were living in overcrowded camps on the Greek islands and there had been repeated instances of violence against them. Mitsotakis was well aware that the asylum system would collapse for good if the number of refugees was to rise sharply. But that’s exactly what was in store now that Erdoğan had reopened the border.

      Facing this dilemma, Mitsotakis suspended the right of asylum on March 1 for one month, a move lawyers would later deem illegal. He also dispatched 1,000 soldiers and 1,000 police officers to the north.
      THE BATTLEFIELD

      Gulzar and Khan believed Erdoğan’s claim that the border had been opened. But when they arrived at Pazarkule, it was like a battlefield. Thousands of people were camping outdoors while Greek security forces were firing tear gas and water cannons.

      Khan says they never would have boarded the bus had they known what was awaiting them at the border, adding that they would have tried to get to a Greek island by boat instead. But now they were stuck at the border area. To keep pressure on the Europeans, Turkish gendarmes even prevented refugees from returning to Istanbul from Pazarkule.

      The migrants grew increasingly desperate as a result, with some throwing rocks at Greek border guards. The BND, Germany’s foreign intelligence service, believes that Turkish agents mixed in with the crowds to exacerbate the situation. The Greeks clearly sought to keep the onslaught at bay – and not just with water cannons and tear gas. Several refugees told DER SPIEGEL that they had been shot at by Greek security forces.

      One Syrian said his wife has been missing since Greek border guards stopped the family from crossing the Maritsa River. He claims that Greek officers fired at him several times and forcibly separated him from his wife. Another Syrian man, Mohammad al-Arab, died on March 2 along the Maritsa, more than 80 kilometers south of the Pazarkule border post. The research agency Forensic Architecture has determined through video analysis that al-Arab was shot. Two witnesses claim it was Greek soldiers who opened fire on him.

      European Commission President Ursula von der Leyen traveled to the crisis area on March 3. For the first time in four years, the EU could no longer rely on Erdoğan to stop the refugees, and Greece, in the words of von der Leyen had become Europe’s "shield.” She made no mention of the accusations of violence against Greek security forces.

      Elias Tzimitras always gets called in when there’s danger. He’s part of a Greek armed forces special unit that the military leadership had deployed at the Greek-Turkish border. The Greek security forces were organized in two lines: On the front line were the police officers with shields, batons and pistols, while behind them were soldiers with semi-automatic rifles. Tzimitras and his men.

      As an officer, Tzimitras is forbidden from speaking to the media. As such, we have decided to keep secret his real name, rank and the name of his unit. Tzimitras reports that the situation at the border was extremely tense. He and his colleagues feared they might get kidnapped and said that some of the migrants were also armed. Tzimitras and his comrades worked in day shifts and night shifts, and they were constantly subjected to provocations by Turkish soldiers, Tzimitras says.

      The government in Athens has denied that Greek security forces used live ammunition. Tzimitras, however, disputes such claims. "We fired both blanks and live ammunition,” he says. But he claims they were only warning shots into the air or the ground. Authorization to do so, he says, came from the military leadership.

      Videos that have been evaluated by the forensics experts also prove that shots were fired with live ammunition on March 4. One video filmed on the Turkish side of the border and shown by Turkish state broadcaster TRT shows a fire at the border fence. Then shots ring out and a young man collapses.

      The man filming the blurred images shouts in English: "Gunfire from the Greece army … I have seen someone who is shot.” Migrants can be seen fleeing from the fence, and a little later, men appear behind the fire at the fence – apparently Greek soldiers.

      In a video from the Greek side, the same sequence of shots can be found. Two Greeks can be heard talking to each other off camera. “They aimed”, the first person says in it. “They aimed,” the second person confirms. "That’s the only way …”

      In the video, the characteristic sounds of live ammunition can be heard: first a crack produced by the shock wave of the projectile followed by the sound of the muzzle blast. With blanks, you would only hear the muzzle blast. Steven Beck, an American weapons expert who reviewed the footage, is certain that the shots that can be heard in the video are live ammunition. According to his analysis, the intervals between the shots indicate it was a semi-automatic weapon. He believes the shooter was standing around 40 to 60 meters away from the camera. In all the available videos, it is only on the Greek side that individuals can be seen standing within a radius of 60 meters and carrying such weapons.
      THE SHOT

      When Gulzar and Khan woke up after a restless night, the first altercations had already broken out at the border post and the air was full of tear gas. Khan could barely breathe.

      That day, Gulzar wore a black jacket, a pair of blue jeans with holes and black, ankle-high boots with a zipper. He took his wife’s hand and they marched toward the fence together. "Do not attempt to cross the border,” Greek border guards warned over a loudspeaker. Khan watched as a man cut a hole in the fence just a few meters away from them. Some of the migrants used bolt cutters, which the Turkish gendarmes likely supplied.

      The Greek soldiers stood parallel to the fence, with a few meters between them. They wore face masks and carried semi-automatic rifles. Shots could be heard every few minutes, including from semi-automatic weapons. But the men continue trying to break through the fence. A group of migrants carried the first injured person away, the man holding the left side of his face with his arm. The migrants placed his legs in a blanket to make it easier to carry him. When they reached the road, they put the injured man in a Turkish ambulance.

      Gulzar and Khan weren’t far from the border fence. Gulzar spoke to the security forces in Greek and had just turned away, Khan says, when the fatal shot was fired. Her husband collapsed with his hand on his chest. "Get up,” she screamed at him, "get up!”

      "The shot definitely came from the Greek side,” Khan says. She says she barely missed getting shot in the foot.

      In the video, you can see people rushing to the injured Gulzar. His face is covered, but the zippered boots, the pattern of the torn blue jeans and the black jacket leave no doubt that it is Gulzar who is lying there on the ground.

      “They killed him, lift him up!” the migrants shouted in Arabic. They pulled him up by his shirt and jacket, running as they carried Gulzar toward the street to the ambulance.

      DER SPIEGEL spoke with two of the migrants who filmed the events that day. Both claim that Gulzar was shot and killed by the Greeks. One of the men, named Sobhi, says that a soldier shot Gulzar with an assault rifle. He can be seen in a video shortly after the incident. He says: "There’s a Pakistani who’s been shot in the shoulder with live ammunition. At the fence. The ambulance just took him away.”

      Images from the Greek television station Skai TV show Greek soldiers along the fence near the place where Gulzar was shot and killed. They are carrying FN Minimi, M4 and M16 semi-automatic weapons, which fire 5.56-millimeter caliber bullets. According to the autopsy report of the Istanbul Institute of Forensic Medicine, which DER SPIEGEL has obtained, it is precisely one of these bullets that was found inside Gulzar’s body.

      The rattle of automatic weapons never seemed to stop on that day. Mobile phone cameras captured the sound, and more migrants started filming. Some fled the fence area in panic. Within four minutes, four injured men were carried away. Fourteen minutes later, a fifth was taken away. Some suffered from gunfire wounds.

      One of the injured can be identified beyond any doubt. His name is Mohammad Hantou. Videos show him stumbling across the field, holding his head with one hand. When he falls down, other men help him up and support him.

      DER SPIEGEL met with Hantou at the hospital at Edirne one day later. His brother Riad was with him, and Hantou had a bandage on his right ear. Two pieces of shot from a shotgun struck him there, one of them destroying a bone behind his ear, he says. That’s what the doctors told him. Hantou is certain that Greek security forces fired on him that day.

      The university hospital in Edirne is located only 14 kilometers from the border post. Gulzar arrived at the hospital’s emergency room a half hour after he was shot and the doctors tried in vain to reanimate him. They declared him dead 45 minutes later.

      When Saba Khan received the news, she collapsed on the sidewalk next to the hospital, as can be seen in a video shot by a CNN camera team. It shows Khan sobbing, screaming and banging her head against a car repeatedly. She will say later that she believed right to the very end that Gulzar would survive.

      When contacted by DER SPIEGEL for a statement, the Greek government rejected all the accusations, dismissing them as "Turkish propaganda.” Greece has the "right to protect its borders,” the government said in a written statement.

      The European Union member states have been tightening their migration policies since 2015 and they have ceased conducting rescue missions in the Mediterranean, but Gulzar’s death nonetheless marks a turning point. In his case, border guards not only failed to help – in all likelihood, they themselves were the ones who killed him.

      It’s quite possible that Gulzar was shot accidentally, that he was hit by a ricochet. But it is also the responsibility of the authorities to determine exactly what happened. By dismissing all reports on the attacks against migrants as fake news, however, the Greek government is making it impossible to uncover all the facts.

      https://www.spiegel.de/international/europe/greek-turkish-border-the-killing-of-muhammad-gulzar-a-7652ff68-8959-4e0d-910

    • Migrante morto al confine con la Turchia, hanno sparato i militari greci?

      Dopo un’indagine giornalistica, cento europarlamentari hanno chiesto alla Commissione europea di investigare sulla morte di Muhammad Gulzar, migrante morto lo scorso 4 marzo mentre tentava di attraversare il confine greco-turco. Francesco Martino (OBCT) per il GR di Radio Capodistria [17 maggio 2020]

      I militari greci sono “probabilmente” responsabili della morte del pakistano Muhammad Gulzar, morto a inizio marzo mentre insieme ad altre migliaia di persone tentava di attraversare il confine greco dalla vicina Turchia. E’ questo il risultato di un’articolata indagine collettiva che vede tra i suoi protagonisti il settimanale tedesco Spiegel e il sito di giornalismo investigativo Bellingcat.

      I giornalisti, attraverso lo studio di materiale video e il confronto con testimoni diretti, sono arrivati alla conclusione che il ferimento di almeno sette persone, tra cui Gulzar, che poi è deceduto, è con tutta probabilità conseguenza dell’esplosione di proiettili veri da parte dei militari greci a guardia della frontiera, ed hanno chiesto l’apertura di un’inchiesta giudiziaria per accertare la verità.

      Una richiesta fatta propria anche da cento eurodeputati, che con una lettera alla presidente della Commissione europea, hanno domandato indagini approfondite, anche se le autorità greche continuano a rigettare ogni accusa, e hanno più volte parlato di “fake news” gestite dal governo turco.

      La morte di Gulzar è avvenuta dopo che Ankara ha fine febbraio ha aperto le sue frontiere verso l’UE, denunciando gli accordi sulla gestione delle migrazioni firmati con Bruxelles nel 2016: dopo l’annuncio, migliaia di migranti si sono ammassati alla frontiera greca per tentare di attraversarla con il supporto attivo delle autorità turche, mentre Atene ha schierato anche l’esercito per bloccare ogni ingresso.

      La crisi è rientrata solo dopo lo scoppiare dell’epidemia di COVID19, che ha convinto la Turchia a riaccompagnare i migranti verso i centri d’accoglienza sul proprio territorio.

      https://www.balcanicaucaso.org/Media/Multimedia/Migrante-morto-al-confine-con-la-Turchia-hanno-sparato-i-militari-gr

  • Mi smo tu / Noi siamo qui : sul confine tra l’Isonzo e la Balkan route

    Questo post nasce dopo un’escursione sul #Carso triestino seguendo i sentieri percorsi dai migranti. A spingerci la retorica sull’invasione e le continue richieste di provvedimenti straordinari e strumenti tecnologici (ultimo caso, l’ipotetico ricorso alle fototrappole) a fare da argine ai passaggi di persone attraverso i confini.

    Nel frattempo l’escalation di violenza di questi giorni – caratterizzata dall’ipocrisia della faccia moderata dell’Unione europea, più fascista dei fasci stessi, come abbiamo visto in Grecia dove del resto anche i fascisti sono impegnati, Alba dorata in testa, nella caccia al migrante – ha spostato su un piano se possibile ancora più deteriore e repressiva la politica verso i migranti.

    È domenica mattina, il cielo è coperto e noi quattro stiamo per percorrere una delle tratte finali della “Balkan Route” al contrario. Attraverseremo la frontiera dal bosco, perché oggi noi possiamo farlo. Cammineremo un passo dopo l’altro lungo una delle vie di entrata in Europa su cui hanno mosso i loro passi migliaia di persone in fuga da guerre, violenza, repressione politica, o semplicemente in cammino, vive, con lo sguardo aperto verso ciò che verrà.
    “Quando senti parlare del Carso ti immagini un territorio lunare, un cumulo di pietre scaricato dagli dei sulla terra Kras”, dice Davide, che del Carso conosce ogni piega, ogni pietra, sentiero e anfratto. E ogni singolo accento della lingua locale, che è anche la sua.

    Il Carso terreno duro, aspro, a tratti gentile. Un territorio brutalmente lacerato dalle XII battaglie dell’Isonzo e poi dalla Seconda guerra mondiale che ha lasciato molte ferite aperte. Alcune come in questi giorni si riaprono nel giorno in cui i fascisti carnefici si mascherano da vittime. Una striscia di terra, questa, che ha dato aiuto alla resistenza partigiana, quella che da est ha liberato queste terre dal nazifascismo affermando: “Mi smo tu” (noi siamo qui), come riecheggia in un inno dei partigiani del Litorale che viene tuttora cantato ogni anno alla Risiera di San Sabba il 25 aprile.

    Una terra divisa in due da un confine invisibile, alberi e rocce calcaree, taglienti come lame, prati e voragini che si aprono all’improvviso, fiumi sotterranei che continuano per chilometri unendo un territorio che la politica ha diviso e continua a farlo. Un frontiera invisibile che riprende forma con le resistenze di oggi, quelle dei migranti che attraversano questi boschi e camminano su queste pietre, le stesse su cui camminiamo noi, respirando libertà.

    Le prime vittime del “viaggio” di cui possiamo ricordarci risalgono agli anni Settanta. Morirono in tre. Congelati sulle pietre del gelido Carso. Trovarono pace grazie al sindaco partigiano che di morti in cerca di libertà ne aveva visti molti.
    Una storia ormai molto lontana, ma qui si continua a passare, sperare, morire… L’ultima delle vittime è caduta poche settimane fa, all’alba del primo giorno di questi anni Venti. Si tratta di Sid Ahmed Bendisari, precipitato da venti metri di altezza in fondo ad un burrone sotto il monte Carso poco distante dal castello di San Servolo. Un errore nel percorso, la stanchezza, forse un inciampo e scivola giù. Avrebbe compiuto trent’anni il prossimo 8 novembre. Impossibile trovare il suo nome sulla stampa nella consueta damnatio memorie riservata alle morti dei migranti. Morte di un padre. Sua moglie era con lui. Loro figlio attendeva ad Aïn Témouchent in Algeria a neanche trecento chilometri da Melilla, Spagna, Europa. Per tentare di raggiungerla sua mamma e suo papà dopo aver attraversato il nord Africa hanno proseguito il viaggio fino alla Turchia, quindi ai Balcani e quindi la morte a Trieste in una sorta di circumnavigazione terrestre del Mediterraneo per evitare un muro.

    *

    Vogliamo cercare di capirne qualcosa di più, per questo ci siamo detti, la cosa migliore è andare, muovere i nostri passi tra questi boschi e queste rocce. La nostra storia parte a pochi chilometri da Trieste, da Boršt, tradotto, chissà perché, Sant’Antonio in Bosco, frazione del comune di Dolina, San Dorligo della Valle come era stato goffamente italianizzato. In una giornata uggiosa di inizio febbraio ci avventuriamo nella landa carsica avvelenata dai nuvoloni neri che come ogni anno imperversano sopra Bazovica/Basovizza il 10 del mese. Questo febbraio, come non accadeva da almeno trent’anni, nazionalisti e ultradestra hanno perfino organizzato, senza nessuno che vi si opponesse come in passato, un corteo per le vie del paese: un reflusso di putrefazione e morte aliene alla terra che calpestiamo.

    Ci incamminiamo – Elena, Alessandro, Luca e Davide – percorrendo una delle vie dove i migranti sognano la libertà ma molto spesso cadono nelle trappole della paranoia creata dai politicanti per avere un consenso politico. Tutto qui si trasforma in futuri voti per il lato marcio della nostra società, i politici saldamente ancorati sulle loro sedie e quelli che da loro si aspettano dei favori.
    Il Carso di oggi è un misto di elementi diversi non solo umani: animali, vegetali e perfino minerali qui convivono senza l’assurda pretesa di affermare “questo è il mio territorio”, cosa che noi bipedi pensanti non capiremo mai. Nel bosco ci sono diverse varietà: querce, frassini, carpini e pini.

    E proprio il pino nero, ci diciamo, è un migrante della prima ora: piantato centinaia di anni fa per il rimboschimento del Carso e non autoctono, ora guardalo, come si trova a proprio agio in un territorio che nel bene o nel male lo ha ospitato. Sul pino nero le processionarie nidificano per poi liberare dei bruchi che in fila partono alla ricerca di un rifugio dove trasformarsi. Il loro incolonnamento ci fa pensare alla storia di queste terre, alle guardie di confine che si notavano durante la Guerra fredda, su e giù tra i boschi. Ora i migranti, anche loro in fila, per non perdersi, nella boscaglia e su questo terreno impervio. Dei confini di allora rimangono solo dei cartelloni tra gli alberi che avvertono la fine di uno stato e l’inizio di un altro. Era un territorio libero dalle ideologie e nazionalismi che in questi giorni vengono rimarcati nel giorno del vittimismo fascista, quello che ha lacerato con odio e intolleranza per sempre queste terre.

    Ci guardiamo un po’ in giro per scovare le fototrappole tanto sbandierate dai gerarchi leghisti, uno dei motivi per cui ci siamo messi in cammino. Non ne troviamo traccia delle scatole malefiche, che non verranno mai usate contro chi getta rifiuti nei boschi. Di rifiuti, purtroppo, ce ne sono in abbondanza. Chissà se chi li ha lasciati poi nelle città predica il decoro, chissà se si indigna per quelle due cose abbandonate dai migranti in fuga da guerre e fame.
    Nel grigiore dell’inverno che non c’è si notano le postazioni dei cacciatori, quelli che non accettano animali e mal sopportano i forestieri in cerca di pace, diventando i nuovi guardiani del confine nei tempi della evocata caccia ai migranti. Ne incontriamo un paio con il cane al guinzaglio. Ci guardano in maniera diffidente, sembrano non accettare le nostre ombre e il nostro cane che corre libero intontito dagli odori della natura e per nulla interessato alle regole di noi umani.

    Con passo lento si continua sulla strada del ritorno e all’arrivo davanti ad una birra ci confrontiamo su una giornata decisamente molotov.

    *

    Andando il corpo si attiva, e si attivano pensieri e riflessioni che condividiamo tra noi. Alessandro raccoglie le voci, vede le tracce, ascolta i racconti di chi attraversa l’altipiano, lui che vive qui, nella sua casa in pietra lontana dal traffico della città. È lui a guidarci nella ricostruzione di queste due storie, mentre camminiamo.

    Molti anni fa, 47 per la precisione. Sera del 12 novembre, anno 1973. Bora forte e novembre freddo – una volta era così! – in località Boršt/Sant’Antonio in Bosco, pochi chilometri da Trieste e altrettanti dal ciglione carsico con relativo confine. Cinque persone provenienti dal Mali bussano alla porta di una casa ai margini del paese. Erano arrivati in aereo a Spalato, poi in bus sino a Fiume. Volevano raggiungere Venezia, per poi recarsi in Francia, con la promessa di un lavoro, in nero si scoprirà in seguito.
    Qualcuno disse che dietro a tutto questo poteva esserci un’organizzazione che gestiva un traffico illegale di potenziali lavoratori da sistemare in Europa, le indagini successive non hanno portato a niente di rilevante. In ogni caso, qualcosa deve essere andato storto ai cinque ragazzi, forse non erano riusciti ad avere un visto, non lo sappiamo. Di certo erano in Jugoslavia, e per muoversi da li rimaneva come unica soluzione quella di andare a piedi a correggere la fortuna, verso un sogno occidentale. Erano a piedi quando arrivarono a Boršt, bussarono a una porta, avevano fame e freddo, molto freddo. Ma nessuno gli aprì.
    I cinque trascorsero la notte nei paraggi del casello ferroviario in disuso. Tre persone su cinque morirono assiderate, una persona seppur in gravi condizioni riuscì a salvarsi, mentre un’altra riuscì a richiamare l’attenzione di un abitante del luogo.
    Arrivarono i soccorsi, troppo tardi purtroppo. Persero la vita #Seydou_Dembele, anni 22, #Mamdor_Niakhate, anni 19, e #Diambou_Lassana, anni 27. Dopo quasi un mese venne ritrovato un altro corpo, quello di #Djibi_Somaili, anni 25; lui veniva dalla Mauritania.

    Si fanno molte supposizioni circa la loro presenza e la loro morte, alla fine la realtà emerge nuda e cruda, sono morti per assideramento. E per fame.
    La comunità del luogo rimase molto colpita, il piccolo paese di Boršt/Sant’Antonio in Bosco, fa parte del comune di San Dorligo, non del comune di Trieste, e nella tragedia di quel freddo inverno la piccola comunità si è stretta attorno a quei poveri migranti in fuga per una vita migliore donandogli pace nel cimitero del paese.
    Un paese che, già prima della Seconda guerra mondiale, ha conosciuto i valori della fratellanza e della solidarietà: qui è nato Drago Žerjal tra i fondatori nel 1927 della triestina Borba (Lotta in sloveno), organizzazione che aveva come obiettivo la “lotta senza compromessi contro il fascismo e per l’annessione del Litorale e dell’Istria alla Jugoslavia”.
    Si decide allora di procedere ad una sepoltura delle quattro persone nel piccolo cimitero del paese, in un luogo dello stesso cimitero esposto al sole, dove ogni anno vengono ricordati e commemorati.
    Partecipano in tanti al funerale, in pratica l’intera comunità e le tombe sono sempre curate e ricoperte di fiori freschi, su una lapide un braccialetto africano messo di recente. Oltre il muro di quel cimitero si vedono il monte Carso e, dall’altro lato, il mare.

    Ci guardiamo, non si sa se siamo più tristi o incazzati. Una disgrazia quella di Boršt: il freddo, la notte e la paura forse l’hanno generata. Chissà chi c’era dietro a quella porta che non è stata aperta. Forse una parte di ciascuna e ciascuno di noi.

    La seconda ricostruzione ci porta indietro solo di qualche settimana da oggi, al primo gennaio, anno bisesto 2020. È sempre Alessandro a parlare. Un uomo percorre a piedi, da solo, ci dice, la strada che dai pressi del Castello di San Servolo, sul confine tra Slovenia e Italia, porta alla stazione centrale ferroviaria di Trieste. Non so quanto sia la distanza in chilometri, so che è lunga, in particolar modo per chi viene da lontano e di questi luoghi non conosce niente. Non so se sia arrivato di corsa, quante strade abbia sbagliato, quante voci lo abbiano ignorato. Quanta forza e rabbia abbia avuto dentro sé.
    Entra in un bar, uno all’interno conosce il suo dialetto e capisce. Chiede aiuto, dice che un uomo, un suo amico, è precipitato nel vuoto “in montagna”. Per fortuna gli credono, lo caricano in macchina e lui li porta nel posto dove tutto questo si è verificato, su uno dei ciglioni della Val Rosandra.
    Poche ore prima, sul far del mattino, mentre tanti ancora dormivano per i fasti della nottata di Capodanno, un uomo di 29 anni, stava attraversando il confine assieme alla moglie di 27 anni e un amico, non conoscendo affatto la conformità del terreno carsico e il territorio circostante. Vengono dall’Algeria, sono arrivati qui attraverso la rotta balcanica e non passando per Gibilterra, più vicina al suo paese ma presidiata oltremodo per impedire il passaggio dei migranti.
    Hanno un figlio di 6 mesi, rimasto con i nonni in Algeria. La maggior parte dei migranti arriva attraverso la rotta balcanica partendo dal Pakistan, dall’Afghanistan e dall’Algeria.
    A pochi metri dalla moglie, all’improvviso, l’uomo scivola in un dirupo, venti metri più in basso. Impossibile raggiungerlo e cercare di dargli aiuto. L’amico poco distante dal luogo della tragedia non esita e si lancia in discesa senza sapere dove andare, verso un paese, in cerca di aiuto.
    Quando arrivano i soccorsi, il Soccorso Alpino di Trieste e i Vigili del Fuoco, per il giovane migrante non c’è più niente da fare. La moglie, in evidente e comprensibile stato di choc, sarà assistita dalla Caritas Diocesana di Trieste e richiederà asilo politico in Italia.
    Quanta strada hanno percorso viaggiando a piedi tra deserti, attraversando mari, rischiando in ogni giorno la vita nell’attraversare frontiere spesso invisibili senza capire dove realmente sarebbero arrivati. Quanti di noi sarebbero disposti a fare qualcosa del genere in cerca di un posto dove poter vivere liberi. Loro lo hanno fatto. Erano vicini alla meta, una meta alta venti ripidi metri di roccia calcarea. Nessuna targa, nessun ricordo per loro.

    In questo presente rosso sangue, non potevano mancare “i migliori”. La notizia di questa tragedia, data in pasto nei ritrovi delle carogne, metteva in luce quello che possiamo poi osservare ogni giorno, purtroppo, con commenti di questo genere:

    Niente ferie per i coglioni con tastiera, nessuna pausa per i cervelli in pausa. Poi fa niente se non venivano dal Marocco, fa niente se il reddito di cittadinanza non ci azzecca per un cazzo.

    *

    La zona della Val Rosandra è una delle tante vie di accesso che dalla Slovenia scendono verso Trieste e i suoi mezzi di trasporto, verso Milano o ancora oltre verso la Germania, la Francia e il resto d’Europa. Non è raro trovare mucchi di abiti, zaini, sacchi a pelo, documenti nei sentieri della Valle, battuti anche dalle centinaia di turisti e camminatori delle domeniche fuori porta. Da Draga a Boršt, nei pressi delle falesie dove arrampicava Comici, si snoda un nuovo crocevia di sentieri verso la speranza di un avvenire.

    Va a periodi, dipende anche dal tempo, se piove è più probabile, ci dice Alessandro. Nei mesi estivi di pomeriggio, nei mesi freddi al mattino. Non sono statistiche provate, è la mia esperienza. Passano anche quando tira vento forte, e la gente di norma sta chiusa in casa.

    Li incontro spesso, passano in pratica davanti casa. Non sono mai soli, generalmente in gruppi da 5 a 10 persone. Finora tra le persone che ho incontrato c’erano solamente uomini, anche se sarebbe più corretto definirli ragazzi. Non hanno in genere, credo, più di 20 anni, molti direi erano minori, anche se l’idea di minore per noi non coincide con quella dei paesi da dove provengono.
    Come siano potuti arrivare al confine che non c’è, quello tra Slovenia e Italia, non lo so e nemmeno ho mai pensato di chiederglielo. Non avrebbe senso e perché poi dovrebbero dirlo proprio a me.
    Non è poi così complicato parlare con alcuni di loro, superata una prima, doverosa, diffidenza. Non chiedono nulla, e non si aspettano nulla da noi “locali”. Di solito almeno uno in ciascun gruppo parla l’ inglese, e così può iniziare un dialogo per loro insperato.
    Non vogliono né acqua né cibo; non hanno nulla, né borse né zaini. Chiedono soltanto come arrivare alla stazione ferroviaria, ma non sanno esattamente dove si trovano. Alla faccia dei GPS e dei navigatori satellitari, non sanno nulla. Chi racconta il contrario racconta cazzate.
    Alcuni aspetti di questi incontri li tralascio. I telefoni in loro possesso, a volte tutt’altro che moderni, non funzionano, necessitano di una scheda diciamo “europea”. Che non hanno con sé e non sanno dove acquistare.

    Mi è capitato di incontrarli in giornate di pioggia, completamente fradici, forse avevano un cambio di indumenti, forse no, ma non mi hanno chiesto nulla, nemmeno di potersi in qualche modo asciugare.
    Mi sono chiesto quale strada o meglio sentiero percorrano, con quale logica. L’impressione è che vengano abbandonati a se stessi, ad un certo punto, qualche volta addirittura a ridosso della superstrada, delimitata da reti piuttosto alte e con i rischi che ne possono conseguire.
    Per la mia esperienza, superato il primo momento, e forse il timore legittimo di fronte a uno sconosciuto, l’aiuto offerto viene di buon grado accettato, sono già contenti e sorpresi che qualcuno gli parli senza chiedere nulla in cambio.
    Non mi è capitato di incrociare nessuno che avesse come obiettivo quello di rimanere qui. Cercano la stazione e il modo di arrivarci. Tutti i fenomeni che sostengono il contrario semplicemente non ci hanno mai scambiato parola, per paura o chissà ché. Questo è un fatto importante, che rende bene l’idea di quanto stupidità mista a ignoranza vi sia nel giudicare questa, a volte tragica, migrazione.

    Ci sono più o meno 5.500 chilometri tra Pakistan e Italia, mi sembrerebbe assurdo che questi ragazzi si sobbarchino un viaggio come questo avendo come meta… Trieste! Con tutto il rispetto, ma davvero sembra poco plausibile. Eppure ne avanza di gente che sui social media dice questo, chissà poi su quali basi.
    Per quanto ho potuto capire io, questi ragazzi sanno dove vogliono arrivare, il problema è che spesso usciti dai boschi non sanno dove si trovano e tanto meno come proseguire. La prima sfida è spiegare come prendere un mezzo pubblico, cos’è una obliteratrice (!), e che il biglietto a bordo non si può fare. Ecco, si inizia da qui.
    Da molti non sono ben visti, quando transitano per le stradine dei paesi, quando camminano semplicemente lungo la strada provinciale. Difficile che qualcuno gli rivolga la parola. La sensazione è che ci sia una sorta di paura non qualificabile che pervade gli abitanti del posto, anche coloro che molti anni fa erano trattati da chi risiedeva in città come un popolo da civilizzare, un popolo da educare alle buone maniere, da far mangiare con le posate…

    Ho assistito di persona a comportamenti schizofrenici da parte dei locali, a invocazioni di giustizia sommaria e di interventi immediati e risolutivi da parte dell’autorità. Stavano osservando solo persone che camminavano, che stavano seduti a terra. La gratitudine nei loro occhi invece io non la scordo e non la scorderò facilmente osservandoli nel momento in cui associano nei miei confronti e nei confronti della mia compagna un senso di fratellanza e solidarietà, espresso e condiviso senza dover dare niente in cambio.
    Un aiuto sostanziale, importante quanto una parola e un sorriso, un consiglio circa la strada da percorrere e la distanza dal primo treno a disposizione, un biglietto dell’autobus visto come un miraggio e l’imitazione del rumore dell’obliteratrice per azzerare i sospetti del guidatore e farlo star tranquillo.

    *

    Mentre continuiamo a camminare, riflettiamo sulla tratta migratoria balcanica, e su come, a differenza del tratto di mare tra nord Africa e Lampedusa su cui sono stati scritti libri e fatti film anche di successo, si faccia fatica a produrre una narrazione – e quindi un immaginario – diverso da quello prodotto dalla stampa, che vada oltre la cronaca dei giornali.

    Sono ancora troppo pochi i documenti video che raccontino le difficoltà, la violenza, l’abuso di potere sofferti da migliaia di persone ogni anno lungo la via balcanica. Almeno 50 mila nel 2019, secondo l’UNHCR. Tra i documenti più completi e recenti c’è quello offerto da Hassan Fazili e Fatima Hussaini, marito e moglie, afgani, registi, che con le loro due figlie Nargis e Zahra sono partiti per il viaggio per fuggire dalla pena di morte decisa dai talebani, che dal 2015 pendeva sulla testa di Hassan. Dopo una prima fuga in Tagikistan, e svariate richieste di asilo, la coppia decide di giocarsi l’ultima e la più pericolosa delle carte nelle loro mani: mettersi nelle mani dei trafficanti per arrivare in Germania, attraverso la Balkan Route. Raccontando la loro storia con i tre cellulari che avevano con loro. Dopo tre anni di viaggio “in cui a ogni passo avanti ci sembrava di cadere sempre più in basso”, la famiglia ce l’ha fatta. Il racconto e la denuncia di questo viaggio sono diventati Midnight Traveler, un documentario presentato al Festival di Berlino nel 2019.

    *

    Non è facile trovare e seguire le tracce. Cosa da animali da fiuto – come Lars, il compagno a quattro zampe che ci accompagna – o da nativi, anche se qui non è la pelle ad essere rossa ma il cuore.
    L’estrema difficoltà del controllo di questo territorio poroso e selvatico è ben chiaro a chi vuole imporre la rigida sorveglianza su tutto ciò che si muove.

    La Croazia ha fatto scuola. Oltre alla violenza, gli strumenti di repressione e controllo, là fanno ampio uso della tecnologia che ora si vorrebbe importare sul Carso. L’idea di controllare questo altipiano e coloro che ci vivevano e lo attraversavano ha iniziato ad essere una specie di ossessione dagli anni Venti del secolo scorso del resto, durante il fascismo, anche se molti qui ora si sono dimenticati della discriminazione subita dai propri nonni.
    In Croazia, oltre a filo spinato e agenti robocop, vengono impiegati anche un piccolo aeroplano, droni e fototrappole.

    La proposta di un muro con cui chiudere l’altipiano carsico, non molto originale, lanciata dal governatore della Regione Friuli Venezia giulia Fedriga ha fatto molto parlare, ma vista l’impossibilità della sua realizzazione è caduta nel vuoto.
    «Un muro sul Carso è come frustare il mare» ha scritto Adriano Sofri parafrasando Erodoto (Il martire fascista, Sellerio editore, p. 27).
    L’idea di usare dei droni a scopo di controllo anti migranti invece nasce dall’Agenzia di Confine e Guardia Costiera Europea, Frontex, ed è stato usato nel tratto di mare a sud di Lampedusa.
    Da noi, dopo essere stato proposto insieme al dispiegamento dell’esercito da parte del post fascista Scoccimarro, a breve diventerà realtà grazie alla iniziativa della sindaca sceriffa di Monfalcone Anna Maria Cisint (che del resto lo vuole usare a 360° per preservare – e lo ripete come un mantra – “decoro e sicurezza”, ma si dovrebbe ormai essere capito che i dispositivi messi in atto contro i migranti presto o tardi si ritorcono contro tuttx). Bisogna fare notare come il comune di Monfalcone, il cui limite nord orientale è sì segnato dalle prime propaggini del Carso ma, per quanto vicino al confine, non è interessato da transiti di migranti né da sconfinamenti. In ogni caso ai cittadini di Monfalcone (o sudditi visto come vengono trattati?) toccherà pagare 10.000 € per un drone di ultima generazione con faretto con cui illuminare dall’alto una parte del territorio, visore notturno e telecamera termica utilissima anche per controllare le pisciate fatte per strada (uno dei problemi che affligge la cittadina a quanto pare).

    La proposta sempre da parte del governatore Fedriga di utilizzare delle fototrappole invece è piuttosto recente, arrivata neanche due settimane dopo la morte del giovane algerino in Val Rosandra.
    Non è chiaro se questa proposta, come per il muro, resterà lettera morta o se, come il drone di Cisint, possa effettivamente venire messo in pratica magari tramite i medesimi fondi elargiti sotto forma di contributi per la sicurezza.
    Di certo sul Carso le fototrappole già ci sono. Sono quelle usate a fini naturalistici o venatori. Questi apparecchi diffusi lungo tutto l’altopiano ci risulta abbiano già intercettato e fotografato persone di passaggio… Ma pensare di usare le foto trappole per il controllo dei migranti ci sembra sia una trovata assurda, oltre che irrealizzabile dal punto di vista legale. Ci sembra di capire che l’uso di fototrappole sia regolato dal punto di vista giuridico, dalla legge sulle intercettazioni telefoniche. Ovvero le forze dell’ordine possono utilizzarle a fronte di un mandato verso una persona specifica [non sembra sia consentito dalla legge un uso, diciamo così, generalizzato]. Ad esempio la guardia forestale, quando trova uno scarico abusivo di rifiuti, può attivare solo una denuncia contro ignoti, non può usare le fototrappole per monitorare l’area perché si tratta di un reato non imputabile a un responsabile specifico. Idem per le azioni contro il bracconaggio. E per tracciare il passaggio dei migranti quindi?

    *

    Ma quando e dove passano i migranti che attraversano a piedi il confine per arrivare a Trieste, si chiedono Luca ed Elena mentre procede la nostra escursione. Le tratte sono molte, i boschi sono un reticolo di sentieri e di passaggi, avventurarsi da soli sarebbe troppo rischioso. Ma non sono sempre così rischiosi i percorsi se ci si affida a chi li conosce. Difficile credere nello spirito umanitario di chi si presta, e chi lo facesse riceverebbe minacce di delazione ed insulti.

    I passaggi avvengono spesso al primo mattino, spesso di domenica nella illusione che ci siano minori controlli. A quanto abbiamo potuto vedere invece si direbbe che nelle prime ore del mattino dei giorni festivi ci sia nei pressi del confine una maggiore concentrazione di militari e forze dell’ordine che non sono spiegabili altrimenti che in un impiego che funzioni da controllo e da filtro.
    Parlando tra noi, l’ipotesi che le uscite insensate dei fascio-leghisti locali sulle fototrappole voglia essere una risposta alle pance del loro elettorato, per dire che anche in regione ci stiamo attrezzando per creare “dei disincentivi al passaggio”, è quella che si fa più strada. D’altronde alcuni dei passaggi attraverso i nostri boschi sono assolutamente sconosciuti alla massa degli escursionisti della domenica, lasciando libertà di azione ai militari che si posizionassero qui, e che volessero seguire i loro colleghi oltreconfine nella pratica illegale dei pushback. Una pratica già denunciata in passato su questo confine, come raccontato da Avvenire, con il presunto coinvolgimento della polizia italiana. Non c’è stato modo di capire se il governo abbia deciso di aprire o meno un’indagine sulla scorta della denuncia delle persone respinte.

    I pushback e le annesse violenze sono purtroppo all’ordine del giorno sul confine tra Bosnia e Croazia, anche se alcune delle denunce raccolte dagli attivisti di No Names Kitchen ci dicono che si contano dei casi anche nei pressi del confine italiano. L’ultima denuncia è di un anno fa, il respingimento sarebbe avvenuto a danno di cinque persone provenienti dalla Tunisia, appena a qualche chilometro da dove siamo noi oggi.

    Nella nostra passeggiata passiamo sotto l’autostrada e sbuchiamo nei pressi di uno dei valichi confinari più trafficati. Nel sottopasso tracce del transito di migranti: cumuli di vestiti, un sacco a pelo lacero, scarpe rotte. Molte le scritte sui muri in caratteri arabi o urdu: sono nomi di persone. Ahmed un nome tra i tanti, di “uno dei tanti figli di figli” che ritorna in questa storia.
    Qui vicino, ce ne accorgiamo dal passaggio di un paio di ragazzi punjabi di ritorno dal supermercato del paese, c’è Casa Malala, un centro di accoglienza collettivo di recente passato di gestione al gruppo Ors, costola dell’agenzia interinale Adecco e con casa madre a Zurigo in Svizzera.
    Questa è una delle conseguenze dei “decreti sicurezza” sui bandi per la gestione di centri di accoglienza: lo smantellamento dell’accoglienza diffusa e il conferimento della conduzione a organizzazioni distanti dai territori e dai bisogni di tuttx, da un lato e dall’altro delle porte dei centri di accoglienza. E anche di cattiva accoglienza si muore.

    Ai piedi dell’altra estremità del Carso, oltre il fiume Isonzo – che in quel tratto divide Friuli e Bisiacaria – c’è il CARA, Centro di Accoglienza per Richiedenti Asilo, un grande campo per persone in attesa di definizione della propria domanda di richiesta di protezione internazionale. Le persone che lì vengono fatte vivere possono uscire e lo fanno per sfuggire ai ritmi istituzionali, ma anche ai gusti e alle mura che sono condivise in parte con quelle del Centro Per il Rimpatrio (CPR). Il primo richiedente asilo ad annegare nelle limpide acque turchesi della Soča, come suona al femminile in sloveno, è stato Taimur Shinwari che il 7 agosto 2015 è morto di mancata accoglienza dopo solo quattro giorni dal sua arrivo in Italia. A luglio 2016 è stata la volta di Zarzai Mirwais, afghano. Negli ultimi mesi altri sono scomparsi in quelle acque: il 14 giugno scorso ha deciso di troncare la sua esistenza Sajid Hussain che con lo smantellamento dell’accoglienza diffusa – piccoli appartamenti indipendenti con ampi spazi di autonomia per chi ci vive – è stato condotto al CARA. Qui viveva nella speranza di ottenere un rientro in Pakistan da moglie e figlio in tempi brevi, dal momento che aveva richiesto di essere inserito nei programmi di rimpatrio volontario. Rimpatrio che poi per lui è arrivato solo dentro a una bara. Pochi giorni dopo la morte di Sajid un altro suo connazionale ha tentato il suicidio gettandosi in quel fiume. Atif invece nel fiume ci è scivolato per sbaglio e nessuno lo ha più ritrovato: era il 18 dicembre. Esattamente un mese dopo, il 18 gennaio, a Gradisca d’Isonzo è morto, a quanto riferito dopo un pestaggio da parte delle forze dell’ordine, Vakhtang Enukidze, georgiano di 38 anni. Era rinchiuso tra le mura del CPR come un carcerato in base al malsano concetto di “detenzione amministrativa”. Lui l’Isonzo probabilmente non lo ha mai neppure visto.

    Fiumi, confini e migrazioni hanno un profondo legame. Spesso i confini vengono tracciati in corrispondenza di barriere naturali: monti, deserti e, appunto, fiumi. La rotta balcanica ce lo dimostra: dall’Evros che segna il confine tra Grecia e Turchia dove in questi giorni si spara contro i migranti, al Suva Reka tra Grecia e Macedonia, il fiume Kolpa in Slovenia che si dice Kupa sul versante croato, fino al Mura tra Slovenia, Austria e Ungheria. Questo naturalizza il regime delle frontiere conducendo ad una visione del migrante come figura deviante. Un agente patologico o virale che infrange quanto si vuole come naturale. Nei tempi del Corona virus la cosa raggiunge il parossismo (si veda il box a lato).
    Ma il cammino della rotta balcanica è tagliato dai molti torrenti e piccoli corsi d’acqua di Bosnia e Croazia fino a quelli pieni di storia come il Danubio, la Drava o l’Isonzo. Ci vorrebbe un Ungaretti a ricantare questi fiumi colmi di sangue e il loro legame con guerra, morte e migrazioni.

    http://www.alpinismomolotov.org/wordpress/2020/03/09/mi-smo-tu-noi-siamo-qui-sul-confine-tra-lisonzo-e-la-balkan-route
    #frontières #asile #migrations #réfugiés #Alpes #montagne #frontière_sud-alpine #Italie #Slovénie #histoire

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    Dans cet article une partie est dédiée à 4 personnes migrantes mortes dans ces montagnes carstiques dans les années 1970...

    Molti anni fa, 47 per la precisione. Sera del 12 novembre, anno 1973. Bora forte e novembre freddo – una volta era così! – in località #Boršt / #Sant’Antonio_in_Bosco, pochi chilometri da Trieste e altrettanti dal ciglione carsico con relativo confine. Cinque persone provenienti dal Mali bussano alla porta di una casa ai margini del paese. Erano arrivati in aereo a Spalato, poi in bus sino a Fiume. Volevano raggiungere Venezia, per poi recarsi in Francia, con la promessa di un lavoro, in nero si scoprirà in seguito.
    Qualcuno disse che dietro a tutto questo poteva esserci un’organizzazione che gestiva un traffico illegale di potenziali lavoratori da sistemare in Europa, le indagini successive non hanno portato a niente di rilevante. In ogni caso, qualcosa deve essere andato storto ai cinque ragazzi, forse non erano riusciti ad avere un visto, non lo sappiamo. Di certo erano in Jugoslavia, e per muoversi da li rimaneva come unica soluzione quella di andare a piedi a correggere la fortuna, verso un sogno occidentale. Erano a piedi quando arrivarono a Boršt, bussarono a una porta, avevano fame e freddo, molto freddo. Ma nessuno gli aprì.
    I cinque trascorsero la notte nei paraggi del casello ferroviario in disuso. Tre persone su cinque morirono assiderate, una persona seppur in gravi condizioni riuscì a salvarsi, mentre un’altra riuscì a richiamare l’attenzione di un abitante del luogo.
    Arrivarono i soccorsi, troppo tardi purtroppo. Persero la vita #Seydou_Dembele, anni 22, #Mamdor_Niakhate, anni 19, e #Diambou_Lassana, anni 27. Dopo quasi un mese venne ritrovato un altro corpo, quello di #Djibi_Somaili, anni 25; lui veniva dalla Mauritania.


    Si fanno molte supposizioni circa la loro presenza e la loro morte, alla fine la realtà emerge nuda e cruda, sono morti per assideramento. E per fame.
    Si decide allora di procedere ad una sepoltura delle quattro persone nel piccolo cimitero del paese, in un luogo dello stesso cimitero esposto al sole, dove ogni anno vengono ricordati e commemorati.
    Partecipano in tanti al funerale, in pratica l’intera comunità e le tombe sono sempre curate e ricoperte di fiori freschi, su una lapide un braccialetto africano messo di recente. Oltre il muro di quel cimitero si vedono il monte Carso e, dall’altro lato, il mare.

    #cimetière #morts #décès #mourir_aux_frontières

    • #San_Dorligo ricorda gli immigrati africani morti di freddo nel ’73

      «Immigrati per la speranza» è il titolo della giornata commemorativa con la quale il Comune di San Dorligo della Valle celebrerà oggi il 35.o anniversario del ritrovamento dei primi immigrati clandestini africani morti nell’entrare in Italia.
      La storia.1973, autunno estremamente rigido con una temperatura stimata sui 5 gradi. Tra il 12 e il 13 novembre la Val Rosandra, teatro risaputo di diversi passaggi di clandestini che dall’ex Iugoslavia cercano di approdare in Italia, viene attraversata da sei immigrati africani, con meta finale la Francia. Dopo avere lasciato le proprie case arrivando in aereo a Spalato e avere proseguito in bus fino a Fiume, appena giunti in Italia i giovani sono sorpresi dal freddo, essendo già affaticati dalla mancanza di cibo. Un mix che per quattro di loro si rivelerà letale. Seydou Dembele (22 anni), Mamdor Niakhate (19), Diambou Lassana (27) tutti e tre provenienti dal Mali e Djibj Somaili (25) originario della Mauritania, trovano un’orrenda morte nella Val Rosandra. I loro corpi vengono seppelliti nel cimitero di Sant’Antonio in Bosco con funerali a spese del Comune di San Dorligo della Valle.
      Queste le significative parole espresse dall’allora sindaco Dušan Lovriha: «Non sono stati uccisi né dalla bora né dal freddo della notte di questo nostro territorio ma dall’avidità degli sfruttatori del lavoro, dai resti del colonialismo della seconda metà del 20° secolo. L’arretratezza, la mancanza di sviluppo, la fame che attanagliano due terzi della popolazione mondiale, hanno acceso in questi poveri giovani la speranza di potere trovare in un’Europa industrialmente sviluppata la soluzione alla loro sofferenza millenaria. Questo corteo funebre sia allora di monito alla coscienza umana, affinché si renda conto che questa gente non è straniera, anche se proviene da lontano e ha un colore della pelle diverso dal nostro».
      L’iniziativa.Il Comune di San Dorligo, la Provincia di Trieste, il Crelp (Coordinamento regionale degli enti locali per la Pace e i diritti umani), la Tavola della Pace del Fvg in collaborazione con il Circolo Skd Slovenec di Sant’Antonio in Bosco, hanno organizzato una serie di eventi per commemorare l’accaduto che nel 1973 scosse non poco l’opinione pubblica nonché l’intero paese di Sant’Antonio in Bosco. Alle 15 nella sala consiliare del Comune di San Dorligo della Valle si terrà una tavola rotonda sul tema dell’immigrazione, coordinata dall’assessore alla Cultura Tatjana Turco. Interverranno don Luigi Di Piazza del Centro Balducci di Zugliano, Abdou Faye responsabile dello Sportello immigrazione Cgil regionale, Alessandro Capuzzo della Tavola della Pace regionale e Mah Fofana, vice presidente dell’Unione comunità e associazioni immigrati. Nel pomeriggio spazio alla commemorazione delle vittime nel cimitero di Sant’Antonio in Bosco, alle 17. In serata a partire dalle 20 nel Teatro comunale Preseren di Bagnoli andrà di scena un programma culturale composto da letture e musica con Alessandra Kersevan e Alessio Velliscig, nonché un’esibizione degli alunni del Collegio del Mondo unito dell’Adriatico di Duino.

      https://ricerca.gelocal.it/ilpiccolo/archivio/ilpiccolo/2008/10/23/NZ_26_SPAL.html

    • #Muhammad_al-Arab, 02.03.2020

      –-> #Forensic_Architecture releases video confirming murder of Syrian refugee on Greek border
      https://seenthis.net/messages/828209#message829209

      Mediapart en a aussi parlé :

      Mohamed Al Arab avait 22 ans et était originaire d’Alep, rapporte Le Parisien. Le gouvernement grec, lui, « dément catégoriquement » ces tirs. « La police grecque n’a pas tiré, maintient M. Moutzouris, mais malheureusement cela ne serait pas surprenant que la situation dérape. »

      https://seenthis.net/messages/828209#message829196

      ##Muhammad_al_Arab

    • Et en 2012, un réfugié palestinien nous avait livré ce témoignage d’un meurtre suite à un #push-back dans la même région :

      On l’avait reportée dans l’article publié pour @visionscarto.

      C’est dans un bar situé dans un patio au bout d’un étroit passage du quartier de Taksim que se rencontrent des jeunes syriens pour discuter de la meilleure manière d’aider leurs compatriotes restés au pays. Parmi eux, il y a K. Nous partageons une bière avec lui alors qu’il nous raconte son histoire, ses deux tentatives de passage de la frontière. La première fois, la police turque l’a arrêté avant qu’il n’arrive à Edirne, et il a passé quatre jours en centre de rétention. Son récit indique que les abords de la frontière gréco-turque ont tout l’air d’une « zone de non-droit ».
      En payant 400 euros par personne, K. et ses compagnons de voyage sont parvenus à traverser le fleuve et à fouler le sol grec. Comme tous les autres migrants, une fois arrivé en Grèce, K. se rend alors au poste de police le plus proche. Il est aussitôt transféré dans un centre de rétention, sans doute celui de Fylakio, ou dans un des nombreux postes de police qui servent également de centres de rétention dans la région de l’Evros. Les policiers, qui n’étaient pas accompagnés par des agents Frontex, l’ont interrogé, ont rempli un formulaire et ont écrit avec un stylo un numéro à deux chiffres sur sa main. (Le numéro ainsi que la date du déroulement de ces événements ne sont pas mentionnés ici, par mesure de sécurité.) À ce moment là, par rapport à la procédure officielle, une étape essentielle a déjà été omise : l’enregistrement des empreintes digitales, prévu par le règlement Dublin II pour tous les migrants interceptés sur le sol européen. K. entend les policiers discuter entre eux, puis celui qui avait écrit le numéro sur sa main revient pour l’effacer avec de l’alcool. K. avait pourtant le droit de déposer une demande d’asile politique en Grèce. Il en a été empêché.

      L’histoire s’est écrite différemment pour K. qui a aussi dessiné des croquis pour nous aider à comprendre.


      À la nuit tombée, K. a été conduit dans un fourgon à bord duquel il y avait trente-sept autres migrants. Après trente minutes de voyage, et deux heures d’attente dans ce véhicule – aux fenêtres minuscules –, tout près du fleuve Evros, les policiers ont fait sortir les migrants du fourgon vers trois heures du matin pour les faire monter huit par huit sur des canots, en les menaçant : « Et si vous essayez de revenir, nous vous abattrons ! » K. se souvient qu’il faisait froid et humide, cette nuit-là. Autour d’eux, les policiers formaient un cordon pour les empêcher de revenir en arrière. K. raconte que l’un d’entre eux a essayé de prendre la fuite, mais un policier l’a attrapé et l’a frappé avec une matraque, longuement… avant de jeter le corps sans vie dans le fleuve. Son cadavre refera probablement surface plus tard dans l’année, et sera ramené à la morgue de l’hôpital d’Alexandroupoli, où le Docteur Pavlidis essaiera de retrouver son identité (Les déportations illégales à la frontière ont été dénoncées également par The Guardian : lire « Syrian refugees ‘turned back from Greek border by police’ »).

      Entre temps, K. et S. sont repassés par la case départ, en Turquie. Ils nous ont tous deux expliqué qu’ils prévoyaient de passer la frontière le lendemain. Même parcours : le groupe de migrants sera transporté près de la frontière dans un petit fourgon, puis ils devront aller à pied jusqu’au fleuve, où un canot les attendra pour faire la traversée. Prix du voyage : 400 euros par personne. Nous leur promettons de les retrouver en Grèce la semaine suivante.

      Ce soir, nous les quittons, là, en nous demandant au nom de quoi cette frontière si facile à traverser pour nous devrait être si dangereuse pour eux.

      Source :
      À Kumkapı, avant de passer la frontière
      https://visionscarto.net/a-kumkapi-avant-de-passer-la-frontiere

  • Hidden infrastructures of the European border regime : the #Poros detention facility in Evros, Greece

    This blog post and the research it draws on date before the onset of the current border spectacle in Evros of February/March 2020. Obviously, the situation in Evros region has changed dramatically. Our research however underlines that the Greek state has always resorted to extra-legal methods of border and migration control in the Evros region. Particularly the violent and illegal pushback practices which have persisted for decades in Evros region have now been elevated to official government policy.

    The region of Evros at the Greek-Turkish border was the scene of many changes in the European and Greek border regimes since 2010. The most well-known was the deployment of the Frontex RABIT force in October of that year; while it concluded in 2011, Frontex has had a permanent presence in Evros ever since. In 2011, the then government introduced the ‘Integrated Program for Border Management and Combating Illegal Immigration’ (European Migration Network, 2012), which reflected EU and domestic processes of the Europeanisation of border controls (European Migration Network, 2012; Ilias et al., 2019). The program stipulated a number of measures which impacted the border regime in Evros: the construction of a 12.5km fence along the section of the Greek Turkish border which did not coincide with the Evros river (after which the region takes its name); the expansion of border surveillance technologies and capacities in the area; and the establishment of reception centres where screening procedures would be undertaken (European Migration Network, 2012; Ilias et al., 2019). In this context, one of the measures taken was the establishment of a screening centre in South Evros, near the village of Poros, 46km away from the city of Alexandroupoli – the main urban centre in the area.

    The operation of the Centre for the First Management of Illegal Immigration is documented in Greek (Ministry for Public Order and Citizen Protection, 2013a) and EU official documents (European Parliament, 2012; European Migration Network, 2013), reports by the EU’s Fundamental Rights Agency (2011), NGOs (Pro Asyl, 2012) and activists (CloseTheCamps, 2012), media articles (To Vima, 2012) and research (Düvell, 2012; Schaub, 2013) between 2011 and 2015.

    Yet, during our fieldwork in the area in 2018, none of our respondents mentioned it. Nor could we find any recent research, reports or official documents after 2015 referring to it. It was only a tip from someone we collaborate with that reminded us of the existence of the Poros facility. We found its ‘disappearance’ from public view intriguing. Through fieldwork, document analysis and queries to the Greek authorities, we constructed a genealogy of the Poros centre, from its inception in 2011 to its ambivalent present. Our findings not only highlight the shifting nature of local assemblages of the European border regime, but also raise questions on such ‘hidden’ infrastructures, and the implications of their use for the rights of the people who cross the border.

    A genealogy of Poros

    The Poros centre was originally a military facility, used for border surveillance. In 2012, it was transferred to the Hellenic Police, the civilian authority responsible for migration control and border management, and was formally designated a Centre for the First Management of Illegal Immigration, similar to the more well-known First Reception Centre in Fylakio, in North Evros. The refurbishment and expansion of the old facilities and purchase of necessary equipment were financed through the External borders fund of the European Union (Alexandroupoli Police Directorate, 2011). Visits by the European Commissioner for Home Affairs, Cecilia Malmström (To Vima, 2012), the then executive director of Frontex, Ilkka Laitinen (Ministry for Public Order and Citizen Protection, 2013b), and a delegation of the LIBE committee of the European Parliament (2012) illustrated the embeddedness of the centre in the European border regime. The Commission’s report on the implementation of the Greek National Action Plan on Migration Management and Asylum Reform specifically refers the Poros centre as a facility that could be used for screening procedures and vulnerability assessments (European Commission, 2012).

    The Poros facility was indeed used as a screening and identification centre, activities that fell under both border management and the Greek framework for reception procedures introduced in 2011. While official documents of the Greek Government suggest that the centre started operating in 2012 (Council of Europe, 2012), a media article (Alexandroupoli Online, 2011) and a report by the European Centre for Disease Prevention and Control (2011) provide evidence that it was already operational the year before, as an informal reception centre. When the centre became the main screening facility for South Evros in 2012 (European Parliament, 2012), screening, identification and debriefing procedures at the time were carried out both by Hellenic Police personnel and Frontex officers deployed in the area (Council of Europe, 2012).

    One of the very few research sources referring to Poros, a PhD thesis by Laurence Pillant (2017) provides a detailed description of the space and the activities carried out in the old wooden building and the white containers (image 3), visible in the stills from the video we took in December 2020 (image 4). A mission of Medecins sans frontiers, indicated in Pillant’s diagram, provided health screening in 2012 (European Migration Network, 2013).

    The organisation and function of the centre at the time is also documented in a number of mundane administrative acts which we located through diavgeia.gov.gr, a website storing Greek public administration decisions. Containers were bought to create space for the screening and identification procedures (Regional Police Directorate of Macedonia and Thrace, 2012). A local company was awarded contracts for the cleaning of the facilities (Regional Police Directorate of Macedonia and Thrace, 2013). The last administrative documents we were able to locate concerned the establishment of a committee of local police officers to procure services for emptying the cesspit of the centre (Regional Police Directorate of Macedonia and Thrace, 2015) – not all buildings in the area are linked to the local sewage system. This is the point when the administrative trail for Poros goes cold. No documents were found in diavgeia.gov.gr after January 2015.

    So what happened to the Poros Centre?

    After 2015, we found a mere five online references to the centre, despite extensive searches of sources such as official documents, research or reports by human rights bodies and NGOs. A 2016 newspaper article mentioned that arrested migrants were led there for screening (Ta Nea, 2016). A 2018 article in a local online news outlet mentioned a case of malaria in the village of Poros (Evros News, 2018a), while in another article (Evros News, 2018b), the president of the village council blamed a case of malaria in the village on the lack of health screening in the centre. An account of activities of the municipal council of Alexandroupoli referred to fixing an electrical fault in the centre in May 2019 (Municipality of Alexandroupoli, 2019). Τhe Global Detention Project (2019) also refers to Poros as a likely detention place.

    These sources suggested that the centre might be operational in some capacity, yet they raised more questions than they answered. If the centre has been in operation since 2015, why is there such an absence of official sources referring to it? Equally surprising was the absence of administrative acts related to the Poros centre in diavgeia.gov.gr, in contrast to all other facilities in the area where migrants are detained, such as the Fylakio Reception and Identification Centre and the pre-removal centres and police stations. It was conceivable, of course, that the centre fell into disuse. Since the deployment of Frontex and the border control measures taken under the Integrated Plan, entries through the Greek-Turkish land border decreased significantly – from 54,974 in 2011 to 3,784 in 2016 (Hellenic Police, 2020), and screening procedures were transferred to Fylakio, fully operational since 2013 (Reception and Identification Service, 2020).

    Trying to find answers to our questions, we contacted the Hellenic Police. An email we sent in January 2020 was never answered. In early February, following a series of phone calls, we obtained some answers to our questions. The police officer who answered the phone call did not seem to have heard of the centre and wanted to ask other departments for more information, as well as the First Reception and Identification Service, now responsible for screening procedures. The next day, he said it is occasionally used as a detention facility, when there is a high number of apprehended people that cannot be detained in police cells. According to the police officer, they are detained there for one or two days, until they can be transferred to the Reception and Identification Centre of Fylakio for reception procedures, or detention in the pre-removal detention centre adjacent to it. At the same time, he stated that he was told that Poros has been closed for a long time.

    This contradictory information could be down to the distance between the central police directorate in Athens and the area of Evros – it is not unlikely that local arrangements are not known in the central offices. Yet, it was also at odds both with the description of the use of the centre that our informant himself gave us – using the present tense in Greek –, with what the local media articles suggest, and with what we saw on site. Stills from the video taken during fieldwork in December 2020 suggest that the Poros centre is not disused, although no activity could be observed on the day. The cars and vans parked outside did not seem abandoned or rusting. The main building and the containers appeared to be in a good condition. A bright red cloth, maybe a canvas bag, was hanging outside one of them. The rubbish bins were full, but the black bags and other objects in them did not seem as they have been left in the open for a long time (image 4).

    The police officer also asked, however, how we had heard of Poros – a question that alerted us to both the obscure nature of the facility and the sensitivity of our query.
    A hidden infrastructure of pushbacks?

    The Poros centre, at one level, illustrates how the function of such border facilities can change over time, as the local border regime adapts and responds to migratory movements. Fylakio has become the main reception and detention centre in Evros, and between 2015 and 2017, the Aegean islands became the main point of entry into Greece and the European Union. Yet, our findings raised a lot of significant questions regarding the new function of Poros, given the increase in migratory movements in the area since 2018.

    While we obtained official confirmation that the Poros centre is now used for temporary detention and not screening, it remains the case that there are no official documents – including any administrative acts on diavgeia.gov.gr – that confirm its use as a temporary closed detention centre. Equally, we did not manage to obtain any information about how the facility is funded from the Hellenic Police. Our respondent did not know, and another departments we called did not want to share any information about the centre. It also became evident in the course of our research that most of our contacts in Greece – NGOS and journalists – had never heard of the facility or had no recent information about it. We found no evidence to suggest that Greek and European human rights bodies or NGOs which monitor detention facilities have visited the Poros centre after 2015. A mission of the Council of Europe (2019), for example, visited several detention facilities in Evros in April 2018 but the Poros centre was not listed among them. Similarly, the Fundamental Rights Officer of Frontex, in a partly joined mission with the Fundamental Rights Agency, visited detention facilities in South Evros in 2019, the operational area where the Poros centre is located. However, the centre is not mentioned in the report on that visit (Frontex, 2019).

    The dearth of information and absence of monitoring of the facility means that it is unclear whether the facility provides adequate conditions for detention. While our Hellenic police informant stated that detention there lasts for one or two days, there is no outside gate at the Poros centre, just a rather flimsy looking wire fence. Does this mean that detainees are kept inside the main building or containers the whole time they are detained there? We also do not know if detainees have access to phones, legal assistance or healthcare, which the articles in the local press suggest that is absent from the Poros centre. Equally, in the absence of inspections by human rights bodies, we are unaware of the standards of hygiene inside the facilities, or if there is sufficient food available. Administrative acts archived in diavgeia.gov.gr normally offer some answers to such questions but, as we mentioned above, we could find none. In short, it appears that Poros is used as an informal detention centre, hidden from public view.

    The obscurity surrounding the facility, in the context of the local border regime, is extremely worrying. Many NGOs and journalists have documented widespread pushback practices (Arsis et al., 2018; Greek Council for Refugees, 2018; Koçulu, 2019), evidenced through migrant testimonies (Mobile Info Team 2019) and, more recently, videos (Forensic Architecture, 2019a; 2019b). Despite denials by the Hellenic Police and the Greek government, European and international international human rights bodies (Council of Europe, 2019; Committee Against torture 2019) have accepted these testimonies as credible. We have no firm evidence that the Poros facility may be one of the many ‘informal’ detention places migrant testimonies implicated in pushbacks. Yet, the centre is located no further than two kilometres from the Greek-Turkish border, and the layout of the area is similar to the location of a pushback captured on camera and analysed by Forensic Architecture (2019a): near a dirt road with direct access to the Evros River. Black cars and white vans (images 5 and 6), without police insignia and some without number plates, such as those in the Poros centre, have been mentioned in testimonies of pushbacks (Arsis et al., 2018). Objects looking like inflatable boats are visible in our video stills. While there might be other explanations for their presence (used for patrolling the river or confiscated from migrants crossing the river) they are also used during pushbacks operations, and their presence in a detention centre seems odd.

    These uncertainties, and the tendency of security bodies to avoid revealing information on spaces of detention, are not unusual. However, the obscurity surrounding the Poros centre, located in an area of the European border where detention have long attracted criticism and there is considerable evidence of illegal and violent border control practices, should be a concern for all.

    https://www.respondmigration.com/blog-1/border-regime-poros-detention-facility-evros-greece
    #Evros #détention #rétention #détention_administrative #Grèce #refoulement #push-back #push-backs #invisibilité #invisibilisation #Centre_for_the_First_Management_of_Illegal_Immigration #Fylakio #Frontex

    Ce centre, selon ce que le chercheur·es écrivent, est ouvert depuis 2012... or... pas entendu parler de lui avec @albertocampiphoto quand on a été sur place... alors qu’on a vraiment sillonnée la (relativement petite) région pendant 1 mois !

    Donc pas mention de ce centre dans la #carte qu’on a publiée notamment sur @visionscarto :


    https://visionscarto.net/evros-mur-inutile

    ping @reka @karine4

    • En fait, en regardant mieux « notre » carte je me rends compte que peut-être le centre que nous avons identifié comme « #Feres » est en réalité le centre que les auteur·es appellent Poros... les deux localités sont à moins de 5 km l’une de l’autre.
      J’ai écrit aux auteur·es...

      Réponse de Bernd Kasparek, 12.03.2020 :

      Since we have been in front of Poros detention centre, we are certain that it is a distinct entity from the Feres police station, which, as you rightly observe, is also often implicated in reports about push-backs.

      Réponse de Lena Karamanidou le 13.03.2020 :

      Feres is located here: https://goo.gl/maps/gQn15Hdfwo4f3cno6​ , and it’s a much more modern facility (see photo, complete with ubiquitous military van!). However, ​I’m not entirely certain when the new Feres station was built - I think there was an older police station, but then both police and border guard functions were transfered to the new building. Something for me to check in obscure news items and databases!

    • ‘We Are Like Animals’ : Inside Greece’s Secret Site for Migrants

      The extrajudicial center is one of several tactics Greece is using to prevent a repeat of the 2015 migration crisis.


      The Greek government is detaining migrants incommunicado at a secret extrajudicial location before expelling them to Turkey without due process, one of several hard-line measures taken to seal the borders to Europe that experts say violate international law.

      Several migrants said in interviews that they had been captured, stripped of their belongings, beaten and expelled from Greece without being given a chance to claim asylum or speak to a lawyer, in an illegal process known as refoulement. Meanwhile, Turkish officials said that at least three migrants had been shot and killed while trying to enter Greece in the past two weeks.

      The Greek approach is the starkest example of European efforts to prevent a reprise of the 2015 migration crisis in which more than 850,000 undocumented people passed relatively easily through Greece to other parts of Europe, roiling the Continent’s politics and fueling the rise of the far right.

      If thousands more refugees reach Greece, Greek officials fear being left to care for them for years, with little support from other members in the European Union, exacerbating social tensions and further fraying a strained economy. Tens of thousands of migrants already live in squalor on several Greek islands, and many Greeks feel they have been left to shoulder a burden created by wider European indifference.

      The Greek government has defended its actions as a legitimate response to recent provocations by the Turkish authorities, who have transported thousands of migrants to the Greek-Turkish border since late February and have encouraged some to charge and dismantle a border fence.

      The Greek authorities have denied reports of deaths along the border. A spokesman for the Greek government, Stelios Petsas, did not comment on the existence of the site, but said that Greece detained and expelled migrants in accordance with local law. An act passed March 3, by presidential decree, suspended asylum applications for a month and allowed immediate deportations.

      But through a combination of on-the-ground reporting and forensic analysis of satellite imagery, The Times has confirmed the existence of the secret center in northeastern Greece.

      Presented with diagrams of the site and a description of its operations, François Crépeau, a former U.N. Special Rapporteur on the human rights of migrants, said it was the equivalent of a domestic “black site,” since detainees are kept in secret and without access to legal recourse.

      Using footage supplied to several media outlets, The Times has also established that the Greek Coast Guard, nominally a lifesaving institution, fired shots in the direction of migrants onboard a dinghy that was trying to reach Greek shores early this month, beat them with sticks and sought to repel them by driving past them at high speed, risking tipping them into water.

      Forensic analysis of videos provided by witnesses also confirmed the death of at least one person — a Syrian factory worker — after he was shot on the Greek-Turkish border.
      A Secret Site

      When Turkish officials began to bus migrants to the Greek border on Feb. 28, a Syrian Kurd named Somar al-Hussein had a seat on one of the first coaches.

      Turkey already hosts more refugees than any other country — over four million, mostly Syrians — and fears that it may be forced to admit another million because of a recent surge in fighting in northern Syria. To alleviate this pressure, and to force Europe to do more to help, it has weaponized refugees like Mr. al-Hussein by shunting them toward the Continent.

      Mr. al-Hussein, a trainee software engineer, spent that night in the rain on the bank of the Evros River, which divides western Turkey from eastern Greece. Early the next morning, he reached the Greek side in a rubber dinghy packed with other migrants.

      But his journey ended an hour later, he said in a recent interview. Captured by Greek border guards, he said, he and his group were taken to a detention site. Following the group’s journey on his mobile phone, he determined that the site was a few hundred yards east of the border village of Poros.

      The site consisted principally of three red-roofed warehouses set back from a farm road and arranged in a U-shape. Hundreds of other captured migrants waited outside. Mr. al-Hussein was taken indoors and crammed into a room with dozens of others.

      His phone was confiscated to prevent him from making calls, he said, and his requests to claim asylum and contact United Nations officials were ignored.

      “To them, we are like animals,” Mr. al-Hussein said of the Greek guards.

      After a night without food or drink, on March 1 Mr. al-Hussein and dozens of others were driven back to the Evros River, where Greek police officers ferried them back to the Turkish side in a small speedboat.

      Mr. al-Hussein was one of several migrants to provide similar accounts of extrajudicial detentions and expulsions, but his testimony was the most detailed.

      By cross-referencing drawings, descriptions and satellite coordinates that he provided, The Times was able to locate the detention center — in farmland between Poros and the river.

      A former Greek official familiar with police operations confirmed the existence of the site, which is not classified as a detention facility but is used informally during times of high migration flows.

      On Friday, three Times journalists were stopped at a roadblock near the site by uniformed police officers and masked special forces officers.

      The site’s existence was also later confirmed by Respond, a Sweden-based research group.

      Mr. Crépeau, now a professor of international law at McGill University, said the center represented a violation of the right to seek asylum and “the prohibition of cruel, inhuman and degrading treatment, and of European Union law.”
      Violence at Sea

      Hundreds of miles to the south, in the straits of the Aegean Sea between the Turkish mainland and an archipelago of Greek islands, the Greek Coast Guard is also using force.

      On March 2, a Coast Guard ship violently repelled an inflatable dinghy packed with migrants, in an incident that Turkish officials captured on video, which they then distributed to the press.

      The footage shows the Coast Guard vessel and an unmarked speedboat circling the dinghy. A gunman on one boat shot at least twice into waters by the dinghy, with what appeared to be a rifle, before men from both vessels shoved and struck the dinghy with long black batons.

      It is not clear from the footage whether the man was firing live or non-lethal rounds.

      Mr. Petsas, the government spokesman, did not deny the incident, but said the Coast Guard did not fire live rounds.

      The larger Greek boat also sought to tip the migrants into the water by driving past them at high speed.
      Forensic analysis by The Times shows that the incident took place near the island of Kos after the migrants had clearly entered Greek waters.

      “The action of Greek Coast Guard ships trying to destabilize the refugees’ fragile dinghies, thus putting at risk the life and security of their passengers, is also a violation,” said Mr. Crépeau, the former United Nations official.
      A Killing on Land

      The most contested incident concerns the lethal shooting of Mohammed Yaarub, a 22-year-old Syrian from Aleppo who tried to cross Greece’s northern land border with Turkey last week.

      The Greek government has dismissed his death as “fake news” and denied that anyone has died at the border during the past week.

      An analysis of videos, coupled with interviews with witnesses, confirmed that Mr. Yaarub was killed on the morning of March 2 on the western bank of the Evros River.

      Mr. Yaarub had lived in Turkey for five years, working at a shoe factory, according to Ali Kamal, a friend who was traveling with him. The two friends crossed the Evros on the night of March 1 and camped with a large group of migrants on the western bank of the river.

      By a cartographical quirk, they were still in Turkey: Although the river mostly serves as the border between the two countries, this small patch of land is one of the few parts of the western bank that belongs to Turkey rather than Greece.

      Mr. Kamal last saw his friend alive around 7:30 a.m. the next morning, when the group began walking to the border. The two men were separated, and soon Greek security forces blocked them, according to another Syrian man who filmed the aftermath of the incident and was later interviewed by The Times. He asked to remain anonymous because he feared retribution.

      During the confrontation, Mr. Yaarub began speaking to the men who were blocking their path and held up a white shirt, saying that he came in peace, the Syrian man said.

      Shortly afterward, Mr. Yaarub was shot.

      There is no known video of the moment of impact, but several videos captured his motionless body being carried away from the Greek border and toward the river.

      Several migrants who were with Mr. Yaarub at the time of his death said a Greek security officer had shot him.

      Using video metadata and analyzing the position of the sun, The Times confirmed that he was shot around 8:30 a.m., matching a conclusion reached by Forensic Architecture, an investigative research group.

      Video shows that it took other migrants about five minutes to ferry Mr. Yaarub’s body back across the river and to a car. He was then taken to an ambulance and later a Turkish hospital.

      An analysis of other footage shot elsewhere on the border showed that Greek security forces used lethal and non-lethal ammunition in other incidents that day, likely fired from a mix of semiautomatic and assault rifles.
      E.U. Support for Greece

      Mr. Petsas, the government spokesman, defended Greece’s tough actions as a reasonable response to “an asymmetrical and hybrid attack coming from a foreign country.”

      Besides ferrying migrants to the border, the Turkish police also fired tear-gas canisters in the direction of Greek security forces and stood by as migrants dismantled part of a border fence, footage filmed by a Times journalist showed.

      Before this evidence of violence and secrecy had surfaced, Greece won praise from leaders of the European Union, who visited the border on March 3.

      “We want to express our support for all you did with your security services for the last days,” said Charles Michel, the president of the European Council, the bloc’s top decision-making body.

      The European Commission, the bloc’s administrative branch, said that it was “not in a position to confirm or deny” The Times’s findings, and called on the Greek justice system to investigate.

      https://www.nytimes.com/2020/03/10/world/europe/greece-migrants-secret-site.html

      https://www.nytimes.com/2020/03/10/world/europe/greece-migrants-secret-site.html

      #Mohammed_Yaarub #décès #mourir_aux_frontières

    • Grécia nega existência de centro de detenção “secreto” onde os migrantes são tratados “como animais”

      New York Times citou vários migrantes que dizem ter sido roubados e agredidos pelos guardas fronteiriços, antes de deportados para a Turquia. Erdogan compara gregos aos nazis.

      Primeiro recusou comentar, mas pouco mais de 24 horas depois o Governo da Grécia refutou totalmente a notícia do New York Times. Foi esta a sequência espaçada da reacção de Atenas ao artigo do jornal norte-americano, publicado na terça-feira, que deu conta da existência de um centro de detenção “secreto”, perto da localidade fronteiriça de Poros, onde muitos dos milhares de migrantes que vieram da Turquia, nos últimos dias, dizem ter sido roubados, despidos e agredidos, impedidos de requerer asilo ou de contactar um advogado, e deportados, logo de seguida, pelos guardas fronteiriços gregos.
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      “Para eles somos como animais”, acusou Somar al-Hussein, sírio, um dos migrantes entrevistados pelo diário nova-iorquino, que entrou na Grécia através do rio Evros e que diz ter sido alvo de tratamento abusivo no centro de detenção “secreto”.

      “Não há nenhum centro de detenção secreto na Grécia”, garantiu, no entanto, esta quarta-feira, Stelios Petsas, porta-voz do executivo grego. “Todas as questões relacionadas com a protecção e a segurança das fronteiras são transparentes. A Constituição está a ser aplicada e não há nada de secreto”, insistiu.

      Com jornalistas no terreno, impedidos de entrar no local por soldados gregos, o New York Times entrevistou diversos migrantes que dizem ter sido ali alvo de tratamento desumano, analisou imagens de satélite, informou-se junto de um centro de estudos sueco sobre migrações que opera na zona e falou com um antigo funcionário grego familiarizado com as operações policiais fronteiriças. Informação que diz ter-lhe permitido confirmar a existência do centro.

      https://www.publico.pt/2020/03/11/mundo/noticia/grecia-nega-existencia-centro-detencao-secreto-onde-migrantes-sao-tratados-a

      #paywall

    • Greece : Rights watchdogs report spike in violent push-backs on border with Turkey

      A Balkans-based network of human rights organizations says that the number of migrants pushed back from Greece into Turkey has spiked in recent weeks. The migrants allegedly reported beatings and violent collective expulsions from inland detention spaces to Turkey on boats across the Evros River.

      Greek officers “forcefully pushed [people] in the van while the policemen were kicking them with their legs and shouting at them.” Then, the migrants were detained, forced to sign untranslated documents and pushed back across the Evros River at night. Over the next few days, Turkish authorities returned them to Greece, but then they were pushed back again.

      This account from 50 Afghans, Pakistanis, Syrians and Algerians aged between 15 and 35 years near the town of Edirne at the Greek-Turkish border was one of at least seven accounts a network of Balkans-based human rights watchdogs says it received from refugees over the course of six weeks, between March and late April.

      The collection of reports (https://www.borderviolence.eu/press-release-documented-pushbacks-from-centres-on-the-greek-mainland), published last week by the Border Violence Monitoring Network (BVMN), with help from its members Mobile Info Team (MIT) and Wave Thessaloniki, consists of “first-hand testimonies and photographic evidence” which the network says shows “violent collective expulsions” of migrants and refugees. According to the network, the number of individuals who were pushed back in groups amount to 194 people.
      https://twitter.com/mobileinfoteam/status/1257632384348020737?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E12

      Without exception, according to the report, all accounts come from people staying in the refugee camp in Diavata and the Drama Paranesti pre-removal detention center. They included Afghans, Pakistanis, Algerians and Moroccans, as well as Bangladeshi, Tunisian and Syrian nationals.

      In the case of Diavata, according to the report, migrants said police took them away, telling them they would receive a document known as “Khartia” to regularize their stay temporarily. The Diavata camp is located near the northern Greek city of Thessaloniki.

      Instead, the migrants were “beaten, robbed and detained before being driven to the border area where military personnel used boats to return them to Turkey across the Evros River,” they said. Another large group reported that they were taken from detention in Drama Paranesti, also located in northern Greece, some 80 kilometers from the border with Turkey, and expelled in the same way.

      While such push-backs from Greece into Turkey are not new, the network of NGOs says the latest incidents are somewhat different: “Rarely have groups been removed from inner-city camps halfway across the territory or at such a scale from inland detention spaces,” Simon Campbell of the Border Violence Monitoring Network told InfoMigrants.

      “Within the existing closure of the Greek asylum office and restriction measures due to COVID-19, the repression of asylum seekers and wider transit community looks to have reached a zenith in these cases,” Campbell said.

      Although Greece last month lifted a controversial temporary ban on asylum applications imposed in response to an influx of refugees from Turkey, all administrative services to the public by the Greek Asylum Service were suspended on March 13.

      The suspension, which the Asylum Service said serves to “control the spread of COVID-19” pandemic, will continue at least through May 15.

      https://twitter.com/GreekAsylum/status/1248651007489433600?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E12

      Reports of violence and torture

      The accounts in the report by the network of NGOs describe a range of violent actions toward migrants, from electricity tasers and water immersion to beatings with batons.

      According to one account, some 50 people were taken from Diavata camp to a nearby police station, where they were ordered to lie on the ground and told to “sleep here, don’t move.” Then they were beaten with batons, while others were attacked with tasers.

      They were held overnight in a detention space near the border, and beaten further by Greek military officers. The next day, they were boated across the river to Turkey by authorities with ’military uniform, masks, guns, electric [taser].’"

      Another group reported that they were “unloaded in the dark” next to the Evros River and “ordered to strip to their underwear.” Greek authorities allegedly used batons and their fists to hit some members of the group.

      Alexandra Bogos, advocacy officer with the Mobile Info Team, told InfoMigrants they were concerned about the “leeway afforded for these push-backs from the inner mainland to take place.”

      Bogos said they reached out to police departments after they learned about the arrests, but police felt “unencumbered” and continued transporting the people to the Greek-Turkish border. “On one occasion, we reached out and asked specifically for information about one individual. The answer was: ’He does not appear in our system’,” Bogos said.

      https://twitter.com/juliahahntv/status/1246165904406261773?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E12

      An Amnesty report (https://www.amnesty.org/en/documents/eur01/2077/2020/en) from April about unlawful push-backs, beatings and arbitrary detention echoes the accusations in the report by the network of NGOs.

      History of forcible rejections

      Over the past three years, violent push-backs have been documented in several reports. Last November, German news magazine Spiegel reported that between 2017 and 2018 Greece illegally deported 60,000 migrants to Turkey. The process involved returning asylum seekers without assessing their status. Greece dismissed the accusations.

      In 2018, the Greek Refugee Council and other NGOs published a report containing testimonies from people who said they had been beaten, sometimes by masked men, and sent back to Turkey (https://www.gcr.gr/en/news/press-releases-announcements/item/1028-the-new-normality-continuous-push-backs-of-third-country-nationals-on-the-e).

      UN refugee agency UNHCR and the European Human Rights Commissioner called on Greece to investigate the claims. In late 2018, another report by Human Rights Watch (HRW), also based on testimonies of migrants, said that violent push-backs were continuing (https://www.hrw.org/news/2018/12/18/greece-violent-pushbacks-turkey-border).

      It is often unclear who is carrying out the push-backs because they often wear masks and cannot be easily identified. In the HRW report, they are described as paramilitaries. Eyewitnesses interviewed by HRW said the perpetrators “looked like police officers or soldiers, as well as some unidentified masked men.”

      Simon Campbell of the Border Violence Monitoring Network said the reports he receives also regularly describe “military uniforms,” which “suggests it is the Greek army carrying out the push-backs,” he told InfoMigrants.

      Last week, the Spiegel published an investigation into the killing of Pakistani Muhammad Gulzar (https://www.spiegel.de/international/europe/greek-turkish-border-the-killing-of-muhammad-gulzar-a-7652ff68-8959-4e0d-910), who was shot at the Greek-Turkish border on March 4. “Evidence overwhelmingly suggests that the bullet came from a Greek firearm,” the authors wrote.

      Violations of EU and international law

      Push-backs are prohibited by Greek and EU law as well as international treaties and agreements. They also violate the principle of non-refoulement, which means the forcible return of a person to a country where they are likely to be subject to persecution.

      In March, Jürgen Bast, professor for European law at the University of Gießen in Germany, called the action of Greek security forces an “open breach of the law” on German TV magazine Monitor.

      Greece is not the only country accused of violating EU laws at the bloc’s external border: On top of the 100 additional border guards the European border and coast guard agency Frontex deployed to the Greek border with Turkey in March, Germany sent 77 police officers to help with border security.
      Professor Bast called Berlin’s involvement a “complete political joint responsibility” of the German government. “All member states of the European Union...including the Commission...have decided to ignore the validity of European law,” he told Monitor.

      In response to a request for comment from InfoMigrants, a spokesperson for EU border and coast guard agency Frontex would confirm neither the reports by the three NGOs nor the existence of systematic push-backs from Greece to Turkey.

      “Frontex has not received any reports of such violations from the officers involved in its activities in Greece,” the spokesperson said, adding that its officers’ job is to “support member states and to ensure the rule of law.”

      Coronavirus used as a pretext?

      On the afternoon of May 5, as the network of NGOs published their report on push-backs, police reportedly rounded up 26-year-old Pakistani national Sheraz Khan outside the Diavata refugee camp. After sending the Mobile Info Team (MIT) a message telling them “Police caught us,” he tried calling the NGO twice, but the connection failed both times.

      MIT’s Alexandra Bogos told InfoMigrants that Khan has not been heard of since and he has not returned to the camp. “We have strong reasons to believe that he may have been pushed back to Turkey,” Bogos said.

      A day later, the police arrived in the morning and “started removing tents and structures set up in an overflow area” outside the Diavata camp.

      Simon Campbell of the Border Violence Monitoring Network said the restrictive measures taken as a response to the coronavirus pandemic have been used to remove those who have crossed the border.

      “COVID-19 has been giving the Greek authorities a blank cheque to act with more impunity,” Campbell told InfoMigrants. “When Covid-19 restrictions lift, will we have already seen this more expansive push-back practice entrenched, and will it persist beyond the lockdown?”

      https://www.infomigrants.net/en/post/24620/greece-rights-watchdogs-report-spike-in-violent-push-backs-on-border-w

  • Une coalition contre les violences aux frontières

    Nous déposerons plainte contre la Grèce et l’UE pour les violations des droits des personnes migrantes et réfugiées fuyant la Turquie

    Ces derniers jours, les #violations des droits des migrant·e·s et réfugié·e·s qui cherchent à accéder au territoire européen via la Grèce ont pris une tournure dramatique. Si les #violences contre les exilé·e·s atteignent aujourd’hui un niveau inouï, les conditions de cette #escalade ont été posées par les dirigeants européens depuis plusieurs années. En 2015, l’Union européenne (UE) a introduit son « #approche_hotspot », obligeant l’Italie et la Grèce à trier les migrant·e·s et réfugié·e·s arrivant sur leurs côtes. En mars 2016, l’UE a signé un arrangement avec la Turquie qui, pour un temps, a permis de contenir de nouvelles arrivées. Sans surprise, ces dispositifs ont transformé les îles grecques en prisons à ciel ouvert et exacerbé la catastrophe humanitaire aux frontières grecques. La coopération avec la Turquie – largement dénoncée par la société civile –, s’effondre aujourd’hui, alors que les autorités turques, cherchant à faire pression sur l’UE, poussent les personnes migrantes et réfugiées en sa direction.

    Pour empêcher l’arrivée d’un plus grand nombre d’exilé·e·s – principalement Syrien⋅ne·s – fuyant la guerre et maintenant les menaces turques, les agents grecs ont déployé un niveau de #violence inédit, rejoints par une partie de la population. En mer, les garde-côtes coupent la route aux bateaux des migrant·e·s et réfugié·e·s, tirant en l’air et blessant certain·e·s passager·e·s. [1] Un enfant s’est noyé durant la traversée [2] Sur terre, les refoulements à la rivière #Evros ont continué. Une vidéo - qualifiée de « fake news » par les autorités grecques [3] mais vérifiée par #Forensic_Architecture - montre un réfugié syrien tué par balle alors qu’il tentait de traverser la rivière. [4] Par ailleurs, les militant⋅e·s, agissant en solidarité avec les personnes migrantes et réfugiées sont criminalisé⋅e·s et attaqué⋅e·s par des groupes d’extrême droite. [5] Des violations graves sont en cours et les principes de base du droit d’asile sont foulés au pied.

    Cette violence vise à envoyer un message simple aux migrant·e·s et réfugié·e·s potentiel·le·s, celui que le ministère des Affaires Étrangères a exprimé via Twitter : « Personne ne peut traverser les frontières grecques ». [6] Cette politique grecque de fermeture des frontières [7] est soutenue par l’UE. Charles Michel, président du Conseil européen, a ainsi encensé les efforts des Grecs pour « protéger les frontières de l’Europe » [8]. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a qualifié la Grèce de « bouclier européen » - suggérant ainsi que les personnes migrantes et réfugiées constituent une menace physique pour l’Europe. [9] Enfin, l’agence européenne Frontex va déployer une intervention rapide dans la zone. [10] La Grèce et l’UE sont ainsi prêtes à recourir à tous les moyens pour tenter de dissuader les migrant·e·s et réfugié·e·s et empêcher la répétition des arrivées en grand nombre de 2015 – et la crise politique qu’elles ont générée à travers l’Europe.

    Nous condamnons fermement l’instrumentalisation des migrant·e·s et réfugié·e·s par la Turquie et par l’UE. Aucun objectif politique ne peut justifier de telles exactions. Il est révoltant que des personnes fuyant la violence se trouvent exposées à de nouvelles violences commises par les États européens dont le cynisme et l’hypocrisie culminent. Nos organisations s’engagent à joindre leurs efforts pour forcer les États à rendre compte de leurs crimes. Nous documenterons ainsi les violations des droits des migrant·e·s et réfugié·e·s et déposerons plainte contre ceux qui en sont responsables. Nous soutenons également celles et ceux qui sont de plus en plus criminalisé·e·s pour leur solidarité.

    Nos efforts visent à utiliser tous les outils d’#investigation et du #droit pour faire cesser la #violence_d’État, en finir avec la multiplication et la #banalisation des pratiques de #refoulement en Grèce, et ailleurs aux frontières de l’Europe. Les migrant·e·s et réfugié·e·s ne sont pas une menace face à laquelle l’Europe doit ériger un bouclier, mais sont eux même menacés par la violence des États tout au long de leurs trajectoires précaires. Nous utiliserons les outils du droit pour tenter de les protéger contre cette #brutalité.


    https://www.gisti.org/spip.php?article6320
    #plainte #justice #frontières #migrations #asile #réfugiés #Grèce #Turquie #mourir_aux_frontières #morts #décès #îles #mer_Egée #push-back #push-backs #refoulements

  • Seis años del asesinato impune de 15 inmigrantes en la playa del #Tarajal

    Hoy hace 6 años del asesinato de 15 inmigrantes que trataban de llegar a España por la playa del Tarajal en Ceuta. Fueron recibidos por la Guardia Civil con pelotas de goma y botes de humo cuando aún estaban en el mar y murieron ahogados. El caso fue archivado por “falta de pruebas”. Seis años de impunidad.

    La madrugada del 6 de febrero de 2014 unos 200 inmigrantes se disponían a cruzar la frontera entre Marruecos y España saltando la valla que separa a los dos países a la altura de Ceuta en la Playa del Tarajal. Un grupo trata de pasar la frontera a nado, bordeando un espigón que separa ambos territorios. No son más de 30 metros hasta la playa ceutí del Tarajal. En ese momento comienza la tragedia. Varios agentes de la Guardia Civil les disparan pelotas de goma y gases lacrimógenos cuando aún están en el agua, lo que termina provocando que 15 hombres mueran ahogados según las cifras oficiales. Además 23 fueron expulsados mediante lo que se conoce como “#devoluciones_en_caliente”.

    Durante estos seis años, a pesar de la presión y reclamo por parte de distintas ONG, asociaciones de inmigrantes y otros colectivos por esclarecer lo ocurrido todavía no se ha dirimido la responsabilidad de las muertes de estos inmigrantes y la causa ha sido archivada por “falta de pruebas”.

    En el momento de lo sucedido el Gobierno de Rajoy se negó inicialmente a reconocer que la Guardia Civil había disparado pelotas de goma. Primero, el Cuerpo difundió un vídeo editado para enmascarar su responsabilidad. Pero pronto se descubrió la verdad. A los pocos días un vídeo verdadero salió a la luz. Arrancó una investigación, pero el Partido Popular, en ese momento en el gobierno, vetó la comisión encargada de esclarecer los hechos y censuró la información sobre lo ocurrido en Ceuta.

    A pesar de que un año después 16 Guardia Civiles fueron imputados por homicidio imprudente y citados a declarar en octubre de 2015, se terminó archivando la causa por primera vez de manera provisional argumentando que no había pruebas suficientes y que no lograron contactar con testimonios.

    Las ONG que se han dedicado a seguir el caso como Caminando Fronteras, la Coordinadora de Barrios o la Comisión Española de Ayuda al Refugiado (CEAR) −estas dos últimas personadas como acusación particular en el caso− no han encontrado más que obstáculos durante estos años por parte del Estado. El último, en agosto de 2019 cuando se reabrió la causa, pero terminó archivándose por segunda vez en un proceso en el que ni tan siquiera se tomó declaración a dos de los supervivientes. La ONG Caminando Fronteras había recogido previamente los testimonios de los supervivientes del Tarajal en un informe, pero este fue desestimado por la Justicia.

    La denuncia de todos estos colectivos es clara: no se trata únicamente de un caso de negligencia policial, sino que responde a una lógica de Estado de control migratorio, de ahí el veto claro a la investigación. Hablar del Tarajal es hablar de la política del Estado hacia los inmigrantes, una política que excede al gobierno de aquel entonces y que es criminal con aquellos que tratan de llegar a Europa.

    En 2017 vio la luz el documental Desmontando la impunidad de la frontera sur, un documental de los mismos directores de Ciutat morta (2013) que desglosa el caso tomando testimonios de supervivientes y activistas de asociaciones que buscaron desmontar la versión del gobierno y la Guardia civil apoyada por los medios de comunicación. En el documental también aparecen cargos del Estado y representantes de las fuerzas de seguridad que dejan ver el discurso y políticas xenófobas del Estado y sus garantes.

    https://www.youtube.com/watch?v=81MQN-6IaFM&feature=emb_logo

    El PSOE, en aquel momento en la oposición, no pasó de las críticas a la “gestión” del PP sobre el caso. Sin embargo, cuando se reabrió la causa en el verano de 2019, el PSOE recién llegado al gobierno en funciones no hizo ni una mención sobre el mismo. Algo que nadie esperaba ya que los gobiernos del PSOE han implementado gran parte de las medidas xenófobas del Estado español contra los inmigrantes, empezando por la creación de los CIEs -que ahora continúa con la creación del CIE de Algeciras- la utilización de concertinas en las vallas y las restrictivas leyes de extranjería, políticas que Pedro Sánchez no estaba dispuesto a cambiar. Ni tampoco se propone hacerlo sus socios de Unidas Podemos en e “gobierno progresista”.

    Los hechos de Tarajal no fueron una “tragedia” como sostuvo la prensa, sino un verdadero asesinato de 15 inmigrantes indefensos por parte de la Guardia Civil. Un crimen social que forma parte de una ofensiva imperialista y racista, de políticas fronterizas cada vez más restrictivas, que día a día llevan a la muerte a miles de personas intentando cruzar el mar o las alambradas.

    Oumar, Larios, Joseph, Armand, Daouda, Ibrahim, Ousman, Nana, Jeannot, Yves, Samba, Youssouf y todos los demás que aún siguen sin identificar, Presentes!

    http://www.izquierdadiario.es/Seis-anos-del-asesinato-impune-de-15-inmigrantes-en-la-playa-del-Tar
    #Ceuta #Espagne #Maroc #frontières #massacre #film #film_documentaire #décès #morts #impunité #assassinat #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #6_février_2014 #refoulement #push-back

    Plus sur Tarajal sur seenthis:
    https://seenthis.net/tag/tarajal

    ping @reka

    • #Taimur_Shinwari, 07.08.2015

      IN MEMORIA DI TAIMUR SHINWARI

      Martedì 11 Agosto alla sera a Gorizia nel parco della Rimembranza si è tenuta una veglia di preghiera per Taimur Shinwari, un ragazzo pakistano di 25 anni.

      Venerdì scorso è morto tragicamente nelle acque dell’#Isonzo goriziano.

      Taimur aveva percorso un lungo tragitto da migrante per tutto il Medio Oriente e i Balcani come tanti suoi connazionali e coetanei, ma purtroppo è affogato in modo banale nel fiume di #Gorizia.

      Per ricordarlo e per raccogliere fondi, affinché il suo corpo possa ritornare a casa dalla sua famiglia, il movimento dei Focolarini ha organizzato una liturgia assieme agli altri rifugiati alternando preghiere musulmane a quelle cristiane. Oltre ai cittadini italiani vi era un numeroso gruppo di ragazzi richiedenti asilo di Gorizia che hanno mostrato molta solidarietà per il compagno morto.

      Tante erano le candele accese per Taimur e tanti sono stati i ringraziamenti da parte dei suoi compagni per il rispetto dimostrato durante la loro funzione. I Giovani per la Pace hanno partecipato a questo momento di raccoglimento.

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      http://www.giovaniperlapace.it/2015/08/13/per-taimur-shinwari

      –-> mort de « non-accueil », comme exprimé par la personne qui m’a signalé sa mort par mail.

    • #Zarzai_Mirwais, juillet 2016
      La morte di Zarzai Mirwais, oggi il lavaggio del corpo

      GRADISCA. Si avvicina il momento del rimpatrio in Afghanistan della salma di Zarzai Mirwais, il 35enne afghano ospite del #Cara annegato nell’#Isonzo, sul versante della sponda sagradina del fiume. Le procedure burocratiche, seguite dalla Prefettura e da un’associazione triestina di mediazione culturale che hanno mantenuto i contatti con l’ambasciata afghana a Roma, sono state quasi del tutto ultimate. I costi, ingenti, per il rimpatrio del corpo del povero Mirwais saranno sostenuti interamente dagli amici dell’uomo. Questa mattina, intanto, in una camera mortuaria del nosocomio di Monfalcone verrà celebrato, secondo il costume islamico, il rito del lavaggio del corpo. A celebrarlo, alle 10, sarà un imam proveniente dalla Germania e messo a disposizione dai parenti di Zarzai Mirwais, che già nelle ore immediatamente successive alla tragedia avevano raggiunto Gradisca. Al rito, che per la sua intimità si svolgerà comprensibilmente a porte chiuse, parteciperanno gli ospiti del Cara che più avevano legato con l’afghano, che in patria ha lasciato due figli e una consorte. Molti altri richiedenti asilo del centro gradiscano hanno manifestato l’intenzione di essere presenti in questo momento di dolore per la non piccola comunità del Cara, che conta attualmente circa 400 ospiti. La celebrazione del rito del lavaggio della salma sblocca, fra l’altro, anche lo svolgimento della veglia di preghiera interreligiosa che la Caritas diocesana, l’amministrazione comunale della Fortezza, la parrocchia di Gradisca e tante altre associazioni di volontariato avevano pensato per onorare la memoria di Zarzai. La tradizione islamica prevede infatti che non possa essere svolta una preghiera funebre prima che sia stato ultimato il simbolico rito del lavaggio del corpo del defunto. La veglia interconfessionale sarà organizzata con tutta probabilità domani sera alle 20 negli spazi esterni della parrocchia di San Valeriano, nella cittadina della Fortezza.

      https://necrologie.ilpiccolo.gelocal.it/news/34814

    • #Sajid_Hussain, 14.06.2019
      COMUNICATO PER LA MORTE DI SAJID HUSSAIN

      Sajid Hussain aveva 30 anni ed era originario del Parachinar, in Pakistan. Era arrivato in Europa qualche anno fa. Dalla Germania, dove aveva chiesto l’asilo politico e aveva vissuto alcuni anni, si era poi spostato in Italia, come molti suoi connazionali: tuttavia la sua richiesta d’asilo in Italia si era arenata in quanto il Paese di competenza – secondo il regolamento di Dublino II (2003/343/CE) – era la Germania, dove però le persone originarie del Parachinar difficilmente ricevono la protezione, al contrario di quanto avviene nel resto dell’Unione europea. In Italia, era entrato nel sistema di accoglienza a Staranzano (GO): era stato seguito dal Centro di Salute Mentale di Monfalcone. A seguito del cosiddetto Decreto Sicurezza e del conseguente smantellamento del sistema SPRAR di accoglienza diffusa, era stato trasferito, insieme ai suoi compagni, nel CARA di Gradisca d’Isonzo, gestito dalla cooperativa Minerva.

      Otto mesi fa, aveva chiesto di avviare la procedura per il cosiddetto rimpatrio volontario assistito, gestito dall’agenzia dell’ONU per le migrazioni (IOM/OIM): il rimpatrio volontario è una misura di controllo e contrasto all’immigrazione, attraverso la quale uno Stato (o un’organizzazione internazionale) danno un sostegno economico alle persone che decidono di rientrare nel loro Paese di provenienza. Il processo di rimpatrio assistito di Sajid Hussain era bloccato per mancanza di fondi, come è stato per mesi per tutti quelli gestiti da IOM/OIM. Sajid chiedeva insistentemente di essere rimpatriato o rimandato in Germania: per dimostrare questo suo desiderio, circa quattro mesi fa aveva stracciato i suoi documenti.

      Sajid si è annegato nell’Isonzo a Gorizia il 14 giugno, dopo essere stato in Questura a chiedere se si fosse sbloccata la sua procedura di rimpatrio.

      La vita di Sajid Hussain interseca in più punti l’insostenibilità del governo europeo delle migrazioni: un sistema che l’ha costretto a un ingresso pericoloso e illegale; che l’ha inserito in un database di sorveglianza (Eurodac); che gli ha vietato di scegliere il Paese dove vivere e l’ha costretto a tentare la procedura di asilo in Italia; che l’ha sottoposto a un processo per la richiesta d’asilo lungo e precarizzante; che lo ha costretto a vivere in una struttura affollata e non adatta alla vita delle persone; che non l’ha tutelato per i suoi problemi psichici; che non gli ha permesso di scegliere di tornare indietro, ingabbiandolo in una strada senza uscita. Il suicidio di Sajid è anche una conseguenza diretta di questo sistema: è la scelta di una persona senza possibilità di scelta; è la scelta di una persona che, come tante altre, viveva le condizioni materiali di invisibilità e disumanizzazione alle quali è sottoposta/o chi entra in Europa illegalmente. Il suicidio di Sajid è una morte di Stato.

      Se il Decreto sicurezza, con lo smantellamento del sistema SPRAR e l’eliminazione della protezione umanitaria, ha reso la vita in Italia dei/lle richiedenti asilo ancora più dura, è anche vero che in Italia l’immigrazione è sempre stata gestita come un fenomeno da controllare, incanalare e reprimere, secondo le necessità del mercato del lavoro. In questo razzismo istituzionale, che fonda lo Stato italiano come è oggi, sta l’origine dello sfruttamento delle migrazioni e dell’accettabilità dell’idea stessa che le persone richiedenti asilo possano essere ammassate in una struttura come il CARA di Gradisca, isolate, infantilizzate e costrette a un’attesa lunga mesi. A fianco a quel luogo, il CARA, dovrebbe essere presto aperta una prigione per persone irregolari: il Centro Permanente per il Rimpatrio (CPR), voluto dal Decreto Minniti-Orlando. L’apertura del CPR – di fatto un lager per le persone rinchiuse – porterebbe anche a un aumento del controllo poliziesco sulle vite delle persone che vivono nel CARA, oltre a essere per loro una minaccia visibile di espulsione e rimpatrio.

      Il suicidio di Sajid, morto di Stato, segue (almeno) altri quattro suicidi che sono avvenuti negli ultimi due anni tra i richiedenti asilo in Friuli-Venezia Giulia. Questa invisibilità che si fa visibile per un giorno come notizia di cronaca nera è un richiamo potente all’evidenza della brutalità del sistema delle frontiere, che crea una gerarchia mortale tra gli abitanti del mondo. La lotta per la distruzione di tutti i confini è una lotta per la libertà di tutt*.

      https://nofrontierefvg.noblogs.org/post/2019/06/20/comunicato-per-la-morte-di-sajid-hussain

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      Storia di Sajid, che voleva ritornare a casa

      Si chiamava Sajid Hussain il migrante pakistano annegato nel fiume Isonzo, a Gorizia, lo scorso 14 giugno. Sajid aveva trent’anni, proveniva dalla regione del Parachinar, dove aveva tre figli piccoli. Era in Europa da tre anni, prima in Germania e poi in Italia, da poco meno di un anno e mezzo. Nel nostro paese la sua richiesta di protezione si era però arenata a causa del trattato di Dublino. Lo stato competente, che per primo aveva identificato e ricevuto la domanda d’asilo di Sajid, era infatti la Germania.

      Sajid era ospitato da qualche tempo nel Centro d’accoglienza per richiedenti asilo di Gradisca d’Isonzo, in provincia di Gorizia, in seguito alla chiusura dei progetti di accoglienza diffusa dello Sprar, per effetto del decreto Salvini. Prima divideva con alcuni connazionali un alloggio nel vicino paese di Staranzano.

      Sajid però non è morto per un incidente, nell’Isonzo si è gettato volontariamente. Aveva deciso di tornare a casa, in Pakistan, o intanto in Germania, per poi partire da lì. Per questo aveva chiesto il rimpatrio, ma anche quella procedura era ferma da otto mesi, bloccata per la mancanza di fondi. Il rimpatrio volontario assistito è gestito dai governi con l’aiuto di organizzazioni internazionali come l’IOM (International Organization for Migration), o da ong come l’italiana Cefa. Il rimpatrio assistito prevede che il migrante riceva una somma, oltre i costi del viaggio, per aiutarlo a reinserirsi nel suo paese d’origine, trovare un lavoro o avviare un’attività. Questa soluzione è meno costosa per lo stato del rimpatrio coatto. L’Italia però ci investe meno di altri paesi europei come Francia e Germania.

      Come Sajid, chiedono il rimpatrio volontario molti migranti che non vedono nessuna prospettiva nel paese in cui si trovano. Per lui, però, il limbo in cui era finito era diventato insostenibile: quattro mesi fa aveva perfino strappato i suoi documenti per protesta. Negli ultimi mesi si era chiuso nel silenzio e chi lo conosceva bene è sicuro soffrisse di depressione. Sajid si è buttato nell’Isonzo dopo un’ultima visita alla questura di Gorizia. Era andato a controllare se la sua situazione si fosse sbloccata.

      Il suicidio di Sajid non è purtroppo un fatto isolato. Solo nelle strutture di accoglienza del Friuli-Venezia Giulia si sono registrati altri quattro casi negli ultimi anni. Sintomo di un sistema che funziona male, con strutture affollate e sempre meno tutele per la salute, anche psicologica, dei migranti.

      Per fare in modo che almeno la salma di Sajid possa tornare in Pakistan, amici e familiari si sono già mobilitati, promuovendo una raccolta fondi su internet.

      http://www.coopforwords.it/works/view/5647

      #Dublin #Staranzano #Cara #Gradisca #retour_volontaire #santé_mentale #suicide

    • juillet 2019:

      juillet 2019:
      Tentative de suicide, selon des informations reçues par mail il s’agit d’un pakistanais:

      All’inizio di luglio, un altro giovane migrante ospite del centro aveva tentato il suicidio, provando a buttarsi nell’Isonzo tra #Gradisca e #Poggio_Terza_Armata, ma era stato bloccato da un passante.

      https://www.dinamopress.it/news/gradisca-la-gestione-dellimmigrazione-uccide

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      Tomasinsig porta il caso del migrante in Prefettura

      Il caso del 30enne pakistano che ha tentato di gettarsi dalla passerella fra Gradisca e Poggio Terza Armata, e che ha rischiato di bissare la tragica fine di un connazionale annegato nell’Isonzo a Gorizia appena 20 giorni prima, sarà portato dal sindaco della Fortezza, Linda Tomasinsig, al Tavolo per l’Accoglienza convocato per oggi in Prefettura a Gorizia.

      I due cittadini pakistani, entrambi ospiti del Cara, sognavano entrambi il rimpatrio. All’incontro parteciperanno anche i vertici di Prefettura e Questura, le forze dell’ordine e le associazioni locali impegnate nel campo dell’immigrazione. «Fra i temi all’ordine del giorno, è ipotizzabile che vi saranno novità sulle tempistiche di apertura del Cpr – spiega Tomasinsig – ma chiederò lumi anche sull’annunciato piano trasferimenti di migranti ad altre regioni, ed illustrerò i contenuti dell’ordinanza anti-bivacchi nelle aree fluviali redatta assieme al collega Vittori di Sagrado».

      https://messaggeroveneto.gelocal.it/udine/cronaca/2019/07/11/news/tomasinsig-porta-il-caso-del-migrante-in-prefettura-1.36965

    • 18.12.2019

      Mercoledì 18 dicembre #Atif, che viveva nel Cara di Gradisca, proprio a fianco del Cpr, è morto annegato nell’Isonzo.

      https://radioblackout.org/2020/01/gradisca-proteste-evasioni-solidarieta

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      Il corpo di Atif se l’è preso l’Isonzo, la sua vita gli è stata rubata da un confine assurdo e da una legge ingiusta

      Mercoledì 18 dicembre Atif è caduto nell’Isonzo. Assieme ad altri ragazzi che come lui sono ospitati nel vicino CARA di Gradisca stava ingannando il tempo sulla riva del fiume.

      Alcuni articoli giornalistici lasciano intendere che la colpa è di un gioco avventato, di una stupida scommessa tra amici.

      Ma prima di lui l’Isonzo si è portato via Taimur nel 2015, e Zarzai nel 2016. Nel giugno di quest’anno Sajid nel fiume ha deciso di far finire la sua vita.

      Tutti loro hanno avuto la sfortuna di nascere in quello che secondo le nostre leggi è il lato “sbagliato” del mondo. Chi vi nasce se vuole cercare fortuna altrove non può, come facciamo noi europei, semplicemente comprare un biglietto d’aereo. Deve affidarsi ai trafficanti, affrontare un viaggio lungo e massacrante, pagare cifre astronomiche, solamente per poter mettere un piede oltre al confine della fortezza Europa.

      Atif vi era riuscito in ottobre, fermato nei pressi della frontiera con la Slovenia, e stava attendendo da allora l’esito della sua richiesta d’asilo.

      Era quindi entrato nel gorgo della legge sull’immigrazione italiana, quella che costringe ad attendere per mesi e mesi e in alcuni casi anni un colloquio con una “commissione” il cui esito sembra più l’estrazione di una lotteria che il frutto di una qualche valutazione.

      Nel frattempo la vita alienante al CARA di Gradisca, distante da tutto e tutti, nessun tipo di attività per far passare le giornate, nemmeno uno straccio di marciapiede per raggiungere il bar più vicino o le sponde dell’Isonzo.

      Quelle sponde dove i ragazzi del CARA vanno a consumare o cucinare il cibo che si comperano, per sfuggire all’immangiabile pasta o riso che all’infinito ripropone il “menu” della mensa della struttura.

      Quelle sponde dove a volte sono inseguiti dai solerti tutori delle forze dell’ordine pronti a comminare multe da 300€ a seguito dell’ordinanza della “democratica” amministrazione di Gradisca che vieta di bivaccarvi. La stessa amministrazione che non ha mai pensato di offrire nessuna alternativa degna per trascorrere il tempo, un posto al coperto dove poter stare assieme, magari leggere qualche libro, prepararsi il the o semplicemente stare in pace in un luogo sicuro.

      Chi ha conosciuto Atif racconta di un ragazzo solare, che seguiva un corso d’italiano organizzato da volontari fuori dal CARA, che voleva aiutare la madre e le quattro sorelle rimaste sole in Pakistan dopo la morte del padre.

      Atif non realizzerà i sui progetti: la sua vita gli è stata rubata da un confine assurdo e da una legge ingiusta.

      https://nofrontierefvg.noblogs.org/post/2019/12/22/il-corpo-di-atif-se-le-preso-lisonzo-la-sua-vita-gli-e-stata

  • Precipita da 20 metri e muore nel Carso : tentava di attraversare il confine sloveno

    Un uomo con cittadinanza marocchina è morto dopo essere precipitato in un burrone di oltre una ventina di metri sul Carso, in #Val_Rosandra (#Trieste), mentre tentava di attraversare il confine con l’Italia assieme alla moglie e ad alcuni compagni.

    L’uomo è finito nel dirupo sotto le pareti rocciose nei pressi del castello di #San_Servolo, in Slovenia, ma quando è stato soccorso le sue condizioni erano già gravi. Sul posto sono intervenuti i tecnici del Soccorso Alpino della stazione di Trieste, la Polizia di Stato, l’ambulanza e l’elisoccorso del Fvg che è stato autorizzato a procedere al recupero in territorio sloveno. L’operazione con il verricello non è semplice nella zona ricca di crepacci e fitta vegetazione.

    Il 18 dicembre un migrante pakistano di 32 anni è stato inghiottito dalle acque dell’Isonzo, nel tratto tra #Gradisca e #Sagrado. L’amico, anche lui richiedente asilo, aveva tentato inutilmente di salvarlo gettandosi nel fiume.

    Secondo la Questura, i rintracci di migranti a Trieste sono aumentati di «almeno il 50%» nel 2019 rispetto al 2018: negli ultimi 12 mesi la Polizia di Frontiera ha rintracciato circa 4 mila persone, a cui se ne aggiungono altre 1.300 che si sono presentate spontaneamente negli uffici della Questura per le pratiche amministrative e la richiesta di protezione". A Trieste sono giunti per lo più cittadini pachistani ("circa il 60% del totale") afghani, iracheni, siriani e bengalesi. Per quanto riguarda le espulsioni, ha precisato Petronzi, sono stati 210 gli stranieri irregolari espulsi dal territorio nazionale, «una decina in più rispetto al 2018».

    https://www.repubblica.it/cronaca/2020/01/01/news/tenta_di_attraversare_confine_sloveno_precipita_per_20_metri-244767445

    #frontière_sud-alpine #décès #morts #asile #migrations #réfugiés #Slovénie #Italie #Carso #mourir_aux_frontières #Alpes #violent_borders

    Ajouté à cette métaliste des migrants morts dans les Alpes :
    https://seenthis.net/messages/758646

    • Un algerino è morto cadendo in un burrone lungo il confine sul monte Carso

      La vittima è un immigrato caduto in un precipizio vicino al castello di San Servolo, in territorio sloveno. Nelle operazioni impegnato il Soccorso alpino di Trieste. Per il recupero impegnato l’elisoccorso del FVG.

      Un uomo, un algerino è precipitato ed è morto in un burrone di una ventina di metri mentre tentava di attraversare con alcuni compagni il confine tra Slovenia e Italia. L’uomo è caduto poco dopo le 8 di stamattina in un burrone sotto le pareti rocciose del Monte Carso vicino al castello di San Servolo. la vittima insieme alla moglie algerina e a due immigrati marocchini voleva entrare in Italia. Sul posto i tecnici del Soccorso Alpino della stazione di Trieste, la polizia, l’ambulanza e l’elisoccorso regionale che é stato autorizzato a procedere al recupero in territorio sloveno. Il recupero con il verricello non sarà semplice data la presenza di vegetazione.

      https://www.rainews.it/tgr/fvg/articoli/2020/01/fvg-Monte-Carso-infortunio-166e0a56-dc7d-4b03-a030-acd4f544a5d9.html?wt_mc=2

    • La seconda ricostruzione ci porta indietro solo di qualche settimana da oggi, al primo gennaio, anno bisesto 2020. È sempre Alessandro a parlare. Un uomo percorre a piedi, da solo, ci dice, la strada che dai pressi del Castello di San Servolo, sul confine tra Slovenia e Italia, porta alla stazione centrale ferroviaria di Trieste. Non so quanto sia la distanza in chilometri, so che è lunga, in particolar modo per chi viene da lontano e di questi luoghi non conosce niente. Non so se sia arrivato di corsa, quante strade abbia sbagliato, quante voci lo abbiano ignorato. Quanta forza e rabbia abbia avuto dentro sé.
      Entra in un bar, uno all’interno conosce il suo dialetto e capisce. Chiede aiuto, dice che un uomo, un suo amico, è precipitato nel vuoto “in montagna”. Per fortuna gli credono, lo caricano in macchina e lui li porta nel posto dove tutto questo si è verificato, su uno dei ciglioni della Val Rosandra.
      Poche ore prima, sul far del mattino, mentre tanti ancora dormivano per i fasti della nottata di Capodanno, un uomo di 29 anni, stava attraversando il confine assieme alla moglie di 27 anni e un amico, non conoscendo affatto la conformità del terreno carsico e il territorio circostante. Vengono dall’Algeria, sono arrivati qui attraverso la rotta balcanica e non passando per Gibilterra, più vicina al suo paese ma presidiata oltremodo per impedire il passaggio dei migranti.
      Hanno un figlio di 6 mesi, rimasto con i nonni in Algeria. La maggior parte dei migranti arriva attraverso la rotta balcanica partendo dal Pakistan, dall’Afghanistan e dall’Algeria.
      A pochi metri dalla moglie, all’improvviso, l’uomo scivola in un dirupo, venti metri più in basso. Impossibile raggiungerlo e cercare di dargli aiuto. L’amico poco distante dal luogo della tragedia non esita e si lancia in discesa senza sapere dove andare, verso un paese, in cerca di aiuto.
      Quando arrivano i soccorsi, il Soccorso Alpino di Trieste e i Vigili del Fuoco, per il giovane migrante non c’è più niente da fare. La moglie, in evidente e comprensibile stato di choc, sarà assistita dalla Caritas Diocesana di Trieste e richiederà asilo politico in Italia.
      Quanta strada hanno percorso viaggiando a piedi tra deserti, attraversando mari, rischiando in ogni giorno la vita nell’attraversare frontiere spesso invisibili senza capire dove realmente sarebbero arrivati. Quanti di noi sarebbero disposti a fare qualcosa del genere in cerca di un posto dove poter vivere liberi. Loro lo hanno fatto. Erano vicini alla meta, una meta alta venti ripidi metri di roccia calcarea. Nessuna targa, nessun ricordo per loro.

      http://www.alpinismomolotov.org/wordpress/2020/03/09/mi-smo-tu-noi-siamo-qui-sul-confine-tra-lisonzo-e-la-balkan-route

  • Un total de 655 personas han muerto o desaparecido en rutas migratorias de acceso a España en 2019, según una ONG

    El Colectivo Caminando Fronteras ha contabilizado 655 personas muertas y desaparecidas en su monitoreo anual del derecho a la vida en las rutas migratorias de acceso a España —Estrecho, #Mar_de_Alborán, Islas Canarias y ruta argelina—. Sin embargo, Caminando Fronteras ha alertado de que las cifras reales de muertes y desapariciones de personas migrantes que intentaron acceder a España en 2019 son «bastante superiores» a las recogidas por organismos oficiales.

    https://www.europapress.es/epsocial/migracion/noticia-total-655-personas-muerto-desaparecido-rutas-migratorias-acceso-
    #mourir_aux_frontières #Espagne #frontières #asile #migrations #réfugiés #Méditerranée #Mer_Méditerranée #Canaries #îles_Canaries #Etroit_de_Gibraltar #décès #morts

  • Une personne grièvement blessée par la police à la #frontière entre la #Croatie et la #Slovénie, 27-28 novembre 2019

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    Croatie : un policier ouvre encore le feu contre des réfugiés

    28 novembre - 22h : Mercredi en fin d’après-midi, un policier a ouvert le feu contre un groupe de réfugiés, près du village de #Mrkopalj, dans le comté de #Primorje-Gorski_Kotar, à 50 km à l’est de Rijeka, blessant l’un d’entre eux. La police affirme que l’homme aurait opposé une vive résistance à son arrestation et tenté de s’enfuir. Il y a onze jour, la police avait déjà ouvert le feu contre un autre groupe de réfugiés dans la même région, située sur la route reliant la région de Bihać, en Bosnie-Herzégovine, à la Croatie.

    https://www.courrierdesbalkans.fr/courrierdesbalkans-fr-fil-info-refugies-2019-novembre

    #frontière_sud-alpine #montagne #mourir_aux_frontières #asile #migrations #réfugiés #décès #morts #frontières #Croatie #Route_des_Balkans #Slovénie

    Cet accident survient seulement quelques 10 jours après l’autre personne blessée par #arme_à_feu sur la même frontière, 16-17.11.2019 :
    Migrante in fin di vita all’ospedale di Fiume, sarebbe stato raggiunto da colpi di pistola esplosi dalla polizia
    https://seenthis.net/messages/811666

    #armes #armes_à_feu

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    v. la liste des push-back à la frontière avec #armes_à_feu (août 2017-octobre 2019)
    https://seenthis.net/messages/814569

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    Ajouté à cette liste des morts (même si la personne dont on parle ici n’est pas décédée) :
    https://seenthis.net/messages/811660

    Et, indirectement, à la métaliste des migrant·es morts à la #frontière_sud-alpine :
    https://seenthis.net/messages/758646

    • We begin another week’s report with news of Croatian police shooting a man. Just eleven days after the case of an officer’s “accidental firing” and shooting of a man who is still recovering from serious injuries at the hospital in Rijeka, on Thursday another Croatian police officer shot a man in the area of #Mrkopalj (https://www.index.hr/vijesti/clanak/policajac-upucao-migranta-kod-fuzina-iz-policije-kazu-da-je-kriv-migrant/2136049.aspx). The police version about the event is again unclear and blames the victim – it says that the person was “actively resisting and thereby caused the police officer’s firearm to fire". We wonder which version of the story the Croatian police will embrace this time - in the case of another “accidental firing”, the question is whether police officers are actually well trained in handling firearms, and in the case of a deliberate shooting, we expect a transparent and independent investigation into all of the circumstances of the event and the verification whether the police officer acted within his authority and in proportion to the use of necessary defence.

      Reçu via Inicijativa dobrodosli, mail du 04.11.2019.

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      Policajac upucao migranta kod Fužina. Iz policije kažu da je kriv - migrant

      POLICAJAC je jučer na području Mrkoplja upucao migranta. Iz policije su javili da je došlo do opaljenja jer je migrant pružao aktivan otpor. Migrant je lakše ranjen.

      Propucavanje se dogodilo jučer, a policija je o tome izvijestila danas navodeći da je migrant sam kriv za opaljenje pištolja.

      U riječkom KBC-u doznaje se da je ozlijeđeni muškarac zadobio prostrjelnu ranu desnog ramena te je sinoć operiran. Stanje mu je stabilno i izvan je životne opasnosti.

      Utvrđuju okolnosti ranjavanja migranta, a već su ih utvrdili?

      Njihovo priopćenje prenosimo u cijelosti.

      “Jučer, 27. studenog 2019. godine, u kasnim popodnevnim satima, na širem području Mrkoplja, policijski službenici PU primorsko-goranske, koji sukladno zaključcima sastanka predstavnika policije i lokalnih vlasti na navedenom području provode pojačane aktivnosti na suzbijanju nezakonitih migracija te prevenciji imovinskih delikata, zatekli su grupu nepoznatih osoba.

      Tijekom policijskog postupanja, jedna od zatečenih osoba, u namjeri da spriječi policijskog službenika u obavljanju službene radnje, pružala je aktivan otpor i na taj način svojim djelovanjem prouzrokovala opaljenje iz vatrenog oružja policijskog službenika, kojom prilikom je došlo do posljedičnog zadobivanja ozljeda.

      Osobi je odmah pružena hitna medicinska pomoć te je zbrinuta. Prema prvim neslužbenim informacijama radi se o lakšoj ozljedi”, stoji u priopćenju.

      Na kraju dodaju kako se utvrđuju sve okolnosti pod kojima se događaj odvio, a prema njihovom priopćenju se čini da su već utvrdili način na koji je migrant upucan.

      Zadnji ovakav slučaj dogodio se prije 11 dana na području Tuhobića, gdje je policajac iz puške propucao migranta i nanio mu ozljede opasne po život. Policija je i tada izvijestila da se radilo o slučajnom opaljenju oružja.

      https://www.index.hr/vijesti/clanak/policajac-upucao-migranta-kod-fuzina-iz-policije-kazu-da-je-kriv-migrant/2136049.aspx

    • This week started with a tragic event happened in Croatia: a man has been shot by a Croatian police officer (https://www.cms.hr/hr/azil-i-integracijske-politike/povodom-ranjavanja-osobe-u-gorskom-kotaru-pucanj-u-ljudska-prava) - at the time writing, he is still in hospital and went through more than 4 surgeries, and he’s fighting for his life. One of the multiple versions elaborated by the Ministry of the interior is that “there has been no shooting, rather it was an accidental firing”. The version of the story changed several times, and up until now, the minister decided to stay silent “while the investigations are ongoing”. We would like to underline how we don’t have trust in a system that makes Thermo camera videos disappear, or in a system that doesn’t allow other institutions like the ombudswoman to access to information regarding border management. While the European Commission gives the green light for Croatia accession to Schengen, the police officers shoot to men in search of safety: is this the idea that the European Commission has of a good way of managing the external borders of EU? Border Violence Monitoring Network reminds us how this event is not an exception nor an accident: in their press briefing (https://www.borderviolence.eu/wp-content/uploads/Press-Briefing-19th-November-2019-1.pdf), the network underlines how the 19% of all recorded pushback cases from Croatia involved gun use, affecting 1279 people. In 2019, the pushbacks of 770 people from Croatia involved gun use. Of the 54 group cases: 31 cases gunshots were fired by police officers; in 33 cases guns were used to threaten respondents. In October 2019 alone, 17% of recorded pushback cases from Croatia involved the threatening with, or shooting of firearms by police. These firearms use targeted a total of 285 people. Across the Balkan Region, BVMN has recorded 107 incidents of gun used by police, including 63 cases where gunshots were fired by police officers; 63 cases where guns were used to threaten respondents. Here you can read the full report of the month of October: https://www.borderviolence.eu/balkan-region-report-october-2019

      Reçu via Inicijativa Dobrodosli, mail du 27.11.2019.

  • Une personne grièvement blessée par la police à la #frontière entre la #Croatie et la #Slovénie, 17 novembre 2019 :

    Un inmigrante, en estado crítico por los disparos de la Policía croata cerca de la frontera con Eslovenia

    Un inmigrante, en estado crítico por los disparos de la Policía croata cerca de la frontera con Eslovenia

    La Policía croata ha dejado herido en estado crítico a un inmigrante que intentaba cruzar con un grupo de compañeros la frontera hacia Eslovenia, según han confirmado fuentes oficiales de la localidad de #Rijeka, próxima a la zona montañosa de #Gorski_Kotar, a unos 20 kilómetros de la línea de separación, donde ha sucedido el incidente. El ministro del Interior croata, Davor Bozinovic, ha confirmado las intenciones del grupo pero no ha dado detalles sobre el número de integrantes ni sus ...

    Leer más: https://www.europapress.es/internacional/noticia-inmigrante-estado-critico-disparos-policia-croata-cerca-frontera

    https://www.europapress.es/internacional/noticia-inmigrante-estado-critico-disparos-policia-croata-cerca-frontera
    #montagne

    Ajouté à cette liste des morts (même si la personne dont on parle ici n’est pas décédée, mais les blessures sont apparemment très graves et la personne est « en fin de vie » selon les informations de presse) :
    https://seenthis.net/messages/811660

    Et, indirectement, à la métaliste des migrant·es morts à la #frontière_sud-alpine :
    https://seenthis.net/messages/758646

    #frontière_sud-alpine #montagne #mourir_aux_frontières #asile #migrations #réfugiés #décès #morts #frontières #Croatie #Route_des_Balkans #Slovénie

    • Migrante in fin di vita all’ospedale di Fiume, sarebbe stato raggiunto da colpi di pistola esplosi dalla polizia

      „A riportare la notizia è il quotidiano croato Dnevnik.hr che ha registrato il grave ferimento dell’uomo, di cui non si conoscono ancora le generalità, ieri pomeriggio nella zona del Gorski Kotar. La vicenda confermata anche dal ministro degli Interni di Zagabria, Davor Bozinovic“

      Nella zona del Gorski kotar, ieri 16 novembre la Polizia croata avrebbe sparato ad un migrante che sarebbe ricoverato in fin di vita, nell’ospedale di Fiume, a causa di una grave ferita al ventre. A riportare la notizia è il quotidiano croato Dnevnik.hr in questo articolo dove spiega come le forze dell’ordine croate avrebbero esploso colpi d’arma da fuoco (non viene riferito il numero) dopo il rintraccio di un gruppo di una quindicina di migranti nella zona del monte Tuhobic e, presumibilmente, provenienti dalla rotta balcanica.

      Al momento non si hanno notizie sulle generalità dell’uomo, né sulla sua età. Il Dnevnik riporta che l’uomo, assieme agli altri compagni di viaggio, si stava dirigendo verso il confine con la Slovenia, tentando di entrarvi illegalmente. La notizia del ferimento del migrante e il suo trasferimento all’ospedale del capoluogo quarnerino, è stata confermata, come riportato sempre dal media croato, anche dal ministro degli Interni di Zagabria Davor Bozinovic. Da quanto riportato dai media croati e sloveni, dovrebbe venir aperta un’inchiesta per far luce sul grave fatto di cronaca.

      http://www.triesteprima.it/cronaca/rotta-balcanica-croazia-slovenia-migrante-ferito.html

    • Croazia: la polizia spara sui migranti

      Uno è stato ridotto in fin di vita. Aperta una inchiesta per stabilire cosa sia successo durante il pattugliamento nel Gorski Kotar.

      Spari sui migranti in una zona impervia del Gorski Kotar, non lontano dal monte Tuhobić, ad alcuni chilometri di distanza dalla più vicina arteria stradale. Tutto è avvenuto ieri pomeriggio, quando la polizia croata ha aperto il fuoco contro un gruppo di sospetti clandestini, una quindicina, che avrebbero cercato di raggiungere la Slovenia. Uno di loro è stato raggiunto al torace ed è in gravissime condizioni. È stato operato d’urgenza nell’ospedale di Fiume.
      Il ministro dell’Interno croato, Davor Božinović ha spiegato che i poliziotti erano in servizio di pattugliamento per il controllo della frontiera: aperta un’inchiesta per stabilire le circostanze che hanno portato ad aprire il fuoco contro i migranti e se ciò sia stato giustificato dagli eventi. Alla domanda se anche i migranti fossero armati, il ministro ha detto che non c’è ancora una risposta. Tutti i componenti il gruppo di migranti sono stati fermati. Da diverso tempo le organizzazioni umanitarie e per i diritti umani imputano alla polizia croata un comportamento violento nei confronti di profughi e migranti che arrivano in Croazia dalla Bosnia ed Erzegovina, da pestaggi a respingimenti oltre confine in modo violento. Finora però non era mai giunta notizia di un impiego di armi da fuoco.

      https://capodistria.rtvslo.si/news/croazia/croazia-la-polizia-spara-sui-migranti/505185

    • Et l’article avec la nouvelle dans un journal croate :
      Doznajemo : Ranjavanju migranta prethodio je napad na policajce. Kamenjem ih gađala veća skupina migranata

      Ilegalni migrant koji je teško ozlijeđen u subotu kasno popodne u Gorskom kotaru još uvijek je životno ugrožen. Očevid radi utvrđivanja okolnosti tog incidenta još je u tijeku. Neslužbeno doznajemo da su ga policajci nakon ranjavanja nosili nekoliko kilometara, sve dok ga nije preuzela služba Hitne pomoći.

      Ministar unutarnjih poslova Davor Božinović kazao je da je dovršen očevid u slučaju ranjavanja migranta koji se u KBC-u Rijeka s prostrijelnom ranom u predjelu prsnog koša i trbuha bori za život, javlja N1.

      ’Odvjetništvo uz stručnu pomoć policije provodi kriminalističko istraživanje i u ovom trenutku rano je govoriti o rezultatima tog istraživanja. Eventualno bih u ovom trenutku mogao kazati da nije utvrđeno da je korištenje vatrenog oružja bilo usmjereno prema konkretnoj osobi, s namjerom djelovanja prema osobi", izjavio je ministar unutarnjih poslova Davor Božinović.

      Prema neslužbenim informacijama, nakon incidenta u kojem je teško ozlijeđen migrant policajci su ga s nepristupačnog terena nosili sve do vozila Hitne pomoći, kojim je nakon toga prebačen u KBC Rijeka.
      Napali policajce kamenjem?

      Neslužbeno doznajemo da je riječ o djelatniku specijalne policije koji je nedavno spasio migranta kojemu je prijetilo smrzavanje nakon što ga je njegova grupa neadekvatno odjevenog ostavila u šumama Gorskog kotara na niskim temperaturama.

      Također, neslužbeno se doznaje da je do ozljeđivanja stradalog migranta došlo nakon pucanja u zrak nakon što je veća grupa migranata vrlo blizu mjesta incidenta kamenjem i drugim priručnim sredstvima napala policajce. Policajac koji je upotrijebio vatreno oružje tada je nekoliko puta na hrvatskom i engleskom jeziku upozorio da je riječ o policiji te da je primoran koristiti oružje. Potom je ispalio dva metka u zrak iz oružja koje nije bilo usmjereno prema migrantima. Kad je krenuo prema njima, policajac se spotaknuo te pritom i ozlijedio, a u tom trenutku njegovo je oružje još jednom opalilo, no nije bilo usmjereno prema migrantima, već je moguće da se hitac odbio od tvrde površine te tako ozlijedio migranta, što će utvrditi istraga.
      Ranjen u prsni koš i trbuh

      Očevid je na mjestu događaja završio, no istraga je još uvijek u tijeku, a ranjeni muškarac i dalje je u životnoj opasnosti.

      ’’Bolesnik je u jedinicu intenzivnog liječenja zaprimljen po učinjenom hitnom operativnom zahvatu. Prilikom ranjavanja zadobio je višestruke ozlijede toraksa i abdomena koje su opasne po život. U bolesnika se i dalje provode mjere intenzivnog liječenja’’, kazala je anesteziologinja riječkog KBC-a dr. sc.Vlasta Orlić Kabrić.

      Višestruke ozljede, pretpostavlja se, nastale su od metka ili od odbijanja metka o tvrdu podlogu te potom ranjavanja. Zbog incidenta je sinoć u Rijeku stigao ministar unutarnjih poslova Davor Božinović. ’’Došlo je do ozljeđivanja vjerojatno zbog uporabe vatrenog oružja, po tome će postupati nadležno županijsko državno odvjetništvo’’, rekao je ministar i kazao da ne može govoriti o detaljima.
      Kiša otežava očevid

      Mjesto nesreće udaljeno je pet kilometara od posljednjeg šumskog puta kojim se može doći vozilom. Osim teško pristupačnog terena, očevid otežavaju i veoma loše vremenske prilike, odnosno vrlo gusta kiša koja pada u tom dijelu Gorskoga kotara.

      Stanovnici Gorskog kotara već neko vrijeme imaju problema s migrantima koji uspiju pobjeći policajcima na granici s Bosnom i Hercegovinom. ’’U početku su ljudi bili susretljivi. I sami su rekli da bi trebalo pomoći ljudima. Ali, eto, kako prolazi već nekoliko godina, pogotovo u zimskom periodu, postajali su nekako agresivniji’’, govori David Bregovac, načelnik općine Fužine.

      Je li skupina na koju je naišla policijska ophodnja bila naoružana, jesu li nasrnuli na policajce, zašto je policija koristila vatreno oružje, kako je grupa ilegalaca uspjela ući tako duboko u Hrvatsku – samo su neka od pitanja na koja bi istraga koja je u tijeku trebala dati odgovor.

      https://dnevnik.hr/vijesti/hrvatska/migrant-upucan-u-gorskom-kotaru-bori-se-za-zivot-ima-prostrijelnu-ranu-prsno

    • Croatian police fire on illegal migrants near Slovenian border

      Croatian police fired on a group of illegal migrants trying to reach neighboring Slovenia late on Saturday, leaving one man critically injured, officials in the northern Adriatic town of Rijeka said.

      Croatian Interior Minister Davor Bozinovic told reporters that the group was probably trying to cross into Slovenia, but did not say how many people were in the group or give their nationalities.

      Croatia is on a route taken by many migrants from the Middle East and central Asia trying to reach wealthier EU states. Some cross into Croatia from Bosnia undeclared.

      “Police officers were preventing the passage of a group which most probably wanted to reach Slovenia,” Bozinovic told media late on Saturday, adding that one man was wounded probably due to the use of firearms.

      A doctor at the Rijeka Clinical Hospital Centre said the man in a critical condition had suffered gunshot wounds.

      “The patient was admitted for urgent surgery after sustaining gunshot wounds in the area of thorax and stomach,” the doctor told Reuters by telephone on Sunday. “He is in a life-threatening condition and intensive medical treatment is continuing.”

      Bozinovic said regional authorities would investigate the incident, which took place in the mountainous Gorski Kotar area close to Rijeka, which is around 20 km (12 miles) from the Slovenian border.

      Croatia, which wants to join the EU’s border-free Schengen area, has to convince Brussels that it is able to effectively manage the bloc’s external border, a particularly sensitive issue since Europe’s 2015 migrant crisis.

      Neighboring Bosnia, which has become a migrant hot-spot since 2018, has repeatedly accused Croatia of returning migrants to Bosnia even when they are found deep in its territory. Many migrants have been complaining of brutality of Croatian police officers, allegations that Croatia has dismissed.

      https://www.reuters.com/article/us-europe-migrants-croatia/croatian-police-fire-on-illegal-migrants-near-slovenian-border-idUSKBN1XR0I

    • Croatian police shoot and seriously injure refugee

      The nationality of the injured migrant has not yet been reported. The incident occurred in a wooded area of the Gorski Kotar region, between Croatia and Slovenia, on one of the routes that many migrant and refugees stuck in Bosnia take to reach Western Europe. Croatian media say that a group of 17 migrants, after being sighted while illegally crossing the woods, allegedly refused to peacefully hand themselves over to the police and began to throw rocks and other objects at the security forces. According to the official version given by the police, one policeman tripped while shooting in the air and the bullet ricocheted and hit one of the migrants. The Croatian police immediately gave first aid to the injured man and took him on foot for three kilometres to the nearest ambulance. The migrant has been hospitalised and undergone two surgeries. He is still in critical condition. Human rights organisations have expressed serious doubts about the official version of the incident and say that weapons are being used ever more frequently against migrants and have called for the interior ministry to prevent similar incidents.

      http://www.ansamed.info/ansamed/en/news/sections/generalnews/2019/11/18/croatian-police-shoot-and-seriously-injure-refugee_87deadaa-f86c-4c27-b7fb

    • Croatie : la police tire sur un groupe de migrants, un homme entre la vie et la mort

      Un homme a été touché par un tir de la police croate dans la nuit du samedi 16 au dimanche 17 novembre, dans la région montagneuse du Gorski Kotar. Selon un médecin de l’hôpital de Rijeka, ce dernier est aujourd’hui dans un état critique.

      Le ministre croate de l’Intérieur, Davor Božinović, a déclaré que l’homme « a été blessé » alors que « la police protégeait la frontière », essayant d’« empêcher un groupe de migrants [sans donner leur nombre ni leur nationalité] de passer en Slovénie ». Mais l’ONG Are You Syrious explique que ces tirs ont eu lieu « très à l’intérieur du territoire croate », loin de la frontière. La ville de Rijeka se situe effectivement à une vingtaine de kilomètres de la Slovénie.

      La Croatie, qui veut intégrer l’espace Schengen, doit convaincre Bruxelles qu’elle est capable de prendre en charge la frontière extérieure de l’UE, notamment depuis le début de la crise des migrants en 2015. « Ce n’est pas la première fois que la protection des frontières en Croatie a des conséquences fatales ou quasi-fatales », rappelle Are You Syrious. Le 21 novembre 2017, une Afghane de 6 ans est morte quelques minutes après une opération de refoulement illégale de la police croate à la frontière avec la Serbie. Le 30 mai 2018, deux réfugiés de 12 ans, un garçon et une fille, ont été atteints au visage par des tirs de cette même police.

      https://www.courrierdesbalkans.fr/courrierdesbalkans-fr-fil-info-refugies-2019-novembre

    • Croatian police fire on irregular migrants near Slovenian border

      Croatian police on Friday fired on a group of migrants trying to irregularly reach neighboring Slovenia, local officials said. One man was critically injured. Thousands of migrants trying to reach western Europe are stuck in the Balkans.

      A migrant is fighting for his life after being shot by police on Friday, doctors in the Croatian port of Rijeka said Sunday. The unidentified migrant reportedly suffered multiple bullet wounds to his chest.

      “The patient was admitted for urgent surgery after sustaining gunshot wounds in the area of thorax and stomach,” a doctor at the Rijeka Clinical Hospital Center told news agency Reuters. “He is in a life-threatening condition and intensive medical treatment is continuing.”

      The incident happened when Croatian police fired on a group of irregular migrants trying to reach neighboring Slovenia. As AP reports, Croatian police said they fired the shots “to protect Croatia’s borders.”

      The Croatian interior minister Davor Bozinovic told media that “police officers were preventing the passage of a group which most probably wanted to reach Slovenia.” He further said that one man was wounded probably due to the use of firearms. Bozinovic did not say how many people were in the group or give their nationalities.

      The interior ministry said regional authorities would investigate the incident, which took place in the mountainous Gorski Kotar area close to Rijeka, a Croatian port city around 20 kilometers (12 miles) from the Slovenian border.

      Critical situation

      Rights groups have repeatedly accused Croatian authorities of using excessive force against migrants irregularly entering from neighboring Serbia and Bosnia and Herzegovina, both non-EU countries. The EU-member state Croatia has repeatedly denied the charges.

      Croatia, which wants to join the EU’s border-free Schengen area, has to convince Brussels that it is able to effectively manage the bloc’s external border. This is a particularly sensitive issue since Europe’s 2015 so-called migrant crisis.

      Croatia is on the so-called Balkan route taken by many migrants from the Middle East and central Asia trying to reach wealthier EU states. Some of those migrants cross into Croatia from Bosnia undeclared. In recent months, more and more refugees and migrants have arrived in Europe via the southern/western Balkan route: EU border agency Frontex registered 8,400 border crossings in the first 10 months of 2019 - an 82% increase compared to the same period last year.

      Storm sweeps through migrant camp in Bosnia

      In Croatia’s neighboring state Bosnia and Herzegovina, a storm on Friday blew many tents away in a bleak makeshift camp for migrants who are trying to reach western Europe. Migrants staying in the Vucjak camp near the border with Croatia were appealing for help on Saturday after spending a sleepless night looking for shelter.

      On Friday, hundreds of locals protested against the migrants’ presence and demanded the closure of overcrowded refugee camps and the relocation of the migrants from the city area.

      The European Union and numerous international organizations have repeatedly called for the closure of the Vucjak camp, which is located on a former landfill and is near a minefield left over from Bosnia’s 1992-95 war.

      Hundreds of migrants have been staying there with almost no facilities since the authorities in northwestern Bosnia set up the camp earlier this year. Bosnia, which has become a migrant hot-spot since 2018, has repeatedly accused Croatia of returning migrants to Bosnia even when they are found deep in its territory.

      This practice called “pushbacks” is prohibited under the Geneva Refugee Convention, which provided the principle of nonrefoulement.

      https://www.infomigrants.net/en/post/20899/croatian-police-fire-on-irregular-migrants-near-slovenian-border

    • https://www.borderviolence.eu/wp-content/uploads/Press-Briefing-19th-November-2019-1.pdf

      voir aussi:
      14/10/2019: “[they] started beating men with sticks, they beat me on my shoulder and back”

      Date and time: October 14, 2019 03:00
      Location: South east of #Komesarac, Croatia
      Coordinates: 45.09186791983132, 15.769071046238082
      Push-back from: Croatia
      Push-back to: Bosnia
      Demographics: 35 person(s), age: 2 - 45 (including minors aged 2, 5, 6, 7 and 8) , from: Palestine, Syria, Iraq
      Minors involved? Yes
      Violence used: beating (with batons/hands/other), kicking, threatening with guns, forcing to undress, destruction of personal belongings, theft of personal belongings
      Police involved: 10 Croatian officers dressed in blue uniforms with gunns, 2 police cars, 3 vans, 6/7 officers in camourflage uniform
      Taken to a police station?: yes
      Treatment at police station or other place of detention: detention, no translator present, denial of access to toilets, denial of food/water
      Was the intention to ask for asylum expressed?: Yes
      Reported by: Border Violence Monitoring

      Original Report

      A Syrian family joined a group of 35 people (mostly families from Syria and Palestine and a few single men from Iraq), and attempted to cross the Bosnian-Croatian border. They started walking from Velika Kladuša and walked for a day and a half through the woods and mountains. Once they were inside Croatian territory they decided to take a rest in the woods. The group fell asleep only to be woken up at 03:00 in the morning of 14th October 2019 by rapid gun fire and shouts of, “Freeze!”.

      They family noticed ten men in blue uniforms of Croatian police surrounding them, firing shots in the air:

      “like in a movie, they forced all men to lie down on their stomachs with our hands behind our heads, women no, they were just standing aside”.

      Not long after, the police ordered them to make a line and start walking, while police was escorting the line on both sides, pointing their guns at them.

      “We walked maybe 30 minutes, we reached a place with a hole already waiting for us, the fire was already burning, ready for our stuff. They took everyone’s backpacks, bags and sleeping bags and for single men they took jackets also. Everything was burned. I asked if I can take my baby’s food from the bag and they said no, took my backpack and threw it in the fire.”

      They were searched over their clothes and had their phones taken away from them. Some phones were thrown on the ground and stomped-on with police boots while some were just taken away and never returned. Two police cars and three vans arrived, everyone was forced to go inside them and driven for an hour to the police station where they were detained for two hours with no food, water, access to toilet or the presence of a translator.

      “They didn’t even talk to us, we asked them to take our fingerprints, one man in the group spoke good English and he explained to the police what we want (referring to asylum claim). The police was just laughing and didn’t do anything.”

      Instead, the transit group were again put in the three police vans which drove for around one hour and a half to the border-area, where they were made to go out of the vans and saw six to seven police in camouflage uniforms waiting for them.

      “Commandos in camouflage color started beating men with sticks, they beat me on my shoulder and back [he shows a picture of the bruises from his phone] and kicking us in our knees or behind our knees, yelling at us to start walking faster. They were walking behind us, beating and yelling for a few hundred meters than they stopped and we were told to continue by ourselves.”

      Once returned to BiH, the group walked for four to five hours to reach Velika Kladuša, where they took the bus to Sedra camp, close to Bihac.

      https://www.borderviolence.eu/violence-reports/october-14-2019-0300-south-east-of-komesarac-croatia

  • #Calais : huit migrants, dont des enfants, trouvés en hypothermie dans un camion frigorifique

    Tôt ce dimanche 27 octobre, la Border Force britannique a trouvé huit migrants en état d’#hypothermie dans un #camion_frigorifique, au terminal ferry du port de Calais. Parmi eux, deux enfants en bas âge.


    https://www.lavoixdunord.fr/657776/article/2019-10-27/calais-dix-migrants-dont-des-enfants-trouves-en-hypothermie-dans-un-cam

    #asile #migrations #frontières #France #Angleterre #UK #camion #décès #morts #mourir_aux_frontières #mourir_dans_la_forteresse_européenne

    –---------

    Mise à jour du 29.10.2019...
    Je pense que les 8 personnes qui ont été retrouvées dans le camion ne sont pas mortes (ouf !) :

    Huit migrants afghans, dont quatre mineurs ont été hospitalisés à Calais après avoir été retrouvés dimanche 27 octobre en état de « légère hypothermie » dans un camion frigorifique dans le port de cette ville du Pas-de-Calais.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/20418/une-trentaine-de-migrants-decouverts-dans-des-camions-en-belgique-et-a

    • Une trentaine de migrants découverts dans des camions en Belgique et à Calais

      Quelque 28 migrants, dont des mineurs, ont été retrouvés depuis samedi dans plusieurs camions en partance de Calais et du nord de la Belgique vers le Royaume-Uni. La plupart sont Afghans, Irakiens et Érythréens. L’un des transporteurs avait caché les migrants sous un trappe verrouillée, derrière des poulets surgelés.

      Huit migrants afghans, dont quatre mineurs ont été hospitalisés à Calais après avoir été retrouvés dimanche 27 octobre en état de « légère hypothermie » dans un camion frigorifique dans le port de cette ville du Pas-de-Calais.

      Ils étaient cachés derrière des poulets surgelés, dans le double fond de la cellule frigorifique qui se trouvait sous une trappe.

      Ils ne pouvaient pas s’échapper en cas de problème

      La trappe était verrouillée de l’extérieur, un dispositif extrêmement dangereux puisque les personnes transportées ne pouvaient pas s’échapper seules en cas de problème.

      La semaine dernière, trente-neuf migrants vietnamiens sont morts piégés dans des conditions similaires, dans un camion frigorifique dont le conteneur était arrivé de Zeebruges jusqu’à Londres.

      Dimanche, le petit camion de 3,5 tonnes qui transportait les migrants afghans, a été contrôlé au moment d’embarquer sur un ferry à destination du Royaume-Uni. « Tout le contenant n’était pas rempli, ce qui prouve bien que ce n’était pas un véritable transport de marchandises », a indiqué une source judiciaire.

      Vingt migrants découverts à bord de deux camions en Belgique

      La veille, vingt migrants ont été découverts dans deux camions en route pour le Royaume-Uni depuis la Belgique. Ils ont tous été retrouvés en bonne santé.

      Le premier véhicule transportait onze personnes, dont des femmes et des enfants d’origine africaine, a priori érythréenne, a précisé le parquet du Limbourg. Le chauffeur a découvert ces passagers clandestins lors d’un arrêt technique dans un garage de Saint-Trond, situé à proximité de la frontière avec l’Allemagne (environ 65 km à l’est de Bruxelles).

      Par ailleurs, la police a trouvé samedi matin neuf hommes se disant de nationalité irakienne. Ils étaient cachés dans un camion qui circulait sur une voie rapide à Bruges en direction du port de #Zeebruges, a indiqué le parquet de Flandre occidentale. Les policiers sont intervenus après avoir été avertis de la présence de migrants dans ce camion.

      https://www.infomigrants.net/fr/post/20418/une-trentaine-de-migrants-decouverts-dans-des-camions-en-belgique-et-a

  • Drownings of Turkey’s Purge
    –-> 31 Turkish citizens drowned in the Aegean sea while seeking to escape the ongoing post-coup crackdown in Turkey.

    Thousands of people have fled Turkey over the past three years due to a massive witch-hunt launched by the Justice and Development Party (AK Party) government against its critics such as academics, Kurdish politicians and especially the real or imagined sympathizers of the Gülen group, in the wake of a failed coup attempt on July 15, 2016. The gov’t accuses the group of masterminding the failed coup while the group denies any involvement.

    More than 500,000 people have been investigate and some 96,000 including academics, judges, doctors, teachers, lawyers, students, policemen and many from different backgrounds have been put in pre-trial detention over Gulen links July 2016.

    Many try to escape Turkey via illegal ways as the government cancelled their passports. Purge-victim Turks often cross Evros river to escape from the snowballing persecution. Around 14,000 people crossed the Evros frontier from January through September of 2018, a Wall Street Journal said, underlining that around half of those crossing the Evros river were Turkish citizens.


    https://turkeypurge.com/wp-content/uploads/2019/10/combinepdf.pdf
    #purge #Turquie #morts #décès #Evros #frontières #Mer_Egée #mourir_aux_frontières #Grèce #mourir_en_mer #migrations #asile #réfugiés #coup

    ping @isskein

  • A Calais, la frontière tue ! In Calais, the border kills !


    http://timeglider.com/timeline/65ecd96fa599a9c6

    –-----
    Deaths at the Calais Border

    Uncountable lives are wasted and suffer at the hands of the Calais border regime. There is no accurate count of how many people have died. This is a list of people known in Calais or from news reports.

    For sure there will have been more, their deaths ignored, the facts covered up or altogether unreported. Many already go unnamed, without vigils and protests, without families or friends to advocate on their behalf.

    But we will never let these deaths be silenced. We will not forgive and we will never forget.

    These borders kill! One death is too many!

    https://calaismigrantsolidarity.wordpress.com/deaths-at-the-calais-border

    #morts #décès #mourir_aux_frontières #Calais #France #frontières #Angleterre #UK #migrations #asile #réfugiés #base_de_données #database #liste #timeline #ligne_du_temps #mourir_dans_la_forteresse_Europe #visualisation #infographie #frise #frise_chronologique #time-line

    ping @reka @simplicissimus @karine4

    • Un article de février 2018

      The deadly roads into Calais

      Since 1999, an estimated 170 migrants desperately seeking a clandestine passage across the Channel to Britain have died in road accidents in and around the port of Calais in northern France, 37 of them since 2015. One former police officer said the situation became so grim “it was humanly impossible to pick up more bodies from the road”. One of the most recent victims was a 22-year-old Eritrean whose mutilated body was found on a motorway last month after he was run over by a truck whose driver fled the scene. Elisa Perrigueur reports from Calais, where she met with Biniam’s relatives as they prepared the return of his body home to north-east Africa.
      The temperature was below freezing point on a bleak dawn last month when Biniam’s remains were found near the port of Calais, lying on the smooth tarmac of the A16 motorway that runs parallel to the Channel coast. According to statements given to the police afterwards by those who knew him, Biniam L. (full last name withheld here), a 22-year-old Eritrean, had probably spent all night looking for a truck he could climb onto in the hope of smuggling his way to England.

      He was successful, at first. He had managed to mount one of them, hiding in its cargo hold, most certainly hoping, like so many others who attempt the same, that once it passed through the fortified perimeter of the port, which is surrounded by 39 kilometres of fencing, it would be one of the vehicles that occasionally escapes the heat scanners and sniffer-dog searches, first in Calais and then, after the brief sea passage, through the British port of Dover. With no ID documents and no baggage, just the clothes he would hope could adequately keep out the biting cold.

      But on that early morning of January 9th this year, his plan went horribly wrong. The truck he had hidden in did not turn off the motorway into Calais, but instead continued its route eastwards. The young man must have panicked when he realised the fact, for he tried to jump from the truck onto the motorway despite the speeding traffic. According to members of the local French migrant aid association, l’Auberge des migrants, who spoke to police afterwards, Biniam landed on his head and was run over by another truck following behind. But neither vehicle stopped, and there remains doubt over the exact circumstances of his final moments.

      Between December 2017 and January this year two other migrants, 15-year-old Abdullah Dilsouz and Hussein Abdoullah, 32, both Afghan nationals, lost their lives in accidents on the roads around Calais. “Since 2015, there have been 37 migrants who have died in [and around] Calais,” said a spokesperson for the local prefecture. “The highest number date back to 2015 and 2016, the great majority are road accidents.” In 2015, the death toll reached 18, followed by 14 in 2016.

      Maël Galisson, a coordinator for the network of associations in the region providing aid for migrants, the Plate-forme de services aux migrants, has carried out research to establish the number of victims over the past almost 20 years and, where possible, to record their identities. “Since 1999, we estimate that at least 170 people have died while trying to cross this frontier area,” he said. The majority of road accidents occur on the stretches of the A16 and A26 motorways close to Calais, and the ring road into the port centre.

      The day after his death, Biniam’s brother Bereket, 26, arrived in Calais from Germany, accompanied by a cousin and uncle who had travelled from Norway. “He had no ‘dream’ as people put it, he just wanted a country where he was accepted,” said Bereket, who said he had difficulty believing the news that his brother, who he said was “so young to die”, had been killed in a road accident, which he received in a phone call from a friend.

      Bereket said he was not aware of the daily reality of the migrants in Calais, the road blocks migrants mount to try and slow traffic and the clandestine crossings in trucks. In his case, he had crossed to Europe by boat across the Mediterranean Sea. Biniam, he explained, had left the family village in Eritrea, north-east Africa, one-and-a-half years ago, to escape conscription into the army. At one point, he joined up with his brother Bereket in Germany, where the latter had been granted residence. “I obtained [official residency] papers close to Stuttgart and today I work in Germany, I had begun to have a stable life,” recounted Bereket. “His asylum demand was rejected, I don’t understand why.” Biniam had re-applied a second time for right of asylum, but was again turned down. It was after that, in November, that he set off for Calais, where between 550 and 800 migrants – according to figures respectively from the prefecture and the migrant aid associations – live rough, mostly in surrounding woodland.

      The few friends of Biniam who Bereket met with in Calais were little forthcoming about his time there. Loan Torondel of the Auberge des migrants association, which had offered Biniam shelter, said he was never seen at the daily distribution of meals. “A month here is not very long for finding a truck,” he said. “Often, migrants spend months before succeeding, for those who manage to.”

      During his visit to Calais on February 2nd, French interior minister Gérard Collomb, hoping to dissuade migrants from gathering there, described the frontier point as “a wall” and “a mirage”. But from the beach, the migrants can see the English coast, where some have family and friends they hope to join, in a country with lower unemployment than in France and where finding work, undeclared, is easier. Others say they would stay in France but fear that, if they engaged in the official procedures, because their fingerprints are registered in the first European Union (EU) country they reached before travelling to France they would be sent back there, in accordance with the regulations of the EU’s so-called Dublin Agreement.

      The victims are often young men’

      For the migrants hoping to cross to Britain from Calais there are few options in how to do so. The British government has handed France about 140 million euros over the past three years to part fund the increased security measures at the port, which is the frontier point before departure for the English coast. On January 18th, at a summit meeting between British Prime Minister Theresa May and French President Emmanuel Macron, London announced that it was to provide a further 50.5 million euros, for a further beefing up of security and for establishing a centre for migrants at a site distanced from the town.

      For the migrants who can afford their fees, one option is to use the services of people smugglers. They charge between 1,500 euros and 10,000 euros per person for a clandestine passage in a truck, operating out of vehicle parks which they reign over as their own territory. Clashes which broke out in Calais on February 1st between Afghan and Eritrean migrants, which left 22 needing medical treatment, including four teenagers wounded by gunfire, appear to have been linked to turf wars between people smugglers.

      Others try blocking trucks on the approach roads to the port, operating in small groups to lay down obstacles to slow or even halt the vehicles in order to jump on. The method is a dangerous one, for both the migrants and the drivers. In June 2017, the polish driver of a truck died after his vehicle crashed into another truck that was blocked by migrants on the A16 motorway, burned alive in his cabin.

      Then there are those, and who probably included Biniam, who try to mount the vehicles on their own. Eupui is a 19-year-old migrant from Cameroun, in West Africa, and has lived since 2016 on the ‘Dunes’ industrial zone of the port, the site of the notorious and now razed migrant camp known as “the Jungle”. His solitary sorties to find a truck that would take him across the Channel somehow allow him “to keep going”, he told Mediapart. “I sleep three hours and then I try,” he said. “As soon as I see a truck that isn’t going too fast, even a car, I see if I can get into the boot.” He said he hides “near the bends of the motorways” because vehicles reduce speed there. “I’m not afraid, I’ve lived much worse,” he added. “I crossed the Sahara in horrible conditions to come here. I have nothing left to lose. I’ve injured my knee, but never mind.”

      Biniam’s brother Bereket said his brother did not realise the danger in the risks he was taking. “I spoke to him three weeks before he died,” said Bereket. “He told me that everything was fine for him in France. But he lied to me, he didn’t tell me he was at Calais. If I had known, I would have told him to get out of this dangerous place.”

      Bereket said he was “disappointed” by what he saw on this, his first trip to France. He has been supported by local charitable associations, including the Réveil voyageur and the Secours catholique, who usually look after relatives of those who have died. “You don’t see many officials, politicians, as if Biniam’s death had no importance,” he said bitterly.

      “The associations have been managing this for years,” said Sabriya Guivy from the Auberge des migrants group. “When relatives arrive in Calais they are disappointed at not seeing many officials. They have the impression that they are not taken into account. Mr Macron referred to the death of the Polish driver, but not that of migrants,” she added, referring to a speech by the French president during his visit to Calais on January 16th.

      Undertaker Brahim Fares, based in nearby Grande-Synthe, says he charges a “lower than average” price to migrant families out of solidarity. “The dead are repatriated to Afghanistan for between about 3,400-3,500 euros, depending on the weight and the size,” he detailed. “For Eritrea, it begins at around 3,200 euros. Burials in Calais are about 1,600 euros, as opposed to a usual 2,400 euros.” Since 2015, Fares says he has organised the return home of about 15 bodies of migrants, and also the burials of about the same number in the north Calais cemetery managed by the Town Hall. The burial spots are simple ones, covered in earth and marked by crosses made of oak. “The victims are often young men, almost all of them identified,” he added. “I once had an Ethiopian woman. Not all the families can come all the way here. Those who manage to are very shocked, because the bodies are sometimes very damaged, as those in road accidents are.”

      Fares was given charge of Biniam’s body, which he recalled had “the hands cut off, the arms smashed up”. The corpse will be returned to Eritrea, where his parents live. Bereket, with his uncle and cousin, made up a large wreath of plastic flowers. “It’s really not so good but we had only that,” he said. But at the hospital in Lille where the body was placed in the coffin, they were told that they could not place the wreath on top of it, nor the white drape they had wanted to cover it with, according to their custom. “The airport authorities will end up throwing the wreath away, it’s not allowed in the hold,” Fares explained to them. After a poignant moment of silence, they asked him why it would be so complicated to do so.

      Biniam’s relatives spent two weeks attempting to find out the exact circumstances of what happened to him. At the police station in Calais, they were shown a photo of his injured face. Members of the motorway patrol police gave them the few details they had, which were the approximate time of the accident, a statement from a witness who had not seen very much, and the fact that the driver of the truck that ran over Biniam had fled the scene. “France is a developed country […] so why can’t the driver who did that be found?” asked Bereket. “Even in Eritrea we’d have found the killer of my brother.”

      Loan Torondel of the association l’Auberge des migrants said he had seen similar outrage by relatives before. “Many don’t understand why their close family member died under a lorry and that the driver did not act voluntarily,” he said. “Biniam’s family thought that there would be the launch of an investigation, like in American films. They think that the police is not [bothered into] carrying out an investigation, but in reality there are few witnesses.”

      Meanwhile, Bereket has lodged an official complaint over his brother’s death “against persons unknown”, explaining: “I won’t be able to sleep as long as I don’t know how he died, and while the person responsible is free.”

      ’It’s incredible that nobody saw anything’

      While the police systematically open investigations into the road deaths of migrants, they are often complex, beginning with the identification of the victim. Patrick Visser-Bourdon, a former Calais-based police detective, recalled the death of a Sudanese migrant whose body was found one morning in 2016 close to the port’s ring road, with “the head opened, abandoned, wearing a pair of jeans and a long-sleeved T-shirt”.

      During his enquiries, Visser-Bourdon approached the head of the Sudanese community of migrants living in the camp known as “the Jungle”, but nobody recognised the body. “We also put out his photo in the police stations,” he said. “In the majority of such cases, we mostly called on the NGOs for help.” As in the case of Biniam, the driver of what was apparently a truck that had hit the Sudanese man had not stopped. “There was blood on the road, there was necessarily some on the bumpers of the truck,” said Visser-Bourdon. “The driver therefore must have stopped his vehicle at some point to clean it, between the Jungle and the port. It’s incredible that nobody saw anything.”

      Sabriya Guivy from the Auberge des migrants group added that because some local sections of the motorways are unlit, “It is entirely possible to not realise that one has hit someone and to carry on”.

      A section of the numerous investigations into such events end up being closed, unsolved. Someone who is charged with involuntary homicide in France faces a sentence of three years in prison, and up to five years in jail in the case of aggravating circumstances such as fleeing the scene. “Sometimes, some of them don’t remain at the scene of the accident, notably in the case of dangerous [migrant] road blocks, but they go directly to present themselves to the police,” said Pascal Marconville, public prosecutor of the nearby port of Boulogne-sur-Mer, whose services have jurisdiction for events in Calais. “In that case, it’s regarded more as a hit-and-run offence which is exonerated by the circumstances.”

      Patrick Visser-Bourdon said he had welcomed the building of a wall surrounding the ring road in 2016 aimed at deterring migrants from the traffic. “It was humanly impossible to pick up more bodies from the road,” he said.

      https://www.mediapart.fr/en/journal/france/190218/deadly-roads-calais

      –----

      En français :
      A Calais, les routes de la mort pour les migrants
      https://www.mediapart.fr/journal/france/180218/calais-les-routes-de-la-mort-pour-les-migrants?page_article=1%20

    • Voir Calais et mourir

      Si, depuis quelques années, militants et chercheurs commencent à compter les morts sur les routes migratoires, ils ont tendance à se focaliser sur l’arc méditerranéen, négligeant la frontière franco-britannique que l’on pourrait qualifier de nasse calaisienne. Accords européens, traités bilatéraux et leurs corollaires sécuritaires font en effet de cette frontière un mur meurtrier. Et les migrants n’ont d’autre choix que de prendre toujours plus de risques pour le franchir… au péril de leur vie.

      Nawall Al Jende avait 26 ans. Elle était originaire de Nawa, une ville située à une trentaine de kilomètres de Deraa, dans le sud de la Syrie. Elle avait fui la guerre et laissé derrière elle son époux et deux de ses enfants. Avec son troisième enfant, Mohamed, âgé de 9 ans, et le frère de son mari, Oussama, son périple l’avait amenée à traverser neuf pays avant d’atteindre Calais. Sa sœur, Sawson, avait réalisé un parcours quasi similaire deux mois plus tôt et l’attendait de l’autre côté de la Manche. Nawall est décédée le 15 octobre 2015, après avoir été percutée par un taxi sur l’autoroute A16, alors qu’elle tentait de se glisser dans un camion afin de franchir la frontière franco-britannique. Comme sur les autres routes de l’exil, des personnes migrantes meurent à Calais et dans sa région. Depuis 1999, on estime qu’au moins 170 personnes sont décédées en tentant de franchir cet espace frontalier reliant la France à l’Angleterre.

      Pourquoi prêter attention aux personnes mortes en migration à la frontière franco-britannique ? Il n’existe pas de données officielles à ce sujet. Par conséquent, participer au travail de collecte d’informations contribue à documenter l’histoire du fait migratoire dans la région. En l’espace de quelques années, la question des exilés morts aux frontières s’est imposée dans le débat public. Elle a été d’abord portée, par des acteurs militants, à l’image des travaux réalisés par United for Intercultural Action, Fortress Europe ou encore Watch the Med. Puis, des journalistes se sont intéressés au sujet (The Migrants Files), ainsi que des chercheurs (Deaths at the Borders Database). Aujourd’hui, une institution officielle telle que l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) commence à recenser les personnes mortes en migration. Toutefois, dans ces différents relevés, la situation à la frontière franco-britannique est peu prise en compte, le focus étant davantage dirigé sur la mortalité aux portes de l’Europe, dans l’arc qui va des Iles Canaries à la mer Égée, en passant par le détroit de Gibraltar et le canal de Sicile. Par conséquent, travailler à la collecte d’informations sur les personnes mortes à Calais et dans la région répond à un réel besoin et rend visible une réalité méconnue.
      Redonner un nom aux morts

      Ce travail d’enquête ne veut pas s’en tenir au traitement simplement comptable ou anecdotique de la question des morts en migration. Il cherche, quand cela est possible, à redonner une identité et une histoire à ces « corps sans nom » ou à ces « noms sans histoire ». Tenter de reconstituer des récits de vie, (re)donner une dimension personnelle à chaque décès est un moyen d’éviter leur dilution dans ce qu’on nomme communément, de façon globalisante, les « drames de la migration ». Il s’agit également de rompre avec l’idée que cette hécatombe résulterait de la fatalité. Réduire ces tragédies à des accidents (accident de la route, noyade, etc.), à des violences ou des règlements de compte entre migrants est une façon d’occulter la responsabilité des pouvoirs publics dans une situation qui dure depuis plus de vingt ans dans le nord de la France. Au contraire, c’est bien l’addition d’accords européens et de traités bilatéraux, destinés à empêcher les indésirables d’accéder au territoire britannique qui a fait de cette région un mur meurtrier. De même, considérer que les seules violences exercées à l’encontre des exilés sont dues aux « réseaux de passeurs » est une manière d’occulter celles qui sont liées aux conditions de vie et à l’absence de dispositifs d’accueil adaptés, au harcèlement policier et à la surenchère de dispositifs de surveillance de la frontière.

      On constate en effet que la majorité des décès sont liés aux tentatives de passage, qu’ils soient immédiats ou qu’ils surviennent des suites de blessures que ces tentatives occasionnent. Le long de la frontière franco-britannique, les exilés meurent principalement après avoir été percutés par un train sur le site d’Eurotunnel, renversés par un véhicule – parfois volontairement – sur un axe routier non loin d’un point de passage ou écrasés sous l’essieu d’un poids lourd. Et finalement, les « règlements de compte » ou les violences « inter ou intra-communautaires » se concluant par des morts restent des événements marginaux.

      La majeure partie des exilés tentent de passer la frontière cachés dans la remorque d’un camion ou en dessous. Cette méthode s’avère extrêmement dangereuse et les risques de mourir écrasé par le contenu de la marchandise, par suffocation ou en tombant du camion (en particulier une fois arrivé sur le territoire britannique) sont importants. On pense notamment aux 58 personnes migrantes de nationalité chinoise cachées dans un camion frigorifique et découvertes mortes par asphyxie à Douvres en juin 2000. Un événement qui fait terriblement écho à la tragédie survenue 15 ans plus tard en Autriche, quand 71 exilés syriens cachés dans un camion furent abandonnés sur le bord d’une autoroute par le conducteur et décédèrent par suffocation.

      Même si le phénomène reste minoritaire, on recense plusieurs cas de noyades. Si quelques-unes se sont produites à la suite de rixes ou afin d’échapper à des violences policières, la plupart sont survenues pendant des tentatives de franchissement de la frontière. On observe ainsi plusieurs cas désespérés, et finalement mortels, survenus lors de la traversée du détroit du Pas-de-Calais, par embarcation ou à la nage. Le 12 juin 2002, un exilé russe parti en canoë s’est noyé dans la Manche. Son corps n’a jamais été retrouvé et le camarade qui l’accompagnait est resté accroché pendant cinq heures à l’embarcation à la dérive avant d’être secouru. Le précieux travail d’investigation du journaliste norvégien Anders Fjellberg [1] a permis de retracer le parcours de deux exilés syriens, Mouaz Al Balkhi et Shadi Omar Kataf. Après plusieurs semaines passées entre les Jungles de Calais et de Grande-Synthe et une douzaine de tentatives de passage « classiques » ratées, les deux compatriotes optèrent pour une autre stratégie. Le 7 octobre 2014, ils se procurèrent une combinaison de plongée au magasin Décathlon de Calais. Leurs corps ont été retrouvés quelques semaines plus tard, l’un sur une plage de Norvège, l’autre sur une plage des Pays-Bas.
      Petits arrangements entre voisins

      Les modes de franchissement de la frontière évoluent en fonction de son niveau de sécurisation. Plus un point de passage est rendu inaccessible, plus il y a de prises de risque et plus ces tentatives impliquent le recours à un « tiers », le passeur. En septembre 2014, le ministre de l’intérieur français, Bernard Cazeneuve, signait avec son homologue britannique, Theresa May, un accord bilatéral « incluant une contribution britannique de 5 millions d’euros par an pendant trois ans » dont l’une des mesures principales visait à « renforcer la sécurité, à la fois autour du port et dans la zone portuaire [2] ». Cet accord visait à empêcher, d’une part, les tentatives d’intrusions collectives sur le site portuaire et, d’autre part, les incursions sur la rocade accédant au port, technique consistant à profiter des embouteillages pour se cacher dans la remorque d’un camion La mise en œuvre du versant « sécurisation » de cet accord a été confiée à l’entreprise Zaun, une firme britannique [3], et s’est déroulée en plusieurs étapes. Dans un premier temps, à partir d’octobre 2014, les barrières ont été doublées à l’intérieur du site portuaire. Puis, au printemps 2015, sur une distance de deux kilomètres le long de la rocade accédant à la zone portuaire, a été érigée une double clôture, l’une de 4 mètres de haut et l’autre d’un peu moins de 3 mètres, équipée d’une rampe d’accès incurvée pour éviter qu’on ne s’y s’agrippe, et surmontée d’un fil barbelé. Entre les deux clôtures, un espace de détection infrarouge a été installé. La mise en place de cet arsenal autour de la zone portuaire a obligé les exilés à se détourner du port pour trouver d’autres voies de passage, plus dangereuses, notamment celle du tunnel sous la Manche. Les conséquences ne se sont pas fait attendre : alors qu’aucun des 17 décès recensés en 2014 n’avait eu lieu sur le site d’Eurotunnel, on en comptait 15 sur les 25 enregistrés en 2015. Il serait difficile d’en conclure que plus on boucle la frontière franco-britannique, plus celle-ci devient meurtrière. En effet, l’augmentation significative du nombre de morts entre 2014 et 2015 s’explique aussi par celle du nombre d’exilés présents dans le Calaisis. Les militants locaux estiment qu’il a crû, en un an, de 1 500 à environ 5 000 personnes. Il est en revanche certain qu’à la multiplication des barrières et des dispositifs dissuasifs, se sont ajoutées les désastreuses conditions de vie des exilés, obligés de survivre dans une extrême précarité et dans un contexte de surpopulation croissante, tout en tentant d’échapper aux violences policières : un cocktail explosif qui les a poussés plus nombreux à prendre des risques pour espérer passer. En août 2015, un nouvel accord franco-britannique fut signé dans lequel les deux ministres reconnaissaient que « depuis la fin du mois de juin, en raison de la sécurisation du port, les migrants ont changé de stratégie, cherchant au péril de leur vie, à s’introduire au niveau des points d’entrée dans le tunnel sous la Manche ». Mais qu’imaginent-ils pour remédier à ce constat inquiétant ? Que « la France renforce l’actuel dispositif de sécurité et l’action de ses policiers et de ses gendarmes, grâce au déploiement d’unités mobiles additionnelles » et que le Royaume-Uni alloue des moyens supplémentaires pour « sécuriser le périmètre de l’entrée du tunnel, grâce à un dispositif de clôtures, de vidéosurveillance, de technologie de détection infrarouge et de projecteurs lumineux » tout en « [aidant] la société Eurotunnel à augmenter nettement ses effectifs en charge de la sécurité et de la protection du site [4] ». Ce qui s’est traduit par l’installation de 29 kilomètres de nouvelles barrières et le « renforcement » de 10 kilomètres déjà existants. Le paysage du site d’Eurotunnel a été radicalement bouleversé : 100 hectares ont été rasés afin de faciliter la surveillance et une partie de cette zone a été volontairement inondée « pour créer des obstacles naturels qui empêchent l’accès aux clôtures » [5].
      Fortification

      Cette séquence n’est finalement qu’une étape supplémentaire dans la longue histoire de la fortification de la frontière franco-britannique. Elle a commencé avec le code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires (code ISPS) régissant les zones portuaires fournissant des services internationaux et s’est prolongée, depuis le début des années 1990, par une succession d’accords bilatéraux. Alors que le protocole de Sangatte (1991) avait initié la mise en place de contrôles juxtaposés français et britanniques des deux côtés de la frontière, son protocole additionnel (2000) les a étendus aux principales gares du nord de la France et du sud de l’Angleterre.

      Au tournant des années 2000, la fortification de la frontière prend une autre dimension. Du côté du site portuaire, « en 2000, un premier programme de 6 millions d’euros est engagé pour clôturer une partie du port, installer un réseau de vidéo surveillance ainsi qu’un bâtiment spécifique au département sûreté ». Jusqu’alors, la zone portuaire n’était que très sommairement clôturée. « À partir de 2005, un deuxième programme d’investissement de 7 millions d’euros est engagé […] [permettant] de finaliser l’année suivante, un réseau de 48 caméras fixes et mobiles de vidéo surveillance [6]. » De son côté, Eurotunnel renforce la surveillance de son site à partir du printemps 2001 et bénéficie, en février 2002, du prêt d’un radar PMMW (système à détection thermique) de l’armée britannique. Tandis que la signature du traité du Touquet (2003) étend les dispositions relatives aux contrôles juxtaposés à tous les ports de la Manche et de la mer du Nord, « l’arrangement » franco-britannique de 2009 accentue le recours aux dispositifs de détection et crée un centre de coordination conjoint « chargé de recueillir et partager toutes les informations nécessaires au contrôle des biens et de personnes circulant entre la France et le Royaume-Uni » [7]. Les accords franco-britanniques de 2014 et 2015 sont venus compléter cet empilement de textes.

      Retracer de manière précise et tenter de cartographier l’évolution des dispositifs mis en place autour de la frontière franco-britannique n’est pas chose aisée. En effet, l’accès à l’information est relativement restreint, du fait notamment de la multiplicité des acteurs impliqués (services de l’État, gestionnaires des sites portuaires et du tunnel, prestataires de sécurité privés, etc.) et du manque de transparence qui en résulte. Dans ses déclarations, le porte-parole d’Eurotunnel indique que « depuis l’apparition des clandestins [sic] dans le Calaisis, Eurotunnel a, au-delà de ses obligations contractuelles, investi massivement dans les moyens physiques (clôtures, éclairages, caméras, barrières infrarouges) et humains de protection du terminal de Coquelles : plus de 160 millions d’euros, dont 13 millions d’euros au premier semestre 2015 » [8]. Difficile d’évaluer finement ce que coûte cette surenchère. Cette question fait l’objet d’une bataille de communication, notamment entre l’État et Eurotunnel, le premier reprochant au second de ne pas en faire assez en matière de sûreté tandis que le second réclame toujours plus d’aides pour protéger le site. L’affaire, connue sous le nom de « contentieux de Sangatte », s’est d’ailleurs conclue devant les tribunaux en 2003 par une victoire d’Eurotunnel qui a obtenu de la France et de la Grande-Bretagne une indemnisation pour les investissements qu’il avait consentis à cet effet [9].

      Du coût humain, il n’en est bien entendu pas question. Aux morts recensées s’ajoutent celles qui n’ont pu l’être. Par manque de sources, car « il y a suffisamment à faire avec les vivants [10] » ou par oubli tout simplement. Et puis il y a les personnes blessées, « des jeunes aux mains et aux jambes lacérées par les barbelés qui entourent le site d’Eurotunnel […] ces clôtures [qui] déchiquettent la peau de manière anarchique [11] ». Mutilées ou accidentées, ces personnes n’entrent dans aucun décompte. Le 21 octobre 2001, dans La Voix du Nord, la journaliste Sophie Leroy titrait son article « Assez de mort aux frontières » [12] en reprenant l’un des slogans de la manifestation organisée à Calais par le collectif C’Sur [13] pour dénoncer cette frontière meurtrière. Quinze années plus tard, la liste des morts n’a cessé de s’allonger.

      https://www.gisti.org/spip.php?article5426

  • Increased deaths at the borders just before the decision on Croatia’s accession to Schengen

    Last week was marked by a series of information on dead bodies found at the border between Croatia and Bosnia and Herzegovina.
    People who found themselves in the area around #Cazin (BiH), Crnaj recorded a dead body. It was a case of drowning, according to Bosnian media (https://www.klix.ba/vijesti/crna-hronika/obdukcija-pokazala-migrant-cije-je-tijelo-pronadjeno-kod-cazina-se-utopio/191004072).
    Similarly, a dead body was found in an abandoned house (http://m.pogled.ba/clanak/migrant-pronadjen-mrtav-u-napustenoj-kuci-kod-cazina/178716) /trailer in the #Osmanagici settlement in the Cazin area - the body was sent for an autopsy (https://medium.com/are-you-syrious/ays-daily-digest-9-10-19-violent-refugee-deaths-on-the-rise-in-bosnia-ca47a1) and the exact cause of death is still unknown.
    Another case of death occurred in the town of #Bileća, Todorići village, southern Bosnia and Herzegovina - when a local villager, a shepherd, shot a migrant he had encountered (in a group with other migrants) at a farmhouse not far away from a flock he was guarding. According to media reports (http://novilist.hr/Vijesti/Svijet/UBOJSTVO-KOD-BILECE-Ubio-migranta-pa-se-prijavio-policiji), there was an altercation between the locals and a group of migrants and the rifle fired, which ended up with one person getting shot and dying. The denial of access to the asylum system and closed borders result in all these deaths as a consequence. The fear that comes from these events affects people on the move and local communities in border areas. The restrictive EU policy that the Republic of Croatia obediently implements and follows threatens human security in the Balkans - and spreads fear at the same time.

    Cazin (Bosnie du Nord, proche de la frontière avec la Croatie) :

    #Bileca (Bosnie du Sud, proche de la frontière avec le Monténégro) :

    Reçu via la mailing-list Inicijativa Dobrodosli, le 14.10.2019
    #mourir_aux_frontières #asile #migrations #réfugiés #Bosnie #Bosnie-Herzégovine #route_des_Balkans #frontières #décès #morts ##Bileca

    Ajouté à cette liste :
    https://seenthis.net/messages/758646#message806449

  • Border Memorial: Frontera de los Muertos

    #Border_Memorial: Frontera de los Muertos is an augmented reality public art project and memorial, dedicated to the thousands of migrant workers who have died along the U.S./Mexico border in recent years trying to cross the desert southwest in search of work and a better life.


    https://bordermemorial.wordpress.com/border-memorial-frontera-de-los-muertos

    Sorte de #cartographie_macabre...
    https://www.youtube.com/watch?v=pwXQUTxST74

    #mémoire #morts #mourir_aux_frontières #art #art_et_politique #décès #mémoriel #frontières #réalité_augmentée #app #visualisation #squelettes #google_earth

    ping @mobileborders @isskein @reka

  • Bardonecchia : recuperato nel fiume #Dora il corpo di un migrante, morto durante la fuga in Francia

    I volontari di Rainbow 4 Africa: «Vittima del clima di odio che ha avvolto l’Italia»

    Il corpo di un uomo è riemerso ieri sera dal fiume Dora a #Bardonecchia, in alta #val_di_Susa. È un uomo di colore in avanzato stato di decomposizione probabilmente in acqua da mesi. Il sospetto, quasi una certezza con il passare delle ore, è che si tratti di uno dei migranti dispersi durante la traversata sui passi di montagna - primo fra tutti il Colle alla Scala - nel tentativo di raggiungere a piedi la Francia. La sua identificazione è resa ancora più complicata dallo stato del cadavere. Il corpo è stato avvistato da un passante nella Dora a due passi dal commissariato di Bardonecchia vicino al centro del paese da un passante. Per recuperarlo dall’acqua sono intervenuti i vigili del fuoco.

    “Il ritrovamento dell’ennesimo cadavere nella Dora, a Bardonecchia, ci riempie di dolore e cordoglio - scrivono in una nota volontari di Rainbow 4 Africa che da due anni assistono i migranti a Bardonecchia - La montagna restituisce le vittime di quel clima di odio e razzismo che ha avvolto l’Italia ormai da troppo tempo. Un clima che genera una paura tale da muovere i più disperati, quelli che hanno perso ogni speranza di futuro in questo Paese, a cercare vie sempre più difficili e impervie per passare il confine”.
    Rainbow4Africa da quasi due anni è sulle montagne piemontesi con la Missione Freedom Mountain, insieme ad altre associazioni della Valle, (Val Susa Oltre Confine, Briser Les Frontiéres, Croce Rossa Italiana, Il Pulmino Verde, il Soccorso Alpino Italiano, Asgi)
    “Rimaniamo e rimarremo su queste montagne come sanitari perché nessuno deve morire e nessuno deve morire quassù, e rimaniamo e rimarremo come testimoni perché quello che vediamo, sentiamo, scopriamo deve essere evidente: testimoni del diritto di ogni essere umano a cercare la speranza, ovunque voglia”.

    L’anno scorso, sullo stesso confine, erano stati trovati i cadaveri di tre migranti, morti mentre cercavano di raggiungere la Francia. Lo scorso febbraio, invece, un migrante era stato trovato in ipotermia, sulla strada nazionale 94 del colle del Monginevro, in territorio francese, ed era morto poco dopo essere arrivato in ospedale.

    https://torino.repubblica.it/cronaca/2019/09/08/news/bardonecchia_recuperato_nel_fiume_dora_il_corpo_di_un_migrante_mor
    #décès #Italie #France #frontières #asile #migrations #réfugiés #frontière_sud-alpine #Alpes #montagne #mourir_aux_frontières #décès #mort

    Ajouté à la liste des morts dans les Hautes-Alpes :
    https://seenthis.net/messages/800822

    • Val di Susa, trovato il cadavere di un migrante nel fiume Dora: ha tentato di arrivare in Francia

      Lʼanno scorso erano stati rinvenuti altri tre corpi senza vita di migranti che volevano attraversare la frontiera. Sul posto è giunta la polizia.

      Il cadavere di un uomo è stato trovato nel fiume Dora a Bardonecchia, in alta Val di Susa al confine tra Italia e Francia. Il corpo, in avanzato stato di decomposizione, potrebbe essere stato trascinato a valle dall’acqua. Si tratterebbe di un migrante che cercava di attraversare la frontiera. A dare l’allarme è stato un passante. L’anno scorso erano stati trovati i cadaveri di tre migranti, morti mentre cercavano di raggiungere la Francia.

      Lo scorso febbraio, invece, un migrante era stato trovato in ipotermia, sulla strada nazionale 94 del colle del Monginevro, in territorio francese, ed era morto poco dopo essere arrivato in ospedale. Sul posto è giunta la polizia.

      https://www.tgcom24.mediaset.it/cronaca/piemonte/val-susa-cadavere-di-migrante-in-fiume-cercava-di-andare-in-francia

    • Identificato da un tatuaggio il corpo senza vita recuperato nella Dora a Bardonecchia

      Un tunisino che tentava di valicare le Alpi alla ricerca di un futuro in Francia.

      Il corpo senza vita trovato in avanzato stato di decomposizione lungo il fiume Dora a Bardonecchia a settembre ha un nome: #Mohamed_Ali_Bouhamdi, cittadino tunisino di 37 anni.Il cadavere fu trovato il 7 settembre dello scorso anno: il sospetto immediato fu che si trattasse di uno dei migranti dispersi durante la traversata in montagna per valicare il confine e raggiungere la Francia, passando attraverso i boschi della Val di Susa.
      Dallo stato del cadavere, però, si riusciva a sapere solo il sesso e che si trattasse di una persona di colore. Nei mesi successivi non sono arrivate informazioni su possibili nomi o indizi che facessero capire di chi fosse il corpo. Sono partiti i controlli della squadra sopralluoghi del Gips di Torino che ha recuperato le impronte digitali. Pochi frammenti ed elementi, tra cui un tatuaggio raffigurante la lettera K che aveva sulla mano sinistra da cui però i poliziotti sono riusciti, tramite una fotosegnalazione che ha dato forte riscontro di compatibilità, a ricostruire l’identità del soggetto. La polizia ha contattato il Consolato di Tunisia di Genova per cercare di trovare notizie e informazioni sulla famiglia e quindi comunicare del ritrovamento. A fine gennaio dalla Tunisia è arrivata una scheda di riscontro di analisi genetica che, grazia al laboratorio della polizia scientifica di Torino, ha confermato che si trattasse proprio dei genitori del ragazzo. Ora si attende che la salma venga restituita ai familiari.

      https://torino.repubblica.it/cronaca/2020/02/26/news/identificato_da_un_tatuaggio_il_corpo_senza_vita_recuperato_nella_
      #Tunisie #réfugié_tunisien

    • Si chiamava Mohamed. Ancora un morto sul confine Italia-Francia.

      Era il 7 Settembre 2019. Mentre ci trovavamo a Bologna per una serata di crowdfunding del nostro film The Milky Way, diversi amici incontrati e conosciuti durante le riprese del film iniziarono a scriverci “Siamo a Bardonecchia, è stato trovato un cadavere nel fiume vicino al centro del paese”.

      Il corpo senza vita era stato avvistato verso la sera da un passante sul greto della Dora. Dopo l’allarme era scattato l’inizio delle operazioni di recupero e le prime notizie sommarie: il corpo decomposto, irriconoscibile, di cui si riusciva a risalire esclusivamente al sesso (maschile) ed al fatto che la sua pelle fosse scura.

      In tanti, immediatamente, abbiamo pensato che si trattasse di un migrante, di una delle numerose persone che ogni giorno provano a valicare il confine occidentale tra Italia e Francia passando per valichi alpini e sentieri, cercando di sfuggire ai controlli delle autorità francesi. Poi più nulla, se non le informazioni ufficiali che parlavano di “tempi lunghi” per l’autopsia e le scarse possibilità di riuscire a dare un nome a quel corpo arrivato in centro a Bardonecchia.

      Fino ad oggi quando, apprendiamo dai mezzi di informazione, quel corpo martoriato è stato ufficialmente identificato come Mohamed Ali Bouhamdi, cittadino tunisino di 37 anni. Sarebbe stato un tatuaggio, una piccola “K” tatuata sulla mano sinistra, a rendere possibile l’identificazione.

      Secondo quando scrive Repubblica, “l’uomo era stato fermato in precedenza per controlli e identificato dalle forze di polizia”. Da lì è stato possibile formulare un’ipotesi e procedere a una comparazione genetica con i presunti genitori, cosa che poi ha portato alla conferma definitiva.

      Di quel “corpo senza nome” ora si sa di più: da dove arrivava e dove era diretto, in Francia evidentemente, o ancora oltre. Anche lui come tantissimi sfidando le Alpi, camminando tra la neve, dribblando i controlli e le violenze della gendarmerie francese, sfuggendo ad un paese, il nostro, che riesce a trasformare gli essere umani in numeri e pacchi, pesando la vita delle persone meno di un misero pezzo di carta che può fare la differenza tra la possibilità di una vita dignitosa ed il baratro di una vita vissuta in clandestinità. Un’altra morte assurda, di cui non sappiamo praticamente nulla se non la sua tragica conclusione. Come e perchè è morto Mohamed? Di freddo, di stenti, cadendo in un dirupo? Tutte ipotesi che sono ben più di una possibilità: sono le storie di coloro morti su queste montagne a partire dal 2018.

      Blessing Matthew, ragazza nigeriana di 20 anni che, nella notte tra il 7 e l’8 Maggio 2018, ha trovato la morte già in Francia, a pochi chilometri da Briançon, dopo un agguato teso di notte da una pattuglia di gendarmi che l’ha costretta alla fuga. Le urla disperate sentite dai compagni di viaggio, poi il silenzio, ed una decina di giorni dopo il ritrovamento nel torrente Durance diversi chilometri più a valle. Una morte senza colpevoli visto che la magistratura francese non ha neanche voluto aprire un’inchiesta.

      Mamadou-Alpha Diallo, anche lui solo vent’anni, che voleva andare in Spagna ed invece ha trovato la morte nei boschi sopra Les Alberts, un villaggio prima di Briançon. Ibrahim, un suo amico, era riuscito a raggiungere il Refuges Solidaires di Briançon completamente stremato, raccontando di avere vagato per tre giorni in montagna prima che Mamadou-Alpha cadesse da una roccia “senza più svegliarsi”.

      Mohamed Fofana, 28 anni, partito dalla Guinea, che dopo essere stato respinto alla frontiera tra Italia e Francia è morto mentre cercava di rientrare verso Bardonecchia. Rannicchiato in un anfratto del terreno, così è stato trovato da un cacciatore il 25 Maggio 2018, dopo che probabilmente aveva passato lì l’intero inverno, morto di stenti, di freddo, da solo.

      Tamimou Derman, 29 anni del Togo, trovato nella notte tra il 7 e l’8 Febbraio 2019 in ipotermia ed in arresto cardio-respiratorio ai bordi della strada statale che da Monginevro scende verso Briançon. Aveva perso le scarpe lungo la strada, ma aveva continuato il suo cammino per poi crollare a 3 km dal “traguardo”. I suoi compagni di viaggio avevano cercato invano di allertare i soccorsi per oltre 2 ore, fin quando un camionista si era fermato dando l’allarme, ormai troppo tardi. Morto di freddo, nel 2019, nel cuore dell’Europa.

      Oggi questo confine rivendica il suo quinto morto, o il sesto più probabilmente, visto che di un ragazzo maliano facente parte di un gruppo di 14 persone disperso a Novembre 2018 (10 vennero recuperati dal soccorso alpino, 3 riuscirono ad arrivare a Briançon) non si è saputo mai più nulla. Morti assurde provocate dalla stupidità e dall’assurdità dei confini, dalla barbarie delle leggi italiane, francesi ed europee che obbligano le persone a rischiare la vita per cercare un futuro migliore. Non è colpa della montagna.

      È la frontiera che uccide. Ancora una volta. Un confine che chi ha la pelle bianca attraversa tranquillamente in auto, in bus o treno (spendendo pochi euro) oppure sciando o passeggiando nei luoghi del turismo luccicante che proclama lo “sciare senza senza confini“, mentre chi ha il colore della pelle “sbagliato” è costretto ad attraversate lunghe, pericolose e a “deviazioni” mortali a causa della militarizzazione del confine e della violenza della gendarmerie francese.

      Gli ultimi anni ci stanno tristemente “abituando” alle cosiddette “tragedie dell’immigrazione” che si consumano quotidianamente. Basti pensare alla rotta del mediterraneo centrale che ha visto decine di migliaia di persone morire annegate e perdere la vita. Lo abbiamo ripetuto tante volte durante questi mesi trascorsi in tour. Si potrebbe pensare che, tutto sommato, i cinque (o sei) morti di questo confine sono una tragedia, certo, ma “poteva andare peggio” visto i numeri terribili che raccontano altri confini. E invece, così come ci racconta in The Milky Way Pierre-Hyves Dorè, abitante di Briançon e attivista dell’associazione Tous Migrants, dobbiamo ribaltare questo discorso ed affermare con forza che “uno è già di troppo”.

      R.I.P. Mohamed

      https://www.openddb.it/si-chiamava-mohamed-ancora-un-morto-sul-confine-italia-francia

  • Liste des personnes en situation migratoire mortes à la frontière dite « haute » (#Mongenèvre, #Val_Susa, #Col_de_l'Echelle, #Bardonecchia, #Oulx, #Briançon) entre la #France et l’Italie ces dernières années.

    Selon les informations collectées par Eva Ottavy et Lydie Arbogast, qui ont fait une mission de collecte d’info en octobre 2019 dans le cadre du projet de La Cimade « Personnes décédées et disparues aux frontières françaises » :

    5 cas de personnes décédées à la frontière franco-italienne haute ont été recensés dont 3 côté français (Matthew Blessing le 07/05/2018, Mamadi Condé le 18/05/2018 et Tamimou Derman le 07/02/2019) et 2 côté italien (Mohamed Fofana le 25/05/2018 et une personne non identifiée le 07/09/2019)

    Mise en garde des deux personnes qui ont fait un rapport intermédiaire de leur mission :

    Il est possible que ce chiffre soit en deçà de la réalité d’une part (difficultés pour mener de recherches dans la zone, possibilité que des personnes aient disparu sans laisser de trace…) et qu’un certain nombre de décès et/ou disparition ont pu être prévenus grâce aux maraudes

    Elles mentionnent notamment le cas d’une personne (nom mentionné dans le rapport, mais je ne le mets pas ici) :
    « Suite à l’appel de deux proches, inquiets d’être sans nouvelle de leur ami depuis le 15/11/2019 (date du dernier contact, lors duquel la personne disparue se trouvait à Oulx en Italie), la disparition de XXX a été signalée au procureur de la république à Gap (France) par l’’association Tous Migrants et au Comando del carabinieri à Oulx (Italie) par une militante italienne. Les recherches menées par les équipes de secours italiennes n’ont rien donné. A ce stade, aucune information n’a été transmise sur les suites données à ce signalement. »

    #frontières #mourir_aux_frontières_alpines #morts #décès #migrations #asile #réfugiés #Alpes #montagne #mourir_aux_frontières #violent_borders #frontière_sud-alpine

    Je vais ajouter à cette métaliste sur les morts à la frontière sud-alpine :
    https://seenthis.net/messages/758646