• Éloge de la grève perpétuelle

    Louis

    https://lavoiedujaguar.net/Eloge-de-la-greve-perpetuelle

    Comment un mouvement social serait-il possible sans un élargissement sauvage du sens des choses et de l’existence, sans une rupture, un décloisonnement polysémique du sens courant ?

    Le temps est fini où le monde pouvait se lire sur une échelle binaire (gauche/droite, progrès/réaction, parlementarisme/autoritarisme, prolétariat/bourgeoisie, travail/capital, local/global, etc.) : la crise présente de la civilisation peut aussi se lire aujourd’hui transversalement dans toutes les strates de la société, même si leurs intérêts ne se confondent évidemment pas nécessairement. Bien mieux, cette crise de civilisation est précisément marquée, caractérisée, par l’incapacité désormais acquise de ces (anciennes) oppositions à rendre compte du réel actuel, mais d’un réel qui a également été effectivement construit sur ces oppositions, sur leurs développements pratiques et conceptuels dans le temps.

    Au lieu de chercher à classer les gens en amis et ennemis clairement identifiables en fonction de leur seule place dans la structure hiérarchique (même si celle-ci a aussi une incidence), il me semble plus sage et surtout plus efficace de chercher à voir en quoi chacun est (éventuellement) déchiré par ce conflit de civilisation, comment chacun vit dans le temps ces contradictions ressenties comme insolubles à des degrés divers, à quasiment tous les étages de la pyramide. (...)

    #civilisation #mouvement_social #conflit #enjeux #État #économie #marché #crise #monde #intelligence #politique #contradictions #égalité #différences #dépassement #maladie #capitalisme

  • The University and Social Justice
    Edited by Aziz Choudry, Salim Vally, Pluto Press, février 2020
    https://www.plutobooks.com/9780745340685/the-university-and-social-justice

    Table des matières:

    1. Studies in Struggle: Movements for Education and Social Justice - Aziz Choudry (McGill Univ., Canada) and Salim Vally (Univ. of Johannesburg, South Africa)
    2. The Trajectory of the 2010 Student Movement in the UK: From Student Activism to Strikes - Jamie Woodcock (Univ. of Oxford, UK)
    3. Insurgent Subjects: Student Politics, Education, and Dissent in India - Prem Kumar Vijayan (Delhi Univ., India)
    4. Neoliberalism, National Security and Academic Knowledge Production in Turkey - Gülden Özcan (Univ. of Lethbridge, Canada)
    5. ’Nous’ Who? Racialized Social Relations and Quebec Student Movement Politics - Rosalind Hampton (Univ. of Toronto, Canada)
    6. Learning from Chile’s Student Movement: Youth Organising and Neoliberal Reaction - Javier Campos-Martinez (Univ. of Massachusetts Amherst, USA) and Dayana Olavarria (Univ. of Massachusetts Amherst, USA)
    7. Resisting the US Corporate University: Palestine, Zionism and Campus Politics - Rabab Ibrahim Abdulhadi (San Francisco State Univ., USA) and Saliem Shehadeh (Univ. of California)
    8. The Palestinian Student Movement and the Dialectic of Palestinian Liberation and Class Struggles - Lena Meari (Birzeit Univ., Palestine) and Rula Abu-Duhou (Birzeit Univ., Palestine)
    9. The New Student Movements in Mexico in the 21st Century: #YoSoy132, Ayotzinapa and #TodosSomosPolitecnico - Alma Maldonado-Maldonado (Center for Advanced Research, Mexico) and Vania Bañuelos Astorga (CREFAL, Mexico)
    10. How Did They Fight?: French Student Movements in the Late 2000s and Their Contentious Repertoire - Julie Le Mazier (Pantheon-Sorbonne Univ., France)
    11. The Mustfall Mo(ve)ments and ’Publica[c]tion’: Reflections on Collective Knowledge Production in South Africa - Asher Gamedze (cultural worker, South Africa) and Leigh-Ann Naidoo (Univ. of Cape Town, South Africa)
    12. Revolutionary Vanguard No More?: The Student Movement and the Struggle for Education and Social Justice in Nigeria - Rhoda Nanre Nafziger (Pennsylvania State Univ., USA) and Krystal Strong (Pennsylvania State Univ., USA)
    13. Postcolonial versus Transformative Education in the University of Philippines - Sarah Raymundo (Univ. of the Philippines-Diliman, Philippines) and Karlo Mikhail I. Mongaya (Univ. of the Philippines-Diliman, Philippines)

    #Universités #Mouvement_social #Luttes #Education #Justice #Livre

  • Code is outlaw ! C’est la lutte digitale et la grève reconducstream ! par Olivier Ertzscheid — L’AUTRE QUOTIDIEN
    https://www.lautrequotidien.fr/new-blog/luttedigitale

    Par Olivier Ertzscheid

    Lorsque des sociologues se pencheront sur les grandes grèves et les mouvements sociaux du 21ème siècle (ils ont déjà commencé et je vous recommande plus que chaudement l’ouvrage de Zeynep Tufekci, Twitter et les gaz lacrymogènes), ils verront entre autres que les caisses de grève crowdfundées et autres cagnottes de soutien en ligne sont devenues une forme de standard. Et que la lutte est streamable avant que d’être finale comme en témoigne le délicieusement nommé Recondu.stream.

    Plusieurs phénomènes sont en train de converger entre technique et société. Entre mobilisations sociales et mobilités techniques. Entre sociabilités techniques et mobilisations tout court.

    C’est dans ce contexte là et à l’occasion du mouvement contre le projet de réforme du régime de retraites du gouvernement Macron, que pour la première fois à ma connaissance émerge un texte rassemblant explicitement des « travailleuses et travailleurs du numérique » autour de la contestation d’une réforme qui n’a pas de lien spécifique avec ledit numérique. La première fois qu’un texte parle au nom des « travailleurs et travailleuses du numérique » sur une revendication sociale. De la même manière que « les profs », « les cheminots » ou « les avocats », émerge ainsi une catégorie socio-professionnelle qui n’avait jusqu’ici pas d’autre existence que celle des fiches métier de pôle emploi et des soirées pitch de la start-up nation : « les tech ».

    Ce texte s’intitule donc « Appel des travailleuses et travailleurs du numérique pour une autre réforme des retraites » et est accessible sous le nom de domaine « Onestla.tech ». « On est là ». A la fois situationniste (si « on est là » - avec accent sur le « a » que ne permettent pas les URL - c’est que nous sommes ici, que nous sommes présents) et représentatif ("on est la" signifiant « nous représentons »).

    Vingt ans plus tard donc, les codeurs prennent (enfin) la parole. Et ils écrivent :

    « En tant que conceptrices et concepteurs de ces programmes, de ces algorithmes, notre responsabilité est de veiller à ce que nos créations servent à aider, à libérer. De refuser de produire des outils conçus pour exploiter, asservir, réprimer ou polluer. »

    Ce sont eux, ces « codeurs » et « codeuses », ces « agilistes », « CTO », « Tech lead », « Lead Dev. », et consorts, ce sont eux qui « implémentent ces valeurs », eux qui « garantissent ou empêchent certaines libertés ». Ce sont eux qui nous laissent aussi, et ainsi, entrevoir enfin la possibilité de choix collectifs « dans la manière dont ces valeurs sont garanties ».

    Tout doit être codé. Les actes médicaux, les modules d’enseignement, les noms des gens, les prix des choses. Tout. Absolument tout. Le code est une codéine. Un morphinique mineur. Si Bernard Stiegler rappelait que la disruption était « une stratégie de tétanisation de l’adversaire » permettant de le prendre de vitesse pour l’empêcher de penser, la « codification » serait alors son miroir, une stratégie morphinique, un antalgique social qui crée sa propre dépendance. Les deux fonctionnant de pair. A chaque nouvelle fausse accélération, a chaque nouvelle tétanisation disruptive, l’antalgique du code, morphinique social incapacitant à chaque fois qu’il n’est pensé que pour l’accélération.

    Tout doit être codé. Tout. Absolument tout. La « code-enclavure » a remplacé les nomenclatures. On « n’appelle » plus les choses par leur « nom » mais on « enclave » et on enferme les êtres et les choses par un « code ». Codenclavure contre nomenclature. Coder pour refuser de nommer. Encoder pour dé-nommer.

    Il est donc vital pour nos sociétés qu’émerge cette « classe » des travailleurs et travailleuses du numérique, car comme l’expliquait Marx, pour qu’une classe (sociale) puisse exister il faut qu’elle ait conscience d’être une classe. A n’en pas douter au regard de l’évolution de nos sociétés, celle des travailleurs et travailleuses du numérique en est une, et ce collectif tribunicien « On est la Tech » est peut-être cette première prise de conscience.

    #Mouvement_social #Informatique #Algorithmes #Olivier_Ertzscheid #Codage

  • Les caisses de #grève : une arme décisive… mais contestée –

    CONTRETEMPS
    http://www.contretemps.eu/caisses-greve

    Depuis le 5 décembre dernier et le début de la grève contre la réforme des retraites, les caisses de grève sont un des aspects les plus visibles et les plus débattus de la lutte en cours : les articles à ce sujet se multiplient dans la presse, de nouvelles caisses locales fleurissent tous les jours, et rares sont les AG qui n’abordent pas le sujet d’une manière ou d’une autre.

    #retraite #mouvement_social

    • Que nous dit la multiplication des caisses de grève[1] sur la nature du mouvement en cours ? Au-delà des montants récoltés, le foisonnement des caisses locales donne une indication politique importante : en ce moment, et pour la première fois depuis longtemps, des centaines de milliers de grévistes de divers secteurs cherchent le moyen de « tenir ». Ce foisonnement exprime avant tout leur forte détermination. Quant à l’échelle choisie (celle du dépôt, de la gare, de l’école), elle indique leur volonté de prendre en main leur grève jusque dans ses aspects financiers, en contrôlant par eux-mêmes l’allocation des fonds récoltés. Mais dans la plupart des cas, le lancement d’une caisse locale se résume à ouvrir une cagnotte en ligne et à attendre que les dons affluent, en se contentant de relayer l’initiative sur les réseaux sociaux. Ces caisses sont donc relativement passives et confidentielles, et se retrouvent même souvent en concurrence entre elles : pour toutes ces raisons, elles dépassent très rarement quelques centaines d’euros.

      Ce foisonnement local, avec ses qualités et ses limites, constitue en partie une réponse au vide laissé par les structures syndicales nationales : aucune confédération ne semble accorder la moindre importance à la solidarité financière avec les grévistes (en dehors de la CFDT, mais son rapport à la grève est pour le moins distant…). Si les confédérations syndicales impliquées dans la grève faisaient preuve de la même détermination que les grévistes, par exemple en y dédiant une partie de leurs colossales ressources financières et en annonçant publiquement la mise en place d’une caisse de grève nationale interprofessionnelle, il y a fort à parier que l’effet serait non seulement électrisant pour les grévistes, mais aussi dévastateur pour le gouvernement !

    • parmi les caisses existantes, il en existe une qui pourrait incarner ce pôle d’attraction : celle lancée en 2016 par la CGT InfoCom. C’est la plus massive (500 000 euros disponibles actuellement et plus d’un million d’euros récoltés depuis 2016) et la seule à se donner un champ d’intervention interprofessionnel. Elle a aussi la particularité de chercher à dépasser les frontières syndicales : cogérée par trois structures différentes (CGT InfoCom, CGT Goodyear, SUD Poste 92), elle a également indemnisé des grévistes de toutes étiquettes et des non-syndiqués. Enfin, sa gestion est particulièrement transparente, grâce à une Charte de fonctionnement et à des bilans réguliers.

      https://www.lepotcommun.fr/pot/solidarite-financiere

  • Des policiers ont-ils utilisé des LBD contre des lycéens à Massy ? (Libération)
    https://www.liberation.fr/checknews/2019/11/27/des-policiers-ont-ils-utilise-des-lbd-contre-des-lyceens-a-massy_1765654

    La préfecture de l’Essonne confirme l’usage de lanceurs de balles de défense et de gaz lacrymogène pour disperser des lycéens qui bloquaient un établissement, lundi et mardi, à Massy.
    […]
    Mardi matin, la préfecture observe que le blocus a été moins suivi, avec seulement une centaine de manifestants présents devant l’établissement.

    #éducation #lycée #mouvement_social #extension_du_domaine_de_la_répression

  • http://indiscipline.fr/appel-duniversitaires-francophones-pour-le-chili

    Chères toutes et tous,

    Nous avons rédigé ce texte depuis Santiago, où se déploie une mobilisation considérable dans laquelle nos collègues universitaires sont impliqués . Nous proposons de manifester notre soutien en tant que membres de la communauté universitaire transnationale dont nous faisons tou.te.s partie. Vous pouvez signer au nom de collectifs scientifiques et culturels de toutes sorte : établissements, UFR, ED, labos, revues, associations, collectifs.

    Une signature de ce texte est possible à cette adresse : https://bimestriel.framapad.org/p/chili-soutien-universitaire-2019

    Une version en espagnol de l’appel est disponible à cette adresse/La versión en español de la convocatoria está disponible en la siguiente dirección :

    http://indiscipline.fr/academicos-para-chile

    Merci de faire circuler cet appel dans vos réseaux.

    Bien amicalement

    Joëlle Le Marec et Antoine Faure

    Universitaires pour le Chili

    Depuis le 18 octobre 2019, le Chili connait un soulèvement populaire dans tout le pays. C’est une mesure d’augmentation du prix des tickets de métro qui a catalysé une immense colère dirigée contre un modèle économique, mondialement vanté comme montrant le succès des doctrines ultralibérales, mais qui se traduit par des inégalités continuellement aggravées et des services publics entièrement passés au privé : « no es por treinta pesos, es por treinta anos » (ce n’est pas pour les trente pesos d’augmentation du tarifs des transports, c’est pour les trente années de politiques ultralibérales). Le président Pinera a décrété l’état d’urgence, le couvre-feu, et a demandé à l’armée d’assurer le maintien de l’ordre. Les militaires sont donc dans la rue jusqu’au samedi 26 octobre, jour où couvre-feu et état d’urgence ont été levés, avant qu’une commission de l’ONU ne vienne visiter la capitale et faire un état des lieux.

    Le Chili déplore déjà au moins 18 morts dont au moins 4 par balles, et l’Institut chilien des droits de l’Homme a déjà dénoncé de nombreuses violations des droits. La quasi-totalité des stations de métro a été incendiée, dans des circonstances qui ne sont toujours pas éclaircies. Le mouvement va très au-delà de cette vague d’incendies, et du nord au Sud du pays, des manifestations énormes ont rassemblé un très grand nombre de chiliens indifférents à la peur.

    Le 21 octobre, à l’Université de Santiago de Chile, au cours de l’assemblée tristamentale (enseignants, administratifs et étudiant.e.s), la communauté universitaire a consacré une partie de la journée à réfléchir à sa place et son rôle dans le mouvement actuel. Des prises de paroles se sont succédées, très fortes.

    Elles mettent l’accent sur la manière dont l’université est à la fois un lieu d’élaboration d’analyses pour la société chilienne (avec par exemple la réflexion pour une nouvelle constitution) et un lieu où s’éprouvent directement les inégalités et les fermetures qui ont abouti à l’explosion de colère dans tout le Chili.

    Elles ont fait apparaître le large spectre des analyses historiques de l’évolution de la société chilienne et des mémoires vivantes de ceux qui ont fait vivre l’université dans les années 70, des témoignages relatifs aux situations individuelles des précaires de l’université et des étudiants qui craignent pour leur vie ou celle de leurs ami.e.s dans les zones très exposées, des propositions concernant la réappropriation pleine et entière par la communauté dans son ensemble de l’espace universitaire contre l’existence d’une « université de nuit » qui la rattache à un management extérieur opaque et asservi à des logiques productivistes. La création d’un réseau d’urgence a été décidé pour signaler les disparitions et violations des droits de l’homme qui frappent notamment les étudiant.e.s et porter secours à ceux qui sont en danger.

    Tou.te.s ont demandé la fin des cours tant que les militaires seront dans la rue. Le retrait de ceux-ci ne signifie d’ailleurs pas automatiquement le retour à la normale de celles-ci. En général, il a été proposé la récupération et l’entretien de l’université comme lieu de travail, de réflexion, par les étudiants enseignants et administratifs, mais aussi les gardiens et autres personnels.
    De telles assemblées se tiennent dans toutes les universités, publiques et privées.

    Cette situation et ces réflexions font écho à la situation et la place des universités dans de nombreux pays, et en France. Celles-ci peuvent aider, et peuvent s’inspirer de l’action de la communauté des universités chiliennes. C’est pourquoi nous nous associons à cette communauté universitaire élargie à tous ceux qui travaillent pour elle et comptent sur elle, pour demander avec elle le départ immédiat des militaires armés qui n’ont rien à faire dans l’espace public. Nous soutenons les étudiants, enseignants et administratifs de la communauté dans leur action, nous saluons leur dignité et le travail qu’ils accomplissent. Nous demandons à toutes les instances universitaires et scientifiques de dénoncer officiellement le recours aux militaires pour le maintien de l’ordre, et de soutenir la communauté universitaire chilienne.

    #Chili #répression #université #mouvement_social #politique #appel

  • Nuit Debout et ses somnambules
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?991-Nuit-Debout-et-ses-somnambules

    Échange mail dans les mois qui ont suivi le mouvement social contre la « Loi Travail » et « Nuit Debout », au printemps 2016. Objet : Proposition d’un texte sur une suite possible à « Nuit Debout » De : D. À : #Lieux_Communs Date : 30 juil. 2016 Bonjour à vous, Votre réflexion m’apparaît essentielle, en ce qu’elle touche à la question : « quelle civilisation voulons-nous ? » Au lieu de vous restreindre au seul champ économique, vous pensez une alternative globale au modèle libéral-capitaliste. La gauche (...) #Correspondances

    / Lieux Communs, #Lettre, #Politique, Mouvement social 2016 & Nuit Debout, #Progressisme, #Relativisme, #Post-modernisme, #Assemblée, #Philosophie, #Démocratie_directe, (...)

    #Mouvement_social_2016_&_Nuit_Debout #Pseudo-subversion
    https://www.causeur.fr/brexit-referendum-democratie-elites-quatremer-139130

  • Un effet secondaire assez réjouissant des énormes manifestations transconfessionnelles libanaises, c’est de désavouer par les faits deux des principales sources d’analyse et d’information que l’on nous impose usuellement pour évoquer le Liban.

    De manière spectaculaire, l’ensemble des grands médias français qui, depuis des années, focalisent toutes leurs présentations du pays sur son confessionnalisme (et même, généralement, le choix des films libanais qui « réussissent » en France). Genre les « reportages » d’Arte tous les six mois…

    L’autre source désavouée, ce sont les expatriés confessionnalistes omniprésents en France et aux États-Unis, avec une prépondérance de propagandistes de l’extrême-droite chrétienne (réhabillés en « experts du terrorisme islamique »), que l’on croise absolument partout, tout le temps, et qui assuraient que les Libanais étaient indécrottablement confessionnalistes, et que les revendications pour mettre fin au système libanais relevaient de petits groupes gauchistes qui ne représentent personne.

    Et du coup, j’en arrive à un autre effet secondaires des manifestations monstrueuses : depuis le temps que je fréquente des libanais, en dehors des propagandistes de droite, je fais presque toujours le même constat : je rencontre une énorme majorité de ressortissants libanais qui dénoncent le confessionnalisme, qui voudraient que le système politique devienne une république pour ses citoyens (et non un système de répartition confessionnelle des prébendes), et qui dans le même temps sont persuadés d’être ultra-minoritaires et donc impuissants.

    L’effet des énormes manifestations transconfessionnelles risque d’être durable : quoi qu’il arrive, cette immense majorité de libanais qui se croyaient minoritaires découvrent qu’ils font masse. Je pense que c’est fondamental. Le système parviendra peut-être à réimposer, un temps, son système de paranoïa confessionnelle en organisant des violences miliciennes, l’effondrement du système économique pourra peut-être condamner à nouveau les gens à dépendre de l’économie communautariste : mais on ne pourra plus faire croire à cette génération que c’est le choix politique de la majorité.

    • C’est fabuleux ! Jusqu’où cela ira-t-il ? Nul ne peut le dire. mais tu as raison, cela laissera des traces dans la mémoire populaire, surtout de la jeunesse, comme tu le démontre très bien. A noter : le communication très intelligente ( comme d’hab) du secrétaire du Hezbollah. Maintenant, il est évident que la perspective d’une forte unité populaire n’est certainement pas du gout du voisin du sud qui patauge dans sa crise. il y a fort à parier que des agents bien intentionnés attendent le moment propice pour organiser quelques provocations... A suivre

  • Hong Kong : des anarchistes dans la résistance au projet de loi sur l’extradition

    via Agitations Autonomes :
    https://agitationautonome.com/2019/07/10/hong-kong-des-anarchistes-dans-la-resistance-au-projet-de-loi-sur
    Publié par CrimethInc. le 22 juin 2019.

    Au lieu de simplement retweeter cette interview, nous avons décidé de la traduire intégralement, car c’est de loin le papier le plus intéressant qui ait circulé sur le mouvement jusqu’à présent (même si l’une de ses qualités est justement qu’il ne soit pas encore figé dans un « mouvement »), de la part d’un groupe qui partage nos positions.

    #photo# Notre bannière dans les marches, qui se trouve habituellement à l’avant de notre escouade de tambours. « Il n’y a pas de « bons citoyens », seulement des criminels potentiels. » Cette bannière a été faite en réponse à la propagande diffusée par les groupes politiques pro-établistes de Pékin à Hong Kong, assurant partout aux « bons citoyens » que les mesures d’extradition ne menacent pas ceux qui ont une conscience tranquille et qui se mêlent de leurs propres affaires. Photo prise par WWS du Tak Cheong Lane Collective.

    Dans cette ville, tout type d’initiative personnelle est considéré comme une solution pour gagner sa vie, une tactique dans la lutte sans pitié pour survivre. Par conséquent, l’auto-entreprenariat et l’entreprise privée sont radicalement défendus. Ce lien sinistre entre la vie et la survie atteint même le langage : pour exprimer le fait de « travailler », nous employons « 搵 食 », ce qui signifie littéralement « rechercher le repas suivant ». On comprend pourquoi les manifestants veillent toujours à ce que les actions ne portent pas préjudice aux travailleurs, comme par exemple éviter le blocage d’une route par laquelle passent les bus qui ramènent chez eux les prolétaires courbaturés.

    #Hongkong #révolte #mouvement_social

  • Bac 2019 : des jurys bloqués, l’annonce des résultats vendredi menacée ? (Le Parisien)
    http://www.leparisien.fr/societe/bac-2019-des-jurys-bloques-l-annonce-des-resultats-vendredi-menacee-04-07

    Plusieurs professeurs refusent la préconisation de Jean-Michel Blanquer de prendre en compte le contrôle continu si la copie est bloquée par des grévistes.

    Bac 2019 : la parade de Jean-Michel Blanquer contre la grève des notes (LeMonde.fr)
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/07/04/la-parade-de-jean-michel-blanquer-contre-la-greve-des-notes-au-bac_5485275_3

    Il a promis que « tous les élèves » auront leurs résultats le 5 juillet, en recourant au contrôle continu pour pallier les évaluations manquantes qu’il espère faire tomber à « moins de 50 000 ».

    Bac : Le ministère obligé de suppléer à l’absence de notes (Le Café Pédagogique)
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2019/07/04072019Article636978219725865707.aspx

    Après avoir dénié le problème durant des semaines, JM Blanquer a du reconnaitre sur BFM que toutes les copies du bac ne seraient pas rendues à temps pour les jurys. Le ministre invite les jurys à suppléer les notes manquantes en les remplaçant par la moyenne des trois trimestres de terminale. Il a annoncé d’importantes retenues sur salaire pour les grévistes tout en se présentant comme un homme de dialogue et concertation. Parce que le ministre ne veut pas négocier avec un mouvement qui reste important, le ministère s’engage dans les difficultés pour les mois à venir aussi bien du coté des familles que des enseignants. Pourtant les grévistes devraient probablement remettre leurs copies le 4 juillet.

    #éducation #baccalauréat #mouvement_social #répression

  • Grève du bac, un mouvement social inédit (Revue de presse)

    La perspective de mener un mouvement revendicatif au moment des épreuves du baccalauréat a été longtemps tabou, tant pour les syndicats que pour l’immense majorité des enseignant·es, notamment militant·es. Pour les premiers, ils y voyaient un mode revendicatif condamné à l’impopularité, pour les seconds qui sont souvent parmi les plus impliqué·es pour la réussite des élèves c’était un “crève-cœur” que de l’envisager.

    Cette année le pas a été franchi [1]. D’abord par un appel à la grève de la surveillance parti du terrain et relayé ensuite par des syndicats qui craignaient un décalage avec la base. Ce mouvement a eu peu d’effet car la surveillance a pu être assurée par d’autres personnels de l’Éducation Nationale (hiérarchie locale, administratifs, précaires). Mais il a été l’occasion de mobilisations devant les établissements ou rectorats localement [2]. Les chiffres des grévistes annoncés par le ministère calculés avec une grande mauvaise foi [3] font passer, à tort, une montée forte de l’exaspération pour un mouvement ultra-minoritaire.
    Des appels à la rétention des notes[4], voire à la grève des corrections, remontent maintenant d’AG d’établissements [5][6] et commencent à être repris par certains syndicats, cette étape sera plus difficile à négocier médiatiquement car les effets sur les candidats seront réels.

    D’après les remontés de collègues du secondaire se dessine un mouvement inédit porté par des enseignant·es habituellement peu mobilisé·es et éloigné·es des syndicats. Une "radicalisation" sans doute à associer à la dynamique des "stylos rouges", cousins lointains des "gilets jaunes" [7].

    Les raisons de l’exaspération sont notamment :
    – la perte notable de pouvoir d’achat de la profession sur une génération, et sur la dernière décennie de rigueur budgétaire, associée à un sentiment de déclassement ;
    – Le #ProfBashing permanent des médias et du personnel politique en dépit de conditions de travail ressenties comme de plus en plus dures, ainsi que ce qui s’apparente à la dénonciation incessante de leur incompétence tandis que les rapports internationaux pointent le manque de formation initiale et continue ;
    – le durcissement des conditions sociales (retraites, congés) alors que le métier ne séduit plus et peine à recruter et que les démissions s’envolent.

    [1] Grève du bac : une session 2019 sous tension sans être pour autant menacée (Le Monde)
    https://www.lemonde.fr/education/article/2019/06/14/greve-du-bac-une-session-2019-sous-tension-sans-etre-pour-autant-menacee_547

    A l’appel d’une intersyndicale opposée à la réforme de l’examen, des enseignants n’excluent pas une grève de la surveillance au premier jour des épreuves écrites, lundi 17 juin.

    [2] Le rectorat de Toulouse face aux profs et aux parents (La Dépêche)
    https://www.ladepeche.fr/2019/06/14/le-rectorat-de-toulouse-face-aux-profs-et-aux-parents,8256331.php

    [3] Surveillance du bac : le taux de grévistes était-il de 5,4%, comme le dit le ministère de l’Education nationale ? (France Info)
    https://www.francetvinfo.fr/societe/education/reforme-du-bac/surveillance-du-bac-le-taux-de-grevistes-etait-il-de-5-4-comme-le-dit-l

    La « grève de la surveillance » a débuté le 17 juin, premier jour des épreuves du baccalauréat de l’édition 2019. Le ministère de l’Education nationale reconnaît que son calcul est basé sur l’ensemble des enseignants, même ceux qui ne surveillent pas les épreuves.

    [4] Bac 2019 : Quelle sera l’ampleur du mouvement de rétention des notes par les profs en colère ? (20 minutes)
    https://www.20minutes.fr/societe/2546043-20190622-bac-2019-ampleur-mouvement-retention-notes-profs-colere

    Après la grève de la surveillance le jour de l’épreuve de philo, les profs fourbissent de nouvelles armes. Plusieurs collectifs d’enseignants en colère, qui dénoncent la réforme du lycée, ont appelé leurs collègues à la rétention des notes du bac.

    [5] Comment je me suis « radicalisé » : un professeur de philosophie explique pourquoi il bloquera les notes du baccalauréat (France 3 Occitanie)
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/comment-je-me-suis-radicalise-professeur-philosophie-ex

    Contre la réforme Blanquer, en Occitanie, des professeurs rentrent en désobéissance civile. Ils ont décidé de geler les notes du baccalauréat.

    [6] La grève des examens tourne à celle des corrections (Le Café Pédagogique)
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2019/06/20062019Article636966253952915897.aspx

    [7] Les « stylos rouges » s’inspirent des « gilets jaunes » (Le Figaro)
    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2019/01/03/01016-20190103ARTFIG00230-les-stylos-rouges-s-inspirent-des-gilets-jaunes.p

    Pour séduire davantage le grand public et trouver un second souffle, des enseignants ont créé un collectif de revendications sociales sur Internet… sans leurs syndicats.

    #éducation #enseignant·es #salariat #mouvement_social #baccalauréat

  • « C’est un renouveau du syndicalisme » : le collectif Inter-urgences, à l’origine de la grève
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/06/18/urgences-les-grevistes-appellent-a-poursuivre-le-mouvement_5477709_3224.html

    A l’origine de cette grève, dont les syndicats rêvaient depuis des années pour l’ensemble de la fonction publique hospitalière, un groupe d’une vingtaine d’infirmiers et d’aides-soignants issus de cinq services d’urgences de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) du nord-est de la capitale. Agés de 25 à 35 ans, ils ont entre trois à sept ans d’expérience dans un SAU. Ils sont pour la plupart sans appartenance syndicale, et cette grève – qu’ils gèrent via des groupes de discussion WhatsApp – est bien souvent leur premier mouvement social.

    #Mouvement_social #internet

  • #Grève dans les #92 - Le #facteur n’est pas passé | FUMIGENE MAG
    http://www.fumigene.org/2018/06/06/greve-dans-les-92-le-facteur-nest-pas-passe
    #PTT #postes #poste #la_poste

    texte partagé par collectif oeil sur FB :

    Ce dimanche 16 juin 2019 à 6h, 7 policiers ont sonné à la porte de chez Leo Ks, #photographe et #vidéaste, membre du Collectif OEIL, pour l’interpeller.

    Il a été menotté et emmené en garde à vue au commissariat du XVe arrondissement de Paris. Lors de son interrogatoire, la police lui a reproché des faits de « dégradations au siège de la Poste ». il a été libéré le jour même, un peu avant 20h.

    Vendredi 14 juin, les grévistes de la Poste, en grève depuis 15 mois dans les Hauts-de-Seine, ont occupé le siège de leur entreprise. Par cette action, les postier.es en grève voulaient une nouvelle fois interpeller les cadres de l’entreprise afin de mettre en place de vraies négociations et faire signer le protocole de fin de conflit.

    Leo Ks et NnoMan ont suivi l’action, pour la documenter de l’intérieur, afin de réaliser un reportage photo et vidéo.

    Ils n’ont commis et n’ont été témoins d’aucune dégradation de la part des grévistes.

    Lors de cette action, la police a tenté à plusieurs reprises d’empêcher Leo Ks et NnoMan de filmer ; avant de les retenir plus d’une heure à l’écart, surveillés par deux agents de la #BAC.

    Pendant ce temps, une unité d’intervention procédait à l’évacuation des grévistes, en fracassant la porte à coups de bélier et de masse.

    Ce dimanche matin, le syndicaliste Gaël Quirante, a été lui aussi réveillé par la police puis placé en garde à vue, à la sûreté territoriale.

    La police s’est également rendue chez deux autres postiers (qui n’étaient pas chez eux) et ont placé une sympathisante en garde à vue, elle aussi dans le commissariat du XVe.

    Ces #arrestations, au petit matin, avec de nombreux effectifs de police, chez des grévistes, chez une citoyenne, chez un photographe qui donne la parole à cette lutte, est une nouvelle attaque contre le #mouvement_social, contre celles et ceux qui se révoltent pour leurs droits, et contre la presse indépendante.

    Par ces attaques, ce sont non seulement les #journalistes qui sont visés ; c’est l’ensemble du mouvement qui est pris pour cible avec une volonté claire de criminaliser les luttes sociales et syndicales.

    Nous condamnons ces arrestations, que ce soit à l’encontre de notre collègue et ami, ou à l’encontre de tous les autres, de ceux qui luttent pour leurs droits et pour le maintien de #services_publics pour tous les #citoyens de ce pays.

    Nous espérons la libération immédiate de #Gaël_Quirante ainsi que l’arrêt des #poursuites contre les #grévistes.

    Nous ne baisserons ni les yeux, ni les objectifs de nos appareils photo !

    #Collectif_OEIL.
    #fumigene_le_mag
    #criminalisation_mouvements_sociaux
    #liberté_de_la_presse

    Pitinome
    NnoMan
    Leo Ks
    Maxwell Aurélien James

  • Grève du bac : l’épreuve de force (Philippe Watrelot, Alternatives Economiques)
    https://www.alternatives-economiques.fr/philippe-watrelot/greve-bac-lepreuve-de/00089443

    Il serait facile et confortable pour les commentateurs d’analyser ce mouvement social comme une sempiternelle angoisse face au changement. C’est bien plus que cela. Il y a bien sûr un fond de sentiment de déclassement et de mépris qui dure depuis des années. Mais la posture très autoritaire du ministre et les répressions administratives et policières des enseignants […]

    En revanche, on peut constater que le volontarisme présidentiel se combine à la gouvernance technocratique du ministre pour négliger la concertation. Le paradoxe, c’est que le ministre, qui s’est pourtant construit une image de compétence et d’homme qui a longuement réfléchi sur le système éducatif, fait avancer une réforme mal préparée et avec de nombreuses incohérences et inconnues.
    Mais, de toute façon, « les enseignants feront au mieux », semble-t-on dire. C’est ce mélange de défiance (on ne les écoute pas) et de pari dans leur capacité à « faire tourner malgré tout la boutique » grâce à leur sens du service public qui exaspère les enseignants.
    […]
    Donc, ce mot d’ordre de grève de la surveillance du bac n’est pas surprenant. Il est le produit de la politique menée depuis deux ans. D’une certaine manière, on peut dire que l’intransigeance et la surdité de Jean-Michel Blanquer (souvent renforcées par l’autoritarisme de la hiérarchie intermédiaire) conduisent à cette exaspération et à cette escalade néfaste. On récolte ce qu’on a semé…

    #éducation #grève #secondaire #baccalauréat #mouvement_social

  • « L’État punitif remplace progressivement l’État Social » (Didier Fassin, L’Humanité, 16.05.19)
    https://www.humanite.fr/letat-punitif-remplace-progressivement-letat-social-672159

    L’usage excessif de la force contre un #mouvement_social est toujours un signe de faiblesse du #pouvoir, et l’#autoritarisme déployé par le gouvernement témoigne d’une perte d’autorité, laquelle suppose l’exercice de la volonté sans exercice de la #violence.
    […] Mais la dynamique a été enclenchée bien avant, en particulier avec la déclaration de l’#état_d’urgence en 2015 et le vote d’un texte introduisant les principales mesures de l’état d’urgence dans la loi ordinaire en 2017.
    […] Il y a le maintien de l’ordre lors de manifestations, comme ce à quoi on assiste tous les samedis depuis novembre dernier. Une version plus dure encore s’exprime dans la #répression de désordres qui éclatent après la mort d’une ou plusieurs personnes lors d’interactions avec la #police. Et il y a les activités dites de #sécurité_publique, qui visent essentiellement les #quartiers_populaires et leurs habitants, sur leur lieu de résidence aussi bien que dans les lieux publics, notamment les gares, sur la base d’un #profilage_racial. Elles consistent en une pression quasi quotidienne par des contrôles d’identité et de fouilles au corps, s’accompagnant de formes diverses d’#humiliation, brimades, menaces, parfois de sévices et d’interpellations.
    Alors que le maintien de l’ordre est spectaculaire et abondamment commenté dans les médias, les activités de sécurité publique demeurent presque #invisibles et rarement dénoncées, hormis lorsqu’un accident grave survient.

  • #DAL, trois lettres pour vivre dignement
    https://lemediapresse.fr/social/dal-trois-lettres-pour-vivre-dignement

    Association de terrain, le « #Droit_au_Logement » accompagne les locataires en difficulté et lutte pour une politique du #Logement plus juste. Portrait d’un collectif en compagnie de Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de l’association, et de Mohamed Ragoubi, militant du DAL-HLM.

    #Social #Expulsion #Habitat #Mouvement_social #Occupation

  • Le mouvement des Gilets Jaunes face à la Justice

    Depuis quatre mois, 2000 « gilets jaunes » ont été condamnés par la justice et 1800 sont en attente de leur jugement. Au-delà de ces chiffres qui recouvrent autant d’histoires singulières, nous avons analysé plus de 400 condamnations à des peines d’emprisonnement ferme ou avec sursis, sur tout le territoire, pour savoir quels étaient les faits reprochés, quelle était la rapidité des procédures – et les questions que cela peut poser en terme de droits de la défense –, et le niveau de dureté des peines prononcées. Nos données révèlent une partie de la face judiciaire, inédite, de la répression de ce mouvement
    Des enquêtes en profondeur par Alexandre Léchenet, Simon Gouin et Nolwenn Weiler pour Basta !

    Pour quels faits et à quelles peines de prison, des centaines de gilets jaunes ont-ils été condamnés ?
    https://www.bastamag.net/Pour-quels-faits-et-a-quelles-peines-de-prison-des-centaines-de-gilets-jau

    Assiste-t-on à une justice d’abattage, taillée sur mesure pour le mouvement des « gilets jaunes » ? Les condamnations à la prison ferme ou avec sursis recensées par Basta ! montrent l’ampleur du volet judiciaire dans la répression du mouvement des gilets jaunes. Des comparutions immédiates très nombreuses, des dossiers vite ficelés, des condamnations parfois sans preuve concrète des faits reprochés, ou simplement pour avoir eu la volonté de participer à une manifestation qui a ensuite dégénéré : magistrats et avocats livrent quelques éléments d’analyse sur ces décisions judiciaires.

    Le traitement des gilets jaunes par la justice renforce « l’idée qu’il y a les puissants d’un côté, et les autres »
    https://www.bastamag.net/Le-traitement-des-gilets-jaunes-par-la-justice-renforce-l-idee-qu-il-y-a-l

    Un dossier réalisé grâce au soutien de nos lecteurs, un grand merci pour leur engagement. Pour nous soutenir c’est par ici : https://www.bastamag.net/don

    #Justice #judiciarisation #répression #mouvement_social #gilets_jaunes

  • https://offensivesonore.blogspot.com/2019/02/emission-du-15-fevrier-2018.html

    La révolte des Gilets Jaunes (partie 3)

    Emission du 15 février 2018, enregistrement fait avec lieux Commun le 6 février débats à propos des "Gilets Jaunes". Alors que le mouvement continue inéluctablement, plusieurs éléments change la donne ; les listes estampillés « Gilets Jaunes » et les « assemblées d’assemblées » (comme à Commercy) qui semblent être chacune détaché de la base. D’un autre coté les samedi de manifestation semblent s’enfoncer dans l’impasse de la violence alors que la répression n’a jamais été aussi forte.

    #audio #radio #offensive_sonore #radio_libertaire #audio #mouvement_ouvrier #gilets_jaunes #banlieues #ruralité #mouvement_social #gauchisme #violences #gauches #ric #commercy #empire

  • Les « #Gilets_jaunes » : un #mouvement_social inédit qui oblige à réfléchir autrement la lutte contre les #oppressions et l’#émancipation_sociale

    Pour la première fois depuis 2006, lorsqu’une grande mobilisation a conduit le gouvernement à retirer le Contrat de première embauche (CPE), et après les défaites cumulées notamment depuis la bataille de 2010 sur les retraites jusqu’à celle sur les lois Travail ou la SNCF, le mouvement social des « Gilets jaunes » est parvenu à faire reculer le gouvernement. Ce mouvement a démarré son Acte I le 17 novembre 2018 et ne s’est pas essoufflé avec les festivités de fin d’année. Au moins 80’000 personnes ont défilé le samedi 19 janvier 2019 lors de son Acte X. À cette occasion, les violences policières et les mutilations que provoquent les armes type LBD (lanceurs de balle de défense) étaient au cœur de la protestation. Ces mutilations illustrent l’ampleur et la gravité de la guerre sociale en cours. Des témoignages peuvent être entendus dans l’émission de Mediapart Studio du 16 janvier 2019[1]. Le journal Le Temps du 19 janvier 2019 a d’ailleurs mis en évidence que ces armes de guerre sociale sont produites par une entreprise suisse.[2]

    Le caractère inédit du mouvement social des « Gilets jaunes » a pris par surprise tous les acteurs établis de la politique française (gouvernement, partis politiques et syndicats), et au-delà. L’incompréhension concerne aussi les organisations politiques de la gauche radicale. Lors du forum Autre Davos qui s’est déroulé à Zurich le 11-12 janvier 2019, l’intervention de Christine Poupin[3](activiste du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) en France) apporte de premiers éléments de compréhension et d’analyse du mouvement social des « Gilets jaunes ». C’est la raison pour laquelle le Cercle La brèche met à disposition ses notes (sous une forme éditée). Leur contenu est susceptible de susciter la réflexion et le débat auprès de celles et ceux qui estiment que l’émancipation des opprimé·e·sne pourra être que l’œuvre des opprimées elles-mêmes et des opprimés eux-mêmes.


    https://cerclelabreche.wordpress.com/2019/01/27/les-gilets-jaunes-un-mouvement-social-inedit-qui-oblige-a-

  • Eighty-two years since the victory of the Flint sit-down strike - World Socialist Web Site

    https://www.wsws.org/en/articles/2019/02/11/flin-f11.html

    With General Motors threatening to shut down five factories in the United States and Canada over the next few months, it is valuable to study the heroic struggle by GM workers during the 1936-37 sit-down strike in Flint, Michigan. Monday, February 11, marks the 82 nd anniversary of the victory of the strike, which was a major turning point in the long fight for the industrial organization of workers in the US.

    Below we repost the two-part article, which originally appeared on the WSWS in February 2017, marking the 80th anniversary of the end of the strike.

    February 11 marked the 80th anniversary of the victory of the Flint sit-down strike. The 44-day battle by autoworkers lasted from December 29, 1936, to February 11, 1937. It forced General Motors, then the largest industrial enterprise on the planet, to recognize the recently founded United Auto Workers union.

    #états-unis #flint #grève #mouvement_social

  • Des ordonnances Macron aux « Gilets Jaunes » - Stéphane Sirot - Restriction ou extension du domaine de la lutte syndicale ?

    A l’automne 2017, les ordonnances Macron ont rétréci drastiquement le périmètre d’intervention du syndicalisme dans les entreprises.

    Un an plus tard et dans un tout autre registre, le mouvement social dit des « Gilets jaunes » s’est formé et développé en-dehors des organisations de travailleurs, alors même qu’un grand nombre de leurs revendications et une large part des citoyens en mouvement s’inscrivent dans le cœur de cible du syndicalisme de rapport de force.

    http://www-radio-campus.univ-lille1.fr/ArchivesN/LibrePensee/STGJ190119.mp3

    Ce mouvement est unique et spécifique. Mais on pourrait faire un rapprochement avec la période de 1788-1789, qui précède la convocation des Etats Généraux par Louis XVI. On a vu l’émergence de cahiers de doléances qui mettent sur le papier les revendications des gilets jaunes, une absence de leader et une incapacité du pouvoir à répondre à ce mouvement. A l’inverse, la comparaison avec le poujadisme et les jacqueries me semble erronée : ce n’est pas une révolte contre l’impôt mais contre l’injustice qui est ressentie dans la répartition du produit des richesses.

    On a tendance à l’oublier, mais les violences ont presque toujours accompagné les conflits sociaux. Avant la Première guerre mondiale, le maintien de l’ordre était dévolu à l’armée. Il y avait des morts presque chaque année dans les mouvements sociaux. Il y a eu une tendance à la pacification des mouvements sociaux dans les années 80 et 90, avec des manifestations encadrées et pacifiques. 

    Mais depuis le début des années 2000 (émeutes des banlieues et CPE) on a une résurgence des violences à l’occasion de grandes manifestations. Ces actions violentes, sans être suivies par la masse, ne sont pas forcément rejetées. On a vu samedi des gilets jaunes pacifiques regarder ces affrontements sans les fuir. 

    Habituellement, le soutien de l’opinion s’effrite quand des violences se déclenchent dans les mouvements sociaux. Ce n’est pas ici le cas. Il y a en réalité deux mouvements de gilets jaunes : un mouvement de terrain et un autre de l’opinion publique. Il y a dans les profondeurs de l’opinion une identification aux gilets jaunes. Cela va au-delà du soutien traditionnel aux mouvements sociaux, qui fonctionne généralement plus par sympathie que par identification. 

    L’absence d’interface entre le pouvoir légal (gouvernement) et le pouvoir légitime (les citoyens) nourrissent la violence l’absence de structuration du mouvement.

    Les citoyens s’adressent directement à l’Etat et usent d’un droit à l’insurrection, comme le formalise la Constitution américaine. Ce droit n’était plus exercé car nos sociétés ont construit des contre-pouvoirs et des corps intermédiaires, qui jouaient le rôle tampon entre l’Etat et les citoyens. Ce n’est plus le cas. 

    Un syndicalisme dépolitisé et institutionnalisé, volontiers enserré dans le carcan du « dialogue social » et doutant de ses propres capacités à mobiliser, se trouve aujourd’hui en situation d’être réduit au rang de fait social résiduel.

    Pour autant, rien n’est écrit d’avance. L’histoire syndicale plus que séculaire fournit à ceux qui croient encore à l’importance et à l’utilité des organisations des outils
dont le réinvestissement offre des perspectives de relance.

    Stéphane Sirot https://www.u-cergy.fr/fr/recherche-et-valorisation/experts/droit-sciences-politiques/stephane-sirot.html est historien, spécialiste de l’histoire des grèves et du syndicalisme. Il enseigne l’histoire politique et sociale du XXe siècle à l’Université de Cergy-Pontoise et l’histoire des relations sociales à l’Institut d’administration des entreprises de l’Université de Nantes.
    http://www.lemouvementsocial.net/comptes-rendus/stephane-sirot-le-syndicalisme-la-politique-et-la-greve-france-et

    _ Cet exposé a été enregistrée le 19 Janvier 2019, par Radio Campus Lille, lors d’une conférence débat organisée par l’Université Populaire Chti Guevara de Lens. http://chti-guevara.blogspot.com *

    Source : https://www.campuslille.com/index.php/entry/des-ordonnances-macron-aux-gilets-jaunes-stephane-sirot

    #Audio #Radio # #radios_libres #radio_campus_lille #conflits #grève #Stéphane_Sirot #giletsjaunes #gilets_jaunes #syndicats #CGT #syndicalisme #luttes_sociales #loi_travail #social #syndicat #neutralisation #syndicalisme_rassemblé #CPE #mouvement_social #CSE #dialogue_social #dépolitisation #journée_d_action #histoire #france

  • affordance.info : La cagnotte Leetchi, le philosophe abruti, et la faillite de la démocratie.
    https://www.affordance.info/mon_weblog/2019/01/cagnotte-leetchi-philosophe-abruti-faillite-democratie.html

    Ils sont devenus fous. Et clairement l’hypothèse psychiatrique n’est plus à exclure.

    L’histoire est donc celle de cette fameuse cagnotte Leetchi supposée permettre de payer les frais de justice du boxeur ayant attaqué des CRS, ou des gendarmes, je ne sais plus.

    Cagnotte « indigne » pour Mounir Mahjoubi, et cagnotte pour laquelle Marlène Schiappa voudrait que l’on puisse disposer du nom des donateurs, tous selon elle coupables de « complicité ». Carrément.

    Pendant ce temps, un autre qui n’a de philosophie que celle de la mise en scène de sa propre fatuité éructe sur Radio Classique qu’il faut que gendarmes et CRS n’hésitent plus à faire usage de leurs armes. Il s’appelle Luc Ferry. Il a été ministre de la république. Ministre de quoi ? De l’éducation. De l’éducation. Et aujourd’hui il n’est qu’un dingue de plus, pour qui la saillie audimateuse a remplacé toute forme de pensée. Demain il nous expliquera probablement que bien sûr c’était simplement une « posture », ou une « provocation ». Mais aujourd’hui il a demandé à ce que les gardes et l’armée de la république n’hésitent pas à faire usage de leurs armes létales sur cette foule haineuse de militants d’extrême droite ou d’extrême gauche. D’autres ont mis la philosophie dans le boudoir, lui ne doit rêver que de se faire greffer un Tonfa en guise de pénis.

    #mouvement_social #plateforme #démocratie #répression