• Leaderless rebellion : how social media enables global protests | Financial Times
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    The mass protests that have broken out during the past year in Asia, Europe, Africa, Latin America and the Middle East share other important characteristics. They are usually leaderless rebellions, whose organisation and principles are not set out in a little red book or thrashed out in party meetings, but instead emerge on social media. These are revolts that are convened by smartphone and inspired by hashtags, rather than guided by party leaders and slogans drafted by central committees.

    The rallying power of social media is a crucial enabler for leaderless movements. When the Hong Kong demonstrations broke out in June, Joshua Wong — the most high-profile democracy activist in the territory — was in jail. In Moscow, a month later, the Russian government moved swiftly to arrest Alexander Navalny, a leading opposition figure, but demonstrations continued without him. In Lebanon, France and Chile, authorities have searched in vain for ringleaders.

    Across the world, demonstrators are using similar technologies to organise and spread their messages. Messaging services that offer end-to-end encryption — such as Telegram — are hard to spy on and are very popular. Facebook groups and Twitter allow amorphous protest movements to crowdsource ideas and articulate grievances.

    Social media also allows a movement in one place to take inspiration from news of revolts in another. The occupation of the airport in Barcelona last week was a tactic borrowed from Hong Kong. Hong Kong demonstrators have been seen carrying the Catalan flag. The Sudanese and Algerian uprisings this year borrowed each other’s imagery and slogans — in a similar fashion to the Arab Spring revolts of 2011.

    Après avoir dit tout le mal qu’il pensait des mouvements européens, le Financial Times semble se réjouir de l’équivalent à Hong Kong. Va comprendre ;-)

    “Be formless, shapeless, like water” has been a rallying cry of almost five months of protests that have rocked Hong Kong. The slogan, originally coined by the city’s most famous son and kung-fu movie star Bruce Lee, embodies the nimble and creative strategies of protesters who have no leader and mostly mobilise through social media.

    Hong Kong’s worst political crisis in decades, triggered by the controversial extradition bill, has evolved into a youth-led movement demanding universal suffrage. Many protesters experienced their political awakening during the pro-democracy demonstrations of 2014 now known as the Umbrella Movement — which ended in failure, with several of its leaders imprisoned.

    The protesters learnt their lesson. Now, demonstrations are largely leaderless and decentralised with activists using social media to co-ordinate and mobilise anonymously in the shadow of China’s rapidly-expanding surveillance state. Once an idea gains traction online, smaller groups spin off to co-ordinate specific actions.

    Posters are shared in Telegram chat groups to thousands of followers, who print them out and post them around the city. Crowdfunding campaigns have raised more than $15m to pay for medical bills, legal fees and advertisements in international papers. And in a city where the iPhone is ubiquitous, Apple’s Airdrop function allows information to spread rapidly at protests, where people track police movements with regularly updated live maps. GitHub pages compile video feeds from news broadcasters for supporters watching at home.

    As the movement has evolved, radical protesters also use social media to gauge public opinion, adjusting and explaining the intensity of their violence to avoid alienating moderate supporters.

    #Mouvements_sociaux #Mouvements_connectés #Emeutes_2019 #Médias_sociaux

  • Mobilisation connectée : aller au-delà du coup d’éclat | www.nouveau-magazine-litteraire.com
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    Publié avant l’émergence des gilets jaunes, Twitter et les gaz lacrymogènes (C&F éditions) de Zeynep Tufekci n’en reste pas moins pertinent pour comprendre les mécaniques de ce mouvement, nouvel exemple d’une manifestation connectée. Si les réseaux sociaux facilitent la mobilisation, ils ne préparent pas à la maintenir.

    Par Sandrine Samii

    Elle explique : « Des moments et des activités en apparence similaires – occupations ou grandes manifestations – n’occupent pas la même place dans les trajectoires des mouvements connectés et dans les trajectoires des mouvements organisés selon des modèles traditionnels et sans outils numériques. » Ainsi, les anciens indicateurs, comme le nombre de personnes rassemblées, ne suffisent plus à comprendre les mouvements connectés. Auparavant, un mouvement s’organisait puis manifestait, aujourd’hui, un mouvement se découvre lors d’une mobilisation et doit ensuite faire le travail de s’organiser. Une mobilisation nombreuse rend visible un mécontentement, mais elle ne dit pas nécessairement que ceux qui le ressentent forment un groupe disposé et en mesure de militer pour y remédier.

    Pour attirer rapidement l’attention sur leurs actions, les activistes de tous bords ont trouvés des alliés insoupçonnés mais aussi imprévisibles dans les plateformes des réseaux sociaux. En effet, ces plateformes captent l’attention dans le but de la monétiser, leur objectif est uniquement de garder les internautes sur le site. Les modèles commerciaux des plateformes en ligne ne sont donc pas neutres dans la diffusion ou non de certaines actions militantes. « [Ces plateformes] ont le pouvoir de déterminer les gagnants et les perdants de la course à l’attention du public, en modifiant légèrement leurs politiques et leurs algorithmes. » Ils peuvent influencer la trajectoire d’un mouvement social : en supprimant automatiquement des contenus (1), ou en favorisant des espaces ou types de discours.

    Les mouvements Occupy Wall Street, du parc Gezi à Istanbul, et maintenant des gilets jaunes, ont démarré sur les chapeaux de roues avec des tactiques innovantes, un succès fulgurant et inattendu. Ils partagent également le fait de ne pas avoir voulu ou réussi à faire évoluer leurs tactiques au delà de leur coup d’éclat initial. Pour reprendre l’analogie du mouvement des droits civiques, celui-ci n’était qu’innovation tactique – boycott des bus de Montgomery, sit-ins dans des lieux publics ségrégés, freedom rides à travers plusieurs État, manifestations, campagnes d’inscriptions électorales… – faisant la preuve de capacité organisationnelle importante et d’une résilience implacable.

    Sans moyen de prendre des décisions, de gérer les désaccords, et dans une défiance face aux solutions électorales ou institutionnelles, continuer à manifester peut finir par constituer une fin en soi, une parenthèse de solidarité et d’affirmation de soi précieuse, malgré la répression, même violente. Tufekci écrit : « la tactique qui a initialement réuni ces personnes est réutilisée à de multiples reprises, parce qu’elle permet de reproduire cette affirmation d’un choix de vie et de retrouver le seul moment de véritable consensus : ce tout premier moment où ils se sont rassemblés autour d’un slogan, d’une revendication ou d’une tactique. » Revenir constamment à cette part du militantisme est attractive mais peut aussi miner le mouvement.

    Publié en 2017 chez Yale University Press, l’essai n’aborde pas l’évolution hong-kongaise, les marches féministes, ou les mouvements français comme Nuit debout et les gilets jaunes. La pertinence de la grille de lecture qu’il developpe pour analyser les grands mouvements connectés actuels en est d’autant plus impressionnante. Se concentrant sur les mouvements orientés à gauche, il montre un mouvement de contestation global, où des motifs similaires sont repris par adaptation tactique ou par solidarité d’un pays à l’autre.

    #Zeynep_Tufekci #Mouvements_connectés #C&F_éditions