• #TotalEnergies engrange 11,2 #milliards de dollars de #bénéfice en six mois, sur fond de #guerre au #Moyen-Orient
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/07/23/totalenergies-engrange-11-2-milliards-de-dollars-de-benefice-en-six-mois-sur

    Qu’ils soient libellés en dollars ou en euros, voilà de nouveaux milliards qui nourriront le débat politique sur la redistribution des richesses. Bientôt cinq mois après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, fin février, alors même que les prix à la pompe grèvent le porte-monnaie des automobilistes français, TotalEnergies continue d’afficher des profits colossaux, profitant de la flambée des cours de l’or noir, sur fond de perturbations dans l’approvisionnement mondial en pétrole.

    La major du pétrole a annoncé, jeudi 23 juillet, un résultat net de 5,4 milliards de dollars (4,7 milliards d’euros) au deuxième trimestre. C’est le double d’une année sur l’autre. Et ce, après un premier trimestre qui s’était déjà soldé par un bénéfice net de 5,8 milliards de dollars (+ 51 % d’une année sur l’autre), en sachant que les affrontements entre la coalition israélo-américaine et l’Iran n’avaient commencé que depuis un mois. Sur l’ensemble du premier semestre, l’entreprise a engrangé un bénéfice net de 11,2 milliards de dollars, en très forte hausse de 72 % sur un an.

    Certes, la guerre a eu un impact sur la production de TotalEnergies dans le golfe Arabo-Persique, empêchant l’extraction de pétrole ou de gaz au Qatar, en Irak ou aux Emirats arabes unis. Mais l’effet est moins important qu’attendu. Initialement, la firme s’attendait à des pertes de l’ordre de 360 000 barils équivalent pétrole par jour en moyenne au deuxième trimestre. Finalement, elles se sont élevées à 210 000 barils chaque jour.

    Surtout, la flambée des cours mondiaux du pétrole a amplement compensé ces barils en moins. Référence internationale pour le brut, le brent de mer du Nord a grimpé à près de 104 dollars par baril en moyenne au deuxième trimestre, contre 81 dollars au trimestre précédent. De quoi rendre l’activité « exploration-production » de TotalEnergies très largement bénéficiaire. Autre secteur en forte hausse, l’activité « raffinage-chimie ».

    Sans surprise, les autres acteurs de l’industrie pétrolière tirent aussi profit de l’envolée des cours. Détenu majoritairement par l’Etat norvégien, Equinor a par exemple multiplié par 3,7 son bénéfice net au deuxième trimestre par rapport à la même période en 2025, à 4,8 milliards de dollars.

    « Profits indécents »
    Les résultats de TotalEnergies permettent au groupe de choyer encore plus ses actionnaires, avec la distribution d’un deuxième acompte sur dividende en hausse de 5,9 % par rapport à 2025. De quoi provoquer les critiques d’un collectif d’organisations non gouvernementales de défense de l’environnement, dont Greenpeace, le Réseau Action Climat et Oxfam France. « Alors que la France suffoque sous des canicules successives, causées par le changement climatique dont l’industrie du pétrole et du gaz est largement responsable, ces profits apparaissent particulièrement indécents », a réagi le collectif par communiqué dans la matinée du jeudi 23 juillet, réitérant leur appel à « taxer les géants du pétrole et du gaz pour financer l’action climatique ».

    Le 29 mai, c’était à l’occasion de l’assemblée générale de la major pétrogazière que le Parti communiste français avait organisé un rassemblement, devant les tours du quartier d’affaires de la Défense (Hauts-de-Seine), militant, comme par ailleurs La France insoumise, pour la nationalisation de TotalEnergies. « Assez de profits sur la crise », dit le texte de sa pétition en ce sens.

    Comme pour faire taire les polémiques, dès mercredi 22 juillet, à la veille de ses résultats trimestriels, TotalEnergies a annoncé remettre en place « la politique de plafonnement [des prix à la pompe] qui était en vigueur jusqu’en juin ». Soit, dans ses quelque 3 300 stations-service en France, un tarif à 1,99 euro par litre d’essence et 2,25 euros par litre de gazole.

    Manière de faire passer le message au gouvernement, Patrick Pouyanné a déjà clairement fait entendre un avertissement, dans un entretien au quotidien Sud Ouest mis en ligne le 5 mai : le PDG de TotalEnergies ne pratiquera plus de telles ristournes en cas de taxation sur des surprofits effectués en temps de guerre. « Odieux chantage », avait commenté la secrétaire nationale des Ecologistes, Marine Tondelier. Le 17 juin, auditionné par la commission des finances de l’Assemblée nationale, le patron de la compagnie pétrolière estimait jusque-là à environ 200 millions d’euros le manque à gagner de son geste commercial depuis le 12 mars. Soit 4 % des bénéfices du groupe lors du premier trimestre.

    Adrien Pécout

  • Penser le monde depuis Gaza
    https://laviedesidees.fr/Penser-le-monde-depuis-Gaza

    Face à l’embrasement du Proche-Orient, une crise plus profonde se dessine : celle d’un droit #International qui vacille, fissurant les promesses universalistes du système multilatéral. Comment, dans la violence, se reconfigurent les rapports de pouvoir à l’échelle mondiale ?

    #droits_de_l'homme #Moyen-Orient

  • Le Golfe après Ormuz : le véritable bouleversement géopolitique est structurel

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12492898

    par Alejandro Marco del Pont
    2026-05-25

    FR : https://reseauinternational.net/le-golfe-apres-ormuz-le-veritable-bouleversement-geopolitique-e

    EN : https://chinabeyondthewall.org/the-gulf-after-hormuz-the-real-geopolitical-shift-is-structural

    La guerre israélo-américaine contre l’Iran n’a pas seulement bouleversé l’équilibre militaire au Moyen-Orient. Elle a également engendré une crise plus profonde : celle du modèle de puissance sur lequel les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont fondé leur ascension au cours des dernières décennies.

    La guerre israélo-américaine contre l’ #Iran a non seulement bouleversé l’équilibre militaire au Moyen-Orient, mais a également déclenché une crise plus profonde : celle du modèle de puissance sur lequel les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont bâti leur ascension au cours des dernières décennies. L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, le Koweït, Bahreïn et Oman étaient parvenus à conjuguer trois atouts essentiels : une sécurité largement assurée par les États-Unis, une position logistique centrale dans les flux énergétiques (exportations et corridors de distribution) et une capacité d’investissement mondiale exceptionnelle grâce à leurs fonds souverains. Cette guerre a mis en péril ces trois atouts simultanément.

    Le débat public tend à se concentrer sur les aspects les plus visibles : missiles, drones, raffineries endommagées, fermeture du détroit d’Ormuz et escalade des tensions entre Washington et Téhéran. Mais le véritable bouleversement géopolitique est plus structurel. La reconfiguration du Conseil de coopération du Golfe (CCG) dépend désormais de sa capacité à faire face à trois vulnérabilités simultanées : l’absence d’une défense régionale véritablement intégrée ; la construction de corridors alternatifs pour contourner les principaux points de passage maritimes, avec la question stratégique de l’inclusion de la Chine dans leur conception ; et la préservation de sa puissance financière extérieure, notamment le flux de ses fonds souverains vers les États-Unis, dans un contexte de guerre, de baisse des recettes et de nécessité de réorienter les capitaux vers les priorités nationales.

    La guerre accélère ce débat car elle affecte simultanément la sécurité, l’énergie, le tourisme, la logistique et la capacité du Golfe à continuer d’exporter des capitaux. Rebecca Patterson l’a judicieusement exprimé dans un article récent du Council on Foreign Relations : « Il existe un risque bien moins évoqué pour les États-Unis que le prix du pétrole ou la perturbation de l’approvisionnement en matières premières essentielles. Ce risque est la réduction des flux de capitaux en provenance du Golfe, notamment pour les entreprises technologiques américaines en quête de financement, les projets d’intelligence artificielle et leurs intermédiaires financiers ». Il ne s’agit pas d’un détail. C’est l’un des points sensibles, et pourtant peu abordés, du nouvel équilibre régional.

    Le principal problème du Conseil de coopération du Golfe (CCG) est d’ordre militaire, bien que sa véritable nature soit politique. Les six États du Golfe ont consacré des années à discuter de la coordination de la défense, de l’interopérabilité, des systèmes d’alerte précoce et d’une architecture commune pour la lutte contre les missiles et les drones. Accords, exercices conjoints, groupes de travail et même une rhétorique récurrente sur la « sécurité indivisible » existent. Cependant, la guerre a démontré que cette intégration était plus formelle qu’efficace.

    Le principal obstacle n’est pas technologique, mais politique. Les États du Golfe ne partagent pas la même vision stratégique du monde. Les Émirats arabes unis et Bahreïn ont renforcé leurs liens avec Israël ; le Qatar entretient un partenariat étroit avec la Turquie ; Oman préserve son rôle de médiateur et maintient des canaux de communication avec l’Iran ; l’Arabie saoudite oscille entre endiguement, négociation et recherche d’autonomie. Alliés sur le papier, ils n’en demeurent pas moins que leurs priorités, leurs perceptions des menaces et leur marge de manœuvre diffèrent.

    Pendant des années, Washington a contribué à gérer cette fragmentation sans la résoudre. Il a vendu des systèmes de défense antimissile, des radars, des avions et des batteries de défense aérienne à ses partenaires du Golfe. Il a encouragé les exercices militaires conjoints. Il a favorisé l’interopérabilité entre les forces locales et l’appareil militaire américain. En mai 2024, suite à l’attaque iranienne contre Israël, un responsable du #Pentagone a présenté l’incident comme une preuve de l’importance d’une défense aérienne et antimissile intégrée, arguant qu’il avait conféré une nouvelle urgence à la coopération régionale.

    Le problème est que l’interopérabilité avec les États-Unis ne se traduit pas par une intégration défensive entre les pays du CCG. Washington a bâti une architecture de relations bilatérales – chaque monarchie étant liée à la puissance protectrice – plutôt qu’une véritable défense collective intra-Golfe. Ce modèle s’est avéré profitable pour l’industrie militaire américaine et a permis de préserver la place centrale de Washington en tant que fournisseur indispensable. Mais il a laissé un élément essentiel en suspens : la capacité des pays du CCG à partager des informations, à allouer des ressources, à coordonner leurs interventions et à se protéger en bloc, et non comme de simples bénéficiaires d’une protection extérieure.

    La guerre contre l’Iran a révélé le coût de cette différence. Les attaques n’ont guère tenu compte du degré d’alignement de chaque capitale. Ports, installations énergétiques, aéroports et infrastructures critiques du Golfe sont devenus des théâtres d’opérations. Reuters a rapporté le malaise de sources régionales qui ont exprimé un paradoxe brutal : les États-Unis ont déclenché la guerre, mais ce sont les États arabes du Golfe qui en subissent les conséquences économiques et stratégiques.

    La question n’est donc plus de savoir si le CCG a besoin de davantage de moyens de défense. Cela va de soi. La question est de savoir quel type de défense il souhaite mettre en place. Si la réponse consiste à acquérir davantage de systèmes nationaux, il en résultera une version plus coûteuse de sa vulnérabilité actuelle. Si la réponse est une véritable architecture régionale – système d’alerte précoce partagé, défense aérienne coordonnée, commandement conjoint et production locale de certains intrants critiques – alors le CCG pourrait transformer cette crise en une opportunité d’autonomie stratégique.

    Mais cette alternative suppose une condition qui n’a pas encore été remplie : que les monarchies du Golfe acceptent que la souveraineté ne se préserve pas par l’isolement, mais par l’intégration des capacités. C’est le premier dilemme de la reconfiguration régionale.

    Le second axe est logistique et géoéconomique. La fermeture du détroit d’Ormuz n’a pas simplement perturbé le commerce de l’énergie. Elle a démontré que le principal point de passage stratégique du Golfe pouvait se transformer en instrument de coercition stratégique.

    Avant la guerre, le détroit d’Ormuz représentait une menace constante, mais dont les conséquences extrêmes étaient souvent jugées improbables. Même lorsque le risque était reconnu, la plupart des analyses économiques occidentales le considéraient comme un scénario de tensions partielles, et non comme une perturbation massive et durable. L’ampleur du conflit explique pourquoi le détroit d’Ormuz a cessé d’être un simple passage maritime. En 2025, près de 15 millions de barils de pétrole brut par jour y transitaient, soit environ un tiers du commerce mondial de pétrole. De plus, une part cruciale du commerce mondial de GNL dépend de cette voie, notamment le gaz qatari.

    La crise a démontré qu’il existe des moyens d’atténuer la situation, mais pas de solutions définitives. L’Arabie saoudite a pu accroître ses expéditions via l’oléoduc est-ouest vers Yanbu, sur la mer Rouge. Les Émirats arabes unis ont utilisé la route Habshan-Fujairah pour transporter une partie de leur pétrole brut, évitant ainsi le détroit. Ces infrastructures ont contribué à limiter les pertes d’ #exportations et à augmenter légèrement le trafic de pétroliers dans les ports saoudiens de la mer Rouge.

    Il ne faut toutefois pas surestimer son importance. Les voies de contournement énergétiques ne profitent pas à tous de la même manière. Le #Koweït, le #Qatar et l’ #Irak sont soumis à des restrictions bien plus importantes. Les alternatives concernent principalement le pétrole, et pas nécessairement le gaz naturel liquéfié. De plus, aucun pipeline ne peut à lui seul résoudre la vulnérabilité des importations essentielles, des chaînes d’approvisionnement alimentaire, des biens industriels, des engrais ou des flux commerciaux en général. C’est pourquoi ce corridor cesse d’être une simple « infrastructure » ​​et devient une stratégie nationale et régionale.

    La nouvelle question qui se pose pour le Golfe est celle de la construction de voies de communication qui lui permettront de survivre à un détroit d’ #Ormuz intermittent, conditionnel ou politiquement contesté. Ce débat englobe les oléoducs, les ports, les voies ferrées, les dépôts stratégiques, les réseaux numériques, les câbles sous-marins et les plateformes logistiques. Le Conseil de coopération du Golfe (CCG) avait déjà approuvé des progrès en matière de connectivité ferroviaire régionale, mais la guerre lui confère une tout autre dimension : il ne s’agit plus seulement de diversifier les échanges commerciaux, mais de réduire les vulnérabilités existentielles.

    Cependant, le véritable débat n’est pas technique, mais politique : le CCG peut-il concevoir des corridors alternatifs sans la Chine ? La réponse réaliste est qu’il ne le souhaite probablement pas. La Chine n’est pas un acteur extérieur mineur pour le Golfe. Elle est un acheteur d’énergie clé, un partenaire commercial essentiel et un fournisseur de financements et d’infrastructures. En mai 2025, la Déclaration conjointe #ASEAN-Chine-CCG a explicitement inclus la promotion d’une coopération de haute qualité dans le cadre de l’initiative « la Ceinture et la Route » et le développement de corridors logistiques et de plateformes numériques.

    Ce constat change complètement la donne. Si le corridor Moyen-Orient-Inde-Europe ( #IMEC) a été conçu à Washington et en Israël dans le cadre d’une stratégie géoéconomique visant à contenir l’expansion des Nouvelles Routes de la Soie chinoises, les pays du Golfe semblent moins préoccupés par le choix d’une architecture plutôt que par leur superposition. Ils souhaitent certes des corridors occidentaux, mais ils veulent aussi conserver l’accès aux capitaux, à la demande et aux infrastructures chinoises. Cette ambivalence exaspère les États-Unis, car elle réduit la valeur stratégique de leurs projets de connectivité : un corridor censé relier le Golfe à l’Occident pourrait devenir, entre les mains du Conseil de coopération du Golfe (CCG), une plateforme de multipolarité.

    Si la Chine joue un rôle décisif dans l’aménagement des corridors du Golfe, les États-Unis perdent leur monopole. Si elle reste en dehors du système, la marge de manœuvre du Conseil de coopération du Golfe (CCG) vis-à-vis de son principal partenaire commercial asiatique s’en trouve réduite. Aucune de ces options n’est neutre. La guerre contre l’Iran rend cette décision encore plus urgente, car elle démontre que les infrastructures sont, en réalité, l’incarnation même de la politique. Le détroit d’Ormuz n’était pas qu’un simple détroit. Il était une promesse de continuité. Cette promesse a été rompue.

    Le troisième axe est le plus sous-estimé et, peut-être, le plus important pour les États-Unis. Pendant des décennies, on a parlé de « recyclage des #pétrodollars ». Les pays exportateurs d’énergie accumulaient des excédents, dont une part substantielle retournait sur les marchés occidentaux sous forme de dépôts, d’obligations, d’actions et de placements de portefeuille. Cette logique n’a pas disparu, mais elle a radicalement changé d’ampleur et de sophistication.

    Les fonds souverains du Golfe sont devenus des instruments de politique industrielle, de diplomatie économique et de puissance stratégique. Selon les estimations citées par le CFR, la région gère entre 4 et 7 billions de #dollars d’actifs souverains. Les États-Unis en ont capté 132 milliards en 2025, soit 48% du total, principalement grâce aux investissements dans les infrastructures numériques, les centres de données et les entreprises d’intelligence artificielle. C’est un point crucial : les capitaux du Golfe ne constituent plus seulement un filet de sécurité financier pour les monarchies. Ils font partie intégrante du fonctionnement du capitalisme américain, notamment de ses secteurs les plus ambitieux et les plus coûteux.

    Si le conflit persiste, les pays du Golfe auront besoin de davantage de ressources pour la #défense, la réparation des #infrastructures, la stabilisation budgétaire et le soutien interne. Cela pourrait réduire ou reporter les investissements à l’étranger. Reuters a rapporté en mars que trois États du Golfe avaient entamé un examen de l’utilisation de leurs fonds souverains, envisageant notamment des annulations d’engagements, des désinvestissements et des réévaluations de leurs parrainages internationaux.

    Il ne s’agit pas d’un changement improvisé. Le repli international avait déjà commencé avant la guerre. En avril 2026, le gouverneur du Fonds public d’investissement saoudien a déclaré que le fonds s’efforcerait d’allouer 80% de ses investissements à l’économie locale et de réduire la part internationale à 20%, contre près de 30% auparavant. Ce changement répond à la fois à la pression des déficits et à la baisse des recettes pétrolières, et à l’urgence accrue imposée par la guerre. Autrement dit, la guerre ne crée pas de toutes pièces la réorientation des capitaux du Golfe ; elle l’accélère.

    C’est pourquoi les relations entre Washington et le Conseil de coopération du Golfe (CCG) sont confrontées à une profonde contradiction. Les États-Unis souhaitent que les pays du Golfe demeurent des partenaires stratégiques, achètent des armements américains, financent les secteurs prioritaires de leur économie et soutiennent les corridors pro-occidentaux. Or, la guerre même que Washington a contribué à déclencher compromet la capacité du Golfe à remplir simultanément tous ces rôles. Si le conflit s’éternise, le CCG devra établir des priorités. Et il est raisonnable de supposer qu’il privilégiera sa stabilité intérieure au détriment du confort financier de la Silicon Valley.

    La principale leçon de cette guerre est que le Golfe ne peut plus être considéré comme une région passive, riche et dépendante, dont la seule fonction serait d’exporter de l’énergie, d’acheter des armes et de recycler ses excédents. Il apparaît désormais comme un acteur qui doit gérer simultanément la sécurité, la connectivité et les capitaux.

    Si le Conseil de coopération du Golfe ( #CCG) parvient à bâtir une défense régionale efficace, il réduira sa dépendance à l’égard des États-Unis. S’il réussit à développer des corridors alternatifs dotés d’une autonomie suffisante, il limitera le pouvoir de coercition du détroit d’Ormuz et gagnera en influence face à l’Iran. S’il préserve ses fonds souverains sans se retrouver pris entre la guerre et les crises internes, il maintiendra son influence mondiale. Mais s’il échoue sur l’un de ces fronts, sa position s’en trouvera affaiblie.

    Les #États-Unis sont eux aussi confrontés à un choix. Ils peuvent continuer à considérer le Golfe comme un prolongement de leur architecture de sécurité, en supposant que les monarchies assumeront les coûts d’une stratégie régionale conçue à Washington. Ou bien ils peuvent accepter que le Conseil de coopération du #Golfe entre dans une phase plus autonome et transactionnelle, moins soumise à la logique occidentale.

    Cette autonomie impliquera des discussions avec la #Chine, notamment sur les corridors stratégiques. Elle se traduira par une plus grande prudence quant aux sorties de capitaux. Elle comprendra des exigences de sécurité plus concrètes en échange de la coopération. Et elle inclura probablement aussi un examen critique de l’ancien accord tacite : la protection américaine contre un approvisionnement énergétique stable, des investissements et un alignement #géopolitique.

    L’avenir du# Golfe ne se jouera pas uniquement sur les champs de bataille ni à la table des négociations entre Washington et #Téhéran. Il se décidera aussi dans les centres de données en quête de financement, dans les ports reliant l’ #Asie et l’ #Europe, dans les oléoducs contournant le détroit d’ #Ormuz, lors de réunions discrètes de fonds souverains et dans la capacité, encore incertaine, de six États riches à former une véritable communauté stratégique.

    C’est la reconfiguration du #Moyen-Orient qui est en jeu. Et il en va de même pour une part importante de la puissance américaine au XXIe siècle.

    source : InfoNativa via Chine Beyond the Wall

  • « L’impunité d’Israël à Gaza ne peut que l’encourager à être aussi impitoyable au Liban »
    https://www.lemonde.fr/un-si-proche-orient/article/2026/05/10/l-impunite-d-israel-a-gaza-ne-peut-que-l-encourager-a-etre-aussi-impitoyable

    Le #Moyen-Orient est devenu au XXIe siècle le monstrueux #laboratoire où des techniques de #guerre, testées sur un territoire ciblé, sont, du fait de l’absence de réaction #internationale, reproduites à plus grande échelle sur un autre théâtre. C’est ainsi que la #Russie de Vladimir #Poutine a expérimenté en #Syrie, à partir de septembre 2015, des techniques de terreur infligées en #Ukraine depuis l’invasion généralisée de février 2022.

    C’est également ainsi qu’#Israël, sous la direction de Benyamin #Nétanyahou, soumet désormais le #Liban aux mêmes violations systématiques du droit international qui ont été perpétrées depuis octobre 2023 dans la bande de #Gaza. A l’évidence, l’impunité d’#Israël à Gaza ne peut que l’encourager à être aussi impitoyable au Liban.

    Réécriture commode de l’histoire. Mais le fond est réel, et c’est heureux qu’on s’en aperçoive, à Paris.

  • Pourquoi les États-Unis sont en guerre contre l’Iran et pourquoi cette guerre pourrait marquer une pause, mais ne prendra pas fin

    via https://diaspora.psyco.fr/posts/12439060

    source : New Eastern Outlook April 28, 2026
    (pas très apprécié dans le monde occidental ->
    https://en.wikipedia.org/wiki/New_Eastern_Outlook)

    https://journal-neo.su/2026/04/28/why-the-us-is-at-war-with-iran-and-why-the-war-might-pause-but-wont-end

    by Brian Berletic

    While much discussion of the US war of aggression against Iran has focused on region-specific factors, including the myth that the US is fighting Iran on “behalf of Israel,” there are far more realistic and important global factors that have led to the war and will unfold because of it.
    [...]

    • https://reseauinternational.net/pourquoi-les-etats-unis-sont-en-guerre-contre-liran-et-pourquoi

      par Brian Berletic

      Si une grande partie du débat sur la guerre d’agression menée par les États-Unis contre l’Iran s’est concentrée sur des facteurs propres à la région, notamment le mythe selon lequel les États-Unis combattent l’Iran « au nom d’Israël », il existe des facteurs mondiaux bien plus réalistes et importants qui ont conduit à cette guerre et qui se manifesteront en raison de celle-ci.

      La guerre contre l’Iran s’inscrit dans un projet américain s’étendant sur plusieurs décennies visant à prendre le contrôle total du Moyen-Orient ainsi que du pétrole et du gaz produits et exportés depuis cette région. Il ne s’agit pas de s’approprier cette énergie pour la consommation des États-Unis, mais d’établir et de renforcer le monopole américain sur la production et les exportations d’énergie provenant des États-Unis eux-mêmes et des pays et régions sur lesquelles les États-Unis exercent leur contrôle.

      Cela concerne notamment le Venezuela en #Amérique_latine. La guerre d’agression menée par les États-Unis début 2026 contre l’État vénézuélien, l’enlèvement du président vénézuélien et la prise en otage du reste du gouvernement vénézuélien ont conduit à la suspension quasi immédiate des exportations de pétrole vénézuélien vers la Chine et à la redistribution des richesses pétrolières vénézuéliennes au profit des entreprises américaines.

      Ce que les États-Unis qualifient souvent de « garanties de sécurité » pour leurs « alliés » n’est qu’un euphémisme pour désigner l’occupation militaire américaine, la mainmise politique et le contrôle de ce qui sont en réalité des mandataires – et non des alliés.

      Une guerre d’agression similaire menée par les États-Unis contre la Russie via l’Ukraine s’étend également rapidement pour devenir une guerre visant directement les infrastructures russes de production, de stockage et d’exportation d’énergie, grâce à l’utilisation de drones qui – bien qu’attribués à l’Ukraine – sont en réalité supervisés par la CIA et l’armée américaine, comme l’a révélé le New York Times.

      De même, les États-Unis encouragent leurs mandataires européens, dans le cadre d’une « division du travail », à intensifier le suivi maritime, l’interception et la saisie des pétroliers transportant les exportations énergétiques russes, ainsi qu’une campagne américaine utilisant des drones maritimes pour attaquer ces pétroliers. Là encore, le NYT a identifié la #CIA et l’armée américaine comme ayant « suralimenté » ce qui est prétendument présenté comme des opérations « ukrainiennes ».

      Conjugué à la guerre contre l’Iran, un schéma mondial clair se dessine : il s’agit d’une perturbation, d’une destruction et même d’un arrêt délibérés par les États-Unis des exportations d’énergie vers l’Asie en général, mais vers la Chine en particulier.

      Alors que les États-Unis tentaient probablement aussi de renverser rapidement le gouvernement iranien pour renforcer leur contrôle sur la région et isoler davantage la Russie et la Chine, un objectif beaucoup plus large et plus global consistait à couper l’approvisionnement énergétique non seulement de l’Iran vers l’Asie et plus particulièrement la Chine, mais de l’ensemble du Moyen-Orient vers l’Asie et la Chine.

      La phase la plus récente de l’agression américaine contre l’Iran – qui a débuté fin février et s’inscrit dans la continuité des violences lancées contre l’Iran en 2025 sous l’administration #Trump et même en 2024 à la fin de l’administration #Biden – a consisté à cibler la production énergétique iranienne ainsi qu’à mener des frappes sur l’île de #Kharg, principale installation d’exportation d’énergie de l’Iran.

      Les frappes américaines contre la production énergétique iranienne ont conduit à des frappes de représailles de l’Iran contre les États arabes du golfe Persique alliés des États-Unis, notamment le Koweït, le Qatar, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite.

      Collectivement, ces violences ont entraîné une baisse de la production dans toute la région, ce qui a par la suite conduit à une diminution des exportations d’énergie (gaz et pétrole) de l’ensemble du Moyen-Orient vers la Chine par rapport aux niveaux d’avant-guerre.

      Depuis le début des hostilités fin février jusqu’au récent accord de cessez-le-feu, les exportations d’énergie de l’ensemble de la région vers la Chine sont passées d’environ 52% des besoins totaux importés de la Chine à environ 30%, selon Reuters.

      Un article de Politico datant de mars 2026 montre clairement qu’au-delà de la simple dépendance de la Chine vis-à-vis de la région en matière d’énergie, l’Asie dans son ensemble dépend des importations d’énergie en provenance du Moyen-Orient pour 70% à plus de 90% de ses besoins totaux en importations d’énergie – en particulier les pays alliés des États-Unis comme le Japon, la Corée du Sud, les Philippines et la province insulaire de Taïwan.

      Isoler la Chine, contrôler l’Asie

      Tout comme les États-Unis l’avaient fait auparavant avec l’Europe en provoquant la guerre contre la Russie en Ukraine, la destruction des gazoducs Nord Stream et la mise en place de sanctions sur toutes les autres importations d’énergie en provenance de Russie – et maintenant notamment les frappes contre les installations russes de production, de stockage et d’exportation d’énergie, ainsi que contre les pétroliers transportant les exportations énergétiques russes – tout cela forçant l’Europe à dépendre des exportations américaines pour son approvisionnement énergétique – les États-Unis mènent désormais une politique similaire visant la Chine et le reste de l’Asie en perturbant délibérément l’accès aux exportations énergétiques du Moyen-Orient.

      La guerre contre l’Iran a conduit à une réglementation stricte du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz par l’Iran, suivie d’un blocus imposé par les États-Unis visant principalement les navires exportant de l’énergie de l’Iran vers la Chine. Bien que les affirmations des États-Unis selon lesquelles ils contrôlent totalement le trafic maritime à destination et en provenance de l’Iran soient fausses, le blocus américain a refoulé ou saisi au moins la moitié de tout le trafic maritime tentant de quitter l’Iran, principalement à destination de la Chine, a rapporté le Financial Times.

      Cela signifie que les exportations totales d’énergie de la région vers la Chine ont encore chuté – les États-Unis disposant de nombreuses autres options en réserve pour réduire encore davantage les exportations régionales vers l’Asie, et plus particulièrement vers la Chine.

      L’une de ces options est la menace d’une reprise de l’agression militaire américaine contre l’Iran, qui pourrait se traduire à la fois par le ciblage délibéré et la destruction à grande échelle des infrastructures iraniennes de production et d’exportation d’énergie, et par de nouvelles frappes de représailles iraniennes contre la production énergétique des mandataires arabes des États-Unis dans le golfe Persique.

      Les conséquences émergentes de la guerre menée par les États-Unis contre l’Iran et son impact régional sont analogues à la destruction par les États-Unis des gazoducs #Nord_Stream et au ciblage, aux sanctions et aux restrictions progressives des flux énergétiques russes vers l’Europe, ne laissant comme seule option que les exportations énergétiques américaines – une option qui n’était pas viable économiquement jusqu’à ce que les États-Unis éliminent les alternatives existantes, moins chères et fiables.

      La guerre menée par les États-Unis étant sans limite de durée – elle se poursuit depuis fin 2024 jusqu’à aujourd’hui -, avec seulement quelques mois de calme relatif entre les campagnes d’agression militaire américaines, les perspectives d’accès à une énergie abordable et fiable en provenance du Moyen-Orient s’amenuisent progressivement pour la Chine et le reste de l’Asie.

      « Par un heureux hasard », les États-Unis ont déjà entamé l’expansion d’une industrie de production et d’exportation d’énergie déjà massive, ciblant spécifiquement l’Asie.

      En 2025, la société énergétique américaine Glenfarne et son PDG Brendan Duval ont maintes fois évoqué le fait que leur nouveau projet de GNL en cours de construction en Alaska pourrait exporter de l’énergie vers l’Asie « via des voies maritimes sûres et non contestées ».

      Il n’a pas été mentionné à l’époque que ce seraient les États-Unis eux-mêmes qui contesteraient ces voies maritimes et les rendraient dangereuses, renforçant ainsi la viabilité tant du projet de GNL de #Glenfarne en #Alaska que de l’expansion de la capacité d’exportation énergétique américaine en général.

      Il convient de noter que Glenfarne avait perfectionné son expertise en matière d’exportation/importation de GNL grâce à un projet en Colombie rendu possible uniquement par les sanctions américaines contre le #Venezuela voisin et la fermeture des #gazoducs qui auraient autrement approvisionné la Colombie en gaz. Ce n’est que grâce à la fermeture des gazoducs imposée par les États-Unis au Venezuela que l’importation de GNL du Texas vers la Colombie par Glenfarne a eu un sens économique.

      De même, ce n’est que grâce aux menaces de conflit des États-Unis et aux conflits réels mettant en danger des goulets d’étranglement maritimes vitaux à travers le monde que l’exportation de GNL vers l’Asie et au-delà a un sens économique – tout comme l’exportation de GNL américain vers l’Europe n’a eu de sens qu’après la destruction de #NordStream et l’imposition de #sanctions sur l’ #énergie russe, bien moins chère et plus facilement disponible.
      La charrue avant les bœufs, mais pour une bonne raison

      D’ici le début des années 2030, les États-Unis devraient doubler leur capacité d’exportation de #GNL, ce qui leur permettra de répondre à la demande de leurs principaux alliés asiatiques, notamment la Corée du Sud et le Japon, ainsi que la province insulaire de #Taïwan – mais là encore, uniquement si des alternatives moins chères et plus fiables restent absentes du marché.

      Cela signifie que si les États-Unis mettent en quelque sorte la charrue avant les bœufs, ils s’assurent que lorsque les bœufs arriveront enfin, les conditions seront idéales pour que les États-Unis, et eux seuls, en tirent profit.

      Tout comme pour l’Europe et la suppression de son accès aux importations d’énergie russe bon marché, la dépendance énergétique totale des alliés asiatiques des États-Unis les transformera davantage et pleinement en prolongements des ambitions géopolitiques américaines dans la région et à travers le monde.

      Tout comme pour l’Europe, servir les intérêts américains se fera au détriment de chaque mandataire américain en Asie, ainsi qu’au détriment de la paix et de la stabilité de toute la région, et plus particulièrement au détriment de l’ascension continue de la Chine, tout comme l’Europe a été utilisée pour cibler la Russie au détriment tant de la Russie que du reste de l’Europe.

      Outre la mainmise politique des États-Unis sur ces mandataires asiatiques, la présence de forces militaires américaines sur leur territoire et désormais l’imposition d’une dépendance énergétique à leur égard, une récente audition au Sénat américain a clairement montré que des pays comme le Japon, la Corée du Sud et les Philippines seront transformées en avant-postes militaro-industriels de la puissance américaine dans la région, contribuant ainsi à minimiser la « tyrannie de la distance » à laquelle les États-Unis sont confrontés lorsqu’ils cherchent à provoquer une guerre contre la Chine, située à l’autre bout du monde par rapport à leur emplacement.

      La création d’usines fabriquant des armes américaines en #Asie et d’installations portuaires dans la région pour effectuer des réparations sur les navires américains est déjà en cours, le #Japon ayant fabriqué et, dans certains cas, même renvoyé aux États-Unis des missiles intercepteurs Patriot, et la Corée du Sud ayant conclu des contrats pour l’entretien des navires de transport de la marine américaine.

      Toutes ces préparations ont lieu en prévision de ce que les États-Unis considèrent comme une confrontation inévitable avec la Chine elle-même – ce qui est en fin de compte la priorité qui motive le conflit américain contre la Russie, l’Iran, le Venezuela et de nombreux autres pays, tout cela dans le but d’isoler et de contenir la Chine avant de l’affronter directement.

      Compte tenu des coûts que l’Europe et les États arabes du golfe Persique paient pour leur subordination aux États-Unis et leur rôle dans l’accueil et la facilitation des guerres d’agression américaines dans leurs régions respectives du monde, le Japon, la #Corée_du_Sud et les #Philippines se désignent eux aussi comme des cibles avant toute confrontation avec la #Chine.

      Ce que les États-Unis appellent souvent des « garanties de sécurité » pour leurs « alliés » n’est qu’un euphémisme pour désigner l’occupation militaire, la mainmise politique et le contrôle par les États-Unis de ce qui sont en réalité des mandataires – et non des alliés. L’objectif du maintien d’un réseau mondial de mandataires, de l’ #Europe au #Moyen-Orient en passant par l’ #Asie-Pacifique, est précisément de faire payer à d’autres pays tous les coûts de la politique étrangère américaine, permettant ainsi aux États-Unis de s’approprier tous les bénéfices pour eux-mêmes.

      La perspective d’une escalade continue des guerres menées par les États-Unis à travers le monde dans un avenir proche à moyen terme est inévitable, car les guerres qui ont lieu actuellement sont menées spécifiquement pour préparer une future confrontation avec la Chine elle-même. Pour cette raison, les chances que les États-Unis parviennent à un quelconque accord de « paix » avec la #Russie ou l’ #Iran sont quasi nulles.

      Tant que les intérêts qui motivent la politique étrangère américaine – notamment l’industrie de l’armement, les géants du pétrole et du gaz, les géants de la technologie, l’industrie automobile et bien d’autres – ne soient supplantés à l’échelle mondiale par les alternatives offertes par le multipolarisme, et tant que le monde multipolaire ne sera pas en mesure de créer une dissuasion suffisante non seulement contre l’agression militaire américaine, mais aussi contre la coercition économique, l’ingérence politique et la mainmise qui mènent à cette agression, les #États-Unis continueront de prendre en otage la #paix, la prospérité et la stabilité mondiales au nom de leurs exigences d’une #hégémonie unipolaire continue sur la planète.

      #unipolarité #proxywar #guerre_par_procuration
      #géopolitique

  • Arab states should beware of Israel’s hegemonic energy expansion | Energy | Al Jazeera
    https://www.aljazeera.com/opinions/2026/3/21/arab-states-should-beware-of-israels-hegemonic-energy-expansion

    Arab states should beware of Israel’s hegemonic energy expansion

    The war on Iran revealed how dependent Israel’s Arab neighbours are on its gas exports, a dependency that could extend to Syria and Lebanon.

    By Hisham Bustani

    Researcher at the Centre for International Studies at Sciences Po.

    At the start of the US-Israeli war on Iran, reports emerged that Jordan and Egypt have cut off gas supplies to Syria. These reports appeared as minor details amid the shock of the latest episode of US-Israeli aggression in the Middle East – part of an ongoing effort to reshape the region.

    Yet such seemingly inconsequential reports conceal the longer-term, nonmilitary processes through which that reshaping is materially enacted. What was made clear by this news was that Israel has a growing energy control over the region – one that could help propel its colonialist agenda.

    #energie #moyen-orient #isrël #expansionisme #colonialisme #impérialisme

  • Guerre au Moyen-Orient : l’interview en intégralité de Dominique de Villepin, ancien Premier ministre

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12323672

    https://www.youtube.com/watch?v=rILcxSsobAg


    2026-03-08 — 1h

    Dominique de Villepin, ancien Premier ministre, était l’invité de Guillaume Daret, dans « BFM Politique », sur BFMTV. Il est principalement revenu sur la guerre au #Moyen-Orient.

    (avec transcript en FR)

    #géopolitque #Iran #Israel #États-Unis #USA
    #hégémonie
    #économie globale

    ♲ qlod - 2026-03-08 14:59:53 GMT

    Il explique tout à propos des fait actuels...
    Ce modèle économique actuel, il est mort.

    #guerre #eau #AI #Liban #politique

  • Les #Kurdes au carrefour du Moyen Orient
    https://laviedesidees.fr/Les-Kurdes-au-carrefour-du-Moyen-Orient

    Souvent considérés comme les oubliés de l’histoire, les Kurdes sont pourtant au coeur des transformations du Moyen Orient contemporain. Hamit Bozarslan dresse un panorama de la question kurde aujourd’hui depuis le Rojava en #Syrie jusqu’à la répression sanglante en #Iran, en passant par l’avenir du Kurdistan irakien et la question de la fin de la lutte armée kurde dans la #Turquie d’Erdogan.

    #International #Irak #Entretiens_vidéo #Moyen-Orient

  • Depuis le 7 octobre 2023, les médias ont largement couvert la situation en Israël et dans les territoires palestiniens occupés. Mais le développement dramatique de ces événements récents s’inscrit dans une histoire longue du conflit que beaucoup ignorent ou connaissent mal [1]. Le conflit israélo-palestinien étant fondamentalement de nature territoriale, la représentation cartographiée s’avère particulièrement utile pour le comprendre.

    Mieux comprendre le conflit israélo-palestinien

    https://www.visionscarto.net/mieux-comprendre-le-conflit-israelo-palestinien

    par Rosa Goldenberg
    Journaliste.

    #Palestine #colonisation #occupation #Jérusalem #Cisjordanie #Proche-Orient #Moyen-Orient

  • Trump a-t-il forcé « Israël » à accepter l’accord de cessez-le-feu à Gaza ? – Site de la chaîne AlManar-Liban
    https://french.almanar.com.lb/3416217

    Les principaux points d’analyse des analystes et experts concernant la position de Trump concernant la conclusion d’un accord de cessez-le-feu peuvent être résumés comme suit :

    Soutien continu de Trump à « Israël » : Trump est resté un fervent partisan de l’occupation israélienne, lui fournissant une couverture internationale et faisant obstruction à plusieurs reprises aux résolutions de cessez-le-feu.
    Absence de résultat militaire décisif : Les administrations américaine et israélienne ont pris conscience de l’impossibilité d’une résolution rapide contre la résistance, ce qui a incité Trump à changer de tactique.
    Le déclin de l’image « d’Israël » et des États-Unis dans le monde : « Israël » est devenu un État paria international et les États-Unis sont complices du génocide, avec une reconnaissance croissante de l’État de Palestine et des tendances changeantes dans l’opinion publique mondiale.
    Isolement diplomatique croissant : Les États-Unis et « Israël » sont isolés au sein des organisations internationales et ne bénéficient désormais du soutien que de quelques pays.
    Pression populaire et mouvements de solidarité généralisés : L’escalade des manifestations et des prises de position publiques en faveur de la Palestine a exercé une pression considérable sur les deux camps, américain et israélien.
    Pression politique arabe et islamique : Le rôle croissant des pays arabes et islamiques dans la pression exercée sur l’Amérique pour qu’elle cesse la guerre et soutienne la cause palestinienne.
    L’échec « d’Israël » à atteindre ses objectifs : L’armée israélienne n’a pu obtenir aucun gain territorial ou politique malgré le soutien américain.
    Les motivations personnelles de Trump : Son désir d’apparaître comme un homme de paix et sa quête du prix Nobel l’ont incité à agir pour mettre fin à la guerre.
    Une tentative de sauver l’image internationale « d’Israël » : L’action américaine vise également à améliorer et à restaurer l’image ternie « d’Israël » au sein de la communauté internationale.
    Doutes quant au sérieux et aux garanties de l’accord : L’absence de garanties réelles quant à l’engagement de Trump et « d’Israël » envers les accords, ainsi que la possibilité d’un éventuel non-respect de ces derniers par la suite, sont à souligner.
    Complications de la phase post-accord : Désaccords attendus sur l’avenir de Gaza, le gouvernement palestinien, le désarmement de la résistance et le rejet palestinien de toute tutelle ou administration internationale.
    Nécessité d’un mécanisme de garantie arabo-islamique : La nécessité d’un rôle de surveillance et de garantie arabo-islamique pour prévenir les violations des accords et assurer le maintien du cessez-le-feu.
    La fermeté du peuple palestinien et de la résistance : La fermeté et la résilience des Palestiniens et de la résistance ont constitué un facteur décisif pour contrecarrer les objectifs de l’occupation et imposer une nouvelle équation.
    Risque d’extension de la crise à d’autres fronts : « Israël » pourrait étendre la confrontation à d’autres arènes pour échapper à ses crises internes et externes.

    Changement de position de Trump concernant l’agression contre Gaza

    Le récent changement de position de Trump concernant l’agression israélienne contre Gaza marque un tournant significatif dans l’approche de Washington face à la guerre. Après deux ans de soutien sans faille à « Israël », l’administration américaine considère désormais la poursuite du conflit comme un fardeau politique et moral insupportable, notamment face à l’échec grandissant « d’Israël » face à la résistance et aux critiques internationales croissantes concernant le rôle des États-Unis comme principal partenaire dans la poursuite de la guerre. Il semble que les calculs aient changé face à l’incapacité de Tel-Aviv à remporter une victoire militaire décisive, ce qui a incité Washington à ajuster sa position en quête d’une solution politique moins coûteuse.

    • « Le raid d’Israël sur le Qatar fut une grosse bourde. Qui est peut-être à l’origine du plan de paix pour Gaza »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/10/09/le-raid-d-israel-sur-le-qatar-fut-une-grosse-bourde-qui-est-peut-etre-a-l-or

      Le raid israélien, qui semble avoir raté ses cibles, ne pouvait avoir qu’un objet : enterrer la négociation en « bombardant les négociateurs », écrit le New York Times, le 6 octobre, dans un récit sur la genèse du plan pour #Gaza. Mais le Qatar représentait bien plus pour Washington. Israël s’en est pris à un « pays ami » des Etats-Unis, a commenté la Maison Blanche ; un pays qui héberge la plus importante base américaine au Moyen-Orient ; un pays dont la famille régnante, les Al Thani, est en affaires avec la famille Trump et avec celle de l’envoyé spécial des #Etats-Unis dans la région, Steve Witkoff…

    • Le #Qatar va installer des avions de combat F-15 de son armée sur une base militaire américaine de l’Idaho
      https://www.lemonde.fr/international/article/2025/10/11/le-qatar-va-installer-des-avions-de-combat-f-15-de-son-armee-sur-une-base-mi

      Cette annonce survient peu après la signature par Donald Trump d’un décret promettant de défendre cet Etat du Golfe contre des attaques, dans le sillage des frappes aériennes israéliennes qui ont visé le chef du Hamas à Doha.

      La base aérienne d’Al-Udeid, au Qatar, est la plus grande installation militaire de Washington au #Moyen-Orient. Les relations étroites entre Donald Trump et les dirigeants du Qatar ont suscité des interrogations, notamment en raison du cadeau offert au président américain, un Boeing 747 destiné à être utilisé comme avion présidentiel.

      (...) l’accord a suscité des inquiétudes, notamment de la part de Laura Loomer, figure de l’extrême droite américaine, généralement alliée de Trump.
      « Je n’aurais jamais cru voir les républicains donner aux musulmans du Qatar, qui financent le terrorisme, une base militaire sur le sol américain afin qu’ils puissent assassiner des Américains », a-t-elle écrit sur X.

    • (...)

      LE MONDE SELON TODD – Épisode 5 : Emmanuel Todd : “Les #USA et Israël plus dangereux que l’Iran”.

      ➡️ Un entretien exceptionnel sur la grave crise au #Moyen-Orient. 📍 Épisode dédié à la mémoire de Philippe Cohen

      Dans ce 5e épisode de la série Le Monde selon Todd, l’historien et anthropologue Emmanuel Todd revient sur les tensions entre #Israël, l’Iran et les #États-Unis qui virent à la guerre.
      Grâce à son approche fondée sur la longue durée, il dévoile les ressorts profonds de la guerre en cours : effondrement du modèle américain, impasse stratégique israélienne, malentendus sur l’Iran chiite et la société iranienne, délitement du discours occidental, et risques de #prolifération nucléaire.
      Israël est le proxy au #Proche-Orient d’une Amérique Impériale en voie de délitement.

      L’ #Iran, alors que nous publions, attaque la basea américainea au #Qatar : Al Udeid est la plus grande base militaire américaine dans la région et abrite le quartier général de l’US Air Force.
      L’engrenage d’une nouvelle "guerre éternelle" s’installe.

      Derrière le chaos actuel, Todd explore les structures anthropologiques, les récits fondateurs et les logiques de guerre. Une émission grave et essentielle, en pleine actualité, dédiée à la mémoire de son ami Philippe Cohen.

      Vous êtes invité à consulter le nouveau blog officiel d’Emmanuel Todd :
      👉 https://emmanueltodd.substack.com

      👩‍💼 Diane Lagrange, notre journaliste-intervieweuse, polyglotte, ancienne expatriée en Angleterre et au Japon, Diane allie engagement civique, culture internationale et passion pour la souveraineté populaire. Mère de trois enfants, elle connaît intimement l’œuvre de Todd.

      📺 Retrouvez les épisodes précédents de la série :

      ➡️ Épisode 1 – Emmanuel Todd : L’Amérique de Trump, Miroir d’un Monde en Crise
      https://www.youtube.com/watch?v=ViwLhYOrfaU

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      ➡️ Épisode 2 – Emmanuel Todd – Allemagne : de la puissance à l’impuissance
      https://www.youtube.com/watch?v=0kqb0NsHk8w

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      ➡️ Épisode 3 – Emmanuel Todd – France : la chute finale ?
      https://www.youtube.com/watch?v=YAJ0LT-pD-w

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      ➡️ Épisode 4 – Emmanuel Todd - Apocalypse Now : des États-Unis à l’Europe
      https://www.youtube.com/watch?v=YfgPhZy6JVY

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  • #Iran : derrière la propagande, les profiteurs de guerre
    https://lvsl.fr/iran-derriere-la-propagande-les-profiteurs-de-guerre

    « Changement de régime », « armes de destruction massive », « guerre contre le terrorisme »… la rhétorique de l’ère Bush, longtemps taboue, retrouve droit de cité dans la Maison Blanche. Les néoconservateurs, conspués par Donald #Trump un mois plus tôt seulement, ont remporté une victoire éclatante : le #conflit avec la République islamique d’Iran débute enfin. Le tournant du chef […]

    #International #Israël #moyen-orient #parti_républicain

  • How Syria’s HTS is quietly dismantling the Palestinian cause

    Via https://diasp.eu/p/17684889

    https://thecradle.co/articles-id/29627 - 2025-03-25

    Under Ahmad al-Sharaa’s direction, #Syria’s new Islamist leaders are systematically sidelining Palestinian factions, favoring the US-backed #PA, dismantling #Iran-linked groups, and reshaping refugee dynamics in alignment with a broader US-backed strategy to neutralize the Palestinian resistance.

    #Palestine #Gaza #HTS #USA #Israel

    • On trouve aussi une traduction de cet article en FR (2025-04-10)

      Comment HTS en Syrie démantèle discrètement la cause palestinienne

      https://investigaction.net/comment-hts-en-syrie-demantele-discretement-la-cause-palestinienne

      Sous la direction d’Ahmad al-Sharaa, les nouveaux dirigeants islamistes syriens écartent systématiquement les factions palestiniennes, favorisent l’Autorité palestinienne soutenue par les États-Unis, démantèlent les groupes liés à l’Iran et remodèlent la dynamique des réfugiés conformément à une stratégie plus large soutenue par les États-Unis visant à neutraliser la résistance palestinienne.

      Depuis la chute du gouvernement syrien le 8 décembre, la direction de la nouvelle administration intérimaire, dirigée par Ahmad al-Sharaa, est devenue de plus en plus claire. Politiquement, militairement et juridiquement, Damas semble maintenant alignée sur la vision de longue date de Washington de démanteler la cause palestinienne.

      Cet alignement prend forme sur trois fronts principaux : premièrement, l’Autorité palestinienne (AP), les factions de résistance telles que le #Hamas, le Jihad islamique palestinien (#JIP) et d’autres factions issues de l’Organisation de libération de la Palestine (#OLP). Deuxièmement, l’Office de secours et de travaux des Nations unies (#UNRWA), chargé spécifiquement d’aider les réfugiés palestiniens dans la région, et troisièmement, les camps qui hébergent les réfugiés palestiniens et les Syriens déplacés.

      Deux événements soulignent cette évolution. Tout d’abord, la #Turquie et le #Liban ont empêché les Palestiniens détenteurs de documents syriens de retourner en #Syrie au même titre que les ressortissants syriens. Deuxièmement, les médias américains ont révélé l’existence de pourparlers entre #Washington et #Damas sur la possibilité pour la Syrie d’absorber des dizaines de milliers de personnes déplacées de Gaza, en échange d’un allègement des sanctions ou d’un accord politique plus large, en particulier à la suite des massacres de la côte du début de l’année.
      Front 1 : L’AP et les factions de la résistance

      Plus de quatre mois après le début de la transition vers une nouvelle gouvernance, une chose est claire : l’ancien chef d’#Al-Qaïda, Ahmad al-Sharaa, aujourd’hui président de la Syrie, tient le Hamas à distance. Malgré les demandes répétées de Khaled Mechaal, chef du bureau politique du Hamas à l’étranger, de se rendre à Damas, les autorités intérimaires ont tergiversé, dans le but d’éviter une confrontation directe avec Israël ou les États-Unis.

      Cette nouvelle posture syrienne a lieu au milieu d’un génocide en cours contre le peuple palestinien et de l’objectif de l’État d’occupation d’éliminer sa résistance islamique.

      The Cradle a appris que la communication entre le Hamas et les nouvelles autorités est largement canalisée par des intermédiaires turcs. Ankara faciliterait la réinstallation de plusieurs responsables militaires du Hamas à Idlib, le bastion des militants de Hayat Tahrir al-Sham (HTS) de Ahmad al-Sharaa.

      En revanche, Ahmad al-Sharaa – qui a rencontré le Premier ministre palestinien Mohammad Mustafa en janvier – a officiellement ouvert des canaux avec la mission diplomatique de l’AP à Damas, la reconnaissant comme le représentant officiel du peuple palestinien.

      La délégation en visite comprenait de hauts responsables du Fatah et de l’OLP, notamment le fils de Mahmoud Abbas, qui est arrivé pour récupérer des propriétés précédemment détenues par des factions anti-Fatah sous le gouvernement de l’ancien président syrien Bachar al-Assad.

      La nuit de la chute du gouvernement Assad, le secrétaire général du Front populaire-Commandement général (#FPLP-CG), Talal Naji, et le chef d’état-major de l’Armée de libération de la Palestine (APL), Akram al-Rifai, ont cherché refuge à l’ambassade de l’Autorité palestinienne. L’ambassadeur palestinien Samir al-Rifai aurait reçu une sévère réprimande de la part d’Abbas pour leur avoir accordé un refuge. Quant au reste des chefs de faction, chacun d’eux est resté chez lui.

      Le lendemain de l’entrée des forces d’#HTS à Damas, elles ont lancé une vague de fermetures visant les bureaux des factions palestiniennes. Ceux qui appartenaient au Fatah al-Intifada, au mouvement Al-Sa’iqa aligné sur le Baas et au FPLP-CG ont été fermés, leurs armes, leurs véhicules et leurs biens immobiliers saisis.

      Le Front démocratique pour la libération de la Palestine (#FDLP), qui avait fait profil bas pendant la guerre syrienne, a été autorisé à poursuivre ses activités, bien que sous observation.

      Les 11 et 12 décembre, plusieurs chefs de faction se sont réunis à l’ambassade de Palestine en présence du chef de l’APL, Rifai, pour discuter de leur avenir. Ils ont tenté d’organiser une réunion officielle avec Ahmad al-Sharaa par l’intermédiaire du ministère syrien des Affaires étrangères. Au lieu de cela, un messager d’HTS – identifié comme provenant de Basil Ayoub – est arrivé à l’ambassade et a exigé la divulgation complète de tous les actifs appartenant à la faction, y compris les biens immobiliers, les dépôts bancaires, les véhicules et les armes. Aucun engagement politique ne sera possible, a-t-il dit, tant qu’un inventaire complet n’aurait pas été fourni.

      Les factions se sont exécutées en rédigeant une lettre déclarant que leurs avoirs avaient été acquis légalement et qu’elles étaient prêtes à limiter leurs activités à des activités politiques et médiatiques, en plein alignement avec la nouvelle posture de la Syrie. Le sort de la lettre à Ahmad al-Sharaa et sa réponse sont inconnus.
      Campagne de décapitation : arrestations, confiscations et règlements

      Il s’en est suivi une décapitation systématique de la structure des factions palestiniennes en Syrie.

      Début février, le secrétaire général du Fatah al-Intifada, Abou Hazem Ziad al Saghir, a été arrêté à son domicile. Après des heures d’interrogatoire et une descente dans son bureau – où des documents l’auraient relié au Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran (#CGRI) – il a été relâché.

      Une semaine plus tard, il a été de nouveau arrêté et séquestré dans un nouveau lieu de détention situé derrière le stade des Abbassides. Un règlement financier a été conclu : 500 000 $ en échange de sa libération et de son expulsion vers le Liban. À la demande du comité, le Comité central du mouvement a publié une déclaration mettant fin aux fonctions de Saghir et le renvoyant du mouvement. Cependant, Saghir publia une contre-déclaration depuis le Liban, transférant le secrétariat général du mouvement là-bas et renvoyant ceux qui avaient pris la décision de le destituer.

      La faction baasiste palestinienne, Al-Sa’iqa, n’a pas été mieux lotie. Son secrétaire général, Muhammad Qais, a été interrogé et dépouillé des biens du groupe. Bien qu’il n’ait pas commandé pendant la bataille de Yarmouk et qu’il ait donc échappé à une punition plus sévère, le HTS a ordonné la suppression du terme « Baas » de tous les documents officiels. Une déclaration a rapidement été publiée dans les territoires occupés, dénonçant Qais comme un « vestige du régime », ce qui laisse supposer une scission interne croissante.

      HTS a également sévèrement réprimé le FPLP-CG, dont le secrétaire général, Talal Naji, a été placé en résidence surveillée et interrogé à plusieurs reprises. Tous les bureaux, les véhicules et les armes du groupe ont été confisqués, leur siège fermé et ses membres battus et humiliés. Leur station de radio, Al-Quds Radio, a été saisie, et leur hôpital Umayyah serait le prochain sur la liste.

      Le « Front Nidal » – une faction dissidente du Front de lutte populaire palestinien (FLPP), un groupe de gauche au sein de l’OLP – a été la plus controversée de ses transactions. Au début des événements, Khaled Mechaal a été en mesure de servir de médiateur pour le secrétaire général du Front, Khaled Abdul Majeed, et de le protéger, lui et son organisation. Cependant, en février, Abdul Majeed s’est enfui aux Émirats arabes unis.

      Sa résidence personnelle et ses véhicules – qui appartiendraient à des particuliers – ont été saisis, ainsi que 50 millions de livres syriennes (moins de 5 000 dollars) d’actifs. Forcé de démissionner par HTS, il a remis l’autorité à un comité central opérant à partir de Damas et de Beyrouth.

      Le FDLP (Front démocratique pour la libération de la Palestine) a jusqu’à présent échappé au poids de ces purges, et ses bureaux et ses véhicules n’ont pas été touchés par la nouvelle administration , peut-être parce qu’elle n’avait aucun lien avec l’Iran ou le Hezbollah. Le bureau principal du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP – différent du FPLP-CG) dans le quartier de Taliani à Damas reste ouvert mais inactif, tandis que le reste de ses bureaux ont été fermés.

      À l’heure actuelle, le JIP, dont les combattants sont en première ligne à Gaza pour combattre Israël depuis le 7 octobre 2023, reste dans ses bureaux syriens. Le représentant de la faction n’a pas été convoqué pour être interrogé, bien qu’Israël ait bombardé un appartement utilisé par le secrétaire général du groupe, Ziad al-Nakhala.

      Cependant, des figures clés de l’armée du JIP se sont réinstallées à Bagdad la nuit où Damas est tombée aux mains d’ HTS. Leurs activités à l’intérieur de la Syrie semblent s’être réduites en grande partie à l’organisation de funérailles pour les soldats tués au combat dans le sud du Liban, bien qu’exclusivement à l’intérieur des camps de réfugiés palestiniens.

      Le camp de Yarmouk, à Damas, avait déjà été le théâtre d’une série de manifestations au cours des premiers jours de février, notamment des rassemblements exigeant la fermeture des sièges des organisations pro-régime et l’obligation de rendre des comptes aux personnes impliquées dans l’arrestation et le meurtre des résidents du camp. Les événements ont dégénéré en une tentative d’incendie du quartier général des Brigades Qods du JIP, des jeunes et des enfants lançant des pétards sur le bâtiment. Entre-temps, une manifestation a éclaté pour protester contre la décision de rouvrir les bureaux des brigades Al-Sa’iqa dans le camp d’Al-A’edin.
      Front 2 : Les camps de réfugiés palestiniens en Syrie

      La répression contre les groupes politiques a créé un vide de leadership dans les camps palestiniens de Syrie. Les conditions de vie, déjà désastreuses, se sont encore détériorées. Début février, des manifestations ont éclaté dans plusieurs camps contre les attaques brutales d’Israël contre le camp de Jénine en Cisjordanie occupée, à la suite de la visite de la délégation de l’AP et de la reconnaissance officielle de l’autorité de Ramallah par le gouvernement syrien. Beaucoup craignaient que ce changement n’accélère les plans de réinstallation permanente des réfugiés. Dans le même temps, les habitants disent qu’ils ont été contraints de participer à des rassemblements publics en soutien à la présidence autoproclamée d’Ahmad al-Sharaa.

      Le 24 février, le Comité de développement communautaire de Deraa a commencé à collecter des données personnelles détaillées auprès des résidents du camp sous prétexte d’améliorer les prestations de services. Un recensement similaire a été lancé quelques jours plus tôt à Jaramana, mais l’objectif et les bailleurs de fonds de ces efforts restent flous.

      C’est dans ce vide qu’est entré le Hamas. Par l’intermédiaire d’organisations affiliées comme l’Autorité de développement de la Palestine, le Hamas a commencé à distribuer de la nourriture et de l’aide financière, souvent par l’intermédiaire d’agents intégrés à HTS. Cet effort est intervenu alors que les services autrefois offerts par le JIP – y compris le transport, les cuisines collectives et le soutien médical – ont été interrompus. Même le siège de l’Association d’amitié palestino-iranienne à Yarmouk a été repris et réaffecté par des éléments d’HTS.

      D’autres acteurs, tels que la Fondation Jafra et la Croix-Rouge palestinienne, continuent d’opérer malgré des contraintes importantes. Leurs efforts ont été insuffisants pour répondre à la demande, d’autant plus que l’économie locale continue de s’effondrer. La plupart des réfugiés dépendent d’un travail informel et, avec la paralysie d’une grande partie de l’économie, la survie quotidienne est devenue précaire.

      Une proposition de règlement, transmise par le biais de la médiation turque, est particulièrement préoccupante. Il offrirait aux Palestiniens en Syrie trois options : la naturalisation syrienne, l’intégration dans une nouvelle « communauté » affiliée à l’AP sous la supervision de l’ambassade, ou la classification consulaire avec renouvellement annuel de la résidence. La quatrième option implicite est le déplacement, à l’image de ce qui est arrivé aux Palestiniens en Irak après l’invasion américaine.
      Front 3 : L’#UNRWA, mis à l’écart et miné

      Bien que les nouvelles autorités syriennes n’aient pas ouvertement pris pour cible l’UNRWA, leur manque de coopération en dit long. L’UNRWA ne semble plus être considérée comme la principale institution responsable des affaires palestiniennes en Syrie.

      Dans le camp de Khan Eshieh, un comité local travaillant avec la nouvelle administration a demandé au gouvernorat de Damas de préparer un plan municipal pour réhabiliter l’infrastructure du camp. L’implication est claire : les autorités syriennes se préparent à reprendre la gestion du camp de l’UNRWA, sur le modèle jordanien.

      Pendant ce temps, le ministère de l’Immigration et des Passeports a recommencé à délivrer des documents de voyage aux réfugiés palestiniens en janvier, une décision bureaucratique qui a révélé l’intention du nouveau gouvernement de réaffirmer son contrôle. À peu près au même moment, l’Association des réfugiés arabes palestiniens à Damas a suspendu ses activités à la suite d’un cambriolage qui aurait perturbé le paiement des pensions des réfugiés retraités.

      Malgré des ressources limitées, le Hamas et le JIP restent un sujet de préoccupation pour l’État occupant. Un récent rapport du Yedioth Ahronoth a affirmé que les deux groupes tentent de reconstruire une capacité militaire en Syrie, avec l’intention de cibler les colonies près du plateau du #Golan occupé et du nord de la #Galilée. Bien que le rapport n’ait reconnu aucun mouvement de troupes confirmé au sud de Damas, il a averti que la planification opérationnelle est en cours.

      Un examen attentif du comportement de Ahmad al-Sharaa et du nouveau régime de Damas ne révèle aucune dissolution apparente des activités de ces deux organisations, comme le prétendent les Israéliens. Il ne s’agit que de mesures temporaires en attendant un « grand accord » avec les Américains, dont l’une des dispositions sera le statut officiel et populaire des Palestiniens. A moins que le pays ne sombre dans le chaos, l’un des résultats attendus sera une intervention militaire terrestre israélienne claire sous le prétexte d’éloigner les Palestiniens de la frontière.

      Source : The Cradle

      #Moyen-Orient #Palestine #Gaza

  • Syrie : les révolutionnaires de 2011 cherchent comment peser dans la transition | Mediapart

    par Joseph Confavreux et Leyla Dakhli

    https://www.mediapart.fr/journal/international/240125/syrie-les-revolutionnaires-de-2011-cherchent-comment-peser-dans-la-transit

    Toutes celles et ceux qui se sont soulevés en 2011 voient aujourd’hui leur destin basculer. Partis en exil, déplacés à l’intérieur du pays ou demeurés dans les territoires tenus par le régime, ils cherchent à exister dans un moment où les groupes armés et islamistes ont la main.

    DamasDamas (Syrie).– L’année 2025 avait à peine débuté que les réseaux sociaux syriens s’enflammaient après la fuite d’un document issu du ministère de l’éducation. Le document indique une volonté d’expurger les manuels scolaires de toute référence à l’ancien régime. Mais il donne aussi des consignes d’enseignement islamique qui s’apparentent à du révisionnisme historique, avec par exemple la disparition de figures féminines comme Zénobie, reine de Palmyre à une époque pré-islamique gommée.

    #Syrie
    #révolution_arabes
    #Leyla_Dakhli
    #Moyen-Orient

  • Palmyre (Syrie), Ville en guerre, objet d’histoire

    https://journals.openedition.org/emam/5438

    Mis en ligne un mois jour pour jour après la chute du régime de Bachar al-Assad, ce numéro 36 des Cahiers d’EMAM sur « Palmyre, ville en guerre, objet d’histoire » se penche sur les contours de l’archéologie et des sciences sociales en temps de guerre, alors que Palmyre, véritable passion française, reflète les liens parfois incestueux entre l’archéologie, le patrimoine et le fait colonial, encore très visibles au Moyen-Orient. Pour rappel, la plupart de ces contributions ont été écrites avant le 8 décembre 2024.

    #Syrie
    #Palmyre
    #guerre
    #conflits
    #Moyen-Orient

  • « Partager » le Moyen-Orient : projet ou fantasme ?
    https://www.visionscarto.net/partager-le-moyen-orient-projet-ou

    Les deux cartes publiées par Ralph Peters dans l’Armed Forces Journal ne sont pas nouvelles puisqu’elles datent de 2006. Elles n’en continuent pas moins d’appuyer un discours que l’on peut qualifier de conspirationniste, et il importe, face à cela, de continuer à le déconstruire pour ne pas lui laisser le champ libre. par Vincent Capdepuy Docteur en géographie, professeur d’histoire et géographie (académie de La Réunion). Auteur notamment de Chroniques du bord du monde : histoire d’un (…) Billets

    #Billets_

  • Iran : la guerre contre les #femmes
    https://laviedesidees.fr/Iran-la-guerre-contre-les-femmes

    Actrices de la sécularisation et de la résistance, les Iraniennes sont la cible du régime depuis 1979. C’est sur cette toile de fond qu’éclate en 2022 le mouvement « Femme, Vie, Liberté ».

    #International #religion #violence #Moyen-Orient #dictature
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20240611_iran.pdf

  • Carte à la une. Déconstruire un récit impérial : le mythe Sykes-Picot — Géoconfluences
    https://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/a-la-une/carte-a-la-une/sykes-picot

    Très bon article

    La carte dite de Sykes-Picot (1916) est souvent présentée comme l’illustration la plus flagrante de l’impérialisme européen au Moyen-Orient et de la manière dont les frontières y ont été tracées arbitrairement. En replaçant cette carte dans son contexte historique, l’historiographie récente nuance cette idée. Exagérer son importance revient à occulter la longue histoire des frontières et tend à faire oublier que ce mythe est lui-même en partie hérité des discours impériaux.


    #cartographie #colonisation #géopolitique

  • “These Thankless Deserts” - Winston Churchill and the Middle East : An Introduction
    https://winstonchurchill.org/publications/finest-hour/finest-hour-196/churchill-and-the-middle-east-an-introduction
    Voici le point de vue de la société Winston Churchill. A noter : La Déclaration Balfour de 1917 était le résultat d’une intrigue de Dr. Chaim Weizmann

    Wikipedia nous informe que
    https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_Balfour_de_1917#Contexte_strat%C3%A9gique_internation

    Dès 1903 Herzl avait obtenu une lettre officielle du Foreign Office déclarant que la Grande-Bretagne acceptait un accord sur la création d’une colonie juive sous administration juive, document que Yoram Hazony juge « surpassant même la Déclaration Balfour ».
    ...
    Hazony (2007), p. 180 : « Lord Landsdowne est prêt à envisager favorablement ... un projet dont les caractéristiques principales sont l’octroi d’un vaste territoire, la nomination d’un responsable juif à la tête de l’administration (ayant) carte blanche en matière d’administration municipale, religieuse et purement intérieure » (voir lettre de Sir Clement Hill (en) à Leopold Greenberg (en), 14 août 1903. Repris in Die Welt, 29 août 1903)..

    Churchill étant proche des sionistes travaillait depuis ce moment et jusqu’à la fin de sa vie en faveur de la colonisation juive d’une partie du territoire arabe sous mandat britannique. L’article contient quelques éléments qui ont pu le motiver à prendre cette position.

    10.7.2023 by David Freeman - Finest Hour 196, Second Quarter 2022

    During the First World War, the United Kingdom went to war against the Ottoman Empire, which had allied itself with the Central Powers of Germany and the Austro-Hungarian Empire. The Ottoman Empire traced its origins and its name back to the thirteenth-century Turkish Sultan Osman I.

    Although once a great power controlling large sections of Europe, Africa, and Asia, the Ottoman Empire by the twentieth century had become known as the “sick man of Europe” and was much reduced in size. Nevertheless, the Turks still controlled nearly all of the lands of Arabia, including the Moslem Holy Cities of Mecca and Medina. For centuries, the office of Sultan had been combined with that of the Caliph, the spiritual leader of the Moslem world.

    All of this came to an end with Turkish defeat in the Great War. In 1915, the British attempted a quick thrust at the Ottoman capital of Constantinople (now known as Istanbul) with a plan strongly supported by First Lord of the Admiralty Winston Churchill. The Dardanelles (or Gallipoli) campaign ended in failure. The British then turned to attacking the Turks from further out, along the frontiers of Arabia.

    In control of Egypt since 1882, the British used the ancient land to launch an offensive against Gaza, which lay in Turkish-controlled Palestine near the Sinai border with Egypt. At the same time, the British opened talks with Emir Hussein ibn Ali Al-Hashimi, the Sharif of Mecca. The Sharifate included Mecca and Medina, both located in the western regions of Arabia known as the Hejaz. Although an Arab, Hussein served the Turks, his title of Sharif indicating descent from the Prophet Mohammad.

    In 1916, the British induced Hussein to declare independence and establish himself as King of the Hejaz. In doing this, the British hoped to bring down the Ottoman Empire from within and minimize the resources they would need to commit to the region. The “Arab Revolt,” however, failed to attract the sort of support for which the British had been hoping.

    Much more powerful among the Arabs than Hussein was Abdul Aziz ibn Saud, the dominant chieftain in the Nejd, the large, barren region of eastern Arabia. Ibn Saud was much more concerned with defeating his chief rival in the Nejd than making war against the Turks. And so, in the end, the British had to do most of their own fighting in the Middle East, using forces from Britain, India, South Africa, Australia, and New Zealand.

    Hussein had several sons. Of these, the one who worked most closely with the British during the war was Feisal, known variously as “Emir Feisal” and, after his father proclaimed himself king, “Prince Feisal.” In return for Arab support, the British made ambiguous promises about supporting the creation after the war of independent states, including the region of Palestine, which was vaguely understood to be the land around the Jordan River.

    In the search for victory, however, the British also made promises in other directions. In 1916, Britain and France entered into an agreement that became known as the Sykes-Picot Treaty. The two imperial powers decided to carve up the Arab lands once the Turks were defeated. The French would take the northern regions of Syria and Lebanon, which might include Mosul and parts of Palestine, but which would definitely include Damascus. The British would take most of Palestine and Mesopotamia.

    In 1917, the British entered into yet another potentially conflicting agreement. Even before 1914, the World Zionist Congress had begun to establish new settlements in Palestine, the ancient homeland of the Jewish people. During the war, Dr. Chaim Weizmann, a naturalized British citizen and a research chemist, provided vital assistance to the war effort as Director of the British Admiralty Laboratories (see FH 195). Weizmann skillfully used his influence to induce the British government to issue the Balfour Declaration, a letter from Foreign Secretary Arthur Balfour to Lord Rothschild pledging support for the establishment “in Palestine for a national home for the Jewish people.”
    Churchill and the Middle East
    British map appended to 1921 Cabinet Memorandum showing proposed Mandates

    In the final year of the war, British forces made major progress against the Turks. Starting from Basra, at the head of the Persian Gulf, the British swept up the valley of Mesopotamia and captured Baghdad. Under the leadership of Gen. Sir Edmund Allenby, the British Army finally took Gaza and pushed through to Jerusalem. In the interior, meanwhile, Arab forces carried out a guerrilla campaign against the Turks, assisted to a degree by a young archaeologist turned intelligence officer turned commando, T. E. Lawrence (see FH 119).

    In the fall of 1918, the Ottoman Empire finally collapsed. Turkish forces remaining in Arabia hastily retreated, creating a vacuum. The Allies had not anticipated this, and Feisal seized the opportunity to establish himself in Damascus with the intention of ruling a new kingdom from the world’s oldest continually inhabited city. The French, however, insisted on their “rights” under the Sykes-Picot agreement, and the British had to acquiesce on the grounds that amity with the French was more important to the United Kingdom than amity with the Arabs.

    The French, however, were not to be altogether satisfied. President Wilson of the United States insisted that the Allies were to gain no territory from the defeated Central Powers. Instead the former colonies of Germany and Turkey would come under the authority of the League of Nations, which would assign the various territories to member states with a “mandate” to assist the native populations towards self-government. At least in theory, French and British authority in the Middle East was supposed to be only temporary.

    For the most part, the British were anxious to exit their mandates as soon as possible. British forces in Mesopotamia were made unwelcome by the locals, who were also bitterly divided against one another. Chaos prevailed, and British troops were regularly ambushed and killed in what Churchill called “these thankless deserts.” The cost of military operations became a primary concern to Churchill after the Armistice, when he became Secretary of State for War and was told by Prime Minister David Lloyd George that his paramount responsibility had to be reduction of expenditure.

    By 1920, Churchill came to believe that reducing military spending in the Middle East required the establishment of an Arab Department within the Colonial Office, which could work to settle the grievances of the Arabs and thereby reduce hostilities in the region. He lamented the price in blood and treasure that Britain was paying to be “midwife to an ungrateful volcano” (see FH 132). After Lloyd George agreed to Churchill’s proposal, the Prime Minister invited his War Secretary to move to the Colonial Office and supervise the settlement process himself.

    Churchill became Secretary of State for the Colonies early in 1921 and immediately called for a conference to take place in Cairo that March. Altogether forty key people involved with Britain’s Middle Eastern affairs gathered for what Churchill jestingly called a meeting of the “forty thieves.” Out of this emerged what became known as the “Sharifian” solution.

    Hussein would continue to be recognized as King of the Hejaz. His son Feisal, driven from Damascus by the French, would be set up in Baghdad as King of Iraq, as Mesopotamia was formally renamed. Palestine would be divided along the line of the Jordan. The eastern side, or “Trans-Jordania” (later shortened to Jordan), would become an Arab kingdom under Feisal’s elder brother Abdullah. Churchill argued that the advantage of this would be that pressure applied in any one of the three states would also be felt in the other two. Ibn Saud, to keep the peace, would be given a healthy subsidy by the British government.

    The western side of Palestine remained under British mandate authority so as to fulfill the pledge made by the Balfour Declaration. Although the Arabs of Palestine (i.e., the Palestinians) protested against this, Churchill curtly rejected their representations during a visit to Jerusalem after the Cairo Conference ended. Churchill did not foresee Jewish immigration overtaking the Palestinian population and naively believed that the two groups, along with Arab Christians, would work together to create a peaceful, prosperous, secular Palestinian state. Churchill was not always right.

    In June 1921, Churchill made a lengthy speech to the House of Commons in which he outlined his settlement and the reasons behind it (see p. 38). This would be the longest statement Churchill ever made about the Middle East and its peoples. Over the following year and a half, he supervised the implementation of the decisions made at Cairo and approved by Parliament. The process was not without incident—Feisal was in a precarious position in Baghdad and constrained to demonstrate his independence—but went generally according to plan before Churchill and his Liberal party were driven from power late in 1922.

    Churchill’s most dedicated period of involvement with the Middle East ended with his tenure at the Colonial Office, but he continued to monitor events. The short-lived Kingdom of Hejaz ended when it was overrun in 1924 by the forces of ibn Saud, who unified the region with the Nejd to create the Kingdom of Saudi Arabia. Hussein went into exile, later to be buried in Jerusalem. After returning to Parliament as a Conservative, Churchill remained a supporter of Zionism and strongly objected when the government of Neville Chamberlain acted to restrict Jewish immigration into Palestine, even as Nazi Germany was forcing Jews in Europe to flee for their lives.

    During the Second World War, the Middle East became a critical zone for the Allies. The Suez Canal linked Britain with India and the Antipodes, and Egypt was a base from which to fight the Axis powers directly when first Italy and then Germany began offensive operations in North Africa. As Prime Minister, Churchill travelled to Cairo several times during the war. In 1945 it was where he last met with President Roosevelt and first met with ibn Saud. After a cabal of pro-fascist army officers seized control of the government in Baghdad in 1941, Churchill supported a bold and successful move to reestablish an Iraqi government friendly to Britain.

    Although out of office when Israel declared independence in 1948, Churchill expressed the view to his old friend and fellow Zionist Leo Amery that it was “a big event…in history” and “all to the good that the result has come about by fighting” (see FH 178). It also pleased Churchill that Weizmann became the first President of Israel and that the nation’s leading technical university chose to name its auditorium for the former British Prime Minister who had supported Zionism at a crucial moment (see FH 195).

    One hundred years on, the decisions that Churchill made about the Middle East continue to affect the world today.

    #Grande_Bretagne #Empire_ottoman #Palestine #histoire #impérialisme #Déclaration_Balfour #Conférence_du_Caire_1943 #Égypte #Iraq #Mésopotamie #Moyen-Orient #Lawrence_d_Arabie #Israel

    • April 26, 2023
      Winston Churchill’s 1922 White Paper for Palestine
      Finest Hour 196, Second Quarter 2022
      Page 32 - By Sarah Reguer
      https://winstonchurchill.org/publications/finest-hour/finest-hour-196/we-tender-our-most-grateful-thanks/?highlight=Dr.+Chaim+Weizmann

      (...) At the end of 1921 Churchill did act on issues connected with the Palestine garrison, but High Commissioner Samuel kept writing about the need for a clear political policy, since the political status was still not regularized by a formal document, either a British one or one from the League of Nations.

      Memoranda arrived from Samuel, from leading members of the Colonial Office’s advisory board, from Dr. Chaim Weizmann, president of the World Zionist Organization, and from the Arab delegation. On 11 August, Churchill wrote an introduction to a Palestine memorandum that was not very encouraging nor optimistic. “The situation in Palestine causes me perplexity and anxiety,” he began.1 “The whole country is in a ferment. The Zionist policy is profoundly unpopular with all except the Zionists.” Both sides were arming, elective institutions were refused in the interests of the Zionist policy, “and the high cost of the garrison is almost wholly due to our Zionist policy.”2 Meanwhile, even the Zionists were discontented at the lack of progress and the “chilling disapprobation” of the British officials and the military. (...)

  • La féodalité latine en Palestine
    https://laviedesidees.fr/Florian-Besson-Les-Seigneurs-Terre-sainte

    L’installation des croisés en Palestine au XIe siècle donne naissance à un monde original : une féodalité orientale née de bricolages multiples entre différentes cultures politiques, au sein de laquelle les seigneurs manient les armes, l’argent et les mots, dans une perpétuelle compétition. À propos de : Florian Besson, Les Seigneurs de la Terre sainte. Pratiques du pouvoir en Orient latin (1097-1230), Classiques Garnier

    #Histoire #Moyen_Âge #Moyen-Orient
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20240404-carraz.pdf

  • Kurdistan et #Moyen-Orient : évolutions et perspectives d’une solution démocratique
    https://bascules.blog/2024/03/19/kurdistan-et-moyen-orient-evolutions-et-perspectives-dune-solution-democr

    Analyse politique La guerre à Gaza a ébranlé l’équilibre politique au Moyen-Orient. ADM (Académie de la modernité démocratique) analyse les derniers développements dans la région et présente les perspectives de solutions démocratiques. Avec la guerre en cours à Gaza et en Israël depuis début octobre 2023, ce que l’on appelle le « conflit du Moyen-Orient […]

    #La_Commune_Internationaliste_du_Rojava #Le_confédéralisme_démocratique_des_peuples #Etat-nation


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