• L’anti-impérialisme en France aujourd’hui :
    La gogôche « radicale » aux abonnés absents Jean-Pierre Garnier
    http://www.librairie-tropiques.fr/2020/07/la-gogoche-radicale-aux-abonnes-absents.html

    Il fut un temps où nos intellos «  degauche  », soit l’élite de la petite bourgeoisie intellectuelle — alias la « classe moyenne éduquée » — soutenaient sans faillir, ne serait-ce que verbalement, les luttes de libération menées par les peuples contre le colonialisme et l’impérialisme qui les opprimaient. Or, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Depuis la fin du siècle dernier, la majorité d’entre eux font écho, quand ils ne se taisent pas, à la propagande « occidentale » contre les « régimes » décrétés incompatibles avec le respect de la démocratie et des droits de l’homme. Comme par hasard, tous ceux qui font obstacle à l’hégémonie d’une bourgeoisie devenue transnationale.

    Cela a commencé avec le démembrement programmé de la Yougoslavie où des « penseurs critiques » parmi les plus en vue dans le landerneau universitaire où ils achevaient de rompre avec le gauchisme qu’ils avaient professé naguère, discernaient en Slobodan Milosevic le « Hitler des Balkans ». Cela continua avec les interventions militaires successives, directes ou par djihadistes interposés, pour « reconfigurer le Moyen Orient », menées par la coalition États-Unis-Grande-Bretagne-France, avec l’aide des pétromonarchies vassalisées de la région. Les bombardements et massacres en tout genre de populations civiles auxquels ont donné lieu ces opérations menées sous la bannière du « devoir d’ingérence » n’ont pas suscité d’indignation et encore moins de mobilisations parmi nos diplômés ès causes humanitaires. Et que dire de la contre offensive étasunienne visant des gouvernements « démocratiquement élus » au Brésil, en Équateur, en Bolivie ou au Venezuela qui tentaient d’améliorer vaille que vaille le sort des classes populaires en desserrant l’étreinte du voisin du nord qui fait depuis des lustres de l’Amérique latine son « arrière-cour » ? A t-on vu nos vaillants marxistes de la chaire et autres rebelles de confort s’élever contre les manœuvres, les chantages, les blocus et tentatives de renversement voire d’assassinat opérés pour se débarrasser de ces gêneurs qu’étaient Lula da Silva, Rafael Correa, Evo Morales ou, aujourd’hui encore, Nicolás Maduro ?

    Tous ces sachants s’étaient voulus « Charlie » en 2015 à la suite des attentats terroristes contre le journal du même nom, défilant sagement au sein une énorme manifestation sponsorisée par un État qui, avec d’autres au même moment, apportait son appui aux djihadistes qui mettaient la Syrie à feu et à sang, pour en finir avec un « régime » dont le dirigeant «  ne méritait d’être sur terre  », selon Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères du gouvernement sociétal-libéral cornaqué par François Hollande, et qui trouvait de ce fait que Al Nosra faisait « du bon boulot » . Et voilà maintenant que le régime sioniste peut poursuivre ses exactions sans que les autres États du monde ne prennent la moindre mesure pour en bloquer le cours, avec le silence de ces porte-voix de la France « degôche », qui vaut approbation tacite. L’annexion de la Palestine passera simplement d’une situation de fait à une normalisation qui permettra au système d’apartheid israélien d’étendre encore ses frontières et réduire l’archipel palestinien déjà ghettoïsé à la portion congrue. Après quelques semaines de turbulences, les choses rentreront dans l’indifférence habituelle puis l’oubli, la période estivale tombant à point nommé. Nos petits bourgeois titrés seront alors sur les plages ou dans leurs résidences secondaires, attendant la rentrée pour déverser à nouveau leur logorrhée érudite sur les « nouveaux possibles ouverts à l’émancipation » par la coalition rosâtre-verdâtre sortie victorieuse des municipales, annonciatrice de « Lundis matins »[1] qui chanteront au rythme de la préparation de la présidentielle de 2022. Dans quel type de combat vont-ils donc s’engager d’ici là, mis à part la signature d’« appels » aussi grandiloquents que dérisoires pour que le « jour d’après » non plus la pandémie, mais la prochaine échéance électorale, ne ressemble pas à ceux qui ont précédé ?

    On en aura déjà une petite idée à la lecture d’une tribune collective — une de plus ! — d’intello hexagonaux de haut rang, incendiaire voire menaçante, publiée dans L’ImMonde , sitôt connue la victoire du Rassemblement national aux municipale à Perpignan. Cette tribune n’a rien à voir a priori, et a posteriori non plus, avec le contexte géopolitique actuel marqué plus que jamais par les initiatives mortifères de l’impérialisme hors de l’hexagone et, en particulier au Moyen Orient, avec le concours actif, dans ce dernier cas, de l’État sioniste. Mais c’est précisément ce contraste entre, d’une part, la non intervention, si l’on peut dire, persistante des membres de notre caste d’humanistes mondains, dans les affaires du monde, et, d’autre part, le raffut auquel un échantillon représentatif de ses membres a cru bon de se livrer à propos d’une affaire interne ne concernant que les Français — et encore seulement une infime minorité d’entre eux — qui est en lui-même significatif.

    À peine le nouveau maire de Perpignan, Louis Aliot, élu, une quarantaine d’intellectuels de haute volée labélisés « degôche » — encore que nombre d’entre eux eussent voté Macron à la présidentielle de 2017 pour, comme de coutume, « faire barrage à… » — se sont précipités pour fustiger par avance sa mainmise sur un centre d’art au nom emblématique pour les gens dotés d’une culture progressiste conséquente : Walter Benjamin. La célérité extrême de leur réaction collective — l’article, en date du mercredi 1er juillet et paru à la mi-journée du jour précédent, a été sans doute rédigé dès le lendemain des élections voire peut-être avant —, laisse soupçonner que ses rédacteurs avaient anticipé l’arrivée au pouvoir municipal de l’ex-compagnon de Marine Le Pen. Quoiqu’il en soit, par la violence même de leurs propos, ils laissaient clairement entendre qu’un sacrilège serait en voie d’être commis, et que laisser la nouvelle municipalité gérer cet équipement culturel reviendrait à profaner la mémoire de Walter Benjamin et, au-delà, de toutes les victimes du fascisme. Indignés, les signataires ont en effet découvert, « non sans frémir » [sic], au fil du programme de Louis Aliot, son intention de dédier ce lieu actuellement fermé à « la création et au devoir de mémoire » . Comble d’impudence de la part d’un leader d’extrême droite : il n’aurait pas hésité à évoquer, comme thèmes d’exposition et de conférence, « outre la mémoire juive, les Gitans et l’histoire tragique la Retirada espagnole » des Républicains vaincus par le franquisme. Une double phrase tirée des écrits de Walter Benjamin sert d’intitulé à la tribune et en résume la problématique : « Si l’ennemi triomphe, même les morts ne seront pas en sûreté. Et cet ennemi n’a pas fini de triompher. »

    Bref, nous voilà une fois de plus replongés dans « les heures les plus sombres de notre histoire » !

    Il s’ensuit que l’urgence serait une fois de plus à la « résistance » . Le « No pasarán ! » reprend évidemment du service, et nos insurrectionnels de papier d’appeler à « arracher le nom de Walter Benjamin — pour le mettre en sûreté — des mains de l’extrême droite et de ceux qui réécrivent l’histoire à l’encre des oppresseurs d’hier ». Menaçants, ils promettent même de s’opposer « fermement, et par tous les moyens disponibles » à ce qu’ils considèrent comme une forfaiture : associer le nom d’un intellectuel apatride, pourchassé, exilé, sans argent, drogué et incompris qu’ils se sont choisi comme figure emblématique de la dissidence dont ils se revendiquent, à la réouverture d’un centre d’Art sous la mandature d’un maire appartenant au R.N. « Louis Aliot sera-t-il obligé de débaptiser le centre d’art Walter Benjamin ? » , s’interrogeait peu après un plumitif du journal local, L’Indépendant ? Peu importe, même si ce changement de nom, aussi bien intentionné soit-il, risquerait d’aggraver le cas le Louis Aliot aux yeux de certains de ces furieux qui y verraient une seconde mort, symbolique cette fois-ci, infligée à celui qui se l’était lui-même donnée une première fois non loin de Perpignan, à Port Bou. Car, ce qui est idéologiquement significatif avec cette mobilisation post mortem de quelques notabilités de la pensée critique[2], est qu’un Georges Ibrahim Abdallah, un Marwan Bargouthi ou encore un Julian Assange, emprisonnés jusqu’à ce que mort s’ensuive pour avoir lutté contre l’iniquité de régimes pseudo-démocratiques, n’aient pas bénéficié de pareille attention de la part de nos clercs.

    Que ceux-ci ne se soient pas dressés sans attendre pour exiger leur libération immédiate, alors que ces véritables « combattant de la liberté » sont encore vivants. Il est vrai que, à la différence de Walter Benjamin, ces prisonniers politiques n’ont pas laissé d’œuvres littéraires se prêtant à d’innombrables gloses savantes et donnant lieu à de multiples colloques ou séminaires. Mais la malchance de ces militants engagés en actes et pas seulement en paroles est surtout, semble t-il, de l’avoir fait au mauvais endroit, c’est-à-dire dans le camp du Mal, et au mauvais moment, soit dans une période, historique aux deux sans du terme, où notre intelligentsia a rallié, ouvertement ou non, le camp du Bien tel que le définit l’Occident.

    Le syntagme « intellectuel de gauche » serait-il, dès lors, en passe de devenir une contradiction entre les termes ? C’est du moins la question que l’on s’autorise à poser quand on confronte les prises de positions, toutes tendances idéologiques confondues, qu’adoptent publiquement des individus qui se posent en réfractaires vis-à-vis de la société capitaliste qu’ils dénigrent, à la position objective qu’ils occupent en son sein. Tout se passe, en effet, comme s’ils aimeraient garder (ou acquérir, pour les nouveaux venus) les avantages symboliques que procure la posture critique tout en conservant le train et le mode de vie confortables attachés au statut d’intellectuel professionnel.
     
    Jean-Pierre Garnier.

    [1] Lundi matin : site internet qui sert de bible aux anarchoïdes.
    [2] Mentionner leurs noms serait leur faire une publicité supplémentaire. Les médias mainstream y pourvoient déjà.

    go#Gôche #classe_moyenne #CSP+ #bourgeoisie #bourgeoisie_transnationale #Yougoslavie #Moyen_Orient #devoir_d’ingérence #Brésil #Équateur #Bolivie #Venezuela #Lula_da_Silva #Rafael_Correa #Evo_Morales #Nicolás_Maduro #sociétal-libéral #charlie #Syrie #laurent_fabius #degôche #Palestine #ImMonde #tribune #Perpignan #Louis_Aliot #Walter_Benjamin #Perpignan #Georges_Ibrahim_Abdallah #Marwan_Bargouthi #Julian_Assange #intellectuel_de_gauche

    • Vers un boom immobilier « post-annexion » dans des colonies israéliennes du nord de la Cisjordanie
      https://www.rtbf.be/info/monde/detail_vers-un-boom-immobilier-post-annexion-dans-des-colonies-israeliennes-du-

      Dans la colonie israélienne d’Ariel, Perri Ben Senior n’attend qu’une chose : qu’Israël annexe cette partie du nord de la Cisjordanie occupée, avec pour conséquence espérée une hausse des prix de la pierre, ce qui serait une aubaine pour son agence immobilière.

      Ariel, ses 20.500 habitants, son université et ses centres commerciaux ont été mentionnés ces dernières semaines comme pouvant faire partie d’un premier round d’annexion de l’ensemble des colonies israéliennes et de pans de la Cisjordanie par l’Etat hébreu dans le cadre d’un plan proposé par l’administration américaine.

      Cela fera grimper les prix
      Selon certains observateurs, le gouvernement, qui peut en principe se prononcer depuis mercredi sur ce projet, pourrait chercher à temporiser ou commencer par annexer certaines grandes colonies, comme Ariel.

      Dans son agence immobilière, Perri Ben Senior espère que le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, aille de l’avant avec le plan américain. « Cela fera grimper les prix des appartements et des terrains car il y aura plus de demandes », prédit-elle.

      Hausse de la demande

      Ailleurs en Cisjordanie, d’autres agents ont déjà constaté un changement depuis que le sujet de l’annexion monopolise les débats, à peine éclipsé ces derniers mois par la pandémie de nouveau coronavirus.

      Daniel Wach, dont l’agence est située dans la colonie d’Eli, à quelques kilomètres d’Ariel, dit avoir réalisé autant de transactions depuis mai que « ces dernières années ».

      « Ces 10 derniers jours, nous avons vendu six logements dans la colonie d’Alfei Menashe », raconte-t-il à l’AFP. « Ces maisons étaient sur le marché depuis des mois, j’ai donc demandé à nos clients pourquoi ils s’étaient soudainement décidés à acheter. Ils m’ont répondu que c’était par crainte d’une hausse des prix en cas d’annexion », ajoute-t-il.

      « Un endroit normal »
      Si Israël annexe des parties de la Cisjordanie, territoire palestinien qu’il occupe depuis 1967 —, les colons seront considérés par l’Etat hébreu comme des Israéliens à part entière et seront soumis à la loi civile israélienne et non plus militaire comme c’est le cas actuellement.

      « La Judée-Samarie (nom que les autorités israéliennes donnent à la Cisjordanie, NDLR) va devenir un endroit normal », se réjouit M. Wach.

      Et nombreux sont ceux qui estiment qu’Israël, une fois ces terres annexées, ne pourra plus les transférer aux Palestiniens en cas de création d’un Etat à eux, comme prévu par les accords d’Oslo signés en 1993.

      Prix plus accessibles
      Aujourd’hui, « les gens ont peur d’acheter dans les Territoires (palestiniens) parce qu’ils se disent : ’Et si demain on rend les Territoires (aux Palestiniens), qui va nous rembourser ? Qu’est-ce qui va advenir de cette maison que j’ai achetée ?’  », explique Perri Ben Senior.

      Depuis les accords d’Oslo, la population des colonies israéliennes, illégales selon le droit international, a plus que triplé pour dépasser aujourd’hui les 450.000 personnes.

      Outre les colons qui habitent en Cisjordanie pour des raisons idéologiques et religieuses, de nombreux Israéliens ont été attirés par les prix de l’immobilier, beaucoup plus bas qu’en Israël où ils ont flambé ces dernières années.

      Opportunité
      A 12 km d’Alfei Menashe, de l’autre côté de la « Ligne verte » qui sépare d’Israël la Cisjordanie, se trouve la ville de Kfar Saba, où il faut débourser environ 4,5 millions de shekels (1,1 million d’euros) pour une maison de sept pièces sur un terrain de 200 m2, explique M. Wach.

      A Alfei Menashe, un bien similaire coûte environ 2,2 millions de shekels (566.000 euros), soit moitié moins cher.

      « Immédiatement après l’annexion, les prix de l’immobilier bondiront de 10 à 15% dans les colonies. Et dans cinq à sept ans, ils auront augmenté de 30%, pas moins », assure M. Wach.

      Zeev Epstein, promoteur qui a enregistré un nombre record de ventes le mois dernier, partage le même optimisme.

      Le marché va devenir encore plus important
      La décision d’annexer « fera une grande différence », dit celui dont l’entreprise Harei Zahav ("Montagnes dorées" en hébreu) travaille exclusivement dans les implantations israéliennes.

      « Le marché va devenir encore plus important, il faut qu’on se prépare à travailler dur pour saisir cette opportunité », dit-il à l’AFP.

      En attendant que le gouvernement décide ou non d’aller de l’avant vers une annexion, M. Wach s’y voit déjà : « Quand Israël décidera que cet endroit est à nous, la réaction générale sera : ’ah ! Enfin !’ »

      #immobilier #logement #spéculation #annexion #colonies #Palestine #économie #urbanisme #spéculation #finance #politique #israël  #israel #bds #palestine_assassinée #occupation #colonisation #cisjordanie

  • The Strategic Implications of the Strikes on Saudi Arabia | Center for Strategic and International Studies
    https://www.csis.org/analysis/strategic-implications-strikes-saudi-arabia

    Looking further into the future, the strikes on Saudi Arabia provide a clear strategic warning that the US era of air supremacy in the Gulf, and the near U.S. monopoly on precision strike capability, is rapidly fading . UCAV/RPVs, cruise missiles, and precision strike ballistic missiles are all entering Iranian inventory and have begun to spread to the Houthi and Hezbollah. [...] All of these systems can be used at low levels of conflict intensity and in “gray area” wars, as well as in far more intense conflicts. There also are no clear “firebreaks” to limit escalation, although most sides will want to limit the scale of escalation if they can find some way to do so on favorable terms.

    [...]

    Analysts have been warning about these shifts in the nature of war for years, but the recent strikes on Saudi Arabia have made it clear that they are now at least a limited reality. The US still has a vast superiority in precision strike and IS&R capability, but it is already confronted with the issue of how does it actually use it? Who and what in any given case will be the target? How far will the U.S. be willing to escalate? Who are America’s real and trustworthy strategic partners, and how does the U.S. best cooperate with them? How far is the U.S. willing to risk involvement in a major new war? What new forces will be needed to arm U.S. forces to deter and defend, and equip our strategic partners?

    The seriousness of the questions is now all too obvious. The answers are not.

    #moyen_orient #états-unis

  • America’s biggest base in the Middle East is getting bigger - Middle East - Stripes
    https://www.stripes.com/news/middle-east/america-s-biggest-base-in-the-middle-east-is-getting-bigger-1.595138

    Brian Katulis, a senior fellow at the Center for American Progress who worked on the National Security Council and at the Departments of State and Defense during President Bill Clinton’s administration, said the expansion of the base showed the contradictions of Trump’s military policy.

    “In the Middle East, and around the world, Trump speaks of these security partnerships with America like a protection #racket,” Katulis said, with little discussion of the strategic purpose for troops abroad. “What is this all for? What’s next?”

    #etats-unis #bases_militaires #moyen_orient

  • Tom Stevenson reviews ‘AngloArabia’ by David Wearing · LRB 9 May 2019
    https://www.lrb.co.uk/v41/n09/tom-stevenson/what-are-we-there-for

    It is a cliché that the United States and Britain are obsessed with Middle East oil, but the reason for the obsession is often misdiagnosed. Anglo-American interest in the enormous hydrocarbon reserves of the Persian Gulf does not derive from a need to fuel Western consumption . [...] Anglo-American involvement in the Middle East has always been principally about the strategic advantage gained from controlling Persian Gulf hydrocarbons, not Western oil needs. [...]

    Other parts of the world – the US, Russia, Canada – have large deposits of crude oil, and current estimates suggest Venezuela has more proven reserves than Saudi Arabia. But Gulf oil lies close to the surface, where it is easy to get at by drilling; it is cheap to extract, and is unusually ‘light’ and ‘sweet’ (industry terms for high purity and richness). It is also located near the middle of the Eurasian landmass, yet outside the territory of any global power. Western Middle East policy, as explained by Jimmy Carter’s national security adviser, Zbigniew Brzezinski, was to control the Gulf and stop any Soviet influence over ‘that vital energy resource upon which the economic and political stability both of Western Europe and of Japan depend’, or else the ‘geopolitical balance of power would be tipped’. In a piece for the Atlantic a few months after 9/11, Benjamin Schwarz and Christopher Layne explained that Washington ‘assumes responsibility for stabilising the region’ because China, Japan and Europe will be dependent on its resources for the foreseeable future: ‘America wants to discourage those powers from developing the means to protect that resource for themselves.’ Much of US power is built on the back of the most profitable protection #racket in modern history.

    [...]

    It is difficult to overstate the role of the Gulf in the way the world is currently run. In recent years, under both Obama and Trump, there has been talk of plans for a US withdrawal from the Middle East and a ‘#pivot’ to Asia. If there are indeed such plans, it would suggest that recent US administrations are ignorant of the way the system over which they preside works.

    The Arab Gulf states have proved well-suited to their status as US client states, in part because their populations are small and their subjugated working class comes from Egypt and South Asia. [...] There are occasional disagreements between Gulf rulers and their Western counterparts over oil prices, but they never become serious. [...] The extreme conservatism of the Gulf monarchies, in which there is in principle no consultation with the citizenry, means that the use of oil sales to prop up Western economies – rather than to finance, say, domestic development – is met with little objection. Wearing describes the modern relationship between Western governments and the Gulf monarchs as ‘asymmetric interdependence’, which makes clear that both get plenty from the bargain. Since the West installed the monarchs, and its behaviour is essentially extractive, I see no reason to avoid describing the continued Anglo-American domination of the Gulf as #colonial.

    Saudi Arabia and the other five members of the Gulf Co-operation Council are collectively the world’s largest buyer of military equipment by a big margin. [...]. The deals are highly profitable for Western arms companies (Middle East governments account for around half of all British arms sales), but the charge that Western governments are in thrall to the arms companies is based on a misconception. Arms sales are useful principally as a way of bonding the Gulf monarchies to the Anglo-American military. Proprietary systems – from fighter jets to tanks and surveillance equipment – ensure lasting dependence, because training, maintenance and spare parts can be supplied only by the source country. Western governments are at least as keen on these deals as the arms industry, and much keener than the Gulf states themselves. While speaking publicly of the importance of fiscal responsibility, the US, Britain and France have competed with each other to bribe Gulf officials into signing unnecessary arms deals.

    Control of the Gulf also yields less obvious benefits. [...] in 1974, the US Treasury secretary, William Simon, secretly travelled to Saudi Arabia to secure an agreement that remains to this day the foundation of the dollar’s global dominance. As David Spiro has documented in The Hidden Hand of American Hegemony (1999), the US made its guarantees of Saudi and Arab Gulf security conditional on the use of oil sales to shore up the #dollar. Under Simon’s deal, Saudi Arabia agreed to buy massive tranches of US Treasury bonds in secret off-market transactions. In addition, the US compelled Saudi Arabia and the other Opec countries to set oil prices in dollars, and for many years Gulf oil shipments could be paid for only in dollars. A de facto oil standard replaced gold, assuring the dollar’s value and pre-eminence.

    For the people of the region, the effects of a century of AngloArabia have been less satisfactory. Since the start of the war in Yemen in 2015 some 75,000 people have been killed, not counting those who have died of disease or starvation. In that time Britain has supplied arms worth nearly £5 billion to the Saudi coalition fighting the Yemeni Houthis. The British army has supplied and maintained aircraft throughout the campaign; British and American military personnel are stationed in the command rooms in Riyadh; British special forces have trained Saudi soldiers fighting inside Yemen; and Saudi pilots continue to be trained at RAF Valley on Anglesey. The US is even more deeply involved: the US air force has provided mid-air refuelling for Saudi and Emirati aircraft – at no cost, it emerged in November. Britain and the US have also funnelled weapons via the UAE to militias in Yemen. If the Western powers wished, they could stop the conflict overnight by ending their involvement. Instead the British government has committed to the Saudi position. As foreign secretary, Philip Hammond pledged that Britain would continue to ‘support the Saudis in every practical way short of engaging in combat’. This is not only complicity but direct participation in a war that is as much the West’s as it is Saudi Arabia’s.

    The Gulf monarchies are family dictatorships kept in power by external design, and it shows. [...] The main threat to Western interests is internal: a rising reminiscent of Iran’s in 1979. To forestall such an event, Britain equips and trains the Saudi police force, has military advisers permanently attached to the internal Saudi security forces, and operates a strategic communications programme for the Saudi National Guard (called Sangcom). [...]

    As Wearing argues, ‘Britain could choose to swap its support for Washington’s global hegemony for a more neutral and peaceful position.’ It would be more difficult for the US to extricate itself. Contrary to much of the commentary in Washington, the strategic importance of the Middle East is increasing, not decreasing. The US may now be exporting hydrocarbons again, thanks to state-subsidised shale, but this has no effect on the leverage it gains from control of the Gulf. And impending climate catastrophe shows no sign of weaning any nation from fossil fuels , least of all the developing East Asian states. US planners seem confused about their own intentions in the Middle East. In 2017, the National Intelligence Council described the sense of neglect felt by the Gulf monarchies when they heard talk of the phantasmagorical Asia pivot. The report’s authors were profoundly negative about the region’s future, predicting ‘large-scale violence, civil wars, authority vacuums and humanitarian crises persisting for many years’. The causes, in the authors’ view, were ‘entrenched elites’ and ‘low oil prices’. They didn’t mention that maintenance of both these things is US policy.

    #etats-unis #arabie_saoudite #pétrole #moyen_orient #contrôle

  • Antisionisme et antisémitisme : un #amalgame à combattre
    https://mensuel.lutte-ouvriere.org//2019/03/09/antisionisme-et-antisemitisme-un-amalgame-combattre_117798.h

    L’agression verbale d’Alain Finkielkraut en marge d’une manifestation des gilets jaunes le 16 février 2019, dans un contexte où le ministère de l’Intérieur a annoncé des actes antisémites en hausse, a soulevé une émotion bien légitime mais aussi des polémiques politiciennes bien calculées. Intervenant peu après, lors du dîner annuel du Crif, le Conseil représentatif des institutions juives de France, Emmanuel Macron a assimilé l’antisémitisme et l’antisionisme.

    Reprenant à son compte une demande répétée des dirigeants du Crif, il a proposé de modifier la définition de l’antisémitisme pour y inclure l’antisionisme. Déjà en juillet 2017, recevant le Premier ministre israélien Netanyahou à l’Élysée à l’occasion de l’anniversaire de la rafle du Vél’d’Hiv’, Macron avait affirmé  : «  Nous ne céderons rien à l’antisionisme car il est LA forme réinventée de l’antisémitisme.  » Avant lui Manuel Valls, alors Premier ministre, avait déclaré en 2016 lors du dîner annuel du Crif  : «  L’antisionisme, c’est-à-dire tout simplement le synonyme de l’antisémitisme et de la haine d’Israël.  »

    Ces politiciens s’alignent ainsi derrière les dirigeants israéliens, leurs alliés indéfectibles au #Moyen_Orient, qui voudraient criminaliser toutes les critiques vis-à-vis de leur politique coloniale. Ils cherchent à flatter la fraction de l’électorat juif qui se reconnaît dans ces positions sionistes. En organisant une manifestation officielle à laquelle tous les chefs de partis ont pris part, Premier ministre en tête, les partis qui se succèdent au gouvernement depuis des décennies cherchent à faire oublier leurs responsabilités dans l’évolution de la situation politique et sociale qui rend possibles ces actes antisémites...

    – Combattre l’#antisémitisme, d’où qu’il vienne
    – Le combat du #Crif et des partisans inconditionnels d’Israël
    – Le #sionisme, longtemps rejeté par les Juifs
    – L’#internationalisme, seule voie pour les exploités

  • Opinion : To Understand France’s Crisis, You Must First Understand Its Cheese
    Karl Sharro, BuzzFeed, le 20 décembre 2018
    https://www.buzzfeednews.com/article/karlsharro/an-ancient-land-beset-by-ancient-rivalries

    Karl Sharro is a Lebanese expert analyst on WENA (Western Europe and North American) affairs.

    When you think of France, you think of fine cheeses and wines. Ironically — tragically, perhaps — it’s those cheeses and wines that explain the roots of France’s divisions. As the old French saying goes: “The people who make the cheese are not the ones who eat it.” The origins of the saying have been lost in time, but it’s thought to refer to the tension between the peasantry who produce but can’t afford their products and the bourgeoisie who produce nothing but consume the variety of French delicacies made in the countryside.

    A French cheeseboard with several types of cheese is the perfect representation of the nation. Different parts that have never truly come together, as you know if you tried to mix a Camembert and a Roquefort. And at the center is Paris, the dominant baguette as it is referred to derogatorily. There are many fault lines in this nation, but none are stronger than those between the countryside and the city. At heart, this is a philosophical dispute, as all French disagreements are. It is a clash between the rustic and the Cartesian worldviews — the former has existed for centuries, the latter imposed after the 1789 revolution in the name of the Enlightenment.

    As seasoned observers of the West like myself have become accustomed to in recent years, there is a tendency in Western culture to blame events on external actors and complex conspiracy theories. This strange trait can come as a shock to more rational Middle Eastern observers, but it is quite common across the WENA region, on the streets and in the media. Soon after the protests took off, some attributed them to a changing Facebook algorithm, and others argued they were caused by Russian agitation and propaganda.

    #Karl_Sharro #KarlreMarks :
    https://seenthis.net/messages/730563
    https://seenthis.net/messages/738075

    #Gilets_Jaunes #Fromages #Moyen_Orient #WENA

  • « – Tu as tué ? – Oui, sans doute. » Témoignages exclusifs de combattants français contre Daech
    https://la-bas.org/5178

    Djihadistes, islamistes, on a beaucoup parlé de ces Français radicalisés partis combattre aux côtés de Daech, mais beaucoup moins des autres, de ces volontaires français qui, au contraire, sont allés se battre contre Daech, contre l’État islamique, aux côtés des Kurdes du Rojava. Qui sont-ils ? Que veulent-ils ? Quel est cet anarcho-communo-féminisme dont ils se réclament ? Quel est ce Rojava pour lequel ils se disent prêts à mourir en martyr ? Écoutez les témoignages de deux d’entre eux, deux parcours, deux engagements, à l’heure où « mourir pour des idées » semble un mythe dépassé.Continuer la lecture…

    #Radio #Moyen_Orient #Luttes

  • Menaces sur le Rojava
    https://la-bas.org/5388

    Les États-Unis vont donc quitter la Syrie. Donald J. Trump a signé le décret ordonnant le retrait des troupes américaines engagées contre l’État islamique, estimant que l’État islamique est vaincu : « après des victoires historiques contre l’État islamique, il est temps de rapatrier nos jeunes gens formidables ! » Cette décision fait craindre le pire pour la Fédération démocratique de la Syrie du Nord, appelée également Rojava.Continuer la lecture…

    #Radio #Autour_du_Monde_diplomatique #Moyen_Orient

  • Medieval Arabic recipes and the history of hummus | The Recipes Project
    https://recipes.hypotheses.org/10414

    Via @hasepi

    Among historians of food in the Middle East, Kanz al-fawa’id and other medieval cookbooks are often discussed in terms of how much the region’s cooking has changed since they were written – and with good reason. Charles Perry has suggested that Middle Eastern #cuisine as we know it is 500 years old, pointing out that many of today’s staple ingredients, like tomatoes and potatoes, and common techniques, like stuffing vegetables, are absent from medieval Arabic recipe collections, having been introduced to the region centuries later. And medieval cooks’ liberal use of cinnamon, caraway, and coriander is a far cry from the typical Middle Eastern palate today.

    But not all contemporary Middle Eastern foods are without precedent in these medieval works. These collections also include recipes whose flavorings and makeup have shifted over time even as their essential techniques or structures have remained the same. An excellent example is the assortment of tahini- and chickpea-based dishes that we can read as forerunners of today’s #hummus (Arabic for “chickpeas”).

    [...]

    Examples of Arab influence on medieval European recipes abound, from the introduction of durum wheat to imported medicinal ingredients to the aesthetics of medieval cooking sauces. Conversely, shifts in spice use in the Middle East followed early modern Ottoman and European trends. Who knows how many more unexplored connections lie in the wealth of medieval Arabic recipes – more accessible today than ever.

    #recette #Pois_chiche #houmous #moyen_orient

  • Richard Semmler sur Twitter : ". #KarlreMarks: “What really is the #MiddleEast? – It’s the region between Egypt, Iran, Yemen, Turkey and the #BritishMuseum. There’s thousands of years of cultural exchange between us, based on the looting of our artifacts.” #Raubkunst #Kolonialismus" / Twitter
    https://twitter.com/rennsemmler/status/1066017461366075392

    https://www.youtube.com/watch?v=AXHcul337fI&feature=youtu.be

    #moyen_orient

  • Les Natoufiens fabriquaient de la bière il y a 13 000 ans (avant l’arrivée de l’agriculture).

    Les premières preuves archéologiques de brassage de la bière à base de céréales avant même l’arrivée de l’agriculture proviennent des Natoufiens, des populations semi-sédentaires, vivant en Méditerranée orientale entre le Paléolithique et le Néolithique, après la dernière période glaciaire. Les Natoufians de la grotte de Raqefet ont collecté des plantes disponibles localement, stocké des graines maltées et fabriqué de la bière dans le cadre de leurs rituels.

    « (...) avec la production de bière, les vestiges de la grotte Raqefet offrent une image très vivante et colorée des modes de vie natoufiens, de leurs capacités technologiques et de leurs inventions. »

    (...) Les résultats indiquent que les Natoufiens ont exploité au moins sept types de plantes associés aux mortiers, notamment du blé ou de l’orge, de l’avoine, des légumineuses et des fibres libériennes (y compris le lin). Ils ont emballé des aliments végétaux dans des contenants en fibre et les ont stockés dans des mortiers à blocs. Ils ont utilisé des mortiers de roche-mère pour piler et cuire des aliments végétaux, et pour brasser de la bière à base de blé / orge, probablement servis dans des fêtes rituelles il y a 13 000 ans.

    Les modèles d’usure et d’assemblage microbotanique suggèrent que deux des trois mortiers à blocs examinés ont été utilisés comme conteneurs de stockage pour les aliments végétaux - y compris les malts de blé et d’orge. Ils étaient probablement recouverts de couvercles, probablement faits de dalles de pierre et d’autres matériaux. Les aliments ont probablement été placés dans des paniers en fibres libériennes pour faciliter leur manipulation. Les puits étroits et profonds peuvent avoir fourni des conditions fraîches convenant au stockage des aliments, en particulier pour la conservation des malts de céréales.

    En combinant les données sur l’usure et les résidus, le troisième mortier étudié a été interprété comme un récipient multifonctionnel destiné à la préparation des aliments, comprenant des aliments végétaux et de la bière à base de blé / orge, probablement avec des légumineuses et d’autres plantes.

    Les preuves de brassage de bière à la grotte de Raqefet, il y a 13 000 ans, constituent un autre exemple des complexes sociaux et rituels du Natouf. Le brassage de la bière peut avoir été, au moins en partie, une motivation sous-jacente à la culture de céréales dans le sud du Levant, confirmant l’hypothèse de la bière proposée par les archéologues il ya plus de 60 ans.

    #Préhistoire #Natoufiens #alcool #Asie #Moyen_Orient
    #Li_Liu #Stanford_University #Danny Rosenberg #University_d'Haifa
    #Hao_Zhao #Université_de_Zhengzhou
    #XXXLIEN22LIENXXX
    #13000BC

    A prehistoric thirst for craft beer
    https://www.elsevier.com/about/press-releases/research-and-journals/a-prehistoric-thirst-for-craft-beer

  • 5-year drought raises questions over Israel’s water strategy
    https://www.yahoo.com/news/5-drought-raises-questions-over-062408778.html

    It’s a confounding situation for a country that places itself on the forefront of desalination technology in an arid region, where water is a key geostrategic issue that has its own clauses in peace agreements.

    “Nobody expected five years of drought in a row, so despite our desalination capacity, it’s still a very, very grave situation,” said Yuval Steinitz, Israel’s minister of energy.

    Some say Israel’s technological prowess may not be enough to overcome the forces of nature.

    Situated in the heart of the Middle East, #Israel is in one of the driest regions on earth, traditionally relying on a short rainy season each winter to replenish its limited supplies.

    Years of decreased rainfall have reduced the Sea of Galilee, Israel’s main natural water source, to some of its lowest recorded levels, and Israel has stopped pumping water from it to its national system.

    The current drought has also dried out some tributaries that feed into the Jordan River, which flows south into the Sea of Galilee then squiggles 220 miles (360 kilometers) to the lowest place on Earth, the Dead Sea.

    #eau #moyen_orient

  • Penser l’Union européenne à l’échelle mondiale – Le grand continent
    https://legrandcontinent.eu/2018/06/27/penser-lunion-europeenne-a-lechelle-mondiale

    Publié 27 juin 2018 par gegeurope

    Pour son deuxième entretien, le pôle cartographie du GEG a choisi de rencontrer Michel Foucher dans son bureau du Collège d’études mondiales, boulevard Raspail à Paris. Michel Foucher est géographe. Ancien ambassadeur de France en Lettonie et ancien directeur du Centre d’analyse et de prévision du ministère des Affaires étrangères, il est titulaire de la chaire de géopolitique appliquée au Collège d’études mondiales (FMSH). Il est notamment l’auteur de Fragments d’Europe (réed. 1998), L’Europe et l’avenir du monde (2009) et Le retour des frontières (2016). Il s’est plus récemment entretenu avec Bertrand Badie dans Vers un monde néo-national ? (2017) et co-dirige chaque année les rapports Schuman sur l’Europe avec Thierry Chopin.

    L’occasion pour nous de discuter des frontières de l’Europe, de la place de celle-ci dans le monde et de « l’impensé géopolitique européen. »

    Groupe d’études géopolitiques. – On sent une évolution de votre pensée entre 1998 et 2017. Vous devenez moins optimiste quant à l’avenir de l’Union européenne (UE), notamment sur la solidarité, sur l’émergence des mouvements nationaux. Est-ce réellement le cas ? Et si oui, pourquoi ?

    Michel Foucher. – C’est une question qu’on ne m’a jamais posée ! La période que vous indiquez, après 1989-91, était en effet assez enthousiasmante parce que, à l’exception de la Yougoslavie, les transformations politiques et géopolitiques furent tout à fait majeures et non violentes. J’étais pour Antenne 2 en novembre à Checkpoint Charlie, j’ai vécu l’ouverture du mur de Berlin en la commentant. Une vraie bifurcation avait lieu. Puis, je me suis souvent rendu en Pologne et on observait les transformations de la capitale à vue d’œil, notamment avec le Collège d’Europe de Natolin, campus du Collège de Bruges, ouvert à des étudiants du continent. Ma présence là-bas est d’ailleurs un effet du livre Fragments d’Europe. C’était le livre de chevet de Delors, selon ce qu’il me dit plus tard.

    #europe #michel_foucher #géostratégie #moyen_orient

  • Qu’est-ce que c’est, le Rojava ?
    https://la-bas.org/5112

    Corinne Morel Darleux nous revient d’un voyage en Syrie du Nord, dans la région du Rojava, qui a déclaré depuis 2014 son autonomie politique, en pleine poudrière syrienne ! Expérience politique en cours...Continuer la lecture…

    #Vidéo #Le_fond_de_l'air_est_vert #Moyen_Orient #Luttes #Un_autre_chemin #Résistance

  • Première preuve de l’utilisation d’un mors parmi les premiers équidés domestiques, et en particulier les ânes, au Proche-Orient.
    16 mai 2018

    Earliest evidence for equid bit wear in the ancient Near East : The « ass » from Early Bronze Age Tell eṣ-Ṣâfi/Gath, Israel

    http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0196335
    http://journals.plos.org/plosone/article/figure/image?id=10.1371/journal.pone.0196335.g011&size=inline

    L’analyse d’un âne domestique sacrifié et enterré dans un quartier résidentiel domestique de l’âge de bronze précoce (EB) IIIB (vers 2800-2600 avant notre ère) à Tell eṣ-Ṣâfi / Gath, Israël, indique la présence d’usure du mors sur la prémolaire inférieure 2 ( LPM2). C’est la première preuve de l’utilisation d’un mors parmi les premiers équidés domestiques, et en particulier les ânes, au Proche-Orient.

    Les surfaces d’émail mésial sur les LPM2 droit et gauche de l’âne (..) en question sont légèrement usées d’une manière qui suggère qu’un embout dentaire (métal, os, bois, etc.) a été utilisé pour contrôler l’animal. Compte tenu du contexte chronologique sûr de l’enterrement (sous le plancher d’une maison EB IIIB), il est suggéré que cet animal fournit la première preuve de l’utilisation d’un mors sur un équidé domestique précoce du Proche-Orient.

    #Préhistoire #Age_du_Bronze #Moyen_Orient #domestication #équidé
    https://doi.org/10.1371/journal.pone.0196335 #Haskel_J._Greenfield
    #Université_du_Manitoba

  • La jeunesse palestinienne réinvente la lutte
    https://la-bas.org/4937

    Depuis la décision unilatérale de Donald J. Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël, le gouvernement ultra-droitier de Benyamin Netanyahou se sent pousser des ailes : un nouveau programme de colonies en Cisjordanie a été approuvée en janvier dernier, de quoi susciter la colère des Palestiniens, déjà ravivée en décembre 2017 par l’annonce du président des États-Unis de transférer l’ambassade des États-Unis de Tel Aviv à Jérusalem.Continuer la lecture…

    #Radio #Autour_du_Monde_diplomatique #Luttes #Politique #Israël #Moyen_Orient

  • Le mouvement BDS pour les droits des Palestiniens nominé au Prix #Nobel de la Paix | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/register/blog/030218/le-mouvement-bds-pour-les-droits-des-palestiniens-nomine-au-prix-nob

    Décerner le Prix Nobel de la #Paix au mouvement #BDS serait un signe puissant montrant que la communauté internationale est engagée à soutenir une paix juste au #Moyen_Orient et à utiliser des moyens pacifiques pour mettre fin à l’#occupation, à l’#apartheid et aux violations du #droit_international. C’est un espoir nouveau pour les Palestiniens et les Israéliens que propose ce parlementaire norvégien !

    #Israel #Bjornar_Moxnes

  • Et si le pays de Galles avait été offert aux juifs pour y établir leur patrie ?
    – Kamel Hawwash - 2 novembre 2017
    http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/et-si-le-pays-de-galles-avait-t-offert-aux-juifs-pour-y-tablir-leur-p

    (...) Et si Balfour avait offert le Pays de Galles aux sionistes ?

    Si nous partons du principe que les autorités britanniques voulaient en 1917 aider un peuple persécuté à trouver refuge, alors elles auraient sans nul doute pu offrir aux sionistes une patrie dans un territoire qu’elles contrôlaient à l’époque, n’est-ce pas ?

    « Charité bien ordonnée commence par soi-même », dit-on. Au moment de la déclaration, le Premier ministre britannique était David Lloyd George, un fier Gallois. Que ce serait-il passé si la Déclaration Balfour avait été rédigée comme suit : « Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine au pays de Galles d’un foyer national pour le peuple juif ? ».

    Aujourd’hui, le pays de Galles couvre une superficie de 20 779 km2. Israël, la Cisjordanie et la bande de Gaza couvrent 20 770 km2.

    En 1917, la population du pays de Galles était d’environ 2,5 millions de personnes, tandis que celle de la Palestine était d’environ 1 million (les juifs représentant moins de 10 % de ce chiffre).

    Si Balfour avait offert le pays de Galles aux sionistes, on peut dire sans trop se compromettre que les Gallois auraient rejeté la déclaration. Les juifs, bien que déçus de ne pas avoir obtenu la Palestine, auraient alors bientôt commencé à émigrer pour coloniser la terre galloise.

    Des tensions entre les deux groupes auraient alors probablement éclaté. Londres aurait tenté de maintenir la paix, mais aurait probablement échoué, en raison notamment de la lutte en cours en Irlande – que les Britanniques contrôlaient également – pour l’indépendance.

    Les sionistes auraient mis en place des milices armées en vue de combattre les Gallois. De plus en plus de juifs seraient arrivés au pays de Galles au début des années 1940. Les Nations unies seraient alors intervenues, comme ce fut le cas avec la Palestine, et auraient offert un plan de partage donnant aux juifs 56 % des terres et laissant les autochtones gallois avec seulement 44 % de leur territoire.

    Peut-on vraiment penser que les Gallois auraient accepté d’abandonner ne serait-ce qu’un centimètre de leur patrie aux sionistes ? Ou auraient-ils résisté, y compris par le biais de la lutte armée ?(...)

    #Palestine #Grande-Bretagne #Déclaration_Balfour #Balfour_declaration #Histoire #Sionisme #Racisme #Colonialisme #Moyen_Orient

  • Pourquoi la Déclaration Balfour n’a jamais promis un État juif |
    Basheer Nafi | 2 novembre 2017
    http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/pourquoi-la-d-claration-balfour-n-jamais-promis-un-tat-juif-886251418

    Correspondance Balfour-Curzon

    Lors d’une visite de recherche au Bureau des archives publiques, il y a quelques années, j’ai trouvé un document très intéressant : il contenait une correspondance datée de début 1919 entre Lord Balfour, secrétaire des Affaires étrangères, et son collègue du Cabinet, le Lord President du Conseil, Lord Curzon. On notera que Curzon devait succéder à Balfour au ministère des Affaires étrangères un peu plus tard la même année.

    La première correspondance de Curzon à Balfour, alors à Paris pour la conférence de paix, fut écrite le 16 janvier 1919, suite à une réunion entre Curzon et le major-général Arthur Wigram Money, administrateur de Jérusalem sous les ordres d’Allenby.

    « Un gouvernement juif, sous quelque forme que ce soit, entraînerait de violentes réactions arabes, et les neuf-dixièmes non-juifs de la population ne feraient qu’une bouchée des Hébreux »

    - Lord Curzon

    Dans sa lettre, Curzon explique son interprétation de la lettre de Money : « Un gouvernement juif, sous quelque forme que ce soit, entraînerait de violentes réactions arabes et les neuf-dixièmes non-juifs de la population ne feraient qu’une bouchée des Hébreux. »

    Curzon déclara penser la même chose que Money, et ajouta : « Comme vous le savez, je partage cet avis et j’ai longtemps estimé extravagantes les prétentions de Weizmann et compagnie ; il convient donc de les contrecarrer. »

    Quelques jours plus tard, le 20 janvier, Balfour envoya sa réponse. Sa lettre, brève, ne laissait aucune équivoque : l’engagement britannique envers les sionistes n’impliquait aucunement la création d’un État juif. Il écrivit : « Pour autant que je sache, Weizmann n’a jamais présenté de revendications en faveur d’un gouvernement juif de Palestine. Une telle demande serait à mon avis totalement irrecevable et, personnellement, je ne pense pas qu’il faille aller plus loin que la déclaration initiale que j’ai présentée à Lord Rothschild. »

    Le 26 janvier, Curzon écrivit à Balfour une deuxième lettre, très élaborée : « […] Weizmann peut vous dire une chose, et vous pouvez avoir votre propre interprétation de l’expression ‘’foyer national’’ ; mais soyez bien certain qu’il cherche tout à fait autre chose. »
    Pas question d’un État juif en Palestine

    Le 25 mars 1919, pris d’un sentiment croissant de désespoir quant à la politique palestinienne, Curzon envoya à Balfour une troisième lettre pour commenter la décision de la Conférence de paix de mandater une commission d’enquête américaine au Moyen-Orient arabe.

    Il écrivit : « La seule chose que j’aimerais personnellement voir faire la commission serait de nous extraire de la position en Palestine... Il y a quelque temps, je vous disais que le Dr. Weizmann avait tout simplement abandonné le modeste programme sur lequel il s’était mis d’accord avec vous il y a un an ou plus, et que les ambitions des sionistes avaient franchi toutes les bornes de l’acceptable. »

    Curzon conclut sa lettre en exprimant l’espoir que la commission américaine, connue plus tard sous le nom de Commission King-Crane, recommanderait que « le mandat en Palestine soit confié à n’importe qui d’autre plutôt qu’à la Grande-Bretagne ».

    Voilà ce que pensaient deux grands noms du gouvernement britannique pendant et immédiatement après la guerre. Tous deux servaient en qualité de secrétaires aux Affaires étrangères, mais le nom de Balfour sera pour toujours celui attaché à la fameuse déclaration aux sionistes. Il n’en reste pas moins que tous deux indiquaient clairement que la déclaration n’avait rien à voir avec la fondation d’un État juif en Palestine.

    Il ne fait aucun doute que la Déclaration Balfour est à l’origine de tous les maux du Moyen-Orient arabe. Il semble, cependant, que même ce funeste document ne fût pas destiné à donner naissance au monstre qu’il finit par engendrer.

  • La Déclaration Balfour : étude de la duplicité britannique
    Middle East Eye | Avi Shlaim l 31 octobre 2017
    http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/la-d-claration-balfour-tude-de-la-duplicit-britannique-1234236914

    (...) Certains récits contemporains ont présenté la Déclaration Balfour comme un geste désintéressé et même comme un noble projet chrétien visant à aider un peuple ancien à reconstituer sa vie nationale dans sa patrie ancestrale. Ces discours émanent du romantisme biblique de certains responsables britanniques et de leur sympathie pour le sort des juifs d’Europe de l’Est.

    Les études qui ont suivi laissent entendre que la motivation principale de la publication de cette déclaration relevait d’un calcul froid servant les intérêts impériaux britanniques. On croyait, finalement à tort, que les intérêts de la Grande-Bretagne auraient été mieux servis par une alliance avec le mouvement sioniste en Palestine.

    La Palestine contrôlait les lignes de communication de l’Empire britannique vers l’Extrême-Orient. La France, principal allié de la Grande-Bretagne dans la guerre contre l’Allemagne, était également un rival dans la course à l’influence en Palestine.

    En vertu des accords secrets de Sykes-Picot de 1916, les deux pays ont divisé le Moyen-Orient en zones d’influence mais sont parvenus à un compromis au sujet d’une administration internationale de la Palestine. En aidant les sionistes à prendre le contrôle de la Palestine, les Britanniques espéraient s’assurer une présence dominante dans la région et exclure les Français. Pour décrire les Britanniques, les Français parlaient de la « perfide Albion ». La Déclaration Balfour était un excellent exemple de cette sempiternelle perfidie. (...)