• Sur la frontière gréco-turque, à l’épicentre des tensions

    L’Union européenne entend sanctionner la politique de plus en plus expansionniste de la Turquie, qui ravive en Grèce les souvenirs des conflits du passé. Ligne de rupture, mais aussi d’échanges entre Orient et Occident, la frontière gréco-turque ne respire plus depuis la crise sanitaire. De #Kastellorizo à la #Thrace en passant par #Lesbos, les deux pays ont pourtant tant de choses en commun, autour de cette démarcation qui fut mouvante et rarement étanche.

    Petite île aux confins orientaux de la Grèce, Kastellorizo touche presque la #Turquie. Le temps s’écoule lentement dans l’unique village, logé dans une baie profonde. En cette fin septembre, de vieux pêcheurs jouent aux cartes près des enfants qui appâtent des tortues dans les eaux cristallines. Devant son café froid, M. Konstantinos Papoutsis observe, placide, l’immense côte turque, à guère plus de deux kilomètres, et la ville de Kaş, son seul horizon. « Nous sommes une île touristique tranquille, assure cet homme affable qui gère une agence de voyages. Je l’ai répété aux touristes tout l’été. » Attablée autour de lui, la poignée d’élus de cette commune de cinq cents âmes reprend ses propos d’un air débonnaire : « Il n’y a aucun danger à Kastellorizo ! »

    Un imposant ferry, qui paraît gigantesque dans ce petit port méditerranéen, vient animer le paysage. Parti d’Athènes vingt-quatre heures plus tôt, il manœuvre difficilement pour débarquer ses passagers, parmi lesquels une cinquantaine d’hommes en treillis et chapeaux de brousse. Les soldats traversent la baie d’un pas vif avant de rejoindre les falaises inhabitées qui la dominent. « C’est une simple relève, comme il y en a tous les mois », commente M. Papoutsis, habitué à cette présence.

    Selon le #traité_de_Paris de février 1947 (article 14), et du fait de la cession par l’Italie à la Grèce du Dodécanèse, les îles dont fait partie Kastellorizo sont censées être démilitarisées. Dans les faits, les troupes helléniques y guettent le rivage turc depuis l’occupation par Ankara de la partie nord de Chypre, en 1974, précisent plusieurs historiens (1). Cette défense a été renforcée après la crise gréco-turque autour des îlots disputés d’Imia, en 1996. La municipalité de Kastellorizo refuse de révéler le nombre d’hommes postés sur ses hauteurs. Et si les villageois affichent un air de décontraction pour ne pas effrayer les visiteurs — rares en cette période de Covid-19 —, ils n’ignorent pas l’ombre qui plane sur leur petit paradis.

    Un poste avancé d’Athènes en Méditerranée

    Kastellorizo se trouve en première ligne face aux menaces du président turc Recep Tayyip Erdoğan, qui veut redessiner les cartes et imposer son propre #partage_des_eaux. Depuis les années 1970, les #îles du #Dodécanèse font l’objet d’un #conflit larvé entre ces deux pays membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN). La Turquie conteste la souveraineté grecque sur plusieurs îles, îlots et rochers le long de sa côte. Surtout, elle est l’un des rares pays, avec notamment les États-Unis, à ne pas avoir signé la convention des Nations unies sur le droit de la mer (dite #convention_de_Montego_Bay, et entrée en vigueur en 1994), et ne reconnaît pas la revendication par la Grèce d’un plateau continental autour de ses îles. Athènes justifie dès lors leur #militarisation au nom de la #légitime_défense (2), en particulier depuis l’occupation turque de Chypre et en raison d’une importante présence militaire à proximité : la marine et l’armée de l’air turques de l’Égée sont basées à İzmir, sur la côte occidentale de l’Asie Mineure.

    Si proche de la Turquie, Kastellorizo se trouve à 120 kilomètres de la première autre île grecque — Rhodes — et à plus de 520 kilomètres du continent grec. Alors que l’essentiel de la #mer_Egée pourrait être revendiqué par Athènes comme #zone_économique_exclusive (#ZEE) (3) au titre de la convention de Montego Bay (voir la carte ci-contre), ce lointain îlot de neuf kilomètres carrés lui permet de facto de jouir d’une large extension de plusieurs centaines de kilomètres carrés en Méditerranée orientale. Or, faute d’accord bilatéral, cette ZEE n’est pas formellement établie pour Ankara, qui revendique d’y avoir librement accès, surtout depuis la découverte en Méditerranée orientale de gisements d’#hydrocarbures potentiellement exploitables. À plusieurs reprises ces derniers mois, la Turquie a envoyé dans le secteur un bateau de recherche sismique baptisé #Oruç_Reis, du nom d’un corsaire ottoman du XVIe siècle — surnommé « #Barberousse » — né à Lesbos et devenu sultan d’Alger.

    Ces manœuvres navales font écho à l’idéologie de la « #patrie_bleue » (#Mavi_Vatan). Soutenue par les nationalistes et les islamistes, cette doctrine, conçue par l’ancien amiral #Cem_Gürdeniz, encourage la Turquie à imposer sa #souveraineté sur des #zones_disputées en #mer_Noire, en mer Égée et en #Méditerranée. Ces derniers mois, M. Erdoğan a multiplié les discours martiaux. Le 26 août, à l’occasion de l’anniversaire de la bataille de Manzikert, en 1071, dans l’est de la Turquie, où les Turcs Seldjoukides mirent en déroute l’armée byzantine, il avertissait la Grèce que toute « erreur » mènerait à sa « ruine ». Quelques semaines plus tard, le 21 octobre, lors d’une rencontre avec les présidents chypriote et égyptien à Nicosie, M. Kyriakos Mitsotakis, le premier ministre grec conservateur, accusait la Turquie de « fantasmes impérialistes assortis d’actions agressives ».

    Sous pression en août dernier, Athènes a pu compter sur le soutien de la République de Chypre, de l’Italie et de la France, avec lesquelles elle a organisé des manœuvres communes. Ou encore de l’Égypte, avec laquelle elle vient de signer un accord de partage des #zones_maritimes. Déjà en conflit ouvert avec son homologue turc sur la Syrie, la Libye et le Caucase, le président français Emmanuel Macron s’est résolument rangé aux côtés d’Athènes. « C’est un allié précieux que l’on voudrait inviter à venir sur notre île », déclare l’adjoint à la municipalité de Kastellorizo, M. Stratos Amygdalos, partisan de Nouvelle Démocratie, le parti au pouvoir. À la mi-septembre 2020, la Grèce annonçait l’acquisition de dix-huit Rafale, l’avion de combat de Dassault Aviation.

    « Erdoğan se prend pour Soliman le Magnifique. Mais il perd du crédit dans son pays, la livre turque s’effondre. Alors il essaie de redorer son image avec des idées de conquêtes, de rêve national… », maugrée de son côté M. Konstantinos Raftis, guide touristique à Kastellorizo. La comparaison entre le sultan de la Sublime Porte et l’actuel président turc revient fréquemment dans ce pays qui fit partie de l’Empire ottoman durant quatre siècles (de 1430, date de la chute de Salonique, à l’indépendance de 1830). La résistance hellénique a forgé l’identité de l’État grec moderne, où l’on conserve une profonde suspicion à l’égard d’un voisin encombrant, quatre fois plus riche, six fois plus grand et huit fois plus peuplé. Cette méfiance transcende les clivages politiques, tant le #nationalisme irrigue tous les partis grecs. Athènes voit aujourd’hui dans la doctrine de la « patrie bleue » une politique expansionniste néo-ottomane, qui fait écho à l’impérialisme passé.

    À l’embouchure du port de Kastellorizo, la silhouette d’une mosquée transformée en musée — rare vestige de la présence ottomane — fait de l’ombre à un bar à cocktails. L’édifice trône seul face aux vingt-six églises orthodoxes. La Constitution précise que l’orthodoxie est la « religion dominante » dans le pays, et, jusqu’en 2000, la confession était inscrite sur les cartes d’identité nationales. La suppression de cette mention, à la demande du gouvernement socialiste, a provoqué l’ire de la puissante Église orthodoxe, plus de 95 % des Grecs se revendiquant alors de cette religion. « Pendant toute la période du joug ottoman, nous restions des Grecs. Nos ancêtres ont défendu Kastellorizo pour qu’elle garde son identité. Nous nous battrons aussi pour qu’elle la conserve », s’emballe soudainement M. Raftis.

    Son île a dû résister plus longtemps que le reste du pays, insiste le sexagénaire. Après le départ des Ottomans, Kastellorizo, convoitée par les nations étrangères pour sa position géographique aux portes de l’Orient, a été occupée ou annexée par les Français (1915-1921), les Italiens (1921-1944), les Britanniques (1944-1945)… L’îlot n’est devenu complètement grec qu’en 1948, comme l’ensemble des îles du Dodécanèse. Depuis, il arbore fièrement ses couleurs. Dans la baie, plusieurs étendards bleu et blanc flottent sur les balcons en encorbellement orientés vers la ville turque de Kaş (huit mille habitants). Le nombre de ces drapeaux augmente quand la tension s’accroît.

    Trois autres grands étendards nationaux ont été peints sur les falaises par des militaires. En serrant les poings, M. Raftis raconte un épisode qui a « mis les nerfs de tout le monde à vif ». À la fin septembre 2020, un drone d’origine inconnue a diffusé des chants militaires turcs avant d’asperger ces bannières d’une peinture rouge vif, évoquant la couleur du drapeau turc. « C’est une attaque impardonnable, qui sera punie », peste l’enfant de l’île, tout en scrutant les quelques visages inconnus sur la promenade. Il redoute que des espions viennent de Turquie.

    « Les #tensions durent depuis quarante ans ; tout a toujours fini par se régler. Il faut laisser la Turquie et la Grèce dialoguer entre elles », relativise pour sa part M. Tsikos Magiafis, patron avenant d’une taverne bâtie sur un rocher inhabité, avec une vue imprenable sur Kaş. « Les querelles sont affaire de diplomates. Les habitants de cette ville sont nos frères, nous avons grandi ensemble », jure ce trentenaire marié à une Turque originaire de cette cité balnéaire. Adolescent, déjà, il délaissait les troquets de Kastellorizo pour profiter du bazar de Kaş, du dentiste ou des médecins spécialisés qui manquent au village. Les Turcs, eux, ont compté parmi les premiers touristes de l’île, avant que la frontière ne ferme totalement en mars 2020, en raison du Covid-19.

    À Lesbos, les réfugiés comme « #arme_diplomatique »

    À 450 kilomètres plus au nord-ouest, au large de l’île de Lesbos, ce ne sont pas les navires de recherche d’hydrocarbures envoyés par Ankara que guettent les Grecs, mais les fragiles bateaux pneumatiques en provenance de la côte turque, à une dizaine de kilomètres seulement. Cette île montagneuse de la taille de la Guadeloupe, qui compte 85’000 habitants, constitue un autre point de friction, dont les migrants sont l’instrument.

    Depuis une décennie, Lesbos est l’une des principales portes d’entrée dans l’Union européenne pour des centaines de milliers d’exilés. Afghans, Syriens, Irakiens ou encore Congolais transitent par la Turquie, qui accueille de son côté environ quatre millions de réfugiés. En face, le rivage turc se compose de plages peu touristiques et désertes, prisées des passeurs car permettant des départs discrets. Les migrants restent toutefois bloqués à Lesbos, le temps du traitement de leur demande d’asile en Grèce et dans l’espoir de rejoindre d’autres pays de l’espace Schengen par des voies légales. Le principal camp de réfugiés, Moria, a brûlé dans des conditions obscures le 8 septembre, sans faire de victime grave parmi ses treize mille occupants.

    Pour M. Konstantinos Moutzouris, le gouverneur des îles égéennes du Nord, ces arrivées résultent d’un calcul stratégique d’Ankara. « Erdoğan utilise les réfugiés comme arme diplomatique, il les envoie lorsqu’il veut négocier. Il a une attitude très agressive, comme aucun autre dirigeant turc avant lui », accuse cette figure conservatrice locale, connue pour ses positions tranchées sur les migrants, qu’il souhaite « dissuader de venir ».

    Il en veut pour preuve l’épisode de tension de mars 2020. Mécontent des critiques de l’Union européenne lors de son offensive contre les Kurdes dans le nord de la Syrie, le président turc a annoncé l’ouverture de ses frontières aux migrants voulant rejoindre l’Europe, malgré l’accord sur le contrôle de l’immigration qu’il a passé avec Bruxelles en mars 2016. Plusieurs milliers de personnes se sont alors massées aux portes de la Grèce, à la frontière terrestre du Nord-Est, suscitant un renforcement des troupes militaires grecques dans ce secteur. Dans le même temps, à Lesbos, une dizaine de bateaux chargés de réfugiés atteignaient les côtes en quelques jours, déclenchant la fureur d’extrémistes locaux. « Nous ne communiquons plus du tout avec les autorités turques depuis », affirme M. Moutzouris.

    Athènes assume désormais une ligne dure, quitte à fermer une partie de sa frontière commune avec la Turquie aux demandeurs d’asile, en dépit des conventions internationales que la Grèce a signées. Le gouvernement a ainsi annoncé mi-octobre la construction d’un nouveau #mur de 27 kilomètres sur la frontière terrestre. Au début de l’année 2020, il avait déjà déclaré vouloir ériger un #barrage_flottant de 2,7 kilomètres au large de Lesbos. Un ouvrage très critiqué et jugé illégal par les organisations non gouvernementales (ONG) de défense des droits humains. Un projet « absurde », juge M. Georgios Pallis, pharmacien de l’île et ancien député Syriza (gauche). Plusieurs sources locales évoquent une suspension de la construction de ce barrage. Le gouvernement, lui, ne communique pas à ce sujet.

    « Les réfugiés payent la rupture du dialogue gréco-turc », déplore M. Pallis entre deux mezze arrosés de l’ouzo local, près du port bruyant de Mytilène, dans le sud de l’île. « Des retours forcés de migrants sont organisés par les gardes-côtes grecs. » En septembre, le ministre de la marine se targuait, au cours d’une conférence de presse, d’avoir « empêché » quelque dix mille migrants d’entrer en 2020. Un mois plus tard, le ministre de l’immigration tentait, lui, de rectifier le tir en niant tout retour forcé. À Lesbos, ces images de réfugiés rejetés ravivent un douloureux souvenir, analyse M. Pallis : « Celui de l’exil des réfugiés d’Asie Mineure. » Appelé aussi en Grèce la « #grande_catastrophe », cet événement a fondé l’actuelle relation gréco-turque.

    Au terme du déclin de l’Empire ottoman, lors de la première guerre mondiale, puis de la guerre gréco-turque (1919-1922), les Grecs d’Asie Mineure firent l’objet de #persécutions et de #massacres qui, selon de nombreux historiens, relèvent d’un #génocide (4). En 1923, les deux pays signèrent le #traité_de_Lausanne, qui fixait les frontières quasi définitives de la Turquie moderne et mettait fin à l’administration par la Grèce de la région d’İzmir-Smyrne telle que l’avait décidée le #traité_de_Sèvres de 1920 (5). Cet accord a aussi imposé un brutal #échange_de_populations, fondé sur des critères religieux, au nom de l’« #homogénéité_nationale ». Plus de 500 000 musulmans de Grèce prirent ainsi le chemin de l’Asie Mineure — soit 6,5 % des résidents de Lesbos, selon un recensement de 1920 (6). En parallèle, le traité a déraciné plus de 1,2 million de chrétiens orthodoxes, envoyés en Grèce. Au total, plus de 30 000 sont arrivés dans l’île. Ils ont alors été péjorativement baptisés les « #graines_de_Turcs ».

    « Ils étaient chrétiens orthodoxes, ils parlaient le grec, mais ils étaient très mal perçus des insulaires. Les femmes exilées de la grande ville d’İzmir étaient surnommées “les prostituées”. Il a fallu attendre deux générations pour que les relations s’apaisent », raconte M. Pallis, lui-même descendant de réfugiés d’Asie Mineure. « Ma grand-mère est arrivée ici à l’âge de 8 ans. Pour s’intégrer, elle a dû apprendre à détester les Turcs. Il ne fallait pas être amie avec “l’autre côté”. Elle n’a pas remis les pieds en Turquie avant ses 80 ans. »

    Enfourchant sa Vespa sous une chaleur accablante, M. Pallis s’arrête devant quelques ruines qui se dressent dans les artères de #Mytilène : d’anciennes mosquées abandonnées. L’une n’est plus qu’un bâtiment éventré où errent des chatons faméliques ; une autre a été reconvertie en boutique de fleuriste. « Les autorités n’assument pas ce passé ottoman, regrette l’ancien député. L’État devrait financer la reconstruction de ces monuments et le développement du tourisme avec la Turquie. Ce genre d’investissements rendrait la région plus sûre que l’acquisition de Rafale. »

    En #Thrace_occidentale, une population musulmane ballottée

    Dans le nord-est du pays, près de la frontière avec la Turquie et la Bulgarie, ce passé ottoman reste tangible. En Thrace occidentale, les #mosquées en activité dominent les villages qui s’élèvent au milieu des champs de coton, de tournesols et de tabac. La #minorité_musulmane de Grèce vit non loin du massif montagneux des #Rhodopes, dont les sommets culminent en Bulgarie. Forte d’entre 100 000 et 150 000 personnes selon les autorités, elle se compose de #Roms, de #Pomaks — une population d’origine slave et de langue bulgare convertie à l’#islam sous la #domination_ottomane — et, majoritairement, d’habitants aux racines turques.

    « Nous sommes des citoyens grecs, mais nous sommes aussi turcs. Nous l’étions avant même que la Turquie moderne existe. Nous parlons le turc et nous avons la même #religion », explique M. Moustafa Moustafa, biologiste et ancien député Syriza. En quelques mots, il illustre toute la complexité d’une #identité façonnée, une fois de plus, par le passé impérial régional. Et qui se trouve elle aussi au cœur d’une bataille d’influence entre Athènes et Ankara.

    Rescapée de l’#Empire_ottoman, la minorité musulmane a vu les frontières de la Grèce moderne se dessiner autour d’elle au XXe siècle. Elle fut épargnée par l’échange forcé de populations du traité de Lausanne, en contrepartie du maintien d’un patriarcat œcuménique à Istanbul ainsi que d’une diaspora grecque orthodoxe en Turquie. Principalement turcophone, elle évolue dans un État-nation dont les fondamentaux sont la langue grecque et la religion orthodoxe.

    Elle a le droit de pratiquer sa religion et d’utiliser le turc dans l’enseignement primaire. La région compte une centaine d’écoles minoritaires bilingues. « Nous vivons ensemble, chrétiens et musulmans, sans heurts. Mais les mariages mixtes ne sont pas encore tolérés », ajoute M. Moustafa, dans son laboratoire de la ville de #Komotini — aussi appelée #Gümülcine en turc. Les quelque 55 000 habitants vivent ici dans des quartiers chrétiens et musulmans érigés autour d’une rivière méandreuse, aujourd’hui enfouie sous le béton. M. Moustafa n’a presque jamais quitté la Thrace occidentale. « Notre minorité n’est pas cosmopolite, nous sommes des villageois attachés à cette région. Nous voulons juste que nos descendants vivent ici en paix », explique-t-il. Comme de nombreux musulmans de la région, il a seulement fait ses études supérieures en Turquie, avant de revenir, comme aimanté par la terre de ses ancêtres.

    À cent kilomètres de Komotini, la Turquie demeure l’« État parrain » de ces musulmans, selon le traité de Lausanne. Mais l’influence de celle que certains nomment la « mère patrie » n’est pas toujours du goût de la Grèce. Les plus nationalistes craignent que la minorité musulmane ne se rapproche trop du voisin turc et ne manifeste des velléités d’indépendance. Son statut est au cœur de la discorde. La Turquie plaide pour la reconnaissance d’une « #minorité_turque ». La Grèce refuse, elle, toute référence ethnique reliée à une appartenance religieuse.

    La bataille se joue sur deux terrains : l’#éducation et la religion. À la fin des années 1990, Athènes a voulu intégrer la minorité dans le système d’éducation publique grec, appliquant notamment une politique de #discrimination_positive et offrant un accès facilité à l’université. Les musulmans proturcs plaident, eux, pour la création de davantage d’établissements minoritaires bilingues. Sur le plan religieux, chaque partie nomme des muftis, qui ne se reconnaissent pas mutuellement. Trois représentants officiels sont désignés par la Grèce pour la région. Deux autres, officieux, le sont par les musulmans de Thrace occidentale soutenus par Ankara, qui refuse qu’un État chrétien désigne des religieux.

    « Nous subissons toujours les conséquences des #crises_diplomatiques. Nous sommes les pions de leur jeu d’échecs », regrette d’une voix lasse M. Moustafa. Le sexagénaire évoque la période qui a suivi le #pogrom dirigé principalement contre les Grecs d’Istanbul, qui avait fait une quinzaine de morts en 1955. Puis les années qui ont suivi l’occupation du nord de #Chypre par la Turquie, en 1974. « Notre minorité a alors subi une violation de ses droits par l’État grec, dénonce-t-il. Nous ne pouvions plus passer le permis de conduire. On nous empêchait d’acheter des terres. » En parallèle, de l’autre côté de la frontière, la #peur a progressivement poussé la communauté grecque de Turquie à l’exil. Aujourd’hui, les Grecs ne sont plus que quelques milliers à Istanbul.

    Ces conflits pèsent encore sur l’évolution de la Thrace occidentale. « La situation s’est améliorée dans les années 1990. Mais, maltraités par le passé en Grèce, certains membres de la minorité musulmane se sont rapprochés de la Turquie, alimentant une méfiance dans l’imaginaire national grec. Beaucoup de chrétiens les considèrent comme des agents du pays voisin », constate M. Georgios Mavrommatis, spécialiste des minorités et professeur associé à l’université Démocrite de Thrace, à Komotini.
    « Ankara compte des milliers d’#espions dans la région »

    Une atmosphère de #suspicion plane sur cette ville, sous l’emprise de deux discours nationalistes concurrents. « Les gens de l’extrême droite grecque nous perçoivent comme des janissaires [soldats de l’Empire ottoman]. Erdoğan, lui, nous qualifie de soydas [« parents », en turc] », détaille d’une voix forte Mme Pervin Hayrullah, attablée dans un café animé. Directrice de la Fondation pour la culture et l’éducation en Thrace occidentale, elle se souvient aussi du passage du président turc dans la région, fin 2017. M. Erdoğan avait dénoncé les « discriminations » pratiquées par l’État grec à l’égard de cette communauté d’origine turque.

    Une chrétienne qui souhaite rester anonyme murmure, elle, que « les autorités grecques sont dépassées. La Turquie, qui est bien plus présente sur le terrain, a davantage de pouvoir. Ankara compte des milliers d’espions dans la région et donne des millions d’euros de budget chaque année au consulat turc de Komotini ». Pour Mme Hayrullah, qui est proche de cette institution, « le consulat ne fait que remplir une mission diplomatique, au même titre que le consulat grec d’Edirne [ville turque à quelque deux cents kilomètres, à la frontière] ». L’allure du consulat turc tranche avec les façades abîmées de Komotini. Surveillé par des caméras et par des gardes en noir, l’édifice est cerné de hautes barrières vertes.

    « La Grèce nous traite bien. Elle s’intéresse au développement de notre communauté et nous laisse exercer notre religion », vante de son côté M. Selim Isa, dans son bureau calme. Le président du comité de gestion des biens musulmans — désigné par l’État grec — est fier de montrer les beaux lustres et les salles lumineuses et rénovées d’une des vingt mosquées de Komotini. « Mais plus les relations avec la Turquie se détériorent et plus le consulat étend son influence, plus il revendique la reconnaissance d’une minorité turque », ajoute M. Isa, regard alerte, alors que l’appel du muezzin résonne dans la ville.

    À l’issue du sommet européen des 10 et 11 décembre, l’Union européenne a annoncé un premier volet de #sanctions contre la Turquie en raison de ses opérations d’exploration. Des mesures individuelles devraient cibler des responsables liés à ces activités. Athènes plaidait pour des mesures plus fortes, comme un embargo sur les armes, pour l’heure écarté. « C’était une proposition-clé. Nous craignons que la Turquie s’arme davantage. Sur le plan naval, elle est par exemple en train de se doter de six #sous-marins de type #214T fournis par l’#Allemagne, explique le diplomate grec Georgios Kaklikis, consul à Istanbul de 1986 à 1989. M. Erdoğan se réjouit de ces sanctions, qui sont en réalité minimes. » Le président turc a réagi par des #rodomontades, se félicitant que des pays « dotés de bon sens » aient adopté une « approche positive ». Bruxelles assure que d’autres mesures pourraient tomber en mars 2021 si Ankara ne cesse pas ces actions « illégales et agressives ».

    https://www.monde-diplomatique.fr/2021/01/PERRIGUEUR/62666
    #Grèce #Turquie #frontière #asile #migrations #réfugiés
    #Oruc_Reis #murs #Evros #barrières_frontalières #histoire

    ping @reka

    –—

    #terminologie #mots #vocabulaire :
    – "Le traité (de Lausanne) a déraciné plus de 1,2 million de chrétiens orthodoxes, envoyés en Grèce. Au total, plus de 30 000 sont arrivés dans l’île. Ils ont alors été péjorativement baptisés les « #graines_de_Turcs »."
    – "Les femmes exilées de la grande ville d’İzmir étaient surnommées “les prostituées”."

    –-> ajoutés à la métaliste sur la terminologie de la migration :
    https://seenthis.net/messages/414225

    ping @sinehebdo

  • Rapporti di monitoraggio

    Sin dal 2016 il progetto ha pubblicato report di approfondimento giuridico sulle situazioni di violazione riscontrate presso le diverse frontiere oggetto delle attività di monitoraggio. Ciascun report affronta questioni ed aspetti contingenti e particolarmente interessanti al fine di sviluppare azioni di contenzioso strategico.

    Elenco dei rapporti pubblicati in ordine cronologico:

    “Le riammissioni di cittadini stranieri a Ventimiglia (giugno 2015): profili di illegittimità“

    Il report è stato redatto nel giugno del 2015 è costituisce una prima analisi delle principali criticità riscontrabili alla frontiera italo-francese verosimilmente sulla base dell’Accordo bilaterale fra il Governo della Repubblica italiana e il Governo della Repubblica francese sulla cooperazione transfrontaliera in materia di polizia e dogana (Accordo di Chambery)
    #Vintimille #Ventimiglia #frontière_sud-alpine #Alpes #Menton #accord_bilatéral #Accord_de_Chambéry #réadmissions

    Ajouté à la #métaliste de liens autour d’#accords_de_réadmission entre pays européens...
    https://seenthis.net/messages/736091
    Et plus précisément ici:
    https://seenthis.net/messages/736091#message887941

    –---

    “Le riammissioni di cittadini stranieri alla frontiera di Chiasso: profili di illegittimità”

    Il report è stato redatto nell’estate del 2016 per evidenziare la situazione critica che si era venuta a creare in seguito al massiccio afflusso di cittadini stranieri in Italia attraverso la rotta balcanica scatenata dalla crisi siriana. La frontiera italo-svizzera è stata particolarmente interessata da numerosi tentativi di attraversamento del confine nei pressi di Como e il presente documento fornisce una analisi giuridica delle criticità riscontrate.

    Ajouté à la #métaliste de liens autour d’#accords_de_réadmission entre pays européens...
    https://seenthis.net/messages/736091
    Et plus précisément ici:
    https://seenthis.net/messages/736091#message887940

    –-----

    “Lungo la rotta del Brennero”

    Il report, redatto con la collaborazione della associazione Antenne Migranti e il contributo della fondazione Alex Langer nel 2017, analizza le dinamiche della frontiera altoatesina e sviluppa una parte di approfondimento sulle violazioni relative al diritto all’accoglienza per richiedenti asilo e minori, alle violazioni all’accesso alla procedura di asilo e ad una analisi delle modalità di attuazione delle riammissioni alla frontiera.

    #Brenner #Autriche

    –---

    “Attività di monitoraggio ai confini interni italiani – Periodo giugno 2018 – giugno 2019”

    Report analitico che riporta i dati raccolti e le prassi di interesse alle frontiere italo-francesi, italo-svizzere, italo-austriache e italo slovene. Contiene inoltre un approfondimento sui trasferimenti di cittadini di paesi terzi dalle zone di frontiera indicate all’#hotspot di #Taranto e centri di accoglienza del sud Italia.

    #Italie_du_Sud

    –------

    “Report interno sopralluogo Bosnia 27-31 ottobre 2019”

    Report descrittivo a seguito del sopralluogo effettuato da soci coinvolti nel progetto Medea dal 27 al 31 ottobre sulla condizione delle persone in transito in Bosnia. Il rapporto si concentra sulla descrizione delle strutture di accoglienza presenti nel paese, sull’accesso alla procedura di protezione internazionale e sulle strategie di intervento future.

    #Bosnie #Bosnie-Herzégovine

    –---

    “Report attività frontiere interne terrestri, porti adriatici e Bosnia”

    Rapporto di analisi dettagliata sulle progettualità sviluppate nel corso del periodo luglio 2019 – luglio 2020 sulle diverse frontiere coinvolte (in particolare la frontiera italo-francese, italo-slovena, la frontiera adriatica e le frontiere coinvolte nella rotta balcanica). Le novità progettuali più interessanti riguardano proprio l’espansione delle progettualità rivolte ai paesi della rotta balcanica e alla Grecia coinvolta nelle riammissioni dall’Italia. Nel periodo ad oggetto del rapporto il lavoro ha avuto un focus principale legato ad iniziative di monitoraggio, costituzione della rete ed azioni di advocacy.

    #Slovénie #mer_Adriatique #Adriatique

    https://medea.asgi.it/rapporti

    #rapport #monitoring #medea #ASGI
    #asile #migrations #réfugiés #frontières
    #frontières_internes #frontières_intérieures #Balkans #route_des_balkans

    ping @isskein @karine4

  • Droit d’asile : la Hongrie condamnée par la justice européenne

    La #Cour_de_justice de l’Union européenne estime notamment que « la limitation de l’accès à la procédure de protection internationale » constitue « des manquements au droit de l’Union ».

    La Hongrie a été condamnée, jeudi 17 décembre, par la Cour de justice de l’Union européenne (UE) pour avoir violé le droit européen en matière d’asile, avec la mise en place de « zones de transit » à sa frontière avec la Serbie.

    La Cour estime que « la limitation de l’accès à la procédure de protection internationale, la rétention irrégulière des demandeurs de cette protection dans des zones de transit ainsi que la reconduite dans une zone frontalière de ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier, sans respecter les garanties entourant une procédure de retour, constituent des manquements au droit de l’Union », selon un communiqué.
    Des « zones de transit » mises en place en 2015

    La Cour de justice de l’UE avait exigé en mai la libération des demandeurs d’asile se trouvant dans des camps de ces zones de transit à la frontière avec la Serbie, estimant qu’ils étaient retenus sans motif valable. Ce qui avait conduit la Hongrie à évacuer ces camps controversés.

    Les « zones de transit » de Röszke et Tompa ont été mises en place après que la Hongrie a érigé des clôtures barbelées le long de sa frontière avec la Serbie et avec la Croatie, en 2015, lors de la crise migratoire.

    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/12/17/droit-d-asile-la-hongrie-condamnee-par-la-justice-europeenne_6063704_3210.ht
    #justice #cour_de_justice #asile #migrations #réfugiés #condamnation #CJUE #Hongrie #zones_de_transit #frontières #zone_de_transit #Röszke #Tompa #murs #barrières_frontalières

    • La Hongrie condamnée par la justice européenne pour sa politique d’asile

      La Hongrie a été condamnée jeudi par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) pour avoir enfreint le droit européen en matière d’asile. Il s’agit de la troisième condamnation cette année de la CJUE envers le gouvernement de Viktor Orban.

      C’est un nouvel affront pour la politique anti-migrants du président hongrois Viktor Orban. La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a condamné Budapest jeudi 17 décembre pour avoir enfreint le droit de l’UE en matière d’asile.

      https://twitter.com/EUCourtPress/status/1339490322661990402

      Il s’agit de la troisième condamnation cette année de la CJUE envers le gouvernement de Viktor Orban. La Cour avait déjà jugé en mai que les demandeurs d’asile étaient retenus sans motif valable dans des camps situés dans des « zones de transit » à la frontière avec la Serbie, et exigé qu’ils puissent en sortir. Ce qui avait conduit le gouvernement hongrois à fermer ces camps controversés, ouverts en 2015.

      Hostile à l’accueil des demandeurs d’asile, la Hongrie avait également été condamnée en avril – tout comme la Pologne et la République tchèque - pour avoir refusé un quota d’accueil de réfugiés décidé dans le cadre du programme lancé en 2015 de répartition par État membre de dizaines de milliers de demandeurs d’asile.
      La Hongrie a manqué à « ses obligations »

      Jeudi, la CJUE s’est prononcée sur le recours introduit en 2018 par la Commission européenne contre « une partie substantielle » de la réglementation hongroise sur les demandes d’asile et sur le retour des migrants en situation irrégulière.

      La Cour a estimé que Budapest, en exigeant que les demandes d’asile ne soient présentées que dans une zone de transit et en limitant drastiquement le nombre de demandeurs autorisés à pénétrer dans ces zones, « a manqué à son obligation d’assurer un accès effectif à la procédure d’octroi de la protection internationale ».

      La CJUE a également confirmé que l’obligation faite aux demandeurs de demeurer dans une zone de transit durant toute la procédure d’examen de leur demande constitue une rétention. Et que cette rétention, « en raison notamment de son caractère généralisé et automatique », ne respecte pas les garanties prévues par le droit européen.
      « L’une des pratiques les plus honteuses de la politique hongroise »

      « Le verdict d’aujourd’hui mettra, espérons-le, un terme à l’une des pratiques les plus honteuses de la politique d’asile hongroise » a réagi dans un communiqué András Kristóf Kádár, co-président du Comité Helsinki hongrois une ONG qui a représenté les demandeurs devant la CJUE. « Depuis l’été 2016, le Comité Helsinki hongrois a documenté les violations causées par le refoulement. Depuis le début, nous avons attiré l’attention du gouvernement, de la police et du médiateur sur le fait que les refoulements sont en violation des obligations internationales de la Hongrie. Dans de nombreux cas, les victimes ont fait état de mauvais traitements extrêmement graves liés aux mesures de rétorsion », a-t-il ajouté.

      « À la suite de la décision de la Cour, le gouvernement hongrois est contraint de soumettre des propositions d’amendements au Parlement pour se conformer au droit européen. Dans l’intervalle les autorités hongroises doivent s’abstenir de tout nouveau refoulement », a précisé András Kristóf Kádár.

      https://www.infomigrants.net/fr/post/29175/la-hongrie-condamnee-par-la-justice-europeenne-pour-sa-politique-d-asi

  • #Bobigny : #procès de l’Usine EIF, appel à soutien
    https://fr.squat.net/2020/11/22/bobigny-proces-de-lusine-eif-appel-a-soutien

    Appel à soutien devant le TGI de Bobigny pour l’occup’ de l’Usine EIF à #Montreuil Nous sommes assignés au TGI lundi 23 Novembre à 9h. Nous appelons nos camarades à venir nous soutenir devant et dans le tribunal de Bobigny lundi 23 Novembre à 9h au Palais de Justice, 173 avenue Paul Vaillant Couturier, 93000 […]

    #97_rue_Pierre_de_Montreuil #Garde_la_Pêche #Murs_à_Pêches #Paris #potager #Seine-Saint-Denis #Usine_EIF

  • 6 out of 10 people worldwide live in a country that has built border walls

    Days after the drawn-out U.S. elections, a new report reveals that the wall sold by Trump as a supposed achievement of his administration is just one of more than 63 new border walls built along borders or in occupied territories worldwide.

    Today, 31 years after the fall of the Berlin Wall, we find ourselves in a world with more walls than ever. 4.679 billion people in the world (60.98%) live in a country that has built one of these walls on its borders, concludes the report “Walled world: towards Global Apartheid” co published by the Centre Delàs d’Estudis per la Pau, Transnational Institute, Stop Wapenhandel and Stop the Wal Campaign.

    Beyond the surge in physical walls, many more countries have militarized their frontiers through the deployment of troops, ships, aircraft, drones, and digital surveillance, patrolling land, sea and air. If we counted these ‘walls’, they would number hundreds. As a result, it is now more dangerous and deadly than ever to cross borders for people fleeing poverty and violence.

    In addition, the research highlights that, as in the United States, immigration and terrorism are the main reasons given by states for the construction of walls, both justifications together represent 50%, half of the world’s walls.

    Israel tops the list of countries that have built the most walls, with a total of 6. It is followed by Morocco, Iran and India with 3 walls each. Countries with 2 border walls are South Africa, Saudi Arabia, United Arab Emirates, Jordan, Turkey, Turkmenistan, Kazakhstan, Hungary and Lithuania.

    “The global trend in border management policies is to build a world in which segregation and inequality are reinforced. In this walled world, commerce and capital are not restricted, yet it increasingly excludes people based on their class and origin”, states Ainhoa ​​Ruiz Benedicto, co-author of the report and researcher at the Centre Delàs d’Estudis per la Pau.

    The report focuses on a few specific walls in different regions, highlighting the following:

    Four of the five countries bordering Syria have built walls: Israel, Turkey, Jordan and Iraq.
    India has built 6,540 km of barriers against its neighboring countries, covering 43% of its borders.
    Morocco built an occupation wall with Western Sahara considered “the greatest functional military barrier in the world”, 2,720 km long.

    In addition to physical walls, the militarization of border areas continues to increase, in which walls are just one means of stopping people crossing territories.. The report highlights two cases:

    Mexico has notably militarized its border with Guatemala with equipment and financing through the US funded Frontera Sur program.
    Australia has turned the sea into a barrier with the deployment of its armed forces and the Maritime Border Command of the Australian Border Force, in addition to an offshore detention system that violates human rights.

    The business of building walls

    Finally, the report analyzes the industry that profits from this surge in wall-building and the criminalization of people fleeing poverty and violence. The report concludes that the border security industry is diverse, as shown by the number of companies involved in the construction of Israel’s walls, with more than 30 companies from the military, security, technology and construction sectors.

    “Many walls and fences are built by local construction companies or by state entities, such as the military. However, the walls are invariably accompanied by a range of technological systems, such as monitoring, detection and identification equipment, vehicles, aircraft and arms, which military and security firms provide”, explains Mark Akkerman, co-author of the report and researcher at Stop Wapenhandel. Companies such as Airbus, Thales, Leonardo, Lockheed Martin, General Dynamics, Northrop Grumman and L3 Technologies are the main beneficiaries of border contracts - in particular providing the technology that accompanies the walls in both the US and in EU member states. In the specific cases studied in the report, companies such as Elbit, Indra, Dat-Con, CSRA, Leidos and Raytheon also stand out as key contractors.

    “Three decades after the fall of the Berlin Wall, it is extremely sad that the wall has become the symbol of our time. Not only is it a betrayal of people’s hopes in 1989, but it also locks us into a fortress with no way out in which we lose our very humanity. All the research tells us that we can expect more migration in the coming decades. Therefore, it is of profound importance to seek other dignified and humane ways to respond to the needs of people who are forced to flee their homes for reasons of poverty, violence and climate change”, warns Nick Buxton, co-editor of the report and researcher at TNI.

    https://www.tni.org/en/article/6-out-of-10-people-worldwide-live-in-a-country-that-has-built-border-walls

    #murs #barrières_frontalières #cartographie #visualisation #frontières #business #complexe_militaro-industriel #migrations #asile #réfugiés #Airbus #Thales #Leonardo #Lockheed_Martin #General_Dynamics #Northrop_Grumman #L3_Technologies #Elbit #Indra #Dat-Con #CSRA #Leidos #Raytheon #chiffres #statistiques #militarisation_des_frontières #contrôles_frontaliers #terrorisme #anti-terrorisme #Israël #Maroc #Inde #Iran #ségrégation #monde_ségrégué #monde_muré #technologie

    #rapport #TNI

    ping @reka @karine4 @_kg_

  • Morocco Extends Defensive Wall to Reinforce Guerguerat Border Crossing

    The 14-kilometer structure aims to protect civilian traffic and cross-border trade.

    Morocco’s Royal Armed Forces (FAR) have extended the country’s defensive wall to the Mauritanian border, Moroccan outlet Le360 reported, citing an anonymous government source. The Guerguerat crossing is now “completely secured,” according to a statement by the army’s General Staff.

    A tumultuous day that started at approximately 9 a.m. with the lifting of Polisario’s blockade on trade and civilian traffic between Morocco and Mauritania has ended with the extension of the region’s sand wall. Army officers extended the structure by 14 kilometers to protect the border crossing. Morocco’s Royal Armed Forces dispersed armed Polisario militiamen in the morning, in an operation that started with preparations at 6 a.m. and commenced in earnest at 8 a.m. After forces cleared the region of Polisario militants, the FAR’s men and women had the remainder of the day to extend the defensive wall, the statement implied.

    On a day marred by misinformation and provocative claims by #Polisario leaders decrying war and an abandonment of the 1991 ceasefire, the wall can hopefully bring a calm to the region. The erection of a 2,700-kilometer wall across Morocco’s southern provinces brought an end to 20 years of fighting in 1991 by stopping raids from Algerian-backed militias.

    According to FAR’s statement, the security belt is located four kilometers from the border crossing and will allow civilian traffic and trade with Mauritania to continue unimpeded.

    Moroccan berm

    The new defensive structure is part of the “Moroccan berm” or Moroccan sand wall lined with landmines that separate Morocco’s southern provinces from the arid area Polisario occupies. Before the start of the construction of the wall in 1980, Algerian-backed Polisario militias made frequent raids using trucks and small arms deep into Moroccan territory.

    Morocco was able to stop these raids and bring both sides to the table for a ceasefire in 1991 after the wall blocked Polisario forces from entering Moroccan territory. Despite the controversial use of landmines and requiring a large force guarding the wall, the structure has helped support decades of peace in the region after years of fighting.

    With the extension of the wall to the Mauritanian border, any incursions on the vital border crossing would have to go through Mauritania. Mauritanian forces have mobilized in the region in recent days and the military presence of both neighboring countries hopes to restore calm after weeks of escalating tensions.

    https://www.moroccoworldnews.com/2020/11/325880/morocco-extends-defensive-wall-to-reinforce-guerguerat-border-cros

    #frontières #barrières_frontalières #Maroc #Sahara_occidental #sable #murs #mur_de_sable

  • #Gated_communities, le paradis entre quatre murs

    Sécurité, entre-soi, rêve de vacances perpétuelles. À l’heure où un supposé « sécessionnisme » envahit le débat public, quoi de mieux que d’évoquer les « gated communities », principal avatar des stratégies d’auto-enfermement gagnant le monde ?

    Comme le souligne l’excellent documentaire Bunker Cities, « le XXIe siècle sera celui des murs ». Murs entre pays bien sûr, mais également murs internes, notamment matérialisés par les fameuses gated communities, des communautés fermées plus ou moins coupées du reste de la ville et/ou de la société. Ce type d’habitat a le vent en poupe et contribue à détruire un des fondamentaux d’une société : la diversité. Raison qui rend la compréhension de ce phénomène indispensable.

    Ces quartiers privés, d’abord populaires dans des mégapoles très inégalitaires (Los Angeles, Rio de Janeiro, Johannesburg, etc.), se propagent peu à peu sur les cinq continents. Ils sont la plupart du temps facilement repérables puisque entourés de clôtures ou de murs et ne sont accessibles que via des points d’entrée plus ou moins surveillés selon l’environnement socio-économique (porte à digicode, caméras, vigiles, herses anti-intrusion). Leur présence peut cependant passer plus inaperçue, notamment dans les centres villes verticaux, où cette privatisation de l’espace se manifeste sous l’apparence d’un simple gratte-ciel mais dans lequel toute une série de services ne sont disponibles qu’aux habitants, encourageant ces derniers à minimiser tout contact avec la vie extérieure. Mais qu’est-ce qui rend si attractif ce genre d’habitat ? Et quelles sont les conséquences de ces quartiers fermés.
    Sécessionnisme sécuritaire

    Très souvent, l’argument phare est de procurer aux habitants un sentiment de sécurité qu’ils ne retrouveraient pas ailleurs. L’insécurité contre laquelle l’objectif est censé protéger peut être, selon les cas, réelle ou fantasmée. Il est clair que dans de nombreuses villes au sein desquelles les disparités sont fortes, les tensions sociales sont extrêmes et peuvent se traduire par des atteintes aux biens et aux personnes, en particulier les plus aisées. Ainsi, au Brésil ou en Afrique du Sud, les enlèvements suivis de rançons sont fréquents et contraignent de nombreux citoyens à vivre au sein de dispositifs de surveillance quasi militaires pour retrouver au moins un semblant de sérénité. La clôture traduit ainsi l’obsession de nombreux quartiers aisés à se retrancher et à dissimuler leurs richesses et leur style de vie[1].

    Si les risques sont évidemment moins élevés dans des villes plus petites et/ou moins inégalitaires, on remarque tout de même que cet argument sécuritaire fait bien toujours partie des motivations des habitants. Ce qui nous amène à bien distinguer la sécurité du sentiment de sécurité. Les gated communities se chargent le plus souvent de répondre davantage à ce dernier qu’à la sécurité en tant que telle. Il suffit de voir la faiblesse de nombreux dispositifs de surveillance quant à une hypothétique attaque de gens extérieurs. De l’aveu même de nombreux habitants, ces dispositifs visent ainsi à rassurer plus qu’à protéger. Il n’empêche qu’ils constituent pour beaucoup une échappatoire vis-à-vis du quotidien anxiogène très présent à l’ère des grands médias en concurrence et de réseaux sociaux toujours plus avides de sensationnalisme.

    À noter que cet argument sécuritaire revient également pour ce qui concerne la petite enfance. Vivre entre quatre murs permettrait ainsi une certaine insouciance quant aux risques d’accidents de la route et/ou de mauvaises rencontres que risquerait notre progéniture.
    Un entre-soi clôturé

    Autre argument souvent mis en évidence à la fois chez les promoteurs et chez les habitants des gated communities : une certaine homogénéisation sociale, voire ethnique, qu’autorise cette forme particulière de vivre-ensemble. Ces quartiers permettent en effet une vie entourée de ses semblables, souvent ni trop pauvres, ni trop différents culturellement, ce qui faciliterait un quotidien routinier très ordonné et de nouveau sans mauvaise surprise. La plupart des quartiers de ce type sont d’ailleurs très peu habités par des minorités, exception notable des pays du Sud où de nombreux expatriés en ont fait leur lieu de prédilection.

    Mais ne nous leurrons pas. Pour l’immense majorité des habitants, l’homogénéité dont il est question est avant tout socio-économique. En d’autres termes, importent moins la culture et la couleur de peau qu’un certain standing, sinon en termes de niveau de revenus, du moins en termes de mode de vie. Il faut d’ailleurs souligner que, contrairement à une idée reçue, les résidences fermées ne sont pas toujours des ghettos de riches. Dans de nombreux endroits, ce type d’habitat a tendance à se démocratiser et attire également une classe moyenne en perte de repères. Ce phénomène est particulièrement visible aux États-Unis, probablement car il permet la combinaison d’un mode de vie dans lequel l’esprit de communauté a une grande importance avec un fort individualisme, notamment résidentiel.

    Cette homogénéisation peut dans certains cas prendre des allures caricaturales, à l’instar de la célèbre ville privée de Sun City, en Arizona (près de quarante mille résidents), exclusivement réservée aux retraités et dans laquelle le règlement n’a d’autre but que de faire profiter les habitants d’une certaine quiétude bien méritée après une vie de dur labeur. Règlement qui va jusqu’à fixer les heures de visites des petits enfants pour ne pas déranger le voisinage. Car pour bénéficier de cette quiétude, un des prix à payer est de se plier à un ensemble de règles strictes en vigueur dans toute gated community qui se respecte : absence de nuisances, calme, entretien de son environnement, contrôle de la venue de populations extérieures, etc. Tout un règlement visant à ne pas venir troubler la tranquillité du voisinage et garantir le fameux standing à ce qui reste, ne l’oublions pas, un produit commercial immobilier.

    À noter que d’autres gated communities basent leur existence sur l’orientation sexuelle (« villages gays » réservés aux populations homosexuelles en Floride ou en Californie) ou le caractère ethnique (quartiers privés réservés à une certaine couleur de peau).
    En vacances toute l’année

    Très souvent, le concept de gated community inclut également une panoplie de loisirs parfois dignes des meilleurs clubs de vacances qui foisonnent dans les régions ensoleillées. Piscine, golf, centre commercial, église, cours particuliers de sport, livraison de nourriture à domicile, animations musicales, bars et restaurants. Bref : tous les ingrédients pour constituer une réplique de ce que l’on peut trouver à l’extérieur mais dans un entre soi contrôlé. Le tout donnant l’impression aux habitants de vivre « en vacances toute l’année ». Cet aspect paradisiaque se ressent jusqu’aux mots composant l’appellation de nombreuses gated communities tels que palm, sun, falls, garden, resort, lake, wood, etc.

    À cet égard, on peut faire un parallèle avec les complexes hôteliers présents aux quatre coins du monde et qui vont jusqu’à former de véritables enclaves touristiques également déconnectées de l’arrière-pays et de ses réalités locales. Il est d’ailleurs significatif que nous retrouvons dans l’argumentaire marketing de ce type de tourisme les mêmes types d’« avantages » qu’offre le mur pour les gated communities : sentiment de sécurité, absence de mendicité et de rencontres indésirables, homogénéité culturelle (un comble dans un pays étranger…).
    Une nature artificielle

    Dernière motivation et non des moindres : la volonté de vivre dans un cadre agréable et un environnement préservé. Concrètement, cela implique une faible circulation automobile, des espaces verts, du calme et, quand le pays le permet, un climat agréable toute l’année. Et tant pis si cet environnement naturel est en réalité… tout à fait artificiel : fontaines ostentatoires, pelouses parfaitement tondues et bien vertes, même dans des zones arides, arbustes taillés à la perfection, parterres fleuris et colorés, étangs, cascades[2]. Tout est réuni pour fournir un idéal paysager, rassemblant d’ailleurs souvent davantage à un décor de parc à thèmes qu’à un vrai paysage. Que l’on se trouve à Karachi, au Caire ou à Mexico, un trait caractéristique de nombreuses gated communities est leur côté interchangeable et identique, ce qui peut sans problème les faire rentrer dans la catégorie de « non-lieux », à savoir des espaces standardisés et déshumanisés dépourvus de toute histoire sociale et collective.

    Bien souvent, cet intérieur très propret contraste avec l’extérieur des murs, en particulier dans les pays du Sud, où l’espace public est abandonné par un pouvoir défaillant et dépourvu de moyens. Ce type de quartier accentue ainsi la déconnexion des habitants avec le reste de la société (d’autant plus quand une partie significative des classes dirigeantes vit précisément du côté propre et sécurisé de la barrière).
    Des conséquences au-delà du mur

    Questionner le concept même de gated community vise à analyser ses impacts, notamment car ceux-ci se font sentir au-delà du quartier concerné. Cette logique d’emmurement volontaire est plus perverse qu’elle n’en a l’air car elle contribue, comme l’explique Stéphane Degoutin, à une « bipolarisation de la ville, dans laquelle tout est organisé pour qu’il n’existe aucune communication entre les « bons » et les « mauvais » quartiers »[3]. Pire encore, elle encourage chez les résidents le sentiment que « peu importe que le contexte se détériore tant qu’il est derrière les murs ». En ignorant son environnement, on contribue ainsi à sa dégradation. En d’autres termes, « y habiter, c’est renoncer à résoudre le problème de la société »[4].

    Cette homogénéisation choisie favorise ainsi une homogénéisation subie, celle des quartiers défavorisés, lesquels connaissent un désinvestissement croissant (transports et services publics, mobilier urbain, éducation) du fait de l’exode des ménages les plus fortunés, phénomène réduisant l’assiette fiscale du territoire. Comme l’explique Loïc Wacquant, c’est la première partie d’un cercle vicieux rendant ces quartiers encore plus propices à la misère et à la violence[5], renforçant leur mauvaise réputation et les stéréotypes sur leurs habitants.

    Cette gestion de l’espace à deux vitesses atteint son paroxysme dans des zones de guerres, à l’instar de l’Irak où des quartiers ultra sécurisés sont instaurés pour les fonctionnaires américains liés à l’occupation militaire du pays. Ces « zones vertes », raconte Naomi Klein, « ont leur réseau électrique, leur réseau téléphonique, leur réseau d’égouts, leur réserve de pétrole et leur hôpital de pointe équipé de salles d’opérations immaculées, le tout protégé par des murailles de cinq mètres d’épaisseur, tout cela au milieu d’une mer de violence et de désespoir »[6].

    Cette allégorie insulaire résume le succès des gated communities, jamais très loin de l’idéal paradisiaque qui gouverne nos imaginaires, nourris des mythologies religieuses dans lesquelles, rappelle Marie Redon, nous retrouvons souvent « la notion d’enclos et de jardin d’agrément, d’un espace limité et réservé à quelques heureux élus méritants »[7].

    [1] Davis Mike, City of Quartz. Los Angeles, capitale du futur, Paris, La Découverte, 1997, p222.

    [2] Paquot Thierry (sous la direction de), Ghettos de riches, Paris, Perrin, 2009, p160.

    [3] Degoutin Stéphane, Prisonniers volontaires du rêve américain, Paris, Éditions de la Vilette, 2006, p263.

    [4] Ibid, p161.

    [5] Wacquant Loïc, Parias urbains – Ghettos, banlieues État, Paris, La Découverte, 2006, p169.

    [6] Klein Naomi, La Stratégie du choc – La montée d’un capitalisme du désastre, Paris, Actes Sud, 2008, p638.

    [7] Redon Marie, Géopolitique des îles, Paris, Le Cavalier Bleu, 2019, p82.

    http://geographiesenmouvement.blogs.liberation.fr/2020/10/21/gated-communities-le-paradis-entre-quatre-murs
    #murs_intra-urbains #villes #urban_matter #géographie_urbaine #barrières #frontières

  • Réfugiés : les Balkans jouent les « #chiens_de-garde » de l’UE

    La #Serbie a commencé durant l’été à construire une barrière de barbelés sur sa frontière avec la #Macédoine_du_Nord. Officiellement pour empêcher la propagation de la Covid-19... #Jasmin_Rexhepi, qui préside l’ONG Legis, dénonce la dérive sécuritaire des autocrates balkaniques. Entretien.

    D. Kožul (D.K.) : Que pensez-vous des raisons qui ont poussé la Serbie à construire une barrière à sa frontière avec la Macédoine du Nord ? Officiellement, il s’agit de lutter contre la propagation de l’épidémie de coronavirus. Or, on sait que le nombre de malades est minime chez les réfugiés...

    Jasmin Rexhepi (J.R.) : C’est une mauvaise excuse trouvée par un communicant. On construit des barbelés aux frontières des pays des Balkans depuis 2015. Ils sont posés par des gouvernements ultra-conservateurs, pour des raisons populistes. Les réfugiés ne sont pas une réelle menace sécuritaire pour nos pays en transition, ils ne sont pas plus porteurs du virus que ne le sont nos citoyens, et les barbelés n’ont jamais été efficaces contre les migrations.

    “Faute de pouvoir améliorer la vie de leurs citoyens, les populistes conservateurs se réfugient dans une prétendue défense de la nation contre des ennemis imaginaires.”

    D.K. : Peut-on parler d’une « orbanisation » des pays des Balkans occidentaux ? Quelle est la position à ce sujet des autorités de Macédoine du Nord ?

    J.R. : Tous les pays des Balkans aimeraient rejoindre l’Union européenne (UE), cela ne les empêche pas d’élever des barbelés sur leurs frontières mutuelles, ce qui est contraire aux principes européens de solidarité et d’unité. Quand les dirigeants populistes conservateurs ne peuvent offrir de progrès et d’avancées à leurs citoyens, ils se réfugient dans une prétendue défense de l’État, de la nation et de la religion contre des ennemis imaginaires. Dans le cas présent, ce sont les réfugiés, les basanés et les musulmans qui sont visés, mais il y a eu d’autres boucs émissaires par le passé.

    La Hongrie a ouvert la danse, mais elle n’est pas la seule, il y a eu aussi l’Autriche, la Bulgarie et la Macédoine du Nord en 2016, quand Gruevski était au pouvoir, et maintenant, malheureusement, c’est au tour de la Serbie. La xénophobie des dirigeants de ces États se voit clairement dans leurs discours. La barrière en question n’inquiète toutefois pas outre mesure les dirigeants macédoniens, car ils savent que rien de tout cela n’empêche réellement les migrations, et que ce ne sont pas des barbelés qui vont maintenir les réfugiés de notre côté de la frontière. Surtout pas maintenant qu’ils ont été habitués aux déportations de masse.

    D.K. : Certains disent que cette barrière pourrait couvrir la totalité de la frontière serbo-macédonienne, soit presque 150 km. Cela peut-il freiner les migrations ?

    J.R. : Tout d’abord, il est physiquement impossible d’installer une telle barrière dans les montagnes. À quoi bon couper tant d’arbres, détruire la nature ? Cette barrière ne s’étendra que dans les plaines, comme dans beaucoup d’autres pays. Là où, de toute façon, il n’y a déjà pas grand monde qui passe. La majorité des voies migratoires empruntent des routes de montagnes, qu’il est physiquement difficile de contrôler. C’est d’ailleurs pour cela que beaucoup de migrants entrent en Macédoine du Nord, parce qu’ils peuvent passer par les montagnes. Quant aux autres, ils coupent tout simplement les barbelés.

    “Ceinte de barbelés, l’Europe du XXIe siècle mène une politique hypocrite.”

    D.K. : Les pays des Balkans acceptent-ils de jouer le rôle de chien de garde de l’UE ? Il n’y a aucun pourtant aucune demande officielle de Bruxelles pour la construction de barrières physiques...

    J.R. : L’UE n’a jamais demandé officiellement la construction de barbelés. Ce sont certains de ses États membres ayant pris la responsabilité de « défendre » l’Europe qui ont imposé cette pratique, et offert des barbelés aux pays d’Europe du Sud-Est. C’est ainsi que la route des Balkans a été bloquée en mars 2016, sur la décision de l’Autriche, parce que l’Allemagne commençait soi-disant à refouler les réfugiés, et pas du fait d’une décision officielle des institutions européennes. De même, l’accord entre l’UE et la Turquie, survenu à la même période, a d’abord été signé par un pays de l’UE, qui a ensuite convaincu les autres de faire de même. Ceci étant, les barbelés facilitent le travail des patrouilles de Frontex, l’agence de l’Union européenne chargée du contrôle et de la gestion des frontières extérieures de l’espace Schengen. La position de l’UE n’est donc pas unifiée, d’où l’impression que cette Europe du XXIe siècle, ceinte de barbelés, mène une politique hypocrite et refuse d’assumer ses responsabilités.

    https://www.courrierdesbalkans.fr/refugies-balkans-chiens-de-garde-UE
    #réfugiés #asile #migrations #Balkans #route_des_Balkans #externalisation #murs #barrière_frontalière #frontières

    –—

    sur le mur entre Serbie et Macédoine :
    https://seenthis.net/messages/872957

  • Where is the border? - Architecture - e-flux

    https://www.e-flux.com/architecture/at-the-border/325748/where-is-the-border

    The border as a line that separates nations from each other is a signifier. It is an imaginary vector in space, materialized by pen on paper. Thinking about the word “border” produces a collective eidetic memory, removed from the scale of the body; an aerial view of landscapes divided by a thick black line. The border line is what separates two places, demonstrating a difference. It is a mechanism of othering that creates a reality of here and there; of us and them. If seen as a symbol of separation, the border starts to become diffuse, lifted from its geospatial location on a map to become enacted within the experiences and memories of people throughout entire regions. The Mexico-US border divides a region that has long been interconnected through economic, political, and social ties. While we acknowledge that there is a reality in which the border separates California from Baja California, Arizona from Sonora, Texas from Chihuahua, and so on, there exists another reality in which the experiential weight of the border is perpetuated in the mentality of people living in places such as Ulysses, Kansas or Pachuca, Hidalgo. The border is not just a line. It is a psycho-spatial experience carried within people.
    Seeing borders

    Contemporary conceptions of borders are rooted in cartography. Early maps were developed for navigation and to delineate political territories. In North America, survey maps were critical in the colonial endeavors of the French, British, and Spanish empires. These survey maps served to authorize the carving up and dividing of a territory that had previously been made up of much more diffuse edges between native inhabitants. After the 1848 Treaty of Guadalupe, for instance, a binational joint survey commission took six years to draw the first detailed border between Mexico and the US. Over the next few decades, the border line solidified through disputes as rivers moved and cities on the border grew. These political maps became the root for a collective image of Mexico-US relations, always refocusing attention to the band between the countries. In the meantime, trade agreements and migration were connecting places far beyond the border region.

    For some immigrants, the border is always close by, as they imagine their adopted land as a neighbor of their homeland. For others, the border is distant as the journey to cross it is filled with danger and their families are unreachable. For many people, the border seems far away, as their own personal experiences don’t engage with transnational issues in a conscious way. The imagination of borders is relative. The stories we tell of borders not only connect faraway places, typically considered as separate. They show how important transborder connections are to sustain each other. Without one side, the other would become pockmarked with voids; a place with character unable to be real.
    Drawing borders

    By visualizing the importance of transborder networks in building the lived reality, we can alter the eidetic memory of borders. Cartography is a tool to redraw how we envision the territory. Maps are a form of representation, and while we consider them scientific and infallible, the way we draw and retrace them involves subjective representational decisions. The colors that underlay each territory, the thicknesses of lines, and the amount of information included all involve careful decision.

    #frontières #murs

    • Maps become dominant images in collective imaginaries, especially in creating national identities. By creating new maps through collages, we can create new images to represent collective realities. This new cartography aims to create images that more accurately depict the psycho-spatial border that blankets the Mexico-US region. People’s experiences distort physical space. Remittances can collapse the space between two cities, using the strings of wire transfers and communications networks to draw two places closer together. Immigration can make a place in which you physically live actually seem like a foreign country, while your own family experiences the same place with the liberty to cross between the two. The migration of bodies, money, and dreams are expanded derives; crossing longer distances, transgressing generations, but just as deserving of mapping. Narratives in combination with tools of mapping reconstruct the malleable reality of the US and Mexico. It also liberates people to draw their own conclusions about the relationship between two places. Rather than borders being othering devices, they can outline two places that work together to enhance each other. Disengaging the border and showing how it blankets the region has the potential to rewrite how two nations can interact with each other.

      #visualisation #cartographie #imaginaire #identités_nationales #collages #cartoexperiment #Mexique #USA #Etats-Unis #liens

      ping @mobileborders

  • Kenya: Construction of Kenya Somalia Border Wall Resumed

    The construction of the disputed wall, separating Kenya and Somalia is on course, according to the former Somali army officer, Colonel Aden Ruffle.

    He urged local residents in the border areas to prevent Kenya from completing the work of the fence building as it Encroaching into the country’s territory.

    Speaking to Radio Shabelle, Ruffle added the security barrier consists of a concrete wall ringed with a barbed-wire electric fence and trenches. It will also have observation posts where electronic surveillance cameras will be installed to monitor movements on either side of the border.

    In 2016, Kenya has confirmed it will begin construction of a 700-kilometer-long security wall along the northeastern border with Somalia as part of a broader national security plan to curb cross-border terror attacks by #al-Shabab.

    Additionally, the wall will have border posts in #Mandera, #Lamu, and three other border towns, including #Beled-Hawo inside Somalia.

    https://allafrica.com/stories/202008240705.html

    #murs #barrières_frontalières #frontières #Somalie #Kenya #terrorisme #anti-terrorisme #al-Chabab

    ping @fil

  • Spain will build highest border wall in the world to stop migrants from Africa

    The project has been unveiled after a crowd of about 300 migrants attacked the #Melilla enclave on Thursday.

    The Spanish government plans to build 10-meter-high (32-feet) cylindrical walls around its North African enclaves of #Ceuta and Melilla to stop raids by migrants and individual attempts to enter the country, the Italian daily Il Giornale reported.

    These are set to be the highest fences against migrants in the world, with the U.S. border wall standing at 30 feet in some sections.

    The new border structures should significantly increase the efficiency of the existing fencing around these two Spanish cities on the North African coast, which is only three, somewhere over four meters high and topped by barbed wire. Their construction was financed by the government of former Prime Minister Luis Zapatero.

    To prevent injuries to migrants who may be able to reach the top of the wall, it will be equipped with a steel cylinder, which should also make it impossible to cross the wall.

    The project has now been unveiled after a crowd of about 300 migrants attacked the Melilla enclave on Thursday morning. According to local security forces, about 50 migrants managed to enter Spanish territory, which also means they made on to European Union soil.

    According to the authorities, the migrants were mostly from sub-Saharan Africa. In April, a group of about 250 people tried to cross the fence as well.

    Since January, about 11,500 migrants have arrived on Spanish territory through various routes, many of whom arrived by boat in the Canary Islands.

    Spain’s Canary Islands, which lay approximately 100 kilometers off the West African coast, are fast becoming a top destination for migrants despite the dangers involved with reaching them.

    https://rmx.news/article/article/spain-plans-to-build-the-highest-border-wall-in-the-world-to-stop-migrants-fro
    #migrations #asile #réfugiés #murs #barrières_frontalières #Espagne

    ping @isskein @reka

  • Un mur en Serbie...

    Last week, we wrote how Serbian authorities, in complete secrecy, started the construction of a razor-wire fence in the South to prevent the irregular entry of refugees from North Macedonia. The photos which first appeared on the Asylum Protection Center’s (APC) Twitter account show that the fence is being set up from #Presevo to the east, along the border with North Macedonia. It’s worrying how the Serbian local authorities interpret this action as a “one step forward in the Europeanization process” of the country (https://www.slobodnaevropa.org/a/srbija-dize-zicanu-ogradu-na-granici-sa-severnom-makedonijom/30789825.html). At the same time, Serbian NGOs have registered an increase in number of pushbacks, specifically Asylum Protection Center (APC) is recording an increase in the return of people to North Macedonia.

    Le tweet du Asylum Protection Center:


    https://twitter.com/APC_CZA/status/1293865742153261056

    Reçu via la mailing-list Inicijativa Dobrodosli, mail du 24.08.2020
    #frontières #murs #barrières_frontalières #asile #migrations #réfugiés #Balkans #Macédoine #refoulements #push-backs #Balkans #route_des_Balkans

    • La Serbie clôture sa frontière avec la Macédoine du Nord

      18 août - 18h30 :

      #clôture métallique sur sa frontière avec la #Macédoine_du_Nord, près de #Preševo. Le maire de cette commune, #Shqiprim_Arifi, a confirmé à Radio Free Europe que la construction de cette clôture faisait partie d’un accord avec l’Union européenne (UE). « Nous pensons que la clôture a pour fonction de sécuriser davantage les frontières des pays extérieurs à l’UE face aux réfugiés, qui vont finir par revenir de manière massive sur la route des Balkans. » Shqiprim Arifi ajoute qu’il a « personnellement de sérieuses réserves » sur cette façon de traiter les réfugiés. Les autorités serbes refusent de communiquer toute information sur cette clôture.

      Source : dernières info du Courrier des Balkans —> https://www.courrierdesbalkans.fr/les-dernieres-infos-refugies-balkans

    • La barrière frontalière est mentionnée dans cet entretien de #Jasmin_Rexhepi pour le Courrier des Balkans :

      La #Serbie a commencé durant l’été à construire une barrière de barbelés sur sa frontière avec la #Macédoine_du_Nord. Officiellement pour empêcher la propagation de la Covid-19... #Jasmin_Rexhepi, qui préside l’ONG Legis, dénonce la dérive sécuritaire des autocrates balkaniques. Entretien.

      D. Kožul (D.K.) : Que pensez-vous des raisons qui ont poussé la Serbie à construire une barrière à sa frontière avec la Macédoine du Nord ? Officiellement, il s’agit de lutter contre la propagation de l’épidémie de coronavirus. Or, on sait que le nombre de malades est minime chez les réfugiés...

      Jasmin Rexhepi (J.R.) : C’est une mauvaise excuse trouvée par un communicant. On construit des barbelés aux frontières des pays des Balkans depuis 2015. Ils sont posés par des gouvernements ultra-conservateurs, pour des raisons populistes. Les réfugiés ne sont pas une réelle menace sécuritaire pour nos pays en transition, ils ne sont pas plus porteurs du virus que ne le sont nos citoyens, et les barbelés n’ont jamais été efficaces contre les migrations.

      “Faute de pouvoir améliorer la vie de leurs citoyens, les populistes conservateurs se réfugient dans une prétendue défense de la nation contre des ennemis imaginaires.”

      https://seenthis.net/messages/877066

  • Dominique Eddé : « Le #Liban, c’est le monde à l’essai »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/08/16/dominique-edde-le-liban-c-est-le-monde-a-l-essai_6049067_3232.html

    Ce qui s’est passé dans le port de la ville, le 4 août, est le produit d’une #faillite générale, monumentale, qui engage certes et avant tout nos gouvernants criminels, mais aussi le monde entier. Pourquoi le monde entier ? Parce que nous vivons le bon à tirer d’un processus de #décomposition engagé il y a plusieurs décennies dans cette partie du monde. Parce que nous tardons tous à comprendre que le mal est partout dans l’air, à l’image du coronavirus. Le désarroi des Libanais découvrant brusquement qu’ils sont en deuil, sans toit, peut-être bien sans pays, est le raccourci foudroyant du mal qui a dévasté l’Irak, la Syrie, la Palestine…

    • Ce qui s’est passé dans le port de la ville, le 4 août, est le produit d’une faillite générale, monumentale, qui engage certes et avant tout nos gouvernants #criminels, mais aussi le monde entier. Pourquoi le monde entier ? Parce que nous vivons le bon à tirer d’un processus de décomposition engagé il y a plusieurs décennies dans cette partie du monde. Parce que nous tardons tous à comprendre que le mal est partout dans l’air, à l’image du coronavirus. Le désarroi des Libanais découvrant brusquement qu’ils sont en deuil, sans toit, peut-être bien sans pays, est le raccourci foudroyant du mal qui a dévasté l’Irak, la Syrie, la Palestine...

      Nous nous obstinons à ignorer qu’il n’est plus une plaie, plus un pays, plus une partie du corps, plus une partie du monde qui puisse se penser isolément. Les dictatures arabes, les armées islamistes, la brutalité et l’#impunité de la politique israélienne, les grandes et moyennes puissances prédatrices, les solidarités morbides – Nord et Sud confondus –, le règne sans bornes de l’argent, les intérêts communs des ennemis déclarés, le #fanatisme religieux, les trafics d’armements, tout cela est en cause dans le port de Beyrouth. Le langage de la #géopolitique peut encore informer, trier, analyser. Mais il ne peut plus voir au-delà de ce dont il traite . Il est prisonnier de la convention selon laquelle on peut fabriquer et vendre des armes d’un côté et fabriquer la paix de l’autre. Le #clivage est si profond, le #mensonge si bien organisé, que nous pouvons encore feindre la #cohérence. Mais jusqu’à quand ?

      Outre l’effondrement économique et social, nous vivons sous la menace d’un grand danger psychiatrique. Les têtes sont elles aussi au bord de la #faillite. Si rien ne change, au rythme où elles sont menées, elles ne tiendront qu’à l’une de ces deux conditions : perdre la raison ou se robotiser. Les autres, celles qui préfèrent la liberté à la fusion, se cognent déjà un peu partout aux barreaux de l’extrême solitude. Et ce constat qui vaut pour le #Liban vaut bien au-delà. La #fusion, c’est le #fascisme, la #dictature, le pouvoir entre les mains d’une poignée d’hommes ou de #machines.

      Bocal explosif

      A force d’avoir tout vu, tout entendu, tout encaissé, durant les cinquante dernières années, les Libanais sont sans doute mieux armés que d’autres pour traiter avec la #folie. Mais à trop tirer sur la corde, elle risque de se rompre d’un moment à l’autre. Les habitants de ce pays peuvent se serrer les coudes comme ils peuvent s’entre-tuer . Ils peuvent remonter la pente comme ils peuvent s’écraser à jamais. Ils n’en peuvent plus d’être si solidaires et si divisés à la fois . Ils ne pourront s’en sortir que par eux-mêmes, certes, mais, comme tous les grands blessés, ils ne pourront s’en sortir par eux-mêmes sans secours. Ils n’y parviendront que si cette partie du monde sort du #piège dans lequel elle est enfermée. Enfermée par elle-même et par les puissances étrangères. Il y a, ici, un #cercle_vicieux qui sabote toutes les énergies positives.

      Avec un million et demi de réfugiés – plus d’un quart de la population – sur leur sol, les Libanais sont entassés dans un bocal explosif. Pris en otage par leurs chefs de communautés respectives, ils sont animés, pour la plupart, par une égale envie d’en finir mais aussi, compte tenu de leurs réflexes ataviques et de l’absence d’Etat, par une égale incapacité à franchir le pas. Ils ne savent plus qui ils sont. Ils n’en peuvent plus de repartir à zéro. Le Liban était pris en tenaille par la Syrie et Israël. Il l’est à présent par Israël et le Hezbollah. Que s’est-il passé le 4 août à 18 heures ? Deux déflagrations successives se sont produites sur le lieu d’un gigantesque dépôt de nitrate d’ammonium à proximité d’un hangar dont on nous dit qu’il abritait des armes. La criminalité des pouvoirs libanais qui ont endossé cet effroyable stockage est flagrante, indiscutable. Sera-t-elle déterminée, jugée, punie ? Pourquoi le récit séquencé de l’horreur ne nous a-t-il pas encore été livré ? Quelle est l’origine de la première explosion ? Qu’y avait-il dans ce dépôt ? Qui protège qui de quoi ?

      « Raisonnements circulaires »

      Lors de sa visite au Liban, le 6 août, le président Emmanuel Macron a rencontré une vingtaine de personnes issues de la « société civile », dont j’étais. Cette brève rencontre se tenait à l’ambassade de France au terme d’une table ronde entre lui et les chefs de guerre qui s’était tenue dans la pièce à côté.

      A l’issue de l’entretien, il nous a dit notamment cette petite phrase qui, depuis, a fait son chemin : « Je suis frappé par vos raisonnements circulaires. Aussi bien dans la pièce à côté (celle des mafieux) que dans celle-ci (celle où nous nous trouvions) ». J’aurais aimé que la comparaison fût évitée, mais c’est vrai me suis-je dit, sur-le-champ, il a raison, nous sommes prisonniers de raisonnements circulaires. Nous n’arrivons pas à nous organiser. L’opposition commence à peine à s’unir. Puis, tel un souvenir que l’on tarde à s’approprier, la phrase m’a révélé son sens à retardement. Le mot « circulaire » qui évoque le cercle vicieux, la quadrature, l’enfermement, m’est apparu comme « un déplacement » au sens freudien du terme, comme une projection. Le cercle n’était pas dans nos raisonnements mais dans le sujet. Je dirais même que nous avons ici une capacité obligée et quasi inhumaine à penser la complexité.

      C’est elle, c’est la réalité qui tourne en rond. C’est la donne. Le pays. La région. Le manège du monde. La règle du jeu. C’est le jeu qui impose le cercle. La rotation, telle qu’elle est, rejette de tous côtés la moindre velléité de solution. Le Liban est dans l’œil du cyclone. Tout œil extérieur est désormais obligé de comprendre que pour rompre cette spirale infernale, c’est au cyclone qu’il faut s’en prendre. Par « s’en prendre » je veux dire décider, de la base au sommet, d’un coin du monde à l’autre, que la paix régionale est préférable à la guerre. Rien que ça ? L’utopie ou la mort ? Oui. A petite et à grande échelle, je ne vois rien d’autre . « Paix régionale » signifiant l’exact contraire du sordide arrangement qui vient de se faire entre Mohammed Ben Zayed [le prince héritier d’Abou Dhabi] et Benyamin Nétanyahou [le premier ministre israélien] sous la houlette de Donald Trump [le président américain].

      Le Liban, c’est le monde à l’essai. S’il se vide de son #sens, de ses #différences, de sa jeunesse, il sera le signe avant-coureur d’une catastrophe bien supérieure à celle qui se vit actuellement sur son sol. Il est trop tard pour défendre souveraineté et territoires à coups de #murs, de #ghettos et de frontières physiques. Il n’est plus d’autre issue que d’activer à l’échelle de la planète un coup de théâtre hissant la pulsion de vie au-dessus de la pulsion de mort . Le sujet du jour – au Liban aujourd’hui et partout ailleurs dans un second temps –, c’est la #santé_mentale, c’est l’avenir de l’être. Livré à la réalité telle qu’elle est, l’inconscient collectif ne sera pas moins inflammable, à terme, qu’un hangar de nitrate d’ammonium. Il suffira, pour mettre le feu, du largage d’un missile, réel ou symbolique, physique ou verbal. Ce ne seront plus des morceaux de villes mais des morceaux de pays qui partiront en fumée.

  • WATCH: Viral video claims to show ‘Trump’s border wall’ COLLAPSE under the wrath of #Hurricane_Hanna

    A section of the US-Mexico border wall in Texas allegedly failed to withstand the power of nature, according to a viral video. While its authenticity has been questioned, the clip sent President Trump’s critics into overdrive.

    A viral video purportedly showing a partial collapse of the border fence between the United States and Mexico was widely shared online on Sunday. While it was not immediately clear where it was recorded and which segment of the fence was affected, several local journalists and media reports indicated the incident happened somewhere between Texas and the northeastern Mexican state of Tamaulipas as the storm battered the region.

    https://www.rt.com/usa/495928-texas-border-wall-collapse-hurricane

    #murs #barrières_frontalières #destruction #walls_don't_work #les_murs_tombent #frontières #USA #Etats-Unis #Mexique

    –—

    ajouté à la métaliste sur les murs qui tombent...
    https://seenthis.net/messages/823380

    • Writers on the Range: The wall with Mexico will come tumbling down

      Few walls last forever. Last winter, part of President Trump’s new border wall wavered toward collapse under the force of strong winds whipping through the twin cities of Calexico and Mexicali. An 80-foot segment lurched into Mexican territory, and it took cranes from the U.S. side to right the steel panels.

      Most of the families I know that live close to the border have arrived at the same conclusion: The monstrous wall so close to them has further militarized our international boundary with Mexico. They say that a steel barrier with a yard-wide concrete footer — and lighting that never dims — permanently blocks the free flow of wildlife, seeds, pollen, water, religious pilgrims and essential workers across the U.S.-Mexico border. We have watched U.S. agencies rush to build a wall through the poorest communities in western North America without local consent.

      Both supporters and opponents of this bigger wall speak fatalistically about the barrier. They seem to concede that more miles of wall are irreversible because the courts have upheld Trump’s legal waivers of 41 state and federal laws.

      Meanwhile, the wall does damage wherever it’s built or expanded. Habitats for endangered species have been fragmented, and human remains in sacred sites have been desecrated. The doom-and-gloomers say there is no going back.

      But one needs to read only a bit of world history to realize that walls can come down as a quickly as they were put up.

      Thirty years ago this last November, the Berlin Wall was demolished after 26 years of dividing Berlin and East Germany from West Germany. Its deconstruction cost far less than its original construction, thanks in part to eager people who pitched in to turn the concrete part of the wall back into rubble. The two sections of Berlin have now been reunited for a longer period of time than the construction of the wall in 1961 divided them.

      Closer to home, the first barrier built on our southern border, dividing Nogales Arizona from Nogales Sonora, came tumbling down faster than the walls at the Battle of Jericho. This wall was erected a little over a century ago, during the time that Mexico was in the depths of a revolution.

      American-made rifles were frequently smuggled into Sonora through Ambos Nogales. To slow the flow of firearms, Sonora’s Gov. Maytorena ordered the erection of an 11- strand barbwire fence to run down the middle of International Street, where the two countries met.

      Yes. That’s right: The first border barrier along the boundary line was erected to keep U.S. citizens from illegally passing rifles into Mexico.

      But that first border wall so enraged the community of Ambos Nogales that it was brought down within a mere four months of its being erected. As soon as Gen. Obregón defeated Mexican revolutionary Pancho Villa in Nogales, Sonora, in 1915, he ordered the 11-strand fence torn down.

      Regardless of your political stance about our current border policies, it is time that we recognize that a permanent border wall is not a fait accompli. The pandemic has reminded us what a true “national emergency” is, and a hyped-up emergency at the border does not justify such environmental and economic costs.

      If we don’t want it, it can be legally deauthorized, once again allowing surface waters to flow. Dozens of species of wildlife now threatened by habitat fragmentation could once again migrate, and seeds could tumble across the desert floor.

      A debate is already underway about how the wall should be deconstructed, how its materials could be recycled, how sacred sites along its pathway would be reconsecrated, and how damaged natural habitats could at last be restored.

      I live just 14 miles as the crow flies from the Arizona-Sonora, Mexico, border, and though no one can predict when the times will dramatically change, it is never too early to consider the possibility that this foolish wall will fall.

      It is already time to support a broad-based “Border Wall De-Commission,” one with United States, Mexican and tribal nation representatives. Let us now envision and restore a more just and humane future along our border with Mexico, and with trans-border tribes.

      https://www.parkrecord.com/news/writers-on-the-range-the-wall-with-mexico-will-come-tumbling-down

      via @isskein

  • L’obsession du mur

    https://www.peterlang.com/view/title/67389

    A l’image du mur de Trump ou du renforcement des frontières européennes, de plus en plus d’États militarisent leurs frontières au moyen de murs à l’efficacité discutable. Pour expliquer cette obsession globale, il est utile de revenir sur les controverses qui banalisent ces outils militaires à partir de deux matrices de la sécurité frontalière contemporaine, à savoir la «  barrière de sécurité  » israélienne en Cisjordanie et la «  barrière frontalière  » états-unienne à la frontière mexicaine. Les murs s’inscrivent dans un spectacle politique, destiné aux citoyens emmurés, et joué par des acteurs conservateurs, sécuritaires et xénophobes. Ces acteurs problématisent les mobilités, développent une expertise sécuritaire, et attaquent l’État pour mieux le forcer à agir. Fondé sur deux enquêtes en immersion auprès d’eux, ce livre entend dépasser la thèse des murs comme signe du déclin de la souveraineté étatique dans le monde globalisé pour mieux souligner comment la répétition de ces spectacles renforce le militarisme des sociétés au détriment d’autres approches humanitaires, juridiques ou économiques des mobilités.

    #murs #frontières #israël #mexique #états-unis

  • Equatorial Guinea Halts Construction of Cameroon Border Wall

    Equatorial Guinea has agreed to pause the construction of a controversial border wall with Cameroon after talks between the two countries’ defense ministers in Yaoundé. The two sides also agreed once again to withdraw troops from their disputed border after deadly clashes left at least seven people dead. An agreement earlier this month to withdraw forces failed to hold and some border traders are skeptical of this latest pact.

    After a second day of closed-door meetings in Cameroon, Equatorial Guinea’s Defense Minister Leandro Bekale Nkogo said the two sides agreed to set aside their differences.

    Nkogo on Tuesday announced Equatorial Guinea would pause construction of its controversial border wall, which Cameroon’s government says violates its territory.

    He says troops from the two countries that have been deployed to the border will return to their barracks and only come out to protect their civilians in times of crisis. Nkogo says Cameroon and Equatorial Guinea will henceforth jointly combat their common enemies, who are poachers, pirates resurfacing in the Gulf of Guinea, and armed groups attacking and looting civilians in both countries.

    Nkogo said as neighbors, Cameroon and Equatorial Guinea need each other for their security and development.

    Equatorial Guinea’s President Teodoro Obiang Nguema ordered the border wall be built in 2019 to stop Cameroonians and West Africans from illegally entering the country.

    Cameroon deployed its army to stop what it called an intrusion of border markers, leading to armed conflicts and casualties.

    An agreement earlier this month to pull back troops, and jointly demarcate the border, apparently failed.

    Cameroon says at least seven of its civilians were killed in border clashes that followed in the southwestern town of Kye-Ossi.

    But Cameroon’s Defense Minister Joseph Beti Assomo on Tuesday said both sides were firm in seeking an end the border tensions.

    He says the wish of Cameroon’s President Paul Biya is to see Cameroon and Equatorial Guinea become the true brotherly and friendly nations that they were at the dawn of independence. He says both countries have sociological, cultural and geographic relations that should encourage the people of the two states to live in peace and harmony.

    Despite the agreements Monday, not all traders along the border were convinced that the skirmishes will end.

    40-year-old Cameroonian merchant Angelica Amende, who buys wine from Equatorial Guinea to sell back home, doubts the border dispute can soon be resolved.

    She says she does not think there is a political will to solve the crisis on Cameroon’s border with Equatorial Guinea. She says it is not the first-time high-profile delegations have met on the instructions of the two heads of state and the border crisis is yet to end.

    Equatorial Guinea has often accused Cameroon of not doing enough to stop its citizens and other West Africans from crossing the border illegally.

    In 2017, Equatorial Guinea sealed its border with Cameroon for six months after authorities on both sides arrested heavily armed foreigners and accused them plotting to overthrow Obiang.

    The two countries’ leaders are Africa’s longest-serving presidents. Obiang has ruled Equatorial Guinea since 1979, while Biya has ruled Cameroon since 1982.

    Cameroon and Equatorial Guinea in 2017 joined four other states in the Central African Economic and Monetary Community (CEMAC) in agreeing to lift visa requirements.

    Cameroon, the Central African Republic, Chad, Gabon, and the Republic of Congo have since accused Equatorial Guinea of dragging its feet on allowing the free movement of people and goods.

    https://www.voanews.com/africa/equatorial-guinea-halts-construction-cameroon-border-wall
    #guinée_équatoriale #murs #barrières_frontalières #frontières #Cameroun

    • La Guinée Equatoriale suspend la construction d’un mur à la frontière avec le Cameroun

      Les deux pays étaient en froid depuis la décision de Malabo d’ériger un mur entre les deux pays. La Guinée Equatoriale va suspendre les travaux de construction du mur.

      Les tensions ont atteint leur plus haut point, lorsque la Guinée Equatoriale a unilatéralement entrepris d’ériger un mur à la frontière qui la sépare du Cameroun. Les travaux de construction de ce mur de séparation, long de 189 kilomètres et dont la Guinée Equatoriale a toujours nié l’existence, sont désormais suspendus. C’est la plus importante annonce de la rencontre entre les ministres de la Défense des deux pays, réunis les 29 et 30 juin 2020 à Yaoundé.

      Les participants au sommet se sont concertés sur les modalités de collaboration et d’actions sécuritaires à la frontière commune.

      Le mur de la discorde

      Les tensions ont atteint leur plus haut point, lorsque la Guinée Equatoriale a unilatéralement entrepris, en juillet 2019, d’ériger un mur sur la frontière commune.

      À l’époque, Yaoundé avait accusé la Guinée Equatoriale d’avoir empiété sur son territoire, ce qu’avait démenti Malabo. Les tensions avaient été ravivées quand Malabo a entrepris la construction de miradors au même endroit, d’après une publication en juin, du quotidien d’Etat camerounais Cameroon Tribune.

      Joseph Beti Assomo, le ministre de la Défense du Cameroun a salué la décision de la suspension des travaux de construction du mur qui, selon lui, va davantage consolider les liens entre le Cameroun et la Guinée Equatoriale.

      « Ces derniers mois, des incompréhensions se sont multipliées sur ces travaux de fortification par nos frères, le long de la frontière terrestre. Les nouvelles qui nous parviennent portent sur la suspension des travaux, ce qui nous permet désormais de travailler sereinement », espère le ministre camerounais.

      La zone frontalière de la Guinée équatoriale, du Cameroun et du Gabon, appelée zone des trois frontières, est une plaque tournante des échanges commerciaux, mais aussi de trafics.

      La décision de la construction du mur prise en 2019 par Malabo avait surpris. D’autant que les États de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), prônent la libre circulation des personnes et des biens.

      Porte d’entrée en Guinée Equatoriale

      La question de la libre circulation a toujours été une pierre d’achoppement entre le Cameroun et la Guinée Equatoriale. Malabo estime que le Cameroun est la porte d’entrée de nombreux ressortissants d’Afrique de l’Ouest qui transitent par ce territoire pour se retrouver illégalement en Guinée Equatoriale.

      Leandro Bekale Nkogo, ministre de la Défense de la Guinée Équatoriale, a fait part de quelques propositions, qui selon lui pourraient contribuer au renforcement du dialogue et la sécurité le long de la frontière.

      « Il s’agit de mettre en place des mécanismes qui visent à encourager et à promouvoir la qualité des relations de nos deux peuples le long de la frontière, ainsi que la lutte contre la piraterie maritime, du banditisme au niveau des frontières et de l’immigration clandestine », souligne le ministre Leandro Bekale Nkogo.

      Par le passé, le Cameroun et la Guinée Equatoriale ont tenu des rencontres similaires sans véritablement s’accorder. Les populations espèrent que le sommet bilatéral qui vient de se tenir à Yaoundé aura plus d’effets que les précédents.

      https://www.dw.com/fr/la-guin%C3%A9e-equatoriale-suspend-la-construction-dun-mur-%C3%A0-la-fronti%C3%A8re-avec-le-cameroun/a-54008132

    • Malabo veut un mur à la frontière avec le Cameroun

      Officiellement, il s’agit d’assurer la sécurité à la frontière de la Guinée équatoriale. Mais la crainte d’un afflux de réfugiés venant du Cameroun pourrait également expliquer ce projet.
      Le président de la République de Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema, a décidé d’ériger un mur à la frontière avec le Cameroun. Officiellement, il s’agit d’assurer la sécurité de cette frontière un an après une tentative de coup d’Etat conduite par des mercenaires tchadiens et centrafricains qui étaient venus du Cameroun. La construction doit s’étendre sur 40 kilomètres sur le trajet entre Kye Ossi au Cameroun et Campo en Guinée équatoriale. Les travaux ont débuté et sont visibles depuis le côté camerounais.

      Mais à Kye Ossi, la construction du mur provoque la mauvaise humeur de la population locale.

      Pierre Tchinda, habitant de Kye Ossi pense que le mur sera un frein sérieux à la dynamique de la libre circulation des personnes et des biens dans la zone Cemac :

      « Est-ce qu’on parle de la libre circulation en érigeant un mur ? Que les Equato-guinéens nous disent exactement ce qu’ils veulent. Pourquoi ériger un mur ? Pour moi ça n’a pas de sens. Cela va causer un impact pour le citoyen qui achète sa bière à 500 francs CFA et va sans doute devoir ensuite la payer le double. »

      Tensions entre les deux pays

      Certains considèrent même cette initiative comme une provocation. A Kye Ossi, beaucoup pensent aussi que le mur empiète sur le territoire camerounais. C’est ce qu’explique Jean-Marie Zue Zue, l’adjoint au maire de Kye Ossi :

      « Les militaires équato-guinéens, à l’insu des autorités camerounaises, sont allés planter des piquets de délimitation de la frontière alors que cela ne devrait pas se faire ainsi. Il faut une commission ad hoc. Les autorités camerounaises et équato-guinéennes doivent travailler sur les limites exactes des deux pays. »

      Le sous-préfet de la localité, Joseph Victorien Happy De Nguiamba, a affirmé qu’il n’a aucun doute sur la volonté de la Guinée équatoriale de conduire le chantier du mur à son terme. Mais la situation est tendue, les autorités équato-guinéennes ayant refusé de se rendre à plusieurs rencontres prévues avec leurs homologues camerounais.

      La visite du général de l’armée camerounaise René Claude Meka à Kye Ossi il y a quelques semaines a rassuré la population. Les relations entre le Cameroun et la Guinée équatoriale pourraient en effet se détériorer à cause de ce mur.

      https://www.dw.com/fr/malabo-veut-un-mur-%C3%A0-la-fronti%C3%A8re-avec-le-cameroun/a-50058538

    • OBIANG CONSTRUIT UN MUR DE LA HONTE ENTRE LA GUINÉE ÉQUATORIALE ET LE CAMEROUN

      OBIANG NGUEMA MBASOGO vient de prouver une fois de plus à la communauté internationale qu’il ne respecte ni les Traités ni les lois ni les décrets qu’il signe, il vient de démontrer que sa signature de chef d’État au bas d’un parchemin n’a aucune valeur et tout cela pour construire un ’MUR DE LA HONTE" entre le CAMEROUN et la GUINÉE ÉQUATORIALE.

      Ainsi on apprend, à l’occasion d’incidents qui viennent de se produire à la frontière CAMEROUN/GUINÉE ÉQUATORIALE, que les autorités équato-guinéennes ont opté et commencé la construction d’un mur à la frontière avec le Cameroun au mépris des dispositions régissant l’intégration régionale et continentale.

      Comme on a pu le lire dans la presse, le moins que l’on puisse dire, c’est que le Gouvernement équato-guinéen souffle le chaud et le froid et danse le tango sur ce qu’il dit et ce qu’il fait, tout cela en violation des Conventions et Traités internationaux ainsi qu’aux principes de l’Union africaine (UA) et de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) dont elle est membre.

      Quant à l’armée camerounaise, Préfet en tête, elle est sur le terrain prête à en découdre avec les dépassements de frontière...

      La question de la libre circulation est sur la table depuis des années en Afrique centrale : en 1972, l’ancêtre de la CEMAC avait déjà acté la libre circulation des personnes,

      En 2000, à la création de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale, (CEMAC), l’idée d’un passeport commun à la zone centrafricaine avait été avancée puis décidée, mais le document n’a jamais vu le jour. Les négociations sur la libre circulation, laborieuses se sont poursuivies à chaque Sommet de la Communauté et elles ont longtemps achoppé en raison des refus de la Guinée équatoriale et du Gabon, pays pétroliers peu peuplés et relativement prospères (sauf pour les 80% qui vient en dessous du seuil de pauvreté) qui craignaient une immigration massive.

      https://www.youtube.com/watch?time_continue=2&v=CADVWhK-uXM

      la CEMAC a pris acte de la ratification, fin octobre 2017 par tous les États membres, de l’Accord de 2013 sur la libre circulation des personnes dans la sous-région, mettant fin ainsi à des négociations laborieuses entamées il y a plus de quinze ans.

      Les chefs d’État de la CEMAC, réunis en Sommet extraordinaire à N’Djamena, ont aussi décidé d’autoriser la Banque de développement des États d’Afrique centrale (BDEAC) à débloquer 1,7 milliards de francs pour « accompagner l’application de la libre circulation ».

      À aucun cas cette somme, destinée à favoriser la libre circulation, n’était destinée à permettre de construire un "MUR DE LA HONTE"..., c’est dire que le signataire OBIANG NGUEMA MBASOGO n’avait aucunement l’idée, malgré sa signature d’appliquer ces Accords internationaux, ce qui remet en question toute sa crédibilité, celle de l’État et de ses ministres au moment même où il entend proposer la négociation de nouveaux blocs pétroliers ou de participer à des négociations sur la transformation du franc CFA et la création d’une nouvelle monnaie africaine...

      À ce sujet, il est particulièrement honteux, pour un pays comme la Guinée équatoriale, de venir mendier 55 millions d’euros auprès de la Banque africaine de Développement (BAD) pour, soi-disant, augmenter et valoriser la production de poissons, à travers le développement durable de la pêche industrielle, de la pêche artisanale et de l’aquaculture, alors que le président dispose, à titre personnel, d’une fortune personnelle de plus de 600 millions de dollars selon FORBES et que l’un des yachts du fils OBIANG vaut, à lui seul, plus de 250 millions de dollars... D’où vient tout cet argent qui manque lorsqu’il faut investir dans un secteur fondamental comme celui de la pêche et que l’on trouve pour satisfaire des achats compulsifs personnels et que l’on ne trouve pas pour satisfaire les besoins fondamentaux de l’État équato-guinéen ?

      Depuis des décennies, les populations du CAMEROUN et de la GUINÉE ÉQUATORIALE vivent en bonne intelligence et ont des relations commerciales soutenues par la nécessité alimentaire de la population équato-guinéenne, privée de développement dans ce domaine par le fait, pour le pouvoir en place sans interruption depuis 40 ans, d’avoir privilégié les constructions pharaoniques de plusieurs palais présidentiels et d’une ville fantôme au lieu de développer les secteurs économiques fondamentaux en pensant vivre éternellement de la rente pétrolière et des fruits de la corruption qu’elle génère, ainsi l’agriculture et la pêche équato-guinéennes ont été réduites à leur plus simple expression, ce qui a nécessité des importations alimentaires quotidiennes pour permettre à 80 pour cent de la population, qui vit en dessous du seuil de pauvreté, de pouvoir s’alimenter. Or, cette production alimentaire vient en grande partie du Cameroun.

      La construction du MUR DE LA HONTE divise même les familles équato-guinéennes et camerounaises qui cohabitent ensemble à la frontière et vivent ensemble sur le même territoire, le mur de la honte coupera en deux ce qui existe en brousse depuis des siècles, ce qui montre une fois de plus l’incapacité présidentielle et de ses ministres à prendre en compte la réalité sur le terrain des situations, les visites de chantier et les poignées de main serrées aux opérateurs sont bien loin des préoccupations de la population que le président semble ignorer et surtout prendre en compte.

      Le président OBIANG se prend pour l’empereur de CHINE qui, 200 ans avant notre ère, a construit la grande muraille de CHINE. Il entend marquer l’histoire de la République de Guinée équatoriale par des infrastructures qui portent son nom et dont il croit qu’elles défieront le temps, alors que l’on a vu les statues de tous les dictateurs de la planète tomber les unes après les autres, qu’il se souvienne du mur de BERLIN et des statues déboulonnées en terre africaine... Aujourd’hui, grisé par le fait d’avoir nommé son fils général, le voici qu’il veut qu’il endosse sa tenue de combat et ses rangers pour aller se frotter au pays voisin où l’armée camerounaise l’attend de pied ferme...

      Poursuivant son oeuvre de désinformation, voici que le Gouvernement équato-guinéen ose publier, ce 8 août 2019, un communiqué dans lequel le ministre de l’information, de la Presse et de la Radio et ministre porte-parole du Gouvernement (n’en rajoutez plus cela en fait beaucoup en matière de désinformation), Eugenio Nze Obiang ose affirmer " La Guinée équatoriale vient de célébrer 40 ans de paix, de prospérité et de saine coexistence nationale"... et il termine en concluant : "La Guinée équatoriale, unie comme étant un seul homme suivant son chef d’État, SE Obiang Nguema Mbasogo, continuera à lutter pour maintenir la paix,

      Ce communiqué, qui est un numéro d’illusionniste, fait une démonstration visant à condamner AMNESTY INTERNATIONAL, en reprenant, selon ses mots : "qu’un vent de liberté et surtout d’espoir s’est levé dans toutes les villes, dans tous les villages et dans tous les foyers, diffusant l’illusion d’une nouvelle vie pour tous les groupes de la population, qui n’avait connu que le terreur, l’intimidation et l’humiliation et pour lesquels la liberté était encore un rêve inaccessible".

      Oui il parle effectivement de ce que tout le peuple attend aujourd’hui : la paix, la fin de la dictature et le retour à la Démocratie, à la liberté de la presse, qu’Eugenio Nze Obiang malgré ses fonctions ignore puisqu’il porte le maillot n° 171 en matière de liberté de la presse dans le monde, ce qui est la preuve de son discrédit et de tout ce qu’il peut affirmer en parlant de paix au moment même où des tensions se sont formées sur le MUR DE LA HONTE, qui est la signature d’un Régime à bout de souffle en matière d’idées et de développement économique et social.

      Ce jour, le Conseil de Sécurité de l’ONU plaide pour une action plus intégrée et multisectorielle en Afrique de l’Ouest et au Sahel pour traiter les questions du développement, de l’action humanitaire, des droits de la personne et de la paix et de la sécurité. Cette démarche doit être entreprise pour s’attaquer aux causes profondes des crises qui touchent la région, c’est ainsi que le Conseil souhaite que les réformes politiques en cours dans la région soient consolidées pour prévenir les violences et l’instabilité et que la réconciliation nationale progresse. Aussi, le Conseil souligne que les parties prenantes nationales doivent collaborer pour faciliter la préparation, en temps voulu, et la tenue dans les délais fixés « d’élections véritablement libres, justes, crédibles et pacifiques ».

      Le Conseil appelle ces parties à prendre toutes les mesures qui s’imposent pour prévenir les violences et leur demande, instamment, de garantir des conditions égales à tous les candidats et toutes les candidates et de favoriser la participation pleine et véritable des femmes sur un pied d’égalité avec les hommes, notamment en vue d’accroître le nombre de femmes aux hautes fonctions de l’État.

      Le maintien de la paix ne saurait permettre la tentative de déstabilisation des relations avec le pays voisin engagée par le président OBIANG par la construction de ce MUR DE LA HONTE, c’est la raison pour laquelle la COALITION CORED, son président, les membres de son bureau ainsi que les 20 partis politiques et associations en exil, qui représentent les 250 000 personnes qui ont fui la Guinée-équatoriale pour ne pas se faire assassiner et rejoindre les 310 personnes dont la mémoire vient d’être honorée, une fois de plus, à la date du 3 août, demande l’arrêt immédiat de ce projet de construction du MUR DE LA HONTE équato-guinéen et appelle la communauté internationale à soutenir son action pour que les bonnes relations avec son pays voisin, le Cameroun, soient préservées.

      https://blogs.mediapart.fr/abeso-ndong-salomon/blog/080819/obiang-construit-un-mur-de-la-honte-entre-la-guinee-equatoriale-et-l

  • During and After Crisis : Evros Border Monitoring Report

    #HumanRights360 documents the recent developments in the European land border of Evros as a result of the ongoing policy of externalization and militarization of border security of the EU member States. The report analyses the current state of play, in conjunction with the constant amendments of the Greek legislation amid the discussions pertaining to the reform of the Common European Asylum System (CEAS) and the Return Directive.

    https://www.humanrights360.org/during-and-after-crisis-evros-border-monitoring-report

    #rapport #Evros #migrations #réfugiés #Grèce #frontières #2019 #militarisation_des_frontières #loi_sur_l'asile #Kleidi #Serres #covid-19 #coronavirus #Turquie #push-backs #refoulements #refoulement #push-back #statistiques #passages #chiffres #frontière_terrestre #murs #barrières_frontalières #Kastanies #violence #Komotini #enfermement #détention #rétention_administrative #Thiva #Fylakio #transferts

    –------
    Pour télécharger le rapport


    https://www.humanrights360.org/wp-content/uploads/2020/05/During-After-Crisis-Evros.pdf

    ping @luciebacon

  • Let’s Call it a Wall

    The border between the US and Mexico was first defined by the “United States and Mexican Boundary Survey” (1848–1855) in accordance with the Treaty of Guadalupe Hidalgo, which ended the Mexican–American War.

    About forty years later, the first border control point was installed, in 1896 at Eagle Pass, Texas. In 1918, the first recorded border fence was built at Nogales, Arizona. Its construction was ordered by Felix B. Peñaloza, the mayor, of Nogales, Mexico. In his opinion, the fence would help to “direct the flow of people crossing the border through two gateways, to make it easier for a growing number of soldiers, customs agents, and other officials to oversee transborder movement.”

    But soon after fence was erected, a conflict broke that resulted in a two-hour shootout between officers on both sides. “At least twelve Mexicans and Americans had been killed, including Peñaloza, who had built the fence precisely to minimize the risk of conflict between the nations.”

    Despite the fact that this first fence building activity was not very successful in negotiating conflicts, the fence in Nogales remained, and more barriers were about to come. Yet it was not until the 1990s that signs of serious barrier construction appeared. The most significant fence building activity before the 1990s was a five-mile chain-link fence in 1945 and twenty-seven miles of punched-out-metal fence during the Carter era in the late 1970s dubbed the “Tortilla Curtain.”

    Most fences during the postwar period were erected on both sides of border at crossing points to prevent vehicles and people from circumventing controls.

    In the 1990s, first fences separate from border crossing points were erected out of portable Marston Mats (M8A1).

    These ten-foot-long, fifteen-inches-thick corrugated metal panels were originally used during the Vietnam War as landing pads for aircraft and parking areas for vehicles. Yet at the border, supported by metal studs, they formed a ten-foot-high steel wall. Marston Mat walls can still be found along large parts of the border today, in every state except Texas.

    Until the mid-2000s, border fence construction remained rather marginal. Only fifty miles of the 1,954-mile-long border were fenced by the end of the 1990s. The annual budget for “Tactical Infrastructure” (the bureaucratic term for border barriers) was $6 million in 2002, and still as low as $15 million in 2005.
    In 2007, however, the budget skyrocketed to $647 million. This sudden increase was a result of the “Secure Fence Act of 2006,” which authorized and partially funded the construction of 700 miles of fencing along the US-Mexican border. The Act was signed into law on October 26, 2006, by US President George W. Bush, with wide bipartisan support (including senators Obama, Clinton, Schumer, and Biden).
    https://vimeo.com/400921834#at=8

    Until the Secure Fence Act, there were no clear design guidelines for border barriers, which resulted in a large variety of fence typologies. We have identified eight barrier and wall typologies, plus eleven fence typologies. Of these nineteen typologies, many varieties in topping, foundation, and dimension exist, which is the result of differences in terrain, year of construction, and different contractors. From this large diversity of border barrier typologies, one particular fence has recently come to the fore: Personnel-Vehicle Fence Type 1 (PV-1).

    The first mentioning of the Personnel-Vehicle Fence Type 1 (PV-1) is issued in a document by the Department of Homeland Security dated May 2008, a few months before the completion of the first segment using PV-1 fencing. The fence consists of vertical steel bollards with a six-by-six-inch square profile filled with concrete. The distance between the vertical bollards is about five inches (the original sketch in the 2008 document shows less distance between the bollards, but an opening for cats to pass through instead). Nine vertical bollards are mounted together to form one fence element which is placed in an in-situ concrete foundation. At the top, the PV-1 finishes with a five-foot-high steel plate, but occasionally, this plate is omitted. The first PV-1, built in August 2008, is still standing at Andrade, California, between Boundary Monument 210 and 207.PV-1 became “the fence,” or better known as “the wall,” in Donald Trump’s presidential campaign, and who later downgraded it to “steel slats.” The PV-1’s breakthrough moment was on October 26, 2018, in Calexico, California when the president mounted a plaque on it to commemorate the erection of his first section of the border wall. Yet the wall was not a wall, but a fence, one that was designed during the George W. Bush administration, and the particular section in Calexico being commemorated was in fact a replacement of an existing structure that was already approved and built by the Obama administration in 2009.

    There is little known about the person, or team behind the design of PV-1, but the 2008 brief exists and states clearly that the fence must:

    extend fifteen-to-eighteen feet above ground and be supported in subsurface footers at depths deemed necessary;
    be capable of withstanding an impact from a 10,000-pound gross weight vehicle traveling at forty miles per hour;
    be semi-transparent, as dictated by operational need;
    be designed to survive extreme climate changes of a desert environment;
    be designed to allow movement of small animals from one side to the other; and
    not impede the natural flow of water.

    The only difference between the initial design and the current version of PV-1 is height. While the 2008 brief mentions fifteen-to-eighteen feet, its current design is eighteen-to-thirty feet.

    After Trump spent $3.3 million on the construction of eight new border wall prototypes, the final success of the PV-1 was ultimately decided upon by Congress. In approving the budget for the 2017–2019 fiscal years, Congress included a note in the Department of Homeland Security Appropriations bill that the apportioned money has to be used on “previously deployed and operationally effective designs, such as currently deployed steel bollard designs, that prioritize agent safety.”

    Additionally, it was stated that the money only can be spent on barrier replacement, not new barrier construction.

    While this might have been seen as a blow for Trump and his promised wall, in July 2017, a year before the eight prototypes have been completed, he already mentioned that PV-1 might be the “wall” he always had in mind. Yet the war of words continued. The Congressional Research Service mentioned in its January 2020 “DHS Border Barrier Funding” report that “News stories indicate that the White House has reportedly asked CBP [Customs and Border Protection] to stop using the term “replacement barrier” because it sounds like a lesser accomplishment.” The White House prefers to use the term “new border wall system.”
    PV-1 construction continues. In December 2019, two companies were commissioned with PV-1 construction: $789 million is being paid to the Galveston, Texas-based general contractors SLSCO Ltd., which will replace forty-six miles of vehicle barriers along the New Mexico border; and the Bozeman, Montana-based construction company Barnard Construction Co. received a $187 million contract to build eleven miles of fencing in three separate segments along the Yuma County border in southwestern Arizona.PV-1 is slowly turning into an iconic structure, symbolizing the border between the US and Mexico, not unlike how the concrete wall with its rounded top symbolized the Berlin Wall. Yet no barrier is unsurmountable.

    https://www.e-flux.com/architecture/at-the-border/325750/let-s-call-it-a-wall
    #murs #chronologie #visualisation #frontières #migrations #barrières_frontalières #USA #Etats-Unis #Mexique #graphique #cartographie #prototypes #architecture

    via @isskein
    ping @reka @mobileborders

  • North American Borders in Comparative Perspective | UAPress

    https://uapress.arizona.edu/book/north-american-borders-in-comparative-perspective

    The northern and southern borders and borderlands of the United States should have much in common; instead they offer mirror articulations of the complex relationships and engagements between the United States, Mexico, and Canada. In North American Borders in Comparative Perspectiveleading experts provide a contemporary analysis of how globalization and security imperatives have redefined the shared border regions of these three nations.

    This volume offers a comparative perspective on North American borders and reveals the distinctive nature first of the overportrayed Mexico-U.S. border and then of the largely overlooked Canada-U.S. border. The perspectives on either border are rarely compared. Essays in this volume bring North American borders into comparative focus; the contributors advance the understanding of borders in a variety of theoretical and empirical contexts pertaining to North America with an intense sharing of knowledge, ideas, and perspectives.

    #frontières #murs #amérique_du_nord #états-unis

  • La #Slovénie érige de nouvelles barrières à sa frontière avec la #Croatie


    https://www.infomigrants.net/fr/post/24082/la-slovenie-erige-de-nouvelles-barrieres-a-sa-frontiere-avec-la-croati

    La Slovénie a décidé de renforcer sa frontière avec la Croatie afin d’éviter des franchissements illégaux par des migrants, a annoncé mardi le ministère de l’Intérieur. En cinq ans, près de 200 kilomètres de clôtures ont déjà été construits dans cette zone.

    La Slovénie a déclaré, mardi 14 avril, qu’elle allait ajouter 40 kilomètres de nouvelles barrières à sa frontière avec la Croatie afin d’empêcher des migrants de la franchir clandestinement, rapporte l’agence de presse Reuters. Depuis 2015, le pays a fait construire progressivement quelque 196 kilomètres de clôtures sur les 670 kilomètres de frontière commune entre la Slovénie et la Croatie.

    Le ministère n’a pas précisé où les nouvelles barrières seront installées, mais a indiqué que leur construction serait effective dans le courant de l’année. Une annonce similaire portant également sur 40 kilomètres de nouvelles barrières avait été faite en juillet dernier pour l’année 2019.

    Bien que la Croatie et la Slovénie soient membres de l’Union européenne, la première n’appartient pas à l’espace Schengen de libre circulation. Les autorités slovènes ont donc expliqué l’an dernier qu’elles comptaient installer de nouvelles clôtures « dans les zones où il est urgent d’empêcher le franchissement illégal des frontières et de protéger les citoyens et leurs biens ».

    Explosion du nombre de tentatives de franchissement de la frontière

    Sur les deux premiers mois de l’année 2020, la police slovène a dénombré 1 165 tentatives de passage clandestin, soit près de 80% de plus qu’à la même période l’an dernier. Elle avait notamment annoncé, le mois dernier, avoir découvert une trentaine de migrants cachés dans un train de marchandises (https://www.infomigrants.net/fr/post/23225/slovenie-la-police-decouvre-trente-migrants-caches-sous-de-l-argile-da).

    Revenu fin février dans le fauteuil de Premier ministre, Janez Jansa avait promis lors de sa campagne de durcir sa politique en matière d’asile, d’ajouter de nouvelles barrières frontalières et de renforcer les contrôles aux frontières de ce petit pays de deux millions d’habitants situé sur le route migratoire des Balkans (https://www.infomigrants.net/fr/post/23045/slovenie-le-conservateur-janez-jansa-revient-au-pouvoir-en-durcissant-).

    Durant le pic de la crise migratoire en 2015 et 2016, un demi million de migrants clandestins avait traversé la Slovénie en six mois afin d’atteindre les pays d’Europe occidentale plus riches, comme la France, l’Allemagne ou le Royaume-Uni.

    #barrières_frontalières #asile #migrations #réfugiés #murs #route_des_balkans #frontière_sud-alpine #frontières #clôture

    • C’était 2019...
      En Slovénie, une clôture « de la honte » à la frontière croate (1/3)

      Depuis 2015, le gouvernement slovène érige le long de sa frontière sud une clôture de #barbelés pour tenter d’endiguer le flux de migrants en provenance de la Croatie voisine. Les villages slovènes traversés par les fils barbelés supportent mal l’installation de ce grillage qui, selon eux, abîme le #paysage et n’empêche pas la traversée des migrants.

      « Qui aime se réveiller le matin avec des #fils_barbelés devant sa fenêtre ? » Rudy ne décolère pas. Cet habitant de #Slavski_Laz, un village perdu dans les #montagnes slovènes, frontalier avec la Croatie, ne s’explique toujours pas pourquoi le gouvernement a construit, ici, au bord de la #rivière_Kolpa, une clôture de barbelés.

      « Ils disent que ce grillage est fait pour nous protéger… Mais nous protéger de quoi ? Je n’ai #peur de rien… », continue ce retraité qui vit depuis des années dans la région encore largement sauvage. L’argument de « l’#invasion_migratoire » brandi par le gouvernement pour justifier la construction de ce mur de métal ne le convainc pas.

      « Les migrants ici, ils passent, c’est tout », explique-t-il. « Ils transitent par la Slovénie et puis s’en vont vers d’autres pays, vers le nord de l’Europe généralement ».

      Les amis de Rudy acquiescent, tous attablés dans le seul café encore ouvert à 19h de #Kostel, un village de moins de 650 habitants non loin d’une des rares routes menant à la Croatie. Selon eux, la clôture est inutile, elle abîme le paysage, et son rôle de #dissuasion est largement surestimé. « Ils disent que les barbelés vont empêcher le passage de migrants… Mais tout le monde passe quand même ! », sourit Marco, un ami de Rudy, habitant dans le village voisin de Fara, en déclenchant l’hilarité de l’assemblée.

      « Par exemple, en ce moment, avec l’hiver et les forts courants, les rivages sont boueux, poreux, alors, les terrains bougent, la clôture s’effondre. Les migrants qui veulent passer n’ont même pas besoin de se fatiguer, ils ont juste à l’#enjamber », continue Marco en riant. « Il y a des endroits où des sillons se sont creusés. Ils peuvent aussi passer sous la barrière ! »

      116 km de #grillages

      Près de 14 000 migrants ont traversé la frontière depuis le début de l’année, « soit 70% de plus que l’année dernière », à la même période, affirment les autorités slovènes à InfoMigrants.

      Cet été, 40 km supplémentaires de grillages ont donc été construits à la frontière sud, le long de la rivière Kolpa. « Il faut empêcher le franchissement illégal des frontières », a indiqué le ministère de l’Intérieur dans un communiqué. En tout, depuis 2015, Ljulbjana a déjà érigé 116 km de grillages le long de la Kolpa qui parcourt les 670 km de frontière avec la Croatie.

      « Ces clôtures ne sont pas une baguette magique mais elles nous aident », ajoute, de son côté, un commandant de police slovène.

      Khaled, un demandeur d’asile érythréen, aujourd’hui à Ljubljana, a tenté trois fois le passage de la frontière slovène avant de réussir à entrer dans le pays. La clôture, il s’en souvient très bien. « J’ai traversé la frontière au mois de mai, quelque part vers #Ribnica. Je me souviens qu’une fois la rivière franchie, il a fallu passer ces barbelés. Alors j’ai grimpé, je me suis déchiré les mains, elles étaient pleines de sang, mais je suis passé ».

      Montagnes dangereuses, présence d’#ours, eau glaciale

      Au delà de sa dangerosité, Rudy, le villageois, voit dans cet alignement de barbelés, une « #clôture_de_la_honte » qui, selon lui, stigmatise les migrants. « On voit arriver des familles, parfois des enfants. Je ne vois pas bien en quoi, ce sont des ennemis », continue le retraité.

      « Cette barrière, c’est le début de l’enfer », explique à son tour une jeune fille qui énumère les dangers qui attendent les migrants juste après son franchissement : la montagne « très dangereuse quand on s’y perd », les températures « glaciales » et les ours, nombreux dans le pays. « Parfois, on entend des cris là-haut. Ce sont des migrants qui hurlent pour effrayer les animaux ».

      Ces dernières semaines, deux migrants sont décédés par #noyade dans la Kolpa et un autre a été retrouvé mort de froid et d’#épuisement dans la #forêt.

      Surtout, les migrants doivent éviter les patrouilles de #police. « La nuit, quand nous tentons la traversée, nous voyons les lumières des lampes torche, derrière la clôture. Les #policiers sont partout. C’est ça qui nous effraie le plus », se souvient Khaled. « On fait tout pour les éviter. Quand la police vous attrape, elle vous renvoie en Croatie. Elle vous emmène rarement jusqu’à la capitale pour demander l’asile ».

      Depuis le début de l’année, sur les 14 000 entrées illégales, plus de 8 000 renvois – aussi appelés « pushbacks » - ont été effectués depuis les frontières slovènes, affirment les autorités.

      Patrouille de miliciens d’extrême-droite

      « C’est une #honte, il y a la police, l’armée, maintenant cette clôture et il y a même une milice ! », fulmine à son tour Katarina Bernad Sterva, directrice de l’association slovène d’aide aux réfugiés, qui se désespère de la situation à la frontière.

      Depuis quelques jours en effet, des miliciens en treillis militaires, visages cachés derrière des cagoules noires, patrouillent aussi le long de la rivière Kolpa. Dirigée par le leader d’extrême-droite, Andrej Sisko,cette milice se veut un « renfort » à l’armée régulière pour « défendre la frontière » et intercepter les migrants. « Nous sommes le point d’entrée de l’espace Schengen », se justifie Andrej Sisko. « Nous voulons faire passer un message. Nous voulons dire aux étrangers de rester chez eux. La clôture est fragile, elle ne permet pas de stopper les migrants alors nous venons contrôler les abords de la rivière nous-mêmes ».

      La milice d’#Andrej_Sisko n’a aucun mandat légal. Et visiblement, les villageois s’expliquent mal leur présence.

      Si certains rient à leur passage - « C’est le carnaval quand ils sont là », entend-t-on ici et là dans les villages frontaliers – d’autres comme Katarina Bernad Sterva regarde cette armée parallèle avec une inquiétude grandissante. « Ce qui m’effraie, c’est qu’ils existent. Publiquement, le gouvernement a condamné leurs actions, mais, dans les faits, les autorités ne font rien. Ces hommes sont fous, nous nous attendions à une réaction forte du gouvernement, comme par exemple l’annonce de la dissolution de ces patrouilles ».
      https://twitter.com/sarecmarjan/status/1036914541693755400?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E10

      Interrogée par InfoMigrants, la police reste muette sur le sujet. « Je n’ai rien à dire sur ces hommes. Ils n’ont pas le soutien de la police », déclare simplement Vicjem Toskan, l’un des commandants en chef de la police de Koper, à l’ouest du pays.

      Ce soir-là, à Kostel, les amis du café s’interrogent surtout sur le sort réservé aux migrants interceptés par cette milice d’extrême-droite. « On a déjà la police et l’armée pour intercepter les migrants. On a une clôture pour les empêcher de continuer leur route. Eux, qu’est-ce qui vont leur faire, la nuit, dans la montagne ? », s’inquiète Rudy. « Ils portent des masques, ils marchent dans la forêt. J’ai plus peur d’eux que des immigrés qui traversent la rivière », chuchote à son tour, une jeune fille en bout de table. « Si j’étais migrante, je n’aimerais vraiment pas tomber sur eux ».

      https://www.infomigrants.net/fr/post/20807/en-slovenie-une-cloture-de-la-honte-a-la-frontiere-croate-1-3

      #milices #patrouilles #extrême_droite #Kolpa #efficacité #montagne #Alpes #décès #morts #mourir_aux_frontières #danger #dangers #push-back #refoulement #refoulements #militarisation_des_frontières #push-backs

      –---

      #Walls_don't_work :

      « Par exemple, en ce moment, avec l’hiver et les forts courants, les rivages sont boueux, poreux, alors, les terrains bougent, la clôture s’effondre. Les migrants qui veulent passer n’ont même pas besoin de se fatiguer, ils ont juste à l’#enjamber », continue Marco en riant. « Il y a des endroits où des sillons se sont creusés. Ils peuvent aussi passer sous la barrière ! »

      –-> voir la métaliste

    • Despite all the existing reports about the Croatian police violence and brutality, Slovenia continues to pushback migrants to Croatia. This was recently even recognized by the Italian court: an Italian court stopped deportation to Slovenia on the grounds that there is a risk for an asylum seeker to be subjected to inhumane and degrading treatment due to the high possibility of him (or her) being further expelled to Croatia and then to Bosnia or Serbia.
      More on that in AYS article from beginning of June:
      AYS Special: Italian Court StopsDeportation to Slovenia, Meanwhile Pushbacks Continue
      https://medium.com/are-you-syrious/ays-special-italian-court-stops-deportation-to-slovenia-meanwhile-pushbacks-

      Last week, the new Slovenian Minister of Interior Affair (of the new right wing government) frankly admitted in an interview that Slovenian police is sending migrants back to Croatia and consequently into the refugees centres in Bosnia and Serbia:
      Notranji minister Aleš Hojs razkril migracijsko »skrivnost«
      https://www.dnevnik.si/1042931634 (only in Slovenian)

      Currently, the government is also preparing a new Aliens Act where they plan to severely restrict access to asylum (among many other things): this means that during what they call complex migration emergencies, proclaimed by the government, access to asylum can be completely limited.

      Message reçu via la mailing-list Migreurop, le 15.06.2020

    • Slovénie : une vingtaine de migrants « proches de la suffocation » découverts dans des camions

      La police slovène a annoncé avoir découvert 22 migrants cachés dans des camion-citernes, samedi, à la frontière croate. Les contrôles ont été fortement renforcés dans cette région avec notamment l’envoi de 1 000 nouveaux policiers début juin.

      « Ils étaient proches de la suffocation. » Vingt-deux migrants cachés dans deux camion-citernes alimentaires ont été découverts par la police slovène, samedi 20 juin, à la frontière avec la Croatie, rapporte l’agence de presse AP. Les deux poids-lourds avaient des plaques d’immatriculation provenant de Serbie.

      Un premier groupe de 13 migrants a été découvert lors d’un contrôle de police à la frontière. Le second groupe, composé de 9 personnes, a été trouvé peu après dans un autre camion appartenant à la même compagnie.

      Les migrants sont originaires du Bangladesh, d’Inde, de Turquie et de Syrie, indique la police.

      Des milliers de migrants empruntent chaque année la route dite « des Balkans » malgré sa dangerosité. Un grand nombre d’entre eux font appel à des passeurs afin de traverser les frontières vers l’Europe occidentale dans des camions, plutôt que de tenter leur chance à pied à travers les forêts et les montagnes de la région.

      Craignant une recrudescence des passages clandestins à la suite du déconfinement décrété dans différents pays européens, la Slovénie a annoncé, début juin, qu’elle envoyait 1000 officiers de police en renfort à sa frontière avec la Croatie. Ces effectifs sont équipés de #drones, de #caméras_thermiques et de #détecteurs_de_mouvements.


      https://www.infomigrants.net/fr/post/25519/slovenie-une-vingtaine-de-migrants-proches-de-la-suffocation-decouvert