• Formes d’expression alternatives sur les murs de la ville pendant la période de la crise

    Tandis que l’économie grecque peine à se redresser, le mécontentement social s’exprime de façon énergique dans les slogans tracés sur les murs des zones urbaines [1].

    Au cours de la crise, les murs de certains quartiers centraux d’Athènes se sont transformés en plateformes d’expression libre. Les graffitis et les slogans sont des modes d’expression alternatifs qui servent souvent à exprimer certaines revendications, et témoignent de l’état d’esprit de divers groupes sociaux. Par ailleurs, la physionomie des utilisateurs de ce mode d’expression est influencée par le fait que les représentations picturales extérieures non officielles sont considérées comme des actes illicites par les autorités dans la mesure où elles occupent sans autorisation une partie de l’espace urbain.

    Ce texte rend compte des « vibrations de la ville » tels qu’elles résonnent dans l’esprit et le psychisme de ses auteurs suite à une « dérive » expérimentale dans des quartiers centraux d’Athènes. Comme nous le verrons, les phrases qui sont inscrites sur les murs reflètent un large éventail d’opinions ainsi que la diversité des réactions de certains groupes locaux aux évolutions récentes.

    Bien que le cyberespace puisse être désormais considéré comme l’un des principaux environnements de la communication moderne, en pratique les hommes continuent d’interagir entre eux dans le cadre de l’espace réel et physique de la ville. Selon Park (1925), les grandes villes ne sont pas simplement et uniquement des constructions et des mécanismes artificiels, elles expriment dans le même temps la nature humaine. Lefebvre en particulier pensait que l’espace urbain appartient de façon indiscutable à la sphère politique puisque des groupes sociaux différents et aux intérêts opposés aspirent à sa gestion et à son exploitation (Lefebvre, Enders 1976). Selon Negri (2009), l’ « industrie architecturale » actuelle, en lien avec celles de la mode et du cinéma, contribue à réprimer toute éventuelle action de résistance à l’ordre établi, en projetant une « lumière artificielle » sur tous les aspects de notre vie. Mais, en définitive, comme le soutient Harvey (2003), tant individuellement que collectivement, nous sommes tous des architectes. Il nous appartient donc de réaménager l’espace urbain. Tous les êtres humains ont « le droit à la ville » (Lefebvre 1996).

    Les mouvements sociaux ont souvent recours à des méthodes radicales contre les structures du pouvoir. Atton (2001) a souligné le fait que les « moyens de communication alternatifs » rendent possible une communication démocratique pour des individus que les médias dominants ont exclus, tandis que Downing (2001, 2008) a qualifié de « radicaux » les moyens de communication utilisés par les mouvements sociaux. De plus, dans la théorie qu’il a développée au sujet des moyens de communication alternatifs, il inclut dans ces derniers la production artistique et les pratiques culturelles, tels que le théâtre de rue, les tatouages, les habits, les graffitis et bien d’autres. Dans le même ordre d’idées, Fuchs (2010) a également intégré dans la catégorie des « moyens d’expression critiques » les affiches, les fresques murales urbaines et les graffitis, soulignant que leur contenu présente des « possibilités d’existence étouffées » exprimées par des individus ou des groupes dominés.

    Dans la vie quotidienne, il est incontestable que l’espace urbain s’est transformé en une plateforme communautaire ouverte, qui présente des représentations picturales différentes par leurs formes et leurs contenus, transmettant des messages attirant souvent notre attention et nous invitant à la rêverie. Les publicités extérieures, les panneaux d’affichage municipaux, la signalisation routière, les graffitis légaux, entre autres, peuvent être considérés comme les vecteurs dominants de la communication visuelle urbaine. Au contraire, les moyens d’expression alternatifs incluent toutes les expressions extérieures non officielles, telles que les slogans sur les murs quel que soit leur contenu (politique, sportif ou existentiel), les affiches collées de façon sauvage, les graffitis, les autocollants, etc. C’est pourquoi, dans ce texte, lorsque nous parlons de représentations picturales extérieures non officielles, nous faisons référence à l’ensemble des expressions non institutionnelles, quelle que soit leur forme, qui sont réalisées sans autorisation sur les murs, les panneaux, les véhicules de transport collectif ou autres. Les représentations picturales extérieures non officielles remettent clairement en cause les structures de pouvoir existantes et font partie, en tant qu’activité de communication, des moyens d’expression radicaux.


    https://www.athenssocialatlas.gr/fr/article/formes-dexpression-alternatives
    #murs #Athènes #urban_matter #graffiti #graffitis #art_de_rue #street-art #Grèce


  • A Fence, Steel Slats or ‘Whatever You Want to Call It’. A Detailed Timeline of Trump’s Words About the Wall

    As a candidate, Donald J. Trump’s language about the southern border was remarkably simple: He would build a great wall, and Mexico would pay for it. He repeated this promise hundreds of times.

    But his language has shifted since his election as president, particularly since the government shutdown last month.


    https://www.nytimes.com/interactive/2019/02/13/upshot/detailed-timeline-trumps-words-border-wall.html?smid=tw-share
    #murs #barrières_frontalières #frontières #terminologie #mots #vocabulaire #Trump #langage

    ping @reka


  • Democrats’ ‘smart border’ technology is not a ‘humane’ alternative to Trump’s wall

    In response to President Trump’s demand for $5.7 billion for a physical barrier along the U.S.-Mexico border, and his threat to shut down the government again on Feb. 15 if Congress doesn’t provide it, Democratic Congressional leaders are promoting an alternative they refer to as a “smart border.” This is essentially an expansion of existing technologies like remote sensors, integrated fixed-towers, #drones and other #surveillance assets.

    On Jan. 29, Rep. James Clyburn (D-S.C.), the third-ranking Democrat in the House, wrote an op-ed in The Hill arguing that this kind of “smart border” is preferable to a physical wall because it will “create a technological barrier too high to climb over, too wide to go around, and too deep to burrow under,” resulting in an “effective, efficient and humane” alternative to Trump’s border wall. Meanwhile, the “opening offer” announced on Jan. 31 by the Democrats in bipartisan budget negotiations included $400 million for this “smart border” surveillance package.

    In a recent peer-reviewed article in the Journal of Borderlands Studies, we raised fundamental questions about these kinds of “smart border” technologies, including their humanitarian implications. Using geospatial modeling and statistical analysis, we show how previous “high-tech” border solutions failed to deliver on their operational objectives; instead of preventing unauthorized crossing, the surveillance network simply shifted migration routes into much more difficult and remote terrain, with a measurable impact on the geography of migrant deaths in the southern Arizona desert.

    From 2006 to 2011 the United States appropriated $3.7 billion for the SBInet system, intended as a high-tech network of ground sensors connected to integrated fixed towers mounted with infrared, high-resolution cameras and motion-detecting ground radar. Experimentally deployed southwest of Tucson, Arizona, the surveillance network aimed to provide the Border Patrol “complete situational awareness” through the real-time, automated integration of multiple sources of surveillance data.

    The outcomes delivered by the SBInet program fell well short of these aspirations, however. In 2010 the Government Accountability Office concluded that the Department of Homeland Security had “yet to identify expected benefits from the [program], whether quantitative or qualitative.” After continuous operational shortcomings and delays, in 2011 the Obama administration quietly canceled the program.

    Simultaneously, the area where SBInet was deployed has become a “land of open graves,” according to anthropologist and 2017 MacArthur “genius grant” recipient Jason De León. From 2006 to 2011, at least 1,267 people died in southern Arizona attempting to cross the border. A significant majority of these deaths were the outcome of exposure to the elements: dehydration, hyperthermia and exhaustion. Meanwhile, during this same period the rate of death (the number of deaths / 100,000 Border Patrol apprehensions) skyrocketed, nearly tripling between 2008 and 2011 alone.

    These deaths are the result of many factors. But our research shows that significant among these has been the expansion of border surveillance technology. Using Geographic Information Science, we analyzed the mapped location of human remains pre- and post-SBInet. We then plotted the visual range of the SBInet system using publicly-available information on the location of the towers and the operational reach of their various components.

    Next, we created a model using variables like vegetation, slope and terrain to measure the physiological difficulty associated with pedestrian transit along different routes of travel. We found a meaningful and measurable shift in the location of human remains toward routes of travel outside the visual range of the SBInet system, routes that simultaneously required much greater physical exertion, thus increasing peoples’ vulnerability to injury, isolation, dehydration, hyperthermia and exhaustion.

    Our research findings show that in addition to its monetary cost and its questionable operational efficacy, the “smart border” technology presently being promoted by the Democratic congressional leadership contributes to deadly outcomes.

    Based on these findings there is a need to reconsider the premise that surveillance technology and infrastructure can provide a “humane” alternative to Trump’s border wall (a proposal we also consider to be wasteful and destructive). Instead, we’d like to see a shift in U.S. border policy that genuinely prioritizes the protection of human life, regardless of a person’s citizenship or immigration status.

    This kind of shift, of course, would require reforms not just to the Border Patrol and its enforcement strategy, but to U.S. immigration policy overall, allowing people to seek safety or reunite with family and loved ones without risking their lives crossing through the desert.

    https://thehill.com/opinion/immigration/429454-democrats-smart-border-technology-is-not-a-humane-alternative-to-tru

    #frontière_intelligente #alternative (?) #murs #barrières_frontalières #frontières #smart_border #smart_borders #technologie #mourir_aux_frontières #morts #décès

    En gros:

    Our research findings show that in addition to its monetary cost and its questionable operational efficacy, the “smart border” technology presently being promoted by the Democratic congressional leadership contributes to deadly outcomes.




  • #Börderless, manuel pour démanteler les frontières

    Esta es la guía del usuario que acompaña al producto BÖRDERless. Es importante conservar y consultar este manual para el correcto (des)montaje de una valla fronteriza.

    Siga cuidadosamente las instrucciones que acompañan a esta IDEA y no debería sobrarle ninguna pieza.


    https://porcausa.org/articulo/borderless-se-desmonta-una-valla
    #frontières #murs #barrières_frontalières #Ikea #manuel #instructions #migrations #asile #réfugiés
    ping @reka


  • #Giles_Duley, survivre pour mieux photographier les victimes de la guerre

    Invité par le Centre international de déminage humanitaire à l’occasion d’une conférence sur les mines à l’ONU, à Genève, le photographe britannique, triple amputé, a survécu par miracle à un engin explosif improvisé en Afghanistan. Ce tragique épisode a décuplé son empathie pour les sujets qu’il photographie et renforcé une vocation

    « Tu es un dur, tu vas vivre, buddy. » Le 7 février 2011, au cœur de l’Afghanistan. Dans l’hélicoptère qui l’emmène d’urgence à l’Hôpital des Nations unies à Kandahar, des soldats américains s’évertuent à maintenir Giles Duley en vie. Incorporé dans la 101e Division aéroportée de l’armée américaine pour photographier l’impact humanitaire de la guerre sur les civils, il vient de sauter sur une mine improvisée. Deux jambes et un bras arrachés. Transféré à Birmingham en Angleterre, il passe 46 jours aux soins intensifs. Il survit. Un miracle. Il subit 37 opérations en un an avant de pouvoir quitter l’hôpital.
    Façonner ma vie future

    Invité par le Centre international de déminage humanitaire (GICHD) à Genève à l’occasion de la 22e Conférence internationale de Mine Action réunissant plus de 300 responsables nationaux et onusiens au Palais des Nations jusqu’à vendredi, ce Britannique de 47 ans n’est pas du genre à s’apitoyer sur son sort. A l’ONU, mardi matin, équipé de ses deux prothèses, il lâchera devant un parterre plutôt rangé : « Si je n’avais plus été capable de faire de la photo, j’aurais préféré mourir en Afghanistan. »

    « J’ai d’emblée perdu mes ressources financières, ma maison, ma fiancée, poursuit Giles Duley. J’ai vécu dans une petite chambre où même ma chaise roulante ne rentrait pas. Tout le monde voulait façonner ma vie future. A moi qui avais été un sportif (boxe et athlétisme), on m’avait dit, un an après l’Afghanistan, que j’allais pouvoir désormais m’intéresser aux Jeux paralympiques de Londres de 2012. » Une remarque offensante pour lui qui voit le handicap comme l’incapacité de faire ce que l’on veut faire.

    « Or aujourd’hui, je fais ce que j’aime. Je suis un meilleur photographe qu’avant. » Dans son appartement de Hastings faisant face à la mer, ce Londonien s’en fait un point d’honneur : son appartement n’est pas aménagé spécialement pour lui. Il rappelle qu’il y a quelque temps, il posait vêtu de noir, avec les amputations visibles, sur un tronc blanc pour un autoportrait, prouvant qu’il acceptait son nouveau physique. « Au British Museum, explique-t-il, il y a bien des statues en partie abîmées qu’on continue de trouver belles. »

    Pour la seule année 2018, Giles Duley, exemple de résilience, a voyagé dans 14 pays. Avec la photo comme raison d’être, de vivre. Pour documenter les horreurs réelles de la guerre : « Je ne suis pas un reporter de guerre. Je suis anti-guerre. Je ne photographie jamais des soldats au combat. » Son empathie pour les sujets qu’il photographie est décuplée. En 2015, le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) lui confie un mandat pour raconter la crise des migrants de Syrie en lui donnant pour seule directive : « Suis ton cœur. » Une manière de bien cerner le personnage.

    A Lesbos, l’arrivée de migrants épuisés le touche profondément. Il le confesse au Temps : « Je n’ai pas que des blessures. Mes souffrances physiques et émotionnelles sont quotidiennes. Mais c’est précisément cela qui me connecte aux gens. » Giles Duley n’a plus la même palette de possibilités qu’auparavant. Mais il s’en accommode : « Les limites que je peux éprouver me forcent à davantage de créativité. » D’ailleurs, ajoute-t-il, « les meilleures photos ne sont pas celles qu’on prend, mais celles qu’on nous donne ».
    Une vérité, pas la vérité

    Quand, en 2014, il rencontre Khouloud dans un camp de réfugiés dans la vallée de la Bekaa au Liban, il est touché par cette Syrienne, atteinte par un sniper à la colonne vertébrale et alitée dans une tente de fortune depuis plusieurs mois. Un cliché la montre en compagnie de son mari, « une scène d’amour » davantage qu’une scène dramatique dans un camp de réfugiés, relève-t-il. Deux ans après sa première rencontre, il constate que Khouloud est toujours dans la même tente. La situation l’insupporte. Il lance une campagne de financement participatif pour lui venir en aide. Un jour, il recevra de Khouloud, médicalement traitée aux Pays-Bas, un message disant « Vous m’avez redonné ma vie. »

    Giles Duley reste honnête. Ses photos ne représentent pas la réalité, mais une réalité qu’il a choisie. Préférant le noir et blanc, il aime utiliser un drap blanc comme seul arrière-fond pour effacer tout contexte : « Si je photographie une personne dans un camp de réfugiés, on va se limiter à la voir comme une réfugiée. Or elle est bien autre chose. Elle n’est pas née réfugiée. »
    La puissance de l’esprit

    Aujourd’hui directeur de sa fondation Legacy of War, Giles Duley estime être « l’homme le plus chanceux du monde » à voir les milliers de mutilés qui croupissent dans des conditions de vie inacceptables. Dans une interview avec Giles Duley, Melissa Fleming, directrice de la communication au HCR, le relève : « Au cours de toute ma vie, je n’ai jamais rencontré une personne aussi forte, ayant été si proche de la mort et capable de recourir à la puissance de son esprit et de sa volonté pour surmonter » l’adversité.

    La vocation de Giles n’était toutefois pas une évidence. Des cinq frère et sœurs, il est le plus « difficile ». Les études ne le branchent pas, au contraire du sport. Il décroche une bourse d’études aux Etats-Unis pour la boxe, mais un accident de voiture met fin à ses espoirs. Il se lance dans la photo de groupes de rock (Oasis, Marilyn Manson, Lenny Kravitz, etc.) et de mode. Mais un jour, face à une jeune actrice en pleurs dans un hôtel londonien, il réalise que la photo de mode ne le rend plus heureux. Il abandonne, travaille dans un bar, cédant brièvement à la dépression et à l’alcool.
    A 30 ans, une nouvelle vocation

    Mais comme une bouée de sauvetage, il se souvient d’un cadeau laissé par son parrain à peine décédé quand il avait 18 ans : un appareil photo Olympus et Unreasonable Behaviour, l’ouvrage autobiographique de la légende de la photo Don McCullin. Les images du Vietnam et du Biafra le bouleversent. A 30 ans, il identifie sa nouvelle vocation : raconter par l’image l’histoire personnelle des victimes oubliées du cynisme humain à travers la planète. Pour leur donner la chance d’une nouvelle vie. Malgré les douleurs qui ne le lâchent jamais. Ou peut-être à cause d’elles.

    https://www.letemps.ch/monde/giles-duley-survivre-mieux-photographier-victimes-guerre
    #photographie #victimes_de_guerre #handicap #autonomie
    ping @albertocampiphoto @philippe_de_jonckheere


  • #El_Paso to Trump: Stop Telling Lies About Us

    The president is holding a rally in the city on Monday. El Paso leaders are not pleased.

    President Donald Trump used his State of the Union address on Tuesday to repeat the made-up claim that border barriers “immediately” saved El Paso from being one of America’s most dangerous cities. On Wednesday, Trump’s reelection campaign announced that he will double down on the lie by holding a rally on Monday at the El Paso County Coliseum.

    Local officials have not been pleased with Trump’s interest in their city. “What he’s saying and doing is extremely insulting,” says Peter Svarzbein, one of El Paso’s eight district representatives. He adds that Trump’s message is also damaging to El Paso’s economy at a time when the city is trying to attract professionals and students.

    Alexsandra Annello, another district representative, says it was disappointing to hear Trump continuing to mislead Americans. “El Paso has been a diverse, binational, bilingual community,” she says. “And it has been safe long before the fence was put up.”

    Trump’s claim that El Paso went from being one of America’s most dangerous cities to one of its safest because of a border fence is entirely false. El Paso’s violent crime rate peaked in 1993 and fell by more than a third by 2006. The El Paso Times reported in January, “From 2006 to 2011—two years before the fence was built to two years after—the violent crime rate in El Paso increased by 17 percent.” El Paso is now one of the safest cities in America.

    After Trump’s speech, El Paso County Sheriff Richard Wiles, a Democrat, said in a statement, “It is sad to hear President Trump state falsehoods about El Paso, Texas in an attempt to justify the building of a 2,000-mile wall…El Paso was a safe city long before any wall was built.” Rep. Veronica Escobar, the Democrat who replaced Beto O’Rourke in Congress, called Trump’s El Paso reference a “sucker punch” in an interview with the El Paso Times.

    El Paso’s Republican mayor Dee Margo tweeted that “El Paso was NEVER one of the MOST dangerous cities in the US” but called Trump’s upcoming visit “a positive” on Wednesday.

    Svarzbein lamented that if Trump actually came to El Paso with an open mind, he would see the benefits of a free exchange of people and ideas across the border, between El Paso and the Mexican city of Ciudad Juárez. “You constantly have people from outside of this city and this region that don’t understand those dynamics,” Svarzbein says. “They don’t understand that the border is a blessing.”

    He says, “I really wish this president would come here to see how these two cities thrive with each other, not in spite of but because of our relationships.”

    https://www.motherjones.com/politics/2019/02/el-paso-to-trump-stop-telling-lies-about-us
    #mensonges #fake_news #USA #Trump #sécurité #murs #frontières #barrières_frontalières #tur_tur


  • Bangladeshis being killed 20km inside India, says BGB chief

    Border Guard Bangladesh director general major general Md Shafeenul Islam on Wednesday said Bangladeshi people were being killed 20 kilometres inside India and he condemned those incidents as ‘killings’ in the name of fighting petty crimes while refusing to accept the conventional category — ‘border killing.’
    Border Guard Bangladesh chief came up with a new definition at a programme held at the border force headquarters in Peelkhana during the inaugural ceremony of a Data Centre.
    The BGB chief went on to add, ‘Human life is very important whether it is our citizen or theirs. Our force is cognizant of human rights. No killing is acceptable to us.’
    ‘But the term border killing is a misnomer. It implies that the killing has taken place on the border,’ the BGB chief told the reporters and hastened to ask, ‘Can we term these murders “border killings” when they take place 15 to 20 kilometres inside [Indian] border?’
    He pointed out to the journalist that a spade should be called a spade and termed every murder as ‘killing.’ He further said that it is killing in the name of fighting ‘petty crimes’.
    If the killing took place within 200 yards of the border or on the no man’s land it could be termed as border killing, he argued.
    Asked whether he had any statistics on such killings inside the Indian territory or in areas proximal to the border, he said this year eight Bangladeshis were killed so far.
    BGB chief took issue with such incidents. ‘Why do members of Indian Border Security Force are killing Bangladeshis instead of arresting them. Bangladeshi people were getting killed when the Indian force were supposed to use non-lethal weapons instead of lethal ones,’ he added.
    The BSF troops join the rank from various regions across India including Kashmir, and they need more time to become sensitised to the people living near the border areas. They easily become ‘trigger-happy’ when Bangladeshis are involved, said the BGB chief.
    Last year, he said border killing was reported until October. It increased slightly during the winter.
    ‘Due to the fog in winter, the illegal trespassing usually increases. People cross the border even by cutting the barbed wire fences,’ said BGB chief.
    He said they have intensified their vigilance along the western frontier so that none can cross the border.
    ‘We are arresting people every day when they set out to cross the border,’ he added.
    According to the Border Guard chief, they have now a digital surveillance system in place on Putkhali border to check the border crime while another surveillance system was under trial on Tekhnaf border.
    They have started getting benefits of the surveillance systems, he said, adding, ‘We expect that human trafficking and smuggling will reduce in the border regions.’
    He said their troops were facing extreme hardship to protect the borders. ‘We can give better protection of borders once we will have border road that are yet to be constructed,’ he said, adding, ‘There are many border outposts which need seven days to reach.’
    Binoy Krishna Mallik, executive director of Rights Jessore, said it doesn’t matter how far the place of incident is from the border, it is important whether it is related to the border or border forces. These are nothing but border killings,’ he told New Age.
    As of February 3, 2019, the Indian Border Security Force shot dead seven Bangladeshi in less than five weeks along the Bangladesh-India border.
    According to Ain o Salish Kendra six Bangladeshis were shot dead by BSF along border in January, four of them on the Thakurgaon frontier and one each on Nilphamari and Rajshahi border.
    In 2018, ‘trigger-happy’ BSF killed 14 Bangladeshis, according to the Kendra.
    According to Odhikar, at least 1,144 Bangladeshi were killed by the Indian border force between 2001 and 2018. Bangladesh and India share a border of 2,429 miles.

    http://www.newagebd.net/article/64063/bangladeshis-being-killed-20km-inside-india-says-bgb-chief
    #meurtres_aux_frontières #frontières #mobile_borders #frontières_mobiles #décès #mort #murs #barrières_frontalières #Bangladesh #Inde #zone_frontalière

    –-> et la question sur les #mots :

    ‘But the term border killing is a misnomer. It implies that the killing has taken place on the border,’ the BGB chief told the reporters and hastened to ask, ‘Can we term these murders “border killings” when they take place 15 to 20 kilometres inside [Indian] border?’

    #terminologie #vocabulaire


  • Une étudiante marocaine à l’université de Lille bloquée au centre fermé Caricole de Steenokkerzeel _ Grégoire Ryckmans - 4 Février 2019 - RTBF -

    https://www.rtbf.be/info/societe/detail_une-etudiante-marocaine-a-l-universite-de-lille-bloquee-au-centre-ferme-

    Une Marocaine de 19 ans, étudiante à l’université de Lille 2 en sciences politiques, est actuellement détenue au centre fermé Caricole de Steenokkerzeel.

    Ce dimanche, Rania Akrache retourne vers la France après avoir passé trois jours au Maroc, son pays d’origine. Étant donné qu’il n’y a pas de vols directs entre Casablanca et Lille, l’étudiante opte pour un vol vers Bruxelles pour y transiter rapidement avant de retourner vers le nord de la France. 


    La jeune étudiante lors d’une visite touristique à Bruxelles. - © RTBF

    À son arrivée à l’aéroport de Bruxelles-National vers 17 heures, la jeune fille présente comme pièce pour voyager son récépissé de demande de titre de séjour français. La jeune fille ne le sait pas, mais celui-ci ne lui permet d’atterrir qu’en France. Elle est alors interrogée et placée à l’isolement par la police de l’aéroport. 

    Victime de menaces et de moqueries
    Rania contacte alors sa famille au Maroc depuis sa cellule pour leur expliquer la situation. Sa sœur Rim témoigne des messages échangés. Elle évoque « des propos moqueurs, pendant qu’elle s’effondre en larmes et qu’ils en rigolent ».

    « Elle ne fait que pleurer. On ne lui permet pas de poser des questions, et lorsqu’elle dit qu’elle a du mal à respirer, on ne lui répond pas. La police belge de Zaventem la menace de rester dix jours dans la pièce en question si elle ne se résigne pas à signer le papier disant qu’elle passerait la nuit dans un centre de détention pour immigrés avant de reprendre un vol le lendemain pour Casablanca, au lieu de l’envoyer en France, là où elle réside, à quarante minutes seulement de l’aéroport de Zaventem ». 

    « Alors qu’elle fait des études universitaires en France, on lui demande su un ton moqueur si elle a besoin d’un traducteur », ajoute Rim.

    Pour la jeune femme, sa sœur est traumatisée suite à cet épisode : « Elle n’a pas l’habitude de ce genre d’incidents. » Contactée par la RTBF, la police fédérale dit examiner les faits. 

    Le consulat parle d’une situation toujours problématique
    Rania n’est pas la seule à se voir refouler à son arrivée en Belgique. Un récépissé d’une demande de titre de séjour français permet à son détenteur de retourner dans le pays où a été faite la demande (la France dans ce cas), mais il ne permet pas de voyager dans un autre pays, même s’il fait partie de l’espace Schengen.

    Le problème est connu par le consulat et l’ambassade du Maroc en Belgique. Même si certains ressortissants marocains passent entre les mailles du filet en passant par la Belgique pour retourner en France avec un récépissé de demande de permis de séjour français, le document ne permet effectivement pas l’accès au territoire belge.

    Fouad Mejloufi, attaché au consulat général du Maroc explique que c’est un cas connu et très problématique pour leurs services. Il estime que dans ces cas, il y a neuf chances sur dix pour que la jeune fille soit refoulée directement au Maroc sans passer par la France. Il insiste sur le fait que les titres de séjour ne sont valables que dans le pays où ils sont émis et que les ressortissants devraient être mieux informés. L’office des étrangers qui est en charge de trancher ces cas ne transige pas, nous explique aussi l’attaché au consulat général du Maroc.

    Contacté par la famille, l’ambassade marocaine à Bruxelles nous indique suivre la situation et tenter de résoudre la situation de la jeune ressortissante marocaine. Tout comme le consulat, celle-ci précise que selon le pays, il faut être détenteur d’un Visa pour pouvoir y transiter.

    La famille est inquiète
    Rania Akrache (deuxième à gauche sur la photo) avec des amies venues lui rendre visite à l’aéroport de Zaventem. - © Tous droits réservés
    Depuis son arrivée au centre Caricole, la famille de la jeune fille est sans nouvelle. « Nous attendons encore son retour, et depuis qu’elle est en centre de détention elle n’a pas de téléphone et ne peut nous contacter. Un ami s’est rendu à l’aéroport mais on ne lui a pas permis de la voir, ni de lui parler. Ses copines se sont rendues très tard le soir au centre de détention où elles ont pu la voir pendant 5 min seulement ».

    La famille Akrache espère cependant que la situation pourra être rapidement réglée et que l’étudiante en sciences politiques pourra rapidement sortir du centre fermé et rejoindre son université de Lille 2. Mais il y a de fortes chances que la jeune fille doive repasser par le Maroc pour pouvoir rentrer en France.

    #rétention #détention_administrative #détention #prisons #centres #université_de_Lille #Maroc #Belgique #ue #union_européenne #frontières #europe #murs #barrières_frontalières #fermeture_des_frontières #Steenokkerzeel


  • Israel starts construction on 20-foot-high fence surrounding #Gaza

    Covered in barbed wire and sensors, new fence to sit atop tunnel-blocking subterranean wall and connect to sea barrier.
    The Defense Ministry has begun the final phase of construction of a 20-foot high galvanized steel fence that will completely surround the Gaza Strip, Israeli officials said Sunday.

    The barrier will extend 65 kilometers (40 miles) miles around the enclave and sit atop the subterranean concrete wall Israel is constructing around the Gaza Strip to block terrorist groups’ attack tunnels from the coastal enclave.

    Prime Minister Benjamin Netanyahu said the barriers were needed to “prevent the infiltration of terrorists into our territory,” at the start of weekly cabinet meeting.

    The fence will connect to the barrier recently built out into the Mediterranean Sea from north of Gaza, the Defense Ministry said in a statement.

    The overall Gaza barrier project is due to be completed by the end of 2019, according to the army.

    “On Thursday, we began work on the final component of the Gaza Strip border barrier project. The obstacle is unique and specially designed to protect against the threats from the Strip and to give a superior solution to preventing infiltration into Israeli territory,” said the head of the project, Brig. Gen. (res.) Eran Ofir.

    The barrier project is expected to cost approximately NIS 3 billion ($833 million), with each kilometer of the underground portion of the barrier costing approximately NIS 41.5 million ($11.5 million). The above-ground fence is significantly cheaper, at just NIS 1.5 million ($416,000) per kilometer.

    The new fence surrounding the Gaza Strip will be constructed within Israeli territory, a few dozen meters east of the current shorter, more easily penetrable fencing. The old barrier will not be removed.

    According to the Defense Ministry, the new galvanized steel fence will weigh approximately 20,000 tons and comes equipped with a number of sensors and other “modern security components.”

    The barrier is being constructed jointly by the Israel Defense Forces-Defense Ministry Borders and Security Fence Directorate, run by Ofir, who has overseen the construction of barriers along Israel’s borders with Egypt, Jordan, Syria and Lebanon.

    In 2016, Israel began construction of the new barrier around the Strip, focusing first on the underground portion, following the 2014 Gaza war in which Hamas used subterranean attack tunnels to deadly effect against Israeli troops.

    Over the past two years, work has persisted on the underground sensor-studded concrete wall, despite regular riots and clashes along the border and occasional attacks on the construction sites.

    In addition, the Defense Ministry built a barrier extending out from Israel’s coast aimed at preventing maritime infiltration from Gaza, as occurred in the 2014 war when a team of Hamas naval commandos landed on the beach near the community of Kibbutz Zikim before they were killed by Israeli forces. Construction of the undersea wall and breakwater was completed last month.

    The new above-ground fence will begin at the Egyptian-Israeli-Gaza border, near Kerem Shalom, and will continue out to the sea barrier, according to the Defense Ministry.

    “The above-ground barrier… is another important element in the defense of the [Israeli] communities surrounding Gaza, which already includes: the sea barrier, which provides a response to terrorist infiltration from the sea to the west, and the underground barrier that surrounds the Strip and is meant to prevent the digging of terror tunnels into Israel,” the ministry said.

    The military proposed building the barrier following the 2014 Gaza war, known in Israel as Operation Protective Edge. During the fighting, Hamas made extensive use of its tunnel networks to send fighters into Israel as well as to move its terrorist operatives and munitions within the Gaza Strip.

    Hundreds of people, some Israeli and others from abroad, are involved in the project, wearing flak jackets and under guard by IDF soldiers as protection against attack from terror groups in the Strip.

    Concrete factories were built next to the Gaza Strip to speed up construction.

    To build the underground wall, the workers use a hydromill, a powerful piece of drilling equipment that cuts deep, narrow trenches into the earth, which was brought to Israel from Germany.

    In addition to opening up the ground where the barrier will be constructed, the hydromill also exposes any previously undiscovered or newly dug Hamas tunnels that enter Israeli territory. The space left behind by the hydromill — and any Hamas tunnels that get in the way — is then filled with a substance known as bentonite, a type of absorbent clay that expands when it touches water.

    This is meant to prevent the trenches from collapsing, but also has the additional benefit of indicating the presence of a tunnel, as the bentonite would quickly drain into it. Workers then pour regular concrete into the trench. Metal cages with sensors attached are then lowered into the concrete for additional support.


    https://www.timesofisrael.com/israel-starts-construction-on-20-foot-high-fence-surrounding-gaza/amp
    #murs #barrières_frontalières #frontières #Israël
    ping @reka


  • Débat : « L’emmurement du monde disloque de l’intérieur les #sociétés »
    http://theconversation.com/debat-lemmurement-du-monde-disloque-de-linterieur-les-societes-1103

    ... la #murophilie actuelle revêt trois #dangers inédits. Elle introduit une disjonction potentiellement explosive entre, d’une part, une intégration forcenée de la planète dans les domaines de la #finance, du commerce, de la technologie, du sport, des loisirs, de la culture matérielle ou spirituelle, et, d’autre part, le #cloisonnement de plus en plus coercitif, voire militarisé, du marché international de la force de #travail et de la circulation des personnes.

    S’imaginer que la majorité de l’humanité va rester sur le seuil du magasin de la #globalisation, qu’on lui interdit de franchir, sans défoncer sa porte et faire voler en éclat sa vitrine relève de l’irénisme.

    En deuxième lieu, l’#endiguement des #barbares corrompt de l’intérieur la #cité qu’il prétend protéger. Il implique des régimes juridiques dérogatoires au détriment des étrangers, assimilés à des #ennemis. Ces législations progressivement s’étendent aux #citoyens eux-mêmes, instaurent des états d’exception qui deviennent des États d’exception, et banalisent une abjection d’État, laquelle s’institutionnalise en États d’#abjection.

    Au nom de la lutte contre le #terrorisme et l’#immigration clandestine, les #libertés publiques sont de plus en plus menacées dans les pays occidentaux ; le #droit d’asile et le droit de la mer sont bafoués ; la #politique de refoulement de l’#Union_européenne provoque chaque année plus de morts en #Méditerranée et dans le #Sahara que trois décennies de guerre civile en Irlande du Nord ; les #États-Unis séparent les enfants de leurs parents en attendant la construction de la barrière anti-latinos sur leur frontière avec le #Mexique ; #Israël a perdu toute mesure dans le containment des Palestiniens ou l’expulsion des Africains. Or, cet État d’abjection reçoit l’onction du suffrage universel et peut se réclamer d’une #légitimité démocratique. Avec et derrière les #murs prospère la « #servitude_volontaire ».

    Enfin, l’emmurement du monde disloque de l’intérieur les sociétés. Il privatise l’espace public et la ville elle-même. Il externalise les frontières des États les plus puissants au sein d’autres États dépendants, à l’instar de l’Union européenne au Sahel, et éventre leur #souveraineté.

    Il recourt à la #biométrie qui le rend invisible, et son immatérialité segmente à l’infini la cité. Dans la Chine orwellienne d’aujourd’hui, par rapport à laquelle le totalitarisme maoïste prend des airs de passoire, chaque escalier mécanique, chaque carrefour, chaque place, surveillé électroniquement, est un mur qui reconnaît en vous le bon ou le mauvais citoyen, et peut vous empêcher de monter dans l’avion ou le train. Il est à craindre que les marchands de #peur et de biométrie n’appliquent vite la recette aux #démocraties libérales. Murs de tous les pays, unissez-vous !


  • Géographies en mouvement - L’amour des murs - Libération.fr
    http://geographiesenmouvement.blogs.liberation.fr/2019/01/28/lamour-des-murs

    L’amour des murs, sentiment universel

    On peut – avec raison – s’offusquer de l’obsession de Trump pour « son » mur, prolongement de la barrière érigée à partir de 2006 sous la présidence de George W. Bush. Mais il faut garder à l’esprit un autre chiffre : depuis la chute du Mur de Berlin en 1989, les États membres de l’Union européenne et/ou de l’espace Schengen ont construit, le long de leurs frontières, près de 1000 km de murs[2]. Sans compter les systèmes de surveillance de toutes sortes – les « murs virtuels » – ni les patrouilles en Méditerranée, les limites physiques de la « forteresse Europe » s’étendent aujourd’hui sur une distance plus de six fois supérieure à celle de la double ligne de béton armé érigée en 1961 par le gouvernement est-allemand.

    #murs #frontières


  • Why a #high-tech border wall is as silly as a physical one

    Opinion: Technology is an attractive answer, but it’s no panacea for economic and geopolitical problems at the border.

    There’s a loud and growing chorus of opposition to a physical border wall. That view is shared by leaders of border cities like McAllen, Texas, by every congressman representing a district along our 2000-mile-long southern border, and by the majority of Americans (to say nothing of a long list of bygone societies stretching from the Ming Dynasty to East Germany). Tying a partial government shutdown to funding for the wall has also been deeply unpopular, and the president’s historically low approval ratings were slumping further during the shutdown.

    Out of the political jockeying during the longest partial government shutdown in American history, there’s one idea everyone seems eager to agree on: Technology can help redress serious problems at the border. It’s an attractive, almost magic-sounding solution, lending a Silicon Valley ring to a stale debate. In the rhetorical shoving match over a physical wall, it’s become the rallying cry for those seeking sensible alternatives.

    Unfortunately, border technology is not the panacea many people think. And in many of its applications it runs counter to our core values.

    Increasing border security with a force field of sensing and response technology, what many are calling a digital or virtual wall, isn’t a new idea — in fact, it’s about 50 years old and grew out of strategies and technologies first developed during the Vietnam War. And it hasn’t worked.

    Technology already in place

    There are currently about 12,000 motion and seismic sensors along the U.S. border with Mexico, along with a vast electronic perimeter of radar and high definition cameras. Predator B drones have extended the radar net in places and can pick out a snake slithering through brush a mile away. Miniature facial recognition drones, 3D mapping technology, tethered blimps first developed to guard forward operating bases in Afghanistan, tunnel-navigating ground robots used in Iraq, invisible dyes dropped from the air to mark migrants, and acoustic deterrents of various types have all been tested or deployed along the border. (Here’s an excellent article on the history of this technology buildup by Lauren Etter and Karen Weise.)

    Meanwhile, electronic fingerprinting has been in use by immigration enforcement officials since the 1990s to track the massive flow of people, legal and illegal, across U.S. borders. Border security agents currently have access to military-grade technology like nightscopes, suppressors, infrared and holographic sights, and a thick catalog of tactical weapons and gear.

    We’re not talking about small-scale pilot programs or testbeds, either — far from it. In the mid-2000s, the America’s Shield Initiative and Integrated Surveillance Intelligence System cost taxpayers billions. The objective was “to use the right technology at the right places for the right terrain to … have the rapid response capability to get to the points of intrusions to increase our overall apprehension rate,” CBP Commissioner Robert Bonner told the House Appropriations subcommittee on Homeland Security in 2006.

    Soon after, George W. Bush kicked off the #Secure_Border_Initiative, what he called “the most technologically advanced border security initiative in American History.” And just this past March, the latest government spending bill allocated $400 million for border technology. During what’s become a perennial state of frenzy over illegal immigration, it’s safe to say there’s been a decades-old gold rush to bring tech to the border. Rather than promoting new technology development, battle tested technology has migrated over from the defense sector. Contractors are reaping the benefits.

    And what are the results of all this technology on immigration? Well, here’s how President Trump feels: “We can’t have people pouring into our country like they have over the last 10 years.”

    Scrutinizing that assertion through the lens of reality is an exercise in confronting just how bellicose and misinformed the immigration debate has become, but the important takeaway is that a lot of people believe there’s still a big problem at the border despite the massive investment in technology. Maybe it’s time to reevaluate our faith in a digital fix. Maybe it’s also time to reevaluate the problem.

    https://www.zdnet.com/article/why-a-high-tech-border-wall-is-as-silly-as-a-physical-one
    #technologie #murs #barrières_frontalières #frontières #migrations


  • Denmark Is Building a Border Wall to Keep Boars Away Amid Swine Fever Fears

    Denmark began construction Monday morning on a 42-mile border fence designed to keep out wild boar from neighboring Germany.

    The government chose to erect the barrier amid fears that African swine fever is spreading across Europe, it said in a statement. An outbreak of the disease, which is highly contagious, has no cure and is fatal to pigs, was recorded in nearby Belgium in late 2018.

    (...)

    The fence will be five feet tall, designed to allow larger animals such as deer to jump over it. The government says the project, which will be completed in fall 2019 and is expected to cost $12 million, is “common sense.”

    http://time.com/5514415/denmark-border-wall-boars

    #Danemark #frontières #barrières_frontalières #murs #santé #peste_porcine #Allemagne #élevage #porcs



  • Les barbelés de clôtures, abandonnés par l’#Espagne mais maintenus par le #Maroc ?

    Alors que le gouvernement espagnol a annoncé vendredi qu’il abandonnera les barbelés de clôtures séparant #Ceuta et #Melilla du Maroc, ce dernier serait en train de mettre en place une nouvelle clôture autour des deux enclaves..

    Le gouvernement espagnol a approuvé vendredi un plan de modernisation visant à supprimer les barbelés de clôtures séparant Ceuta et Melilla du Maroc.

    Selon le média espagnol Info Libre, cette annonce intervient sept mois après que le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, s’était prononcé contre ce dispositif. La même source rappelle que ces barbelés de clôtures causent de graves blessures aux migrants qui tentent d’accéder illégalement aux deux enclaves espagnoles.

    Le gouvernement espagnol pour des moyens « plus surs mais moins sanglants »

    « Le retrait des clôtures et leur remplacement par de nouveaux équipements avec une technologie de pointe permettra de renforcer la sécurité sans blesser » ces migrants, poursuit-on de même source. Cette opération concernera d’abord les « zones frontalières les plus vulnérables ».

    Malgré l’insistance de l’opinion publique espagnole, Grande-Marlaska n’a pas précisé en quoi son ministère rendrait les clôtures plus sûres, mais il a cité un rapport technique du gouvernement de Rajoy. Ce document, cité par les médias espagnols, avait établi que les barbelés n’étaient plus dissuasifs pour les migrants, ce qui justifie la décision de les remplacer par des moyens « plus sûrs mais moins sanglants ».

    Toutes les actions seront développées en coordination avec le Royaume du Maroc, chargé de la surveillance de l’autre côté de la frontière, a précisé le ministre. Ce dernier a indiqué aussi que les travaux commenceront cette année par l’installation d’un nouveau système de surveillance en circuit fermé.

    « L’amélioration du réseau de fibre optique ou l’extension du circuit fermé de vidéosurveillance jusqu’au territoire marocain sont également prévues, tout comme l’adaptation des zones de transit de personnes à Tarajal (Ceuta) et d’autres passages frontaliers et l’installation de dispositifs de reconnaissance faciale », poursuit le média espagnol.

    Les « concertinas » maintenus par le Maroc ?

    Avec ces actions, le gouvernement montre sa volonté de prendre « très au sérieux la sécurité des migrants et le respect des droits de l’Homme », a déclaré Grande-Marlaska. Cette mesure intervient dans le cadre d’un large plan annoncé par le gouvernement pour l’amélioration des infrastructures de sécurité de l’Espagne, conclut Info Libre.

    De son côté, le média local Ceuta Actualidad a rapporté ce samedi que le Maroc serait en train d’installer, au niveau sa frontière avec Ceuta, une clôture avec des fils barbelés concertinas. « Pour le moment, les travaux ont commencé dans la région de Finca Berrocal. La clôture, plus petite que celle des Espagnols, sera située à quelques mètres de celle-ci », précise-t-il.

    « Avec cette mesure, un migrant qui veut accéder à Ceuta devra d’abord franchir la barrière marocaine puis un deuxième obstacle. De cette manière, il sera très difficile pour un migrant de pénétrer sur le territoire espagnol sans être intercepté à mi-parcours », détaille-t-il.

    Et Ceuta Actualidad de conclure : « Désormais, les #concertinas (#fils_barbelés, ndlr) seront placées du côté marocain » de la frontière.

    https://www.yabiladi.com/articles/details/73546/barbeles-clotures-abandonnes-l-espagne-mais.html

    #murs #barbelés #barrières_frontalières #frontières #asile #migrations #réfugiés #fil_barbelé

    • Le Maroc remplace les #lames_coupantes retirées des clôtures espagnoles de Ceuta et Melilla

      « Il sera désormais presque impossible pour les immigrants d’arriver à Ceuta ou à Melilla, et avec l’argent européen, nous protégeons nos frontières », a déclaré une source autorisée du ministère de l’Intérieur à El Mundo. Et pour cause, révèle la même source, le financement de 140 millions d’euros promis par l’Union européenne au Maroc et dont plus de 30 millions ont d’ores et déjà été injectés dans le budget du « cordon de sécurité », servira en priorité à ériger une double barrière hérissée de lames coupantes et d’un profond fossé en amont de la clôture espagnole.

      Le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, avait, quant à lui, annoncé que les lames, qui avaient suscité une vive polémique en Espagne après de graves blessures infligées à des migrants subsahariens, seraient retirées des « zones les plus vulnérables » des clôtures de Ceuta et Melilla.

      Comme l’avait expliqué Marlaska, le système de protection espagnol « sera renforcé, mais sans moyens sanglants », simplement parce-que ces « moyens sanglants » sont désormais pris en charge… par le Maroc. « Nous sommes prêts à jouer à nouveau le mauvais rôle tant que l’Espagne et l’Europe respectent ce qu’elles ont promis. Si elles ne veulent pas d’immigrants, elles doivent nous procurer plus d’argent, de moyens et de formation », a expliqué à El Mundo, le haut responsable du ministère de l’Intérieur. Résultat : les lames de la partie espagnole vont disparaître. Mais le Maroc les remplace…


      https://mobile.ledesk.ma/encontinu/le-maroc-remplace-les-lames-coupantes-retirees-des-clotures-espagnoles


  • Breaking: #Canada Announces That Its Border Wall Is Already Finished | The Inertia
    https://www.theinertia.com/comedy/canada-announces-border-wall-finished

    In incredible news out of Canada, officials have happily announced that the country easily finished its own border wall in the past 21 days while everyone was distracted by the U.S. government shutdown. And it was a simple solution: one of the snowiest countries in the world used its overabundance of frozen water to create a border wall spanning nearly 4,000 miles from the shores of British Columbia in the west to New Brunswick in the east. The purpose? Keep weed-puffing, hard-drinking Americans seeking better times out of the country.

    “For years, Americans have crossed our borders to bypass repressive laws and governments in their own country, simply to have a better time, be it the drinking age limit or, more recently, to smoke weed legally,” announced Canadian Prime Minister Justin Trudeau. “Well, those benefits are for our citizens.”

    #mur #etats-unis

    Editor’s Note: If you didn’t figure out this was #satire within the first few sentences, shoot us a note and we’ll send someone to hit you over the head with a frying pan immediately.


  • USA : Le débat sur le mur éclipse d’autres problèmes à la frontière américaine Elliot Spagat et Colleen Long - Associated Press à San Diego - 5 Janvier 2019 - Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/monde/etats-unis/544912/le-debat-sur-le-mur-eclipse-nombre-d-autres-problemes-a-la-frontiere

    À Washington, tout tourne autour du mur. À la frontière avec le Mexique, ce n’est pourtant qu’une partie de l’histoire.

    Les autorités frontalières se débattent avec des installations obsolètes mal équipées pour faire face à l’augmentation croissante du nombre de familles de migrants, ce qui entraîne le relâchement au quotidien d’immigrants dans la rue. Le système judiciaire d’immigration est tellement encombré que certains attendent des années avant que leurs affaires ne soient résolues et manquent de fonds pour des services de base comme celui d’un traducteur en personne.


    Photo : Daniel Ochoa de Olza Associated Press Une femme se promène sur le flanc mexicain de la clôture frontalière qui sépare San Diego, aux États-Unis, et Tijuana, au Mexique.

    Une augmentation du nombre d’enfants malades arrivant à la frontière pèse aussi lourdement sur les ressources en santé.

    Malgré tout, le débat à Washington a porté presque exclusivement sur les 5 milliards de dollars de financement réclamés par le président Donald Trump pour un mur. Les autres propositions en cours de discussion maintiendraient le financement du reste du département de la Sécurité intérieure aux niveaux existants.

    « Le mur est un outil. Malheureusement, même s’il est construit tout au long de la frontière, il ne résoudra pas tous les problèmes », a souligné Victor M. Manjarrez, ancien chef des patrouilles frontalières avec plus de 20 ans d’expérience, et aujourd’hui professeur à l’Université du Texas-El Paso.

    Le président Trump a laissé entendre que les migrants ne prendraient pas la peine de venir s’il parvenait à ses fins avec le mur frontalier, ce qui rendrait d’autres enjeux d’immigration moins problématiques. Des murs et des clôtures couvrent actuellement environ un tiers de la frontière — principalement construits sous le gouvernement du président George W. Bush — et M. Trump souhaite les prolonger et les fortifier. Toutefois, la sous-traitance, la conception et la construction de nouveaux systèmes de murs dotés de technologies de pointe pourraient prendre des années.

    M. Trump a rencontré vendredi les leaders du Congrès américain qui ont déclaré que le président prévenait que la paralysie budgétaire pourrait durer encore « des années ». Le président a dit plus tard qu’il envisagerait d’utiliser le pouvoir exécutif pour construire un mur à la frontière.

    « Vous pouvez appeler cela une barrière, vous pouvez appeler ça comme vous voulez », avait déclaré M. Trump un jour plus tôt, accompagné de représentants de travailleurs à la frontière. « Mais essentiellement, nous avons besoin de protection dans notre pays. Nous allons y arriver. Les gens de notre pays le veulent. »

    Dans le même temps, la Chambre a adopté un projet de loi jeudi soir visant à financer le gouvernement sans les 5 milliards souhaités par M. Trump, la nouvelle présidente démocrate Nancy Pelosi qualifiant le mur « d’immoral ».

    Des familles qui ne veulent pas échapper à la capture
    Le débat néglige d’importants goulots d’étranglement dans le système d’immigration alors que de plus en plus de familles et d’enfants voyageant seuls se présentent aux autorités pour demander l’asile, au lieu d’essayer d’échapper à la capture, comme presque tout le monde le faisait il y a quelques années. Dans certains cas, des migrants escaladent la barrière frontalière existante et recherchent des agents pour se rendre.

    L’arriéré des tribunaux d’immigration a plus que doublé pour atteindre 1,1 million de cas depuis peu avant l’entrée en fonction de M. Trump, selon Transactional Records Access Clearinghouse de l’Université de Syracuse. Les familles et les enfants comptent maintenant pour environ six sur 10 arrestations par des patrouilles frontalières, mais il n’y a qu’environ 3300 lits de détention pour les familles et le nombre d’enfants non accompagnés pris en charge par le gouvernement a considérablement augmenté sous l’administration Trump.

    Les migrants ayant traversé la frontière sont bloqués dans des cellules de détention à court terme pendant plusieurs jours et le nombre d’enfants migrants malades a atteint des sommets. Deux enfants sont morts en détention.

    En outre, le mur fera peu pour résoudre le problème des visas échus — lorsque des immigrants arrivent dans le pays légalement et y restent après l’expiration de leurs papiers. Selon les autorités, il y a eu près de 740 000 séjours prolongés après l’échéance d’un visa au cours d’une période récente de 12 mois.

    Et les agents frontaliers continuent de composer avec un nombre croissant d’enfants et de familles. Les responsables disent qu’ils interceptent environ 2000 personnes par jour, dont plus de 60 pour cent sont des enfants et des familles, une proportion plus grande que pendant plusieurs périodes sous le président Barack Obama. Ils ont relayé 451 cas à un fournisseur de soins de santé du 22 au 30 décembre, plus de la moitié des enfants.

    Des responsables « dépassés » par les événements
    David Aguilar, chef de la police des frontières de 2004 à 2010 et ancien commissaire par intérim aux douanes et à la protection des frontières, a soutenu que les agences responsables de la détention à long terme en immigration avaient besoin de fonds supplémentaires pour pouvoir intervenir immédiatement après l’interpellation à la frontière. Il dit croire que les responsables sont « dépassés » par le sort de tous les enfants et de toutes les familles traversant la frontière, ce qui est très différent de la situation des années 1990 et 2000.

    « Les données démographiques et les flux à la frontière sud sont très différents de ceux observés lors de la construction des murs d’origine… en 2006 et 2008 », a-t-il déclaré.

    M. Trump a augmenté de façon importante le nombre de juges de l’immigration, mais Ashley Tabaddor, présidente de l’Association nationale des juges de l’immigration, a fait valoir que le personnel de soutien était insuffisant. Environ une semaine avant le « shutdown » au gouvernement fédéral, on a dit aux juges que les tribunaux étaient à court d’argent pour de nombreux traducteurs en personne et que, par conséquent, ils devraient les joindre par téléphone. Une audience qui aurait généralement duré trois minutes s’étalerait sur une vingtaine de minutes.

    #murs #inefficacité #USA #Mexique #migrants #frontières #barrières_frontalières #absurdité #réalité #Etats-Unis #barack_obama #george_w_bush #donald_trump


  • Mick Mulvaney in 2015 : Trump’s views on border wall ’simplistic,’ ’absurd and almost childish’

    “The fence is an easy thing to sell politically,” #Mulvaney said. “It’s an easy thing for someone who doesn’t follow the issue very closely to say, ’oh, well that’ll just solve everything, build the fence.”

    https://edition.cnn.com/2018/12/21/politics/mulvaney-on-trump-in-2015/index.html
    source : https://twitter.com/madsen34geog/status/1080852014022709248

    –--------------------------------

    #Nancy_Pelosi: “A wall is an immorality. It’s not who we are as a nation. And this is not a wall between Mexico and the United States that the president is creating here. It’s a wall between reality and his constituents.” Via CBS.

    https://twitter.com/kylegriffin1/status/1080987215285628929

    #murs #inefficacité #symbole #symbolique #USA #Mexique #Trump #résistance #frontières #barrières_frontalières #citations #simplisme #absurdité #infantile #réalité #moralité #immoralité #Etats-Unis


  • Israël achève la construction d’une barrière de sécurité au large de la bande de Gaza
    Middle East Eye – 3 janvier 2019
    https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/isra-l-ach-ve-la-construction-d-une-barri-re-de-s-curit-au-large-de-l

    L’armée israélienne a presque achevé l’édification d’une barrière de 200 mètres de long constituée de blocs et de béton à la frontière avec la bande de Gaza, a rapporté la chaîne israélienne Channel 10.

    Israël avait annoncé le lancement des travaux en mai, affirmant que cette barrière empêcherait les combattants du Hamas d’infiltrer Israël par la mer, comme ils l’avaient fait lors de la dernière guerre en 2014. L’édifice vient s’ajouter aux barrières de sécurité existantes et à la présence navale autour de l’enclave palestinienne sous blocus.

    La barrière, qui se compose d’une clôture de surface et d’une combinaison d’un mur de béton sous-marin et de systèmes de capteurs, permet de combler une brèche dans la zone maritime peu profonde où les navires de la marine israélienne ne peuvent pas opérer.

    Le propre ministère de l’Environnement d’Israël a averti que la barrière pourrait endommager les plages israéliennes en altérant les dépôts naturels de sable transportés par la mer. (...)

    #mur


  • L’Europe au pied des #murs
    https://viaoccitanie.tv/leurope-au-pied-des-murs

    Avec Stéphane Rosière, Claire Rodier, Laetitia Sedoux entre autre, et des images intéressante de mon terrain de recherche à Melilla

    L’Europe au pied des murs

    Près de 30 ans après la chute du rideau de fer, l’UE ferme ses frontières. À travers leur documentaire, Nicolas Dupuis et Elsa Putelat interrogent la politique européenne de repli sur soi.

    Plus de 55 murs-frontières déchirent la planète, emprisonnent des populations et éloignent les hommes les uns des autres. L’Espagne, la Grèce, la Bulgarie, maintenant la Hongrie, la France à Calais, et bientôt l’Ukraine ferment leurs frontières extérieures par un mur. L’actualité migratoire a encore accéléré le rythme de construction de ces fortifications et renforcé les contrôles.

    Des centaines de milliers de caméras, de capteurs, des équipements de plus en plus coûteux et techniques, des milliers d’hommes pour surveiller, et bien sûr des milliards d’euros dépensés. Malgré tous ces murs, l’Europe voit arriver plusieurs milliers de réfugiés chaque mois. Alors pourquoi continuer à les construire ?

    #frontières #europe


  • Du bon usage des barbelés. Pourquoi la gauche éprouve tant de mal à admettre que les frontières tuent

    Dans une récente interview à la revue Ballast, le philosophe et économiste #Frédéric_Lordon aborde la question des #violences infligées aux migrantes et aux migrants en concluant qu’il est illusoire de lutter pour la #liberté_de_circulation. Lui plaide pour des frontières « plus intelligentes ». Au passage, il met en cause le journaliste indépendant Olivier Cyran, accusé de tenir sur le sujet des positions déraisonnables. Dans un contexte de forte mobilisation sociale et de vive confusion politique, ce dernier se saisit de cette perche pour questionner le rapport de la #gauche aux frontières et la stratégie périlleuse de sa principale composante, la #France_insoumise.

    Dans L’Homme qui n’a pas d’étoile, de King Vidor, il y a cette scène où un éleveur de bétail conseille au cow-boy solitaire joué par Kirk Douglas d’utiliser du fil de fer barbelé. En entendant ce mot, le héros se raidit, ses traits se durcissent. « Qu’est-ce qui ne va pas ? », demande l’éleveur. Et Kirk de lui répondre sèchement : « Je n’aime pas ça, ni celui qui s’en sert. »

    On repensait à cette réplique, l’autre jour, en voyant les images de soldats américains en train de dérouler sur les rives du Rio Grande des kilomètres de bobines de barbelé concertina – variante autrement plus redoutable, avec ses lames de rasoir conçues pour trancher jusqu’à l’os, que le gros barbelé à pointes inventé en 1874 par un fermier prospère de l’Illinois [1].

    C’est le même modèle qui borde la rocade menant au port de Calais, où il couronne un tentaculaire lacis de clôtures et de détecteurs à rayonnement infra-rouge. Dans le Pas-de-Calais, sa fonction consiste à stopper les saute-frontière et, s’ils insistent, à leur infliger des lacérations que les médecins sur place comparent à des blessures de guerre.

    Aux Etats-Unis, l’actuelle débauche de barbelés visait la « caravane des migrants », cette marche d’environ cinq mille personnes parties du Honduras début octobre à la recherche d’une meilleure vie dans le Premier monde. Les trimardeurs et les grandes voyageuses n’avaient pas encore atteint Mexico, à mille bornes du point frontière nord-américain le plus proche, que déjà Donald Trump dépêchait ses troupes à leur rencontre en annonçant, la bave littéralement aux lèvres, qu’elles avaient l’ordre de tirer dans le tas au premier jet de pierre – comme à Gaza, mais au Texas.

    Un spectre hante la gauche : le « No border »

    On s’est surpris à y repenser encore, par ricochets, en parcourant le très long entretien accordé à Ballast par Frédéric Lordon. Au cours de cet exercice en trois volets, consacré en sa partie centrale à valider la stratégie d’accès au pouvoir de la France insoumise, l’économiste hétérodoxe s’attaque entre autres à la question des migrantes et des migrants, en laissant entendre que les violences qu’ils et elles endurent feraient l’objet d’une attention excessive ou trop moralisante de la part d’une partie de la gauche.

    La « pensée militante » serait mieux employée à se fondre dans la « dynamique à gauche » incarnée avec prestance par Jean-Luc Mélenchon qu’à bassiner tout le monde avec nos histoires de barbelés, de duvets confisqués par la police et de centres de rétention qui débordent, puisque, souligne Lordon, « il ne devrait pas être nécessaire de dire qu’au premier chef, ce qui est insoutenable, c’est le sort objectif fait aux migrants. Car d’abord ce devrait être suffisamment évident pour qu’on n’ait pas à le dire. »

    Dans le champ de mines à fragmentation de la « vraie » gauche, la voix de Frédéric Lordon ne compte pas pour du beurre. Ses analyses sur la crise de 2008 ou sur le garrottage de la Grèce ont permis à des milliers de cancres en économie dans mon genre d’y voir plus clair sur le fonctionnement des banques, des institutions qui les gavent et des calamités qu’elles provoquent. Quand il passe à la débroussailleuse les fausses évidences du « système des prescripteurs » et raille leur « radicale incapacité de penser quoi que ce soit de différent », on boit volontiers du petit lait.

    Mais les efforts d’imagination qu’il mobilise pour concevoir des alternatives à l’ordre économique dominant ne paraissent plus de mise quand il s’agit des frontières. À rebours de la hardiesse qui l’avait conduit par exemple à appeler à la fermeture de la Bourse, Lordon prêche sur ce sujet la conservation de l’existant et sa répugnance pour les « No border », appellation qu’il s’abstient de définir, mais sous laquelle il semble ranger les quelques effronté.e.s qui, considérant la criminalité d’État instituée par les frontières, oseraient mettre en doute leur bien-fondé intrinsèque.

    Nous sommes quelques-uns en effet à considérer que les frontières physiques – non pas celles qui se volatilisent devant les capitaux et les marchandises, mais celles qui repoussent, blessent ou tuent les voyageurs sans visa au moyen d’un nombre toujours croissant de policiers, de garde-côte, de mercenaires, de fichiers d’empreintes digitales, de capteurs biométriques, de détecteurs de chaleur humaine ou de systèmes de surveillance satellitaire – ne constituent pas nécessairement l’horizon indépassable de la condition humaine, et qu’il y a lieu peut-être d’envisager leur démontage.

    Policiers à la cool et frontières intelligentes

    Chacun l’aura remarqué, ce point de vue n’occupe pas une place écrasante dans le débat public. S’il inspire un certain nombre d’actions militantes courageuses et salutaires, il ne bénéficie d’aucune espèce de visibilité dans le champ médiatique, politique ou intellectuel. En fait il n’est même jamais énoncé, encore moins discuté.

    D’où notre étonnement de voir Lordon s’en emparer brusquement pour s’efforcer de le disqualifier davantage, comme s’il y avait péril en la demeure. À ses yeux, remettre en cause la légitimité des frontières, c’est dégringoler tête en avant dans un « néant de la pensée » – le mien, en l’occurrence, puisque je me retrouve nommément visé dans ce passage.

    Les frontières, nous enseigne-t-il, ne sont pas mauvaises en soi. Elles sont, point barre. Elles peuvent d’ailleurs « prendre des formes extrêmement variées, des plus haïssables [...] jusqu’à de plus intelligentes. » Comment s’y prendre pour améliorer le QI d’une clôture ou d’une patrouille de Frontex, Lordon ne le précise pas – c’est sans doute, là aussi, « suffisamment évident pour qu’on n’ait pas à le dire ».

    On se contentera de prendre pour acquis que les frontières intelligentes font de bien belles choses, qu’elles « encouragent même circulation et installation, mais n’abandonnent pas pour autant l’idée d’une différence de principe entre intérieur et extérieur ». On est ravi de la nouvelle et on voudrait bien les connaître, ces murs de qualité qui allient gentillesse et attachement aux principes éternels.

    En quoi elle consiste au juste, la « différence de principe entre intérieur et extérieur », Lordon ne le précise pas non plus, mais on ne jurerait pas qu’elle n’ait rien à voir avec ces quinze migrants qui viennent de mourir de faim et de soif à bord d’un canot qui dérivait depuis douze jours au large des côtes libyennes. Ou avec ce sans-papiers guinéen forcé par un agent de la Police aux frontières de Beauvais de se mettre à genoux et de lui lécher ses chaussures.

    Mais attention, nous avertit le philosophe : le problème viendrait surtout de ces énergumènes qui voudraient détruire les frontières et jeter le barbelé avec l’eau du bain. « C’est de la problématisation pour “On n’est pas couché” ou pour C-News. En matière d’institutions, “pour ou contre”, c’est la pire manière de poser les questions », décrète-t-il, et là encore, c’est mézigue dont les oreilles sifflent.

    Ses remontrances font suite à une série de remarques que j’avais postées sur le réseau Twitter, puis remises en ligne ici-même, en réaction épidermique [2] à diverses prises de position sur le sujet, y compris celles, en effet, de Frédéric Lordon, détaillées précédemment sur son blog et révélatrices à mes yeux du fond de sauce mélenchonien qui englue les synapses de la gauche.

    Le différend qui nous oppose sur la question des frontières le conduit, dans un autre passage de son interview, à se demander quelles substances je consomme lorsque j’écris mes trucs. C’est une question légitime. J’avoue m’être parfois posé la même à son sujet, moins pour ses idées que pour ses tournures de phrase sophistiquées, cette fameuse « Lordon’s touch » qui procure à ses lecteurs un mélange unique de ravissement et de maux de tête. On devrait peut-être s’échanger les 06 de nos fournisseurs.

    Ne dites plus « prolétaires de tous les pays, unissez-vous »,
    dites « prolétaires de tous les pays, soyez gentils, restez chez vous »

    En lui répondant ici, je me plie à un exercice inconfortable. Lordon est une figure de la vie intellectuelle française, chercheur au CNRS et auteur prolifique, dont la sphère d’influence est sans commune mesure avec celle d’un journaliste précaire qui place ses piges où il peut et ne se connaît pas d’autres compétences que de faire du reportage au ras du sol. Nous ne jouons pas dans la même catégorie. Rien qu’à l’idée d’écrire à la première personne, je baille nerveusement. Mais puisque Lordon me fait l’honneur de me rabrouer avec insistance, en m’attribuant le rôle de repoussoir au service de sa démonstration, prenons cela comme un cadeau et profitons-en pour tâcher de tirer les choses au clair.

    Comme dit la chanson, « on lâche rien, on lâche rien ». Pourtant nous vivons une époque où on lâche beaucoup, au contraire, et même de plus en plus. Au cours de ces dernières années, par épluchages successifs, le périmètre de la gauche n’a cessé de se ratatiner. Quantité de références que l’on croyait l’apanage des tromblons réactionnaires ont percé son épiderme idéologique, nation, patrie, armée, police et fanion bleu-blanc-rouge n’y sont plus des cibles, mais des fétiches. « Oui, j’aime mon pays, oui, j’aime ma patrie ! Et je suis fier d’avoir ramené dans nos meetings le drapeau tricolore et la Marseillaise », proclame Jean-Luc Mélenchon [3].

    On lâche tout, on lâche tout, et c’est là que Lordon jaillit pour nous enjoindre de lâcher plus encore. L’internationalisme hérité de l’histoire du mouvement ouvrier, sans parler du rudimentaire principe de solidarité entre les abimé.e.s de ce monde, ne seraient plus que des breloques bonnes à remiser sur un napperon en dentelle. Ne dites plus « prolétaires de tous les pays, unissez-vous », dites plutôt « prolétaires de tous les pays, soyez gentils, restez chez vous ».

    À quoi s’ajoute que la question des frontières est devenue au fil de ces derniers mois un redoutable sac à embrouilles, débordant sur d’autres épineuses questions, liées notamment aux choix stratégiques de la France insoumise.

    Au point où on en est, ce n’est peut-être pas du luxe de le vider, ce sac, et de démêler un peu les désaccords, non-dits et quiproquos qui s’y sont accumulés, non par goût pour la chamaille, mais dans l’espoir d’éviter que « No border » devienne irrémédiablement un gros mot.

    Du mauvais côté de la barrière

    Pour cela, un retour sur les épisodes précédents s’impose. Fin septembre, trois médias classés plutôt à gauche – Politis, Regards et Mediapart – publient conjointement un « manifeste pour l’accueil des migrants » signé par cent cinquante « personnalités ». À partir d’un tableau succinct, pour ne pas dire sommaire, du bain de xénophobie où clapotent les décideurs politiques de France et d’Europe, leur texte se borne à affirmer que « la liberté de circulation et l’égalité des droits sociaux pour les immigrés présents dans les pays d’accueil sont des droits fondamentaux de l’humanité ». Pas de quoi se rouler par terre, mais, dans le contexte de sa parution, ce bref rappel à un principe de décence élémentaire fait l’effet d’une bulle d’oxygène.

    Il intervenait quelques jours après la décision du gouvernement Macron d’interdire à l’Aquarius, alors le dernier navire de sauvetage encore actif en Méditerranée, d’accoster en France et d’y débarquer les cinquante-huit rescapés recueillis à son bord. C’est qu’il est inconcevable, pour les start-uppers en chef de la nation, de déroger à leur politique de non-assistance aux naufragés, l’un des rares sujets sur lesquels les membres de l’Union européenne n’ont eu aucun mal à se mettre d’accord. On est déjà bien assez occupé à traquer les migrants sur notre territoire et à leur administrer un luxe inouï d’épreuves et de brutalités en tous genres pour se soucier d’en accueillir d’autres, surtout quand ils ont le mauvais goût d’être encore en vie. Le droit d’asile, dorénavant, ce sera au fond de l’eau ou dans les camps libyens.

    Deux semaines plus tôt, des hommes, des femmes et des enfants naufragés près des côtes maltaises avaient lancé un appel de détresse aux secours italiens, qui firent la sourde oreille. Plus de cent personnes seraient mortes noyées, tandis que les « garde-côte » libyens, une milice de rabatteurs opérant en sous-traitance pour l’UE, ramenaient les survivants dans les geôles de Tripoli. Externaliser la protection de nos frontières maritimes méridionales vers un pays en ruines dominé par des clans mafieux a ceci d’immensément commode que nul ne se formalisera du sort qui les attend là-bas – la faim, les viols et les tortures passeront inaperçues. Loin des yeux, loin du cœur, comme on dit.

    Quand, le 19 septembre, le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) sonne une nouvelle fois l’alarme en qualifiant de « cauchemardesques » les conditions de détention dans les camps libyens, personne à Rome, Paris ou Berlin ne bronche. Un mois plus tôt, le décompte de l’Organisation mondiale pour les migrations (OMI) évaluant à dix-sept mille le nombre de morts en Méditerranée depuis 2014 – estimation basse – n’avait pas non plus soulevé d’émotions particulières.

    Opération guillemets pour les « forces de progrès »

    Entre parenthèses : à l’heure où j’écris ces lignes, on apprend que l’Aquarius, immobilisé dans le port de Marseille, ne reprendra plus la mer. Pourquoi ? Parce qu’après après avoir été privé de son pavillon panaméen sur intervention de l’Italie et avec la complicité des autres pays européens, le navire de sauvetage a échoué à se trouver un pays d’attache.

    Alors que le plus pourri des cargos poubelle peut battre pavillon sans la moindre difficulté, on s’arrange pour refuser ce droit à un bateau dont la fonction consiste à secourir des naufragés. Pestiféré, l’Aquarius, pour la seule raison qu’il sauve des vies. Que pareille obscénité se déroule sous nos yeux sans que nul ne moufte en dit long sur l’accoutumance de nos sociétés à la noyade de masse comme outil de gestion des flux migratoires.

    Dans un tel contexte, tout ce qui peut nuire aux intérêts des maîtres de la forteresse me paraît bon à prendre. Je précise, à toutes fins utiles, que je n’ai rien à vendre à Politis, Regards ou Mediapart, que les défendre n’est pas mon affaire et que, d’ailleurs, je n’ai pas non plus signé leur manifeste.

    D’abord, parce que je dispose d’autres moyens pour m’impliquer. Ensuite, parce que ces grandes pétitions par voie de presse, indexées sur la notoriété de leurs premiers signataires, se passent fort bien de mes services. Mais je me serais bien gardé de dissuader quiconque de le faire.

    On le savait bien, de toute façon, que cette initiative serait sans effet concret sur le calvaire des migrant.e.s, hors ou au sein de nos frontières – on est peut-être borné, mais pas idiot. Cela n’a pas non plus échappé aux associations qui l’ont signée, dont l’Auberge des migrants, Roya citoyenne, le Baam, Utopia 56, le Gisti, la Cimade, la Fasti, les coordinations de sans-papiers et d’autres encore.

    Si ces collectifs, dont l’existence n’est jamais mentionnée par Frédéric Lordon, ont jugé bon malgré tout de s’associer au texte, c’est probablement qu’ils lui reconnaissaient quelque utilité. Celui par exemple de faire entendre un autre son de cloche que le fracas des macronistes, vallsistes, ciottistes, lepénistes et éditorialistes. Personnellement, je cherche encore le coton-tige miracle qui m’ôtera du coin de l’oreille la voix de ce type de Valeurs Actuelles, François d’Orcival, invité permanent des « Informés » de France Info et incarnation chevrotante de la hargne migranticide, exhortant Emmanuel Macron à ne surtout pas céder au « chantage à l’émotion » des survivants de l’Aquarius. Ce genre de son, à force de tourner en boucle sur toutes les antennes, ça vous colle au pavillon comme un furoncle.

    Mais le principal intérêt du texte, du moins aux yeux des personnes engagées sur le terrain, c’est qu’il semblait offrir l’occasion aux diverses chapelles de la gauche de se retrouver sur un dénominateur commun : l’urgence de mobiliser leurs forces pour ne plus laisser les gens mourir noyés ou fracassés aux pieds de nos forteresses. De cesser de tortiller et de mettre de côté les bisbilles pour faire de cette question-là une priorité commune. Mais c’était encore trop demander.

    Au lieu de fédérer les « forces de progrès », avec guillemets de rigueur, l’initiative aboutit en fait à creuser un peu plus l’une de ses lignes de fracture les plus béantes. D’un côté, le gros de la gauche non-mélenchoniste, allant du groupuscule hamoniste jusqu’au NPA en passant par le PCF, ainsi qu’un large éventail de syndicalistes, de militantes et de responsables associatifs, tous signataires du texte ; de l’autre, la France insoumise, repliée sur son hégémonie, qui refuse de le signer et érige ce rejet en ligne officielle du parti.

    L’internationalisme, c’est has been, braillons plutôt la Marseillaise

    Pour justifier leur rebuffade, les théoriciens de la FI vont déployer un argumentaire contrasté, où la vexation de n’avoir pas été consultés par les auteurs du manifeste se mêle au reproche de ne point y voir nommément accusé Emmanuel Macron, comme si la responsabilité de ce dernier dans la situation décrite n’allait pas de soi.

    On daube aussi sur la présence parmi les signataires de Benoît Hamon, preuve putative de leurs accommodements avec les reliefs carbonisés du Parti socialiste, comme s’ils étaient encore en capacité de nuire, et comme si Mélenchon, revenu d’un PS dont il fut membre pendant trente-deux ans, était le mieux placé pour donner dans ce domaine des leçons de savoir-vivre.

    On voudrait nous enfumer qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Quand Lordon, dans son entretien, fustige longuement une opération de « retournement de veste en loucedé », d’« autoblanchiment symbolique » et d’« unanimité morale », on lui concède volontiers qu’il y a parfois des jonctions surprenantes. À preuve, la manifestation des Gilets jaunes du 1er décembre, soutenue par la France Insoumise, une partie du NPA, Attac, les cheminots de Sud-Rail, le Comité Adama et Frédéric Lordon lui-même, mais aussi par Marine Le Pen, les Patriotes et l’Action française.

    Quoi que l’on pense de cette juxtaposition insolite, on peut supposer que la présence d’un ex-hiérarque socialiste sur les Champs-Élysées ce jour-là n’aurait pas posé à Lordon un problème insurmontable. La question est donc : pourquoi serait-elle rédhibitoire dans un cas et pas dans l’autre ?

    En fait, la position de la FI est surtout d’ordre stratégique. Dans un espace politique de plus en plus imbibé de fachosphère, les stratèges du parti estiment que faire campagne sur des thèmes susceptibles de braquer une partie de l’électorat – immigration, racisme, islamophobie, sexisme, violences policières, etc – ruinerait leurs chances de victoire. Remporter des scrutins imposerait d’y aller mollo sur les sujets qui fâchent et de mettre le paquet sur le « social », entendu comme un moyen de ramener dans le bercail de la gauche les brebis égarées à l’extrême droite.

    En juin dernier, François Ruffin avait théorisé cette mission pastorale dans un article du Monde diplomatique. Racontant sa campagne électorale victorieuse de 2017 dans sa circonscription de la Somme, ravagée par la précarité et les délocalisations, il y explique que ce n’est pas avec du vinaigre que l’on attire les sympathisants de Marine Le Pen. « Maintenant, à leur chute économique et sociale il faudrait ajouter une autre condamnation : politique et morale. Qu’ils votent FN, se reconnaissent dans un parti ostracisé, et leur exclusion en sera légitimée. La double peine. »

    L’ostracisme dont serait victime le FN ne saute pas aux yeux, les chefferies éditoriales ayant plutôt tendance à lui cirer les bottillons, mais on comprend bien l’idée de la main tendue. « Le FN, je l’attaquais peu, poursuit-il. Comment des gens qui vont mal, socialement, économiquement, croiraient-ils que Mme Le Pen ou son père, qui n’ont jamais gouverné le pays, sont responsables de leurs malheurs ? Le FN se combat en ouvrant une autre voie aux colères, à l’espoir. En offrant un autre conflit que celui entre Français et immigrés [4]. »

    Quadriller serré, ratisser large

    Combattre le racisme consisterait donc à le balayer sous le tapis et à n’endosser que les revendications jugées peu ou prou lepéno-compatibles. Le cas de Ruffin démontre qu’une telle stratégie peut en effet s’avérer ponctuellement gagnante. Elle présente néanmoins un inconvénient, celui de devoir expliquer aux populations issues de l’immigration post-coloniale que leurs préoccupations particulières, liées aux diverses déclinaisons du racisme d’État, ne font pas partie des thématiques sociales retenues comme pertinentes par le parti et doivent donc être sacrifiées à la bonne cause.

    Le soutien inconditionnel et tonitruant apporté par la FI aux Gilets jaunes, et cela dès les premiers jours, quand l’imbrication de l’extrême droite dans le mouvement ne pouvait guère être ignorée, s’inscrit dans cette même hiérarchie des priorités. On ne s’offusquera pas qu’au milieu de la détresse sociale des fins de mois invivables, des Dupont-Lajoie sonnent la chasse au migrant.e.s, ou que des grandes gueules locales imposent la « baisse des charges » ou la « diminution de l’assistanat » dans le cahier de doléances du mouvement, du moment que l’occasion se présente d’aller chanter la Marseillaise avec son cœur de cible.

    Mais on ne peut durablement gagner sur les deux tableaux. Comme le suggère la récente défaite de la candidate FI à l’élection législative partielle d’Évry, dans l’ancienne circonscription de Manuel Valls, où l’abstention a atteint le niveau stratosphérique de 82 %, le message ne suscite pas forcément l’enthousiasme dans l’électorat populaire racisé. Ruffin a eu beau se rendre sur place pour instruire les habitant.e.s des HLM que leur « bulletin [était] un enjeu pour la patrie », la pêche aux voix, cette fois, n’a pas fonctionné.

    Appliquée à la question migratoire, cette stratégie périlleuse contraint la FI à marcher sur des œufs. D’un côté, elle doit tenir compte de la présence en son sein d’individus sincèrement acquis à la cause du droit d’asile, comme Danielle Obono, qui s’est âprement battue à l’Assemblée nationale contre la loi Asile et immigration, ou comme nombre de militants ici ou là. De l’autre, elle doit donner des gages aux électeurs alléchés par l’extrême droite qu’il ne saurait être question d’ouvrir les frontières comme ça à n’importe qui, pensez donc.

    C’est là que la figure du « No border » se révèle d’une irrésistible utilité. Pour se sortir de la position délicate où les place l’initiative de Politis-Regards-Mediapart, Jean-Luc Mélenchon et ses amis vont accuser ses initiateurs de vouloir démolir les frontières, ce patrimoine-de-l’humanité-que-nous-chérissons-tant. Un passage dans le manifeste va leur en fournir l’occasion : « Il est illusoire de penser que l’on va pouvoir contenir et a fortiori interrompre les flux migratoires. À vouloir le faire, on finit toujours par être contraint au pire. La régulation devient contrôle policier accru, la frontière se fait mur. »

    On pourrait pinailler sur sa formulation, mais le constat est juste. N’importe quel exilé à la rue vous le confirmera : l’État a beau lui construire des barrières électrifiées, le traquer avec un détecteur à battements cardiaques ou l’empêcher à coups de tonfa de se poser sur un bout de trottoir, tant qu’il respire il continuera de se glisser par un trou de souris. Les frontières tuent, mutilent, séparent, mais elles ne dissuadent pas les candidats au voyage de tenter leur chance. Pour prétendre le contraire, il faut vraiment ne rien connaître au sujet.

    Toute la misère du monde dans la tête

    Mais, sur son blog, Jean-Luc Mélenchon s’indigne : affirmer qu’elles n’ont pas l’efficacité qu’on leur attribue « revient à dire que les frontières ne sont plus assumées. Ce n’est pas du tout notre point de vue. Nous croyons au bon usage des frontières. »

    La suite est de toute beauté : « Notre rapport aux frontière n’est pas idéologique. Il est concret dans un monde où celles-ci n’ont cessé d’exister que pour le capital et les riches et où nous avons l’intention de les rétablir contre eux. Disons-le clairement, nous ne sommes pas d’accord pour signer à propos d’immigration un manifeste “no border”, ni frontière ni nation. Nombre de nos amis les plus chers qui ont signé ce texte disent à présent n’avoir pas repéré cette phrase que les rédactions “no border” ont su placer. »

    Il faut relire ce passage lentement pour en apprécier le numéro de patinage artistique : invoquer la lutte contre « le capital et les riches » pour justifier le maintien d’un dispositif qui sert surtout à stopper les pauvres.

    Par souci de conférer un semblant de logique à cette acrobatie, on assimilera ensuite les initiateurs du manifeste, décrits par ailleurs comme vendus à la macronie (ou, variante, à l’oligarchie), à des anarchistes échevelés qui planquent de la dynamite dans leurs tiroirs. Edwy Plenel, patron de Mediapart et ancien comparse moustachu d’Alain Minc et de Jean-Marie Colombani à la tête du Monde, et qui sur le tard en a surpris plus d’un par ses prises de positions plutôt dignes, mais pas farouchement révolutionnaires pour autant, a dû s’en sentir tout ragaillardi. François Ruffin n’a pas fait tant de politesses quand il a déclaré sur France Info le 13 septembre : « On ne peut pas dire qu’on va accueillir tous les migrants, ce n’est pas possible. »

    Voilà encore le genre de fausse évidence que, pour paraphraser Chomsky, on met trois secondes à balancer et une demie heure à démonter. D’abord, c’est qui, « tous les migrants » ? Faut-il entendre : tous les migrants du monde et de la galaxie ? Tous ceux qui se noient à nos portes ? Tous ceux qui n’en sont pas encore mais qui, dans un coin de leur tête, caressent l’idée qu’un de ces jours ils iraient bien eux aussi faire un petit tour sur les Champs-Élysées ? Croit-il que la planète entière attend dans les starting-blocks de se précipiter en France, sa « patrie », comme il l’appelle ? Sur invitation de qui, de ces hérétiques « No border » qui auraient squatté l’Élysée ? Et que veut dire « on ne peut pas », si l’on s’abstient de préciser tout ce que l’on peut, et tout ce que l’on doit ?

    Mais les esprits ont déjà été si bien préparés en amont pour recevoir ce genre de poncif épongé à gauche comme à droite – à commencer par le fameux « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde » de Michel Rocard – que nulle objection ou demande de précision ne lui a été opposée, en tout cas par le préposé de France Info. L’« unanimisme moral » qui inquiète tant Frédéric Lordon ne triomphe pas toujours, apparemment.

    http://lmsi.net/Du-bon-usage-des-barbeles
    #violence #border_violence #frontières #mourir_aux_frontières #frontières_intelligentes #smart_borders #murs #ouverture_des_frontières #fermeture_des_frontières #barrières_frontalières #migrations #asile #réfugiés


  • Avakov: Ukraine’s wall along Russian border nearly half complete

    Ukraine has built almost half of its 2,300-kilometer wall on the border with Russia, Interior Minister Arsen Avakov said on Nov. 24 during his visit to the border checkpoint in Kharkiv Oblast.

    “The project has been extended until 2021,” Avakov said. “The budget plan for the 2019 allocates Hr 400 million ($14.4 million) for it. But the head of the Border Guard Service hopes to receive additional funds.”

    The Kharkiv section of the Ukrainian-Russian wall has been almost completed with only 20 kilometers left, according to Avakov. The works will continue on the border sections in Sumy and Luhansk oblasts. It includes fortifications with a barbed wire fence, two-meter deep anti-tank trenches, 17-meter-high watchtowers, 40 border checkpoints as well as equipment with motion sensors, border security closed-circuit television (CCTV) and alarm systems.

    Overall, 47 percent of the 2,300-kilometer wall has been built, the minister said.

    In addition, starting from January, Ukraine has launched the biometric control system for Russian passport holders at all border-crossing checkpoints.

    Former Prime Minister Arseniy Yatsenyuk, who is running for president in the upcoming March presidential elections, joined Avakov on the trip to the border in Kharkiv Oblast on Nov. 24.

    The ambitious project known as the European Wall was announced by then-Prime Minister Yatsenyuk in 2014 in the wake of the Russian military intervention in the Donbas. Ukraine lost control over parts of Luhansk and Donetsk oblasts and 400 kilometers that border with Russia. The wall was designed to protect Ukraine from further attacks on its territory as well as to stop illegal flow of weapons from Russia.

    In the aftermath of the EuroMaidan Revolution that drove pro-Russian President Viktor Yanukovych from power on Feb. 22, 2014, Kremlin incited mass anti-government demonstrations in eastern Ukraine and occupied Crimean peninsula. In Donetsk and Luhansk, protesters “declared independence” from Ukraine which escalated into an armed conflict between Ukrainian forces and Kremlin-backed forces. In April 2014, pro-Russian protesters took over the Kharkiv administration and “declared independence from Ukraine” but the Ukrainian government managed to retain control over the region.

    The construction of the wall, however, halted due to lack of funding and a corruption scandal.

    In 2015-2017, the Border Guard Serviced received Hr 800 mln ($28.8 million) — less than a quarter of the total cost of the project estimated at over Hr 4 billion ($147.6 million).

    In November 2017, the National Anti-Corruption Bureau arrested eight people on embezzlement charges. NABU detectives found that the officials of the Border Guard Service in cahoots with local contractors had siphoned off Hr 16.68 million ($600,800) from the Project Wall funds.


    https://www.kyivpost.com/ukraine-politics/interior-minister-ukraines-wall-along-russian-border-nearly-half-complete.

    #Ukraine #Russie #murs #frontières #barrières_frontalières


  • PRE-ORDER: Build the Wall (#MAGA building blocks toy)

    We are pleased to announce the launch of a brand new line of toys: MAGA building blocks! This set comes with more than 100 pieces including President Trump in a MAGA hard hat!

    A mob of 10,000 Central American migrants is marching through Mexico and heading toward El Paso, Texas. Mexican border agents attempted to stop them at the Mexican border, but to no avail.

    We understand why they want to flee Honduras and live and work in America. After all, we are the greatest nation on earth.

    In the interest of national security, however, we cannot allow just anyone and everyone to cross our borders. While there are good people attempting to enter our nation, there are also gangs, criminals, and terrorists. Everyone who wants to enter our country must enter legally for the safety of all.

    The wall must be built. The wall will keep America safe and strong. Only then will we be able to help those in need.

    We are pleased to announce the launch of a brand new line of toys: MAGA building blocks! This toy makes a great Christmas gift for your kids and grandkids!

    101 Pieces
    Includes President Trump figurine w/ a MAGA hard hat!


    https://keepandbear.com/products/build-the-wall
    #légo #enfants #enfance #jeu #jeux #murs #frontières #barrières_frontalières #fermeture_des_frontières