• No Pasaran
    https://bsky.app/profile/nopasaran-a.bsky.social/post/3m7xlpfhf7s2t

    B. Gardin chez ASI
    Malaise, ignorance et minimisation de l’antisémitisme. Selon elle :
    – Dieudonné serait devenu antisémite en raison d’accusations d’antisémitisme infondées
    – Ce n’était pas de pb en soi de faire monter Faurisson sur scène
    Quelques brefs éléments ⤵️
    📹 1ère vidéo vers 55m25

    le soutien "innocent » au négationniste du génocide nazi des juifs, ne serait que maladresse pour la fan base de gauche. on voit où va la gauche.

    • Tain mais c’est que les « militants » qui ont l’histoire détaillée ? Je comprends que au moment même où ça s’est passé il était impossible de tout savoir, les journalistes n’ont pas enquêté de ouf, il n’y avait pas autant « d’OSINT », etc. Mais ça c’était en 2003.

      Il me semblait que c’était acté depuis bien une quinzaine d’années que Dieudonné était antisémite avant le sketch qui l’a ostracisé, et qu’il avait déjà certains liens avec Soral et consorts très vite (voire même avant son sketch).

      Donc comment on peut arriver à encore dire des choses qu’on entendait en 2004, là maintenant en 2025 ?

    • l’extrait est à 55mn
      https://www.arretsurimages.net/emissions/je-vous-ai-laisse-parler/blanche-gardin-en-apparence-tout-est-normal

      Inversion de l’accusation, façon « c’est la faute des féministes s’il a viré misogyne »...

      L’apologie de Ben Laden par Dieudonné c’est 2001
      Le voyage dans la Syrie d’Assad avec Meyssan c’est 2006, dont une interview donnée avec Soral.

      Il était FLNKS en 1986. La suite est tout autre. Dix ans plus tard, son antisémitisme était manifeste. Il est devenu tout à fait évident en 2000. La « théorie du dérapage » c’est celle d’Ardisson et alii. Gardin reprend donc une théorie show biz marquée au coin de l’extrême droite. Et elle en vient à banaliser le fait de faire applaudir Faurisson sur scène en 2006.

      Lorsqu’ils ont un peu de culture politique, les de gauche bon teint arrivent sans doute à se convaincre que - l’antisémitisme étant « résiduel »- après Proudhon, Doriot, Staline, seule l’ultra gauche finissante des 60’ (Guillaume, Thion et consorts) est concernée.

      Une telle illusion n’a rien de nécessaire.

      #Blanche_Gardin #Dieudonné #Histoire #gauche #négationnisme #antisémitisme #déni #Faurisson #Dieudonné

    • 2002 - Pour Dieudonné, « les juifs, c’est une secte »

      https://www.lemonde.fr/archives/article/2002/02/19/pour-dieudonne-les-juifs-c-est-une-secte_4210611_1819218.html

      « Juifs et musulmans, pour moi ça n’existe pas. Donc antisémite n’existe pas parce que juif n’existe pas (...) Pour moi, les juifs c’est une secte, c’est une escroquerie. C’est une des plus graves parce que c’est la première. » L’humoriste Dieudonné, candidat à l’élection présidentielle, qui avait tenu ces propos dans un entretien publié le 23 janvier par Lyon Capitale, les a confirmés le 7 février à Actualité juive. « Je pense aussi que la Torah est le bouclier d’intérêts beaucoup plus sombres que l’intérêt spirituel », a ajouté Dieudonné, qui estime encore qu’Israël, « c’est revenir à l’époque des barbares (...) Il n’y a pas de pays, il y a une planète sur laquelle il faut que l’on vive tous ensemble ».

      Elie Semoun, son ancien partenaire, estime que Dieudonné est devenu « une sorte de Le Pen de gauche ».

  • Anne-Marie Eddé : à Gaza, « il y a une volonté méthodique de détruire le patrimoine culturel palestinien » - L’Orient-Le Jour
    https://www.lorientlejour.com/article/1450594/anne-marie-edde-a-gaza-il-y-a-une-volonte-methodique-de-detruire-le-p

    Co-organisatrice avec Mathilde Boudier du cycle de conférences consacré à l’histoire plurimillénaire de la bande de Gaza qui s’ouvre le 10 mars à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, l’historienne médiéviste Anne-Marie Eddé revient pour L’Orient-Le Jour sur la nécessité de transmettre cet héritage, dans un contexte marqué par la volonté affichée d’Israël d’effacer l’identité palestinienne.

    Pourquoi organiser un cycle de conférences sur l’histoire de Gaza aujourd’hui et rappeler son caractère plurimillénaire ? 
    Dans les circonstances actuelles, il est plus que nécessaire de rappeler que l’histoire du conflit israélo-palestinien n’a pas commencé le 7 Octobre 2023 et qu’il s’inscrit dans un contexte de longue durée. Dans les discours des responsables israéliens, il existe aujourd’hui une négation de l’existence même des Palestiniens. Une rhétorique qui prétend qu’ils sont une invention, qu’ils n’ont ni culture ni histoire. Or un peuple se définit et se construit en référence à son passé. Le cycle de conférences qui s’ouvre à la Sorbonne [https://www.pantheonsorbonne.fr/evenements/cycle-conferences-gaza-4-000-ans-dhistoire] s’inscrit dans une volonté de lutter contre cet effacement des Palestiniens : il commence par l’histoire de Gaza au deuxième millénaire avant Jésus-Christ et se poursuit jusqu’à la création de l’État d’Israël en 1948. Il vise à mettre en avant la profondeur historique de Gaza et de sa région à une époque où sa population est menacée de déplacement forcé.

    La bande de Gaza ne semble pas avoir suscité par le passé le même intérêt que d’autres régions de la Palestine historique. Partagez-vous ce constat ?
    Tout dépend de quel point de vue on se place. L’histoire de cette région n’est évidemment pas une priorité pour Israël dans la mesure où ce territoire d’environ 40 km de long et 10 km de large ne fait pas partie des sites bibliques les plus importants qui ont été fouillés par les archéologues israéliens, ces dernières décennies. Gaza, est donc souvent perçue, en Israël, mais aussi dans le monde, comme un immense camp de réfugiés dans lequel est venue se réfugier une partie de la population des villages occupés ou détruits, en 1948, lors de la Nakba. Malgré l’intérêt que lui ont porté certains érudits palestiniens au début du XXe siècle, l’histoire et l’archéologie de cette région ont donc été longtemps négligées.

    Dans les années 1990, en revanche, des travaux importants ont vu le jour, que ce soit en histoire de l’art et de l’architecture islamique, avec l’ouvrage de Moain Sadek sur l’architecture mamelouke (Berlin, 1991) ou en archéologie avec l’ouverture des chantiers de fouilles par les archéologues de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem, en collaboration avec des archéologues palestiniens. Des vestiges spectaculaires s’étalant du début du premier millénaire avant J.C. à la fin de la période byzantine, y ont été découverts. Ils ont malheureusement beaucoup souffert des combats entre Israël et le Hamas depuis 2008.

    Vous participez également au projet Gaza histoire qui fait l’inventaire des monuments bombardés de Gaza. Israël détruit-il le patrimoine en tant que tel ?
    La guerre à Gaza, telle qu’elle est conduite par le gouvernement d’extrême-droite israélien, depuis le mois d’octobre 2023, témoigne d’une volonté méthodique et systématique de détruire le patrimoine culturel, dans le but d’effacer les traces de l’histoire palestinienne. Face à cette situation, Fabrice Virgili, directeur de recherche au CNRS, a réuni autour de lui à partir de mars 2024, une équipe pluridisciplinaire d’une quarantaine de chercheurs (historiens, archéologues, politologues, géographes, sociologues…) qui ont tous accepté de contribuer bénévolement à l’inventaire et à l’histoire de ce patrimoine bombardé, afin d’en conserver la trace, de retracer sa très longue histoire, pour que personne ne puisse nier un jour son existence. Ce travail sera, par ailleurs, utile à la reconstruction de Gaza, lorsque le jour sera venu.

    Pour inventorier et cartographier ce patrimoine, nous nous fondons sur les listes de l’Unesco – qui à ce jour a répertorié 83 sites partiellement ou totalement détruits – et de l’Icomos (International Council on Monuments and Sites). Nous les croisons avec des données issues d’organismes internationaux, du ministère du Tourisme et des Antiquités de Ramallah, du travail des archéologues et journalistes palestiniens sur place, ou encore d’informations satellitaires fournies par Unosat (United Nations Satellite Centre). Chaque chercheur dresse une fiche par site ou monument et retrace son histoire en rassemblant toute la documentation le concernant – y compris les photographies avant et après destruction.

    La notion de patrimoine telle que nous l’envisageons est relativement large. Nous nous sommes surtout intéressés jusqu’ici au patrimoine archéologique, historique et culturel (monuments historiques, sites archéologiques, bibliothèques, universités, centres d’archives, musées, cinémas, cimetières), mais nous pourrions aussi, dans un deuxième temps, envisager un patrimoine environnemental et immatériel (transmissions de traditions et de savoirs oraux, pratiques sociales et religieuses, etc.)

    Enfin, nous cherchons à sensibiliser le grand public, au travers de l’organisation de tables rondes, conférences, séminaires et interventions dans les médias.

    A-t-on aujourd’hui une idée de l’étendue de ces destructions ?
    L’étendue des dégâts se précise au fur et à mesure que les témoignages et les photographies nous parviennent et que les listes des institutions palestiniennes et internationales sont mises à jour. Pour l’heure, nous avons recensé une centaine de sites partiellement ou entièrement détruits.

    Parmi ces derniers, il y a par exemple le Palais du Pacha qui était, à l’époque mamelouke (1250-1516) le siège des représentants du sultan. Appelé Palais du Pacha à l’époque ottomane, il fut transformé durant la période du mandat britannique, en poste de police, devint ensuite une école de filles, et enfin un musée. Il est aujourd’hui en très grande partie détruit, avec tout ce qu’il contenait.

    Plus importante encore pour les Gazaouis est la grande mosquée el-Omari qui fut, à l’origine, une église construite par les croisés, probablement transformée en mosquée après la reprise de Gaza par Saladin en 1187. Une porte datant de la période croisée subsistait encore jusqu’aux destructions récentes. La mosquée prit le nom d’el-Omari en hommage à Omar ibn el-Khattab (r. 634-644), deuxième calife de l’Islam, qui fut l’un des artisans de la conquête islamique en Syrie et en Palestine et qui a toujours joui d’un grand prestige dans le monde musulman sunnite. Les Mamelouks l’ont agrandie et y ont construit un minaret, avant que les Ottomans n’y ajoutent, plus tard, une grande cour. Le minaret s’écroula à la fin du XVIIIe siècle, suite à un tremblement de terre, puis fut reconstruit. La mosquée fut ensuite en grande partie détruite en 1917 par les bombardements britanniques sur Gaza, avant d’être rebâtie entre 1923 et 1931, puis de nouveau endommagée par des bombardements israéliens en 2014. Restaurée en 2016, elle vient d’être une nouvelle fois en grande partie détruite. L’histoire de cette mosquée montre combien Gaza a souffert des guerres successives, mais elle souligne aussi la très forte résilience de ses habitants.

    On peut également évoquer des vestiges beaucoup plus anciens tels que le premier port de Gaza, Anthédon, qui témoigne de son rôle de carrefour commercial dans l’Antiquité. Les fouilles ont mis au jour des vestiges qui remontent à 800 ans avant J.C., à l’âge du fer. Le site de ce port a été bombardé par l’armée israélienne et une trentaine de cratères y ont été constatés. On ne sait pas exactement ce qu’il en reste aujourd’hui. Le monastère byzantin Saint-Hilarion/Umm el-ʿAmr, au sud de Gaza, qui a abrité l’une des plus anciennes communautés monastiques de Palestine, et les superbes mosaïques du complexe ecclésiastique de Mukheitim/Jabaliya, au nord de Gaza, font aussi partie des belles découvertes qui ont été faites par les archéologues à partir de 1997. Le site de Saint-Hilarion semble avoir été épargné, et nous devrions bientôt savoir dans quel état se trouve le site de Mukheitim/Jabaliya.

    Comment les équipes palestiniennes ont-elles pu travailler dans le contexte d’une guerre si dévastatrice ?
    La principale préoccupation des habitants de Gaza a été, durant ces quinze mois de conflit, de rester en vie, de trouver de quoi nourrir leurs enfants et un lieu où s’abriter. Les équipes palestiniennes ont bien évidemment interrompu leur travail durant cette période. Mais il ne faut pas sous-estimer l’attachement des Palestiniens à leur terre, à leur histoire et à leur patrimoine. Beaucoup a été fait depuis les années 1990 pour le conserver et le restaurer, pour former des archéologues et des conservateurs du patrimoine et des archives. Environ 211 manuscrits de la mosquée el-Omari ont été numérisés. C’est dire l’importance que les habitants de Gaza et les Palestiniens en général accordent à leur passé. Ce n’est pas une question accessoire : imaginons un instant qu’au Liban on rase Baalbek, Byblos et Tyr. On devine l’émotion et le traumatisme que ça provoquerait. Le patrimoine c’est ce qui fonde l’identité d’un peuple et sa cohésion sociale.

    Pour mémoire
    À Baalbeck, l’inquiétude monte pour le patrimoine
    Depuis le 7-Octobre, on emploie souvent le terme d’« urbicide » pour décrire les objectifs israéliens dans l’enclave. Qu’en pensez-vous ?
    Le terme d’urbicide fait référence à la destruction d’une ville non pas en tant qu’objectif militaire, mais en tant qu’objectif identitaire. Il s’agit de détruire l’identité d’une population, en effaçant son histoire, sa culture et sa mémoire. Lorsqu’une armée détruit une université à la dynamite, après l’avoir occupée puis évacuée, lorsqu’elle retourne des cimetières au bulldozer, comme cela a été fait à Gaza, ce n’est pas pour détruire des tunnels, ni pour rechercher des armes ou des combattants, c’est pour tout effacer, jusqu’au souvenir des morts. C’est pour obliger une population à s’exiler, car comment se projeter dans l’avenir sur une terre privée d’histoire et de mémoire ? Donc oui, je pense que ce qui se passe à Gaza est un urbicide.

    Vous insistez sur la nécessité de mettre en lumière la profondeur historique de ce territoire. Une approche qui tranche avec la vision purement mercantile de Donald Trump qui évoque une future Riviera du Moyen-Orient …
    La vision de Donald Trump est une vision qui part du principe que Gaza n’est plus qu’un champ de ruines sans intérêt et pire, que cette Riviera doit se faire sans les Palestiniens. Ce projet vise tout simplement à prendre possession de Gaza en expulsant deux millions de Palestiniens ou à autoriser Israël à l’annexer.

    Donald Trump parviendra-t-il à réaliser son projet ? Cela fait plus de 75 ans que les Palestiniens résistent et rien ne dit que les pays dans lesquels il veut les envoyer les accepteront. C’est une vision délirante qui révèle une ignorance totale de l’histoire de la région et ne propose aucune véritable solution au conflit.

    #gaza #urbicide

  • "Faut-il se plier à la « Muselière » ? La Région Paca interdit l’écriture inclusive jugée « wokiste », une #école_de_cinéma privée de #budget

    Fleuron de Marseille, l’école de cinéma #Kourtrajmé vient de se voir refuser une #subvention pourtant programmée. Pour lui verser, la Région Paca, en croisade contre le « wokisme » exige qu’elle abandonne l’écriture inclusive. « Un précédent dangereux », selon l’association.

    Ce devait être une formalité. La convention de #financement était signée et votée. Comme les années précédentes, l’association Kourtrajmé (court-métrage en verlan) attendait le versement bisannuel de la subvention convenue, soit 75 000 euros pour les années 2025 et 2026. Dans le cadre de sa compétence « formation professionnelle », la Région Paca accompagne en effet cette école de cinéma au fonctionnement original, qui forme gratuitement aux métiers du cinéma et de l’audiovisuel une trentaine de jeunes en situation de précarité.

    https://vimeo.com/883978586

    L’association surprise et avertie par mail

    « La Région nous a avertis que la subvention programmée ne serait pas versée, car nous utilisions l’écriture inclusive dans nos communications écrites ». Marie Antonelle Joubert avoue être tombée des nues. « Je ne savais même pas que le versement devait passer à nouveau au vote » avoue la directrice de la structure.

    Fondatrice de la branche marseillaise de cette école initiée à Montfermeil par les Orphelins d’Auteuil, Marie Antonelle Joubert connaît la « sensibilité » de longue date du président de la Région Paca sur la question de l’écriture inclusive. « Nous avions compris qu’ils souhaitaient proscrire l’écriture inclusive des dossiers de demandes de subventions. Jamais nous n’aurions imaginé qu’ils imposent de la supprimer dans les documents qui ne les concernent pas » avoue-t-elle.

    Mouvement contre l’écriture inclusive

    En 2023 déjà, les conseillers régionaux PACA ont voté à l’unanimité une motion proposée par le groupe RN visant à « l’engagement de la Région à ne pas promouvoir directement ou indirectement l’écriture inclusive ». Dans la droite ligne de la proposition de loi adoptée par le Sénat (mais pas par l’Assemblée Nationale) contre « les dérives » de cette forme d’écriture visant à « démasculiniser la langue ». Connue surtout pour l’ajout d’un point médian, l’écriture inclusive permet selon ses promoteurs d’assurer une égale représentation du masculin et du féminin.

    #Croisade régionale contre le « wokisme »

    Affirmant lors de ses vœux au début 2024 être « opposé au wokisme », le président de Région Renaud Muselier a franchi une étape supplémentaire, le 23 avril 2025, en faisant adopter un plan baptisé « #Trajectoires_Valeurs » (V comme vision, A comme autorité, L comme liberté, E comme Europe, U comme unité, R comme respect et S comme souveraineté).

    Et en annonçant la mise en œuvre « dès le lendemain » de dix premiers points, dont le neuvième précise : « stop à l’écriture inclusive dans les demandes de subventions ».

    Dans son exposé des motifs, le président de Région explique que les libertés ne doivent pas « laisser de place aux doctrines de division et de conflit comme le wokisme ou le #négationnisme ». Renaud Muselier poursuit : « L’attachement à la #langue_française doit s’accompagner d’un renforcement de la lutte contre l’écriture dite inclusive, qui en réalité n’apporte que division et complication dans la lecture ».

    Le #Rassemblement_National pilote la fronde

    L’exécutif régional répond ainsi positivement à la demande récurrente du groupe RN Paca, qui souligne à chaque séance plénière, sa volonté de « ne plus financer les associations utilisant l’écriture inclusive ». Au lendemain de l’annonce de Renaud Muselier, le parti d’extrême droite s’est d’ailleurs félicité qu’il « abandonne sa subvention à l’école Kourtrajmé à Marseille ».

    Incompréhension de l’école Kourtrajmé

    « Ça m’énerve ». Marie Antonelle Joubert retient sa colère contre des élus régionaux qui selon elle ne comprendraient rien au monde du cinéma d’aujourd’hui. « Ces gens vivent encore au XXème siècle. Si on veut poursuivre nos collaborations avec ’Plus belle la vie’, ’Tom et Lola’ ou ’Emily in Paris’, on doit s’en donner les moyens ! ». Y compris donc à travers une communication modernisée via l’écriture inclusive.

    Et la fondatrice de l’Ecole Kourtragmé à Marseille s’interroge à haute voix : « Comment peuvent-ils à la fois vouloir promouvoir la région PACA au cinéma et dans les séries, et sanctionner notre association ? Ils nous financent sur la base de nos innovations pédagogiques, et sur ce critère nous sommes les meilleurs, ils en ont pour leur argent ! »

    Nouvelle demande possible

    L’association va-t-elle supprimer l’écriture inclusive de ses communications sur les réseaux et sur son site web ? La modification permettrait à l’école de présenter à nouveau son dossier de subventionnement lors d’une prochaine séance plénière. Marie Antonelle Joubert explique qu’elle laissera le dernier mot aux membres des assemblées générales de la double structure qu’elle dirige. En avouant ne pas être enthousiaste à la perspective de « tout réécrire », ce qui coûterait à la structure « du temps et de l’argent ».

    Pour autant, la directrice de l’école ne digère pas toujours pas le retrait d’une liberté d’expression « au nom d’un combat pour le conservatisme », qu’elle assimile à un dangereux précédent : « je vois ce qui se passe autour de nous, les retours en arrière sociétaux. Va-t-on bientôt me demander d’effacer les femmes cameramen sur les photos ? » s’inquiète-t-elle.

    Vingt stagiaires menacés

    Résister et se priver de 75 000 euros de subventions pour les deux prochaines années ? « Ce serait embêtant, mais pas insurmontable », se risque Marie Antonelle Joubert. Avec un budget annuel d’un million d’euros, l’association devrait alors solliciter davantage ses principaux financeurs, mécènes privés ainsi que le Centre National du Cinéma. Pour autant, elle avoue « ne pas avoir le temps de combattre avec des gens de mauvaise foi ». Et s’inquiète surtout des conséquences qu’une joute frontale aurait pour l’avenir d’une vingtaine de stagiaires, des futurs professionnels du cinéma dont la formation en insertion bénéficie également d’une prise en charge financière par la Région Paca.

    https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/bouches-du-rhone/marseille/faut-il-se-plier-a-la-museliere-la-region-paca-interdit
    #woke #écriture_inclusive #France #Paca #région_Paca #coupures_budgétaires

  • La preuve en images ?

    En suivant le procès de #Mazan, je perçois un parallèle avec les meurtres de masse à #Gaza, en Cisjordanie et au Liban : dans les deux cas, nous assistons à un échec des idéaux de #justice que nos sociétés revendiquent, échec accentué par l’abondance d’#images incriminantes. Je tente ici d’examiner comment cette #crise_de_la_preuve se déroule sous nos yeux et le miroir qu’elle nous tend.

    Dans un texte publié cette semaine, Mona Chollet (https://www.la-meridienne.info/Le-genocide-invisible) écrit :

    « Le découpage minutieux par lequel les médias et les dirigeants occidentaux distinguent les victimes dignes d’être pleurées de celles qui ne méritent pas une seconde d’attention me fait penser à ces vieilles #photos de l’URSS sur lesquelles la #censure effaçait soigneusement les contours des dignitaires tombés en disgrâce. »

    Je n’aurais pas pu trouver meilleure introduction à mon propos.

    L’historienne de formation (et de l’URSS, justement) que je suis est forcément débordée par l’actualité : ayant exercé mes recherches dans un milieu par définition déserté par les preuves matérielles, j’ai étudié dans le sillage d’historiens comme Iouri Dmitriev et Dmitri Yurasov qui ont couru leur vie durant après des traces de massacres et leur dissimulation par les perpétrateurs (et les autorités), et me suis principalement employée à reconstituer des récits de violences de masse à partir d’éléments rares et lacunaires.

    Depuis plusieurs années, c’est l’inverse qui se produit : pour enquêter, on est au contraire contraint de fouiller dans la masse de documents disponibles en ligne et de constituer des outils à même d’isoler le signal du bruit, le vrai du manufacturé et l’aiguille de la botte de foin. Nous investissons donc des terrains où les #preuves abondent. Pour autant, force est de constater qu’elles ne sont pas nécessairement retenues contre les auteurs des #crimes. J’ai pour ma part le sentiment que nous vivons collectivement une inversion paradoxale du #rapport_à_la_preuve, par lequel des #preuves_visuelles accablantes accompagnent des #violences pourtant ignorées ou niées.

    Au cours de mes recherches ou en pratiquant l’#OSINT sur plusieurs épisodes de #violence ces dernières années, je suis travaillée par cette réflexion sur le #statut_de_l’image — notamment dans ce qu’elle change dans notre rapport à l’événement historique — et de la preuve ; l’affaiblissement paradoxal de la #charge_de_la_preuve par la pléthore d’images s’est vérifié tous les jours en Syrie, sur le front ukrainien, etc.

    En ce moment, deux événements d’ordres en apparence très différents alimentent en continu cette réflexion : les crimes de guerre conduits par l’armée israélienne, et le #procès_de_Mazan.

    PREUVES ET #DÉNI

    Dans ces deux contextes, les vidéos provoquent une crise collective de notre rapport aux images et de notre rapport à la justice, philosophiquement, socialement mais aussi et surtout, c’est en tout cas l’enjeu, dans le cadre très précis du #droit_international et du #droit_pénal français, respectivement. On assiste à la rupture avec un paradigme dans lequel l’#absence_de_preuve justifiait que soient laissés impunis des actes, qu’il s’agisse de #crimes_sexuels ou de #crimes_de_guerre, dont la matérialité était suspendue aux déclarations des victimes, victimes qui, faute de preuves, n’étaient pas ou rarement crues.

    Mais que se passe-t-il alors face à des faits amplement documentés ?

    Alors qu’on pourrait s’attendre à ce que la #vérité éclate au grand jour, on vérifie tous les jours que ce n’est pas le cas. Le sort fait aux images y est pour beaucoup : selon le narratif qu’elles peuvent appuyer, elles verront leur circulation entravée ou encouragée et leur contenu validé ou discrédité. C’est de cette façon que des images propres à susciter l’#indignation se heurtent paradoxalement à l’#indifférence voire au #doute, qui sont bien sûr de puissants facteurs de #démobilisation.

    Plusieurs dispositifs agissent dans ce sens, que renseigne abondamment une longue tradition de théorie de l’information et de critique des médias : d’une part, l’accès à l’information limité et cloisonné, de la bulle de filtres à la censure délibérée. D’autre part, face à l’impossibilité de contrôler le flux désormais intarissable des informations, se mettent en place des réponses cognitives telles que la #fatigue_de_compassion ou la #surcharge_cognitive, qui paralysent au lieu de mobiliser. Enfin, les médias d’#information_en_continu, la concentration des titres de presse et en général le fonctionnement des médias moderne est propice à l’#entropie, la #manipulation de l’information, la perméabilité à la #propagande. Face à ces phénomènes de d’#altération de l’information, l’émergence croissante de médias de #fact-checking ou de #debunk est salutaire mais à la fois insuffisante (c’est la fameuse loi dite de Brandolini) et sujette à caution, ces plateformes qui s’érigent en instances de neutralité devenant potentiellement des agents de contrôle de l’information.

    Je parle souvent de notre usage des #réseaux_sociaux en politique, et notamment le dispositif de #spectacle par lequel nous assistons en live sur nos téléphones à des massacres filmés, et l’#impuissance acquise à laquelle nous cela nous réduit, dans une sorte de #conscientisation_sans_action. L’idée que des images puisse provoquer une #prise_de_conscience en même temps qu’une #distance_émotionnelle est au coeur de la réflexion de #Susan_Sontag dans Regarding the Pain of Others, et plus récemment dans le livre de #Samah_Karaki L’Empathie est politique (https://www.editions-jclattes.fr/livre/lempathie-est-politique-9782709672504), paru au début de ce mois.

    Une forme de #militantisme_compassionnel consiste alors à liker, partager, s’indigner à longueur de stories (moi la première) en se raccrochant à l’idée de « faire quelque chose ». J’ai depuis appris qu’un mot existe en réalité depuis longtemps pour désigner ce phénomène : le #slacktivisme, autrement dit un #activisme_paresseux pratiqué depuis son canapé. Bien entendu, si ce qui se joue relevait de la seule paresse, cela ne vaudrait pas pour moi une minute de peine.

    Je voudrais revenir sur la nature et le rôle du « spectacle » en question, c’est-à-dire ce que nous regardons : les images, en quantité désormais infinies, et leur caractère de preuve.

    Si tout ce qui précède tend à montrer que la #démobilisation est un effet pervers de l’inflation des images, je pense qu’est également à l’œuvre un mécanisme délibéré de #disqualification de ces images. En effet, si l’#indifférence est une des conditions de l’#impunité, le #doute en est une autre et c’est ce qui m’intéresse plus particulièrement.

    DU DÉNI AU #NÉGATIONNISME

    Le procès Pélicot et les vidéos de Gaza présentent selon moi un point commun très fort et symptomatique de l’époque en ce qui concerne notre rapport aux images : dans ces deux cas de figure nous sommes en présence d’images qui se retrouvent au cœur du #débat_public.

    Ce sont notamment des contextes de production d’images par les auteurs mêmes des crimes, et dans les deux cas, la controverse repose sur l’idée que ces images ne constituent pas des preuves. Dominique Pélicot, qui a drogué son épouse afin que plusieurs dizaines d’inconnus puissent la violer à son insu pendant des années, a tout filmé ; c’est même cette collection visuelle monumentale qui a conduit à la mise en examen des accusés. On peut aussi relever que c’est déjà le fait de filmer ses victimes, en public cette fois (sous les jupes de clientes d’une grande surface), qui a attiré l’attention des autorités sur lui et mené à la découverte du reste. La documentation systématique de ses propres agissements constitue donc une part fondamentale desdits agissements (dans un but principalement pornographique en l’occurrence). À l’issue de la fouille de son matériel, cette archive devient logiquement une #pièce_à_conviction.

    Pourtant, depuis le début des audiences, s’est joué un retournement du rôle de ces images : les plaidoiries des avocats des accusés mobilisent massivement les vidéos incriminantes pour au contraire les dédouaner. Il a pu être ainsi avancé que ces images montraient en fait que la victime était consentante ; qu’elle faisait semblant de dormir ; que rien ne prouvait qu’elle n’avait pas sollicité ces actes.

    Dans le cas de Mazan, le paradoxe est consommé : sans ces vidéos, les accusés auraient probablement continué leur vie sans être inquiétés, mais sur ces vidéos se construit désormais un #récit_alternatif visant à les disculper.

    Depuis un an, une autre catégorie de vidéos sature nos écrans : les images en provenance de Gaza. Depuis un an Israël a imposé une interdiction stricte sur l’accès indépendant à Gaza pour les médias internationaux ; les vidéos qui nous parviennent sont donc nécessairement le fait d’individus impliqués dans les événements. Certaines sont filmées avec les téléphones des victimes ; d’autres sont, comme dans le cas de Dominique Pélicot, tournées par les auteurs des crimes : des soldats israéliens enregistrant des crimes de guerre en zone occupée, soit par souci nationaliste, soit par fanfaronnade individuelle pour se mettre en valeur sur Tiktok et Tinder. On note au passage qu’à Mazan comme à Gaza, la compilation des actes criminels par leurs auteurs dit quelque chose de leur #sentiment_d’impunité.

    Dans les deux cas de figure, un enjeu fondamental est donc l’existence d’une #documentation_visuelle d’actes qui dans d’autres contextes restent impunis, précisément faute de preuves.

    Tout l’argumentaire de notre idée de la justice est fondé sur la preuve, soit le fait que le flagrant délit ou la prise sur le fait rend les faits indéniables. C’est même ce qui justifie la #surveillance_de_masse.

    Ici, cet argumentaire se retrouve mis à mal et les images font l’objet d’une entreprise de #disqualification : les victimes sont des menteurs et les vidéos sont fake. Nous le savons bien : dans le monde « #post-vérité », les faits ne sont plus aussi têtus.
 Ainsi encore tout récemment des images des frappes qui ont ciblé les patients d’un hôpital en ruines à Deir al Balah et notamment vu périr dans les flammes le jeune Shaban al-Dalou sur plusieurs vidéos ont suscité une émotion virale. Mais très rapidement en réponse à ces images se met en place une rhétorique de #négation d’ordre conspirationniste : les vidéos seraient le fruit de « #Pallywood », invention raciste et révisionniste qui prétend que les Palestiniens disposent d’une industrie cinématographique dédiée à la production « hollywoodienne » de films victimaires. Ainsi l’épisode très choquant de la mort de #Shaban_al-Dalou a été remis en question en ciblant l’auteur d’une des vidéos de l’attaque de l’hôpital ; dans ces contenus, le jeune Gazaoui est présenté comme un « acteur » et accusé de créer de faux contenu destinés à attirer la compassion. Bien que les vidéos aient été vérifiées comme bien réelles et la conspiration Pallywood largement debunkée, et notamment sur l’épisode précis en question, les tweets relayant cette opération de propagande autant par les comptes officiels de l’état israélien que de l’influenceur d’extrême-droite et ex-policier Bruno Attal mais aussi la vice-Présidente du CRIF, n’ont pas, à ce jour, été supprimés.
    Ce #discrédit jeté sur la preuve peut sembler tellement grossier qu’on aurait du mal à le prendre au sérieux, mais il fonctionne très bien sur les spectateurs de bonne foi qui ne veulent pas croire aux images “choc” qui leur parviennent. Il a même pu être dit que ces images étaient "trop choquantes pour être réelles".

    Ainsi, en présence d’images, la négation doit simplement passer par d’autres canaux : ces images prouveraient en fait le contraire de ce qu’elles montrent explicitement ; seraient fausses ou trafiquées ; les victimes seraient en fait consentantes, ou ne seraient que des acteurs jouant la comédie.

    La #fictionnalisation des images documentaires participe donc de la mise en place d’un #déni_de_preuve. Priver les images de leur #charge_probatoire est alors un enjeu capital pour les perpétrateurs.

    VICTIME PARFAITE, PARFAIT COUPABLE

    Revenons sur Mazan.

    Gisèle Pélicot, soumise chimiquement par son mari et livrée à des centaines d’hommes pour qu’ils la violent pendant qu’elle était inconsciente, pourrait incarner l’archétype de la "bonne victime" de viol : les preuves sont accablantes, les faits indiscutables.

    Cette idée de "#bonne_victime" se retrouve chez Giulia Fois, qui évoque le viol dont elle a été victime comme un “bon viol”, expliquant qu’elle a été considérée comme une victime recevable parce que son viol a eu lieu dans un contexte conforme à l’idée qu’on veut se faire du viol à l’échelle de la société : un inconnu la nuit sur un parking sombre — cliché bien utile pour recouvrir complètement la réalité qui est toute autre : puisque 90% des #viols sont commis par un homme connu de la victime.

    Pourtant, Gisèle Pélicot se voit harcelée par les avocats de la défense qui s’acharnent à démontrer qu’elle aurait été consentante, et par là mettre en doute son statut même de victime. On le voit bien : l’image, soit le plus haut niveau de preuve, dans ce contexte, ne sert plus à rien. Si ce n’est éventuellement à se retourner contre les victimes : on est même allé chercher des photographies érotiques réalisées par la victime pour étayer le portrait d’une femme lascive et libertine, donc essentiellement une femme qui a bien cherché à se faire passer dessus et certainement pas une « bonne victime ».

    On voit donc la facilité avec laquelle, en dépit des preuves, la victime légitime peut être rétrogradée au statut d’irrecevable.

    Dans le même ordre d’idées, Mona Chollet, toujours dans son texte si bien nommé « le génocide invisible », relève ceci (et je souligne) :

    « Au fil des mois, déjà, on avait pu mesurer l’ampleur du “deux poids, deux mesures”. Les massacres, les viols : au vu de l’indignation générale soulevée, à juste titre, quand des Israélien·nes en ont été victimes, on avait pu en déduire, naïvement, que ces crimes étaient condamnables en eux-mêmes. Mais l’indifférence, voire l’approbation, rencontrées quand des Palestinien·nes en sont victimes à leur tour nous force à en déduire que ce qui est réellement terrifiant, ce n’est pas d’être violé·e, décapité·e, massacré·e : c’est de l’être par des Arabes ».

    La #recevabilité du #statut_de_victime légitime semble donc moins inféodée au faisceau de preuves dont on dispose qu’au statut de l’auteur des actes dont elle est victime. En gros : dis-moi qui t’a agressé·e, je te dirai si c’est vrai.

    En effet, la question de savoir qui est la "bonne victime" sert à détourner l’attention du véritable problème : celui des "#bons_coupables", ceux que la justice désigne comme des cibles légitimes — migrants, pauvres, minorités de race et de genre… (et il va de soi que ces coupables idéaux ne peuvent pas constituer à leur tour des victimes parfaites). Pour le dire simplement, le système protège les agresseurs quand ils correspondent à un certain profil.

    Nous avons à Mazan un procès accablant pour les auteurs (avec 10 ans de vidéos à charge) mais comme comme ce sont des coupables irréprochables — un « #bon_père_de_famille » et des « monsieur tout-le-monde » —, on est en train de nous expliquer que c’est plus compliqué que ça, qu’ils n’ont pas fait grand chose de mal, qu’ils ont souffert dans leur enfance et que Gisèle Pélicot a peut-être un peu cherché ce qui lui est arrivé. La médiatisation du procès de Mazan rompt l’illusion et montre au grand jour l’arbitraire de la séparation entre bons et mauvais hommes, et entre vrais et faux coupables.

    Le contraste est saisissant avec typiquement le battage médiatique tout récent autour de l’inculpé désigné sous la seule appellation de « Marocain sous OQTF » qui a tué la jeune Philippine, créant immédiatement une panique d’extrême-droite — extrême-droite qu’on a pas beaucoup vu s’émouvoir du procès Mazan.

    Il apparaît clairement qu’on ne prend fait et cause pour les victimes qu’en fonction de qui les agresse, en faisant en réalité peu de cas de ces victimes.

    CACHEZ CES VICTIMES QUI NE SAURAIENT EXISTER

    Dans ce contexte, le huis clos judiciaire joue d’ailleurs un rôle clé : il devient le pilier d’un système qui, sous couvert de protéger les victimes, protège en réalité les coupables. Le refus du #huis_clos par Gisèle Pélicot est un enjeu de société car il expose publiquement ce qui était auparavant relégué à l’imaginaire sordide des « affaires de mœurs » et recouvert d’un voile pudique.

    Dans le même ordre d’idées, les #smartphones utilisés par les populations ciblées ont en quelque sorte brisé le huis clos symbolique des scènes de crimes de guerre d’habitude considérés comme essentiellement incompréhensibles, exotiques, ambigus et frappés d’un flou artistique.

    En ce moment, le monde traverse donc une #médiatisation_des_violences qui fait vaciller les conceptions de la justice des gens qui y assistent. Si l’idée d’une #justice_à_deux_vitesses n’est certes pas nouvelle, les niveaux d’impunité et de cynisme déployés dans ces deux contextes ont suscité des indignations très larges.

    S’y pose à nouveaux frais la question centrale : qui a le droit d’exercer la #violence ?

    
Mythe fondateur de l’état de droit, le #monopole_de_la_violence_légitime réservé aux agents du pouvoir exécutif prouve jour après jour non seulement son échec à protéger les plus vulnérables, mais sa tendance croissante et de plus en plus manifeste à s’exercer contre eux, des violences policières aux persécutions institutionnelles contre les minorités. Je vois pour ma part dans l’acharnement à innocenter les violeurs de Mazan une extension tacite et conditionnelle de ce monopole de la violence à certaines catégories sociales (plutôt dominantes) pourvu qu’elles limitent leur action violente à certaines autres catégories (plutôt minoritaires).

    Les images de Gaza et de Mazan concourent au même mouvement de révélation à grande échelle de l’étendue de l’arnaque d’un régime profondément illégaliste, au sens foucaldien : la gestion de la légalité ou de l’illégalité de certains phénomènes en fonction de qui en sont les acteurs.

    S’y dévoile en fait la matrice d’un système fondé sur la #négation_des_victimes : face à l’impunité acquise de certains, selon une organisation finalement tout à fait suprémaciste, on le voit aujourd’hui : les preuves ne valent pas grand chose ; face à des perpétrateurs qui bénéficient à d’un totem d’#immunité, ou à minima de nombreux points d’avance, il n’y a pas de victime assez parfaite pour établir la #culpabilité de leur bourreau.

    Le #victim_blaming (terme qui désigne l’attribution d’un acte malveillant à la responsabilité de la victime) est en fait le mode par défaut du parcours de la victime vers la reconnaissance de son statut et l’éventuelle réparation du préjudice et participe d’une #impunité_institutionnelle. Le huis clos que les images viennent briser n’est pas seulement géographique, mais aussi moral et idéologique : il est celui d’une société internationale qui refuse de reconnaître la pleine humanité des victimes, car cela impliquerait de remettre en question les structures de pouvoir qui la sous-tendent.

    Si comme le veut l’adage le vieux monde peine à mourir, les monstres qui surgissent prennent pour l’instant la forme d’une ère post-factuelle où l’émotion et l’opinion remplacent les faits, et dans laquelle les spectateurs sont complices par leur inaction. Et si un nouveau monde tarde à apparaître c’est aussi parce l’#indifférence et le #déni prédominent et autorisent l’impunité à prospérer.

    J’ai l’optimisme de penser que l’indignation suscitée par décalage entre les déclarations des pouvoirs publics et les actes qui sont documentés ne n’est pas vouée à tourner dans une boucle stérile et fera à terme bouger les lignes. Je caresse même la chimère que par le spectacle qui se donne de cas d’impunité tellement patents, après l’indignation incrédule se produise un déclic des consciences même chez les gens les plus enclins à avoir confiance en la justice nationale et internationale. Le régime actuel de coexistence des #récits_dominants avec les images qui les contredisent est en train de creuser une faille qui expose les processus par lesquels les systèmes de justice et les systèmes d’information sont à la fois régis par les #rapports_de_pouvoir qui traversent nos sociétés et producteurs de #récits dominants. Chaque jour qui passe montre un peu davantage combien le roi est nu.

    Omar El Akkad tweetait il y a un an : “One day, when it’s safe, when there’s no personal downside to calling a thing what it is, when it’s too late to hold anyone accountable, everyone will have always been against this.” Ce tweet a été vu plus de 10 millions de fois. Pouvons-nous vraiment attendre que trois générations s’écoulent ?

    https://blogs.mediapart.fr/cerisuelo/blog/171024/la-preuve-en-images
    #viols_de_Mazan

  • L’abbé Pierre est accusé de violences sexuelles par plusieurs femmes, annoncent Emmaüs et la Fondation Abbé-Pierre
    https://www.francetvinfo.fr/societe/harcelement-sexuel/l-abbe-pierre-est-accuse-de-violences-sexuelles-par-plusieurs-femmes-an

    L’abbé Pierre est accusé de violences sexuelles par plusieurs femmes, ont annoncé mercredi 17 juillet la Fondation Abbé-Pierre, Emmaüs International et Emmaüs France. Les faits dénoncés ont été commis « entre la fin des années 1970 et 2005 », écrivent ces organisations dans un communiqué.

    Emmaüs France dit avoir mandaté un cabinet d’experts après un signalement en 2023. Dans son rapport d’enquête (PDF) publié en juillet 2024, ce cabinet mentionne au total « 7 personnes faisant état de violences subies par des femmes de la part de l’abbé Pierre ». L’une d’elles « était mineure au moment des premiers faits ». De plus, « au moins cinq personnes supplémentaires ont été identifiées comme ayant pu subir des faits de violences sans qu’il ne soit à ce stade possible de les entendre ».

    Ah mais merde.

    • avec ou sans Garaudy ?

      L’abbé Pierre, un antijudaïsme qui date.
      Dès 1993, il développait des thèses contre les Juifs et Israël. Publication inédite.
      par Annette LEVY-WILLARD, le 7 juin 1996 à 7h15

      Deux personnes au moins n’ont pas été surprises des dérives antijuives de l’abbé Pierre ­ qui se dit maintenant victime d’un « lobby sioniste international » : Michel-Antoine Burnier (écrivain et journaliste) et Cécile Romane (écrivain), qui enregistraient en 1993 les discussions entre l’abbé Pierre et Bernard Kouchner, quand ils préparaient ensemble un livre d’entretiens, Dieu et les hommes. Les déclarations de l’abbé Pierre étaient tellement gênantes qu’elles ne figureront pas dans le livre (paru chez Laffont). Burnier et Romane ont repris ces propos inédits, ainsi que l’interview parue en 1991 dans la revue catholique la Vie, où, déjà, l’abbé Pierre s’interrogeait sur le droit à l’existence d’Israël. Ils ont rassemblé dans un petit livre, le Secret de l’abbé Pierre (1), ces textes accablants qui prouvent que le soutien aux thèses négationnistes de Garaudy n’est pas un accident. Ils ont analysé le discours de l’abbé Pierre et ont apporté des réponses, des chiffres, à ceux qui pourraient se poser des questions sur le génocide des Juifs. Rencontre avec les auteurs.

      En 1993, l’abbé Pierre se lance, devant vous et Bernard Kouchner, dans une diatribe antijuive. Pourquoi décidez-vous de censurer ses propos ?

      C’était le 27 mars 1993, à Esteville, chez l’abbé Pierre. Bernard Kouchner et l’abbé étaient assis côte à côte, nous étions en face, avec chacun un magnétophone. Nous voulions aborder le chapitre de la protection des minorités. On ne parlait pas des #Juifs. Et on découvre que, pour l’abbé Pierre, le terme de « génocide », de « Shoah », s’applique non aux Juifs mais, à l’inverse, aux victimes de Josué, il y a trente siècles. Il semblait ignorer que le mot de « génocide » a justement été inventé en 1944 pour les Juifs et les Tsiganes. Or, l’abbé nous dit alors : mais non, ce sont les Juifs qui ont commis le premier génocide, avec Josué. Cet amalgame, qui faisait un raccourci de trente siècles pour condamner les Juifs d’aujourd’hui, nous semblait dangereux, mais nous n’avons pas pensé une minute qu’il allait glisser plus loin. On était très embarrassés. La pensée d’un vieux prêtre qui ratiocine dans sa chambre n’a pas d’importance. Mais si l’homme le plus populaire de France dit du mal des Juifs, c’est autoriser la France entière à penser : c’est peut-être vrai... On a décidé de ne pas publier cette discussion. Quand il a soutenu publiquement #Garaudy, on n’a donc pas été surpris. On savait qu’il n’était pas gâteux, qu’il pesait ses mots : il disait la même chose il y a trois ans.

      Vous qui le connaissez bien, vous voyez l’abbé Pierre glisser « d’un antijudaïsme religieux ranci à la promotion, même involontaire, du #négationnisme ». Comment expliquez-vous ce glissement ?

      Il parle de Dieu et de la Bible tout le temps, ne lit que des livres de religion. L’abbé est d’une grande inculture historique. En 1993, il nous a confié qu’il venait de comprendre, en lisant un livre, comment Hitler avait pris le pouvoir. Il a réellement risqué sa vie tous les jours à partir de 1942 pour sauver des Juifs, mais il n’est pas au courant des travaux historiques sur la Shoah. Il ne croit pas Kouchner, mais Garaudy qui lui explique que la Shoah est un mensonge. Que l’abbé soit, depuis cinquante ans, l’ami de Garaudy, l’homme le plus nul du marxisme français, l’homme qui a non seulement nié le Goulag mais défendu les thèses les plus imbéciles sur la science bourgeoise, dont la faiblesse de pensée saute aux yeux, cela pose problème.

      Il ne s’interroge pas sur son ami Garaudy qui prend pour avocat Jacques Vergès, défenseur de Barbie, des nazis et des satrapes rouges ou bruns du tiers monde. Il part de l’#antijudaïsme_religieux, s’entend très bien avec Garaudy sur le sujet, et du coup passe de l’antijudaïsme religieux à l’antisionisme. Dans l’interview à la Vie, l’abbé Pierre met en cause la promesse de Dieu à Moïse il y a trente siècles, puis l’autre fondement de l’Etat d’Israël : Auschwitz. Où doivent aller les Juifs chassés d’Europe centrale, qui voulaient une terre et une armée ? Kouchner, au cours de la discussion de 1993, lui dit à propos d’Israël : « Quelle était la solution ? Est-ce que les Juifs devaient revenir sur cette terre où il y avait un foyer national pour les protéger ? » L’abbé ne répond pas. Il explique au contraire que les Juifs ne doivent pas réclamer de terre, qu’ils doivent rester dispersés, que c’est leur mission. Comme s’ils avaient choisi volontairement d’être chassés d’un pays à l’autre.

      L’abbé a déclaré, à propos des 6 millions de morts : « Les Juifs ont exagéré sous le coup de l’émotion, c’est bien normal. » On lui rappelle donc que le premier à avancer le chiffre de 6 millions n’était pas précisément un Juif ému : c’était Adolf Eichmann, à Budapest en 1944.

      Pensez-vous qu’il puisse aujourd’hui changer d’avis, et se démarquer publiquement des thèses négationnistes ?

      Un des traits de caractère de l’abbé, c’est d’être têtu. C’était bien pour faire construire des logements d’urgence, parce qu’il avait raison. Mais là, il refuse d’écouter. Il a préféré passer deux jours à Padoue avec Garaudy, et après, il parle de « lobby sioniste ». Il y a trois ans, on ne voulait pas déclencher ce débat. Aujourd’hui, on n’a plus le choix. Mais nous sommes tristes. L’abbé Pierre, on ne l’a plus, c’est fini.

      (1) Le Secret de l’abbé Pierre, Ed. Mille et une nuits, 48 pages, 10 F, en vente la semaine prochaine.

      #préféré_des_français

    • à ce propos, je le savais pas, mais un premier ministre putatif a déclaré aux législatives 2024 "on a dit que j’ai été trotskiste mais j’ai plus longtemps été enfant de choeur"
      #ce_sont_ses_propres_compatriotes_qui_l'ont_mis_sur_la_croix

      edit et cela n’a rien de marrant, pour revenir à ce cureton, qu’un gars qui a aussi sauvé de juifs durant l’Occupation en soit (dans le même temps ?) arrivé là.
      sinon, il me semble qu’on l’appelait Le patriarche, ce qui évente pour partie la surprise y compris pour qui n’avait « rien vu »(!?!) de son antisémitisme, ou de l’assujettissement dans lequel les « communautés Emmaus » mettent les « compagnons ».

  • Pierre Vidal-Naquet : « De Faurisson et de Chomsky ». Ressources documentaires sur le génocide nazi / Documentary Resources on the Nazi Genocide © Michel Fingerhut, auteurs et éditeurs, 1996-8
    http://www.anti-rev.org/textes/VidalNaquet81a

    Plus inquiétante, parce qu’elle émane d’un homme à qui sa valeur scientifique, combinée au juste et courageux combat qu’il a mené contre la guerre américaine au Vietnam, ont valu un grand prestige, est la préface du livre de Faurisson, qui est due à #Noam_Chomsky. L’aubaine est riche : soutenir que le génocide des Juifs est un « mensonge historique » et être préfacé par un illustre linguiste, fils d’un professeur d’hébreu, libertaire et ennemi de tous les impérialismes, voilà qui est de meilleur effet que l’appui de Jean-Gabriel Cohn-Bendit...

    J’ai lu ce texte avec attention, et avec une surprise croissante. Des adjectifs me sont venus au bout de la plume, qui exprimaient, sous la forme d’une progression, et ma surprise et mon indignation. J’ai décidé, finalement, de retirer ces adjectifs de mon texte. Les linguistes, et même les non-linguistes, les restitueront aisément (4). Je procéderai par ordre.

    1) La préface en question relève d’un genre assez nouveau dans la République des lettres. En effet, Noam Chomsky n’a lu ni le livre qu’il préface, ni les travaux antérieurs de cet auteur, ni les critiques qui en ont été faites, et il est incompétent dans le domaine dont il traite : « Je ne dirai rien ici des travaux de Robert Faurisson ou de ses critiques, sur lesquels je ne sais pas grand-chose, ou sur les sujets qu’ils traitent, sur lesquels je n’ai pas de lumières particulières (5). » Voilà donc qui le qualifie remarquablement. Mais comme il faut cependant savoir affirmer à la fois une chose et son contraire, Chomsky n’en proclame pas moins, quelques pages plus loin, sa compétence. Faurisson est accusé d’être un antisémite : « Comme je l’ai dit, je ne connais pas très bien ses travaux. Mais d’après ce que j’ai lu, en grande partie à cause de la nature des attaques portées contre lui, je ne vois aucune preuve qui appuierait de telles conclusions » (Préface, p. XV). Il a lu aussi ses critiques, en l’espèce mon article d’Esprit (septembre 1980) et même les lettres personnelles que je lui ai adressées à ce sujet, « une correspondance privée qu’il ne serait pas convenable de citer en détail ici ». Bel exemple de scrupule, bel exemple aussi de double langage, car Chomsky ne s’est pas rendu compte qu’il préfaçait un livre où sont reproduites, sans autorisation, toute une série de lettres privées (6), et il ne se prive pas lui-même de résumer, en les falsifiant, mes propres lettres. Je lui dirai donc simplement ceci : « Publiez donc, je vous y autorise, l’ensemble de cette corrrespondance. On verra donc si vous êtes qualifié pour me donner une leçon d’honnêteté intellectuelle. »

    2) Chomsky-le-double a donc lu Faurisson et il ne l’a pas lu, il a lu ses critiques et il ne les a pas lues. Essayons de préciser et de sérier les questions. Qu’a-t-il lu de Faurisson qui lui permette de lui accorder ainsi un beau certificat ? N’est-il pas « une sorte de libéral relativement apolitique » (p. XIV-XV) ? Comme Chomsky ne se réfère à rien, je ne puis le savoir, et je dirai simplement ceci : l’antisémitisme personnel de Faurisson m’intéresse à vrai dire peu. Il existe et je puis en témoigner, mais il n’est rien à côté de l’#antisémitisme de ses textes. Écrire le plus tranquillement du monde qu’en imposant aux Juifs à partir de l’âge de six ans le port de l’étoile jaune « Hitler se préoccupait peut-être moins de la question juive que d’assurer la sécurité du soldat allemand » ( Vérité..., p. 190), est-ce de l’antisémitisme ? Certainement pas, dans la logique de Faurisson, puisqu’à la limite il n’y a pas d’antisémitisme pratique possible. Mais dans la logique de Chomsky ? Inventer de toute pièce une imaginaire déclaration de guerre à Hitler, au nom de la communauté juive internationale, par un imaginaire président du Congrès juif mondial (7), est-ce de l’antisémitisme ou est-ce un faux ? Peut-être Chomsky peut-il pousser l’imagination linguistique jusqu’au point de découvrir qu’il existe des faux antisémites ?

    [...] comment admettre qu’il accorde aujourd’hui sa caution à un faussaire ?

    #négationnisme #pétochard #faussaire #histoire

    • Quatre ans après que Chomsky ait préfacé Faurisson chez La vieille taupe, il publie Réponses inédites à mes détracteurs parisiens (1984) préfacé par Pierre Guillaume...
      L’argument selon lequel il n’aurait rien fait d’autre que prendre la défense de la liberté d’expression (une liberté dont Faurisson ne manquait pas plus que Thion...) est littéralement pulvérisé par PVN dans le texte cité ci-dessus. C’est comme légende qu’il en subsiste quelque chose.

      #falsification #Pierre_Vidal-Naquet #chomsky

  • ★ Une chambre avec vue ? | Le blog de Floréal

    Le documentaire « Goulag(s) », de Michaël Prazan et Assia Kovrigina, diffusé à la télévision en 2019, présente, entre autres intérêts, l’avantage de nous faire ressouvenir que dans l’immédiat après-guerre nombre de militants communistes, certains d’entre eux anciens résistants et déportés dans les camps nazis, nièrent sans désemparer l’existence des camps de concentration de l’Union soviétique. C’était l’époque où quiconque osait critiquer le grand pays tant aimé se voyait illico insulté et calomnié dans les colonnes des divers organes de presse dont disposait alors un Parti communiste français au mieux de sa forme (...)

    #URSS #stalinisme #campsdeconcentration #goulag #PCF #négationnisme

    https://florealanar.wordpress.com/2019/04/02/une-chambre-avec-vue

  • Dans le Jewish Chronicle, l’auteur néoconservateur Douglas Murray explique que le Hamas est pire que les nazis, parce que les nazis, eux au moins, souffraient psychologiquement de ce qu’ils faisaient aux juifs.
    Why must Jews watch their backs as London mobs cheer ?
    https://www.thejc.com/lets-talk/all/why-must-jews-watch-their-backs-as-london-mobs-cheer-4yZAP0kooJPNm2duxrcfsG

    As I said after watching at the Israeli embassy the other day the unedited footage of the massacre, this is one occasion when saying that some people are worse than the Nazis is not hyperbole.

    Average members of the SS and other killing units of Hitler’s were rarely proud of their average days’ work. Very few felt that shooting Jews in the back of the head all day and kicking their bodies into pits was where their own lives had meant to end up.

    Many spent their evenings getting blind drunk to try to forget. Nazi commanders had to worry about staff “morale”. When the war ended, the Nazis tried to pretend that Treblinka and other death camps never existed.

    • En France, on t’explique que LFI est pire que les nazis, parce qu’ils ne manifestent pas avec leurs descendants. On t’explique aussi que LFI est pire que les nazis, parce qu’ils sont ambigus dans leurs condamnations des affrontements du 7 octobre 2023 (j’ai pas écrit massacre > je suis antisémite et je nie l’horreur des assassinats commis contre les victimes israéliennes).

      A quel moment ces gens vont-ils dénoncer l’extermination industrielle des palestiniens à Gaza ?

    • Tu dois pouvoir définir la même loi. Le négationnisme n’est définitivement disqualifiant que pour les gauchistes. Les autres peuvent continuer à être pris au sérieux et pérorer sur les plateaux. Ça n’est pas si vieux que c’est comme ça. Il me semble qu’à une époque, le négationnisme et l’antisémitisme, ce n’était pas instrumentalisé comme cela peut l’être désormais.

  • BALLAST • Quand « plus jamais ça » devient un cri de guerre
    https://www.revue-ballast.fr/quand-plus-jamais-ca-devient-un-cri-de-guerre

    L’image a fait le tour du monde : lun­di der­nier, l’ambassadeur israé­lien à l’ONU a abor­dé une étoile jaune au cours d’une réunion du Conseil de sécu­ri­té. Sur cette étoile de bien sinistre mémoire, on pou­vait lire : « Never again ». Choqué, le pré­sident de Yad Vashem — le mémo­rial de la Shoah à Jérusalem — a aus­si­tôt réagi : « Cet acte désho­nore les vic­times de l’Holocauste ain­si que l’État d’Israël. » Cette réfé­rence au géno­cide des Juifs d’Europe n’est pas une pre­mière : elles abondent depuis le san­glant 7 octobre. Natasha Roth-Rowland, his­to­rienne spé­cia­li­sée sur l’ex­trême droite, se lève, dans les colonnes du maga­zine israé­lien +972, contre cette ins­tru­men­ta­li­sa­tion du pas­sé en vue de jus­ti­fier les actions mili­taires en cours. En l’oc­cur­rence : « un grave dan­ger de net­toyage eth­nique », aver­tis­sait l’ONU il y a déjà deux semaines. On dénombre aujourd’­hui près de 8 900 morts gazaouis, dont plus de 3 600 enfants. Médecins sans fron­tières fait savoir que les ampu­ta­tions se pra­tiquent désor­mais sans anes­thé­sie. L’UNICEF appelle en vain à un ces­sez-le-feu huma­ni­taire immé­diat : Gaza est deve­nue « un véri­table enfer ». Tandis que les gou­ver­ne­ments du Nord conti­nuent de sou­te­nir la poli­tique d’a­néan­tis­se­ment de la bande de Gaza — voire l’arment, dans le cas des États-Unis —, de nom­breuses voix s’é­lèvent de par le Sud dans l’es­poir que cesse au plus vite l’hor­reur : les pou­voirs boli­vien, chi­lien et colom­bien viennent ain­si de rompre toutes rela­tions diplo­ma­tiques avec Israël ou de rap­pe­ler leurs ambas­sa­deurs. La solu­tion ne sera que poli­tique, rap­pelle l’au­trice. Nous tra­dui­sons son article.

    • L’intérêt rhétorique qui consiste à assimiler ses ennemis à des nazis — ce à quoi procède fréquemment la droite israélienne et ses partisans lorsqu’ils discutent des Palestiniens en général — réside dans la manière dont cela suggère, implicitement ou explicitement, qu’il n’y a qu’une seule ligne de conduite logique, voire morale : l’élimination complète des personnes désignées comme nazies et de toute personne considérée comme leur étant affiliée. C’est pourquoi le discours actuel est inondé d’appels au génocide et à l’épuration ethnique qui émane d’un éventail effroyablement large de sources, et est soutenu par l’idée que, pour reprendre les termes d’un chroniqueur dans le plus lu des journaux israéliens, « le Hamas et les habitants de Gaza sont une seule et même chose ». La constante invocation de l’Holocauste n’a pas l’air d’avoir contribué à sensibiliser à ses leçons ceux qui appellent à la destruction de Gaza. En plus des appels à des massacres en guise de vengeance et des nombreuses références aux Palestiniens comme autant d’« animaux », l’imagerie nazie a également fait la tournée des « hasbaristes » [relais des stratégies de communication de l’État d’Israël envers le reste du monde, ndlr] sur les réseaux sociaux : dans un dessin qui aurait pu tout droit venir de Der Stürmer [hebdomadaire nazi actif de 1923 à 1945, ndlr], on voit une botte de Tsahal sur le point de marcher sur un cafard dont la tête est celle d’un combattant du Hamas. L’ironie est transparente et grotesque : une propagande similaire, obscène, qui a contribué à alimenter des horreurs inimaginables est adoptée pour, en apparence, empêcher la répétition de cette même histoire — et pour justifier la poursuite des massacres ethniques et de la punition collective.

      #épuration_ethnique #nazification_des_Palestiniens #négationnisme #Israël #discours_génocidaire

  • Mast est membre du Congrès US.

    Acyn sur X :

    Mast: I think when we look at this, as a whole, I would encourage the other side to not so lightly throw around the idea of innocent Palestinian civilians.

    I don’t think we would so lightly throw around the term innocent Nazi civilians

    https://twitter.com/Acyn/status/1719788747292623010

    #enfants #Gaza

    • C’est génial comme Israël et ses soutiens, en définitive, adoptent une propagande qui par certains côtés reprend des thèmes russes dans la guerre en Ukraine.
      C’est génial, parce que quand les russes emploient ces arguments, on te dit « point godwin », on te dit « cécuiquidikyé ».
      Mais là, non. Pas maintenant. Maintenant, on te dit que c’est légitime. Parce que comme tu le sais, les palestiniens dans leur ghetto, ils ont déjà mis en œuvre la solution finale. Les palestiniens ont des chars d’assaut, une bombe atomique, des ressources naturelles.

    • la « guerre des civilisations » gagne en réalisme et en légitimité en devenant guerre contre la barbarie nazie. on évoque une victoire (le nazisme défait militairement) plutôt qu’un échec (les guerres du bien contre le mal après la destruction des Twin towers). on limite (bien artificiellement) la cible à des Palestiniens caractérisés comme nazis. c’est la reprise du schéma délirant proposé par des responsables politiques israéliens. on a vu lors de diverses déclarations (Nétanyahou, ambassadeurs) que ce schématisme implique une négation du génocide des juifs par les nazis par minimisation. antisémitisme du soutien au sionisme. génocide au nom de l’intérêt général.
      #Palestiniens #nazification_des_Palestiniens #Israël #Usa #génocide #négationnisme_d'Israël

  • « Netanyahu, un nazi sans prépuce », un sketch de Guillaume Meurice qui ne passe pas
    Par Times of Israel Staff Aujourd’hui, 10:55 - The Times of Israël
    https://fr.timesofisrael.com/netanyahu-un-nazi-sans-prepuce-un-sketch-de-guillaume-meurice-qui-

    Dimanche soir, sur France Inter, le chroniqueur de radio français Guillaume Meurice a tenté de faire de l’humour en conseillant un « déguisement pour faire peur pour Halloween : le déguisement Netanyahu, qui marche pas mal en ce moment, une sorte de nazi mais sans prépuce ». Son propos a provoqué rires et applaudissements autour de la table et dans la salle.

    La séquence a été diffusée sur YouTube par la radio.
    https://www.youtube.com/watch?v=VUWpzzyEQ6w

    Lundi, plusieurs responsables politiques et personnalités ont fait part de leur stupéfaction sur Twitter/X.
    (...)
    L’avocat Gilles-William Goldnadel a indiqué qu’il lançait des poursuites contre l’humoriste de France Inter.

    _Alors, ne le prenez pas mal , mais je vous annonce que nous allons , sans vouloir être vulgaire, vous rentrer dans votre tronche ( judiciairement s’entend) pour avoir traité le premier israélien de « nazi sans prépuce » sous les rires de vos copains. https://t.co/6kpKw9MKDH_
    — G-William Goldnadel (@GWGoldnadel) October 30, 2023 (...)

    • Le personnage n’est pas drôle et ne mérite pas qu’on se moque de lui. Quand il s’agit de rire des assassins je préfère ceux qui me sont plus proches, parce qu’originaires de Hannovre, par exemple.
      https://www.youtube.com/watch?v=f5U3J069As8&pp=ygUcd2FydGUgd2FydGUgbnVyIGVpbiB3ZWlsY2hlbg%3D%3D


      https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fritz_Haarmann

      vorhautlosrr Nazi plus moderne vorhautbefreiter Nazi , c’est quand méme fort, mais pas drôle à cause de la dimension de ses crimes.

      #humour #assassins

    • Mince il s’est déguisé en Dieudonné pour l’halloween Meurice. Tellement compliqué tout ca, est-ce que parler de génocide à Gaza c’est antisémite ? Peut-etre qu’il y a d’autres génocidaires que les nazis qui seraient plus adaptés pour une comparaison avec les actes du gouvernement israelien....
      J’ai vu qqpart que c’est plus adapté de parler d’Israel comme d’un etat colonial que d’un sionisme nazi, ca me semble pas idiot.

    • attention, ça glisse ! c’est une blague démago, imbécile, qui aide pas, du tout, à piger ce qui se passe (ou Israël), et même pas les tendances suprémacistes en et autour d’Israël.
      mais on en est à pas au point Dieudonné

      Dieudonné sur la chaîne iranienne Sahar en septembre 2011, (...) déclarait que « le sionisme [avait] tué le Christ ». Dans cet extrait, le procédé d’adaptation est grossier : la désignation de « sioniste » est mise en lieu et place de celle de « juif », pour rappeler une vieille rengaine de l’antisémitisme, rendant les juifs – le « peuple déicide » – coupables de la mort de Jésus. Rappelons que le sionisme ici invoqué est postérieur de quelque dix-neuf siècles à la mort de Jésus.

      https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2023/10/31/antisemitisme-aux-origines-du-glissement-de-vocabulaire-de-juif-a-sioniste_5

      [Iquioussen, lui, explique des schismes au sein de l’Islam par des manipulation juives, c’est plus crédible que de faire intervenir le sionisme avant son éclosion]

      j’y vois plutôt une très malheureuse convergence -à front renversé- avec le #négationnisme_israélien (gouvernemental) du génocide des juifs par les nazis qu’on observe en ce moment. surenchère et banalisation des confusions bestiales (la comparaison qui obscurcit). pour inventer un équivalent général, faut être un boucher ou/et un menteur.
      un comique qui veut/doit user de la mauvaise foi se devrait de mentir mieux.

      une des voies du négationnisme (du génocide des juifs par les nazis) c’est la minimisation.

      minimiser la barbarie nazie vis à vis des juifs et pas seulement) est à mon avis la dernière des choses à faire lorsqu’il est question de pointer le sort tragique (...) imposé aux Palestiniens et/ou la politique d’Israël.

    • Le moment Meurice du 29 octobre 2023 : la réponse de la direction de France Inter, Adèle Van Reeth .
      31/10/2023
      https://mediateur.radiofrance.com/chaines/france-inter/le-moment-meurice-du-29-octobre-2023

      (...) Je rejoins le malaise que vous avez été nombreux à exprimer.

      Comme tous les humoristes de la chaine, Guillaume Meurice jouit d’une liberté d’expression dont je me suis portée garante dès le premier jour. L’existence d’un espace de satire politique dans lequel le pouvoir et ses représentants peuvent être moqués est le signe d’une démocratie qui fonctionne, et notre responsabilité en tant que radio de service public consiste à protéger cet espace au nom de la liberté d’expression. Celle-ci a une limite : celle du droit. L’humour, même lorsqu’il use d’irrévérence et de provocation, s’inscrit dans le cadre prescrit par la loi.

      Qualifier n’importe quel représentant politique de « nazi » est une outrance dont le caractère comique peut être, en temps normal, questionné. Quand ce représentant, dont on peut par ailleurs désapprouver et critiquer la politique, est lui-même juif, à la tête d’un Etat juif, dont les habitants viennent de subir une attaque terroriste ayant assassiné plus d’un millier d’entre eux, cet humour est encore plus discutable. Quand s’ajoute à ce contexte une recrudescence des actes antisémites au sein de notre pays, ce choix des mots semble particulièrement malvenu.(...)

  • Guerre Hamas - Israel : Face au « silence » du Conseil de sécurité, l’ambassadeur israélien arbore une étoile jaune
    https://www.20minutes.fr/monde/israel/4060173-20231031-guerre-hamas-israel-face-silence-conseil-securite-ambassa
    https://img.20mn.fr/nvVSdk1VQ4GrK9_twDrVyCk/1200x768_israel-s-u-n-ambassador-gilad-erdan-wears-a-yellow-star-of-david-t

    C’est un geste symbolique particulièrement fort. L’ambassadeur israélien à l’ONU Gilad Erdan a accroché lundi une étoile jaune sur sa poitrine lors d’une réunion du Conseil de sécurité, assurant qu’il la porterait « avec fierté » tant que le Conseil ne condamnerait pas « les atrocités » du Hamas.

    Inutile de commenter...

    • Erdan portera l’étoile jaune jusqu’à ce que le Conseil de sécurité condamne le Hamas
      Un contexte de frustration mondiale croît face à l’organe de l’ONU, qui n’a pas adopté une seule résolution sur la guerre entre Israël et le Hamas en trois semaines
      Par Jacob Magid Aujourd’hui, 10:30
      https://fr.timesofisrael.com/erdan-portera-letoile-jaune-jusqua-ce-que-le-conseil-de-securite-c

      (...) « Je vous le rappelle. À partir de ce jour, chaque fois que vous me regarderez, vous vous souviendrez de ce que signifie rester silencieux face au mal », a déclaré Erdan.

      « Tout comme mes grands-parents et les grands-parents de millions de Juifs, mon équipe et moi-même porterons désormais des étoiles jaunes », a-t-il ajouté, se levant pour en apposer une sur la poitrine de son costume, avec les mots « Plus jamais ça », en référence aux étoiles jaunes que les Juifs, dès l’âge de 6 ans, ont été forcés de porter par les nazis.

      Il la porte « comme un symbole de fierté », a déclaré Erdan.

      « Nous porterons cette étoile jusqu’à ce que vous vous réveilliez et condamniez les atrocités du Hamas. »

      Le directeur du musée de la Shoah Yad Vashem, Dani Dayan, a rapidement dénoncé ce geste qui « déshonore à la fois les victimes de la Shoah et l’État d’Israël ».

      « L’écusson jaune symbolise l’impuissance du peuple juif et le fait d’être à la merci des autres. Aujourd’hui, nous avons un pays indépendant et une armée forte », a déclaré Dayan sur X – anciennement Twitter.

      « Nous sommes maîtres de notre destin. Aujourd’hui, nous plaçons un drapeau bleu-blanc à la boutonnière, et non un écusson jaune », a ajouté Dayan. (...)

    • Si je puis me risquer à un commentaire presque aussi douteux que l’initiative de ce « diplomate » : l’étoile jaune avec « never again », est-ce une sorte de déguisement de Halloween ?

      Blinken’s son dresses up as Zelensky for Halloween — RT World News
      https://www.rt.com/news/586276-us-blinken-zelensky-halloween

      US Secretary of State Antony Blinken raised quite a few eyebrows on Monday, after choosing to dress his kids up in “pro-Ukrainian” costumes to attend President Joe Biden’s traditional White House Halloween party on Monday.

      While the senior diplomat and his wife attended without any special outfits, they dressed their son in a green sweatshirt and khaki pants, nearly identical to those often worn by Ukrainian president Vladimir Zelensky.

      Their daughter, meanwhile, was dressed in a blue dress with a yellow shawl, apparently meant to resemble a Ukrainian flag.

  • Quand les autorités israéliennes font du révisionnisme
    https://contre-attaque.net/2023/10/30/quand-les-autorites-israeliennes-font-du-revisionnisme

    C’est un phénomène grave dont on ne parle pas assez : le révisionnisme voire le négationnisme de la Shoah propagé par les autorités israéliennes elles-mêmes. On entend sans cesse depuis le 7 octobre que le Hamas serait l’équivalent du nazisme, voire même « pire » que les nazis selon cet ambassadeur.

    Le nazisme étant le curseur ultime de la barbarie, il serait donc légitime de bombarder massivement Gaza, comme l’ont été les villes allemandes à la fin de la guerre. Les pro-Israël utilisent souvent la comparaison avec Dresde, ville allemande quasiment rasée par les alliés pour justifier la destruction de Gaza.

    Si les palestiniens sont nazis, on peut leur faire la même chose que le sort réservé à l’Allemagne en 1944 et 45. L’ancien Premier ministre Naftali Bennett précise cette idée : « Ce sont des animaux. Nous devons les appréhender comme s’ils étaient des nazis. Ce que nous ferions aux nazis, nous devons le faire à leur encontre ».

    D’abord, il faut rappeler que les bombardements massifs de civils il y a 80 ans contre le Japon et l’Allemagne étaient déjà des crimes de guerre. Rien ne justifiait l’envoi de bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, ni de brûler Tokyo, ni d’envoyer des forteresses volantes raser des métropoles allemandes et tuer leurs habitants, ni même les massacres et viols de masse à Berlin lorsque la ville est tombée aux mains des Alliés. Reproduire cela en 2023 est tout aussi injustifiable.

    Plus grave, cette comparaison n’a aucun sens. Mettre sur le même plan la population civile de Gaza, qui est assiégée entre 4 murs dans une petite zone, affamée, privée d’eau, et recevant un tapis de bombe sans pouvoir s’abriter nulle part, et le Troisième Reich totalitaire, qui dominait le monde, avait une armée surpuissante et dont le régime est responsable de dizaines de millions de morts dont un génocide est une abjection.

    Hitler a planifié l’extermination des juifs et des tziganes d’Europe. Les persécutions de juifs en Allemagne, puis la Shoah par balle, des bataillons chargés de massacres systématiques en Europe de l’Est, puis un réseau de camp de concentration et d’extermination. Un génocide mécanique, industriel, planifié, de femmes, d’enfants, de vieillards, justifié par l’idée qu’une “race de seigneurs” devait dominer le monde en éliminant les races “inférieures”.

    Qu’y-a-t-il de commun avec une population colonisée depuis 75 ans, sans État, sans armée, sans soutiens diplomatiques ni véritables moyens militaires ? Rien. Ni sur le fond, ni sur la forme.

    Ces propos portent un nom : c’est du révisionnisme pur et simple, relativisant les crimes nazis, y compris les camps de la mort. Ce révisionnisme est puni par la loi en France.

    L’historien Michael Berenbaum de l’American Jewish University en Californie explique dans le Times of Israël : « L’ennemi n’a ni la puissance, ni les infrastructures de l’Allemagne nazie qui avait conquis la plus grande partie de l’Europe continentale. Et Israël est un pays puissant, il n’est pas sans défense ».

    Dans la bouche de responsables israéliens, cette comparaison honteuse n’est pas uniquement un élément de propagande visant à justifier l’élimination de la population palestinienne. C’est un projet idéologique néofasciste.

    En 2015, Netanyahou déclarait déjà : « Hitler ne souhaitait pas exterminer les juifs », affirmant que les palestiniens seraient les vrais responsables de la Shoah. C’est évidemment complètement faux, Hitler, obsédé par la hiérarchie raciale, puisait son programme dans l’antisémitisme européen et avait annoncé ses projets exterminateurs bien avant la guerre. Mais en mentant ainsi, l’extrême droite israélienne déresponsabilise l’extrême droite européenne, elle l’absout de ses crimes.

    En disant cela, Netanyahou allait plus loin que Jean-Marie Le Pen ou que les néo-nazis européens dans la négation de ce qu’était la Shoah. Si les nazis sont « moins pires » qu’un peuple colonisé qui se fait écraser à chaque nouveau conflit, alors finalement, les nazis n’étaient pas si méchants. Faurisson, Soral et autres antisémites peuvent se frotter les mains de telles déclarations.

    Ce discours vient relégitimer l’extrême droite la plus radicale, qui ne s’y trompe pas. Le RN, fondé par des Vichystes, fait corps derrière Israël. Comme Zemmour qui a réhabilité Pétain tout en soutenant Netanyahou. Ce révisionnisme symbolise l’union sacrée des fascismes européens et israéliens.

    C’est par ce renversement sidérant que « l’arc républicain » se retourne : la gauche qui est issue de la résistance est qualifiée de « complice du terrorisme » pendant que la vieille droite antisémite est validée par la caste politico-médiatique qui soutient Israël.

    Au détriment de la vérité historique, des valeurs les plus élémentaires d’humanité, mais aussi du peuple juif, dont les souffrances sont relativisées.

    • c’est une escroquerie intellectuelles de négationnistes du génocide nazi des juifs que de s’être revendiqué d’un révisionnisme qui est une norme d’un travail historique inéluctablement conduit à remettre en cause ses approches et ses résultats.
      le terme révisionniste était par ailleurs utilisé par le marxisme léninisme pour condamner des déviations idéologiques.
      pour sortir de la confusions, Pierre Vidal-Naquet a forgé le néologisme « négationnisme » afin de caractériser les négateurs du génocide des juifs par les nazis, une négation qui prend de multiples formes, fausse question ("les chambres à gaz ont-elle existes ?" cf. faurissonneries), allusions et blagues diverses destinées à masquer l’antisémitisme, relativisation et minimisation des faits historiques, comme c’est le cas de quelques (?) voix israéliennes prééminentes.

      #abjection #nationalisme #négationnisme #négationnisme_israélien #fascisme #racisme #génocide #Gaza

  • من فمهم نُدينهم.. محللٌ إسرائيليٌّ : الأغلبية الساحقة حتى من (اليسار) تُريد تصعيد الحرب.. النزعة الفاشيّة سيطرت وباتت الموقف السائد الوحيد والرأي الآخر يُقمَع.. حماس ليست نازيّةً.. الإعلام العبريّ : دمِّروا غزّة نهائيًا | رأي اليوم
    https://www.raialyoum.com/%d9%85%d9%86-%d9%81%d9%85%d9%87%d9%85-%d9%86%d9%8f%d8%af%d9%8a%d9%86%d9%8

    A part le chapô, il s’agit pour l’essentiel de la reprise en arabe d’un article du Haaretz sur la gauche israélienne, l’opinion publique et Gaza.

    بات الإعلام العبريّ على مختلف مشاربه كاثوليكيًا أكثر من بابا روما وصهيونيًا أكثر من هرتسل، وأصبح رأس الحربة في عملية تحريض منهجيّة وشيطنة الفلسطينيين واستئساد على الأمّة العربيّة، دون كوابح أوْ جوامح، ورغم الرقابة العسكريّة الصارمة المفروضة، فإنّ الإعلام عينه يفرض على نفسه رقابةً لخدمة الرواية الإسرائيليّة الرسميّة.

    وعلى الرغم من ذلك، بقي المُحلِّل اليساريّ في صحيفة (هآرتس) العبريّة الصوت الوحيد، الذي ما زال يُغرِّد خارج السرب، فقد نشر مقالاً أشار فيه إلى أنّ “هجوم حماس المباغت قلب اليسار الإسرائيليّ رأسًا على عقب، ليصبح غير مبالٍ بالجرائم الوحشية التي تحدث في قطاع غزة، بل حتى إنّ الأغلبية تريد تصعيد الحرب“.

    وأضاف: “من الآن فصاعدًا، يسمح لإسرائيل بفعل أيّ شيءٍ لغزة، وسيعطي اليسار حتى مباركته، كما يمنع حتى التعاطف مع سكان غزة“.

    وأضاف أنّ “اليساريين، كانوا أوّل مَنْ فقدوا صوابهم وعادوا إلى رشدهم، وبات أولئك الذين قبل الحرب خرجوا بعزم للدفاع على الديمقراطية الآن يعرقلونها بأيديهم. ويتبنى أولئك الذين قبل الحرب اعتبروا أنفسهم ليبراليين، أشخاصًا محبين للسلام وحقوق الإنسان، الآن لا يبالون بالجرائم في غزة“.

    وتابع: “لماذا؟ لأنهم ارتكبوا فظائع ضدنا. إلى متى؟ حتى النهاية. بكم التكلفة؟ بأيّ ثمنٍ. وأضحى اليسار يفكر الآن في غزة تمامًا كما يفكر اليمين، ويعتقد أنّ الخيار الوحيد يتمثل في عدم التوقّف عن توجيه الضربات“.

    علاوة على ذلك أوضح أنّه “في الوقت الراهن، يعتقد الذين قللوا قبل الحرب من أهمية التعامل مع نظام الفصل العنصري ومصير الشعب الفلسطيني، أنّ اللعنة عليها أنْ تصيب الجميع، ويقولون فليخسأ الخاسئون، دعهم جميعًا يختنقون ويموتون ويُطردون، أولئك الذين قبل الحرب اعتبروا أنفسهم يتسِّمون بالوعي باتوا يدعمون توافق الآراء حول مصير غزة“.

    وقال إنّ “قلب اليسار ظل متحجرًا رغم مقتل أكثر من 2360 طفلا في غزة بحسب وزارة الصحة الفلسطينية، وقد كان اليسار مع بداية كلّ حربٍ مؤيدًا لها، قبل أنْ يصحو ويعود إلى رشده، ولكن يبدو ذلك غير مرجح هذه المرة“.

    وشدّدّ المُحلِّل على أنّ “الوضع الآن أسوأ خارج أروقة اليسار، فلقد انتشرت النزعة الفاشيّة على جميع المستويات وباتت هي الموقف السائد الوحيد. وساندت محطات التلفزيون المحلية أجندة القناة 14 التي تفيد أنّه عندما يتعلق الأمر بغزة، لا يوجد أي اختلاف، ويطلق المراسلون والمذيعون على حماس اسم النازيين في عرضٍ مقززٍ لتقليل أهمية الهولوكوست والإنكار، والجماهير تصفق على ذلك، ومن المحتمل أنّ حماس فعلت أشياء مشينة، ولكنها ليست نازيةً“.

    وذكر أنّ أيّ رأيٍ آخرٍ مخالفٍ الآن يُحكم بالقمع، ولقد تحدث الأمين العام للأمم المتحدة أنطونيو غوتيريش بصدق وشجاعة عن سياق الفظائع التي ارتكبت في 7 تشرين الأول (أكتوبر)، وسارع إلى التأكيد أنه لا يوجد شيء يمكن أن يبرر الهجمات المروعة التي ارتكبتها حماس، وردت إسرائيل بهجوم مسعور على غوتيريش، ضخمته وسائل الإعلام.

    وأوضح كاتب المقال أنّ “الشرطة احتجزت الممثلة ميساء عبد الهادي، من الناصرة، طوال الليل، بسبب منشورٍ على مواقع التواصل الاجتماعي لم ينتهك أيّ قانونٍ، وتقوم القنوات التلفزيونيّة الإسرائيليّة بإزالة أفلامها من أرشيف البث المباشر. عند مشاهدة كل هذه الإجراءات، يمكن للمرء أنْ يعتقد أنّ المكارثية بحدّ ذاتها كانت شعرت بالخزي ممّا يحدث في الوقت الحالي“.

    وأشار إلى أنّ “الأسيرة يوخيفيد ليفشيتس، التي أطلق سراحها، قدمت عرضًا مؤثرًا، واشتكى الصحفيون الرئيسيون لأنّها صرحت بالحقيقة. في السياق ذاته، كتب مستشار العلاقات العامة والشخصية المعروفة على شبكة الإنترنت راني رهاف وهو يشاهد فيديو الدمار في غزة: “هكذا يعجبني !!!” (مع كل علامات التعجب هذه)“.

    وأضاف أنّ “الصحفي تسفي يحزقيلي يحُثّ بدوره على تدمير غزة كلّ ليلة وقطاع غزة بأكمله، وترى زميلته في أخبار القناة 13، نتالي شيم طوف، أنّ الكثير من المباني لا تزال قائمة في غزة. وهذا هو الشرّ بعينه في مواجهة الكارثة في غزة، التي لا يكاد يطلع الإسرائيليون على فظائعها“.

    وخلُص المُحلِّل ليفي إلى القول “إسرائيل تمُرّ بفترةٍ عصيبةٍ تتميّز أبرز معالمها بهجمات حماس وفقدان الضمير والحكمة“.
    يُشار إلى أنّ وزير القضاء قدّم مشروع قانون بموجبه يتّم سحب الجنسيّة من فلسطينيي الداخل، الذين يؤيّدون حركة حماس، في ظلّ ارتفاع عدد المعتقلين من صفوفهم على هذه الخلفية.

  • Comment Benyamin Nétanyahou est devenu le leader autoproclamé du « monde civilisé »

    .... Nétanyahou propose « une alliance antiterroriste de toutes les démocraties occidentales ». De telles thèses sont reprises par Ronald Reagan et son administration, de 1981 à 1989, au nom d’une « nouvelle guerre froide » contre « l’empire du mal » de l’URSS, auquel serait affiliée, dans une telle vision binaire, l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) de Yasser Arafat.

    .... Quatre ans plus tard [en 1993, 11 ans après l’invasion israélienne du Liban et l’évacuation de l’OLP], Arafat signe avec Yitzhak Rabin, le premier ministre israélien, les accords de paix d’Oslo, que Nétanyahou, devenu le chef de l’opposition, condamne comme une intolérable concession à la « terreur ». Peu importe que l’URSS ait disparu, il stigmatise l’OLP comme la tête d’une hydre terroriste, à combattre sans relâche. Nétanyahou s’affiche dans des meetings où sont scandés les slogans « Rabin, chien d’Arafat », voire « mort à Rabin ».

    Lorsque Rabin est assassiné, en 1995, certes par un terroriste, mais juif et Israélien, Nétanyahou croit sa carrière politique compromise. Mais il se remet vite à marteler le mantra de la « terreur », forcément arabe et anti-occidentale, parvenant à être élu de justesse en 1996 à la tête du gouvernement. Il s’attache, durant ses trois premières années au pouvoir, à méthodiquement vider de leur substance les #accords_d’Oslo.

    Redevenu simple député, il voit la rhétorique de l’Institut Jonathan triompher avec les attentats du 11 septembre #2001 et la « guerre globale contre la terreur » de George W. Bush. Nétanyahou se mobilise à Washington en 2002 pour assimiler l’OLP à Al-Qaida, tout en contribuant à la campagne de désinformation sur les armes de destruction massive en Irak. Jacques Chirac dénonce alors l’aveuglement d’une offensive de renversement de Saddam Hussein qui ne préparerait pas « le jour d’après ». La France évite ainsi que la désastreuse invasion de l’Irak ne débouche sur une confrontation mondialisée entre l’islam et l’Occident [hum, ndc]. Quant à Nétanyahou, il préfère, en 2006, célébrer, à l’hôtel King David de Jérusalem, le soixantième anniversaire de l’attentat de l’Irgoun, qui y fit 91 morts, dont 41 Arabes, 28 Britanniques et 17 Juifs. La plaque apposée à cette occasion est sans doute la seule au monde à honorer les auteurs d’un attentat plutôt que leurs victimes.

    https://www.lemonde.fr/un-si-proche-orient/article/2023/10/29/comment-benyamin-netanyahou-est-devenu-le-leader-du-monde-civilise_6197141_6

    https://archive.ph/Pi2Mj

    Bon, c’est Jean-Pierre Filiu hein.

    #Israël #Benyamin_Nétanyahou #biographie #Irgoun #Likoud

    • En vrai, pourquoi annuler. Ca permet de repérer les FAF, tu viens avec une caméra cachée près de l’entrée, tu as tous les FAF de la région caennaise.
      Pour la réhabilitation des gens (si c’est ca le but), ca marche de leur interdire leurs plaisirs ? Pas plus qu’un camp de reconditionnement. Ils sont trop vieux.

  • Gérard Miller : « Jamais un aussi grand nombre de juifs français n’ont perdu à ce point leur boussole morale »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/09/11/gerard-miller-jamais-un-aussi-grand-nombre-de-juifs-francais-n-ont-perdu-a-c

    Le réalisateur et psychanalyste constate à regret, dans une tribune au « Monde », que deux judéités se font désormais face, alors que certains juifs se sont laissés séduire par l’extrême droite.

    • Bien évidemment, à l’époque lointaine que j’évoque, tous les juifs français ne partageaient pas ces mêmes références et ces mêmes valeurs. Mais, indépendamment de leurs convictions et de leurs croyances, tous avaient en commun au moins trois souvenirs inoxydables : l’abjection antidreyfusarde, l’indignité pétainiste et l’horreur de la Shoah. C’était déjà beaucoup et cela permettait de débattre ensemble de tout le reste, en s’opposant vivement, mais sans se déchirer, y compris au sein du très conservateur Conseil représentatif des institutions juives (CRIF).
      Aujourd’hui, hélas, tout cela appartient au passé et la communauté juive française est définitivement fracturée. Par un incroyable tour de passe-passe, Marine Le Pen a réussi à faire oublier à des milliers de juifs l’idéologie néofasciste de son mouvement, créé notamment par des nostalgiques du nazisme et de la collaboration, et Eric Zemmour a parachevé son œuvre, pulvérisant définitivement tout ce qui avait permis jusque-là de maintenir un peu de cohérence et de cohésion dans la communauté juive française.
      On a beaucoup commenté les propos de Zemmour sur Pétain, « sauveur de juifs », mais ceux qu’il a tenus sur Dreyfus ont moins retenu l’attention. Ce n’était pas la seule fois où Zemmour caressait publiquement les antisémites dans le sens du poil : il avait pris la défense de Maurice Papon, condamné pour complicité de crimes contre l’humanité ; il avait proposé d’abolir la loi Gayssot, qui réprime le délit de négationnisme ; il avait jeté l’opprobre sur les enfants juifs assassinés par Mohammed Merah parce que leur famille les avait enterrés en Israël…
      Mais, en mettant en doute l’innocence de Dreyfus, Zemmour bouclait la boucle, utilisant, en connaissance de cause, la figure de style préférée des négationnistes, la litote, cet art d’exprimer le plus en disant le moins. Le négationniste jouit de se présenter humblement comme un ignorant : il n’est pas historien, il n’a pas étudié la question, il n’a pas tous les éléments en main pour juger de l’existence des chambres à gaz. Avec exactement le même cynisme, Zemmour expliqua que l’affaire Dreyfus est une « histoire trouble », que « rien n’est évident », qu’« on ne saura jamais la vérité »… Ce faisant, ce dont il s’assurait avec cette scélératesse, c’était du mutisme des juifs convertis à l’extrémisme de droite, vérifiant ainsi que plus aucun signal d’alarme ne retentit dans leurs têtes.
      On se rassurera peut-être en se disant que, certes, beaucoup de juifs français ont refoulé avec Zemmour leur propre savoir sur Dreyfus ou sur Pétain, mais qu’il reste heureusement un pilier de la mémoire juive qui tient toujours bon et qui n’est autre que le souvenir de la Shoah. Eh bien, non, justement, et c’est ce qui est abyssal, en France comme en Israël, d’ailleurs. A plus d’une occasion, des juifs israéliens orthodoxes s’en sont pris à d’autres juifs, accusés d’être à la fois laïques et originaires d’Europe de l’Est, en leur criant : « Retournez en Allemagne ou en Pologne, et reprenez le train ! »
      Pour ces ultras, les trains de la mort, les camps de concentration, les chambres à gaz, ce n’était pas leur affaire et encore moins leur histoire. En France, ce n’est guère moins inquiétant. Essayez seulement de parler avec des juifs lepénistes ou zemmouriens du fascisme, du nazisme, de la « solution finale », vous les verrez ironiser en faisant allusion au point Godwin et lever les yeux au ciel si on évoque les compromissions de leurs champions avec la peste brune.
      Alors voilà, c’est en tout cas pour moi (et je l’espère pour quelques autres) le moment de tirer une conclusion de cette situation inédite. Un grand nombre de juifs français ayant décidé de lier leur sort à celui de Marine Le Pen et d’Eric Zemmour, je prends acte qu’une onzième plaie d’Egypte – l’amnésie – s’est abattue sur eux. (...)
      https://justpaste.it/5djps

      #juifs_français #néofascisme #amnésie (porte ouverte au #négationnisme)

    • @poubelleenosier
      https://twitter.com/poubelleenosier/status/1701514790756139297

      une très belle tribune et fort peu originale : on a eu ce lot de prises de position il y a quelque années avec les juifs railliés à sarkozy. Qui n’ont qu’un seul but : exonérer la #gauche de ses propres turpitudes . Hazan, parmi d’autres, regrettait le temps où « les juifs étaient du bon côté du manche ».

      https://twitter.com/poubelleenosier/status/1701511616133488909

      Ce qu’il y a de fascinant est la périodicité du cycle de ce genre de prise de position. Il y a 15 ans en pleine offensive néo-fasciste, les tribunes de ce genre pour parler des juifs railliés à sarkozy où je ne sais qui avaient leur petit succès. C’est une constante à gauche je crois bien : à chaque sortie de mouvement social perçu comme perdant les égouts remontent. La spécificité du temps présent tient au fait peut être que tout cela se noie finalement dans un continuum d’antisémitisme qui traverse tout le spectre politique avec ses spécificités suivant d’où il s’énonce. Et chaque partie se montre du doigt quand tout le monde y trempe . En période dit de crise, quand le capital cherche le moyen de son propre dépassement et l’Etat le moyen de consolider sa domination, on en revient finalement aux classiques boucs émissaires.

      Evarine Lulie @treadstone78651
      https://twitter.com/treadstone78651/status/1701501362226233662

      [Miller] recourt au même type de #manipulations à but politique que Zemmour.
      Partir du constat d’une soi-disant évidence & lui donner volontairement des justifications mensongères.

      Ce qu’il y a de ruineux dans la tribune de [Miller] : fasciser les Français juifs pour mieux taire la complaisance pour l’antisémitisme de [LFI et Mélenchon].

      Zemmour extrapole d’une surreprésentation des Juifs étrangers parmi les victimes de la Shoah la protection par Pétain des Juifs français, alors que les politiques antisémites de Vichy visaient tous les Juifs de France : statuts des Juifs, obligation de recensement.

      Miller extrapole du vote en faveur de Zemmour que les juifs sont majoritairement d’extrême-droite alors que ce vote est très minoritaire au sein de la communauté juive, dont le comportement électoral est surtout marqué par une forte #abstention, à l’instar de tous les Français.

      #LFI

    • @colporteur Ces touits sont franchement médiocres et typiques du genre de chose qu’on lit à chaque fois quand ce genre de sujet apparaît. Ça pue le whataboutisme à deux balles : on en est quand même à décréter que Zemmour et LFI c’est pareil du côté de l’antisémitisme. La dernière parvient même à mettre en équivalence les propos négationistes de Zemmour et la tribune de Gérard Miller.

      Que des gens constatent que des gens appartenant à certains groupes qui étaient jusque là immunisés contre l’extrême-droite ont basculé, illico ça gueule à l’attaque ignoble contre ces groupes dans leur ensemble (ici, donc, antisémite). Il a déjà été documenté comment les gays étaient évidemment réfractaires au vote faf, mais plus maintenant. Il est aussi assez banal d’avoir constaté à un moment que les catholiques ne votaient pas pour le FN, et tout d’un coup les digues ont sauté. Donc Miller constate et regrette que des digues morales ont sauté aussi dans la communauté juive, et hop on va dire que Miller est aussi pire que Zemmour… c’est subtile.

    • J’avais écrit un bidule, et je l’ai effacé. J’en avais un autre, je l’ai effacé aussi. Quelle perte de temps bon sang. D’un côté des fascistes qui déblatèrent. De l’autre, les gauchistes qui se reniflent les aisselles pour vérifier qu’ils ne sont peut-être pas antisémites. Parce qu’après tout, quand les fascistes disent quelque chose, c’est que ça doit être vrai.

    • dire que Miller manipule un fait de la même façon que Z ce n’est pas qualifier le premier de négationniste. en l’occurence il serait plutôt "affirmationiste" lorsqu’il souligne un vote Z chez des céfrans juifs en généralisant abusivement (re-communautarisant les feujs d’ici au passage, merci Miller, et avec lui toutes les variantes identitaires de la dépolitisation, de la droitisation) alors que l’abstention est forte.
      les "conclusions" sur le vote qui ne rapporte pas celui-ci à l’abstention sont imbéciles ou manipulatrices. on l’a vu sur l’accusation portée contre le populaire qui voterait FN ou RN (c’est tellement incorporé qu’il faut être assez droitier si ln veut être populaire que ça occasionne des Roussel et Ruffin, l’un à défendre son timbre poste chauvin en espérant enrichir sa collec, et l’autre racolant des « fachés pas fachos », voire des abstentionnistes sur cette même "base"). c’est chaque fois la même erreur, et la même magouille : une tendance émergente est abusivement généralisée pour défendre un agenda politique (politicien faudrait-il dire, vu le degré de mensonges et de bassesse mobilisés).
      malheureusement, ici, si l’on évoque l’abstention à propos d’un vote ce ne peut être que pour éclairer (à juste titre !) le vote Macron. donc les critiques de Miller sont "médiocres".

      idem, lorsqu’il est question d’un antisémitisme qui colore tous les partis, il est précisé que c’est selon des spécificités (pourtant on pourrait causer du revers de la position identitaire, l’assimilationisme, manié de manière variable, et qui fut aussi l’apanage de nombreux juifs assimilés d’Europe au XIXeme). l’antisémitisme de Zemour est identique à celui de de Gaulle, de Simone Weil, d’Heidegger ? de LFI ? non. en quoi les tweets cités le disent-ils ? non, ce qui est souligné, c’est plutôt l’existence d’un antisémitisme des plus pluriel (ah faut pas le dire, ça salit "la gauche")

      ce qui était prévisible, @arno, c’est que tu allais t’occuper de défendre le consensus qui prévaut ici où l’on se refuse systématiquement à prendre en compte l’antisémitisme de gauche, ignoré pour mieux le nier. quitte choisi une lecture peu honnête. car c’est ici que ça se passe, ici où il y a peu, avoir documenté les textes et déclarations récentes d’un Médine adoubé par toute la gauche, aura valu quelques réponses foireuses et dilatoires et surtout un désintérêt affiché. Il aura suffit de passer par case gauchowashing pour intégrer la grande famille des "on est pas antisémites".

      "belle tribune" est-il dit, encore falait-il la lire, et la lire dans son contexte, pas se contenter de déclarer médiocres des critiques. mais, au pays des lumières éteintes on doit continuer à tenir pour tabou l’antisémitisme de gauche, ultime manière de révérer le totem de la gauche. et puis voilà un campisme furieusement inclusif ! là est la priorité, sur que ce sera efficace pour contrer la droitisation de secteurs entiers de la société et de cette société même, faut pas lâcher la martingale !

      edit @biggrizzly la petite dose accusatoire implicite (il faut être faf pour le dire ou quoi ?), la disqualification/animalisation qui va bien où lire se dit "renifler des aisselles", ton "ça n’existe pas" puisque les fafs le disent est une parfaite illustration du déni.

    • Pardon mais à aucun moment Miller ne parle de « tous les juifs français » ni même de « la majorité ». Il parle explicitement de ceux qui ont rejoint Le Pen et Zemmour, ce qu’il qualifie certes de « grand nombre », mais je ne vois pas où dans son texte il « extrapole » à tous les juifs français. Je me répète, mais : les gays ne votaient pas faf, maintenant une partie si ; les catholiques ne votaient FN, maintenant si ; les hyper-riches ne votaient pas FN, maintenant un quart du XVIe a voté pour Zemmour et Le Pen au premier tour de la présidentielle. Ça ne veut pas dire « tout le monde », mais ça veut dire que des digues morales tombent pour trop de monde, et ça n’est pas de la stigmatisation que de le noter.

      La personne qui a écrit le chapeau de la tribune du Monde, elle, a lu qu’il parlait de « certains juifs ». Peut-être un euphémisme, mais il y a tout de même un marge avant d’arriver à : « Miller extrapole du vote en faveur de Zemmour que les juifs sont majoritairement d’extrême-droite », ou chez toi à « en généralisant abusivement (re-communautarisant les feujs d’ici au passage…) ».

      À minima, il est possible d’avoir plusieurs lectures de cette tribune, et le procédé qui consiste à décréter qu’il ne peut y avoir d’autre lecture que celle d’un Miller pondant un texte antisémite qualifiant tous les juifs de nazis a cela de bien pratique qu’elle permet, ensuite, de qualifier tous ceux qui ne partagent pas cette lecture d’être, sinon antisémites eux-mêmes, au moins aveugles à l’antisémitisme de gauche. C’est pratique, mais c’est malhonnête.

    • @colporteur : « se renifler les aisselles », c’est un truc d’humain qu’on fait à soit, quand on nous dit qu’on pue. Quand on me dit que les gauchistes sont antisémites, je m’introspecte, je me « renifle les aisselles », parce que j’ai l’humilité de prendre au sérieux des accusations aussi graves. Et grâce à toi, je me renifle les aisselles plusieurs fois par jour, parce que plusieurs fois par jour, on doit se coltiner les propos des fascistes de RE ou LR qui tentent de faire accroire que LFI=RN.

      Pas d’animalisation donc, ni de disqualification à ton encontre dans cette expression. Juste un malaise que je ressens autour de ces accusations lancinantes d’antisémitisme. Parce que dire « il y a une indulgence », c’est dire « ils sont antisémites ».

      Pour rappel, d’un côté, il y a des professionnels de la politique qui ont été condamnés en justice et qui colportent des idéologies ouvertement racistes et antisémites. De l’autre, des propos et des écrits maladroits, de gens qui se prennent la plupart du temps les pieds dans le tapis ; c’est tellement facile. Les éventuels ex-gauchistes qui n’ont pas compris où ils avaient merdés sont en général exclus, cf. par exemple Chouard, pour un exemple douloureux pour certains ici. Donc, là, moi, sur le temps long ou le temps plus court, je ne la vois pas l’indulgence pour l’antisémitisme, et les faits montés en épingle pour tenter d’y donner corps, à cet antisémitisme de gauche, ils nous font sacrément perdre du temps collectivement (cf. Corbin dans le pays d’à côté...).

      Ceci dit, le jour où un porte-parole ou un parti prétendument de gauche tente de réhabiliter Pétain ou de justifier le massacre des juifs par Staline, pas de souci, on sera ensemble.

    • m’enfin ! personne n’a dit que Miller écrit que les juifs sont nazis. ça n’a aucun sens. si j’ai repris un si long passage du Miller c’est en particulier pour son observation sur le style négationniste de Z (qui finira catholique, je le répète) qui fait de l’histoire une matière obscure et indécidable.
      ce qui est souligné c’est qu’écrire « un grand nombre de juifs français ont perdu leur boussole » amplifie un vote réellement existant (oui, que Zemmour soit d’origine juive et plus ouvertement anti immigration que le RN a permis de racler ce qui avait été du vote juif pour N.S ou RN), ce qui manifeste une inquiétude qui en peut qu’être partagée, mais renouveau, un train en cache un autre, une fois que nous sommes au diapason (approximatif) sur le constat, il exonère la gauche. et ce que j’ai écrit c’est que parler de « juifs français » va à rebours de la formule usuelle la plus neutre (celle de la « tradition républicaine »), car c’est insister sur la judéité comme étant première alors que « français juifs » aurait peut-être contraint à analyser les choses autrement, comme une affaire française, sans une telle essentialisation.

      par ailleurs, il pas été été question ici de ma part des accusations d’antisémitisme portées par la droite à l’encontre de la gauche. elles ne sont pas légitimes (sauf exception rarissime), et c’est lorsqu’elles coïncident avec des faits qu’elles deviennent dangereuses, spécialement lorsque la gauche fait mine de ne pas savoir ou décide (belle politique) de mentir (la défense de Médine par LFI en est un exemple patent) par opportunisme et par complicité. le soutien à Médine est le plus récent symptôme de cela mais vous refusez de lire ce monsieur en détail : https://seenthis.net/messages/1014151 ; https://seenthis.net/messages/1014981

      je n’ai nulle part dit « tu pues », c’est la gauche que j’évoque (et c’est large, cf. révolution permanente, l’afa, lundi matin, pas seulement LFI...), il est encore possible qu’elle soit l’objet de critiques ? vous répondrez oui. pourvu qu’il ne soit pas question de son antisémitisme. c’est pathétique.

      j’ai dit comment est-il possible de ne pas voir, voire de démentir le fait que certains textes et positions puent, et que d’autres textes sont des actes opportuns destinés à redorer le blason de la gauche.
      demandez vous tous deux ce qui vous pousse à inventer des propos que vous m’attribuez.

      je rappele que quoi qu’il en soit par ailleurs, Chomsky a finalement dit regretter avoir soutenu Faurisson. Dieudonné a duré longtemps chez certains combien de temps va-ton faire durer Médine ?

      il n’y aura ni gauche ni quoi que ce soit qui tienne la route sans retour critique sur de tels actes. on peut bien rester propre et parfumé comme à la Cour de Versailles, la merde sous le tapis, elle, elle pue.

      #socialisme_des_imbéciles #antisémitisme

  • Explained: Why Israel’s Far-right Government Is Trying to Oust the Head of Yad Vashem - Israel News - Haaretz.com
    https://www.haaretz.com/israel-news/2023-09-04/ty-article/.premium/explained-why-israels-far-right-government-is-trying-to-oust-the-head-of-yad-vashem/0000018a-6044-d895-ab8b-6e6619400000


    Yad Vashem Chairman Dani Dayan at the Holocaust memorial center last year.
    Credit: Emil Salman

    There are three reported reasons why the Netanyahu government is looking to fire Dani Dayan as head of the Israel’s Holocaust memorial center – ranging from a diplomatic push with far-right European parties to plain old revenge

    The Biden administration, the European Union and the U.S. Holocaust Memorial Museum all issued statements in recent days in support of Dani Dayan, who heads Yad Vashem – Israel’s national institution for commemoration of the Holocaust. To many supporters of Israel in the United States and elsewhere, these statements came as a surprise: They were not aware of any crisis at the respected, Jerusalem-based institution.

    So what is happening at Yad Vashem, and how is it related to the policies of Israel’s far-right, ultranationalist government? Haaretz explains.

    Dayan has been leading Yad Vashem since August 2021, after being appointed by the previous Israeli government headed by Naftali Bennett and Yair Lapid. He succeeded the previous Yad Vashem chairman, Avner Shalev, who had retired after 18 years on the job. Dayan had served in the past as Israel’s consul general in New York – a role to which he was appointed in 2016 by Prime Minister Benjamin Netanyahu. Prior to that, he led the Yesha Council of settlements in the occupied West Bank.

    Dayan was for years a Netanyahu supporter, but changed his view of the prime minister after completing his diplomatic service in the United States. In the March 2021 Israeli election, he was part of the New Hope party led by Gideon Sa’ar, who had left Likud in protest over Netanyahu’s adoption of a populist, Trumpist style of politics.

    Ever since Netanyahu’s return to power in December 2022, his government has reportedly set its sights on replacing Dayan, even though there is no apparent justification for doing so. Dayan is highly appreciated among the professional ranks of Yad Vashem, enjoys consensus support in the Jewish Diaspora (where he won many allies during his years in New York) and has not been involved in any scandal during his time leading the institution. His two immediate predecessors both held the position for almost two decades.

    At first, Dayan’s removal was seen as a relatively low priority for the government, which was focused exclusively on passing its controversial legislation against the judicial system. In recent weeks, however, there has been a renewed push to oust him and replace him with a Likud loyalist (though the national and international backlash may have caused the government to now rethink).

    The main reason for this is seemingly a desire to punish a critic of the government. But there are other forces at play, which is perhaps why the Biden administration chose to get involved.

    The current Netanyahu government is leading a diplomatic effort to “whitewash” far-right European parties with problematic histories of antisemitism and Holocaust denial. A recent example has been the decision by Foreign Minister Eli Cohen to end Israel’s boycott of the far-right Alliance for the Union of Romanians (AUR) party. There is a similar push regarding far-right parties in Sweden, Finland and, down the line, also the Alternative for Germany (AfD) party.

    Dayan has faithfully represented the position of Yad Vashem historians against legitimizing far-right European parties unless they unequivocally rid themselves of Holocaust denial. This has made him a thorn in the side of the Netanyahu government’s diplomatic agenda.

    Yad Vashem has strongly opposed these efforts, warning that statements put out by these parties in which they express opposition to antisemitism, without fully accepting the historical facts of the Holocaust, should be treated with skepticism by Israel. In the Romanian case, Yad Vashem’s opposition to AUR was so persistent that Likud’s Cohen ordered the institution’s experts no longer be invited to meetings on the subject.

    Behind this policy of recognizing far-right parties is a transparent diplomatic “deal”: Israel provides these parties with public legitimacy and a mark of approval that they are no longer antisemitic or Holocaust-denying. In return, these parties support Israeli settlements in the West Bank.

    In the Romanian case, the Israeli ambassador came to his meeting with AUR leadership accompanied by Yossi Dagan, a settler leader who has spent years forging relations with Europe’s far right.

    Dayan, as noted, is also a settler and opposes the two-state solution. But as chairman of Yad Vashem, he has given full backing to the historians and experts working for the institution, and has faithfully represented their position against legitimizing far-right European parties unless they unequivocally rid themselves of all forms of Holocaust denial. This has made him a thorn in the side of the Netanyahu government’s diplomatic agenda.

    A chilling message
    Last week, Israel’s Channel 12 reported another, pettier reason behind the efforts to replace Dayan. According to the report, Netanyahu and his wife Sara were offended by the fact that Keren Peles – a popular Israeli singer who has taken part in protests against the judicial overhaul – was invited to sing at a public Yad Vashem event that they both attended. As a result, they began to pressure Education Minister Yoav Kisch to oust Dayan.

    None of the alleged reasons for seeking to replace Dayan are reassuring: the purely political motivation to install a loyalist at a nonpartisan, national consensus institution like Yad Vashem; the blatant attempt to remove a “troublemaker” who opposes ties with Holocaust deniers; or the alleged “insult” caused by Yad Vashem’s invitation of a popular singer who also happens to be a critic of the government.

    One thing is clear: replacing Dayan under these circumstances would send a chilling message that Yad Vashem is not an independent institution, loyal to no one but the victims and survivors of the Holocaust. It would taint the institution as political and loyal to the desires and needs of a temporary government. And it would weaken Yad Vashem and provide ammunition for Holocaust deniers worldwide.

  • Pierre Guillaume a existé

    Rivarol n°3575 du 19/7/2023 (Papier)

    IL EST UN HOMME qui fut extrêmement courageux dans ce domaine et dont nous avons appris la triste disparition il y a quelques jours seulement. C’est l’éditeur et militant #Pierre_Guillaume (22 décembre 1940-11 juillet 2023) qui nous a quittés à quelques mois de ses 83 ans. Sans lui, sans la bravoure tranquille qu’il a manifestée, jamais le révisionnisme historique n’aurait percé aussi tôt. C’est lui, et lui seul, qui, en tant que responsable de la Vieille Taupe, a accepté d’éditer le Professeur, en pleine tempête politico-médiatique. En effet, fin 1980, Pierre Guillaume a publié Mémoire en défense contre ceux qui m’accusent de falsifier l’histoire. En 1980 également, Guillaume publie le livre de Serge Thion Vérité historique ou vérité politique ? Le dossier de l’affaire Faurisson, la question des chambres à gaz. En 1995, toujours à la Vieille Taupe, Pierre Guillaume publie Les Mythes fondateurs de la politique israélienne [de Roger Garaudy], un livre qui aura un grand succès, notamment dans le monde arabo-musulman. Pierre Guillaume s’est intéressé au révisionnisme grâce à Paul Rassinier et à son ouvrage fondamental, ancêtre du révisionnisme (avec celui de Bardèche sur Nuremberg), Le Mensonge d’Ulysse. Rassinier était un homme de gauche, un socialiste pacifiste, tout comme Pierre Guillaume (...)

    #négationnisme #antisémitisme #extrême_droite

    • Pierre Guillaume découvre [après Mai 68] dans un numéro de La Révolution prolétarienne l’ouvrage de Paul Rassinier (1906-1967) Le Mensonge d’Ulysse (1949), qu’il considère comme extrêmement éclairant. En novembre 1969, Guillaume et Baynac se séparent, qui demande aux membres ou sympathisants fondateurs de La Vieille Taupe d’en faire autant. L’appel de Baynac est largement suivi.

      Les ouvrages de Rassinier sont mis en vente à La Vieille Taupe dès 19703 et occupent dès lors une place prépondérante dans l’activité de la librairie. Guillaume est conforté dans sa position par la découverte d’un texte attribué à un ancien dirigeant communiste italien, Amadeo #Bordiga, Auschwitz ou le grand alibi, et fait alors sienne l’idée selon laquelle l’antifascisme est en fait au service du capitalisme au détriment de l’élan révolutionnaire et des aspirations du prolétariat et l’idée (qui n’est pas présente dans le texte) selon laquelle la lutte contre l’antifascisme passe par la négation [du génocide des juifs par les nazis].

      [...]

      [En 1978] Pierre Guillaume prend contact avec [Faurisson]. Son premier engagement public pour les thèses de Faurisson est un article publié dans Libération du 7 mars 1979 et intitulé « Que savent les Français des massacres de Sétif », où il établit un parallèle entre Auschwitz et les répressions coloniales à Sétif en 1945 ou à Madagascar en 1947. Il dénonce également l’antinazisme sans nazis et s’en prend au feuilleton télévisé Holocauste, réalisée par Marvin J. Chomsky, cousin de Noam #Chomsky, récemment diffusé sur Antenne 2 et affirme que les Juifs « sont morts de faim et de froid selon [une] mécanique inexorable et involontaire… » Ce texte a été rédigé en collaboration avec Faurisson7.

      En décembre 1980, les éditions La Vieille Taupe, créées par Guillaume en 1979, publient le Mémoire en défense contre ceux qui m’accusent de falsifier l’histoire. La question des chambres à gaz, de Faurisson, avec en guise de préface un texte de l’américain Noam Chomsky. En 1979-1980, Guillaume s’est employé à mobiliser nombre de ses anciens compagnons idéologiques dans son combat aux côtés de Faurisson. C’est #Serge_Thion qui obtiendra la lettre de Chomsky et produira un certain nombre de textes signés par des anciens militants de l’ultragauche comme Vérité historique ou _Vérité politique ? Le dossier de l’affaire Faurisson. La question des chambres à gaz publié par La Vieille Taupe au printemps 1980. Il obtient aussi l’appui (provisoire) de Gabriel Cohn-Bendit et de Serge July et Guy Hocquenghem qui l’invitent au comité de rédaction de Libération, au nom de la liberté d’expression de Faurisson.

      Sans appuis politiques, Pierre Guillaume se tourne alors vers l’extrême droite. En 1985, il collabore avec le militant néonazi Michel Caignet à la traduction du livre Le Mythe d’Auschwitz. À partir de 1992, il participe chaque année à la fête du Front national ; il est présent aux obsèques de Maurice Bardèche en 1998, et il écrit également dans diverses revues d’extrême droite : par exemple dans National-Hebdo en 2001, dans Rivarol en 2002.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Guillaume_(militant)

    • La gangrène
      https://fr.theanarchistlibrary.org/library/jacques-baynac-la-gangrene

      Qu’elles qu’en soient les causes, individuelles et/ou collectives, pathologiques, le fait est là : une petite partie de ce qui fut l’ultragauche d’après 68 est pourrie. Trois jours après l’attentat de la rue Copernic, les groupes ou publications suivants : les Amis du Potlach, le Groupe Commune de Cronstadt, le Groupe des travailleurs pour l’autonomie ouvrière, ainsi que Pour une intervention communiste et des « révolutionnaires communistes sans sigle », Le Frondeur, La Guerre sociale et La Jeune taupe ont cru devoir publier un tract intitulé « Notre royaume est une prison » qui affirme en substance que fascisme et antifascisme sont semblables en ce qu’ils n’ont d’autre objectif réel que de sauver l’Etat en évacuant les « oppositions sociales réelles » et en « pervertissant » les idéaux prolétariens et socialistes.

      Voilà déjà un débat engagé en termes discutables mais qui deviennent franchement inadmissibles dès lors que les auteurs de ce texte se croient autorisés à banaliser le nazisme. Pour eux, « ce n’est pas la volonté de ses dirigeants qui a rendu le fascisme meurtrier (…) il était pris dans la guerre et (comme ses adversaires) il voulait la gagner par tous les moyens ». C’est faire bon marché de la vérité historique que d’affirmer cela. Car, qui a commencé à tuer communistes et Juifs allemands avant même que n’ait éclaté la guerre ?

      Et puis, peut-on écrire sans tomber dans une absurdité coupable que « la déportation et la concentration de millions d’hommes ne se réduisent pas à une idée infernale des nazis, c’est avant tout le manque de main-d’œuvre nécessaire à l’industrie allemande qui en a fait un besoin ». Si telle était la réalité, pourquoi avoir déporté les enfants, les malades, les vieillards juifs et tsiganes ?

  • Total soutien à édwy plenel victime d’un attentat capillaire Jacques-Marie BOURGET

    Ne riez pas car un homme, édwy plenel, est dans le malheur, il s’est fait tirer les cheveux par une fille. Si fort qu’il a déposé une plainte en justice. Il est bon que les hommes battus se rebiffent à leur tour. Tiens bon Edwy, le pouvoir est au bout du cheveu.


    Très tôt dans la vie on m’a enseigné à aider les aveugles à traverser la rue, à porter le cabas des vieilles dames sortant de l’épicerie. Ce dressage au mode charitable m’a conduit un soir, alors que j’avais observé un chemineau qui allait passer la nuit dans la cabane d’arrêt des cars, à lui porter mon assiette de soupe au lait. C’est dire si le ciel peut m’attendre. C’est dans cette continuité que j’éprouve une urgence à me précipiter au secours d’édwy plenel qui vient d’être victime d’un odieux attentat capillaire. Un soir sans histoire, à l’heure où les plenel vont boire, notre Samson de presse attablé dans un restaurant du 12ème arrondissement, a été agrippé par les cheveux, sa tête courbée à la renverse lui permettant d’apercevoir l’assaillante. Car la terroriste était femme. Plus, plenel, objectif et précis avec ses réflexes d’investigateur, a clairement noté que la dame simulait un crachat en direction de sa moustache, ce qu’il a de plus sacré. Quel bataclan dans le restaurant ! Certains galopent après l’agile, mais elle est fuyarde... déjà envolée alors que notre Edwy est à la limite du SAMU.

    Des témoins du drôle de drame désignent celle qui a garroté le phare du journalisme, une certaine Maïwenn Le Besco. Fabrice Arfi, le Sancho Pança de plenel n’ayant pas encore été consulté – afin que nous connaissions le vrai – on a d’abord pensé à une vendetta entre factions bretonnes. Mais c’est une fausse piste. En vérité, un mot avec lequel Edwy ne transige pas, il s’avère que la dame Le Besco a naguère été l’épouse d’un cinéaste nommé Luc Besson avec lequel elle a eu un enfant. La terroriste gardant de l’estime pour son ex, n’a pas supporté que médiapart, l’office de vérification créé par plenel, accuse cet époux d’antan d’avoir violé une jeune femme. Affirmation balayée puisque le désigné criminel a été blanchi par la justice. Mais le mâle était fait : à vie affublé du doute de Metoo. D’où la colère de la jeune femme.

    Une colère que l’on ne partage pas car, après tout, voir le père d’un de ses gosses accusé de viol, pourquoi en faire une histoire, pourquoi arracher les cheveux en quatre ? Le viol n’est pas grave, une simple farce qui vous conduit aux assises. C’est vrai, elle a la tête bien près de la coiffe la bretonne. Faut prendre les choses du bon côté. Si on ne peut plus déconner, faut le dire.

    Je continue à défendre Edwy comme mes aveugles de jadis. Est-ce sa faute si chaque jour ou au moins chaque semaine, son médiapart déglingue des individus qui ne l’ont pas forcément mérité. Alors que pour lui, plenel, le flingage n’est pas une cruauté mais une mission. Pas plus tard que cette semaine médiapart a accusé l’historienne Annie Lacroix-Riz d’être à la fois « complotiste » et « négationniste ». Ce qui est faux et l’a mise en rage. D’autant qu’une partie de sa famille a disparu dans la nuit et le brouillard des camps de la mort. On pourrait imaginer un proche de l’universitaire s’en venir questionner la moustache ? Alors qu’Edwy n’y est pour rien. Il a fait son dur devoir : la mise au pilori. Vous n’allez quand même pas critiquer l’ immense civilisateur, l’allumeur des Lumières.

    D’autant que, suite à son affaire tirée par les cheveux, il souffre d’une sorte de syndrome post traumatique. Je vous ai dit la compassion que j’ai pour les affligés, sachez, et je le répète, que je la partage pour notre immense défenseur du vrai et de l’OTAN. C’est-à-dire la même chose. Selon des propos rapportés par Le Monde donc gravés dans le granit breton, l’acte terroriste de Maïwen est « tout à fait attentatoire sur le plan moral et psychique », et que notre héros est « « très traumatisé par la haine manifestée. » Après ce qu’il a vécu, Edwy n’est plus seulement le plus grand investigateur de tous les temps, il devient aussi correspondant de sa propre guerre. Quel courage.

    #edwy_plenel #attentat #médiapart #médiaprout #otan #metoo #complotisme #négationnisme #pilori #Luc_Besson #Maïwenn_Le_Besco

    Source : https://www.legrandsoir.info/total-soutien-a-edwy-plenel-victime-d-un-attentat-capillaire.html

  • 🛑 Un excellent ouvrage pédagogique, très bien fait, pour dénoncer et débusquer le cancer négationniste partout où il se trouve... et souvent là où on ne l’attend pas.

    ⏺ LE NÉGATIONNISME - Histoire, concepts et enjeux internationaux.
    Editions Eyrolles - 2023 - 187 pages - 12 euros

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  • #Auschwitz #symbole #Shoah #barbarie #crime #nazisme #antisémitisme
    #révisionnisme #négationnisme

    ★ AUSCHWITZ : SYMBOLE, LANGAGE ET REVISIONNISME... - Socialisme libertaire

    (...) Solliciter Auschwitz, c’est en appeler au symbole : Auschwitz n’est pas seulement un camp d’extermination, c’est un mot qui contient en lui-même l’ensemble des crimes nazis, un mot qui dit l’indicible : ce que représente Auschwitz, la négation de l’humanité de ses victimes, amoncelées en grappes de cadavres, efface le langage, ce que Bossuet exprime dès 1670 : « notre corps prend un autre nom. Même celui de cadavre, dit Tertullien, parce qu’il nous montre encore quelque forme humaine, ne lui demeure pas longtemps : il devient un je ne sais quoi qui n’a plus de nom dans aucune langue ; tant il est vrai que tout meurt en lui, jusqu’à ces termes funèbres par lesquels on exprimait ses malheureux restes ». Auschwitz n’efface pas seulement le langage, il échappe à la tentative de forger de nouveaux mots pour appréhender, même partiellement, le gouffre qui s’ouvre avec lui sous les fondations de la civilisation. Les mots dont nous disposons sont impuissants à saisir le vertige dont l’esprit est saisi lorsqu’il plonge les yeux dans cet abîme...

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  • #Histoire #Goulag #Campdeconcentration #terreur #bolchevisme #communisme_autoritaire #Lénine #Staline #URSS #stalinisme #dictature #répression #négationnisme...

    ★ GOULAG : UNE HISTOIRE SOVIÉTIQUE...

    « Amnésie et (auto-)amnistie caractérisent les crimes du communisme. Fort heureusement, des historiens dignes de ce nom font depuis pas mal d’années maintenant un travail formidable pour nous révéler l’atrocité des régimes s’étant réclamé de cette idéologie mortifère. On a déjà pu prendre en partie connaissance des abominations perpétrées au nom de l’avenir radieux au Cambodge et bien sûr en URSS. Espérons connaître un jour plus complètement la triste vérité sur des pays où la dictature rouge sévit toujours, comme la Chine et la Corée du Nord, ainsi que Cuba (...)  »

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    ▶️ https://www.socialisme-libertaire.fr/2020/03/goulag-une-histoire-sovietique.html