• Manifeste conspirationnniste, pub : Vaccins, « Great Reset »... Julien Coupat et le Seuil légitiment le complotisme d’extrême gauche - L’Express
    https://www.lexpress.fr/actualite/idees-et-debats/vaccins-great-reset-quand-julien-coupat-et-le-seuil-legitiment-le-complotis

    Une couverture noire, un titre choc, un éditeur prestigieux, une quatrième de couverture dont la grandiloquence prête à sourire ("Nous vaincrons parce que nous sommes plus profonds"), mais des auteurs masqués. Défendant une vision complotiste qui se veut de gauche, le Manifeste conspirationniste doit paraître le 21 janvier aux éditions du Seuil. 

    « Nous sommes conspirationnistes, comme tous les gens sensés désormais. Depuis deux ans que l’on nous balade et que nous nous renseignons, nous avons tout le recul nécessaire pour départager ’le vrai du faux’. Les ridicules autoattestations que l’on a prétendu nous faire remplir avaient bel et bien pour but de nous faire consentir à notre propre enfermement et de faire de nous nos propres geôliers. Leurs concepteurs s’en félicitent à présent. La mise en scène d’une meurtrière pandémie mondiale, ’pire que la grippe espagnole de 1918’, était bien une mise en scène » peut-on lire en préambule. Quelques lignes après : « L’acharnement furieux à balayer tout traitement qui n’impliquerait pas d’expérimenter des biotechnologies sur des populations entières, réduites à l’état de cobaye, avait quelque chose de suspect. Une campagne de vaccination organisée par le cabinet McKinsey et un ’pass sanitaire’ plus loin, la brutalisation du débat public prend tout son sens. C’est sans doute la première épidémie mortelle dont il faut convaincre les gens qu’elle existe. » Les 5,5 millions officiellement morts du Covid (selon l’Organisation mondiale de la santé, le bilan pourrait être deux ou trois fois plus élevé) ? Une manipulation statistique destinée à accélérer l’agenda néolibéral, si l’on croit cet ouvrage. 

    Le texte recycle des éléments qui font fureur dans la complosphère. En 2019, le Centre Johns Hopkins, financé par la Fondation Bill et Melinda Gates ou le Forum économique de Davos, a organisé l’Event 201, un exercice de simulation d’une pandémie de coronavirus. Ce serait là une des « preuves » que l’élite avait bien planifié cette crise sanitaire. Selon les auteurs, le timing de la pandémie ne devrait d’ailleurs rien au hasard. Au vu des mouvements sociaux de 2019 à Hongkong, au Liban, en Catalogne, en Chili ou en Colombie, les « puissances organisées » ayant « intérêt au maintien de l’ordre mondial » auraient voulu « siffler la fin de la récréation ». Et pour littéralement confiner les populations, rien de mieux donc que de créer la frayeur à travers un coronavirus. 

    "Les vaccins dominants sont plus néfastes que le virus"

    Sans surprise, la prouesse scientifique des vaccins à ARN ne trouve pas plus grâce aux yeux des auteurs du Manifeste conspirationniste : « La campagne mondiale de vaccination générale ne correspond à aucune rationalité médicale. Les ’vaccins’ dominants sont plus néfastes que le virus pour la plupart des gens, et n’immunisent pas contre la maladie en tant que telle. Ils favorisent même l’éclosion de variants plus virulents. Bref : ils ne satisfont que la passion d’expérimenter de nouveaux joujoux à l’échelle du globe, et la rapacité de ceux qui les vendent » assurent-ils. Rappelons tout de même que c’est la circulation du virus qui favorise l’émergence de nouveaux variants. Les vaccins, même s’ils sont bien moins efficaces contre Omicron, limitent les contaminations et donc les chances de se répliquer du virus. Leur protection contre les formes sévères de Covid reste, elle, conséquente. 
    Le livre reproche notamment à la France d’avoir masqué les effets des vaccins sur les troubles menstruels. Or, selon une récente étude publiée dans la revue Obstetrics & Gynecology, juste après avoir reçu un vaccin contre le Covid-19, le cycle menstruel est rallongé de moins d’une journée en moyenne, un effet non-grave et qui apparaît comme temporaire.

    #paywall ou #datawal express au choix... si vous avez accès aux élucubrations anti-gauchistes du journal...

    "Le conspirationnisme procède de l’anxiété de l’individu impuissant confronté à l’appareil gigantesque de la société technologique et un cours historique inintelligible. Il ne sert donc à rien de balayer le conspirationnisme comme faux, grotesque ou blâmable ; il faut s’adresser à l’anxiété d’où il sourd en produisant de l’intelligibilité historique et indiquer la voie d’une sortie de l’impuissance.
    On peut bien s’épuiser à tenter d’expliquer aux « pauvres en esprit » pourquoi ils se trompent, pourquoi les choses sont compliquées, pourquoi il est immoral de penser ceci ou cela, bref : à les évangéliser encore et toujours. Les médias peuvent bien éructer d’anathèmes. C’est le plus généralement sans effet, et parfois contre-productif.

    La vérité est qu’il y a dans le conspirationnisme une recherche éperdue de vérité, un refus de continuer à vivre en esclave travaillant et consommant aveuglément, un désir de trouver un plan commun en sécession avec l’ordre existant, un sentiment inné des machinations à l’œuvre, une sensibilité au sort que cette société réserve à l’enfance, au caractère proprement diabolique du pouvoir et de l’accumulation de richesse, mais surtout un réveil politique qu’il serait suicidaire de laisser à l’extrême-droite."

    http://www.fr.fnac.ch/a16372086/Anonyme-Manifeste-conspirationniste

    on peut s’attendre à des choses... diverses depuis ce recyclage esthétisant du _"cospirare vuol dire respirare insieme", de 1977 (Radio Alice, Bologne)

    #conspirationniste mais... #covido-négationnistes

    • quoi qu’il en soit je crois qu’il faut davantage prendre au sérieux les quelques lignes de l’auteur relayées par la fnac que tel ou tel journal du pays des lumières éteintes qui trouve à justifier une énième dénonciation des gauchistes (qui n’existent plus).

      Sans en appeler encore aux mânes de Thomas Muntzer (qui croirait aujourd’hui faire advenir le paradis sur terre ?), je suggère de (re)lire l’historien Nicolas Guilhot sur ces modalités de refus théories du complot et impasses du debunking
      https://seenthis.net/messages/941895

      plutôt que de dire "négationniste"quoi qu’en ait l’inventeur mort de ce terme si bienvenu pour caractériser son objet il me semble que dénègateurs serait plus approprié.

      intention. il ne s’agit pas non plus semble-t-il de s’enrôler comme tant d’autres voix dans le ou les complotismes (les théories du complot) mais d’en proposer une signification afin d’armer une conspiration contre ce monde.

      (je fulminerais plus tard, à la lecture)

      #conspirationnisme #livre

    • l’apocalypse dévoilée par l’Express, suite et fin

      Le constat n’a rien de surprenant. En 1913, il avait déjà été montré que la vaccination contre la typhoïde était associée à des irrégularités du cycle menstruel.

      Au-delà du Covid, le livre défend la thèse qu’être lucide sur l’état du monde ne peut que mener au conspirationnisme. Les conspirationnistes sont ceux qui cherchent des vérités cachées. Les autres ? Des « somnambules », des « endormis », des « esclaves » assoupis par les « fact-checkers » journalistes, forcément complices du pouvoir. « Dans un monde de paranoïaque, ce sont les paranoïaques qui ont raison », assure [profond, ndc] ce manifeste. On apprend ainsi que le réchauffement climatique aurait été sciemment voulu par l’élite néolibérale ("rien de tel que les catastrophes pour créer de la rareté, donc de nouveaux marchés et de nouveaux sujets économiques"). Que tous les objets de notre environnement, de la pissotière au smartphone, sont planifiés à nos dépens par des designers malveillants ("sous chaque détail de notre environnement se cachent des desseins informulés"). Qu’il faut se méfier du CNRS car il aurait été impulsé par la maléfique Fondation Rockefeller. Ou même que l’immunité serait une notion biologique idéologiquement nocive. « Avec ses systèmes de détection en éveil, ses menaces d’invasions, ses corps étrangers à refouler et ses déplacements de commandos d’anticorps, elle exhale à plein nez le militarisme étatique de son époque de naissance [NDLR : le XIXe siècle]. »

      De La fabrique au Seuil

      « Ce livre est anonyme car il n’appartient à personne ; il appartient au mouvement de dissociation sociale en cours » peut-on lire au début. Le ton aussi insurrectionnel que lyrique, l’usage des italiques pour souligner un propos se voulant important, les illustrations situationnistes appartiennent pourtant à quelqu’un. Selon nos informations, ce Manifeste est ainsi l’oeuvre de Julien Coupat et de son Comité invisible. Auteur de L’Insurrection qui vient en 2007, ce groupe s’est retrouvé au coeur de l’actualité en 2008 avec l’affaire de Tarnac. Julien Coupat avait été arrêté par la police antiterroriste et mis en examen pour sabotage d’une voie de TGV. Libéré en 2009, il avait bénéficié d’une importante mobilisation, notamment de la part des milieux intellectuels de gauche, qui ont dénoncé une enquête policière orientée et bâclée. En 2018, il sera finalement relaxé par le tribunal correctionnel de Paris. La même année, lors d’une manifestation des gilets jaunes, Coupat a été interpellé et placé en garde à vue. On apprend dans ce livre que les auteurs ont participé à la manifestation sauvage contre le couvre- feu du 17 octobre 2020. « Nous étions ce soir-là quelques centaines, pour braver la nouvelle mesure de vexation, à déambuler de la place du Châtelet jusqu’à la gare de l’Est. En refaisant au passage la façade d’un petit commissariat. »

      Influent dans la gauche radicale, le Comité invisible a longtemps été édité par La Fabrique. Une maison fondée par Eric Hazan, marqué « à gauche de la gauche », qui a l’habitude des auteurs sulfureux (Houria Bouteldja, Norman Finkelstein...). Le passage chez un éditeur généraliste, le Seuil, propriété du groupe Média-Participations, peut surprendre, d’autant plus avec un contenu aussi ouvertement conspirationniste. Patron du Seuil engagé très à gauche, Hugues Jallon avait signé une tribune en faveur d’Eric Hazan au moment de l’affaire de Tarnac. Du côté de l’éditeur, on assure n’avoir pas hésité avant de publier ce texte présenté comme « littéralement très puissant » et proposant un « horizon d’émancipation ».

      Ce Manifeste conspirationniste n’a rien d’un point de vue solitaire au sein de la gauche radicale intellectuelle. En février 2020, le philosophe italien Giorgio Agamben, mentor de Coupat, avait par exemple publié une tribune sur le Covid qualifié de « simple grippe », dans laquelle on pouvait lire : « Il semblerait que, le terrorisme étant épuisé comme cause de mesures d’exception, l’invention d’une épidémie puisse offrir le prétexte idéal pour les étendre au-delà de toutes les limites. » Des propos dénoncés par Conspiracy Watch comme relevant d’un « complotisme sophistiqué ».

      Similitudes avec Philippe de Villiers

      Assisterait-on à une convergence des conspirationnismes d’extrême droite et d’extrême gauche ? Il est frappant de comparer ce Manifeste conspirationnisme avec les best-sellers de Philippe de Villiers, pourtant à l’opposé absolu sur l’échiquier politique. Comme dans Le jour d’après, on retrouve ici la théorie du Great Reset et une obsession pour Klaus Schwab, patron du Forum économique de Davos. Diffusée à partir de l’été 2020 sur Internet, avant d’être popularisée par le documentaire à succès Hold-up, cette théorie assure que le Great Reset, ou grande réinitialisation, serait un plan des élites pour instaurer un « nouvel ordre mondial » grâce à la pandémie. Au départ, il y a ce concept lancé par le Forum de Davos en juin 2020 appelant de ses voeux un « capitalisme responsable ». Un mois plus tard, Klaus Schwab en fait un essai, cosigné avec le prospectiviste Thierry Malleret ( Covid-19 : La Grande Réinitialisation, Forum Publishing). « Quel ridicule se sont donné les médias à faire passer pour une ’théorie de la conspiration’ ce qui figure en toutes lettres dans des livres qu’ils n’ont pas pris la peine de parcourir, eux ! », assure le Comité invisible. Nous pouvons les rassurer : L’Express a soigneusement lu La Grande Réinitialisation. Diagnostiquant l’échec du néolibéralisme, le livre plaide pour un capitalisme plus respectueux de l’environnement et pour l’avènement d’un monde plus inclusif, moins inégalitaire. Voeux pieux ? Bons sentiments ? Concept marketing un peu creux ? Sans doute. Mais voir dans le très scolaire essai de Schwab et Malleret un projet diabolique ne peut que faire sourire.

      Ce ne sont pas les seuls points communs entre Julien Coupat et Philippe de Villiers. Les deux dissertent sur la « biopolitique » qui viserait à imposer un projet transhumaniste. Les deux font de Jean Monnet, des Rockefeller ou de John Foster Dulles (secrétaire d’Etat américain sous Eisenhower) des figures diaboliques. En revanche, la différence de style est notable : emphatique et truffé de références intellectuelles chez le révolutionnaire, gouailleur et riche en anecdotes aussi amusantes qu’imaginaires chez le vicomte vendéen.

      Du côté du Seuil, on défend le livre en expliquant que le conspirationnisme représente un « réveil politique qu’il serait suicidaire de laisser à l’extrême droite ». Dans la course à la récupération politique des thèses complotistes, il est pourtant loin d’être certain que ce soit l’extrême gauche qui l’emporte. Paru en avril 2021, Le jour d’après de Philippe de Villiers a dépassé les 100 000 exemplaires vendus.

    • À ce point, il serait saugrenu de se demander s’ils conspirent, les 1 % qui détiennent 48 % de la richesse mondiale, qui fréquentent partout le même type d’écoles, de lieux et de gens, qui lisent les mêmes journaux, succombent aux mêmes modes, baignent dans les mêmes discours et dans le même sentiment de leur supériorité héréditaire.
      Évidemment qu’ils respirent le même air.
      Évidemment qu’ils conspirent.
      Ils n’ont même pas besoin de comploter pour cela.

      #plume (et du coup, il y a quand même de quoi alléger)

    • J’en parlais hier ici même, nous voilà donc bien revenu au socialisme des imbéciles (qui désignait l’antisémitisme rance de l’extrême gauche début XXème), bien sûr sous une forme différente. Tout cela a fini par accoucher du fascisme, en d’autres temps... évidemment.

    • Non, le nietzschéisme humanitaire des talk show de Stiegler, la gentillesse d’un hippie qui ne s’arrête pas au "chacun son trip" du gourou Fouché, restent malgré des intersections réelles et potentielles, distinctes de ce #messianisme apocalyptique. Le pari politique veut s’appuyer sur une dynamique présente où toute autorité se trouve fondamentalement récusée depuis l’expérience et la compréhension qui en découle (ce qui a pour avers la quasi déification d’individus sacrés par delà tout logique représentants et incarnation du vrai). Le spectre de la retombée antisémite de l’anticapitalisme hante la gauche, et d’autres. Pas de ça ici (c’est à vérifier par une lecture de l’ensemble).

      Avec cette modestie mégalomane artisane d’un dire par dessus le bruit, on est loin de ces postures minables.

      Ainsi, les quelques lignes citées dans mon seen précédent sont-ils la reprise d’une vérité constitutive découverte depuis la pratique par l’autonomie des années 70 en Italie ("conspirer c’est respirer ensemble"), appliquée ici aux militants de l’économie. Nonobstant des désaccords profonds quant au style politique de divers énoncés intenables (et dangereux), j’y vois une manière bien plus claire de dire la mondialisation du capitalisme mur que ce que les petits complotismes de gauche ont pu raconter à ce sujet ces dernières années. (voir les passages sur la Société du Mont-Pèlerin par exemple).
      Et ce bien que par certains aspects, le texte rappelle cette logique du dévoilement par l’exemple de la mystification du Sanguinetti-Censor Véridique rapport sur les dernières chances de sauver le capitalisme en Italie , dont on se souviendra qu’il faisait des BR un jouet aux mains des services secrets italiens. Jusqu’où faut-il croire à son intox ?

      Un choix de citations qui jalonnent (ah ah ah) ce texte pour inciter à aller y voir

      Le pouvoir est un rapport de forces complexes
      http://palimpsestes.fr/textes_philo/foucault/pouvoir.html

      « La différence entre une pensée vraie et un mensonge consiste dans le fait que le mensonge requiert logiquement un penseur et non la pensée vraie. Il n’y a besoin de personne pour concevoir la pensée vraie. […] Les seules pensées auxquelles un penseur est absolument nécessaire sont les mensonges. » (Wilfred R. Bion, L’Attention et l’Interprétation, 1970)

      « Une opinion largement répandue veut que la terreur fasciste n’ait été dans l’histoire moderne qu’un épisode éphémère, à présent heureusement derrière nous. Je ne peux partager cette opinion. Je crois que la terreur est profondément enracinée dans les tendances mêmes de la civilisation moderne, et plus spécialement dans la structure de l’économie moderne. […] Le système moderne de terreur revient essentiellement à l’atomisation de l’individu. Nous tremblons devant les tortures infligées aux corps des hommes ; mais nous ne devrions pas être moins horrifiés par la menace sur l’esprit des hommes. La terreur accomplit son travail de déshumanisation par l’intégration totale de la population en collectivités ; elle vise à priver les hommes des moyens psychologiques de communication directe entre eux malgré le – ou plutôt à cause du – formidable appareil de communications auquel ils sont exposés. L’individu en situation de terreur n’est jamais seul et toujours seul. Il s’engourdit et s’endurcit non seulement vis-à-vis de son voisin, mais vis-à-vis de lui-même ; la peur lui dérobe son pouvoir de réaction émotionnelle et mentale spontanée. Penser devient un crime stupide ; cela met en danger sa vie. La conséquence inévitable est que la stupidité se répand comme une maladie contagieuse parmi la population terrorisée. Les êtres humains vivent alors dans un état de stupeur – dans un coma moral. » (Leo Löwenthal, « L’atomisation de l’homme par la terreur », 1946)

      « gouverner, c’est mettre vos sujets hors d’état de vous nuire et même d’y penser » (Machiavel, Discours sur la première décade de Tite-Live)

      Un point de vue d’historien récemment relié ici, qui remonte plutôt au communisme qu’a son avatar socialiste : D’un chaman à l’autre : théories du complot et impasses du debunking https://seenthis.net/messages/941895

      Chez Muntzer et dans la Guerre des paysans, une croyance en dieu se libérant de l’église, la Réforme, avait été tordue : c’est sur terre que le paradis pouvait être instauré, par les croyants.

      Ici, on veut partir de l’expérience commune, par delà les chiffres décrivant la pandémie, ce que la sensibilité retient le mieux c’est la dureté des traitements (un phénomène courant avec des cancers passant inaperçus jusqu’à ce que ce soient les traitements qui rendent malades). Les dégueulasseries d’Agamben sur "la gripette" ne lui appartiennent pas, pas plus qu’elles n’appartiennent à Peronne, Macron (c’est une mauvaise grippette de l’économie, qui n’en mourra pas et en sortira renforcée), Raoult ou Fouché.

      Je préfèrerais que ce qui compte dans les esprit soit une affirmation fausse (le paradis sur terre, or on sait que nulle harmonie ne viendra nous sauver) plutôt que la dénégation actuellement de rigueur (bien au-delà des "radicaux dont il est question là https://ravageeditions.noblogs.org/post/2020/05/01/denegations-maria-desmers on peut y inclure les salauds de la déclaration de Great Barrington)

      Il s’agit toujours d’opérer un partage dans le partage, de cliver ce qui tient lieu de commun (destin, situation, croyance). Le coup de dé tenté ici pour un renversement (il y a un siècle il s’agissait de "transformer la guerre impérialiste en guerre civile") me parait plus que glissant. Il persiste à se penser en majesté, contrairement à l’attention et au soin qui conditionne l’existence de néoténiques de longue durée voués à l’interdépendance https://seenthis.net/messages/944319

      Oui, le plaisir d’échapper aux tendances victimaires qui nous tiennent, nous, les perdants, se paye certainement trop cher, on le sait des avoir vu d’exécrables exemples : https://lundi.am/La-guerre-veritable

      C’est au point que Lundi matin semble peut-être ne plus s’en tenir à un pluralisme pour la montre et a voulu répondre par avance à la sortie de La conspiration qui vient :
      https://lundi.am/Sur-la-catastrophe-en-cours-et-comment-en-sortir

      Parce que le pouvoir n’a jamais été aussi technocratique, livide et inhumain, certains tendent une oreille bienveillante aux premiers charlatans venus leur chanter « le #vivant ». Mais l’engrenage est vicieux et une fois qu’on a adhéré à une supercherie du simple fait qu’elle prétende s’opposer au gouvernement, on a plus d’autre choix que de s’y enferrer et d’y croire.

      Dans et contre la #biopolitique. Nous n’en avons pas fini avec l’errance, et les confrontations. Mais, après deux ans, la sidération s’atténue. Et c’est ce que je veux retenir depuis l’an neuf qui a vu la publication enfin d’un point de vue militant (-Pour une santé communautaire-, PLI) qui dise la centralité d’un point de vue (et non pas de "la" science !!) qui parte de la "réduction des risques" contre la société du risque et sa gestion (Ewald, Medef, et alii), et tout ce que "les gauches" et chacun.e de nous lui offre et lui laisse comme terrain.

      Pour revenir sur cet l’opuscule, malgré la disqualification qu’entraîne la théorie de la grippette, je ne crois pas possible de rejeter le texte avant lecture.
      Divers rejetons de l’appelisme ( http://1libertaire.free.fr/Appel01.html ) - plus qu’un courant, une empreinte dominante depuis la lutte contre le CPE parmi bien des révoltés en recherche - en diront quelque chose. Et c’est aussi sans eux qu’il y a à collectivement passer en revue les tours de passe passe et les impasses d’un texte qui ne table pas exclusivement sur son aptitude à séduire.

      Après tout, ce qu’en disait la promo de l’éditeur adressée aux libraires en début d’année, et dépubliée depuis, n’est pas rien. :

      Le conspirationnisme procède de l’anxiété de l’individu impuissant confronté à l’appareil gigantesque de la société technologique et un cours historique inintelligible. Il ne sert donc à rien de balayer le conspirationnisme comme faux, grotesque ou blâmable ; il faut s’adresser à l’anxiété d’où il sourd en produisant de l’intelligibilité historique et indiquer la voie d’une sortie de l’impuissance.

      #singularité #histoire

    • Merci pour tous ces liens et réflexions @colporteur .
      Loin de moi l’idée de dire que Coupat ou Stiegler sont des antisémites. L’histoire se répète rarement (et même jamais) à l’identique. Ce qui me frappe ce sont ces schémas de pensée, absolument pauvres. Ils ont beau être bien tournés, bien écrits, bien parlés (sûrement mieux que ce dont je suis capable de produire), ces discours sont d’une simplicité confondante. C’est ce simplisme qui a conduit des anti-pass/anti-vax de gauche comme de droite (extrême) à défiler main dans la main. Le fascisme est venu en partie de syndicalistes révolutionnaires il y a plus d’un siècle. On ne se dit jamais ou rarement fasciste comme ça, du jour au lendemain, on le devient sans crier gare, au fil du temps, par glissement continuel sur des pentes dangereuses.
      Bon, je n’ai pas lu l’ouvrage en question donc je ne pourrai en dire plus, peut-être que c’est éloigné de ce que je peux présupposer.

    • Bon, au moins n’est tu pas lassé par ce qui pourrait apparaître comme des leçons vu la quantité de mots et de références que charrient des élucubrations où je tourne en rond à me demander ce que c’est et comment ça marche. Ça évite un malentendu puisque je ne sais que penser de ce machin, entre rejet viscéral, curiosité, et un certain effroi.

      Sinon, je ne trouve pas que Stiegler écrive :-). Et son cas est surtout différent du fait qu’elle ne dit pas, elle « il faut conspirer contre ce monde » mais se contente de dénoncer un complot (idée à la racine de laquelle, par « chez nous », on retrouve toujours un antisémitisme : le Juif c’est une fonction dans le monde des Gentils, un embrayeur).

      Ce « Manifeste » m’intéresse de proclamer que rien ne se réglera sans conflit depuis la trame même des existences (respirer ensemble), que la conspiration n’est pas l’apanage des dominants. Si j’ai des réserve sur l’abolition des classes qui y est bien prématurément à l’oeuvre, sous couvert d’appel au sensible et aux formes de vie, c’est ce retournement que je trouve juste. Et puis ce texte se disqualifie de s’appuyer, sous prétexte qu’il règne, sur le mensonge.

      Dérive du style post situ, le faux y devient un moment du vrai. C’est étrange. Mais si ça, ça rappelle effectivement les négationnistes d’ultra-gauche (la fausse question de l’existence des chambres à gaz pour mettre à nu l’autolégitimation de démocraties qui nous relieraient religieusement dans la conviction que « les camps de concentration sont l’enfer d’un monde dont le paradis est le supermarché. ») ? j’essaie comme je l’ai dit d’attendre d’avoir lu et échange sur cette lecture, de ne pas céder trop vite à la colère.

    • Et si conspirer était une bonne idée ? Hervé Kempf
      https://reporterre.net/Et-si-conspirer-etait-une-bonne-idee

      (...) parce qu’on étouffe que cela fait un grand bien de lire le Manifeste conspirationniste.

      Le Manifeste estime clairement que la gravité de la pandémie a été exagérée, mais surtout qu’elle a été « une divine surprise », permettant de mettre en œuvre des stratégies de contrôle préparées de longue date, afin de mettre un terme à des révoltes de plus en plus massives.

      La thèse reste cependant inaboutie, dans la mesure où elle n’indique ni ne suggère clairement ce qu’il aurait fallu faire devant la pandémie. Certes, « le Covid est une maladie de civilisation, comme le cancer. Au vu du caractère bénin de l’affection chez la plupart des sujets, il faut bien admettre que, s’il y a une ‘cause’ à celle-ci, c’est bien moins le virus lui-même que l’état pathologique normal propre à ce monde ». La focalisation exclusive sur le vaccin et les mesures policières qui l’accompagnent, au détriment de toute politique de santé publique sur les maladies - dites comorbidités - qui accroissent la vulnérabilité au virus, confirme la validité de ce point de vue. Il aurait cependant été utile d’être plus explicite, le refus des injonctions ne pouvant suffire à convaincre.

      « Pendant des millénaires, avant que la biologie ne vienne tout embrouiller, ce que l’on appelle à présent “le #vivant ” était plutôt l’animé — ce qui est doté d’une âme. En latin, en grec, en hébreu et dans tant d’autres langues, la notion d’âme — anima, psyché, rouakh — renvoie au souffle, au vent, à la respiration. Ce qui est vivant est donc ce qui est traversé, traversé d’un souffle. Vivre, ce n’est pas être un centre organique autogène, ni même une volonté de puissance ou une forme d’organisation — c’est participer de ce qui nous entoure. C’est être en état de participation cosmique. »

    • La focalisation exclusive sur le vaccin et les mesures policières qui l’accompagnent, au détriment de toute politique de santé publique sur les maladies - dites comorbidités - qui accroissent la vulnérabilité au virus, confirme la validité de ce point de vue.

      J’en peux plus d’entendre cet argument moisi depuis le tout début de la part de la gauche/des écolos/anti-industriels. J’en peux plus parce que c’est parfaitement vrai MAIS que c’est dans le même temps pourtant évident que rationnellement ça n’a aucun sens pour sauver concrètement les gens LÀ MAINTENANT.

      Se battre contre le sucre, l’obésité, le diabète, les produits cancérigènes, etc, c’est parfaitement nécessaire et obligatoire, mais ce sont des combats sur des années, pour que par génération ces maladies syndémiques du monde capitaliste et industriel se réduisent petit à petit.

      À aucun putain de moment il n’y a d’actions de santé publique possibles qui va D’UN COUP faire disparaître l’obésité, le diabète, etc, et faire que les gens qui ont le covid AUJOURD’HUI n’auront magiquement presque plus de cas graves réa/mort.

      Donc les anti-indus bas du front et comités invisibles brillent surtout par leurs mesures invisibles pour sauver des vies NOW. Et quand on dit sauver des vies, c’est pas juste une image, c’est pas du putain de luxe de riches de vivre un peu mieux, etc, on parle de millions de gens dans le monde qui sont morts à cause de ça en moins de deux ans et encore plus qui vont finir avec des séquelles permanents de covids longs (rappel aux anti-indus français : tout le monde n’a pas la chance d’avoir encore la sécu et des hopitaux publics qui marchent encore et qui ont pu sauver beaucoup de gens, alors même que le but réel doit être de NE PAS arriver à l’hopital du tout !).

      Depuis le début on le dit tout en critiquant le gouvernement pour sa gestion autoritaire : qu’est-ce que NOUS on aurait mis en place pour se protéger les un⋅es les autres ? Pour se protéger réellement MAINTENANT, pas pour réduire les cancers dans 50 ans !

      Ces philosophes discutent la fin des temps, etc, mais sont même pas capable de faire la distinction entre des actions qui s’appliquent en mois, et des actions qui s’appliquent en décennies.

    • l’invocation de La Solidarité comme valeur absolue sert seulement interdire de poser les questions vitales : « avec qui ? sur quelle base ? contre qui dans quelles relations ? »
      Nous interdire de nous les poser, c’est nous interdire de nous défendre contre ce qui nous affaiblit. Contre ce qui nous tue. C’est vouloir nous rendre malades. Et nous livrer à nos bourreaux. Cela advient même physiologiquement chez toutes ces victimes de « #Covid_long » qui n’ont en réalité jamais contracté la maladie. En vertu de l’effet nocébo, ils sont littéralement malades de solidarité ». p. 273

    • La pub écolo droits de l’homme

      Le Manifeste estime clairement que la gravité de la pandémie a été exagérée, mais surtout qu’elle a été « une divine surprise »

      #Raphael_Kampf relève dans Reporterre le clin d’oeil maurrassien, mais ne le commente pas. Dans les gamelles de Maurras, quelle genre de cuisine fait-on ?

      [MBK] a raison sur un certain nombre de points, comme l’idée qu’il n’y a pas de véritable danger dans la pandémie et que l’hystérisation autour de ce virus est profitable financièrement à bien des intermédiaires

      #Stéphane_Zagdanski, Lundi Matin 17/1/2022.

      https://lundi.am/A-quoi-comparer-cela

      les échanges entre covid-négationistes

      Toujours aussi passionnant à lire. Ici, l’application des théories cognitives, de psychologie sociale et comportementale - développées depuis les années 60 aux USA pour la domination et la régulation des populations - lors de la « crise » de 2020 !

      https://twitter.com/SZagdanski/status/1485308377475518473
      La Gestion Génocidaire du Globe @SZagdanski
      et aussi : @parolesdesjours

      (Liké par Aude Lancelin)

      Il tient un séminaire youtube « La Gestion Génocidaire du Globe Réflexion sur l’extermination en cours » pas moins.

    • En ce 24 janvier, l’organe du Horsolistan persiste dans le n’imp

      « C’est donc tout à fait logique que l’on ne trouve pas d’alternatives au vaccin pour justifier son refus. L’équation en face de nous n’est pas vaccin vs tisane au miel mais vaccin vs révolution. »

      https://lundi.am/Toujours-sur-la-catastrophe-et-comment-en-sortir

      avec un autoportrait

    • Ce dernier article est une réponse à https://seenthis.net/messages/945088

      c’est que la science d’État ne cesse pas d’imposer sa forme de souveraineté aux inventions de la science nomade : elle ne retient de la science nomade que ce qu’elle peut s’approprier, et, pour le reste, elle en fait un ensemble de recettes étroitement limitées, sans statut vraiment scientifique, ou bien le réprime et l’interdit simplement

      Ou bien… plus prosaïquement… c’est qu’une bonne partie de ces recettes ne marchent pas ? Sauf que comme durant tout le long cette personne parle dans le vide en ne donnant aucun exemple concret de ce qui marcherait ou pas, ça reste dans la théorie, donc improuvable et indiscutable.

      la science impériale veut s’imposer partout, les sciences nomades sont traquées et détruites. Lorsque le prestige des sciences itinérantes est trop important, des ersatz farfelus et inoffensifs viennent également les remplacer et servir de fausses alternatives aux crétins.

      Sert à critique ensuite Raoult, Fouché etc, sauf que pareil : autrement que « en théorie ça existe », de quoi parle-t-on ça évoque des savoirs nomades qui ne sont ni la science d’État, ni les faux prophètes ?

      Je veux bien que ça existe, et c’est totalement avéré qu’il y a certaines maladies qui peuvent être soignées avec des plantes locales ou diverses méthodes non chimie de synthèse, mais c’est toujours à voir au cas par cas : telle maladie c’est possible et telle autre pas du tout.

      Il n’y a strictement aucun raisonnement magique qui ferait que 100% des maladies (et pire épidémie, pandémie générées par le capitalisme) pourraient forcément se soigner avec un « savoir nomade » qui ne soit ni science industrielle, ni la tisane au miel.

      Du reste, l’aération et les (vrais) masques, sont des solutions plus appropriables, mais qui dépendent tout autant du savoir : le fait qu’on sache de manière certaine que le virus se transmet par aérosol, c’est dû à la recherche par « méthode scientifique », avec des tests reproductibles, etc, et non à un magique savoir nomade qui viendrait… d’où ? L’article ne le dit jamais, on ne sait pas d’où ça sort, par qui, par quelles méthodes…

      On se retrouve avec d’un côté une réponse impériale à la pandémie, de l’autre des sciences nomades inaudibles et invisibilisées par la répression

      Mais QUELLES sciences nomades ? Quoi ? Qui ?

      mais peut-être également s’en remettre à certaines inventions farfelues qui s’avéreront efficaces

      Le flou, le peut-être, la théorie (enfin ya rien de « théorie » là dedans, c’est surtout de la pensée magique)

    • Bé non @alexcorp justement ce n’est pas ça puisque l’article critique l’option « la tisane au miel » + Raoult Fouché etc. Les « savoirs nomades » dont il parle sont un concept issu de Deleuze, et qui concernait des savoirs et outils « qui marchent vraiment » mais qui ne sont ni de la science capitaliste industrielle ni de la tisane au miel. Sauf que comme je le dis, ça reste tellement dans le flou théorique total, sans le moindre début d’exemple, et ça veut tellement rien dire d’une maladie ou accident à l’autre, que ça veut rien dire tout court, pour l’instant, de mon point de vue.

    • @rastapopoulos effectivement, dans ce cas pour ce qui est de définir ce qu’est le « savoir nomade », je pencherais plutôt pour dire que c’est avant tout un positionnement intellectuel surplombant qui n’a pas besoin de se définir, c’est à dire qu’il sert à mépriser à la fois tous les tâcherons qui suivent bêtement toute démarche scientifique et à la fois les remèdes de grand-mère, parce que quand même faut pas déconner. Donc voilà ce qu’est probablement le concept de « savoir nomade » : une pirouette de mauvais philosophe.

    • oups, confondant sans doute avec un autre fils nommé Raphaël (qui travaillait pour son père), j’ai par erreur écrit Raphaël Kempf (honorable avocat, jusqu’à plus ample informé) en lieu et place de son père, Hervé Kempf (Reporterre et ses penchants complotistes). c’est corrigé.

      Deux mots des morts - sur le Manifeste conspirationniste
      https://seenthis.net/messages/946004

      Émergentisme et effet de Seuil - Le Moine Bleu
      https://seenthis.net/messages/946423

    • Manifeste conspirationniste : le style conspirationniste
      https://www.en-attendant-nadeau.fr/2022/01/26/manifeste-style-conspirationniste

      Un livre sans auteur, tout de noir vêtu, avec titre en lettres blanches. Une épitaphe empruntée à Miles Davis, une quatrième de couverture mystérieuse et prophétique : « Nous vaincrons parce que nous sommes plus profonds. ». Un tableau apocalyptique et halluciné du monde entier, mais aussi des âmes, dont l’objectif semble de provoquer une peur panique. On entend souvent que notre époque est livrée au complotisme. Si cela est le cas, voici le livre qu’elle mérite. Mais comment ce Manifeste conspirationniste fonctionne-t-il ?

    • isolé, l’auteur publie un texte signé Comité invisible :
      COMMUNIQUÉ N°0
      https://schisme.org/comite-invisible/communique-n-0

      La parution récente d’un livre réellement anonyme et parfaitement inacceptable pour l’époque, Le manifeste conspirationniste, a fourni l’occasion d’une remarquable tentative de revanche de tous ceux qui s’étaient sentis humiliés, à ce jour, par les « succès » du Comité invisible. Le signal du lynchage public fut donné à L’Express par des « informations » émanant de la police – une filature mal faite suivie de l’interception et de la destruction des correspondances visant un « prestigieux » éditeur parisien, filature que l’on n’ose attribuer, une nouvelle fois, à la DGSI. La valetaille journalistique suivit courageusement, sans se rappeler combien hurler avec les loups contre le Comité invisible lui avait peu réussi par le passé. Au point culminant de sa campagne, elle se flattait de ne rien comprendre audit Manifeste, non sans s’être préalablement plainte que le livre était trop informé dans trop de domaines pour pouvoir le contredire – pauvres choux ! Et quelle singulière époque ! Pour finir, on vit se joindre à la curée les vieux partisans négristes d’une « biopolitique mineure » voire d’une « biopolitique inflationniste » dont la défaite historique coïncide très exactement avec le succès de leurs idées du côté de l’Empire : c’est maintenant Klaus Schwab, du Forum Économique Mondial, qui est invité au Vatican pour deviser avec le Pape François de son philanthropique projet de revenu universel. Quant à la « biopolitique inflationniste », personne n’a plus besoin de dessin, après ces deux dernières années. « Parce que la plus redoutable ruse de l’Empire est d’amalgamer en un grand repoussoir – celui de la “barbarie”, des “sectes”, du “terrorisme” voire des “extrémismes opposés” – tout ce qui s’oppose à lui » (« Ceci n’est pas un programme », Tiqqun 2, 2001), nos spectres négristes en déroute et autres sous-foucaldiens d’élevage s’empressèrent de crier à la « confusion », au « fascisme », à l’« eugénisme » et pourquoi pas – tant qu’on y est – au « négationnisme ». Il est vrai, après tout, que le Manifeste en question fait un sort au positivisme. CQFD. Ceux dont le cours des choses invalide depuis les Gilets jaunes au moins toutes les certitudes, préfèrent se dire que ce sont les révoltes elles-mêmes qui sont confuses, et non eux-mêmes. Le « fascisme » qu’ils discernent partout est celui qu’au fond ils désirent, car il leur donnerait sinon intellectuellement du moins moralement raison. Quelque chance leur serait alors offerte de devenir enfin les victimes héroïques en lesquelles ils se rêvent. Ceux qui ont renoncé à combattre historiquement préfèrent oublier que la guerre de l’époque se livre aussi sur le terrain des notions – sans quoi, au reste, Foucault n’aurait pas arraché la « biopolitique » à ses concepteurs nazis et comportementalistes. Nous laissons à la gauche impériale la croyance qu’il existe une sorte de révolution qui soit drapée de pureté, et que c’est en multipliant les anathèmes moralisants, les mesures de prophylaxie politique et le snobisme culturel que l’on défait les contre-révolutions. Elle ne fait ainsi que se condamner, décomposée derrière ses cordons sanitaires et ses gestes-barrières, agrippée à ce qu’elle croit être son capital politique accumulé – se condamner à voir sa rhétorique tendre asymptotiquement vers celle des gouvernants.
      Pour nous, nous préférons de loin donner des coups, en prendre et en redonner.
      Nous préférons opérer.
      Nous ne nous rendrons jamais.

      un site et un compte tw. avaient té créés en décembre dernier, @entetementrevue, https://www.entetement.com

      la distance prise d’avec LM s’accompagne d’une icono en n&b qui ravira, elle-aussi, les fans de Debord.

      #manifeste_conspirationniste

    • L’autre organe créé pour l’occasion : Entêtement - La prise des Champs-Élysées par le convoi de la liberté
      https://www.entetement.com/la-prise-des-champs-elysees-par-le-convoi-de-la-liberte

      Les routes de France sont habitées par un non-mouvement inconnu déjà largement méprisé. L’immanence de ce non-mouvement est antipolitique comme un certain autre non-mouvement de 2018. Voir ce surgissement de l’antipolitique en pleine campagne présidentielle montre le désir de vivre sans les tocards de la politique. Dès avant vendredi, les premières critiques ont fusé contre le convoi de la liberté. L’extrême gauche insulte et s’indigne sur leur smartphone et nie encore une fois la singularité de ce qui se trame sur les routes. Préférant encore une fois dénigrer et insulter ce non-mouvement de fascistes, de non-vax eugénistes, de conspirationnistes. Oui ! Il y a des groupes d’extrêmes droites, mais ils restent bien isolés face au reste de la composante de ce non-mouvement. Et non ! Cette puissance n’est pas contre la communauté, bien au contraire elle diffuse une joie immense de vivre ensemble de tenir un monde commun, de sortir de l’isolement du quotidien pour partager son expérience vécue. Toutes ces images de liesse au passage des convois sur les lieux de repos, cette entraide entre les êtres définissent la tonalité de cette puissance, de cette communauté qui circule. Il faut se rendre compte du vide métaphysique de la France laide périurbaine pour comprendre en soi le soulagement d’une irruption. Aux rageux qui continuent de pleurnicher perpétuellement sur la pureté, nous conseillons de tracer des lignes dans le néant de leur existence pathétique.

      L’ambition audacieuse du convoi de la liberté est de bloquer Bruxelles avec l’aide d’autres convois européens. Cela n’est pas sans rappeler un autre convoi cinématographique mené par Kris Kristofferson contestant les persécutions policières. Mais avant cela, il fallait s’attaquer au symbole même du mépris, s’attaquer à la Métropole, monter sur Paris. Si la tentative audacieuse du convoi de la liberté de bloquer Paris et son périph’ fut une bataille bien compliquée, la prise des Champs-Élysées pendant plus de huit heures fut une réussite. Ce fut une joie immense de revenir sur ces fameux Champs, de bloquer de nouveau cette incarnation d’un monde marchandisé, de se rappeler l’histoire de luttes, de ressentir encore à quel point la police n’aime personne et surtout pas les sentiments communs. La police avec ses intimidations et ses armes a échoué à détruire la volonté commune de bloquer les Champs. Quoi que l’on en dise, ce fut une victoire éthique de monter sur Paris et de tenir le symbole. La route est encore longue. Il y a encore de nombreuses occasions de porter des coups aux pouvoirs, il y a une variété de cibles à briser, pas seulement institutionnelles, mais aussi industrielles. Car, s’il semble qu’il y est quelque chose que le convoi ait compris avec les « gilets jaunes », c’est que le monde est logistique. Il ne reste plus qu’à approfondir les liens tissés dans ce convoi de la liberté, de continuer à s’organiser pour frapper fort. Comme nous l’avons vu inscrit sur les murs des Champs-Élysées samedi soir : « les conspirationnistes triompheront ! »

  • Des foules de partisans de Trump convergent vers Washington | La Presse
    https://www.lapresse.ca/international/etats-unis/2021-01-06/des-foules-de-partisans-de-trump-convergent-vers-washington.php

    Bravant les consignes sanitaires, des hommes et femmes venus de tous les #États-Unis se massaient sans masque dans les métros, convergeant vers une capitale dont les vitrines étaient une fois de plus barricadées par crainte d’éventuels débordements.

    Le président sortant, qui continue de nier la victoire de son rival démocrate Joe Biden, encourage depuis des jours ses supporteurs à défiler dans la capitale pour cette journée qui sera « folle », a-t-il prévenu.

    Il doit prendre la parole devant ses troupes à 11 h depuis l’Ellipse, esplanade située au sud de la Maison-Blanche, et devrait répéter les accusations de fraudes qu’il martèle depuis deux mois sans en apporter la preuve.

  • Va en paix, Yann Moix, le sionisme pardonne l’antisémitisme ordurier !
    http://www.ujfp.org/spip.php?article7365

    Le moindre dérapage ou la moindre ambiguïté face à l’antisémitisme, le moindre soupçon de complaisance avec l’islamisme radical, la moindre critique des crimes israéliens vous fait écarter rapidement des ondes et des plateaux de télévision. C’est arrivé à des humoristes ou à des journalistes des quartiers populaires ou encore à l’inspecteur du travail Gérard Filoche, le plus souvent injustement. Source : UJFP

  • Antisémitisme : les petits arrangements de Yann Moix avec la vérité à « ONPC »
    https://www.lexpress.fr/culture/livre/antisemitisme-les-petits-arrangements-avec-la-verite-de-yann-moix-a-onpc_20

    Yann Moix s’est expliqué samedi soir sur le plateau de Laurent Ruquier. On attendait un mea culpa sincère, on a eu droit à des éléments de langage. Décryptage.

    Yann Moix a décidément du mal avec les mea-culpa. À la suite des révélations de L’Express https://web.archive.org/web/20190826152559/https://www.lexpress.fr/culture/quand-yann-moix-publiait-dans-un-journal-antisemite_2095721.html, il lui avait déjà fallu s’y reprendre à deux fois avant d’avouer qu’il était bien l’auteur non seulement des dessins, mais aussi des textes publiés dans un petit magazine étudiant à tendance #négationniste. Hier soir, sur le plateau de #Laurent_Ruquier, le romancier a de nouveau présenté ses excuses pour ces errements de jeunesse. Mais interviewé par #Adèle_Van_Reeth et #Franz-Oliver_Giesbert, qui n’avaient pas la moindre idée de ce que contenaient les trois numéros d’Ushoahia, #Yann_Moix a de nouveau eu tendance à minimiser sa participation à coups de petits arrangements avec la vérité.

    Par ailleurs, Le Monde avait révélé hier https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/08/31/ces-heures-ou-yann-moix-a-tente-de-rester-frequentable_5504880_3224.html avant l’émission que Moix était le salarié de la maison de production #Tout_sur_l'écran, productrice d’On n’est pas couché. C’est en effet cette même société qui produit Chez Moix, l’émission présentée sur #Paris-Première par le romancier. Un étrange mélange des genres sur le Service Public. Retour sur un mea-culpa incomplet.

    "Je demande pardon pour ces bandes dessinées"

    Yann Moix connait trop bien le sens des mots pour les employer au hasard, surtout au coeur d’une polémique aussi explosive. Il a asséné pendant plus d’une heure un « élément de langage » forgé à l’avance : « Je faisais des bandes dessinées #antisémites. » Nous avons compté : Yann Moix a martelé dix-neuf fois l’expression « bande dessinée » durant l’émission, sans jamais avoir été repris une seule fois par ses interviewers ! Or, en demandant le pardon pour ces « bandes dessinées », le romancier renvoie à un mode d’expression qui évoque inconsciemment l’enfance et suscite donc l’indulgence.

    Vérification faite, sur la centaine de pages que forment au total les trois numéros d’Ushoahia, on ne trouve aucune bande dessinée de sa main dans le numéro 1 (le plus négationniste), trois pages seulement dans le numéro 2 et deux pages dans le troisième numéro. Soit donc seulement cinq pages sur... cent ! À noter que ces rares bandes dessinées visent le plus souvent à ridiculiser #Bernard-Henri_Lévy, parfois sur le mode scatologique, parfois pour se demander comment « le distinguer de Jean-Jacques Goldman ».

    Dans l’absolution que #BHL accorde ce matin à Moix, le philosophe reprend symptomatiquement le même élément de langage, n’évoquant que « ces fameuses BD ».


    Case d’une des rares bandes dessinées de Yann Moix publiée dans Ushoahia.

    En revanche, dans ces numéros, on trouve de très nombreuses caricatures de la main de Moix, très souvent antisémites. Le romancier, qui rêvait de publier dans Hara-Kiri, sait que caricature et bande dessinée sont loin d’être synonymes. Tout particulièrement quand le sujet en est l’ #antisémitisme, comme le rappelle le spécialiste Didier Pasamonik ce matin https://www.actuabd.com/TRIBUNE-LIBRE-A-DIDIER-PASAMONIK-A-propos-des-bandes-dessinees-de-Yann-Moix

    Mais surtout, en demandant pardon pour ses « bandes dessinées », Yann Moix occulte à nouveau l’essentiel : il était bel et bien l’auteur de nombreux textes d’Ushoahia. Après l’avoir tout d’abord farouchement nié dans son entretien à L’Express, il avait été contraint de le reconnaître vingt-quatre heures plus tard dans Libération, lorsque L’Express avait retrouvé https://www.lexpress.fr/actualite/societe/negationnisme-le-mensonge-de-yann-moix_2095809.html l’un de ses manuscrits signés de sa main contenant nombre des textes antisémites publiés dans Ushoahia.

    Or, en plus d’une heure passée dans le fauteuil de l’émission de Laurent Ruquier, Yann Moix n’a pas une seule fois évoqué ou assumé ces textes. Que cache ce déni ?

    "J’avais 20 ans"

    Quel âge avait vraiment Yann Moix au moment où il publiait ces textes et dessins ? La maturité n’est pas la même à 18 ans, à 20 ans ou à 22 ans. Dans Le Monde, son éditeur Olivier Nora évoque un « fanzine lycéen ». Sur le plateau d’ONPC, Moix parle de l’année 1988. Précisons donc que certains numéros d’Ushoahia sont parus dans les premiers mois de 1990 (l’un d’entre eux évoque longuement la mort du dictateur roumain Nicolae Ceaucescu survenue le 25 décembre 1989). Yann Moix, né le 31 mars 1968, s’apprêtait donc à fêter ses vingt-deux ans. Il avait quitté le lycée trois ans plus tôt, avait passé deux ans en classes préparatoires et étudiait dans une grande école, l’ESC Reims.

    Dans Orléans, il ne cesse d’ailleurs de rappeler combien il était précoce intellectuellement, s’amusant même du fait qu’il était sans doute le plus jeune abonné du Bulletin des amis d’André Gide de l’Histoire (il était alors en quatrième). Il raconte aussi comment il dévorait les oeuvres de Francis Ponge, Charles Péguy, Sartre, Céline, Baudelaire, Gombrowicz... D’ailleurs, le « style » des textes d’Ushoahia, aussi odieux soit-il, fait preuve d’une virtuosité certaine.

    "Je m’en prenais aussi aux myopathes, aux handicapés, aux Éthiopiens"

    Yann Moix sous-entend donc que les Juifs ne seraient qu’une cible parmi d’autres dans ses écrits de jeunesse et qu’il « faisait feu de tout bois ». Les myopathes ? Les handicapés ? Pas une ligne sur eux dans les trois numéros d’Ushoahia. En revanche, la couverture du numéro 2 est bien consacrée à la famine en #Éthiopie. Voici les premières lignes de l’article consacré au sujet : « Après les six millions de #Juifs soi-disant morts dans les camps en carton pâte que la Metro Goldwyn Meyer a fait construire un peu partout en Europe pour le compte (en banque) de quelques Juifs avides de pognon, on réinvente l’actualité pour renflouer les caisses de quelques dictateurs nègres dont le roseau de 30 cm ne suffit plus à aguicher les putains d’Adis-Abeba. » Et un peu plus loin : « En fait, ces #nègres maigres n’existent pas. Ce ne sont que les négatifs des photos truquées par les Juifs sur les prétendus camps de la mort. »

    Texte paru dans le numéro 2 d’Ushoahia.

    Le numéro 3 d’Ushoahia est lui consacré à l’abbé Pierre. Là encore, voici les toutes premières lignes de l’article : « Il est petit, épais comme un #Juif version #Buchenwald, porte des binocles pour mieux voir le fric (...) et une barbe de père Noël pouilleux qui serait resté trop longtemps à distribuer des cadeaux aux pensionnaires d’ #Auschwitz. Faut dire, vu le nombre de cheminées qu’il y avait là-haut, il devait y avoir du pain (grillé) sur ces planches qui ont servi à casser du Youpe, etc. » Le texte est signé « #Auschwitz-Man ».

    Extrait du numéro 3 d’Ushoahia.

    Bref, les #Éthiopiens et l’abbé Pierre ne sont une nouvelle fois que prétexte à développer une obsession antisémite et négationniste. Dans le numéro 3, même la pauvre peluche Casimir -pour laquelle Moix a toujours eu un faible, au point de la mettre en scène longuement dans son premier roman, Jubilations vers le ciel- porte un brassard à #croix_gammée.

    On comprend mieux pourquoi Yann Moix n’a pas souhaité s’appesantir sur les textes.

    "Ces révélations sont téléguidées par l’extrême-droite"

    Discréditer le supposé émetteur d’une information est une technique vieille comme le monde. Dans son interview à L’Express, en début de semaine, Yann Moix accusait son frère d’être la « balance ». À On n’est pas couché, changement de stratégie, c’est l’ « extrême-droite ». Deux anciennes amitiés de Moix avec des personnages sulfureux ont d’ailleurs été évoquées sur le plateau de Laurent Ruquier.

    Premier nom : #Marc-Edouard_Nabe, écrivain dont Moix fut très admiratif à ses débuts et dont il fut proche un temps, avant de se brouiller avec lui. Depuis, les deux hommes sont à couteaux tirés. Nabe est le premier à avoir cité le titre Ushoahia, en 2017, dans son livre Les Porcs 1, mais il n’a jamais eu entre les mains ces publications. Sinon, lui qui publie régulièrement sur son site « Nabe News » des documents révélant les parts d’ombre de ses ennemis, se serait évidemment fait un malin plaisir de rendre public un florilège des oeuvres de jeunesse compromettantes de Moix, étrillé à longueur de pages dans Les Porcs 1.

    Couverture du premier numéro d’Ushoahia dessinée par Yann Moix.

    L’autre ami évoqué à ONPC s’appelle #Paul-Éric_Blanrue. Auteur d’un documentaire avec le négationniste #Robert_Faurisson, il fut très proche de Moix dans les années 2000. Ce dernier lui donna même en 2007 une préface (sans ambiguïtés) à une anthologie de textes antisémites d’auteurs célèbres. Pour l’anecdote, #Blanrue fait une petite apparition - en sosie d’Elvis Presley - dans le film Podium de Yann Moix. Aujourd’hui, les deux ex-complices sont en froid. Mais si Blanrue avait entendu parler lui-aussi d’Ushoahia, il n’en détenait aucun exemplaire. Il nous l’avait confirmé, lorsque nous l’avions interrogé avant notre premier article sur le sujet. Il nous avait même envoyé trois mails, demandant si nous ne pouvions pas lui envoyer en primeur une capture d’écran de l’une des couvertures (ce que nous n’avons évidemment pas fait).

    Yann Moix le sait donc bien. Si l’ « #extrême-droite » avait eu la possibilité de faire « fuiter » ses dessins et écrits de jeunesse, elle l’aurait fait depuis longtemps. Alors pourquoi l’accuser ? Ne peut-il imaginer que certaines personnes aient tout simplement été horrifiées par ce qu’elles ont découvert dans les publications antisémites et négationnistes dont il était l’auteur et le dessinateur ?

    #Shoah #Racisme #Raciste

    • Par ailleurs, Le Monde avait révélé hier avant l’émission que Moix était le salarié de la maison de production Tout sur l’écran, productrice d’On n’est pas couché. C’est en effet cette même société qui produit Chez Moix, l’émission présentée sur Paris-Première par le romancier. Un étrange mélange des genres sur le Service Public. Retour sur un mea-culpa incomplet.

  • Pour l’acte IX des #gilets_jaunes à Paris, un service d’ordre les encadre | Le Huffington Post
    https://www.huffingtonpost.fr/2019/01/12/pour-lacte-ix-des-gilets-jaunes-a-paris-un-service-dordre-les-encadre

    L’acte IX de la mobilisation a été marqué à Paris par la mise en place d’un #service_d'ordre repérable aux brassards blancs.

    L’un des responsable de ce S.O est Victor Lanta, un identitaire adepte des ratonnades : Cet ancien para de Carcassonne qui combat aux côtés des « pro-russes »
    https://www.ladepeche.fr/article/2014/08/28/1940999-ancien-para-carcassonne-combat-cotes-pro-russes.html

    #extrême_droite


    • « Gilets jaunes » : l’ultradroite reprend des couleurs, Lucie Delaporte
      https://www.mediapart.fr/journal/france/180119/gilets-jaunes-l-ultradroite-reprend-des-couleurs?onglet=full

      Depuis la mi-novembre, la mouvance hétéroclite de l’extrême droite radicale tente de se refaire une santé grâce au mouvement des « gilets jaunes ». Des #identitaires aux #royalistes, en passant par les #conspirationnistes #dieudonno-soraliens, tour d’horizon d’une nébuleuse dopée par cette mobilisation aux contours politiques inédits.

      Sa vidéo fin octobre avait rapidement atteint les 4,5 millions de vues. Frank Buhler, qui appelait à une « mobilisation générale » le 17 novembre dernier contre la hausse du prix des carburants, est alors un parfait inconnu. La presse découvrira plus tard qu’il est responsable de circonscription pour Debout la France dans le Tarn-et-Garonne, et qu’il a été exclu du Front national pour avoir tenu des propos trop ouvertement racistes. La CGT s’était d’ailleurs appuyée sur le cas de celui qui se réclamait de la « patriosphère » pour expliquer, dans un communiqué daté du 30 octobre, pourquoi elle se désolidarisait du mouvement des gilets jaunes, « clairement […] d’extrême droite ».

      Si Frank Buhler sera rapidement mis à l’écart par les gilets jaunes, le mouvement dans sa majorité refusant d’être assimilé de près ou de loin à l’extrême droite, la place de cette mouvance dans les mobilisations n’en reste pas moins incontestable.

      Du Rassemblement national aux Patriotes de Florian Philippot en passant par Debout la France, depuis le début de la mobilisation, les partis d’extrême droite se sont très vite engouffrés dans la fronde des gilets jaunes, espérant en tirer quelques bénéfices électoraux quand la gauche paraissait plus divisée. Pour eux, les revendications antifiscales, la défense d’une France rurale oubliée ou un certain discours « antisystème » des gilets jaunes les désignaient comme les porte-voix naturels du mouvement.

      Pourtant, alors qu’une grande partie de la mobilisation des gilets jaunes s’est faite contre les partis, ils sont aussi dépassés sur leur droite par toute une mouvance radicale très présente dans la rue comme sur les réseaux sociaux, et qui n’entend surtout pas se faire récupérer par un jeu électoral qu’elle méprise.

      Pour le politologue Jean-Yves Camus, « cette nébuleuse d’extrême droite qui a déjà battu le pavé en 2013 et 2014 avec le “Printemps français” et “Jour de colère” a su monter dans le train assez vite et parvient à se refaire une santé grâce à ce mouvement, alors qu’elle était un peu atone depuis quelques années ».

      À la droite de la droite, à travers le mouvement des gilets jaunes se rejoue une bataille entre extrême droite électorale et extrême droite radicale. Cette dernière, qui attend le grand soir insurrectionnel pour changer de régime, pouvant aussi le cas échéant faire la courte échelle à un Rassemblement national avec lequel elle n’a pas toujours coupé les ponts.

      Le procès, la semaine dernière, des six prévenus membres des « Zouaves Paris » ou du Bastion social – deux émanations du GUD – condamnés pour « violences et dégradations » a rappelé la présence dans les cortèges de cette ultradroite pas toujours si éloignée des partis. L’un des prévenus, membre du Bastion social, avait également sa carte au Rassemblement national. Au-delà de ces groupuscules numériquement marginaux, certains débordements, comme les actes antisémites devant le Sacré-Cœur lors de l’acte VI du mouvement, ont aussi rendu manifeste l’influence de la sphère dieudonno-soralienne sur une partie des gilets jaunes. « Ce qui m’a le plus surpris, ce sont les primo-manifestants. Je n’avais pas imaginé que quand vous consommiez du Soral et du Dieudonné derrière votre écran, vous pouviez passer à un autre mode d’action politique », reconnaît à ce sujet Jean-Yves Camus.

      Alors que le mouvement des gilets jaunes dans son ensemble échappe largement à l’extrême droite, quelle attitude tenir vis-à-vis de la gauche et de l’extrême gauche honnies ? Pour une partie de l’ultradroite, il est temps de faire des alliances stratégiques, comme y appelle l’écrivain #négationniste Hervé Ryssen qui théorise une « union sacrée » contre le système. « Cette conjonction des forces entre l’extrême droite et l’extrême gauche, c’est le principal qu’il faut retenir sur le plan politique de ce mouvement des gilets jaunes », explique-t-il dans une vidéo alors que, sur le terrain, les batailles rangées entre antifas et ultradroite sont venues rappeler que peu de ces acteurs y étaient prêts.

      Comme l’explique Jean-Yves Camus : « Ils ont vis-à-vis de l’extrême gauche une stratégie en deux temps : on fait la révolution avec tous ceux qui veulent bien mettre la main à la pâte et on les écrase après. »

      Tour d’horizon de cette ultradroite qui tente, depuis des semaines, de faire une OPA sur le mouvement des gilets jaunes.

      Les soralo-dieudonnistes

      « Gilets jaunes, la révolution qui vient. » Comme à son habitude Alain Soral a gardé secret le lieu de sa réunion, prévue samedi prochain. Mais l’affiche, qui rassemble la crème de la crème de l’antisémitisme français, illustre à elle seule comment l’ultradroite tente de faire son miel du mouvement qui bouscule la classe politique depuis plus de deux mois. Ce jour-là, Alain Soral sera accompagné du directeur de l’hebdomadaire Rivarol Jérôme Bourbon, de « l’écrivain » négationniste Hervé Ryssen mais aussi d’Yvan Benedetti, ancien président de l’Œuvre française aujourd’hui dissoute.

      Une tentative de récupération du mouvement des gilets jaunes par la fine fleur de l’#antisémitisme français, comme l’a déjà raconté Street Press. Gourou des réseaux sociaux, Soral a très vite senti le potentiel de la révolte des gilets jaunes et posté très tôt des vidéos de soutien à ce mouvement « antisystème » et aux accents insurrectionnels. Il s’est immédiatement reconnu dans une fronde marquée par la défiance envers les partis comme les syndicats et aux contours politiques flous, lui qui définit son mouvement Égalité et réconciliation comme réunissant la « gauche du travail » et « la droite des valeurs ». Celui dont la pensée politique s’apparente, selon l’expression du chercheur André Déchot (lire ici nos enquêtes sur le personnage), à « une espèce de Tetris idéologique » se sent parfaitement à l’aise dans le caractère protéiforme de la révolte des gilets jaunes.

      Alain Soral n’a évidemment pas manqué de rappeler qu’il a de longue date défendu le RIC, en donnant maintes fois sur son site la parole à Étienne Chouard.

      « On n’en a rien à foutre des élections »

      Les références au passé chez Rothschild d’Emmanuel Macron sont évidemment l’occasion de clins d’œil antisémites appuyés et certaines banderoles aperçues ces dernières semaines laissaient peu de place au doute sur ce point. Alain Soral, qui se dit « national-socialiste à la française », n’aime rien tant que mixer les références historiques. À cet égard le mouvement des gilets jaunes, qui déconcerte parfois par les références allant de Robespierre au 6 février 1934, lui convient parfaitement.

      Le 1er décembre, Dieudonné, compère de longue date d’Alain Soral, avec qui il partage notamment la même obsession antisémite, est applaudi par certains gilets jaunes sur les Champs-Élysées. « Paralysons les administrations de l’État et le gouvernement et les chaînes TV et radios de propagande qui ne cessent de nous mentir depuis plus de 20 ans », écrit-il ce jour là sur Twitter. Il poste une vidéo le montrant avec un groupe de gilets jaunes, manifestement ravis de faire des selfies avec lui.

      Pour l’acte VI du mouvement, une petite centaine de manifestants s’est retrouvée sur les marches du Sacré-Cœur pour entonner la chanson de Dieudonné, « Manu la sens-tu... », faisant force « quenelles », signe de ralliement antisémite bien connu de la « dieudosphère ». Comme Alain Soral, Dieudonné a très tôt enfilé un gilet fluo. Dès le 19 novembre, il se fait photographier à Langon au côté d’un des initiateurs locaux du mouvement, Mathieu Seurot, sur un blocage de l’A62. Dans une vidéo aux accents lyriques, postée le 23 novembre et vue 300 000 fois, il salue un « mouvement apolitique né de l’augmentation frénétique du prix des carburants » et qui rassemble « agriculteurs, ouvriers, fonctionnaires ». « Chaque gilet jaune est une étincelle dans la nuit qui annonce le retour à la lumière », avance-t-il, invitant son public à venir désormais en gilet jaune à ses spectacles.

      Une nouvelle fois, Dieudonné rappelle que l’intérêt de ce mouvement est de passer au-dessus des partis. « Les prétendus responsables politiques de la soi-disant opposition semblent dépassés par l’ampleur du phénomène, empêtrés qu’ils sont dans leur stratégie politicienne, ils n’arrivent plus à dissimuler leur véritable objectif qui est de se goinfrer au maximum le temps de leur mandat », affirme celui qui a toujours échoué à se faire élire.

      Signe de la pénétration de cette sphère auprès de certains leaders du mouvement, lorsque Éric Drouet organise une conférence de presse, il choisit d’ailleurs deux « médias », Brut et Vincent Lapierre. Or le « journaliste » Vincent Lapierre, qui a longtemps collaboré au site d’Alain Soral et s’est récemment rapproché de Dieudonné, est une figure bien connue de cette mouvance conspirationniste.

      Sylvain Baron, qui s’est illustré dans le mouvement des gilets jaunes en organisant des rassemblements devant le siège des médias, est aussi, comme l’a déjà raconté Arrêt sur images, très proche de cette nébuleuse soralo-dieudodienne. Celui qui publie des textes en hommage à Faurisson invitait par exemple, sur sa page Facebook, les « djihadistes » à faire quelque chose lors du rassemblement en mémoire de Mireille Knoll – assassinée car juive – parce qu’il « n’y aura que des enculés d’europeïstes (sic), des larbins soumis à tous les intérêts prédateurs ainsi que tout ce que la France comporte de collabos et de parasites notoires à cette marche », écrivait-il.

      Hervé Ryssen

      Il a fait la une de Paris Match avec son drapeau français le 5 décembre dernier. L’heure de gloire pour cet essayiste négationniste, auteur notamment du succès de librairie Le Racisme antiblanc – Assassins d’hommes blancs (éditions Baskerville). Celui qui participera, aux côtés de Soral, au colloque « Gilets jaunes, la révolution qui vient », s’est incrusté lui aussi très tôt dans la mobilisation. « Moi, j’étais gilet jaune depuis le tout début », clame-t-il, n’hésitant pas à se présenter comme l’un des initiateurs du mouvement.

      Dans sa dernière vidéo, mise en ligne le 8 janvier et vue 140 000 fois, prenant acte du succès de l’acte VIII du mouvement, il masque mal son excitation devant les derniers débordements vis-à-vis des élus. Il se réjouit notamment du saccage du bureau de Benjamin Griveaux en des termes équivoques. « Effectivement une foule furieuse peut pénétrer dans un ministère. Et on l’a vu à certaines époques, dans certains pays, il y a des gens qui sont défenestrés. Alors ce n’est pas du tout ce à quoi on appelle […], mais quand les gens sont dans la misère, au bout du rouleau… », poursuit-il, sentencieux.

      Comme Soral et Dieudonné, cette figure de l’extrême droite pressent qu’un rapprochement, ponctuel et tactique, avec l’extrême gauche est à travers cette fronde inédite enfin possible. « Cette conjonction des forces entre l’extrême droite et l’extrême gauche, c’est le principal qu’il faut retenir sur le plan politique de ce mouvement des gilets jaunes […]. Depuis 1934, il y a une interdiction de parler avec les fachos […], cet interdit est en train de se déliter, de se fracasser », se réjouit-il. « Sur le plan électoral 11 millions d’électeurs FN, 7 millions FI, les abstentionnistes qui sont je pense très largement représentés parmi les gilets jaunes… Ça fait 22, 23, 24 millions d’électeurs… On est quand même très largement majoritaire dans le pays. On prend le pouvoir là ! Après il s’agit de se partager les ministères, c’est comme ça que je vois les choses », s’enflamme-t-il, assurant qu’il n’est pas forcément opportun de « polémiquer » sur l’immigration avec l’extrême gauche en ce moment, au nom justement de « l’union sacrée contre la macronie ».

      Comme Soral ou Dieudonné, Hervé Ryssen exhorte les vrais « patriotes » à ne pas se laisser abuser par la récupération électorale, fût-ce celle du RN, dont il a été un temps proche. « On n’en a rien à foutre des élections. On a compris que ces élections ne représentaient pas le petit peuple […]. Moi je suis abstentionniste depuis bien longtemps, affirme-t-il. Alors vous pouvez nous parler de Marion Maréchal... mais Marion Maréchal en 2048, c’est ça votre truc ? Mais en 2048, le Français de souche il sera très largement minoritaire dans le pays. Ce sera terminé. »

      Le parti nationaliste français d’Yvan Benedetti

      Cet ancien membre du FN proche de Bruno Gollnisch a été exclu du parti d’extrême droite en 2011 après s’être revendiqué « antisémite, antijuif ». « La révolte des gilets jaunes au pied du sapin France a été le plus surprenant et le plus heureux des cadeaux de la fin d’année 2018 », assure celui qui, depuis la dissolution de l’Œuvre française, est devenu porte-parole du Parti nationaliste français. Lui qui n’avait pas connu pareil enthousiasme depuis les manifs contre le mariage pour tous se sent manifestement revivre. « Cette année s’annonce difficile et périlleuse, mais la moisson de tant d’années de labours au service de la reconquête nationale a commencé. Souhaitons que les Français redeviennent maîtres de leurs lois. Les blés refleuriront plus beaux, ensoleillés du jaune de la révolte des gilets ! En avant la Victoire ! », poursuit-il, ce 1er janvier, dans ses vœux à ses militants.

      Dès le 10 décembre, devant l’ampleur du mouvement, Yvan Benedetti organise une conférence de presse pour saluer cette « révolte grandeur nature du peuple central, le peuple français historique ». Une « révolte » qui serait dans le fond le « troisième tour de l’élection présidentielle », les personnes mobilisées correspondant « peu ou prou au vote mariniste du second tour de l’élection présidentielle », selon lui.

      Devant les Champs-Élysées, le 1er décembre, il arbore le slogan « À bas les voleurs, révolution nationale », référence à la manifestation antiparlementaire du 6 février 1934. Pour lui, il faut impérativement aiguiller le mouvement des gilets jaunes vers la prévention du « génocide français, le génocide blanc » en mettant « fin à l’invasion migratoire ».

      Il sera ce jour-là, comme il l’a lui-même reconnu, violemment pris à parti par des antifas et devra quitter le cortège.

      L’Action française

      Depuis les grandes heures de la Manif pour tous, le vieux mouvement maurrassien n’avait pas connu pareil enthousiasme. « Ces dernières semaines, c’est de la folie. On a dû doubler notre secrétariat qui est passé de deux à quatre personnes pour faire face à l’afflux d’appels et de demandes d’adhésion », assure le jeune porte-parole de l’Action française Antoine Berth, qui part ce jour-là ouvrir une section de l’AF à Angers.

      Les monarchistes de l’Action française ont, eux aussi, été de presque tous les cortèges depuis le début. « On a été présents sur les ronds-points et même avant le 17 novembre », précise-t-il.

      Pour Antoine Berth, l’Action française s’est reconnue dans les revendications sociales du mouvement mais également, aussi étonnant que cela puisse paraître, dans ses aspirations démocratiques. « Il n’est pas normal qu’en France on soit pauvre en travaillant et ce alors que les plus riches reçoivent des cadeaux fiscaux et que certains touchent des allocations de manière indue », affirme-t-il. Sur les aspirations démocratiques du mouvement, l’Action française opposée à la « démocratie des partis » se dit « très à l’aise avec le RIC », le référendum d’initiative populaire. « Ce que nous défendons, c’est une monarchie populaire. Un roi avec des fonctions régaliennes très limitées et les lois seraient du ressort des citoyens. » Une des plus flagrantes preuves de déni actuel de démocratie ? Le pacte de Marrakech, affirme-t-il. « C’est typique, le gouvernement signe un texte engageant sans le consulter le peuple et alors que les Français sont globalement contre. Les gilets jaunes ne supportent pas le fait qu’une partie de la dépense publique soit consacrée à l’accueil des #migrants. »

      Ces zélateurs de Maurras ne voient pas trop d’inconvénients à côtoyer dans ces cortèges La France insoumise ou le NPA avec qui ils partagent, rappelle-t-il, la critique du libéralisme. « Les gens savent à peu près qui pense quoi, mais ils mettent de côté leurs différences, mais il y a des sujets sur lesquels on peut avancer ensemble. Il y a un décalage non pas entre la droite et la gauche sur ces sujets, mais entre les Français et leurs dirigeants. »

      Les nombreuses références à 1789 dans les rassemblements de gilets jaunes n’ont pas non plus découragé ces royalistes. « Bien sûr à l’AF, on condamne la révolution de 1789, mais celle de 1791 était archi-justifiée, car le roi n’avait pas mené les réformes nécessaires. Aujourd’hui encore il faut remettre en question les privilèges. Il faut une nouvelle nuit du 4 août ! », assure-t-il.

      L’organisation, qui tente de décoller l’étiquette d’antisémitisme, a précisé qu’Élie Hatem, présenté au prochain colloque de Soral comme membre de l’Action française, n’en faisait en réalité plus partie. Dans un communiqué, l’Action française a même dénoncé la tenue de ce « colloque raciste et haineux ». Pour autant, précise Antoine Berth, « il y a une fabrication de la présence de l’antisémitisme dans ce mouvement à partir de quelques gestes alors que, par rapport à la masse, c’est un épiphénomène. Il s’agit de casser un grand mouvement populaire ».

      Les enfants du GUD

      « Aujourd’hui nous avons une pensée toute spéciale pour notre camarade des Zouaves Paris qui passera Noël incarcéré à Fresnes, dans cette même prison où Robert Brasillach a rédigé ce poème, en 1944. » Pour la page Facebook Ouest Casual, qui relate ces dernières semaines les faits et gestes des différents héritiers du GUD dans le mouvement des gilets jaunes, les références – à travers la mention de cet écrivain collaborationniste – sont posées.

      Le procès des six prévenus d’extrême droite en marge de l’acte III, aux Champs-Élysées, qui ont été reconnus coupables de « participation à une entente en vue de commettre des violences ou des dégradations », a en effet été l’occasion de renouer avec des accents de martyrs très prisés par cette mouvance. L’audience a aussi permis de montrer la grande fluidité entre ces groupuscules, qui ont manifestement saisi la fronde des gilets jaunes comme l’occasion rêvée de faire parler d’eux à travers quelques opérations coups de poing.

      Parmi les prévenus, les quatre Parisiens ont commencé au GUD puis, lorsque le groupe a été mis en sommeil, ont poursuivi leur activisme aux Zouaves, alors que l’Alsacien et le Lyonnais se revendiquent, eux, du Bastion social, là encore créé par d’ex-gudards.

      S’ils sont numériquement peu nombreux, ces groupuscules ont un savoir-faire particulier pour la communication. Ils savent parfaitement déployer une banderole, au dernier moment, en tête de cortège, pour laisser croire qu’ils sont soutenus par l’ensemble des manifestants. Comme ce 15 décembre à Chambéry.

      En revanche, alors qu’une de leurs activités principales consiste à faire le coup de poing contre les « antifas », l’union sacrée avec « les gauchistes » n’est pas tout à fait à leur goût. De retour de manif, ils ne résistent pas au plaisir de raconter leurs bagarres.

      « Samedi 8 décembre, belle mob faf pour la manifestation des gilets jaunes à Lyon. Environ 150 gones, écrivent-ils sur leur page Facebook. Nous prenons la tête de cortège. Après un tour sur la presqu’île, nous décidons d’aller à la préfecture. Des participants à la manif pour le climat (et son lot d’antifas et autres crasseux) rejoignent la queue de cortège des gilets jaunes. Nous sommes environ 3 000. Après des gazages et charge de flics sur les quais, la manif est bloquée. Décision est prise de charger le groupe d’antifas reconnu. Les mêmes qui appelaient, sur internet, à nous virer des manifs, ont été beaucoup moins démonstratifs face à nous. Les pendules ont été remises à l’heure. We are Lyon ! »

      « Le renversement du pouvoir établi »

      Les Identitaires

      « Les bobos et les pseudo-élites ne comprennent pas ce ressentiment qui explose enfin », écrit une plume des Identitaires (ex-Bloc identitaire) sur leur site officiel au sujet du mouvement des gilets jaunes auquel, dès le lendemain du 17 novembre, ils ont tenté de donner une orientation bien particulière. « Que les observateurs ne s’y trompent pas ! Le mouvement des gilets jaunes est avant tout une révolte, plus ou moins consciente, contre l’immigration massive. Pourquoi ces hausses des taxes et des impôts, incessantes, si ce n’est pour payer les coûts toujours plus faramineux de l’immigration voulue par les bobos, ceux-là mêmes qui vomissent la France périphérique, la France qui souffre, la France qui travaille et qu’on tond ? »

      Passerelle entre les Identitaires, dont il est issu, et le RN, Damien Rieu, qui a été l’un des initiateurs de l’opération contre les migrants dans les Alpes et travaille à la communication du maire RN de Beaucaire, a changé sa photo de profil sur les réseaux sociaux pour revêtir, lui aussi, un gilet jaune et ne cesse de faire l’éloge du mouvement. Il relaie abondamment les textes de Pierre Sautarel, de « Fdesouche », qui diffuse le live de RT sur les mobilisations, interrogeant, par exemple, « un ancien parachutiste de Bretagne » qui rappelle à la caméra : « On est français, la France, elle appartient aux Français et pas à quatre politiciens à la con. »

      Proche de Marion Maréchal, cette mouvance identitaire a beaucoup relayé la chanson « gilets jaunes » du rappeur identitaire Kroc Blanc, qui contient une adresse explicite à Macron : « Te remercient mes fascistes t’es l’ennemi commun qui permet qu’on fraternise avec les gauchistes, frères, Français, humains ou citoyens, on est d’accord sur l’essentiel, venez on fait comme les Italiens »

      Vidéo de Kroc Blanc © Kroc Blanc

      Des Barjols aux Volontaires pour la France

      Groupuscule créé par des déçus du RN, les Barjols ont eux aussi défilé avec les gilets jaunes. Interrogé par Le Monde, son initiateur, Denis Collinet, expliquait avoir tourné la page du FN après le débat à la présidentielle raté de sa candidate. L’un de ses membres a été arrêté début novembre pour avoir fomenté un attentat contre Emmanuel Macron. Selon nos informations obtenues auprès des services de renseignement, deux militants des Barjols sont même parvenus à s’imposer localement comme des coordinateurs régionaux et porte-parole du mouvement en Mayenne et dans le Nord.

      Eux aussi adeptes de la manière forte, les Volontaires pour la France, qui se sont fixé comme objectif de « défendre l’identité française » et « combattre l’islamisation du pays » et dont Mediapart a raconté l’implication de la frange radicale dans des projets d’attentat contre des imams, n’ont pas manqué non plus d’enfiler leur gilet jaune ces dernières semaines. Avec, là encore, l’objectif de « renverser le pouvoir ». « L’ensemble de cette situation engendre la tentation chez de plus en plus de gilets jaunes de recourir à l’insurrection, soit le renversement du pouvoir établi. […] La responsabilité en échoit sans nul doute à un pouvoir autiste et arrogant, incapable de remise en cause, pieds et poings liés à ceux qui lui ont permis d’accéder au pouvoir au prix d’un hold-up démocratique au printemps 2017. L’addition va être salée », écrit un des volontaires sur leur site.

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      #racisme #fascisme

  • Y aura pas de #Valls avec Dieudonné…
    http://lahorde.samizdat.net/2014/01/15/y-aura-pas-de-valls-avec-dieudonne

    Depuis quelques semaines, Manuel Valls et Dieudonné se partagent la vedette, l’un dans la posture de l’ultime rempart contre l’antisémitisme, l’autre se drapant dans le rôle de victime du système : si on a publié un grand nombre d’articles pour démontrer la crapulerie mercantile et antisémite de Dieudonné, nous ne sommes pas dupes du battage [&hellip

    #Actualités #Confusionnistes #antisémitisme #Dieudonné #quenelle #slide

  • Alerte antifasciste : Étienne Chouard invité à des rencontres écologistes et alternatives à Die les 2 et 3 février
    https://rebellyon.info/Alerte-antifasciste-Etienne.html

    Les 2 et 3 février prochains le festival « Les utopies en marche », qui se déroule à Die dans la Drôme, recevra Etienne #Chouard. L’homme est connu à gauche pour son opposition au Traité Européen en 2005. Mais, sous ses discours alléchants sur le système démocratique, se cache un idéologue qui n’hésite pas à faire régulièrement la promotion des thèses les plus nauséabondes, y compris #négationnistes. Petits éclaircissements et grosse synthèse sur ce spécialiste de la #confusion qui réussit à berner beaucoup de monde.