• L’INFO. Une étude du #CNRS révèle les effets prodigieux du #bio sur les #abeilles | Courrier de l’Ouest
    https://www.courrierdelouest.fr/actualite/chize-une-etude-du-cnrs-revele-les-effets-prodigieux-du-bio-sur-les

    Ce cercle vertueux trouve ses racines dans les spécificités mêmes de l’agriculture bio synonyme de #biodiversité accrue. Le non-recours aux pesticides et une rotation davantage diversifiée, faisant la part belle aux prairies, haies et bosquets, « diminuent, ainsi, la mortalité des abeilles tout en augmentant les ressources florales disponibles ». Elles contrebalancent « l’absence de colza, ressource primordiale car présente dès avril mais très peu cultivée en bio », décrypte Vincent Bretagnolle.

    Attendus mais pas « forcément avec une telle ampleur », ces résultats sont fondamentaux pour le CEBC dont les travaux précédents avaient déjà conduit à l’interdiction des #néonicotinoïdes ou mis en lumière une augmentation moyenne de plus de 35 % des rendements de colza par la simple pollinisation des abeilles domestiques et sauvages. A la clef, un #gain « de 160 euros par hectare » (lire CO du 23 septembre 2018).

    « Tout le monde parle mais nous, on quantifie car on a besoin de chiffres pour faire bouger les lignes du monde réel, inciter à la prise de conscience des relations d’interdépendance entre les humains et les non-humains afin de créer de nouvelles #solidarités », appuie celui qui refuse l’étiquette « de lanceur d’alerte » tout en dessinant les contours d’une #agroécologie inéluctable. « Le message que je veux adresser aux ##agriculteurs, c’est de ne pas réfléchir pesticides, azote et sélections variétales mais abeilles. C’est un levier de croissance inégalable, sans doute le moins coûteux et qui profite aux bio comme aux conventionnels. C’est prodigieux. »

    Reste désormais à polliniser les esprits les plus réfractaires à l’évidence.

  • Disparition des abeilles : comment l’Europe a renoncé à enrayer leur déclin
    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2019/08/27/disparition-des-abeilles-la-derobade-de-l-europe_5503163_1650684.html

    Le texte en question – une mise à jour des principes d’évaluation des effets des #pesticides sur les #abeilles – fait l’impasse sur l’essentiel des recommandations de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (#EFSA), l’agence d’expertise officielle de l’Union. L’écrasante majorité des mesures proposées par l’agence sont renvoyées à un examen ultérieur, au mieux, après l’été 2021. Et ce, alors que l’EFSA fait savoir depuis le printemps 2012 que les tests réglementaires actuels ne protègent pas les abeilles et les #pollinisateurs sauvages (bourdons, abeilles solitaires, papillons, etc.). Interdits depuis fin 2018 en Europe, les trois principaux #insecticides #néonicotinoïdes (#imidaclopride, #clothianidine et #thiaméthoxame) pourraient ainsi être remplacés par des produits aussi problématiques.

    Après paywall #it_has_begun

  • Aux #États-Unis, les #insectes décimés par des #pesticides toujours plus #toxiques
    https://www.nationalgeographic.fr/environnement/2019/08/aux-etats-unis-les-insectes-decimes-par-des-pesticides-toujours-p
    https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0220029

    Selon une nouvelle étude parue mardi 6 août dans la revue PLOS One, le paysage agricole américain est aujourd’hui 48 fois plus toxique qu’il ne l’était il y a 25 ans pour les #abeilles et probablement d’autres insectes. Cette toxicité accrue est presque entièrement due à l’utilisation massive des fameux pesticides #néonicotinoïdes.

    [...]

    « La bonne nouvelle, c’est que nous n’avons pas besoin des néonicotinoïdes, » ajoute-t-elle. « Les recherches menées ces 40 dernières années montrent qu’il est possible de cultiver nos aliments sans décimer les pollinisateurs grâce aux méthodes agroécologiques. »

    America’s #agriculture is 48 times more toxic than 25 years ago. Blame neonics | Kendra Klein and Anna Lappe | Opinion | The Guardian
    https://www.theguardian.com/commentisfree/2019/aug/07/americas-dependence-on-pesticides-especially-neonics-is-a-war-on-nature

    All this risk without reward has led some regulators to take action. The European Union voted to ban the worst neonics in 2018. But the US government has so far failed to act. Chemical company #lobbying can explain much of this inaction. #Bayer, maker of the most widely used neonics, spent an estimated $4.3m lobbying in the US on behalf of its agricultural division in 2017.

  • Libre-échange : le Canada et les normes européennes sur les pesticides et les OGM Maxime Vaudano et Stéphane Horel - 25 Juillet 2019 - Le devoir

    https://www.ledevoir.com/economie/559328/aecg-comment-le-canada-tente-de-saper-les-normes-europeennes-sur-les-pesti

    « Si on ne signe pas avec les Canadiens, avec qui signera-t-on ? » Dans les rangs des partisans européens de l’Accord économique et commercial global (#AECG), c’est l’incompréhension qui domine face au feu nourri de critiques qui s’abat sur l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada, finalement approuvé par les Français mardi.

    « Les normes sanitaires canadiennes sont assez similaires aux européennes », a rassuré, par exemple, la secrétaire d’État Emmanuelle Wargon, jeudi 18 juillet, sur BFM-TV, entretenant une vision angélique fort répandue à l’égard du Canada.

    Pourtant, derrière les grandes déclarations d’amitié entre dirigeants, Ottawa s’active depuis des années en coulisses pour combattre les #normes_européennes qui empêchent ses entreprises et ses producteurs agricoles d’exporter vers le marché unique. Un #lobbying intense que les perspectives commerciales ouvertes par l’AECG n’ont fait qu’accentuer.

    Le dernier épisode en date de cette guérilla réglementaire s’est joué le 4 juillet au sein de l’Organisation mondiale du commerce (#OMC ). Allié à une quinzaine de pays, le Canada a violemment critiqué les évolutions récentes de la réglementation de l’Union européenne (UE) sur les pesticides, décrites comme des précautions excessives nuisant au #libre-échange des produits agricoles.

    Une longue escalade de menaces
    Ce « groupe des seize » n’a pas encore activé l’« arme nucléaire » en déposant une plainte formelle devant le tribunal de l’OMC, mais le message a été entendu cinq sur cinq. « Si un différend devait être lancé, la #Commission_européenne défendrait fermement sa politique », promet l’exécutif bruxellois. « Nous avons l’argumentaire scientifique et le poids politique pour nous défendre devant l’OMC », poursuit en écho le ministère français de l’Agriculture.

    Derrière ces déclarations martiales, l’inquiétude est réelle. Car le coup d’éclat du 4 juillet couronne une longue escalade de menaces. C’est à l’été 2013 que le Canada et les États-Unis ont commencé à oeuvrer contre le nouveau règlement européen sur les #pesticides, qui prévoit d’interdire toutes les substances intrinsèquement dangereuses (#cancérogènes, #mutagènes, #reprotoxiques et autres #perturbateurs_endocriniens), jusqu’alors autorisées en l’absence de preuves d’effets #nocifs sur la #santé ou l’environnement.

    Cette approche inédite de l’UE, nourrie par le principe de précaution, menace d’abord les producteurs de pesticides comme #Bayer-Monsanto ou #Corteva (issu de la fusion #Dow - #DuPont ), dont les produits pourraient être retirés du marché européen. Mais elle inquiète aussi les partenaires commerciaux de l’UE, qui craignent de voir les portes de son marché se fermer à leurs producteurs s’ils continuent d’utiliser des substances interdites.

    Il est donc urgent pour #Washington et #Ottawa de contester ce règlement qui « ne sert qu’à miner le commerce agricole international et contrevient [aux règles] de l’OMC », comme l’a affirmé le #Canada à l’OMC, début 2016. Cherchant le moyen de s’exonérer de ces nouvelles règles avant qu’elles ne commencent à s’appliquer, ils vont même jusqu’à demander à l’#UE de modifier sa législation.

    Un veto du Parlement européen
    Pour cela, ils utilisent tous les leviers à leur disposition : l’OMC, mais aussi les cycles de négociation de leurs accords de #libre-échange respectifs avec l’UE, le #Tafta et l’#AECG, où les concessions commerciales peuvent servir de monnaie d’échange. La menace est suffisante pour que la Commission européenne s’inquiète de ces attaques et anticipe un « risque élevé de différends formels à l’OMC », selon un document interne de mars 2019 obtenu par l’ONG bruxelloise #Corporate_Europe_Observatory.

    La Commission indique au Monde avoir entamé un travail de « réflexion » en septembre 2017 sur la manière d’aménager des marges de « tolérance à l’importation » à ces pesticides intrinsèquement dangereux que le nouveau règlement prévoit de bannir. Employée aujourd’hui pour les pesticides non autorisés dans l’UE, cette tolérance est déterminée en fonction de limites maximales de résidus (LMR) à respecter dans les produits agricoles importés.

    La Commission s’est, d’ores et déjà, montrée accommodante, en proposant en début d’année de relever les LMR de la #clothianidine et de la #mandestrobine, deux #néonicotinoïdes « tueurs d’#abeilles » utilisés par les producteurs canadiens, mais interdits en Europe. Ce geste n’a rien d’une coïncidence : il fait suite à des demandes déposées par les fabricants #Bayer et #Sumitomo, motivées par la nécessité de faciliter l’importation de pommes de terre, de fraises et de raisins canadiens, sur lesquelles ces substances sont utilisées.

    Ces concessions ne sont pas du goût du Parlement européen. En mars, il a mis son veto à la proposition législative de la Commission, soulignant « l’incertitude persistante quant aux effets de cette substance sur la #santé_publique, sur les jeunes mammifères et sur l’environnement ».

    Hostilité d’Ottawa au principe de précaution
    Les États membres, pour leur part, soutiennent sans réserve le projet de la Commission. En juin, plusieurs d’entre eux ont exprimé « leur vive inquiétude quant à la manière d’agir du Parlement ». Un projet de règlement remanié est déjà en préparation.

    En juin, suite à une requête du fabricant Dow (désormais ##Corteva), l’exécutif bruxellois a aussi proposé de maintenir la LMR du « 2,4-D », un herbicide utilisé sur le soja canadien classé #cancérogène probable par le Centre international de recherche sur le cancer (#CIRC ).

    L’entregent canadien ne se limite toutefois pas à la question des pesticides. Depuis l’entrée en vigueur provisoire de l’AECG, à l’automne 2017, Ottawa n’a pas hésité à investir les nouveaux forums de « #coopération_réglementaire » créés par l’accord pour faire valoir son attachement à une « évaluation des risques par la science » et son hostilité au #principe_de_précaution, pourtant consacré dans le texte de l’AECG.

    Lors de la première réunion du comité sur les « #biotechnologies », au printemps 2018, les représentants canadiens ont critiqué le système européen d’homologation des organismes génétiquement modifiés (OGM), trop lent à leur goût. Ils ont aussi commencé à mettre sur la table la question des OGM de nouvelle génération, un gros sujet de divergence entre les deux continents. Si ces comités n’ont aucun pouvoir de décision direct, ils peuvent constituer un levier pour installer des revendications dans le débat public, et exercer des pressions discrètes.

    Les détracteurs de l’AECG craignent enfin que les industriels canadiens ne profitent du futur tribunal d’arbitrage pour faire valoir leurs #intérêts. Cette juridiction, qui ne pourrait voir le jour qu’après la ratification complète, permettrait aux entreprises d’attaquer les États en cas de décision contraire aux garanties de stabilité réglementaire offertes par l’accord. Des garde-fous ont certes été introduits pour éviter que des décisions d’intérêt public en matière de santé ou d’environnement ne puissent être contestées. Il reste toutefois, selon les ONG, une petite marge d’incertitude légale, qui pourrait pousser les Européens à la prudence au moment de durcir leurs exigences en matière de santé ou d’environnement.

    Un lobbying réussi sur le #pétrole
    Malgré son poids politique tout relatif, la diplomatie canadienne peut se targuer d’une victoire éclatante sur les normes européennes. En 2014, Ottawa a utilisé le levier des négociations de l’AECG pour obtenir un affaiblissement des règles #antipollution européennes, qui s’est avéré favorable à l’industrie pétrolière canadienne.

    Comme l’avait raconté à l’époque l’ONG Les Amis de la Terre, le Canada a menacé de quitter la table des négociations jusqu’à ce que Bruxelles accepte une formule de calcul des émissions de gaz à effet de serre qui ne pénalise pas les pétroles issus des #sables_bitumineux de la province de l’#Alberta, pourtant très polluants. Cette décision a ouvert un boulevard au secteur pétrolier canadien, qui a désormais les mains libres pour exporter son #or_noir vers l’UE. Il ne lui reste qu’à développer les infrastructures adéquates pour profiter de cette nouvelle occasion.

  • Les abeilles se portent à merveille à Cuba, grâce à l’embargo américain Romane Frachon/oang - 27 Avril 2019 RTS _
    https://www.rts.ch/info/sciences-tech/environnement/10384093-les-abeilles-se-portent-a-merveille-a-cuba-grace-a-l-embargo-americain.

    Alors que la disparition des abeilles inquiète partout et notamment en Europe, elles se portent à merveille à Cuba. L’explication est à chercher notamment du côté de l’embargo américain, qui a empêché l’importation de pesticides.
    Des études ont confirmé ces dernières années les effets nocifs des néonicotinoïdes sur les populations d’abeilles, qui sont en net déclin notamment en Europe, menaçant du même coup la biodiversité. Ces insecticides dits « tueurs d’abeilles » sont montrés du doigt comme l’une des causes de la disparition des abeilles.

    Mais, contrairement à la situation sur le Vieux Continent, ces insectes se portent parfaitement bien à Cuba. L’île, qui a dû renoncer aux pesticides pour cause d’embargo américain et de chute du bloc soviétique dans les années nonante, est devenue le paradis de l’apiculture et compte aujourd’hui près de 200’000 ruches. Elle a ainsi produit plus de 10’000 tonnes de miel en 2018.

    Un concept général d’agroécologie
    Et il s’agit d’un miel parfaitement écologique (lire encadré). « Nous faisons de l’apiculture au sein du concept d’agroécologie », explique un apiculteur travaillant avec la coopération suisse dans l’émission Tout un monde. « Les néonicotinoïdes, les antibiotiques transgéniques, génèrent toute une atmosphère qui s’avère agressive pour l’abeille. Elle requiert et souhaite vivre dans une atmosphère propice, plus naturelle. Là bas [en Europe], elle est exposée à davantage de menaces écologiques, à plus de pollution. »

    Mais le renoncement aux pesticides n’est pas le seul facteur de bien-être des abeilles cubaines. « Il y a un facteur environnemental, et un facteur de gestion. L’organisation est très importante dans l’apiculture et Cuba a su mettre l’accent sur l’organisation dans le système apicole », souligne un apiculteur de la province d’Artemisa.

    Une politique étatique de protection des abeilles
    Car, contrairement à d’autres secteurs agricoles du pays, le miel peut être vendu à l’exportation. Cela permet de faire entrer des devises dans un pays sous embargo. L’entreprise d’Etat ApiCuba génère ainsi environ 20 millions de francs chaque année.

    Le pays a donc mis en place une véritable politique de protection des abeilles. « Le décret 176, émis par l’Etat, a pour objectif la protection de l’apiculture et de la fleur amaryllis (qui attire les abeilles). C’est notre stratégie de production », explique le directeur scientifique d’ApiCuba, organisme qui chapeaute tous les apiculteurs : « Augmenter le nombre de ruches, pour augmenter la production, en s’appuyant sur la reforestation. »

    Les apiculteurs cubains croisent des abeilles domestiques avec des abeilles africanisées résistantes au parasite Varroa, qui avait fait des ravages en Europe. Ils ont ainsi immunisé leurs colonies contre les menaces naturelles.

    Prévention sanitaire contre les maladies
    Et le service vétérinaire cubain est clairement préventif : « L’idée est de ne jamais arriver à l’étape de guérison, en réalisant un suivi constant de chaque bactérie qui pourrait apparaître », souligne encore Dayron Lopez d’ApiCuba. « L’abeille doit être nourrie les 365 jours de l’année avec des aliments à base de pollen et nectar de haute qualité, sans aucun résidu qui pourrait causer un problème de santé pour l’abeille. Une colonie bien nourrie est une colonie saine. Comme on dit ici : la santé entre par la bouche. »

    Reste que le miel cubain n’est pas à l’abri des catastrophes naturelles : les ouragans se font de plus en plus réguliers sur l’île et le réchauffement climatique affecte chaque année les ruches.

    Un miel certifié écologique par l’UE
    Le miel cubain est certifié biologique par l’Union européenne et le premier pays importateur de miel cubain est l’Allemagne. La demande est du reste grandissante en Europe.

    « Ils utilisent notre miel comme matière première », explique la directrice commerciale d’ApiCuba Milia Concepcion. « Ils la mélangent à leur miel de basse qualité pour la consommation. »

    #abeilles #pesticides #agriculture #apiculture #environnement #miel #néonicotinoïdes #santé #monsanto #bayer #agrobusiness #toxiques #perturbateurs_endocriniens

  • Suisse : Plus de 90% des champs bio du Plateau contaminés par des pesticides ats/ebz - 7 Avril 2019 - RTS
    https://www.rts.ch/info/suisse/10347519-plus-de-90-des-champs-bio-du-plateau-contamines-par-des-pesticides.html

    Presque toutes les surfaces agricoles du Plateau suisse contiennent au moins un néonicotinoïde. Ces insecticides sont omniprésents dans les sols des fermes conventionnelles, mais également, en concentration inférieure, dans ceux de 93% des fermes biologiques.

    Ces résultats, jugés alarmants, figurent dans une étude https://besjournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/1365-2664.13392 réalisée à l’Université de Neuchâtel, dont la NZZ am Sonntag se fait l’écho. Deux chercheurs ont analysé 702 échantillons de sols et de plantes prélevés en 2015 dans 100 champs de grandes cultures, 62 exploitations agricoles et 69 surfaces de promotion de la biodiversité.

    Le résultat de leur analyse ont été publiées dans la Journal of Applied Ecology. Au moins un des cinq néonicotinoïdes recherchés est détecté dans tous les échantillons de sols et de plantes récoltés dans des fermes conventionnelles et celles qui respectent les principes de l’agriculture intégrée.

    Cette proportion recule à 93% dans les sols et plantes cultivées dans des fermes biologiques. En outre, 81% des sols et 93% de la végétation des surfaces de promotion de la biodiversité contenaient au moins un néonicotinoïde en concentration mesurable.

    Victimes d’une contamination
    Les chercheurs jugent ce résultat alarmant car les surfaces de promotion de la biodiversité ont été conçues pour servir de refuge aux populations de pollinisateurs. Selon eux, les concentrations mesurées suffisent à potentiellement menacer une fraction des espèces pollinisatrices.

    L’étude relève cependant que les concentrations mesurées dans les champs et les cultures biologiques sont « très inférieures » à celles relevées sur les surfaces conventionnelles. « Les producteurs bio sont victimes d’une contamination due aux propriétés chimiques des néonicotinoïdes et à leur usage excessif », constate Ségolène Humann-Guilleminot, co-auteure de l’étude.

    Pour mémoire, un moratoire sur l’usage des néonicotinoïdes a été prononcé en 2013 en Suisse et en Europe. La persistance de ces molécules dans les sols laisse envisager qu’elles seront encore présentes pour encore quelques années.

    Parallèlement, de nouvelles molécules, tel que le sulfoxaflore, font leur entrée sur le marché en Europe. « Leur mode d’action est très proche de celui des néonicotinoïdes, et dont les effets sur les espèces non-cibles, tels que les pollinisateurs et les auxiliaires de culture, sont mis au jour par de récentes études scientifiques », avertit le professeur Fabrice Helfenstein, qui a dirigé l’étude.

    #néonicotinoïdes #agriculture_biologique #bio #agriculture #pesticides #insecticides #abeilles #environnement #biodiversité #agriculture #Santé #Suisse

    • Les insectes disparaissent de manière inquiétante en Suisse ats/gma - 12 Avril 2019 - RTS

      Près de 60% des 1143 espèces d’insectes étudiées en Suisse sont menacées d’extinction, préviennent vendredi les Académies suisses des sciences. Face à ce constat alarmant, elles rappellent les « services irremplaçables » que fournissent ces animaux.

      Une étude à long terme menée en Allemagne a montré que la biomasse d’insectes y a diminué de 76% au cours des trente dernières années. Les conditions y sont comparables à celles du Plateau suisse.

      Les pesticides, qui tuent les ravageurs comme les insectes bénéfiques, ne sont pas les seuls en cause. Les habitats pour les insectes comme les haies, les tas de pierres, les arbres isolés et le bois mort disparaissent progressivement. Dans les jardins privés et les espaces verts publics, leurs biotopes sont détruits par un entretien trop important.

      Fertilité des sols en péril
      Les conséquences sont dramatiques : moins il y a de pollinisateurs différents et plus la production de fruits et légumes - ainsi que de leurs semences - est faible. Comme moins de matière organique se décompose en raison du manque d’insectes, moins d’humus se forme et la fertilité des sols diminue. Par ailleurs, la lutte naturelle contre les parasites échoue également et ceux-ci se multiplient.

      « Pour stopper la diminution des insectes et maintenir les risques associés aussi bas que possible, il est particulièrement important de s’attaquer dès maintenant aux causes connues de leur déclin », préviennent les Académies.

  • Quebec : Congédiement d’un lanceur d’alerte : l’intervention du ministre de l’Agriculture jugée inquiétante Améli Pineda - 30 Janvier 2019 - Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/politique/quebec/546687/le-ministre-de-l-agriculture-a-personnellement-autorise-le-congediement-d-

    L’intervention du ministre de l’Agriculture du Québec (MAPAQ) dans le congédiement d’un fonctionnaire lanceur d’alerte suscite des inquiétudes chez plusieurs organisations. André Lamontagne a révélé mercredi avoir « personnellement autorisé » le licenciement de l’agronome Louis Robert qui avait dénoncé les pressions et l’ingérence dans les travaux de recherche sur les pesticides néonicotinoïdes.


    Photo : Seth Perlman Archives Associated Press L’agronome Louis Robert a transmis des informations à des journalistes concernant l’ingérence de l’industrie agricole dans les recherches publiques sur les pesticides.

    « La décision qui a été prise par le ministère, c’est une décision que j’ai personnellement autorisée à la lumière des informations que j’ai recueillies, à la lumière des questions que j’ai posées, puis c’est la décision que j’ai jugé qu’il était important de prendre », a fait valoir le ministre Lamontagne lors d’une mêlée de presse en matinée.

    M. Robert a été mis à la porte du MAPAQ parce qu’il a transmis des informations à des journalistes concernant l’ingérence subie par les fonctionnaires du Centre de recherche sur les grains (CEROM) dans leurs travaux sur les pesticides.

    Intervention politique
    « Au début je n’y croyais pas, je n’ai jamais vu un ministre se mêler "personnellement" du congédiement de quelqu’un qui est au moins cinq ou six paliers de gestion en dessous de lui », lance Richard Perron, président du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec.

    Il rappelle que M. Robert s’était tourné vers les médias en mars 2018 faute d’être écouté, puisque le malaise avait été signalé au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec dès 2013.

    La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) dénonce aussi l’intervention du ministre Lamontagne dans le dossier de M. Robert.

    « C’est très particulier qu’un ministre se mêle personnellement du congédiement d’un fonctionnaire », souligne Stéphane Giroux, président de la FPJQ. Il s’étonne également des énergies consacrées à trouver les employés à l’origine d’une fuite.

    « Plutôt que d’essayer de régler une situation dénoncée par des employés, le gouvernement consacre tous ses efforts se débarrasser de celui qui a osé dénoncer », déplore-t-il.

    Le ministre Lamontagne a laissé entendre cependant qu’« un ensemble de facteurs, qui ne sont pas nécessairement tous connus » a mené au congédiement de M. Robert.

    Une déclaration qui a fait bondir M. Perron puisqu’il indique que la lettre de congédiement évoque seulement deux raisons, soit d’avoir manqué de loyauté à son employeur en ayant parlé et coulé des documents à des journalistes.

    « On parle de quelqu’un qui a d’abord dénoncé à l’interne, qui se l’est fait reproché et qui devant la fatalité de voir que rien n’était fait, a décidé de transmettre des informations à des journalistes », insiste M. Perron. « M. Robert, avec ses 32 ans d’expérience, sa loyauté, il considérait qu’il la devait plus à la santé des Québécois qu’à la protection des intérêts des entreprises privées ».

    Ingérence et climat de contrôle
    En mars 2018, près d’une dizaine de personnes ont rapporté au Devoir de l’ingérence et un climat de contrôle dans la recherche scientifique en agroenvironnement au #CEROM, financé en majorité par Québec. Le président du conseil d’administration, Christian Overbeek, était mis en cause puisqu’il est lui-même producteur de grains — et président des Producteurs de grains du Québec.

    Une note interne du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) faisait également la recension des problèmes évoqués par les sources du Devoir. Les sièges de son conseil d’administration sont détenus majoritairement par des organisations « qui ont des intérêts, déclarés publiquement, divergents de l’intérêt public », pouvait-on y lire. Trois sièges sont en effet occupés par des producteurs de grains. Deux autres le sont par des représentants de la Coop fédérée, les plus importants fournisseurs de pesticides au Québec.

    #MAPAQ #Quebec #néonicotinoïdes #agriculture #pesticides #abeilles #environnement #biodiversité #lanceurs_d'alerte #lanceur_d'alerte #agriculture #Santé

  • Les successeurs aux néonicotinoïdes tout aussi nocifs pour les abeilles Silvio Dolzan/lan - 17 Aout 2018 - RTS
    http://www.rts.ch/info/sciences-tech/9781931-les-successeurs-aux-neonicotinoides-tout-aussi-nocifs-pour-les-abeilles.

    Alors que l’utilisation des pesticides tueurs d’#abeilles sera interdite en #Suisse dans les cultures en plein air à la fin de l’année, une nouvelle étude semble démontrer que les produits alternatifs ont les mêmes effets.
    La nocivité des #néonicotinoïdes sur les insectes pollinisateurs (particulièrement les abeilles et les bourdons) est désormais prouvée par un grand nombre d’études. La Suisse, à l’instar de l’Union européenne et d’autres pays du monde, a pris des mesures drastiques en décrétant l’interdiction de ces insecticides dès la fin de 2018.


    Leurs successeurs devraient être une classe différente d’insecticides basés sur une autre molécule, la #sulfoximine.

    L’Université Royal Holloway de Londres vient de tester ces nouveaux produits sur des ruches réelles. S’ils ont le même effet protecteur sur les plantes, ils ont aussi le même effet destructeur sur les pollinisateurs, selon leur étude publiée jeudi dans Nature.

    Cette étude montre effectivement que les colonies de bourdon soumises à des doses de sulfoxaflor (un des successeurs des néonicotinoïdes) souffrent de différents maux, explique Alexandre Aebi, maître d’enseignement et de recherche en agro-écologie et professeur titulaire à l’Institut de biologie de l’Université de Neuchâtel, dans l’émission CQFD de vendredi.

    Il relève également que seuls trois néonicotinoïdes sur la petite dizaine existante sont interdits. « Cette mesure est une bonne chose, mais il faut continuer à faire des recherches sur ces molécules ou sur des molécules similaires », indique le spécialiste. « On parle de pesticides, donc de molécules faites pour tuer des insectes », rappelle Alexandre Aebi, qui est aussi apiculteur.

    « Je ne pense pas qu’on puisse tuer des ravageurs d’une culture sans avoir le moindre dégât collatéral sur le reste de l’environnement », déclare encore le chercheur, pour qui il s’agit avant tout d’utiliser les pesticides « de manière raisonnée » plutôt que de s’en passer complètement.

    #Abeilles

  • « La France compte 1 000 espèces d’abeilles » indispensables à la pollinisation
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/06/14/la-france-compte-1-000-especes-d-abeilles-indispensables-a-la-pollinisation_

    Nous n’avons pas de recul, ni de recensement, sur la situation des abeilles sauvages. Elles sont moins vulnérables à certaines maladies ou parasites, comme le varroa, mais d’un point de vue écologique, elles semblent plus exposées. Contrairement aux abeilles domestiques, elles sont à la fois reproductrices, butineuses et leur reine, la cellule reproductrice, n’est pas protégée par des ouvrières. Des espèces d’abeilles sauvages récoltent aussi des ressources diverses pour constituer leur nid : de la boue, des disques de feuille. Si ces éléments sont contaminés, la colonie est menacée. Les facteurs qui entraînent la réduction des insectes pollinisateurs sont multiples et les #insecticides y contribuent considérablement. Il est clair, sans que nous sachions dans quelle mesure, que les abeilles sauvages sont concernées par ce déclin.

    Lire aussi : En trente ans, près de 80 % des insectes auraient disparu en Europe

    L’interdiction de trois #néonicotinoïdes dans l’Union européenne suffira-t-elle à sauver les pollinisateurs ?

    Sur le long terme, cette restriction n’aura de sens que si ces produits ne sont pas remplacés par d’autres, encore plus toxiques . J’estime essentiel, aujourd’hui, qu’on prenne la mesure de l’évolution des #insectes_pollinisateurs et des 20 000 espèces d’#abeilles. A ma connaissance, aucune sorte d’abeille n’est résistante à un insecticide et leur existence est de ce fait rendue compliquée par l’agriculture conventionnelle. D’où la nécessité de la transformer en #agriculture intégrée, avec une prise en compte de tous les facteurs de production, dont la #pollinisation est partie prenante.

  • 2018 est une année noire pour les #abeilles ! Une forte mortalité de ce #pollinisateur hors pair est à déplorer dans tout l’hexagone sans exception tant chez les apiculteurs professionnels qu’amateurs. Parmi les causes : les #néonicotinoïdes, ces #pesticides utilisés par les #agriculteurs et interdits dorénavant pour certaines cultures. Mais pour beaucoup cela ne sera pas suffisant : c’est pourquoi un comité de soutien des élus à l’abeille et aux apiculteurs s’est constitué fin mars à l’issue de la semaine pour les alternatives aux pesticides. Une initiative à laquelle ont adhéré 135 député•e•s et sénateur•trice•s.
    http://www.rfi.fr/emission/20180405-mobilisation-abeilles
    http://www.pollinis.org/actions-internet


    http://berth.canalblog.com/archives/2018/03/29/36212558.html
    #Berth #RFI

  • Les oiseaux disparaissent des campagnes françaises à une vitesse « vertigineuse »
    http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2018/03/20/les-oiseaux-disparaissent-des-campagnes-francaises-a-une-vitesse-vertigineus

    Attribué par les chercheurs à l’intensification des #pratiques_agricoles de ces vingt-cinq dernières années, le déclin observé est plus particulièrement marqué depuis 2008-2009, « une période qui correspond, entre autres, à la fin des #jachères imposées par la politique agricole commune [européenne], à la flambée des cours du blé, à la reprise du #suramendement au #nitrate permettant d’avoir du blé #sur-protéiné et à la généralisation des #néonicotinoïdes », ces fameux #insecticides neurotoxiques, très persistants, notamment impliqués dans le déclin des #abeilles et la raréfaction des #insectes en général.

    Plus inquiétant, les chercheurs observent que le rythme de disparition des oiseaux s’est encore intensifié au cours des deux dernières années.

    #extinction_de_la_nature

  • #Néonicotinoïdes : le risque pour les #abeilles est confirmé
    https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/zoologie-neonicotinoides-risque-abeilles-confirme-37838

    La Commission avait d’ores et déjà commencé à soumettre aux États membres, décisionnaires au sein d’un comité technique chargé de réguler les pesticides, une nouvelle proposition pour restreindre encore plus l’utilisation des trois #insecticides controversés à un usage en serres. Mais aucun vote ne s’est tenu jusqu’à présent, notamment dans l’attente du nouveau rapport de l’Efsa. La prochaine réunion de ce comité se tiendra les 22 et 23 mars.

    #pesticides

  • Neonicotinoid insecticides in Great Lakes rivers
    http://www.ehn.org/pesticides-in-great-lakes-rivers-2528692370.html

    U.S. scientists found neonicotinoid insecticides in about three-quarters of samples from 10 major Great Lakes tributaries.

    The study is the first to examine the insecticides—gaining notoriety in recent years as a prime suspect in bee die-offs— in the world’s largest freshwater system and suggests Great Lakes’ fish, birds and entire ecosystems might be at risk.

    “This study is one of many that shows we know very little about the repercussive effects of pesticides once released into the environment,” said Ruth Kerzee, executive director of the Midwest Pesticide Action Center, who was not involved in the study. “We are told these compounds break down rapidly when exposed to sunlight and, yet, this study shows persistence in the environment long after applications.”

    #néonicotinoïdes #abeilles #insecticide #pollution #eau

  • Gérard Bapt défend les abeilles - 28/10/2017 - ladepeche.fr
    https://www.ladepeche.fr/article/2017/10/28/2674436-gerard-bapt-defend-les-abeilles.html

    #Gérard_Bapt, président du groupe de suivi du plan national de santé environnemental, dénonce le « viol » de la loi biodiversité par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) qui vient d’autoriser la mise en marché par le laboratoire Syngenta de deux nouveaux #néonicotinoïdes mortels pour les #abeilles. Il explique que « Les multinationales utilisent toujours la même « habileté » en sortant des molécules nouvelles présentées comme ayant moins d’effets indésirables mais avant toute étude d’impact et appartenant à la même famille tueuses des pollinisateurs. »

    Ce qui fait suite à

    Abeilles : sur proposition de Gérard Bapt, l’Assemblée nationale vote l’interdiction des néonicotinoïdes en 2016 - France 3 Occitanie
    http://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/2015/03/19/abeilles-sur-proposition-de-gerard-bapt-l-assemblee-nat

    Le gouvernement était contre, l’Assemblée nationale n’en a pas tenu compte. Elle a voté jeudi l’interdiction à compter de janvier 2016 des produits phytosanitaires de la famille des néonicotinoïdes, réputés toxiques pour les abeilles, via un amendement des socialistes Delphine Batho et Gérard Bapt, député de Haute-Garonne.

    #écocide #insectes #butineurs #sulfoxaflor #Syngenta #ANSES #assassins

  • Les pesticides tueurs d’abeilles sont présents dans quasiment tous les miels - L’Obs
    http://tempsreel.nouvelobs.com/planete/20171006.OBS5641/les-pesticides-tueurs-d-abeilles-sont-presents-dans-quasiment-t

    Les trois quarts du miel de la planète contiennent au moins un néonicotinoïde, catégorie de pesticides que l’on considère désormais comme responsable du déclin des abeilles. Cette nouvelle donnée vient d’être publiée dans le magazine « Science », dans ce qui est probablement la première grande étude à se focaliser sur l’étendue géographique de la contamination par ces produits, largement utilisés tant par l’agriculture que les particuliers.

    #apiculture #néonicotinoïdes #abeilles #miel

  • Les pesticides « néonics » menacent les fondations de la biodiversité Le Devoir - 19 septembre 2017 - Sarah R. Champagne

    http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/508300/les-pesticides-neonicotinoides-menacent-toute-la-biodiversite

    On les connaissait comme les « tueurs d’abeilles ». Or, il semble maintenant confirmé que les pesticides de la classe des #néonicotinoïdes, largement utilisés au Canada, présentent une « sérieuse menace mondiale » pour l’ensemble de la #biodiversité.
     
    Le Groupe de travail sur les #pesticides_systémiques rend public mardi à Ottawa un nouveau rapport qui conclut que les pesticides de cette famille tuent d’autres insectes terrestres et aquatiques qui sont à la base de notre chaîne alimentaire.
     
    Une quinzaine de scientifiques de ce groupe international a analysé la quasi-totalité de la littérature scientifique sur les effets de ces pesticides sur l’environnement publiée depuis 2014. Sur plus de cinq cents études parues en trois ans, un consensus se dégage : les néonicotinoïdes sont toxiques pour d’autres invertébrés, comme les vers de terre, et pour les invertébrés aquatiques. Les #abeilles, surveillées de plus près par les apiculteurs, furent en quelque sorte des lanceuses d’alerte.
     
    Le rapport du groupe de travail compile en outre de nouvelles preuves des effets délétères des néonicotinoïdes sur les pollinisateurs. Des effets qui peuvent survenir « à retardement » même après l’exposition à de faibles doses, notent-ils dans un article à paraître dans la revue Environmental Science and Pollution Research.
     
    Effet domino  
    Les néonicotinoïdes ont donc des impacts « mesurables et mesurés » sur une faune beaucoup plus large que les abeilles, confirme Jean-Marc Bonmatin, vice-président de ce groupe de travail. Ces conséquences produisent un « effet en cascade » expliquait-il au Devoir depuis le Centre national de recherche scientifique d’Orléans en France, avant son départ pour Ottawa.
     
    « Si l’on supprime la nourriture ou une partie de la nourriture à des prédateurs, comme les poissons, les batraciens ou les oiseaux, on les détruit aussi », souligne le scientifique. Des #intoxications aiguës, un effet plus direct, ont aussi été observées chez des petits prédateurs ayant mangé des proies contaminées ou ingéré des semences traitées avec ces produits.
     
    M. Bonmatin ne cache pas être alarmé par ce constat renforcé : « C’est hélas à mettre dans la perspective de la sixième extinction des espèces qui se produit à grande vitesse sur la planète. L’homme, quand il détruit la biodiversité, en général détruit les espèces dites “supérieures”, comme les rhinocéros ou d’autres mammifères. Les pesticides détruisent la base de la chaîne alimentaire, les fondations mêmes de la biodiversité sur terre. »
     
    Les néonicotinoïdes ont aussi des effets sur l’humain, notamment reconnus par l’Autorité européenne de sécurité des aliments. La liste de ses effets commence à s’allonger, explique M. Bonmatin : cancérogènes, perturbateurs endocriniens, liés au spectre de l’#autisme.
     
    « À part les venins foudroyants de certains animaux, ils présentent des niveaux de toxicité jamais égalés. Ils sont plus de 5000 fois plus toxiques que ne l’était le DDT dans les années 1970, par exemple. Comment pouvez-vous imaginer que, s’ils tuent tous les invertébrés, ils soient inoffensifs pour l’humain ? », demande l’écotoxicologue.
     
    Implications locales  
    Le choix du Canada pour présenter cette étude n’est pas anodin pour le Groupe de travail sur les pesticides systémiques. « Porter ce message en Amérique du Nord se veut une forme d’encouragement, pour influer sur ce qui se passe. Et le Canada a le potentiel d’être un bon élève sur le continent », dit-il.
     
    Cette catégorie de pesticides a été détectée à grande échelle dans l’environnement partout dans le monde, et notablement au Canada. Sa présence est généralisée dans les rivières des zones agricoles du Québec depuis au moins 2011. En 2015 et 2016, des néonicotinoïdes ont été détectés dans 100% des échantillons prélevés, a indiqué au Devoir le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC). Les taux observés dans les rivivières en milieu agricole dépassent les normes dans une forte proportion. Un échantillon affichait même une concentration de 4,5 g/l, soit plusieurs dizaines de fois le maximum à partir duquel l’on considère la vie aquatique menacée.
     
    Au Québec, presque toutes les semences de maïs et environ la moitié des semences de soya sont traitées depuis 2008 avec les insecticides de type néonicotinoïdes, selon l’Ordre des agronomes du Québec.
     
    Objections  
    Des semences qui représentent 85 % des volumes de grains totaux vendus dans la province, un marché de 1,1 milliard de dollars, évaluent les Producteurs de grains du Québec (PGQ). L’association désapprouve les nouvelles restrictions prévues par Québec, dans une réglementation qui doit être adoptée cet automne.
     
    L’usage prophylactique, c’est-à-dire de manière préventive au moment du semis, est injustifié et ne devrait plus être permis, selon M. Bonmatin : « Est-ce que je vais prendre des antibiotiques tout l’hiver au cas où je vais attraper une grippe ? » Tout comme les médicaments les plus toxiques ne sont administrés qu’en dernier recours, les néonicotinoïdes pourraient n’être prescrits que lorsque les autres solutions ont échoué, devant une « peste » réelle et confirmée.
     
    Producteurs de grains du Québec craint une baisse de rendement des cultures, affirmant que le gouvernement sous-estime les impacts économiques de la réglementation à venir, évalués à 8,5 millions de dollars pour le moment. Dans un communiqué, ils affirment que « le projet de réglementation est soutenu par des bases scientifiques trop faibles », en objectant par exemple que l’interdiction de ces pesticides s’est traduite par une utilisation accrue d’autres pesticides en certains endroits et par des coûts de remplacement plus élevés.
     
    Un recul de la production qui est loin d’être prouvé aux yeux de M. Bonmatin. Il invite surtout à considérer des solutions de rechange qui ont fait leurs preuves. La « lutte intégrée » contre les organismes nuisibles est à privilégier, un mélange de mesures biotechnologiques, chimiques et physiques.
     
    Un rapport présenté en mars au Conseil des droits de l’homme des Nations unies déboulonnait le mythe de la nécessité des pesticides, en accusant la puissante industrie de commercialisation de nier systématiquement les risques pour la santé humaine pour l’environnement.
     
    Le Fonds mondial pour la nature (#WWF) avertissait quant à lui la semaine dernière que plus de la moitié des espèces canadiennes sont menacées. La population de plus de 50 % des 903 espèces d’oiseaux, de poissons, de mammifères, de reptiles et d’amphibiens s’est effondrée au cours des 40 dernières années, affirme le WWF.

  • Pesticides / libre-service : enseignes en infraction Le Figaro - AFP - 11 Juillet 2017
    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2017/07/11/97002-20170711FILWWW00008-vente-de-pesticides-en-libre-service-44-des-ensei

    Plus de quatre enseignes sur dix (44%) ne respectent pas la législation entrée en vigueur en janvier dernier interdisant la vente en libre-service de pesticides, selon une étude réalisée par la CLCV publiée mardi. L’association de consommateurs a réalisé une enquête du 31 mars au 31 mai, dans 158 magasins, dont 79% d’enseignes spécialisées (Mr Bricolage, Bricomarché, Jardiland, Truffaut...) et 21% de grandes surfaces disposant d’espaces jardinerie.


    Les relevés ont montré que 44% des enseignes visitées « sont en infraction avec la réglementation puisqu’elles proposent à la vente, dans leurs espaces libre-service, des produits dangereux qui ne devraient être vendus que par un vendeur spécifiquement formé », indique la CLCV dans un communiqué. En grande distribution, c’est même 49% des enseignes qui ne respectent pas la loi, contre 30% dans les enseignes spécialisées, est-il ajouté. Dans le cas où les points de vente ont mis en place un espace dédié à la vente des pesticides dangereux conformément à ce que qui est demandé dans la loi, dans 36% des cas, le conseil fourni par les vendeurs est soit inexistant, soit incomplet, relève la CLCV.

    « De plus, en consultant des sites sur internet, nous avons constaté que des plateformes de vente en ligne permettaient l’achat des pesticides chimiques les plus à risque sans délivrance de conseils », ajoute l’association. Face à ces résultats, la CLCV demande aux pouvoirs publics le renforcement des contrôles et la suppression des espaces libre-service avec au minimum une mise sous clé obligatoire de tous les pesticides. Elle réclame également aux distributeurs l’engagement de retirer les pesticides dangereux de leurs rayons avant l’interdiction de 2019, date à laquelle la vente de ces produits doit être totalement interdite aux particuliers, et une mise en place de formations pour les vendeurs « pour qu’un conseil complet soit fourni à chaque consommateur ».

    #Mr_Bricolage #Bricomarché #Jardiland #Truffaut #Pesticides
    #abeilles #pesticides #environnement #agriculture #biodiversité
    #écologie #néonicotinoïdes #insecticides #monsanto

  • Malgré les interdictions, l’utilisation des #pesticides tueurs d’abeilles augmente en #France
    https://reporterre.net/Malgre-les-interdictions-l-utilisation-des-pesticides-tueurs-d-abeilles

    « Ces chiffres rappellent avec force qu’une interdiction européenne partielle ne suffit pas : l’environnement des abeilles françaises reste très contaminé par les néonicotinoïdes, avec des impacts considérables sur l’ensemble de la biomasse volante comme sur l’ensemble de l’environnement. La revue Science publiait le mois dernier un article faisant état d’une réduction de 80% de la masse des #insectes volants entre 1989 et 2013, pointant du doigt les #néonicotinoïdes », conclut le communiqué de l’organisation d’apiculteurs.

  • Deux études à grande échelle confirment les dégâts des néonicotinoïdes sur les abeilles
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/06/29/deux-etudes-a-grande-echelle-confirment-les-degats-des-neonicotinoides-sur-l

    D’autres recherches récentes, confirme Dave Goulson, « ont montré que les #néonicotinoïdes contaminent fréquemment les fleurs sauvages ». Ces contaminations restent à l’état de traces, mais ces substances sont parmi les plus efficaces jamais mises au point. Un seul gramme d’imidaclopride peut, par exemple, tuer autant d’abeilles qu’environ 7 kilogrammes du célèbre DDT…

    La seconde étude publiée par Science, elle, a été conduite dans deux régions de #maïsiculture canadiennes. Les chercheurs, conduits par Nadejda Tsvektov (université de York à Toronto, Canada), ont étudié les colonies de onze ruchers, certains proches des champs de maïs traités avec de la #clothianidine, d’autres éloignés de plusieurs kilomètres. Bien que le maïs soit pollinisé par le vent et non par les insectes pollinisateurs, les colonies proches des exploitations étaient plus exposées aux néonicotinoïdes que les colonies éloignées.

    « Les auteurs ont trouvé un cocktail de vingt-six pesticides, dont quatre néonicotinoïdes, dans les colonies proches ou éloignées des champs », écrit Jeremy Kerr. Mais les colonies proches des champs ont été exposées à un plus grand nombre de molécules, et pendant des périodes plus longues, que celles qui en étaient éloignées. Là encore, une bonne part de l’exposition se fait par l’intermédiaire des fleurs sauvages, contaminées par les traitements agricoles.

    Les chercheurs canadiens ont ensuite cherché à distinguer l’effet de la clothianidine des effets des autres substances détectées. Ils ont introduit dans une ruche expérimentale non traitée des abeilles ayant été exposées à du pollen contaminé à la clothianidine. En les marquant avec des micropuces électroniques, ils ont pu observer leurs différences. En moyenne, leur espérance de vie était réduite d’un quart et leur comportement différait de celui des individus non exposés, au point de mettre en péril la pérennité de la colonie.

    #insecticides #pollution #abeilles #brown_tech
    je ne sais pas combien il faudra encore d’#études_récentes pour qu’on arrête d’utiliser ces merdes

  • Les #insecticides de la famille des #néonicotinoïdes, les plus efficaces jamais synthétisés, tuent massivement #abeilles et bourdons. Il n’y a plus désormais que les #firmes_agrochimiques pour le nier. Ou du moins pour sous-estimer le rôle de ces pesticides dans le déclin catastrophique des colonies d’insectes butineurs, préférant le réduire à un facteur pathogène parmi d’autres : virus, monocultures réduisant et fragmentant leurs habitats, champignons, invasion de frelons, réchauffement climatique…

    Il semble au contraire que les néonicotinoïdes multiplient par trois cette mortalité accélérée. C’est ce que défend une étude britannique publiée mardi 16 août par la revue Nature communications et signée par sept chercheurs du centre pour l’écologie et l’hydrologie de Wallingford et de Fera Science Limited, un centre de recherche semi privé sur l’environnement et l’alimentation sis à York.

    Voilà des années que les apiculteurs alertent sur l’impact des néonicotinoïdes, qu’ils lient à l’effondrement de leurs colonies d’abeilles, depuis que l’usage de ces produits chimiques s’est généralisé dans les campagnes occidentales, à partir de 1995. De précédentes études scientifiques ont évalué leurs effets sublétaux et neurotoxiques, sur les abeilles domestiques en particulier. Elles ont montré notamment que celles-ci perdent leur sens de l’orientation, que les bourdons donnent naissance à 80 % de femelles en moins...

    http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/08/16/pesticides-tueurs-d-abeilles-la-preuve-par-trois_4983620_1652692.html

  • L’utilisation des #insecticides « tueurs d’#abeilles » est toujours en forte augmentation
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/05/27/les-insecticides-tueurs-d-abeilles-en-forte-augmentation_4927380_3244.html

    Les apiculteurs français en sont tout abasourdis : le moratoire européen sur certains usages des #néonicotinoïdes semble jusqu’ici avoir été inopérant. Depuis sa mise en place en 2013, l’utilisation de ces insecticides, mis en cause dans l’effondrement du nombre d’abeilles et de pollinisateurs sauvages (bourdons, papillons, etc.), a même explosé. C’est le principal enseignement des statistiques obtenues, jeudi 26 mai, par l’Union nationale de l’apiculture française (#UNAF), qui a saisi la Commission d’accès aux documents administratifs (#CADA) contre le ministère de l’#agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt.

    Selon ces données, les tonnages des cinq principaux « tueurs d’abeilles » vendus en France (acétamipride, clothianidine, thiaméthoxame, imidaclopride, thiaclopride) sont passés de 387 tonnes, en 2013, à 508 tonnes, en 2014. Soit une augmentation de 31 % en un an, malgré le moratoire. Quant aux données 2015, elles ne sont pas disponibles. « Nous avons écrit par deux fois à la direction générale de l’alimentation [au ministère de l’agriculture] pour avoir accès à ces informations, dit-on à l’UNAF. Sans réponse, nous avons saisi la CADA en février, qui vient de nous donner raison. »

    [...] Car si l’UNAF a obtenu la transmission des chiffres détaillés de l’évolution du tonnage de chaque molécule, ses autres demandes n’ont pas été satisfaites. L’association a ainsi demandé le détail des traitements de semences par type de culture, et les superficies concernées. En vain. « Toutes nos demandes ont reçu un avis favorable de la CADA, mais celui-ci n’étant que consultatif, nous n’avons pas obtenu ces données », dit-on à l’UNAF. Au ministère, on répond que la publication de ces informations ne peut se faire qu’après un long travail, pour s’assurer que celles-ci ne trahissent aucun #secret_commercial des acteurs de la filière.Ce n’est pourtant pas tout. L’UNAF demandait aussi au ministère de lui transmettre les documents attestant de la position de la France, au niveau européen, lors des comités techniques des 27 juillet et 18 novembre 2015, au cours desquels deux nouveaux insecticides apparentés aux néonicotinoïdes (le sulfoxaflor et le flupyradifurone) ont été autorisés en Europe. La France a-t-elle voté pour ou contre l’autorisation de ces nouvelles molécules ? L’information est confidentielle. Sa divulgation, ont expliqué sans rire les services du ministère de l’agriculture à la CADA, « porterait atteinte à la conduite de la #politique_extérieure de la France ». La CADA n’y a cru que moyennement et a donné un avis positif à la publication de cette information. « Si nous ne l’obtenons pas, ainsi que toutes celles qui ne nous ont pas été transmises, nous saisirons le tribunal administratif », dit-on à l’UNAF

    #UE

  • Semences enterrées : Syngenta échappe à la justice - Journal de l’environnement
    http://www.journaldelenvironnement.net/article/semences-enterrees-syngenta-echappe-a-la-justice,67128?xtor

    la cour d’appel de Versailles a confirmé l’acte de dissolution d’une filiale du semencier #Syngenta, qui lui a permis d’échapper à une procédure judiciaire, au sujet de semences enrobées aux #néonicotinoïdes inutilisables et ensevelies en plein champ.

    #pesticides #semences