• Lancement d’un nouveau service payant : le partage de piscine...Pour la demi-journée à 4, ça peut coûter 56 euros... autant dire beaucoup plus que d’aller dans une piscine municipale... Bref, on continue dans la bêtise de la « conso collaborative » qui va finir de transformer l’ensemble de nos relations en monnaie sonnante et trébuchante... http://www.ladepeche.fr/article/2017/08/17/2629399-des-toulousains-surfent-sur-la-vague-du-partage-de-piscine.html #consommationcollaborative

    • Drôle de moment. L’#économie_collaborative c’est mieux... collaborer à l’#économie. Nous avons tous à agir en propriétaires, et à maximiser, sous peine de déchéance, matérielle et symbolique. Et voilà que, tout autrement que chez Pindare, « Partage est notre maître à tous », sans que soit trop manifeste « le lien de la division » (Loraux), fort bien occulté par ces pratiques.

      #dealer_copain

    • Ben dans mon coin, il y a pas de logement. Et pour boire un coup, c’est si bien tarifé qu’on a vu monter depuis longtemps l’usage qui consiste à acheter à boire en magasin pour boire dehors (rue, squares, parcs, etc.).
      Pour ce qui est des piscines, ce que je vois dans des petites villes, c’est la fermeture des piscines municipales et la construction à grands frais de « centres nautiques » beaucoup plus chers (des mini Opéra Bastille pour les budgets locaux), et avec de tout autres tarifs.

    • Après la location de logements, Airbnb souhaite marchandiser les rapports humains
      http://www.lesinrocks.com/2017/08/19/actualite/apres-la-location-de-logements-airbnb-souhaite-marchandiser-les-rapports

      La plateforme de location lance “Expériences”, une offre touristique qui sollicite les Parisiens à monnayer, plus que leur appartement, leur “compagnie” et savoir-faire. Ou comment une expérience de prime abord sociale et bienveillante se voit désormais réduite à un service facturé, et pourtant complètement en phase avec la demande actuelle.

    • Pour les piscines, c’est pas tout à fait ça. Ce que j’ai vu dans deux villes de sous-préfecture (ça c’est exotique pour moi), c’est la fermeture de piscines municipales ouvertes tout à fait fonctionnelles et même assez marrantes, décrites comme coûteuses à rénover/entretenir et sous utilisées car utilisables seulement « en saison », avant que soit décidé d’investir dans des piscines qui puissent être ouvertes toute l’année (logique), ce qui est l’occasion de « mettre au goût du jour » l’infrastructure. Là aussi, il y’a de bonnes raisons de varier les raisons de fréquenter ces endroits (parmi ceux qui ne nagent guère : dont enfants, vieux-vieux, accompagnants). Comme disait Vilar, grosso merdo, le public ça se crée, ça se construit.
      Mais à l’occasion de cette « diversification du public », ce qui se passe, c’est pas la fin de la piscine, toujours vu comme nécessaires (clubs de natation, scolaires, rééduc, nageurs divers, surtout dans un pays qui peut se targuer de quelques résultats en compet’, ce qui suppose une masse critique de pratiquants) mais l’adjonction à ses abords, dans le même centre, de machins ludiques, entre jeu (toboggans, etc) et délassement (bulles, jet, je sais pas quoi), qui remplace le « petit bain ».
      Et là on se trouve devant des gros investissements (et le BTP, les architectes en embuscade) qui ne peuvent être consentis, avec difficulté que par des villes-centres, destinées à drainer le public des environs. Et les tarifs s’ne ressentent, un peu comme dans les troquets qui bazardent du fric dans des rénovations fréquentes et le font payer à chaque fois (alors même que dans leur cas, c’est aussi une façon de minorer les bénefs par des frais déductibles du C.A sur le plan fiscal).

      Il y a peu, je me suis retrouvé dans un endroit assez isolé. Et c’était compliqué de pas brûler plein d’essence (et de temps) pour pouvoir à la fois aller nager au lac et faire deux ou trois choses à la ville centre (à 30 bornes), les deux étant situé à l’opposé l’un de l’autre. Alors j’ai réduit, et parfois sacrifié les passages au lac (d’autant qu’il a flotté des jours de suite). Et je suis allé au « centre nautique », dans la zone commerçante (parkings-entrepôts-bords de route) de périphérie du gros bled. C’était 4 euros avec un papelard RSA au lieu de 4,5... des feignants assistés, selon pas mal de monde dans les instituions locales, il y en a trop trop trop dans ce coin, et ils sont toujours plus nombreux... Un ’nageur’, c’est plus ou moins supposé nager deux ou trois fois par semaine. Ce serait plus de 400 euros l’an, si on ne trouvait pas ’en saison’ d’autres lieux de nage (pas toujours évident hein, dans un torrent, une rivière, il y a pas toujours assez de surface ou de profondeur).

      Pour les édiles, ce qui se joue avec ces investissements, c’est « l’attractivité des territoires », comme dans la culture (festivals), les villes se tirent la bourre pour aimanter le chaland.
      Dans une autre sous-pref, on se dépêche de construire un centre nautique (fermant une piscine couverte et une piscine découverte), pour pas déroger au standard déjà proposé aux environs. Là aussi, sûrement, il y aura des tarifs et réductions distincts selon le lieu de résidence.

      Les piscines que je préfère, c’est les retenues d’eau océanique de basse marée, du béton à pas une thune, et zéro fioritures, gratuite, accessible en permanence (sauf lorsqu’elles sont vidées par les villes par crainte de soucis judiciaires en cas d’accident), il serait interdit d’en construire aujourd’hui.

      #piscines #nage #brouzouf

    • ah oui, bien vu :) merci, j’avais oublié. Je cherchais plutôt une image de la retenue voisine, à Donville, à la fréquentation bien plus modeste, aux deux sens du terme. On le voit pas mais le Plat-Gousset est au centre de Granville (train, casino, hôtels, ...). La photo de dépliant publicitaire joue son rôle : attention,piscine cosmique !

    • @aude_v ... la conso collaborative serait assez légère en investissement pour s’immiscer un peu sur n’importe quelle niche.... pas si sûr, si j’en crois les services de « repas à domicile » qui ont émergé il y a quelques années, ils se sont concentrés à vitesse grand V et ne reste plus aujourd’hui en France que vizEat qui ne semble pas promis à un énorme avenir. Mais il est vrai qu’en général tous ces secteurs se concentrent très vite. le secteur du transport avec uber et blablacar en sont certainement un bon exemple...on pourrait imaginer un avenir avec des monopoles de niche sur tous les créneaux dont tu parles. Assurément la « conversation de qualité » est un domaine d’avenir...

    • Merci @colporteur pour les réflexions territoriales. Il me semblait que les piscines municipales restaient bien implantées sur le territoire, notamment dans le Gers, mais cela ne semble pas juste à te lire... ce qui serait assez logique au vue de la desertification généralisée des territoires ruraux. Quoi qu’il en soit, je trouvais intéressant de reboucler avec les motivations des personnes qui partagent leurs piscines, d’où le fait que j’ai ressorti l’article de 2014 de @hubertguillaud. cc @monolecte

    • piscine communautaire au sens de piscine créée par une communauté de communes ? Moi ce qui me semble dingue, c’est de voir des gens s’endetter pour des piscines dans leurs jardins plutôt que de payer des impôts locaux pour avoir des infrastructures partagées. C’est un non-sens économique bien sûr mais c’est aussi un choix social délirant. On préfère avoir une piscine à disposition chez soi à tout moment plutôt que de partager des infrastructures et ainsi de faire de la véritable politique (ou du « vivre ensemble » comme on aime à le dire aujourd’hui). Bien sûr ça vaut pour les piscines comme pour la télévision et tout le reste mais je m’étonne tout de même des choix individuels de mes concitoyens quand je vois à la fois le coût d’installation d’une piscine et l’entretien que cela demande...

  • Au saut du lit je note mes rêves en prose
    Puis, en vers, dans Mon Oiseau bleu
    Mais pour qui je me prends ?

    J’entame la lecture du livre de Nicolas Stephan
    De la violence dans les détails , hésitation :
    Dois-je écouter sa musique, ici ?

    Dans les Cévennes, je m’interdis
    D’écouter de la musique, et, de toute façon
    En ce moment je suis fâché avec la musique

    Dans les Cévennes je n’écoute pas de musique
    Mais j’écoute tous les petits bruits
    Dans la vallée, le matin, là, tout de suite

    Dans les Cévennes, je fuis les enregistrements
    Je n’écoute que de la musique fortuite
    Celle inattendue, tel Peter Handke

    http://www.desordre.net/bloc/ursula/2014/sons/jimi_hendrix.mp3

    Dans les Cévennes, il a trois ans
    Il y avait eu un concert de rock dans la vallée
    Des reprises de Hendrix, c’était très beau

    Dans les Cévennes je préfère rester
    Sur le seuil de l’église pour écouter,
    Entendre, le piano à bretelles

    Dans les Cévennes les ombres des nuages
    Sur les versants du Mont-Lozère
    Font office de partitions visuelles

    Dans les Cévennes
    La musique est considérée
    Comme un poison de la ville

    Pourtant, il y a vingt ans, cette maison
    A abrité un trombone, un violon, un alto
    Un violoncelle, une guitare et un théorbe

    Toute maison qui n’aurait pas un jour
    Abrité en son sein un théorbe
    N’est pas vivable

    Assez avec la musique !
    Il y a des légumes à éplucher
    Pour le pique-nique de ce midi

    Mes plus profitables leçons
    D’éclairage, je les tiens du soleil
    Dans cette vallée

    Ma plus profitable leçon
    D’éclairage : on peut tout faire
    Avec une seule source de lumière

    Puisque je dois mourir un jour
    Je souhaiterai que ce soit à cette table
    Devant cette fenêtre

    Comparant mes ampoules à des tendons d’Achille
    Zoé me resitue l’histoire d’Achille, oui, Marie
    La petite Zoé d’il y a cinq ans dans votre studio

    Pour m’occuper pendant que les enfants
    Feront de l’accrobranche j’emporte
    Le tapuscrit d’ Élever des chèvres en open space

    Le tapuscrit d’ Élever des chèvres en open space
    Le journal de la semaine dernière
    De la violence dans les détails de Nicolas Stephan

    Mes deux filles
    Leurs cheveux également attachés
    Pour affronter les tyroliennes

    Assis à la table de pique-nique
    Dans la forêt du Mas de l’Ayre
    J’écris à l’ombre de grands châtaigniers

    Ça y est, c’est fini
    Je ne touche presque plus
    À Élever des chèvres en open space

    Je reçois l’appel de Hanno
    A mon bureau en forêt !
    Il arrive demain

    Je rêve d’une telle table
    Une table sous un arbre
    Ce serait ma table d’ombre

    Je rêve d’une telle table
    Une table sous un arbre
    En parler à Daniel

    Je rêve d’une telle table
    Sur laquelle il neigerait en hiver
    Une table sur laquelle poser mes feuillets

    Je rêve d’une telle table
    Construite dans un bois
    Imputrescible

    Je rêve d’une telle table
    Qui, été après étés se souviendrait
    De ce que j’y ai écrit

    Je rêve d’une telle table
    Sur laquelle le vent
    Égarerait mes feuillets

    Je rêve d’une telle table
    Où les feuilles de mon arbre
    Dessineraient sur mes feuillets

    Je rêve d’une telle table
    Où j’abandonnerais tout un hiver
    Un tas de feuillets sous une lourde lauze

    Je rêve d’une telle table
    Où il pleuvrait tout l’hiver
    Sur une Remington rouillée

    C’est dimanche
    Octroie-toi le droit
    De ne pas poncer

    C’est dimanche
    Cumule les plaisirs
    Va nager !

    C’est dimanche
    Tu ponceras
    Demain

    Au pont, je croise une très jolie femme
    Nous nous sourions, tous les deux incapables
    De se souvenir d’où nous nous connaissons

    À la rivière la sensation heureuse
    De nager dans une mer de reflets sombres
    Huileux, froids et caressants

    Truite
    Riz
    Melon

    Décharge dans le dos
    La cruralgie reprend ses droits
    Et me foudroie, je suis alité

    Je lis en regardant les reflets
    S’assombrissant du crépuscule
    Sur les montants des fenêtres

    Je suis découragé à l’idée
    Qu’il faut aussi que je peigne
    Les montants des fenêtres

    Le comprimé que je devrais prendre
    Pour soulager mon mal de dos
    Tombe entre deux lames de parquet

    Tramadol qui tombe
    Entre deux lames de parquet
    Bonne nuit et fais de beaux rêves !

    #mon_oiseau_bleu

  • Ausbeuter unter sich - Mieterhöhung für Kosmetiksalon in Berlin-Prenzlauer Berg
    http://www.tagesspiegel.de/berlin/mieterhoehung-fuer-kosmetiksalon-in-berlin-prenzlauer-berg-berliner-gruene-sauer-ueber-verhalten-von-oezcan-mutlu/13420778.html


    Marxismus und Kretscherismus trennen nur 30 Jahre. Der Grüne Mittelstand hat in der Partei auf voller Linie gesiegt.

    Der grüne Bundestagsabgeordneten Özcan Mutlu bekommt wohl Ärger mit seinen Berliner Parteifreunden. Denn das Ehepaar Mutlu hat im Jahr 2015 eine Gewerbeimmobilie in Prenzlauer Berg gekauft und dem Mieter, einem Kosmetikstudio, nun die Miete verdoppelt.

    Es heißt seit alters her pecunia non olet , Penunzen stinken nicht, wie wir Lateiner wissen. Mit diesen Worten hat der olle Römerkaiser Vespasian die Kritik an seiner neuen Scheißhausteuer abgebügelt. Der Anspruch auf Nutzungsentgelte ist inzwischen, auch das nichts Neues, von den Adligen auf die Bürger übergegangen. Und bürgerlich sind die Grünen spätestens, seit sie sich gegen das Vok gestellt und die Hartz-4-Gesetze eingeführt haben.

    Jetzt hören wir mal die Gegenseite :

    Die Inhaberin des Kosmetikstudios, Gyöngyi Blank, widerspricht der Darstellung Mutlus teilweise. Sie habe das Gewerbe nicht aufgeben wollen, das sei „völliger Quatsch“. Der Verdoppelung der Mietzahlung habe sie inzwischen zugestimmt, im Gegenzug aber eine Verlängerung des Mietvertrages gefordert. Blank spricht von einem „skrupellosen“ Vorgehen der Mutlus über Makler und Anwälte, das sie von einem grünen Bundestagsabgeordneten nicht erwartet hätte. „Das hätte man auch anders regeln können.“ Jetzt sucht sie für das Studio und ihre acht Angestellten eine neue Bleibe in der Umgebung. Bis zum Spätsommer muss sie fündig werden - oder ihren Angestellten kündigen und das Geschäft aufgeben.

    Arme Frau. Wenn Mutlu Kasse macht, kann sie keine Kosmetikerinnen mehr ausbeuten. Kriegen die Mindestlohn? Eigentlich ist das nicht branchenüblich. Vielleicht muß Frau B. dann ihren SUV wieder abgeben oder womöglich selber zu Salbe und Pinzette greifen.

    Es sei ihr gegönnt. Ebenso wie Herrn und Frau Mutlu die Knete aus der teuren Immobilie. Es lebe der #Kretscherismus.

    #Berlin #Prenzlauer_Berg #Danziger_Straße #Stargarder_Straße #Wirtschaft #Immmobilien #Mindestlohn #Kosmetik

    Was man so braucht ...
    #Gesichtspflege
    #Microdermabrasion
    #Ultraschall
    #Sauerstoffbehandlung
    #Lippenpflege
    #Anti-Age_Powerbehandlung
    #Make-up
    #Nagelmodellage
    #Nagelpflege
    #Maniküre
    #Pediküre
    #Wellness
    #Haarentfernung
    #Permanent_Make-up

  • Desperate migrants try to swim to Britain from France

    Migrants desperate to get to England from the French port of Calais are now trying to swim across the English Channel - with disastrous consequences, reports the BBC’s Paddy O’Connell.


    http://www.bbc.com/news/uk-33584706
    #mourir_dans_La_Manche #mourir_dans_la_Forteresse_Europe #asile #migration #Calais #nage #réfugiés #mourir_à_Calais #mourir_en_Europe

    • Avant que ce soit #paywall

      Comment un journaliste norvégien est parvenu à identifier un #Syrien #mort en tentant de traverser la #Manche

      Ce mort-ci ne restera pas anonyme. Un journaliste norvégien, Anders Fjellberg, est parvenu à retracer l’itinéraire d’un jeune #réfugié syrien, Mouaz Al Balkhi, dont le corps a été retrouvé en octobre 2014 sur une plage des Pays-Bas. La police n’était pas parvenue à l’identifier. Il raconte son enquête dans un remarquable article (en anglais), publié dans le quotidien norvégien Dagbladet.

      Le reportage d’Anders Fjellberg commence sur une côte venteuse du sud de la Norvège. En janvier, un architecte norvégien y retrouve une combinaison de plongée Tribord. Une combinaison, et des restes humains. La police norvégienne cherche, des mois durant, à identifier le corps (probablement déposé là plusieurs mois plus tôt, vu son état de décomposition). Il ne correspond à aucune #disparition en mer signalées aux autorités norvégiennes. Quant à retracer les courants qui ont pu l’amener jusque là, même les pêcheurs les plus expérimentés s’en déclarent incapables tant ils sont imprévisibles et changeants.

      La combinaison retrouvée au sud de la Norvège en janvier 2015
      (photo : Tomm W. Christiansen & Hampus Lundgren, Dagbladet)

      Un signalement à Interpol leur apprend qu’il existe un autre « homme à la combinaison » non identifié. Le 27 octobre 2014, un corps vêtu d’une combinaison similaire a en effet été retrouvé sur l’île néerlandaise de Texel. Là-bas également, les enquêteurs patinent : la piste d’un groupe de windsurfers anglais est abandonnée, puis celle d’un plongeur français disparu au large de la Normandie. Les empreintes digitales sont impossibles à reproduire, et le corps n’a aucun signe distinctif particulier.

      Le corps, vêtu d’une combinaison similaire, retrouvé en octobre 2014 au Pays-Bas
      (photo : Tomm W. Christiansen & Hampus Lundgren, Dagbladet)

      MAGASIN DECATHLON DE CALAIS

      C’est finalement la combinaison qui livrera des informations importantes. Ou plus précisément, la #puce_RFID qui se trouve sur son étiquette. Cette micropuce contient des informations qui permettent aux enquêteurs de la police néerlandaise de remonter jusqu’à Calais. Le 7 octobre 2014, à 20h03, un client a acheté au magasin Décathlon de Calais deux combinaisons à 79 euros, ainsi que deux tubas et deux masques de plongée, deux paires de palmes, deux paires de chaussures en plastique et des paddle, des planches à main utilisées par les nageurs professionnels pour leurs entraînements. Le tout, payé #en_liquide. Les références des achats sont formelles : l’une des combinaisons est celle retrouvée aux Pays-Bas ; l’autre, celle retrouvée en Norvège.
      Qui étaient les deux nageurs ? Aucune caméra de surveillance n’a capturé le visage du ou des clients du Decathlon. Pas de nom associé à une carte de crédit ou un chèque non plus, puisque le paiement a été fait en liquide. Le journaliste norvégien Anders Fjellberg décide alors se rendre à Calais pour enquêter. Il raconte la suite dans un long article, publié en anglais sur le site du tabloïd norvégien.

      LA PISTE ANGLAISE
      Au Decathlon où l’achat a été fait, il retrouve l’employée qui était à la caisse ce jour-là. Elle se souvient : « Deux jeunes hommes, peut-être au début de la vingtaine. Des réfugiés, qui pouvaient avoir l’air de venir d’Afghanistan. » Le journaliste lui demande si elle a eu connaissance d’autres cas de réfugiés s’équipant pour tenter la traversée à la nage. « J’en ai entendu parler par d’autres employés du magasin. Ça arrive à peu près une fois par mois. Mais je n’en sais pas plus. »

      Dans la jungle de Calais, sur la trace des deux « hommes à la combinaison », Fjellberg rencontre des Erythréens passés par le Soudan et la Libye avant de traverser la Mediterranée pour 1700 dollars, et des Afghans ayant traversé l’Iran, la Turquie, la Serbie et la Hongrie pour atterrir dans le port du nord de la France. Aucun n’a entendu parler de réfugiés ayant récemment acheté de quoi traverser la Manche à la nage.
      Le journaliste repart. Mais deux jours plus tard, il est contacté par une humanitaire française travaillant à Calais. Elle lui explique « qu’elle a été en contact avec un Syrien qui se trouve en Angleterre, qui connaît un autre Syrien qui recherche son neveu disparu depuis des mois. Le neveu était à Calais avait de disparaître. » Il s’appelait Mouaz Al Balkhi.

      Le journaliste retrouve l’oncle au Royaume-Uni. Celui-ci lui livre le dernier échange de messages qu’il a eu avec son neveu de 22 ans :
      – « D’ici, je vois l’Angleterre
      – N’essaie pas de nager. Ça ne marchera pas. Cache-toi dans un camion.
      – J’essaierai demain. Vous me manquez. »

      LE PÉRIPLE DE MOUAZ
      Aucun des proches du jeune homme n’a eu de ses nouvelles depuis. À partir du témoignage de l’oncle, ainsi que de celui de ses parents réfugiés en Jordanie, Anders Fjellberg reconstitue le périple du jeune syrien jusqu’à Calais.
      En janvier 2013, lorsque sa famille part en Jordanie pour fuir la guerre, Mouaz Al Balkhi reste à Damas pour terminer ses études d’ingénierie électrique. Damas où il a grandi, et où il a appris à nager : avant que la guerre n’éclate, il allait nager chaque semaine dans une piscine de la capitale syrienne. Régulièrement arrêté par la police, il tient six mois. Il rejoint finalement ses parents en Jordanie, mais ne trouve pas de place à l’université d’Amman. Il tente sa chance en Turquie voisine : pas de place à l’université non plus. D’après sa sœur, il ne peut alors plus rentrer en Jordanie avec le statut de réfugié, puisqu’il vient de sortir du pays illégalement.
      Mouaz se reporte sur une autre possibilité : le Royaume-Uni, où vit l’un de ses oncles. Pour le rallier, il repasse par l’Algérie puis la Libye. Finalement arrivé à Calais, il tente dix fois de se cacher dans un camion, sans succès. Il repart en Italie, d’où il pense pouvoir prendre un avion. Nouvel échec. Mouaz Al Balkhi en est là de son errance lorsque sa famille perd sa trace : de retour en France, avec 300 euros en poche, trop peu d’argent pour se payer un passeur.


      Le périple de Mouaz, reconstitué par le journaliste de Dagbladet

      TESTS ADN
      Mouaz était-il l’un des deux nageurs retrouvés sur les côtes norvégienne et néerlandaise ? A-t-il tenté de traverser la Manche à la nage pour rallier ces côtes anglaises qu’il pouvait apercevoir depuis Calais ? « Beaucoup de ce que dit l’oncle – les dates, les lieux, la somme d’#argent que Mouaz avait sur lui [qui lui permettait d’acheter les combinaisons mais pas de se payer un #passeur], le fait qu’il sache nager – correspond au cas des deux corps aux combinaisons. Mais d’un autre côté, il voyageait seul, d’après sa famille. Est-ce que quelqu’un aurait pu décider de nager jusqu’en Angleterre avec un inconnu ? », s’interroge le journaliste norvégien. Il reste une solution pour en avoir le cœur net : le test ADN. Fjellberg récolte un peu de la salive de l’oncle rencontré au Royaume-Uni, et lui fait dessiner un arbre généalogique.
      Mais l’échantillon n’est pas suffisant pour permettre (ou non) un rapprochement avec les deux corps non identifiés. Le journaliste envoie alors de quoi faire des prélèvements à sa famille restée en Jordanie. Les résultats de l’analyse arrivent quelques jours plus tard. D’après la police néerlandaise, le profil ADN du corps retrouvé sur la plage au Pays-Bas correspond à celui des parents de Mouaz.
      « Nous ne savons pas jusqu’où il est allé. Nous ne savons pas quel était son plan. Nous ne savons pas exactement où il a fait ses premiers pas dans l’eau glacée, ou qui était avec lui, nous ne savons pas s’il avait peur, conclut Fjellberg. Mais nous connaissons son nom. Nous savons qu’il voulait poursuivre ses études d’ingénieur en Angleterre, et aider sa famille en Jordanie. (…) Il s’appelait Mouaz Al Balkhi, était né le 6 novembre 1991 à Damas et rêvait d’une vie meilleure. »

    • Two nameless bodies washed up on the beach. Here are their stories

      When two bodies wearing identical wetsuits washed ashore in Norway and the Netherlands, journalist Anders Fjellberg and photographer Tomm Christiansen started a search to answer the question: who were these people? What they found and reported in Norway’s “Dagbladet” is that everybody has a name, everybody has a story and everybody is someone.

      http://www.ted.com/talks/anders_fjellberg_two_nameless_bodies_washed_up_on_the_beach_here_are_their_stor

  • Un Irakien qui voulait rejoindre l’Angleterre à la nage sauvé par les pompiers de Calais

    Les pompiers de Calais ont sauvé de la noyade un homme d’une trentaine d’années d’origine irakienne, au large de la jetée ouest à Calais. Accroché à une bouée de fortune, l’homme a été repéré dans un brouillard total, et ramené à bord dans un état d’hypothermie très avancée Un scénario digne du film « Welcome ». Un brouillard à couper au couteau occasionnant une visibilité nulle sur la mer, un temps frais, et un homme prêt à tout pour tenter de rejoindre son Eldorado : l’Angleterre.

    http://www.nordlittoral.fr/fait-divers-justice/un-irakien-qui-voulait-rejoindre-l-angleterre-a-la-nage-ia6b0n82256

    #migration #Calais #nage #natation #Canal_de_la_Manche #France #Angleterre #mourir_en_mer #noyade

  • La #Manche, cet #Everest entre la Grande Bretagne et la #France
    http://fr.myeurop.info/2013/09/09/la-manche-cet-everest-entre-la-grande-bretagne-et-la-france-12190

    Benjamin Leclercq

    Revue du web Ils sont chaque année plus nombreux à se lancer le défi et tenter l’impossible : traverser la Manche à la nage. Une dizaine d’heures d’effort et de lutte contre le froid. Seul un sur cinq y parvient. Le Spiegel a suivi l’un d’entre eux.

    Il faut vaincre le (...)

    #Voyages #Société #Royaume-Uni #Channel #nage_en_haute_mer #nage_freestyle #natation #sport #sport_extrême #traversée_de_la_Manche_à_la_nage