• Le danger caché du coronavirus : la stratégie du choc Décoder l’éco - 21 Mars 2020
    https://www.youtube.com/watch?v=rhzqAnpb9cA


    La France au bord de la dictature néolibérale

    La France est aujourd’hui sous confinement total pour protéger les français du coronavirus.
    Ce choix de confinement est la stratégie proposée par le gouvernement pour ralentir la progression du virus. Il s’agit d’éviter de surcharger les hôpitaux et donc éviter de se retrouver dans un scénario à l’italienne avec des milliers de gens qui meurent parce qu’il n’y a pas la place de les prendre en charge.

    En Corée du sud la stratégie a été très différente. Ils dépistent tout le monde, isolent les malades et les soignent dans des centres dédiés pour ne pas contaminer plus de monde. La Corée du Sud n’a jamais été mise en quarantaine et ils ont finalement eu très peu morts.

    Le confinement est une privation quasi-totale de liberté. Ce vendredi parlement a donné tout pouvoir au Président pour faire passer toutes les lois qu’il jugera bonne pour l’économie par ordonnance.

    Pendant que nous sommes privés de la liberté de nous opposer, le Président a prévenu que beaucoup de choses allaient changer. Le changement que nous devons craindre est celui décrit par Naomi Klein dans son livre « La stratégie du choc ».

    On verra dans cette vidéo ce qu’est la stratégie du choc, quelques endroits où elle a été vécue, ce qu’on peut craindre pour la France aujourd’hui et ce qui est déjà en train d’arriver avec la loi « urgence coronavirus ».

     #naomi_klein #capitalisme #stratégie_du_choc #néo_libéralisme #réforme #france #politique #démocratie #coronavirus #covid-19 #inégalités #emmanuel_macron

  • A Note About Today’s Wordle Game - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2022/05/09/crosswords/a-note-about-todays-wordle-game.html

    At New York Times Games, we take our role seriously as a place to entertain and escape, and we want Wordle to remain distinct from the news.

    Today’s New York Times Wordle Answer is Fetus
    https://gizmodo.com/new-york-times-apologizes-after-wordle-of-the-day-is-fe-1848898991

    Emotions are running high around the word “fetus” after last week’s news about the possible end to Roe V. Wade and women’s right to safe abortion.

    F-E-T-U-S is also a five-letter word, so some people were more than a little surprised when it ended up as one of the answers to Monday’s Wordle.

    NYT’s Wordle swap part of an ongoing gaming debate
    https://www.axios.com/2022/05/09/wordle-new-york-times-political-games

    The New York Times’ decision to change Monday’s Wordle answer is part of a long-running debate about how politically charged games should be.

    #jeu_vidéo #jeux_vidéo #jeu_vidéo_wordle #the_new_york_times #the_new_york_times_games #actualité #politique #mots_croisés #débat #polémique #fœtus #vocabulaire #justice #législation #états-unis #everdeen_mason #naomi_clark #jeu_vidéo_far_cry_6 #jeu_vidéo_call_of_duty #ian_bogost #roe_v_wade

  • Une analyse de #Naomi_Klein parue dans The Intercept le 1er mars dans laquelle elle dénonce un climat de nostalgie toxique qui profite aux pourvoyeurs de sources d’#énergies_fossiles. Pour elle, l’unique planche de salut sera l’abandon de ces sources d’énergie (dont le #pétrole) ainsi que la remise en cause du concept de #croissance puisque « la guerre refaçonne notre monde mais l’urgence climatique aussi ». Mais quid de la place du nucléaire dit « civil » dans cet avenir ? Car dans ce domaine, le diable se cache souvent dans l’absence de détail ...

    https://theintercept.com/2022/03/01/war-climate-crisis-putin-trump-oil-gas

    et sa traduction (pour AOC) par Hélène Borraz :

    https://justpaste.it/84lgt

    Nostalgia for empire is what seems to drive Vladimir Putin — that and a desire to overcome the shame of punishing economic shock therapy imposed on Russia at the end of the Cold War. Nostalgia for American “greatness” is part of what drives the movement Donald Trump still leads — that and a desire to overcome the shame of having to face the villainy of white supremacy that shaped the founding of the United States and mutilates it still. Nostalgia is also what animates the Canadian truckers who occupied Ottawa for the better part of a month, wielding their red-and-white flags like a conquering army, evoking a simpler time when their consciences were undisturbed by thoughts of the bodies of Indigenous children, whose remains are still being discovered on the grounds of those genocidal institutions that once dared to call themselves “schools.”

  • La fièvre du lithium gagne le Portugal
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/02/04/la-fievre-du-lithium-gagne-le-portugal_6112250_3234.html

    « Nous n’avons rien d’autre que cette nature et, en même temps, nous avons tout ce dont nous avons besoin, souffle cette agricultrice de 43 ans, qui élève, avec son mari, vingt-six vaches de la race autochtone barrosa, dont la viande est réputée dans tout le pays. Il n’y a pas de boutiques, pas de cinéma, mais ce paysage n’a pas de prix, de même que la qualité des produits de la terre et la pureté de l’eau des rivières. Avec 500 euros, nous vivons mieux que ceux qui, en ville, en gagnent 1 500. Mais si la mine vient, nous perdrons tout et nous devrons partir… »

    #paywall 😶

    • Sur le promontoire rocheux qui domine « sa » vallée, Aida Fernandes ouvre les bras en grand, comme pour embrasser les collines verdoyantes qui lui font face, où serpentent des chemins de campagne. Rien ne vient troubler le silence qui règne sur ce paysage idyllique de bocages. Pas même le bruit des vaches à longues cornes, que l’on croise, plus souvent que les hommes, sur les routes en lacet qui mènent à #Covas_do_Barroso, hameau de 180 âmes du nord du Portugal.

      « Nous n’avons rien d’autre que cette nature et, en même temps, nous avons tout ce dont nous avons besoin, souffle cette agricultrice de 43 ans, qui élève, avec son mari, vingt-six vaches de la race autochtone barrosa, dont la viande est réputée dans tout le pays. Il n’y a pas de boutiques, pas de cinéma, mais ce paysage n’a pas de prix, de même que la qualité des produits de la terre et la pureté de l’eau des rivières. Avec 500 euros, nous vivons mieux que ceux qui, en ville, en gagnent 1 500. Mais si la mine vient, nous perdrons tout et nous devrons partir... »

      Alors que la #Serbie a annoncé par surprise, le 20 janvier, qu’elle mettait un terme au projet d’exploitation de mines de lithium le long de la rivière #Jadar, dans l’ouest du pays, par l’entreprise anglo-australienne #Rio_Tinto, après des mois de manifestations massives, le Portugal est sur le point de faire l’inverse. Lisbonne pourrait débloquer dans les prochaines semaines le projet de la plus grande mine à ciel ouvert d’Europe de l’Ouest de ce minerai stratégique, utilisé dans la fabrication des batteries des voitures électriques, sur les terres peu habitées de la région de #Barroso, classée au #Patrimoine_agricole_mondial, à 150 kilomètres au nord-est de Porto.

      Six nouvelles zones

      La société #Savannah_Resources, implantée à Londres, travaille sur le projet depuis 2017. Elle a obtenu le permis d’exploration et déjà réalisé les prospections qui lui ont permis d’identifier des gisements de #spodumène, des #minéraux très riches en lithium, renfermant près de 287 000 tonnes du précieux #métal. De quoi produire les #batteries de 500 000 #véhicules_électriques par an pendant une dizaine d’années, grâce à un projet de #mine_à_ciel ouvert de 542 hectares, comprenant quatre cratères profonds et un immense terril.

      Il reste encore à cette société d’investissement britannique à rédiger la version définitive de l’étude de faisabilité, qui doit déterminer la #rentabilité du projet, le #coût de la production étant considérablement plus élevé que celui des bassins d’évaporation des saumures dont est extrait le lithium d’Amérique latine, où se trouvent les principales réserves mondiales. Et elle n’attend plus que l’avis des autorités portugaises sur l’étude d’#impact_environnemental. Les conclusions, imminentes, ont été repoussées après les élections législatives anticipées, qui ont eu lieu dimanche 30 janvier au Portugal.

      S’il n’y a pas de contretemps, #Savannah espère commencer à produire du lithium dans deux ans, et promet pour cela 110 millions d’euros d’investissement. Elle n’est pas la seule à avoir flairé le filon. Les réserves de lithium ont éveillé l’appétit de nombreuses compagnies nationales et internationales, en particulier australiennes, qui ont déposé des demandes de prospections, ces dernières années. Et ce mercredi 2 février, le ministère de l’environnement portugais a donné son accord pour que des prospections soient lancées dans six nouvelles zones du pays. Leurs droits seront attribués grâce à un appel d’offres international dans les deux prochains mois.

      Non seulement le gouvernement portugais du premier ministre socialiste, Antonio Costa, qui vient d’être reconduit au pouvoir avec une majorité absolue à l’Assemblée, est favorable à la production de lithium, considéré comme essentiel à la #transition_énergétique. Mais, assis sur des réserves confirmées de 60 millions de tonnes, les plus importantes de l’Union européenne, il souhaite qu’une #industrie_métallurgique de pointe se développe autour des mines. « Le pays a une grande opportunité économique et industrielle de se positionner sur la chaîne de valeur d’un élément crucial pour la #décarbonation », a encore déclaré, en décembre 2021, le ministre de l’environnement, Joao Pedro Matos Fernandes, qui espère qu’ « aucun gramme de lithium ne s’exportera .

      L’enjeu est prioritaire pour le Portugal. Et pour l’Union européenne, qui s’est fixé comme objectif d’atteindre 25 % de la production mondiale de batteries d’ici à 2030, contre 3 % en 2020, alors que le marché est actuellement dominé par la Chine. Et les #fonds_de_relance européens #post-Covid-19, qui, pour le Portugal, s’élèvent à 16,6 milliards d’euros, pourraient permettre de soutenir des projets innovants. C’est, en tout cas, ce qu’espère la compagnie d’énergie portugaise #Galp, qui, en décembre 2021, s’est unie au géant de la fabrication de batterie électrique suédois #Northvolt pour créer un joint-venture, baptisé #Aurora, pour la construction, d’ici à 2026, de « la plus importante usine de transformation du lithium d’Europe », à #Sines ou à #Matosinhos.

      Avec une capacité de production annuelle de 35 000 tonnes d’hydroxyde de lithium, cette usine de #raffinage pourrait produire 50 gigawattheures (GWh) de batteries : de quoi fournir 700 000 #voitures_électriques par an. Le projet, qui espère bénéficier des fonds de relance européens et aboutir en 2026, prévoit un investissement de 700 millions d’euros et la création de 1 500 #emplois directs et indirects. « C’est une occasion unique de repositionner l’Europe comme leader d’une industrie qui sera vitale pour réduire les émissions globales de CO2 », a souligné le président de Galp, Andy Brown, lors de la présentation. « Cette initiative vient compléter une stratégie globale basée sur des critères élevés de #durabilité, de #diversification des sources et de réductions de l’exposition des #risques_géopolitiques », a ajouté le cofondateur de #Northvolt, Paolo Cerruti. La proximité de mines serait un atout.

      Résistance

      D’autres projets de #raffinerie sont en cours de développement, comme celui de l’entreprise chimique portugaise #Bondalti, à #Estarreja, au sud de Porto, qui a annoncé en décembre 2021 s’être associée à la compagnie australienne #Reed_Advanced_Materials (#RAM). Mais, dans les régions convoitées, la #résistance s’organise et les élus se divisent sur la question. Le maire de la commune de #Boticas, à laquelle est rattachée Covas de Barroso, du Parti social-démocrate (PSD, centre droit), doute publiquement de sa capacité à créer de la richesse localement, et craint qu’elle ne détruise le #tourisme rural, la #gastronomie et l’#agriculture. Tandis qu’à 25 kilomètres de là, à #Montalegre, où la compagnie portugaise #Lusorecursos entend construire une mine à ciel ouvert sur une surface de 825 hectares avec une raffinerie, le maire socialiste, Orlando Alves, y est a priori favorable, à condition qu’elle obtienne la validation de son étude d’impact environnemental .

      « C’est une occasion de combattre le #dépeuplement, explique-t-il. La réalité actuelle du territoire, c’est que les gens émigrent ou s’en vont dans les grandes villes, que les jeunes partent pour faire leurs études et ne reviennent pas. Sans habitant, il n’y aura plus de #tourisme_rural ni d’agriculture... » Au gouvernement, on essaie aussi de rassurer en rappelant que le pays compte déjà vingt-six mines de #feldspath « semblables à celle du lithium » .

      « Près de 125 exploitations agricoles et la réserve de biosphère transfrontalière #Gerês-Xures se trouvent dans un rayon de 5 kilomètres autour du projet de #Montalegre. Et, ces derniers temps, des jeunes reviennent pour devenir apiculteurs ou produire des châtaignes... », rétorque Armando Pinto, 46 ans, professeur et coordinateur de la plate-forme #Montalegre_com_Vida (« Montalegre vivante »). Le 22 janvier, près de 200 personnes ont manifesté dans les rues de cette commune dominée par les ruines d’un château médiéval.

      Conscient de l’importance de rallier l’opinion publique, lors d’une conférence sur les « #mines_vertes » , organisée en mai 2021, le ministre Matos Fernandes a insisté sur l’importance « d’aligner les intérêts de l’#économie et de l’#industrie en général avec ceux des communautés locales », pour qu’elles perçoivent des « bénéfices mutuels . Pour y remédier, le directeur général de Savannah, #David_Archer, a assuré qu’il tâchera de recycler l’#eau utilisée sur place, qu’il investira près de 6 millions d’euros pour construire une #route de contournement du village, qu’il créera 200 #emplois_directs, ou qu’il versera des #fonds_de_compensation de 600 000 euros par an pour les communautés affectées par la mine. Sans parvenir à convaincre les habitants de Covas, dont le village est parsemé de graffitis clamant « #Nao_a_minas » (« non aux mines »).

      « Pas de #sulfure »

      « Il y a toujours des impacts, mais si le projet est bien bâti, en utilisant les dernières technologies pour le traitement et l’#exploitation_minière, elles peuvent être très acceptables, estime l’ingénieur Antonio Fiuza, professeur émérite à l’université de Porto. L’avantage est que les roches qui renferment le lithium sont des #pegmatites qui ne contiennent pas de sulfures, ce qui rend le risque de #contamination de l’eau très limité. » Selon ses calculs, si l’intégralité des réserves connues de lithium du Portugal est exploitée, elles pourraient permettre la construction de batteries pour 7,5 millions de véhicules électriques.

      « Pour nous, un projet si grand pour un si petit territoire, c’est inconcevable. Nous sommes tous des petits fermiers et il n’y a pas d’argent qui compense la destruction des montagnes », résume Aida Fernandes. Ses deux jeunes enfants sont scolarisés à Boticas, à une vingtaine de kilomètres de là. Il n’y a que quatre autres enfants à Covas do Barroso, un hameau sans école, ni médecin. « Il y a bien sûr des problèmes dans les villages de l’intérieur du pays, mais les mines ne peuvent pas être une solution, dit Nelson Gomes, porte-parole de la plate-forme Unis en défense de Covas do Barroso. On n’est pas des milliers ici et personne ne voudra travailler dans des mines. Des gens viendront d’ailleurs et nous, on devra partir. Quand les cours d’eau seront déviés et pollués, les terres agricoles détruites et que la mine fermera, douze ans plus tard, que se passera-t-il ? Ils veulent nous arracher un bras pour nous mettre une prothèse... »

      https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/02/04/la-fievre-du-lithium-gagne-le-portugal_6112250_3234.html

      #lithium #Portugal #mines #extractivisme
      #green-washing

  • L’Irak post-Saddam Hussein, une énorme machine à cash - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/280221/l-irak-post-saddam-hussein-une-enorme-machine-cash

    Après la chute du dictateur irakien en 2003, les Américains ont déversé des milliards de dollars sur le pays. Les futurs membres du gouvernement irakien adoubés par eux ont notamment profité de cette manne financière. Nous avons enquêté sur ces mouvements de fonds sans aucun contrôle.

    [...] Dans ce camion-poubelle se trouve un milliard de dollars, disposés dans des palettes. Il doit les déposer à la banque Rafidayn, sur la rive droite de Bagdad. C’est sa dernière mission pour le compte du Pentagone. Dans le plus grand secret, entre 2003 et 2008, il a transporté à lui seul 40 milliards de dollars en petites coupures entre l’aéroport de Bagdad et la Banque centrale d’Irak. L’équivalent du PIB d’un pays comme le Mali. Ce récit est confirmé par David Nummy, le responsable du Trésor américain en place à Bagdad. « Il était notre homme de confiance pour ces missions difficiles. Il savait ce qu’il faisait. J’avais une entière confiance en lui », se souvient-il.

  • Movement for Black Lives: an interview with Barbara Ransby - Institute of Race Relations

    As we witness one of the largest uprisings in US history, led by Black working-class activists, Race & Class interviews Barbara Ransby, a US-based historian, feminist and longtime organiser, on the significance of the Movement for Black Lives (M4BL) uprisings across the US ignited by the murder of George Floyd.

    Jenny Bourne: As someone who has been involved in and written on US Black working-class movements for many decades, do you see what’s happening now as a watershed moment?

    Barbara Ransby: It is definitely a watershed moment and I don’t say that lightly. You know historians say every historical moment is unique which is true. But there are those pivots after which you know things are ever different and so I think this moment comes at the convergence of, in the United States and globally, really three crises.

    First, it’s the crisis of liberal democracy or bourgeois democracy. We see an uptick in authoritarianism across the globe from Bolsonaro to Duterte, to Erdogan, and of course the Donald Trump phenomenon which is increasingly repressive, xenophobic, and dangerous. Essentially, Trump and his followers have deployed white nationalism in the service of racial capitalism.

    Secondly, we have the global coronavirus pandemic which adds to that and stops us all in our tracks. It jolts the elites in ways that they did not anticipate, and exposes the vulnerabilities of racial capitalism yet again. Because, of course, you know it’s not lucrative to prepare for something like this, so all the pharmaceutical companies and the elite research institutes have not invested in in research around pandemics; they’d rather invest in drugs that people will buy every year because that increases the profit margin. And Trump, in his infinite lack of wisdom, dismantled the office in the federal government that was supposed to actually plan for pandemics. And then we see states and hospitals scrambling on the open market to buy life-saving equipment like ventilators. Yet another example of the failure of capitalism to meet this crisis. The market does not care if people die. We have to care.

    And then the third thing is the uprising against police violence and white supremacy. We saw a fifty-state uprising in this country. We never saw that in the 1960s, we never had, 500 towns and cities with people coming out into the street simultaneously. Even in places that don’t have a significant Black population, there was somebody in that town that felt they had to get out in the streets and say something against racism, to say Black Lives Matter. That is uplifting and I have to also believe that people in those small towns probably don’t have a deep understanding of racism. They were protesting for other reasons too, unsettled and angry about the condition of their lives in this country and the George Floyd murder and the visual impact of that injustice was the final straw. The cruelty in that violence jolted people into action.

    Of course an uprising is spontaneous, it is organic, you can’t script it beforehand, you can’t predict exactly when it’ll occur and you certainly can’t script it from inside as it’s unfolding. And this uprising is not different. None of us predicted that of all the outrageous acts that we have witnessed and absorbed over the last four years, that this particular killing would be the last straw for hundreds of thousands of ordinary people not in any organisation, per se.

    But, organisation is essential once uprisings begin to unfold. Movement organisations, and there are many, began to draw upon lessons and organising models and theoretical frames from earlier periods and from organisations like Critical Resistance which, of course you know, Angela Davis and Ruth Gilmore helped to found in 1997. This is an abolitionist organisation led by Black feminists. Another earlier group is INCITE!: Women of Colour Against Violence, a group that came out of the anti-domestic violence movement and insisted on including state and imperialist violence in their analysis and work. I write about these groups in my book [Making All Black Lives Matter]. But then in 2012, a new group of organisers began to congeal and they have been debating and training and doing scenario-planning and base-building in the years since. Another critical turn was, of course, the Ferguson uprising in 2014 when Michael Brown was shot dead by police in Missouri.
    A Black Lives Matter march in Denver. Thomas Elliott/Flickr

    So, when the 2020 uprising occurred, you had a group of young Black activists, many of them feminists, many of them queer, many of them with a very radical intersectional analysis, ready to move into action. And they called a series of demonstrations on Juneteenth weekend. There were actions from Washington DC to California with hundreds of thousands of protesters filling the streets. The demand of ‘defund the police’ has emerged as central, reflecting decades of efforts to ‘reform and improve’ the police, all of which have failed. But ‘defund’ is only part of the agenda for activists, and it would be wrong and incomplete to leave it at that. The full-throated demand is ‘defund the police, fund our people’.

    M4BL and others are organising around that idea, and M4BL’s policy committee has just created a piece of mock legislation called the Breathe Act which outlines not only dismantling police and prisons over time but also what it would mean to revitalise our communities and our schools and make health available to everyone, and have a sustainable green economy. All of that I think is a prime example of the ways in which Black liberation movements over time and in this moment are also the hopeful visionary movements for the entire planet, not just for Black people.

    That’s how I would see the significance of this moment. I draw a lot from Naomi Klein’s notion of disaster capitalism. That, in this moment of disaster, in this moment of dislocation and disorientation, elites are certainly plotting and scheming on how to maximise their power, how to institute and expand policies and practices from surveillance to austerity to further their agenda. But what also happens in the context of a crisis is the opportunity for galvanising our people and galvanising the Left, and I see that happening as well.

    The demonstrations here showed a certain level of determination on the part of people who attended their first protest during a pandemic. I think, regarding the Left and the Black movement here, if we don’t tap into that anger and determination then we really have not done our work. People were willing to face health risks, people went out more often than not wearing masks, but sometimes not wearing masks − taking that risk to demonstrate their outrage against what was happening in this country. They also withstood rubber bullets and tear-gas, which was in wide use, and this is really a human rights violation of the first order. I mean the cops were very brutal against a lot of the demonstrators and old people were knocked down, two reporters lost their eyes because they were victims of projectiles.

    https://irr.org.uk/article/movement-for-black-lives-an-interview-with-barbara-ransby

    #racisme #class #race #Naomi_Klein #black_lives_matter

  • Le défaut du tableau – L’image sociale
    http://imagesociale.fr/9353
    https://i2.wp.com/imagesociale.fr/wp-content/uploads/Bernie3.jpg?fit=960%2C754

    Dans un essai de « mitainologie », Naomi Klein énumère plusieurs oppositions symboliques transformées en autant de messages, comme la résistance au diktat du spectacle de la modeste utilité de gants manifestement dépourvus de toute autre fonction que de tenir chaud, la contradiction entre la peinture de l’ancien candidat aux primaires sous les traits d’un dangereux idéologue et la paisible robustesse d’un accessoire tricoté main, ou encore la posture oppositionnelle des bras croisés qui expriment le doute face aux promesses d’unité du successeur de Donald Trump.

    • #Naomi_Klein: How #big_tech plans to profit from the pandemic

      Public schools, universities, hospitals and transit are facing existential questions about their futures. If tech companies win their ferocious lobbying campaign for remote learning, telehealth, 5G and driverless vehicles – their Screen New Deal – there simply won’t be any money left over for urgent public priorities, never mind the Green New Deal that our planet urgently needs. On the contrary: the price tag for all the shiny gadgets will be mass teacher layoffs and hospital closures.

      https://www.theguardian.com/news/2020/may/13/naomi-klein-how-big-tech-plans-to-profit-from-coronavirus-pandemic

      #stratégie_du_choc #technologie #surveillance

    • Online Education and the Struggle over Disposable Time

      During COVID-19 times, the ‘social distancing’ catchphrase has invaded every aspect of our lives. Public space has been fragmented into individualized, quarantined units, transforming social relations into aggregates of their interactions. Unlike other pandemics of yesteryears, COVID-19 has given a tremendous push to technology to secure social distancing. In the field of education, the phenomenon of online education was already slowly gaining space especially as complementary to traditional classroom education and as a mechanism of distance learning.

      Today, the ideology of social distancing has brought online education in the centre of educational systems. It has acquired legitimacy and the capacity to take over the whole system of education. In countries such as India, where COVID-19 has been used by the state as an opportunity to revamp various sectors, including health and medicine, a reconception of education is underway. Online education serves as the organizing force in this regard.
      Education as Commodity and the Question of its Production

      Popular debates on technology and online education generally revolve around the idea of education as a commodity to be put to consumption in the classical sense of the word. It is, of course, a commodity with a use-value, much in parlance with material commodities like food items, daily wear etc. Such commodified education naturally must meet the parameters of consumer satisfaction. Therefore, much discussion on the recent COVID 19-triggered tech-intensive online teaching harps on students’ differential access to internet connectivity and bandwidth, the problems of long-distance assessments without the characteristic ‘fairness’ metrics associated with offline exams etc. In short, anything connected to the students’ overall satisfaction with their purchase of this immaterial commodity.

      What these debates however miss are the fundamental processes that go into the production of education, and the complex dynamics of the teacher-student relationship underpinning such production. By neglecting its sphere of production, we miss out on a very important aspect of this commodity – one that would help us understand online education, and the role of technology better, and also identify spaces of critique of education, as understood in the current socio-economic system.

      Notwithstanding the similarities, education is unlike any other commodity, not just in the material or physical sense, but mainly in the organization of its consumption and production. Material objects such as pens, cars etc. have an immediate use-value for buyers, consumed beyond the sphere of production. Education on the other hand, produces students as workers for their future entry into the labour market; its consumption or use-value lies in generating new, educated and skilled labour power for further use in the processes of production. Through a network of local and international educational institutions placed at different orders of hierarchy and status, education reinforces and reproduces the existing and (unequal) social relations by producing a heterogeneous group of future workers with differential skills, and by extension, differential wages. Hence, from the students’ perspective, education is consumptive production.

      Education as knowledge production is unique in placing this consumer – the student – in the production sphere itself. In other words, education as a commodity is a co-production of teachers and students, and is generated through continuous dialogue and interaction between them. It is not a fixed commodity, but one that is processual, and evolves within the dialectic of the educated-educator relationship. This dialectic constitutes a predicament for education in the current system. On one hand, there is the tendency to establish standardized syllabi and programs in response to the needs of a globalized labour market, making the practice of teaching and learning very mechanical; on the other, there is an equally strong opposition from the co-producers against attempts to kill their cooperative agency and creativity.

      Classroom settings and face to face instruction allow the dialectic of education to be productive in their dialogicity, with teachers innovating ideas and methods in dynamic and synchronous concord with students. With both instructors and learners present in the same physical space, learning – despite constraints of fixed syllabi and evaluation metrics – evolves through collective thinking and with a view to the intellectual needs and abilities of the participants. There are challenges thrown in with big class sizes and formal disciplinary settings leading to alienation typical of a hierarchized industrial scenario – an intensified lack of interest and commitment from both learners and teachers. However, since education in such settings is still based on direct relationships between students and teachers, there is always a possibility to overcome the alienating institutional mediation. There is a relative autonomy operating in this dialogic relationship, which allows innovation in ideas and knowledge production.
      Technology and the Informatization of Education

      Online education, on the other hand, despite and because of deploying the best of technologies, fails to simulate the same environment. Educational production is now distributed over multiple zones, with producers confined to their virtual cubicles. Without a shared space, education is reduced to instruction and information, discretized and reintegrated by the mediating pre-programmed machines. The dialogical relationship is now between the machine and the producers, not between the co-producers. The teacher is deprived of her role of the facilitator in this dialogue. She is just an instructor in this new environment. Her instructions are received by the machine, which mediatizes them and delivers them to students in a manner that it is programmed to deliver. This overhauls the whole dialectic of education, which is now hierarchized. Alienation in this process is quite stark, since the relations of production of education are completely transformed, which cannot be overcome by the deployment of any kind of technology.

      Technology, in fact, plays a big role in this alienation of labour that happens through the informatization of education. In the effort to replicate the classroom experience sans the direct relationship of affectivity between teachers and students, there is an overaccumulation of technologies and educational products, bringing in the surveillance techniques for remote disciplining of students and teachers.

      One only needs to look at the number of new gadgets and software for online education to understand the extent to which technology tries to overcome its artificiality. The market is flooded with AI-driven ‘smart content’ materials, customized lessons, digitized textbooks, easy to navigate chapter summaries, flashcards, automatically-graded exams, cameras for remote surveillance etc. The process of alienation is evermore intensified, since human living labour of both teachers and students are objectified in the development of these technologies. Their vivacity is reduced to an appendage to the artificiality of the machine.

      What is interesting is that while technology deskills the producers by taking over their powers of imagination and judgement, it also forces them to reskill themselves. With evermore new technologies hitting the online teaching platforms every day, both students and teachers are forced to continuously update themselves in their technical knowhow to assist these machines. This has led to generational and occupational redundancies in education too by promoting lean production methods and Taylorising techniques in education.
      The Struggle over Disposable Time

      What happens to education as a commodity in this alienated and Taylorized production process? Education internalizes the segmented social relations that characterize capitalism. This introduces dualism in its institutionalization, which gets further systematized and globalized in the wake of the ongoing technicization of education. On the one hand, we have mass production of education as a set of discrete information and instruction to train the majority of the working population in the drudgery of assisting the machines. This is facilitated by online education technologies. On the other hand, we have elite institutions monopolizing the rights to innovate and research (secured by various legal and institutional mechanisms like patenting, funding etc.), for which the more intensive conventional teaching methods must continue. This duality of education enhanced by online educational technologies has been developing for the last few decades to keep pace with the human resource requirements of other industrial and service sectors. Hence, online education itself has emerged as a fast-growing industry. The COVID-19 pandemic has given its production and dissemination a new intensity, urgency and definite possibility.

      With the growing dominance of online education, and discretized learning/teaching methods, there is also a proportionate increase in disposable time for both teachers and students. In the absence of direct and personalized contact during lectures, instruction intensifies; knowledge in the form of discretized information is produced in less time than in traditional classroom set-ups due to the absence of students’ queries and interventions. But what will be the utility of this disposable time? The system controls this disposable time by retrenchment, and by increasing workload and diversifying work profiles for the existing educational or knowledge workers.

      However, from the workers’ perspective, the disposable time has a different meaning, one that allows the co-producers to overcome drudgery and alienation by reclaiming the time-space for innovation and creativity. It is in this time-space that workers recognize knowledge as a result of their co-production, and re-appropriate it, going beyond being passive feeders-receivers of information assisting the machine. Dialogues between the students and the teachers are reestablished through more interpersonal interactions. This leads to a process of conscientization, in which the co-producers move beyond the classroom norms and fixed syllabi, and collectively build an understanding of phenomena and concepts, drawing on their own realities and experience.

      The disposable time enables workers to reclaim their common space and self-organize knowledge production, while reducing technology to mere means in this process, not as a mediator, organizer and controller of production and producers. It is only through such collaborative activities in these fractured times, that teachers and students together can assert their autonomy as knowledge producers and consumers.

      https://socialistproject.ca/2020/08/online-education-and-the-struggle-over-disposable-time

  • Coronavirus Capitalism — and How to Beat It | Naomi Klein
    https://theintercept.com/2020/03/16/coronavirus-capitalism

    I’ve spent two decades studying the transformations that take place under the cover of disaster. I’ve learned that one thing we can count on is this: During moments of cataclysmic change, the previously unthinkable suddenly becomes reality. In recent decades, that change has mainly been for the worst — but this has not always been the case. And it need not continue to be in the future. Source: The Intercept

  • #Coronavirus_Capitalism” : Naomi Klein’s Case for Transformative Change Amid Coronavirus Pandemic

    Author, activist and journalist Naomi Klein says the coronavirus crisis, like earlier ones, could be a catalyst to shower aid on the wealthiest interests in society, including those most responsible for our current vulnerabilities, while offering next to nothing to most workers and small businesses. In 2007, Klein wrote “The Shock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalism.” Now she argues President Trump’s plan is a pandemic shock doctrine. In a new video for The Intercept, where she is a senior correspondent, Klein argues it’s vital for people to fight for the kind of transformative change that can not only curb the worst effects of the current crisis but also set society on a more just path.

    AMY GOODMAN: Today we spend much of the hour looking at the economic impact of the coronavirus pandemic, what some are calling coronavirus capitalism. Soon we’ll be joined by Nobel Prize-winning economist Joseph Stiglitz, whose new book is People, Power and Profits: Progressive Capitalism for an Age of Discontent. But first we begin with a new video by author and activist Naomi Klein, produced by The Intercept. In 2007, Klein wrote The Shock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalism. Now she argues Trump’s plan is a pandemic shock doctrine, but it’s not the only way forward. The video opens with this quote from economist Milton Friedman, who says, “Only a crisis — actual or perceived — produces real change. When that crisis occurs, the actions that are taken depend on the ideas that are lying around.”

    NAOMI KLEIN: “Ideas that are lying around.” Friedman, one of history’s most extreme free market economists, was wrong about a whole lot, but he was right about that. In times of crisis, seemingly impossible ideas suddenly become possible. But whose ideas? Sensible, fair ones, designed to keep as many people as possible safe, secure and healthy? Or predatory ideas, designed to further enrich the already unimaginably wealthy while leaving the most vulnerable further exposed? The world economy is seizing up in the face of cascading shocks.

    TEDROS ADHANOM GHEBREYESUS: COVID-19 can be characterized as a pandemic.

    GEORGE STEPHANOPOULOS: In the wake of the coronavirus crisis, stocks have stopped trading on Wall Street after a 7% drop.

    KRISTINA PARTSINEVELOS: This is a historical day, the biggest drop we’ve seen since that crash in 1987.

    ELAINE QUIJANO: The drop was spurred by a growing oil price war as the market was already weakened by coronavirus fears.

    PRESIDENT DONALD TRUMP: Yeah, no, I don’t take responsibility at all.

    NAOMI KLEIN: In the midst of this widespread panic, corporate lobbyists of all stripes are of course dusting off all the ideas they had lying around. Trump is pushing a suspension of the payroll tax, which could bankrupt Social Security, providing the excuse to cut it or privatize it completely — an idea that has been lying around for very long time.

    PRESIDENT GEORGE W. BUSH: A worker, at his or her option, ought to be allowed to put some of their own money in a — you know, in a private savings account.

    NAOMI KLEIN: Lying around on both sides of the aisle.

    SEN. JOE BIDEN: When I argued if we should freeze federal spending, I meant Social Security, as well. I meant Medicare and Medicaid.

    NAOMI KLEIN: And then, there are the ideas being floated to bail out some of the wealthiest and most polluting sectors in our economy.

    PRESIDENT DONALD TRUMP: We are working very closely with the cruise line industry, likewise with the airline industry. They’re two great industries, and we’ll be helping them through this patch.

    NAOMI KLEIN: Bailouts for fracking companies, not to mention cruise ships, airlines and hotels, handouts which Trump could benefit from personally. Which is a big problem because the virus isn’t the only crisis we face. There’s also climate disruption, and these industries that are getting rescued with our money are the ones driving it. Trump has also been meeting with the private health insurers.

    PRESIDENT DONALD TRUMP: We’re meeting with the top executives of the health insurance companies.

    NAOMI KLEIN: The very ones who have made sure that so many Americans can’t afford the care they need. And what are the chances they don’t have their hands out? It seems like the whole pandemic is getting outsourced.

    BRIAN CORNELL: Well, Mr. President, thank you for inviting us here today, along with our colleagues from Walmart and Walgreens and our partners at CVS. Normally you’d view us as competitors, but today we’re focused on a common competitor. And that’s defeating the spread of the coronavirus.

    NAOMI KLEIN: The Fed’s first move was to pump $1.5 trillion into the financial markets, with more undoubtedly on the way. But if you’re a worker, especially a gig worker, there’s a very good chance you’re out of luck. If you do need to see a doctor for care, there’s a good chance no one’s going to help you pay if you aren’t covered. And if you want to heed the public health warnings to stay home from work, there’s also a chance that you won’t get paid. Of course, you still need to pay your rent and all of your debts — medical, student, credit card, mortgage. The results are predictable. Too many sick people have no choice but to go to work, which means more people contracting and spreading the virus. And without comprehensive bailouts for workers, we can expect more bankruptcies and more homelessness down the road.

    Look, we know this script. In 2008, the last time we had a global financial meltdown, the same kinds of bad ideas for no-strings-attached corporate bailouts carried the day, and regular people around the world paid the price. And even that was entirely predictable. Thirteen years ago, I wrote a book called The Shock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalism, described a brutal and recurring tactic by right-wing governments. After a shocking event — a war, coup, terrorist attack, market crash or natural disaster — they exploit the public’s disorientation, suspend democracy, push through radical free market policies that enrich the 1% at the expense of the poor and middle class.

    But here is what my research has taught me. Shocks and crises don’t always go the shock doctrine path. In fact, it’s possible for crisis to catalyze a kind of evolutionary leap. Think of the 1930s, when the Great Depression led to the New Deal.

    PRESIDENT FRANKLIN ROOSEVELT: The only thing we have to fear is fear itself.

    NAOMI KLEIN: In the United States and elsewhere, governments began to weave a social safety net, so that the next time there was a crash, there would be programs like Social Security to catch people.

    PRESIDENT FRANKLIN ROOSEVELT: The right of every family to a decent home, the right to adequate medical care and the opportunity to achieve and enjoy good health.

    NAOMI KLEIN: Look, we know what Trump’s plan is: a pandemic shock doctrine, featuring all the most dangerous ideas lying around, from privatizing Social Security to locking down borders to caging even more migrants. Hell, he might even try canceling elections. But the end of this story hasn’t been written yet. It is an election year. And social movements and insurgent politicians are already mobilized. And like in the 1930s, we have a whole bunch of other ideas lying around.

    SEN. BERNIE SANDERS: Do we believe that everybody should be entitled, as a right, to healthcare?

    SANDERS SUPPORTERS: Yes!

    DOMINIQUE WALKER: We will not stop organizing and fighting until all unhoused folks who want shelter have shelter.

    REP. ILHAN OMAR: Canceling student debt.

    REP. RO KHANNA: It makes so much sense that if you’re sick, that you should not be penalized where you don’t have an income.

    NAOMI KLEIN: Many of these ideas were dismissed as too radical just a week ago. Now they’re starting to seem like the only reasonable path to get out of this crisis and prevent future ones.

    ELIZABETH COHEN: Now, here’s something that helps explain the difference between the testing situation in South Korea and the U.S. The South Korea, like European countries and Canada, has universal single-payer insurance. And that means that it’s easier to mobilize, and also people know what to do. There is pretty much one answer for how to get testing. The U.S. is a patchwork of countless different systems, and so you can’t say, “Here’s exactly the steps that every American should take in order to get tested.”

    NAOMI KLEIN: And with Washington suddenly in the giant stimulus business, this is precisely the time for the stimulus that many of us have been talking about for years.

    REP. ALEXANDRIA OCASIO-CORTEZ: Today is the day that we truly embark on a comprehensive agenda of economic, social and racial justice in the United States of America.

    NAOMI KLEIN: It’s called the Green New Deal. Instead of rescuing the dirty industries of the last century, we should be boosting the clean ones that will lead us into safety in the coming century. If there is one thing history teaches us, it’s that moments of shock are profoundly volatile. We either lose a whole lot of ground, get fleeced by elites and pay the price for decades, or we win progressive victories that seemed impossible just a few weeks earlier. This is no time to lose our nerve. The future will be determined by whoever is willing to fight harder for the ideas they have lying around.

    AMY GOODMAN: That’s author and activist Naomi Klein of The Intercept. The video ends with Milton Friedman’s quote: “Only a crisis — actual or perceived — produces real change. When that crisis occurs, the actions that are taken depend on ideas that are lying around. That, I believe, is our basic function: to develop alternatives to existing policies, to keep them alive and available until the politically impossible becomes politically inevitable.”

    This is Democracy Now!, democracynow.org, The War and Peace Report. When we come back, Nobel Prize-winning economist Joe Stiglitz. Stay with us.

    [break]

    AMY GOODMAN: That’s Spanish pianist Alberto Gestoso, performing the Titanic theme song, “My Heart Will Go On,” for his quarantined neighbors in Barcelona. He was on his balcony. Spain has had more than 3,400 cases of the coronavirus in the last 24 hours. Now at least 17,000 people are infected, and that’s only what is known without widespread testing.

    https://www.democracynow.org/2020/3/19/naomi_klein_coronavirus_capitalism
    #Naomi_Klein #stratégie_du_choc #pandémie #coronavirus #covid-19 #épidémie #capitalisme #pandemic_shock_doctrine

  • #Naomi_Cahn : Pourquoi les femmes perdent la garde de leurs enfants
    https://tradfem.wordpress.com/2020/01/28/pourquoi-les-femmes-perdent-la-garde-de-leurs-enfants

    Le terme « aliénation parentale » est issu des travaux du pédopsychiatre Richard Gardner dans les années 1980 pour expliquer ce qu’il considérait comme un nombre choquant d’allégations d’abus sexuels d’enfants dans les litiges relatifs à la garde. Gardner affirmait que beaucoup de ces allégations de violence étaient inventées de toutes pièces par des mères vengeresses ou pathologiques.

    Mais sa théorie a fait l’objet de vives critiques, comme celle de Jeffrey Edleson, ancien directeur du Centre du Minnesota contre la violence et les abus et professeur et directeur de recherche à l’École de travail social de l’Université du Minnesota, qui a déclaré en 2009 que « le SAP (« syndrome d’aliénation parentale ») est essentiellement composé de prétentions non fondées ; il n’est fondé sur aucune base scientifique.

    Néanmoins,cette théorie survit, sous une forme neutre à l’égard du genre, à savoir l’idée d’une « aliénation parentale ». Mais, cette théorie a également été discréditée, et comme l’explique le Conseil national des juges des tribunaux pour enfants et de la famille, elle « détourne également l’attention des comportements du parent violent ».(…)

    Traduction : #Tradfem
    #aliénation_parentale #justice_patriarcale #idéologie_masculiniste #injustice #Richard_Gardner

  • La jet-set des escrologistes, par Nicolas Casaux
    https://www.facebook.com/nicolas.casaux/posts/10156947033822523

    Dans le monde anglophone (et parfois aussi dans le monde francophone, pour certains, dont le travail est traduit en français) : George Monbiot, Naomi Klein, Bill McKibben. Dans le monde francophone : Nicolas Hulot, Cyril Dion, Aurélien Barrau, Yann Arthus-Bertrand, Isabelle Delannoy, Maxime De Rostolan. Il y en a d’autres.

    Habitués des #médias de masse, ils tiennent des #discours qui, malgré quelques différences ou nuances, forment une même et unique perspective, correspondant à la définition grand public de l’écologisme.

    Ladite perspective s’appuie sur une évaluation très partielle de la situation. Sur le plan écologique, elle tend à réduire les nombreux aspects de la #catastrophe en cours à un problème de taux de #carbone dans l’atmosphère (réchauffement climatique), et de « ressources naturelles » que la civilisation (industrielle) doit — condition sine qua non de sa perpétuation, leur ambition principale — s’efforcer de mieux gérer. Que les autres êtres vivants, les autres espèces et les communautés biotiques qu’elles forment possèdent une valeur intrinsèque, ne se réduisent pas à de simples « ressources », est rarement évoqué.

    Sur le plan social, lorsqu’ils soulignent des problèmes, nos #escrologistes pointent du doigt les #inégalités économiques ou le chômage. Certains vont jusqu’à dire du mal du capitalisme, mais ne critiquent en réalité que certains excès du système économique dominant. D’autres fois, ils dénoncent, plus honnêtement, quelque « #capitalisme dérégulé » ou « débridé » (Naomi Klein dans "Tout peut changer"). Mais ils ne parlent que très rarement, voire pas du tout, des injustices fondamentales que constituent la #propriété privée, la division hiérarchique du travail, le #travail en tant que concept capitaliste, des rapports de #domination qu’implique une organisation technique de la #société — la bureaucratie, l’État. Ils n’expliquent jamais, ou très rarement et très timidement, sans rien en tirer, qu’à l’instar de l’État en tant que forme d’organisation sociale, les régimes électoraux modernes n’ont rien de démocratique, qu’ils relèvent plutôt de l’#aristocratie élective, et que leur fonctionnement est clairement verrouillé, garanti et gardé par divers mécanismes coercitifs, y compris par la #violence physique.

    Ils se contentent d’en appeler à une sorte de nouvelle révolution verte, au moyen d’un new deal vert (Green New Deal) qu’agenceraient les gouvernants. Car aux yeux de nos escrologistes, il s’agit toujours de compter, pour sauver la situation — pardon, la #civilisation, mais aussi la planète, prétendument, puisqu’il est possible et souhaitable, d’après eux, de tout avoir — sur les dirigeants étatiques ou d’entreprise. New deal vert censé permettre de créer des tas d’emplois verts, au sein d’entreprises vertes, dirigées par des patrons verts — une exploitation verte, une #servitude verte —, de donner forme à une civilisation industrielle verte dotée de commodités technologiques vertes, smartphones verts, voitures vertes, etc., alimentés par des énergies vertes, et ainsi de suite (on parle désormais, de plus en plus, d’énergies "non-carbonées" plutôt que d’énergies "vertes", ce qui permet, à l’aide d’un autre #mensonge, de faire rentrer le #nucléaire dans le lot ; partout, vous pouvez remplacer "vert" par "non-carboné" ou "zéro carbone", ou "carboneutre", l’absurdité est la même).

    Au bout du compte, leur #réformisme à la noix vise uniquement à repeindre en vert le désastre en cours : repeindre en vert les oppressions, les dominations, les injustices. À faire croire qu’il est possible de rendre verte, durable, la civilisation technologique moderne — une rassurance dont on comprend aisément pourquoi elle est la bienvenue dans les médias de masse, pourquoi elle plait à tous ceux dont c’est la principale ambition. Un mensonge grossier : rien de ce qu’ils qualifient de vert ne l’est réellement. Une promesse creuse et, au point où nous en sommes rendus, criminelle. Affirmer, en 2019, comme le fait Aurélien Barrau dans son livre de promotion de l’écologie, pardon, de l’#escrologie, que ce qu’il faut, c’est "que nous nous engagions solennellement à ne plus élire quiconque ne mettrait pas en œuvre des mesures fermes" (pour tout repeindre en vert), "que les citoyens n’envisagent même plus de choisir pour représentant quiconque ne s’engagerait pas" (à tout repeindre en vert), zut alors.

    On peut croire à tout ça. C’est très con, mais on peut y croire. Surtout lorsqu’on fait partie des puissants, de ceux qui tirent leur épingle du désastre actuel — mais pas seulement, puisque, conditionnement aidant (c’est à ça que servent nos escrologistes) c’est même la religion dominante.

    Mais comment font certains pour continuer à dire que nous voulons tous la même chose, que nous devrions cesser de critiquer ces #éco-charlatans parce que nous voulons comme eux au bout du compte, que nous sommes tous pareils, etc. ?!

    #greenwashing

  • Naomi Klein : « Nous assistons aux prémices de l’ère de la barbarie climatique » - Heidi.news
    https://www.heidi.news/articles/naomi-klein-nous-assistons-aux-premices-de-l-ere-de-la-barbarie-climatique
    https://heidi-f385.kxcdn.com/photos/21a9056f-114c-4d83-bbb1-ecc2fe7ce938/medium

    Je suis à la fois ravie et soulagée de voir que nous envisageons enfin des solutions à la hauteur de la crise à laquelle nous sommes confrontés. Il n’est plus question de solutions miracles à base de taxe carbone ou de plafonnement des émissions et d’échange de droits d’émission mais d’une refonte de tout le système économique. De toute manière, le système actuel est défaillant pour la plupart des gens. C’est ce qui explique que nous traversions une période trouble sur le plan politique et que nous nous retrouvions avec des types comme Donald Trump, le Brexit, et tous ces gouvernements autoritaristes.

    • Dans votre livre, vous dites : « Ce qui est difficile à accepter, c’est que la réponse à la question ‘Que puis-je faire, en tant qu’individu, pour contrer le changement climatique ?, c’est : rien. » Vous le pensez toujours ?

      Pour ce qui est du bilan carbone, même en regroupant les décisions individuelles de chacun, nous n’atteignons pas le niveau de changement dont nous avons besoin. À mon sens, le fait qu’énormément de gens aient bien moins de mal à parler de consommation individuelle que de changement systémique est une conséquence directe du néolibéralisme. Nous avons appris à nous considérer avant tout comme des consommateurs.

      Il y a des personnes qui décident de se lancer dans la grève des naissances. Qu’en pensez-vous ?

      Je suis heureuse que ces discussions fassent leur apparition dans l’espace public, au lieu d’être des sujets que l’on évoque à la va-vite et dont on a peur de parler. La question d’avoir ou non une progéniture est très clivante, y compris chez moi.

      Je l’ajoute à la troisième compilation :
      https://seenthis.net/messages/680147

      Et à celle des évaluations et critiques des #actions_individuelles compilées ici :
      https://seenthis.net/messages/794181

      #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #Anthropocène #capitalocène

      Mais aussi #childfree #no_kids #nullipare #racisme #Naomi_Klein

  • Environnement-Débat. « Naomi Klein sait qu’un Green New Deal est notre seul espoir contre la catastrophe climatique » | A l’encontre
    https://alencontre.org/ameriques/americnord/usa/environnement-debat-naomi-klein-sait-quun-green-new-deal-est-notre-seul-

    D’un côté, c’est très simple. Depuis la Seconde Guerre mondiale, nous avons maintenant plus de gens en mouvement que jamais. Les migrations massives vont devenir une réalité à l’ère des bouleversements climatiques qui nous attendent. Les perturbations climatiques sont une cause directe de la migration, et aussi une cause indirecte de la migration, parce que les stress climatiques agissent comme un accélérateur dans de nombreux conflits armés. Dans de nombreux cas, elles se recoupent avec différentes formes de violence. Elles agissent comme un accélérateur. Le stress climatique aggrave les problèmes que vous rencontrez, ce qui incite souvent les gens à migrer.

    Nous sommes confrontés à un choix très clair quant à la façon dont nous allons faire face à cette réalité. Allons-nous complètement réimaginer nos frontières ? Allons-nous comprendre qu’il s’agit d’une crise qui a été créée dans le monde riche et qui est ressentie d’abord et avant tout par les populations les plus pauvres de la planète ? Allons-nous ouvrir nos bras et ouvrir nos frontières à bien d’autres personnes ? Ou allons-nous fortifier ces frontières et nous contenter de dire que nous allons prendre soin des nôtres ?

    La montée de l’éco-fascisme nous dit que nous allons le faire. Et quand cela se produit, et que des milliers de personnes commencent à se noyer en Méditerranée, et quand vous avez des gens enfermés dans des conditions abominables dans des camps de détention, que ce soit au Texas, en Libye, à Manus ou à Nauru [îles transformées par le gouvernement australien en camps de détention], il faut des théories pour justifier cette barbarie, des théories qui disent que la vie de certaines personnes vaut plus que celle d’autres et qui réaffirment cette hiérarchie brutale. Ainsi, de la même manière que le racisme pseudoscientifique est apparu comme un moyen de justifier la barbarie de l’esclavage et le vol de terres coloniales, nous sommes maintenant au milieu d’une résurgence de ces mêmes visions brutales du monde, pour justifier le sacrifice actuel et futur de la vie humaine face aux bouleversements climatiques.

    #green_new_deal #capitalisme_du_désastre #naomi_klein

  • Le #capitalisme est la cause du dérèglement climatique

    #Naomi_Klein est journaliste, réalisatrice et l’auteure de plusieurs essais remarqués : No Logo : La tyrannie des marques (Actes Sud, 2001), La Stratégie du choc : Montée d’un capitalisme du désastre (Actes Sud, 2008) et Tout peut changer : Capitalisme et changement climatique (Actes Sud, 2015). Nous vous proposons la traduction inédite d’un de ses derniers articles publié le 3 août dernier sur le site américain TheIntercept.com : « Capitalism killed our climate momentum, not “human nature” ».

    Demain Dimanche [4 août – ndlr], un seul article occupera l’intégralité du magazine du New York Times, et portera sur un sujet unique : l’absence de réaction face à la crise climatique mondiale dans les années 80, à l’époque où du point de vue scientifique la question était réglée, mais aussi où les opinions politiques semblaient tenir compte de ce point de vue. L’auteur de l’article est Nathaniel Rich, dont le travail d’historien foisonne de révélations d’initiés sur le refus de prendre certaines décisions, ce qui me fit jurer à voix haute à de nombreuses reprises. Au cas où le moindre doute subsisterait quant au fait que les conséquences de ces non-décisions graveront une empreinte suffisamment profonde pour définir une ère géologique, un reportage de photographie aérienne de George Steinmetz ponctue le texte de Rich, et notre regard ne peut se détacher de ces témoignages sur le délitement accéléré des systèmes planétaires, depuis la transformation de la glace du Groenland en un déchaînement d’eaux vives, jusqu’aux gigantesques efflorescences algales du troisième lac chinois par la taille.

    La longueur de l’article est celle d’un court roman ; il constitue un exemple du type de prise de position médiatique que la crise climatique mérite depuis longtemps, mais dont elle ne bénéficie presque jamais. Un sujet aussi trivial que le pillage de notre unique habitat ne mérite pas de faire les gros titres, et la litanie de justifications à une telle affirmation ne nous est que trop familière : « Le changement climatique est un problème de bien trop long terme » ; « Il est malvenu de parler politique, au moment où des gens périssent, victimes d’ouragans ou d’incendies » ; « Les journalistes s’adaptent à l’actualité, ne la créent pas » ; sans oublier, bien entendu : « Rien de tel pour fracasser l’audimat ».
    La responsabilité des médias

    Aucune de ces excuses ne saurait dissimuler le manquement au devoir. Les médias dominants ont toujours eu le pouvoir de décider, tout seuls, que la déstabilisation planétaire était un sujet d’actualité de la plus haute importance ; parmi ceux du moment, il est sans aucun doute le plus lourd de conséquences. Ils ont toujours eu cette capacité de mobilisation des talents de leurs journalistes et photographes, qui leur permettrait de mettre en évidence le lien entre sciences abstraites et évènements climatiques extrêmes, tels qu’ils sont vécus. Le feraient-ils avec constance, qu’ils atténueraient le besoin pour les journalistes de déterminer l’agenda politique, dans la mesure où un public mieux au fait de la menace comme des solutions concrètes, tend à pousser ses élus à prendre des mesures courageuses.

    Ainsi s’explique l’exaltation ressentie en apprenant que le Times mobilisait l’intégralité des troupes de sa machine éditoriale pour soutenir l’opus de Rich – à coups de film promotionnel, de lancement télévisé en direct depuis le Times Center, en passant par la publication de matériel pédagogique dédié.

    Ainsi s’explique également, la colère qui nous étreint à la lecture d’un article dont les prémisses sont à ce point erronées. Selon Rich, entre 1979 et 1989, la science fondamentale du changement climatique était comprise et acceptée, le sujet n’avait pas encore provoqué de clivage partisan, les compagnies d’exploitation des énergies fossiles n’avaient pas encore entamé de véritable campagne de désinformation, enfin une puissante dynamique politique semblait entraîner le monde vers la conclusion d’un accord international de réduction des émissions, à la fois ambitieux et contraignant. Lorsqu’il parle de cette période-clé, à la fin des années 80, Rich écrit : « Toutes les conditions du succès étaient réunies ».

    Mais nous avons tout gâché – « nous », c’est à dire les humains, dont la myopie sévère nous empêche de sauvegarder notre avenir. Et au cas où nous n’aurions pas bien compris sur qui, ou sur quoi, rejeter la responsabilité de notre « perte de la terre », la réponse de Rich se présente sous la forme d’un cri indigné en pleine page : « Tous les faits nous étaient connus, aucun obstacle ne barrait la voie. C’est à dire … aucun, à part nous-mêmes. »

    Ouais … vous, moi. Selon Rich, pas les compagnies pétrolières, qui participèrent à chacune des réunions politiques dont l’article fait mention. (Essayez d’imaginer un gouvernement étasunien qui chargerait l’industrie du tabac de rédiger les politiques visant à interdire de fumer. Au cas où ce type de réunions échouerait à prendre la moindre mesure concrète, devrait-on en conclure à la tendance suicidaire des populations ? Devrait-on, au contraire, pencher pour la corruption d’un système politique à l’agonie ?).

    Depuis mercredi, date de la mise en ligne de la première version de l’article, de nombreux scientifiques et historiens ont souligné ce contresens. D’autres ont attiré l’attention sur les invocations insupportables à la « nature humaine », ainsi que sur le « nous » de majesté, utilisé pour décrire un groupe de personnages très influents, dont l’homogénéité est à mourir de rire. On ne trouve, dans le compte rendu de Rich, pas la moindre allusion à ces dirigeants de « Pays du Sud », qui exigèrent des mesures contraignantes, pendant et après cette période-clé, et dont l’humanité, bizarrement, ne les empêchait pas de se soucier des générations futures. Parallèlement, il est aussi rare de percevoir l’écho d’une voix féminine dans le texte de Rich, que d’observer des pies à bec ivoire en pleine nature – et si nous, mesdames, finissons bien par apparaître, c’est avant tout dans le rôle de déesses de douleur, épouses de héros tragiques.
    Des politiques tout aussi coupable

    Rich finit par conclure que tout fut gâché par l’intervention de quelque chose du nom de « nature humaine », sans pour autant se soucier de fournir la moindre preuve, ni sociale, ni politique. Il affirme que « les êtres humains, qu’ils soient membres d’organisations mondiales, de démocraties, d’entreprises, de partis politiques, ou simplement en tant qu’individus, ont conscience du châtiment qu’ils infligeront aux générations futures, mais ils se révèlent incapables de sacrifier leurs habitudes de consommation présentes pour autant. On dirait que nous sommes incapables de nous détacher de « notre obsession du présent, notre souci du moyen terme, notre tendance à chasser le long terme de nos esprits, comme on recrache un poison ».

    Mon analyse de la même période me fit aboutir à une conclusion diamétralement opposée : avec le recul, ce qui ressemblait au premier abord à l’opportunité idéale de mise en œuvre de politiques de préservation du climat, se révèle avoir été un anachronisme historique de première ampleur. En effet, l’analyse rétrospective de ce moment le fait apparaître clairement comme la conjonction du rassemblement de gouvernements enfin bien décidés à brider l’industrie pétrolière, et de la transformation en tsunami de la vague néolibérale, dont les objectifs de déconstruction économique et sociale entrèrent en collision frontale avec les impératifs de la science du climat d’une part, de l’imposition de règles permanentes aux grandes entreprises d’autre part. L’absence de la moindre allusion, même infime, à l’apparition de cette autre caractéristique du monde de l’époque, trace au cœur de l’article de Rich, un angle mort dont l’énormité donne le vertige. Après tout, le métier de journaliste offre cet avantage essentiel de pouvoir revenir sur le passé récent, en étant capable de discerner alors des tendances, des structures, demeurées invisibles aux yeux de celles et ceux qui furent emportés par ces bouleversements, en temps réel. Par exemple, en 1988, la communauté scientifique ne pouvait avoir conscience d’être en équilibre sur le bord d’un précipice, prête à basculer dans le creuset d’une révolution libérale dont les convulsions allaient remodeler toutes les principales économies de la planète.

    Mais nous, nous savons. Lorsqu’on se penche sur la fin des années 80, il apparaît très clairement que 1988-89 étaient très loin de rassembler « des conditions de réussite on ne peut plus propices » ; en fait, pour une humanité décidée à prendre la résolution ferme de placer la santé de la planète en tête de ses priorités, loin devant les dividendes, il s’agissait très probablement du pire moment.

    Situons le contexte. En 1988, les États-Unis signèrent avec le Canada un accord de libre-échange qui allait servir de prototype aux innombrables traités du même genre conclus par la suite. La chute du Mur de Berlin était toute proche, un événement dont les idéologues étasuniens d’extrême-droite allaient réussir à s’emparer pour en faire à la fois la preuve de la « fin de l’histoire », et le blanc seing les autorisant à exporter aux quatre coins de la planète privatisations, dérégulation, austérité, à savoir les trois ingrédients de base de la recette Reagan-Thatcher.

    Ce fut cette convergence de tendances historiques – l’émergence au niveau mondial de deux architectures, l’une en prévision de la lutte contre le changement climatique, et l’autre, beaucoup plus solide, destinée à libérer le capital de toute contrainte -, qui enraya le mouvement dont Rich procède à la juste identification. En effet, fait-il remarquer à de nombreuses reprises, la relève du défi de la lutte contre le changement climatique, aurait réclamé d’une part l’imposition de règles strictes aux pollueurs, d’autre part un plan d’investissements dans les services publics, afin de transformer nos modes d’alimentation en énergie, nos habitudes de vies dans les grandes villes, nos moyens de transport.

    Tout ceci était possible dans les années 80-90 (et continue à l’être) – mais uniquement au prix d’une bataille frontale contre le projet néolibéral, qui lançait, à ce moment précis, une offensive contre l’idée même de service public (« La société est une chimère », nous répétait Thatcher). Parallèlement, les accords de libre-échange conclus à l’époque, faisaient tout leur possible pour rendre illégales au regard du droit du commerce international, de nombreuses initiatives bienvenues pour le climat – comme les subventions, ou la priorité accordées à l’économie verte localisée, ou le refus opposé aux nombreux projets polluants, comme les oléoducs ou la fracturation hydraulique.

    J’ai écrit un livre de 500 pages sur cette collision entre planète et capitalisme, dont je ne vais pas ressasser les détails ici-même. Cependant, cet extrait traite le sujet en profondeur, c’est pourquoi je me permets d’en citer un court extrait :

    Nous n’avons pas fait le nécessaire pour réduire les émissions, parce que la nature même de ce type d’actions entre en conflit avec le capitalisme dérégulé, à savoir l’idéologie dont le règne couvre toute la période au cours de laquelle nous nous sommes démenés pour trouver le moyen de sortir de cette crise. Nous n’avançons pas, parce que les mesures qui constitueraient notre meilleure chance d’éviter la catastrophe – et dont la très grande majorité bénéficierait – représentent une menace extrême pour une élite minoritaire qui tient en laisse les médias dominants, et bride nos économies comme notre fonctionnement politique. Ce problème n’aurait probablement rien eu d’insurmontable, s’il était survenu à tout autre moment de notre histoire. Mais pour notre grand malheur à tous, c’est au moment précis où la communauté scientifique présentait la menace pesant sur le climat sous forme de diagnostic irréfutable, que cette élite put jouir sans entraves de pouvoirs politique, culturel, intellectuel, qui n’avaient plus été aussi étendus depuis les années 20. En fait la diminution drastique des émissions de gaz à effet de serre avait fait l’objet de discussions sérieuses entre gouvernements et scientifiques dès 1988 – l’année même où se leva l’aube de ce que nous allions connaître sous le nom de « mondialisation ».

    Un socialisme démocrate vert comme solution ?

    Pourquoi l’absence de mention par Rich de cette collision, remplacée chez lui par l’affirmation selon laquelle c’est bien la « nature humaine » qui scella notre sort, nous importe-t-elle ? Son importance tient au fait que, si « nous-mêmes » sommes la force qui enraya la mobilisation en faveur de l’action, alors la une fataliste du magazine du New York Times, – « La Perte de la Terre » – est effectivement appropriée. Si nous sommes incapables de faire des sacrifices à court terme, même dans l’espoir d’améliorer notre santé et notre sécurité dans le futur, et si cette inaptitude est une composante fondamentale de notre ADN collectif, alors nous ne saurions espérer être capables de changer le cours des évènements assez tôt, pour éviter un réchauffement vraiment catastrophique.

    En revanche, si nous autres humains étions vraiment à deux doigts de nous tirer d’affaire dans les années 80, jusqu’au moment où un raz-de-marée élitiste de libre-échangisme fanatique nous submergea – en dépit de millions d’opposants aux quatre coins de la planète -, alors nous pouvons agir de manière on ne peut plus concrète. Nous pouvons faire face à cet ordre économique, afin d’essayer d’y substituer une alternative soucieuse de sécurité humaine et planétaire, qui ne maintiendrait pas en son centre, coûte que coûte, la recherche de la croissance et du profit.

    Quant à la bonne nouvelle – car il y en a une – elle tient au fait qu’aujourd’hui, contrairement à 1989, un jeune mouvement, en pleine expansion, de socialistes démocrates « verts », fait campagne aux États-Unis autour d’un tel projet. Cette alternative n’est pas uniquement électorale – elle donne à voir notre seul et unique horizon vital.

    Soyons clairs cependant : cet objectif, qu’il est indispensable d’atteindre, ne s’appuie sur aucun essai préalable, en tout cas pas à l’échelle requise. Lorsque le Times publia sur Twitter une accroche pour l’article de Rich, évoquant « l’inaptitude de l’humanité à juguler la catastrophe climatique », l’excellente aile écolo-judiciaire des Socialistes Démocrates d’Amérique, s’empressa de proposer cette correction : « LE CAPITALISME ; S’ils voulaient vraiment chercher les causes du déraillement, leur enquête porterait sur un capitalisme incapable de s’attaquer au problème posé par la catastrophe du changement climatique ». Malgré le capitalisme, l’humanité est tout à fait capable de s’organiser en modèles florissants de sociétés, délimités par les contraintes de l’écologie ».

    Leur argument se tient, en dépit de ses failles. Rien n’oblige les humains à vivre sous le règne du capitalisme ; nous, les humains, sommes capables de nous organiser sous les formes de toutes sortes d’ordres sociaux différents, parmi lesquels des sociétés dont l’horizon temporel serait beaucoup plus éloigné, ou plus aptes à respecter les systèmes soucieux de préserver les conditions de survie de la nature. En fait, c’est ainsi que les humains vécurent, sauf pendant une infime partie de notre histoire, et de nos jours encore bien des cultures indigènes perpétuent des cosmologies géocentriques. Le capitalisme n’est qu’une anomalie minuscule dans l’histoire collective de notre espèce.

    Mais il ne suffit pas de pointer la seule responsabilité du capitalisme. Sans contestation possible, on peut affirmer que le capitalisme, en raison de sa soif inextinguible de croissance et de profits, se dresse comme un obstacle sur l’unique chemin menant à la transition rapide vers la sortie des énergies fossiles. Sans contestation possible, on peut également affirmer que la propagation sur toute la planète, dans les années 80-90, d’une forme débridée du capitalisme connue sous le nom de néolibéralisme, explique à elle seule le pic désastreux des émissions au cours des dernières décennies, au niveau mondial, et constitue aussi l’unique pierre d’achoppement, sur laquelle les gouvernements continuent de buter, depuis qu’ils se réunissent (et parlent, encore et encore), au moment de prendre des mesures de sauvegarde du climat, d’inspiration scientifique. Il s’agit aujourd’hui encore de l’obstacle principal, même dans des pays, comme la France et le Canada, qui se vantent d’être en première ligne dans la bataille climatique.

    Cela dit, il nous faut faire preuve d’honnêteté, et admettre que le socialisme industriel autocratique fut tout aussi désastreux pour l’environnement, comme le prouve la chute brève mais spectaculaire des émissions au début des années 90, soit au moment où s’effondrèrent les économies de l’ex-Union Soviétique. Ainsi que je l’écrivais dans Tout Peut Changer, le populisme pétrolier du Venezuela perpétue cette tradition toxique de nos jours, avec des conséquences désastreuses.

    Reconnaissons-le, tout en soulignant que des pays de forte tradition social-démocrate – comme le Danemark, la Suède, ou l’Uruguay – appliquent des politiques qui comptent parmi les plus visionnaires au monde en matière d’environnement. Ce qui nous amène à conclure que, si socialisme et écologie ne vont pas forcément de pair, une nouvelle forme d’éco-socialisme démocratique, suffisamment humble pour retenir les leçons des enseignements indigènes sur nos devoirs envers les générations futures, comme sur l’interconnexion de toutes les formes de vie, a toutes les apparences du pari le moins risqué, pour une humanité en quête de survie collective.

    Tel est l’enjeu de la floraison de candidatures politiques issues du tissu associatif, dont les campagnes en faveur d’un projet éco-socialiste démocratique, révèlent les liens entre les déprédations économiques consécutives à plusieurs décennies d’hégémonie néolibérale, et l’état dévasté de notre habitat naturel. En partie inspirés par la campagne présidentielle de Bernie Sanders, plusieurs candidats, d’origines multiples – à l’image d’Alexandra Ocasio-Cortez, à New York, de Kanelia Ing, à Hawaï, et de bien d’autres encore – font campagne sur des programmes appelant à un « New Deal Vert », apte à satisfaire les besoins matériels fondamentaux de chacun, à offrir de vraies solutions en matière d’injustices envers certaines communautés, de race ou de genre, tout en catalysant une transition rapide vers un recours exclusif aux énergies renouvelables. Plusieurs d’entre eux, comme Cynthia Nixon, candidate au poste de gouverneur de l’état de New York, ou Zephyr Teachout, candidat au poste de procureur général du même état, ont promis, non seulement de refuser l’argent des compagnies pétrolières, mais encore de les poursuivre en justice.

    Tous ces candidats, qu’ils se revendiquent ou non du socialisme démocratique, rejettent le centrisme néolibéral des élites du Parti Démocrate, et la fadeur de leurs solutions « compatibles avec l’économie de marché » à la crise écologique, tout comme le guerre totale de Trump contre la nature. Ils incarnent également une alternative concrète aux socialistes extractivistes peu soucieux de démocratie, ceux d’hier comme ceux d’aujourd’hui. Par dessus-tout, cette nouvelle génération de dirigeants politiques, se refuse à faire de « l’humanité » le bouc-émissaire, condamné à expier les péchés d’avarice et de corruption d’une élite restreinte. Elle cherche, au contraire, à aider l’humanité – notamment celles et ceux dont on ignore systématiquement la parole, voire l’identité – à se constituer en un pouvoir soudé, doté d’une voix unique, et capable de tenir tête à cette élite.

    Nous ne perdons pas la terre – mais son réchauffement accéléré la place sur une trajectoire menant un grand nombre d’entre nous à leur perte. Une nouvelle voie politique se présente, juste à temps, pour nous emmener en lieu sûr. Le temps n’est pas aux lamentations sur les années perdues. Le moment est venu de s’engager sur cette voie, sans perdre un instant.

    https://www.luxediteur.com/le-capitalisme-est-la-cause-du-dereglement-climatique
    #climat #changement_climatique #responsabilité

  • #No_Logo at 20: have we lost the battle against the total branding of our lives? | Books | The Guardian
    https://www.theguardian.com/books/2019/aug/11/no-logo-naomi-klein-20-years-on-interview
    https://i.guim.co.uk/img/media/202a9684ef0a1d09eb121f8e91949ec50aab6789/0_7_2536_1521/master/2536.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    Some political books capture the zeitgeist with such precision that they seem to blur the lines between the page and the real world and become part of the urgent, rapidly unfolding changes they are describing. On 30 November 1999, mere days before the publication of Naomi Klein’s debut, No Logo, the epochal “Battle of Seattle” began. Tens of thousands turned out to protest against the World Trade Organisation, and the global corporate interests it represented, and were met with tear gas, pepper spray, rubber bullets and stun grenades. Seattle’s mayor declared a state of emergency, and a massive “no protest zone”, as the violence continued, while the chief of police resigned.

    #naomi_klein

  • Incessants débats ici : l’effondrement est-il imminent ? Quelles sont ses causes ? Quelles sont les solutions ? Est-il utile de le dénoncer ? Est-il encore possible de l’éviter ou faut-il plutôt préparer l’après ? N’y a-t-il pas de solutions individuelles en attendant un hypothétique renversement du système ?

    J’avoue être convaincu, par des articles lus ici, de la relative inutilité des actions individuelles, mais je dis bien « relative » car ici #Titiou_Lecoq, que j’aime bien et qui n’est pas naïve, pointe les avantages de telles actions, indépendantes de celles que chacun.e peut proposer par ailleurs pour renverser le capitalisme :

    Je n’ai pas investi dans un lombricomposteur pour m’acheter une bonne conscience
    Titiou Lecoq, Slate, le 26 octobre 2018
    http://www.slate.fr/story/169083/ecologie-achat-lombricomposteur-geste-individuel-conscience-politique-planete-

    Ce qu’on entend chez une partie de la gauche, c’est que ce serait inutile, et même pire, contre-productif. Le problème écologique étant indissociablement lié au capitalisme, nous serions des idiots utiles en nous focalisant sur des micro-actions individuelles qui ne changent rien. L’idée est qu’on s’achète ainsi une bonne conscience (« moi j’ai fait ma part ») et qu’on laisse le système perdurer en toute tranquillité.

    Il y a angoisse, il y a prise de décision individuelle du type « on va réduire nos déchets », mais ça ne s’arrête pas là, ce n’est que le démarrage d’un long processus.

    On l’ajoute à la troisième compilation :
    https://seenthis.net/messages/680147

    #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #Anthropocène #capitalocène

  • MARAKÁ’NÀ

    The #Maracanã stadium is not only a space for leisure but, above all, a space of struggle. In this documentary, the Grupo Popular Pesquisa em Ação explores the struggle for education, for housing, for indigenous rights, against capital development. This is a story similar to many struggles throughout Brazil, against the mega-events and the development model imposed from above.
    This video narrates the events using testimonies of the protagonists and historical images. The main objective of this project is to analyze the resistance practices developed against the FIFA World Cup #2014, in Rio de Janeiro. This analysis is contextualized with the collection of crucial historical testimonies, reports of all the #violence and abuses that occur due to the FIFA World Cup 2014. The video is geographically centered around the area of the Maracanã stadium, one of the areas where the contradictions of the development model characterized by the state of exception came to light and where several resistance strategies have emerged.
    Around the Maracanã stadium took please different fights: for the Indigenous place Aldeia Marakana, for the #Favela_do_Metrô_Mangueira, for the public buildings around and the social movement #Não_Vai_ter_Copa - There won’t be a world cup.

    https://vimeo.com/313694605


    #Brésil #film #documentaire #éducation #luttes #résistance #logement #peuples_autochtones #anti-capitalisme #coupe_du_monde #foot #football #stade #événements_sportifs #méga-événements #Makarana

  • Comment tuer une ville

    Le 29 août 2005, un #ouragan s’abattait sur La #Nouvelle-Orléans, tuant près de deux mille personnes et détruisant des dizaines de milliers d’habitations. Cette catastrophe a permis aux décideurs et aux élites économiques d’expérimenter un urbanisme de la #table_rase, visant à remplacer les pauvres par des touristes. Une méthode dont risquent bien de s’inspirer d’autres dirigeants désireux de tirer profit des tragédies climatiques…


    https://www.monde-diplomatique.fr/2018/12/CYRAN/59367
    #New_Orleans #catastrophe_naturelle #urbanisme #touristes #pauvreté #pauvres #vide #géographie_du_vide #climat

    v. aussi
    #Stratégie_du_choc de #Naomi_Klein

  • «Marco si è sentito male domenica, mentre era con suo fratello e gli amici.
    Un ragazzo gentile di 24 anni che parlava cinque lingue, impegnato come volontario per tradurre le informazioni ai richiedenti asilo.
    Si lamentava per i forti dolori all’addome. I crampi che provoca l’appendicite quando si infiamma. È corso in ospedale, dove lo hanno trattato con superficialità e dimesso senza fargli alcuna analisi. «Ma io sto malissimo, mi fa male la pancia!», ripeteva. Non gli hanno creduto.
    Nelle ore successive i dolori aumentano. La sera, Marco non riesce più a stare in piedi. Suo fratello e i suoi amici lo portano alla farmacia di turno, quella di Piazza Garibaldi, a un passo dalla stazione centrale di Napoli. Il farmacista si rifiuta di aprire la porta. Vede il ragazzo contorcersi per il dolore. Lo pregano di chiamare un’ambulanza. Attendono per più di un’ora, mentre Marco è riverso a terra, ma l’ambulanza non arriva. I ragazzi corrono alla fermata dei taxi più vicina, quella di Piazza Mancini. Per accompagnare Marco in ospedale servono dieci euro per la corsa. «Eccoli!», dicono, ma il tassista si rifiuta di caricarli. «Per piacere, sta malissimo!». Niente da fare. I ragazzi sollevano Marco e lo scortano a un’altra farmacia. Il farmacista osserva il ragazzo e gli suggerisce di acquistare farmaci per quindici euro. Marco inghiotte i farmaci, torna a casa, vomita.
    Suo fratello e i suoi amici tentano di nuovo di chiamare un’ambulanza, invano. Si rivolgono a Mauro, che è medico. Telefona anche lui: «Non possiamo mandare un’ambulanza per un ragazzo che vomita». «Ma sta male - li supplica Mauro - è urgente!». Ricostruisce i fatti parlando al telefono con i colleghi, spiega i sintomi. Marco rantola, ha quasi perso conoscenza. «Niente ambulanza, dovete portarlo a farsi visitare alla guardia medica. Nel caso, poi, l’ambulanza la chiamano loro». Sui fratello e gli amici lo prendono in spalla, corrono disperati verso Piazza Nazionale. Fermano una volante dei Carabinieri ma nemmeno quelli vogliono caricare Marco in macchina. Si rimettono a correre.
    Quando arrivano a destinazione Marco non risponde più. I medici capiscono che bisogna chiamare un’ambulanza e operarlo al più presto, ma il più presto era prima.
    Poco dopo l’arrivo in ospedale, Marco è morto.
    È morto perché non si chiamava Marco ma #Ibrahim_Manneh e veniva dalla Costa D’Avorio, come l’abbiamo ribattezzata noi europei nel 1500, quando abbiamo razziato tutti gli elefanti della zona portandoli all’estinzione.»
    Francesca Fornario su Il Fatto Quotidiano, 11 luglio 2017

    In memoria di tutti gli Ibrahim contro il razzismo crescente di coloro che per squallidi ritorni elettorali giocano sulla pelle degli immigrati, di coloro che vogliono erigere muri o blocchi navali, di coloro che si scagliano contro chi cerca una vita migliore.
    IO SONO IBRAHIM! PER NON DIMENTICARE, MAI!

    –-> Lu sur la page Facebook de Lisa Bosia, qui elle-même a repris de la page FB de Roberto Cammarano :
    https://www.facebook.com/lisa.bosia/posts/10216678274053482

    #hôpital #racisme #xénophobie #Italie #non-assistance_à_personne_en_danger #secours #accès_aux_soins #décès #ambulance #pharmacie #Naples

    Ibrahim Manneh comme #Naomi_Musenga :
    https://seenthis.net/messages/693102
    https://seenthis.net/messages/693545

  • Macron, le Médiocrate 13 juin 2018 - Anticons
    https://anticons.wordpress.com/2018/06/13/macron-le-mediocrate

    Réformateur, pragmatique et efficace, il est “l’homme que nous attendions”, nous laissent entendre des responsables des grands médias. Intellectuellement, il fut très proche du philosophe Paul Ricoeur, nous rabâchent ses admirateurs. Dès 2014, Attali annonçait :  « Macron sera président en 2017 » ,  « Nous avons élu un oiseau très rare ! » nous dit Kouchner.  « Il a résisté pendant quelques secondes à la poignée de main Donald Trump » commente Christophe Barbier. « L’échange est ferme, viril mais correct, et hisse la France au niveau de l’Amérique » garantit l’éditocratie.  « Macron c’est moi, en mieux » certifie Sarkozy.  « Il est mi-Kennedy, mi-Alcibiade » écrit BHL toujours bien inspiré (Alcibiade fut condamné à l’exil et Kennedy mourut assassiné). Pour Alain Minc, « Macron, c’est Bonaparte Premier consul « . Alain Juppé  « partage en grande partie » la vision d’Emmanuel Macron. Valéry Giscard d’Estaing « distribue des bons points » à Macron. Bref, cet échantillon de louanges dithyrambiques indique à quel point Emmanuel Macron est le modèle d’une très grande partie de la classe politico-médiatique. N’ayons pas peur des mots, Emmanuel Macron fait consensus auprès des oligarques.
     


    Esprit éclairé ou confusion mentale ? Macron, le best of !
    Nous avons sélectionné quelques citations emblématiques du Président Macron. Parmi les constantes figure en premier lieu la certitude pour lui d’être un homme d’exception. D’autre part, Emmanuel Macron à une fâcheuse tendance à perdre son sang froid dès qu’il est contrarié. Ajoutons que notre Président méprise totalement les classes populaires. Enfin, autre point inquiétant, Emmanuel Macron ne cesse de se contredire et, peut-être pire encore, il semble prendre ses croyances pour des vérités absolues. Voyons cela plus en détails.

     « Je ne suis que l’émanation du goût du peuple français pour le romanesque »

     « Aujourd’hui, je ne suis pas prêt à faire les concessions que m’impose le Parti socialiste, c’est-à-dire m’excuser d’être un jeune mâle blanc diplômé. En d’autres temps, c’était un avantage compétitif inouï. Un jeune mâle blanc inspecteur des finances, il y a soixante ans, était le maître du monde »

     « Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort »

     « Je mise sur la révolution démocratique »

     « Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires »

     « Il aurait fallu une Margaret Thatcher à la France »

     « Fillon, c’est Thatcher dans les années 80, la France mérite mieux que ça »

     « Je n’ai pas de leçons à recevoir. »

     « Le meilleur moyen de se payer un costard, c’est de travailler »

     « Le libéralisme c’est la loi du plus fort, l’esprit des réformes que nous proposons c’est tout l’inverse »

     « Le libéralisme est une valeur de gauche »

     « Je suis maoïste, […] un bon programme c’est ce qui marche »

     « La politique c’est mystique »

     « Quand t’es jeune, 35h c’est de la pipe »

     « Travailler plus, sans être payé plus »

     « Monsieur Trump » ou  « l’Américain » : « N’oubliez jamais que si vous êtes une nation libre, c’est parce que des ambitieux sont partis de ces terres avec l’amour de la liberté, avec le même rêve, le rêve français, le rêve européen. Monsieur Trump, n’oubliez jamais ce que vous nous devez. La liberté, votre existence, c’est celle de Lafayette, c’est la nôtre »

     « Avec Trump, nous contribuerons à la création d’un ordre mondial du 21e siècle pour le bien de nos concitoyens »
    https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=DXcrghQfslU

     « Il y a dans cette société (Gad), une majorité de femmes, il y en a qui sont pour beaucoup illettrées, pour beaucoup on leur explique : Vous n’avez plus d’avenir à Gad ou aux alentours. Allez travailler à 50 ou 60 km ! Ces gens-là n’ont pas le permis de conduire, on va leur dire quoi ? »

     « Si j’étais chômeur, je n’attendrais pas tout de l’autre, j’essaierais de me battre d’abord »

     « Mes prédécesseurs n’avaient absolument aucune idée pour l’Europe »

     « J’ai une loyauté personnelle envers François Hollande. Je lui dois de m’avoir fait confiance et de m’avoir nommé au gouvernement. En même temps, lorsqu’un président nomme quelqu’un ministre, il le fait parce qu’il pense que c’est bon pour son pays, pas pour en faire son obligé »

     « François Hollande, sa présidence bavarde et son “absence d’idée” sur l’Europe »

     « Comme De Gaulle, je choisis le meilleur de la gauche, le meilleur de la droite et même le meilleur du centre »

     « Je suis l’anti-système »

     « J’ai condamné toujours la colonisation comme un acte de barbarie. […] La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime contre l’humanité. Ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes »

     « En même temps, il ne faut pas balayer tout ce passé et je ne regrette pas cela parce que – il y a une jolie formule qui vaut pour l’Algérie – la France a installé les droits de l’homme en Algérie, simplement elle a oublié de les lire. […] Tout en reconnaissant ce crime, je ne veux pas qu’on tombe dans la culture de la culpabilisation sur laquelle on ne construit rien »

     « Une gare, c’est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien, parce que c’est un lieu où on passe, un lieu que l’on partage »

    Difficile, au milieu de tant d’inconséquence, de comprendre comment Macron a pu séduire autant de français. Le philosophe Alain Deneault montre qu’Emmanuel Macron, à l’instar de Justin Trudeau, premier ministre du Canada depuis novembre 2015, est devenu une figure charismatique uniquement parce que des médias complaisants lui attribuent plus de qualités qu’il n’en a réellement.

    Une figure de proue de l’extrême centre…
    Alain Deneault définit l’extrême centre comme un nouvel ordre politique qui s’efforce de liquider les notions de droite et de gauche. Cette nouvelle droite, puisque nous allons voir qu’il s’agit bien de cela, s’applique selon lui à garantir plus d’argent pour les multinationales, plus de dividendes versés aux actionnaires, plus de facilité d’accès aux paradis fiscaux, moins de services sociaux, et le démantèlement des droits des travailleurs.
     « Emmanuel Macron, c’est Robin des bois à l’envers : il prend aux pauvres pour donner aux riches » a déclaré le journaliste François Ruffin. Et au vu du bilan de sa première année de présidence, il semble difficile de donner lui tort :

    • Suppression de l’impôt sur la fortune (ISF) dès 2017
    • Suppression de l’impôt pour freiner l’exil fiscal (exit tax) pour 2019
    • Suppressions de 120 000 postes de fonctionnaires
    • Gel du point d’indice et rétablissement du jour de carence pour les fonctionnaires
    • Diminution des aides au logement
    • Hausse de la CSG
    • Stigmatisation des chômeurs
    … pour ne retenir que quelques mesures.

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=ZnWgYicjYAQ


    Il n’y a rien de nouveau sous le soleil, serait-on tenté de dire, puisque l’économiste libéral Milton Friedman soutenait qu’une entreprise ne devrait pas avoir de  « responsabilité sociale » envers le public ou la société. Pour Friedman, le seul souci qui doit peser sur l’entreprise est d’accroître les profits pour ses actionnaires ainsi que pour elle-même. Pour les tenants de la doctrine Friedman, en particulier Reagan, Thatcher et Pinochet, la question sociale doit être subordonnée au bon vouloir de l’initiative privée. Une théorie très fortement contestée par la journaliste Naomie Klein qui démontre que la plupart des citoyens s’appauvrissent tandis que les élites corporatives gagnent une énorme richesse. En janvier 2018, l’ONG Oxfam International rapportait dans un rapport consacré à l’année 2017 que les 1% les plus riches ont empoché 82 % des richesses créées cette année-là, tandis que la moitié la plus pauvre de l’humanité n’en n’a pas eu une miette.

    L’extrême centre ne tolère pas d’opposition
    Deneault explique clairement que l’#extrémisme ne s’évalue pas en fonction du curseur gauche-droite. L’extrémisme nous dit-il, est l’attitude qui consiste à être intolérant à ce qui n’est pas soi. Ainsi, l’extrême centre se présente arbitrairement comme étant “le” centre. L’extrême centre serait donc en somme l’équilibre, la voie médiane qui évite raisonnablement les deux extrêmes. Mais comprenons bien qu’il s’agit avant tout d’une posture. Or la question du positionnement faussement modéré ne date pas d’hier, et l’exemple le plus parlant est peut-être celui d’ #adolphe_thiers qui fut le fut le premier président de la République française (1871-1873), partisan libéral dans un premier temps d’une monarchie constitutionnelle. Adolphe Thiers est l’une des figures emblématiques de l’histoire du #Centre_Gauche, dont il est la représentation de la fausse modération. Honoré de Balzac s’inspirera de Thiers pour créé Eugène de Rastignac, un personnage qui est décrit par Balzac comme ambitieux et prêt à tout pour parvenir à ses fins. L’extrême centre au nom de la raison est violent, cruel, destructeur et aveugle nous enseigne Deneault. Partant de là, rappelons-nous qu’en novembre 1831 débutait à Lyon la première révolte des Canuts, ces ouvriers de l’industrie de la soie. Contre les insurgés, Thiers déclara :  « il vaut mieux l’arme blanche que l’arme à feu » . Ce qu’il voulait, c’était éviter de lire dans la presse :  « On tire sur le peuple » . Les canuts se soulèveront à nouveau en 1834. Cette nouvelle insurrection sera une fois encore réprimée dans le sang par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Adolphe Thiers. La Commune de Paris est une autre période insurrectionnelle de l’histoire de Paris. Elle s’est développée à partir du 18 mars 1871 pour aboutir à la fameuse  « Semaine sanglante » du 21 au 28 mai 1871. Le chef du pouvoir exécutif Adolphe Thiers, réfugié pour l’occasion à Versailles, lancera contre la capitale cinq corps d’armée. Le résultat sera terrible, avec plus de 20 000 victimes dont beaucoup de femmes et d’enfants. Et bien évidemment, pour Macron… Thiers a sauvé la République en 1871.
    https://blogs.mediapart.fr/jean-claude-meyer-du-18/blog/100518/thiers-sauve-la-republique-en-1871-selon-macron

    Médiocratie : La marque de l’extrême centre
    En politique selon Deneault, être médiocre signifie satisfaire une oligarchie. Aussi la médiocratie est incarnée par l’extrême centre, commente-t-il. Deneault insiste sur le fait que la  « médiocrité” est en français le substantif désignant ce qui est moyen, tout comme supériorité et infériorité font état de ce qui supérieur et inférieur. Il n’y a pas de  « moyenneté » . En conséquence la médiocrité désigne le stade moyen érigé au rang d’autorité.

    Pour Deneault, la principale compétence d’un médiocre est de reconnaître un autre médiocre. Ensemble, ils organisent des réseaux afin d’établir un puissant système de collusions et de renvois d’ascenseurs. Dans un article précédent consacré à Emmanuel Macron, il nous était apparu important de faire la liste des groupes de pression et des réseaux très opaques du patronat qui gravitent autour de notre nouveau président.

    Et comme il faut bien que l’extrême centre se distingue de la droite stricto sensu, la duperie va s’accomplir dans la bonne humeur. Étant entendu que c’est uniquement le maquillage qui distingue l’extrême centre de la droite à papa, la mystification repose par conséquent sur une #novlangue. La “théorie du ruissellement” selon laquelle “enrichir les riches profite à tout le monde” est contestée par le Gouvernement Édouard Philippe car trop droitière dans son apparence ? Qu’à cela ne tienne, le problème est contourné par Emmanuel Macron en personne, qui lui prône la théorie des  « premiers de cordée » _. Mais comprenons bien que chez Macron, le premier de cordée n’est pas l’instituteur, ni même l’infirmière, l’ingénieur ou l’ambulancier. Les premiers dans le logiciel Macron sont les #réseaux qui lui ont permis d’accéder au pouvoir.

    Les médiocres sont au service d’instances transnationales
    Si nous suivons Alain Deneault dans son raisonnement, nous sommes tous potentiellement des médiocres. Nous sommes donc susceptibles de régresser intellectuellement et moralement. De ce fait, la minorité possédante (oligarchie) qui nous domine et qui emploie Macron met tout en œuvre pour faire de nous des médiocres. Cet asservissement a pour but de nous imposer des protocoles qui insensiblement modifient les consciences, justifiant en cela un discours qui vante les bienfaits de la concurrence. En conséquence, il est facile de comprendre comment la dialectique peut devenir guerrière.

    Souvenons-nous : a posteriori, nous avons eu la confirmation que l’explication humanitaire à la guerre de Libye n’était qu’un prétexte. Bis repetita au printemps de cette année : l’histoire se répète avec Macron en Syrie. Cette fois-ci l’acte qui déclenche les hostilités et une (présumée) attaque chimique à la Douma le 7 avril 2018. En quelques jours, ce qui n’était que supposé va devenir avéré dans les bouches du trio Emmanuel Macron, Theresa May et Donald Trump. Ce qui est remarquable, c’est qu’il y a peu de temps encore, la presse occidentale présentait ce dernier comme un adepte des théories du complot, tout en l’accusant d’être à la solde de la Russie, qui attendrait un retour sur investissement.

    Rappelons donc qu’Emmanuel Macron vient de s’allier à deux États, en l’occurrence les États-Unis et la Grande Bretagne, qui dans un passé récent ont sciemment menti pour envahir l’Irak, et sur bien d’autres motifs de guerre. Qui sont donc ses “amis” ? La guerre d’Irak ou seconde guerre du Golfe commence officiellement le 20 mars 2003. A cette époque, Theresa May était Présidente du parti conservateur qui a toujours soutenu la guerre en Irak. Donald Trump lui, a promu (en mars 2018) le néoconservateur John Bolton au poste très influent de conseiller à la sécurité nationale. En bon néoconservateur, Bolton fut un farouche partisan de la guerre en Irak et du concept de guerre préventive. En 2002, il enterre le protocole de vérification de la convention sur les armes biologiques. En 2002 encore, il signe la lettre qui indique que les États-Unis renoncent à toute participation à la Cour pénale internationale (CPI). Puis Trump nomme Gina Haspel à la direction de la Central Intelligence Agency (CIA). Gina Haspel a été directement impliquée dans la pratique de la torture de détenus. Dans le Washington Post, John Kiriakou, ancien officier du contre-terrorisme de la CIA, explique qu’il est allé en prison pour avoir divulgué les tortures de la CIA. Gina Haspel a aidé à les dissimuler. En s’associant sans la moindre légitimité au duo Trump / May, Macron vient en notre nom à tous, de légitimer la quintessence du Monde selon Bush : torture, traitements cruels, séquestrations illégales, ingérences, guerres sous faux prétextes, (…). Cela nous ramène à la conclusion d’un dossier précédent, où il nous était apparu nécessaire de souligner qu’étape après étape, la pensée politico-médiatique dominante en France est devenue néoconservatrice.

    Confus et nébuleux
     « La grosse colère d’Emmanuel Macron face aux eurodéputés hostiles aux frappes en Syrie « , titra la presse sous l’influence des réseaux de l’OTAN, après que la question des preuves d’armes chimiques lors des attaques en Syrie ait été soulevée à l’Assemblée européenne. Une intervention “irresponsable, risquée et sans perspective politique”, indiquaient certains responsables politiques européens, qui notaient que Trump, May et Macron avaient agi sans preuves ni mandat de l’ONU.

    Face aux eurodéputés hostiles aux frappes en Syrie, Macron s’improvisa défenseur de la veuve et de l’orphelin, et s’adressa à son opposition en ces termes :  « Les mêmes, les mêmes qui à chaque fois s’indignent devant les images que nous avons vu, d’enfants, de femmes, morts d’attaques de chlore, les mêmes, restons-nous assis ? Défendons nous des droits en disant ‘les droits c’est pour nous, les principes c’est pour nous, la réalité c’est pour les autres ? Non, non ! » Le reste est tout aussi indigeste, mais surtout le Président Macron répond totalement à côté, car la seule chose qui lui fut demandée était tout simplement de fournir ses preuves. Par la suite la “médiocrasphère” viendra à la rescousse du nouveau boss :  « Révisionnistes, dégueulasses, sont ceux qui réclament des preuves » , affirme #BHL qui sans vergogne recourt une fois encore au point Godwin (l’arme favorite des médiocres).

     « Bonnet blanc, blanc bonnet »
    Selon les critères définis par A. Deneault, il n’est pas vain d’établir une ressemblance entre le néo-conservatisme et l’extrême centre. Rappelons que le néo-conservatisme est une variante du conservatisme. Sa spécificité est de conserver les caractéristiques du conservatisme traditionnel qui promeut des valeurs établies issues de coutumes et de traditions. Ces règles (foncièrement opposées au progressisme) sont ainsi combinées à l’individualisme, que le #néo-conservateur qualifie de libre entreprise. Sur ce point, la convergence avec le président français est établie par Forbes le magazine d’affaires américain pour qui Macron est le leader des marchés libres.

    Dès qu’ils ont eu accès à des postes de pouvoir et d’autorité, les néo-conservateurs ont approuvé la totalité des programmes anti-sociaux. Pour eux, seules les initiatives privées ont pour fonction de renforcer l’action sociale, via le financement d’organisations religieuses qui ont seules la vocation à s’occuper des pauvres et des marginaux. Autant dire que chez les #néocons l’aide sociale, qui repose en principe sur des actions d’insertion, de prévention et de secours, doit-être réduite à sa plus simple expression. La promotion de la #philanthropie est également le leitmotiv du programme économie sociale et solidaire de La République En Marche.

    Dans leur logique, l’État est relégué au rang de simple auxiliaire des conglomérats de la finance, de l’énergie et de l’armement. Moins de ressources pour les classes populaires et plus de dividendes pour les groupes financiers constituent également la ligne économique et sociale de l’extrême centre comme nous l’avons vu précédemment. La seule différence est relative à sa forme. Le plus souvent les #néoconservateurs ont migré du trotskisme pour aller vers la droite. De Trotksy, les néocons ont conservé l’idée d’exportation de la révolution, qu’ils ont fait évoluer en ingérence américaine. En résumé, ils se revendiquent ouvertement à la fois pro-israéliens, anticommunistes et anti-New Deals. Ainsi pour les néocons, la réglementation en matières économiques et sociales est un échec. L’extrême centre quant à lui avance masqué. Ses objectifs profonds sont tout aussi cruels que ceux du néo-conservatisme. Mais Deneault nous signale que le médiocre de l’extrême centre est cool, jeune, nouveau, sympathique dans sa présentation. “Il faut penser printemps” prêche son illustre représentant Emmanuel Macron. Cela nous rappelle Michel Clouscard qui surnommait George Pompidou  « l’oncle libéral débonnaire » .

    Ne perdons pas de vue qu’avant de cautionner la politique pro-Arabie Saoudite, pro-Israël, et anti-Iran que mène Donald Trump, les poids lourds du néoconservatisme, déjà membres influents du parti républicain, avaient jeté leur dévolu sur la candidate Hillary Clinton qui reste par ailleurs une référence de l’extrême centre.

    Ainsi nous comprenons pourquoi, vis à vis des crimes de guerre israéliens, l’extrême centre se situe toujours dans un semblant de consensus. Le plus souvent cela débouche sur des formules expéditives. Par exemple Macron appelle Netanyahou au  « dialogue » avec les Palestiniens. Sans mentionner Israël, Trudeau a condamné  « l’emploi présumé d’une force excessive et de munitions réelles » qu’il juge  « inexcusable » . Mais ces annonces laconiques ne débouchent jamais sur aucune action concrète, et leurs contenus sont invariablement ponctués par des  « Israël est une grande démocratie » , ou encore  « A Paris, Macron joue la proximité avec le premier ministre israélien » .

    Le discours paradoxal
    Le médiocrate de l’extrême centre peut apparaître déroutant pour son auditoire, tant ses contradictions sont nombreuses. Ainsi pour battre Donald Trump, Hillary Clinton se revendiquait féministe et engagée pour les droits des femmes, alors même que parmi les donateurs de la fondation Clinton, nous retrouvons l’Arabie Saoudite, pays qui condamne les femmes adultères à la mort par lapidation.

    Dans le même style, le gouvernement Macron prétend vouloir déconstruire la désinformation et les théories conspirationnistes. Et simultanément la famille Macron entretient une relation fusionnelle avec #philippe_de_villiers qui est pourtant l’archétype du porte-parole au style paranoïaque selon les critères définis par l’historien américain Richard Hofstadter, lorsqu’il établit le portrait robot du théoricien de la conspiration à partir de postulats caractéristiques. Ces postulats nous les retrouvons dans les livres de Philippe De Villiers. Pour lui :

    1.  La conspiration dure depuis plusieurs décennies
    2. Il y a allégeance à une puissance étrangère (le monde arabe)
    3. La France sacrifie ses valeurs
    4. Les arabes imposent leur langue et leur religion
    5. L’alliance France-monde arabe s’appuie sur une politique commune hostile à la chrétienté
    6. Il y a complicité des instances dirigeantes française
    7. Il y a complicité des médias
    8. L’idéologie islamique imprègne les institutions scolaires et universitaires.

    https://www.youtube.com/watch?v=P4U3wBAcMSg

    Pour la petite histoire, vous noterez aussi que d’un côté règne l’harmonie parfaite avec Philippe de Villiers, “tête de gondole du pôle vieille France” qui se revendique 100 % souverainiste, tandis que d’un autre côté Macron entretient des relations étroites avec Daniel Cohn-Bendit et Romain Goupil, deux figures du libéralisme libertaire qui se proclament foncièrement européistes. S’il y a autant de contradictions en médiocratie, c’est tout bonnement parce que l’extrême centre est avant tout la sphère des faire-valoir et des faux-semblants. C’est ainsi que Nicolas Hulot a été nommé ministre de la Transition écologique et solidaire par Emmanuel Macron, alors que ce dernier multiplie les camouflets à l’encontre de son ministre et souhaite même rétablir les chasses présidentielles ?… Il va de soi que cet héritage de la monarchie se pratique uniquement entre pairs.
    https://www.francetvinfo.fr/culture/cinema/festival-de-cannes/video-quand-emmanuel-macron-fait-une-apparition-dans-le-film-de-daniel-

    Conclusion : un “Président des riches » _
    Il n’est ni Machiavel, ni Alcibiade, ni Kennedy, ni Bonaparte. Plus modestement il est le représentant d’une droite qui n’a jamais cessé de modifier son apparence. Son objectif ? Déconstruire méthodiquement le modèle social français. Ses arguments, une fois l’emballage retiré, sont ceux qu’utilisent les différentes droites depuis des lustres :  « nous sommes soumis à la concurrence internationale » , « le nombre des fonctionnaires doit-être réduit » , « il faut impérativement contrôler les chômeurs », « les cheminots sont des privilégiés » , « nous devons insuffler un élan méritocratie » et enfin  « baissons massivement les impôts des plus riches afin que la théorie du ruissellement opère » .

    Il est clair que pour des raisons de convergence d’intérêts, les milliardaires qui possèdent la presse ont pour la plupart soutenu la candidature de notre nouveau président, qui dispose désormais de la quasi-totalité des moyens de communication pour promouvoir sa politique. Ce constat nous renvoie à la question centrale : Pourquoi les médiocres de l’extrême centre dépensent-ils autant d’énergie pour se déguiser ? Ne serait-il pas plus simple de déclarer : “Nous sommes avant tout au service d’une classe sociale communément appelée élite qui, puisqu’elle est élite, doit naturellement dominer” ?

    Selon toute vraisemblance la réponse à ces interrogations réside dans le fait que si les médiocres et en particulier Macron, nous imposent ce jeu de dupe, c’est parce que s’ils “mettaient carte sur table”, l’oligarchie qui les emploie n’aurait pas la moindre chance de conserver ses privilèges. Rappelons nous que la médiocratie est le monde des collusions et de la corruption. De ce fait, les médiocres trahissent une idée qui comporte trois mots : “Liberté, Égalité, Fraternité”. Cette devise est en fait l’ADN de la société républicaine. Fortement influencée par Du Contrat social de Rousseau, elle postule que les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Ainsi nous comprenons aisément pourquoi cet axiome qui est l’un des fondements de la morale moderne est incompatible avec l’affairisme, les réseaux, et le renvoi d’ascenseur que favorisent les médiocres de l’extrême centre

    https://www.youtube.com/watch?v=oXsFb6iCDZU

    Même si le peuple est tour à tour désabusé, désillusionné, perverti ou complice, les principes républicains sont implantés dans sa conscience par l’entremise de l’éducation. Spontanément, le tout-un-chacun juge le monde en vertu de cette maxime  « Liberté, Egalité, Fraternité » , que l’on retrouve déjà en gestation dans la littérature antique. L’universalité des valeurs républicaines a supplanté depuis longtemps la morale élitiste du droit divin. Le premier médiocrate à avoir pleinement intégré cette donnée s’appelait Adolphe Thiers. Royaliste à ses débuts, il évoluera vers un projet aux allures républicaines, ce qui lui permettra de combiner ses ambitions personnelles à une stratégie globale qui, sous couvert de libéralisme, garantira à une caste sociale la primauté sur la majorité. Depuis lors, la contre-révolution (représentée par les médiocrates) réinvente à intervalle régulier sa rhétorique pour continuer de faire illusion.

    Emmanuel Macron est la nouvelle égérie de la lignée médiocrate. La résurgence de son archaïsme ne laisse planer aucun doute sur ses véritables aspirations (de #Rothschild, de Villiers, Versailles, Chambord… ). Cependant, intuitivement, la plupart des français ont désormais compris à qui ils avaient affaire : Selon le sondage du mois de mai 2018 Odoxa-Dentsu Consulting, les trois quarts des français (72%) perçoivent Emmanuel Macron comme un  « président des riches » .

     #oligarques #alain_deneault #droite #gauche #centre #extrême_centre #canada #médiocratie #gouvernance #éditocratie #ISF #exit_tax #APL #CSG #chômeurs #milton_friedman #Social #Naomie Klein #citations
     #emmanuel_macron #guerre_aux_pauvres #macron #enmarcheverslefn #france #gouvernement_macron #réformes_antisociales

  • La conférence de presse des parents de Naomi Musenga - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=yzt6AJ7pw1Q

    La famille de Naomi Musenga, décédée à l’hôpital de Strasbourg fin décembre après un appel pris à la légère par le Samu, compte réclamer des réponses à ses questions sur la mort de cette jeune femme de 22 ans, refusant d’ériger l’opératrice du Samu en bouc émissaire. Les parents et la sœur de cette Strasbourgeoise décédée le 29 décembre s’expriment devant la presse, au cabinet de leurs avocats.

    Je lis et relis ce qui traîne sur cette affaire et personne à part des particuliers dans les commentaires, ou des personnes militant déjà contre la négrophobie, ne présentent les choses sous l’angle du racisme. C’est quand même un truc de fou ce pays !!
    On apprend quand même que le corps est resté en réanimation après son décès au lieu d’être envoyé en chambre froide, ce qui a rendu l’autopsie compliquée, ou que personne de l’hôpital n’a reçu dignement la famille. On ne connaît pas les sanctions éventuelles prises contre l’autre personne au téléphone.
    En fait les deux façons de se débarrasser des noirs et des arabes en France c’est les dégommer comme des pigeons par l’intermédiaire de la police ou les laisser crever quand ils sont en danger via le personnel hospitalier. Et après ça vient faire la morale en pointant du doigt les États-Unis.
    #justice_pour_Naomi #Naomi_Musenga #samu #racisme #hôpital

  • « Ma fille de 8 ans est morte parce que le Samu avait décidé qu’elle simulait »

    http://www.marieclaire.fr/samu-mort-sante,1264055.asp

    La terrible histoire de Naomi Musenga, morte après avoir appelé en vain le Samu à Strasbourg, a réveillé la douleur de Christine Caugant. Elle a perdu sa fille après avoir imploré pendant des heures le Samu d’intervenir. Elle témoigne pour éviter d’autres drames.

    « Il y avait ces personnes désagréables au bout du fil. J’avais l’impression de les déranger. Mon inquiétude et mon insistance les agaçaient. Elles pensaient que j’étais une mère qui s’inquiétait pour rien. Dès le début de l’appel elles avaient décidé que ce n’était pas grave et qu’elles ne se déplaceraient pas », se souvient Christine après avoir pris connaissance des enregistrements de Naomi Musenga, la jeune femme de 22 ans morte quelques heures après avoir appelé en vain le Samu à l’aide.

    Noélanie, la fille de Christine est morte il y a onze ans dans des circonstances similaires. L’enfant était victime de harcèlement scolaire. Les camarades de son école d’un village proche de Perpignan insultaient la fillette originaire de Tahiti, la traitaient de « noiraude » ou lui lançaient des « rentre dans ton pays ! ». Noélanie était harcelée, rackettée, et frappée – dans l’indifférence des commissaires lors d’une première plainte qui « n’avaient pas que ça à faire de s’occuper des problèmes de cour de récré ».

    Un après-midi de novembre 2007 en rentrant de l’école, Noélanie confie à sa mère avoir très mal à la tête. « Maman, ils m’ont étranglée. » Noélanie perd connaissance, puis se met à convulser. Christine appelle le Samu. Au bout du fil, on lui assure qu’il n’y a rien à craindre. « Ça arrive de faire des convulsions. Madame rassurez-vous. » Déjà 14 minutes que Noélanie convulse et que Christine supplie le Samu de se déplacer. Rien n’y fait. On lui répond sèchement : « Vous n’êtes pas médecin Madame. Ce n’est pas à vous de nous dire si on doit venir ou pas. »

    Démunie, Christine appelle les pompiers, mais ces derniers n’avaient pas le matériel pour transporter l’enfant. Une fois en compagnie des pompiers très inquiets, Christine rappelle le Samu. Même discours : « Ce n’est ni à vous ni aux pompiers de nous dire si on doit venir ou pas. »

    Responsable à 50% de la mort de l’enfant

    Après une heure et demie, le Samu arrive enfin. Devant Noélanie, les médecins jugent qu’elle simule pour « attirer l’attention ». Ils font alors sortir Christine de la pièce et prétendent que sa fille s’arrêtera aussitôt de simuler dès lors que sa mère ne sera plus à ses côtés. Une fois transportée à l’hôpital (pas au service des urgences, mais dans une chambre en pédiatrie) : même diagnostic. C’est évident que Noélanie simule. « Le visage de ma fille était figé mais ils étaient persuadés qu’elle simulait. Le pédiatre a même dit « Moi aussi je peux faire pareil » avant de la mimer sans bouger. »

    via https://twitter.com/monachollet?lang=fr