#naomi_klein

  • Naomi Klein : « Nous avons besoin d’un exode du sionisme » - UJFP Analyses, opinions & débats
    https://ujfp.org/naomi-klein-nous-avons-besoin-dun-exode-du-sionisme

    C’est un peu ancien déjà mais je viens de me rendre compte que ce texte important de Naomi Klein n’était pas présent sur Seen This.

    En cette Pâque, nous n’avons pas besoin ni ne voulons de la fausse idole du sionisme. Nous voulons nous libérer du projet qui commet un génocide en notre nom.

    J’ai pensé à Moïse et à sa colère lorsqu’il descendit de la montagne pour trouver les Israélites adorant un veau d’or.

    L’écoféministe en moi a toujours été inquiète face à cette histoire : quel genre de Dieu est jaloux des animaux ? Quel genre de Dieu veut s’approprier tout le caractère sacré de la Terre ?

    « Pas comme les autres Pâques » : des centaines de manifestants juifs arrêtés après le Seder de protestation à New York

    Mais il existe une manière moins littérale de comprendre cette histoire. Il s’agit de fausses idoles. De la tendance humaine à vénérer ce qui est profane et brillant, à regarder vers le petit et le matériel plutôt que vers le grand et le transcendant.

    Ce que je veux vous dire ce soir, lors de ce Seder révolutionnaire et historique dans les rues, c’est qu’un trop grand nombre de notre peuple adore une fois de plus une fausse idole. Ils en sont ravis. Ivre de ça. Profané par cela.

    Cette fausse idole s’appelle le sionisme.

    Le sionisme est une fausse idole qui a pris l’idée de la terre promise et l’a transformée en acte de vente pour un ethno-État militariste.

    C’est une fausse idole qui prend nos histoires bibliques les plus profondes de justice et d’émancipation de l’esclavage – l’histoire de la Pâque elle-même – et les transforme en armes brutales de vol de terres coloniales, en feuilles de route pour le nettoyage ethnique et le génocide.

    C’est une fausse idole qui a pris l’idée transcendante de la terre promise – une métaphore de la libération humaine qui a traversé de multiples confessions aux quatre coins du monde – et a osé en faire un acte de vente pour un ethno-État militariste.

    La version de libération du sionisme politique est elle-même profane. Dès le début, cela a nécessité l’expulsion massive des Palestiniens de leurs foyers et de leurs terres ancestrales dans la Nakba.

    Depuis le début, elle est en guerre contre les rêves de libération. Lors d’un Seder, il convient de rappeler que cela inclut les rêves de libération et d’autodétermination du peuple égyptien. Cette fausse idole du sionisme assimile la sécurité israélienne à la dictature égyptienne et aux États clients.

    Dès le début, cela a produit une vilaine forme de liberté qui considérait les enfants palestiniens non pas comme des êtres humains mais comme des menaces démographiques – tout comme le pharaon du Livre de l’Exode craignait la population croissante des Israélites et ordonnait donc la mort de leurs fils.

    Le sionisme nous a amenés à notre moment actuel de cataclysme et il est temps que nous le disions clairement : il nous a toujours conduit là.

    C’est une fausse idole qui a conduit beaucoup trop de nos concitoyens sur une voie profondément immorale et qui les amène désormais à justifier la destruction des commandements fondamentaux : tu ne tueras pas. Tu ne voleras. Tu ne convoiteras pas.

    Nous, dans ces rues depuis des mois et des mois, sommes l’exode. L’exode du sionisme

    C’est une fausse idole qui assimile la liberté juive aux bombes à fragmentation qui tuent et mutilent les enfants palestiniens.

    Le sionisme est une fausse idole qui a trahi toutes les valeurs juives, y compris la valeur que nous accordons au questionnement – ​​une pratique ancrée dans le Seder avec ses quatre questions posées par le plus jeune enfant.

    Y compris l’amour que nous portons en tant que peuple aux textes et à l’éducation.

    Aujourd’hui, cette fausse idole justifie le bombardement de toutes les universités de Gaza ; la destruction d’innombrables écoles, d’archives, d’imprimeries ; le meurtre de centaines d’universitaires, de journalistes, de poètes – c’est ce que les Palestiniens appellent le scolasticide, la destruction des moyens d’éducation.

    Pendant ce temps, dans cette ville, les universités font appel à la police de New York et se barricadent contre la grave menace que représentent leurs propres étudiants qui osent leur poser des questions fondamentales, telles que : comment pouvez-vous prétendre croire en quoi que ce soit, et encore moins en nous, pendant que vous permettez, investissez et collaborez avec ce génocide ?

    La fausse idole du sionisme a pu se développer sans contrôle pendant bien trop longtemps.

    Alors ce soir on dit : ça s’arrête là.

    Notre judaïsme ne peut pas être contenu par un ethno-État, car notre judaïsme est internationaliste par nature.

    Notre judaïsme ne peut pas être protégé par l’armée déchaînée de cet État, car tout ce que fait l’armée, c’est semer le chagrin et récolter la haine – y compris contre nous en tant que Juifs.

    Notre judaïsme n’est pas menacé par des personnes qui élèvent la voix en solidarité avec la Palestine, sans distinction de race, d’origine ethnique, de capacité physique, d’identité de genre et de génération.

    Notre judaïsme est l’une de ces voix et sait que dans ce chœur résident à la fois notre sécurité et notre libération collective.

    Notre judaïsme est le judaïsme du Seder de Pâque : le rassemblement en cérémonie pour partager de la nourriture et du vin avec des êtres chers et des étrangers, le rituel qui est intrinsèquement portable, suffisamment léger pour être porté sur notre dos, n’ayant besoin que les uns des autres : non des murs, pas de temple, pas de rabbin, un rôle pour chacun, même – surtout – pour le plus petit des enfants. Le Seder est une technologie de la diaspora s’il en est, conçue pour le deuil collectif, la contemplation, le questionnement, la mémoire et la renaissance de l’esprit révolutionnaire.

    Alors regardez autour de vous. Voilà notre judaïsme. Alors que les eaux montent et que les forêts brûlent et que rien n’est sûr, nous prions sur l’autel de la solidarité et de l’entraide, quel qu’en soit le prix.

    Nous n’avons pas besoin ni ne voulons de la fausse idole du sionisme. Nous voulons nous libérer du projet qui commet un génocide en notre nom. Se libérer d’une idéologie qui n’a pas d’autre plan de paix que celui de s’occuper des pétro-États théocratiques meurtriers d’à côté, tout en vendant au monde les technologies des assassinats robotisés.

    Nous cherchons à libérer le judaïsme d’un ethno-État qui veut que les Juifs aient perpétuellement peur, qui veut que nos enfants aient peur, qui veut nous faire croire que le monde est contre nous afin que nous courions vers sa forteresse et sous son dôme de fer, ou à au moins maintenir les armes et les dons à flot.

    C’est la fausse idole.

    Et ce n’est pas seulement Netanyahu, c’est le monde qu’il a créé et qui l’a fait – c’est le sionisme.

    Que sommes-nous ? Nous, dans ces rues depuis des mois et des mois, sommes l’exode. L’exode du sionisme.

    Et aux Chuck Schumers1 de ce monde, nous ne disons pas : « Laissez partir notre peuple ».

    Nous disons : « Nous sommes déjà partis. Et vos enfants ? Ils sont avec nous maintenant. »

  • Unhinged Conspiracies, AI Doppelgangers, and the Fractured Reality of Naomi Klein | WIRED
    https://www.wired.com/story/covid-conspiracies-ai-doppelgangers-naomi-klein

    Très intéressant interview de Naomi Klein

    The thing I find disingenuous is when you hear, oh, we’re going to have so much leisure time, the AI will do the grunt work. What world are you living in? That’s not what happens. Fewer people will get hired. And I don’t think this is a fight between humans and machines; that’s bad framing. It’s a fight between conglomerates that have been poisoning our information ecology and mining our data. We thought it was just about tracking us to sell us things, to better train their algorithms to recommend music. It turns out we’re creating a whole doppelganger world.

    We’ve provided just enough raw material.

    When Shoshana Zuboff wrote The Age of Surveillance Capitalism, it was more about convincing people who’d never had a sense that they had a right to privacy—because they’d grown up with the all-seeing eye of social media—that they did have a right to privacy. Now it’s not just that, even though privacy is important. It’s about whether anything we create is going to be weaponized against us and used to replace us—a phrase that unfortunately has different connotations right now.

    Take it back! The right stole “shock doctrine,” you can nab “replace us” for the AI age.

    These companies knew that our data was valuable, but I don’t even think they knew exactly what they were going to do with it beyond sell it to advertisers or other third parties. We’re through the first phase now, though. Our data is being used to train the machines.

    Fodder for a Doppelganger sequel.

    And about what it means for our ability to think new thoughts. The idea that everything is a remix, a mimicry—it relates to what you were talking about, the various Marvel and Mattel universes. The extent to which our culture is already formulaic and mechanistic is the extent to which it’s replaceable by AI. The more predictable we are, the easier it is to mimic. I find something unbearably sad about the idea that culture is becoming a hall of mirrors, where all we see is our own reflections back.

    #Naomi_Klein #Sosie #Doppelganger #Intelligence_artificielle

  • L’#Ukraine profite de la guerre pour accélérer les réformes ultralibérales
    https://www.mediapart.fr/journal/international/030722/l-ukraine-profite-de-la-guerre-pour-accelerer-les-reformes-ultraliberales

    Le président Zelensky avait dès son arrivée à la présidence en 2019 expliqué son souhait de « modifier le Code du travail en faveur du business », mais le projet de loi 5371, qui avait été initialement présenté en avril 2021, n’est finalement passé au vote des député·es que le 12 mai dernier.

    « Les parlementaires avaient peur de la réaction des travailleurs ukrainiens, mais une fenêtre s’est ouverte avec la guerre et ils en profitent », s’indigne l’avocat George Sandul. « On peut d’ailleurs noter que les députés de la coalition de la Plateforme pour la vie et la paix, un parti pro-russe interdit en mars dernier, ont voté en faveur du projet de loi. On comprend aisément que, dans le contexte actuel, ces derniers n’aient pas opposé beaucoup de résistance. Les autres partis d’opposition se sont prudemment abstenus. »

    Le projet de loi 5371 a officiellement été déposé par Halyna Tretyakova, cheffe de la commission parlementaire sur la politique sociale, également députée du parti au pouvoir. Il a été élaboré par une ONG ukrainienne, le Bureau des solutions simples et des résultats, créée par l’ancien président géorgien Mikheil Saakachvili, un temps revenu en grâce auprès de Volodymyr Zelensky, après avoir fait de la prison sous son prédécesseur Petro Porochenko, et qui travaille en collaboration avec des associations de patrons ukrainiens.

  • Le danger caché du coronavirus : la stratégie du choc Décoder l’éco - 21 Mars 2020
    https://www.youtube.com/watch?v=rhzqAnpb9cA


    La France au bord de la dictature néolibérale

    La France est aujourd’hui sous confinement total pour protéger les français du coronavirus.
    Ce choix de confinement est la stratégie proposée par le gouvernement pour ralentir la progression du virus. Il s’agit d’éviter de surcharger les hôpitaux et donc éviter de se retrouver dans un scénario à l’italienne avec des milliers de gens qui meurent parce qu’il n’y a pas la place de les prendre en charge.

    En Corée du sud la stratégie a été très différente. Ils dépistent tout le monde, isolent les malades et les soignent dans des centres dédiés pour ne pas contaminer plus de monde. La Corée du Sud n’a jamais été mise en quarantaine et ils ont finalement eu très peu morts.

    Le confinement est une privation quasi-totale de liberté. Ce vendredi parlement a donné tout pouvoir au Président pour faire passer toutes les lois qu’il jugera bonne pour l’économie par ordonnance.

    Pendant que nous sommes privés de la liberté de nous opposer, le Président a prévenu que beaucoup de choses allaient changer. Le changement que nous devons craindre est celui décrit par Naomi Klein dans son livre « La stratégie du choc ».

    On verra dans cette vidéo ce qu’est la stratégie du choc, quelques endroits où elle a été vécue, ce qu’on peut craindre pour la France aujourd’hui et ce qui est déjà en train d’arriver avec la loi « urgence coronavirus ».

     #naomi_klein #capitalisme #stratégie_du_choc #néo_libéralisme #réforme #france #politique #démocratie #coronavirus #covid-19 #inégalités #emmanuel_macron

  • Une analyse de #Naomi_Klein parue dans The Intercept le 1er mars dans laquelle elle dénonce un climat de nostalgie toxique qui profite aux pourvoyeurs de sources d’#énergies_fossiles. Pour elle, l’unique planche de salut sera l’abandon de ces sources d’énergie (dont le #pétrole) ainsi que la remise en cause du concept de #croissance puisque « la guerre refaçonne notre monde mais l’urgence climatique aussi ». Mais quid de la place du nucléaire dit « civil » dans cet avenir ? Car dans ce domaine, le diable se cache souvent dans l’absence de détail ...

    https://theintercept.com/2022/03/01/war-climate-crisis-putin-trump-oil-gas

    et sa traduction (pour AOC) par Hélène Borraz :

    https://justpaste.it/84lgt

    Nostalgia for empire is what seems to drive Vladimir Putin — that and a desire to overcome the shame of punishing economic shock therapy imposed on Russia at the end of the Cold War. Nostalgia for American “greatness” is part of what drives the movement Donald Trump still leads — that and a desire to overcome the shame of having to face the villainy of white supremacy that shaped the founding of the United States and mutilates it still. Nostalgia is also what animates the Canadian truckers who occupied Ottawa for the better part of a month, wielding their red-and-white flags like a conquering army, evoking a simpler time when their consciences were undisturbed by thoughts of the bodies of Indigenous children, whose remains are still being discovered on the grounds of those genocidal institutions that once dared to call themselves “schools.”

  • L’Irak post-Saddam Hussein, une énorme machine à cash - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/280221/l-irak-post-saddam-hussein-une-enorme-machine-cash

    Après la chute du dictateur irakien en 2003, les Américains ont déversé des milliards de dollars sur le pays. Les futurs membres du gouvernement irakien adoubés par eux ont notamment profité de cette manne financière. Nous avons enquêté sur ces mouvements de fonds sans aucun contrôle.

    [...] Dans ce camion-poubelle se trouve un milliard de dollars, disposés dans des palettes. Il doit les déposer à la banque Rafidayn, sur la rive droite de Bagdad. C’est sa dernière mission pour le compte du Pentagone. Dans le plus grand secret, entre 2003 et 2008, il a transporté à lui seul 40 milliards de dollars en petites coupures entre l’aéroport de Bagdad et la Banque centrale d’Irak. L’équivalent du PIB d’un pays comme le Mali. Ce récit est confirmé par David Nummy, le responsable du Trésor américain en place à Bagdad. « Il était notre homme de confiance pour ces missions difficiles. Il savait ce qu’il faisait. J’avais une entière confiance en lui », se souvient-il.

  • Movement for Black Lives: an interview with Barbara Ransby - Institute of Race Relations

    As we witness one of the largest uprisings in US history, led by Black working-class activists, Race & Class interviews Barbara Ransby, a US-based historian, feminist and longtime organiser, on the significance of the Movement for Black Lives (M4BL) uprisings across the US ignited by the murder of George Floyd.

    Jenny Bourne: As someone who has been involved in and written on US Black working-class movements for many decades, do you see what’s happening now as a watershed moment?

    Barbara Ransby: It is definitely a watershed moment and I don’t say that lightly. You know historians say every historical moment is unique which is true. But there are those pivots after which you know things are ever different and so I think this moment comes at the convergence of, in the United States and globally, really three crises.

    First, it’s the crisis of liberal democracy or bourgeois democracy. We see an uptick in authoritarianism across the globe from Bolsonaro to Duterte, to Erdogan, and of course the Donald Trump phenomenon which is increasingly repressive, xenophobic, and dangerous. Essentially, Trump and his followers have deployed white nationalism in the service of racial capitalism.

    Secondly, we have the global coronavirus pandemic which adds to that and stops us all in our tracks. It jolts the elites in ways that they did not anticipate, and exposes the vulnerabilities of racial capitalism yet again. Because, of course, you know it’s not lucrative to prepare for something like this, so all the pharmaceutical companies and the elite research institutes have not invested in in research around pandemics; they’d rather invest in drugs that people will buy every year because that increases the profit margin. And Trump, in his infinite lack of wisdom, dismantled the office in the federal government that was supposed to actually plan for pandemics. And then we see states and hospitals scrambling on the open market to buy life-saving equipment like ventilators. Yet another example of the failure of capitalism to meet this crisis. The market does not care if people die. We have to care.

    And then the third thing is the uprising against police violence and white supremacy. We saw a fifty-state uprising in this country. We never saw that in the 1960s, we never had, 500 towns and cities with people coming out into the street simultaneously. Even in places that don’t have a significant Black population, there was somebody in that town that felt they had to get out in the streets and say something against racism, to say Black Lives Matter. That is uplifting and I have to also believe that people in those small towns probably don’t have a deep understanding of racism. They were protesting for other reasons too, unsettled and angry about the condition of their lives in this country and the George Floyd murder and the visual impact of that injustice was the final straw. The cruelty in that violence jolted people into action.

    Of course an uprising is spontaneous, it is organic, you can’t script it beforehand, you can’t predict exactly when it’ll occur and you certainly can’t script it from inside as it’s unfolding. And this uprising is not different. None of us predicted that of all the outrageous acts that we have witnessed and absorbed over the last four years, that this particular killing would be the last straw for hundreds of thousands of ordinary people not in any organisation, per se.

    But, organisation is essential once uprisings begin to unfold. Movement organisations, and there are many, began to draw upon lessons and organising models and theoretical frames from earlier periods and from organisations like Critical Resistance which, of course you know, Angela Davis and Ruth Gilmore helped to found in 1997. This is an abolitionist organisation led by Black feminists. Another earlier group is INCITE!: Women of Colour Against Violence, a group that came out of the anti-domestic violence movement and insisted on including state and imperialist violence in their analysis and work. I write about these groups in my book [Making All Black Lives Matter]. But then in 2012, a new group of organisers began to congeal and they have been debating and training and doing scenario-planning and base-building in the years since. Another critical turn was, of course, the Ferguson uprising in 2014 when Michael Brown was shot dead by police in Missouri.
    A Black Lives Matter march in Denver. Thomas Elliott/Flickr

    So, when the 2020 uprising occurred, you had a group of young Black activists, many of them feminists, many of them queer, many of them with a very radical intersectional analysis, ready to move into action. And they called a series of demonstrations on Juneteenth weekend. There were actions from Washington DC to California with hundreds of thousands of protesters filling the streets. The demand of ‘defund the police’ has emerged as central, reflecting decades of efforts to ‘reform and improve’ the police, all of which have failed. But ‘defund’ is only part of the agenda for activists, and it would be wrong and incomplete to leave it at that. The full-throated demand is ‘defund the police, fund our people’.

    M4BL and others are organising around that idea, and M4BL’s policy committee has just created a piece of mock legislation called the Breathe Act which outlines not only dismantling police and prisons over time but also what it would mean to revitalise our communities and our schools and make health available to everyone, and have a sustainable green economy. All of that I think is a prime example of the ways in which Black liberation movements over time and in this moment are also the hopeful visionary movements for the entire planet, not just for Black people.

    That’s how I would see the significance of this moment. I draw a lot from Naomi Klein’s notion of disaster capitalism. That, in this moment of disaster, in this moment of dislocation and disorientation, elites are certainly plotting and scheming on how to maximise their power, how to institute and expand policies and practices from surveillance to austerity to further their agenda. But what also happens in the context of a crisis is the opportunity for galvanising our people and galvanising the Left, and I see that happening as well.

    The demonstrations here showed a certain level of determination on the part of people who attended their first protest during a pandemic. I think, regarding the Left and the Black movement here, if we don’t tap into that anger and determination then we really have not done our work. People were willing to face health risks, people went out more often than not wearing masks, but sometimes not wearing masks − taking that risk to demonstrate their outrage against what was happening in this country. They also withstood rubber bullets and tear-gas, which was in wide use, and this is really a human rights violation of the first order. I mean the cops were very brutal against a lot of the demonstrators and old people were knocked down, two reporters lost their eyes because they were victims of projectiles.

    https://irr.org.uk/article/movement-for-black-lives-an-interview-with-barbara-ransby

    #racisme #class #race #Naomi_Klein #black_lives_matter

  • Le défaut du tableau – L’image sociale
    http://imagesociale.fr/9353
    https://i2.wp.com/imagesociale.fr/wp-content/uploads/Bernie3.jpg?fit=960%2C754

    Dans un essai de « mitainologie », Naomi Klein énumère plusieurs oppositions symboliques transformées en autant de messages, comme la résistance au diktat du spectacle de la modeste utilité de gants manifestement dépourvus de toute autre fonction que de tenir chaud, la contradiction entre la peinture de l’ancien candidat aux primaires sous les traits d’un dangereux idéologue et la paisible robustesse d’un accessoire tricoté main, ou encore la posture oppositionnelle des bras croisés qui expriment le doute face aux promesses d’unité du successeur de Donald Trump.

    • #Naomi_Klein: How #big_tech plans to profit from the pandemic

      Public schools, universities, hospitals and transit are facing existential questions about their futures. If tech companies win their ferocious lobbying campaign for remote learning, telehealth, 5G and driverless vehicles – their Screen New Deal – there simply won’t be any money left over for urgent public priorities, never mind the Green New Deal that our planet urgently needs. On the contrary: the price tag for all the shiny gadgets will be mass teacher layoffs and hospital closures.

      https://www.theguardian.com/news/2020/may/13/naomi-klein-how-big-tech-plans-to-profit-from-coronavirus-pandemic

      #stratégie_du_choc #technologie #surveillance

    • Online Education and the Struggle over Disposable Time

      During COVID-19 times, the ‘social distancing’ catchphrase has invaded every aspect of our lives. Public space has been fragmented into individualized, quarantined units, transforming social relations into aggregates of their interactions. Unlike other pandemics of yesteryears, COVID-19 has given a tremendous push to technology to secure social distancing. In the field of education, the phenomenon of online education was already slowly gaining space especially as complementary to traditional classroom education and as a mechanism of distance learning.

      Today, the ideology of social distancing has brought online education in the centre of educational systems. It has acquired legitimacy and the capacity to take over the whole system of education. In countries such as India, where COVID-19 has been used by the state as an opportunity to revamp various sectors, including health and medicine, a reconception of education is underway. Online education serves as the organizing force in this regard.
      Education as Commodity and the Question of its Production

      Popular debates on technology and online education generally revolve around the idea of education as a commodity to be put to consumption in the classical sense of the word. It is, of course, a commodity with a use-value, much in parlance with material commodities like food items, daily wear etc. Such commodified education naturally must meet the parameters of consumer satisfaction. Therefore, much discussion on the recent COVID 19-triggered tech-intensive online teaching harps on students’ differential access to internet connectivity and bandwidth, the problems of long-distance assessments without the characteristic ‘fairness’ metrics associated with offline exams etc. In short, anything connected to the students’ overall satisfaction with their purchase of this immaterial commodity.

      What these debates however miss are the fundamental processes that go into the production of education, and the complex dynamics of the teacher-student relationship underpinning such production. By neglecting its sphere of production, we miss out on a very important aspect of this commodity – one that would help us understand online education, and the role of technology better, and also identify spaces of critique of education, as understood in the current socio-economic system.

      Notwithstanding the similarities, education is unlike any other commodity, not just in the material or physical sense, but mainly in the organization of its consumption and production. Material objects such as pens, cars etc. have an immediate use-value for buyers, consumed beyond the sphere of production. Education on the other hand, produces students as workers for their future entry into the labour market; its consumption or use-value lies in generating new, educated and skilled labour power for further use in the processes of production. Through a network of local and international educational institutions placed at different orders of hierarchy and status, education reinforces and reproduces the existing and (unequal) social relations by producing a heterogeneous group of future workers with differential skills, and by extension, differential wages. Hence, from the students’ perspective, education is consumptive production.

      Education as knowledge production is unique in placing this consumer – the student – in the production sphere itself. In other words, education as a commodity is a co-production of teachers and students, and is generated through continuous dialogue and interaction between them. It is not a fixed commodity, but one that is processual, and evolves within the dialectic of the educated-educator relationship. This dialectic constitutes a predicament for education in the current system. On one hand, there is the tendency to establish standardized syllabi and programs in response to the needs of a globalized labour market, making the practice of teaching and learning very mechanical; on the other, there is an equally strong opposition from the co-producers against attempts to kill their cooperative agency and creativity.

      Classroom settings and face to face instruction allow the dialectic of education to be productive in their dialogicity, with teachers innovating ideas and methods in dynamic and synchronous concord with students. With both instructors and learners present in the same physical space, learning – despite constraints of fixed syllabi and evaluation metrics – evolves through collective thinking and with a view to the intellectual needs and abilities of the participants. There are challenges thrown in with big class sizes and formal disciplinary settings leading to alienation typical of a hierarchized industrial scenario – an intensified lack of interest and commitment from both learners and teachers. However, since education in such settings is still based on direct relationships between students and teachers, there is always a possibility to overcome the alienating institutional mediation. There is a relative autonomy operating in this dialogic relationship, which allows innovation in ideas and knowledge production.
      Technology and the Informatization of Education

      Online education, on the other hand, despite and because of deploying the best of technologies, fails to simulate the same environment. Educational production is now distributed over multiple zones, with producers confined to their virtual cubicles. Without a shared space, education is reduced to instruction and information, discretized and reintegrated by the mediating pre-programmed machines. The dialogical relationship is now between the machine and the producers, not between the co-producers. The teacher is deprived of her role of the facilitator in this dialogue. She is just an instructor in this new environment. Her instructions are received by the machine, which mediatizes them and delivers them to students in a manner that it is programmed to deliver. This overhauls the whole dialectic of education, which is now hierarchized. Alienation in this process is quite stark, since the relations of production of education are completely transformed, which cannot be overcome by the deployment of any kind of technology.

      Technology, in fact, plays a big role in this alienation of labour that happens through the informatization of education. In the effort to replicate the classroom experience sans the direct relationship of affectivity between teachers and students, there is an overaccumulation of technologies and educational products, bringing in the surveillance techniques for remote disciplining of students and teachers.

      One only needs to look at the number of new gadgets and software for online education to understand the extent to which technology tries to overcome its artificiality. The market is flooded with AI-driven ‘smart content’ materials, customized lessons, digitized textbooks, easy to navigate chapter summaries, flashcards, automatically-graded exams, cameras for remote surveillance etc. The process of alienation is evermore intensified, since human living labour of both teachers and students are objectified in the development of these technologies. Their vivacity is reduced to an appendage to the artificiality of the machine.

      What is interesting is that while technology deskills the producers by taking over their powers of imagination and judgement, it also forces them to reskill themselves. With evermore new technologies hitting the online teaching platforms every day, both students and teachers are forced to continuously update themselves in their technical knowhow to assist these machines. This has led to generational and occupational redundancies in education too by promoting lean production methods and Taylorising techniques in education.
      The Struggle over Disposable Time

      What happens to education as a commodity in this alienated and Taylorized production process? Education internalizes the segmented social relations that characterize capitalism. This introduces dualism in its institutionalization, which gets further systematized and globalized in the wake of the ongoing technicization of education. On the one hand, we have mass production of education as a set of discrete information and instruction to train the majority of the working population in the drudgery of assisting the machines. This is facilitated by online education technologies. On the other hand, we have elite institutions monopolizing the rights to innovate and research (secured by various legal and institutional mechanisms like patenting, funding etc.), for which the more intensive conventional teaching methods must continue. This duality of education enhanced by online educational technologies has been developing for the last few decades to keep pace with the human resource requirements of other industrial and service sectors. Hence, online education itself has emerged as a fast-growing industry. The COVID-19 pandemic has given its production and dissemination a new intensity, urgency and definite possibility.

      With the growing dominance of online education, and discretized learning/teaching methods, there is also a proportionate increase in disposable time for both teachers and students. In the absence of direct and personalized contact during lectures, instruction intensifies; knowledge in the form of discretized information is produced in less time than in traditional classroom set-ups due to the absence of students’ queries and interventions. But what will be the utility of this disposable time? The system controls this disposable time by retrenchment, and by increasing workload and diversifying work profiles for the existing educational or knowledge workers.

      However, from the workers’ perspective, the disposable time has a different meaning, one that allows the co-producers to overcome drudgery and alienation by reclaiming the time-space for innovation and creativity. It is in this time-space that workers recognize knowledge as a result of their co-production, and re-appropriate it, going beyond being passive feeders-receivers of information assisting the machine. Dialogues between the students and the teachers are reestablished through more interpersonal interactions. This leads to a process of conscientization, in which the co-producers move beyond the classroom norms and fixed syllabi, and collectively build an understanding of phenomena and concepts, drawing on their own realities and experience.

      The disposable time enables workers to reclaim their common space and self-organize knowledge production, while reducing technology to mere means in this process, not as a mediator, organizer and controller of production and producers. It is only through such collaborative activities in these fractured times, that teachers and students together can assert their autonomy as knowledge producers and consumers.

      https://socialistproject.ca/2020/08/online-education-and-the-struggle-over-disposable-time

  • Coronavirus Capitalism — and How to Beat It | Naomi Klein
    https://theintercept.com/2020/03/16/coronavirus-capitalism

    I’ve spent two decades studying the transformations that take place under the cover of disaster. I’ve learned that one thing we can count on is this: During moments of cataclysmic change, the previously unthinkable suddenly becomes reality. In recent decades, that change has mainly been for the worst — but this has not always been the case. And it need not continue to be in the future. Source: The Intercept

  • #Coronavirus_Capitalism” : Naomi Klein’s Case for Transformative Change Amid Coronavirus Pandemic

    Author, activist and journalist Naomi Klein says the coronavirus crisis, like earlier ones, could be a catalyst to shower aid on the wealthiest interests in society, including those most responsible for our current vulnerabilities, while offering next to nothing to most workers and small businesses. In 2007, Klein wrote “The Shock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalism.” Now she argues President Trump’s plan is a pandemic shock doctrine. In a new video for The Intercept, where she is a senior correspondent, Klein argues it’s vital for people to fight for the kind of transformative change that can not only curb the worst effects of the current crisis but also set society on a more just path.

    AMY GOODMAN: Today we spend much of the hour looking at the economic impact of the coronavirus pandemic, what some are calling coronavirus capitalism. Soon we’ll be joined by Nobel Prize-winning economist Joseph Stiglitz, whose new book is People, Power and Profits: Progressive Capitalism for an Age of Discontent. But first we begin with a new video by author and activist Naomi Klein, produced by The Intercept. In 2007, Klein wrote The Shock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalism. Now she argues Trump’s plan is a pandemic shock doctrine, but it’s not the only way forward. The video opens with this quote from economist Milton Friedman, who says, “Only a crisis — actual or perceived — produces real change. When that crisis occurs, the actions that are taken depend on the ideas that are lying around.”

    NAOMI KLEIN: “Ideas that are lying around.” Friedman, one of history’s most extreme free market economists, was wrong about a whole lot, but he was right about that. In times of crisis, seemingly impossible ideas suddenly become possible. But whose ideas? Sensible, fair ones, designed to keep as many people as possible safe, secure and healthy? Or predatory ideas, designed to further enrich the already unimaginably wealthy while leaving the most vulnerable further exposed? The world economy is seizing up in the face of cascading shocks.

    TEDROS ADHANOM GHEBREYESUS: COVID-19 can be characterized as a pandemic.

    GEORGE STEPHANOPOULOS: In the wake of the coronavirus crisis, stocks have stopped trading on Wall Street after a 7% drop.

    KRISTINA PARTSINEVELOS: This is a historical day, the biggest drop we’ve seen since that crash in 1987.

    ELAINE QUIJANO: The drop was spurred by a growing oil price war as the market was already weakened by coronavirus fears.

    PRESIDENT DONALD TRUMP: Yeah, no, I don’t take responsibility at all.

    NAOMI KLEIN: In the midst of this widespread panic, corporate lobbyists of all stripes are of course dusting off all the ideas they had lying around. Trump is pushing a suspension of the payroll tax, which could bankrupt Social Security, providing the excuse to cut it or privatize it completely — an idea that has been lying around for very long time.

    PRESIDENT GEORGE W. BUSH: A worker, at his or her option, ought to be allowed to put some of their own money in a — you know, in a private savings account.

    NAOMI KLEIN: Lying around on both sides of the aisle.

    SEN. JOE BIDEN: When I argued if we should freeze federal spending, I meant Social Security, as well. I meant Medicare and Medicaid.

    NAOMI KLEIN: And then, there are the ideas being floated to bail out some of the wealthiest and most polluting sectors in our economy.

    PRESIDENT DONALD TRUMP: We are working very closely with the cruise line industry, likewise with the airline industry. They’re two great industries, and we’ll be helping them through this patch.

    NAOMI KLEIN: Bailouts for fracking companies, not to mention cruise ships, airlines and hotels, handouts which Trump could benefit from personally. Which is a big problem because the virus isn’t the only crisis we face. There’s also climate disruption, and these industries that are getting rescued with our money are the ones driving it. Trump has also been meeting with the private health insurers.

    PRESIDENT DONALD TRUMP: We’re meeting with the top executives of the health insurance companies.

    NAOMI KLEIN: The very ones who have made sure that so many Americans can’t afford the care they need. And what are the chances they don’t have their hands out? It seems like the whole pandemic is getting outsourced.

    BRIAN CORNELL: Well, Mr. President, thank you for inviting us here today, along with our colleagues from Walmart and Walgreens and our partners at CVS. Normally you’d view us as competitors, but today we’re focused on a common competitor. And that’s defeating the spread of the coronavirus.

    NAOMI KLEIN: The Fed’s first move was to pump $1.5 trillion into the financial markets, with more undoubtedly on the way. But if you’re a worker, especially a gig worker, there’s a very good chance you’re out of luck. If you do need to see a doctor for care, there’s a good chance no one’s going to help you pay if you aren’t covered. And if you want to heed the public health warnings to stay home from work, there’s also a chance that you won’t get paid. Of course, you still need to pay your rent and all of your debts — medical, student, credit card, mortgage. The results are predictable. Too many sick people have no choice but to go to work, which means more people contracting and spreading the virus. And without comprehensive bailouts for workers, we can expect more bankruptcies and more homelessness down the road.

    Look, we know this script. In 2008, the last time we had a global financial meltdown, the same kinds of bad ideas for no-strings-attached corporate bailouts carried the day, and regular people around the world paid the price. And even that was entirely predictable. Thirteen years ago, I wrote a book called The Shock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalism, described a brutal and recurring tactic by right-wing governments. After a shocking event — a war, coup, terrorist attack, market crash or natural disaster — they exploit the public’s disorientation, suspend democracy, push through radical free market policies that enrich the 1% at the expense of the poor and middle class.

    But here is what my research has taught me. Shocks and crises don’t always go the shock doctrine path. In fact, it’s possible for crisis to catalyze a kind of evolutionary leap. Think of the 1930s, when the Great Depression led to the New Deal.

    PRESIDENT FRANKLIN ROOSEVELT: The only thing we have to fear is fear itself.

    NAOMI KLEIN: In the United States and elsewhere, governments began to weave a social safety net, so that the next time there was a crash, there would be programs like Social Security to catch people.

    PRESIDENT FRANKLIN ROOSEVELT: The right of every family to a decent home, the right to adequate medical care and the opportunity to achieve and enjoy good health.

    NAOMI KLEIN: Look, we know what Trump’s plan is: a pandemic shock doctrine, featuring all the most dangerous ideas lying around, from privatizing Social Security to locking down borders to caging even more migrants. Hell, he might even try canceling elections. But the end of this story hasn’t been written yet. It is an election year. And social movements and insurgent politicians are already mobilized. And like in the 1930s, we have a whole bunch of other ideas lying around.

    SEN. BERNIE SANDERS: Do we believe that everybody should be entitled, as a right, to healthcare?

    SANDERS SUPPORTERS: Yes!

    DOMINIQUE WALKER: We will not stop organizing and fighting until all unhoused folks who want shelter have shelter.

    REP. ILHAN OMAR: Canceling student debt.

    REP. RO KHANNA: It makes so much sense that if you’re sick, that you should not be penalized where you don’t have an income.

    NAOMI KLEIN: Many of these ideas were dismissed as too radical just a week ago. Now they’re starting to seem like the only reasonable path to get out of this crisis and prevent future ones.

    ELIZABETH COHEN: Now, here’s something that helps explain the difference between the testing situation in South Korea and the U.S. The South Korea, like European countries and Canada, has universal single-payer insurance. And that means that it’s easier to mobilize, and also people know what to do. There is pretty much one answer for how to get testing. The U.S. is a patchwork of countless different systems, and so you can’t say, “Here’s exactly the steps that every American should take in order to get tested.”

    NAOMI KLEIN: And with Washington suddenly in the giant stimulus business, this is precisely the time for the stimulus that many of us have been talking about for years.

    REP. ALEXANDRIA OCASIO-CORTEZ: Today is the day that we truly embark on a comprehensive agenda of economic, social and racial justice in the United States of America.

    NAOMI KLEIN: It’s called the Green New Deal. Instead of rescuing the dirty industries of the last century, we should be boosting the clean ones that will lead us into safety in the coming century. If there is one thing history teaches us, it’s that moments of shock are profoundly volatile. We either lose a whole lot of ground, get fleeced by elites and pay the price for decades, or we win progressive victories that seemed impossible just a few weeks earlier. This is no time to lose our nerve. The future will be determined by whoever is willing to fight harder for the ideas they have lying around.

    AMY GOODMAN: That’s author and activist Naomi Klein of The Intercept. The video ends with Milton Friedman’s quote: “Only a crisis — actual or perceived — produces real change. When that crisis occurs, the actions that are taken depend on ideas that are lying around. That, I believe, is our basic function: to develop alternatives to existing policies, to keep them alive and available until the politically impossible becomes politically inevitable.”

    This is Democracy Now!, democracynow.org, The War and Peace Report. When we come back, Nobel Prize-winning economist Joe Stiglitz. Stay with us.

    [break]

    AMY GOODMAN: That’s Spanish pianist Alberto Gestoso, performing the Titanic theme song, “My Heart Will Go On,” for his quarantined neighbors in Barcelona. He was on his balcony. Spain has had more than 3,400 cases of the coronavirus in the last 24 hours. Now at least 17,000 people are infected, and that’s only what is known without widespread testing.

    https://www.democracynow.org/2020/3/19/naomi_klein_coronavirus_capitalism
    #Naomi_Klein #stratégie_du_choc #pandémie #coronavirus #covid-19 #épidémie #capitalisme #pandemic_shock_doctrine

  • La jet-set des escrologistes, par Nicolas Casaux
    https://www.facebook.com/nicolas.casaux/posts/10156947033822523

    Dans le monde anglophone (et parfois aussi dans le monde francophone, pour certains, dont le travail est traduit en français) : George Monbiot, Naomi Klein, Bill McKibben. Dans le monde francophone : Nicolas Hulot, Cyril Dion, Aurélien Barrau, Yann Arthus-Bertrand, Isabelle Delannoy, Maxime De Rostolan. Il y en a d’autres.

    Habitués des #médias de masse, ils tiennent des #discours qui, malgré quelques différences ou nuances, forment une même et unique perspective, correspondant à la définition grand public de l’écologisme.

    Ladite perspective s’appuie sur une évaluation très partielle de la situation. Sur le plan écologique, elle tend à réduire les nombreux aspects de la #catastrophe en cours à un problème de taux de #carbone dans l’atmosphère (réchauffement climatique), et de « ressources naturelles » que la civilisation (industrielle) doit — condition sine qua non de sa perpétuation, leur ambition principale — s’efforcer de mieux gérer. Que les autres êtres vivants, les autres espèces et les communautés biotiques qu’elles forment possèdent une valeur intrinsèque, ne se réduisent pas à de simples « ressources », est rarement évoqué.

    Sur le plan social, lorsqu’ils soulignent des problèmes, nos #escrologistes pointent du doigt les #inégalités économiques ou le chômage. Certains vont jusqu’à dire du mal du capitalisme, mais ne critiquent en réalité que certains excès du système économique dominant. D’autres fois, ils dénoncent, plus honnêtement, quelque « #capitalisme dérégulé » ou « débridé » (Naomi Klein dans "Tout peut changer"). Mais ils ne parlent que très rarement, voire pas du tout, des injustices fondamentales que constituent la #propriété privée, la division hiérarchique du travail, le #travail en tant que concept capitaliste, des rapports de #domination qu’implique une organisation technique de la #société — la bureaucratie, l’État. Ils n’expliquent jamais, ou très rarement et très timidement, sans rien en tirer, qu’à l’instar de l’État en tant que forme d’organisation sociale, les régimes électoraux modernes n’ont rien de démocratique, qu’ils relèvent plutôt de l’#aristocratie élective, et que leur fonctionnement est clairement verrouillé, garanti et gardé par divers mécanismes coercitifs, y compris par la #violence physique.

    Ils se contentent d’en appeler à une sorte de nouvelle révolution verte, au moyen d’un new deal vert (Green New Deal) qu’agenceraient les gouvernants. Car aux yeux de nos escrologistes, il s’agit toujours de compter, pour sauver la situation — pardon, la #civilisation, mais aussi la planète, prétendument, puisqu’il est possible et souhaitable, d’après eux, de tout avoir — sur les dirigeants étatiques ou d’entreprise. New deal vert censé permettre de créer des tas d’emplois verts, au sein d’entreprises vertes, dirigées par des patrons verts — une exploitation verte, une #servitude verte —, de donner forme à une civilisation industrielle verte dotée de commodités technologiques vertes, smartphones verts, voitures vertes, etc., alimentés par des énergies vertes, et ainsi de suite (on parle désormais, de plus en plus, d’énergies "non-carbonées" plutôt que d’énergies "vertes", ce qui permet, à l’aide d’un autre #mensonge, de faire rentrer le #nucléaire dans le lot ; partout, vous pouvez remplacer "vert" par "non-carboné" ou "zéro carbone", ou "carboneutre", l’absurdité est la même).

    Au bout du compte, leur #réformisme à la noix vise uniquement à repeindre en vert le désastre en cours : repeindre en vert les oppressions, les dominations, les injustices. À faire croire qu’il est possible de rendre verte, durable, la civilisation technologique moderne — une rassurance dont on comprend aisément pourquoi elle est la bienvenue dans les médias de masse, pourquoi elle plait à tous ceux dont c’est la principale ambition. Un mensonge grossier : rien de ce qu’ils qualifient de vert ne l’est réellement. Une promesse creuse et, au point où nous en sommes rendus, criminelle. Affirmer, en 2019, comme le fait Aurélien Barrau dans son livre de promotion de l’écologie, pardon, de l’#escrologie, que ce qu’il faut, c’est "que nous nous engagions solennellement à ne plus élire quiconque ne mettrait pas en œuvre des mesures fermes" (pour tout repeindre en vert), "que les citoyens n’envisagent même plus de choisir pour représentant quiconque ne s’engagerait pas" (à tout repeindre en vert), zut alors.

    On peut croire à tout ça. C’est très con, mais on peut y croire. Surtout lorsqu’on fait partie des puissants, de ceux qui tirent leur épingle du désastre actuel — mais pas seulement, puisque, conditionnement aidant (c’est à ça que servent nos escrologistes) c’est même la religion dominante.

    Mais comment font certains pour continuer à dire que nous voulons tous la même chose, que nous devrions cesser de critiquer ces #éco-charlatans parce que nous voulons comme eux au bout du compte, que nous sommes tous pareils, etc. ?!

    #greenwashing

  • Naomi Klein : « Nous assistons aux prémices de l’ère de la barbarie climatique » - Heidi.news
    https://www.heidi.news/articles/naomi-klein-nous-assistons-aux-premices-de-l-ere-de-la-barbarie-climatique
    https://heidi-f385.kxcdn.com/photos/21a9056f-114c-4d83-bbb1-ecc2fe7ce938/medium

    Je suis à la fois ravie et soulagée de voir que nous envisageons enfin des solutions à la hauteur de la crise à laquelle nous sommes confrontés. Il n’est plus question de solutions miracles à base de taxe carbone ou de plafonnement des émissions et d’échange de droits d’émission mais d’une refonte de tout le système économique. De toute manière, le système actuel est défaillant pour la plupart des gens. C’est ce qui explique que nous traversions une période trouble sur le plan politique et que nous nous retrouvions avec des types comme Donald Trump, le Brexit, et tous ces gouvernements autoritaristes.

    • Dans votre livre, vous dites : « Ce qui est difficile à accepter, c’est que la réponse à la question ‘Que puis-je faire, en tant qu’individu, pour contrer le changement climatique ?, c’est : rien. » Vous le pensez toujours ?

      Pour ce qui est du bilan carbone, même en regroupant les décisions individuelles de chacun, nous n’atteignons pas le niveau de changement dont nous avons besoin. À mon sens, le fait qu’énormément de gens aient bien moins de mal à parler de consommation individuelle que de changement systémique est une conséquence directe du néolibéralisme. Nous avons appris à nous considérer avant tout comme des consommateurs.

      Il y a des personnes qui décident de se lancer dans la grève des naissances. Qu’en pensez-vous ?

      Je suis heureuse que ces discussions fassent leur apparition dans l’espace public, au lieu d’être des sujets que l’on évoque à la va-vite et dont on a peur de parler. La question d’avoir ou non une progéniture est très clivante, y compris chez moi.

      Je l’ajoute à la troisième compilation :
      https://seenthis.net/messages/680147

      Et à celle des évaluations et critiques des #actions_individuelles compilées ici :
      https://seenthis.net/messages/794181

      #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #Anthropocène #capitalocène

      Mais aussi #childfree #no_kids #nullipare #racisme #Naomi_Klein

  • Environnement-Débat. « Naomi Klein sait qu’un Green New Deal est notre seul espoir contre la catastrophe climatique » | A l’encontre
    https://alencontre.org/ameriques/americnord/usa/environnement-debat-naomi-klein-sait-quun-green-new-deal-est-notre-seul-

    D’un côté, c’est très simple. Depuis la Seconde Guerre mondiale, nous avons maintenant plus de gens en mouvement que jamais. Les migrations massives vont devenir une réalité à l’ère des bouleversements climatiques qui nous attendent. Les perturbations climatiques sont une cause directe de la migration, et aussi une cause indirecte de la migration, parce que les stress climatiques agissent comme un accélérateur dans de nombreux conflits armés. Dans de nombreux cas, elles se recoupent avec différentes formes de violence. Elles agissent comme un accélérateur. Le stress climatique aggrave les problèmes que vous rencontrez, ce qui incite souvent les gens à migrer.

    Nous sommes confrontés à un choix très clair quant à la façon dont nous allons faire face à cette réalité. Allons-nous complètement réimaginer nos frontières ? Allons-nous comprendre qu’il s’agit d’une crise qui a été créée dans le monde riche et qui est ressentie d’abord et avant tout par les populations les plus pauvres de la planète ? Allons-nous ouvrir nos bras et ouvrir nos frontières à bien d’autres personnes ? Ou allons-nous fortifier ces frontières et nous contenter de dire que nous allons prendre soin des nôtres ?

    La montée de l’éco-fascisme nous dit que nous allons le faire. Et quand cela se produit, et que des milliers de personnes commencent à se noyer en Méditerranée, et quand vous avez des gens enfermés dans des conditions abominables dans des camps de détention, que ce soit au Texas, en Libye, à Manus ou à Nauru [îles transformées par le gouvernement australien en camps de détention], il faut des théories pour justifier cette barbarie, des théories qui disent que la vie de certaines personnes vaut plus que celle d’autres et qui réaffirment cette hiérarchie brutale. Ainsi, de la même manière que le racisme pseudoscientifique est apparu comme un moyen de justifier la barbarie de l’esclavage et le vol de terres coloniales, nous sommes maintenant au milieu d’une résurgence de ces mêmes visions brutales du monde, pour justifier le sacrifice actuel et futur de la vie humaine face aux bouleversements climatiques.

    #green_new_deal #capitalisme_du_désastre #naomi_klein

  • Le #capitalisme est la cause du dérèglement climatique

    #Naomi_Klein est journaliste, réalisatrice et l’auteure de plusieurs essais remarqués : No Logo : La tyrannie des marques (Actes Sud, 2001), La Stratégie du choc : Montée d’un capitalisme du désastre (Actes Sud, 2008) et Tout peut changer : Capitalisme et changement climatique (Actes Sud, 2015). Nous vous proposons la traduction inédite d’un de ses derniers articles publié le 3 août dernier sur le site américain TheIntercept.com : « Capitalism killed our climate momentum, not “human nature” ».

    Demain Dimanche [4 août – ndlr], un seul article occupera l’intégralité du magazine du New York Times, et portera sur un sujet unique : l’absence de réaction face à la crise climatique mondiale dans les années 80, à l’époque où du point de vue scientifique la question était réglée, mais aussi où les opinions politiques semblaient tenir compte de ce point de vue. L’auteur de l’article est Nathaniel Rich, dont le travail d’historien foisonne de révélations d’initiés sur le refus de prendre certaines décisions, ce qui me fit jurer à voix haute à de nombreuses reprises. Au cas où le moindre doute subsisterait quant au fait que les conséquences de ces non-décisions graveront une empreinte suffisamment profonde pour définir une ère géologique, un reportage de photographie aérienne de George Steinmetz ponctue le texte de Rich, et notre regard ne peut se détacher de ces témoignages sur le délitement accéléré des systèmes planétaires, depuis la transformation de la glace du Groenland en un déchaînement d’eaux vives, jusqu’aux gigantesques efflorescences algales du troisième lac chinois par la taille.

    La longueur de l’article est celle d’un court roman ; il constitue un exemple du type de prise de position médiatique que la crise climatique mérite depuis longtemps, mais dont elle ne bénéficie presque jamais. Un sujet aussi trivial que le pillage de notre unique habitat ne mérite pas de faire les gros titres, et la litanie de justifications à une telle affirmation ne nous est que trop familière : « Le changement climatique est un problème de bien trop long terme » ; « Il est malvenu de parler politique, au moment où des gens périssent, victimes d’ouragans ou d’incendies » ; « Les journalistes s’adaptent à l’actualité, ne la créent pas » ; sans oublier, bien entendu : « Rien de tel pour fracasser l’audimat ».
    La responsabilité des médias

    Aucune de ces excuses ne saurait dissimuler le manquement au devoir. Les médias dominants ont toujours eu le pouvoir de décider, tout seuls, que la déstabilisation planétaire était un sujet d’actualité de la plus haute importance ; parmi ceux du moment, il est sans aucun doute le plus lourd de conséquences. Ils ont toujours eu cette capacité de mobilisation des talents de leurs journalistes et photographes, qui leur permettrait de mettre en évidence le lien entre sciences abstraites et évènements climatiques extrêmes, tels qu’ils sont vécus. Le feraient-ils avec constance, qu’ils atténueraient le besoin pour les journalistes de déterminer l’agenda politique, dans la mesure où un public mieux au fait de la menace comme des solutions concrètes, tend à pousser ses élus à prendre des mesures courageuses.

    Ainsi s’explique l’exaltation ressentie en apprenant que le Times mobilisait l’intégralité des troupes de sa machine éditoriale pour soutenir l’opus de Rich – à coups de film promotionnel, de lancement télévisé en direct depuis le Times Center, en passant par la publication de matériel pédagogique dédié.

    Ainsi s’explique également, la colère qui nous étreint à la lecture d’un article dont les prémisses sont à ce point erronées. Selon Rich, entre 1979 et 1989, la science fondamentale du changement climatique était comprise et acceptée, le sujet n’avait pas encore provoqué de clivage partisan, les compagnies d’exploitation des énergies fossiles n’avaient pas encore entamé de véritable campagne de désinformation, enfin une puissante dynamique politique semblait entraîner le monde vers la conclusion d’un accord international de réduction des émissions, à la fois ambitieux et contraignant. Lorsqu’il parle de cette période-clé, à la fin des années 80, Rich écrit : « Toutes les conditions du succès étaient réunies ».

    Mais nous avons tout gâché – « nous », c’est à dire les humains, dont la myopie sévère nous empêche de sauvegarder notre avenir. Et au cas où nous n’aurions pas bien compris sur qui, ou sur quoi, rejeter la responsabilité de notre « perte de la terre », la réponse de Rich se présente sous la forme d’un cri indigné en pleine page : « Tous les faits nous étaient connus, aucun obstacle ne barrait la voie. C’est à dire … aucun, à part nous-mêmes. »

    Ouais … vous, moi. Selon Rich, pas les compagnies pétrolières, qui participèrent à chacune des réunions politiques dont l’article fait mention. (Essayez d’imaginer un gouvernement étasunien qui chargerait l’industrie du tabac de rédiger les politiques visant à interdire de fumer. Au cas où ce type de réunions échouerait à prendre la moindre mesure concrète, devrait-on en conclure à la tendance suicidaire des populations ? Devrait-on, au contraire, pencher pour la corruption d’un système politique à l’agonie ?).

    Depuis mercredi, date de la mise en ligne de la première version de l’article, de nombreux scientifiques et historiens ont souligné ce contresens. D’autres ont attiré l’attention sur les invocations insupportables à la « nature humaine », ainsi que sur le « nous » de majesté, utilisé pour décrire un groupe de personnages très influents, dont l’homogénéité est à mourir de rire. On ne trouve, dans le compte rendu de Rich, pas la moindre allusion à ces dirigeants de « Pays du Sud », qui exigèrent des mesures contraignantes, pendant et après cette période-clé, et dont l’humanité, bizarrement, ne les empêchait pas de se soucier des générations futures. Parallèlement, il est aussi rare de percevoir l’écho d’une voix féminine dans le texte de Rich, que d’observer des pies à bec ivoire en pleine nature – et si nous, mesdames, finissons bien par apparaître, c’est avant tout dans le rôle de déesses de douleur, épouses de héros tragiques.
    Des politiques tout aussi coupable

    Rich finit par conclure que tout fut gâché par l’intervention de quelque chose du nom de « nature humaine », sans pour autant se soucier de fournir la moindre preuve, ni sociale, ni politique. Il affirme que « les êtres humains, qu’ils soient membres d’organisations mondiales, de démocraties, d’entreprises, de partis politiques, ou simplement en tant qu’individus, ont conscience du châtiment qu’ils infligeront aux générations futures, mais ils se révèlent incapables de sacrifier leurs habitudes de consommation présentes pour autant. On dirait que nous sommes incapables de nous détacher de « notre obsession du présent, notre souci du moyen terme, notre tendance à chasser le long terme de nos esprits, comme on recrache un poison ».

    Mon analyse de la même période me fit aboutir à une conclusion diamétralement opposée : avec le recul, ce qui ressemblait au premier abord à l’opportunité idéale de mise en œuvre de politiques de préservation du climat, se révèle avoir été un anachronisme historique de première ampleur. En effet, l’analyse rétrospective de ce moment le fait apparaître clairement comme la conjonction du rassemblement de gouvernements enfin bien décidés à brider l’industrie pétrolière, et de la transformation en tsunami de la vague néolibérale, dont les objectifs de déconstruction économique et sociale entrèrent en collision frontale avec les impératifs de la science du climat d’une part, de l’imposition de règles permanentes aux grandes entreprises d’autre part. L’absence de la moindre allusion, même infime, à l’apparition de cette autre caractéristique du monde de l’époque, trace au cœur de l’article de Rich, un angle mort dont l’énormité donne le vertige. Après tout, le métier de journaliste offre cet avantage essentiel de pouvoir revenir sur le passé récent, en étant capable de discerner alors des tendances, des structures, demeurées invisibles aux yeux de celles et ceux qui furent emportés par ces bouleversements, en temps réel. Par exemple, en 1988, la communauté scientifique ne pouvait avoir conscience d’être en équilibre sur le bord d’un précipice, prête à basculer dans le creuset d’une révolution libérale dont les convulsions allaient remodeler toutes les principales économies de la planète.

    Mais nous, nous savons. Lorsqu’on se penche sur la fin des années 80, il apparaît très clairement que 1988-89 étaient très loin de rassembler « des conditions de réussite on ne peut plus propices » ; en fait, pour une humanité décidée à prendre la résolution ferme de placer la santé de la planète en tête de ses priorités, loin devant les dividendes, il s’agissait très probablement du pire moment.

    Situons le contexte. En 1988, les États-Unis signèrent avec le Canada un accord de libre-échange qui allait servir de prototype aux innombrables traités du même genre conclus par la suite. La chute du Mur de Berlin était toute proche, un événement dont les idéologues étasuniens d’extrême-droite allaient réussir à s’emparer pour en faire à la fois la preuve de la « fin de l’histoire », et le blanc seing les autorisant à exporter aux quatre coins de la planète privatisations, dérégulation, austérité, à savoir les trois ingrédients de base de la recette Reagan-Thatcher.

    Ce fut cette convergence de tendances historiques – l’émergence au niveau mondial de deux architectures, l’une en prévision de la lutte contre le changement climatique, et l’autre, beaucoup plus solide, destinée à libérer le capital de toute contrainte -, qui enraya le mouvement dont Rich procède à la juste identification. En effet, fait-il remarquer à de nombreuses reprises, la relève du défi de la lutte contre le changement climatique, aurait réclamé d’une part l’imposition de règles strictes aux pollueurs, d’autre part un plan d’investissements dans les services publics, afin de transformer nos modes d’alimentation en énergie, nos habitudes de vies dans les grandes villes, nos moyens de transport.

    Tout ceci était possible dans les années 80-90 (et continue à l’être) – mais uniquement au prix d’une bataille frontale contre le projet néolibéral, qui lançait, à ce moment précis, une offensive contre l’idée même de service public (« La société est une chimère », nous répétait Thatcher). Parallèlement, les accords de libre-échange conclus à l’époque, faisaient tout leur possible pour rendre illégales au regard du droit du commerce international, de nombreuses initiatives bienvenues pour le climat – comme les subventions, ou la priorité accordées à l’économie verte localisée, ou le refus opposé aux nombreux projets polluants, comme les oléoducs ou la fracturation hydraulique.

    J’ai écrit un livre de 500 pages sur cette collision entre planète et capitalisme, dont je ne vais pas ressasser les détails ici-même. Cependant, cet extrait traite le sujet en profondeur, c’est pourquoi je me permets d’en citer un court extrait :

    Nous n’avons pas fait le nécessaire pour réduire les émissions, parce que la nature même de ce type d’actions entre en conflit avec le capitalisme dérégulé, à savoir l’idéologie dont le règne couvre toute la période au cours de laquelle nous nous sommes démenés pour trouver le moyen de sortir de cette crise. Nous n’avançons pas, parce que les mesures qui constitueraient notre meilleure chance d’éviter la catastrophe – et dont la très grande majorité bénéficierait – représentent une menace extrême pour une élite minoritaire qui tient en laisse les médias dominants, et bride nos économies comme notre fonctionnement politique. Ce problème n’aurait probablement rien eu d’insurmontable, s’il était survenu à tout autre moment de notre histoire. Mais pour notre grand malheur à tous, c’est au moment précis où la communauté scientifique présentait la menace pesant sur le climat sous forme de diagnostic irréfutable, que cette élite put jouir sans entraves de pouvoirs politique, culturel, intellectuel, qui n’avaient plus été aussi étendus depuis les années 20. En fait la diminution drastique des émissions de gaz à effet de serre avait fait l’objet de discussions sérieuses entre gouvernements et scientifiques dès 1988 – l’année même où se leva l’aube de ce que nous allions connaître sous le nom de « mondialisation ».

    Un socialisme démocrate vert comme solution ?

    Pourquoi l’absence de mention par Rich de cette collision, remplacée chez lui par l’affirmation selon laquelle c’est bien la « nature humaine » qui scella notre sort, nous importe-t-elle ? Son importance tient au fait que, si « nous-mêmes » sommes la force qui enraya la mobilisation en faveur de l’action, alors la une fataliste du magazine du New York Times, – « La Perte de la Terre » – est effectivement appropriée. Si nous sommes incapables de faire des sacrifices à court terme, même dans l’espoir d’améliorer notre santé et notre sécurité dans le futur, et si cette inaptitude est une composante fondamentale de notre ADN collectif, alors nous ne saurions espérer être capables de changer le cours des évènements assez tôt, pour éviter un réchauffement vraiment catastrophique.

    En revanche, si nous autres humains étions vraiment à deux doigts de nous tirer d’affaire dans les années 80, jusqu’au moment où un raz-de-marée élitiste de libre-échangisme fanatique nous submergea – en dépit de millions d’opposants aux quatre coins de la planète -, alors nous pouvons agir de manière on ne peut plus concrète. Nous pouvons faire face à cet ordre économique, afin d’essayer d’y substituer une alternative soucieuse de sécurité humaine et planétaire, qui ne maintiendrait pas en son centre, coûte que coûte, la recherche de la croissance et du profit.

    Quant à la bonne nouvelle – car il y en a une – elle tient au fait qu’aujourd’hui, contrairement à 1989, un jeune mouvement, en pleine expansion, de socialistes démocrates « verts », fait campagne aux États-Unis autour d’un tel projet. Cette alternative n’est pas uniquement électorale – elle donne à voir notre seul et unique horizon vital.

    Soyons clairs cependant : cet objectif, qu’il est indispensable d’atteindre, ne s’appuie sur aucun essai préalable, en tout cas pas à l’échelle requise. Lorsque le Times publia sur Twitter une accroche pour l’article de Rich, évoquant « l’inaptitude de l’humanité à juguler la catastrophe climatique », l’excellente aile écolo-judiciaire des Socialistes Démocrates d’Amérique, s’empressa de proposer cette correction : « LE CAPITALISME ; S’ils voulaient vraiment chercher les causes du déraillement, leur enquête porterait sur un capitalisme incapable de s’attaquer au problème posé par la catastrophe du changement climatique ». Malgré le capitalisme, l’humanité est tout à fait capable de s’organiser en modèles florissants de sociétés, délimités par les contraintes de l’écologie ».

    Leur argument se tient, en dépit de ses failles. Rien n’oblige les humains à vivre sous le règne du capitalisme ; nous, les humains, sommes capables de nous organiser sous les formes de toutes sortes d’ordres sociaux différents, parmi lesquels des sociétés dont l’horizon temporel serait beaucoup plus éloigné, ou plus aptes à respecter les systèmes soucieux de préserver les conditions de survie de la nature. En fait, c’est ainsi que les humains vécurent, sauf pendant une infime partie de notre histoire, et de nos jours encore bien des cultures indigènes perpétuent des cosmologies géocentriques. Le capitalisme n’est qu’une anomalie minuscule dans l’histoire collective de notre espèce.

    Mais il ne suffit pas de pointer la seule responsabilité du capitalisme. Sans contestation possible, on peut affirmer que le capitalisme, en raison de sa soif inextinguible de croissance et de profits, se dresse comme un obstacle sur l’unique chemin menant à la transition rapide vers la sortie des énergies fossiles. Sans contestation possible, on peut également affirmer que la propagation sur toute la planète, dans les années 80-90, d’une forme débridée du capitalisme connue sous le nom de néolibéralisme, explique à elle seule le pic désastreux des émissions au cours des dernières décennies, au niveau mondial, et constitue aussi l’unique pierre d’achoppement, sur laquelle les gouvernements continuent de buter, depuis qu’ils se réunissent (et parlent, encore et encore), au moment de prendre des mesures de sauvegarde du climat, d’inspiration scientifique. Il s’agit aujourd’hui encore de l’obstacle principal, même dans des pays, comme la France et le Canada, qui se vantent d’être en première ligne dans la bataille climatique.

    Cela dit, il nous faut faire preuve d’honnêteté, et admettre que le socialisme industriel autocratique fut tout aussi désastreux pour l’environnement, comme le prouve la chute brève mais spectaculaire des émissions au début des années 90, soit au moment où s’effondrèrent les économies de l’ex-Union Soviétique. Ainsi que je l’écrivais dans Tout Peut Changer, le populisme pétrolier du Venezuela perpétue cette tradition toxique de nos jours, avec des conséquences désastreuses.

    Reconnaissons-le, tout en soulignant que des pays de forte tradition social-démocrate – comme le Danemark, la Suède, ou l’Uruguay – appliquent des politiques qui comptent parmi les plus visionnaires au monde en matière d’environnement. Ce qui nous amène à conclure que, si socialisme et écologie ne vont pas forcément de pair, une nouvelle forme d’éco-socialisme démocratique, suffisamment humble pour retenir les leçons des enseignements indigènes sur nos devoirs envers les générations futures, comme sur l’interconnexion de toutes les formes de vie, a toutes les apparences du pari le moins risqué, pour une humanité en quête de survie collective.

    Tel est l’enjeu de la floraison de candidatures politiques issues du tissu associatif, dont les campagnes en faveur d’un projet éco-socialiste démocratique, révèlent les liens entre les déprédations économiques consécutives à plusieurs décennies d’hégémonie néolibérale, et l’état dévasté de notre habitat naturel. En partie inspirés par la campagne présidentielle de Bernie Sanders, plusieurs candidats, d’origines multiples – à l’image d’Alexandra Ocasio-Cortez, à New York, de Kanelia Ing, à Hawaï, et de bien d’autres encore – font campagne sur des programmes appelant à un « New Deal Vert », apte à satisfaire les besoins matériels fondamentaux de chacun, à offrir de vraies solutions en matière d’injustices envers certaines communautés, de race ou de genre, tout en catalysant une transition rapide vers un recours exclusif aux énergies renouvelables. Plusieurs d’entre eux, comme Cynthia Nixon, candidate au poste de gouverneur de l’état de New York, ou Zephyr Teachout, candidat au poste de procureur général du même état, ont promis, non seulement de refuser l’argent des compagnies pétrolières, mais encore de les poursuivre en justice.

    Tous ces candidats, qu’ils se revendiquent ou non du socialisme démocratique, rejettent le centrisme néolibéral des élites du Parti Démocrate, et la fadeur de leurs solutions « compatibles avec l’économie de marché » à la crise écologique, tout comme le guerre totale de Trump contre la nature. Ils incarnent également une alternative concrète aux socialistes extractivistes peu soucieux de démocratie, ceux d’hier comme ceux d’aujourd’hui. Par dessus-tout, cette nouvelle génération de dirigeants politiques, se refuse à faire de « l’humanité » le bouc-émissaire, condamné à expier les péchés d’avarice et de corruption d’une élite restreinte. Elle cherche, au contraire, à aider l’humanité – notamment celles et ceux dont on ignore systématiquement la parole, voire l’identité – à se constituer en un pouvoir soudé, doté d’une voix unique, et capable de tenir tête à cette élite.

    Nous ne perdons pas la terre – mais son réchauffement accéléré la place sur une trajectoire menant un grand nombre d’entre nous à leur perte. Une nouvelle voie politique se présente, juste à temps, pour nous emmener en lieu sûr. Le temps n’est pas aux lamentations sur les années perdues. Le moment est venu de s’engager sur cette voie, sans perdre un instant.

    https://www.luxediteur.com/le-capitalisme-est-la-cause-du-dereglement-climatique
    #climat #changement_climatique #responsabilité

  • #No_Logo at 20: have we lost the battle against the total branding of our lives? | Books | The Guardian
    https://www.theguardian.com/books/2019/aug/11/no-logo-naomi-klein-20-years-on-interview
    https://i.guim.co.uk/img/media/202a9684ef0a1d09eb121f8e91949ec50aab6789/0_7_2536_1521/master/2536.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    Some political books capture the zeitgeist with such precision that they seem to blur the lines between the page and the real world and become part of the urgent, rapidly unfolding changes they are describing. On 30 November 1999, mere days before the publication of Naomi Klein’s debut, No Logo, the epochal “Battle of Seattle” began. Tens of thousands turned out to protest against the World Trade Organisation, and the global corporate interests it represented, and were met with tear gas, pepper spray, rubber bullets and stun grenades. Seattle’s mayor declared a state of emergency, and a massive “no protest zone”, as the violence continued, while the chief of police resigned.

    #naomi_klein

  • Incessants débats ici : l’effondrement est-il imminent ? Quelles sont ses causes ? Quelles sont les solutions ? Est-il utile de le dénoncer ? Est-il encore possible de l’éviter ou faut-il plutôt préparer l’après ? N’y a-t-il pas de solutions individuelles en attendant un hypothétique renversement du système ?

    J’avoue être convaincu, par des articles lus ici, de la relative inutilité des actions individuelles, mais je dis bien « relative » car ici #Titiou_Lecoq, que j’aime bien et qui n’est pas naïve, pointe les avantages de telles actions, indépendantes de celles que chacun.e peut proposer par ailleurs pour renverser le capitalisme :

    Je n’ai pas investi dans un lombricomposteur pour m’acheter une bonne conscience
    Titiou Lecoq, Slate, le 26 octobre 2018
    http://www.slate.fr/story/169083/ecologie-achat-lombricomposteur-geste-individuel-conscience-politique-planete-

    Ce qu’on entend chez une partie de la gauche, c’est que ce serait inutile, et même pire, contre-productif. Le problème écologique étant indissociablement lié au capitalisme, nous serions des idiots utiles en nous focalisant sur des micro-actions individuelles qui ne changent rien. L’idée est qu’on s’achète ainsi une bonne conscience (« moi j’ai fait ma part ») et qu’on laisse le système perdurer en toute tranquillité.

    Il y a angoisse, il y a prise de décision individuelle du type « on va réduire nos déchets », mais ça ne s’arrête pas là, ce n’est que le démarrage d’un long processus.

    On l’ajoute à la troisième compilation :
    https://seenthis.net/messages/680147

    #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #Anthropocène #capitalocène

  • Comment tuer une ville

    Le 29 août 2005, un #ouragan s’abattait sur La #Nouvelle-Orléans, tuant près de deux mille personnes et détruisant des dizaines de milliers d’habitations. Cette catastrophe a permis aux décideurs et aux élites économiques d’expérimenter un urbanisme de la #table_rase, visant à remplacer les pauvres par des touristes. Une méthode dont risquent bien de s’inspirer d’autres dirigeants désireux de tirer profit des tragédies climatiques…


    https://www.monde-diplomatique.fr/2018/12/CYRAN/59367
    #New_Orleans #catastrophe_naturelle #urbanisme #touristes #pauvreté #pauvres #vide #géographie_du_vide #climat

    v. aussi
    #Stratégie_du_choc de #Naomi_Klein

  • J’ai commencé deux compilations d’articles de 2005 à 2017, sur le thème de la #fin_du_monde, la #catastrophe imminente, #it_has_begun, l’#effondrement, la #collapsologie :
    https://seenthis.net/messages/499739

    Et plus spécifiquement sur le thème de l’#anthropocène, aussi appelé #capitalocène :
    https://seenthis.net/messages/524060

    Voici donc la suite, la troisième #recension, à partir de 2018 :

    Le bonheur, enfin (après la #dystopie)
    Dror, Psikopat, janvier 2018

    #après-catastrophe

    Good arridance
    Zoya Teirstein, Grist, le 2 janvier 2018
    https://seenthis.net/messages/657387

    #désert

    The ecological catastrophe that turned a vast Bolivian lake into a salt desert
    Laurence Blair, The Guardian, le 4 janvier 2018
    https://seenthis.net/messages/656884

    #Bolivie

    #Oceans suffocating as huge dead zones quadruple since 1950, scientists warn
    Damian Carrington , The Guardian, le 4 janvier 2018
    https://seenthis.net/messages/657085

    La tragédie des #communs était un mythe
    Fabien Locher, le Journal du CNRS, le 4 janvier 2018
    https://seenthis.net/messages/657018

    #inégalités

    99% of Australian Green Sea Turtles Studied Turning Female
    Craig Welch, National Geographic, le 8 janvier 2018
    https://seenthis.net/messages/659863

    LISTEN : 1,200 Years of Earth’s Climate, Transformed into Sound
    Danielle Venton, KQED, le 8 janvier 2018
    https://seenthis.net/messages/658232

    #climat #réchauffement_climatique #dérèglement_climatique

    L’angle sécuritaire : Chaos climatique, crises humanitaires et nouveaux militarismes
    Juan Tortosa et Nick Buxton, CADTM, le 11 janvier 2018
    https://seenthis.net/messages/660573

    Des #milliardaires rêvent d’îles artificielles indépendantes pour échapper au #réchauffement
    Maxime Lerolle, Reporterre, le 23 janvier 2018
    https://seenthis.net/messages/662355

    Les jeux vidéo vont-ils disparaître ?
    Game Spectrum, YouTube, le 26 janvier 2018
    https://www.youtube.com/watch?v=2Qq-6wByLPI


    https://seenthis.net/messages/664679

    The Wizard and the Prophet : Two Remarkable Scientists and Their Dueling Visions to Shape Tomorrow’s World
    Charles C. Mann, Amazon, janvier 2018
    https://seenthis.net/messages/665004

    Can Planet Earth Feed 10 Billion People ?
    Charles C. Mann, The Atlantic, mars 2018
    https://seenthis.net/messages/665004

    The Economist : L’humanité au bord de la #guerre mondiale
    James Cogan, World Socialist Web Site, le 31 janvier 2018
    https://seenthis.net/messages/665441

    La montagne en danger
    ARTE Regards, le 31 janvier 2018
    https://seenthis.net/messages/668270

    Qui sont les #surnuméraires ? (dystopie)
    Dror, Psikopat, février 2018

    DENI DE REALITE - FT. #DIDIER_SUPER (ECOLOGIE ET EFFONDREMENT)
    Clément MONTFORT, NEXT, le 3 février 2018
    https://www.youtube.com/watch?v=FdZFzEaCLkU


    https://seenthis.net/messages/674373

    Réchauffement climatique : un gilet de sauvetage pour le zouave de la Seine
    La Croix, le 4 février 2018
    https://seenthis.net/messages/665840

    Catastrophes naturelles : des coûts qui explosent
    L’Imprévu, le 5 février 2018
    https://seenthis.net/messages/667713

    Longévité, performances. Le déclin a peut-être commencé
    Gaspard BREMOND, Ouest France, le 6 février 2018
    https://seenthis.net/messages/666700

    Le FMI alerte sur l’explosion des inégalités
    Grégoire Normand, La Tribune, le 6 février 2018
    https://seenthis.net/messages/667312

    Wait—the #Ozone Layer Is Still Declining ?
    Annie Sneed, Scientific American, le 6 février 2018
    https://seenthis.net/messages/669866

    Melting Permafrost Could Release Massive Amounts of Dangerous Mercury, Study Says
    Pam Wright, Weather, le 7 février 2018
    https://seenthis.net/messages/667485

    #Mercure (après le #Co2 et le #méthane)

    Macron propose une augmentation de 35 pour cent des budgets militaires
    Alexandre Lantier, World Socialist Web Site, le 9 février 2018
    https://seenthis.net/messages/665441

    Dans le Vercors, on ne prépare pas l’après pétrole, mais l’après neige
    Angela Bolis, L’Imprévu, le 9 février 2018
    https://seenthis.net/messages/667713

    The world’s biggest threats are environmental risks
    The Lancet 2:e51, février 2018
    https://seenthis.net/messages/668057

    A Fos-sur-Mer, la pollution industrielle contamine aussi les aliments
    Stéphane Mandard, Le Monde, le 12 février 2018
    https://seenthis.net/messages/668303

    La fonte du pergisol arctique libère du mercure
    Claude-Marie Vadrot, Politis, le 12 février 2018
    https://seenthis.net/messages/668965

    À mesure que l’Arctique fond, des tonnes de mercure sont libérées dans l’atmosphère
    Craig Welch, National Geographic, février 2018
    https://seenthis.net/messages/668965

    Article original :
    Permafrost Stores a Globally Significant Amount of Mercury
    Paul F. Schuster, Kevin M. Schaefer, George R. Aiken, Ronald C. Antweiler, John F. Dewild, Joshua D. Gryziec, Alessio Gusmeroli, Gustaf Hugelius, Elchin Jafarov, David P. Krabbenhoft, Lin Liu, Nicole Herman‐Mercer, Cuicui Mu, David A. Roth, Tim Schaefer, Robert G. Striegl, Kimberly P. Wickland, Tingjun Zhang
    Geophysical Research 45:1463-1471, le 5 février 2018
    https://doi.org/10.1002/2017GL075571

    New Study Finds Sea Level Rise Has Accelerated
    gCaptain, le 13 février 2018
    https://seenthis.net/messages/669098

    New study finds sea level rise accelerating
    Katie Weeman, Sea Level Change, le 13 février 2018
    https://seenthis.net/messages/671321

    Les modèles du climat deviennent plus précis
    Rémi Sussan, Internet Actu, le 15 février 2018
    https://seenthis.net/messages/669386

    Why Silicon Valley #billionaires are prepping for the apocalypse in New Zealand
    Mark O’Connell, The Guardian, le 15 février 2018
    https://seenthis.net/messages/669620

    Household chemicals rival vehicles as smog source
    Cally Carswell, Nature, le 15 février 2018
    https://seenthis.net/messages/670677

    Quel est l’impact des polluants de l’air sur la végétation ?
    Jean-Pierre GARREC, Encyclopédie de l’environnement, 2018
    https://seenthis.net/messages/670497

    Retreat From a Rising Sea : A Book Review
    Jeff Masters, Wunderground, le 16 février 2018
    https://seenthis.net/messages/670500

    Environnement : l’ #eau se raréfie dans plusieurs régions du monde
    De Juliette Heuzebroc, National Geographic, le 19 février 2018
    https://seenthis.net/messages/671029

    Besides, I’ll be dead
    Meehan Crist, London Review of Books 40:12-13, le 22 février 2018
    https://seenthis.net/messages/670501

    The Water Will Come : Rising Seas, Sinking Cities and the Remaking of the Civilised World
    Jeff Goodell, octobre 2017
    https://seenthis.net/messages/670501

    These Women Are The Only Reason Some People In Mexico City Get Any Water
    Karla Zabludovsky, Buzz Feed, le 22 février 2018
    https://seenthis.net/messages/671963

    Effondrement de la civilisation ?
    Pablo Servigne, Thinker View, le 23 février 2018
    https://www.youtube.com/watch?v=5xziAeW7l6w


    https://seenthis.net/messages/674158

    Compilation de photos et d’articles sur les dizaines de milliers de tonnes de #poissons morts retrouvés dans des lacs, et ailleurs
    @mad_meg, le 26 février 2018


    https://seenthis.net/messages/672324

    North Pole surges above freezing in the dead of winter, stunning scientists
    Jason Samenow, Washington Post, le 26 février 2018
    https://seenthis.net/messages/673034

    Scientifiques désorganisés, rennes à la diète… Dans l’Arctique, touché par un pic de chaleur, "tout devient compliqué"
    Lison Verriez, France Info, le 28 février 2018
    https://seenthis.net/messages/672574

    Some of the World’s Biggest Lakes Are Drying Up. Here’s Why
    Kenneth R. Weiss, National Geographic, mars 2018
    https://seenthis.net/messages/672362

    Climate change harms everyone’s health. Yes, even yours
    Renee Salas, Massive, le 5 mars 2018
    https://seenthis.net/messages/674187

    Attack of the extreme floods
    Alexandra Witze, Nature 555:156-158, le 7 mars 2018
    https://seenthis.net/messages/676241

    Microplastic pollution in oceans is far worse than feared, say scientists
    Damian Carrington, The Guardian, le 12 mars 2018
    https://seenthis.net/messages/676251

    #plastique

    Climate change is a disaster foretold, just like the first world war
    Jeff Sparrow, The Guardian, le 12 mars 2018
    https://seenthis.net/messages/676252

    MICROPLASTICS FOUND IN GLOBAL BOTTLED WATER
    Christopher Tyree and Dan Morrison, Orb Media, 2018
    https://seenthis.net/messages/676560

    L’eau en #bouteille de plusieurs marques contaminée par du plastique
    La Presse, le 14 mars 2018
    https://seenthis.net/messages/676560

    Part of the Great Barrier Reef exposed to more CO₂ ; results are grim
    Diana Gitig, Ars Technica, le 16 mars 2018
    https://seenthis.net/messages/677504

    Les oiseaux disparaissent des campagnes françaises à une « vitesse vertigineuse »
    Stéphane Foucart, Le Monde, le 20 mars 2018
    https://seenthis.net/messages/677925

    Où sont passés les oiseaux des champs ?
    Laurianne Geffroy, Le Journal du CNRS, le 20 mars 2018
    https://seenthis.net/messages/677971

    We underestimated the size of the #Great_Pacific_Garbage_Patch — by 16 times
    Zoë Schlanger, Quartz, le 22 mars 2018
    https://seenthis.net/messages/679015

    #Vortex_de_déchets_du_Pacifique_nord
    Wikipedia
    https://seenthis.net/messages/679015

    The ocean currents brought us in a lovely gift today...
    cheeseandjamsandwich, Youtube, le 3 mars 2018
    https://www.youtube.com/watch?v=AWgfOND2y68


    https://seenthis.net/messages/679015

    Le déclin massif de la #biodiversité menace l’humanité
    Audrey Garric et Pierre Le Hir, Le Monde, le 23 mars 2018
    https://seenthis.net/messages/679215

    L’Humanité se met en danger en surexploitant la planète
    Science et Avenir, le 23 mars 2018
    https://seenthis.net/messages/679215