• Nathalie Quintane : « Il n’y a pas de mutation du métier d’enseignant, il y a une liquidation » (Un hamster à l’école)
    https://diacritik.com/2021/01/14/nathalie-quintane-il-ny-a-pas-de-mutation-du-metier-denseignant-il-y-a-un

    Mes parents étaient employés des Postes ; ils ont vu, dans les années 90, la fin de ce service public et du statut de fonctionnaire qui les avait relativement protégés. Idem chez France Telecom et à la SNCF ou à l’hôpital — partout, en fait. Nous assistons logiquement, en ce moment, à la même chose dans l’E.N. : c’est la fin, et les moyens mis en œuvre sont sensiblement les mêmes. Il n’y a pas de mutation du métier d’enseignant, il y a une liquidation. Mandeville a dit dès le début du XVIIIe siècle une vérité indépassable du capitalisme : une population cultivée, critique, émancipée, lui est nuisible. Il faut en finir avec le service public de l’éducation...

  • UN HAMSTER A L’ECOLE
    Nathalie Quintane

    [Bonnes feuilles]

    paru dans lundimatin#270, le 11 janvier 2021

    S’il y a bien une institution qui concentre toute la schizophrénie française, c’est l’école. On y place tous ses espoirs et toutes ses déceptions, tout le monde l’aime et la déteste, viscéralement. On ne compte plus les travaux en sciences sociales visant à la dénoncer, la réformer, la sauver. C’est aussi de l’école dont il est question dans le nouveau livre de Nathalie Quintane, mais autrement. Il n’y a pas de surplomb analytique, pas de dénonciation gauchiste, pas de doudous méritocratique. Un hamster à l’école parle depuis l’expérience, c’est-à-dire depuis le sensible. Les anecdotes s’enchaînent et dessinent depuis l’intérieur les contours de l’institution avec une justesse et une précision tellement drôles que c’en est bouleversant. Nous ne sommes que le 11 janvier mais il ne fait aucun doute que c’est, pour l’instant, le meilleur livre de l’année. En voici quelques « bonnes feuilles ».

    https://lundi.am/Un-hamster-a-l-ecole

  • Nathalie Quintane : « Il faut que ça secoue » - CQFD, mensuel de critique et d’expérimentation sociales
    http://cqfd-journal.org/Nathalie-Quintane-Il-faut-que-ca

    « Mais qui a sucé la substance blanche de nos cerveaux à la paille, durant toutes ces années ? »
    (Nathalie Quintane, un Œil en moins )

    Quand le réel nous nasse, il faut le désosser, s’en faire une paire de masses et s’en aller fracasser des portes dérobées. Pour ça, la #poésie peut aider. Pas toujours, mais ça se tente. La preuve avec la poète Nathalie Quintane, fichtrement vivante, et la mémoire de Nanni Balestrini, disparu en 2019.

    Les mots de Nathalie Quintane et Nanni Balestrini portent haut un imaginaire poétique de lutte collective et de révolte politique. Du second, poète italien, militant de l’autonomie ouvrière et cofondateur de l’organisation Potere Operaio [1], les éditions La Tempête viennent de publier Chaosmogonie , un recueil inédit. Nathalie Quintane en a écrit l’introduction. L’occasion d’évoquer en sa compagnie cet agitateur intense de la poésie contemporaine et de parler de son œuvre à elle, féroce et grinçante, ludique et singulière.

    Quelle place tient l’œuvre de Balestrini dans votre vie, de lectrice et d’auteure ?

    « Balestrini c’est d’abord un nom, lointain. Je savais qu’il venait dans les festivals de poésie, à Marseille notamment. Il était en exil, avait quitté l’Italie clandestinement. Son travail je l’ai découvert assez tard, en travaillant sur Chaosmogonie, et j’ai alors lu ce qui avait été publié en France, à commencer par son “roman”, Nous voulons tout [Entremonde, pdf du texte du livre https://entremonde.net/nous-voulons-tout ]. Un #récit basé sur un long entretien avec un ouvrier du Sud de l’Italie, au début des années 1970. Il y raconte en courts paragraphes la trajectoire de cet homme, venu à Milan pour travailler en usine, ainsi que son engagement militant… Aujourd’hui encore, ça reste un #livre incroyable à lire. Puis je me suis plongée dans ses écrits poétiques qui sont des documents essentiels pour comprendre “les années d’or”. Si je préfère cette expression au classique “années de plomb”, c’est parce que Balestrini a participé à La Horde d’or , une somme géniale sur les années de l’autonomie italienne [l’Éclat, pdf en ligne http://ordadoro.info]. C’est un montage de documents, d’extraits de tracts, etc. Personnellement, ces écrits me donnent une putain d’énergie ! On sait qu’ils ont eu des phases de désespoir intense dans ce mouvement, Balestrini n’en a pas fait mystère et c’est ce qui est remarquable chez lui : ses textes retranscrivent ces moments tragiques, la fin brutale, puis il se dit “Oh mais c’est pas grave !”, et il repart. Il y a toujours un moment de reprise chez lui – on n’a jamais le sentiment qu’il tombe dans l’impasse. C’est pour cette raison qu’il a été important pour moi dans ces dernières années, où tout est un peu grave, pour le dire pudiquement… Dans ces moments où il ne faut pas baisser les bras, Balestrini et son travail incarnent une relance, un modèle de vie, pas seulement d’écriture. »

    Balestrini écrit que « la poésie doit être une opposition »...

    « Il pose cette phrase au début de son travail, très jeune, et c’est une ligne directrice qu’il ne lâchera jamais. Cette opposition n’est pas seulement politique, c’est un rejet global du statu quo sous toutes ses formes – dans la société, dans l’art, dans la littérature. La culture, toujours empreinte de morale bourgeoise, pèse dans ce statu quo, si bien que lorsque Balestrini entame son travail, en essayant de bouger les formes, pour lui la poésie doit être une opposition dans le fond et dans la forme. Il faut que ça secoue : ce qui est dit et la manière dont c’est dit. »

    La poésie de Balestrini relève du montage. Comment décrire ce processus ?

    « D’autres écrivains l’ont fait avant lui, William Burroughs par exemple, chez qui la visée politique était très claire. Le montage poétique, dans lequel s’inscrit Balestrini, c’est la retranscription. On emprunte, on recopie, puis on coupe, on associe, on répète. (...)

    #politique #culture #Nathalie_Quintane #Nanni_Balestrini #montage

  • « C’est le moment de l’écriture qui révèle des choses » : #Nathalie_Quintane, Un œil en moins (Entretien)

    https://diacritik.com/2018/04/25/cest-le-moment-de-lecriture-qui-revele-des-choses-nathalie-quintane-un-oe
    https://i1.wp.com/diacritik.com/wp-content/uploads/2018/04/sddefault.jpg?fit=640%2C360&ssl=1

    Dans ce livre, les conditions d’accueil et de vie des migrants, les violences policières, la torture, le racisme, la « complexité administrative », mais également les CAO, le rôle de l’État français dans la répression, le bénévolat sous certains aspects sont dénoncés. Des notes très précises concernent aussi bien les dossiers à remplir pour les demandes d’asile que le fonctionnement interne des CAO. Quels matériaux ont été utilisés dans l’élaboration de ces chroniques ?

    Comme pour « le mouvement », personne n’est nommé ni désigné, donc tout le monde pourra s’y reconnaître, et si tout le monde peut s’y reconnaître, c’est parce que le piège est le même partout, de Calais à Vintimille en passant par Limoges ou Digne-les-Bains. J’ai d’abord vu et vécu sans réserve et sans distance ce que je raconte, en effet : l’enthousiasme des bénévoles à l’arrivée des premiers « migrants » de Calais, leur installation dans un C.A.O., une équipe pléthorique apportant des gâteaux, des vêtements en pagaïe et de la bonne volonté. Et puis l’association qui a délégation de l’Etat pour gérer le Centre et qui commence à mettre des tours de vis, qui entend avoir la main sur tout – on est des professionnels –, ne laisser aucune place à d’autres associations comme la Ligue des Droits de l’Homme, qui ne laisse filtrer aucune information concernant l’avancée des dossiers, le nombre des réfugiés, le nombre des mineurs qui ont fugué, le nombre des tentatives de suicide, etc.

    #littérature

  • Paris : Compte-rendu du premier jour du procès de la keufmobile brûlée-Non Fides
    http://www.non-fides.fr/?Paris-Compte-rendu-du-premier-jour-du-proces-de-la-keufmobile-brulee

    @Ad Nauseam - Les gens sont venus nombreux devant la 14e chambre au TGI, avant même l’heure prévue pour l’audience. Les journalistes aussi. Ils tirent d’abord le portrait à ceux qui s’y prêtent, puis ils mitraillent et filment sans retenue quand les personnes convoquées sont appelées à entrer les premières dans la (...)

    #Non_Fides / #Mediarezo

  • L’art dévoré par l’argent
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/190817/l-art-devore-par-l-argent

    Œuvre de l’artiste britannique Damien Hirst © DR Un livre collectif rédigé par des artistes, des écrivains, des théoriciens et des membres d’écoles d’art examine le nouveau régime des rapports entre art et #argent, qui achève de transformer les œuvres en objets spéculatifs et raconte le creusement abyssal des inégalités, dans l’univers artistique comme dans la société. Entretien avec sa co-directrice, l’écrivain #Nathalie_Quintane.

    #Culture-Idées #art_contemporain #Fondation_Vuitton #Jean-Pierre_Cometti #spéculation

    • Les Chroniques de Nicole Esterolle
      La création libre va bien, mais l’art dit contemporain va de plus en plus mal
      http://www.schtroumpf-emergent.com/blog/?cat=3

      7 – Quand les obscurantistes bretons résistent outrageusement à l’invasion de plantes vertes dans l’art contemporain


      C’est une exposition de trop dans le genre installationnisme délirant, qui a décidé sans doute la municipalité de Quimper de réduire sa subvention à son Centre d’Art Contemporain appelé « Le Quartier »…Encore un outrage à l’art d’Etat, qui permet à notre pimpante nouvelle ministre de la culture de hurler à l’obscurantisme nauséabond qui « fait le jeu du Front National »…Classique dans l’indécrottable bien- pensance de vieille gauche identitaire Nouvel Obs indékrotuptibles et Cie.. Belle et exemplairement contemporaine pourtant , cette installation, « entre construction et dépotoir », où il est question de musique pour plante vertes, de chant d’oiseaux, de chewing-gums et de brumisateurs… « un condensé de notre société, entre zen et hardcore, entre bondage et musique classique »…tout pour plaire aux culturolâtres quimpérois amateurs de questionnement sociétal et alliés objectifs du FN.

      Je vous joins un lien pour plus d’info : http://le-quartier.net/A-VENIR-MUSIQUE-POUR-PLANTE-VERTE

  • « La #politique je n’y connais rien » : Pourquoi la #compétence politique n’existe pas – FRUSTRATION
    http://www.frustrationlarevue.fr/?p=968

    « Moi je n’y connais pas grand-chose en politique ». Qui n’a pas déjà entendu cette réaction de la part de parents, d’amis, de collègues, lorsqu’une discussion sur les grands problèmes du pays ou du monde est lancée ? Beaucoup de gens se censurent et s’estiment trop incompétents pour avoir un avis sur notre #système économique, nos institutions, nos lois en général. Si l’on côtoie des gens diplômés ou des militants politiques, on entend également ce genre de constat mais pour les autres cette fois-ci : « les gens ne sont pas compétents » pour décider sur telle ou telle question, et il ne faudrait pas multiplier les référendums car non seulement nos concitoyens ne comprendraient pas toujours les enjeux mais en plus ils risqueraient d’y exprimer leurs plus bas instincts.

    Il faut dire que nous sommes tous élevés avec l’idée que la politique est une affaire de grands esprits et que le peuple se trompe souvent. Notre classe politique nous le rappelle régulièrement : encore dernièrement, lorsque les citoyens britanniques ont voté pour la sortie de l’Union européenne (le brexit), une grande partie du personnel politique et des #éditorialistes français s’est récriée d’une même voix : il ne fallait pas leur demander c’était bien trop sérieux ! Alain Minc, conseiller du pouvoir français depuis des décennies, a exprimé franchement le préjugé : « le Brexit, c’est la victoire des gens peu formés sur les gens éduqués ». Cette croyance en la #supériorité de quelques-uns sur la masse est un argument massue pour notre #élite, qui peut faire passer en force de nombreuses lois contre l’opinion de la majorité des gens sous prétexte que ceux-ci n’y connaîtraient rien et ne seraient pas aptes à penser le long terme. À Frustration, nous défendons depuis notre premier numéro l’idée que nous sommes tous à égalité face à la politique et que « les gens éduqués » ne sont en rien supérieurs aux « gens peu formés » pour prendre les décisions. Pour que ceux qui se sentent incompétents arrêtent de se censurer et qu’on cesse de suivre aveuglément les « gens cultivés » de tout bord, nous montrons ici que la compétence politique, ça n’existe pas.

    #hiérarchie