• #Canada : Des femmes atikamekw qui allèguent avoir été stérilisées contre leur gré se tournent vers les tribunaux
    https://www.ledevoir.com/societe/648630/des-femmes-atikamekw-qui-alleguent-avoir-ete-sterilisees-contre-leur-gre-s

    Deux femmes atikamekw de Manawan affirment avoir été stérilisées contre leur gré au centre hospitalier de Lanaudière, à Joliette. Elles viennent de déposer une demande à la Cour supérieure pour exercer une action collective contre le CISSS de Lanaudière et deux de ses anciens médecins au nom de toutes les femmes atikamekw qui auraient subi de telles interventions sans avoir donné leur consentement libre et éclairé, et ce, depuis 1971.


    Photo : Martin Bureau Agence France-Presse Les demanderesses affirment que les défendeurs ont violé « leurs obligations déontologiques et civiles d’informer et d’obtenir le consentement libre et éclairé » de leurs patientes avant de pratiquer une intervention chirurgicale.

    « Parmi les pratiques discriminatoires graves qui ont cours au CISSS de Lanaudière, il existe un phénomène répandu de stérilisation subie par les femmes atikamekw sans leur consentement ou sans que ce consentement ne soit libre et éclairé. C’est notamment le cas des deux demanderesses », écrivent les avocats du cabinet Dionne Schulze, qui ont déposé la demande d’autorisation d’exercer une action collective à la Cour supérieure du Québec le 27 octobre dernier.

    Le CISSS de Lanaudière et les médecins visés ont indiqué dans des documents de cour déposés le 11 novembre avoir l’intention de contester.

    Unetelle et Madame X, qui sont nommées dans le document sous ces faux noms pour préserver leur vie privée, sont toutes deux originaires de Manawan, une petite communauté d’environ 3000 habitants située à 180 kilomètres de Joliette.

    Le 17 décembre 2004, Unetelle a été admise à l’hôpital de Joliette pour son cinquième accouchement, prévu par césarienne. « À aucun moment avant l’intervention, Unetelle n’a eu d’échange avec la Dre [Yvonne Brindusa] Vasilie ou tout autre membre du personnel soignant au sujet d’une intervention chirurgicale stérilisante », écrivent les avocats.

    « Malgré l’absence de toute connaissance de la procédure envisagée et encore moins du consentement de Unetelle à cette intervention, la défenderesse Dre Vasilie a procédé à l’installation de clips de Filshie lors de la césarienne. »

    La médecin n’aurait assuré aucun suivi par la suite et n’aurait rien dit à la patiente au sujet de la stérilisation. Ce n’est qu’un an plus tard, alors qu’elle croyait être de nouveau enceinte, qu’elle aurait appris qu’elle avait subi une stérilisation. « Elle était sous le choc et ne comprenait pas pourquoi on avait procédé à cette intervention », précisent les avocats.

    Pressions du médecin
    Madame X, elle, était suivie par le docteur Richard Monday, qui a depuis pris sa retraite, selon le document de cour. Selon la demanderesse, le médecin était « méchant avec elle, son ton était menaçant et il faisait souvent des remarques racistes ou désobligeantes envers les Autochtones ».

    Les avocats donnent plusieurs exemples de propos dégradants qui auraient été tenus : « Tu es encore enceinte », « C’est le temps de te faire une ligature », « Tu as trop d’enfants », « Tu ne dois pas avoir de maison et tu dois être sur le “BS” », « vous, les Autochtones, vous avez tous des problèmes d’alcool ».

    Selon la demanderesse, le médecin a insisté pour qu’elle subisse une opération stérilisante dès sa troisième grossesse. Après son cinquième accouchement, en 1993, à l’âge de 27 ans, elle aurait « cédé aux pressions » du médecin, qui lui « aurait laissé croire […] que cette opération était nécessaire compte tenu de sa situation médicale ou socio-économique ».

    Les avocats prétendent que le médecin a procédé à une ligature des trompes sans que la principale intéressée ait donné son consentement libre et éclairé.

    Pour les deux femmes, la stérilisation a entraîné des effets néfastes majeurs dont certains subsistent encore à ce jour : dérèglements hormonaux, incompréhension, culpabilité, sentiment d’humiliation, colère, peur et perte d’identité à titre de femme atikamekw. Aujourd’hui, elles sont toutes deux familles d’accueil pour des enfants de la communauté.

    Les histoires d’Unetelle et de Madame X décrites dans les procédures ressemblent à celle de Marie, une femme algonquine de Pikogan qui a confié au Devoir https://www.ledevoir.com/societe/600935/autochtones-et-soins-de-sante-une-femme-algonquine-et-crie-denonce-une-ste en mai avoir été stérilisée contre son gré dans des circonstances similaires à l’hôpital d’Amos. L’émission Enquête https://ici.radio-canada.ca/recit-numerique/2945/sterilisations-non-consenties-quebec-canada-racisee-autochtone a également publié un reportage récemment qui faisait état d’une dizaine de cas de femmes autochtones stérilisées contre leur gré au Québec.

    Négligence du CISSS ?
    Les demanderesses affirment que les défendeurs ont violé « leurs obligations déontologiques et civiles d’informer et d’obtenir le consentement libre et éclairé » de leurs patientes avant de pratiquer une intervention chirurgicale, d’autant plus que celle-ci était « non essentielle et non urgente ».

    Selon les demanderesses, le CISSS de Lanaudière « connaissait ou devait connaître l’existence d’une pratique répandue de stérilisation non consentie des femmes atikamekw au sein de son établissement », raison pour laquelle l’établissement est également visé par la requête.

    Elles soutiennent que le CISSS de Lanaudière aurait permis, « par ses actions ou par sa négligence », que des « actes fautifs » soient commis « en toute impunité » par les équipes médicales, ce qui engage « sa responsabilité civile directe ».

    Les deux femmes ont longtemps eu peur de dénoncer les actes qu’elles auraient subis, notamment en raison du « contexte colonial et de la crainte qu’elles éprouvent plus spécifiquement à l’endroit des médecins et du personnel travaillant au CISSS de Lanaudière », un phénomène qui a été documenté notamment dans le rapport de la commission Viens et pendant les audiences de la coroner sur le décès de Joyce Echaquan.

    « Le courage de [Joyce] Echaquan a permis aux membres du groupe de trouver la force de dénoncer les actes fautifs subis au CISSS de Lanaudière », précisent les avocats.

    Le CISSS de Lanaudière a décliné la demande d’entrevue du Devoir. « En suivi de votre demande, nous n’accorderons pas d’entrevue ni de commentaire à formuler à ce moment-ci, considérant que le dossier suit son cours au niveau judiciaire », a répondu par courriel la directrice des relations publiques de l’établissement, Pascale Lamy.

    Les docteurs Monday et Vasilie n’ont pas répondu aux demandes d’entrevue du Devoir. Les allégations des procédures judiciaires n’ont toujours pas été prouvées, et les défendeurs n’ont pas encore eu l’occasion de faire valoir leur point de vue devant le tribunal.

    #Femmes #Peuples_autochtones #nations_premières #colonies #stérilisation #médecins #docteurs #eugénisme #racisme #discrimination #autochtones

  • Le passé trouble des liens entre l’aristocratie allemande et le parti nazi Robert Philpot - Time of Israel
    https://fr.timesofisrael.com/le-passe-trouble-des-liens-entre-laristocratie-allemande-et-le-par
    Des faits rapportés dans une réclamation d’indemnisation de la famille royale allemande pourraient relancer la polémique sur le rôle de la noblesse sous le régime de Hitler

    LONDRES – Aucun moment de l’histoire de la résistance allemande au nazisme n’a fait l’objet d’autant d’attention – ou n’a été autant mythifié – que le « complot de juillet » de 1944, lorsque la bombe du comte Claus von Stauffenberg a failli assassiner Adolf Hitler. Les conspirateurs, comme l’avait dit l’ancien chancelier allemand Helmut Kohl en 1994, étaient « les plus nobles et les plus grands » individus « qui aient jamais été produits dans l’histoire de l’humanité ».

    La bravoure de Stauffenberg et de ses compagnons de conspiration – et leurs origines aristocratiques – a cimenté dans l’imaginaire populaire l’idée selon laquelle la noblesse allemande était à l’avant-garde de l’opposition intérieure au national-socialisme.

    Mais, selon le Dr Stephan Malinowski, auteur de Nazis & Nobles : The History of a Misalliance, la réalité est un peu plus complexe. Non seulement l’écrasante majorité des conspirateurs ont apporté « une contribution substantielle à l’ascension de la dictature nazie », écrit-il, mais nombre de ceux qui ont tenté de tuer Hitler au cours de l’été 1944, alors que l’Allemagne se dirigeait vers la défaite, avaient eux-mêmes eu auparavant une relation profondément ambiguë avec le Troisième Reich.

    Le rôle des échelons supérieurs de la société allemande dans l’accession au pouvoir des nazis est un pan de l’Histoire souvent négligé et oublié.

    « Il est fascinant de constater que… nous avons des livres sur l’histoire de la paysannerie, des femmes et des commerçants, mais que très peu a été écrit sur la noblesse et sur ces familles encore très puissantes et très influentes », explique Malinowski dans une interview au Times of Israël . « C’est difficile à expliquer. »

    Le livre de Malinowski, qui vient d’être publié en anglais pour la première fois, arrive donc à point nommé. Les médias allemands se penchent actuellement sur les démarches juridiques entreprises par l’ancienne famille royale allemande pour réclamer une compensation pour les biens qui lui ont été confisqués par les Soviétiques après 1945.

    Mais pour que sa demande aboutisse, la famille Hohenzollern doit prouver que le prince héritier Wilhelm, fils du Kaiser qui s’est exilé à la fin de la Première Guerre mondiale, n’a pas apporté de « soutien substantiel » aux nazis.

    Malinowski, dont les recherches ont mis en évidence le soutien public du « petit Willie » aux premières mesures prises par les nazis contre les Juifs en Allemagne en mars 1933, est l’un des quatre experts chargés de fournir des avis confidentiels dans cette affaire.

    « Mon sentiment personnel est qu’en suscitant l’intérêt des historiens, la famille a ouvert une boîte de Pandore qu’elle pourrait, avec le recul, regretter. Ce que les historiens vont découvrir sur la famille après 1919 n’est pas très agréable », estime Malinowski.


    L’historien Stephan Malinowski, auteur de ‘Nazis & Nobles.’ (Crédit : Manfred Thomas/ Autorisation)

    Bien sûr, comme le dit Malinowski, la noblesse allemande n’était pas un groupe homogène, mais divisée selon des critères de richesse, de religion et de géographie. L’aristocratie catholique du sud, par exemple, s’est avérée bien plus insensible à l’appel des nazis que la noblesse protestante de Prusse. De même, la « petite noblesse » – ceux qui se situent aux échelons inférieurs de l’aristocratie sur le plan social et économique – a adopté le national-socialisme avec plus d’enthousiasme que la « grande noblesse », ancienne propriétaire terrienne et toujours immensément riche.

    Néanmoins, les haines partagées – et l’opportunité de gain personnel que les nazis leur faisaient miroiter – ont contribué à forger ce que Malinowski appelle une « mésalliance », terme aristocratique désignant un mariage scandaleux entre un membre de la noblesse et une personne de rang inférieur. Ces haines – vis-à-vis de Weimar et de sa démocratie, du libéralisme, de la gauche, de la classe moyenne supérieure, des intellectuels et des villes – étaient soudées par la « colle symbolique » d’un antisémitisme enragé.

    Au lendemain de la révolution de 1918, qui a renversé l’ordre social et politique de l’Allemagne impériale et inauguré la république démocratique de l’entre-deux-guerres, il n’y a pas eu de « Terrorisme rouge » dirigé contre la noblesse, comme celui qui sévissait alors en Russie.

    Mais la révolution a déclenché un processus crucial de déclin social et de radicalisation politique au sein d’une grande partie de l’aristocratie. La noblesse a subi des pertes concrètes de pouvoir et de statut.



    « Nazis & Nobles, » écrit par le docteur Stephan Malinowski. (Autorisation)

    Les « réseaux de vieux garçons » aux plus hauts niveaux de la fonction publique se sont effondrés et, surtout, le traité de Versailles a décimé le corps des officiers allemands, frappant particulièrement la petite noblesse. Sur les quelque 10 000 nobles qui avaient servi dans l’armée du Kaiser, seuls 900 environ ont trouvé un emploi dans la nouvelle Reichswehr.

    Parallèlement, la fuite du Kaiser et la fin de la monarchie laissent la noblesse à la dérive sur le plan idéologique, créant un vide symbolique et politique fatal. Ce vide a laissé l’aristocratie à la merci de la pensée radicale de la « Nouvelle Droite » des intellectuels de la classe moyenne, avec lesquels elle partageait le désir de renverser ce que l’un des leurs, l’avocat et journaliste Edgar Julius Jung, appelait le « règne des inférieurs » de la république démocratique.

    Les DAG de la guerre
    Principalement, mais pas exclusivement, issue des rangs de la petite noblesse, la Société noble allemande (DAG) – à laquelle appartenait, selon les estimations, un tiers de tous les aristocrates adultes à son apogée en 1925 – a à la fois illustré et contribué au processus de radicalisation. En 1919, la société a été la première organisation aristocratique à déclarer son désir de « se débarrasser de l’esprit juif et de sa culture ».

    Un an plus tard, alors que le futur président de Weimar, le maréchal général Paul von Hindenburg, occupait le poste de président d’honneur, la conférence annuelle de l’organisation a adopté un « paragraphe aryen » dans ses statuts excluant les futurs membres d’ascendance juive. Cette disposition fut rapidement étendue à l’adhésion de tout aristocrate qui « est ou était » marié à une personne qui n’était pas « racialement pure ». (Bien que les sociétés nobles catholiques aient tenu des débats similaires, les principales organisations telles que l’Association des aristocrates catholiques ont choisi de ne pas suivre l’exemple de la DAG).

    Les premières années de la République sont également marquées par la décision de commencer à compiler un registre de tous les membres de la noblesse éligibles sur le plan racial. Lors d’une conférence tenue en 1920, il a été décidé que pour être admis, un aristocrate devait fournir « une déclaration écrite selon laquelle le demandeur… n’a, à sa connaissance, aucun ou, tout au plus, un individu sémite ou de couleur parmi ses 32 ancêtres paternels ou maternels en ligne directe ou ceux de son conjoint ».



    Le président Paul von Hindenburg et Adolf Hitler en 1933. (Crédit : Bundesarchiv bild/via Wikimedia Commons)

    « Ce qui m’a frappé lorsque je me suis penché pour la première fois sur le sujet il y a une vingtaine d’années, c’est le degré et la rapidité avec lesquels la noblesse allemande, et notamment prussienne, s’était adaptée aux aspects raciaux et biologiques [de l’antisémitisme] », explique Malinowski. Ces débats, affirme-t-il, préfigurent à certains égards « la logique » appliquée dans les lois de Nuremberg. »

    Néanmoins, comme l’explique Malinowski, le discours national-socialiste sur la « révolution » et – pour ceux qui répondaient à ses critères raciaux stricts – sur une « Volksgemeinschaft » (ou « communauté nationale ») égalitaire « a dû paraître assez horrible aux oreilles des nobles » et le langage parfois « opaque » du parti sur la propriété a constitué un point de tension réel entre l’aristocratie et les nazis.

    Conscient du danger que représentent de tels sentiments lorsqu’il cherche à séduire les élites de la classe moyenne supérieure et de l’aristocratie, Hitler se veut rassurant en affirmant qu’il ne cherchera « jamais » à démanteler ou à confisquer les grands domaines et que la propriété privée est en sécurité entre ses mains.

    La méfiance, la suspicion et le ressentiment mutuels étaient également à la base des relations entre une aristocratie qui croyait en son droit inné à gouverner et la revendication véhémente du pouvoir exprimée par le mouvement nazi, composé essentiellement de membres issus de la classe moyenne inférieure. En 1932, par exemple, Hindenburg qualifia Hitler de « caporal bohémien » qu’il ne nommerait jamais chancelier, tandis que le chef nazi lui-même s’en prenait publiquement aux « dames et messieurs de haut rang qui appartiennent à une humanité complètement différente du fait de leur rang ».

    L’ennemi de mon ennemi…
    Mais pour autant, Malinowski estime que les affinités entre les nazis et les nobles – principalement leurs ennemis communs – l’emportaient finalement sur les différences. De plus, le succès d’Hitler aux élections de 1930 et 1932 a clairement montré que les nazis étaient les mieux placés pour combattre ces ennemis et aider l’aristocratie à remplacer Weimar par un État autoritaire dans lequel ils joueraient le rôle principal.



    Franz von Papen. (Crédit : Bundesarchiv bild/ via Wikimedia Commons)

    Leur attitude est résumée par Franz von Papen, qui, après son propre passage éphémère au pouvoir en 1932, persuade Hindenburg de nommer Hitler chancelier. Von Papen – « le plus puissant, le plus pompeux et le plus malavisé de tous les représentants de l’aristocratie allemande », selon les termes de l’auteur – a d’abord été vice-chancelier d’Hitler dans un cabinet qui ne comptait que trois nazis. Sa conviction que les vieilles élites avaient engagé le leader national-socialiste à leur service, et qu’il l’aurait bientôt « poussé si loin dans un coin qu’il grincerait », s’est avérée être l’une des erreurs les plus fatales et les plus tragiques de l’Histoire.

    La noblesse a applaudi la destruction de la gauche par les nazis – se sentant soulagée que, comme l’a dit le grand-duc Friedrich Franz von Mecklenburg-Schwerin, Hitler ait « promu un état d’esprit nationaliste parmi de larges couches de la population qui, autrement, seraient tombées dans le camp marxiste ou communiste » – et a montré peu de scrupules à propos de leur persécution des Juifs. En fait, c’est tout le contraire.

    En 1933, par exemple, le DAG renforce une fois de plus sa clause aryenne, l’alignant ainsi sur les règles de pureté raciale des SS. Cette mesure a déclenché une vague d’expulsions d’aristocrates – et la colère des branches catholiques du sud de l’organisation – mais a suffisamment impressionné les nazis pour qu’elle soit autorisée à poursuivre ses activités dans l’État totalitaire en pleine émergence.

    « La notion populaire selon laquelle la noblesse cultivait des formes ‘modérées’ d’antisémitisme et laissait de côté les souches les plus brutales de l’idéologie, écrit Malinowski, n’est pas du tout étayée par les sources historiques. »

    La carotte, pas le bâton
    Ces affinités idéologiques avaient été renforcées par les gains matériels offerts par les nazis à la noblesse. Les purges dans les services civils et la vaste expansion dans les rangs de la Wehrmacht et chez les SS offraient des perspectives de carrière qui avaient disparu sous la république de Weimar.



    Adolf Hitler et le président Paul von Hindenburg lors de la Journée de Postdam, au mois de mars 1933. (Crédit : Bundesarchiv bild/ via Wikimedia Commons)

    Le prince Otto von Bismarck (petit-fils du chancelier allemand du même nom), par exemple, avait écrit avec excitation une lettre à sa mère, trois jours avant l’arrivée au pouvoir de Hitler, où il évoquait les nouvelles opportunités qui, pensait-il, se présenteraient bientôt à lui. Il devait ensuite connaître une ascension rapide dans le domaine de la diplomatie.

    Les quartiers de noblesse les plus modestes n’avaient pas été les seuls à embrasser avec enthousiasme les opportunités offertes par le Troisième Reich : Le prince Christoph von Hessen, qui avait rejoint le parti nazi en 1931 mais qui n’avait jamais été à l’université, s’était rapidement hissé à un poste de haut-fonctionnaire et il devait finir directeur de recherche au sein du ministère des Forces aériennes.

    L’aristocratie avait aussi épousé avec ferveur les ambitions impérialistes dans l’Est et, une fois la guerre enclenchée, elle avait commencé à exercer des pressions pour toucher sa part du butin. Des requêtes de terres ou de biens immobiliers gratuits avaient néanmoins été occasionnellement rejetées avec dédain.

    « Votre intention de reprendre possession de cette propriété sans un centime en échange ne me paraît guère satisfaisante », avait écrit sèchement Himmler à un certain Ludolf von Alvensleben au mois de septembre 1940.



    Le comte Albrecht von Bernstorff-Stintenburg. (Crédit : Domaine public)

    Malinowski estime que seule une petite partie de la noblesse – principalement composée de membres inférieurs de l’aristocratie qui s’étaient sentis désavantagés au niveaux social et économique sous la république de Weimar, mais pas seulement – avait rejoint le parti nazi.

    Toutefois, une « large majorité » avait apporté son soutien au régime. L’auteur utilise le terme de « collaboration » pour décrire le soutien apporté par les aristocrates à la coalition nazie conservatrice arrivée au pouvoir en 1933. Mais, note-t-il, et contrairement au gouvernement français en 1940, les collaborateurs issus de la noblesse n’avaient subi aucune pression – ils avaient tous été volontaires.

    La légende de la résistance
    Comme le souligne Malinowski, certains membres de l’aristocratie devaient servir Weimar avec loyauté et ils s’étaient opposés aux nazis dès le début. Le comte Albrecht von Bernstorff-Stintenburg, par exemple, qui ne cachait pas ses convictions de gauche, avait été renvoyé de son poste à l’ambassade allemande de Londres, en 1933, et il avait ensuite apporté son aide aux émigrants et aux réfugiés juifs. Arrêté en 1940, il avait été assassiné par les SS quelques jours avant la fin de la guerre. De tels exemples, explique l’auteur, sont néanmoins restés « extrêmement atypiques » dans la noblesse en général.

    Il n’est pas non plus possible, dit Malinowski, de retrouver un lien « décisif, ininterrompu » attestant d’une résistance des aristocrates face aux nazis qui aurait remonté à la république de Weimar et qui aurait connu son apogée avec l’explosion de la bombe de Stauffenberg. Tandis que ceux qui ont été à l’origine du complot méritent « le plus grand respect », ajoute-t-il, une majorité des conspirateurs appartenant à la noblesse avait soutenu l’arrivée de Hitler au pouvoir, en 1933.



    Claus von Stauffenberg, à l’extrême gauche, avec Hitler. (Crédit : Bundesarchiv bild/ via Wikimedia Commons)

    Le comte Fritz-Dietlof von der Schulenburg, un acteur déterminant de ce complot du mois de juillet, avait, par exemple, intégré le parti nazi en 1932 comme l’avaient fait, jusqu’au mois de janvier suivant, 16 autres membres de sa famille – et en 1945, d’une manière qui caractérise certains « clans » de l’aristocratie allemande, 41 membres de la famille Schulenberg étaient des adhérents du parti nazi. Stauffenberg lui-même avait formé des « chemises brunes » de 1930 à 1932 et il aurait pris la parole devant une foule de partisans de Hitler dans la soirée où ce dernier était devenu chancelier.

    Bien sûr, au vu de la capacité des nazis à étouffer toute opposition, un complot visant à éliminer Hitler et à renverser le régime, en 1944, ne pouvait venir que de l’intérieur des institutions du Troisième Reich lui-même, en particulier de la Wehrmacht.

    La « légende de la résistance » qui se rattache à la noblesse s’est révélée très tenace. Elle est apparue rapidement après la guerre, dans un discours prononcé par le président Theodor Heuss à l’occasion du dixième anniversaire du complot de juillet, en 1954 – une allocution dans laquelle il avait déclaré que « l’aristocratie chrétienne de la nation allemande » avait été une composante déterminante de cette conspiration.

    Cette légende a été, de plus, « l’un des récits les plus importants sur lequel l’identité politique toute entière de l’État d’Allemagne de l’ouest a été fondé », écrit Malinowski. Il estime que la culpabilité allemande, dans l’après-guerre – ce sentiment que tout, dans le passé, avait « dépassé l’horreur » – avait entraîné le désir de créer un modèle positif, un « garde-corps auquel s’accrocher » alors même que le pays cherchait à se construire une nouvelle identité positive.

    Dans ce contexte, Malinowski le reconnaît, un grand nombre n’avaient pas souhaité se pencher de trop près sur les antécédents et sur les actions passées de certains des comploteurs.



    Martin Bormann, Hermann Göring et Bruno Loerzer dans la salle de conférence endommagée de Hitler, le 20 juillet 1944. (Crédit : Bundesarchiv bild)

    Malheureusement pour la famille Hohenzollern et ses initiatives visant à obtenir des indemnités pour les trésors royaux saisis en 1945 dans l’Est de l’Allemagne, les actions du prince semblent sans équivoque.

    Enthousiasmé très tôt par la « brutalité ingénieuse » de l’Italie fasciste, il avait exhorté Hindenburg à utiliser la « force impitoyable » pour « éliminer » les gêneurs politiques et, dans une lettre adressée à Hitler, il avait salué son « mouvement merveilleux ».

    En 1932, le prince avait ouvertement apporté son soutien à Hitler face à Hindenburg pour les élections présidentielles et, une fois les nazis au pouvoir, il avait pris part aux cérémonies de la « Journée de Potsdam » qui avaient été organisées au mois de mars 1933. Cet événement auquel avait assisté Hindenburg, écrit Malinowski, avait représenté « une propagande réussie pour le régime » qui, en parvenant à convaincre que le Troisième Reich saurait maintenir et respecter « le meilleur des traditions prusses », avait aidé à persuader les membres conservateurs du Reichstag de voter pour la législation qui devait finalement entraîner la destruction de la démocratie allemande.



    Georg Friedrich Ferdinand, Prince de Prusse avec son épouse Sophie en 2011 ? (Crédit : Wikimedia commons/ CC BY-SA 4.0/ Rainer Halama)

    Le prince – qui était apparu en public à plusieurs occasions en portant un brassard à croix gammée et qui, en 1933, avait écrit à des amis américains en niant toute persécution nazie à l’encontre des Juifs – n’avait pas été le seul, au sein de sa famille, à offrir son soutien à Hitler. Son frère, le prince August Wilhelm von Preussen, avait adhéré au parti et il faisait des apparitions lors de ses rassemblements.

    De tels soutiens – tous comme ceux offerts par d’autres membres de la haute noblesse – avaient aidé à donner une image plus acceptable et respectable aux nazis dans les cercles conservateurs.

    Les actions du prince ont-t-elles constitué un « soutien substantiel » ? Son arrière-petit-fils, Georg Friedrich Prinz von Preussen, a déclaré au mois de mars au New York Times que si le prince avait assurément manqué de « force morale et de courage », il n’était pas sûr néanmoins que ce comportement s’était apparenté à un « soutien substantiel ».

    Les historiens eux-mêmes sont largement en désaccord avec la famille. La décision finale en reviendra aux juges – qui ont été aux prises avec des milliers d’autres dossiers de ce type au cours des deux dernières décennies.

    Malinowski, de son côté, a peu de doute. « S’il ne s’agit pas là d’un soutien substantiel, alors je ne sais pas comment on peut définir cette formule », s’exclame-t-il.

    Cette affaire pourrait toutefois avoir une signification bien plus large que la famille Hohenzollern, ses peintures, ses livres et ses porcelaines, estime Malinowski.

    « Je pense que c’est une chance qui nous est offerte de redécouvrir la constellation en 1933 – la coalition entre les conservateurs et les nazis, et la responsabilité politique qui est intervenue dans la fabrication du Troisième Reich. Une relecture des faits très intéressante, réalisée à travers cette famille et ses pairs, à partir d’un point de vue qui a rarement été examiné », continue-t-il.

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    • Manquent pas d’air les hohenzollern !
      Les médias allemands se penchent actuellement sur les démarches juridiques entreprises par l’ancienne famille royale allemande pour réclamer une compensation pour les biens qui lui ont été confisqués par les Soviétiques après 1945.

  • #Canada Les recherches ne révèlent aucun reste humain sur le site de l’ancien Hôpital Camsell D’après les informations de Stephen David Cook
    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1834031/hopital-camsell-edmonton-autochtones-arret-fouilles

    Des fouilles pour trouver des restes humains sur le site de l’ancien Hôpital Camsell, à Edmonton, ont pris fin vendredi après que des équipes n’en ont découvert aucun.

    L’établissement avait accueilli des patients autochtones du nord de l’Alberta et des Territoires du Nord-Ouest pendant des dizaines d’années, notamment pour traiter des cas de tuberculose. Le site situé au coin de la 128e Rue et de la 144e Avenue est prévu d’accueillir des propriétés résidentielles.

    L’été dernier, un radar à pénétration de sol avait permis de creuser dans 13 endroits, mais les recherches ont été infructueuses. Jeudi et vendredi, 21 anomalies ont fait l’objet de trous dans la terre, mais seuls des débris ont été remontés à la surface.

    D’autres recherches ne sont pas prévues sur le site.

    Selon le chef de la Première Nation Papaschase, Calvin Bruneau, des préoccupations persistent étant donné que tant de personnes ont déclaré que des gens avaient été enterrés à cet endroit : “Que leur est-il arrivé ? Ont-ils été retirés et enterrés autre part ? ”

    Il dit avoir entendu des témoignages au fil des ans de projets de développement qui ne prenaient pas en compte que des restes humains pouvaient exister à certains endroits.

    “L’ennui, c’est que personne ne veut parler, affirme le chef Bruneau, qu’il s’agit d’anciens employés, d’anciens promoteurs ou de constructeurs [ …] Tout est passé sous silence. ”

    Les recherches sur le site de l’ancien Hôpital Camsell ont été financées par le promoteur immobilier. L’architecte, Gene Dub, dit avoir fait ce geste après avoir été bouleversé par la découverte au printemps des restes de 215 enfants enterrés sur le site d’un ancien pensionnat autochtone à Kamloops, en Colombie-Britannique.

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  • Tombes découvertes au Canada : l’Église catholique versera 30 millions de dollars aux autochtones
    https://www.ouest-france.fr/monde/canada/tombes-decouvertes-au-canada-l-eglise-catholique-versera-30-millions-de

    Après des excuses formelles prononcées la semaine passée, l’Église catholique a annoncé, lundi, le versement de 30 millions de dollars aux survivants des pensionnats des peuples autochtones. Ces derniers mois, plus d’un millier de tombes ont été découvertes près d’anciennes institutions religieuses du pays.


    Des personnes s’embrassent devant un mémorial de fortune érigé, au niveau de l’ancien pensionnat indien de Kamloops, en hommage aux 215 enfants dont les restes ont été découverts enterrés près de cet établissements situé en Colombie-Britannique. | COLE BURSTON / AFP

    Les évêques catholiques du Canada se sont engagés lundi à verser 30 millions de dollars canadiens pour soutenir les initiatives en faveur des survivants des pensionnats pour autochtones après avoir présenté des « excuses formelles » la semaine dernière.

    Ces fonds seront débloqués sur cinq années pour « remédier à la souffrance causée par les pensionnats au Canada », expliquent les évêques dans un communiqué publié lundi 27 septembre.

    Il s’agira de « soutenir des programmes et des projets dédiés à l’amélioration de la vie » des survivants des pensionnats et de leur communauté, a déclaré Mgr Raymond Poisson, président de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC).

    Vendredi dernier, les évêques avaient exprimé leur « profond remords » et présenté « leurs excuses sans équivoque » aux peuples autochtones après la découverte ces derniers mois de plus d’un millier de tombes près d’anciens pensionnats dirigés par l’église catholique.

    « Traumatisme historique »
    Une nouvelle fois, les évêques reconnaissent dans le communiqué publié lundi l’existence d’un « traumatisme historique et toujours présent, causé par le système des pensionnats ».

    Dans le pays, très marqué par ces révélations, de nombreuses voix s’étaient élevées pendant l’été pour demander des excuses de l’Eglise et même du pape en personne.

    Au total, plus d’un millier de tombes anonymes près d’anciens pensionnats catholiques pour autochtones ont été retrouvées cet été, remettant en lumière une page sombre de l’histoire canadienne et sa politique d’assimilation forcée des Premières Nations.

    Quelque 150 000 enfants amérindiens, métis, et inuits ont été enrôlés de force dans 139 pensionnats à travers le pays, où ils ont été coupés de leurs familles, de leur langue et de leur culture.

    #Canada #peuples_autochtones #histoire #disparitions #fosse_commune #enfants #pensionnat #école #cadavres #vol #viols #peuples_premiers #nations_premières #premières_nations #autochtones #colonialisme #extermination #génocide

    • Toujours plus ignoble l’église catholique

      Les survivants des pensionnats des peuples autochtones devront donc faire approuver leur #projet par ceux qui :
      – Les ont volé.
      – Tué, entre autres par contamination de maladies.
      – Violé leurs enfants.
      – Tué leurs enfants dans d’immondes soit disant pensionnats.

      Et il ne faudra pas qu’ils oublient de dire merci.

  • L’extrême droite veut faire main basse sur nos utérus de femmes blanches
    http://www.slate.fr/story/216453/extreme-droite-veut-faire-main-basse-uterus-femmes-blanches-natalite-orban-zem
    Titiou Lecoq

    En Hongrie, Viktor Orbán organise un sommet sur la démographie. En France, le magazine Causeur a publié une couv immonde titrée « Souriez, vous êtes grand-remplacés ! » accompagnée d’une photo de bébés (que je me refuse à poster ici).

    On parle assez peu de la menace que représente l’extrême droite pour les femmes. Pourtant, les femmes sont au centre de leurs pensées. La question démographique, comme le montrent ces deux actualités, est fondamentale.

    Quand on lit des textes des suprémacistes blancs, la peur du grand remplacement ne fait pas seulement des « étrangers » des ennemis. Elle vise également les femmes.

    À LIRE AUSSI Comment l’extrême droite s’est réapproprié le féminisme

    L’analyse courante dans ces milieux, c’est qu’avec le féminisme, les femmes ont acquis la liberté de disposer de leurs corps via aussi bien l’IVG que la contraception. Le féminisme a incité les femmes à chercher à s’émanciper hors de la maison. Il les a encouragées à obtenir une indépendance économique et on a vu une augmentation du salariat chez les femmes dans les années 1970.

    Tout cela au détriment de la natalité.

    Or la natalité, c’est la puissance d’une nation.

    Affiche de propagande nataliste sous le gouvernement de Vichy.

    Les féministes ont donc fragilisé le pays et les hommes, en refusant de leur donner des fils.
    Mâles blancs en voie d’extinction

    Dans un second temps seulement, leur analyse se porte sur les « immigrés » (je mets des guillemets parce qu’en réalité, ils parlent moins des immigrés que de tous ceux qu’ils perçoivent comme non-occidentaux. C’est évident sur la couv de Causeur où rien n’indique que ces bébés ne sont pas français. Ce qu’on voit, c’est qu’ils ne sont pas blonds aux yeux bleus.) (Et après, ce sont les militant·es anti-racistes qu’on accuse d’être obsédé·es par la couleur.) Les immigrés (de certains pays bien sûr) auraient, eux, réussi à maintenir une domination patriarcale grâce à laquelle leurs femmes font encore beaucoup d’enfants. La balance serait donc déséquilibrée.

    Dans cette logique paranoïaque, la nation est mise en danger par les féministes et par les étrangers. Les étrangers et les féministes concourent à faire disparaître les mâles blancs.

    Limiter l’immigration ne suffira pas, comme le dit Viktor Orbán. Ce qu’il faut, c’est convaincre nos femmes de faire davantage d’enfants.

    Affiche des années 1950.

    Le féminisme n’a évidemment aucun problème avec le choix d’être mère. Ses différents courants alertent fréquemment sur le manque d’infrastructures telles que les crèches. On dénonce les violences obstétricales. On réclame le droit de vivre différemment sa grossesse et son accouchement. (J’en profite pour signaler que les sages-femmes demandent une revalorisation de leur salaire.)

    Mais on réclame avant tout le choix. Le choix d’avoir ou ne pas avoir d’enfant. Dans de bonnes conditions. Librement. Sans pression. Sans culpabilité.

    Ce que veulent les suprémacistes, c’est faire main basse sur nos utérus et en disposer.

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    Une politique nataliste d’État

    Ainsi, le gouvernement de Orbán a mis en place une série de mesures pour inciter les couples à faire des enfants : il y a des aides pour les familles qui veulent accéder à la propriété ou agrandir leur logement, le doublement des allocations familiales, une aide sociale pour les grands-parents qui gardent leurs petits-enfants, etc.

    Mais, spoiler : parmi ces mesures, aucune ne permet aux femmes seules ou aux couples lesbiens ou homos d’avoir des enfants. Nous ne sommes pas face à une liberté de faire des enfants mais face à une politique nataliste d’État, avec un gouvernement qui décide qui peut ou ne peut pas se reproduire.

    En outre, des critiques expliquent que si la Hongrie se dépeuple à ce point, c’est également parce qu’un million d’habitants serait parti pour des raisons économiques et pour fuir le gouvernement Orbán.

    Le sommet hongrois sur la démographie n’est pas exceptionnel. Il est bisannuel et existe depuis 2015. Ce n’est pas étonnant. Cette question de la natalité est au cœur des préoccupations puisqu’elle s’articule avec l’obsession du grand remplacement. Pour ne pas être remplacé, il faut se multiplier. À cette édition du congrès, devraient être présents : Marion Maréchal-Le Pen, Éric Zemmour, le président serbe Aleksandar Vučić, les Premiers ministres polonais (Mateusz Morawiecki), tchèque (Andrej Babiš) et slovène (Janez Janša), Mike Pence (ancien vice-président de Donald Trump).

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    En France, l’extrême droite se fait surtout entendre pour ses propos xénophobes et racistes. Mais le premier livre théorique d’Éric Zemmour, sorti en 2006, s’intitulait Le Premier Sexe et dénonçait la prise de pouvoir des femmes en France. Refuser aux femmes la possibilité de se réaliser comme un individu qui fait seul ses choix, faire pression sur elles, les ramener sans cesse à leurs fonctions reproductives, les limiter socialement à leur utérus, c’est au fondement de la pensée d’extrême droite. Ce n’est pas un à-côté dans leur conception du monde. Et la version moderne, dite « néo » (néo-fascisme, néo-extrême droite) n’y échappe pas.

    Mesdames, ces gens ne vous veulent pas du bien. Ils veulent faire main basse sur vos utérus.

    #féminisme

  • Les oubliés de l’Espagne

    En octobre 2019, le cercueil du général Franco quittait le mausolée où il était enterré depuis 1975.

    Une construction à la gloire du national catholicisme qui abrite près de 30 000 cadavres de la guerre civile. Le film se propose d’explorer les lignes de fractures qui traversent toujours la société espagnole dans le prisme de son exhumation.

    https://pages.rts.ch/docs/doc/11923852-les-oublies-de-l-espagne.html
    #film #film_documentaire #documentaire
    #Espagne #Valle_de_los_Caídos #Valle_de_los_Caidos #Francisco_Franco #Franco #dictature #histoire #mausolée #mémoire #guerre_d'Espagne #monument #José_Antonio_Primo_de_Rivera #falange #Eglise #national-catholicisme #réconciliation #disparus #Calatayud #disparitions #amnésie_générale #silence #peur #Juan_Carlo_I #réconciliation_nationale #amnestie #fosses_communes #loi_de_mémoire_historique #association_Arico #exhumation #transition_démocratique #enseignement #statues #justice #dépouilles #sépulture_digne #oubli #droit

    • For an academic reference and #counter memory, see also

      1. Iturriaga N. At the Foot of the Grave: Challenging Collective Memories of Violence in Post-Franco Spain. Socius. January 2019. doi:10.1177/2378023119832135

      “Understanding the development and meaning of collective memory is a central interest for sociologists. One aspect of this literature focuses on the processes that social movement actors use to introduce long-silenced counter-memories of violence to supplant the “official” memory. To examine this, I draw on 15 months of ethnographic observations with the Spanish Association for the Recovery of Historical Memory (ARMH) and 200 informal and 30 formal interviews with locals and activists. This paper demonstrates that ARMH activists, during forensic classes given at mass grave exhumations, use multiple tactics (depoliticized science framing, action-oriented objects, and embodiment) to deliver a counter-memory of the Spanish Civil War and Franco regime and make moral and transitional justice claims. This research shows how victims’ remains and the personal objects found in the graves also provoke the desired meaning that emotionally connects those listening to the classes to the victims and the ARMH’s counter-memory.”

    • Les derniers jours de Franco
      https://tv-programme.com/les-derniers-jours-de-franco_documentaire

      Retour sur la dictature espagnole du général Franco, qui a imposé son pouvoir autoritaire sur le pays du 1er octobre 1936 au 20 novembre 1975. Le 20 novembre 1975, le dictateur Francisco Franco s’éteint à 82 ans. Avec lui, c’est la plus longue dictature du XXe siècle qui disparaît. Le général a régné plus de quarante ans sur l’Espagne. Son médecin personnel décrit les coulisses saisissantes de l’agonie du Caudillo. Ses opposants évoquent la poigne de fer qui tenait le pays. Depuis la guerre civile de 1936, avec ses centaines de milliers de morts, jusqu’aux années 1970, prospères mais répressives, Franco a écrasé tous ses ennemis. Aujourd’hui encore, son fantôme hante l’Espagne. La crise catalane a réveillé de vieux antagonismes, Barcelone accusant le pouvoir de Madrid de sympathies franquistes. Carles Puigdemont, ex-président de Catalogne témoigne depuis son exil forcé.

      J’ai vu ce doc hier soir et son gendre (cardiologue véreux) qui a vendu les clichés, à prix d’or, de l’agonie du généralissime à Paris-match. Une vrai famille de pourris.
      https://seenthis.net/messages/816931
      https://seenthis.net/messages/748134

  • Le Monde selon #Modi, la nouvelle #puissance indienne

    « Aucune puissance au monde ne peut arrêter un pays de 1,3 milliard d’habitants. Le 21e siècle sera le siècle de l’Inde ».
    #Narendra_Modi, nationaliste de droite, à la tête de l’Inde depuis 2014, est le nouvel homme fort de la planète. 3ème personnalité la plus suivie sur Twitter, au centre de « l’Indopacifique », une nouvelle alliance contre la Chine. C’est l’histoire d’un tournant pour l’Inde et pour le monde.

    http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/62159_1

    #film #film_documentaire #documentaire
    #Inde #Savarki #culte_de_la_personnalité #nationalisme #cachemire_indien #purge #militarisation #couvre-feu #RSS #patriotisme #religion #propagande_hindoue #colonialisme #impérialisme #BJP #parti_nationaliste_hindou #pogrom #islamophobie #Amit_Shah #Vibrant_Gujarat #hologramme #réseaux_sociaux #journée_internationale_du_yoga #yoga #soft_power #fierté_nationale #Alliance_indo-pacifique #Indo-Pacifique #armée #Routes_de_la_soie #route_de_la_soie #collier_de_perles #Chine #armes #commerce_d'armes #Ladakh #frontières #zones_disputées #disputes_frontalières #différends_frontaliers #litige_frontalier #zones_frontalières #zone-tampon #Israël #revanche_nationaliste #temple_Ajodhya #hindouisme #déchéance_de_nationalité #citizenship_amendment_act #citoyenneté #primauté_des_Hindous #résistance #milices_privées

  • France grants citizenship to 12,000 Covid frontline workers | France | The Guardian
    https://www.theguardian.com/world/2021/sep/09/france-grants-citizenship-to-12000-covid-frontline-workers
    https://i.guim.co.uk/img/media/0e21e9ea197f756f96ed076cefe5c35ba784ffce/0_168_8192_4915/master/8192.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    France grants citizenship to 12,000 Covid frontline workers. Fast-track scheme is aimed at those whose jobs put them at risk in pandemic. France has granted citizenship to more than 12,000 frontline workers whose jobs put them at risk during the Covid pandemic under a special fast-track scheme.As well as speeding up the application process, which normally takes up to two years, the government also cut the residency requirement from five years to two. “Frontline workers responded to the call of the nation, so it is right that the nation takes a step towards them,” said the citizenship minister, Marlène Schiappa. “The country pulled through thanks to them. “I welcome our new compatriots to French nationality and thank them in the name of the republic. The country also thanks them.”
    In September 2020, the interior ministry invited those who had “actively contributed” to fighting the Covid health crisis to apply for fast-track naturalisation. On Thursday, Schiappa said 16,381 had applied and 12,012 applications were approved. Among them were health professionals, security and cleaning staff, those who looked after essential workers’ children, home help workers and refuse collectors, the minister announced.
    John Spacey, a Briton, was one of those given fast-track nationality as a foreigner who had “proved their commitment to the republic” in the eyes of the ministry. Spacey lives in the Creuse region in central France and works for an organisation that provides domestic care for elderly people. “It genuinely feels like a great honour to be offered citizenship,” he told the Local earlier this year. “France has been very good to me since my arrival and has given me opportunities I could never have dreamed of before stepping off the Eurostar in 2016 – a home of my own, a wonderful relationship, a 20-year-old Peugeot 106, a 40-year-old Mobilette, the most satisfying job in the world and a very bright future.“Soon, I’ll be able to vote, will regain my freedom of movement and will finally feel fully European once more, finally feel fully integrated into the nation I’ve already come to love like my own.”Spacey said he also received a one-off bonus payment from the state “as a kind of merci for services rendered during the crisis … something for which I was very grateful and that I’d not expected, given I’d been paid for my work anyway”.He added: “Then came another, far more unexpected, thank you – the chance to apply for French nationality six months earlier than would have been possible under the normal rules and to have the process fast-tracked. All for doing a job I love.”In April 2020, French hospital staff and nursing home workers were awarded tax-free bonuses of between €1,000 and €1,500 as part of the government thank you for their work during the Covid-19 crisis.In August 2020, France’s 320,000 home-care workers were given Covid-19 bonuses of up to €1,000.

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#crisesanitaire#pandemie#travailleurpremireligne#nation#naturalisation

  • Covid-19 : plus de 12 000 travailleurs étrangers « en première ligne » naturalisés
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/09/09/covid-19-plus-de-12-000-travailleurs-etrangers-en-premiere-ligne-naturalises

    Covid-19 : plus de 12 000 travailleurs étrangers « en première ligne » naturalisés. Le ministère de l’intérieur a allégé la procédure d’acquisition de la nationalité française pour les professionnels de santé, les agents de sécurité ou d’entretien, les caissiers ou les aides à domicile étrangers mobilisés lors de la crise sanitaire.Ce sont les « premiers de corvée ». La crise sanitaire provoquée par l’épidémie de Covid-19 a révélé l’importance « des femmes et des hommes que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal », déclarait le président de la République, Emmanuel Macron, le 13 avril 2020, lorsqu’il détaillait les modalités de la prolongation du confinement jusqu’au 11 mai et esquissait sa « stratégie » pour sortir de la crise. A la mi-septembre 2020, le gouvernement avait demandé aux préfets d’« accélérer » et de « faciliter » l’accès à la nationalité française pour les personnes qui avaient « contribué activement » à la lutte contre le Covid-19. Plus de 12 000 travailleurs étrangers en France en « première ligne » durant l’épidémie de Covid-19 ont été naturalisés, a annoncé, jeudi 9 septembre, le ministère de l’intérieur. Depuis un an, 16 381 dossiers ont été déposés en préfecture sur l’ensemble du territoire français et 12 012 étrangers sont devenus Français, a détaillé le cabinet de la ministre déléguée à la citoyenneté au ministère de l’intérieur, Marlène Schiappa.
    Le ministère a allégé la procédure d’acquisition de la nationalité française pour les professionnels de santé, les agents de sécurité ou d’entretien, les caissiers ou les aides à domicile étrangers mobilisés lors de la crise sanitaire, en réduisant notamment à deux ans au lieu de cinq la durée minimale de résidence en France exigée. « Ces travailleurs de la première ligne ont répondu présents pour la nation. C’est normal que la nation fasse un pas vers eux. Je souhaite bienvenue dans la nationalité française à nos nouveaux compatriotes et leur dis merci au nom de la République : le pays a tenu bon aussi grâce à eux ! », a déclaré Mme Schiappa dans le communiqué.Au total en 2020, 61 371 personnes ont acquis la nationalité française, soit 20 % de moins que l’année précédente.

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#naturalisation#travailleurpremiereligne#nation#pandemie#crisesanitaire

  • La construction de l’antisémitisme à gauche s’est faite par l’association du juif et du capitalisme. @LeGrooooove
    https://twitter.com/LeGrooooove/status/1431999801642602498

    Pour rappel, quelques citations

    Toussenel : « La répulsion universelle, écrit-il, que le juif a inspirée si longtemps n’était que la juste punition de son implacable orgueil, et nos mépris les représailles légitimes de la haine qu’il semblait porter au reste de l’humanité »

    Blanqui : « La Bourse est en rut. […], l’agiotage, l’industrialisme, la juiverie sont en liesse. »

    Proudhon : « Juifs. Faire un article contre cette race, qui envenime tout en se fourrant partout, sans jamais se fondre avec aucun peuple. […] Abolir les synagogues, […] Le Juif est l’ennemi du genre humain. Il faut renvoyer cette race en Asie ou l’exterminer. »

    Jules Guesde : "Les juifs sont une pieuvre, bienheureuses les caricatures."

    « Ils tiennent une grande partie de la presse, les grandes institutions financières, et, quand ils n’ont pu agir sur les électeurs, ils agissent sur les élus ».

    Bref, la gauche historique en France a aussi défini l’antisémitisme comme critère de l’anticapitalisme et la résurgence d’une part de ce lexique interpelle à juste titre, même si on peut débattre de ce qu’elle est réellement dans l’actualité.

    De fait, @noemie_issan, à qui j’apporte tout mon soutien, peut faire erreur, là n’est pas la question. Son interrogation demeure absolument légitime si l’on situe l’association historique entre l’usurier et le juif.

    Il ne s’agit pas de dire que l’anticapitalisme est gangréné par cette question, mais que cette question a participé aux revendication anticapil[ta]stes, et qu’ainsi, l’héritage d’un vocabulaire n’est pas anodin.

    On peut mille fois affirmer que la phrase de Mélenchon n’est pas préparée [mais ce n’est pas le cas, c’est un discours écrit, ndc] , qu’elle est sans rapport, il n’en demeure pas moins vrai que son vocabulaire s’inscrit dans une tradition d’insinuations, de déclarations, voire de quolibets.

    De même, il n’a jamais été affirmé que Mélenchon était un antisémite sanguin, mais que son propos correspondait à un cadre situé historiquement, perpétuant une tradition de ciblage des juifs.

    De même, les réactions et les procès en appropriation de la douleur, en délit politique et en chantage, montrent que cet antisémitisme, s’il n’était pas dans la bouche de Mélenchon, était au moins dans la tête de certains de ses soutiens.

    Et désolé, mains interroger un discours n’est jamais un tort, et il serait bon de garder vos nerfs intacts et vos hymnes indignés dans vos poches, @noemie_issan est tout à fait prompte à discuter de son analyse, à condition que vos réactions ne l’approuvent pas.

    Pour tout dire, je ne sonde pas les intentions de Mélenchon, je m’en branle. Mais sa complaisance avec Maboula Soumahoro, des associations qui cautionnent Sarsour, me fait penser que l’antisémitisme passe au millième plan de la question antiraciste.

    Et le problème avec la gauche moderne, pour respecter les universitaires, est parfaitement bien décrit ici, par la gauche elle-même, qui s’inquiète pour les juifs :

    INTERSECTIONNALITÉ ET ANTISÉMITISME. UNE NOUVELLE APPROCHE

    http://golema.net/analyses/intersectionnalite-et-antisemitisme-une-nouvelle-approchezz

    Il faut unir la société par la laïcité et le refus absolu de la diabolisation d’une religion, quelle qu’elle soit. Non, l’ennemi ce n’est pas le musulman, c’est le financier !, Mélenchon 28 août 2021, discours de lancement de sa campagne présidentielle.

    #gauche #antisémitisme #républicains #chauvinisme #souverainisme

    • De même, les réactions et les procès en appropriation de la douleur, en délit politique et en chantage, montrent que cet antisémitisme, s’il n’était pas dans la bouche de Mélenchon, était au moins dans la tête de certains de ses soutiens.

      Si je comprend bien le pbl c’est les réactions des soutiens de Méluch qui ne voient pas d’antisémitisme dans cette phrase et le fait qu’il soutienne Maboula Soumahoro et Sarsour. Je vais allé chercher qui c’est je connais pas ces gens qui doivent etre probablement antisémite vu le contexte.

      edit - c’est plutot deux femmes militantes antisionistes mais vu que l’antisionisme est taxé d’antisémitisme par les sionistes et que des antisémites se cachent derrière l’antisionisme ....

    • FINANCIER, IÈRE, adj. et subst.

      I.− Adjectif
      A.− Relatif aux grandes affaires d’argent, à ceux qui s’occupent de grandes affaires d’argent. Scandale financier ; page financière d’un journal ; opérations financières. Le père Goriot (...) allait à la Bourse et (...), suivant une expression assez énergique de la langue financière, carottait sur les rentes (Balzac, Goriot,1835, p. 34).[Les jeunes gens du Sud des États-Unis] s’occupent, en général, de questions financières : cours du coton, valeurs et obligations (Camus, Requiem,1956, 1repart., 2etabl., p. 828) :
      1. Le crédit viticole s’appuyait sur un excellent système financier : il prêtait aux cultivateurs la moitié du prix d’estimation de leurs biens, garantissait le prêt par une hypothèque, et touchait des emprunteurs les intérêts, augmentés d’un acompte d’amortissement. Zola, Curée,1872, p. 417.
      − En partic.
      ♦ Vx. `Écriture financière, écriture en lettres rondes. On dit de même, lettre financière,, `(Ac. 1835, 1878).
      ♦ [En parlant d’un attribut, d’une manifestation de l’esprit hum.] Talents financiers. Mon goût financier Me refit caissier En Bohême (Dumas, Père, Noce et enterrement,1826, I, 5, p. 79).Chargé (...) de représenter la France (...) comme contrôleur de la Dette, en Égypte, où grâce à ses grandes capacités financières il avait rendu d’importants services (Proust, J. filles en fleurs,1918, p. 434).
      B.− Relatif aux ressources en argent
      1. de l’État. En présence des lois financières qui se préparaient, la plus grande partie des gens qui avaient de l’argent le plaçaient à l’étranger (Goncourt, Journal,1895, p. 870).Alexander Sachs (...), spécialiste des crises financières, un homme que les pays d’Europe appelaient en consultation quand il fallait effectuer une dévaluation à chaud (Goldschmidt, Avent. atom.,1962, p. 32) :
      2. ... le pouvoir, loin d’être absolu, était tenu en échec par les parlements dont l’opposition aux réformes financières paralysait le gouvernement... Bainville, Hist. Fr.,t. 1, 1924, p. 291.
      2. d’un particulier. Embarras financiers. Elle [la jeune femme] avait réglé, avec une sûreté d’homme d’affaires, tous les détails financiers du ménage (Maupass., Bel-Ami,1885, p. 214).Ce ton de comptable dont il tentait de mesurer le volume financier de l’un des trente ou quarante hommes les plus riches du monde (Malègue, Augustin, t. 2, 1933, p. 174) :
      3. Malheureusement, mes affaires financières étaient alors assez embrouillées. Depuis que je m’étais livré à la muse, mon oncle le bonnetier m’avait fermé sa porte, et il parlait de me déshériter. Reybaud, J. Paturot,1842, p. 8.
      C.− [En parlant d’une pers. phys. ou mor., d’un ensemble de pers.] Qui s’occupe de grandes affaires d’argent. Bourgeoisie, entreprise, société financière. Une oligarchie financière tenant (...) tout l’État dans sa main, l’argent était le roi et le dieu de Carthage (Michelet, Hist. romaine, t. 1, 1831, p. 190) :
      4. ... Paulo Prado, agent financier du gouvernement brésilien depuis que les récoltes du café garantissaient les emprunts d’État de la banque fédérale... Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 346.
      − Qui s’occupe du budget. Directeur administratif et financier. La direction « arbitre », après consultations, pour donner ses instructions aux services de fabrication et aux services financiers (Perroux, Écon. XXes.,1964, p. 554).
      D.− (Sauce, garniture) financière/à la financière. (Sauce, garniture) avec des truffes émincées, des quenelles, des ris d’agneau, des olives, des crètes et des rognons de coq, etc. (d’apr. Ac. Gastr. 1962). Vol-au-vent à la financière (Zola, Nana,1880, p. 1301).Poulet financière (Proust, Guermantes 2,1921, p. 503) :
      5. ... dans toutes les séries d’apprêts (...), il y en a toujours un ou plusieurs qui portent pour qualification : à la financière. Et on sait que ce n’était pas le roi, mais les fermiers généraux qui mangeaient autrefois le premier plat de petits pois (...). Les choses ne se passent pas autrement de nos jours : les tables financières continuent à offrir tout ce que la nature a de plus parfait, les serres de plus précoce, l’art de plus exquis... Brillat-Sav., Physiol. goût,1825, p. 155.
      II.− Substantif
      A.− Masc. Celui qui s’occupe de grandes affaires d’argent. Il est riche comme un financier (Ac.1835, 1878).Voilà M. Grandet, excellent financier, qui comprend l’argent et ses mouvements (Stendhal, L. Leuwen,t. 3, 1836, p. 332).Le financier Laffite, un homme à qui tout avait réussi (Bainville, Hist. Fr.,t. 2, 1924, p. 154) :
      6. Collé avait placé une somme d’argent considérable, à fonds perdus et à dix pour cent, chez un financier qui, à la seconde année, ne lui avait pas encore donné un sou. Chamfort, Caract. et anecd.,1794, p. 129.
      − En partic. [Sous l’Ancien Régime] Celui qui régissait des biens appartenant au roi. Le contrôleur général des finances, M. de Silhouette, après avoir fait rendre gorge aux financiers, se [vit] contraint de quitter sa charge (Guéhenno, Jean-Jacques,1952, p. 61).
      − P. méton. Personnage littéraire, en particulier de théâtre, qui s’occupe de grandes affaires d’argent. Jouer les financiers (Ac.). [Les financiers] sont toujours les mêmes. Aussi, au théâtre, le financier est-il un personnage épais, grossier et fastueux, avare avec les pauvres, prodigue avec les riches (Balzac, Œuvres div.,t. 2, 1831, p. 410).Sauf le financier, plus rien (...) ne subsiste maintenant de l’épopée balzacienne (Léautaud, Essais,1899, p. 47).
      B.− Fém., rare, vieilli. Épouse d’un homme qui s’occupe de grandes affaires d’argent. Ce fut de sa main [de MmeLauwerens] que Renée reçut son premier ennui, le jeune duc de Rozan, que la belle financière plaçait très difficilement (Zola, Curée,1872, p. 424).La financière [Mmedu Moley], aux lundis où l’on ne recevait que des hommes à dentelles (...) est encore séduisante en ce portrait qui n’est plus celui de sa première jeunesse (Goncourt, Mais. artiste,1881, p. 146).
      Prononc. et Orth. : [finɑ ̃sje], fém. [-sjε :ʀ]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. Ca 1440 subst. financiere « personne qui possède, propriétaire »

      https://www.cnrtl.fr/definition/financier

    • Pour la phrase sur Jesus c’est une phrase antisémite ? Je découvre que des tas de ref antisémite m’échappent totalement. La misogynie je la détecte facilement mais pas l’antisémitisme lorsqu’il est insidieux. Je comprend cette phrase comme des accusations imaginaires contre les juifs puisque jesus a pas été crucifié et le déicide dont on accuse les juifs est une accusation mensongère pour les persécuté. Mais je comprend probablement mal ayant un a priori favorable sur Méluch ca me fait chier de découvrir ca.

    • Aujourd’hui, on peut être d’extrême droite et avoir de bonnes relations avec Israël, et porter les insignes nazis, et être antisémite, tout en étant soutenu par l’UE. Dans les faits, tu peux être antisémite, tant que tu es sioniste, ça ne justifie pas qu’on fasse l’exégèse de tout ce que tu peux déblatérer quotidiennement. Un exemple sympa, Darmanin et son livre où il fait part de son antisémitisme et dont tout le monde se contrefout...
      Sérieusement, vous pensez vraiment que Mélenchon est le prochain Hitler ? Il a écrit l’équivalent de Mon combat ? Ou c’est juste qu’on aimerait bien qu’il finisse comme Corbin ?

    • @biggrizzly C’est vrai que l’antisémitisme de droit est pas beaucoup dénoncé tant que ca reste sioniste et qu’on cherche des poux à Mélenchon probablement à cause de ses soutiens pro-pal. C’est aussi qu’on est plus sévère avec son propre camps à gauche et je sais plus qui parlait de recherche de pureté. Je croi pas que Mélenchon soit antisémite je croi qu’il cherche plutot à ménagé la chèvre et le chou et faire la quadrature du cercle. C’est aussi le piège de la fausse laicité qu’on nous inflige depuis 20-30 ans pour discriminer les français·es racisé·es et accablé les immigré·es de tous les maux. Les affiches de Blanquer surf sur ce même racisme en parlant de laïcité et en montrant des gosses qui portent des prénoms à consonnance africaine. « L’ennemi c’est pas le musulman, c’est le financier » dans ce contexte de confusion ca renvoie à beaucoup trop de significations parasites pour qu’on y trouve pas midi à sa porte.

    • @unagi j’avoue avoir du mal à y croire mais cela fait de moi aussi une raciste par antisémitisme car les choses sont clairement limpides.
      Mais je croi que tu es toi aussi antisémite avec ton « ni raciste, ni antisémite » puisque sur un autre poste @val_k partage ceci :

      Si dans ton esprit, la catégorie des « racisé-e-s » n’inclut pas les Jui-f-ve-s ou si tu prétends que « les Jui-f-ve-s ne sont pas racisé-e-s », tu n’es pas au clair sur l’antisémitisme.

      https://seenthis.net/messages/927911

    • @mad_meg si ça peut te rassurer dis-toi que LFI est encore plus perdue : rembarrer voire agresser les personnes concernées choquées par l’évocation d’un trope antisémite dans un contexte qui s’y prête, plutôt que de simplement reconnaître ce qu’elles disent et essayer d’en tenir compte comme tu le fais.

    • Merci @zorba d’essayer de me rassurée mais j’ai commencé aussi par me moquer des arguments des personnes concernées et je ne suis pas dans une complète reconnaissance de leurs arguments, d’où les réactions exaspérées de @unagi qui sont toute à fait compréhensibles.

  • Allocation de rentrée scolaire : y a-t-il plus « d’achats d’écrans plats au mois de septembre », comme le dit Jean-Michel Blanquer ?
    https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-vrai-du-faux/allocation-de-rentree-scolaire-y-a-t-il-plus-d-achats-d-ecrans-plats-au

    L’objectif est de les aider à payer les fournitures scolaires avant la rentrée. Mais cet argent ne sert pas toujours qu’à ça, d’après le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer. "On sait bien, si on regarde les choses en face, qu’il y a des achats d’écrans plats plus importants au mois de septembre qu’à d’autres moments", a-t-il déclaré sur France 3 dimanche 29 août.

    Cette théorie a été démentie par plusieurs études de la Caisse d’allocations familiales (CAF), chargée de verser cette aide financière.

    Mais merdeuh c’est pas possible ce ramassis de salopards.

    (Évidemment, partout dans le monde, les gouvernants sont les pires pouvoyeurs de fake news, et ce sont les mêmes qui prétendent qu’il est urgent de réglementer les internets, pour que les gens arrêtent de propager des fake news.)

  • Antisémitisme.
    « Jean-Luc Mélenchon est cultivé et à des décennies d’expérience politique.
    Il sait où il va.
    Ce ne sont pas des mots maladroits au hasard d’un militant de 16 ans sur sin mur fb.
    Il est bien malheureux qu’une partie de ses soutiens ici n’y voient qu’une calomnie »

    Thread by Brasiers on Thread Reader App – Thread Reader App
    https://threadreaderapp.com/thread/1432243733412651013.html

    Jean-Luc Mélenchon est cultivé et à des décennies d’expérience politique.
    Il sait où il va.
    Ce ne sont pas des mots maladroits au hasard d’un militant de 16 ans sur sin mur fb.
    Il est bien malheureux qu’une partie de ses soutiens ici n’y voient qu’une calomnie

    • Domage qu’il n’y ai pas la citation de Méluch on sais meme pas de quoi parle cette personne.

      Alors non, dénoncer une classe dominante c’est s’inscrire dans une position anticapitaliste. Alors que restreindre la dénonciation à la seule « Finance », et a fortiori en la personnalisant par « le Financier », c’est un mécanisme archi-classique du discours antisémite, déjà étudié

      Le financier ca me fait pensé à un homme blanc mais pas juif. J’aurais plutot l’impression que c’est les personnes qui entendent juif quant on prononce financier qui ont un petit souci... Je me demande si mes dessins sont pas aussi antisémite car je met des titres du genre « le marchand » "le propriétaire" « l’impérialiste »...

      « La critique de la seule finance amène à l’antisémitisme, quand elle ne le constitue pas déjà. »
      Méluch ne critique pas « la seule finance » dans sa politique, il critique aussi l’institution policière, le manque de mesures en faveur de la préservation de la nature, la constitution presidentaliste, le racisme systémique y compris l’antisémitisme et ma liste est très très loin d’être exhaustive.

    • J’ai pas vu d’impureté antisémite chez la méluch, mais je présume qu’il aurait du dire que son ennemi est La finance comme le font les financiophiles hollandais. Tant que j’y suis, est-ce que les financiers ne sont pas antisémite de se dire financiers ? C’est un mot qu’a utilisé Drumont, il devrait être banni du vocabulaire et je me demande au passage si je suis pas antisémite jusqu’a l’anthropophagie car il m’arrive parfois de savourer un certain gâteau au beurre et à la poudre d’amande alors que je n’ai plus 16 ans et que ma culture politique n’est pas totalement nulle.
      Pour revenir à Méluch, c’est avec ce genre d’accusation abusive que les accusateurices constituent les prétendues preuves qu’illes ressortirons à l’accusation suivante. Calomniez, calomniez, il en restera toujours qqch...

    • C’est une critique courante dans la théorie anticapitaliste, et notamment venant de la critique de la valeur : critiquer la finance uniquement, critiquer « les 1% contre les 99% », c’est un #anticapitalisme_tronqué, lié de manière assez courante dans l’histoire à l’ #antisémitisme. Plutôt que critiquer le capitalisme en soi, l’ensemble de ses mécanismes de base (ceux qui valent quelque soit les époques), et ce qui vaut aussi pour le soi-disant « bon capitalisme à papa » d’avant la financiarisation, auquel on ne reviendra jamais, et qui n’était pas moins du capitalisme dégueu et problématique.

    • Merci pour ton explication @rastapopoulos mais depuis le debut on a pas la citation de Méluch et je sais juste qu’il a dit finance au masculin dans une phrase, c’est un peu court. Du coup quand Hollande dit « mon ennemi c’est la finance » il dit aussi un gros truc antisémite puisqu’il ne critique pas le capitalisme intégral ?

    • Il est bien malheureux qu’une partie de ses soutiens ici n’y voient qu’une calomnie contre leur leader car :
      –Ça ne le concerne pas que lui mais un large spectre de la gauche et des mouvements sociaux.
      – les dégâts du non-traitement de ce sujet sont réels et vont durer.

    • un gros truc antisémite puisqu’il ne critique pas le capitalisme intégral ?

      En plus du potentiel d’antisémitisme qui peut se sentir cautionné par ce genre de discours, le principal problème de désigner la finance comme LE problème, c’est de laisser penser qu’il existerait un capital productif souhaitable, du type « Après tout, n’est-ce pas ce capital-là qui donne du travail aux travailleurs ? »

      Si l’on veut dépasser le capitalisme, alors il faut bien envisager de dépasser le travail aussi (et donc envisager que « travailleur » n’est pas une condition positive en soi)

    • Pour Hollande le coté hypocrite ne m’a pas échappé. Mais pour Méluch je sais toujours pas ce qu’il a dit exactement et là j’ai l’impression qu’il a dit « mon ennemi c’est uniquement le financier et j’ai rien contre le capitalisme à part ca » mais je suis un peu surprise car j’ai toujours pas vu la citation exacte ce qui aide pas.

    • La voila cette citation même pas cité :
      « Il faut unir la société par la laïcité et le refus absolu de la diabolisation d’une religion, quelle qu’elle soit. Non, l’ennemi ce n’est pas le musulman, c’est le financier ! »

    • Dans la phrase même il dit qu’il faut pas diabolisé une religion quelqu’elle soit et n’etant pas aussi calé que vous en critique de la valeur et histoire de l’antisémitisme de gauche j’ai pas l’impression que le financier ennemi soit le financier forcement juif, ni que l’anticapitalisme de Méluch ne soit pas integral. Je voie plutot une ref à Hollande et son ennemi c’est la finance mais c’est pas fou fou non plus vu l’hypocrisie de la phrase de Hollande et son antisémitisme que je ne soupconnais pas. Là en plus y a le musulman en face ce qui rend la phrase assez inquietante. Méluch aurais voulu dire
      « Non, l’ennemi ce n’est pas le musulman, c’est le juif ! »
      J’en perd mon latin...

    • Je rappelle que, pour l’antisémite, le Juif n’est pas caractérisé par sa religion (ça, c’est l’antijudaïsme, qui avait plutôt cours au Moyen-Âge) mais par sa « race » à laquelle il attribue une puissance occulte et menaçante (et donc personnifie ainsi la domination impersonnelle réellemement exercée par le capital). Raison pour laquelle, depuis la modernité (et de façon exacerbée par les nazis) le Juif est la cible des anticapitalismes tronqués (ça peut d’ailleurs être tantôt le financier, tantôt le patron de presse, des figures auxquelles il est facile d’attribuer une capacité à « contrôler » le cours des choses, alors qu’elles ne font que leurs obéir, certes dans la position des gagnants, mais certainement pas des organisateurs)

      La citation de Mélenchon ne désigne donc des croyants à la vindicte populaire, mais bien cette figure du financier que les sujets modernes (surtout en période de crise) auront tôt fait de rabattre sur le Juif, lui-même construction fictionnelle de la modernité.

    • D’ailleurs, c’est carrément une faute politique de Mélenchon de dire que ses adversaires diaboliseraient une religion. Non ce n’est pas une religion qu’il diabolise, mais un groupe social qu’ils constituent autour de marqueurs socio-culturels, puis qu’ils naturalisent en leur attribuant une soi-disant religion homogène. En reprenant à son compte cette catégorie de « musulmans », il renforce le même genre de naturalisation et de projection que font ses adversaires (et qui est aussi à l’œuvre dans le lien fait entre Juifs et finance par l’antisémitisme).

      Comme le rappelle @unagi la cible, ce sont les « arabes », les « immigrés » et donc en fait les superflus dont la condition effraie et sert de repoussoir à tou.te.s celles et ceux qui sont en voie d’y glisser. Mais Mélenchon est incapable de faire une déclaration publique qui clarifie ces points, parce qu’il pense (croit ?) encore que la superfluité des exclus est réversible et que le capitalisme saura bien redonner une place à tout le monde une fois qu’il aura les « leviers » en main, et non plus les « financiers ».

    • Un autre point : la citation de Mélenchon ne se juge pas seulement sur les termes qu’il emploie, détachés de tout contexte. Elle s’évalue aussi à l’aune de son « œuvre » politique et des points durs de son parcours. Ainsi qu’au contexte général dans lequel il énonce ces propos, qui dessine très clairement la résurgence d’un antisémitisme sans complexe

  • Nantes Révoltée - LES « DEVOIRS » DES GOUVERNANTS
    https://www.nantes-revoltee.com/les-devoirs-des-gouvernants

    Et la liste n’est pas exhaustive… Combien de temps dureront encore ces abus, entrecoupés de leçons de morale de la part d’un président déconnecté, entouré d’une cour de lèches-bottes sans foi ni loi ?

    • La liste des #voyous-en-costard

      « Être citoyen, ce n’est pas demander toujours des droits supplémentaires, c’est veiller d’abord à tenir ses #devoirs à l’égard de la #Nation ». Le monsieur qui parle est bien celui dont une grande partie des ministres et anciens ministres sont soit mis en examen, soit accusés, soit amateurs de homards.

      Ce discours sur les « devoirs » qui priment sur les « droits » est un vieux refrain de la #droite et de l’#extrême_droite. Mais en plus, il est tenu par un escroc notoire à la tête de l’un des gouvernements les plus corrompus de la 5ème République :

      ➡ Eric Dupond-Moretti, ministre de la justice : mis en examen pour « prise illégale d’intérêts »

      ➡ Richard Ferrand, ancien ministre de la Cohésion des territoires, président de l’Assemblée Nationale : après une enquête préliminaire sur son passé à la tête des Mutuelles de Bretagne, Richard Ferrand est mis en examen pour pour prise illégale d’intérêts. Il a favorisé la société immobilière de sa compagne. Une première pour un président de l’Assemblée.

      ➡ Gérald Darmanin, ministre de l’intérieur, accusé de viol et d’abus de faiblesse par deux femmes. Le 11 juin 2020, la cour d’appel de Paris ordonne la reprise des investigations visant le ministre concernant une accusation de viol, harcèlement sexuel et abus de confiance.

      ➡ Sébastien Lecornu, ministre des Outre-Mers, visé par une enquête préliminaire pour une éventuelle prise illégale d’intérêts au Parquet national financier (PNF).

      ➡ Muriel Pénicaud, ancienne ministre du Travail : entendue comme témoin assisté par le pôle financier du Tribunal de Paris pour son rôle à la tête de Business France dans l’organisation d’une soirée à Las Vegas en janvier 2016 pour le candidat Macron.

      ➡ Alexis Kohler, Secrétaire général de l’Elysée, proche d’Emmanuel Macron, touché par une affaire de conflit d’intérêts.

      ➡ Olivier Dussopt, ministre délégué chargé des comptes publics, visé par une enquête du parquet national financier pour « corruption » et « prise illégale d’intérêts »

      ➡ François de Rugy : ancien ministre de l’écologie, ancien président de l’Assemblée Nationale, connu pour s’être gavé de homards et de champagne avec l’argent public

      ➡ Françoise Nyssen, ancienne ministre de la culture, a fait réaliser les travaux « sans autorisation », ni « déclaration au fisc ». Affaire en cours.

      ➡ Claire O’Petit, députée LREM : condamnée par la Cour d’appel de Paris pour « des fautes de gestion » lorsqu’elle était la représentante légale de l’Agence de développement et de proximité

      ➡ François Bayrou, éphémère ministre de la justice, aura tout juste le temps de porter sa « grande » réforme de « moralisation », avant d’être visé par une information judiciaire pour abus de confiance, recel d’abus de confiance et escroqueries concernant des soupçons d’emplois fictifs

      ➡ Sylvie Goulard, première ministre des Armées, mise en examen le 29 novembre 2019 par la juge chargée d’une enquête sur des emplois fictifs

      ➡ Thierry Solère, député LREM et gestionnaire des finances de l’Assemblée nationale, visé par une enquête pour « fraude fiscale, manquements aux obligations déclaratives à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, détournement de fonds publics par dépositaire de l’autorité publique et recel, recel de violation du secret professionnel, trafic d’influence et recel […] abus de biens sociaux et recel, abus de confiance et recel, financement illicite de dépenses électorales, détournement de la finalité de fichiers nominatifs ».

      ➡ Stéphane Trompille, député LREM, condamné par le conseil des prud’hommes de Bourg-en-Bresse pour « harcèlement sexuel » envers une ex-collaboratrice.

      ➡ Mustapha Laabid, député LREM, a été condamné à six mois de prison avec sursis, trois ans d’inéligibilité et 10 000 euros d’amende pour abus de confiance.

      #Macron

  • Macron contrôle désormais la médecine en France
    https://blogs.mediapart.fr/le-moine-copiste/blog/120821/macron-controle-desormais-la-medecine-en-france

    Article trouvé sur le site suivant :

    https://www.europe-israel.org/2021/08/par-decret-passe-en-catimini-macron-et-veran-creent-le-conseil-nation

    Le 19 juillet dernier, donc, un Conseil des Ministres, sans doute insatisfait d’un Conseil de l’Ordre n’ayant pas assez de compétences pour faire rentrer dans l’ordre des Raoult et autres Perronne a créé un nouvel organisme ayant le pouvoir d’évaluer, à tout moment de sa carrière, chaque médecin et donc de l’empêcher d’exercer s’il ne file pas droit.

    Mais nous ne vivons pas en dictature, naturellement… selon Macron.

    Il est clair que cela a largement à voir avec le Covid, la prescription de médicaments interdits et la vaccination… les médecins dissidents courent objectivement le risque de se voir ni plus ni moins chassés de leurs postes, de leurs cabinets… Faut-il comprendre ainsi les propos de Raoult sur la vaccination obligatoire des soignants ? Sous la menace d’être liquidé lui aussi ?

    Prononcé le 19 juillet 2021Le ministre des solidarités et de la santé a présenté une ordonnance relative à la certification périodique de certains professionnels de santé.

    L’article 5 de la loi n° 2019-774 du 24 juillet 2019 relative à l’organisation et à la transformation du système de santé habilite le Gouvernement à prendre par ordonnance toute mesure relevant du domaine de la loi afin, d’une part, de créer une procédure de certification indépendante de tout lien d’intérêt permettant, à échéances régulières au cours de la vie professionnelle, de garantir le maintien des compétences, la qualité des pratiques professionnelles, l’actualisation et le niveau des connaissances, et, d’autre part, de déterminer les professionnels concernés par cette procédure de certification, les conditions de sa mise en oeuvre et de son contrôle, les organismes qui en sont chargés, les conséquences de la méconnaissance de cette procédure ou de l’échec à celle-ci, ainsi que les voies de recours ouvertes à l’encontre de ces conséquences.

    https://www.vie-publique.fr/discours/280808-conseil-des-ministres19072021-certification-periodique-professio

    L’ordonnance n° 2021-961 du 19 juillet 2021 relative à la certification périodique de certains professionnels de santé, fait apparaître la mainmise de l’État sur une corporation qui jusque-là jouissait d’une indépendance dans l’exercice de leur art, en regard des ingérences du pouvoir politique. Mais cette époque de liberté est désormais révolue, car la Haute Autorité de santé devra partager ses prérogatives avec l’Exécutif, en ce qui concerne le pilotage de ses actions menées pour surveiller, encadrer et actualiser les niveaux de compétences et la qualité des professionnels salariés, mais surtout de la médecine libérale (article L. 4022-3). Un Conseil national de certification, entièrement soumis à l’autorité politique, est constitué pour délivrer, reconduire ou retirer le droit d’exercer. Ces prérequis, à travers certaines contingences politico-sanitaires, fixent des objectifs et des obligations aux médecins.

    (....) Ces collaborateurs de la toute-puissance élyséenne ; la Haute Autorité de santé et le Conseil national de certification, tels deux gendarmes, seront désormais l’oreille et la voix de l’exécutif pour mieux contrôler le Conseil de l’Ordre des médecins. Cette institution de droit privé devra désormais se ranger à la politique inquisitoriale de l’État en dénonçant, en sanctionnant voire en révoquant les médecins qui refusent de relayer l’obligation vaccinale pour leurs patients et pour eux-mêmes, ou en récompensant les bons élèves qui savent piquer sans compter.

    (....)

    Pourquoi publier un tel décret où il n’apparaît aucune volonté d’exprimer une orientation à caractère professionnel et/ou didactique ? Ni les mots « santé », « sanitaire » ou « déontologie » ne figurent dans ce texte, où seul un acharnement politique s’y exprime avec la force de mots qui impriment la persuasion par la dissuasion. (...) Nous entrons dans une ère nouvelle, ou plutôt en réminiscence par une histoire de triste mémoire que l’on croyait ne jamais revenir en surface. Cette idéologie qui ne se cache même pas, fait résurgence d’une époque que l’on croyait révolue, mais qui renaît dans les esprits allumés de l’État-Macron, autant avec le « passe-sanitaire », le « QR code » et l’appli « TousAntiCovid ».

    Ces indicateurs rappellent étrangement une discrimination entre les citoyens, non de confession, mais du libre choix de disposer de son corps et d’accepter ou refuser des thérapies). Cette liberté issue des droits naturels, est exprimée et inscrite de façon inaliénable par la Constitution française, qui prend sa source dans l’esprit et la lettre des Droits de l’homme. Si les Français ne comprennent pas le virage autoritaire et particulièrement liberticide de cette mandature qui gomme les derniers reliefs de notre démocratie à l’agonie, ce sera toute notre histoire révolutionnaire qui s’effondrera d’un seul bloc.

    (...)

    Dans le rapport joint à cette ordonnance, il est prétendu qu’aucune opposition directe et générale n’a été formulée s’agissant d’une concertation, dont le rédacteur n’a laissé aucune indication de personnes, de lieu et de date pour discerner une trace lisible de ce forum fantôme. Quid de la composition d’acteurs qui auraient conduit à l’orientation de cette résolution ? Ici le mensonge est énorme et cette faconde transpire de mauvaise foi. De sorte que ce Gouvernement en aura déduit que le pilotage scientifique du dispositif lui serait confié, sous la bénédiction dudit Conseil national de la certification périodique qu’il préside.

    Une fois encore et comme à son habitude, Emmanuel Macron s’accapare tous les pouvoirs, jusqu’à pénétrer les épidermes professionnels, la chair de nos institutions sociales et sanitaires, puis de tout ce qui bouge, soigne, fabrique et administre. L’histoire de la Covid suscite toutes les interrogations et les suspicions de fraudes, de prises illégales de pouvoir et d’enrichissements personnels exorbitants, dès lors que le Politique prend le pas sur les réalités.

    Il n’y a plus que les médecins retraités qui peuvent dire des vérités et ne pas se soumettre.
    Docteur Dominique Schwander

  • « Le système de la gymnastique de haut niveau a dressé, tordu, exploité, violé, menacé des centaines d’adolescentes »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/08/03/le-systeme-de-la-gymnastique-de-haut-niveau-a-dresse-tordu-exploite-viole-me

    La sociologue Caroline Ibos revient sur le retrait de l’athlète américaine Simone Biles des JO de Tokyo et propose, dans une tribune au « Monde », une analyse sociopolitique de la gymnastique comme système d’exploitation du corps des filles.

    Reine annoncée des Jeux olympiques de Tokyo, la gymnaste états-unienne Simone Biles a abandonné mardi 27 juillet le concours par équipe au milieu de la compétition ; elle avait échoué à réaliser une figure particulièrement difficile au saut de cheval. Le retrait de celle qui domine aujourd’hui son sport plus que toute autre sur terre, a semé la stupeur. Mais ce qui a le plus embarrassé le monde du sport est l’explication qu’elle en a donnée : « Dès que je mets le pied sur le tapis, il n’y a plus que moi et ma tête… Faire face aux démons dans ma tête. Je veux me concentrer sur mon bien-être, il n’y a pas que la gym dans la vie ».

    Depuis, les commentaires honorent ou déboulonnent l’icône : ils saluent le courage de la « plus grande championne de tous les temps » à briser les tabous, ou la dépouillent de ce blason de GOAT (« Greatest of All Times », « meilleure de tous les temps ») et moquent la petite chèvre brodée sur ses maillots. Et les réseaux sociaux déversent sur elle brouettes de fleurs et torrents de boue.

    Des vies contrôlées

    Pourtant, comprendre ce coup de théâtre à partir de la seule personnalité de Simone Biles, à partir de sa supposée surhumanité ou de ses possibles failles, masque ce qu’il exprime et que Simone Biles ne cesse de dénoncer depuis des années : la violence du système de la gymnastique féminine de haut niveau. Une violence dont l’enjeu est d’incarner la gloire nationale dans des corps et des vies contrôlées depuis l’enfance.

    Façonner le corps des filles est l’art d’un sport hanté par Pygmalion. Avant d’être étatsunienne, la gymnastique artistique fut soviétique et c’est dans les régimes communistes qu’a surgi le modèle de l’entraîneur surpuissant, héros du travail et créateur de championnes adolescentes.

    Rappelons-nous [la Russe] Elena Mukhina [1960-2006], championne du monde en 1978. Orpheline, entraînée depuis l’âge de huit ans par l’ancien champion de barre fixe Viktor Klimenko, elle se brise à vingt ans les vertèbres cervicales, quelques jours avant les Jeux de Moscou (1980), et reste entièrement paralysée. Malgré une jambe cassée, Klimenko la forçait à s’entraîner pour être la GOAT de son époque, la première à réaliser une folie de double salto et demi réceptionné sur la nuque.

    Dans ce système d’appropriation des corps, le modelage est redoublé par l’exploitation sexuelle, l’éclat de l’innocence rehaussée par la souillure cachée. Olga Korbut, surnommée le « moineau de Minsk » et gloire soviétique des Jeux olympiques de Munich (1972), accusa à la fin du vingtième siècle son ancien entraîneur, Renald Knysh, de l’avoir violée de multiples fois alors qu’elle avait quinze ans, réduite à l’esclavage sexuel et menacée d’exclusion de l’équipe nationale si elle parlait. En 2017, elle vendait aux enchères ses médailles olympiques, geste qui, dit-elle, lui « sauvait la vie ».

    Un régiment d’enfants jetables

    Ces deux exemples ne sont pas les cas extrêmes d’un monde « totalitaire » révolu : des années 1970 à aujourd’hui, des Pays-Bas à la Grande-Bretagne et de la Russie aux Etats-Unis, le système de la gymnastique de haut niveau a dressé, tordu, insulté, humilié, exploité, violé, menacé des centaines d’adolescentes.
    Simone Biles le sait intimement puisqu’elle fait partie des deux cent soixante-cinq survivantes, mineures abusées sexuellement par Larry Nassar, médecin pédophile de l’équipe nationale étatsunienne. Elle le sait tragiquement puisque John Geddert, l’entraîneur de son ancienne coéquipière Jordyn Wieber, championne olympique aux Jeux de Londres (2012), s’est suicidé il y a quelques mois : il était poursuivi pour de multiples agressions physiques, verbales et sexuelles sur une trentaine de mineures dans son club de Twistars, l’un des plus prestigieux des Etats-Unis.

    Dans le système de la gymnastique, le rapport entre corps et performances est brouillé. Il ne s’agit pas seulement d’ajuster le corps à la performance visée : celle-ci est normée à partir d’un idéal du corps gymnaste.

    En Union soviétique, les corps épurés des adolescentes étaient laxes, plats, légers et longilignes – tout ce que la puberté met en péril – et produisaient une gymnastique de l’apesanteur, fondée sur l’élan, la souplesse, la technique et la perfection chorégraphique. Et si la gymnastique olympique soviétique embarqua un régiment d’enfants jetables dès les premières règles, c’était au service d’une armée blanche : de l’Ukraine au Tadjikistan, les gymnastes, presque toutes slaves, ont aussi incarné la russification de la nation.

    Trophées de la guerre froide

    Dès les premières secousses de la fin de l’empire, les entraîneurs russes et roumains migrent aux Etats-Unis et y fondent les grands gymnases à l’origine de l’actuel business d’un sport spectacle : leur art du modelage des corps enfantins leur a permis de renouveler une gymnastique épousant les valeurs américaines. Des corps musclés, « conditionnés », resplendissants, souriants produisent une gymnastique explosive, fondée sur la détente, le rebond et l’acrobatie.

    Si la gymnastique olympique soviétique embarqua un régiment d’enfants jetables dès les premières règles, c’était au service d’une armée blanche : de l’Ukraine au Tadjikistan, les gymnastes, presque toutes slaves, ont aussi incarné la russification de la nation
    Simone Biles le sait, elle qui a passé tant de camps d’entraînement au ranch du couple Karolyi : les pygmalions de [la Roumaine] Nadia Comaneci, quintuple médaillée à l’âge de quatorze ans aux Jeux de Montréal (1976), ont dirigé d’une main de fer la gymnastique nationale étatsunienne de 1981 à 2016.

    Trophées de la guerre froide, les Karolyi ont généré cette gymnastique nationale étatsunienne qui règne aujourd’hui sur le monde : d’abord Belà, « affectueusement » surnommé l’ « ogre des Carpates », puis Marta, coach nationale lors des jeux de Rio (2016) où Simone Biles remporta cinq médailles. Tant de gymnastes passées entre les mains des Karolyi ont dénoncé leurs maltraitances, coups, insultes, humiliations, abus psychologiques à l’origine, selon elles, de détresse, addictions, désordres alimentaires, dépressions.
    D’autres, comme Nadia Comaneci, ont pesé de tout leur poids médiatique pour justifier des violences supposées nécessaires pour gagner des médailles. Ces médailles olympiques, signes de la puissance nationale que les corps des athlètes incarnent. En 1976, le corps de Nadia Comaneci révélait au monde à la fois la gymnastique et l’existence d’une Roumanie contestant la tutelle de Moscou : sa photographie posant en costume national avec le couple Ceaucescu, ses cinq médailles olympiques autour du coup, fit le tour du monde. Quelques années après, fuyant son pays, elle affirmait avoir été violée et battue par le fils du dictateur [Ceaucescu].

    Enorme capital symbolique

    Quarante ans plus tard, en 2016, Simone Biles est reçue à la Maison-Blanche par le couple Obama : à dix-neuf ans, quelques mois avant l’élection de Donald Trump, la gymnaste africaine américaine incarne le « smart power » d’une super puissance encore charismatique.

    Athlète engagée, Simone Biles ne s’est pas seulement battue sur les tapis des gymnases. Elle a dû affronter le racisme structurel d’une gymnastique blanche, comme le jour où une concurrente italienne déclara que, dorénavant, pour gagner des médailles, il suffisait de se peindre le corps (propos que la fédération italienne n’a jamais condamnés). Elle a dû se justifier de prendre des traitements pour pallier un trouble de déficit de l’attention, secret médical révélé au monde par des hackers russes.

    Elle a porté plainte contre Larry Nassar et a mobilisé son énorme capital symbolique pour interpeller à ce sujet la fédération étatsunienne de gymnastique. Depuis quelques semaines, sur les réseaux sociaux, elle se focalise sur la santé mentale des athlètes, revendiquant se soucier d’elle-même et consulter un psychologue.
    Lors de la finale par équipe, au moment d’offrir un titre olympique à sa patrie, des démons ont envahi la tête de Simone Biles : certains d’entre eux ressemblaient peut-être à Viktor Klimenko, Renald Knysh, Larry Nassar, John Geddert, Bela et Marta Karolyi, Nicu Ceaucescu ainsi qu’à tous ces gens sans visage qui font des jeunes gymnastes la chair de la gloire nationale.

  • Yorktown, 1781 : Une victoire occultée par le #Nationalisme_américain – par #Eric_Juillot
    https://www.les-crises.fr/yorktown-1781-une-victoire-occultee-par-le-nationalisme-americain-par-eri

    Pourquoi la #Bataille_de_Yorktown occupe-t-elle une place si ténue dans la mémoire collective aux États-Unis ? La bataille de Yorktown, achevée le 19 octobre 1781 après plusieurs jours de combat, voit les troupes franco-américaines l’emporter sur les troupes anglaises. Cette bataille constitue le dernier événement militaire majeur de la guerre d’indépendance des États-Unis d’Amérique. […]

    #Histoire #Histoire,_Bataille_de_Yorktown,_Eric_Juillot,_Nationalisme_américain

  • #Canada : Une vague porte de nombreuses femmes autochtones à des postes de pouvoir
    https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/1813587/politique-autochtone-premieres-nations-femmes-elections

    Ce n’est pas un hasard si plusieurs femmes autochtones sont élues à des postes de direction auparavant monopolisés par des hommes, disent des intervenants.

    Récemment, trois femmes ont été élues à des postes importants : Mandy Gull-Masty comme grande cheffe de la nation crie, Kahsennehawe Sky-Deer à la tête du Conseil mohawk de Kahnawake et RoseAnne Archibald au poste numéro un de l’Assemblée des Premières Nations.

    “Les communautés demandent du changement, et comment l’obtient-on, ce changement ? Eh bien, les femmes présentent une perspective différente”, soutient Lynne Groulx, la PDG de l’Association des femmes autochtones du Canada.


    La cheffe du Conseil mohawk de Kahnawake récemment élue, Kahsennenhawe Sky-Deer - Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

    “Les communautés veulent le changement, ajoute Mme Groulx. Elles sont en crise. Nous savons que nous avions des sociétés matriarcales : les femmes étaient jadis impliquées dans des rôles de leadership.”

    Bien qu’elles doivent affronter le sexisme, parfois au sein de leur propre communauté, Mme Groux dit s’attendre à voir davantage de femmes autochtones se présenter à des élections.

    Mme Gull-Masty a obtenu 64 % des voix lors du second tour des élections au sein de la nation crie, jeudi. Le fait d’avoir brisé le plafond de verre est “un plaisir absolu”, s’exclame-t-elle, mais elle convient que d’autres femmes cries ont contribué à ouvrir la voie.

    Nous avons eu beaucoup de femmes influentes. Elles n’avaient peut-être pas de titre officiel, mais elles ont joué un rôle important dans notre développement.
    Une citation de :Mandy Gull-Masty, grande cheffe du Grand Conseil des Cris du Québec


    Mandy Gull-Masty est la première femme grande cheffe du Grand Conseil des Cris du Québec - Photo : Crédit : Jared Gull

    Mme Gull-Masty, qui avait été élue cheffe adjointe en 2017, dit que sa principale priorité est de retourner dans les différentes communautés pour rencontrer les dirigeants locaux, les conseils de jeunes et les aînés.

    “Je voulais que nos jeunes se sentent vraiment engagés dans ce processus pour qu’ils se sentent à l’aise de participer et qu’ils comprennent la gouvernance et la nation cries”, explique-t-elle.

    Selon elle, l’intégration des valeurs et des traditions cries dans le processus décisionnel est une priorité majeure. S’ajoute à sa liste la protection de la langue, de la culture et de la terre cries.

    Mme Gull-Masty souhaite que les jeunes qui vont poursuivre ailleurs des études supérieures puissent avoir des occasions de revenir créer des entreprises dans la communauté.

    “Ç’a été mon cheminement. J’ai dû quitter ma communauté pour aller au collège et à l’université. Quand je suis revenue, ç’a été un grand défi de réintégrer ma communauté et de trouver un emploi.”

    À Kahnawake, Mme Sky-Deer est ravie de voir que d’autres femmes sont élues.

    Selon elle, il est important de revenir aux formes traditionnelles de gouvernance, qui incluent la présence de femmes dans des postes de pouvoir. Traditionnellement, note-t-elle, les mères de clan sélectionnaient les chefs.

    Elle compte rencontrer de nouvelles élues autochtones et espère qu’elle aura l’occasion de travailler avec elles.

    « C’est pour moi une source d’inspiration et, si les femmes peuvent s’unir et montrer une façon différente de faire les choses, des changements se produiront.
    Une citation de :Kahsennenhawe Sky-Deer, grande cheffe de Kahnawake

    Michèle Audette, qui a été nommée au Sénat jeudi, rappelle que ces victoires de femmes, ainsi que la nomination de Mary Simon au poste de gouverneure générale – la première Autochtone à occuper ce poste – surviennent après des années d’efforts.


    Michèle Audette est devenue sénatrice la semaine dernière. - Photo : Radio-Canada / Laurence Niosi

    “C’est plus qu’une coïncidence. C’est le travail acharné de nos ancêtres, de la population et de nos alliés”, souligne-t-elle.

    L’ancienne commissaire de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) croit que ces victoires envoient un message positif aux jeunes femmes et filles.

    “Peu importe de quelle partie de cette immense île de la Tortue [le nom donné à l’Amérique du Nord par certains peuples autochtones] on vient, il n’y a pas de limite, on peut réaliser son rêve. Pour moi, cela démontre que nous sommes formidables, que nous pouvons réussir.”
    #Femmes #féminisme #sexisme #racisme #discrimination #inégalités #domination_masculine #peuples_autochtones #autochtones #peuples_premiers #nations_premières

  • Le foot comme outil de banalisation de la violences masculine

    De passage à Nancy j’ai appris que les supporter de foot en joie suite à une victoire de leur équipe, avaient causé pour 50.000€ de dégâts matériels. La presse qualifie ca de « débordements » ce qui renvoie plus à un phénomène naturel qu’à un comportement humain.
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/meurthe-et-moselle/nancy/nancy-apres-les-degradations-place-stanislas-arrestatio
    Là il ne s’agit que de dégâts matériels, ceux là sont pris légèrement au sérieux par les habitants et par la presse car ils sont visibles et on en parle dans le journal. Les destructions causées par les supporteurs en joie sont désignés comme une fatalité naturelle et il y a ici une question autour de la #virilité de sa naturalisation et de l’expression des privilèges qu’elle procure.

    Puis il y a cette étude de 2013 qui porte sur un petit échantillon de footeux de Lancaster que j’avais deja posté sur seenthis et qui rend compte d’une augmentation des violences sur conjointes les soirs de match, avec une net augmentation encore de ces violences en cas de défaites.
    cf https://www.huffingtonpost.fr/2018/07/04/coupe-du-monde-2018-une-campagne-de-prevention-contre-les-violences-c

    L’étude parle seulement des violences sur les conjoints mais les violences sur les enfants sont probablement corrélés.

    Et la France à perdu la coupe d’Europe du dopage et de la corruption ce qui implique que beaucoup de femmes et d’enfants ont été battus ces derniers jours sous prétexte de frustration d’hommes. Ca me saute aux yeux à cause d’une séquence vu dans le zapping d’aujourd’hui qui me semble être un exemple typique de la normalisation des violences masculines.

    Ca commence à 0:11 seconde - le journaliste dit que

    Certains français ont du mal à digéré la défaite. Alors certains imaginent se défoulés dans les vestiaires. D’autres préfèrent blablabla...

    A l’image on voit un vestiaire avec une équipe d’ados masculine assises et l’entraineur leur donner à chacun leur tour une grande gifle très violente.

    https://www.youtube.com/watch?v=CUhjZ-ELZn4

    C’est sensé être une séquence humoristique, sois disant « certains imaginent » mention qui est sensé atténué la violence des images, mais on a le droit à une séquence qui ne laisse aucune place à l’imagination. Après tout l’entraineur aurais pu se mettre des gifles à lui même pour se calmé ou demandé à etre giflé car il a mal entrainé son équipe. Mais les hiérarchies sont bien respectés dans cette scène. Ces gifles violentes sont bel et bien infligées à des enfants qui servent de défouloir-substitut à l’équipe de France. Le point de vue adopté est celui de l’entraineur, c’est lui qui incarne ces « certains français qui ont mal digéré la défaite ». Et c’est cela qui est sensé être drôle, ou plutot jouissif du point de vue du narateur.

    Les gifles ont l’air vrai, mais même si c’etait un effet spécial de gifle et pas une véritable scène de violences le message reste identique, il n’y a pas de prise de distance ni de critique ni de renversement du pouvoir établie.
    La séquence valide le fait que les supporter de l’équipe masculine de France ont de bonnes raison d’être en colère.
    La séquence montre que la colère peu se déchargé sur autrui.
    La séquence indique que les supporter de l’équipe masculine de France peuvent se servir de personnes substitut parmi les dominés (ici des ados face à l’entraineur, mais on sais très bien que ca marche aussi avec les compagnes, voisines, les enfants ou les mecs pas assez viriles) pour déchargé leur frustration de ne pas avoir pu humilié et dominé l’équipe masculine du pays concurrent.
    La séquence ajoute en plus qu’il faut trouvé cela super marrant, normal et naturel que les dominants frappent les dominés pour se défoulés. La domination c’est cool et c’est fun.

    Je trouve cet extrait très interessante car on est face à un exemple d’éducation des hommes à la violence. Quand on parle d’éducation la plus part de gens pensent à la mère, car pour la plus part des gens ce sont les mères qui éduquent les enfants, mais les hommes et les garçons s’éduquent énormément entre eux, via ce genre de petits messages faussement humoristique. Ici c’est pas les mères qui font regarder à leurs fils ces biteries de vestiaires et de défouloir sur plus petit que soi. Ce sont les hommes qui s’apprennent entre eux comment dominer à travers leurs éléments de culture masculine.

    #éducation #foot #virilité #zapping #boysclub #domination #male_gaze #violence_masculine #nationalisme #fraternité #male_alphisme #gifle

  • Mathilde Cohen, blanchité alimentaire (#French_food_Whiteness)

    Une vidéo dans laquelle Mathilde Cohen, Université du Connecticut (https://www.law.uconn.edu/faculty/profiles/mathilde-cohen), explique le concept de blanchité alimentaire appliqué à la cuisine français fait polémique.
    Pour voir la vidéo (que je n’ai pas trouvé sur le site de Sciences Po - mais pas trop cherché non plus) :
    https://twitter.com/jeromegodefroy/status/1408443135643074560

    La vidéo est tirée d’un séminaire organisé à l’Université de Nanterre et dans lequel Mathilde Cohen a été invitée :

    Conseil de Laboratoire suivi d’un séminaire sur Law, Food, and Race : The Whiteness of French Food par Mathilde Cohen, professeure à l’Université du Connecticut.

    https://ctad.parisnanterre.fr/reunion-et-seminaire-du-ctad-999209.kjsp

    –---
    L’article de Mathilde Cohen, sur le même sujet :

    The Whiteness of French Food. Law, Race, and Eating Culture in France

    Food is fundamental to French identity. So too is the denial of structural racism and racial identity. Both tenets are central to the nation’s self-definition, making them all the more important to think about together. This article purports to identify and critique a form of #French_food-Whiteness (blanchité alimentaire), that is, the use of food and eating practices to reify and reinforce Whiteness as the dominant racial identity. To do so, it develops four case studies of how law elevates a fiction of homogeneous French/White food as superior and normative at the expense of alternative ways of eating and their eaters—the law of geographical indications, school lunches, citizenship, and cultural heritage.

    https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=3819684
    #identité_raciale #racisme_structurel #nationalisme #blanchité #homogénéité #mythe_de_l'homogénéité #cantines #citoyenneté #patrimoine #patrimoine_culinaire #patrimoine_culturel #AOP #IGP

    –—

    Réaction de Renaud Epstein sur twitter :

    Que CNews, Valeurs Actuelles et quelques autres déversent leur haine sur une chercheuse du CNRS sans avoir lu ses travaux, c’est assez attendu.
    Que le community manager du ministère @lesoutremer entre en connivence avec ceux qui l’attaquent, c’est assez effrayant.
    #WinterIsComing

    https://twitter.com/renaud_epstein/status/1409093048370438147

    –—

    Tweet de Jérôme Godefroy qui se dit journaliste :
    https://twitter.com/jeromegodefroy/status/1408443135643074560

    #Mathilde_Cohen #blanchité_alimentaire #colonialisme #décolonial #alimentation #recherche #université #science #sciences_sociales #cuisine_française

    ping @karine4 @cede

    • Hyper intéressant Cristina, merci ! Il y a un parallèle aux Pays-bas où les immigrés d’Indonésie étaient controlés s’il mangeaient bien des pommes de terre et pas du riz comme signe de leur intégration.

  • Il n’y aurait pas quatre, mais bien cinq océans sur Terre | Radio-Canada.ca
    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1803962/cartographie-ocean-austral-ajout-national-geographic

    L’océan Austral est reconnu depuis longtemps par les scientifiques, mais puisqu’aucun accord international n’a jamais été trouvé, nous ne l’avions jamais reconnu officiellement, explique Alex Tait, géographe pour la société dans un communiqué.


    #science #océanographie #géographie #politique_internationale #politique #océan_austral #sud #national_geographic #carte

  • HCR - Le HCR lance une mise en garde sur le risque d’exclusion de la vaccination pour les apatrides à travers le monde
    https://www.unhcr.org/fr/news/press/2021/6/60d1c725a/hcr-lance-mise-garde-risque-dexclusion-vaccination-apatrides-travers-monde.ht

    Le HCR lance une mise en garde sur le risque d’exclusion de la vaccination pour les apatrides à travers le monde. Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, lance une mise en garde aujourd’hui sur le fait que de nombreux apatrides dans le monde risquent de ne pas être vaccinés car ils sont dépourvus de citoyenneté ou de preuve d’identité. « Des millions de personnes sont identifiées en tant qu’apatrides à travers le monde ; elles ne sont ressortissantes d’aucun État, ce qui a des conséquences extrêmement préjudiciables sur leurs droits humains fondamentaux. Aujourd’hui, elles risquent également d’être exclues de l’accès aux vaccinations vitales », a déclaré Gillian Triggs, cheffe de la protection internationale au HCR.
    Dans son tout dernier rapport décrivant l’impact de la pandémie de Covid-19 sur les populations apatrides, le HCR souligne que la majorité des plans nationaux de vaccination ne fournissent aucune information claire sur la couverture vaccinale des apatrides.
    Le HCR lance donc une mise en garde sur la potentielle exclusion de nombreuses personnes qui sont dépourvues de nationalité ou de documents d’identité, à moins d’efforts spécifiques des États pour leur venir en aide et relever les défis spécifiques auxquels elles peuvent être confrontées. Le nouveau rapport énonce des recommandations et des exemples de bonnes pratiques étatiques à cet égard, notamment l’acceptation d’autres formes de preuve d’identité. « Dans l’intérêt de la protection de la vie humaine et de la santé publique, les plans nationaux de vaccination doivent être mis en œuvre de la manière la plus inclusive possible. Étant donné que de nombreux apatrides sont déjà massivement confrontés à l’exclusion et la marginalisation, les obstacles doivent être levés et une attention particulière doit être accordée à leur situation », a déclaré Gillian Triggs. Depuis le début de la pandémie, de nombreux apatrides sont confrontés à des difficultés pour accéder aux soins de santé et aux services sociaux. Beaucoup craignent de se présenter à un dépistage ou pour recevoir un traitement, du fait de leur absence de statut juridique - ce qui pourrait les exposer à un risque de détention ou d’expulsion. Le coût des soins médicaux, y compris des vaccinations, peut également être prohibitif pour les apatrides, car ils ne sont généralement pas couverts par les régimes nationaux de santé publique. Le HCR a pour mandat officiel de prévenir et de réduire l’apatridie, et de protéger les apatrides, et a connaissance d’une population mondiale d’au moins 4,2 millions d’apatrides qui vivent dans 94 pays.En raison de la nature invisible de ce problème, le chiffre réel pourrait néanmoins être beaucoup plus élevé.
    Plus d’un an après le début de la pandémie, le HCR prévient également que les perturbations des services d’enregistrement des naissances créent de nouveaux risques d’apatridie.En raison de la pandémie, la suspension des services d’enregistrement pour les faits d’état-civil, dans certains pays, affecte l’enregistrement des naissances, qui est essentiel pour l’accès à la nationalité. Les pays où les services d’enregistrement des naissances ont été partiellement ou totalement suspendus font état d’une baisse des taux d’enregistrement des naissances et d’importants retards. Les campagnes ciblées d’enregistrement des naissances pour les populations marginalisées et qui risquent l’apatridie ont également été suspendues dans de nombreux contextes. Les risques d’apatridie sont probablement les plus élevés parmi les groupes minoritaires - qui constituent la majorité des populations apatrides connues.

    #Covid-19#migrant#migration#sante#HCR#systemesante#apatride#etatcivil#nationalite#pandemie#vaccination#inclusion

  • « Plus que jamais, les Chinois se méfient des étrangers »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/06/01/plus-que-jamais-les-chinois-se-mefient-des-etrangers_6082291_3232.html

    « Plus que jamais, les Chinois se méfient des étrangers » par Frédéric Lemaître
    Chronique. Le recensement de la population chinoise effectué en 2020, dont les résultats ont été publiés le 10 mai, le confirme : la Chine est un pays vieillissant. Les ménages ne cherchent pas à profiter de la nouvelle législation qui, depuis 2016, leur permet à nouveau d’avoir un deuxième enfant. Et rien ne dit que la possibilité qui leur a été accordée le 1er juin d’avoir trois enfants change radicalement la donne. Avec un taux de fécondité de 1,3, la Chine va connaître un rapide déclin démographique. Selon une étude publiée par la revue The Lancet en juillet 2020, la population passerait de 1,4 milliard actuellement à 732 millions (− 48 %) en 2100. Ce qui est plutôt une bonne nouvelle pour la planète ne l’est pas pour les dirigeants communistes, dont l’une des fiertés est d’être à la tête du pays le plus peuplé au monde. En 2100, la Chine serait dépassée par l’Inde, mais aussi par le Nigeria.
    Une des solutions pourrait être de favoriser l’immigration. Le pays ne compte, en effet, que 845 697 étrangers, soit deux fois moins qu’en Ile-de-France. Et encore ne s’agit-il que de personnes vivant dans le pays depuis plus de trois mois. L’immense majorité d’entre elles vont repartir. Il serait assez logique que Pékin cherche à attirer ses voisins, notamment les jeunes diplômés. L’Inde offre un réservoir de main-d’œuvre inépuisable. Actuellement, près de 18 millions d’Indiens vivent à l’étranger, essentiellement aux Emirats arabes unis, au Pakistan et aux Etats-Unis. En 2010, ils n’étaient que 15 000 en Chine, et rien ne laisse penser qu’ils sont nettement plus nombreux aujourd’hui. Pourtant, l’écart croissant de niveau de vie entre les deux géants asiatiques rend a priori la Chine attractive. Le PIB par habitant y est désormais cinq fois supérieur. A l’avenir, l’Inde pourrait donc être le réservoir de main-d’œuvre de la Chine, comme le Mexique a été celui des Etats-Unis.
    Le problème de la Chine est qu’elle n’est pas un pays d’immigration. Plus exactement, elle le devient, mais très lentement et en grande partie malgré elle. Il y avait, semble-t-il, environ 20 000 étrangers en Chine dans les années 1980. Ce n’est qu’en 2010 que le recensement les a comptabilisés. Ils étaient alors 593 832 dans le pays, sans compter les Taïwanais, les Hongkongais et les Macanais. En dix ans, l’augmentation est donc réelle (+ 42 %), mais, rapporté à la population, le total reste marginal. Le président, Xi Jinping, est conscient du problème. D’où l’adhésion de la Chine à l’Organisation internationale pour les migrations en 2016. D’où, surtout, la création par Pékin, en 2018, d’une administration nationale de l’immigration (ANI). Comme l’analyse la chercheuse Tabitha Speelman dans la revue Perspectives chinoises (n° 4, 2020), jusque-là, la Chine parlait d’« étrangers » et non de « migrants ». Le changement est donc significatif. Mais il est relatif. « Le gouvernement chinois reconnaît la Chine en tant que pays de destination pour les migrants étrangers. Cependant, cela ne signifie pas que le gouvernement considère la Chine comme un pays d’immigration », note la chercheuse. D’ailleurs la création de cette administration, qui dépend du ministère de la sécurité publique, correspond aussi à une reprise en main par Pékin au détriment des provinces. En 2019, la mise en place de mesures assurant « la sécurité politique et frontalière » a facilité l’expulsion des résidents étrangers illégaux.
    Dans une Chine très nationaliste, le sujet est extrêmement sensible. Mme Speelman rappelle qu’en février 2020 l’ANI a émis sa première proposition législative. Il s’agissait d’ouvrir le statut de résident permanent à un groupe plus large d’étrangers sur le long terme. Mais les réactions de l’opinion publique ont été si critiques que l’ANI a dû faire marche arrière. Apparemment, un débat oppose, au sein du pouvoir, les tenants d’une Chine davantage ouverte sur le monde et ceux qui y voient une source de problèmes à venir. Le Covid-19 ne va évidemment pas arranger la situation. Plus que jamais, les Chinois se méfient des étrangers, notamment des Indiens. L’Inde ne deviendra donc sans doute pas le Mexique de la Chine. Reste à Pékin une dernière solution : inciter la diaspora chinoise à rentrer au pays. Vouloir devenir la première puissance mondiale et se recroqueviller derrière sa Grande Muraille constituerait alors un paradoxe « aux caractéristiques chinoises » sans précédent.

    #Covid-19#migrant#migration#chine#sante#pandemie#immigration#politiquemigratoire#diaspora#demographie#etranger#securite#nationalisme

  • Le juge, la nièce et les historiens
    https://laviedesidees.fr/Le-juge-la-niece-et-les-historiens.html

    Quand la nièce d’un maire impliqué dans la déportation des juifs polonais porte plainte contre des historiens, ces derniers se voient menacés ou censurés par le pouvoir, fort des nouvelles lois mémorielles protégeant la #Pologne contre toute mise en cause dans l’histoire de la #Shoah.

    #Histoire #nationalisme #antisémitisme #révisionnisme
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20210601_pologne.docx
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20210601_pologne.pdf

  • Mystery plans to redraw Balkan borders alarm leaders

    “Changing borders would mean opening Pandora’s box,” says Valentin Inzko.

    As international High Representative in Bosnia-Herzegovina his job is to keep the peace, which has endured since the Dayton Peace Agreement brought conflict to an end in 1995, after almost four years of fighting that cost around 100,000 lives.

    The cause of his consternation was a pair of unofficial documents suggesting some of the borders in the Balkans should be redrawn. The so-called #non-papers made the rounds in diplomatic circles, before being picked up by media in the Western Balkans.

    As far as Bosnia is concerned, its high representative is not about to entertain suggestions that the answer to its ongoing dysfunctionality would be to redraw its national boundaries.

    “If somebody likes to think about changing borders, he should first visit all military graves from France to Stalingrad,” he warns.

    The documents did not carry an author’s name. That’s in keeping with the unofficial nature of a non-paper, but the contents caused outrage across the region.

    Among their suggestions were:

    - A “peaceful dissolution” of Bosnia-Herzegovina, with Serbia and Croatia annexing much of its territory
    - Unification of Kosovo and Albania
    - The creation of an autonomous, majority ethnic-Serb region in northern Kosovo.

    It reads very much like an ethno-nationalist wish-list from the 1990s. And everyone remembers how that unfolded at the time.

    “People are worried. One of my employees was crying, she was really worried about these maps”
    Valentin Inzko, High Representative in Bosnia and Herzegovina

    “We are making a mistake if we think that frozen conflicts remain frozen forever,” says Mr Inzko. “You have seen in Nagorno-Karabakh and Palestine - frozen conflicts can break out at any time. This could also be the case in Bosnia and Herzegovina.”

    The non-papers affair has turned into a diplomatic whodunnit.

    Few people have had anything to say in support of the ideas they contain - except Bosnia’s senior ethnic-Serb politician, Milorad Dodik, who never misses a chance to push the idea of secession for the country’s majority ethnic-Serb region. Under the Dayton accords, the country was divided into a Bosniak-Croat Federation and Bosnian Serb Republic (Republika Srpska).

    - The town where neighbours won’t share a coffee
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    But the non-papers may not be the work of self-serving ultranationalists. Slovenia had to fight off suggestions that it was circulating the first document. And media in Kosovo described the second non-paper as a “Franco-German” proposal.

    James Ker-Lindsay, a Balkans expert at the London School of Economics, says “blue-sky thinking” is one way for European leaders to tackle the region’s seemingly intractable issues.

    “We can’t deny there are problems in the Western Balkans. There are two significant issues which have got to be resolved: the dispute between Serbia and Kosovo over Kosovo’s independence - and the deep-seated political dysfunctionality that exists in Bosnia.”

    “This has vexed policymakers for the last 15 years in both cases. So the idea that we would be looking at trying to come up with new approaches to this isn’t particularly unusual”
    James Ker-Lindsay, Balkans expert, LSE

    Nonetheless, Slovenia attempted to consign the non-papers to the waste bin at a meeting of regional leaders it hosted earlier this month. It proposed a declaration affirming the inviolability of current borders.

    But Serbia refused. President Aleksandar Vucic said his country recognised “the borders determined by the UN charter”. In other words, he was not about to sign a document that could be construed as recognition of Kosovo’s independence.

    After meeting Mr Vucic in Slovenia, Kosovo’s president, Vjosa Osmani, told the BBC that she was convinced Belgrade was behind the non-papers.

    “I had no doubts from the very beginning - it’s enough to just read the contents and to see what these non-papers try to push forward. The idea of border redrawing as something that could achieve peace in the region, when in fact it’s the opposite.”

    “If there is one thing the entire political spectrum in #Kosovo agrees on, it’s that border redrawing is completely unacceptable”
    Vjosa Osmani, Kosovo president

    Naturally, Serbia denies all knowledge and James Ker-Lindsay notes that there are “all sorts of confusion and conspiracy theories kicking in”.

    But with the end of his 12-year stint as high representative approaching, Valentin Inzko simply wants everyone to accept the borders as they are and focus on eventually coming together in the European Union.

    “The better idea would be to follow the example of Tyrol - one part is in Italy, another in Austria. But it is one region, with four freedoms and one currency.”

    But EU membership for Western Balkans countries will remain out of reach for years. And that means many more non-papers, whether mischievous or constructive, are bound to be written.

    https://www.bbc.co.uk/news/world-europe-57251677
    #projet #frontières #Balkans #cartes #différents_frontaliers #Bosnie #Bosnie-Herzégovine #Croatie #Serbie #Albanie #conflits #Milorad_Dodik #Republika_Srpska #République_serbe_de_Bosnie #nationalisme #paix

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