naturalfeature:océan pacifique

  • Où va tomber le satellite à la dérive de la NASA ?
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2011/09/23/le-point-d-impact-du-satellite-de-la-nasa-reste-inconnu_1576560_3244.html

    La NASA ne pourra donner de précisions sur le point d’impact du satellite que vingt minutes avant son entrée dans l’atmosphère. Les autorités italiennes ont demandé aux habitants du nord du pays de rester chez eux cette nuit.

    Un satellite américain hors d’usage de la taille d’un petit bus doit retomber sur terre en 26 morceaux, vendredi 23 septembre, entre 18 heures et minuit, heure française.L’orientation du satellite américain de 6,3 tonnes ayant changé, ses débris pourraient tomber aux Etats-Unis, a indiqué la NASA, tout en jugeant cette probabilité très faible. Le lieu de chute le plus probable, puisque le plus vaste, reste l’océan Pacifique.

    Sa trajectoire précise n’est toujours pas connue, la NASA ne pouvant donner davantage de précisions sur l’heure et le lieu de l’impact.Tout juste sait-on que cette pluie de débris métalliques se produira quelque part entre 57 degrés de latitude nord et 57 degrés de latitude sud, une surface couvrant la majeur partie de la planète.
    […]
    Principe de précaution ou paranoïa méditéranéenne ? Les autorités italiennes ont demandé aux habitants du nord du pays de rester chez eux dans la nuit entre vendredi et samedi, estimant que la possibilité d’impact est de 1,5 %. Les régions potentiellement à risque sont celles du nord du pays, le Piémont, la Lombardie, le Val d’Aoste, la Ligurie, le Trentin-Haut Adige, la Vénétie et la partie ouest de l’Emilie-Romagne, selon la protection civile. Dans les régions concernées, les habitants sont appelés à rester dans les étages les moins élevés et de préférence près des murs porteurs.

    La plus grande partie du satellite, nommé Upper Atmosphere Research Satellite (UARS), devrait brûler en rentrant à grande vitesse dans les couches denses de l’atmosphère terrestre. En 2002, l’agence spatiale américaine avait mené un audit sur les risques induits par la retombée du satellite. Il en découle que sur les 5 668 kg du mastodonte, 532 kg seulement pourraient survivre à l’entrée dans l’atmosphère. Soit 26 objets — dont le poids varie de 1 kg à 158 kg — parmi lesquels on compte des roues et des batteries et des réservoirs à carburant en titane totalement vide.

    L’UARS est le plus gros satellite de la NASA à retomber dans l’atmosphère depuis trois décennies et la chute de Skylab dans l’ouest de l’Australie en 1979. Mais le plus gros engin spatial à être retombé sur terre était la station spatiale soviétique Salyut 7 dont les débris ont arrosé une ville d’Argentine en 1991, sans faire de victime. Selon les experts des débris orbitaux, des objets d’une taille comparable à ceux de l’UARS retombent vers la Terre environ une fois par an. Aucun accident n’a encore été déploré.

  • #Épaves et #pollution - Les larmes noires de l’#océan | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/047526-000-A/epaves-et-pollution

    Au large des côtes du monde entier reposent de véritables bombes à retardement, ignorées du grand public : 6 300 épaves de navires coulés pendant la Seconde #Guerre mondiale, qui rouillent depuis plus de soixante-dix ans au fond de l’eau.

    Ces épaves, toujours chargées en #carburant, représentent une source de pollution potentielle extrêmement préoccupante, la corrosion fissurant peu à peu les coques. La #menace dépasse de loin les pires #marées_noires de l’histoire : à titre de comparaison, les 37 000 tonnes de carburant déversées par le pétrolier Exxon Valdez, qui s’échoua en 1989 au large de l’Alaska, ne constituent qu’une proportion #infime de ce que pourraient contenir les #épaves de la dernière guerre mondiale. Selon les estimations, leurs réservoirs renfermeraient jusqu’à 15 millions de tonnes de #pétrole, qui menacent de s’échapper. Sur les côtes de Pologne, de Norvège ou des États-Unis, et jusqu’au fond de l’océan Pacifique, Christian Heynen suit des chercheurs qui évaluent l’ampleur de cette #catastrophe à venir. Les scientifiques tirent la sonnette d’alarme : si on veut éviter le drame, le contenu des cuves doit être pompé de toute urgence. Alors que la course contre la montre est désormais engagée, les #gouvernements tardent pourtant à agir.

  • Oregon : des otaries euthanasiées pour sauver une espèce de truite
    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2019/01/11/97001-20190111FILWWW00376-oregon-des-otaries-euthanasiees-pour-sauver-une-e

    Les autorités de l’Oregon ont commencé à euthanasier des otaries dont la gourmandise menace d’extinction une espèce de truite dans une rivière de cet Etat du nord-ouest des Etats-Unis.

    Les otaries de Californie (Zalophus californianus) vivent d’ordinaire sur la côte, à plusieurs dizaines de kilomètres de Willamette Falls, au sud de Portland. Mais en remontant le cours d’eau à la poursuite des poissons dont elles raffolent, certaines d’entre elles se sont aperçues qu’elles pouvaient facilement se repaître des truites arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) qui se rassemblent près de ces chutes d’eau. Selon des biologistes marins, les otaries se sont littéralement passé le mot et menacent à présent la survie de ces truites, qui parviennent à l’âge adulte dans l’océan Pacifique, mais reviennent pondre sur le lieu de leur naissance, comme les saumons. « Depuis les années 1990, les otaries ont consommé des dizaines de milliers de poissons migrateurs, dont beaucoup appartiennent à des espèces menacées et protégées au niveau fédéral », explique sur son site le Département de la faune sauvage et de la pêche de l’Oregon. Certains hivers, seules quelques centaines de truites arc-en-ciel sauvages survivent à Willamette Falls, ce qui menace à terme la survie de l’espèce.

    Barrières, cartouches explosives pour les effrayer, relocalisation par camion sur les plages du Pacifique : aucune des mesures mises en oeuvre par les autorités locales n’ont réussi à tenir à l’écart du site les otaries, qui ne mettaient généralement pas plus de quelques jours pour y revenir. L’Oregon a donc demandé à l’Etat fédéral l’autorisation d’euthanasier les fauteurs de trouble, ce qui lui a été accordé en décembre. L’élimination des otaries de Willamette Falls est toutefois très encadrée, car elles appartiennent elles-mêmes à une espèce protégée, qui avait failli disparaître en raison de la chasse. Sa population approche désormais les 300.000 individus sur la côte ouest des Etats-Unis. L’Oregon a été autorisé à euthanasier jusqu’à 93 otaries par an à Willamette Falls, mais selon Bryan Wright, responsable du Département de la faune sauvage cité par la télévision publique de l’Etat, seules une quarantaine d’entre elles devraient être éliminées d’ici le mois de mai.

    #nos_ennemis_les_bêtes

  • Projet de mon prochain patriarche sur l’or.
    Patriarche n°8 - El Dorado
    à partir de cette image

    "Bernard Otto Holtermann and the world’s largest “nugget” of gold, North Sydney, ca. 1874-1876 / montage photograph by American and Australasian Photographic Company" The “nugget” was found in Hill End, New South Wales by German prospector, Bernhard Otto Holtermannon 19th October 1872. More than half of the 630 lbs weight was pure gold, at that time having the value of 12,000 pounds ($24,000). Today, with gold worth say $1400 per ounce, the value today would be over $10 million. Three photographs were used to create this image of Holtermann, (supposedly holding the worlds’ largest accumulation of rock and gold ever brought to the surface in one piece). He was posed in the studio with his hand on a headclamp, the nugget was inserted and both placed on a photograph of the verandah of his mansion, built from the proceeds of his goldmine.[1]

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    Fiche wikipédia sur la montagne d’or
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Montagne_d%27or_(mine)


    Résultats de la coulée de boues (de cyanure) issue de la rupture de barrages de Bento Rodrigues en 2015
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    Projet Montagne d’or en Guyane : après la mine de Lefa en Guinée, Nordgold peut-il faire mieux ? - Outre-mer la 1ère
    https://la1ere.francetvinfo.fr/pojet-montagne-guyane-apres-mine-lefa-guinee-nordgold-peut-il-fa

    L’Etat doit se prononcer sur la réalisation de ce projet avant la fin de l’année. François de Rugy, le ministre de la Transition écologique a été interrogé à plusieurs reprises par la presse à ce sujet. Il a déclaré sur France Inter que « le projet ne pouvait pas être mené tel qu’il avait été envisagé ». A l’Assemblée nationale, le ministre a été plus loin en ajoutant « qu’il fallait le revoir de fond en comble ».

    Nordgold en Guinée
    En attendant la décision de l’Etat, deux journalistes du Monde et de France Inter se sont intéressés aux activités en Guinée du groupe russe Nordgold censé se charger de l’exploitation de la Montagne d’or en Guyane.

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    Le projet de Montagne d’or en Guyane va être revu pour obtenir le feu vert de l’Etat

    Cette mine d’or, qui serait la plus grande jamais construite sur le territoire français, provoque l’hostilité d’une partie de la population.

    https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/09/07/montagne-d-or-nordgold-pret-a-revoir-son-projet-pour-obtenir-le-feu-vert-de-

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    Guyane française : la traque des orpailleurs clandestins
    https://www.youtube.com/watch?v=kRtFvKlC43w

    Cayenne : le nouveau far west français
    https://www.youtube.com/watch?v=SebdJ9FN-mc

    Chasseur de chercheur, l’or de Guyane
    https://www.youtube.com/watch?v=5geIRZZPWSc

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    Controverses géopolitiques 1A - Projet de la montagne d’or en Guyane
    https://www.youtube.com/watch?v=9qEeddqdPNA

    Mines en Guyane : le projet Montagne d’or "inacceptable" pour les autochtones
    https://www.youtube.com/watch?v=j5XaI65Hn-Y

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    mine d’or en Australie

    The ‘Super Pit’ is Australia’s largest open cut gold mine. It is 3.5 km long, 1.5 km wide and 350 m deep, and is large enough to be seen from space. It produces around 28 tonnes of gold per year, and they estimate it won’t reach the end of its life until 2021.

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    Mine de Yanacocha (Pérou)
    La plus grande mine d’or à ciel ouvert d’Amérique du sud


    https://fr.wikipedia.org/wiki/Mine_de_Yanacocha

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    Cartographie

    Schéma structural de la Guyane française( C. Delor , 2004 )


    http://www.jump-voyage.com/carte-guyane-francaise/vacances-guyane

    http://sphaera.cartographie.ird.fr/images/telechargement/00756.pdf

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    Vers la structuration d’une filière aurifère « durable » ? Etude du cas de la Guyane française
    Jessica Oder

    L’objectif de cet article est de se demander si la filière aurifère légale en Guyane française peut servir les objectifs du développement durable. En effet, cette filière est en proie à des difficultés : alors que les cours de l’or sont en constante augmentation, le nombre d’opérateurs miniers diminue constamment, depuis près de sept ans. Ce paradoxe aurifère guyanais trouve ses origines dans la volonté étatique française d’organiser la filière et d’en faire un exemple en matière de « durabilité », volonté clairement exprimée à la suite du Grenelle de l’Environnement. Principalement élaboré à partir d’entretiens semi-directifs et d’archives, l’article a notamment cherché à analyser les principaux éléments de cette structuration, le schéma départemental d’orientation minière (SDOM), en cours d’adoption, et plusieurs initiatives destinées à améliorer les pratiques des opérateurs miniers qui sont majoritairement des artisans. Toutefois, cette évolution révèle des antagonismes entre les parties prenantes (collectivités territoriales, services de l’État, opérateurs miniers et environnementalistes). Ces derniers ont fait surface lors de l’affaire du Camp Caïman, impliquant la multinationale Iamgold, et pendant le processus d’élaboration du SDOM lui-même. Des problématiques connexes telles que les revendications locales de gestion de la ressource aurifère, mais aussi et surtout l’orpaillage illégal, dressent des perspectives d’avenir plutôt incertaines pour la filière aurifère.

    https://journals.openedition.org/echogeo/12587

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    #mad_meg #or

    • José-Maria de Heredia
      Les Conquérants de l’Or

      Après que Balboa menant son bon cheval
      Par les bois non frayés, droit, d’amont en aval,
      Eut, sur l’autre versant des Cordillères hautes,
      Foulé le chaud limon des insalubres côtes
      De l’Isthme qui partage avec ses monts géants
      La glauque immensité des deux grands Océans,
      Et qu’il eut, s’y jetant tout armé de la berge,
      Planté son étendard dans l’écume encor vierge,
      Tous les aventuriers, dont l’esprit s’enflamma,

      Rêvaient, en arrivant au port de Panama,
      De retrouver, espoir cupide et magnifique,
      Aux rivages dorés de la mer Pacifique,
      El Dorado promis qui fuyait devant eux,
      Et, mêlant avec l’or des songes monstrueux,
      De forcer jusqu’au fond de ces torrides zones
      L’âpre virginité des rudes Amazones
      Que n’avait pu dompter la race des héros,
      De renverser des dieux à têtes de taureaux
      Et de vaincre, vrais fils de leur ancêtre Hercule,
      Les peuples de l’Aurore et ceux du Crépuscule.

      Ils savaient que, bravant ces illustres périls,
      Ils atteindraient les bords où germent les béryls
      Et Doboyba qui comble, en ses riches ravines,
      Du vaste écroulement des temples en ruines,
      La nécropole d’or des princes de Zenu ;
      Et que, suivant toujours le chemin inconnu
      Des Indes, par delà les îles des Épices
      Et la terre où bouillonne au fond des précipices
      Sur un lit d’argent fin la Source de Santé,
      Ils verraient, se dressant en un ciel enchanté
      Jusqu’au zénith brûlé du feu des pierreries,
      Resplendir au soleil les vivantes féeries
      Des sierras d’émeraude et des pics de saphir
      Qui recèlent l’antique et fabuleux Ophir.

      Et quand Vasco Nuñez eut payé de sa tête
      L’orgueil d’avoir tenté cette grande conquête,
      Poursuivant après lui ce mirage éclatant,
      Malgré sa mort, la fleur des Cavaliers, portant
      Le pennon de Castille écartelé d’Autriche,
      Pénétra jusqu’au fond des bois de Côte-Riche
      À travers la montagne horrible, ou navigua
      Le long des noirs récifs qui cernent Veragua,
      Et vers l’Est atteignit, malgré de grands naufrages,
      Les bords où l’Orénoque, enflé par les orages,
      Inondant de sa vase un immense horizon,
      Sous le fiévreux éclat d’un ciel lourd de poison,
      Se jette dans la mer par ses cinquante bouches.

      Enfin cent compagnons, tous gens de bonnes souches,
      S’embarquèrent avec Pascual d’Andagoya
      Qui, poussant encor plus sa course, côtoya
      Le golfe où l’Océan Pacifique déferle,
      Mit le cap vers le Sud, doubla l’île de Perle,
      Et cingla devant lui toutes voiles dehors,
      Ayant ainsi, parmi les Conquérants d’alors,
      L’heur d’avoir le premier fendu les mers nouvelles
      Avec les éperons des lourdes caravelles.

      Mais quand, dix mois plus tard, malade et déconfit,
      Après avoir très loin navigué sans profit

      Vers cet El Dorado qui n’était qu’un vain mythe,
      Bravé cent fois la mort, dépassé la limite
      Du monde, ayant perdu quinze soldats sur vingt,
      Dans ses vaisseaux brisés Andagoya revint,
      Pedrarias d’Avila se mit fort en colère ;
      Et ceux qui, sur la foi du récit populaire,
      Hidalgos et routiers, s’étaient tous rassemblés
      Dans Panama, du coup demeurèrent troublés.

      Or les seigneurs, voyant qu’ils ne pouvaient plus guère
      Employer leur personne en actions de guerre,
      Partaient pour Mexico ; mais ceux qui, n’ayant rien,
      Étaient venus tenter aux plages de Darien,
      Désireux de tromper la misère importune,
      Ce que vaut un grand cœur à vaincre la fortune,
      S’entretenant à jeun des rêves les plus beaux,
      Restaient, l’épée oisive et la cape en lambeaux,
      Quoique tous bons marins ou vieux batteurs d’estrade,
      À regarder le flot moutonner dans la rade,
      En attendant qu’un chef hardi les commandât.
      II

      Deux ans étaient passés, lorsqu’un obscur soldat
      Qui fut depuis titré Marquis pour sa conquête,
      François Pizarre, osa présenter la requête
      D’armer un galion pour courir par-delà
      Puerto Pinas. Alors Pedrarias d’Avila
      Lui fit représenter qu’en cette conjoncture
      Il n’était pas prudent de tenter l’aventure
      Et ses dangers sans nombre et sans profit ; d’ailleurs,
      Qu’il ne lui plaisait point de voir que les meilleurs
      De tous ses gens de guerre, en entreprises folles,
      Prodiguassent le sang des veines espagnoles,
      Et que nul avant lui, de tant de Cavaliers,
      N’avait pu triompher des bois de mangliers

      Qui croisent sur ces bords leurs nœuds inextricables ;
      Que, la tempête ayant rompu vergues et câbles
      À leurs vaisseaux en vain si loin aventurés,
      Ils étaient revenus mourants, désemparés,
      Et trop heureux encor d’avoir sauvé la vie.

      Mais ce conseil ne fit qu’échauffer son envie.
      Si bien qu’avec Diego d’Almagro, par contrats,
      Ayant mis en commun leur fortune et leurs bras,
      Et don Fernan de Luque ayant fourni les sommes,
      En l’an mil et cinq cent vingt-quatre, avec cent hommes,
      Pizarre le premier, par un brumeux matin
      De novembre, montant un mauvais brigantin,
      Prit la mer, et lâchant au vent toute sa toile,
      Se fia bravement en son heureuse étoile.

      Mais tout sembla d’abord démentir son espoir.
      Le vent devint bourrasque, et jusqu’au ciel très noir
      La mer terrible, enflant ses houles couleur d’encre,
      Défonça les sabords, rompit les mâts et l’ancre,
      Et fit la triste nef plus rase qu’un radeau.
      Enfin après dix jours d’angoisse, manquant d’eau
      Et de vivres, sa troupe étant d’ailleurs fort lasse,
      Pizarre débarqua sur une côte basse.

      Au bord, les mangliers formaient un long treillis ;
      Plus haut, impénétrable et splendide fouillis

      De lianes en fleur et de vignes grimpantes,
      La berge s’élevait par d’insensibles pentes
      Vers la ligne lointaine et sombre des forêts.

      Et ce pays n’était qu’un très vaste marais.

      Il pleuvait. Les soldats, devenus frénétiques
      Par le harcèlement venimeux des moustiques
      Qui noircissaient le ciel de bourdonnants essaims,
      Foulaient avec horreur, en ces bas-fonds malsains,
      Des reptiles nouveaux et d’étranges insectes
      Ou voyaient émerger des lagunes infectes,
      Sur leur ventre écaillé se traînant d’un pied tors,
      Ces lézards monstrueux qu’on nomme alligators.
      Et quand venait la nuit, sur la terre trempée,
      Dans leurs manteaux, auprès de l’inutile épée,
      Lorsqu’ils s’étaient couchés, n’ayant pour aliment
      Que la racine amère ou le rouge piment,
      Sur le groupe endormi de ces chercheurs d’empires
      Flottait, crêpe vivant, le vol mou des vampires,
      Et ceux-là qu’ils marquaient de leurs baisers velus
      Dormaient d’un tel sommeil qu’ils ne s’éveillaient plus.

      C’est pourquoi les soldats, par force et par prière,
      Contraignirent leur chef à tourner en arrière,
      Et, malgré lui, disant un éternel adieu

      Au triste campement du port de Saint-Mathieu,
      Pizarre, par la mer nouvellement ouverte,
      Avec Bartolomé suivant la découverte,
      Sur un seul brigantin d’un faible tirant d’eau
      Repartit, et, doublant Punta de Pasado,
      Le bon pilote Ruiz eut la fortune insigne,
      Le premier des marins, d’avoir franchi la Ligne
      Et poussé plus au sud du monde occidental.

      La côte s’abaissait, et les bois de santal
      Exhalaient sur la mer leurs brises parfumées.
      De toutes parts montaient de légères fumées,
      Et les marins joyeux, accoudés aux haubans,
      Voyaient les fleuves luire en tortueux rubans
      À travers la campagne, et tout le long des plages
      Fuir des champs cultivés et passer des villages.

      Ensuite, ayant serré la côte de plus près,
      À leurs yeux étonnés parurent les forêts.

      Au pied des volcans morts, sous la zone des cendres,
      L’ébénier, le gayac et les durs palissandres,
      Jusques aux confins bleus des derniers horizons
      Roulant le flot obscur des vertes frondaisons,
      Variés de feuillage et variés d’essence,

      Déployaient la grandeur de leur magnificence ;
      Et du nord au midi, du levant au ponent,
      Couvrant tout le rivage et tout le continent,
      Partout où l’œil pouvait s’étendre, la ramure
      Se prolongeait avec un éternel murmure
      Pareil au bruit des mers. Seul, en ce cadre noir,
      Étincelait un lac, immobile miroir
      Où le soleil, plongeant au milieu de cette ombre,
      Faisait un grand trou d’or dans la verdure sombre.

      Sur le sable marneux, d’énormes caïmans
      Guettaient le tapir noir ou les roses flamants.
      Les majas argentés et les boas superbes
      Sous leurs pesants anneaux broyaient les hautes herbes,
      Ou, s’enroulant autour des troncs d’arbres pourris,
      Attendaient l’heure où vont boire les pécaris.
      Et sur les bords du lac horriblement fertile
      Où tout batracien pullule et tout reptile,
      Alors que le soleil décline, on pouvait voir
      Les fauves par troupeaux descendre à l’abreuvoir :
      Le puma, l’ocelot et les chats-tigres souples,
      Et le beau carnassier qui ne va que par couples
      Et qui par-dessus tous les félins est cité
      Pour sa grâce terrible et sa férocité,
      Le jaguar. Et partout dans l’air multicolore
      Flottait la végétale et la vivante flore ;

      Tandis que des cactus aux hampes d’aloès,
      Les perroquets divers et les kakatoès
      Et les aras, parmi d’assourdissants ramages,
      Lustraient au soleil clair leurs splendides plumages,
      Dans un pétillement d’ailes et de rayons,
      Les frêles oiseaux-mouche et les grands papillons,
      D’un vol vibrant, avec des jets de pierreries,
      Irradiaient autour des lianes fleuries.

      Plus loin, de toutes parts élancés, des halliers,
      Des gorges, des ravins, des taillis, par milliers,
      Pillant les monbins mûrs et les buissons d’icaques,
      Les singes de tout poil, ouistitis et macaques,
      Sakis noirs, capucins, trembleurs et carcajous
      Par les figuiers géants et les hauts acajous,
      Sautant de branche en branche ou pendus par leurs queues,
      Innombrables, de l’aube au soir, durant des lieues,
      Avec des gestes fous hurlant et gambadant,
      Tout le long de la mer les suivaient.

      Cependant,
      Poussé par une tiède et balsamique haleine,
      Le navire, doublant le cap de Sainte-Hélène,
      Glissa paisiblement dans le golfe d’azur
      Où, sous l’éclat d’un jour éternellement pur,
      La mer de Guayaquil, sans colère et sans lutte,

      Arrondissant au loin son immense volute,
      Frange les sables d’or d’une écume d’argent.

      Et l’horizon s’ouvrit magnifique et changeant.

      Les montagnes, dressant les neiges de leur crête,
      Coupaient le ciel foncé d’une brillante arête
      D’où s’élançaient tout droits au haut de l’éther bleu
      Le Prince du Tonnerre et le Seigneur du Feu :
      Le mont Chimborazo dont la sommité ronde,
      Dôme prodigieux sous qui la foudre gronde,
      Dépasse, gigantesque et formidable aussi,
      Le cône incandescent du vieux Cotopaxi.

      Attentif aux gabiers en vigie à la hune,
      Dans le pressentiment de sa haute fortune,
      Pizarre, sur le pont avec les Conquérants,
      Jetait sur ces splendeurs des yeux indifférents,
      Quand, soudain, au détour du dernier promontoire,
      L’équipage, poussant un long cri de victoire,
      Dans le repli du golfe où tremblent les reflets
      Des temples couverts d’or et des riches palais,
      Avec ses quais noircis d’une innombrable foule,
      Entre l’azur du ciel et celui de la houle,
      Au bord de l’Océan vit émerger Tumbez.

      Alors, se recordant ses compagnons tombés
      À ses côtés, ou morts de soif et de famine,
      Et voyant que le peu qui restait avait mine
      De gens plus disposés à se ravitailler
      Qu’à reprendre leur course, errer et batailler,
      Pizarre comprit bien que ce serait démence
      Que de s’aventurer dans cet empire immense ;
      Et jugeant sagement qu’en ce dernier effort
      Il fallait à tout prix qu’il restât le plus fort,
      Il prit langue parmi ces nations étranges,
      Rassembla beaucoup d’or par dons et par échanges,
      Et, gagnant Panama sur son vieux brigantin
      Plein des fruits de la terre et lourd de son butin,
      Il mouilla dans le port après trois ans de courses.
      Là, se trouvant à bout d’hommes et de ressources,
      Bien que fort malhabile aux manières des cours,
      Il résolut d’user d’un suprême recours
      Avant que de tenter sa dernière campagne,
      Et de Nombre de Dios s’embarqua pour l’Espagne.
      III

      Or, lorsqu’il toucha terre au port de San-Lucar,
      Il retrouva l’Espagne en allégresse, car
      L’Impératrice-Reine, en un jour très prospère,
      Comblant les vœux du prince et les désirs du père,
      Avait heureusement mis au monde l’Infant
      Don Philippe — que Dieu conserve triomphant !
      Et l’Empereur joyeux le fêtait dans Tolède.
      Là, Pizarre, accouru pour implorer son aide,
      Conta ses longs travaux et, ployant le genou,
      Lui fit en bon sujet hommage du Pérou.
      Puis ayant présenté, non sans quelque vergogne
      D’offrir si peu, de l’or, des laines de vigogne
      Et deux lamas vivants avec un alpaca,
      Il exposa ses droits. Don Carlos remarqua

      Ces moutons singuliers et de nouvelle espèce
      Dont la taille était haute et la toison épaisse ;
      Même, il daigna peser entre ses doigts royaux,
      Fort gracieusement, la lourdeur des joyaux ;
      Mais quand il dut traiter l’objet de la demande,
      Il répondit avec sa rudesse flamande :
      Qu’il trouvait, à son gré, que le vaillant Marquis
      Don Hernando Cortès avait assez conquis
      En subjuguant le vaste empire des Aztèques ;
      Et que lui-même ainsi que les saints Archevêques
      Et le Conseil étaient fermement résolus
      À ne rien entreprendre et ne protéger plus,
      Dans ses possessions des mers occidentales,
      Ceux qui s’entêteraient à ces courses fatales
      Où s’abîma jadis Diego de Nicuessa.
      Mais, à ce dernier mot, Pizarre se dressa
      Et lui dit : Que c’était chose qui scandalise
      Que d’ainsi rejeter du giron de l’Église,
      Pour quelques onces d’or, autant d’infortunés,
      Qui, dans l’idolâtrie et l’ignorance nés,
      Ne demandaient, voués au céleste anathème,
      Qu’à laver leurs péchés dans l’eau du saint baptême.
      Ensuite il lui peignit en termes éloquents
      La Cordillère énorme avec ses vieux volcans
      D’où le feu souverain, qui fait trembler la terre
      Et fondre le métal au creuset du cratère,
      Précipite le flux brûlant des laves d’or

      Que garde l’oiseau Rock qu’ils ont nommé condor.
      Il lui dit la nature enrichissant la fable ;
      D’innombrables torrents qui roulent dans leur sable
      Des pierres d’émeraude en guise de galets ;
      La chicha fermentant aux celliers des palais
      Dans des vases d’or pur pareils aux vastes jarres
      Où l’on conserve l’huile au fond des Alpujarres ;
      Les temples du Soleil couvrant tout le pays,
      Revêtus d’or, bordés de leurs champs de maïs
      Dont les épis sont d’or aussi bien que la tige
      Et que broutent, miracle à donner le vertige
      Et fait pour rendre même un Empereur pensif,
      Des moutons d’or avec leurs bergers d’or massif.

      Ce discours étonna Don Carlos, et l’Altesse,
      Daignant enfin peser avec la petitesse
      Des secours implorés l’honneur du résultat,
      Voulut que sans tarder Don François répétât,
      Par-devant Nosseigneurs du Grand Conseil, ses offres
      De dilater l’Église et de remplir les coffres.
      Après quoi, lui passant l’habit de chevalier
      De Saint-Jacque, il lui mit au cou son bon collier.
      Et Pizarre jura sur les saintes reliques
      Qu’il resterait fidèle aux rois Très-Catholiques,
      Et qu’il demeurerait le plus ferme soutien
      De l’Église Romaine et du beau nom chrétien.
      Puis l’Empereur dicta les augustes cédules

      Qui faisaient assavoir, même aux plus incrédules,
      Que, sauf les droits anciens des hoirs de l’Amiral,
      Don François Pizarro, lieutenant général
      De Son Altesse, était sans conteste et sans terme
      Seigneur de tous pays, îles et terre ferme,
      Qu’il avait découverts ou qu’il découvrirait.
      La minute étant lue et quand l’acte fut prêt
      À recevoir les seings au bas des protocoles,
      Pizarre, ayant jadis peu hanté les écoles,
      Car en Estremadure il gardait les pourceaux,
      Sur le vélin royal d’où pendaient les grands sceaux
      Fit sa croix, déclarant ne savoir pas écrire,
      Mais d’un ton si hautain que nul ne put en rire.
      Enfin, sur un carreau brodé, le bâton d’or
      Qui distingue l’Alcade et l’Alguazil Mayor
      Lui fut remis par Juan de Fonseca. La chose
      Ainsi dûment réglée et sa patente close,
      L’Adelantade, avant de reprendre la mer,
      Et bien qu’il n’en gardât qu’un souvenir amer,
      Visita ses parents dans Truxillo, leur ville,
      Puis, joyeux, s’embarqua du havre de Séville
      Avec les trois vaisseaux qu’il avait nolisés.
      Il reconnut Gomère, et les vents alizés,
      Gonflant d’un souffle frais leur voilure plus ronde,
      Entraînèrent ses nefs sur la route du monde
      Qui fit l’Espagne grande et Colomb immortel.
      IV

      Or donc, un mois plus tard, au pied du maître-autel,
      Dans Panama, le jour du noble Évangéliste
      Saint Jean, fray Juan Vargas lut au prône la liste
      De tous ceux qui montaient la nouvelle Armada
      Sous Don François Pizarre, et les recommanda.
      Puis, les deux chefs ayant entre eux rompu l’hostie,
      Voici de quelle sorte on fit la départie.

      Lorsque l’Adelantade eut de tous pris congé,
      Ce jour même, après vêpre, en tête du clergé,
      L’Évêque ayant béni l’armée avec la flotte,
      Don Bartolomé Ruiz, comme royal pilote,
      En pompeux apparat, tout vêtu de brocart,

      Le porte-voix au poing, montant au banc de quart,
      Commanda de rentrer l’ancre en la capitane
      Et de mettre la barre au vent de tramontane.
      Alors, parmi les pleurs, les cris et les adieux,
      Les soldats inquiets et les marins joyeux,
      Debout sur les haubans ou montés sur les vergues
      D’où flottait un pavois de drapeaux et d’exergues,
      Quand le coup de canon de partance roula,
      Entonnèrent en chœur l’Ave maris stella ;
      Et les vaisseaux, penchant leurs mâts aux mille flammes,
      Plongèrent à la fois dans l’écume des lames.

      La mer étant fort belle et le nord des plus frais,
      Leur voyage fut prompt, et sans souffrir d’arrêts
      Ou pour cause d’aiguade ou pour raison d’escale,
      Courant allègrement par la mer tropicale,
      Pizarre saluait avec un mâle orgueil,
      Comme d’anciens amis, chaque anse et chaque écueil.
      Bientôt il vit, vainqueur des courants et des calmes,
      Monter à l’horizon les verts bouquets de palmes
      Qui signalent de loin le golfe, et débarquant,
      Aux portes de Tumbez il vint planter son camp.
      Là, s’abouchant avec les Caciques des villes,
      Il apprit que l’horreur des discordes civiles
      Avait ensanglanté l’Empire du Soleil ;
      Que l’orgueilleux bâtard Atahuallpa, pareil
      À la foudre, rasant villes et territoires,

      Avait conquis, après de rapides victoires,
      Cuzco, nombril du monde, où les Rois, ses aïeux,
      Dieux eux-mêmes, siégeaient parmi les anciens Dieux,
      Et qu’il avait courbé sous le joug de l’épée
      La terre de Manco sur son frère usurpée.

      Aussitôt, s’éloignant de la côte à grands pas,
      À travers le désert sablonneux des pampas,
      Tout joyeux de mener au but ses vieilles bandes,
      Pizarre commença d’escalader les Andes.

      De plateaux en plateaux, de talus en talus,
      De l’aube au soir allant jusqu’à n’en pouvoir plus,
      Ils montaient, assaillis de funèbres présages.
      Rien n’animait l’ennui des mornes paysages.
      Seul, parfois, ils voyaient miroiter au lointain
      Dans sa vasque de pierre un lac couleur d’étain.
      Sous un ciel tour à tour glacial et torride,
      Harassés et tirant leurs chevaux par la bride,
      Ils plongeaient aux ravins ou grimpaient aux sommets ;
      La montagne semblait prolonger à jamais,
      Comme pour épuiser leur marche errante et lasse,
      Ses gorges de granit et ses crêtes de glace.
      Une étrange terreur planait sur la sierra
      Et plus d’un vieux routier dont le cœur se serra
      Pour la première fois y connut l’épouvante.
      La terre sous leurs pas, convulsive et mouvante,

      Avec un sourd fracas se fendait, et le vent,
      Au milieu des éclats de foudre, soulevant
      Des tourmentes de neige et des trombes de grêles,
      Se lamentait avec des voix surnaturelles.
      Et roidis, aveuglés, éperdus, les soldats,
      Cramponnés aux rebords à pic des quebradas,
      Sentaient sous leurs pieds lourds fuir le chemin qui glisse.
      Sur leurs fronts la montagne était abrupte et lisse,
      Et plus bas, ils voyaient, dans leurs lits trop étroits,
      Rebondissant le long des bruyantes parois,
      Aux pointes des rochers qu’un rouge éclair allume,
      Se briser les torrents en poussière d’écume.
      Le vertige, plus haut, les gagna. Leurs poumons
      Saignaient en aspirant l’air trop subtil des monts,
      Et le froid de la nuit gelait la triste troupe.
      Tandis que les chevaux, tournant en rond leur croupe,
      L’un sur l’autre appuyés, broutaient un chaume ras,
      Les soldats, violant les tombeaux Aymaras,
      En arrachaient les morts cousus dans leurs suaires
      Et faisaient de grands feux avec ces ossuaires.

      Pizarre seul n’était pas même fatigué.
      Après avoir passé vingt rivières à gué,
      Traversé des pays sans hameaux ni peuplade,
      Souffert le froid, la faim, et tenté l’escalade
      Des monts les plus affreux que l’homme ait mesurés,
      D’un regard, d’une voix et d’un geste assurés,

      Au cœur des moins hardis il soufflait son courage ;
      Car il voyait, terrible et somptueux mirage,
      Au feu de son désir briller Caxamarca.

      Enfin, cinq mois après le jour qu’il débarqua,
      Les pics de la sierra lui tenant lieu de phare,
      Il entra, les clairons sonnant tous leur fanfare,
      À grand bruit de tambours et la bannière au vent,
      Sur les derniers plateaux, et poussant en avant,
      Sans laisser aux soldats le temps de prendre haleine,
      En hâte, il dévala le chemin de la plaine.
      V

      Au nombre de cent six marchaient les gens de pied.
      L’histoire a dédaigné ces braves, mais il sied
      De nommer par leur nom, qu’il soit noble ou vulgaire,
      Tous ceux qui furent chefs en cette illustre guerre
      Et de dire la race et le poil des chevaux,
      Ne pouvant, au récit de leurs communs travaux,
      Ranger en même lieu que des bêtes de somme
      Ces vaillants serviteurs de tout bon gentilhomme.

      Voici. Soixante et deux cavaliers hidalgos
      Chevauchent, par le sang et la bravoure égaux,
      Autour des plis d’azur de la royale enseigne
      Où près du château d’or le pal de gueules saigne

      Et que brandit, suivant le chroniqueur Xerez,
      Le fougueux Gabriel de Rojas, l’alferez,
      Dont le pourpoint de cuir bordé de cannetilles
      Est gaufré du royal écu des deux Castilles,
      Et qui porte à sa toque en velours d’Aragon
      Un saint Michel d’argent terrassant le dragon.
      Sa main ferme retient ce fameux cheval pie
      Qui s’illustra depuis sous Carbajal l’Impie ;
      Cet andalou de race arabe, et mal dompté,
      Qui mâche en se cabrant son mors ensanglanté
      Et de son dur sabot fait jaillir l’étincelle,
      Peut dépasser, ayant son cavalier en selle,
      Le trait le plus vibrant que saurait décocher
      Du nerf le mieux tendu le plus vaillant archer.

      À l’entour de l’enseigne en bon ordre se groupe,
      Poudroyant au soleil, tout le gros de la troupe :
      C’est Juan de la Torre ; Cristobal Peralta,
      Dont la devise est fière : Ad summum per alta ;
      Le borgne Domingo de Serra-Luce ; Alonze
      De Molina, très brun sous son casque de bronze ;
      Et François de Cuellar, gentilhomme andalous,
      Qui chassait les Indiens comme on force des loups ;
      Et Mena qui, parmi les seigneurs de Valence,
      Était en haut renom pour manier la lance.
      Ils s’alignent, réglant le pas de leurs chevaux
      D’après le train suivi par leurs deux chefs rivaux,

      Del Barco qui, fameux chercheur de terres neuves,
      Avec Orellana descendit les grands fleuves,
      Et Juan de Salcedo qui, fils d’un noble sang,
      Quoique sans barbe encor, galope au premier rang.
      Sur un bravo étalon cap de more qui fume
      Et piaffe, en secouant son frein blanchi d’écume.

      Derrière, tout marris de marcher sur leurs pieds,
      Viennent les démontés et les estropiés.
      Juan Forès pique en vain d’un carreau d’arbalète
      Un vieux rouan fourbu qui bronche et qui halète ;
      Ribera l’accompagne, et laisse à l’abandon
      Errer distraitement la bride et le bridon
      Au col de son bai brun qui boite d’un air morne,
      S’étant, faute de fers, usé toute la corne.
      Avec ces pauvres gens marche don Pèdre Alcon,
      Lequel en son écu porte d’or au faucon
      De sable, grilleté, chaperonné de gueules ;
      Ce vieux seigneur jadis avait tourné les meules
      Dans Grenade, du temps qu’il était prisonnier
      Des mécréants. Ce fut un bon pertuisanier.

      Ainsi bien escortés, à l’amble de leurs deux mules
      Fort pacifiquement s’en vont les deux émules :
      Requelme, le premier, comme bon Contador,
      Reste silencieux, car le silence est d’or ;

      Quant au licencié Gil Tellez, le Notaire,
      Il dresse en son esprit le futur inventaire,
      Tout prêt à prélever, au taux juste et légal,
      La part des Cavaliers après le Quint Royal.

      Or, quelques fourrageurs restés sur les derrières,
      Pour rejoindre leurs rangs, malgré les fondrières,
      À leurs chevaux lancés ayant rendu la main,
      Et bravant le vertige et brûlant le chemin,
      Par la montagne à pic descendaient ventre à terre.
      Leur galop furieux fait un bruit de tonnerre.
      Les voici : bride aux dents, le sang aux éperons,
      Dans la foule effarée, au milieu des jurons,
      Du tumulte, des cris, des appels à l’Alcade,
      Ils débouchent. Le chef de cette cavalcade,
      Qui, d’aspect arrogant et vêtu de brocart,
      Tandis que son cheval fait un terrible écart,
      Salue Alvar de Paz qui devant lui se range,
      En balayant la terre avec sa plume orange,
      N’est autre que Fernan, l’aîné, le plus hautain
      Des Pizarre, suivi de Juan, et de Martin
      Qu’on dit d’Alcantara, leur frère par le ventre.
      Briceño qui, depuis, se fit clerc et fut chantre
      À Lima, n’étant pas très habile écuyer,
      Dans cette course folle a perdu l’étrier,
      Et, voyant ses amis déjà loin, se dépêche
      Et pique sa jument couleur de fleur de pêche.

      Le brave Antonio galope à son côté ;
      Il porte avec orgueil sa noble pauvreté,
      Car, s’il a pour tout bien l’épée et la rondache,
      Son cimier héraldique est ceint des feuilles d’ache
      Qui couronnent l’écu des ducs de Carrion.

      Ils passent, soulevant un poudreux tourbillon.

      À leurs cris, un seigneur, de ceux de l’avant-garde,
      S’arrête, et, retournant son cheval, les regarde.
      Il monte un genet blanc dont le caparaçon
      Est rouge, et pour mieux voir se penche sur l’arçon.
      C’est le futur vainqueur de Popayan. Sa taille
      Est faite pour vêtir le harnois de bataille.
      Beau comme un Galaor et fier comme un César,
      Il marche en tête, ayant pour nom Benalcazar.
      Près d’Oreste voici venir le bon Pylade :
      Très basané, le chef coiffé de la salade,
      Il rêve, enveloppé dans son large manteau ;
      C’est le vaillant soldat Hernando de Soto
      Qui, rude explorateur de la zone torride,
      Découvrira plus tard l’éclatante Floride
      Et le père des eaux, le vieux Meschacébé.
      Cet autre qui, casqué d’un morion bombé,
      Boucle au cuir du jambard la lourde pertuisane
      En flattant de la voix sa jument alezane,
      C’est l’aventurier grec Pedro de Candia,

      Lequel ayant brûlé dix villes, dédia,
      Pour expier ces feux, dix lampes à la Vierge.
      Il regarde, au sommet dangereux de la berge,
      Caracoler l’ardent Gonzalo Pizarro,
      Qui depuis, à Lima, par la main du bourreau,
      Ainsi que Carbajal, eut la tête branchée
      Sur le gibet, après qu’elle eut été tranchée
      Aux yeux des Cavaliers qui, séduits par son nom,
      Dans Cuzco révolté haussèrent son pennon.
      Mais lui, bien qu’à son roi déloyal et rebelle,
      Étant bon hidalgo, fit une mort très belle.

      À quelques pas, l’épée et le rosaire au flanc,
      Portant sur les longs plis de son vêtement blanc
      Un scapulaire noir par-dessus le cilice
      Dont il meurtrit sa chair et dompte sa malice,
      Chevauche saintement l’ennemi des faux dieux,
      Le très savant et très miséricordieux
      Moine dominicain fray Vincent de Valverde
      Qui, tremblant qu’à jamais leur âme ne se perde
      Et pour l’éternité ne brûle dans l’Enfer,
      Fit périr des milliers de païens par le fer
      Et les auto-da-fés et la hache et la corde,
      Confiant que Jésus, en sa miséricorde,
      Doux rémunérateur de son pieux dessein,
      Recevrait ces martyrs ignorants dans son sein.

      Enfin, les précédant de dix longueurs de vare,
      Et le premier de tous, marche François Pizarre.

      Sa cape, dont le vent a dérangé les plis,
      Laisse entrevoir la cotte et les brassards polis ;
      Car, seul parmi ces gens, pourtant de forte race,
      Qui tous avaient quitté l’acier pour la cuirasse
      De coton, il gardait, sous l’ardeur du Cancer,
      Sans en paraître las, son vêtement de fer.

      Son barbe cordouan, rétif, faisait des voltes
      Et hennissait ; et lui, châtiant ces révoltes,
      Laissait parfois sonner contre ses flancs trop prompts
      Les molettes d’argent de ses lourds éperons,
      Mais sans plus s’émouvoir qu’un cavalier de pierre,
      Immobile, et dardant de sa sombre paupière
      L’insoutenable éclat de ses yeux de gerfaut.

      Son cœur aussi portait l’armure sans défaut
      Qui sied aux conquérants, et, simple capitaine,
      Il caressait déjà dans son âme hautaine
      L’espoir vertigineux de faire, tôt ou tard,
      Un manteau d’Empereur des langes du bâtard.
      VI

      Ainsi précipitant leur rapide descente
      Par cette route étroite, encaissée et glissante,
      Depuis longtemps, suivant leur chef, et, sans broncher,
      Faisant rouler sous eux le sable et le rocher,
      Les hardis cavaliers couraient dans les ténèbres
      Des défilés en pente et des gorges funèbres
      Qu’éclairait par en haut un jour terne et douteux ;
      Lorsque, subitement, s’effondrant devant eux,
      La montagne s’ouvrit sur le ciel comme une arche
      Gigantesque, et, surpris au milieu de leur marche
      Et comme s’ils sortaient d’une noire prison,
      Dans leurs yeux aveuglés l’espace, l’horizon,

      L’immensité du vide et la grandeur du gouffre
      Se mêlèrent, abîme éblouissant. Le soufre,
      L’eau bouillante, la lave et les feux souterrains,
      Soulevant son échine et crevassant ses reins,
      Avaient ouvert, après des siècles de bataille,
      Au flanc du mont obscur cette splendide entaille.

      Et, la terre manquant sous eux, les Conquérants
      Sur la corniche étroite ayant serré leurs rangs,
      Chevaux et cavaliers brusquement firent halte.

      Les Andes étageaient leurs gradins de basalte,
      De porphyre, de grès, d’ardoise et de granit,
      Jusqu’à l’ultime assise où le roc qui finit
      Sous le linceul neigeux n’apparaît que par place.
      Plus haut, l’âpre forêt des aiguilles de glace
      Fait vibrer le ciel bleu par son scintillement ;
      On dirait d’un terrible et clair fourmillement
      De guerriers cuirassés d’argent, vêtus d’hermine,
      Qui campent aux confins du monde, et que domine
      De loin en loin, colosse incandescent et noir,
      Un volcan qui, dressé dans la splendeur du soir,
      Hausse, porte-étendard de l’hivernal cortège,
      Sa bannière de feu sur un peuple de neige.

      Mais tous fixaient leurs yeux sur les premiers gradins
      Où, près des cours d’eau chaude, au milieu des jardins,
      Ils avaient vu, dans l’or du couchant éclatantes,
      Blanchir à l’infini, les innombrables tentes
      De l’Inca, dont le vent enflait les pavillons ;
      Et de la solfatare en de tels tourbillons
      Montaient confusément d’épaisses fumerolles,
      Que dans cette vapeur, couverts de banderoles,
      La plaine, les coteaux et le premier versant
      De la montagne avaient un aspect très puissant.

      Et tous les Conquérants, dans un morne silence,
      Sur le col des chevaux laissant pendre la lance,
      Ayant considéré mélancoliquement
      Et le peu qu’ils étaient et ce grand armement,
      Pâlirent. Mais Pizarre, arrachant la bannière
      Des mains de Gabriel Rojas, d’une voix fière :
      Pour Don Carlos, mon maître, et dans son Nom Royal,
      Moi, François Pizarro, son serviteur loyal,
      En la forme requise et par-devant Notaire,
      Je prends possession de toute cette terre ;
      Et je prétends de plus que si quelque rival
      Osait y contredire, à pied comme à cheval,
      Je maintiendrai mon droit et laverai l’injure ;
      Et par mon saint patron, Don François, je le jure ! —

      Et ce disant, d’un bras furieux, dans le sol
      Qui frémit, il planta l’étendard espagnol
      Dont le vent des hauteurs qui soufflait par rafales
      Tordit superbement les franges triomphales.

      Cependant les soldats restaient silencieux,
      Éblouis par la pompe imposante des cieux.

      Car derrière eux, vers l’ouest, où sans fin se déroule
      Sur des sables lointains la Pacifique houle,
      En une brume d’or et de pourpre, linceul
      Rougi du sang d’un Dieu, sombrait l’antique Aïeul
      De Celui qui régnait sur ces tentes sans nombre.
      En face, la sierra se dressait haute et sombre.
      Mais quand l’astre royal dans les flots se noya,
      D’un seul coup, la montagne entière flamboya
      De la base au sommet, et les ombres des Andes,
      Gagnant Caxamarca, s’allongèrent plus grandes.
      Et tandis que la nuit, rasant d’abord le sol,
      De gradins en gradins haussait son large vol,
      La mourante clarté, fuyant de cime en cime,
      Fit resplendir enfin la crête plus sublime ;
      Mais l’ombre couvrit tout de son aile. Et voilà
      Que le dernier sommet des pics étincela,

      Puis s’éteignit.

      Alors, formidable, enflammée
      D’un haut pressentiment, tout entière, l’armée,
      Brandissant ses drapeaux sur l’occident vermeil,
      Salua d’un grand cri la chute du Soleil.

      https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Conqu%C3%A9rants_de_l%E2%80%99Or

    • Question @simplicissimus
      En cherchant l’ideogramme chinois pour l’or, j’ai trouvé un symbole de « triple or »

      https://fr.wiktionary.org/wiki/%E9%91%AB
      mais il n’y a pas de traduction ni définition pour ce signe. Gogol translate traduit par Xin et Xin veut dire nouveau, mais j’ai un doute.
      Est-ce que tu sait si un triple or fait un nouveau mot qui n’a pas de rapport direct à l’or ou est ce que ca veux dire qu’il y a trois fois plus d’or dans cet or ?

    • Merci @mad_meg de ta grande confiance en mes capacités ! et, surtout, merci de mobiliser ma curiosité qui ne demande que cela…

      Je ne suis pas sinisant, mais un peu de recherche en partant de ton idéogramme me donne des éléments de réponse. Apparemment, différents idéogrammes retranscrivent le même son, transcrit xīn (et parfois jīn, avec la même prononciation…, le trait horizontal, dont le nom typographique est un #macron est la marque du premier ton (haut et long dixit WP https://fr.wikipedia.org/wiki/Macron_(diacritique)#Transcription_du_chinois )

      cf. gg:translate (à l’écoute du robot qui prononce ces trois idéogrammes, je ne perçois pas vraiment de différence)
      https://translate.google.fr/#zh-CN/fr/金%0A鑫%0A新

      D’après Chine nouvelle et son dictionnaire (Xinhua, justement l’un des xin, comme pour Xin Jiang (ex-Sinkiang dans les transcriptions françaises anciennes)

      • 金 : or

      • 鑫 : ton « triple or », signifiant prospère (et pas d’autre info, si ce n’est que ce caractère est très utilisé pour les noms de commerce…)

      • 新 : nouveau

      Au passage, je trouve les articles de Chine nouvelle particulièrement bien faits… et tu peux apprendre à l’écrire (semble-t-il çar le lien demande une connexion à son compte gmail…)

      https://www.chine-nouvelle.com/outils/dictionnaire.html

    • De mon point de vue, un incontournable : L’Or de Blaise Cendrars

      L’Or (roman) — Wikipédia
      https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Or_(roman)

      L’Or (sous-titré La Merveilleuse Histoire du général Johann August Suter) est un roman de Blaise Cendrars paru chez Grasset en 1925. C’est le premier roman publié par son auteur, connu jusqu’alors pour ses poèmes (Les Pâques à New York, la Prose du Transsibérien et de la petite Jeanne de France) et ses collaborations avec les peintres dans les milieux d’avant-garde.

    • Merci @simplicissimus j’étais sur que tu saurais résoudre cette énigme du « triple or » j’avais vu en effet beaucoup de logos commerciaux avec ce signe. Pour L’Or de Cendras je l’avais lu dans ma jeunesse mais je m’en souviens pas très bien, je vais voir si je te retrouve dans mes livres pour m’y replongé car c’est le moment de m’y mettre vu ma thématique actuelle.
      Et merci aussi pour le lien vers les mines sauvages des indiens du venezuela. Je vais regarder ca de près, ainsi que ce macron que j’ai pas bien compris ce que c’est ^^

    • Sinon sur l’or ca me fait toujours pensé à ce passage du deuxième chant de Maldoror - je pense pas l’utilisé mais j’en profite pour le collé ici

      Un jour, donc, fatigué de talonner du pied le sentier abrupte du voyage terrestre, et de m’en aller, en chancelant comme un homme ivre, à travers les catacombes obscures de la vie, je soulevai avec lenteur mes yeux spleenétiques, cernés d’un grand cercle bleuâtre, vers la concavité du firmament, et j’osai pénétrer, moi, si jeune, les mystères du ciel ! Ne trouvant pas ce que je cherchais, je soulevai la paupière effarée plus haut, plus haut encore, jusqu’à ce que j’aperçusse un trône, formé d’excréments humains et d’or, sur lequel trônait, avec un orgueil idiot, le corps recouvert d’un linceul fait avec des draps non lavés d’hôpital, celui qui s’intitule lui-même le Créateur ! Il tenait à la main le tronc pourri d’un homme mort, et le portait, alternativement, des yeux au nez et du nez à la bouche ; une fois à la bouche, on devine ce qu’il en faisait. Ses pieds plongeaient dans une vaste mare de sang en ébullition, à la surface duquel s’élevaient tout à coup, comme des ténias à travers le contenu d’un pot de chambre, deux ou trois têtes prudentes, et qui s’abaissaient aussitôt, avec la rapidité de la flèche : un coup de pied, bien appliqué sur l’os du nez, était la récompense connue de la révolte au règlement, occasionnée par le besoin de respirer un autre milieu ; car, enfin, ces hommes n’étaient pas des poissons ! Amphibies tout au plus, ils nageaient entre deux eaux dans ce liquide immonde !… jusqu’à ce que, n’ayant plus rien dans la main, le Créateur, avec les deux premières griffes du pied, saisît un autre plongeur par le cou, comme dans une tenaille, et le soulevât en l’air, en dehors de la vase rougeâtre, sauce exquise ! Pour celui-là, il faisait comme pour l’autre. Il lui dévorait d’abord la tête, les jambes et les bras, et en dernier lieu le tronc, jusqu’à ce qu’il ne restât plus rien ; car, il croquait les os. Ainsi de suite, durant les autres heures de son éternité. Quelquefois il s’écriait : « Je vous ai créés ; donc j’ai le droit de faire de vous ce que je veux. Vous ne m’avez rien fait, je ne dis pas le contraire. Je vous fais souffrir, et c’est pour mon plaisir. » Et il reprenait son repas cruel, en remuant sa mâchoire inférieure, laquelle remuait sa barbe pleine de cervelle.

      https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Chants_de_Maldoror/Chant_II

    • Encore une question pour @simplicissimus ou toute personne qui aurais des infos là dessus.
      Dans un interview sur la chaine Thinkerview mais je ne sais plus laquelle, le mec qui fait les entretiens dit que la Chine constituerait un stock d’or de manière à pouvoir étaloné le yuan sur l’or et prendre ainsi le dessus sur le dollar et faire du yuan la nouvelle monnaie de référence. J’en sais pas plus, mais si quelqu’un·e à des infos là dessus, ou sur cette rumeur, je suis prenneuse.
      Merci

      sur gogol j’ai trouver quelques infos de 2017 mais je sais pas ce que ca vaut
      https://www.loretlargent.info/crise/la-chine-adossera-le-yuan-%E5%85%83-a-l%E2%80%99or/7762
      https://www.businessbourse.com/2017/12/13/letalon-or-russo-chinois-signifie-fin-de-domination-dollar-americain
      https://medium.com/@Pierre_Paperon/alibaba-et-un-standard-mon%C3%A9taire-le-yuan-or-419b578c58d7
      https://blogs.mediapart.fr/jean-paul-baquiast/blog/170917/le-brics-prepare-la-mise-en-place-dun-nouvel-etalon-or

    • Une histoire de la ruée vers l’or, en Californie, à partir de 1848
      https://www.youtube.com/watch?v=XKxVyBo9jek

      Effondrement minier survenu sur la mine d’Elura située à 600 km à l’ouest-nord-ouest de Sydney, qui exploitait un gisement découvert dans les années 1970. Les mineurs y extrayaient de l’or, de l’argent, de l’ilménite, du leucoxène (altération de l’ilménite1), du zircon, du cuivre, du zinc et du plomb. L’effondrement s’est heureusement produit peu après le retrait des mineurs (et du matériel de chantier).

    • Dans l’Aude, la vallée de l’Orbiel minée par une pollution à l’arsenic
      https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/12/05/dans-l-aude-la-vallee-de-l-orbiel-minee-par-une-pollution-a-l-arsenic_539270
      #paywall je vais voire si il y a d’autres sources sur ce sujet.

      https://www.lindependant.fr/2018/11/14/pollution-a-larsenic-dans-lorbiel-suite-aux-intemperies-trois-associati
      –—

      https://www.lindependant.fr/2014/08/02/cet-arsenic-qui-empoisonne-la-vie-de-la-vallee-de-l-orbiel,1914128.php

      La préfecture a reconduit le 8 juillet un arrêté de 1997 interdisant la mise sur le marché des légumes-feuilles, légumes-racines, de thym ou d’escargots issus de huit communes.

      Le triste rituel est reconduit, chaque année, à de rares exceptions près, depuis 1997. Le 8 juillet, le préfet de l’Aude Louis Le Franc a, comme ses prédécesseurs, signé l’arrêté « portant suspension de la mise sur le marché des légumes feuilles, des légumes racines, des poireaux cultivés, du thym et des escargots ramassés dans la vallée de l’Orbiel, de ses environs et du site industriel de Salsigne ».

      C’est, comme pour les arrêtés des années passées, à de multiples analyses effectuées de 1997 à 2007 sur les végétaux que se réfère la préfecture. Arsenic, plomb, cadmium, mercure, voilà les éléments dont des « concentrations supérieures aux teneurs au-delà desquelles la sécurité des populations ne peut être garantie » ont été détectées.

      De quoi justifier ces suspensions de mise sur le marché des carottes, navets, choux, épinards, salades, mâche, blette, céleris branches et autres poireaux « cultivés sur des parcelles inondables, irriguées ou arrosées par des eaux en provenance de l’Orbiel et de ses affluents » : Villanière, Villardonnel, Conques-sur-Orbiel, Salsigne, Lastours et Villalier sont visées. Même mesure, donc, pour le thym et les escargots, avec une liste de villages concernés à laquelle viennent se rajouter Fournes-Cabardès et Limousis.

      –-----
      La mine d’or de Salsigne est un des sites les plus pollué en France.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Mine_d%27or_de_Salsigne

    • Un bouquin sur le sujet signalé par @vanderling ;
      Ni or ni maître. Montagne d’or et consorts


      https://seenthis.net/messages/828122

      –—
      Au fait j’ai fait ce dessin il y a un bon moment mais il n’a pas encore été exposé et j’ai pas encore fait l’appli.
      J’ai pour le moment seulement un aperçu.

    • Merci @vanderling :)
      il fait 140x220cm
      –---

      RÉVÉLATIONS - FRANÇAFRIQUE : PARFUM DE CORRUPTION EN GUINÉE

      https://www.youtube.com/watch?v=j_whCfWEOds

      Un projet français capable de séduire des pontes du CAC 40 pour exploiter une mine de bauxite en Guinée tourne au vinaigre : entre paradis fiscaux et corruption, dictature tropicale et néocolonialisme, récit d’un incroyable scandale, au cœur d’une Françafrique qui ne veut pas mourir.

      L’enquête de Thomas Dietrich : https://www.lemediatv.fr/articles/enquetes/revelations-francafrique-parfum-de-corruption-en-guinee-KYxpRbuCQLyo39-sS5

  • Océan Pacifique : 17 nouvelles espèces de lombrics mises au jour dans les grands fonds marins
    https://www.20minutes.fr/planete/2373567-20181117-ocean-pacifique-17-nouvelles-especes-lombrics-mises-jour-

    Dix-sept nouvelles espèces ont été découvertes dans les grands fonds marins du Pacifique. C’est le résultat d’une campagne de prélèvements effectuée en 2015 par une équipe de l’Ifremer dans le Nord-Est de l’océan Pacifique, entre l’archipel d’Hawaï et les côtes du Mexique.

    Dans cette zone, on trouve les nodules polymétalliques de Clarion-Clipperton. Il s’agit de réservoirs de minerais situés entre 4.000 et 5.000 mètres de profondeur dont on a longtemps pensé qu’ils n’accueillaient aucune biodiversité. Il n’en est rien, rapporte RTL.
    Des millions d’espèces inconnues

    Ces nouvelles espèces sont des polychètes, cousins proches des lombrics mais couverts d’écailles sur le dos. Ce prélèvement n’est qu’une infime partie de ce que les scientifiques pourraient trouver. Ils estiment qu’à ces profondeurs vivent entre 250.000 et 10 millions d’espèces encore non répertoriées, qu’il s’agisse de vers (comme ici), de crustacés, de puces de mer ou de gastéropodes.

  • Un satellite océanographique sino-français sera lancé en septembre – french.xinhuanet.com
    http://french.xinhuanet.com/2018-03/31/c_137079111.htm

    Un satellite d’observation océanique développé par la Chine et la France sera lancé en septembre, selon l’Institut des technologies des véhicules de lancement de la Chine.

    Le satellite océanographique sino-français sera lancé à bord d’une fusée #Longue_Marche 2C, développée par l’institut.

    Il s’agit du premier satellite développé conjointement par la Chine et la France. Il surveillera les vents à la surface de la mer et les vagues, et les données seront partagées par les scientifiques des deux pays.

    Le satellite permettra de promouvoir davantage la coopération technologique entre la Chine et la France et de faciliter l’application de l’Accord de Paris sur le changement climatique, selon l’institut.

    • Et à propos de (lancement) de satellites chinois, cette info d’il y a 3 semaines

      La Chine veut lancer des satellites depuis la mer - Sciencesetavenir.fr
      https://www.sciencesetavenir.fr/espace/exploration/la-chine-veut-lancer-des-satellites-depuis-la-mer_121731

      Lancer un satellite depuis une base spatiale située près de l’équateur – à l’instar de la base spatiale européenne de Guyane – permet de bénéficier de l’effet de fronde de la rotation de la Terre : la fusée bénéficie d’emblée d’une vitesse initiale au lancement, ce qui permet d’économiser du carburant et de lancer des satellites plus lourds. Une aubaine géographique dont disposent peu de puissances spatiales. Pour s’en approcher, la Chine a construit l’une de ses quatre bases spatiales (Wenchang) à Hainan, la plus au sud du pays. Mais celle-ci est encore à 19 degrés de latitude nord par rapport à l’équateur. La Chine envisage donc de descendre plus au sud et d’effectuer des lancements depuis une barge installée en mer au plus près de l’équateur, a indiqué le 28 février l’agence de presse chinoise Xinhua.

      Le concept de « lanceur marin » avait d’abord été exploré par les Russes il y a plusieurs décennies, puis avait été concrétisé, au milieu des années 1990, par le consortium Sea-Launch, qui réunissait des sociétés norvégiennes, russes, américaines et ukrainiennes. Jusqu’à sa mise en faillite, en 2009, Sea-Launch a lancé 30 satellites depuis la plate-forme Odyssey située dans l’océan Pacifique. La Chine veut tester à son tour cette solution en 2018. Yang Yiqiang, responsable du programme Longue Marche-11, a indiqué que ce nouveau lanceur léger effectuerait cinq vols en 2018, quatre depuis la terre et un depuis la mer.

      Inaugurée en 2015, cette petite fusée de 20 mètres à propergols solides est capable d’emporter 700 kg en orbite basse. La lancer depuis l’équateur permettrait de la commercialiser à bas prix et de s’imposer sur un marché spatial en plein remaniement. Alors que Sea-Launch utilisait pour base une plate-forme pétrolière remaniée, les Chinois envisagent d’utiliser des cargos hauturiers spécialement aménagés. Reste à maîtriser le vol spatial depuis un milieu hautement instable…

    • http://blogs.esa.int/rocketscience/2018/04/02/splashed-down

      The US air force has confirmed the reentry of the Tiangong-1 spacecraft at about 02:16 CEST this morning over the southern Pacific Ocean. The location of the reentry was, by chance, not too far from the so-called South Pacific Ocean Unpopulated Area. The SPOUA has long been used by many space agencies including ESA, to dispose of end-of-life spacecraft through controlled reentries.

      [...]

  • [Le 102] Concert et Danse : Jim Denley [Au] & Éric Normand [Ca] // Yesenia Fuentes [Col]
    https://grenoble.indymedia.org/2018-03-06-Concert-et-Danse-JIM-DENLEY-Au

    5/8€ au choix Dans le passé, deux musiciens devaient échanger leurs systèmes et dispositifs de composition – timbres, gammes, harmonies, rythmes et structures – pour créer collectivement. Séparés par l’Océan Pacifique, réunis à l’occasion de quelques sessions d’enregistrement, Jim Denley et Éric Normand ont choisi de revendiquer une musique dite “du monde”, où il ne s’agit surtout pas d’apprendre le système de l’autre pour créer un résultat attendu. On organise plutôt la co-existence de deux improvisations (...)

    #Agenda

    https://www.youtube.com/watch?v=tIN6rA7oSNo


    https://vimeo.com/249416096

    https://le102.net

  • San Pedro Sosoltepec

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/San-Pedro-Sosoltepec

    L’Assemblée du peuple chontal se réunit environ tous les deux mois. Ce vendredi 16 et ce samedi 17 février (2018), elle s’est réunie dans le village de San Pedro Sosoltepec. Sosoltepec est un village de la Sierra Sur à un peu plus de 1 700 mètres d’altitude. C’est un balcon niché dans un creux de la montagne et qui donne sur l’océan Pacifique. L’endroit forme comme un amphithéâtre, il est entouré de sommets couverts de forêts dont la végétation n’est pas sans rappeler celle des Alpes de Provence.

    Depuis que le peuple chontal a eu vent en 2014 de l’existence de concessions minières sur son territoire, il a décidé de réagir et de s’organiser afin de défendre son lieu de vie face à des projets qui lui viennent d’un monde qui n’est pas le sien et qui n’ont pas son consentement, tout particulièrement des projets d’extraction minière. Depuis cette date, les délégués des biens communaux des villages qui se sentent concernés se sont réunis chaque fois dans des communautés d’accueil différentes afin de prendre des mesures juridiques appropriées pour la défense de leur environnement ainsi que différentes initiatives concernant la sécurité et la vigilance de leur territoire. (...)

    #Mexique #Oaxaca #Sierra_Sur #peuple_chontal #assemblée #Conseil_indigène_de_gouvernement

  • Engaging City Leaders in the Global Compact Process: Recommendations for Action

    Heads of state and government gathered at the UN General Assembly in New York last month against the backdrop of a burgeoning refugee crisis in South Asia and a lingering one across the Middle East and Europe. City leaders from across the globe also convened to discuss the role that cities play in providing assistance to refugees.

    https://www.brookings.edu/blog/metropolitan-revolution/2017/10/17/engaging-city-leaders-in-the-global-compact-process-recommendations-for-a
    #urban_refugees #réfugiés #asile #migrations #urban_matter #villes #réfugiés_urbains #Global_compact #New_York_Declaration #recommandations

    • Joint ngo recommendations on durable solutions for the global compact on refugees’ programme of action

      The Norwegian Refugee Council, the Danish Refugee Council, the International Rescue Committee and Save the Children are pleased to share with you their joint recommendations on durable solutions for the Global Compact on Refugees’ Programme of Action, ahead of the High Commissioner’s Dialogue on Protection Challenges.

      https://www.nrc.no/joint-ngo-recommendations-on-durable-solutions-for-the-global-compact-on-refugee

    • #Puerto_Vallarta : La route vers le Pacte Mondial pour les Migrations

      Une pensée avant tout aux populations de cette planète qui n’auront jamais la chance ou les moyens
      de mettre un pied dans cette station balnéaire au bord de l’océan Pacifique. Qu’elles sachent que sur
      cette terre, il existe des endroits où les classes moyennes et aisées savourent leurs vacances en
      consommant à longueur de journées tous les plaisirs que peuvent leur apporter les tropiques. Bien
      souvent au nez des autochtones, pauvres, qui se transforment en serviteurs dociles aux petits soins
      des touristes. Tel est Puerto Vallarta, le petit village mexicain devenu une cité touristique prisée par
      les touristes canadiens, américains et européens, avec ses grands hôtels, ses clubs de vacances et
      shopping center, ainsi que tous les méfaits au niveau social et environnemental qu’apporte le
      tourisme de consommation.

      Face à la complexité des problèmes mondiaux, les Etats se plaisent également à se retrouver dans
      ces paradis terrestres, bien loin des populations, pour réfléchir sur le sort de l’humanité. La
      migration, un fait banal et naturel depuis que l’homme est apparu sur terre, est devenue un de ces
      problèmes mondiaux. Le paradoxe est qu’en ce XXIème siècle, qui se veut celui de toutes les
      évolutions et de la démonstration de la puissante maitrise de l’Homme sur la nature, le simple fait
      qu’un homme veuille quitter un endroit pour s’installer dans un autre est devenu un drame mondial.
      Au point que des réunions se multiplient, à coût de millions de dollars, pour trouver des « solutions »
      aux « mouvements migratoires ». La migration est-elle un si grand danger pour l’avenir de notre
      planète ?

      De New York….

      En septembre 2015, en adoptant les Objectifs de Développement Durable (ODD), Les Etats
      membres des Nations Unies ont accepté d’ici à 2030 de « réduire les inégalités dans les pays et d’un
      pays à l’autre » (ODD 10). Mais ils ont surtout donné leur aval pour « faciliter la migration et la
      mobilité de façon ordonnée, sans danger, régulière et responsable, notamment par la mise en
      oeuvre de politiques de migration planifiées et bien gérées. » (Cible 10.7 des ODD). En acceptant
      cette cible, les Etats reconnaissaient implicitement les inégalités dans ce monde en matière de
      migration et surtout de mobilité. Les hommes ne sont pas égaux face au passeport. C’est un fait bien
      connu. Et cette inégalité est profondément injuste car on ne choisit pas l’endroit où l’on nait ni les
      parents qui vous conçoivent. Mais de cette première décision, que l’Homme subit de la nature,
      apparait une inégalité qui fait que des milliards de personnes sur cette terre n’ont pas le droit de
      voyager sans une autorisation de sortie appelée « visa ». Pour se déplacer dans le petit village
      planétaire qu’est le Monde, un passeport allemand ne vaut pas un passeport togolais.

      Alors s’il fallait réduire les inégalités « d’un pays à l’autre » cela devrait donc commencer par
      remettre en place la nature égalitaire des Hommes face au passeport. Et cela par la reconnaissance
      d’une citoyenneté planétaire liée simplement à notre nature d’Homme. Nous sommes, en effet, tous
      des êtres humains vivant sur la même planète, avec un sang rouge dans nos veines, un coeur qui bat
      et des émotions. Nous sommes tout autant co-responsables de la gestion de ce monde qui
      appartient à tous. L’intégration des points sur la mobilité et la migration dans les ODD va constituer
      en soit une révolution par rapport aux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) des
      années 2000 qui ont passé sous silence ce point délicat dont certains pays ne voulaient surtout pas
      discuter à l’époque. Les tragédies en mer Méditerranée et surtout les drames que vont vivre les
      demandeurs d’asile et les travailleurs migrants sur tous les continents en 2015 et 2016 vont
      rapidement amener la référence à la mobilité et à la migration des ODD au devant de la scène.

      La mise en oeuvre des ODD étant une prérogative des Nations Unies, il revenait donc à cette dernière
      d’ouvrir un débat en son sein une bonne fois pour toutes et de lancer les discussions sur ces sujets
      épineux que sont la mobilité et la migration. Les essais pour ouvrir un tel débat n’avaient pas
      manqué par le passé mais bien souvent les initiatives des Nations Unies pour asseoir un cadre
      normatif afin de gérer les questions liées à la migration ont systématiquement été rejetées par bon
      nombre de pays. Pour preuve, la convention des Nations Unies sur le droit de tous les travailleurs
      migrants et des membres de leur famille du 18 décembre 1990 n’a été ratifiée par aucun pays
      européen et du Moyen Orient, plus d’un quart de siècle après son adoption. Les recommandations
      des conférences internationales sur la population et le développement sont bien souvent restées
      sans suites.

      Il a fallu tout un savoir faire diplomatique pour arriver en 2006 à un début de discussion au sein des
      Nations Unies sur la « Migration et le Développement ». Koffi Annan, alors Secrétaire Général des
      Nations Unies, va réussir à convaincre les Etats de discuter sur les « apports de la migration en
      termes de développement » avec la promesse d’éviter les sujets qui fâchent concernant les visas, le
      regroupement familial, la détention des migrants, les expulsions, l’intégration etc. Du Dialogue de
      Haut Niveau sur la Migration de 2006 naitra le Forum Mondial sur la Migration et le
      Développement. Ce forum, qui a lieu depuis dix ans, va rester un cadre informel, au cours duquel les
      pays se rencontrent et parlent à longueur de journées de l’apport des migrants, sans prendre des
      décisions pour améliorer leur bien être. Après dix années à ce rythme, le monde va finalement se
      réveiller sur le drame quotidien des migrants. Les Nations Unies n’auront plus alors d’autres choix
      que de convoquer un sommet des Chefs d’Etat, le 19 septembre 2016, pour commencer un
      processus multilatéral décisionnel autour de la migration.

      A New York, le 19 septembre 2016, une déclaration va être adoptée reprenant, sous forme de
      constat, la plupart des sujets dont certains pays refusaient jusqu’alors de discuter au niveau
      multilatéral. La déclaration va surtout permettre de s’accorder sur un processus multilatéral devant
      aboutir à l’adoption de deux pactes d’ici à la fin 2018 : Un Pacte Mondial pour des Migrations sûres,
      ordonnées, régulières et Un Pacte Mondial pour les Réfugiés. L’idée de ces deux pactes a été
      acceptée par les Etats les plus réticents à condition qu’ils ne soient pas légalement contraignants. Ces
      pactes devant être selon eux un ensemble d’engagements politiques auxquels doivent adhérer les
      Etats. Ainsi, ces derniers n’auront pas l’obligation juridique en tant que tel de les mettre en oeuvre
      mais se promettent juste d’en tenir compte dans la formulation de leur politique migratoire
      nationale. Un si beau compromis, destiné à satisfaire tout le monde, n’a pas su convaincre Donald
      Trump, le Président américain, qui décida du retrait des Etats Unis du processus multilatéral
      d’adoption du Pacte Mondial pour les Migrations à la veille de la réunion au Mexique.

      … A Puerto Vallarta

      Dans la belle cité ensoleillée de Puerto Vallarta, il s’est agi de faire le bilan général des consultations
      menées ces derniers mois autour du Pacte Mondial pour les Migrations. En tout six réunions de
      consultations thématiques ont rassemblé des centaines d’organisations entre New York, Genève et
      Vienne. A cela il faut ajouter, les consultations multi-acteurs, les discussions lors de grands
      évènements internationaux en lien avec la migration, les consultations au niveau régional. Rien que
      pour l’Afrique, il a fallu organiser cinq réunions de consultations sous régionales interétatiques, une
      réunion de consultation pour la société civile africaine et pour finir une grande réunion de
      consultation continentale à Addis-Abeba afin d’aboutir à un document synthèse des
      recommandations africaines. Les processus onusiens sont connus pour leur empreinte écologique et
      les émissions de gaz à effet de serre en termes de transport aérien, séjour en hôtel et consommation
      d’énergie.

      Les réunions de consultation se sont également étendues au niveau national. Une cinquantaine de
      pays ont pris la peine d’organiser des échanges entre les différentes structures étatiques travaillant
      sur la migration et la société civile afin d’avoir une position à présenter pour le Pacte Mondial.
      Malgré la pluralité des réunions de consultations menées et des rapports délivrés, il a été jugé bon
      d’organiser une ultime réunion bilan à Puerto Vallarta, pour écouter à nouveau l’ensemble des
      acteurs.

      La note officielle envoyée aux délégations en amont de l’évènement présentait la rencontre de
      Puerto Vallarta comme un espace d’échange et de débat entre les pays. La réunion donna donc
      l’occasion aux différents Etats d’exprimer leur position sur le Pacte Mondial et surtout après le retrait
      des Etats Unis d’Amérique. Au-delà de condamnations formulées par quelques Etats, surtout latino-américains,
      sur la position des Etats Unis, l’argument américain a prévalu dans la plupart des
      interventions : « le droit de déterminer en toute souveraineté qui peut ou pas entrer sur son sol ».

      Certains pays, tout en acceptant la prise en compte des différentes conventions internationales sur
      les droits humains dans la rédaction du Pacte Mondial, refusent de voir dans le pacte la
      reconnaissance du droit à la mobilité de tous les Hommes sans aucune restriction. Pour eux, il est
      fondamental que le Pacte Mondial mentionne le droit des pays à contrôler l’entrée et le séjour des
      personnes étrangères dans leur pays en fonction des besoins en main d’oeuvre de leur économie et
      de leur société. Quelques Etats vont même jusqu’à demander que le Pacte Mondial inscrive le fait de
      sanctionner les situations d’irrégularité des migrants. Le Pacte Mondial doit, à leurs yeux, être un
      outil pour lutter contre la migration irrégulière, le trafic des migrants et la traite des travailleurs
      migrants. Il doit, selon eux, clairement notifier la responsabilité partagée des pays face à la gestion
      des migrations et insister sur la responsabilité des pays d’origine d’accepter le retour, même forcé,
      de leurs migrants en situation irrégulière.

      Pour d’autres le Pacte Mondial devra donner des indications claires pour la création de canaux de
      mobilité légale à leurs citoyens. Certaines délégations ont, dans leurs interventions, demandées que
      le Pacte Mondial mette fin au régime des visas qui bloque le droit à la mobilité de leur population.
      Pour la petite histoire, bon nombre de délégations officielles africaines n’ont pas pu prendre part à la
      réunion à cause de l’obligation d’avoir un visa pour transiter par les Etats Unis sans quoi les
      compagnies aériennes ne pouvaient les embarquer. Les déclarations lues par les pays sont revenues
      sur les problèmes liés à l’intégration des migrants et les règles de droits humains devant être
      respectées en cas de retour des migrants en situation irrégulière. Ces pays ont souhaité voir ces
      points pris en compte par le Pacte Mondial. D’autres Etats ont réclamé la fin des détentions pour les
      migrants en situation irrégulière et en particulier pour les enfants en mobilité. Ils ont insisté sur le fait
      que le pacte établisse des règles pour faciliter la réunification familiale afin de résoudre le problème
      des enfants séparés de leur parent à cause des politiques migratoires des pays de destination.

      La discrimination dont sont victimes les migrants et les actes xénophobes qui se multiplient un peu
      partout dans le monde ont été mentionnés par quelques Etats comme devant avoir des approches de
      solution mentionnées dans le Pacte Mondial. Pour ce faire, des Etats en sont venus à présenter des
      exemples de bonnes pratiques qu’ils ont développées sur le plan national ou aux niveaux des villes et
      des communautés à la base pour faciliter l’intégration des migrants en matière d’accès à la
      citoyenneté, à l’éducation, à la santé, au travail, à la protection sociale, etc. Dans l’espoir que ces
      bonnes pratiques fassent échos et que cela soit pris comme norme dans la rédaction du Pacte
      Mondial. Les expériences réussies d’intégration et de libre circulation des personnes au niveau
      régional dans certaines parties du monde ont également été citées comme base à prendre en
      compte pour le Pacte Mondial.

      Un des points les plus importants, des échanges à Puerto Vallarta, a porté sur les mécanismes de
      mise en oeuvre et de suivi du Pacte Mondial après son adoption en 2018. Les Etats, dans leur
      majorité, ont réclamé des indicateurs mesurables pour vérifier le degré auquel les uns et les autres
      respecteront les engagements formulés dans le Pacte Mondial. L’Organisation International pour les
      Migrations (OIM), devenue une agence onusienne depuis le sommet du 19 septembre 2016, est vue
      par beaucoup d’Etats comme la structure de l’ONU devant être à la pointe de la mise en oeuvre du
      Pacte Mondial. Cela n’est pas sans soulever un débat quant au rôle joué jusqu’alors par l’OIM dont
      les projets de prestation de services aux Etats qui le financent rentrent en conflit parfois avec la
      défense des droits des migrants. En outre, la nature mixte des migrations et la complexité des
      déterminants de la migration ont amené quelques pays à proposer que la mise en oeuvre du Pacte
      Mondial soit coordonnée entre les différentes agences onusiennes. Quelques Etats ont réclamé un
      mécanisme indépendant de reporting pour le suivi de la réalisation des engagements et avec des
      cadres dédiés à cet effet, voire la détermination de nouvelles attributions au Dialogue de Haut
      Niveau sur la Migration et au Forum Mondial sur la Migration et le Développement. Et comment
      finance-t-on tout cela ?

      Telle est une des questions à laquelle la réponse sera donnée dans le draft zéro du Pacte Mondial qui
      sera publié au mois de février 2018. Les négociations entre les Etats qui s’annoncent déjà assez
      houleuses s’étaleront jusqu’au mois de juillet avec la possibilité de l’adoption du Pacte et son
      ouverture à signature lors de l’Assemblée générale des Nations Unies de septembre 2018. Le Rendezvous
      est toutefois pris à Marrakech au Maroc au mois de décembre 2018 en marge du prochain
      Forum Mondial sur la Migration et le Développement pour le lancement du nouveau pacte devant
      gérer la mobilité et les migrations humaines dans le monde.

      (Ecrit par Samir ABI, Secrétaire Permanent de l’Observatoire Ouest Africain des Migrations)

      http://www.obsmigration.org/fr/2017/12/puerto-vallarta-route-vers-pacte-mondial-migrations

      En anglais :
      www.obsmigration.org/en/2017/12/puerto-vallarta-the-way-to-the-global-compact-for-migration/

  • Avant le référendum, les Calédoniens exposent leurs divergences à l’Onu
    https://www.mediapart.fr/journal/france/051017/avant-le-referendum-les-caledoniens-exposent-leurs-divergences-l-onu

    La commission de la décolonisation de l’Onu a offert une tribune, mercredi 4 octobre, aux acteurs politiques de #Nouvelle-Calédonie permettant de mesurer les rapports de force sur cet archipel français de l’océan Pacifique, avant le référendum d’autodétermination qui devrait avoir lieu en novembre 2018. Roch Wamytan à Matignon le 24 février 1998, avec le premier ministre Lionel Jospin et du loyaliste Pierre Frogier. © Reuters

    #France #référendum_d'autodétermination

  • Pourquoi Les EU sont entrés en #guerre en 1917 ?

    https://www.legrandsoir.info/pourquoi-les-eu-sont-entres-en-guerre-en-1917.html

    Aujourd’hui sur les champs Élysées, on commémorera le centième anniversaire de l’entrée en guerre des #États-Unis avec comme invité d’honneur son président Trump.

    [...]

    Le contexte social des Etats-Unis était très tendu lors du début du vingtième siècle, comme lors de la grève du textile à Lawrence (Massachusetts) en 1912 ou lors des multiples grèves des mineurs dans tous le pays. Ces événements se soldent inévitablement par l’armée ou les milices privées qui se vengent avec férocité dans cette guerre de classe. Naturellement une cohorte de morts et d’exactions s’en suivirent. L’exemple le plus frappant fut le massacre de Ludlow (30 morts par arme à feu) dans le Colorado en avril 1914. La grève vit s’affronter pendant 14 mois, 11 000 mineurs à Rockfeller, le patron. Alors dans ces conditions, incontestablement, la guerre mondiale allait rendre service au patronat.

    Les Etats-Unis entrèrent en guerre il y a donc cent ans. Ce n’était pas écrit d’avance car le président Wilson avait été élu (5 mois auparavant) à ce poste sur un programme de non-intervention contrairement à son adversaire qui lui en était partisan. Pendant les trois premières années de guerre, les EU avait le beau rôle, il avait commercé avec la Grande-Bretagne, la Belgique et la France, et tout cela était bon pour le business. Sauf que ces trois ans ont rendu exsangue les partenaires européens et par conséquence leur solvabilité était entamé. En effet début 1917, la dette des banques britanniques auprès des EU était colossale. Le doute s’installe, et si la GB perdait la guerre ?

    [...]

    via https://diasp.eu/p/5759014

    • #grande_guerre

      L’article en haut sert plutôt pour se mettre en jambes - j’ajoute un article sur le même sujet, que témoigne beaucoup plus des recherches dans les détails.

      –--------------

      Il y a cent ans… Printemps 1917 : les États-Unis entrent en guerre, mais pourquoi ? | 2 Juin 2017 - Jacques Pauwels

      http://www.investigaction.net/fr/il-y-a-cent-ans-printemps-1917-les-etats-unis-entrent-en-guerre-mais

      [...]

      Pour l’écrasante majorité de la population des États-Unis, toutefois, l’entrée en guerre de leur pays n’avait rien d’une lueur d’espoir. Les gens se rendaient parfaitement compte que cette guerre en Europe avait tout d’une catastrophe et que les civils et les soldats des pays belligérants ne désiraient plus rien qu’un retour à la paix. Les Européens voulaient sortir au plus vite de cette guerre, pourquoi les Américains voulaient-ils y entrer ? Et pourquoi devraient-ils aller se battre aux côtés des Britanniques et des Français contre les Allemands ? Et pourquoi pas aux côtés des Allemands contre les pays de l’Entente ? Le fait que bien des Américains se posaient de telles questions était dû aux facteurs suivants.

      Depuis longtemps, les États-Unis entretenaient d’assez bonnes relations avec les Allemands. Ce n’était pas l’Allemagne, mais la Grande-Bretagne, qui était l’ennemie traditionnelle et la grande rivale d’Uncle Sam. Les Britanniques étaient les anciens maîtres coloniaux contre lesquels, dans les années 1770, on avait mené une guerre d’indépendance et contre qui, plus tard, de 1812 à 1815, on avait encore été en guerre. (Cette guerre de 1812 s’était terminée par un traité de paix conclu à Gand.) Et, plus tard encore au xixe siècle, des tensions entre Américains et Britanniques se firent jour, entre autres, à propos de la frontière avec l’Amérique du Nord britannique, appelée Canada dès 1867, et à propos de l’influence et du commerce dans l’océan Pacifique, en Amérique du Sud et dans les Caraïbes, et aussi en raison des sympathies britanniques avec les États confédérés lors de la guerre de Sécession. Jusqu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale, il y eut à Washington des plans tout prêts pour une guerre contre la Grande-Bretagne.

      Les Américains ne voyaient pas non plus dans les Britanniques d’affables frères jumeaux « anglo-saxons », comme on voudrait parfois nous le faire croire. La majorité des Américains — au contraire de l’élite du Nord-Est du pays, constituée en grande partie de WASP — n’étaient absolument pas des « Anglo-Saxons », mais étaient originaires de toute sorte de pays en Europe, et surtout d’Irlande et d’Allemagne. En 1914, quand la guerre éclata en Europe, ces Américains d’origine irlandaise ou allemande avaient de bonnes raisons de croiser les doigts pour l’Allemagne et de souhaiter une défaite britannique. Mais, évidemment, beaucoup d’Américains étaient d’origine anglaise et sympathisaient par conséquent avec les Alliés.

      En ce qui concerne la France, après leur entrée en guerre, les Américains allaient y débarquer en agitant la bannière de « Lafayette, nous voici ! » C’était une allusion à l’aide française aux Américains à l’époque de leur guerre d’indépendance contre la Grande-Bretagne, aide qui avait été personnifiée par le marquis de Lafayette. Ce slogan faisait comprendre qu’à leur tour, les Américains venaient rendre aux Français un service qu’ils leur devaient.

      Mais pourquoi alors ne s’étaient-ils pas empressés de venir en aide à leurs chers amis français dès 1914 ? En réalité, une reconnaissance réelle ou supposée à l’égard des Français n’avait rien à voir avec l’entrée en guerre des Américains, d’autant que bon nombre d’entre eux étaient très religieux et n’avaient que peu de sympathie, voire pas du tout, pour cette république gauloise athée ou du moins anticléricale. Les protestants américains sympathisaient avec l’Allemagne, dirigée par les Hohenzollern, des luthériens, et les catholiques américains avaient un faible pour l’Autriche-Hongrie, dont la dynastie régnante, les Habsbourg, passaient depuis l’époque de la Réforme déjà (et de l’empereur Charles Quint) pour les grands champions du catholicisme.

      [...]

      pris d’ici - https://diasp.eu/p/5759014

  • Une fausse alerte sismique en Californie fait trembler les Etats-Unis

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/06/22/une-fausse-alerte-sismique-en-californie-fait-trembler-les-etats-unis_514908

    Le séisme a bien eu lieu… mais pas à la date indiquée. Internet et les réseaux sociaux ont tremblé, mercredi 21 juin, après l’envoi d’un message d’alerte informant la population d’une secousse de magnitude 6,8 à 16 km de Santa Barbara, dans l’océan Pacifique. Les plus attentifs ont pu noter la bizarrerie de l’e-mail ou du SMS envoyé par l’United States Geology Service (USGS, chargé de l’étude de l’activité sismique) : il datait le séisme du 29 juin 2025.

    Un premier communiqué de l’USGS a apporté un début d’explication quelques minutes plus tard. Le véritable séisme n’a eu lieu ni en 2017, ni en 2025 mais en 1925 : « Une alerte sismique a été envoyée à 4 h 49 par le système d’alerte des séismes. Elle a été causée par une révision du séisme historique de magnitude 6,8 de 1925 de Santa Barbara qui a été mal interprétée par le logiciel comme un événement actuel. Nous tentons de résoudre ce problème. »

  • Gigantesque glissement de terrain au large de l’Australie il y a 300.000 ans - La Croix
    http://www.la-croix.com/Sciences/Gigantesque-glissement-terrain-large-Australie-300-000-2017-02-08-13008233

    La date du glissement de terrain a été estimée en datant les fossiles de coraux d’eau profonde retrouvés à plus d’un km de profondeur sur les tertres sous-marins. Le plus vieux a été daté à 302.000 ans.

    Un tel glissement de terrain pourrait avoir engendré des vagues de tsunami de 27 mètres de haut, dont l’effet pourrait avoir été dissipé par la présence importante de récifs coralliens.

  • Enquête. L’enfer des pêcheurs indonésiens sur les bateaux taïwanais

    Recrutés dans des villages pauvres de l’Indonésie, ils sont envoyés travailler sur d’énormes navires de pêche dans l’océan Pacifique. Souvent maltraités, mal nourris et sans garantie d’être payés, certains d’entre eux ne reviennent pas. Le grand hebdomadaire de Jakarta, Tempo, révèle l’infernal parcours de nombre de ces marins pêcheurs.

    http://www.courrierinternational.com/article/enquete-lenfer-des-pecheurs-indonesiens-sur-les-bateaux-taiwa
    #travail #exploitation #pêche #Indonésie #Taïwan #néo-esclavage

  • Anchois péruvien - Engraulis ringens

    L’anchois péruvien ou anchois du Pérou (Engraulis ringens) est une espèce de poisson marin appartenant à la famille des engraulidés. C’est l’espèce de poisson la plus pêchée au monde.
    L’anchois péruvien est un poisson pélagique qui vit au Sud de l’océan Pacifique, régulièrement capturé sur les côtes du Pérou et du Chili. Il forme des bancs de plusieurs milliers d’individus qui se déplacent généralement à 80 km des côtes entre 3 et 80 m de profondeur. Ils vivent jusqu’à 4 ans, pour atteindre 20 cm, avec le recrutement survenant après seulement 6 mois à 8 cm.
    Alimentation

    Il se nourrit principalement de phytoplancton, mais également de zooplancton.
    Pêche
    Une espèce abondante selon le climat

    Après une période d’abondance dans la fin des années 1960, la population s’est effondrée lors du phénomène El Niño de 1972, quand l’eau chaude a dérivé sur le courant de Humboldt en abaissant la profondeur de la thermocline. Les éléments nutritifs des eaux riches étaient alors plus rares et la production de phytoplancton a diminué, laissant les anchois avec une source de nourriture épuisée, associé à la surpêche (12 millions de tonnes annuelles). Depuis le milieu des années 1980, l’anchois du Pérou est redevenu très abondant, avec des niveaux de capture actuels comparables à ceux des années 19601.

    Selon la FAO, plus de 7,4 millions de tonnes d’anchois péruviens ont été pêchées en 2008 et 6,9 millions de tonnes en 20092.
    Utilisations alimentaires
    L’anchois est presque exclusivement utilisé pour la fabrication de farine de poisson et fait du Pérou le premier producteur de farines de poisson dans le monde (50 %).

    #pêche #industrie #poissons

  • Le canal du Nicaragua, projet pharaonique ou vaste escroquerie  ?
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/11/03/le-canal-du-nicaragua-projet-pharaonique-ou-vaste-escroquerie_5024606_3234.h

    Promis par le président Daniel Ortega, qui brigue dimanche un quatrième mandat, cet ouvrage devant relier l’océan Pacifique à l’Atlantique est dans les limbes. Le concessionnaire hongkongais HKND n’a quasiment rien fait depuis deux ans.

    Derrière #paywall

  • Je constate un manque dans l’incroyable somme de références que fait vivre Seenthis, tout un ensemble d’articles critiques, en particulier ceux de #Daniel_Tanuro, portant sur #Jared_Diamond et ses livres :
    - Guns, Germs, and Steel : The Fates of Human Societies (1997) traduit en français par De l’inégalité parmi les sociétés : Essai sur l’homme et l’environnement dans l’histoire
    - #Collapse : How Societies Choose to Fail or Survive (2005) traduit en français sous le titre Effondrement : Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie

    et la réponse universitaire pour les déconstruire :

    Questioning Collapse - Human Resilience, Ecological Vulnerability, and the Aftermath of Empire (2010) http://www.cambridge.org/fr/academic/subjects/archaeology/archaeological-science/questioning-collapse-human-resilience-ecological-vulnerability-and-afterm

    L’inquiétante pensée du mentor écologiste de M. Sarkozy - par Daniel Tanuro ; décembre 2007
    https://www.monde-diplomatique.fr/2007/12/TANURO/15400

    Quand il passe à l’analyse de la crise contemporaine, l’ouvrage dresse une liste de problèmes environnementaux (destruction des écosystèmes naturels, prélèvement excessif sur les ressources, déclin de la biodiversité, érosion et dégradation des sols, exploitation inconsidérée des stocks d’énergies fossiles, surexploitation des ressources en eau douce, empoisonnement chimique, propagation d’espèces invasives, réchauffement dû à l’effet de serre) qui, curieusement, inclut aussi la croissance de la population humaine et la croissance de l’impact de cette population sur l’environnement. Cette croissance « affecte tous les autres problèmes », dit Diamond. Une démarche contestable. En effet, puisque la crise écologique est due au mode social d’activité, composer une liste de « problèmes écologiques » incluant une seule dimension de cette activité ne peut que désigner automatiquement cette dimension-là comme « le » superproblème déterminant tous les autres.

    [...]

    S’agissant de l’état de l’environnement dans son pays, l’auteur croit pouvoir affirmer que « les plaintes exprimées par quasiment tout le monde à Los Angeles sont celles qui sont liées directement à notre population déjà élevée et qui continue de croître : nos embouteillages incurables ; le prix très élevé des logements, résultat du fait que des millions de gens travaillent dans quelques centres d’emploi alors qu’il n’y a qu’un espace résidentiel limité autour de ces centres ».

    [...]

    Dans chaque cas, la méthode suivie consiste à dépouiller le problème étudié de tout ce qu’il a de social, de politique et d’économique, pour ne laisser subsister que de prétendues causes environnementales. Celles-ci sont ensuite ramenées au fait que la population trop élevée continue malgré tout à croître.

    [...]

    Voici par exemple ce qu’on peut lire en conclusion d’un paragraphe décrivant les ravages causés aux forêts américaines par diverses espèces invasives de champignons et d’insectes originaires de Chine : « Une autre espèce dont la Chine a une population abondante, qui a de grands impacts écologiques et économiques, et qu’elle exporte en nombres croissants, est Homo sapiens. Par exemple, la Chine est passée à la troisième place en tant que source d’immigration légale en Australie, et des nombres significatifs d’immigrants, illégaux aussi bien que légaux, traversant l’océan Pacifique, atteignent même les Etats-Unis. »

    [...]

    Pour bien saisir ce point, il nous faut attirer l’attention sur un autre tour de passe-passe de notre auteur à succès. La liste des problèmes environnementaux qu’il dresse comporte non seulement la croissance de la population mais aussi la croissance de l’impact environnemental de la population, par habitant. A première vue, on s’attend à ce que ce concept d’impact soit introduit pour relativiser l’importance des effectifs absolus, puisqu’un même nombre d’êtres humains peut avoir des effets environnementaux fort différents en fonction du mode social de production et de consommation. #Effondrement, en fait, ne s’intéresse pas, en priorité, à l’impact écologique par personne, mais à la croissance de cet impact. Or, comme cette croissance est aujourd’hui plus grande dans certains pays en voie de développement que dans les pays développés, l’attention est détournée de l’injustice des rapports Nord-Sud pour être focalisée sur la menace écologique consécutive au développement des pays pauvres. Ainsi, par un déplacement d’accent à peine perceptible, Diamond parvient à modifier complètement la perception de la situation environnementale au niveau mondial.

    [...]

    Discutant de la sécurité alimentaire, l’auteur d’Effondrement prétend répondre à l’argument suivant : « Il n’y a pas vraiment un problème alimentaire ; il y a assez de nourriture ; on doit seulement résoudre le problème du transport et de la distribution de cette nourriture vers les endroits où elle est nécessaire. » Il faut noter que Diamond, ici, formule lui-même l’objection à laquelle il veut répliquer. Ce faisant, il réduit le problème social de la production et de la distribution de nourriture à une simple question de transport, c’est-à-dire qu’il met dans la bouche de ses adversaires l’idée qu’il suffirait, pour éradiquer la famine, d’acheminer systématiquement la nourriture des lieux où elle peut être produite en surabondance vers les lieux où elle fait défaut.

    Cette caricature lui permet d’escamoter la manière dont l’agrobusiness, par la concurrence, détruit l’agriculture paysanne dans les pays en voie de développement. Or, une fois ce facteur socio-économique écarté de l’analyse, on peut se borner à constater que « certains pays développés, comme les Etats-Unis, produisent ou peuvent produire plus de nourriture que ce que leurs citoyens consomment » et que certains pays du tiers-monde n’y arrivent pas, et on peut faire comme s’il s’agissait dans les deux cas du résultat de conditions naturelles, telles que la pluviosité ou la qualité des sols. Si on ne dit rien du processus au terme duquel on en est arrivé là, alors on peut propager l’idée que la faim découle du refus de certains peuples de s’autolimiter pour respecter ces conditions physiques, alors que celles-ci leur sont imposées par la nature.

    Cet article de Tanuro publié dans Le Monde Diplomatique a fait l’objet de critiques qui ont été publiées et auxquelles Tanuro a répondu de manière convaincante :

    « Effondrement », de Jared Diamond ; janvier 2008
    http://blog.mondediplo.net/2008-01-18-Effondrement-de-Jared-Diamond

    Je retiens surtout des nouveaux apports de Tanuro ces deux passages :

    S’agissant de la protection des forêts en Europe à la fin du Moyen Age, par exemple, il s’appuie sur la très discutable théorie de la « tragédie des communs » de Garrett Hardin (qui veut qu’un bien commun soit inévitablement pillé et saccagé) pour présenter la suppression des droits coutumiers et l’appropriation violente des forêts par les hobereaux allemands, au XVIe siècle (Guerre des Paysans), comme une sage décision et un exemple à suivre dans la protection de l’environnement (p. 523).

    Ce qui me permet de taguer #propriétarien

    et :

    Jared Diamond a un talent de conteur et il brasse une masse de faits souvent captivants. Pour autant, Effondrement n’est pas un modèle de rigueur : la description du mécanisme du changement climatique est fausse (les gaz à effet de serre « n’absorbent » pas la lumière du soleil, au contraire ils la laissent passer !) (p. 493) ; la formule de l’impact humain sur l’environnement (l’impact = la population multipliée par le taux d’impact individuel, I = P x i) (p. 524) est abandonnée depuis 30 ans au profit d’une formule qui reste discutable, mais qui prend au moins en compte la richesse et les technologies d’une société (l’impact = la population multipliée par la richesse multipliée par la technologie, I = P x A x T (3)) ; l’affirmation fantaisiste que l’humanité est en passe d’utiliser la presque totalité du potentiel de conversion de l’énergie solaire par les plantes vertes, de sorte que les communautés végétales naturelles ne disposeront bientôt plus que d’une part infime du rayonnement (théorie du « plafond photosynthétique », p. 491 (4)), amalgame abusivement la part utilisée et la part influencée de la capacité photosynthétique globale.

    La deuxième partie des réponses est aussi intéressante, elle porte sur "la théorie de l’effondrement environnemental" dont le débat est plus scientifique que politique. Deux passages intéressants :

    M. Bernard Thierry résume ainsi le message d’Effondrement : « Par le passé des sociétés humaines ont probablement disparu parce qu’elles avaient détruit leur milieu naturel en exploitant ses ressources au-delà de ce qu’il pouvait supporter. Méditons leur sort pour ne pas répéter leurs erreurs. » Ce résumé me semble exact, à condition d’y inclure le rôle clé de la croissance démographique. L’ensemble constitue ce que Diamond appelle un « écocide ». Or, l’histoire du Groenland telle qu’il la reconstitue ne constitue pas un cas d’écocide, mais un exemple d’incapacité d’une société à s’adapter à un changement de conditions naturelles. Ce n’est pas la même chose.

    [...]

    La théorie de l’écocide élucide-t-elle l’énigme de l’île de Pâques ? Telle est la question. Il me semble très probable que les Polynésiens aient dégradé gravement leur environnement. Mais je doute qu’ils aient provoqué un effondrement au sens où l’entend Diamond : une population qui atteint 15 000 habitants environ, puis sombre dans la barbarie parce qu’elle excède trois ou quatre fois les possibilités de l’écosystème, et chute brutalement à 3 000.

    Voici mon principal argument : il me semble impossible qu’une société néolithique qui ne connaissait pas la roue et n’élevait pas de bêtes de trait ait pu développer la productivité agricole au point de nourrir 15 000 êtres humains sur 165 km2, soit 90 habitants/km2. Selon la monumentale Histoire des agricultures du monde de Marcel Mazoyer et Laurence Roudart, une telle densité représenterait trois fois celles de la Grèce et de l’Italie antiques. Ainsi, l’agriculture pascuane se situerait presque au niveau de productivité du système agraire ultra-performant de l’Egypte pharaonique. Il me semble exclu que de tels résultats aient été atteints dans les conditions de l’île de Pâques, que Diamond décrit comme non-optimales.

    Et sa conclusion :

    En tant qu’environnementaliste, je suis très conscient du fait que le monde va au-devant de graves catastrophes écologiques entraînant de très sérieuses conséquences sociales. [...] Mais ce risque, selon moi, ne se place pas sous le signe de la continuité avec les sociétés du passé. Il se place au contraire sous le signe de la nouveauté radicale. Aucune société dans l’histoire n’a été guidée par la soif inextinguible de profit qui pousse les propriétaires de capitaux à accumuler toujours plus pour produire toujours plus et vendre toujours plus en créant toujours plus de besoins. Aucune société du passé n’a développé une technologie aussi terrible que le nucléaire. Cette situation est sans précédent et elle fait peser une menace sans précédent.

    Ce ne sont donc pas « les problèmes des anciens Mayas, des Anasazis et des Pascuans qui se reproduisent dans le monde moderne », comme l’écrit Diamond : ce sont les problèmes de la société capitaliste moderne qui deviennent de plus en plus aigus. Les « pénuries alimentaires, les famines, les guerres » d’aujourd’hui ne sont pas « dues au fait que trop de gens luttent pour trop peu de ressources » : elles sont dues au fait que les nantis s’approprient les ressources et se donnent les moyens militaires de continuer à les piller pour leur profit. « Les révolutions, les changements de régime violents, l’effondrement de l’autorité, le génocide, la mortalité infantile élevée » ne sont pas « des mesures de la pression environnementale et démographique » : ce sont des mesures de l’injustice, de l’oppression, de l’exploitation et de la barbarie montante, etc.

    S’agissant du monde d’aujourd’hui, c’est peu dire qu’Effondrement détourne l’attention des questions sociales [...] Les bons points environnementaux que Diamond décerne à Chevron, groupe privé, et les mauvais points qu’il attribue à la Compagnie nationale indonésienne du pétrole (pp. 442-443), prennent ici tout leur sens [...]

    « Questioning Collapse » : des historiens et des anthropologues réfutent la thèse de « l’écocide » Par Daniel Tanuro ; 17 Mars 2012
    http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?option=com_content&view=article&Itemid=53&id=2431

    Dont le passage le plus important est cette explication des liens entre les deux livres de Jared Diamond :

    Signé par Frederick Errington et Deborah Gewertz, ce dernier article démonte remarquablement le « système Diamond ». Comme le notent les auteurs, ce système présente un paradoxe : « ‘De l’ #inégalité parmi les sociétés’ est bâti sur la thèse d’un déterminisme géographique rigide (ceux qui avaient « les armes, les germes – de maladie inconnues sous d’autres cieux - et l’acier » devaient dominer le monde), tandis que le second best seller de Diamond, ‘Effondrement’, avance au contraire l’idée que ‘les sociétés’ ont le choix entre ‘échouer et réussir ». Le mérite de Frederick Errington et de Deborah Gewertz est de mettre en évidence la « continuité entre les arguments des deux ouvrages ». Citons-les :

    « Dans aucun des deux ouvrages, (Diamond) ne considère adéquatement le contexte pour penser la façon dont les buts et les choix sont façonnés et contraints historiquement et culturellement. En effet, dans aucun des deux, (il) ne met en question les hypothèses reflétant le point de vue des puissants (that echo the perspectives of the powerful) : ceux qui contrôlent d’autres, ceux dont les choix dépassent – contraignent- les choix des autres. Donc, dans ‘De l’inégalité’, il considère que chacun choisirait inévitablement de dominer ; dans ‘Effondrement’, il suppose que chacun aurait une égale capacité de choisir. Dans ‘De l’inégalité’ personne n’est tenu pour responsable du cours de l’histoire, dans ‘Effondrement’ tout le monde l’est. Et dans les deux cas, ce sont, pensons-nous, les démunis (the have nots) qui supportent le blâme de l’histoire quand leurs existences et les circonstances sont mésinterprétées. ‘Effondrement’, à notre avis, est typique d’un genre d’histoire qui, en ignorant le contexte, brouille notre compréhension des processus qui affectent réellement le monde aujourd’hui – y compris les sérieux problèmes environnementaux auxquels il doit faire face. »

  • Bernie Krause, harmonies vivantes - Culture / Next
    http://next.liberation.fr/musique/2016/08/01/bernie-krause-harmonies-vivantes_1469754

    Depuis cinquante ans, le musicien et bioacousticien américain répertorie les bruits du monde animal menacé d’extinction par l’homme. Des artistes internationaux illustrent ses archives sonores à la Fondation Cartier.

    Le monde naturel disparaît à grands feux, juste sous nos oreilles. Lentement, sûrement, il s’évapore aussi sous nos yeux, mais à un rythme qui sert malheureusement trop bien à notre oubli et notre aveuglement. Alors depuis bientôt cinq décennies, le bioacousticien américain #Bernie_Krause en parcourt les derniers sanctuaires pour l’enregistrer, le comprendre, et nous apprendre à l’écouter. Des marais sauvages du Costa Rica aux profondeurs de l’océan Pacifique, des prairies californiennes à l’Amazonie, il traque les signatures sonores des larves, des grands singes, des anémones. Attrapé au cœur d’une catastrophe dont il ne mesurait pas l’ampleur quand il a posé pour la première fois un micro dans un champ, à la fin des années 60 (la sixième extinction de masse des espèces animales), ce guitariste passé par les studios de la Motown et le département de musique électronique du Mills College a troqué sa casquette de musicien contre une blouse de scientifique militant.

    http://fondation.cartier.com/?l=fr#/fr/art-contemporain/26/expositions/2638/en-ce-moment/2640/le-grand-orchestre-des-animaux

    Du 2 juillet 2016 au 8 janvier 2017, la Fondation Cartier pour l’art contemporain présente Le Grand Orchestre des Animaux, inspiré par l’oeuvre de Bernie Krause, musicien et bioacousticien américain. L’exposition, qui réunit des artistes du monde entier, invite le public à s’immerger dans une méditation esthétique, à la fois sonore et visuelle, autour d’un monde animal de plus en plus menacé.

    Avec : Pierre Bodo, Cai Guo-Qiang, Cornell Lab of Ornithology, Raymond Depardon et Claudine Nougaret, Bernie Krause, JP Mika, Manabu Miyazaki, Moke, Ryuichi Sakamoto, Christian Sardet, Hiroshi Sugimoto, Shiro Takatani, TALLER Mauricio Rocha + Gabriela Carrillo, Tara Océans, Cyprien Tokoudagba, United Visual Artists, Agnès Varda, Adriana Varejão

    http://fondation.cartier.com/?l=fr#/fr/art-contemporain/26/expositions/2638/en-ce-moment/2714/sur-internet

    #bioacoustique #exposition #son

  • Russie USA : Océan Pacifique. La flotte américaine en ordre de combat. La Russie met en alerte ses forces nucléaires
    http://vilistia.org/archives/11378

    mercredi 10 août 2016 Un sombre rapport du Ministère russe de la Défense (MoD) circulant au Kremlin ce 9 Août 2016, dit que le district militaire de l’Est (EMD) a reçu l’ordre de mettre ses forces de missiles nucléaires en … Lire la suite →

    #CHINE

  • China to send nuclear-armed submarines into Pacific amid tensions with US
    http://www.theguardian.com/world/2016/may/26/china-send-nuclear-armed-submarines-into-pacific-us

    La #Chine pourrait envoyer des SNLE en patrouille dans le #Pacifique
    http://www.corlobe.tk/spip.php?article41298

    La marine chinoise souhaite pour la première fois envoyer des sous-marins #nucléaires lanceurs d’engins en patrouille dans l’océan Pacifique, expliquant que les nouveaux systèmes d’armes américains ont tellement sapé la force de dissuasion actuelle de Pékin, qu’il ne lui reste aucune autre alternative.

    #Etats-Unis

  • Les logements avec vue sur la mer amélioreraient le moral
    http://www.doctissimo.fr/psychologie/news/Les-logements-avec-vue-sur-la-mer-amelioreraient-le-moral

    Une étude relayée par la revue Health & Place établit pour la première fois un lien direct entre bien-être psychologique et vue sur une très vaste étendue d’eau.

    Menée conjointement à l’université de Canterbury en Nouvelle-Zélande et à celle du Michigan State aux États-Unis, cette étude s’est intéressée à une association possible entre la vision de la nature et un niveau moindre de mal-être psychologique.

    Les espaces bleus plus bénéfiques que les espaces verts ?

    Les chercheurs ont sondé environ 450 adultes à Wellington (Nouvelle-Zélande) et ont recherché les données sur la visibilité d’espace « bleu » ou « vert » depuis les résidences de la région.

    Ce que les scientifiques appellent « espaces bleus » était dans ce cas la Mer de Tasmanie et l’Océan Pacifique, qui entourent Wellington, alors que les « espaces verts » n’étaient autres que les forêts et les parcs herbeux alentours.

    Après avoir pris en compte différents facteurs tels que la richesse des participants, leur âge et leur sexe, les chercheurs ont trouvé que la vue d’espaces maritimes étaient associée de manière significative à un niveau moindre de détresse mentale. En revanche, ils ne sont pas arrivés aux mêmes résultats concernant la vue sur des espaces verts.

    • Résumé de l’étude (le reste derrière #paywall)

      Residential exposure to visible blue space (but not green space) associated with lower psychological distress in a capital city
      http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1353829216300119

      Abstract
      As urbanisation escalates globally, urban neighbourhood features which may improve physical and mental health are of growing importance. Using a cross-sectional survey of adults and the application of novel geospatial techniques, this study investigated whether increased visibility of nature (green and blue space) was associated with lower psychological distress (K10 scores), in the capital city of Wellington, New Zealand. To validate, we also tested whether visibility of blue space was associated missing teeth in the same sample. Cluster robust, linear regression models were fitted to test the association between visibility of nature and K10 scores, adjusted for age, sex, personal income, neighbourhood population density, housing quality, crime and deprivation. Higher levels of blue space visibility were associated with lower psychological distress (β=−0.28, p<0.001). Importantly, blue space visibility was not significantly associated with tooth loss. Further research is needed to confirm whether increased visibility of blue space could promote mental well-being and reduce distress in other cities.

    • Je trouve que les vues bien dégagées sur les ondulations gasconnes avec les Pyrénées au fond, ça fait un bien fou. Les paysages de montagne font un bien fou… mais peut-être y a-t-il des déterminants venants des #territoires de l’enfance ?
      Après, pour la mer, il y a aussi la composition de l’air que l’on respire au bord qui doit compter. Et ça, c’est une différence importante, et pas que pour les crétins .

    • Une ancienne étude (pas d’autre référence, désolé) avait montré que c’était la profondeur du paysage qui apaisait l’esprit.
      La Nouvelle-Zélande étant montagneuse l’horizon est singulièrement plus proche quand on regarde un paysage terrestre vs maritime...
      Sans parler de la linéarité de l’horizon marin qui n’est sans doute pas étranger au sentiment de quiétude.
      Poser son regard sur l’horizon c’est apaisant surtout au couché du soleil, quand tout est... orange ! ;)