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  • France 3 | La rédaction réagit aux propos haineux envers les personnes migrantes
    https://asile.ch/2018/11/09/france-3-la-redaction-reagit-aux-propos-haineux-envers-les-personnes-migrantes

    Le Rédacteur en chef adjoint chargé des éditions numériques de France 3 Midi-Pyrénées, Fabrice Valéry, signe le 27 octobre 2018 une prise de position face aux commentaires haineux publiés sur leur site suite à la diffusion d’une vidéo montrant l’arrivée de personnes migrantes en provenance de Calais. Le journaliste, au nom de sa rédaction, affirme […]


  • Certains de vos commentaires sur Facebook sur l’arrivée des migrants dans la région sont insupportables

    La publication ce jeudi matin sur notre page facebook d’une vidéo sur l’arrivée à Toulouse de migrants de Calais a déclenché un torrent de commentaires. Certains sont empreints d’humanité mais beaucoup donnent la nausée. Nous avons décidé de réagir.

    C’est une simple vidéo. De quelques secondes. Une vidéo réalisée durant la nuit par une équipe de journalistes de #France_3 Midi-Pyrénées. On y voit des hommes, fatigués, tous d’origine afghane, débarquer d’un bus et récupérer leurs bagages. Quelques instants plus tard, ils seront installés dans un centre de la Croix-Rouge à Toulouse. Car ces hommes sont ce que l’on a pris désormais l’habitude d’appeler des « migrants », des réfugiés. Quelques heures auparavant, ils « vivaient » dans des conditions inhumaines dans la « jungle » de Calais.

    Cette vidéo, strictement informative, publiée sur notre page facebook, a déclenché un flot de commentaires. La plupart de ces commentaires sont haineux. Ils rejettent, a priori, sans les avoir rencontré, sans connaître leur histoire, des individus, des êtres humains, simplement parce qu’ils viennent d’un pays étranger, que leurs « traditions », leur « mode de vie » ne seraient pas exactement les mêmes que les nôtres.

    Mais cela va plus loin, « accusant » ces hommes d’être des violeurs en puissance, des agresseurs d’enfants. C’est insupportable.

    D’autres parlent « d’invasion » (quand tout au plus 270 personnes vont s’installer dans notre région, qui compte 5,7 millions d’habitants) ou font l’amalgame avec les terroristes !


    Heureusement, au milieu de cette mare d’immondices déversés sur facebook, certains internautes tentent de faire entendre une autre voix. « Bienvenue à eux » écrivent certains.

    Nous sommes, en tant que service public d’information, profondément attachés à la liberté d’expression. Les commentaires sur notre page facebook sont modérés a posteriori. Cela signifie que ceux qui franchissent la ligne jaune, en matière de respect de la loi (incitation à la haine, insulte, etc) sont supprimés après intervention de nos modérateurs. C’est un travail fastidieux surtout sur certains sujets dits « sensibles » et encore plus à l’approche des élections.

    Il y a la loi. Et puis il y a l’esprit. L’esprit, redisons-le, c’est celui de permettre au plus grand nombre de s’exprimer. Mais laisser le droit à l’expression n’empêche pas d’avoir un avis. La rédaction de France 3 Midi-Pyrénées, tout au long de l’année, à la télévision ou sur son site internet, a l’ambition de montrer la vie des gens qui habitent dans notre région, d’expliquer les faits d’actualité, de les contextualiser. Nous avons fait le choix de ne pas fermer les commentaires sur facebook mais sur certains sujets, des internautes, sous pseudonymes ou leur véritable identité, font tout pour nous pousser à restreindre la liberté d’expression. Nous ne voulons pas nous y résoudre mais nous ne pouvons pas laisser dire des choses fausses et laisser publier des propos insupportables sur notre page facebook sans réagir.

    La France est une terre d’asile. Chacun d’entre nous a dans sa famille ou connaît une personne qui a des origines espagnoles, italiennes, maghrébines, africaines, asiatiques... La région Occitanie a été et reste une terre d’accueil des peuples, au gré de l’histoire : guerres civiles, guerres mondiales, immigration économique, etc.
    L’histoire de notre pays est comme cela, que ça plaise ou non, et sans ces mélanges de population, sans cette ouverture sur le monde, la France ne serait pas la France.

    Cette « haine de l’autre » est irrationnelle. Elle ne repose sur rien d’autre qu’un sentiment. Peu importe comment on le nomme, « de peur », « d’insécurité ». Irrationnel. Ce ne sont pas 27 hommes, démunis de tout qui vont changer la vie d’un quartier, d’une ville comme Toulouse. Ce ne sont pas 250 ou 270 personnes qui vont mettre en péril l’équilibre de notre région. Vous qui voyez dans ces images des violeurs ou des agresseurs, dites-vous qu’y figurent peut-être le médecin qui sauvera demain votre enfant ou le maçon qui construira votre maison ! (Lisez, s’il vous plaît, l’encadré au pied de cet article, « La nausée » de la journaliste Marie Martin).

    Nous savons que la publication de cet article va déclencher de nouveaux commentaires haineux. Nous savons à quoi nous nous exposons. Mais nous ne voulions pas rester silencieux devant tant de haine et face à ce déversement sur facebook de commentaires nauséeux. Ne rien dire c’était se rendre complices.

    https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/certains-vos-commentaires-facebook-arrivee-migrants-reg
    #enfin #médias #réaction #journalisme #migrations #réfugiés #haine #service_public #presse #France3 #racisme #xénophobie #fact-checking #préjugés #invasion #afflux
    ping @reka


  • Certains de vos commentaires sur Facebook sur l’arrivée des migrants dans la région sont insupportables - France 3 Occitanie
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/certains-vos-commentaires-facebook-arrivee-migrants-reg

    C’est une simple vidéo. De quelques secondes. Une vidéo réalisée durant la nuit par une équipe de journalistes de France 3 Midi-Pyrénées. On y voit des hommes, fatigués, tous d’origine afghane, débarquer d’un bus et récupérer leurs bagages. Quelques instants plus tard, ils seront installés dans un centre de la Croix-Rouge à Toulouse. Car ces hommes sont ce que l’on a pris désormais l’habitude d’appeler des « migrants », des réfugiés. Quelques heures auparavant, ils « vivaient » dans des conditions inhumaines dans la « jungle » de Calais.

    Cette vidéo, strictement informative, publiée sur notre page facebook, a déclenché un flot de commentaires. La plupart de ces commentaires sont haineux. Ils rejettent, a priori, sans les avoir rencontré, sans connaître leur histoire, des individus, des êtres humains, simplement parce qu’ils viennent d’un pays étranger, que leurs « traditions », leur « mode de vie » ne seraient pas exactement les mêmes que les nôtres.

    #migrations #asile #égoïsme #racisme #haine #réseaux_sociaux #xénophobie #populisme


  • Pays basque, la nouvelle route de l’exil

    De plus en plus de migrants entrent en Europe par l’Espagne et franchissent la frontière dans le Sud-Ouest. Reportage.

    Le car est à peine garé le long du trottoir que, déjà, ils se pressent à ses portes. Ils regardent avec anxiété la batterie de leur téléphone, elle est presque à plat, il faut qu’elle tienne quelques minutes encore, le temps de présenter le billet. Quatre jeunes filles s’inquiètent, leur ticket affiche un prénom masculin, le chauffeur les laissera-t-il passer ? Ou vont-elles perdre les 100, 200 ou 300 euros qu’elles ont déboursés à des « frères » peu scrupuleux - la valeur officielle est de 35 euros - pour acquérir ce précieux sésame vers Paris ? Chaque soir depuis quelques semaines, le même scénario se répète au terminus des « bus Macron » sur la place des Basques, à #Bayonne. Une centaine de jeunes, pour la plupart originaires d’Afrique francophone, plus rarement du Maghreb, monte par petits groupes dans les cars en partance pour Bordeaux ou Paris, dernière étape d’un périple entamé depuis des mois. Ils ont débarqué la veille d’Irun, en Espagne, à 40 kilomètres plus au sud, après un bref passage par la ville frontalière d’Hendaye.

    De #Gibraltar, ils remontent vers le nord de l’Espagne

    Les arrivées ont commencé au compte-gouttes au printemps, elles se sont accélérées au cours de l’été. Depuis que l’Italie se montre intraitable, l’Espagne est devenue le principal point d’entrée en Europe, avec 48 000 nouveaux exilés depuis le début de l’année. Croisés à Irun ou à Hendaye, qu’ils viennent de Guinée-Conakry, de Côte d’Ivoire ou du Mali, ils racontent la même histoire. Thierno est guinéen, il a 18 ans. Il a tenté la traversée par la Libye, sans succès, il a poursuivi par l’Algérie et le Maroc, puis fini par franchir le détroit de Gibraltar en bateau après deux échecs. Tous évoquent la difficulté à travailler et à se faire payer au Maroc, les violences, parfois, aussi. Puis ils parlent de l’Espagne, d’Algesiras, Cadix ou Malaga, en experts de la géographie andalouse. Parfois, la Croix-Rouge espagnole, débordée au Sud, les a envoyés en bus vers ses centres de Madrid ou Bilbao, leur assurant une partie de leur voyage. Aboubacar, 26 ans, est, lui, remonté en voiture, avec des « frères ».

    Personne n’en parle, les réseaux sont pourtant bien là, à prospérer sur ces flux si lucratifs. On estime à 1500 euros le prix de la traversée à Gibraltar, 100 ou 200 euros le passage de la frontière française depuis #Irun. Tous n’ont qu’un objectif, rejoindre la #France, comme cette femme, sénégalaise, qui demande qu’on l’emmène en voiture et suggère, si on se fait contrôler, de dire qu’elle est notre bonne. La quasi-totalité veut quitter l’Espagne. Parce qu’ils n’en parlent pas la langue et qu’ils ont souvent en France sinon de la famille, au moins des connaissances. Parce qu’il est plus difficile de travailler dans la péninsule ibérique, où le taux de chômage reste de 15 %. Parce qu’enfin ceux qui envisagent de demander l’asile ont intérêt à effectuer les démarches en France, où 40 575 protections ont été accordées en 2017, plutôt qu’en Espagne (4 700 statuts délivrés).

    Alors, ils essaient, une fois, deux fois, trois fois, dans un absurde jeu du chat et de la souris avec les policiers français. Les 150 agents de la #police_aux_frontières (#PAF) en poste à #Hendaye tentent, avec l’aide d’une compagnie de #CRS, de contrôler tant bien que mal les cinq points de passage. Depuis le début de 2018, 5600 réadmissions ont été effectuées vers l’Espagne, contre 3520 en 2017, mais, de l’aveu même d’un officiel, « ça passe et ça passe bien, même ». Si l’autoroute est gardée quasiment toute la journée, il reste un créneau de deux heures durant lequel elle ne l’est pas faute d’un effectif suffisant. Chaque nuit, des taxis espagnols en profitent et déposent des gens sur la place des Basques à Bayonne. La surveillance des deux ponts qui enjambent la #Bidassoa et séparent Irun d’Hendaye est aléatoire. A certaines heures, le passage à pied se fait sans difficulté. Il ne reste plus ensuite aux migrants qu’à se cacher jusqu’au prochain passage du bus 816, qui les conduira à Bayonne en un peu plus d’une heure.

    Les agents de la Paf ne cachent pas leur lassitude. Même si la loi antiterroriste de 2017 autorise des contrôles renforcés dans la zone frontière, même si des accords avec l’Espagne datant de 2002 leur permettent de renvoyer sans grande formalité les personnes contrôlées sans papiers dans un délai de quatre heures, ils ont le sentiment d’être inutiles. Parce qu’ils ne peuvent pas tout surveiller. Parce que l’Espagne ne reprend que contrainte et forcée les « réadmis », les laissant libres de franchir la frontière dès qu’ils le souhaiteront. Certains policiers ne prennent même plus la peine de raccompagner les migrants à la frontière. Gare d’Hendaye, un après-midi, le TGV pour Paris est en partance. Des policiers fouillent le train, ils trouvent trois jeunes avec billets mais sans papiers, ils les font descendre, puis les laissent dans la gare. « De toute façon, ça ne sert à rien d’aller jusqu’à la frontière, dans deux heures, ils sont de nouveau là. Ça ne sert qu’à grossir les chiffres pour que nos chefs puissent faire de jolis camemberts », lâche, avec aigreur, l’un des agents.

    La compassion l’emporte sur le rejet

    L’amertume n’a pas encore gagné le reste de la population basque. Au contraire. Dans cette zone où l’on joue volontiers à saute-frontière pour aller acheter des cigarettes à moins de cinq euros ou du gasoil à 1,1 euro, où il est fréquent, le samedi soir, d’aller boire un verre sur le littoral espagnol à San Sebastian ou à Fontarrabie, où près de 5000 Espagnols habitent côté français, où beaucoup sont fils ou petits-fils de réfugiés, la compassion l’emporte sur le rejet. Même le Rassemblement national, qui a diffusé un communiqué mi-août pour dénoncer « une frontière passoire », doit reconnaître que son message peine à mobiliser : « Les gens commencent à se plaindre, mais je n’ai pas entendu parler de débordements, ni rien d’avéré », admet François Verrière, le délégué départemental du parti. Kotte Ecenarro, le maire socialiste d’Hendaye, n’a pas eu d’écho de ses administrés : « Pour l’instant, les habitants ne disent rien, peut-être parce qu’ils ne les voient pas. » Lui, grand joggeur, les aperçoit lorsqu’il va courir tôt le matin et qu’ils attendent le premier bus pour Bayonne, mais aucun ne s’attarde dans la zone frontière, trop risquée.

    Chaque soir, place des Basques à Bayonne, des migrants embarquent dans les bus pour Paris.

    Le car est à peine garé le long du trottoir que, déjà, ils se pressent à ses portes. Ils regardent avec anxiété la batterie de leur téléphone, elle est presque à plat, il faut qu’elle tienne quelques minutes encore, le temps de présenter le billet. Quatre jeunes filles s’inquiètent, leur ticket affiche un prénom masculin, le chauffeur les laissera-t-il passer ? Ou vont-elles perdre les 100, 200 ou 300 euros qu’elles ont déboursés à des « frères » peu scrupuleux - la valeur officielle est de 35 euros - pour acquérir ce précieux sésame vers Paris ? Chaque soir depuis quelques semaines, le même scénario se répète au terminus des « bus Macron » sur la place des Basques, à Bayonne. Une centaine de jeunes, pour la plupart originaires d’Afrique francophone, plus rarement du Maghreb, monte par petits groupes dans les cars en partance pour Bordeaux ou Paris, dernière étape d’un périple entamé depuis des mois. Ils ont débarqué la veille d’Irun, en Espagne, à 40 kilomètres plus au sud, après un bref passage par la ville frontalière d’Hendaye.
    Des dizaines de bénévoles se succèdent pour apporter et servir des repas aux migrants, place des Basques, à Bayonne.

    Des dizaines de bénévoles se succèdent pour apporter et servir des repas aux migrants, place des Basques, à Bayonne.

    Les arrivées ont commencé au compte-gouttes au printemps, elles se sont accélérées au cours de l’été. Depuis que l’Italie se montre intraitable, l’Espagne est devenue le principal point d’entrée en Europe, avec 48 000 nouveaux exilés depuis le début de l’année. Croisés à Irun ou à Hendaye, qu’ils viennent de Guinée-Conakry, de Côte d’Ivoire ou du Mali, ils racontent la même histoire. Thierno est guinéen, il a 18 ans. Il a tenté la traversée par la Libye, sans succès, il a poursuivi par l’Algérie et le Maroc, puis fini par franchir le détroit de Gibraltar en bateau après deux échecs. Tous évoquent la difficulté à travailler et à se faire payer au Maroc, les violences, parfois, aussi. Puis ils parlent de l’Espagne, d’Algesiras, Cadix ou Malaga, en experts de la géographie andalouse. Parfois, la Croix-Rouge espagnole, débordée au Sud, les a envoyés en bus vers ses centres de Madrid ou Bilbao, leur assurant une partie de leur voyage. Aboubacar, 26 ans, est, lui, remonté en voiture, avec des « frères ».

    Personne n’en parle, les réseaux sont pourtant bien là, à prospérer sur ces flux si lucratifs. On estime à 1500 euros le prix de la traversée à Gibraltar, 100 ou 200 euros le passage de la frontière française depuis Irun. Tous n’ont qu’un objectif, rejoindre la France, comme cette femme, sénégalaise, qui demande qu’on l’emmène en voiture et suggère, si on se fait contrôler, de dire qu’elle est notre bonne. La quasi-totalité veut quitter l’Espagne. Parce qu’ils n’en parlent pas la langue et qu’ils ont souvent en France sinon de la famille, au moins des connaissances. Parce qu’il est plus difficile de travailler dans la péninsule ibérique, où le taux de chômage reste de 15 %. Parce qu’enfin ceux qui envisagent de demander l’asile ont intérêt à effectuer les démarches en France, où 40 575 protections ont été accordées en 2017, plutôt qu’en Espagne (4 700 statuts délivrés).

    Un migrant traverse le pont de St Jacques à Irun en direction de la France.

    Alors, ils essaient, une fois, deux fois, trois fois, dans un absurde jeu du chat et de la souris avec les policiers français. Les 150 agents de la police aux frontières (PAF) en poste à Hendaye tentent, avec l’aide d’une compagnie de CRS, de contrôler tant bien que mal les cinq points de passage. Depuis le début de 2018, 5600 réadmissions ont été effectuées vers l’Espagne, contre 3520 en 2017, mais, de l’aveu même d’un officiel, « ça passe et ça passe bien, même ». Si l’autoroute est gardée quasiment toute la journée, il reste un créneau de deux heures durant lequel elle ne l’est pas faute d’un effectif suffisant. Chaque nuit, des taxis espagnols en profitent et déposent des gens sur la place des Basques à Bayonne. La surveillance des deux ponts qui enjambent la Bidassoa et séparent Irun d’Hendaye est aléatoire. A certaines heures, le passage à pied se fait sans difficulté. Il ne reste plus ensuite aux migrants qu’à se cacher jusqu’au prochain passage du bus 816, qui les conduira à Bayonne en un peu plus d’une heure.
    Un groupe des migrants se fait arrêter à Behobie, côté français, après avoir traversé la frontière depuis Irun en Espagne.

    Un groupe des migrants se fait arrêter à #Behobie, côté français, après avoir traversé la frontière depuis Irun en Espagne.

    La compassion l’emporte sur le rejet

    L’amertume n’a pas encore gagné le reste de la population basque. Au contraire. Dans cette zone où l’on joue volontiers à saute-frontière pour aller acheter des cigarettes à moins de cinq euros ou du gasoil à 1,1 euro, où il est fréquent, le samedi soir, d’aller boire un verre sur le littoral espagnol à #San_Sebastian ou à #Fontarrabie, où près de 5000 Espagnols habitent côté français, où beaucoup sont fils ou petits-fils de réfugiés, la compassion l’emporte sur le rejet. Même le Rassemblement national, qui a diffusé un communiqué mi-août pour dénoncer « une frontière passoire », doit reconnaître que son message peine à mobiliser : « Les gens commencent à se plaindre, mais je n’ai pas entendu parler de débordements, ni rien d’avéré », admet François Verrière, le délégué départemental du parti. Kotte Ecenarro, le maire socialiste d’Hendaye, n’a pas eu d’écho de ses administrés : « Pour l’instant, les habitants ne disent rien, peut-être parce qu’ils ne les voient pas. » Lui, grand joggeur, les aperçoit lorsqu’il va courir tôt le matin et qu’ils attendent le premier bus pour Bayonne, mais aucun ne s’attarde dans la zone frontière, trop risquée.

    Des migrants sont accueillis en face de la mairie d’Irun par des associations de bénévoles.

    Le flux ne se tarissant pas, la solidarité s’est organisée des deux côtés de la #Bidassoa. A Irun, un collectif de 200 citoyens a répondu aux premiers besoins durant l’été, les autorités jugeant alors qu’organiser de l’aide était inutile puisque les migrants ne rêvaient que d’aller en France. Elles ont, depuis, changé d’avis. Mi-octobre, un centre de la Croix-Rouge proposait 70 places et un hôpital, 25. « Ils peuvent rester cinq jours dans chaque. Dix jours, en général, ça suffit pour passer », note Ion, un des piliers du collectif. Dans la journée, ils chargent leurs téléphones dans un coin de la gare ou patientent, en doudounes et bonnets, dans un campement installé face à la mairie. Dès qu’ils le peuvent, ils tentent le passage vers la France.

    A Bayonne aussi, l’improvisation a prévalu. Le réseau d’hébergeurs solidaires mis en place depuis 2016 n’était pas adapté à cette situation d’urgence, à ces gens qui n’ont besoin que d’une ou deux nuits à l’abri avant de filer vers Paris. Chaque soir, il a fallu organiser des maraudes avec distribution de repas et de vêtements, il a fallu trouver des bénévoles pour loger les plus vulnérables - des femmes avec de jeunes enfants sont récemment apparues. Sous la pression de plusieurs collectifs, la mairie vient de mandater une association locale, Atherbea, pour organiser l’aide. A proximité du terminal des bus, vont être installés toilettes, douches, lits, repas et prises de téléphone - un équipement indispensable à ces exilés, pour qui le portable est l’ultime lien avec leurs proches. La municipalité a promis des financements, mais jusqu’à quand ?

    Longtemps discret sur la situation, le gouvernement affiche désormais son volontarisme. Depuis quelques semaines, des unités en civil ont été déployées afin d’identifier les filières de passeurs. Dans son premier entretien comme ministre de l’Intérieur au JDD, Christophe Castaner a dit s’inquiéter de la pression exercée dans la zone et promis un « coordonnateur sécurité ». Les policiers espèrent, eux, surtout des renforts. « Il faudrait 30 à 40 agents de la police aux frontières de plus », juge Patrice Peyruqueou, délégué syndical Unité SGP Police. Ils comptent sur la nomination de Laurent Nuñez comme secrétaire d’Etat au ministère de l’Intérieur pour se faire entendre. L’homme n’a-t-il pas été sous-préfet de Bayonne ? N’a-t-il pas consacré son premier déplacement officiel au Pays Basque, le vendredi 19 octobre ? Mais déjà les voies de passage sont en train de bouger. De nouvelles routes se dessinent, à l’intérieur des Pyrénées, via Roncevaux, le tunnel du Somport ou la quatre-voies qui relie Saragosse, Pau et Toulouse, des accès moins surveillés qu’Irun et Hendaye. Le jeu du chat et de la souris ne fait que commencer.

    https://www.lexpress.fr/actualite/societe/pays-basque-la-nouvelle-route-de-l-exil_2044337.html

    #pays_basque #asile #migrations #réfugiés #routes_migratoires #parcours_migratoires #Espagne #frontières #solidarité #contrôles_frontaliers

    via @isskein

    • Entre l’Espagne et la France, la nouvelle route migratoire prend de l’ampleur

      L’Espagne est devenue la principale porte d’entrée en Europe pour des personnes originaires d’Afrique de l’Ouest qui tentent de gagner la France.

      L’Espagne est devenue la principale porte d’entrée en Europe en 2018. La majorité des personnes qui arrivent sont originaires d’Afrique de l’Ouest et tentent de gagner la France.

      Emmitouflé dans un manteau, la tête abritée sous un bonnet, Boris disparaît dans la nuit, sous la pluie. Ce Camerounais de 33 ans, qui parle un français parfait, « traîne » à Irun de puis un mois. Dans cette petite commune du pays basque espagnol, il attend de pouvoir traverser la frontière et rejoindre la France, à quelques mètres de là. L’aventure a trop peu de chances de réussir s’il la tente à pied, et il n’a pas l’argent pour se payer un passage en voiture. Il aimerait rejoindre Paris. Mais il doute : « On me dit que c’est saturé. C’est vrai ? Est-ce qu’il y a des ONG ? Vous connaissez Reims ? »

      Parti depuis un an de son pays, Boris a traversé le Nigeria, le Niger, l’Algérie et le Maroc avant de gagner l’Europe par la mer. Comme de plus en plus de personnes, il a emprunté la route dite de la Méditerranée occidentale, qui passe par le détroit de Gibraltar. Le passage par la Libye, privilégié ces dernières années, est devenu « trop dangereux » et incertain, dit-il.

      En 2018, l’Espagne est devenue la principale porte d’entrée en Europe. Quelque 50 000 personnes migrantes sont arrivées sur les côtes andalouses depuis le début de l’année, en provenance du Maroc, ce qui représente près de la moitié des entrées sur le continent.

      Sous l’effet de la baisse des départs depuis la Libye et des arrivées en Italie, les routes migratoires se redessinent. Et bien que les flux soient sans commune mesure avec le pic de 2015, lorsque 1,8 million d’arrivées en Europe ont été enregistrées, ils prennent de court les autorités et en particulier en France, qui apparaît comme la destination privilégiée par ces nouveaux arrivants originaires majoritairement d’Afrique de l’Ouest et du Maghreb.

      80 à 100 arrivées quotidiennes

      A Irun, Txema Pérez observe le passage en nombre de ces migrants et il le compare à l’exil des réfugiés espagnols lors de la guerre civile en 1939 : « On n’a pas vu ça depuis la Retirada », lâche le président de la Croix-Rouge locale.

      Face à cet afflux, l’organisation humanitaire a ouvert cet été plusieurs centres d’accueil temporaire sur l’itinéraire des migrants, dans plusieurs communes du Pays-Basque mais aussi à Barcelone à l’autre extrémité des Pyrénées, où ils font étape quelques jours avant de tenter de gagner la France.

      Cette semaine, une trentaine de personnes ont dormi dans l’auberge de la Croix-Rouge d’Irun. « Ils reprennent des forces et disparaissent, constate Txema Perez. Ils finissent tous par passer la frontière. 90 % d’entre eux parlent français. Et ils voient Paris comme un paradis. »

      Sur le chemin qui mène ces personnes jusqu’à une destination parfois très incertaine, Bayonne et en particulier la place des Basques dans le centre-ville, s’est transformée dans le courant de l’été en point de convergence. C’est là qu’arrivaient les bus en provenance d’Espagne et en partance pour le nord de la France. Si, au début, une dizaine de personnes seulement transitaient par la ville chaque jour, aujourd’hui la mairie parle de 80 à 100 arrivées quotidiennes. Et autant de départs. « C’est la première fois qu’on constate un tel afflux », reconnaît David Tollis, directeur général adjoint des services à la mairie.

      « Ils sont en majorité originaires de Guinée et il y a notamment beaucoup de gamins qui se disent mineurs. On a l’impression que le pays se vide », confie Alain Larrea, avocat en droit des étrangers à Bayonne. « Les jeunes hommes évoquent la pauvreté qui a explosé mais aussi les risques d’arrestations et d’enfermements arbitraires, ajoute Julie Aufaure, de la Cimade. Les femmes fuient aussi les risques d’excision. »

      « Je ne sais pas encore ce que je vais faire »

      Face à l’augmentation des arrivées et à la dégradation des conditions météorologiques, la municipalité a commencé à s’organiser il y a une dizaine de jours. « Je ne me pose pas la question du régime juridique dont ces personnes relèvent. Simplement, elles sont dans une situation de fragilité et il faut leur venir en aide, justifie Jean-René Etchegaray, le maire UDI de Bayonne. Nous avons dans l’urgence tenté de les mettre à l’abri ». Après avoir mis à disposition un parking puis, le week-end dernier, une école, la municipalité a ouvert, lundi 29 octobre, les locaux désaffectés d’un ancien centre communal d’action sociale. Des douches y ont été installées, des couvertures et des repas y sont fournis. Dans le même temps, la mairie a déplacé les arrêts des bus aux abords de ce lieu, sur les quais qui longent l’Adour.

      Mercredi 31 octobre, plusieurs dizaines de personnes faisaient la queue à l’heure de la distribution du déjeuner. Parmi elles, Lamine, un Guinéen de 19 ans, raconte son voyage vers l’Europe entamé il y a trois ans : « Je suis resté trois mois au Mali, le temps de réunir l’argent pour pouvoir ensuite aller en Algérie. » En Algérie, il travaille encore deux ans sur des chantiers. « On avait entendu qu’il fallait environ 2 000 euros pour passer du Maroc à l’Espagne », poursuit-il.

      A la frontière entre l’Algérie et le Maroc, il dit s’être fait confisquer 1 000 euros par des Touaregs. Arrivé à Rabat, il travaille à nouveau sur un chantier de construction, payé 100 dirhams (environ neuf euros) par jour, pour réunir les 1 000 euros manquants au financement de sa traversée de la Méditerranée. Il y reste presque un an. En octobre, il part pour Nador, une ville côtière au nord-est du pays. « On est resté caché une semaine dans la forêt avant de prendre le bateau, témoigne-t-il. On était 57 à bord. Des Maliens, des Guinées, des Ivoiriens. Un bateau de la Croix Rouge nous a porté secours au bout de quatre heures de navigation ».

      Comme la plupart de ceux qui arrivent sur les côtes espagnoles, Lamine s’est vu remettre un document par les autorités du pays, lui laissant un mois pour régulariser sa situation. Le jeune homme a ensuite rejoint en car, Madrid puis Bilbao et Irun. Il tente une première fois le passage de la frontière en bus mais se fait renvoyer par la police française. La deuxième fois, en échange de 50 euros, il trouve une place dans une voiture et parvient à gagner la France. « Je ne sais pas encore ce que je vais faire, reconnait-il. Je n’ai pas de famille qui finance mon voyage et je ne connais personne ici ».

      10 500 refus d’entrée prononcés en 2018

      Face à l’augmentation des traversées, les autorités françaises ont renforcé les contrôles aux frontières. Depuis le début de l’année 2018, 10 500 refus d’entrée ont été prononcés à la frontière franco-espagnole, soit une augmentation de 20 % par rapport à 2017. « La pression la plus forte est observée dans le département des Pyrénées-Atlantiques, où les non-admissions sont en hausse de 62 % », explique-t-on au ministère de l’intérieur. Dans les Pyrénées-Orientales, l’autre voie d’entrée majeure en France depuis l’Espagne, le nombre de non-admissions est reparti à la hausse depuis l’été, mais dans une moindre mesure.

      « Beaucoup de monde arrive par ici, assure Jacques Ollion, un bénévole de la Cimade basé à Perpignan. Les gares et les trains sont contrôlés parfois jusqu’à Narbonne. Et les cars internationaux aussi, au péage du Boulou (à une dizaine de kilomètres de la frontière). Ça, c’est la pêche miraculeuse. »

      Le nombre de non-admissions reste toutefois très inférieur à celui remonté de la frontière franco-italienne. En Catalogne comme au Pays basque, tout le monde s’accorde à dire que la frontière reste largement poreuse. Mais certains s’inquiètent d’une évolution possible à moyen terme. « Dès qu’il y a une fermeture, cela démultiplie les réseaux de passeurs et les lieux de passage, met en garde Corinne Torre, cheffe de mission France à Médecins sans frontières (MSF). Dans les Pyrénées, il y a énormément de chemins de randonnée ». Des cas d’arrivée par les cols de montagne commencent à être rapportés.

      Dans le même temps, les réseaux de passeurs prospèrent face aux renforcements des contrôles. « Comme les migrants ne peuvent pas traverser à pied, ils se retournent vers les passeurs qui les font traverser en voiture pour 150 à 350 euros », témoigne Mixel Bernadet, un militant de l’association basque Solidarité migrants - Etorkinekin.

      Une fois qu’ils sont parvenus à rejoindre le territoire, à Bayonne, Paris ou ailleurs, ces migrants n’en sont pas moins en situation irrégulière et confrontés à une difficulté de taille : enregistrés en Espagne au moment de leur arrivée en Europe, ils ne peuvent pas demander l’asile ailleurs que dans l’Etat par lequel ils sont entrés, en tout cas pas avant une période allant de six à dix-huit mois. Ils sont donc voués à être renvoyés en Espagne ou, plus vraisemblablement, à errer des mois durant, en France.

      Julia Pascual (Bayonne et Irun – Espagne –, envoyée spéciale)

      Poursuivi pour avoir aidé une migrante sur le point d’accoucher, le parquet retient « l’immunité humanitaire ». Le parquet de Gap a annoncé vendredi 2 novembre avoir abandonné les poursuites engagées contre un homme qui avait porté secours à une réfugiée enceinte, durant l’hiver à la frontière franco-italienne. Le 10 mars, Benoît Ducos, un des bénévoles aidant les migrants arrivant dans la région de Briançon, était tombé sur une famille nigériane, un couple et ses deux jeunes enfants, et deux autres personnes ayant porté la femme, enceinte de huit mois et demi, durant leur marche dans le froid et la neige. Avec un autre maraudeur, il avait alors décidé de conduire la mère en voiture à l’hôpital de Briançon. En chemin, celle-ci avait été prise de contractions et à 500 mètres de la maternité, ils avaient été arrêtés par un contrôle des douanes ayant retardé la prise en charge médicale selon lui, ce que la préfecture avait contesté. Le bébé était né dans la nuit par césarienne, en bonne santé. Une enquête avait ensuite été ouverte pour « aide à l’entrée et à la circulation d’un étranger en situation irrégulière ».

      https://mobile.lemonde.fr/societe/article/2018/11/03/entre-l-espagne-et-la-france-la-nouvelle-route-migratoire-prend-de-l-

    • #SAA, un collectif d’accueil et d’accompagnement des migrants subsahariens aux frontières franco-espagnoles

      Dans ce nouveau numéro de l’émission “Café des libertés”, la web radio du RAJ “Voix de jeunes” a reçu sur son plateau deux activistes du sud de la France plus exactement à Bayonne, il s’agit de Marie cosnay et Vincent Houdin du collectif SAA qui porte le prénom d’un jeun migrant guinéen décédé durant sa traversé de l’Espagne vers la France.
      Nos invités nous ont parlé de la création du collectif SAA, ses objectifs et son travail d’accueil et d’accompagnement des migrants subsahariens qui traversent la frontière franco-espagnole dans l’objectif d’atteindre les pays du Nord telle que l’Allemagne.
      Ils sont revenus également sur les difficultés que posent les politiques migratoires dans la région notamment celle de l’union européenne marquées par une approche purement sécuritaire sans se soucier de la question du respect des droits et la dignité des migrants.
      Ils ont aussi appelé au renforcement des liens de solidarité entre les peuples dans le monde entier.

      https://raj-dz.com/radioraj/2018/11/11/saa-collectif-daccueil-daccompagnement-migrants-subsahariens-aux-frontieres-


  • * Une députée LREM demande la position de la France sur la pénalisation de l’avortement en Andorre AFP - 31 Octobre 2018 - La croix
    https://www.la-croix.com/France/Politique/deputee-LREM-demande-position-France-penalisation-avortement-Andorre-2018-

    La députée LREM des Pyrénées-Orientales Laurence Gayte a demandé au gouvernement de préciser la position de la France sur la pénalisation de l’avortement dans la principauté d’Andorre, dont Emmanuel Macron est coprince, un des derniers États en Europe à interdire l’IVG.

    Dans une question écrite adressée au ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, Mme Gayte précise que la principauté est « l’un des derniers États d’Europe - avec Malte, Saint-Marin et le Vatican - à interdire l’avortement, y compris en cas de viol, d’inceste, de maladie ou malformation du fœtus, ou de danger pour la vie de la mère ».

    « L’avortement y constitue un délit passible de six mois d’emprisonnement pour la femme enceinte, et de trois ans de prison et cinq ans d’interdiction d’exercice pour le médecin qui pratique l’intervention », ajoute Mme Gayte, membre de la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale et députée d’un département ayant une frontière commune avec la Principauté d’Andorre, rappelle-t-elle.

    Des femmes ont cependant recours à l’avortement, soit en se rendant en Espagne ou en France, soit « par des méthodes peu sûres ou clandestines », souligne la députée.

    Dans le cadre de la journée mondiale du droit à l’avortement, fin septembre, « de nombreuses Andorranes ont défilé dans les rues d’Andorre-la-Vieille afin de demander la dépénalisation de l’avortement dans leur pays », poursuit-elle dans sa question écrite. Elles souhaiteraient « savoir la position de la France sur cette question ».

    Lors de la manifestation, selon un correspondant de l’AFP, certaines affiches réclamaient « Pas de tutelle ni de l’État ni de l’Église » ou encore « Laissez vos chapelets en dehors de nos ovaires », en référence à la position anti-avortement d’un des deux coprinces d’Andorre, l’évêque d’Urgell Mgr Joan-Enric Vives.

    #Laurence_Gayte #Andorre #IVG #interdiction #emmanuel_macron #Andorre #Femmes #catholicisme #droits_des_femmes #religion #catholicisme


  • Pédophilie dans l’Eglise : « Toute ma hiérarchie savait » - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2018/10/30/pedophilie-dans-l-eglise-toute-ma-hierarchie-savait_1688944

    Le procureur d’Orléans a requis mardi soir trente mois ferme contre l’abbé Pierre de Castelet, accusé d’agressions sur mineurs, et un an ferme à l’encontre de l’ex-évêque du diocèse poursuivi pour non-dénonciation.

    Le procureur Nicolas Bessone ne cache pas son agacement, voire sa colère, et laisse tomber un mot : « Lâcheté. » Sans appel possible. « J’ai pensé envoyer un médecin. Je le faisais avec des mafieux marseillais mais je ne le fais pas pour un évêque », dit-il.

    « Affection »

    Poursuivi pour avoir omis de signaler à la justice des attouchements sur des mineurs, André Fort, l’ancien évêque du diocèse d’Orléans, s’est mis mardi aux abonnés absents alors qu’il devait comparaître devant le tribunal correctionnel d’Orléans. Il souffre, selon un certificat médical produit au dernier moment et glissé dans la soirée de lundi sous la porte du bureau de la présidente du tribunal, des suites d’une intervention chirurgicale. « Il ne vient pas quand même de Rio de Janeiro ou de Rome », insiste le procureur, mentionnant qu’André Fort habite à seulement deux heures et demie d’Orléans. « Son absence dit autant de choses que sa présence : son incapacité à assumer les faits », tacle pour sa part Edmond-Claude Fréty, l’avocat des trois parties civiles.

    Devant le tribunal, il n’y a donc que Pierre de Coye de Castelet, un prêtre catholique de 69 ans poursuivi pour des attouchements sexuels sur mineurs. Les faits - que l’ecclésiastique a reconnus pendant l’enquête - ont eu lieu lors d’un camp du Mouvement eucharistique des jeunes (MEJ) dans les Pyrénées, à Arthez-d’Asson, en juillet 1993. Prétextant des visites médicales, Coye de Castelet a abusé à l’époque d’une dizaine de garçons, pratiquant des attouchements sur leurs parties génitales. Trois seulement ont porté plainte : Olivier Savignac, Philippe Cottin et Paul-Benoît Wendling. « Dès que je me suis retrouvé sur ce lit, mon enfance s’est arrêtée, raconte Olivier Savignac, l’un de ceux qui ont bataillé de longues années, alertant sans succès la hiérarchie. J’ai tout voulu enterrer mais cela revient chaque jour. J’ai toujours été l’enfant abandonné sur ce lit. Ce qui s’est passé en juillet 1993, cela a été la déconstruction de tous les repères dans mon âme, dans mon corps, dans ma foi. J’ai subi aussi là un abus spirituel. J’en ai gardé la méfiance vis-à-vis de ces hommes et vis-à-vis de l’Eglise. »

    Au premier rang de la salle d’audience, les trois victimes se tiennent silencieusement derrière le prêtre tandis qu’il est longuement interrogé par la présidente, Gaëlle Reverter, aussi pugnace que le procureur. Plutôt empoté, d’allure insignifiante, Coye de Castelet, décrit par l’expert psychiatrique comme hyper-émotif et doté « d’une fragilité structurelle », reconnaît ses fautes de l’époque, « l’attirance » qu’il avait pour les jeunes garçons, sa recherche « d’intimité » mais sans comprendre, plaide-t-il, que « cela leur faisait du mal ». « J’étais en demande d’affection, poursuit le prêtre âgé de 45 ans au moment des faits. Je venais de passer des années difficiles en paroisse. »

    Pressé de questions, il assure qu’il n’y a pas eu d’actes répréhensibles ni avant ni après l’été fatidique de 1993, qu’il a réussi à combattre ses pulsions. A entendre le procureur et la présidente, il ne convainc guère. Cela demeure un mystère. Quand il est interrogé sur l’absence de son ancien évêque dans la salle d’audience, le prêtre lâche : « Je me sens seul ici. Mais je ne commenterai pas là le comportement de quelqu’un. »

    Blessure

    Ce procès d’Orléans n’est pas un procès ordinaire. Il est autant - et peut-être plus encore - celui de l’Eglise catholique et de sa gestion des cas de pédophilie que celui du prêtre abuseur. « Toute ma hiérarchie savait », dit à plusieurs reprises Coye de Castelet. Depuis 1993, quatre évêques se sont succédé à la tête du diocèse d’Orléans. Dès l’été des faits, René-Lucien Picandet est déjà alerté par un courrier de l’aumônier national du MEJ, François-Xavier Boca, de ce qui s’est passé à Arthez-d’Asson. Il n’y a pas eu de sanction, une simple interdiction signifiée au prêtre de participer au MEJ. Et encore moins de signalement à la justice. Depuis, Picandet est mort.

    Le procureur ironise sur le fait que la prescription protège celui qui lui a succédé, Gérard Daucourt, de toute poursuite. C’est aussi le cas pour l’aumônier du MEJ, le jésuite François-Xavier Boca qui avait mené une mission d’inspection, cet été-là, à Arthez-d’Asson, déplaçant le prêtre vers un autre camp après avoir interrogé les victimes. Entendu comme témoin, mal à l’aise, son attitude d’alors est le vrai symptôme d’une époque. Boca assure qu’il n’y a pas eu de volonté de soustraire Coye de Castelet à la justice. Il lâche finalement une phrase terrible : « On pensait à l’époque que ces actes-là n’étaient pas si graves. » Pour les plaignants, c’est bien de cela dont il s’agit. « Ce que j’attends de ce procès, c’est la reconnaissance de notre statut de victimes », vient dire à la barre Olivier Savignac. La blessure, c’est celle aussi de l’abandon d’enfants par des adultes, notamment des évêques, qui n’ont pas pris ou osé prendre leurs responsabilités. « Je n’ai pas de jugement à porter au sujet de Coye de Castelet, assure, pour sa part, Philippe Cottin. Mais ce que je vois, c’est la responsabilité des cadres de l’époque. » Le procureur a requis mardi soir un an de prison ferme à l’encontre l’ex-évêque absent à l’audience et trente mois ferme à l’encontre Pierre de Castelet.
    Bernadette Sauvaget envoyée spéciale à Orléans. Photo Stéphane Lagoutte. Myop

    #pédocriminalité #église_catholique #de_Castelet #Fort #impunité


  • Clouez le bec à l’#anti-féminisme !

    Que ce soit l’affreux Tonton Jacques au repas de famille, un.e collègue de travail ou un.e « ami.e » sur les réseaux sociaux, les personnes qui véhiculent un discours anti-féministe sont malheureusement nombreuses et partout. Cette résistance contre les idées féministes peut finir par réduire les féministes au silence et par empêcher des personnes intéressées de se joindre à notre mouvement. Autant de raisons de réunir nos forces avec l’Université des femmes, qui a mené un groupe de pilotage pour recueillir des expériences, témoignages et besoins de féministes, pour rédiger Clouez le bec à l’anti-féminisme ! Guide de défense verbale pour féministes.

    Trois principes étaient au centre de notre démarche : le self-care activiste ou comment prendre soin de soi pendant l’engagement dans un mouvement social, la déculpabilisation pour des situations anti-féministes vécues, le choix stratégique de notre réponse et le renforcement de nos capacités individuelles et collectives d’agir contre l’anti-féminisme. Vous y apprendrez plusieurs manières de clouer le bec aux PAF (personnes anti-féministes), de différentes formes d’argumentation, par la défense sémantique, la confrontation ou encore la fuite - en étant forte !

    Parsemé de témoignages, ce guide ne se veut ni une liste complète de toutes les situations qui pourraient arriver, ni un répertoire exhaustif de toutes les répliques possibles. C’est un point de départ, une mise en bouche, et nous espérons que vous vous en emparerez, que vous construirez des réponses qui vous conviennent... et que vous partagerez vos meilleurs réussites, par exemple via notre collection d’histoires de succès des Echappées belles.


    http://www.garance.be/spip.php?article1101
    #féminisme #guide #manuel #féminisme #défense_verbale #résistance

    • Vade-mecum à l’usage des établissements sur le #harcèlement_sexuel dans l’enseignement supérieur et la recherche

      Ce guide, rédigé par l’ANEF, la C.P.E.D. et le CLASCHES, a pour ambition d’accompagner les établissements d’enseignement supérieur et de recherche dans la mise en place d’actions contre le harcèlement sexuel. En complément du guide du CLASCHES paru en 2014, rédigé principalement à l’attention des victimes, ce vade-mecum s’adresse aux établissements, qui sont souvent en attente de conseils et de partage d’expériences. Il décrit des exemples de prise en charge institutionnelle des situations de harcèlement sexuel, de formations destinées à sensibiliser les différents acteurs et actrices des établissements, pour les aider à mettre en place leur propre politique, en fonction du contexte qui est le leur. Ce guide a été publié avec le soutien du M.E.N.E.S.R., de la C.D.E.F.I., la C.G.E. et la C.P.U.

      http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid113981/vade-mecum-a-l-usage-des-etablissements-sur-le-harcel

    • Votre antiféminisme, nos répliques !
      De l’humour à l’affrontement physique

      « Lors d’un dîner, d’une fête familiale ou d’une sortie amicale, des proches vous taquinent pour vous faire enrager, justifient devant vous les inégalités entre les sexes, lancent des blagues sexistes, lesbophobes ou transphobes, affirment que les féministes exagèrent et que les hommes souffrent d’une crise d’identité masculine. En somme, vous venez d’être la cible d’une attaque antiféministe dans votre vie privée. » L’antiféminisme se matérialise sous toute forme de gestes, de paroles et de comportements visant à freiner voire faire reculer les féministes dans leur lutte pour l’émancipation des femmes.

      L’R des centres de femmes du Québec et des chercheur.es de l’UQAM (Francis Dupuis-Déri, professeur au département de science politique, #Mélissa_Blais, docteure en sociologie, et Marie-Soleil Chrétien, étudiante à la maîtrise en science politique), dans le cadre du Service aux collectivités de l’UQAM, ont produit une étude visant à documenter les impacts de l’antiféminisme dans la vie des femmes, mais surtout, les stratégies qu’elles mettent en oeuvre afin d’y riposter. Les fruits de cette recherche ont été synthétisés et mis en page sous forme de guide pratique, de sorte que ces connaissances soient accessibles à toutes et puissent servir tant au niveau théorique que pratique.

      Ce projet a également été soutenu par l’Institut de recherches et d’études féministes de l’UQAM (IREF) ainsi que par le Réseau québécois en études féministes (RéQEF).

      Le guide est vendu au coût de 10$ + frais postaux.

      http://rcentres.qc.ca/2018/10/11/guide-autodefense
      (Seul le tout début du livre est disponible en libre accès)

      500 féministes au lancement du livre Votre antiféminisme, nos répliques ! (23 octobre 2018)
      http://rcentres.qc.ca/2018/10/23/300-feministes-lancement-livre-campagne

      Montréal, mercredi 24 octobre 2018 – Le lancement de l’ouvrage Votre antiféminisme, nos répliques : de l’humour à l’affrontement physique, a réuni hier, sur place (200) et en ligne (369), plus de 500 féministes, militantes et chercheuses, dans le foyer de la salle Pierre-Mercure du Centre Pierre-Péladeau, donnant le coup d’envoi de la Campagne Donne-toi de l’air !, destinée à faire connaître les centres de femmes du Québec.

      Voir la captation en Facebook Live (Début vers 7 min).
      https://www.facebook.com/LRdesCentresDeFemmesQc/videos/181349066109018

      #antiféminisme #Québec

    • J’ai la chance d’avoir une copie de la brochure de Garance, c’est pas mal. J’avais aussi participé à une brochure plus roots autour de l’auto-défense verbale. Plus que l’auto-défense physique, c’est l’auto-défense verbale qui est le plus souvent sollicitée. D’ailleurs souvent les formations en auto-défense articulent les deux (avec l’art de la fuite). Les mots font mal et on a du mal à réagir de manière à la fois satisfaisante ET safe, c’est un vrai travail que de se former aux agressions verbales, de la saleté anti-féministe à l’insulte ou à la menace...

    • J’ai vu hier ce court métrage colombien sur le harcèlement de rue. L’équipe du film est proche d’assos anti-harcèlement et considèrent que c’est toute forme de réification et sexualisation du corps des gens et montrent que cette violence peut aussi être pratiquée par des femmes (moqueries sur le corps ou l’apparence physique), au milieu d’un tas de remarques masculines désobligeantes. Le personnage, de couleur orange, est marqué par les taches de la couleur des personnages qui l’agressent tout au long de la journée. Le soir, elle crie sa colère et le lendemain les agressions ne la touchent plus, elle y est devenue imperméable. Se protéger, ce serait déjà devenir moins perméable.

      J’ai été traitée de « sale pute, va » mercredi par un monsieur bien mis sans accent dans une grosse voiture immatriculée dans les Pyrénées orientales, ça m’a aussi touchée que de me faire traiter de « caca boudin » par un gosse et je pense qu’il a plus honte que moi aujourd’hui mais quand même, ça contribue à une fatigue de la vie sociale...

      Naranja – Cortometrajes Colombianos
      http://www.cinecorto.co/naranja

      Naranja es una mujer que vive diariamente el acoso; la sexualización, calificación y objetualización de su cuerpo se ve reflejado en las manchas que estas violencias van dejando en ella. Naranja tendrá que reaccionar antes de que estas manchas la consuman.


  • L’#enquête, nouveau carburant de la #presse locale
    http://lafabriquedelinfo.fr/enquete-nouveau-carburant-presse-local/

    Pratiquer de l’investigation locale, c’est bien. Mais quid de l’après ? Les enquêtes locales font-elles vraiment bouger les choses ? Ariane Puccini, journaliste free-lance installée à Bordeaux, a vu la différence après son article sur la pollution du bassin de Lacq, dans les Pyrénées-Atlantiques, publié sur le pure player indépendant Bastamag.

    On remarque vraiment une meilleure couverture médiatique maintenant que l’enquête est sortie. Je ne sais pas si c’est grâce à notre contribution, mais ça bouge.
    #journalisme #investigation #territoire
    Les conséquences dépassent parfois le seul territoire couvert par le média. « Lors des débats à l’Assemblée nationale, j’ai senti que des députés avaient lu notre papier. Ils avançaient des chiffres et des arguments dévoilés dans notre enquête », continue Ariane Puccini.

    Rue89 Bordeaux a également révélé une affaire de harcèlement sexuel au sein du journal régional Sud Ouest. « Nos infos ont été reprises par BuzzFeed, qui a continué l’enquête. Le cadre en question s’est fait virer du journal. »


  • Frontières / Grenzen

    Les #frontières ne sont pas qu’un produit du milieu naturel mais aussi, et surtout, le résultat de dynamiques historiques. Leurs définition et fonction dépendent du contexte politique et économique. Les contributions de ce volume précisent la manière dont les frontières ont modelé et marqué les espaces alpins du Moyen Âge au vingtième siècle aussi bien dans l’arc alpin, les #Pyrénées, les #Vosges que les #Carpates. Elles précisent le rapport entre frontière et #pouvoir, discutent les divers régimes de frontière et mettent en exergue les dynamiques transnationales, sources de tensions avec les frontières politiques des États nationaux.

    http://www.labisalp.arc.usi.ch/it/pubblicazioni/histoire-des-alpes-storia-delle-alpi-geschichte-der-alpen
    #Alpes #montagne #histoire #revue #régimes_frontaliers #Etat-nation
    #Schwytz #Suisse #contrebande #brigands #déserteurs #prêtres #Pyrénées_basques #surveillance #France #Italie #Vosges #Yougoslavie #traité_de_rapallo #Rapallo #rapallo_border #Javorina #pologne #République_Tchèque #frontières_naturelles #frontière_naturelle #Lac_Léman #pollution

    Sommaire :
    https://feeds.usi.ch/documents/attachment/1741/123.pdf?_ga=2.23089082.1601997148.1540132160-38925395.1539941994
    ping @reka



  • Deux trains de nuit sauvés grâce à la mobilisation « en faveur des usagers et du #Climat »
    https://www.bastamag.net/Deux-trains-de-nuit-sauves-grace-a-la-mobilisation-en-faveur-des-usagers-e

    C’est une belle victoire pour le collectif « Oui au train de nuit » qui rassemble usagers, associations environnementales et syndicats. Les deux dernières lignes de train de nuit en France, Paris-Briançon mais aussi Paris-Rodez/Latour de Carol (dans les Pyrénées-Orientales), vont être maintenues. Les rames devraient être rénovées pour 30 millions d’euros, a annoncé le 22 septembre la ministre chargée des #Transports Élisabeth Borne. « La convention actuelle entre l’État et la SNCF doit s’arrêter en 2020 : (...)

    En bref

    / Climat, #Services_publics, Transports


  • La justice française estime avoir déjoué une tentative d’assassinat d’un opposant congolais
    https://www.lemonde.fr/international/article/2018/09/15/la-justice-francaise-estime-avoir-dejoue-une-tentative-d-assassinat-d-un-opp

    Les deux anciens agents de la DGSE mis en examen mercredi auraient projeté d’éliminer Ferdinand Mbaou, un ancien militaire prêt à en découdre avec le régime de Denis Sassou-Nguesso.

    La justice estime avoir déjoué une opération visant à assassiner, sur le sol français, l’opposant congolais Ferdinand Mbaou. Deux anciens agents de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), Daniel Forestier et Bruno Susini, ont été mis en examen, mercredi 12 septembre, au tribunal de grande instance de Lyon, pour « participation à une association de malfaiteurs » et « détention d’explosif ». Ils ont été placés sous contrôle judiciaire contre l’avis du parquet, qui avait requis un mandat de dépôt. Le ministère public a fait appel de cette décision. Un troisième homme, Alain Brunet, a été entendu sous le statut de témoin assisté. Une information judiciaire a été ouverte le même jour et confiée à la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS).

    Tout s’est passé très vite. Le vendredi 7 septembre, la Direction générale du renseignement intérieur (DGSI) transmet au parquet de Lyon le fruit de ce qu’elle décrit comme un « entretien » avec Daniel Forestier mettant en évidence le projet d’élimination de Ferdinand Mbaou. La rencontre aurait eu lieu au commissariat d’Annemasse (Haute-Savoie), les 31 août et 1er septembre.

    L’ex-agent de la DGSE, qui affirme être un ancien militaire de carrière ayant servi quatorze ans au sein du service action, aurait, selon les dires de la DGSI, revendiqué être à la tête d’un groupe constitué pour tuer l’opposant congolais qui réside à Bessancourt, dans le Val-d’Oise. La motivation avancée porterait sur le fait que celui-ci « cherchait à renverser le président actuel » de la République du Congo, Denis Sassou-Nguesso. D’après les propos de M. Forestier, toujours rapportés par les agents de la DGSI, des repérages auraient été réalisés en mai et en juin de cette année en région parisienne. Il aurait néanmoins ajouté qu’il considérait que « le projet n’était pas réalisable ».

    Aucune protection

    Une enquête préliminaire est ouverte le jour même de la transmission des renseignements de la DGSI. Les 8 et 9 septembre, les policiers procèdent aux interpellations en Corse, en Haute-Savoie et à Orléans. Lors des gardes à vue, les trois personnes entendues, dont Daniel Forestier, démentent, néanmoins, l’existence de ce complot criminel.

    Pour étayer l’accusation, le parquet fait alors auditionner, le 11 septembre, les deux agents de la DGSI qui avaient recueilli les propos de l’ex-agent de la DGSE au commissariat d’Annemasse. Ils ont repris, dans le détail, les éléments déjà fournis sous forme de note de renseignement le 7 septembre et ont ajouté que l’élimination devait intervenir avant la fin de l’année. Au terme de leur « entretien », en dépit du risque encouru par la cible, ils disent avoir reçu « ordre de laisser [M. Forestier] repartir librement ».

    L’ancien général congolais devenu opposant en exil, M. Mbaou, aujourd’hui âgé de 62 ans, a déjà fait l’objet d’une tentative d’assassinat, le 10 novembre 2015, dont la justice est toujours saisie. L’attaque avait été perpétrée derrière son domicile. Il vit, depuis, avec une balle logée dans le bas du dos. « Je sais que le régime de Denis Sassou-Nguesso cherche à nous assassiner et est prêt à envoyer des agents du Congo ou à recruter des tueurs en France qu’ils paient des millions de dollars détournés des caisses de l’Etat », a-t-il affirmé au Monde, au téléphone.

    Depuis cette première tentative, M. Mbaou dit avoir reçu d’autres menaces. « Il y a environ un mois, j’ai alerté les services français après avoir reçu des SMS et des appels de menaces de mort », nous a-t-il confié. Interrogé, par Le Monde, sur le projet d’assassinat qui a été dénoncé par la DGSI à la justice, il assure ne pas en avoir été informé. De même, il ne bénéficierait, aujourd’hui, d’aucune protection.

    Un opposant radical à Denis Sassou-Nguesso

    Nommé général une semaine avant la chute du président Pascal Lissouba en octobre 1997, renversé par les miliciens de Denis Sassou-Nguesso, M. Mbaou a effectué une partie de sa formation militaire au centre national d’entraînement commando (CNEC) de Mont-Louis, dans les Pyrénées-Orientales.

    Il se décrit comme un opposant radical, perçu, par certains de ses compatriotes, comme « un matamore » aux discours belliqueux. « On ne peut pas désarmer ce régime sans des armes, et je suis prêt à prendre les armes », insiste-t-il. Ces propos vindicatifs et ces intentions putschistes lui ont valu le gel de ses avoirs par les autorités françaises, « à quatre reprises depuis 2015 », note-t-il.

    Néanmoins, selon des spécialistes de cette région d’Afrique, Ferdinand Mbaou ne constituerait pas une réelle menace pour le régime actuellement à la tête du Congo. En revanche, son discours politique offensif serait habilement utilisé par des sociétés de sécurité privées pour nourrir la peur de certains chefs d’Etats africains sur l’existence d’une menace sécuritaire. De quoi, ensuite, ouvrir la voie à la signature de juteux contrats de protection.

    Enfin, une autre inquiétude pourrait justifier une éventuelle opération du régime de Brazzaville contre M. Mbaou. Il existerait, en effet, des liens entre ce dernier et le réputé brutal général Nianga Mbouala, qui a été écarté de la tête de la garde présidentielle après avoir été soupçonné de fomenter un coup d’Etat.

    « Qui cherche-t-on à déstabiliser et pourquoi ? »

    Dans ce contexte, Denis Sassou-Nguesso, réputé pour ses méthodes musclées, et son neveu, le puissant patron des services de sécurité, Jean-Dominique Okemba, pourraient ne pas avoir lésiné sur le recours aux services de sociétés de sécurité ou d’intelligence économique française pour faire surveiller les opposants.

    Jointe par Le Monde, l’avocate de Bruno Susini, Me Marie-Alix Canu-Bernard, a estimé qu’il s’agissait « d’une procédure ahurissante construite sur une simple déclaration anonyme et sans qu’aucune enquête judiciaire, ni même aucune vérification des propos tenus ne soient réalisées. On peut légitimement s’interroger sur les réelles motivations de cette affaire et de sa médiatisation. Qui cherche-t-on à déstabiliser et pourquoi ? »

    L’avocat d’Alain Brunet, Me Benjamin Audouard, s’est borné à souligner que son client n’était « qu’un acteur secondaire de l’affaire » et que le parquet de Lyon lui-même indiquait qu’il s’agissait « d’une procédure particulière ».

    Le conseil de Daniel Forestier, Me Cédric Huissoud, n’a pas souhaité répondre à nos questions. Son client, par ailleurs auteur de livres d’espionnage, a publié plusieurs ouvrages dans lesquels il relate ses missions en France et à l’étranger. Dans l’un d’eux, il mentionne, en exergue, cette phrase de Jean Cocteau, « Pour bien tuer l’ours, vendez d’abord sa peau. »


  • RN 134 : le camionneur tombé dans un ravin est décédé, la pollution s’étend
    La République des Pyrénées l publié le 28 août 2018 à 8h52, modifié à20h53
    http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2018/08/28/rn-134-le-camionneur-tombe-dans-le-ravin-est-decede,2410661.

    Un conducteur de camion était tombé dans un ravin sur la RN 134, ce lundi. Les secouristes ont annoncé son décès ce mardi matin.
    (...)
    Les secours ont tenté d’abord de remonter le camion ainsi que sa citerne remplie de chlorite de soude. Pour ce faire, deux grues ont été dépêchées sur les lieux. Mais face à la position de la cabine, ils craignent que le relevage ne provoque encore plus d’écoulement du chlorite. Dès lors, la décision a été prise de d’abord pomper le produit des cuves avant d’entamer l’extraction du tracteur du semi-remorque et de désincarcérer la victime. « C’est une course contre la montre qui va s’engager », commentait ce midi Christian Vedelago, directeur de cabinet du préfet sur place depuis ce matin. En effet, Météo France annonce un risque d’orage et de grêle ainsi que du vent sur le Béarn à partir de 17 heures. Des conditions météo qui pourraient rendre les opération plus compliquées.

    «  »""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""
    Accident en vallée d’Aspe : 200 manifestants contre les camions sur la RN 134
    Par Gildas Boënnec, publié le 30 août 2018 à 7h40.
    http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2018/08/30/accident-en-vallee-d-aspe-200-manifestants-contre-les-camion

    Les gendarmes ont soulevé les manifestants pour les déplacer sur le bord de la route.
    © g.B.

    Après l’accident ayant provoqué un décès et la pollution du gave, une manifestation a réuni 200 personnes hier près d’Accous. Les camions ont été bloqués en signe de ras-le-bol.

    #valléed’Aspe #Pollution



  • Mort d’Aretha Franklin : quand la « reine de la soul » enchantait le Palais des sports de Paris
    Francis Marmande, Le Monde, le 16 août 2018
    https://abonnes.lemonde.fr/disparitions/article/2018/08/16/mort-d-aretha-franklin-quand-la-reine-de-la-soul-enchantait-le-palai

    Archives. Seul concert d’Aretha Franklin en Europe en 1977, il est marqué par la lecture d’une scène de « Cyrano de Bergerac » et l’attitude d’un public de gougnafiers.

    Lundi 28 novembre 1977, soleil pâle : la reine de la soul music, l’impératrice des musiques de l’âme, la fille du révérend Franklin chavirée par le style de Ray Charles, l’homologue de James Brown, mais femme-femme, trois fois femme, Aretha Franklin, est au Palais des sports de Paris.

    Robe lamée, éclairages pour Holiday on Ice, esthétique tchécoslovaque, sono de salle des pas perdus à la gare Saint-Lazare, prix stratosphériques, orchestre sous-payé, bouillie sonore, public très mixte, ce qui n’est, sauf pour le free jazz, la musique antillaise et le blues, à l’époque jamais la règle. Dehors, queue de comète du gauchisme virulent, affaire de l’avocat allemand des chefs de la Fraction armée rouge Klaus Croissant, c’est soir de manif.

    Le concert d’Aretha Franklin est son seul concert en Europe. Son Aretha in Paris avait été enregistré en public dans les premiers jours de mai 1968. Le concert commence avec un solide retard. Ambiance d’échauffourée larvée. Le côté non voulu de la carrière d’Aretha est émouvant : cet enfant qu’elle a à 14 ans, sans bien savoir ; l’aspect étape des Alpes de sa course sentimentale ; celui, étape des Pyrénées avec quatre cols, de ses relations avec ses maisons de production, tout cela finit par toucher énormément et s’inscrit dans sa voix.

    A l’époque du Palais des sports, elle vient de tomber sous la houlette de l’immense et méconnu Curtis Mayfield (il lui permet d’enregistrer, en 1976, la bande originale du film Sparkle). Bien plus tard, Curtis Mayfield reste paralysé pour avoir pris un projecteur sur le crâne. Le dialogue d’Aretha Franklin avec le malheur n’est pas moins constant que celui qu’elle instaure avec la gloire.

    Une ambiance de radio-crochet

    De toute façon, comme Nina Simone, elle voulait être concertiste et uniquement concertiste, puisqu’elle en avait la compétence et la reconnaissance académique. Mais, Noire. Et il se trouve aujourd’hui de petites douanières de la pensée universitaire (si l’expression n’est pas devenue un oxymore), elles cachetonnent dans les universités américaines et interprètent, sur fond de gender studies et pensée politique de bactérie, les attitudes et les déclarations de Nina Simone ou d’Aretha Franklin, voire leurs choix musicaux, comme autant de stratégies de carrière. Fines mouches. Misère !

    Aretha Franklin est la première artiste à avoir dépassé par les ventes Elvis Presley. Elle est noire, elle impose le respect, sa voix couvre quatre octaves, elle milite pour les droits civiques, pour la culture, pour l’émancipation des femmes dans la culture afro-américaine. C’est le temps de la militante Angela Davis. N’importe quel clip ce soir peut donner, a contrario, la mesure du combat de ces femmes. Lesquelles ne faisaient que reprendre avec virulence le style de Bessie Smith, de Ma Rainey et de toutes ces filles du blues qui vivaient entre filles.

    Sur la scène du Palais des sports, dans une ambiance de radio-crochet, il lui vient une idée. Aretha Franklin n’a pas réussi à nouer avec le public turbulent ce lien sensuel, agressif, charmeur, gorgé de rythmes et de gospel profane qu’elle noue d’habitude. Qu’il attend. Pourtant, le public est partant. Mais les choses ne passent pas. C’est un temps où les publics sont comme aujourd’hui : uniquement prêts à aimer ce qu’ils connaissent déjà.

    Dans ces années 1960-1970, on vire Anita O’Day parce qu’elle est trop blanche, on conspue Albert Ayler parce qu’il joue trop free, Archie Shepp parce qu’il ne joue plus free, le Modern Jazz Quartet parce qu’il est trop bien sapé, Sun Ra parce qu’il ne l’est pas assez. Bref, l’intelligence ne manque pas.

    Elégance casse-cou

    C’est l’instant qu’Aretha Franklin choisit pour faire entrer en scène Glynn Turman, inconnu au bataillon, acteur de télé très célèbre dans le Middlewest, pas du tout au Palais des sports. C’est son nouvel amoureux. Elle lui fait fête. Elle est ainsi faite. Ambiance. Ils s’installent et elle l’interviewe dans la langue de Faulkner. Ambiance. On leur apporte les commodités de la conversation (pour mémoire : des fauteuils). Là, scène très étrange. Glynn Turman extirpe laborieusement de sa poche une édition de Cyrano de Bergerac : dans la langue d’Edmond Rostand. Ils lisent ensemble une (trop) longue scène de la pièce. C’est pour être agréable à l’Amour, à la culture, à la langue, à la France. Ingratitude des gougnafiers. Grande ambiance. Sortie injuste autant que piteuse de l’amant.

    Ce dont on se souvient, c’est la façon impérieuse, sèche, indéniable, dont Aretha Franklin récupère au piano, avec un blues sans fioriture, la situation, le déséquilibre. Et l’aliénation les gougnafiers. Qui fondent comme des nigauds. Ce génie de l’art et de la maladresse, cette élégance casse-cou, l’inaptitude totale au trucage, cette beauté de fille surprise par l’âge de femme, c’est exactement ce qu’on aimait. Sans indulgence, mais sans réserve.

    #Aretha_Franklin #Musique #Soul #Francis_Marmande

    • Archive : Aretha Franklin, « force et grâce » à l’Olympia en 1968
      Lucien Malson, Le Monde, le 8 mai 1968
      https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2018/08/16/archive-aretha-franklin-force-et-grace-a-l-olympia-en-1968_5343116_3382.html

      8 mai 1968. Que le jazz ait fécondé les variétés, qu’il ait eu avec elles des rejetons plus ou moins charmants, qu’il ait en tout cas modifié l’apparence de l’art populaire occidental, voilà ce dont on ne peut douter. D’autre part, ce grand séducteur voyage sous des noms nouveaux et, muni de faux papiers d’identité, va de New York à Londres et de Londres à Paris. Qu’est-ce donc que le « rhythm and blues » authentique, sinon une musique qui n’existe que pour le swing et ne vaut que par lui ?

      En ce domaine, les Noirs des Etats-Unis nous ont toujours paru difficilement imitables, non par le fait de quelque génie racial – à supposer qu’il soit concevable, celui-ci se trouverait aujourd’hui fort dilué –, mais en raison des circonstances de leur vie. Ce n’est pas un hasard, par exemple, si les talents de la plupart des chanteuses de couleur, depuis la guerre, éclosent dans les églises avant de s’épanouir dans les salles de concert. Cette expérience du rythme extatique, dès l’enfance, a marqué Fontello Bass, Mitty Collier, Byrdie Green, Etta James, Gloria Jones, Kitty Lester et, bien sûr, Aretha Franklin, que nous avons applaudie hier soir aux galas d’Europe 1.

      Comparée à Ray Charles

      Aretha Franklin, fille d’un pasteur baptiste, née à Memphis en 1942, s’est consacrée d’abord au gospel song et, pendant sept ans, jusqu’à la saison dernière, à toutes les formes de l’art vocal de divertissement chez Columbia. Désormais, Atlantic la révèle telle qu’elle est au plus profond d’elle-même : musicienne de jazz dans l’âme, et que la critique, outre océan, compare déjà – un peu hâtivement – à Ray Charles.

      La voix puissante d’une Mahalia Jackson et un tempérament scénique remarquable

      La troupe d’Aretha Franklin, c’est vrai, s’apparente à celle de Charles. Elle apporte partout où elle passe un mélange réjouissant de chants et de danses, de musique et de spectacle. Pourtant, le groupement criard et assommant, qui assure la première partie, n’a rien à voir avec celui de son illustre confrère ni même avec l’ensemble de James Brown. Les douze musiciens jouent selon le vieux principe du « chacun pour soi et Dieu pour tous » et ne se rachètent qu’après l’entracte en accompagnant tout de même assez bien la chanteuse. Celle-ci a la voix puissante d’une Mahalia Jackson et un tempérament scénique remarquable. Sa très jeune sœur, Caroline Franklin, anime un aimable trio vocal qui tient ici le rôle des « Raelets ».

      Tant de force et tant de grâce alliées font merveille. Le public parisien a beaucoup aimé une Aretha Franklin qui se promet de revenir et nous donne ainsi l’espoir d’assister plus souvent à ces « soirées de la 125e Rue », auxquelles nous restons très attachés.
      ==============================
      Et pourtant ce concert a été très critiqué, jusque même sur la pochette du disque live (lors de sa réédition en CD) qui s’excuse que ce ne soit pas son meilleur concert...


  • Prostitution : CHOISIE OU PAS, LES CLIENTS SONT LES MEMES – Révolution Féministe
    https://revolutionfeministe.wordpress.com/2018/06/03/prostitution-choisie-ou-pas-les-clients-sont-les-meme

    C’est désolant de constater que l’attitude de la société envers les prostituées reflète celle des clients. Le taux d’homicide des prostituées est le plus élevé de tous les types d’activités et pour toutes les femmes, et quand une prostituée est assassinée, ça fait très peu de bruit dans les medias. Notre société voit les clients comme des braves types qui ont bien le droit d’acheter et d’utiliser des femmes. Amnesty International a même proposé que l’achat de sexe devienne un droit humain, niant le droit humain fondamental de NE PAS être prostituée. Le droit à la liberté d’expression, le droit à la protection des personnes, le droit à un traitement juste et égal au travail, le droit de vivre libre de toute torture et le droit de ne pas subir des viols et des rapports sexuels non-désirés, ces droits sont refusés aux prostituées. Le « choix » dans ce contexte fait très peu de différence.

    Vouloir criminaliser les clients mais pas les prostituées ne signifie pas qu’on hait ou qu’on exclut les « travailleuses du sexe ». Criminaliser les clients, ça n’affecte que les clients.

    Vu chez Delphy... Un texte signé Olivia et qui fait le point sur la question de belle manière, je trouve. Je n’aimerais pas trop apprendre qu’il a été écrit par une personne qui n’a pas cette expérience et que le témoignage est bidonné, parce que j’apprécie beaucoup cette parole et la liberté qu’elle prend de refuser un #féminisme_du_choix omniprésent.
    #prostitution

    • Sur Libé sur le blog dédié à la déculpabilisation des putiers et proxos, il y a un texte ce matin qui explique qu’il y a une augmentation de la traite, avec des victimes plus jeunes depuis la loi de pénalisation des puteux.
      http://ma.lumiere.rouge.blogs.liberation.fr/2018/08/16/exploitation-en-hausse-dans-lindustrie-du-sexe-mal
      Ca me rappel que lorsque la prostitution est légale comme en Allemagne, la traite augmente aussi et fait des victimes aussi plus jeunes. Du coup c’est pas une question de contexte législatif, c’est plutot que les hommes exigent toujours plus de servant·es sexuels et ils les exigent toujours plus jeunes. Ca se voit très bien avec le porno dont la consommation à augmenté de manière explosive et mondiale avec internet. Sa propagation ne conduit pas à une réduction de la violences, du racisme, de la culture du viol, de la misogynie, de la pédocriminalité ... Sa prohibition non plus. On parle souvent du besoin d’éducation en le réduisant tout de suite à la pédagogie. Comme si les adultes étaient dispensés.

      Pour revenir au texte que tu partage, il fait ce travail d’éducation à déstination d’adultes. Le fait que les prostitueurs prennent le risque de violer et/ou de profiter des traumatismes d’une personne qui a subit des violences sexuelles et cela sans que ca les fassent débandé à toujours été à mes yeux un argument très puissant. Je pense que c’est un argument à creusé. Je l’ai déjà utilisé et entendu contré par des puteux.

      Par exemple dans un docu sur France3 vu il y a quelques années, un prostitueur disait (en mangeant un steak) « Je veux pas savoir si mon steak à souffert pour venir dans mon assiette, c’est pareil pour les prostituées ». (Celui là confond humain·es et non-humain·es, pas facile d’argumenter avec un anthropophage.)

      Entendu plusieurs fois de la part de prostitueurs type Chester Machin (un prostitueur qui a fait une BD j’ai oublié son sinistre nom) et de nombreux consommateurs de films porno ; « J’arrive à savoir si la fille est consentante ». (Vu que la personne prostituées est payé pour ca, c’est circulaire, autoréalisateur et impossible mais à mon avis il y a beaucoup à développé).

      Je sais pas si tu en a entendu d’autres, mais merci pour ce lien.

      Ps : Au passage dans le texte de libé il y a un « argument » qui me fait pensé à une discutions récente sur le viol par conjoint·e :

      Une collègue faisait récemment une comparaison en affirmant que la cause des violences domestiques n’était pas la demande en mariage de la part des hommes, et qu’aucune personnalité politique ne songeait jusqu’à présent abolir le mariage pour lutter contre ces violences.

      Que les personnalité politique médiatisées n’y songent pas est une chose, certaines y ont songé parfois (à la révolution française entre autre) et les féministes y songent souvent.

    • J’ai dans mes cartons le pendant d’Égologie appliqué au féminisme, où il est question des dérives libérales du féminisme, y compris en milieu radical (de même qu’Égologie ne prend pas trop la peine de taper sur Rabhi mais interroge l’action de personnes qui font vivre les alternatives avec plus ou moins de générosité et de clairvoyance).

      Mes principales cibles sont le féminisme du choix et l’individualisation du genre (oui, l’individualisation des rapports sociaux de sexe, appréciez l’oxymore). Et sur la prostitution, démarche individuelle d’empowerment à laisser à l’appréciation des #personnes_les_premières_concernées, j’y parle du travail de deux sociologues dans les Pyrénées-Orientales, un département marqué par la présence à la frontière de bordels défiant toute concurrence. Elles y font un tableau de relations F-H marquées par la crainte de la comparaison avec les prostituées de la Jonquera. J’ai trouvé leur propos sur le site de l’AN suite à leur participation à une commission parlementaire, c’est accablant.

      À part ça, je peine à trouver une maison d’édition... alors que je sens la même demande monter par fatigue de tout un tas d’abjection maquillé en féminisme (je sens aussi une opposition prête à me tomber dessus). C’est le même type de texte, même taille, même travail de synthèse issu d’années de lectures et d’interrogations depuis l’intérieur.

    • @alain1, tu ne cesses de faire allusion à la modestie de nos échanges mais cette modestie t’appartient : il est depuis longtemps prouvé que les clients de la prostitution ne sont pas célibataires, seuls et dans la « misère sexuelle ». (Il faudrait parler de cette expression qui à mon avis s’applique plus justement aux femmes célibataires dont une moitié seulement pratique la masturbation, les autres ayant un tas de barrières sociales à franchir avant de savoir se faire plaisir comme tous les hommes savent le faire.) Il ne s’agit pas de l’accès à une relation sexuelle (ou affective) mais à une relation de pouvoir. Il y a beaucoup de discours qui essaient de gommer cet aspect : la pute au grand cœur, tout ça, mais ça ne tient pas devant une enquête socio un peu sérieuse des publics de la prostitution. Que tu colportes ces clichés est un problème mais je pense que nous nous intéressons plus aux raisons pour lesquelles ils circulent.

    • Pardon, je vais demander pardon pour mon assertivité ? Mec, on est nombreuses ici à pas mal lire sur le sujet, on en a parlé ensemble (cc @touti, @monolecte et les autres) pendant des années, notamment en 2014 à l’occasion du débat parlementaire, on a échangé des tonnes d’articles et d’arguments, dans la bonne foi et le respect qui sont la marque de fabrique de Seenthis. Alors un :

      les clients, la plupart du temps dans une misère sexuelle profonde

      il se prend ce qu’il mérite. Non, ce n’est pas un pauvre cliché en passant, oups, un moment d’inattention comme ça nous arrive à tou·tes. C’est un mensonge abject qui justifie ce que tu identifies pourtant toi aussi à de l’exploitation. En colportant naïvement ce cliché sur les pauvres types qui vont aux putes parce que personne sauf eux n’a touché leur zizi depuis de longs jours (misère !), tu te fais le complice des exploiteurs.

      Et en plus, tu envoies chier la première meuf qui te le dit, alors que beaucoup d’hommes ici, et parfois des très cultivés et très sages (justement) comme @rastapopoulos ou @reka ou @philippe_de_jonckheere entre autres, sont capables d’entendre la qualité des arguments des femelles de ce réseau et de leur accorder de la reconnaissance en échange d’un petit moment d’humilité qui les honore et les grandit encore.

      Sur ton petit argument d’autorité :

      pas mal d’années consacrées à écrire

      j’avais une copine à Bordeaux dont le métier était de recevoir, pour le conseil régional, des auteurs et autrices qui avaient besoin de conseils juridiques et techniques. La pauvre se fadait en majorité les sollicitations d’hommes âgés, rendus plus que confiants par une socialisation masculine et une petite carrière qui s’était bien déroulée (et qui se déroule d’autant mieux pour les hommes qu’ils sont mariés et ont d’enfants) et convaincus que leurs bouquins étaient formidables et le refus des éditeurs une injustice. Je te reconnais dans ce tableau-là, même sans trop te connaître.

      Je suis allée voir le résultat de tes fameuses années d’écriture et je ne trouve que de la prétention. Tu mets en avant tes stats et ton blog est à 50 visites par jour mais tu préviens tes visiteurs et visiteuses que tu es en vacances (ça doit leur faire une belle jambe). Tes éditeurs ne sont pas diffusés, ce sont donc à peine des éditeurs et l’un d’eux explique doctement ne pas vouloir de ligne éditoriale (mais ils ont l’air de gens très bien, je te l’accorde, sans ironie). Quant aux écrits, ta pose de vieux sage sur la montagne est insupportable et par exemple j’ai l’impression d’avoir lu cent fois ce propos sur le discours médiatique qui banalise, déshumanise et au final ne permet pas de comprendre.
      http://alainlasverne.eklablog.com/habiter-enfin-le-monde-au-travers-de-l-info-mediatique-a1457

      J’ai 41 ans, j’en avais déjà marre de me faire prendre de haut par des mecs avant d’avoir de la bouteille, alors je ne vais pas me laisser marcher sur les pieds maintenant. Tu as cru pouvoir le faire parce que je racontais ne pas trouver d’éditeur pour mon texte mais ce n’est pas parce que je suis à la rue : j’ai vendu 2-3 000 exemplaires de mes deux beaux bouquins de l’an dernier et ce n’est pas fini. C’est parce que, je le raconte aux autres, mes trois éditeurs (de vrais éditeurs, présents sur table dans toutes les bonnes librairies) n’en veulent pas parce qu’il est explosif et qu’ils n’ont pas assez exploré le sujet pour l’assumer. Ce sont plutôt des écolos ou anars, quant à la maison féministe que j’ai sollicitée, elle a déjà remarqué mes écrits qu’elle apprécie mais ne publie plus qu’un livre par an (au passage, c’est très dommage, on avait aimé leurs ouvrages de Léo Thiers-Vidal et du collectif anti-mascu).

      Ta distribution condescendante de bons points pour les femelles qui se comportent bien (« C’est déjà bien de reconnaître quand on a n’a rien à dire sur un sujet. Une marque d’humilité peu courante sur les réseaux sociaux... » https://seenthis.net/messages/714875) est à l’opposé des hommes ici qui savent à quel point les femmes ont besoin d’encouragements pour aller à rebours de ce que le reste du monde leur renvoie. Elle est malveillante. Je relis mon seen après coup et il est déjà presque assez étoffé, je ne le trouve pas assez bien pour le publier mais pas non plus inintéressant, je suis sûre qu’il t’a appris des choses (ne serait-ce que parce qu’il porte en partie sur une région du monde mal connue en France), ce que tu n’as pas pris la peine de signaler.

      J’ai lu en diagonale ton commentaire et cru voir une remarque sur mon style et un choix lexical qui serait fautif, contradictoire avec le reste de mon propos. Merci, prof, mais c’est un choix lexical que j’ai fait en connaissance de cause, justement pour modaliser mon propos (que tu me reproches d’être trop assertif, va comprendre). La langue est peut-être ton outil de travail, que tu te flattes de maîtriser et de fait tu écris de manière correcte (à part les codes typo), mais moi ça a un temps été mon objet d’études. Si tu veux corriger mon français, lève-toi plus tôt. Quant à mon assertivité qui t’est pénible, je m’en fiche tellement... Mes capacités à m’engager dans un dialogue respectueux ont été validées par largement assez de monde lors de la tournée Égologie pour que je puisse me remettre à prendre cette remarque (plus qu’éculée) pour autre chose que ce qu’elle est : un mec se plaint qu’une femme lui fasse de l’ombre parce qu’elle existe.

      Mon conseil, c’est de venir ici pour apprendre des autres, pas pour les rabaisser - comme je viens de faire en guise d’auto-défense de moi-même et des prochaines que tu allais a priori prendre pour tes réceptacles à lumière. Sinon ça ne va pas très bien se passer. Mais si jamais tu y arrives, tu en sortiras grandi humainement, avec beaucoup d’ami·es (en vrai, des qui boiront des verres avec toi, te feront des gâteaux et t’inviteront dans leur maison) dont la grande culture, la curiosité et la bonne foi ne sont pas les moindres des qualités. Je ne te bloque pas tout de suite, je te laisse une dernière chance.

    • J’ai bloqué @alain1, il a perdu sa chance de montrer qu’il savait demander des excuses, au moins en disant qu’il ne se rendait pas compte de ce que son propos pouvait avoir de condescendant ou macho. Cet exemple me montre par contraste la qualité de nos échanges ici avec plein d’hommes très attentifs à ça - et que je remercie au passage !

    • Et en plus, tu envoies chier la première meuf qui te le dit, alors que beaucoup d’hommes ici, et parfois des très cultivés et très sages (justement) comme @rastapopoulos ou @reka ou @philippe_de_jonckheere entre autres, sont capables d’entendre la qualité des arguments des femelles de ce réseau et de leur accorder de la reconnaissance en échange d’un petit moment d’humilité qui les honore et les grandit encore.

      Tu met jonckheere dans cette liste ... tu n’as peut être jamais été contre son avis pour dire ca.

      Sinon sur la prétendue misère sexuelle masculine j’ai mis pas mal de doc là dessus au moment des agressions à Cologne je vais voir ce que je retrouve. @alain1 partage le mode de pensée des #incels : le corps des femmes est une ressource économique et matérielle comparable à l’argent. Un homme qui n’a pas accès aux corps d’au moins une femme est misérable et lésé. C’est un droit qu’on lui spolie aussi important que celui à un revenu contre un travail. L’accès au sexe des femmes c’est son salaire d’être un homme.

      –---
      Sur la « misère sexuelle » :
      https://seenthis.net/messages/690758
      https://seenthis.net/messages/640083#message640086
      https://seenthis.net/messages/535800#message544240
      https://seenthis.net/messages/524372
      #misère_sexuelle

    • Il y en a pourtant qui suivent les fils, depuis l’ombre. Merci pour votre lumière et vos tournures corrosives, elles sont sources intarissables d’inspiration, de réflexion - et d’action !

      L’accès au sexe des femmes c’est son salaire d’être un homme.

      Boum. Merci, mad meg !

    • Pas du tout envie de lire les #clichés_de_papa en 2018

      … et les clients, la plupart du temps dans une misère sexuelle profonde. Bref, éviter les généralisations, les amalgames imprécatoires.

      En soutien à @aude_v et pour les propos pourris (EDIT et non excusés) qu’il tient, je bloque @alain1

    • Merci @touti ! Ça arrive à tout le monde, de sortir un cliché sans faire gaffe, mais refuser la moindre remarque là-dessus alors que le cliché en question est un argument ignoble, ça ne donne pas envie de continuer la discussion. Chez toi aussi on sera tranquilles, il y a assez de caca comme ça sur Twitter. Merci @najort aussi d’être sorti·e de l’ombre...


  • L’imposture de la France n°1 du tourisme : les vrais chiffres Xerfi Alexandre Mirlicourtois - 25 Juin 2018 _
    http://www.xerficanal-economie.com/ensavoirplus/Alexandre-Mirlicourtois-L-imposture-de-la-France-n%C2%B01-du-to

    
Le classement de l’offre hôtelière européenne a vraiment de quoi surprendre. En première position, l’Italie avec près de 2,250 millions lits. Pourquoi pas ! A la deuxième place, le Royaume-Uni avec un peu moins de 2 millions de lits, c’est un peu plus étonnant, suivi de l’Espagne et surprise de l’Allemagne. La France, elle, pointe seulement au 5ème rang avec 1,312 millions de lits, soit 9,5% de l’offre disponible en Europe.

    Pour un pays qui revendique la place de numéro 1 mondial du tourisme c’est étrange même si bien entendu, l’offre d’hébergement ne se limite pas aux hôtels. En fait, la France championne du monde du tourisme, c’est une imposture. Une imposture bien entretenue par les pouvoirs publics qui dégainent aussi sec pour assoir notre suprématie mondiale, le nombre de visiteurs étrangers passés par l’Hexagone : avec 89 millions, c’est plus que l’ensemble de la population française, la France caracole toujours en tête du classement mondial. Elle distance l’Espagne qui aurait ravi la place de numéro 2 aux États-Unis l’année dernière.

    Les recettes touristiques rapportées au PIB, indicateur-clé
    Mais avec ces chiffres, on passe à côté de l’essentiel c’est-à-dire le chiffre d’affaires réalisé par tous ces touristes sur le territoire. C’est le seul qui vaille réellement. Sous cet angle, la France tombe de son piédestal et se retrouve en 3ème position, loin derrière, très loin derrière les Etats-Unis et à une petite encablure de l’Espagne. Et encore cette troisième place est obtenue aux forceps, au prix d’une révision statistique qui d’un coup d’un seul a ramené 10 milliards d’euros de recettes supplémentaires.

    Sinon, la France aurait glissé à la 5èmeplace, devancée par la Thaïlande et la Chine. Et elle continue de glisser si l’on rapporte le chiffre d’affaires réalisé au nombre de touristes. En concentrant l’analyse sur 28 les pays de l’Union européenne hors Luxembourg plus la Suisse, la France se hisse péniblement à une piteuse 17ème place. Même avec les chiffres redressés, avec 596 euros de recettes en moyenne par touriste, elle se situe 13% en-dessous de la moyenne européenne.

    Et si la France rétrograde autant, c’est que nombre de visiteurs étranger sont des « pseudo-touristes » c’est-à-dire qu’ils passent mais ne s’arrêtent pas ou pas assez longtemps pour dépenser significativement et consommer autres choses que des sandwiches sur les aires de repos des autoroutes ou payer les péages. En fait, pour savoir si la France est performante en matière touristique, il faut se reporter à la ligne voyage de la balance des paiements, unique juge de paix en la matière. En rapportant, les recettes au PIB pour gommer les effets de taille, il est facile de déterminer quels sont les pays hyperspécialisés ou hyper-performants en matières touristique.
    La montée en gamme de l’Espagne 
Sans surprise, les pays du Sud sont aux avants postes, la Croatie, Chypre et Malte se distinguent mais la France n’a pas réellement vocation être comparée à ces petites économies mono-spécialisées sur le tourisme. En revanche, la comparaison a du sens avec l’Espagne, alors même que la France à un double avantage, le tourisme hivernal grâce à son domaine skiable hors normes, auquel il faut encore ajouter le tourisme d’affaires. Or en dépit de cela, les recettes touristiques hexagonales représentent 2,3% de son PIB contre désormais 5,2% en Espagne. Et ce, grâce à une stratégie offensive de montée en gamme et de développement de l’offre de l’autre côté des Pyrénées.

    Autrement dit, si le tourisme français était aussi performant que le tourisme espagnol, les recettes feraient plus que doubler. Ce calcul a bien entendu ses limites. Mais cela en dit long sur les limites de l’objectif gouvernemental de 100 millions de touristes. Ce qui compte ce sont les recettes, la montée en gamme donc et in fin le solde. Avec moins de 20 milliards d’euros, le solde touristique a épongé 27% de notre déficit commercial l’année dernière. C’est un début de réponse à notre manque de compétitivité. Mais il est largement sous exploité. Sans arriver au niveau de l’Espagne mais des recettes à 4% du PIB et c’est 40 milliards d’euros supplémentaires en d’autres termes le financement du déficit extérieur n’est plus un problème.

    #France #Tourisme #Imposture #Information #économie #médias


  • Affaire d’état ou vaudeville ? l’amour jusqu’à la trahison
    Le djihadiste et la recrue du FBI, la presse dresse le bilan du premier acte de l’affaire Benalla

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    L’Aquarius surfe sur les ventes de ses IPhone les plus chers

    La canicule suspend l’autorisation d’imprimer des armes en 3D
    Justice américaine : dix-neuf départements en vigilance orange mercredi

    Caracas : la SNCF et RTE se renvoient la balle
    La gare Montparnasse plongée dans le noir

    Routes : deux fois plus de retraités français flashés sur routes limitées à 80 km/h
    L’âme lisboète séduit les automobilistes

    #de_la_dyslexie_créative


  • Harcelée dans la rue, elle publie des mesures sociales « d’urgence »

    Maroc : le roi veut l’Univers

    Cambodge : forte participation aux vidéosurveillances, le parti au
    pouvoir revendique la Canicule

    Comment les images de la NASA ont changé notre regard sur la victoire

    Législatives : des « comités d’éthique » sans Eclipses solaires et lunaires, sans budget et, parfois, sans activité

    l’affaire Benalla : les Pyrénées-Orientales placées en alerte, rejoignent l’Ardèche, la Drôme et le Rhône

    Les personnages-clés à connaître pour comprendre une perte de capitalisation astronomique

    Pouvoirs : comment ça marche ?

    Facebook : la vidéo de son agression

    #de_la_dyslexie_créative



  • Affaire Benalla : quand la « bande d’Alexandre » suit Macron à l’Elysée
    https://www.lemonde.fr/emmanuel-macron/article/2018/07/20/affaire-benalla-quand-la-bande-d-alexandre-suit-macron-a-l-elysee_5334111_50

    Ce soir de printemps 2017, derrière la tribune, le jeune homme veille pour la première fois de sa vie sur un président de la République. Un Graal, à 25 ans. Quelques jours plus tard, le voilà à l’Elysée comme adjoint au chef de cabinet – une formule floue qui signifie qu’il s’occupe désormais du quotidien du président. Il dispose d’un bureau et d’une voiture de fonction.

    Le teaser de l’autrice est attirant, sur le virilisme de la sécurité macronienne, mais c’est derrière #paywall.

    Au SO, chacun son surnom : autour d’« Alex », il y a « Momo Testo » (pour « testostérone »), « Kamel Judoka » ou encore « Barbiche ». Sur une messagerie privée, Benalla résume ce que lui inspirent les consignes des policiers : ils n’ont qu’à « se faire enculer. »

    • Benalla, jugé pour violences et relaxé en 2016 - L’Express
      https://www.lexpress.fr/actualite/societe/fait-divers/benalla-deja-juge-pour-violences-en-2016_2026833.html

      Nous sommes en août 2015, et Alexandre Benalla, qui n’est pas encore ce jeune chargé de la sécurité d’Emmanuel Macron, fait l’objet d’une plainte déposée au commissariat de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

      Une femme, probablement membre de sa famille, l’accuse de « violences volontaires ayant entraîné une incapacité temporaire de travail (ITT) supérieure à 8 jours ». Le 18 mars 2016, la 12e chambre correctionnelle du tribunal de Nanterre juge celui qui deviendra quelques mois plus tard conseiller au Palais de l’Élysée. Une décision de relaxe a été rendue, sans que les motifs du jugement en explicitent les raisons.

      #viril

    • Affaire Benalla : quand la « bande d’Alexandre » suit Macron à l’Elysée

      Autour d’Alexandre Benalla s’était formée une équipe soudée qui ne quitte jamais le sillage du président.

      Un léger signe, discret, derrière une colonne. Un regard, un geste pour indiquer le chemin à suivre. Le 7 mai 2017, Emmanuel Macron fête sa victoire dans la cour du Louvre. Il marche dans la nuit, solitaire, au son de L’Hymne à la joie. Dans l’ombre, un homme accompagne ses pas jusqu’à l’estrade où il va prononcer son premier discours de chef d’Etat. Au pied de l’escalier de fer, le président tout frais élu abandonne sur sa gauche le guide de cette longue marche prési­dentielle, un homme brun de 25 ans qui s’éclipse en coulisse : Alexandre Benalla.

      Ce soir de printemps 2017, derrière la tribune, le jeune homme veille pour la première fois de sa vie sur un président de la République. Un Graal, à 25 ans. Quelques jours plus tard, le voilà à l’Elysée comme adjoint au chef de cabinet – une formule floue qui signifie qu’il s’occupe désormais du quotidien du président. Il dispose d’un bureau et d’une voiture de fonction.

      Quoique simple gendarme de réserve et alors que son expérience se limite à des missions de sécurité privée, le voilà chargé de superviser la protection d’Emmanuel Macron. Une étrangeté, puisque c’est d’ordinaire le groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) qui est chargé de la sécurité du chef de l’Etat. Benalla et les hommes du GSPR (policiers et gendarmes) traitent désormais d’égal à égal. Non sans rivalités, de plus en plus aiguisées.

      « M. Sécurité » d’Emmanuel Macron

      Dès l’été 2017, le nouveau « M. Sécurité » d’Emmanuel Macron accompagne le couple présidentiel dans la France entière : à vélo sur la route de la Corniche dans la station balnéaire du Touquet, le berceau de Brigitte Macron, sur les pistes de La Mongie, au cœur des Pyrénées, durant l’hiver. Mais aussi au Salon de l’agriculture, étape obligée des présidents français, ou dans l’Orne, pour sécuriser le village de Berd’huis avant le « 13 heures » de Jean-Pierre Pernaut, sur TF1, en avril. Autour de Benalla, d’autres personnages discrets de la campagne d’Emmanuel Macron qui ont, comme lui, suivi le candidat à l’Elysée après la fameuse soirée à la Pyramide du Louvre.

      L’équipe s’est formée pas à pas, entre la création d’En marche !, au printemps 2016, et la déclaration officielle de candidature, en novembre. La « bande d’Alexandre », comme l’appelle l’entourage du président, s’est soudée dans cette campagne électorale inédite dans l’histoire de la Ve République : un simple ministre, jamais élu, sans solide appareil derrière lui, porté au sommet de l’Etat.

      Emmanuel Macron installe son siège de campagne dans un immeuble de la rue de l’Abbé-Groult, dans le 15e arrondissement de Paris. Les « cerveaux » sont regroupés au sixième étage, les « gros bras » au quatrième. Le sixième, c’est l’étage d’Emmanuel Macron, « le chef ». Le quatrième, c’est celui d’Alexandre Benalla et du SO, le service d’ordre. « Alexandre était le seul à avoir accès au sixième », raconte un occupant du quatrième.

      Au quatrième, on croise Christian Guédon, un ancien officier du GIGN, responsable de la sécurité d’En marche ! aux débuts du parti – un de ces visages anonymes qu’on aperçoit, à la télévision, dans le sillage du président. Et puis Pierre-Yves Baratier, un ancien militaire reconverti dans la « protection rapprochée », et Vincent Crase, un officier de réserve de la gendarmerie, chargé de la sécurité de l’immeuble. Crase, c’est cet homme que l’on retrouve avec Alexandre Benalla, le 1er mai, place de la Contrescarpe, face à des manifestants qui les prennent pour des policiers.

      Armoire à glace

      Crase et Benalla se connaissaient bien avant de travailler ensemble pour le candidat Macron. A la veille des révélations du Monde, le premier nous assurait à peine connaître le second. En réalité, Crase a été le supérieur de Benalla avant de devenir son collaborateur dans la campagne. Selon des documents que nous nous sommes procurés, le capitaine Crase a dirigé en 2009 le stage de formation du gendarme réserviste Benalla, et a même signé l’attestation l’autorisant à manier un « pistolet automatique MAS G1 S ». Ils ne se sont plus perdus de vue. En 2016, au moment où se créait En marche !, les deux hommes ont fondé ensemble une éphémère Fédération française de la sécurité privée, qui, selon Vincent Crase, n’a « jamais eu d’activités ».

      Cette équipe du quatrième étage, on la retrouve aujourd’hui dispersée entre l’Elysée et le siège de La République en marche, mais toujours soudée. Au siège du parti présidentiel, Pierre-Yves Baratier et Vincent Crase dirigent la sécurité. Christian Guédon, lui, a retrouvé la gendarmerie et a suivi Emmanuel Macron à l’Elysée. Il est devenu l’une des « épaules » du chef de l’Etat – en jargon de garde du corps, celui qui reste collé juste derrière l’homme à protéger.

      C’est lui qu’on aperçoit dans une séquence filmée en janvier par « Quotidien », l’émission de TMC présentée par Yann Barthès. On y a rarement vu aussi nettement la proximité, voire la familiarité liant le président et ceux qui le protègent. Lors d’un déplacement, Emmanuel Macron signe des autographes en se moquant de Christian Guédon. Le garde du corps répond par un « enfoiré ! » et un « salaud ! », le président rit à gorge déployée.

      Ce sont les piliers de l’équipe hétéroclite qu’Alexandre Benalla a recrutée au siège de campagne. On y retrouve des gardes du corps expérimentés et des novices comme « Makao », l’armoire à glace qui a tant intrigué les médias pendant la campagne présidentielle avant de réapparaître sur les écrans en candidat de l’émission de télé-réalité « Secret Story ». C’est Alexandre Benalla qui aurait repéré et recruté ce « marcheur » ultra baraqué lors d’un déplacement du candidat Macron. Le SO peut aussi compter sur les vigiles de la société de sécurité privée Tego, recrutés pour sécuriser de nombreux meetings et déplacements, ainsi que sur les « helpers » – les bénévoles, en langage interne.

      « Infos inutiles »

      Au SO, l’ambiance est moins policée que dans le reste de l’équipe de campagne. A chacun son surnom : autour d’« Alex », il y a « Momo Testo » (pour « testostérone »), « Kamel Judoka » ou encore « Barbiche ». On croise aussi le chien de Vincent Crase. L’animal et son maître ont élu domicile le temps de la campagne dans une chambre aménagée au quatrième étage. Christian Guédon, l’ancien du GIGN, laisse parfois traîner dans les bureaux son Glock, un pistolet automatique.

      « Dans l’équipe, il y avait aussi quelques amis d’Alexandre plus “racailles”, on les appelait “les vigiles de boîtes de nuit” », raconte un ancien du SO. Un jour, ils se seraient même disputés avec un bénévole et lui auraient jeté une bouteille au visage. Le sixième étage n’en a rien su. « Alexandre considérait qu’il ne fallait pas remonter les infos inutiles au chef, explique un témoin. Il savait que Macron, attaché à la probité, allait surréagir. »

      Alexandre Benalla aime – déjà – jouer au policier. Il a l’idée de louer des monospaces Ford Galaxy bleu foncé, identiques à ceux utilisés par le groupe de sécurité de la présidence de la République. Il les fait équiper de gyrophares bleus, en théorie réservés aux forces de l’ordre (en juillet 2016, lorsqu’il était « chef de cabinet » du délégué interministériel Jean-Marc Mormeck, sans salaire – mais avec carte de visite –, il avait déjà négocié un gyrophare et un pare-soleil « police » pour le délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’outre-mer).

      Pied sur l’accélérateur, on conduit « le chef » ou ses conseillers à leurs rendez-vous et aux meetings. Un passager se souvient d’un convoi emmenant le candidat sous la pluie vers un meeting dans l’est de la France, avec des pointes à 200 km/h : « A un moment, la voiture du “chef” a fait de l’aquaplanning sur l’autoroute, on s’est calmés. » Benalla tient aussi à équiper lui-même ses hommes. « On avait des gazeuses [des bombes lacrymogènes] de 400 ml, des grenades de dispersion, des matraques télescopiques en plastique, liste l’un d’eux. Ces armes nécessitent des autorisations qu’on n’avait pas toujours. »

      « Macron, une fois qu’il fait confiance, il n’y a plus de contrôle »

      En novembre 2016, Emmanuel Macron déclare enfin sa candidature. Il a désormais droit à une protection fournie par l’Etat. Le SO doit coordonner ses « missions » avec quelques policiers du service de la protection (SDLP) affectés à la campagne. Alexandre Benalla défend ses prérogatives. Dans des échanges entre membres du SO sur une messagerie privée, consultés par Le Monde, il résume ce que lui inspirent les consignes des policiers : ils n’ont qu’à « se faire enculer ». « Macron est un vrai entrepreneur donc il sait déléguer, mais une fois qu’il fait confiance, il n’y a plus de contrôle », analyse un ancien du service d’ordre de 2016, qui réclame comme tous les autres l’anonymat : « Dans la sécurité, tout le monde se connaît, personne ne tient à perdre son job. »

      Le 4 juin, pour fêter le premier anniversaire de sa victoire, Emmanuel Macron a invité à l’Elysée près de trois cents anciens piliers et petites mains de sa campagne. Les anciens du service d’ordre étaient présents, en masse. Alexandre Benalla les a accueillis, comme s’il était un peu chez lui. Il venait tout juste d’être père. Les violences de la Contrescarpe, le mardi 1er mai, et la discrète « suspension » de quinze jours signifiée par le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron n’avaient pas fuité hors de l’Elysée. Pour lui, la fête était vraiment complète.

      Après leurs sanctions légères, Alexandre Benalla et Vincent Crase ne se sont pas cachés. Au contraire : au défilé du 14-Juillet sur les Champs-Elysées, on pouvait les croiser dans la tribune officielle, pas loin du « chef ». Parmi les invités, Vincent Crase, qui avait revêtu pour l’occasion son uniforme et ses galons d’officier de gendarmerie. Benalla, lui, assurait la sécurité de la tribune et des invités. C’était six jours avant sa garde à vue et son licenciement par l’Elysée.

    • « Alexandre considérait qu’il ne fallait pas remonter les infos inutiles au chef, explique un témoin. Il savait que Macron, attaché à la probité, allait surréagir. »

      Alexandre Benalla aime – déjà – jouer au policier. Il a l’idée de louer des monospaces Ford Galaxy bleu foncé, identiques à ceux utilisés par le groupe de sécurité de la présidence de la République. Il les fait équiper de gyrophares bleus, en théorie réservés aux forces de l’ordre

      « On avait des gazeuses [des bombes lacrymogènes] de 400 ml, des grenades de dispersion, des matraques télescopiques en plastique, liste l’un d’eux. Ces armes nécessitent des autorisations qu’on n’avait pas toujours. »


  • Emmanuel Macron annule son déplacement sur le Tour de France dans les Pyrénées mercredi
    23/07/2018 -
    https://www.ladepeche.fr/article/2018/07/23/2840383-emmanuel-macron-annule-deplacement-tour-france-pyrenees-mercredi.h

    L’affaire Benalla n’en finit pas de faire des vagues et de perturber l’agenda de l’été élyséen. Ainsi, le président de la République, Emmanuel Macron, qui devait venir sur l’étape reine du Tour de France entre Bagnères-de-Luchon et Saint-Lary col du Portet, sur 65 kilomètres, mercredi après-midi, a annulé cette séquence de sa visite dans les Hautes-Pyrénées. Il y sera toutefois présent pour l’inauguration du nouveau ponton du Pic du Midi, jeudi matin, ainsi que pour un dîner privé à l’abbaye de l’Escaladieu mercredi soir.

    #Benalla



  • Dépakine et rejets toxiques : Sanofi au cœur de la tourmente | Léonie Piscator
    http://www.revolutionpermanente.fr/Depakine-et-rejets-toxiques-Sanofi-au-coeur-de-la-tourmente

    Les milliers d’« enfants-Dépakine » et leurs familles ne sont pas les seules victimes de Sanofi. Le géant pharmaceutique se voit aujourd’hui au cœur d’un nouveau scandale sanitaire et environnemental, l’ayant amené à fermer l’une de ses usines dans les Pyrénées-Atlantiques. Source : Révolution permanente


  • Des rejets toxiques à des niveaux astronomiques dans l’usine Sanofi de Lacq
    Mediapart - 8 juillet 2018 Par Jade Lindgaard
    https://www.mediapart.fr/journal/france/080718/des-rejets-toxiques-des-niveaux-astronomiques-dans-l-usine-sanofi-de-lacq?

    L’usine Sanofi du bassin de Lacq, dans les Pyrénées-Atlantiques, émettait au printemps 2018, date des dernières mesures disponibles, jusqu’à 190 000 fois plus que le maximum autorisé d’une substance cancérogène et susceptible d’altérer la fécondité. Mediapart a eu accès à un rapport qui détaille la gravité de la situation. Représentant·e·s écologistes et syndicaux s’alarment mais l’État ne sanctionne pas.
    (...)
    Les rejets toxiques de l’usine de Sanofi de Mourenx (Pyrénées-Atlantiques) qui fabrique la Dépakine, ce médicament contre l’épilepsie dangereux pour les femmes enceintes et leurs fœtus, atteignaient, au printemps 2018, date des dernières mesures disponibles, des niveaux astronomiques : jusqu’à 190 000 fois au-dessus du plafond autorisé pour le bromopropane, une substance pouvant nuire à la fertilité et au fœtus. Le chiffre paraît fou, impossible à croire.

    « On a vu des rejets épisodiques chez les industriels mais de cette quantité et de cette durée, c’est la première fois », résume Jean-Michel Poupon, responsable de l’union locale CGT. « Cette situation ne devrait jamais arriver. C’est un cas grave », explique Solène Demonet, coordinatrice du réseau risques et impacts industriels de France Nature Environnement (FNE), une des plus grosses ONG écologistes nationales. Pour Patrick Mauboulès de la fédération Sepanso, qui siège au comité de suivi de site du bassin de Lacq, « c’est scandaleux ».(...)

    • #dépakine #sanofi #cancérigènes #assassins #big_pharma

      https://www.ladepeche.fr/article/2018/07/15/2836451-gard-le-laboratoire-sanofi-d-armon-perquisitionne.html

      Les enquêteurs souhaitaient collecter des documents sur les incidents de production à Mourenx. L’usine qui produit la Dépakine, rejetterait des taux de valproate, jusqu’à 90 000 fois plus élevés que les seuils limites autorisés. La production avait donc cessée lundi.

      Le groupe pharmaceutique français avait déclaré qu’une étude réalisée à sa demande par un organisme indépendant concluait que les risques sanitaires liés aux rejets de valproate de sodium étaient inférieurs aux valeurs toxicologiques de référence (VTR).
      L’Anses saisie par le gouvernement

      Un avis que nuance l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (l’Anses), pour qui « la VTR fondée sur la dose posologique minimale doit être revue au regard des nouvelles études publiées et des effets observés », car « des effets neurodéveloppementaux et néfastes sur la reproduction pourraient apparaître à des doses plus faibles que celles induisant des malformations congénitales ».

      L’agence précise que ses experts n’ont pas pu identifier de dose minimale de valproate « en dessous de laquelle des effets sur la reproduction et le développement sont susceptibles de ne pas se produire ». L’Anses, avait été saisie le 29 juin par le gouvernement pour évaluer en urgence les données d’impact sanitaire transmises par Sanofi, afin de fixer des prescriptions supplémentaires de sécurité.