• « L’immigration renforce l’incitation à la formation et l’arrêt de l’immigration réduit cette incitation »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/05/13/l-immigration-renforce-l-incitation-a-la-formation-et-l-arret-de-l-immigrati

    « L’immigration renforce l’incitation à la formation et l’arrêt de l’immigration réduit cette incitation »
    Chronique de Pierre-Cyrille Hautcœur
    Directeur d’études à l’EHESS (Ecole d’économie de Paris)
    Les récents propos de François Ruffin qui s’est déclaré « hostile à l’immigration pour le travail » provoquent des débats justifiés sur un terrain trop souvent réservé à l’idéologie. Choisir des politiques appropriées demande, de fait, de prendre en compte un grand nombre d’effets indirects, et de penser à long terme. Quoi de mieux que d’observer le cas de la restriction de l’immigration la plus importante de l’histoire : celle des Etats-Unis dans les années 1920 ? Après des afflux importants d’immigrés à partir des années 1880, le pays a établi des barrières à l’encontre des Asiatiques, juste avant la première guerre mondiale, et en 1920, a imposé des quotas sévères aux Européens.
    Une étude américaine d’octobre 2025, « Immigration Restrictions and Natives’ Intergenerational Mobility : Evidence from the 1920s US Quotas » (« restrictions en matière d’immigration et mobilité intergénérationnelle des autochtones : les enseignements tirés des quotas des années 1920 »), apporte une analyse quantitative détaillée de cet épisode. James Feigenbaum, Yi-Ju Hung, Marco Tabellini et Monia Tomasella y exploitent la numérisation complète des recensements états-uniens. Ils analysent l’impact à long terme de ces quotas sur le devenir des différentes catégories sociales et professions. Grâce à ces données, ils peuvent distinguer les zones géographiques directement affectées par l’immigration et éviter de confondre l’effet des quotas avec d’autres évolutions. Ils montrent ainsi que l’impact varie considérablement selon les groupes sociaux et professionnels.
    Globalement, les Noirs pauvres, qui sont les plus directement concurrencés par les immigrés peu qualifiés, ne bénéficient pas significativement de la baisse de cette concurrence. En ce qui concerne les autres catégories sociales, elles voient leur situation se détériorer : une partie se retrouve à remplir des emplois peu qualifiés qui étaient occupés par les migrants, alors qu’auparavant elles bénéficiaient d’une complémentarité de leurs qualifications avec cette population récemment arrivée. C’est particulièrement observable pour tous ceux qui n’ont pas pu ou voulu se déplacer vers les régions les plus dynamiques : leurs salaires en 1940 ont pris un retard important par rapport aux plus mobiles.
    Cette complémentarité entre immigrés et natifs peut se comprendre de la manière suivante : il est d’autant plus intéressant de se spécialiser dans des tâches plus complexes, dès lors qu’il y a des gens – par exemple ceux qui ne parlent pas anglais – qui ne peuvent pas y prétendre, mais qui peuvent occuper des tâches plus simples. L’immigration renforce l’incitation à la formation, et a contrario l’arrêt de l’immigration réduit cette incitation.
    Les auteurs montrent ainsi que les travailleurs natifs des régions les plus affectées par les quotas se forment plutôt moins après les années 1920. Et cela explique près de la moitié de la réduction de leurs perspectives de carrière et de salaire. Pourtant, parmi les natifs, tous ne sont pas logés à la même enseigne : les personnes issues des catégories sociales supérieures échappent à cette détérioration : plus mobiles, mieux protégées par des réseaux de sociabilité permettant des reconversions, elles augmentent leur avantage par rapport aux classes moyennes.
    Ce cas doit nous faire réfléchir sur les mécanismes qui rendent l’immigration profitable pour les Français d’aujourd’hui : il n’est pas nécessaire de faire venir des gens plus qualifiés, mais plutôt ceux qui sont indispensables pour accomplir les tâches qui demandent beaucoup de travail, par exemple dans le soin et la santé. Cela serait même utile de les intégrer pleinement au marché du travail en les régularisant, comme en Espagne. En même temps, il faut encourager l’investissement, la recherche et la formation pour créer de nouveaux emplois qualifiés et faciliter la mobilité sociale et professionnelle. C’est l’absence de telles perspectives qui crée la frustration des catégories sociales qui se croient menacées par l’immigration. Et le repli sur soi n’améliorera pas leur situation.

    #Covid-19#migration#migrant#france#immigration#economie#sante#integration#naturalisation

  • La Suède décide de durcir ses règles d’obtention de la nationalité - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71192/la-suede-decide-de-durcir-ses-regles-dobtention-de-la-nationalite

    La Suède décide de durcir ses règles d’obtention de la nationalité
    Par RFI Publié le : 04/05/2026
    À Stockholm, le Parlement a adopté mercredi 29 avril de nouvelles règles qui durcissent les critères en vue d’obtenir la nationalité suédoise. La nouvelle législation entrera en vigueur le 6 juin prochain et s’appliquera de façon rétroactive aux personnes qui ont déjà déposé un dossier conforme, une première en Europe. Plus de 100 000 individus en attente d’un passeport sont concernés.
    Obtenir la nationalité suédoise sera bientôt plus compliqué. À compter du 6 juin prochain, de nouvelles règles - plus strictes - entreront en vigueur dans le pays pour tous ceux qui souhaitent se lancer dans cette démarche. Ainsi, il faudra désormais pouvoir justifier non plus de cinq mais de huit ans de résidence dans le pays. Les candidats devront par ailleurs bénéficier d’un revenu d’au moins 2 000 euros par mois, passer de nouveaux tests de langue et « mener une vie honnête », un critère jugé flou et controversé.
    Si elle s’appliquera à tout nouveau dossier, cette législation concernera aussi toutes les personnes dont la demande est déjà en cours de traitement, à leur grand désarroi. Tel est par exemple le cas de James, un Britannique de 46 ans installé en Suède qui attend de recevoir son nouveau passeport depuis trois ans.
    Exprimant sa frustration face à cette nouvelle législation, cet homme qui confie avoir « vraiment travaillé dur » pour construire sa vie en Suède, en apprendre la langue, fonder une famille et s’intégrer dans le pays, dit se sentir « déshumanisé » et « rabaissé », ajoutant que cette incertitude n’est pas sans répercussions sur sa santé. James s’inquiète notamment de ne pas pouvoir atteindre le niveau de revenu requis. Amer, il estime également que la Suède est en train de mettre en place un environnement de plus en plus dissuasif, avec des procédures rallongées et des dossiers qui n’aboutissent pas, dans le but de décourager les demandes de visa ou de nationalité.
    Évoquant une situation « kafkaïenne » et expliquant être venu en Suède pour échapper aux discours de haine et de division, celui-ci dit avoir aujourd’hui « l’impression d’assister à un accident au ralenti » et voir le pays reproduire les mêmes erreurs que d’autres avant lui. Malgré tout, James affirme ne pas vouloir abandonner sa démarche et se dit prêt à attendre autant que nécessaire

    #Covid-19#migration#migrant#suede#politiquemigratoire#sante#naturalisation

  • La Suède durcit de façon rétroactive les conditions pour obtenir la naturalisation
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/01/la-suede-durcit-de-facon-retroactive-les-conditions-pour-obtenir-la-naturali

    La Suède durcit de façon rétroactive les conditions pour obtenir la naturalisation
    Par Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)
    HENRIK MONTGOMERY/AFP
    Depuis 2005, le 6 juin, « jour du drapeau » en Suède, est férié. Dans toutes les communes du royaume, des cérémonies sont organisées pour célébrer les nouveaux citoyens suédois. A Stockholm, des membres de la famille royale participent parfois aux célébrations. De tous les jours de l’année, c’est celui-là que le gouvernement libéral-conservateur et l’extrême droite a choisi pour introduire les nouvelles règles d’octroi de la nationalité suédoise, adoptées mercredi 29 avril par le Parlement.
    En attente d’une décision, plus de 100 000 personnes vont être affectées. Du jour au lendemain, leur demande de naturalisation pourrait être jugée invalide. Peu importe que ces ressortissants d’origine étrangère aient rempli toutes les conditions exigées au moment du dépôt de leur dossier. Les nouvelles règles vont s’appliquer rétroactivement. Faisant de la Suède une exception en Europe, le gouvernement a refusé d’assortir la loi d’une période de transition, pourtant réclamée par le Conseil sur la législation, qui examine les projets de loi avant qu’ils soient présentés au Parlement.
    Originaire de Manchester (Royaume-Uni), Becky Waterton, 32 ans, mariée à un Suédois et mère d’une enfant ayant la nationalité suédoise, est très remontée. Arrivée dans le royaume scandinave en 2019, elle a déposé sa demande de naturalisation en avril 2024, dès qu’elle a obtenu un permis de séjour permanent. Depuis, elle attend. Officiellement, les dossiers doivent pourtant être traités dans les six mois. En réalité, il faut compter autour de cinquante-six mois pour obtenir une décision, selon les statistiques des services de l’immigration.Or, le temps presse pour Becky Waterton, comme pour des dizaines de milliers de personnes. Car si sa demande n’est pas acceptée avant le 6 juin, elle ne répondra plus à certains des critères désormais exigés. Avoir vécu sept ans en Suède, contre trois actuellement, pour les personnes mariées à des ressortissants suédois, par exemple : « Ce ne sera le cas qu’en novembre pour moi. Donc, si une décision est prise avant, je serai déboutée. »
    Il faudra, par ailleurs, qu’elle passe deux tests, visant à évaluer sa connaissance de la société suédoise et ses compétences linguistiques. Or, le premier examen ne sera prêt qu’en août et disponible uniquement pour un millier de candidats, tandis que le second ne devrait pas être finalisé avant l’automne 2027. En attendant, les candidats à la naturalisation devront se débrouiller pour obtenir divers certificats attestant de leurs compétences.
    Diplômée de l’Institut européen d’administration des affaires à Fontainebleau (Seine-et-Marne), Anna Bärlund, 40 ans, née en Russie, dont le mari et la fille sont suédois, assure qu’elle ne considère pas la naturalisation « comme un droit » et elle trouve « légitime » qu’un pays modifie les règles conditionnant son accès. Mais elle ne supporte plus le manque de prévisibilité dans la procédure et l’incertitude qui en découle. Arrivée à Stockholm en 2019, cette spécialiste de l’intelligence artificielle, ancienne employée du cabinet de conseil McKinsey, a déposé son dossier en 2023.
    Depuis avril 2025, les services de l’immigration détiennent son passeport. « Si je veux le récupérer pour voyager, je dois faire une demande quinze jours à l’avance, avec le risque de me retrouver à la fin de la queue. » Craignant de retarder la procédure, elle a dû refuser des contrats à l’étranger. « J’ai l’impression d’être en prison, cela a un énorme impact sur ma vie personnelle et professionnelle », dit-elle, rappelant qu’elle n’est pas venue s’installer en Suède « pour la météo », mais « pour la stabilité » que le pays offrait et dont elle a le sentiment qu’elle a disparu. Anna Bärlund et son mari envisagent désormais de quitter le royaume scandinave. Ils ne sont pas les seuls, assure Patrick Gallen, porte-parole du mouvement Fair Transition, qui se mobilise depuis le début de l’année pour réclamer une période d’adaptation. Les députés de l’opposition ont présenté un amendement en ce sens le 29 avril. Il a été rejeté à 147 voix contre 146 par les députés. « Le gouvernement a privilégié une politique des symboles au détriment d’une mise en œuvre concrète d’un aspect extrêmement important de la politique d’immigration et d’intégration dans ce pays », dénonce Patrick Gallen, qui estime que l’ensemble de la séquence « va nuire gravement à la réputation de la Suède en tant que destination de choix pour les talents internationaux ». Becky Waterton est amère : « J’ai choisi de vivre ici, je me sens suédoise. Mais on me fait sentir que je ne suis pas la bienvenue dans ce pays. »

    #Covid-19#migrant#migration#suede#politiquemigratoire#naturalisation#droit#sante#immigration

  • Algérie. Des frontières qui tuent l’#économie des peuples du désert

    Avec plus de 6 700 kilomètres de frontières terrestres, l’Algérie fait face dans son grand Sud à un dilemme qu’aucune décision militaire ne peut trancher seule : comment sécuriser un territoire sans briser les sociétés qui le font vivre ?

    Mohammed a 28 ans et conduit des camions à #Tin_Zaouatine, l’une des bourgades algériennes les plus reculées, perchée à l’extrémité sud du pays, à quelques kilomètres du #Mali. Durant sa carrière de camionneur, il traversait souvent la frontière algéro-malienne pour acheminer des marchandises au nord du Mali. Depuis la prise du pouvoir des militaires à Bamako en 2021 et l’intensification des bombardements de l’armée malienne contre les groupes djihadistes, notamment dans la région de #Gao, et contre le #Front_de_libération_de_l’Azawad (#FLA) plus au nord, son activité s’est effondrée.

    « Nous vivons une abondance relative ici, dit-il, mais l’autre moitié de la famille et des proches au Mali ont été durement touchés. »

    Ce témoignage résume, mieux que n’importe quelle statistique, la fracture que vivent les populations frontalières du grand Sud algérien. D’un côté, un État qui sécurise ses #marges pour faire face à l’#instabilité chronique du #Sahel. De l’autre, des sociétés tribales dont les liens de sang, de #commerce et de culture enjambent les frontières depuis des siècles — et qui subissent de plein fouet chaque tour de vis sécuritaire.

    Des frontières qui n’ont jamais existé dans les esprits

    L’Algérie possède la plus longue frontière terrestre d’Afrique. Ses 6 734 kilomètres la connectent à sept pays voisins, dont le Mali (1 376 kilomètres), la #Libye (989 kilomètres) et le #Niger (956 kilomètres) — trois frontières particulièrement sensibles depuis l’effondrement de la Libye en 2011 et la déstabilisation progressive du Sahel.

    Mais sur le terrain, ces #lignes tracées par les États modernes se superposent à un tissu social et économique bien plus ancien, qui n’a jamais reconnu de séparations rigides. Les #Touaregs#Imuhagh dans leur propre langue — sont présents aussi bien dans le #Hoggar et le #Tassili algériens qu’en #Azawad malien ou dans l’#Aïr nigérien (voir carte ci-dessous). Les tribus arabes #Zaouïa, comme les #Kounta, jouent depuis des générations un rôle de médiation sociale et religieuse qui dépasse les frontières, et certains de leurs notables siègent encore aujourd’hui au Parlement algérien.

    Les #mariages_intercommunautaires entre l’Algérie, le Mali, le Niger et même jusqu’en Mauritanie au sud-ouest restent fréquents. Chaque crise diplomatique devient ainsi un fardeau social direct pour des #familles_éclatées de part et d’autre d’une #ligne_administrative. Le Sud algérien est aussi une #mosaïque_linguistique rare : on y parle l’#arabe et le #tamasheq, mais aussi des langues menacées comme le #korandje — mélange d’arabe, de berbère et de songhaï — ainsi que des dialectes #haoussa et #peul portés par les communautés frontalières et les flux migratoires.

    Le « #tahrib », une #économie_de_survie

    Dans ce contexte, la #mobilité_transfrontalière n’est pas un luxe mais une condition de survie. Pour les jeunes des zones reculées comme Tin Zaouatine, il n’existe souvent aucune autre perspective que d’intégrer les circuits du tahrib — terme qui désigne à la fois l’acte de « faire passer » et, plus largement, la #contrebande organisée. C’est ce que souligne Raouf Farrah, chercheur en géopolitique :

    "Concrètement, le tahrib consiste à exporter vers le Mali des produits algériens de première nécessité, souvent subventionnés : semoule, pâtes, carburant, électronique. Le différentiel de prix entre les deux pays rend ces flux extrêmement rentables pour les opérateurs locaux. Mais ils sont aussi vitaux pour les villes maliennes voisines comme #Tessalit ou #Kida."

    « le Nord-Mali, déconnecté des corridors logistiques de Bamako, dépend davantage de l’Algérie pour sa subsistance que de sa propre capitale. »

    Un chiffre suffit à mesurer l’ampleur du phénomène : selon les données de l’Office National des Statistiques (2018-2023), les exportations algériennes vers le Mali et le Niger sont inférieures à 2 millions de dollars par an (1,7 million d’euros). Ce chiffre dérisoire masque une économie parallèle structurée, animée par des réseaux touareg historiques — dont le chiffre d’affaires réel a cependant été divisé par trois depuis 2011.

    Trafic de documents d’identité

    « Les Nigériens, Tchadiens et Soudanais paient pour devenir algériens avec l’aide des habitants de la région », rapportent des témoins contactés par Maghreb Émergent. « Le processus consiste à se faire inscrire par des Algériens comme l’un des leurs, né dans le désert. Je suis au courant de ce trafic depuis 2006, mais on m’a récemment expliqué que ce ne sont pas seulement les Nigériens et les Maliens ayant des proches algériens qui utilisent cette démarche pour obtenir la #nationalité, les Tchadiens aussi y ont recours », raconte un témoin. « J’ai des proches là-bas, ils ont ces documents payés. »

    La #nationalité_algérienne coûte 600 000 FCFA (environ 1 000 euros) pour les Nigériens ou Maliens ayant des proches algériens, mais les Tchadiens paient 1 million de FCFA (1 500 euros), faute de réseau local.

    La problématique de l’accès à la nationalité dans les zones frontalières du Sud algérien repose, en premier lieu, sur l’héritage complexe du #tracé_colonial. Ce #découpage_territorial a fragmenté des communautés nomades, à l’instar des #tribus_touarègues, dont les structures sociales et les modes de vie s’affranchissent des frontières étatiques. Cette situation entrave la régularisation administrative de nombreuses familles et complexifie l’établissement des preuves d’allégeance nationale, certains individus refusant par ailleurs l’adhésion aux États malien ou nigérien.

    Parallèlement, le processus de #naturalisation fait l’objet de dérives systémiques impliquant des réseaux de coordination transfrontaliers entre le Mali, le Niger et la Mauritanie. Selon une source administrative, l’acquisition de la citoyenneté est désormais dénaturée par des pratiques corruptives où intermédiaires administratifs et magistrats facilitent des enregistrements frauduleux, souvent sous couvert de liens familiaux supposés avec des ressortissants subsahariens. Cette opacité structurelle occulte désormais la distinction entre les ayants droit légitimes et les bénéficiaires de manœuvres illicites.

    Quand la sécurité provoque des #crises_humanitaires

    La #militarisation progressive des frontières depuis 2011, puis les récentes tensions diplomatiques entre Alger et Bamako, ont asphyxié ces #échanges, avec des conséquences immédiates et sévères. Des blocus autour de villes comme #Gao et #Tombouctou ont conduit l’Algérie à suspendre momentanément ses #exportations. Le résultat a été sans appel.

    « L’absence de marchandises a provoqué une véritable #catastrophe_humanitaire et alimentaire », rappelle Akram Kharief — une situation si grave qu’elle a contraint Alger à reprendre les flux pour éviter le pire. C’est la démonstration par l’absurde de l’interdépendance de ces deux espaces : on ne peut pas fermer le robinet sans que des populations en meurent de soif.

    Pour les familles frontalières, la rupture prend une dimension encore plus personnelle. Elle brise les réseaux de solidarité traditionnels, met en péril des équilibres économiques construits sur des générations et transforme chaque décision politique prise à Alger ou à Bamako en tragédie familiale.

    Face à l’instabilité sahélienne, la traditionnelle #hospitalité du #désert résiste, mais se fissure. Les tribus frontalières continuent de traiter les exilés subsahariens avec humanité — eau, orientation, protection. Mais l’infiltration d’éléments djihadistes cherchant à se fondre dans le tissu tribal a profondément modifié l’équation sociale.

    « Cela place tout le monde sous suspicion », avertit Moussa, un exilé installé actuellement à Oran, dans l’ouest du pays, qui a travaillé pendant dix ans sur les routes transfrontalières entre le Mali et l’Algérie. Cette réalité a justifié, aux yeux des autorités algériennes, un renforcement du dispositif militaire qui limite drastiquement la #liberté_de_mouvement — y compris celle des populations locales qui n’ont rien à voir avec les réseaux armés.

    Une question existentielle sans réponse facile.

    Ces sociétés frontalières se trouvent aujourd’hui dans un étau. Coincées entre un État central qui, pour garantir sa sécurité, essaie de s’immuniser des réseaux djihadistes qui sévissent encore dans la région et une instabilité régionale qui ne montre aucun signe d’apaisement, elles font face à une question que ni Alger ni les capitales sahéliennes ne semblent vouloir poser ouvertement : peut-on sécuriser une frontière sans insécuriser la société qui la fait vivre ?

    Comme le formule sobrement une source locale : « La frontière administrative ne peut pas annuler l’unité sociale et économique. » La vraie question est de savoir si les États de la région en ont pris la mesure — avant qu’il ne soit trop tard.

    https://orientxxi.info/Algerie-Des-frontieres-qui-tuent-l-economie-des-peuples-du-desert

    #frontières #Algérie

  • « En quelle année Napoléon a-t-il été sacré ? » : le test civique en France, un examen « facile » pour les uns, « aïe, aïe, aïe » pour les autres - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69861/en-quelle-annee-napoleon-atil-ete-sacre---le-test-civique-en-france-un

    « En quelle année Napoléon a-t-il été sacré ? » : le test civique en France, un examen « facile » pour les uns, « aïe, aïe, aïe » pour les autres
    Par Charlotte Boitiaux Publié le : 16/02/2026
    Depuis le 1er janvier 2026, les étrangers demandant pour la première fois un titre de séjour, une carte de résident ou la naturalisation doivent obligatoirement réussir un examen civique. InfoMigrants est allé dans un centre d’examen en banlieue parisienne pour suivre plusieurs de ces tests. Christina, Libanaise et Nagi, Algérien, passaient l’examen pour la naturalisation. Samuel, Nigérian et Bienvenu, Congolais, tentaient, eux, le test pour la carte de résident. Reportage.
    « Bonjour à tous. Vous êtes ici pour passer le test civique pour obtenir la carte de résident [d’une durée de 10 ans, ndlr]. Prenez votre temps, relisez vos réponses, ne vous précipitez pas ». Il est 9h05, samedi 14 février. Les candidats concentrés ne répondent pas au message d’encouragement de Parisa Forootan, l’examinatrice, mais lui sourient en silence. Un jeune homme regarde un cadre de l’Arc de triomphe accroché au dessus de sa place. « C’est pour nous mettre dans l’ambiance ’France’ », souffle-t-il en riant.Avant de sortir de la salle d’examen, Parisa Forootan lance un dernier message. « Et comme je le dis toujours : j’espère ne plus jamais vous revoir et que vous réussirez tous. Bon courage ! »
    Parisa sourit, ferme la porte et vient à notre rencontre. « Je dois y retourner pour surveiller l’épreuve, mais je voulais vous préciser que c’est impossible de tricher, chaque candidat passe un test différent de son voisin », chuchote-t-elle. Parisa Forootan est la directrice adjointe d’ABC formation, à Saint-Ouen-l’Aumône, en banlieue parisienne, l’un des centres agréés par le ministère de l’Intérieur pour passer ces tests civiques désormais obligatoires à l’obtention d’un premier titre de séjour (carte pluriannuelle, de résident ou naturalisation).
    Ce samedi matin, ils sont huit candidats, à bûcher, les mains sur le clavier. Finies les feuilles papiers, le test se passe sur support numérique. Une fine cloison feutrée sépare les ordinateurs. Pendant 45 minutes, les postulants devront répondre à 40 questions à choix multiples (QCM) portant sur leurs connaissance de l’histoire de France, des valeurs républicaines, de la géographie française... Des « mises en situation » sont aussi proposées. Pour réussir l’examen, un taux de bonnes réponses de 80 % est exigé (soit un score minimum à atteindre de 32/40). Les résultats arrivent en 48 heures.
    Samuel, originaire du Nigeria, sort en premier. Il est 9h35. « Aïe, aïe aïe ! », lâche-t-il en riant. « J’ai trouvé ça assez dur... Pour moi, l’Histoire de France, c’est zéro... ». Samuel a 40 ans, il est préparateur de commandes à Beauvais, en Picardie. C’est la première fois qu’il passe l’examen pour la carte de résident et il n’a pas eu le temps de réviser, se justifie-t-il. « J’ai beaucoup de travail, des horaires décalés, c’est pas simple de dégager du temps ». Pour Samuel, les questions sur l’histoire et la géographie furent assez pénibles.
    Quelques minutes plus tard, Bienvenu, originaire du Congo-Brazza, sort à son tour de la salle. Lui se dit confiant. « Je vise un haut score », déclare calmement cet homme de 62 ans, en France depuis 2009. Les questions étaient simples, affirme-t-il. « Qu’est-ce que l’Hôtel Matignon ? Qui est le chef du gouvernement ? Tout cela est facile ». La seule embûche fut une question d’histoire. « En quelle année Louis-Napoléon Bonaparte a-t-il été sacré empereur ? J’ai hésité mais finalement, j’ai répondu 1852 ». Bonne réponse.Grace, originaire du Congo-Kinshasa, entièrement vêtue d’un ensemble de sport Adidas, sort au bout des 45 minutes réglementaires. « Ca va », glisse-t-elle d’une petite voix timide. « On m’a demandé les dates sur la Première guerre mondiale, je connaissais, par contre, à un moment, il a fallu compléter les paroles de la Marseillaise. Ca, j’ai pas tout su... » La candidate, en France depuis 13 ans, se remémore d’autres questions. « On m’a aussi demandé quelque chose sur un écrivain français, j’ai répondu au hasard ».
    C’est la deuxième fois que Grace passe cet examen pour la carte de résident. « La première fois, j’ai obtenu 29/40 ». Un score éliminatoire. « Cette fois-ci, j’aimerais bien avoir 32/40 ». « Vous savez, c’est pas toujours facile. On n’étudie pas du tout les mêmes choses que vous en Afrique, il faut tout revoir de zéro ».
    Dans le hall d’accueil, à 9h50, Parisa Forootan et ses collègues attendent la fin de l’épreuve pour rassurer les candidats, recueillir leurs impressions et leur offrir des viennoiseries ou des bonbons. « C’est pas grand chose, mais on tient à les encourager », glisse une des examinatrices. « Quand on rate, on peut réessayer mais l’examen a un coût. C’est 70 euros à chaque fois, c’est une somme pour certains ».
    Le prix varie en fonction des centres d’examen en France, de 70 à 150 euros environ. « Beaucoup de candidats traversent la France pour venir passer l’examen ici, à Saint-Ouen-l’Aumône. Nous avons une bonne réputation, des bons avis sur Google », ajoute Parisa Forootan.
    À 10h, de nouveaux candidats se présentent. Cette fois-ci, ils passent le test pour la carte pluriannuelle (carte de séjour de courtes durées). L’examen est censé être plus facile que celui pour les cartes longs séjours.En sortant, Charlie confirme la « simplicité » des questions. Cette Camerounaise d’une cinquantaine d’année, manteau léopard sur les épaules, ironise. « On m’a demandé les couleurs du drapeau français... Franchement, sur cinq options, j’ai pas eu de doutes. Pour moi, ça allait de soi », rit-elle. Charlie explique qu’elle n’a pas voulu réviser avec les annales proposées par le ministère de l’Intérieur. « Je vais être honnête, j’ai fait des études universitaires. Ça suppose quand même que j’ai atteint un niveau de culture générale et de connaissances suffisantes. Enfin j’espère »."Il y a une seule question qui m’a posé problème", confesse-t-elle. « Je ne connaissais pas un personnage historique dans le test. Une certaine Baker... Je n’avais jamais entendu ce nom ».
    « Quelqu’un qui vit en France depuis cinq ans devrait pouvoir passer le test sans entraînement »
    À 11h, dernière épreuve de la journée. « Nous allons recevoir des personnes pour le test de naturalisation », rappelle Parisa Forootan. Dans la salle d’attente, Christina, une Libanaise travaillant dans l’informatique, paraît stressée. « Il faut que je réussisse, j’aimerais vraiment être Française », dit-elle en réajustant ses lunettes sur son nez. À ses côtés, Nagi, un Algérien, est plus serein.
    Vingt minutes minutes plus tard, ils sortent tous les deux en souriant. « Les questions étaient simples », raconte Christina, en France depuis cinq ans. « Je redoutais les questions de géographie mais ça allait. On m’a demandé le chef-lieu de la Bretagne... Sinon, en vrac, on m’a aussi demandé la date de la Révolution française, de l’abolition de l’esclavage... Franchement, quelqu’un qui vit en France depuis cinq ans devrait pouvoir répondre à ces questions même sans entraînement », assène-t-elle."Moi aussi, j’ai trouvé que c’était facile", répond à son tour Nagi qui passait lui aussi l’examen pour la première fois. Le jeune homme, en France depuis 2019, confesse n’avoir pas su qui était Claude Debussy « mais à part ça, j’avais passé des QCM en ligne, je m’étais entraîné. Je n’ai pas vu de difficultés. Je suis donc sorti au bout de 15 minutes ».
    Lundi 16 février, soit deux jours après l’examen, les résultats sont tombés. InfoMigrants a reçu plusieurs messages. Le premier a été envoyé par Charlie, la Camerounaise. « J’ai eu 38/40 ! J’avais dit 37, je suis pas loin de mon estimation ». Le deuxième SMS arrive quelques minutes plus tard. Il vient de Nagi. « 37/40. C’est super. Bonne journée ». Samuel, n’a pas réussi. « J’ai échoué mais je vais me réinscrire », assure-t-il. Christina, de son côté, a majoré. « J’ai eu 40/40 », nous écrit-elle. « Je suis trop contente, il ne me manquait que cet examen pour pouvoir déposer mon dossier [de naturalisation]. Et en vrai, c’est chouette cet examen, c’est une opportunité d’apprendre plein de choses sur la France ».

    #Covid-19#migrant#migration#france#politiquemigratoire#naturalisation#immigration

  • « On doit connaître pas mal de choses que les Français ignorent » : en région parisienne, l’exigence des tests passés par les étrangers pour obtenir leurs papiers
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/12/25/en-region-parisienne-une-promo-a-l-epreuve-des-tests-exiges-des-etrangers-po


    Un employé de l’Imprimerie nationale française tient une plaque de cartes d’identité [pour étranger légal] imprimées, à Flers-en-Escrebieux (Nord), le 5 juillet 2019. DENIS CHARLET / AFP

    L’examen civique, exigé à partir du 1ᵉʳ janvier 2026 pour l’obtention des cartes de séjours longue durée et de la nationalité, commence à se mettre en place dans des centres agréés.
    Par Julia Pascual

    Tetiana (toutes les personnes citées par leur prénom ont requis l’anonymat) croit faire de la tachycardie. Sa fille Rita a vu que le stress la gagnait. Et elle sait que quand sa mère est nerveuse, « elle bugue dans sa tête », cherche ses mots en français. Elle s’est demandé si elle allait se perdre dans les questions. Elle l’a accompagnée jusqu’à la salle d’examen.

    Quarante-cinq minutes plus tard, l’Ukrainienne de 53 ans en est ressortie soulagée. Elle venait de passer l’#examen_civique, un nouveau test exigé à compter du 1er janvier 2026 auprès des étrangers demandant une #carte_de_séjour pluriannuelle, une #carte_de_résident de dix ans ou la #naturalisation. Ainsi, à l’exception de certaines catégories comme les réfugiés, ce sont potentiellement plus de 100 000 #étrangers qui devront réussir l’examen chaque année.

    https://justpaste.it/fp68w

  • Portugal : la justice retoque une loi durcissant l’accès à la nationalité - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/68760/portugal--la-justice-retoque-une-loi-durcissant-lacces-a-la-nationalit

    Portugal : la justice retoque une loi durcissant l’accès à la nationalité
    Par La rédaction Publié le : 16/12/2025
    La Cour constitutionnelle du Portugal a estimé lundi que plusieurs articles de loi durcissant l’accès à la nationalité n’étaient pas conformes à la loi fondamentale du pays. Le texte, voté par la coalition gouvernementale et l’extrême droite, est ainsi renvoyé devant le Parlement qui devra l’amender avant un nouveau vote.
    Camouflet pour le gouvernement portugais. Lundi 15 décembre, la Cour constitutionnelle du Portugal a retoqué plusieurs articles d’une loi qui durcissent l’accès à la nationalité.Le tribunal a estimé que l’article visant à empêcher l’accès automatique à la nationalité portugaise pour les personnes condamnées à une peine égale ou supérieure à deux ans de prison est anticonstitutionnel. Selon les juges, cette disposition représente « une restriction disproportionnée du droit fondamental d’accès à la citoyenneté ».
    La Cour a également jugé que le texte permettant de retirer la nationalité à une personne ayant commis des crimes graves au cours des 10 dernières années viole « le principe d’égalité » en différenciant les portugais d’origine à ceux ayant obtenu la citoyenneté portugaise. Les juges ont par ailleurs affirmé que cette nouvelle loi ne pouvait pas s’appliquer aux personnes dont la demande de nationalité est en cours d’examen, comme le voulait le gouvernement. Seules celles ayant introduit un dossier après la signature du texte sont donc concernées par cette nouvelle mesure.
    Selon la décision de justice, le président de la République est désormais tenu de mettre son véto aux décrets, et de renvoyer le texte devant le Parlement qui devra l’amender avant un nouveau vote.
    Cette loi a été adoptée fin octobre par la coalition gouvernementale et l’extrême droite. Elle vise à durcir l’accès à la citoyenneté portugaise en allongeant les délais de résidence requis, passant de cinq à sept ans pour les personnes originaires de pays lusophones et de citoyens de l’Union européenne, et jusqu’à 10 ans pour les étrangers de tous les autres pays. Le texte modifie aussi l’accès à la nationalité attribuée à la naissance pour les enfants d’étrangers : les parents doivent résider, légalement, pendant cinq ans au Portugal (contre un an actuellement quel que soit le statut administratif). Il renforce aussi les critères d’intégration, comme la maîtrise de la langue. Enfin, la loi doit abroger un dispositif de réparation historique envers les descendants des juifs séfarades expulsés du Portugal au Moyen-Age, qui leur permettait depuis 2015 de demander la nationalité portugaise.
    Le gouvernement du Premier ministre Luis Montenegro, reconduit lors des élections législatives de mai dernier avait déjà obtenu le soutien de l’extrême droite, devenue alors la première force d’opposition, pour durcir la politique migratoire du Portugal. En juillet, le Parlement avait voté une loi limitant l’accès au regroupement familial. Mais le texte avait déjà été invalidé par la Cour constitutionnelle qui avait demandé au gouvernement de revoir sa copie.
    Fin septembre un nouveau texte a été remis au Parlement. La loi reste ferme : elle maintient un délai minimum de deux ans de résidence légale avant de pouvoir demander un regroupement familial. Toutefois, elle prévoit davantage d’exceptions permettant de raccourcir ce délai, notamment pour les couples mariés, voire de le supprimer lorsqu’il s’agit d’enfants mineurs. « Ceci n’est pas la loi initiale que nous avions proposée, mais elle poursuit l’objectif de réguler l’immigration de façon humaniste », avait alors déclaré en conférence de presse le ministre porte-parole du gouvernement, Antonio Leitao Amaro, en estimant que cette réforme était « urgente, nécessaire et importante ». « Il faut des règles et un contrôle. C’est important pour le Portugal, pour les Portugais, mais aussi pour que les citoyens étrangers et les immigrants soient accueillis dignement ».
    Longtemps pays d’accueil, le Portugal bénéficiait d’une politique migratoire parmi les plus ouvertes d’Europe. Pendant de nombreuses années, les migrants pouvaient obtenir un statut légal en travaillant, en créant une entreprise ou en étant freelance, qu’ils soient entrés de manière régulière ou non dans le pays. Cette disposition a été abrogée. Désormais, les autorités opèrent un net virage. Arrivé au pouvoir en mars 2024, le gouvernement de droite modérée du Premier ministre Luis Montenegro n’a cessé de durcir sa ligne politique sur les questions d’immigration. Fin 2024, le pays ibérique comptait 1,55 million d’étrangers, soit quatre fois plus qu’en 2017 et environ 15% de la population totale, selon des données officielles.

    #Covid-19#migration#migrant#portugal#naturalisation#politiquemigratoire#droit#sante#immigration

  • Caroline Ibos, sociologue : « La neutralité scientifique est au mieux une illusion, au pire une injonction politique »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/12/15/caroline-ibos-sociologue-la-neutralite-scientifique-est-au-mieux-une-illusio

    Caroline Ibos est professeure de sociologie et d’études de genre à l’université Paris-VIII-Vincennes-Saint-Denis, chercheuse au Sophiapol, et travaille notamment sur les éthiques du care (le soin, en anglais, au sens non médicalisé du mot) et les domesticités. Elle a publié, avec Eric Fassin, La Savante et le Politique. Ce que le féminisme fait aux sciences sociales (PUF, 328 pages, 20 euros).

    Votre livre se présente comme une réponse aux attaques visant la recherche scientifique, en particulier les sciences humaines et sociales. Comment expliquez-vous cette virulence ?

    Ces attaques sont en effet massives, de la part de forces politiques qui revendiquent une lecture biologisante du monde : les milliardaires y sont vus comme des génies qui méritent leur fortune, les pauvres comme des faibles, nés pour être pauvres, les femmes sont définies par leur « nature », légitimant un ordre social qui les renvoie à la maison…

    Les sciences sociales viennent déranger cet ordre établi, parce qu’elles portent un regard critique qui interroge, justement, ce qui semble si évident. En dénaturalisant les rapports sociaux et les inégalités, elles déstabilisent les discours d’autorité. Il faut donc les faire taire.

    Aux Etats-Unis, l’offensive a d’abord été dirigée contre les sciences sociales, avant de cibler aussi celles du climat ou la microbiologie et même les vaccins… En Europe, les études de genre sont attaquées depuis longtemps dans des pays comme la Hongrie. En France, l’intervention de la ministre Frédérique Vidal réclamant, en 2021, une enquête sur certains champs d’études critiques a marqué les esprits.

    Dans ce contexte d’intimidation et d’incertitude, il nous a semblé important de mettre en lumière les protocoles et les principes qui légitiment le travail scientifique. Nous voulions également revenir à la seule question qui vaille au fond : à quelles conditions les sciences sociales peuvent-elles remettre en cause ce qui semble évident, c’est-à-dire être véritablement critiques ?

    https://justpaste.it/m2tie

    #livre #sciences_sociales #neutralité_scientifique #naturalisation

    • L’apport des études féministes pour plus d’objectivité scientifique
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/12/15/l-apport-des-etudes-feministes-pour-plus-d-objectivite-scientifique_6657712_

      Livre. Des Etats-Unis à l’Europe, du Brésil à la Russie, les sciences sociales sont les cibles d’attaques violentes. La France n’échappe pas à ces offensives émanant de figures politiques de #droite et d’#extrême_droite, mais aussi d’#universitaires reprochant à leurs collègues de confondre #recherche et idéologie. C’est parce qu’ils jugent nécessaire de « prendre au sérieux la controverse épistémologique » que les sociologues Eric Fassin et Caroline Ibos, professeurs à l’université Paris-VIII-Vincennes-Saint-Denis, ont eu l’idée de cet essai dense et éclairant dont le titre emprunte à la fois à Max Weber et aux travaux féministes (La Savante et le Politique. Ce que le féminisme fait aux sciences sociales, PUF, 328 pages, 20 euros).

      Les deux spécialistes des études de genre y proposent un retour aux sources théoriques pour interroger le positionnement du chercheur et montrer que les sciences sociales ont toujours été politiques. Parce que la neutralité est illusoire, l’ouvrage s’attache à mettre en lumière l’apport des #études_féministes dans la quête d’objectivité. Plutôt que de vouloir corriger les biais par le dépassement des points de vue, elles engagent au contraire à situer les savoirs, et à ouvrir grand la recherche aux expériences, avec une attention particulière à celles des #minorités.

      Une dernière partie questionne l’éthique des enquêtes de terrain en sociologie à partir d’un épisode méconnu de l’histoire de la discipline, lorsque, autour de Jane Addams (1860-1935), les #femmes de la Hull House à Chicago réalisent des enquêtes dans des ateliers ou des tribunaux pour enfants, dans une perspective de réforme sociale. Ces travaux, jugés – déjà – trop politiques, seront écartés, avec leurs autrices, par les universitaires – masculins – de l’école de Chicago.

      S’il est plutôt destiné à un public universitaire, nul doute que cet essai, présenté par ses auteurs comme « une sorte de guide scientifique de l’engagement savant », contribuera utilement à nourrir le débat.

      #féminisme #point_de_vue_situé

  • Après l’attaque de membres de la garde nationale à Washington, les Etats-Unis réduisent la durée des permis de travail pour les immigrés
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/05/apres-l-attaque-de-membres-de-la-garde-nationale-a-washington-les-etats-unis

    Après l’attaque de membres de la garde nationale à Washington, les Etats-Unis réduisent la durée des permis de travail pour les immigrés
    Le Monde avec AFP
    L’administration Trump a annoncé, jeudi 4 décembre, réduire la durée des permis de travail de nombreuses catégories d’immigrés, dans le cadre d’une série de restrictions décrétées à la suite de l’attentat mortel du 26 novembre à Washington, imputé à un ressortissant afghan. « La réduction de la durée de validité maximale des permis de travail aboutira à des vérifications plus fréquentes des antécédents des étrangers qui demandent à travailler aux Etats-Unis », expliquent les services de citoyenneté et d’immigration (USCIS) dans un communiqué.
    Cela leur permettra ainsi de s’assurer que ces travailleurs immigrés « ne menacent pas la sûreté publique ou ne font pas la promotion d’idéologies anti-américaines nocives », affirme Joseph Edlow, le directeur de cette agence relevant du ministère de la sécurité intérieure, cité dans le texte. « Après l’attentat contre des militaires de la garde nationale dans notre capitale par un étranger accueilli dans ce pays par la précédente administration, il est devenu encore plus clair que l’USCIS doit fréquemment vérifier les antécédents des étrangers », poursuit-il. En conséquence, la durée maximale des permis de travail est ramenée de cinq ans à dix-huit mois pour toute une série de catégories d’immigrés, dont les réfugiés et les demandeurs d’asile et ceux ayant obtenu la suspension de leur obligation de quitter le territoire.
    L’USCIS avait déjà annoncé, mardi, la suspension de toute demande de « carte verte » de résident permanent ou de naturalisation émanant de ressortissants de 19 pays. Les citoyens de 12 de ces pays, dont l’Afghanistan, étaient déjà interdits d’entrée aux Etats-Unis depuis juin sur décision de Donald Trump au nom de considérations de « sécurité nationale ». Ceux issus des sept autres pays étaient quant à eux visés par des restrictions à la délivrance de visas en vertu de la même décision.
    Depuis l’attaque à Washington, le 26 novembre, imputée à un ressortissant afghan, qui a coûté la vie à une militaire de la garde nationale et grièvement blessé un autre soldat, l’administration Trump a gelé toute décision sur l’octroi de l’asile aux Etats-Unis. Elle a également ordonné le réexamen de toutes les cartes vertes délivrées aux ressortissants des 19 pays ciblés depuis juin.
    Une polémique a éclaté entre républicains et démocrates, l’auteur présumé de l’attentat de Washington ayant été accueilli aux Etats-Unis en septembre 2021, moins d’un mois après le retrait précipité des forces américaines d’Afghanistan. Sa demande d’asile, déposée pendant la présidence démocrate de Joe Biden, a été approuvée en avril de cette année sous Donald Trump.

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#visas#carteverte#politiquemigratoire#asile#sante#naturalisation

  • Dorénavant, il faudra un niveau Bac pour être naturalisé en France : reportage en Vendée
    https://actu.fr/pays-de-la-loire/la-roche-sur-yon_85191/dorenavant-il-faudra-un-niveau-bac-pour-etre-naturalise-en-france-reportage-en-

    Le Secours catholique et la Cimade ont proposé à une quinzaine de volontaires, en Vendée, le test des épreuves du DELF B2, nécessaire pour accéder à la nationalité française.

  • Les modalités du nouvel « examen civique » pour les étrangers fixées par Bruno Retailleau juste avant son départ
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/10/15/les-modalites-du-nouvel-examen-civique-pour-les-etrangers-fixees-par-bruno-r

    Les modalités du nouvel « examen civique » pour les étrangers fixées par Bruno Retailleau juste avant son départ
    Par Aurélie Blondel
    Quarante questions, un point par bonne réponse et un score de 80 % requis pour réussir. A compter du 1er janvier 2026, les candidats à la naturalisation passeront un « examen civique » de trois quarts d’heure au maximum, destiné à vérifier leur niveau de connaissance de l’histoire, de la culture et de la société françaises. Ce sera aussi le cas des étrangers demandant une carte de résident ou une carte de séjour pluriannuelle.
    Cet examen se matérialisera par un questionnaire à choix multiples (QCM), dont les détails ont été actés par un arrêté du vendredi 10 octobre, publié au journal officiel du 12 octobre, mais passé relativement inaperçu dans le contexte politique rocambolesque du week-end. En signant ce texte in extremis – deux jours avant son départ du gouvernement –, le ministre de l’intérieur démissionnaire Bruno Retailleau a posé la dernière pierre d’un édifice législatif et réglementaire qu’avait lancé, dès la rentrée 2022, son prédécesseur, Gérald Darmanin, avec l’annonce d’une loi sur l’immigration. Adoptée dans la douleur par le Parlement en fin 2023 avec les voix du Rassemblement national, puis en partie censurée par le Conseil constitutionnel, cette loi polémique avait ébranlé le gouvernement d’Elisabeth Borne, avant d’être promulguée en janvier 2024.
    « L’arrêté du 10 octobre était la dernière mesure réglementaire attendue dans le sillon de cette loi, qui visait à renforcer les exigences à toutes les étapes de l’intégration des étrangers », explique Jules Lepoutre, professeur de droit public à l’université Côte-d’Azur. Publié par un ministre démissionnaire chargé d’expédier les affaires courantes, ce texte pourrait-il être contesté ? A priori non, estiment Jules Lepoutre et Julien Boudon, professeur de droit public à l’université Paris-Saclay. Car la publication d’un tel arrêté était prévue dans un décret du 15 juillet, signé, lui, par des ministres de plein exercice. « Je reste toutefois prudent », précise M. Boudon, les affaires courantes constituant une zone grise, dans la mesure où elles ne sont cadrées ni par la Constitution, ni par la loi.
    Laïcité, fleuves, gastronomie…
    Dans le détail, les candidats à la naturalisation seront soumis, au cours de ce nouvel examen, à 40 questions de connaissances ou de mises en situation, relevant de cinq thématiques :
    les principes et valeurs de la République (onze questions) ;
    les droits et devoirs (onze questions) ;
    l’histoire, la géographie et la culture (huit questions) ;
    le système institutionnel et politique (six questions) ;
    la vie dans la société française (quatre questions).
    Parmi les très nombreux sujets de connaissances qui seront vérifiés, listés dans l’arrêté du 10 octobre : connaître et comprendre l’article 1er de la Constitution, le sens du mot égalité dans la devise française, l’histoire et le principe de la laïcité, le principe d’Etat de droit, le rôle des trois pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire), identifier les préfectures de régions et de départements, connaître la durée des principaux mandats électifs, les principales étapes de la construction européenne, les principaux textes garants des droits fondamentaux, les fleuves, les principaux plats de la gastronomie, etc.
    « Quand on lit l’arrêté, on se demande quel Français n’ayant pas un bac + 5 serait capable de répondre aux questions, même s’il faut bien sûr attendre de voir les questions qui seront précisément posées », réagit Danièle Lochak, professeure émérite de droit public et membre du Gisti, Groupe d’informations et de soutien des immigrés. « Qui connaît, par exemple, la charte de l’environnement [citée dans l’arrêté] ? », s’interroge-t-elle.
    Certes, le système actuel est « très subjectif et inégal », estime la juriste, évoquant les questions de connaissances sur la France aujourd’hui posées à l’oral par l’agent de la préfecture durant l’entretien que passent les candidats à la naturalisation. L’entourage de M. Retailleau s’était déjà félicité d’avoir fait baisser de 28 % les naturalisations par décret entre octobre 2024 et août 2025, sous le seul effet d’instructions restrictives données aux préfets.
    « Mais le nouvel examen sera une machine à exclure, étant donné la quantité de connaissances exigées et le seuil de réussite fixé », estime Mme Lochak, qui se dit par ailleurs « très étonnée » de lire que les exigences pour les cartes de résident et les cartes de séjour pluriannuelles, demandées par des immigrés qui n’ont pas forcément vocation à devenir Français, « seront les mêmes que celles fixées pour la naturalisation ».
    De son côté, Jules Lepoutre est plus nuancé sur les effets de l’instauration de l’examen : « Je ne suis pas certain qu’il puisse substantiellement diminuer le nombre de personnes naturalisées, puisque des questions sur ces sujets étaient déjà au programme de l’entretien d’assimilation et que les candidats pourront repasser le QCM sans limite. »
    A ses yeux, d’autres mesures issues de la loi immigration de 2024 sont susceptibles d’avoir un effet plus important sur les statistiques des naturalisations, au premier rang desquelles une nouvelle exigence qui doit aussi entrer en vigueur en janvier 2026 : le relèvement du niveau de français exigé à l’oral comme à l’écrit de B1 à B2 pour la procédure de naturalisation. C’est-à-dire un niveau avancé. « Ce sera très difficile pour certains. Il faudra trouver du temps pour apprendre. C’est beaucoup plus que le niveau requis pour s’exprimer dans la vie quotidienne », souligne-t-il.
    « On ne devient pas Français en répondant à un QCM ! », lançait Manuel Valls, le 19 octobre 2012, à Toulouse. Alors ministre de l’intérieur du gouvernement Ayrault, il rompait, par cette petite phrase restée dans les esprits, avec la politique de durcissement des conditions d’accueil des étrangers menée par son prédécesseur, Claude Guéant, sous la houlette du président Sarkozy.
    M. Valls renoncera ainsi à soumettre les candidats à la nationalité française au questionnaire à choix multiples qu’avait instauré le gouvernement Fillon quelques mois auparavant, avant son départ, par décret. Pour vérifier leur niveau de connaissance de l’histoire, de la culture et de la société françaises, Manuel Valls expliquera, dans une circulaire d’octobre 2012, préférer que le sujet soit abordé « dans le cours naturel de la conversation », avec l’agent chargé de l’entretien d’assimilation – principe toujours appliqué aujourd’hui.
    Treize ans plus tard presque jour pour jour, par cet arrêté du 10 octobre 2025 permettant l’entrée en vigueur prochaine de l’« examen civique », la boucle est bouclée par un gouvernement démissionnaire auquel, ironie de l’histoire politique, participait M. Valls : les étrangers demandant la naturalisation devront bien, à partir de janvier 2026, répondre à un QCM.

    #Covid-19#migrant#migration#france#QCM#naturalisation#politiquemigratoire#integration#immigration

    • article 4 du dernier arrêté du 10 octobre du Taïeau de sa mère
      https://seenthis.net/messages/1140882

      L’épreuve est réalisée sur support numérique et sa durée ne peut excéder 45 minutes, sauf pour les candidats bénéficiant d’un aménagement spécifique.
      Conformément aux articles R. 433-5 et R. 413-15 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et au 10° de l’article 37-1 du décret du 30 décembre 1993 susvisé dans sa rédaction issue de l’article 6 du décret n° 2025-648 du 15 juillet 2025, les personnes qui présentent un handicap ou un état de santé déficient chronique incompatible peuvent bénéficier d’aménagements d’épreuve.

  • L’Allemagne supprime la possibilité d’obtenir un passeport après trois ans de séjour dans le pays - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/67425/lallemagne-supprime-la-possibilite-dobtenir-un-passeport-apres-trois-a

    L’Allemagne supprime la possibilité d’obtenir un passeport après trois ans de séjour dans le pays
    Par RFI Publié le : 10/10/2025
    En 2024, le gouvernement de gauche d’Olaf Scholz avait facilité les naturalisations en les autorisant après cinq ans de séjour au lieu de huit. Une disposition permettait également dans certains cas une « naturalisation turbo » après trois ans. Les chrétiens-démocrates, qui avaient critiqué la nouvelle loi, n’ont pas pu la remettre en cause en raison des résistances de leurs alliés sociaux-démocrates. Mais la naturalisation turbo vient d’être supprimée par le Parlement.
    Le nombre de personnes qui ont bénéficié de cette disposition particulière est restée très modeste, environ 1% des naturalisations, d’après certaines estimations. Cette dérogation au droit commun permettait d’obtenir un passeport allemand après trois ans de séjour pour des personnes particulièrement bien intégrées en raison de leur parcours scolaire, universitaire ou professionnel et dont la maîtrise de l’allemand était excellente.
    Cette disposition ne visait pas des réfugiés, mais plutôt cette main-d’œuvre qualifiée dont l’Allemagne a besoin et pour qui l’obtention plus rapide de la nationalité de leur nouveau pays peut être un plus.
    300 000 naturalisations en 2024. Mais les polémiques durant la dernière campagne électorale autour de l’immigration ont échauffé les esprits. Pour les conservateurs, la nationalité allemande était « bradée » et trop rapide. « La naturalisation doit couronner le processus d’intégration et non le précéder. La naturalisation turbo après trois ans était un principe totalement erroné », a lancé le ministre de l’Intérieur, le chrétien-social bavarois Alexander Dobrindt, à la tribune du Bundestag.
    Les règles de base adoptées l’an dernier restent en vigueur. Une naturalisation est possible après cinq ans de séjour en Allemagne au lieu de huit dans le passé. La double nationalité, autrefois une exception, est devenue la norme. L’an dernier, un record a été atteint avec près de 300 000 naturalisations, une augmentation de 46% par rapport à 2023 qui s’explique également par l’entrée en vigueur de la nouvelle loi.

    #Covid-19#migrant#migration#allemagne#politiquemigratoire#naturalisation#integration#droit#migrationqualifiee

  • Pourquoi acceptons-nous de nous déchausser à l’#aéroport ?

    Des files d’aéroport aux bacs de contrôle, un rituel discret façonne nos comportements et nous fait accepter sans y penser la #logique_sécuritaire.

    7 h 30, terminal 2E de Roissy. Dans la file qui mène au contrôle, un cadre détache sa ceinture d’un geste mécanique, une mère sort les biberons de son sac, un touriste soupire en délaçant ses chaussures. Tous avancent dans un silence ponctué de bips, à peine troublé par le bruit des casiers sur des tapis roulants.

    Cette scène se répète inlassablement : selon l’Association internationale du transport aérien, 4,89 milliards de passagers ont pris l’avion en 2024, soit plus de 13 millions de personnes chaque jour qui traversent ces dispositifs de contrôle.

    On pourrait n’y voir qu’une procédure technique nécessaire. Pourtant, observé avec un œil anthropologique, ce moment banal révèle une transformation d’identité aussi efficace que discrète. Car il se passe quelque chose d’étrange dans ces files d’attente. Nous entrons citoyens, consommateurs, professionnels – nous en sortons « #passagers_en_transit ». Cette métamorphose, que nous vivons comme une évidence, mérite qu’on s’y arrête.

    La mécanique d’une transformation rituelle

    Ce qui frappe d’abord, c’est la #dépossession progressive et systématique. Objets personnels, vêtements, symboles de statut disparaissent dans des bacs plastiques standardisés. Cette logique semble #arbitraire : pourquoi les chaussures et pas les sous-vêtements ? Pourquoi 100 ml et pas 110 ml ? Cette apparente incohérence révèle en réalité une #fonction_symbolique : créer un #dépouillement qui touche aux attributs de l’#identité_sociale.

    L’ethnographe Arnold van Gennep avait identifié dès 1909 cette première phase des #rites_de_passage : la #séparation. L’individu doit abandonner son état antérieur, se délester de ce qui le définissait dans le monde profane. Ici, le cadre cravaté devient un corps anonyme, dépouillé provisoirement de son costume, soumis au même regard technologique que tous les autres. Cette #égalisation_forcée n’est pas un effet de bord mais le cœur du processus : elle prépare la transformation d’#identité en neutralisant temporairement les #hiérarchies_sociales habituelles.

    Puis vient l’examen : #scanners, #détecteurs, questions sur nos intentions. « Pourquoi voyagez-vous ? Qui allez-vous voir ? Avez-vous fait vos bagages vous-même ? » Chaque voyageur devient temporairement #suspect, devant prouver son #innocence. Cette inversion de la #charge_de_la_preuve – renversement du principe fondamental « innocent jusqu’à preuve du contraire » – passe inaperçue tant elle semble « logique » dans ce contexte.

    Cette phase correspond à ce que Van Gennep appelait la marge ou période liminale, que l’anthropologue Victor Turner a ensuite développée : un moment où le sujet, privé de ses attributs sociaux habituels, se trouve dans un état de #vulnérabilité qui le rend malléable, prêt à être transformé. Dans cet entre-deux technologique, nous ne sommes plus tout à fait des citoyens, pas encore des voyageurs.

    Enfin, la réintégration, selon l’ethnographe Arnold van Gennep : nous voilà admis dans l’espace post-contrôle. Nous sommes officiellement devenus des « #passagers » – un statut qui suppose #docilité, #patience, #acceptation des contraintes « pour notre sécurité ». L’espace post-contrôle, avec ses #duty_free et ses cafés hors de prix, marque cette #transformation : nous ne sommes plus des citoyens exerçant un droit de circuler, mais des #consommateurs globaux en transit, doublement dépossédés de notre ancrage politique et territorial.

    Un #théâtre_sécuritaire paradoxalement efficace

    Ces dispositifs présentent un #paradoxe troublant. D’un côté, ils détectent effectivement des objets interdits (couteaux oubliés, liquides suspects) et exercent un effet dissuasif réel. De l’autre, ils peinent face aux menaces les plus sophistiquées : en 2015, des équipes de test états-uniennes ont réussi à faire passer des armes factices dans 95 % de leurs tentatives.

    En six ans (de 2007 à 2013), le programme de détection comportementale états-unien #SPOT a coûté 900 millions de dollars et n’a détecté aucun terroriste. Il a raté les seuls vrais terroristes qui sont passés dans les aéroports, mais il n’y a eu aucun détournement aux États-Unis. Le programme semble donc à la fois inutile (pas de menace réelle) et inefficace (échec sur les vraies menaces).

    Cette #inefficacité opérationnelle se double d’un déséquilibre économique majeur : selon l’ingénieur Mark Stewart et le politologue John Mueller, les dizaines de millions investis annuellement par aéroport génèrent si peu de réduction effective du risque terroriste que les #coûts dépassent largement les bénéfices escomptés.

    L’expert en sécurité Bruce Schneier parle de « théâtre sécuritaire » pour désigner cette logique : des mesures dont l’efficacité principale est de #rassurer le public plutôt que de neutraliser les #menaces les plus graves. Ce n’est pas un dysfonctionnement mais une réponse rationnelle aux attentes sociales.

    Après un attentat, l’opinion publique attend des mesures visibles qui, bien que d’une efficacité discutable, apaisent les peurs collectives. Le « théâtre sécuritaire » répond à cette demande en produisant un #sentiment_de_protection qui permet de maintenir la #confiance dans le système. Les chercheurs Razaq Raj et Steve Wood (Leeds Beckett University) décrivent sa mise en scène aéroportuaire, rassurante mais parfois discriminatoire.

    Dans cette logique, on comprend pourquoi ces mesures persistent et se généralisent malgré leurs résultats limités. En outre, elles contribuent à renforcer une adhésion tacite à l’#autorité. Ce phénomène s’appuie notamment sur le biais du statu quo, qui nous enferme dans des dispositifs déjà établis et sur une dynamique sociétale de demande toujours croissante de sécurité, sans retour en arrière semblant possible.

    L’apprentissage invisible de la #docilité

    Car ces contrôles nous apprennent quelque chose de plus profond qu’il n’y paraît. Ils nous habituent d’abord à accepter la #surveillance comme normale, nécessaire, bienveillante même. Cette #habituation ne reste pas cantonnée à l’aéroport : elle se transfère vers d’autres contextes sociaux. Nous apprenons à « montrer nos papiers », à justifier nos déplacements, à accepter que notre corps soit scruté « pour notre bien ».

    Le système fonctionne aussi par inversion des résistances. Résister devient suspect : celui qui questionne les procédures, qui refuse une fouille supplémentaire, qui s’agace d’un retard, se transforme automatiquement en « problème ». Cette classification morale binaire – bons passagers dociles versus passagers difficiles – transforme la critique en indice de #culpabilité_potentielle.

    À force de #répétition, ces gestes s’inscrivent dans nos #habitudes_corporelles. Nous anticipons les #contraintes : chaussures sans lacets, liquides prédosés, ordinateurs accessibles. Nous développons ce que le philosophe Michel Foucault appelait des « #corps_dociles » : des corps dressés par la discipline qui intériorisent les contraintes et facilitent leur propre contrôle.

    Au-delà de l’aéroport

    Cette transformation ne se limite pas aux aéroports. La pandémie a introduit des pratiques comparables : attestations, passes, gestes devenus presque rituels.

    Nous avons pris l’habitude de « présenter nos papiers » pour accéder à des espaces publics. À chaque choc collectif, de nouvelles règles s’installent, affectant durablement nos repères.

    Dans la même veine, l’obligation de se déchausser à l’aéroport remonte à une seule tentative d’attentat : en décembre 2001, Richard Reid avait dissimulé des explosifs dans ses chaussures. Un homme, un échec… et vingt-trois ans plus tard, des milliards de voyageurs répètent ce geste, désormais inscrit dans la #normalité. Ces événements agissent comme des « mythes fondateurs » qui naturalisent certaines contraintes.

    Le sociologue Didier Fassin observe ainsi l’émergence d’un « #gouvernement_moral » où #obéir devient une preuve d’#éthique. Questionner un contrôle devient un marqueur d’#irresponsabilité_civique. Ce qui rend cette évolution remarquable, c’est son caractère largement invisible. Nous ne voyons pas le #rituel à l’œuvre, nous vivons juste des « #mesures_nécessaires ». Cette #naturalisation explique sans doute pourquoi ces transformations rencontrent si peu de #résistance.

    L’anthropologie nous apprend que les rituels les plus efficaces sont ceux qu’on ne perçoit plus comme tels. Ils deviennent évidents, nécessaires, indiscutables. Le système utilise ce que le politologue américain Cass Sunstein appelle le « #sludge » : contrairement au « nudge » qui incite subtilement aux bons comportements, le sludge fonctionne par friction, rendant la résistance plus coûteuse que la coopération. Les travaux de psychologie sociale sur la #soumission_librement_consentie montrent que nous acceptons d’autant plus facilement les contraintes que nous avons l’impression de les choisir. En croyant décider librement de prendre l’avion, nous acceptons librement toutes les contraintes qui s’y rattachent.

    Questionner l’évidence

    Identifier ces mécanismes ne signifie pas qu’il faut les dénoncer ou s’y opposer systématiquement. La #sécurité_collective a ses exigences légitimes. Mais prendre conscience de ces transformations permet de les questionner, de les délibérer, plutôt que de les subir.

    Car comme le rappelait la philosophe Hannah Arendt, comprendre le pouvoir, c’est déjà retrouver une capacité d’action. Peut-être est-ce là l’enjeu : non pas refuser toute contrainte, mais garder la possibilité de les penser.

    https://theconversation.com/pourquoi-acceptons-nous-de-nous-dechausser-a-laeroport-261487

    #aéroports #sécurité

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  • Moins de visas travail, durcissement du regroupement familial... Le Portugal durcit à nouveau sa politique migratoire - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/65833/moins-de-visas-travail-durcissement-du-regroupement-familial-le-portug

    Moins de visas travail, durcissement du regroupement familial... Le Portugal durcit à nouveau sa politique migratoire
    Par La rédaction Publié le : 17/07/2025
    Selon les nouvelles dispositions du gouvernement portugais de droite, les visas travail ne seront désormais accordés qu’à des immigrés hautement qualifiés. Les conditions permettant le regroupement familial seront aussi plus exigeantes. Des mesures qui vont à rebours du précédent gouvernement socialiste.
    Grâce aux voix de la coalition gouvernementale de droite et de l’extrême droite, le Parlement portugais issu des élections de mai dernier a voté mercredi 16 juillet en faveur d’un nouveau durcissement de la politique migratoire du pays.
    Selon les nouvelles dispositions, les visas pour rechercher du travail ne seront désormais accordés qu’à des immigrés hautement qualifiés et les conditions permettant le regroupement familial seront plus exigeantes. Par ailleurs, les Brésiliens, qui constituent le plus important contingent immigré, ne bénéficieront plus d’une règle qui leur permettait de régulariser leur situation après leur arrivée au Portugal. Enfin, le Parlement a voté mercredi en faveur de la création d’une nouvelle unité au sein de la police nationale qui sera chargée de lutter contre l’immigration illégale et d’organiser l’expulsion des migrants en situation irrégulière.
    Longtemps pays d’accueil, le Portugal bénéficiait d’une politique migratoire parmi les plus ouvertes d’Europe. Pendant de nombreuses années, les migrants pouvaient obtenir un statut légal en travaillant, en créant une entreprise ou en étant freelance, qu’ils soient entrés de manière régulière ou non dans le pays. Cette disposition a été abrogée. Désormais, les autorités opèrent un net virage. Arrivé au pouvoir en mars 2024, le gouvernement de droite modérée du Premier ministre Luis Montenegro a décidé de durcir sa ligne politique question immigration.
    Au mois de mai, le gouvernement avait déjà annoncé son projet d’expulser à court terme environ 18 000 étrangers en situation irrégulière dans le pays. Dans un premier temps, 4 500 étrangers clandestins devaient recevoir un ordre de départ volontaire pour un délai de 20 jours, avait précisé le ministre. Les autorités portugaises misaient d’abord sur ces départs volontaires, d’autant plus qu’elles bénéficient de peu de moyens pour reconduire les migrants clandestins aux frontières.
    Un troisième volet du paquet législatif gouvernemental, qui visait notamment à restreindre les conditions d’accès à la nationalité portugaise, fera encore l’objet de tractations parlementaires, en raison de doutes portant sur la légalité de certaines dispositions.
    Les conditions de vie des migrants dans le pays se sont dégradées. De nombreux migrants n’ont d’autres choix que de vivre sous des tentes alors qu’une crise du logement rend la plupart des locations disponibles inabordables. Dans le pays, les prix de l’immobilier ont augmenté de façon spectaculaire ces dernières années. Selon l’agence de presse Reuters, les loyers à Lisbonne ont presque doublé depuis 2015, tandis que les prix de l’immobilier ont augmenté de 186 %.
    Fin 2024, le pays ibérique comptait 1,55 million d’étrangers, soit quatre fois plus qu’en 2017 et environ 15% de la population totale, selon des données officielles."Pendant des années, le Parti socialiste a promu une politique de portes grandes ouvertes, sans aucun critère [...] Il faut rapidement corriger cette irresponsabilité", a fait valoir mercredi la députée d’extrême droite Vanessa Barata. De son côté, l’élu socialiste Pedro Delgado Alves a accusé le gouvernement d’avoir « choisi son partenaire » et de s’être laissé « séquestrer par l’extrême droite ».

    #Covid-19#migrant#migration#portugal#politiquemigratoire#visas#migrationqualifiee#regroupementfamilial#expulsion#naturalisation

  • Stéphane Foucart : « Nous sommes dans une forme d’ignorance volontaire vis-à-vis de la dangerosité des polluants et de la chimie » [2 January 2024, écrivent-ils]
    https://www.socialter.fr/article/stephane-foucart-pesticides-polluants-chimie-lobbies

    Il faut toujours un peu d’ironie pour survivre à tout cela. J’essaie de trouver des motifs de ne pas être furieux en permanence et c’est compliqué. Donc il reste l’ironie. L’autre sorte de réconfort que je trouve, c’est de me dire « finalement, les gens votent pour ce qui est en train de leur arriver ». J’essaie de participer au débat démocratique en mettant des informations sur la place publique, et les gens votent ensuite en conscience. Bien sûr, l’information n’est pas parfaite pour employer une litote ; il y a toute une diversité de mécanismes par lesquels les pouvoirs économiques pèsent sur l’accès et la hiérarchie de l’information, mais je me raccroche à cette idée que nous avons ce que nous méritons, en quelque sorte. C’est un raisonnement cynique et politiquement très faible mais, par moments, j’ai besoin de me raccrocher à ça.

    [...]

    Je n’aime pas jouer les futurologues, mais je ne pense pas qu’il y aura un retournement de la majorité de l’opinion. Il me semble que cette dernière est très légitimiste, avec un attachement à ce que les gens perçoivent comme le fonctionnement de la démocratie locale : une autoroute ou un aéroport sont voulus par les élus et doivent pouvoir être menés à bien. En revanche, je crois que de plus en plus de nos concitoyens prennent conscience du fait que notre débat public ne fonctionne pas correctement. On ne peut pas continuer à mettre en chantier ces grands projets sans être dans une forme de déni sur ce qui se passe. Le hiatus entre les bénéfices et les inconvénients de projets comme l’A69 se niche dans une forme de déni de la réalité et de la gravité des dommages environnementaux que nous produisons, et de l’effet boomerang que cela aura sur la génération de nos enfants.

    Idem sur la criminalisation des militants écologistes, c’est une pente très inquiétante. L’Adversaire avec une majuscule, c’est le mouvement écologiste. L’exemple de la cellule Déméter5 est lourd de sens : on voit le ministère de l’Intérieur signer des conventions avec des syndicats agricoles. C’est une forme de privatisation des forces de l’ordre très inquiétante pour l’avenir car il y a un un poid, deux mesures dans ce que l’État accepte d’un côté et refuse de l’autre.

    #écologie #sciences #climat #déni #démocratie #Demeter #media

  • Italie : un référendum sur l’accès à la citoyenneté divise le pays - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/65031/italie--un-referendum-sur-lacces-a-la-citoyennete-divise-le-pays

    Italie : un référendum sur l’accès à la citoyenneté divise le pays
    Par La rédaction Publié le : 09/06/2025
    Les Italiens votent depuis dimanche, et jusqu’à ce lundi soir, pour dire « oui » ou "non à une mesure visant à faciliter l’obtention de la nationalité, en réduisant le délai nécessaire de présence en Italie de dix à cinq ans. La gauche soutient la réforme et s’oppose au gouvernement de la Première ministre d’extrême droite Giorgia Meloni, qui a fait de la lutte contre l’immigration sa priorité.
    Depuis dimanche 8 juin, et jusqu’à lundi soir, les citoyens italiens sont appelés aux urnes pour un référendum autour de cinq questions regroupées en deux thèmes : l’assouplissement des règles d’obtention de la nationalité italienne et l’abolition de lois libéralisant le marché du travail. Et c’est le premier sujet qui divise le plus le pays.
    Actuellement, selon une loi de 1992, un résident non-européen sans lien de mariage ni de sang avec l’Italie doit y vivre pendant dix ans avant de pouvoir demander la naturalisation, processus qui peut ensuite prendre des années. La proposition soumise à référendum propose de réduire ce délai à cinq ans, ce qui alignerait l’Italie sur l’Allemagne et la France. Outre la condition de durée de résidence, la loi italienne exige actuellement que le demandeur prouve qu’il est intégré dans la société, qu’il dispose d’un revenu minimum, qu’il n’a pas de casier judiciaire et qu’il a une maîtrise suffisante de la langue italienne. Autant de critères que le référendum ne propose pas de toucher.
    La citoyenneté peut aussi être acquise par le mariage avec un citoyen italien, ou sur le principe du « ius sanguinis » (droit du sang), selon lequel un enfant né d’un père italien ou d’une mère italienne, même à l’étranger, devient automatiquement un citoyen italien. Mais contrairement à d’autres États européens, le fait d’être né de parents étrangers en Italie ne garantit pas automatiquement la citoyenneté : un mineur ne peut la demander qu’à l’âge de 18 ans, à condition d’avoir vécu légalement et sans interruption en Italie depuis sa naissance.
    Cette loi a créé une zone d’ombre pour des centaines de milliers de personnes nées en Italie de parents étrangers - ou arrivées dans le pays alors qu’elles étaient enfants - qui, après des années, n’ont toujours pas obtenu la citoyenneté. Ainsi, si cette réforme est adoptée, elle pourrait bénéficier jusqu’à 2,5 millions de personnes, estiment les partisans du « oui », soutenus par le Parti démocrate (PD, centre-gauche), principale forte d’opposition en Italie.
    C’est cette opposition qui est à l’origine du référendum. En septembre dernier, l’initiative avait recueilli plus de 500 000 signatures, forçant ainsi le gouvernement de la Première ministre d’extrême droite Giorgia Meloni à l’organiser, comme le stipule la loi.
    Selon Riccardo Magi, secrétaire de +Europa (centre-gauche) cité par Euronews, le référendum permettrait de modifier une loi « ancienne et injuste » qu’aucun gouvernement des 30 dernières années « n’a eu la volonté politique de modifier ». La législation actuelle oblige, d’après lui, des centaines de milliers de filles et de garçons nés ou élevés en Italie à vivre comme des étrangers dans ce qui est aussi leur pays".
    La cheffe du parti Fratelli d’Italia, arrivée au pouvoir en 2022 sur un programme anti-migrants, s’est déclarée « absolument contre » cette mesure. Selon Giorgia Meloni, la loi actuelle sur la nationalité est « excellente » et « très ouverte ». « Nous sommes l’une des nations européennes avec le plus grand nombre de naturalisations », a-t-elle souligné cette semaine. Selon Eurostat, Rome a accordé en 2023 la nationalité italienne à 213 500 personnes, soit un cinquième des naturalisations dans l’Union européenne (UE). Plus de 90% d’entre elles étaient originaires de pays hors de l’UE, principalement d’Albanie et du Maroc, ainsi que d’Argentine et du Brésil. En mars, le gouvernement avait publié un décret afin de limiter l’accès à la naturalisation par lien de sang, ne rendant éligibles que les étrangers ayant des grands-parents ou des parents italiens, alors qu’auparavant, l’ascendance pouvait remonter jusqu’aux arrière-arrière-grands-parents. Ce décret est devenu loi en mai après approbation du Parlement italien.
    Pour montrer son opposition, le gouvernement demande de boycotter le référendum, afin d’invalider le résultat du vote. Des membres de la droite italienne ont même appelé les citoyens à se rendre à la plage plutôt que d’aller voter, indique la correspondante de France 24 à Rome. Car pour être valide, le référendum doit franchir le seuil de 50 % de votants. À la mi-journée dimanche, la participation s’élevait à 7,41%, selon le ministère de l’Intérieur.
    Ce scrutin est un véritable test pour l’opposition de gauche. Un victoire du « oui » serait un camouflet pour Giorgia Meloni qui a fait de la lutte contre l’immigration sa priorité. Giovanni Puccini, 18 ans, a voté dimanche pour la première fois de sa vie, dans un bureau à Rome. Il estime que l’appel à l’abstention de la Première ministre est « irrespectueux » : « Il faut voter parce que tellement de gens se sont battus, sont même morts, pour ce droit ». Son ami, Pierre Donadio, 21 ans, est convaincu qu’il faut assouplir les lois sur la naturalisation pour « éviter que le pays ne soit trop fermé sur lui-même ». Très populaire dans le pays, le rappeur Ghali, né à Milan de parents tunisiens, a aussi exhorté ses fans à aller voter. « Certains sont nés ici, ont vécu ici pendant des années, (...) se sentent Italiens à tous les égards, mais ne sont pas reconnus comme citoyens », a-t-il dénoncé sur Instagram.

    #Covid-19#migrant#migration#italie#referendum#citoyennete#naturalisation#sante

  • « La naturalisation accélère l’intégration économique des immigrés »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/05/20/la-naturalisation-accelere-l-integration-economique-des-immigres_6607370_323

    « La naturalisation accélère l’intégration économique des immigrés »
    Tribune Jérôme Valette, Economiste
    André Gide écrivait : « Choisir, c’était renoncer » [Les Nourritures terrestres]. Le ministre de l’intérieur semble avoir fait sienne cette maxime en annonçant, le vendredi 2 mai, un durcissement des conditions d’accès à la citoyenneté française.
    Dans une nouvelle circulaire, et après avoir déjà révisé, en janvier, la circulaire Valls sur les conditions de régularisation des étrangers en situation irrégulière, Bruno Retailleau confirme sa volonté de durcir la politique migratoire de la France. En réaffirmant la citoyenneté comme l’aboutissement du processus d’intégration, le ministre de l’intérieur choisit de renoncer aux bénéfices économiques qu’une naturalisation plus précoce pourrait offrir dans le parcours d’insertion des immigrés.
    Dans une circulaire de cinq pages adressée aux préfets, il définit les nouvelles directives dont ces derniers devront s’emparer. Niveau de langue orale rehaussé à partir de 2026, examen sur l’histoire et la culture civique françaises, exigence de ressources suffisantes hors aides sociales sont autant de mesures destinées à durcir les critères d’accès à la nationalité française pour les étrangers présents sur le sol national.
    Aussi, la circulaire demande explicitement aux préfets de sanctionner les étrangers ayant connu, à un moment donné de leur parcours, une situation d’irrégularité. Cette dernière mesure semble particulièrement difficile à tenir pour un grand nombre d’étrangers, les trajectoires migratoires étant souvent marquées par l’alternance de périodes d’irrégularité et de régularisation.
    S’il est encore difficile d’en mesurer les effets concrets, l’accès à la citoyenneté étant déjà difficile, et les décisions de naturalisation prenant déjà en compte certains de ces critères, la circulaire du ministre s’inscrit dans un choix politique clair. L’argument avancé par Bruno Retailleau pour justifier ce durcissement relève d’une logique de récompense : la naturalisation viendrait couronner le parcours des étrangers dont le degré d’intégration serait le plus abouti.
    Le ministre souligne dans le texte que devenir français « se mérite » et que le statut juridique de la naturalisation est défini par la jurisprudence « non pas comme un droit, mais comme une décision souveraine du gouvernement ». En consacrant ainsi la naturalisation comme étape finale d’un parcours d’intégration, entamé dès l’arrivée de l’étranger sur le sol national, Bruno Retailleau choisit, ce faisant, d’écarter la logique alternative visant à faire de la naturalisation une des composantes de la politique d’intégration des immigrés.
    De nombreuses études ont en effet montré que la naturalisation agissait comme un puissant accélérateur de l’intégration économique des immigrés, mesurée par leur intégration sur le marché du travail. De l’Allemagne aux Etats-Unis, en passant par la Suisse ou la France, les exemples de réformes du code de la nationalité qui ont permis d’estimer l’impact causal de la naturalisation sont nombreux. Ces travaux soulignent que les craintes liées à une naturalisation précoce, supposée réduire les motivations des immigrés à investir dans leur intégration économique, ne sont pas confirmées par les données.
    Au contraire, un accès facilité à la citoyenneté agit comme un catalyseur sur le marché du travail, et notamment pour les immigrés les plus fragiles, ceux que les politiques publiques peinent usuellement à ramener vers l’emploi. Ainsi les femmes immigrées, les immigrés originaires de pays extra-européens et les réfugiés, dont les écarts de taux d’emploi avec les natifs sont les plus importants, voient leur insertion professionnelle et leurs salaires augmenter significativement après l’obtention de la nationalité.
    Ces études mettent en avant que des conditions d’accès trop strictes à la nationalité pourraient en réalité décourager les efforts d’insertion des immigrés et, in fine, freiner l’adoption des normes locales en matière d’emploi, de langue ou d’éducation. Du point de vue des employeurs, la citoyenneté pourrait aussi être perçue comme un gage de stabilité, un travailleur naturalisé étant moins susceptible de quitter le pays, ce qui réduit les incertitudes liées à son recrutement.
    La circulaire envoyée par le ministre de l’intérieur nous rappelle donc à juste titre que, loin de relever uniquement de considérations économiques, les politiques d’accès à la citoyenneté revêtent un caractère éminemment politique. Si les recherches existantes montrent qu’un durcissement des conditions d’accès à la citoyenneté a toutes les chances de freiner l’intégration économique des immigrés déjà présents sur le territoire, cette nouvelle circulaire ne fait pas de cet objectif économique une priorité.
    Avec ce texte, Bruno Retailleau consacre d’abord la naturalisation comme l’aboutissement du processus d’intégration, une récompense réservée aux seuls étrangers déjà parfaitement intégrés. En priorisant son caractère méritocratique, il met donc au second plan son rôle d’accélérateur de l’intégration.
    Les prochaines échéances électorales devront trancher dans quelle mesure les Français partagent ou non cette lecture du rôle de la naturalisation. Il sera essentiel que ces derniers votent de manière informée, en mesurant au plus juste non seulement les gains d’un durcissement de l’accès à la nationalité, mais aussi les renoncements qu’il implique. Pour choisir, et renoncer, en conscience.

    #Covid-19#migration#migrant#france#politiquemigratoire#integration#naturalisation#sante#citoyennete

  • La #Suède annonce allouer plus de 9 millions d’euros pour accélérer les #retours de migrants dans leur pays d’origine

    Dans un communiqué du 13 mai, le gouvernement suédois a indiqué renforcer son soutien à l’#Organisation_internationale_pour_les_migrations (#OIM) afin d’augmenter les retours des migrants présents dans le pays mais aussi dans l’Union européenne. Plus de 9 millions d’euros vont être alloués par la Suède à l’agence onusienne.

    Le sujet de l’immigration irrégulière occupe de nouveaux le devant de la scène en Suède. Mardi 13 mai, le gouvernement suédois a indiqué renforcer son soutien à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en lui allouant 9,2 millions d’euros pour accélérer les retours de migrants présents sur son territoire mais aussi au sein de l’Union européenne (UE).

    Cette #aide_financière doit contribuer à "lutter contre la migration irrégulière depuis l’#Irak, la #Somalie, l’#Ouzbékistan et la #Tunisie" renseigne le communiqué.

    Une autre partie de la somme servira à "renforcer les conditions de retour vers la #Syrie et lutter contre la traite des êtres humains en #Ukraine", précise le document. Le ministre des Migrations, #Johan_Forssell, a réaffirmé le soutien de Stockholm à l’Ukraine et a précisé que l’argent permettra également de "contrer et fournir de l’aide à ceux qui ont été victimes de la traite des êtres humains pendant l’invasion massive de l’Ukraine par la Russie".

    Ces programmes d’"#aide_au_retour_volontaire" (#AVR) sont mis en place et soutenus par l’OIM dans plus de 100 pays. L’agence onusienne "ne facilite ni ne met en œuvre les expulsions (et) n’intervient qu’une fois qu’une personne a donné son #consentement_éclairé pour recevoir de l’aide", assure-t-elle dans un communiqué daté du 12 mai.

    Une myriade de mesures pour réduire l’immigration

    Cette nouvelle annonce n’est qu’une énième mesure du gouvernement, désireux de freiner l’immigration dans le pays. Depuis une dizaine d’années, les restrictions adoptées par les autorités suédoises à l’encontre des personnes exilées et étrangères sur le territoire scandinave sont de plus en plus sévères.

    Pour inciter les migrants à regagner leur pays d’origine, elles avaient annoncé le 12 septembre 2024 vouloir tripler le montant de l’aide au retour “volontaire”. Actuellement de 10 000 couronnes (environ 920 euros), celle-ci devrait grimper à 350 000 couronnes (30 000 euros) pour un adulte. Très critiquée, la mesure doit malgré tout entrer en vigueur en 2026. D’autres pays européens proposent également une #aide_financière_au_retour : de plus de 13 000 euros au #Danemark, d’environ 1 300 euros en #Norvège et jusqu’à 2 500 euros en #France.

    En avril dernier, les autorités avaient fait part de leur volonté d’introduire dans la législation un critère de "#conduite_honnête" aux migrants, sous peine de voir révoquer ou refuser leur titre de séjour. Déjà, un projet de loi annoncé en janvier proposait de conditionner l’obtention de la #citoyenneté suédoise à une “#bonne_conduite”, une durée de séjour plus longue (huit ans contre cinq actuellement) et à la réussite d’un test de connaissances de la société et des #valeurs suédoises ainsi qu’un examen de #langue.

    Dans cette même logique de durcissement des conditions d’accès des étrangers pour obtenir des #titres_de_séjours, le gouvernement défendait en décembre dernier un projet pour limiter la possibilité des demandeurs d’asile déboutés de déposer une nouvelle demande, sans avoir auparavant quitté le pays.

    Une autre proposition avait suscité un tollé dans le pays en mai 2024 : la coalition au pouvoir avait proposé une loi visant à obliger les travailleurs du secteur public à dénoncer aux autorités les personnes #sans-papiers avec lesquelles ils sont en contact. La mesure, jugée raciste et discriminatoire, s’était cependant heurtée à une très forte opposition au sein des services publics, qui avait appelé à la "désobéissance civile".

    Souhaitant privilégier l’immigration d’une “main-d’œuvre étrangère qualifiée et hautement qualifiée” comme le déclarait l’ancienne ministre des Migrations en février 2024, Stockholm souhaite également relever le plafond de #salaire_minimum requis pour les travailleurs non-européens dans l’obtention d’un #visa_de_travail. Ils devront désormais prouver qu’ils gagnent plus de 34 200 couronnes (3 000 euros) contre 27 360 couronnes (2 400 euros) actuellement.

    La Suède ferme ses portes aux immigrés

    Réputée accueillante pour les demandeurs d’asile depuis les années 1990, la Suède a permis à un grand nombre de personnes en provenance de régions en proie à des conflits, notamment d’ex-Yougoslavie, de Syrie, d’Afghanistan, de Somalie, d’Iran et d’Irak, de vivre sur son territoire. En 2015, le pays connaît un afflux de #réfugiés_syriens fuyant le régime d’Assad. Sur cette seule année, la Suède a accueilli plus 160 000 demandeurs d’asile, soit le taux d’accueil le plus élevé par habitant dans l’Union européenne.

    Mais ces arrivées massives marquent aussi un tournant. Le gouvernement social-démocrate de l’époque déclare alors qu’il n’est plus en mesure de poursuivre sa "politique de la porte ouverte". Depuis, les gouvernements successifs s’emploient à freiner les arrivées de migrants dans le pays.

    L’arrivée au pouvoir en 2022 d’un bloc qui regroupe modérés, conservateurs et obtient le soutien du parti d’extrême droite anti-immigration, les Démocrates de Suède, opère un virage radical dans la politique migratoire suédoise. "Il est temps de faire passer la Suède d’abord", déclarait à cette période Jimmie Akesson, le leader des Démocrates de Suède.

    Devenue l’une des nations européennes les plus strictes en la matière, la Suède peine à intégrer un grand nombre des nouveaux arrivants. En 2024, le nombre de migrants ayant obtenu l’asile en Suède a atteint le niveau le plus bas depuis 40 ans. L’an dernier, un peu plus de 6 000 permis de séjour pour l’asile ont été accordés dans le pays scandinave.

    "Aujourd’hui, trois personnes sur quatre qui demandent l’asile en Suède ne sont pas considérées comme ayant des motifs suffisants pour obtenir un #permis_de_séjour. Elles ne sont donc pas des réfugiées et doivent rentrer chez elles", a déclaré le ministre Johan Forssell.

    La Suède a ainsi été l’un des premiers pays à annoncer la suspension des demandes d’asile pour les Syriens après la chute de Bachar al-Assad en décembre dernier.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/64546/la-suede-annonce-allouer-plus-de-9-millions-deuros-pour-accelerer-les-
    #migrations #réfugiés #renvois #expulsions #IOM #traite_d'êtres_humains #retours_volontaires #naturalisation #réfugiés_syriens

    ping @karine4 @reka

  • Bruno Retailleau adopte un ton plus restrictif dans une nouvelle circulaire sur la naturalisation
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/05/04/bruno-retailleau-adopte-un-ton-plus-restrictif-dans-une-nouvelle-circulaire-

    Bruno Retailleau adopte un ton plus restrictif dans une nouvelle circulaire sur la naturalisation
    Le Monde avec AFP
    Bruno Retailleau a diffusé une nouvelle circulaire consacrée aux naturalisations des étrangers qui, dans la forme, insiste davantage sur les dispositions susceptibles de restreindre l’accès à la nationalité française, sans grandes modifications sur le fond, selon le document révélé dimanche 4 mai par Le Figaro et consulté par l’Agence France-Presse (AFP). Le ministre de l’intérieur doit en présenter le contenu lundi matin, lors d’un déplacement à la préfecture du Val-de-Marne, à Créteil. Il avait déjà révisé en janvier la circulaire Valls sur les conditions de régularisations des étrangers sans papiers.
    Tenant d’une ligne dure en matière d’immigration et, par ailleurs, candidat à la présidence du parti Les Républicains (LR), M. Retailleau a adressé ce texte de cinq pages, auquel la charte des droits et des devoirs du citoyen français est annexée, à l’ensemble des préfets. Il y rappelle que « la jurisprudence établit la naturalisation non comme un droit, mais comme une décision souveraine du gouvernement ».
    En 2024, 66 745 acquisitions de la nationalité française par décret et par déclaration (mariage, ascendants et fratries) ont été dénombrées, ce qui représente une hausse de 8,3 % par rapport à 2023, qui s’explique par un rattrapage après une année marquée par des difficultés techniques, selon la direction générale des étrangers en France (DGEF), qui dépend du ministère de l’Intérieur.
    En s’appuyant sur une disposition de la loi Darmanin, Bruno Retailleau demande aux préfets de s’assurer du renforcement du niveau de maîtrise requis en langue française pour obtenir la naturalisation et de l’adhésion aux valeurs de la République. Le ministre dresse également la liste des éléments d’appréciation démontrant « l’exemplarité du parcours du demandeur », notamment en ce qui concerne un séjour irrégulier avéré.
    L’autonomie du demandeur est en outre soulignée. Celle-ci doit se traduire par une « insertion professionnelle » de cinq ans, un seuil rehaussé. Le demandeur devra justifier de « ressources suffisantes et stables », hors prestations sociales. Les préfets sont tenus de présenter au ministre un bilan de l’application de la circulaire dans trois mois.

    #Covid-19#migration#migrant#france#DGEF#naturalisation#droit#sante#politiquemigratoire

  • Einbürgerungstest : Antisemitisches Verhalten
    https://oet.bamf.de/ords/oetut/f?p=514:30::::: :

    D’accord, nier l’holocauste fait partie des opinions typiques des antisemites. Pourtant il y en a toujours qui pensent que l’holocauste a bel et bien existé et qu’il n’a seulement pas été finalisé à cause du poids du judaisme international dans la guerre contre le peuple allemand et son Führer . Ceux qui le pensent ne sont pas seulement des antisemites mais de véritables nazis.

    Lors ce que j’allais à l’école primaire c’était encore une opinion répandue parmi les parents d’élèves . Un camarade de classe m’a raconté la « blague » suivante qu’il a dû entendre à la maison. Je ne l’oublierai jamais :

    Question : Qu’est-ce la différence entre les Turcs et le Juifs ?
    Réponse : Le passé de Juifs est l’avenir des Turcs.

    Quel bel exemple pour un état d’esprit profondément chauviniste et antisemite.

    Einbürgerungstest
    https://de.wikipedia.org/wiki/Einb%C3%BCrgerungstest

    Aufgabe 149 von 310
    Bitte kreuzen Sie an. Es gibt nur eine richtige Antwort.

    Was ist ein Beispiel für antisemitisches Verhalten?

    falsche Antwort => ein jüdisches Fest besuchen
    falsche Antwort => die israelische Regierung kritisieren
    richtige Antwort => den Holocaust leugnen
    falsche Antwort => gegen Juden Fußball spielen

    Aujourd’hui on hésite quand on doit répondre à cette question du test de naturalisation . Dans la vraie vie la critique du gouvernement d’Israel est souvent assimilée à de l’antisemitisme. Il faut craindre que bientôt on n’osera plus parler d’un match de foot CONTRE une équipe juive. On sera obligé de parler d’un match AVEC une équipe juive pour éviter tout soupçon d’antisemitisme . On risque donc de choisir la deuxième ou la dernière réponse qui sont, bien entendu, complètement fausses .

    La situation kafkaesque est encore pire pour les juifs antisionistes qu’on accuse systématiquement de masochisme maladif . Moi, je peux toujours m’excuser pour une manière de parler pas conforme aux règles officielles en évoquant le traumatisme de petit fils de nazis, « Deutscher mit Nazihintergrund » à la différence avec le « Deutscher mit Migrationshintergrund ».

    Voyez, on n’en a jamais fini avec la « Aufarbeitung » .
    https://de.m.wikipedia.org/wiki/Vergangenheitsbew%C3%A4ltigung

    #Allemagne #antisemitisme #naturalisation #nazis #Kafka #wtf

  • En Europe, les migrants premières victimes de l’intelligence artificielle

    Alors que se tient à Paris cette semaine le Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle (IA), chefs d’État, chefs d’entreprise, chercheurs et société civile sont appelés à se prononcer sur les #risques et les #limites de ses usages. Des #biais_discriminatoires et des #pratiques_abusives ont déjà été observés, en particulier dans la gestion européenne de l’immigration.

    Un #détecteur_d’émotions pour identifier les #mensonges dans un #récit, un #détecteur_d’accent pour trouver la provenance d’un ressortissant étranger, une analyse des #messages, des #photos, des #géolocalisations d’un #smartphone pour vérifier une #identité… voici quelques exemples de systèmes intelligents expérimentés dans l’Union européenne pour contrôler les corps et les mouvements.

    « Ici, les migrations sont un #laboratoire_humain d’#expérimentation_technologique grandeur nature », résume Chloé Berthélémy, conseillère politique à l’EDRi (European Digital Rights), un réseau d’une cinquantaine d’ONG et d’experts sur les droits et libertés numériques. « Les gouvernements et les entreprises utilisent les environnements migratoires comme une phase de #test pour leurs produits, pour leurs nouveaux systèmes de contrôle. »

    Des détecteurs de mensonges à la frontière

    L’un des plus marquants a été le projet #iBorderCtrl. Financé partiellement par des fonds européens, le dispositif prévoyait le déploiement de détecteurs de mensonges, basés sur l’analyse des #émotions d’un individu qui entrerait sur le sol européen. « Les #visages des personnes, en particulier des demandeurs d’asile, étaient analysés pour détecter si, oui ou non, ils mentaient. Si le système considérait que la personne était un peu suspecte, les questions devenaient de plus en plus compliquées. Puis, éventuellement, on arrivait à un contrôle plus approfondi par un agent humain », explique-t-elle.

    Expérimenté dans les #aéroports de Grèce, de Hongrie et de Lettonie, il ne serait officiellement plus utilisé, mais l’EDRi émet quelques doutes. « Dans ce milieu-là, on est souvent face à une #opacité complète et il est très dur d’obtenir des informations. Difficile de dire à l’heure actuelle si cette technologie est encore utilisée, mais dans tous les cas, c’est une volonté européenne que d’avoir ce genre de systèmes aux frontières. »

    Drones de surveillance, caméras thermiques, capteurs divers, les technologies de surveillance sont la partie émergée de l’iceberg, la face visible de l’intelligence artificielle. Pour que ces systèmes puissent fonctionner, il leur faut un carburant : les #données.

    Les bases de données se multiplient

    L’Europe en a plusieurs en matière d’immigration. La plus connue, #Eurodac – le fichier des #empreintes_digitales – vise à ficher les demandeurs et demandeuses d’asile appréhendés lors d’un passage de frontière de manière irrégulière. Créée en 2002, la nouvelle réforme européenne sur l’asile étend considérablement son pouvoir. En plus des empreintes, on y trouve aujourd’hui des photos pour alimenter les systèmes de #reconnaissance_faciale. Les conditions d’accès à Eurodac pour les autorités policières ont également été assouplies. « Elles pourront le consulter pour des objectifs d’enquêtes criminelles, on retrouve donc cette idée que de facto, on traite les demandeurs d’asile, les réfugiés, avec une présomption d’illégalité », conclut Chloé Berthélémy.

    Or, ces collectes d’informations mettent de côté un principe clef : celui du #consentement, condition sine qua non dans l’UE du traitement des données personnelles, et clairement encadré par le Règlement général de protection des données (#RGPD). Les politiques migratoires et de contrôles aux frontières semblent donc faire figures d’#exception. Lorsqu’une personne pose le pied sur le sol européen, ses empreintes seront collectées, qu’il soit d’accord ou non. Selon l’EDRi, « l’Union européenne est en train de construire deux standards différents. Un pour ceux qui ont les bons papiers, le bon statut migratoire, et un autre pour ceux qui ne les ont pas ».

    Un nouveau cadre juridique qui a d’ailleurs été attaqué en justice. En 2021, en Allemagne, la GFF, la Société des droits civils (qui fait partie du réseau de l’EDRi) triomphe de l’Office allemand de l’immigration, condamné pour pratiques disproportionnées. Textos, données de géolocalisation, contacts, historique des appels et autres #fichiers_personnels étaient extraits des #smartphones des demandeurs d’asile à la recherche de preuve d’identité.

    Automatisation des décisions

    Une fois les frontières passées, l’intelligence artificielle continue à prendre pour cible des étrangers, à travers sa manifestation la plus concrète : les #algorithmes. Examiner les demandes de #visa ou de #naturalisation, attribuer un #hébergement, faciliter l’organisation des #expulsions, prédire les flux migratoires… la multiplication des usages fait craindre aux chercheurs une administration sans guichet, sans visage humain, entièrement automatisée. Problème : ces systèmes intelligents commettent encore beaucoup trop d’#erreurs, et leur prise de décisions est loin d’être objective.

    En 2023, l’association La Quadrature du Net révèle que le code source de la Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf) attribue un « score de risque » à chaque allocataire. La valeur de ce score est ensuite utilisée pour sélectionner ceux qui feront l’objet d’un contrôle. Parmi les critères de calcul : avoir de faibles revenus, être au chômage, ou encore être né en dehors de l’Union européenne. « En assimilant la précarité et le soupçon de fraude, l’algorithme participe à une politique de #stigmatisation et de #maltraitance institutionnelle des plus défavorisés », estime Anna Sibley, chargée d’étude au Gisti. Quinze ONG ont d’ailleurs attaqué cet algorithme devant le Conseil d’État en octobre 2024 au nom du droit à la protection des données personnelles et du principe de non-discrimination.

    Autre exemple : l’IA a déjà été utilisée par le passé pour soutenir une prise de décision administrative. En 2023, le ministère de l’Intérieur a « appelé à la rescousse » le logiciel #Google_Bard, un outil d’aide à la prise de décision, pour traiter la demande d’asile d’une jeune Afghane. « Ce n’est pas tant le fait que l’intelligence artificielle ait donné une réponse négative qui est choquant. C’est plutôt le fait qu’un employé du ministère de l’Intérieur appuie sa réponse sur celle de l’IA, comme si cette dernière était un argument valable dans le cadre d’une décision de justice », analyse la chercheuse.

    #Dématérialisation à marche forcée

    En 2024, un rapport du Défenseur des droits pointait du doigt les atteintes massives aux droits des usagers de l’ANEF, l’administration numérique des étrangers en France. Conçue pour simplifier les démarches, l’interface permet le dépôt des demandes de titres de séjour en ligne.

    Pourtant, les #dysfonctionnements sont criants et rendent la vie impossible à des milliers de ressortissants étrangers. Leurs réclamations auprès du Défenseur des droits ont augmenté de 400% en quatre ans. Des #plaintes allant du simple problème de connexion aux erreurs de décisions de la plateforme. Un casse-tête numérique contre lequel il est difficile de se prémunir. « Les services d’accompagnement déployés sont trop limités », constate Gabrielle de Boucher, chargée de mission numérique droits et libertés auprès du Défenseur des droits. Selon elle, il est important que la France reconnaisse aux étrangers le droit de réaliser toute démarche par un canal humain, non dématérialisé, un accueil physique.

    Le biais discriminatoire

    Autre écueil de la dématérialisation croissante des administrations : le biais discriminatoire. Puisque les systèmes intelligents sont entraînés par des êtres humains, ces derniers reproduisent leurs biais et les transmettent involontairement à l’IA. Illustration la plus concrète : les erreurs d’#identification.

    En 2023, un homme a été arrêté aux États-Unis après que les logiciels de reconnaissance faciale l’ont désigné par erreur comme l’auteur de vols. « On peut légitimement avoir des craintes sur le respect des droits, puisqu’on sait, par exemple, que le taux d’erreur est plus élevé pour les personnes non blanches », s’inquiète Gabrielle du Boucher. Comme elles sont sous représentées dans les #bases_de_données qui nourrissent l’apprentissage de l’IA, celle-ci sera moins fiable que lorsqu’elle devra, par exemple, se concentrer sur les personnes blanches.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/62762/en-europe-les-migrants-premieres-victimes-de-lintelligence-artificiell
    #IA #AI #intelligence_artificielle #migrations #réfugiés #victimes #frontières #technologie #contrôle #surveillance #accent #langue #discrimination

  • Immigration : polémique sur des tests de français

    La nouvelle #loi_immigration durcit les tests de français pour les étrangers alors que le #budget alloué aux #cours a été réduit. Ils vont devoir prouver leur niveau de français, au nom de l’#intégration, en réalité, des 10aine de milliers d’entre eux vont devenir expulsables.

    Jusqu’à présent, pour obtenir une #carte_de_séjour, les étrangers doivent signer un contrat d’intégration républicaine et s’engagent notamment à apprendre le français, mais aucun examen n’est exigé. Avec la loi immigration, ils devront désormais passer et réussir une #épreuve_écrite.

    300 000 personnes vont devoir s’y soumettre sous peine de perdre leur titre de séjour

    Une condition nécessaire pour qu’ils s’intègrent selon le ministre de l’intérieur

    "quand depuis plusieurs années, un étranger en situation régulière ne maîtrise pas le Français c’est qu’il n’a pas produit l’ effort" (Bruno Retailleau Ministre de l’intérieur, Versailles 24 janvier 2024)

    Pour obtenir un titre de séjour de 2 à 4 ans il faudra valider un niveau collège, pour une carte de 10 ans, un niveau lycée et pour la nationalité française, un niveau universitaire.

    À Marseille depuis cette annonce, les étrangers que nous avons rencontrés dans un cours de langue, ont l’impression de jouer leur avenir. Tous ou presque ont un emploi, certains sont ici depuis plus de 10 ans comme Marianne d’origine comorienne. Elle a quitté l’école en 6eme et enchaîne les boulots de femme de ménage. Mais un examen écrit pour renouveler son titre de séjour lui paraît inaccessible

    “le souci c’est que j’ai pas le temps. J’ai pas fait d’étude en France, j’ai pas le niveau nécessaire c ‘est ça le problème” (Marianne, A l’Œil du 20 heures)

    La formatrice elle-même s’inquiète

    " Il y a des gens qui parlent très bien français, qui communiquent tous les jours dans leur travail, mais qui ne vont pas réussir cet examen. Il y a une forme d’inquiétude d’angoisse d’être ici depuis 10 ans et de se dire , cette fois-ci on pourra pas l’avoir” (Chloe Odent Formatrice coordinatrice de l’association A Voix Haute, A l’Œil du 20 heures)

    Les conséquences sont bien réelles : si au bout de 3 ans, ils n’ont pas atteint le niveau collège, avec la nouvelle loi, ils deviendront expulsables. Le ministère intérieur a même fait ses calculs :
    20 000 immigrés risquent de perdre leur titre de séjour et 40 mille se verront refuser la #carte_de_résident.

    Dans le même temps le nombre d’heure de formation de langue est en baisse, parfois même il a été divisé par deux. Pour remplacer les cours en présentiel, les étrangers devront se débrouiller avec simple site internet. Une catastrophe selon l’un des cadres de l’OFII qui souhaite rester anonyme

    “ les cours sont maintenus pour une infirme minorité en présentiel. Pour tous les autres,c’est simplement la proposition d’une plateforme internet. Beaucoup n’ont pas d’ordinateur, pas de connexion internet, ils n’ont que leur téléphone. C‘est quasiment laisser la personne dans l’échec" (Un cadre de l’OFII, l’Office Français de l’Immigration, A l’Œil du 20 heures)

    Mais pour le patron de l’OFII, en augmentant les exigences de langue, la France ne fait que s’aligner sur les pays voisins, comme l’Allemagne notamment.

    l’ensemble du dispositif vise à responsabiliser les personnes et à les aider à s’intégrer. Je pense qu’il faut avoir confiance dans les gens. Ils ont 3 ans pour atteindre le niveau minimal et renouveler leur titre de séjour" (Didier Leschi, directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), A l’Œil du 20 heures)

    Quand à ceux qui veulent obtenir nationalité française, la marche est encore plus haute, au point que certains français eux-mêmes se casseraient les dents sur cet examen de niveau universitaire.

    10 volontaires ont accepté de passer l’épreuve en condition réelle. Tous sont plutôt très diplômés, un seul n’a pas le bac. Pendant une heure et demie ils ont notamment planché sur des questions à partir d’enregistrements audio. Sur l’une des questions suivante : Le Robot émotionnel est capable d’interpréter, de provoquer ou de manifester les émotions ? Plusieurs candidats ont semblé perdu. “Je pense que je me suis trompée plusieurs fois " affirme une étudiante pourtant dotée d’un bac + 5 en littérature. Résultat, après correction, 5 candidats n’ont pas eu la moyenne à l’écrit mais compensent à l’oral et 2 ont même raté l’examen pour obtenir leur propre nationalité.
    "Il faut compter 2 à 3 mille heures de cours pour obtenir ce niveau, c’est vraiment inatteignable".

    Selon des associations qui préparent aux épreuves, quand le français n’est pas la langue maternelle,les chances de réussite sont maigres.

    “ c’ est un niveau qui est beaucoup trop élevé pour la plupart des étrangers qui veulent demander la nationalisation ou un titre de long séjour en France. (Félix Guyon Délégué Général de l’école THOT pour les réfugiés et demandeurs d’asile, A l’Oeil du 20 heures)

    Ces nouveaux tests de langue seront mis en place avant la fin de l’année. Une épreuve facturée une centaine d’euros, à leur charge.

    #france #loi #immigration #langue #test #naturalisation #nationalité #français #langue_française

    ping @karine4

  • UK to refuse citizenship to refugees who have ‘made a dangerous journey’

    Home Office accused of shutting out thousands, as new guidance says those applicants will ‘normally be refused’

    The Home Office has been accused of quietly blocking thousands of refugees from applying for citizenship if they arrived in the UK by small boats or hidden in vehicles.

    Guidance for staff assessing people who have applied for naturalisation says that, since Monday, applicants who have “made a dangerous journey will normally be refused citizenship”.

    The Refugee Council said that the move will potentially bar 71,000 people who have successfully applied for asylum from claiming UK citizenship. A leading immigration barrister has claimed that it is a breach of international law.

    The development will be seen as the latest evidence that Keir Starmer’s government has adopted a hardline “hostile environment” stance on asylum to fight off a poll surge by Nigel Farage’s Reform UK.

    Senior Tories claim that the government’s new border security bill, which passed its second reading on Monday, will repeal parts of the Illegal Migration Act, which would stop irregular arrivals from becoming British citizens.

    One Labour MP has joined charities in calling for the government to reverse the guidance with immediate effect.

    Stella Creasy, the Labour MP for Walthamstow, wrote on X: “This should be changed asap. If we give someone refugee status, it can’t be right to then refuse them [a] route to become a British citizen.”

    The changes, first disclosed by the Free Movement blog, were introduced to guidance for visa and immigration staff on Monday.

    Described as a “clarification” to case worker guidance when assessing if a claimant is of “good character’, it says: “Any person applying for citizenship from 10 February 2025, who previously entered the UK illegally will normally be refused, regardless of the time that has passed since the illegal entry took place.”

    In another new entry to the same guidance, it says: “A person who applies for citizenship from 10 February 2025 who has previously arrived without a required valid entry clearance or electronic travel authorisation, having made a dangerous journey will normally be refused citizenship.

    “A dangerous journey includes, but is not limited to, travelling by small boat or concealed in a vehicle or other conveyance.”

    Most people who enter the UK on small boats are eventually granted refugee status. A majority of those granted refugee status eventually claim British citizenship. Seeking UK citizenship costs £1,630 an application, and there is no right of appeal against a refusal.

    Colin Yeo, an immigration barrister and editor of the blog, wrote on Bluesky: “This is bad, full stop. It creates a class of person who are forever excluded from civic life no matter how long they live here. It’s also a clear breach of the refugee convention.”

    Article 31 of the UN refugee convention says: “The contracting states shall not impose penalties, on account of their illegal entry or presence, on refugees.”

    Enver Solomon, the chief executive of the Refugee Council, said the move “flies in the face of reason. The British public want refugees who have been given safety in our country to integrate into and contribute to their new communities.

    “So many refugees over many generations have become proud hard-working British citizens as doctors, entrepreneurs and other professionals. Becoming a British citizen has helped them give back to their communities and this should be celebrated, not prevented.”

    The Home Office was accused on Monday of “enabling the mainstreaming of racism” after releasing footage for the first time showing people being removed from the UK.

    The government believes its record on migration could help retain Labour voters tempted by Farage’s party. On Sunday, it released footage of immigration raids for illegal workers, prompting the MP Diane Abbott to say: “Trying to present ourselves as Reform-lite is a big mistake.”

    Home office insiders said the guidance rules were tightened so that the government would replace the ban that was imposed by the cancelled Illegal Migration Act.

    The IMA disqualified refugees who arrived in the UK by irregular means from claiming UK citizenship.

    A Home Office spokesperson said: “There are already rules that can prevent those arriving illegally from gaining citizenship.

    “This guidance further strengthens measures to make it clear that anyone who enters the UK illegally, including small boat arrivals, faces having a British citizenship application refused.”

    https://www.theguardian.com/politics/2025/feb/11/uk-home-office-citizenship-refugees-dangerous-journey
    #UK #Angleterre #migrations #asile #réfugiés #danger #citoyenneté #naturalisation #voyage_périlleux #voyage_dangereux #Illegal_Migration_Act #good_character #entrée_illégale #bateau

    –—

    Cela rappelle le #modèle_australien tel que décrit dans ce livre :

    Refugees : Why Seeking Asylum is Legal and Australia’s Policies are Not

    et explicité ici :

    Asylum seekers who arrive with a valid visa of some kind, and then apply for refugee status, go through the process described above. They are interviewed by an Immigration Department official and can apply for merits review by the RRT and for judicial review by the courts. Asylum seekers who arrive by boat are not allowed to lodge a valid application for a protection visa.

    (p.45)

  • Comme des Italiens en #Suisse (1/5) : La liberté en Suisse et ailleurs

    Les Italiens sont des millions à avoir émigré vers la Suisse, d’abord à la fin du 19ème siècle, puis dans un second mouvement après la Deuxième Guerre mondiale. Ils sont venus pour travailler, dans des conditions souvent très difficiles. Ils n’étaient pas les bienvenus, même si la Suisse avait besoin d’eux, notamment pour ses grands chantiers comme la construction du tunnel du Gothard, pour édifier sa modernité. Les Italiens et les Italiennes formaient d’ailleurs encore en 2023 la population étrangère la plus importante de Suisse.

    A la fin des années 1880, la Suisse connaît un tournant dans son histoire démographique : de pays d’émigration, elle devient un pays d’immigration. La Suisse évolue et devient un pays désirable, en premier lieu pour ses Italiens.

    Rosita Fibbi est sociologue affiliée au Forum suisse pour l’étude des migrations et de la population à l’université de Neuchâtel. Elle répond aux questions de Marie Giovanola.

    https://www.rts.ch/audio-podcast/2024/audio/comme-des-italiens-en-suisse-1-5-la-liberte-en-suisse-et-ailleurs-28688945.html
    #immigration #migrants_italiens #Italie #immigration #racisme #main-d'oeuvre
    #audio #podcast #surpopulation_étrangère #Überfremdung #politique_migratoire #saisonniers #émeutes #missions_catholiques #fanfare #police_fédérale_des_étrangers #travailleurs_étrangers #accord_migratoire #rotation_de_la_main-d'oeuvre #permis_saisonniers #rotation #histoire #humiliation #visite_médicale #screening_sanitaire #trauma #corps #nudité #marginalisation #montagne #hébergement #baraquements #conditions_de_vie #écart #périphérie #marginalisation_spatiale #industrie #stabilisation #regroupement_familial #permis_de_séjour #discriminations #enfants_du_placard #enfants_cachés #expulsions #Schwarzenbach #initiatives_Schwarzenbach #James_Schwarzenbach #initiative #colonies_libres #permis_de_séjour #naturalisation #votations

  • En Italie, la réforme de l’accès à la nationalité en débat
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/10/31/en-italie-la-reforme-de-l-acces-a-la-nationalite-en-debat_6368255_3210.html

    En Italie, la réforme de l’accès à la nationalité en débat
    Par Allan Kaval (Rome, correspondant)
    Entre les murs décorés de dessins d’enfants de l’école primaire Grazia Deledda, dans le quartier périphérique de Chiesanuova, à Brescia (Lombardie), grandit une nouvelle génération italienne qui a peu à voir avec la vision de l’avenir dans laquelle se projette la cheffe nationaliste de l’exécutif, Giorgia Meloni, et son vice-président du conseil, Matteo Salvini, aux accointances ouvertement racistes. « Nos élèves sont presque tous d’origine étrangère, issus de familles majoritairement pakistanaises, marocaines et sénégalaises. Ils sont pour la plupart nés en Italie et représentent la deuxième génération. Mais très peu ont la nationalité italienne », explique la directrice de l’établissement, Adriana Rubagotti.
    Le destin de ces enfants, et de tous ceux qui, comme eux, sont nés de parents étrangers et grandissent sur le sol italien, fait l’objet d’un débat national épisodique qui a été ravivé récemment avec les Jeux olympiques. Les succès de l’équipe nationale féminine de volley, emmenée par l’Italienne d’origine nigériane Paola Egonu, ont remis la question de l’accès à la citoyenneté dans l’arène publique.
    Pratiquant le droit du sang, l’Italie s’interroge – sans aller jusqu’à envisager une évolution vers le droit du sol – sur une formule intermédiaire désignée par une locution latine : le ius scholae, ou droit de l’instruction. Une proposition de loi allant en ce sens a été préparée par Forza Italia (centre droit), la composante modérée d’une majorité dominée par l’extrême droite, sans recevoir le soutien de Giorgia Meloni et en subissant les critiques de la Ligue de Matteo Salvini.
    Pensée pour les 914 860 élèves étrangers scolarisés en Italie (11,2 % du total, selon les chiffres du ministère de l’éducation), la réforme permettrait aux mineurs ayant complété un cycle d’étude d’obtenir la nationalité italienne. Parallèlement, un référendum d’initiative citoyenne sur la question pourrait se tenir au printemps 2025. « Citoyenneté ou non, ici nous formons des Italiens, et nous le faisons en lien avec la réalité actuelle du pays », affirme Mme Rubagotti, par opposition à une autre vision de l’identité, figée et tournée vers le passé. « Le système actuel crée de la colère au sein de générations de jeunes qui, en grandissant, voient qu’ils ne sont pas reconnus par le pays où ils vivent depuis toujours », dénonce Laura Castelletti, la maire centre gauche de Brescia, en visite dans l’école Grazia Deledda. Un quart des quelque 200 000 habitants de sa ville, où sont représentées 143 nationalités, n’a pas la citoyenneté italienne. Au cœur d’un bassin industriel très dynamique qui a attiré des générations de travailleurs immigrés, Brescia est à l’avant-poste d’une Italie plus diverse face à laquelle les normes qui régissent l’accès à la citoyenneté paraissent inadaptées.
    « La législation italienne est celle d’un pays d’émigration et non d’immigration, explique l’historien des migrations Michele Colucci. En basant l’accès à la nationalité sur l’origine familiale, il était censé permettre à l’Italie de conserver un lien avec les très nombreux descendants d’Italiens qui se sont établis sur le continent américain. » De fait, il est plus facile pour un Argentin de lointaine ascendance italienne et ne parlant pas un mot d’italien d’obtenir la nationalité italienne que pour un enfant étranger qui serait né et aurait grandi dans le pays. Selon la loi en vigueur depuis 1992, ce dernier disposerait d’un an, à sa majorité, pour prétendre à la nationalité, uniquement s’il a résidé dans le pays légalement et sans interruption.
    Née en 1990 dans la province de Savona, Noura Ghazoui n’a pas pu accéder à la nationalité à sa majorité car elle a passé quelques années de son enfance au Maroc, le pays d’origine de ses parents. Plus de quinze ans plus tard, employée au port de Gênes et présidente du Conngi, une association défendant les « nouvelles générations italiennes », elle n’en a pas fini avec les démarches administratives. « Je suis mariée à un Italien, mon fils est italien, moi aussi je me sens italienne mais je ne suis pas reconnue comme telle officiellement. Il faut repenser ce que signifie être italien, ce n’est pas une question d’ADN mais de valeurs, liées à la fréquentation de l’école, des institutions, du monde du travail… »
    Pour Raisa Lebaran, 34 ans, italienne de mère ghanéenne et de père nigérian, infirmière et conseillère municipale à Brescia, « la question de l’accès à la citoyenneté est parasitée par le discours sur l’immigration illégale et le thème des migrants débarquant à Lampedusa qui obsède la classe politique ». Ayant grandi dans le village de Castegnato, dans l’arrière-pays, où son père était employé dans une fonderie qui a depuis fermé, Mme Lebaran parle le dialecte brescian aussi bien que l’italien et le haoussa, et elle est convaincue que la société est prête pour le changement. « La présence de personnes ayant des migrations en héritage dans la société italienne est une chose devenue banale. Au tour de la politique de refléter cette réalité. »
    Pour hâter les choses, des associations et des responsables politiques d’opposition, épaulés par des personnalités du monde du spectacle, ont soutenu un projet de référendum d’initiative citoyenne visant à libéraliser l’accès à la citoyenneté en faisant passer la durée de la résidence requise pour les adultes de dix à cinq ans. Lancée le 6 septembre, l’initiative a récolté les 500 000 signatures obligatoires en deux semaines. « La perspective du référendum est la première chose concrète qui se produit sur la question de la citoyenneté depuis des années », se félicite Noura Ghazoui. « Il y a un changement en cours qu’il est impossible d’arrêter », estime pour sa part Hajar Raïsi. Italienne d’origine marocaine, elle dirige l’association Dalla Parte Giusta della Storia (« du bon côté de l’histoire »), qui a joué un rôle moteur dans le lancement du projet de réforme, lequel doit désormais être validé par la Cour constitutionnelle pour que le vote ait lieu. « Voyages scolaires impossibles pour certaines nationalités, bourses d’études inaccessibles, échanges universitaires compromis, exclusion des concours dans la fonction publique : le chemin vers l’âge adulte de personnes parfaitement intégrées ne cesse de se heurter à des portes fermées. Il faut que ça change. »
    « Je ne sais pas si cette fois ce sera différent, nuance l’écrivaine italienne d’origine somalienne Igiaba Scego. Je suis fatiguée de cet immobilisme qui fait perdre tant de temps à des gens dont les vies sont bloquées. Et pourtant, l’Italie a un problème de vieillissement qu’elle ne peut résoudre qu’en acceptant sa pluralité. » De fait, la question n’est pas cantonnée à certains milieux progressistes. Interrogé sur la question de la réforme de la citoyenneté, Franco Gussalli Beretta, président du fabricant d’armes qui porte son nom et de la puissante branche bresciane de la Confindustria, l’association des entreprises italiennes, répond en parlant démographie : « Economiquement, nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas attirer de nouveaux jeunes dans notre pays. La population recule, c’est une question de chiffres. »
    Le fait que les députés de Forza Italia, un parti proche des entreprises et incarnant l’aile libérale de la coalition au pouvoir, aient porté la proposition de réforme du ius scholae répond à cette même logique. Cependant, pour Ennio Codini, le responsable scientifique de la fondation ISMU, un centre de recherche sur les migrations et l’intégration, elle a peu de chance d’aboutir : « Les textes d’initiative parlementaire peuvent servir à répondre ponctuellement à de grandes questions de société comme sur la fin de vie, mais ils tendent à s’enliser et à être oubliés. » En l’absence de changement au niveau national, des responsables locaux lancent des ballons d’essai. « Le pays dont il est question au Parlement à Rome n’est pas le pays réel. Nous sommes en adéquation avec la société », estime le maire de Turin, Stefano Lo Russo (Parti démocrate, centre gauche), qui a inscrit symboliquement dans le statut de la Commune, une sorte de constitution miniature, les principes du droit du sol et du ius scholae. A Brescia, la maire Adriana Rubagotti réfléchit à instaurer une forme de cérémonie censée représenter l’inclusion dans la communauté des fils et filles d’immigrés. A moins d’une évolution réelle et à défaut de citoyenneté véritable, les enfants de l’école primaire Grazia Deledda pourraient devoir s’en contenter.

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